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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1993-02-14, Collections de BAnQ.

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[" D D Livres / Arts et spectacles LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 14 FÉVRIER 1993 41.Chagrin d'amour ; toute la vie.i i La littérature n'existerait pas sans l'amour.Et a priori, sans les chagrins d'amour, car malheureusement, les histoires d'amours heureuses n'accèdent que rarement aux portes de la grande littérature Les auteurs quci^^.^ naître le grand sentiment dans les cumv.\u2014 dureté de l'existence rend l'attrait de l'amour encore piuo .\u2014 Mais le chemin vers le bonheur avec l'être aimé est semé d'embûches insurmontables, de neige, de sang, de trahisons, d'irréparables accidents.Rappelez-vous Maria Chapdelaine.Son grand amour avec François Paradis fleurit dans la dureté du Québec profond, isolé au fond des bois, entouré de cette nature à laquelle on livre une guerre quotidienne.Le travail de la terre fait vieillir prématurément les hommes et les femmes qui y consacrent leur vie.«Ce qui frappe, dans le discours amoureux québécois, c'est cette presque impossibilité de la déclaration d'amour, du moins jusqu'en 1930», dit Jacques Allard, prof à l'UQAM, qui étudie le discours amoureux dans le roman québécois depuis longtemps.SU\\T£ A LA PAGE B: I ¦ Que fait un oiseau qui se meurt d'amour pour une oiselle?il prend du papier et le lui écrit avec une plume.Une de SES plumes.Aïe! Et.re-aïe, puisque la plume en question, même taillée et affûtée, crache sur le papier de bien inélégante manière.Mon petit oiseau, ma tendre colombe, mon petit colibri, ma délicieuse perruche, ma tourterelle, mon hirondelle, ma tendre pie volage: La lettre d'amour commence et.ne se termine jamais, problème de plume oblige.Bref, l'oiseau devenu sage \u2014 et déplumé \u2014 décide.mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendra plus.La prochaine fois, il utilisera un stylo.Le texte et les illustrations humoristiques de cet album signé Gilles-Marie Baur ne manqueront pas de faire rire les enfants, mais aussi, les plus grands.En fait, La lettre d'amour pourrait fort bien faire une carte de Saint-Valentin «drôlement» originale! Sonia Sarfati LA LETTRE D'AMOUR.Cilles-Marie Baur.L'a Farandole.Paris.1992.2?Dages, 19 95$ Le difficile mariage télévision - littérature ¦ Danièle Bombardier a-t-elle vécu la même enfance à l'eau bénite que son illustre soeur aînée?«Pas tout-à-fait, nonl Je n'aurais peut-être pas écrit le même livre.», dit-elle en s'esclaffant.Danièle Bombardier va dorénavant traiter de livres, justement, à l'antenne de Radio-Québec (dès ce soir, 19 h.30).À son Plaisir de lire, pour effectuer le difficile mariage télévision-littérature, elle fera défiler «les auteurs que nous croyons capables de bien vendre leur écriture ; les autres, ce serait un mauvais service à leur rendre que de les inviter à l'émission.», dit-elle.En page B 7 Danièle Bombardier \u2022 \u2022 \u2022 - ¦ Évidemment, Richard Desjardins signe: «Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours».Et Robert Charlcbois griffonne: «('t'aime comme un fou».On retrouve 65 de ces déclarations d'amour dans un livret que publie Stanké sous jaquette rouge pas-J sion.65 signatures d'autant d'artistes et de person^ nalîtés diverses.Quelques-uns ne se sont pas contentés de signer et ont ajouté de petits croquis, Edith Butler et Jean-Pierre Coallier, par exemple.L'ensemble constitue un petit bibelot inoffensif qui fera verser une larme d'attendrissement.L'initiative de l'éditeur soutient en outre une bonne cause: les profits seront versés à la Fondation des maladies- du coeur du Québec.Et, pour finir, on pourra participer aujourd'hui (à II h., au Sherlock's, 1010 rue Sainte-Catherine ouest) à un encan présidé par legor de Saint-Hippolyte, encan au cours duquel seront adjugés les originaux de ces petits mots d'amour.La Presse .» ¦» » r \u2022 % JE T AIME en collaboration Stanke Montréal.1993 128 pages 7 95$ i mc VIVE LE PHANTOM MAIN 1 l NAM JLSQl VU 4 MARS 1993! fl -, Thpàtrp Maisonneuve CrO Place des Arts, Montréal Kl SI R\\ I / i M SOIR! I \\\\ l ( Il IMI \\\\ roM (S 14) 790-2222 QUELQUES PLACES ENCORE DISPONIBLE! BUIciS égalcmrn.t en vinU .111 jgflichét de,la (Mai e'des \\rl\\ et au\\ Kuulu-t\\ IhkitMuNti-r ivitui-% dan\\ certain* ni4£4\\in\\ de I a Haie » (\u2022roupo (-2U rl plus) téléphone/ : l*Ul H74 9.15J au Uu.fu» |4I*H 74m> en dehors du Queho Rc\\er\\e/ une plai e de 1 h.m v fttâce a \\\\ani première de Vuu r uan I \\pri \\\\ ( uniposi/ k(SI4l 790 uittf) \\ crvion ui initiale! i «« jmhi.ii> avti des M»riiiri\\ rn irum.tr.Ca/U \u2022» E3 82 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 14 FEVRIER 1993 Opinions A votre tour r.Ixi boîte aux lettres m \u2022y ¦¦¦¦'''\"MM \t1 \t¦S : -.L:J\t¦i \t¦i \t¦i \t¦i Les frères Michel et Pierre Marchand.Lettre à Michel Pierre Marchand a écrit ce texte qui a été lu lors des obsèques de , son frère jumeau, le Dr Michel h Marchand, décédé du sida.on frère, Quand j'ai appris que tu étais séropositif, j'ai eu l'impression que tout mon monde allait basculer.J'avais même dit à Suzanne, notre psychologue, que cette nouvelle m'avait dévasté.Ayant été conçu en même temps que toi, j'étais aussi bien toi que tu pouvais être moi.Comment était-ce physiquement possible que tu partes?Quelle part de moi allait partir?À notre naissance, tu m'avais précédé de cinq minutes, et cette avance a toujours été pour nous le signe que tu devais veiller sur moi et me défendre contre les dangers de la vie.Bien sûr, j'ai souvent trouvé ta protection un peu encombrante et parfois même infantilisante.Tu voulais contrôler les moindres aspects de ma vie \u2014 du moins, c'est ce que je croyais \u2014 et je m'estimais capable de me débrouiller sans toi.Parce que tu voulais me protéger,' tu me pensais sans défense.Tu m'imaginais ébouillanté sous la douche faute d'avoir su régler la température de l'eau ou tu te demandais peut-être si je n'allais pas faire sauter toute la maison en allumant le gaz.Quant à ta confiance en mes talents culinaires, n'en parlons pas: tu dois encore t'émerveiller de ce que j'aie pu me préparer autant de repas sans jamais m'empoisonner.Même si tu y mettais parfois de la tendresse, cette manie de me contrôler m'agaçait beaucoup et je l'ai combattue jusqu'au bout.Mais je dois reconnaître qu'elle faisait souvent mon affaire.Chaque fois que j'avais un petit bobo qui me faisait peur, je te téléphonais.Avec toi, j'avais le droit d'avoir peur pour rien.Tu ne tournais aucune de mes inquiétudes en ridicule.Dès que je sollicitais le docteur en toi, ta voix se transformait.Elle devenait si douce et si calme que je m'apaisais aussitôt.le suis donc bien placé pour imaginer le chagrin que tes patients éprouvent aujourd'hui, eux dont tu ne m'as presque rien dit de crainte d'éventer un secret professionnel.Quand mon ami Alain est devenu sidéen, la terreur s'est emparée de moi et j'ai usé et abusé de ta patience jusqu'à l'extrême limite.Toutes les questions imaginables sur le sida et son évolution, je te les ai posées et reposées, surtout celles auxquelles le médecin ne pouvait apporter de réponse.Je ne me souviens pas que tu aies perdu ton calme, même si j'ai senti que tu es passé tout près de le faire.Tu aurais eu bien des raisons de t'emporter, la plus importante étant qu'a ce moment où je te sollicitais le plus, tu entreprenais l'épouvantable deuil de ton ami Jules, ' mort du sida lui aussi.Je me souviens aussi quand nous avons enterré Jules: après le service, nous