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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1992-08-22, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 22 AOUT 1992 r Le milieu des affaires de Montréal a choisi pour le représenter un intime de Brian Mulroney qui a ses entrées dans les cercles de la haute finance Bernard Rc BOISVERT W est un grand garçon humble et discret qui a été nommé président de la nouvelle Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Humble et discret, mais associé dans le plus grand cabinet d'avocats de Montréal, dont le meilleur ami est le premier ministre du Canada et qui est à tu et à toi avec les grands de la haute finance canadienne.«Les gens de la Chambre ont fait un coup de maitre», opine l'ex-ambassa-deur Yves Portier, bon ami et associé de Me Roy chez Ogilvy Renault.Mario Bertrand, pdg de TVA et ancien chef de cabinet de Robert Bouras-sa, est surpris de voir ce backroom boy discret accéder à un poste d*aussi grande visibilité.« Le gros avantage de Bernard Roy.ce n'est pas tant qu'il connaît tout le monde a Montréal, Ottawa et Québec \u2014 c'est le cas de bien du monde dans le milieu des affaires.C'est qu'il connaît le processus de décision des gouvernements.Il ne perdra pas de temps avec des details.Il va choisir ses batailles et il va les gagner», croit M.Bertrand.Bernard Roy s'est fait une foule de contacts précieux pendant les quatre ans où il fut chef de cabinet et premier secrétaire du premier ministre Mulroney (1984-88).«Il connaît tous les présidents des banques canadiennes par leur petit nom!» affirme Yves Portier.Mais Bernard Roy n'est pas du genre à faire du name dropping.Modestie et discrétion.«Des fois, je lui reproche d'être trop humble!» confie I ex-ambassadeur.C'est ainsi que Me Roy est allé à la pèche au saumon sur la Restigouche.le mois dernier, avec le president d'une grande banque ù charte et un veritable who's who du monde des affaires.Ses associas ne l'ont appris que par hasard, bien après.I tonnant.Bernard Roy.Colle sur le pouvoir, mais comme en retrait.Dans les cercles des puissants, où il est de bon ton de paraître «blindé» et sans faille, Bernard Roy frappe par la facilité qu'il a a laisser voir ses faiblesses.Une vieille amitié L'amitié avec Brian Mulroney marque toute la vie personnelle et professionnelle de Bernard Roy.Originaire de la région de Quebec, il a connu Mulroney en I960, à la Faculté de droit de l'Université Laval, où se trouvaient les Lucien Bouchard, Michel Cogger, lean Bazin, Michael Meighen.Déjà, le gars de Baie Comcau s'imposait comme politicien étudiant, malgré un français des plus approximatifs.Roy était frappé et séduit par cet homme au charisme irrésistible.«Il entrait dans une salle où il y avait cent personnes et dix minutes après il connaissait tout le monde.» Les salles de cours de la faculté n'était pas l'endroit le plus fréquenté par les étudiants, de dire Bernard Roy.Il préferait jouer pour l'équipe de hockey de l'université pendant que Mulroney s'agitait dans l'association étudiante.Roy et Mulroney se sont vraiment connus en «chauffant», justement, pour les examens du Barreau.Ils ont vécu deux mois ensemble chez les parents de Roy.Ils ont ensuite déménagé a Montreal, où ils ont fait leur stage.«Nous restions dans un appartement très modeste, sur la rue Claremont.à la frontière de Wcsmount et NDG.» C'est Brian Mulroney qui a fait entrer Bernard Roy chez Ogilvy Renault, en I9bb.«M.Mulroney le vantail à tout le monde», se souvient Yves Portier, qui était déjà dans le bureau.L'ex-ambassadeur du Canada à l'ONU dit de son associe que sa première qualité est sa «grande rectitude», son intégrité.«C'en est même exagéré.Les gens qui le connaissent disent que c'est au point où il n'a jamais conté de blague à sa mère!» Roy était un liberal dans les années 60 et 70.Mais pour son ami Brian Mulroney, il aurait fait n'importe quoi.Il l'a en tout cas aide, en 197b, lors de sa premiere tentative de ravir le leadership conservateur \u2014 où |oe Clark fut élu.« Mon role était modeste: au congres, je m'occupais de faire applaudir les gens aux bons endroits, l'étais très peu initie a la politique et je ne connaissais Le 5 juin 1987: Brian Mulroney embrasse Bernard Roy, a l'époque son secretaire principal, après la signature de l'accord du lac Meech.personne.» Comme les choses ont changé! Pntre 1976 et 1983.tandis que Roy poursuit sa carrière de plaideur et se rapproche de la famille conservatrice, son ami.devenu president de l'Iron Ore.prépare sa revanche.L'occasion viendra en I983, trois ans après la défaite de l'éphémère gouvernement conservateur.Cette fois, Bernard Roy travaillera au recrutement des pro-Mulro-ney au Quebec.En I984.Roy est approche par Mulroney pour diriger la campagne conservatrice au Québec, «le lui ai dit: tu frappes à la mauvaise porte, il y a des meilleures personnes autour de toi.» Mais il y avait des tensions entre les pro-Clark et les vainqueurs et Roy, tout nouveau dans le parti, semblait un bon candidat.Apres le succès fulgurant des cotiser-valeurs au Quebec \u2014 58 deputes sur 75 \u2014 Bernard Roy pensait retourner chez Ogilvy Renault.Mais autre «surprise», dit-il, son ami lui demande de venir à Ottawa, occuper les postes névralgiques de chef de cabinet et premier secretaire du premier ministre.Yves Forlicr témoigne de ce que Roy a hésite, et que «c'est à l'enseigne de l'amitié» qu'il a accepte une baisse de salaire d'au moins 100000 $ par année et un stress considerable.Le tourbillon politique Voila donc Bernard Roy.en septembre 1984.au milieu du tourbillon politique.Michel Gratton.attache de presse île Brian Mulroney de 1984 a 1987.comme Bill Fox et Charles McMillan, respectivement directeur des communications et conseiller politique du premier ministre durant la même période, garde de Bernard Roy l'image d'un homme intègre qui est sorti meurtri de l'expérience politique.« le persiste à croire que M.Mulroney a fait une erreur en me choisissant, lance sans ambages le principal intéressé.Mon manque d'expérience a joue contre moi et contre les intérêts du gouvernement, je croyais que parce que j'étais prêt à me consacrer corps et àme à mon travail, je viendrais à bout de mon manque d'expérience.» Mais certaines dimensions politiques lui échappaient, dit-il.Et il croit que le gouvernement a moins bien manoeuvre à cause de cela.Il faut dire que la période 1985-87 a vu une enfilade de crises: le scandale du thon avarié, l'affaire Oerlikon, Sinclair Stevens, et bien d'autres.Pendant cette période, les médias ont etc assassins à son endroit.On lui reprochait de ne pas savoir tenir la bride du caucus conservateur.De manquer de leadership.De mal conseiller le premier ministre.Quand Glen Kealy l'accusa faussement d'être responsable de l'assiette au beurre conservatrice, l'an dernier.Bernard Roy, a même voulu quitter son bureau d'avocat et ne voulait plus sortir.« Lui dira que l'expérience a ete profitable, mais pour le prix qu'il a paye, je ne suis pas sûr que ça valait la peine, opine Michel Gratton, qui croit tout de même que Roy et Mulroney doivent prendre une partie du blâme pour le laxisme dont ils ont fait preuve au debut du premier mandat conservateur.Mais Gratton souligne que c'est Roy qui a appelé la GRC.quand il a eu vent dc^ malversations du depute Michel Gra vel.«le ne crois pas qu'il n'était pas fait pour cette job.parce que je crois que le s>sterne a besoin de gens aussi intègres que lui», dit Bill Pox.«C'est un cliche, sa naivete, sa fai- blesse, dit Charles McMillan.Au début, bien sûr.il manquait d'expérience.Mais Bernard est un joueur de défense qui joue pour gagner.Quand il ne reste que lui entre la rondelle et le but, il se bat comme un dechaine et peut être très robuste.» Mario Bertrand garde une image de Bernard Roy comme chef de cabinet de Brian Mulroney: «Quand on faisait des rencontres privées a quatre, les deux premiers ministres et les deux chefs de cabinet.M.Bourassa arrivait avec un carton sur lequel il avait écrit trois notes dans l'ascenseur, moi j'avais une feuille bien tassée.Mulroney arrivait avec ses photographes et Bernard Roy arrivait avec ses trois grosses valises d'avocat pleines de documents.» Meech: une blessure de plus Bernard Roy a ete de premiere importance dans la négociation de l'accord du lac Meech.Lt l'échec de 1990 lui a laisse une autre blessure, lui qui possède dans son bureau un des dix originaux du défunt accord constitutionnel de 1987.signe par les 11 premiers ministres.La politique lui a aussi fait perdre un grand ami.Lucien Bouchard, à qui il n'a pas parle depuis sa démission fracassante.La simple evocation de cet episode lui serre la gorge.Il ne veut pas en parler.Ni Bouchard, d'ailleurs, qui a refuse notre demande d'entrevue à ce sujet.Maintenant qu'il est retourne à la pratique du droit, qu'il siege sur de nombreux conseils d'administration (CN, Donuar.Metro.Imasco).et qu'il preside la nouvelle chambre de commerce \u2014 fusion du Board of Trade et Je la Chambre de commerce \u2014 Bernard Roy.52 ans.est toujours aussi étranger a l'univers politique, rempli de petites phrases et de lape a l'oeil.Mats il le connaît par coeur B2 Éditorial LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 22 AOUT 1992 La Presse M; Paul Desmarais president du conseil d administration «-5.-.V Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef De l'entente d'Ottawa aux incidents d'Oka Le soir même où les premiers ministres et les dirigeants autochtones en arrivaient à une entente ambitieuse, un incident opposait des policiers de la SQ et des Mohawks masques à Oka.Ce n'est pas un hasard.Mais un episode de plus dans I intifada menée par les Mohawks contre les autorités québécoises; et aussi contre toute forme de solution pacifique a leurs problèmes.Les Mohawks, sont en effet les seuls Canadiens, blancs ou autochtones, a avoir dénoncé l'entente avec autant de vehemence.Cet incident, qui heureusement s'est terminé sans violence, ne devrait pas donner d'arguments aux Québécois qui s'opposent au principe d'auto-gouvernement consacré à Ottawa.Au contraire, cela montre à quel point nous avons besoin d'un cadre constitutionnel pour civiliser les rapports avec les autochtones et pour résoudre les problèmes une fois pour toutes.L'entente à laquelle en sont arrivés les premiers ministres et les Autochtones sur le principe de self-government est dune portée considérable.Il faut saluer le courage de Robert Bouras-sa qui y a adhéré même si son geste sera impopulaire auprès de certains Québécois.Les Québécois se méfient.Dune part parce qu'ils ont ete plus qu'échaudés par la crise d'Oka et par la campagne médiatique des Cris contre Grande-Baleine.