La presse, 13 avril 1993, D. Arts et spectacles
[" LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD113 AVRIL 199S m Musique fi Reprise à l'OSM CLAUDE GINCRAS A ne.des près un bref congé d'apres-tour-née, l'Orchestre Symphonique de Montréal reprend ses activités cette semai-Un peu plus de la moitié musiciens répètent Mada-ma Butterfly, de Puccini, qui prend l'affiche de l'Opéra de Montréal samedi soir.Les autres, soit une quarantaine, donnent ce soir et demain soir, 19 h 30, à la basilique Notre-Dame, le dernier programme «Baroque et Classicisme» de la saison.Ce programme marquera d'ailleurs l'abandon de cette série, qui ne reviendra pas à la programmation la saison prochaine.Cette décision, précisons-le, n'affecte que ladite série.L'OSM continuera à présenter à Notre-Dame la série estivale «Mozart Plus» ainsi que Mcssiah à Noél.Dirigé par Mario Bernardi, le programme de ce soir et demain soir comprend la deuxième suite de Water Music et la Symphonie no 29 de Mozart.Le soprano Edith Wiens chantera, de Mozart encore, le célèbre motet Exsultate, jubilatc, ainsi que la Cantate du mariage.BWV 202, de Bach.«BUTTERFLY» SAMEDI ¦ Madama Butterfly, qui prend l'affiche samedi soir, 20 h, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, est une production presque entièrement nouvelle.On y retrouvera les décors et costumes du tandem Roberto Oswald-Anibal Lapiz de septembre 1988, mais cette fois la mise en scène est différente, de même que la distribution.Bernard Uzan a pris en charge la mise en scène et sa femme Diana Soviero chantera le rôle-titre, qu'elle a interprété au Metropolitan et qu'elle reprendra prochainement au Co-vent Garden et à l'Opéra Bastille.Les autres interprètes sont également nouveaux: Tonio di Paolo (Pinkerton), Yun Deng (Suzuki), Carlos Scrrano (Shar-pless), de même que le chef d'orchestre, Christian Badea.«SEMAINE XENAKIS» ¦ La «Semaine» consacrée au compositeur lannis Xenakis débute aujourd'hui, 13 h 30, au Foyer de la salle Claude-Champagne, par l'analyse de Colère: Berlin 61, oeuvre de Michel Longtin basée sur les principes théoriques développés par Xenakis, et qui sera faite par M.Longtin.Le «Musialogue» annoncé pour demain est annulé, M.Xenakis ayant fait savoir qu'il ne pourrait être présent.Cette interview publique sera remplacée par la projection d'un film d'une heure sur Xenakis, à 18 h, au Musée d'Art contemporain, jeudi, trois événements à la Faculté de Musique de l'université McGill: colloque à 16 h 30; concert réunissant six oeuvres de Xenakis, à 20 h; concert consacré à son oeuvre électroacoustique La Légende d'Eerà 22 h.Retour à la salle Claude-Champagne vendredi: table ronde à 17 h, au Foyer, et concert du Nouvel Ensemble Moderne à 20 h.À LA CHAPELLE ¦ La Chapelle historique du Bon-Pasteur présente ce soir, 20 h, dans ses débuts à Montréal, le jeune Quatuor à cordes Alexander, des États-Unis, lauréat du Concours de Ports-mouth en 1985.Son programme: Quartettsatz de Schubert, Quatuor no 1 (De ma vie) de Smetana et Quatuor op.59 no 3 de Beethoven.jeudi soir, 20 h: concert des Voix Humaines, duo de violes de gambe formé de Margaret Little et Susie Napper.Le tandem emprunte son nom à une pièce célèbre de Marin Marais; son programme sera d'ailleurs constitué de pièces de Marais, de Sainte-Colombe et de Cou-perin entendues dans le film Tous les matins du monde.FIN DE SAISON AU «MET»-RADiO ¦ La saison des radiodiffusions en direct du Metropolitan, à CBF-FM, se termine samedi par l'audition de Gotter-dammerung («Le Crépuscule des dieux»), quatrième et dernier volet de la Tétralogie de Wagner qui, tout comme en 1989, couronnait cette année la saison radiophonique du «Met».La distribution: Gwyneth lones (Brtinnhilde), William johns (Siegfried), Ekkehard Wlaschiha (Alberich), Alan Held (Gunther), Matti Salmi-nen (Hagcn) et Tatiana Troya-nos (Waltraute).Au pupitre: James Levine.L'audition, d'une durée de près de six heures, débutera à 12 h.EMPIRE vu du pont Magnifique! Une rare intensité JEAN BEAUNOYER Le Théâtre Jean Duceppe a eu l'excellente idée de reprendre à Montréal la production du TPQ de Vu du pont, présentée il y a quelques années à la Maison de la Culture Frontenac.