La presse, 22 octobre 1991, B. Informations nationales - Arts et spectacles
[" D D Informations nationales J: A Arts et Spectacles LA PRESSE.MONTRÉAL, MARDI 22 OCTOBRE 1991 M .in \u2022 i «Plus politicien que néo-démocrate».Roy Romanow Néo-démocrate et allié de Chrétien CILLES PAQUIN du bureau de La Presse OTTAWA LW arrivée au pouvoir du néo-démocrate Roy Romanow en Saskatchewan n'augure rien de bon pour le Québec et risque bien de modifier en profondeur l'agenda constitutionnel du Canada, croit l'ex-ministre des Affaires intergouvemementales du Québec, Claude Morin.Après avoir été un allié et ami de Roy Romanow, à l'époque ou huit provinces avaient formé un front commun pour bloquer le projet de rapatriement unilatéral de la constitution de Pierre Trudeau, Claude Morin a déchanté.L'alliance entre le Québec et les sept autres provinces anglophones n'aura tenue que six mois avant que Romanow, le procureur général de la Saskatchewan du temps, n'abandonne le groupe pour conclure un pacte avec son homologue fédéral, Jean Chrétien.Cet accord secret entre Chrétien et Romanow, devait ensuite conduire, le lendemain, à ce qui est maintenant connu sous le nom de « Nuit des longs couteaux» de la conférence constitutionnelle de 1981.C'est lors de cette conférence que les neuf provinces anglophones et le gouvernement fédéral ont convenu de rapatrier la constitution sans l'accord du Québec.Ce dernier n'a d'ailleurs toujours pas donné son consentement et c'est pour l'obtenir qu'Ottawa a d'abord proposé l'accord du lac Meech et, devant son échec, soumis, le mois dernier, de nouvelles propositions visant à relancer le débat.L'un des éléments majeurs de ce nouveau projet fédéral est de reconnaître l'existence d'une société distincte au Québec.« le ne vois pas Romanow accepter l'existence ou la reconnaissance d'une société distincte au Québec si cela doit être plus que symbolique.Il est un partisan de la doctrine de l'égalité des provinces et à ce titre, refuse de voir le Québec recevoir l'ombre d'un statut particulier qui le singularise», affirme Claude Morin.D'après M.Morin, Roy Romanow a toujours été de cet avis et rien ne permet de croire qu'il soit différent maintenant qu'il accède au poste de premier ministre de Saskatchewan.Le chef néo-démocrate a d'ailleurs été très discret sur le sujet pendant la campagne électorale qui vient de se terminer.«Fils d'un immigrant ukrainien, Roy Romanow est de ceux qui pensent que le Canada a commencé dans les années 1800 et ne comprennent pas pourquoi les francophones refusent de s'assimiler comme les autres groupes minoritaires», ajoute M.Morin.Après avoir été un adversaire du projet fédéral de réforme de la constitution au nom du contrôle provincial des richesses naturelles, M.Romanow s'est rallié lorsqu'Ottawa lui a donné satisfaction.Un mois avant la conférence constitutionnelle nous sentions déjà qu'il voulait trouver un terrain d'entente avec le gouvernement fédéral même si les autres du groupe n'étaient pas d'accord, dit M.Morin.«Roy Romanow est le premier leader du NPD qui soit plus politicien que néo-démocrate; plus canadien que sas-katchewannais; plus calculateur qu'homme de principe et plus près de Chrétien que de Mulroney», lance M.Morin.Cela promet.Les francophones Sous-ministre de la Justice sous Jean Chrétien, lors de l'alliance avec Romanow en 1981, Roger Tassé soutient qu'on a grandement exagéré l'importance du rôle des deux hommes dans cette affaire.Même si Claude Morin juge que l'intervention de Romanow a été déterminante, M.Tassé soutient qu'il était en réalité davantage l'émissaire du premier ministre Allan Bla-keney, le dernier à se rallier au groupe des huit.