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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1991-05-11, Collections de BAnQ.

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[" y.hA \"'-ici ^rttàfy: -rr-y\" ** \u2022 .-.I «L LA PRESSE, MONTREAL, SAMED111 MA11991 \u2022 ¦ H- r RIVEST ¦ \u2022-*.-*\u2022\u2022 \u2022 \u2022 .Il est probablement le citoyen non élu le plus puissant de Québec.Il est dé presque toutes les décisions mais refuse d'être cité.n II mène une vie hautement politique, mais a horreur d'être photographié.Sauf que Jean-Claude Rivest a eu le «malheur», un jour, de devenir candidat libéral et ses conseillers lui ont arraché cette photo promotionnelle.Photothèque La Presse ACTIVATION AVEC BATTERIE.OWdœBETÉTW JWOflET PORTATIF PT500 BUREAU C^v' \u2014 .7\"W - Chretien e-t-ll vraiment gaffé ?Photothèque La Presse, photo Robert Milieux, 31.01.91 Il possède un «excellent Jugement politique, de la fiabilité et de l'expérience», dit Robert Bourassa de son conseiller principal, Jean-Claude Rivest.¦ * r \u2022 * l'oreille, l'inspiration de Robert Bourassa lessard du bureau de ta Presse QUÉBEC mj*&Qk uelie journée «Vd'hier?» Au-dessus ,du grommellement des militants nationalistes du PLQ, la blague lancée par Jean-Claude Rivest grinçait comme un trait de scie sur le verre.Avec un soudain credo fédéraliste, le premier ministre Bourassa venait de faire faire un virage de 180 degrés au congrès de son parti, une désagréable douche d'eau froide pour les militants qui, la veille, avaient adopté le quasi-souverainiste rapport Allaire.Humour, cynisme, et préférablement les deux à la fois.Depuis plus de 20 ans, Jean-Claude Rivest est dans l'ombre de Robert Bourassa, son eminence grise, son principal conseiller dans le dossier constitutionnel.Bien étrange mandarin toutefois, à des années lumières des apparatchiks fédéraux avec leurs souliers Gucci et leurs plumes Mont Blanc.Toujours déglingué \u2014comme s'il s'était échappé d'une mercerie bon marché avant qu'on ait pu lui faire les retouches\u2014 il a davantage l'allure d'un petit fonctionnaire.\u2014 ou d'un journaliste\u2014 que d'un stratège constitutionnel de haut vol.« l'ai horreur de l'encadrement », confie celui qui depuis quelques mois traîne, comme un boulet, le téléphone cellulaire qui permet désormais de le localiser a tout moment.«Jean-Claude n'est pas l'incarnation de l'assiduité», ajoute, taquin, Robert Bourassa qui salue toutefois «l'excellent jugement politique, la fiabilité et l'expérience» de son plus proche conseiller.«Je travaille fort.quand c'est le temps», résume Rivest.Peu connu du public \u2014 il a fait une incartade comme député à Québec de 1979 à 1985\u2014 Jean-Claude Rivest représente depuis longtemps l'alter ego de Robert Bourassa pour tout ceux qui gravitent autour de l'Assemblée nationale.11 fut l'un des artisans de la défunte entente du Lac Meech et le principal stratège \u2014 du côté-fédéraliste-^-;a'u sein de la commission Bélanger-Campeau.Les ministres s'en servent comme intermédiaire pour que leurs opinions \u2014 lire leurs désaccords\u2014 arrivent aux oreilles du boss.Il est, parmi les conseillers, « un de ceux qui est consulté le plus régulièrement, par moi comme par mes collègues», note le premier .ministre.«En général, je prends les décisions « \u2022 Sous Robert Bourassa II, Jean-Claude Rivest est, plus que principal conseiller, Y alter ego du premier ministre photothèque u presse .fv j* i-r.seul quelques minutes au cabinet du ministre de la justice, il écrit en lettres majuscules, «PATRONAGE» sur la liste des toutes prochaines nominations de juges.«L'humour, c'est bien utile pour éviter les questions embêtantes», dit-il pour justifier les boutades qui sont sa marque de com merce.« Rivest, c'est vraiment celui qui est le plus près de Bourassa; il peut prédire exactement ses réactions, interpréter ses moindres gestes», estime le sénateur Roch Bolduc qui assura la transition comme Secrétaire général \u2014premier fonctionnaire \u2014 lors du retour des libéraux au pouvoir en 1985.D'une discrétion extrême sur sa vie méfie», résume un compagnon d'armes du Lac Meech.Durant le premier mandat Bourassa, Jean-Claude Rivest sera secrétaire à la législation, ce qui lui permettra de travailler près de son gourou, Jean Lesage, expert insoupçonné dans la rédaction des projets de loi.11 aura à rédiger les Discours du trône et représentera M.Bourassa au comité 0e coordination dés relatione ' intergouvemementales que venait dë créer le sous-ministre des Aff /nrer; Arthur Tremblay.Après la défaite des libéraux en 1976, il sera conseiller du! chef intérimaire, Gérard D.Levesque, avant de devenir député de Jean-Talon, siège laissé va- privée \u2014toujours proche de sa mère cant par le départ de Raymond Gar- qu'il visite fréquemment semble-t-il \u2014 Rivest n'aurait qu'une passion, en dehors de la politique: le tennis.«Un bon joueur intermédiaire», avec un coup droit redoutable, se souvient le champion Réjean Génois.Dès 1967 neau, son ancien patron au cabinet de Jean Lesage.Il remporte l'élection partielle aux dépens de Louise Beaudoin, candidate vedette du Parti québécois.La rudesse de la campagne laisse des séquelles entre les deux candidats \u2014qui sont toujours amis toutefois.Rivest a momentanément semblé cautionner mais je teste pour ayor son point de vue iean-Claude Rivest est arrivé dès 1967 Pafltson silence des insinuions mal-qui m'est toujours utile», aioute-t:jl.dans l^ntou^ ve liantes de son organisation sur la vie .^J^^^ dans lentourage des chefs du PLU.«Hvée de sa séduisante rivale: .'guistiquè, tant pour la loi 22 que pour la En I98l,à l'élection générale, il l'em- loi 178.-.* - ¦ - - '- - .\u2022 < '.a A _ I Le principal intéressé se défend bien d'avoir un tel ascendant sur «Robert» \u2014 il est l'un des.rare.à appeler M.Bourassa par son prénom.« Il y a une espèce de mythe autour de moi.J'ai beaucoup moins d'influence auprès de lui que les gens ne lq croient», affirme Rivest, précisant que Bourassa est, bien plus têtu qu'on pourrait le'penser.«Je ne peux me souvenir d'un .dossier où Robert ' a pris une décision contraire à son' opinion du début», soulignera Rivest.En dépit des apparences, « lean Lesage était beaucoup plus influençable», souligne-t*il.Pour certains, encore aujourd'hui «Rivest est le vrai ministre des Relations intergouvernementales».Lui, espiègle, se marre devant la rivalité profonde qui oppose Gil Rémillard et Claude Ryan dans le dossier constitutionnel.L'enfant terrible En dépit de son rôle statégique, Rivest joue toujours l'enfant terrible dans les officines du pouvoir.Pour amuser la galerie, il peut laisser sur la table un téléphone où s'égosille son interlocuteur \u2014 souvent un ministre paniqué.Laissé «?ar hasard», parce que des amis de sa famille connaissaient Paul Desrochers, bonze du parti qui sera l'éminence grise de Robert Bourassa durant son premier mandat.Né en 1942, dans l'Assomption pays du monde.Parlons du Québec et du Canada : ensemble ils ont plus de justice à vous offrir qu'un Québec seul ne pourrait le faire, même s'il le voulait», affirmait le Rivest de 1980 qui prédisait alors que «jamais les Québécois ne renonceront au Canada».À l'Assemblée nationale, il invitait «les petites Dominique Michel qui se promènent (les artistes appuyaient alors massivement le OUI) à établir clairement ce qu'elles ont pu obtenir du gouvernement fédéral ».Aujourd'hui, dix ans après le référendum et un aq après l'échec de l'entente du Lac Meech \u2014- qu'il avait grandement contribué à élaborer\u2014 Jean-Claude Rivest n'a pas changé d'idée, mais de ton.Depuis la mort de Meech, il est inévitable que le gouvernement se rapproche des souverainistes, et Rivest «est obligé de jouer le jeu», évalue Henri Dutil, exsecrétaire général du PLQ et ami de longue date.«Comme M.Bourassa, Jean-Claude est un Canadien qui veut la promotion du Québec, mais à l'intérieur du Canada», résume M.Dutil.«Comme Bourassa il est nationaliste, mais pas trop.», dit un ami plus critique, selon qui Rivest ne fait pas confiance aux Québécois.«La souveraineté ne m'apparaît pas nécessaire», souligne jean-Claude Rivest en entrevue.«11 y a toujours de grandes interrogations dans le discours souverainiste.On n'a pas fait la preuve que le régime fédéral allait contre le développement du Québec».D'ailleurs, la force économique du Québec, sur laquelle insistent les souverainistes, fut acquise au sein du régime fédéral.«Comment les Québécois peuvent-ils avoir peur du régime fédéral alors qu'ils n'ont pas craint le libre échange avec le géant américain?», s'interroge Rivest.« Voltairien, ennemi des dogmes», selon Marcel Côté de Secor, Jean-Claude Rivest n'aime guère les idées reçues et les veaux d'or.«On a déifié les success stories, les gourous de la garde montante économique au Québec.Si on regarde les problèmes de chômage, de pauvreté au Québec, cela ne correspond pas au discours officiel», lance-t-il.Sur ces questions, le premier ministre Bourassa et Jean-Claude Rivest sont en parfaite harmonie.Ce qu'on dit du conseiller, «ce n'est pas quelqu'un qui prendrait des risques, des décisions émotives», on pourrait tout aussi bien le dire du conseillé.MM.Bourassa et Rivest ne se souviennent pas avoir été d'avis opposé sur quoique ce soit.Seqle divergence àu fil des ans, risque Robert Bourassa: même s'il admettait que le gouvernement n'avait pas le choix, Rivest n'était pas très'heureux de voir l'État légiférer dans le domaine lin- porte encore, mais avec une majorité réduite de moitié.Il ne se représentera pas en 1985, «parce que je serais élu et sion parlementaire sur la Constitution, mais pour espérer être membre du cabinet, il ne faut pas savoir ce que c'est!» Malgré des allures débonnaires, et un sorte de commission Bélanger-Campeau avant la lettre, dont le mandat s'est terminé en queue de poisson.Lorsque Bourassa arrive à la direction du PLQ, en 1970, Lesage lui recommande de garder près de lui ce conseiller.A.Victoria, l'année suivante, Rivest sera l'un de ceux qui, avec Claude Caston-guay, Jean Cournoyer et le sous-ministre Claude Morin, recommandent au jeune premier ministre Bourassa de rejeter la proposition fédérale, en dépit de l'avis du chef de cabinet de l'époque «scepticisme» quasi-proverbial à l'égard «des politiciens qui se prennent au sérieux», Rivest devient un rude jouteur dès qu'un combat s'engage.«11 ne reculerait pas devant-grand chose pour aider Bourassa», résume un ami plus critique.Un fédéraliste convaincu Lors du débat référendaire, le député Rivest, d'une plume acérée, appuyait le -et futur juge à la Cour suprême- lu- NON dans un quotidien de Québec.Il lien Chouinard.invitait ,cs |ecteurif «avant de monter «Même s'il a une formation en droit dans le train péquistc, à réfléchir sur le constitutionnel, Rivest s'appuie davan- pays laissé derrière.Tout un pays le Ca- tage sur un instinct politique très déve- nada, l'un des plus grands, des plus ri- loppé que sur les spécialistes, dont il se ches, de plus libres et des plus jeunes \u2022 LA» source L'influence de Jean-Claude Rivest dépasse largement le «bunker», l'entourage du premier ministre.Neuf fois sur dix c'est Rivest qui parle lorsqu'un journaliste cite «un proche conseiller du premier ministre».Surnommé Docteur Spin par certains journalistes, Rivest est aussi celui qu'on délègue, «en pâture» à la presse, lorsque le gouvernement est en mauvaise posture, ou doit expliquer une décision délicate.Celui qui habituellement refuse de répondre sérieusement aux questions, se transforme alors en un « interprète instantané» des événements du jour, dont il fait un résumé invariablement favorable au gouvernement.Très souvent, son évaluation se retrouve aux bulletins télévisés et dans les journaux du lendemain.Une consolation bien temporaire, toutefois pour celui qui, comme le maire Drapeau, promet d'écrire un jour ses impressions de voyage, au pays du pouvoir.s philippe oubu3sson du bureau de La Presse OTTAWA - - - I 1 fallait voir Jean Chrétien affronter la presse parlementaire jeudi pour comprendre à quel point l'homme a été secoué par la.pluie de critiques' qui s'est abattue sur lui tout au long de la semaine.Les traits tirés, le chef de l'Opposition avait peine à lancer quelques flè-cîies vers le gouvernement Mulroney.Pourtant, il venait de réunir ses députés pendant deux jours dans le but de fourbir les armes du parti à la veille de la nouvelle session parlementaire qui s'amorce lundi par le discours du trône.' Plutôt que de vilipender le gouvernement avec la fougue qu'on lui connaît, il a passé la majeure partie de la conférence de presse qu'il avait convoqués à répondre aux questions sur «l'épisode de Québec» où, à l'ombre de l'Assemblée nationale, il avait spéculé tout haut sur la possibilité de réformer (encore une fois) la constitution sans l'accord des Québécois.Après ses volte-face sur la guerre du golfe Persique et ses déclarations, tournées en dérision sur la crise amérindienne, Jean Chrétien n'avait pas besoin de cette autre controverse.Son parti fait du sur place dans les sondages malgré la dé-, confiture des conservateurs et le doute commence à s'installer au sein de ses troupes sur son leadership.«J'ai peut-être fait une erreur», a-t-il dit jeudi du bout des lèvres.Une erreur dont il aurait pu limiter les conséquences s'il n'avait pas attendu 48 heures avant d'affirmer clairement qu'«aucune réforme constitutionnelle ne peut être légitime, aux yeux du Parti libéral, sans l'approbation de chacune des régions du pays».; Mais il a attendu trop longtemps et s'est fait rabrouer.Même le premier min nistre Robert Bourassa a qualifié de «bêtise politique» ses propos de Québec.Sa pensée profonde «Ses propos à Québec traduisent sa pensée profonde.Jean Chrétien n'est pas de mauvaise foi \u2014 il pense comme cela, l'ai cru qu'il changerait.Mais il va rester comme il est.Il pense coast to coast Pour moi, ce n'est pas acceptable.Cest pour cela que j'ai quitté», laisse tomber Larry Wilson.M.Wilson n'est pas ce qu'on peutappe-ler un «anti-Chrétien».11 a été le président du parti pour la région de Montréal et l'un des principaux organisateurs de la campagne au leadership de Jean Chrétien.Mais il a quitté le Parti libéral il y a six mois, comme plusieurs présidents de comté qui avaient appuyé M.Chrétien.