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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Livres - Arts et spectacles - Galeries d'art
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1992-03-22, Collections de BAnQ.

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[" j 7 Arts et spectacles Galeries d'art LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 22 MARS 1992 Francine Ouellette devant son aéroplane, un Taylorcraft de 1945.Son quatrième roman, Les Ailes du destin, publié par les Éditions Libre Expression, s'inspire de sa passion du pilotage.Francine Ouellette a pris l'inspiration au vol ! LUCIE COTE collaboration spéciale Derrière la maison de Francine Ouellette, au Lac-des-îles, tout près de Mont-Laurier, repose une de ses très chères possessions, son petit aéroplane, un Taylorcraft de 1945, solidement amarré sur la glace, juste à côté d'une rudimentaire piste d'atterrissage tracée sur le lac avec des branches de pin.«Le mauvais temps, par exemple la pluie pendant deux semaines, m'a empêchée de voler, déplore Francine Ouellette.Cet hiver j'ai fait seulement une trentaine d'heures, alors que d'habitude je peux en faire le double.» Alors qu'elle enseigne les arts plastiques à la polyvalente de Mont-Laurier, dans les années soixante-dix, Francine Ouellette accepte d'accompagner ses élèves pour un saut en parachute.Un seul.Il y a de quoi : \\ «J'ai sauté, j'ai eu peur, mais je n'ai jamais touché le sol.C'était la première fois que j'allais dans un petit avion.Quand j'étais dans lçs airs, je trouvais ça tellement beau, c'était l'été des Indiens, c'était L'auteure de Au nom du père et du fils, gardait dans ses tiroirs, depuis 17 ans, cette histoire d'un pilote de brousse.extraordinaire.On nous avait indiqué où atterrir, sur une croix, moi je regardais, je tournais en rond.J'avais oublié la croix, j'étais rendue trop bas, je suis tombée en plein bois, mon parachute est resté accroché dans les arbres.J'ai été chanceuse, je n'ai rien eu.«J'ai trouvé que le voyage à la verticale se faisait très vite et je me suis dit que j'aimerais plutôt apprendre à voyager à l'horizontale.C'est là que j'ai eu l'idée de suivre mon cours de pilotage, à l'été 1973.À ce moment, je voulais en faire une carrière, devenir instructeur de vol», indique celle que ses voisins appelaient alors «la Sauvage» à cause de ses occupations peu féminines.Cette passion pour le vol a inspiré à l'auteur son quatrième roman, Les Ailes du destin, qui paraît demain (Éditions Libre Expression, 465 pages).Ce livre, dont elle écrit déjà la suite, raconte l'histoire de Luc Maltais, un pilote de brousse que son rêve de voler conduira finalement en prison.Francine Ouellette, qui écrivait déjà enfant, avait terminé une première version de cette histoire, il y a environ 17 ans, à ses débuts de pilote.C'était bien avant la parution, en 1984, de son premier roman, Au nom du père et du fils, dont le sujet, et le très grand succès \u2014 100 000 exemplaires vendus \u2014 ont incité Claude Héroux à produire une télésérie de 13 émissions dont le tournage commence SUITE À LA PACE C 2 Fini le temps des grandes illusions.¦ Si l'industrie du livre français se porte un peu mieux depuis quelques mois, la surproduction, la buissc de qualité et surtout les problèmes de distribution font craindre une rechute.C'est donc avec une sorte de «réalisme tranquille» que les éditeurs québécois se sont rendus cette année au Salon du livre de Paris, lequel, en pratique, constitue la plus vaste librairie de langue française au monde puisque quelque 350 000 titres y sont exposés, Jusqu'à mercredi soir, 79 éditeurs québécois n'en tenteront pas moins de convaincre les Parisiens que ce qu'ils ont à offrir est différent ou meilleur, conformément à la thématique du salon: «La lecture: découverte de nouveaux mondes».En page C3 \u2022mm» SALON PU LIVRE Paris \u2022 Grand-Palais LA PRESSE A LU Chronoreg de Daniel Sernine Comme un roman de Daniel Pennac woody Allen de Eric Lax Désormais, vous saurez cù que contiennent Que donnez-vous à votre enfant ?LE GUIDE DES T.r\" et comment agissent tes médicaments \u2022 V '4 que vous donnez votre enfant! r MÉDICAMENTS POUR ENFANTS Jackie Webber, bsc, Pharm, msa \"Vi/.f»*.-' C2 LIVRES LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 22 MARS 1992 .m « I Francine Ouellette et le rêve fou de voler SUITE DE LA PAGE C1 en juin.Après trois livres, Francine Ouellette a donc senti le besoin de retourner à ce manuscrit.«C'était mon tout-premier et je suis bien contente, finalement, qu'il n'ait pas été publié au moment où je l'avais terminé.Tout I Mlff\\i»!,MU.limMJ LITTÉRATURE QUEBECOISE çe que j'avais comme information sur le milieu carcéral, c'est ce qu'on voit à la télévision et dans les films.C'était très incomplet.«Plutôt que de rapiécer la première version, j'ai tout repris le texte, mais en gardant les personnages et l'histoire.Ic suis retournée à ce livre parce que ses personnages me hantaient, je les trouvais tellement beaux, je ne pouvais pas les laisser tomber, avoue Francine Ouellette.«Quand j'ai recommencé à travailler sur ce livre, j'étais plus connue et c'a été très facile pour moi d'obtenir des renseignements.J'ai visité des pénitenciers, j'ai pu rencontrer tous les intervenants du milieu, dont l'aumônier de La Macaza (le pénitencier si- Francine Ouellette, devant sa maison du Lac-des-iles, tout près de Mont-Laurier.photo jean coupil.l?presse tué tout près de là) qui est.pilote d'avion.le voulais avoir le son de cloche du détenu, celui du gardien, etc.|e voulais rendre l'espèce de jungle qu'il y a en-dedans.» Son personnage Luc Maltais, qui a accepté de transporter illégalement de la drogue aux États-Unis pour réaliser son rêve fou de voler, pour payer son cours de pilote professionnel, rate un jour son atterrissage et s'écrase.11 sera condamné à près de cinq ans de pénitencier.«Les pilotes qui possèdent des appareils pouvant voler à très basse altitude, qu'on ne peut pas détecter au radar, et pouvant atterrir sur des pistes de terre se font solliciter pour transporter de la drogue.Mon homme connaît quelqu'un à qui on a fait ce genre de proposition.Ces voyages sont payants et c'est tentant», explique Francine Ouellette.Son homme, c'est Gaston Maillé, à qui est dédié Les Ailes du destin.Francine Ouellette a été son co-pilote lorsque, pilote de brousse, il travaillait à Sheffervil-le.|ustc à côté de leur maison, dans son hangar, il construit patiemment un avion quatre places, dont tout le squelette est déjà assemblé.L'auteur s'est servi de certaines des expériences de l'homme de sa vie, surtout pour la fin de son roman, pour raconter les excursions des chasseurs de caribous.«|e voulais voir ce qui arrive si on accepte ce genre de proposition, poursuit l'auteur.Ce doit être terrible pour un pilote, habitué à la liberté totale, de ne plus pouvoir voler et de se retrouver dans un pénitencier, (c me disais que le contraste doit être assez violent.» Francine Ouellette a aussi puisé dans ses propres souvenirs et dans ses impressions pour tout ce qui concerne, dans son roman, la grisante sensation de liberté que procure le vol.«l'ai essayé dans ces passages de faire vivre aux autres ce que moi j'avais Vécu.«C'était spécial écrire sur le vol, décrire les choses pour que le lecteur se sente comme s'il était juste derrière mon épaule et ressente tout ce qu'on peut ressentir quand on est aux commandes», apprécie Francine Ouellette.À qui appartient ce pays?» * PIERRE VENNAT ¦ La plupart des livres sur la crise d'Oka et le réveil amérindien sont favorables à ceux-ci.Sans approuver le banditisme des Warriors, la plupart des auteurs épousent iu these que les Àmé- SOCIETE rindiens ont été chassés de leurs terres par les Blancs et qu'il y a donc lieu de leur donner compensation et d'écouter leurs griefs.Rares sont ceux qui épousent l'angle développé par le journaliste-économiste François Dallairc dans son ouvrage Oka: la huche de guerre, publié aux Éditions de la Liberté.Selon lui, l'affrontement qui a surpris Oka à l'été de 1990 a posé la question de la propriété du Québec et du Canada.A qui, demânde-t-il, appartient ce pays?À ses premiers occupants ou à ceux qui l'exploitent à la sueur de leurs fronts?Se faisant l'écho d'une certaine majorité silencieuse (qui s'était quand même fait enten- ¦.y HP Wm dre à gros cris sur les lignes ouvertes et dans la région de Clîâ-teauguay particulièrement).François Dallairc affirme que «les Canadiens ont depuis longtemps éteint la dette qu'ils avaient contactée envers les peuples autochtones, et que lès Mohawks et les autres seraient mal venus d'essayer de se transformer en aristocratie terrienne pour vivre de rentes foncières perçues sur le dos des travailleurs»._' OKA: LA HACHE DE GUERRE.François Dal-laire.Editions de la Liberté.Courrier des arts L'art n'est pas fait pour les salons \u2022 \u2022 \u2022 Monsieur Raymond Bernatchez, ¦ Les propos puérils que vous avez tenus sur l'exposition Dialogues ( La Presse, 15 mars ) ne sont pas dignes d'un bon journaliste.Ils sont retors dans la forme et malicieux quant au fond.* Le pouvoir réel que vous détenez comme chroniqueur à ce journal comporte des responsabilités que vous avez tendance à négliger.Votre rôle est d'informer, de faire évoluer la pensée chez vos lecteurs et d'initier une réflexion sérieuse sur les débats qui animent l'Art et les artistes de notre époque.La Presse a joué, dans le passé, ce rôle d'éclaireur.Au fil des ans, son opinion est devenue négligeable et ses sources, passéistes.C'est, j'en suis convaincu, une forme de mépris de ceux et celles qui vous lisent.\\ L'occasion était belle pour faire un portrait de la situation des Arts visuels dans l'espace culturel et bien situer les paramètres de cette exposition : des oeuvres majeures de femmes/artistes, provenant d'une collection publique sérieuse et se tenant dans les espaces du CIAC, ce centre d'art contemporain qui, malgré une situation financière souvent précaire, a su nous rendre accessibles des moments parmi les plus significatifs de l'Art actuel.Pour avoir visité cette exposition dont vous avez traité avec plein d'arrières pensées qui ne font pas honneur, à votre profession, je peux vous affirmer que même des gens peu informés des enjeux de l'Art contemporain y faisaient des commentaires qui révélaient leur ouverture d'esprit et leur disponibilité à être touchés par les propositions des artistes.Beaucoup de personnes, vous en seriez surpris, ne font pas preuve de ce laxisme intellectuel et émotif qui est trop souvent l'apanage de votre discours.Dialogues est une exposition à BfV: M ïtv::.:.; m ¦ \u2022 r I GUE littérature JULES FAUBERT, ROI DU PAPIER ET LES CAPRICES DU COEUR Bien oublié de nos jours, Paquin est pourtant le premier romancier québécois, autour des années 1920, à avoir tenté d'ancrer son écriture romanesque simultanément dans le monde du journalisme, de (a finance et de la politique.Comme Tardivel, il plaçait la Nation au-dessus des intérêts particuliers; comme Bouchette, il croyait que les Canadiens français étaient aussi doués que les Anglais dans le domaine de I économie; comme Asselin et Bourassa, il prônait que le journalisme devait être engagé au service des intérêts supérieurs de la Nation Ainsi Faubert et Noël appartiennent «à cette catégorie d'hommes qui jadis conquirent ce pays.Aujourd'hui, ils sont les conquérants de la fortune, et du pouvoir qui en découle normalement».Ces héros «appartiennent à une génération affamée de succès».«Si nous ne réagissons pas, affirme Paquin, nous resterons des scieurs de bois et des porteurs d'eau.» Individualistes à l'excès, Faubert et Noel veulent imposer leurs noms et devenir des personnalités.Tandis que Faubert, écrit Paquin.travaillait à sortir son peuple de la sujétion financière, Noël voulait l'émancipation intellectuelle de ce même peuple en diffusant dans les foyers de la littérature canadienne et en semant des germes d'indépendance.La vie de ces deux personnages greffée sur des faits réels, on s'en doute bien, se partage entre \"amour et le pouvoir.En 1959, durant plusieurs mois, le professeur Hamel interviewait Paquin.Ils révisèrent ensemble ce roman.L'auteur sera étonné de retrouver à travers ces pages des événements socio-politiques vécus par Paquin et les Québécois du début du XX* siècle, événements débattus dans le journal La Bataille.Enfin Paquin révéla au professeur Hamel les principales énigmes de ce récit et il lui fournit les clefs qui permettent de séparer la fiction de la réalité.Au lecteur d'en juger.Montreal, Guerin, 1991 .' .! 5,3 an x cm, 19,95$ ( 8& Distributeur exclusif: ADP (514) 523-1182 as*;; 1 ¦ w ¦ :¦: .s- voir.Bile révèle l'apport immense des femmes/artistes de notre époque au langage visuel.Des notions telles que l'intimité, l'identité, les conditions de vie, les rapports au pouvoir, etc.développées avec beaucoup de finesse, ont eu un effet bénéfique sur l'ensemble des créateurs et ont changé le cours des pratiques actuelles.L'Art n'est pas fait pour les salons.Il peut s'y retrouver parce qu'il est fait pour accompagner la vie et que le salon est peut-être l'endroit où, généralement, on est disponible à se laisser gagner par des propositions qui nécessitent un temps d'apprivoisement.Si certaines oeuvres ne semblent pas vouloir s'accommoder d'un environnement domestique, c'est que l'artiste aura choisi que son oeuvre demeure publique, que le désir de possession par un individu soit détourné au profit d'un plus large public.Des oeuvres majeures des époques passées et de notre temps sont dans des collections publiques et c'est pour le mieux: je puis, comme vous, en profiter.Posséder, chez soi, n'est pas l'essentiel de l'Art.Ceux et celles qui choisissent de vivre avec des oeuvres souvent difficiles savent très bien qu'ils protègent pour l'avenir un patrimoine collectif et sont souvent les premiers à vouloir partager la passion qui les anime.Michel GOULET Artiste, Montréal Bouteille à l'amer.D C'est avec beaucoup d'intérêt que, depuis le début du débat concernant LE concours de la chanson thème du 350e anniver- saire de Montréal, j'ai eu le loisir de suivre et de lire tous les articles publiés à cet effet.Ma déception fut très grande le soir du 24 février, lorsqu'anxieuse, j'ai enfin écouté LA chanson.l'en avais la larme à l'oeil! Chanson poignante, un texte d'une beauté que je qualifierais d'exceptionnelle, une mélodie en mineur qui vient vous chercher dans vos «tripes», certes, mais pour ce qui est de la fête, elle va être triste la fête! Messieurs dames les jurés, subissez-vous à ce point la déprime de février?Cette chanson belle et émouvante, avouez-le, dégage tout de même, pour l'occasion, un parfum navrant.Comme si la beauté et l'émotion n'étaient réelles qu'à travers l'amertume! 350 ans, c'est bien beau, mais qu'en est-il des 3500 qui vont suivre?Rien dans cette chanson ne véhicule une perspective d'avenir, ou une vision un peu plus élargie que celle d'un bateau dans une bouteille.Le Devenir même en frissonne, et moi, je vous propose un nouveau téléroman: «Montréal, ville fermée».Marie-Élise DURAND Montréal Quelle surprise! Chers décideurs du Musée des Beaux-Arts, ¦ Je reçois ce jour, le renouvellement de mon abonnement annuel.quelle surprise! Une augmentation de 55 p.cent sur la carte de famille \u2014en pleine période de récession\u2014 quelle belle approche pour se faire des Amis?Je veux bien que vous érigiez des chapelles ardentes avec con- \u2022\u2022 \u2022 I » « - a SB Le poème en revue C.P.337.Suce.Outremont.Montréal 4-,4'' ¦ UNE CERTAINE FIN.DE SIÈCLE Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire \u20acUne certaine fin de siècle propose une réflexion sur la ville et la poésie interrogées comme porteuses d'une vision du monde.» Dans ce livre, Claude Beausoleil se porte au devant des présences urbaines comme devant autant de rythmes qui le mettent en relation avec la poésie, ses images, ses écrivains.Car une certaine fin de siècle est d'abord et avant tout une grande affirmation de la poésie.gratulations et médailles auprès des «Grands Protecteurs», etc., si cela vous fait plaisir et si cela est fait uniquement avec des fonds privés.Mais il me semble que le parachèvement de votre cathédrale Ta été grâce à une grosse partie de millions de dollars provenant de nos gouvernements \u2014 c'est à dire avec nos taxes \u2014 nous sommes donc des Donateurs.Et j'ai la faiblesse de croire, que nos futés dirigeants ne l'ont fait que pour vous aider à libéraliser les Arts et à en démocratiser l'accès au plus grand nombre.Vous risquez à l'avenir, par ce manque de jugement pour un plus vaste recrutement, de-nous faire croire que finalement l'ouverture sur le beau monde des Arts n'en est pas essentiellement une de l'Esprit.P.S.: Je termine de lire l'excellent article d'Agnès Crtidâ sur «l'Arnaque avec un grand «A» \u2014 La Presse du 7 mars 92.* Merci de confirmer mes impressions.Robert HEISSER Laval Les best-sellers Editions québécois»\t\tes\t Fiction (romans) 1 L'Ogre de grand remous Robert Lalonde\t\tSeuil\t(7) 2 Soleil noir\tPaul Ohi\tQuébec/Amérique\t(19) 3 Le Secret de Jeanne\tJérôme Wilhelmy\tLibre expression\t(D \tEssais\t\t 1 Histoire de Montréal\tP.A.Linteau\tBoreal\t(?) 