La presse, 28 octobre 1991, Cahier A
[" MONSIEUR fluffier LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D AMERIQUE Aujourd'hui: généralement ensoleillé et frais.Minimum -3° Maximum 7° Demain: généralement ensoleillé et frais, détails cahier sports \u2022MONTRÉAL, LUNDI 28 OCTOBRE 1991 108e ANNÉE N°9 56 PAGES, 4 CAHIERS Iles de La Madeleine: 1.00 50* Taxes en sus Aujourd'hui SO LES TWINS O CHAMPIONS Les Twins du Minnesota deviennent les champions de la Série mondiale 1991 en battant les Braves d'Atlanta 1 à 0 à la 10e manche du septième match.Bl TPS Un sondage Gallup révèle que 71 p.cent des Canadiens estiment qu'il faut abolir la TPS, tandis que 26 p.cent la considèrent comme une source nécessaire de recettes.B5 CINÉMA Le Visage secret, du Turc Orner Ka-vur, a obtenu le prix de la meilleure découverte décerné par le jury du Festival international du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal.C4 AUTOMOBILE Les Civic de la nouvelle génération possèdent les mêmes qualités que les précédentes, conduite nerveuse et nervosité des groupes moteurs alliés à une bonne tenue de route.A10 MADRID Arabes et Israéliens affichent une divergence totale sur le principe de «la paix contre les territoires», à trois jours de l'ouverture de la conférence de paix de Madrid.Sommaire ¦ ¦al I Annonces classées immobilier.B7 à B10 marchandises.'.B10 emplois.B10 et B11 automobiles.B11 et B12, C10 propositions d'affaires.C3 Arts et spectacles informations B4aB6 cine-hornire.B6 tcie* h oroirc.\u2022\u2022\u2022*\u2022\u2022\u2022.B 5 television.\u2022\u2022._______B4 Bandes dessinées.B11 Bridge.B11 Décès.C11 .Économie.Cl à C5 4 Étes-vous observateur?.B7 Feuilleton.:.B9 Horoscope.B8 L auto.£4 à C9 Le monde.A10.C12 Loteries.A4 Mot mystère.B12 Mots croisés.CIO Ouoi faire.A12 SPORTS Philippe Cant in.S5 .4 V Fini le transport en commun à volonté 50 voyages/mois avec la carte débit de la STL; il en coûtera plus cher aux heures de pointe JEAN-PAUL CHARBONNEAU Les utilisateurs du transport en commun de la région métropolitaine sont à la veille de perdre le privilège de voyager à volonté et à tarif réduit avec leur carte mensuelle.Les sociétés de transport de la CUM, de Laval et de la Rive-Sud s'apprêtent en effet à adopter une «carte débit mensuelle» qui permettra aux usagers de voyager un certain nombre de fois dans un même mois, a appris La Presse.La Société de transport de Laval (STL) sera la première à utiliser ce nouveau système, a confir- mé hier le président de la STL, |ean-|acques Beldié.La Société de transport de la Rive-Sud de Montréal (STRSM) suivra, puis ce sera au tour de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM).La STL est actuellement devant le ministère des Transports afin d'obtenir des subventions pour l'achat de nouvelles boîtes de perception.«|e pense que le nouvel équipement sera installé vers le mois de juin», lance Jean-Jacques Beldié, qui assure que ses partenaires au Conseil métropolitain de transport (CMT) vont adopter sous peu le même projet.L'implantation sera plus longue à la STCUM à cause du métro où l'on ANNE RICHER rencontre.COON COME « Changer le cours d une rivière est abominable » es fleurs et des arbres, des bêtes, du langage des saisons et du flot des rivières, il semble tout connaître.Pour les raconter, il reste maître de sa voix.Des temps de silence et des temps d'emportement, entrecoupés d'éclats de rire vifs comme une flèche.Matthew Coon Come, 35 ans, est le grand chef du frand Conseil des Cris du Québec, rompu à la négociation, résolu.Il a de la constance et du courage.Depuis 14 ans, il représente les siens, les 11000 Cris regroupés en neuf communautés, affirme leurs droits, fait obstacle par tous les moyens légaux à sa disposition au projet Grande-Baleine.11 veut protéger la terre de ses ancêtres, vieille de 5000 ans, pour la transmettre en héritage aux enfants.Habitué à «voir plus loin que le bout de son nez», comme le lui répète un oncle, le projet Grande-Baleine a pour lui un impact qui dépasse largement les frontières de Grand Nord.C'est un homme calme qui cherche avant tout à se faire bien comprendre.Patient, doux, attentif à son interlocuteur, il ne se laisse distraire et attendrir que par un enfant.Il est rieur.11 est taquin.Et passionné par son travail.La main sur le coeur quand il veut s'expliquer, révèle de grands doigts noueux de jeune chêneau.Le geste et le corps semblent aux aguets, et le regard noir prend d'étranges reflets comme un feu qui couve.Le jeune chef est maigre et les Cris protecteurs, qui favorisent un peu plus de chair sur les os, l'encouragent à grossir en lui conseillant une diète riche en caribou et castor.Leur chef est un sportif: hockey, jogging.C'est un tempérament actif qui lui fait conserver cette silhouette juvénile.«Je ne suis pas du genre à méditer sur une pierre, au clair de lune.Je n'ai pas le temps», dit-il en riant.Et avec une toute petite pointe de regret: «J'ai eu des responsabilités tellement tôt que parfois j'ai l'impression de ne pas avoir eu de jeunesse.» PHOTO PAUL HENRI TALBOT L.l Presse voir rivière en a 2 Pour Sarah, 3 ans, le grand chef Matthew Coon Come, c'est d'abord son père.retrouve un grand nombre de boites.Quand cette nouvelle politique sera en vigueur, le seul privilège qu'auront les utilisateurs de cartes mensuelles sera de ne pas avoir à conserver de la monnaie dans leurs poches pour monter à bord d'un autobus ou du métro.voir transport en a 2 Pas d'entente aux Postes d'après Canadian Press OTTAWA algré la menace de l'adoption d'une loi spéciale, les négociateurs de la Société canadienne des postes et du Syndicat des postiers n'étaient toujours pas parvenus à s'entendre, tard hier soir, sur le renouvellement de la convention collective des postiers.Après avoir passé la journée a étudier point par point les dernières offres de la société d'État, déposées dans la nuit de dimanche, les négociateurs et le président du syndicat, M.Jean-Claude Parrot, ont opposé tard hier soir une fin de non-recevoir aux propositions patronales.