avions à nous rendre à la réception qui nous attendait.Tu étais dans une voiture et moi dans une autre.Notre voiture s'est égarée et je suis arrivé une bonne demi-heure après toi.Tous ceux qui t'ont vu alors peuvent témoigner de l'inquiétude qui te torturait à l'idée que quelque chose de fatal ait pu m'arriver.Quand tu es tombé malade, tout s'est mis à aller plus vite et plus intensément.Toi qui voulais tout contrôler dans les moindres détails \u2014 parles-en aux employés de la Clinique \u2014 comment allais-tu faire?Tu étais terrifié à l'idée que, petit à petit, tu allais devoir t'en remettre à d'autres.Pour combattre cette peur, tu as commencé par aller jusqu'au bout du contrôle.Au lieu de me demander de te faire un thé, tu me dictais chacune des étapes de la fabrication de cette boisson, en commençant par le choix de la tasse jusqu'à la manière d'enrouler le sachet de thé autour de la cuiller, après l'infusion.fcf malheur à moi si une seule de ces étapes n'était pas accomplie à ta plus entière satisfaction.Cet aspect de ta personnalité m'irritait au plus haut point.Je ne sais plus combien de fois j'ai voulu t'envoyer promener.Et combien de fois j'ai eu du chagrin parce que je ne me trouvais pas à la hauteur.Tu imagines alors la terreur qui s'est emparée de moi lorsque tu m'as demandé non seulement de préparer ton thé \u2014 gui n'a plus de secret pour moi \u2014 mais de te faire des injections sans arracher ton cathéter, de t'administrer des solutés sans t'envoyer d'air dans les veines, de te guider vers la salle de bains sans te faire tomber, de te laver sans succomber à la crainte irrationnelle de me contaminer moi-même.Dieu merci, il y avait Gilles, qui est non seulement un infirmier de premier ordre, mais aussi ton ami et l'intermédiaire qui a su tisser entre toi et moi le lien du maître à l'élève.Et il y avait André, Danièle, Angèle et toute la famille de Jules, les médecins Clément et Éric, les employés de la Clinique, Richard le préposé de nuit, les chiennes Sophie et Sarah.Il y avait aussi ma tante Annette, ma cousine Francine, mes parents, tous les membres de ma famille et tous mes amis et collègues qui ont accepté et compris que je me coupe d'eux pour m'occuper de toi.Et il y a les nouveaux amis qui se sont ajoutés récemment.Alors, petit à petit, mes craintes se sont estompées.J'avais encore mes im- \u2022 patiences comme tu avais les tiennes, mais tu as fini par me dire à quel point tu souffrais quand tu me voyais souffrir de toi.Et nous avons compris ce qui se passait.Ton corps et le mien étaient bien deux entités séparées.Mais une partie de ton esprit était attachée depuis toujours à une partie du mien.Nous étions en quelque sorte des siamois de la pensée.Et avant que tu ne meures, il a fallu sectionner une à une les fibres qui nous unissaient.Voilà pourquoi nous avons tant crié.Malgré la douleur de l'arrachement, nous avons persisté.Et puis il y a quinze jours quelque chose est arrivé.Tu as attrapé une infection du cerveau qui t'as rendu confus.Au début, je pleurais de voir ton égarement.Tu nous parlais comme si tu étais dans un rêve, nous avions l'impression que tu étais un somnambule éveillé.Tu sentais que ta personnalité changeait.Allais-tu devenir un fou dangereux?Cette pensée t'a fait horriblement peur.Nous avions tous ensemble un immense projet que nous étions sur le point de réaliser: accomplir ta mort chez toi, dans tes affaires.Et lorsque tu as cru que tu pourrais devenir dangereux pour ceux qui t'aiment, tu nous a demandé de t'envoyer à l'hôpital si jamais tes craintes se confirmaient.Ce que tu as accompli alors, c'était l'ultime sacrifice.Tu as, par amour» volontairement abandonné la certitude de ne jamais se retrouver dans un hôpital.C'est alors que le miracle est arrivé.Le père aimant et sévère qui voulait contrôler le quoi et le comment s'est transformé en enfant doux, naïf et totalement ouvert à l'amour.J'ai eu le droit de te prendre dans mes bras, de te tenir la main chaque fois que j'en ai eu le désir, de sentir sur moi l'effet de ton corps qui est un peu le mien.Tu t'es donné le droit de recevoir mon affection, tu as reconnu en moi le père qui protège, tu as accepté que je devienne ton grand frère.Ayant totalement abandonné tes défenses, tu t'es retrouvé totalement protégé contre la seule peur qui ait un sens: celle de mourir.C'est pourquoi je ne m'étonne pas aujourd'hui que tes dernières paroles aient été: «Je suis content ! » Ton destin s'est donc totalement accompli.Tu as été mon père et notre père à tous.Tu as été mon enfant et notre enfant à tous.Tu as été mon frère jumeau.Et maintenant tu es mon frère et notre frère à tous.Quant à moi, je reste ton frère, mais je sais qu'une partie de toi se développera en moi.Ce sera à moi de la découvrir.Je sais aussi que tout en me faisant des clins d'oeil complices, tu as déjà commencé à me guider dans la voie qui me ramènera à toi, à tes frères et à tes soeurs.Au revoir, Pierre, qui t'aime.Les mots évoluent eux aussi.¦ Le 23 janvier, on a pu lire le titre suivant dans La Presse: « Dialogue de sourds entre Bourbeau et Valcourt».Cette locution idiomatique (certains linguistes disent idiotismes), que les journalistes utilisent ad nauseam ne cerne pas vraiment la réalité des personnes qui vivent avec une déficience auditive.Les personnes sourdes et malentendantes peuvent communiquer et se faire comprendre.Cette lettre en est la preuve.En plus de l'écriture, de la communication en mode gestuel avec interprétation, de la lecture labiale, il existe des technologies à leur disposition: appareils téléphoniques de type téléscripteurs, messageries électroniques, télécopieurs, systèmes d'amplification adaptée, etc.Les clichés suivants ne correspondent plus à la réalité: «frapper ou crier comme un sourd, sourd-muet, sourd i ligue », etc.Alors que nous nous efforçons de présenter une image positive des personnes sourdes et malentendantes, nous aimerions compter sur l'appui de la gent journalistique.Comme toute situation qui évolue, les mots qu'on utilise pour en parler changent également.Le mot traduit la perception d'une société de la réalité qu'il désigne.L'introduction du mot «personne» est apparue comme une revendication fondamentale des personnes handicapées.Nous parlons maintenant des personnes sourdes au lieu des sourds.Jean-Guy BEAULIEU Directeur général du Centre québécois de la déficience auditive et personne sourde Des ajustements volontaires ¦ Étant donné que près de 700 000 Québécois vivent présentement de l'aide sociale, voici deux suggestions que je propose.Premièrement, l'incitation au travail devrait devenir une priorité pour les gens ayant terminé leurs études et ayant moins de 50 ans.Toute personne dans ce groupe d'âge recevant de l'aide sociale depuis un an ou plus devrait se voir proposer une diminution volontaire de 10% de son allocation par mois.En échange de cela, elle pourrait continuer de recevoir ses prestations d'aide sociale pendant six mois après avoir trouvé un emploi.Cette mesure inciterait les assistés sociaux à travailler et ferait tomber le fameux argument disant: «Si je trouve un emploi, je perds mon aide sociale».Deuxièmement, je crois que les bénéficiaires de l'aide sociale de 50 ans et plus devraient recevoir un montant mensuel équivalent à la pension de vieillesse, ce qui signifierait une augmentation de moins de deux cents dollars par mois.Ne croyez-vous pas que ces gens le méritent puisque ces personnes ont très peu de chances après 50 ans de se trouver un emploi.Roger CHARLEBOIS Montréal // ne faut pas crier victoire ¦ Comment le conseiller de