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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1992-01-18, Collections de BAnQ.

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[" LOUIS B.ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS faire d'illusions, soutient Gilles Kcpel, spécialiste du monde arabe a l'Institut d'études politiques de Paris: le raz-de-marée électoral qui s'est produit en faveur du Front islamique de salut (FIS) en Algérie est bel et bien un vote intégriste, même si on y trouve également d'autres motivations.«Quelles que soient les divisions internes au I IS.son programme est clair et sera impliqué s'il prend le pouvoir: c'est bel et bien d'Etat islamique dont il est question: separation des sexes en public, femmes voilées, rejet de l'Occident, et donc de la démocratie.Mais avec l'économie de marché: un régime d'inspiration saoudienne, on somme.«Nul ne peut savoir ce qui va se passer dans les prochains jours, ou la semaine prochaine: manoeuvres dilatoires du nouveau pouvoir en place?Répression militaire brutale?Dissolution du FIS?Mais dans tous les cas.le temps travaille en faveur du FIS, même s'il décide de faire le gros dos devant l'orage.La confiscation pure et simple de sa victoire électorale lui a déjà certainement apporté de nouveaux appuis.Et ça va continuer.» Kepcl a publié tes Banlieues de l'Islam et /.;/ revanche de Dieu aux Juli- en 1980.c'était le vide complet.Le flirt avec les intégristes est devenu encore plus poussé: Chadli et le FLN pensaient pouvoir les contrôler! Tous les jeunes leaders actuels du FIS.Chadani en léte.sont issus des écoles islamiques créées puis fermées par le FLN.» Une sociologue française qui vit la plus grande partie de Tannée à Alger.Fanny Colonna, manifeste de son côte plus d'optimisme.D'abord elle a été surprise par l'ampleur de la victoire du FIS au premier tour.Ensuite elle ne croit pas (ou ne veut pas croire) au caractère vraiment intégriste de ce vote: «Les gens ont massivement voté pour le FIS parce qu'ils votaient d'abord contre le régime du FLN.pas parce qu'ils souhaitaient un État islamique.|e ne crois même pas que le FIS aurait appliqué son programme s'il était arrivé au gouvernement.Il faut se rappeler que c'est un «front» et qu'il est divisé.» Mme Colonna croit même qu'on n'aurait pas dû annuler le second tour des législatives, et qtte «les démocrates pouvaient encore barrer la route aux intégristes en se mobilisant aux élections».Son optimisme n'est guère partagé par les non intégristes qui.à quelques exceptions près, finissent par applaudir avec quelque gêne le coup «militaire » qui a stoppé le processus électoral : mieux valait un regime d'exception «temporaire» qu'un Etat islamique «pour toujours».Pour Mohammed Harbi, le FIS allait «à l'évidence vers une victoire écrasante au Parlement.et l'application de son programme.S'il y a répression, les intégristes seront des martyrs.Le temps joue pour eux.tions du Seuil.Dans les deux livres il examinait le phénomène de montée en puissance des religions a travers le monde dans les années 80.et en particulier de l'Islam intégriste.Dans le second, il notait deja avec insistance la victoire écrasante du FIS aux premiere^ elections municipales libres de juin c)0 en Algérie.Le raz-de-marée au premier tour des législatives de décembre (48 p.cent des suffrages pour le seul FIS.sans compter quelque^ petites formations religieuses marginales) ne Fa donc pas du tout étonne.D'abord, dit-il.«parce que pratiquement tous les pays à dominante musulmane sont non-deniocrati-ques, et menacés par la vague intégriste s'ils soulèvent si peu que ce soit le couvercle de la marmite».Ensuite parce que «le régime algérien du FLN (Front de liberation nationale), au-delà des mythes longtemps colportés et de sa bonne image à gauche, a été un régime désastreux, totalitaire et corrompu, qui a fait le lit des religieux.» Mohammed Harbi.intellectuel algérien de Paris et opposant de gauche de longue date au régime du FLN.ne dit pas vraiment nuire chose lorsque nous le rencontrons pour une conversation informelle: «Le FLN n'a jamais vraiment existe comme parti de masse: c'était une bureaucratie qui prolongeait le pouvoir de l'armée.Il a depuis toujours eu recours à l'Islam pour se donner une assise populaire, une légitimité.Avec ia mort de Boumediennc.dernière figure un peu charismatique.Quoi qu'il se passe à court terme, la situation est très mauvaise.» Si l'on met de coté les restes du FLN, dont le discrédit est complet, le seul parti non-intégriste à avoir prouvé son existence au premier tour (20 députés, 15 p.cent des voix) est le Front des forces socialistes (FIS) de Ait Ahmed.Le problème, c'est que Ait Ahmed est kabyle (forte minorité de l'est algérien), et la majorité de son électoral également: les Kabyles ont voté FFS, y compris ceux de la capitale.Ce sont encore les Kabyles qui formaient la grosse majorité de la manifestation anti-FIS qui a réuni 300000 personnes après les élections.«Le vote FFS.tranche Kepel.est un vote tribal, circonscrit à la Kabylie, et qui donc ne peut pas rassembler une opposition nationale contre les intégristes.Chez les Algériens, face à plus de 50 p.cent d'électeurs islamiques, l'opposition se réduit à des poussières.» Du socialisme à l'Islam Comment l'Algérie, qui jouait un rôle de leader progressiste dans le Tiers-Monde, qui proclamait son socialisme, qui avait des projets de développement grandioses, et du pétrole pour les financer, a-t-ellc pu basculer aussi brutalement vers une formation obscurantiste, anti-moderniste?Selon Gilles Kepel.aucun régime arabe ou plutôt musulman \u2014 n'est à l'abri d'une flambée intégriste «parce Municipales de juin 90: le FIS remporte une victoire écrasante.Chadli croit encore que les «barbus» se contenteront de ces pouvoirs «locaux», et, sous la pression générale, accepte le parti des élections «libres» de décembre 91.que.dans aucun de ces pays les regimes n'ont clairement tranché les liens avec la religion, ils s'appuient tous plus ou moins sur l'Islam pour gouverner, la Turquie semi-démocratique mise à part.» On a vu les Frères musulmans sur le point de s'emparer du pouvoir en Egypte dans les années 50, et contres in extremis par Nasser et son charisme.Le Pakistan, où les militaires appliquent déjà la loi coranique, pourrait basculer à tout moment.En Algérie, la sanglante guerre de décolonisation ( 1954-1962) s'est faite au nom du «socialisme».Mais «l'Algérie avait été à ce point déstructurée par la présence massive française qu'elle se cherchait désespérément une identité: dès l'indépendance, on pratique l'arabisation et l'islamisation à outrance.» Le voile pour les femmes réapparut même là où on ne le voyait pas.La religion retrouva une place prédominante dans la vie publique, a l'université, dans tout le système d'enseignement.Même si le FLN continuait de défendre certaines idées laïques et modernes, il s'appuyait massivement sur le courant religieux pour se donner une base populaire.On créa et on encouragea des écoles islamiques, en pensant que les intégristes, inorganisés sur le plan politique, resteraient de bons soutiens du régime, en tout cas inoffensifs.La faillite économique du regime devint spectaculaire vers 82-83, quand la nouvelle baisse du prix du pétrole tarit la.formidable source de revenus de l'État.«L'Algérie avait hérité du colonialisme une infraestructure de très bon niveau : elle est aujourd'hui en ruines.Avec son pétrole et l'influence des Soviétiques, le regime s'est lancé dans des projets colossaux, de type pharaonique: ils sont aujourd'hui en panne Femmes voilées, rejet de l'Occident, et.une économie de marché complète.L'Algérie est un désastre sur le plan économique, dix fois pire que le Maroc et la Tunisie.» La voie libre à l'extrémisme Au-delà des discours, le régime du FLN était a la fois dictatorial et extrêmement corrompu.«Le pouvoir était concentré entre les mains d'une petite nomenklatura FLN.dit Kepel, et celle-ci s'est outrageusement enrichie.Mais, comme il s'agissait de «socialisme», on n'a pas laissé se développer, comme au Maroc, une bourgeoisie ou petite-bourgeoisie, commerçants, universitaires, professions libérales.Ces bourgeoisies, au Maroc ou en Tunisie, constituent des vrais remparts contre l'intégrisme.En Algérie, il n'y a pas en nombre significatif une classe moyenne qui aurait intérêt a défendre un régime démocratique ou liberal.Entre les bureaucrates-militaires du FLN et l'immense majorité du peuple, exaspéré par la crise et la corruption, il n'y a presque rien.» Plus qu'ailleurs il y avait donc la voie libre pour l'extrémisme et le fanatisme.A mesure que se développait la crise aiguë des années 80.on a vu.d'un côté l'integrisme se développer et s'organiser à travers tout le pays: il y avait d'une part le soutien financier de l'Arabie Saoudite, de l'autre le dévouement indéniable des militants intégristes dans les quartiers, sans d'ailleurs qu'à aucun moment le régime dirigé par Chadli ne s'inquiète vraiment: il continuait à croire que le seul danger viendrait de «politiques» de gauche, tel l'ancien président Ben Bella.Emeutes de la faim en 1988: la répression fait deux cents morts, mais le régime doit faire des concessions.Municipales de juin 90: le FIS remporte une victoire écrasante.Chadli croit encore que les «barbus» se contenteront de ces pouvoirs «locaux», et.sous la pression générale, accepte le parti des élections «libres» de décembre 91.On connaît le résultat.Même si on ne connaît pas la suite.Temporisation du nouveau pouvoir, lequel masque a peine la prise de contrôle directe par l'armée?Mise en place de réformes \u2014 mais lesquelles, mais dans quel délai, et avec quelle marge de manoeuvre?Des succès significatifs du Conseil d'État créé en catastrophe laissent tout le monde sceptique.Alors affrontement brutal?«L'armée hésite, dit Gilles Kepel.Les officiers supérieurs sont liés au FLN mais pas les lieutenants et les capitaines: l'armée n'est pas sûre d'elle-même et de ses troupes.D'ailleurs, on aurait beau dissoudre le FIS.on ne ferait que reporter le problème.On ne va pas supprimer l'intégrisme par décret, avec des arrestations, ou même avec des morts, car c'est un mouvement de fond.Le FIS a les moyens d'attendre.S'il y a répression, les intégristes seront des martvrs.Dans tous les cas le m temps joue pour eux.» Le FIS à ia conquête eiu pétrole algérien KEIY1I FAVMET i.c lïfiaro //.jsm' Mcwuoutl J a fumée des torchères donne a la Bas ville en air de Koweït en flammes.Mais Hassi Messaoud n'est pas le Koweït.Ni le Texas.