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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1993-01-24, Collections de BAnQ.

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[" f Arts et spectacles Y .».V t.LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 24 JANVIER 1993 DOLESŒNCE 17 SONIA SARFATI collaboration spvcinlc n général, ils çe rebellent verbalement contre leur famille et la société.Mais certains vont plus loin : drogue, vol, prostitution, suicide.« Ils», ce sont, entre autres, les adolescents présentés dans cinq romans jeunesse publiés en l'espace de quelques semaines: Samedi trouble de Chantai Cadieux, Otish de Gérald Gagnon, Sa Majesté des gouttières de Chantale Landry, Solide comme Roc de Paul Kropp et Comme un cheval sauvage de Marilyn Halvorson.Un foisonnement de sentiments et d'ambiances à marée noire.Pourquoi cet attrait à faire rimer adolescence avec délinquance?En fait, c'est plutôt la soudaine concentration de romans traitant de ce sujet, qui est nouvelle.L'attrait, lui, ne date pas d'hier: il y a toujours eu quelques délinquants dans nos romans jeunesse.Que Ton songe à Aller Retour, de David Schinkel et Yves Beauchcsne.Publié en 1986, ce roman très émouvant met en scène un fugueur âgé de 13 ans, qui tente d'échapper à son tuteur, un homme particulièrement violent.Que l'on songe à Nocturne pour lessie ( 1987), de Denis Côté, où jessie et Hendrix, respectivement âgés de 16 et 17 ans, s'évadent d'une prison pour délinquants, lessie provoquera, malgré lui, la mort de son meilleur ami.Que l'on songe finalement à la trilogie «téléromanesque» de Reynald Cantin \u2014 J'ai besoin de personne ( 1987), Le secret d'Eve ( 1990) et Le choix d'Eve ( 1991 )\u2014, dans laquelle Hélène, 13 ans, se suicide après avoir été violée par son oncle.Son frère Paul, 15 ans, découvre le drame, tue l'oncle en question et se suicide à son tour.Après avoir fait l'amour avec Eve, 14 ans, qui se retrouve alors seule.et enceinte.Ouf! Sombres statistiques Le cas d'Eve est loin d'être unique: une étude menée en 1988 par des spécialistes en santé communautaire et en médecine à l'adolescence indique qu'entre 1980 et 1985, le nombre de grossesses n'a cessé de croître chez les adolescentes, surtout chez les moins de 16 ans.L'augmentation était en effet de 10 p.cent chez les filles de moins de 20 ans, de 27 p.cent si l'on isolait les moins de 16 ans.En ce qui concerne le suicide, des statistiques révélées en octobre 1991 par le ministère de l'Éducation indiquent que de 1976 à 1986, le taux de suicide chez les Québécois de 15 à 19 ans est passé de 7,1 à 15,4 p.cent.Les données du MÉQ indiquent aussi que les problèmes de comportement se sont accrus de 22 p.cent entre 1977 et 1988, touchant ainsi 2,5 p.cent de la population totale des élèves du secondaire au Québec.Ces chiffres ont quelque chose d'effrayant.Mais, sur un plan terre à terre, on s'aperçoit qu'ils ne -,\u2014rrr\" ¦'- \" wmmammammmmmmsaamKammBmm illustration d Hélène Meunier pour la jaquette de Solide comme Roc.de Paul Kropp (traduit de l'anglais par Marie-Andrée Clermont.Éditions Pierre Tïsseyrs).touchent qu'une minorité de jeunes.En fait, on estime que 85 p.cent des adolescents fréquentant les écoles secondaires de la province se sentent bien dans leur peau, et mènent une vie saine.Sauf que ce sont les autres, qui font parler d'eux.Dans les journaux.et dans les romans.Ça passe.ou ça casse Et, en effet, ils ne se contentent pas de jouer les durs, les ados mis en scène dans les cinq nouveaux bouquins mentionnés plus tôt.Us sont durs.Certains le resteront jusqu'au bout.D'autres, de façon plus conventionnelle et.politically correct, seront transformés par une amitié, une affection.D'autres encore n'assumeront pas.Pour eux, ce sera la fin.Étrangement troublant, que le Samedi trouble de Chantai Cadieux.Sam, une adolescente de 16 ans, revient de France.Un été couleur soleil et coup de foudre, qui porte le nom de |ens.La communication, entre eux, passe par un dictionnaire français-allemand et par les gestes de l'amour.Le tout se termine par un séjour à l'hôpital et une fausse-couche \u2014 laquelle survient après une dizaine de pages de crampes et de pertes de sang.Pendant que Sam était en France, lulien, son frère, fuguait.Direction: la Californie.À 13 ans, il part seul à la rencontre de ses rêves.Et, en fait de rêves, il ne croisera que des cauchemars.Gentil, le Jeff qu'il rencontre.Photographe.Amateur de drogues, aussi.Et de douches en compagnie de jeunes garçons.Un samedi bien trouble, en effet.Qui se termine sur l'arrivée d'un dimanche que l'on devine, lui aussi, couleur de pluie.Le roman de Paul Kropp a beau s'intituler Solide comme Roc, le Roc en question est plutôt ébranlé par les temps qui courent.Lui, le chef de bande qui savait voir le bon côté des choses, se met à changer.L'âge?La faillite qui menace son père?Ou le morcellement du gang qui, soudain, semble inévitable?Difficile d'expliquer la raison du comportement de l'adolescent.Ce qui est clair, toutefois, c'est qu'après s'être lié d'amitié avec des individus louches.Roc commet des imprudences, boit, se drogue.Après une dernière confrontation avec ses SUITE A LA PAGE B6 ï *,v* rtun< clé : vol* *°C En page B6 MATINS! 285-69» B2 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 24 JANVIER 1993 Opinions boîte aux lettres Mon cher premier ministre.¦ Une vieille amitié qui date de 40 ans m'a fait ressentir comme un malheur personnel celui qui vient de vous frapper sournoisement.S'il y a un homme qui prenait bien soin de sa santé et qui avait une hygiène du travail exemplaire, c'est bien vous.Et voilà que soudain la maladie revient accompagner vos jours.Je ne sais pas si les citoyens mesurent à sa juste importance le poids \u2014 moral et physique-\u2014 que représente la responsabilité d'être le chef du gouvernement d'un pays.Je crains que la plupart du temps, les gens n'y pensent pas.Si on ajoute à cela le fait que quand la conjoncture est difficile et que les choses vont mal les chefs politiques sont les premiers boucs émissaires à écoper, on s'aperçoit que le métier de gouvernant est un des plus exigeants» des plus durs et des plus ingrats qui soient.C'est pourquoi, mon cher premier ministre, je sens le be- iijcciAr soin \u2014 civique autant que per- UQm lussiot sonnel \u2014 de vous dire à quel point je sympathise avec vous et vous souhaite de gagner votre combat.Tout le monde sait que nous ne sommes pas toujours du même avis en politique, mais je ne crois pas me tromper en vous disant que devant les difficultés de santé de leur permier ministre, les citoyens du Québec ne forment plus qu'un parti: le parti de la compassion unanime.Dans les moments d'inquiétude qui peut-être vous assaillent quand, après une rude journée de travail, vous vous retirez pour refaire vos forces, songez que six millions de Québécois sont derrière vous dans votre lutte, qu'ils admirent votre courage et qu'ils souhaitent que leur sympathie jette un peu de heaume sur vos blessures.Et celui d'entre eux qui désire le plus ardemment votre vîctojre contre un mal que vour ne méritez pas, c'est votre vieil ami d'hier, d'aujourd'hui et de toujours.Doris LUSSIER Mauvaises coupures \u2022 « * ¦ Que penseriez-vous de ce couple qui, devant la récession, décide d'équilibrer son budget familial en coupant l'allocation de son enfant pour payer son repas du midi à l'école, mais s'achète une troisième automobile de luxe pour impressionner les voisins?C'est en somme ce que vient de décider le gouvernement Mulroney quand son ministre des Finances, Don Mazankowski, a annoncé le 2 décembre dernier que l'aide fournie par le Canada aux pays en voie de développement serait réduite de 10 p.cent pendant les deux prochaines années.Du même coup, nos gouvernants disent trancher dans le budget militaire en rapatriant les soldats canadiens en caserne sur l'île de Chypre.Cette réduction des dépenses militaires n'en est pas une pour, qui sait lire entre les lignes: on apprend en effet l'achat d'un sous-marin atomique et d'une flottille d'hélicoptères armés.La.récession est dure.Nos gouvernants doivent réduire leurs dépenses.Encore faut-il le faire avec discernement.Ces coupures à la coopération internationale sont les plus draconiennes à survenir depuis dix ans.Elles menacent tous les programmes les plus essentiels dans lesquels ont investi certains organismes non gouvernementaux.Robert GONNE VILLE Avions sans frontières Point de vue non convaincant ¦ Dans son article paru dans votre édition du 6 janvier, M.Bruno de Bessé, coauteur du Dictionnaire québécois d'aujourd'hui défend son oeuvre et se plaint que certaines personnes qui devraient aussi la défendre ne le font pas.Depuis la parution de ce nouveau dictionnaire, plusieurs se sont objectés, en citant maints exemples, que le vocabulaire et certains termes recommandés à notre usage, loin d'apporter une prodigieuse richesse à notre langue, contribueront plutôt à diminuer sa qualité.Une chose m'a frappé en lisant son texte.Il semble que M.de Bessé n'utilise aucun des mots ou termes avilissants qu'il veut bien nous encourager à utiliser! G.L.ROY Saint-Bruno À la défense de Foglia, fils ¦ En réponse à la lettre de M.Sylvio Morin parue dans La Presse du 17 janvier, j'aimerais faire une clarification.Manuel Foglia fait de très bons films et il n'est pas le «chouchou» de la Course Destination monde.Ainsi, il méritait pleinement sa note parfaite pour son film tourné en Chine.Les responsables de la Course ont fait preuve uniquement d'intelligence en ne respectant pas la règle des trois avertissements.Les lois sont faites pour être changées et la décision de ne pas renvoyer Manuel Foglia dénote le bon sens, un point c'est tout.De plus, je ne crois pas être la seule à apprécier les films de Manuel; le vote du public le démontre bien (il est premier).Je souhaite que personne ne soit rappelé.Obliger quelqu'un à quitter la Course est quelque chose de très dur moralement et très triste.Ce qu'on demande au concurrent est d'après moi, quasi surhumain.Ne pas arriver à respecter des règlements aussi sévères est normal.Vouloir les changer en quelque chose de plus humain n'est que souhaitable.Isabelle MONAST Richelieu Stop/Arrêt: Halte-là ! ¦ Stoppons ces discussions byzantines.Les uns parlent de linguistique, d'autres de sociologie.En fait, c'est la politique qui sous-tend cette petite guerre.Essaye-t-on de nous dire que le Québécois moyen ne peut comprendre l'évolution des langues?Ou bien pense-t-on à ces jeunes qui confondent masculin et féminin (les journaux dixit)?Ne s'agit-il pas plutôt de la récupération politique d'une tranche de la population québécoise sous le couvert d'une mission socio-linguistique ?Arrêtons ces querelles intestines.Si le Québec veut absolument se distinguer et rester dans le droit chemin (!), qu'il adopte alors HALTE à la place de STOP ou ARRÊT.Il agira alors comme beaucoup d'autres pays (italophones, hispanophones, germanophones, etc.).Peu de gens rétorqueront que ce mot vient de l'allemand, oubliant qu'il descend lui aussi d'un vieux dialecte français.le plains les linguistes anglo-américains: pour préserver l'anglais, par quoi vont-ils remplacer MENU, vocable français entre tous?Il est sur toutes les langues et dans le ventre de tous les ordinateurs.