La presse, 12 juillet 1992, Cahier A
[" La météo Aujourd'hui: ensoleillé, se couvrant par la suite.Minimum 15* Maximum 24' Demain: généralement nuageux avec quelques averses.DÉTAILS CAHIER SPORTS ROMAN POLICIER Ces anglaises, dignes héritières , 'if VU àtha et de P.D.James.Page Cl 640 Ri >\u2022 131518 23 26 46 gf| 101227 30 38 39 40 10175, AV.PAPIHEAU, MONTRÉAL 381-3987 MONTREAL, DIMANCHE 12 JUILLET 1992 108e ANNÉE N° 256 50 PAGES, a CAHIERS Abitibi-Temiscamingue: 55 cents îles de La Madeleine 1 00 Extérieur de la ville de Quebec (Region est) 65 cents A domicile par porteurs : 60 cents Routes motorisées 70 cents 50e Taxes en sus Bonjour ! La personnalité de la semaine 3 David Samuel Sports $2rs£*.Sommaire Addition crohéts.w;*» Annonces classées .V ImmobJlter.B9 à B11;.C&r marchanda.___C9 et C10 eifloloès.~.C*10 automobiles-C10 et CTf proposttkww d\"affaires.OÎ2 Bandes dessinées.B12 Décès.C11 Etes-vous observateur?.89 Feuilleton.B11 Horoscope.B10 Le bridge.C10 Le monde.B4 Livres.Cahier C Arts crt spectacles.C5 à C8 ^^^^*hocjiêr^$.C7 Loteries._______________A4 «Mot mystère»_____________C9 Sciences.\u2014._______.B5 Cahier sports Foglla au Tour.S5 La grande grille de l'été dans le cahier Sports Trois Casques bleus du 22e bravent un tireur MARIE-FRANCE LÉGER Au risque de leur vie, trois militaires québécois appartenant au 1er Bataillon du Royal 22e Régiment ont sauvé des civils pris pour cible par un tireur embusqué, hier, en plein centre-ville de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, Le capitaine Guy Bélisle, 25 ans, de Sherbrooke, le sergent Mario Forest, de Saint-Paul-du-Nord, et le caporal Stéphane Leduc, de Buckingham, ont rescapé deux femmes blessées qui gisaient sur le trottoir pendant que les balles sifflaient à leurs oreilles.Us n'ont pas pu secourir à temps deux autres personnes, qui sont mortes pratiquement sous leurs yeux.«Ça vaut la peine de risquer sa vie.C'est un travail qu'il faut accomplir», a dit le capitaine Bélisle, joint par La Presse, à Sarajevo.Leur exploit, qui a été filmé par un cameraman tout aussi courageux, a été diffusé sur les réseaux de télévision, notamment à TVA.11 était une heure du matin pour le capitaine Bélisle quand il a raconté les détails de cette éprouvante aventure.Deux véhicules militaires se dirigeaient en début d'après-midi vers la «Présidence», quartier général du commandement de la défense de la ville.Guy Bélisle se trouvait dans le premier véhicule.11 accompagnait un officier haut gradé au quartier général.Derrière eux, Mario Forest et Stéphane Leduc suivaient dans la voiture d'escorte.Tout d'un coup, un soldat bosniaque leur a fait signe de ralentir car un tireur embusqué terrorisait le voisinage.Les militaires canadiens étaient alors à environ 25 mètres des quatre civils couchés sur le trottoir.Le militaire bosniaque leur a demandé de l'aide.L'officier a alors demandé à Guy Bélisle d'aller évacuer les civils.«l'ai pris le commandement.Les quatre personnes étaient dans une zone to- VOIR CASQUES EN A 2 la recrue rencontre le vétéran ! Marc Carneau et Julie Payette à la base militaire de Rockliffe, en banlieue d'Ottawa.«C'est sûr.c'est auelau'un de très PHOTO MICHEL GRAVEL L.i Presse MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA Julie Payette, première Québécoise candidate astronaute, est assise dans son bureau entre un vélo de course fluorescent et les photos de chats mélomanes qu'elle a accrochées aux murs.Marc Garneau, premier Canadien à s'être promené dans l'espace, entre dans la pièce.\u2014 Vous connaissez Julie?\u2014 Mais oui, j'étais membre du comité de sélection, répond M.Garneau.\u2014 Alors, dites-nous M.Garneau, est-ce que Julie va être la meilleure parmi les futurs astronautes?Très diplomate, il refuse de répondre.«Ilssont tous bons», dit-il en faisant un clin d'oeil.\u2014 Et vous Julie, Marc Garneau est-il votre idole?Pendant que Garneau maugrée un «bon voyons», comme si c'était la question la plus ridicule qu'il ait jamais entendue, Julie arbore un grand sourire et répond le plus sérieusement du monde.«C'est sûr que le premier Canadien qui est allé dans l'espace c'est quelqu'un d'assez spécial! Moi, comme tout le monde, quand j'ai rencontré M.Garneau pour la première fois j'étais très dépassée, très impressionnée», explique la jeune ingénieur en informatique âgée de 28 ans.Montréalaise, elle a été choisie au début de juin pour faire partie du petit groupe de Canadiens qui ont de bonnes chances de participer à des vols dans l'espace d'ici quelques années, dans le cadre de la collaboration canadienne aux expéditions spatiales américaines.L'astronaute ainsi honoré rougit un peu et regarde par la fenêtre de la baraque tristounette année 1940, qui sert actuellement de logis à l'Agence spatiale canadienne, à la base militaire de Rockliffe, dans la banlieue d'Ottawa.Mais Marc Garneau, cet ingénieur de 43 ans qui a été le premier Canadien à faire un voyage dans l'espace en 1984, ne fera pas le grand frère de Julie Payette au programme spatial canadien.Il part en effet la semaine prochaine pour Houston, aux États-Unis, où il a été choisi pour subir un entraînement spécial, en compagnie d'un autre candidat astronaute recruté au début de juin, en VOIR RECRUE EN A 2 La Roumanie découvre le Québec par le biais du cinéma LUC PERREAULT La Presse A BUCAREST f aéroport déglingué d'Otopeni donne tout de suite l'heure juste.On dirait qu'un bombardement vient de ravager l'aérogare.Comme on l'apprendra par la suite, cette première impression correspond à peu près à ce qui s'est en fait passé.La Roumanie vit des lendemains de révolution difficiles.Mais les pénuries de toutes sortes et les difficultés économiques n'ont pas émoussé la faculté d'émerveillement de la population de Bucarest.Ces jours-ci, elle découvrait par le biais du cinéma l'existence du Québec.Comme ce peuple latin a conservé une affection toute particulière pour la langue française qui est encore apprise par le tiers des écoliers, ce fut un choc.Ce fut un choc mutuel, aussi bien pour la délégation québécoise invitée là-bas que pour les cinéphiles roumains venus assister à cette rétrospective.Lors de la conférence de presse donnant le signal d'envoi, le 3 juillet, trois cinéastes \u2014Gilles Carie, Jean-Claude Labrecque et Roger Cantin \u2014 exposaient dans ses grandes lignes l'aventure du cinéma québécois depuis les années soixante.«On est condamné à l'originalité mais personne n'en veut», résuma Gilles Carie.À ses côtés, Chloé Sainte-Marie, la vedette de ses derniers films, et l'acteur Germain Houde.Trois critiques représentant les principaux quotidiens de Montréal complétaient la délégation ainsi que Léo Bonneville, le directeur de la revue Séquences sous l'égide de laquelle se tenait cette rétrospective.«Les Roumains sont très francophiles», explique Michel Buruiana, l'instigateur de cette rétrospective.«Ils forment une masse de 23 millions dans une mer slave, à peu près comme le Québec noyé dans une mer anglophone.J'ai organisé cette rétrospective pour des raisons sentimentales.Je suis d'origine roumaine.J'ai été très fier l'automne dernier de montrer au Québec mes racines roumaines avec la rétrospective de films roumains.En retour, je trouvais très logique d'aller parler du Québec là-bas.Je suis très fier d'aller leur présenter ma nouvelle culture.Us n'ont jamais vu de films québécois.» Même si la voix du traducteur enterrait le dialogue (une pratique courante dans les pays de l'Est), le film choisi pour ouvrir la rétrospective, Jésus de Montréal, a été vivement applaudi, ce qui n'est pas très courant à Bucarest, nous a-t-on signalé.Un autre titre de gloire d'Arcand, Le Déclin de l'empire américain, figurait au programme.Labrecque, de son côté, présentait trois de ses longs métrages ( Le frère André, L'affaire Coffin et Les vautours) ainsi que plusieurs courts métrages.De Carie, on pouvait voir quatre longs métrages: La Postière, La Vie heureuse de Leopold Z, Les Mâles et La Vraie Nature de Bernadette, sans compter quelques documentaires.Plusieurs fleurons du cinéma québécois complétaient cette série dont un film de Jutra, Mon oncle Antoine, un autre de Beaudin, J.