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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1991-07-06, Collections de BAnQ.

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[" I LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 SPÉCIAL POUTATV ACTIVATION AVEC BATTERC CHARGEUR ET ÉTUI v TRACY: 70-7777 ^ BELOEIL 417-1411 feux, V .* < Si certains feux de forêt peuvent être bénéfiques, d'autres détruisent tout, dé la cime des arbres jusqu'à la terre ANDRÉ NOËL B Alt COME AU I; # hélicoptère ¦¦ de l'armée longe les flancs de la montagne en feu.Nous sommes W retenus seulement Wr i par une ceinture: il n'y a pas de porte.Soudain,une bouffée de chaleur gifle nos visages.Le pilote nous amène au sommet, et plonge dans une vallée.C'est l'apocalypse: Apocalypse Now.La désolation est totale.Le bruit assourdissant des pales qui battent l'air résonne soudain comme une musique sinistre.Le soleil plombe au-dessus de nous.Ailleurs, loin d'ici, des campeurs rient en se baignant dans des lacs; des forestiers continuent de bûcher; des lièvres broutent l'herbe.Mais ici, c'est la mort.La mort à perte de vue.Certains spécialistes soutiennent que les feux de forêt peuvent être bénéfiques.Mais cela dépend de la nature du feu, fait remarquer Guy Boissinot, directeur de la Conservation au ministère des Forêts.Il y a les bons feux, les brutes et les truands.Les bons feux courent, tout légers, sur la cime des arbres.Ils lèchent la forêt, et leur coup de langue est salutaire.Ils détruisent les vieux arbres et font de la place aux jeunes.Leur chaleur fait éclater les cônes des pins, libérant les semences.Les brutes s'acharnent un peu plus.Ils brûlent les cônes, mais épargnent parfois les feuillus, gorgés d'eau.Les truands, eux, massacrent comme.Attila le Hun, en appliquant la politique de la terre brûlée.Ils ne se contentent pas de faire flamber les arbres comme des torches: ils détruisent le sol.Ils passent une fois, puis une deuxième, puis une troisième, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.Plus que la roche, nue, noire, stérile.Et Attila est manifestement passé au-dessous de nous.Des «experts en chaleur» l'ont d'ailleurs constaté.Des pilotes de la firme canadienne Innotech sont venus ici, après avoir mesuré l'intensité des feux dans les puits de pétrole au Koweït.Et Innotech a calculé qu'à certains endroits, l'immense incendie de Betsiami-tes dégageait 52 600 kilowatts & la minute.C'est sept fois plus que les feux de forêt de force b r\u2014 habituellement les plus violents.«Avec une telle intensité, on ne parle pas de bienfaits, mais de désastre, dit M.Boissinot.Ça peut prendre 100 ans, sinon plus, avant que l'humus se reconstitue.Certaines zones qui ont brûlé aiife si fort en Gaspésie sont devenues des déserts.» Heureusement, les feux de la Côte-Nord n'ont pas été féroces partout.Particulièrement sur le front sud, vers les zones habitées, l'incendie de Betsiamites a mené une guerre de guerilla presque galante.L'hélicoptère effectue un virage à 180 degrés.Nous survolons maintenant une zone encore verte.Des volutes de fumée s'élèvent par-ci, par-là.Des flammes semblent jaillir au hasard: feux sauvages sur les lèvres d'un adolescent.Ici, en effet, la forêt est jeune.Elle a déjà brûlé, il y a 40, 50 ans.Les bouleaux, les merisiers, les peupliers faux-trembles constituent un coupe-feu naturel.Seules brûlent des touffes de conifères.La résine est un excellent combustible.«C'est presque du pétrole!» s'exclame M.Boissinot.Pas de doute: des héros C'est ici que combattent les garde-feux.Du haut des airs, leurs efforts semblent dérisoires.Leurs combinaisons oranges scin-tillent, étoiles isolées dans l'immensité du paysage.À l'horizon, un avion-citerne largue sa cargaison d'eau sur un groupe de sapins.Les hommes au sol sont des héros, il n'y a pas de doute.Us se lèvent à trois heures du matin, se hissent dans les hélicoptères ou des camions avec tout leur fourbi, se font déposer en pleine forêt dès que pointe l'aube.Ils transportent de lourdes pompes sur les rives des plus petites mares.Puis ils déroulent des kilomètres xie tuyau, parfois au sommet d'une falaise, juste pour éteindre un «point chaud», comme ils disent.Toute la journée, ils respirent de la fumée.Leurs visages sont maculés de suie.Les chefs d'équipe sont nerveux.Leur grande peur: perdre un de leurs hommes.Les flammes surgissent souvent sans crier gare.Trois hommes ont péri il y a quelques années au lac Saint-Jean, i'£**'.-*., ti Mais, vus d'un hélicoptère, leurs minuscules jets d'eau ne semblent pas plus efficaces qu'un PS t »v I 1 crachat en l'air.Les autorités savent d'ailleurs que seuls plusieurs jours de pluie pourraient venir à bout du «monstre» de Betsiamites.La Finlande brûle-t-elle?Sur le chemin du retour, je ne peux m'empêcher de me poser une question : le ministère des Forêts du Québec a-t-il vraiment le meilleur système de protection au monde, comme le prétend le ministre Albert Côté?En Finlande, les feux détruisent moins de 10 kilomètres carrés de forêt par année en moyenne.Au Québec, la moyenne des cinq dernières années s'élève à 400 km2.Et ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup moins de forêts en Finlande: ce petit pays Scandinave produit plus de bois que le Québec.La différence, c'est que la forêt finlandaise est régulièrement nettoyée.Là-bas, des petites machines débroussaillent les jeunes plants.Les forestiers pratiquent ensuite des coupes d'éclaircie: ils abattent les moins beaux arbres, pour laisser croitre les meilleurs.Résultat: la croissance annuelle est deux fois plus importante en Finlande.Les arbres sont sains.Le sous-bois est propre.Les insectes et les maladies n'ont pas la chance de se développer.Ici, la tordeuse de bourgeons d'épinette attaque sans problème les grandes forêts de conifères, mal aménagées et presque jamais nettoyées.Autre différence: la propriété.La forêt québécoise est surtout publique.Mais en pratique, la majorité des droits de coupe ont été cédés à une dizaine de grandes compagnies.Les concessions forestières (rebaptisées contrats d'approvisionnement et d'aménagement) sont tellement vastes, que les compagnies ne font pas toujours attention.Le 13 juin, c'est une débusque'lise défectueuse travaillant pour la compagnie Québec et Ontario qui a mis le feu à la forêt de Betsiamites.Il s'est dérouie plus d'une heure, selon l'opérateur de la machine, avant que des employés de la compagnie puissent étendre des tuyaux.Mais il était trop tard: le feu s'était propagé.En Finlande, la forêt est surtout privée.Les petits propriétaires prennent soin de leur petit bois, comme d'un bien très précieux.Les forêts appartenant à l'État sont exploitées par des em- ployés du gouvernement, selon des règles très strictes et avec de la machinerie moderne.Une cause possible: l'effet de serre L'hélicoptère survole maintenant Baie-Comeau.Un couple se fait bronzer près d'une piscine hors-terre, à l'arrière d'une maison.Le disque jaune du soleil tombe déjà vers l'ouest.Mais il fait encore chaud.Trop chaud.Les feux de forêt qui ravagent le Québec \u2014 les plus importants depuis 50 ans \u2014 seraient-ils un symptôme du fameux «effet de serre»?lohn Gyakum, professeur de météorologie à l'université McGill, refuse de se prononcer.Mais M.Gyakum confirme que nous traversons depuis plusieurs mois une période exceptionnellement chaude.«La question se pose, répond de son côté Alain Caillet, du Centre canadien de climatologie.Les canicules et les sécheresses ne sont pas anormales.Mais ce qui le devient, c'est leur fréquence.» Des experts de l'université Reading, en Grande-Bretagne, ont calculé que cinq des six années les plus chaudes dans l'hémisphère nord sont toutes récentes, lames E.Hansen, un expert de la NASA aux États-Unis, affirme que le réchauffement global provoqué par la pollution va devenir évident pour tous les citoyens pendant les années 1990.La combustion des produits pétroliers et du charbon dégage des quantités astronomiques de gaz, qui agissent ensuite comme une serre autour de la terre.Les sécheresses se multiplient.Elles ne se produisent pas toujours au même endroit.Les feux ont ravagé les forêts du Manitoba, avant de s'en prendre aux forêts du Québec.Mais même ici, Hydro-Québec a subi les conséquences du temps anormalement sec au cours d**s dernières années: le niveau d'eau des barrages a tellement baissé qu'il a fallu cesser d'exporter de 1 électricité aux États-Unis.Une conférence mondiale est prévue l'été prochain au Brésil sur l'effet de serre.Quoiqu'il en soit, s'ils ne sont pas une conséquence de ce nouveau phénomène, les feux de la Côte-Nord y participent certainement.En effet, les grands feux de forêt dégagent eux aussi des quantités astronomiques de gaz carbonique dans l'atmosphère.la vente des Expos a mis à nu le « capitalisme distinct » de Montréal une tnMiysc de GERALD LEBLANC t » » aventure a commencé au grand diner annuel du Beaver Club, boulevard Dorchester devenu René-Lcvesque, en février 90.En costumes d'époque, selon l'antique rituel des gens d'affaires, les Ménard y ont rencontré les Brochu.Ce premier contact fut plaisant et les deux couples sont retournés chacun chez soi.Deux semaines plus tard, Claude Brochu, le président des Expos, invite lacques Ménard, le patron québécois des courtiers Buqjfrfiy, pour lui confier que Chu*» Bronfman voulait vendre le* «kpos mais ne trouvait pas.d'acheteurs à Montréal.Un mois plus tard, Ménard et son équipe rencontrent Bronfman et ses deux associés minoritaires: moyennant des honoraires.d'un million de dollars, Burns-Fry s'engage à trouver des acheteurs disposés à verser 100 millions $ et à garder les Expos à Montréal.La stratégie devait s'articuler autour de Claude Brochu, le seul autochtone à connaître les rouages du baseball majeur.Alors président de la Chambre de commerce, lacques Ménard multipliait les appels à la prise en main de la relance de Montréal par le milieu des affaires.La vente des Expos allait lui fournir l'occasion de mettre en pratique ce qu'il prêchait.