« 11 ne nous a rien donné», a déclaré, découragé, M.Harold Dunstan, vice-président responsable des ressoruces humaines de la Société des postes, faisant allusion à la réponse faite à l'offre patronale.Les deux parties ont convenu cependant de se rencontrer aujourd'hui, même si le ministre du Travail les a menacées vendredi d'une loi spéciale s'ils ne parvenaient pas à une entente négociée.Rien de précis n'est à l'ordre du jour pour aujourd'hui.M.Dunstan a dit que M.Parrot n'avait formulé aucune contre-proposition.«Nous pensions avoir une réponse.Nous n'avons eu aucune réponse.C'est un peu difficile à comprendre.» Pendant ce temps, le projet de loi qui interdirait toute grève ou lock-out et soumettrait un règlement à l'arbitrage demeurait une priorité au feuilleton de la Chambre des communes pour aujourd'hui.Le ministre du Travail, M.Marcel Danis, avait prévu présenter vendredi aux Communes le projet de loi spéciale qui impose le re- voir postes en a 2 Poussée de la droite et des communistes aux élections en Pologne d'après AFP et UPI VARSOVIE a droite nationaliste et catholique, ainsi que les excommunistes ont été les grands gagnants des élections parlementaires d'hier en Pologne, mettant ainsi en question la poursuite des réformes radicales entreprises depuis 1989 par les gouvernements de Solidarité.À l'issue des premières législatives libres en plus de 50 ans, marquées cependant par un taux d'abstention de quelque 60 p.cent, l'Union démocratique (UD) de l'ancien premier ministre Tadeusz Mazowiecki est arrivé en tête avec 13,46 p.cent des voix, selon les projections réalisées par l'institut allemand Infas.M.Mazowiecki s'est déclaré prêt à former une coalition gouvernementale afin de «continuer résolument les réformes, d'assurer la stabilité de la monnaie et d'améliorer le niveau de vie des plus démunis».Mais avec ses 76 sièges* l'Union démocratique se retrouve toutefois bien seule, son allié naturel, le Congrès libéral (KLD) de l'actuel chef du gouvernement Jan Krzysztof Bielecki, étant crédité d'une mauvaise septième position avec 7,5 p.cent des voix et 39 sièges sur les 460 que compte la Diète (chambre des députés).Même en comptant sur le soutien de Solidarité (5,8 p.cent des voix \u2014 28 sièges), la recherche d'une coalition stable s'annonce comme une tâche particulièrement ardue pour le parti de Mazowiecki.À la télévision, M.Mazowiecki a déclaré espérer que «tous les partis issus de Solidarité entreprendraient des pourparlers avec nous».«Nous n'excluons personne», a-t-il dit.Toutefois, la dizaine de partis issus du syndicat de Lech Walesa sont aujourd'hui profondément divisés, en particulier sur le rythme des réformes VOIR POLOGNE EN A 2 M.-Y.Côté a débloqué 500000$ pour construire une route inutile de 2 km Cette route dessert un projet immobilier de Jean-Noël Lavoie ANDRÉ NOËL lors qu'il était ministre des Transports, Marc-Yvan Côté a renversé une décision de son sous-ministre et débloqué une.subvention d'environ 500 000 S pour la construction d'une route desservant un projet de développement immobilier dirigé par l'ex-député libéral Jean-Noël Lavoie, selon des documents obtenus par La Presse.La route, terminée l'automne dernier, serpente sur deux kilomètres derrière Val-Morin et Val-David, au nord de Montréal, dans les terrains de la compagnie Les développements Equitas Inc.La compagnie projette de construire à cet endroit un développement domiciliaire mais, pour l'instant, aucune maison ne borde la route.L'administrateur de la compa- Ïnie en charge du projet est Jean -îoél Lavoie, ancien maire de Laval, ancien député libéral et exprésident de l'Assemblée nationale dans le premier gouvernement Bourassa.La route, bien pavée, réunit deux chemins de terre isolés dont l'un finit en cul-de-sac.Elle est si peu fréquentée qu'elle n'a pas été déneigée l'hiver dernier.Plusieurs résidants des alentours i-gnorent même son existence.Le gouvernement provincial paiera 80 p.cent des coûts de construction \u2014 soit environ 500000$ \u2014 et Les Développements Equitas paieront le reste par le biais d'une taxe municipale de secteur, ont indiqt ï les secrétaires-trésoriers de Val-Morin et de Val-David.De son côté, Jean-Noél Lavoie a dit à La Presse que la route a coûté 800000$ et que la contribution de son groupe s'élevait à environ 300000$.«On prévoit un développement de 150 millions dans le secteur; c'est normal de recevoir une aide gouvernementale», a-t-il dit.Subvention inhabituelle Les fonctionnaires du ministère des Transports se sont cependant opposés à cette subvention Ï>1 utôt inhabituelle.Us ont fait va-oir que rien ne pouvait justifier le financement d'une route oui ne servait à personne, sauf aux futurs résidants du développement projeté d'une compagnie privée.11 est plutôt rare de voir le ministère des Transports subventionner un projet de développement domiciliaire.Le 31 août 1987, le président d'Equitas, Mario Spino, a signé une lettre adressée à Marc-Yvan Côté dans laquelle il demandait une subvention au ministère des Transports pour «financer la construction d'une route intermunicipale entre les deux municipalités sur une distance de deux kiilomètres.l'emprise de cette route devant être cédée gratuitement par notre société».M.Spino a refusé de répondre aux questions de La Presse, indiquant.que le maître d'oeuvre du projet était son associé, Jean-Noél Lavoie.Le ministère des Transports a un programme qui lui permet de financer des liens intermunicipaux.Mais, après avoir étudié le dossier, Gilles Plouffe, directeur régional du ministère des Transports, a affirmé que la route ne pouvait pas du tout constituer un nen intermunicipal, ce qui rendait impossible toute subvention.«Le raccord entre le chemin du Lac LaSalle et le 1er Rang Don caster ne deviendra jamais un lien intermunicipal, en ce sens qu'il ne servira qu'aux résidants actuels et à venir», a écrit M.Plouffe dans un rapport adressé au .suite a la pace a 5 * ai sis r » i 1 êêâ Un vin disponible en rouge et blanc, formats 500 ml_ et IL ,v to &/ \\ to s?/, EN ÉPICERIE J A2« LA PRESSE.MONTRÉAL, LUNDI 28 OCTOBRE 1991 SUITE DK LA UNE TRANSPORT «ni le transport en commun a volonté Déjà en vigueur en Hollande et en Suède, la carte débit permet aux sociétés de transport de déterminer combien de fois un détenteur utilise l'autobus et le métro.Jean-Jacques Bcldié a précisé que la carte mensuelle sera bonne en moyenne pour 50 voyages.