-A.Martin, photographe.Buruiana avait tenu à inclure quelques films de McLaren, depuis toujours appréciés par les Roumains.Quant à la nouvelle génération, elle était représentée par Cantin et son Assassin jouait du trombone.La liste noire La Cinémathèque roumaine possède deux salles.On y est loin des standards de confort et de projection nord-américains.Mais on y apprécie tout de même les grands classiques.Son directeur, Savel VOIR ROUMANIE EN A 2 SOT»» « t»T, ® HEHBl BOM RASSIT 2400 sans ,ra,s 1-800, »»» 1992 A 2 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 12 JUILLET 1992 Les « affaires » politiques : la justice tourne au jeu de massacre LOUIS B.ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS L e «petit juge» d'instruction Renaud Van Ruymbeke, 39 ans, est désormais assuré de la célébrité en France.El.au train où vont les choses, on se demande s'il n'est pas sur le point de provoquer un tremblement de terre politico-judiciaire en France.Charge des «affaires» (financement illégal de partis politiques), il a déjà des dossiers \u2014très avancés\u2014 sur une dizaine d'élus socialistes.D'autres, moins avances, où apparaissent les noms.de Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, etc.Il y a trois jours Le Monde annonçait comme imminente l'inculpation.du president de l'Assemblée nationale, I lenri Emmanuelli, ancien trésorier du PS.Laquelle inculpation ne lui a toujours pas été officiellement signifiée mais le résultat est le même.M.Van Ruymbeke est un magistrat pas tout a fait banal.En 1979 \u2014à 26 ans! \u2014 il inculpait Robert Boulin, l'un des principaux ministres de Giscard d'Estaing, pour avoir reçu en cadeau un terrain près de Saint-Tropez.Quelques jours plus tard, Boulin se suicidait.Inutile de dire que Van Ruymbeke était alors considérée comme un dangereux gauchiste.Et que le ministère de la Justice le soumit à une enquête administrative en règle.Sans résultat.Le 15 janvier dernier, coup d'éclat encore plus spectaculaire.Parti de Rennes \u2014 où il est basé \u2014, le juge, son greffier et deux gendarmes, se livrent à une perquisition en règle au siège du Parti so- SUITE DE LA UNE cialiste à Paris, et en repartent avec dix cartons de documents.Le parti du président et du gouvernement! Coïncidence bizarre, cela se passe quelques heures à peine après la passation des pouvoirs entre l'ancien et le nouveau patron du PS, MM.Pierre Mauroy et Laurent Fabius \u2014 deux anciens premiers ministres.jeudi dernier, nouvelle bombe.Le spécialiste des dossiers chauds au Monde, Edwy Pleynel, publie la nouvelle de l'inculpation imminente (par Ruymbeke) du président de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, intime de Mitterrand et numéro trois de l'État.Nouvelle coïncidence: cette révélation (confirmée par Le Point d'hier) éclate la veille même.du congrès extraordinaire du PS à Bordeaux, destiné à préparer la bataille des législatives de mars 1993.Pour couronner le tout, cette manchette du Monde fera la manchette de toutes les télés et radios.mais ne sera jamais vue à Paris, le journal étant bloqué à l'imprimerie suite à une grève surprise des livreurs.Ça ne fait qu'une coïncidence de plus.La fuite concernant l'inculpation de M.Emmanuelli date de mercredi ou jeudi.Mais d'inculpation de fait, pas de trace pour l'instant : sans rien démentir, le juge Ruymbeke a annoncé qu'il partait en vacances jusqu'au mois d'août.Le résultat est le même: depuis jeudi, le président Emmanuelli est considéré comme tel.«On vient d'inventer la préinculpation par voie de presse», décla-re-t-il, pendant que le congrès socialiste de Bordeaux lui fait une ovation debout.Ce dernier épisode intervient après les inculpations récentes de deux célébrités de la politique: le financier-ministre Bernard Tapie, obligé de démissionner en juin du ministère de la PARIS FRANCE Ville; le député-maire de Fréjus, et candidat (de droite) à l'élection présidentielle, François Léotard, lequel, il y a huit jours, prenait lui-même l'initiative de démissionner de tous ses mandats électifs.Dans les cas de MM.Tapie et Léo-tard, accusés en gros de malversation ou d'ingérence (à prouver), il s'agit au départ de différends d'ordre privé, et on retrouve en face d'eux des accusateurs qui ont carrément porté pluinte.Il est ici question d'enrichissement personnel.Henri Emmanuelli, lui, n'est «menacé» d'inculpation qu'en tant qu'ancien trésorier du PS, et en relation avec les dossiers en cours.Il y a cependant un point commun aux trois affaires: les inculpations ont été «annoncées» par les médias avant d'être effectivement signifiées par le juge d'instruction.Et tous les médias ont alors agi comme si l'inculpation était prononcée.Avec l'effet que l'on peut imaginer sur l'opinion publique.Le système français d'instruction \u2014 où le terme épouvantable d'inculpation joue un rôle central\u2014 était déjà considéré, par une majorité de spécialistes, comme parfaitement archaïque et dangereux.«Un système médiéval et absurde, et qui est en train de s'emballer complètement», disait vendredi Me Soulcz-Larivière, qui a beaucoup écrit sur la question.Le juge d'instruction, en effet, joue deux rôles en même temps.Il mène l'investigation, qui devrait être du ressort de la police et du procureur.Il exerce les fonctions de juridiction, décide des mises en détention et de la tenue des procès.L'autre problème, c'est que le terme d'inculpation intervient \u2014dans le bureau du juge\u2014 alors qu'on est encore au stade de l'investigation.L'inculpé français serait plutôt un simple témoin à ce stade en droit anglo-saxon.Et pour l'opinion française, bien entendu, un «inculpé» est un présumé coupable, puisque, on le sait, il n'y a pas de fumée sans feu.Cette recherche de la vérité risque donc de tourner au jeu de massacre si on se met à inculper le tiers des députés français.D'autant plus que, non seulement le soi-disant secret de l'instruction, jamais vraiment respecté, est tourné en ridicule, les journaux annonçant l'inculpation avant même qu'elle ait lieu.Code de procédure pénale sous le bras, les «petits juges» ont commencé, depuis deux ou trois ans, à «inculper» les responsables politiques, mais en frappant de plus en plus haut et de plus en plus fréquemment.Une multiplication des «affaires» qui n'est peut-être pas sans rapport avec l'atmosphère de fin de régime (socialiste) que l'on sent dans le pays.De même que, justement, l'affaire Boulin en 1979 est intervenue au moment où le régime giscardien commençait à s'essoufler très sérieusement.Les risques d'un emballement généralisé de la machine judiciaire \u2014à mesure qu'on se rapproche des législatives \u2014 sont d'autant plus grands que, depuis des temps immémoriaux, le monde politique français vivait pratiquement sans règles définies, et donc le plus souvent dans l'illégalité totale: \u2014 TOUS les partis politiques impor- tants se finançaient à même des contributions passant le plus souvent par