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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
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B. Informations générales
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  • Journaux
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quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1992-07-05, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 JUILLET 1992 LILY on, les Américains d'ici n'ont pas trouvé les Etats-Unis à Montréal, comme en avait eu l'impression, avant la Deuxième Guerre, l'écrivain globe-trotter Paul Morand! Sauf hier sans doute où ils célébraient pour la première fois le fourth en plein centre-ville, et avec la Ville trois fois et demie centenaire! «Montréal est à la fois une ville nord-américaine et internationale où l'on peut mener un mode de vie différent de celui de bien d'autres grands centres urbains», n'a pas tardé à constater )anet Demiray, depuis qu'elle y est arrivée Tan dernier pour diriger le Bureau des affaires publiques au Consulat général.Après avoir connu, au cours de sa carrière, quelques capitales européennes et une en Afrique.Ginger Petty, native du Wisconsin, ayant pris mari et pays chez nous, semble se délecter du «fort sentiment de dépaysement à cause de la culture», même si nous ne sommes qu'«â 45 milles de la frontière», tient-elle à préciser d'un air ravi.Comme elle cl comme Mme Demiray, plusieurs Américaines, Américains aussi, ne sont pas moins ravis d'avoir élu domicile au Québec.Le français, langue officielle?«Ce n'est pas un problème», en dira le prof Gilbert Taggart.Ce linguiste ayant quitté le Colorado il y a plus de trois décennies, en a fait d'ailleurs sa spécialité dans son enseignement en langue seconde à l'université Concordia.Un autre universitaire, le prof Harold Waller, lui de Detroit, politicologuc à McGill, l'inclut dans l'environnement culturel qui, ajouté au système politique, font nettement la différence avec les États qu'ont unis par la Constitution les Pères fondateurs.À côté de nombreux professionnels, «l'esprit de frontière», celui d'entreprise, a amené bien des gens d'affaires au-delà du Saint-Laurent et des Grands Lacs.Affaires certainement prospères que confirment par exemple les données préliminaires pour les neuf premiers mois de 1991 : une croissance de 8,4 p.cent sur l'an dernier dans les exportations du Québec aux États-Unis totalisant 14,7 milliards de dollars canadiens, et 7,1 p.cent dans nos importations américaines qui, elles, se sont chiffrées, en dollars canadiens toujours, à 9,2 milliards.La vie communautaire dans nos espaces aussi vastes que les leurs?Aucun besoin, pour ceux et celles qui se réclament de la ous les hommes ont été crées égaux et dotés, par leur Créateur, de droits inaliénables Thomas Jefferson A la veille du défilé du Fourth of July pour lequel elle a prêté sa Cadillac décapotable rouge, modèle 1976, l'année du bicentenaire de (Independence Day, Mme Ginger Petty que Ion voit au volant est allée retrouver, au camp de jour de l'île Bizard.ses enfants Laura et Mike.PHOT0 MICHEL CRAVE.statue de la Liberté! Chacun est en mesure de découvrir et de gérer les différences avec efficacité et célérité.Autrefois, il y a presque 80 ans, était né {'American Women's Club.Il existe toujours avec quelque deux cents membres qui s'y retrouvent par petits groupes pour leurs loisirs.Pour le soutien aussi quelles apportent à une vingtaine d'oeuvres allant des camps d'enfants handicapés aux maisons pour femmes violentées.« L'an dernier, nos contributions ont été versées surtout a jeunesse au Soleil pour les sans-abri ainsi qu'à l'hôpital Royal Victoria», rapporte Mary )o Gascon, la trésorière.Au projet d'organiser bientôt des cours de français, Marie-Louise Villeneuve dont le père était un militaire franco-américain, ajoute pour septembre prochain celui de «On s'amuse en français».«J'ai déjà une cinquantaine d'adhésions et une lisje de lieux que nous visiterons «en français» sous peine, pour chaque mot d'anglais, de 25 cents d'amende qui iront à nos oeuvres», lance-t-elle toute émoustillée.De quoi inspirer peut-être les étudiants d'outre-frontières du prof.Taggart qui viennent acquérir ici une expérience plus variée et plus ouverte où se conjuguent deux cultures, comme l'explique cet Américain du Québec.La population américaine Au Canada: 282 025* Au Québec: 34 075* À Montréal: 1815* Au Quebec, de 1986 à 1991: 3917 *\u2022 Aux États-Unis: 248 709 873 \u2014 \u2022chiffres du recensement du Canada de 1986.selon le pays de naissance.\u2022\u2022chiffre fourni par le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Quebec, selon toujours le pays de naissance.\u2022\u2022\u2022statistiques au 1er avril 1990 du O.S.Bureau of the Census.Hymne national des États-unis: The Star-Spangled Banner Oh, say, can you see, by the dawn's early light.What so proudly we hailed at the twilight's last gleaming.Whose broad stripes and bright stars, thro* the perilous fight, O'er the ramparts we watched were so gallantly streaming ?And the rockets' red glare, bombs bursting in air.Cave proof thro' the night that our flag was still there.Oh, say, does that Star-Spangled Banner yet wave O'er the land of the free and the home of the brave?Traduction: La bannière étoi-lée Oh ! dites, voyez-vous aux lueurs du matin Ce drapeau que vos cris ont salué dans l'ombre.Dont les plis étoiles défiant le destin Hier sur nos remparts flottaient dans la nuit sombre?Le foudroyant éclair de la bombe dans l'air.Nous le montrait debout cet étendard si cher.Sur un sol fier et libre à nos yeux dévoilée.Se dressc-t-clle encore, la bannière étoiléc?Premier des trois huitains composes en 1812.au cours de la seconde guerre d indépendance par Francis Scott Key.un avoc* repute de Washington, poète a ses heurJj.La musiaue de l'hymne national est et» John Stafford Smith De 13 étoiles à 50 et une aigle aux serres refermées utiles American Women's Club of Montreal, B.P.50, Suce.Victoria, Montréal H3Z 2V4 Présidente: Mme Barbara Sabra Ledent Consulat général des États-Unis d'Amérique, 1155, Saint-Alexandre, Adresse postale: CP.65, Suce.Desjardins, Montréal H5B 1G1 Tél.: 398-9695 Bureau des Affaires publiques (US1S): ext.255 Informations commerciales: ext.220 Fax : 398-0899 Consul général : Mme R.Susan Wood Voyages U.S.A.CP.5000.Suce.B, Montréal H3B4B5 Tél.: 861-5036 Directrice: MitOc Andrée Logan ¦ La vingt-huitième version du drapeau des États-Unis d'Amérique hissé le 4 juillet 1960, compte cinquante étoiles logées au canton, à gauche, en vertu de la loi adoptée par le Congrès en 1818 fixant une étoile par État.Les deux plus récentes étant celles de l'Alaska, et de Hawaii dont le statut d'États de l'Union a été voté en 1958 et 1959.Ce qui porte la superficie du pays à 9 372 614 km2, une des plus étendues du monde après celles de la Russie, du Canada et de la Chine.En 1776, à la Déclaration d'indépendance, ce sont les treize bandes rouges et blanches qui symbolisaient alors les treize premiers «États libres et indépendants», autrefois les treize colonies anglaises le long de la côte atlantique.Elles s'étaient engagées depuis l'année précédente dans la guerre d'Indépendance sous le commandement de.George Washington.Et en 1777, treize étoiles remplaçaient déjà le pavillon de l'Union lack qui figurait encore sur leur drapeau au début.Tout comme les bandes rouges et blanches, elles seront reprises dans les armoiries datant de 1782.La guerre est alors terminée, et le traité de Versailles en 1783 consacre l'existence des États-Unis.Entre les serres refermées, l'aigle héraldique tient un faisceau de flèches, toujours au nombre de treize, et une branche d'olivier.Sur le listel, la devise «E pluribus unum» pourrait se traduire par «De la pluralité à l'unité», ce que confirmera la Constitution fédérale élaborée le 17 septembre 1787, amendée vingt-six fois au cours des ans et encore en vigueur aujourd'hui.Les dix premiers amendements ( Bill of Rights) garantissent les libertés individuelles, et les derniers témoignent de la recherche constante de la démocratie américaine à conjuguer la liberté et l'égalité.Dans une société «pluraliste, multinationale, la plus vaste et la plus diverse que le monde ait jamais connue», comme la décrit l'historien Paul Johnson.L'immigration, comme on le sait, a peuplé ce pays de quatre millions d'habitants au moment de l'Indépendance qui en compte aujourd'hui plus de 250 millions.Avec deux importantes minorités ethniques: les Noirs, 29 millions selon les chiffres de 1987, et les Hispaniques, 17,6 millions.4. I B2- Éditorial t.m rKCJjc, i rvctti, uiii.-ii^i il jwi^kki 1994 Paul Desmarais president du conseil ci administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint dirocteur de l information Alain Dubuc éditorialiste en chef Algérie : la mort du président En janvier dernier, a la suite d'un premier tour electoral qui avait donné lieu à un raz-de-marée islamiste, le pouvoir algérien avait tenté de jouer le tout pour le tout: préserver le pays contre la menace intégriste en annulant le scrutin.Autrement dit, sauver la démocratie en la niant.Dangereux pari qui est encore à des lieues d'être gagné.C'est la moindre des conclusions que l'on puisse tirer de l'assassinat de Mohamed Boudiaf, qui avait pris les commandes du navire algérien, avec la bénédiction de l'armée, il y a six mois à peine.À l'époque, un spécialiste français du monde arabe, Cilles Kepel, prédisait que la mise au ban du Front islamique ne pourrait rien contre la montée des intégristes.L'assassinat de Boudiaf risque de lui donner raison.Car bien que l'on ne sache pas, aujourd'hui, si elle a été ou non orchestrée par les «fous de Dieu», la disparition du président crée un vide qui a toutes les chances de leur profiter.Depuis qu'il avait été appelé au chevet de l'Algérie, au terme de 28 années d'exil, Mohamed Boudiaf s'était fait beaucoup d'ennemis chez les «barbus», à qui il avait déclaré une guerre sans merci.Il s'en était également fait beaucoup au sein de r establishment politique et militaire du pays, bref chez tous ceux qui profitaient, et profitent toujours, de la corruption et du chaos ambiants.En voulant mettre fin à la «magouillocra-tie» générale, le président en a-t-il donné plus que le client en demandait?La thèse voulant qu'il ait été éliminé par ceux-là mêmes qui étaient allés le chercher dans son exil marocain, tout en espérant qu'il se contente de jouer un rôle d'apparat, n'est pas à écarter.