«Par cette mesure, précise-t-il, nous voulons empêcher qu'une même carte serve à toute la famille, comme c'est souvent le cas actuellement.» Les heures de pointe En outre, voyager aux heures de pointe reviendra plus cher, puisque la carte d'un usager qui circule durant ces périodes expirera plus rapidement qu'un autre qui voyage à 11 h, à I4h ou à 21 h.M.Beldié a aussi mentionné qu'une campagne sera bientôt entreprise auprès des usagers lavai-lois pour les inciter à ne pas voyager en périodes de pointe si ce n'est pas nécessaire.«Nous allons également rencontrer les groupes de l'âge d'or afin de sensibiliser leurs membres à voyager à toutes les heures de la journée, à l'exception de ces heures», a-t-il ajouté.Le président de Transport 2000, M.Guy Chartrand, considère cette série de mesures comme normale, surtout dans le contexte actuel de la crise des finances municipales au Québec.«C'est déplorable, mais c'est tout à fait compréhensible.Non, cette décision ne me surprend pas du tout.11 reste que tout cela découle dé la réforme du ministre Ryan.» M.Chartrand émet aussi des doutes quant à la tarification supplémentaire pour les utilisateurs des périodes de pointe.«Comme la plupart des gens voyagent durant ces heures, pour se rendre au travail, j'ai l'impression que la STL veut imposer une nouvelle augmentation déguisée.» Rappelons que la carte mensuelle de la STL, qui coûtait 37$ en 1990.vaut 45 S a l'heure actuelle.Enfin, un membre du conseil d'administration de la STCUM, Abe Limonchik, a nié que la STCUM ait déjà adopté la carte débit.«Nous cherchons un nouveau système de perception qui nous permettra d'aller chercher plus de revenus.Nous étudions plusieurs projets, mais nous n'avons pris aucune décision finale», a-t-il laissé savoir.M.Li- r- monchik a ajouté que la STCUM allait d'abord «traverser la crise» (conflit avec le?» employés d'entretien, adoption tumultueuse du prochain budget, etc.) avant de passer au nouvelles formes de tarification.La Presse a tenté en vain de joindre le président de la STRSM, Hugues Aubertin.Par ailleurs, le président du CTM, Robert Perreault, serait d'accord pour hausser la carte mensuelle régionale à 65$ et même davantage (elle se vend actuellement 52$) mais, en retour, il aimerait que la STCUM ait un droit de regard sur le coût de la tarification locale, ce que refusent les dirigeants de la STL et de la STRSM, qui ne veulent pas perdre leur autonomie.?POSTES Pas d'entente aux Postes cours à l'arbitrage pour régler le conflit, après que le médiateur Alan Gold se fût retiré des négociations.Le ministre avait toutefois accepté d'en retarder la présentation à aujourd'hui afin d'af corder au syndicat et à la société d'État un dernier week-end pour leur permettre d'en arriver à une entente.Tant le syndicat que l'employeur ont estimé samedi que des progrès importants avaient été réalisés, alors que les deux équipes de négociation se sont réunies pendant pratiquement toute la journée.Aucune des parties n'a voulu dévoiler de quels enjeux il s'agissait.On sait toutefois que le recours à l'arbitrage pour régler les griefsfaisait partie du nombre.' Les postiers sont sans convention collective depuis le 31 juillet 1989.?POLOGNE Poussée de la droite et des communistes aux elections polonaises économiques, alors que les Polonais ont clairement montré une nouvelle fois hier qu'ils étaient las de se serrer la ceinture.La politique menée depuis deux ans par le ministre des Finances Leszek Balce: owicz est la cible à la fois d'un bloc de partis démocrates-chrétiens, comme l'Alliance du centre (POC) d'une secours JEAN-PAUL CHARBOWNEAU ¦ Le gouvernement fédéral épongera une partie du déficit de la Société de Transport de Laval, en 1992, a appris La Presse, hier.Le maire de Laval, Gilles Vaillan-court, a en effet indiqué que les non-résidentiels auront à payer une taxe spéciale «transport en commun».Par non-résidentiels, on identifie tout organisme ayant des immeubles dans le territoire de l'île lésus.Cela signifie donc qu'avec son complexe pénitencier (Saint-Vincent-de-Paul), le gouvernement d'Ottawa paiera des redevances de près d'un million de dollars annuellement.Samedi, 320 délégués du Parti du ralliement officiel des Laval-lois ( PRO), dont le chef est Gilles Vaillancourt, se sont réunis pour faire connaître leurs commentaires sur le transport en commun et sur le prochain budget de la municipalité qui sera déposé le 9 décembre.\u2022 «Les délégués nous ont recom- au la STL mandé de couper des circuits si nécessaire afin d'alléger le fardeau fiscal de la STL», a dit le maire.* * * \u2022 Normalement, cette réunion annuelle a lieu seulement quelques jours avant le dépôt du budget, soit à la fin de novembre.« Mais parce que Laval doit préparer le plus important budget de son histoire, principalement à cause des implications de la réforme Ryan, il a été décidé d'avance de la tenue de ce colloque pour avoir l'opinion de nos membres.Ils nous ont suggéré de couper au maximum pour que le contribuable n'ait pas trop à débourser en plus.Nous voulions abolir 35 postes de fonctionnaires, ils nous en suggèrent 75.Us veulent aussi que l'on coupe dans les fleurs plantées un peu partout dans l'île et dans les patinoires extérieures», a expliqué M.Vaillancourt.À la fin de l'entrevue, le maire a mentionné que tout sera mis en oeuvre pour que la facture des La-vallois en 1992 soit haussée seulement de l'équivalent du taux d'inflation qui devra se situer à environ 7,5 p.cent.part, et des ex-communistes et de leur allié, le Parti paysan, d'autre part.Les ex-communistes de l'Alliance de la gauche démocratique, avec 51 sièges (12,9 p.cent), arrivent en deuxième position pour le nombre de sièges, leur ancien satellite, le Parti paysan, obtenant 49 sièges tandis que l'Alliance du centre, créditée de 50 sièges, sera le troisième groupe dans la nouvelle Diète, selon les projections.Tous ces partis accusent M.Bal-cerowicz d'avoir provoqué la récession dans le pays en privilégiant la lutte contre l'inflation et le déficit budgétaire, une politique élaborée sous la houlette du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.Wlodimierz Cimoszewicz, tète de file des ex-communistes, a ainsi indiqué hier soir que «la gauche va soutenir les programmes qui vont moderniser l'économie, mais pas à n'importe quel prix».De son côté, M.Jacek Maziars-ki, un des