À cela s'ajoute le fait que la plupart des Québécois évaluent les négociations avec les au- tochtones avec les mêmes critères qu'ils utilisent pour les rapports avec le reste du Canada.On mesure tout en gains et pertes pour le Quebec et on en arrivera à voir toute concession de Bourassa comme un recul pour les Québécois francophones.Il faut éviter d'appliquer cette grille nationaliste au cas des autochtones.Même si Ovide Mercredi a contribué à exacerber ces reflexes dans son martelage anti-québécois.Il est évident que si on rend justice aux autochtones, que l'on a parqués dans des reserves, on «perd» quelque chose.Et cela, il faut l'accepter: l'enjeu consiste a corriger le passé et à bâtir de nouveaux rapports avec les premières nations.Il ne s'agit ni d'un gain, ni dune perte, mais d'un devoir.Nous avons une responsabilité envers les autochtones, qui n'a rien à voir avec les options politiques ou le statut du Quebec.Le self-government est la meilleure solution, malgré ses inconvénients et ses coûts, car elle rend justice aux premières nations et leur permet de s'affranchir de leur dépendance.Le problème avec l'entente du 7 juillet, ce n'était pas les principes qui la sous-tendaient, mais sa naïveté, son flou qui aurait transformé le processus de changement en véritable fouillis, multiplie les recours aux tribunaux et finalement rien règle.Le virage historique serait devenu un saut de bongy.L'opposition du gouvernement québécois ne portait d'ailleurs pas sur les principes, mais sur les nombreuses zones grises.Robert Bourassa voulait que la notion d'auto-gouvernement soit mieux définie et que l'accession a ce troisième niveau de gouvernement soit balisée.L'entente de jeudi va dans ce sens: elle precise le droit inhérent à l'auto-détermination, (développement culturel et économique, ressources) ; encadre les recours abusifs aux tribunaux dans la recherche d'un nouveau partage des pouvoirs ; évite que cette entente ne réouvre les questions territoriales ; assure une cohérence entre les lois que se donneront les premières nations et les lois existantes.Malgré ces changements, Ovide Mercredi préserve l'essentiel de l'entente du 7 juillet.Il s'agit là de la plus importante victoire des autochtones dans l'histoire du Canada.Pourquoi les Mohawks s'y opposent-ils?Parce que cela ne favorise pas leurs revendications territoriales, parce que, contrairement aux autres, ils ne veulent pas reconnaître leur appartenance au Canada.Mais surtout, parce que les lois amérindiennes ne pourront pas aller à rencontre du droit existant.C'est une catastrophe pour la culture de petite pègre qui écrase la société mohawk.Mais dans leur opposition à cette entente, les Mohawks s'isolent de l'ensemble des premières nations et des autres provinces qui ont signé l'entente.Ce n'est pas Robert Bourassa qui était la cible, hier, des accusations grossières du chef Billy Two-Rivers, mais Ovide Mercredi et les premiers ministres anglophones.Bienvenue au club! Mais déjà, cette entente pourra avoir des prolongements concrets.Ovide Mercredi est maintenant notre allié constitutionnel.Hier, il a participé à la médiation dans les incidents d'Oka avec le ministre Ryan.Sa présence est souhaitable.On verra s'il peut contribuer à une solution.Alain DUBUC Un 2e acquittement qui fait réfléchir Il y a eu «acquittement du réalisateur Cilles Perron.Il y a maintenant l'acquittement du journaliste Benoit Proulx.Deux personnes du monde de la communication.Deux personnes qui ont été parmi les plus durement traitées par les médias.Deux causes semblables.Deux meurtres: une épouse et une examie.La Justice a exonéré Perron et Proulx.Dans l'opinion publique, il restera toujours des doutes avec lesquels devront vivre ces coupables d'hier, blanchis aujourd'hui.Au plan juridique, ils sont libres.Au plan humain, ce doit être terrible de passer sa vie en se sentant pointé du doigt par des gens qui conserveront un soupçon, un scepticisme.De là l'importance pour les procureurs de la Couronne de bien étoffer leurs dossiers criminels avant de porter des accusations de meurtre.De là l'importance pour les juges de première instance de faire preuve de la plus grande prudence et de la plus grande rigueur professionnelle lorsqu'ils s'adressent aux membres du jury qui doivent rendre la décision en cas de meurtre.Le magistrat exerce sur ces 11 personnes non-initiees a l'appareil judiciaire un degré d'influence qu'il ne soupçonne peut-être même pas.De là la nécessité pour les médias de faire preuve de sobriété avant d'étaler tous les oui-dire, toutes les rumeurs, toutes les fausses preuves, tous les témoignages de tierces personnes dans une cause de meurtre.Le jugement rendu par la Cour d'appel du Québec dans la cause de Benoit Proulx fait ressortir d'importantes erreurs commises du début à la fin du procès.Un jugement qui fera époque.Un jugement que tous les magistrats auraient intérêt à lire et à méditer.Un jugement qui démontre la valeur et la solidité juridique des nouveaux juges Michel Proulx et Morris Fish.Un jugement qui dénote l'indépendance totale de juges responsables à l'égard d'un collègue.Un jugement qui valorisé la Justice dans son ensemble.C'est le seul élément positif de toute cette saga judiciaire.Claude MASSON De Manhattan à Hollywood L I affaire Wooody Allen-Mia Farrow a fait le tour du monde.Elle ne laisse personne indifférent, soulève l'indignation ou suscite un curieux malaise.Woody Allen reconnaît avoir une liaison amoureuse avec Soon-Yi, 21 ans, la fille adoptive de Mia Farrow, sa compagne depuis 12 ans et l'actrice principale de ses treize derniers films.D'aucuns crient au scandale.D'autres condamnent cette forme d'inceste bien que l'étudiante ne soit pas sa fille légitime.De telles situations où un beau-père abuse de sa belle-fille se produisent malheureusement trop souvent.Mais cette fois-ci, ce fait de société provoque désarroi, incrédulité et un malaise persistant et dérangeant chez les admirateurs de l'artiste.Les fantasmes de Woody Allen ont pourtant donné lieu à de grands films, y compris ceux où il a traité des relations entre de très jeunes filles et des hommes d'âge mur.Tant que c'était du cinéma, on applaudissait ce petit homme gringalet qui jouait ou figurait immanquablement dans presque toutes ses oeuvres cinématographiques.Mais voici que l'idole des intellectuels se comporte dans sa vie privée comme à l'écran.Pire encore, sa vie personnelle ressemble au scénario de son prochain film, 'Husbands and Wives» qui sera présenté au gala de clôture du Festival of Festivals de Toronto.Il y interprète le rôle d'un professeur d'université d'âge mur amoureux de l'une de ses étudiantes de 19 ans.La s'arrête la similitude.Peu importe qu'il ne l'ait pas adoptée légalement, qu'ils n'aient jamais cohabité jusqu'à leur récente rencontre amoureuse -le couple Allen-Farrow a toujours vécu dans des appartements sépares- la chose est difficilement acceptable en dehors de l'écran.En Amérique comme ailleurs.Que l'amoureux transi soit un génie ou non.Qu'on s'inspire dune morale traditionnelle ou de principes moins rigides.Le mythe du vieil oncle voyeur ou vicieux a toujours été détestable.Mais plus pernicieuse que ce premier scandale, c'est cette autre histoire d'abus sexuel à l'endroit de sa fillette adoptive de sept ans dont Mia Farrow accuse Woody Allen tout en contestant devant la Justice la demande de garde qu'il a faite pour trois des 11 enfants.Oue penser de ce sombre et triste drame?Que les médias charrient?Que la réalité dépasse la fiction?Que Woody Allen est un salaud?Que les accusations envers lui reflètent surtout les dérèglements du système judiciaire américain?Tout ça, oui, si on veut.Cependant cette «affaire» a fait une victime.La jeune fille.Qui, si elle n'est pas blessée par sa relation avec Woody Allen, le sera par le bruit qui entoure l'histoire.Et qui ne pourra pas écrire de scenario pour évacuer ses fantasmes et ses traumatismes.Ne serait-ce pas ca la leçon de «l'affaire»?M v Claudette TOUCAS 3£ ^6\" V i (?Aïs f/G J?(J(= TOUT VA PocJiZ lé?Mieux ¦ ¦ ¦ c'eÇf iour \" V ai 9Âf DROITS RESEFWLS // n est pas certain que le nouveau Sénat serait dépourvu d'efficacité MARCEL ADAM ¦ Réformer après cent vingt-cinq ans un Parlement fédéral c'est un peu comme m oil i fier en plein vol le gouvernail de direction d'un avion: le risque est grand que ce bricolage s'avère désastreux.C'est en effet a un dangereux bricolage de CC genre que s'est adonnée la conférence constitutionnelle en reformant le Sénat a la sauvette, pour satisfaire à un dead-line artificiel et des préoccupations qui ont plus a faire avec leur survie politique de ces politiciens qu'avec celle du pays.,^t; Il est d'au- 'évfc ,iinl P'usdiffi- clc de prévoir les conséquences de cette reforme qu'elle est inusitée.Aucune autre fc-cl é r a t i o n moderne ne possède en effet un parlement de ce genre pouvant nous servir de référence.A première ce changement ne serait pas une mauvaise affaire pour le Québec.En plus de don-nci au Sénat un droit de veto aux sénateurs francophones en matières de langue cl de culture, il garantirait en permanence a notre province un plancher de vingt-cinq pour cent des mem- bres dans les deux Chambres combinées.Ce n'est pas rien pour un peuple en décroissance démographique qui redoute les conséquences de sa minorisation au pouvoir central, puisqu'il serait de la sorte assuré de toujours y conserver son poids actuel.Mais il s'en trouve qui.ne considérant que l'apprence des choses, se scandalisent du fait que le Québec se retrouverait, comme toutes les autres provinces, avec seulement six sénateurs plutôt que vingt-quatre.Peu importe que l'addition à sa deputation des Communes des dix-huit sieges perdus au Sénat ne changerait rien a son poids politique a Ottawa.C'est le fait que le Quebec ne pesé pas plus lourd au Sénat que rile-du-Prince-hdouard qui provoque chez eux une montée de bile.Ils y voient un symbole inacceptable pour les Québécois.Plutôt que de s'enfarger dans les fleurs du tapis, mieux vaudrait essayer de présenter les choses telles qu'elles sont afin que le public en ait une juste perception et ne fasse pas des symboles de tout et de rien.Si le Quebec devait trouver son compte dans cette reforme, quels seraient ses effets sur le fonctionnement des institutions fédérales?Ce Sénat serait doté de beaucoup moins de pouvoirs que la Chambre Haute actuelle.Cela afin d'assurer la suprématie des Communes.Serait-il pour autant aussi peu efficace que beaucoup le prétendent, les uns pour s'en réjouir, les autres pour le déplorer?l'en doute.D'abord on sait qu'il jouirait d'un droit de veto sur les projets de loi taxant les richesses naturelles.