La presse, 16 octobre 1991, B. Informations nationales - Le Monde
[" 2 Le Monde LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED116 OCTOBRE 1991 L'affaire Al-Mashat fait rouler une troisième tête Le chef de cabinet de Clark démissionne MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTA WA près le départ vers des ambassades européenhes de deux sous- ministres impliqués dans l'affaire Al-Mashat, c'est maintenant au tour d'un troisième haut personnage mêlé à cet imbroglio, le chef de cabinet de Joe Clark, de quitter son poste.L'ancien député conservateur David Daubney, qui était chef de cabinet de M.Clark aux Affaires extérieures au moment de l'affaire Al-Mashat, et qui avait suivi le ministre aux Affaires constitutionnelles, a en effet confié à La Presse hier qu'il avait «démissionné» du poste qu'il occupait auprès de M.Clark depuis le 1er janvier 1991.Le gouvernement a blâmé publique- ment M.Daubney en juin dernier, jugeant qu'il avait commis une grave erreur en omettant d'informer M.Clark de l'arrivée accélérée au Canada de l'ancien ambassadeur d'Irak à Washington, Mohammed al-Mashat.M.Daubney était au courant des procédures mises en place pour l'immigration de M.Al-Mashat, puisqu'il avait reçu un mémo du sous-ministre adjoint aux Affaires extérieures, Raymond Chrétien, à ce sujet.M.Daubney a admis durant son témoignage devant le comité des Communes chargé de mener enquêle sur cette affaire, l'été dernier, qu'il ne savait pas à l'époque qui était Ai-Mashat.Il avait toutefois tenu à ajouter que le mémo ne lui indiquait pas clairement l'importance et l'urgence du dossier.Le dit mémo est, depuis, disparu inystérieuscment.Officiellement» M.Daubney a cesse d'occuper la fonction de chef de cabinet vendredi dernier, mais cela faisait déjà quelques semaines qu'il était au repos et que son adjoint, Jim Judd, maintenant chef de cabinet, le remplaçait.M.Daubney devient ainsi le troisième des principaux acteurs de l'affaire Al-Mashat à changer de poste.M.Chrétien a été nommé ambassadeur en Belgique au début de septembre et le sous-ministre aux Affaires extérieures.De Monti-gny-Marchand, lui aussi impliqué, a été nommé ambassadeur en Italie il y a deux semaines.Le 28 octobre prochain, M.Daubney commencera à travailler comme avocat général au ministère de la Justice, au département des politiques en matière de droit criminel.Il a déjà travaillé à ce ministère avant d'être élu député conservateur, en 1984.Défait en 1988 il s'est tourné vers la pratique privée du droit avant d'être nommé chef de cabinet de M.Clark, le 1er janvier 1991.Joint chez lui hier, M.Daubney s'est contenté de dire qu'il était «content» de retrouver son ancien ministère et qu'il avait lui-même décidé de présenter sa démission.Pour Svend David Daubney Robinson, cri- tique néo-démocrate, M.Daubney sera sûrement plus utile au ministère de la Justice.«Il a clairement démontré son manque de jugement politique.Il ne pouvait pas continuer aux Affaires constitutionnelles», a-t-il commenté hier.M.Robinson a demandé à maintes reprises la démission de M.Daubney, ainsi que celles des ministres visés, durant les audiences du comité parlementaire.Le critique libéral, Lloyd Axworthy, s'est dit quant à lui «déçu» par la nouvelle.«Les seules personnes qui n'ont pas été forcées de démissionner ou tassées ailleurs sont les ministres, or ce sont eux qui auraient dû les premiers prendre leurs responsabilités et démissionner», a-t-il déclaré.Al-Mashat a été reçu immigrant au Canada environ un mois après qu'il en eût fait la demande au printemps dernier, alors qu'il faut normalement attendre jusqu'à deux ans.Le gouvernement a toujours soutenu que c'est par erreur que l'ex-diplomate a reçu un tel traitement, et que M.Al-Mashat n'a aucune valeur aux yeux des services de renseignements canadiens.Le PLC propose une banque alimentaire internationale pour aider l'URSS HUCUETTE YOUNG de la Presse Canadienne OTTAWA Le Canada devrait prendre les devants en établissant une banque alimentaire internationale pour venir à la rescousse de l'Union soviétique et des républiques indépendantes, a fait valoir hier un porte-parole libéral.De retour d'une mission d'observation en URSS, le critique libéral en matière d'affaires extérieures, Lloyd Axworthy, a souligné hier qu'il était impératif pour le Canada de repenser sa politique en matière d'aide au développement.Rappelant que l'économie soviétique était au bord de l'abîme, M.Axworthy a relevé que la politique canadienne en cette matière était mal articulée car elle n'était pas fondée sur des principes bien établis.Les belles paroles du premier ministre Brian Mulroney ne se traduisent pas toujours pas des actions concrètes, a rappelé le critique libéral.À ce titre, il déplore que le Canada continue de verser des crédits à la Chine, au Kenya, au Zaïre, et à l'Iran, quatre pays qui ont un bilan plutôt négatif en matière de respect des droits de la personne.L'une des solutions avancées par un rapport du caucus du Parti libéral met l'accent sur la création d'une banque alimentaire internationale.Il s'agirait pour les pays industrialisés de faire don de leurs excédents de denrées alimentaires telles que le blé.Cette mesure donnerait un important coup de pouce à l'Union soviétique dont les ressources alimentaires sont presque épuisées, croit M.Axworthy.En outre, elle permettrait d'épuiser les stocks excédentaires de céréales qui engorgent les marchés internationaux, ce qui aurait notamment l'heureuse conséquence de faire grimper le prix du blé.Par ailleurs, le Canada a annoncé hier la signature d'une ligne de crédit de 150 millions à l'intention de l'Union-soviétique.L'URSS pourra utiliser ces crédits pour acheter de l'huile végétale, des aliments pour bébés, du poisson et d'autres denrées.C'est au Sommet des Sept que le premier ministre Mulroney avait d'abord annoncé cette ligne de crédit.Elle avait été suspendue pendant le putsch.Le caucus libéral recommande en outre: < que le Canada établisse un programme d'aide à l'intention des pays baltes; \u2022 que le Canada établisse des programmes pour stimuler la production soviétique de i'huilc végétale et d'autres denrées; \u2022 que le Canada soutienne la conclusion d'un traité d'union économique entre le gouvernement central et les républiques soviétiques; , \u2022 que le Canada amorce des discussions vers la conclusion d'un accord de limitation des armements stratégiques START-11.Ces discussions devraient miser sur la réduction de 75 pour cent des arsenaux nucléaires des superpuissances en limitant la production de missiles de croisière et en éliminant la totalité des armes nucléaires tactiques; \u2022 et que le Canada mette ses experts a la disposition des autorités soviétiques pour créer des institutions juridiques qui veilleraient à la protection des droits individuels.Après les CL-215-T (photo), Canadair produira une nouvelle génération d'avions citernes turbopropulsés, les CL-415.Canadair signe avec la France La production d'avions citernes CL-415 permet de créer 700 emplois DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUEBEC LW achat, par le gouvernement français, de 12 avions citernes de Canadair sera confirmé ce matin par le constructeur montréalais qui annoncera en outre que sa nouvelle chaîne de production sera située à Dorval, dans des hangars appartenant à Air Canada.La production de la version tur- bopropulscc des CL-215, qui sera désormais connue comme le CL-415, créera environ 300 emplois directs.Avec les retombées sur les fournisseurs \u2014 l'appareil utilise les moteurs de Pratt and Whitney de Longueuil \u2014, c'est environ 700 emplois qui seront créés avec la nouvelle chaîne de montage.Une brochette de représentants du gouvernement québécois ont été invités pour la cérémonie de signature ce matin, entre Canadair, le ministère français de l'Intérieur et le gouvernement du Québec.Celle-ci sera menée simultanément à Paris et à Montréal.Québec s'engage à commander huit appareils \u2014 pour atteindre le seuil critique de 20 commandes nécessaires à la mise en production.Toutefois, le gouvernement québécois pourra se retirer de l'entente si Canadair trouve d'autres acheteurs.Canadair a opté pour Dorval en raison des faibles coûts exigés par Air Canada pour la location d'espace à l'aéroport.Le constructeur montréalais avait aussi considéré Saint-Hubert pour l'assemblage de ca nouvelle ligne \u2014 et même entrepris des négociations pour l'achat d'espace \u2014, mais cette proposition fut finalement abandonnée au profit de celle de Dorval.En outre, avec le projet des CL-415, Canadair est déterminé à renouveler son équipement de production parce qu'il entrevoit déjà que le programme du nouvel avion citerne s'étendra sur une vingtaine d'années.La TV0 sur les services serait reportée de six mois Les maisons neuves seraient taxées dès janvier 92 DENIS du bureau de La Presse LASERPHOTO PC QUEBEC ême s'il songe à repousser de quelques mois l'imposition de la taxe de 8 p.cent sur les services, Québec n'a pas l'intention de se priver de l'imposition d'une nouvelle taxe sur l'achat^ des maisons neuves.Celle-ci devrait entrer en vigueur le 1er janvier, et procurer environ 400 raillions de dollars de recettes annuelles au trésor .québécois.Selon les informations recueillies hier par La Presse, l'ouverture faite la semaine dernière par le premier ministre Bourassa visait essentiellement les «services» \u2014 des recettes anticipées de 600 à 800 millions dans l'éventualité où îa taxe serait reportée d'un an \u2014 le scénario le plus optimiste.Le scénario le plus plausible est un report de six mois mais visant spécifiquement la taxe sur les services.La décision finale n'est pas encore arrêtée, mais s'il décide de ne pas taxer pendant six mois les coupes de cheveux et le travail du mécanicien, Québec n'a pas l'intention d'abolir pour autant la taxe sur la vente des maisons neuves.Cette taxe, compensée par une diminution des coûts des constructeurs, ne ferait augmenter le prix des maisons que dè là 2 p.cent, évalue-t-on.C'est pourquoi M.Bourassa a parlé hier «d'étalement» des taxes, prévues initialement pour le 1er janvier prochain* plutôt que de «report» pur et simple, comme il l'avait fait vendredi.On prévoit toujours déposer et faire adopter en Chambre dès cet aut-mone le projet de loi nécessaire à l'imposition des nouvelles taxes.Le scénario le plus plausible \u2014 trois ou quatre sont encore à l'étude \u2014 selon les fonctionnaires informés du dossier, serait le report de six mois de la taxe sur les services.Un tel délai introduirait la nouvelle taxe au mois de juillet, au moment où elle est susceptible de faire le moins de remous dans l'opinion publique, explique un attaché politique.Les intrants Le gouvernement n'a pas encore fait son lit, insistait-on hier chez les hauts fonctionnaires et au cabinet du premier ministre Bourassa.II est à prévoir que la question de la taxe sur les services sera soulevée au Conseil