|uste une banlieue délabrée perdue au milieu du Sahara, avec de petits immeubles en béton sale, des trottoirs défoncés, des rangs de bungalows préfabriqués.Les rues courtes et tristes vont mourir dans le sable et n'ont pour horizon que les cuves, la fumée, la raffinerie, les têtes de puits.Ces tuyaux noirs qui courent de dune en dune, ce sont les veines de l'Algérie.Soixante pour cent du pétrole du pays sort de Hassi Messaoud.Le reste y transite avant de gagner la côte.Les exportations d'hydrocarbure \u2014 11,9 milliards de dollars US en 1991 \u2014 servent, depuis l'indépendance, à éponger toutes les absurdités de l'économie planifiée, à payer le train de vie du régime, de l'armée, à financer les réformes sans lendemain et les coûteuses importations de denrées alimentaires ou de biens de consommation que l'Algérie socialiste n'est jamais parvenue à produire.Quel que soit le régime qui s'impose finalement à Alger, c'est de Hassi Messaoud qu'il tirera les moyens de sa politique.L'importance stratégique de ce coin de Sahara obnubile à juste titre la sécurité militaire.Chaque soir, elle vérifie l'identité et les motivations des très rares voyageurs qui font halte à Tunique hôtel.Elle surveille constamment les dirigeants du Front islamique du salut, qui occupent la mairie depuis juin 1990 et qui s'apprêtaient sans trop de mal à remporter ici le second tour des législatives le 16 janvier.« Nous sommes prêts à tout, disaient-ils samedi dernier, juste avant la démission du président Chadli.Mais nous ne laisserons personne voler au peuple sa victoire.» En juin dernier, lors de l'imposition de l'état de siège, une soixantaine d'entre eux se sont fait épingler.«Les questions qu'on m'a posées durant les interrogatoires prouvaient que j'étais surveillé en permanence», dit Samir Bcnouali le président de rassemblée populaire communale (mairie) FIS de Hassi Messaoud.Quarante-trois syndicalistes islamistes ont été licenciés.Mais, cette fois, le FIS a mis en place des structures de relais.Une nouvelle direction clandestine se tient prête en SMI .La32*at oOuargla Constantin* Hassi-Uossaoud ALGERIE 400 km- o Tamanmut Population: 25 millions d'habitants dont plus de 75% ont moins de 30 ans Langue: arabe (officielle), français, berbère Religion: islam (officielle).Historique: colonie française depuis 1830, indépendance on septembre 1962 Institutions politiques: répubiquo démocratique et populaire de type présidentiel.Multipartisme autorisé on 1989 Rossourcet: hydrocarbures, agriculture PNa habhini: 1 900 dollars en 1989 Forces arméee: 200 000 hommes NIGER AFP infographie - L Saubadu cas de coup de filet.Depuis six mois, le FIS axe tous ses efforts a Hassi Messaoud sur la pénétration des sites pétroliers.Le Syndicat islamique du travail, dont le fondateur local, Saa-den Haguehoug, était candidat du FIS pour les législatives, a peu à peu supplanté la vieille Union générale des travailleurs algériens.« L'UGTA est reconnue par le gouvernement, nous, nous sommes reconnus par la base», dit M.Haguehoug, qui affirme avoir 800 adhérents sur les 1200 employés de l'F.ntreprise nationale de travaux aux puits (ENTP), la principale société de forage de Hassi Messaoud.L'an dernier, le FIS y a organise une grève de 40 jours.En juin dernier, lorsque le dirigeant du FIS Abassi Mahda-ni avait appelé à la grève générale, les travailleurs de Hassi Messaoud ne Font pas suivi en masse.Si un tel appel devait se reproduire aujourd'hui, «nous serions assez forts pour tout arrêter».Les forages, probablement, cesseraient.«Le forage est un métier dur, explique un ingénieur démocrate, et le discours du FIS porte chez ces gens durs.» L'exploitation tournerait au ralenti: les cadres de la Compagnie pétrolière nationale, la Sonatrach, sont les mieux payés du pays.«Mais, au niveau de la main-d'oeuvre et de la maîtrise, estime le même ingénieur, le FIS domine.» Un autre explique les raisons de ce succès: «À Hassi Messaoud, il y a deux genres de gens: les rates, qui n'ont pas pu aller travailler à l'étranger pour des salaires en dollars et les idéalistes, qui aiment leur métier et leur pays et qui sont écœurés de la mauvaise gestion.» C'est chez ces derniers que le FIS recrute.Les 50000 habitants de la commune, qui n'existe administrativement que SUITE A LA PACE B 4 SAMEDI PROCHAIN DANS m E AU XXIe SIÈCLE?CAHIER SPECIAL DE 20 PAGES A CONSERVER W .VrSflg -^ LA SCIENCE TRANSFORMERA-T-ELLE L'HOMME AU XXIe SIECLE?Avec Hubert Reeves, Carl Sagan, Carlos Salinas, Jacques-Yves Cousteau, Luc Montagnier, Jacques Delors, Jean-Paul Desbiens, Abdou Diouf B 2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 18 JANVIER 1992 Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l information Alain Dubuc éditorialiste en chef Les électeurs d'Anjou parleront, lundi, au reste du Canada On saura lundi si les électeurs d'Anjou font encore confiance au gouvernement liberal.Ou s'ils préfèrent profiter de cette election partielle pour exprimer leur deception et leur inquietude.En envoyant un message clair.À Robert Bourassa et au reste du Canada.En raison de la conjoncture, ce scrutin prend en effet une signification qui déborde largement les limites de cette circonscription.Tant sur le plan économique que constitutionnel.Quels qu'ils soient \u2014 et au delà des considerations locales comme la personnalité des candidats \u2014, ses résultats seront analyses dans la perspective globale des problèmes actuels.Et interprétés, a l'échelle de tout le Quebec, comme la confirmation ou le dementi des tendances qu indiquent les sondages.Il faut donc espérer que les électeurs d'Anjou résisteront a la tentation du cynisme et de l'apathie en se prévalant de leur droit de vote.Sur le plan économique, le hasard faisant bien les choses, cette election intervient précisément au coeur d'une des régions les plus durement touchées par la crise actuelle.De même que par les effets de plusieurs mesures adoptées par le gouvernement.Et de toutes celles qui ne l'ont pas été et qui auraient dû l'être.Car si on ne peut honnêtement faire du gouvernement l'unique bouc émissaire pour l'appauvrissement général et la degradation de l'économie avec son cortege de fermetures d'usines, on peut au moins s'interroger sur son efficacité dans la recherche de solutions.Et sur des décisions discutables qui ont contribue a aggraver les choses.Comme sa reforme de la fiscalité municipale.Nul doute que, dans toute la grande region de Montreal, de nombreux chômeurs, assistes sociaux, commerçants, petits propriétaires ou usagers du transport en commun envieront, lundi, les électeurs d'Anjou d'avoir l'occasion de dire a Robert Bourassa ce qu'ils pensent de sa façon de gérer la crise.Et de choisir entre un autre depute liberal d'arrière-banc et un représentant de plus dans l'opposition dont la victoire serait interprétée comme un sérieux avertissement au gouvernement.Même si c'est l'économie qui vient spontanément au premier rang des preoccupations des électeurs, on ne saurait nier la dimension constitutionnelle des résultats de ce scrutin.Du moins l'interprétation qu'on en fera sans aucun doute dans l'ensemble du Canada.À tort ou à raison, on y verra une bonne indication de l'humeur des Québécois a quelques mois d'un choix décisif.Une signification que ne prendrait pas cette election si elle ne mettait en présence que des partis plus ou moins fédéralistes.Or, dans le cas present, il se trouve qu'un vote en faveur du Parti liberal serait perçu comme un endossement par les Oué-becois de la position attentiste de Robert Bourassa.Comme un gage de confiance dans sa patiente stratégie en vue du renouvellement en douceur du fédéralisme canadien.Mais plus encore.Comme un acte de foi envers un leader dont l'expérience et la prudence ne sont plus à démontrer.Mais qui est sans doute le seul, a l'heure actuelle, à savoir précisément ou il veut conduire le Québec.À l'inverse, une autre victoire des souverainistes \u2014 après celle de Montmorency en août dernier et l'élection à Ottawa d'un député du Bloc québécois dans Laurier-Sainte-Marie \u2014 constituerait pour le reste du Canada un ultime signal d'alarme.A tout le moins, elle apparaîtrait à plusieurs comme la démonstration que la patience des Québécois approche de ses limites.Et que, a défaut d'une adhésion enthousiaste a la these de l'indépendance, ils sont près de tirer leurs conclusions des tergiversations et des atermoiements dont ils sont témoins lorsqu'il s'agit de déterminer leur place dans ce pays.Dans les deux hypotheses, qu'ils le veuillent ou non, les électeurs d'Anjou parleront, lundi, au nom du Québec au reste du Canada.Reste à souhaiter, au moins, qu'ils le fassent clairement.Pierre GRAVEL LETTRE DE MONTRÉAL Les constitutionnalistes, des plombiers de luxe L éditorialiste en chef de La Presse.Alain Dubuc, et l'éditeur du Toronto Star, John Honde-rich, poursuivent leur correspondance sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.La présente lettre d'Alain Dubuc parait en anglais dans le Star.Dear |ohn, ¦ e suis un peu gêne de parler encore de constitution.Le débat mm canadien est en effet presque surréaliste.On disserte sur la société distincte ou le Sénat triple-E.quand nous savons que bien des gens pensent surtout à trouver un emploi ou nourrir leur famille.C'est presque indécent.Lu pour être honnête, j'ai peur d'ennuyer à mort vos lecteurs, et les miens.Car s'il y a un terrain d'entente entre Québécois et Ontariens, c'est bien celui-là: ils en ont assez de ce débat et ils croient qu'il y a des problèmes pas mal plus importants.Ils ont raison.Mais même si nous sommes tous fatigués de ce débat interminable, il ne faut pas oublier qu'il y a un lien entre les emplois et la constitution.Si nous n'étions pas en pleine crise constitutionnelle, la crise économique ne serait sans doute pas aussi forte.Et si nous ne la résol- .vons pas, les choses vont empirer.C'est d'ailleurs le but de ce dialogue.La semaine dernière, quand vous tiriez un bilan de notre correspondance, vous avez noté que nous avions mieux réussi à définir nos divergences qu'à trouver un terrain d'entente.le suis d'accord.Mais c'est une tâche difficile, surtout parce que la façon dont le Canada a entrepris le débat limite, en partant, notre capacité à arriver a une entente.le suis sur que nous pourrions, vous et moi, trouver des solutions raisonnables à cette crise.Si un groupe de lecteurs du Toronto Star rencontrait un groupe de lecteurs de La Presse, ils pourraient sans mal surmonter leurs divergences et se découvrir des valeurs communes.Mais au niveau politique, ce simple dialogue semble