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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1992-11-28, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 28 NOVEMBRE 1992 MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA n n'avait jamais vu ça à Ottawa.Une petite bonne femme de 14 ans qui interrompt le premier ministre et le force à muscler ses propos contre la violence à la télévision devant une forêt de caméras et de journalistes ébahis.Le rêve de n'importe quel lobbyiste venait d'être exaucé par une écolière, Virginie Larivière, puisant sa volonté d'acier dans la rage née du drame monstrueux venu briser sa vie le 7 mars dernier: le.viol et l'assassinat de sa soeur Marie-Ève, 11 ans, pendant qu'elle était partie faire une course au dépanneur.La jeune Larivière, qui habite aujourd'hui Saint-Polycarpe, était à Ottawa la semaine dernière pour déposer une pétition demandant une loi contre la violence à la télévision.Cette pétition compte déjà plus de 1,3 million de signatures et se dirige allègrement vers les deux millions.M.Mulroney l'a signée avant de la remettre à un comité parlementaire qui doit voir quoi en faire.Si la jeune femme a fait circuler cette pétition depuis des mois, c'est que selon elle, la violence télévisée cause la violence réelle, celle qui lui a arraché sa soeur.II faut donc qu'elle disparaisse, que dans dix ans, il n'y ait tout simplement plus de violence sur les petits \u2022 écrans.Et pour ce faire, le gouvernement doit se doter d'une loi.Rien de moins, affirme-t-elle.Bien peu de gens à ce jour se sont élevés contre les prémisses de la jeune femme, bien que les chercheurs ne s'entendent pas nécessairement sur les liens de cause à effet entre le visionne-ment d'actes violents et le passage aux actes.Une étude rendue publique par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) au printemps dernier, rédigée par l'agent principale des politiques de télévision, Andrea Martinez, dresse une revue complète de la littérature mondiale sur la question.Dans ce document se retrouvent une minorité d'études qui nient le lien de cause à effet entre la violence réelle et télévisée, et d'autres, majoritaires, qui précisent qu'il existe un lien causal indéniable entre les deux phénomènes.Mme Martinez conclut qu'on ne peut affirmer que la violence à la télé cause la violence réelle.Mais elle ajoute qu'on doit considérer la violence télévisée comme l'un des facteurs à risque parmi d'autres, susceptibles d'affecter les enfants tout particulièrement.Spicer le Don Ouichotte C'est armé de cette étude que le président du CRTC, Keith Spicer est parti en croisade contre la violence à la télé l'été dernier.C'était bien avant la parution du document que Virginie, elle, avait décidé que trop c'est trop et que les Rambos et autres G.I.Joe devaient quitter le petit écran aux heures des enfants.La loi que propose Virgjpiie commencerait par définir ce qu'est la violence.On veut cette définition très stricte afin que les télédiffuseurs soient incapables de la contourner, mais aussi assez globale pour que toutes les formes de violence soient incluses.«La violence, c'est pas seulement quand il y a du sang», explique le beau-père de Virginie, François Lambert.«Quand Marie-Ève a été assassinée, il n'y en a pas eu de sang.» Autre exemple, les bandes dessinées des tortues Ninja.Il n'y en a pas de sang dans ces émissions pour enfants.Sauf qu'on y compte en moyenne 100 actes de violence l'heure, dit M.Lambert.La loi dirait aussi qu'on ne peut pas diffuser d'émission violente, c'est-à-dire toute émission contenant plus de 15 actes de violence a l'heure, avant 23 heures, émissions d'information et documentaires exceptés.PHOTO PIERRE McCANN.La Presse Virginie Larivière met l'État au défi de dompter la télévision En outre, il y aurait une taxe pour les publicitaires qui décident de diffuser leurs annonces pendant ces émissions violentes et des avertissements obligatoires.On ferait comme sur les paquets de cigarettes, on dirait aux téléspectateurs que ce qu'ils s'apprêtent à \u2014ou sont en train de\u2014 regarder pose un danger à leur santé mentale.Avec les fruits de cette taxe, Virginie propose qu'on subventionne la production d'émissions non-violentes.Finalement, Virginie propose d'interdire complètement tous les films déployant de la violence gratuite, style Total Recall.Die Hard et autres Rambos, où des badauds sont tués parce qu'ils étaient simplement dans le tir des «bons» ou des «méchants».Des normes musclées Si plus de 1,3 million de Canadiens appuient Virginie, fonctionnaires, penseurs et politiciens, eux, n'accueillent pas son projet législatif sans sourciller.On salue le courage et le but de la jeune dame, mais on trouve sa recette draconnienne.Le président du CRTC, Keith Spicer, le ministre des Communications, Per-rin Beatty et le spécialiste des médias, Florian Sauvageau, s'entendent: pour que le contrôle marche, il faut d'abord qu'il passe par l'industrie, pas par une loi.«Ce serait une erreur grave d'adopter une loi spécifique là-dessus.|e comprends tout à fait la campagne de Virginie Larivière, mais ce n'est pas la so-lution», explique le professeur Sauvageau de l'Institut québécois de recherche sur la culture.«|e ne dis pas que son projet de loi n'est pas acceptable.De toute façon, c'est aux élus d'en juger, pas à moi, explique M.Spicer.Mais je fais preuve d'une retenue naturelle, parce que je me préoccupe de la liberté d'expression.» «Pour l'instant, nous privilégions vraiment une approche qui passe par l'industrie cl le CRTC», ajoute M.Beatty.Le plan qui se concocte est donc le suivant.L'Association canadienne des radio-diffuseurs (ACR) doit présenter en janvier un nouveau code concernant la violence télévisée.M.Spicer dit qu'il multiplie les démarches depuis le printemps pour s'assurer que ce code ne soit pas «futile, faible, bref, du maquillage», mais bien quelque chose «qui ait des dents».Si le code est satisfaisant aux yeux du CRTC, ou qu'il le devient après quelques amendements, M.Spicer entend l'inclure dans les conditions d'obtention et de renouvellement des licences.«En ce sens, il aura force de loi», explique-t-il.Sauf que dans un communiqué émis la semaine dernière, l'ACR parle plutôt d'un code «volontaire».Michael McCabe, président de l'Association, n'a pas répondu aux appels répétés de La Presse.Le président du CRTC dit avoir eu vent de rumeurs voulant que le code en préparation ne soit pas du tout à la hauteur de ses attentes et encore moins de celles de Virginie.«Chose certaine c'est que si ça ne va pas, le i ci c c ce c i î it Mill î » * * * F ?¦?'?i 3k k * a i i * Virginie Larivière chez Brian ney PHOTOS PC Mulro- code sera renvoyé avec fracas», affir-me-t-il.M.Sauvageau croit qu'il est très sensé d'inclure le code dans les conditions de renouvellement des licences.C'est probablement la meilleure façon d'agir, dit-il.Il admet toutefois que le CRTC n'est pas toujours très ferme, quand vient le temps de sévir contre des diffuseurs qui ne respectent pas les conditions de leur licence.Chez Virginie, on n'est carrément pas d'accord avec cette idée.«L'autoréglementation, c'est comme croire l'ogre qui dit qu'il va être fin à partir de demain», affirme M.Lambert.Qu'arrivera-t-il quand M.Spicer partira?demande-t-on ensuite.La volonté politique, actuellement, c'est lui.M.Spicer dit que tous ses commissaires l'appuient dans sa croisade, mais tel Don Quichotte, il est bel et bien le seul à aller sur la place publique dénoncer la violence à la télévision et à houspiller les radiodiffuseurs privés.«Les gommes ballounes ont été interdites à l'école de Virginie pendant des années, jusqu'à temps qu'ils aient un nouveau directeur», lance le beau-père de Virginie.Partir en peur Bref, chez Virginie, on ne démord pas, ça prend une loi.Mais M.Beatty et M.Sauvageau répètent qu'il vaut mieux d'abord voir ce que l'industrie fera et ne pas «partir en peur».D'abord, la violence à la télévision n'est pas la seule cause de violence dans la société, ce n'est qu'un des éléments du dossier, tiennent-il beaucoup à rappeler.Il ne faut pas concentrer toutes les énergies là-dessus en s'imagi-nant que c'est la panacée, le seul bouton sur lequel appuyer pour que le problème soit réglé.Ensuite, M.Sauvageau croit qu'il serait extrêmement difficile de définir ce qu'est un acte violent, aussi difficile que définir ce que sont l'érotisme, la pornographie et l'obscénité.Selon lui, le mieux qu'on pourrait faire, serait de classer les émissions en différentes catégories \u2014comme on classe les films\u2014 et de tracer une grille horaire en conséquence, comme on le fait en Australie.M.Beatty refuse de s'avancer sur la solution mais dit «oui» au principe.Autant les enfants doivent être protégés contre la violence gratuite à la télé, autant il y a des formes de violence tout à fait acceptable pour les adultes.«Iules César, de Shakespeare est très violent», fait remarquer le ministre.M.Sauvageau soulève ensuite d'autres problèmes.Qu'arrivera-t-il avec les émissions américaines distribuées par les câblodistributeurs, et que fait-on des antennes paraboliques qui permettent de capter des émissions étrangères?M.Spicer dit qu'il a parlé aux diffuseurs des chaines spécialisées qui ne font pas partie de l'ACR, aux câblodistributeurs et fait des démarches sur la scène internationale.Mais toutes ces questions peuvent difficilement être englobées dans un projet de loi.Faux, rétorque M.Lambert.«Si on réussit à bloquer des.homards de moins d'une livre aux États-Unis, on doit bien être capable d'empêcher les émissions violentes d'entrer.» Et puis, selon lui, les propriétaires d'antennes paraboliques peuvent faire preuve d'autodiscipline.Bref, Virginie et ses supporters n'ont que faire de toutes ses inquiétudes au sujet de la liberté d'expression, des lignes floues entre les formes de violence et des problèmes de contrôle des produits étrangers.Virginie rappelle qu'il y a des lois contre l'obscénité, qu'on a trouvé des moyens de rédiger des normes à cet égard.Alors pourquoi est-ce que tout est si compliqua cette fois-ci?Sa soeur de 11 ans est morte, plus de 1,3 million de Canadiens veulent eux aussi une loi contre la violence.Que leur faut-il de plus pour comprendre, s'interroge la jeune femme.« Est-ce que le gouvernement représente les multinationales ou les citoyens?», demande son beau-père.«Tous ces gens-là, ajoute Virginie, ils n'ont pas signé pour rien.» y4 I I I ! I ! \u2022 i \u2022 i Bruce Willis dans Die Hard 2 Une tortue Ninja Richard Crenna et Sylvester Stallone dans Rambo II fi 2 Éditorial LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDS 28 NOVEMBRE 1992 Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en crtef : Reste à prouver que la Culture est devenue une priorité Bien peu des 400 000 chômeurs québécois tressailleront d'allégresse devant la transformation du ministère des Affaires culturelles en celui de la Culture.Ou en apprenant que Quebec, à l'instar d'Ottawa, confiera dorénavant à son propre Conseil des arts le soin de dispenser la manne gouvernementale.Us seront nombreux à se demander à quoi rime cette soudaine mansuétude pour la culture au moment où le commun des mortels fait face à des problèmes concrets de pain et de beurre.On ne saurait les blâmer.Surtout que rien dans les explications de la ministre Frulla-Hébert n'a contribué à éclaircir les nombreuses zones d'ombre des projets de loi déposés cette semaine.Quand les premiers intéressés parviennent mal à saisir la portée des changements annoncés, il est normal que les profanes n'y voient qu'un exercice futile.Ce lancement raté d'une opération attendue depuis longtemps n'atténue cependant en rien l'importance de l'événement.Sans égard à la présente crise économique, c'est d'abord par son identité culturelle que le Québec existe en tant que communauté différente de toutes les autres.Autant en période de prospérité qu'en récession.Et la gravité d'un problème immédiat ne saurait, sans risque, faire oublier la nécessité de se préoccuper de cette valeur fondamentale à long terme.C'est dans cette perspective qu'il convient d'évaluer les mesures proposées mercredi à l'Assemblée nationale.En ce qui a trait au changement de nom du ministère concerné, on en est réduit à des spéculations à partir des considérations nébuleuses de la ministre qui ne parvient pas à expliquer clairement ce que ça changera dans les faits.On peut néanmoins espérer que cette décision traduit la volonté du gouvernement d'accroître le poids politique et l'influence du ministère de la Culture.