des « bureaux d'études » gérant les gros contrats des mairies importantes.Les «con-tributeurs» réglant à ces bureaux des fausses factures qu'ils pouvaient ensuite mettre dans leur chiffre d'affaires.Une loi d'( auto )-amnistie votée par le Parlement a remis les compteurs à zéro à la date de juin 1989.En principe ces illégalités n'existent plus depuis la loi de financement des partis de début 1991.Mais les pratiques étaient tellement généralisées que les juges peuvent aisément trouver des transactions échappant à l'amnistie.Et donc inculper un nombre impressionnant d'hommes politiques.L'enrichissement personnel échappe totalement à l'amnistie.Quatre maires de grandes villes tombent sous le coup de ce genre d'accusations \u2014et pour des sommes impressionnantes.Mais où commence l'enrichissement, dans un pays et un milieu où l'on a les idées «larges».L'ancien premier ministre Raymond Barre se vit reprocher en son temps d'avoir acheté à un prix très très bas un terrain à Saint-Jean-Cap-Ferrat (accusation identique pour Léotard).Un loyer dérisoire à Paris pour un appartement somptueux ne constitue-t-il pas un cadeau?Et un luxueux voyage de 15 jours au soleil pour un député ou un président de commission?La vraie-fausse inculpation de M.Emmanuelli indique sans l'ombre d'un doute que les manoeuvres politiques pour les élections ont commencé.Elle met en lumière l'urgente nécessité de moderniser le système juridiciaire.Et celle de fixer des règles du jeu précises pour le monde politique.Mais cela prend du temps.En attendant, tout le monde se demande jusqu'où dérapera le jeu de massacre.CASQUES Trois Casques bleus du 22e bravent un tireur talement à découvert.Nous avons commencé à nous approcher jusqu'à environ cinq mètres», a expliqué le capitaine.Ils ont stoppé le véhicule.Pendant que le caporal Leduc laissait tourner le moteur, le capitaine Béiisle a demandé au sergent Forest «d'aller les chercher physiquement».Les deux femmes blessées criaient.Les balles continuaient à siffler, «l'ai sorti mon arme pour le couvrir.)e ne m'attendais pas à une réaction aussi vive du sergent.Il a commencé à ramper dans leur direction.» Les militaires ont alors compris que deux des civils étaient déjà morts.Le sergent Forest a d'abord rescapé une femme blessée à la jambe.Il a eu plus de mal à tirer vers lui la deuxième qui semblait avoir une balle dans le ventre.«le n'ai pas eu à tirer.)e ne voyais pas la personne embusquée», a précisé Guy Béiisle.Le caporal Leduc a ensuite déployé une rampe conduisant au véhicule pour mettre les femmes à l'abri.Peu après, les militaires se sont mis en route vers l'hôpital.Le capitaine Béiisle est basé à Lahr, en Allemagne.Il est marié et père de deux petites filles.«Le 15 octobre, nous retournons en Allemagne.Parfois, c'est difficile.Tous les jours, on est confronté à l'artillerie et aux tirs de mortier.Mais ca vaut la peine, surtout quand je vois des personnes agees, des femmes et des enfants aux prises avec la faim ou la maladie», a-t-il souligné.Miraculeusement, aucun des trois militaires n'a été blessé.«Vous savez que le cameraman pleurait quand il a filmé la scène?C'était quelque chose», a dit pour sa part le capitaine Doug Martin, de Halifax.Il rappelle que les trois hommes ont eu plus de chance que le caporal Dennis Bernard Reid, 27 ans, du Royal Canadian Regiment, dont le pied a été emporté par une mine.11 a été évacué vers l'Allemagne.«Il a perdu son pied à cause d'une mine probablement perdue ou oubliée par les milices musulmanes», a déclaré le capitaine Martin, de Halifax, visiblement très heureux de parler à quelqu'un au Canada.?RECRUE Ouand la recrue rencontre le vétéran même temps que Julie Payette.Ils se reverront sûrement plus tard, mais pour le moment, ils ne travailleront pas ensemble puisque Mme Payette reste à Ottawa.M.Garneau n'a pas d'instructions spéciales à laisser à sa jeune collègue en partant, hormis quelques bons conseils.Continuer à s'amuser dans la vie, et «ne pas se prendre trop au sérieux.J'ai compris ça il y a quelques années», dit-il.Et il insiste aussi sur la patience qui est nécessaire dans ce métier, où les années d'entraînement et de travail au sol sont longues et ardues avant d'en arriver aux quelques jours de mission dans l'espace, le moment le plus satisfaisant de tous.La conversation continue, les deux ingénieurs sont relax, font des petites blagues, l'astronaute chevronné ajoute son grain de sagesse aux réponses enthousiastes de la jeune femme.\u2014 Si l'entraînement prend tant de temps et d'énergie, est-ce qu'on peut avoir des enfants quand on est astronaute?\u2014 Mais oui, tous les autres candidats astronautes qui ont été recrutés en même temps que moi ont des enfants, réplique Julie Payette tout de go.\u2014 Un instant, rétorque M.Garneau, ce sont leurs femmes qui ont eu des enfants.Mais, continue-t-il, il y a aussi moyen pour les femmes d'avoir des enfants, une astronaute américaine en a eu un récemment.La jeune femme insiste.Oui on peut avoir des enfants, La Quotidienne tirage d'hier à trois chiffres à quatre chiffres 966 9284 (\"abonnement Ile service des abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7h a 17HS0 I rédaction > promotion I comptabilité * Grandes annonces Annonces classées 285-6911 285-7070 285-7100 285-6892 285-6900 annonces classées Commandes ou corrections s lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h30 285-7111 grandes annonces 1 Détaillants 285-7202 National, Tété* 285-7306 Vacances.Voyages 285-7265 Carrières et professions, nom Inatlons I LA PRESSE est publiée par LA PRESSE.LTEE.7.rue Saint-Jacques.Montreal H2Y1K9.Seule la I I Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de LA PRESSE et celles des I ¦ services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations ¦ I particulières à LA PRESSE sont également réservés « Courner de la deuxième classe \u2014 | Enregistrement: numéro 1400» Port de retour garanti., (USPS003692) ChampUin N.Y.12919-1518.J RENSEIGNEMENTS 285-7272 j mais il faut beaucoup d'organisation et un bon appui de la part de l'Agence spatiale canadienne.Moi, dit-elle, je ne compte pas avoir d'enfant tout de suite parce ce n'est pas dans mes plans immédiats, je n'ai pas changé mes plans pour ça, explique la future astronaute, qui, de toute évidence, est de celles qui n'ont pas l'intention de sacrifier la carrière aux enfants, mais qui n'ont pas l'intention non plus de sacrifier les enfants pour la carrière.Une jeune femme qui croit aussi qu'il y a encore du travail à faire pour l'avancement de ses soeurs dans la société.En effet, quand on lui demande si elle compte se servir de sa notoriété nouvellement acquise pour lancer des appels de nature politique, comme l'a fait Roberta Bon-dar au milieu des célébrations du 125e anniversaire de la Confédération, Julie répond d'emblée que si un jour elle se sert d'une tribune, ce sera pour parler aux femmes.«C'est sûr qu'on devient par la force des choses une personnalité publique qu'on le veuille ou non.Et il y a moyen d'avoir un impact sur certaines causes.Il y en a certaines, moi, que j'aimerais pouvoir promouvoir.Comme l'éducation, particulièrement l'éducation scientifique.Et puis j'aimerais faire de la promotion auprès des jeunes filles, pour les encourager à s'aventurer dans des carrières non traditionnelles.L'intervention auprès des jeunes femmes, ça m'intéresse plus que l'intervention politique », dit-elle.Mme Payette a d'ailleurs déjà commencé ce genre de travail puisqu'elle est porte-parole de la campagne organisée par l'Université de Toronto pour convaincre les jeunes femmes de faire des études en génie.