presque impossible.Et c'est de cela dont je veux parler aujourd'hui: une confusion qui.dès le départ, réduit presque à néant les chances d'en arriver à une solution.Nous définissons tous la crise actuelle comme une crise constitutionnelle, que nous devons résoudre en amendant la constitution, avec l'aide de constitutionnalistes.Quelle erreur! Le Canada est probablement le pays qui compte le plus grand nombre de constitutionnalistes au km carré.Et ça n'aide pas.Bien sûr, il y a des raisons purement personnelles qui m'amènent a cette conclusion.D'abord, comme journaliste, je déteste le mot.Essayez de faire un titre vivant avec constitution dedans.Ensuite, comme francophone, j'ai appris à l'école que le plus long mot de la langue française, c'était anticonstitutionnellement, avec ses 25 lettres.Par définition, des mots aussi longs ne peuvent être que rébarbatifs.Mais plus sérieusement, les problèmes du Canada ne sont pas constitutionnels.Ils sont d'abord politiques, puisqu'ils portent sur le partage de pouvoirs entre niveaux de gouvernements ou entre regions, sur les responsabilités et les devoirs des gens que nous élisons.Ils sont également économiques, puisqu'ils définissent à qui nous payons nos taxes et pourquoi.Ils sont sociaux, puisqu'ils portent sur les services que nous aurons, qu'ils nous forcent à trouver une façon de tenir compte d'une minorité linguistique et de corriger des siècles d'injustice envers les autochtones.Ce sont des problèmes réels, presque prosaïques, qui ont un impact sur nos vies quotidiennes.Mais on oublie qu'ils sont si concrets quand nous les traduisons, comme nous le faisons immanquablement au Canada, en jargon constitutionnel.Les problèmes deviennent incompréhensibles, anti-démocratiques puisque les débats deviennent trop techniques et trop assommants pour les citoyens moyens et, en bout de ligne, insolubles.Permettez moi d'illustrer ma thèse avec deux exemples, tirés des offres fédérales.D'abord, l'union économique, une idée presque unaniment rejetée à travers le Canada.Le gouvernement canadien a choisi d'aborder cette question d'une façon canadienne: un amendement à l'article I2l de la Constitution et un ajout, l'alinéa 9la.Dès le depart, on a donc commencé a discuter d'un texte technique que personne ne comprenait.Certaines interprétations ont permis au Parti québécois d'affirmer que le projet détruirait les institutions économiques québécoises.D'autres y ont vu une tentative de mise en tutelle des processus budgétaires provinciaux.Ottawa a répondu en affirmant que ce n'était pas du tout cela qu'il voulait faire.Mais il était trop tard, la méfiance s'était installée, la démagogie aussi.Ça.c'est l'approche constitutionnelle.Pourquoi ne pas commencer par l'autre bout?Définir ce qu'on entend par union économique, demander aux provinces si elles sont d'accord, et alors, alors seulement, traduire le projet en termes techniques.C'est ce que font les Européens.Avec cette approche, le concept d'union économique aurait sûrement été accepté, puisqu'il vise a mettre fin au non sens qui fait en sorte qu'une compagnie québécoise a moins de mal à faire des affaires dans l'État de New York qu'en Ontario, et vice versa.On a eu le même problème avec la société distincte, un proposi-tion que personne ne comprend.Est-ce que cela donne plus de pouvoirs au Québec?Est-ce que cela affecte la charte des droits?On ne le sait pas.Tout dépend du spécialiste que l'on interroge.El tant qu'on conservera cette approche constitutionnelle, au lieu de discuter du fond du problème, la place du Québec, on n'encouragera que le double-langage et la confusion.I.t voila pourquoi mon message est le suivant.Si nous voulons trouver une solution à nos problèmes, il faut les traiter comme des problèmes politiques, et non pas constitutionnels.Et il faut considérer les constitutionnalistes comme des techniciens utiles, des plombiers de luxe, et non pas comme des demi-dieux.A la prochaine, Alain teJ)éCWVêt& LES VU F4Zs£ RSPRISc DROITS RESERVE0 Un juge rappelle aux députés fédéraux que la justice est la même pour tous MARCEL ADAM Le député conservateur de Lévis n'aura pas réussi a s'exempter de répondre devant la |ustice des accusations criminelles qui pèsent sur lui depuis bientôt un an.La semaine dernière, le juge Laurent Dubé, de la Cour du Québec, décidait que le député Gabriel Fontaine, ne pouvant invoquer l'immunité parlementaire pour être dispensé de répondre à plusieurs accusa-lions cri m i nel les concernant l'usage de son budget parlementaire annuel, devra subir son enquête préliminaire en février prochain.Après une enquête de deux ans menée par la Gendarmerie royale du Canada.14 acusations (pour fraude, abus de confiance et conspiration) étaient portées en février 1991 contre ce députe pour avoir avoir employé de manière irrégulière 100000 $ de son budget parlementaire de 160000$ \u2014 11 de ces accusations se rapportant a ses responsabilités de député.Devant subir son enquête préliminaire le mois de mai suivant, la veile de sa comparution ses avocats contestaient la compétence du tribunal dans cette affaire en vertu de la nouvelle loi C-79, adoptée le mois précédent.Cette législation stipule qu'il revient au Bureau de régie interne de la Chambre des Communes de déterminer si les dé- putés utilisent de manière licite les fonds publics dont ils disposent pour s'acquitter de leurs responsabilités.Le juge Dubé a rejeté de façon claire et nette la prétention à un statut privilégié des députés devant la loi.une immunité qui serait contraire aux dispositions de la Charte des droits et libertés mettant tous les citoyens sur un pied d'égalité à cet égard.Le magistrat a reconnu que les députés doivent jouir de certains privilèges exclusifs, soit une certaine immunité permettant «des coudées franches dans l'élaboration et la réalsation du travail législatif».Mais permet-elle à un député de s'y retrancher quand on lui reproche des agissements sanctionnés par le Code criminel?La sauvegarde de l'autorité et de la dignité de la Chambre exige-t-ellc qu'un depute soit exempte du respect des lois générales et publiques du pays, lorsqu'il dispose des biens et des fonds soumis à son administration?Un privilège «aussi exorbitant» est-il justifié pour assurer la quiétude ci l'indépendance dont l'élu du peuple a besoin dans l'accomplissement de ses devoirs envers ses électeurs?A ces questions, le juge Dubé a répondu par la négative.Se fondant sur une abondante jurisprudence concernant l'immunité parlementaire et les privilèges qui s'y rattachent, le magistrat a établi que les privilèges dont jouit un député dans l'acquittement de son mandat législatif ne l'exemptent aucunement de l'upplication du Code criminel ou des lois du pays.Selon lui, aucun document légal n'accorde à un député le droit de transgresser impunément des règles fondamentales, de piétiner des prescriptions éthiques des plus élémentaires, de mépriser des principes balisant le comportement des citoyens, «du plus modeste jusqu'au plus haut place ».Faisons un peu la genèse de la loi C-79 à laquelle se raccrochait désespérément le député Fontaine.Cette législation est le résultat des plaintes de plusieurs députés conservateurs prétendant être abusivement harcelés par la GRC quant à l'usage qu'ils font de leur budget parlementaire.Mise au point par un comité parlementaire présidé par Marcel Danis (ancien criminaliste et actuellement ministre du Travail), ce projet de loi extrêmement controversé fut adopté en avril 1991, après avoir été vigoureusement combattu pendant neuf mois par le caucus néo-démocrate.Cette législation qui amende la Loi sur le Parlement, stipule que le Bureau de régie interne de la Chambre des Communes a l'autorité exclusive de statuer sur la régularité de l'utilisation des fonds, des biens, des services ou des locaux mis à la disposition des élus dans le cadre de leur fonction parlementaire.Adoptée en avril, cette loi n'était pas encore en vigueur, au début de mai, alors que le député Fontaine devait comparaître en Cour le 8.Mais le hasard faisant bien les choses, le 7, le bureau du Conseil privé lui faisait parvenir un fac-similé de l'Or-dre-en-Conscil donnant vie à cette législation destinée à protéger les députes contre les atteintes de la loi.Ce qui permit à M.Fontaine de voir s'éloigner ce calice le temps que prendrait la Cour pour rendre sa décision.D'après une histoire parue l'autre jour dans le Globe & Mail, le sursis dont a joui le député de Lévis est redevable aux démêlées avec la police de son colègue de Lotbinière.Maurice Tremblay.Le 3 mai, la GRC ayant investi son bureau pour le fouiller (opération qui devait conduire à sa mise en accusation pour fraude et abus de confiance), le député Tremblay en saisit au téléphone le leader de la Chambre, Harvie Andre, qui entreprit d'agir de toute urgence pour donner force de loi à ce bill dans les plus brefs délais.Normalement, les Ordres-en-Conseil sont adoptés le jeudi.Mais dans ce cas-ci, dès le mardi, soit la veille de la comparution de M.Fontaine, on parvint à obtenir les qua très signatures ?ministérielles nécessaires.El le jour même, le député aux abois recevait par fax le document salvateur, et avait droit le jour suivant à un délai judiciaire qui devait durer neuf mois.Le bureau de M.Andre prétend qu'il s'agit d'une pure coincidence, que le ministre ignorait que la comparution de M.Fontaine devait avoir lieu le lendemain de l'envoi du précieux document.Libre à chacun de le croire ou non.Quoi qu'il en soit, le juge Dubé a rendu une decision qui illustre le caractère inique et détestable de cette loi infâme, et fournit l'occasion de reclamer que le gouvernement Mulroney la mette au rancart, s'il est le moindrement soucieux de restaurer son crédit et celui de l'institution parlementaire.f B 4 LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 18 JANVIER 1992 Phis Comment finira Castro ?En douceur comme Franco ou dans le sang comme Ceausescu ! GERALD LEBLANC w est à Cuba que j'ai fait le pont entre 91 et 92: la perle des Antilles, ou l'épine socialiste au flanc capitaliste, offrait un heureux melange de farniente et de mystère.Même si c'était une semaine de va-cances, il était en effet impossible d'oublier la question existentielle: Comment va finir la révolution orchestrée en 1959 par un avocat cubain et un médecin argentin, Fidel Castro et Ernesto «Che» Guevara?Des amis de Montréal m'avaient fourni une dizaine d'adresses de Cubains et Cubaines, qui se demandaient eux-aussi comment allait finir cet autre chapitre de leur turbulente histoire nationale.l'avais