«Roy Romanow est un homme pragmatique, intelligent et bien articulé, mais ce n'est pas lui qui va prendre la relève de Grant Devine et affirmer qu'on va tout à coup reconnaître les droits des francophones dans cette province», poursuit M.Tassé.S'il est une chose qui a décu M.Tassé, c'est justement que le gouvernement de la Saskatchewan de MM Blakeney et Romanow ait été un signataire de la Charte de droits et qu'il n'ait pas donné suite à cet engagement par la suite en accordant à la minorité française les droits scolaires promis.Associé à lean Chrétien dans le souvenir des Québécois, M.Romanow devra se situer clairement et montrer qu'il comprend les nouvelles données du débat constitutionnelle s'il veut jouer un rôle important, de conclure M.Tassé.11 aura fort à faire pour convaincre les Québécois qu'il a changé et devra peut-être donner des preuves en répondant aux voeux de ses concitoyens francophones avant de s'aventurer plus loin.En cas de séparation, les Indiens tenteront de s'approprier l'ensemble du Québec Presse Canadienne MANIWAKI Les autochtones tenteront de s'approprier l'ensemble du territoire du Québec si jamais la province se sépare du Canada, et attendront d'Ottawa qu'il protège leurs droits, a fait savoir hier le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi.«Si la province de Québec déclare ou négocie sa séparation du Canada, elle ne peut y inclure au moins les deux tiers de la province sur lesquels notre peuple revendique droit et juridiction», a déclaré M.Mercredi.Selon lui, les autochtones s'attendraient à ce que le gouvernement fédéral «se place entre nous et la province de Québec afin de protéger notre terre et nos ressources», parce que c'est le devoir d'Ottawa d'assurer le respect du traité et des droits des autochtones.«Nous n'avons jamais cédé ces terres.Nous ne les avons jamais vendues.Nous ne les avons jamais abandonnées.» Ovide Mercredi La sévère mise en garde de M.Mercredi coïncidait avec la première journée d'audiences du comité de neuf représentants des Premières Nations, qui parcourt le pays afin de connaître la position des autochtones sur la question constitutionnelle.Le comité, dirigé par Konrad Sîoui, un Huron de la région de Québec, a choisi d'entreprendre les audiences au Québec en raison des inquiétudes soulevées par une éventuelle séparation et par les nouveaux pouvoirs de Québec au chapitre des droits autochtones.La rencontre d'hier, tenue dans le gymnase d'une école de la réserve algonquine de la rivière Désert, à quelque 150km au nord d'Ottawa, a vu les autochtones exprimer leur colère et leur méfiance envers le Québec.Le chef de la réserve, Jean-Guy Whiteduck, a estimé que le Québec nie aux autochtones le droit à l'autonomie qui est recherché par la majorité francophone de la province.«Us ont complètement oublié comment une société distincte devrait se comporter si elle veut être reconnue en tant que nation», a lancé M.Whiteduck.M.Mercredi a pour sa part estimé que des événements comme la crise d'Oka et la construction du complexe hydro-électrique de la Baie James laissent les autochtones perplexes, se demandant s'ils ne seraient pas mieux au sein du Canada plutôt que dans un Québec indépendant.Le Québec, a dit M.Mercredi, ne reconnaît pas aux autochtones un statut distinct ou le droit'à la terre et à l'autonomie.«Il existe une grande tension entre la province de Québec' et notre peuple», a constaté le chef de l'Assemblée des Premières Nations.Les autochtones désirent que le Québec devienne un allié constitutionnel en affirmant de façon claire et simple qu'ils sont distincts et ont des droits inhérents à ce statut, soit celui de se gouverner eux-mêmes et celui de préserver leur culture.M.Mercredi avait également des reproches à adresser au reste du Canada.«Nous devons modifier la pensée fondamentale des systèmes légal et politique de ce pays afin qu'elle inclue notre vision (des choses), a-t-il lancé.Nous ne pouvons demeurer des étrangers dans notre pays.» Un député libéral dénonce le système d'achat d'ordinateurs au gouvernement ((Un vaste bordel», soutient Jean-Claude Gobé DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUEBEC L9 anarchie la plus complète entoure les achats du gouvernement du Québec dans le secteur de l'informatique, selon le député libéral de Lafontaine, Jean Claude Gobé.Issu de ce secteur \u2014 il fut vice-président chez Comterm avant de faire le saut en politique \u2014f M.Gobé avoue ne pas être surpris des problèmes d'Ogivar.Cette firme de Ville Saint-Laurent a bénéficié d'un prêt de 2,4 millions de la SDI à la suite d'une décision appuyée par le ministre de l'Industrie, Gérald Tremblay, prise sur la foi de bilans financiers faussés.Ogivar fait présentement l'objet d'une plainte formelle de la Commission des valeurs mobilières du Québec, au terme d'une enquête de quatre ans.Les rapports entre le gouvernement du Québec et le secteur informatique québécois «c'est un vaste bordel», lancera le député Gobé, soulignant que sur les cen- taines de millions qu'injecte le gouvernement dans l'achat d'ordinateurs et de logiciels (plus de 700 millions selon lui), une po-portion infime passe par les procédures normales d'appels d'offres.