«On ne pouvait se permettre un échec.Le message sur le gabarit économique de Montréal aurait été terrible pour notre image à travers l'Amérique» explique aujourd'hui le courtier-\\cndeur qui allait devenir acheteur en cours de route.Dans le monde du sport, on emploie souvent le mot gabarit dans son sens familier de stature ou de carrure d'un athlète.Après 18 mois d'immersion dans l'univers du baseball, Jacques Ménard utilise le mot gabarit pour désigner la configuration du pouvoir écononomique à Montréal.À société distincte, acheteurs distincts À mesure que prenait forme le consortium qui allait acheter les Expos, il devenait urgent d'expliquer aux Américains (le club privé des 26 proprios) la nature assez distincte des acheteurs montréalais.On était en effet assez loin des Turner (des Braves d'Atlanta à la chaîne CNN).O'Malley (des Dodgers tfe Los Angeles) ou même du quotidien Chicago Tribune (proprio des Cubs) et de la famille Webster (proprio avec la bière Labatt des Blue lays de Toronto).Claude brochu et lacques Ménard se sont donc rendus à Dallas, en mars 91» rencontrer les ftroprios du baseball majeur.Et acques Ménard leur a expliqué que Fe consortium reflétait \\qgabarit du nouveau Montréal.«C'était pas évident pour les Américains que le consortium comprenne le gouvernement du Québec et la ville de Montréal, ou que les deux principaux actionnaires soient les caisses populaires et un fonds syndical.«Il a fallu leur expliquer que nous vivons dans une économie mixte ( 50 p.cent du PIB relève du secteur public) et que la nouvelle richesse québécoise repose plus dans les avoirs collectifs (caisses de retraite et compagnies publiques) que dans les grandes fortunes familiales.«(e leur ai même fourni mon exemple personnel.Mon grand-pere était cultivateur, mon père a fait carrière à la Banque Royale \u2014 il n'a eu sa première auto qu'à l'âge de 57 ans \u2014 et je suis seulement la deuxième généra- Claude Brochu ( photo ) aura été, avec Jacques Ménard, la bougie d'allumage de l'opération qui a permis de garder les Expos à Montréal.Voilà comment on fait les choses à Montréal en cette fin de siècle.Du Ritz-Carlton aux Expos C'était bien différent au début du XXe siècle.11 avait suffi It tion dans les affaires.C'est surtout, comme gestiôpnaires que les Québécois francophones ont percé dans le monde des affaires.Même chez les entrepreneurs (Coutu, Péladeau, Lemai-re, Dutil, Chagnon, Nadeau.) l'argent est encore dans le béton et dans les usines.C'est seulement dans 20 ans qu'on pourra compter nos fortunes autrement que sur les doigts de la main.Et les anciennes fortunes sont souvent fragmentées ou sans appartenance particulière à Montréal.«l'ai finalement fait valoir que les nouveaux proprios des Expos n'étaient peut-être pas un miroir de Los Angeles ou Chicago mais reflétaient parfaitement Montréal.Ils ont compris que c'était la meilleure garantie de succès pour I équipe.» Desjardins au bâton Les Expos sont maintenant entre les mains du nouveau Montréal.Les caisses populaires ont remplacé la Banque de Montréal comme banquier des Expos, locelyn Proteau, le président de la fédération des caisses de Montréal, promet un peu plus d'ardeur que par le passé à la soirée Desjardins, le 21 août prochain.Ce sera la même chose pour Provigo, qui profitera de son droit de premier refus pour occuper tout le terrain de la publicité des chaînes d'alimentation.Et les cols bleus de la FTQ feront sentir leur présence.Et Claude Brochu revêtira l'uniforme «nationaliste», comme Marcel Aubut des Nordiques, pour vendre ses Expos aux Québécois.Le nouveau Montréal a réussi à conserver les Expos.Ce faisant, il a cependant mis à nu le gabarit du Montréal Inc.sur lequel repose la relance économique de la métropole du Québec.L'achat des Expos n'était pas une mauvaise affaire, en raison des avantages fiscaux et de la plus-value.Encore fallait-il disposer de liquidités qu'on peut investir à long terme, de l'ar- gent libre comme celui des fortunes familiales.Or à Montréal, personne ne semblait en mesure de refaire le coup de Charles Bronfman, qui lançait presque seul ( 72 p.cent des actifs) les Expos en 1968.Un peu comme lors de la vente de la Consolidated Bathurst par Paul Desmarais, seul le vendeur des Expos avait les moyens de devenir acheteur.Comme Michel Gaucher n'aurait jamais pu prendre la relève de Steinberg sans la complicité de la Caisse de dépôt, Montréal Inc.n'a pu remplacer Bronfman sans le secours du gouvernement du Québec (prêt de 18 millions $) et de la Ville de Montréal (actionnaire de suppléance pour 15 millions $).Le secours du grand frère public, la présence de grandes firmes canadiennes (CP et Bell), le concours d'alliés torontois (Avie Bennett et Ted Graham) et la fidélité d'un luif montréalais (Mark Routtenberg) ont permis au nouvel establisment franco-québécois ( Desjardins, Proviço, Fonds FTQ, les frères Lemaire et Telemedia) d'entrer dans le club du baseball majeur.d'une seule rencontre de Lionel Guest et de Charles Hosmer, autour d'une table au très sélect club St.lames, pour que Montréal se dote d'un hôtel de ores-tige.Paris avait son Ritz et Londres son Carlton ; Montréal aurait son Ritz-Carlton de la rue Sherbrooke.C'était en 1910 et Montréal était métropole du Canada.La rencontre Brochu /Ménard au Beaver Club, 80 ans plus tard dans la métropole du Québec, a permis de sauver les Expos, mais ce fut plus long et plus compliqué que pour le Ritz-Carlton de l'ancienne métropole du Canada.lacques Ménard ne s'en attriste pas trop.« Nous n'avons pas si mal fait depuis 20 ans et il s'agit de continuer.Seule la nouvelle communauté d'affaires peut relancer Montréal.L'achat des Expos a démontré que le Montréal Inc.peut fonctionner si on y met le temps et la persévérance.» Et à la condition de ne pas ré-ver en couleur sur le gabarit de nos nouveaux gérants, de grands enfants condamnés à devenir des «malenfants» s'ils se prennent pour des géants. LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain éditorialiste en chef Le comportement policier face à la communauté noire près les tristes incidents qui ont entraîné la mort de Anthony Griffin et de Presley Leslie, c'est un malheureux coup de feu qui a atteint gravement Marcelus François.Trois jeunes hommes âgés respectivement de 19, 25 et 24 ans abattus par la police.Trois individus de race noire.Trois H policiers blancs de la CUM impliqués dans ces fusillades.Trois événements isolés mais qui laissent des traces de racisme.Il faut comprendre la crainte, le désarroi, l'indignation, l'agressivité des dirigeants de la communauté noire de Montréal face aux com-é |wa portements de certains policiers.Surtout que ^^HHr des personnes innocentes de couleur sont N^ff i souvent arrêtées, interrogées, ennuyées, par-^ fois même brutalisées par des policiers, notamment dans les villes et quartiers où la communauté noire est fortement représentée, comme dans Côte-des-Neiges, Notre-Dame de Grâce, Parc Extension, la Petite Bourgogne, Lasalle et Montréal-Nord.Les leaders de la Ligue nationale des noirs du Québec et du Conseil de la communauté noire posaient hier une grave interrogation : « Pourquoi sommes-nous perçus comme des criminels par la police?