même une bonne provision de savon, pâte dentifrice, shampooing et autres petites commodités que mes hôtes ne trouvent plus que sur le marche noir, le devais apprendre que c'est effectivement de denrées encore plus essentielles, du pain au pétrole, que sont maintenant privés les Cubains.l'ai rencontré mes premiers contacts a l'ancien Hilton, rebaptisé Habana Libre en 1960, le carrefour de la faune internationale de La Havane, la chatoyante capitale du pays.En sirotant un Cuba Libre (rhum, cola, citron et glaçons) dans le bar du lobby, je me demandais comment Ernesto et Maria déjoueraient la «seguritad».Postés à l'entrée de l'hôtel, deux agents montaient la garde, demandant a l'un ou l'autre de montrer ses papiers.Si on est Cubain, il faut justifier sa présence dans les hôtels et autres lieux touristiques.On a progressivement érigé un mur entre les étrangers et les autochtones, un apartheid made in Cuba.Mes futurs amis sont entrés sans que je ne m'en aperçoive et sans aucun problème avec la «seguritad».Maria ressemble à une Hollandaise et Ernesto à un Espagnol; ils n'ont donc pas attiré mon attention, ni celle de la police.On oublie trop facilement que le peuple cubain est composé de Blancs venus d'Europe (autour de 60 p.cent de la population actuelle) et d'anciens esclaves noirs, les autochtones ayant etc radicalement éliminés par les conquistadores.Un peu comme l'Argentine et l'Uruguay, auxquels se comparait Cuba avant la révolution, avec en prime la présence de louches amis américains.On oublie aussi, par contre, que Cuba est un pays du sud.un pays des Antilles, dont les voisins capitalistes, Haïti ou le Guatemala, ne fixent pas très haut la barre de la prospérité nationale.Le marche noir Fidèles à la consigne, nous nous sommes éloignés du quartier touristique pour la remise des cadeaux québécois.Plus que les témoignages, c'est la vue de certaines réalités, comme les réfrigérateurs et les magasins, qui illustre la situation prévalant dans un Cuba de nouveau à la croisée des chemins.Alors que je m'étonnais de trouver si peu de choses dans le frigo de Pablo, ce dernier en rajoutait: «Ce devrait être bien pire, car le chou, le fromage et le poulet (un tout petit morceau) proviennent du marché noir, de même que les deux douzaines d'oeufs sur le comptoir.» Ensemble nous avons ensuite fait deux visites: la première à l'épicerie cubaine et la seconde au marche des touristes, le magasin «intur».À la pourvoirie locale, ce jeudi-la.il y avait PHOTO CEPALO LEBLANC U Presse En 1959, Fidel Castro renversait le régime corompu de Batista et prenait le pouvoir.On continue en 1992 à stimuler le moral des troupes cubaines au moyen de larges panneaux réclames qui celui ci-dessous qui salue le nouvel an, 34e année de l'ère révolutionnaire.des OCUfs (cinq par personne par se mainc) et du ri/, mais pas de pain et pas de cafe, un peu de poisson défraîchi et pas une once de viande.( Au réveillon du |our de l'An, Pablo et sa femme ont eu droit a chacun un oeuf et un peu de ri/.Ce sont deux professionnels vivant dans un quartier chic de La Havane.) Nous avons ensuite mis le cap sur l'hôtel Triton, a l'ouest du centre-ville.Tout pres.il y a un hyper-marche pour touristes: on y trouve de tout (viande, rhum, vêtement, appareil ménager ) en abondance et en provenance des quatre coins du monde.l'y ai même trouve des chemises McGregor, fabriquées à New York, n'en déplaise a l'embargo américain.Nous y avons acheté deux poulets congelés, a 5 $ l'unité (quelques minutes de salaire pour moi et près d'une semaine pour Pablo), importes du Venezuela.Difficile pour Pablo ci Ma nuela de refuser nos cadeaux, eux qui n'avaient pas vu un poulet entier depuis plusieurs mois.En même temps, on sentait chez ces professionnels une sour Je révolte.«Il faut partir, on ne peut plus rester ici.On n'a pas envie d'aller aux Etats-Unis, qui sont grandement responsables de nos malheurs, mais n'importe où ailleurs, de preference au Canada mais en Australie s'il le faut.» Le système D C'est finalement par le tourisme que la bombe cubaine éclatera.On attend cette année 500000 visiteurs étrangers et autour de deux millions en l'an 2000.Cuba est un petit pays, deux fois la superficie de la Nouvelle-Ecosse, habité par 11 millions d'habitants, pas deux fois le Québec.C'est donc dire qu'un important pourcentage des Cubains est en contact quotidien avec l'insoutenable dualité du pays: la surabondance pour les touristes et le dénuement pour les autochtones.Cet apartheid, qui réduit les Cubains a des citoyens de seconde classe dans leur propre pays, bien plus que l'absence de liberté et la dissidence intellectuelle, fera sauter la marmite cubaine.Certains contrastes sont en effet trop violents.Avec deux jeunes Cubains, j'ai fait l'expérience de deux types de restaurant: les Cubains et les «turis-tas».Au restaurant pour touristes, on mange et on paye comme a Miami.Au restaurant cubain, il nous en a coûté 8 S pour un repas a quatre, y compris une bouteille de vin blanc «sovictica» de Géorgie.Il a cependant fallu ajouter 8$ de pourboire, placé discrètement dans le cahier du menu, pour avoir une table.Il y a trois sports nationaux a Cuba: le baseball, le marche noir et la queue.Avec des pesos, du rhum, des chandails.on peut tout obtenir a Cuba, où tout est défendu sans que rien ne soit impossible.Il faut voir les Cubains plier un vingt dollars, au point qu'il soit presqu'invi-sible.et le passer a un contact qui reviendra avec deux cent pesos ( le taux officiel est de 1.10 S au peso, mais dans la rue c'est dix pesos pour 1 S et plus à Varadcro ).Pas cher, mais aussi pas les chars le repas au Sofia où des quatre mets au menu (poisson, boeuf, porc et poulet ) il n'y avait que du boeuf (quelques grains de steak hache) et plus aucun dessert.«Vous comprenez maintenant quand on dit qu'il n'y a plus de place pour nous ici» pouvaient alors conclure nos jeunes cicérones.Le poison espagnol À l'aérogare de La Havane, les touristes ne sont pas inquiétés; ce sont les membres d'équipage que fouillent les douaniers.Privé de la manne soviétique.Cuba est prêt à tout sacrifier sur l'autel du tourisme; on est même résigné à introduire le poison de l'entre- prise privée, la pire hérésie contre le credo socialiste de I idel.c est l'option-zéro a Cuba: les autos remplacent les vélos, les tracteurs lont plate aux boeufs de labour, mais on continue pourtant (le construire des hotels, pour le tourisme s'entend.Bien plus, c'csl en associai ion avec line chaîne privée d'Espagne qu'on achevé la construction du Cohiba, un superbe cinq étoiles, au coeur de La Havane.C'est aussi avec des intérêts privés qu'on construit présentement le Melia Las Americanas, a Varadcro, ou l'on trouve déjà quelques hotels (Sol Pal me ras, Melia varadcro.) à propriété partance.50/50.entre l'État cubain et les intérêts privés espagnols.Les Mexicains, en téte de liste du tourisme cubain avec les Canadiens, s'apprêtent a rentrer dand le club des joint-ventures, l'ai rencontré un Mexicain cherchant a exporter a Cuba sa recette de terrains de campinp qui lui a ouvert les portes du club des millionnaires du Yucatan.l'ai même rencontre un représentant de PARCO, un holding import-export (Metro-Richelieu, La Cooperative fédérée, les jus Rougemont.), qui célébrait l'envoi vers Cuba de saindoux et de poulets tout en préparant la venue à Montreal d'un bateau d'agrumes.Bien plus, on prepare des joint-ventures pour la production à Cuba de poulet, de porc et de jus concentre.Bref, on maintient bien haut le flambeau et les slogans socialistes, mais en douce, par le biais des étrangers, on laisvse s'introduire le poison du capitalisme.C'est la.peut-être plus que che/ les dissidents, que s'effectue la contre-révolution, que se prepare une autre grande mutation.Franco ou Ceausescu À la fin du XIX0 siècle, lose Marti foutait les espagnols dehors et Cuba devenait indépendant.Mais pas complètement, puisque que l'île se transforma en protectorat du puissant voisin nordique.La Havane devint alors le bordel américain.Au milieu du siècle, Fidel Castro foutait les Américains dehors et Cuba redevenait indépendant.Pas complètement cependant puisque le socialisme s'est maintenu au prix d'une dépendance totale a l'endroit de l'URSS.La Havane devint alors la puritaine socialiste.Lu cette fin de siècle, qu'adviendra-t-il de Cuba et de son mythique président?La mutation est deja commencée: se fera-t-elle en douceur ou dans le sang?Castro acceptera-t-il de modifier son dernier slogan: « Fidel ou la mort ».Ernesto est né avec la revolution de 59, il n'a pas de point de comparaison, si ce n'est l'avenir qu'il voit sombre et sanglant: «Le vieux cochon barbu est trop entête et il y a trop de parasites du régime pour que la transition se fasse en douceur.Ce sera comme dans la Roumanie de Ceausescu; c'est pourquoi je veux partir avant le bain de sang.>\u2022 Un de ses oncles, professeur d'histoire, avait visite l'Espagne au début des années 70.alors que Franco avait déjà entame sa retraite.