\u2022 Par définition, l'actuelle structure donnait l'impression de le confiner aux «affaires» typiquement culturelles, au sens limité du terme, comme les bibliothèques, musées, etc.Sans avoir un mot à dire dans les dossiers d'autres ministères à incidence culturelle pourtant souvent déterminante.Comme l'Éducation, les Communications, l'Industrie et Commerce, etc.Même la question linguistique \u2014 à dimension culturelle pourtant évidente \u2014 relève encore du ministre des Affaires municipales! Sans parler de la Francophonie qui demeure du ressort, par ministre d'État interposé, de celui du Commerce international.Théoriquement, la nouvelle désignation du ministère pourrait donc signifier quelque chose.Un peu comme, en 1977, la création d'un super-ministère au Développement culturel avait permis à Camille Laurin de harnacher dans une même direction toutes les initiatives du gouvernement en matière de culture.Reste à voir si la titulaire actuelle aura l'envergure et la liberté d'action nécessaire pour donner un sens concret à ce qui, pour l'instant, ressemble encore à un schéma bien vague.Quant à la création du Conseil des Arts, on peut à la fois s'inquiéter et se réjouir de certaines de ses particularités.Ce n'est qu'à l'usage qu'on verra si ces réactions sont fondées.Ainsi, on reste songeur devant le choix de Québec comme siège social d'un organisme dont l'essentiel de l'action se passera à Montréal.Même scepticisme devant un éventuel changement d'attitude chez des fonctionnaires issus d'un ministère ayant déjà fort mauvaise presse dans les milieux concernés en raison du caractère obtus et souvent méprisant de certains de ses représentants.On peut cependant se réjouir, à première vue, de l'autonomie relative de ce Conseil qui devra, plus que celui d'Ottawa, rendre des comptes aux élus.Là encore, c'est a l'expérience qu'on verra si ce statut donne lieu à des interventions indues ou des tentatives de favoritisme politique.\u2022 ¦ En somme, en autant qu'on puisse en juger maintenant, ces décisions pourraient constituer un pas dans la bonne direction.Mais l'histoire enseigne, depuis Georges-Emile Lapalme jusqu'à madame Frulla-Hébert, qu'en cette matière on s'est souvent contenté d'un pas en avant qui finalement n'a mené nulle part.La ministre comprendra qu'avant d'applaudir on veuille voir si, cette fois, il s'agit d'un projet sérieux ou d'une autre chimère.Pierre GRAVEL Jamais le dimanche .i !\u2022\u2022 « E I 1 i i \u2022 » I \u2022 i I- * l » I » t > I i I I 'l 'l l n bloquant le projet d'ouverture des magasins le dimanche, Jacques Parizeau a commis une belle niaiserie.Mais au-delà des mérites et des inconvénients du magasinage dominical, l'opposition péquiste, en déclenchant ce débat ridicule, a en outre levé le voile sur une réalité autrement plus désolante, celle de l'impuissance chronique du monde politique, tant dans le gouvernement que dans l'opposition, à résoudre les problèmes économiques du Québec.L'ouverture des magasins le dimanche est une excellente mesure, qui aurait dû être en vigueur depuis longtemps, surtout parce que cela correspond aux besoins des hommes et des femmes d'aujourd'hui.M.Parizeau a bien essayé de donner un certain vernis à son opposition, en réduisant sottement ce projet aux «pressions faites par le Club Price*.Il a surtout illustré là son mépris habituel et son ignorance des problèmes quotidiens de ceux qu'il veut diriger.L'opposition péquiste dénonce l'ouverture du dimanche au nom d'un syndicalo-populisme vieillot qui fait d'elle le porte-voix des syndicats et des lobbies de petits commerçants.En ce faisant, elle oublie les citoyens, les familles où les deux parents travaillent, qui composent maintenant le coeur de notre société.Le résultat net, ce sera surtout d'écoeurer des consommateurs, qui avaient pourtant besoin de bonnes nouvelles, et de nuire à une économie qui a besoin de stimulus.Mais le véritable drame de ce débat, c'est qu'il a tenu lieu de débat économique.Bien sûr, ce changement est positif pour l'économie, car il stimule la consommation, crée des emplois et limite les achats outre-frontière.Mais il ne faut pas charrier.Ce n'est pas l'invention du bouton à quatre trous.Quand un gouvernement n'a que cela à proposer pour mettre fin à la récession, c'est qu'il est au bout du rouleau.C'est inquiétant.Mais ce qui l'est autant, sinon plus, c'est l'absence d'alternative.Derrière l'enflure verbale de l'opposition, on trouve, là aussi, le vide.Le PQ dénonce, à juste titre, l'impuissance gouvernementale.Mais qu'a-t-il à proposer?Rien.M.Parizeau ne nous a offert que le disque K-Tel de ses succès d'autrefois: plan Biron, Corvée-habitation, etc.D'habitude, la fatigue d'un gouvernement et son absence d'idées sont compensées par le bouillonnement de l'opposition.Ce n'est plus le cas.Ce n'est pas le pouvoir qui est usé, mais le monde politique.D'un côté, le gouvernement avec son silence obtus, et de l'autre, l'opposition, avec ses réminiscences émues.Il y a un mois, bien des Québécois se réjouissaient du fait qu'au lendemain du référendum, on parlerait enfin d'économie.Le vide du débat actuel et l'impuissance des politiciens sont tels qu'on en vient presque à regretter les chicanes sur la société distincte.Alain dubuc Mario l'opportuniste Dans la lignée de ses prédécesseurs à la présidence de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Mario Dumont a symbolisé ces dernières années le poumon, l'oxygène, l'air frais au sein de cette formation politique.Le PLQ a utilisé abondamment son jeune président pour se donner une image d'accueil et d'ouverture aux jeunes et il le laisse maintenant tomber.C'est regrettable de perdre un élément aussi solide et dynamique.Cette décision laissera des cicatrices.La Commission jeunesse ne sera jamais plus la même.Mais le PLQ avait-il le choix de suspendre ses dissidents?Que des militants soient en désaccord avec les autorités du parti sur une option fondamentale et avec la majorité des membres qui défendent une plate-forme politique inverse, passe encore.Une formation politique moderne et démocratique doit être suffisamment ouverte et souple pour accepter la dissidence.Mario Dumont et ses acolytes de l'exécutif jeunesse occupaient des fonctions stratégiques majeures, étant de la direction même du PLQ.Ils ont rompu leur allégeance, leur loyauté et leur lien de confiance avec les dirigeants du parti en supposant directement et publiquement à leur chef, à la direction et a la majorité des membres lors du référendum.Ils ne pouvaient plus, décemment, occuper une fonction de direction.M.Jean Allaire l'a compris en se retirant de la présidence de la Commission juridique et de l'exécutif au tout début de la campagne référendaire.Plutôt que d'attendre d'être suspendus par l'exécutif pour se donner le beau rôle de victimes de la machine libérale, les Mario Dumont, Marie-Claude Barrette, Jean Nobert et Dany Morin auraient dû avoir le courage et l'intelligence de prendre la porte avant de se voir signifier la sortie.Il y a une certaine lâcheté à laisser les autres prendre des décisions pour soi.Mario Dumont a suffisamment de charisme, de flair politique et de capacités intellectuelles pour rebondir.On le reverra en politique, à lavant-scène ou derrière les rideaux.À moins que l'opportunisme politique, dont il semble un adepte, le tue.Claude masson -y : DROITS RESERVES Dans le climat actuel le PQ lui-même né m pourrait assouplir les lois linguistiques MARCEL ADAM ans un Québec souverain le Parti québécois assouplira les lois linguistiques, permettant notamment l'affichage commercial bilingue à l'extérieur des établissements.C'est ce qu'annonçait cette semaine Le Devoir, affirmant citer un rapport du groupe de travail que le PQ créait l'an passé pour rénéchir sur l'avenir de la communauté anglophone.Le lendemain, des porte-parole péquistes niaient l'existence d'un texte officiel annonçant un tel revirement, tout en admettant que de tels assouplissements seraient possibles dans un Québec indépendant quoique dans un très lointain avenir.Dans les milieux péquistes une telle éventualité a suscité approbations et désapprobations, certains parmi ces derniers n'étant toutefois pas dupes: pour eux ce signe d'ouverture est une manoeuvre visant à préparer les esprits à une relâche des contraintes linguistiques.S'il est vrai qu'il n'y a rien comme la proximité de la peine capitale pour concentrer l'esprit du condamné à mort, rien n'ou- vre mieux l'esprit d'un parti en mal de pouvoir que l'imminence d'une élection.On se rappellera que le Parti québécois avait manifesté de plus en plus d'ouverture en matière linguistique dans les mois précédant les élections de 1985.Après avoir fait de la communauté anglophone un groupe ethnique comme les autres avec sa très contraignante loi 101, le gouvernement Lévesque s'était en effet mis à lancer des signaux annonçant qu'il se préparait à adoucir la rigueur de sa législation linguistique, particulièrement au chapitre de l'affichage commercial.II est vrai que la conjoncture électorale n'est pas la même.En ce temps-là le gouvernement péquiste était au plus bas dans les sondages, alors qu'aujourd'hui le Parti québécois a de bonnes raisons d'espérer un retour aux affaires.Mais les sondages récents portant sur la popularité du PQ et sur son option ne permettaient pas un optimisme déréglé à cet égard.Alors on peut se permettre de conjecturer que le PQ n'a rien à perdre et peut-être, qui sait?beaucoup à gagner à faire courir le bruit qu'un Québec souverain dirigé par lui ferait droit aux principales revendications de la communauté anglaise, surtout en matière d'affichage.S'il ne compte pas exagérément être reporté au pouvoir grâce au suffrage d'anglophones ayant fait le pari que leur communauté pourrait plus sûrement obtenir de lui que du gouvernement libéral des concessions linguistiques, le PQ espère fort probablement rassurer l'opinion internationale et principalement ses principaux partenaires commerciaux anglo-saxons.Sachant que l'existence de lois linguistiques aussi répressives ne favoriserait pas la reconnaissance internationale d'un Québec éventuellement indépendant.Cette législation n'est-ellc pas scrutée par un sous-comité des Nations unies?Et un politicolo-gue du New jersey ne révélait-il pas cette semaine à Montréal que l'incertitude politique et la question linguistique tiennent les investisseurs japonais à l'écart du Québec?La raison économique aussi bien que la raison politique (récupérer l'électoral anglophone en vue d'un scrutin à l'issue incertaine) pourraient justifier le gouvernement Bourassa de faire aujourd'hui ce que le PQ laisse entendre qu'il fera quand il aura fait l'indépendance.Mais il ne peut pas revenir en arrière.C'est sans doute ce qui fait que certains, militants péquistes se demandent pourquoi leur parti ne laisse pas le gouvernement libéral se dépêtrer seul avec sa loi 178 interdisant l'affichage bilingue à l'extérieur des commerces, plutôt que de relancer lui-même la question.Dans quelques mois Québeè devra en effet décider du sort de celle loi dont la durée est limitée à cinq ans \u2014 mais renouvelable \u2014, ayant été adoptée par dérogation à la Charte.Le PLQ ne prenait pas grand risque en promettant l'affichage bilingue avant les élections.de 1985: le gouvernement péquiste annonçait lui-même ses bonnes dispositions à cet égard, avec la bénédiction des médias.Mais peu après son retour au pouvoir il se lança dans un projet de réforme constitutionnelle qui allait aboutir à Mcech et à la renaissance du sentiment nationaliste.Ce qui l'induisit à éloigner de lui ce calice linguistique jusqu'à ce que les tribunaux se soient prononces.Quand ceux-ci validèrent l'affichage bilingue en vertu de la Charte, les manifestations publiques du mouvement nationaliste lui firent perdre courage et renier son engagement avec l'adoption de la loi 178.La résurgence nationaliste occasionnée et alimentée par la saga constitutionnelle commencée après son retour au pouvoir, empêchera le gouvernement Bourassa de revenir en arrière tout comme elle l'a empêché de défier les nationalistes pour respecter son engagement electoral il y a cinq ans.|e dirai même que Bourassa aura fait en sorte que même le Parti québécois ne pourrait dans le climat actuel assouplir la législation linguistique., y »r LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 28 NOVEMBRE 1992 B3 Opinions Dimanches et fêtes, tu magasineras ! 9 est fait ! Tous les marchands sont admis dans le temple du dimanche.Est-ce une bonne ou mauvaise chose?On n'ose même plus vouloir le savoir tant on est persuadé que la décision d'ouvrir les magasins est un signe d'ouverture d'esprit, qu'elle était inévitable, etc.«Puisque cette situation nous dépasse, disait Cocteau, feignons de l'avoir organisée.» Efforçons-nous au moins de la comprendre.Un merveilleux ouvrage qui vient tout juste de paraître, L'esprit du don, de lacques T.Godbout'n nous aidera à le faire avec un minimum d'illusions.Le dimanche n'est-il pas le jour du don et de l'abandon?Les rapports des hommes entre eux, nous dit Jacques T.Godbout, qui résume ainsi une longue tradition en sociologie, sont de trois sortes: le don, le marché et l'État.Le don, même dans nos société modernes, est la prose de là vie sociale.|e pense évidemment à monsieur lourdain qui faisait de la prose sans le savoir.Dans les familles, aujourd'hui comme hier, tout est don : don de la vie d'abord et tous les dons qui s'ensuivent.Les parents et les enfants, quelques-uns parmi nous donc, en savent quelque chose.* Le don, comme la noblesse, dont il est d'ailleurs le signe, oblige* Il n'y a guère de place pour les droits dans des univers dominés par le don comme l'étaient les sociétés traditionnelles ou archaïques.Le don subordonne les biens aux liens, mais il s'agit souvent de liens d'inégalité.Quand je donne, je suis supérieur.Généreux vient de generosus, qui signifie de bonne race, jusqu'à ce que le donataire renverse la situation par un contre-don.C'est alors la réciprocité, l'amitié, la phîlia qui, aux yeux d'Aristote, constitue l'essence de la vie sociale.Le don est aussi créateur.Tout don est don de la vie.