¦ Malheureusement, il y a du vrai dans cette perception parce que des Noirs sont souvent impliqués dans des bagarres, dans des agressions au couteau, dans des actes de brutalité.La communauté noire, plus que les autres, est pointée du doigt lorsque des événements violents surviennent.Elle est victime du comportement inacceptable d'une petite portion de ses membres.Mais il ne faut pas généraliser.Des policiers avouent même leur peur quand ils ont affaire à des gangs de race noire.Ceci n'excuse nullement l'énorme bavure commise par un sergent, membre de la fameuse escouade technique et tactique (SWAT) de la police de la CUM.Cette «erreur sur la personne », est grave et grossière.Les membres de l'escouade spécialisée, encore plus que les autres agents, doivent faire preuve d'un sang-froid exemplaire avant d'attaquer.Ils doivent aussi procéder â toutes les vérifications requises et prendre toutes les précautions voulues avant d'agir.Surtout que, dans ce cas, les policiers ne peuvent invoquer l'imprévu, le hasard, l'événement fortuit.Ce nouveau drame vient malheureusement assombrir les multiples et louables efforts accomplis par la police de la CUM pour se rapprocher des diverses ethnies.Depuis I989, des sessions d'initiatives interculturelles ont eu lieu auprès de 11 communautés culturelles, auxquelles ont pris part plus de 600 policiers et 200 autres s'y ajouteront en 1991.Les résultats sont probants.Nonobstant le triste et déplorable incident qui vient de se dérouler, il faut maintenir et même accentuer ces rapports de confiance entre la police et les multiples communautés culturelles représentées sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal.Plus Montréal sera une ville pluraliste et cosmopolite, davantage il y aura de risques d'accrochages sinon de confrontations avec des éléments troubles d'origines autres que québécoise.L'accroissement du nombre de Néo-Montréalais aura inévitablement ses effets sur le taux de criminalité.Le renforcement des rapports de confiance entre la police et les ethnies sera beaucoup plus utile et positif pour l'avenir que ces multiples enquêtes policières, judiciaires ou royales qui ne font que rechercher des coupables et envenimer les efforts de rapprochement.Quelle que soit la couleur de la peau ou la langue utilisée, la police aoit accomplir son travail de répression, lorsque requis, dans le respect de l'être humain qui a un droit fondamental â la vie.La vieille Catalogne a ne s'arrange pas.Au contraire.Ça se détériore.Le Canada, qui était déjà aux prises avec une société qui se prétend distincte, en a dorénavant deux sur les bras.Après le Québec, ce sont maintenant les autochtones qui veulent en finir une fois pour toutes avec leur statut au sein de ce pays.Et qui posent des conditions préalables à leur participation au débat constitu-m tionnel qui font paraître bien modérées les revendications québécoises.il /li/At'T Ope AëMe IfMr roar a F/hY & Ptysiïet Les propos tenus cette semaine par leur nouveau chef, Ovide Mercredi, sont sans équivoque: au moins autant que le Québec, ils constituent eux aussi une société distincte.Et ils entendent également discuter sur un pied d'égalité avec le gouvernement du Canada.Mais pas question d'attendre des propositions fédérales.Ni de quêter la reconnaissance d'un statut particulier.Ce sont eux qui feront connaître leurs exigences au reste du Canada.Ils refuseront d'être consultés par le comité fédéral sur la constitution et entreprendront plutôt leur propre réflexion sur leur avenir collectif.C'est le rapport de cette Commission Belanger-Campeau autochtone qui devra servir de base aux discussions.Et ce sera à prendre ou à laisser.Et si la réponse des Blancs est négative, ce sera, au minimum, la désobéissance civile systématique.Sans égard aux lois canadiennes qui, de toute façon, ne les concernent pas.L'ouverture de ce nouveau front ne va pas faciliter la tâche des ministres fédéraux chargés de préparer des propositions susceptibles de satisfaire le Québec sans indisposer les autres provinces.Et qui devront maintenant tenir compte des exigences des autochtones qui, eux, contrairement à Robert Bouras-sa, n'ont pas de préjugé favorable envers le Canada des Blancs.En fait, avec l'intervention d'Ovide Mercredi, le fédéralisme actuel prend des allures de vieille Catalogne qui se découd toujours un peu plus au fur et à mesure qu'on essaie de la racom-moder.il droits réservés LETTRE DE MONTRÉAL L'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, et l'éditeur du Toronto Star, John Hondrich, poursuivent leur correspondance sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.La présente lettre d'Alain Dubuc parait en anglais dans le Star.Mon cher John, Toute personne intéressée à suivre une session d'étude intensive sur le nationalisme québécois devrait venir à Montréal entre le 24 juin et le 1er juillet.En sept jours, on peut découvrir toutes les facettes de ce nationalisme dont nous avons tellement parlé dans notre échange épis-tolaire.Bien sûr, l'événement le plus spectaculaire est la Saint-Jean-Baptiste.Avec sa marche, ses drapeaux, sa foule, la fête est assez impressionnante pour que vous en parliez en page « une » de votre journal.Mais ce qui se passe le jour de la Féte du Canada est aussi significatif, sinon plus.Fondamentalement, la Saint-Jean est une féte joyeuse.Même si elle a été plus politique cette année et l'an dernier, c'est un événement familial où on amène ses enfants dans une athmosphè-re sympathique qui englobe de plus en plus les Québécois qui ne sont pas de vieille souche.Et le message politique de la fête est bien plus pro-Quebec que anti-Canada.D'ailleurs, j'ai été très étonné de la photo couleur à la «une» de votre journal, le 25 juin : quatre types devant une pancarte disant «Adieu Canada» mais où le «i» était un doigt pointé.Ce message est le même dans toutes les langues, et c'est: «Fuck you Canada».Est-ce que c'était l'esprit de la parade?Est-ce que cela reflétait la pensée des quelque 200 000 personnes?Je ne crois pas.Je serais plus tenté d'y voir une illustration du fait que les médias anglophones ont eux aussi tendance à insister lourdement sur tout événement anti-canadien, même insignifiant Franchement, je ne crois pas que ce slogan cru décrit bien la position québécoise.Si vous voulez savoir ce que la plupart des Québécois francophones pensent du Canada, regardez ce qui s'est passé le premier juillet: rien.Une petite parade avec des cornemuses, sans badauds francophones.Ils n'étaient pas là.Parce que la plupart des francophones, même fédéralistes convaincus, ne fêtent pas le premier juillet.Pour la plupart d'entre eux, c'est surtout l'occasion d'avoir deux longues fins de semaine de suite.C'est là une forme de résistance passive dont le message est que les Québécois sont d'abord des Québécois.Mais d'habitude, le nationalisme québécois est plus positif.Même Joe Clark, le ministre qui sauvera peut-être le Canada, le dit.11 y a quatre jours, à Québec \u2014 où il se sentait probablement assez loin de Saskatoon\u2014 il a déclaré s JC le nationalisme du Québec était bon et qu'il n'y voyait pas une menace, mais un modèle pour le reste du Canada.Il est en effet porteur de fierté et d'énergie, comme on le voit en arts, ou en économie.Dans votre dernière lettre, vous avez d'ailleurs évoqué ces succès économiques comme un exemple des effets positifs de la Confédération.Bien sûr, le Québec a profite de politiques fédérales et de la richesse canadienne.Mais très souvent, les progrès économiques n'ont pas été possibles grâce à la Confédération, ils l'ont été malgré elle.La Caisse de dépôt, par exemple, n'est née qu'après une orageuse bataille avec Ottawa.Dans beaucoup d'autres cas, les succès québécois ont été une forme de réaction à l'héritage de cent ans de Confédération.La création de sociétés d'État, le développement de nombreuses PME étaient des moyens de corriger un profond déséquilibre, le fait que les francophones du Québec étaient exclus d'un monde économique dominé par des intérêts anglo-canadiens et américains.C'est ainsi que le dynamisme québécois est une forme de revanche, un désir de battre les Anglais sur leur propre terrain, similaire, à bien petite échelle, à l'attitude des japonais après la guerre.Si ces succès québécois sont un produit de la Confédération, ils le sont d'une façon bien paradoxale.Mais il y a une raison qui explique pourquoi, malgré cette force, nous manquons de confiance en nous-mêmes dans nos rapports avec le reste du Canada.Sur le plan économique, cette confiance existe à un tel point qu'elle est l'une des explications de la montée souverainiste, car bien des gens sont convaincus qu'ils s'en tireraient mieux en dehors du Canada que dedans.11 ne sera jamais possible d'être aussi sûrs de nous dans nos rapports politiques avec vous, pour une raison bien simple.Nous sommes une minorité.Nous sommes un contre trois, parfois un contre neuf, sinon un contre dix.Ce sont là des reflexions bien peu estivales.Or, nous méritons tous un repos politique parce que nous aurons besoin de beaucoup d'énergie, de créativité et de patience quand le marathon constitutionnel commencera en septembre.C'est pourquoi je vous souhaite un été paisible.Au revoir et à bientôt.O 1 ; 111 .Une vérité qui ne s'explique pas mais en laquelle il faut croire MARCEL ADAM e concept de société distincte est devenu un signe de contradiction qui risque de faire échouer toute entente entre le Québec et le reste du Canada.La majorité des Canadiens anglais ne veut pas entendre parler d'enchâsser cette défini-ton dans la Constitution.Pour eux, ce concept vague et apparemment insignifiant dissimule l'intention non avouée du Québec de faire ou d'obtenir ce qui lui est interdit ou inaccessible autrement.On comprend l'énorme problème que pose cette question aux ministres franco-québécois siégeant sur le comité du cabinet fédéral chargé de l'unité canadienne.Au cours des onze séances tenues à ce jour, ils ont tenté en vain de rallier à cette idée leurs collègues anglo-canadiens.