À Alger, en tout cas, l'hypothèse d'un geste individuel ne reçoit pas beaucoup de crédit: l'opinion la plus courante veut que le meurtre ait été préparé et «livré» sur commande.On ignore pour qui, mais cela a-t-il vraiment de l'importance?Le résultat est le même: l'Algérie est aujourd'hui livrée à elle-même et aux forces qui la déchirent.Depuis son retour d'exil, Boudiaf avait entrepris clairement et courageusement d'assainir les moeurs politiques algériennes: lutte contre les trafics de toutes sortes, le marché noir et la fraude fiscale.Pas facile: l'Algérie porte les séquelles de plus d'un quart de siècle de totalitarisme corrompu, bilan alourdi par trois années de récession et les inévitables effets secondaires du virage vers l'économie de marché.Malgré sa réputation d'homme intègre et la légitimité qu'il en tirait, Boudiaf n'a pas su vaincre la lassitude et le désabuse-ment de la population.Il n'a pas pu, ou n'a pas eu le temps de gagner le soutien populaire dont il aurait eu besoin pour accomplir un changement de cap radical et mener ses réformes à terme.Et il est peu probable que son successeur à la tête du Haut comité d'État, Ali Kafi, soit en mesure d'en faire plus.D'abord, parce qu'il n'a ni l'envergure, ni l'autorité qui constituaient les premiers atouts du président Boudiaf.Ensuite, parce que le sort que ce dernier a connu n'incite pas particulièrement à vouloir poursuivre son projet.Selon le scénario le plus probable, le pouvoir va donc glisser plus clairement entre les mains de l'armée.Avec tous les privilèges dont elle jouit dans le système actuel, celle-ci ne va certainement pas reprendre à son compte le grand nettoyage entrepris par le président assassiné.En revanche, les militaires ont la ferme intention de continuer la guerre aux intégristes.Si elle n'est pas doublée d'un projet politique permettant aux Algériens de tout au moins espérer que leur pays sera un jour remis sur rails, cette guerre risque à plus ou moins long terme de produire l'effet contraire de celui que l'on recherche.Car en se contentant de pourchasser les «barbus» et leurs idées, sans avoir rien à offrir au peuple, on ne fera que pousser celui-ci dans les bras des islamistes.Au lendemain de l'assassinat, Alger a annulé les célébrations qui devaient souligner, aujourd'hui, le 30ème anniversaire de son accession à l'indépendance.On comprend : il n'y a vraiment pas de quoi fêter.La disparition de Boudiaf marque l'échec d'un ultime effort visant à préserver l'embryonnaire et fragile démocratie algérienne.Agnès GRUDA \u2022 .J w\t¦ F, m mm\t \tXL \t Nous devons redoubler nos efforts de rapprochement et de dialogue entre Québécois de toutes origines.Tensions interculturelles: il faudra se méfier des prochains mois MICHAEL CRELIIMSTEN JACK JEDWAB Les auteurs sont respectivement Directeur général et Directeur des relations communautaires au Congrès juif canadien, région du Québec.ous avons, depuis de nombreuses années, etc exposés à divers types de sondages concernant l'antisémitisme et le racisme, lesquels ont souvent eu tendance à soulever autant de questions qu'ils n'ont apporté de réponses concernant 1 état des relations interculturelles.Récemment, un sondage commandé par CROP-La Presse (du 20 mars au 17 avril 1992), s'adressant à plusieurs groupes ethniques principaux du Québec, tentait de mesurer le degré de racisme perçu par ceux-ci relativement aux Québécois de vieille souche (francophones et anglophones).Sur la base de l'analyse des conclusions de ce sondage, CROP-La Presse concluait que «un immigrant sur trois considère les Québécois, comme étant très ou plutôt racistes» (15 juin 1992).Ces résultats furent pour de nombreux Québécois, difficiles à accepter étant donné les allégations répétées selon lesquelles le Québec constitue Tune des sociétés les plus tolérantes.11 fut particulièrement difficile pour le Québec francophone de découvrir que les communautés qu'il considérait comme étant les plus intégrées, étaient celles qui critiquaient le plus durement les groupes majoritaires.11 est nécessaire de se pencher sur les raisons pour lesquelles il est aussi surprenant que 33% des Québécois issus des communautés ethniques, considèrent qOe la «société at-large» est raciste?SÎîlôn une enquête menée par la firme Léger et Léger (1991), 51.8% de la population totale du Québec se considère «très ou plutôt raciste».Lorsque l'on met en corrélation ces deux sondages, on remarque que le chiffre mesurant les attitudes racistes dans la société, est approximativement 20% plus élevé au sein de la population totale versus la population ethnique.Et malgré cela, la majorité québécoise se dit étonnée et troublée par le taux de réponse des communautés ethniques.La difficulté réside certainement dans le fait qu'il est toujours plus difficile d'accepter et d'assumer des accusations émanant d'autres que celles issues de la majorité.; Néanmoins, il reste clair que, sur une base individuelle, les gens sont embarrassés par les accusations de racisme.Paradoxalement, lorsque Léger et Léger posait la question à savoir si les Québécois se considéraient racistes sur une base personnelle, seulement 7% d'entre eux répondaient affirmativement.En résumé, bien que certains se considèrent racistes \u2014 que ce soit au Québec : u ailleurs en Amérique du Nord \u2014 ils sont cependant plus enclins à accuser d'autres de racisme plutôt qu'eux-mêmes.Il n'est pas inhabituel de retrouver dans les sondages évaluant les attitudes cl les perceptions, des signaux contradictoires.Les analyses de mesures quantitatives, peuvent déformer notre compréhension de la nature du racisms.,9k les personne^ qui réagissaient hâtivement aux résultats initiaux du sondage CROP-La Presse, avaient par exemple attendu 24 heures pour se prononcer, leurs conclusions quant à la nature du racisme tel que décrit par la population immigrante et ethnique du Québec, eurent été modifiées de façon significative.À ce moment, un autre volet de l'étude entreprise par CROP-La Presse fut publié, révélant que la discrimination raciale n'est pas perçue comme étant un grand problème pour la plupart des groupes ethniques du Québec (La Presse, 16 juin 1992).C'est pourquoi, alors qu'un certain nombre de membres des minorités ethniques considèrent les Québécois de vieille souche comme étant racistes, il apparaît dans la même veine, qu'ils ne considèrent pas ceci comme étant une cause d'inquiétude pour leur communauté.Des exceptions à ces opinions sont à noter de la part des communautés latino-américaine et noire, deux minorités visibles dont les perceptions concernant les attitudes racistes de la majorité, sont conséquentes à celles mesurant la considération de la discrimination raciale comme étant un problème.Cette perspective mérite une attention particulière de la part de la population dans son ensemble.Comment interpréter les contradictions potentielles ainsi que la complexité des résultats de ces sondages afin de nous permettre de comprendre et d'adresser de façon plus efficace le problème du racisme?Il apparaît évident que le terme «racisme» revêt différentes connotations pour certains individus et certaines communautés.En d'autres mots, nombre de ceux qui accusent les autres de racisme, ne considéreraient pas ce concept comme constituant une récrimination sérieuse.Les résultats du sondage CROP-La Presse publiés le 16 juin, nous fournissent une confirmation de ce paradoxe.Ceci est regrettable, non seulement en raison de la gravité des allégations de racisme, mais également parce que les attitudes racistes sont destructives pour notre société dans son ensemble.11 apparaît toutefois qu'un incident dramatique peut à lui seul, faire prendre conscience de l'ampleur du racisme.Le sondage CROP-La Presse fut mené avant les émeutes de Los Angeles et les troubles de Toronto.Une étude menée par Angus Reid (2 juin 1992) analysant la réaction des Canadiens quant à ces deux événements, démontrait que les inquiétudes quant au racisme augmentent à différents degrés lorsque de tels événements se produisent.L'étude Angus Reid révélait que la plupart voyaient dans les événements de Toronto, l'oeuvre de « hooligans » et ce sentiment général simultané 6e traduisait par la perception d'une hausse de racisme au Canada.Quand les répondants peuvent interchanger les termes «hooliganisme» et «racisme», on peut légitimement se demander ce que les gens sous-entendent par «racisme».Certes, approximativement 48% des Québécois sondés par Angus Reid exprimaient l'opinion selon laquelle le racisme était «un problème assez sérieux», alors que 17% d'entre eux considéraient que le racisme constituait un des plus sérieux problèmes auxquels le Canada avait à faire face aujourd'hui.C'est pourquoi, lorsque confrontés à des incidents majeurs, la tendance consistant à traiter le racisme de façon légère, diminue de façon significative.It reste toutefois un doute quant à la clarté des conclusions que nous pouvons tirer de ces données.Cependant, malgré les limites des sondages qui examinent les attitudes relatives au racisme, il existe souvent une importante vérité dans leurs résultats.En dépit de tous les efforts, la tendance dépassée consistant à maintenir les stéréotypes culturels, reste assez présente et engendre des conséquences qui dans une certaine mesure, renforcent les tensions interculturelles.Il reste capital de reconnaître que les communautés ne constituent pas des entités homogènes et qu'à cet égard, toute généralisation visant à les caractériser, reste injustifiable.Notre rôle devrait consister à donner plus d'emphase au leadership et au management innovateur ainsi qu'à la prévention des tensions interculturelle.Le simple fait d'appeler à la tolérance ne suffit pas.Bien qu'il soit important de tenir compte des tensions générées par toute transformation rapide de la situation démographique, il reste nécessaire de dépasser le paternalisme de la tolérance et valider la contribution constructive et essentielle de l'autre, au bien-être de notre société.Si ceci demeure un concept à long terme, il reste nécessaire de compter sur un leadership réactif lequel agirait immédiatement à rencontre de ceux qui tentent d'exploiter les tensions interculturelles, à des fins insidieuses.Nous devons sensibiliser la population au fait que le racisme est inacceptable et doit être combattu avec force et vigueur.Ainsi, la mobilisation des résidents de Sainte-Anne de Sorel contre la tenue éventuelle d'un rassemblement néo-nazi, reste très rassurante.U existe un autre aspect du débat qui nous trouble.Quelques-uns ont avancé l'explication selon laquelle les positions ou les opinions exprimées dans le sondage CROP-La Presse, sont une réflexion vague du conflit entre Québécois anglophones et francophones.Ceci n'est pas adéquatement soutenu par ce sondage.En tous cas, il est clair que les perceptions racistes des minorités \u2014 et des minorités visibles en particulier \u2014t transcendent les tensions linguistiques au Québec et ailleurs.Le fait d'attribuer des tensions intcrculturelles à notre débat linguistique, constitue souvent une excuse facile pour certains, qui par la même occasion évitent d'aborder le véritable problème.Certes, le fait de blâmer les anglophones pour les discordes interculturelles, constitue en soi un stéréotype inacceptable.Tel que nous le mentionnions plus tôt, les tensions interculturelles sont facilement exploitées par certains groupes ou individus.Un bon nombre de ceux ayant des motivations politiques ou autres, peuvent et le font trop souvent, user de la tension et des sentiments négatifs afin de convaincre les communautés qu'elles ne peuvent coexister harmonieusement.Nous devons être extrêmement sensibles à ceci dans les mois à venir alors que le débat constitutionnel peut potentiellement générer ce genre de tensions.En attendant, plutôt que de se laisser décourager par ces sondages, nous devons redoubler nos efforts de rapprochement et de dialogue entre Québécois de toutes origines.»