Jeanne-Mance, M.Prescott, peut-il crier victoire pour avoir obtenu le stationnement réservé sur rue pour ses résidents alors que ceux-ci doivent débourser 37 $ par an pour un privilège que les autres automobilistes montréalais obtiennent gratuitement ?Je ne veux pas me faire le défenseur ou le promoteur de l'utilisation de l'auto, principal pollueur urbain.Toutefois, j'estime que les automobilistes résidents du centre-ville se voient injustement pénalisés pour un problème de manque de stationnement dont ils ne sont que les victimes et non la cause.Ce sont les banlieusards et les autres Montréalais du nord, de l'ouest et de l'est qui viennent s'emparer des aires 'Jv- de stationnement devant nos demeures.Les difficultés de stationnement dues à la concentration des activités urbaines sont un problème de mauvais développement urbanis-tique.En fait, le coût rattaché à sa solution devrait être partagé par l'ensemble des citoyens, dont la Ville.Ce n'est surtout pas aux détenteurs de vignettes d'en faire les frais.Michel BÉDARD Chef du Parti Éléphant Blanc Éloge de Madame Jeanne Sauvé ¦ l'ai eu la bonne fortune de connaître Madame Jeanne Sauvé depuis une trentaine d'années.Elle a fait plusieurs carrières.Dans chacune, elle a su laisser sa marque: dans les mouvements d'action catholique, à Radio-Canada, dans le journalisme, au Conseil des ministres à Ottawa, à la présidence de la Chambre des communes, à Rideau Hall comme Gouverneur général du Canada.Elle avait le sens des grandes valeurs et un ensemble rare de qualités qui devait lui permettre d'assumer le grand destin qui fut le sien.Elle avait plus d'un talent : un esprit vif et toujours en éveil, un sens inné de*la commun ica- Jeanne Sauvé tion; c'était une femme d'idées mais aussi une femme d'action ; elle aimait construire sur du concret.Jeanne Sauvé était brillante, déterminée et courageuse.Au moment voulu, elle n'hésitait pas à faire preuve d'audace.Humaniste, elle s'intéressait aux arts, au cinéma, à la littérature, à l'histoire.Elle avait le plus profond respect pour la langue et la culture françaises.Fort cultivée, elle s'exprimait avec clarté et élégance en français et en anglais.Elle savait s'impliquer dans les causes auxquelles elle croyait: son pays, la jeunesse, la famille, la justice.C'était une «première» en politique, on l'a bien souligné.Elle relevait les défis.Dans sa vie publique, à Ottawa, elle a fait beaucoup, en peu de temps, pour les femmes et pour les hommes.Pendant longtemps elle a joui d'une santé de fer.Frappée par la maladie ces dernières années, elle fit montre d'un grand courage.C'était en un mot une femme remarquable; elle fut, sans conteste, l'une des grandes figures de notre histoire.Cette femme aura connu une carrière qui, jusqu'ici, demeure unique.Sénateur Gérald-A.BEAUDOIN Ça fait «branché» de rouler avec une « Importée ».Le snobisme des « importées » perdure JEAN BERTRAND Voilà exactement 100 ans, cette année, que les frères Charles et Franklin Durea, de Springfield, au Massachussetts, construisirent la première automobile à essence en Amérique.Depuis lors, bien des roues sont passées sur les ponts.Au Québec, les automobilistes achètent chaque année pour 5 milliards S de voitures et camions neufs, soit une moyenne de 340000 véhicules.Globalement, on estime à environ 4 millions le nombre des véhicules au Québec seulement.Si on tient compte de tous tes intervenants, à partir des usines de fabrication jusqu'aux entreprises de re- cyclage, c'est incontestablement un de nos plus importants rouages économiques.Mais, curieusement, en cette époque de récession où tout le monde rêve de la solution miracle, le Québec, plus que tout le reste du Canada, saborde lui-même cette source d'emplois et de prospérité en achetant massivement des véhicules importés.Les chiffres sont cette année de l'ordre de 45%.Par rapport à nos données déjà mentionnées, c'est dire que nous exporterons, en seulement 12 mois, pour 2,25 milliards S d'emplois, principalement vers le lapon! Un effet d'autant plus évident qu'à l'inverse, les manufacturiers nord-américains en vertu du «Pacte de l'auto», sont tenus de cons- truire au Canada autant de véhicules qu'ils en vendent.Problème de qualité?Tous les experts objectifs affirment aujourd'hui que l'argument n'est plus vraiment justifié.Mais la mode des «importées» subsiste, comme un certain snobisme, en divers milieux.Ça fait «branché» de rouler avec une «importée».Mais «branché» sur quoi?Certes pas sur notre réalité économique! Résultat de cette conscience à courte vue: plutôt que les voitures, ce sont de plus en plus les emplois japonais qui nous font rêver, d'autant plus qu'on a de moins en moins les moyens de se payer même une bonne vieille bagnole américaine.Il y a décidément des solidarités et des fiertés à redécouvrir. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 FEVRIER 1993 B 3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 14 FÉVRIER 1993 La personnalité de la semaine Il n'est pas de succès qui se mérite s'il West construit sur l'excellence Cette jeune Lavalloise vient de remporter le titre national de patinage artistique pour la deuxième fois de sa carrière ANNE RICHER Dix-huit ans de travail et d'acharnement ont conduit losée Chouinard là où elle est: la meilleure patineuse au pays, la championne.Elle sait pourtant qu'à chaque épreuve il faut recommencer, remettre ses patins à l'endroit et donner le meilleur d'elle-même.Dimanche dernier à Hamil-lon, la jeune Lavalloise a remporté le titre national pour la deuxième fois de sa carrière.La Presse souligne cette belle victoire en la nommant Personnalité de la semaine.Elle a eu le droit de fêter cette victoire, mais elle est déjà préoccupée par la reprise de son entraînement en vue des championnats du monde.«Après avoir été si fière, c'est dur de recommencer.Mais on ne peut pas toujours être high.je vais donc descendre pour remonter plus haut encore la prochaine fois.» Rien n'est acquis.Là comme ailleurs la clé de voûte du succès est le travail.Josée Chouinard sait mieux que personne combien on peut être fragile et forte en même temps sur deux lames.«Sur le coup, on pense que c'est pas si mal ce qu'on vient de faire.Et puis quand on regarde le vidéo, on se dit qu'on peut faire mieux.» Elle se lance sur la pati- noire comme dans l'arène, le coeur tambour battant, consciente que tout va compter: la technique certes, mais aussi la grâce, le sourire, «l'aime ça quand le public participe, quand il réagit.Ça me donne un curieux mélange de plaisir et de stress.» Elle a eu droit à une ovation, dimanche dernier au Copps Co-liseum de Hamilton.«Ça vaut presque autant que la médaille», assure la championne.Une passion précoce Le récit de ses débuts de patineuse est connu.On sait aussi que dans la famille Chouinard, l'activité physique est une valeur importante.Les deux enfants, losée et Éric, ont pu très tôt vivre des expériences diverses au cours desquelles ils ont finalement découvert leur véritable talent, losée, par exemple, faisait du ballet, du volleyball, de la natation et du ski alpin, quand à sept ans, pour suivre l'exemple d'une petite voisine, elle s'inscrit dans un club de patinage artistique.«C'est après la première compétition que l'on réalise le mieux si on veut continuer dans cette voie», explique (osée.C'est ce qui s'est passé pour elle.La compétition est devenue un moteur formidable.Mais pour Josée Chouinard, patiner est d'abord un plaisir.Elle est née le 21 août 1969, l'année même où ses parents achetaient leur maison à Au- JOSEE CHOUINARD « Sur le coup, on pense que c'est pas si mal ce qu'on vient de faire.Et puis quand on regarde le vidéo, on se dit qu'on peut faire mieux.» teuil, Laval.A travers sa formation de patineuse qui lui a demandé, de même qu'à ses parents, beaucoup de ténacité, elle a réussi à poursuivre ses études.