«Il s'agit de savoir si nous pourrons trouver un Juan Carlos (le roi d'Espagne qui succéda au vieux général ) pour assurer une transition pacifique et conserver les acquis du socialisme, notamment l'école et l'hôpital pour tous.C'est toujours le même problème: après l'Espagne, les Etats-Unis et l'URSS, allons-nous enfin être vraiment maîtres de notre pays?» Au tournant du siècle precedent, lose Marti parlait déjà de l'émancipation de l'Amérique latine, autant de la vieille Europe que du nouvel empire nord-américain.C'est encore le même défi que devront surmonter les successeurs de Fidel, dont le mystère ne saurait impressionner encore longtemps les ventres affames de ses anciens supporters.Le PIS ta ica conquête «lu pétrole «algérien SUITE DE LA PACE B 1 depuis 1985.vivent tous directement ou indirectement du pétrole.Ils viennent des quatre coins d'Algérie, attires par les hauts salaires.En quête d'emplois, les nouveaux arrivants croupissent quelques mois dans un bidonville autour duquel le FLN, pudique, a fait construire un mur.Dix-huit mille célibataires logent sur les sites, dans des «bases-vie», et vont rarement en ville où les quelques gargotes et boutiques à moitié vides n'ont rien à leur offrir.Au cours des années 70.les cadres et techniciens ont rame-né leur famille au fur et a mesure que poussaient ces tristes HLM où l'on cuit en etc et gele en hiver.Equipements abandonnés Le maire.Samir Benouali.a 23 ans «le forage derrière lui, du Texas a la Roumanie, en passant par le Golfe.Grande barbe grise et franc-parler.il pourfend la politique pétrolière de l'Etat FLN: «Pendant des années, le pouvoir a pompé 1'industric pétrolière.Elle lui a tout donné sans rien en recevoir.Les investissements ont été dérisoires.La plupart des entreprises d'État n'ont pas de trésorerie.A l'ENTP.la masse salariale représente 80 p.cent du budget de fonctionnement.Résultat: le matériel est obsolete, les machines ont 16 ou 18 ans.Les chantiers sont bloqués par les attentes de pièces.» Les consequences sautent aux yeux les moins avertis: équipements abandonnés au milieu des sables, oléoducs inutilisés avalés par les dunes, flaques noires des fuites trop rarement réparées et.sur les têtes de puits, des «arbres de Noel » qui achèvent de rouiller.Et en même temps, accuse le FIS, des directeurs généraux de la Sonatrach qui commandent des voitures «R 25 avec les mêmes options que celle de François Mittérand».Aujourd'hui, avec une production de 800000 barils /jours ( 40 millions de tonnes/an ), l'Algérie n'arrive même pas à atteindre le quota que lui attribue l'OPEP.Et avec des forages en milieu argileux a plus de 5000 mètres, le pétrole algérien reste l'un des plus difficiles et des plus coûteux à extraire.Pour réaliser les investissements nécessaires, et surtout ramener dans les caisses de l'État les milliards qui permettraient au pays de se désendetter, le premier ministre, Sid Ahmed Gho-zall avait envisagé l'été dernier de «vendre le quart de lïnssi Mcssaoud» a des compagnies étrangères.La formule brutale rompt avec vingt ans d'un nationalisme véhément.Elle cache une offre plus modulée: il s'agit, en fait, moyennant d'énormes avances, d'offrir des concevions limitées dans le temps a des multinationales pétrolières.M.Ghozuli, qui a dirigé durant une dizaine d'années la Sont trach.sait mieux que quiconque qu'une Algérie menacée de faillite n'a guère d'autre choix que de gager son pétrole pour retrouver une certaine liberté financière.Finis les gaspillages! Mais, en apprenant la nouvelle, les dirigeants du FIS.Abassi Mahdani cl Ali Bclhadj, ont engagé une grève de la faim symbolique dans leur cellule de la prison militaire de Blida.Ce n'est pas.arguaient-ils, à un premier ministre de transition de prendre une decision aussi lourde de conséquences.Aujourd'hui que l'armée lui a donné la durée, M.Ghozali va très certainement accélérer l'ouverture de l'industrie pétrolière aux capitaux étrangers.«Nous trouvons cela louche, estime-ton au bureau du FIS à Hassi Mes-saoud.Pourquoi tant de precipitation?Cela ne sert à rien de ramener des devises si c'est pour les remettre dans le système actuel.Nous en avons ASSC2 des gaspillages!» Les syndicalistes islamistes préféreraient, d'abord, voir une restructuration du secteur pétrolier algérien.«On va être bouffés par les étrangers parce qu'on est pas compétitifs», dit M.Maguehoug.Ils craignent qu'ayant vendu le quart de Hassi Messaoud, le gouvernement ne soit tenté d'en vendre toujouts plus.Les compagnies étrangères, d'accord, mais comme sous-traitantes, affirment-ils.«Nous travaillons tous les jours avec des gens de chez Schlumberger, Total ou We-therford.Il n'y a aucun problème.» Ingénieurs ou techniciens de haut niveau, les responsables du FIS dans le secteur pétrolier se sentaient prêts à le reprendre en main pour le compte d'un gouvernement islamique.Quelle sera leur réaction aujourd'hui que le pouvoir leur échappe?«L'Islam est contre la violence, disait l'un d'eux sa medi dernier, mais il y a d'autres moyens d'imposer la volonté du peuple.» C'est sur les champs pétroliers algériens qu'une épreuve de force décisive contre les islamiques attend le nouveau pouvoir.Paru le I 5 janvier 1992. LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 18 JANVIER 1992 Plus B5 Espace : les nations condamnées à coopérer OLIVIER L.ROBERT Collaboration spéciale Il n'y aura pas seulement des Américains a bord de la navette spatiale, cette année.Deux Canadiens, un Allemand, un Belge, un Suisse, un Italien et un Japonais participeront à cinq des neuf missions spatiales habitées que la NASA projette de lancer au cours de 1992.De plus, une quinzaine de pays ont fait inscrire au manifeste de ces missions des expériences que leurs laboratoires ont conçues, en sciences de la vie, en traitement des matériaux ou en sciences spatiales.Un exemple parmi tant d'autres qui illustre combien l'espace est devenu un lieu de coopération entre les nations.C'est ce que constate Lark in Kerwin, président de l'Agence spatiale canadienne: «Nous franchissons une étape nouvelle dans l'espace.Nous mettons de côté les intérêts de prestige ou de compétition politique et militaire pour favoriser les projets spatiaux réalisés en coopération».L'espace est perçu de plus en plus comme une occasion d'améliorer la qualité de la vie et d'accroître la prospérité universelle.«La phase initiale de l'aventure spatiale était caractérisée par l'exploration», ajoute le Dr Kerwin.«Maintenant, nous devenons de plus en plus des utilisateurs de l'espace, que ce soit pour les télécommunications, qui répondent à un besoin universel, pour l'observation de la Terre, qui devient très importante dans la vie économique du monde, ou pour les sciences spatiales et leurs applications industrielles.» L'espace est conscrit au service de la Terre Lu bref, l'espace est conscrit au service de la Terre.Cette notion d'utiliser les activités spatiales pour aider à trouver des solutions aux problèmes environnementaux ou de sank se retrouve justement dans le theme principal de l'Année internationale de l'Espace qui a adopté comme slogan: «Mission vers la planète Terre», une expression forgée par la NASA et qui désigne également une gigantesque initiative d'observation de la lerre a partir de l'espace.Coordonnée par les États-Unis mais réalisée en coopération internationale, cette initiative se rattache ou Programme américain de recherches sur les changements à l'échelle du globe ( U.S.Global Change Research Program ).L'idée derrière MPE ( Mission to Planet Earth) consiste à utiliser la technologie qui a été conçue dans le cadre des missions d'exploration du système solaire pour développer des instruments d'observation de notre planète qui permettront d'analyser son environnement de façon globale.Toute l'initiative articule son volet spatial autour d'un programme appelé EOS ( Earth Observing System) qui prévoit le déploiement, au coût de 17 milliards, de deux plates-formes d'observation lancées par les États-Unis (EOS \u2022 Selon le Dr Kerwin, nous devenons de plus en plus des utilisateurs de l'espace, que ce soit pour les télécommunications, qui répondent à un besoin universel, pour l'observation de la Terre, qui devient très importante dans la vie économique du monde, ou pour les sciences spatiales et leurs applications industrielles.A et B), auxquelles se joindront deux plates-formes européennes ainsi qu'une plate-forme japonaise.Au seuil d'une année internationale qui lui a été attribuée, l'espace subit quand même les contrecoups d'une récession qui ne se résorbe pas, d'un plafonnement des investissements à l'échelle mondiale qui gravitent autour de 70 milliards depuis quelques années, ainsi que des bouleversements géopolitiques qui sont en train de redessiner complètement le village planétaire.Et pourtant, les grands programmes spatiaux ne s'effondrent pas.Ils subiront sans aucun doute une cure d'amaigrissement et des retards dans leurs calendriers de réalisation.Ils seront plus rationnels et on réajustera leurs caractéristiques techniques en y intégrant mieux les réalités budgétaires des gouvernements qui les financent.On sera beaucoup plus à l'écoute des préoccupations des citoyens.Mais on peut prédire, sans trop de risques de se tromper, que l'aventure humaine dans l'espace se poursuivra.Que la station spatiale Freedom, même dans une version tronquée, évoluera au-dessus de nos têtes vers la fin du siècle.Et que partout dans le monde, les grands bureaux d'études continueront de préparer le retour des humains sur la Lune et d'analyser différents concepts pour expédier une mission habitée vers Mars.Pout Susan Walker, rédactrice en chef de la publication spécialisée Space News, la question des budgets affectés aux programmes spatiaux demeure cruciale.«Ce Les payeurs de taxes s'en mêlent sera très serre pour les cinq ou dix prochaines années.Considérez que, pour la premiere fois de son histoire, la NASA a vu son budget total diminuer légèrement par rapport à celui de l'an dernier.L'ESA (l'agence spatiale européenne) vogue aussi dans un environnement budgétaire difficile.Par contre, il y a un coté positif a cela.Les gestionnaires de programme doivent s'efforcer de réajuster leurs projets en établissant des priorités plus claires.Les payeurs de taxes exigent plus de justification des sommes dépensées dans les programmes spatiaux.» Alain Poirier abonde dans ce sens.Le directeur des projets spatiaux chez SNC-Lavalin affirme que la gestion des programmes spatiaux doit être remise en question: «On commence à réaliser que beaucoup de programmes coûtent trop cher.Les nouveaux intervenants dans l'industrie spatiale, souvent spécialisés dans les infrastructures, vont contribuer à faire baisser les coûts des programmes, parce que leur philosophie de gestion les y incite.» En ce qui concerne l'ancienne URSS, personne ne sait vraiment ce qu'il adviendra du programme spatial soviétique.La façade de ce programme qui, pendant longtemps, a été un objet de fierté, se lézarde, dévoilant du même coup la réalité dans toute sa crudité.Même en l'absence des bouleversements géopolitiques récents, le programme spatial soviétique s'acheminait vers une période de stagnation puisque, à toutes fins pratiques, les autorités politiques s'en désintéressaient et aucuindirection intellectuelle ne l'animait.Les républiques nouvellement indépendantes viennent de se doter d'organismes nationaux qui s'approprient les activités spatiales se déroulant sur leur territoire.Mais Alexandre Boyartchuk.un des dirigeants de l'Institut des Le Canada champion en son genre Recherces Spatiales de Moscou, croit qu'après une phase d'affirmation nationale dans les différentes républiques, on s'acheminera vers la mise en commun des ressources spaciales coordonnée par une structure qui ressemblera a l'ESA.Au sein de la communauté spa- tiale internationale, le Canada est perçu comme le champion de la coopération.Lors du Congres de la Fédération internationale d'astronautique, tenu a Montreal en octobre dernier.l'Agence Spatiale canadienne a propose d'intégrer les pays en voie de développement aux activités spatiales en créant une agence spatiale a leur intention et a pousse l'idée d*une-agence spatiale internationale.