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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Élections 93
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1993-10-19, Collections de BAnQ.

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[" D D Evolution de la popularité des chefs \t| tr^/ir/r \tftoucht/d * «\u2022 \u2022 \u2022 \tCtmpbell \u2022\u2022\u2022\u2022 ChrétitR McUuflhlin \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022M \t \t \t É § # \u2022fe: x?; 'M; m ! m '/.\u2022y (Hoçrapb» It Prtmt LA PRESSE, MONTRÉAL.MARD119 OCTOBRE 1993 Le numéro un du PC au Québec concède la victoire Pierre-Claude Nolin prédit un gouvernement minoritaire libéral et une forte délégation du Bloc Après Lucien, le désert ?** ffjk près Lucien Bouchard.c'est le désert, yen a pas d'équipé du Bloc québécois!» lance lean Charest dans ses ditcours à travers la province.Plusieurs commentateurs ont exprimé le même avis.À les entendre, la vague bloquiste va envoyer à Ottawa une meute d'individus sans aucune envergure ni expérience pertinente.Bref, une bande de tartes! C'est plus fort que moi.dés qu'une idée devient une idée reçue.je la rejette.Non, les candidats du Bloc ne sont pas tous des tartes.On peut même affirmer sans crainte de se tromper qu'ils ne sont pas plus tartes que l'étaient les 58 conservateurs québécois élus en 1984.Qui était M.Charest en 1984?Un jeune avocat de Sherbrooke avec à peine trois ans de prati- tue dans le corps.Oui était Benoit ouchard en 1984?Un simple directeur de cégep.Oui étaient Carole Jacques, Ricardo Lopez, Pierre Biais, Lise Bourgault?En fait, il y avait si peu de personnages de calibre dans l'équipe conserva irice du Québec que Brian Muiro-ney eut toutes les misères du monde à en dénicher qui soient ministrables.Une fois casés Roch La Salle, Marcel Masse et Robert de Cotret, le nouveau premier ministre ne put que confier des ministères juniors aux Québécois qui lui paraissaient les plus prometteurs, tous aussi inconnus que les actuels candidats du Bloc: André Bis-sonnette, Suzanne Biais Grenier, Michel Côté, Monique Vézina.Comme les conservateurs de 1984, les bloquistes de 1993 sont des professionnels, des enseignants, des administrateurs, des syndicalistes.Des gens au c.v.plutôt bref, armés d'une expérience politique très limitée.De ce groupe comme de la cuvée 84, certains se révéleront d'excellents députés, tandis que d'autres demeureront aussi obscurs que.bon, j'aime autant ne pas nommer quelqu'un.Deux candidats prometteurs Parmi les candidats du Bloc qui ont de bonnes chances de jouer un rôle de premier plan s'ils sont élus, il y a Yvan Loubier, dans St-Hyacinthe-Ba-got.Économiste âgé de 34 ans, Loubier s'est d'abord fait remarquer comme responsable de la recherche à l'Union des producteurs agricoles.Lorsque le président de l'UPA ]ac-.ques Proulx est devenu membre de la commission Bélanger-Campeau, Loubier l'a suivi.«C'est là, raconte-t-il sans modestie, que Lucien Bouchard a pu apprécier mon travail et ma détermination.» Yvan Loubier est aujourd'hui un des principaux conseillers économiques du chef bloquiste.Le candidat a beau être relativement jeune, on voit qu'il connaît ses dossiers.Il est sérieux, batailleur et s'exprime bien.À la Chambre des communes, il devrait vite devenir une des bétes noires du nouveau gouvernement.Le Bloc présente aussi un candidat de qualité dans Outremont.M.Jean-Louis Hérivault, lui-aussi économiste, a été directeur des services pédagogiques du Collège Vanier, président de J'Institut de recherche et d'information sur la rémunération, et directeur général de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires.M.Hérivault a plus l'allure d'un fonctionnaire que d'un politicien; de ce point de vue, il a peu en commun avec son jeune collègue.Mais au niveau des idées, la ressemblance entre les deux hommes est frappante.Chacun tient un langage modéré, tolérant, et réaliste.Ainsi, quand on leur parle des avantages de la souveraineté, ni l'un ni J'autre n'évoque le paradis.«Souveraineté ou pas, la vie économique et \\iociale va être dure au cours des proaines années, admet M.Loubier.au moins, nous pourrons arrêter l'hémorragie de la dette fédérale et mettre en place une véritable politique d'intégration des travailleurs sur le marché du travail.» «Chose certaine, estime pour sa part M.Hérivault, la vie ne sera pas pire qu'aujourd'hui.Et dans la mesure où on n'aura plus qu'un centre de décision, elle sera meilleure.» MM.Hérivault et Loubier estiment aussi tous deux que les députés bloquistes auront avantage à agir de manière constructive à Ottawa.«Les fédéralistes déçus qui auront voté pour nous vont nous juger ensuite sur notre attitude responsable au Parlement, sur.les résultats», affirme 1e candidat du Bloc dans Outremont.Tout ça pour dire qu'ici comme en tout, il faut éviter les généralisations abusives.Derrière Lucien Bouchard, ce n'est certes pas /'«équipe du ton-nerre» de Jean Lesage.Mais ce n'est pas non plus le néant décrit par M.iÇharest.D'ailleurs, le vice-premier ministre sait très bien que ces jours-ci, il prêche.dansée désert.|oci (fha Mai MARIE-CLAUPE LOVtTBE TORONTO La campagne Campbell a encaisse une autre claque en plein visage hier quand le principal organisateur conservateur du Québec» le sénateur Pierre-Claude Nolin, a concédé la victoire en prédisant l'avènement d'un gouvernement minoritaire libéral, accompagné d'une forte délégation du Bloc.M.Nolin, qui était l'organisateur en chef de la campagne au leadership de |ean Charest, a déclaré hier matin à l'émission SRC Bonjour: «Je pense que les libéraux vont former un gouvernement minoritaire et que le Bloc québécois va envoyer un fort contingent à Ottawa.» Mme Campbell a refusé de voir cela comme l'admission de la défaite conservatrice.Au contraire, a-t-elle dit, M.Nolin essaie de mettre les Québécois en garde contre ce qui s'en vient, pour les encourager a appuyer le PC.«le crois que ce qu'il veut dire aux Québécois, c'est que s'ils continuent à appuyer le Bloc québécois, ils vont avoir comme premier ministre la personne qu'ils ne veulent pas.lean Chrétien.(.) |e crois qu'il dit que les Québécois devraient penser sérieusement à tout cela », a-t-elle dit à Newsworld.L'ancien rival de Mme Campbell au leadership, |ean Charest, qui est allé retrouver Mme Campbell à la fin de la journée à Toronto pour une émission à Much Music et un rallye de jeunes, a quant à iui évité de commenter directe- \u2022 VV\t\" y - \u2022 .*.\u2022.j j VAst^&àVâfràit ' i'\" -¦ i \\ Pierre-Claude Nolin ment le geste de M.Nolin, utilisant plutôt ses réponses aux journalistes poui confirmer son appui à Mme Campbell ef pour parler de l'unité du parti.M.Charest a déclaré que la campagne était loin d'être terminée et qu'il ne s'en faisait pas avec les commentaires de M Nolin ou les événements du week-end.«Ça ne m'énerve pas, on est ici pour se battre, (.) dans les moins bons jours et dans les bons jours.