Études primaires à l'école Sainte-Béatrice; premier cycle du secondaire à l'Odyssée des Jeunes et par la suite, l'école secondaire Georges Vanier.Finalement le Collège français, où elle est sur le point de terminer des études en sciences humaines.André Chouinard, son père, est décédé alors qu'elle n'avait que 11 ans.C'est un père présent, dévoué et attentif qui laisse un grand vide à son départ.La mère, Raymonde Chouinard, va garder allumée la flamme sportive, accepte d'en faire une priorité familiale en dépit des difficultés que cela comporte.losée Chouinard compte faire une carrière professionnelle d'au moins toute une année, quand elle aura franchi les diverses étapes qui restent: entre autres les jeux olympiques de 1994.D'ici là, elle réve qu'elle aura peut-être achevé des études en dessin de mode ou en décoration intérieure.«l'ai appris à planifier mon temps», dit la jeune championne.Malgré un horaire chargé, une forte concentration, elle réussit à maintenir une vie sociale agréable.« Diminuée bien sûr, mais c'est un choix que mes amis respectent et comprennent.Pour ma part, je ne me sens pas privée de quoi que ce soit, le vis autre chose, je voyage, ce qui est aussi très enrichissant.» Elle a hâte de découvrir Prague.Plus tard elle ira sans doute à Hawaï et en Australie.« |e me sens aussi à l'aise sur la patinoire que sur une piste.de danse.» Musique et lecture La musique lui est d'un grand secours pour se détendre.Et toutes les formes de musique lui plaisent, à l'exception du h'eavy métal.Elle prend aussi le temps'de lire \u2014«pas assez à fflofi goût»\u2014, et privilégie les oeuvres de psychologie, de motivation pour la réflexion, les romans policiers pour la vraie détente.Elle est croyante, profondément.Une foi qui a été entretenue dans sa famille, qui la soutient et la stimule, «j'ai appris que par les épreuves on devient plus fort.» Présidente de la campagne de souscription pour la dystrophie musculaire, elle découvre un monde qui transforme radicalement son attitude face aux handicapés : « l'étais mal à l'aise avec eux jusqu'à ce que je découvre qu'ils ont surtout besoin qu'on les traite comme tout le monde.» \u2022 «Pourquoi moi j'ai mes deux jambes, mes deux bras?Je suis privilégiée.» - \u2022 La championne au coup de patin magique ne se contente donc pas d'être la meilleure: c'est une étoile.Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de Veffort.a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes des gens de parole ALCAN isir de découvrir LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE L à CBF 690, l'émission EN DIRECT Christiane Charette Demain matin dès 9h30 Réalisation: Louise Carrière m ¦ » \u2022 _ ¦ \u2022 ' - SRC CBF 690 Montréal B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 FÉVRIER 1993 al Les best-sellers fl 1 Cet enfanta (Tailleurs Editions québécoises Fiction (romans) Ariette Cousturo Libre Expression (12) 2 Sept lacs plus au Nord Robert Lalonde Seuil (1) Apguk Yves Thériaurt Quinze 0) 1 Ma vie comme une rivière S.Monet-Chartrand Remue-mènage (3) 2 La génération lyrique François Ricard Boréal (12) 3 Judith Jasmin Colette Beauchamp Boréal (10) Editions étrangères Fiction (romans) 1 Texaco Patrick Chamoiseau Gallimard (D 2 La dangereuse Joséphine Hart Robert Laffont 0) 3 Nous n'irons plus au bois Mary Higgins Clark Albin Michel (D 1 Jamais sans ma fille 2 Essais Betty Mahmoody Fixot (14) 2 Marlene Dietrich Maria Riva Flammarion (2) 3 Comme un roman Daniel Pennée Gallimard (1) ?1! Guide du vin '93 Livres pratiques Michel Phaneuf L'Homme (10) 2' Petit Larousse illustré En collaboration Édit.Françaises (11) 3 .Guide de la route En collaboration PubJ.du Québec (1) Les Jistes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Demarc, Ducharme, Le Fureteur (St-Lambert), Gallimard, Gameau (Québec), Guérin, Hermès, René Martin (Joliette).Monet, Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi).Maison de la Presse Internationale, Payette (Sherbrooke), Guy Poirier (Trois-Rivières), Raffin, Re-naud-Bray, Sons et Lettres, W.H.Smith & Classic.\u2022 4 GAGNEZ LE TOIT Le concours de la Course destination monde.Vous n'avez qu'à .suivre nos globe-trotters, le dimanche à 17 h, pour courir la chance de vous envoler sur le toit du monde.Immensité, beauté, ferveur, ua voyage incomparable de 4 semaines organisé par Club Aventure Vxjyages au coeur du fabuleux Tibet Vous pouvez y amener la personne de votre choix! Pour participer, remplissez le coupon ci-joint et confrontez vos appréciations à celles des juges.Vous n'êtes pas d'accord avec eux?Affirmez-vous ! Choisissez votre reportage préféré, rendez votre verdict et répondez à la \u2022 question de la semaine.\u2022 & prix du public La Presse IL : HLtrt çrix de 2000 $ sera remis au /¦£ : «porter ayant reçu le grand nombre j itérâtes du public : acteur de îSfifesse.4 - La vie des livres PIERRE VENNAT La farce littéraire ¦ Avec la même passion du paysan pour sa terre, le Français considère la chose écrite comme son bien, et il attribue à celle-ci, par donation, le domaine de la pensée: l'intelligence est sienne ou elle n'est pas.On abandonne volontiers le progrès aux Américains, la musique aux Allemands.Mais pour ce qui est de la littérature, le Français considère qu'il ne saurait exister que la sienne.Et pourtant.«Il se produit dans le livre le même phénomène dont est affecté le cinéma; c'est par franges entières que les lecteurs désertent le chemin du libraire, il en est de même du film où les foules ne font plus recette.« La dégringolade du septième art est parallèle à celle de la lecture, et l'explication est identique, même cause, même effet ; un virus commun provoque ces ravages d'absence: on fait de part et d'autre dans l'intellectualisme, même si les slips sont de la partie.Des maîtres à penser ont rendu la pellicule élitaire, porteuse de messages, ennuyeuse à mourir.» Ainsi s'exprime le journaliste français M.-G.Faget, dans un pamphlet intitulé La Farce littéraire et qui, depuis quelques semaines, a fait son apparition dans les messageries de presse et aux rayons de plusieurs librairies du Québec, plusieurs mois après sa parution en France.Il ne faut pas s'en étonner.Faget, un des précurseurs d'un style journalistique qui donna naissance en France à Hara-Kiri, Charlie-Hebdo et toute la famille, a pondu un véritable pamphlet, suite à un autre livre abordant le même sujet.Le Concourt, qu'il avait publié il y a quelques années.M.-G FAGET La Force Littéraire On voit d'ici la difficulté de voir bien diffusé un livre qui ose dénoncer les grands du monde littéraire.En fait, non seulement Faget a eu de la difficulté à trouver un éditeur (il est publié par la Société des Éditions Régionales, qui a bureau à Genève, Bruxelles, Londres, Dûsseldorf et Miami, en plus de Paris), mais c'est finalement l'éditeur québécois Lorenzo Proteau, qui fait également dans la diffusion, qui l'a importé pour le diffuser au Québec.Il faut dire que Faget n'est pas toujours commode ou que, du moins, son humour n'est pas toujours apprécié.Il y a quelques années, il sortit un numéro humoristique de la revue qu'il dirigeait et qui se voulait une satire des slogans publicitaires de l'époque.Si l'entreprise n'avait rien d'inédit, la nouveauté de la chose était que les sociétés visées se trouvaient nommément désignées et leurs labels fidèlement reproduits.Ce qui, bien sûr, ne fut pas prisé.Son premier livre, L'Ecole des notables avait fait scandale.