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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1993-01-09, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 9 JANVIER 1993 Le Bob Rae: boy déroutant premier ministre de l'Ontario change sa province et son parti Ai.CÉRfiLD envoyé spécial la Presse./ TORONTO 1a Bob Rae a ¦ vieilli.Le gris s'est glissé dans la blonde chevelure du boy scout aux yeux bleus qui pilote le vaisseau amiral du Canada.Mais il reste difficile à saisir, le prodige ontarien de 44 ans.C'est dans un excellent français, appris durant son enfance à Genève, qu'il accepte finalement de me donner une entrevue, juste avant de partir en vacances des Fêtes avec sa femme, Ar-lenc Pcrly, et ses trois filles.«Bien que je ne sois pas de religion juive, je me sens près des valeurs et de la culture de ma femme et de mes filles, qui sont élevées dans cette religion», dit le petit-fils de Willy Cohen, un immigrant juif lituanien qui prit le nom de sa femme, Nell Rae, à son arrivée à Hamillon en 1912, et s'assimila à la culture anglo-canadienne.C'est aussi en français que Bob Rae souhaite la bonne année à sa collaboratrice franco-ontarienne, Monique Maltais, avant de l'embrasser sur la bouche, devant le journaliste étranger et le nouveau président d'Hydro-Onta-rio, Maurice Strong, convié pour le dernier rendez-vous officiel du premier ministre en 1992.On est surpris de ce baiser bon enfant comme on est souvent étonné quand on cherche à cerner le personnage aux multiples facettes que cache le candide leader ontarien.«11 peut fréquenter les rois sans perdre le contact avec le commun des mortels», a dit de lui Allan Blakeney.Bob est le fils de Saul, madarin de la diplomatie canadienne avec Lester B.Pearson, qui fréquentait la maison familiale des Rae.Il fut élevé à Ottawa, Genève et Washington, formé à Toronto et Londres, et aurait normalement dû graviter dans les hautes sphères de l'ordre établi, comme son frère John, vice-président de Power Corporation et proche collaborateur de lean Chrétien, ou comme sa soeur lennifer, une ancienne blonde de Pierre Trudeau.Bob Rae s'est plutôt initié au socialisme auprès des mineurs et des pauvres de Londres et chez les Métallos de Toronto.C'est cependant avec l'appui de l'establishment du parti et des syndicats que cet «outsider» est entré en politique fédérale en 1978 et a conquis la direction du NPD de l'Ontario en 1982.Homme de pouvoir «C'est comme apprendre à jouer du piano en public», avait dit le premier ministre Rae peu après son élection surprise, en septembre 1990.Lui-même excellent pianiste de jazz, Bob Rae savait que personne dans son équipe n'avait été ministre et que le milieu des affaires ne lui ferait aucun cadeau.«La Révolution de Bob Rae \u2014Comment le NPD change les règles du jeu pour 10 millions d'Ontariens», titrait le magazine Maclean's, dans le dossier bilan consacré au gouvernement de Bob Rae, deux ans après la prise du pouvoir.À l'entendre parler, on se demande si ce n'est pas plutôt le NPD qu'il est en train de changer radicalement en essayant de surnager dans la tourmente ontarienne.Desmond Morton, recteur du campus de Mississauga de l'Université de Toronto, connaît assez bien Bob Rae, qui a assisté aux funérailles de sa femme, très active dans l'organisation néo-démocrate.«Il y a une grande différence entre Dave Barrett et Bob Rae.Quand Bar-rctt a été élu à la tête de la Colombie-Britannique, il s'est dit qu'il fallait laisser sa marque dans un premier mandat qui serait peut-être le seul.Bob Rae, au contraire, a dit à ses collègues qu'il fallait gouverner comme si on était au pouvoir pour toujours», dit le professeur Morton, qui fut lui-même permanent au NPD avant d'entreprendre sa carrière universitaire.Bob Rae ne réfute pas cette analyse de Desmond Morton.Au contraire, il estime que le NPD doit s'habituer au pouvoir, se départir pour de bon de sa mentalité d'opposition.«l'aime le pouvoir et j'aime être premier ministre.|e veux créer chez les néo-démocrates un sens de la responsabilité qui vient avec le pouvoir.L'opposition permanente n'est pas bonne pour un parti politique.Être capable de choisir, de dire oui ou non ça représente la maturité politique.C'est la vraie vie», dit sans ambages le leader de l'Ontario.La marque néo-démocrate Dans l'opposition.Bob Rae clamait qu'un gouvernement NPD ne représentait pas seulement un peu plus de ceci ou cela mais un changement radical dans la manière de gérer les affaires de l'État.Après le recul sur l'assu- rance-automobile et les coupures tous azimuts, le jeune premier ministre pensc-t-il encore que le NPD peut faire une différence?«Malgré la récession et le poison de Meech, nous avons posé des gestes importants sur l'assurance des salaires et sur l'accès à la propriété de l'entreprise pour les travailleurs, sans parler de notre réforme du droit du travail (anti-scab, accès à la syndicalisa-tion.), dont je suis particulièrement fier», répond M.Rae, en admettant toutefois que la situation économique ne facilite pas le renforcement des protections sociales.Michael Adams rappelle que le NPD canadien est porteur de deux traditions: le militantisme social et la frugalité fiscale.« Le CCF de l'Ouest, ajou-te-t-il, n'était pas porté sur la dépense et Allan Blakeney a laissé la Saskat-chewan sans déficit.Rae pourrait emprunter cette voie de la frugalité et sauver son gouvernement.» Quant à Desmond Morton, il ne voit d'autre choix pour Bob Rae que le partnership avec le monde des affaires.«De Toronto à Moscou, il ne reste qu'un modèle de société capable de fournir les ressources pour le maintien du filet de mesures sociales que recherche le NPD.» Brillant et intègre La principale carte de Bob Rae demeure sa propre popularité, supérieure à celles de son parti et des leaders de l'opposition libérale et conservatrice.Si au Québec on cherche souvent Robert Bourassa, en Ontario on se de- ' mande plutôt si Bob Rae est seul dans son cabinet, tellement il prend de place.L'éditorialiste du Globe and Mail l'a qualifié de «premier ministre teflon» que les scandales et les problèmes économiques ne semblent pas affecter dans sa crédibilité.^ Tous, autant alliés qu'adversaires, s'entendent sur deux choses: Rae est brillant et intègre.«Personne ne le perçoit comme inepte ou corrompu», résume Michael Adams.Tom Walkom, columnist politique au Toronto Star, a suivi la carrière de Bob Rae à Ottawa et à Toronto.«C'est un homme seul, pas par arrogance, mais plutôt par tempérament ou comme un enfant de diplomate.Ce n'est pas le genre à donner des tapes dans le dos et à jouer le copain de la gang.Il faut du temps avant de s'apercevoir qu'il est capable de chaleur.» «Ses thèmes favoris sont maintenant la formation et le recyclage des travailleurs, la coopération entre le management et les syndicats, l'utilisation judicieuse des deniers publics.C'est une rhétorique qui ressemble beaucoup à celle de Bill Clinton, sauf que Rae l'a utilisée le premier.» Si l'on a choisi Clinton pour guérir le mal américain, Rae arrivera peut-être à convaincre ses électeurs qu'ils ont déjà un docteur contre le mal ontarien.a\tOISSANCE RÉEI\t1E DU PIB top\trurcentage) 1982\t| UU1HJUU-\u2014\u2014J \\ ' 7>-Jl\t\t 1983\t4.9\t2.3\t2.7 1990\t-1.3\t-0.7\t-0.2 1991\t-3.1\t-2.1\t-2.2 1992\t2.2\t2.0\t2.0 SU! ZsriX t\\ Qi/ié SClNMAff Gaffes et scandales, sur fond de récession GERALD LCBLANC envoyé spécial La Presse à TORONTO Le soir du 6 septembre 1990, certains députés néo-démocrates songeaient à demander un recomptage, tellement ils étaient surpris et effrayés à la vue du pouvoir.C'est Bob Rae lui-même qui me raconte l'anecdote pour bien marquer la surprise de son élection à la tète de l'Ontario, avec 38 p.cent du vote populaire.Et c'est la plus sévère récession économique depuis la crise des années 30 qui attendait cette équipe sans expérience et sans objectifs précis de gouvernement.«Le NPD ontarien s'était fait à l'idée de ne plus penser au pouvoir mais de se spécialiser dans la critique d'opposition», dit Desmond Morton.Les gaffes étaient inévitables.Elles sont arrivées à un rythme tel que Bob Rae a dû exiger que les déclarations des ministres soient approuvées par son cabinet.Le ministre Peter Kormos fut même congédié pour avoir refusé de se plier à cette consigne.En deux ans, ce sont six ministres qui ont dû quitter le cabinet.À son retour d'un voyage d'affaires en Asie, en novembre, Bob Rae a été accueilli avec deux mauvaises nouvelles: son ministre du Tourisme, Peter Michael Adams.Il n'est pas prêt à compter Bob Rae pour fini.North, avait démissionné après avoir offert un job à une serveuse en échange de faveurs sexuelles; pire encore, |ohn Piper, embauché pour améliorer l'image du gouvernement, avait aussi remis sa démission après avoir offert au Toronto Sun des dossiers confidentiels sur |udi Harris, qui avait été à l'origine de la démission de Will Fcrguson, un autre ministre tombé au combat.À propos de ces scandales, dont l'opposition et les médias ont fait leurs choux gras, Bob Rae a dit qu'on le faisait payer pour son attitude pharisaï-que \u2014 il avait employé le mot «sancti- LES PARTIS PROVINCIAUX EN ONTARI01985-1992 1985 1986 1987 mony» qui évoque un mélange de pieté et d'hypocrisie \u2014 quand il était dans l'opposition.Ces gaffes ont surtout révélé le manque d'expérience de l'équipe néo-démocrate, comme en témoigne l'offre faite au Toronto Sun, ennemi juré du gouvernement Rae, de documents compromettants sur |udi Harris.Le quotidien s'est empressé d'éventer la manoeuvre.À part Foyd Laughren, le ministre des Finances, et Frances Lan km.la ministre de la Santé, on cherche toujours des ministres fiables dans le cabinet néo-démocrate.Le milieu des affaires demeure farouchement opposé à tout ce que fait le gouvernement Rae, surtout pour le nouveau Code du travail et les déficits de 10 milliards pour ses trois premiers budgets.Les incessantes coupures commencent, d'autre part, à indisposer les alliés traditionnels du NPD, les milieux syndicaux et communautaires.«La lune de miel est terminée», a lancé à la fin de l'année Basil Hargrove, le directeur du puissant syndicat des travailleurs de l'automobile.Sondages alarmants Combinée à la douloureuse situation économique, l'image d'incompétence de l'équipe néo-démocrate s'est répercutée dans les sondages d'opinion publique.Comme l'indique le tableau ci-dessous, le NPD ne recueille plus que 28 p.cent de la faveur du public, juste un point devant les conservateurs, contre les 41 p.cent des libéraux qui sont plus populaires que jamais en Ontario.L'on parle donc de plus en plus du gouvernement néo-démocrate comme d'un accident de parcours qui sera corrigé à la prochaine élection en 1994 ou 1995.«Tout le monde les compte battus en 95», avoue Desmond Morton.Michael Adams n'est pas du tout d'accord.«|e ne suis nullement prêt à sonner le glas de Bob Rae.Un taux de popularité de 28 p.cent c'est seulement dix points de moins qu'aux élections de 90.Dans les circonstances actuelles, c'est pas si mauvais et il y aura des élections fédérales avant celles de l'Ontario.» Justement, Bob Rae attaque de plus en plus durement le gouvernement fédéral, depuis la fin de la trêve constitutionnelle.Les Ontariens estiment maintenant que les politiques canadiennes, particulièrement la TPS et le libre-échange, ne leur sont plus favorables.C'est à Mulroney plus qu'à Rae qu'on attribue les ratés du moteur canadien.Bob Rae entend refléter cette nouvelle conscience régionale des Ontariens.«l'ai des questions à poser et les intérêts de la province a défendre», rc~ pond le premier ministre quand on lui demande s'il s'impliquera dans les prochaines élections fédérales.un rhume ?pneumonie Les affiches «help wanted» qu'on voyait dans chaque vitrine du centre-ville de Toronto ont fait place aux «for lease», depuis le passage de l'ouragan dévastateur de la récession de 90-91.Le mal a frappé au coeur de l'Ontario industriel, comme en témoignent les villes de St.Catnarines et Hamil-ton, hauts lieux du royaume manufacturier subitement transformés en Trois-Rivières et Shawinigan des années 90.«La récession, un rhume cyclique, a dégénéré en pneumonie pour les Ontariens des années 90», résume Daniel Schwanen, analyste à l'institut CD.Howe qui vient de publier, avec Irène K.Ip, une étude détaillée de la situation économique de l'Ontario.