2 À toi Richard\tRichard Garneau\tStanké\t(5) 3 1759 - La bataille du Canada Laurier Lapierre\t\tLe Jour\t(D Editions étrangères\t\t\t 1 Minuit 4\tFiction (romans) Stephen King\tAlbin Michel\t(2) 2 Tous les mstins du monde Pascal Quignard\t\tGallimard\t(6) 3 Passion simple\tA.Ernaux\tGaliimard\t(4) 1 Vendues\tEssais Zana Muhsen\t\u2022 Fixot\t(D 2 Comme un roman\tDaniel Pennac\tGallimard\t(2) 3 Etat du monde '92\tEn collaboration\tBoréal\t(17) 1 Guide de l'auto '92\tLivres pratiques DuquetLachapelie\tL'Homme\t(13) 2 L'art de conjuguer\tBescherelle\tHurtubise HMH\tW 3 Guide la route\tDuquetLachapelie\tL'Homme\t(D Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Oemarc, Ducharmc, Le Fureteur (St-Lambert), Gallimard, Garneau (Québec).Guèrin, Hermès, René Martin (Joliette).Monet, Le Parchemin.Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trois-Riviéres).Ratfin, Renaud-Bray, Sons el Lettres, Village-Cartier (Hull).W.H.Smith &\t\t\t Classic.\t\t\t ROMANDE Francrte /^l II J J\u2022 uueue / VOUS - -\u2014^ ' -1 'i \u2022 .\u2022\u2022 \u2022 \u2022 \u2022.» .I 1 ¦ \u2022 - t 1 .'.il \u2022 \u2022.- \u2022\u2022\u2022r.>V-V.-A/.' \u2022 \u2022 I -J± En quelques lignes '/'.(w.v.y-'V-y.Contes acadiens i Ton fait exception de La S u go u i ne d ' A n t o n i n e Maillet, les personnages de la littérature populaire acadien-lieii celle du Nouveau-Bruns-wick comme celle des iles de la Madeleine, ne sont pas très connus au Québec.Il y a pourtant Ti-jean-le-Fort, que nous fait connaître les Éditions d'Acadie.«Ti-|ean était un jeune homme audacieux qui vivait pauvrement avec sa mère, dans une petite maison au fond des bois.Il était si fort et si habile à se battre avec les bêtes de la foret qu'on l'avait surnomme Ti-lean-la-Ruse».Melvin Gallant nous présente donc Ti-lean-le-Fort, un recueil de contes acadiens, expliquant que les contes de Ti-jean, comme tous les contes, d'ailleurs, font partie du patrimoine culturel international et que les neuf contes qui composent ce recueil, et qui ont tous, comme personnage principal, Ti-|can, proviennent essentiellement de la tradition populaire acadienne, mal connue au Québec.La même maison d'édition présente également Le diable l'rigolet et 24 autres contes des tics de la Madeleine, assemblés par Anselme Chiasson, livre où le vieux parler acadien se fait sentir dans la narration de 25 contes acadiens qui semblent les plus typiques aux yeux des Madelinots.Pierre Vcnnat TI-JEAN-LEFORT.contes acadiens.Melvin Gallant.Editions de I Acadie.LE DIABLE FRICOLET et 24 autres contes des iles de la Madeleine, Anselme Chiasson.Editions de lAcadie.Dépoussiérer de petits classiques Cinquante, soixante, cent ans après leur mort, plusieurs écrivains survivent aisément grâce à un, deux ou trois chefs-d'oeuvre.Pourtant, certains de leurs textes auraient grand intérêt à être redécouverts, qui pour faire ressortir un volet méconnu de leur carrière, qui pour livrer au public d'aujourd'hui des morceaux littéraires oubliés parce qu'ils n'ont pas connu le succès à leur parution.C'est en tout cas la vocation que s'est donnée la nouvelle collection L In temporel qui parait en format poche chez Aliéna.Deux titres pour la lancer: Pour une nuit d'amour d'Emile Zola et Les deux maîtresses d'Alfred de Musset.11 s'agit de deux recueils de nouvelles auxquelles seuls peut-être les détenteurs d'une édition des oeuvres complètes des deux auteurs ont eu accès.Les quatres nouvelles de Zola nous font aborder un auteur encore sous l'influence de Hugo même si la puissance évocatrice de son style est déjà toute présente.La collection est dirigée par Yves Le Gars qui signe la préface des deux livres.Rudy Le Cours POUR UNE NUIT D'AMOUR.Emile Zola.Alinéa L intemporel.LES DEUX MAITRESSES.Alfred de Musset, Alinéa L intemporel.Génial hold-up littéraire ¦ ^ os Ageles/Hollywood nbi 1956.Le célèbre détective privé Philip Marlowe enquête sur l'assassinat d'un des agents littéraires les plus puissants de la capitale corrompue du 7e art et qui n'a pas hésité à défendre les scénaristes victimes du maccarthysme.De quoi se faire bien des inimitiés.Parmi les suspects figure nul autre que.Raymond Chandler (!), l'auteur à succès de polars mettant en scène \u2014 il faut peut-être le rappeler \u2014 un certain Marlowe ( !).Le privé doute que l'écrivain soit «capable de loger une balle dans le cerveau de quelqu'un pour une question de quelques milliers de dollars».Par acquis de conscience, il l'interroge et de suspect, voilà Chandler devenu conseiller.,/Vlarlowe en a bien besoin, il a mis les pieds dans un véritable \u2022nid de vipères.M».Cette confrontation quasi-surréaliste entre le créateur et sa créature, l'écrivain uru-guayen^Hiber Conteris la mène à ses limites ultimes avec un brio et une connaissance du milieu, de l'oeuvre et de la vie de Chandler confondants.Pas une adresse, une plaque d'immatriculation, une marque de whisky qui ne soient «vraies».Pourtant de ce génial hold-up littéraire nait non pas un simple pastiche, mais bien une oeuvre forte, originale et digne de l'âge d'or du roman noir américain.Gilbert Grand 10% DE VOTRE VIE.Hiber Conteris.304 pages, collection Polar Sud, Actes Sud.L'amour du verbe epuis que Gilles Hénault a écrit son premier recueil de poèmes (L'invention de la roue.1941), cinquante années se sont passées.La terre a mal vieilli, l'homme moderne s'est vu assailli par d'autres angoisses, d'autres désespoirs.À l'écoute de l'écoumène, le dernier-né de Gilles Hénault, est un admirable cri du coeur lancé à la face de «ce monde qui se meurt».Dans une frénésie verbale envoûtante, le poète laisse suinter son étrange désespoir avec, paradoxalement, ce bel appétit communicatif de tout épouser, de tout comprendre, de tout savoir, de tout visiter de ce monde si éphémère qu'est le nôtre.En sept suites colorées et vives, le recueil est un chant à la lucidité, aux interrogations profondes, celles de la survie, non seulement de la terre mais aussi du rêve.À l'entremêle-ment des mondes, l'Orient et l'Occident, en passant par l'expérience hallucinante du coma, jusqu'aux moments de défaillances mentales et sentimentales, le recueil m'est apparu avant tout comme une amoureuse étreinte de la beauté du verbe.A l'écoute de l'écoumène est l'un des plus beaux textes poétiques de cette saison littéraire.Gilles Toupin A L ECOUTE DE LECOUMENE.Gilles Hénault.LHexagone/poesie.Montreal.1991.149 pages.Le voyage en Egypte Un texte qui restitue en sa totalité le manuscrit de Flaubert qui fut certes publié par Caroline, la nièce, mais après une réécriture qui en change tout à fait la portée.C'est là, l'intérêt de cette nouvelle édition, mais qui n'est pas vraiment une édition critique.En 1849, pressé par son ami Mexime du Camp qui s'était débrouillé pour se faire accorder par le gouvernement un ordre de mission d'exploration en Egypte, les deux jeunes gens partirent avec un matériel tout de même suffisant, après de longues et difficiles négociations avec la mère de Flaubert qui ne voulait surtout pas laisser filer son fils.Flaubert n'attendait que ce moment pour se libérer quelque temps de l'emprise maternelle qui était très oppressante.Dès son retour à Croisset en 1851, il rédigea son manuscrit en quelques mois sans trop se soucier de style, en se servant à la fois de ses calepins et des lettres à sa mère.Flaubert prenait des notes et observait en dépit des propos malveillants de Maxime du Camp.U répond ainsi aux accusations qui lui furent par la suite adressées de ne pas avoir tellement le sens de l'observation.Les spécialistes aujourd'hui s'accordent à dire que Flaubert était plus perspicace que l'on a bien voulu le croire au premier abord à la lecture de ces notes de voyages.Publication intéressante parce que l'on peut voir comment Flaubert travaillait à la structure d'un texte.Et cela juste avant la mise en chantier de Madame Bovary.Marc-Femand Archambault VOYAGE EN EGYPTE.Gustave Flaubert.Edition intégrale du manuscrit, par P.-M.de Biasi.Paris Grasset.1992.\u2022.i.\u2022 r cl Livres et Galeries d'art Adjoint au directeur de l'Information: MICHEL C.Tremblay Chef de division : MARIO ROY _ Chef de section Evénements spéciaux : alain dc REPENTI guy Secrétaire de rédaction: FLEURETTE BÉLANGER Pupitre: NICOLE BEAUCHAMP.YVES DE REPENTIGNY.MONtOUE PRINCE Galeries d'art: RAYMOND BERNATCHEZ Littérature québécoise: REGINALD MARTEL information générale: PIERRE VENN at Collaborateurs réguliers: Essais MARC-FERNAND ARCHAMBAULT information générale: LUCIE CÔTE Littérature française: JACOUES FOLCHRIBAS Roman policier: GILBERT GRAND Littérature étrangère: CAROLS ANDREE laniel Périodiques: MARIE-FRANCE LÉGER Bande dessinée : JOCELYNE LEPAGE En traduction : CLAUDE march Livres pratiques: HUGUETTE R0BERGE Littérature jeunesse : SONIA SARFATI Poésie : GILLES TOUPIN \" l Les éditeurs québécois tentent de faire découvrir de «nouveaux mondes» aux lecteurs français PIERRE VENN AT envoyé spécial la Presse A PARIS ¦ «Quand on arrive à Paris, on arrive dans un monde auto-suffisant.Les éditeurs français publient des oeuvres originales ou des traductions sur à peu près tout.Du roman best-seller au livre pratique, en passant par la poésie, l'essai, etc.Le Québécois qui veut percer sur ce marché doit absolument convaincre le lecteur parisien, extrêmement sollicité, que ce qu'il a à offrir est different ou meilleur, que le roman qu'il lui présente est ou sera un best-seller, bref, percer en France tient presque du miracle».lohanne Guay, nouvelle directrice générale de Libre Expression, sait de quoi elle parle.L'an dernier, à titre de directrice générale de l'Association des éditeurs (qui, depuis le début de 1992, a cédé le pas à la nouvelle Association nationale des éditeurs de livres), elle était responsable du stand du Québec au Salon du livre de Paris.Un salon qui, en pratique, constitue la plus vaste librairie de langue française au monde: quelque 350 000 titres y sont exposés en même temps, au même endroit.Et pourtant, profitant du fait que.cette année, le thème du salon est «La lecture: découverte de nouveaux mondes», 79 éditeurs de livres ou périodiques cultures du Québec exposent au Grand Palais depuis jeudi dernier et jusqu'à mercredi soir.Ils sont regroupés au vaste stand du Québec, placé sous l'égide du Comité d'éditeurs pour les salons et foires à l'étranger, dont la responsable est Lina Ross.Quelques auteurs, comme Lise Gauvin et Janvier Garcia Mendez et quelques éditeurs connus comme Pascal Assathiany, de Boréal, Noël Audet, directeur de la collection littérature de QuébecAmérique, Richard Vézina, pdg des Éditions coopératives Albert Saint-Martin, ou Jacques Lanctôt, du Groupe Ville-Marie Littérature ( VLB-Hexagone-Quinze) sont du voyage.Mais la plupart des maisons se fient aux permanents du stand du Québec, lequel, cette année, est placé sous la responsabilité de Suzanne Sauvé, du secteur scolaire de la nouvelle Association nationale des éditeurs de livres.Depuis l'an dernier, on ne rêve plus en couleurs quand on aborde Paris.Le temps des grandes illusions à propos du marché français paraît définitivement révolu pour les éditeurs québécois.C'est donc avec une sorte de « réalisme tranquille» que les Québécois se sont rendus à Paris cette année.La surproduction française L'industrie du livre français se porte un peu mieux depuis quelques mois.Mais de l'avis des médias spécialisés parisiens, la surproduction, la baisse de qualité et surtout les problêmes de distribution font craindre une rechute.S'il est un point sur lequel on s'entend, dans le discours du moins, c'est le freinage de la surproduction.Il n'est pas raisonnable, dit-on dans les milieux du livre à Paris, de faire de plus en plus de livres, alors que le lectorat baisse.Car à Paris même, il est absolument impossible de suivre la production de la vingtaine de maisons d'édition les plus connues.En effet, bien que la France compte 865 éditeurs qui produisent pas moins de 30 000 nouveaux titres par année, 22 maisons contrôlent, à elles seules, 60 p.cent de la production.Ce marché, fort encombré, a un chiffre SALON DU LIVRE Paris \u2022 Grand-Palais ¦ ¦ 4 Sa h Les Français, explique Pierrette Gravel, de Flair Communication, sont très sollicités.Mais il y a moyen de leur vendre nos produits.» PHOTO PAUL-HENRI TALBOT.U Presse d'affaires de plus de 2 milliards $ par année.C'est donc dire que même si le Québec s'empare de I p.cent de ce marché, cela est encore intéressant pour nous.C'est donc la raison pour laquelle, envers et contre tous, les éditeurs québécois, bon an mal an depuis déjà quelques années, tentent leur chance sur le marché parisien.C'est ainsi, par exemple, que Boreal coédite deux romans.News from a foreign country came, d'Alberto Menguel et Appalaches, d'André Pronovost ainsi qu'un essai, La lumière des oiseaux, de Pierre Morency, avec le Seuil; un autre roman, La chute du corps.d'Hélène Lebeau, avec Gallimard ; un quatrième roman.Orages électriques de David Ho-mel, avec Actes du sud ; un cinquième.Le motel Paradise, d'Eric McCormack, avec Christian Bourgeois; et enfin un essai, État du monde 1993, avec La Découverte.Quelques autres maisons québécoises, notamment QuébecAmérique et Leméac, font également quelques coéditions avec des maisons françaises cette année, estimant que telle est la meilleure façon de percer le marché français et la méfiance des libraires.Le livre specialise Pierrette Gravel, de Flair Communication, est revenue à Montréal avec la nouvelle année, après avoir représenté à Paris cinq maisons d'édition québécoises, Trécarré, Bro-quet, de Mortagne, Louise Courteau et Un monde différent, de septembre 1990 à décembre 1991.Un marché qui, pour ces cinq maisons, représente, au total, un chiffre d'affaires annuel d'environ 1 million.Vendu à 75 p.cent via les librairies et pour l'autre quart directement aux consommateurs, via des salons du livre en province ou des expositions spécialisées.Qu'avait à offrir Pierrette Gravel à ses clients français, qui lui permettait de concurrencer les maisons françaises?En France, par exemple, Trécarré présente surtout de beaux livres sur la nature, lesquels, malgré leur coût assez élevé, trouvent assez facilement preneurs.Dans les expositions et les petits salons du livre, explique Pierrette Gravel, ceux qui viennent nous voir connaissent déjà le .Québec.Par ailleurs, Louise Courteau et les Éditions de Mortagne, des éditeurs que représentait Pierrette Gravel, ont surtout concentré leurs opérations françaises sur l'ésotérisme, Louise Courteau ajoutant également des livres sur la musique.Quant à Un monde différent, enfin, la cinquième maison que Pierrette Gravel représentait en France, elle présentait surtout aux Français des traductions d'ouvrages américains, genre Comment devenir riche ou Comment faire de l'argent facilement.«Les Français, note Pierrette Gravel, sont très sollicités.Mais il y a moyen de leur vendre nos produits.Si on ne leur présente pas n'importe quoi, et si on leur présente quelque chose qu'ils ne trouvent pas facilement chez eux ».LES NOUVEAUTÉS DE L'HEXAGONE A LA VEILLE 1 pfj D'UN AUTRE RENDEZ-VOlJM Wffli HISTORIQUE A 1|J|P Claude-V.Marsolais .\\ Le référendum confisqué 268 pages - 18.95 $ Cette histoire du référendum du 20 mai 1980 se veut un ouvrage provocant L'auteur met ici en évidence les bons et les mauvais coups des principaux acteurs qui s'affrontaient cette année-là.Un livre,indis-pensabie pour mieux appréhender les nouveaux enjeux politiques Yves Navarre La vie dans l'âme 264 pages - 18.95 $ Voici réunis les cinquante-deux «carnets» qu'Yves Navarre a livrés, semaine après semaine, dans Le Devoir du samedi On y découvre un Yves Navarre férocement épris de justice, un écrivain passionné qui s'est rapidement acclimaté au Québec culturel et politique I \\ Aude Nantais -\\ Jean-Joseph Tremblay *^00^ Le portrait déchiré de Nelligan.118 pages- 14.95$ .Au-delà du mythe, un regard nouveau par les scénaristes du film Nelligan.Des faits inédits sur la vie de Nelligan.Les auteurs de cette fiction dramatique nous font voir quelle société montréalaise, mondaine et littéraire, entourait Nelligan et tentait d'étouffer les débordements de son génie au lieu de l'apprivoiser.\"* 1+ if M ^ Ç'nrait«Jccliîré - 1 * S Passions du poétique ***** Jean Salvy Beauté baroque d'après le roman de Claude Gauvreau 125 pages - 14.95$ Pierre Biais Loup solitaire Un mercenaire .québécois pleure le Viêt-nam 388 pages-24.95$ Joseph Bonenfanf Passions du poétique 232 pages - 19.95$ Des essais sur la rencontre avec la poésie.Parmi les œuvres visitées, citons celles de Nelligan.Grcndbois.Lasnier.Saint-Denys-Garneau.Miron.Ouellette.Pilon Gatien Lapointe.Monique Bosco et Michel Beaulieu.INrrrr HUi% 1 °uji solitaire 1 \" HU .¦\u2014\\ Louis-Dominique Lavigne ^^u.ttv\"jt.\\iVHii*^àn%r1 1 Tu peux toujours danser .\":r'__\\ 109 pages - 12.95 $ ¦ Madeleine Monette Amandes et melon 466 pages-24.95$ Un best-seller qui est d'abord une réussite littéraire.««La qualité du texte tient à la manière subtile avec laquelle Madeleine Mone'tte l'a marqueté.» \u2014 Jean-François Chassay.Spirale ««Un roman éblouissant, tant par ses personnages que par son écriture.*» \u2014 J Gagnon.Voir Pierre de Bellefeuille L'ennemi intime Les Québécois contre eux-mêmes 194 page?