À peine quatre ou cinq représentations de cet excellent spectacle mais le regretté Jean Duceppe avait eu le temps d'assister à une représentation et de «bénir» selon l'expression de Germain Houde, le metteur en scène Serge Denoncourt et les comédiens de la pièce.Evidemment il avait pensé récupérer la pièce et la proposer à ses abonnés.11 avait vu jusie puisque Vu du pont a été particulièrement bien accueillie par les fidèles du Théâtre |ean-Duceppe et de plus, cette tragédie moderne convient parfaitement à la salle jean-Duceppe qui permet l'ampleur et de Germain Houde en pleine possession de ses moyens entouré de comédiens ( ici Annick Bergeron ) qui travaillent dans une belle harmonie.la démesure du personnage tragique en soi d'Eddie Carbone.Dans la tragédie il n'y a pas d'issue et on sait très bien, dès le départ que Eddie Carbone ne s'accommodera d'aucun compromis et qu'il court à sa perte.Il accueille chez lui deux immigrants clandestins et l'un d'eux lui arrachera sa nièce qu'il considère comme sa propre fille.Il est d'origine italienne, demeure à New York, est débardeur de métier et s'affiche comme homme de principes.On devine qu'il n'acceptera pas le jeune Roméo aux cheveux blonds qui deviendra Américain en épousant la jeune fille.L'histoire tourne autour du personnage d'Eddie Carbone.Il fallait du muscle, du tempérament et de l'envergure pour interpréter ce rôle et c'est ce qu'a magistralement réussi Germain Houde dans l'une de ses plus belles performances.Il a haussé son jeu d'un cran depuis la création du spectacle avec le TPQ.Le jeu est à la fois plus retenu et plus puissant, j'ai reçu un personnage plus pathétique, plus sensible qu'il ne l'était à l'époque.J'imagine que c'est l'avantage de vieillir et de reprendre un rôle.Le décor de Richard Lacroix est également remarquable.Cette vieille annonce de Coke nous ramène mieux dans les années 50 que toute autre explication.Cette musique d'un vieux groupe noir de l'époque qui chante Paper Do//, les costumes bien choisis et surtout .l'intransigeance, l'intolérance nous font revi- u vre un passé qui est bien près de nous.À quelques milles en fait.Mais Miller a su dépasser son temps, dénoncer la bêtise éternelle, la passion de tout homme, de toute époque qui le conduit à sa perte.11 a su brosser le portrait d'une société qui mêle les sentiments alors qu'amour devient jalousie, possession et charité se mêlent à intérêt ou méfiance et même la justice qui se confond au règlement de comptes.Magnifique spectacle d'une rare intensité.Germain Houde en pleine possession de ses moyens entouré de comédiens qui travaillent dans une belle harmonie et surtout un spectacle qui a déjà eu le temps de respirer et de grandir.Phénomème bien rare au Québec.VU DU PONT, d'Arthur Miller.Mise en scène de Serge Denoncourt.traduction de Michel Dumont et Marc Grégoire, décors de Richard Lacroix, costumes de Luc-J.Beland.éclairages de Jocelyn Proulx.Avec Germain Houde, Monique Miller.Guy Pro-vost.Annick Bergeron.Normand DAmour, Paul Dion, Jean Deschenes et Jean Harvey.Au Théâtre Jean-Duceppe jusqu'au 15 mai.Clermont Pépin Pascal verrat photos ARMAND TROTTIER.La Presse Une Messe de Clermont Pépin, d'après Teilhard de Chardin, créée à Québec CLAUDE GINCRAS L# un des principaux événements marquant le 90e anniversaire de l'Orchestre Symphonique de Québec est la création de La Messe sur le monde, de Clermont Pépin, qui, réunissant des effectifs de 80 instrumentistes et 100 choristes, avec la basse Joseph Rouleau comme «Grand-prêtre», sera donnée au Grand Théâtre de la Vieille Capitale les 27 et 28 avril.Radio-Canada, qui a commandé l'oeuvre, diffusera en direct l'audition du 28, à 20 h.Le budget de l'opération (y compris le cachet payé au compositeur) est de l'ordre de 200 000$.Le concert double, dirigé par le jeune titulaire de l'OSQ, Pascal Verrot, débutera par la célèbre Messe du Couronnement, de Mozart.L'oeuvre de Pépin n'est pas entièrement nouvelle.Il s'agit d'une version agrandie d'une oeuvre déjà vieille de près de vingt ans, mais inédite.En effet, le «jeune doyen » de la musique québécoise (67 ans cette année) signa en 1974 une oeuvre intitulée La Messe sur le monde, sur des textes de Teilhard de Chardin, pour très gros orchestre et choeur, en sept mouvements, commande du Réseau anglais de Radio-Canada (la CBC) pour création à Toronto.