«Comparativement aux 194 000 emplois ontariens perdus en 81-82, 33 p.cent du total canadien, la récession de 90-91 et la piètre reprise ont entraîné la perte de 273 000 emplois, 68 p.cent du total canadien, au deuxiième trimestre de 1992», écrit l'économiste Schwanen.En entrevue dans les bureaux du CD.Howe à Toronto, M.Schwanen précise que les causes externes de la récession, notamment la mondialisation du marché et les compressions fédérales, se sont ajoutées à des causes internes, propres à l'Ontario.Durant les années 80.plus particulièrement pendant la deuxième moitié de la décennie, la spéculation a, selon lui, entraîné une inflation «made in Ontario».C'est ainsi que les emplois dans la construction représentaient 7 p.cent de l'ensemble à la fin des années 80.Le retour à la normale, environ 5 p.cent pour l'Ontario et le reste du Canada, a ajouté un douloureux 2 p.cent au taux de chômage.Le gouvernement libéral de David Peterson a aussi contribué à cette prospérité artificielle, selon Daniel Schwanen, en ne profitant pas des années de vaches grasses pour effacer le déficit et accumuler des réserves.«Les déficits du gouvernement Rae étaient inévitables et doivent surtout être imputés à son prédécesseur.On peut reprocher aux néo-démocrates d'avoir continué la politique libérale, notamment en augmentant les salaires dans la Fonction publique», ajoute-t-il.Quant au tollé du monde des affaires, M.Schwanen estime qu'il faut distinguer entre les cris émotifs de gens qui ont perdu leurs contacts privilégiés à Queen's Park \u2014«les investisseurs ontariens souffrent davantage de leur imagination que de véritables maux», avait déjà écrit Peter Newman dans le Maclean's\u2014 et les véritables inquiétudes que suscite le gouvernement de Bob Rae.«On ne s'inquiète pas tant du déficit \u2014 la dette ontarienne est encore bien inférieure à celle du Québec et du Canada \u2014 que de l'absence de plan pour mettre fin à l'endettement.Même chose pour la réforme du Code du travail, où les gens d'affaires redoutent la présence d'un État interventionniste et d'une bureaucratie paralysante dans l'univers économique.» M.Schwanen estime que les ten* sions entre le monde des affaires et le gouvernement néo-démocrate proviennent surtout d'impressions et d'émotions.« Les gens d'affaires étaient habitués au régime de portes ouvertes; ils doivent maintenant attendre en ligne et c'est un dur coup.Us ont l'impression de ne plus avoir voix au chapitre.On est passé d'un extrême à l'autre, en voulant donner la parole aux gens qui n'étaient pas au pouvoir.» En conclusion de son étude, l'analyste du CD.Howe rappelle que l'Ontario demeure bien placée pour sortir de la crise actuelle.«L'Ontario demeure une province riche \u2014«have province» \u2014 avec un PIB et un ratio d'emploi par population supérieurs à toutes les provinces sauf l'Alberta ainsi que le salaire moyen le plus élevé au Canada.» «Si un retour à une saine croissance économique est prévisible à court terme, les profondes transformations de la structure économique suggèrent que les jours fastes des années 80 ne reviendront pas de sitôt en Ontario.» DEMAIN L'Ontarien moyen change à vue d'oeil B2 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 9 JANVIER 1993 Éditorial Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef Affaire Savoie : ia GRC ne peut enquêter sur elle-même Trevor Kelly, 43 ans ; Marcellus François, 24 ans ; Anthony Griffin, 19 ans; Presley Leslie, 25 ans.Quatre Noirs tués par la police de la Communauté urbaine de Montréal.Dans les quatre cas, l'enquête a été menée par la SQ.Henri Marchesseault, ex-commandant de l'escouade des stupéfiants de la police de la CUM, coupable de conspiration, de vol et de trafic de haschisch et de cocaïne et condamné à 14 ans d'emprisonnement.L'enquête a été menée par la Gendarmerie royale du Canada, en collaboration avec la police de la CUM.En général, au Québec, les enquêtes de nature criminelle impliquant un policier sont effectuées par un autre corps de police que celui auquel il appartient.Par souci de transparence.Pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.En Ontario, depuis janvier 1991, une équipe de 12 personnes, tous des civils, relevant du Solliciteur général, le \u20ac Spécial Investigation unit », enquête chaque fois qu'un policier tue ou blesse un citoyen dans l'exercice de ses fonctions.Or, curieusement, dans la délicate et explosive «Affaire Claude Savoie», cet inspecteur de la brigade des stupéfiants de la Gendarmerie royale du Canada à Montréal qui s'est suicidé le 21 décembre, la GRC a décidé de mener sa propre enquête.M.Savoie s'est suicidé, à 49 ans, dans son bureau d'Ottawa, à quatre jours de Noël, au moment ou il allait être interrogé par ses collègues au sujet de ses liens avec des organisations montréalaises de trafiquants de drogues qui ont des ramifications dans le monde entier.Le Commissaire de la GRC, M.Norman Inkster, a promis une enquête «complète et approfondie» sur les circonstances qui ont conduit au suicide de l'un de ses hauts gradés.« Le commissaire a communiqué des instructions très claires à l'effet qu'il ne devra y avoir aucune limite au mandat et à la portée de l'enquête», a fait savoir M.Inkster dans un communiqué.Sans mettre en doute l'intégrité de la GRC, tout ce qui entoure ce suicide et les agissements passés de l'inspecteur Savoie sont trop importants pour laisser la GRC enquêter sur l'un des siens.Pour les raisons suivantes: ¦ l'inspecteur Savoie travaillait à la GRC depuis 27 ans, presque exclusivement aux trousses des trafiquants de drogues; ¦ il a gravi tous les échelons et même pris la direction de la section des stupéfiants de Montréal durant trois ans, de 1988 à 1991.Il s'agit d'un poste-clé à la GRC, compte tenu de la position stratégique de Montréal sur l'échiquier canadien et nord-américain du trafic de drogues; ¦ M.Sauvé, par ses fonctions, avait accès à tous les dossiers d'enquêtes sur le trafic de drogues canadien et international ; ¦ les soupçons de corruption et d'abus de confiance qui pesaient sur lui et qui n'ont fait que s'accentuer depuis sa disparition sont extrêmement graves, d'autant plus qu'elles impli- quent le chef du gang de l'ouest, Allan Ross, considéré comme l'un des cinq plus importants trafiquants au monde; ¦ l'enquête de la GRC sur l'inspecteur Savoie durait déjà depuis un an.Il a été dit et écrit, au lendemain de sa mort, qu'il s'était suicidé en apprenant qu'il allait être arrêté; ¦ l'histoire de l'agent Jorge Leite, un subalterne de l'inspecteur Savoie, qui s'était sauvé au Portugal quelques jours après l'assassinat non éclairci de l'avocat montréalais bien connu, Me Sydney Leithman, n'a jamais eu de conclusion.Cette enquête avait été effectuée par.la GRC.Selon des renseignements déjà publiés, Savoie se vantait que Leithman était son informateur et il avait déjà eu des rencontres secrètes avec lui et Allan Ross.Cette affaire, en raison de ses ramifications et de ses répercussions sur le contrôle véritable du trafic de drogues, sur le degré de confiance que le public peut accorder aux agissements de la GRC, est beaucoup plus importante que la fameuse affaire Marchesseault.Pour des raisons de crédibilité, d'indépendance et de transparence, afin d'être pleinement assuré que toute la lumière sera faite, il importe que l'enquête sur l'inspecteur Savoie soit confiée à un autre corps policier, soit la police de la CUM qui a fait sortir le chat du sac en enquêtant sur le meurtre de Sydney Leithman, soit à un organisme indépendant, peut-être même à Interpol ou au FBI, puisque cette affaire a des ramifications à l'échelle internationale.masson Coroners : faut-il serrer la vis?» » ?¦ » » » i L| enquête publique sur la mort de John Kordic, hockeyeur et toxicomane, dure depuis octobre et ne se terminera pas avant un mois.Son but : établir les circonstances de la mort, de façon à établir si elle aurait pu être évitée et, le cas échéant, produire des recommandations pour prévenir d'autres décès.Les narcomanies de Kordic font évidemment partie des circonstances qui ont fini par l'expédier dans l'au-delà.Et le coroner chargé de l'enquête a déjà indiqué que ses conclusions pourraient toucher toute la question du recours aux anabolisants et aux drogues chez les sportifs.Et si, en cours de route, il était tenté d'élargir encore son champ de tir?De s'interroger sur les problèmes sociaux qui mènent à la narcomanie?Ou sur le contrôle du trafic des stupéfiants?La démarche d'un coroner peut facilement aboutir au phénomène de la poupée russe: une enquête dans une enquête dans une enquête.Avec le risque de s'empêtrer dans des processus coûteux et interminables.Et le nouveau coroner en chef du Québec, Pierre Morin, a bien raison de vouloir resserrer le mandat de ses troupes.Mais il ne faudrait rJS non plus aller trop loin dans le sens inverse.Il y a six ans, une loi a foncièrement modifié le rôle des coroners.Ils n'ont plus à doubler le travail de l'appareil judiciaire, ?mais doivent plutôt déceler certaines failles « systémiques » qui i peuvent entraîner des tragédies, et suggérer des moyens de : les corriger.C'est ainsi que l'enquête publique sur la mort de : Marcellus François a permis de diagnostiquer une série de lacu-.nés dans le fonctionnement de la police de la CUM, dont la persistance de préjugés racistes parmi ses agents.Nous sommes loin d'avoir corrigé ces problèmes \u2014 mais au moins, on a \u2022 eu accès à un portrait clair et percutant, dont l'impact a été : d'autant plus fort qu'il a été tracé au vu et au su de tous.; Peut-être faut-il effectivement préciser la portée du terme « circonstances » dans la loi actuelle, de façon à mieux «foc user > : certaines enquêtes.Peut-être aussi que plusieurs d'entre elles - pourraient être confiées à d'autres instances.Mais des expé-' riences récentes démontrent que l'enquête du coroner demeu-: re, à l'occasion, un outil social inestimable dont nous n'avons : pas les moyens de nous priver.Agnès cruda Signes inquiétants I I en va des régions comme des individus.Le ras-le-bol et le désespoir mènent souvent à des gestes spectaculaires.Comme si, à bout de ressources, il ne restait plus qu'à atti-; rer l'attention.Plutôt qu'à rechercher une hypothétique solution à ses problèmes.La ville d'Amos en a fait une autre dé- \u2022 monstration hier.S'il s'agissait d'un cas isolé, on pourrait hausser les épaules en n'y voyant qu'une querelle de clochers avec v?i-d'Or.Ou les effets d'un traficotage administratif favorisant un comté libéral aux dépens d'électeurs ayant eu la mauvaise idée de rester dans l'opposition.Mais, même dans cette hypothèse vraisemblable, ce serait trop facile.Et dangereux.Car on entend de plus en plus fréquemment, même à Montréal et à Québec, l'écho j de la grogne grandissante émanant de toutes les régions.Qu'il \\ s'agisse de la fermeture d'un bureau de poste à Saint-Clément S ou d'une usine à Trois-Pistoles ou encore des effets de la réfor-I me Ryan sur toutes les municipalités rurales, de partout montent des signaux d'alarme.Autant de preuves de la faillite des : gouvernements en matière, non plus de développement, mais : de simple survie des régions.On l'a aussi constaté lors des audiences de la Commission Bélanger-Campeau où, au grand ; étonnement des constitutionnalistes patentés, les problèmes [concrets des régions ont failli voler la vedette aux grandes \u2022 théories sur l'avenir du Canada et du Québec.: Si le malaise est palpable partout en dehors des grands centres, les solutions, elles, ne sont pas évidentes.Parce qu'il ne s'agit pas d'abord d'une crise conjoncturelle mais bien d'un vice structurel que, dans bien des cas, on a réussi à camoufler.Il est en effet révélateur que les villes qui arrivent à survivre doivent beaucoup plus leur apparente stabilité aux entreprises de services \u2014 hôpitaux, universités, bureaux gouvernementaux, etc.\u2014 qu'à la vigueur de leurs structures industrielles.Ce n'est pourtant pas parce que les solutions durables sont difficiles à imaginer ou à appliquer qu'on doit se contenter de cataplasmes en attendant que les choses s'arrangent.Et ce n'est pas non plus en s'en remettant aux cogitations de technocrates enfermés dans leurs bureaux qu'on arrivera à des résultats satisfaisants.C'est d'abord en donnant aux intéressés les moyens de faire preuve d'imagination et d'audace.Mais, pour ça, encore faudrait-il les écouter.Plutôt que de se limiter à leur faire des promesses lors des campagnes électorales.DROITS RÉSERVES Nos chefs politiques doivent prendre le leadership de la lutte à l'intolérance \u2022A.MARCEL ADAM La multiplication d'actes de violence et de vandalisme, ces dernières années, témoigne d'un accroissement inquiétant de l'intolérance dans notre société.Notamment à l'endroit des Noirs, des juifs et des homosexuels.Ce sont les juifs qui ont fait les frais du plus récent incident : au cours de la dernière fin de semaine, sept synagogues de Montréal ont été vandalisées.Agissant apparemment de concert, des néo-nazis ont orné dans la même nuit les murs de ces temples de graffiti évoquant l'Allemagne d'Hitler: croix gammées et slogans haineux tel le célèbre cri de ralliement nazi: «Juden Raus» (Juifs dehors!).