- 19.95$ Madeleine Monette Mandes et melon I LMSW«6rter3îup8 «Qwtac IM-1IM r._._J Michel Dorais , wFyWi Tous les hommes le font lflr> f Parcours de la sexualité masculine CE3DS99 246 pages-18.95$ 11 m vlb éditeur LA PETITE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE Marie-Andrée Beaudet Langue et littérature au Québec 1895-1914 224 pages'- 22.95$ LIEU DISTINCTIF DE LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE i I C 4 LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 22 MARS 1992 LIVRES Tout en lisant.JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Paul Morand et ses nouvelles instantanées Le nombre de surnoms dont on a afflige Paul Morand est infini.Le nombre de critiques est moindre: elle ne purent porter que sur l'homme, ce qu'il fit.comment il vécut.C'est bien la preuve, me semble-t-il.d'une qualité littéraire.Quand les commentateurs jaloux ne disent pas un mot sur la chose écrite mais glosent et jasent sur le personnage ( la pie jase, dit le dictionnaire.La pic est un oiseau stupide attiré par tout ce qui brille), cela me fait plutôt rigoler.Les surnoms de Morand?L'homme pressé \u2014 c'est le titre d'un de ses romans \u2014 L'écrivain des années folles.Le globe-trotter de la littérature.L'homme-valise.l'homme des nuits (ouvert la nuit, fermé la nuit, autres titres).Le diplomate dilettante.l'homme moderne.Le mari de la princesse Soutzo ( Lh oui, il épousa une princesse, et alors?).Un peu plus tard, on ajoutera pour faire bonne mesure qu'il s'engagea aux côtés de Vichy (après avoir refusé Londres) et que ses petits copains lui refusèrent l'Académie.Cela fera beaucoup pour un seul homme.Donc.Morand.Paul.Diplomate (1913).il voyage beaucoup.Il écrit des poèmes, puis des sortes de choniques d'un monde qui se modernise et se décompose en même temps (Les chroniques du vingtième siècle, L'Europe galante.Bouddha vivant, Magic noire, Champions du monde).Il se rend célèbre par des livres aux titres superbes, et résolument neufs.Ceux de récits que l'on appelle des nouvelles, faute d'autre mot car la brièveté, la concision, la légèreté déroutent notre lexique.Comment nommer ces livres.Tendres stocks.Ouvert la nuit, Fermé la nuit, Magie noire, Flèche d'Orient?.Il épouse Hélène Soutzo, princesse roumaine.Il est l'ami évident de tout ce qui écrit ou va écrire, Marcel Proust en tête.Un ami encombrant, gênant, toujours parti quelque part dans le monde, en Orient pour humer l'odeur des épices, en Amérique pour entendre du jazz dont il parlera avec passion, on dira même qu'il a fait jazzer la langue française, et en Afrique, et dans tous les salons chics de la terre.Il en profitera pour décrire tout cela et nous donner une image de la femme, dite frivole, qui pourra faire grincer les dents de ceux qui approchent cet «animal en pleine mutation» sans oser y toucher.Cela aussi, peut enrager les confrères.Après la libération, il évitera beaucoup d'ennuis vulgaires en s'exilant en Suisse, puis à Tanger.Et voilà pour l'homme.O «La représentation immédiate de son temps» dont parle Michel Collomb qui a préparé l'édition des Nouvelles complètes de Paul Morand dans la Pléiade, c'est donc le propre de ce style instantané que vont essayer d'imiter les grands voyageurs comme Cendrars, Kessel.Au fait: les journalistes.On a envie de parier de journalisme, de reportage, en donnant à ces termes leurs qualités les plus nobles \u2014 encore un mot affectionné par Morand.Les temps bougent.C'est même entre les deux guerres qu'ils ont bougé le plus.Paul Morand va fixer ce mouvement en instantanés superbes \u2014 c'est aussi l'époque de la grande photographie \u2014 Une page pour décrire tout le voyage de l'Orient Express entre Paris et Constantinople, m'est avis qu'il faut le faire, et il le fait, et tout y est des bruits, des odeurs, de l'esprit des huits pays traversés.Deux pages pour un cabaret de jazz à Harlem.Trois pour la Chine.Les femmes bougent.La garçonne (inspirée du roman de Margueriite), on la rencontre dans les rues de Paris comme dans celles de Londres ou de New York.Ou de Berlin.Mais la garçonne est déjà dépassée, elle aspire à la femme d'affaires, à l'égale de l'homme, elle prétend comme lui choisir ses amours.Si Morand n'en revient manifestement pas, il se plie au jeu.là encore , de la peinture rapide de ce qu'on pourrait appeler les nouvelles amours.Je cite encore Michel Collomb car je ne sais dire mieux ce qu'il dit: «Confronté à la duplicité de l'autre et à la vanité de l'amour, les héros des nouvelles de Morand ne sont pas dan-vantage assurés de l'unicité et de la permanence de leur moi.Dans un des plus beaux récits de l'Europe galante, «La Glace à trois face», le même homme est aimé par trois femmes, mais le portrait que chacune en fait au narrateur est si différent, si contradictoire qu'il n'aurait jamais pu supposer qu'elles parlaient de la même personne (.) La nouvelle est dès lors la forme qui peut le mieux donner vie à ces ombres douloureuses.» Ombres douloureuses, l'aime bien cette expression, j'ajoute que Ton aime, toujours, pour quelque raison secrète, chacune des «femmes» racontées par Paul Morand.Comme chacune des héroïnes de Fitzgerald.Et que c'est très curieux.Et que c'est très beau, tout ça^_ PAUL MORAND.NOUVELLES COMPLETES.1152 pages.Collection de la Pléiade, editions NRF, Paris.1992.Une rencontre originale CAROLE-AN ORÉE LANIEL collaboration spéciale ¦ Tout dernièrement, Woody Allen avouait à Anne Sinclair, l'animatrice de l'émission française 7sur 7, apprécier le travail de Eric Lax, auteur de la biographie «autorisée» la plus complète sur lui.Pendant trois ans et cinq tournages, Eric Lax a suivi Woody Allen jusqu'à devenir un intime de l'homme et de ses souvenirs, de l'artiste et de son travail.11 a vu le comique devenir metteur en scène dans les années 60 et maintenant il voit l'homme sur un plateau de tournage qui y va de ses propos et confidences.Le biographe a eu la bonne idée de se détacher de la vie de Woody Allen, ne retenant que les impressions d'enfance, pour mener droit au travail de l'artiste, «en montrant l'influence, qui n'est pas moindre, de la vie sur l'oeuvre et de l'oeuvre sur la vie>.Jusqu'à l'âge de cinq ans, Allen Konigsberg était un petit garçon joyeux.Puis, sans qu'il ne sache pourquoi, il est devenu un petit garçon aigri, solitaire, différent.Un garçon fasciné par le cinéma où il passe ses après-midi, enfin débarrassé du soleil et de l'école, fasciné par la musique \u2014 surtout le jazz \u2014 art qu'il pratique encore tout comme la magie, puis la comédie.Il rêvait de prendre la relève de Bob Hope ou de faire de l'argent avec les cartes et de monter des arnaques! Ses débuts précoces de dialoguistes, ses premiers spectacles sur scène et sa carrière cinématographique sont remis dans le contexte de l'époque, avec des gens du métier et ceux qui ont permis à Woody Allen d'évoluer.Même aujourd'hui, il trouve difficile d'oublier qu'il a été < le prodige de seize ans.» Le chapitre sur les étapes de création des films Unprcssionne 7 s/ mmm i S par les détails, mais aussi par la qualité des réflexions.De la gestation d'une idée au tournage du scénario, du montage à la sortie en salle du film, en passant par les attentes et les doutes du cinéaste, tout y est.«On m'a d'abord perçu comme un comique qui tournait des films comiques, puis avec des films tels que Annie Hall et Manhattan, je suis devenu un réalisateur de films commerciaux haut de gamme.» Perfectionniste, éternel insatisfait, il vise toujurs plus haut, le haut étant les meilleurs, Bunuel et Kurosawa.Pour lui, un grand film, c'est La grande illusion.Citizen Kane, Le voleur de bicyclette ou Persona.Son film préféré demeure La rose pourpre du Caire, mais il promet de faire mieux, question de temps.Il peut paraître inutile d'écrire une biographie sur un auteur qui donne l'impression d'avoir dit beaucoup sur sa carrière et sa philosophie dans des entrevues, mais surtout dans ses films.Malgré cela, on a tout à apprendre de cette rencontre originale avec un des artistes les plus sin-gulicrs du cinéma américain.WOODY ALLEN.Eric Lax.traduit de I anglais par Philippe R.Hupp, Julliard^ 1992.««- 1492 i Mémoires c lu Nouveau Monde roman L'INCROYABLE CHOC DE DEUX MONDES L'auteur, Homero Aridjis, poète et romancier, qui fut également ambassadeur du Mexique en Europe, fait de son héros, Juan Cabezon de Castille, le témoin romanesque de 1492, l'année faste de Colomb.1492 Les Aventures de Juan Cabezon de Castille Le récit du mémorialiste du Nouveau Monde.JACOUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale ¦ D'abord.Homero Aridjis nous avait présenté son personnage dans un livre intitulé 1492, Les Aventures de Juan Cabezon de Castille.Ce Juan Cabezon, c'est un descendant de juifs convertis \u2014 tout comme, dit-on Christophe Colomb lui-même.C'est l'époque de la grande Espagne \u2014 je devrais dire plutôt des Espa-gnes \u2014 l'année où les rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, ayant réuni leurs deux royaumes par mariage, remportent la dernière victoire sur les Maures, à Grenade.C'est aussi le temps de l'inquisition, les (uifs sont expulsés \u2014 s'il ne veulent pas se convertir \u2014.C'est enfin l'année faste de Colomb, il obtient trois navires et la charge de s'en aller découvrir les terres de l'Ouest, qui jamais ne porteront son nom mais celui d'un autre navigateur d'origine italienne \u2014 peut-être juif lui aussi \u2014 Amerigo Vespucci, venu beaucoup plus tard.On voit que les paradoxes s'installent dans cette histoire que chacun connaît, pleine de bruit et de fureur, passionnante, farouche, et menteuse horriblement.C'est le premier récit de ce Cabezon, traqué par l'inquisition, amoureux fou d'Isabel de la Vcga, condamnée à être brûlée vive.Notre homme s'engage comme gabier sur Tun des trois vaisseaux de Colomb, la Santa Maria \u2014 qui, parait-il, ne s'appelait pas ainsi \u2014 et vogue la caravelle.C'est la fin de ce premier livre.Un témoin romanesque Le second, le voici, il s'intitule 1492, Mémoires du Nouveau Monde.Nous y retrouverons Juan Cabezon de Castille, témoin de toutes les découvertes, aux iles des Caraïbes, Haïti, Cuba, les autres.et ensuite sur la terre ferme qui s'appellera le Mexique, le Honduras, la Californie.Ce témoin romanesque, qui est évidemment, aussi, l'auteur Homero Aridjis.ce sera le mémorialiste que le Nouveau Monde n'a pas eu \u2014 en ayant connu des centaines, partiels, partiaux, contradictoires, naïfs, exaltés, simplificateurs, de toutes allégeances et de toutes terres.Comme on le voit, le projet de raconter les découvertes, les conquêtes, et surtout l'incroyable choc de deux mondes aussi différents que la Terre et la Lune, est un projet ambitieux.Rigueur et imagination.Elles ne pouvaient venir que d'un écrivain né au Mexique, dont il fut ambassadeur en Europe, poète inspiré par les deux racines qu'il porte, l'européenne et l'américaine.La découverte de l'Autre L'Amérique, c'est la découverte de l'Autre.Pour les Indiens (appelons-les ainsi pour simplifier : pour les Rouges) comme pour les Blancs.Et.parodiant Kipling qui disait «l'Est est l'Est, l'Ouest est l'Ouest, et ils ne se rencontreront jamais», nous pourrions constater que l'Autre n'est pas l'Un, et ne le sera jamais.Longue histoire de l'incompréhension.Massacres, sottises, horreurs parfois, beautés, grandeurs, décadences.et cinq cents ans de gloses imbéciles essayant de prouver à l'Autre que l'Un avait raison, possédait la vérité, et était meilleur.Tout en lisant les aventures étonnantes des successeurs de Colomb, les conquistadores (Cortès en tête) et celles des habitants de la Nouvelle Terre (Montezuma en tête), on en vient au saisissement qui dut être celui des deux peuples, le Rouge et le Blanc, devant le choc avec l'Autre.C'est probablement le plus grand mérite de ce livre : nous placer en situation de découverte, sans commentaire.Sans le moindre jugement de valeur.Sans le moindre jugement tout court.Débrouillons-nous avec ce que nous voyons et entendons.Le propos d'un mémorialiste est de raconter, de noter, de transcrire, le plus possible de ce qu'il voit.Ainsi, nous, lecteurs, nous pourrons ensuite poursuivre la glose cinq fois centenaire, si nous le désirons, en disant : «J'y étais».Mieux que ça: supposons que vous ayiez les moyens de vous offrir l'image.Alors, il existe un livre publié par l'UNESCO-Flam-marion, intitulé L'Amérique de la conquête, peinte par les Indiens du Mexique.Ces gens-là peignaient et dessinaient sur des peaux, des écorces, des tissus.Et ils peignirent l'Autre.les conquistadores, aussi bien que les autochtones.Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est rutilant.O Post-scriptum.Gérard (encore lui) me signale que, sur le sujet de l'Autre, il faut lire aussi La conquête de l'Amérique, par Tzve-tran Todorov (au Seuil).Gérard, je ne vous l'ai peut-être pas dit, est architecte, professeur, et Haïtien.C'est dire qu'il en connaît un bout sur le sujet.On lui fait confiance ?1492.LES AVENTURES DE JUAN CABEZON DE CASTILLE.oar Homero Aridjis.368 pages, editions du Seuil.Paris.1990.1492.MEMOIRES DU NOUVEAU MONDE, par Homero Aridjis.roman.483 pages, editions du Seuil.Pans.1992.et le journal de Colomb complété par un médiéviste GERALD LeBLANC ¦ Paul Zumthor a le vent en poupe.Il était mercredi l'invité des prestigieuses conférences Augus-tin-Frigon de l'École Polytechnique.«Colomb, homme du destin », avait-il intitulé sa causerie.Il part cet après-midi pour Paris où il recevra, mardi, le prix Paris-Québec, que lui a valu La traversée, publié en décembre par les Éditions de l'Hexagone.L'intérêt du roman historique de Zumthor vient tout d'abord de l'expertise même de l'auteur, un médiéviste de réputation internationale.La traversée est justement un sous-produit d'une recherche sur les poètes français du XVe siècle, effectuée à la fin des années 70 par le professeur Zumthor avec ses étudiants de l'Université de Montréal.Recherche qui a débouché sur Le masque et la lumière, un volume publié aux Éditions du Seuil en 79.La Fête des Fous «l'avais ramassé du matériel sur la vie en Europe durant la seconde moitié du XVe siècle.À ma retraite en 1980, je suis retourné dans mes fichiers et j'ai écris La Fête des fous ( L'Hexagone, 1987)», explique le Suisse, arrivé au Québec en 1972, après un long détour d'une vingtaine d'années aux Pays-Bas.La Fête des Fous, c'était le grand défoulement au Moyen Age, l'ancêtre du mardi gras et de ses carnavals, qui coïncidait en 1492, avec le feu vert rî : nné à Colomb par Ferdinand' *;t Isabelle.Ce roman historique couvre la seconde moitié du XVe siècle et gra- i 4 .Paul Zumthor Rommi m i -.* 11 » ?, : \u2022 V- ./ ¦ \u2022 l'Hexagone Le professeur Paul Zumthor, installé au Québec depuis 1972, a publié La traversée, aux éditions l'Hexagone.vite autour de quatre personnages dont le destin finit par rejoindre celui de Colomb.Voyant venir le rendez-vous de 92, Alain Horic, alors directeur de l'Hexagone, insistait pour que Zumthor écrive une suite, englobant la découverte de l'Amérique.Le professeur-écrivain avait cependant d'autres oeuvres sur le chantier, notamment une nouvelle (.Les contrebandiers, paru en 87) et un recueil de poèmes ( Point de fuite, paru en 89 ).Zumthor ne reste jamais longtemps à rien faire.Après les poèmes, il est retourné à ses caisses de documents sur l'Europe du XVe siècle.Le journal de bord C'est en relisant le journal de bord de Colomb qu'a surgi l'étincelle de La traversée.Colomb avait tenu un journal, plus détail- lé qu'à l'habitude, dont la copie originale a été perdue.Ses deux biographes contemporains, son fils Fernando et son ami Las Casas, qui ont eu accès à l'original, ont conservé des résumés, parfois substantiels de ce journal.Le professeur Zumthor a décidé de mettre de la chair autour du résumé de Fernando.«Certains jours, dit-il, il ne reste que la mention «beau temps» et souvent Colomb y parle des oiseaux, un élément important pour la navigation à la voile.» C'est donc sous forme d'un journal de bord, du 4 août au 12 octobre 92, que Zumthor a bâti son livre sur Colomb.