À l'issue de la réunion de la semaine dernière, en Ontario, le ministre des Affaires constitutionnelles, Joe Clark, a révélé que le comité, en désespoir de cause, en est réduit à chercher une nouvelle façon de décrire la société distincte.Parce que cette expression a acquis une signification péjorative dans l'esprit de certains Canadiens de l'extérieur du Québec.Pour sa part, le ministre Benoit Bouchard avait pris soin de préciser que la clause de la société distincte sera compatible avec la Charte et n'aura donc pas prédominance sur celle-ci.Elle sera là, dit-il, «pour aider à comprendre exactement ce que le Québec signifie au sein de la Confédération ».Comment les Canadiens qui se méfient de cette clause pourraient-ils croire que le gouvernement Bourassa en a fait un sine qua non clause tout simplement pour que le Québec soit reconnu officiellement différent de autres provinces.Sans espérer obtenir de la sorte des moyens additionnels de préserver voire même accentuer ses traits distinctifs.Cette semaine à Québec le même ministre rendait les armes: la société distincte, dit-il, c'est comme la culture, ça ne s'explique pas.J'imagine que ses collègues anglophones n'ont aucune difficulté à admettre que le Québec est différent des autres provinces.Y a-t-il un Canadien anglais le moindrement informé qui conteste cette évidence?Mais c'est une chose que de reconnaître un fait sociologique et une autre que de l'inscrire dans une constitution.Avant d'accepter une telle requête, il est normal de demander au requérant d'abord quels sont les traits distinctifs de sa société qui justifient l'enchâssement d'une clause spéciale dans la constitution; ensuite, pourquoi au juste il sent le besoin de le faire?Depuis la conclusion de l'accord Meech, en avril 1987, personne au Québec n'a jamais répondu de manière satisfaisante à ces questions.«Il est excessivement difficile de définir la société distincte autrement que dans son application au niveau des pouvoirs qu'on associe au fait d'être différent», a déclaré M.Bouchard.En d'autres mots, la s0ci&te distincte, c'est comme le mystère de la Rédemption : une vérité que l'on ne peut compitÂÛfe mais en laquelle on doit croire.Cet argument du ministre me rappelle ce discours d'un dirigeant créditiste qui disait à ses troupes: «11 y en a qui me oje-mandent comment expliquer Ta doctrine du parti.Le Crédit sao-cial ne s'explique pas; pour Je comprendre il faut faire du porte-à-porte et vendre des abonnements au journal.» ' Pour être acceptable au Canada anglais, l'éventuelle proposition fédérale devrait donc, pour Benoit Bouchard, comporter des éléments qui concrétiseront le caractère distinct ou unique du Québec dans des secteurs précis plutôt que dans une définition.C'est-à-dire qu'il faut s'attendre à ce que l'application dé la société distincte dans des secteurs précis va véhiculer \"dés pouvoirs au Québec en fonction de ce caractère dictinct, dit-il;- On avait beau rassurer les Canadiens hors Québec qui redoutaient cette clause en soutenant qu'elle est tout au plus symbolique et ne pourrait avoir lés'conséquences appréhendées, Ils n'en croyaient rien.Pour eux le Québec y tenait mordicus afin de pouvoir contourner la charte pour mieux promouvoir la lan- ?;uc française, ou encore pousse aire accorder par les tribunaux des pouvoirs additionnels qu'il n'a pu ou ne pourrait obtenir par la négociation.«|c savais qu'il y avait anguille sous roche», se diront ces gens qui verront dans la déclaration du ministre la confirmation de leur mauvais piessenti-ment. LA£g££E, MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 (ht - *A Plus S3 MM W J.c Demain: une visite au cimetière en photos ! Une croix marque le lieu de sépulture de Sir Lomer Coufei, ex-premier ministre du Québec.À voir tout Juste à côté la ronde-bosse en bronze de la famille lalle- mand. B6 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 La guerre est terminée, mais sept miliions d'Éthiopiens sont toujours acculés à la famine Deux cinéastes québécois témoignent JOONE KHAN Le changement de régime que vit depuis un mois l'Ethiopie est une véritable révolution car il signifie la fin de l'hégémonie de la minorité féodale des Amharas, mais c'est une révolution menacée par une foule de défis quasi-insurmontables \u2014 anarchie, caisses de l'État vides, divergences ethniques, immense pauvreté et au moins sept millions de personnes acculées à la famine.C'est l'image chaotique, faite d'espoirs et de catastrophes, que les cinéastes-reporters Danièle Lac ourse et Y van Patry ramènent de ce pays grand comme les quatre-cinquièmes du Québec, où ils sont arrivés fin mai, une semaine après la fuite du colonel-président Mengistu Haïlé Mariam et l'entrée dans Addis Abeba des maquisards tigréens du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien ( le FDRPE de Mêles Zenawi ), avec approbation des États-Unis.«Addis.la capitale, compte beaucoup d'Amharas: la prudence y est donc de rigueur face au FDRPE dominé par les Tigréens», dit Lacourse, debout au milieu de moniteurs vidéo et de valises, dans les locaux d'Alter-Ciné, rue Esplanade, à Montréal.«Ce qui n'a pas empêché quelqu'un de me dire: Le serpent dans l'herbe pleurera longtemps, les Amharas étant ainsi désignés par les autres ethnies», interjette Patry, souriant dans sa barbe noire, le regard filtré par des lunettes à épaisse monture.«La fuite de Mengistu a été une vraie gifle pour les Amharas qui ont gouverné l'Ethiopie des siècles durant, poursuit-il.Les luttes coloniales, la modernisation sous l'empereur Hailé Sélassié, le milita-ro-marxisme imposé par Mengistu il y a 16 ans, n'y avaient rien changé: l'histoire d'Ethiopie a été l'histoire des guerres menées par les Amharas pour s'imposer sur les autres ethnies.La différence, c'est que Cette fois les Amharas ont perdu».Un quart environ des 50 millions d'Éthiopiens sont Amharas.«C'est pour eux la fin du monde, d'un monde qu'ils faisaient remonter à Salomon et à la reine de Saba, au royaume d'Axoum et à l'empire chrétien copte fondé au IVe siècle»; renchérit Lacourse, rentrée quelques jours avant Patry qui, lui, a fait un détour par New York pour enregistrer un repprtage sur la terrible famine de l'Ogaden, dans le sud-est éthiopien, pour l'émission Nightline du réseau de télévision américain ABC.De leur reportage exclusif est sorti une autre émission sur l'Ogaden, diffusée au Journal de CB&TVle 21 juin.Les images sont terribles, insoutenables.Elles ont été tournées dans un camp de réfugiés à Godé, à 1200 km au sud-est d'Addis, où, avec le caméraman américain Bill Turn-ley et l'ingénieur du son québécois Michel Sauriol, ils ont pu se rendre après une semaine de démarches à bord d'un petit avion de l'Unicef.«Ce sont des nomades de l'ethnie Somalie, des pasteurs et des marchands», dit Patry, 43 ans, sociologue de formation.«Fuyant la guerre en Ethiopie, ils se sont réfugiés en Somalie, mais la,guerre là-bas les a obligés à revenir en Ethiopie», ajoute-t-il.«Ils sont 20 000 réfugiés dans ce camp», dit Lacourse, 42 ans, diplômée de sciences politiques et spécialisée en études russes, dont la collaboration avec Patry a donné en 10 ans une abondante filmographie couvrant l'Ethiopie, l'Erythrée, l'Amérique centrale et la Namibie.«Il y a sept autres camps, avec 100000 réfugiés au total», précise-t-elle, le visage'dégagé sous sa tignasse drue tirée vers la gauche en une abondante houppe.Ce sont les images classiques de l'holocauste qui ravage de vastes contrées du Yvan Patry et Danièle Lacourse rentrent d'Ethiopie avec des images saisissantes, parfois insoutenables, de la tragédie que vivent les Éthiopiens.PHOTO ROBERT NADON.U Presse tiers monde sous l'effet conjugué des inégalités Nord-Sud et des guerres Est-Ouest greffées sur les tyrannies locales et les cataclysmes climatiques.