Être géné- reux, nous rappelle lacques T.Godbout, c'est engendrer.Ici encore l'étymologie est éclairante.On entrevoit cependant les inconvénients d'une existence collective vécue entièrement sous le signe du don.Vive le marché qui permet d'échanger des biens sans nouer des liens! Nouer est le bon mot.Dans un monde où l'on ne peut échanger des biens sans créer des liens, les hommes sont noués les uns aux autres, ils forment une chaîne humaine.Le marché libère.Et plus le magasin est gros et anonyme, plus il libère.Le sens du marché, c'est précisément que j'aie le moins d'obligations possibles à l'égard de l'autre, qu'il me soit étranger.L'individualisme devient alors possible.Remarquons au passage la signification de l'avantage accordé aux grands magasins dans le nouveau règlement.En tant que consommateur anonyme qui ne cherche que son intérêt, je suis avantagé.|e peux avoir des biens à meilleur compte; mais du même coup, je m'éloigne du dépanneur du coin avec lequel je peux avoir des liens.Pour faire une société viable dans les conditions créées par le marché, il faut inventer l'État et, de préférence, l'État-providence.Dans le marché, l'individu anonyme brise ses liens pour accumuler plus de biens.L'État lui permet de remplacer par des liens juridiques les liens spontanés mais contraignants auxquels il a renoncé.Dans le marché, n'ayant d'obligations envers personne, je ne suis protégé par personne.L'État me donne alors des droits et il s'engage à les faire respecter.Parmi ces droits, il y a celui de recourir à une formule intermédiaire entre l'État-providence et le marché sauvage: les assurances.C'est le don qui sauvera le marché et non l'inverse Le marché équilibré par l'État.Telle est la modernité.Fiers de leurs conquêtes libératrices, les modernes ont eu tendance à surestimer le marché et à sous-esti-mer le don, voire même à interpréter le don dans les sociétés archaïques à travers leur expérience du rapport marchand.FRANCINE PELLETIER collaboration spéciale Le décrochage, la diplomation à la baisse, les retards de graduation.Le flou académique, le manque de motivation aux études et d'appartenance au milieu.La à s'exprimer, à faire des phrases complètes.Ces problèmes, vous les connaissez déjà.Ils défraient fréquemment la manchette, peignant un portrait toujours plus sombre de l'enseignement collégial à l'aube de l'an 2000.Saviez-vous, par contre, que ces problèmes sont davantage l'affaire des garçons que des filles?Que les filles sont mieux équipées, tout compte fait, pour affronter la vie cégepienne que leurs vis-à-vis masculins?À l'heure des grands bilans, c'est une distinction qui mérite d'être faite.On a beau se plaindre des cégeps, il y a une chose après tout dont on peut se réjouir: l'ascension des femmes.Depuis 25 ans, leur progression a été vertigineuse et constitue certainement le progrès le plus notoire dans le domaine de l'éducation supérieure.De seulement 11 p.cent qu'elles étaient à chauffer les bancs d'université au début des années 60, et 14 p.cent en études classiques, les femmes forment aujourd'hui 57 p.cent de la population universitaire et 62 p.cent de la population cégepienne.De plus, les femmes sont majoritaires dans presque toutes les disciplines: elles occupent 53 p.cent des places er sciences de l'administration, 58 p.cent en droit, 60 p.cent en médecine, 65 p.cent en arts.En sciences pures elles atteindront bientôt l'égalité avec les hommes, ce qui ne laisse que les sciences appliquées où, avec 24 p.cent des effectifs, les femmes traînent décidément de la patte.Mais qu'elles sont loin, quand même, les «écoles de bonheur», ces instituts de cours domestiques, ou encore les écoles normales, qui, pour la majorité des femmes, constituaient il y a 30 ans la cerise sur le sundae scolaire! Non seulement les femmes s'inscrivcnt-elles plus nombreuses et aussi plus jeunes que les hommes aujourd'hui aux études supérieures, elles réussissent mieux.Elles changent moins souvent d'orientation, obtiennent plus de diplômes \u201473 p.cent comparé à 69 p.cent en formation préuniversitaire et 65 p.cent comparé à 58 p.cent en formation technique \u2014 et excellent partout où il est question de compétition «méritocrati- Complétant le travail du principal auteur dont il s'inspire, le sociologue Marcel Mauss, lacques T.Godbout s'efforce de redonner au don toute l'importance qu'il mérite et de le saisir dans ce qu'il a d'unique par rapport aux autres systèmes d'échange.Que pense-t-il de la lente transformation du jour du don en un jour marchand comme les autres?Qu'on en juge par ce passage de son livre: «Le moderne se libère des liens avec les personnes en les remplaçant par des liens avec les choses, se disant sans doute que c'est beaucoup moins contraignant, comme il est plus facile de se séparer d'un chat ou d'un chien que d'un enfant.Le moderne pseudo-émancipé du devoir de réciprocité, croulant sous l'accumulation de ce qu'il reçoit sans rendre, devient un grand infirme, et sa sensibilité le rend incapable de supporter les rapports humains.Un être vulnérable, ayant perdu son système immunitaire contre les réactions négatives.» Penser qu'on va régler les problèmes économiques en Amérique du Nord en accroissant l'importance déjà démesurée des rapports marchands, c'est une fuite en avant qui ne peut avoir d'effets positifs que dans l'immédiat.Sous nos latitudes, c'est la relance de la société qui est une condition d'une reprise économique durable et non l'inverse.Retour à l'éducation Deux mots encore sur l'éducation et les cégeps.D'abord pour corriger une erreur.Dans mon article du 7 novembre portant sur le travail des étudiants, j'ai donné à entendre que la France n'avait pas, comme la Belgique, de loi interdisant ou limitant le travail des jeunes étudiants.Erreur, heureuse erreur! Un lecteur, monsieur Robert Ascah, conseiller en développement organisationnel à la CECM, m'écrit ce qui suit: «Le code du travail français permet d'engager des jeunes de moins de 16 ans uniquement pendant les vacances scolaires.C'est pourquoi en France vous ne verrez pas de ieuncs camelots distribuer les journaux.)» Un téléphone au consulat de Suisse m'a appris que dans ce pays, il est interdit d'engager des jeunes de moins de 15 ans révolus.Voilà pour le Québec trois beaux exemples de pays francophones.Le courrier de ce matin m'apporte aussi un document sur la philosophie au collégial préparé par les facultés de philosophie de Laval, de l'UQUAM, de l'U.de M.et de l'UQTR.l'y trouve ce passage réjouissant : « Il faudrait que cet enseignement soit éventuellement sanctionné par la mise en vigueur de normes nationales, ce qui pourrait exiger» par exemple, de recourir à un examen standard auquel seraient soumis tous les élèves du collégial.» .Le document des professeurs de français langue seconde m'apprend par contre une bien triste nouvelle: dans les cégeps anglophones, la fréquentation de ces cours a diminué de plus de 10 p.cent en moyenne entre 1986 et 1991, de 36 p.cent à Lennoxville, de 20 p.cent à Dawson et à Va-nier.En 1990, 16,6 p.cent des étudiants ont suivi des cours de français langue seconde et en 1991 14,5 p.cent.La situation n'est guère plus satisfaisante du côté de l'anglais langue seconde.Et ne conviendrait-il pas qu'en plus de l'anglais ou du français, au moins un collégien sur trois apprenne l'espagnol et un sur cinq l'une des trois langues suivantes: l'allemand, le japonais, le chinois?Seuls francophones en Amérique, nous sommes en effet dans une situation analogue à celle des Hollandais, le grand petit peuple polyglotte d'Europe.Une forte proportion des habitants de ce pays parlent correctement trois langues: le néerlandais, l'anglais et l'allemand ou le français.La mondialisation de l'économie, le marché commun avec le Mexique et bientôt avec divers pays d'Amérique du Sud fait du virage vers l'espagnol une nécessité pour les Latins que nous sommes.( NDLR : Lire à ce propos l'article de François Pisani, en page B4.) ( 1 ) Boreal Eiprtn.Montreal 1992 Plein de filles désormais au cégep et à l'université: une victoire du mouvement féministe.photo robot naoon, l> pressé que» (médecine, optométrie, etc.).Les institutions d'études supérieures, en d'autres mots, sont en train de se transformer, mine de rien, en écoles des femmes.Roll over, Beethoven! Les troubles d'apprentissage qui défraient aujourd'hui la manchette sont-ils alors la faute des cégeps ou imputables, plutôt, à la condition masculine?C'est une question qu'on peut se poser.Après tout, «si les garçons cheminaient et s'orientaient de la même manière que les filles, écrit le Conseil supérieur de l'éducation dans Les Nouvelles Populations étudiantes: des enseignements à tirer, ils seraient environ 5300 de plus par année à rejoindre les rangs de ceux et celles qui poursuivent des études collégiales».Que leur man-que-t-il donc, aux garçons, pour réussir?Première chose: les filles sont plus précoces dans le développement du langage.Elles apprennent donc plus facilement à lire et «entreprennent mieux leur carrière d'écolièrcs».Un avantage qu'elles acquièrent très tôt et qui les suivra tout le long de leur cheminement scolaire.Deuxièmement, les filles sont plus autonomes.Elles font preuve de cette motivation intrinsèque qui, peu importe le cadre scolaire, la nature du cours ou la qualité de l'enseignement, explique leur attention plus soutenue et leur participation plus grande aux activités de la classe.Dans ce sens, le mouvement féministe a joué un rôle de premier plan.Plus important encore que la réforme de l'éducation, c'est la libération des femmes qui donne des ailes aux filles d'aujourd'hui.Les filles c'est un peu comme les enfants d'immigrants, en fait, qui souvent réussissent, eux aussi, au-dessus de la normale.Dans les deux cas, l'éducation est liée au développement personnel et à la possibilité d'atteindre quelque chose, voire de devenir «quelqu'un».Ce que les garçons \u2014du moins francophones, de race blanche\u2014 ne font pas.Pour une raison bien simple: les filles, les enfants d'immigrants et jusqu'aux petits anglophones se sentent vulnérables, encore un peu au bas de l'échelle; les petits Québécois francophones de souche, pas.Les premiers se sentent inconfortables face aux aléas de l'existence; les deuxièmes, plutôt le contraire.Les garçons, eux, font davantage confiance à la vie et croient qu'il y a plus d'une façon de réussir en ce bas monde: il y a les contacts, les amis, l'expérience.«En ce sens, poursuit le Conseil supérieur, ces garçons sont victimes de leurs propres stréréotypes sexistes.» Ils se font avoir par leur mentalité de winner, en fait, ne se doutant pas de ce qui les attend plus tard.Ne se doutant pas, surtout, que leur femmes mentalité est assez mal adaptée aux réalités d'aujourd'hui.l'ajouterais une chose: les filles ont beaucoup plus de talent pour le flou.Socialement du moins, elles composent plus facilement entre les lignes, ce que la structure des cégeps oblige à faire actuellement, alors que les garçons, eux, s'y sentent davantage perdus.C'est une autre raison de leur succès à elles, de leur échec à eux.Évidemment, tout ça n'est pas noir et blanc.Il y a des filles qui échouent, parties dans les vaps qu'elles sont elles aussi, et qui n'arrivent jamais à faire des phrases complètes.Il y a des Asiatiques qui sont nuls en mathématiques et des petits Québécois de souche qui excellent en tout.La réussite scolaire n'est pas qu'une question de sexe ou de conditionnement social, c'est sûr.C'est aussi une question de talent, de tempérament, d'encouragement (lire: de parents) et de modèles.De bons professeurs, aussi.Mais dites-vous bien que les dérapages scolaires tant décriés à l'heure actuelle ne sont pas aussi systématiques qu'on voudrait le croire.Il y a des patterns d'échec mais il y aussi des patterns de réussite.Et comme par hasard, ces patterns ont un visage, un sexe et une couleur.On peut se demander d'ailleurs si, face à la situation contraire, où les femmes et les minorités culturelles se retrouveraient à la dérive plutôt que les jeunes hommes blancs, on se lamenterait et grincerait des dents autant.Assisterait-on aujourd'hui à une Commission parlementaire, pensez-vous, advenant un tel scénario?On peut en douter.Il faut se demander aussi qui fera les frais des nouvelles réformes.Portés par les grands objectifs d'il y a 25 ans \u2014 l'égalité des chances, l'humanisation du milieu scolaire, le pluralisme\u2014 les femmes et, dans une moindre messu-re, les jeunes immmigrants ont su bien profiter de l'école.Mais pourront-ils continuer à le faire?Dans un système tout autre, favorisant désormais la rigueur, l'en-trepreneurship et la supposée réussite qui au juste sortira gagnant?Les garçons, pensez-vous?Même pas: On va continuer à les jeter à la rue parce qu'il n'y a tout simplement pas de débouchés suffisants pour eux.Voulez-vous que je vous dise?La réforme qui se trame actuellement a bien mauvaise mine.Loin d'avoir été pensée pour vraiment aider les jeunes, elle est là pour faire plaisir au Conseil du trésor, d'abord et avant tout.Pour satisfaire quelques gérants d'entreprise en quête de travailleurs «modèles», ensuite.Conçue pour sauver de l'argent, c'est une réforme qui, au contraire, risque de nous coûter cher.Les averses et les dictionnaires.