À tous ces soldats figés de la langue, je demande de bouger et de nous débarrasser des bêtises autrement plus graves et mercantilement avancées par le nouveau Diction' naire québécois d'aujourd'hui (ROBERT).Un dictionnaire constate, il ne sanctionne pas.Mais la frontière est si mince.Denis NEHME Montréal Se suicider «dans la dignité» Pourquoi donc les personnes qui veulent «mourir dans la dignité» ne choisissent-elles pas de «se suicider dans la dignité», tout simplement?En quoi est-il utile d'encombrer les cours de Justice, les avocats et les juges, les médecins, les journalistes, avec leur cause?Je reconnais aux personnes malades le droit de choisir de mourir.Mais je ne leur reconnais pas le droit de médicaliser, de médiatiser et de judiciariser leur histoire.Daniel STANNIÈRE Saint-Luc Les homosexuels ne portent pas tous dit pintdons dt cuir tt un anneau à l'oreille.?Représentation réductrice des « gays » A.GOSSELIN Il est étonnant de constater que la seule image qu'on arrive à véhiculer des homosexuels est celle d'un bar rempli à capacité d'hommes à camisoles et tatouages.Je trouve cette représentation des «gays» terriblement réductrice.Il serait bon à men avis qu'on sensibilise les gens à des images d'homosexuels plus proches de notre réalité.Si c'est ça la différence, laissez-moi vous dire que l'homme ou la femme de la rue ne sera pas nécessairement tenté d'avoir de l'empathie pour ce groupe d'hommes dont la seule fonction vitale est d'aller s'éclater dans un bar.Je crois qu'il est urgent de comprendre que les homosexuels, ce sont nos voisins (ou nos voisines) et qu'ils ne portent pas tous des pantalons de cuir, une moustache et un anneau à l'oreille et qu'ils ne fréquentent pas tous les bars.À chaque fois que j'ai vu un extrait de reportage sur le sida ou sur les agressions contre les homosexuels, à Radio-Canada notamment, on n'a eu sous les yeux que cette bande de joyeux lurons vêtus sario-maso, cheveux gomi-nés et cocktail à la main.Comprenons-nous bien ! Tout le monde a le droit de s'amuser.Ce contre quoi je m'insurge, c'est que ce soit presque la seule image que l'on puisse percevoir de la communauté homosexuelle.Et comme elle vaut mille mots.A votre tour F «Je ne fais même plus partie des statistiques gouvernementales.» LOUISE PLAMONDON L'auteure a toujours occupé des emplois dans les domaines du service à la clientèle et des relations publiques.onsieur le ministre Valcourt, Il est 4 heures du matin.Je viens de me réveiller, angoissée à l'idée de ce que sera mon avenir.Je suis une «chômeuse» de 60 ans qui ne fait même plus partie des statistiques gouvernementales.Mais je me suis tout de même sentie visée par vos déclarations tendancieuses sur les chômeurs.Pourtant, je ne passe pas l'hiver en Floride et je suis loin d'être paresseuse.Mais j'ai le malheur de vivre en partie au «crochet» d'un gouvernement dictateur qui s'en prend de plus en plus aux plus démunis, pour protéger entre autres ses intérêts américains et mexicains.Ça fait quatre ans que j'essaie en vain de me trouver un travail à temps plein et permanent.Pendant cette période, j'ai travaillé, entre autres, pendant trois ans pour un grand magasin du centre ville d'une façon saisonnière, espérant toujours obtenir une certaine permanence.L'été dernier, on m'a laissée tomber pour engager une commis plus jeune, moins expérimentée et moins bilingue que moi.Pourtant j'étais une employée dévouée et efficace.Depuis ce temps, je ne réussis qu'à me trouver des emplois temporaires et saisonniers, encore une fois.Je ne reçois qu'un maigre montant de l'assurance-chômage (124$ par semaine).Car au magasin, l'an dernier, je n'ai pu obtenir que le minimum de semaines assurables.On a même poussé le culot jusqu'à ne me donner que 14 heures/semaine au lieu des 15 réglementaires pour ne pas avoir à payer leur cotisation à l'assurance-chômage.Et lorsque je devais faire plus d'heures pendant les périodes achalandées, on me coupait ma paye en deux sous prétexte qu'on n'avait pu enregistrer mes heures à temps.Après, on dira que les employeurs ne font pas de harcèlement.Pour finir le plat, depuis deux mois, l'assurance-chômage m'enlève à chaque semaine 36,10$, c'est-à-dire la moitié du chèque que je reçois de la Régie des rentes du Québec, somme qui selon moi, devrait être «intouchable» à partir d'un certain niveau.Il me reste donc, la fabuleuse somme de 96$ dollars par semaine pour subvenir à mes besoins essentiels et payer mes comptes.Finalement, vous avez décidé dans votre belle logique aveugle et injuste Louise Plamondon de couper tous les chômeurs de façon discriminatoire à partir du 1er avril 1993.J'appelle ça « la politique des parfaits salauds» puisque vos collègues vous ont appuyé lâchement.M.Valcourt, j'ai encore 25 ans d'espérance de vie.Je suis malgré les circonstances en pleine forme physique et mentale.Je ne demande pas mieux que de travailler, mais la société actuelle rejette du revers de la main les gens de mon âge, pendant que les deux niveaux de gouvernement s'acharnent à nous appauvrir de plus en plus.Heureusement, le suicide collectif de ces nombreux chômeurs n'est pas pour demain.Car nous nous battrons.Vous avez dit que ça prenait des «couilles» pour faire ce que vous avez fait.Je tiens à vous avertir pour ma part, que je vais déployer toutes les énergies qui me restent pour participer avec plaisir à votre «castration politique».Une des plus belles pages de l'histoire du Québec M ART H A DUPUIS-GIRARD L'auteure, qui habite la Côte-Nord, est une ancienne élève des Soeurs de la Charité de Québec.Ici, elle s'adresse à Mère Yolande Donner, Supérieure générale de la Communauté.évérende Mère, C'est une enfant de la Côte-Nord qui vous écrit pour vous dire que la bouleversante histoire des «enfants de Duplessis» qui rebondit sur votre communauté ne nous laisse pas indifférents.Que ce soit en 1985, lors des Fêtes du centenaire de votre arrivée chez-nous, alors que vous aviez autorisé plus de cent religieuses qui avaient oeuvré dans le milieu, à répondre aux invitations de leurs anciens élèves, de Blanc-Sablon à Tadoussac, que ce soit lors des Fêtes du cinquantième des Rremiers brevets décernés par l'École formate St-Joseph, que ce soit lorsque nous avons souligné les cinquante ans de vie religieuse de nos anciennes pro-fesseures encore vivantes, il nous a fallu plusieurs jours de festivités pour permettre à chacun et chacune de vous redire leur reconnaissance.Jamais nous ne pourrons oublier quand, au chant du Magnificat et des applaudissements de l'assistance, vous êtes entrées dans l'église.Les gens étaient heureux de vous rappeler que la belle relation d'amitié qui s'était tissée entre eux et les Soeurs de la Charité existait toujours.Des élèves pensionnaires et aussi des orphelines du temps avaient trouvé moyen d'être de la fête parce qu'elles voulaient vous revoir et revivre de beaux souvenirs.Comme il avait raison, le regretté M.René Lévesque lorsqu'on 1985, il écrivait: « La communauté des Soeurs de la Charité a écrit une des plus belles pages de l'histoire du Québec dans les domaines de l'éducation et de la santé.» Que d'heures de dévouement dans les écoles, les hôpitaux, les pensionnats.Que de douleurs soulagées et de chagrins apaisés! Que de sueurs froides avez-vous essuyées sur nos fronts, alors que l'époux n'était pas admis dans la salle d'accouchement.Vous avez aussi été les premiers bras qui ont entouré nos bébés naissants et vous avez préparé leur baptême, c'est-à-dire leur naissance à la vie de foi avec Dieu.Que de vieillards réconfortés, de mourants accompagnés et de morts ensevelis.Combien de contagieux rejetés et délaissés avez-vous soignés?Et cela se continue, aujourd'hui avec les sidéens, alors qu'une des vôtres, à une émission de Madame Jeannette Bertrand, disait combien ces personnes méritaient et avaient besoin d'être aidées, respectées et aimées.Un jour, de passage à Québec, à la maison Mère Mallet, j'ai été frappée par la délicatesse avec laquelle vos soeurs donnent à manger, chaque jour à des centaines de personnes qui ont faim, et offrent des vêtements propres et bien réparés à celles qui en ont besoin.Les Béatitudes se vivent chez-vous, encore et toujours.En écoutant les sombres récits des «enfants de Duplessis», il m'arrive de me demander si, nous de la Côte-Nord, nous n'aurions pas eu la chance d'avoir à notre service toutes les âmes d'élite de votre communauté depuis 110 ans.Pourtant, notre réputation est faite depuis longtemps.Nous savons où nous allons et ce que nous voulons et nous ne sommes pas des naifs.La discipline qui existait alors dans les écoles et les pensionnats se voulait en accord avec celle qui régnait dans les familles.Les punitions que nos fredaines nous ont méritées n'étaient pas si terribles et sont, sinon oubliées, par-données depuis longtemps.Car vous avez su faire de nous des hommes et des femmes responsables, engagés, capables de s'intégrer dans la société et de s'adapter aux besoins qu'elle exige.Nous voulons continuer dans la lignée des vraies grandes valeurs et travailler à rendre le monde dans lequel nous vivons, moins violent et plus humain.* LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 24 JANVIER 1993 B3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 24 JANVIER 1993 La personnalité de la semaine Il West pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence Pionnier dans la synthèse et le fonctionnement de la molécule, il est une sommité internationale en matière de chimie organique -,- Pionnier dans la synthèse et le fonctionnement de la molécule, le chimiste Pierre Deslongchamps est une sommité internationale en matière de chimie organique.Ses travau:; l'ont propulsé à Tavant-scène du milieu scientifique depuis plusieurs années déjà.Et si les récompenses et les honneurs jalonnent une carrière déjà éblouissante, le professeur Deslongchamps vient d*y ajouter un nouveau fleuron: la Médaille d'or en sciences et en génie du Canada, la plus prestigieuse récompense accordée à un chimiste.Pour cette consécration, La Presse le nomme Personnalité de la semaine.Il est professeur et chercheur à la faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke.La chimie est sa vie.Dans le secret de ses éprouvettes bouillonnent ses idées, ses certitudes et ses interrogations: il s'attache à comprendre divers phénomènes, «des petits pas dans l'inconnu» qui le mènent d'abord à faire le bilan de ce qu'il ne comprend pas, puis de ce qu'il comprend.«C'est la première démarche avant de découvrir quoi que ce soit de nouveau; les grands sauts qui ont révolutionné le monde son plutôt rares», avoue cet esprit rationnel et pourtant intuitif.Une oeuvre impressionnante Entreprendre le résumé de ses travaux s'avère une tâche impressionnante.Qu'il suffise de dire simplement qu'il a contribué, au milieu des années 60, à la synthèse de la vitamine B 12.En 1966, alors professeur adjoint au département de chimie de l'Université de Montréal, il entreprend la célèbre synthèse du Ryanodol.Entré en 1967 à l'Université de Sherbrooke, professeur et chercheur jusqu'à ce jour, il multiplie les découvertes et réalisations.En réalité, ce qui se trame dans son laboratoire enrichit la connaissance «des états de transition d'un bon nombre de réactions importantes», permet entre autres d'établir le concept des effets stéréolectroniques en chimie organique et ont servi de base à son plus récent livre: «Stereolectronic Effects in Orga-nic Chemistry».Des conférences partout dans le monde plusieurs fois par année, des publications importantes et nombreuses dans divers journaux scientifiques, la formation d'étudiants et la direction de recherches de thèses de doctorat, etc, sont les éléments qui constituent la grande part de son quotidien.Et pourtant son père rêvait de le voir devenir comptable! De l'éprouvette à la spiritualité Une enfance à St-Lin, troisième d'une famille de neuf enfants, le petit Deslongchamps ne parait pas destiné à la carrière scientifique.Né le 8 mai 1938, son père tient le magasin général, il semble plus naturel pour les cinq garçons et quatre filles d'investir le monde des affaires.PIERRE DESLONGCHAMPS «On a exploré les mondes de l'infiniment petit et de I infiniment grand.On connaît le côté matériel des choses.C'est le côté immatériel qui est important.Il faut le sentir, le vivre.