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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1991-05-18, Collections de BAnQ.

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[" Inc.® SPÉCIAL PORTATIF FT 500 ACTIVATION AVEC BATTERIE.CKARGÉUfl ET ÉTUI 594-8686 BUREAU: 933-0338 .i \u2022\u2022y .V 'v -VIs \"~ ' - \u2022 .¦ f ¦ \u2022t l.¦ MUL ROY 3 aisons démarrer l'histoire- du Bloc québécois le 18 mai 1990.Il y a un an, jour pour jour.Vers 9 h, François Gérin, député fédéral de Mégantic-Compton-Stanstéad, militant du NON en 1980, sort du Ramada Inn de Vaudreuil où il vient de passer la nuit.Il s'installe au volant de sa Cadillac, tourne la clé et.rien! La veille, il avait oublié d'éteindre ses phares.Vers 11 h, l'avocat de Coaticook aperçoit enfin la colline parlementaire, il s'en vient démissionner du caucus conservateur.Quatre jours, avant Lucien Bouchard.La raison?Le rapport Charest, publié la veille, et qui, selon lui, «dilue l'accord du lac Meech».Meech, vous vous souvenez?À midi, il conclut ainsi son discours en Chambre: «Madame la Présidente, vive le Québec, les Québécois et les Québécoises!» François ^Gérin estépuisé.Plusieurs mois d'hésitations, dë tergiversations, de consultations \u2014certains disent de «grenouillage»\u2014 ont précédé cet instant.Le député a notamment fréquenté le vice-président du Parti québécois, Bernard Landry, au cours de cette période.Et il a rencontré Jacques Pari-zeau.Député indépendant à la Chambre des communes, il travaillera désormais à la promotion de là souveraineté du Québec.Le Cheval de Troie.Sorti de la Chambre, il est assailli par les journalistes.Puis, plus rien.Le vide.«Aie!,Que je me suis senti seul tout d'un coiip!», relate-t-il un an plus tard.x Et de.trois Le lendemain, 19 mai 1990, Lucien Bouchard, toujours ministre fédéral de l'Environnement, fait parvenir de Paris un télégramme très controversé à I acq ues Parizeau.L'occasion: le 10e anniversaire, le lendemain 20 mai, du référendum de 1980.«Le référendum nous concerne tous très directement comme Québécois», écrit l'ex-militant du OUI converti en 1988 au «beau risque» du fédéralisme renouvelé.«Sa commémoration est une autre occasion de rappeler bien haut la franchise, la fierté et la générosité du OUI que nous avons alors défendu autour de René Lévesque et de son équipe.« La mémoire de René Lévesque nous unira tous en fin de semaine.Car il a fait découvrir aux Québécois le droit inaliénable de décider eux-mêmes de leur destin.» Ce télégramme, lu par Jacques Parizeau aux militants péquistes réunis en conseil national à Aima, «chez» Lucien Bouchard, a l'effet d'une bombe.L'influent ministre, ami personnel du premier ministre Mulroney, démis-sionnera-t-il à son tour?Plusieurs croient qu'il s'est «peinturé dans un coin».Et ils ont raison.De retour de Paris, le 20 mai, il déclare à des journalistes venus le cueillir à Mirabel que son télégramme parle de lui-même et qu'il n'a aucune intention de reculer.Le lendemain, 21 mai, il se rend, en soirée, prévenir Brian Mulroney de son intention de quitter les rangs conservateurs.IJ ne lui a pas parlé depuis.«Mon amitié avec Mulroney?le ne sais pas ce qui reste de ça», répond-il quand on lui pose la question.11 démissionnera le lendemain, 22 mai, à 15 h.i De jour en jour, comment s'est formée, an.la bande à Lucien Bouchard Et de deux?Non.Et de trois.Parce qu'à 11 h, le 22, Gilbert Chartrand, obscur député conservateur de Verdun-Saint-Paul, avait aussi démissionné.Une «erreur.» qu'il devait réparer le 9 avril dernier en allant frapper à la porte de Brian Mulroney.L'enfant prodigue.Mais revenons au 22 mai 1990: le sort du Lac Meech n'est pas encore scellé et lean Chrétien n'a pas encore été élu chef du Parti libéral du Canada.Mais la crise constitutionnelle vient d'entraîner la démission de deux députés et d'un ministre.Y aura-t-il d'autres démissions?Les démissionnaires formeront-ils un parti?Chez les conservateurs du Québec, les murs ont, soudain, des oreilles.ridor comme un condamné à mort.» Quand il est entré dans la grande salle de bal, 630 gens d'affaires \u2014 tous les billets avaient été vendus\u2014 se sont levés et l'ont ovationné durant trois minutes.«J'ai volé vers la tribune!» Après un discours copieusement interrompu par les applaudissements, des journalistes lui demandent s'il se voit à la téte d'un parti politique au Québec.«Je vais réfléchir à mon avenir», se contente-t-il de répondre.Deux semaines plus tard, nouvelle ovation.Cette fois devant le Barreau du Québec a La Malbaie.Mais on est toujours loin du Bloc québécois à ce moment-là.«Comme un condamné à mort» Lucien Bouchard, lui, à l'époque, songe à, rentrer dans ses terres, à reprendre la pratique du droit.C'est du moins ce qu'il dit aujourd'hui.« |e prévoyais un phase oui durant l'été.» Un libéral parmi les bleus On s'en rapprochera le 23 juin, quand Meech échouera aux portes des législatures du Manitoba et de Terre-Neuve.Trois jours plus tard, le 2b juin, trois nouvelles démissions chez les conservateurs: Nie Leblanc ( Lon-gueuil).Louis Plamondon (Richelieu) Mais le 23 mai, 24 heures après avoir et Benoit Tremblay ( Rosemont ).mainesdéjà d'aller parler d'environnement devant la Chambré de commerce du Montréal métropolitain, ce 23 mai.Diîemme: parler d'environnement.à quel titre?Qui plus est, les milieux d'affaires avaient toujours été résolument fédéralistes au Québec.Comment accueil: leraient-ils ce député fédéral.souverainiste?«|e pensais: 'Ils vont être ei?tabarnacY* Tant pis, il parlera «d'environnement constitutionnel ».Lucien Bouchard dit qu'il se souviendra toujours de son arrivée au Reine Elizabeth.«le marchais dans le cor- ral de Shefford, Jean Lapierre, qui quitte le PLC._ «Depuis, on m'a accusé d'opportunisme», raconte-t-il aujourd'hui.« Pourtant, quand je suis sorti tout seul de Calgary, le 23, je ne me sentais pas opportuniste du tout.» Le 29 juin, les six conservateurs démissionnaires se réunissent à Lon-guéuil.Lapierre n'y est pas.Mais quelques jours plus tard, il va passer une semaine de vacances aux lles-de-la-Ma-deleine en compagnie de Gérin et Tremblay.Gérin et Lapierre s'étaient d'ailleurs rencontrés privément a quelques reprises depuis la mi-mars.À cette époque, Lapierre était le lieutenant de Paul Martin, principal adversaire de Jean Chrétien dans la course au leadership libéral.Le Bloc québécois naîtra le 25 juillet, à Montréal.Pas un parti, mais une coalition de députés indépendants.Une coalition autour d'une idée: la souveraineté du Québec.Le chef sera Lucien Bouchard.Avant d'accepter d'en faire partie toutefois, lean Lapierre, le seul libéral à ce moment-là, exige de Lucien Bouchard qu'il le nomme leader parlementaire.H exige également que les membres du Bloc endossent un document de deux pages qu'il a rédigé et qui s'intitule: «La mission des députés du Bloc québécois à Ottawa.» il explique: «On a tenu un petit caucus chez Benoît Tremblay, j'ai présente ea aux gars et je leur ai dit: 'Moi.c'est ça.' le ne voulais pas m'embarquer sur une fly conservatrice ou dans\" une succursale du PQ.Pas question de on s'aime bien', le Bloc, c'est pas political encounter** Avant de se rendre chez Tremblay, lean Lapierre, resté fidèle membre du Parti libéral du Québec \u2014 tout comme Rocheléau d'ailleurs\u2014, était allé quérir la bénédiction de Robert Bouras-sa.¦ Laurier-Sainte-Marie : la légitimité Le Bloc était né.Sa première mission : remporter l'élection partielle, le 13 août, dans Laurier-Sainte-Marie, circonscription du défunt lean-CIaude Malépart.Le candidat choisi par Lucien Bouchard: Gilles Duceppe, syndicaliste et fils du comédien Jean Duceppe, décédé depuis.La machine du Parti québécois, au repos depuis septembre 1989, se met en marche.Le verdict tombe en début de soirée le 13 août : victoire écrasante.Duceppe récolte les deux tiers des votes, faisant mordre le bitume de Laurier-Sainte-Marie au jeune libéral Denis Coderre, le poulain de Jean Chrétien.11 devient du coup le premier député élu sous une banière souverainiste à Ottawa.« L'apport de Duceppe est exceptionnel, il nous donne une légitimité», explique Lucien Bouchard.\u2022 *\\ j .\\ - .» ! ; \" .Durant l'été, des sondages viennent révéler la popularité croissante du Bloc, qui devance systématiquement libéraux et conservateurs.Pendant ce temps, François Gérin, qui aime se \u2022 voir à la télévision, annonce périodiquement que d'autres députés conservateurs s'apprêtent à joindre le Bloc.Mais l'autre Bouchard, Benoît, qu'on a cessé d'attendre, pèse de tout son poids sur la marmite conservatrice.Personne n'en sort: Un autre député ira au Bloc cependant.Ce sera le libéral Gilles Rocheléau, le 19 septembre.Le député de Hull avait pourtant déjà affirmé qu'il se réveillait la nuit juste pour haïr les péquistes.Rocheléau souverainiste?Mets-en! Et qui fréquente désormais tout ce que l'Outaouais compte de souverainistes.« Il fallait le voir, l'autre fois, devant le Mouvement national des Québécois», relate Lapierre, «On aurait dit Dracula en charge de la' banque de sang!» Les absences de Gérin, les dossiers de Tremblay Drôle de coalition, le Bloc.Mais exception faite de Gilbert Chartrand, qui est retourné chez les conservateurs en avril, la coalition semble vouloir tenir.Ce qui ne veut pas dire que l'harmonie y règne en permanence.On dit que François Gérin aurait voulu le poste de leader parlementaire de Jean Lapierre et que, déçu, il ne pense plus qu'à joindre le Parti québécois.Cette semaine, la libérale Sheila Copps confiait à La Presse que Jean Lapierre aimerait bien être le chef du Bloc, ajoutant qu'il serait bien meil- ; leur que Lucien Bouchard.