À l'époque, tout Paris ne jurait que par Saint-Germain-des-Prés.«C'était en effet l'époque des égouts en crue; si I on n'était pas détraqué, voyou en cavale, alcoolique, homosexuel, lesbienne, drogué, incestueux ou en passe de devenir l'un ou l'autre, on ne pouvait prétendre être écrivain!» Dans La Farce littéraire, Faget ne fait pas que dénoncer ses bêtes noires habituelles.Il touche du doigt des problèmes sérieux de la littérature française actuelle.«Le métier d'écrivain est générateur d'une vanité qui s'augmente au fur et à mesure qu'il est mal exercé; chacun estime sa valeur bien au-dessus de celle que modestement il déclare, la véritable étant plus basse qu'il ne le dit».Chose certaine, déplore Faget, il est malheureux que le conte et la nouvelle aient suivi de peu l'enterrement des rimes.Selon Faget, les éditeurs qui s'y hasardent le font à leurs risques et périls.D'autres, tels Robert Laffont, annoncent d'emblée, dans leurs formulaires que «les contes et les nouvelles ne sont pas retenus».Quant aux efforts pour relancer ces textes, ils seraient à saluer si les récits proposés, conclut Faguet, ne tenaient pas de l'indigence ou de la prétention insupportable.Aujourd'hui, écrit-il, l'inventaire des valeurs dans le domaine de l'écrit est vite dressé, une main suffirait pour les enregistrer qui n'aurait pas besoin de tous ses doigts.Dans le théâtre, c'est pis.«L'écriture d'aujourd'hui, il est vrai, n'a rien pour inciter le public à reprendre le chemin du libraire; elle est timorée, précautionneuse, d'une sensibilité maladive, ou fermée à double tour à la compréhension.On dirait qu'elle s'adresse à des mal-portants sans pour autant être médecine.Elle sauve constamment son mal, prenant un soin extrême à ne surtout pas le laisser mourir, parce que, dans le temps qu'un ouvrage se concocte, un autre se trouve en chantier qui est de même composition.Elle est également pédante, faisant assaut de connaissances étalées; la langue qu'elle emploie est au-dessus de tout soupçon, un parfait maniement de l'imparfait du subjonctif ravit un public raffiné en faisant froncer les sourcis aux autres écrivains de même acabit: en littérature, un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure».Vadeboncoeur, le syndicaliste amoureux PBERRE VENNAT ¦ «Tout essayiste que je suis, je n'écris pas précisément pour les idées mais pour toucher des réalités, par exemple celle du senti* ment, comme ici».Quand même.Ceux qui connaissent Pierre Vadeboncoeur comme essayiste depuis La ligne du risque dans les années 60, ou encore comme syndicaliste, véritable penseur de la CSN et bras droit de Marcel Pépin pendant pratiquement 20 ans, seront sans doute surpris de le voir ainsi signer un essai* sur le bonheur, pour ne pas dire, en fait, sur l'amour.\t ESSAJS f,\t \t En 158 pages, Pierre Vadeboncoeur construit un beau livre, fort bien écrit, mais qu'on s'attendrait plutôt à voir sous la plume d'une jeune fille en fleur ou d'un collégien rougissant qui vient de découvrir l'amour, que sous celle d'un homme d'âge mûr à la carrière bien remplie.«Par quoi est-ce qu'on aime une femme?En particulier par le bonheur qu'elle fait éprouver.L'amoureux l'aime par ce bonheur, qui est le contact ineffaçable et pressant par lequel il la touche.Ce bonheur est comme lui-même qui la toucherait.Il la toute par l'espèce de sens qu'st son bonheur.Ce bonheur est de contact avec ele, il est ce contact.On sera sans doute surpris de voir Pierre Vadeboncoeur signer un essai sur le bonheur, en fait sur l'amour.Il n'est pas autre chose que ce toucher lui-même».Puis l'auteur, tel un poète qui aurait décidé soudainement d'uti- » 4 I I 1 « H : 4 ¦ « i », i a I I l I I » t I 1 I 1 I 1 I I I I » User la prose, explique que l'amour a lieu sur un plan parfaitement étranger à l'existence ordinaire.Que l'amour se situe en marge de la généralité de l'existence, au-dessus, ailleurs.«L'amour, une fois cristallisé, dure, presque indépendant des circonstances.Il est devenu comme une chose, entière.Il est doué d'existence autonome et échappe à la disparition, en vertu de la loi d'existence, ou de la persistance qu'il y a dans l'existence».Pour l'amoureux, explique-t-il plus loin, non seulement une femme et son amour, par cela seul qu'ils existent, sont causes de joie, mais, en sus de ce fait incomparable, outre ce qui touche ainsi à l'infini, cette femme donne, elle dispense, elle ne peut que prodiguer des bienfaits, elle est bienfait, elle regorge de bienfaits».Le livre n'étant pas dédicacé, impossible de savoir si Pierre Va-debonceur l'a écrit pour lui ou en pensant à quelqu'un en particulier.En avant-propos, il dira toutefois que depuis un certain nombre d'années, il écrit surtout sur l'amour et sur les arts et que ces sujets le captivent, le premier surtout.« Je ne connais pas d'autre sujet qui par lui-même se remplisse pour ainsi dire de bonheur.N'importe qui sait cela d'instinct et tout de suite.La plus banale écriture sur l'amour peut produire cet effet-là.Ceux qui publient des journaux populaires le savent mieux que personne».LE BONHEUR EXCESSIF.Pierre Vadeboncoeur.Editions Bellarmin.Montréal.1992.148 pages.Mark Twain et le Mississipi : l'instinct propre aux hommes du fleuve COURSE DESTINATION MONDE CAROLE-ANDRtiE LANIEL collaboration spéciale ¦ De Mark Twain, nous connaissons surtout ses très populaires Aventures de Tom Sawyer( 1876) et son chef-d'oeuvre.Les Aventures d'Huckleberry Finn (1864).Mais entre les deux.Mark Twain a rédigé un roman-fleuve en deux tomes, La Vie sur le Mississipi.¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ SRC S Télévision La Club Ct Aventure J'ai regardé rémission du -^-^- J'ai préféré le reportage de i^a-pjfci ¦ ¦ ¦ Réponse à la question de la semaine Nom Adresse.Code postal .Téléphone I ¦ ¦ Retournera.Société fUé»o-\u20acaaaaa la Coursa dettiaaboa C.P 9MQ, socc.A Montréal (Qc) H3C3P3 ¦ f ¦ u mm S I i: Un récit où l'on retrouve un chroniqueur amusé des légendes du passé du Mississipi et de son propre passé de pilote de bateau à vapeur.Plus qu'une autobiographie, plus qu'un récit de voyage et plus complet qu'un traité, La Vie sur le Mississipi étonne et charme par l'ironie, le sens de l'observation et la finesse d'esprit de l'auteur aux mille métiers \u2014 dont le plus romantique est celui de chercheur d'or, et le plus prévisible, celui de journaliste.Au-delà de tout ça, celui de pilote sur le Mississipi.Un rêve caressé depuis les berges du Missouri, sur la rive ouest du Mississipi, où le jeune Samuel Clemens (plus tard, il empruntera au vocabulaire naval son nom de plume.Mark Twain, qui veut «dire deux brasses de fond » ) épie les gestes et le bonheur des hommes qui conduisent d'énormes bâtiments à travers leur royaume d'écucils et de hauts-fonds, d'ombres et de mirages, de monstres marins et d'escrocs de la pire espèce.Il devient alors «un être plein d'admiration pour soi-même».