(.) Nous sommes tous derrière notre chef, c'est pour cela que je suis ici », a-t-il déclaré.Quand on lui a fait remarquer que tous les boulets qui ont été tirés depuis queiques jours viennent de ses anciens supporters, celui-ci a répondu qu'il ne pensait pas que ces gens «font exprès», et il a continué en disant que ces incidents font partie des difficultés normales d'une campagne.Reste que ça va mal pour les conservateurs au Québec et aussi dans le sud de l'Ontario où Mme Campbell fait campagne jusqu'à vendredi, histoire d'essayer de récupérer les appuis que le PC est en train de perdre au profit des réformistes.Ces difficultés provoquent diverses réactions chez les députés conservateurs sortants, qui ne savent plus à quel saint se vouer pour conserver leur siège.Le ministre Doug Lewis a dit qu'il concentrait tous ses efforts uniquement sur sa campagne locale et qu'il ne s'occupait même plus de la campagne nationale.Un député a qualifié les bloquistes de «iraitrès» et a promis de déposer un projet de loi privé pour les expulser de la Chambre.Un autre a parlé d'une alliance PC-Reform qui pourrait prendre le pouvoir même si les libéraux ont plus de députés.Tous ont cependant préféré ne pas parler de la controverse du week-end.Avant de présenter Mme Campbell, qui était à Mississauga hier midi, le député de Mississauga West, Bob Horner, a déclaré que les bloquistes étaient des «traîtres» qu'on pourrait expulser de la Chambre pour les empêcher de «comploter la perte du Canada» aux frais des contribuables en siégeant aux Communes.«|e crois vraiment que Lucien Bouchard et son groupe sont traîtres, a-t-il Kim CamptoH a encore de chauds partisans.PHOTOPC Les jours de Kim Campbell à la tête des conservateurs sont déjà comptés De gré ou de force, elle devra abréger son séjour; croit-on dans le parti CHANTAI HÉBERT du bureau de La Presse OTTAWA Jfl^ moins d'une semaine d'un vote qui JMk s'annonce désastreux pour eux, les conservateurs ont déjà trouvé l'enjeu de la manche qui se jouera dans leurs rangs à compter du 2b octobre: ce sera la tête de leur chef.Dans la foulée des dissensions du week-end, le sujet du leadership de Mme Campbell e«t publiquement tabou pour Ie6 conservateurs.«Si on a des choses à régler, on va les régler après le vote», a dit à l'antenne de Radio-Canada hier leur organisateur en chef au Québec, Pierre-Claude Nolin, qui avait piloté la campagne de Jean Charest le printemps dernier.Mais cela n'empêche pas l'avenir de Mme Campbell d'être l'objet de multiples supputations parmi les conservateurs.De ces calculs sommaires, il se dégage un consensus: son leadership ne sortira pas indemne de la débâcle actuelle.De gré ou de force, ont indiqué à La Presse hier tant des partisans de la première heure de Kim Campbell que des gens associés à ?=es anciens rivaux, la leader conservatrice devra sans doute abréger son séjour à la tête du parti.\\i \" Même s* !a principale intéressée rf déjà dit qu'elle resterait à la barre quoi qu'il advienne le 25, plusieurs s'attendent à ce que Kim Campbell renonce presque sur-le-champ à continuer de mener les conservateurs.«Les rancoeurs vont être telles qu'elle n'aura pas le choix», estime ainsi un familier du parti selon qui il ne faut pas exclure que Mme Campbell démissionne le soir même des élections.Mais si elle devait décider de rester.Kim Campbell deviendrait clairement un chef en sursis.Les statuts du Parti conservateur prévoient qu'un vote sur le leadership aura lieu dès le premier congrès suivant une défaite électorale.Or, comme l'a démontré la lettre choc publiée par le ministre |ean Corbeil en fin de semaine et les sorties de plusieurs candidats anglophones, il ne manquera pas de conservateurs pour blâmer leur nouveau chef pour l'ampleur de la défaite qui les guette.En plus, son équipe de conseillers est largement discréditée et la plupart des gros canons ministériels qui l'avaient appuyée sont voués à la défaite, lundi.«Elle est finie», résume brutalement un membre de l'entourage d'un des conservateurs québécois qui avait appuyé Kim Campbell dès les premières heures de sa course au leadership.S'il se trouve des conservateurs pour penser que leur chef devrait rester en poste, ils s'accrochent presqf^ à tout coup, pour défendre leur thèse, au scéna- rio d'un gouvernement fragile, minoritaire, qui rendrait mal aisée une course au leadership.Il y a également un groupe qui évite scrupuleusement ce genre de discussions.«Ce sont des questions auxquelles on n'aura jamais de réponses», répond diplomatiquement le vice-premier ministre à ceux qui avancent que le parti s'en serait mieux tiré s'il était chef.Cela dit, dans les rangs des anciens partisans de M.Charest, on blâme quand même pri-vément Mme Campbell pour avoir elle-même ranimé les rancoeurs de la course au leadership lors d'une entrevue avec La Presse, la semaine dernière.Quant à Kim Campbell elle-même, si elle est vraiment tentée de rester en poste, elle ne trouvera guère de précédents encourageants.Après avoir perdu le pouvoir, de nouveaux chefs comme Frank Miller en Ontario, Rita lohnston en Colombie-Britannique et récemment Don Cameron en Nouvelle-Écosse ont tous opté pour une sortie rapide de la scène politique de leur province.Sur la scène fédérale, |ohn Diefenba-ker, |oe Clark et |ohn Turner sont plutôt restés à la tète de leur parti respectif dans la foulée de défaites cuisantes.Mais, d'une façon ou d'une autre, ils ont tous été évincés de leur poste et aucun n'a jamais réussi a redevenir premier ministre.dit.(.) Ils ne peuvent pas jurer allégeance à la Reine alors qu'en même temps ils essaient de détruire notre pays bien-aimé.Clairement, ils mentiraient sous serment.(.) Ces gens n'ont aucune affaire dans la Chambre des communes.» Mme Campbell n'était pas sur scène quand il a fait ces déclarations, mais elle n'était pas loin, attendant d'entrer pour prononcer un discours où elle n'a fait aucune référence aux propos de M.Horner/ Plus tard dans la journée, elle s'est contenté de déclarer: « Il a ses propres idées».M.Charest, lui, s'est plus clairement dissocié des propos de M.Horner, expliquant que même s'il n'aime pas plus l'idée de voir des bloquistes à Ottawa, cela faisait partie des libertés démocratiques garanties au Canada.Un autre député.Don Blenkarn, de Mississauga South, a semblé quant à lui concéder la victoire aux libéraux quand il a soulevé une hypothèse pour le moins surprenante: un gouvernement d'alliance PC-Reform si les deux partis réussissent à avoir à eux deux plus de députés que les libéraux.L'hypothèse est légalement plausible.Mme Campbell a rejeté ce scénario disant être là pour gagner un mandat et non rester au pouvoir grâce à une techni-calité légale.Elle continue donc à faire campagne, affirmant que la partie n'est pas perdue.Hier, elle a même prononcé un discours pour présenter les priorités de son gouvernement si elle est élue.Corbeil ne regrette rien HUCUETTE YOUNG de la Presse Canadienne OTTA WA algré sa sortie virulente en fin de semaine contre la première ministre Kim Campbell, le ministre des Transports lean Corbeil ne regrette rien.Interviewé hier par La Presse Canadienne, M.Corbeil a tenu à préciser qu'il se devait d'intervenir pour corriger le tir laissé par les propos de Mme Campbell publiés samedi dans La Presse.«On ne peut pas, à mon avis, attendre une semaine de temps pour dire aux gens: \"Vous rappelez-vous de ce qui était écrit la semaine passée?C'était insultant mais je ne suis pas intervenu parce que ce serait plus propice d'attendre après la campagne\"», a-t-il souligné au cours d'un entretien téléphonique.Selon M.Corbeil, il était primordial de rectifier les faits parce que les propos «attribués» à Mme Campbell discréditaient l'ex-pre-mier ministre Brian Mulroney et son gouvernement.