¦ Ce n'est jamais sans un certain agacement initial que les membres de l'Association professionnelle des météorologistes du Québec (APMQ) prennent connaissance d'un article douteux au sujet de la météorologie comme celui écrit par Monsieur lean Rémil-lard.L'article publié dans la chronique Opinions de La Presse du dimanche 22 novembre 1992 sous le titre «Quand la météorologie nous inonde \"d'averses\".» ne manque pas à la règle.Cependant, une fois cette première réaction passée, c'est avec empressement que nous saisissons l'occasion d'apporter des précisions sur les thèmes qui y sont abordés.Dans son article.Monsieur Rémillard développe deux idées principales.La première est centrée sur ce qu'il décrit comme «.la définition on ne peut plus simple et exacte de tous les dictionnaires.» du mot «averse».Or, déjà sur ce point précis, il est dans l'erreur.En météorologie, comme dans nombre d'autres domaines à caractère scientifique, des manuels de référence spécialisés existent dans le but d'apporter les nuances nécessaires à la représentation la plus exacte de réalités particulières.Ceci est vrai non seulement pour le domaine scientifique lui-même mais aussi pour notre environnement.Ces ouvrages comprennent, entre autres, le Glossaire de Météorologie et de Climatologie de G.-Oscar G.Villeneuve, aux Presses de l'Université Laval; le Manuel d'Observations Météorologiques de Surface d'Environnement Canada ; le Glossary of Meteorology de l'American Meteorological Society et la Van Nostrand's Scientific Encyclopedia de la Van Nostrand Rein hold Company.Ce dernier ouvrage englobe d'ailleurs plusieurs autres domaines scientifiques comme la chimie, la botanique et autres.Tous ces manuels précisent les distinctions bien réelles qui existent, à nos latitudes et sur notre continent, entre les différents types d'averses et la nécessité d'utiliser des expressions comme «averses de neige» ou «averses de pluie».Nous ferons ici grâce aux lecteurs des définitions et nuances que les Larousse, Robert et autres dictionnaires généralistes français seraient bien en peine de faire mais qu'il nous fera plaisir de communiquer à toute personne intéressée.Le second thème abordé par Monsieur Rémillard se révèle dans des affirmations telles que: «.les météorologues se sont arrogé le droit de changer les définitions claires et simples.»; «.nos météorologues introduisent le flou et le ridicule dans leur discours.» ou encore «.vous (les météorologues) corrompez notre langue.».Il est évident que de nombreux problèmes existent au niveau de la communication de l'information à caractère météorologique (et scientifique en général) et ce, pour des raisons qui échappent souvent à notre contrôle.Cependant, nous nous devons de souligner que notre Association possède un code de déontologie élaboré et que tous nos membres s'engagent à le suivre.Nous ne croyons certes pas qu'il soit à l'avantage de notre profession d'entretenir la confusion au sein de la population ou de massacrer une langue dont nous sommes à la fois soucieux et fiers en tant que Québécois et spécialistes de la météorologie.D'une certaine manière, nous nous réjouissons du fait que nos «averses» atteignent des parapluies.qu'ils soient indifférents ou non! Cependant, nous ne pouvons passer outre les occasions qui nous sont offertes d'éliminer le mythe du manque de rigueur que certains rattachent encore à la météorologie et que l'on retrouve, en particulier, dans les propos de Monsieur Rémillard.Il est cependant toujours aussi décevant et choquant de voir des individus, soi-disant sérieux, tomber dans la facilité et ! 'irrespect en s'attaquant à une profession dont ils ne savent à peu près rien ou en critiquant ses membres sans prendre le temps de s'informer adéquatement.René SERVRANCKX Président Association professionnelle des météorologistes du Québec Comment remettre le Québec au travail ?¦ Voilà une question qui peut amorcer une réflexion intéressante sur les moyens de remédier aux problèmes de pauvreté et de chômage.Malheureusement, on est passé à côté de l'occasion lors de l'émission de lean-Luc Mongrain du vendredi 6 novembre dernier.En fait, en plus de passer à côté d'une réflexion sur les causes de la pauvreté et du chômage, Mongrain y est allé à fond de train contre les personnes assistées sociales.Ainsi, à sa propre question, l'animateur apportait sa réponse non équivoque: il faut s'attaquer aux pauvres.Avec une telle logique, on n'a guère avancé d'un pouce dans la compréhension de la pauvreté et du chômage.Dans la question «Comment remettre le Québec au travail?», on présume qu'il y a du travail pour tous.Cette présomption est fausse.En fait, les conditions dans lesquelles s'effectue le développement économique au Québec, font en sorte que l'objectif du plein emploi est tout à fait utopique.Notre développement économique est orienté actuellement pour profiter avant tout à une élite qui a une mainmise sur les surplus.Cette dernière a donc tout intérêt à ce qu'il y ait une masse importante de personnes sans emploi, puisque celles-ci exercent, sur tous ceux qui travaillent, une pression qui les force à accepter de moins bonnes conditions de travail, ainsi que des salaires plus bas.À cela s'ajoutent les profondes transformations qu'a subies le système économique au cours des dix dernières années.Plus précisément, ces transformations ont affecté durement le marché du travail de deux façons: d'une part, grâce à la technologie qui permet des gains importants en productivité, on réussit à produire autant sinon plus avec moins de main-d'œuvre; d'autre part, on a davantage besoin d'une main-d'oeuvre «bien formée» et, de surcroît, «flexible»(.) Sachant maintenant quelles sont les conditions réelles dans lesquelles se développe économiquement le Québec, on peut reprendre notre question du début en tentant de lui apporter une réponse satisfaisante.Comment remettre le Québec au travail?Puisque l'on peut produire plus avec moins, on n'a pas besoin de maintenir cette façon archaïque de distribuer la richesse produite, à savoir, pour la masse, par le biais d'un salaire en échange de sa force de travail, et pour l'élite, par une mainmise sur les surplus.Pour changer cette façon de faire, il n'y a pas trente-six solutions: ou bien on décide d'aménager le temps de travail de telle sorte que tous ceux qui sont en mesure de travailler puissent le faire et soient rémunérés convenablement; ou bien, on partage le fruit du travail, c'est-à-dire la richesse produite, en fournissant à tous sans exception un niveau de vie convenable.Notre développement économique doit changer radicalement de cap; il doit poursuivre prioritairement des objectifs d'égalité et de justice sociale.Mais on est bien loin d'en arriver là! Pour ce faire, notre société doit être foncièrement solidaire.Finalement, seule la mobilisation politique des exclus amènera les plus recalcitrants, notamment l'élite, à agir de manière solidaire.Gilles CORMIER , Montréal l -B4 Mus LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 28 NOVEMBRE 1992 ¦ une histoire de melting-pot ¦ mais il est hispanophone celui-là : que pasa 7 \u2022 « \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 ¦ FRANCIS FISANI collaboration spéciale MIAMI I \\ I ulle part au monde les paradis ne côtoient l'enfer d'aussi près.El Dorado s'y perd et s'y retrouve tout près de la Fontaine de Jouvence au coeur de l'empire du vice.Toutes les rationalités, tous les délires s'y donnent rendez-vous.Les morales y sont plus élastiques qu'ailleurs.Le pire et le meilleur s'y balladent dans la même Cadillac, blindée ou pas.Les innocentes victimes de tous les désordres y côtoient les arnaqueurs, tortionnaires, truands assassins et trafiquants patentés ou discrets.Les plus malchanceux sont là pour tenter d'y faire une vie, les plus rusés s'y donnent rendez-vous pour brasser ensemble les affaires noires du monde.Les riches d'Amériques Latine, viennent s'y détendre, s'y réfugier, s'encanailler et s'enrichir.Les Anglos s'y voient forcés d'apprendre l'espagnol.Les juifs y viennent dorer leur retraite au soleil.Les principales banques du monde y ont une succursale.Coing to Miami.rengaine à la mode.C'est un des endroits charnières où le monde pourrait bien basculer.Miami déboussole.Elle fascine et dégoûte à la fois.Elle déroute enchante et trompe.Le nouveau Nouveau Monde y est en gestation dans un tourbillon qui ne se repose jamais.Dans le cadre d'un grand reportage sur ce qu'il appelle « le nouveau Nouveau Monde », notre correspondant à Mexico, Francis Pisani, a visité l'été dernier plusieurs pays de l'Amérique centrale et des Caraïbes, et quelques villes du sud des États-Unis.De ce voyage, il retient que les parentés culturelles, les échanges et les migrations sont en voie de créer autour de la « Méditerranée des Amériques » une nouvelle région, un nouveau bloc qui pourrait peser d'un poids décisif sur l'avenir du continent et du monde.Concentration de migrants d'origine latine ou caraïbe, multiplication des échanges avec le reste de la région, le sud des États-Unis est soumis à un fort processus de « tropicalisation ».Le melting pot s'y trouve remis en question et avec lui, toute la société, toute la civilisation étasunienne.Illustration saisissante de cette transformation : Miami, dont notre correspondant nous livre ici un portrait fascinant.» * \\ \\ 'm < L'oeil de cet ouragan se trouve quelque part dans l'aéroport.Et la première chose à faire en y débarquant c'est de boire un café.Pour bien voyager il faut parfois commencer par se taire, fermer les yeux et se tenir aussi immobile, tranquille que possible.On vous l'apporte dans un dé à coudre.Buvez avec recueillement mais du bout des lèvres: le concentré syrupeux ne laisse aucun doute: vous êtes bien à Cuba.Les vrais amateurs sont avisés d'en commander quatre d'un coup, à peine ce qu'il faut pour effacer les fatigues d'un long vol.\\ i V ?< \u2014 \u2022: i * * i \\ t s l : i t I » I \\ i I I : Tout en savourant le nectar, essayez, aussi discrètement que possible, de voler les conversations alentour.Le français du Québec est bien représenté, le portugais figure comme il se doit, voire l'anglais \u2014sur un ton strident le plus souvent, ou avec l'inimitable accent traînant des West Indies sur un tempo Bob Marley\u2014 mais la domination de l'espagnol est écrasante.Oreille et mémoire, plus une bonne connaissance de la langue \u2014si vous avez la chance d'avoir tout ça\u2014 devraient vous permettre de reconnaître la provenance: Puerto Rico, République Dominicaine \u2014 tiens des Mexicains!\u2014, Colombiens, Panaméens, un groupe de Cubains qui fait autant de bruit que tous les autres.Le pouls du continent Contrairement à beaucoup d'autres qui ne sont qu'une commodité de transport, une enfilade de salles transitoires, l'aéroport de Miami a un sens (un peu comme Orly avec ses vols à destination de l'Afrique, ce qui n'est pas un hasard).C'est l'endroit où prendre le pouls du continent.Toujours agité, toujours bruyant, métis de toutes les races, musical et décontracté, démonstratif à l'excès c'est le seul dans lequel je pourrais imaginer vivre.Impossible de s'ennuyer.On y mange presque bien, il y a de quoi lire et, sauf pour ce qui est de l'ameublement, on peut y faire l'essentiel de ses emplettes.En quelques jours et avec un peu d'audace, on doit pouvoir s'y constituer le meilleur carnet d'adresses du monde.Ce que les sens indiquent de manière irréfutable, est confirmé par les chiffres.MIA (Miami International Airport) est le deuxième aéroport des États-Unis pour le trafic de passagers internationaux et pour le transport de marchandises.En 1990, 25,8 millions de passagers (dont 10 millions en provenance de l'étranger, c'est-à-dire, pour les deux tiers, de la Méditerranée des Amériques) sont passés par là.Même 1991, avec les peurs de guerre, ne l'a pas enrayée.Une Mecque vers laquelle 70 000 pèlerins convergent quotidiennement.Les jours de féte ça va jusqu'à 100 000.attention aux queues.L'impact économique est considérable sur l'agglomération à laquelle il apporte, directement ou non, près du quart de son produit et fournit 72 000 emplois.Tout à côté on trouve le port de Miami qui est le premier port de croisière du monde (3,5 millions de passagers par an dont plus de 80 p.cent s'embarquent après être passés par l'aéroport).Et les prospectus vous diront aussi que la Free Trade Zone, quelques encablures à l'ouest de MIA, est «la plus grande zone privée de ce genre dans le monde».Les Cubains sont les seuls immigrés aux USA dont l'ethnie est une valeur plutôt qu'une nuisance Tendance frappante dans l'évolution des échanges de MIA: le trafic international ne cesse d'augmenter alors que le trafic national baisse.L'aéroport s'internationalise.Cette évolution est essentiellement (les %) dirigée vers les pays qui bordent la mer Caraïbe et le Golfe du Mexique: Bahamas, Jamaïque, Mexique, îles Caimans, Venezuela, Colombie, République Dominicaine, Costa Rica.En ces moments de cri- se, servir d'interface Nord/Sud est une chance.Houston a fait la même découverte.