\u2014 Et vous, M.Garneau, ça vous tente parfois d'en lancer des messages politiques?\u2014 Mettons que c'est mieux que je me taise, répond-il en riant.Mais pour l'instant, Julie a surtout envie de se plonger par-dessus la tète dans son nouveau travail, qui consiste actuellement à suivre des cours de géologie, d'astronomie, d'océanographie, de premiers soins, pour n'en nommer que quelques-uns.Ses journées comptent aussi des périodes d'entraînement physiques, comme des exercices en apesanteur.Mais tout cela vient de commencer, elle ne peut donc expliquer en détails de quoi aura l'air la vie d'une candidate astronaute.« Les gens me posent toutes sortes de questions auxquelles je n'ai pas de réponse», dit-elle.Car ces questions, il n'y a pas que les journalistes qui les lui posent, il y aussi la famille, les amis, les gens de la rue, qui veulent tout savoir.i i I DIMANCHE j 12 JUILLET 1992 28-7-01 I I I _l «En fait, dit-elle, je n'en reviens pas comment les gens se sont intéressés à moi.Au Québec, c'est devenu une histoire de famille, comme si j'étais un peu la cousine ou la nièce.J'ai été estomaquée de voir comment tout le monde était content.Ça a rejailli sur tous.Ça m'a beaucoup touchée», explique-t-elle.En fait, ce qui l'a le plus émue, c'est que des tas de gens ont dit qu'ils iraient en Floride pour voir le lancement de la navette, le jour où elle partirait.Ça la fait rire.« Je sais que la famille va être là et tous les amis, et puis les trois quarts des Québécois sont en Floride.Mais la NASA n'avait peut-être pas prévu que quand ils enverront une Québécoise dans l'espace ils devront mettre des gradins supplémentaires.Tout le Québec va descendre!» En tout cas Marc Garneau, lui.sera sûrement là.?ROUMANIE La Roumanie découvre le Ouébec par le biais du cinéma Stiopul, oui dirige également les archives du cinéma roumain, parle avec enthousiasme du cinéma québécois.«Le frère André, confiait-il au lendemain de la projection, a fait des ravages.Labrecque est un cinéaste-né.Quel style! En sortant de ces films, ajoute-t-il avec une sincérité évidente, tout le monde dit: voilà des chefs-d'oeuvre qu'on ne nous avait pas encore montrés.» Stiopul a fait partie de cette fâcheuse liste noire qui a décimé le cinéma roumain pendant le règne t_yrannique de Nicolae Ceaucescu.A son crédit, 22 longs métrages et quelque 200 courts métrages (en bonne partie alimentaires, préci-se-t-il).Cinéaste prolifique, donc, jusqu'à ce que ses trois ou quatre derniers films restent sur les tablettes, victimes de la censure.«Ce fut atroce, rappelle-t-il.On faisait passer le film deux ou trois fois dans un festival et après, plus rien.On ne pouvait même pas en discuter avec le public.Tout ce que visaient les responsables, c'était de démontrer qu'il ne fallait plus me confier un film.Pour en faire un, j'ai dû attendre quatre ans; pour un autre, deux ans.» Son nom avait toutefois réussi à percer sur la scène internationale grâce à Pierre-Henri Deleau qui, en 1982, sélectionnait La Phalanstère pour faire partie de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.Hélas ce film est resté interdit en Roumanie jusqu'après la révolution du 21 décembre 1989.Stiopul qui compte bientôt se remettre à la réalisation d'un long métrage caresse un projet avec son homologue de la Cinémathèque québécoise, Robert Daudelin.11 s'agit d'une rétrospective du documentaire roumain qui se déroulerait, si tout va bien, en octobre.«On va y découvrir toute l'histoire du cinéma roumain, précise Stiopul, depuis qu'on a inventé le cinéma.» Au total, une trentaine de titres dont certains documents absolument incroyables destinés à assurer jusque sur les écrans des salles de cinéma la présence de l'ex-dictateur, aussi célèbre que Dracula.Les plus jeunes à Bucarest se souviennent avec horreur de ces séances de cinéma qui commençaient par l'inévitable documentaire en hommage à Ceaucescu.On le voyait, par exemple, dirigeant un chantier de construction, donnant des ordres comme s'il avait été lui-même le chef du chantier.Des films qui duraient jusqu'à une heure et demie.Sans compter la télévision : sur les deux heures de diffusion quotidienne d'une chaîne roumaine.au moins 110 minutes d'antenne lui étaient consacrées.«Notre malchance avec Ceaucescu, me confiera un autre réli-sateur censuré, c'est qu'il aimait le cinéma.Il tenait à visionner les films roumains chaque semaine, le samedi.Par contre, il ne mettait jamais les pieds au théâtre.Probablement parce qu'il ne supportait pas qu'un autre que lui reçoive des applaudissements.» Des films desequipes Andrei Blaier, l'auteur de ces propos, raconte une anecdote à propos des goûts de Ceaucescu en matière de cinéma: «Il aimait le cinéma où apparaissaient des femmes déshabillées.Un jour, comme j'avais la réputation de bien connaître ce qui se faisait au cinéma parce que je fréquentais les festivals, un général de son entourage m'avait chargé de lui repérer des films que, dans le langage militaire qu'il utilisait, on pourrait traduire par 'déséqui-pés'.Ça donne une idée de ce qu'il voyait.» Blaier confirme qu'au cours des dernières années du règne de Ceaucescu, sur une production annuelle de 20 longs métrages, cinq documentaires devaient faire la promotion du grand timonier des Carpathes.«Certains, précise-t-il, refusaient de les tourner, mais d'autres pas.» Lui-même était tombé en disgrâce il y a une dizaine d'années en tournant un film qui témoignait en faveur de la contraception.«J'ai bien vu alors qu'il était fâché contre moi.» Sa série plus récente tournée pour la télévision est restée inachevée, lusqu'à sept millions de Roumains se pressaient chaque semaine devant leur téléviseur pour en suivre les 37 épisodes qui retraçaient la vie dans ce pays depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.La série fut toutefois interrompue après le 34e épisode.Entre-temps, elle avait été fortement censurée.«Ce fut pour moi le début d'une vie inimaginable, se remémore Blaier.Je me souviens d'une projection où étaient réunis les plus grands dirigeants du pays, à l'exception de Ceaucescu.Ils étaient arrivés dans 22 voitures noires.Chacun avait exigé des coupures.Même aujourd'hui, je ne sais pas si cette série existe encore.Le prochain film que Blaier compte tourner à titre de réalisateur portera sur un autre sujet tabou, la prostitution, inexistante en Roumanie, officiellement.Blaier racontera justement l'histoire d'une maison close détruite sur l'ordre des autorités communistes en 1945.« Je veux montrer comment cette maison a été détruite par la force.En fait, les communistes s'y sont pris avec la prostitution comme ils l'ont fait pour le reste, que ce soit sur le plan de l'économie, dans le domaine de l'agriculture, etc.La Roumanie était l'un des pays d'Europe les plus riches avant la Deuxième Guerre.Avec l'arrivée des communistes, les prostituées ont été dispersées à travers tout le pays.Pour moi, le communiste, c'est comme la prostitution.C'est une sorte de sida, pour employer une métaphore plus au goût du jour.» Malgré la fin de la dictature, les cauchemars ne sont pas terminés pour autant pour lui.Chaque jour, en rentrant chez lui, pendant une heure, il reçoit jusqu'à cent appels anonymes.