dirigeants du POC, pessimiste, a affirmé qu'«il n'y a pas de vainqueurs, il n'y a que des vaincus.Et celle qui perd, c'est la Pologne, parce qu'on n'arrivera pas à former une coalition stable pour soutenir un gouvernement».Les premiers résultats partiels ont confirmé l'extrême éparpille-ment des voix, ainsi que 1 écart de plus en plus faible séparant les excommunistes et l'Union démocratique, arrivée en tête.Tous les hommes politiques et commentateurs soulignaient le danger d'instabilité qui guettait la Pologne.Piotr Nowina-Konop-ka, un des dirigeants de l'UD, a ainsi affirmé que «si on ne parvient pas à former une coalition, les réformes sont en danger».Le président Lech Walesa, qui est chargé par la constitution de désigner le nouveau premier ministre, va ainsi se trouver devant un choix délicat, en raison notamment du mauvais résultat des libéraux.Il a en effet publiquement appuyé, avant le vote, son premier ministre Krysztof Bie-lecki, qu'il aurait aimé reconduire à son poste, en même temps qu'il laissait transparaître son peu d'empressement envers M.Mazowiecki.Selon la constitution polonaise, si on ne parvient pas à former un gouvernement dans les trois mois, le président a le droit de dissoudre le parlement, entraînant de nouvelles élections.\u2022 Les résultats partiels ont confirmé la poussée de la droite: la Confédération pour une Pologne indépendante-KPN (9,1 p.cent des voix), l'Action catholique (9,4 p.cent), un bloc de partis soutenus par la hiérarchie de l'Église catholique, et le parti démocrate-chrétien de l'Alliance du centre, proche de Lech Walesa (8,8 p.cent).?La Quotidienne tirage de samedi à trois chiffres à quatre chiffres 364 6451 Matthew Coon Come, sa femme Marie-Anne et sa fille Sarah.I ABONNEMENT LO \u2022wfYlCO Qf*9 ¦DOfmwnCTllS S il ouvert du lundi au vendredi d« 7h è 17h30 1 RÉDACTION I PROMOTION COMPTABILITE Annonce» cUjjw 285-6911 285*7070 285-7100 285-6892 285-6900 ANNONCES CLASSEES Commindts ou corrections lundi tu vendredi de 6h.à 17h.285-7111 | GRANDES ANNONCES DttsMents Nsttonsl, Télé Pfoin Vacanctt, Voyaoee CM liera i et protestions, nomine Mom 285-7202 285-7306 285-7265 285-7320 I I I I I | LA PRESSE est publiée par LA PRESSE.LTEE.7.rue Saint-Jacques.Montréal H2Y1K9.Seule la ¦ Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de «LA PRESSE» et celles des i I services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations I particulières à LA PRESSE sont également réservés.\u2022Courner de la deuxième classe \u2014 Enregistrement: numiro 1400- Port d« retour garanti.| ; ChampUIn N.Y.12919-1 $18.| RENSEIGNEMENTS 285*7272 ,-\u201e- i i i i | LUNDI 44-1-01 l l l l l l l l j_ 28 OCTOBREJ991____._ __________) Le Koweit aura éteint sous peu tous ses puits de pétrole incendiés Agence tninve-Presse KOWEÏT ¦ Grâce à la concurrence internationale et une logistique améliorée, le Koweït espère venir à bout des incendies de ses puits de pétrole dès le début de novembre, soit plusieurs mois avant la date' prévue de mars 1992.La concurrence s'est accrue pour l'extinction des puits, incendiés par les troupes irakiennes avant leur retrait de l'émirat en février dernier.Le nombre d'équipes de pompiers du feu est passé de quatre en août \u2014.Américains et Canadiens\u2014 à 27 actuellement, de plusieurs nationalités dont des Chinois et des Iraniens.Certains Américains ouvrent de grands yeux pour regarder les Hongrois, mais aussi maintenant les Roumains et les Soviétiques, utiliser des moteurs de Mig 21 montés sur des tanks ou des camions pour souffler les feux.Les membres des quatre premières équipes, dont la célèbre firme du Texan Red Adair, estiment cependant que leurs méthodes prudentes consistant à noyer les puits avec de l'eau reste la plus sûre et la plus efficace contre les gros incendies.«C'est à qui éteindra le plus de puits», observe Alan Brambaugh, un Américain travaillant pour la société française Horwell.«Lorsque la.concurrence s'est installée, les choses ont commencé à aller vite»,ajoute-t-il.Dans les champs pétroliers de Rawdatayn (nord) et de Burgan (sud), 28 puits au total continuaient a brûler hier sur plus de 700 incendiés par les troupes irakiennes.Rythme d'extinction Les responsables koweïtiens avaient fixé l'échéance de mars prochain pour l'cxtinccion de tous les feux» qui a commencé en mars et atteignait en juin le rythme de deux puits par jour seulement.7* «Changer le cours d'une riviere est abominable» II a un penchant pour l'ailégorie, il est poète, il est philosophe.Il lit d'ailleurs de la poésie et quand il chante, en prenant sa guitare parfois dans l'intimité, c'est en langue crie, une improvisation sur la vie, la nature.Dieu, l'amour.11 est heureux d'expliquer d'où il vient, le cheminement qui l'a mené aux responsabilités d'aujourd'hui.Sa naissance et son enfance sont des amarres.«C'est une force, on peut s'accrocher à ces valeurs éternelles.» «Mes parents sont partis de Mistassini en direction du sud du lac, environ 16 kilomètres plus loin, en traîneau tiré par des chiens.Il y avait encore de la neige.À mi-chemin, ma mère dit à mon père: le crois que l'enfant va naître.Mon père a dressé la tente, allumé le feu, allongé une couverture sur le sol.Il n'a pas eu le temps de fixer les bords de la tente, je suis né là, naturellement, en plein bois.» 11 a vécu jusqu'à l'âge de 16 ans sous la tente avec ses parents et ses trois soeurs.A subi l'école obligatoire des Blancs, école anglophone.Son pere, «un visionnaire», l'y a maintenu malgré lui: «Tous mes amis abandonnaient à la fin du primaire.Mon père m'a dit: Il y a des choses qui se préparent.Us vont couper des arbres, bâtir des villes, des barrages.Nous avons besoin de jeunes gens qui connaissent les Blancs et leur façon de faire.L'instruction est un outil.» Il a 16 ans justement, quand Robert Bourassa et Hydro-Québec annoncent le projet de la Baie lames.Il est du petit nombre de la bande qui sait lire les journaux.Les nouvelles arrivent là-bas, inquiétantes, mystérieuses.Les experts d'Hydro-Québec parlent d'inonder des terres, de construire des aéroports, des routes, des lignes de transmission, de creuser des trous pour le gravier, d'établir des campements de travailleurs.« Mais c'est quand on a parlé de barrages que tout le monde a compris; les castors construisent des barrages.» Us se sont réunis.