«Quand j'ai lu ces propos-là dans La Presse samedi matin, je n'en croyais pas mes oreilles.» Homme de parti dont la loyauté envers M.Mulroney est bien connue, M.Corbeil n'a pu digérer la parution de «deux articles virulents» dans La Presse «qui pointent du doigt» M.Charest et des gens du passé «qui ont bûché dur.» «je pense à M.Mulroney entre autres qui a défendu les Québécois le plus âprement durant ses deux mandats et qui en porte toutes les cicatrices aujourd'hui.De minimiser ou de sembler minimiser l'apport de ce personnage à l'intérieur du Parti conservateur et sur la scè- I ne canadienne, m'apparaissait comme quelque chose qu'on ne pouvait pas laisser aller sans obtenir des clarifications», a-t-il poursuivi.M.Corbeil était un farouche partisan du vice-premier ministre Jean Charest pendant la course à la tête du parti.Est-ce qu'il faut comprendre que les plaies entre le clan Campbell et le clan Charest ne sont pas complètement cicatrisées?«Ça n'a rien à voir», a-t-il précisé.|e suis un homme de parti.|e me suis rallié entièrement et non pas à peu près lorsque Mme Camp- .bell a gagné.Mme Campbell fait un travail très bon dans des circons- \u2022 tances difficiles mais il y avait ces deux articles-là qui ne pouvaient pas rester là.Il fallait qu'il y ait un .geste public qui amène une réponse publique», a-t-il avancé.Mme Campbell avait dressé un bilan plutôt négatif du règne de neuf ans de Brian Mulroney, lut reprochant d'avoir «sapé la crédibili* té du processus politique.» Au sujet \u2022 de lean Charest, elle avait souligné .que ce dernier n'avait pas de plan étoffé de réduction du déficit pen* dant la course conservatrice.M.Corbeil avait bondi.Dans une lettre rendue publique en fin de semaine, il avait accusé la première ministre de vouloir éclabousser des membres du parti pour justifier «le dérapage» de sa campagne.Hier toutefois.M.Corbeil s'est dit prêt à tourner la page. B 2 LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 19 OCTOBRE 1993 1 Éditorial Paul Desmarais oresident du conseil d administration Roger D.Landry président et editeur Claude Masson Marcel Desjardins editeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Kim Campbell, ses gaffes, ses vautours.Attention, une voiture vient de s'engager à contresens sur la Transcanadienne», avertit la radio.Un conducteur entend le message, regarde autour de :lui et s'etonne: «Comment ça, une auto a contresens?Elles le ¦sont toutes.» Apres six semaines d'une campagne désastreuse, Kim Campbell ressemble de plus en plus a cet automobiliste convaincu d être le seul a rouler dans la bonne direction.Ses .erreurs s'accumulent, son parti risque d'être bal3yé de la carte, rien n'y fait : la candidate conservatrice y voit même la preuve de la justesse de sa stratégie! Ce n'est pas la premiere fois qu'un parti favori au départ dégringole pendant les semaines précédant le vote.La débandade des conservateurs n'en demeure pas moins phénoménale, ne serait-ce que par la manière dont Mme Campbell s'entête a semer elle-même les pelures sur lesquelles elle s empresse de glisser.Et par les règlements de comptes conservateurs, qui ont commencé à se jouer avant même la fin de la lutte électorale.' L'entrevue qu'elle accordait a La Presse, vendredi dernier, lest un exemple patent de l'inconscience avec laquelle Mme :-Campbell prononce les pires enormites sans même se rendre compte de ce qu'elle dit.«Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné?», lui avait-on demandé à plusieurs reprises.La question était sim- ple et assez facile a repousser: Mme Campbell n'avait qu'à refuser d'analyser a l'avance les résultats de son échec.Au lieu de cela, elle s'est empêtrée dans des explications tordues, critiquant tout le monde, y compris ses coéquipiers, tout en faisant preuve d'une pathétique indulgence à l'endroit de sa propre personne.Avec ces déclarations, Mme Campbell a bien sûr pris de gros risques : la loyauté est fragile dans un bateau qui coule.Mais elle ne méritait quand même pas l'humiliation publique que lui a assénee le ministre des Transports, Jean Corbeil.Toute cette crise constitue bien plus qu'un dérapage accidentel: elle en dit long sur la nature de Mme Campbell et sur celle de son parti.Des commentateurs ont reproché à la première ministre de manquer de sens politique.Euphémisme.En fait, Mme Campbell, bien que dotée d'une évidente intelligence conceptuelle, manque totalement de cette intelligence humaine grâce à laquelle la plupart des gens savent, par exemple, qu'il ne faut pas critiquer publiquement nos alliés du moment.C'est le genre de détails, qui semblent lui échapper complètement : même après coup, elle ne paraît pas réaliser à quel point elle a pu se montrer méprisante.La plupart des gaffes commises par Kim Campbell, depuis six semaines, tiennent à ce genre de propos à l'emporte-pièce, perdus au milieu d'une logorrhée à parenthèses multiples.Confrontée à ses affirmations, Mme Campbell a alterné entre l'ex- cuse timide, genre «je n'ai pas vraiment voulu dire ce que j'ai dit», et la contre-attaque, style «les médias ne sont pas a la hauteur de ma nouvelle façon de faire de la politique».Mais le coup du genie incompris ne prend pas: Mme Campbell aurait beau défoncer tous les tests de Ql, tout ce qu elle a réussi a démontrer, jusqu'à maintenant, c'est qu'elle n'a pas l'étoffe d'une leader.Le fait même qu'elle n'ait pas réussi à «calmer» Jean Corbei! et a l'empêcher de laver le linge sale des conservateurs sur la place publique montre son manque d'ascendant sur ses troupes.Mais cela démontre aussi que, devant la débâcle qui guette les conservateurs, le grenouillage de la prochaine bataille au leadership est déjà engagé.Quoi qu elle en dise, Mme Campbell a contribué à la débandade conservatrice.D'accord, elle avait un gros mandat: diriger un parti qui, après neuf ans de pouvoir, a battu tous les records d'impopularité.Cependant, avec ce même bagage, un leader terne et raisonnablement médiocre aurait pu s'en tirer mieux que ne l'a fait Kim-la-violoncelliste-polyglotte, avec ses vantardises et ses fausses notes.Le gouffre entre ce que Mme Campbell a promis et ce qu'elle a livré est immense.Les conservateurs sont tombés dedans.Et, en regardant s'agiter les vautours prêts à dépecer leur leader à une semaine du scrutin, on se dit qu'ils n'en méritaient pas moins.Agnès GRUDA Les «quatre amis» et le dilemme d'Haïti À minuit, les sanctions internationales contre Haïti sont de nouveau entrees en vigueur dans le but de permettre au président Jean-Bertrand Aristide de retourner à Port-:au-Prince et de reprendre ses fonctions.Dans tout ce fouillis, le général Cédras a manoeuvré avec habileté.Chez lui, il a semé une terreur discrète parmi les partisans du président pour faire taire les 70% d electeurs qui ont vote pour lui.A l'extérieur, il s'est donne une allure de modéré aui veut bien ecouter la voix de la raison.Il a ainsi endormi la mefiance des Haïtiens de l'émigration, dont beaucoup n'ont que peu de sympathie pour M.Aristide.Mais, en reniant l'accord de juillet dans lequel il avait promis de laisser le pouvoir, au moment même où ;ies berets bleus arriveraient a Port-au-Prince, le général Cédras ia lance un défi au Nations unies.La communauté internationale :est ainsi placee devant un dilemme, dont elle aurait pu se passer: prendre les armes pour restaurer Aristide au pouvoir ou [accepter que l'armée haïtienne accapare tout le pouvoir en ;depit des dernières élections.