^ Télécommunications Ottawa doit casser la décision du CRTC JEAN-GUY REN L'auteur est conseiller en télécommunications et auteur du «Pouvoir des télécommunications», un livre à paraître aux Presses de l'Université du Québec, en octobre 1992.es télécommunications américaines abordent les années 90 en état de choc Le 26 juin 1991, Bell Atlantic perd 5 millions d'abonnés pendant neuf heures.La même journée, Pacific Bell perd 3 millions d'abonnés pendant deux heures.Dans les deux cas, le service d'urgence 911 a été coupé.Le 15 janvier 1990, le réseau interurbain d'AT&T tombe en panne pendant neuf heures.Tous les États-Unis sont touchés et plus de 50 millions d'appels sont perdus.Ces pannes à répétition inquiètent le Congrès américain qui vient de publier un rapport alarmiste intitulé « Asleep at the Switch ?» (Endormi au central ?).Après 14 ans de concurrence et de politique à courte vue, les yeux rivés sur les résultats financiers de fin d'année, les États-Unis ont un réseau public de télécommunications comparable aux rues de Montréal au sortir de l'hiver.Pourquoi le CRTC a-t-il délibérément ignoré le fiasco américain en télécommunication?Parce que sa décision est idéologique.Le CRTC ignore que les télécommunications sont une infrastructure.Si la concurrence est possible et souhaitable dans les biens de consommation, elle l'est moins dans un réseau public.Or, de plus en plus d'économistes sont aujourd'hui convaincus que l'existence d'infrastructures performantes constitue un des plus importants facteurs de productivité nationale.Le Congrès américain s'interroge sur les conséquences de la fragilisation du réseau public sur les transactions boursières, la sécurité des aéroports ou les hôpitaux.Mais c'est toute l'économie qui, à long terme, est menacée par la dégradation des télécommunications.Les tarifs locaux vont monter La décision du CRTC place la concurrence «au service du consommateur», affirme pourtant son président Keith Spicer, car elle fera baisser les tarifs interurbains sans faire monter ceux du service de base.Pourtant, le service de base est déficitaire de deux milliards de dollars par an et a besoin d'être financé par les profits de l'interurbain.Si on aligne les tarifs interurbains sur ceux des États-Unis, la simple logique veut que le service de base augmente dans les mêmes proportions qu'aux États-Unis, soit de 51%.Pourquoi le CRTC prétend-il que le service de base n'augmentera pas?Selon le régulateur fédéral, la concurrence suscitera des appels en plus grand nombre, elle générera plus de revenus et elle améliorera la productivité de toutes les compagnies de téléphone, à commencer par celle de Bell.Autant d'affirmation qui sont démenties par le précédent américain.Baisser les tarifs interurbains sans hausser le tarif local revient à faire de l'or avec du plomb.C'est de l'alchimie économique.Il est possible que le service de base soit sous-facturé et qu'il soit souhaitable de le hausser, mais encore faut-il avoir l'élémentaire honnêteté de le dire.Le CRTC doit avoir le courage d'annoncer aux abonnés résidentiels de Montréal qui paient aujourd'hui 12,60 dollars par mois pour leur service de base, qu'ils devront demain payer 19 dollars.Il faut dire aux abonnés d'affaires montréalais qui paient aujourd'hui 44,70 dollars, qu'ils devront bientôt débourser 67,50 dollars.Encore, faut-il préciser que pour ce prix, l'abonné n'aura pas droit à un téléphone Touch-Tone, tout juste à un téléphone à cadran.¦ m Pourquoi le CRTC prétend-il que le service de base n'augmentera pas?Après tout ce chamboulement, rien ne garantit qu'Unitel réussira à vendre un produit moins cher que Bell.Au contraire, Unitel, d'après les calculs qu'elle a soumis au CRTC «produira» un service interurbain au coût moyen de 59 cents la minute la première année d'exploitation, contre moins de 11 cents la minute pour Bell.C'est normal, la première année, Unitel devra mettre en place son réseau.Mais en l'an 2002, la minute d'interurbain d'Unitel sera toujours plus chère que celle de Bell.Elle coûtera 13 cents à produire, alors que celle de Bell coûtera un peu moins de neuf cents.Or, Unitel prétend qu'au départ elle vendra ses services 15% moins cher que Bell.Par la suite, cette différence sera ramenée à 5%.Comment Unitel par-viendra-t-elle à vendre moins cher un service qui lui coûte plus cher?Tout simplement en demandant au CRTC une assistance économique.Unitel aura le droit d'emprunter le réseau local de Bell à un prix artificiellement bas.Unitel paiera une contribution inférieure de 30% à celle de Bell.Il y a mieux, pour brancher le réseau interurbain d'Unitel sur le réseau local de Bell, il faudra modifier les installations de cette dernière.Bell paiera 70% des frais.11 s'agit de sommes considérables qui s'élèvent à plus d'un milliard de dollars.En principe, ces privilèges sont concédés à Unitel sur une base provisoire.C'est une aide au démarrage.Au fur et à mesure que la compagnie atteindra sa vitesse de croisière, les privilèges disparaîtront.Mais les entreprises assistées économiques sont comme les individus assistés sociaux: elles s'accoutument, elles deviennent «accrochées» et elles ne peuvent plus se passer de leur dose quotidienne.Le dernier espoir de sauver les meubles est pour le gouvernement canadien de casser la décision du CRTC.U est grand temps de donner des directives claires à cet organisme.Le projet de loi sur les télécommunications C-62 actuellement examiné au Parlement fédéral est notoirement insuffisant.On n'y fait même pas mention de la concurrence dans l'interurbain.Dernièrement, l'Allemagne et la France ont légiféré en matière de télécommunications.Le premier point qui est défini est l'étendue du monopole et les modalités de la concurrence.U est temps que le législateur fédéral se mette au travail sérieusement.Sinon, il appartiendra au Québec de récupérer ses pouvoirs en matière de télécommunications et de bâtir au niveau national ce qui a été saccagé au .yiivcau fédéral.| ! ) LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 5 JUILLET 1992 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 5 JUILLET 1992 La personnalité de la semaine Il n'est pas de succès qui se mérite s'il nest construit sur Vexcellence Ce Néo-Brunswickois décroche, à 26 ans, le premier prix du Concours international de musique de Montréal ANNE RICHER Pour donner un son cristallin, faire jaillir la musique du bout des doigts avec son coeur et sa passion, émouvoir le jury, il a fallu à Richard Raymond plus que du talent.Le travail certes, mais le don.Une petite fée amoureuse de la musique s'est penchée sur son berceau à sa naissance.Elle veille sur lui depuis.Le jeune pianiste de 26 ans a décroché le premier prix du Concours international de musique de Montréal, au début du mois de juin.La Presse ne pouvait rester insensible à tant de^ talent et le consacre Personnalité de la semaine, en dépit d'un léger retard consécutif à une actualité accaparante.Sur le ton posé et grave d'un jeune homme pensif, Richard Raymond, refait, en mémoire, la trajectoire qui l'a mené au succès pianistique.Sa petite enfance est bordée de musique.Pourtant à Campbellton, au Nouveau-Brunswick.où il est né le 11 novembre 1965.cadet d'une famille de huit enfants, la vie va piano.Le père est infirmier, la mère s'occupe de la marmaille.La découverte de son don a lieu quand il a trois ans à peine: «Mes parents, raconte-t-il.ont acheté un orgue pour leur plaisir.C'est moi qui en ai joué.Je mémorisais toutes les musiques ù&Z*:____: w.que j'entendais et je les rejouais».Bien sûr les parents sont étonnés! Deux autres enfants pianotent, mais celui-là est particulier.D'où ce talent lui vient-il?À trois ans et demi Richard est amené chez soeur Yvette Mor-neault des Filles de Marie-de-l'Assomption, qui lui donne ses premières leçons.Quatre ans plus tard on le retrouve avec soeur Pauline Charron au couvent du Saint-Rosaire à Rimous- i ki.En 1974 il entre au Conservatoire de musique de Rimouski.Le piano.Un amour qui grandit petit à petit avec l'enfant, un sentiment confus que la vocation est là, palpitante au bout des doigts.« Des joies, mais aussi des difficultés.Cette vie nous fait sauter des étapes, l'évolution ne suit pas un cours normal, elle est plutôt en dents-de-scie.» Cependant, il y a la volonté immuable; l'idée de décrocher, de changer de voie ne l'effleure même pas.En 1990 il a terminé jà sa maîtrise en interprétation-piano de l'Université de Montréal.De longues études couronnées de succès, ponctuées de bourses d'études, de prix, de concerts.Au Conservatoire de Montreal en 1978, il a 13 ans.c'est maintenant cinq heures par jour de travail au piano.À ce stade, cependant déjà «je savais que je voulais faire de la musique».«11 y a une lente évolution.Comme la vie.Et il y a aussi la souffrance.Sans elle la musique ne dirait pas grand-chose.» M ¦y 9 W i I RICHARD RAYMOND jr «Il y a une lente évolution.Comme la vie.Et il y a aussi la souffrance.Sans elle la musique ne dirait pas grand-chose » Plus passionné qu'intellectuel C'est la définition qu'il donne de lui-même.Richard Raymond n'a pas de demi-mesure.Entier, mais inquiet, il cherche avec rigueur à dépasser ses limites, celles de sa technique, mais plus encore celles de sa vie: «Si on veut évoluer pianistiquement il faut travailler sur soi».La perfection n'est jamais atteinte ni musicalement, ni personnellement.« On joue comme on est.» Plus près émotivement de la musique romantique.11 a joué Liszt, bien sûr pour la virtuosité il l'admet, avec passion.«Beethoven m'a fait gagner le Concours international.» Mais Mozart, mais Brahms.Et puis Schubert et Schumann à découvrir.Et Chopin.Encore tellement de travail et d'émerveillements à venir.Mais, «on ne peut pas tout jouer».La musique doit être apprivoisée.«J'ai déjà fait des oeuvres qui n'ont pas cliqué.Souvent on aborde un oeuvre et on ne sait pas si elle va nous convenir.» Le pianiste parle de l'osmose entre le pianiste et l'oeuvre, mais de l'énergie avec le public.Le mélomane idéal serait «celui qui vient pour la musique, pour la ressentir, écoute et fait abstraction de tout le reste.Qui ne vient pas entendre la performance du siècle, mais pour aimer.» Retour aux sources de la pureté.Communiquer.«Parfois en voulant faire une carrière, on .i oublie l'essentiel, la musique».Il parle du temps qu'il faut pour grandir et du temps qu'il faut pour réussir.Il faudrait, selon lui.un encadrement particulier, des moyens plus importants, des guides, des outils, pour favoriser les jeunes talents qui autrement risquent d'être perdus, pour leur éviter des erreurs et les aiguiller.«Il faut du temps pour foFrner un musicien et il ne faut pas perdre de temps.» Lui, par choix du destin, n'a pas vu, ni vécu autrement-que par la musique et n'aurait par conséquent aucun goût pour autre chose.Sinon les mathématiques peut-être.Il a conservé un fond de pessimisme: «Étranger sur la terre, comme disait Schubert»; il a développé un haut niveau de conscience, est devenu «plus contrôlé, plus mature».Ni perdu dans les nuages, ni axé sur l'avenir, le présent et sa réalité sont importants.Il trouve difficile de constater ce qui se passe sur la planète: «L'homme est lent à changer et si chacun fait sa petite vie en acceptant tout, sans réfléchir, il n'y aura pas de solution ».Il y a donc la musique donnée aux autres comme preuve d'amour.Il faut bannir l'ëgoisme.la malhonnêteté, l'injustice.Pour le pianiste qui esssaie d'embellir la vie, il garde malgré tout espoir, «L'esthétique est capitale, j'essaie de travailler à ce que ça aille mieux.Par la beauté de la musique et sa consolation ».Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes des gens de parole i ALCAN Je pense donc je Ils 04 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 JUILLET 1992 .