«Un pilote, à cette époque-là, était le seul être humain au monde qui fût libre et entièrement indépendant».Ce n'est pas tant de lui qu'il s'agit mais du fleuve et de son paysage, des villes enfouies au fond du Mississipi et de celles qui prospèrent grâce à lui; '* de la mode du temps, des moeurs, de la cuisine de chaque région, de l'accent français qui s'entend ici et là, des personnalités et autres gens.Avant l'arrivée du chemin de fer.le Mississipi est l'artère d'un pays en voie de développement qui supporte le règne des bateaux à vapeur et de ses pilotes.Celui des hommes qui distinguent les ombres d'une nuit étoilée de celles d'une nuit noire.Si un pilote ne connaît pas parfaitement son fleuve, par coeur devrait-on dire, il risque de confondre l'ombre d'un bouquet d'arbres avec un promontoire.Ne pas connaître son fleuve, c'est naviguer en eau trouble, voir des dangers alors que ne s'y trouve qu'une routine.On ne navigue pas avec les yeux, mais avec la mémoire et avec un instinct propre aux hommes du fleuve.Parmi les moments succulents de cette lecture, on retrouve des extraits des carnets de voyage de l'anglaise Frances Troilope (la mère d'Anthony), qui vécut trois ans aux Etats-Unis.Elle écrivit sur les moeurs des Américains avec tant d'observations minutieuses qu'elle se fit royalement détester.Selon Mark Twain, les commentaires de la dame étaient tout à fait justes.Seulement, l'humour des Américains était assez peu développé quand il s'agissait d'eux! La vie sur le Mississipi est une pure merveille à lire.C'est intelligent, accessible, drôle et romantique.Un livre sur un fleuve qui peut à ce point enthousiasmer, charmer et ravir est un objet rare.Il plaira à tous ceux qui aime rêver à partir de la vie des autres et retrouver un passé minutieusement rapporté par un homme de grand talent, de vrai talent.LA VIE SUR LE MISSISSIPI Mark Twain Traduit de I américain par Bernard Blanc Petite Bibliothèque Pavot/ Voyageur».Pari*.1992. LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 14 FEVRIER 1993 B5 ¦ ¦¦¦¦¦¦¦ WKÊÊM WÊÊI ¦ ¦ En quelques lignes H Al.ti M N C Grasset Le «mal français» dans les médias inc est ce qu'on pourrait appeler un «observateur social» appliqué et clair* voyant.Cette fois-ci \u2014 il s'agit de son dixième ouvrage\u2014t il décortique les médias français, principalement télé et presse écrite, pour en extraire le mal, le «mal français».En France, décrit-il, la presse d'information est pauvre (en dollars, en tirage et en qualité).La presse d'opinion «est dans un état de mauvaise santé démocratique», et il lui est alors malvenu de faire «la leçon à la terre entière!» Quant à la télévision, à la fois anar-chique et surréglementée, elle est en train d'attraper tous les défauts des télévisions latines, incapable qu'elle est de tirer les leçons qu'inspirent la télévision britannique et, à un moindre degré, la télé américaine.Tout le système, à l'écrit comme à l'électronique, passe dans le moulin à viande: du Syndicat du Livre aux grands propriétaires éditeurs en passant la corporation journalistique; du fiasco de la fibre optique aux magouilles politico-télévisuelles en passant par la bizarre idée de la chaîne Artc.Mine est sévère.«Quelle humiliation pour un pays qui se croit encore le phare de la culture et de l'influence intellectuelle d'être marginalisé dans le domaine des médias!», conclut-il.Malheureusement, l'oeuvre est assez peu utile pour juger \u2014 sinon par comparaison \u2014 de nos médias à nous.Dans un (très court) chapitre poétiquement intitulé «La télévision, miroir du fédéralisme».Mine donne plutôt de bons points à la télévision d'ici.Il constate: «Ainsi le modèle canadien est-il un hybride: de l'influence américaine, il a tiré le principe d'un organisme régulateur aux pouvoirs élargis; des contraintes du fédéralisme, il a gardé, comme l'Allemagne, un secteur public puissant, enraciné dans les provinces».Mario Roy LE MEDIA-CHOC.Alain Mine.Grasset.Paris.1993.248 pages.xx.xxS.Kamo, de Pennac : jamais deux sans trois près Kamo\u2014 L'agence Babel et L'évasion de Kamo, la collection Lecture junior, de Gallimard, public Kamo et moi.Mais cette troisième aventure du personnage créé par Daniel Pennac est en fait la première, le roman ayant déjà été publié aux Éditions Bayard Presse.Plus prenant que L'évasion de Kamo et au moins autant que Kamo \u2014 L'agence Babel, Kamo et moi nous transporte dans la classe du terrifiant professeur Crastaing.Terrifiant pour ses élèves, terrifiant pour leurs parents.Et machiavélique au point d'avoir concocté un sujet de rédaction qui s'avère mortel.Mortel dans le sens de.qui provoque la mort.Du jour au lendemain, toute la classe est atteinte de «cras-taingite aiguë».Les enfants, soudain devenus adultes, doivent prendre soin de leurs parents, soudain devenus enfants.Et ces petits tombent, tour à tour, gravement malades.Le tout est couronné par une fin poignante et inattendue.Du vrai Pennac, quoi! Sonia Sarfati KAMO ET MOI.Daniel Pennac.Lecture Junior.Gallimard.Paris.1992.89 pages.9,50$ Les gagnants cette semaine: Leaise Rei4, Jenqiière François léti, Montréal fcitmqat Roy, Loegeoiil A la fin de la saison.3 gagnants seront choisis parmi tout le courrier reçu et pourront gagner: Le 1 or prix Un voyage d'une semaine à Paris pour 2 personnes, transport et hébergement compris, une gracieuseté de Voyages Ma/avoy.] recevront une machine è écrire SmmVCorona, avec traitement de texte intégré, offerte par les Magasins Pilon.Le second finaliste recevra également une plume Waterman de luxe offerte par l'Essence du papier.^,y' - Vmaps Malmri GUERIN littérature ARTHUR BUIES CORRESPONDANCE (1855-1901) ARTHUR BUIES * Î5 * \u2014 AM*ff tw CORRESPONDANCE (1K55 1901) SRC f^;fet Larousse Télévision hl.i on RM i CONCOURS MILLEFEUILLE £nr»f*r i:CONCOURS MILLEFEUILLE Casa pottala «027 Maatréa!, Qaaaac 12V 4SS Nom.Adresse.App.Ville.I I I ¦ Ville.I J Code postal.Tél.! I À te fade te saison, d« bot» d'acheter ¦ Montréal, Guéf in, 1*» (348 pages) 15,2 cm x 22,8 Arthur Suies (1840-1901), l'ami intime du curé Labefle.habite toujours te mémoire des téléspectateurs des Mes histoires des ptys d'en heut Le ; pamphlétaire redouté, le chroniqueur adulé, le voyageur invétéré est enfin \u2022 révélé à tous ceux et celles que passionnent l'histoire du Québec et te foc- ' te personnalité de ce « rougi \u2022 impénitent Ce plaisir nous est offert grâce à te publication de deux cent soixante lettres \u2014 presque toutes inédites \u2014 qui, au fi des années, dévoient non seulement les rouages cachés du pouvoir intelectuel, mais la richesse intérieure et le talent dur; des écrivains les plus attachants du XIX \u2022 sséde.Francis Parmentkr, professeur de kttinture française et québécoise, en- -setçne à l'Université du Québec à TrotsRrvières.H est l'auteur de Arthur Buies.Chroniques I et Chroniques II, dieux éditons critiques pubtéet respectivement en 1986 et 1991 dans te confection « Bibliothèque du Nouveau*.Monde \u2022 aux Presses de r Université de Montrée.v DiMnbuLiir McluM.VDI1 |5I4').52J UK2 B6 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 14 FÉVRIER 1993 Tout en lisant.JACQUES FOLCM-RIBAS collaboration spéciale L'empereur philosophe M Curieux destin que celui de ce petit malingre, né à Rome d'une famille de patriciens originaires de Bétique (aujourd'hui l'Andalousie) et que l'empereur Hadrien va - adopter, par personne interposée (l'empereur ; An ton in, lui-même adopté).! C'était épatant, non, cette coutume des Romains d'assurer la succession impériale?Pas très démocratique, certes, mais le résultat n'était-il pas dans la plus simplement pour soi, à seule fin de décharger son coeur, sans autre témoin que Dieu».: pensées \u2022ipour moi -même survies du :Jmanue! d'Êpictète \" même proportion de réussites : et d'échecs, qu'aujourd'hui?Celui qui allait devenir Marc-Aurèle ( Marcus Annius Verus, puis Marcus Aurelius Antonius) ferait pencher la statistique du côté des réussites.Il était bon, juste, assez vilain de visage, très courageux, et il cherchait la paix pour lui comme pour son immense empire.Les continuelles invasions barbares le forcèrent à faire la guerre.