«Les propos qu'il a tenus à Québec représentent plus qu'une erreur.Ils traduisent la pensée non seulement de r homme, mais aussi de son entourage, qui est fortement à blâmer pour les difficultés que traversent le Parti libéral», dit, sous le couvert de l'anonymat, un autre pro-Chrétien qui a quitté le parti.Selon ce dernier, le chef libéral èt son entourage, surtout anglophone, voient les prochaines élections fédérales générales comme la seule échéance importante.Toute la stratégie a été articulée en fonction d'accroître la popularité du parti dans les provinces à majorité anglophone.Et dans ces provinces, on ne veut pas entendre parler de constitution.C'est une erreur de perspective que le Parti libéral commence à peine à corriger, dit-il.Mais lean Chrétien, «pour qui le problème constitutionnel a été réglé en 1981-82», doit composer avec son caucus à majorité anglophone.Non seulement le chef libéral n'a pas vraiment la volonté de se rapprocher des revendications constitutionnelles du Québec, mais plusieurs de ses députés sont encore opposés à l'idée d'un fédéralisme décentralisé.Les députés de comtés torontois Roy MacLaren, Dennis Mills et John Nunziata, entre autres, ont tous fait campagne avec succès contre Meech lors des dernières élections fédérales et ont tous appuyé le retour de Jean Chrétien.C'est pourquoi Larry Wilson et d'autres qui ont fait défection ont perdu espoir de voir la direction du PLC articuler et promouvoir un projet de réforme constitutionnelle qui colle à la réalité québécoise.En entrevue, le sénateur Pietro Rizzu-to, principal organisateur du PLC au Québec, reconnaît la dissension au sein du caucus.Pour lui, le caucus national du parti libéra! est un microcosme de la réalité politique canadienne.«L'unanimité est aussi difficile à atteindre à l'intérieur du caucus qu'au sein de la population canadienne (sur la question constitutionnelle)», dit-il.Mais les événements de cette semaine ont ceci de positif, dit le sénateur Rizzu-to: «On aurait pu se passer de cette semaine.Mais ces malheurs portent certains à réfléchir.Nous avons eu de bonnes discussions au caucus.Ce n'est pas souvent écrit, mais M.Chrétien pousse pour rapprocher la position constitutionnelle du parti plus près des revendications du Québec.Aujourd'hui, l'ensemble du caucus accepte les cinq revendications de Meech.Ce n'était pas le cas avant.» LE PROCHAIN CONCRES DE L'AILE QUEBECOISE DU PLC POURRAIT ÊTRE LA \u2022 DERNIÈRE CHANCE DE SAUVER LE PARTI , AU QUÉBEC \u2014 page A4 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED111 MA11991 » - .Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information V ff Alain Dubuc éditorialiste en chef A 1i9 tcwes, êm Am Mm mtW^^ ^mWm\\ > ¦ mm - ¦ - - .v j Ssa-i».*».-.;'- :¦ V 'iff: y-' -, 'ifr DROITS RÉSERVÉS LETTRÉ DE TORONTO t.L éditeur du Toronto Star, John Hondrich, et l'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, .ont entrepris un échange de lettres sur leurs visions du Canada et du Québec.M.Honderich répond ici à celle d'Alain Dubuc, publiée samedi dernier, sur notre hymne national.Cher Alain, De par leur nature, les symboles nationaux devraient S unir un peuple.Et les traiter à la légère c'est, à mon avis, faire ; preuve de désinvolture envers l'esprit et l'âme d'un pays.Voilà qui explique que votre dernière lettre m'ait tellement ébranlé.Et si j'en juge d'après les commentaires recueil-lis auprès d'amis et de collègues, je ne suis pas le seul.Les grands hymnes nationaux, La Marseillaise ou le Star-; Spangled Banner, par exemple, 4 font naître en moi le souvenir J d'interprétations émouvantes ; soulevant les foules.On ne peut ! concevoir qu'un Français ou qu'un Américain qualifie son ! hymne national «d'ambigu» ou ; de «pire symbole d'unité nationale».Or, voilà exactement les mots ; que vous avez choisis pour dé-i crire le O Canada.Bien que je comprenne mieux ; maintenant, après avoir effectué de plus amples recherches, ! ce qui motive vos propos, je ne suis pas sûr de pouvoir l'accepter.J;*i entendu et même chanté à maintes reprises le Ô Canada en '.français.Pourtant, je n'avais jamais réellement assimilé les dif- férences de sens entre les deux versions.Je me suis donc prêté à un petit exercice: comparer les vers des deux premiers couplets de notre hymne.Vous pourrez juger les résultats à la fin de ma lettre.Une première révélation: quelle disparité entre les deux versions! Et dire qu'après 125 ans, nous sommes encore incapables d'unir nos voix pour chanter le même hymne.On peut même se hasarder à dire que chaque groupe linguistique possède actuellement son hymne propre.Voilà qui donne un tout autre éclairage à la notion des deux solitudes.La première version, paraît-il, fut la française, rédigée par Adolphe Routhier.Ce n'est que quelques années plus tard que R.Stanley Weir écrivit la version anglaise.Vous faites remarquer avec justesse que l'original évoque principalement le Québec par ses références à un fleuve géant (vraisemblablement le Saint-Laurent) et au «Canadien».Une deuxième révélation ! Comme bien d'autres personnes, dont notre chroniqueur sportif, je présumais que le nom de l'équipe de hockey montréalaise «Les Canadiens» faisait référence au Canada, point à la ligne.Or, tel n'est pas le cas.En fait, viens-jc d'apprendre, dans le cas qui nous intéresse, les Québécois donneraient au terme «Canadien» sa valeur historique en l'utilisant pour désigner seuls les colons français qui se sont établis au Québec.Cela vous amusera sans doute d'apprendre qu'on a largement commenté ici l'annonce faite récemment par le président du Canada, Ron Corey, qu'advenant la séparation du Québec, le nom de l'équipe demeurerait inchangé.L'un de nos journalistes attaché aux sports a d'ailleurs jugé ce geste fort courageux.le ne crois pas qu'aucun de nous n'ait pleinement saisi la nuance historique.Sur ce plan, donc, je comprend vos sentiments à l'égard de ces symboles.Mais je crois que vous et certains de vos compatriotes sous-estimez gravement le pouvoir qu'excerce le Ô Canada dans le reste du pays.Le jour où votre dernière lettre a paru dans le Toronto Star, nous avons aussi publié sur la page opposée la lettre de Caroline MacDonnell, une élève de 7e année à l'école Queen Elizabeth,à Mississauga.En voici un extrait: «Nous sommes Canadiens et pourtant nous ne respectons pas beaucoup notre pays.Les Américains, en revanche, célèbrent leur pays en chantant leur fierté nationale.Pourquoi nous, Canadiens, sommes-nous incapables des chanter dignement notre hymne national?En aurions-nous honte?D'ailleurs, le chantons-nous vraiment?Je vous en prie, essayons d'être fiers de notre pays et chantons notre hymne national la tête haute.Car, si nous ne croyons plus en notre pays, bientôt il n'existera plus.» Quelles paroles saisissantes.Mais elles reflètent bien la passion grandissante qu'éprouvent la plupart des Ontariennes et des Ontariens envers leur pays , et leur hymne national.Or, ces sentiments sont honnêtes et légitimes.On ne doit pas les traiter à la légère.Ainsi, ignorer, huer ou tourner en ridicule l'hymne national constitue pour nombre d'entre nous une grave offense.Il est d'ailleurs tout aussi vexant d'apprendre que les membres de l'Assemblée nationale refusent d'y placer l'unifolié.Les médias ont mal paru dans l'affaire des contrats secrets MARCEL ADAM près la divulgation de quelques éléments de l'un des contrats secrets d'Hydro-Québec, par le député Robert Libman, le columnist Don MacPherson, de la Gazette, a critiqué sévèrement le manque de courage des médias qui se sont laissés bâillonner par l'injonction de la Cour supérieure réclamée par les 13 firmes en cau- À la prochaine, JOHN S'il y a jamais eu un cas, dit-il, où les médias auraient été moralement justifiés de donner au public l'information à laquelle il avait droit et d'en assumer ensuite les conséquences, c'est bien celui-là.Après que des organes de presse de trois pays étrangers (Australie, Norvège et États-Unis) eurent dévoilé les termes du contrat Norks Hydro, les médias québécois auraient dû, selon lui, se bousculer pour fournir à leurs clientèles la même information.Mats ils ont eu la trouille.«Le fait que nous ne l'ayons pas fait, remarque-t-il, soulève la question de savoir jusqu'où nous sommes réellement prêts à aller pour soutenir tous les grands discours des colloques journalistiques sur la liberté de la presse et le droit du public à l'information».En effet.La conduite des médias, dans cette affaire, fait mentir leurs prétentions voulant qu'ils soient les chiens de garde \\ 11 * du droit du public à l'information, l'un des deux piliers (l'autre étant la liberté d'expression ) sur lesquels repose la sacro-sainte liberté de la presse.Tous les médias étant convaincus que l'intérêt public était dans la divulgation de cette information et non dans sa censure pour des raisons étroitement légalistes, ils auraient dû se dire, paraphrasant le personnage de Dickens cité par MacPherson, que si la loi permet cela, elle est bête et idiote, et agir en conséquence.Car il arrive qu'une loi soit mauvaise et qu'une ordonnance judiciaire soit intolérable en démocratie.De plus, personne n'est tenu de respecter ce que sa conscience réprouve, ou de s'y soumettre.C'est même un devoir en ce cas de défier cette mesure et d'assumer les conséquences de son geste.Les médias ont choisi d'agir par la voie judiciaire et de contester l'injonction en formant un front commun réunissant cinq quotidiens et trois chaînes de télévision.Mais après que l'une des treize firmes eut décidé de rendre public son contrat avec Hydro-Québec, le groupe renonça à poursuivre le combat, la récession le privant des moyens financiers d'aller plus loin.|e crois que ces organes de presse auraient mieux fait de se concerter pour publier tous ensemble l'information interdite.Et de ménager leur urgent pour défendre ceux d'entre eux qui auraient pu éventuellement être condamnes.D'ailleurs, ce faisant ils n'auraient pas pris un gros risque.Car il est difficile d'imaginer que tout ce beau monde aurait été traîné en cour et mis collectivement en prison, faisant du Québec la risée du monde démocratique.(Dans l'éventualité contraire, cela aurait peut-être eu pour conséquence positive d'amener les journaux, les chaînes de radio et de télévision à constituer un fonds de .défense professionnelle.Ce qui serait, de toute façon, une sage précaution en une époque où les médias sont de plus en plus souvent exposés à se défendre devant les tribunaux.Quand on sait qu'une guérilla judiciaire peut être si onéreuse qu'une entreprise de presse financièrement vulnérable \u2014 laquelle ne l'est pas plus ou moins de nos jours?\u2014 peut avoir à choisir entre la vie et l'honneur).S'en remettre au judiciaire c'est accepter d'avance de vivre avec les conséquences de son choix et risquer de devoir respecter une loi ou une injonction que l'on croit en conscience mauvaise et contraire à l'intérêt public.Et de renier du fait même sa raison d'être.' Ce n'est pas par le processus judiciaire mais par la dissidence, et parfois la prison, que les journalistes du passé ont réussi a faire reconnaître comme des valeurs fondamentales de la démocratie la liberté de la presse et le droit du public à l'information.C'est peut-être parce que les médias ne paraissent plus aussi imbus que jadis des valeurs sacrées qui justifient leur liberté que, depuis quelques années, ils sont de plus en plus souvent mis à l'épreuve par des pouvoirs publics ^t prives.le ne crois pas que les médias protégeront mieux ces acquis en se laissant dicter leur conduite par leurs conseillers juridiques plutôt que par leur conscience professionnelle. \u2022 Uf W% t'y 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED111 MA11991 Mus T1 B3 Opinions Lysiarie Ciagnon A/otre corps et notre mort nous appartiennent JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale n nous octroie tous les jours de nouveaux droits que nous possédons déjà.Un jour prochain quelque généreux et démagogique gouvernement nous accordera le droit de mourir à domicile.Or ce droit nous est depuis longtemps reconnu.L'article 19.1 du code civil se lit en effet comme suit: Nul ne peut être soumis sans son consentement à des soins, quelle qu'en soit la nature, qu'il s'agisse d'examens, de prélèvements, de traitements ou de toute autre intervention.Si l'intéressé est inapte à consentir à des soins ou à les refuser, une personne qui est autorisée par la loi ou par mandat le remplace.