\" Les deux idées progressent.L'ONU cherche a les faire avancer, surtout en ce qui concerne le tiers-monde», soutient Larkin Kerwin.«Deuxièmement, le Forum des agences spatiales (SAFI-SY \u2014 l'organisme regroupant 28 agences spatiales et huit organisations internationales mis sur pied en 1988 pour coordonner les activités de l'Année internationale de lEspace) a décidé d'aller au-delà de son mandat et de se réunir en 1992 à Los Angeles et a Washington pour considérer l'avenir, ce qui veut certainement dire la création d'une agence spatiale internationale ou une version de cela, probablement une fédération officielle et formelle des agences spatiales des différents pays.» Deux Canadiens iront dans l'espace en 1992 OLIVIRR L.ROBERT njf ous ave^ toujours réve de «Hr devenir astronaute et d'aller dans l'espace.Vous êtes détenteur d'un doctorat en sciences ou en génie.Mentalement équilibré, vous êtes socialble.vous possédez un bon sens du travail d'équipe, et vous êtes, bien sur, en excellente condition physique.Vous avez maintenant l'occasion de tenter votre chance de faire le grand saut, puisque l'Agence spatiale canadienne lance des au-jourd'huinée un deuxième appel de candidatures pour recruter des astronautes.Même si jusqu'ici, un seul des six astronautes canadiens recrutés en 1983 est allé dans l'espace, le président de l'Agence spatiale canadienne, Larkin Kerwin.est persuadé qu'on a suffisamment de travail en vue pour une deuxième équipe d'astronautes: «Deux de nos astronautes iront déjà dans l'espace en 1992.Au cours des années à venir, nous aurons également besoin d'astronautes pour manoeuvrer le système robotique que nous construisons actuellement et travailler à l'assemblage de la station spatiale Freedom.«Par la suite, il est prévu que nos astronautes pourront cumuler un total de trois mois d'occupation de la station tous les deux ans.Nous devons donc commencer tout de suite à préparer suffisamment d'astronautes pour remplir toutes ces missions.» Si le processus de sélection de cette deuxième équipe d'astronautes se déroule assez vite, deux nouvelles recrues pourront même entamer, dès juillet prochain, un entraînement de «spécialiste de mission» au lohnson Space Center de la NASA.Par contre, si le recrutement des nouveaux astronautes s'effectue plus tard, à l'automne par exemple, les premiers spécialistes de mission seront choisis parmi les six astronautes actuels, à l'exception de Steve MacLean et Bjar-nî Tryggvason qui se préparent pour le vol de Maclean, en septembre.Cet entraînement de haut niveau, qui sera également donné à deux astronautes japonais et à autant d'Européens, visera à les familiariser avec tous les aspects d'une future mission à bord de Freedom.Pas des vrais astronautes Cet accès de deux astronautes canadiens au statut de «spécialiste de mission » ( MS : Mission Specialist) revêt une importance cruciale pour l'avenir, jusqu'à maintenant, nos six astronautes ont reçu un entraînement de «spécialistes de charges utiles» (PS: Pay-load Specialists).La NASA considère les PS comme des invites spéciaux assignés à une mission par le biais d'ententes avec l'industrie américaine ou avec des agences étrangères.Autrement dit, ils ne sont pas de vrais astronautes, selon la défi-nition américaine du terme, même s'ils ont reçu une formation de base sur le fonctionnement des systèmes de la navette spatiale.Nos astronautes s'accommodaient relativement bien de ce statut tant que leur mandat se limitait à préparer et à mener à bien des expériences canadiennes en sciences de la vie, en sciences de l'espace, ou en microgravité.Ainsi, au cours du vol prévu pour septembre 1992, Steve MacLean effectuera une série d'expériences appelée CANEX-2 ( Marc Gar-neau avait été responsable des experiences CANEX-1 qui s'étaient déroulées en octobre 1984).Parmi ces expériences, il évaluera notamment les performances d'un Système de vision spatiale (SVS) qui utilisera une camera de télévision pour surveiller un agencement de points de repères \u2022 \u2022 - - Le 22 janvier, Roberta Bondar deviendra le deuxième astronaute canadien à s'envoler dans l'espace alors qu'elle agira à titre de spécialiste de charges utiles principal lors de la mission IML-1.3 disposes sur un objet a localiser.Mais, en cours de vol.ce sera un spécialiste de mission qui utilisera le Canadarm pour tester le SVS.Les «Canadarm^» qui équipent les quatre orbiteurs de la flotte de la navette spatiale appartiennent à la NASA.Ce ne sera pas le cas pour le Système d'entretien mobile ( MSS : Mobile Servicing System ) qui constitue la pièce-maitresse de la participation canadienne au Programme international de la Station spatiale Freedom.Il est donc normal que de-Canadiens soient babilités a opérer un système de propriété canadienne.La durée de vie de Freedom détendant sur 30 ans.on prévoit beaucoup de rotation au sein du corps des astronautes canadien-, ce qui devrait entraincr, d'ici quelques années, un process régulier de recrutement.En outre, notre pays est un membre associé de l'Agence spatiale européenne et â ce titre, on peut prévoir que nos astronautes seront un jour appelés à participer à des missions habitées prévues dans le cadre du Plan spatial européen.De plus, le Canada a gné en 1989 un accord de cooperation spatiale avec l'ancienne URSS, dans lequel il est stipule qu'un astronaute canadien pourra visiter éventuellement la station spatiale MIR.Il y aura donc amplement de perspectives intéressantes pour la prochaine génération d'astronautes.Apres Marc Garneau Le 22 janvier.Roberta Bondar deviendra le deuxième astronaute canadien à s'envoler dans l'espace alors qu'elle agira à titre de spécialiste de charges utiles principal au cours de la mission IML-t.Médecin, spécialiste en neurologie.Mme Bondar appartient à divers groupes de recherche canadiens et américains dont celui du Cardiovascular Laboratory du lohnson Space Center.Ses recherches portent principalement sur la circulation sanguine cérébrale en état d'apesanteur.IML-l.qui se déroulera dans le module Spacelab, placé dans la soute de la navette Discovery, est une série d'expériences conçues pour étudier les divers aspects de l'adaptation humaine aux vols spaciaux ainsi que le comportement des plantes et la physique des matériaux en milieu d'apesanteur.Et les cinq autres membres de l'équipe actuelle d'astronautes canadiens?De quelles tâche s'acquittent-ils en ce moment?Marc Garneau.le premier Canadien à être allé dans l'espace, est aujourd'hui directeur-adjoint du Programme des astronautes canadiens.Ingénieur en électricité et détenteur d'un doctorat en génie, il est responsable de la planification technique des missions spatiales canadiennes.Poursuivant aussi les recherches en microgravite entamées lors de la mission 4I-G en 1984.il compte bien retourner un jour dans l'espace.Steve MacLean est physicien du laser.Le troisième Canadien qui volera à bord d'une navette spatiale s'entraîne présentement en vue de sa participation au vol STS-5I, dont le lancement est prévu à l'automne I992.Ken Money est l'astronaute de relevé de Roberta Bondar.Docteur en physiologie, il possède de nombreuses années d'expérience en recherches sur le tnal des transporta Bob l hirsk est médecin et ingénieur.Astronaute de relevé de Steve MacLean pour les experiences CANEX-2.il est l'ingénieur de projet du satellite-cible qui sera utilise pour évaluer le Système de vision spatiale.Tout comme Steve MacLean, il s'entraine active ment en vue de cette mission. B6 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 18 JANVIER 1992 «*?COX'CRi-S DBS MBMBRFJ S, .« h.\u2022 i.j» \u2022 i mm v \u2022 » rapport /affaira bfen DENIS du bureau de La Presse Après un an il est un peu froissé.On l'a etirê à gauche comme à droite, mais personne n'a pu le déchirer.Un an après sa publication, le rapport Allaire reste le point de ralliement des militants du PLQ et, pour le Canada anglais, la réponse à la question historique: What does Quebec want?«Un an plus tard, je ne vois rien à changer au rapport, je ne regrette rien», affirme catégoriquement le président du comité qui, il y a un an, accouchait du document qui eut l'effet d'une bombe au Canada anglais.Pour Me lean Allaire \u2014 qui a sillonné le pays depuis un an pour expliquer les revendications du Quebec \u2014 le rapport qui porte son nom «reflète encore autant la volonté des Québécois».Pourtant, il y a un an, c'est avec beaucoup d'hésitations que le premier ministre Bourassa avait accepté d'entériner l'idée d'un référendum sur la souveraineté en 1992, dans l'éventualité où «l'ordre constitutionnel nouveau» réclamé par le rapport Allaire serait désavoué au Canada anglais.Gravement malade et relevant péniblement d'une intervention chirurgicale, M.Bourassa n'avait pu surveiller que de loin les dernières et crucjales réunions du comité constitutionnel du parti et son entourage devait par la suite critiquer l'attitude de certains membres dont on croyait qu'ils seraient «les oreilles» du premier ministre au comité.Avec l'échec de Meech et la commission Bélanger-Campeau, l'heure de la souveraineté semblait avoir sonné le printemps dernier, mais c'était avant que Robert Bourassa n'arrête l'horloge et obtienne un délai de près de deux ans avant la tenue d'un référendum dont l'issue semblait alors déjà scellée.Pour la plupart des membres du comité Allaire, même si beaucoup d'eau a coule sous les ponts au cours des douze derniers mois, les attentes des militants libéraux n'ont guère changé.Elles n'ont p:^ diminué, surtout avec la déception qu'ont suscité en septembre les propositions fédérales (des proposition dont on ne discute même plus au Québec).L'appui serait peut-être moins massif, moins spontané qu'il ne l'a été au congres de mars dernier, mais le rapport Allaire obtiendrait encore l'aval d'une forte majorité des libéraux, estiment tous les militants interrogés.«Le débat serait probablement plus houleux», reconnaît toutefois Michel Bissonnette, représentant de la commission jeunesse du PLQ au sein du comité.L'attitude du premier ministre Toutefois, si le rapport Allaire reste le point de ralliement des libéraux provinciaux, ce n'est sûrement pas grâce au premier ministre Bourassa, qui en maintes occasions, en a minimisé la portée.Pour Robert Bourassa.le rapport était un document de référence», «fondamental » toutefois.La moitié des 22 champs de competences exclusive quo Ion y reclamait pour le Québec sont deja de juridiction provinciale, devait-il rappeler par la suite.Plus récemment, lors du dépôt des propositions fédérales, M.Bourassa soutenait qu'on y retrouvait plusieurs aspects des revendications du rapport Allaire alors que l'auteur du rapport venait pourtant de pourfendre ces mêmes propositions.