\u2022 Cette question s'adresse surtout aux «quatre amis d'Haïti», \u2022c est-a-dire aux États-Unis, au Canada, à la France et au Venezuela, les champions de !a cause d'Haïti et du président Aristide aux Nations unies.Il doivent juger s'il est possible d'intervenir militairement a Haïti pour y restaurer la démocratie sans idetruire le pays?; La reponse n'est pas évidente.L'armee haïtienne n'a aucune experience de combat contre d'autres forces armees; ce sont plutôt les civils qui ont toujours fait l'objet de ses attentions.Il n'est toutefois pas nécessaire de combattre pour faire échec à une mission militaire des Nations unies.Les Haïtiens tiennent l'intervention etrangere en horreur, même si leurs sympathies ne vont pas au général Cédras et à ses hommes.C'est ainsi que l'armée a facilement manipulé l'opinion publique pour faire rejeter les bérets bleus américains et canadiens par la foule, sans elle-même entrer dans la mélée.Meme si l'intervention étrangère était calculée pour neutraliser l'armée avec un minimum de victimes parmi les civils, le résultat politique risquerait d être décevant.Un président Aristide, aui arrive dans les fourgons des marines américains, n'aurait ni le prestige ni le pouvoir d'un président Aristide élu au suffrage universel.Les partisans du président ne doivent pas souhaiter une solution aussi radicale, qui leur ferait ainsi perdre beaucoup de popularité parmi les électeurs.; S il y a une forte réticence chez les Haïtiens a l'égard d une intervention étrangère, il y a encore moins d'enthousiasme aux 'Etats-Unis et au Canada.Aucun militaire ne peut souhaiter une campagne, qui n'aurait rien de la simplicité classique de l'attaque contre l'Irak et qui finirait au milieu des sables mouvants de la politique de Port-au-Prince.Malgré de vastes différences entre Haïti et la Somalie, l'analogie est assez forte pour faire frémir, surtout aux Etats-Unis.La minorité républicaine au Sé-;nat veut faire voter une loi interdisant au président d'envoyer des troupes a Haïti.Même si ce projet échoue, c'est un avertissement de taille au président Bill Clinton, dont la conduite des affaires internationales est vivement critiquee.La nature du dilemme montre bien la gravite de la crise.En effet, la décision finale au sujet d'une intervention sera vraisemblablement prise par des étrangers.Malgré toute leur ;bonne volonté, ceux-ci songeront avant tout a leurs propres !intéréts, surtout s'il s'agit d'envoyer des troupes au combat.Cette déchéance du pouvoir politique haïtien, à l'exception de la poigne du général Cedras, est en partie due à l'étrange comportement des Haïtiens émigrés aux États-Unis, au Canada \u2022et en France.Ceux-ci ont fui le climat politique et économique étouffant de leur patrie, a laquelle ils restent très attachés, -mais ils sont également attachés aux valeurs démocratiques.tDans la crise actuelle, ils n'ont toutefois pas su faire la part des .choses entre leurs valeurs démocratiques et leurs penchants ; politiques.Beaucoup d émigrés éminents sont opposes aux idees du président Aristide, qu'ils estimaient trop radicales.Lorsque M.Aristide a été renverse et parti en exil, ils ont manqué l'occa-.sion de faire la différence entre le geste qui a baffoue le syste-*me démocratique et celui qui leur a enlevé une épine du pied.Si les Haïtiens de l'émigration avaient fait bloc avec le président, en dépit de ses idées, le seul enjeu aurait été le rétablissement de la démocratie.Les «quatre amis» auraient pu inciter 'les Nations unies à se montrer fermes dans la défense d'une idée.A défaut de cet appui crucial aux institutions démocratiques haïtiennes, toute intervention ressemblera maintenant à une ingerence dans les affaires intérieures d'Haïti, bref à de la .magouille politique.L unité des exiles derriere un président légitimé aurait encourage les démocrates d'Haïti et fait réfléchir le général Cedras.Mais cette unité n'est qu'un reve et, aujourd hui, Haïti est .entoure de navires de guerre, qui masquent le fait qu'on ne sait plus quoi faire.Les cyniques diront qu'ils sont là pour décourager les Haïtiens de traverser la mer, qui les sépare de la Floride Frédéric WACNIÈRE DROITS RESERVES Émeute de la Coupe Stanley: ces médias agressés perçus comme des agresseurs MARCEL ADAM Lors des troubles de la soiree de la Coupe Stanley, les médias ont été une des cibles de l'hostilité de la foule: leur personnel a été pris a partie et leurs équipements ont été détruits.Tous les journalistes entendus lors de l'enquête spéciale présidée par l'ancien juge Albert H.Malouf, tenue sur les troubles qui ont suivi la victoire décisive du Club de hockey Canadien, ne proposent qu'une explication à cette hostilité populaire contre les médias télévisuels: «Comme il est maintenant de notoriété publique que la police utilise les prises de vues effectuées par la télévision pour procéder a l'identification de personnes qui ont commis des infractions, ceux qui se proposent de perpetrer des crimes dans le champ potentiel d'une caméra s'efforcent d'intimider les journalistes pour qu'ils s'abstiennent de filmer ou brisent leur matériel pour s'assurer qu'ils n'opéreront pas sous les projecteurs de la télévision.«A cette violence spécifique s'ajoute l'hostilité sourde qui est professee contre ceux qui volontairement ou non sont soupçonnes d'être des délateurs.» Le rapport Malouf admet que cette explication est vraie en grande partie, mais elle fait abs-traction d'un autre facteur d'interprétation non moins plausible de cette inimitié de la cohue, ce soir-la, envers les médias.« Le comportement des foules est notoirement irrationnel, y lit-on, et obéit a une logique élémentaire, qui partage le monde en deux composantes antagonistes qu'on pourrait désigner comme «nous» et «eux».Le propre d'une foule est la dissolution de l'individualité dans l'anonymat.Appartient donc au «nous» de la foule tout ce qui se fond dans l'anonymat.Par contraste, tout ce qui porte les marques visibles de son identité \u2014 la police ou les pompiers repérables grâce a leur uniforme, les journalistes qui portent les marques d'identification de leur profession et de leur réseau \u2014 est expulse de ia foule et assimiie a «eux» perçu comme une menace.«Celte menace est d'autant plus grande que ceux qui s'y sont associés veulent agir sur la foule, que ce soit pour la contrôler, la transporter, la filmer ou même l'assister (on a brisé une fenêtre d'une ambulance d'Urgences-Santé).Tout ce qui se distinguait de la foule et la prenait pour l'objet d'une intervention.qu'elle que fût sa nature, était ce soir la passible de son hostilité.» Aussi, les auteurs du rapport ne croient-ils pas que le remède proposé par les journalistes \u2014 ne donner à la police accès qu'aux prises de vue diffusees a la télévision \u2014 mettrait un terme à l'hostilité du public à l'endroit des médias.Et d'illustrer les limites de cette solution par l'exemple hypothétique d'un réseau de télévision filmant la perpétration d'un crime, dont les auteurs sont clairement identifiables.«Si ce réseau projette res prises de vue publiquement, écri-vent-ils.la police pourra s'en servir pour identifier les coupables en question.On ne voit pas pourquoi ces derniers \u2014 et d'autres malfaiteurs qui pourraient éventuellement se trouver dans la même situation \u2014 en voudraient moins aux médias d'avoir fourni publiquement à la police l'instrument de leur identification, au lieu de l'avoir fait a titre non-public.