Être avant d'avoir.» C'est du reste ce que plusieurs d'entre eux vont choisir.Le destin du petit Pierre est différent.Dès l'âge de quatre ans, il suit son frère de six ans en classe et est admis par le professeur à la condition d'être sage.11 promet.L'écolier précoce, attentif, réservé, découvre la connaissance.Sa curiosité naturelle et passionnée va le faire remarquer au collège Laval, où il est pensionnaire, par un professeur de chimie qui comprend ce qui germe chez le jeune homme.L'influence d'un médecin, père d'un ami, le docteur Roland Frenette, n'est pas étrangère non plus à son éveil intellectuel.La destinée semble tracée d'avance: «À 14 ans, je savais déjà que j'allais faire ma vie en génie organique.» Prix scientifique du Québec, membre de la Société royale du Canada, plusieurs fcllows, de nombreux doctorats honoris causa, dont le plus prestigieux de tous, celui de l'Université Pierre et Marie Curie, à Paris, officier de l'Ordre du Canada, etc.: Pierre Deslongchamps assume avec éclat le leadership lié à sa fonction.Sortir des éprouvettes «Mais je sais sortir de mes éprouvettes de temps en temps», admet-il.L'esprit scientifique n'est pas incompatible avec l'esprit sportif, semble-t-il, puisqu'il pratique jeune la pêche et continue aujourd'hui de pêcher le saumon, de faire du camping et de la bicyclette.Dans des moments de détente nourris de Chopin, Brahms, Mozart ou Beethoven, il lit beaucoup et discute avec ses amis de ses découvertes, en spiritualité notamment, «qui m'aident à comprendre l'humain, notre esprit.Comprendre la vie, pourquoi je vis, d'où vient l'inspiration.» «On a exploré les mondes de l'infinsment petit et de l'infini-ment grand.On connaît le côté ; matériel des choses.C'est le côté immatériel qui est important.Il faut le sentir, le vivre.Être avant d'avoir.» Père de deux enfants: Ghîs'-lain, 31 ans, et Patrice, 29 ans, il avoue avoir été l'homme le plus étonné du monde quand il a constaté leur choix de carrière'; ils sont respectivement professée de chimie et ingénieur chimiste.«Un père qui a du succès peut parfois influencer ses enfc fants, indûment.|e les ai laissés libres.» Son amour de père én est un rempli de respect.Mais'il' revendique, devant un étudiant «que j'ai fait grandir», le même sentiment de paternité, de pérennité.Il y a dix millions de molécules dans la nature et en laboratoire.Chaque molécule a sa personnalité, des propriétés qui lui sont propres.Le chimiste a, dès.lors, beaucoup de pain sur' lé -planche! Si l'esprit de rigueur intervient, Pierre Deslongchamps pri-.vilégie l'ouverture, la création, ce côté féminin qu'il assume en lui, de même que l'intuition.«On la reçoit l'idée, la décour; verte.Le chercheur est un récepteur.Il doit suivre son intuition.» \u2022 » t \u2022 Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de l'effort » m t \u2022 * \u2022 « \u2022 * » # « \u2022 a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes des gens de parole # * » » » » ii i ALCAN * isir le de découvrir LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE à CBF 690, l'émission EN DIRECT Christiane Charette Demain matin dès 9h30 Réalisation: Louise Carrière SRC CBF 690 Montréal i - < - - LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 24 JANVIER 1993 La vie des livres PIERRE VENNAT Et si Hitler avait gagné la guerre.Le Grand Prix de Laval a Société littéraire de Laval vient de créer un grand concours littéraire, patronné par la ville de Laval et qui sera connu sous le nom de Grand prix littéraire de Laval.Ce concours de nouvelles est doté de trois prix (750$, 500$ et 250$).Les textes devront être soumis d'ici la fin d'avril et être inédits, dactylographiés à double interligne, présentés en quatre exemplaires et compter de quatre à six pages.Les textes gagnants seront publiés dans la revue Brèves littéraires.Pour renseignements, on communique avec le 682-2708 ou le 622-7018.Prix France-Acadie Le poète Herménégilde Chiasson vient de remporter le Prix France-Acadie 1992 pour l'ensemble de son oeuvre.Né au Nouveau-Brunswick en 1946, plus précisément à Saint-Sioon, Herménégilde Chiasson, qui vit présentement à Robichaud, en Acadic, est considéré comme le poète de la modernité acadienne.Il a aussi réalisé une dizaine de films, écrit une quinzaine de textes pour le théâtre et exposé ses tableaux, car il est également peintre, dans de nombreuses galeries.En 1991, il avait publié Vous aux Éditions de l'Acadie, qui avait été en nomination pour le prix du Gouverneur général 11 a également publié deux-grandes oeuvres, Rapport sur Vétat de mes illusions, en 1976;et Mourir à Soudouc, en 1979: M Des livres pour la Chine La Société des écrivains canadiens de langue française, dont! le président général est Michel Champagne, se propose dé recueillir et faire parvenir 1000 ouvrages à la Chine.Une Québécoise, Lisa Car-ducci, auteure de plusieurs ouvragés, est présentement l'invitée du gouvernement chinois pour enseigner le français et notre littérature dans une importante université de Beijing.Malheureusement» a-t-elle constaté, nos auteurs ne sont pas représentés et les biblio- thèques universitaires chinoises semblent fort dépourvues de livres canadiens et québécois.La Société des écrivains canadiens lance donc un appel aux écrivains, libraires, éditeurs et lecteurs pour qu'ils fouillent dans leur bibliothèque dans le but d'y trouver des ouvrages que la Société enverrait ainsi aux Chinois de façon à aider à la diffusion de notre littérature et à l'enseignement du français en Chine.On rejoint Michel Champagne au (418) 527-2940.Loisir littéraire du Québec Organisme sans but lucratif, Loisir Littéraire du Québec organise, pour janvier et février, des ateliers sur les thèmes suivants: récit de vie, nouvelle, formation d'animateurs (volet écriture), paroles sur mesure (la chanson), calligraphie, lecture expressive, prose et poésie.Ces ateliers se tiendront soit au Stade Olympique, où l'organisme a ses locaux, soit au Pavillon Judith-Jasmin de l'UQAM.11 en coûte entre 5$ et 6$ l'heure et les ateliers ont une durée entre 12 et 42 heures, selon le cas.Pour s'inscrire, on téléphone au (514) 252-3033.Le pouvoir des libraires Les libraires détiennent beaucoup de pouvoirs s'il faut en croire une lettre ouverte de Francis Esménard, pdg d'Albin Michel, dans un récent numéro de Livres Hebdo, le périodique professionnel de l'industrie française du livre.Après avoir dénoncé le copi-nage et le trafic d'influence qui selon lui sont le propre des jurys littéraires, il ajoute: «.je pense, après avoir bien réfléchi, que vous seuls, les libraires, détenez en grande partie les clés du problème et pouvez mettre fin à ce système de connivence.Ne comptez pas sur les médias en général et les critiques en particulier, si peu critiques de l'événement que sont les grands prix littéraires, pour des raisons multiples que vous connaissez et sur lesquelles je ne m'étendrai pas».RADIO-CANADA REPRISE MARDI 23h20 thème de l'émission d'aujourd'hui: LES DICTIONNAIRES \u2022 Les invités: Jean-Claude Boulanger Claude Duneton André Major Alain Rey LE JEU MILLEFEUILLE Participez au jeu Millef euille en composant un texte inspiré par la phrase que Gaston L'Heureux vous donne à la fin de chaque émission.Chaque semaine, 3 textes seront retenus.Les auteurs mériteront un dictionnaire de la maison Larousse la première personne gagnante recevra, en plus, une plume Waterman offerte par l'Essence du papier.\u2022Heureux ts gagnants cette semaine: Cètino Lamarohs, Meé'Btit tm 0 ssrttatrs, SU HarnBM É KMart lsss4bria Mal, BUitrii! À la fin de la saison, 3 gagnants seront choisis parmi tout le courrier reçu et pourront gagner: Le 1 or prix Un voyage d'une semaine à Paris pour 2 personnes, transport et hébergement compris, une gracieuseté de Voyages Malavoy.Les 2« et 3«r prix recevront une machine à écrire Smith-Corona, avec traitement de texte intégré, offerte par les Magasins Pilon.Le second finaliste recevra également une plume Waterman de luxe offerte par 11Essence du papier.- Vroages Mauiay CLAUDE WARCIL collaboration spéciale ¦ Nous sommes en 1964.Le Troisième Reich a gagné la guerre ; Hitler est toujours vivant et l'Allemagne se prépare à fêter son soixante-quinzième anniversaire.Le silence est tombé sur le sort des Juifs.Le premier ministre britannique Winston Churchill s'est enfui au Canada, le trône est occupé par Edward VIII, un sympathisant nazi.Le principal ennemi de l'Allemagne est l'Amérique qui, depuis la fin de la guerre en 1946, fournit des armes aux Russes de la Sibérie.Arrive Xavier Mardi, enquêteur aux homicides du Kriminalpolizei de Berlin, la Kripo.March a raté sa vie personnelle; sa femme a divorcé et son fils est devenu un petit automate qui se méfie de lui parce qu'il est «asocial» et n'a même pas sa carte du parti nazi.En effet, si March a de vagues doutes sur le système, il le sert sans se poser trop de questions.Il est chargé d'enquêter sur la mort bizarre d'un membre fondateur du parti qu'on a repêché dans un lac.Rapidement, ses supérieurs, à la demande de la Gestapo, lui ordonnent d'abandonner J'affaire.Mais March poussé par la curiosité, poursuit discrètement l'enquête avec la ténacité d'un doberman.Il découvre que d'autres vétérans nazis sont morts mystérieusement durant les dernières années: y a-t-il un lien entre leurs morts et un trafic d'objets d'art pendant la guerre?Le journaliste londonien Robert Marris connaît bien l'Allemagne hitlérienne; il est auteur du remarqué Selling Hitler un livre sur la vente des faux carnets d'Hitler, fumisterie qui a fait les manchettes il y a quelques années.Fatherland, traduit en 11 langues dont le français sous le titre saugrenu de Sous-marin noir est son premier livre de fiction.Et c'est une réussite.Son succès repose en partie sur la description intelligente et fascinante de ce qui aurait pu se passer si Hitler avait gagné la guerre.On sent le poids de Hitler et de son régime à chaque page, des symboles nazis à la musique de Wagner (le compositeur favori de Hitler).Mais Harris révèle les contours de ce passé imaginaire un peu à la fois, de telle façon que le lecteur expérimente petit à petit une série de chocs: l'architecture hitlérienne (l'arche triomphale au milieu de Berlin est 49 fois plus grosse que l'Arc de Triomphe de Paris), la montée au pouvoir de Heydrich, la bureaucratie incroyable des Nazis.L'Allemagne de Harris est un désert spirituel, Berlin une grande ville impersonnelle.March est entouré d'Allemands, le cerveau lavé, qui croient au mythe de la supériorité aryenne et dont les enfants prient Hitler.Et, si les Allemands sont prospères, c'est à cause du travail des millions d'esclaves de l'Europe de l'Est.Aussi, les révoltes, les attentats terroristes, les tentatives d'assassinats sont fréquents.La Gestapo, sans pitié, efficace, a des espions partout.Elle apprend que March et son amie Charlotte, une journaliste américaine, ont découvert un des grands secrets de la guerre, le sort réservé aux Juifs.Ces révélations risquent de torpiller la réconciliation entre l'Allemagne et les Etats-Unis, dont le président pro-nazi Joseph Kennedy (le père des autres), est attendu à Berlin.Pendant que la Gestapo les traque sans merci, March et Charlotte essaient de faire passer les documents compromettants en Suisse.L'histoire rappelle 1984; le même régime totalitaire qui essaie d'écraser toute individualité, surtout celle des héros qui deviennent des fugitifs dans leur propre pays.Fascinant.SOUS-MARIN NOIR, Robert Harris.Julliard 1992, 425 nages.32S Courrier des arts Le cinéma québécois n 'obtiendra pas la visibilité qui lui revient à Beaubourg ¦ Le Centre Georges-Pompidou portionnelle à la place des films (Beaubourg) organisera à Paris du Québec dans la manifestation du 2 février au 7 juin 1993, en qu»ii organise à Paris, collaboration avec Téléfilm Canada, un cycle de cinéma compo- D'autre part, cet épisode met sé à 50 p.cent de films québécois forcément en lumière le peu de qui serai connu sous,1e titre Les ci- cohésion qui existe entre les di-nemas du Canada.Le milieu pro- verses instances québécoises en fessionne l du cinéma déplore que matière de relatons internationale nom de cette manifestation les, du moins en cinéma.Entre le majeure occulte la contribution ministère des Affaires culturelles, essentielle du cinéma québécois, Services culturels de la Délé-spécialement en France où le gation générale du Québec, la So- gic, la Sogic, la Cinémathèque et turel et politique spécial.l'Institut, tous en mesure de colla- En effet, pour des