«Jamais de la vie!», a immédiatement répondu Lapierre.En entrevues individuelles, les huit membres du Bloc ne disent que du bien les uns des autres.Ou presque.En faisant des recoupements, toutefois, on comprend que Lapierre et Duceppe, qui se connaissent depuis moins d'un \u2022 an.mais qui vont au front ensemble tous les jours, sont devenus très complices.Rocheléau et Plamondon, le premier pour son côté bagarreur de ruelle, le deuxième pour ses dons d'organisateur et son affabilité, semblent appréciés de I leurs collègues.Mais certains reprochent à Gérin ses absences répétées et sa propension à rechercher les projecteurs.Son incursion tapageuse au dernier conseil national du PQ en aurait irrité quelques uns.«Nie (Leblanc), c'est Nie: un gars tranquille qui fait son affaire», entend-on.«Benoit Tremblay, bof! Il prépare des dossiers, c'est un gars de dossiers», dit-on de lui.Et Lucien Bouchard?Tout le monde semble reconnaître qu'il est «l'incarnation du Bloc».«Lucien, c'est une |6-j comotive», dit Gilles Duceppe.«Sans lui, on serait tous en gare.» Ayant participé à la Commission Bé-langer-Campeau tout l'automne et tout l'hiver, Lucien Bouchard ne s'est pas -montré souvent en chambre.Ce sont principalement Lapierre, Rocheléau et Duceppe qui ont tenu le fort.- f Le 15 juin: un parti Une année difficile, au cours de laquelle ils ont dû constamment «jouer au yoyo» ( se lever plusieurs fois de suite) pour se faire reconnaître lors delà période des questions.«Ils n'étaient pas avantagés par les règlements de; la Chambre», reconnaissent des observa- .teurs, «mais ils n'ont pas été particulièrement brillants non plus.» La libérale Sheila Copps ajoute: «Ils '.n'ont pas souvent la parole et quand ils l'ont, ils posent souvent des questions insignifiantes.» Peut-être.Mais pour le moment, .leur seule présence dérange.Et la perspective que les prochaines élections générales déposent sur les Communes une nuée de 50 ou 60 petits bloquistes ferait, dit-on, paniquer les fédéralistes.Le 15 juin, à Tracy, 300 «sympathisants» du Bloc transformeront la coalition des huit députés en parti politique.Un parti éphémère, prët-à-jeter,- : qui devrait permettre aux souverainis- .tes de présenter des candidats dans lés 75 circonscriptions du Québec lors des ; prochaines élections fédérales.Au Bloc, on dit croire la souverairjè-.\u2022 té du Québec inévitable.On veut être I présent à Ottawa durant l'année (bu deux?) de transition qui suivra un oui majoritaire.Après, on rentre à la mai-* son. if '* LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 MA11991 La Presse » r Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information - '* I Alain Dubuc éditorialiste en chef s i TOI» i Politiciens, avalez vos langues! \u2022 \u2022- \u2022\u2022»-.\u2022 \u2022.\u2022 \u2022 \u2022 .>'.*«' t : i, s.* '.t-Ji' \u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 r-«-» -\u2022»\u2022«\u2022\u2022»\u2022\u2022¦*.\u2022.\u2022\u2022 v # il V haque fois qu'ils ouvrent la bouche pour parler de consti-I tution, les politiciens, tant fédéraux que provinciaux, perdent probablement un point de popularité dans les sondages tellement les gens sont fatigués de les entendre se tirailler sur les points et virgules de la stratégie à employer d'Ici le référendum.Et quel référendum?Québécois?Canadien?Les deux?Pas du tout?Et quand?Au printemps ou à l'automne de 1992?Avant ou après les élections fédérales et peut-être provinciales?Ou remplacera-t-on le référendum attendu par une sorte d'assemblée constituante encore mal définie?Et que feront d'ici là la multitude de commissions et comités parlementaires annoncés aussi bien par Québec que par Ottawa?Cette semaine, les propos à la Chambre des communes et à l'Assemblée nationale ont encore ajouté à la cacophonie au lieu d'apporter l'éclairage de fond nécessaire sur ce que doit être notre pays dans un an.Des exemples : Dans le discours du trône, M.Mulroney annonce que: 1) c'est en septembre qu'il soumettra ses propositions constitutionnelles; 2) elles seront reçues par un comité mixte du Parlement; 3) ce comité recueillera partout au pays les opinions des Canadiens ; 4) ce comité rencontrera aussi les comités législatifs de cha: cune des provinces et territoires ou des membres des assemblées législatives ; 5) le comité devra faire rapport dans un délai de cinq mois; 6) après étude du rapport du comité, le gouvernement soumettra lui-même à la population son propre plan d'action pour le.re-nouveliement du Canada.* Entretemps, d'ici le 1er jujllet, deux autres commissions, Spi-cer et Beaudoin-Edwards, déposeront leurs recommandations.Ouf» Une chatte n'y retrouverait pas ses petits.Trois autres rapports.Neuf mois d'attente avant de savoir sur quel pied constitutionnel danser.Et tout cela après la sempiternelle saga sur l'Accord du lac Meech.À Québec pendant ce temps, pour ne pas être en reste, le ministre Cil Rémillard annonce à son tour deux autres commissions parlementaires : ¦ 1) Commission d'étude sur toute offre d'un nouveau partenariat de nature constitutionnelle, laquelle étudiera les offres formelles reçues d'Ottawa et des autres provinces; 2) Commission d'étude sur des questions afférentes à l'ac- cession du Québec à la souveraineté.Pourquoi répéter le travail de la Commission Bélanger-Campeau?Il y avait pourtant consensus, paraît-il.Qui formera cette commission?Onze libéraux, quatre péquistes, un député du Parti Égalité.Les jeux sont déjà faits.3) Le référendum québécois aura lieu entre le 8 et le 22 juin ou entre le 12 et le 26 octobre I992.Ne planifiez pas tout de suite vos vacances de l'an prochain.Un bien beau calendrier que tout cela.Les gouvernements devront bientôt fournir un agenda aux citoyens pour s'y comprendre.Sur le fond de la question cependant, qui constitue pourtant l'essentiel, pas un mot.On ne sait rien de ce que proposent nos gouvernements normalement élus pour gouverner.Et gouverner, c'est prévoir.Paraît-il.Pour les mois à venir, nos élus devraient observer un temps d'arrêt, comme dans le sport.Ils devraient faire le silence et se fixer sur le contenu plus que sur le contenant, travailler sur des propositions véritables bien davantage que sur des mécanismes et des stratégies.Un silence de quelques mois serait propice à la réflexion et à l'accalmie.Un silence salutaire pour atteindre une plus grande sérénité dans les choix à faire.Des mots pour des mots, il y en a assez eus.Claude masson Welcome aux Anglos I In récent sondage CROP montre qu'un Québécois anglo-I i phone sur deux envisage de quitter la province.Ces re-sultats ne doivent sans doute pas être lus au pied de la lettre, et témoignent plus d'un état d'esprit que de l'imminence d'un exode massif.Ils n'en révèlent pas moins un malaise réel: une proportion importante des Anglo-Québécois ne se sentent pas chez eux au Québec.M Le gouvernement a décidé de soigner ce malaise en ouvrant les portes de la fonction publique à la communauté anglophone.Cette initiative, annoncée cette semaine par le président du Conseil du Trésor, doit être applaudie pour au moins trois raisons.D'abord, parce qu'elle vise à corriger un flagrant déséquilibre: les anglophones, qui constituent 12 p.cent de la population du Québec, occupent moins de 1 p.cent des quelque 60 000 postes de la fonction publique.Cette politique a aussi le mérite de lancer un message à une communauté en dëràute, cherchant sa place dans un Québec qui est lui-même plongé dans une quête d'identité constitutionnelle.Enfin, elle constitue un signe de maturité politique: le geste du gouvernement montre que le Québec francophone est prêt à oublier les injustices du passé, et à traiter les anglophones non plus comme des détenteurs d'inaccessibles privilèges, mais avec tous les égards dus à une minorité.Depuis qu'ils ont réussi à occuper avec succès tous les champs de la vie publique, les Québécois francophones peuvent se permettre le luxe de comprendre les angoisses des « Anglos », et de ne plus réagir à la menace d'un exode par un haussement d'épaules signifiant «ils veulent s'en aller, qu'ils s'en aillent donc!».Ce réflexe est encore malheureusement bien vivace; à preuve, les propos du député du PQ, Michel Bourdon, selon qui la nouvelle politique du Conseil du Trésor ne correspond à aucun besoin réel et ne fait que perpétuer les «mythes hystériques» des porte-parole anglophones.M.Bourdon a raté là une belle occasion de montrer que le nationalisme québécois est un nationalisme ouvert.Dommage.\u2022 Agnès GRUDA i i E MONTREAL L'éditeur du Toronto Star, John Honderich, et l'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, ont .entrepris un échange de lettre sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.Cher John, i on continue comme ça, notre échange épistolaire est voué à l'impasse.Vous êtes choqués, vous, anglophones, par nos réactions à l'hymne national.Nous, nous sommes suprêmement agacés quand vous vçûléz que nous nous comportions comme vous.Qu'est ce qu'on fait?On continue à se détester jusqu'à ce que la séparation s'ensuive?Pour un symbole?Quand même! S'il y a un sentiment authentiquement canadien, plus important qu'un drapeau ou qu'un hymne, c'est bien la tolérance.Et la tolérance implique que vous cessiez d'être choqués quand nous ne sommes\" pas attachés aux mêmes symboles que vous, tout comme nous devons cesser de ricaner quand vous exprimez vos convictions.Accepter que les autres ont une âme, et la respecter.Mais, bien sûr, cela n'est possible que si le Canada a une âme ! C'est d'ailleurs la première question que vous m'avez posée.