( Un droit de censure bien mal avise.D'une part parce qu'il n'est pas plus sage de modifier la constitution pour empêcher un type de legislation que ce l'est de faire une loi générale pour résoudre un cas particulier; d'autre part parce que c'est imprudent de ligoter constitu-lionnellement le gouvernement national en un domaine ou des eirconstnaces exceptionelles il devrait pouvoir légiférer dans l'intérêt general.) Ensuite il serait en mesure d'empêcher le gouvernement federal d'gir arbitrairement ou à mauvais escient en alertant l'opinion publique et en forçant le gouvernement a écouter ses objections à une loi.Parce que le rejet d'une législation donnerait lieu à la tenue d'une reunion extraordinaire des Communes et du Sénat, pour éviter un délai et un grand débat national le gouvernement serait force de légiférer en prenant davantage en compte les representations des sénateurs contestataires.Pctlt-ètrc même de consulter préalablement le Sénat pour prévenir les coups.Les membres élus île ce Sénat auraient un poids politique con- sidérable, étant seulement six à se partager les suffrages de la province qu'ils représenteraient.Qr, n'exerçant que le rôle négatif de censeurs des Communes, ils pourraient exiger avec le temps que le Sénat ait des pouvoirs plus étendus.Par ailleurs, ce Sénat affaibli pourrait le devenir davantage si son peu de pouvoirs dissuadait les personnes de calibre de s'y faire élire.À ce propos il faut dire un mol de l'incongruité d'un Sénat qui serait formé de sénateurs élus par le peuple et de sénateurs designés par la législature provinciale.Les premiers étant des politiciens prenant conseil de leur conscience, les seconds agissant comme des diplomates sur les ordres de leur gouvernement.Il en est ainsi parce que Robert Bourassa a reclamé et obtenu que le Québec ait des sénateurs-délégués afin d'étendre les pouvoirs du gouvernement québécois et lui obtenir un droit de veto en matières de langue et de culture.Ce mode de designation serait une régression au plan démocratique et ferait mentir les pretentions d'une province qui, a cet égard, aime se peter les bretelles d'autosatisfaction.Il s'agit d'un manque de confiance dans le peuple et les Québécois devraient exiger que les sénateurs soient comme les autres élus au suffrage universel. LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 22 AOUT 1992 Plus B3 \t\u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022.\u2022 .*¦\t\t\t \u2022 \u2022 ¦ \u2022 ¦ > \u2022\u2022\u2022\u2022 > - .-\t\t\t\t\u2022 Lysiane Gagnon père Marcel-Marie Desmarais, 60 ans de prêtrise et de prédication « Ne choisis surtout pas une carrière où tu auras à parler en public », lui avait dit son professeur .r> ¦ i fi \u2022.f M Le pere Marcel-Marie Desmarais: «L'essentiel, c'est le ciel!» JULES BÉLIVEAU \u20ac\u20ac urtout.Marcel, ne choisis par une carrière où tu auras à parler en public, lui avait gentiment conseillé son professeur de rhétorique, un jésuite du Collège Sainte-Marie.Ça semble congénital chez toi: tu parles mal.On dirait que tu as toujours une patate chaude dans la bouche.» Deux ans plus tard, le jeune Desmarais terminait en même temps sa dernière année du cours classique et sa première année d'étude de la médecine.Rien ne semblait alors le destiner a la prêtrise et encore moins à la vie dominicaine \u2014 lui qui, de toute façon, venait à peine d'apprendre qu'il existait une communauté de fils de saint Dominique au Canada.Mais l'étudiant conservait à l'intérieur de lui, comme une plaie vive, le souvenir du conseil que lui avait donné son professeur de rhétorique.L*\"t il se répétait à l'occasion \u2014dans les mots qu'il utilisait à cette époque, tient-il aujourd'hui à préciser: «Mon maudit, je vais te montrer!» Le pere Marcel-Marie Desmarais célèbre cette année le soixantième anniversaire de son ordination à la prêtrise et ses 60 ans de prédication.On ne risque guère de se tromper en affirmant que, grâce à ses fameuses «Capsules d'optimisme» et autres «Capsules d'espérance» et à son inoubliable slogan «L'essentiel, c'est le ciel», il demeure encore aujourd'hui le religieux dominicain le plus connu de tout le Ouébec.Le croira-t-on?Rien n'a probablement été facile pour cet homme aujourd'hui âgé de 84 ans.Un confrère dominicain, le père Ldmond Robillard, le laissait deviner en 198b en lui rendant hommage pour l'obtention d'un prix que venait de lui décerner l'Académie française pour son livre Lu Magic du pusse publié l'année précédente chez Leméac.«Ce que j'ai noté chez lui, dès le premier jour, disait-il, était le caractère extrêmement construit et volontaire de son oeuvre.Chez lui, aucune spontanéité ou presque.11 devenait tout rouge et confus à la première question imprévue, bafouillait, mais promettait une réponse pour le lendemain, et quand cette réponse venait, elle était fouillée, laborieuse, généreuse.» La méthode de Démosthène Pour surmonter ses difficultés d'élocution, le pere Desmarais, comme il le raconte lui-même, s'est d'abord essaye très sérieusement avec la méthode de Démosthène, se fourrant des cailloux dans la bouche et s'efforçant d'articuler le mieux possible.Mais la conclusion s'est rapidement imposée d'elle-même: «Au bout de deux minutes, j'avais la bouche pleine de sang.Le truc de Démosthène.ça ne marche pas!» N'abandonnant pas la partie, le pere Desmarais s'est tourne vers des méthodes moins douloureuses mais également exigeantes: il a repris ses exercices avec un crayon fiché en travers de la bouche; et.étudiant à Paris, il a suivi des cours d'élocution auprès d'un célèbre acteur de la Comédie française.Le «grand timide» décrit par le père Robillard en est ainsi venu à pouvoir entreprendre une longue carrière d'animateur d'émissions de radio et de télévision et de prédicateur aussi bien au Québec que \u2014ce qui sera une surprise pour plusieurs\u2014 au Brésil.Lu fait, la liste des emissions radiophoni-ques auxquelles a participe le père Desmarais comme intervenant principal nous reporte aussi loin qu'au début des années 1940.11 y eut d'abord «L'heure dominicale» à Radio-Canada de 1942 à 1944.Puis\u2014après ses quelques années passées au Brésil à titre de missionnaire\u2014 on a retrouvé le père Desmarais à CKAC, à Radio-Canada, à CIMS, à CKVL et sur les ondes de plusieurs autres stations ra-diophoniques, dans des émissions telles que « L'amour à l'âge atomique», « Le coeur et ses trésors», «La vie en rose», «Fatima», «Le message de Lourdes», « La clinique du coeur» ( 1000 emissions avec Roger Baulu).«Répondez-moi, s'il vous plait », «Capsules d'optimisme», «Coeur atout», «Le train du bonheur» et « Le père Desmarais se raconte».Et celui qui n'était pas «écrivain par vocation» a écrit également une quantité presque incroyable de publications.Au Canada, le père Desmarais a publié près d'une quarantaine de livres.Il a publié également des ouvrages au Brésil ( 20 titres), où ses Capsules d'optimisme sont devenues Pilulas de optimismo, de même qu'en Trance, aux États-Unis, en Argentine, aux Pays-Bas, au lapon, au Chili, en Italie et au Portugal.Au total, estimait-il en 1986, plus de 2 600 000 exemplaires de ses volumes étaient en circulation dans tous ces pays.Des «saints parents Le père Desmarais parle avec une admiration sans bornes de ses parents.Charles Desmarais et Rose Mayer, dont il souhaite d'ailleurs la canonisation «parce qu'ils ont mené une vie ordinaire dans un esprit évangélique extraordinaire» et «parce qu'ils ont tout donne a leurs dix enfants».C'est avec des mots émouvants que le célèbre prédicateur évoque à la fois le moment le plus dramatique de sa vie et « le plus beau sermon sur les fins dernières» qu'il ait jamais entendu.«C'était un soir d'automne, raconte-t-il.l'avais à cette époque dix ou 11 ans.l'étais aile chercher mon père de l'autre côté de la riviere des Prairies, a Montréal, après sa journée de travail, pour le ramener chez nous à Saint-Vincent-de-Paul.Il faisait très noir, il pleuvait et il ventait.Nous étions dans une petite chaloupe.A un moment donné, alors que nous étions au milieu de la rivière et que les vagues commençaient à entrer dans notre barque, mon père a dit: «Marcel, je ne sais plus où est le bord!.On va dire notre Acte de contrition.» C'est plusieurs années plus tard, précisément en 1944, lorsque ses supérieurs religieux lui ont commandé d'aller ouvrir une mission au Brésil avec deux autres prêtres dominicains, que le père Desmarais a mesuré toute la grandeur du coeur de sa mère en même temps que son grand bon sens.«Je devais annoncer mon départ prochain à mes parents, qui étaient déjà âgés et que j'étais sûr de ne plus jamais revoir sur terre, l'ai commencé par leur parler des mérites d'un missionnaire qui rejaillissent sur ses parents et par leur dire toutes sortes de belles choses vraies, surnaturelles, mais qui n'avaient pas l'air de les convaincre beaucoup.Alors, comme saint Thomas d'Aquin dans ses articles, j'en suis venu aux arguments de raison, l'ai dit à mes parents: «Papa, maman, vous savez, je pars comme supérieur.Alors je vais être vicaire provincial, ce qui me donne droit au titre de Très Révérend Père.» Ma chère maman, qui était une personne de foi, a dit : « Vicaire provincial.Très Révérend Père.crotte!» Elle qui nous avait toujours empêchés de dire des mots sales.Pauvre maman ! » «Amener des gens au ciel» Bien qu'il ait acquis une popularité inespérée à Sao Paolo, où il n'a pas tardé à attirer des foules très nombreuses à toutes ses conférences et à «faire des malheurs» à la radio, le père Desmarais a été rappelé à Montréal au bout de seulement trois ans.Mais il ne cache pas que ce séjour au Brésil, et surtout les six premiers mois de cet épisode de sa vie passé loin des siens, ont été le plus grand sacrifice de toute son existence.Le père Desmarais souligne toutefois qu'il ne se serait jamais permis de s'opposer à la volonté de ses supérieurs.«|e n'aurais jamais pu prêcher sur l'obéissance jusqu'à la fin de ma vie», dit-il.Le sens du devoir, l'acharnement au travail, un optimisme certain, un humour eommuni-catif et la simplicité du langage \u2014 lui qui est pourtant docteur en philosophie, docteur en théologie, qui a étudié à l'Angelicum de Rome, à la Sorbonne et à l'Institut catholique de Paris\u2014 caractérisent bien ce frère prêcheur.Quelqu'un a déjà fait remarquer que sa prédication n'était certainement pas dominicaine.La réaction du père Desmarais ne s'est pas fait attendre: «Dans ce cas-là, la prédication de Jésus dans l'Évangile n'était pas une prédication dominicaine!» S'il a sans doute déjà souffert de commentaires désobligeants, le père Desmarais le laisse peu paraître.Il ne cache pas, par ailleurs, sa joie d'être un jour entre chez les dominicains, «l'aime l'esprit dominicain à la folie!» lance-l-il.Et il dit au sujet de son ministère de prêtre et de prédicateur: «La grande inspiration au sujet de tout ce que j'ai fait, c'est, je crois, que le Seigneur comptait sur moi pour amener des gens au ciel.» 5t Un Sénat insatisfaisant c n'est pas d'hier que Robert Bourassa est \"ofeé-l dé par la peur que le poids relatif du Québecrrie diminue à la Chambre des communes.L'accord provisoire sur le Sénat m'a remis en mémoire une entrevue avec son bras droit jean-Clagde Rivest.C'était il y a quelques années, au café du'p&r-Icment à Québec.Commentant le nationalisme croissant des députés libéraux, M.Rivest s'était misa épiloguer assez sombrement sur l'avenir.Le déclin de la natalité l'inquiétait.L'immigration aussi.Si Lise Payette l'avait entendu, elle en aurait fait là vedette de son film «Disparaître».