Ça l'enrageait, cet homme.Alors, pour pouvoir acheter et entretenir de nouvelles armées, il eut l'idée de ne pas augmenter les impôts!.Première et unique fois, me semble-t-il, dans l'histoire de l'humanité r\u2014 J'espère que le Ministre des finances va acheter toute l'oeuvre de Marc-Aurèle, et vite le télécopier à son Chef.Première fois aussi qu'un empereur fait rassembler ce qu'il y avait de plus précieux dans les palais, tout l'or, toute la pourpre, le trésor entier de la maison impériale, accumulé depuis des lustres et dont il se fichait, évidemment.La vente aux enchères dura deux mois.Elfe produisit tant d'argent que l'empereur put soutenir une.longue guerre, et sauver l'empire.Une autre fois: il regrette que ses généraux aient tué son grand ennemi Cassius.Parce que, dit-il, on lui a ôté le ' plaisir de se faire, en laissant la vie à Cassius et en lui .pardonnant, un ami d'un ingrat.\\ On voit le genre: Marc-Aurele le parfait, le sage.Le premier empereur qui mourut, face à l'ennemi, en disant à ses soldats qui pleuraient : « Ne savez-vous pas que je ne fais \u2022 qu'aller, avant vous, là où vous tous me trouverez?» «Le monde, a écrit Renan, a été un moment gouverné par l'homme le meilleur et le plus grand de son siècle».Et puis, parlant des Pensées de Marc-Aurèle, il ajoute: «C'est le : livre le plus purement humain qu'il y ait.Jamais on n'écrivit Les Pensées de Marc-Aurèle sont le livre d'un stoïcien, et c'est évidemment Epictète qui a influencé le futur empereur, adepte très tôt des idées philosophiques grecques.Les grandes lignes stoïciennes sont: la résignation devant la nécessité, la piété et la reconnaissance envers les Dieux, l'indulgence et la bienveillance à l'égard des hommes.Ainsi devait s'établir la «bonne marche du monde».Voilà qui me paraît d'actualité.Ce livre sur lequel les hommes ont médité depuis dix-huit siècles a été écrit sans plan, sans préconçu, au fil des jours et des nuits durant les campagnes guerrières des frontières, au nord de l'empire.Marc-Aurèle notait, pour lui, pour se fortifier de ses propres idées.Nous, les lecteurs, nous ne pouvons pas lire ces pensées d'un trait, mais au contraire refermer le livre et le rouvrir, et butiner ce texte un peu au hasard.Il y a soudain des éclairs.Des tendresses.Une révélation qui vous fait sursauter, fixe l'attention sur une chose que vous pensiez, mais n'aviez jamais formulée.On trouve le texte dans un tome de la Pléiade intitulé Les Stoïciens, comprenant Cléanthc, Laercc, Plutarque, Cicéron, Sénèque.et enfin Marc-Aurèle.Pierre Hadot LA CITADELLE INTERIEURE I.; On le trouve aussi en format de poche GF Flammarion et accompagné du Manuel d'Epictète, qui vient lui faire une sorte de contrepoint: le maître après l'élève.Mais si l'on veut en savoir davantage \u2014au fait: si l'on veut tout savoir ou presque \u2014 il faut lire alors l'excellent essai, ou traité, de Pierre Hadot, intitulé La Citadelle intérieure.L'Empereur Marc-Aurèle y est présent, d'un bout à l'autre, et ce n'est pas savantasse pour deux sous \u2014 pardon : un sesterce \u2014 bien qu'il s'agisse de philosophie.LES STOÏCIENS, textes traduits par Emile Brehier.Bibliothèque de la Pléiade.Editions Gallimard.Paris.1438 pages.MARC-AURELE, PENSEES POUR MOI-MEME, suivies du MANUEL D EPICTETE traduction de Mario Meunier.CP Flarwnarion.Paris.223 pages.LA CITADELLE INTERIEURE, introduction aux PENSEES de Marc-Aurèle.Pierre Hadot.Editions Fayard.Paris.1993.386 pages Trancc Presse SOFIA « L'agence bulgare BTA affirme que; selon deux avocats bulgares;-l'écrivain dissident Gueor-gui Markov, assassiné en 1978 à Londres par une arme baptisée «parapluie bulgare», était lié aux services secrets britannique».- \u2022Les avocats, Assen Iliev et Si-inéon Tzakov, qui ont défendu l'ancien chef des renseignements bulgares, Vladimir Todo-rov.condamné pour avoir détruit le dossier sur cette affaire, ont déclaré que «bien avant sa mort».Markov avait été détenu sk.mois par les services secrets britanniques.Deux écrivains bulgares, convoques comme témoins, ont affirmé au tribunal que Markov leur a parlé de cette détention, selon les avocats.\u2022Selon M.Iliev, Markov a immédiatement été nommé, après sa libération, a la section bulgare ikr la BBC et a commencé à faire des commentaires pour Deutsche Welle.L'avocat affirme que Markov a gagné quelque 25OO00S, suscitant la jalousie d'autres émigrés bulgares.Ces nouveaux éléments «me font penser que dans le cas du «parapluie bulgare» il ne s'agit pas d'un meurtre», à soutenu M.Iliev en faisant état d'une lettre adressée par un agent de Scot-land Yard aux services secrets bulgares, selon laquelle « l'assaf-sin de Markov ne peut être découvert que s'il se livre lui-même à la justice».Une enquête ouverte sur cette affaire en février 1991 en Bulgarie a été entravée par la disparition de deux dossiers sur Markov dans les archives des services secrets bulgares.L'ancien chef des renseignements, Vladimir Todorov, a été condamné en juin dernier à 14 mois de prison pour avoir détruit une partie de ces dossiers.La Cour suprême a réduit la peine à 10 mois en décembre 1992.Le procureur général a demandé mardi dernier à une deuxième instance de la Cour suprême que cette peine soit élevée à 4 ans «en raison des conséquences graves de cette affaire pour le prestige international de la Bulgarie».Les femmes payent toujours pour ce qu'elles sont.RÉGINALD MARTEL ¦ «Dans tous les films /./, les hommes meurent toujours pour ce qu'ils ont fait.Mais les femmes, elles, payent toujours pour ce qu'elles sont.» C'est ce que se dit Sophie, qui n'est pas dans un filin mais dans un roman auquel cette seule phrase suffirait à donner sa pleine légitimité.Sophie est la victime d'un kidnappage.Le responsable n'a rien contre elle en particulier, ni à l'argent qu'elle pourrait avoir.C'est un paumé sexuel, un pas beau qui n'a pas de succès avec les femmes et qui décide, le jour de l'anniversaire de ses trente-quatre ans, de s'offrir «/e plus beau des cadeaux».Elle, victime parce que femme.Pour son premier livre, M.Normand Boisvert s'est attaqué à un sujet difficile.Le titre, accrocheur à la Stanké, ne lui rend pas du 4 i ili LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE tout justice: il annonce, par son ton dérisoire, une de ces histoires sordides qui vous font lever le coeur, quelle que soit la dose d'humour qu'on a prétendu y mettre.Sujet difficile donc, dans la mesure où il ne s'agit pas de transcrire simplement, d'une manière neutre, un fait divers comme il s'en produit malheureusement tous les jours.En s'inspirant de la réalité (peut-être), il s'agis- Pour son premier livre, Normand Boisvert s'est attaqué à un sujet difficile.sait de faire oeuvre d'imagination.M.Boisvert a parfaitement réussi, en évitant de tomber dans le piège des bons sentiments et de la bonne conscience.Sa Sophie est une victime objective, mais il n'empêche qu'elle ne devient pas sympathique pour cela même.Ce serait presque le contraire: elle n'est pas vraiment antipathique mais, disons, superficielle et égoïste.Quant au ravisseur, il n'est évidemment pas un être sain.Il n'est pas pour autant un monstre, mais un faible plutôt, égaré dans la violence.Malgré son déséquilibre psychologique très aigu, jamais il n'aura le courage de violenter ou de violer Sophie.Elle est sa prisonnière et rien, pratiquement, ne l'empêcherait d'assouvir bêtement son désir et de la renvoyer chez elle ou ad patres.Mais il voudrait l'aimer, il voudrait qu'elle l'aime.D'une certaine manière, et bien que la détention de la fille soit odieuse, la situation de Réal est plus pathétique que celle de Sophie.Car celle-ci est saine et lui ne l'est pas, et c'est cette pathologie finalement qui protège Sophie contre les pires manifestations de la violence.Son humiliation est intolérable, certes, mais ses ressources intérieures restent intactes.L'auteur aurait pu faire de son histoire une thèse ou un pamphlet, il a fait autre chose.Il a tissé entre deux personnages, réunis par la démence d'un seul, tout un réseau de relations dont l'affectivité n'est pas totalement absente.Sophie, qui au début ne cesse d'insulter Réal, finit par essayer de comprendre ce qu'il est, ce qui l'anime.Ira-t-elle jusqu'à l'aimer?L'écrivain joue les psychologues avec une sensibilité et une lucidité très vives.Son roman a pour thème principal la solitude, celle de Sophie et celle de Réal, mais il devient presque un roman d'amour, touchant et grave.Et écrit avec le rythme hale-tant qui lui convient tout à fait.KIDNAPPING-PONG.Normand Boisvert.Stan-ke.Montréal.1992.176 pages.14.95$.Les acteurs?L'idéal, ce serait de faire les films sans eux CLAUDE IY1ARCIL collaboration spéciale ¦ |e saute sur tout nouveau Léonard avec l'enthousiasme d'un boulimique sur un pot de Nutella.