«C'était l'été, l'entendais les femmes, les vieux, parler de leur relation avec la terre, la montagne.le me suis levé et j'ai parlé à mon tour.De la terre qui est sacrée, qui est mémoire, terre de nos pères, des bêtes libres.Je me suis senti transporté.» Mais son père le prend à part: «Tu es allé à l'école, mais tu ne sais rien.Tu parles comme l'homme blanc qui peut expliquer avec des mots comment nous vivons.Nous seuls savons.Tu ne connais rien de la chasse, ni de la pêche.Je vais t'enseigner maintenant comment on vit; je vais t'apprendre la nature, la forêt, l'eau.» Il parfait son instruction, fréquente l'université et ce n'est qu'au début de la vingtaine que Matthew Coon Come peut prendre un long congé et retrouver les sentiers, les pistes, la vie sauvage.Il a trois jeunes enfants à l'époque et les entraîne dans cette expédition.Avant de partir il consulte une carte.Son père la déchire.«Les hommes blancs qui sont du Sud font des cartes.Mais ils n'ont jamais mis les pieds sur la terre du Nord.Us ne la comprennent pas, n'en connaissent pas les mouvements.Je vais t'apprendre la forme des pierres, le langage des parois escarpées, celui du vent, de l'inclinaison des arbres.Tu n'auras plus besoin de carte.» «Viens avec nous»,'dit le fils à son père.^ de route Matthew Coon Come Né au lac Mistassini le 13 avril 1956 Études aux universités Trent et McGill: en études indiennes, sciences politiques, économie, philosophie et Droit.Depuis 1987, grand chef et président du Grand Conseil des Cris du Québec.«Comment apprendras-tu à survivre si je suis toujours là?» Le jeune grand chef survit et s'engage à entraîner son peuple avec lui.Sa voie est tracée d'avance.«Chaque homme a son destin, mon temps est venu.Mon père m'a avoué récemment que j'étais issu d'une lignée de chefs.Il le savait depuis toujours.» Père de cinq enfants dont l'aîné a 14 ans et le bébé sept mois, Matthew et Marie-Anne, sa femme, viennent d'emménager en banlieue de Hull pour perincitre au père d'être plus souvent à la maison.Les trois enfants d'âge scolaire vont à l'école du quartier, en français.«Bien des Cris ont pris la décision d'envoyer leurs enfants à l'école francophone.Dans dix ans, les Cris seront nombreux à parler français et ainsi à mieux communiquer.» «|e suis un Québécois.le ne pourrais vivre nulle part ailleurs.|e ne pourrais pas, comme un autre habitant de ce pays, faire ma valise et partir à Toronto, advenant la séparation du Québec, par exemple.Si je m'identifie tant à mon territoire, c'est que mes racines sont là.» Son travail de leader, de lutte et de sensibilisation l'entraîne autant à Val d'Or, Ottawa, Montréal qu'aux États-Unis et parfois même en Europe.Son fils Ryan |ob, cinq ans, qui le voyait prendre l'avion souvent, s'est exclamé: «Ah, je comprends le travail que tu fais: tu es pilote d'avion!» Pour le chef de la famille, ce père tendre qui vole au secours de Sarah qui pleure, la vie familiale est sacrée, et il se doit d'être là le plus possible.«Comment peut-on administrer une nation si on ne sait pas prendre soin de sa propre famille?» Et sur le couple, le mariage, le chef est catégorique: « Un homme est incomplet sans une femme, ils forment une équipe.» La vie tout simplement, mais aussi sa plus haute forme: la spiritualité.«Le respect pour Dieu entraine le respect pour l'homme.Où donner de son sang 9 Aujourd'hui* la Croix-Rouge attend les donneurs aux endroits suivants: \u2022 Montréal: au Centre permanent de la Croix-Rouge, 3131, rue Sherbrooke Est, de 9h à 18h; à l'aile U-l de l'Université de Montréal, 2900, boul.Édouard-Mont-petit, de lOhà 16 h; \u2022 Laval-des-Rapides: à l'agora du cégep Montmorency.475, boul.de l'Avenir, de 10 h a 16 h 30; \u2022 Saint-Rémi-de-Napiervil-le: à la salle de montre du garage Sainte-Marie Automobiles Ltéc, 540» rue Notre-Dame, de 14 h 30 à 20 h 30.PHOTO PAUL-HENRI TALBOT.L.l Presse \u2022 C'est une abomination de changer le cours d'une rivière, comme si on disait à Dieu qu'il s'est trompé.« Les Cris n'ont pas construit de pyramides comme les Égyptiens mais ont conservé leur terre intacte depuis son origine.Quelle nation peut se vanter d'en avoir fait autant?«Il ne faut pas permettre que notre territoire se rapetisse ou soit inondé.11 assure notre subsistance.On ne peut plus laisser qui que ce soit décider de ce qui est bon pour nous.«)e m'insurge contre tous le* projets d'envergure du monde qui se situent sur les territoires des autochtones.Le Sud a été développé, on s'attaque au Nord.«Ce qu'on fait à l'environnement ici va affecter le reste du monde.On ne peut plus contr-nuer comme cela, il faut faire machine arrière.«Nous ne sommes pas contre le progrès.Mais tournons-nous plutôt vers d'autres choix en ce quia trait à l'énergie.Interrogeons-nous sur notre façon de faire.Ne pouvons-nous pas être plus créateurs?» s Violence, racisme, étiquettes, préjugés.Le grand chef, parce qu'il est Indien, n'y a pas échappé mais il oppose une grande sérénité aux forces négatives et pense a Gandhi: «La violence ne fera pas avancer notre cause.Le défi est de canalyser notre énergie, d'être plus productif, plus const met i f ».Il rêve d'un monde meilleur'et surtout d'une plus grande compréhension entre toutes les personnes du Québec.Dans le bungalow qu'elle occupe, entre une haie de cèdres et une route, quelques bouleaux rabougris et un ruisseau dessécher, une petite bande de Cris apprend la nostalgie des vastes espaces qu'elle a laissés, d'un paradis terrestre qui ne sera peut-être pas perdu, et y sacrifie sa liberté.Pour réaliser son rêve et celui d'un peuple.?* ' ~ 2A.5 mpagnel89l Centrale! e 205 organismes 500 000 bénéficiaires 10 I 9 392 000$ LA PAUVRETÉ GAGNE DU TERRAIN DANS LA RÉGION DE MONTRÉAL Dans les quartiers très pauvres de la ville de Montréal, 10 pour cent des bébés naissent avec un poids insuffisant, soit, près du taux de j certains pays du Tiers-Monde.ligne Tel-Don: 1300267-5555 LA PRESSE, MONTREAL, LUNDI 38 OCTOBRE 1991 \u2022A3 Centraide : malgré les faibles rentrées, on reste optimiste ^ÉRBC TROTTIER ¦ v Les différentes campagnes de souscription de Centraide à travers le Québec ^fonctionnent au ralenti: la majorité des : régions ont atteint à peine la moitié de leurs objectifs, et ce, à quelques jours de ij'heùre de tombée.Jjî ;Malgré des données peu reluisantes, ^tes dirigeants régionaux de l'organisme ^humanitaire demeurent optimistes.