À un moment donné, il m'a dit, l'air soucieux: «Il se pourrait bien qu'un jour le poids du Québec a Ottawa tombe ch-dessous de 25 p.cent.» Cette conversation m'avait frappée car les propos de M.Rivest tranchaient, par leur pessimisme, avec le style désinvolte qui lui est coutumier.|e m'étais dit que sur ce point comme sur bien d'autres, M.Rivest devait refléter les perceptions de son patron et ami.Tout récemment, la même obsession concernant la représentation aux Communes réapparaissait dans le compte-rendu qu'on m'a fait d'une conversation entre M.Bourassa et un représentant du fédéral, conversation qui a eu lieu peu avant l'accord du 7 juillet entre les premiers ministres anglophones.Interrogé sur le principe du Sénat égal, M.Bourassa aurait répliqué en disant en substance que le Québec ne pouvait pas perdre de sièges à la fois au Sénat et aux Communes.Cette remarque a manifestement orienté les discussions.Les sept premiers ministres ont cru repondre aux inquiétudes de M.Bourassa en s'entendànt sur l'octroi de quelques députés additionnels aux provinces qui perdaient le plus avec un Sénat égal.Ce n'était pas suffisant, comme on l'a vu par la levée de boucliers méritée qu'a déclenchée au Québec l'inepte proposition du 7 juillet.Mais les propositions subséquentes allaient s'inscrire dans la même trajectoire.Peu après, certainement avec la bénédiction de M.Bourassa, Frank McKenna sortit du chapeau une solution de compromis de même type, qui ouvrait la porte a l'inclusion du plancher de 25 p.cent.Pour obtenir cela.M.Bourassa était prêt a souscrire au concept inacceptable de l'égalité des provinces ûu Sénat.Les inquietudes démographiques de M.Bourassa s'inspirent d'un nationalisme traditionnel etdéfen-sif.(Rien à voir avec le nationalisme d'affirmation qui a engendré le mouvement indépendantiste.) Il s'agit plutôt de multiplier les barrières, les protections, les assurances, le tout alimentant les sentiments de peur et d'insécurité culturelle qui agissent depuis si longtemps comme autant de facteurs débilitants sur la mentalité québécoise.Car enfin, s'il est vrai que ce plancher de 25 p.cent est un gain net pour le Quebec, valait-il vraiment qu'on l'échange contre l'horreur que représente le Sénat égal?Lt n'est-ce pas une victoire equivoque?Cette assurance tout-risque, qui va contre le principe de la représentation démocratique, a quelque chose de désuet, qui évoque les anciens «comtés protégés» anglophones des Cantons de l'Est que les Québécois ont abolis il y a vingt ans en toute bonne conscience et avec raison.Cela en tout cas va mettre le feu aux poudres en Colombie britannique et en Alberta (la région promise à la plus forte expansion démographique).Ce 25 p.cent tant voulu par M.Bourassa risque de lui revenir comme un boomerang et de compromettre les chances que les électeurs de l'Ouest entérinent un accord global (à supposer évidemment que ces messieurs finissent par en concocter un).La formule rationnelle et démocratique du Sénat equitable aurait été plus facile à vendre, dans l'Ouest comme partout ailleurs y compris au Quebec, que cette histoire de sièges réservés qui sera vu au Canada anglais comme le symbole concret et frappant des «privilèges» reclames par le Québec.Mais un Sénat équitable aurait été trop suri pie.trop limpide pour M.Bourassa.L'accord provisoire actuel est plus dans son genre: c'est un compromis improvise, fait d'éléments disparates arbitrairement greffes les uns aux autres, un échafaudage saos logique interne, irrationnel et compliqué, assez êrrf-brouille pour que personne ne puisse s'en fairp une idée claire, expurge de tout ce qui pourrait donner lieu à une mobilisation spontanée; une tentative dé reconcilier deux visions contradictoires qui finalement, voulant plaire a tous, ne plaira à personne.Tout comme la loi 22 et la loi 178.cet accord provisoire sur le Sénat ne fera d'heureux nulle parL * * * # \u2022 * Ce sénat biscornu dessiné sur le coin d'une; table par des politiciens pressés présente énormément de problèmes tant pour le Québec et la francophonie que peur les institutions fédérales elles-mêmes.Ses pouvoirs sont réduits par rapport à la formule du 7 juillet, certes, mais les sénateurs gardent un pouvoir de «nuisance» considérable.La majorité simple (plutôt que 60 p.cent) suffira pour interrompre le processus législatif et convoquer l'assemblée conjointe du Sénat et des Communes, au cours de laquelle le gouvernement représentant la majorité des citoyens pourrait fort bien être défait par une coalition de sénateurs représentant une minorité de citoyens, pour peu qu'il s'agisse d'un gouvernement minoritaire ou dont la majorité en Chambre ne serait pas assez élevée.(Certains calculs établissent a 22 sièges la majorité gouvernementale requise pour éviter le veto de l'assemblée conjointe: or.depuis 1962.il y a eu sept gouvernements dont la majorité était inférieure à 22 sièges.) Le compromis actuel réduit le pouvoir de blocage du Sénat, mais lui en accorde de nouveaux, comme le pouvoir d'initier des legislations et de ratifier les nominations fédérales.C'est donc un Sénat domine par les regions périphériques, où les francophones seront absolument marginalises, qui aura la main haute sur la nomination des presidents du CRTC.de Radio-Canada, de tous les organismes ou l'on pratique l'alternance linguistique et où les Québécois ont toujours eu, depuis Trudeau, leur juste part.Même sous l'angle purement defensif privilégie par M.Bourassa.par exemple la double majorité requise dans les domaines linguistique et culturel, la protection est aléatoire: va-t-il falloir des tests génétiques pour determiner ce qu'est un sénateur «francophone»?Qui dit que les Québécois et les francophones des autres provinces ont toujours les mêmes intérêts?Celte règle pourra en outre jouer conta» le français puisque l'«autre majorité» pourra bloquer des projets avantageux pour les francophones \\ i tout cela sera a jamais coule dans le béton, cal le droit de veto accorde a tomes les provinces empêchera les generations futures de changer quoique ce soit a l'institution que les politiciens de 1992 leur auront imprudemment leguee.V 7 LA PRESSE, MONTRÉAL -JaMEDI 22 AOÛT 1992 B 4 ,%î* .\"r ^ Plus B5 i Comme les «bobbies» de Londres, les policiers de Saint John's n'ont pas encore remplacé la matraque par le revolver.photo ravfenneu CÉRALD LEBLANC envoyc special La l'rcssc I faisait, la semaine ^jL ^ ¦ dernière, un temps ^Kh*^Mtf0^ splendide â Terre-Neii- ve.amant dans la romantique capitale de Saint John's que dans les pittoresques villages de Twillingalc et Cap Saint-Georges.Un temps de pêches miraculeuses! El pourtant, aucun bateau n'entrait ou ne sortait des baies protégées, autour desquelles s'est construit ce pays de villages, niches sur les flancs du rocher \u2014 «The Rock»\u2014 surnom donne à File d'entrée de l'Atlantique dans l'Amérique du Nord.Depuis la date fatidique du 2 juillet, jour de l'annonce du moratoire sur la pêche a la morue, Terre-Neuve ressemble à un gros village en deuil de l'industrie qui lui a donne le jour.A Terre-Neuve, quand un restaurant annonce «fîsh and chips», il s*agit de morue, du «King Cod» comme le proclame l'enseigne d'un restaurant de Saint lohn's.Et quand au «Cellar», restaurant huppé qui se vante de ne servir que du poisson frais, le ser\\'cur vous dit qu'il n'y a pas de morue, la situation est grave.Le moratoire de deux ans ne louche que la morue du nord dans les zones bordant l'Atlantique, à Test de l'ile.Mais il s*agit d'un symbole car c'est toute la pêche sur toute Tile qui agonise.On a frappé sa majesté morue, en sachant que les sujets suivraient.- Un vieux pêcheur acadien, à qui on demandait ce que faisaient les gens du pays, avait répondu: «L'été, on pêche èt on fait l'amour; l'hiver, on ne pêche pas.» A Terre-Neuve, on ne pêche rnêmc plus par les jours ensoleillés de Iti mi-août.' A l'est comme à l'ouest ' A Twillingaie.nom des ilcs jumelles ctbritaiu irois ou quatre villages de pêcheurs au coeur de la côte est, lack Troake, pêcheur de pcre en fils depuis 300 ans.refaisait le pont de son bateau, un « long-liner » de 50 pieds qu'il Utilise avec ses deux fils et deux autres partenaires.4 \u2022 «Nous péchons peu de morue, mais ça ne change rien car il n'y a plus de turbot ni de plie, nos espèces d'été après le phoque et le crabe au printemps» explique lack, qui ne retournera pas à la mer avant la prochaine chasse aux phoques en avril 1993.Et Florence, femme de |ack et fille de pêcheurs depuis irois siècles, n'a ira-v';iiile que trois semaines â l'usine de traitement de Twillingale.Trois timbres quand il en faut dix pour l'assu-rance-chômage! (Au pays de la pêche, on vit sur le régime 10-42: dix semaines de travail et 42 d'assurance-chômage ).\u2022 Même deuil a Cap-Sainl-Georges, sur la cote Ouest donnant sur le golfe, qui n'est pourtant pas louché par le moratoire.|ohn Laney était en train d'agrandir sa maison avec Doris Marche, sii femme et sa compagne de pêche depuis 21 ans.«Ils nous disent qu'il y a du poisson et qu'il faut aller pécher.|e ne sais pas ou ils le trouvent leur poisson car la dernière fuis que je suis sorti j'ai pris 50 livres de morue.Même le caplan se fait rare et de plus en plus petit», raconte |éche avec son pcre depuis une douzaine d'années.L'avenir semble cependant comple- Un pécheur de Lourdes exhibe ses homards, une des rares espèces que l'on trouve encore à Terre-Neuve, tandis qu'un autre vétéran pécheur, Jack Troake, ( photo du bas ) scrute la mer de Twillingate qui ne lui fournit plus de poissons.PHOTOS CIEMENT ALIARO et USA WAITERS t Y- % PHOTO LAMOMn En noir et blanc ou en couleur, les Pepsis et les Newf les ont beaucoup commun, comme Ta constaté le photographe Ray Fennely.Terre-Neuve fut un pays bien avant le Québec ^wtEM uances \u2014Gens ordinaires, pliotosextraordinaires.)^ C'est le beau titre d'une exposition qui ouvrira le 10 septembre, simultanément â Québec et Saint John's, les capitales des deux provinces distinctes du Canada.Ray Fennely et Greg Locke, deux jeunes photographes de Terre-Neuve, onl invite des photographes du Québec, dont Bernard Brault de La Presse, à venir voir les Newfies pendant qu'eux visiteraient les Pepsis.Au-delà des combats politiques, de Churchill Falls â la société distincte, des langues et des préjugés, le commando de la caméra a décelé une grande parenté entre les voisins de l'Est.«Il y a cinq sortes de monde au Canada: les autochtones, les Québécois, les Terre-Neuviens.les immigrants et les Canadiens», conclut Ray Fennely.