À la différence pourtant que les pays riches y ont injecté une aide alimentaire évaluée à quatre millions de tonnes métriques entre 1984 et 1990; que nombre de ces pays ont soutenu le régime d'Ad-dis malgré le changement de cap idéologique sur 30 années de guerre, quand ils ne lui ont pas carrément fourni des armes; que des organismes tel le Programme alimentaire mondial ( PAM ) étaient à même de prévoir depuis des années la détérioration de la famine à travers toute la Corne de l'Afrique ; et, enfin, que la guerre se termine en Ethiopie mais l'holocauste tranquille continue.Yvan Patry s'indigne: «Depuis 1984-85, le Canada à lui seul à fourni plus de 700 millions $ d'aide à l'Ethiopie et l'on ne sait même pas comment maintenir les gens en vie.Un million et demi d'Éthiopiens vont mourir de faim dans les prochains mois.L'ONU leur distribue des sachets de réhydratation, qu'ils avalent avec l'eau contaminée des rivières.Us ont droit à deux bols de gruau par jour.C'est tout.C'est organiser la mort lente».«Chaque jour 80 personnes meurent dans ce camp, les femmes et les enfants surtout, réduits à l'état de squelettes ambulants», lance Michel Sauriol, qui ajoute: «Ça n'arrête pas de creuser des tombes dans le sol desséché».Patry s'emporte: «Où est le droit d'ingérence humanitaire pour ces gens?Les Ethiopiens ne méritent-ils pas la même assistance que celle accordée par les pays riches et l'ONU aux Koweïtiens et aux AFP infographie Kurdes d'Irak?Le gouvernement du Canada doit rendre compte aux contribuables.11 a soutenu le régime brutal et corrompu de Mengistu.Les documents montrent qu'il y a 400 tonnes métriques de vivres stockés à Godé, mais les entrepôts sont vides».Contrairement aux Amharas d'Addis cependant, les réfugiés de Codé se réjouissent de la fuite de Mengistu et de la victoire du FDRPE.Des combattants victorieux rassemblent la population du camp, accablent des fonctionnaires locaux de l'ancien régime et réclament leur procès pour corruption.Les hommes du FDRPE prêchent la discipline et promettent des procès équitables.Dans la région de Selale près de la vallée du Nil bleu, au nord-ouest d'Addis Abeba, le FDRPE n'a pas encore déployé ses hommes.Danièle Lacourse parle du banditisme qui y a sévi.«Des soldats de l'ancien régime ont gardé leurs armes.Us rôdent, ils pillent et ils volent.C'est une région très peuplée, proche du Gojjam et du Gondar, qui sont le grenier de l'Ethiopie».Avec une équipe de quatre personnes et 15 valises, Patry et Lacourse n'étaient pas en mesure de rivaliser avec le réseau américain CNN, qui débarqua en Ethiopie avec 16 personnes (trois équipes) et 350 valises.«Le supplément de bagages seulement leur a coûté 51000 $ en frais d'avion, soit plus que notre budget total », raconte Lacourse.Mais parmi les nombreuses vidéocassettes qu'ils en ont ramenées se trouvent les images brutes de l'immense dépôt de munitions qui a explosé deux jours durant après la fuite de Mengistu, celles du stade de lanmeda où sont rassemblés Au camp de Codé, Anfa, 7 ans, quelques heures avant sa mort.PHOTO DANIELE LACOURSE quelque 20000 soldats de l'ancien régime, la moitié d'entre eux des éclopés, celles des mandarins de l'ancien régime regroupés dans les somptueux jardins du palais d'un fils de Hailé Sélassié qui fut une école de cadres du parti de Mengistu, et celles de la vie quotidienne dans Addis.Du dépôt de munitions qui a sauté \u2014 «Il y en a six autres à Addis, dont un à côté du Hilton », dit Patry \u2014, il ne reste qu'un immense terrain vague, rasé, troué de cratères brunis et jalonné d'amas de ferraille faits d'amoncellement de mitraillettes, de pièces d'artillerie et de véhicules passés au feu, et même une quantité incroyable d'obus non exploses \u2014 témoins dérisoires du trafic d'armes vers ce pays mourant de faim.«Le parc industriel d'Addis a été rasé par la défia gration », ajoute-t-il.Le gâchis est encore plus désespérant au stade lanmeda.Les soldats paraissent proprement vêtus.Les éclopés sautillent à l'aide de béquilles ou de cannes.Mais aucun encadrement n'est en place, aucune réhabilitation n'est prévue.«Des gangs se sont formés, certains sont agressifs, exigent de la nourriture, des médicaments; d'autres sont prêts à parler», raconte Lacourse.«L'Ethiopie a 300000 soldats dans cet état, poursuit-elle.Les Américains leur ont envoyé les repas pré-cuits de la guerre du Golfe, les MRE ou Meals Ready to Eat que les Gis appelaient Meals Rejected by Ethiopians! ».pie pourrait remettre en cause les frontières héritées du coloniaîisme.Les caisses de l'État sont vides.Mengistu a touché 35 raillions $ juste pour les Falashas.Mais au lieu de se réfugier en Israël, il a fui au Zimbabwe.Le FDRPE veut son extradition, mais il ne peut même pas imposer l'ordre dans le pays.Les Tigréens, qui ont besoin d'alliés, ont gardé les structures administratives de l'ancien régime, dont ils s'efforcent de renouveler le personnel, mais ça ne marche pas toujours».Les images de rue montrent la vie suivant son cours, les autobus circulant comme à l'accoutumée, malgré le déploiement militaire (plutôt relax) aux carrefours de la capitale.Le surréalisme est atteint cependant au palais de Yeka-tit, où les femmes en tailleur de grande coupe et les enfants en jeans et espadrilles chics sont venus visiter les chefs de familles en garde à vue.Parmi les fleurs et les arbres, sur le gazon vert, l'ambiance est feutrée, mondaine.Us paraissent bien loin tout à coup, les squelettes ambulants des réfugiés somalis du camp de Godé.«Une page a été tournée en Ethiopie, mais l'ère qui commence est pleine d'incertitudes, dit Patry.On ne sait pas si le pays va survivre comme entité nationale, même fédérée.L'Afrique entière suit de près la situation : l'éclatement de l'Éthio- AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE ÀL'ÉTHiOPiE 1984-1990 (Pays donateurs) ru.CEE Programme jg^ alimentaire mondial (ONU) 13% Étals-Unis 28% Canada 8% URSS 5% Autres 20% RFA R.-U.4% 3% Australie 2% Le Canada est un donateur important de nourriture à l'Ethiopie.Mais selon le cinéaste Yvan Patry, l'aide internationale massive a servi bien plus le régime Mengistu que les Éthiopiens qui crèvent de faim.Le partage du pouvoir Habde, 8 ans, était trop faible pour avaler sa portion de porridge.¦ Pour l'instant, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), coalition marxisante dominée par les Tigréens, est investi du pouvoir d'État à Addis Abeba, avec la bénédiction des États-Unis.Mais une trentaine de mouvements politiques armés, dont le Front de libération Oromo (FLO, en lutte depuis 1964 contre l'hégémonie amhara \u2014 les Oromos sont l'ethnie la plus importante, avec plus de 16 millions \u2014, attendent le partage du pouvoir dans le cadre d'une démocratie pluraliste.Réunis au siège de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à Addis, ces groupes ethniques et politiques ont été saisis cette semaine d une Charte pour un gouvernement transitoire présentée par Mêles Zenawi, président intérimaire.La charte prévoit un Conseil des ministres (gouvernement), un Conseil des représentants qui élira le chef de l'État et rédigera une constitution avant la tenue d'élections, et un Conseil général, instance législative de 87 membres, au sein duquel aucune organisation n'aura la majorité.Le FDRPE aurait 32 sièges et le FLO 12, les autres se partageant le reste.La charte garantit les droits humains ainsi que les libertés fondamentales, et elle annonce une aide aux sept raillions de victimes de la famine et aux raillions d'autres déplacées par 30 années de guerre.À noter que les Érythréens \u2014 quelque six millions \u2014 ne sont au'observa-teurs à ces discussions, par le biais du FPLE (Front populaire pour la libération de l'Erythrée), qui se bat depuis 1960 pour le droit à l'autodétermination de l'ancienne colonie italienne «fédérée» par l'ONU à l'Ethiopie en 1950 et «annexée» par Addis en 1962.Avec la chute de Mengistu, le FPLE a mis en place un régime autonome en Erythrée, en attendant un référendum dans les deux ans.«Nous avons vainement tenté de nous rendre en Erythrée, dit le cinéaste Yvan Patry.Rien à faire.Tout est bloqué.Pas d'avion pour Asmara, qui vient même d'expulser la Croix rouge.Pour y aller par la route, il faut des véhicules, du carburant.Or, le FPLE contrôle tout le littoral éthiopien sur la mer Rouge.Nous espérons y aller dans deux ou trois semaines, pour filmer l'histoire de trois Érythréens, dont une romancière, marqués par la guerre». Le Monde LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 Bf La CEE à nouveau au chevet de la Yougoslavie d'aprem AFP et Reuter_ LA HAYE ettant une sourdine à ses diver- Sences sur la crise yougoslave, la teidé hier de se rendre à nouveau au chevet de la Yougoslavie pour tenter de consolider le cessez-le-feu en Slovénie et d'éviter, par des voies pacifiques, un éclatement du pays.Réunis en conseil d'urgence pendant six heures à La Haye, les ministres des Affaires étrangères des Douze ont décidé d'envoyer en Yougoslavie leur «troïka» \u2014 composée des ministres néerlandais, luxembourgeois et portugais \u2014 pour tenter de relancer un «dialogue sans conditions» entre les autorités et l'armée fédérales et les dirigeants croates et Slovènes.La troïka européenne partira demain pour la Yougoslavie et a choisi de mener ses entretiens à Zagreb, la capitale croate, plutôt qu'à Belgrade.Elle rencontrera à Zagreb le président de la fédération yougoslave Stipe Mesic, le premier ministre Ante Markovic et les chefs des gouvernements Slovène et croate.Le choix de Zagreb plutôt que ia capitale fédérale est intentionnel, a ajouté ce porte-parole.