«Il s'agit d'une oeuvre de création et d'imagination, mais tout y est vraisemblable, tout cela aurait pu arriver dans l'univers de Colomb», explique le professeur, à sa résidence de la rue Victoria.Il écrit tout à la main et ne se sert de l'ordinateur qu'après coup, pour la correction et la mise en page.Véritable encyclopédie médiévale, le professeur Zumthor peut tout expliquer dans les moindres détails et justifier chacun des éléments de son roman.L'éruption du volcan aux lies Canaries a vraiment coïncidé avec l'escale du convoi de Colomb.Les trois caravelles portaient vraiment des noms de filles de joie: Nina-Petiote.Pinta-Fardée et Marie Galante, rebaptisée Santa Maria par le dévot Colomb.Oui.il y avait des belettes à bord pour neutraliser les rats, les chats, récemment importés d'Egypte, étant encore rares et fort dispendieux en Europe.Oui, Colomb, grand seigneur et grippe-sou.a gardé pour lui la récompense (rente annuelle de 10 000 maravedis) promise par la reine à celui qui verrait le premier la terre.Voilà pour le contenu! On peut se fier à Zumthor qui connaît bien la culture dans laquelle baignait Colomb et ses équipages.Quant au style de Zumthor, il est un peu déroutant au départ.On dirait que le savant professeur veut à tout prix nous renvoyer au dictionnaire à chaque page du livre: il faut prendre le temps de s'habituer ou de laisser le professeur devenir moins érudit.On entre vite en effet dans le récit, on devient partie prenante de cette folle équipée.La promiscuité des membres d'équipage met à nu autant la grossièreté que la tendresse de ces Espagnols sortant du Moyen Âge pour aller rencontrer les Indiens nus de l'Amérique.LA TRAVERSEE.Paul Zumthor.l'Hexagone.381 pages.3e trimeste 91.Les coeurs solitaires d'Anita Brookner CAROLE ANDRÉE LANIEL collaboration spéciale ¦ La vieillesse permet, chez Anita Brookner du moins, de supporter certaines choses, comme la solitude, son inutilité, de s'habituer même à n'être pas aimée, à ne l'avoir jamais été.Le dernier roman d'Anita Brookner, Julia et moi, est certainement le plus triste de sesjivres, mais le plus achevé aussi.Elle s'attarde toujours sur les coeurs solitaires, mais au mois ses femmes ont appris à s'accommoder de la solitude et de ces amitiés davantage subies que souhaitées.Il n'y a jamais de désespoir, seulement une vaine ambition au bonheur.Une femme raconte sa vie de solitude et de servitude.Envers cette lulia surtout, épouse de l'associé de son mari.Julia a été célèbre dans sa jeunesse comme diseuse dans des spectacles de variétés.Elle a ensuite laissé sa carrière pour épouser un admirateur qui lui a juré fidélité.Maintenant, elle vit du souvenir de sa célébrité passée.Seules une journaliste et son .habilleuse lui sont demeurées fidèles.Converties en servantes, en esclaves.Mais c'est toujours cela avec lulia, on devient toujours son obligé.Et Fay aussi est devenue une «amie» de (ulia, simple- LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE ment parce qu'on ne peut jamais lui-échapper.On finit toujours par lui rendre ces menus services qui nous lient à jamais à elle.Fay, la narratrice Dans les amitiés d'Anita Brookner, l'une est inquiétante et l'autre ennuyeuse.Et I ennuyeuse ici, c'est Fay, la narratrice.Une jeune femme tombée amoureuse d'un avocat ambitieux, avare de sentiments et de tendresse, un homme trop bien pour elle, trop beau.On ne doit pas nécessairement épouser chaque homme que l'on aime, rcconnait-cllc aujourd'hui.Avec le mariage s'est installé la peur, celle de perdre son mari ou de l'ennuyer et la certitude que ce monde-là n'est pas pour elle, ne répondra jamais à son besoin d'authenticité et de générosité.Au fond d'elle.Fay demeure ce qu'elle a toujours été, une femme simple, une fille unique aimée de ses parents unis, une jeune femme qui chante à la radio des chansons trop tristes pour son âgé: «Arcady.Arcady est toujours jeune».«Ce n'est qu'une illusion», «Tu me ravis le coeur» ou «|c t'aimerai toujours».Aujourd'hui, elle en ressent toute la mélancolie.Malgré le printemps anglais, «triste à fendre l'âme», et la vieillesse de son âge, elle se sent main-tenent libre, délivrée de l'espoir, «le pire tracas entre tous».Il s'agit d'une liberté honteuse parce que personne n'a besoin d'elle: «Désormais mon devoir était de vivre cachée, de me suffire à moi-même, comme il sied aux veuves en général.» Dans lulia et moi, la solitude est exploitée avec plus d'acharnement, mais aussi avec plus de doigté et de philosophie; que ja- mais.Anita Brookner nous offre encore une fois un roman très sensible derrière lequel on sent une grande maîtrise, une grande intelligence des choses du coeur et de la vie.C'est pourquoi il faut la lire avec respect et plaisir, même si cela provoque une douce mélancolie.JULIA ET MOI.Anita Brookner.traduit de I anglais par Annie Lcnnkh.Editions La découverte.1992., / LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 22 MARS 1992 \u2022 C5 LIVRES j ****** lumières pour les «parents MARC-FERNAND ARCHAMBAULT collaboration spéciale 0 La lecture est une préoccupation très actuelle.Comment donner le goût de la lecture aux enfants?11 faut examiner les différentes, méthodes d'apprentissage de la lecture dans nos écoles.Que faut-il penser de cette méthode dite globale.Sans prétention aucune, ce petit essai aborde là tout autant la lecture comme un goût que la lecture comme apprentissage.Les parents qui veulent avoir des explications claires sur les méthodes d'enseignement de la lecture y trouveront des lumières.En prime, on aura des précisions sur les troubles et les difficultés dans l'apprentissage de la lecture.Et des interrogations: quels sont les effets de l'informatique sur l'apprentissage de la lecture?Comment choisir un livre pour un enfant?Pourquoi l'enfant re-demancfc-t-il toujours que l'on reprenne la même histoire?Vaut-il mieux lire ou raconter une histoire?Qui ne s'est pas demandé quel devait être la part de l'adulte dans la découverte de la lecture chez l'enfant?On peut aussi s'interroger sur le rôle de l'image.On livre utile et bien fait.C'est quoi le «bon livre» pour un enfant?'Qui n'a pas connu la déception de voir un enfant rejeter un livre offert en cadeau?Est-ce que vous vous souvenez de votre premier livre?Comment choisir le premier livre d'un enfant?Voilà autant de questions qu'il ne faut pas ignorer.COMMENT LUI DONNER LE COUT DE LIRE, par V.Mabille, Nathan 1991.Daniel Pennac donne l'absolution aux jeunes qui se moquent de Victor Hugo JOCELYNE LEPAGE ¦ C'est un petit livre auquel la mise en page, très généreuse et aérée, donne l'apparence et l'épaisseur d'un roman, de même que le prix: 24,95 $.Et qui se lit en une soirée.C'est peut-être un essai qui, dépourvu d'analyses, de sondages, de statistiques, aurait quelque chose d'impressionniste et serait coulé à l'université.Mais ce petit livre fait tellement de bien par où il passe, que tout le monde ou presque se le passe en même temps que le mot: à lire absolument, Comme un roman, du Français Daniel Pennac.Comme La fée Carabine ou La petite marchande de prose dont il est aussi l'auteur.Le dernier ouvrage de Pennac arrive tout simplement à point dans le débat actuel sur l'indifférence des jeunes à la littérature, en y apportant le gros bon sens qui fait souvent défaut à ceux qui, parce qu'ils sont lettrés, font les outrés.Et il y fait entrer, chose extrêmement rare, une grande tendresse pour ces adolescents-qui-n'ont-pas-lu-Madame-Bovary, qui se moquent de Victor Hugo, et qui semblent proportionnelle- photo j.y.ietourneau.La Presse Daniel Pennac: son petit livre fait grand bien.ment aussi nombreux en France qu'au Québec.Un bain de déculpabilisation Il n'y a pas que les jeunes qui reçoivent l'absolution de Daniel Pennac.Il y a leurs parents, et les enseignants, qui y prennent, comme dans un roman, un bain de déculpabilisation, même s'il esl clair qu'ils sont un peu, tout de même, les coupables.Car, dit Pennac, lui-même parent-enseignant-romancier, n'est-ce pas nous qui avons transformé en devoir et en dogme pour nos enfants ce qui devrait être un plaisir?Et d'évoquer combien c'était délicieux, autrefois, de braver les interdits pour lire en cachette de la littérature alors sous surveillance et haute suspicion (rôle joué maintenant par la méchante télévision et les vilains clubs vidéos).En confiant aux lecteurs la stratégie qu'il a mise au point pour amener les jeunes lycéens au plaisir de lire \u2014 et qui consiste beaucoup à lire à haute voix, pour eux \u2014 Daniel Pennac nous rappelle pourquoi ceux qui lisent aiment tant le faire et comment il est aussi impossible de forcer quelqu'un à lire qu'à aimer.Mais aimer lire, vraiment, c'est plus qu'un privilège, c'est le pied! Les jeunes seraient fous de s'en passer.COMME UN ROMAN.Daniel Pennac.Le groupe Sogides connaît du succès en France avec des livres pratiques et de psychologie populaire PIERRE VENN AT ¦ Pquvez-vous nommer trois livres, imprimés et édités par un éditeur québécois, qui se sont tous trois vendus récemment à plus de 40 000 exemplaires en France?La réponse: Comment faire l'amour à un homme, d'Alexandra Penny, Comment faire l'amour à une femme, de Michael Morgens-tern et La Puissance de votre subconscient du Dr Murphy, trois livres édités au Québec par des maisons du groupe Sogides et distribués directement en France par les soins de ses représentants.D'autres, comme S'affirmer et communiquer de Jean-Marie Boisvert et Madeleine Beaudry, deux auteurs québécois, se sont vendus entre 65 000 et 70 000 exemplaires et S'aider soi-même de Lucien Auger, à plus de 55 000.Tandis qu'on croit pouvoir vendre au moins 25 000 exemplaires de Père manquant, fils manqué de Guy Corneau, pour qui d'ailleurs on a organisé une tournée de promotion en Europe.Sogides est le premier éditeur québécois en importance en matière d'exportation.En fait, d'après James de Gaspé Bonar, vice-président à l'édition, les ventes à l'exportation représentent plus de 35 p.cent du chiffre d'affaires de Sogides dans le domaine de l'édition.Mais on n'exporte pas n'importe quel livre.Surtout du livre pratique et de psychologie populaire.Quelques romans, en outre, qu'on coédite avec des éditeurs européens.Et on vend bien: le chiffre d'affaires de Sogides en Europe présentement est actuellement de l'ordre de 2,5 millions $ par année.Parmi les autres best-sellers du groupe, on peut citer un livre spécialisé comme La vente, de Tom Hopkins, qui malgré son prix de vente élevé en Europe (l'équivalent de 39$ canadiens), s'est vendu à plus de 15 000 exemplaires.Membre du Syndicat national de l'édition en France depuis 1990, premier éditeur québécois à être admis ainsi au sein de ce haut-lieu de l'édition française, Sogides est le premier à avoir eu une représentante à plein temps à Paris (Huguette Laurent), il y a déjà une douzaine d'années.La maison se permet même de remporter des prix internationaux.Par exemple, le Prix Québec-Paris que vient de remporter Paul Zumthor avec La Traversée, prix qui lui sera remis officiellement mercredi dans le cadre du Salon du livre de Paris.Sogides lance, en moyenne, 36 à 40 titres par année sur le marché européen.Pour une raison bien simple, explique James de Gaspé Bonar: «Le marché québécois est bon, mais petit.Et nous désirons grandir».Sogides ne fait pas des affaires que sur le marché français en Europe.Ainsi le dernier roman de Dany Laferrière, L'odeur du café est cooédité, en langue étrangère, avec des éditeurs hollandais et Scandinaves.Un chant du cygne noir, noir GILBERT GRAND ¦ Quelques mois avant de mourir en décembre 1988, à l'âge de 69 ans, Charles Willcford avait publié, sous le titre quasi prémonitoire de The Way We Die Now (devenu Ainsi va la mort dans sa traduction chez RivagesThriller), le quatrième volume de l'extraordinaire série consacrée aux en- ROMAN POLICIER quêtes du sergent Hoke Moseley, le flic dur à cuire mais pas mal amoché de Miami.Il est difficile d'imaginer un chant du cygne plus cynique et violent.Plus noir que ça, tu meurs! Revoici donc la «vraie» Miami : pas seulement celle des hôtels cossus du front de mer et des banlieues WASP, mais aussi celle des taudis, de la Petite Havane surpeuplée de marielitos, de la Petite Haïti aussi, celle de la sueur, de la misère, de l'exploitation et de la violence ordinaire.On croyait avoir tout vu avec les tueurs psychopathes de Miami Blues et Dérapages, les meurtres par overdose et les fausses marâ-tres éplorées de Une seconde chance pour les morts ( réédité en poche Rivages Noir no 123).Mais avec ce vieil alcoolo de Willcford, le pire voys surprend soudain au détour d'une page, propulsant dans l'horreur une intrigue jusque là ronronnante de normalité, ou presque.1 v kJl-r V AO JET S t T H^M L .E ffc> .¦> - ¦¦ - \u2022- ' \u2022- Au début de Ainsi va la mort, Hoke s'échine à résoudre un crime non éclairci vieux de plusieurs années quand ses supérieurs lui ordonnent de se laisser pousser la barbe.Le lecteur devra patienter \u2014 mais il ne le regrettera pas \u2014 jusqu'au chapitre 8 avant d'en apprendre la raison.Entretemps, il aura suivi Hoke dans ses tribulations professionnelles et ses petits tracas ménagers entre ses deux filles et sa colocataire cubaine Ellita.Puis, attention: aileron de requin crevant la surface.Un criminel que Hoke croyait avoir envoyé au bagne à perpétuité et qui avait juré de se venger lors du procès, achète la maison d'en-face, drague Ellita, conquiert ses filles et les emmène en croisière.Hoke fulmine.Le sang va couler.Oui, mais pas où on le prévoyait.Dépouillé de tout (argent, insigne, pistolet et même dentier), Hoke est plutôt envoyé, déguisé en chômeur minable, dans une ferme dont les ouvriers \u2014 tous des immigrants haïtiens illégaux \u2014 disparaissent sans laisser de traces.En fait, après avoir usé jusqu'à la corde ses «esclaves», le propriétaire les gaze et les enterre dans les bayous avoisinants.À peine infiltré dans cette plantation terrifiante \u2014 qui fait passer «la case de l'oncle Tom » pour une colonie de vacances \u2014, Hoke est démasqué et roué de coups: Luttant avec bec et ongles pour sa vie et animé d'une colère formidable, il réussit pourtant à tout détruire dans un grand incendie purificateur.Pour apprendre au retour que tout cela avait été concocté par ses supérieurs, afin de le «salir» et le compromettre à la veille d'une promotion importante: il devra désormais nettoyer les services de police de toutes ses brebis galeuses! Alliant rythme, précision des détails, horreur et émotion, les 60 pages racontant cette expédition devraient figurer en bonne place dans toute anthologie du roman noir.Un beau noeud de vipères Dans le genre cynique roboratif, Ross Thomas se défend, lui aussi, assez bien, merci.Après avoir envoyé cinq belles crapules chasser des millions de dollars d'argent sale aux Philippines dans Les faisans des îles ( Out on the rim \u2014 réédité en poche.Rivages Noir no 125), voici qu'il récidive avec La quatrième Durango (The Fourth Durango), un autre thriller pétaradant, cocktail détonnant d'humour, de violence et de coups fourrés.Durango, 10 000 âmes, un véritable trou à l'écart de tout sur la côte sud-californienne.«Ville oubliée de Dieu» certes, mais certainement pas des malfrats qui y trouvent pour un temps sécurité et tranquillité, à prix fort évidemment.La séduisante mais rusée mairesse et son amant de chef de police y veillent: il y va de leur réélection.Mais tout déraille à l'arrivée de Jack Adair, ex-président d'une Cour du Sud, ex-détenu pour fraude fiscale, soupçonné de corruption, et son gendre Kelly Vines, avocat rayé du barreau, expert en entourloupette.Ces nouveaux «clients» entendent bien démasquer le tueur qui les poursuit et collecter les 30 millions d'une succession contestée.Tous les coups sont permis, assurez vos arrières!