des ministres cet après-midi.Tout report de taxe ne se fera pas facilement, indique-t-on.D'abord, ne pas taxer les services signifie qu'il faudra continuer à taxer les entreprises sur cette portion de leurs «intrants» \u2014 les biens et services qu'elles achètent pour produire.Autre modification probable: la décision de Québec de taxer en totalité, avec Ottawa, l'achat d'une auto neuve.Jusqu'ici, le gouvernement n'imposait sa taxe de vente que sur la différence entre le prix d'achat et le prix de vente de la voiture cédée en échange.La nouvelle pratique a provoqué un tollé chez les détaillants d'auto, des récriminations auxquelles fut sensible le ministre des Finances (M.Levesque est Le premier ministre Robert Bourassa pariait hier de la possibilité d'un «étalement» de l'introduction de la TVQ sur les services.lui même un détaillant d'automobiles à Paspébiac).Entente fédérale provinciale Au surplus, indique-t-on, le gouvernement devra en arriver à une entente avec le gouvernement fédéral pour faire modifier le texte d'un accord conclu lorsque le gouvernement Bourassa a décidé d'harmoniser la taxe de vente provinciale à celle d'Ottawa.Dans son introduction, l'entente Ottawa-Québec conclue à l'automne 1990 souligne que les deux gouvernements tenteront d'avoir pour la TVQ et la TPS des assiettes ( l'ensemble des biens et services taxés) «substantiellement comparable».Au surplus, Québec s'engageait à «recommander à l'Assemblée nationale l'adoption de nouvelles mesures législatives pour le 1er janvier 1992».En outre, a compter du 1er janvier, c'est Revenu Québec qui devait régir l'administration de la TPS au Québec, un transfert que viendrait compliquer la décision de Québec de reporter la TVQ sur les services.Pour certains toutefois, l'entente conclue avec Ottawa «n'est pas vraiment contraignante» et la véritable question reste: jusqu'où voudra aller le premier ministre Bourassa?Car il ne fait pas de doute à Québec que l'orientation donnée vendredi par le premier ministre n'avait pas eu le temps de mijoter bien longtemps dans les cartons des fonctionnaires.«Le ralentissement économique se main tien i d'une façon plus forte que prévu», a dit hier M.Bourassa, interrogé sur les intentions qu'il avait annoncées vendredi.En Char.bre hier, le chef pé-quistc, Jacques Parizeau, a qualifié «d'improvisation» l'intention exprimée vendredi par M.Bourassa, une hypothèse qu'avait qualifiée «d'irresponsable» quelques jours plus tôt le président du Conseil du Trésor, Daniel Johnson.Hier, M.Johnson soutenait que ce qui lui semblait «irresponsable» était le réflexe de M.Parizeau de constamment augmenter le déficit lorsque les recettes diminuaient.Même le titulaire des Finances, Gérard D.Levesque, avait soutenu, début octobre, qu'il ne voyait aucune raison de modifier le cap et de reporter l'entrée en vigueur de la TVQ sur les services en janvier prochain, a relevé le Parti québécois.Pour M.Bourassa, le gouvernement devra évaluer si «l'étalement» de l'entrée en vigueur des taxes prévues pour le 1er janvier est conciliable avec un déficit acceptable; «il ne faudrait pas qu'il atteigne un niveau incontrôlable», a-t-il dit, en rappelant que patrons et syndicats avaient approuvé l'orientation annoncée par Québec vendredi.«M.Bourassa s'est rendu à la recommandation que je lui avais faite.Mais il me parait clair qu'il y a des oppositions assez farouches du ministre des Finances et du président du Conseil du Trésor», a soutenu M.Parizeau, prédisant un Conseil des ministre orageux avant de connaître la décision de Québec.L'éventualité d'un report de six mois, «c'est mieux que rien mais c'est peu.C'est mieux que zéro, mais j'allongerais un peu.L'économie du Québec a besoin de res- Pirer», dira l'ancien ministre des inances.La reprise est plus faible que prévu, et surtout beaucoup plus lente.Les disparitions d'emplois sont masquées par l'apparition de nombreux emplois à temps partiel, a dit le chef péquis-te, s'appuyant sur les données de Statistique Canada.¦ Le report de la taxe sur les services fait l'unanimité.Page D 5 Libman veut faire témoigner Trudeau 9 NORMAN de la Presse Canadienne QUÉBEC Le Parti Égalité réclame que l'ex-premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau et le ministre responsable du dossier constitutionnel, Joe Clark, témoignent devant la commission parlementaire spéciale chargée par l'Assemblée na->.à0fluiié.4%t.udiec les offres de renouvellement du fédéralisme.Le nom dé M.Trudeau et celui de M.Clark apparaissent sur la liste que le chef du Parti Égalité, Robert Libman, a fait parvenir hier au président de la commission, Claude Dauphin, député libéral de Marquette.M.Libman réclame également la comparution de cinq autres témoins, soit les juristes Stephen Scott et Julius Grey de l'université McGill, les représentants patronaux Michel Décarie (Fédération canadienne des entreprises indépendantes), Thomas D*Aquino (Business Council on National Issues ) et Denis Mercier (Chambre de commerce du Québec ).Tous, sauf M.Mercier, sont identifiés comme des fédéralistes inconditionnels.Dans sa requête, lé député Libman estime «qu'il serait très important' d'échanger avec M.(Joe) Clark afin de mieux analyser le contenu du projet constitutionnel».11 rappelle que les propositions Clark du 24 septembre dernier «forment la base des offres dont notre commission doit discuter».Le député Dauphin, président de la commission parlementaire, a déclaré qu'il serait favorable à la comparution de M.Trudeau.«Personnellement, je crois que cela pourrait être d'intérêt public de l'entendre, même si je ne partage pas son point de vue», a dit M.Dauphin à la Presse Canadienne hier soir.Le député de Marquette a cependant signalé que M.Trudeau devrait être seulement «invité» et non contraint de témoigner, même si la commission possède le droit de forcer un témoin à comparaître en lui transmettant un sub poena.M.Dauphin a également souligné que la commission cherchera à entendre des points de vue divers et variés sur la question constitutionnelle.«On va essayer d'avoir l'expression de toutes les tendances», a-t-il dit.* Le groupe de travail interne du Parti québécois se réunissait hier soir quant à lui pour établir une liste de témoins qu'il aimerait entendre devant la commission.C'est demain matin que les membres de la commission parlementaire spéciale se réuniront à huis clos pour établir la liste définitive des témoins qu'ils entendront.-\\-i B2 LA PRESSE.MONTRÉAL, MERCRED116 OCTOBRE 1991 Editorial Paul Desmarais president du conseil cl administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adiomt Marcel Desjardins directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef Une victoire arrière pour le juge Thomas a confirmation par le Sénat américain d'un nouveau juge à la Cour suprême est généralament un moment où Washington se montre sous son meilleur jour.Cependant, dans le cas du juge Clarence Thomas, la pire querelle politique aurait été préférable au triste spectacle auquel on a eu droit.Pour les télé-s» tuteurs, ce fut un soap opera dont le thtniw central mettait en scène l'humiliation de deux éminents juristes noirs.Pour beaucoup de grands et petits politiciens, c'était une foire d'empoigne où ils pouvaient faire valoir leurs intérêts particuliers.Bien des Afro-américains se souviendront avec tristesse de ces jours où la carrière prestigieuse de Clarence Thomas, juge à la cour d'appel, a failli sombrer à cause des propos scabreux qu'il aurait adressés à Anita Hill, professeur de droit.La fuite qui a rendu publique cette accusation a déclenché un ras de marée d'indignation.Des millions de femmes ont saisi l'occasion pour souligner que la gravité du harcèlement sexuel au lieu de travail est sous-estimée et insuffisament réprimée.Elles se sont également dressées contre le Congrès \u2014 le Sénat en particulier \u2014 qui est perçu comme un club privilégié quasiment interdit aux femmes.Beaucoup de féministes sont allées trop loin en disant, sans aucune preuve, que le juge Thomas était coupable.En réalité, elles lui en voulaient parce que son témoignage devant les sénateurs n'avait pas permis de dégager s'il était pour ou contre le droit constitutionnel à l'avortement.Mais elles se disent que les chances sont bonnes qu'il soit contre, si le président Bush l'a nommé à la Cour suprême.L'avortement est le problème le plus délicat du point de vue politique que la Cour devra vraisemblablement trancher au cours des prochaines années.En 1973, elle avait statué qu'il y avait un droit constitutionnel à l'avortement, mais une nouvelle majorité conservatrice \u2014 dont le Juge Thomas fait partie \u2014 pourrait décider que les auteurs de la constitution ne se sont jamais prononcés sur la question.Dans ce cas, il faudrait amender la constitution pour y inscrire le droit à l'avortement.Les sénateurs dits libéraux qui ont cherché à rejetter la nomination du juge Thomas savent qu'un tel amendement aurait peu de chances d'être ratifié par 38 Etats, même s'ils arrivaient à contourner le veto du président Bush.Le Congrès, contrôlé par les démocrates, s'inquiète de son côté du fait que la Cour suprême se range de plus en plus derrière les opinions d'un président très conservateur.La confirmation d'un nouveau juge par le Sénat est ainsi devenue depuis plusieurs années une bagarre politique entre les républicains qui semblent incapables de faire élire une majorité des leurs au Congrès et les démocrates qui n'ont pas plus de chance dans la course à la Maison Blanche.L'époque est révolue où la renommée d'un juriste pouvait lui assurer la confirmation du Sénat unanime après une brève visite de courtoisie.Les sénateurs cherchent à faire trébucher le candidat, lequel s'efforce d'être le plus vague et le plus succinct possible pour ne pas donner prise à la critique.Le processus en devient stérile et énerve ceux qui voudraient un échange de vues vif mais civilisé.Or, dans le cas du juge Thomas, deux personnes ont subi un tort irréparable.Ces deux réputations qui se perdent a mis dans le désarroi Stephen Carter, professeur de droit à Yale.Il n'a jamais rencentré le juge Thomas mais il connaît ses opinions et sa philosophie.Il l'a défendu pendant tout l'été contre des attaques malveillantes et vicieuses.Par la suite, il a aussi défendu Anita Hill, qu'il connaît depuis 14 ans, quand on a attaqué son caractère et sa probité.Le Sénat n a pas la capacité de résoudre un conflit tel que celui qui oppose le juge Thomas au professeur Hill.Maladroitement, il a cherché à le faire et il laisse autant d'amertume chez les partisans du juge Thomas que chez ses adversaires.Frédéric wagnoère L'école à vendre About de ressources, le réseau scolaire québécois risque de trouver bien alléchante l'idée de la compagnie Lumac, qui entend offrir aux écoles secondaires des bulletins de nouvelles quotidiens spécialement conçus pour les adolescents.Pensez-y: le projet, financé par de la publicité, ne coûterait rien, et