(On se rappellera qu'il y a deux ans ce sont des cimetières juifs qui avaient été profanés par de jeunes Montréalais.) En décembre dernier, une é-glise fréquentée par des Haïtiens québécois et une mosquée à l'usage des musulmans d'origine sud-asiatique et nord-africaine ont été la proie d'incendies criminels.Le même mois, un automobiliste a été tué dans une ère de repos routière près de loliette, par de jeunes voyoux qui l'avaient pris erronément pour un de ces homosexuels qu'ils prenaient plaisir à piéger pour mieux les tabasser.Je ne parle pas de l'assassinat, peu avant, d'un gay, dans un boisé de Montréal, pour nul autre motif que sa différente orientation sexuelle.On pourrait allonger la liste de manifestations plus ou moins graves d'intolérance dans la société québécoise à l'endroit de diverses minorités: raciales, ethniques, religieuses, sociales.On ne devrait pas se donner bonne conscience en se disant que c'est le cas d'une petite minorité, que ces dérapages ne sont pas plus fréquents qu'ailleurs au Canada et qu'ils le sont même moins qu'en Ontario.Ou encore en comparant la situation du Canada avec celle, beaucoup plus sérieuse, de l'Europe occidentale, particulièrement en Allemagne et en France où la haine de l'«autre» s'exprime souvent par le terrorisme.Car il ne faut pas oublier deux choses.1.Il existe dans notre société des petits groupes prônant la suprématie de la race blanche, propageant le mépris de l'étranger et du juif et se livrant à la haine de l'homosexuel.2.Aucun pays n'est immunisé contre le poison de l'intolérance: des sociétés aussi civilisées que la nôtre ont commis les pires crimes contre l'humanité, faute d'avoir manqué de vigilance à cet égard.Il est encourageant de constater que nos associations nationalistes, ethniques, culturelles et autres réprouvent avec de plus en plus de vigueur les actes d'intolérance.Comme ce fut le cas ces jours-ci, suite aux incidents de la fin de semaine.À ce propos, on ne peut malheureusement citer en exemple l'attitude de nos dirigeants politiques qui n'exercent pas le leadership moral que l'on est en droit d'attendre d'eux dans les circonstances.11 est vrai que la ministre québécoise ces Communautés culturelles et de l'Immigration, Mme Monique Gagnon-Tremblay, a fait une déclaration pour dire qu'elle partage l'indignation et la tristesse de la communauté juive et appeler la population à rester vigilante devant toutes les manifestations de racisme et d'antisémitisme.Et que le maire Jean Doré s'est dit outragé par ces profanations.(La déclaration de la ministre rachète un peu celle, incroyablement détachée, de son collègue de la Justice qui, l'automne dernier, avait mis au compte de la conjoncture économique et de ses mauvais effets sur le moral des jeunes les actes de violence dont sont de plus en plus victimes les gays.) «Il n'y a pas et il n'y aura pas, au Québec, de tolérance à l'intolérance», a conclu, péremptoire, la ministre, au nom du gouvernement.C'est une belle formule.Mais elle aurait eu beaucoup plus de force si le premier ministre l'avait lancée lui-même, avec solennité, à l'occasion d'une déla-ration soigneusement médiatisée.Je sais qu'il ne pouvait le faire dans ce cas-ci, étant absent du Québec.Mais tous les incidents des dernières années ne sont pas survenus durant son éloigne-ment.A-t-il jamais dénoncé avec force une manifestation d'intolérance ayant ému la population ?Que dire du premier ministre du Canada?A-t-il déjà exprimé publiquement, de manière éloquente, sa répugnance à l'endroit d'actes haineux qui ont fait les manchettes ici et là dans le pays?Les journalistes qui ne les ont pas pressés de se prononcer sur les incidents qui alertaient l'opinion publique, ne sont-ils pas complices de leur injustifiable, silence?La section Québec du Congrès juif canadien exhorte les dirigeants politiques et les leaders d'opinion d'affirmer sans équivoque que ces incidents constituent une menace contre toute ia société, comme l'a fait l'Allemagne récemment.Il faut dire qu'avant elle la France a été exemplaire à cet égard.Plus d'une fois le président Mitterand lui-même a exprimé solennellement son indignation et signifié clairement que l'intolérance est intolérable dans une société civilisée et démocratique.En attendant que ces exemples fassent école ici, le ministre de la Justice devrait répondre à l'invitation de la Ligue des droits de la personne de B'nat Brith et assurer la communauté juive que les corps policiers ne seront pas tolérants pour les méfaits du genre de ceux commis la semaine dernière.?> ¦ as, m Lysiane Gagnon LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 9 JANVIER 1993 Opinions L'Orange croche de Sauvons Montréal YVES DESCHAMK eci est une réaction à chaud à votre cadeau de Noël 1992.H m'aurait fallu plus de temps pour y apporter d'autres nuances, d'autres inflexions.En revanche, ii y avait des choses qu'il fallait dire vite: les voici.Si je comprends bien l'idée de Sauvons Montréal, les prix Orange et Citron sont destinés à exprimer l'opinion des membres de cet organisme sur les réalisations qui ont marqué le visage architectural de la ville durant l'année qui s'achève et à envoyer un message clair à la population de ladite ville sur ce qui, aux yeux compétents du jury choisi pour cet exercice, constitue un palmarès de la bonne et de la mauvaise qualité en matière d'intervention architecturale dans notre espace urbain, de contribution à l'amélioration de cet espace ou à sa détérioration.Ceci étant, j'éprouve quelque difficulté à comprendre l'attribution du Prix Orange 1992 à l'édifice IBM, un objet urbain fort problématique: au mieux, un exercice de style superficiel ; au pire, une accélération sur la pente dangereuse qui tend à faire de Montréal une agglomération incohérente, sans projet urbain clair et spécifique, sans avenir architectural autonome.Je suis moi-même assez «architecte» pour sentir en quoi l'édifice IBM est plus «stylistically correct» que son vilain (post-moderne) frère de l'Est, le « 1000 de La Gauchetière», mais cette légère différence d'acidité entre les deux agrumes ne m'explique «ni cet excès d'honneur, ni cette indignité».Pourquoi?En vertu de quelle règle, de quelle pédagogie couronner l'un tandis qu'on réserve à l'autre des épithètes qu'on n'ose plus dans les critiques à l'École d'architecture?Soyons clairs.le me réjouis de vous voir «taper dans le 1000».Il ne mérite pas mieux et probablement pire, mais lui, du moins, est égal à lui-même: «potiche» tout le tour.L'édifice IBM montre au centre-ville sa face la plus «sophistiquée».Soit.Mais avez-vous eu, comme moi, la curiosité malsaine d'aller voir le désert vertical qu'il exhibe de l'autre côté?Restons-en là, pour l'instant, en ce qui concerne cette vaine querelle de «styles».Je regrette seulement que l'on ait ainsi, une fois encore, confirmé publiquement le caractère essentiellement façadiste et «décoratif» de l'architecture.Il sera difficile, après cela, de convaincre les Montréalais du contraire.Mais il y a pire.Les gratte-ciel de ce calibre font partie de l'artillerie^lourde de l'arsenal urbain.11 se peut que leur utilisation soit pertinente dans un centre de l'importance de Montréal.Encore faudrait-il démontrer cette pertinence, tant au plan de l'utilité pratique et de la gestion démocratique 'de l'espace urbain qu'à celui de l'expression symbolique d'un ordre civique.À l'heure actuelle, les tours du centre-ville n'expriment, ne réalisent d'autre ordre que celui \u2014 très aléatoire, très privé, très indifférent à la ville \u2014 de la finance et de l'immobilier.Faut-il, pour faire régner cet « ordre »-là, permettre l'usage de l'artillerie lourde (avec ses conséquences.)?Fallait-il, une fois son usage autorisé, applaudir le spectacle, le couronner au nom d'un organisme nommé Sauvons Montréal?le vous le demande.Je m'en voudrais de n'avoir pas dit, en terminant, que le reste des prix Orange et Citron 1992 me semble assez justement attribué.le me réjouis particulièrement des Oranges décernées aux musées de la Pointe-à-Callière et McCord, ainsi qu'au Vieux-Port; des Citrons offerts aux «améliorations» de la Banque de Commerce et de l'Ambulance Saint-Jean.La logique de tout cela me paraît claire, explicable.Qu'a-t-elle en commun avec celle de la tour IBM?Est-ce bien la même ville qu'on a cherché à «sauver» dans les deux cas?L'wtfur.YVE5 DESCHAMPS, ttt professeur d'histoire de l'ercMtecture à l'Université de Mvftif eei.L'édifice IBM, selon l'auteur, est un objet urbsln fort problématique: au mieux, un exercice de style superficiel ; au pire, une accélération sur I?pente dangereuse qui tend à faire de Montréal une agglomération incohérente.Un Québec yougoslave ?YVBS ¦EAUCNEMIN ans sa chronique du 19 décembre dernier intitulé Prose troublante, madame Lysiane Gagnon s'offusque de me voir regretter que de jeunes vendeurs al-lophones qui, car ailleurs, me servent en français et avec gentillesse, ont l'habitude de ne converser entre eux qu'en anglais, au son de la radio anglaise et ne semblent lire que des journaux anglais.Madame Gagnon paraît indifférente au fait qu'une large part de la jeunesse immigrante montréalaise lise toujours The Gazette et jamais La Presse.|e doute que tous les employés de La Presse partagent ce point de vue, et particulièrement ceux qui sont loin de l'âge de la retraite.|e voudrais tout d'abord la rassurer quant à mon attitude envers l'anglais.|e le parle depuis l'âge de six ans, je le lis chaque jour, deux des principaux écrivains qui m'ont servi de guide dans mon métier se nomment Dickens et Steinbeck \u2014 et lorsque j'aide mes garçons dans leurs devoirs d'anglais, je puis l'assurer que ma pression artérielle n'augmente pas du tout et qu'aucune grimace n'apparaît sur mon visage.le souhaite au contraire qu'ils deviennent bilingues comme moi.Cependant, je fais la distinction entre bilinguisme Individuel et institutionnel.Le bilinguisme individuel constitue une richesse.Mais le bilinguisme institutionnel (ou officiel) m apparaît comme une marque de servitude pour un peuple, car il est toujours le fruit d'une défaite.Si les Allemands avaient gagné la Deuxième Guerre mondiale, Paris serait bilingue: français et allemand.D'autre part, malgré mon admiration pour la langue anglaise, je lui préfère la mienne.Et je souhaite qu'il en soit de même pour tous les enfants des immigrés québécois.Cela semble indisposer madame Gagnon au plus haut point.Elle laisse entendre que je voudrais favoriser une sorte de déportation des immigrants non-francophones, faire traquer dans les arrière-boutiques ceux qui ne parleraient pas français, bloquer les ondes de CHOM et de CI AD.mettre le cadenas sur The Gazette, etc.Elle évoque même un modèle de purification ethnique de type «yougoslave amélioré»! Où madame Gagnon s'en va-t-elle?Ma «prose troublante» l'aurai tel le troublée à ce point?L'évocation du «modèle you- Yves Be»jchemin goslave» constitue une banalisation choquante de la tragédie des habitants de l'ex-Yougoslavie, surtout de la part d'une personne qui a fait preuve à plusieurs reprises d'une véritable conscience internationale.