«La pluie acide qui a tué les érables et les chalutiers qui ont fait disparaître la morue, c'est la même chose.Sauf pour les maisons, en bois à Saint lohn's et en pierre à Québec, les deux capitales sont le produit de la même cupidité coloniale», ajoute Greg Locke, qui m'accoste en disant: «Ainsi vous visitez notre tragique province.» C'est extraordinaire comme les Ter- gics demandent chaque année l'asile à leur arrivée à l'aéroport de Gander, mais Terre-Neuve n'est qu'un lieu de passage pour la plupart d'entre eux.En 1989, le gouvernement provincial, qui ne pouvait payer l'aide sociale aux réfugiés, a offert 200$ et un biilet aller-simple avec le CN a 2000 Bulgares, qui onl presque tous abouti à Toronto.(En constant déficit migratoire Terre-Neuve compte 568 474 habitants.) Nationalisme souterrain À Saint John's, sur la rue Water qui borde le port et où l'on faisait des affaires en 1627, on trouve une plaque rappelant que Sir Humphrey Gilbert prit possession de Terre-Neuve en 1583, vingt-cinq ans avant la fonda-lion de Québec par Champlain.C'était le 24 juin : le port, la capitale, les cathédrales anglicane et catholique ont tous pris le nom du saint patron, dont la fête est jour férié à Terre-Neuve.C'est la fête de la découverte.Une fêle provinciale?Non, une fête terre-neuvienne, ont répondu tous ceux à qui j'ai posé la question.Et le premier juillet n'est pas d'abord la fête du Canada mais la ftie du souvenir, de la centaine de Terre- L'exode morue sonne le glas d'une nation ¦ 1 it\" v' lemeni bouché dans ce pays, né de la pêche et en vivant depuis 400 ans.À Twillingale, j'ai vu des gens sécher et saler du capelan, pour les gens du tiers-monde.Il s'agit d'un projet de l'Église pentecôlisie.À Twillingate encore, lack et son fils m'ont montre d'anciennes maisons de pêcheurs achetées par des gens de Toronto, qui viennent passer l'été dans ce havre de paix, loin de la pollution et des maux qui viennent avec la richesse.Parlant de richesse et de pauvreté, cette dernière est souvent masquée par le beauté du paysage \u2014 on est tanné de vous entendre parler de notre pauvreté pittoresque, a dit une femme de pêcheur\u2014 et la débrouillardise campagnarde.On sale el congèle son pois- Cabot Martin se demande s'il n'est pas déjà trop tard pour sauver les petites communautés cOtieres comme celle de Ouidi VIdL PHOTO RAY FENNaV son, son phoque, ses lièvres, son caribou ou son orignal.On bâtit el répare soi-même sa maison, souvent en clan, et l'on s'approvisionne soi-même en bois de chauffage.On est loin des taudis et de la violence des grandes villes.«Il est difficile de faire des corvées pour construire des réfrigérateurs et des télés ainsi que tous les autres gad-gels de la vie moderneî>, dira lack Troake.le pêcheur philosophe.«On est habitué de dire que ça ira.pour le temps comme pour la vie.On est trop fataliste pour nous révolter.» Leslie Harris explique que les 'l'erre-Ncuviens onl eie fabriques dans le moule anglais (l'ordre, la paix, le bon gouvernement), bien loin du modèle américain (la vie, la lil>erié et la poursuite du bonheur).«C'est pourquoi le mécontentement ne se traduit pas en violence à Terre-Neuve, du moins pas encore.» Rien à l'horizon Quand on lui demande ce qu'il faudrait faire pour sortir de la détresse, Leslie Harris hésite, secoue la tète, et finit par répondre: «Prier que la morue revienne et que nous ayons alors la sagesse de ne pas la faire disparaître une seconde fois.» (Cherchez d'abord le royaume de Dieu, dit la devise du pays.) Plus jeune et plus «américain», Cabot Martin estime que le choix est tnaintenant enlre l'émigralion cl la bataille pour retrouver sa dignité.«Des communautés disparaîtront el les jeunes quitteront, avant peut-être que nous ayons eu le temps de reparer nos erreurs.» En annonçant l'imposition du moratoire, le ministre lohn Crosbie avait évoqué la venue de transformations majeures.«L'industrie des pêcheries ne se suffit plus a Terre-Neuve.l'Ile est maintenue ariificiellement par un régime d'assurance-chômage qu'on a tordu de toutes les façons pour soutenir la pèche.» En décembre, les 19 000 bénéficiaires des compensations versées durant le moratoire (de 200% à 400$ par semaine) devront faire des choix: se perfectionner pour les pèches, se recycler ou s'en aller ailleurs.On y voit le prélude d'une vaste conversion industrielle où les petites communautés de pêcheurs seront remplacées par une dizaine de grosses usines alimentées par les chalutiers des grosses compagnies.C'est en somme le glas d'une nation, forgée depuis 400 ans, t|ue sonne l'exode de la morue.Ce peuple du rocher, qui pleure sa morue nourricière, est peu connu îles Ouehécois, les voisins de l'autre société distincte du Canada.3000 francophones: sursauts d'une mémoire uond lohn Laney était petit, il avait un double problème: il était francophone el fils de pêcheur.À l'école de Cap-Saint-Gcorges, il valait Mïieux ne pas parler français, ntême si c'était la langue maternelle de tous les élèves.Et le métier de pécheur ne figurait alors pas sur la liste des professions honorables.lohn, qui a aujourd'hui 52 ans.parle toujours français et gagne sa vie avec la pèche, comme ses ancêtres français (Laine) et acadiens (Chiasson).Bien plus, SIX femme Doris Marche est sa compagne de pêche, depuis 21 ans.«|e suis fier d'avoir élevé mes enfants en français.Y'en a pas beaucoup qui le faisions par icilte», tient à souligner Doris, dans le plus pur «chiaque».On retrouve dans la péninsule de Port-au-Pori, sur la côte Ouest face au golfe Saint-Laurent, des dt^scendanls d'Acadiens el de Français qui ont mainienu miraculeusement l'amour et l'usîige de la langue française.Trois villages en particulier (Cap Saint-Georges, Cirande-Terre et Anse-à-canards) connaissent même un sursaut de patriotisme francophone.On y trouve maintenant quelques af-liches bilingues et des écoles française il Grande-Terre {Mainland sur les cartes officielles) et a Cap-Sninl-Geor-ges, ou les gens onl aménage un parc, «Au boutte du Cap», en vue d'attirer le tourisme.Seul avec les goélands, on y a une vue saissisantc du golfe, qui vient mourir sur les rochers de la francophonie terre-neuviennc.Uobert Cormier^ descendant d'Acadiens venus dc^ Iles-de-Ia-Madeleine en 1870, est principal de Técole secondaire «bilingue» de Cap-Saini-Geor-ges.Selon lui, 90 p.cent des gens de Cap-Saint-Georges sont d'origine française mais seulement 50 p.cent parlent encore la langue.Une mort annoncée pour 1991 La renaissance a commence en 1975, lorsque le gouvernement provincial leur a consenti un programme d'immersion scolaire en français.«Quand j'étais petit, tout se passait en anglais en classe mais on parlait français dans lu cour de recreation.Quand je suis devenu professeur el qu'on a obtenu les programmes d'immersion, tout se passait en français en classe mais en anglais dans lu cour de récréation.Les élèves étaient toujours francophones d'origine mais portaient les traces d'un long passé d'isolement et de privation culturelle.» I^obert se souvient qu'en 1971, un professeur venu d'Ottawa avait mené une étude sur la péninsule de Port-au-Port et avait conclu que le français y disparaîtrait dans vingt ans.«Il est venu bien prêt d'avoir raison, mais s'est finalement trompé puisque le français est en train de renaître ici», me dit l'Acadien-Terre-Neuvien.(À Slephenville.la ville la plus proche de Porl-au-Port, l'annuaire téléphonique contient un seul LeBlanc (Larry, un animateur venu du Nou-veau-Brunswick) mais trois colonnes de White ainsi que 30 Q'Quinn (Au-çoin ) et plusieurs Young ( Lajeunesse).À Terre-Neuve, il faut être bilingue et débrouillard pour refaire l'histoire et découvrir que Twillingale fut d'abord baptisé Toulinguei, par les pêcheurs français au début du XVllI ème siècle.) Qu'est-ce que ça donne d'être français dans une province unilingue anglaise mur à mur?«Quand je suis arrivé à l'université Memorial pour mes études en pédagogie, j'ai pris tous les cours disponibles en français.|e me souviens du premier cours: le professeur s'est présenté et a fait une farce en français, je me suis éclaté de rire, au grand étonnement des autres étudiants, j'étais le seul à avoir compris.Depuis ce temps, je me dis que j'ai quelque chose de plus que les autres», raconte Robert Cormier, dont le frère Marc et la soeur |udy sont aussi enseignants.Les voiles dorées Le 15 août, fête nationale des Acadiens, j'ai vu une scène émouvante et intringuante.Au centre communautaire de Cup-Saint-Georges se tenait l'assemblée annuelle des Franco-|eunes de Terre-Neuve.Une quinzaine de délégués y étaient venu des trois pointes francophones du territoire: le Labrador (surtout des Québécois travaillant dans les mines).Saint lohn's (des intellectuels el des professionnels venus d'Europe et du Canada) et la péninsule de Port-au-Port (les descendants du vieux stock franco-terre-neuvien ).Ces jeunes suivoient des ateliers de formation sur l'histoire el les communications cl parlaient d'avenir.Vers 10 heures, samedi matin, ils sont tous sortis pour la levée officielle du drapeau franco-tcrrc-neuvicn (les voiles dorées y ont remplacés l'étoile dorée du bleu-blanc-rougc acadien).Les chonts désespérés sont souvent les plus beaux et j'en connais d'immortels qui sont de pures sanglots, disait naguère le poète.11 aurait vibré devant les sursauts de l'indélébile mémoire francophone de Terre-Neuve.Selon Statistique Canada, il reste 3000 francophones à Terrc*-Neuve, soit un peu plus de 0,5 p.cent de la population, un trop petit échantillon pour figurer dans les tableaux statistiques pan-canadiens.re-Neuviens se comparent souvent aux Québécois.Leslie Harris, qui a visité le Canada de part en pan, ne s'est retrouvé chez lui qu au Québec, particulièrement chez les pêcheurs de la Gaspésie.visités avec Marc Latendresse, un historien de Laval.«On y trouve les mêmes valeurs, le même sens de l'histoire.la même conviction d'avoir été opprimé, le même sens de l'humour et la même conviction d'être des étrangers dans son propre pays», explique l'ancien recteur de l'université Memorial, qui se dit «nationaliste par le coeur et fédéraliste par la raison» \u2014des mots familiers.Si l'on coupait le Quebec à Trois-Pis-loles et qu'on le laissait flotter en y englobant la Côte-Nord, on se retrouve-rail effectivement face à une jumelle identique â celle du «rocher» de Terre-Neuve.Un ancien pays «N'oubliez pas que nous avons été un pays bien avant vous autres», se plaît à dire Greg Locke à ses nouveaux amis du Quebec.On oublie souvent que Terre-Neuve fut un pays de 1917 à 1930, un dominion britannique comme l'était le Canada, avec ses timbres et sa monnaie.Se trouvant à la limite d'un fuseau horaire, les Newfies décrétèrent le règne de la demi-heure.