«Ce sont des nostalgiques de Ceaucescu.D'autres sont fâchés contre moi.II y a aussi des fous.Vous savez, il y a des gens qui viennent fleurir la tombe de Ceaucescu.Vous ne pouvez pas vous imaginer quelles sortes de choses il a faites.Nous n'avions pas le droit de parler, même entre amis.Pour ce qui est des étrangers.Il mérite la mort qu'il a ; eue.» Blaier se souvient de l'accueil qu'il avait obtenu à Montréal en 1967 en venant présenter son premier long métrage.Les Matins d'un enfant sage.Cette réception chaleureuse, il dit la devoir à Rock Demers qui était à l'époque à la téte du F1FM.Avec sa maison de production, Solaris, il vient de produire Hôtel de luxe, dernier film de Dan Pita, le directeur du Centre national de la cinematographic et ministre du cinéma roumain.?La route a déjà fait six morts ¦ Depuis vendredi soir, six personnes sont mortes dans des accidents de la route au Québec.À Saint-Pie-de-Bagot, en fin de journée vendredi, un horrible accident a coûté la vie à trois personnes.Yves Lacroix, 18 ans, de Saint-Pie-de-Bagot, est une des trois victimes.Les deux autres, dont un enfant de 4 ans, n'ont pas été formellement identifiées car les corps ont été retrouvés calcinés à l'intérieur d'un des deux véhicules.Tout indique que c'est lors d'un dépassement, sur la route 235, que la collision frontale s'est produite.Dans la région de Chicoutimi, près du lac des Commissaires, un accident de la route impliquant quatre véhicules a fait un mort et trois blessés.Peu après minuit, hier matin, un pick-up aurait foncé sur une roulotte stationnée en sens inverse sur la route 155.Le pick-up a capoté, pris feu et deux autres véhicules sont rentrés dedans.Le conducteur du pick-up, Hugues Martel, 20 ans, du Lac-Saint-Jean, est mort sur le coup.À l'Ile d'Orléans, un automobiliste de Sainte-Famille a perdu la vie sur la route 368 lorsqu'un véhicule, qui venait en sens inverse, a raté une courbe.En tentant de.l'éviter, l'homme est allé percuter un arbre.L'accident s'est produit à Saint-Jean, en face du 1165, rue Royale.L'identité de la victime ne pouvait pas encore être révélée; hier.A Saint-Casimir-de-Portneuf,' dans la région de Québec, un piéton a été mortellement happé par un véhicule vers 4h 15 mer ma-*; tin, sur la route 354.L'identité de!j la victime de 21 ans n'a pas été révélée hier soir.D'autre part, un ouvrier de 29 ans a perdu la vie quand un mur de l'immeuble qu'il s'apprêtait à démolir, rue Saint-Vallier à Que-' bec, avec un de ses collègues s'est effrondré sur lui.?< PARLEC *%T COMMUNICATIONS L,tLZ> BOUQUINISTES À MONTRÉAL SUR LES QUAIS DU VIEUX-PORT, DU 11 AU 26 JUILLET 1992 de 11 h à 23 h \"Si \u2022t'A m un 30 éditeurs, libraires, antiquaires du livre des plus réputés à Montréal se retrouveront au Vieux-Port pour y recréer l'atmosphère des célèbres bouquinistes parisiens.Kl :7|V: LE VIEUX-PORT DE MONTRÉAL* ¦ I AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE L«t Presse \u2022lu LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 12 JUILLET 1992 \u2022 \u2022 A 3 En bref 25 000 personnes au dow-wow de Kahnawaké SAISIE DE CANNABIS ¦ Les policiers de la Sûreté du Quebec de l'Escouade du crime organisé de la section de lolictte, ont effectué une saisie de stupéfiants vendredi après-midi.C'est vers lb h 15 qu'ils se sont rendus à Saint-Charles Borommé, au 1025 Visitation, pour y trouver 270 plants de marijuana.La valeur approximative de cette drogue est de 27 000 $.Des produits et de l'équipement servant à cette culture ont aussi été trouvés.Deux hommes âgés de 32 et 33 ans sont incarcérés et comparaîtrons lundi.DÉLIT DE FUITE ¦ Une femme de 32 ans originaire de Grand-mère, Gisèle Biais, a été mortellement frappée vendredi soir par un chauffard qui a pris la fuite.L'accident est survenu vers 20 h 45 face au 1970 50e avenue, à Sainte Flore, près de Grand-Mère.Mme Biais marchait en bordure de la route en compagnie d'une amie lorsqu'elle a été frappée.Grâce à la description du véhicule fournie par des témoins du drame, la Sûreté du Québec de l'Escouade des crimes majeurs du district de la Mauri-cic, assistés de leurs confrères de Grand-Mère, ont rapidement intercepté le suspect.INFO-CRIME ¦ Les enquêteurs de la police de la Communauté urbaine de Montréal poursuivent leurs investigations pour retrouver la trace d'une femme qui a agressé une autre femme à proximité du guichet automatique de la Caisse populaire Sault-au-Récollet, située 1805, boulevard Henri-Bourassa est.L'incident s'est produit le 6 avril dernier.La victime s'est fait arracher son porte-monnaie par une inconnue qui lui a asséné un coup de poing à la figure devant sa résistance à l'agression.L'assaillante est âgée d'environ 30 ans.Elle mesure approximativement I.b8m et pèse quelque 45 kg.Elle a les yeux bruns et les cheveux bruns.Elle s'exprimait en français.La police de la CUM invite toute personne pouvant fournir des renseignements sur cette agression à les communiquer à Info-Crime à 393-1133.KARIM BE MESS AIE ¦ La vengeance a été douce au coeur de l'Indien.Deux ans jour pour jour après le début de la crise amérindienne, 25 000 personnes se sont réunies hier à Kahnawaké pour fêter le «pow-wow d'une nation fière».Une manière traditionnelle de savourer une victoire bien récente.De tous les coins de l'Amérique du Nord, des Amérindiens et quelques Blancs sont venus assister à un déferlement de couleurs et de plumes, bouffer des hot-dogs, du blé d'Inde et des buffalo-burgers.«|e vais dans des Pow-Wow depuis que je suis bébé», confie une petite Mohawk de l'Arizona, Lisa.Sous un soleil brûlant, quelques dizaines de danseurs se démènent sur des rythmes ances-traux.Ici et là, on aperçoit des parures de plumes, tout à fait comme celles que les méchants chefs Indiens portaient dans les westerns.Mais pour les parents qui amènent toute leur famille, leur signification n'a rien de caricatural.«La tradition, c'est ce qu'on a de plus important, affirme Gill Little Bear, un imposant danseur de 6'2» tout bariolé.Mes enfants parlent le Mohawk, et quand ar- Delsun Moore, 4 ans, est venue de Windsor avec ses parents pour participer au powwow de Kahnawaké.Plus de 25 000 personnes, selon les organisateurs, auraient assisté hier à la fête.PHOTO ROBERT SKINNER.U Presse rive le pow-wow, ils sont les premiers â vouloir participer».Tintin en Amérique Pour la première fois de leur vie, quelques Blancs ont pu entendre les «vrais» chants rituels.Le rythme est saccadé, très prenant, tandis que des chanteurs gueulent à pleins poumons des mélopées déchirantes.«C'est très impressionant, a constaté George Wincer, un Blanc de l'Ontario.Ce n'est pas vraiment folklorique, c'est plutôt.religieux.On s'attend presque à voir la pluie tomber!» Ils étaient plusieurs dizaines de Blancs, hier, à assister à l'événement.Par curiosité, parce qu'on leur avait conseillé d'aller voir cette attraction touristique, ou par sympathie.«Si les Québécois se tenaieni debout comme les Mohawks.», soupire Michel, un Français installé au Québec depuis 22 ans.Il se dit «fasciné» par la culture amérindienne, «bien vivante malgré tout ce que les gens pensent».Ouand le hasard.Les organisateurs insistent: le pow-wow n'a rien de politique, et ne sert en aucun cas à fêter les événements de l'été 90.«Prenez ça comme une féte populaire, une occasion de voir nos frères de toute l'Amérique, affirme (oe Norton, chef du Conseil de bande de Kahnawaké.On peut aussi montrer nos traditions à nos enfants et aux Blancs qui le veulent».On aurait donc choisi le 11 juillet par pure coïncidence?Bien sûr que non, répond un organisateur qui préfère garder l'anonymat.«C'est depuis ce moment (le Il juillet 1990) qu'on tient compte de ce que nous voulons.Ce jour, pour nous, il est toujours marqué d'une croix».Pour Michel, qui affirme détenir l'information de «personnes très haut placées», les Mohawks ont savouré hier leur victoire sur «l'impérialisme du maire d'Oka».