permettrait, à coup de douze minutes par jour, de combler les énormes trous dans les connaissances générales des jeunes.WÊÊ Tout le monde serait content.Les écoles, qui pourraient mettre la main, gratuitement, sur de l'équipement audiovisuel hors de prix.Les profs, qui mesurent chaque jour les lacunes dans la culture générale des jeunes.Les élèves, qui auraient douze minutes de cours de moins.La compagnie Lumac, qui ferait des affaires d'or.Et les annonceurs qui auraient accès, ultimement, à un marché d'un demi-million d'avides consommateurs.L'idée de Lumac risque pourtant de faire plus de tort que de bien et demeure, essentiellement, une aberration.Le projet soulève une question fondamentale: faut-il faire entrer la pub dans les écoles?Est-il souhaitable que des élèves, en classe, soient bombardés par des annonces de coke ou de chaussures Nike?Ne risque-t-on pas ainsi, avec des flashes autrement plus efficaces que quelque cours de morale que ce soit, d'annihiler les efforts déployés par les écoles pour transmettre aux élèves un minimum de valeurs?Ne va-t-on pas, surtout, utiliser l'autorité de l'école pour renforcer les ados dans l'idée que leur propre valeur dépend de la possession d'une marque de jeans X?Et, du coup, accentuer les inégalités sociales entre ceux qui ont les moyens de se procurer la paire de jeans en question, et ceux qui ne les ont pas?Le risque est énorme, d'autant plus qu'une fois qu'on aura ouvert la porte à la pub, la tentation sera grande d'exploiter le filon jusqu'au bout.A quand un cours de maths gracieuseté du marchand Ford-Mercury du coin?Au-delà de cette invasion publicitaire, le projet Lumac soulève aussi un débat de nature pédagogique.En prenant pour acquis que les jeunes ne s'intéresseront au débat constitutionnel ou à la politique internationale que si on les leur présente sous une forme «accessible», genre vidéo-clip, on ne fait qu'encourager cette culture de la facilité qui a déjà causé bien d'autres fourvoiements de notre système scolaire.Car c'est en puisant à cette même philosophie, qui consiste à ne pas trop dépayser l'élève, à ne pas l'ennuyer aussi, et à sous-estimer de façon générale ses capacités intellectuelles, que l'on a fait pratiquement disparaître des programmes scolaires tout enseignement systématique de l'histoire, de la géographie ou de la littérature.Ces matières ne sont plus enseignées qu'en pièces détachées, et en doses homéopathiques.Selon les statistiques du CRTC, les jeunes de 12 à 17 ans consomment en moyenne une vingtaine d'heures de télé par semaine.En soi, il n'y aurait rien de mal à ce qu'ils héritent d'une heure d'écoute supplémentaire, d'autant plus si c'est à des fins éducatives.Le problème avec le projet Lumac, c'est que le contenu pédagogique des émissions échapperait aux autorités scolaires.Le ministère de l'Education scrute à la loupe les livres et cahiers scolaires, mais il n'a aucun pouvoir d'approbation sur le matériel audio-visuel.Et même s'il s'en dotait, on voit mal comment il pourrait intervenir dans une production qui répond, par définition, ^ des impératifs d'actualité.Son pouvoir d'intervention serait strictement rétroactif.Le débat sur le projet Lumac se pose aussi en termes de temps.Le ministre de l'Education tente actuellement de réviser le calendrier scolaire, de façon à augmenter le nombre d'heures d'enseignement.L'un des principaux obstacles auxquels il se heurte est d'ordre budgétaire: ajouter des heures de classe, ça coûte cher.Douze minutes de nouvelles télédiffusées par jour, cela équivaut à une heure par semaine.Où ira-t-on chercher cette heure-là?Dans les cours de physique?De français?De maths?Le projet de bulletin de nouvelles s'inspire d'une expérience américaine, en vigueur depuis deux ans, et qui rejoint aujourd'hui quelque six millions d'élèves.Au Québec, seules deux commissions scolaires sont jusqu'à présent montées à bord du train.Au ministère de l'Education on éprouve quelques réticences devant ce concept, mais ultimement, la décision relève des autorités scolaires locales.Souhaitons qu'elles sauront faire preuve de prudence et ne se laisseront pas séduire trop facilement.Si la culture politique des jeunes est effectivement déficitaire, faut-il absolument passer par le petit écran pour combler les trous?Et si ces trous sont si immenses, avant de commercialiser renseignement et de se précipiter sur un nouveau gadget technologique, il vaudrait mieux, tout simplement, repenser nos programmes.Asnès bTTEHT,0H ,.\u201e une fentie mi \u201e.&Ai$gove 10 DROITS RÉSERVES \\jsl boîte aux lettres Ta Psychanalyse et déportation ¦ On a beaucoup parlé dernièrement du cas «psychologique» de Trudeau et de la déportation ; j'y vais d'une petite hypothèse psychiatrique.Trudeau déteste son père et ce qui s'y rattache: argent, qu'il dilapite en voyages et en futurs budgets de ses années de pouvoir, héritage canadien-français en général.11 adore sa mère ( un Nelligan égaré en politique) et la sent menacée par l'environnement indigène; il projette sur les Canadiens-français ses propres fantasmes méphistotéliens.Moi, Canadien-français de souche, je n'ai jamais eu l'idée de déporter qui que ce soit; mais un étranger dans son propre pays m'y fait penser.On pourrait déporter vers les hôpitaux ontariens les cas pathologiques les plus lourds du Québec.Dans l'hymne «O Canada», nous chantons «we stand on guard for f/iee»: il faut monter la garde en effet contre les ennemis intérieurs du Canada, ces bacilles qui, à cause d'un conflit oedipien non résolu, rongent tout le pays du dedans.L'échec de Trudeau, c'est d'avoir aimé un être de raison (un Canada uni) parce que, tout en étant Québécois, il n'a jamais pu se sentir une parenté profonde avec le type généreux du citoyen du Saguenay ou de celui de la Beauce.Jean-Pierre LEBLANC Contentez-vous delà procréation, M.Trudeau! Monsieur Pierre Elliott Trudeau ¦ Il y a quelques semaines le gouvernement fédéral déposait ; un document d'étude portant sur de nouveaux changements constitutionnels.Vous n'étiez sans doute pas pour laisser passer une si belle occasion de vous illustrer une fois de plus.(e veux personnellement vous remercier pour votre dernière intervention dans laquelle vous affirmiez que la reconnaissance du concept de «société distincte» pourrait mener à la déportation «d'une couple de centaines de milliers de Québécois non-francophones».Cette intervention m'a enfin permis de comprendre pleinement cette phrase de la Bible: « Évite le sot si tii veux trouver le repos et n'être pas dégoûté par ses insanités» (Si 22,13c).De grâce, Monsieur, laissez les gens du Québec trouver le repos et adonnez-vous plutôt à une tâche pour laquelle vous semblez avoir encore une certaine capacité: la procréation.Vous rendriez ainsi un plus grand service au Québec et au Canada sans doute.Pierre GUILLEMETTE Pages noires de l'Histoire ¦ La récente déclaration de l'ex-premier ministre Trudeau voulant qu'une société distincte québécoise pourrait déporter ses non-francophones en a fait bondir plus d'un.Tout un chacun, reconnaissant qu'il s'agirait lâ d'une mesure extrémiste s'est fait fort de dénoncer l'irresponsabilité de Monsieur Trudeau.Le gouvernement du Québec qui utiliserait pareille mesure s'inscrirait dans les pages les plus noires de l'Histoire.Monsieur Trudeau se sent sans doute bien seul dans ces pages et ayant été le seul premier ministre canadien à décréter, depuis 1917, le symbole même de Pextrémis- me politique, la Loi sur les mesures de guerre, cette loi archaïque qui ïui avait permis d'emprisonner, sans mandat et sans chef d'accusation, près de cinq cents Québécois.Ainsi, on peut croire que, par cette déclaration, l'ex-premier ministre exprimait un souhait.Heureusement les Québécois ne sont pas des Pierre-Éliott Trudeau.Jacques BÉRUBÉ Rimouski Quand donc déciderons-nous pour nous-mêmes ?Monsieur Alain Dubuc ¦ Dans votre éditorial du 30 septembre 1991 intitulé «La théorie du complot», vous interprétez la réponse québécoise au sondage Crop-La Presse comme une conséquence «aux arguments de la peur.utilisés par ceux qui d'habitude, s'en plaignent abondamment.» Est-ce possible que, répondant au sondage, les Québécois et Québécoises aient eu en mémoire en plus du Bill S-31 dont vous faites mention, la nuit des longs couteaux et le rapatriement unilatéral de la constitution, pour ne nommer que ces faits-là?Et le Lac Meech.Pour être spontanément bien disposé envers des offres venant de ce niveau de gouvernement, il faut être lv.cn masochiste! Quant à moi.Je n'ai aucune formation politique; mais je m'intéresse à ce domaine depuis l'âge de 18 ans (j'en ai 53) par la radio, la télévision et les journaux.Tout ce que j'en retire, ce sont des tiraillements perpétuels entre les deux niveaux de gouvernement.|'ai bien hâte que nous décidions par nous-inême et pour nous-méme.À partir de ce moment, nous ne pourrons plus imputer nos succès et nos erreurs à quiconque qu'à nous-méme.Ce sera plus adulte comme comportement et il me semble que nous ne serons pas obligés de nous «enfarger» dans les «notamment», par exemple.Souvenons-nous, en outre, que si généreuses que soient les offres du gouvernement fédéral, nous demeurerons toujours une province sur dix: c'est bien mathématique.Et quand on doit respecter la majorité, je vous laisse le soin de conclure.Lise Lalondc Lasalle Les concessions doivent venir des autres aussi Monsieur ¦ Même si je savais d'avance dans les grandes lignes, ce qu'il allait écrire, j'attendais impatiemment l'opinion de M.Alain Dubuc sur les propositions constitutionnelles d'Ottawa.Je laisse cependant à d'autres plus qualifies que moi le soin de lui répondre sur le fond du problème.J'attire cependant son attention sur le fait que ce n'est pas seulement d'Ottawa que doivent venir des concessions additionnelles mais de tous les premiers ministres provinciaux, ic-présentants d'un électorat de plus en plus intolérant! Il me semble aussi que M.Dubuc, en parlant de l'hystérie de M.Lucien Bouchard et de terrorisme intellectuel, tombe dans le même travers qu'il se plaît à dénoncer cher les autres.Michel GALLAY Opinions À la défense de Jean-Bertrand Aristide L'auteur, Serge Larosc, est anthropologue.Il s'intéresse à la culture haïtienne depuis plus de 20 ans.Il enseigne au cégep de St-Hyacinthe et à l'Université du Québec à Montréal.Ceci est un extrait d'un long texte qu'il a fait parvenir à La Presse.La dictature appréhendée par certains sous le gouvernement ARISTIDE ne doit tout de même pas voiler celle qui s'installe.«Mentez! Mentez! Il en restera toujours quelque chose», diraient CL DR AS et certains soi-disant défenseurs des droits humains qui, pendant que les cadavres s'accumulent à la morgue de l'hôpital général et probablement ailleurs («seulement 113» rapporte Jean-|acques HONORAT, accusant certains d'exagérer) reprochent au Président des abus commis par ceux-là-même qui étaient dans les rues, hier, à tirer sur tout ce qui bougeait.Aristide a toujours été en faveur des droits humains, des droits de tous les humains, et la vie d'un paysan vaut, pour lui, au moins autant que celle d'un Roger LAFON-TANT.