|e suis sûr qu'elle le regrette; je profite néanmoins de l'occasion pour déplorer I emoti-vité qui marque trop souvent au Québec le débat linguistique.Quand des allophones québécois \u2014 même trilingues\u2014 adoptent l'anglais comme principale langue de communication publique et privée, de loisirs et de culture, ils deviennent dans les faits des anglophones sachant (aussi) le français.Loin de s'acculturer au Québec, ils lui demeurent en grande partie étrangers, incapables d'épouser ses intérêts collectifs, car ils se sont identifiés à l'écrasante majorité anglophone nord-américaine.Est-ce bien ce que souhaite pour nous madame Gagnon dans l'actuel contexte démographique?Pourtant, à travers le monde, les immigrants apprennent rapidement la langue du pays qui les re- çoit et leurs enfants s'identifient spontanément à ses habitants et à leur culture.Regretter qu'il n'en soit pss ainsi au Québec semble une forme de fascisme aux yeux de madame Gagnon.Diable! voilà une étrange façon de penser.Est-ce que les Torontois ne seraient pas justifiés de s'inquiéier si la masse d'immigrants venus s'établir chez eux se mettaient à considérer l'anglais comme une langue marginale?Ce qui est normal ailleurs ne le serait pas ici?Les nations du monde entier auraient le droit de se soucier de leur avenir mais pas nous?Il est vrai que plusieurs Québécois pensent encore que nous sommes nés pour un petit pain et que notre place se trouve aux franges de l'histoire, juste à la limite de la survie.Par contre, il est exact de dire comme madame Gagnon que la législation linguistique du Québec est unique en Occident.Mais notre situation ne l'est-elle pas?Dans quel autre continent l'équilibre des forces linguistiques res-semble-t-il à celui qui s'est établi en Amérique du Nord, où le français ne compte que 2 p.cent de locuteurs alors que l'anglais en rassemble 98 p.cent?Quant à ma conviction que l'affichage unilingue français est un instrument essentiel \u2014mais pas forcément suffisant\u2014 pour faire comprendre aux immigrants que le français est lar langue du Québec, elle lui apparaît d'une «prodigieuse naïveté».Or un sondage SORECOM de juillet 1985 indique que 71,9 p.cent des travailleurs francophones et 53,6 p.cent des allophones attribuent à l'affichage unilingue français une tendance «à utiliser moi-même plus de français au travail».On est peut-être moins naïf qu'on en a l'air.Par ailleurs, je n'arrive pas à comprendre son raisonnement à rencontre de l'unilinguisme français quand elle écrit: «Quel immigrant n'aura pas constaté, ne serait-ce qu'en regardant une carte géographique, que l'anglais est la langue dominante de son nouveau continent et qu'il a intérêt à l'apprendre?» Madame Gagnon n'est pas facile à suivre.Si la présence de l'anglais est si massive dans notre continent, raison de plus, alors, pour montrer clairement qu'au Québec, c'est en français que ça se passe! .Bien sûr, beaucoup d'immigrants apprennent le français et une partie d'entre eux en font même leur principale langue d'usage.C'est un des effets merveilleux de la loi 101.Mais l'im- pact de cette loi, à demi démantibulée par une cascade de jugements des tribunaux canadiens, n'est pas illimité.Et il ne peut se substituer à la volonté politique, si chancelante (c'est le moins qu'on puisse dire), du présent gouvernement.Résultat?Comme la majorité des immigrants s'établissent dans l'île de Montréal, comme une partie seulement d'entre eux se francise véritablement et comme enfin les francophones montréalais ont tendance à quitter l'île pour s'établir en périphérie, le français est en voie d'y devenir minoritaire.Et quand ce sera chose faite, au nom de la loi du plus grand nombre, qui jouera dès lors contre eux, les Montréalais fran-cophoes, qu'ils le soient de souche ou d'adoption, devront tôt ou tard plier la tète, entraînant peu a peu tout le reste du Québec dans l'assimilation.|e remarque avec plaisir que madame Gagnon n'attaque aucunement le fond de mon article, qui essaye d'alerter les Québécois aux conséquences incalculables de ce désastre, prévisible selon les plus récentes données de Statistique Canada et selon les travaux de M.Marc Levine, spécialiste en études urbaines de l'université du Wisconsin ( Le Devoir, 22 décembre 1992).Dans l'article qui a tant ulcéré madame Gagnon, je me référais à René Lévesque.Madame Gagnon croit qu'il ne partagerait pas mon attitude.Plutôt que d'essayer de faire parler les morts, je lui citerai l'extrait d'une lettre envoyée le 4 novembre 1982 aux dirigeants d'Alliance Québec par René Lévesque, alors premier ministre.«À sa façon, chaque affiche unilingue dit à l'immigrant: il y a deux langues ici, l'anglais et le français; on choisit celle qu'on veut.Elle dit à l'anglophone: pas besoin d'apprendre le français, tout est traduit.» Une dernière remarque: madame Gagnon, par ses insinuations et ses procès d'intentions, utilise à mon égard un procédé vieux comme le monde: caricaturer la thèse de l'autre afin de mieux la démolir.Au début de son article, elle affirme que ma situation d'écrivain connu me confère une responsabilité sociale assez grande, le serais tenté, quant à moi, de la renvoyer à ses responsabilités de journaliste.L'auteur, YVES BEAUCHEMIN, est écrivain.La langue du Bye Bye quoi sert un dictionnaire?À la langue écrite essentiellement.C'est lorsqu'on écrit que Ton a recours au dictionnaire, jamais quand on parle \u2014 sauf à l'occasion, par exemple si l'un des interlocuteurs se demande si tel mot est «bien français».Le premier tort du «Dictionnaire québécois d'aujourd'hui» du Robert, c'est la confusion qu'il va produire, dans une société où la correction linguistique est une lutte de tous les instants, entre la langue parlée et la langue écrite.Exemple: ce fameux «tsé», qui du reste n'est pas un mot (mais le Robert ne nous indique même pas qu'il s'agit de la contraction de «tu sais»).Nous l'utilisons à toutes les sauces, mais seulement en conversant.Les répliques de Diane Wilhelmy en étaient entaillées, mais jamais elle n'aurait transcrit cette expression dans un texte \u2014 même pas dans une lettre familière à un proche.* * * Compte tenu de la réaction des élites, comme d'habitude à la traîne des théories démago-linguisti-ques qui ont réussi en vingt ans à démolir les bases -du patrimoine linguistique que nos ancêtres avaient préservé depuis 400 ans, attendons-nous à ce que ce dictionnaire soit abondamment utilisé dans les écoles.La CEQ, évidemment, ne l'a pas condamné.Quand la CEQ monte aux barricades, c'est pour agiter l'amulette de la loi 101, jamais pour défendre la langue que cette loi est censée protéger et que ses membres ont pour métier d'enseigner.Idem pour le Conseil de la langue française, qui préfère cauchemarder sur l'immigration plutôt que-d'enquèter sur la langue dont il est théoriquement; chargé de surveiller la qualité.(Ce qui la menace,-, cette langue, ce sont les autres, n'est-ce pas.Jamais nous-mêmes, bien sûr!) Le président de l'Union des écrivains dits francophones a accueilli la dernière trouvaille du Robert avec complaisance, et sans doute parle-t-il au nom de ses membres, puisqu'aucun écrivain, à la (brillante) exception d'André Major, n'a élevé la voix contre; cette opération bassement démagogique émanant d'un éditeur roué (le marché québécois est aussi naïf' que profitable à qui sait jouer sur ses complexes à l'endroit de la France) et d'un groupe d'experts dirigés par un professeur de l'Université Laval, cette insv titution à qui l'on doit aussi cette autre innovation qu'est la transcription de la Bible en jouai.C'est Gérard-Marie Boivin, un animateur dont la.langue parlée est pourtant impeccable (ce qui en fera d'ici quelques années un oiseau rare à la télévision), qui fait les commerciaux de ce dictionnaire.Gilles Vigneault, qui incarna déjà la fierté d'être francophone en terre d'Amérique, a même signé la ; préface.dans une langue parfaitement française, faut-il signaler, et accessible à tous les francophones du monde, ce qui en soi suffit à annihiler la sotte prétention à la base de ce dictionnaire qui veut que le québécois soit une langue en soi.La complaisance des élites et la tendance naturelle vers la facilité aidant, ce dictionnaire deviendra probablement «le» dictionnaire des classes de français du Québec, avec le résultat que les élèves, qui ont déjà d'énormes difficultés d'écriture, en viendront a croire qu'ils peuvent écrire ces mots que le dictionnaire aura légitimés et élevés au rang de langue standard, sans même avoir l'honnêteté élémentaire de signaler qu'ils ne sont compris nulle part ailleurs qu'au Québec.et encore.(Combien de gens, au Québec, parlent de «jos»?De fait, la langue soi-disant québécoise exaltée par les vendeurs du Robert est confondue avec le plus bas commun dénominateur de la langue parlée: c'est la langue du dernier Bye Bye, que l'on n'entend pas dans la bouche de la plupart des gens que l'on croise au Québec.) Tel est donc le second tort de ce dictionnaire.L'encouragement donné au processus de ghettoisa-tion linguistique des Québécois, processus qui nous coupe de nos racines historiques et nous privera bientôt du seul grand atout dont nous disposions comme minorité \u2014 de la seule chance aussi que nous ayions d'intégrer progressivement une bonne partie des immigrants \u2014, soit ie fait de parler une langue internationale.Ainsi, il y a au moins 15 ans que les médias et la publicité, au Québec, utilisent systématiquement les termes de «soutien-gorge» et de «cuisinière».Le Robert nous fait régresser en définissant comme «familiers» les mots «brassière» et «poêle», qui sont incorrects en français moderne standard et auraient dû être présentés comme des archaïsmes en voie de disparition.* * * Dans sa préface, Gilles Vigneault évoque de poétiques archaïsmes «enracinés dans l'humus du vrai pays».Le pauvre homme n'a pas dû feuilleter le manuscrit qu'on lui demandait de préfacer.Ses «flas-tre», «éparé», «grâlée», etc., ne sont pas dans le Robert.Ce qui y est, c'est « plot te», «téter», «tataoui-ner», «pogner», «trou de cul», «twit», «tabamak», etc.«Stie» est présenté comme une simple interjection.Rien n'indique que «pogner» est un mot en usage au Québec seulement, et qu'il s'agit d'un niveau de langue relâché.Au mot «enculé», le Robert \u2014 le vrai, celui destiné aux Français \u2014 mentionne qu'il s'agit d'un mot «très vulgaire».Mais on a moins d'exigences pour les Québécois, ces amusants sauvages.«|os» n'est que «familier».Dans le Robert «français», «trou du cul», de même que «merde», sont désignés comme «vulgaires».Mais «trou de cul» et «marde», vocables québécois, ne sont que «familiers», tout comme d'ailleurs «tabamak», qui est, nous apprend le Robert, un mot simplement «très familier; un juron très fréquent et employé dans toutes sortes de circonstances.» «Tabarnak» est une entrée particulièrement choyée; le Robert consacre un très long paragraphe à ses agréables variantes: «Tabernacle qu'il fait froid! Tabernacle de crisse! Être en tabernacle.Elle est en tabernacle après sa soeur.Un(e) tabernacle sert à qualifier la chose, la personne mentionnée: C'est une tabernacle de grosse truite.Un tabernacle de niaiseux.Mes petits tabernacles! En tabernacle: très, beaucoup.C'est Vf un en tabernacle.Au plus tabernacle: au plus vite.» Bien sûr, on n'allait pas rater Los Tabarnacos, surnom donné aux Québécois par «les Lati nos-Américains» (sic).«Marde» aussi est un mot choyé.Un tiers de colonne, avec diverses expressions que les élèves québécois apprendront à utiliser dans un texte: «piler dans la marde; c'est le bout de la marde; ça ne (sic) vaut pas de la marde; un gros plein de marde, etc.» Comme interjection, «marde», nous dit le Robert.«s'emploie dans toutes sortes de circonstances familières: maudite marde que ça va mal! Maudite marde que tu (sic) est niaiseux! Voyons, marde!» Le Robert, cependant, consent à définir «maudite marde de cul» comme une expression «très familière». Le Monde La Presse B4 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 9 JANVIER 199S PHOTO SEUTK Bill Clinton et le président mexicain Carlos Salsnas de Gortari se sont prononcés hier à Austin (Texas) en faveur d'une entrée en application rapide du Traité de libre-échange en Amérique du nord (NAFTA), signé par leurs deux pays et le Canada le mois dernier.M.Clinton a cependant indiqué qu'il entendait agir sans tarder pour «résoudre les problèmes Importants qui subsistent ».?REPÈRES Clinton confronté à ses promesses économiques Agence France-Presse UTTLE ROCK ¦ Bîll Clinton n'occupera pas la Maison Blanche avant le 20 janvier, mais il semblait déjà jeudi soir pris au piège de ses promesses économiques et budgétaires et, selon ses critiques, désireux de s'en libérer.Le défi qui l'attend est simple: comment réduire de moitié en quatre ans, comme il l'a promis durant la campagne, un déficit budgétaire apparemment bien supérieur à ce que l'on prévoyait tout en augmentant les dépenses publiques dans certains secteurs clés (éducation, formation, infrastructure) et en allégeant les impôts des classes moyennes.M.Clinton, son vice-président Al Gore et les 13 membres de son équipe économique, avec à leur téte le fu-tur secrétaire au Trésor, Lloyd Bentsen, ont discuté jeu- f di a Little Rock de ce qui ressemble à la quadrature du cercle.Rien n'a filtré sur la teneur des discussions ou la nature d'éventuelles décisions.Le porte-parole de M.Clinton, George Stepha-nopoulos, avait précisé avant la réunion qu'il s'agirait d'une revue d'ensemble incluant notamment, en plus du budget et de la question d'un plan de relance, le problème des impôts.Le temps presse, non seulement parce que M.Clinton a fait de l'économie sa priorité, mais aussi parce qu'il est censé présenter le ter février au Congrès un projet de budget pour l'année fiscale 1994, qui débutera le 1er octobre.Les paramètres du problème ont été définis mercredi par le gouvernement républicain sortant, qui a présenté une sorte de «testament budgétaire» qui a provoqué une réaction immédiate de M.Clinton dénotant surprise et colère.Les chiffres de Richard Dar-man, le directeur du Budget de M.Bush, font état d'un déficit de 305 milliards de dollars pour l'année fiscale 1997, alors qu'en juillet, l'estimation offi- cielle pour cette même année était d'environ 237 milliards.