_ AINSI VA LA MORT, de Charles Willcford.218 pages.RivagesThriller.LA QUATRIEME DURANGO.de Ross Thomas, 262 pages.RivagesThriller.La vie des livres PIERRE VENN AT Le Salon du livre de l'Outaouais u printemps de ses 13 ans, le Salon du livre de l'Outaouais invite encore une fois la population de l'Outaouais à se réunir au Palais des congrès de Hull, de mer* credi à dimanche prochain.Placé sous la présidence d'honneur de Roger Fournier, bien connu dans les milieux du cinéma et de la télévision et auteur de plusieurs nouvelles et romans, le Salon, cette année, s'est donné quatre présidents du jour.L'écrivain de science-fiction, Daniel Sernine, présidera celle du jeudi ; le romancier d'origine française, Jean-François So-main, qui vit maintenant en Outaouàis, sera celui du vendredi; Madeleine Gagnon, lauréate pour la poésie du Prix du gouverneur général de l'an dernier et celle que l'on considère en certains milieux «la première femme au Québec à articuler une pensée féministe» présidera la journée de samedi.Enfin, dimanche, le président sera le récipiendaire du Prix littéraire Jacques-Poirier.C'est en effet mercredi que le Salon du livre de l'Outaouais remettra, pour la première fois, ce prix créé afin de mettre en valeur un écrivain, ou une écrivaine dont l'oeuvre aura su capter l'attention par ses qualités exceptionnelles .et garder bien vivante la mémoire de Jacques Poirier, celui qu'on appelle le «Père du Salon du livre de l'Outaouais».Après le Nouvel âge, le «Recovery» S'il faut en croire la revue Livre d'ici, qui y a consacré tout un dossier, nous serons envahis, d'ici peu, d'ouvrages d'une nouvelle tendance connue sous le nom de « Recovery ».La « Recovery », c'est l'extension de la méthode des Alcooliques anonymes à toutes les formes de problèmes psychologiques répertoriés.Selon les Editions du Roseau, qui déjà se spécialisent dans les publications du Nouvel âge, le « Recovery*, terme dont on n'a pas encore trouvé de traduction française acceptable, serait la suite logique du Nouvel âge et ce phénomène social interpelle des milliers de personnes.Bref, selon Marc Alain qui, avec l'éditrice Louise Cour-teau, vient de lancer Modus Vivendi, une nouvelle maison, laquelle vient d'acquérir les droits de traduction des best-sellers de Health Communications, un poids lourd américain de ce mouvement, et qui compte publier sept titres du genre cette année et entre 12 et 15 l'an prochain, le « Recovery » serait au carrefour de la sociologie, de la psychologie et du bon sens et se voudrait un guide qui permette à chacun de retrouver le chemin de l'autonomie.S'il faut en croire Publishers Weekly, 45 p.cent des titres publiés aux Etats-Unis en 1990 avaient un rapport quelconque avec le phénomène.U y aurait même chez nos voisins du sud quelques dizaines de périodiques exclusivement consacrés à ce phénomène et quelque 300 librairies commercialisant exclusivement des ouvrages de ce type.U se produit ici des livres au-thentiquement québécois allant directement dans cette ligne de pensée, dont Tu ne seras plus seul, de l'ex-député, péquiste Gilles Baril, publié récemment chez VLB, Ces femmes qui aiment trop, publié chez Stanké et Renaître de ses cendres, d'un des grands gou-, rous de l'ésotérisme québécois, Placide Gaboury, chez Libre Expression.Aux États-Unis, on en serait déjà au « post-recovery ».Bref, une fois débarrassés de leurs mauvaises habitudes, les gens devront maintenant fonction-, ner de façon normale et de savants auteurs, conscients qu'il y a de l'argent à faire là, inonderont le marché de leurs recettes-miracles pendant encore quelques années.Voyager dans le temps LUCIE collaboration spéciale ¦ Un des thèmes classiques de la science-fiction, je sais au moins cela, est le voyage dans le temps.Dans le passé.Dans le futur.Un peu partout, dans des univers parallèles.SCIENCE FICTION www Chronoreg, le vingt-cinquième livre (!) de Daniel Sernine aborde ce thème.En essayant sans doute de le renouveler.En tout cas, il a situé son roman dans un paysage qu'on voit peu, je suppose, en science^fiction, le Québec du début du XXle siècle.Le Québec (on peut rêver) est maintenant un état indépendant.Avec tout l'arsenal s-f traditionnel, il lutte-avec Terre-Neuve pour l'occupation de l'enclave de Churchill et le contrôle de l'électricité.Lorsqu'on est peu familier de ce genre de littérature, on veut bien tout ce que .l'auteur veut.Mais pour embarquer dans une histoire où tout est possible, puisque rien n'existe, il faut pouvoir y croire.Comment est-il possible alors que l'Union soviétique existe toujours dans un siècle à venir et que les personnages se plaisent à rêver que, dans un autre univers, le parti communiste a perdu le pouvoir?De toute évidence Chronoreg a etéecri t il y a quelques années.Le moment de Fa publication venu, Daniel Sernine aurait sans douté pu (et dû) faire comme tous les historiens du monde au cours des dernières années et en corriger les éléments désuets, par respect pour son lecteur.Le chronoreg est une drogue hors de prix ( 1000 $ l'unité à la suite de la découverte d'un laboratoire clandestin), dont on connaît mal encore les effets, dont on n'a pas encore établi le dosage.Mais dont on parle beaucoup.«Chronoreg: retour vers le passé.Est-ce un mythe, un racontar, une fraude ?Il n'y a qu'un moyen de le savoir».Voilà donc le héros de Chronoreg, le commandant Denis Blackburn (qui deviendra lien-tenant-colonel ), qui se met à absorber les petites capsulés bleutées sans prendre beaucoup de précautions, même s'il risque de subir une hémorragie cérébrale.En absorbant les capsulés de chronoreg, il espère pouvoir retourner dans le passé, pour retrouver et sauver son ami Sébastien, un jeun| journaliste parti Chronore DANIEL SERNINE uuunn I I I t I I t I « » t \\ \u2022 I t t 1 i * I rejoindre les guérilleros à Comi-tan, au Mexique.De ses voyages plus ou moins réussis, qui se répéteront sans qu'il puisse les contrôler, il ramène des marques physiques qui lui prouvent que son corps est aussi retourné en arrière.Mais il ne peut retrouver que lé cadavre de Sébastien.Le malheur de Blackburn, et il ne saura que très tard (à la fin du livre) comment cela s'est véritablement produit, c'est qu'il .perd conscience pendant six* jours, à cause d'une commotion cérébrale.Ce sont ces six jours perdus qui l'empêcheront de retrouver Sébastien vivant et de prévenir sa mort.Mais les effets de la drogue lui permettront d'éviter bien des dangers,;lui donneront de puissants avantages.11 a.des prémonitions qui sont en fait des souvenirs, puisqu'il peut se promener dans d'autres univers.Il peut donc se prévenir lui-même des dangers à venir.Avec le chronoreg, Daniel Sernine bénéficie d'une très grande latitude dont il sait pro- .fiter dans ce roman plein de péripéties sur fond de complot politique.Au cours de ses aventures, Denis Blackburn devra affronter le lieutenant-colonel lac Marin, que l'on surnomme Aguirre, devenu le chef des Irréguliers, « une troupe de miliciens patriotes au départ, des volontaires, des fanatiques» qui mènent leur propre guerre.Daniel Sernine a fait de son héros soldat un homosexuel, rappelant certains événements de l'actualité.Le faible de Blackburn pour lac Marin, son ancien amant, qu'il doit pourtant éliminer, compliquera parfois sa mission.CHRONOREG.Daniel Sernine.Montreal.QuebecAmerique 199?586 pages.VIC C6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 22 MARS 1992 LIVRES Un retour agréable au seuil des vingt ans de Jean Éthier-Blais REGINALD MARTEL ¦ Les fidèles de M.Jean Éthier-Blais entendront encore avec plaisir, dans le Seuil de mes vingt* ans, la généreuse parole des Fragments d'une enfance.Ces mémoires, où le style et l'homme se renvoient leur image, sont faits de lumière arrachée à la lourde matérialité hu- LITTERATURE quebecoise ¦¦mi «i m ai ne; ils constituent les actes d'une vie assumée dans le risque absolu de la beauté.Qu'en dire?Quand on ne saurait prétendre en explorer les arcanes, la lecture de certaine prose décourage le commentaire.Il reste l'humble et noble tâche d'inviter d'autres lecteurs au partage d'heures parfaites.Les mémoires, s'ils sont autre chose que l'érection de son propre monument, sont plus révélateurs que la plus méticuleuse biographie; ils sont parfois, suisse tenté de croire, l'expression la plus haute de l'art littéraire.Voyez cet homme, dans la très stricte solitude de l'écriture.Il se fait le témoin, tantôt amusé et tantôt désolé, d'un passé qui ne l'est qu'en apparence, tant on est ce qu'on a été.Le temps a eu beau jouer son sale petit numéro, qui mène la vie à son irréparable perte, il est, un instant, miraculeusement, aboli.Chez celui-là qui se raconte et qu'on voudrait croire serein, encore qu'il n'y prétende pas, qui cherche-t-on ?Soi-même, bien sûr.Il est pourtant malaisé, pour ce qui me concerne, de m'y trouver.L'admiration, d'une part, peut brouiller le regard ; c'est un sentiment respectable, mais qui nous fait orphelin de ce qu'on n'a pas su être.On soupçonne, d'autre part, qu'elle est lointaine encore, si même elle doit venir, cette conscience lucide de soi qui permettra de mesurer enfin la vanité de toutes choses.Une vocation timide Ne cherchons pas dans ces mémoires l'origine intime et nécessaire d'une oeuvre qui allait être exemplaire.Le collégien de Sudbury aura seulement deviné que la littérature est tout, qu'elle est la synthèse suffisante, une et multiple à la fois, de l'aventure humaine.Au seuil de ses vingt ans, âge de toutes les arrogances, le jeune homme qui choisit d'entrer en littérature ne songe même pas qu'il pourrait lui- Jean Éthier-Blais LE SEUIL DES VINGT ANS LEMÉAC même écrire une oeuvre.Timide, il prend place à la porte de l'église; puisqu'il faut gagner sa vie, il se satisfera de servir la littérature.On sait la suite, quelques repères froids d'une notice biographique: les années d'apprentissage, l'enseignement dans une grande école, la retraite.Une vie.Cela nous sera donné bientôt j'espère, mais chaud et vivant, rendu à sa vérité par le plus grand prosateur de ce pays.Retournons en attendant à l'adolescent que contemple l'homme mûr et qu'il décrit sans complaisance et sans fausse humilité.Qu'il est loin déjà le temps de l'innocence où tout semblait donné, où on sortait gagnant du concours du plus beau bébé de la ville! Écolier médiocre, cet adolescent qui refuse de s'intéresser aux sciences et aux mathématiques, constructions, estime-t-il sans doute, de l'esprit de géométrie, alors que le sien le porte vers ce qui lui parle vraiment: «Notre seul soutien de civilisation, nous le trouvions dans les livres, et en eux seuls, la musique servant de force d'appoint.» Pensionnaire d'un collège de jésuites, il s'offre aussi à l'amitié de ses camarades, à la ferveur de la découverte en commun des promesses.de l'intelligence et du coeur.Hommage aux maîtres Pour qui la vit, la traversée des longues années du cours classique peut être un malheur absolu.Elle fut pour M.Jean Éthier-Blais, bien au contraire, un voyage agréable.Longtemps plus tard, quand sa mémoire a appris à faire le tri de l'essentiel et de l'inutile, il rend un hommage ému aux maîtres qui ont tenté de le former.De l'un, il célébrera la culture, la curiosité, les qualités de pédagogue; d'un autre qui n'avait rien de cela, il saluera sans ironie la bonté ou la sainteté.On devine un peu, quelle que fût la compétence des professeurs, que l'élève Éthier-Blais n'en faisait qu'à sa tête et se formait lui-même, au contact de ses amis et des livres.La composition des mémoires suit une chronologie pas trop rigoureuse.Des chapitres ont pour titres les années du cours classique, depuis les Éléments latins jusqu'à la Philosophie, et l'écrivain y évoque les figures de ses professeurs ; d'autres ont des thèmes précis: amitié, lecture, musique, théâtre, travaux et passions.Dieu, retraite et vocation, appel du large; les uns et les autres se mêlent harmonieusement.Lisant ces pages, j'essaie d'imaginer l'état d'esprit de celui qui les écrit.Est-il heureux?le le pense, mais d'un bonheur un peu triste, qui exigera que soit inscrit, comme citation liminaire, le «Rends-moi ma jeunesse» de Faust.Voyant la vieillesse approcher, beaucoup d'humains deviennent mélancoliques.La pudeur et le bon goût interdisent cela au mémorialiste.Trop sincère pour refuser l'émotion, il fait en sorte, sans peut-être s'en rendre compte, que l'ironie la rende plus légère.La vie qui fuit Pas de mélancolie, mais une conscience nécessairement consistée de voir fuir une vie dont il aura compris, croit-il, peu de chose.À propos de Tallemant des Réaux, de Chateaubriand et de Saint-Simon, il écrit: «Par eux, en eux, j'ai trouvé mon pays.Je n'en ai pas d'autre.C'est celui de l'angoisse des yeux, des narines, du ventre, devant la vie qui s'écoule et disparait, sans que nous sachions si elle a un sens.Et nous nous retrouvons, déambulant dans la poussière et les ombres, démunis, peut-être n'ayant jamais vécu, retournant à notre essence.» Pourquoi, me dis-je, de tels propos ne sont-ils pas attristants?Parce qu'ils sont aussi vrais que l'écriture qui les informe.Mais M.Éthier-Blais, et je sais qu'il faut l'en croire, ne sait pas quel artiste il est.Lorsqu'il se rappelle les dictées, les exercices, l'étude des règles de grammaire qui sont pendant des années le travail quotidien d'un collégien, il peut s'exclamer: «Ce qui m'étonne, c'est qu'après toutes ces pratiques grammaticales [.] je ne sache pas mieux écrire.» LE SEUIL DE MES VINGT ANS.Jean Éthier-Blais, 240 pages.Collection Vies et Mémoires.Leméac Editeur, Montréal, 1992.« What does Canada want ?» PIERRE VENNAT ¦ On aura beau faire toutes les Commissions Spicer ou Beau-dçih-Dobbie que l'on voudra, il y a peu d'échanges et de débats entre intellectuels des deux groupes linguistiques du Canada.Comme l'écrit Serge Denis, professeur de sciences politiques Serge Denis LE LONG MALENTENDU ; é Québec «aj pst les inu \"cru*!* ¦\u2022s SOCIETE à l'Université d'Ottawa, qui vient de lancer un ouvrage sur le sujet chez Boréal, il s'agit d'un Long malentendu.cK tel point que la revue Possibles, qui gravite surtout autour d'un groupe de politicologues et de sociologues, dont Marcel Foiirnier et Gabriel Gagnon de l'Université de Montréal, vient dè publier un numéro thématique de près de 200 pages consacré à la problématique suivante: What does Canada want?, juste* ment pour faire le point sur ce long malentendu.Le tableau qu'on peut tirer de la perception qu'ont les intellectuels anglo-canadiens du Québec à l'heure actuelle ne laisse guère place à l'optimisme.Comme l'explique Kenneth McRoberts, directeur du Robarts Centre for Canadian Studies de l'Université York, il y a eu une ouverture significative du Canada anglais à l'égard de la thèse des deux nations, durant les années 1960.Si la classe politique et intellectuelle était alors divisée, les trois grands partis fédé- Bortfal possible ¦ What !\u2014* ;» \u2022 \u2022 \u2022 «Nous sommes des indomptables, dira Marlène Couet.Après avoir peint durant un certain temps des corps humains qui occupaient la majeure partie de ses surfaces, elle a entrepris de fragmenter les corps (l'âme n'est-elle pas immatérielle).Ses corps désarticulés partagent dorénavant l'espace avec des.chevaux.Citant Jacques Prévert dans Journal Art, elle a écrit: «La plus noble conquête de l'homme est le cheval et s'il en reste un je serai celui-là.» De sa «propre main», elle a ajouté: «Bien qu'il semble accepter la civilisation et qu'il arrive à avoir une grande confiance en son maître, on ne peut jamais lui extirper entièrement son état sau- vage, il demeure prompt à s'exciter et à défier les désirs de son dresseur; exprimant son anxiété et son impatience par des ruades et des morsures.» L'art de Marlène Couet, nous l'aurons compris, est plus «figuratif».Sa technique: elle utilise notamment, dans Qui chasse qui?et L'indomptable, la technique de la toile marouflée sur toile, peintes toutes deux à l'acrylique.Marlène Couet est une passionnée.Son art lui est inspiré par les expériences vécues et elle ne cesse de se remettre en question, d'expérimenter, de vivre sur la corde raide.L'Acte est vierge de Jean* Pierre Gagnon.Sinon Cpmpo>( / n Montr « ni l< 7S1*o68ft ou '.mn hms I.1 ûOO S63-8688 non SRC CKQI 96.9 m\\ 4 / A AVRIL ÎXT-IBÏS ® C$C Arts et spectacles 'r^r\u2014 \u2022 - Disques '¦;c.v \u2022 < ! I I ¦ \u2022 1 I » I I 1:: \u2022W \u2022 I 7 .Quel retour! LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 22 MARS 1932 C7 Tusf w et Morris, aux Grands Ballets Drame et fantaisie au programme PASCALE BRÉNIEL collaboration spéciale rudent et bien construit, avec une touche d'humour et de nouveauté, ce sont sans doute les qualificatifs qui décrivent le plus justement le quatrième programme de la saison des Grands Ballets canadiens \u2014présenté jeudi encore à Place des Arts.Le directeur artistique, Lawrence Rhodes, a aligné une courte pièce abstraite de Balanchi-ne, deux ballets de Tudor \u2014 l'un dramatique, l'autre comique\u2014 et une création de Mark Morris, Paukenschlag, qui injecte une dose de jeunesse et vitalité au spectacle.Bouffée de fraîcheur Le génie de Morris repose, comme on l'a maintes fois écrit, sur sa capacité de fondre musique et danse.Il avait choisi, pour l'occasion, la symphonie Surprise de Haydn.Non seulement les mouvements des danseurs traduisent-ils l'esprit de la musique, mais leurs déplacements collent étroitement à la structure de l'oeuvre.Les groupes de danseurs se répondent, comme les musiciens dans la fosse.Mark Morris fait grand usage des ports de bras, «trafique» certains sauts et n'hésite pas à faire exécuter aux garçons des types d'enchaînements généralement réservés aux filles.L'humour du chorégraphe a un petit côté pince-sans-rire.Les entrées et sorties se succèdent à un rythme accéléré.La vitesse d'exécution des mouvements cause d'ailleurs quelques difficultés à certains danseurs qui n'ont pas toujours l'agilité et la rapidité nécessaires.L'oeuvre, qu'on aurait peut-être souhaitée plus audacieuse encore, apporte une véritable bouffée de fraîcheur.Les costumes de Robert Bordo \u2014cuissards cyclistes rouges et bleus, gilets à rayures jaunes et noires se terminant en queue-de^pie, jupes de tulle jaunes\u2014 ont été accueillis par des murmures d'étonne-ment au lever de rideau.Deux ballets de Tudor Les ballets de Tudor sont tous deux narratifs, quoique leur ton soit fort différent.Jardin aux lilas raconte le drame d'une jeune femme qu'un mariage de convenances force à quitter son amant.Son futur époux fait lui aussi ses adieux à une ancienne maîtresse.Les mouvements se substituent aux mots: chaque geste vient traduire une émotion.Le tout ne va pas sans une certaine lourdeur, mais les danseurs parviennent à rendre l'esprit de l'oeuvre.Un peu dans la veine de La chauve-souris dorée, ballet dansé par la compagnie lors de son dernier spectacle, Gala Performance se rit des travers du monde du ballet.On nage en pleine parodie au milieu des costumes caricaturaux, des décors de carton-pâte et des prima donna imbues d'elles-mêmes.Gioconda Bar-buto, qui interprétait de façon très convaincante l'amante rejetée du Jardin aux lilas, passe avec aisance du drame à la comédie et incarne une irrésistible Reine de la danse.Catherine Yoshimura se tire également fort bien d'affaires.Valse fantaisie, de Balanchine, complétait le programme.L'oeuvre était fort bien défendue par les solistes Daniela Buson et Kenneth Larson.LES GRANDS BALLETS CANADIENS.Place des Arts, les 20.21 et 26 mars.Au programme: Valse fantaisie(chor.: George Balanchine, mus.: valse fantaisie en si mineur te Mikhail Glinka) ; Jardin aux lilas (chor.: Antony Tudor.mus.: Poème, opus 25 pour violon et orchestre de Ernest Chausson) ; Cala Performance (chor.: Antony Tudor, mus.: Concerto pour piano no 3 et Symphonie no 7 de Sergei Prokofiev) ; Paukenschlaç (chor.: Mark Morris.Symphonie no 94 en sol majeur, Surprise, de Joseph Haydn).ALAIN BRUN in des années 70, mon graphiste de voisin,.flyé devant l'Éternel, me fait découvrir une chanteuse amérindienne.Sa présence, ses vibratos particuliers et la texture ; parfaitement identifiable de sa yo)\\ me frappent.Et puis, plus rien, l'attends alors la sortie de son prochain microsillon, mais \u2022en yain.; Buffy Ste-Marie était d'ores et déjà disparue du décor.Très «cotée sur les scènes folk, la belle chanteuse avait décroché du show-business, ne se produisait désormais que dans les réserves autochtones, limitant ses apparitions.Allez, on passe à autre chose.Quatorze ans plus tard, les agents de promotion de la firme Capitol me proposent une interview avec cette artiste, me font parvenir un beau kit promotionnel, me font tout un « pitch » sur cette «grande artiste».Tiens, encore une folkic qui tente un retour, profitant de l'actuelle vague acoustique.Tiens donc, les multinationales ont flairé cette conjoncture favorable à la cause amérindienne, profitent conséquem-ment de l'effet « Dances With Wolves ».Tiens donc.Je mets en marche le lecteur-laser.Dix minutes plus tard, j'ai les les globes oculaires qui roulent dans le liquide.Les heures passent, je n'arrête plus de faire tourner Coincidence And Likely Stories, un grand disque, une montagne d'émotions, hantée par les esprits de la créativité.Buffy Sainte-Marie ne s'est pas tourné les pouces pendant son sabbatique d'une décennie et demie.Tous ces sons neufs ne sont pas le fait de la génération spontanée! Cette conception unique de l'espace sonore (le type d'enregistrement me rappelle un tant soit peu le deuxième disque de Sinéad O'Connor ), ce choix si particulier des échantillonnages synthétiques, cette hybridation de la culture amérindienne (aucunement racoleuse, soit dit en passant), la force de ces mélodies, la maturité exceptionnelle de cette voix, tout ça me jette par terre.Avec Coincidence, tout y est si simple et en même temps si plein.Ces propos humanistes, planétaires, dénonciateurs, proches de la cause autochtone, se montrent directs et, en même temps, témoignent d'une poésie allumée.Mais ce ne sont pas tant les mots que la musique et la force émotionnelle de Buffy Sainte-Marie qui marquent l'imaginaire.C'est qu'elle est de ces rares artistes capables de vous tatouer l'âme.BUFFY SAINTE-MARIE, Coincidence And Likely Stories, Ensign F2 21920, compact ?cassette.L'arbre qui dort rêve à ses racines L'incurable nostalgie! HUGUETTE ROBERGE e beau titre coiffe le premier long métrage de Michka Saàl, un film attendu, la jeune cinéaste, lauréate du prix Normande-Iuneau, étant considérée comme un fleuron de la relève québécoise.Québécoise?Mais oui, et pourtant.tellement différente.C'est qu'à l'instar de milliers d'autres arrivants, elle a.fichée à l'âme, la nostalgie de ses racines perdues.Cette nostalgie lancinante, qui, entre autres obstacles, freine l'intégration de nombreux immigrants de première et même de deuxième générations, imprégnait déjà les deux premiers films de Michka Saàl, courtes fictions aux titres appropriés.Loin d'où?et Nulle part, la mer.Dans ce premier long documentaire (81 minutes)\u2014également produit par le Studio F-Regards de femmes de l'Office national du film\u2014, non seulement elle ne cherche pas à y échapper, mais elle gratte et creuse ce thème.Comme pour en voir le fond et en finir une bonne fois pour toutes.Comme si cette nostalgie n'était pas incurable.L'arbre qui dort rêve à ses racines nous fait partager les visions, à la fois parentes et diverses, de plusieurs hommes et femmes venus de tous les horizons, dont l'adaptation au Québec a été plus ou moins, ou pas du tout, réussie.Recueillis d'une trentaine d'immigrants de tous les âges, ces témoignages sont plus ou moins développés, et parfois jetés en vrac sans les raccords logiques habituels, à travers le canevas d'une conversation intermittente entre deux jeunes femmes amies, soit une Tunisienne juive (Saàl elle-même) vivant son troisième exil, et une Libanaise arabe ( Nadine Ltaif ).Si les autres participants expriment surtout la façon dont ils sont arrivés, ou pas, à devenir Québécois, Michka et Nadine livrent, entre elles ainsi qu'à la caméra, leurs sentiments les plus profonds.Il se trouve que, foncièrement, elles se sentent en même temps dépositaires et.dépossédées de la culture millénaire et ensoleillée qui a nourri leur enfance, comme d'une musique intime dont elles cherchent en vain les harmoniques dans ce pays de neige, encore à bâtir.Leurs regards, leurs hésitations, leurs silences même, en La conversation intermittente de deux jeunes femmes (Michka Saàl et Nadine Ltaif) est au coeur du propos de L arbre qui dort rêve à ses racines.disent long, et plus encore que leurs paroles, sur leur désarroi commun.Mais rassurez-vous, L'arbre qui dort rêve à ses racines n'est ni aride ni triste.Bercé d'airs et de rythmes appartenant à des cultures trop peu familières, ce film est plutôt de nature à faire rêver.À faire réfléchir aussi le spectateur «de souche» sur les trésors de culture qui lui sont accessibles, mais risquent de lui échapper, faute d'attention.L'ARBRE OUI DORT REVE A SES RACINES, de Michka Saal, au cinema 0NF du Complexe GuyFavreau.du 24 au 29 mars, à 17 h et a 21 h.Pop achevée et brillante La sortje de Basic Instinct: peu de protestataires ¦ Lorsqu'un jeune chanteur a parfaitement assimilé l'oeuvre de ses aînés \u2014 qu'il s'agisse des Beatles, du Velvet Underground, de Hank Williams, de Jefferson Airplane ou de Crosby, Stills, Nash & Young\u2014 que doit-il faire?Inventer autre chose.C'est que que Matthew Sweet a fait.Pas à peu près.Ayant embauché Fred Ma-her, ex-batteur du groupe Material, Greg Leisz, pedal-steeler de l'Albertaine k.d.Lang, le guitariste à tendance expérimentale Robert Quine et quel; ques autres iconoclastes qui frayaient dans l'avant-garde rock amerloque (les Golden Palominos, notamment), sans compter l'Anglais Lloyd Cole qui y gratte sa guitare et y complète les choeurs.Sweet a réussi un troisième album absolument splendide.Juste assez croche pour plaire aux ahernos et autres tenan-ciers de garage, bien assez droit pour convaincre tout connaisseur de la compétence IVI'ATTS IC VU ÎSU\\'t.t_ r : C ïUv.fr««SiW5> d'après UPI et des connaissances historiques de Matthew Sweet.Avec cet artiste from Nebraska, les harmonies vocales font bon ménage avec la dissonance des guitares, la précision peut préparer le terrain à l'aléatoire.Et, n'ayez crainte, il ne s'agit point de laboratoire.Cette pop m'apparaît achevée, tout autant que brillante.Superbe, dois-je renchérir.MATTHEW SWEET.Girlfriend, Zoo (BMG) 72405-11015-2.compact ?cassette.Lush : dans le sillage des Cocteau Twins ¦ Lors de la dernière visite des Cocteau Twins à Montréal, le guitariste Robin Guthrie m'avait causé d'un nouveau groupe qui enregistrait dans son propre studio.Pas étonnant que Lush ait plu au guitariste; la mixture aigre-douce de ce quatuor mixte (deux gars, deux filles) allie des matériaux si semblables.Et Robin Guthrie vient de produire le deuxième album de Lush \u2014 ,qui, hier soir, montait sur les planches des Foufounes Elec-.triques.i S?À la première écoute, ces l3f)X£ aériennes (les copines Emma Anderson et Miki Bere-\" hyf auraient, parait-il, passé ; leur adolescence à jammer sur -des 45 tours joués à 33!) ressemblent étrangement à celle d'Elisabeth Fraser, ces accords distorsionnés investissent le même territoire que celui géré par Robin Guthrie et sa compagne.À la limite, les mauvaises langues vous diront que Lush est une filiale des Cocteau Twins.Erreur.Au fur et à mesure que Ton découvre le deuxième disque de Lush, on en perçoit les spécificités.Si l'emballage instrumental de Lush peut sembler similaire à celui des Cocteau Twins, l'éventail harmonique m'apparaît différent, les progressions d'accords s'en démarquent vraiment.LUSH, Spooky, 4AD CADD 2002 CO, compact + cassette If\u2022»\u2022»¦ LOS ANGELES algré les avertissements lancés par les groupes activistes homosexuels, peu de protestataires se trouvaient sur les lieux des premières projections, vendredi, du thriller psychologique Basic Instinct, mettant en vedette Michael Douglas.Une trentaine de manifestants et de membres du groupe activiste homosexuel Queer Nation ont brandi des pancartes et interpellé les automobilistes et les personnes faisant la queue devant un cinéma de la United Artists à West-wood, un quartier de Los Angeles.À Hollywood, une vingtaine d'activistes, dont des membres de la National Organization for Women, se sont réunis pour manifester contre le film.Les protestataires ont exhorté les cinéphiles à éviter Basic Instinct, qui a été lancé dans 1 567 salles dans l'ensemble des Etats-Unis, parce qu'ils estiment que ce long métrage est dégradant pour les lesbiennes et les bisexuels.Une lesbienne, utilisant un porte-voix, a exhorté le public à boycotter Basic Instinct lors de la sortie de ce film, vendredi, à San Francisco.PH0T0AP Dans ce film, Michael Douglas, en agent de police, s'amourache d'un tueur en série bisexuel incarné par Sharon Stone.Les activis- tes considèrent que le rôle de Stone représente une image injuste des lesbiennes et des bisexuels.Dans une conférence de presse donnée à Los Angeles, Jehan Agrama, coprésident de la section-de Los Angeles de la Gay and Les- _ bian Alliance Against Defamation a déclaré: «L'association du diable aux lesbiennes n'est pas une coïncidence.À Hollywood, les lesbiennes et les homosexuels sont l'équivalent d'êtres menaçants, déviants et dangereux.» Tel que promis.Comme ils l'avaient promis, les protestataires à Westwood et à Hollywood ont révélé la fin du film de TriStar aux cinéphiles qui faisaient la queue pour entrer.D'autres donnaient des coups de sifflet et scandaient des slogans.Les manifestations ont été plus importantes à New York et à San Francisco, où le film a été tourné.On a signalé également des pro-.testations devant des cinémas de Chicago et de Seattle.Ces protestations pourraient contribuer à faire grimper les re^ cettes de Basic Instinct, qui a coû- ' té 40 millions et va probablement rivaliser avec la comédie Wayne's World pour la première place au box-office de la semaine.Censure de la musique erotique dans l'État de Washington d'après AP OLYMPIA es chansons rap parlant explicitement de sexe et d'autres disques que les autorités considèrent comme erotiques ne pourront être vendus à des mineurs à compter du 14 juin en vertu d'une loi signée vendredi par le gouverneur Booth Gardner de l'Etat de Washington.«Honnêtement, cela va aider les parents», en limitant l'accès à certains types de musique, a déclaré le gouverneur Gardner, qui a signé la loi malgré les protestations de défenseurs des libertés civiles.Environ 4000 protestations envoyées par télécopieur ont inondé le bureau du gouverneur après qu'une chaîne de câblodistribu-tion eut communiqué le numéro de téléphone au cours de ses bulletins de nouvelles.Andrea Vangor, de Seattle, directrice d'un groupe appelé Washington Together Against Pornography, a exprimé sa satisfaction à propos de la nouvelle loi, mais l'a déclarée inapplicable.Le gouverneur Gardner a qualifié la loi de «coup de semonce subtil» à l'industrie du disque, qui, a-t-il dit, a promis de s'autocensurer.Le représentant Dick King, un démocrate, a réclamé l'adoption de la loi après qu'une mère de famille se soit plainte que son fils de quatre ans eut appris des mots grossiers en écoutant un disque que faisaient tourner ses cousins plus âgés.Il a fait observer que les parents pouvaient toujours acheter les disques en question pour leurs enfants s'ils le désiraient.Opposition L'Union américaine des libertés civiles était opposée à l'adoption d'une telle loi.«Plutôt que de protéger les jeunes, la loi aura probablement pour effet de rendre certaines musiques plus attirantes en les étiquetant erotiques et de faire des héros des artistes qui auront été censurés», indiquaient les adversaires de la loi dans une lettre adressée au gouverneur Gardner.L'arrangeur et producteur Quincy (ones, qui est originaire de Seattle, a déclaré dans un communiqué qu'il était extrêmement déçu de son État natal.«La censure commence doucement et s'étend rapidement, de dire Jones.Si le gouvernement peut interdire l'oeuvre de 2 Live Crew, il peut aussi interdire Alice Walker ou Alex Haley ».La peine prévue pour la vente, la distribution ou l'exposition de matériel erotique à '.un mineur va de 500 $ à six mois de prison pour la première infraction à 5000$ et jusqu'à 10 ans de prison pour une troisième infraction.Vf z J C8 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 22 MARS 1992 Les uns et les autres f: fi L'Amant La découverte d'une star L* Amant.L'histoire d'une passion brève, brûlante, impossible entre une jeune Française de 15 ans et un Chinois beaucoup plus âgé.Une histoire de Marguerite Duras, prix Goncourt 84, maintenant un film de |ean~Jacques Annaud, qui révèle une comédienne de 17 ans, Jane March.Le magazine Elle en a parlé avec le réalisateur.\u2014 Comment avez-vous fait pour découvrir Jane March, la si ressemblante petite ?\u2014 Au milieu de milliers de milliers de candidates.J'avais lancé un casting international : New York, Los Angeles, Londres etc.Et comme je suis quelqu'un de très organisé, je m'étais abonné à tous les journaux pour adolescents.Y compris les journaux japonais et ceux de l'Est.Je feuilletais sans Mm Marguerite Duras, à gauche, et Jane March.fin, et je ne trouvais pas le regard que je cherchais.Et puis un jour, je tombe sur fust Seventeen, un tout petit magazine anglais et, là-dedans, une gamine qui a l'air de s'ennuyer, avec une sorte de révolte dans les yeux.Je laisse le journal traîner et ma femme qui passait derrière moi pour jeter les journaux dans la chaudière \u2014 nous chauffions In maison avec des magazines \u2014 ma femme remarque cette fille et pose le magazine ouvert sur mon bureau.Je faxe les photos a mon directeur de casting.Deux jours plus tard, la gamine arrive et dans le bureau de l'entrée, c'est un frisson.On toque à ma porte et on me dit: «La petite Anglaise est là, et elle est géniale.» Et je vois entrer un petit bout de chou qui me donne la chair de poule.Elle ne dit que «yes, no maybe ».Mais je comprends que je suis devant un petit monstre.Pourquoi a-t-elle ce regard grave, ce mélange à la fois de timidité et d'agressivité?.\u2014 Fallait-il aller jusqu'à réellement lui faire faire l'amour avec l'acteur?\u2014 Je ne lui ai jamais demandé autre chose que la scène telle qu'elle est décrite dans le scénario.Je n'ai pas besoin de tuer mes acteurs pour simuler la mort.\u2014 Comment cette petite fille a-t-elle pu s'éclater comme elle s'éclate devant toute une équipe de techniciens?\u2014 le ne peux pas répondre à sa place, mais elle a ses pudeurs puisqu'elle a sangloté dans mes bras quand elle n'arrivait pas à pleurer devant la caméra: «Je suis anglaise, vous comprenez?» \u2014 Les femmes, même les Anglaises, savent aujourd'hui se servir des hommes comme d'objets de plaisir.Tony Leug n-t-ii compris qu'il a été manipulé par elle?\u2014 Tout à fait.Après la scène très forte, il est venu près de moi et il m'a murmuré: «Nous venons de fabriquer une star.» En coulisses ticket pour l'Irak?Judith Codrèehe ne comédienne, ce n'est pas WW une plaque de verre sur Inquelle glisse une savonnette.Le film Paris s'éveille m'a fait grandir.Il m'a mûrie et, surtout, m'a donné d'autres envies.Si seulement Pialat pouvait me remarquer.\" France-Soir LES MOTS BÂTIR DES CHÂTEAUX EN ESPAGNE \u2014 Depuis le XIIIe siècle, où l'expression apparaît, son sens n'a pas changé; c'est encore et toujours faire des projets chimériques.On la rencontre d'abord dans le Roman de la Rose (1246) avec les vers charmants de Guillaume de Lorris: Entre tes bras, et toute nue, Comme si elle fût devenue En tout, t'amie et ta compagne, Lors, feras châteaux en Espagne.Pierre Germa précise qu'aux siècles suivants on retrouve l'expression sous d'autres formes, bâtir des châteaux en Asie, en Albanie, bref en des contrées lointaines.À l'époque classique, l'Espagne l'a emporté définitivement.Pop-corn \u2022 Parmi les oeuvres qui ont fait l'objet de plus de vingt versions filmées, sans compter les parodies ni les versions porno, on retrouve: Carmen ( Mérimée-Bizet ): 52 ; Inust (Gounot, Goethe, Marlowe): '47 ; Docteur Jekyll et Mister Hyde ( Stevenson ) : 45 ; Hamlet (Shakespeare): 42; Robinson Crusoé (Defoe): 36; La dame aux camélias (Dumas fils): 36; Don Quichotte (Cervantes): 34; Les trois mousquetaires ( Dumas, père ) : 30 ; Roméo et Juliette ( Shakespeare ) : 28 ; Macbeth ( Shakespeare ) : 26 ; Les Misérables( Victor Hugo): 25; Résurrection(Tolstoï): 23; Oliver lwist( Dickens): 21.Record absolu : Cendrillon (Perrault-Grimm): 69 versions filmées.Dessins animés, comédies musicales et versions pornos confondues.¦ Vanessa Redgrave, dont les sentiments pro-Arabes ne sont un secret pour personne, se fâcha tout rouge lorsque les passagers qui se trouvaient devant elle se mirent à discuter de la pluie et du beau temps avec le préposé aux douanes.