\u2022 Près de la moitié des exportations (en valeur) de MIA se font avec la région: 28 p.cent avec le Mexique et l'Amérique centrale, 17 p.cent avec les Caraïbes, 23 p.cent avec le Venezuela ; la Colombie arrive en tète avec le tiers du trafic dont une grosse partie sous forme de fleurs.j'ai bien dit «fleurs».Côté passagers, les Caïmans \u2014 paradis touristique et fiscal\u2014 est une des destinations principales.Tout passe par Miami, à commencer par les armes et la drogue.Tom Cash, le responsable de la DEA ( Drug Enforcement Agency) nous a déclaré en mars dernier que son agence à elle seule avait saisi en Floride pour un milliard de dollars de biens liés au trafic de drogue au cours des 12 mois précédents et 38 tonnes de coca alors que New York, qui vient en seconde position, n'a pu en saisir que 11 tonnes.Or la drogue est une des principales marchandises (avec l'argent et le pétrole) qui s'échangent dans la région.Une grande success story Sa position géographique promettait Miami au rôle de charnière entre les Nord et le Sud du continent.La première carte venue montre à l'évidence que s'il est difficile de la faire figurer avec le reste des États-Unis, il est impossible de représenter les Caraïbes sans l'y inclure.Ceux qui n'auraient pas l'oreille voulue, peuvent regarder les centaines d'écrans annonçant départs et arrivées.Londres et Paris, pour une fois, sont discrètes; Chicago, Dallas, New York figurent en bonne place; et les grandes villes de l'Amérique dite Latine apparaissent à tour de rôle ou simultanément sur ces écrans disposés en dépit du bon sens, comme si la roi-son était dépassée par l'ampleur du phénomène.Les destinations les plus fréquentes y ébauchent de manière chaotique une excellente carte de la région.La Havane est circonspecte pour les raisons que nous savons sans nécessairement les entendre, mais Kingston, Fort de France, Trinidad, Caracas, Curaçao, Mcdcllin, Panama, Managua, San Salvador, Tegucigalpa, Guatemala, Can-cun, Mexico et quelques autres semblent omniprésentes.Miami est le meilleur endroit d'où se rendre en n'importe quel point du continent et, plus particulièrement de la Méditerranée des Amériques.Des personnes âgées \u2014Juifs de New York, Ouébécols\u2014 fréquentent Miami depuis belle lurette, pour y trouver paix et repos.Ils ite sont plus les seuls étrangers dans le paysage.Miami devient rapidement un carrefour des Amériques, à forte saveur hispanophone.Gagnée sur les marécages, Miami avait tout pour être un El Paso quelconque, ville de passage perdue entre deux mondes.Elle pouvait aussi, grâce à ses plages et à son soleil, être un mouroir pour New Yorkais ou Québécois plus ou moins fortunés.Mais rien ne la prédisposait à devenir une métropole de cette importance.Reprise en main par les Cubains, l'histoire récente de la ville est la plus grande success story d'une communauté d'immigrants.depuis le Mayflower.En se taillant la part du lion des relations États-Unis/Amérique latine \u2014 qu'il s'agisse des fleurs ou de la drogue, des dollars ou des armes\u2014 ils sont la «minorité» qui a obtenu le plus grand pouvoir dans le temps le plus court.Officiellement, l'axe de la ville se trouve sur Flagler Street, du nom d'un des fondateurs Anglos.Illusion.La réalité se trouve quelques blocs plus au sud, sur la Huitième rue.Mais, attention: « Eight Street?Connais pas!» Tout le monde parle de Calle Ocho.Le seul endroit des États-Unis où l'on trouve des motels en pleine ville (machisme oblige).« Please », «thanks», «good bye», c'est à peu près tout ce que Fernando Rodriguez, patron des super marchés Varadero (où vous trouverez tous les produits tropicaux dont vous pouvez rêver) sait dire en anglais.Ça ne l'empêche pas de faire un chiffre d'affaires qui frôle les 100 raillions de dollars et de prouver ainsi qu'à Miami on peut vivre, mourir et faire fortune dans la langue de Fidel Castro.Les nostalgiques ont bien fait passer une loi imposant celle de Bush comme langue unique et obligatoire.Peine perdue.Aujourd'hui ce sont les Anglos qui doivent apprendre l'espagnol s'ils veulent promotion et salaire élevé.Les grandes corporations l'exigent, à commencer par Knight Ridder, propriétaire du Miami Herald.Pour s'imposer d'une telle façon, il a bien fallu que les Cubains s'américanisent un peu et ils le font sans le moindre remords, surtout les jeunes.Mais c'est la première fois dans l'histoire des États-Unis, souligne l'écrivain T.D.All man, «que devient un atout et non un handicap, pour des immigrants, de conserver l'héritage culturel et linguistique qu'ils ont amené avec eux dans ce pays».Des chemins interdits Curieux destin.Plus désireux que quiconque d'embrasser la cause idéologique, politique ou économique de leur nouvelle patrie, plus américains Sue les Américains, les Cubains-Amé-cains ont inauguré une nouvelle façon de porter le trait d'union: ils sont citoyens des États-Unis sans renoncer à leur cubanité.Leur condition d'exilés, la volonté longtemps maintenue de retourner chez eux, leur ont donné la force de ne pas oublier le passé contrairement au credo des pères fondateurs.Leur succès, dans ce pays où on vous juge sur vos actes, est un exemple.Il ouvre aux minorités des chemins jusqu'alors interdits.Et ça commence par les latinos bientôt les plus nombreux, ceux qui croissent le plus vite.Oscar de la Hoya est le seul États-Unien à avoir remporté une médaille d'or en boxe aux |cux Olympiques de Barcelone.Il a fêté sa victoire en brandissant sur le ring le drapeau des États-Unis et celui du Mexique dont il est originaire.Un dans chaque main.C'est encore plus explosif aujourd'hui que n'a pu l'être en 1968 le geste de ces athlètes noirs brandissant le poing sur le podium de Mexico.Bien des Anglos craignent et souhaitent à la fois que Miami se détache du pays pour voguer vers le sud auquel elle appartient.Erreur.Elle fonce en sens opposé: Manhattan, déjà, peut être considérée comme la plus au nord des lies Caraïbes. LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 28 NOVEMBRE 1992 Mus B5 Omelette russe Boris Eltsine cherche un comprom îs avec les conservateurs GILM L undi s'ouvre à Moscou le 7e Congrès des députes du peuple, dont les travaux risquent de modifier radicalement l'avenir économique et politique de la Russie nouvelle.La majorité conservatrice, qui contrôle celte assemblée de 1040 députés élus en 1990 \u2014soit avant les grands bouleversements ayant conduit à l'éclatement de l'URSS\u2014, a clairement annoncé ses intentions: elle veut ralentir et modifier le processus de réformes menant à l'économie de marché, elle exige la démission des principaux ministres du gouvernement du premier ministre Egor Gaïdar et elle entend réduire les pouvoirs d'exception du président Boris Eltsine.Les partisans d'Eltsine ont d'abord tenté fin octobre d'empêcher le Parlement de convoquer cette réunion qualifiée de «forum des restaurateurs», dénonçant un «coup d'État constitutionnel» et «la revanche rampante de la nomenklatura ».Cette manoeuvre ayant échoué, on vit soudain le président multiplier les décisions propres à calmer les inquiétudes conservatrices: état d'urgence imposé par la force dans le Caucase, arrêt du rapatriement de l'Armée rouge des pays baltes, réaffirmation du «rôle clé» de l'armée dont le budget ne sera pas coupé, fermeté monétaire envers Ukrainiens et Baltes, limogeage du directeur réformiste de la télévision, démission du ministre de l'Information Mikhail Poltoranine et mise à l'écart temporaire du secrétaire d'État Guennadi Bourboulis.Mais rien n'y fait: malgré un marchandage serré avec les centristes de l'Union civique \u2014sans les voix desquels une majorité n'est pas possible au Congrès\u2014, l'opposition réclame toujours la tète d'autres «bétes noires)», le premier ministre Gaïdar et le ministre des Affaires étrangères Andrei Kozyrev, en plus de nouvelles concessions sur le programme de réformes.Prêt à démissionner en cas de défaite, Gaïdar a exclu tout compromis sur le fond de sa politique.Il rejette tout retour au monopole d'État de la distribution, au recours sans limites a la «planche à billets», au gel des prix et des salaires et au soutien à un taux «artificiellement élevé» du rouble face au \u2022 dollar.Pas de renforcement du contrôle de l'État pendant la transition, ni facilité de crédit pour l'industrie, comme le reclame Arkadi Volski, «patron des patrons» et leader de l'Union civique, mais aide à la reconversion pour les industries de défense.À moins d'un compromis de dernière heure, l'affrontement tant craint aura donc lieu au Congrès des députés et son issue demeure des plus incertai- - nés.Catastrophe économique Appelant à un «armistice politi-.que».Boris Eltsine avait pourtant souligné mardi que la poursuite de ces querelles «inutiles» risquait de «saigner à mort le pays et de le conduire à une impasse».Pour une fois, l'hyperbole parait justifiée.La lecture des statistiques économiques suffit à s'en con-¦ vaincre.De l'aveu même du président de la Banque centrale Viktor Gueracht-chenko, le taux d'inflation a déjà atteint 2000 p.cent en 1992 (soit une hausse de 40 à 50 p.cent par semaine).Pour les trois premiers trimestres, la masse monétaire a été multipliée par 4,8; les salaires eux n'ont en moyenne grimpé que de quelque 700 p.cent.Les étalages des magasins sont peut-être plus remplis qu'auparavant mais de produits que les consommateurs ne peuvent se payer.Selon les prévisions de la Banque centrale pour cette année, le produit national brut ( PNB) va baisser de 21 à 23 p.cent en termes réels, la production industrielle et agricole chutera d'au moins 20 p.cent.Mikhaïl Gorbatchev signalait hier que dans le seul secteur alimentaire, la production de la viande a baissé de 26 p.cent et celle des produits laitiers, de 40 p.cent.Au cours des trois derniers trimestres, le commerce extérieur a baissé d'un tiers, avec un déficit commercial de 2,2 milliards de dollars, alors que la balance était bénéficiaire en 1991.Les chiffres du Bureau international du travail ( BIT) sont encore plus alarmants: la restructuration de l'industrie russe aura engendré 10 millions de chômeurs à la fin 1992.En moyenne les entreprises ont supprimé plus de 15 p.cent de leurs effectifs.Et la situation va encore empirer, plus de 40 p.cent des entreprises envisageant d autres dégraissages de personnel d'ici le milieu de 1993.Le nombre d'emplois dits «inutiles» dans les entreprises varie de 16 à 34 millions, selon les estimations.Le BIT parle dès lors de 45 millions de chômeurs potentiels sur le territoire de l'ex-URSS.«L'effondrement de la production industrielle, le déclin rapide de l'emploi industriel et la chute des salaires réels conduisent à des niveaux de chômage qui dépassent les plus mauvais enregistrés en Europe de l'Est», avertit-il.Dans ce contexte, un rééchelonnement a long terme de la dette de l'ex-URSS (évaluée à 70 milliards de dollars) et l'obtention du crédit standby du FMI s'impose de toute urgence.Mais les banquiers et gouvernements occidentaux continuent d'exiger en contrepartie la poursuite de réformes économiques substantielles.Ce qui dans le contexte actuel parait encore bien incertain.Oui gouverne?On aurait tort, par ailleurs, de ne voir dans cette crise qu'un affrontement entre tenants de deux théories opposées du développement économique.Fondamentalement, c'est du type et de l'exercice même du pouvoir dont il est ici question.L'explosion du système soviétique n'a fait qu'aggraver son ingouvernabi-lité: avec la disparition du parti communiste, la Russie a perdu, note Pierre Briançon ( Héritiers du désastre, Cal- PNOTOS RCUTW Boris Eltsine, en haut à gauche, dans une attitude famWère en conférence de presse.À droite, en compagnie du président du Parlement de Russie, Rouslan Khasboulatov.Finalement en bas, avec Jacques Attali, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.mann-Lévy), «la seule charpente qui lui tenait lieu à la fois d'administration et de pouvoir exécutif».«L'Etat a disparu, mais il se survit dans sa bureaucratie».L'absence persistante d'État de droit constitutionnel laisse ainsi, constate-fil, «un vide béant là où seraient nécessaires des mécanismes assurant l'équilibre et la collaboration des différentes branches du pouvoir: le législatif, l'exécutif et le judiciaire ne sont définis ni dans leurs compétences, ni dans leurs rapports respectifs: la répartition des attributions n'a pas été faite entre les pouvoirs locaux, les entités régionales, les républiques dites autonomes et les nouveaux États indépendants».Tentant de démêler cet imbroglio (in Géopolitique no 39), Michel Heller met en évidence en Russie «deux verticales de pouvoir, avec deux légitimités».L'une, sur le modèle ancien, est issue des bureaucraties locales (soviets) \u2014 dont le poids et l'autonomie se sont accrus considérablement à la faveur de la régionalisation sauvage du pays\u2014 et trouve son porte-parole dans le Congrès des députés du peuple.L'autre est incarnée par le président Eltsine, élu au suffrage universel, et ses dizaines de «représentants personnels», sorte de gouverneurs ou préfets dotés d'immenses pouvoirs.Le gouvernement étant soumis à la sanction du parlement (à majorité conservatrice), Eltsine gère de plus en plus avec l'aide de son Conseil de sécurité, véritable embryon de pouvoir présidentiel.Mais paradoxe expliquant à lui seul la paralysie et le chaos actuels: une fois sur place, «le représentant du président est contraint d'utiliser comme appareil de pouvoir local les soviets qui rechignent à exécuter ses ordres, parce qu'ils ne veulent pas de réformes mettant en danger leur situation».Les administrations régionales sont généralement encore aux mains d'anciens membres de la nomenklatura ou des organes de sécurité, des entreprises d'Etat ou de grandes familles et clans.Mais ce front régional n'est pas unanime.Des partisans de la centralisation (économique d'abord) se sont manifestés avec force dernièrement: les directeurs des grosses entreprises industrielles, qui forment le noyau dur et militant de l'Union civique d'Arkadi Volski.C'est avec ce puissant lobby qu'Eltsine cherche et doit trouver un compromis, lui permettant de neutraliser définitivement (?) le bloc conservateur de Rouslan Khasboulatov.Le clan Eltsine ne fait pas mystère qu'il veut abolir le Congrès, «héritier législatif et politique des Soviets» et instaurer si possible un régime présidentiel.Le vice-premier ministre Alexandre Chokhine affirmait hier: «Il faut adopter rapidement une nouvelle constitution afin de permettre l'élection d'un parlement sans congrès».Et il ajoutait: «Si le parlement était élu au suffrage universel, le gouvernement aurait automatiquement une majorité parlementaire».Certitude que les sondages sont pourtant loin de confirmer.Dans une population désabusée et appauvrie, on sent surtout poindre le désir d'un pouvoir fort exercé par des hommes à poigne.Alors Eltsine, Khasboulatov, Volski?Pour l'instant, le président russe, démocratiquement élu, a encore une longueur d'avance mais son capital confiance fond à vue d'oeil.