\"«C'est encore trop tôt pour parler de \"réussite ou d'échec; il n'y a pas de panique, tout rentrera dans l'ordre à temps», expliqué hier le directeur de la campa- gne montréalaise, Marcel 1 tieroux, joint par La Presse.L'objectif de la métropole est de 24,5 millions, soit un million de plus que l'argent amassé l'année dernière.On a accumulé 9,4 millions à ce jour.M.Théroux* attribue ce retard au fait cfue certaines grandes entreprises, «qui versent plusieurs centaines de milliers de dollars chacune», n'ont pas encore fait parvenir leur chèque à Centraide.La campagne montréalaise se poursuit jusqu'au 15 novembre.La situation est sensiblement la même à l'extérieur de Montréal.Au Saguenay-Lac Saint-Jean, où l'on espère obtenir 630000$, Centraide a encaissé seule- ment 125 000 $ et l'échéance, fixée à jeudi, approche à grands pas.«Mais rien ne me porte à croire que la campagne est en danger», soutient le président d'honneur de Centraide au Saguenay, Pierre-Albert Potvin, qui rappelle que la majorité des dons provenant des campagnes d'entreprises parviennent à la dernière minute.La campagne de Centraide-Québec se porte mieux.«Evidemment, nous avons quelques problèmes à cause de la récession, mais malgré cela, nous sommes légèrement en avance par rapport à 1990», affirme le directeur de la campagne, Denis Rhéaume, qui compte notamment sur la générosité des fonctionnaires pour arriver à ses fins.«Nous aurons peut-être plus de difficultés avec certaines entreprises privées, notamment dans le secteur des pâtes et papier, largement affecté par la récession.Mais nous restons confiants», poursuit M.Rhéaume.Centraide-Québec a collecté 2,1 millions jusqu'à maintenant.L'objectif est fixé à quatre millions, pour le 8 novembre.Même phénomène en Estrie, où un peu plus de la moitié des 425 000 $ prévus ont déjà été rassemblés.«Tout se déroule bien: les bénévoles n'ont pas nécessairement à faire plus d'efforts; les gens donnent spontanément», signale le directeur de la campagne, Marcel Labon-té.Selon Marcel Théroux, la récession a presque favorisé Centraide.«Les gens sont solidaires face à la misère», souligne-t-il.«En temps de récession, ceux qui conservent leurs emplois sont plus sensibles à la situation des autres et ils deviennent plus généreux», philosophe pour sa part Pierre-Albert Potvin.Rien qu'à Montréal, Centraide, véritable ministère privé de l'Aide aux plus dé; munis, financera avec le capital recueilli quelques 200 organismes, permettant ainsi à un demi-million de personnes aux prises avec des problèmes multiples de tirer profit de cette petite fortune.Déficient MARTIN PELCHAT *i- H Amaigri d'une dizaine de livres, trempé et transi, René Roy, ce déficient mental de 35 ans porté disparu depuis jeudi de la de-meure de sa mère, dans le \u2022^quartier Ahuntsic de Montréal, a tété retrouvé tôt hier matin à La-lïoraie, à une soixantaine de kilomètres de chez lui.\u2022 \u2022 M.Roy, dont l'âge rental est \u2022 celui d'un enfant de cinq ans, a .été remarqué vers 1 h par des patrouilleurs de la Sûreté du Québec au moment où il faisait de ; Tauto-stop en bordure de l'autoroute 40.Les policiers qui ; l'ont fait monter, ont découvert, - de retour au poste de Berthiervil-le, qu'il faisait l'objet de recherches de la part de la police de la CUM.Il ne semblait pas avoir été victime de sévices.Les policiers pensent qu'il s'est rendu aussi loin en faisant de l'auto-stop depuis 'Montréal.Sa mère, Mme Huguet-t'e Roy, croit pour sa part que René a parcouru plusieurs kilomètres à pied, étant donné qu'il a ' perdu beaucoup de poids.' «Il m'a raconté qu'il ne pensait qu'à marcher, de dire Mme Roy.11 a aussi dit qu'il criait: 'Aidez-moi !', mais que personne ne sortait.Mais il peut aussi bien avoir rêvé cela.» Hier, René se remettait de ses émotions.Encore incapable de marcher, en raison de l'épuisement, il a toutefois raconté qu'un bon samaritain, propriétaire d'un motel de la région de Berthier, lui avait offert le repas peu avant minuit, samedi soir.D'après ce qu'il a dit à sa mère, René a décroché un téléphone .public et fait le «0».Une téléphoniste lui aurait conseillé de sonner à la première porte et de demander de l'aide.C'est ainsi qu'il aurait échoué dans ce motel.i f Mme Roy espère pouvoir entrer en contact avec la personne qui a offert ce repas à son fils.Elle voudrait l'en remercier, mais ne sait pas son nom.\u2022 * : Vers llh45 jeudi, René était parti de chez lui, place de la Co-lombiére, pour se rendre à l'école Champagnat du Plateau Mont-Royal, où il devait suivre un cours.II ne s'y est jamais présenté.Pour une broutille, il avait quitté la maison en maugréant.Selon sa mère, il était alors un peu confus, ainsi que cela lui arrive à l'occasion.¦.«Quand on sait qu'il y a des parents qui ne retrouvent jamais leur enfant, je suis privilégiée, a-joute Mme Roy.le remercie la providence.» Chute mortelle »Uri travailleur de Cap-dè-la-Ma-dèleine, Guy Desaulniers, 34 ans, a trouvé la mort samedi matin à l'usine Krugcr de Trois-Rivières, en tombant d'une structure d'une hauteur de 30 pieds.La victime venait tout juste de commencer sa journée de travail lorsqu'elle a fait la chute mortelle, à 8h 10.Une enquête a été mise sur pied par la CSST pour faire la lumière sur les circonstances de l'accident dè travail qui s'est produit dans la cour à bois de la papetière.Détenu trouvé sans vie H Un détenu de la prison de Sain-te-Anne-des-PIaines, Raynald Au-clair, 46 ans, a été trouvé sans vie dans sa cellule, tard samedi soir.Selon les premières constatations, l'individu, qui purgeait une sentence de quatre ans pour agression sexuelle, serait décédé d une mort naturelle.Le Service correctionnel du Canada entend tout de même instituer une enquête.! .».'.>\u2022.s.¦ as* ; ¦ -fis \\ Maxime Pi cotte et Rina Al bal a ont répondu à l'appel de Pacijou en donnant leurs jouets guerriers.Le maire Jean Doré et la juge Andrée Ruffo chacun un message pour les Montréalais,, Le parc Jarry devient place de la paix MARTIN PELCHAT ¦ «Ce sont deux portes qui s'ouvrent sur quelque chose.qu'on n'a pas encore réussi.» L'artiste montréalaise Linda Covit décrit son oeuvre, la sculpture qui orne maintenant cette place inaugurée en grande pompe, hier après-midi, par quelque 2000 personnes, dans le parc Jarry, à Montréal.Ce qu'on n'a pas réussi?La paix, évidemment.