raisons histo- borer, le ballon, dans le cas de riques et culturelles que nous Beaubourg, n'a finalement pas connaissons, le cinéma québécois trouvé de porteur.Le seul refus s'est toujours présenté à Paris persistant de la Sogic aura suffi à sous son nom et aucune raison enrayer le dialogue avec les orga-politique ou administrative ne nisateurs.devrait y changer quoi que ce soit Si les notions de société dis- On pourra toujours faire valoir tincte et de souveraineté culturel- que le mandat de la Sogic est date ont pu prendre un sens, il fal- vantage commercial et orienté lait bien qu'elles émergent d'une vers l'exploration des marchés et réalité dont le cinéma fait partie.ia promotion des exportations.Quel Français ne sait pas que Car- Nous en sommes, sauf que la Sole, Perrault, Arcand, Lauzon, ciété, qui cherche des façons d'in-Pool et les autres sont des cinéas- vestir dans l'international même tes québécois et que Roseraa, jusqu'à sacrifier des programmes Egoyan ou Wheeler sont des ci- d'aide à la distribution au Québec ASSOCIATIONS Association québécoise des réalisateurs et réalisatrices de cinéma et de télévision (AQRRCT) Union des artistes (UdA) Association des commerçants de matériel vidéo du Québec (ACMVQ) Syndicat des techniciens de cinéma et de vidéo du Québec (STCVQ) INDIVIDUS Léa POOL, John SMITH, Arthur LAMOTHE, François BOUVIER, lean BEAUDRY, André BRASSARD, Roger FRAPPIER, André BLANCHARD, Mireille DANSE-REAU, Jacques LEDUC, Pierre PATRY, Richard BOUTET, Pierre FALARDEAU, lean-Guy NOÉL, Jean-Pierre LEFEBVRE, Marquise LEPAGE, Paul TANA, Anne Claire POIRIER, Micheline LANCTÔT, Michel BRAULT, Pierre PERRAULT, Jean-Claude LABRECQUE.SRC Télévision Larousse IhHi [\"CONCOURS MILLEFEUILLE | tutoyer à: CONCOURS MILLEFEUILLE I Pr«'ss«« il '1 1 V M* n i néastes canadiens.Notre cinéma-tographie a une identité qui lui est reconnue internationalement, à commencer par le Canada, et ne pas miser sur cette évidence est une erreur.Il y a ici deux cinémas et celui du Québec n'est pas un cinéma régional au Canada.Rappelons que le titre de travail de ce projet a longtemps été Les cinémas du Québec et du Canada, qu'il avait l'avantage de dire les choses telles qu'elles sont et pour cette raison, il aurait dû demeurer ainsi.Avec le titre actuel, le cinéma québécois seul est pénalisé et cela est inacceptable.A preuve, la période du 14 avril au 7 juin à Beaubourg lui sera exclusivement consacrée.Rappel des faits En août 1990, Téléfilm Canada sensibilisait une première fois les institutions québécoises et provinciales canadiennes à la tenue de cet événement.En novembre de la même année, Téléfilm transmettait une note expliquant son souhait d'obtenir la participation de plusieurs institutions québécoises comme la Cinémathèque, l'Institut, la Sogic, la Délégation générale à Paris.Pendant ce temps, Téléfilm recherchait la collaboration des provinces canadiennes.À la fin de l'année 1991, des informations circulaient dans le milieu selon lesquelles la Sogic refusait de s'engager envers la manifestation et que Téléfilm menaçait de retirer le nom du Québec du titre.Depuis, nous avons appris que Téléfilm est le seul partenaire financier canadien et que le nom a été changé même si aucune province ne contribue.Notre explication Téléfilm Canada a décidé de retirer le nom du Québec du titre du cycle cinématographique qui se tiendra à Beaubourg parce qu'il n'a pas accepté la façon de faire de certaines instances québécoises.L'affaire s'est transformée en différend administratif au détriment des intérêts des artisans du cinéma québécois.Le milieu professionnel regrette que les considérations bureaucratiques aient pris le pas sur les considéra- Montréal, Qaèaec g II2V 4SS m hlnm - Aoe .tions artistiques et que ce soit la num-\u2014~\"\" ¦ visibilité du cinéma québécois | Adresse \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022»\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022.\u2022\u2022\u2022\u2022 Âpp» \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 ^ ViOe- Code postal-TU Àtofin*tot«on\\deiabQ«^ i i l par tirage au ion Pour parbdpcr, nmptoti et coupon.i i j qui en fasse les frais.Tout a été tenté encore récemment pour convaincre Téléfilm Canada de ne pas adopter une telle attitude, mais peine perdue.Nous considérons que Téléfilm manque à ses responsabilités en ne faisant pas une publicité pro- interprète différemment son mandat lorsqu'elle soutient des opérations à Blois, Namur, Cartilage.Beaubourg sera une vitrine unique pour notre cinéma et le manque d'ouverture et de collaboration de la Sogic, combinés à l'obstination de Téléfilm, nous font manquer une occasion hors de l'ordinaire de bénéficier d'une promotion considérable.Et si la Sogic n'a pas su évaluer perspicacement l'occasion qui s'offrait, il est difficile de comprendre que tout ait dû s'arrêter au bout de cette décision.Nous croyons qu'il s'est glissé une confusion quant au statut du cinéma au Québec: le gouvernement a confié à la Sogic le financement des activités du secteur privé, mais nous avons l'impression qu'on s'en remet à elle pour des questions qui ne sont pas de son ressort comme les relations culturelles internationales.Dans sa politique internationale qu'il publiait en septembre 1991 et intitulée Le monde pour horizon, le gouvernement du Québec écrivait qu'il veut «accroître la diffusion à l'étranger des oeuvres et productions reconnues pour leur excellence et leur caractère novateur en favorisant les échanges grâce auxquels les créateurs, producteurs et artistes québécois pourraient trouver place dans les réseaux internationaux les plus dynamiques» (p.78) et nous comprenons que cette diffusion passe aussi bien par des opérations à dominante culturelle que par des initiatives commerciales.Pourquoi alors s'en tenir aux réponses de la Société générale lorsqu'il est question de rayonnement culturel dans un contexte de coopération internationale?Nous avons à coeur les intérêts du cinéma québécois et nous considérons qu il est de notre responsabilité de réclamer de Téléfilm Canada comme des institutions québécoises une meilleure ouverture de vues et une plus grande cohésion quand vient le temps de lui accorder une visibilité équitable.11 n'y a personne dans le milieu cinématographique qui peut accepter sans réagir, en se réfugiant derrière des discours de soumission, que les barrages administratifs des uns et des autres nous enlèvent des moyens de promouvoir notre travail.Vu que Beaubourg sera un lieu de célébration du cinéma québécois à compter du 14 avril 1993, nous demandons que le Québec, en rassemblant les énergies de toutes les instances concernées, mette en place une campagne de promotion percutante de notre cinéma et de aes artisans à Paru.¦Les lettres destinées au Courrier des arts doivent être claires, concises et signées du nom complet de leur auteur.LA PRESSE se réserve le droit de les abréger.Adresser toute correspondance comme suit : La boîte aux lettres, LA PRESSE, 7 rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.Une ««affaire Morin» implique deux écrivains de l'ex-RDA Agence France Presse BERLIN ¦ Le monde artistique allemand est en ébullition depuis que les deux écrivains les plus célèbres et respectés de l'ex-RDA, Christa Wolf et Heiner Mueller, ont reconnu avoir eu des contacts réguliers avec la police politique de l'ex-RDA ( Stasi ).Ces révélations ont d'autant plus surpris qu'elles viennent de personnalités qui, tout en n'ayant jamais appartenu au camp des opposants à l'ancien régime communiste, avaient eu à plusieurs reprises maille à partir avec le pouvoir avant les bouleversements de 1989.Depuis les États-Unis où elle s'est retirée, Christa Wolf a admis dans un article publié jeudi par le Berlincr Zeitung avoir rencontré fréquemment, il y a une trentaine d'années, des agents de la Stasi et avoir été répertoriée, à son insu, comme «informatrice».L'auteur de Cassandre et de Ce qui reste, 63 ans, a affirmé que les contacts, noués en 1959, avait été rompus trois ans plus tard.Christa Wolf a raconté avoir découvert en mai dernier que la police secrète la considérait comme un indicateur, mais ne pas avoir eu le courage de s'en ouvrir par peur des critiques.AUJOURD'HUI, 16 h 30 PAS TOUJOURS FACILE MAIS.INTÉRESSANT! Un concours qui s'adresse à tous les jeunes et moins jeunes qui n'ont pas la chance de participer en studio à l'émission Génies en herbe et qui veulent tester leurs connaissances.Lors de chaque émission, le dimanche à 16 h 30, à la télévision de Radio-Canada, répondez à la question de La Presse et vous pourriez GAGNER CHAQUE SEMAINE Un sac sport de La Presse, un gilet et un sac à dos «Génies en herbe» et un jeu questionnaire adapté de l'émission (une valeur de 125$) Pour participer: \u2014 Remplissez le coupon de participation, en répondant correctement à la question posée, et retournez-le à l'adresse indiquée.\u2014 À chaque semaine on procédera au tirage au sort d'une lettre gagnante parmi le courrier reçu.\u2014 Ce coupon de participation sera publié tous les dimanches dans La Presse et donnera le nom de la personne gagnante ainsi que la réponse à la question de la semaine précédente.Réponse à la question du 17 Janvier 1993: Edwin Hubble La gagnante: M- Daniollo Léonard, de Brassard.r«Question Génies-La Presse» I Radio-Canada C.P.11007 I Montréal (Québec) H3C 4T9 Question du 24 Janvier: La Ligue nationale de hockey a été créée en 1917.Montréal.Ottawa.Québec et Toronto ont été les premières vides à faire partie de la nouveae ligue.Quai nom portait léguée de Québec à cette époque ?Béponjt Nom__ i i i i Adresse-Ville_ Code postal .Tel i -1 : i # SRC Télévision LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 24 JANVIER 1993 B5 quelques lignes Sue GraftoN Assurance toutj risque jr \u2022a toutefois à les rejoindre, car il a plus d'un tour dans son sac.Un album amusant et plein dé surprises grâce, entre autres, à ses pages qui se déplient.Sonia Sarfat: LES SECRETS DE L'HIVER, texte d'Eveline Hasler.illustrations de Michèle lemieux.Hachette Jeunesse, Paris.1992.36 pages, 18.95$.BON VOYAGE, LEO!, texte et illustrations de Mick Inkpen.Nathan, Paris.1992.36 pages.¦H Une détective privée de choc enant depuis une dizaine d'années le peleton sans cesse grandissant des s/s-fers in crime anglo-saxonnes (d'où émergent également les Sara Paretsky, Linda Barnes, Marcia Muller, Amanda Cross et autre Patricia D.Cornwell ), Sue Grafton a réussi une quasi révolution: imposer dans un genre aussi machiste que le polar la présence désormais incontournable d'une détective privée de choc, Kinsey Millho-ne.Ôn est ici à des années-lumière des vieilles dames tricoteuses et sagaces du roman policier à l'anglaise.La trentaine doublement divorcée, adepte du jogging matinal, portant jeans et baskets, Kinsey mène, elle, ses enquêtes sur le terrain, là où l'on risque sa vie, où l'on prend et donne des coups.Au volant de sa Volkswagen déglinguée sur les routes de Californie, elle est déjà l'héroïne d'une dizaine de romans, dont les titres originaux égrènent l'alphabet (A for Alibi, B for Burglary, C for Corpse, etc.).Un abécédaire original malheureusement perdu en traduction, à l'exception du premier (A comme Alibi disponible en Presses Pocket).Après avoir échappé à un tueur à gages dans Le contrat Kinsey (G for Gumshoe), voici notre «privée» lancée sur les traces de dangereux fraudeurs dans Assurance tout risque (H for Homicide).La recherche d'une femme responsable d'une banale escroquerie à l'assurance automobile y tourne vite à l'infiltration d'une bande de chicanos qui organise ce type de fraude à un rythme industriel, avec rasoir et pistolet à l'appui.Gilbert Grand ASSURANCE TOUT RISQUE, Sue Grafton.Presses de la Cite, Paris, 1992.292 pages, 24.95$.gVTUSE HA5U31 / MICHÈLE Ui.MIL» V Les secrets de l'hiver m Juifs sur le sol québécois mmgftk n dit que les peuples votent avec les pieds.Depuis deux siècles, les Juifs sont venus et viennent encore s'établir au Québec.Us sont d'abord venus d'Angleterre, puis d'Europe de l'Est, et récemment du Proche-Orient et d'Afrique du Nord.Nous avons interrogé les pierres du pays, les pierres d'antan comme les pieres d'aujourd'hui, les pierres vivantes.Tous témoignent éloquemment que ces hommes et ces femmes, porteurs d'u;ie culture cinq fois millénaire, ont trouvé au Québec une terre d'accueil où il fait bon vivre».Alors que certains actes de vandalisme, heureusement condamnés par tout ce qui compte de leaders québécois de l'opinion, ont été commis ces derniers temps contre un certain nombre de synagogues de la région montréalaise, il n'est pas mauvais de signaler la parution, chez Septentrion, d'un ouvrage bilingue de David Rome et Jacques Langlais, Les pierres qui parlent, sur la communauté juive québécoise, agrémenté de multiples photos.