« Vous savez sans doute qui je suis, s'écria l'actrice à l'endroit du douanier, et je vous serais reconnaissante de mettre fin à votre bavardage et de faire votre travail, car je suis pressée.» «Oui, Madame, répondit le fonctionnaire, je sais exactement qui vous êtes, et vous nous rendriez à tous un grand service si vous preniez immédiatement un avion pour l'Irak!» ¦ Paula Abdul exhibe fièrement la bague de fiançailles que vient de lui offrir Emilio Este-vez, et affirme que son futur mari et elle ont bien l'intention d'avoir plusieurs enfants.Emilio.qui en a déjà deux, souligne que d'élever des marmots n'a plus de secrets pour lui et qu'il se fera un plaisir d'aider sa femme dans cette tâche.¦ La vedette de IFK Gary Oldham ne pourra, pendant tout le mois d'avril, s'éloigner à plus de cent mètres de sa demeure le samedi soir, sous peine de se retrouver en prison.Cette sentence lui a été imposée pour avoir conduit sa voiture à la suite d'une beuverie monumentale à laquelle il s'était livré en compagnie de Kiefer Sutherland.S'il transgresse cette ordonnance, un bracelet fixé à son poignet fera entendre un bruit infernal qui alertera immédiatement la police.Un châtiment pas très réjouissant, mais tout de même préférable aux six mois de prison auxquels Oldham faisait face pour conduite en état d'ivresse.¦ Imelda Marcos a envoyé un billet d'avion de première classe à sa manucure new-yorkaise pour qu'elle vienne lui faire les ongles aux Philippines.B Lasse de se faire dire qu'elle parle comme Minnie Mouse, Mclanic Griffith a décidé de prendre des leçons pour abaisser le timbre de sa voix.¦ Lors du tournage de son dernier film.The Medicine Man, Sean Conncry a prouvé qu'il n'avait rien perdu de sa forme d'antan.Une scène exigeait notamment du héros qu'il saute d'une branche d'arbre à une autre, à 15 mètres du sol, et le réalisateur avait d'abord décidé d'utiliser un cascadeur.Mais, se rendant compte que la scène manquait de réalisme en l'absence de la vedette, il demanda finalement à l'acteur de la jouer lui-même.Connery avoue qu'il n'était pas très rassuré, mais ajoute: «Je n'avais pas le choix, puisque je suis censé toucher un pourcentage sur les profits du film ».¦ Elton fohn est tombé l'autre jour sur une photo datant des années 1970 où Vanessa Redgrave G inn Lollobrigida portait un splendide manteau de vison rose.11 entra immédiatement en contact avec l'actrice, et lui offrit 50000 dollars si elle consentait à le lui céder.Gina jugea que son manteau était encore en si bon état qu'elle le porterait une dernière fois pour aller à une soirée à l'Opéra de Rome, après quoi elle le vendrait au chanteur.Malheureusement, des défenseurs des animaux à fourrure, furieux de la voir porter la peau de leurs petits protégés, badigeonnèrent le manteau de peinture alors qu'elle quittait l'Opéra, le rendant inutilisable et, naturellement, invendable.¦ Sous l'effet de l'une des terribles tempêtes qui ont ravagé cet hiver la Californie, le plateau sur lequel fane Seymour travaillait à son prochain film, non loin de Malibu, a été emporté par une énorme trombe d'eau.Et plusieurs personnalités du cinéma qui vivent non loin de là, notamment Martin She en f SylvesterStallone, Sean Penn, Larry Hagman, Mel Gibson et Richard Gere, ont dû dresser en toute hâte des barricades de sacs de sable autour de leurs demeures pour sauver celles-ci de la fureur des eaux.¦ Whitney Houston est tout sourire lorsqu'elle travaille avec Kevin Costner au tournage de Bodyguard, mais en réalité, a-t-elle confié à des amis, il lui porte sur les nerfs.«Je suis fatiguée de l'entendre me dire constamment comment jouer.C'est mon premier film, et fondamentalement, j'y joue mon propre rôle, et je n'ai pas besoin de Kevin pour me dire comment le jouer.» Whitney avoue par ailleurs que les opinions politiques de Kevin ne l'intéressent absolument pas.Depuis qu'il a tourné JFK, précise-t-elle, il ne cesse de lui parler de «la conspiration».¦ Pour ceux qui pourraient se demander si Brooke Shields est encore vierge, sa récente admission qu'elle a subi le test du sida répondra sans nul doute à la question.«J'ai subi le test du sida et il s'est révélé négatif, précise-t-elle, mais la crainte ne me quitte jamais.» ¦ Rien n'aurait pu dissuader Madonna d'asister à la présentation de mode masculine que Calvin Klein a donnée sur la Septième Avenue, à New York, car la chanteuse savait fort bien que le couturier utilise toujours les plus beaux mannequins que l'on puisse trouver dans ce milieu.Madonna s'empara d'un siège situé tout près de l'estrade, et on la vit nettoyer rapidement ses lunettes de soleil lors-qu'arriva le moment de la présentation des sous-vêtements.Lorsqu'elle quitta enfin les lieux, elle était accompagnée de trois jeunes Adonis.Sources: AP, AFP, Star.Examiner.Globe D'un Michael Jackson à l'autre Au cours des années, Michael Jackson a investi un million de dollars en chirurgie esthétique, mais il .commencerait à le regretter.Le producteur de disques Teddy Riley, qui a travaillé pendant des mois avec la vedette de 33 ans pour son album Dangerous* a confié à Star que Michael Jackson reconnaît qu'il n'aurait jamais dû entreprendre cette série d'opérations pour obtenir la figure idéale.Déjà il y a trois ans, les chirurgiens l'ont averti que son nez avait été brisé si souvent aux cours de différentes opérations qu'il menace maintenant de s'affaisser.Parmi les opérations que le chanteur a dû subir, on note: \u2022 Greffe osseuse aux joues et au menton.Nombreux liftings pour que la peau de sa figure soit bien tendue.\u2022 Établissement d'une fossette à la Kirk Douglas dans le menton.\u2022 Traitement chimique pour éliminer les imperfections de la peau.\u2022 Amincissement de la lèvre supérieure.\u2022 Liposuccion aux joues.\u2022 La peau du visage pâlie avec un agent de blanchicment.\u2022 Des fossettes pratiquées dans les joues.\u2022 Un lifting du front pour remonter les sourcils.Même un ami comme Paul Anka trouve qu'il y va un peu fort avec la chitargic esthétique.Un soir, par exemple, qu'il avait invité Michael Jackson chez lui, il a passé tout son temps dans le bain Jacuzzi, et au lieu de parler de musique, il n'arrêtait pas de l'entretenir de chirurgie esthétique.Franeine Grimàldi ¦ collaboration spéciale Toute l'Asie sur une même île ela vous semblera peut-être bizarre, mais je ne me sens pas très dépaysée à Singapour: cette ville moderne ressemble un peu beaucoup à Montréal.Elle est située sur une ile qui s'étend sur 42 km de longueur, mais c'est bien tout ce qui s'étend ici, car tout .le reste pousse en hauteur.Le Wcstin Stamford, notre hôtel, compte 70 étages.Sojxante-dix, c'est bien ça! Les gratte-ciel y poussent comme des champignons; dans cette jungle de béton, on finit par oublier que nous somme entourés d'eau.Comme Montréal, Singapour compte moins de 3 millions d'habitants.Par contre, ici, pas de chômage, pas de misère \u2014enfin, s'il y en a, c'est bien caehé.11 y a pénurie de main-d'oeuvre spécialisée.Cette ancienne colonie britannique est devenue une république indépendante en 1965, il y a 27 ans seulement: le pays est donc jeune et sa population aussi.Ici, on peut facilement devenir directeur trice), chef d'entreprise, éditeur-( trice ), patron( ne ) avan t de 30 ans.Ça fait rêver non?Au chic Raffles C'est ma cinquième journée à Singapour.c'est beaucoup.Normalement, un touriste peut en voir l'essentiel en deux jours: les quartiers chinois, indien et arabe, l'Océanarium, l'Insectarium.les jardins, quelques boutiques et, un must, boire un Singapore sling au célèbre hôtel Raffles, monument national centenaire fraîchement restauré au coût de 160 millions.C'est au chic Raffles que fut inventé en 1915 ce cocktail, tout doux et tout rose pour les dames, par Mr.Ngiam et la recette fut transmise de père en fils.Il n'y a pas de chambres au Raffles, que des suites.Les prix varient de 650$ à 6000$.Ce sont de somptueux appartements privés avec meubles d'époque, ventilateurs et air climatisé, etc.Chaque suite a son « butler » attitré 24 heures sur 24.Un autre monument historique vient d'ouvrir ses portes, dans toute sa splendeur des années 20, c'est le Alkaff Mansion, un domaine qui s'étend sur 47 acres de jardins de fleurs, d'épices et d'arbres fruitiers.La salle à diner peut recevoir plus de mille personnes.Riche variété de plats cuisinés On a raison de dire que l'on mange bien à Singapour.En général, la cuisine est très relevée.Comme tant de cultures, de religions et de coutumes différentes se côtoient ici harmonieusement, tous les menus offrent une riche variété de plats cuisinés.Au début, on s'étonne de voir sur une même table de la cuisine malaise, indienne, thaï, cantonaise, setch-zuanaise et j'en passe! Singapour est très cosmopolite.C'est toute l'Asie sur une même ile; on a donc toute l'Asie dans son assiette.Ce qui a son charme.Nous avons bien aimé la cuisine servie sur une feuille de bananier au restaurant Banana Leaf Apolo, mais notre plus beau trip gastronomique, «la» découverte cette semaine, fut la cuisine chinoise aux herbes médicinales du restaurant Impérial, situé, ou caché, au troisième étage de l'hôtel Métropole.Je craignais de devoir avaler poliment du tofu «mé-dicamenté» et du bouillon aux racines de ginseng.Nous avons eu droit à un véritable festin gastronomique composé d'une quinzaine de plats tous plus savoureux les uns que les autres ! C'est le fruit d'une première association entre un restaurant singaporien et la Chine communiste: madame Wang Lee Tec fait travailler ses chefs sin-gaporiens sous les ordres de l'herboriste Li Lian Xing, de Tianjin.C'est lui qui dose le yin et le yang dans les menus selon les besoins de chacun.Pour détendre, stimuler, adoucir, réveiller, soigner ou net- toyer, Li Lian Xing va mélanger 8 grammes de Chuan Xiong, 5 grammes de Fu ling et 10 de Tian Ma dans la soupe au poisson frais avec du vin chinois, du gingembre, etc.C'est incroyable.Huit journalistes Nous sommes huit journalistes de l'Association internationale des femmes journalistes à participer à ce voyage d'études en Asie.Chacune a des intérêts particuliers.Disons que moi, c'est l'inusité.Claudette Tou-gas, de La Presse, s'intéresse à la politique, à la condition féminine et à de plus en plus d'autres sujets depuis notre arrivée! Solange Brien, elle, essaie de vendre sa technique de tricot en Asie: le tricot ne s'enseigne pas à Singapour.Le marché est donc vierge et ce, même si le Collège LaSalîe fait déjà fureur avec son école de mode ( l'école compte actuellement 300 étudiants qui payent chacun 12 000$ par année).Le succès du Collège à Singapour lui ouvrira probablement les portes de lu Malaisie, des Philippines et de la Thaïlande ! Son président, facques Le-febvre, est patient et tenace: sa belle agressivité sera sûrement récompensée.Dans notre groupe, il y a aussi llugucttc O'Neill et Roll;unie Desbois, qui travaille consciencieusement trois fois par jour pour couvrir le très riche chapitre de la gastronomie asiatique \u2014elle écrit tout le temps pendant les repas, ça l'empêche de pécher par gourmandise ! Céline Petit-Martinon couvre l'hôtellerie, la restauration et le tourisme en général en Asie; elle n'a pas le temps de s'ennuyer! Dame Rubi Ardizzon Scarpa' legghi s'intéresse aux mélanges culturels et Mireille Leme-lin s'occupe des Québécois qui ont réussi en affaires en Asie.Propre, propre, propre.Je commence à aimer Singapour.C'est une ville multiraciale exemplaire.En arrivant, j'étais un peu déçue.La fatigue sans doute après 30 heures de voyagement.Faut le faire : le train jusqu'à Toronto parce que Singapour Airline ne se rend pas à Montreal.On nous avait dit que la classe économique valait la classe affaires de n'importe quelle autre compagnie aérienne! Ah! Ah! Ah! Nous avons été tassées comme des sardines pendant plus de 20 heures ! Arrivée à Singapour, je ne vois que des gratte-ciel, des jeunes femmes en tailleur et des messieurs en veston-cravate.Il fait beau et chaud à l'extérieur, mais on gèle partout à l'intérieur: tous les édifices sont climatisés.Comme à Miami.Il est défendu de fumer dans tous les endroits climatisés, ce qui revient à dire que l'on peut fumer dans sa chambre et dans la rue.Point.La ville est aseptisée.C'est admirable ! Singapour est devenue la ville la plus propre au monde.Le gouvernement est sévère, mais ça donne des résultats spectaculaires.Ici, on compte quatre langues uîïicielles, en plus des dialectes.On fête quatre jours de l'An par année (congés fériés); par exemple, aujourd'hui, c'est le |our de l'An indien qui est respecte.C'est très démocratique.Comment expliquer à ces gens-là que chez nous, sur deux langues, il y en a une de trop?Et le reste.Singapour gagne à être connue.Tiens, aujourd'hui, j'ai rencontré Bobby Hand field, fils de Conrad Handfield de l'Auberge Handfield à St-Marc-sur-le-Richelicu.Bobby a d'abord vécu en Chine avant de trouver un poste intéressant à Singapour.Il a 52 ans, il vit ici depuis 3 ans et il est déjà gérant du Centre des conventions de l'hôtel Wcstin Stamford.«Ici, c'est l'avenir», dit-il.À suivre mercredi.Sur ce, bon dimanche.Je pense donc je dis Cette chronique linguistique, préparée par l'Office de la langue française, paraît chaque semaine dans l'édition dominicale do La Presse.À boire ¦Que boit-on après le dernier verre?L'anglophone répondra: un « chaser ».Le francophone: un.un.Rien de tel qu'un « chaser », une boisson, alcoolique ou non, que l'on prend après avoir absorbé de l'alcool.Ce peut être de la bière, du cognac, du soda, du jus de citron ou même de l'eau.Simple affaire de goût! Avec quoi chasser et alcool et «chascr»?Quiconque aime vraiment le café sait ce qu'est un pousse-café: le digestif, la liqueur qui se prend après le café.Toutefois, celui-là ne pousse que le café, rien d'autre.Mais quand on y songe bien, si l'on pousse le café avec un pousse-café (ou des pousse-café), pourquoi ne pas pousser l'alcool avec, un pousse-alcool ( ou des pousse-alcool)?C'est logique! Eure- ' ku! En tout cas, c'est à essayer; ça vaut bien le coup.* f LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 22 MARS 1992 Agence France Presse PARIS Décès du compositeur français Georges Delerue 9 Le compositeur français Georges Delerue.auteur de la musique de plus de 120 films, est décédé vendredi, à Los Angeles, à l'âge de 67 ans.11 avait été hospitalisé deux jours plus tôt, victime d'une attaque cardiaque.Delerue, installé depuis une dizaine d'années à Los Angeles, avait travaillé pour les plus grands metteurs en scène français, en particulier ceux de «la nouvelle vague»: Alain Resnais {Hiroshima mon amour), Louis Malle ( Viva Maria), Alain Rob-be-Grillct (L'immortelle), Agnès Varda ( Du côtù de la côte) et surtout Truffaut ( Tirez sur le pianiste.Iules et lim, La nuit américaine.L'amour en fuite.Deux Anglaises et le continent.Le dernier métro).Élève d'Henri Busser et de Darius Milhaud, Georges Delerue a aussi composé pour Henri Ver-neuil (Cent mille dollars au so-te//), Iules Dassin (La promesse de l'aube) et Alain Corneau (Police Python) ou pour des cinéastes d'autres pays comme John Huston (A Walk with Love and Death), Fred Zinnemann (fulia), Ken Russell ( Women in Love), Bernardo Bertolucci (Le conformiste) ou Oliver Stone ( Platoon).11 avait reçu l'Oscar de la meilleure musique de film pour A Little Romance (1979).Né le 12 mars 1925 à Roubaix, dans un milieu ouvrier, Delerue avait été encouragé à se diriger vers la musique de scène par Da- rius Milhaud, son professeur au Conservatoire de Paris, qui l'envoya en 1948 diriger à sa place une partition au Festival de théâtre d'Avignon.Très prolifique, il écrivait la \"LES ROIS DU MAMBO.UN SHOW QUI DONNE CHAUD.Du showbiz à l'état pur et dès la première image! S Armand Assante compte désormais parmi les vedettes du grand écran/' » Jirict Zatf, Cffl TV, London D'APRÈS UN ROMAN BOULEVERSANT, LAURÉAT DU PRIX PULITZER ROIS DU version française de THE MAMBO KINGS UÊmrm « ai CwanixOMON ST-D5NIS 1 STECATHCR1H£ BERRI 1:00-3:15-5:15 Ôlli PLAYERS 3 INFO-FILM 866-0111^00 CES HORAIRES COUVRENT LA PÉRIODE DU 22 AU 26 MARS INCL.?Centre-ville ?E EATON 6 705 o Ste-Cothenne 985-5730 BEAUTY AND THE BEAST (G) 1:00-3 00-5^0-7:O>9:00 jeu 1 003 005:00-930 ONCE UPOM A CRIME (G) 12:30-2:35-4:45-7.00-9:15 LA H AGE DE VAINCRE (G) Tous tes soirs 9:20 LA BELLE ET LA BETE (G) 12:45-2:45-4:45-6:45 HEAR MY SONG (G) 12:25-2:40-4:55-7:10-9:25 BUGS Y (F.V.) (14) Tous los soirs 6:10-9XD BASIL DETECTIVE PRIVE (G) 12:30-2.30-4:30 HOOK (G) 12:35-325-6:10-900 'CINEMA DU PARC 3575 Ave du Porc 844-9470 FINAL ANALYSIS (14) Tous tes soirs 6:30-9:05 dim 1:30-4:00-6:30-905 JFK (14) Tous les soirs 6:00 dim 1:00-4:30-6:00 BUGSY (14) Tous les soirs 6 35-910 dim 1:10-3 506-354:10 IMPERIAL THX 1430Bieury 2S8-7102 MEDICINE MAN (G) 12 45-2:50-5:007:15-9.33 L?P4lM!WN' 480o Sie.Caihcr.nc 866-3856 VAN GOGH (G) 1 00-4-308:00 MON PERE CE HEROS (G) 12:40-2:50-5:00-7:05-9.25 CAPITAINE CROCHET (G) 1 00-6 20 TALONS AIGUILLES (G) 4-00-9:15 LA VIEILLE QUI MARCHAIT DANS LA MER (14) 12 503 005:10-7:20.9.35 LA TOTALE (G) 12 30-2:45-4:55-7:109:30 mer 12:30-2.45-4.55-9.30 LES AMANTS OU PONTNEUF (14) 1:15-4:15-6:45-920 MOI ET MAMA MIA (G) 1 10-3:10-5:15-7:15-910 ^OEWS 954 o Stc-Coihcr.nc 8617437 FINAL ANALYSIS (14) 12.45-3.306:15-9:00 JFK (14) 12-30-4:15-8:00 KAFKA (14) 1?15 ?:O-4:45-7:O0-9.15 MEMOIRS OF AN \" «VISIBLE MAN (O) 12:10-2:25-4:40-7:00-920 lun 12:102:25-4;4 \u2022 12 102:25-4:409:45 HIGH HEELS (G) i 15-3:45-6:20-9:15 PALACE V 698 o Stc-Coihermc 866-6991 WAYNF.'S WORLD (G) 12:05-2:154:306:40-9.00 LE COBAYE (14) 12 15-2 304:45-7:05-9:25 BUGSY (14) 12:303 206 109:00 teudi 12:30-3-209:30 GREAT MOUSE DETECTIVE (G) 12:40-2:304:25 BLAME IT ON THE BELLBOY (G) Tous les soirs 7 05-91 : HANO THAT ROCKS THE CRADLE (14) 1.304:15-6:50920 MAMBO KINGS (14) 12:00-2:25-4:45-7:00-9:25 CINEMA DU PLATEAU 1584 c Mom-Royoi 521-7870 LA BELLE ET LA BETE (G) Tous les tours 1:15 LE COBAYE (14) 3 20-5:20-7 20-9:20 CAPITAINE CROCHET (G) 4:30-9.00 L'ETE DE MES 11 ANS (G) 2 307:00 ?