«Nous pouvons dire que dorénavant, nous disposons d'un lieu consacré à la paix», venait de lancer le maire lean Doré, s'enflammant en invitant les adultes à balancer leur culture «imprégnée de violence».Et le maire Doré d'y aller d'une charge: «11 faut dire aux médias qu'on en a marre des émissions de télé qui prônent la violence!» Après la parade des orateurs, après que la juge Andrée Ruffo en eut appelé à la fin du «génocide de la race enfant», la foule s'est regroupée dans la rue et s'est dirigée vers le Centre Claude-Robillard, où l'attendaient les Richard Séguin, Geneviève Paris, Kashtin, Marie Eykel et autres Artistes pour la paix.Dans la foule, il y avait entre autres Gilles Vigneault, Gérald Larose, président de la CSN et Suzanne Laplante-Ed-ward, mère d'une des victimes de la tragédie de Polytechnique.Et beaucoup d'enfants, les véritables héros de cet après-midi.Les marcheurs laissaient derrière eux l'oeuvre de Linda Covit.Ses deux «portes» en plaques d'acier inoxydable, au pied desquelles sont disposées pêle-mêle, comme dans la chambre d'un enfant, des répliques en bronze de jouets de guerre.Sous ces portes, enfouis dans un sarcophage, les restes de 12 700 jouets de guerre broyés.Des jouets donnés par des enfants en 1988 à l'invitation du Conseil régional et intersyndical de Montréal et de Pacijou, un groupe voué à la disparition des jouets guerriers.«je n'avais que deux jouets de guerre, mais ces jouets étaient bien aimés, racontait Rina Albala, 11 ans.Ce n'était pas facile de les donner.Mais personne ne m'a poussée à prendre cette décision.C'était la mienne.» Jardin zen Les portes de Linda Covit s'ouvrent sur une sorte de jardin, dit l'artiste, qui conçoit ses oeuvres à la façon d'un «jardin zen», ces jardins où les pierres «sont comme un point de départ pour la pen- « sée des gens».Et en ce jour où Montréal se dotait - ' d'une «place de la paix», les pensées de ¦ Linda Covit allaient à une femme de 46 .ans, dont elle a entendu parler à la faveur d'un voyage en Thaïlande, en y ce-toyant notamment des régufiés birmans.Cette femme, c'est Aung San Suu Kyi, dirigeante de l'opposition birmane, qui prêche la non-violence malgré la brutalité de la junte qui gouverne son pays.Assignée à résidence depuis plus de deux ans, elle a obtenu le 14 octobre dernier le prix Nobel de la paix.La paix, «c'est quelque chose de très large», note Linda Covit.Aussi, par son oeuvre, a-t-elle également voulu rendre hommage à cette femme.« .» C'est le fouillis total, disent les directeurs de police JEAN-PAUL CHARBONNEAU B L'Association des directeurs de police du Québec déplore le manque de leadership du gouvernement en matière sécurité et lui demande de réagir immédiatement s'il veut que la province demeure sécuritaire tant pour sa population et que pour ses visiteurs.«Ce manque de leadership est néfaste et pour les policiers et pour la population; dont la qualité de vie se détériore.Le crime ne cesse d'augmenter: dans l'ensemble du Québec, il a grimpé de 20 p.cent en moyenne.Québec refuse de débloquer des fonds pour la prévention contre le crime.C'est le fouillis total!» a lancé à La Presse, hier, le président de l'Association des directeurs de police du Québec, M.Jean Marc-Aurèle, à l'issue d'une rencontre de trois jours des délégués des 10 régions administratives de la province.Pour le directeur oc la police de Laval, il est important que la population se sente en sécurité: «Elle ne l'est pas et quand il se Kroduit des incidents, c'est tou->urs la faute de la police.Nous avons actuellement un problème avec la communauté noire et nous n'avons jamais reçu de directives politiques.Actuellement» nous marchons à l'envers: nous avons la base (les policiers) mais pas de tête (la direction générale).Nous sommes laissés à.nous-mêmes.» Deux des principaux dirigeants de l'ADPQ, MM.Lorain Audy, directeur de la police de Hull, et Pierre Trudeau, responsable de la police de Saint-Hubert, ont appuyé les dires de M.Marc Àurèle.Malgré la récession, la 29e journée «Fèves au lard» de la Fratrniiité des policiers et policières de la Communauté urbaine de Montréal a permis d'accumuler une somme de 16 000 $ pour venir en aide à la Société pour les enfants handicapés du Québec.Chaque année, la Fraternité des policiers réussit à amasser de 20 000 à 25 000 $ pour les enfants handicapés.Hier, il a fallu cinq tonnes et demie de fèves, 4400 pains, 294 kg de porc et 7000 cannettes de bière non alcoolisée pour servir quelque 6000 repas.Dans Tordre habituel, on aperçoit sur la photo.Yves Prud'Homme, président de la Fraternité et président d'honneur de la journée, Pierre Mlchaud, organisateur de l'événement d'hier, et Jocelyn Turcotte, président de l'Association des policiers provinciaux du Québec qui se fait servir une « piattée de beans ».PHaro luc s,m0n «^auit.^ f Pour les policiers, Je ministre de la Sécurité publique» M.Claude Ryan, fait bien son ouvrage, mais il lui manque un sous-ministre associé à la direction générale de la sécurité-prévention.C'est de cette personne que doivent venir les directives.Ce poste n'a pas de titulaire permanent depuis quatre ans.«C'est le chaos! Ça nous prend une politique ministérielle en prévention du crime, nous n'avons rien.Aucune orientation, aucun outil pour faire de la prévention.Il nous faut une com- mission de prévention du crime», soutient M.Marc-Aurèle.L'ADPQ se demande aussi ce qu'il arrive du rapport Bertrand sur les drogues.«Le crime augmente et la drogue est à la base de cette progression.Dans le rapport Bertrand, il y avjiit d'excellentes recommandations pour lutter contre ce fléau et des sommes d'argent étaient prévues.Où est l'argent prévu?Nous comprenons qu'il y inflation, mais la lutte contre les drogues est importante.La drogue, c'est la première cause de la criminalité et nous n'avons rien pour lutter efficacement, aucune directive et aucun argent supplémentaire pour mettre des programmes de l'avant U est urgent que le gouvernement assume ses responsabilités», a réclamé le président au nom de ses collègues du comité exécutif.Lors de ces assises de trois jours, il a aussi été question des problèmes que connaît la police avec les différentes communautés.