«En grande partie il s'agit de soumissions, \"sur invitation\" \u2014 quelques firmes seulement sont appelées à proposer leurs services \u2014 dans d'autres cas c'est encore plus simple, on dira tout simplement que les autres produits ne sont pas compatibles», d'expliquer M.Gobé soulignant en outre que son ancienne compagnie, Comterm, avait aussi profité des largesses du gouvernement québécois.En évitant l'appel d'offres à tous les fournisseurs, l'acheteur abandonne à toutes fins utiles le contrôle sur les prix, une influence qu'il pourrait avoir s'il y avait une saine compétition.En outre, il risque d'acheter du matériel de seconde classe.Les appareils Ogivar, par exemple, ne répondent pas aux normes reconnues pour les appareils vendus internationalement.M.Gobé, au cours des derniers mois, avait soulevé à maintes reprises en commission parlementaire l'improvisation apparente du gouvernement dans ses achats d'ordinateurs.Le ministre de l'Industrie, Gérald Tremblay, invitait la semaine dernière l'opposition, qui dénonçait l'aide apportée à Ogivar, à cesser de «taper sur la tête des compagnies québécoises».Le député Gobé ne voit pas du tout les choses du même oeil.«Sous le couvert de la fierté québécoise et de la haute technologie, on aide Ogivar, alors que cette compangie ne fait que de l'assemblage de pièces achetées ailleurs», lance M.Gobé.Par ses achats massifs d'appareils Ogivar, «le gouvernement est responsable de mousser artificiellement» la crédibilité de cette firme.Ogivar, tout comme Comterm d'ailleurs, a largement profité du Régime d'épargne actions du Québec.Pour le député Gobé, un simple coup d'oeil au prix des actions, qui a fondu comme neige au soleil, montre bien, même aux néophytes, que ces firmes ont indûment profité des épargnes des contribuables.Réunion d'urgence des provinces de l'Atlantique Presse Canadienne HALIFAX Les quatre premiers ministres des provinces de l'Atlantique ont décidé de se réunir d'urgence» demain, afin de discuter dù rajustement des paiements de péréquation effectué par Ottawa.Dans un communiqué conjoint, les quatre premiers ministres ont expli- 3ué que «le temps est venu e se tenir ensemble pour convaincre le gouvernement fédéral de la nécessité d'aider les Canadiens de l'Atlantique à rebâtir notre économie».Us ont ajouté: «D'autres réductions fédérales au Canada atlantique au cours des dernières années, l'étendue de la récession originaire d'Ontario et des réductions fédérales encore plus récentes ont laissé cette région dans une position très vulnérable».Wells accorderait au Québec un certain contrôle sur sa culture et son droit civil d'après CP Clyde Wells SAINT-JEAN-DE-TERRE-NEUVE Le premier ministre de Terre-Neuve ne s'oppose pas au concept d'un Québec constituant une société distincte et jouissant d'un certain contrôle sur sa culture et son droit civil, si l'on en croit les membres d'une délégation que Clyde Wells a reçue hier.«Il est tout à fait d'accord avec la reconnaissance, par le Canada, du caractère distinctif du Québec», a précisé Max Bernard, du Congrès juif du Canada, l'un des six membres d'une délégation multiculturelle québécoise en visite à Saint-Jean.M.Wells aurait déclaré à ses hôtes que si le Québec ne devait pas posséder des pouvoirs plus étendes que les autres provinces, il devrait au moins bénéficier de l'autorité législative sur les questions qui influent sur sa langue, sa culture et son droit civil.« 11 semble exister un malentendu sérieux \u2014 et je dois reconnaître que c'est dans cette optique que nous avions abordé cette réunion \u2014 en ce qui a trait à la position officielle de Terre-Neuve, a souligné M.Bernard.Il (Wells) est réellement d'avis qu'en ce qui concerne sa propre législation, le Québec pourrait bien avoir un rôle à jouer dans les domaines dont dépendent sa culture et sa société particulières.» Aucun commentaire n'a pu être obtenu hier du premier ministre lui-même, qui devrait émettre sa première déclaration officielle au sujet des dernières propositions constitutionnelles d'Ottawa lorsqu'il s'adressera, aujourd'hui, aux membres du comité constitutionnel de Terre-Neuve.