(.) L'entrée politique d'Aristide Quelques mois avant l'élection de décembre 90, coup de théâtre.Le roi des macoutes, Roger Lafontant, entre au pays sous la protection de quelques militaires haut-gradés et grassement payés.Les mandats d'arrestation demeurent inexécutés.Non seulement ne peut-on pas l'arrêter; il s'impose macoutiquement aux familles duvaliéristes lors d'une assemblée tenue à proximité de Port-Au-Prince où il annonce son intention d'être candidat entre un vin et un fromage, contestant l'article 291.Lafontant a de l'argent, des relations puissantes et probablement des appuis en République Dominicaine où se sont réfugiés plusieurs durs de l'ancien régime.Et voici qu'à son tour Régala entre au pays sans être inquiété.L'arrivée de Lafontant sera le facteur décisif.Aristide, qui jusque-là avait même recommandé l'abstention aux élections, se laisse persuader par un groupe de partis, de groupements populaires et de personnalités diverses, d'entrer dans la lutte.Dès l'annonce officielle de sa candidature, le petit peuple des villes et des campagnes, celui-là même qui avait chassé Duvalier du pouvoir, en 1986, se remet en action: «Titid est son président».Le nombre des inscriptions sur les listes électorales double en l'espace de quelques jours.Cette fois, il faut barrer définitivement la route aux macoutes qui semblent avoir refait leur unité sous la candidature Lafontant.Des secteurs de la bourgeoisie se rangent également du côté d'Aristide.Une coalition de petits partis de gauche, le FNCD, accepte alors de servir de chapeau légal à sa candidature; l'actuel maire de Port-au-Prince, M.Evans Paul, est l'un des membres les plus en vue de cette coalition.Mais dés le départ, Aristide précise qu'il ne s'agit là que d'un artifice légal, invitant tous les Haïtiens et Haïtiennes à se joindre au vaste mouvement populaire dont il espère susciter la création autour de sa candidature afin de «barrer la route aux macoutes»: le mouvement «la va lasse» est créé.Symbolisé par le coq qui annonce le lever du jour, Aristide fait une campagne triomphante tant en Haïti que dans les principales villes de la diaspora.Il fallait être aveugle pour ne pas voir que dans une élection vraiment démocratique, ce à quoi veillaient le Conseil Électoral et les Jean-Bertrand Aristide entouré de ses partisans s'adresse à la foule durant la campagne électorale.C'est au nom d'une rupture radicale avec le passé qu'Haïti vota massivement pour lui le 16 décembre 1990.observateurs internationaux, il allait tout balayer sur son passage.La fin de la campagne fut marquée d'un attentat à la bombe contre sa personne à Potion ville ( 5 morts et des dizaines de blessés).C'est au nom même de î'antimacoutisme et d'une rupture radicale avec le passé qu'Haïti vota massivement pour lui le 16 décembre 1990: il recueillait 67 p.cent du vote exprimé dans ce qui constituait la première élection démocratique à avoir jamais été réalisée dans ce pays.(.) Des problèmes dès le début Aristide est intronisé président le 7 février 1991.Certains problèmes se posent dès le début.Dans la culture politique Haïtienne, la présidence est tout.Le peuple accorde peu d'importance aux Chambres.C'est ainsi que la population, après s'être assurée de l'élection du president au premier tour, va négliger le second, permettant ainsi à plusieurs députés et sénateurs aux motivations douteuses d'être élus.Aristide lui-même, élu sous la bannière du FNCD, ne s'estime pas redevable à cette organisation politique qui n'a pu faire élire une trentaine de députés que grâce à son aura.Aristide s'estime quitte d'avoir transformé une organisation politique sans trop de cohérence et plutôt obscure en un groupe parlementaire important bien que non-majoritaire en chambre.Le président est méfiant par rapport aux partis politiques qui ne sont bien souvent que des coquilles vides.Militant de la base lui-même, il fait davantage confiance aux organisa- tions populaires déjà engagées sur le terrain: «ti légliz», organisations paysannes, syndicats.Mais c'est la formation de son cabinet qui lui vaudra peut-être le plus d'ennemis en Chambre.Cherchant à se situer au-dessus des partis dont aucun n'a la majorité absolue, Aristide ne choisira aucun des membres de son exécutif en leur sein.On lui reprochera alors de ne pas jouer le jeu; DE JOIE parlera du butin à partager.On a là l'explication principale de l'hostilité à laquelle le gouvernement PRÉVAL doit depuis faire face.Or la Constitution de 1986 rédigée au lendemain du départ des Duvalier accorde beaucoup de pouvoirs aux chambres tant au niveau de la nomination des titulaires de charges publiques qu'à celui de la surveillance du travail de l'exécutif; il y a là une réaction contre la tendance qu'ont toujours eue les présidents haïtiens de concentrer tout le pouvoir entre leurs mains.L'objectif est louable en soi, mais le contrôle des chambres peut facilement devenir tatillon; le peuple n'avait tout de même pas voté Aristide pour voir son travail systématiquement saboté par les chambres.Ces dernières sembleront plus soucieuses de protéger à la lettre leurs prérogatives constitutionnelles que de collaborer loyalement avec le nouveau président élu.Des élus qui inspirent la méfiance Certaines questions prendront rapidement l'allure de symboles pour la population qui, déjà très méfiante face à des représentants qu'elle per- çoit comme des opportunistes, acquerra bientôt, à tort ou à raison, la conviction d'un sabotage délibéré de la part des forces opposées au changement.La Constitution accordait au président pleins pouvoirs pendant six mois afin de faire un grand nettoyage dans ''administration.On chercha d'abord à réduire de cette période les trois mois que Manigat avait passé à la présidence.Aristide demanda aux Chambres qu'elles ïui fixe son salaire; il trouvait indécent que dans un pays comme Haïti, un président puisse gagner plus que celui des États-Unis.Des organisations populaires s'en mêlèrent suggérant des montants qu'elles estimaient raisonnables mais qui firent grincer les élus; cette question n'est pas encore réglée mais l'avidité publique de certains représentants du peuple ne leur a guère assuré la sympathie populaire.On accusa le président de faire de la démagogie.On pourrait multiplier les exemple.Les attitudes des Chambres ont largement contribué à leur discrédit populaire et aux manifestations d'hostilité dont elles ont pu faire l'objet à certaines occasions.Par ailleurs, la rupture entre Aristide et l'organisation politique qui soutenait sa candidature n'a pas non plus facilite les choses: le président n'avait pas de représentation en Chambres.Il n'y avait là cependant rien qui n'ait pu se résoudre par la négociation.Autres sources de mécontentement.La vigueur avec laquelle le gouvernement s'engagea dans l'assainissement de l'administration publique.Dans certains ministères, près de la moitié des chèques étaient émis à des personnes incompétentes ou qui n'avaient même pas à se présenter au travail («chèques zom-bis»).Assainissement des finances également avec la fin des privilèges fiscaux accordés aux favoris des régimes antérieurs.Essentiellement les efforts d'Aristide ont tendu à l'instauration d'une morale publique jusque-là inexistante dans le pays.Ces mesures à elles seules peuvent expliquer la morosité des classes moyennes.Un directeur d'hôpital me disait qu'en dépit des réserves qu'il avait à faire sur Aristide (cela revient toujours à dire son caractère populiste) il devait reconnaître que l'aide internationale, cette fois, pourrait peut-être être mal utilisée, mais qu'elle n'aboutirait pas dans les poches des particuliers.Rien de tout cela n'aurait pu se faire sans l'appui total que le peuple donnait à son président.Et maintenant CEDRAS vient de chausser les bottes de NAMPHY.11 ne pourrait sortir de ce cirque qu'un Manigat deuxième manière qui ne durerait pas très longtemps.Mais les enjeux réeis semblent se clarifier.La communauté internationale appuie le Président; elle sait bien qu'il est le seul à pouvoir rallier la plus grande partie de la population.Le peuple, j'imagine, doit attendre comme il l'a fait, à plusieurs reprises durant les cinq dernières années.«On se cache dans le fossé.On attend qu'ils n'aient plus de balles et puis on sort», me disait un jeune de Port-au-Prince.Il n'y a plus rien à prendre dans ce pays; il n'y reste que six millions d'habitants qui, durant les derniers mois, ont pu trouver une certaine dignité.Tant que tous ne seront pas à table, pour reprendre l'image d'Aristide, les problèmes du pays ne seront jamais résolus.Aristide n'a jamais prêché la haine; il est vrai cependant qu'il a averti les nantis qu'ils sont assis sur un volcan s'ils ne se mettent pas bientôt à la tâche.Le journaliste était dans la bonne église mais dans la mauvaise rangée.¦ «L'existence de certains journalistes démontre qu'il est possible d'écrire sans savoir lire ou écouter», a dit Louis Pauwels.Cette phrase m'est revenue à la mémoire, l'autre dimanche, à la lecture, dans La Presse, d'un article de Stéphan Bureau intitulé: «Landsber-gis: le Québec ne peut être comparé à la Lituanie».Le titre de l'article (probablement du journal) résume parfaitement la situation qui est sans équivoque pour quiconque connaît un peu son histoire.C'est une évidence élémentaire.Seul le désir légitime de tous les peuples d'une même culture de vouloir être souverains peut présenter des affinités.La comparaison s'arrête là.l'ai toujours pensé, à tort sans doute, que l'expression d'opinions était le privilège des éditorialistes et des critiques; or, dans l'article de votre collaborateur, le commentaire noie l'information.Sa pulsion et ses arrangements personnels tiennent lieu de jugement.