^^^-v-\u2014 - ,-« \u2014-\t 1 ^S/\" Denis La voie\tD'AFFICHE \t c r n i c r e chance, au-£ £ jourd'hui.tic se sensibiliser aux vent les personnes handicapées en Afrique, a travers une exposition de photos présentée au complexe Guy-Fa-vreau.Le photographe Jacques Lavoie expose des images saisissantes du quotidien des personnes handicapées, le tout accompagne de textes du directeur de Handicap sans frontières, André Bertrand.Il s'agit d'une exposition organisée dans le cadre de la présente décennie des personnes handicapées, décrétée par roNU.La présidente et directrice du Centre canadien d'architecture, Phyllis Lambert vient de recevoir un Certificat d'écocivisme du ministère de l'Environnement du Canada, pour avoir contribue a favoriser la protection du patrimoine culturel et historique.En recevant cette nouvelle recompense.Phyllis Lambert a tenu a souligner qu'elle privilégiait le processus de consultation et d'audience publiques en vue de protéger notre patrimoine.C'est I ;e trésorier de la Communauté urbaine de Montréal, Michel Bélanger, qui a été porté à la présidence de l'Ordre des comptables agréés du Québec, un organisme qui compte 14300 ^ membres.Les ^hel priorités du Bélanger nouveau prési- dent portent sur le dossier des corporations compables et la formation des candidats à la profession de comptable agréé.O Le president de la Fondation des maladies du coeur, Robert E.L'Abbé, remercie chaleureusement les Québécois qui ont donné plus de 4 millions pour la cause des maladies du coeur.Ce succès est attribuable au travail des 2b 000 bénévoles et au soutien de N y col Pageau-Goycttea titre dp présidente de cette campagne de souscription.O L'animateur de la station CHOM Peter Marier sera emmuré pendant 48 heures sous 5000 livres de glace, chez Fairview Toyota, du 10 Auto Plaza à Pointe-Claire d'où il diffusera en direct, sans boire ni manger.Cette épreuve de résistance mise au point par le docteur hypnotiseur Silkini de Californie vise à amasser des fonds pour l'organisme Reseau enfants retour On peut faire des dons en s'adressant au 747-4000, entre 9 h et 17 h.Renseignements: Enfants retour, 828, Décarie, suite 201, Saint-Laurent (Quebec).H4L 3L9.Les gagnants du concours Best Costume Band of the Year, attribue aux participants de la Cari-féte de Montreal sont, avec des pointages fort rapprochés: Four Kings & A Queen avec son «Rappel Total»; Roots Cultural Association, avec «Gloire de Montréal 1542-1992»; et Dave Marshall & Associates, avec «Ramené les vieux jours».Le prix du meilleur char allégorique a etc attribué à la Chambre de tourisme de la Martinique.L'Ordre des agronomes du Quebec décernait récemment un certificat honorifique à l'agronome tiers-mondiste René Du-mont.C'est pour souligner son engagement dans le développe-ment durable Kene de l'agricultu- Dumont re à l'échelle mondiale, que le president de l'Ordre des agronomes du Québec, fean-Marc Paquet n remis ce certificat au nom des 3200 agronomes membres.O Le president directeur general du groupe Océanex, Gilles Champagne, s'est vu remettre une plaque souvenir en reconnaissance pour avoir agi comme président d'honneur de la dernière campagne de financement de l'Institut maritime du Québec à Rimouski.C'est le directeur de l'Institut.lean-Marie Vignola, qui a remis la plaque souvenir, le president de la Fondation de l'Institut, Donald Tremblay ayant invité le philanthrope à signer le livre d'or de l'Institut.Le Palais des congres de Montréal accueillera, du 13 au 17 juillet, le deuxième congrès mondial de l'Association internationale d'échanges scientifiques sur la violence et la coexistence humaine.Renseignements: Congrès mondial sur la violence et la coexistence humaine.Université .-r- \u2022;¦ >¦ .¦ .V h ,- ^^^^^ Wtûk .- * i'UOAM La Fondation de l'Université du Québec à Montreal inaugurait récemment ses cercles de donateurs.Le président de la Fondation de l'UQAM, Jocelyn Proteau, a pour sa part tenu à remercier les 19 personnes qui ont donné 1000 S et plus et qui figurent ainsi au Cercle du président de la Fondation, dont quelques-uns l'accompagnent ici.Pour Ê'UdM Le Fonds Henri-Audet du Croupe Cogeco dispose de 100000$ pour des bourses à des étudiants en communications.Dans l'ordre habituel: le recteur de l'Université de Montréal, Cilles G.Cloutier, le directeur de Polytechnique, André Bazergui; et Henri Audet, président de Cogeco.SO ans cfe irie a deux Il y a cinquante ans, Jean-Paul L Heureux et Cilberte Côté unissaient leur destinée devant Dieu et les hommes.Le 20 juin 1992, ils ont renouvelé leurs voeux, en l'église Sainte-Certrude de Montréal-Nord, à l'occasion de leur cinquantième anniversaire de mariage, qui fut célébré par leurs cinq enfants, leurs huit petits-enfants et une arriére petite-fille.ai y a Edgar Lacroix et Marie-Marthe Séguin célébraient ce mois-ci leur 55e anniversaire de mariage.Edgar Lacroix a tenu un commerce de tissu, rue Notre-Dame, près de La Presse, pendant 35 ans.Après avoir longtemps vécu dans le quartier Ahuntsic, le couple s'est installé à Laval.de Montréal, C.P.6128, succursale A, Montréal (Québec).H3C 3|7.Tél.(514) 343-61 I 1.poste 1329 ou 1330.O Le président du jury de la neuvième édition du prix Molson de journalisme en loisir, Jacques Prono-vost, rédacteur en chef du quotidien Lu Tribune de Sherbrooke, avise les journalistes des Jacques différents me- \u2022|fltl|UC9 dias qu'ils ont Pronovost jusqu'au 31 juillet pour poser leur candidature.Les documents proposés, portant sur le loisir, devront avoir été diffusés entre le 1er juillet 1991 et le 30 juin 1992.Renseignements: Regroupement loisir Quebec, 4545, avenue Pierre-de-Coubertin.C.P.1000, succursale M.Montreal (Québec), HIV 5R2.Tél.252-3000.O Quelques jeunes Québécois figureront parmi les participants a un championnat de tambours et clairons qui se déroulera au début d'août à Bloomington, dans rindiana.Il s'agit de: Nathalie Cadieux, du collège Ahuntsic; Martin Fauteux, du cégep Vieux-Montréal; Gabriel Fran-coeur, du cégep de Sherbrooke; Sylvain Patry, de l'école Le Triolet de Sherbrooke ; et Sébastien Roux, du cégep de Sherbrooke.Profitant de la tenue du récent Salon du meuble de Montreal.l'Association des fabricants de meubles du Québec célébrait son 50e anniversaire de fondation, accueillant pour l'occasion l'un de ses fondateurs.Harry Lazare, qui a souhaité longue vie au président actuel, Jean-Luc Mercier O Grace à une subvention de 239 000 $ de la Fondation Max Bell, fondation canadienne visant a perpétuer la mémoire de George Maxwell Bell, philanthrope et humaniste, l'Université du Québec à Montréal et l'Université Concordia ont pu mettre sur pied un centre conjoint de recherches en communications sur l'Asie Pacifique.C'est le journaliste fuies Nadeau qui agira comme coordonnateur de ce Centre.O Le directeur du lardin botanique de Montréal.Pierre Bourque n'en finit pas d'être honoré, le collège LaSalle venant de lui attribuer un diplôme honorifique en tourisme et voyage.Semblable honneur fut décerné également à: Lyse Spénard, présidente de Stanlyse Inc.en mise en marché de la mode; fuies Dubé, chef des ressources humaines au Château lingerie, en gestion de la production mode; Zuki Balaïla, président de Fou-rurc Zuki Inc., en dessin de mode; Lysette Lthier, directrice des services régionaux chez IBM Canada, en techniques de bureau; et Richard Payette, directeur de l'hôtel Delta de Montréal, en gestion hôtelière-restauration.Des trophées d'excellence académique furent décernés à: Heather Holling-worth, mise en marché de la mode; Nancy Morissette, gestion de la production de la mode; foséc Fontaine, dessin de mode ; Dominique Tremblay, techniques de bureau; Mireille Alaric, tourisme-voyage; Patri-zia Gasparrini, gestion hôtelière-restauration.pour Place Ville-Marie, et dans bien d'autres réalisations d'envergure, depuis la tour du CN à Toronto, jusqu'à la Pyramide du Musée du Louvre a Paris.Les 6200 «pionniers» de la Northern Telecom à Montréal, du chapitre Mont-Royal des Pionniers du téléphone d'Amérique, ont consacre 60 000 heures en services communautaires, certains d'entre eux devant participera la lutte que mené la ville de LaSalle contre l'herbe à poux, dont on fera la «collecte» aujourd'hui.Parmi les autres oeuvres chères à cet organisme, signalons la Maison Elizabeth, un foyer de jeunes mères en difficulté; course Terry Fox; campagne des Timbres de Pâques; fabrication et don de milliers de marionnettes à doigts pour les hôpitaux pour enfants, etc.«Dans le domaine de la santé, l'hôpital Notre-Dame fait figure de chef de file au niveau de la protection de l'environnement en se dotant d'un plan intégré de la gestion des déchets biomédicaux faisant appel à la panidation de l'ensemble des employés», devait déclarer le ministre Pierre Paradis, en remettant à Bernadette Houle, directrice générale par intérim de l'hôpital Notre-Dame, le prix du Mérite environnemental dans la catégorie organismes publics.Harry Lazare Le grand prix d'excellence de l'Ordre des ingénieurs du Québec, attribué en reconnaissance à un ingénieur qui se présente comme un modèle de pra-tique à l'ensemble des membres de__ l'Ordre, a été R g attribué cette Roger k.année à Roger Nlcolet R.Nicolet, président de l'Union des municipalités régionale de comté et des municipalités locales du Québec.La carrière de cet ingénieur québécois fut jalonnée de quelques autres prix.Il a débuté en travaillant sur les problèmes de structure des ponts levants de la voie maritime du Saint-Laurent, a coordonné le début des travaux de construction du tunnel Louis-Hippolyte Lafontainc; fut gérant de pjojet La Fondation de l'Hôpital pour enfants de Montreal a remporte un premier prix, dans la catégorie « Planned Giving ».lors du congrès de l'Association for Health Care Philanthropists.11 s'agit d'une reconnaissance de son professionnalisme et de sa clairvoyance.La Fondation de l'Hôpital pour enfants de Montreal a clé préférée a celle de 27b autres hôpitaux.O Figurent parmi les personnes qui ont été honorées par l'Institut canadien des ingénieurs: le nouveau president de l'Agence spatiale canadienne, Roland Doré, auquel on a remis la médaille lulian C.Smith, décernée a l'auteur d'une réalisation importante dans le développement du Canada; l'ancien administrateur principal de Mo-nenco à Montréal.William De-vereaux, qui a reçu la médaille lohn B.Stirling, pour son dévouement à l'Institut; Roland Chevalier, de Montréal a pour sa part reçu le titre de ««fellow»»; alors que l'astronaute Roberta Lynn Bondar a été reçue membre honoraire, pour services rendus à la profession.D'autres médailles et titres de ««fellow»» ont également été octroyés à d'autres Canadiens.Plus de 300 personnes du milieu des affaires ont accepté l'invitation de Sam-son Bélair Dcloitte & Touche et de la Banque nationale du Canada pour par-ticiper à un souper-bénéficc au /\\ncJré profit de l'As- .sociation pul- Lesa9e monaire du Québec.Tony Mcti, vice-président de la Banque nationale du Canada et André Le-sage, président de Samson Bélair Deloitte et Touche, co-présidents de ce souper-bénéfice, ont ainsi pu remettre une contribution de 30 000 $ à Serge Caron, président de l'Association pulmonaire du Québec.Le panneau d'affichage pour la pizza de McDonald's, conçu à Montréal par Cosset le Communication Marketing, a remporté un Lion d'or au recent Festival du film publicitaire de Cannes.Plus de 800 agences de publicité de 50 pays participaient a ce concours.Pas moins de 4758 jeunes élèves de près de 70 écoles ont lu 56 274 livres pour récolter 95 000 $ au profit de la Société canadienne de la sclérose en plaques.Les jeunes qui avaient amassé plus de 100 $ chacun pouvaient participer au tirage d'un séjour dans un camp de vacances.A JEUDI _L Le Monde s i F LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 5 JUILLET 1992 \u2022B5 Nelson Mandela refuse de rencontrer De Klerk Agence France-Presse IOIIANNFSBURG clson Mandela a refusé hier de rencontrer le président Frederik de Klerk pour s'entretenir avec lui de la suspension du processus de négociations constitutionnelles, estimant que le chef de l'État sud-africain avait choisi «de lancer l'Afrique du Sud dans une aventure suicidaire».Ce refus du président de l'ANC déçoit et inquiète le gouvernement, a déclaré hier soir le ministre du développement constitutionnel Roelf Meyer, dans un communiqué.M.Meyer a déclaré que cela semblait confirmer les craintes du gouvernement selon lesquelles «l'ANC et ses alliés ont décidé d'abandonner la voie de la négociation pour celle de la confrontation».Dans une déclaration à la presse, M.Mandela a souligné que M.de Klerk n'avait pas «rempli» les conditions posées par l'ANC, le 23 juin dernier, après son retrait du processus de négociations constitutionnelles, à la suite du massacre de 45 personnes dans la cité noire de Boipatong, près de Johannesburg.L'ANC a notamment réclamé «la fin de la campagne de terreur» contre la population, l'application des mesures déjà décidées pour mettre fin à la violence, la création d'une commission d'enquête sur le massacre et la libération de tous les prisonniers politiques.Le mouvement demande également la mise en place d'une assemblée constituante.«Je ne vois aucune raison de tromper l'opinion publique et la communauté internationale sur la gravité de la crise à laquelle notre pays est confronté», a poursuivi le dirigeant noir.«A ce stade, une rencontre avec le président de Klerk ne servirait à rien.» Le chef de l'État sud-africain avait proposé jeudi des pourparlers bilatéraux à l'ANC concernant la CODESA (Convention pour une Afrique du Sud démocratique), ainsi qu'une réunion tripartite avec M.Mangosuthu Buthclezi, président du Parti conservateur zoulou Inkatha, rival de l'ANC, pour tenter de mettre fin à la violence.Cette offre ne répond pas à la demande de l'ANC qui veut que « le Parti national au pouvoir modifie sa position actuelle qui vise à entraver la souveraineté de l'Assemblée constituante», a poursuivi M.Mandela.