* M.Allaire est un peu comme le president d'une ligne aérienne qui tombe en «imour avec ses avions», lancera, en prive, un membre du défunt comité constitutionnel.Le président Allaire se défend bien toutefois de s'être identifié au document et de e sentir pique lorsqu'on critique le rapport qui porte son nom.Ouant a la philosophie centrale du rapport \u2014 un nouveau partage des pou-oin entre Ottawu et Québec\u2014 elle semble faire peu de cas de la réalite revue par Robert Bourassa: on ne peut liter du partage des pouvoirs dans l'ab- \u2022 - BOB W LIBÉRAL - Jean Allaire et Robert Bourassa au congres de mars dernier.Pour M.Allaire, son rapport reflète toujours autant la volonté des Québécois.PHOTO LUC SIMON PERRAULT.U Presse 10 03 91 Michel Bissonnette était membre du comité constitutionnel du Parti libéral du Québec.PHOTO MICHEL GRAVEL Là Preoe 07.03 91 solu.surtout quand un comité réclame les pleins (et coûteux) pouvoirs en matière d'assurance-chômage et d'environnement.« M.Bourassa a une position prudente, c'est normal dans sa situation.Mais maintenant, le Québec a dit ce qu'il attendait, que les offres viennent et on les regardera», résume Philippe Garceau, qui était a l'époque president régional au sein de l'executif du PLQ.Les Québécois culent toujours des changements radicaux au chapitre du partage des pou- oirs, la pierre d'achoppement probable des discussions avec Qttawa, croit-il.Le premier ministre tentera-t-il, comme certains le pensent, «d'élargir le corridor» et de repousser a plus tard le réfé- rendum pourtant promis pour cette année?«Au niveau du parti, cela en ferait lever plus d'un.Pour l'instant le report du référendum serait inacceptable pour moi», dira Philippe Garceau.«M.Bourassa croit sincèrement au rapport Allaire.Est-ce qu'il va aller jusqu'au bout?La question reste ouverte», poursuit Michel Bissonnette.L'accession a la souveraineté n'est pas l'affaire d'une semaine de plus ou de moins, l'échéance pourrait être repoussée si on démontre que les délais sont trop courts pour s'y preparer suffisamment, «mais ce ne devra pas être une façon de gagner du temps», prévient Bissonnette.Pour l'ancien président de la commission jeunesse, l'endossement du rapport par le premier ministre lors de sa publication était crucial.«Avec Allaire on ne s'est pas engagé seulement auprès des militants du PLO mais aussi envers toute la population du Québec», estime-t-il.Selon lui, avec le rapport Allaire, le PLQ a finalement pris un certain leadership en matière constitutionnelle, le champ de prédilection du Parti québécois.Isoler le dossier constitution^ sous pretexe È|ue les problèmes économiques sont plus urgents ne réglerait rien, à son avis.Le problème fondamental de la place du Quebec au sein du Canada ne souffrira pas de solution de cataplasme, les solutions «de forme et non de fond ne feraient que reporter la souveraineté a plus tard » pense-t-il.Quant au parrain du rapport, lean Allaire, il «ne voit rien à l'horizon» qui puisse justifier le report de l'échéance de 1992.«M.Bourassa a dit qu'il faudrait quelque chose de très special, comme un tremblement de terre.», rappelle-t-il.Une nuance Mais une nuance semble s'être installée dans le discours des anciens membres du comité Allaire; on accepte plus ou-vertement désormais l'idée que les propositions de janvier 1991 ne soient pas totalement endossées par le Canada anglais.Au moment du dépôt du rapport, personne, pas même le premier ministre Bourassa, ne voulait reconnaître qu'il s'agissait d'une base de négociation, «alors que c'était tellement évident» dira aujourd'hui un membre \u2014 fédéraliste \u2014 du défunt comité.«|e n'ai jamais rêvé que le rapport puisse être adopté tel quel, le document représente «la situation idéale» aux yeux du comité; si on se rend à une distance raisonnable, il restera au PLQ à décider si c'est acceptable», résume l'ancien ministre Fernand Lalonde.Selon lui.le rapport Allaire est et restera au Canada anglais la meilleure référence pour savoir finalement «What Quebec Wants ».«Notre rapport n'a pas été banalisé dans le reste du pays.Depuis le rapport Allaire, tout le monde sait que l'échéance, c'est 1992» estime M.Lalonde.Pour Saturnino ladeluca.qui représentait les allophones au sein du comité, il est certain que la conjoncture économique défavorable a pu réduire les ardeurs de l'aile nationaliste au sein du PLQ.«Il y a de l'inquiétude, on ne sait pas si le rapport Allaire peut être conciliable avec les offres du Canada anglais», mais selon lui « Allaire fait encore le consensus au sein du PLQ».Bien qu'on ne parle plus beaucoup ces jours-ci du clivage entre «nationalistes» et «fédéralistes» au sein du PLQ, l'harmonie reste bien fragile.«Lesgens n'ont pas changé d'opinion, s'il n'y a pas de polémique actuellement, c'est que personne ne discute plus des propositions fédérales de septembre»; avec le dépôt des offres attendu en mars prochain, le débat interne au sein du parti devrait reprendre de plus belle, de confier un membre du défunt comité.Au sein du PLQ, certains restent convaincus que de nombreux militants libéraux \u2014 et une forte majorité de jeunes \u2014 seraient tout disposés à appuyer In souveraineté.Pour eux, ce n'est qu'une question de temps, surtout devant la foire d'empoigne que semblent être devenues, la semaine dernière, les discussions entre les premiers ministres du Canada anglais.Pour d'autres, même des ténors de l'aile «nationaliste» du PLQ, «les militants, tout comme la population, sont un peu moins choqués que l'an dernier».Depuis plusieurs semaines d'ailleurs, les opinions se polarisent parmi les stratèges sur l'opportunité de tenir un conseil général \u2014 plus facile à contrôler qu'un congrès plénier \u2014 pour décider si ce qu'Ottawa met sur la table est satisfaisant.«Le hunker ( le bureau du premier ministre)a tâté le terrain», indique-t-on.Mais d'entrée de jeu, les ténors du parti, lean Allaire en tête, ont placé la barre haute.Pas question qu'un document endossé par l'ensemble des membres puisse être relégué aux oubliettes par un groupe plus restreint, prévient-on, sans toutefois obtenir d'engagement en ce sens du premier ministre Bourassa.Il n'aura d'autre choix que d'accepter un congrès, soutient-on.L'histoire Ainsi, un an après sa publication, le rapport Allaire semble jouir d'une longévité peu coutumière pour un document politique.«Les pens d'Ottawa devront l'avoir sur le coin de leur pupitre lorsqu'ils prépareront les offres de mars.En septembre dernier, ils ne semblaient pas l'avoir reçu encore», ironise le president du PLQ, |ean-Pierre Roy.Le rapport Allaire passera-t-il a l'histoire?«En tout cas, on en a parlé au Bye Bye.Avez-vous entendu parler de la commission Bélanger-Campeau?» de lancer l'un des membres du défunt comité. LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 18 JANVIER 1992 B 7 Plus RENOUVELLEMENT DU CANADA La d'épicerie est longue MARIS-CLAUDE LORTIE du burviu de La Presse OTIA WA i I y a presque un an, le rapport Allaire apprenait au «reste du Canada» que les revendications constitutionnelles du Québec n'avaient plus rien à voir avec les implications hypothétiques d'une clause faisant du Québec une société distincte.La «société globale», pour reprendre l'expression du politologue Léon Dion, revendique plus que jamais des outils précis pour veiller à son épanouissement: un nouveau partage des compétences.Dans le rapport Allaire, le comité constitutionnel du Parti libéral du Québec dressait une liste de revendications très concrètes: les communications, à nous; la dette, encore à vous; la politique étrangère, on se la sépare.lin tout, le Quebec proposait de se doter de 22 compétences exclusives, de laisser au fédéral cinq champs bien précis et de se réserver toutes les compétences à venir.À cette liste d'épicerie décentralisatrice, le reste du Canada a répondu par la négative.Pas question de «démanteler» le Canada, a dit Bob Rae.premier ministre de l'Ontario, tandis que les autres premiers ministres exprimaient diplomatiquement des o-pinions semblables.Les propositions fédérales Huit mois plus tard.Ottawa déposait en guise de réponse sa propre liste de propositions constitutionnelles, celles que le comité parlementaire Beaudoin-Dobbie tente de «bonifier».Le gouvernement propose, a l'instar du rapport Allaire, de renforcer l'union économique canadienne.Pour ce faire, il suggère de se doter de «la compétence exclusive pour légiférer en toute matière qu'il déclare utile à l'efficacité du fonctionnement de l'union économique».Une proposition qui en a fait sursauter plus d'un partout au Canada, et au Québec surtout.En Ontario, Bob Rae a déclare que ces nouveaux pouvoirs posaient une menace inacceptable pour les programmes sociaux provinciaux.Au Québec, ce sont les gens d'affaires qui ont réagi le plus vivement, même les plus fédéralistes d'entre eux demandant rapidement au ministre des Affaires constitutionnelles, M.Joe Clark, de refaire ses devoirs.Les commentaires de M.Clark à la critique, ainsi que de plusieurs hauts fonctionnaires et certains membres du comité mixte, indiquent qu'il y a tout lieu de croire que cette proposition sera modifiée, sinon carrément abandonnée pour faire place à des ententes intergouvernementales qui ne seraient pas constitutionnali-sées.Les propositions fédérales offrent ensuite de remettre «explicitement» aux provinces la compétence en matière de formation de la main-d'oeuvre.