«La Lituanie n'est peut-être pas l'allié naturel qu'attendraient les forces indépendantistes du Québec», dit M.Bureau dans un jeu regrettable d'interrogatives-négatives.Tout d'abord, il faut savoir que la Lituanie, pas plus que personne au monde, ne peut faire pour les Québécois ce qu'ils doivent faire eux-mêmes.Ni les Lituaniens, ni les Armé- niens n'ont demandé aux Québécois de voter à leur place à leurs référendums respectifs.Si nous voulons l'indépendance et si nous la voulons avec notre coeur et avec nos tripes, si pour nous c'est aussi vital que ce le tut pour les Lituaniens, agissons maintenant ou jamais, comme l'a dit Bourgault.Adieu veaux, vaches cochons, adieu les commissions Spicer-Campeau-Bélauger-Beaudoin, passons aux actes.Aucune alliance des indépendantistes pourrait y changer quoi que ce soit.Quant à l'interprétation que fait M.Bureau de l'opinion de M.Lands-bergis, elle est fausse et erronée.Celui qui connaît le président lituanien \u2014 et j'ai eu ce privilège \u2014 et sa grande sagesse et sa philosophie après l'avoir entendu parler ou avoir lu ses écrits (ma maison d'édition publiera prochainement un livre dont il est l'auteur ) sait que cet homme est respectueux avant tout de la liberté des individus et de notre système démocratique.L'article de M.Bureau nous invitait à regarder son interview à L'Événement dimanche soir, à la télévision.Heureusement qu'on a pris, ou négligé, le soin de retirer les réponses du président, en lituanien, langue que je pratique entre autres.Ainsi j'ai pu constater certaines nuances qui ont malheureusement échappé a l'intervieweur qui, il faut le dire à sa décharge, s'est malheureusement fié à l'interprète (que Landsbergis a même corrigé en ondes).Forcé de commenter le conflit opposant Ottawa à Québec, qui ne le regarde pas, le président lituanien s'est contenté de dire, dans son humour devenu proverbial : « Nous pourrions peut-être servir de médiateurs.» Quand on connaît les difficultés que les pays baltes ont eues dans leurs impossibles négociations avec le Kremlin, on peut imaginer effectivement, comme le dit le titre de l'article, que «le Québec ne peut être comparé à la Lituanie».Ce qui gêne avant tout dans le texte de M.Bureau c'est qu'il est construit non pas comme une description mais plutôt comme une démonstration de l'idée qu'il semble vouloir défendre.«Les architectes d'un Québec indépendant devront peut-être regarder ailleurs qu'en Lituanie s'ils veulent se gagner des alliés aux Nations unies après une éventuelle victoire d'un référendum », dit-il encore dans son jeu des interrogations-négatives.On serait tenté de lui répondre, ce que tous ces «architectes» savent mieux que quiconque d'ailleurs, qu'avant de demander aux autres de les aider à bâtir la maison de l'indé- pendance il leur faut commencer par savoir ce que les gens souhaitent réellement.M.Bureau devait sûrement être en vacances lorsque le 3 septembre dernier l'ambassadeur de France auprès de l'ONU, M.Jean-Bernard Mérimée, et son homologue britannique Sir David Hanay ont remis officiellement et spontanément aux Nations unies (sans se faire prier par les Lituaniens) la demande d'adhésion des trois pays baltes.Comme tout le monde sait, quelques jours plus tard, alors qu'ils étaient réunis en session annuelle, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, tout en accueillant chaleureusement la restauration de la souveraineté des Baltes, approuvaient leur adhésion dans la joie et l'enthousiasme.Fait historique, même l'Union soviétique a soutenu cette adhésion tant à l'ONU qu'au CSE.Or, dans son article M.Bureau avance que «(.) la semaine dernière encore, (Landsbergis) cherchait partout des appuis pour faire une place à la Lituanie au sein de l'organisation intcrnationale.(.)! Décidément certains journalistes sont parfois dans la bonne église, mais dans la mauvaise rangée, derrière une colonne qui les empêche de voir la messe et d entendre le sermon.Alain S1 AN KL Le nouvel embrouillamini de Robert Bourassa **0^k uelle est la différence entre la «souveraine-té partagée» et le fédéralisme renouvelé?» demandait Robert Bourassa à la population du Québec le 30 septembre dernier, lors du Colloque de l'Association québécoise de la qualité (AQQ).La réponse est très simple: il n'y a pas de différence car ce sont deux notions impraticables.Ni l'une ni l'autre ne peut fonctionner chez nous.La souveraineté, la vraie, ne se partage pas (c'est un peu comme la maternité: une femme ne peut être a moitié enceinte) et le fédéralisme canadien n'est pas renouvelable car deux visions contraires s'affrontent de façon irréconciliable.Il peut être amusant de jouer au jeu des différences, mais ce n'est pas le moment d'embrouiller encore davantage l'interminable débat constitutionnel en jonglant cavalièrement avec des notions aussi fondamentales, surtout lorsqu'on est premier ministre.Monsieur Bourassa aurait intérêt à relire les travaux de la Commission Bélanger-Campeau.Tous les concepts clés y ont été clairement définis.La souveraineté d'un État est la capacité qu'il a de faire toutes ses lois, de percevoir tous ses impôts et de conclure des ententes ou des traités avec d'autres États.Ces trois conditions sont indispensables pour que l'on puisse parler réellement de souveraineté.Le Québec, par exemple, qui perçoit une partie de ses impôts et qui a des relations internationales n'est pas pour autant un État souverain, «libre, complet et reconnu».Il a certains pouvoirs dans certains champs de compétence, mais il n'est pas totalement libre de ses choix politiques, économiques, sociaux et culturels.On ne peut donc pas parler de souveraineté du Québec dans le cadre de la fédération canadienne.Pour devenir un État souverain à part entière, le Québec doit sortir de la fédération canadienne qur n'est pas une confédération (union d'États souverains).S'il devient un État souverain, il pourra choisir librement le partage de certains pouvoirs ou une forme d'intégration économique plus ou moins poussée, à négocier avec les partenaires que ses intérêts lui dicteront de retenir.Le fédéralisme est fondé sur un partage des pouvoirs entre plusieurs paliers de gouvernements.Tout naturellement, il tend à la centralisation (comme l'a très bien démontré le professeur Edmond Or-ban), car le gouvernement central aspire à concentrer le plus de pouvoirs possible pour contrer les forces centrifuges.C'était le cas de l'Union des républiques soviétiques avant son éclatement récent.Les unes après les autres, les républiques qui la formaient proclament maintenant leur indépendance tout en souhaitant maintenir une forme d'intégration économique que ce qu'il reste de l'État central tente de mettre au point et de discuter avec elles.Il existe présentement trois modèles principaux d'intégration économique dans le monde: 1\u2014 L'union économique qui abolit les restrictions au commerce et à la libre circulation des biens, du capital, des personnes et des services.Le pouvoir central assure alors l'harmonisation des politiques monétaires, fiscales, sociales, tarifaires et conjoncturelles.L'union économique est alors un élément de centralisation et d'uniformisation.C'est l'essence du projet Clark-Mulroney qui a déjà du plomb dans l'aile.2\u2014 Le marché commun où des États souverains ont aboli les restrictions au commerce et au libre-échange et normalisent leurs rapports douaniers avec les autres pays mais sans harmoniser les politiques monétaires, fiscales, sociales et conjoncturelles.On recherche alors les quatre 4 libertés de biens, de services, de personnes et de capitaux.C'est le cas de la Communauté économique européenne (CEE).3\u2014 La zone de libre-échange qui est une union d'États qui se contentent d'établir la libre circulation des biens et services, mais non des personnes et des capitaux.Il n'y a pas d'harmonisation des rapports douaniers avec les autres pays et des autres aspects de l'économie.C'est le cas du libre-échange établi entre les États-Unis et le Canada auquel s'associera prochainemnt le Mexique.Tous ces modèles, sauf le premier, supposent la souveraineté des États membres.Ce qui rend impraticable le renouvellement du fédéralisme canadien, c'est notamment le fait que neuf provinces veulent une plus grande centralisation doublée d'une plus grande intégration économique alors que le Québec veut exactement le contraire.La solution qui tiendrait compte de l'ensemble des données, c'est la souveraineté du Québec, doublée de l'établissement d'une zone de libre-échange avec harmonisation de certaines politiques économiques entre le Québec et le Canada.Ce nouveau Canada serait formé de neuf provinces anglaises associées par une union économique relativement centralisée.Le peuple québécois est prêt à se prononcer sur la question de la souveraineté.Qu'on lui pose la question et qu'on cesse de gaspiller les fonds publics à refaire continuellement la preuve de la preuve.En brouillant les cartes Monsieur Bourassa cherche à récupérer la popularité de la souveraineté au profit de sa conception du fédéralisme qui est loin d'être claire, mais qui ressemble beaucoup au statu quo.S'il était d'accord avec l'idée de la souveraineté-association, il ferait un référendum sur la souveraineté dans les plus brefs délais.et il serait dans le camp du OUI.Jean-loufo BOURQUE i Le Monde B4 LA PRESSE, MONTREAL.MERCRED116 OCTOBRE 1991 Proche-Orient : la conférence de paix s'ouvrirait à Lausanne le 29 d'après A FP.Rcutcr et AP__ DAMAS F est un secrétaire d'Etat américain inhabi-tuellement confiant qui a eu hier des entretiens à Damas alors que toutes les pièces du puzzle de la conférence de paix au Proche-Orient semblaient se mettre en place.La conférence doit s'ouvrir à Lausanne au niveau des ministres des Affaires étrangères à partir du 29 octobre prochain, a-t-on même appris de source gouvernementale égyptienne.L'ouverture des négociations aura lieu dans la ville suisse et les parties décideront ensuite de poursuivre ou non leurs travaux au même endroit, selon des sources américaines et diplomatiques.La durée de la conférence n'a pas été fixée.Le secrétaire d'État américain lames Baker et son homologue soviétique Boris Pankine doivent décider de l'organisation précise de la conférence lors de leur rencontre vendredi à Jérusalem.L'entourage de M.Baker avait fait savoir que ce dernier souhaitait que la conférence s'ouvre avant le 31 octobre et qu'il prévoyait d'envoyer les invitations aux participants à partir de lundi.La décision concernant une participation palestinienne à cette conférence sera annoncée demain à l'aube, au terme des travaux à Tunis du Conseil Centrai de l'OLP ( CCOLP ), une instance intermédiaire entre le Comité exécutif de l'OLP et le Conseil national palestinien, selon une source palestinienne informée au Caire.Cette décision dépendra d'un éventuel accord jor-dano-palestinien sur la composition de leur délégation commune et des clarifications qu'obtiendra la délégation des territoires occupés qui doit rencontrer le secrétaire d'État aujourd'hui à Jerusalem.Une liste de 14 personnalités a été déjà préparée pour une éventuelle participation palestinienne à la conférence et sera remise à M.Baker dès l'annonce de la décision du CCOLP, a indiqué la source palestinienne.M.lames Baker n'a fait aucune déclaration après ses premiers entretiens de trois heures avec le président syrien Hafez al Assad et les conversations devaient reprendre dans la soirée.Mais son entourage affichait une assurance rare avant même son arrivée à Damas.Le principal point de désaccord connu entre Wa- shington et Damas porte sur la participation de la Syrie à des négociations multilatérales entre Israel et les pays arabes sur des questions régionales, comme l'utilisation des ressources hydrauliques et le contrôle des armements.D'après un diplomate en poste à Damas, la Syrie ne veut pas que les négociations régionales, qui sous-entendraient une reconnaissance de l'État hébreu, s'engagent avant qu'elle ait obtenu des gages sur la restitution du Golan occupé par Israel depuis 1967.Ce diplomate a estimé que Damas ne céderait pas facilement sur ce point.Les diplomates américains ne minimisent pas la difficulté des négociations à Damas et en Israël à partir d'aujourd'hui.Mais, alors qu'ils abattent rarement leurs cartes avant la fin d'une tournée, leur ton est presque triomphal.Ils se disent pratiquement certains d'arriver en Israel avec une liste de Palestiniens des territoires occupés qui répondent aux critères posés par Israel pour former la délégation jordano-palestinienne.L'État hébreu ne veut ni de membres de l'OLP ni de délégués de (érusalem-est.Les entretiens entamés hier à Amman entre les dirigeants jordaniens et les interlocteurs palesti- niens de M.Baker sont essentiels aux yeux des Américains pour maintenir la fiction que ce sont des Palestiniens «indépendants» qui se rendront à la table de négociation avec Israel.En fait, des représentants de l'OLP sont à Amman pour la deuxième fois en dix jours pour contribuer à former 1p.délégation conjointe.M.Baker ne soumettra pas pour autant sa liste de Palestiniens à l'approbation d'Israél.