«Si, d'autre part, les médias s'abstenaient délibérément de projeter a la télévision les prises de vues permettant l'identification d'infracteurs (sic) pour ne pas prêter le flanc à l'accusation d'être partie à la délation, ils deviendraient vulnérables à l'accusation inverse de complicité à la dissimulation de crimes.» Ce raisonnement parfaitement étanchc est embarrassant pour les médias en ce qu'il relance la balle dans leur camp, notamment dans celui de nos confreres de la télévision.Car, outre d'induire a penser que la police est friande des prises de vues non télédiffusées de troubles publics parce qu'elle soupçonne que s'y trouvent des images susceptibles d'identifier des malfaiteurs.les auteurs du rapport avertissent délicatement les télévisions que dans une telle éventualité elles se feraient complices post facto d'actes criminels.Les situations hypothétiques proposées par le rapport Malouf ne sont pas innocentes.S'ils ne l avaient pas remarque eux-mêmes, les enquêteurs ont sans doute été alertés au fait que les télévisions \u2014 cela se vérifie également dans la presse ecrite \u2014 montrent généralement d'un désordre public des images où les délinquants sont peu ou pas identifiables.Une autocensure qui se pare du soi-disant vertueux prétexte de ne pas être partie à la délation, mais qui, curieusement, ne tient plus quand il s'agit de denoncer des personnes attachées au service public et dont on ne redoute pas de représailles violentes.En vérité, le motif principal de cette prudence est le souci d'assurer la sécurité du personnel et du matériel journalistiques.l'ai en mémoire un événement très instructif à cet égard de la crise autochtone de 1990.On voyait à la télévision une scène prise du côté de la route, montrant un groupe de policiers et un groupe de mohawks s'avançant l'un vers l'autre.Or.au moment où ils allaient en venir aux coups, le journaliste modifia l'angle de sa caméra pour pointer l'objectif vers les policiers.Il avait sans doute juge qu'il est moins risqué de photographier de face des policiers en action que des hors-la-loi pris en flagrant délit.y i ** «X\tH * sk vu*u4 \\MAM> IU^ vJA -4 M m H* **** » » * u % % ; mmm Opinions Les cibles à bombarder devront être bien identifiées.Bombardements aériens contre les Serbes : une option réaliste ?MARC FONTAINE Spécialiste des questions militaires, l'auteur est chercheur au Département d'études stratégiques du Collège militaire royal de Saint-lean.evant le conflit qui n'en finit plus de s'éterniser en Bosnie-Herzégovine et.malgré les efforts diplomatiques déployés par les parties internes et externes à ce conflit, tant le simple observateur que le spécialiste des questions stratégiques sont en droit de s'interroger sur les options ouvertes aux décideurs pour mettre fin à celte guerre.De l'avis de plusieurs, certaines solutions ont été retenues par les dirigeants occidentaux pour tenter de réduire l'intensite des combats ou, à tout le moins, d'endiguer le conflit: blocus et patrouilles navales dans la Mer Adriatique, surveillance et patrouilles aériennes agressives, manoeuvres militaires américaines sur la côte italienne, resserrement des sanctions économiques.etc.Pourtant, rien ne semble avoir de l'effet.Les combats font toujours rage en Bosnie-Herzégovine et également en Croatie, où les tensions reprennent racine.Depuis quelques mois, les concepts «bombardements aériens» et «frappes stratégiques» ont été avancés par certains dirigeants et décideurs.Devant l'intransigeance des parties à résoudre le conflit, serait-ce que la frustration ferait place à une rhétorique plus agressive?L'opiion des bombardements aériens contre les positions serbes est-elle réaliste?Les implications du choix d'une telle option pour répondre aux combats en Bosnie-Herzégovine n'est pas sans conséquence.Il est nécessaire d'analyser cette option essentiellement sous deux angles: les considérations politiques et militaires.Avant d'entreprendre quoi que ce soit, les décideurs politiques doivent démontrer une volonté politique claire de mettre en oeuvre cette option.Cette volonté s'exprimera sous la forme d'un consensus politique général autour de cette option.(.) Au moment où ces lignes sont écrites.les parties dans le conflit sont en pourparlers de paix.Serait-il rationnel de procéder immédiatement aux bombardements?Selon l'auteur, non.Cela pourrait avoir comme effet de cristalliser et de radicaliser les positions des parties en cause.L'intransigeance des Serbes contre cette ingérence occidentale serait à prévoir.Des gestes radicaux seraient à craindre par les parties en cause dans le conflit, au moment du retrait forcé des territoires conquis (meurtres gratuits, massacres de civils, politique de la «terre brûlée», attaques contre des casques bleus, etc.) (.) Une autre considération, celle-ci d'ordre politico-militaire: l'identification de l'ennemi.Les Serbes-bosniaques et les Serbes de Milosevic ont été clairement désignés comme les «méchants» dans ce conflit.Le Président Clinton a accordé une séance officielle au président bosniaque, Alija Izetbego-vitch, en août dernier.Il s'agissait, dès lors, d'une reconnaissance «de facto» que les bosniaques ont la faveur américaine.La France et la Grande-Bretagne ont aussi dénoncé à maintes reprises les gains territoriaux effectués par les Serbes-bosniaques.On assiste cependant, dans le sud-est (Mostar) et le centre de la Bosnie (Zenica, lajce) à une résurgence des combats entre Musulmans et Croates de Bosnie.Qui doit-on identifier alors comme ennemis?Y aura-t-il discrimination dans le choix des décideurs occidentaux?Les Serbes plutôt que les Croates?Politiquement, il ne faut pas non plus considérer les bombardements aériens ou les frappes stratégiques comme une solution échappatoire ou «du 4n moindre mal» pour le règlement de ce conflit.Les décideurs doivent être prêts à investir ressources, temps et énergie si le choix s'arrête sur cette option.Aussi, esi-ce bien une réponse mcsuiéc («measured response») à l'action des Serbes.Croates ou Musulmans?Il faut prendre le temps de bien regarder une carte géographique de l'ex-Yougoslavie pour bien saisir les particularités du terrain.Il est clair que les pilotes de l'OTAN ou américains n'auront pas la tâche facile.|e ne mets pas ici en doute leur bravoure ou leur volonté, mais seulement leur capacité à bien remplir leur mission.Nous ne sommes plus dans le désert irakien ou saoudien.Il y a des montagnes, des forêts denses, des micro-cli-mats, du brouillard.Somme toute, les missions seront périlleuses.Pas question non plus de miser entièrement sur la technologie du Golfe.Comment vont réagir les armes guidées au laser dans le climat particulier des Balkans?L'entraînement de ces pilotes s'est également surtout déroulé en vue d'une guerre totale en Europe: terrain relativement plat, des chars russes à perte de vue, etc.En Bosnie, les cibles seront difficiles à localiser et à identifier.Les pilotes devront faire preuve d'une grande prudence et de discrimination sur leur choix.Sans contredit, les unités de renseignements tactiques devront effectuer des prouesses pour bien identifier les régions à bombarder.Il ne faut pas oublier que ce genre de conflit n'a p»s de ligne de front bien déterminée.Une série de tranchées peuvent être occupées un jour par des combattants nationalistes serbes, le lendemain par des Croates de Bosnie ou simplement par des enfants y jouant après une journée passée dans les abris.Il y a aussi toute la question des cibles militaires imbriquées dans les agglomérations urbaines.Les Serbes-bosniaques ont pris l'habitude, semble-t-il, de cacher des pièces d'artillerie dans les écoles et les églises.Les dommages collatéraux causés par une série de frappes stratégiques pourraient rapidement faire vasciller l'opinion publique mondiale, comme ce fut le cas durant ia guerre contre l'Irak.Si le choix des bombardements est favorisé, il est nécessaire de bien choisir les «outils» pour ce type de conflit.Les types d'appareils utilisés doivent être adaptés au conflit de basse intensité: OV-IO «Bronco».AC-130 «Spectre», etc.Les stratèges militaires doivent opter pour la précision plutôt que les bombardements de masse.Et les casques bleus dans tout ça?Il ne faut pas oublier de les protéger pendant cette opération.Comment seront-ils perçus par les combattants locaux une fois les bombardements terminés?La question est importante et demeure entière.Lorsque l'on discute d'une option telle que les bombardements stratégiques, on ne discute plus d'une simple attaque de représailles ou d'une attaque contre une position d'artillerie serbe.Ce choix constitue un pas de plus dans l'echelle de l'escalade militaire.En cas d'échec, la marge de manoeuvre des décideurs est faible.Les choix seront limités: intervention militaire massive ou retrait total de cette région.C'est pourquoi il est impératif que les dirigeants occidentaux soient conscients des implications politiques et militaires de ce choix.