«Parfois, peut-on y lire, des sondages plus ou moins sérieux, des actes isolés d'antisémitisme \u2014 comme il s'en commet ailleurs en Amérique du Nord\u2014 des articles viennent semer le doute et l'inquiétude sur le passé ou l'avenir des relations entre les juifs et leurs voisins québécois francophones.Mais les décennies passent et les liens ne font que se raffermir.» Pierre Vennat LES PIERRES OUI PARLENT-THE STONES THAT SPEAK, David Rome et Jacques Langlais.Photographies d'Edward Hillel.Éditions du Septentrion, Montréal, 1992.143 pages.\u2022 L'hiver, ses secrets, ses voyages L, illustratrice québécoise Michèle Lemieux publie régulièrement.Entre autres, chez Ravensburger, en Allemagne.Chez William Morrow, aux États-Unis.Au Québec?On retrouve de temps en temps ses superbes illustrations dans des albums qui nous parviennent en français grâce à l'éditeur torontois Scholas-tic, et grâce à certaines maisons d'édition françaises.C'est le cas pour Les secrets de l'hiver, un texte original allemand d'Eveline Hasler que Michèle Lemieux a illustré en 1984, et que les éditions Hachette reprennent en français.Les secrets de l'hiver, c'est l'histoire de Pierre, un garçonnet qui déteste l'hiver.parce qu'il n'en connaît pas la vraie nature.Cette vraie nature, il la découvrira au cours d'une nuit magique.Et, en fait, plus que le texte, ce sont les illustra; tions de Michèle Lemieux qui font la magie de cette nuit, et la féerie de cet album.Autre histoire hivernale: celle que Mick Inkpen retrace dans Bon voyage, Léo! Léo, un petit manchot qui n'aime pas l'eau, fait face à un problème de taille le jour où ses amis, fatigués de la présence des ours polaires, décident de quitter le Pôle Nord pour le Pôle Sud.Ceci, à la nage.Léo parviendra Alexandre OuinaLs.les ÇpÙjxignmis Nf.T l»«i»»v.'lK,r,\"«N p'»** IwwptaWc* tj.i.U* p-.rf.U-» fwtârtfàr* tftl prjftoifi < u.x\\n i.CU tJbWf* ' itwiïux ni \u2022!:» ptr l'»ulr Oftictc* COMME CHEVAL SAUVAGE Collection des Dcvx scUUdtt.-tunasss GÉtuoGtftti * OTISH LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 24 JANVIER 1993 B7 L'histoire du Québec vue par des Anglos Arts et spectacles PIERRE VENNAT ¦ Pas facile de trouver un manuel d'histoire socio-économique du Québec depuis le début de la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui.Il y avait Lionel Groulx, mais depuis qu'Esther Delisle et autres lui reprochent son antisémitisme, quand ce n'est son «racisme* ou même son «facisme», la crédibilité du valeureux chanoine est en baisse.Et puis le chanoine et ses disciples Maurice Séguin, Michel Brunet et consorts ne s'occupaient pas tellement de l'économique et du social comme tel.Il y a bien eu Fernand Ouellet-te, qui, le premier, a laissé une oeuvre intitulée Histoire économique et sociale du Québec de 1760 à 1850.Jean Hamelin et Yves Roby ont pris la relève pour produire une Histoire économique du Québec 1851-1896.Puis, ce fut au tour de Paul-André Linteau, René Durocher et jcan-Claude Robert d'accoucher d'une Histoire du Québec contemporain de la Confédération à la crise.Les trois mêmes devaient d'ailleurs récidiver, en compagnie de François Ricard et accoucher d'un deuxième tome de leur Histoire du Québec contemporain, intitulé Le Québec, depuis 1930.Mais tous ces livres semblent s'enchaîner, comme si de Fernand Ouellettc et la Nouvelle-France au dernier ouvrage de Linteau et coauteurs, on n'assistait qu'à une seule et même oeuvre continue.John \\.Dkkirwon Brian Voung BRÈVE HISTOIRE SOCIO-ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC C'est pourquoi la parution d'une Brève Histoire socio-économique du Québec, produite par John Dickinson et Brian Young au Septentrion, mérite d'être soulignée.Qu'une maison d'édition, présidée par un ex-ministre pé-quiste, lui-même historien, publie un manuel d'histoire rédigé par deux historiens anglophones, voilà qui est rare dans notre tradition historique.Trop souvent, en effet, l'histoire du Québec a été considérée comme du ressort exclusif des historiens franco-québécois, seuls jugés aptes à analyser correctement notre passé.Que des anglophones, nés à l'extérieur du Québec, soient jugés dignes d'être publiés en français, voilà qui sort de l'ordinaire.Cette Brève histoire socio-économique du Québec se veut d'ailleurs la traduction de A Short History of Québec, parue en 1988, mais corrigée par la suite.Bref, l'ouvrage, au début, ne se voulait qu'une interprétation du Québec à l'intention d'un auditoire anglophone.Les deux hictoriens ont voulu éviter de traiter le Québec comme un ensemble monolithique en insistant sur les différences régionales, ethniques et de classe sociale: l'expérience des Gaspé-siens, par exemple, notent-ils, n'a rien à voir avec celle des habitants de la plaine de Montréal.Des variations dans les paliers et dans les structures économiques et sociales différencient les fran-copohones du Saguenay et de l'Estrie tandis qu'un gouffre social énorme existe entre l'ouvrier qui assemble des motoneiges à Valcourt et les membres de la famille Bombardier, malgré un héritage culturel commun.Bref, cela donne un manuel d'histoire illustré de façon intéressante, avec le même genre de mise en page somme toute, que les deux volumes de Linteau et collaborateurs.Mais surtout, on y trouve une approche différente des historiens habituels.Un son de cloche sympathique, certes, mais plus impartial que lorsqu'il provient de quelqu'un de la famille immédiate.BREVE HISTOIRE SOCIO-ECONOMIQUE DU QUEBEC, John A.Dickinson et Brian Young.Traduction de Hélène Filion.avec la collaboration de Louise Cote.Louise Chabot et Michel Delormier.Editions du Septentrion, Québec, 1992.382 pages.27 $.Bartok et Schoenberg à Toronto : le « show » de Robert Lepage * * si » \u2022 \u2022 * CLAUDE CÎNGRAS envoyé spécial La Presse À TORONTO Vers une autre Révolution tranquille?PIERRE VENNAT ¦ «Révolution tranquille».L'expression est d'un journaliste du Globe and Mail qui, au début des années 60, voulait ainsi traduire pour ses lecteurs ce qui se passait au Québec depuis l'avènement de Jean Lesage et la chute de l'Union nationale.Comme le fait remarquer l'économiste Pierre Fréchette de l'Université Laval, dans un des chapitres d'un ouvrage collectif intitulé Le Québec en jeu; comprendre les grands défis, si, à la fin du régime Duplessis, quelqu'un avait annoncé aux Québécois que trente années plus tard.>.*.y.presque la moitié des femmes auraient un emploi rémunéré, que le taux de natalité atteindrait un creux historique, que Montréal retrouverait un visage français, mais perdrait sa place de métropole du Canada, et que les Québécois francophones prendraient en main leur économie, il aurait passé pour un farfelu et personne ne l'aurait cru.Pour bon nombre d'entre nous, la Révolution tranquille est un phénomène qui a surgi presque de nulle part entre les années 1960 et 1966, sans cause apparente si ce n'est le retard social et gouvernemental accumulé par le Québec sous les régimes duplessis tes de 1936-39 et 1944-1959.Mais selon les politicologues Alain-G.Gagnon, de l'Université McGill, et Mary Beth Montcalm, qui a déjà enseigné aux universités Carleton, de la Saskatchewan et du Manitoba, et qui viennent de lancer Québec: Au-delà de la Révolution tranquille, chez VLB Éditeur, bien que le refus obstiné du gouvernement duplessiste de pratiquer l'interventionnisme d'État ait contribué à relâcher des forces politiques pendant les années soixante et soixante-dix, ce facteur ne peut expliquer à lui seul les bouleversements qui ont agité la société québécoise et attiré l'attention des Canadiens au cours des dernières décennies.Un questionnement partagé Ces deux auteurs ne sont d'ailleurs pas les seuls à vouloir aller au-delà de la Révolution tranquille et à s'interroger sur les défis qui confrontent le Québec en cette fin de XXe siècle.Gérard Daigle, professeur de sociologie au Département des sciences sociales du Cégep de .Trois-Rivières, avec la collaboration de Guy Rocher, un des pères, il y a trente ans, du ministère de l'Education au Québec et qui enseigne maintenant au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal, a réuni 49 spécialistes de la question du Québec sous tous ses angles.Il leur a demandé de décrire et Québec: au-delà de la Révolution tranquille rie 6iitour Les best-sellers Editions québécoises Fiction (romans) 1 Quelque* adieux Marie Ubergo Boréal (12) 2 Ces enfants d'ailleurs\tAriette Cousture\tLibre Expression\t(9) 3 Un homme est une valse\tPauline Harvey\tHerbes Rouges\t(2) 1 Judith Jasmin\tEssais Colette Beaucham p\tBoréal\t(8) 2 La génération lyrique\tFrançois Ricard\tBoréal\t(9) 3 De la ruelle au boulevard\tAndré Montmorency\tLeméac\t(9) Editions étrangères Fiction (romans) 1 Le petit sauvage Alexandre Jardin Gallimard\t\t\t(12) 2 L'amant\tMarguerite Duras\tMinuit\t(D 3 Les meilleure» intentions\tIngmar Bergman\tGallimard\t(D 1 Jamais sans ma fille 2\tEssais Betty Mahmoody\tFixot\t(11) 2 Les Jésuites 2\tJ.Lacouture\tSeuil\t(2) 3 Vendues\tZana Muhsen\tFixot\t(33) Livres pratiques 1 Guide du vin '93 Michel Phaneul\t\tL'Homme\t(8) 2 Guide des bons reitos 93\tJ.Blanchette\tL'Homme\t(1) 3 Décttonnaks québécois tfautounfhui\tEn coaabor abon\tLe Robert\t(5) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Demarc, Ducharme, Le Fureteur (St-Lambert), Qafltanard.Qameau (Québec).Guerin, Hermès, René Martin (Johette).Monet.Le Parchemin, Lee Bouquinistsi (Chcoutimi), Maison de la Presse IntemaUomle, Payetla (Sherbrooke).Guy Poirier (Trots-ftiviéres).Raffin, Re-naud-Brsy, Sons et Lettres, W.H.SmNh a daseic\t\t\t d'expliquer les changements socio-économiques, culturels et politiques qui ont affecté la société québécoise depuis 1960.11 leur a demandé également de faire un peu de prospective, en tentant de déterminer les défis auxquels la société québécoise devrait vraisemblablement faire face d'ici la fin de la décennie qui nous mènera au seuil du XXIe siècle.Ce sont leurs textes qui constituent Le Québec en jeu: comprendre les grands défis, publié par les Presses de l'Université de Montréal.Résumer de telles fresques est impossible.Le livre de Gagnon et Montcalm a plus de 300 pages.Celui publié sous la direction de Gérard Daigle en a plus de 800.Pour tous ceux qui s'interrogent sur l'avenir du Québec et rêvent d'une nouvelle Révolution tranquille, leur lecture est toutefois essentielle.On a généralement tendance à croire que la Révolution tranquille s'étend de 1960 à 1966 et parfois sur toute la décennie.Gagnon et Montcalm toutefois, et d'ailleurs la plupart des rédacteurs de l'autre ouvrage, considèrent que d'une façon plus large, toutefois, cette période de l'histoire québécoise commence avec le bref règne de Paul Sauvé, deve-nu premier ministre après la mort de Maurice Duplessis en 1959, et se poursuit tout au long des années soixante et soixante-dix, jusque dans les années quatre-vingt.Mais l'idée d'un État québécois interventionniste et dynamique, reflétant l'identité québécoise, a été suplantée au début des années quatre-vingt par un engouement, partagé par l'État et la communauté des affaires, pour les vertus du marché.Or, croient Alain Gagnon et Mary Beth Montcalm, en tournant le dos à une intervention étatique, le Québec risque de se priver des moyens mêmes qui lui ont permis d'atteindre son niveau actuel d'épanouissement culturel, économique et social.Le défi économique Comme l'écrit pour sa part Pierre Fréchette, le principal défi des deux prochaines décennies est certainement le redéploiement de l'économie du Québec.Ce défi devra être relevé malgré des tensions particulièrement difficiles créées par le déficit des gouvernements et par le veillisse-ment de la population.L'enjeu en est tout simplement la survie de l'État-providence; en effet, celui-ci pourra survivre à peu près intact seulement si l'économie du Québec est relancée et si le déficit gouvernemental est maîtrisé.Et puis, comme le note pour sa part le politicologue Louis Bal-thazar de l'Université Laval, que l'on parvienne à réaménager le Canada pour satisfaire aux exigences du Québec ou que le Québec devienne carrément souverain, il faudra bien négocier.11 est donc certain que le Québec doit faire face à de longues et pénibles négociations avec ses voisins canadiens.Bref, le grand défi des Québécois est existent.el.Et Balthazar de conclure que si, à court et à moyen termes, cette volonté apparaît assez forte, «il est à se demander si les Québécois voudront toujours relever ce défi ».OUEBEC : AU-DELA D£ LA REVOLUTION TRAM- ouille.AiamC.Gagnon et Mary B3tn Montcalm VLB Editeur.Montréal.1992.533 pages.24.9SS.LE OUEBEC EU Jf U : COMPRENDRE LES grands DEFIS, sous ta direction de Gérard Daiqie avec ta collaboration de Guy Rocher.Presses de l Université de Montréal.Montréal.1992 809 pages.57 $.