|'ai fait enquête, et la ré-poose est «OUI».Les francophones voient bien que les Anglo-Canadiens sont profondément canadiens, et pas .américains.Mais ils auraient bien du mal à préciser de quoi est faite cette âme.(Quand je parle d'âme canadienne, je parle de l'âme du Canada anglais.) Pourquoi ?D'abord par ignorance: bon nombre de francophones ne parlent pas vraiment anglais, ne regardent pas la télé canadienne, n'achètent pas de disques canadiens, ne lisent pas de journaux canadiens.Comme ailleurs au Canada les gens ne savent rien du Québec.Un Montréalais moyen n'a jamais entendu parler de Barbara Frum, ne peut pas distinguer un Canadien d'un Américain parson accent, ne sait ce que «hey » signifie.Ensuite, cela s'explique par votre ambiguïté.Les Canadiens anglais éprouvent de l'insécurité face à leur culture.Et chaque fois qu'ils tentent encore de redéfinir leur identité, les gens se demandent s'ils en ont vraiment une.Je suis convaincu qu'il y a une âme canadienne.Je l'ai découverte comme chroniqueur économique, au moment du débat sur le libre-échange.L'énergie déployée par tant de Canadiens pour combattre l'entente montrait jusqu'où ils étaient prêts à aller pour préserver leurs valeurs.J'ai ensuite continué à en chercher des manifestations, par exemple dans la différence entre la musique country canadienne et américaine, comme K.D.Lang, ou le fait que les deux côtés des chutes Niagara ne sont pas pareils.Les nations sont aussi faites de petites choses.Mais si je parle non pas comme un citoyen qui écoute du country ou qui voyage avec ses enfants, mais comme un analyste, je constate que l'âme canadienne n'est pas en bonne santé.Je comprends qu'il puisse être difficile de survivre comme Anglo-Canadien à côté d'un si puissant voisin.Mais après vous être définis pendant des décennies en fonction de ce que vous n'êtes pas, plutôt qu'en fonction de ce que vous êtes, la recherche de votre Deiïé&tA'êtie.les & S héréditaires en combinant les méthodes des sciences humaines et celles de la génétique.Ajoutons à cet avantage le fait non négligeable que le Québec est réputé pour la qualité de ses archives paroissiales.Nos curés ont mieux fait leur travail à cet égard que les maires des villages européens.Tous ees Bouchard Mais pour étudier la santé de tous ces Bouchard, il ne suffisait pas qu'il s'en trouve un pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa, il en fallait un second \u2014 et pourquoi pas parmi les frères du premier\u2014 qui connaisse les travaux qui se font sur les mêmes questions ailleurs dans le monde, qui ait aussi suffisamment d'ascendant et de sens des responsabilités pour faire travailler une équipe de plus de 60 personnes pendant 20 ans et plus.Gérard Bouchard possède l'ensemble de ces qualités.11 s'est imposé très tôt à l'échelle internationale par un ouvrage sur un village de Sologne en France, ouvrage qui a été considéré comme un modèle du genre par les historiens des mentalités, au premier rang desquels Philippe Ariès.Au cours des dernières années, les études de SOREP se sont étendues à l'ensemble du Québec.Voici donc un laboratoire idéal, des chercheurs compétents et un bon directeur de projet.Quels seront les résultats?Le docteur Claude Laberge tire une conclusion qui présente un grand intérêt dans le contexte du projet de réforme du système de santé.Chaque population a des besoins d'épidémiologie généique qui lui déficience d'origine génétique d'une enzyme du foie, déficience qui touche environ un enfant sur 20 000 au Québec.Pourvu que le problème soit diagnostiqué très tôt \u2014et la connaissance de la diffusion du gène en cause est utile dans ce cas \u2014 les enfants atteints de cette maladie peuvent jouir d'un développement intellectuel normal.On leur prescrit alors une diète à très faible quantité de phenylalanine.7?i 'F m' l i -yv.Gérard Bouchard Le contrôle de la vie * Comme tout converge vers un contrôle accru de la raison sur la vie, sur une vie pourtant déjà trop arraisonnée! On en a le frisson.Les auteurs de Histoire d'un génome ont dû être saisis bien avant moi par le même frisson.Plus on sait de choses en cette matière, mieux on entrevoit les applications possibles et, bien entendu, les égarements presque inévitables.Allons-nous par exemple continuer à accepter les immigrants de telle ou telle région du monde quand nous saurons qu'ils sont porteurs d'un gène muté, utile chez eux contre la malaria, par exemple, mais pathogène sans contrepartie dans nos contrées nordiques?Et si nous refusons à l'avance d'intervenir de cette façon dans la vie des peuples et des couples, à quoi riment toutes ces recherches?On comprend pourquoi Histoire d'un génome se termine par un long chapitre sur les aspects éthiques et juridiques du problème.Mais je n'ai toujours pas répondu à la question qui me sert d'appât depuis le début de cet article.Sommes-nous tarés?Voici la réponse de Gérard Bouchard: «On observe certes des fréquences élevées de mutations généralement rares ou inexistantes ailleurs; mais à l'inverse, des mutations fréquentes (comme la thalassémie, la phénylcétonurie.) bien connues dans les populations caucasiennes sont ici très rares sinon inconnues.Sous ce rapport, nous rejoignons encore une fois le modèle de la Finlande ou de la Suède, où le même phénomène se produit.Pourtant on est bien loin de considérer ces populations comme particulièrement tarées.On s'accorde au contraire et avec raison sans doute à en vanter le type physique.» ( 11 Presses de l'Université du Ouébec.Québec 1991.Voir Porto Rico et en revenir FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale trange endroit que cette «île de l'enchantement», bourrée de monde et de voitures, de Burger Kings et d'hôtels luxueux.Mais aussi de palmiers, de forêts tropicales et de plages phosphorescentes.Ni tout à fait l'Amérique latine, ni tout à fait l'Amérique, Porto Rico est à mi-chemin entre le Nord et le Sud, les riches et les pauvres, le rock'n roll et la salsa, le ciel et l'enfer.Et un peu tout ça en même temps.Une minute vous vous croiriez dans les méandres bétonnés de Miami, l'autre perdu dans ce que le bon Dieu a fait de plus beau.Situé entre la.République Dominicaine et les lies Vierges, Porto Rico a une allure, et surtout un statut, comme nulle autre île des Antilles.Certains diraient comme nul autre au monde.Conquise par les États-Unis, il y a 100 ans, l*i petite île de 3,2 millions d'habitants jouit, depuîc 1951, du statut de Estado Libre Asociado (état libre associé).En d'autres mots, Porto Rico n'est rien sinon le précurseur de la souveraineté-association dans le monde.Souverain, Porto Rico l'est de par sa constitution, son drapeau, ses propres lois et, depuis 1948, son propre gouverneur.Mais associé, Porto Rico l'est tout autant.Économiquement, d'abord \u2014on utilise l'argent, les timbres, les voitures américaines ici\u2014 mais aussi politiquement: les Portoricains sont citoyens américains et ont un représentant à Washington.Bref, cette ancienne colonie espagnole est le royaume de rentre-deux, de la figue et du raisin, de la chair et du poisson.Ce que ça donne?Un bouillon de culture et de politique quelque peu déroutant.Dans la même journée, par exemple, on apprend que la prima ballerina refuse de danser le nombril à l'air, dans l'opéra Samson et Dahlila, alors que la ministre de l'Éducation, elle, fait la promotion de l'éduca- tion sexuelle dans les écoles.II y en a vraiment pour tous les goûts ici.Du côté de la politique, il y en a pour tous les goûts aussi.Bien que les tenants du «juste milieu» (réunis sous la bannière du Partido Popular Democratico) sont installés au pouvoir depuis 1948, on trépigne d'indignation des deux côtés du spectrum politique.À gauche, les indépendantistes voient le statut particulier de Porto Rico comme une aberration pure et simple.«Nous sommes des citoyens américains mais nous ne parlons pas anglais et nous n'avons pas le droit de voter dans les élections américaines», dit Francisco Velasquez, chef de pupitre au El Nuevo Diu, le plus important quotidien du pays.À droite, les étatistes, qui voudraient voir Porto Rico devenir le 51e état américain, ne voient pas non plus la situation actuelle d'un bon oeil, mais pour des raisons différentes.«Pourquoi se faire petit quand on peut se faire plus grand»?demande le Dr Abelardo Fuertes de la Haba, obstétricien-gynécologue, chirurgien plastique et entrepreneur.Pragmatiques plutôt que nationalistes, les étatistes croient que l'avenir est du côté du développement économique et par conséquent, de Big Brother.Si l'option étatistë est immensément plus populaire que l'option indépendantiste par les temps qui courent (les étatistes recueillent près de 50 p.cent du vote alors que les indépendantistes, plus que i> p.cent), le rêve de rejoindre l'Amérique n'est pas près de se réaliser de sitôt.Un référendum proposant le choix entre le statu quo, l'indépendance et le 51e état vient tout juste de mordre la poussière, courcireuîté par le Congrès américain.Ce n'est pas la première fois que le grand frère américain s'engage puis refuse aux Portoricains la possibilité de se {prononcer sur leur avenir.Durant les décennies qui ont suivi la conquête, c'est du nationalisme portoricain dont les Américains avaient peur.Aujourd'hui, c'est le contraire.Les tendances intégristes étant à la hausse, c'est la possibilité d'hériter tout à coup des «cousins pauvres» qui effraie.Après tout, les États- Unis comptent déjà autant de Portoricains à l'intérieur de ses frontières (3 millions) qu'il y en a à Porto Rico même.Et puis, les Portoricains ont la réputation de «ne pas apprendre l'anglais».Par conséquent, explique M.Velasquez, «les Américains ne veulent pas de nous».En revanche, le gouvernement portoricain vient de poser un geste pour le moins surprenant : après 93 ans de bilinguisme officiel, le gouvernement a décrété l'Espagnol seule langue officielle.Bizarrp, ça aussi.Comme si la isla del encanto se réveillait tout à coup aux dangers de vivre accrochée aux États-Unis.