«C'est une sorte de compromis.De plus le président yougoslave est croate», a-t-il ajouté.Les trois ministres devraient quitter la Yougoslavie dimanche soir.Outre cette nouvelle intervention de la «troïka», la troisième en une semaine, ils ont également décidé l'envoi hier soir à Belgrade d'un groupe d'experts chargés de préparer l'arrivée d'une mission de surveillance du cessez-le-feu que les 35 pays de la CSCE (Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe) ont chargé la CEE de mettre en place.Ces mesures concrètes se sont accompagnées d'un rappel par les Douze de leur refus de reconnaître l'indépendance autoproclamée de la Slovénie et de la Croatie, et de leur soutien à l'unité de la Yougoslavie et à la présidence collégiale qui l'incarne.Us ont toutefois posé, dans le communiqué publié à l'issue de leurs travaux, des limites très claires à ce soutien, oui sera «reconsidéré» en cas de nouvelle intervention de l'armée fédérale contre les deux républiques rebelles.Le chef de la diplomatie néerlandais Hans van den Broek, président en exercice du conseil des ministres de la Communauté, a précisé que les Douze réexamineraient la situation au plus tard lors de leur prochaine réunion de coopération politique 2e 10 juillet à La Haye.En guise d'avertissement, les Douze ont décidé de geler leur aide économique à la Yougoslavie \u2014 une mesure à laquelle la France s'est ralliée après l'avoir refusée lors du récent sommet européen de Luxembourg \u2014 et ont décrété un embargo total des ventes d'armes aux autorités fédérales comme aux républiques, ainsi que l'avaient suggéré mercredi les États-Unis.«Il n'y a pas de place pour la force» en Yougoslavie, a souligné M.van den Broek.Entretemps, la Slovénie s'est faite conciliante hier pour éviter une nouvelle épreuve de force avec le pouvoir yougoslave, mais l'autre république sécessionniste, la Croatie, a au contraire durci le ton à l'égard des autorités fédérales.La Slovénie a notamment annoncé qu'elle avait démobilisé 10 000 membres de ses forces armées.En Slovénie, signe des concessions de la part de Ljubljana après l'ultimatum adressé jeudi soir par la présidence collégiale, une partie des prisonniers fédéraux ont été libérés et Ljubljana a proposé de négocier, sous l'égide de la CEE, la question du contrôle des frontières.La république sécessionniste a commencé de renvoyer une partie des 2400 soldats yougoslaves faits prisonniers depuis le début des combats le 26 juin.Ce faisant, la Slovénie satisfait l'une des sept exigences formulées la veille par un ultimatum de la présidence collégiale fédérale.Parmi les autres exigences acceptées figurent la levée des blocus visant des unités de l'armée fédérale eft Slovénie et la libération des moyens de communication.Autre signe d'apaisement, venu cette fois du pouvoir fédéral, le président yougoslave Stipe Mesic a promis que l'armée fédérale yougoslave resterait dans ses casernes et qu'il n'y aurait plus de bain de sang.Parallèlement, le ton est monté entre le pouvoir central et l'autre république sécessionniste, la Croatie, où jusque là n'ont eu lieu que des escarmouches.Le ministre croate de la Défense, Sime Do-dan, a fait savoir que la Croatie ^hésiterait pas à combattre si des char^dÇTar; mée serbe traversaient son territoire pour aller réprimer les velléités indépendantistes de la Slovénie.Le président du Parlement croate, Zarko Domljan, -à pour sa part déclaré que la Croatîe-s'at-tendait à une confrontation avec l'armée fédérale yougoslave et s'y tenait prête.«Tôt ou tard il y aura une confrontation ici aussi», a estimé Zarko Domljan.?REPÈRES L'alliance stratégique irano-syrienne à l'épreuve JEAN-MICHEL CADIOT Agence France-Prcaae_ TÉHÉRAN ¦ L'Iran et la Syrie, stratégi-quement alliés au Moyen-Orient depuis l'avènement de la République islamique en 1979, étalent des divergences persistantes sur les problèmes régionaux, notamment la sécurité dans le Golfe per-sique et les questions libanaise et palestinienne, sans toutefois remettre en cause leurs liens privilégiés.Téhéran, qui n'avait pas approuvé les participations syrienne et égyptienne aux côtés des États-Unis contre l'Irak, exclut catégoriquement d'octroyer un rôle quelconque à ces pays arabes pour la sécurité régionale, telle qu'elle est énoncée dans la «déclaration de Damas» prônant un système «six plus deux» (les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe, plus la Syne et l'Egypte).Le premier vice-ministre iranien des Affaires étrangères, M.Ali Mohammad Be-charati, a fait valoir que la Syrie, «totalement préoccupée par le Liban», et l'Egypte, «dont les problèmes économiques s'aggravent », n'avaient aucune place dans un tel dispositif, n'étant pas riverains du golfe Persique.Seul le Caire a réagi, Damas observant le silence, comme il le fait chaque fois que des divergences apparaissent avec Téhéran.«Cette sécurité devrait être le fait des pays riverains.Trois pays par-mi eux sont importants : l'Iran, l'Arabie Saoudite et l'Irak» même si, «pour le moment, l'Irak n'entre pas en ligne de compte», ajoutait M.Becharati.Téhéran n'entend ainsi nullement que Damas profite d'un «éloignement », qu'il juge provisoire, de Bagdad pour s'imposer plus avant dans la région.Une autre discordance vient du désarmement des Palestiniens au Liban sud, qui a été unanimement dénoncé par la presse, toutes tendances confondues.Le quotidien Teheran Times, qui reflète les vues du gouvernement, estime que cela se fait «au détriment de la cause de la Palestine».Encore plus virulent, Kay-han-lnternational voit dans cette action «du gouvernement libanais, soutenu par la Syrie », une tentative «d'achever la tâche entreprise» par Israel en 1982 losr- Ïu'il a envahi le Liban.Pour éhéran, les différentes milices \u2014 qu'elle nomme «groupes de résistance islamique»\u2014 doivent pouvoir disposer de leur armement eu égard à la «situation exceptionnelle» du Liban, occupé en partie par Israel.L'Iran, qui a reçu à plusieurs reprises récemment les dirigeants de groupes musulmans libanais pro-iraniens, soutient le Hezbollah contre la milice Amal de Nabih Ber-ri, proche de Damas.Bien que soutenant les mouvements dissidents palestiniens basés à Damas, notamment le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG d'Ahmed fibril), Téhéran semble se rapprocher tactiquement de l'OLP, comme en témoigne une récente rencontre de son ambassadeur à Tunis et de M.Farouk Kaddoumi, chef du département politique de l'OLP.L'Iran, qui est contre la reconnaissance d'Israël \u2014 «pays illégal, la légalité revenant aux Palestiniens» a souligné récemment le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati \u2014 et qui n'entretient pas de relations diplomatiques avec les États-Unis, s'oppose totalement aux «efforts de paix» du secrétaire d'État américain James Baker, critiquant ainsi implicitement Damas qui s'y prête.«Les démarches américaines ne visent qu'à imposer la reconnaissance d'Israël par les pays arabes», ont affirmé à plusieurs reprises les plus hauts dirigeants iraniens.Cette série de divergences, que les deux capitales taisent jusqu'ici, mais qui pourraient éclater publiquement, mettent ainsi à l'épreuve leur alliance stratégique qui s'était forgée lors de la guerre Iran-Irak au cours de laquelle Damas, seule capitale arabe de la région dans ce cas, s'était mis du côté de Téhéran.La presse communiste s'en prend à Chevardnadze Agence France-Presse MOSCOU douard Chevardnadze et Alexandre lakovlev, deux proches de M.Mikhaïl Gorbatchev qui viennent de lancer un grand «mouvement de réformes démocratiques», font l'objet de vives critiques dans la presse communiste d'hier, au lendemain de l'annonce de la démission de M.Chevardnadze du Parti.Le journal le plus sévère à leur égard est Sovictskaia Rossia, l'organe du très conservateur Parti communiste de Russie, qui affirme que «le pays et le parti vont mettre des années, voire des dizaines d'années, à se remettre des résultats de l'activité intellectuelle de ces brillants esprits».«Selon moi, le PC ne va se renforcer que s'il purifie ses rangs», estime l'auteur de cet article, ajoutant qu'il est «grand temps ue les communistes pensent à la açon de sauver le PC et le pays ».