«C'est bien beau lancer que la police fait des bavures.Alors que nous réclamons des cours de formation pour nos policiers, les coûts augmentent à l'Institut de police du Québec et les municipalités ont moins d'argent.Comment ce fait-t-il que dans les au- ' très provinces les policiers ont droit à des cours de formation payés par l'État; nous n'avons 3u a regarder du côté de l'Onta-o.U est primordial que le gouvernement provincial accepte de défrayer à 80 p.cent les coûts de formation.Nous retournons aux années 50», enchaîne le directeur de la police de Laval.Si l'ADPQ estime que le ministre Ryan fait tout son possible, elle demande au ministre de la I ust ice, M.Cil Rémi Hard, de délaisser quelque peu la constitution pour s'occuper davantage de la justice.Cette association aimerait aussi que M.Ryan devienne un ministre à plein temps à la Sécurité publique. A4 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 28 OCTOBRE 1991 Je capote, nous capotons.LOUISE CNARIONNIAU collaboration spéciale u cours de la même journée, deux événements sont venus alimenter ma réflexion sur les nouveaux moyens d'aborder la prévention.Il n'y a pas si longtemps, la médecine brillait par ses découvertes de solutions curatives aux petits et gros bobos qui assombrissaient temporairement le ciel bleu de la sexualité.Arrive le sida.Tout le monde est à risque, c'est la panique.La médecine n'a pas de cure miracle à offrir, ni de vaccin.En désespoir de cause, on se tourne vers la prévention et l'éducation.Ces concepts deviennent à la mode auprès des intervenants en santé mais le contenu se révèle plutôt mince.On essaie pendant quelque temps de promouvoir l'abstinence et le tout dégénère en une querelle de sémantique.Il ne faut pas dire abstinence mais continence.De toute façon, personne ne semble savoir ce que ces mots veulent dire, surtout pas les jeunes, et le projet est relégué aux oubliettes.Des pénis de bols On ne trouve alors rien de plus sophistiqué que ce bon vieux condom, il faut donc taire avec.Qu'à cela ne tienne, on le revampe, on le modernise et on lui redonne ses lettres de noblesse.Il apparaît sur des affiches, des dépliants; les étalages des pharmacies s'agrandissent, les sex-shops s'enrichissent et des magasins spécialisés se créent On fabrique des pénis en bois ou en plastique pour en faire la démonstration et on invente des jeux pour le rendre attrayant.Les résultats de tous ces efforts sont désastreux, la maladie progresse.On décide alors de choisir les publics cibles pour s'adresser à chacun d'entre eux, selon des modalités qui lui sont propres.Or, la majorité des cas d'infection au VIH (virus de l'iramunodéfi-cience humaine) sont dans la vingtaine.Comme il peut s'écouler jusqu'à dix ans entre le moment où l'on s'infecte avec le virus et le moment où la maladie se déclare, on sait maintenant qu'un bon nombre de ces personnes atteintes ont été infectées durant leur adolescence.La décision de diriger les efforts de prévention sur certains groupes d'adolescents en découle logiquement.Ceux qui vivent des difficultés importantes et qui les manifestent par la délinquance, des fugues, des abandons scolaires, sont plus susceptibles que les autres d'associer plusieurs comportements très risqués tels la prostitution, les toxicomanies et l'utilisation de drogues intraveineuses.Le langage cru Pour les rejoindre, une équipe du DSC de l'hôpital Général de Montréal a imaginé une revue qui s'intitule Tête à queue et qui comprend des bandes dessinées, des illustrations et des jeux (*).Us ont consulté des jeunes de ces milieux pour vérifier l'authenticité du langage et la pertinence du dessin.Le document est bien fait et si proche de la réalité de ces jeunes que j'avoue en avoir presque eu les cheveux dressés sur la tète à la première lecture et m être sérieusement interrogée sur les limites de la décence: sommes-nous à ce point saturés d'images fortes et de propos chocs qu'il en faille à tout prix des plus fortes, et des plus choquantes, pour parvenir à transmettre notre message d'éducation ?Josée, 16 ans, dans le bureau.Elle appartient à part entière à ce groupe d'adolescents difficiles et en difficulté.Tout chez elle est agressant, le langage est cru, les gestes sont fébriles, les besoins sont si pressants que les réponses à ses questions ne viennent pas assez vite; d'ailleurs, elle ne les écoute pas parce que tout se bouscule comme si elle n'avait aucun contrôle.Elle souffre d'herpès génital.Elle n'accepte pas la maladie ni le fait que je ne peux pas la faire disparaître instantanément L'ami est le coupable, je le deviens aussi.Il est évident que Josée n'est pas réceptive à un langage nuancé et à des discours sur la tendresse à ce moment précis de sa vie.le retourne à ce Tête à queue et je me dis qu'après tout, les auteurs ont trouvé le ton juste.S'ils arrivent à faire prendre conscience à certains de ces jeunes qu'ils sont responsables de leur santé, à apprendre aux gars et aux filles comment négocier dans leurs relations sexuelles, ils auront accompli beaucoup.Mais ces jeunes qui expriment tant de révolte accepteront-ils que nous envahissions leur territoire en utilisant les mêmes modes d'expression qu'eux?La même journée, on annonce que Mitsou subira le test du sida à la télévision.Elle pose là un geste généreux comme beaucoup de jeunes sont prêts à le faire, niais en a-t-elle mesuré les conséquences possibles pour elle-même?Sera-t-elle appelée à payer le prix d'une telle exhibition pour faire oeuvre d'éducation?Heureusement, malgré l'intensité du sujet, il s'est dégagé de l'entretien avec le médecin un calme et une assurance qui auront démystifié certaines choses et peut-être aidé une autre catégorie de jeunes dans leur démarche.Ma question reste cependant entière: doit-on adopter n'importe quel ton, se servir de n'importe quelle situation pour en arriver à des fins nobles?Nul ne peut être contre la vertu, c'est bien connu, mais sommes-nous en train de charrier sur les moyens sous prétexte que les jeunes ne seront attirés que par des sensations toujours plus fortes?Le débat est ouvert.
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