«Pourquoi ne nous l'a-t-on pas dit plus tôt?», a demandé M.Clinton, qui a accusé M.Darman d'avoir dissimulé la véritable ampleur du déficit.Il estime à au moins 350 ou 360 milliards de dollars le déficit en 1997 si aucune mesure cor-rective n'est prise.Derrière cette querelle de chiffres se cache une bataille politique pour la conquête de l'opinion publique.D'un côté, M.Clinton accuse les républicains d'essayer de masquer l'étendue réelle des dégâts pour lui faire endosser la responsabilité de la situation.Du côté républicain, on prête des desseins tout aussi sombres au futur président.Car M.Clinton, fait-on remarquer, savait dès juillet, comme tout le monde, que la situation en matière de déficit ne ferait qu'empirer.Selon cette interprétation, M.Clinton aurait continué de promettre une réduction de moitié en quatre ans du déficit couplée à une hausse des dépenses publiques et des réductions d'impôts tout en sachant que cela serait impossible.Sa surprise et sa colère de mercredi seraient donc feintes, puisque les chiffres de M.Darman lui fournissent en fait l'occasion de renoncer à sa promesse.«C'est typique de Bill Clinton.Nous avons vu cela en Ar-kansas pendant dix ans.Vous allez le voir pendant quatre ans», a déclaré Sheffield Nelson, candidat républicain battu par M.Clinton en 1990 pour l'élection .au poste de gouverneur de l'État.Jeudi, M.Stephanopoulos a affirmé: «Nous ne renonçons à aucune promesse» faite durant la campagne électorale.Il n'a toutefois pas dit que le déficit serait bien réduit de moitié en quatre ans.L'aggravation du déficit budgétaire accroît aussi la probabilité de voir partir en fumée la promesse de M.Clinton d'un allégement d'impôts pour les classes moyennes, alors que le plan de relance pourrait être bien plus modeste que les 20 à 60 milliards de dollars par an dont il était question.Les Serbes tuent un ministre bosniaqu assis dans un blindé des casques bleus d'après Rcutcr et AFP SARAJEVO n milicien serbe a tué hier le vice-premier ministre bosniaque Hakija Turajlic, qui était assis à l'arrière d'un véhicule blindé des casques bleus des Nations unis, a-t-on appris auprès d'officiers français.Réclamant une réunion urgente du Conseil de sécurité, l'ambassadeur bosniaque à l'ONU, Mu-hamed Sacirbey, a demandé à cette instance de prendre une «action immédiate et déterminée, incluant l'utilisation de la force, pour arrêter l'agression contre la Bosnie-Herzégovine».De son côté, le président bosniaque Alija Izetbegovic a estimé à Washington que l'assassinat de son vice-premier ministre «constituait non seulement une attaque contre son gouvernement mais également une agression contre les Nations unies».M.Izetbegovic, qui venait d'être reçu à la Maison Blanche par le conseiller du président pour les Affaires de sécurité nationale, le général Brent Scow-croft, a ajouté que cet attentat «démontre très clairement que les convois de l'ONU n'offrent aucune protection particulière et que les forces paramilitaires serbes sont en mesure de tuer n'importe qui».Dans un bref communiqué, le commandant de la Force de protection de l'ONU (FORPRONU) en Bosnie, le gérerai Philippe Morillon, a estimé qu'après ce meurtre «la paix est en danger» dans ce pays.Admettant que c'était «un échec» pour la FORPRONU, il a «demandé une enquête immédiate et le procès des commandants et soldats» serbes «qui ont commis ce crime».Il a précisé qu'il tenait pour «personnellement responsable» le commandant des forces serbes de la région de Sarajevo, le général Sta-nislav Galic.Le vice-premier ministre est mort sur le coup, tué par sept balles tirées par un membre des milices serbes qui avaient stoppé le blindé de la FORPRONU de re- tour de l'aéroport en utilisant deux chars, a précisé le général Morillon.D'après la mission bosniaque à l'ONU, le ministre, âgé d'une quarantaine d'années, a été extrait du véhicule et abattu lorsque les Serbes l'ont reconnu.Il venait de rencontrer une délégation turque à l'aéroport, la FORPRONU ayant refusé d'escorter cette dernière jusqu'au centre-ville.Le «vice-ministre des Affaires étrangères» du gouvernement serbe bosniaque, Todor Dutina, a démenti que les Serbes soient liés à un quelconque meurtre.«C'est juste une nouvelle astuce des Musulmans pour provoquer une intervention militaire et perturber la conférence de paix de Genève», a-t-il dit, joint par téléphone au quartier général serbe de Pale, près de Sarajevo.Lors de sa visite à Washington, le président Izetbegovic a également lancé un appel à l'opinion publique américaine pour que soit fermement rejetée la «purification ethnique» entreprise en Cuenter Rexrodt s'est entretenu avec des Journalistes hier.PHOTO RSUTCT Allemagne : une tâche très difficile attend Guenter Rexrodt à l'Économie Ageence France-Presse BONN uenter Rexrodt, un banquier, spécialiste des privatisations dans l'ex-RDA, va devenir le prochain ministre de l'Économie de l'Allemagne alors que le pays est frappé par la récession et se demande comment mener à bien la reconstruction à l'Est.M.Rexrodt, 51 ans, a été élu par l'assemblée conjointe de la direction et du groupe parlementaire du parti libéral (FDP) pour occuper le poste vacant depuis ta démission dimanche de Juergen Moellemann après des accusations de trafic d influence.Il a recueilli dès le premier tour 57 voix, soit un peu plus de la majorité absolue des 97 présents.Selon la constitution allemande, c'est le chancelier qui choisit les ministres mais les accords de coalition passés fin 1990 entre le FDP, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Helmut Kohi et l'Union chrétienne-sociale (CSU, branche bavaroise de la CDU) prévoient que le poste de ministre de l'Économie revient au parti libéral.Le choix de M.Rexrodt a été bien accueilli par les milieux économiques.Pour Peter Pietsch, économiste à la Commerzbank, Guenther Rexrodt présente un double avantage: d'une part c'est un homme politique qui a effectué une bonne partie de sa carrière dans le monde de l'industrie et de la banque, d'autre part, il est né à l'Est et a été pendant un an membre du directoire de la Treu-handanstalt, l'Office des privatisions de l'ex-RDA.« Il a une véritable expérience», a-t-il affirmé.«C'est considérable car la reconstruction à l'Est est l'enjeu économique et politique majeur pour l'Allemagne au cours des dix prochaines années».En Allemagne, le ministère de l'Économie est distinct du ministère des Finances et contrôle la politique économique et industrielle du gouvernement.M.Rexrodt, arrivé tardivement à la politique \u2014 il est entré en 1980 au FDP \u2014 a notamment dirigé Citibank AG, la filiale allemande du géant bancaire américain.Il a aussi été ministre régional des Finances de Berlin-Ouest.Après la démission de M.Moellemann, l'ensemble des milieux économiques et politiques avaient réclamé la nomination d'un expert qui puisse faire face aux défis de la récession et de la reconstruction de l'ex-RDA.M.Moellemann, qui a laissé un souvenir très mitigé, n'a qu'une formation d'instituteur.Nombre de députés est-allemands du FDP se sont montrés mécontents du choix de M.Rexrodt.La politique de la Treuhan-danstalt, qui a procédé à des licenciements massifs pour permettre la vente d'entreprises, n'est guère populaire dans l'ex-RDA.«La tâche de M.Rexrodt va être extrêmement difficile», a affirmé un banquier de Francfort, qui a tenu à conserver l'anonymat.Selon lui, M.Rexrodt devra répondre aux attentes de son parti, partisan d'une politique économique très libérale, tout en faisant face aux questions sociales à l'Est.Moins de deux ans avant les prochaines élections générales, M.Rexrodt risque aussi, selon les commentateurs allemands, d'affronter le chancelier Kohi qui a initié un changement de cap il y a quelques semaines en prônant le maintien de noyaux durs industriels dans l'ex-RDA, indépendamment de leur rentabilité immédiate.M.Kohi a ainsi rompu avec la doctrine de privatisation totale, assortie d'une liquidation pour les entreprises non rentables, poursuivie jusqu'ici par la Treuhand.Mandela veut que 1993 soit «une année historique» Agence France-Presse IOHANNESBURG elson Mandela, président du Congrès national africain (ANC), a estimé hier que I993 devrait être une «année historique» pour l'Afrique du Sud, avec «la fin du pouvoir politique exclusif de la minorité blanche» et «le début de la voie démocratique».Lors d'une conférence de presse à l'occasion du 81e anniversaire de l'ANC, fondé en 1912, M.Mandela a rappelé la volonté de son mouvement de voir les premières élections multiraciales organisées «avant la fin de I99λ.Il a cependant ajouté que l'ANC n'était «pas dogmatique» sur ce point: «H n'est pas exclu que pour une raison ou pour une autre, il soit impossible de tenir cette date.Dans ce cas, les élections auront lieu début 1994», a-t-il dit.Avant le scrutin qui doit permettre l'élection d'une assemblée constituante et la mise en place d'un gouvernement intérimaire «d'unité nationale», d'autres «étapes décisives» doivent cependant intervenir, avec en premier lieu la reprise des négociations multi-partites interrompues en mai.M.Mandela a rappelé qu'il souhaitait voir «toutes les formations politiques», notamment d'extrême droite, se joindre à un tel forum.Il a cependant laine entendre qu'en cas de refus, le processus devrait se poursuivre sans elles: «Personne ne devrait être autorisé à tenir en otage la transition vers la démocratie», a-t-il dit.La seconde étape devra, selon lui, êire l'établissement d'un «conseil exécutif de transition».Des commissions dépendant de ce conseil devront assurer la préparation des élections et l'indépendance des médias.Toutes les formations armées et de police devront par ailleurs être placées sous contrôle, de manière à créer «une armée véritablement représentative dans laquelle Umkhon-to We Sizwe (NDLR : MK, la branche armée de l'ANC) aura un rôle crucial à jouer».Au passage.M.Mandela a reje- té les appels répétés du gouvernement à une transformation de l'ANC en parti politique, indiquant que le Congrès national africain irait aux élections en tant que «mouvement de libération».«Nous n'avons pas l'intention de nous transformer (en parti) tant qu'un gouvernement pleinement démocratique n'aura pas été instauré», a-t-il dit, laissant ainsi entendre que l'ANC ne renoncerait pas à l'existence de MK.M.Mandela a enfin appelé le président Frederik de Klerk à «faire le nettoyage» au sein de ses forces de l'ordre.«Le terrorisme, la déstabilisation et la répression de la part des forces de l'ordre et des organismes d'État doivent être extirpés sans équivoque ni retard», a-t-il dit.M, Bosnie.Selon lui, quelque 200000 personnes ont payé de leur vie les exactions commises au cours des neuf derniers mois par les Serbes dans l'ancienne république yougoslave.Par ailleurs, Vojislav Seselj, leader des ultra-nationalistes serbes du Parti radical, a réclamé hier les tètes des conseillers du président yougoslave Dobrica Cosic qu'il a qualifiés de «traîtres».Lors de la réunion, les chefs de partis ont discuté de la proposition de Dobrica Cosic de créer un gouvernement de salut national comprenant des membres de l'opposition.Dans une interview avant la réunion, le chef du Parti radical avait juge inacceptable le discours à la nation prononcé mercredi par M.Cosic.Ce dernier avait prévenu les Serbes bosniaques qu'ils risquaient une intervention militaire internationale s'ils n'acceptaient pas le plan de paix de Genève.Les chefs de guerre somaliens tombent d'accord d'après AP et AFP A D DIS-A M: U A Nelson Mandela Les chefs de guerre somaliens ont conclu hier un accord de principe sur l'instauration d'un cessez-le-feu dans leur pays, sont convenus d'organiser une conférence de réconciliation nationale à partir du 15 mars prochain à Addis-Abcha et ont promis de coopérer avec les organisations d'aide humanitaire présentes en Somalie.Les 14 factions réunies sous les auspices des Nations unies ne se sont toutefois pas mises d'accord sur l'ordre du jour de la conférence ni sur les modalités du cessez-le-feu.Elles ont promis de trancher ces questions d'ici lundi.Les chefs de guerre ont cependant demandé aux Nations unies d'assurer l'organisation logistique de la conférence de réconciliation.Ils ont également lancé un appel en faveur de l'arrêt de la propagande hostile en Somalie, de la coopération avec les organisations humanitaires et de la libre circulation des Somaliens dans leur pays.Pour le principal chef de guerre somalien, le général Mohamed Farah Aidid, dont les forces contrôlent de larges portions de territoire en dehors de leur région d'origine, l'accord de cessez-le-feu ne doit pas demander le retour des différents clans dans leur zone d'influence traditionnelle.Les autres factions sont d'un avis contraire.L'accord annoncé hier a été accueilli avec «une très grande satisfaction » par le secrétaire général de l'ONU Boutros Boutros-Ghali, annonce un communiqué du centre d'informations parisien des Nations unies.M.Boutros-Ghali «exprime sa conviction que cet accord donnera un nouvel élan aux efforts en vue d'un règlement juste et durable et qu'il contribuera à faciliter la transition» entre la force internationale de l'opération Restore Hope (Rendre l'espoir) et les Nations unies en Somalie.Il «soumettra dans les prochains jours un rapport au Conseil de sécurité au sujet des progrès enregistrés».Parallèlement, a Mogadiscio, la situation restait tendue au lendemain de l'intervention des marines- contre des factions belligérantes, qui avait fait sept morts dans les rangs somaliens.Selon un porte-parole de l'Onu, Katari-na Toll, les chauffeurs de camion transportant l'aide humanitaire refusaient de se rendre dans le nord de la capitale.Les marines sont en train d'intensifier leurs opérations de sécurité dans cette section de Mogadiscio, contrôlée par les forces d'Ali Mahdi Mohamed.