«On ne peut pas dire que M.la-ovlev est un brillant esprit puis-u'il a grimpé tous les échelons u PC en faisant l'éloge du socia- lisme développé et en stigmatisant les vices du capitalisme», poursuit le journal conservateur.«Ayant tout à coup recouvré la vue, il propage sa réprobation et son exaltation sur un ton franchement polémique», raille le quotidien.Quant à M.Chevardnadze, «ses discours emphatiques rappellent les toasts d'autrefois destinés à un public éméché», selon Soviets-kaia Rossia.Par ailleurs, le nouveau « Mouvement des réformes démocratiques» risque de «provoquer une scission» au sein du Parti communiste soviétique (PCUS), a estimé la direction du PCUS dans un communiqué officiel diffusé hier par l'agence TASS.Accusant sans les nommer «certains initiateurs du mouvement» de chercher à «sonder les différents courants au sein du PCUS et les positions des communistes», la direction du parti affirme que «des actions pratiques destinées à provoquer une scission du parti » risquent de suivre le lancement du mouvement, selon le texte diffusé par TASS.L'OLP désarmée sans condition Agence France-Presse iki.HH' BEYROUTH e gouvernement libanais.vient de franchir avec succès l'une des étapes les plus difficile sur la voie de la normalisation en- ' réussissant, après trois jour?de combats, à désarmer sans condition l'OLP au Liban sud.Hier, l'armée a pris à l'amiable la colline Sérop commandant les accès des camps d'Ain Héîoué et Mieh-Mieh, dernière position palestinienne à l'est de Saïda, chef-lieu du Liban sud, conforméme-ment à un accord passé la veille entre les représentants de l'OLP et une comission ministérielle.Abattus par la défaite, les Palestiniens regagnaient peu à peu les camps qu'ils avaient fui au plus fort des combats.Aux termes de l'accord, la centrale palestinienne devra,, ayant aujourd'hui 19h locales, avoir rassemblé hors des camps de Saïda ses armes lourdes et moyennes, qui demeureront «sa propriété» et pourront ensuite être transférées « hors du pays ou dans d'autres régions libanaises non ii-mitrophes d'Israël», a déclare le représentant de l'OLP au Liban, M.ZeidWehbé.Selon le chef des services de renseignements militaires de l'OLP au Liban, Kamal Medhat, l'OLP envisage de transporter ses armes dans la plaine onentale de la Békaa, contrôlée depuis \\97b par l'armée syrienne.Un char d'assaut de l'armée libanaise surveille le réduit palestinien de Aïn al-Hilweh et la ville de Sidon, dans le sud du Liban.PHOTO REUTER L'ONU insatisfaite des réponses de Bagdad -t * a \u2022* Agence France-Presse NEW YORK es réponses de Bagdad aux demandes d'inspection de ses équipements nucléaires sont insuffisantes, estime M.Rolf Ekeus, reponsable de la mission de haut niveau à son retour d'Irak.«La réponse de l'Irak aux demandes d'accès aux équipements que l'équipe d'inspection avait 1 intention d'inspecter le 28 juin, sont insuffisantes par rapport à ce qui avait été demandé par le conseil de sécurité», écrit M.Ekeus dans son rapport signé également par le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M.Hans Blix, et par le sous-secrétaire général de l'ONU chargé du désarmement, M.Yasushi Akashi.Dans ce rapport transmis jeudi au secrétaire général de l'ONU et qui l'a été hier à l'ensemble des membres du conseil, M.Ekeus souligne «qu'en dépit de leur ca- ractère ambigu, les assurances générales données et les mesures particulières promises peuvent seulement être mesurées à la lumière de leur application présente et future par les autorités irakiennes».L'envoi d'une mission de haut-niveau avait été décidée la semaine dernière par le conseil de sécurité après les premières entraves mises par l'Irak au travail d'inspection par surprise de ses installations et de ses sites nucléaires près de Bagdad par des experts de l'ONU et de T AIEA.Ces inspections surprises découlent de la résolution 687 du conseil de sécurité acceptée par Bagdad et prévoyant l'élimination sous contrôle international de toutes les armes de destruction massive irakienne, qu'elles soient chimiques, biologiques, nucléaires, balistiques ou de ses installations nucléaires.Dans son rapport, M.Ekeus rend notamment compte des jus- tifications entendues sur place dans l'empêchement du travail de ces experts internationaux.Ainsi, note-t-il, l'Irak explique que décision avait été prise de transférer au ministère de la défense tout le matériel et les équipements appartenant à la commission irakienne de l'énergie atomique, afin de détruire les éléments qui devaient l'être selon la résolution 687 et la redistribution des autres éléments dans les programmes de reconstruction civile.Mais, souligne M.Ekeus, «aucune caractéristique de ces éléments n'a été fournie et une liste de tous ces éléments a été détruite».Les autorités irakiennes, souligne M.Ekeus, ont montré à l'équipe d'inspection certains équipemnts détruits, mais ajoute-t-il «aucune explication sérieuse n'a été donnée pour expliquer ces destructions».M.Ekeus rapporte également que les autorités locales l'ont de nouveau assuré que l'Irak n'avait pas de programme nucléaire mili- taire et que pour éviter de nouveaux incidents les différents missions de l'ONU devaient signaler à l'avance leur programme.Elles ont également redéveloppé les justifications selon lesquelles les difficultés antérieures résultaient de la célébration de ^ j\\ma*.fêtes religieuses, de problèmes de communication et de logistique.Par ailleurs l'Irak s'est également plaint de la composition de la dernière équipe d'experts \u2014 tous américains\u2014 et souhaité que dans le futur elles soient composées plus largement.Sur ce point, souligne M.Ekeus, il a été convenu que la commission spéciale de l'ONU qu'il préside et l'AlEA avait la responsabilité de la composition de ces équipes.Après avoir pris officiellement connaissance de ce rapport, le conseil de sécurité pourrait commencer l'examen d'éléments d'un projet de résolution visant à contraindre l'Irak à faciliter la tâche des experts sur place.Aucune décision n'est attendue dans l'immédiat.Nelson Mandela élu président de l'ANC d'après AP et AFP DURBAN elson Mandela a été élu hier président du Congrès national africain (ANC), une promotion essentiellement formelle qui devrait toutefois lui donner encore plus d'autorité pour négocier avec le gouvernement blanc sud-africain.M.Mandela n'avait pas d'adversaire pour ce poste de président, pour lequel les 2224 deletes de l'ANC réunis depuis le début de la semaine à Durban se sont prononcés.D'autres scrutins devaient avoir lieu hier et aujourd'hui pour désigner l'ensemble de la direction du mouvement noir anti-apartheid.Ainsi, pour la vice-présidence, Walter Sisulu, un modéré proche de M.Mandela qui fut longtemps emprisonné, l'a facilement emporté sur le communiste Harry Gwala.M.Mandela, 73 ans, était le dirigeant de facto de l'organisation, en tant que vice-président, depuis sa libération de prison en février 1990.Le président sortant, Oliver Tambo, qui est souffrant dpuis l'attaque cardiaque qu'il a eue voila deux ans.a été désigné au poste largement honorifique de secrétaire national.Le charisme de M.Mandela, ses bonnes relations avec le président sud-africain Frederik W.de Klerk et le large soutien dont il bénéficie parmi les militants, tant les vieux modérés que les jeunes plus durs, en faisaient un choix évident pour la présidence du plus important mouvement noir du pays.M.Mandela devrait ainsi avoir une plus grande latitude dans la décision de l'ANC d'entamer des négociations avec le gouvernement sur un projet de nouvelle constitution garantissant un partage du pouvoir entre Blancs et Noirs.Mardi, devant les délégués, M.Mandela avait estimé que l'ANC devrait se préparer à des négociations «plutôt tôt que plus tard».L'ANC exige en préalable que le gouvernement fasse plus pour stopper les affrontements dans les ghettos noirs et libère quelque 900 personnes qu'il considère comme prisonniers politiques.M.de Klerk souhaiterait quant à lui, après avoir démantelé les piliers de l'apartheid, que ce dialogue s'engagecette année. es LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 6 JUILLET 1991 Le Monde I ' Erythrée expulse des milliers d'Éthiopiens Agence Frmace-Presse ADDIS-ABEBA ¦ Des milliers de civils éthiopiens ont \u20actê expulsés de l'Erythrée, province du nord de l'Ethiopie, où une administration indépendante a été mise en place par le Front populaire de libération de l'Erythrée (EPLF), a-t-on appris hier auprès de responsables humanitaires étrangers et de personnes déplacées.M?Roger Teck, de Médecins sans frontières-Hollande, a indiqué s'être rendu, il y a une semaine, à la «frontière» érythréenne et avoir vu des milliers de non-Érythréens, affirmant avoir été expulsés de leurs domiciles érythréens.Aucune réaction n'a pu être obtenue sur ces informations auprès de représentants de l'EPLF qui assistent en tant qu'observa-teurs.