- Si donc je veux mourir à domicile, je n'ai qu'à refuser tout traitement qui m'obligerait à quitter ledit domicile, ou à donner à quelqu'un le mandat de faire en sorte qu'il en soit ainsi.Si l'acharnement thérapeutique existe, c'est donc parce que nous le voulons bien.Signe des temps, au colloque Mourir avec dignité, deux conférenciers, le juge Jean-Louis Beau-doin et la curatrice publique, madame Nicole Fontaine, ont jugé nécessaire de nous rappeler que notre corps nous appartient.L'aurions-nous oublié?Il nous appartient au point que nos volontés à son sujet doivent être respectées sans égard à leur caractère raisonnable.Si ma conscience m'interdit de recourir à un traitement, on doit s'incliner devant mes volontés quelle que soit l'opinion que l'on a de mes valeurs.Combien de Kurdes sont morts récemment parce que leur religion leur interdisait de consommer tel ou tel aliment tombé du ciel?Notre code civil rend une telle mort possible.Le voudrait-on, on ne pourrait pousser plus loin le respect de l'autonomie des personnes.Nous ne pouvons cependant pas contraindre une autre personne à nous administrer un poison ou à nous donner la mort d'une quelconque autre façon.Cela s'appelle un suicide assisté et, en contexte médical, l'euthanasie active.Cet acte est un crime.Il en est ainsi dans tous les pays, sauf la Hollande, où à titre expérimental, oa a decriminalise l'euthanasie active.Pour l'instant l'expérience est loin d'être concluante.Le juge Beaudoin s'est opposé de façon catégorique à toute loi donnant un droit à la mort tel que le « médecin traitant pourrait être, tenu de supprimer la vie d'un malade qui le lui demanderait/ Au Canada, on ne connaît toutefois aucun exemple de poursuite contre un soignant qui aurait, à sa demande, aidé un malade à franchir plus rapidement la dernière étape de sa vie.Dans le sillage de ce que l'on peut faire pour réduire la souffrance, bien des choses sont possibles dans les faits.L'anthropologue français Louis-Vincent Thomas est même d'avis que la distinction entre lenthanasie pas-sive (soulager la souffrance, ne pas s'acharner) et l'euthanasie active est sans fondement.La valeur morale des choix est largement déterminée par la qualité du contexte où ils sont faits.Au colloque, c'est le père Yves Girard, de la Trappe d'Oka qui, de l'avis unanime de ceux qui ont pu l'entendre, a le mieux évoqué le désir profond du mourant, désir de vraie vie qu'il faut savoir deviner et satisfaire, moins par des actes et des techniques toutefois, que par une présence rayonnante témoignant de la béatitude qui accompagne cette vraie vie.Nous n'avons pas le droit d'arracher un mourant à la mort a-t-il dit en substance, si nous ne sommes pas disposés à l'accueillir comme un miracle, si c'est pour l'abandonner à sa solitude.L'historien Serge Gagnon de l'Université du Québec à Trois-Ri-vières a d'autre part fait remarquer qu'au lieu d'avoir un destin avec lequel nous composons humblement, nous avons une vie que nous entendons gérer: un enfant à telle date, la Floride à telle autre, etc.Mais on ne connaît ni le jour ni l'heure de la mort.Scandale! Nous voici de nouveau dans le non-gérable.Le testament de vie De ce besoin de gérer sa vie et du désir d'échapper éventuellement à un acharnement médical inutile est née une pratique de plus en plus répandue dans nos sociétés: faire connaître à l'avance ses volontés de fin de vie.peut être assimilé à un consente* ment par anticipation, s'avère délicat dans son interprétation, sa valeur indicative n'en est pas moins indéniable.le peux rédiger un testament de vie sans désigner la personne qui aura la responsabilité de faire respecter mes volontés; dans ce cas c'est l'un de mes proches qui sera l'interprète de mes volontés, mais la responsabilité du médecin sera aussi considérable puisque c'est à lui le plus souvent que le proche s'en remettra pour prendre sa décision.y* Il existe actuellement deux grands moyens de le faire: le mandat et le testament de vie, aussi appelé testament biologique.Lequel choisir?La curatrice publique, madame Nicole Fontaine, a très bien montré les avantages et les inconvénients de chaque solution.Le testament de fin de vie procède de la volonté d'imposer une limite à l'acharnement thérapeutique.Les différents modèles étudiés par madame Fontaine permettent à la personne d'exprimer son désir de ne pas être soumise à des soins extraordinaires ou disproportionnés.On devine les problèmes d'interprétation que pose le testament de vie.Que se passe-t-il si un traitement autrefois inutilement douloureux s'est grandement amélioré depuis le jour où le testament a été fait et si au fond de lui-même, sans pouvoir le dire, un malade change d'avis au dernier moment?Nicole Fontaine conclut que si le testament de vie, qui ne Le mandat Le juge Beaudoin: non à toute loi donnant un droit à la mort tel que le médecin pourrait être tenu de supprimer la vie d'un malade qui le lui demanderait.La curatrice publique Nicole Fontaine : si le testament de vie s'avère délicat dans son interprétation, sa valeur indicative n'en est pas moins indéniable.Le mandât consiste au contraire à désigner la personne qui, le cas échéant, prendra la décision à ma place.La curatrice publique suggè- ' re, qu'en ce qui a trait du moins aux volontés de fin de vie, le mandat soit rédigé en termes assez larges, de manière à laisser une certaine latitude au mandataire.Par rapport au testament de vie, le mandat présente l'avantage d'être reconnu par la loi.Il ne devient toutefois exécutoire qu'après avoir été homologué par le tribunal, procédure qui exige plusieurs semaines; ce délai, on le devine, constitue un inconvénient majeur dans bien des cas.Notons que même avant d'avoir été homologué, le mandat conserve une valeur indicative, au même titre que le testament de vie.De l'avis de la Chambre des notaires, comme de celui de monsieur Yyon Bureau, président de la Fondation responsable jusqu'à la fin, il n'y a aucune incompatibilité entre le testament de vie et le mandat, lesquels devraient être considérés comme complémentaires.La curatrice publique a des raisons de croire que les délais lors de l'homologation vont bientôt être considérablement réduits.On peut néanmoins se demander si le recours à des tribunaux déjà encombrés est vraiment nécessaire dans ce cas.Dans chaque hôpital ne pourrait-il pas se trouver un sage, une infirmière ou un médecin à la retraite, par exemple, qui, dans le respect de certaines règles élémentaires, joueraient le rôle du juge?Conscient de l'importance de ces questions, le Législateur québécois a confié au Curateur public des responsabilités spéciales en cette matière.Si, en tant que curateur privé ou mandataire, je suis dans l'embarras au moment de prendre une décision au moment de la mort de la personne dont j'ai la responsabilité, je peux m'adres-ser au Curateur public, où une équipe multidisciplinaire m'aidera à prendre une bonne décision.Deux enfants ping-pong du Québec FRANCINE PELLETIER collaboration spéciale e toutes les provinces canadiennes, c'est au Québec où l'on trouve le plus grand nombre d'enfants ping-pong.C'est-à-dire d'enfants qui vont de foyer de groupe en famille d'accueil, faute de pouvoir trouver, dans leur propre famille, la sécurité et les soins nécessaires.Bien que le nombre d'enfants pris en charge au Québec a baissé de cinq mille récemment \u2014 de 16 500 en 1986 à 11 150 en 1989 \u2014 ces chiffres toujours élevés soulèvent beaucoup de questions.Le Québec, en matière de protection de la jeunesse, souffre-t-il d'interventionite aiguè?Ou, au contraire, le Québec s'acquitte-t-il mieux qu'ailleurs de sa tâche?.Un peu des deux, répondent deux expertes à la matière, Car-leen loseph et Roxanne Panchasi.Ni travailleuses sociales, ni membres du Conseil de la famille, ni employées du ministère de la Santé et des services sociaux, ces deux femmes en savent quand même long sur les enfants pris en charge.C'est que Carleen loseph et Roxanne Panchasi sont toutes deux passées par là.De l'âge de 12 à 17 ans, Carleen a connu six foyers différents.Roxanne, elle, se dit « chanceuse», n'en ayant connu que deux.Et puis, Carleen et Roxanne sont toutes deux membres du Ré* seau national des jeunes, organisme qui vient en aide aux enfants pris en charge.C'est avec une certaine trépidation, d'ailleurs, que Carleen et Roxanne s'apprêtent à participer au Troisième Congrès international de l'enfance et la jeunesse en difficulté, qui se tiendra cette semaine à l'Hôtel Shera- ton à Montréal, et où les jeunes s'apprêtent à prendre le plancher comme jamais auparavant.Agées aujourd'hui de 21 et 19 ans respectivement, Carleen et Roxanne ont bien des critiques à formuler à l'égard du système de protection de la jeunesse au Québec.Les fréquents déplacements, d'abord.«Ce n'est pas facile de pacter tes affaires dans des sacs à poubelles et partir, à tous bouts de champs, pour des lieux inconnus», dit Carleen.La bureaucratie qui alourdit le système, ensuite.«l'ai eu une travailleuse sociale qui chronométrait nos visites», précise mon interlocutrice.«|'ai dû passer par la police avant qu'on accepte de me prendre, l'ai eu très peur», ajoute Roxanne.Mais, malgré tout ça, Roxanne et Carleen bénissent l'existence de la protection de la jeunesse.Elles bénissent, aussi étonnant que cela puisse paraître, le jour où elles.ont été prises en charge par l'État.«Pour rien au monde, je serais retournée chez nous», dit Carleen.Après trois heures de discussion, il faut presque deviner les expériences qui ont fait fuir ces deux jeunes femmes de la maison.Ce n'est manifestement pas de «ça» .\u2014 Carleen a été sexuellement abusée par son père, Roxanne a été battue par sa mère\u2014 dont elles veulent parler.Toutes leurs énergies vont à surmonter le malheur, pas à s'y complaire.Ça se voit.Moi qui croyais trouver deux femmes un peu poquées, fébriles, vulnérables, je me suis retrouvée devant deux chars d'assaut! Tout sourire, par-dessus le marché.Deux femmes avec des grosses crottes sur le coeur, c'est sûr, mais deux qui ont depuis longtemps appris à surmonter les épreuves de la vie, toutes seules.L'histoire de Carleen est en fait assez typique des enfants ping-pong.D'autant plus que Carleen est noire et qu'il y a un très haut pourcentage d'enfants noirs parmi les jeunes pris en charge.(Impos- tW sible de dire combien, les services sociaux n'ont pas le «droit», m'a-t-on dit, de compiler ce genre de données.) L'histoire de Carleen commence à l'âge de huit ans, alors que son père la fait venir d'Antigua, dans les Antilles, pour vivre avec lui et sa nouvelle femme à Montréal.Mais à 12 ans, Carleen n'en peut plus.À l'école, elle confie à une de ses professeurs ce qui lui arrive à la maison.Dans peu de temps, elle se retrouve dans un refuge temporaire où la protection de la jeunesse procède à l'évaluation de son cas.Elle y passe trois semaines.Carleen connaît ensuite sa première famille d'accueil, mais pour deux mois seulement.«Quelqu'un avait décidé que j'avais des problèmes», dit-elle.Carleen passe alors deux ans dans un centre de réadaptation pour jeunes.«le m'en serais bien passé.le n'avais pas besoin qu'on me découpe en petits morceaux pour m'aider à mieux fonctionner», dit-elle.1 Et puis, c'est à nouveau une famille d'accueil.Et à nouveau l'échec.«La famille me considérait comme une servante.On s'attendait à ce que je fasse le menage, on barrait les portes de peur que je vole.Ça ne pouvait pas marcher», dit-elle.Finalement, Carleen est envoyée dans un foyer de groupe pour adolescentes où elle reste un an.Le temps de finir son secondaire, en fait, et de voler, enfin, de ses propres ailes.Aujourd'hui, Carleen habite un petit appartement plutôt coquet et vient de compléter, avec beaucoup de succès, sa deuxième année d'université à Concordia.Elle fait des jobines pour arrondir ses fins de mois.Elle a l'air de la fille la plus équilibrée au monde.« |vai arrêté d'être en colère il y a trois ans, explique-t-elle.l'étais dans une période où j'en voulais à tout le monde; à mon père surtout de m'avoir amenée ici, supposé- ment pour améliorer mon sort.Mais ça ne servait à rien de penser comme ça.» IP Roxanne Panchansi, elle, n'est pas sûre de pouvoir en dire autant.Elle est toujours en colère.Elle a d'ailleurs adressé la parole à sa mère l'année dernière pour la première fois en quatre ans.Contrairement à Carleen, Roxanne émerge à peine, faut dire, de sa vie de ping-pong.Contrairement à Carleen, aussi, l'histoire de Roxanne est plutôt inusitée.C'est elle-même, d'abord, qui, à 14 ans, s'est présentée aux services sociaux Ville-Marie en demandant qu'on la sorte de chez elle.Une telle initiative de la part des jeunes est rare.Et puis, Roxanne vient d'une famille relativement aisée, «snob» de son propre aveu.«Pour mes parents, une famille d'accueil c'était juste un cran au-dessus de la prison », dit-elle.Fermement décidée à s'extirper de l'emprise de sa mère, Roxanne s'est donc retrouvée dans une famille vivant de prestations du bien-être social à Verdun, après avoir passé une bonne partie de sa vie dans le bas Westmount! Ca aussi, ça ne court pas les rues.Mais peu importe la trajectoire, finalement.Le fait d'avoir vécu une jeunesse difficile et vagabonde a laissé des séquelles identiques chez Roxanne et Carleen.Les deux femmes admettent faire difficilement confiance et se méfier beaucoup des gens.« Je ne m'attache pas facilement, précise Roxanne.|e ne crois pas tellement à l'amour, ni à la famille.» L'une et l'autre, d'ailleurs, se disent hantées par la peur d'un jour abuser de leurs enfants, à leur tour.«On ne peut pas ne pas y penser», dit Carleen.Mais pour l'instant, l'une et l'autre exorcisent leurs peurs en venant en aide aux jeunes qui vivent la même c.hose qu'elles et en sommant le gouvernement, chaque fois qu'elles le peuvent, de supporter davantage la protection de la jeunesse.«On peut bien critiquer, dit Carleen, mais on peut pas s'en passer*^ la société ^équivoque Le débat constitutionnel s'enfonce dans un flou qui n'a rien d'artistique.D'ailleurs, y a-t-il même débat?Pendant qu'au Canada anglais, on jongle sans enthousiasme avec l'idée d'un référendum ou d'une assemblée constituante, au Québec, le débat, monopolisé par les gens d'affaires, est devenu une affaire de comptables.Pourtant, comme me le disait cette semaine un diplomate étranger qui observe d'un air médusé ce curieux phénomène, quand donc a-t-on vu un pays fai re l'indépendance pour des raisons d'équilibre budgétaire?* * * De toutes façons, l'humeur populaire est plus volatile que jamais.Québécois et Canadiens ont ceci en commun qu'ils sont accablés par la TPS et par la récession, d'où l'extrême impopularité du gouvernement fédéral et la montée des tiers-partis régionaux, qui bénéficient de ce «vote» de protestation \u2014 encore qu'il faudrait être bien naif pour voir déjà le pouvoir partagé, aux Communes, entre le Reform Party et le Bloc Québécois.Six mois avant les élections de 1988, le gouvernement Mulroney, affligé par une pluie de scandales et d'échecs, semblait destiné à la débandade absolue; Ed Broadbent était l'homme le plus populaire au pays et le NPD se voyait déjà au pouvoir, avec une majorité de sièges au Québec! Le chômage et l'insécurité économique -ont commencé à éroder l'appui à la souveraineté: entre novembre et avril, nous dit un un récent sondage de CROP, il y aurait eu une baisse de 16 p.cent.En termes électoraux, c'est énorme.Ce qui s'effrite/c'est le bloc friable et fluctuant des nationalistes « mous», ceux qui sont bien prêt à envisager plus d'autonomie pour le Québec (pourquoi pas?), mais à condition' que cela n'affecte pas leur vie quotidienne, ceux qu'un coup de colère peut propulser momentanément vers le camp souverainiste, mais qui, avec le temps et la récession, reviennent au bercail des indécis.