«Les préoccupations concernant la sécurité subsistent toujours», a-t-clle déclaré.Par ailleurs, le commandant de l'opération Restore Hope, le général Robert lohnston, a déclaré qu'une partie des forces américaines déployées en Somalie pourraient vraisemblablement être retirées d'ici deux ou trois semaines.Il a ajouté qu'il faisait pression sur les Nations unies pour qu'elles prennent rapidement le relais de la force internationale. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 9 JANVIER 1993 rius B5 Partira partira pas ?Pour Mulroney, Charlottetown a marqué un tournant; mais vers où?PHILIPPE DUBUISSON du bureau de La Presse OTTAWA Ou'il ait voulu masquer ses inten- tions ou maintenir toutes ses options, le premier ministre Brian Mulroney n'a à peu près rien, laissé transpirer jusqu'à présent quant à sa volonté de diriger ses troupes lors de la prochaine campagne électorale.Depuis le rejet retentissant de l'Accord de Charlottetown au référendum* les observateurs décortiquent chacun de ses discours, chacune de ses nominations dans le but de déceler l'indice pouvant soutenir l'une ou l'autre des thèses concernant son avenir.Mais en vain.Au Cercle national des journalistes et autres hauts lieux fréquentés par la gent parlementaire, l'avenir du premier ministre Mulroney nourrit toute les conversations.Si une nette majorité estime qu'il tirera sa révérence, tous les arguments dans un sens comme dans l'autre peuvent être contredits.«Le premier ministre tire un vilain plaisir de cette spéculation entourant son avenir.Mais là n'est pas la raison qui explique son apparente indécision.Qu'il parte ou qu'il reste, il a des choses à faire avant de prendre sa décision pour donner toutes les chances au parti de remporter les prochaines élections», commente un membre du parti.La caisse du parti C'est ainsi que le premier ministre se devait, au lendemain du référendum, d'affirmer vigoureusement sa volonté de demeurer en poste.Ce qu'il a fait lors des dîners-bénéfice tenus à travers le pays en novembre et décembre, sous les airs de la chanson populaire de Roch Voisine /'// always be there (Je serai toujours là) pour être plus convaincant.«Sinon, confiait à La Presse un orga- nisateur, les quelques millions recueillis aux dîners-bénéfice n'auraient pas garni la caisse électorale du Parti conservateur mais plutôt les campagnes au leadership des prétendants à la cheffe-rie.Et M.Mulroney, homme de parti, ne veut pas quitter sans laisser les finances de sa formation dans un bon état.» Le remaniement ministère! annoncé cette semaine n'a rien fait non plus pour dissiper les rumeurs entourant son avenir à la direction du parti.Certains voient en Kim Campbell le dauphin de M.Mulroney depuis sa nomination à la tête du ministère de la Défense.L'avocate de 45 ans, devenue média star depuis la publication de sa photo aux épaules nues, bénéficiera de l'attention médiatique associée à ses nouvelles fonctions.Trop libérale pour l'aile droite du parti, elle aura aussi l'occasion d'affirmer ses convictions conservatrices à ce poste traditionnellement occupé par des hommes.Si M.Mulroney prend le temps de préparer la relève, c'est qu'il a l'intention de partir.Mais pour d'autres, la nomination de Pierre Biais à la Justice est la preuve que M.Mulroney veut accroître l'influence de ses principaux collaborateurs ayant de mener ses troupes au prochain combat électoral.Co-président du comité de réélection du parti, Pierre Biais est de ceux qui croient que Brian Mulroney ne fera qu'une bouchée du leader libéral |ean Chrétien dans une campagne électorale qui en réalité est un véritable combat des chefs.Que les ministres seniors du cabinet soient demeurés en poste malgré le récent remaniement ministériel est une indication pour d'autres que le premier ministre n'a pas encore arrêté sa décision.Les Michael Wilson, Don Mazankowski et Benoit Bouchard sont membres du groupe sélect des cinq ou six ministres qui prennent les grandes décisions en compagnie du premier ministre.Tous sont en réflexion sur leur avenir politique et leur décision de se présenter aux élections est grandement liée à celle de M.Mulroney.La famille Malgré ces signaux contradictoires, ceux qui connaissent bien le premier ministre ont tendance à croire qu'il annoncera sa démission en février pour des raisons personnelles et familiales, mais ils sont très peu nombreux à être suffisamment convaincus pour l'affirmer publiquement.On fait valoir que M.Mulroney est un homme de famille qui prendra grandement en considération l'avis de ses proches.M.Mulroney a été durement ébranlé par l'indécence d'une certaine presse à sensation qui s'est acharnée sur sa famille.Frank Magazine a dépassé les bornes en lançant un un commentaire de GILBERT LAVOIE Le Droit OTTAWA ¦ es propos, Brian Mulroney les a tenus peu avant sa victoire à l'élection partielle du 29 août 1983 dans Central Nova, en Nouvelle-Ecosse.Le futur premier ministre était alors convaincu que Pierre Trudeau avait commis une erreur en demeurant au pouvoir si longtemps.M.Mulroney avait cité en exemple le modèle américain qui oblige le président, si populaire soit-il, à quitter la politique après deux mandats.Selon lui, cette façon de faire sert mieux la démocratie en forçant les partis politiques à renouveler leur leadership plus souvent et de façon plus régulière.Par manque d'espace, les reporters laissent toujours tomber certains éléments lorsqu'ils font le compte-rendu d'un événement.Cette entrevue n'a pas échappé h la pratique.Au cours de cet entretien, Brian Mulroney avait manifesté une grande admiration pour les conservateurs ontariens qui s'étaient maintenus au pouvoir pendant une quarantaine d'années en changeant de chef à tous les dix ans, offrant ainsi à chaque fois une nouvelle image à l'électorat.Près de dix ans se sont écoulés depuis cette déclaration.Deux mandats ont passé.Brian Mulroney n'a pas atteint tous les objectifs qu'il s'était donnés, mais il se prépare à quitter la poli-' tique fédérale «par la grande porte».Plus rien ne l'y retient, tout l'incite à partir.M.Mulroney aura 54 ans en mars.Sa famille est jeune et il n'a ni les moyens, dit-il, ni le goût, de prendre sa retraite.S'il démissionne maintenant, il est encore assez jeune pour entreprendre une nouvelle carrière à la présidence du conseil d'une grande corporation privée.Un troisième mandat (si cela était réalisable) l'amènerait trop près de la soixantaine.Le contexte politique actuel se prête à un changement de leadership sur le modèle utilisé par les conservateurs ontariens sous |ohn Robarts et Bill Davis.L'opposition est vulnérable: M1\"* Audrcy McLaughlin a raté son entrée à la tète du NPD et la victoire de M.|ean Chrétien chez les libéraux a privé ce parti de l'image de jeunesse et de renouveau à laquelle ses membres aspiraient.En partant maintenant, M.Mulroney donne aux conservateurs une chance de rajeunir leur image.La situation politique n'offre aucun « II y a deux moments importants dans la vie d'un homme politique.Il faut savoir quand rentrer et il faut savoir quand sortir.Le deuxième est de beaucoup le plus important.En principe, si vous parlez d'une période de sept ou huit ans en ce qui me concerne, vous n'avez pas tort (.) Un individu n'a l'enthousiasme et les ressources intellectuelles et même physiques pour effectuer des changements profonds et mener une barque avec vigueur que pour une période de temps limitée.Je n'ai jamais pensé que ma mission dans la vie politique serait autre chose que d'essayer de briser le monopole des libéraux sur l'appareil fédéral, de donner un nouveau style de gouvernement, de faire renaître le fédéralisme coopératif, de faire renaître le secteur privé et de ramener un degré de prospérité chez nous.Je suis rentré par la grande porte et je vais savoir quand partir.Lorsque j'aurai réussi \u2014 en partie, parce qu'on n'arrive jamais à la perfection \u2014 ce sera le temps de me rappeler les vérités dont on parle aujourd'hui.J'espère que je vais toujours m'en souvenir.» \u2014 Brian MULRONEY Les souvenirs d'un ancien proche collaborateur du premier ministre Dans l'ordre, Gilles Paquin, ex-correspondant de La Presse à Ottawa; Gilbert La voie; Marcel Adam, éditorialiste émérite ; André Pratte, ex-adjoint au directeur de rinformation; Claude Masson.éditeur adjoint; et M.Mulroney, en entrevue exclusive à La Presse, en 1990.espoir au premier ministre.Sondage après sondage, les Canadiens n'en finissent plus de dire qu'ils ne rééliront pas ce gouvernement aux prochaines élections.Les sondages internes du parti en décembre ont confirmé cet état de fait.Les sondeurs de M.Mulroney ne sont même pas en mesure de lui garantir l'élection d'un gouvernement conservateur minoritaire sous sa gouverne.La cote d'amour de Ican Chrétien n'est guère meilleure, mais le de-sir de changement l'emportera sur tout le reste si les conservateurs ne se renouvellent pas.Seule une nouvelle équipe peut espérer détourner une partie de l'électorat québécois et albertain sympathiques au Bloc québécois et au parti de la Réforme.La fierté, certains diront l'orgueil, du premier ministre lui interdit de prendre le risque d'une nouvelle campagne électorale.D'origine modeste, M.Mulroney a toujours été préoccupé par le souci de bien paraître, de faire bonne figure dans l'histoire canadien- ne et sur la scène internationale.Une défaite électorale attribuable davantage à sa personnalité qu'à ses politiques constituerait une humiliation intenable.Il a trop mal réagi à sa défaite aux mains de |oe Clark en 1976 pour s'imposer un traumatisme encore plus grand en 1993.Sa prudence l'emportera donc sur son désir de faire mentir les sondages et les journalistes.La possibilité de remporter un troisième mandat à la tète d'un gouvernement minoritaire n'intéresse pas M.concours pour choisir celui qui allait déflorer la fille du premier ministre.D'autres soulignent aussi que le premier ministre ne possède pas une fortune permettant de garantir la sécurité financière de sa famille.M.Mulroney, qui aura 54 ans en mars prochain, est encore assez jeune pour amorcer une nouvelle carrière à la tête d'une grande corporation du secteur privé.Un troisième mandat l'amènerait à près de 60 ans.un âge un peu trop avancé pour amorcer une nouvelle carrière.Par contre, certains des collaborateurs du premier ministre soulignent qu'il est de la graine des Irlandais au tempérament combatif qui ne peuvent reculer devant un défi.Intoxiqué de pouvoir, M.Mulroney éprouverait aussi une grande difficulté à abandonner les plus hautes fonctions.Surtout qu'il croit fermement que les chefs des autres formations politiques ne font pas le poids.Si la reprise économique peut prendre son élan d'ici l'automne prochain, M.Mulroney croit encore en ses chances de faire mentir les sondages et les journalistes qui prédisent son échec.M.Mulroney est toutefois un homme fier qui encaisse mal un échec personnel.II s'est difficilement remis de sa défaite au congrès au leadership du parti de 1976 qui avait consacré Joe Clark chef des conservateurs.S'il décide de demeurer en selle et qu'il mène son parti à un échec électoral en raison de son impopularité