«Une heure plus tard dans les Maritimes, mais une demi de plus à Terre-Neuve», dit-on en consequence à Radio-Canada.Sur le point de faire faillite durant la Grande Depression des années 30.Terre-Neuve renonça à sa souveraineté.L'entente était qu'on retrouverait l'indépendance après le retour des vaches grasses.On passa plutôt d'une dépendance a l'autre: Terre-Neuve devint la dixième province du Canada, en 1949, après deux référendums: d'abord de-fait, le oui ne l'emporta que par 51-49 au second essai.Quarante-cinq ans de canadianisa-tion n'ont pas efface toutes les traces de la vieille Angleterre.Les policiers de Saint lohn's se promènent toujours sans arme à feu, avec le «bâton» comme les «hobbies» de Londres.Les pécheurs parlent toujours une langue bien à eux, consignée dans un dictionnaire de l'anglais lerre-neuvien.Si les paysans québécois mangent leur français, les pécheurs terre-neuviens avalent leur anglais, un dialecte apporte avant la standardis;uion de l'anglais.Les Tcrie-Neuviens forment, encore plusqu';ui Quebec, im peuple homogène, descendant en droite ligne des pay-Mins venus d'.Angleterre el d'Irlande du XVIeme au XVlllème siècle.Ces dernières années, autour de mille refu- Neuvieux tués durant la bataille de la Somme, en France à l'été 1916.Au festival «Arts and Folks), qui se-terminait dimanche dernier dans un grand parc du centre-ville de Saint ; lohn's.quelques milliers de Newfies-ont chanté et dansé sur les reels du groupe « Irish Descendance», pendant que flottait à l'avanl-scène le frapeau veri-blanc-jaune.Et le tout s'est terminé par le chant de «l'Ode à Ter-re-Neuve».un hymne national qui n'a jamais etc officiel mais que tout le monde connaît.Est-ce dire que les Terre-Neuviens sont nationalistes?C'est un mot qu'ils emploient rarement et que lack Troake ne comprendrait pas, lui qui parle de mon pays \u2014my country\u2014 en signifiant sans equivoque le « rocher» de Terre-Neuve.Et même si, on s'identifie d'abord comme Terre-Neuvien.«C'est seulement en visitant l'Europe que je me suis aperçu que j'étais canadien», confie le photographe Ray Fennely.Les CFA Robert Sweeny et Elizabeth-Annc Malischowsky soni des Montréalais pure laine qui enseignent à l'universé Memorial depuis trois ans.en histoire et en linguistique.Comme la très grande majorité des professeurs de Memorial, lohn et Elizabeth sont des «CFA» \u2014 come from away \u2014 le vieux qualificatif irlandais accolé à ceux qui ne sont pas nés sur le «Rocher».Leur petite Charlotte, qui aura bientôt un an.sera, elle, une vraie Terre-Neuvien-ne.Robert et Elizabeth, qui connaissent le Québec par coeur (Elizabeth a.entre autres, vécu en Beauce et à Québec), n'en reviennent pas de la profonde parenté culturelle liant, au deirt de la langue, le Quebec hors-Montréal et Terre-Neuve.«A force de parler de souveraineté, le Quebec finira peut-être par passer des paroles aux actes.11 serait alors bon de connaître le peuple de Terre-Neuve, le territoire avec qui le Québec a le plus de froniièrc^s», lance Robert.De toute façon, il est bon de connaître les vrais Newfies.lc*s gens les plus civilises et les gens qui ont le phis de «naturel», comme on disiiit en Gaspésie, uu monde.«11 y a trois cultures au Canoda: le Quebec.Terre-Neuve et les autrt*s», nt'a dit avec la plus grande conviction, lames Winter, l'homme-orchestre (journaliste, fonctionnaire, professionnel des pêcheries, agent d'immeubles.) qui fut tnon ciccronc autour du «Rocher» de l'Atlantique qu'on appelle Terre-Neuve, t B6 Mus LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 22 AOÛT 1992 LA JUSTICE RUSSE SENS DESSUS DESSOUS En voulant réformer le système judiciaire, Eltsine a provoqué une véritable pagaille PAU LE ROBITAILLE collaboration spvciah UN AN APRÈS MOSCOU 4Les égouts fonl sentir leurs ema-¦ nations a l'entrée du «Tribunal du peuple» du distriet de Frunzinskaya.a Moscou.Sur les murs, une peinture rougcàtrc s'écaille.La moitié des tuiles du plancher ont disparu.Des bureaux et des chaises empilées réduisent le corridor à un capharnaum.Des fils électriques pendent du plafond.Le palais de justice du district de Frunzinskaya, qui jusqu'à I932 était un immeuble d'habitation, n'a rien d'un tribunal.Et pourtant.«Notre bâtiment n'est pas si mal que cela, d'expliquer David Agamov, le juge en chef du district.Il y a bien pire.» Dans la capitale russe, la majorité des 23 cours de justice sont surpeuplées et dans un état de décrépitude sérieux.«On voudrait bien emménager dans un nouvel immeuble mais il n'y a plus rien d'abordable à Moscou.Tout est acheté par les compagnies étrangères et les commerçants!» En deux ans.le tribunal de Frunzinskaya a subi un incendie et une inondation.«Nous avons eu de la chance, l'inondation n'a touché que les dossiers civils.Nous avons sauvé les documents en les faisant sécher sur des chaufferettes.» Le juge raconte que dans le district voisin, des petits voyous ont lancé un cocktail molo-tov dans une salle de dossiers.Ailleurs, un de ses collègues doit entendre des causes dans son bureau, faute de place.L'hiver a Frunzinskaya, le manque de chauffage oblige souvent les juges, les parties et tout le personnel à travailler leur manteau sur le dos.Enfin, il n'y a qu'une photocopieuse et un ordinateur pour les huit salles d'audience.«Certes, nous avons des problèmes, mais en Russie, qui n'en a pas?Le droit ne fait pas exception à la règle», de soupirer le juge Agamov.Une simple extension du Parti Les fonctionnaires accordaient peu d'importance au système judiciaire durant les belles années du communisme.Le monde des avocats était jugé bourgeois.Et les dirigeants avaient réduit «la justice» à une simple extension du Parti.Mais depuis l'échec du coup d'État d'août I99I, tout change.Les «démocrates» du gouvernement Eltsine veulent insuffler de nouvelles valeurs au monde de la justice russe et en faire un veritable pouvoir.Les députes du Parlement n'y vont pas de main morte.A chaque semaine, des articles des vieux codes sont amendes et remplacés par des notions révolutionnaires dans tous les domaines.Des nouvelles lois sont adoptées.Pour les juges, les avocats et les bureaucrates, le rythme est impossible à suivre.Cent vingt-sept mille personnes seraient toujours emprisonnées pour des crimes commerciaux qui maintenant n'en sont plus.Cette revolution juridique, ou plutôt cette grande pagaille, donne d'affreux maux de tète au juge Agamov.«Nous sommes submerges de nouveaux problèmes.Les nouvelles lois viennent trop vite dans un domaine ou trop lentement dans un autre.Il faut constamment improviser, faire des analogies avec les vieilles lois soviétiques.Notre travail en est un de création!» Ainsi, pour le juge Agamov.qui a travaille 15 ans sous les communistes, les notions de «contrat» ou de «licenciement» tiennent de l'exotisme.Le fond reste le même Mais si la forme change, le fond.lui.reste le même.Le phénomène est patent en droit criminel.L'an dernier, le parlement a adopte une mesure spectaculaire pour la Russie: le detenu aurait depuis des années, se sont donc réjouis de la decision du parlement.Mais ils ont vite déchante.«Les juges refusent d'appliquer les nouvelles lois, affirme Genrick Pavda, l'avocat du putschiste Anatoly Loukia-nov.Nous avons toujours les mains lices, les yeux bandés et la bouche cousue!» D'abord, l'infrastructure est encore déficiente.Une personne appréhendée a beau crier, la tète entre les barreaux, qu'il a droit à un avocat, les policiers peuvent très bien faire la sourde oreille.H n'y a rien pour aider le prévenu, pas même un annuaire téléphonique.À la campagne, la pénurie d'avocats rend LE PUTSCH Un an après le coup d'Etat raté, Anatoly Loukianov, l'un des putschistes, attend encore de connaître la date de son procès.photo reuter David Agamov, juge en chef du district de Frunzinskaya, à Moscou: «Nous sommes submergés de nouveaux problèmes.Les nouvelles lois viennent trop vite dans un domaine ou trop lentement dans un autre.» dorénavant droit a un avocat des le moment de son arrestation.Et son avocat pourrait avoir accès à son dossier avant le procès.On a même enchâsse une charte des droits dans la constitution russe.Il faut savoir qu'en Russie, le procureur est roi et maitre.C'est lui qui décide si des accusations seront portées et si l'affaire vaut un procès.Il peut tout faire: recueillir des aveux, des témoignages et d'autres preuves incriminantes.L'avocat de la defense ne peut ni verifier les documents recueillis, ni contre-interroger les témoins avant le procès.Lors de l'enquête préliminaire, il est impuissant.Les avocats de la defense, méprisés l'application du règlement doublement difficile.Mais, surtout, les nouvelles lois se butent aux mentalités, habituées à un système répressif.La majorité des juges a ele formée à la vieille école.«Ici, les gens n'ont aucune idée de ce qu'est la justice, explique Ernest Ametistov, un juge de la cour constitutionnelle.Pour eux.la justice est là pour punir et non pour protéger le citoyen.» Les policiers, les procureurs et les juges sont appréciés selon le nombre de crimes qu'ils élucident.«Plus ils ont de crimes résolus à leur crédit mieux c'est, explique Todd Eogelson, un Canadien qui étudie le système judiciaire russe.Dans ces circonstances, il n'est pas étonnant que 95 p.cent des accuses soient déclarés coupables.«Si vous êtes arrêté là-bas, que Dieu vous garde!» lance Mary Holland du Comité des avocats pour les droits de l'homme de New York, qui a étudié le système judiciaire russe.Une fois arrêté, le prévenu peut être incarcéré sans comparution ou procès le temps qu'il faut au procureur pour compléter l'enquête.«Le temps maximum est d'un an et demi, affirme Genrick Pavda.Mais qui sait, mon client peut rester en prison encore II) ans!» Un an après l'arrestation du putschiste Loukianov, aucune date n'a été fixée pour son procès.«Nous servons de soutien moral à notre client, c'est tout, dit l'avocat de Loukianov.Les médias sont souvent notre seule tribune.» Mais le public, habitué de voir la justice frayer avec le pouvoir politique, n'est pas toujours un allié fiable.L'indépendance de la justice est une notion toute neuve en Russie; la corruption des juges et des procureurs fait depuis toujours «partie du décor».Il faut dire que les juges et les procureurs gagnent une fraction des revenus des criminels qu'ils doivent juger.Le salaire d'un juge est de 70 dollars par mois.ladis, juges et procureurs devaient être membres du Parti communiste.C'est le PC qui les nommait.Aujourd'hui, c'est la ville ou le Parlement russe qui nomme les juges.«Ça change quoi?s'interroge le juge Agamov, ironique.Si avant les juges recevaient des appels des dirigeants du Parti, maintenant, ils en reçoivent de la mairie de Moscou ou du Parlement!» 400 S US par interview Dans l'espoir de mettre fin a la corruption, le Parlement a adopte une loi qui rend obligatoire la presence d'un jury dans certaines causes.Mais là aussi échec: «le ministère de la lustice ne paye pas les jures, alors ces derniers ne viennent pas au procès», de dire David Agamov.Du cote des procureurs, toutes ces reformes indisposent.Ils perdent de leurs pouvoirs et ils n'aiment pas cela.Le procureur gênerai Valentin Stepankov, qui est également depute, se range plutôt du côté des conservateurs que de celui des reformateurs de l'équipe Eltsine.