à la conférence sur l'avenir de l'Ethiopie, qui se tient actuellement à Addis-Abeba.« Il y avait 7000 civils déplacés à Adigrate (province du Tigré), à quelques kilomètres de la frontière érythréenne et 5000 dans un autre camp à Mekele (capitale de cette province)», a-t-il précisé.« L'EPLF leur a demandé de partir et de nombreuses personnes se sont plaintes d'avoir été obligées d'abandonner leurs biens.Il s'agit d'Amharas et de Tigréens qui vivaient en Erythrée depuis de nombreuses années», a-t-il poursuivi.Selon M.Teck, de nombreux réfugiés ont des liens familiaux avec des soldats de l'ancien régime du président Mengistu Halle Mariam, alors que d'autres n'ont aucun lien avec les militaires.Plus de deux milliers de personnes \u2014 des Amharas, qui dominaient le gouvernement de l'ancien président Mengistu et des personnes originaires du Tigré \u2014 vivent dans des tentes dans un camp à Kaliti, à une quinzaine de km à l'extérieur d'Addis-Abeba.Des responsables de la Commission éthiopienne de secours et de l'organisation Aide pour les jeunes tentent de retrouver des parents des personnes déplacées oui pourraient aider les réfugiés à s établir à l'extérieur de l'Erythrée.«Nous ne savons toutefois pas que faire des réfugiés qui n'ont pas de parents hors de l'Erythrée, a affirmé un responsable d'une organisation humanitaire.Après la chute du président Mengistu en mai dernier, l'EPFL a mis en place une administration indépendante dans la province de l'Erythrée, seul accès maritime de l'Ethiopie et annoncé qu'il organiserait un référendum sur l'indépendance dans les deux ans.Jeudi, la conférence des 24 groupes politiques ou ethniques éthiopiens sur l'avenir de l'Ethiopie, qui se tient à Addis-Abeba, a adopté le principe de l'indépendance de l'Erythrée.L'EPLF, qui contrôle l'ensemble de l'Erythrée, a installé un véritable poste-frontière à la limite de l'Erythrée, sur la route qui mène à Addis-Abeba.D'autre part, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) ne sera pas majoritaire au Conseil, le nouveau parlement créé à l'issue de la conférence regroupant les différentes factions éthiopiennes, a-ton appris hier de source bien informée.Selon cette source, qui a participé à la conférence au cours de la semaine dans la capitale éthiopienne, TEPRDF disposera de 32 des 87 sièges du Conseil alors que les Oromos auront 16 sièges: le Front de Libération 12 et les autres mouvements oromos 4.Tout le reste des sièges représentera une mosaïque d'ethnies et de mouvements, un fauteuil étant réservé à un représentant de l'Université.Enfin six places sont tenues en réserve pour des partis politiques en voie de constitution, a-t-on ajouté de même source.DEPECHES F- PAKISTAN Islamabad arrête Rathore Les autorités pakistanaises ont limogé et arrêté hier le premier ministre de la province du Cachemire, Mumtaz Hussain Rathore, a-ton appris auprès d'un de ses conseillers.L'arrestation de Mumtaz Rathore, qui a annulé les résultats des élections régionales organisées le week-end dernier au Cachemire, a eu lieu hier après-midi, précise l'agence pakistanaise PPI, qui cite ce conseiller, Latif Akbar.L'information n'a pas été confirmée officiellement.De source autorisée à Mu-zaffarabad, la capitale du Cachemire pakistanais, on déclare que Mumtaz Rathore a quitté la ville pour Islamabad à bord d'un hélicoptère de l'armée.IRAN Accord bloqué ¦ La conclusion d'un accord mettant officiellement fin au contentieux financier entre la France et l'Iran s'est heurté à la volonté de Téhéran d'obtenir de Paris l'engagement de fournir de l'uranium enrichi à une éventuelle centrale nucléaire iranienne.Alors que le contentieux financier était réglé dans ses grandes lignes, les Iraniens ont insisté au dernier moment pour que cette clause figure dans l'accord global et ont refusé que cette- question soit évacuée dans un avenant ou un texte séparé.Paris a fait valoir qu'il était difficile de s'engager à fournir de l'uranium enrichi alors que l'Iran ne dispose pas de centrales nucléaires auquel ce combustible est destiné.URSS Discussions ¦ Le chancelier allemand Helmut Kohi et le président soviétique Mikhail Gorbatchev ont entamé hier à Mejigorié, près de Kiev (Ukraine), des entretiens qui devaient être consacrés essentiellement à la préparation du sommet des sept pays les plus industrialisés (G7) et au règlement de questions bilatérales comme le retrait des troupes soviétiques d'Allemagne.« Il ne sera pas concrètement question d'argent», a estimé à l'arrivée de M.Kohi un responsable de son service de presse.« M.Gorbatchev va surtout informer le chancelier des réformes concrètes en URSS et de l'état d'avancement du Traité de l'Union», a-t-il ajouté.MOYEN-ORIENT Conférence revendiquée ¦ L'Egypte et la Chine ont affirmé aujourd'hui la «nécessité d'une conférence internationale sous l'égide de l'ONU» pour régler les problèmes du Proche-Orient, et souligné le caractère indispensable d'un désarmement «équitable et efficace s'appli- quant à tous les pays de la région ».Dans un communiqué commun publié à l'issue de la visite de quatre jours en Egypte du fremier ministre chinois, M.Li eng, les deux parties ont mis l'accent sur « l'importance du rôle des Nations unies dans la réalisation de la paix et de la stabilité dans la région».Cette conférence, poursuit le communiqué, aura pour mission de «récupérer les territoires arabes occupés et recouvrer les droits nationaux légitimes du peuple palestinien, conformément aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité».Cela permettra «d'assurer la sécurité de tous les peuples de la région, y compris Israël», affirme-t-il.CAMEROUN Mesures de sécurité ¦ Un important dispositif de sécurité a été mis en place hier à Yaounde pour empêcher la tenue d'une manifestation décidée par l'opposition malgré l'interdiction gouvernementale, sans qu'aucun incident n'ait été signalé jusqu'à présent.Cette marche, qui devait avoir lieu en direction du palais présidentiel a été reportée au 13 juillet prochain, apprend-on de source proche de l'opposition.Cette manifestation prévue par l'opposition depuis le 15 juin avait été interdite mercredi.Dès l'annonce de cette interdiction, un appel à manifester dans les autres villes du pays avait été lancé et les responsables de l'opposition à Yaounde avaient maintenu leur projet de marcher en direction du palais présidentiel, mot d'ordre qu'ils ont annulé, hier, à l'issue de leur réunion.INDE Nouvelles arrestations ¦ Deux personnes suspectées d'appartenir à l'organisation terroriste tamoule, Les Tigres libérateurs de l'Eelam Tamoul (LTTE), ont été arrêtées hier dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Rajiv Gandhi, a annoncé la police indienne.Ces deux nouvelles arrestations portent à 10 le nombre de personnes interpellées.Depuis le début de l'enquête, les policiers s'orientent vers la thèse d'un attentat perpétré par les rebelles ta-mouls du Sri Lanka.Les dix personnes arrêtées sont toutes d'origine tamoule.Cinq d'entre elles sont indiennes et les cinq autres vienent du Sri Lanka.ALLEMAGNE Chambres séparées ¦ Le Bundesrat, la chambre basse du parlement allemand, a décidé hier par 38 voix contre 30 de rester à Bonn, malgré le départ du reste du gouvernement pour Berlin.Le Bundestag avait décidé le 20 juin de déménager à Berlin avec le chancelier et le gouvernement, déménagement qui doit s'achever d'ici 10 ans.MAISONS D'ENSEIGNEMENT «SPOKEN ENGLISH» L'ANGLAIS PARLÉ Cours de conversation [Petits groupes de 4 à 7 pers.> Semi-intensif > Pour débutants avancés > Le matin ou l'après-midi > Durée: 3 semaines (lun.-jeu.) > Frais: 180$ (tout compris) Prestataires d'assurance chômage Cours d'anglais intensifs \u2022 Minimum 25 heures par semaine Prolongation de prestations possible > Test et documentation pour Emploi et Immigration Canada (EIC) * Frais: 48 $ par semaine \"ANGLAIS\" i ESPANOl ! ?FI Tél.: 985-2200 Entrevue de classement sur rendez-vous seulement CENTRE CCFft \u2022 ÉCOLES DE LANGUES (métro Peel, sortie Stanley) Permis du ministère de l'Éducation n* 0787 ATELIERS DE CONVERSATION Petits groupes (5-8) \u2022 Session de 3 ou 6 semaines \u2022 Débutants \u2014 Intermédiaires \u2014 Avancés \u2022 Session de juillet débutant le 10 \u2022 Session d'août débutant le 5 Appelez dès maintenant pour une évaluation ÉCOLE DE LANGUES DE MONTRÉAL Membre de NOVA UNIVERSITY APPRENEZ L'ANGLAIS À FORT LAUDERDALE AUX É.-U.m Visa étudiant I-20 ¦ Vivez sur le campus ou dans une famille américaine.¦ Apprentissage assisté par ordinateur.¦ Préparation au TOEFL.¦ Orientation culturelle.¦ Enseignement anglais tous niveaux: débutant à avancé.¦ Nouveau programme spécial: langue et pratiques commerciales 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