«Le régime doit satisfaire nos exigences, ce qu'il n'a pas fait.Aussi longtemps que le gouvernement s'en tiendra à cette attitude, tout progrès dans les négociations constitutionnelles sera impossible.Le gouvernement n'est pas encore prêt à donner le pouvoir au peuple sud-africain», a estimé M.Mandela.«Il est clair que le régime n'était pas préparé à cette étape déterminante, et c'est pour cette raison, et bien sûr aussi à cause de la violence, que nous avons quitté la CODLSA», a expliqué M.Mandela.Pour le président de l'ANC, la grève générale à laquelle a appelé la COSATU, la plus importante des confédérations syndicales sud-africaines (alliée de l'ANC), à partir du 3 août prochain, ne pourra être évitée que si M.de Klerk «fait preuve de mesure et se décide à répondre positivement».Le dirigeant noir a rejeté la tentative d'arbitrage de M.de Klerk entre l'Inkatha et l'ANC: «Cela fait partie des tentatives délibérées pour faire perdurer la notion de violence des «Noirs contre les Noirs», et détourner l'attention du rôle joué par le gouvernement de Klerk et les forces de sécurité», a souligné M.Mandela.Pour sa part, le chef zoulou Mangosuthu Buthclezi a appelé hier ses partisans à constituer des comités de défense pour résister au Congres national africain (ANC), lors d'un rassemblement dans son fief, à Ulundi, «capitale» du ban-toustan autonome du KwaZulu.0 M.Buthclezi a dénoncé une nouvelle fois le retrait de l'ANC du processus de négociations constitutionnelles le 23 juin dernier et estimé que l'ANC «voulait le pouvoir pour lui seul» et «serait capable de s'en emparer d'ici la fin de l'année».M.Buthclezi a également attaqué la campagne d'actions de masse lancée par l'ANC le 16 juin et qui comporte des manifestations et des grèves.L'opposition à Saddam prendrait de l'ampleur .\u2022\\gence France-Presse LOSDRFS LW agitation s'étend en Irak, affirme aujourd'hui l'hebdomadaire britannique The Observer, qui fait état d'explosions signalées à Mossoul (nord du pays) par des mouvements d'opposition.L'opposition avait auparavant affirmé que des militaires de la Garde républicaine avaient tenté lundi de renverser Saddam Hussein, mais avaient été arrêtés dans la banlieue de Bagdad par des forces loyales au président irakien, rappelle le journal.« Il y a assurément des troubles, on a entendu des explosions à Mossoul, bien qu'on ne puisse pas encore savoir d'où elles venaient», a déclaré hier soir au journal un responsable kurde, contacté par téléphone.Selon l'Observer, l'opposition kurde a confirmé qu'une autre «énorme explosion» avait eu lieu mercredi à Kirkouk (nord), détruisant le «quartier général des services de sécurité» de Saddam Hussein.Le Congrès national irakien, qui affirme regrouper toutes les tendances de l'opposition irakienne, avait affirmé vendredi à Londres que «plus de 400 personnes avaient été tuées ou blessées» dans l'explosion de Kirkouk, qui avait détruit un dépôt de munitions de la police.Par ailleurs, un lot d'équipements servant à la production d'armes chimiques sur le site irakien d'Al-Mouthanna a été détruit, a annoncé hier à Bagdad le chef d'un groupe d'inspection de l'ONU, l'Américaine Karen Jan-sen.Dans une déclaration à la presse, Mme Jansen a précisé que son équipe de 16 experts avait «vérifié» vendredi la fin de l'opération.«Tous les équipements choisis pour être détruits l'ont été», a souligné Mme jansen.Une partie des équipements désignés à la destruction seront utilisés pour la construction à Al-Mouthanna, à 130 km au nord-ouest de Bagdad, d'ateliers d'incinération d'agents chimiques, a-t-elle indiqué.Des protestataires se restaurent sous un grand portrait du leader de l'opposition serbe Vuk Draskovic au milieu du village de tentes installé devant le parlement fédéral à Belgrade.photo reuter 100000 manifestants réclament la démission du régime Milosevic Agence France-Presse UFLGRA DI-cnX mille personnes ont défilé hier soir dans une atmosphère parfois tendue devant le siège de la télévision de Belgrade en conspuant le président serbe Slobodan Milosevic.Au septième jour du mouvement de protestation pour obtenir la chute du régime Milosevic, un cortège avait quitté l'esplanade du Parlement fédéral pour faire cercle autour de l'immeuble de la télévision, gardé par des forces spéciales de la police.Une lettre du nouveau premier ministre fédéral pressenti, l'homme d'affaires américain d'origine serbe, arrivé vendredi à Belgrade, M.Milan Panic a été lu publiquement par un responsable du mouvement d'opposition assurant qu'il se considérait comme un «chef du gouvernement du peu- ple» et non d'un parti.La foule a accueilli avec froideur cette déclaration d'intention.Les animateurs du mouvement, en particulier M.Draskovic, avaient indiqué que les manifestations de protestation quotidiennes à Belgrade cesseraient aujourd'hui pour que le mouvement de contestation puisse être porté en province.Par ailleurs, le ministre bosniaque des Affaires étrangères, M.Maris Silajdzic, a réitéré hier son appel à une intervention militaire internationale pour «stopper l'agression serbe» contre la Bosnie-Herzégovine.À Sarajevo, hier, la journée a été relativement calme mais tendue, après une recrudescence nocturne des tirs d'artillerie et des escarmouches qui n'ont cependant pas découragé les équipages d'avions d'aide humanitaire de $c poser sur l'aéroport.Vm :'::v:.\u2022SA \u2022r | f 1 mm Natacha Bulgakova et sa fille de 15 ans, Natacha, dans leur logis d'une seule pièce à Lyskovo, en Russie.Un grand nombre des 25 millions de Russes qui vivent à l'extérieur de la Russie proprement dite se retrouvent des étrangers dans des territoires qu'ils considéraient auparavant comme faisant partie de leur pays.Des Russes disent même avoir été malmenés et expulsés de leurs maisons par des éléments nationalistes.Boris Eltsine refuse de se plier aux exigences du FMI d'après AFP et Reuter MOSCOU oris Eltsine a refusé de se soumettre aux exigences du Fonds Monétaire International (FMI) concernant la libération des prix de l'énergie, déclarant que la Russie était prête à se passer des 24 milliards de dollars d'aide de l'Occident si ces conditions étaient maintenues.Quelques jours avant son discours devant les sept pays les plus industrialisés (G7) à Munich, Boris Eltsine a souligné.En attendant, les bilans des violents combats se sont encore alourdis ces derniers jours en Moldavie, au Nagorny Karabakh, et en Ossétie du sud, laissant peu d'espoir aux efforts de médiation dans les guerres qui ensanglantent désormais l'ex-URSS.Que ce soit à Rome dans le cadre de la CSCE pour le conflit entre Azerbaïdjanais et Arméniens au Nagorny Karabakh, ou à Moscou entre les présidents |g russe Boris Elt-I2 sine et moldove Mircea Snegur pour faire ces-Un membre du Parti communiste de l'URSS désormais banni ser le feu dans o X Q- au cours d'un tient en main sa carte de vote lors d'un scrutin au 29e congrès le Dniestr, les entretien avec du part| s u,es g0 pannes étaient présentes.négociations des journalistes ¦ sont îmman- russes et allemands à Moscou rapporté par l'agence TASS, qu'il n'était pas satisfait de la position du FMI, qui applique à la Russie selon lui un programme «standard» sans tenir compte des particularités du pays.«La Russie est unique et la réforme qui s'y applique est également unique», a souligné M.Eltsine, selon TASS.Parallèlement à ces déclarations, Boris Eltsine a toutefois exprimé au président du FMI Michel Camdessus, qu'il a rencontré hier au Kremlin, son inquiétude face au retard du soutien du FMI à la Russie, une attitude qui selon lui peut freiner les réformes russes.Cité par ITAR-TASS, M.Viatcheslav Kostikov, porte-parole de la présidence, a déclaré que M.Eltsine souhaitait que le FMI «prenne en partie en charge la responsabilité historique du passage de la Russie du totalitarisme au marché libre».M.Eltsine a souligné que le retard dans le déblocage des crédits entraînait une attitude de plus en plus sceptique de la population vis à vis du FMI et que certains pensaient même qu'il ne fallait pas accepter cette aide financière, selon M.Kostokov, qui a affirmé que le président russe «ne partageait pas personnellement ce point de vue».«Il ne s'agit de faire pression mais de présenter une information objective sur la situation actuelle en Russie», a dit M.Kostikov, selon TASS.r quablcment contrariées par de nouveaux combats.Au moins 33 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées vendredi soir dans le Dniestr (est de la Moldova), quelques heures seulement après la signature dans la capitale russe d'un accord de cessez-le-feu entre MM.Eltsine et Snegur censé déboucher sur l'attribution d'une «large autonomie» aux Russophones en échange d'un retrait de la 14e armée russe de la région.Le commandant de la 14e armée, le général Lebed, pourtant considéré comme un proche de Boris Eltsine, a même accusé le président moldove d'avoir créé un «État fascisant» en Moldavie.D'autre part, des membres du Parti communiste d'Union soviétique, dissous l'an dernier, ont expulsé symboliquement Mikhaïl Gorbatchev, hier, lors d'un congrès organisé discrètement dans une banlieue de Moscou, a déclaré Radio Moscou.Les participants à ce «29e congrès» du parti, qui s'est tenu à Pouchkino, à 30 km au nord de Moscou, ont dénié en outre à Mikhaïl Gorbatchev le droit de représenter le parti lors des auditions de la Cour constitionnellc.Celle-ci doit statuer sur la légalité de la dissolution du parti prononcée en août 1991 par le président russe Boris Eltsine après le putsch manqué contre Mikhaïl Gorbatchev.Seules 90 personnes étaient présentes au rendez-vous d'hier.L'Algérie n'a pas le coeur te à la fête Agence France-Presse ALGER Les Algériens vivront aujourd'hui dans l'amertume le 30eme anniversaire de l'indépendance de leur pays, endeuillé par l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, lundi dernier à An-naba.Trente ans après une indépendance obtenue difficilement, à Tissue de sept ans et demi de guerre, la plupart des Algérien^ estiment que leur pays a perdu beaucoup de temps dans les « querelles politiciennes et les luttes intestines», négligeant ainsi son développement.Ils regrettent aussi que l'expérience démocratique \u2014 la première du monde arabe \u2014 entamée en 1989, après les émeutes sanglantes d'octobre 88 \u2014 ait été mise en veilleuse, après l'annulation des premières élections législatives pluralistes du 26 décembre dernier, remportées par le Front islamique du salut (FIS - dissous).Pour observer le deuil national de sept jours décrété après l'assassinat du président Boudiaf, les autorités ont décidé d'annuler toutes les festivités prévues pour ce 30eme anniversaire de l'indépendance acquise le 5 juillet 1962, à l'issue de cent trente deux ans d'occupation française.La journée d'aujourd'hui sera cependant fériée.Des dépôts de gerbes dans les «carrés de Martyrs» sont prévus à travers le pays, notamment à Alger.Par ailleurs, le procureur général du tribunal d'Annaba (est algérien) chargé du dossier sur l'assassinat du président Mohamed Boudiaf a confirmé hier l'arrestation du meurtrier dans une déclaration à la télévision.11 s'agit du sous-lieutenant M'barek Bouma-raf (et non Yacine Boumaraf comme indiqué précédemment par la presse), dont la télévision a montré un portrait.Né le 3 mars 1966 à Meskiana, il faisait partie de la garde personnelle du .président assassiné.DÉPÊCHES f: ITALIE Investiture ¦ Le gouvernement formé le 28 juin dernier par le socialiste Giu-liano Amato a obtenu hier;la confiance du Parlement italien, avec le vote favorable de la Chambre des députés.Les députés se sont prononcés par 330 voix contre 280 et 2 abstentions en faveur du nouveau gouvernement, le 51ème de la République italienne.Le