\u2022 «Il n'est pas dit que certains peuples n'aiment pas vivre dans l'ambiguïté», disait récemment .(-ancien ministre Paul Gérin-Lajoie, et on serait porté à lui donner raison devant cet autre sondage Gallup qui montre que même à l'heure où l'humeur domi-; nante penche en faveur de la souveraineté, Pierre Elliott Trudeau balaierait encore le Québec, 'aVtaî deux fois plus de voix que le Bloc Québécois! (Ce-sondage est toutefois à prendre avec des pincettes car l'échantillon, valable pour un portrait d'ensemble pan-canadien, était trop réduit pour donner une image exacte des « régions ».) Mais un autre sondage, commandité par \"le! Globe and Mail et la CBC, et reposant celui-là sur un échantillon conforme aux règles de l'art, montre que les Québécois restent majoritairement ambivalents, de solides majorités \u2014 même parmi ceux qui se.déclarent souverainistes \u2014 tenant au lien canadien.83.p.cent se disent fiers de ce que «les Canadiens anglais et français ont accompli ensemble», 64 p.cent sont d'avis que le Canada et le Québec ont «beau-' coup en commun», 78 p.cent souhaitent le maintien de «l'unité nationale», et 83 p.cent voient le Canada comme un pays où la qualité de vie est «la meilleure au monde»! Ce sondage n'est pas si surprenant qu'il en a l'air.La politique québécoise a toujours été marquée par l'ambiguïté et il serait invraisemblable que la société ait changé du tout au tout en dix ans.C'est certainement parce qu'ils savent que cet appui à la souveraineté comporte une part d'équivoque que les péquistes se sont toujours abstenus de s'engager à faire un référendum sur le principe delà' souveraineté, et qu'ils tenaient tant à ce que M.Bou-rassa fasse lui-même ce référendum cette année, avant que ne retombe la vague de colère suscitée par la faillite de Meech.C'est certainement parce qu'il a en mains des sondages du même type que le premier ministre Bou-rassa continue à jouer sur les mots, et à évoquer, même quand il agite l'hypothèse souverainiste; le maintien des institutions fédérales («union confédérale», «parlement fédéral élu», etc).Et c'est, évidemment, pour la même raison que le premier ministre Mulroney enfonce les clous là où ils peuvent faire mal : «Voulez-vous renoncer à votre passeport canadien?Cesser d'élire des députés fédéraux?».* * * «Les vieux partis» sont en danger, proclamait hier une manchette du Soleil, sur la foi d'un sondage Angus Reid qui montre que la popularité du Reform et du Bloc ont doublé en un mois.Que les conservateurs de Mulroney et les libéraux de Chrétien soient mal pris, c'est indéniable.De là à vendre la peau de l'ours.D'ici à l'automne 92, bien des choses peu-, vent se produire.\u2022 * \u2022 Deux éléments, en tout cas, font partie du.tableau: la possibilité que les libéraux, toujours prompts à poignarder leurs chefs quand ils ne livrent pas la marchandise, fassent subir à lean Chrétien le traitement qu'ils ont infligé à Ion n Turner.Si la cote de M.Chrétien ne remonte pas, des mutineries et de multiples intrigues de coulisses sont à prévoir à mesure que se rapprochera l'échéance électorale.Par ailleurs, M.Mulroney, qui semble avoir tout perdu \u2014 sa base nationaliste au Québec, ses appuis traditionnels dans l'Ouest, sa crédibilité comme «réconciliateur national», sa respectabilité, son image, etc, \u2014 a gardé un atout : sa légendaire capacité de rebondissement, en même temps qu'une ferme emprise sur ses troupes.r \u2022 1 11 est tout de même assez extraordinaire qu'au moment où, descendu à 16 p.cent dans la faveur populaire, il a acquis le championnat mondial du chef de gouvernement le plus impopulaire, M.Mulroney soit si peu contesté par ses troupes, que son Conseil* des ministres garde sa cohésion et que si peu de rumeurs et de défections émergent du caucus conservateur.Bien sur, un premier ministre est toujours mieux placé qu'un chef de l'opposition pour mater les velléités de révolte et récompenser les fidèles, mais il serait normal, vu le contexte, que la grogne \u2022 commence à faire ses ravages.On se serait attendu,-aussi, à ce que le Bloc attire davantage de députés conservateurs, compte tenu de la vague souverain is- .te et de l'écart qui s'accroît entre les deux formations.Or, non seulement l'hémorragie semble-t-cUe avoir été arrêtée assez tôt, mais l'un des transfuges est piteusement rentré au bercail.Évidemment, la tournure du dossier constitutionnel sera un facteur-clé.Dans le flou actuel.II.est* difficile de savoir où l'on s'en va, mais il se pourrait 3u'on s'achemine vers une situation où la plupart es joueurs, au Québec comme ailleurs, voudront-éviter l'épreuve de force.Dans ce contexte, les Que-, bécois reviendraient à leur instinct traditionnel; qui' est de voter à Ottawa du côté du pouvoir, plutôt que de se laisser marginaliser en s'enfergiant dans uji.*«bloc» condamné à l'opposition. \u2022 - Plus LA PRESS?.MONTREAL, SAMED111 MA] 1991 ¦ ¦ ¦ PHOTO jean GOUPIL, Li Presse Robert Neveu et sa femme, Ginette.Ils se sont mariés en 1979.Victime dun accident de travail en 1983, incapable de se trouver un emploi, empêtré depuis huit ans dans le dédale de la CSST, M.Neveu a pris un gros, coup de vieux.«Il faut qu'on s'aime pour passer à travers ça!» affirme Mme Neveu.GGdiWŒlPCl) du travail MICHÈLE OUIMET e 31 octobre 1983, Robert Neveu, un monteur de vitres, transporte une grosse fenêtre à battants.11 trébuche et son dos heurte violemment le coin d'une palette de bois.Depuis, Robert Neveu est un accidenté du travail.Mais, encore, s'il n'y avait que ça.Il doit aussi se battre avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), se retrouver dans cet immense dédale administratif, franchir les différents paliers de révision, passer entre les mains de plusieurs médecins, psychologues et psychiatres et traverser une dépression nerveuse.¦ \u2022 Résultat: s'il ne se trouve pas rapidement un travail, ses prestations de stabilisation économique, 793,13$ par .mois, seront supprimées.Mais comment trouver un travail convenable alors que son rapport d'évaluation médicale indique qu'il ne peut pas «soulever ou porter, ni tirer, ni pousser de poids plus lourd que dix à 20 livres, qu'il ne doit pas faire de répétitions de mouvement de flexion.¦ ¦ extension et torsion de la colonne lom-bo-sacrée, éviter de monter ou de descendre de façon répétitive les escaliers et éviter de travailler dans des escabeaux et échelles».M.Neveu est un travailleur manuel avec une 11e année, pas un diplômé universitaire.Il n'a pas les qualifications nécessaires pour obtenir un emploi de bureau.Il se cherche anxieusement un travail sans aucune aide de la CSST.Il a rencontré quelques concess-sionnaires automobiles.Il aimerait bien être commis.Dans la cuisine, en compagnie de sa femme, Ginette, M.Neveu raconte son histoire, empêtré dans ses nombreux papiers qui jonchent la table: décisions de la CSST, talons de chèques, lettres, dossiers médicaux: une pile de paperasses qui résume avec absurdité les huit dernières années de sa vie.Il s'y retrouve difficilement.Avec le temps, les années se confondent et les événements se superposent.Il calcule sur un bout de papier le montant mensuel de ses prestations qui diminue depuis quelques années.11 s'embrouille, argumente avec sa femme, reprend ses additions.Une histoire comme les autres Son dossier a fait l'objet de plusieurs révisions.Christiane Rioux, conseillère à la Fondation pour l'aide aux travailleuses et aux travailleurs accidenté- e-s ( FATA ), pilote M.Neveu et l'aide à contester les décisions de la CSST.Son histoire commence mal.Ouvrier de la construction, M.Neveu gagne en moyenne 25 000$ par année.Mais en 1983, il y a une grève au chantier.Il ne fait que 22 000$ et la CSST calcule ses indemnités en fonction de ce dernier revenu annuel.M.Neveu reçoit donc ses prestations et suit des traitements en orthopédie et en neurochirurgie.En 1987, il se déniche un emploi, sans aide.Il devient magasinier dans l'entreprise de son beau-frère à 5$ l'heure.Mais il doit transporter des matériaux lourds et c'est la rechute.Son cas se complique: une entorse lombaire aggrave son hernie discale avec augmentation du degré d'ankylo-se.La CSST rajuste alors ses prestations, car elle tient compte de son dernier salaire, et ses revenus diminuent de 10 p.cent.En 1990, ses indemnités sont à nouveau réévaluées à la baisse.Christiane Rioux conteste cette décision.gravation du cas de M.Neveu à la suite de sa rechute et d'augmenter son incapacité permanente de 4 p.cent.Par contre ses «limitations fonctionnelles», c'est-à-dire sa capacité de travailler, restent les mêmes.M.Neveu doit donc retourner sur le marché du travail et il a un an pour se dénicher un emploi.Seul.Pourtant, son médecin traitant avait déclaré que l'état de M.Neveu s'était aggravé et qu'il avait besoin d'un soutien en réadaptation.Rien à faire.La CSST refuse de tenir compte de cet avis.L'incapacité permanente de M.Neveu est fixée à 2,5 p.cent.Encore une fois, il va en appel.11 est débouté par le Bureau de révision et la Commission des affaires sociales.Finalement, le dossier se retrouve devant un arbitre médical qui décide, en avril 1990, de tenir compte de l'ag- Cette décision a également été contestée.La date de l'audition n'a toujours pas été fixée.L'année accordée par la CSST a pris fin en avril.La sentence sera donc bientôt appliquée: si M.Neveu ne se trouve pas de travail, la CSST le rayera de sa liste de prestataires.La vie continue , Avant l'accident, M.Neveu était un homme actif: grand sportif, spécialiste de la compétition, champion du Québec en courses de motoneige et en ski nautique.Son accident de travail le plonge dans un univers inconnu: celui de l'anxiété et de la passivité.Il n'a alors que 35 ans.11 se sent dévalorisé et glisse lentement dans une dépression nerveuse.Il doit consulter un psychologue et deux psychiatres.Dans un des rapports d'évaluation médicale, on peut lire «qu'un anti-dépresseur parait beaucoup moins important thérapeutique-ment que la résolution de l'incertitude du patient face à la CSST et à son avenir».Dans un autre, il est écrit que M.Neveu «ne sait pas trop où il va mais à cause davantage d'un imbroglio administratif».« Mon accident a changé bien des affaires^ explique M.Neveu.Aujourd'hui, j'aurais une maison.Mais tout a changé.Ce qui m'arrive, c'est tout le contraire de ce que je voulais faire.» s «Ce n'est plus l'homme que j'ai marié, ajoute sa femme.Avant, on voyageait tout le temps.Là, on ne peut plus rien faire.C'est dur pour un couple.Il faut qu'on s'aime pour passer à travers ça.» Locataires d'un petit logement de quatre pièces à Laval, M.et M\"* Neveu passent leurs journées à la maison pendant que leur fils de sept ans va à l'école.Il est d'ailleurs né un mois et demi avant l'accident.Mmc Neveu se cherche un emploi.Elle avait un bon boulot en informatique mais, en 1989, la compagnie a fermé ses portes.Elle a réussi à décrocher quelques contrats mais aujourd'hui, elle est sans travail depuis deux mois et n'a pas droit aux prestations d'assurance-chômage.- \u2022 * MICHÈLE OUIMET Le syndicaliste Michel Chartrand n'a que des histoires d'horreur à raconter sur la CSST.De sa voix tonitruante et dans un langage imagé, emaillé de nombreux blasphèmes, il fustige les bureaux d'avocats \u2014«cette gang de criss à la solde des compagnies»\u2014 et les médecins de papier \u2014«ces hosties de menteurs» qui passent plus de temps à remplir des formulaires qu'à examiner les patients référés par la CSST.Du même coup, il écorche au passage le système capitaliste qui «sacrifie l'intégrité physique des travailleurs» au profit de la sacro-sainte productivité.En 1983, Michel Chartrand a mis sur pied la Fondation pour l'aide aux travailleuses et aux travailleurs accidenté-e-s ( FATA ) avec une poignée de béné-voles dont le Dr Roch Banville, son vieil ami et complice, un baroudeur au verbe haut qui, lui aussi, émaille régulièrement son discours de sacres.Et depuis huit ans, Michel Chartrand consacre une partie de son temps à plaider la cause des travailleurs accidentés aux différents paliers d'appel de la CSST.Pourquoi la f ATA?Intarissable, Michel Chartrand énumère les nombreuses injustices dont sont victimes les accidentés du travail et, exemples à l'appui, il dénonce les lenteurs inacceptables du système.Il cite d'ailleurs le Protecteur du citoyen, Me Daniel (acoby, qui a blâmé sévèrement l'inefficacité de la CSST.«Et lui, ce n'est quand même pas un gauchiste, précise Michel Chartrand.Il a déjà dit qu'un travailleur qui fait appel à la CSST est lésé, qu'il ait tort ou raison.» Mc Jacoby n'a effectivement pas mfi- La FATA, une alliée précieuse des accidentés du travail ché ses mots.A la CSST, « le pouvoir décisionnel est souvent sclérosé et peu efficace, peut-on lire dans son dernier rapport annuel.(.) La loi sur les accidents du travail et les maladies profes- sionnelles suscite beaucoup d'insatisfaction, de mécontentement et de frustration.Les travailleurs accidentés se sentent de plus en plus piégés par un système bureaucratique complexe, inaccessible et trop souvent impuissant à corriger ses erreurs.» «Un système judiciarisé à outrance, poursuit Me (acoby, dans une structure complexe», peu accessible aux travailleurs.La CSST est en effet un véritable monstre bureaucratique qui emploie une armée de 3420 employés et gère un budget qui frôle les deux milliards.Pour compliquer un peu plus le tableau, deux lois régissent le sort des travailleurs accidentés.L'ancienne, adoptée en 1980, et la nouvelle qui date de 1985.Plusieurs accidentés relèvent toujours de l'ancienne législation et doivent faire appel à la Commission des affaires sociales (CAS) et au Bureau de'révision (BR) lorsqu'ils veulent contester une décision de la CSST.Ceux qui sont sous le coup de la nouvelle loi utilisent plutôt le Bureau de révision paritaire ( BRP) et la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles ( CALP ).Dans certains cas, comme celui de Robert Neveu, le travailleur chevauche les deux lois: l'ancienne, lorsque l'accident est survenu avant 1985, et la nouvelle lorsqu'il y a eu rechute après 1985.