¦ Les succès de Robert Lepage à l'étranger débordent maintenant les cadres du théâtre.Toutes proportions gardées, on en entend parler partout, autant que des triomphes de Roch Voisine.Cette réputation, gagnée à un âge relativement jeune, 35 ans, et correspondant à un talent qui me semble réel, a valu à Lepage d'être invité à signer sa première mise en scène à l'opéra.L'invitation est venue non pas de son pays, le Québec, mais de la Canadian Opéra Company, de Toronto.Pour ces débuts importants, Lepage a porté son choix \u2014 c'était à prévoir \u2014 sur une oeuvre où le théâtre prend autant de place, un peu plus même, que la musique.Une oeuvre du XXe siècle, bien sûr.En fait, deux oeuvres, puisque le spectacle de la COC, dont la première avait lieu vendredi soir au O'Keefe Centre, réunit deux opéras en un acte ayant assez de points en commun pour paraître complémentaires l'un de l'autre.Le Château de Barbe-Bleue, de Bartok (pour employer le titre français plus pratique), et Erwartung, de Schoenberg (cette fois, le titre original est utilisé dans toutes les langues), ont été composés presque au même moment (autour de 1910), ils se déroulent tous deux dans le même environnement morbide, freudien, et mettent â nu l'univers psychologique de leur personnage central, ses angoisses, sa folie et, finalement, son effroyable solitude.Barbe-Bleue se laisse convaincre par sa quatrième femme, Judith, d'ouvrir les sept portes secrètes de son lugubre château.Chaque porte découvre un nouvel aspect de son monde étrange: une chambre de tortures, un jardin magique, une mer de larmes.De la septième porte sortent les trois précédentes épouses du sanguinaire et Judith va les rejoindre à son tour.Dans Erwartung, une femme erre de nuit dans une forêt à la recherche de son amant.Elle bute sur quelque chose.C'est un cadavre, celui de l'amant, à qui elle continue de parler comme s'il était vivant.Les indications scéniques qui figurent dans les deux partitions sont extrêment nombreuses, précises et, surtout, réalistes.Le dé- Les deux protagonistes du Château de Barbe-Bleue : Victor Braur.et Jane Gilbert.cor, les costumes, les mouvements: les auteurs ont tout indiqué avec minutie.Lepage a abondamment émondé, modifié, ajouté, sans vraiment trahir l'esprit des oeuvres cependant.Dans le Bartok, le prologue parlé a été omis (comme il l'est presque toujours) et il n'y a pas vraiment de château.Plutôt, une espèce de long corridor sur lequel donnent les sept portes: elles sont placées tout à fait à gauche de la scène et la lumière qui en émane est projetée sur le mur opposé.Ainsi, quel que soit l'endroit où l'on est placé dans la salle, on sait qu'il y a sept portes.Dans le Schoenberg, on cherche en vain une forêt.On retrouve le mur de tout à l'heure, mais cette fois un mur «vivant», dont les grosses briques disparaissent ici et là pour laisser passer un corps humain, une tête.Car Lepage fait intervenir des mimes qui représentent, entre autres, la Femme et son amant, nus dans un lit.Bien qu'il soit clairement indiqué qu'il n'y a qu'un personnage L'unique interprète de Erwartung : Rebecca Blankenship.Un homme de peu de mots TORONTO ¦ Au cours d'une fastueuse réception que la firme de communications AT&T offrait après le spectacle eu chic restaurant La Maquette, le directeur général de la Canadian Opéra Company, le Britannique Brian Dickie, a déclaré que ce qu'il venait de voir le laissait «speechless».Ce qui ne l'a pas empêché de monopoliser le micro pendant d'interminables minutes.À l'opposé, Robert Lepage parle très peu.Pis encore: il donne l'impression qu'il n'aime pas parler, même pas de son métier.Arrivé sur les lieux bien longtemps après tout le monde, il reprenait l'avion pour Montréal peu après, à 6 h du matin.Brian Dickie lui avait d'abord proposé la Tétralogie de Wagner, m'informe-t-il.«J'ai préféré, pour commencer, m'en tenir à quelque chose de plus petit.» Oui, il a travaillé à partir des partitions.Oui, il a vu la production du « Met ».11 a un autre projet à la COC.Un autre opéra du XXe siècle, qui ferait aussi l'objet d'un film.Mais ni lui ni celui qu'il appelle son «boss» n'ont voulu préciser, pour l'instant, de quelle oeuvre il s'agissait.Après six représentations à Toronto, le «double bill» Bartok-Schoenberg sera présenté à la Brooklyn Academy of Music.du 10 au 13 février.en scène dans Erwartun'g, sa transposition est valable.Mais je le soupçonne aussi d'avoir pris l'idée d'un décor géométrique et presque identique pour les deux oeuvres dans;Ia production du Metropolitan de 1989 (qu'il a d'ailleurs vue).Le public torontois qui emplisr-sait le vaste O'Keefe Centré yea-dredi soir, avec le premier\" rriinis;-tre et le lieutenant-gouverneur de l'Ontario aux premiers rangs eï bien des Montréalais dans l'assistance, a suivi le spectacle avec là plus grande attention et dans un silence absolu, guidé par les stirti-très anglais (plus clairs qu'à Montréal ) et indispendables dans le cas présent puisque Barbe-Bleue et Erwartung sont chanté^ dans la langue originale, soit en hongrois et en allemand, respectivement.L'ovation, à la fin, fut très enthousiaste.Il y eut \"quelques sifflets, comme il fallait s'y attendre.Le spectacle ne m'a cependant pas laissé une impression très forte et les interprètes, je'pense, sont en cause.La voix du baryton canadien Victor Braun est encorp solide, mais son Barbe-Bleue est joué indifféremment, au mieux comme un paysan.Deux blondes chanteuses américaines complètent la mince distribution: |ane Gilbert ( Judith ) et Rebecca Blankenship (la Femme de Erwartung) ont des voix respectables mais elles manquent de présence.Chez Gilbert, un seul moment vraiment saisissant à signaler: se découverte du secret de la septième et dernière porte.Chez Blankenship: un jeu et un chant trop désordonnés pour qu'on puisse ta suivre.Bref, il est clair que Lepage en avait trop demandé à des chanteurs d'opéra.Le décalage est trop grand entre sa stylisation très poussée et le jeu primaire de ses protagonistes.Dans les circonstances, une simple reproduction du paysage scénique indique eût certainement créé cette atmosphère qui, à cause des chanteurs, manque à l'ensemble.L'efficacité des éclairages, dans les deux tableaux, est à signaler cependant: sept couleurs différentes dans le Bartok, une lune volontairement aveuglante dans le Schoenberg.Le chef attitré de la COC, Richard Bradshaw, dirige avec une attention de tous les instants çt l'orchestre exécute impeccablement les deux partitions.Mais la participation de la fosse se maintient, comme le jeu des interprètes, au premier degré.On le sait par le disque, on le sait par les versions concert des deux oeuvres déjà présentées à l'OSM : il y a, dans l'une et l'autre, beaucoup plus de force, beaucoup plus de mystère et beaucoup plus de couleur.A KEKSZAKALLU HERCEC V ARA (.Le .Château du Duc Barbe-Bleue»), opéra en un-afetet, livret de Beia Baïazs.musique de Beia Bartok.op.11.St.48(1911).interprètes: Victor Braun.baryton.(Barbe-Bleue), et Jane Gilbert, mezzo-sopraho J Judith); ERWARTUNG ( ¦ Attente ¦ ).monodrame eo un acte, livret de Marie Pappenheim.musique de AmoW Schoenberg.op.17 ( 1909 ).\u2022 interprète: Rebecca Blankenship.soprano (la Femme).Production: Canadian Opéra Company*O'Keefe Centre.Toronto Première vendredi soir Représentations jusqu'au 6 février.\" -Mise en scène: Robert Lepage Décors et costumes: Michael Levtne Eclairages Robert Thomson Avec surtitres anglais Orchestre de la COC Chef d orchestre: Ri-chard Bradshaw I Francine Grimaldi LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 24 JANVIER 1993 Les uns et les autres r.collaboration spéciale | C'est hot, hot, hot! | e me suis surprise à penser JPque c'est peut-être la profusion de films de peau qui fait tnônfer la température au-dessus Tde la normale cet hiver.Entré le Body de Madonna qui s'impose à Willem Dafoe, La Vie', fantôme que mène Ron Lea avec Pascale Bussière dans lé très beau film de Jacques Leduc, L'Amant de Marguerite Pqras et la Fatale Juliette Bi-nbcJie qui envoûte Jeremy Irons dans Damage de Louis Malle \u2014 et j'en passe \u2014, Montréal est franchement sous l'empire des sens et c'est hot, hot, hot! LES ANCIENS ET LES MODERNES AU TNM ¦ La soirée la plus chaude cette semaine fut, à mon avis, la première de la pièce Les Beaux dimanches de Marcel Dubé au théâtre du Nouveau Monde jeudi.Il y avait de l'électricité dans l'air, c'était très excitant et ce fut très beau.Cette oeuvre, plus drôle que scandaleuse aujourd'hui, semble pouvoir connaître autant de succès que lors de sa création en 1965 dans ce même théâtre, alors la Comédie Canadienne.Nous avons eu le privilège de vivre un moment historique, magique, franchement très sympathique, lorsque la directrice du T.N.M.et formidable metteur en scène Lorraine Pintal faisait se rencontrer sur scène les comédiens de la première heure des Beaux dimanches et la nouvelle distribution en présence de Marcel Dubé.'.Les anciens n'avaient jamais vu la pièce puisqu'ils jouaient dedans.Le réalisateur Richard Martin était ravi.Il dit: «C'est moi qui jouait l'adolescent il y a 28 ans! Je le jouais très timide moi, mais l'approche d'André Robitaille est bien meil-.leure, bien plus efficace!» Janine Sutto, qui avait créé le rôle d'Hélène avec Jean Du-ceppe, s'est retrouvée entre Marie Tifo et Gilbert Sicotte, Michelle Rossignol a serré très fort dans ses bras la nouvelle petite Dominique, Anne Dorval, comme Andrée La-chapelle qui retrouvait Louise Marleau.Elles étaient aussi Alain Creton de Chez Alexandre, rue Peel, répond «Oui!» Alain est un inconditionnel du Brésil et il a vendu son âme à la samba et à la lambada.C'est d'ailleurs lui qui a lancé la lambada à Montréal.Surprise.En passant Chez Alexandre jeudi soir, après le T.N.M., je vois que la boîte en bas ne s'appelle plus Lambada mais désormais Le Paradis.Latin?«C'est un peu ça, dit-il, avec l'Alcazar à Paris, deux boîtes où j'ai tant aimé voir travailler cet admirable animateur: Jean-Marie Rivière.l'ai retrouvé mon idole de jeunesse dans les Caraïbes! Il a 68 ans aujourd'hui.Il est installé depuis 10 ans à St.Barth, et son restaurant est aussi un cabaret qu'il anime, comme il le faisait à Paris, avec la participation de tout son personnel, et c'est fou ce qu'on s'amuse.C'est simple, sans prétention, et c'est ce que j'ai envie d'offrir aux Montréalais.