^Mais l'acquittement récent de 34 Mohawks, et la susceptibilité des habitants des environs, auraient fait en sorte que l'on a pas joué cette carte «trop fort».Une altercation avec des policiers mène un homme en cure fermée BRUNO BISSON CILLES MARCOTTE ¦ Un résident de la paroisse de Saint-Canut, à Mirabel, est coupé du monde depuis jeudi dans l'aile psychiatrique de l'Hôtel-Dieu de Saint-|érôme, à la suite d'une altercation avec deux policiers de Mirabel.Charles Paquette, 33 ans, qui souffre de maniaco-dépression, a été interné, mercredi, et ne peut plus voir sa femme, ou même lui parler, depuis trois jours, en vertu d'une ordonnance de la Cour, émise sur recommandation d'un psychiatre de l'Hôtel-Dieu, appuyée par le témoignage d'un membre du service de police de Mirabel.C'est une longue suite d'incidents désagréables, de revers de fortune, d'interprétations er-ronnées et de gestes de harcèlement, accumulés depuis un vol survenu chez M.Paquette, en mai, et qui se sont entrecroisés d'une manière inextricable, qui ont culminé en une violente dispute sur la route 158, près du domicile de M.Paquette, alors que deux policiers ont arrêté l'homme de 33 ans.Quelques minutes plus tôt, M.Paquette avait sommé M.Bernard Bousseau, directeur du service de police de Mirabel, d'agir pour mettre fin à une série d'actes d'intimidation dont sa famille était la victime, depuis le vol du 23 mai.«Si vous ne voulez rien faire, c'est moi qui va s'en occuper», a crié M.Paquette au directeur Bousseau, avant de sortir de chez lui avec un couteau de pèche à peine aiguisé, pour se rendre chez une tierce personne qu'il soupçonne d'avoir commis ce vol.Intervention Quatre policiers sont alors intervenus pour le calmer et selon la femme de M.Paquette, Mme Diane Corbin, ces derniers auraient usé d'une force excessive pour calmer son mari.Ce dernier avait pourtant déjà abandonné son couteau et avait déjà pris place dans la voiture de sa femme pour retourner chez lui, en proie à une tension nerveuse insoutenable pro- voquée par des émotions contradictoires incontrôlables.Le commissaire à la déontologie policière du Québec a déjà été saisi d'une plainte de la part de Mme Corbin et entendra les deux policiers soupçonnés d'avoir battu M.Paquette, lundi, a confirmé à La Presse le directeur du service de police.En raison de l'enquête en cours, le directeur Bousseau n'a pas voulu commenter l'incident en question, mais a confirmé la longue suite d'événements qui devaient y mener, où la maladie du premier intéressé semble avoir joué un rôle primordial.Cette triste histoire a commencé le 23 mai, vers minuit, alors que le couple Corbin-Pa-quette rentrait d'une visite à des parents vivant à l'extérieur de Saint-Canut.Ils ont alors réalisé que des voleurs s'étaient introduits dans la maison et s'était emparé de biens dont la valeur a été plus estimée à près de 12 000$.L'incident a profondément perturbé M.Paquette qui, dans une déclaration faite à sa compagnie d'assurances, s'est trompé sur la provenance de certains biens disparus, dont une photocopieuse et un télécopieur.En se trompant de numéro de modèle, notamment, M.Paquette a été soupçonné d'avoir tenté de tromper son assureur qui a unilatéralement résilié la police d'assurances et a refusé d'indemniser le couple.Une correction M.Paquette a alors corrigé sa déclaration par affidavit mais l'expert en sinistre chargé d'enquêter sur le vol a maintenu ses soupçons.Le refus de la compagnie d'assurances d'indemniser le couple doit faire l'objet d'un procès civil dans les prochains mois.La première déclaration de M.Paquette a toutefois donné lieu à une enquête policière pour tentative de fraude.contre M.Paquette.Cette enquête est toujours en cours.À cet imbroglio juridico-policier s'est toutefois greffé une série d'appels anonymes et de ges-,tes d'intimidation commis contre M.Paquette, sa femme Diane et la fille de cette demie- +1» V .'.\u20227 \u2022\"\u2022 #W»»** - - * .s-V-;-.\u2022 » - -.* .- * * v .v .\u2022\u2022 \\ VA t.» Après trois jours d'incertitude, Mme Corbin ne veut plus qu'une chose: pouvoir parler à son mari, en cure fermée depuis mercredi.PHOTOS LUC SIMON PERRAULT Lê Presse re, par un individu, connu des policiers de la région et vers qui semblaient converger toutes les pistes, relativement au vol du 23 mai.Mercredi dernier, cet individu peu recommandablc a profité de l'absence de M.Paquette et Mme Corbin pour loger un autre appel anonyme à leur domicile.L'appel reçu par la fille de Mme Corbin a affolé M.Paquette qui s'est alors tourné vers le directeur de la police de Mirabel pour le sommer d'arrêter l'individu.Dans les minutes qui ont suivi, en raison des menaces faites par M.Paquette, le directeur lançait un appel à son person- nel pour signaler que le pauvre homme marchait sur la route 158, armé d'un couteau.Le récit des événements qui ont suivi, fait par Mme Corbin, semble indiquer que les policiers auraient été brutaux, ce que le directeur Bousseau a fortement mis en doute.Le directeur a toutefois confirmé qu'un enquêteur du service a contribué, par son témoignage, à l'obtention d'une ordonnance de la Cour pour faire internée M.Paquette, en cure fermée, pour une période d'un mois.Mme Corbin compte s'adresser aux tribunaux, dès demain, pour faire casser cette ordon- nance, affirmant que l'état mental dans lequel se trouvait son mari, au moment de son arrestation, n'en était pas un de crise incontrôlable.La maniaco-dépression est une affection mentale chronique dite bipolaire en raison des états d'extrême euphorie et de dépression profonde dans laquelle elle peut plonger une personne, à tour de rôle, dans des intervalles très rapprochés.Cette maladie peut toutefois être traitée au lithium, avec peu de chance de rechute, en stabilisant l'équilibre affectif de la personne traitée.Ce qui est le cas de M.Paquette depuis plus d'un an.L'attente est longue à N.-D.-du- Bon-Conseil MARIE-FRANCE LÉGER ¦ L'affaissement jeudi soir d'un pont en rénovation enjambant la rivière Nicolet sur l'autoroute 20, à hauteur de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, a causé une telle commotion dans le secteur \u2014 un ouvrier y a perdu la vie \u2014 que les curieux ont continué d'affluer toute la journée hier, provoquant un nouvel embouteillage de plusieurs kilomètres.À Test de Drummondville, les véhicules ne pouvaient pas dépasser à certains moments les 5 kilomètres à l'heure.Des attentes allant de quelques minutes à deux heures ont même été enregistrées.«L'accident a amené beaucoup de curieux.Ça a provoqué des bouchons sur plusieurs kilomètres.On a été obligé d'envoyer des équipes du ministère pour inciter les automobilistes à prendre les sorties précédentes», a indiqué Claude Touchette, porte-parole du ministère des Transports.M.Touchette a invité les usagers de l'autoroute lean Lesage (A 20), qui transitent entre Montréal et Québec, à emprunter plutôt l'autoroute Rive-Nord (A 40).La rénovation de cette portion de l'autoroute 20, a-t-il aussi rappelé, doit durer encore 13 semaines.