- « : En 1983, Michel Chartrand a mis sur pied la Fondation pour l'aide aux travailleuses et aux travailleurs accidenté*** (FATA) avec une poignée de bénévoles dont le Dr Roch Banville, son vieil ami et complice, un baroudeur au verbe haut lui aussi.PH0T0 JEAN C0UPlL«u Plus de^ 30 000 dossiers sont en attente devant ces quatre paliers d'appel : 10 000 à la CALP, 3503 à la CAS, 16 252 au BRP et 578 au BR.Le délai d'attente entre le dépôt d'une plainte et la décision finale du commissaire est de 22 mois à la CALP et de 20 mois à la CAS.La FATA conseille les travailleurs accidentés et les aide à se retrouver dans ce dédale bureaucratique, mais lés services offerts par la fondation ne sont plus gratuits depuis 1987.Une évaluation médicale coûte 350$ et la préparation d'un dossier en vue de faire réviser une décision, 250$.La FATA défend par année environ 1000 travailleurs et, dans 70 p.cent des cas, les personnes accidentées ont obtenu gain de cause.un congrès crucial pour le PLC à Sherbrooke PHILIPPE DUBUISSON du burcsu de La Presse OTTA WA ans deux semaines à Sherbrooke, l'aile québécoise du Parti libéral du Canada se choisira de nouveaux dirigeants.Pour plusieurs militants, ce congrès sera crucial pour l'avenir du PLC au Québec.Candidat à la présidence, Pierre Dalphond déplore que les militants québécois aient laissé le chef Jean Chrétien se débrouiller seul, sans l'épauler.«On s'attend à ce que le chef fasse tout.M.Chrétien a besoin d'être appuyé davantage pour permettre au parti d'articuler un projet de réforme constitutionnelle.Il faut restructurer l'aile québécoise pour se donner plus de force au sein du parti.La tâche est énorme, mais on peut y arriver.» \u2022 ' M.Dalphond se présente contre le président de l'association de Laprairie, Jacques Saada.Son équipe, composée de libéraux plus jeunes, fidèles à lean Chrétien mais plus ouverts sur le Qué- bec, veut battre en brèche la «vieille garde» du parti, que représente l'équipe de M.Saada.L'équipe Dalphond ne bénéficie toutefois pas de l'appui de la permanence du parti, ni de celui du sénateur Pie-troRizzuto et du chef lean Chrétien, qui se sentent plus en sécurité avec les vieux routiers.Mais selon Jean-François Thibault, secrétaire sortant de l'aile québécoise du PLC qui appuie l'équipe Dalphond, «le congrès de Sherbrooke représente la dernière tentative pour relancer le parti au Québec.Si ça ne marche pas, je suis sceptique quant à l'avenir du parti au Québec.» Pour M.Thibault, seule une nouvelle génération de militants peuvent remettre M.Chrétien au diapason de la réalité politique québécoise.«Sinon, les principaux conseillers politiques de M.Chrétien au Québec demeureront Eddy Goldenbcrgh et Eric Maldolf.Dans ces circonstances, on ne pourra assurer un renouveau de la pensée politique du parti.11 faut diluer leur influence.».' Eddy Goldenbergh est le principal conseiller politique au bureau de M.Chrétien à Ottawa.Il a été publiquement critiqué par des membres influents du caucus libéral en raison de sa trop grande influence sur les politiques de son chef.11 est le principal artisan de ses positions constitutionnelles, dont la proposition de promouvoir la tenue d un référendum pancanadien dès le début de 1992, pour prendre de court le projet de consultation populaire du Québec.L'idée d'un référendum pancanadien a été contestée au sein du caucus, qui n'a pas été consulté sur la question.D'aucuns voient dans cette stratégie la volonté de court-circuiter les assemblées législatives provinciales dans la prochaine ronde constitutionnelle.Pour les proches conseillers de M.Chrétien et le chef lui-même, un référendum proposant des changements mineurs à la constitution canadienne avec une timide décentralisation des compétences obtiendrait l'appui de la population qui en a marre, estiment les stratèges du parti.Le Caucus s'est rallié au cours de la Jean Chrétien, leader controversé: des militants s'en plaignent, d'autres le plaignent.ptx>toth*qu« l* pressa réunion tenue cette seamine, mais la confusion demeure.Plusieurs députés, dont les plus ouverts sur le Québec, tels Paul Martin, ont publiquement affirmé qu'ils préféraient une entente négociée avec les provinces à un référendum national, oui ne représente pour eux qu'un outil à utiliser en dernier recours.Selon M.Thibault, il y a trop peu de députés à l'écoute du Québec au sein du caucus libéral pour influer sur les positions du chef et du parti.Il faut donc que le renouveau provienne de la base au Québec.«Nous avons de bonnes chances de l'emporter à Sherbrooke, dit M.Thibault, car les militants saisissent bien les enjeux.» Mais pour l'ex-président du PLC pour la région de Montréal, Larry Wilson, un pro-Chréticn déçu, il est déjà trop tard.«M.Chrétien n'a présenté jusqu'à aujourd'hui aucune ouverture sur le /Québec et il ne changera pas.Il aurait pu le faire lors de sa comparution à la commission Bé-langcr-Campeau, mais ne l'a pas fait.L'homme est ainsi et c'est son droit/ c'est tout.» * ., t LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED111 MA11991 Plus Les dioxines et les fuMmnee neuunnf causer le cancer chez l'humain le docteur Gaétan Carrier te AMDRtf NOttL : incez-vous: entre vos doigts» votre chair est contaminée par des dioxines et des furan- ' nés, deux substances très toxiques disséminées dans l'environnement lors de la combustion ou de la fabrication de matières industrielles, comme la pâte à papier blanchie au chlore.Un Canadien moyen est exposé à chaque jour à une dose de deux à 4,2 programmes en TCDD \u2014une équivalence de dioxine et de furanne \u2014 par kilo de.poids corporel.Un picogramme représente le billionnième d'un gramme ou 0,000000000001 gramme.C'est presque rien.Mais c'est trop, selon le docteur Gaétan Carrier, qui vient de produire une étude magistrale intitulée «Réponse de l'organisme humain aux BPC, dioxines et furannes et analyse des risques toxiques», à paraître sous, peu aux Éditions Le Passeur.Le potentiel cancérigène des dioxines et des furannes est bien établi chez l'animal.Toutefois, la communauté scientifique a été incapable jusqu'à maintenant de montrer une relation entre l'exposition à ces substances et le cancer chez l'humain.Pour la première fois, un scientifique établit qu'une telle relation est plausible.Ne vous alarmez pas tout de suite: un niveau moyen d'absorption de deux à 4,2 programmes par kilo de poids corporel par jour est loin d'être une cause automatique de cancer! Mais les autorités publiques ne devraient pas non plus se fermer les yeux, estime le docteur Carrier.«Les données disponibles démontrent que cette contamination environnementale (par les dioxines et les furannes) tend à s accroître depuis quelques décennies, écrit-il.Elle atteint les êtres humains principalement par ^intermédiaire de la chaîne alimentaire.» Selon le modèle développé par le docteur Carrier, médecin conseil au Département de santé communautaire de Maison neuve-Rosemon t, « la dose nécessaire pour induire un cancer par million de personnes serait d'environ 0,175 picogramme de TCDD par kilo de poids corporel par jour (pcj)».C'est 10 à 20 fois moins que ce qu'absorbent en moyenne les Canadiens, actuellement.Mais cette dose virtuellement sûre, calculée par le docteur Carrier, est surtout infiniment plus petite que le «critère acceptable» de 10 programmes par kilo de pcj, déterminé par Santé et Bien-Être Canada et Environnement Canada.Les normes canadiennes sont en effet les moins sévères au monde, souligne le médecin : 1666 fois moins sévères que la norme de l'Env^ronmental Protection Agency des États-Unis, qui l'établit à 0,006 pg/kg/pej.«Les autorités fédérales donnent carrément un permis de polluer en fixant h norme à 10 programmes par jour, alors que le Canadien moyen en absorbe de deux à quatre programmes», a dit le docteur Carrier, au cours d'un entretien cette semaine.« Étant donné le fort potentiel de toxicité de ces substances, leur longue persistance dans l'environnement et dans les tissus des êtres vivants, de même que leur totale inutilité dans notre vie quotidienne, il nous parait imprudent de recommander, comme niveau d'exposition acceptable, une dose quotidienne moyenne qui serait plus élevée que celle à laquelle l'être humain est exposé actuellement, explique-t-il dans son livre.La sagesse nous conseille plutôt de chercher à réduire dans l'avenir cette dose d'exposition.» Dçs monstres créés par l'homme Les dioxines et les furannes n'existent pas à l'état naturel, sauf à l'état de traces lors des incendies de forêt.Des analyses pratiquées sur les corps congelés de personnes mortes dans l'Arctique il y a plus de 150 ans tendent à montrer que ces substances n'avaient pas contaminé la chair de nos ancêtres.Les sources de contamination sont très précises.Selon un rapport d'Environnement Canada, datant de 1985, la plus forte contamination provient des procédés de fabrication et de l'utilisation du pentachlorophénol, un agent utilisé dans le traitement du bois.Des milliers de poteaux électriques ont été traités au penta.Petit à petit, les dioxines et les furannes s'en échappent, contaminant le sol, et éventuellement les cours, d'eau et les nappes d'eau souterraines.Elles entrent graduellement dans la chaîne alimentaire.Le penta n'est toujours pas banni au Canada.Autre source: les usines qui blanchissent la pâte à papier avec du chlore.Le mélange de matière organique et de chlore forme des organo-chlorés, incluant des dioxines' et des furannes.Ceux-ci se retrouvent dans les rivières, les fleuves, la mer et même dans les nuages, grâce à l'évaporation.Les incinérateur de déchets rejettent également ces deux produits.(Des analyses sur les rejets en dioxines et furannes réalisées à l'incinérateur des Carrières, de la ville de Montréal, devraient bientôt être rendues publiques.) Enfin, la combustion de BPC \u2014bi-phényles polychlorés\u2014 entraîne inévitablement la formation de dioxines et de furannes.C'est pour cette raison que le docteur Carrier a recommandé, en août 1988, l'évacuation de la population de Saint-Basile-le-Grand, lors de l'incendie de l'entrepôt de BPC.La prise de conscience des dangers associés aux dioxines et furannes est relativement récente.On peut croire que l'opinion publique cherchera éventuellement à atteindre un niveau de contamination zéro, de la même façon que les BPC et le DDT sont désormais bannis.La maladie ' de l'huile de riz En 1968 au Japon, on a dénombré 1780 personnes, principalement des habitants de Fukuoka et de Nagasaki, qui ont été intoxiquées après avoir consommé, sur une période variant entre quel- ques semaines et quelques mois, de l'huile de riz contaminée par des BPC, des furannes et des quaterphényles.En 1976, une explosion de pentachlorophénol survenue à l'usine de la compagnie Ecmesa à Seveso, près de Milan en Italie, a engendré des quantités importantes d'une dioxine considérée extrêmement toxique.Les mêmes symptômes que ceux de la maladie de Yusho (huile de riz en japonais) ont été détectés chez 184 personnes.En 1979, un incident similaire à celui du lapon s'est produit à Taiwan.Plus de 2000 personnes intoxiquées par des BPC, des quaterphényles et des furannes contenus dans de l'huile de riz ont présenté des symptômes de la maladie de Yusho.Le docteur Carrier a analysé en profondeur des centaines de rapports, mais s'est penché particulièrement sur une étude épidémiologique réalisée par des médecins japonais à Fukuoka.Les médecins ont rapporté une augmentation significative de décès par cancer du foie chez les hommes.Us ont été incapables d'établir le lien avec les furannes.Le docteur Carrier a pu le faire, en comparant les résultats de ses collègues japonais aux études faites sur des rats de laboratoire.C'est ainsi qu'il a pu établir «qu'un effet cancérigène est plausible chez les êtres humains, du moins lorsque la charge corporelle (en TCDD) est élevée.«Nous avons constaté avec étonne-ment que ces personnes (les patients de la maladie de Yusho ) avaient en moyenne, au cours d'une période s'étendant sur plusieurs années, des charges corporelles en TCDD éq.comparables à celles qui ont causé des cancers hépatiques (du foie) chez le rat (de laboratoire).» Il est impossible, selon le docteur Carrier, de déterminer un seuil en dessous duquel il ne peut y avoir d'effets, cancérigènes ou autres, des dioxines et des furannes.«S'il existe, il serait relativement faible», ajoute-t-il.La conclusion qui s'impose â la lecture de son livre, c'est qu'il faut éliminer au plus tôt les émissions de ces deux substances, les plus toxiques à jamais avoir été créées par l'homme.«L'espèce humaine est condamnée à vivre sur la Terre, du moins suffisamment longtemps pour qu'il vaille la peine de se préoccuper du problème de contamination par les HAP-halogénés (une famille qui comprend les BPC, les dioxines et les furannes)», conclut le docteur Carrier.«Nous sommes personnellement convaincus qu'il suffit d'une volonté politique pour réduire graduellement la charge en HAP-halogénés répandue sur la planète, sans que cette élimination progressive ne soulève des problèmes majeurs.» «Les autorités fédérales donnent carrément un permis de polluer» en fixant des normes d'absorption de dioxines et de furannes beaucoup trop élevées, affirme le docteur Gaétan Carrier, médecin conseil au DSC Maisonneuve-Rose- mOtlt* ' ^ Pbotott*que UPrto», photoRenéPlcary 9 V P ©Es© s mm 0QDt©i)sy@ permanente sur une dépouille bien vivante BRUNO 2 BISSON 4 s L e Québec se distingue des autres provinces du Canada dans sa manière de traiter «.ses» autochtones et la faillite possible du club de golf d'Oka aurait un effet si négatif sur l'opinion publique que le gouvernement devrait assurer son sauvetage.Tiens donc?¦ On croit rêver.Les deux derniers pavés jetés dans la mare de boue qu'est devenue « l'après-crise » d'Oka n'ont même pas le mérite d'être drôles même s'ils sombrent dans la dérision.