|e répète: il n'y a pas de solution facile en vue d'un règlement de ce type de conflit.À moins d'un consensus politique fort en direction de ce choix (les frappes stratégiques), d'une volonté politique déterminée et de l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU (pour légitimer l'action), il est plus que probable que ce choix demeure dans le spectre de la rhétorique agressive.Les grands absents de l'élection la pensée, la vérité, les valeurs MAURICE CHAMPAGNE L'auteur a signé de nombreuses analyses sur les droits politiques et linguistiques du Québec.ans quelles sociétés vivons-nous au Canada?Ce pays a-t-il une âme, un esprit, des valeurs, une culture?La pauvreté intellectuelle, spirituelle.simplement humaine, de la campagne électorale, provoque ces questions.Et elles ne visent pas seulement les chefs, non plus que leurs partis, mais un état social, une anémie de notre démocratie, qui font que nous avons collectivement laissé des gouvernements antérieurs nous endetter et nous tromper.Et malgré tout le potentiel de connaissances dont nous disposons dans une foule d'institutions et de milieux, aucun regroupement de forces démocratiques, non partisanes, ne voit le jour, pour interpeller les gouvernements, les suivre à la trace en proposant à la population les solutions à tous les maux dont nous les accusons.Il serait pourtant indispensable de recourir à ce moyen, notamment parce que la population accepterait peut-être d'entendre d'une coalition de personnes et de groupes hautement crédibles et non partisans, ce qu'elle refuse des chefs politiques lorsqu'ils se risquent à parler de sacrifices et de coupures, pour que l'on cesse de vivre au-dessus de nos moyens collectivement.Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là?Virages à trois cen: soixante degrés dans nos valeurs de vie, mystification du progrès matériel et technologique, capitalisme sauvage, interventionnisme de l'État mal orienté, individualisme forcené et revendications irresponsables de nombreux groupes d'intérêts, économie de bai-Ions gonflés au crédit et à la surevalua-tion des biens et des ressources, société d'asservissement aux mangeoires de la consommation, bourgeoisie intellectuelle, mauvaises gestions.?Qui osera nous forcer à l'examen de conscience collectif urgent qu'il nous faut mener pour déterminer les causes du mal et cibler les solutions?Sans cette perspective, il devient pourtant absurde de vivre une campagne électorale au Canada.Campagne absurde Or, telle est la présente campagne électorale: absurde.Et la caractéristique majeure du vote annoncé est: voter contre.Reproduire ainsi au parlement, consciemment ou inconsciemment, le chaos dans lequel nous vivons, a partir de la seule solidarité dont nous semblons capables: être contre.Être contre et subir en même temps la pensée magique et régressive des discours et des programmes électoraux.Et il y aura chaos, gouvernement majoritaire ou pas, quand on sait la dynamique d'affrontement dont les principaux acteurs sont capables.Mais, paradoxalement, c'est peut-être de cet absurde et de ce chaos que va renaître l'espoir.L'espoir que nous soyons forcés, au parlement et à l'extérieur du parlement, de faire vivre ce qui est absent de cette campagne électorale: !a pensée.!a vérité et les valeurs.Et je souligne quelques dimensions a partir desquelles on pourrait ainsi redonner une vision à notre action politique et une ame à notre démocratie.En posant seulement des questions pour un vrai débat.Un débat de partis, de société surtout, ou, ce qui compterait peut-etre le plus pour notre démocratie en ce moment, un débat de GOUVERNEMENT PARALLÈLE.Est-il possible que dans un vrai projet social et politique, on nous présente une vision d'ensemble des besoins essentiels et des mesures de soutien y répondant, pour ce qui constitue le premier support de l'économie et sa seule finalité: nos ressources humaines.Là, le déficit est énorme aussi: chez les jeunes, que par centaines de milliers on exclut de leur propre avenir; chez les personnes dites âgées, que l'on pousse du coude pour qu'elles cèdent leur place ou que l'on drogue à même les programmes sociaux; chez les parents, qui ont de tous les citoyens et citoyennes la plus lourde responsabilité sociale et légale, mais que l'on ne nomme en général que pour les accuser; chez les hommes et les femmes, dont les rapports pour une majorité d'entre eux et d'entre elles sont devenus de plus en plus difficiles, souvent violents, et dont les répercussions sur le monde du travail, de l'école et de la jeunesse, se traduisent par d'immenses coûts sociaux; chez les Canadiens et Canadiennes des différents peuples et ethnies, qui font ce pays et dont les rapports - constitutionnels ou quotidiens - représentent un défi de plus en plus cumpiexe, que bien peu de nations dans le monde arrivent à relever honorablement.Quel parti nous a parlé de cela, réellement, concrètement, pendant la campagne électorale?Pourtant, on nous avait annoncé, sous certaines bannières, une nouvelle façon de faire de la politique et de reconquérir la crédibilité perdue.Système f iscas Inique Quel parti - et c'est aussi urgent qu'une révision responsable de nos programmes sociaux - aura le courage de corriger notre système fiscal inique, qui permet à une minorité de riches et de super-riches de s'emparer d'une part excessive de la richesse collective et qui fait que la classe moyenne est lessivée?(Ceci dit, même si jjotre so- Maurice Champagne cieté est beaucoup plus juste que celle des Américains.) Attendons-nous la révolte des exploités et des exclus pour avoir aussi le courage d'arrêter l'écart grandissant entre pauvres et riches, au sein de ce pays surévalué selon les critères de justice et de bien-être à l'occidentale?