« Pour toutes sortes de raisons», l'oeuvre ne fut jamais jouée, expliquait le compositeur il y a quelques jours, lors d'une rencontre de presse.L'une de ces raisons est fort simple: il livra son oeuvre en retard.De nouveaux textes Pour la nouvelle version de sa Messe, Clermont Pépin a quelque peu réduit son instrumentation et, en même temps, étendu la durée de sa partition de 32 à 45 minutes.Aux textes de Teilhard, déjà «audacieux» d'un point de vue théologique («Au commencement, il y avait le Feu.Voilà la Vérité»), le Les choix de Clermont Pépin ¦ J'ai demandé à Clermont Pépin d'établir la liste des dix (10) oeuvres musicales qu'il préfère entre toutes.Il les a énu-mérées dans l'ordre suivant : 1 - La Chaconne pour violon seul de Bach 2 - Le Requiem de Mozart 3- Le Sacre du printemps, de Stravinsky 4 - La Passion selon saint Matthieu, de Bach 5 - La quatrième Symphonie de Bruckner 6 - Wozzeck, opéra de Berg 7 - La Transfiguration de Notre Seigneur /ésus-Christ, pour choeur et orchestre, de Messiaen 8 - Erwartung, opéra de Schoenberg 9 - Les Gurre-Liedcr, également de Schoenberg 10 - Quasars (Symphonie no 3) et Implosion (Symphonie no 5), de Clermont Pépin compositeur en a ajouté d'autres, faisant passer le nombre des mouvements de sept à treize (si l'on compte certaines subdivisions).Quelques-uns des nouveaux textes sont de Pépin lui-même et en langue inventée.Ainsi, il fait chanter des psaumes par les habitants d'une «galaxie lointaine».Le texte, remis aux auditeurs, leur apprendra qu'une phrase telle que «Onn'ted ei-ti-pè! ZOCH'T Oût ed! REUTA ERK!» veut tout simplement dire «Aie pitié, Créateur de toutes choses».Le Récitant (rôle parlé) de la version de 1974 a été remplacé par un Grand-prètre qui chante, parle et fait du parlando.Bien sûr.Pépin a tenu compte de ce qu'est aujourd'hui la voix de son «officiant».Cette Messe est, comme elle l'était en 1974, la quatrième Syrnphonie de Pépin, non encore jouée, alors que la cinquième Symphonie, ou Implosion, commandée par l'OSM pour son 50e anniversaire, fut créée par Charles Dutoit en 1983.«11 s'agit bien d'une symphonie, avec des thèmes très développés, souligne encore le compositeur.Tous les thèmes (il y en a huit) sont énoncés dans le Prélude et tous les mouvements comportent du chant, sauf le quatrième, Opacités.C'est le centre de l'oeuvre et il est pour orchestre seul.Mon écriture utilise différentes techniques: elle est tantôt sérielle, tantôt tonale.|e n'hésite pas à écrire de la musique tonale si cela correspond à ce que je veux exprimer.Ainsi, l'oeuvre se termine en ré majeur.» Pépin précise encore que sa formation chorale est divisée tantôt en quatre voix, suivant l'usage, tantôt en six voix bien caractérisées: sopranos, mezzo-sopranos, contraltos, ténors, barytons et basses.S'agit-il de la «grande oeuvre» de sa vie?Le compositeur, pesant ses mots, y voit plutôt «la synthèse de toutes mes démarches musicales».Sur la réaction qu'il attend: «Le public sera provoqué \u2014 au sens d'invité à la réflexion.» Interrogé sur les problèmes que la partition pose au chef d'orchestre, Pascal Verrot, présent à la rencontre, répond sans hésiter: «L'oeuvre est très, très, très, très difficile, non seulement au plan rythmique mais à tous les plans, dans l'immensément grand comme dans l'immensément petit.» TOUS LES MARDIS AU CLUB SODA A 20 HEURES y. 02 LA PRESSE.MONTRÉAL, MARD113 AVRIL 1993 Après avoir «fait le tour du Québec» Yves Jacques tente sa chance à Paris ^MICHEL DOLBEC *
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