«M.Wells n'a pas caché qu'il n'était pas en faveur d'un fédéralisme inégal, a poursuivi Bernard, mais cela n'écarte pas, à ses yeux, la reconnaissance d'une culture, d'une langue et d'un droit civil distincts pour le Québec et, partant, d'une autorité législative particulière dans ces domaines.» Clyde Wells s'était déclaré opposé à la reconnaissance du Québec en tant que société distincte telle qu'elle avait été énoncée dans l'accord du lac Meech, disant craindre que cette entente ne donne au Québec des pouvoirs législatifs particuliers.Les nouvel* les propositions fédérales définissent toutefois plus clairement le caractère distinctif du Québec.Revenu-Québec s'apprêterait à déplacer 400 fonctionnaires de Montréal vers Laval DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Le ministère du Revenu du Québec veut déplacer 400 fonctionnaires du Complexe Desjardins vers un nouveau bureau, à Laval, une décision qui soulève un tollé chez ses fonctionnaires.« Près des deux tiers des gens qui devraient être déplacés résident sur la Rive-Sud; il leur faudrait traverser toute l'Ile pour se rendre au travail », s'inquiète Rosaire Loyer, porte-parole du mou- vement de contestation à Revenu Québec, face à ce déplacement de personnel.Selon M.Loyer \u2014 aussi représentant du Syndicat des fonctionnaires provinciaux \u2014 le déménagement de la direction de la vérification du ministère vers Laval est officielle depuis le 18 septembre.Tout récemment toutefois, les employés apprenaient que l'édifice où on comptait les envoyer n'était pas conforme aux besoins de la direction \u2014 qui doit accueillir des contribuables.«C'est très grave, c'est la moitié d'une \"shop\" Angus qui va encore échapper à il i\\ il i 111 Wl I \\ flU A EN VENTE ALASNF DUÏ1 OCTOBRE AU «I NOVEM Montréal », lancera le député péquiste de Gouin, André Boisclair, qui devait rencontrer les porte-parole des fonctionnaires hier soir.Une version différente Pour le député libéral de Saint-Louis \u2014 où se trouve le Complexe Desjardins \u2014 M.lacques Chagnon, il n'a jamais été question de déplacer 400 fonctionnaires du Revenu du centre-ville vers Laval.«Ce qu'on m'a expliqué il y a un mois c'est qu'un nouvel édifice, à Laval, servirait aux anciens fonctionnaires fédéraux qui passeront sous la responsabilité de Québec pour percevoir la TPS».En outre 200 fonctionnaires du ministère québécois travailleront à Laval, mais il s agira de nouveaux employés, soutient M.Chagnon.Le ministre du Revenu, M.Raymond Savoie, en tournée dans son comté d'Abitibi, n'a pu être joint hier.Pour M.Loyer, les déplacements d'em- Ïtloyés devraient se faire sur une base vo-ontaire, comme ce fut le cas au ministère du Revenu à Québec.Derrière tout ces déplacement M.Loyer dit percevoir les projets de Québec et d'Ottawa de fusionner dans un proche avenir l'ensemble de leurs structures au Québec.Les intentions de Revenu Québec furent vertement dénoncées par le député péquiste Boisclair, pour qui ce geste serait diamétralement opposé au discours public du gouvernement.«Au lieu d'envoyer des gens de Montréal vers Laval, on devrait faire l'inverse», de lancer M.Boisclair.«Est-ce que c'est ça l'idée qu'on se fait de la relance de Montréal?» a-t-il poursuivi, rappelant l'inquiétude des édiles municipaux montréalais devant l'apparition d'une zone de sous-développement économique au centre de la métropole \u2014! le «trou de beigne».PmonnelUmenty '* moL.c'est ta SNF NOVEMBRE PROCHAIN Pour de plus en plus de gens, la bonne planification financière passe par l'utilisation judicieuse de leur marge de crédit personnelle SNF.Simple et pratique, notre marge de crédit vous laisse pleine latitude quanta son utilisation et son remboursement! Montréal - centre-ville: (514)844-2050 1-800-361-8625 Laval: (514)687-7360 Sillery-av.Maguire: (418)681-1550 SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE GOOUPtMW Aj Mf*ct flti Québécois depuis plut d« 70 «ru 35 B2 LA PRESSE.MONTRÉAL, MARDI 22 OCTOBRE 1991 -Éditorial La Presse Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef c « \u2022 I I » La longue marche qui commence à Madrid r t ! \u2022 sraèl et ses principaux adversaires arabes seront réunis la semaine prochaine dans une conférence à Madrid sous les .J.auspices des États-Unis et de l'Union soviétique.Cet événement est aussi spectaculaire et presque aussi encourageant que quand le président égyptien Anouar el-Sadate s'est rendu à Jerusalem pour s'adresser au Parlement israélien en 1977.Il faut insister sur le mot presque parce que, à l'époque, M.Sadate et Mme Golda Meir avaient clairement l'intention de négocier de bonne foi.Aujourd'hui, plusieurs pays, dont Israël, ont dù se faire tordre le bras par les États-Unis pour assister à la conférence de Madrid.C'est en effet un succès remarquable de la diplomatie américaine et de la persévérance du secrétaire d'État, James Baker.Même avant la victoire américaine sur l'Irak dans la guerre du Golfe, celui-ci avait compris que la fin de la guerre froide offrait une occasion unique de résoudre les problèmes mondiaux les plus ardus, à commencer par celui du Moyen-Orient.Tous les pavs du monde sont obligés de revoir en profondeur leurs relations extérieures à la suite du nouvel équilibre des forces dans le monde.Les esprits sont, par conséquent, souples et prêts à s'adapter à de nouvelles situations et à participer à de nouvelles initiatives.Dans quelques années, le monde sera peut-être retombé dans une nouvelle routine et sera peut-être accablé par de nouveaux problèmes.Une conférence n'aurait alors pas plus de chance de réussir qu'il y a quatre ou cinq ans.Sur le terrain, toutefois, le changement est moins perceptible.Avant-hier, plusieurs soldats israéliens ont été tués dans un attentat au Sud du Liban.Hier, l'aviation israélienne a fait une sortie de représailles au Liban.Il y a manifestement des gens qui ne sont pas prêts à se mettre à table pour négocier la paix.Le gouvernement israélien en particulier insiste sur le fait qu'il ne fera aucune concession qui affaiblit sa sécurité.La diplomatie américaine consiste à faire sentir aux antagonistes à quel point la situation au Moyen-Orient a évolué depuis deux ans.Avec le départ du gros des forces américaines du Golfe, l'armée israélienne est de loin la plus puissante dans la région.Israël ne doit donc pas négocier d'une position de faiblesse.Mais les États-Unis ont montré que leur intérêt prépondérant dans la région n'est plus de maintenir coûte que coûte le lien avec Israël - l'unique allié stable.Washington est désormais capable de comprendre les intérêts des pays arabes et même de former une coalition militaire avec eux.Les États-Unis ont donc l'influence et le prestige nécessaires pour convoquer une conférence avec l'appui de l'Union soviétique et l'accord de la Communauté européenne et des Nations unies.Pour les Arabes, il s'agit de l'occasion d'obtenir par la diplomatie ce qui a toujours échappé à leurs armes: la sécurité de leurs États et la fin de l'humiliation incessante des Palestiniens tant par les Israéliens que par leurs «amis» arabes.Pour Israël, c'est l'occasion d'entamer des négociations bilatérales avec ses voisins dans le but de trouver une «garantie pacifique» de sa sécurité et pour régler la multitude de petits problèmes que tout pays doit résoudre et que de bons voisins résolvent généralement d'un commun accord.Après le voyage d'Anouar el-Sadate à Jérusalem, il avait fallu dix-huit mois de négociations intenses avec l'aide inlassable du président Jimmy Carter pour parvenir à un accord de paix.Le processus qui commence à Madrid sera au moins aussi long et aussi laborieux.Le monde commence à s'habituer à des changements fulgurants sur la scène internationale.À peine quelques années ont suffi pour démanteler le communisme soviétique et l'apartheid sud-africain - ces deux piliers inébranlables d'un monde divisé en camps retranchés.Mais au Moyen-Orient, c'6St différent.Aucune des puissances en présence ne s'effondrera, mettant ainsi fin à tout conflit.Il s'agira plutôt de tisser des liens étroits qui auraient normalement dû évoluer graduellement et paisiblement au cours des 50 dernières années.Frédéric wacnièrb i « i t ¦ ¦ k I i 8 ¦ Le mausolée olympique Le président de la RIO, Pierre Bibeau, rêve du jour où le mât du stade olympique symbolisera Montréal, au même titre
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