* * Rien n'illustre mieux la situation douce-amère ide Porto Rico que les expérimentations qui ont été menées, dans cette île supposé-ment enchanteresse, au cours des dernières décennies.À la fin des années 40, Porto Rico a servi de laboratoire pour le vaccin contre la tuberculose.Plus tard, c'est le fameux Agent Orange, utilisé durant la guerre du Vietnam, qui, dit-on, aurait été expérimenté ici.Mais l'expérience la plus extraordinaire, sinon la plus controversée, est celle de la pilule contraceptive.Car c'est à Porto Rico que la pilule \u2014 souvent comparée à la bombe nucléaire tant ses conséquences furent «révolutionnaires»\u2014 fut administrée à des femmes pour la première fois.À partir de 1956, des centaines de femmes furent recrutées dans les bidonvilles et la campagne.Pauvres, jeunes, et ayant souvent de nombreux enfants, ces femmes ne se sont d'ailleurs guère fait prier.Malgré les effets secondaires (le dosage était 200 fois supérieur à ce qu'il est aujourd'hui), malgré les réticences parfois de leur mari (une femme a été tuée par son époux lorsqu'il découvrit qu'elle prenait la pilule), malgré la condamnation de l'Église, malgré aussi le fait que personne pouvait savoir, à ce moment-là, si les enfants conçus par la suite seraient normaux, les femmes bientôt se bousculèrent aux portes pour avoir droit, elles aussi, au «miracle».Rosa de lesus Rivas était une de celles-là.Quand on lui rappelle aujourd'hui tous les obstacles auxquels elle devait faire face, elle se contente de hausser les épaules.«Mon mari m'aurait empêchée de prendre la pilule que je l'aurais prise quand même.Et puis l'Église, ce n'était pas de ses affaires non plus», dit-elle.Comme d'autres femmes rencontrées à ce sujet (sujet qui sera abondamment traité dans un documentaire intitulé Les années pilules, à Radio-Canada), Rosa Rivas n'a pas hésité longtemps avant de prendre la pilule.«Tout ce que je savais, c'est que je devais faire ce qu'il y avait de mieux pour moi», dit-elle.En 1956, Mmc Rivas avait seulement 21 ans et déjà six enfants.Bien qu'elle n'ait elle-même jamais songé à avorter, les grossesses à répétition, le lot de bien des femmes, en poussaient plusieurs au désespoir.«À toutes les nuits, nous traitions un cas d'avortement incomplet», explique le Dr Fuertes, alors interne à l'Hôpital de San Juan.« Et trois ou quatre femmes mouraient d'une perforation de l'utérus à chaque année.» Aujourd'hui, l'arrivée de la «pastilla», et autres méthodes de contraception, a changé tout ça.Le taux de fertilité n'est plus que de 2,6 et, bien que les avortements continuent nombreux (50 000 par année), ils se font, règle générale, dans de bonnes conditions.La vie de Rosa Rivas, par contre, continue sensiblement comme avant.Elle vit avec son mari dans le même petit HLM qu'il y a 35 ans.Elle vend des bonbons et des boissons gazeuses pour gagner sa vie.Elle n'a plus jamais eu d'enfants, c'est vrai.Mais c'est grâce à la stérilisation \u2014 une méthode plus «sûre», dit-elle\u2014 davantage qu'à la pilule.C'est donc tout ça Porto Rico.Un success story incontestable par rapport à l'Amérique latine en général et les Antilles en particulier, mais un pays où il suffit de gratter un peu pour voir surgir la misère.Un pays où, à l'instar de l'écrivain mexicain Octavio Paz, on aurait envie de dire: Pauvre Porto Ricç.Si loin de Dieu et si près des États-Unis.Une ¦ demarche, incohérente a rement aura-t-on vu démarche plus incohérente que celle du gouvernement Bourassa dans le dossier constitutionnel.Le projet de loi qui l'encadre annonce fort bien l'esprit de l'affaire.D'abord un interminable préambule, constitué de dix-sept «considérant» farci»de nobles énoncés destinés à faire plaisir aux souverainistes et à faire peur au reste du Canada.; » Tout de suite après ces belles envolées, on tombe dans la plomberie.et les petits calculs tactiques succèdent aux fanfaronnades.- Le texte législatif, qui a fait soupirer d'aise! les fédéralistes, se lit comme un horaire de chemin de fer ou comme l'échéancier d'une quincaillerie: bon de commande, dates prévues pour la livraison.Prosaïque calendrier farci de petites attrapes finfinaudes qui ressemble bien au rapport qui l'a engendré: ici encore* on laisse miroiter un faux consensus én faisant semblant de placer les deux options sur un pied d'égalité, mais en pratique, on met en place le mécanisme qui permettra au premier ministre Bourassa de louvoyer à sa guise, et d'improviser, au gré des circonstances et des sondages, d'autres tactiques à court terme.v Tout peut arriver: un référendum sur les «offres de partenariat», un référendum pan-canadien où Québec collaborerait avec Ottawa, des élections au printemps ou à l'automne 92 plutôt qu'un référendum.(Seule hypothèse à écarter: celle d'un référendum sur la souveraineté où le gouvernement serait dans le camp du «non».Le PLQ est intellectuellement incohérent mais quand même pas débile.) Voici notre échéancier, dit M.Bourassa, mais sachez que je le chambarderai complètement si je le juge à propos.On se demande bien pourquoi le gouvernement a déposé ce projet de loi, s'il déclare d'emblée qu'il ne le lie aucunement.Pour faire taire l'opposition?Pour accroître la pression sur le Canada anglais?Quelle naïveté! L'opposition péquiste, qui a fini par se rendre compte qu'elle avait été dupée, est furieuse, et la classe politique du Canada anglais, qui n'est pas assez stupide pour ne pas se renseigner sur ce qui se passe au Québec, va vite s'apercevoir que les menaces de M.Bourassa s'apparentent davantage au bluff transparent d'un mauvais joueur de poker qu'à une inflexible volonté politique.\u2022 * * * »4 La stratégie bourrassiste consiste à brandir Ta menace de la souveraineté comme une épée de t)a-> moclès, espérant que le Canada anglais, craignant le.démembrement du pays, se mettra vite à négocier «un nouveau partenariat».! \u2022 C'est la stratégie dite «du couteau sur la gôr-.ge».Une stratégie qui, on l'a assez dit, ne tient pas.compte de l'état d'esprit actuel du Canada anglais, ni* de l'impossibilité objective d'obtenir en aussi peu de temps un consensus sur des questions où l'opinion-canadienne est profondément et irréductiblement divisée.Cette stratégie comporte aussi des contradjc-; tions internes caractérisées.Ainsi, à en juger par les derniers signaux émanant du gouvernement Bourassa, ce dernier entend se servir de la commission parlementaire censée étudier l'option souverainiste^ pour mettre en relief les risques de l'indépendance.(On aura remarqué que les ténors libéraux flirtent-beaucoup moins avec l'idée de la souveraineté de-.' puis qu'elle a perdu du terrain dans les sondages.\\ Mais plus la commission parlementaire, s'acharnera contre l'option souverainiste, plus»'te* gouvernement Bourassa verra s'atténuer la portée de' son épée de Damoclès.À ce petit jeu, le gouvernement Bourassa risque de se retrouver dans la posK tion ridicule de celui qui menace son interlocuteur^ de recourir à une option qu'il considère, par ailleurs/ non-souhaitable.C'est à peu près comme un chef syndical qui agiterait une menace de grève tout en présidant un comité dont l'objectif serait de mettre ses membres en garde contre les dangers de la grève !^ Ou alors, c'est le scénario de l'apprenti-sorçiçr:^ histoire d'augmenter la pression sur le Canada an- *.glais, le gouvernement Bourassa attise le feu so'uve-Z?rainiste.Mais on ne joue pas indûment avec\"les*\" émotions d'un peuple, et il pourrait se trouver ensuite dépassé par les événements, et forcé de faire sienne une option qu'il trouvait au départ non-souhaita- .ble.i Autre exemple d'incohérence: à l'instar \"du rapport Allaire, M.Bourassa insiste beaucoup sûr le renforcement de 1*«union économique» canadienne.Or, qui dit union économique dit mobilité de la main-d'oeuvre, et donc uniformisation maximale, des politiques de santé, d'assurance-chômage, de foc-mation professionnelle, etc.Mais que le gouverner! ment fédéral s'avise de parler de normes nationales, dans la formation de la main d'oeuvre, et le gouvernement Bourassa pousse les hauts cris.Nous ne sommes pas contre les normes nationales, poursuit M.Bourassa, à condition qu'elles soient déterminées d'un commun accord entre les\", provinces.Bizarre résolution, de la part d'un chef de gouvernement qui a décidé de mettre fin aux negbr-I ciations à onze, qui refuse d'adresser la parole à-œs~.homologues provinciaux et qui dit considérer le vernement fédéral comme le seul porte-parole dtC Canada hors Québec ! I -1 \u2022 Mais au fond, l'illogisme n'est-il pas la marqué* de toute démarche qui tente d'esquiver le choix etr \u2022 tre l'option souverainiste et l'option fédéraliste,- pt; de faire croire aux gens qu'on peut bénéficier (14* fois des avantages de la souveraineté et des avantagés! du fédéralisme?r * * * « Devant ce projet de loi qui redonne au premier ministre la liberté de manoeuvre qu'il n'aurait, dç toute façon jamais dû abdiquer ni même faire sem-.blant d'abdiquer en faveur de la Commission Bélan \u2022 ger-Campeau, les péquistes se plaignent d'avoir été.