«Les Israéliens ne choisiront pas la délégation palestinienne», a indiqué un responsable américain.Là aussi, le ton donne à penser que M.Baker ne permettra pas à l'État hébreu de remettre en cause la conférence de paix.Toute la stratégie américaine semble fondée sur l'idée que personne au Proche-Orient ne peut plus se permettre de dire non aux États-Unis, unique superpuissance.Le secrétaire d'Etat a annoncé dès lundi au Caire qu'il pourrait lancer les invitations à la conférence avant que toutes «les lettres d'assurances» pour chacune des parties aux négociations bilatérales soient prêtes.Cela signifie, a poursuivi le même responsable, que les discussions sur les lettres pourraient éventuellement se poursuivre après l'envoi des invitations.Gorbatchev persuade Milosevic et Tudjman de signer un accord de paix La Bosnie-Herzégovine proclame sa souveraineté d'après AFP et Reuter MOSCOU Les présidents serbe et croate ont accepté hier de signer un accord pour la paix en Yougoslavie, par la médiation du président soviétique Mikhaïl Gorbatchev.Cependant sur le terrain, la situation s'est tendue avec la poursuite des combats en Croatie et la proclamation de souveraineté par la Bosnie-Herzégovine, accélérant la désintégration de îa fédération yougoslave.Dans un communiqué commun, diffusé par le Kremlin, le Serbe Slobodan Milosevic et le Croate Franjo Tudjman disent accepter de faire cesser immédiatement les conflits armés en Croatie.Ils se prononcent pour l'ouverture d'ici un mois de discussions sur les contentieux existant entre les deux républiques rivales.« D'ici un mois, les plus hauts représentants de la Serbie et de la Croatie entameront des entretiens pour résoudre tous les désaccords », dit le communiqué.Les deux rivaux disent souhaiter que Washington, Moscou et la CEE les aident à organiser les négociations.Une réussite de Gorbatchev Cet accord semble une réussite diplomatique pour Mikhaïl Gorbatchev, qui avait invité les deux hommes à des entretiens sur la crise yougoslave, intervenant pour la première fois dans des efforts diplomatiques jusqu'ici monopolisés par la CEE.Slobodan Milosevic, l'air grave, a estimé que le communiqué devait être la base d'une « solution juste et pacifique » de la crise yougoslave.« La crise yougoslave peut être résolue pacifiquement », a-t-il dit.Esquissant un léger sourire, son rival Franjo Tudjman a remercié Mikhaïl Gorbatchev pour son aide et sa compréhension.Les deux dirigeants rencontreront probablement aujourd'hui le président russe Boris Eltsine.De son côté, Mikhaïl Gorbatchev n'a pas caché avoir « une expérience amère » des conflits interethniques qui lui a permis de jouer les médiateurs.Souveraineté de la Bosnie-Herzégovine Pendant ce temps, le ministre fédéral de la Défense, le général Veljko Kadijevic, s'est rendu hier en Bosnie-Herzégovine (centre), quelques heures après la proclamation de la « souveraineté » de cette république, qui a suscité de vives protestations au sein de la population serbe, a rapporté l'agence Tanjug.Au cours d'un entretien avec les membres de la présidence de Bosnie-Herzégovine, le general Kadijevic a souligné la gravité de la situation créée par le vote du parlement bosniaque \u2014 boycotté par les Serbes \u2014 et a fait valoir à ses interlocuteurs « l'importance vitale » de tout mettre en oeuvre pour empêcher l'éclatement de conflits sanglants dans cette république, a indiqué l'agence.On ignore les détails de l'entrevue mais, de source diplomatique, on indique que le général Kadijevic a prévenu le président bosniaque des risques de guerre civile totale en cas de véritable sécession de la république.Située entre la Croatie et la Serbie, elle est composée d'un mélange explosif de 44 p.cent de Musulmans (qui sont une nationalité), 31 p.cent de Serbes et 17 p.cent de Croates.Le parlement de Bosnie-Herzégovine a adopté, dans la nuit de lundi à hier, un « mémorandum sur la souveraineté » de cette république (centre), à une majorité des voix des députés musulmans et croates, après que les députés serbes eurent quitté la salle pour protester contre ce qu'ils considèrent comme un virtuel acte de sécession.Les Serbes, qui ont proclamé au cours des dernières semaines quatre «régions autonomes» sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine, ont annoncé par la voix du Parti démocratique serbe (PDS) de la Bosanska Krajina, dont le siège est à Banja Luka, qu'ils ne reconnaissent plus désormais la tutelle des autorités de Bosnie-Herzégovine, une « république qui n'existe plus ».La reine Elizabeth II échange une plaisanterie avec Brian Mulroney et John Major, avant le début de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, hier, à Harare.photo kuter Aide et droits de l'Homme : le plan Mulroney rencontre de la résistance au Commonwealth Le Zimbabwe rejette l'idée de lier les droits de la personne et l'aide au développement d'après PC et AFP Le président Gorbatchev s'entretient avec le leader serbe Slobodan Milosevic, hier, au Kremlin.photo reutct HARARE ne certaine confusion est venue brouiller le sens de l'initiative du premier ministre Brian Mulroney en faveur des droits de la personne, hier, à la veille de l'ouverture de la réunion des chefs de gouvernement des pays membres du Commonwealth.M.Mulroney qui, pendant la période précédant la conférence, s'était fait le promoteur du lien entre les droits humains et l'aide au développement, a réfuté les informations voulant que le Canada exerce de fortes pressions pour faire du respect des droits une condition incontournable de l'aide au développement.«H n'y a jamais eu de situation ici où un gouvernement aurait dit : 'Notre gouvernement va refuser de l'aide à un pays en voie de.développement*.Le Canada tend de plus en plus à adopter cette ligne de conduite.mais ni le Canada ni la Grande-Bretagne n'om mis de l'avant une telle politique aujourd'hui », a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre britannique John Major.Interrogé à ce sujet, M.Major a répondu cju* « il n'était pas question de lier aide et respect des droits humains, mais de savoir comment l'aide peut rendre un gouvernement meilleur ».Plus tôt, cette semaine, M.Mulroney affirmait avec une certaine insistance que le Canada n'hésiterait pas à lier son aide au respect des droits de la personne, et parlait d'« étouffer » le coup d'Etat « illégal » à Haïti en supprimant son aide à ce pays.Haïti n'est pas membre du Commonwealth.Après sa rencontre avec M.Mulroney, le premier ministre Robert Mugabe, du Zimbabwe, pays hôte du Sommet, a rejeté l'idée de lier droits de la personne et aide au développement, laissant présager un possible conflit.La confusion autour de l'offensive de M.Mulroney en faveur du respect des droits s'était aggravée à la suite de la réunion prépara- toire sur l'avenir du Commonwealth, à laquelle assistaient 10 chefs de gouvernement, peu avant la conférence de presse de M.Mulroney.Outre MM.Mulroney et Major, les leaders de l'Australie, de l'Inde, du Nigeria, de la Zambie, des Bahamas, de la Jamaïque, de la Malaysia et de Singapour étaient présents à cette réunion.Le secrétaire général du Commonwealth Emeka Anyaoku, du Nigeria, a affirmé que la question du développement et des droits n'avait pas été discutée.Mais des fonctionnaires canadiens ont soutenu que M.Mulroney avait pris fermement position en faveur du respect des droits comme condition d'aide et qu'une déclaration en cours de rédaction sur l'avenir du Commonwealth en faisait état.En fin de compte, les participants à la réunion préparatoire ont convenu de se baser sur un canevas proposé par les Britanniques.La rédaction finale de la déclaration se fera au cours du week-end.Contredisant Honarat, Washington demande le retour d'Aristide d'aprèa AFP WASHINGTON ashington a souhaité hier que les différentes parties en Haïti poursuivent le dialogue avec l'Organisation des États américains (OEA) afin qu'un accord soit trouvé pour permettre le retour au pouvoir du gouvernement du président lean-Bertrand Aristide.Le Département d'État a également indiqué que des «mesures supplémentaires» de la part des États-Unis contre le îégime au pouvoir en Haiti étaient toujours «à l'étude».Le premier ministre haïtien, Jean-Iac-ques Honorât, avait estimé lundi soir que le Département d'Etat «était en train de faire machine arrière sur l'exigence du retour au pouvoir d'Aristide».11 avait appuyé son affirmation sur le fait que l'administration américaine, dans ses dernières déclarations,'avait fait simplement mention d'un «retour aux normes démocratiques en Haïti sans citer de nom ».À propos de l'application concrète de l'embargo contre ce pays décidé par l'OEA pour appuyer le retour du président renversé, le porte-parole Richard Boucher a indiqué que sa mise en oeuvre était toujours à l'étude.«Nous étudions encore sa mise en oeuvre» afin qu'il respecte «les exceptions humanitaires» prévues par la résolution de l'OEA, a indiqué M.Boucher.11 a rappelé que Washington avait déjà pris des «mesures significatives» contre le régime au pouvoir à Port au Prince, notamment le gel de tous les avoirs financiers du gouvernement haïtien et la suspension de l'aide américaine à ce pays.M.Honorât, qui présentait devant les députés son projet de politique générale, s'était déclaré «prêt» lundi soir à négocier pour trouver «îa meilleure solution pour la démocratie» en Haiti, sans prendre parti pour ou contre le retour du président )can-Bertrand Aristide.Le premier ministre avait également refusé de se prononcer sur le problème des élections, l'estimant soumis au succès ou à l'échec de ces négociations.