À Ottawa, un comité des Communes a repris un discours que même George Erasmus, président de l'Assemblée des Premières Nations, a publiquement réprouvé.Et au même moment, le groupe de travail de l'ex-maire de Saint-Eusta-che, M.Guy Bélisle, a produit un rapport axé sur la relance économique d'Oka, sans tenir compte du conflit tentorial de Kanesatake.Comme si l'économie régionale pouvait s'accomoder de la hantise d'une nouvelle crise.Il faut bien se rendre à 1 evidence.Depuis plus de sept mois, on s'ingénie à pratiquer une série d'autopsies sur une dépouille bien vivante en feignant d'ignorer les soubresauts provoqués par chaque nouveau coup de bistouri.De toute la littérature de l'«après-crise», seul le rapport de la Commission québécoise des droits de la personne, publié il y a dix jours, a proposé des solutions pratiques pour sortir du cul-de-sac actuel.La formation d'un comité indépendant pour étudier les problèmes territoriaux des Mohawks et la tenue d'une enquête sur les relations entre policiers et autochtones figuraient au coeur d'un train de mesures susceptibles d'apaiser la rancoeur persistante entre Mohawks et non-autochtones.La première a été écartée par Ottawa.La seconde, rejetée par le gouvernement du Québec.La crise d'Oka n'est pas finie, quoi qu'on en dise.Et même si l'éclatement d'une autre guerre de barricades est improbable, il est quand même illusoire de souhaiter que la tension actuelle disparaisse avant le règlement de la question des terres de la Seigneurie des Deux-Montagnes.Pourtant, ni le rapport du Comité permanent des Communes sur les affaires autochtones, ni celui du «Groupe de consultation et de concertation d'Oka» de M.Bélisle, ne propose l'ébauche d'un début de solution au problème qui fut à l'origine de la crise de l'été dernier.Pire, l'un et l'autre s'évertuent à reprendre à leur compte les préjugés qui ont surgi du chaos dans la foulée de cette crise.Un échec lamentable Dès le départ, le rapport Bélisle estime sans nuance que «le problème autochtone d'Oka tire ses origines directement dans le refus des Amérindiens de respecter les lois et règlements édictés par la majorité dans ce pays» en attribuant aux Mohawks de Kanesatake les discours hystériques tenus l'été dernier par les Warriors de Kahnawake et Ak-wesasne.Et sans expliquer en quoi cette information est pertinente, le rapport souligne que le budget de 1,3 million $ de la municipalité d'Oka est deux fois plus modeste que les transferts fédéraux versés au conseil de bande de Kanesatake, où réside une population deux fois moindre.Le rapport ne précise nulle part que la moitié des 2,6 millionsS administrés par le conseil de bande servent à financer le système scolaire et les services sociaux dispensés aux Mohawks, des dépenses que la municipalité d'Oka n'assume pas pour sa population majoritairement blanche.Le rapport Bélisle déplore aussi les querelles internes entre Mohawks en les attribuant en partie à une division linguistique.11 est pourtant de notoriété publique que tous les Mohawks, à de rares exceptions près, parlent couramment anglais et que c'est dans cette langue qu'ils communiquent entre eux.Enfin, tout en reprochant aux Mohawks d'être responsables en partie du marasme économique du village d'Oka (à cause de leur boycott des commerces locaux), le rapport Bélisle estime que «les Amérindiens ne manifestent pas tous à un même degré l'empressement à sauvegarder ia qualité de vie à Oka.Leurs préoccupations sont d'un autre ordre: choisir un mode d'élection pour leur chef et revendiquer leur territoire».Malgré ce constat peu flatteur pour les autochtones, le groupe Bélisle croit que «s'il est vrai que les Amérindiens sont avides d'autonomie économique, il convient de les supporter adéquatement dans cette accession ».Et en ce sens, il propose une série de 26 recommandations à caractère économique où il n'est jamais fait mention d'un projet de développement propre à Kanesatake.Le rapport recommande entre autres: ¦ d'indemniser le club de golf pour les dépenses encourues par le projet d'agrandissement, d'avancer les fonds nécessaires au redressement de sa situation financière et d'assumer les frais d'une poursuite judiciaire contre la compagnie d'assurances qui a refusé de payer les dommages causés par la crise ; ¦ de racheter les maisons des Blancs qui résident en territoire amérindien et de garantir aux municipalités voisines un droit de regard sur l'utilisation des terres cédées aux Mohawks; ¦ d'inciter les Mohawks à investir dans le développement immobilier de la marina de la Pointe-aux-Anglais.Le rapport ne souligne même pas que les Mohawks ont toujours été contre ce projet pour les mêmes raisons qu'ils s'opposaient à l'agrandissement du terrain de golf d'Oka: cette marina se trouve sur des terres qu'ils revendiquent.Le Groupe de consultation et de concertation d'Oka du notaire Bélisle avait pour mandat de «contribuer à rétablir la paix sociale» entre les collectivités d'Oka et Kanesatake et prétend avoir proposé à cette fin «des solutions réalistes passant par le développement de projets communs qui, outre les liens économiques qu'ils tisseront, resserreront les liens sociaux entre les collectivités».Si tel était son mandat, le groupe Bélisle a lamentablement échoué.Un racisme latent Le comité permanent des Communes y * \u2022 \u2022 V* sur les affaires autochtones se proposait de faire la lumière sur ce qui s'est passé) à Oka au cours de cet été de bruit et de fureur.Il a surtout retenu l'attention en: proposant au gouvernement fédéral d'ordonner une enquête judiciaire sur les événements d'Oka et l'ensemble des relations entre Québec et les autochtones.Par le fait même, le Comité reprenait, à son compte un certain discours tenu par le Canada anglais à l'égard du Quebec au cours du conflit, et voulant que le' gouvernement provincial soit seul responsable du désastre de l'été dernier.En-corollaire à cette affirmation, on soute-! nait que les autochtones du Québec sont; moins bien traités que ceux qui habitent ailleurs au pays.- [[ La recommandation du Comité est particulièrement maladroite dans la measure où son rapport passe sous silence la légitimité douteuse de la Société des Warriors au sein même de la nation mo-hawk.Il n'y est fait mention à aucun moment des enjeux qu'ont défendus les représentants des Mohawks lors des négociations entreprises par le gouverne-, ment du Québec avant le déploiement des Forces armées.Ce faisant, le Comité des Communes a ignoré un des principaux aspects de cette crise, soit l'« usurpation » pure et simple de la cause des Mohawks de Kanesatake au profit des intérêts politiques et financiers défendus par les leaders des Warriors.\u2022 A Oka et Kahnawake, l'été dernier, il y eut des barricades et des armes, des policiers, des militaires, des Warriors armés pour défendre la contrebande de cigarettes et des Mohawks sincères qui cherchaient à défendre la Terre.Il y eut des honnêtes gens pris en otage par le blocus d'un pont ou le siège de leur village, des manifestations de haine et de racisme, et deux gouvernements qui tentèrent d'acheter la paix en catastrophe.Mais pendant des années, avant le 11 juillet 1990, il y eut un aveuglement irresponsable.Sept mois après la fin des barricades, il n'est toujours pas évident que la crise ait ouvert les yeux de qui que ce soit.PhototttQU* U Prws*.photos PC Souvenirs dun soir d'été 90, à Oka: un Mohawk, revêtu du costume traditionnel, est plongé dans ses réflexions, sous le regard observateur dunagent de la Sûreté du Québec.m V-i'J ¦ B6 UK*' * .\u2022 « mm un séisme en 1988, a secoue le pays que le drame s'est produit hier PAUJLE ROBITAILLE collaboration spéciale LÉNINAKAN.Arménie Ouand Marina parle du tremblement de terre, quand elle décrit la t»ort de sa soeur, de son mari et de ses -deux enfants, retrouvés sous les décembres de leur immeuble, quand elle montre la cuisine de la grande maison familiale où la parenté s'est réunie durant les jours qui ont suivi la catastrophe, on a l'impression que tout cela s'est .passé hier.«C'était beau Léninakan, raconte Marina en marchant dans ce qui reste de son quartier préféré.C'était la capitale culturelle de l'Arménie.» Et lorsqu'elle explique l'histoire des immeubles qui n'existent plus qu'a moitié, on croirait qu'elle ne voit pas le cauchemar qui hante la ville depuis le 7 décembre 1988.».Il n'a fallu que 45 secondes pour détruire les trois quarts de Léninakan et le tiers 'de l'Arménie et pour tuer vingt-cinq mille personnes.Le tremblement de terre a atteint 6,9 sur l'échelle de Richter.Mikhail Gorbatchev avait promis que la région serait reconstruite en deux ans, mais deux ans et demi ont pas-$ô et Léninakan ressemble toujours à un gigantesque chantier de construction et 80 p.Tcent de sa population campe toujours dans des baraques.Le seul restau-«tnr qui a tenu le coup a été transformé ën halte pour les camionneurs.c'ta piaule de la mère Sakayan ; Là familL Sakayan loge dans une de ces cabanes, appelées « domils», qui ressemblent plutôt à des conteneurs, juste à coté dés ruines de la grande église du centre-ville.La mère Sakayan regarde ses enfants qui jouent au soccer dans l'ancienne fontaine du parc de l'église.{(Ça fait deux ans et demi qu'on reste là-dedans, lance-t-elle en montrant sa piaule.Venez voir.» £ Et elle pointe du doigt la petite pièce Où .ils s'entassent chaque soir pour dormir.: Une photo des cousines victimes de la* tragédie est accrochée au mur.« Y'en a\"cinq qui couchent dans des lits et deux, sur le plancher.Le gouvernement dit que nous déménagerons cet été mais Ça fait des mois qu'ils retardent le déménagement.L'édifice est construit mais le chauffage n'est pas encore installé, et il riVa-çncore ni électricité, ni eau courante, ni égoût.» Lorsque la famille a emménagé dans la .baraq ue, quelques jours après le tremblement de terre, il n'y avait rien: pas de lit, pas de couverture, pas de chaudrons.«On a dû fouiller dans les décombres pour trouver le strict minimum.» \"Jt/ille «bombardée» '\\& coeur de Léninakan fait penser à une .ville bombardée.Les immeubles n'ont.plus de fenêtres, ni de portes.Dans certains d'entre eux, on peut voir dë^vieilles affiches de Bruce Lee ou du Pjijrti communiste.Ce qui restait des édifices a été saccagé.Un ouvrier raconte ayp]r trouvé le cadavre de sa soeur, nu, trois jours après la catastrophe: on lui avait volé tous ses vêtements.Le marché noir n'a jamais été aussi florissant que depuis le tremblement de terre.Lorsqu'il fait beau, la poussière des camions qui sillonnent les rues vous prèn'd à la gorge.Lorsqu'il pleut, vous vous enfoncez dans la boue jusqu'aux mollets.«On ne peut pas être heureux.Imaginez, vous vous levez et il n'y a pas d'eau.Ou bien il y a une panne d'électricité.Il y a toujours un problème ici,» explique Marina à un ingénieur américain qui se demande pourquoi tout le monde a la mine basse à Léninakan*.\u2022 \u2022 Aux malheurs propres à cette région dévastée, il faut ajouter les difficultés quotidiennes de la vie soviétique.On a peine à trouver du beurre même s'il est rationné.Les files d'attentes sont aussi fréquentes qu'à Moscou.«Parfois, on trouve du cognac mais pas de pain»» affirme un étranger.Les suicides à Léninakan auraient augmenté de 50 p.cent et le taux d'alcoolisme serait aussi en forte hausse., \u2022 Les habitants de Léninakan doivent .aussi composer avec des hôpitaux dé-suets.Le nombre de lits à l'hôpital pour \\ enfants est réduit de moitié depuis le tremblement de terre et «pourtant, pas besoin de vous dire que le nombre de patients a augmenté considérablement», déplore une infirmière.Comme partout en Union soviétique, les médicaments manquent et les seringues jetables sont pratiquement introuvables.¦ Un autre échec de Gorbatchev Le plan biennal annoncé par Mikhail Gorbatchev pour relever la région a royalement échoué.En principe, chaque république devait fournir de l'argent.À cause des problèmes qui ravagent l'Union, aucune d'entre elles n'a atteint le quota qui lui avait été fixé.L'Arménie elle-même n'a rempli qu'un p.cent de son objectif ; la Russie, 12 p.cent.Les constructions avancent donc à pas de tortue.«On travaille en moyenne deux jours semaine, raconte Louis Brown, un ingénieur du American Jewish Distribution Comitce.«C'est à devenir fou.Il y a toujours quelque chose qui cloche.Aujourd'hui, mes hommes ne travaillent pas parce que le contremaître a demandé aux ouvriers de lui donner un coup de main pour construire un monument à la mémoire de son fils qui a perdu la vie sur un chantier.Hier, la grue ne fonctionnait pas.» Le » lendemain, la grue de Louis Brown fonctionnera, mais ça sera le béton qui n'arrivera pas.L'absence de leadership sur les chantiers de construction, l'incompétence des ouvriers et la corruption sont les raisons majeures du retard.«Vous ne pouvez pas les changer, dit Louis Brown en parlant des Soviétiques et de leur système.Personne ne veut prendre de responsabilité ici.Us travaillent pour eux seulement.Il y en a même un qui m'a demandé de lui prêter la grue de la compagnie pour construire sa propre maison.» Dix p.cent seulement des édifices ont été reconstruits.De ceux-là, la grande majorité l'ont été par des équipes de pays étrangers.Selon un journal de la diaspora arménienne, l'aide internationale s'élève à sept milliards de dollars.Mais une étude conjointe de l'Académie soviétique des sciences et de l'Institut Zoryan de Boston estime que près de cinq millions de tonnes de matériaux de construction, de nourriture et d'essence n'ont pas atteint l'Arménie.Et il y a l'Azerbaidjan La région est à la merci des différents entre l'Azerbaidjan, le plus important producteur de pétrole du Caucase, et l'Arménie.À cause d'un boycottage imposé par l'Azerbaidjan du mois d'août à la fin d'octobre, on ne pouvait pas trouver une goutte de pétrole à Léninakan.Les grèves fréquentes en Géorgie bloquent le transport de matériaux.Les revendications de l'Arménie, qui se veut indépendante, nuit aussi aux rapports avec Moscou.À cause de tous ces problèmes, les normes de construction sont difficiles à respecter.La qualité des immeubles laisse à désirer.