«Il vaudrait mieux que les automobilistes prennent le plus possible la 40 jusqu'à la fin de l'été.Avant l'affaissement du pont, il y avait déjà une voie à contresens.Mais là, ce n'est plus possible.» En effet, le gros débit de circulation avec le début des vacances de la construction fait en sorte que même le chemin de détour est saturé.Transports Québec recommande donc aux usagers de la route d'éviter le secteur et de s'informer des autres parcours aux numéros suivants: Montréal (514) 873-4040, Québec (418) 528-1616, Trois-Rivières (819) 371-6161.Pour les abonnés du Bell Cellulaire (sans frais) composez \u2022route ou *road.VAGUE DE RABAIS AU NOUVEAU VIEUX-PORT.Découpez ces coupons et présentez-les au guichet de l'activité.Non monnayables.2 pour 1 2 vélos pour le prix d'un ou 1 tandem à moitié prix Du lundi au vendredi jusqu'au 31 juillet.Vélo Aventure i 5-07 i 2 pour 1 Une croisière gratuite à lâchât d un billet adulte au prix régulier.Tour 1: 12 h 30 tous les jours Tour 2: 14 h 30 lundi au vendredi 19 h 00 tous les jours Valide jusqu'au 12 octobre 842-3871 Croisières du port 5-07 î LE VIEUX-PORT DE MONTRÉAL A4 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 12 JUILLET 1992 Montréal en ville i Café-souvenir JOHANNE MERCIER collaboration spéciale caucoup de restaurante succombent à l'emprise tentacu-laire de la recession; beaucoup d'autres la défient.Ainsi, depuis quelques mois à Montréal, les petits restos tombent comme des mouches et d'autres poussent comme des champignons.Sorte de méli-mélo animal-végétal (mouches.champignons.vous me suivez?).Le Cafe souvenir, rue Bernard, fait partie de la catégorie champignons.Bien qu'il loge à une adresse où la restauration est une tradition, l'endroit est nouveau, le me suis retrouvée un midi sur sa terrasse, après avoir hésite entre quelques établissements du coin.Le menu et ses bas prix m'ont convaincue d'opter pour le Café-souvenir.« Non.rien de rien, non je ne regrette rien.* Un menu qui mêle celui du bistro traditionnel, assaisonne de quelques influences mexicaines.Plat retenu: fondant d'avocat sur pain grillé.Une belle variante pour l'amateur d'avocat, dont je suis.Au dessert, un autre plat fondant, combien plus calorique: un gâteau fromage punîmes cannelle.Moi qui ne jurn»s que par les gateaux fromage île chez Franni, j'ai commis là une infidélité consentie.Finie In monogamie! LA MAGIE, CA S'APPREND ¦ Michel le magicien vous fasci- nait?L'Oncle Tom vous éblouissait?Alain Choquettc vous dépasse?David Copperfield vous rend fou?Ces performances provoquent chez vous une insomnie galopante a force de vouloir les rationaliser?Ou au contraire \\ous les occultez, faute de pouvoir y trouver quelque logique?Rassure/.-vous.tout s'explique.Derrière chaque magicien, chaque prestidigitateur se cache un truc ou une habileté manuelle exceptionnelle.Ft beaucoup d'entrainement.Si comme David Copperfield, vous rêvez de pouvoir passer un crayon à travers un dollar sans l'endommager (le dollar), c'est pas sorcier.Le truc se trouve sur les tablettes d'une toute petite boutique.Magie Marcis% 471 rue de Bienville, où l'on vend tout l'arsenal du parfait magicien ( des dés et jeux de cartes truqués jusqu'à la corde qui change de couleur) et où l'on donne aussi des cours de magie pour debu-tants et professionnels.Bourbon Street sur Main Non, le jazz ne quitte pas Montreal ce soir, enfin pas tout a fait.Me promenant au Festival de jazz la semaine dernière, j'ai lorgne du côte de la rue Saint-Laurent où, entre un cinema à écran en peau de fesses et des hot-dogs bien indigestes, j'ai ete éblouie par le New-Orleans.Je me proposais d'y prendre une bouchée; on m'a appris que la cuisine n'ouvrait que dans quelques jours (c'est maintenant chose faite, on s'en reparle.).Mais le decor.Oh! là, là!: Bourbon Street sur la Main, faut le faire.Et faut le voir.Spectacle de jazz le soir a 21 heures, festival OU pas.photo denis COURviue.u Prnse BRUNCH D'EPOQUE ¦ Un problème d'espace nous a empêches de publier la semaine dernière quelques précisions sur le menu du brunch d'époque do-mi tiical.propose par le restaurant tournant de l'hôtel Radisson Gouverneurs Montreal à l'occasion du 350*.Les voici.Ce menu spécial comporte donc selon les dimanches du saumon et de la truite fumés, un immense cuissot de boeuf comme dans le temps, du bannique (nom indien: pagwabji) ce pain indien qui ne moisit jamais, de la soupe de moutarde sauvage aux poissons, du ragoût de lièvre, du dindon sauvage aux bleuets, du lièvre coureur des bois aux champignons sauvages, des fruits de mer mic mac.Il y a bien sûr quelques compromis: tout ce qui était cuit dans les cendres à l'époque l'est aujourd'hui en pa pi I lotte et l'huile de porc-épic.aussi introuvable chez Métro que chez Provigo, a été remplacée par l'huile de tournesol.MOBILES SUSPENDUS ¦ Est-ce parce qu'à ma campagne, le rotin fait bon ménage avec le paysage que mon imagination galope et entrevoit même le retour du patchouli?J'exagère, soit.Mais qu'importe: les meubles en rotin me séduisent ces jours-ci.C'est leur quête qui m'a amenée récemment chez Pier 1 Import, l'ancien Import Bazar où.comme le rappelait un ami, tu pouvais te meubler un salon pour 50$, il y a vingt ans.Faut dire que le coussin était souvent préféré au sofa.le n'ai pas trouvé ce que je cherchais chez Pier Import.Mais j'y ai déniché une foule de petits trésors dont de nombreux mobiles suspendus, d'inspiration orientale, qui apportent une touche d'originalité à nos décors et un agréable tintement sous la caresse d'un courant d'air.( Pier I Import: 6809, rue St-Hubert).FLASH EN VILLE! ¦ La Roulotte célèbre cette année son 40e anniversaire avec un spectacle intitulé «La goutte enchantée», pour petits et grands.Sa grande tournée à travers les parcs de la ville s'arrête demain a 19 heures au parc (oseph-Paré, angle Beau-bien et 43e avenue.PHOTO ROntRT NADON Là Pre*** Sa majesté Ma grenouËÊËe Le nom de l'entreprise, \"100% grenouille», fait tourner les tètes.Leurs tee-shirts aussi.Particulièrement ce modèle, criant d'actualité, où l'on peut voir un dollar souverain, avec une grenouille a la place de sa Majesté.Fabrique en double tricot, sans teinture, collet tricote.Creation Francois Labrie.Aussi dans la même veine: kangourou, veston et chandail.(100% grenouille: 371 est, rue Roy).Les maires de Montréal ï MONTRÉAL EN FÊTE Laporte échoue dans sa tentative de municipaliser le gaz CLAUDE V MARSOLAIS Lors de la campagne électorale municipale de 1904, La Presse, appuyé en grande partie par La Patrie, se lança corps et âme dans la lutte pour l'abolition des trusts qui contrôlaient le gaz, l'électricité et les tramways de Montréal dont elle accuse les propriétaires (les Forget, Dandurand et Holt) d'exploiter le peuple en pratiquant des tarifs injustifiés.Le journal de Berthiaume s'opposa à la prolongation du contrat des tramways et à la prolongation du contrat de la Montreal Light.Heat and Power pour la fourniture du gaz et demandera la nationalisation du port de Montréal et la municipalisation des services publics.