\" dupés.* -1 Us ne devraient pas.Ce sont eux qui se sont mis ; dans ce bourbier, en renonçant à jouer leur rôle d'opposition pour s'embarquer dans l'illusoire ha-fc teau du «consensus», à la traîne d'un Lucien Bbur chard dont l'ambition était de se ménager un rôle de -leadership «au-dessus des partis», et d'autres çom-I missaires «non-alignés».et non-élus.Comme l'écrir vait récemment l'ancien député indépendantiste* Pierre De Bellefeuille, jamais «les péquistes n'auraient dû signer un texte oui ne choisit par la soûvef-raineté», quitte à laisser la Commission accoucher: d'un rapport «humblement majoritaire, car il n'y a que les imbéciles et les tyrans pour souhaiter l'ûnà-' nimité.» Que les péquistes se consolent.Les mois* qui viennent leur préparent une douce revanche.Le gouvernement Bourassa s'est embarqué, sans boussole et au petit bonheur, pour un voyage fort périlleux.h r n I i | À B4 té ¦ .*:.-4 .» ¦ r^r-M \u2022\u2022 : :.!V>2>J - fit- ** * ¦ - .3 1 - v ¦ / 4 4* 4 > .\u2022 \u2022.- , Çay est! L'Armée rouge quitte le village de Mllovlce.L'économie s'en perturbée, les coutumes bouleversées, et et le village d'applaudir ¦r PIERRE PEVRICHOUT collaboration spéciale PRAGUE rès de Prague, Je village de Milovi-ce était dépuis 22 ans le fief tchécoslovaque de l'Armée rouge.Fin juin, 50 000 militaires soviétiques auront quitté le casernement» déstabilisant le commerce local et les us et coutumes des habitants.«Quarante mille soldats et officiers de l'Armés rouge vivaient là depuis 1968», explique Aies Kubes, l'adjoint au maire.«Il fallait ajouter les membres de leurs familles et les conseillers ( toujours en civil).Personne n'a jamais su combien, mais il faut supposer un nombre à cinq chiffres.» Soit plus de 50000 personnes sur les 1100 habitants de la bourgade, , Aujourd'hui, Milovice tourne une page *de son histoire.Le grand déménagement se termine.La grande débâcle, plutôt.Si le dernier char russe a quitté le pays le 2 avril, 13 camions de transport de troupes «YPAA» (Oural) sont encore arrimés sur un train.Pimpants sous .leurs couleurs kaki, leur'contenu est pitoyable.Cinq ou six soldats y entassent pêle-mêle vieux mobilier déglingué, chaises brinquebalantes, matelas, coussins et couvertures innommables.Toute l'intendance d'une armée au bord de; la déroute est là.i Soudain, un civil s'approche.Je le reconnais.Son étal à Prague propose aux touristes médailles, badges de Lénine, étoiles rouges, chapkas et ceinturons.Pour'une misère de couronnes, les soldats .céderont ces accessoires.L'Armée rouge est bien en cessation de paiement.«Si vous aviez vu dans les années 701».s'exclame Marie, la vendeuse de chaussures.«Ils achetaient tout ce qu'on avait.Un jour, dix paires d'un coup, \u2014 Pour hommes ou pour femmes?* Les deux.\u2022 \u2022 \u2022 \u2014 Ils étaient donc riches?\u2022 \u2022 \u2022 - \u2014 Oui, ils dépensaient beaucoup.Cette époque semble révolue.Au Camp où règne la fébrilité des grands départs, ma venue intéresse déjà.Un soldat propose discrètement sa gourmette qu'il dit être en or.Puis arrivent le commandant, son second et deux officiers; dû moins me sont-ils présentés comme tels'.Où sont les grades et les décorations garantissant l'authenticité du militaire, russe de haut rang?Auraient-ils vendu leurs breloques?Les véritables responsables seraient-ils déjà partis, confiant à des subalternes la tâche de liquider le casernement?Viktor Ivanovitch, 23 ans, commandant en second (si jeune?) me reçoit dans-son bureau.\u2014 Combien reste-t-il de militaires?\u2014 |e ne sais pas.\u2014 Combien étiez-vous avant?\u2014 Je ne sais pas.Personne ne sait; c'est le grand désordre ici.Les Tchèques de Milovice?«Ce sont des amis, on s'invite.» Le retour au pays?(silence).«À l'armée, il faut obéir.Que ce soit ici ou ailleurs?.Mais c'est vraf qu'en Tchécoslovaquie, l'approvisionnement est sans problème.\u2014 Vous êtes donc mieux ici?(silence).\u2014 Bien partout, mais mieux à la maison.Les vieux dictons, l'âme russe et la langue de bois sont tenaces et les réponses toujours fuyantes.Le symbole de la présence ennemie Bon gré, mal gré, le village a toujours vécu avec le camp.Ouvert en 1904 par l'armée autrichienne et occupé tour à tour par l'armée de la Première République, l'armée nationale, la Wermacht, à nouveau l'armée nationale puis les Soviétiques, le casernement de Milovice (le plus important sur le territoire) était surtout le symbole de la présence ennemie.Les 1927 hectares abritaient une centrale de communications, un terrain de manoeuvres pour les blindés lourds et l'entraînement à la guerre bactériologique et chimique, un aéroport baptisé «Le Cadeau de Dieu» et de nombreux bunkers enterrés pour loger les chasseurs M1G 23 et 29.Les abris pour les hommes, les réserves de carburant et de munitions étaient également souterrains.Au fond, sous la décharge de vieux pneus, 6000 prisonniers russes, italiens, lituaniens et lettons ont été enterrés dans une fosse commune à la suite d'une épidémie de typhus lors de la Première Guerre mondiale.Enfin, à l'attention des passagers du train quotidien en provenance de Moscou, une gigantesque inscription en alphabet cyrillique souhaite «la bienvenue sur cette terre de défense du Socialisme».Le secret qui entourait la vie du camp et la présence dans le village d'une majorité «d'ennemis historiques», ayant débarqué le petit matin du 21 août 1968, dans le cadre de l'intervention mettant fin à l'expérience du «Printemps de Prague», ont suffi pour créer le rejet des militaires.Mais avec le soulagement de leur départ apparaissent les premières inquiétudes.Pavla, vendeuse au supermarché local, résume bien le sentiment général des Tchèques du village.«Ce sera plus dur, mais je suis contente.» La xénophobie n'est pas loin.«Us sont arrogants, difficiles à servir et ils vident les maga- sins.» Ces achats massifs sont confirmés par la postière.« Plus de 12 kilos en quatre paquets pour une seule personne, l'autre jour.En URSS, la pénurie est telle que les Russes envoient à leurs familles des légumes, des biscuits, du sucre, des bananes et de la vodka.» La brutale diminution de la demande pourrait donc bien déstabiliser le réseau du commerce local.Si les vendeurs ou gérants sont toujours salariés, la coopérative d'État «|ednota», qui assure l'approvisionnement de la grande surface de Milovice, avait instauré l'intéressement du personnel au chiffre d'affaires.Et si l'établissement bien approvisionné et équipé convient à une ville de 50 000 habitants, la situation sera très différente dans quelques mois.Marie ne s'en inquiète nullement.«Nos nouveaux clients seront les locataires des immeubles laissés par les Russes et ils seront plus polis.» La réhabilitation civile des immeubles construits par l'Armée rouge est l'objet de longues discussions entre les pays intéressés.Les gouvernants des anciens « pays d'accueil » souhaitent un dédommagement soviétique pour la rénovation de ces immeubles construits hors normes, souvent insalubres ou dégradés.Moscou répond que ces constructions sont au contraire une plus-value pour le site.Le terme de plus-value amuse Aies Kubes qui envisage plutôt de vendre ces immeubles, mais la tâche est rude, «je ne compte guère sur la subvention annoncée qui de toute façon serait insuffisante.» Prêts à tout Aujourd'hui que le départ est proche, des Soviétiques sont prêts à tout pour rester.Pavla raconte que son amie de Stratov a reçu 80 000 couronnes (deux ans et demi de salaire) et une Lada « Samara » en cadeau d'un soldat russe souhaitant l'épouser et rester en Tchécoslovaquie.D'autres proposent aussi de petites fortunes pour un simple mariage blanc qui ferait d'eux des résidents tchécoslovaques.Peu de tentatives aboutissent.La municipalité, elle, se prépare au vide social et économique qui s'annonce en récupérant les dernières cartes possibles laissées par les militaires.La piste de plus de 2000 mètres de la base aérienne est un atout capable de désenclaver Milovice.La firme Montvest de Toronto, spécialisée dans l'aménagement aéroportuaire, s'est déjà rendue sur place, dossier à l'appui.Dimanche à Prague, sur son éventai-re, un jeune homme proposera aux touristes casquettes, étoiles rouges et décorations à la gloire dé l'armée rouge.Il est peut-être le seul à regretter son départ.Photothèque U Prcise, photo AP, 22.03 Cfl Le souvenir de l'Armée rouge envahissant Prague en 1968 a laissé un souvenir indélébile dans les populations, y compris celle du petit village de Mllovlce, près de la capitale, où Ton ferme les casernes soviétiques.\u2022 ¦ ¦ » LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 MA11991 if Jat mÈ} lût ?P ¦¦¦¦ m m m m Ni \u2022\u2022\u2022\u2022 l'iA ':¦ : î 1 PHILIPPE BRUNET collaboration spéciale TOKYO WÊ es Japonais s'inquiètent.Eux qui se 1@ flattent volontiers de produire en masse voitures, magnétoscopes et puces d'ordinateurs, les voilà en peine de fabriquer.des bébés.Après plus d'une décennie de déclin régulier, le taux de natalité de l'archipel a plongé à son niveau le plus bas en 1989.La nation est en proie au «choc du 1,57», expliquent télévisions et journaux: la femme japonaise en âge de procréer n'a plus, en moyenne, que 1,57 enfant (contre 1,87 actuellement pour les États-Unis), l'un des taux de fertilité les plus faibles au monde.Les Japonais découvrent avec une certaine anxiété l'étude récemment publiée par le ministère de l'Intérieur.Elle révèle que leur population n'a augmenté que d'un peu plus de 400 000 personnes en 1989 (pour atteindre 122,7 millions).En même temps, le lapon possède l'espérance de vie la plus importante de toute la planète.Les femmes vivent près de 82 ans, les hommes jusqu'à 76.Conclusion sans appel des démographes: la nation comptera plus de personnes âgées que d'enfants de moins de 15 ans en l'an up \u2022' ft «C ' .1- .