«Ce que je crains le plus, raconte la mère Sakayan, c'est un autre tremblement de terre.Je n'ai pas confiance aux constructions du gouvernement soviétique.Nous voudrions construire notre propre maison mais ça coûte trop cher.» «Si il y a un autre tremblement de terre, confie Louis Brown, la ville s'écroulera comme un château de cartes.» \" 7» *r k V.; x K - T \u2022 j0* - .J, I 4< v2 iff- Une scène de la ville de Lénikanan, cinq Jours après le terrible tremblement de terre du 7 décembre 1988.Près de deux ans et demi plus tard, la reconstruction attend toujours.¦ * LA PRESSE, MONTREAL, SAMED111 MA11991 Des soldats procèdent à une distribution de riz au Bangladesh après le typhon, puis les tornades qui ont frappé le pays depuis 12 Jours.photo ap coince entre les catastrophes et JOOMEED ».- \u2022 EL PHOTO AP a nouvelle catastrophe qui vient de s'abattre sur le Bangladesh risque de fournir à l'armée, seule institution vraiment organisée du pays, une occasion en or de déstabiliser le gouvernement civil fraîchement élu de Mmc Khaleda Zia, voire de renouer avec le pouvoir politique perdu dans la honte par le général H.M.Ershad.Ce qui ferait certes l'affaire de la caste de 150 000 militaires pro-occidentaux qui font la pluie et le beau temps dans ce pays de 115 millions d'habitants depuis l'assassinat en 1975 du cheikh Mu-jibur Rahman, père de l'indépendance acquise contre le Pakistan quatre années plus tôt, dans le sang et avec l'aide de l'Inde.À en juger toutefois par le chaos entourant la distribution des secours aux sinistrés de l'ouragan du 29 avril \u2014 stocks de vivres bloqués à l'aéroport de Dhaka et au port de Chittagong, images télévisées de sacs de riz, de pain et de lait en poudre jetés à l'eau infecte des crues à partir d'hélicoptères\u2014, l'armée n'est guère mieux qualifiée que les civils pour gérer le pays.S'il y a pourtant un domaine où le Bangladesh et ses nombreux bienfaiteurs en Occident (avec plus de 100 mi 1-lionsS par an, il est le grand bénéficiaire de l'aide canadienne au développement), devraient pouvoir impressionner le monde avec une compétence certaine et une expertise rodée, c'est bien celui de la collecte et de la distribution de secours en période de catastrophe.Comme l'écrivait récemment le quotidien français Libération, le Bangladesh est «le pays de toutes les catastrophes, ravagé par les cyclones, inondé par les crues, achevé par les famines et les épidémies, un pays maudit, une priorité de la Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles proclamée par l'ONU en décembre 1989».Depuis l'indépendance, le pays, grand comme le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse réunis (140 000 km carrés), a été frappé par une vingtaine d'ouragans venus du golfe du Bengale, au sud, par une dizaine d'inondations venues de l'Himalaya, au nord, et par autant dé sécheresses.Avec tout ce que cela apporte en termes de famines et d'épidémies, notamment le choléra.Sans oublier les deux grandes catastrophes politiques de mémoire récente.En 1947, la partition de l'Inde sur une base religieuse, entre hindous et musulmans, traumatisa le pays, devenu Pakistan oriental avec un transfert de plusieurs millions de personnes et le massacre d'un demi-million d'autres.En 1971, la guerre d'indépendance des Bangladeshis (de langue et de culture distinctes) contre le Pakistan aux mains d'une élite punjabie fit un million de morts et 10 millions de réfugiés.À Dhaka, la capitale, un «Musée du génocide» en conserve l'horreur pour la postérité.Le champion de l'aide humanitaire Si bien que le Bangladesh, que l'armée putschiste, sur fond de guerre froide, a éloigné de son voisin indien dès 1975 pour l'ancrer dans le giron pakis-tano-saoudien et occidental, est peut-être le premier bénéficiaire de l'aide humanitaire au monde.L'an dernier, l'aide s'élevait à 2,3 milliards$, une part substantielle provenant des pétromo-narchies arabes du Golfe via l'Organisation de la conférence islamique (OCI).Peter Gillespie, d'Inter Pares, écrit qu'Ottawa a versé plus d'un milliards d'aide à ce pays depuis 1973 \u2014 une bonne part ayant servi à l'achat de biens et d'équipements canadiens.Dhaka est une capitale mondiale d'Organismes non-gouvernementaux (ONG) venus d'Amérique du Nord, d'Europe de l'Ouest et du Japon.Les inondations de 1988, décrites comme «l'un des plus graves désastres du 20e siècle», furent même l'occasion pour le régime «d'exploiter la compassion internationale, quitte à exagérer les conséquences de la catastrophe», dit Laurent Zecchini, du Monde.L'Occident, la France du bicentenaire de 1789 en tête, en profita de son côté pour transformer son émotion en mégaprojets multimilliardaires visant à l'endi-guement des trois grands fleuves \u2014le Gange, le Brahmapoutre et le Megh-na\u2014 qui font du Bangladesh «le plus grand delta du monde, à hauts risques», selon l'expression de l'agronome René Dumont.Mais la décrue plongea le Bangladesh dans une situation sociale explosive, avec 25 millions de sans-abris.L'année 1989 s'ouvrit sur une vague de grèves générales et d'agitations qui aboutit, en décembre 1990, à la chute et l'arrestation du général Ershad, et, en février dernier, aux premières élections générales vraiment démocratiques depuis le putsch de 1975.Selon les observateurs, 67 p.cent des 50 millions d'électeurs y ont participé.Des études de 146 millions $ de la Banque mondiale se heurtaient entretemps à des réalités simples comme: le Bengale n'a-t-il pas toujours vécu avec une météorologie perturbée?les inondations ne sont-elles pas un gage de fertilité pour cette société rizicole?l'endi-guement des fleuves ne menace-t-il pas la pêche, source de protéines pour la paysannerie?l'équilibre écologique y trouve-t-il son compte?comment impliquer le Népal, la Chine et surtout l'Inde voisins sans de bonnes relations de réciprocité?C'est sur ce fond de piétinement coûteux que le PNB (Parti nationaliste du Bangladesh ) de Mme Khaleda Zia a pris le pouvoir à Dhaka au mois de mars.Le cyclone du 29 avril a frappé alors que la veuve du général Ziaur Rahman assumait en tant que premier ministre l'héritage catastrophique d'un régime militaire \u2014 dont celui de son mari assassiné en 1981 \u2014 qui n'a guère dynamisé le pays malgré la sollicitude de puissants bienfaiteurs présents sur le terrain.Avec des rafales de 235 km/h et des houles de six mètres, le cyclone a dévasté tout le sud du pays, faisant, selon un bilan incomplet, 12o 000 morts, 10 millions de sans-abris et 1,2 milliards de dégâts.Une première ministre dépassée Le Bangladesh rappelle donc brutalement son statut d'assisté mondial, mais cette fois à un Occident dont la télévision ne voit plus que les Kurdes irakiens, pas les millions d'autres réfugiés du tiers monde, pas même les chiites irakiens ni les Kurdes turcs et iraniens.Et quand cette télévision se transporte finalement à Dhaka et Chittagong, c'est pour étaler le spectacle d'une Mmc Zia dépassée par les événements, d'une armée retrouvant prestement les devants de la scène et du même fiasco dans la La première ministre du Bangladesh, Mme Khadela Zia, en conférence de presse à Dhaka, le 7 mai dernier.distribution des secours que l'on a vu chez les Kurdes.Du coup, le débat médiatique a'repris entre les professionnels de la «bangladeshi te», devenue une vraie industrie multinationale engageant les États, les milieux d'affaires, les coopérants, les organisations internationales et l'opinion publique: il faut voir au plus pressé (les cadavres et les carcasses à ensevelir, les survivants à ravitailler), mais il faut aussi préparer le moyen terme (la prochaine récolte à ensemencer, les dispensaires et les écoles à remettre en état) et prévoir la prochaine catastrophe.Pour Peter Gillespie, il faut surtout oeuvrer au développement à long terme, par une réforme agraire en profondeur.Il explique: deux-tiers de la population languit au seuil de la survie ; 60 p.cent de la paysannerie n'a pas de terre, alors que 10 p.cent de la population possède 50 p.cent des terres arables; la quart des fermes est aux mains de propriétaires fonciers absentéistes.Il ajoute: les pays donateurs doivent revoir leurs stratégies, trop orientées vers les villes et vers l'assistance alimentaire.D'aucuns soulignent qu'il faut ouvrir les marchés occidentaux aux spécialités du pays, comme les textiles fins à base de coton et de jute.D'autres encore rappellent que, maintenant que la guerre froide est finie, le Bangladesh doit collaborer davantage avec son voisin indien, en négociant entre autres un partage des eaux du Gange et du Brahmapoutre, ainsi que la vente de gaz naturel dont l'industrie indienne a grand besoin.Débat utile sans doute, embrassant l'explosion démographique et même l'effet de serre avec René Dumont, mais qui n'entamera guère la volonté des militaires de se réimposer tout à la fois comme « serviteurs du peuple » et « seule force qui marche dans le pays».La veuve du général Zia n'est certes pas hostile à l'armée.Mais son projet d'instaurer un régime présidentiel fort inquiète les militaires, qui ont reçu d'Ers-had une constitution sur mesure et un parti politique, le Jatiya Dal, qui a fait élire 35 députés.Mmc Zia, dont le BNP détient 168 des 330 sièges au Parlement ( une faible majorité de trois voix), a mis une sourdine à son projet en indiquant que le Parlement décidera s'il faut refaire ou non la constitution.et en invoquant la nouvelle catastrophe pour ajourner les travaux parlementaires.Pour ne pas laisser le champ libre à l'armée au milieu de la crise, elle a remis la visite qu'elle devait effectuer dans le Golfe arabo-persiqiiéà partir de demain, notamment en Arabie Saoudite où Ershad avait dépêché, un contignent durant la crise du Golfe et qui a annoncé une aide de 100 millions $ aux sinistrés du cyclone.Malgré cela, sa principale rivale politique, Mme Hasina Wazed, fille de Muji-bur Rahman, reproche à son gouvernement l'incapacité à apporter une aide rapide aux victimes.«Des milliers de corps gisent encore à l'air libre, des gens meurent de faim et de manque de médicaments», a déclaré celle dont la Ligue a warn i (87 sièges), fondée en 1948, conserve son engagement envers le régime parlementaire, le socialisme et la laïcité \u2014 et menace donc davantage le pouvoir des militaires.Ceux-ci accepteront-ils de perdre la place privilégiée qui a fait qu à chaque catastrophe, ils ont eu jusqu'ici préséance sur tout lé monde, y compris les policiers et les fonctionnaires, dans l'allocation des vivres?Pour l'instant, ils réclament plus d'hélicoptères, plus d'hydravions, plus de vedettes.Us se rachètent déjà aux yeux de la population.Risqueront-ils sans broncher, sous un régime civil, l'éventuelle érosion de leurs liens avec les grands propriétaires fonciers et les industriels?Profitant de la démocratie, les militants du Jatiya Dal ont déjà manifesté pour la libération d'Ershad, placé en résidence surveillée en attendant son procès sous des accusations de port d'armes illégal, d'abus de pouvoir et de détournement de fonds.Ces manifestations risquent d'épouser le mécontentement populaire qu'apporteront les lendemains de la catastrophe.La survie du pouvoir civil est donc liée à sa performance dans la crise. 14 «A- \u2022 .LA PRESSE.MONTREAL, SAMED111 MA11991 t 7W \u2022£ '* 'V',,- .\u2022 i / * SU \u2022\u2022\u2022\u2022 \u2022A .A.I- : \u2022 \u2022 y* MITTERRAND Dix ans de pouvoir pour « l'éternel battu » LOUIS-BERNARD ROB collaboration spéciale PARIS >?\u2022.\"\"'\u2022 '- 11 y a dix ans et un jour, François Mit-H terrand, éternel battu des joutes électorales, réussissait l'exploit qui avait longtemps paru impossible pour la gauche française: accéder à la présidence de la République, c'est-à-dire au pouvoir suprême et à une stabilité garantie pour sept ans.\u2022 ' Avec un Parti communiste fort de 20 p.cent des voix et un programme radical visant à «changer la vie» et à «sortir du capitalisme»» une victoire du candidat socialiste paraissait relever du rêve.Au premier tour de 81, Mitterrand n'avait d'ailleurs pas réalisé un score faramineux: 26 p.cent de l'électorat.Puis, avec l'aide non-négligeable de Jacques Chirac, qui avait tout fait pour nuire au président sortant Giscard d'Estaing, Mitterrand passait avec une avance modérée d'un peu plus de 51 p.cent.Coup de théâtre dans le pays, en Europe, inquiétude aux États-Unis: le marxisme s'installait à l'Elysée, on allait étatiser les banques et les grands groupes industriels, il y aurait des ministre communistes! Dix ans plus tard, le même François Mitterrand, 74 ans, a déjà battu tous les records de longévité tranquille et de stabilité: il est le plus ancien chef de l'exécutif enOccident, il est le premier président français de la «Ve» à avoir réussi sa réélection pour un septennat, avec un score triomphal de 55 p.cent des voix en 1988.Absolument personne ne peut le forcer à quitter l'Elysée avant mai 1995, à l'âge de 78 ans.Et \u2014on a de la difficulté à le croire \u2014 des propagandistes zélés de la « t on to nmania» (Tonton = Mitterrand) commencent ici et là à suggérer que, finalement, n'est-ce pas, on pourrait envisager pour 1995 une nouvelle candidature de M.Mitterrand» assortie d'une réduction du mandat présidentiel à cinq ans.Pas de rival sérieux Une chose est certaine: dans l'état actuel des choses, on ne voit pas un seul rival sérieux pour le Président.Le premier ministre Michel Rocard, toujours favori de l'électorat, ne pourrait songer un instant \u2014sauf situation exceptionnelle de crise \u2014 à se présenter contre le «Père de la Nation».Mortellement divisée entre l'encombrant Jean-Marie Le-Pen à l'extrême-droite, et les deux éternels rivaux et revenants, Chirac et Giscard, la droite est pour l'instant éliminée de la course.Ce qui paraissait une folle aventure en mai 1981 \u2014et provoquait encore des poussées d'euphorie au sein du «peuple de gauche»\u2014 est devenu un long fleuve tranquille.Le président Mitterrand a réussi à devenir le plus consensuel des présidents .français, et plus précisément à occuper intégralement le centre de l'échiquier politique tout en tenant bien en main son électorat de gauche.Réduit à dix p.cent de l'électorat, le Parti communiste manifeste son opposition mais ne peut vraiment faire voter contre le président.Quant à la droite, elle gagne les élections régionales et même législatives, mais elle est absolument incapable de proposer une politique de rechange.En dix ans, Mitterrand a réconcilié les Français avec l'économie de marché, ses gouvernements ont obtenu leurs résultats les plus éclatants.dans la lutte contre l'inflation! Four la politique étrangère, François Mitterrand est plus proche de l'OTAN et des États-Unis que tous ses prédécesseurs, et son adhésion à la construction européenne est totale.Ce qui fait que la droite en est réduite, en désespoir de cause, à reprendre parfois les chevaux de bataille de la gauche et à dénoncer l'absence de politique sociale du gouvernement et son «échec» face à la montée persistante du chômage (2,6 millions, neuf p.cent de la population active).Mais, en réalité, tout le monde est bien convaincu que pour l'essentiel, la droite ne ferait ni mieux ni autre chose que l'actuel gouvernement.Il n'y a pas, sur le marché, de recette magique pour résorber le chômage à court terme, ou pour réduire le déficit chronique du commerce extérieur, ou pour résoudre le grave malaise des banlieues ouvrières, où pour réduire le niveau des impôts (entre 45 et 50 p.cent du PNB).Mitterrand a réussi à convaincre la France qu'il incarnait la seule politique possible pour le pays.La gauche dispose désormais de la légitimité \u2014ce sont les hommes de droite qui ont l'air d'amateurs aujourd'hui\u2014 et paraît installée au pouvoir pour l'éternité.Même si la droite modérée obtenait la majorité aux législatives prévues pour juin 1993, elle serait obligée de «cohabiter» 'encore une fois avec le président «'de gauche» conservant de larges pouvoirs.La morosité y \u2022 plutôt que l'euphorie Cet exploit mitterrandien est depuis quelques semaines analysé et célébré dans tous les médias, même si la présidence et le gouvernement lui-même se sont prudemment abstenus de toute célébration publique.Car le sentiment général dans le pays ressemble davantage à la morosité résignée qu'à l'euphorie.