«La municipalisation de services publics est la grande préoccupation du jour; les bénéfices considérables réalisés par les compagnies qui les possède ont ouvert les yeux du public, bien décidé à devenir propriétaire d'exploitations qui font la fortune de certains spéculateurs», écrivait La Presse dans son édition du 23 janvier 1904.Son candidat est tout trouvé.Il s'agit d'Hormidas Laporte qui a été recruté dans le mouvement réformiste par l'industriel et philanthrope Herbert Brown Ames dès 1895 et qui se fit élire échevin dès 1897, devenant bientôt l'âme dirigeante du groupe réformiste chez les francophones.Il sera élu pour un mandat de deux ans avec une majorité écrasante de plus de 12000 voix contre Ucal-Henri Dandurand, le candidat des trusts.Le principal objectif du mouvement réformiste est d'éliminer la machine politique mise sur pied par Préfontaine et d'assainir les finances municipales en ralentissant le rythme des dépenses publiques et en éliminant le patronage et la corruption à l'Hôtel de ville.Concrètement, cela devait signifier que les emprunts de la ville soient offerts publiquement et accordés au plus offrant et que les contrats civiques soient soumis â la concurrence de tous les citoyens qui payent les taxes, et soient accordés au plus bas soumissionnaire responsable et digne de confiance.Enfin, que la fonction publique municipale devienne plus efficace et compétente, que l'on cesse l'achat des -jobs» comme cela se pratiquait quand les amis de Préfontaire contrôlaient la Ville.Les réformistes parviendront dès 1900 à démanteler la machine politique de Préfonlaine en faisant élire 16 candidats sur 34 et en prenant sans difficulté le con- Hormidas Laporte, 1904 à 1906.trôle des postes clés.Laporte présidera ainsi le comité des Finances et exercera un contrôle étroit sur le trésor municipal tandis que Ames à la tète du comité d'hygiène entreprendra une action vigoureuse pour renforcer les mesures de santé publique.Toutefois, avec la disparition de Préfontaine à la mairie en 1902, le mouvement réformiste s'essouffle et des divergences se font jour quand des échevins cherchent à défendre les intérêts spécifiques de leur quartier, notamment les besoins en matière de voirie en cette période de croissance urbaine rapide.Selon l'historien Michel Gau-vin, les réformistes commettent deux erreurs: ils se trompent en croyant que l'élection des candidats plus honnêtes et d'hommes d'affaires fera disparaître une activité politique centrée sur les quartiers et cherchant à répondre aux besoins des électeurs locaux; ils se fourvoient également en associant trop étroitement dépenses publiques et corruption et en voulant combattre celle-ci par un freinage de celles-là.Une autre erreur de perspective du mouvement réformiste est de ne pas avoir été en mesure d'élargir sa base militante en faisant modifier la Charte de la ville pour éliminer les qualifications foncières ce qui aurait permis ainsi à des ouvriers de pouvoir se porter candidats.Le Congrès du travail de Montréal avait en 1904 formulé des revendications comme la réduction de la taxe d'eau de 40 pour cent et une reforme de l'impôt foncier afin de permettre une réduction de la taxe imposée aux industries et une augmentation sur celle basée sur la valeur des terrains.Mais il n'avait pas été en mesure de présenter des candidats en raison de la qualification foncière qui exigeait qu'un candidat à l'échevinage ait une propriété d'une valeur minimale de 2000S.Il faudra attendre 1910 avant de voir la disparition de cette contrainte.Or, quand Laporte devient maire en 1904, il réduit par le fait même son emprise sur le Conseil et sur ses comités spécialisés (le véritable lieu du pouvoir) ce qui permettra a une nouvelle génération d'echevins populistes de recréer peu â peu une machine politique aussi solide que celle de Préfontaine.Laporte se fait lui-aussi le champion de la lutte contre les trusts, proposant même la municipalisation des services de gaz et tentant d'obtenir des conditions plus favorables pour la ville et ses residents, mais il connaîtra peu de succès.La raison en est bien simple: c'est que les propriétaires des trusts faisaient jouer leur influence à la Législature de Québec lors de l'étude des amendements à la Charte de la ville de Montréal.Par exemple, en 1904 la Conseil réclame une clause prévoyant la municipalisation du gaz.Mais le president de l'Assemblée legislative, H.B.Rainville.qui avait laissé porter son som comme candidat à la mairie de Montreal et qui s'était désisté à la dernière minute, défendra les trusts et rejettera la demande de la Ville.Une autre tentative devant le Conseil législatif échouera également.La Presse protestera au nom de l'autonomie montréalaise: «Montréal est aujourd'hui une assez grande ville pour pouvoir se conduire et pouvoir se passer de la tutelle irresponsable, â longue distance, du Parlement de Québec».En 1905, La Presse, appuyé cette fois par Le Canada, reprend la lutte pour la municipalisation de l'électricité et du gaz.Mais cependant les discussions s'enlisent au sein du conseil municipal sur la façon de procéder: doit-on racheter en bloc la Compagnie du gaz c i lui faire concurrence en construisant des usines et en posant des tuyaux?Or, quand vient le délai prévu pour le renouvellement du contrat â la Montreal Light.Heat and Power, le conseil n'est toujours pas fixé si bien que le contrat est renouvelé pour cinq ans.Mais la compagnie échouera dans sa tentative de faire exten-sionner son contrat de 30 ans.Certes, le coût du 1000 pi3 de gaz pour l'éclairage diminuera de 1,25$ à 1 $ mais il sera encore supérieur de 10 cents â celui paye par les Torontois.lin ce qui concerne le monopole des tramways, La Presse et le maire Laporte échoueront à contrecarrer les plans de la Montreal Street Railway qui englobera ses deux concurrents la Montreal Park & Island Railway, qui des- servait Sault-au-Récollet.Cartier-ville.Notre-Dame-de-Grâce et La-chine.et la Montreal Terminal qui desservait la banlieue Est, du centre-ville jusqu'au Bout-de-l'île.En 1907, la fusion sera réalisée et la Montreal Street Railway aura le contrôle de toutes les lignes de tramway urbaines et suburbaines.Hormidas Laporte était né à Lachinc le 7 novembre 1850 mais il vécut la plus grande partie de son enfance et adolescence à Ahuntsic.Il reçut son éducation à l'école du Sault-au-Récollet.A l'âge de 17 ans, il devint ouvrier dans une manufacture de clous mais tout en poursuivant ses études chez M.Mauffette le soir.En 1870, il entra au service d'un épicier en détail où il apprit rapidement le fonctionnement d'une entreprise commerciale.La même année, il se lança en affai- fear* liilKiiili^.- '19 C'est Ucal-Henri Dandurand qui fit l'acquisition en 1899 de la première automobile, une Crestmobile fabriquée à Boston, qui circula dans les rues de Montréal mais elle hoquetait.Aussi la remplaça-t-il par une Dion-Bouton française en 1904.photothèque u près* res en rachetant au coût de 25$ la marchandise d'un magasin au détail dont le propriétaire s'était retiré du commerce.Par la suite, il se convertit en vendeur de charbon jusqu'à ce qu'en 1881, un ami, |.B.Martin, lui propose une association dans le commerce en gros des fruits et légumes.Cette association devait assurer sa fortune puisque la maison Laporte et Martin devint l'une des plus grandes du genre au Canada.Déjà en 1892, la firme faisait un chiffre d'affaires dépassant le million de dollars.Hormidas Laporte s'est aussi intéresse au secteur financier à titre de président de la compagnie d'assurances l'Alliance Nationale et de membre du conseil d'administration, puis président de la Banque Provinciale.Il sera également actif au sein de la Chambre de commerce du district de Montréal et de l'Association des épiciers en gros du Dominion.De même il siégera à la Commission des écoles catholiques de Montréal et présidera pendant trois ans la Société Saint-|ean-Baptiste.Il devait décéder le 20 février 1934 à l'âge de 84 ans.SOURCES: AVM.Hormidas Laporte; Paul-An-cire Linteau.Histoire de Montreal depuis la Confederation.Boreal: 254-270: Robert Ru-milly.Histoire de Montreal.Fides: 3241-348.Daniel J.Russell.H.B.Ames as Municipal Reformer, mémoire de maîtrise.History.McCill.1971.65-35.Lucille vachon.La Patrie, La Presse et les questions ouvrières, mémoire de maîtrise.Histoire.U0AM.1979: 99-109.La Presse.8 janvier et 23 janvier 1904: The Gazette: 17 décembre 1920 et 20 février 1934 e lorjr>quebe
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