\u2022 \u2022 \u2022 - .« J 1 % y! -v .Y- .de tout sauf .\u2022\u2022\u2022/< \".\"» \".-V ' .des bebes Un dirigeant du parti au pouvoir appelle la nation à enfanter des spots publicitaires engageant les familles à avoir plus de bébés.Plus maladroit, un dirigeant du parti libéral démocrate au pouvoir a appelé les Nipponnes à avoir au moins trois enfants, en employant une formule utilisée durant la guerre: «Enfantez et multipliez-vous!» Mais il faudra plus que des slogans ou des vibrants appels au patriotisme pour inverser les courbes.Le gouvernement en est conscient et il a créé un conseil spécial sans précédent, constitué de représentants de 14 ministères et agences.Ses suggestions initiales, allant de nouveaux et substantiels allégements d'impôt pour les familles à la création de logements meilleur marché, sont une reconnaissance implicite et officielle du fait que le succès économique considérable de la nation ne s'est pas accompagné d'une augmentation parallèle des conditions de vie.Des cauchemars Ce déséquilibre grandissant donne des cauchemars aux experts et autres planificateurs économiques du pays, car il aura pour première conséquence d'accentuer encore la très sensible pénurie de main-d'oeuvre actuelle à laquelle le pays doit faire face: Avec un taux de chômage au plus bas (2 p.cent), le lapon a déjà besoin à l'heure actuelle de deux millions de travailleurs supplémentaires.Au bas mot.«Le manque de bras entraîne de nombreuses faillites chaque année, nous explique Yoshio Sa-sajima, professeur à la faculté d'économie Meiji Gakuin de Tokyo.Un total de 242 petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes en 1989, faute d'employés.Et, puisque la force de travail est devenue denrée si rare, les salaires grimpent à toute vitesse, renforçant les tensions inflationnistes.» Autant de problèmes qui ont toutes les chances de s'aggraver, si l'on en croit un récent rapport de l'Institut de recherche de Mitsubishi, qui indique que la force de travail de la nation pourrait diminuer de dix millions dans les 30 prochaines années.Sombres perspectives L'évolution démographique n'a pas seulement des conséquences sur le marché du travail : elie fait aussi chuter le nombre des consommateurs nippons.Elle menace de rétrécir le marché intérieur, base de la puissance industrielle de l'archipel, et risque, à terme, de faire plonger les profits des entreprises et, au bout du compte, les performances économiques du pays.«Les perspectives à long terme sont mornes pour l'économie japonaise», conclut le rapport.Les conséquences sociales futures du phénomène ne sont pas davantage réjouissantes.Un hombre de jeunes travailleurs en constante diminution sera obligé de payer les pensions et la protection sociale d'une armée de retraités de plus en plus nombreuse.Alors qu'à l'heure actuelle, sept travailleurs actifs cotisent pour un retraité, ce rapport tombera à 2,6 actifs pour le môme retraité en 2025.Pour parer au plus pressé, \\r gouvernement a pris des mesures restrictives sur le plan social.11 envisage maintenant de retarder de cinq ans le début du versement des pensions de retraites, déjà maigres.Alarme nataliste À tous les niveaux, les dirigeants japonais se mettent à réagir.Dans certaines régions, les autorités locales ont réalisé Pour preuve, seulement 56 p.cent des travailleurs salariés se déclarent satisfaits de leur qualité de vie, d'après une étude du ministère du Travail.Cela représente 11 points de moins qu'en 1985, et ce, en dépit de l'expansion remarquable connue par l'économie nipponne depuis lors.Le hic: le logement Principal responsable: le coût exorbitant du logement.En raison de la montée vertigineuse des prix dans l'immobilier, un grand nombre de jeunes couples n'a d'autre choix que de louer des appartements minuscules, sans grand espoir de pouvoir, un jour, s'acheter leur propre « sweet home».D'autres, quand ils en ont l'occasion, décident de déménager dans la demeure des parents ou celle des beaux-parents.Tout dépend de la taille respective desdits logements.Dans un cas comme dans l'autre, les conditions d'habitation précaires incitent peu les couples à procréer.D'autant moins que l'éducation coûte cher au Japon.Dans une nation où la compétition particulièrement féroce pour rentrer dans la meilleure université commence au plus jeune âge, il n'est pas donné à tout le monde d'envoyer son fils ou sa fille dans les juku et yoblke (écoles privées et payantes) pour suivre les indispensables cours supplémentaires.Les sondages le montrent: les enfants sont considérés comme un lourd fardeau financier par un nombre croissant de Japonais.Le déclin sensible de la natalité résulte aussi de l'évolution de la société nipponne et de la nouvelle place qu'y occupe la gent féminine.Au grand dam des machos des anciennes générations, la Japonaise s'émancipe.Tout doucement et sans bruit.«Elle délaisse de plus en plus son traditionnel rôle de mère de famille et de bonne à tout faire, pour se lancer dans la vie professionnelle.En ces temps de crise de la main-d'oeuvre, on les accueille à bras ouverts», nous explique Angelina Kazuko Komaki, directrice adjointe à la Condition de la femme au cabinet du premier ministre.¦ s Emergence de la femme Les femmes constituent aujourd'hui 40 p.cent de la force de travail nipponne.C'est vrai, 99 p.cent d'entre elles continuent de stagner au plus bas de l'échelle dans leur entreprise.Mais «elles maintiennent une activité professionnelle plus longtemps et se marient plus tard qu'avant, poursuit Mmc Kazuko Komaki.Et la tendance ne fera que s'aeccentuer.» Pour toutes ces raisons, le gouvernement nippon a compris qu'il était grand temps de mettre en oeuvre une politique nataliste à la mesure du problème, c'est-à-dire ambitieuse et globale.A bien des égards, celle-ci, pour être efficace, exigera une révision en profondeur du modèle de croissance japonais, qui a bien souvent privilégié les performances économiques aux dépens du bien-être dc« individus. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 MA11991 - ¦ ___ La Presse INDE La plus grande démocratie du monde retourne aux urnes Une Inde déchirée dans son tissu social joue son avenir dans la poussière et la chaleur CILLES TOUPIN empêche pas de se rendre voter ministre chargé des affaires cou- précédentes.La crise est majeure, envoyé spécial t.- ¦s La Presse A NEW DELHI y-)': :.'t .amais, depuis son indépendance en 1947, l'Inde n'aura connu une campagne électorale aussi chaude.Chaude d'abord en raison des enjeux inouïs qui y sont débattus et qui risquent de changer le visage politique et la nature même du deuxième pays le plus populeux de la planète, chaude ensuite parce que c'est la première fois que les Indiens votent en plein été.A Delhi, les trottoirs fondent.La chaleur est telle qu'elle vous prend à bras le corps et vous serre comme un étau incandescent.Aucune fuite possible.À 38 degrés Celsius, les habitants de la capitale remercient les dieux de leur apporter cette fraîcheur! À 40 degrés, ils se taisent, sachant parfaitement bien qu'il fait 45 degrés plus au sud en Andra Pradesh et que^ ce sera bientôt la même chose ici.Et quant une brise se lève en faisant virevolter des gerbes de poussière, elle vous brûle aussitôt le visage car elle est plus chaude encore que le fond de l'air.Cela n'empêche pas les Indiens, qui se retrouvent entre eux sans les habituels touristes de la saison hivernale, d'être enthousiastes et de participer avec frénésie au jeu électoral.Le pays a été déchiré et paralysé ces derniers mois par les luttes politiques.L'Inde est plus que jamais divisée par des affrontements entre castes, par les luttes religieuses et par les revendications soutenues d'autonomie régionale.L'ombre des violences qui avaient précédé la partition du pays plane à nouveau sur le sous-continent.Et il n'est pas une journée qui n'apporte son lot d'assassinats politiques, surtout dans les États où les ferveurs autonomistes sont à leur paroxysme.La campagne avait fait, jusqu'à lundi dernier, 46 morts.Démocratie et pauvreté La démocratie en Inde est réelle et est une cause véritable de fierté.Mais très peu des 521 millions d'électeurs oseraient croire que ces élections amélioreront leurs conditions de vie.La croissance économique ralentit, la pauvreté défie l'imagination et rien ne semble vouloir être fait pour renverser la vapeur.Du moins les principaux candidats promettent bien certains allégements fiscaux aux sept millions d'Indiens (sur 844 millions) qui paient des impôts.Ils promettent aussi des emplois mais ils ne disent jamais comment ils s'y prendront ni comment ils redresseront une économie en déroute.