Sénat s'était déjà prononcé favorablement jeudi.UKRAINE Crise ¦ L'Ukraine, en pleine crise économique comme toutes les républiques de l'ex-URSS qui ont entrepris des réformes, affronte une crise politique qui illustre les difficultés du pouvoir à entreprendre une véritable restructuration du pays.Vendredi, le cabinet des ministres dirigé par Vitold Foki-ne a présenté sa démission en exigeant un «partage clair des pouvoirs entre le parlement et le gouvernement».EQUATEUR Élection ¦ Près de six millions d'électeurs équatoriens vont choisir aujourd'hui un nouveau président entre deux candidats de droite \u2014Sixto Duran Ballon.70 ans, et lairne Nebot Saadi, 45 ans\u2014 dç tempéraments radicalement opposés même si leur program mes; dè gouvernement restent très semblables.Dans la course à la présidence, l'architecte Sixto Duran du Parti de l'unité répuh\";caine fait d'ores et déjà figure deXavori. Sciences et technl B6 * LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 JUILLET 1992 LE FABULEUX DE LA GÉNÉTIQUE On fait maintenant des plantes dont les racines sont des patates et les fruits des tomates.On \"fait» aussi souris leucémiques de mère en fille.Des chercheurs dressent l'inventaire des gènes humains .et courent après les brevets.Gérer son patrimoine génétique ou bien le subir, telle est maintenant l'alternative.Une série de quatre articles sur la génétique, point de passage obligé de cette fin de siècle.TH IB AUDE AU Là où il n'y a pas de gènes CAROLE THIBAUDEAU jouter un gène, en masquer un autre, inhiber .celui-ci.modifier celui-là.on n'entend plus que cela de nos jours dans les grands congrès biomédicaux.La génétique moléculaire est devenue le grand jeu des chercheurs.Kl le traque la vie dans ses mécanismes les plus intimes, et promet une solution non seulement aux 4000 maladies humaines dites génétiques, mais aussi au cancer et à certaines maladies virales comme le sida.Mieux encore, la connaissance de notre carte génétique individuelle pourrait être au coeur d'une stratégie de prévention très fine, par laquelle tel ou tel individu connaîtrait sa prédisposition biologique à contracter.le diabète, la tuberculose, le cancer du poumon, etc.«Il y a dix ans, a peine un chercheur biomédical sur dix faisait de la génétique moléculaire, relate le docteur Henry friesen, president du Conseil de recherche médicale du Canada, l'organisme qui distribue les fonds de recherche.Ce ratio atteint maintenant sept sur dix.» Autrement dit.les chercheurs conservent des sujets d'intérêt différents, \u2014l'hypertension, le maladie d'Alzheimer.le sida \u2014, mais ils utilisent de plus en plus les mêmes outils expérimentaux, les mêmes approches moléculaires.lin plein coeur de cette ruée vers les genes: le se-quençage du génome humain, c'est-à-dire l'identification et la localisation de tous nos gènes \u2014 il y en a 100 000 environ\u2014, un vaste projet de trois milliards de dollars, auquel s'emploient plus de l scientifiques dans le monde.Parallèlement au défrichage d'un nouveau savoir, se profilent à l'horizon des espoirs nouveaux de gué-rison, que l'on n'aurait pas cru possible, il y a à peine dix ans.a pas de plaisir Le docteur Henry Friesen, président du Conseil de recherches médicales du Canada : « Nous sommes au huitième jour de la création.* À ce chapitre, une expérience de thérapie par l'insertion d'un nouveau gène est tentée aux États-unis, plus précisément chez le docteur lames Wilson, à Ann Arbour, au Michigan.Le médecin pratiquera cette technique ultra-avant-gardiste chez deux Québécois affectés d'un taux de cholestérol dramatiquement élevé ( ils souffrent d'hypcrcholestérolémie familiale, une maladie génétique deux fois plus fréquente au Québec qu'ailleurs).Ce n'est qu'un début, les 20 prochaines années seront celles de la génétique, clament sans hésitation tous les chercheurs du domaine.«Nous sommes au huitième jour de la creation ».renchérit le docteur Friesen.«L'étude de nos gènes est une plaque tournante de la biologie, une étape incontournable de l'histoire», conclue philosophiquement le scientifique français Claude Hélène, de passage à Montréal au début de juin.f est à peine croyable, mais notre corps \u2014 et dans une large mesure notre esprit et nos humeurs\u2014 sont le reflet et le produit de ces petits bouts de molécules tapis au coeur de chacune de nos cellules.Comment si petit peut-il contenir si grand?C'est simple, répond la Nature.11 suffit de coder l'information, au moyen d'unités de base réparties sur l'ADN.Mais qu'est-ce que l'ADN ?L'ADN est une longue molécule en formelle double spirale, tordue et pliée plusieurs fois sur elle-même.Une fois déroulée; il y en a pour un mètre dans chaque noyau cellulaire (un mètre en 46 segments, les 4b chromosomes).Dans tous le corps, cela fait six fois la distance entre la terre et le soleil (six fois 150 millions de kilomètres).Les bases ou nucleotides sont les unités constituantes de l'ADN, autrement dit les lettres de l'alphabet génétique.Il y en a quatre, que l'on désigne par A, C, G et T.Ces unités sont disposées par paires qui se font face, dans la double hélice.L'ordre de leur séquence exprime de façon codée toute l'information nécessaire à la construction d'un individu.Un gène est un segment de la molécule d'ADN, constitué d'une séquence de bases responsables de la transmission d'un caractère, comme la couleur des yeux ou une aptitude à éliminer le cholestérol.www wm* wm \u2022 m wm \u2022 w» ¦ ¦ v w ^0 m wjma w wma w ¦ m w ¦ wm wmw w» * wm) ¦ ¦ \u2022 Notre corps, notre esprit, nos humeurs, sont liés aux gènes mais notre Le langage de l'ADN est le même pour d'un individu.Le génome humain con- main, dont 3000 seulement seraient Dans les __________ .- \u2022 \u2022 \u2022 .It * I .\u2022 mW \u2022 a a - «a \u2022 m m mi m .m*m « mm Le langage de l'ADN est le même pour toutes les espèces vivantes.Un gène de grenouille peut très bien être le même chez l'humain et commander la fabrication de la même protéine.Un génome, c'est l'ensemble des gènes d'un individu.Le génome humain contient 3 milliards de paires de bases.Le projet «génome humain» consiste à recenser l'ensemble des gènes de l'être humain, et à identifier leur fonction.On compte 100 000 gènes sur le génome hu- La molécule d'ADN, en forme de double spirale, telle qu'élucidée par Watson et Crick en 1954.Chaque barreau de l'échelle est distancié de 3,4 Angstrom.(Pour trouer combien cela fait en mètres, il faut tasser à gauche la virgule, en ajoutant 9 zéro.) On compte pour un mètre d'ADN dans chaque cellule.main, dont 3000 seulement seraient identifiés.On dit qu'il faudra 3 milliards de dollars pour sequencer les 3 milliards de bases du génome humain.Signalons que seulement 5 p.cent de ces bases constituent des gènes, le reste de l'ADN n'ayant pas à ce jour de rôle connu.Il existe plus de 4000 maladies génétiques, c'est-à-dire attribuables à un gène défectueux ou à un chromosome en surnombre.Il suffit d'une seule base changée sur le gène, autrement dit d'une seule faute d'orthographe, pour causer une maladie et compromettre sérieusement la qualité de vie de l'individu, de même que la substitution d'une seule lettre par une autre, dans un mot, en change radicalement le sens.L'aventure de la génétique moléculaire commence en 1944, alors que les docteurs Avery, McLoed et McCarthy, du Rockefeller Institute, publient leur première communication sur le rôle de l'ADN.On savait depuis belle lurette que certaines maladies précises étaient plus fréquentes dans certaines familles, mais ce n'est qu'en 1865 que les lois de l'hérédité ont été découvertes, par Gregor Mendel, un botaniste autrichien qui pratiquait des croisements de petits pois lisses avec des petits pois ridés.En 1871, on découvre l'ADN dans du sperme de truite.Dans les années 1900, on connaissait les chromosomes, ces petits bâtonnets présents dans le noyau des cellules.On commençait à parler de gènes héréditaires, mais la définition même du gène a évolué.En 1943, Avery, McCarthy et MacLoed démontrent que l'ADN transmet les caractères chez les bactéries.En 1954, Watson et Crick décrivent la structure en double hélice de l'ADN.Quelques années plus tard, lacob et Mo-nod montrent l'existence de facteurs régulateurs de l'hérédité.Le rêve de pouvoir un jour manipuler les gènes, et par là même contrôler certaines maladies, se précise.Mais le moyen d'agir sur un gène, une structure de 1000 à 2000 bases imbriquée au sein de 3 milliards de bases \u2014comme un grain de farine dans une mer de spaghettis, un fil de chanvre dans un tas de cordage\u2014 parait encore, à cette époque, hors d'atteinte.Ce n'est que depuis la dernière décennie qu'on s'est mis à faire du génie génétique, c'est-à-dire couper l'ADN en segments et recombiner ces segments, autrement dit à prendre un gène sur une molécule d'ADN et à le transférer sur une autre, mieux encore, à construire des gènes par morceaux, à les «designer», pour une plus grande utilité, ces segments de molécules qui font moins d'un millième de millimètre chacun ! \u2022 Trois stratégies permettant d'agir sur l'expression d'un gène Il existe plusieurs stratégies pour agir sur l'expression d'un gène.En voici quelques-unes: la fermeture éclair, la triple hélice et le gène ajouté._¦_ FERMETURE ÉCLAIR OU STRATÉGIE ANTISENS La stratégie antisens consiste à utiliser un segment d'ARN (l'ARN est une copie de l'ADN qui sort du noyau cellulaire), synthétisé en laboratoire, segment qui se marie parfaitement à l'ARN que l'on veut inhiber, un peu comme l'autre moitié d'une fermeture éclair.Le segment d'ARN actif a un brin unique, et non pas deux brins tournés en forme de double hélice.En injectant le brin complémentaire dans la cellule, la double hélice se reforme et l'ARN messager devient inopérant.Simple comme bonjour! Et non toxique, par dessus le marché, comme le démontre une expérience réalisée par le docteur Paul Zamecnik, professeur de cancérologie clinique à l'Université Harvard, pionnier dans le domaine des nucleotides.Le docteur Zamecnik a injecté de grandes quantités d'ARN à des souris, et ces dernières ne présentaient aucun effet secondaire.Montréalais Prix Nobel Comme raffinement à la molécule antisens, on peut lui ajouter un ribozyme, c'est-à-dire un ARN capable d'en couper un autre.C'est un Montréalais d'origine, le docteur Sidney Altman, aujourd'hui à l'Université Yale, qui a démontré l'action coupante du ribozyme, ce qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 1989.La stratégie «antisens» a été utilisée maintes fois déjà, sur des végétaux : pour agir sur le mûrissement des fruits, sur la pigmentation des fleurs ( la compagnie Florigène de Hollande a ainsi créé des pétunias à fleur orange), sur la synthèse des amidons, etc.Pour les maladies humaines, nombre de chercheurs essaieront d'appliquer cette stratégie dès que l'avancement de la technique le permettra: en hypertension, pour le cancer, pour des maladies virales comme la grippe, le sida, l'herpès, etc.LA TRIPLE HÉLICE OU L'ANTI-GENE Outre la stratégie antisens, on peut aussi s'attaquer directement au gène, fait d'ADN, dans le noyau.On fabrique pour cela un «anti-gène», qui va masquer exactement un gène qu'on veut annuler.o L1 ADN, en forme de double spirale, est copié en ARN, lui-même un seul brin, formant une simple spirale L'ARN sort du noyau de la cellule o L'ARN est \"lu\" ou décodé' par une structure cellulaire nommée ribo-some.À partir des informa-lions décodées, le ribo-some fabrique une protéine PAROI DU \\ rFtnnc I \"., ; ^m&MÊmmwœs asmwm ! 8HH RIBÛSOMES Comment l'ADN commande la production d'une Infographie liPmsse Ce schéma illustre comment un gène contenu sous forme d'ADN dans le noyau commande la fabrication d'une protéine.À noter que l'ADN et l'ARN sont toutes deux des molécules portant une information génétique, l'ADN (acide désoxyribonucléique) étant la forme stable, et l'ARN (acide ribonucléique) la copie active, plus transitoire.