«Le blocus (vote par l'Organisation des Etats Américains, OEA) n'a pas encore commencé», avait annoncé M.Honorât, sous-entendant qu'il conservait l'espoir d'un report des sanctions internationales.Il avait précisé à ce sujet que des négociations, dont il n'a pas indiqué la nature, avaient déjà commencé sur le plan international.Le nouveau premier ministre avait souligné qu'il s'était fait «violence» pour accepter ce «redoutable honneur» de conduire le pays dans de telles circonstances, précisant que c'était pour le sortir de la «dangereuse impasse» dans laquelle il s'est retrouvé.Une lourde tâche attend Tshisekedi d'après AFP KINSHASA e gouvernement de crise zaïrois dirigé par Etienne Tshisekedi, dont la formation a été rendue officielle lundi, va devoir affronter une très lourde tâche pour remettre le pays sur les rails, relève-t-on dans les milieux économique et politique à Kinshasa.Le Premier ministre va devoir lutter non seulement sur le front économique, mais également politique, où il devra se préserver des éventuelles attaques du Mouvement populaire pour la rénovation ( MPR, ex-parti unique) qui a décidé de na pas participer à son gouvernement.Il devra aussi veiller à maintenir, comme il l'a fait jusqu'à présent, le fragile équilibre entre les différents partis regroupés au sein de l'Union sacrée.Ces différentes composantes ont certes, jusqu'à ce jour, fait preuve de discipline en restant groupées autour de Tshisekedi, mais de nouveaux appétits pourraient se révéler, alors que la crise politique paraît être réglée.Par ailleurs, le gouvernement de M.Tshisekedi devrait recevoir l'approbation de la conférence nationale, dont les travaux sont toujours suspendus et qui devrait être reconvoquée dans les plus brefs délais.Une situation catastrophique Mais c'est surtout dans le domaine économique et social que le nouveau premier ministre va devoir concentrer ses efforts.La situation du pays, déjà peu brillante avant les pillages et émeutes des 23 et 24 septembre dernier, est devenue véritablement catastrophique.L'inflation, qui, selon les experts internationaux, s'élevait déjà à plus de 60 p.cent au mois d'août, la désorganisation des circuits de distribution, la destruction d'une partie de l'outil de travail, la fermeture de près de la moitié des petites et moyennes entreprises et le départ de près de 10000 étrangers laissent le pays complètement exsangue.De plus, la dette extérieure zaïroise, qui se montait, en 1989, à 8,8 milliards de dollars, n'a pas été remboursée durant pratiquement ces trois dernières années et les bailleurs de fonds ont suspendu tous nouveaux crédits pour le pays.Le gouvernement va devoir également faire face, dès la fin de ce mois, aux échéances salariales et assumer les libéralités du président Mobutu, qui a augmenté les plus bas salaires de l'armée et de la fonction publique de 1000 à 1500 p.cent.Enfin, le gouvernement va devoir affronter, à très brève échéance, le problème de la perte de revenus qui affecte environ le quart de la population de Kinshasa, soit un million de personnes, en raison du départ des étrangers et de la fermeture de nombreux petits commerces et entreprises.M.Tshisekedi, qui va ainsi devoir se battre sur tous les fronts, pourrait cependant bénéficier d'un atout majeur: les aides et le soutien que pourraient lui accorder les pays occidentaux, qui ont appelé à la constitution de son gouvernement et n'ont cas ménagé leurs conseils au président Mobutu en vue d'y parvenir.i i LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED116 OCTOBRE 1991 35 Le Monde Birmanie : l'un des régimes !es plus brutaux du monde Agence France-Presse HANGKOK ¦ L'attribution lundi du prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi a soudainement tiré de l'ombre le monde secret de la jurae militaire birmane, décrite le plus souvent par les défenseurs des droits de l'Homme comme l'un des régimes les plus brutaux au monde.Depuis qu'il s'est emparé du pouvoir en 1988 à la faveur d'un sanglant coup d'État, le SLORC \u2014 le Conseil pour la restauration de la loi et de l'ordre, nom officiel de la junte \u2014 a mené sans relâche une campagne impitoyable de terreur à travers le pays à rencontre principalement des partisans de la démocratie.Bien que présidé nominalement par le général Saw Maung, le SLORC est en fait entre les mains du chef redouté des services de renseignements militaires, le général Khin Nyunt.Cet officier de carrière de 52 ans est considéré par les renseignements occidentaux comme l'architecte de l'élimination, par la torture et l'emprisonnement, du courant pro-démocratique birman.Régime de terreur Amnesty International décrit la Birmanie comme un pays soumis à un régime de terreur, mis au secret et où la population vit dans la peur.À Rangoon, «des milliers de personnes ont été tuées, abattues par les soldats dans les ruelles ou les arrières-cours.Les militaires arrêtent les gens n'importe où : chez eux, dans les bus, au café.Ils ont torturé avec acharnement les opposants.Des centaines de personnes ont tout simplement disparu dans les prisons », écrivait l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un rapport de 70 pages l'an dernier.Récemment, au début du mois, un résident de Rangoon, qui demandait à garder l'anonymat, a fait état de purges massives, de type stalinien, chez les fonctionnaires et dans les milieux enseignants.« Les gens vivent dans la peur.La délation est partout.H y a tout l'appareil d'un État policier », déclarait-il, joint au téléphone depuis Bangkok.La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) que préside Aung San Suu Kyi, qui a remporté une victoire écrasante aux élections de mai 1990, a été virtuellement éliminée.Depuis, ses dirigeants ont été décimés, jetés dans les cachots de la sinistre prison d'Insein, ou se terrent.Au point que la junte est suspectée d'avoir organiser le scrutin à seule fin de pouvoir identifier ses opposants.Refuge en Thaïlande Alors qu'Aung San Suu Kyi vit dans un isolement total, en état d'arrestation à son domicile depuis juillet 1989, les partisans de la démocratie qui ont fui en Thaïlande, craignant pour leur vie, ont rapporté que les membres «ordinaires» de la NLD étaient emmenés par les hommes du renseignement militaire et torturés.Des témoignages qui filtrent du pays, il ressort que «l'hélicoptère» et «la motocyclette» sont les tortures préférées des bourreaux.Décrit par des survivants, «l'héli- coptère» consiste à attacher la victime, les yeux bandés et la tête en bas, à un ventilateur en marche scellé au plafond.La «motocyclette» impose à la victime de se tenir en position accroupie comme sur une moto pendant des heures.Les autres témoignages font état de décharges électriques appliquées à la pointe des pieds, jes lobes des oreilles ou les parties génitales.En dépit de ses déclarations répétées annonçant son intention de remettre un jour le pouvoir aux civils, le SLORC s'y maintient.Un haut responsable déclarait récemment que la junte y resterait aussi longtemps qu'il le jugerait nécessaire, suggérant même qu'il lui fallait une décennie supplémentaire.Des membres du gouvernement militaire sont également tenus pour agir en collusion avec les producteurs d'héroïne du pays, y compris avec Khun Sha, le «seigneur de la guerre» et plus grand producteur d'opium du monde.Melvyn Levitsky, secrétaire d'État adjoint américain pour les affaires de drogue, a ainsi relevé CHINE -Golfe-duSion DEPECHES 7.AFP intogmptte - tonds NaMer récemment que l'augmentation de la production d'héroïne avait lieu en très grande partie dans les zones sous contrôle de la junte.«Certains parmi les militaires en ont certainement profité, tout comme d'autres responsables birmans», a-t-il déclaré dans une interview publiée en août.«Une partie au moins du trafic est couvert officiellement et même encouragé», a-t-il souligné.La presse étrangère est virtuellement interdite en Birmanie.ALGÉRIE Scrutin fin décembre ¦ Le président Chadli Bendje-did a annoncé officiellement que le premier tour des élections législatives algérienne aura lieu le 26 décembre prochain, dans un message radiotélévisé adressé mardi soir à la nation.11 n'a donné aucune indication sur la date du second tour de ces élections.Le président Bendjédid a demandé en substance à tous les partis politiques, sans citer aucun nommément, de contribuer à la réussite de ces premières élections nationales pluralistes en Algérie depuis l'indépendance en 1962.Il a également souhaité que la campagne électorale se dérouie dans le calme et dans le respect de la loi, afin que les citoyens puissent choisir librement leurs représentants au nouveau Parlement.ARMÉNIE Présidentielles ¦ La première élection présidentielle au suffrage universel organisée aujourd'hui en Arménie apparaît comme une simple formalité pour l'actuel président du parlement arménien Levon Ter-Petrossian, un des principaux architectes de l'indépendance, grand favori face à quatre autres candidats tous comme lui nationalistes.Dans l'éventail des seuls programmes nationalistes, Ter-Petrossian bénéficie \u2014 comme pour les élections présidentielles organisées ces derniers mois en Géorgie, en Russie, en Azerbaïdjan et au Khirghistan \u2014- de sa position de président du parlement et de militant reconnu au niveau fédéral et international.CHINE-VIETNAM Négociations frontalières M La Chine et le Vietnam viennent de mener des pourparlers de trois jours en vue d'étudier la réouverture de leurs frontières communes fermées depuis 1979, date du bref conflit frontalier qui a opposé les deux pays à l'époque, selon l'agence China News Service basée à Hong Kong.C'est la première rencontre sur ce sujet depuis une décennie et fait suite à la visite du ministre vietnamien des affaires étrangères Nguyen Manh Cam à Pékin le 10 septembre dernier.Les frontières communes s'étendent sur 1000 km.Elles ont été fermées après la courte guerre frontalière que se sont livrés les deux pays après l'invasion vietnamienne du Cambodge et le renversement du régime khmer rouge, proche ce Pékin.I .Jmaginez.A 80 ans, la seule personne qui vous visite encore, c'est le releveur de compteurs.(Centraide finance- actuellement.18 organismes qui viennent en aide aux personnes âgées isolées.).Cen tr aide La suite dépend de vous.Ligne Tel:Don: 1 800 267-5555.Annonce donnée par les ainis-dë-eentrakU;.\t\t1\t\t\u2022\t.- \t^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^\t\t¦\t\t \t\t1\t\t\t¦ 92 Elle fera tourner les têtes Voici la toute nouvelle Civic Berline 1992 entièrement redessinée.Encore plus de confort, d'économie d'essence, de performance et de style à un prix très abordable.Présentation exclusive: jeudi le 17 octobre dans une salle de montre près de chez vous HON mm rillVI.il Al ^OltlL publiera le premier de trois publireportages traitant des destinations ensoleillées à la mode cet hiver.Le cahier de samedi mettra en vedette la Floride.Une destination toujours populaire.Pubiireportage B6 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 16 OCTOBRE 1991 AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS - ENCANS ¦ ^ ¦ Transports Transport ¦ U Canada Canada APPEL D'OFFRES LES OFFRES SOUS PLI CACHETE correspondant au projet ci-dessous, adressées au Gestionnaire regional.Gestion du materiel, des marches et des installations.Transports Canada.Edifice du dépôt regional.1435.rue Cardinal.Dorval.Quebec H9P 2W5 (telephone: (514) 633-3203.Fax: (514) 633-3477) avec la mention du nom et du numéro du projet, seront reçues jusqu'à 15 heures, heure locale, à la date stipulée.Les documents relatifs à i appel d'offres seront obtenus à l'adresse ci-dessus.PROJET OT-2028 REMPLACEMENT PARTIEL DU SYSTEME D'ACCÈS A L AEROGARE DE MIRABEL.On peut aussi consulter les documents de soumission aux bureaux des associations Association de la Construction du Quebec et de Montreal (Anjou) Association de la Construction des Laurentides (St-Jerôme) Seance d'information: Le 22 octobre 1991.