Ça va être l'enfer! «C'est la belle et étonnamment talentueuse Natacha, que Rivière a déguisée en langouste à St.Barth, qui est en charge du spectacle que nous présenterons à compter de mardi prochain.On va rire, on va chanter, on va danser avec le public, et pas seulement la lambada.Chez nous, le public est toujours de la fête.» Qui c'est qui va faire embarquer le monde?Alain Creton hésite, sourit, se penche et me dit: «C'est moi qui animerai, j'adore ça.Je veux tellement qu'on s'amuse.La fête com- Lorraine Pintal n-1\u2014?, Lise Watier dans le film Les Beaux dimanches, réalisé par Richard Martin en 1974, avec Louise Portai, Denise Filiatrault, Serge Thériault, Catherine Bégin.Et tout ce beau monde se retrouvait là, sur une même scène.Instant mémorable.CAISSIÈRE AU CÉSÙ ¦ Louise Forestier a déjà été caissière au Gésù, le saviez-vous?En 69-70, elle suivait des cours à l'École Nationale de Théâtre le jour, et travaillait à la billetterie du Gésù le soir.C'est là qu'elle vu débuter et triompher celle qui deviendra son idole: Geneviève Bujold dans Le Barbier de Sévillel Louise a aussi déjà chanté au Gésù: en première partie de Georges Dor! Elle a aussi participé aux Nuits de la Poésie en 70-71.Tout ça pour vous dire que les supplémentaires de Vingt personnages en quête d'une chanteuse, qu'elle donnera à la salle du Gésù (du 11 au 13 février) marqueront son retour dans cette enceinte.D'ailleurs je crois bien qu'elle était enceinte la dernière fois qu'elle s'y est produire! LE PARADIS DE LA LAMBADA ¦ La lambada mène-t-elle au Paradis?Alain Creton, patron Louise Forestier mence mardi.Je fais l'ouverture de mon cabaret-dancing Le Paradis le jour de mon 48e anniversaire, mardi.» Attention: c'est un Paradis rouge et or de 200 places seulement-En passant, le Paradis est ouvert \u2014 normal ! \u2014 aux nouveaux chanteurs, danseurs et stand up comics.Les intéressé-s(es) n'ont qu'à communiquer avec Alain Creton au (514) 288-5105.LA DAME BLANCHE DU GHETTO NOIR.¦ Les gens qui s'intéressent à la vie en voilier, aux rapports Noirs/Blancs, aux problèmes du Tiers-Monde, à la vie et à l'amour, seront ravis d'apprendre que Lise Claris-Lafourca-de arrivera demain à Montréal pour lancer son livre-témoignage Black Lifting, publié dans la Collection Vécu des éditions Laffont.La vie d'une septuagénaire qui est allée au bout du monde et de ses passions.Après 12 ans de navigation, elle perd son beau capitaine, son beau voilier, et refait sa vie dans l'île anglaise de La Dominique.Aujourd'hui, elle est la dame blanche du ghetto noir.Voilà une dame intéressante.ET LA DAME DE^_ COEUR ET DE TÊTE ¦ La toujours belle Lise Watier lancera sa biographie en mars prochain aux éditions Libre Expression! Ce n'est pas une autobiographie.C'est un portrait brossé par le journaliste Claude Gravel qui nous fait découvrir cette dame de coeur et de tête, depuis le couvent jusqu'à l'industrie de l'esthétique.Sur ce, bon dimanche.m Le magazine Studio a fait un portrait chiffré de l'industrie du cinéma français.Voici ce qu'il dit des quatre superstars dont les cachets atteignent plus d'un million de dollars.Gérard Depardieu wê a place de Gérard Déparia dieu au sommet est à la mesure de sa situation historique dans le cinéma français.11 a accumulé depuis dix ans un nombre impressionnant de succès populaires, mais sa valeur financière ne suit plus obligatoirement la courbe de ses succès au box-office.Pour un film à petit budget, il accepte en effet des rémunérations très inférieures à sa cote réelle.S'il s'est attribué 200 000 dollars de cachet pou?Drôle d'endroit pour une ren contre, il a touché 2 millions et demi pour Colomb.Sa cote exacte est d'autant plus difficile à évaluer qu'il est souvent co-producteur de ses films et que ses cachets s'accompagnent presque toujours de parts sur le négatif, allant de 20 à 50 pour cent.Alain Delon ornme Adjani, la cote d'Alain Delon n'est pas justifiée par son box-office.Ses derniers cachets le mettent pratiquement au même niveau que son vieux rival Belmondo, alors que depuis leur Borsalino commun, voilà vingt ans, les chiffres d'entrées de ses films ont toujours été très inférieurs à ceux de Belmondo.Il reste sur une douloureuse série d'échecs publics et de nombreux professionnels ont crié «Au fou!» quand ils ont appris qu'Alain Sarde, grand seigneur, lui avait offert un cachet de 1 800 000 dollars pour Casanova.Depuis, il a tourné Dérapage, pour le même Alain Sarde.Un nouvel échec ferait sûrement baisser sa cote.Si certains producteurs n'y croient plus assez pour payer le prix fort, d'autres révent du titre de «producteur-qui-a-remis-Delon-au-sommet ».Isabelle Adjani on retour dans l'actualité donne soudainement à sa cote une réalité: elle touche 2 millions et demi de dollars pour Toxic Affair, le second film de Philomène Esposito.Ce qui est rare est cher.Son dernier film, Camille Claudel, remonte à 1988, et Michel Seydoux a estimé que ce «retour» exceptionnel méritait un cachet exceptionnel.Un prix irrationnel qui n'est justifié par aucun élément objectif ou chiffrable: le box-office personnel d'Adjani est très modeste, comparé à celui des trois mastodontes qui l'accompagnent dans ce haut de tableau.Son aura, sa rareté et sa cote d'amour auprès du public lui permettent d'échapper aux strictes lois des additions d'entrées.Mais elle ne touchera pas forcément toujours ce même cachet.J.-P.Belmondo ¦ 1 y a dix ans, il aurait occupé ¦ la première place de ce classement.Bébel était alors le maître incontesté du box-office, À force d'être trop utilisées, les recettes de ses succès se sont usées, et Belmondo a été un moment sérieusement déstabilisé.Pas longtemps.Son retour au théâtre avec Robert Hossein et sa réussite dans Itinéraire d'un enfant gâté l'ont superbement remis en selle.Il a touché 2 080 000 dollars pour tourner le remake des Inconnus dans la maison avec Georges Lautner.Son palmarès-record \u2014 il est, de tous les acteurs français en exercice, celui qui a le plus gros box-office \u2014 et son immense popularité le mettent à l'abri d'une brusque perte de vitesse.Tout le métier attend de lui qu'il tienne la place qui était celle de Gabin à la fin de sa carrière.Beau défi.ZOOM Petit message domestique Mlclrael Calne ff ÊRh l'heure actuelle, je ne joue pas dans la même catégorie que Bruce Willis ou Arnold Schwarzenegger; je ne demande que deux millions de dollars par film.Mais cela me suffit pour payer mon loyer.» Hollywood Reporter LES MOTS PEAU DE BÉBÉ \u2014 Avoir un teint frais et rose comme celui d'un bébé.Le Dictionnaire du gai parler rappelle que la parodie nous vaut peau de bébête qui désigne l'homme joufflu de l'âge moyen.Pop-corn À Hollywood, peut-être plus que n'importe où ailleurs, le succès est souvent affaire de famille.Pouvez-vous relier les noms des parents célèbres suivants avec ceux de leurs enfants qui ont aussi fait leur chemin?1.Martin Shcen 2.)udy Garland 3.Janct Leigh 4.Ronald Reagan 5.Maureen O'Sullivan 6.Debbic Reynolds 7.Tippi Hedren 8.Mary Martin 9.Lucîlle Bail lO.Shirley Jones _ a.Melanie Griffith b.Mia Farrow c.Larry Hagman d.Lucie Arnaz e.Emilio Estevez f.fsmie Lee Curtis g.Liza Minnelli h.David Cassidy i.Patti Davis i.Carrie Fisher RÉPONSES \u2014 1.5.b; 6.j; 7.a; 8.e;2.g;3.f;4.i; c;9.d; 10.h.¦ La femme de Michael Douglas, Dian-dra% vient de terminer la restauration de l'imposante demeure que le couple a achetée il y a trois ans à Majorque.Dian-dra a choisi personnellement tous les meubles, parmi lesquels on compte notamment un autel, un banc de confessionnal, un tableau représentant plusieurs évéques espagnols et un lit qui appartenait jadis à un pape.Diandra ayant surpris son mari au lit avec une amie il y a quelques mois, on se demande si, en choisissant cet ameublement peu usuel, elle a cherché à lui transmettre un message.¦ Ou bien il est superstitieux, ou bien il s'agit d'un problème d'hygiène particulier.George Hamilton ne porte jamais une paire de chaussettes plus d'une fois.¦ Les vedettes de Cheers ont été prises d'une inquiétude bien compréhensible en voyant un figurant nouvellement engagé se promener toute la journée un attaché-case à la main, sans jamais le déposer où que ce soit.Craignant que la serviette ne renferme une bombe ou une mitraillette, Kirstie Alley et Ted Danson demandèrent finalement au service de sécurité de la faire ouvrir.Us se confondirent en excuses en constatant qu'il n'y avait à l'intérieur qu'un bâton de désodorisant et d'autres articles tout aussi înoffensifs.Le malheureux expliqua que le fait de travailler avec les stars de la célèbre série le mettait dans un tel état d'énervement qu'il devait utiliser son désodorisant plusieurs fois par jour.¦ David Lee Roth a provoqué bien malgré lui un accident l'autre jour à New York, lorsqu'une automobiliste, apercevant le rockeur accroché à la façade du gymnase Equinox sans rien pour le soutenir, semblait-il, oublia de regarder devant elle et emboutit un taxi.En réalité, Roth escaladait une fausse arête rocheuse aménagée à l'intérieur de l'édifice, mais elle se trouvait si près de la fenêtre qu'on aurait juré qu'il était à l'extérieur.¦ Michael Jackson s'est fait rabrouer par son garde du corps devant un théâtre de Broadway, parce qu'il s'était arrêté pour donner un autographe à un admirateur.Le garde tira d'abord Michael par le bras pour l'inciter à poursuivre son chemin, mais le rockeur lui ayant déclaré qu'il voulait d'abord signer l'autographe en question, le cerbère lui arracha son stylo de la main, puis saisit Michael par le poignet et le fit entrer de force dans l'enceinte du théâtre.On ignore si le garde zélé est encore à l'emploi du chanteur.B Liza Minnelli est outrée de ce que sa vie soit devenue l'objet de la dernière biographie de Wendy Leigh, qui vient à peine de décocher ses flèches empoisonnées en direction d' Arnold Schwarzenegger.On croit savoir que le livre décrira les aventures que Liza a eues notamment avec Ben Vereen, Adam Ant et Joe Pesci, ainsi que l'étrange histoire de sa nuit de noces avec Peter Allen, le chanteur bisexué qui a succombé récemment au sida.«Son mariage avec Peter ne fut pas consommé durant la nuit de noces, affirme Wendy, parce que Peter n'était pas là: il était parti avec une autre femme.» B Bertrand Tavernier prépare un long métrage documentaire, La première victime, qui sera mis en scène par Marcel Ophuls.L'histoire du vingtième siècle vue par des correspondants de guerre.Il reprendra ensuite sa casquette de réalisateur pour une comédie américaine, Any-where but hère.Sources: AP, AFP, Star.Première.Globe Michael Douglas Éloge du commérage Le commérage n'est pas qu'un vain babillage; il peut vous être très utile et il peut même être bon pour la santé mentale.C'est en tout cas l'avis du Dr John Sabini, professeur de psychologie à l'Université de Pennsylvanie pour qui la principale fonction du commérage est de permettre aux gens d'évaluer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas dans une société donnée.«Par exemple, a-t-il confié à National Enquirer, lorsque les voisins font des commentaires sur les enfants du voisinage, ça vous donne une bonne indication de ce qu'ils attendent que vous fassiez avec les vôtres.» Des voisins, on peut aussi apprendre, par exemple, que M.Vincent a la fâcheuse habitude de ne pas retourner les outils qu'on lui prête.Ça peut servir.Au bureau, si vous entendez dire que Jean-Paul est toujours en retard de dix minutes en rentrant du lunch, vous pouvez en conclure que la ponctualité est appréciée.Pour sa part, le Dr Robert Amstadter, psychiatre et directeur médical au Centre pour le développement psychologique de Tustin, Californie, estime que le commérage peut aider à évacuer ses préoccupations et à se protéger de différentes façons.«Quand les choses vont mal, que vous êtes déprimé, note le Dr Amstadter, entendre parier des problèmes des autres.voisins ou collègues de travail, peut vous remonter le moral.» Une application de l'adage Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console.«Et, poursuit le psychiatre, si vous apprenez par le commérage qu'un réseau de voleurs est actif dans le quartier, ou qu'un gang de revendeur de drogue s'y est installé, ça vous incitera à la prudence.Le potinage permet aussi de se faire des amis.Ou de garder ceux qu'on a.Tant qu'on parle des autres, bien sûr.Le Dr Amstadter précise qu'on doit être prudent et ne pas pousser le papotage jusqu'à la méchanceté.