personnelle, il éprouvera une grande difficulté à s'en remettre.Il lui faudra peut-être quelques années pour encaisser le coup, dit-on.Chose certaine, personne au sein du parti ne lui indiquera le chemin de la sortie.Malgré son impopularité, surtout auprès de l'électorat anglophone, M.Mulroney n'est pas contesté par les membres de sa formation politique, qui reconnaissent en lui les talents d'un grand leader et une personne d'une grande intégrité.S'il reste, son organisation ne ménagera pas les efforts pour remporter les élections.S'il quitte, on est convaincu que l'histoire témoignera de sa compétence et du bienfait de ses décisions impopulaires mais judicieuses.mi *> -4 > Un ex-conseiller est formel: il part en 93 Mulroney qui aime gouverner sans avoir les mains liés par l'opposition.Ce scénario n'intéresse pas non plus les dirigeants du Parti conservateur qui savent que les libéraux, s'ils sont défaits, remplaceront M.Chrétien par une Sheila Copps et s'empresseront de renverser le gouvernement.Le contexte international se prête aussi à un départ: la plupart des chefs de gouvernement de la génération de M.Mulroney ont quitté ou se préparent à le faire.Margaret Thatcher, Ronald Reagan, Georges Bush, Mikhaïl Gorbatchev, Toshiki Kaifu ne sont plus là.François Mitterrand se dirige aussi vers la sortie.Helmut Kohi sera probablement le dernier grand nom de cette génération.Brian Mulroney aurait trouvé difficile d'avoir à quitter ce «club sélect» avant les autres.Mais depuis la défaite-surprise de son grand ami Georges Bush, plus rien ne l'y retient.Sa froideur à l'endroit de Bill Clinton est d'ailleurs bien révélatrice: il n'aurait jamais prédit que le nouveau président copierait ses politiques économiques s'il avait eu l'intention d'établir une relation durable avec M.Clinton.Si tout incite M.Mulroney à quitter, rien ne lui commande de rester.La relève existe, ou du moins elle croit exister.Les conservateurs ont déjà jeté leur dévolu sur le ministre Kim Campbell.L'alternance favorise un anglophone.Mmc Campbell vient de la Colombie-Britannique, son bilinguisme est plus naturel que celui des Perrin Beatty ou Barbara McDougall, et l'audace de sa photo aux épaules nues en a déjà fait la média darlingde la presse nationale.Les finances du parti sont également dans un bon état.Malgré une diminution importante des contributions depuis deux ans, la caisse du Parti conservateur demeure bien garnie.S'il quitte la politique, M.Mulroney ne laissera pas un parti endetté comme l'était le Parti libéral après le départ de Pierre Trudeau.Que fera Brian Mulroney après la politique?Bien malin qui pourrait le prédire.Mais ceux qui l'ont destiné à la tête d'une organisation internationale ou même au poste de Commissaire de la Ligue nationale de hockey le connaissaient mal.Ce premier ministre a été durement éprouvé par l'attention constante des médias pendant ses années de pouvoir.Il recherchera, s'il ne l'a pas déjà trouvé, un poste qui lui rendra sa vie privée.l'auteur.GILBERT LAVOIE rédacteur en chef du tournai Le Droit d'Ottawa, a ttt secrétaire de presse du premier minKtre Brian Mulroney de mars 1989 a Janvier 1992.Son commentaire a ete publie dam le Drwt cette semaine izarre comme la vue d'un enfant fait penser à l'école.Comme si on essayait à tout prix de l'asseoir derrière un pupitre.Quand les nôtres bondissaient sur le pont du bateau comme éjectés par le ressort d'une^ boîte à surprise, alors là, nous étions sûrs d'une chose: après une approche timide et quelques approximations du genre «quelle est la longueur de votre voilier?», ce pro- meneur de bout de quai allait en venir à la question capitale, celle de l'école.Notre échappée autour du monde, qui serait passée inaperçue si elle n'avait été faite qu'entre adultes, prit dès le départ une toute autre allure, mesurable aux réactions déclenchées sur le passage de cette famille à voile.11 arrivait parfois de se demander qui se cachait derrière un visiteur trop curieux.Était-ce un enseignant qui doutait de l'efficacité de nos méthodes ou un simple parent chez qui apparaissait la conscience d'une société pas toujours permissive quand d'autres normes que les siennes sont appliquées?À vrai dire, le plan de notre enseignement n'était pas plus planifié que notre programme même de navigation et les questions posées étaient souvent trop précises par rapport à notre bonne vieille philosophie générale qui dit: partons avec le minimum de considérations et laissons la réalité du voyage apparaître dans l'ordre où elle se présentera.Nous lui accorderons alors le maximum d'attention.Vu sous cet angle, l'école trouverait bien sa place à bord.Mamie, je t'aime très fort.Il y avait des oiseaux qui venaient se poser sur le bateau.Un des oiseaux est mort.Sa copine se promenait sur le pont.SANDRINE Ala lueur de la lampe à l'huile, Sandrine s'applique à tracer ses premières lettres.À 5 ans.cl le n'est jamais allée à l'école.Pas plus que sa soeur jumelle Noémie.Elles viennent toutes deux de vivre des émotions fortes entre la Nouvelle-Ecosse et les Açores en cette fin octobre 1986.Ce que Sandrine raconte à sa grand-mère, c'est l'émouvante histoire de deux petits oiseaux qui sont venus se réfugier sur le bateau, très très loin en mer.'Tel un autobus d'écoliers qui s'échappe avec une classe, la V7i-mèuse abattit beaucoup de route la première année.En moins de trois mois elle avait traversé deux fois l'Atlantique.Ce fut une pé- riode de rodage entre l'équipage et le bateau où nous avons surtout appris à bien connaître nos mousses et à jeter les bases solides d'une harmonie à bord qui passe par la répartition juste des tâches et des responsabilités.«Ne vous en faites pas trop avec l'école, ils en apprendront davantage en voyageant.» Nous en étions persuadés les premiers mais de se le faire répéter par tout un chacun venait confirmer la valeur de notre option.C'est donc avec cette bénédiction que nous nous sommes lancés dans l'enseignement au long cours.Agés de 5 à 11 ans, nos enfants étaient à l'âge critique.Celui où l'on peut découvrir les horizons flambants que masquent les centres commerciaux.Et que loin de la télévision, il y aurait le défi d'une famille qui, 24 heures sur 24, sept jours par semaine, 365 jours par année, allait dans l'implacable capsule de son vaisseau explorer l'espace et le temps qui unit six personnes.Ce n'était pas vouloir les marginaliser; seulement leur offrir, à l'heure de l'école-usine, un enseignement artisanal et personnalisé dans un petit atelier naviguant.La tragédie des oiseaux n'était pas au programme.Elle faisait partie de ce que nous devions savoir utiliser pour déclencher des élans, canaliser des goûts vers une forme ou une autre de communication.\u2022 *-*- PANAMA, février 87 Salut mamie, (.) toute la famille va très bien.Moi, je suis entrain d'apprendre la navigation de plus en plus.C'est Dominique qui me l'enseigne, ainsi que l'anglais et l'espagnol.(.) souvent le matin je joue une partie de scrable avec elle, ensuite je fais une page de mon cahier «Mots Croisés».Comme tous les jours il faut que je fasse mon journal de bord.De plus, Cari me donne un exercice qui consiste à trouver 5 mots ( que je ne connais pas ) dans le dictionnaire et avec chacun des mots il faut que je fasse des phrases.ÊVANCÊUNE L a dernière année qu'Evangé-line venait de vivre avec son frère dans une école alternative de- Montréal l'avait mise dans d'exçellentes dispositions pour ce genre d'activités scolaires à bord.Peut-être parce qu'elle était la première de famille, elle rechercha très tôt la compagnie des adultes.Elle excella tellement à gagner leur sympathie que nous la nommons depuis notre agent de relations publiques.Très extravertie, cet aspect de son caractère possède toutefois sa contrepartie.Elle est difficile à tenir en place et ne s'en laisse imposer que par beaucoup de souplesse et d'imagination de notre part pour la faire travailler.Avions-nous été de mauvais élèves dans notre temps pour tenter d'être aujourd'hui de meilleurs professeurs envers nos enfants?Probable que oui.Ce fut notamment le cas de Cari qui se vit renvoyer de plusieurs collèges de Montréal.Quant à Dominique, après avoir goûté à l'enseignement maison avec sa mère, elle ne trouva que désenchantement par la suite.Entre le cynisme de l'un et la déception de l'autre en regard de nos deux passés scolaires, il s'agissait maintenant de trouver la juste mesure.Nous n'avions pas de réponse à tout.Toutefois nous étions sûrs d'une chose; il n'y aurait pas d'examen, de contrôle ou de course au certificat.Ce serait la survie académique à sa plus simple expression: «Damien, si tu veux pouvoir comme tout bon pécheur attraper des poissons et dire ensuite qu'ils étaient si énormes que.alors tu dois apprendre à compter et à raconter tout en faisant croire que tu ne mens pas.Donc ouste! aux mathématiques et au français.Et si tu penses ne jamais utiliser le plus que-parfait du subjonctif, alors nous allons le balancer par-dessus bord.».Bonjour Nicolas! Je vais te parler de la traversée de Panama aux Galapagos.(.) On a cogné une baleine qui dormait dans la nuit.Un jour Peau était lisse comme un miroir et il y avait des tortues partout sur la mer.Maintenent moi et Evangéline nous faisons des quarts de veille.Nous surveillons le cap, des fois nous barrons et nous manoeuvrons.Aujourd'hui nous avons envoyé le « spi » puis nous l'avons affalé, nous 6.Nous naviguons sans équipier.On est bien.Il faut participer toute la famille.(.) Bonne fête mon coucou.DAMIEN LW univers de Damien (8 ans) se précise.Ce petit bout d'homme, celui dont le mal de mer chronique faillit compromettre nos projets en 84, a non seulement pris fie dessus sur la mouvance de l'eau, mais il l'exploite à son profit.La pèche et la bonne marche du bateau sont ses deux motivations principales qui l'entraînent dans la connaissance.«Si c'est la carotte qui fait avancer, alors amenez-en des poches», disait le frère de Cari, vétérinaire en Beauce.Une chose était clairement établie: nous adapterions l'éducation scolaire à l'idée du voyage et non le contraire.La formule des cours par correspondance, adoptée par plusieurs bateaux, ne nous paraissait pas toujours compatible avec la navigation.La plupart des enfants qui suivaient ce genre de cours étaient aussi malheureux et piégés que s'ils étaient restés à terre.La caisse de paperasse qui pouvait couvrir plusieurs mois de programme avait pris plus de temps que prévu à rejoindre son destinataire dans un coin perdu du monde et voilà que l'élève devait rattraper ce lourd retard et mettre les bouchées doubles.Nous en avons vus passer de longues journées confinés au carré du bateau pendant que les parents partaient visiter.Évangéline, qui connut le début d'une pareille expérience, mit fin à la correspondance après avoir reçu sa caisse avec neuf mois de retard.¦ V.A 1000 MILLES DES MARQUISES, mai 7 Bonjour Suzanne, je vais te parler des Galapagos.(.) J'ai touché une queue d'iguane et j'ai fais une recherche sur les animaux, les otaries : venaient me voir très près de mon masaue et il y en a une qui m'a ! touché avec sa moustache sur la joue et qui m'a donné un petit coup de museau sur le masque.Comme j'étais toute petite, les otaries ; n'avaient pas peur de moi.j SANDRINE BHft as besoin ici aux Galapagos ¦^d'éplucher les plus savants albums zoologiques.La matière est là, vivante.C'est l'image d'un paradis terrestre avant le péché originel.Ces quatre semaines passées au milieu des phoques, des requins-marteaux, des tortues géantes, flamants roses et fous à pattes bleues, allaient, comme beaucoup d autres situations exaltantes vécues par la suite, stimuler leur besoin de s'exprimer.À nous parents d'orienter ce goût vers l'écriture comme moyen de communiquer et de structurer leur pensée.Cette préoccupation fut constante tout au long du voyage.Quand les enfants regagnent le bord au crépuscule, la tel* encore vibrante d'observations, c'est pour se jeter sur leurs crayons.Une pawion nouvelle pour le dessin donne nateance eux premlcis travaux illustrée.C'est ewi l'occasion de ranger au fond des cales la plupart des livrée scolaires emportés du Québec et qtri parlent de neige, de loup ti de «irop d'érable.Janvier 1990 Bonjour Nicolas.Il y a quelques jours nous sommes partis visiter le centre du Sri Lanka.Les montagnes sont magnifiques avec les «théières»* (plantations de thé) d'une couleur jaune-vert.Nous avons vu les femmes qui cueillent les feuilles de thé.