\u2022 i» Le président Mitterrand inspire confiance; le gouvernement Rocard gouverne aussi efficacement qu'il est possible de le fajre.Mais, comme le dit l'éditorialiste (plutôt rocardien) Jacques Julliard, «la France est pour la première fois de son histoire moderne privée d'utopie».Il n'y a vraiment plus aucun «projet socialiste» à l'ordre du jour: on l'a définitivement enterré en 1984 en renonçant, devant la levée de boucliers, à la «nationalisation» de l'école privée.Le gouvernement socialiste \u2014sinon le parti \u2014 est devenu le meilleur défenseur dé l'économie de marché, de la rigueur budgétaire, du libéralisme.Certes, la culture est toujours mieux traitée qu'elle ne l'était sous la droite et l'éducation reste jusqu'à un certain point un secteur privilégié de là gauche.Mais on ne voit aucune grande réforme en projet ou en chantier.Le chômage, ainsi que la nette dégradation deç conditions de vie dans les banlieues, deux problèmes dramatiques, sont gérés «sur le terrain», au jour le jour, sans qu'on ait le sentiment d'une vraie mobilisation.On nage en plein réalisme, et forcément dans un certain désenchantement.Le seul «grand dessein » actuellement connu est celui de l'intégration européenne: il ne bouleverse pas vraiment les foules, et encore moins l'électorat de gauche.Rien à voir avec les discours lyriques de 1981, les'nationalisations à tour de bras, les promesses de semaine à 35 heures, le déblocage (imprudent et cher payé) des allocations et des bas salaires, etc.La gauche des années 80 s'est montrée rapidement bien plus libérale que.la droite au pouvoir dans les 20 années précédentes.Celle-ci demeurait passablement «sociale» et étatiste, par tradition et sous la pression de la gauche.C'était avant la grande vague de libéralisme en Occident : en tout cas, la droite n'avait ni osé ni réussi à désindexer les salaires, ni à toucher au monopole pu- blic de la télévision.- \u2022; - \u2022 -7 ' \".Un des exploits de la gauche dans les années 80 aura consisté à desserrer l'emprise très lourde de l'État sur l'économie et sur la société.Oeuvre salutaire, mais qui ne correspondait pas exactement aux rêves dé la gauche an mai 81.\u2022 Cherchez la gauche I En fait le bilan de cette «décennie Mitterrand» relève du paradoxe.Ce bilan est largement positif, au sens où les gouvernements socialistes, successifs ont peut-être géré le pays avec plus de succès que ne l'aurait fait la droite.Mais \u2014 à une exception près, l'abolition de la peine de mort \u2014 ce n'est pas un bilan particulièrement de gauche.Bien sûr, les socialistes ont ouvert bien grands les cordons de là bourse en 81-82, nationalisé à grands frais, accordé les 39 heures, la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés, et élargi les droits des salariés dans I entreprise.De ces réformes accélérées de 81, il est certes resté des acquis sociaux.Mais toute la politique de restructuration industrielle et de «réalisme» d'après 82 a totalement renversé la vapeur et dépassé en dureté ce qu'avait fait la droite pendant la crise des années 75-80.Le grand mérite historique de la gauche, au fond, c'est d'avoir réussi, sans doute mieux que ne l'aurait fait une droite harcelée.par la gauche, la modernisation libérale de la France.Ajoutons, pour finir, au crédit de Mitterrand ce qui n'est peut-être pas un exploit, mais constituait une nécessité historique: la fameuse «alternance» politique a été accomplie, alors que la même droite monopolisait le pouvoir depuis 23 ans, et que la gauche semblait condamnée à l'opposition pour l'éternité.Aujourd'hui, la France de Mitterrand est de ce point de vue un pays «normal ».Mais le rêve s'est quelque peu évanoui.SONDAGES : la popularité de François Mitterrand ' +tk*hWèmiÊmi) | 54% ¦ .1MH 4 \u2022 , Un signal du peuple en 84: ne touchez pas à récole privée.Mitterrand a suivi./ Photothèque U Presse, photo UPI 24 06 84 Ml Évolution, sur 10 ans, de la cote de popularité du président Mitterrand, selon des sondages de l'IFOP (Institut français d'opinion publique ).nu Un mmmmMs Washington et c'est un voisin du Vermont STEPHANJ collaboration spéciale U Presse à WASHINGTON \u2022ix novembre 1990, 22h.Une foule compacte et nerveuse se bouscule dans le sous-sol du Memorial Auditorium de Burlington, au Vermont.Avec impatience, les quelque 1000 personnes qui se sont entassées dans la petite salle attendent le héros de la soirée, Bernard Sanders.Avec sa traditionnelle chemise de flanelle, un vieux chandail rapidement enfilé et ses cheveux en bataille, Sanders se présente finalement devant ses partisans.Le sourire triomphant et les bras trop rapidement déployés vers le plafond annoncent immédiatement la couleur.La foule hurle de joie.Bernard Sanders vient de remporter le seul siège de représentant que détient l'état 1 du Vermont au Congrès.Sanders, l'ancien maire de Burlington, un socialiste avoué et impénitent, vient de clouer au tapis son adversaire républicain, Peter Smith.Avec une avance confortable de 16 points, la victoire est d'autant plus éclatante.Pour la première fois depuis plus de 40 ans, un indépendant, socialiste de surcroît, allait donc siéger au Congrès entre démo-, crates et républicains.Fort de sa victoire et conscient de ce que le pays en entier est à l'écoute du Vermont après cette victoire surprise, Sanders se lance tout de suite dans une mise au point flamboyante et quelque peu pompeuse.«Ce soir, je pense qu'un petit état est en train de passer à l'histoire.Nous sommes ici à l'avant-garde d'une révolution politique, une révolution qui va permettre de reprendre le pouvoir aux multinationales et aux ri-.ches pour le redistribuer à tous les gens du pays.» Messieurs de Washington, tenez-vous-le pour dit, Bernard Sanders ne fait pas dans la demi-mesure.C'est un socialiste pure laine et sans complexe qui s'en vient brasser les habitudes de la capita- \u2022 Six mois après sa victoire, Sanders demeure fidèle à ses objectifs et continue de penser qu'il est encore possible de faire la «révolution» que les «Américains attendent.«À mon avis, le Congrès est extraordinairement inefficace; il y a un profond dégoût à l'endroit des deux principaux partis politiques.Les gens veulent de vrais changements.» Entouré d'une batterie de jeunes assistants débarqués du Vermont, Bernard Sanders découvre la vie politique à Washington.La cravate mal nouée, les cheveux toujours en rebellion ouverte contre le peigne, Sanders n'a pas changé pour lès besoins de la galerie.Écrasé dans son trop profond fauteuil, l'ancien maire de Burlington fait un bilan positif de ses premiers mois de politique à Washington.«À mes yeux, je suis efficace parce que je soulève des problèmes avec lesquels le Congrès n'est absolument pas prêt à composer.Si vous me demandez si mes projets de loi vont voir le jour demain, la réponse est non.Nous ne sommes pas encore rendus là.» Dans un coin du bureau, discret et attentif au moindre mot prononcé par Sanders, un ancien professeur de biologie à l'UQAM ajoute dans un français impeccable: «Notre mandat est clairement d'amplifier le débat politique, de dire ce que les démocrates et les républicains n'ont pas le courage de dire eux-mêmes.» Maintenant devenu un assistant précieux dans la petite équipe de Sanders, Doug Boucher (prononcer Bow-cheur ) ajoute avec un certain plaisir: «Quand Bernie vote, tout le monde voit la différence.Personne ne peut douter ici de notre indépendance.» gent vient à manquer, pas de problème \\ dit Sanders, il suffit de retrancher 50jp.cent au budget de la défense au «fturs des prochaines années.D'une pierre deux coups, Sanders pense ainsi pouvoir juguler l'hémorragie budgétaire (poux cette année seulement, le déficit anticipé est de 350 milliards ).« le ne parle pas, dit-il, de désarme/ le pays, ça serait irresponsable et carté-mcnt ridicule.le peux cependant Vcflfe dire qu'avec une réduction de 50 p.,cewt de notre budget de la défense, les États-Unis seraient encore la première fbféfe militaire mondiale et nous aurions'de l'argent pour nous occuper des problè-, mes du pays!» À première vue, le discours de Sanders peut jurer par un excès d'optimisme et de naïveté.Plus d'une fois, des politiciens ont parlé de réduire le budgft de la défense ou d'instaurer un système national de santé semblable au nôtre.Ceux qui connaissent bien Sanders fdtft Un tournant Pour plusieurs observateurs de la scène politique américaine, la victoire de Bernie Sanders en novembre dernier marque un tournant significatif.Arthur Kinoy, professeur de droit à l'Université Rutgers et fondateur du National Commuée for Indépendant Political Action, pense qu'il s'agit d'une victoire «extraordinairement importante».Kinoy ajoute sans hésiter: «Je pense sincèrement que cette campagne a été déterminante dans notre histoire.U (Sanders) a soulevé des problèmes qui touchent les Américains et que même le Parti démocrate n'aborde plus.» Au célèbre Massachusetts Institute of Technology, le philosophe et linguiste Noam Chomsky fait la même analyse.Dans la mesure où les démocrates forment un parti de plus en plus «conser-lié aux «intérêts des gens photo UPI 03XT7.8I Bernard Sanders: d'étonnants succès électoraux pour un socialiste oeuvrant en terre américaine.cependant remarquer que le politicien û la tête dure et n'a pas l'habitude défaire: de compromis sur ses idées.* ^ Chose certaine, le politicien du Ver-mont ne manque pas de ténacité.A l'aube des années 70, après avoir passé les premières années de sa vie à Brôor klyn, Sanders décide de déménager -au£ Vermont et de faire le saut en politique^ Les premiers essais ne sont certaine*-ment pas concluants.Dans sa première! campagne, Sanders vise rien de moiM1 que le Sénat.«J'ai obtenu un maigre 1 p.-cent des votes», se souvient le pbflflP* cien.En 1981, finalement, Sanders gagne;; la mairie de Burlington avec une avance de 10 votes et devient le premier maire j socialiste du pays.Quatre élections plus : tard, et après avoir choisi de livrer son combat dans l'arène nationale, Sàndçrs ' prend la pleine mesure de ses ambitions\" politiques.«Les frustrations ici sont-plus grandes.A Burlington, je pouvais-7 me cogner contre l'establishment mais* le débat était clairement défini.C'étaitT .clair.Ici, je ne suis qu'un des 435; joueurs à la Chambre des représentants.; Le pouvoir est plus difficile à saisir».Un NPD américain \u2022: kt Déçu par les deux grands partis, incapable de trouver chaussure à son pied, Bernie Sanders espère qu'un troisième S grand parti politique puisse se former \\ aux États-Unis.L'exemple du Venndnt \u2022 semble montrer le chemin.Sanders pen- ! se aussi que le NPD canadien pourrait ; servir de modèle aux Américains oui ; veulent abandonner les structures des S deux grands partis, «l'aimerais beau- * coup qu'on développe un parti comme ! votre NPD.» Toujours optimiste Sanders ajoute.* «Est-ce possible qu'un tiers parti puisse.: vateur» et ne aux d'affaires», Chomsky pense qu'il est na- former \"un jour \"le gouvernement de£; turel que les électeurs cherchent des so- États-Unis?Oui, j'en suis convaincu Certainement pas demain matin, lutions de remplacement.Après une dizaine d'années d'administration républicaine, Bernard Sanders demeure cependant bien seul dans un jour les choses vont changer.» Alors à quand les affiches « Sanders for Président»?Le politicien dit ne pas penser à la Maison-Blanche, malgré uiv-i sa croisade pour une plus grande justice courrier volumineux qui l'encourage à ?et Georges Bush ont lamine chez les dé-v ^ présenter.«Pour l'instant, la priorité,-! mocrates toute envie de se marginaliser ^ d-éire un bon représentant px- 'J.'.v/.v.'./v.'.- ;\u2022:¦; w-;Xx::-:-:-:X;Xx-::xï::y::x::::;:':X:;;;::::x::-: .'.'.N'.'.V.V.yyy.y.-x-xVvX X;.y->;-y.;Xx-vr- - VACHON Gâteaux \u2022 Feuilletés à la gelée \u2022 Caramel \u2022 \u2022 Jos Louis \u2022 Mille-feuilles au .CHOIX Exempté m ORVILLE REDENBACHER'S Maïs à éclater aux micro-ondes AU CHOIX - Exempté de T.P.s.\u2022 t BARRES DIÈTE PERSONNELLE SUBSTITUT DE REPAS, 390 g au choix s: - » .V ÉCONOMISEZ 2$ à l'achat d'un produit de coins pour la peau ; PLENITUDE de L'OREAL AU CHOIX f Jr.'S.'.'.s.'.?.-*.ÇS4y
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