«Si vous êtes trop langue sale, vous brûlerez vos sources, dit-il; les gens hésiteront à se confier à vous.» ï 1 LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 24 JANVIER 1993 Frisquet, le Texas en janvier Des Arc Angels inégaux, des Jayhawks surprenants ALAIN BRUNET ¦ En 1993, le premier véritable rendez-vous montréalais des amateurs de rock américain était fixé pour vendredi, au Spectrum.Le programme s'annonçait aussi tor-ride que substantiel.Si la température s'est maintenue au-dessus des normales saisonnières, quel- ques fronts froids ont fait baisser le thermomètre à quelques reprises.D'entrée de jeu au programme, des grooves de guitare bien dodus et bien sentis de la part de la formation torontoise Big Sugar.S'ensuf it un folk rock réminis-cent mais, paradoxalement plein de fraîcheur, celui des Jayhawks.Je pense donc je dis Cette chronique linguistique, préparée par l'Office de la langue française, paraît chaque semaine dans l'édition dominicale de La Presse.Pour faire autrement ou comment faire sans «faire» ?Au quotidien, une longue liste de choses à faire attend le verbe faire.Et lui-même, qui a déjà fort à faire avec ses seules affaires, s'emploie même pour éviter la répétition d'autres verbes dans un cas de comparaison (ex.: il applaudit, comme les autres le faisaient).Des emplois et des emplois, des sens et des sens, presque à en perdre sens.Si faire s'impose, alors faisons, faites gaiement.Mais si faire devient un modeste passe-partout du moindre effort, alors il y a des moyens de faire autrement qui font autrement l'affaire.Comment faire sans faire?Plutôt que «faire»: \u2022 dessiner, former un cercle; \u2022 lier connaissance (avec); \u2022 adresser, formuler des critiques; \u2022 causer, produire des dégâts; \u2022 contracter des dettes; \u2022 prononcer un discours; \u2022 effectuer, mener, se livrer à une enquête ; \u2022 commettre une erreur; \u2022 offrir, présenter des excuses; \u2022 assurer, établir une liaison (aérienne, routière); \u2022 dresser, établir une liste; \u2022 exercer, pratiquer un métier; \u2022 composer un poème; \u2022 concevoir, former un projet; \u2022 établir, rédiger un rapport; \u2022 effectuer, se livrer à des recherches; \u2022 effectuer, entreprendre, réaliser, procéder à des réparations; \u2022 accomplir, effectuer une tâche; \u2022 conclure un traité ; \u2022 accomplir, effectuer, parcourir un trajet.Et la liste pourrait aisément faire plusieurs pages.ou les remplir, les combler, les couvrir, les noircir.Mais que ce soit pour faire ou pour un autre verbe, tout est affaire de mesure.Palmarès VIDÉOCLIPS PALMARÈS MUSIQUE PLUS CS $a R ARTISTï\u2014TTOE 4 WHITNEY HOUSTON Il Will Always Love You 1 2 3 4 5 6 2 3 9%i 5 6 4 9 6 SADE No Ordinary Love 4 'MICHEL RIVARD Les dinosaures 7 * VILAIN PINGOUIN Délinquance 7 GUNSN'ROSES Yesterdays 3 U2 Who's Gonna Ride Your.7 8 5 METALLICA Sad But True 8 1 5 'RICHARD SÉGUIN Sous les cheminées 9 14 1 MADONNA Deeper and Oeeper 10 13 2 VANESSA PARADIS Be My Baby cs st is âiran-Tmre 11 15 2 -FRANCIS MARTIN Tout les Jours je pense-, 12 16 2 MOANE LABELLE Histoire sans retour 13 7 9 CÉLINE DION Love Can Move Moun* tains 14 17 2 MITSOU Hecding West 15 18 1 'BRUCE HUARD MonaUsa 16 10 4 THE TRAGICALLY KIP Locked in the Trunk 17 19 1 'POSSESSION SIMPLE Comme un cave 18 11 3 MICHAEL BOLTON To Love Somebody 19 20 1 'LES C0-LGC3 Me 20-DEFLEPPARD Stand up (Kick Love.) CS: Cette semaine, fid Semaine dernière.NS: Nombre de semaines au palmarès.En bout de ligne, le plat de résistance de la soirée.Quelque peu croche, laid back sur les bords, ce jeune quintette from Minneapolis peut rappeler Neil Young, version six des, sans compter nombre d'autres emprunts à cette sacrosainte époque \u2014 dont une version de A Reason to Believc, chanson de Tim Har-din jadis popularisée par Rod Ste-wart.Cela dit, on s'étonne déjà de l'aptitude certaine de ces musiciens à nous concocter des chansons vibrantes, très bien construites.Quant aux Arc Angels d'Aus-tin, Texas, dont le premier enregistrement annonçait un ticket prometteur (section rythmique de Stevie Ray Vaughan combinée à Charlie Sexton et Doyle Bram-hall II, une paire de jeunes loups affamés, émergeant de la scène texane), parlons de hauts et de bas.A mon sens, l'ensemble texan présentait l'alignement le plus compétent de la soirée si l'on s'en tient exclusivement au bagage technique de chacun de ses membres.Mais certains détails importants agacent chez les Arc Angels, jusqu'à désamorcer l'ensemble de leur prestation.Malgré un départ dynamique, malgré une performance correcte de A à Z, les Ar- changes n'ont pas su asséner les décharges nécessaires à leur public et faire en sorte que ce dernier ne s'élève vraiment vers le paradis escompté.L'évidente dichotomie de styles, caractérisant la relation entre Doyle Brahmall II et Charlie Sexton, deux guitaristes-chanteurs au potentiel de star, engendre souvent une livraison qui manque d'unité.C'est que Sexton, beau gosse, guitariste agile et chanteur de talent (bref, il a tout pour lui) n'arrive pas toujours à prendre sa place comme il le devrait.De quoi renforcer l'image de son collègue Bramhall II, qui a grandi artistiquement avec Stevie Ray et Jimmy Vaughan \u2014 son paternel fut longtemps le batteur de ce dernier.La filiation de Doyle est évidente au point qu'on se voit tenté de faire la mauvaise langue et de parler de pâle copie de feu Stevie Ray \u2014 d'autant plus que l'aura de ce dernier était marquée par celle de Jimi Hendrix.Bien que le quatuor ait présenté quelques grooves assez électri-sants à certains moments, les impressions d'inachevé et de nonchalance demeurent.Somme toute, une soirée moins torride que prévue.Quelque peu frisquet, le Texas en janvier.96,9 FM i?:.V J2 N IN/I E N'1' SP.\u20acCTRUIÏÏ 318.RUE STE-CATHERINE OUEST MÉTRO PLACE DES ARTS (Tel: 881-5851) ^ Billets en vente au Spectrum (tous les jours de 10h00 à 22h00) et dans les comptoirs Admission\"!* frais de service) m i SUZANNE VEGA 1 er février 20h00 DE RETOUR AU SPECTRUM 5 et 6 février 20h30 SPÉCIAL ROCK QUÉBÉCOIS A Bud DU IVIOIS Découpe/, cette annonce et écoutez CKOI-FM tous les soirs àl9hpour obtenir un Lisse/-passer gratuit.(MM NO et en première partie POSSESSION SIMPLE I -i Prossiî mardi 23 février, 20h30 18 ANS et ?| ¦ L'interurbain.- Bell Création québécoise (en reprise).De Jean-François Caron.Dominic Champagne, Jean-Frédéric Messier et de Pascale Rafie.Coproduction du THÉÂTRE IL VA SANS DIRE et du THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE.Collaboration à la diffusion : THÉÂTRE DE LA VILLE.Mise en scène de Dominic Champagne.Distribution : André Barnard, Marc Béland, Julie Castonguay, Dominic Champagne.Norman Helms.Roger Larue, Suzanne Lemoine.Wajdi Mouawad, Catherine Pinard et Dominique Quesnel.Le vendredi 29 janvier et le samedi 30 janvier.Théâtre de la Ville, Longueuil Réservations : (514) 670-1616 DIALOGUES Deux études théâtrales.Création québécoise.Texte et mise en scène de Jean-Pierre Ronfard.Production du NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL Distribution : Corps à corps : Roger Léger, Patricia Perez et Huy Phong Poan.Violoncelle et voix : Claude Lamothe, et Pauline Vaillancourt.Jusqu'au samedi 6 février.Espace Libre, Montréal Réservations : (514) 521-4191 EN ATTENDANT G0D0T Répertoire contemporain.De Samuel Beckett.Production du THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE.Mise en scène d'André Brassard.Distribution : Normand Chouinard, Rémy Girard, Michel Goyette, Alexis Martin et Jean-Louis Millette.Jusqu'au samedi 30 janvier.Théâtre français, Centre national des Arts, Ottawa.Réservations : (613) 755-1111 MONDE NOUVEAU (UN) Création québécoise.D'Elizabeth Bourget et de Jean-Luc Denis.Production du GROUPE MULTIDISCIPLINAIRE DE MONTRÉAL.Mise en scène de Jean-Luc Denis.Distribution : Suzy Marinier, Luc Morissette, Jean-Stéphane Roy.Sophie Vajda et Benoît Vermeulen.Jusqu'au jeudi 4 février.Salle Fred-Barry, Nouvelle Compagnie Théâtrale, Montréal.Réservations : (514) 253-8974 SAG0UINE (LA).Répertoire acadien.DAntonine Maillet Production du THEATRE DE L'ILE.Distribution : Viola Léger.Jusqu'au dimanche 31 janvier.Théâtre de l'île, Hull Réservations : (819) 595-7455 TROIS MOUSQUETAIRES (LES) Répertoire québécois.D'après le roman d'Alexandre Dumas.Adaptation et mise en scène de Gilbert Lepage.Production du THÉÂTRE DU TRIDENT.Distribution : Jacques Baril.Carol Cassistat.Lorraine Côté, Gill Champagne, Josée Deschênes, Benoît Gouin.Marie-Thérèse Fortin, Jacques Leblanc, Roland Lepage.Jack Robitaille.Patrie' Saucier et Rychard Thériault.Jusqu'au samedi 6 février.Salle Octave-Crémazie, Grand Théâtre de Québec, Québec.Réservations : (418) 643-8131 Y0NKERS Répertoire contemporain.De Neil Simon.Traduction de Benoit Girard.Production de LA COMPAGNIE JEAN DUCEPPE.Mise en scène de Monique Duceppe.Distribution : Markita Boies, Suzanne Champagne.Hugolin Chevrette-Landesque, Guy Jodoin, Raymond Legault, Béatrice Picard et Gilles Renaud.Jusqu'au samedi 6 février.Théâtre Jean-Duceppe, Place des Arts, Montréal Réservations : (514) 842-2112 Pour plus d'information, veuillez consulter le dépliant THÉÂTRE À L'AFFICHE.\u20act SunLife Le Conseil québécois du théâtre Votre soirée de télévision v 9 » ¦ CHOIX D'ÉMISSIONS par Louise Cousineau 10:00 O \u2014 Aujourd'hui dimanche Le président du Conseil du trésor Daniel Johnson y sera.13:00 O \u2014 Second regard Reprise d'une entrevue de Simonne Monet-Chartrand et reportage sur les orphelins de Duplessis.14:00 O Paris québécois Sept Québécois \u2014 dont Luc Plamondon et Louis-Bernard Robitaille de La Presse \u2014 qui ont choisi de vivre à Paris, \u2014 et en ont les moyens, \u2014 nous rendent malades de jalousie.17:00 O \u2014 La Course Destination Monde De mieux en mieux.19:00 ¦ \u2014 Caméra 93 Il y sera notamment question des Québécois qui hivernent en Floride.Si quétaines que ça?20:00 O \u2014 Le Jardin d'Anna (essica Barker en fillette à qui tout réussit et qui est soudain confrontée à la leucémie.Vous pleurerez et apprécierez.22:00 (D \u2014 Tête à tête Mme Payette interroge Michel Tremblay.\t18 h 00\t18 h 30\t19 h 00\t19 h 30\t20 h 00\t\t20 h 30\t21 h 00\t21 h 30\t\t\t22 h 00\t22 h 30\t23 h 00\t23 h 30 e\tT-il-., \u2014\u20141 1*1-¦ i.rla eiejounisu uecouveno\t\tJuste pour rire\t\tBeats Dimanches: Le Jarôn d'Anna.\t\t\t\tLe Dimanche (21W5)\t\t\tBeaux Dimanches: Jazz.\t\tSports (23h05)\tLe Ctap (23h20) S)\t«0v MOT\t\t«Minutes\t\tMurder.SheWrole\t\t\tMovie: Bonds oflm\t\t\t\t\t\tCBS News\tDesigriing^(23h15) CD\tBmedcast New York\tNBCNevs\tSecret Service\t\tWitness Videos\t\t\tMovie: KBer ffe&s.\t\t\t\t\t\tThe Untouchabies\t O\tThe MpjU World of Disney\t\tThe Fantfy Hoor.RoadToAvonlea.\t\tLiar.l\t\t\t\t\t\t\tSunday Report\tVentura (22h28)\tSunday Night\tC6CNews(23h15) O\tL'Événement (17h30)\tStar d'un soir\t\t\t\u2022 Cinéma: Meurtre à Hotywod^^svKBr^WŒI».\t\t\t\t\t\t\t1CW1KK.MKTW Iisvmi).\t\tLe TVA\tfngeLoMa Ot\tLTvènement (17h30) \u2022\tSojt (Ton soir\t\t\t\u2022 Cinéma: Meurtre é rWrywood PoôcJer avtc Bojcç ¥*s.\t\t\t\t\t\t\tTAte A ^^a* Ir-L -' Tn»ilM i en i vu.ncnci i rvnxxij.\t\tLe TVA\tTrageLotto o\tlewtfinc\tHmoqbovr Csfe\tW5 vrithEric MâSnj\t\tAffiFun.Home Videos\t\tAm.Fun.People\tMovie: Bonds of Love.\t\t\t\t\t\tCTVWeekendNews\tragnutne CE)\t:yewuness news\tABC News\tUfeQoesOn\t\tAm.Fun.Home Videos\t\tMov.e:Heartbreak RkJge.\t\t\t\t\t\t\tNews(23h15)\tEmerg.Call(23h45) Œ)\tTéWoomal/Décocverte\t\tJuste pour rire\t\tBtitf* ÛiRttnches: Le Jardin d'Anna.\t\t\t\tLe Dimanche pintf)\t\t\tBeaux Dimanches: Jtiz.\t\tSports (23h05)\tLe Ctap (23h20) CD\tL'Événement (17h30)\tStv(fyniolr\t\t\t\u2022 Cinéma: Meurtre à Hollywood.Pe&ier avec Bruce WBe.\t\t\t\t\t\t\ti cti ¦ ww, mena imnuiBj.\t\tLe TVA\tTiage Lotte (D\tPut»\tTnrveLTnvel .\tW5 with Eric Mifiog\t\tAm.Fun.Home Videos\t\tAm.Fun.People\tMovie: Bonds of Love.\t\t\t\t\t\tCTVWeekendNews\t
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