(Le travail au noir est déjà une révolte bien en place à cet égard!) Quel parti ou quel groupe aura le courage de nommer les valeurs qui donnent un sens a notre vie en ce pays?Les nommer et les hiérarchiser au besoin, en cessant de pratiquer un culte de croisés pour le pluralisme et la liberté de tout et de rien.Il est urgent de sortir les droits, individuels et collectifs.de l'idéologie revancharde, pour retrouver socialement et politiquement les valeurs qui fondent les droits et les devoirs.Devant l'humanisme que nous devrions chercher, en matière de droits, nous sommes trop souvent aussi arriérés que nos chartes sont jeunes.Quel parti a une idée claire des valeurs que nous devrions privilégier dans l'éducation des jeunes (au-delà des juridictions provinciales et fédérales), dans la vision que l'on se fait des familles qui peuvent être épanouissantes et créatrices pour leurs membres, dans le> choix difficiles qu'ii faui faire pour une économie concurrentielle et juste socialement, pour concilier protection de l'environnement et développement de l'emploi face à l'exploitation de nos ressources naturelles?Et quel «homme» politique dans ce pays peut parler intelligemment de la nécessité sociale du développement de la paternité chez les hommes?Dans quel débat social ou politique osera-t-on aborder la question éthique par excellence, face au type de progrès que nos valeurs occidentales - modernes et déjà « post »-modernes - exaltent, à savoir que: ce n'est pas parce que nous avons le pouvoir intellectuel et technologique de presque tout faire, que nous devons tout faire ce dont nous avons le pouvoir.Et, sous cette question, que de vérités sont cachées à la population sur la création du chômage par la technologie, d'une part; et que de retards on accuse au Canada dans l'axe recher-che-déveioppement-formation professionnelle, d'autre part, pour convertir une partie des emplois traditionnels au lieu de les supprimer.Voilà un autre espace fondamental et concret que la campagne électorale a fui dans la pensée magique des engagements vides.Vision mondiale Et le Canada a-t-il une vision mondiale, une intelligence internationale?Qu'est-ce que nos partis ont à dire devant l'échec des Droits de l'Homme, dont la super-doctrine n'a pas réussi a imposer à la conscience internationale des standards minima de respect de la dignité humaine qui arrêtent la torture, qui arrêtent les Yougoslavie et les Somalie de l'horreur, qui empêchent de détruire des populations au hasard de la sélection par les grandes puissances des bons et des mauvais dictateurs?Qu'avons-nous à dire de la transformation des Nations-Unies en Ange guerrier?lusqu'où iront nos alliances peureuses avec le gendarme américain, qui commande l'Ange guerrier au nom de l'univers, alors qu'il n'arrive pas chez lui à gerer un problème de secte?Et qu'est-ce que nos politiciens ont à dire des défis du vingt et unième siècle devant lesquels nous accusons deja de multiples retards.Que ferons-nous devant la concurrence chinoise, qui est en train de se former, par ses valeurs, au succès japonais, et qui.dans quelques années, rendra plus exponentiels encore le pouvoir économique et la force de travail de type asiatique?Qu'avons-nous à dire à nos jeunes et a tous nos concitoyens et concitoyennes dépaysés dans notre misère de parvenus, au sujet d'un avenir que nous regardons comme si nous étions enfermes dans une salle paroissiale l'hiver.Enfin, posons «la» question de vérité, la mieux camouflée par la campagne électorale, avec celle des programmes sociaux: se peut-il que la dynamique d'affrontement d'un nouveau parlement, où le Bloc québécois serait massivement représenté, oblige à la vérité sur les coûts de l'indépendance pour le Québec, par exemple.Que l'on oppose au coût des dédoublements et des chevauchements du régime fédéral tous les coûts que le Québec indépendant devrait assumer en prenant sa part de la dette canadienne et en réglant l'enorme facture de tous les coûts des emplois, des institutions, des immeubles et autres biens et services que le gouvernement fédéral laissera tomber, sans faire de cadeaux au Québec, advenant l'indépendance.Et il n'y aurait la aucun chantage, seulement la vérité qui n'a jamais été donnée à la population depuis que l'affrontement Quebec-Canada dure.Et si celte vérité ne vient pas du Parlement, il appartient aux leaders économiques et aux spécialistes de l'économie et de la question constitutionnelle de s'organiser et de prendre l'initiative démocratique pour la livrer a la population ou la faire livrer par le Parlement.Le camouflage et l'incertitude ont assez duré.Cette absurdité ne doit pas nous faire plus de mal qu'elle n'en a déjà fait, dans les moments d'exceptionnelle fragilité économique et sociale que nous vivons actuellement.Gouvernement parallèle En conclusion, les enjeux pour l'avenir de ce pays et de notre démocratie sont tels en ce moment, face notamment à la perte de crédibilité de la classe politique, que, si nous sommes cohérents et vraiment démocrates, il doit se lever des individus et des groupes pour former une coalition qui jouerait, au moins symboliquement, le rôle d'un gouvernement parallèle.Une coalition non partisane, multisecto-rielle et pluridisciplinaire, d'hommes et de femmes de divers âges, pour forcer l'expression de la vérité et d'une vision sociopolitique et économique d'ensemble, centrée sur des valeurs fondamentales.On doit pouvoir en assumer le coût à partir de la générosité des individus et des ressources, dont disposent de nombreux groupes et institutions pouvant y participer.Elle serait pan-canadienne, mais en fonctionnant à partir de constituantes régionales.Son rôle: suivre les gouvernements à la trace pour réagir à leurs programmes et a leurs mesures et proposer des solutions à nos principaux problèmes de sa propre initiative.Quoi que nous fassions, si le discours de ceux et celles qui critiquent les gouvernement!, est responsable et s'il y a parmi elles et parmi eux de vrais-es démocrates, si nous allions intelligence, imagination et générosité, nous trouverons les moyens de faire mieux que les gouvernements ou de les forcer à faire mieux.Et l'exercice que je propose me parait de toute manière un moyen concret de redonner de l'espoir a ceux et celles qui en manquent, et surtout, aux jeunes de ce pays.Vain- \u2022 quons nous-mêmes notre marasme._____ LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD119 OCTOBRE 1995 reflète l'inquiétude de l'Ouest devant la montée du YVES BOISVERT VANCOUVER m L'Ouest est inquiet de la montée du Bloc au Québec, et cela se lit.Par exemple: Lucien Bouchard et Preston Man-ning partagent la page couverture du dernier numéro de l'hebdomadaire B.C.Report (édité ailleurs dans l'Ouest sous le nom d'Alberta Report et Western Report.Au total 50 000 exemplaires).«Si le Bloc détient la balance du pouvoir, qui va se lever pour le Canada anglais?» demande le magazine de droite, très favorable au Reform.Son commentateur vedette, Ted Byfield répond à cette question: «Le seul parti qui va protéger l'Ouest, c'est le Reform ».Dans un long article, par ailleurs, le magazine se demande si Lucien Bouchard est «un sincère séparatiste ou un maître de l'extorsion?» Le journaliste explique que les conservateurs au Québec sont en déroute malgré l'appui de nationalistes dans son équipe et celui de l «écrivain séparatiste et sénateur Solange Chaput-Rolland » ( sic ).Les experts consultés par l'auteur estiment majoritairement que Bouchard veut faire régner le chaos à Ottawa pour tenir le gouvernement fédéral en otage pour obtenir plus d'argent pour le Qué- bec \u2014 déjà gâté disent-ils.Les arguments économiques de Bouchard selon qui le Québec ne reçoit pas sa juste part des fonds sont «mal fondés et biaisés», lit-on.L'économiste Robert Mansell, de Calgary, calcule que le Québec a reçu sous toutes sortes de formes 160,7 milliards de plus d'Ottawa qu'il n'en a payé entre 1951 et 1991.Le contrat d'entretien des F-18, accordé à Montréal plutôt qu'à Winnipeg en 1986, malgré une soumission plus basse de la ville de l'Ouest, est évoqué.Malgré tout, lit-on, les «vieux partis sont assez stupides pour jouer» le jeu destructeur et coûteux du Bloc.La conclusion: si le Reform remporte plusieurs sièges et peut s'allier avec un parti fédéraliste, il sera perçu comme sauveur de la nation.Mais si le Reform obtient moins de sièges que le Bloc, le Reform sera alors perçu comme «un équivalent de l'Ouest du Bloc, c'est-à-dire une nuisance régionale qui nuit au gouvernement canadien.» * * * Même si Preston Mannings'en défend avec vigueur, les gens qui veulent attaquer le Reform aiment à dire qu'il s'agit d'un parti «anti-Québec, anti-femmes et anti-immigrants».Témoin R.B.York, un lecteur, répond à deux réformistes dans l'édition du 16 octobre du Daily Courier, de Kelowna, dans la vallée de l'Okanagan.Ces supporters du Reform Party qui parlent du «chantage» du Québec et qui prétendent que les Québécois veulent franciser tout le Canada à l'est d'Ottawa en disent long sur les réformistes, affirme M.York.