( Il demande, en passant.400$ US par interview, «de l'argent qui ira à l'amélioration des prisons», dit-il.) Fatigues de ce cirque, plusieurs quittent la magistrature ou le ministère public pour se lancer en pratique privée.La aussi c'est la pagaille, mais au moins, les revenus des avocats montent en flèche.Comment Lénine a transformé les avocats en fonctionnaires client, c'est l'ennemi numéro \" Bn un ! » declare Me Lydia Gavriov-na, forte de ses 40 ans de pratique.«Ces gens-là, ils ont violé des lois, après tout.Il faut s'en méfier», souligne-t-elle pleine d'assurance, en parlant de sei clients.La présomption d'innocence a toujours fait partie du Code criminel de la Russie soviétique, comme du Code criminel canadien.Seulement, elle s'exprime différemment.Si, au Québec, votre avocat passe des heures ( qui coûtent cher) a préparer sa cause, s'il fouille dans les recueils de jurisprudence et les livres de doctrine poussiéreux, ce n'est pas le cas de Me Gavriovna.Elle n'a pour bibliothèque que trois étagères ;t moitié remplies de gros codes rouges qui datent de l'Union Soviétique.«A quoi bon preparer sa cause, la loi change tous les jours!».Alors, en cour.Me Gavriovna plaide le «\u2022 eros bon sens».De toute façon, en droil criminel, dans 90 pour cent des cas.I;i cause est perdue d'avance.Pour entrer dans l'immeuble du cabine! de Pavocate, il faut pousser quelques mendiants endormis qui bloquent la porte.L escalier qui tombe en ruines nous mené au deuxième où, sur un petit écriteau délave, on distingue à peine les mots «consultations juridiques ».h i.pas de réceptionniste, pas de jolie secretaire, pas de tapis moelleux, pas de tableau du dernier peintre a la mode.Six avocats se partagent un local exigu aux murs défraîchis «Il faudra déménager bientôt, confie l'avocate.Une société mixte a acheté l'immeuble.» Me Gavriovna n'est pas une avocate de dernier ordre, bien au contraire.C 'est une femme vive, intelligente, qui .i le respccl de ses collègues.Elle fail même partie de l'Association interna tionale des avocats, comme bien des juristes montréalais.Mais Lénine et ses successeurs n'ont jamais eu trop d'estime pour cette profession «bourgeoise».Alors, ils ont transforme l'avocat en vulgaire petit fonctionnaire soumis et inoffensif.Gorbatchev a voulu changer cela.Aujourd'hui, les avocats russes redeviennent peut-être des notables, mais l'explosion du système judiciaire fait de leur pratique un véritable casse-tête.«A faire son métier dans de telles conditions qui ferait mieux?s'interroge Me Gavriovna.C'est le desordre complet.En cour, il n'y a plus de greffiers.Les juges sont toujours en grève.Les fonctionnaires ne répondent jamais au telephone.Et la corruption des juges se fait de façon de plus en plus obscure.» Pour tout cela et 40 ans de metier.Me Gavriovna gagne a peine 50 dollars par mois.Les avocats sont payes a chaque cause qu'ils entreprennent.En principe, les prix sont fixes, determines par la loi.Mais là comme ailleurs, les lois du marche s'installent.La concurrence «Un bon service, ce n'est pas gratuit», explique Nikita Voscanian, un avocat de droit criminel qui avoue gagner le double (pie ses collègues du cabinet voisin.Ses frais sont négociés avec ses clients.«Pour ceux qui n'ont pas l'argent, nous avons une forme d'aide juridique, ajoutc-t-il.Ils peuvent travailler en prison afin de payer ce qu'ils nous doivent.» Les affaires de Voscanian vont bien.Il a un bureau a lui tout seul.Les murs sont d'un blanc immaculé.Ce juriste dans l.i quarantaine respecte ses clients et s'efforce de bien préparer ses causes.Les avocats découvrent donc la concurrence.D'ailleurs, le contrôle de la profession n'existant pratiquement plus, plusieurs s'improvisent avocats.Au civil, tout le monde a le droit de plaider.«Des fumistes envahissent la profession, c'est honteux, siffle Lydia Gavriovna.Qu'ils y restent mais les gens verront bien qu'ils sont incompétents.» Ces «fumistes» sont des autodidactes ou des anciens fonctionnaires, souvent des gens qui ont termine leurs etudes de droit mais qui n'ont jamais pu être admis au collège des avocats de leur ville.Les collèges des avocats, l'équivalent de nos barreaux, sont des clubs très selects qui admettent peu de nouveaux membres.Le choix est arbitraire.À Moscou, ville de 9 millions d'habitants, ils sont I 000 avocats en règle seulement (8000 avocats sont membres du Barreau de Montreal).A l'origine, le college des avocats de Moscou était contrôlé par le Parti.Il offrait à ses membres différents privilèges, notamment une maison de repos pour leurs vieux jours.le ministère de la lustice voudrait remplacer cette institution désuète par une autre structure, qui se chargerait notamment de sauvegarder l'éthique de la profession.Le ministère souhaiterait aussi augmenter le nombre de membres; les avocats du college de Moscou refusent catégoriquement.FIN - photo mu1ir Parmi les procès les plus retentissants des ««belles années - du communisme dans lex-URSS, celui d Anatoly Shcharansky avait fait couler beaucoup d'encre.On le voit ici avec sa femme Avital.a Tel Aviv. Le Monde LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 22 AOÛT 1992 B7 George Bush et Bill Clinton désormais à égalité d'àprcs Heu ter et AFP NEW YORK es président George Bush et le candidat démocrate Bill Clinton sont désormais nez à nez dans la course à la Maison Blanche, selon un sondage CBS-Ncw York limes public hier.Mené jeudi soir alors que M.Bush prononçait son discours d'investiture devant la convention républicaine de Houston, ce sondage sur les intentions de vote, indique que Bill Clinton l'emporterait sur George Bush par 48 p.cent à 46, si le scrutin avait eu lieu hier.La marge d'erreur étant de +/- 4 points, les deux candidats sont virtuellement à égalité.Avant la convention républicaine, l'avance de Clinton était d'environ 30 points, pour baisser progressivement à 18 puis 12 points durant les derniers jours.« Ne pariez pas contre nous en novembre.Nous allons remporter cette élection», a affirmé un George Bush gonflé à bloc hier à Gulfport ( Mississippi ).Puis, au pied des monts Ozarks ù Branson, sur fond de musique country, le président est allé porter au coeur de l'Amérique profonde une virulente campagne anti-démocrate, et ses espoirs de retour en force sur son rival Bill Clinton d'ici aux présidentielles du 3 novembre.Redynamisé par la convention de Houston, qui a insufflé un nouvel enthousiasme au camp républicain à dix semaines du scrutin, M.Bush a appelé les Américains à «renvoyer Bill Clinton vivre heureux pour Je restant de ses jours» dans son État de l'Arkan-sas.Une seule promesse «Les promesses de M.Bush ne cherchent à préserver qu'un seul emploi, le sien », a déclaré le candidat démocrate Bill Clinton, à Detroit (Michigan) dans un discours où il a critiqué le programme économique du président sortant.«George Bush cherche beaucoup plus à me battre qu'à vous aider», a poursuivi M.Clinton.Son «plus grand échec n'est pas la récession », a affirmé le gouverneur de TArkansas.«C'est que nous avons eu cette récession et qu'il n'a fait que regarder.Il n'est pas parvenu à atteindre les objectifs qu'il s'était fixés après son entrée en fonction: utiliser le pouvoir de la présidence pour aider les gens.» M.Clinton a qualifié de «miroir aux alouettes» les promesses de réduction générale des impôts faites par M.Bush dans son discours, jeudi soir.Ces promesses «sont fausses et nous trahiront», a-t-il dit, rappelant que M.Bush n'avait pas respecté son engagement pris en 1988 de ne pas augmenter les impôts en signant en 1990 la deuxième plus importante hausse fiscale de l'histoire américaine.Le candidat démocrate a également répondu a M.Bush, qui accuse le Congres de l'avoir empêché d'appliquer son programme économique: «Le Congres a voté un programme de croissance économique, mais M.Bush y a mis son veto pour une raison simple, il proposait d'augmenter les impôts des plus riches», a dit M.Clinton.Le gouverneur de l'Arkansas a répété son programme pour l'économie américaine : hausse des impôts des plus riches mais réductions d'impôts pour l'investissement, accentuation de l'effort d'éducation et de formation professionnelle, maîtrise des dépenses de santé et réduction du déficit budgétaire.«|e suis un démocrate qui croit en l'esprit d'entreprise» a t-il conclu.M.Bush s'est lance dans un périple électoral quasiment non-stop jusqu'aux élections du 3 novembre.Il a commence hier par le Mississippi et le Missouri, un premier voyage de trois jours, dans sept États.Avant de quitter Houston, il a confirmé les themes de sa campagne au cours d'un discours devant les responsables du Parti républicain: dénonciation des propositions économiques de l'équipe démocrate et de leurs conséquences en matière fiscale, attaque en règle du Congres à majorité démocrate, qui bloque selon lui ses projets, appel a la confiance et exaltation des «valeurs».?REPÈRES Pas de solutions crédibles au déficit budgétaire Le president George Bush a entrepris hier une vaste tournée des Etats-Unis qui, espere-t-il, lui permettra de remporter un deuxième mandat à la Maison-Blanche, photo Reutcr d'apres Reutcr et AFP HOUSTON Le président George Bush et son rival démocrate Bill Clinton ont finalement quelque chose en commun: aucun des deux candidats à la Maison-Blanche n'a proposé aux électeurs un plan apparemment viable pour résorber l'énorme déficit budgétaire américain, au centre des problèmes économiques du pays.lundi soir, le président Bush a soigneusement évité de présenter des solutions radicales au déficit budgétaire fédéral et rejeté sur le contribuable américain la responsabilité d'y mettre fin.Dans son discours d'investiture devant la convention républicaine, le candidat Bush a été aussi pro-lixe en attaques contre son adversaire démocrate Bill Clinton qu'il est resté discret sur les moyens de rééquilibrer les comptes du pays.Il a simplement proposé aux Américains de consacrer jusqu'à 10 p.cent des impôts qu'ils payent a la réduction du déficit.«C'est un gadget», estime David lones, économiste en chef chez Aubrey G.Lanston à New York.