(.) Durant notre petit tour nous avons dormi un peu partout : parfois chez des amis oar terre sur des nattes tassés comme des sardines, parfois dans des petites chambres très simples et ussi dans des HOTELS très bien.J'ai hâte de te revoir.NOÉMIE * «théière* n'est pas le vrai mot mais nous l'utilisons car c'est plus rigolo de dire que nous marchons dans les théières.» ares sont les touristes qui marchent.Ils ont de l'argent pour prendre le taxi ou simplement louer une auto.De toute façon, ils n'ont pas le temps.Dommage pour eux.Nos excursions à pied furent des monuments de richesses rencontrées au détour des routes.Il s'est passé deux ans depuis la Polynésie Française, les différences d'âge sont toujours là mais en vieillissant, la petite famille esi devenue une équipe plus homogène et soudée.Aux longues traversées dont l'isolement les fait se connaître mieux succèdent les incursions à terre et la connaissan- ce d'autrui, ces civilisations côtoyées.C'est un plaisir sans cesse renouvelé et combien formateur pour nos jeunes.Ils apprennent par exemple que les plus grandes joies surviennent quand rien ne nous prépare à les recevoir.Comme toutes ces invitations qui étaient autant de messages d'amour et de fraternité.RODRIGUES, le 11 juillet 1990: Grand-Maman, aux Chagos c'était comme les vacances.On sé: baignait tous les jours.J'ai appris à chasser les poissons au fusil-harpon.J'ai fait mon baptême de plongée sous-marine en bouteille et surtout j'ai vu mes premiers requins.J'étais pas fière! Mais je me suis vite habituée.Avec deux autres bateaux, nous faisions d'énormes piques-niques sur la plage.Au menu: poissons en brochette, langoustes grillées, crabes de cocotier au court-bouillon, salade de coeur de palmiers à la vinaigrette, plat de riz ou de lentille, gâteau à la noix de coco et café.(.) Nous sommes enfin arrivés à Rodrigues.Je suis très contente d'être ici surtout après avoir passé 2 mois dans des îles désertes.Les premières tomates étaient savoureuses! (.) ÊVANCÊLINE i on voulait manger, fallait passer aux actes.C'était la loi de la survie et Évangéline, toujours affamée, qui d'habitude fondait en larmes devant l'agonie d'un poisson, se retrouva fusil- harpon en main à disputer au requin sa nourriture de la journée.Car tel fut le quotidien vécu par les enfants dans cet atoll inhabité de l'archipel des Chagos.Cette initiation au besoin premier de tout être vivant, qui est de se nourrir à même le milieu, leur dévoila toute la richesse de la vie qui bat dans un îlot perdu au milieu de l'océan Indien.CAPE TOWN, le 17 juillet 1991 Bon alors je vous avait pas dit que Cari était notre nouveau professeur de français!!! Mais une chance il est parti remettre la: petite Renault 5 (que des amis nous avaient prêtée).Il est revenu èrï vélo.Alors mon dieu le cinéma qu'il a fait en rentrant! Car il paraît qu'il a parcouru 50 km en 1 h40, sans forcer!! (mon pet, car quand il est arrivé il était rouge comme une tomate.) (Extrait du journal de bord de Sandrine.) Abord de la Vlimeuse, les étudiants ressemblent à ceux du monde entier qui adorent quand le prof est absent.Les motivera travailler n'est pas toujours facile.Heureusement, la compétition naturelle entre frère et soeurs a souvent agi comme un puissant stimulant.Benjamines de la famille, Noémie et Sandrine n'avaient rien à perdre au classement général.Elles ne contestèrent jamais à leur frère aîné son rôle de second à bord ou son sens de l'organisation et des responsabilités.Elles cherchèrent plus habilement à se valoriser du côté des connaissances accadémiques et prirent un malin plaisir à lui faire sentir que trois ans d'écart ce n'est pas grand chose.De crainte de se voir talonné de trop près par deux «petites pestes» ambitieuses, Damien surmonta son profond dégoût pour la grammaire et l'algèbre.Quant à Evangéline, avec l'adolescence était venu peu à peu le besoin de faire bande à part, préférant s'organiser sans professeur, qu'avec des parents toujours trop exigeants à son point de vue.Jf fpa i je ne savais pas quelles \"wsW arrivent d'un long voyage, je ne pourrais pas voir de différence entre elles et les autres élèves.On dirait qu'elles ont toujours été à l'école.Elles parlent rarement de leur expérience et ne s'en vantent jamais.Il faut les questionner pour en savoir plus long.» Tels sont en gros les commentaires des professeurs de Sandrine et Noémie.Rentrées en 6e année comme si de rien n'était, elles trouvent rapidement leur place.L'école est une autre aventure qu'elles vivent pleinement.Après l'avoir envisagée avec anxiété, elles sont plutôt agréablement surprises.Elles avaient peur que ce soit beaucoup plus dur.Quelle serait la réaction de Da- mien qui avait grandi et appris surtout à travers les expériences et n'acceptait les contraintes de l'école qu'à la condition d'y voir une application directe?Ce fut de se jeter à l'eau: une vieille habitude! Sans doute la somme des défis relevés au long des années lui avait donné cette assurance qu'on peut surmonter ses peurs, une à une, jusqu'à se retrouver anonyme dans une classe de secondaire I ou, pis encore, en face des caméras au Club des 100 Watts.L'agressivité des enfants de son école le surprend toujours de même que ce manque de chaleur et d'intérêt, comme un mal de vivre.Évangéline poursuit son apprentissage loin du bruit et de la confusion des polyvalentes.Elle termine son secondaire V en cours du soir offerts aux adultes.S'orientant vers les communications, c'est à l'unique condition qu'elles s'insèrent dans une perspective de rencontres et de voyages.: ^ Au moment des examens passés dans chaque école, nous savions que l'essentiel ne serait pas évalué.Le léger retard en français ou mathématiques pourrait toujours être rattrapé.L'expérience ' unique de leur voyage était par contre irremplaçable.Que deviendront-ils dans 5 ou 10 ans?Nous qui préférons laisser' à* l'avenir son côté mystérieux et imprévisible, comment pourrions-nous répondre?L'important est ailleurs, enfoui au fond * d'eux comme un trésor et à jamais inscrit dans leur mémoire.' B8 LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 9 JANVIER 1993 4 * COORDONNES RUFFNIKS POUR BEBE 2.Hauts, pantalons, salopettes et Semaine de bébé grenouillères, tous confectionnés au pays.Tailles 12 à 24 mois.Après lancement 8 $ à 28 $.Tenues pour bébé, rayon 455.La semaine ae neoe 559$ à #9$ ch.DORMEUSES WINNING COLOUR PS y k^PVR^ \u2022 « .Semaine de bébé S.Votre bebe dormira confortablement dans Tune de ces dormeuses de coupe ample! Plusieurs couleurs.P.M.G.Ord.12,99 $.v TF *U ch.La semaine i P$ SOUS-VETEMENTS MODE SIGNES BABY'S OWN ta Semaine de bébé 4.TVois modèles de combinaisons.Rouge, jaune, bleu ou vert.P.M.G.Après lancement 8,99 $ et 9,99 $.La semaine ae oeoe ch.ENSEMBLES-COMBINAISONS POUR NOUVEAU-NE La Semaine de bébé 5.Enveloppez votre dernier-né de velours côtelé rose, vert menthe ou bleu.Après lancement 20 $.Tenues pour bébé, rayon 455.Yens.DORMEUSJES EN TISSU-EPONGE EXTENSIBLE POUR BEBE 7.20 % de rabais! 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victimes des combats succombent faute d'assistance médicale.Par ailleurs de nouveaux affrontements ont éclaté en fin de matinée à Saurimo, chef-lieu de la province minière de Lunda-sud, au nord-est du pays.À Huambo (centre) où se trouve depuis septembre dernier le leader de l'opposition armée Jo-nas Savimbi, la situation est décrite comme tendue, par un porte-parole de la police angolaise, cité par la radio angolaise (gouvernementale).L'UNlTA serait sur le point d'y engager ses troupes.L'agence angolaise ANGOP signalait hier la concentration de DÉPÊCHES f: mercenaires aux côtés des troupes de l'UNlTA aux alentours de la ville de Luena, dans la province de Moxico (est).Les accrochages se sont poursuivis dans la ville d'Andrade (province de Lunda-nord).Dans cette ville minière, les soldats de l'UNlTA, qui avaient été chassés jeudi avant midi de la ville de Dundo, résistent aux attaques des forces gouvernementales.Le ministre des Affaires étrangères, Venacio De Moura, a indiqué lors d'une conférence de presse à Luanda que l'instauration de l'état d'urgence permettrait d'interdire l'UNlTA.«L'UNlTA s'est d'ores et déjà placée dans l'illégalité», a remarqué le vice-ministre des Affaires étrangères lorge Chikoti.L'organisation d'opposition a pris part, en tant que parti politique légitime, à la rédaction de la nouvelle constitution angolaise selon laquelle, les partis ne peuvent pas être armés.Si l'UNlTA maintient i'étai de rébellion actuel, tout en poursuivant des actes de guerre, elle sera interdite», a-t-il commenté.L'instauration d'un service militaire obligatoire pourrait faire partie des mesures d'austérité que [rendra le nouveau parlement, issu des élections législatives de septembre dernier.Le nouveau cabinet angolais s'est réuni pour la première fois jeudi.M.Chikoti a réaffirmé que le gouvernement angolais n'avait entrepris aucune offensive contre FUNITA et qu'il ne faisait que répondre «avec efficacité» à ses attaques armées.Selon les observateurs et les diplomates à Luanda, le gouvernement sorti des urnes en septembre semble décidé à se débarras- ser, physiquement et légalement, de l'UNlTA.même s'il décrit les combats en cours à travers le pays comme des conflits ponctuels entre des éléments de l'UNlTA d'une part et la population et la police locales d'autre part.Ces observateurs affirment même que le gouvernement se préparait à ce nouveau conflit depuis début décembre, attendant seulement une occasion favorable.Le gouvernement a rencontré hier tous les diplomates accrédités dans le pays pour les entretenir notamment du troisième mandat de la mission de vérification et de coordination des Nations unies en Angola (UNA-VEM-II1) tout en spécifiant que le dialogue ne pourrait reprendre que lorsque l'UNlTA interromprait les combats.Commençant mercredi i iquc uui iqvci util w Ainsi que des ri [ du \"Bon Vieux Temps\" DE RABAIS sur les articles annoncés 1111111^4 tCI aubaines à 30%, 40%, 50°/o, 60% et 75% de réduction 13,14,15,16 JANVIER Procurez-vous la liste comploté des articles à 90°.b de réduction _ durant lé solde à Place bonaverlture Ir| Place Bonaventure INDE Affrontements ¦ Des affrontements entre Hindous et Musulmans hier à Bombay et Ahmedabad, deux villes de l'ouest de l'Inde, ont fait 29 morts, rapporte la police.À Bombay, au moins 17 personnes sont mortes, dont huit brûlées vives dans l'incendie de leurs huttes, portant à 30 le nombre de victimes fatales des violences intercommunautaires de ces trois derniers jours.À Ahmedabad, le bilan est de 17 morts en deux jours, dont au moins 12 hier.Dans certains quartiers de Bombay, des centaines de maisons et de boutiques ont été incendiées par des foules hystériques qui bloquaient le passage aux pompiers.La police a imposé un couvre-feu dans neuf quartiers de la ville.La presse souligne que la tension entre communautés hindoue et musulmane, qui a dégénéré après la destruction, le 6 décembre, de la mosquée d'Ayodhya, dans le nord de l'Inde, sont entretenues par des partis nationalistes hindous.LIBYE Frontières fermées ¦ La Libye a annoncé hier qu'elle fermerait ses frontières terrestres aujourd'hui pour une durée de trois jours et laissé entendre qu'elles pourraient demeurer closes indéfiniment.L'agence officielle lana écrit que la mesure a été prise à cause des «énormes dégâts matériels et humains» provoqués par l'embargo aérien décrété le 15 avril dernier par l'ONU.Les Nations unies accusent Tripoli de soutenir le terrorisme et lui reprochent de refuser de remettre à la justice occidentale deux agents soupçonnés d'être responsables de l'attentat contre un Boeing-747 de la Pa-nAm qui explosa au-dessus de l'Ecosse en décembre 1988 faisant 270 morts.La Libye est aussi accusée d'être à l'origine de l'attentat à l'explosif contre un DC-10 d'UTA dans le ciel du Niger en septembre 1989, qui fit 171 morts.SUISSE Bombes du Bélier \u2022 \u2022 \u2022 ¦ Le groupe Bélier, un mouvement séparatiste jurassien suisse, a déclaré hier qu'un homme tué la veille apparemment par l'explosion de sa* propre bombe, était bien l'un de ses membres mais a rejeté toute participation dans son projet d'attentat.La presse helvétique a émis l'hypothèse que cette bombe, destinée à la fontaine de Justice, un monument historique de Berne, avait explosé prématurément, tuant dans sa voiture Christophe Bader, 21 ans.Une seconde bombe a explosé dans la même journée à Courtela-ry, provoquant de sérieux dégâts au domicile de Guillaume-Albert Houriet, président du groupe Sanglier qui, lui, est opposé à la sécession du |ura.Un locataire a été légèrement blessé.Là encore, le groupe Bélier a nié toute implication.Chez la Mère TUCKERO CENTRE-VILLE: 866-5525 ST-LAURENT: 737-0092 D E J A N V I R JANVIER, C'EST LE MOIS DES ECONOMIES A LA BAIE! 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