La presse, 22 mai 1993, D. Cinéma
[" I 'S .Cinéma LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 22 MA11993 LUC PERREAULT n près 34 jours de tournage, Michel SHk Brault donnait, il y a tout juste une semaine, le dernier tour de manivelle à Mon amie Max, son premier long métrage directement destiné au grand écran depuis.Les ordres, lequel remonte \u2014 faut-il vraiment le rappeler?\u2014 à 1975.Ce retour aux sources s'accompagne d'un autre retour, celui de Geneviève Bu-jold, l'interprète préférée de Brault et notamment des Noces de papier, un téléfilm dont jefferson Lewis avait écrit le scénario.C'est encore ce dernier qui a signé le scénario du nouveau long métrage.Sur le plateau de Mon amie Max, à quelques jours de la fin du tournage, l'histoire semblait se répéter.Brault tournait une scène d'escalier comme seul, semble-t-il, il a le secret.On se serait cru en fait sur le plateau d'Entre la mer et l'eau douce, $on premier long métrage de fiction.Vous vous souvenez de cette fameuse tirade de l'escalier lancée par Bu-jold et qui appartient aujourd'hui à l'histoire de notre cinéma?' Sauf que, cette fois, une fashiona-ble résidence de Westmount a remplacé la maison québécoise du premier film et que Bujold a cédé sa place à son sosie.Deux femmes s'affrontent: en haut de l'escalier, Rita Lafontaine lance à l'autre des paroles qui font mal.On comprend qu'il s'agit d'un grand moment de tension entre une mère et sa fille.Celle-ci «vient d'annoncer à la première qu'elle est enceinte.Sa .carrière de pianiste £st en train de se jouer.Toute cette scène va d'ailleurs être ponctuée par une gifle retentissante, de la mère à la fille, bien Sûr.«C'est le tournant de sa vie»; lancera plus tard Rita Lafontaine.i La caméra de Sylvain Brault est invisible, cachée dans le détour de l'escalier.Retranché dans le salon attenant, son père supervise la scène sur un moniteur vidéo.L'éclairage est réduit au minimum» comme l'équipe, incidemment.On aura Reconnu le climat intimiste du cinéma de Brault.r ; Bujold doublée i Ce jour-là, Bujold n'y était pas, déjà retournée depuis 10 jours à Malibu après me épuisante performance dans le rôle-titre du film.On me fait comprendre à lemi-mots qu'elle s'est, selon son habitude, plongée dans son rôle au point d'en publier que la Terre continuait à tourner, (fusant toute interview et s'identifiant à »on personnage au point d'en être irritable.N'a-t-elle pas fait savoir à un technicien sur le plateau d'arrêter de la fixer :ndant les prises sous prétexte que ces {égards avaient pour effet de la déconcen-rer?l'ignore si l'anecdote est authentique.Elle n'en circulait pas moins sur le riateau.LES CHEMINS DE MICHEL BRAULT ET DE GENEVIÈVE BUJOLD SE CROISENT DE NOUVEAU DANS «MON AMIE MAX», UN FILM QUI A POUR THÈME LE DÉSIR D'UNE FEMME DE RETROUVER, APRÈS BIEN DES ANNÉES, L'ENFANT AUQUEL ELLE AVAIT DÛ RENONCER.Sa doublure dans le rôle de Max adolescente s'appelle lohanne McKay.La présence dans le film de cette brune actrice s'explique en grande partie par sa ressemblance troublante avec Bujold.Elles sont d'une taille identique.Seuls les yeux diffèrent.Bujold les a couleur noisette.Pour maquiller ses yeux bleus, lohanne devait porter des lentilles.«|e n'avais joué jusqu'ici que des rôles de petites filles sages», confie entre deux prises la comédienne qui refuse d'avouer son âge.«Tandis que Max, elle, est d'un tempérament rebelle.» Au moment de l'interview, lohanne McKay avait déjà reçu sept ou huit gifles des mains de Rita Lafontaine.Celle-ci y allait le plus mollo possible, sauf pendant les gros plans où tricher devenait impossible.« Il y en a une qui m'a fait perdre l'équilibre», avoue l'émule d'Aurore, l'enfant-martyre.«Ça résonnait!» «Elle est venue les yeux pleins d'eau», confirme Rita Lafontaine, troublée d'avoir à jouer les marâtres.«C'est la première fois de ma vie que je dois gifler quelqu'un, ajoute-t-elle.Mais je me le suis fait faire souvent au théâtre.» Pour cette actrice longtemps identifiée aux pièces de Michel Tremblay et aux mises en scène d'André Brassard, cette apparition dans un film de Brault, aussi modeste soit-elle, comble un vieux rêve: «Michel m'avait approchée pour jouer dans Les ordres, dit-elle.André m'avait invitée à faire partie de la tournée des Belles-soeurs à Paris.Ce fut un choix déchirant.Par fidélité à André, j'avais décidé d'aller à Paris.|e ne l'ai jamais regretté mais ça m'avait fait beaucoup de peine.» La quête Une autre grande actrice va dominer la distribution du film.Il s'agit de Marthe Keller.Elle tient dans cette histoire le rôfe de Catherine Mercier, l'amie de Marie-Alexandrine Brabant, alias Max.Une jeune Française, Marie Guillard, la remplaçait dans les scènes d'adolescence.On dirait la vraie Marthe Keller, en plus jeune.Pour se glisser dans ce rôle, il lui a suffi de pratiquer l'accent allemand \u2014 Keller est d'origine suisse alémanique \u2014 et troquer elle aussi ses yeux bleus pour des lentilles couleur marron.Outre cette amitié, le film se développe dans une autre direction: Max devenue adulte va vouloir revoir son fils.Mais celui-ci refuse de la revoir.Elle continue quand même sa recherche jusqu'à ce qu'elle parvienne à l'identifier.«On connaît tous des gens qui ont vécu ça, plaide la productrice Aimée Danis.Ce sont des drames très durs quand les parents refusent de voir les enfants qui les recherchent, ou l'inverse.On ne voulait pas traiter ce sujet au niveau de l'anecdote, ce qui aurait pu donner un joli télé- SUITE À LA PAGE D2 ï François Dompierre (à gauche) a composé la musique du film de Michel Brault.>* -r- \u2022 '' Les Jeunes Johanne McKay (à gauche) et Marie Guillard se glissent dans la peau des héroïnes, Geneviève Bujold et Marthe Keller.?*¦ Min ti scèit: JEAN-NEItf ll( JEAN-MARC PAR E NT Un* pi»»»iiiiiiiiii tim pi .v V; \u2022 -/-\u2022\u2022\u2022 : \u2022 .Illi
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