«C'est une tragédie, nous dit Har-dev Satrota, journaliste à la revue économique indienne Business Standard.Cette élection est importante en raison de la situation économique du pays et pas un candidat n'en parle!» C'est la dixième fois (les 20, 23 et 26 mai ) que depuis 1947 les Indiens se rendront aux urnes.Au cours de ces 40 années, la population a doublé et l'électorat aussi.Au total, 499 millions d'Indiens avaient droit de vote en 1989, ce qui est presque deux fois et demi la population totale des États-Unis et une fois et demi toute la population des pays de la CEE.Cette année, ce sont 521 millions d'électeurs qui se choisiront 537 députés au Lok Sabha (Chambre du peuple ou parlement) parmi 22 000 candidats.La grande majorité des électeurs sont pauvres, illettrés, incapables de lire les journaux.Us travaillent aux champs, dans des usines ou à la maison.D'autres s'inventent avec une ingéniosité fascinante des petits métiers ou négoces de fortune ou tout simplement ne travaillent pas du tout parce que personne ne leur donne de 1 emploi.Cela ne les dans des proportions oui dépassent habituellement le 60 p.cent (61,95 p.cent en 1989).Les Indiens ont toujours su, d'une façon ou d'une autre, comprendre le rantes en attendant que le peuple lui choisisse un remplaçant.Il n'a aucune chance, avec son parti le Janata Dal (S) \u2014 rebaptisé le Sa-majwadi Janata Party\u2014 de re- message central de chacune des prendre le pouvoir, élections, positif ou négatif, et faire une croix le moment venu à Crise du système /-»/\u2022»?/» /-!\u2022.l>r>r-« >MlfnUnlA >\u2022¦!*» In V»till«-v_ ¦ 1947, seulement 18 mois après les côté dû bon symbole sur le bulletin de vote.Voilà où en est l'Inde à la veille de ces élections qui surviennent, Le choix des Indiehs pour la première fois depuis Au cours des 20 dernières années, ils ont récompensé Indira Gandhi pour avoir aidé à libérer le Bangladesh et ils l'ont punie sévèrement parce qu'elle avait suspendu le processus démocratique.Ils ont porté Rajiv Gandhi au pouvoir en 1984, au lendemain de l'assassinat de sa mère Indira, puis l'ont renvoyé cina ans plus tard parce que son style de gouvernement ne satisfaisait pas leur sens inné de la dignité humaine et d'une société plus charitable.En novembre 1989, les Indiens ont fait une place à un gouvernement de coalition qui excluait l'omniprésent parti du Congrès (I) et qui était dirité par M.V.P.Singh, un ancien ministre du gouvernement du parti du Congrès ( I ).Avec son image d'homme effacé, discret et incorruptible \u2014 dans un pays où les hommes politiques tapageurs et sans scrupules font florès\u2014 V.P.Singh était une nouveauté tout à fait bienvenue peur les Indiens.Mais ce dernier, dont le pouvoir dépendait de ses alliances avec d'un côté les communistes et, de l'autre, la droite incarnée par le Parti Bharatiya Janata (BJP), fut obligé de valser d'un compromis à l'autre et de se cantonner dans l'inaction.À la fin, en novembre 1990, des dissidences majeures à l'intérieure de son propre parti l'obligèrent à dissoudre son administration.M.Chandra Shekhar, à la tête des mécontents, forma un nouveau parti et, avec l'appui de M.Gandhi et du président Ramas-wami Venkataraman, revendiqua le poste de premier ministre avec seulement 10 p.cent des sièges au parlement.Quatre mois plus tard, le gouvernement le moins représentatif de l'Inde s'effondrait.Accusant Rajiv Gandhi d'avoir tenté de le manipuler, M.Shehkar est aujourd'hui premier les enjeux sont d'une gravité extrême et ils ne sont pas sans faire craindre d'autres sursauts de violence.C'est toute l'identité politique indienne oui est en cause à travers cette crise du système des partis politiques.Les vieilles fondations de l'État indien sont remises en question et l'on ne sait plus aujourd'hui si la balance penchera du côté des changements sociaux, du maintien de l'État laïque ou du côté de la droi- Phototheque La Presse, photo AP.New Delhi, 22.11.69 Plus d'un demi-milliard d'Indiens ont le droit de vote lors des élections qui se tiendront les 20, 23 et 26 mai dans ce pays du tiers monde qui constitue la plus importante démocratie au monde.te fondamentaliste hindoue ne sait pas non plus si l'Inde se retrouvera encore avec un gouvernement de coalition dont la durée serait encore une fois limitée.Certains ici prédisent qu'un affaiblissement du gouvernement central est inévitable et que les forces régionalistes reprendront du poil de la bête, entraînant ainsi de nouveaux mouvements séparatistes à l'instar de ceux des états du Cachemire, du Punjab et de ('Assam.Dans ce contexte, on peut comprendre que malgré la poussière et la chaleur de mai, les électeurs indiens soient préoccupés et agités par la présente campagne électorale.Ils ont devant eux les mêmes personnages politiques qu'il y a 18 mois, ceux-là même qui ont érodé le système des partis, ceux-là même qui leur promettent mer et monde et qui, une fois élus peuvent, avec le même cynisme, décevoir à nouveau leurs attentes.La course se fait donc véritablement à trois.Elle oppose le Parti du Congrès (I) de Rajiv Gandhi, le lanata Dal de V.P.Singh, qui s'est regroupé avec les deux partis communistes sous la bannière d'un Front national, et le Bharati-ha Janata Party de A.K.Advani.De tous les thèmes débattus dans cette campagne, ceux de Mandir-Masjid et Mandai divisent la société indienne comme jamais elle ne l'a été depuis son indépendance.Frictions religieuses «Mandir» signifie temple en hindi et «Masjid» mosquée.Le Bharatiya Janata Party (BJP) de Lal Kishan Advani a ainsi mené une campagne nationale en faveur de la construction d'un temple hindou consacré au dieu Rama à Ayodhya, petite ville de l'Uttar Pradesh, sur le site même d'une mosquée érigée par le premier empereur moghol Zahirud-din Babar en 1528.Les partisans du BJP affirment que la mosquée fut construite sur un ancien temple hindou commémorant le lieu même de la naissance de Ram.Le BJP «croit fermement que la construction du temple de Ram est le symbole de la reconnaissance de l'héritage culturel et de la fierté nationale des hindous».Le BJP, qui s'est ainsi pratiquement aliéné les quelque 100 millions de musulmans que compte loue.On l'Inde, a joué le symbole i£*B\"t ÉTATS PLACÉS SOUS LA TUTELLI DU GOUVERNEMENT DE NEW DELHI CACHEMIRE ET JAMMU ¦ Le seul État de l'Inde majorité musulmane, et dont une grande partie est en rébellion ouverte.Le gouvernement local du Parti de la conférence nationale fut dissout en janvier 1990.Depuis le début de l'année, la loi martiale est pratiquement imposée sur tout le territoire.PUNJAB ¦ Le gouvernement est dirigé par le parti sikh Akali Dal.11 fut dissous en 1986.Les séparatistes sikhs sont actifs dans l'État depuis le début des années 80.Au cours des élections nationales en 1989, le Punjab a réussi à faire élire au parlement indien des militants sikhs.TAMIL NADU ¦ Le> gouvernement dirigé par le Parti nationaliste dravidien.Le Dravida Munetra Kashagam fut dissous en janvier 1991 par le premier ministre Chandra Shekhar.C'est une décision qui fut extrêmement controversée.HARYANA ¦ Comme le Punjab, l'Haryana a profité de la révolution verte, c'est-à-dire de la politique d'autosuffisance agricole mise de l'avant par Indira Gandhi.Le gouvernement de l'État était dirigé par Om Prakash Chautala, fils de Devi Lal, vice-premier ministre de l'Inde et chef de la caste agraire du Jat.Il fut dissout en avril.krp Su pertleb: 3 287263 kmc (aussi grande que Europe) Population: 700 mîfions d'habitants (le cinquième de la population mondiale) Religions: hindous (850 milSons), musulmans (10 miSons), sikhs (17 nifions), chrétiens (18 millions), boudhistos (8 millions) Langues: 15 dHdelement reconnues et 874 dialectes Régime polUque/ institutions poEtiqucs: République fédérale composée de 22 Etats et tôfrioires Eco nomie: esientiesement sgricote (1 m producteur de thé, de jute et de sucre) PNB: 270 i par habitant Forces armées: 1,1 mPPon tfhommos ASSAM ¦ Dans le nord-est de l'Inde, l'État de l'Assam est secoué par une vague de mouvements ethniques et linguistiques qui combattent pour l'indépendance.Asom Gana Parishad a dirigé le gouvernement qui appuyait l'ancien premier ministre V.P.Singh.À la chute de l'administration Singh, en novembre 1990, New Delhi a dissous le gouvernement de l'État.AW infograph* - francis NaMar dhya pour mousser la fervent «9** 1 tionaliste de la majorité hirtfk&id' Même si le BJP a tenté de deûf&rl une image de modération ces derniers jours en insistant davantage sur son slogan accrocheur « Maintenant, donnez-nous une chance», ses adversaires l'accusent de vouloir se faire du capital politique sur le dos du dieu-roi Rama et de donner dans le sectarisme.Reste que l'euphorie soulevée par la campagne aux couleurs de safran du BJP en Inde lui permettra certainement d'accroître considérablement ses 86.sièges au Lok Sabha.Le thème de «Mandai», lui, est tout aussi émotif.Mandai est Ie: nom de l'auteur d'un rapport ren-* du public il y a une dizaine d'années et qui préconisait de réserver un certain pourcentage des.emplois publics aux représentants des castes dites inférieure^ ceux que Mohandas Karamcharid Gandhi appelait les Harijans (en» fants de Dieu) et qui sont pl3& connus sous le nom d'«intouchables».Dans la complexité du sys^ tème hiérarchique des castes ei£ Inde et des abus que ce système a engendrés, les Harijans ont été et sont encore plus souvent qu'autrement traités comme des moins-que-rien, des infra-humains.La réactivation de ce rapport par l'ex-premier ministre V.P.Singh, actuel chef du Janata Dal à la téte de la coalition de centre-gauche du Front national, a soulevé bien des passions et des émeutes dans le pays ces derniers mois.Si la société indienne est re?.