( Pour le rapport Allaire, celle-ci est déjà provinciale puisque qu'il s'agit d'éducation.) Ottawa ajoute toutefois dans les remarques explicatives de son document qu'il tient au respect de «normes nationales» dans ce domaine et prévient qu'il a l'intention d'y voir «par le biais du nouveau pouvoir de gestion économique».Le gouvernement fédéral propose aussi de reconnaître la compétence exclusive des provinces dans six autres domaines qui sont déjà provinciaux en vertu de l'article 92 de la constitution de 1867.Pourtant, Ottawa est engagé dans ces domaines de juridictions provinciales en vertu de son pouvoir de dépenser.De tout temps le pouvoir de dépenser été contesté au Québec Comme l'a un jour écrit Me Jean Beetz.qui fut ensuite juge à la Cour suprême, beaucoup de Québécois estiment que ce pouvoir porte doublement atteinte à l'autonomie du Québec.D'abord parce que le gouvernement central se permet d'agir, selon ses propres politiques, dans des domaines réserves aux provinces.Ensuite parce qu'il prive les provinces des ressources qui leur permettraient d'agir dans ces domaines, selon leurs propres choix politiques.Alors que l'Accord du lac Meech proposait de limiter ce pouvoir, le rapport Allaire demande son élimination.Le premier ministre de Terre-Neuve.M.Clyde Wells, a rappelé quant à lui cette semaine que sans l'argent du fédéral, il aurait beaucoup de difficulté â agir dans plusieurs domaines de sa juridiction.Les propositions fédérales tendent à baliser ce pouvoir de dépenser en exigeant que sept provinces représentant 50 p.cent de la population, approuvent tout nouveau programme fédéral dans un champ de compétence provincial.Les provinces préférant ne pas participer recevraient une compensation «juste» et à condition qu'elles établissent des programmes «atteignant les objectifs du nouveau programme national ».Dans l'Accord du la Meech.il n'était question que de programmes provinciaux «compatibles» avec les programmes fédéraux.Pour plusieurs juristes québécois, la difference est de taille et elle permet une protection encore plus stricte de la primauté des choix politiques d'Ottawa.Ils soutiennent même que cette proposition, tout comme celle du Lac Meech.enchâsserait dans la constitution un pouvoir fédéral qui ne fait pas partie pour le moment du droit constitutionnel canadien.Toujours au chapitre du partage des compétences.Ottawa propose d'inscrire dans la constitution un mécanisme permettant aux deux ordres de gouvernement de se déléguer mutuellement des pouvoirs législatifs.Ottawa se propose ainsi de rationaliser certains services fédéraux et pour économiser.Réactions prudentes Pour l'instant, aucun premier ministre provincial n'a attaqué de front les propositions fédérales en les taxant d'être trop décentralisatrices.Wells fut le plus critique à cet égard, inquiet à l'idée de voir l'argent du fédéral quitter ses champs de juridiction provinciale.Les gouvernement néo-démocrates de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique sont restés pour leur part relativement silencieux.On connaît toutefois la position traditionnelle de leurs partis en faveur d'un gouvernement central fort qui gère la répartition des richesses d'un bout à l'autre du pays, en vertu de normes nationales garantissant notamment les services sociaux.L'Ontarien Bob Rae, champion des droits sociaux pan-canadiens, a déclaré qu'il ne voulait pas de décentralisation massive comme celle que réclame le Québec.Certes, comme le Québec, l'Ontario aimerait qu'Ottawa se retire de la formation de la main-d'oeuvre, mais par ailleurs Queen's Park estime que les provinces devraient céder certains champs de compétence au fédéral, par exemple le contrôle des valeurs mobilières.Frank McKenna du Nouveau-Brunswick appuie cette idée de troc.Il a d'ailleurs indiqué cette semaine qu'il était prêt à discuter d'une redistribution des compétences, ce qui n'est cependant pas synonyme de décentralisation, lue G hi/, de I ' I led u-Pri n ce-Edouard n'est pas oppose a la reconnaissance explicite de certains pouvoirs provinciaux, mais il veut en savoir plus sur les compensations financières et les normes nationales.'Vit ' Pour A l'occasion de la tenue de cinq grandes Conférences sur le renouvellement du Canada, La Presse publie à compter d'aujourd'hui une série d'articles sur les enjeux des présentes négociations constitutionnelles.La première conférence s'est ouverte hier à Halifax.Elle a pour thème la répartition des pouvoirs, et c'est donc le sujet de nos articles d'aujourd'hui.Le samedi 25 janvier, pour la conférence de Calgary, nous publierons un dossier sur la reforme des institutions.A l'occasion de la conférence qui aura lieu a Montreal, nos journalistes feront le point, le samedi 2 février, sur l'union économique.Enfin, le samedi 9 février, notre dossier aura pour thème, comme la conférence de Toronto, Identité, droits et valeurs», avec comme sujet principal bien sûr la question de la société distincte.des bomuoêps % Le rapport Allaire Le 28 janvier 1991 était rendu public le rapport du comité constitutionnel du Parti liberal du Québec, le maintenant célèbre rapport Allaire.Ce document, rapidement rejeté par le «reste du Canada», et dont parlent le moins possible les politiciens au pouvoir à Ottawa, propose une nouvelle répartition des compétences qui permettrait au Québec, selon le PLQ.de se développer dans toute sa distinction.Essentiellement, le rapport Allaire dit que: ¦ le gouvernement fédéral contrôlerait seul de la dette, la péréquation, la défense, les douanes et la monnaie; B neuf autres domaines seraient partagés : les affaires autochtones, la fiscalité, l'immigration, les institutions financières, la justice, les pêcheries, la politiques étrangère, les postes et les télécommunications, ainsi que les transports; B une série de pouvoirs actuellement assumes par le fédéral, ou partagés avec les provinces, seraient transférés exclusivement au Québec: agriculture, assurance-chômage, communications, développement régional, énergie, environnement, industrie et commerce, langue, recherche et développement, sécurité publique et sécurité du revenu: B le Quebec exercerait sa pleine souveraineté dans des champs de competence qui lui sont déjà exclusifs en vertu de la constitution actuelle, soit: les affaires sociales et urbaines, la culture, l'éducation, l'habitation, les loisirs et les sports, la politique familiale, la politique de main-d'oeuvre, les ressources naturelles, la santé et le tourisme.Dans certains cas, le Quebec demande de contrôler ou encore partager avec Ottawa des compétences exclusivement fédérale C'est notamment le cas de la politique étrangère.D'autres compétences, comme les radiocommunications, sont devenues fédérales à la suite de décisions prises par la Cour suprême et le Conseil privé en vertu de ce qu'on appelle la compétence résiduelle du gouvernement central.La constitution canadienne prévoit en effet que les compétences qui ne sont pas définies comme provinciales tombent automatiquement dans le champ des juridictions fédérales.Certaines des compétences revendiquées par le Québec, notamment l'agriculture, sont actuellement partagées entre les provinces et le gouvernement fédérale.C'est ce que prévoit la constitution de 1867 qui donne préséance aux lois canadiennes en cette matière si des lois fédérales et provinciales sont incompatibles.Le rapport Allaire demande en outre qu'on confirme les compétences exclusives des provinces dans les domaines qui leur sont deja attribués par la constitution mais qu'Ottawa occupe grâce a son pouvoir de dépenser.Notamment dans le financement des programmes d'éducation ou de la santé.Non seulement le rapport Allaire demande-t-il a Ottawa de se retirer de ces champs de competence provinciale, il propose d'interdire au gouvernement fédéral de dépenser dans les champs de juridiction du Quebec Les propositions fédérales Champs de compétence .~r n vertu du nouveau partage des juridictions propose dans les dernières propositions constitutionnelles du gouvernement canadien.Ottawa aurait la «compétence exclusive pour légiférer en toute matière qu'il juge utile a l'efficacité de fonctionnement de l'union économique».o or.r Compétences provinciales Ottawa propose de reconnaître «explicitement» dans la constitution que la formation de la main-d'oeuvre est un domaine de competence exclusivement provincial.Ottawa garderait toutefois le droit de formuler des normes pan-canadiennes.Ottawa est aussi prêt a -< reconnaître » que le tourisme, les forêts, les mines, les loisirs, le logement et les affaires municipales et urbaines sont du domaine provincial.Ce qui ne l'empêche pas d'exercer son pouvoir de dépenser dans des domaines provinciaux.Ottawa propose aussi de ne pas créer de nouveaux programmes nationaux dans le champ des competences provinciales sans l'accord d'au moins sept provinces représentant 50 p.cent de la population.Les provinces choississant de se retirer de ces programmes recevraient une compensation «juste» mais seulement si elles acceptent d'établir des programmes visant les mêmes objectifs que le programme national dont elles ont choisi de se retirer.Compétences partagées ans les domaines de la culture et de l'immigration.Ottawa est «dispose» à signer avec les provinces des ententes bilatérales «adaptées a la situation particulière» de chacune d'entre elles.Dans le cas.de l'immigration, le gouvernement federal se dit «dispose» a rendre constitutionnelles les ententes tout en rappelant qu'il se doit de continuer â jouer un role pour établir les «objectifs nationaux».3 .Côte culture.Ottawa s'engage «s'il y a lieu» à inclure dans la constitution les accords qui définiront clairement «le rôle de chacun des ordres de gouvernement».Le gouvernement federal se dit aussi prêt a modifier la constitution pour permettre la délégation de pouvoirs législatifs d'un ordre de gouvernement à un autre s'il y a accord.Il se propose aussi d'examiner avec les provinces s'il y a lieu de «rationaliser les programmes et services gouvernementaux».En somme, il s'agirait de voir qui pourrait le mieux assurer certains de ces services a un coût moindre.On pense généralement aux poursuites contre les trafiquants de drogue, la conservation de l'eau et des sols, les services de traversiez, le transport des marchandées dangereuses, certains aspects de la Loi sur les faillites et la réglementation des services financiers.En outre, le gouvernement federal offre de décentraliser le domaine de la radiodiffusion en «consultant» les provinces au sujet de l'octroi de nouvelles licences, en «permettant» aux provinces de participer à la nomination des commissaires régionaux du Conseil de la radiotélediffusion et des telecommunications du Canada (CRTC).Pouvoirs déclaratolres et résiduels Ottawa se propo.se d'abandonner son pouvoir declaratoire qui lui permet de declarer de competence fédérale tout «ouvrage» provincial qui serait d'intérêt national ou encore à l'avantage de deux ou plusieurs provinces.Ce pouvoir a etc utilise 470 fois depuis I8b7.mais Ottawa ne l'a pas exerce depuis 1961.Les propositions stipulent aussi qu'Ottawa est prêt a remettre aux provinces les pouvoirs résiduels dans les matières «qui ne Sont pas de nature nationale» et qui n'ont pas ete attribuées au gouvernement federal dans la constitution.On parle des domaines qui ne sont pas décrits dans la constitution mais qui-, apparaîtraient plus tard.» "]
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