(Cet anti-gène ne doit pas être confondu avec les antigènes, sans trait-d'union, protéines qui induisent la formation d'anticorps.) Contre le sida L'anti-gène pourrait être utile pour contrer le virus du sida, par exemple.C'est ce qu'on essaie de mettre au point dans le laboratoire du scientifique Claude Hélène, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.On sait que le virus de rimmunodéficicncc hu- maine s'introduit dans la cellule, copie son ARN en ADN et s'amalgame avec l'ADN propre à l'individu.Les 9000 paires de base du virus se fondent ainsi avec les trois milliards de paires de bases du génome humain.\u2022 La stratégie « anti-gène » déployée par le docteur Hélène consiste à fabriquer des séquences de bases qui se fixent de façon bien spécifique sur l'ADN du virus intégré au noyau de l'hôte.Cette séquence synthétique, dite «l'anti-gène», se colle exactement où on veut sur la double hélice \u2014 formant une triple hélice\u2014 ce qui masque l'ADN que l'on veut neutraliser.Toucher les quelques bases du virus parmi les trois milliards de bases, voilà qui mérite tout de même un coup de chapeau aux généticiens! In vitro, l'anti-gène du VIH se fixe bien au bon endroit.Mais on ne sait pas encore ce que cela donne chez un être vivant.«La vérification est d'autant plus difficile qu'il n'existe pas encore de bon modèle animal pouvant servir à l'expérience», commente le docteur Hélène.«Si on réussit à le faire in vivo, par exemple chez la souris, cela sera applicable à n'importe quel cène, y compris des gènes responsables du cancer», ajoute le scientifique.Vacciner par ADN On pourrait même penser vacciner au moyen d'ADN, affirme Claude Hélène.Il suffirait d'insérer dans une cellule un morceau d'ADN qui code pour une protéine d'un microorganisme, laquelle induira la production d'anticorps dans l'organisme, exactement comme le ferait le virus, la bactérie ou le vaccin.LE CÈNE AJOUTÉ OU THÉRAPIE CÉNIQUE_ Ajouter un gène, cela se fait déjà chez les plantes et les animaux.La compagnie Rhône-Poulenc, par exemple, a réussi par cette technique à mettre au point un tabac qui résiste aux pesticides.Cette stratégie consiste à ajouter carrément un gène à un patient atteint de maladie héréditaire.11 existe plusieurs façon de le faire, comme par exemple infecter les tissus du patient avec un virus manipulé de façon à contenir le gène souhaité.C'est à une telle opération que se soumettent cet été deux Québécois atteints d'hypercholestérolémie familiale, chez le docteur lames Wilson, de l'Université du Michigan à Ann Arbour.«|e ne croyais pas que cela se ferait de mon vivant, confie le docteur Paul Lupien, du Centre hospitalier de l'Université Laval, médecin de l'un des deux patients.C'est tellement révolutionnaire.Si ça marche \u2014 et }e crois que cela va marcher \u2014 cela va être extraordinaire.» On peut se servir aussi des adenovirus (même genre que le virus du rhume), pour introduire de nouveaux gènes dans les poumons.On pourrait même imaginer une thérapie génique par simple vaporisateur: le patient hume le virus modifié et le voilà infecté pour une bonne cause! DIMANCHE PROCHAIN: le projet «génome humain» et la médecine génétique à Montréal M LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 JUILLET 1992 \\ \"ii .,\u201e -,.\u201e.,»\u201e«\u2022¦-r., >^w.^ ¦¦r^r'- Aujourd'hui connu sous le nom de poste de transformation Wellington d Hydro-Quebec, le poste de transformation Royal Electric, rue Wellington, est un des beaux exemples d utilisation de l'architecture au profit de l'industrie.L'architecture industrielle du faubourg des Récollets guy pinard h a demolition des V Bi fortifications de .Montréal vers 1820 et l'ouverture du canal de Vl% Lachine en 1825 furent les deux grands responsables de l'industrialisation du faubourg des Ré-collcts.Situe du côté de la porte de Lachine des vieux murs, ce territoire conserva cette vocation pendant près d'un siècle et demi, avant de céder devant la modernisation des outillages et le déplacement d'industries vers des terres plus «fertiles» en terme de rentabilité.Le trajet proposé est en quelque sorte un pèlerinage dans 150 ans d'histoire, en même temps qu'une bonne leçon d'architecture industrielle et commerciale.Le faubourg des Récollets était jadis compris à l'intérieur d'un périmètre délimité par les rues McGill, Notre-Dame et des Seigneurs, ainsi que par le fleuve Saint-Laurent et le canal de Lachine, mais il a débordé vers l'ouest et le sud-ouest.¦ Edifice Dominion Guarantee (634, rue Saint-Jacques; Ross & Mac-Far ht ne, 1912) \u2014 Construit pour cette compagnie de systèmes d'alarme, l'édifice originel repose sur des assises en pierre de taille piquée et il est doté d'un revêtement de grès beige.Sa façade est d'inspiration toscane, avec fenêtres cintrées, clés de voûte et consoles à motifs floraux.À l'étage où on note une intéressante balustrade en pierre, les antes et les colonnes engagées à chapiteau composite encadrent des allèges en fonte.Un écu portant les lettres DGL (pour Dominion Guarantee Limited) interrompt la base des frontons.À l'époque .ou l'immeuble était occupé par le Syndicat international des marins canadiens, l'architecte P.H.Lapointea remplacé l'imposante corniche et le parapet de même type que la balustrade par deux étages de verre qu'il a disposés de biais par rapport au périmètre de l'édifice d'origine.¦ Édifice Claxton (649-651, rue Notre-Dame Ouest ; Alex C.Hutchison, 1874-75) \u2014 Le bâtiment porte le nom du grossiste en marchandises sèches T.James Claxton & Co.Le rez-de-chaussée de cet immeuble comprenant aussi un sous-sol et quatre étages était le plus riche en éléments architectoniques mais il fut massacré en 1958 lors de rénovations signées par les architectes Greenspoon, Freedlander & Dunne qui ont substitué une élévation unie en granit gris aux deux imposants portails d'entrée de style roman en pierre de taille bouchardée fin, avec archivolte profonde aux détails finement ciselées, digne des édifices les plus majestueux de Montréal.On a réservé le même sort aux colonnettes à chapiteau corinthien qui supportaient les arcs cintrés des fenêtres géminées, selon un vocabulaire similaire à celui du premier étage.À noter aussi l'imposante corniche avec ses deux area turcs, ses consoles et ses boutons de rose.¦ Édifice Charles Phillips (464, rue McGill ; William T.Thomas ( ?), 1870) \u2014 L'édifice porte le nom de son propriétaire originel qui ne le garda que pendant quelques mois puisqu'il fut vendu à son premier locataire, le bijoutier Robert Wilkes, dès septembre 1871.On attribue cet édifice à Thomas à cause de sa grande ressemblance avec un immeuble du voisinage que Thomas signa pour Savage, Lyman & Co.Là aussi, le rez-de-chaussée a été mutilé d'une manière sauvage en 1962, faisant ainsi disparaître l'arcature romane en pierre de taille grise similaire à celles des étages supérieures.L'ordonnance est parfaitement symétrique, et ces chapiteaux sont ioniques, corinthiens ou doriques selon le cas.L'édifice originel ne comptait qu'un sous-sol, un rez-de-chaussée et trois étages.Le dernier étage à fenêtres rectangulaires surmontées d'oeils-de-boeuf fut vraisemblablement ajouté en 1910, en remplacement d'une fausse-mansarde et de la corniche d'origine, et il se démarque bien du bâtiment d'origine.¦ Édifice Burland (460, rue McGill ; architecte inconnu, 1889) \u2014 Voisin de l'édifice Charles Phillips, l'édifice Burland doit son nom à George P.Burland, comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et trois étages et fut loué à la Bro-phy, Caines & Co.dès 1892.Sa façade est restée intacte, et son ordonnance 23 m.**** ^L^^êh - \u2014.- \u2022 \u2022-\".¦ m Z9t- ¦ Les entrepôts de William Bqsby Lambe parfaitement symétrique met l'accent sur le fenêtrage à arc surbaissé, qui s'inscrit dans des embrasures parfois hautes de deux étages, parfois de la largeur de deux fenêtres géminées.On remarquera également l'imposant motif diamant à la base des pilastres du rez-de-chaussée, le jointoiement profond des pierres du même étage, les minuscules colonnettes au deuxième étage, les boutons de rose qui ornent l'allège entre les premier et deuxième étages, et les motifs rectangulaires chanfreinés.¦ Dominion Block (400-408, rue McGill; architecte inconnu, 1867) \u2014 Cet ensemble de trois édifices de style Second Empire construits l'année de la Confédération canadienne (d'où sans doute son nom) pour trois propriétaires différents, Walter MacFarlane, lames Donnelly et Luke Moore, était doté jusqu'au début du XXe siècle d'une imposante mansarde avec deux couronnements bulbeux corniers surmontés d'une riche rambarde et d'un fronton arqué percé de trois fenêtres en son centre.Même s'il a été victime de deux incendies majeurs en 1963 et 1983, cet édifice comprenant un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et quatre étages (le quatrième commence en retrait par rapport à la rue) est riche en ornementation sculptée dans la pierre de taille.À surveiller plus particulièrement: le fenêtrage et les embrasures, cintrés ou surbaissés selon les étages, les colonnes et les pilastres rainures sur une partie de leur hauteur, les pilastres à faces multiples du rez-de-chaussée, les chapiteaux qui sont soit corinthiens, soit ioniques, les écus faisant office de clé de voûte, les meneaux en fonte, et les riches consoles de l'affreuse corniche, séparées par des besants dans l'édifice le plus à gauche de l'ensemble.¦ Édifice Massey (375-385, rue Duke; architecte inconnu, 1891) \u2014 Cet édifice en brique a été construit pour la Massey Manufacturing Co.Voilà un exemple très bien conservé de l'architecture industrielle de la fin du XIXe siècle.Sauf pour les assises et les seuils de fenêtres qui sont en pierre de taille, tout est en brique, l'ornementation se limitant aux différents motifs créés avec la brique, surtout à la partie supérieure de l'édifice, ainsi qu'à l'encorbellement de la corniche.On remarquera aussi que les travées proposent deux fenêtres rue Duke, et trois rue Saint-Paul.¦ Manufacture andrew Frederick Gault (351, rue Duke; Finley and Spence ( ?), 1900) \u2014 Construit pour le manufacturier de produits en textile Andrew Frederick Gault, cet édifice en brique est attribué aux architectes Finley and Spence à cause de ses nombreuses similitudes avec la manufacture Crescent que les deux hommes ont bâtie pour les frères Gault, rue de l'Inspecteur.À noter: l'entrée principale néoromane avec clé de voûte en pierre de taille, l'appareil de la brique qui imite les pierres rayonnante chanfreinée au L édifice Duke Investments rez-de-chaussée, la pierre bossée des assises et des seuils de fenêtre, et l'appareil d'inspiration romane pour le couronnement de l'édifice.¦ Édifice Duke Investments (297, rue Duke; architecte inconnu, 1927) \u2014 On sait peu de choses de cet étonnant petit bâtiment de style néo-roman édifié pour la société Duke Investments Limited et qui semble perdu dans ce quartier industriel.L'insertion de la porte de droite est originale.Les chapiteaux corinthiens, le bandeau de denti-cules et la fausse corniche à grosses den-ticules sont les éléments ornementaux de la façade de pierre blanche.Les experts maritimes Hayes Stuart sont les occupants actuels.¦ Ensemble de la New City Gas Company (172, rue Dalhousie: John Spiers, 1861 \u2014 141, rue Ann John Os-tell, 1859-1861) \u2014 Cet édifice et les autres compris dans le quadrilatère délimité par les rues Dalhousie, Ottawa, Ann et Wellington) forment un ensemble hélas en piètre état qui évoque la New City Gas Company Limited.Ces bâtiments sont en brique et dotés d'ar-catures aveugles, lesquelles suivent la pente du toit à pignon dans le mur sud du bâtiment de la rue Ann.Rue Ann, on remarquera aussi les assises en moellons de pierre qui vont jusqu'au premier plancher, ainsi que les contreforts à deux ressauts, sans doute requis par l'usage qu'on faisait de ce bâtiment, rempli de réservoirs de gaz.