¦ * Les principales forces en présence Dans le grand vide laissé par la dislocation du Parti communiste soviétique (PCUS) a fleuri une palette multiple de partis, de clubs et de mouvements politiques, qui donne à première vue l'impression d'un épanouissement dé* mocratique remarquable en Russie.Mais ces organisations (une centaine au total) aux moyens et personnels réduits, au programme flou, n'ont généralement qu'une vie fort courte et leurs chefs de file se retrouvent ailleurs dans de nouvelles coalitions aussi éphémè- res que fluctuantes.La crise des derniers mois a mis en évidence comme jamais le lien entre réforme économique et vie politique et conduit à un réalignement des forces qui a le mérite de la clarté.Cinq grands blocs s'affrontent désormais: Les oltra-conservatHrs KM Dans le camp conservateur, le Front de salut national ( FSN ) regroupe des ultranationalistes, des communistes et des syndicalistes nostalgiques de l'ordre ancien.Faisant le serment de débarrasser la Russie de la «dictature des spéculateurs» et des «pillards juifs», ses dirigeants ont appelé fin octobre au renversement «par la voie légale» du président Eltsine et de son équipe réformiste.Ils incitaient également les forces armées et organes de sécurité à ne pas défendre le gouvernement si celui-ci le leur demandait.Boris Eltsine a aussitôt dissout le FSN par décret, le qualifiant «d'organisation anti-constitutionnelle».Le FSN a interjeté appel.Beaucoup plus habile et influent, Rouslan Khasboulatov, président (speaker) du Parlement russe, a su rassembler derrière son imprévisible leadership l'essentiel des élus conservateurs, fortement représentés au Congrès des députés du peuple.Pour justifier son opposition acharnée à Eltsine, il cite Montesquieu, affirmant que «la dictature ne peut venir du pouvoir législatif.Elle ne peut venir que de l'exécutif», dont il faut absolument limiter les pouvoirs.Cependant, son crédit a été enlamé lorsqu'on a appris qu'il usait de la garde du parlement, forte de 5000 hommes, comme d'une «armée personnelle».Eltsine a ordonné, vainement semble-t-il, la dissolution de cette unité armée.Les conservateurs modelés Qj Au centre et désormais incontournable se trouve l'Union civique (ou civile, selon les traducteurs), qui a été formée le 30 mai dernier par trois formations et trois politiciens de premier plan : le Parti démocrate de Russie de Nikolai Travkine, le Parti de la Russie libre d'Alexandre Routskol et l'Union pour le renouveau d'Arkadi Volski.L'Union civique (UC) est en fait le porte-parole de deux formidables groupes de pression : avec Volski, «patron des patrons», c'est l'industrie lourde, le complexe militaro-in-dustriel, les entreprises d'État qui rechignent à la conversion et à la privatisation; Routskol, qui est également vice-président de Russie, dispose d'une grande popularité dans l'armée et en prenant la défense des intérêts russes hors de la republique ( Moldavie, Crimée, par exemple), il comble les nationalistes partisans d'une Russie forte qui ne renonce ni à ses territoires ni à ses hommes.Outre le maintien du Parlement russe et de la Fédération de Russie dans leur intégrité, l'UC prône un net ralentissement des réformes économiques et des privatisations, une «thérapie sans choc».Elle exige ainsi que l'État intervienne davantage dans le passage à l'économie de marché, de façon à éviter de irop nombreuses fermetures d'entreprises pourtant non rentables.On estime que l'UC contrôle près de 40 p.cent des voix au Congrès des députés du peuple.Les réformistes Les réformistes, dont le noyau demeure Russie démocratique, paraissent sur la défensive, voire en perte de vitesse.Après avoir contribué à l'ascension d'Eltsine à la présidence, ce mouvement n'a cessé de se quereller et d'éclater, chaque figure de proue optant pour son propre combat.En fait, les démocrates n'ont pas réussi à créer un mouvement de masse, un parti véritablement influent parce que, pour la population, démocratie n'a vite signifié que chaos économique, hausse des prix et chômage.C'est d'ailleurs là un phénomène qu'on peut observer dans tous les pays sortant du communisme.l'équipe Eltsine _ Aussi, l'équipe Eltsine, forte des pouvoirs d'exception dont dispose encore le président, mène une stratégie à deux temps: à l'avant-garde, le gouvernement d'Egor Gaïdar résolument réformiste subit le barrage des critiques, tandis qu'en retrait, le Conseil de sécurité \u2014 officiellement organisme consultatif suprême auprès du président, mais en clair «véritable gouvernement parallèle» regroupant les proches conseillers d'Eltsine \u2014 reajuste le tir dans un sens plus populiste en fonction de l'opposition rencontrée.Ainsi.Eltsine ratisse un soutien beaucoup plus large que celui du seul camp réformateur.L'énlgmatlQBe Enfin, l'armée, bien que ne disposant pas en \"tant que telle d'une représentation dans les institutions parlementaires, pèse de tout son poids dans le débat actuel.St les officiers réformateurs penchent pour la constitution d'une armée de métier \u2014c'est-à-dire apolitique et aux effectifs réduits\u2014, d'autres voient plutôt dans l'armée le dernier garant de la défense de la Russie face à une classe politique aussi incompétente que dangereuse.Plusieurs officiers militent dans les groupuscules nationalistes et ont pris fait et cause pour les minorités russes dans les républiques de l'ex-URSS.Le problème des relations entre l'armée et les autorités civiles s'est envenimé à la faveur de la crise économique, de la dislocation de l'empire soviétique et de la fin de la guerre froide.Autant de bouleversements qui forcent l'Armée rouge à rapatrier ses contingents d'Europe de l'Est et des pays baltes, à réduire en catastrophe ses effectifs (de 2,8 à 2,1 millions d'hommes d'ici 1995) faute de crédits suffisants.Sans logis pour les accueillir, les licenciés iront encore grossir les rangs des millions de chômeurs que le pays devra supporter à court terme.D'où une grogne compréhensible, prélude probable à des «phénomènes incontrôlables», comme le craint le général Konstantin Kobets.Eltsine semble avoir compris le message. Plus Pfos DE FREDERICTON Lutte à finir entre les Acadiens et le CoR sur l'avenir du français '4 i \u2022 l VAkatsuki Maru.le navire japonais parti du port de Cherbourg en France et qui se rend au port de Yokohama, chargé de 1,7 tonne d'oxyde de plutonium.photo app Depuis l'élection de Louis Robichaud, le champion de «l'égalité des chances», les Acadiens du Nouveau-Brunswick luttent pour parler leur langue et sortir de la pauvreté.Cette affirmation francophone a provoqué de la résistance chez la majorité anglophone.Les Anglos frustrés, parfois enragés, ont trouvé leur porte-voix à l'élection de septembre 91, alors que le CoR est devenu l'opposition officielle au parlement provincial.Le CoR et les Acadiens représentent deux blocs irréconciliables, alors que s'amorce \u2014mardi, en principe \u2014 le débat sur l'enchâssement dans la constitution de la dualité linguistique du Nouveau-Brunswick.était un sacré navire.Les Acad¡ens ^ leur s°ciété ^e ' W ^?^?^ ?Is étaient nres de bOO irons d'affaires ?cn,.nr / MIL> ?,»?,»?1 *4t mi- rr.ncîHéror I.» irnuvi'rni'mpnl du ( Le CoR veut en finir avec le dualisme TH IB AUDE AU ourquoi tant de lorgnettes sont-elles tournées vers VAkatsuki Maru, le navire japonais qui se rend au port de Yokohama, chargé de 1,7 ton-r Jj ne d'oxyde de plutonium?Peut-être parce que l'atome suscite encore les mêmes peurs et controverses que lors de la deuxième guerre mondiale: qu'on parle de sous-marin atomique, de missile à tête nucléaire, de centrale à l'uranium ou bien au plutonium, les esprits «cliquent» aussitôt sur «bombe» ou sur «cancer».Le bâtiment nippon et sa précieuse cargaison ont quitté le port de Cherbourg le 7 novembre.Son itinéraire exact est inconnu, mais il est constamment surveillé par des bateaux, avions et satellites américains, japonais et anglais; sans oublier le bateau Solo du groupe écologique Green-peace qui se proposait de le suivre jusqu'au bout de son périple.Pourquoi tant de précautions et tant d'intervenants?Le risque pour l'environnement est-il si terrible, la possibilité de détournement du plutonium à des fins militaires si réelle?Un risque acceptable Les caissons qui contiennent le matériau dangereux sont scellés de telle sorte qu'ils ne devraient rien laisser filtrer, même s'ils coulaient à 10 000 mètres de profondeur.Cette information n'a pas empêché l'Argentine, le Chili et les Philippines, de s'opposer fermement au passage de VAkatsuki Maru dans leurs eaux territoriales, crai- PHOTO REUTER Un caisson de plutonium chargé sur le navire Akatsuki Maru, à Cherbourg.gnant entre autres un incendie qui enverrait dans l'atmosphère des milliards de particules de plutonium.Qu'une seule petite poussière aille se loger dans un poumon, et c'est le cancer.Cependant, lorsqu'il s'agit de nucléaire, on est porté à oublier qu'un très faible risque peut être acceptable.«Demeurer à proximité du barrage de Manie 5, c'est aussi un risque, fait valoir le professeur Daniel Rôzon, directeur de l'Institut de génie énergétique à l'École polytechnique.Et si le barrage se rompait brusquement, provoquant une inondation?» Incidemment, le risque calculé du transport du plutonium a paru acceptable aux multiples organismes qui ont approuvé chaque étape de son tranport, à commencer par la Commission canadienne de l'énergie atomique.Le plutonium en route vers le lapon provient en partie de bâtons d'uranium «Canada obh'gntcd», comme on dit dans le jargon, pour signifier qu'on doit rendre compte au gouvernement canadien de l'état de cet uranium.Le Canada fournit 40 p.cent du marché mondial de l'uranium.Il ne vend ce précieux minerai que si le pays acheteur s'engage à l'utiliser à des fins énergétiques non militaires, et selon des règles de sécurité physique maximale qui concernent non seulement l'uranium mais les produits qui découlent de son usage dans une centrale nucléaire.Résumons les étapes: le lapon achète du Canada ( ou d'un autre pays ) de l'uranium, qu'il brûle dans ses centrales.Le combustible usagé japonais est envoyé en France (ou en Grande-Bretagne), où on en extrait le plutonium.Ce plutonium est ensuite retourné au lapon (sur VAkatsuki Maru, par exemple) pour être brûlé dans une centrale au plutonium.Aucune des étapes de transfert des substances radioactives ou de leur traitement ne peut être faite sans le consentement de la Commission canadienne de l'énergie atomique, lorsque l'uranium provient du Canada.Garanties supplémentaires, les pays désireux d'avoir notre uranium doivent avoir signé le Traité de non-prolifération des armes nucléaires ( 1970) et aussi la «Convention sur la protection physique du matériel nucléaire».Enfin, leur programme d'énergie nucléaire doit être en accord avec les règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique, créée à Vienne en 1957, laquelle a son propre réseau d'inspecteurs.Une partie de l'uranium utilisé par les Japonais est américain, ce qui explique \u2014 et justifie\u2014 le déploiement de l'arsenal de surveillance de la part des États-Unis.«On ne croit pas que dans ces conditions, l'usage du plutonium présente un danger déraisonnable», conclut M.Denis Boulet, du ministère canadien des Affaires extérieures.Politique japonaise Le lapon ne possède, à toutes fins pratiques, pas de ressources énergétiques.Il doit importer charbon, pétrole, et uranium.L'utilisation de centrales au plutonium augmentera sa marge d'indépendance.«À long terme, le lapon vise l'autonomie énergétique», soutient M.Satosha Ta-naka.premier secrétaire de l'ambassade du lapon à Ottawa.% Son réseau de centrales nucléaires classiques en place, qui fournit 26,6 p.cent de l'énergie totale japonaise, produit une quantité importante de plutonium, que le lapon, on i'a dit, fait extraire en France et en Grande-Bretagne.Pour ajouter à son autonomie, le Pays du soleil levant voudrait retraiter lui-même ses bâtons d'uranium usagés, afin d'en extraire le plutonium.Il possède déjà, à Tokaimura, une petite usine de retraitement.«Elle fonctionne mais est bien insuffisante pour nos besoins, affirme le premier secrétaire de l'ambassade.Mais nous sommes en train de construire une usine de retraitement plus grande, à Aomori.Nous avons eu des discussions majeures avec l'Agence internationale de l'énergie atomique sur ces sujets.À moyen terme, nous spmmes d'accord pour mettre au point un réseau mixte: fait de centrales nucléaires à l'uranium et de surgénérateurs au plutonium.» Menace de bombe Pour fabriquer une bombe atomique, il faut de l'uranium 235 pur ou encore du plutonium 239 pur.Il faut également une grande expertise en électronique, en physique nucléaire et en chimie, histoire de contrôler parfaitement l'amorçage et le largage de la bombe.Il en résulte que si des éléments terroristes réussissaient à se procurer de l'uranium ou du plutonium, ils devraient «se lever de bonne heure», disent les experts consultés par La Presse, pour arriver à en faire quelque chose.