à 10 heures, à la salle de Presse.3e otage, côte est de l'aérogare, aéroport international de Montreal (Mirabel).Quebec.Date limite: Le 5 novembre 1991 INSTRUCTIONS Pour être prise en consideration, chaque offre devra être soumise sous la forme prévue par le Ministère et accompagnée de la caution stipulée dans les documents relatifs a rappel d offres.Les sous-traitants affectés remettront leurs soumissions par l'entremise du bureau de dépôt des soumissions spécifie conformément aux régies normatives du 7 août 1981 concernant les pratiques des bureaux de dépôt de soumissions.Le Ministère ne s'engage a accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions.Canada UNIVERSITÉ Concordia proprietaire: consultants en ascenseurs: Université Concordia 1455 ouest, de Maisonncuvc Montréal (Québec) H3G 1M8 Methé, Caron Inc.7405, route Transcanadienne bureau 245 Ville Saint-Laurent (Gtuéboc) H4T1Z2 Tel.: 848-481 7 Tel.: 956-7898 l'Université t oncordia.propriétaire, demande des soumissions pour le projet de modernisation de deux ascenseurs et previsions pour rajout d'un ascenseur au Pavillon Hall.Seuls sont autorises a soumissionner pour l'exécution des travaux, les entrepreneurs de construction au sens de la Loi sur la qualification des entrepreneurs de construction (I .R.Q.chap.o-ll qui oift leur principale place d'affaires dans la province de Quebec.les devis, documents contractuels et autres renseignements pourront être obtenus au bureau des Ressources matérielles, au 1550 ouest, bout, de Maisonncuvc.bureau 1100.contre un depot de vent dollars 1100 S> qui sera remboursé au soumissionnaire s\":l remet les devis en bon état, dans les trente (30) jours qui suivent l'ouverture des soumissions.I es soumissions devront cire accompagnées d'un cheque vise au montant de cinquante mille dollars « 5U000S) a l'ordre du propriétaire Université Concordia, ou d'un cautionnement de soumission, établi au même montant, valide pour une période de quarante-cinq (451 .ours de la date d'ouverture des soumissions.Cette garantie de soumission devra être échangée a la signature du contrai pour une garantie d'exécution et une garantie des obligations pour gages, matériaux et services.Lorsque ces garanties sont sous forme de cautionnement, le montant de chacune d'elles correspond a 50 p.cent du prix du contrat et lorsqu'elles sont sous forme de cheque visé, le montant de chacune d'elles correspond a 10 p.cent du prix du contrat.1 es soumissions dans des enveloppes cachetées et adressées au soussigné, seront reçues au I 550.de Maisonncuvc ouest, bureau 1100-15.jusqu'à 12 heures, heure en vigueur localement, le 4e jour du mois de novembre 1991 pour être ouvertes publiquement au même 'endroit, le même jour et à la même heure.I es formules fournies dans le cahier des charges du projet seront obligatoirement utilisées.I es entrepreneurs soumissionnaires doivent assister obligatoirement a une visite des lieux qui sera tenue le 2t octobre 1^1 a 10 heures, au Pavillon Hall.1455.de Maisonncuvc ouest.Montreal.Les soumissionnaires devront s'identifier et signer une feuille de presence I es entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leurs soumissions.Finîtes les soumissions devront être faites conformément au\\ dispositions du règlement sur les subventions a des Uns de construction (R.R.Q.1981.C.A-6, r.2°) du 21 septembre l i*2.I e propriétaire ne s'engage a accepter aucune des soumissions reçues.Dr Charles Glguerv, \\ ice-recteur aux Senices Demandes de soumissions publiques 1) 1591-10-91 Transport et traitement ou élimination des déchets dangereux ; 2) 1592-10-91 Fourniture d'écrous à billes avec pas à droite « Documents disponibles STCUM - Service de l'approvisionnement, édifice administratif, 8845, boul.Saint-Laurent, rez-de-chaussée (réception), Montréal, à compter du mercredi 16 octobre 1991 de 8h30 à 12hC0 et de 13h00 à 16h30.Prix 50,00 S (non-remboursable) pour chaque exemplaire du 1591-10-91, par chèque visé ou mandat payable £ la STCUM.Quverti missions Siège social de la STCUM, à l'attention du secrétaire et directeur du Contentieux, 159 rue Saint-Antoine ouest 9e étage (réception), Montréal, à midi (12hOO) : 1) 1591-10-91 : 2) 1592-10-91 : Mercredi le 13 novembre 1991 ; Mercredi le 30 octobre 1991.Garantie de soumission 1) 1591-10-91 : Chèque visé ou cautionnement de 50 000 $ ; 2) 1592-10-91 : Chèque visé ou cautionnement de cinq pour cent (5%) du total soumissionné.Note Les soumissions (l'original et deux copies) doivent être présentées sur les formulaires spécialement préparés à cet effet et contenus dans les enveloppes fournies à cette fin et accompagnées de la garantie de soumission ci-haut mentionnée.La STCUM ne s'engage à accepter, ni la plus favorable, ni aucune des soumissions et n'encourt aucune obligation envers les soumissionnaires.Daniel Robert, avocat* le secrétaire et directeur du Contentieux.f Avas \u2022\\\\ is e*i p.ir les présentes donne que te contrat en date it\" W septembre 1***11 pair lequel i elalruge Sotbcc Lice a transporte el cCdC toutes se* dettes de liv re» présentes cl futures ,t i.i Italique de Montreal.u litre «le garantie, u Clé enregistre au bureau de lu Dit isioti d'I nrcgis* iremeni de Montreal, le 8 octobre 1991 sous le no 44*7225.AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans raftaito do ta faiCuo de : MICHEL LAFRAMBOISE, vendeur.riomiciliô ot résidant au 640.Joseph Dube.St-Eustacho.Quebec J7R 5J6.ayant fait affaires sous les nom et raison sociale do \u2022Lave auto mobilo enr.\" AVIS est donné quo MICHEL LAFRAMBOISE a fait cession do ses biens lo 8 octobre 1991 otquolapromiero assemblée dos creancers sura tenue lo 1or novembre 1991.10 h au buroau du syndic au 50 Placo Crômazio ouest, suite 1105.à Montréal.Montréal, ce 11 octobro 1991.JEAN FORTIN ET ASSOCIÉS .SYNDICS INC.50, Place CrcmazJo ouest, Suite 1105 Montréal (Québec) H2P2W9 (514)382-3260 AVIS LEGAL Avis est par les présentes donne que Cil-M i il hi \\i'i il ii.secretaire, demeurant au 30, 20c Avenue.St-Ambroisc de Kildare (Joliette).seule légataire universelle de son époux si.rc il noi i .en son vivant homme d'affaires, du même lieu, a accepte la succession de son époux sous benefice d'inventaire aux termes d'un acte reçu devant Me MONIQUE M \\r-SOLAIS.NOTAIRE, date du l« avril 1991 et enregistre* a Joliette le 2*> mai 1991, sous le no 100802.Un inventaire îles Nens du déTunt a etc tau devant le notaire MONIQUI \\i\\r.soi \\is.et peut être consulte a ses bureaux sis .m 435.boul.Stc-Annc.suite 206.Joliette.J6I 5AI.\\pres deux mois du présent av is.le bénéficiaire paiera les créanciers a mesure qu'ils se présenteront, selon la loi.MONIQUE MARSOI US.VOTAI RE Transports Canada Transport Canada Aéroports Airports APPEL D'OFFRES CONCESSION D'APPAREILS DE JEU AEROPORT INTERNATIONAL D'OTTAWA Transport Canada demande des soumissions pour l'exploitation d'une concession d appareils de jeu à l'aéroport international d'Ottawa, Gloucester, Ontario.Les soumissionnaires seront invités a présenter une offre financière ainsi que les renseignements pertinents touchant l'exploitation et l'entretien.L'appel d'olfres se tiendra en une seule étape et l'adjudicataire signera un bail d'une durée de quatre ans et trois mois avec Transport Canada.Pour obtenir les documents de soumission, les personnes intéressées doivent s'adresser à: Directeur, Service des matériaux et sous-traitants Transport Canada Aéroport international d'Ottawa Edifice 0-115 Gloucester, Ontario K1V9B4 Une rencontre avant soumission aura heu le jeudi 31 octobre 1991.a 10 h (heure locale), dans la salle 2334A de l'immeuble principal de l'Aéroport international d'Ottawa.Les soumissions, sous enveloppe cachetée doivent parvenir a l'adresse ci-dessus avant 14 h (heure locale), le vendredi 29 novembre 1991.Canada \t\t\t\tHMMMM \t\t\t\t n Société des alcools du Québec Appel d'offres REGIMES D'ASSURANCES DOSSIER :RH-014 Des soumissions pour des régimes d'assurance-vie, d'assurance-maladie-accident, d'assurance-invalid'rté et d'assurance-dentaire seront reçues au plus tard à 15 h (heure locale), le 7 novembre 1991, par la Société des alcools du Québec tel que stipulé au document d'appel d'offres.Le document complet d'appel d'offres est disponible gratuitement de 8 h 30 à 17 h, du lundi au jeudi inclusivement et de 8 h 30 à 12 h 30 le vendredi, aux adresses suivantes: SIÈGE SOCIAL CENTRE DE DISTRIBUTION DE QUÉBEC 905, av.de Lorimier Montréal (Québec) H2K 3V9 2900, rue Einstein Sainte-Foy (Québec) G1X4B3 Seules les sociétés ou compagnies d'assurances sont invitées à soumissionner et pourront obtenir le document d'appel d'offres.Il est expressément stipulé qu'aucune commission n'est payable relativement à ces régimes.La Société des alcools du Québec se réserve le droit d'accepter, en tout ou en partie, toute soumission reçue.De plus, elle ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et les soumissionnaires ne pourront prétendre à aucune indemnité ou compensation.&STCUM Invitation : 'SA: ¦¦¦¦ La STCUM a entrepris un processus de réévaluation de la formation technique qu'elle donne à ses futurs chauffeurs et chauffeures d'autobus, notamment pour l'obtention du permis de conduire de classe 2.Dans ce contexte, l'obtention du permis de conduire de classe 2 serait un préalable, aux frais du candidat, pour l'emploi de chauffeur d'autobus.À cette fin.la formation technique devrait donc être disponible chez des Intervenants externes capables de respecter de hautes normes de qualité en la matière.La STCUM désire rencontrer des personnes (à leur compte ou au service d'entreprises ou d'établissements d'enseignement) Intéressées à fournir cette formation lors d'une séance d'Information qui se tiendra à 19 h, le 21 octobre, au 159, rue Saint-Antoine Ouest, 10* étage, salle 1001.Place-d'Armes Vous ôtes prié de confirmer votre présence avant 12 h.le 18 octobre, en téléphonant à M.Raymond Mfchaud au (514) 210-5117.M STCUM Un choix de Société _ ' 4 .Formation technique des CHAUEEEJJLRS^d^autobus AVIS DE FUSION Prcnei .«vis que «.(il si ion LOSO inc.» *c fusionner.! A\\tx uïdH^Ah') canada inc.» en une nouvelle mkicU- devjni porter le nom île
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