¦ La manufacture Gault Brothers (350, rue de l'Inspecteur; Finley & Spence, 1901) \u2014 Connu sous le nom de manufacture Crescent dès 1903, cet édifice propose une composition et une ordonnance similaires à celle de la manufacture Andrew Frederick Gault.L'entrée principale est assez remarquable.Les pierres bossées rayonnantes et chanfreinées encadrent l'embrasure cintrée mais épousent un arc ogival vers l'extérieur.Un bandeau de besants ceinture le périmètre de cette entrée, et des écus mobilisent les écoinçons, de chaque côté de la clé de voûte ornée d'une guirlande.¦ Confiserie Walter M.Looney (1015, rue William; architecte inconnu, 1905) \u2014 Édifice en brique construit pour la célèbre confiserie Walter M.Looney Co.of Canada.L'immeuble à six niveaux propose une architecture d'une simplicité désarmante et demeurée presque intacte, sauf peut-être pour cette porte à deux vantaux qu'on remarque au dernier étage.¦ Usine Drummond McCall (930, rue Wellington; F.C.Robb, 1923) \u2014 Avant l'agrandissement de 1981 commandé à l'architecte Nathan Schertzer par Paco Corp., et qui a défiguré l'édifice originel, ce dernier occupait tout le quadrilatère trapezoidal délimité par les rues Smith, Ann, Brennen et Dalhousie.Spécialisée dans la distribution de produits d'acier, la Drummond McCall and Co.a agrandi le bâtiment de part et d'autre de l'angle tronqué de sa façade alors située rue Smith, comprenant l'entrée principale inscrite au fond d'une embrasure à arc surbaissé, et qui se démarquait de l'édifice en brique rouge par son revêtement de béton peint en blanc.La partie qui comprend cinq étages abrite des bureaux et est couronnée par des créneaux.¦ Entrepôts de William Busby Lambe (731-739, rue de la Commune Ouest ; Hopkins, Law ford and Wilson, 1857) \u2014 Même amputé d'un étage et de son toit à pignon depuis sa construction, cet édifice demeure un des rares exemples d'entrepôts construits en pierre taillée, rue de la Commune, où les édifices étaient généralement en pierre de 319 RENDEZ- fi VOUS 92 1992.350- ANNiyE'RSAlRE DE LA I FOU) \\TIO\\ 1)1 : \\IO\\TRfi \\L I L'ensemble Dominion Block taille.Le bâtiment d'origine comprenait un sous-sol, un rez-de-chaussée, et trois étages, dont un sous les combles.La pierre taillée est disposée selon l'appareil écossais et les chaînes d'angle sont en pierre de taille.Les fenêtres géminées sont de type vcrnaculaire avec jambage, meneaux, seuils et linteaux en bois.La démolition de l'étage supérieur a également fait disparaître une «coquetterie», soit le fronton triangulaire en bois qui dissimulait le palan.¦ Magasin Law (730-736, rue Wellington, George Browne, 1857) \u2014 Merveilleusement bien conservé au plan architectural, cet édifice en pierre de taille de style roman fut construit pour le magasin de la maison d'importations Law, Young & Co.Au début des années 1890, cet édifice fut vendu à la Royal Electric.On remarquera plus particulièrement la manière dont l'architecte a utilisé les arcs pour les ouvertures (cintrés au rez-de-chaussée et au deuxième étage, surbaissés au premier), et la manière dont il a utilise la pierre.Une seule fenêtre est surmontée d'un fronton (incidemment arqué), ce qui surprend.Les angles sont accentués par des chaînes de pierres chanfreinées.Les consoles de la corniche sont groupées, et le nombre des groupes varie de deux à cinq (on remarque même une console isolée).Le recouvrement en tôle à baguettes rectangulaires de la mansarde ne paraît pas d'époque.Il existe certaines petites différences qui permettent de croire que la partie de droite ne date pas de la même époque que la partie de gauche.Ainsi, on observera que les corniches ne sont pas parfaitement alignées et que la chaîne d'angle est inexistante à l'extrémité de la façade.¦ Poste de transformation Royal Electric (733, rue Wellington ; architecte inconnu, 1902) \u2014 Les qualités architecturales de cet édifice à vocation industrielle sont aussi nombreuses qu'intéressantes, même si les seuls éléments ornementaux sont dus à l'appareil de la brique, sauf pour de rares recours à la pierre artificielle blanche.Les dimensions, la volumétrie et la rythmique des arcades sont autant d'atouts qui nous font regretter de ne pas connaître l'architecte.La travée centrale est délimitée par des contreforts jumelés aux arcs en plein cintre, elle est couronnée d'un fronton à arc surbaissé encadré de deux volutes et est tout particulièrement remarquable pour son immense oculus d'inspiration religieuse, surmontée d'une imposante clé de voûte à volute.À noter aussi les contreforts à deux ressauts et les deux consoles de la corniche peu proéminente, de chaque côté de la travée centrale.¦ Fonderie Darling Brothers (140, rue Prince; architecte inconnu, 1909) PHOTOS LUC-SIMON PERRAULT.La Prêts* \u2014 Cet édifice en brique qui longe la rue Ottawa abrite les bureaux d'un imposant complexe industriel aujourd'hui connu sous le nom de Darling Duro Itce.On notera plus particulièrement l'appareil de la brique et les piliers à deux ressauts.¦ Fonderie Ives and Allen (261.rue Queen ; Alexander C.Hutchison, .1872) \u2014 Cet édifice est le plus intéressant de ce qui était jadis un complexe industriel propriété de la Ives and Allen , Co., spécialisée dans les produits en fonte.On ne s'étonnera donc pas de voir que les pilastres doriques de la fa-\" çade sont en fonte.Les pleins de cet édi-.fice très éclairé se limitent aux allèges en brique sous les grandes parois vitrées.La corniche est aussi intéressante.La fonderie Ives and Allen ¦ Entrepôt Terminal (20-50, rue des Soeurs-Grises; Marchand et Haskell, 1906) \u2014 Ce bâtiment en brique a été construit en deux temps pour la Termi* nal Warehousing and Cartage Co.La partie la plus au nord représente le seul édifice à caractère industriel dessiné par Jean-Omer Marchand, et on reconnaît l'influence du style Beaux-arts à l'usage des bandeaux de pierre pour délimiter les niveaux.Le fenêtrage et l'appareil de la brique du couronnement ne manquent pas d'intérêt.Quant à la partie sud, elle fut construite en 1930 par Atlas Construction selon des plans de l'architecte John Scho field.! SOURCES: Communauté urbaine de Montreal.Service de la planification du territoire: Répertoire d architecture traditionnelle \u2022 architecture industrielle: Répertoire d architecture traditionnelle - Les magasins et les cinemas.Repertoire d architecture traditionnelle - Les édifices a bureaux, et documents divers \u2014 Ministère des affaires culturelles: Relevés et etudes des ensembles historiques de la Ville de Montreal.REPÈRES ?i * Nom : architecture industrielle du faubourg des Récollets.Métro : station Square-Victoria.Le texte original de ces articles est offert sous forme de livres (4 tomes) par les Éditions La Presse et par les Editions du Méridien, sous le titre Montreal, son histoire, son architecture.Renseignements: Guy Pinard, au 285-7070. Robert Prévost MONTRÉAL IA FOLLE ENTREPRIS MONTRÉAL EN PETE \u2014 37 \u2014 La religion réformée s'enracine Le premier gouverneur du district de Montréal sous le nouveau régime, Thomas Gage, estimait que l'une des principales préoccupations des Montréalais, au lendemain de la capitulation, était l'implantation d'une religion autre que la leur.Des pasteurs anglicans accompagnaient les troupes d'Amherst.L'un d'eux, le R.P.John Ogilvie, était le chapelain du Royal American Régiment.Il avait assisté les soldats pendant le siège de Québec.Amherst lui confia la direction spirituelle des anglicans maintenant fixés dans la ville, et, six jours après la capitulation, soit le 14 septembre 1760, il célébrait le premier service protestant, dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu.L'hôpital regorgeait de soldats blessés, et les religieuses soignaient avec la même attention les militaires des deux camps, ce qu'Amherst apprécia fort, car il les complimenta sur leur courtoisie et leur dévouement.Elles offrirent au général quelques bouteilles de sirop d'érable et des fruits et légumes provenant de leur jardin.La supérieure, soeur Catherine Martel, reçut aussitôt un mot de lui, accompagné d'une bourse bien garnie.« l'ose vous prier de vouloir me permettre de présenter à la communauté, didait-il, une couple de cent de gros écus, avec deux douzaines de vin de Madère.Ce ne sont que des erres (arrhes) du bien que je veux à une société aussi respectable que celle du Monastère de Saint-Joseph de l'Hôtel-Dieu de Montréal, qui peut compter de la part de la nation britannique sur la môme protection dont elle a joui sous la domination française.» En accueillant le R.P.Ogilvie, les hospitalières suivaient en cela l'exemple des ursulines de Québec, car c'est dans leur chapelle, 14 jours après la bataille des plaines d'Abraham, soit le 27 septembre 175V* que fut célébré le premier service anglican en reconnaissance de la victoire remportée par les Anglais.Revenons à Montréal où, à partir de juin 1761, la congrégation anglicane tint ses réunions en l'église des récollcts.Le R.P.Ogilvie fut nommé desservant de la Trinity Church de New York en 1764.En cette même année, lames Murray, gouverneur de la province, émettait une ordonnance sur l'observance du dimanche.«Tous les tenanciers de maisons publiques à Québec, Montréal et aux Trois-Rivières doivent fermer leurs portes pendant le service divin.Toute personne âgée de plus de 12 ans qui s'absentera pendant trois mois des services religieux paiera une amende de cinq shillings.» En 1765, l'Église anglicane décida de nommer des pasteurs francophones dans les trois villes, avec l'espoir, dit-on, de rapprocher les Canadiens de la couronne.À Montréal, le ministre titulaire Samuel Bennet fut remplacé par le R.P.David Chabrand Delisle, qui officia pendant 28 ans.Mais la formule fut mal reçue: certains y voyaient le recours à la religion à des fins politiques.Nous n'avons mentionné jusqu'ici que les anglicans.Les autres dénominations protestantes ne s'établirent à Montréal que plus tard.À Québec, le premier pasteur presbytérien fut le chapelain du régiment des Fraser's Highlan-ders, le R.P.Robert Macpherson, qui, dès 1759, célébra un service religieux à la suite de la prise de Québec, puis, l'un de ses collègues, le R.P.George Henry, mit sur pied une congrégation qui se réunissait au collège des jésuites.Les presbytériens de Montréal attendirent leur premier pasteur pendant 20 ans; le R.P.|ohn Bcthune s'y fixa en 1786.Dès l'année suivante lui succédait le R.P.|ohn Young, venu des États-Unis.Celui-ci réunissait ses fidèles dans l'église des récollets.Ceux-ci refusèrent toute compensation monétaire, et le ministre leur fit porter deux barriques de vin d'Espagne et une boite de chandelles en témoignage de gratitude.Dès 1792, les presbytériens inauguraient leur propre église, rue Saint-Gabriel.Pour leur part, les méthodistes n'eurent de véritable congrégation, à Montréal, qu'au début du XIXe siècle, alors que le R.P.loseph Sawyer tint les premières réunions de cette congrégation rue Saint-Sulpice, à l'ombre de l'église Notre-Dame.En 1821, les méthodistes inauguraient leur propre église, rue Saint-lacques, et leur première chapelle devint une salle de lecture.Trois autres églises s'ouvrirent au cours des 20 années suivantes.La première église congrégationniste de Montréal fut inaugurée en 1833, rue Saint-Maurice.Elle résultait de l'action de la Canada Education and Home Missionary Society, fondée quatre ans plus tôt par Henry Wilkes.Montréal compta jusqu'à sept églises appartenant à cette dénomination, mais la.plupart d'entre elles devaient s'incorporer à l'Eglise Unie.En 1832, on avait tente d'établir celle-ci, mais sans succès, notamment à cause de la terrible épidémie survenue cette année-là, puis des événements de 1837-1838.Une deuxième tentative, en 1841, connut un meilleur sort.La congrégation eut bientôt sa propre église, côte du Beavcr Hall, là où s'élevait auparavant le manoir de Benjamin Frobisher, l'un des magnats de la célèbre Compagnie du Nord-Ouest.7» Mère d'Youville récita Tv Dfum au plus fori ili* l;i conflagration
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