«Pour avoir de l'uranium 235 pur, il faut posséder la technique de séparation des isotopes, qui est extrêmement lourde et sophistiquée, affirme le professeur Daniel Rozon, de l'École Polytechnique.Même chose pour aller chercher le plutonium 239, qui se trouve le plus souvent mêlé à ses homologues 240, 241 et 242.C'est difficile.Bien peu de pays, au fond, ont réussi à ce jour à fabriquer la bombe.» PHOTO REUTER Un militant de Greenpeace manifeste contre le transport de plutonium.Le plutonium : d'où il vient et où il va CAROLE THIBAUDEAU Le reacteur nucléaire, par définition, est un lieu où des atomes fissionnent par réaction en chaîne contrôlée, ce qui émet beaucoup d'énergie.Les centrales traditionnelles, nommées PWR et BWR (pour pressurised water reactorex boiling water reactor) utilisent comme combustible l'uranium enrichi, c'est-à-dire contenant plus de l'atome 235 que dans les proportions naturelles.(Dans les mines d'uranium, le minerai contient 99,3 p.cent d'uranium 238 et 0,7 p.cent d'uranium 235.L'uranium enrichi contient jusqu'à 3 p.cent de l'isotope 235.) C'est l'uranium 235 qui est utile, car il se flssionne si un neutron le bombarde.L'énergie libérée chauffe l'eau dans la grande cuve contenant l'uranium.Un système d'échange de chaleur refroidit l'eau de la cuve et ne r m et de norter à I Von rie vapeur un autre volume d'eau.Cette vapeur est ensuite envoyée dans un circuit à part où elle fera tourner des turbines qui généreront de l'électricité.Dans les réacteurs canadiens Candu, le combustible est l'uranium naturel, et l'eau de la cuve est de l'eau lourde.Mais dans les réacteurs classiques, utilisés en majorité dans le monde, on utilise de l'uranium enrichi et de l'eau légère.Après deux ans dans un réacteur classique, une bonne partie de l'uranium 235 est «brûlée».Quant à l'uranium 238.qui à l'origine ne servait à rien, il s'est converti en partie, sous l'effet des neutrons de la réaction en chaîne, en plutonium 239.Ce plutonium 239, objet en ce moment de tant d'attention et qui n'existe pas dans la nature, peut lui aussi être fissionné et ainsi libérer de l'énergie.Cette propriété a été exploitée par les Français, dans le surgénérateur, un réacteur capable de brûler le plutonium.Ce ré-lu'teitr milieux est nlutnt délaissé en Fran- ce depuis deux ans, mais les laponais estiment qu'il leur sera rentable.Pour sa part, le professeur Gregory Kennedy, du département d'énergie de Polytechnique, affirme que le recyclage du plutonium constitue le meilleur usage qu'on puisse en faire, «sinon il faut l'entreposer pour des dizaines de milliers d'années».Solution définitive L'idéal, pour les tenants du nucléaire, ce n'est pas la fission mais bien la fusion, qu'on pense réussir peut-être vers la moitié du prochain siècle avec deux atomes d'hydrogène.Cette technologie ne produirait aucun déchet radioactif et la matière première, l'hydrogène, se trouve partout en abondance.Avec la fusion nucléaire, l'humanité aurait enfin plus d'énergie qu'il n'en faut pour répondre aux besoins des habitants de la planète a perpétuité.On tient peut-être là la solution énergétique définitive.Ils étaient près de 600 gens d'affaires pour un superbe banquet au Beau-séjour, le plus chic hôtel de Moncton, et tout se passait en français.Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick y décernait, il y a 15 jours, son prix de l'entrepreneur de l'année ù Richard Losier, un constructeur de la région de Caraquet qui affichait un chiffre d'affaires de 15 mi liions S en 91.À lui seul, cet événement illustre bien le chemin emprunté par les Acadiens depuis le passage de Louis Robichaud à la téte du gouvernement durant les années 60.Après l'éducation et la culture, c'est maintenant le milieu des affaires acadien qui érige ses propres structures, parallèles à celles de la majorité anglophone du Nouveau-Brunswick.Un mot revient sans cesse dans la bouche des Acadiens du pays de la Sa-gouine: homogénéité.«Nous avons appris que bilingue veut dire anglais et que la seule manière de fonctionner en français c'est d'avoir nos organisations propres», dit Léon Richard, le directeur général de l'Association des commissaires d'écoles.A toutes fins utiles, les Acadiens disposent maintenant de leur propre système d'éducation.Il n'y a qu'un seul ministre, mais deux sous-ministres avec chacun leur régime pédagogique et leur manière de gérer les écoles.C'est un peu la même chose dans le monde économique où les Acadiens ont mis sur pied leur propre Chambre de commerce, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick, qui compte une bonne centaine de nouveaux millionnaires parmi ses membres.Cette marche vers la dualité semble inexorable et c'est pourquoi les Acadiens, qui ont dit OUI à près de 90 p.cent au référendum, tiennent mordicus à l'enchâssement de la loi 88, qui consacre leur existence collective et leur statut d'égalité au N.-B.L'enchâssement constitutionnel représente une double garantie pour les Acadiens, d'abord contre le CoR qui pourrait un jour prendre le pouvoir, mais aussi dans la perspective d'une éventuelle union des provinces de l'Atlantique, qui ferait passer les Acadiens du N.-B.de 33 à 10 p.cent de la population de leur territoire.Histoire et géographie Ce pattern de société distincte renvoie d'abord à l'histoire des Acadiens, les premiers occupants du territoire après les Amérindiens.Ils sont là depuis le début du XVIIe siècle et pour y rester.La géographie se conjugue avec l'histoire puisqu'il est possible de localiser assez précisément le territoire respectif de chacune des deux communautés linguistiques dont on parle dans la loi 88.Les Acadiens sont en effet regroupés dans le Nord et l'Est, tandis que les Anglophones occupent le Sud et le centre du territoire.Cette division n'est pas complètement étanche puisqu'on trouve aussi des villes bilingues ( Moncton, Ba-thurst, Campbell ton et Dalhousie) et une certaine diaspora acadienne dans les villes anglaises (Saint John, F redención et Chatham).Les Acadiens ne contrôlent que les villes d'Edmunds-ton et de Dieppe, banlieue de Moncton en plein essor.Cette homogénéité a permis aux Acadiens de stopper l'assimilation dans les régions francophones (dans la région de Caraquet, on a même assimilé des Butler, Snow, Harrison, Smith, Ferguson, Morrison.), de la réduire à moins de 10 p.cent dans les villes bilingues (à Bathurst les Savoie, Frenette et Mallette ont remplacé les Kent et les Eddy au centre-ville de Bathurst).Ils continuent cependant de perdre la moitié de leurs effectifs dans la région de Saint lohn, la métropole, et le centre industriel du N.-B.Comptant une population de 250 000 habitants, le tiers de la province, l'Acadie du Nouveau-Brunswick a dépassé le stade de la survie et s'est engagée, depuis 25 ans, dans la voie de l'affirmation nationale.Dans un livre qui vient de paraître aux Editions de l'Acadie \u2014 Que le tintamarre commence]\u2014 |ean-Marie Na-deau invite les siens à pousser au bout leur soif de dualité en ressuscitant le Parti Acadien, dont il fut secrétaire dans les années 70.Le tintamarre, ressuscité pour la fête du 15 août, n'est cependant pas à la mode dans l'establishment acadien: Michel Bastarache est pdg de l'Assomption; Euclide Chiasson (ancien président du Parti Acadien) dirige sa revue à Madran et sa soeur ( Marcelle Mersereu) est ministre à Frcdcricton; Déni Losier et Bernard Richard (anciens résident et secrétaire de la Société nlonale.des Acadiens) sont ministrefet député dans le gouvernement McKnna; Germain Blanchard (ancien mire deXa-raquet et pilier du Parti Iferai ) vient d'être nommé président (Ida Société nationale.Bref, l'heure'st plus à l'exercice du pouvoir qu'auintamarre de la revendication.S La diagonale de la pauvete On a l'habitude de direju'ii suffit de tracer une diagortaleie.Grand Sault à Dieppe pour départger.le territoire des Acadiens.au rvrd, et des Anglos.au sud.Ce partagelu .territoire se faisait selon la languçmais» aussi selon le degré de pauvre! r le nord francophone était pauvre) f le sud anglophone riche.I Est-ce encore vrai ?Mainte Beaudin considérer le gouvernement du Québec comme un adversaire et Alliance Québec comme un allié.Au delà des intérêts divergents \u2014 en protégeant ses lois linguistiques, le Québec se trouve à s'opposer à la dualité au Nouveau-Brunswick \u2014 il y des ponts qui ont été détruits entre les cousins québécois et acadiens.Et pourtant, le Québec est de plus en plus présent en Acadic: chaque petite municipalité compte sa succursale de In Banque Nationale, la principale source de prêts d'affaires pour les Acadiens; les phamarcies |ean Coutu s'implantent graduellement en Acadie, ou l'on retrouve même des rôtisseries Saint-Hubert.ri; GERALD LEBLANC I envoyé spécial La Presse au NOUVEAU-BRUNSWICK n nouvel acteur a surgi aux dernières élections du Nouveau-Brunswick, en septembre 91 : à la surprise générale, le CoR faisait élire huit députés et devenait l'Opposition officielle.Fondé dans l'Ouest par Elmer Knut-son, le CoR (Confédération of Régions) y a été supplanté par le Reform Party de Preston Manning, mais s'est enraciné chez les Anglos du N-B., le dernier champ de bataille de la guerre des peuples fondateurs.L'opposition au bilinguisme et à la montée des Acadiens, naguère diffuse dans les vieux partis, compte maintenant un porte-étendard qui vient de marquer de gros points durant la campagne référendaire.«Merci.145 000 fois» disait le message publicitaire, diffusé dans les jour- tgue qui et Pierre-Marcel Desjardins;cortomis-tes de l'Université de Moncm, constatent que le clivage s'est atome,- sans cependant s'effacer.«Le g»s problème du nord: dépendre deies&ources (pèche, forêts, agricultures mines) tandis que le sud accapare î part du lion des services», ajoutent-is.-.Jean Gauvin, ancien miistre conservateur qui a récupéré- sa siège de Shippagan en 91.donne l'exmplc des pêches.«Les Acadiens, don-plusieurs sont devenus millionnaires,'ontrolent maintenant totalement llndustrie dans l'est.Le problème, jc*st que le secteur est en difficulté et.ue avons tardé à investir dans la iram innation en plats cuisinés.» Pierre Poulin, un soejo connaît à fond les structure- -conomi ques régionales de l'Acadie, ouve que la ligne de partage de la-pau \"été a hélas peu changé.«Alors que I province connaît un certain boom (< septembre, 11 p, cent de chôma -\\ moins qu'au Québec et qu'en Oi ario )* on continue à enregistrer un ta < de chômage de 17,5 p.cent dans-1 nord-est.le crains même que le clivée se soit accentué entre le nord et le :|kI.» «La culture de la depeiWoce\u2014 on travaille pour faire ses limbes de chômage\u2014 a miné le lissu ht main de notre société.Quand on implante de nouvelles industries, commet bleue-tieres ou les usines.de couvre, c'est dans le saisonnier ou le tr bas niveau.On a l'impresssion que es usines de vêtement de Montréal 'ont faire leur couture en Acadit com'me d'autres le font dans le tiers r.onde.» Autant Pierre Poùlin queses collègues de l'Université de Moncton voient une exception à-Min:ton, la ville qui connaît la plus fotc expansion dans toutes les provinos de l'Atlantique.Les Acadien» ne sont, pas étrangers à cette renaissances Moncton.durement touchée par li irmel vire des ateliers du CN, etq i table maintenant sur son curactèn vrilingue pour attirer les entreprises cfe communication.Animosite i l'endroit dut uébec Il faut enfin mentionner : surprenant taux d'animosité.voire l'agressivité ouverte des Acadiens i l'endroit du Québec, à qui on rep tche son nombrilisme, son dogmatts» e .et son protectionisme.On voit même le Québec pomme le La diagonale de Grand Sault à Dieppe évoque la dualité du Nouveau-Brunswick: les Acadiens au nord et les Anglophones au sud.l'enchàs-n est pas cbec xxm- principal obstacle potentiel sèment de la loi 88.Oa n' revenu des plaidoyers du Q tre la volonté du fédéral dejforcer les provinces de l'Ouest à ouvrrdes écoles françaises.On rappelle c ne c'est le Québec qui a résisté jusqut |:| toute fin à l'inclusion de la loi-88 dans l'accord du Lac Meech.On dipjiirc mal le NON du Québec à l'accord ut Churlot- cnchàbse- tetown, qui aurait permis cet ment.Assez paradoxalement* on en viVm L'enjeu de la bataille de Fredericton Adoptée en 1981, la loi 88 reconnaît et consacre l'égalité des deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick.Les défunts accords de Meech et de Charlottetown prévoyaient tous deux l'enchâssement des principes de cette loi provinciale dans la constitution canadienne.Le gouvernement McKenna entend maintenant procéder à l'enchâssement par la voie d'une entente bilatérale Fredericton-Ottawa.comme le permet la constitution de 1982.Voici ci-contre le texte d'enchâssement de l'accord de Charlottetown.qui devrait être repris dans le projet de résolution qui sera déposé lu semaine prochaine à la Législature du Nouveau-Brunswick.La loi constitutionnelle de 1982 est modifiée par insertion, après l'article 16 (NDLR: on y retrouve déjà la reconnaissance des deux langues officielles du Canada et du Nouveau-Brunswick ) de ce qui suit : 16.1 (1 ) La communauté linguistique française et la communauté linguistique anglaise du Nouveau-Brunswick ont un statut et des droits et privilèges égaux, notamment le droit à des institutions d'enseignement distinctes et aux institutions culturelles distinctes nécessaires à leur protection et à leur promotion.