*?Ouest ?CINÉMA V ; 5560o.Sherbrooke .489 5559 J F K (14) Tcus les sotrs 8:05 dim 1:004:35-8:05 WAYNE'S V/ORLO (G) Tous les soks 7.20-9:25 dim 1:0O3:00-5:00-?:2O*25 i OR VAL 260 Ave Dorvol 631-8586 WAYNE'S WORLD (G) Tous les soirs 7:05-9:15 dim 12:35-2:45-4:55-7:05-9:15 LE COBAYE (14) Tous les ton 7:20-9:30 dim 1 £50-3:00-5:10-7:20-930 JFK (14) Tous les sotrs 8:00 BEAUTY AND THE BEAST (G) dim 12:50-2:40-4:30 KAFKA (14) Tous les sous 7 15-930 drm 5:00-7:15-9.30 GHEAT MOUSE DETECTIVE (G) dim 12:45-2:» ?** ÉSt ?VERSAILLES Ploce Vcrsoilles 353-7880 LE COBAYE (14) Tous les sotrs 7:10920 d 17 hi 21 h.MUSEE DES ARTS DÉCORATIFS (angle Sherbrooke et Pie IX) - Exposition «Frank lloyd Wright meubles et elements décoratifs».Du mere, au dim., de 11 h a 17 h Jusqu'au 31 mai.MUSÉE MARC-AURÉLE FORTIN (118.Saint-Pferre) - Oeuvres de Marc-Aurele Fortin.Du mar.at) dim, de 11 hai7h.ARTICULE (15.Mont-Royal o.) \u2022 Exposition «Sensible», installation de Michael Fernandes.Du mere, au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 19 avril.ATELIER-GALERIE DU ROI CHARLES QUINT (i860 D.boul.des Sources.Pointe-Claire) Gravures de Paul Cloutier.Charlotte Fauteux, Lucie Larocque et Jacinthe Tetrault.Aquarelles et.meubles d'art de Josée Benoit.Du lun.au ven.de10.hâ17h.B-312 ÉMERGENCE (372.Ste-Catherine o.StrWé 312) \u2022 Oeuvres de Guy Lapointe et Jean Pel-crwtt.Du mar.au sam.de 12 h a 17 h.Jusqu'au 28 CENTRE SAIDYE BRONFMAN (S170.Che-min qe la Côte Ste-Catherine) \u2022 À compter de mar, sculptures de Claude Hamelin.Du lun.au jeu., de 9 h â 21 h; ven.de 9 h à 17 h 30; dim.de 10 h a 17 h.CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE (1920.Baile) \u2022 Exposition «Actualité du carnet d'architecte».Merc .ven.de 11 h à 18 h; jeu., de 11 h â 20 h; sam.dim., de 11 h â 17 h Jusqu'au 24 mai.CENTRE CASTELNAU (7399.St Laurent) \u2022 Exposition «l emotion et le geste».Jusqu'au 29 mars.CENTRE CIRCA (372.Ste-Catherine o.) \u2022 Exposition «Jardins do la mémoire*, de Robin Campbell.Evelyne Kelyan.Jacki Danytchuk et Sarta Voyer.Du mere, au sam., de 12 h a 17 h 30.Jusqu'au â avril.CENTRE COPIE-ART (813.Ontario e.) - Exposition «Le Tiroir».Jusqu'au «1 avril.CENTRE DES ARTS CONTEMPORAIN DU QUÉBEC (4247.St-Dominique) \u2022 Exposition de sculptures.Jusqu'au 27 mars.CENTRE INTERNATIONAL DE DESIGN '85.St-Paul o.) \u2022 Exposition «Courants d'air*.En sem.de 9 h a 20 h; sam.dim., de 12 h à 16 h.Jusqu'au 29 mars.COMPLEXE DU CANAL LACHINE \u2022 Oeuvres d'Edward Aoki et Cameron Skene.Jusqu'au 27 mars.ESPACE GLOBAL (914.Mont Royal e.) \u2022 Exposition «Le Salon des refuses*.Du jeu.au dim., de 13 h a 18 h.Jusqu'au 29 mars.ESPACE VERRE (1200.Mill) - Oeuvres de Maureen Capper.Robin Doak.Alain Fournier.Roland Haf.Francine Leblanc.Guy Martin, Jocelyn Poirier et Rod Sandilands.Lun.au ven.de 9 h a 17 h.Jusqu'au 31 mars.GALERIE ART ET ARTE (3886.St-Hubert) \u2022 Oeuvres de Cristina Santander et Matilde Marin.Du mere, au sam., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 28 mars.GALERIE SIMON BLAIS (4521.Clark.Suite 100) \u2022 Dessins, acryliques et gravures de Denis St-Pierre.Du mar.au sam., de 9 h 30 a 17 h 30.Jusqu'au 4 avril.GALERIE CHANTAL BOULANGER (372.Ste-Catherine o.) - Oeuvres de Serge Murphy.Jusqu'au 18 avril.GALERIE CLARK (1591.Clark.2ième étage) \u2022 Oeuvres de Arthur Munk et Yvon Proulx.Du jeu.au dim., de 12 h a 18.n Jusqu'au 29 mars.GALERIE D'ART CONCORDIA (1455.de Mai-sonneuve o.) \u2022 Oeuvres de Robert Ayre.Du lun.au ven.: de 10 h a 20 h; sam.de 10 h a 17 h.Jusqu'au^ 18 avril.GALERIE COUR SAINT-LOUIS (223.Prince-Arthur) \u2022 Oeuvres de Daniel lavoie.Y van Adam.Anonyme Sansregret et Richard Daniel.GALERIE DARE-DARE (279.Sherbrooke o.) \u2022 Exposition «Le Chaud de famille IV*.installation de Guy Giard.Du mere, au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars.GALERIE D'ART VISIONNAIRE (92.Sherbrooke o.Suite 101) \u2022 Oeuvres de Jac Lapointe.Louise Dufort.André Lauzon, Louise Chartrand.Robert Cadot.Jacqueline Deschamps.Jean-Marie Simard.Lyne Lainesse.Ron Marcel Harvey.Marie-Josée Boileau.Diane Turmel.Lyn Bastien, Françoise Cite et Jacqueline Rene.GALERIE DAZIBAO (279.Sherbrooke o.espace 311 C) \u2022 Auj.de 12 h a 17 h.exposition «Comme des tics», de Richard Saillargeon.GALERIE DAN DELANEY (318.ave Victoria.Westmount) \u2022 Petits format.Du lun.au ven.de 9 h a 17 h; sam .de 12 h a 17 h Jusqu'au 30 mars.GALERIE D'ART DE BOUGAINVILLE (4511.StDenis) \u2022 Oeuvres de Roger Cantin.Lun.mar., mere .de 11 h 30 a 17 h; jeu.ven .do 11 h 30 â 19 h 30; sam .dim., de 11 h 30 a 17 h Jusqu'au 3 avril.GALERIE DE LA VILLE (120001.de Salaberry.Dollarddes-OrmeauK) \u2022 Acryliques sur toile d Andrea Heifield et pastels sur papier de Anne Hughes Du mar.au ven.de 14 h a 17 h; mere.soir.de 18 h a 21 h; dim.de 13 h a 16 h.Jusqu'au 19 avril.GALERIE GRAFF (963.Rachel e.) \u2022 Oeuvres de Richard-Max Tremblay et Jocelyn Jean.Du mere, au ven.de 11 h a 18 h; sam.dim., de 12 h à 17 h.Jusqu'au 12 avril.GALERIE KO-ZEN (S32.Dukitti e ) \u2022 Dessins monochromes de Jean-Marie Délavai le.Jusqu'au 18 avril.GALERIE L'ART VIVANT (3831.St Denis) -Oeuvres des artistes de La galerie.Du ven.au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 31 mars.GALERIE L'EMPREINTE (272.St-Paul e ) \u2022 installation de Gilbert Leblanc.Du dim.au mere., de 10 h a 17 h; du jeu.au sam.de 10 h a 21 h.Jusqu'au 6 avril.GALERIE LIEU OUEST (372.Ste-Cathcr.ne o .Suite 523) - Photographies de Robert Bedard.Ou mar.au sam.de 11 h 30 a 17 h 30.Jusqu'au 4 avril.GALERIE D'ART MME ALONZO (Rue Prince-Arthur) \u2022 Exposition «Femmes en art*.Du mar.au dim., de 14 h a 20 h.Jusqu'au S avril.GALERIE OPTICA (3981.Stlaurent) - Auj.de 12 h à 17 h.oeuvres de Marie-France Giraudon.GALERIE FRÉDÉRIC PALARDY (307.Ste-Ca-then ne) \u2022 Oeuvres de Jaber Lutfi et Christian Ti-sari.Du mar.au ven.de 11 h a 18 h; sam.de 11 h a 17 h.Jusqu'au 8 avril.GALERIE PINK (1456.Notre-Dame o> \u2022 Oeuvres de Gregory Louden et Patricia Pink.Du jeu.au dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 5 avril.GALERIE RELAIS DES ÉPOQUES (1516.Sherbrooke o.) - Oeuvres de Monique Bedard.Gerard Castonguay.Rachel Cloutier.Georges De-doyard.Marcel Detorme.Francois Faucher.Liliane Fournier.Aviva Kaufman.Abd Hanafi.Lise Lajoie.Esther Maltais.Liane Paskaryk.Albrie Soty.Nicole St-Pierre.Anne Van Mierlo et Zero Zoo.Du mar.au sam.de 11 h a 17 h; dim., de 11 h a 17 h.GALERIE SAMUEL LALLOUZ .372.ste Catherine o) \u2022 John McEwen et Rene Pierre Allain.Jusqu'au 28 mars.GALERIE SEKAI (4218A.Notre Dame o.) \u2022 Exposition «Mediagram*.Ou mar.au ven.de 12 h à 17 h; sam .de 12 h a 16 h; dim., de 13 h a 16 h.Jusqu'au 28 mars.GALERIE SHAYNE (5471.Ave Royalmount) \u2022 Oeuvres de Nicole Lanctot.David Wright et David McKay.GALERIE SKOL (279.Sherbrooke o ) \u2022 Oeuvres de Francois Vallée.Jusqu'au 29 mars.GALERIE UOAM (Université du Quebec, pavillon Judith-Jasmin.Salle JR120.1400.Bern) - Auj.de 12 h a 18 h, oeuvres de Paufette-Marie Sauve.Exposition «Singulier-Pluriels*.Tous les jours de 12 h a 18 h.Jusqu'au 5 avril.GUILDE GRAPHIQUE (9.St Paul o.) - Eaux-for-tes de Claude Montoya.Du lun.au sam.de 10 h a 18 h; dim., de 13 h a 18 h.Jusq'au 30 mars.INSTITUT CULTUREL ITALIEN (1200.Docteur PenfteW) - Oeuvres sculptures de Fed erica Marangoni.Lun.mer., de 9 h a 20 h; mar., jeu., ven.de 9 h a 17 h.Jusqu'au 27 mars.YVES LE ROUX - ART CONTEMPORAIN (5505.St-Laurent) - Peintures de Louise Paille, jusqu'au 18 avril.L'IMAGE (1224.Ave.Van Home) \u2022 Oeuvres de George S.Zimbel.Du mar.au dim., de 12 h a 18 h.jusqu'au 26 avril.MAISON D'ART ST-LAURENT (742.boul.Decarie) - Oeuvres de Colette Boivin.Rene Lema-ry Petbot (Petru Botezatu).M (3981.St-Laurent) \u2022 Oeuvres de Larry Gtawson.Ou mar.au sam.de 12 h a 17 h.Jusqu'au 4 avril.MAISON D'ART FRA ANGELICO (1320.Wolfe) \u2022 Peintures de J.P.Labeile.Jusqu'au 28 mars.OCCURENCE (911.Jean-Talon e.) \u2022 Oeuvres de Philippe Boissonet.Mane-Andree Cossette.Ever-gon, Jean-François Cantin.Georges Dvens et Marie-Chnstiane Mathieu.Du mar.au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 5 avril.PLACE DES ARTS (Hall des théâtres) - Photos et affiches sur le theatre tchécoslovaque, les dissidents et le theatre de Vaclav Havel.Jusqu'au 20 avril.UNIVERSITÉ CONCORDIA (Galerie Bourget.1230.de la Montagne) \u2022 Oeuvres de Suzan Dion ne Balz.Du lun.au ven.de 9 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars.un cfe perdu.Le vol de ce tableau de Picasso, L'enfant à la poupée-< 1901), a été constaté jeudi dernier au musée de peintures de Grenoble.Le lendemain, trois dessins du célèbre peintre, volés le 19 janvier 1990, étaient retrouvés à Paris entre les mains d'un receleur.PHOTO AFP WESTMOUNT SOUARE (Galerie des boutiques.1.Westmount Square, bureau 700) \u2022 Exposition de pierres de collection Tous les jours de 11 h 30 a 15 h (sauf le dimanche) Jusqu'au 28 mars.HORS MONTREAL ARTS VISUELS DE LANAUDIÉRE (1074.bout.Base de Roc.Joliette) \u2022 Oeuvres de Marie-Andrée Julien.Celine Michaud.Huguette Noury et Real Dumars.Tous les jours de 13 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars.AU BOUT DE LA 20 (126A.Lafontaine.Rivie-re-du-Loup) - Exposition «Une odeux de larmes jusqu'à la mer*, de Mona Masse.Du mere, au dim., de 13 h 30 a 16 h 30.Jusqu'au 29 mars.AXE NÉO-7 (205 Montcalm.Hull) \u2022 Oeuvres de Shelagh Keelev.Du mar.au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars._ LE BALCON D'ARTS (650.Notre-Dame.Saint-Lambert) \u2022 Oeuvres de L.Ayotte.A.Bertounes-que.R.Clark, A.M.Bost.S.Brunoni.C.Claudais, S.Cosgrove.L.Del Signore.J.Der.J.Hammond.V.Horik.N.Hudon.L.Kirouac.C.Langevin.P.Tex Leeor.M.Mercier, R.Palmaerts.P.Paquin.C.Pi-cher, P.Pivet.D.Plante, G.Poisson.G.Rebry.L.Tiengo.G.Tigner.L.Tremblay.HB Bonet.N.Taillon et Richard Viau.CAISSE POPULAIRE DE GRANBY (30.St-Antoine sud) \u2022 Oeuvres de Daniel Victor.Jusqu'au 27 mars.CENTRE D'EXPOSITION DES GOUVERNEURS (90.Chemin des Patriotes.Sore!) \u2022 Auj.installation de Lory Darcel.CENTRE D'EXPOSITION EXPRESSION (405.St-Simon.St-Hyacinthe) \u2022 Auj.de 13 h a 17 h.oeuvres de Lyn Carter et Michelle Heon «In iito tempore».CENTRE D'EXPOSITION DU VIEUX PALAIS (185.du Palais.St-Jérôme) \u2022 Oeuvres de Yolande Brouillard.Ginette Bertrand et Madeleine David-Chagnon.Du mar.au ven., de 12 h â 17 h; dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 16 avril.GALERIE ACTION (190.Laurier.StJean-sur-Ri-cheHieu) \u2022 Exposition «Femmes artistes 92», de Muriel Faille, Marie-Claude Leclerc, Louise Mercure.Diane Moreau, Suzanne Roux.Gabriel le Schlou-ser et Diane Trudei.Du lun.au ven.de 13 h a 21 h; sam., dim., de 13 h à 17 h.Jusqu'au 29 mars.GALERIE D ART DES AMIS DE LA CULTURE DE RIGAUD (Édifice de I Hôtel de Ville de Rigault) \u2022 Peintures de Tony Neville.Jeu., ven.de 12 h a 21 h; sam.dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars.GALERIE BARBEAU MOLINARI (435.rue Principale.St-Donat) \u2022 Peintures de Lorraine Wib-bing.Du lun.au dim.Jusqu'au 29 mars.GALERIE PIERRE BERNARD (141.Cham-plain.Hull) - Oeuvres de Francine Chicoine.Thérèse Tourigny des Aulmiers.Diane Desmarais.Hélène de Passille.Isabelle Grenier.Claire Jacob.Irina Karlukoska.Marie La berge, Denise Laperrière.Louise Latulipe, Reine Ouellet.Andrée vezma et Michelle Arme Theberge Zaharia.Lun .mar., de 11 h a 15 h; mere, jeu.et ven.de 11 h a 17 h 30; sam.dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 28 mars.GALERIE CLAUDE BROCARD (2691.boul.Cure Labeile.Prévost) \u2022 Exposition \u2022 peintres québécois.Ven.sam.dim., de 10 h a 18 h.GALERIE D'ART DU COLLECE EDOUARD- MONTPET1T (100.de Gentilly e.Longueuil) -Expositiorvtoncours Prix Duchamp-Villon.Du mar.au sam.de 12 h a 17 h; mere., de 18 h 30 a 21 h.GALERIE D'ART DU COLLÈGE MONTMORENCY (475.boul.de l'Avenir.Laval) \u2022 Auj.de 13 h a 17 h.oeuvres de Alexandre Filion.Anne-Julie Hynes et Claude Villeneuve.GALERIE D'ART MARI ELLE GAGNÉ (34.Ar-gvle.st-Lambert) \u2022 Oeuvres de Vincent Dusek.Florent Comtois.Monique Bedard.Denise Laton-de.Zero Zoo.Hélène Du be et Denise David.GALERIE HORACE (74.Albert.Sherbrooke) -Techniques mixtes de Denise Bouchard et sculptures de Gilles Payette.Jusqu'au 29 mars.GALERIE JEAN-PAUL LADOUCEUR (399S.boul.Levesque t., St-Vincent-de-Paul) \u2022 Exposition «Relevé artistique lavaiioise».de Mario Lacel-le et Agnes Fortin.Jeu., ven.de 15 h 30 a 20 h; sam.dim., de 12 h 30 a 17 h.Jusqu'au 12 avril.GALERIE MONTCALM (25.Laurier.Hull) \u2022 Exposition «La pensée enchainee».de Tin-Yum Lau.Du mar.au ven.de 10 h a 17 h; jeu., de 10 h a 20 h; sam.dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 5 avril.GALERIE MYRKA BÉGIS (211.Woodstock.St-Lambert) - Oeuvres de J.M.Berubé.H.Bru net, N.Beiiveau.L.Carve.G.Castonguay.G.Dedoyard.M Delorme.M J.Essertaixe.F Faucher.L Fournier.C.Hubert.N.Lauzon.S Marinier.S Ouimet.Lea Riviere.B.Roberts.A.Van Mterlo.M Versailles et B Volkoff GALERIE D'ART PARALLÈLE LINDA THI- BODEAU (297.rue Principale.Saint-Sauveur-des-Monts) \u2022 Oeuvres de Vittorio.Danieie Rochon.Michel PHIus.Renée Durocher et Mimie Langlois.Ven.sam., de 13 h a 22 h; dim.lun.de 10 h a 17 h._ GALERIE JOSETTE TILMANT (400.rue Principale.St-Sauveur-des-Monts) \u2022 Oeuvres de Marcel Fecteau.Missakian.Albert Rousseau.Joseph Giunta.Gerard Castonguay et Georges Dedoyard.GALERIE VERTICALE (1897.boul Dagenais o.Laval) \u2022 Exposition «Extemporalis».de Gerald Brault.Pierre Gendron et Yves-Mane Rajotte.Du mere, au dim., de 12 h a 18 h.Jusqu'au 19 avril.HAUT 3« IMPÉRIAL (164.Cowie.Granby) \u2022 Installation de Lorraine Dagenars.Du mere, au dim .de 13 h a 17 h.Jusqu'au 12 avril.LA GALERIE (75.St-Antoine.TroH-Rivleres ouest) - Exposition «De l'humain a la béte».de Lvnda Baril.Du lun.au dim .de 14 h a 17 h; jeu .ven.de 19 h a 21 h.Jusqu'au 29 mars.LA PETITE GALERIE D'ART DE ST-CALIX-TE (6160.route 335) \u2022 Oeuvres de Marie-Andrée Côté.Jean-Marie Savage.Vtasta Nosek, Sylvain Beaulieu.Jeannine Levesque.Leopol Bounot.Roger Libter.Jaroslav Svoboda.Gatyo et Marc Pel-ehat Du jeu au dim., de 12 h a 17 h.!3ini«.vj £3 lexpersonnos WB&3BBB3ËËBSBB8L 96,9 FM CALE N D RI E R SPÉCTRUJïl 318, RUE STE-CATHERINE OUEST MÉTRO PLACE DES ARTS (Tel: 861-5851) Billets en vente au Spectrum et aux comptoirs Admission (+ frais de service) QUINZAINE H de MONTREAL*-* présente 10 ET 11 AVRIL 20h Découpe/, cette annonce et écoutez CKOl-FM tous les soirs à 1% pour obtenir un billet gratuit.CKOi ËJÎ}CJlX3I t.» Presse Marie Denise Pelletier Le rendez-vous I I y .¦¦y ¦ I i£/:< ¦ : -No W «Ci - - \u201e ^niel Lemire est un drôle de cas.De Oncle Georges à Gripette Tremblay, de Ronnie à Yvon Travaillé, l'humoriste aux multiples personnalités continue de sévir.et de faire rire! Une première télévisuelle de 90 minutes.LEMIRE FAIT L'HUMOUR Ce soir 20h00 ¦ ¦ « I ; \u2022 « '5?r TÉLÉVISION POUR VOUS AVANT TOUT ¦ contre le rocfsme poiicier Afin de souligner la journée internationale contre la discrimination raciale, une centaine de personnes ont répondu hier à l'appel de la Ligue des Noirs du Québec.Elles se sont massées devant les bureaux de la Fraternité des policiers, rue Gilford, pour protester contre \"le racisme des policiers» et 'l'intimidation de la fraternité».Tout s'est déroulé dans le calme.Les manifestants ont bifurqué pendant quelques minutes devant la Brasserie 750, rue Gilford, en scandant: < Voici des racistes au Canada».Dan Philip, le président de la Ligue, était présent.Seul petit accrochage, les patrouilleurs ont empêché un groupe de jeunes skinheads antiracistes de se joindre à la manifestation afin, disaient-ils, d'éviter tout inciden t.photo luc-simon perrault.12 Presse ADDITIONS CROISEES Génies en herbe fz En cotoboraton me Gwm tn htftt Pimokx/» »nt.3535.bouL Rowmont, Monté* MX 1K7 A BEATLES 1.The Cavern 2.Please Please Me 3.Back in the USSR 4.Revolver 5.1 200 000 000 ANATOMIE 1.Plèvre 2.îlots de Langerhans 3.Foie 4.Trompes de Fallope 5.Orbites C LITTÉRATURE 1.Bernardin de St-Pierre 2.Chatterley 3.Bo Knows Bo 4.Chroniques du Mont-Royal 5.Octave LOUIS 1.louis IX 2.Louis II de Bavière 3.Loùis^CIII 4.Kentucky 5.1803 E SPORTS 1.White Sox 2.Gene Mauch 3.Art Shell 4.Whalers de Binghampton 5.Tom Kurvers F CINÉMA 1.Béatrice Dalle 2.Martin Scorsese 3.Danny DeVito 4.Kirk Douglas 5.Baron de Munchausen 6 CITATIONS Qui a dit: 1.Leo Durocher * 2.Mackenzie King 3.Yogi Berra 4.Louis XIV 5.Claude Ruel H MERS 1.Okhotsk 2.Mer de Barentz 3.Mer d'Aral?4.Merd'Égée 5.Mer de Beaufort TARDEZ PAS! 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