«|e ne vois pas comment ce système pourrait marcher.» Selon un calcul du Washington Post, si chaque Américain cochait la case, il faudrait 30 ans pour ramener la dette publique des États-Unis ( 3900 milliards de dollars) au même niveau qu'elle l'était en 1989.En outre, cette mesure réduirait cette dette publique d'environ 1,2 p.cent par an, alors qu'elle s'est accrue de 14,5 p.cent par an durant le mandat de George Bush.C'est une mauvaise nouvelle pour l'économie américaine.Les analystes estiment que l'énorme déficit budgétaire accumulé pendant l'ère Reagan entrave la croissance et doit se résorber pour assurer la santé de l'économie américaine.Le fait que George Bush n'ait pas proposé de solution crédible montre que le problème économique numéro un des États-Unis ne sera pas abordé sur le fond pendant cette campagne électorale.Car le programme de Bill Clinton n'est guère plus imaginatif sur les moyens de réduire un déficit de 300 milliards S.Les deux candidats semblent avoir pris pour acquis que l'électeur américain repousserait tout programme fondé sur une hausse des impôts et une limitation des dépenses publiques.L'élcment-clef du programme économique présenté jeudi soir par George Bush \u2014 une vague promesse de baisse des impôts en échange de réductions des dépenses \u2014 ne permettra pas de ré-duire le déficit budgétaire.Il pourrait même avoir l'effet inverse.Les tireurs bosniaques au banc des accusés d'apres AFP Ci Reutcr SARAJEVO Acinq jours de l'ouverture de la conférence de paix sur la Yougoslavie, les combats ont redouble d'intensité hier dans la capitale bosniaque, assombrissant les perspectives de règlement du conflit.Privé d'électricité et frappé par une pénurie de pain, le centre de Sarajevo a été pilonné dans la journée après avoir subi des bombardements dans la nuit.Quatre personnes ont été tuées hier matin et 23 autres blessées dans le bombardement du marché de la cathédrale, à une heure d'afflucncc.La Force de protection des Nations unies (FORPRONU) a établi avec certitude hier qu'un de ses soldats ukrainiens tué la veille à Sarajevo avait été abattu délibérément par un Bosniaque.«C'est la première fois qu'un de nos soldats a été la cible de tirs destinés à tuer», a déclaré un officier des Casques Bleus.Le militaire ukrainien a été tué jeudi peu après-midi par une balle qui lui a traversé le thorax, dans la cour de la caserne Maréchal Tito, que le contingent ukrainien partage avec les forces bosniaques.Vu la trajectoire presque horizontale de la balle, le coup n'a pu être tire que du rez-de-chaussce ou du premier étage d'un bâtiment a l'intérieur même de la caserne, a expliqué cet officier qui a requis l'anonymat.«Nous avons clé très certainement volontairement visés», a-t-il ajouté.Des soldats ukrainiens ont déclaré avoir entouré immédiatement une dizaine de suspects bosniaques mais les avoir relâchés, faute de pouvoir identifier le coupable.La FORPRONU n'est en revanche pas certaine de l'origine des obus de mortier qui se sont abattus jeudi soir sur la caserne Tito.Vingt-neuf obus ont été tirés contre ce complexe de béton.Trois au inoins ont mis le feu au bâtiment de commandement du contingent de 400 Ukrainiens et détruit huit de ses camions, ont indique des officiers.Les artilleurs serbes ont pu riposter aux francs-tireurs bosniaques, ou chercher à les éliminer sans provocation directe, estimet-on.Mais les coups peuvent également être partis d'une batterie bosniaque pour provoquer une intervention militaire occidentale en mettant les Casques Bleus en danger, ajoutent les membres delà fo rce d e pa i x.Entre-temps, les nationalistes serbes qui encerclent Sarajevo et les Bosniaques assièges ont procédé à un échange d'otages au quartier-général de la FORPRONU.Cinquante et un civils musulmans otages des Serbes, dent trois femmes, ont été échangés contre 50 civils prisonniers des Bosniaques, dont six femmes, ont constaté les témoins.Neuf Serbes détenus à Sarajevo ont cependant refusé de passer du côté des nationalistes serbes, ont-ils ajouté.Avant l'ouverture de la conférence de paix prévue à Londres du 2b au 28 août, les perpectives de solution paraissent ténues.Le secrétaire d'État américain par intérim, Lawrence Eagleburger, s'est dit très pessimiste sur le règlement du conflit à court terme et a jugé «très probable» une extension de la guerre civile.Le médiateur européen Lord Carrington a toutefois reçu de toutes les parties l'assurance qu'elles participeraient a la conference, a dit hier le Foreign Office.Le ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas, s'est de son côté efforcé de persuader l'Espagne de participer à la protection de l'aide humanitaire à la Bosnie comme l'ont déjà fait la France, la Grande-Bretagne et l'Italie.L'ancien premier ministre polonais Tadeusz Mazowiccki a de son côte quitte Genève pour Zagreb pour y entamer au nom des Nations unies une enquête sur les atteintes aux droits de l'homme dans l'ex-Yougoslavic.Nomme la semaine dernière par la Commis sion îles droits île l'homme des Nations unies, il passera cinq jours en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie.photo Agence F rjnee Preste La population de Sarajevo continue de subir une guerre qui force le rationnement des vivres et, surtout, du pain quotidien à deux miches par personne.Le Monde Autres informations ?Cl 2, F6 et F7 Le président Bush a promis que toute baisse d'impôt serait compensée par une réduction correspondante des dépenses.Les analystes pensent qu'il sera plus facile de tenir le premier engagement que le second.L'état-major de Bill Clinton a immédiatement répliqué à ce discours en déclarant que les baisses d'impôts proposées par Bush étaient irresponsables.«Cette proposition est l'un des stratagèmes les plus cyniques jamais mis en oeuvre par un candidat à la présidence.Ce n'est rien d'autre qu'une tentative flagrante pour monnayer cette élection», a déclaré dans un communiqué George Stephanopoulos, directeur de la communication de Clinton.Le «hic», poursuivent les analystes, c'est que le programme du eandidat démocrate sur la contraction du déficit est tout aussi décevant.Clinton prévoit d'augmenter les impôts des plus riehes et des entreprises étrangères.Mais cet argent servira à financer de nouvelles dépenses \u2014 reseaux routiers, infrastructures publiques, etc.\u2014 plutôt qu'a réduire le deficit.David lones est ainsi persuade que les programmes de Bush et de Clinton eonduisent chacun à gonfler le déficit, celui de Bush à cause des baisses d'impôts, celui de Clinton à cause de l'accroissement des dépenses.En 1993, le déficit devrait dépasser les 320 milliards, un chiffre qui fait douter les experts budgétaires de la possibilité de réduire les recettes par une baisse des impôts.«C'est totalement irréaliste», a estimé Carol Cox Wait, présidente d'un Comité indépendant pour une réforme du budget.leudi soir, M.Bush n'a pas precise quelles dépenses publiques il comptait réduire.Mais il s'était déjà engagé, ces dernières semaines, a ne pas toucher a la sécurité sociale et a ne plus tailler dans le budget militaire, déjà largement amputé.Il lui resterait les autres programmes sociaux tels que l'aide médicale aux plus pauvres et aux personnes âgées, les tickets d'alimentation, les aides aux agriculteurs ou les dépenses de police.En théorie, les dépenses sur ces postes devraient être globalement réduites de plus de 20 p.cent pour ramener le déficit budgétaire a environ 170 milliards en 1993, et cela sans baisser les impôts.M.Bush s'est également appliqué jeudi soir à mettre en garde les électeurs contre le candidat démocrate Bill Clinton qui.s'il était élu.provoquerait «la plus forte hausse des impôts de l'histoire américaine: 150 milliards de dollars».Mais Ronald Reagan avait signe en 1982 une hausse des impôts supérieure a cette somme.Et l'augmentation des taxes signée en 1990 par M.Bush avait atteint 1 37 milliards de dollars, un chiffre qui.ajuste de l'inflation, frôle les 150 milliards de M.Clinton.L'embargo de l'OEA contre Haïti demeure d'après AFP PORT-AU-PRINCE mmW # embargo contre Haïti demeure», a declare hier à Port-au-Prince l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Organisation des États américains ( OEA ), M.Luigi Enaudi.M.Enaudi, qui s'exprimait sur une radio haïtienne peu avant son départ de Port-au-Prince pour Washington en compagnie du secretaire général de l'OEA, loao Baena Soares, au terme d'une mission infructueuse, a precise qu'il s'agissait toutefois d'une position «qui était continuellement réévaluée en fonction de l'évolution des négociations».L'OEA a décrété le 8 octobre un embargo commercial contre Haïti pour tenter d'obtenir un retour au pouvoir du president élu lean-Bertrand Aristide, renversé le 30 septembre par un coup de force de l'armée.Cette mesure, qui a fait selon des sources religieuses indépendantes plusieurs milliers de morts parmi les groupes vulnérables du pays (malades, femmes, enfants, vieillards), est de plus en plus controversée en Haïti.La Conférence èpiscopale.organe dirigeant de l'Eglise catholique du pays, a demande à la mission de l'OEA.qui a achevé hier une mission de trois jours, «sa suppression pour soulager 'es souffrances du peuple qui en supporte essentiellement les conséquences» selon une source religieuse.Aucune progrès majeur dans le dénouement de la crise n'a ete annonce à l'issue de cette visite, et un communique de l'OEA a seulement indique que la mission «avait identifie des opportunités \u2014 dont la nature n'a pas ete précisée \u2014 pour continuer a faciliter le dialogue entre les principaux acteurs de la crise haïtienne».M.Baena Soares.qui était pour la première fois accompagne par Francesc Vendrell (Espagne), représentant du Secretaire general de l'ONU.M.Boutros Boutros Ghali, a rencontre le chef de l'armée haïtienne, le general Raoul Cédras, le premier ministre Marc Bazin et la Commission nominee par le president Aristide el dirigée par le père Antoine Adrien.C'était la deuxième mission de M.Baena Soares en Haïti et la quatrième de l'OEA après près de onze mois d'echecs successifs pour tenter d'obtenir le «retour a l'ordre constitutionnel ».Dans un communique, la mission a exprime «sa plus profonde preoccupation devant les actes de repression et de violence dont elle a pris connaissance».L'ambassade des Etats-Unis a Port-au-Prince a.elle aussi, «condamne fermement» l'assassina: de trois jeunes gens, partisans d'Aristide, arrêtes lundi et dont les corps ont ete retrouves par la suite cribles de balles a la morgue de l'hôpital general de la capitale haïtienne.«C'est la responsabilité des autorites haïtiennes de condamner ces assassinats, d'agir prompte-ment en vue d'initier une enquête approfondie et de traduire en justice les coupables de cet acte criminel ».souligne l'ambassade dans un communique.Elle rappelle, a ce propos, les dispositions de la Constitution qui «garantissent les droits fondamentaux et la liberté individuelle des citoyens haïtiens y compris la liberté d'expression ».L'ambassade indique également qu'elle continue «a recevoir des rapports crédibles a propos de tueries aveugles, de harcèlements, de perquisitions illégales, d'arrestations sans mandat, de detentions d'individus sans qu'aucun chef d'accusations soit invoque contre eux et de mauvais traitements de personnes arrêtées».L'ambassade demande également aux autorités de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue de mettre fin aux abus contrevenant aux droits de l'Homme et d'assurer la sécurité el le bien-être de tous les residents du pavs».Les trois personnes assassinées.Mâtiné Rémilien, membre fondateur du Parti Louvri Barrière (PLB) favorable au père Aristide, et deux de ses camarades.Ancv Philippe et lacquelin Gabriel, avaient ete arrêtées pour avoir appose des photographies du president déchu a l'occasion de la venue a Port-au-Prince de la mission de l'Ol A "]
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