( 2 ) Le rôle de la législature et du gouvernement du Nouveau-Brunswick de protéger et de promouvoir le statut, les droits et les privilèges visés au paragraphe ( 1 ) est confirmé.Danny Cameron, chef du CoR naux et signé Danny Cameron, le leader du Confédération of Régions (CoR) et le général du NON au référendum.Ces 145 000 NON ne représentaient que 38 p.cent du vote référendaire, mais plus de 50 p.cent du vote des anglophones, avec de bonnes majorités dans les circonscriptions du centre-sud, le fief du CoR.Brent Taylor, le député CoR de Mi-ramichi.n'avait obtenu que 156 voix de majorité en 91.«Je l'ai emporté dans tous les bureaux de votation, avec une majorité de plus de 1000 voix pour le NON dans mon comté.Même à Chatham (le comté du premier ministre libéral Frank McKenna), le NON l'a emporté 2539 à 2296».raconte le jeune dé-puté de 32 ans, chauffé à bloc par cette victoire référendaire.C o n d e Grondin, po-liticologue à UNB ( Uni?versity of New Brunswick ) et grand spécialiste du CoR, estime que le référendum a donné de la crédibilité au nouveau parti.«Lesgens se sont habitués aux leaders du CoR et ce pourrait être un point tournant dans l'enracinement permanent du parti», dit le professeur Grondin, qui prépare un livre sur le CoR.Les conservateurs désenchantés M.Grondin, vu par certains Acadiens comme un collabo et par certains Anglos comme un espion, fut un des rares à prédire les succès du CoR, qu'il compare à la percée créditiste durant les années 60 au Québec.«On y sent, dit-il.une ferveur et un militantisme qu'on ne retrouve plus dans les vieux partis.» Une première enquête lui a démontré que le membership du CoR ( la liste est secrète mais on parle de 20 000 membres) se partageait comme suit: 40 p.cent de conservateurs, 20 p.cent de libéraux et 18 p.cent de néo-démocrates.Des hauts fonctionnaires, des organisateurs électoraux et l'ancien ministre Edwin Allen, ont quitté le Parti conservateur lors de la débâcle de Richard Hatfield, dont le parti fut rayé de la carte en 87, après 16 ans de pouvoir.Le leader du CoR, Danny Cameron, un riche homme d'affaires de 68 ans, a lui aussi fait carrière dans l'organisation du PC dont il a sollicité, sans succès, une candidature à l'élection fédérale de 88.Richard Hatfield, par son ascendant personnel et les services rendus durant son long règne, avait réussi à faire avaler à ses troupes le rapprochement avec les Acadiens, notamment la loi 88 sur la dualité linguistique.«Au départ de Hatfield, les Acadiens sont retournés chez les libéraux et l'aile droite des conservateurs s'est jointe au CoR», explique Conde Grondin.Un courant populiste L'enquête du professeur Grondin a révélé que le second choix des CoRis-tes se portait sur le NPD à 70 p.cent.Il y voit la confirmation d'un mouvement populiste contre l'ordre établi.Champion des droits individuels et opposé aux droits collectifs, le CoR veut répudier les lois sur la dualité linguistique.En présentant les Acadiens et les Québécois comme boucs-émissaires, le CoR offre un exutoire aux Anglos, frustrés par la montée des Acadiens dans la fonction publique et le monde des affaires.«Toute société comprend autour de 20 p.cent de gens qui ont besoin d'un bouc-émissaire, les Noirs pour mes parents dans le Maine et les Acadiens pour les Anglos du N.-B.Le CoR a donné une voix à cette couche de la population», estime Linda Dyer.Mais le CoR, qui a remporte 30 p.cent du vote anglophone en 91 et plus de 50 p.cent au référendum, ne comprend pas seulement les bigots mange-Acadiens (English Speaking Society.Loyalist Society, voire même le Ku Klux i\\.?.n), même si cette facette a pris la part du lion jusqu'ici.Au congrès de leadership, en septembre à Campbellton, Conde Grondin a reconnu plusieurs professionnels et fonctionnaires de Fredericton.«Le parti ne rejoint plus seulement le petit peuple des régions rurales», conclut-il.Trois jeunes loups Le CoR est dirigé par de vieux militaires ( Danny Cameron, Gordon Will-den.Edwin Allen et Albert Rector), mais aussi par trois jeunes députés: Brent Taylor.animateur radiophoni-que de 32 ans.Greg Hargrove, plombier de 33 ans, et Beverley Brine, agen-te d'assurances de 31 ans.Ces trois jeunes loups, qui se comparent à l'ancien «rat pack» des libéraux à Ottawa, s'en promettent lors du débat sur l'enchâssement de la loi 88, une mesure prévue dans l'Accord de Charlottetown contre laquelle ils ont fait campagne durant le référendum.«Un combat à finir» prédit Brent Taylor, qui a vécu à Lachine jusqu'à l'âge de 15 ans et compare son exode forcé par la loi 22 à la déportation des Acadiens.«Avec tous les moyens légaux à notre disposition», précise Greg Hargrove.un dur de dur qui a demandé, lors d'un débat sur la reconnaissance des conjoints homosexuels, s'il fallait maintenant connsidérer les moutons comme des conjoints, «l'aurais pu mentionner les bernaches».a-t-il ajouté, suite aux protestations des députés libéraux.«Le temps est venu de corriger les injustices engendrées par le bilinguisme», renchérit Beverley Brine, une chaude partisane de la démocratie directe qui rage de voir les siens perdre des emplois à cause du bilinguisme.Les quotidiens étalent présentement les lettres de lecteurs, souvent anonymes, dans le Daily Gleaner de Fredericton, la région de prédilection du CoR, dénonçant l'argent dépensé pour les Acadiens et le vol de jobs perpétré au nom du bilinguisme.Le CoR y voit un encouragement à sa campagne pour la reconquête du pouvoir perdu aux francophones.La campagne contre l'enchâssement de la dualité linguistique offre au parti une autre occasion de solidifier et d'élargir ses assises électorales.Le CoR au pouvoir?La prise du pouvoir est-elle possible >ans les Acadiens qui contrôlent le tiers des 58 sièges?On pensait que non, mais on commence à dire 'peut-être', comme l'explique Philippe Dou-cet, politicologue de l'Université de Moncton.«Le CoR avait obtenu huit sièges et s'était classé deuxième dans 18 circonscriptions en 91.Rien n'indique qu'il a perdu de la force; au contraire, il en a gagné avec le référendum.Il lui faut 30 sièges pour prendre le pouvoir.Ce n'est pas impossible.» Il souligne aussi les aléas d'une lutte à trois et même à quatre, puisque le NPD a fait élire sa leader, Elizabeth Weir, dans un comté de Saint John.Dans cette région jusqu'ici rébarbative au CoR, les choses sont en train de changer.La mairesse de Saint John, El-sie Wayne, a claqué les portes de l'Union des municipalités lorsqu'on a voulu s'y prononcer pour le OUI au référendum.« Elle n'a pas fait campagne activement, mais disons qu'elle ne nous a pas nui ».dit en souriant Danny Cameron, un brave millionnaire qui s'amuse comme un petit fou à emmerder ses anciens camarades de l'establishment.lean Gauvin.le seul député conservateur francophone, ne croit pas que le CoR puisse prendre le pouvoir.« Les Anglophones ne soutiendront pas longtemps un parti qui ne peut prendre le pouvoir.Or.c'est impossible de le faire sans un certain appui des Acadiens.Le parti conservateur a 'essablé* son jardin des anti-francophones et nous allons redevenir la solution de rechange au gouvernement McKenna.» Lynda Dyer.la directrice de la maison de sondage Baseline, est d'accord que le choix se fera entre le CoR et le PC «La seule manière d'arrêter la montée du CoR c'est la remontée des conservateurs, mais le PC me semble plus en danger de disparition que le CoR.» NDLR: Dans le cahier Plus de samedi dernier, une erreur technique rendait ardue la lecture de l'un des articles de Gérald Leblanc sur Tlle-du-Prince-Edouard.Nos excuses. B8 wA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 28 NOVEMBRE 1992 ALCOOL - DROGUE un problème dans ta vie?le Père Paul Aquln s.j veut t'aider (su) 229-3426 DEPUIS 1978 PAVILLON GRAND ÉLAN C.P.119, Mt-Rolland, Que.JOR IGÔ La France adopte un projet de loi sur la transfusion sanguine Agence France-Presse SMOVADO Montre Musée, i é r V I : i i i .i T r r \u2022 .s» LA MONTRE CLASSIQUE MUSÉE^MOVADO^ De Ij collection permanente des grands musées du monde.Fini micron en or 18 carats.Fabrication suisse.Mouvement a quartz.Hydrorésistante.$495 Diamanti & Cie Centre Fairview 6S15 Rte Trans-Canadienne Point Claire 630-7775 Mosel 4050 Rue Jean Talon Ouest Montréal 735-1138 PARIS ¦ L'Assemblée nationale a adopté hier, en première lecture, le projet de loi sur la transfusion sanguine, qui réforme l'ensemble du système transfusionnel en entérinant, notamment, la disparition du Centre national de transfusion sanguine (CNTS).Seuls les députes socialistes ont vote en faveur du texte, l'opposition de droite s'abstenant et les communistes votant contre.Le projet défendu par le ministre de la Santé Bernard Kouchner stipule que l'Agence française du sang, créée en mai 1992 avec statut de groupement d'intérêt public, devient un établissement public et coordonne l'activité et la gestion des établissements de transfusion sanguine.Lors des débats qui se sont déroulés dans une ambiance consensuelle, l'Assemblée a renforcé les dispositions visant à assurer une meilleure sécurité et a inscrit dans la loi les principes de bénévolat, d'anonymat, de volontariat et d'absence de profit pour le don de sang.Ce projet de loi avait été élaboré dans la foulée du scandale du sang contaminé par le sida qui a valu à l'ancien directeur du CNTS, le docteur Michel Garetta, une condamnation à quatre ans de prison ferme.-3 in de vacances \u2022 J'ai besoin de vacances \u2022 J'ai besoin de vacances \u2022 J'ai besoin Période des fêtes Départs de Dorval les 16,23 et 30 décembre, 6 et 13 janvier Nombre de places limité Pour de plus amples renseignements consultez-nous au Tél.: 858-6260.8403, rue Saint-Denis Montréal H2P 2G9 permis du Québec \u2022 4 VENTE de CUIR AUX ! i I I I I » I r r r f v » > \u2022 i c \\ V \\ UNE PREMIÈRE À MONTRÉAL Dollars à la baisse - Peanuts à la hausse Peaux de cuir et suède importées \u2022 Choix de couleurs Modèles exclusifs Confection sur mesure Retouches gratuites ¦ Blouson Style V Rég.: 328* 'À LIQUIDER à 99* PEANUTS MANUFACTURE DE CUIR Ou vert au pu duc t^pi Blousons Manteaux Jaquettes Pantalons, jupes Robes, blouses Tenues design Shorts, bermudas Tenues pour enfants Jupe Rég.: 15T$ À LIQUIDER 49s ENTRE-PEAUX ENTRE-PEAUX CUIR NOTRE-DAME r r r m » 7 I ê « i i » 1221.Ste-Catherine ouest coin Drummond 982-0741 PLACE VERSAILLES 355-3999 39, Notre-Dame ouest coin Saint-Laurent 982-97401 I i r t ?» \\ «.V ¦ i i t t * t % t t VENTE EN COURS FABRICAN 9k A EN FAILLITE MEUBLES -IOUGIER valeur de milliers de $ $ $ tout doit être liquidé très nombreux articles vendus au prix coûtant du fabricant ET MÊME EN-DESSOUS DU PRIX COÛTANT grândcËnSI OE LIQUIOATiON MANUFACTURE °E MEUBLES ROUGHER 105, RUE LOUVAIN OUEST MEILLEUR 8T-LAUREKT PB\\X DE e de salon, de chambre, de ^ ^ * ¦ Jacob Lultjens est accusé d'avoir commis des crimes contre l'humanité durant la Seconde Guerre mondiale.Le criminel de guerre Jacob Lultjens arrêté à son arrivée aux Pays-Bas Agence France-Presse AMSTERDAM ¦ Le Canadien d'origine néerlandaise Jacob Luitjens (75 ans), accusé d'avoir commis des crimes contre l'humanité durant la Seconde Guerre mondiale, est arrivé hier, aux Pays-Bas, en provenance de Vancouver (Canada), a indiqué un porte-parole du ministère néerlandais de la lustice.L'homme a été arrêté par la gendarmerie à sa descente d'avion à l'aéroport de Schiphol-Amsterdam, selon la même source.M.Luitjens a entre-temps introduit une procédure en référé contre l'État néerlandais dans la- quelle il demande d'être gracié.Le tribunal des référés de La Haye examinera cette demande dans la soirée, mais le jugement ne devrait pas intervenir immédiatement.M.Luitjens passera donc la nuit dans une cellule de la prison de Groningue (nord-est), a précisé le ministère.Surnommé «la terreur de Ro-den», du nom d'un petit village situe près de Groningue, |acob Luitjens avait etc condamné en 1948 par contumace à la prison à vie aux Pays-Bas pour avoir collaboré avec les nazis et permis l'arrestation de résistants et de juifs durant la guerre.Peu avant son procès, il avait réussi à s'enfuir vers l'Allemagne et avait gagné le Paraguay sous le nom d'emprunt de Gerhard Harder.Il avait ensuite émigré vers le Canada en 1961.Dix ans plus tard, négligeant de mentionner sa condamnation aux Pays-Bas, il avait obtenu la nationalité can-dienne.il avait enseigné pendant plusieurs années la botanique à l'Université de Colombie-Britannique.Lundi dernier, un juge de Vancouver avait ordonné son extradition vers les Pays-Bas, estimant que |acob Luitjens avait délibérément menti sur son passé lors de son entrée au Canada et de sa demande de citoyenneté.Le Montréal Trust, première étape de votre voyage.Dorénavant, lorsque vous irez au Montréal Trust, vous pourrez obtenir des Chèques de Voyage American Express1* sans commission0.Le Montréal Trust vend les Chèques de Voyage American Express parce que s'ils sont perdus ou volés, un simple coup de fil suffit pour obtenir un remboursement.En cas de besoin, American Express peut également vous livrer en mains propres des chèques de remplacement et ce, presque partout dans le monde.De plus, vous serez en sécurité grâce à la Ligne Express Télésecours1* de American Express, offerte 24 heures sur 24.Pendant vos voyages, vous pourrez obtenir le nom dun médecin ou dun avocat, une traduction par téléphone ou faire transmettre des messages et davantage.Pour plus de commodité, de sécurité et de tranquillité desprit, achetez les Chèques de Voyage American Express auprès du Montréal Trust.Et, n'oubliez-pas d'acheter lAssurance maladie pour voyageurs du Montréal 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