|e ne suis pas le seul.Plusieurs amateurs de romans policiers divisent le monde en deux: ceux qui ont découvert Elmore Léonard et ceux qui n'ont pas vécu.C'est pourquoi il a sa place réservée en permanence au sommet de la liste des best-sellers.Elmore Léonard a commencé sa carrière d'écrivain avec des westerns célèbles (3h 10 pour Yuma, Vaidez, foe Kid, Hombre) avant de se tourner vers le roman policier.Livre après livre, il a peint la murale intime, précise, drôle, épeurante et irrésistible de la pègre américaine.Neuf de ses vingt-huit romans ont été adaptés au cinéma.Si dans Un coup, un seul, on comprend ce que représente de travailler sur une poutre de cinq centimètres au neuvième étage d'un immeuble en construction, c'est parce que Léonard a suivi des cours de construction et longuement parlé aux ouvriers; avant d'écrire Glitz, il a envoyé un recherchiste à Atlantic City pour étudier le genre de crimes qu'on y commet.Les personnages, même secondaires sont vrais.Toute son oeuvre est remarquable par son souci d'authenticité.Léonard a mis à contribution ses connaissances de Hollywood pour pondre un thriller savoureux.Zigzag movie.Chili Palmer, un pégreux intelligent, est chargé par des shylocks de faire cracher les mauvais payeurs.Parmi ces derniers, un producteur de films d'horreur Harry Zimm, qui se cache chez son ex-femme Karen, l'actrice dont les hurlements, célèbres, peuvent fendre une vitre en deux.Chili s'introduit en pleine nuit dans la maison de l'actrice, rencontre Harry et se découvre une nouvelle vocation, celle de producteur de cinéma.Il crée avec Harry un scénario époustouflant basé sur sa vie mouvementée.Un scénario dont l'intrigue s'étoffera à mesure que l'existence de Chili sera mis en - km i.\\- ~ isœMsa g £ :\u2022' îs W ''¦ danger par une bande de trafiquants de drogue et par un boss de la mafia.Il réussira même à trouver le moyen d'avoir \u2014 illégalement\u2014 les millions de dollars nécessaires pour produire le film et engager une vedette célèbre.On fait l'aller-retour de l'échelle sociale, croisant aussi bien les producteurs avides que des criminels morons et des personnages juteux tous décrits de façon implacable.En effet, la principale caractéristique de Léonard est de développer soigneusement le background de ses personnages et leur façon précise de parler.Il a un sens aigu de dialogue, du rythme d'une conversation.Ce roman est plein de clins d'oeil sarcastiques et amusants sur le monde du cinéma, comme cette scène crampante dans un restaurant à la mode: «L'acteur à sept millions de dollars, vêtu d'un blouson qu'un clochard aurait refusé, dit au serveur qu'il avait envie d'une omelette, en hésitant, presque en s'ex-cusant.Pouvait-il avoir une omelette au fromage avec des échalottes, mais des échalottes à peine brunies.Oui, bien sûr.Ensuite, pouvait-il avoir un peu de coulis de tomates léger pour la napper, avec juste une pointe d'ail, mais, s'il vous plaît, pas d'origan?Certes.Et quelques petits pois frais dans le coulis de tomates?Harry avait envie de lui dire Michael, tu peux avoir de la merde si tu veux.Tu veux du bouc en gelée?Us iront en acheter s'ils n'en ont pas! Nom de Dieu! Ce qu'il fallait endurer avec les acteurs! L'idéal, ce serait de faire les films sans eux.» ZIG ZAG MOVIE.Elmore Léonard.Traduction.Michel Lebrun.Rivage/Thriller, 1992.239 pages.29.95$.Benacquista, le funambule de la nuit L'écrivain Gueorgui Markov aurait été lié aux services secrets britanniques GILBERT GRAND ¦ Attention, amants de la nuit, barmen et videurs, Benacquista a encore frappé et vous n'y avez vu que du feu! Tel un caméléon vo-race, ce jeune auteur qui monte, qui monte, n'a pas son pareil pour s'introduire incognito dans un milieu, s'y imbiber de vécu, d'anecdotes, de détails justes pour les recracher plus tard dans des polars aussi cocasses que féroces.Le lecteur ravi l'a déjà suivi, par héros interposé dans la Série Noire, en employé des wagons-lits du train de nuit Paris-Venise ROMAN POLICIER ( La maldonne des sleepings), en accrocheur de tableaux et joueur de billard ( Trois carrés rouges sur fond noir), en «rital» expert en pasta, vin de messe et faux miracle ( La Commedia des ratés).Le voici dans Les morsures de l'aube (quel beau titre!) en pique-assiette virtuose des nuits de Paris.Pour Antoine et son copain Bertrand, la nuit est tout ce oui compte : jeunes chômeurs sans logis, ils survivent dans la jungle urbaine en élevant le parasitisme au rang des beaux arts.Pas un cok-tail officiel, une inauguration.une fête, une soirée mondaine où ils ne réussissent à se glisser subrepticement sans invitation, en déjouant la vigilance des boun-cers de service, pour y butiner canapés aux anchois, petits fours, Champagne et belles évaporées.Puis dés les morsures de l'aube, ils portent leur fatigue de bar en bar en attendant le crépuscule où ils recommenceront le même grand jeu.Tout allait bien jusqu'au jour où, sous la menace d'un richissime psychiatre et de tueurs mafieux, ils doivent traquer plus fort qu'eux: lordan et Violaine, livides silhouettes vampiresques qui se coulent dans l'ombre des boites et agressent importuns et curieux.Avec ce couple maudit, le récit bascule dans cette zone floue où réalité et fantastique se confondent.Gageure risquée que Benacquista mène en véritable funambule.À lire d'une traite cependant car un rien de distraction peut en rompre le charme.La releva montra déjà le nez À la différence de son rival anglo-saxon, le polar français des deux dernières décennies s'impose moins \u2014sauf exception (exemple: iaprisot)\u2014 par la rigueur de construction de ses intrigues - 4< + Près de deux millions pour sa protection Le gouvernement britaQftime* de Notre-Dumc-de-Hle-Perrot.dcmâV^I derj a rinspecteur général des instjte$en3« financières Je la pro%tnce de Qucfttc^ta^f permission de se dissoudre conformémentC aux disposition» de la Loi sur km Ce^s% * gnies du Québec SIGNE A MONTREAL, CE lle\\faÛ*I DE FEVRIER 19^ ; - V*- LEGAULF JOLY.pnnureun B12 LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 14 FÉVRIER 1993 mm .VOTOE AMi MéMAéERêON VITO DÉVEINE le.&an&! cJ&cx N fEUT-ÉIRE UNE MÉMORRAéiE Copyright O Editions Dupuis, 'Spirou & Fantasio* par Tome & Janry, Belgique i ^mW NON.L'A&roi&AEHr.ma -rg^ a HEURTÉ la oE-^ôje! iumeu'aprrutf- MÊME ôiNON , KONKêrEMENT, 3£ UNE- OiAH^ &f&lWM £ pfABOfJCO' ^'EST LEIEMfE, A L*4 nONé&JR &\\ «5PÉ=fc£ëNPR&* LA mo'm'é c3£ LA AVWT UACCiCW.EÔTUN MAL-ÔÛUKNO& , UNE AVDiR.Q^ô .ou ne LAi&gfâ?
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