-muée par les conflits entre musufe ^ mans et hindous (l'enjeu Mattel ir), elle l'est donc aussi à l'inta>c rieur même de l'hindouisme par ; le biais des affrontements' inter* castes ( l'enjeu Mandai ).M.Singh, solidement appuyé par deux partis communistes ( PCI-M et PCI ) a donc lancé la'fcrj nata Dal sur une voie révolution-?naire, tentant de réaliser.eeS qu'aucun autre politicien indien; n'avait fait avant lui: s'attaquer -par législation aux profondes in* 1 justices du système des castes-en.' ouvrant 27 p.cent des emplois-publics aux «basses castes»-pour.lesquelles déjà 22,3 p.cent de ces; emplois étaient réservés.i ; Privilégiés vexés * Cette décision a soulevé Viré» des castes privilégiées.Mais V.P, Singh, et la coalition du'FN croient que la masse des dé favori- ' ses en Inde \u201480 p.cent de la population\u2014 est mûre pour-àffîr-* mer ses droits.Reste à savoir ce qui retiendra, le plus l'électeur indien au moment de voter: la ferveur nàtîb-, naliste hindouiste ( Mandir ) 'afRf?* mée au-delà des différences de\" castes ou l'espoir d'une plus graft-?de justice sociale prônée par lô* centre-gauche (Mandai)?.«i De leur côté, Rajiv Gandhi jet le Congrès ( I ) sont partis boa troisièmes dans cette campagne.M.Gandhi a mené tout d abord ses* troupes sans grand tapage,.bieiC encadré par les sbires du parti qiiij ont veillé à ce que leur leadernè» s'aventure pas dans des declarations autre que celles qui avaient ; été bien répétées auparavant.Mais Rajiv Gandhi a paru extrêmement détendu ces derniers jours, s'amusant visiblement' beaucoup à tourner en ridicule: ses adversaires, déridant\" à\" lâ moindre occasion les foules dè ses ' partisans.Pour lui, Mandir et Mandai sont des enjeux purement ' opportunistes qui menacent\" l'existence même du pays, ses-traditions laïques et son unité: «Le pays fait face, dit-il, à la pire crise *.de son histoire moderne.» Son slogan est celui de la;«staf ¦> bilité» politique.«Le parti; du * Congrès, affirme-t-il, ne soifthre: ; ra pas dans le chaos créé par lès l gouvernements qui se sont>uà^: dés ces derniers 18 mois.» \u2022 ; - ; \u2022 ; - Malgré tout, Rajiv Gandhi àldç -la difficulté à se faire passer-pG0f_ le sauveur de la nation.IKest-â-son tour ridiculisé par ses àdvér- -saires qui ne cessent d'affirmer ; que c'est sous sa gouverne ijii* le\" pays est entré dans l'instabilité l politique.LES PRINCIPAUX PARTIS POLITIQUES EN LICE AUX ELECTIONS DE FIN MAI LE CONGRÈS ( I ) LE JANATA DAL NATIONAL INDIEN lus connu sous le nom de parti du Congrès.11 compte plusieurs factions, dont la principale était dirigée par Indira Gandhi (de là la parenthèse (1) après le mot «Congrès») et maintenant par son fils Rajiv Gandhi.Depuis l'indépendance de l'Inde en 1947, le parti du Congrès a dirige tous les gouvernements nationaux sauf en 1977, en 1979 et de 1989 à aujourd'hui.Le Congrès ( 1 ), qui est le plus grand parti de l'indc, détient 195 des 543 sièges du parlement irigé par V.P.Singh, ancien ministre des Finances et plus tard ministre de la Défense.V.P.Singh a quitté le gouvernement et a été chassé du parti du Congrès en 1987 après qu'il eût ordonné une vaste enquête sur la corruption du gouvernement dans l'octroi de contrats à des maisons de commerce.M.Singh dirige présentement une coalition, le Front national, qui regroupe des partis de gauche et de droite.Il a été premier ministre de décembre 1989 jusqu'en novembre 1990, lorsqu'une scission a fait perdre à son parti près du tiers des 142 sièges remportés l'année précédente.LE JANATA DAL SOCIALISTE ¦ ssu d'une rupture avec le H Janata Dal en novembre 1990, ce nouveau parti voulait à tout prix faire tomber le gouvernement de V.P.Singh et prendre le pouvoir.Le Janata Dal socialiste est mené par Chandra Shekhar, qui devint premier ministre en novembre grâce au soutien du parti du Congrès (1).C'est en mars dernier que M.Shekhar démissionna, accusant Rajiv Gandhi et le Congrès ( l ) de vouloir manipuler son gouvernement.Le parti a près de 50 membres au parlement mais il ne se passe pas une semaine sans que certains de ses élus fassent défection au profit des autres partis politiques.LE PARTI BHARATIYA JANATA Littéralement, le BJP simifie «Parti du peuple indien».Reconnu pour son conservatisme économique, le BJP considère l'hindouisme comme la culture dominante qui a fait trop de place, depuis l'indépendance, aux minorités religieuses.Dirigé par Lal Krishan Advani, il est appuyé par plusieurs organisations militantes hindoues.LE PARTI COMMUNISTE DE L'INDE MARXISTE LW un des deux partis qui vit le jour de la scission du Parti communiste selon les orientations pro-chinoises et prosoviétiques des années 60.Il est k dirigé par E.M.S.Namboodiripad, un ancien dirigeant du gouvernement de l'État du Kerala.Il a remporté 33 sièges en 1989.i I .- \u2022 \" , LE PARTI COMMUNISTE i: DE L'INDE \u2022 \u2022 \u2022 irigé par Idrajit Gupta qui; - \\ est un fervent supporter de* \u2022 V.P.Singh.M.Gupta affirme.* ! - \\ qu'il est prêt à se joindre à un - ~ \" * autre gouvernement dirigé par M: \u2022 Singh si le Janata Dal reprend le l pouvoir.Il remporta 12 sièges èn> 1989.¦ ï f i k .-9 \u2022 - À ï < « : i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 MA11991 Quebec-Ottawa, copain s.DENIS LESSARD 3«n > - ^ ¦-\".'a y ï sympathique avocat de l'Aide ju-;| ridique, qui a affaire le plus sou-» vent avec le fond du tonneau des accusés, ceux que personne neveu t défendre.Et il les défendra avec la dernière des énergies.' «On n'est pas là pour juger clients, note Christian DesrosferJE* Ce qui compte, socialement,- c'tftgj le résultat: quand un véritable in?i nocent est accusé, il a droit àlunel défense pleine et entière;\"selon; des principes bien établis».; - > «Chaque système judiciaire-doit décider de quelle manière traite les personnes accuséesd!uri-crime, écrit Dershowitz dânsnîtil de ses plaidoyers pour les criîrri*; nalistes.Dans certains pays*\"il-suffit qu'il y ait un soupçod-del mauvaise conduite ( .>.! Aux-États-Unis (comme au Canâctetyl personne ne peut être condàrnrjé i sans que l'État ait fait la pteOvé^ hors de tout doute de sa culpabilW té».Conséquence: des coupables seront libérés même si la preuve révèle qu'il y a plus de chances qu'ils aient commis le crime qu'on leur reproche.«Il est préférable que 1000 coupables soient libérés plutôt qu'un seul innocent soit incarcéré», dit-on.Cette vision bien américaine est le fruit d'une méfiance radica* *-w le.à l'égard de la puissance de.; l'État.Les acquittements sur des * «technicalités» sont aussi ~ju$ti- ' fiés par cette volonté «d'éduquèrïj la police», qui procède de*la * même philosophie, note;G;uy^ Cournoyer, jeune avocat qui'êO'.* seigne le droit pénal à l'UQAM.! - : Sans compter nue, comme note un auteur français, l'efficacité de .-certains avocats de la défense est ; -un facteur de paix sociale: les cri-' \" ; minels qui constatent que des «coupables» s'en tirent une fois : de temps en temps grâce à desrè-1 -gles de droit défendues par des-avocats sont incités à adhérpr :au \" système judiciaire.Comme- ô la I-loto, il faut parfois qu'il y ait-des -I gagnants pour qu'on continue à^x l \\ croire.Il ne faudrait pas pour autant : -perdre de vue que l'essentiel du \u2022 ; travail des criminalistes n'éstlpâsl de faire acquitter leurs clients^ mais de leur obtenir la peine; I*** plus clémente possible.«Les~m£*î (lias projettent une image dlàjfiigg duc de la réalité judiciaire» dmw* dire le professeur Pierre BéHveaiCS de l'Université de Montréalr^t*-* Montréal, prés de 90 p.ccntldés > accusés plaident coupables avant t leur procès.Dans les 10 po qui restent, qui présenteront.défense, peu seront acquittés.4 - \u2022 B8 i LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMED118 MA11991 \u2022 ¦ du cheikh r#îTai demandé que Von fabrique] en quantité limitée un nouvel [aspirateur central si parfaitement fiable que Von puisse Je garantir jusqu'à Van 2000.\" 'Agence France-Presse CEN$VE B Un pendentif orné d^un saphir taille coussin d'un poids exceptionnel de 356.7 carats monté par Cartier en 1910 s'est vendu 2 340 426$ (US) lors d'une vente aux enchères organisée jeudi soir par Christie's à Genève, a-t-on appris auprès de cette maison.Ce bijou, le deuxième saphir le plus cher de l'histoire des enchères et le plus grand jamais présente dans ce genre de vente, estimé entre 1,2 million et 1.5 million, a ; été acquis par un homme d'affaire d'Arabie Saoudite, cheikh Ahmed Hassan Fitaihi.\\1 felente ASPIRATEUR CENTRAL SMART Disponible chez vos détaillants BEAM \" v v.\" * .'\u2022] BELOEIL MONTRÉAL Ma Balayeuse Asp.Lafontalrte 464-1014 * 354-0505 : :** - bouckerville 449-9400 Beam du Québec Couvre-plan.Prévost - ï> r.vfV * - pierrcfonds 620-3944 aspirateur central S BEAM Grande Vente Présidente, Beam du Canada Inc.L'acheteur, propriétaire d'un des grands magasins les plus importants de Djeddah, Fitaihi Centre, a fait part de son intention de vendre ce bijou dans son pays.Seuls quatre saphirs dans le monde ont une taille supérieure, tous exposés dans des musées.INCLUANT le moteur le plus puissant que nous ayons produit un jeu complet d'accessoires avec porte-accessoires ne nécessite ni sacs, ni filtres balai électrique de grand luxe, modèle 381 Satisfaction garantie ou argent remis BROSSARD AIPENTIOMY Asp.Multi-Service Asp.Cent.RepentiQny 443-4109 582-2752 .\u2022 i :.- : ; .:\\ chàteàuguay st-jérôme Asp.Central Chàteauguay Asp.Central Expert 692-1943 432-1330 oatineau/aylm2r ste-julie R.H.ÈLectrique Inc.L'Univers de l'Asp.568-2866/644-9744 922-2020 JULIETTE STH-THÉRfeSE A.C.Beaulac Inc.Asp.Cent R.Lambert 759-0612! 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