«Le Reform Party ne peut plus nier que les préjugés et la peur des Canadiens-français comptent pour beaucoup dans sa popularité», écrit-il.* * * Ln éditorial, le Vancouver Sun du 16 octobre estime que les voteurs qui sont principalement intéressés par la réforme des institutions gouvernementales seraient mieux servis par un gouvernement minoritaire, où la balance du parti serait tenue par un des partis «vierges» politiquement, tels le NPD fédéral et le Reform.L'éditorial est très sévère à l'endroit des promesses «risibles» du PC et du PLC au sujet du patronage et d'une réforme de la démocratie parlementaire: il n'y a qu'à voir leur attitude dans le passé.«De façon réaliste, ce n'est que sffs sont forcés de le faire par le Reform et le NPD, qui brandissent le balai, que les libéraux et les conservateurs vont faire le ménage» dans les vieilles pratiques, estime le journal le plus important de la Colombie-Britannique.* * * Hubert Beyer, le columnist du Pro-gress de Chilliwack, écrivait quant à lui le 13 octobre que la.«rupture du Canada est presque certaine».Le vétéran de ce bi-hebdomadaire local disait aue même s'il s'est fait insulter l'an dernier en défendant l'accord de Charlottetown (rejeté par 70 p.cent de la population en C-B).c'était là «la dernière chance du Canada».«l'ai été frappé de voir lors du débat télévisé que le seul leader qui parlait avec une émotion vraie et de la conviction était Lucien Bouchard.» «Le Québec en a marre d'essayer, en vain, de convaincre le reste du Canada qu'il est une société disctincte qui a besoin de protection ».écrit le chroniqueur.Il conclut en disant que la seule solution est la réouverture du dossier constitutionnel .* * * Le theme principal de la campagne en Colombie-Britannique: le déficit.Dans un éditorial intitulé «Taxes, taxes, taxes, taxes, taxes», le 14 octobre, le quotidien Vancouver Sun critique les propositions de tous les partis en concluant que les électeurs veulent une chose plus que tout : « Ils en ont assez du gaspillage et ils attendent des politiciens qu'ils aiguisent leurs crayons, qu'ils utilisent leurs effaces et qu'ils réfléchissent quand ils dépensent.» * * * Parlant de dépenses, Equity, un mensuel de Vancouver destiné à la commu nauté d'affaires, fait sa «une» avec ses «40 histoires d'horreurs canadiennes préférées».Quarante histoires de «gaspillage» des fonds publics d'un océan l'autre où les politiciens sont violemment pris à parti.Les «Canadian Parents for French» ont reçu 460 435$ «de vos taxes», déplore le magazine.Le magazine estime aue le ministère fédéral de la Défense a dépensé 500 millions au cours des 15 dernières années pour le bilinguisme dans ses rangs; il en dépensera 1,4 milliard de plus dans les 15 prochaines années.Pierre Le François, notre (très cher) bureaucrate en chef de la Ville de Montréal, figure dans ce palmarès pour avoir payé 1200$ pour faire écrire par un spécialiste un discours de six pages; les 20 communicateurs de la Ville ne pouvaient suffire à la tâche, suppose Equity.Une tordante: le Conseil des arts de l'Ontario a dépensé 30 000 $ pour financer un séminaire d'une semaine pour 20 membres du syndicat des Travailleurs unis de l'auto; le sujet?l'humour ouvrier! Il y a aussi le ministère de l'Agriculture de la Colombie-Bri-tannique qui a engagé une firme américaine pour concevoir une campagne d'achat des produits agricoles de la province.Oh! en passant, les taxes ont augmenté de 1505 p.cent depuis 30 ans au Canada.\u2022\u2022\u2022 /^^m- 1 ~ ' - -ETIONS DE VOTE immassmâm Francophones seulement (%) 70_ m pi so «V WC» «ï \u2022s?^ ^ m im m Bouchard refuse de rouvrir le dossier constitutionnel pour les autochtones MARIO FONTAINE Non francophones (%) ¦ s» Infographie Lj Presse L'appui à Chrétien a vite plafonné chez les francophones du Québec Une analyse de LOUIS FALARDEAU ¦ Meme s'il est vite devenu évident que |ean Chrétien serait le prochain premier ministre du Canada, son parti n'a pas réussi à progresser chez les francophones du Québec.L'analyse des sondages SOM réalisés depuis le début de la campagne nous démontre en effet que le Parti libéral n'a jamais réussi à franchir la barre des 20 p.cent du vote francophone.On constate même qu'il n'a à peu prés pas progressé à cet égard depuis que les sondages pan-canadiens publiés début octobre ont révélé l'énorme avance des libéraux.Partis à 13 p.cent au début de la campagne, les libéraux ont rapidement gagné quelques points pour ensuite stagner autour de 17 à 19 p.cent du vote francophone.Ils n'ont donc a peu prés pas profité de la dégringolade du Parti conservateur qui, parti à 35 p.cent dans ce groupe, a vite baissé sous la barre des 20 p.cent pour s'établir au même niveau que les libéraux.Le grand gagnant a été le Bloc québécois qui a grimpé de 10 points et reçoit maintenant l'appui de six francophones sur dix.Si cette proportion se maintenait le 25, le Bloc devrait perdre bien peu des 57 circonscriptions où plus des trois quarts des électeurs sont francophones et peut même espérer gagner certaines des sept autres où c'est le cas de plus de 65 p.cent.L'analyse du vote non-francophone démontre par ailleurs une domination totale des libéraux.Si la marge d'erreur est beaucoup plus forte dans ce cas.il est certain que le parti de |ean Chrétien obtient l'appui d'environ sept non-francophones sur 10.Un tel résultat le 25 leur vaudrait sans doute la victoire dans les 11 circonscriptions où ce groupe forme plus de 40 p.cent de l'électoral.Et c'est aussi ce parti qui ferait la lutte au Bloc dans les sept autres où on trouve plus de 35 p.cent de non-franco-phones.Pour les conservateurs, il n'y a que des défaites à l'horizon des sondages.Ce qui n'interdit pas quelques victoires de candidats très forts \u2014 |ean Cha-rest par exemple \u2014 qui pourraient répéter l'exploit de |ean Lapierre, qui a résisté, en 88, à la vague conservatrice dans les circonscriptions francophones.¦ Après Jean Chrétien samedi, c'était hier au tour de Lucien Bouchard de s'opposer à toute réouverture du dossier constitutionnel pour y enchâsser le droit des peuples autochtones à rnnînnomie izouvernementnlp w Le chef du Bloc québécois estime en effet que c'est entre le gouvernement d'un Quebec souverain et les représentants des autochtones que la question devra se régler.Pour le moment, les questions de l'emploi et du chômage sont plus urgentes, estime M.Bouchard.On ne peut rouvrir qu'un seul seul volet de la constitution, fait-il aussi valoir.De sorte que si on rouvre le dossier autochtone, on rouvre tout le reste.Or, selon lui, Meech et Charlottetown ont démontré que le fédéralisme est incapable de se renouveler, de sorte que la souveraineté s'impose comme l'unique option pour les Québécois.Le chef de l'Assemblée des premières nations, Ovide Mercredi, avait déjà essuyé un refus de la part du leader libéral |ean Chrétien.samedi, dans sa requête pour faire amender la constitution.Par la suite, il a dit compter sur le Québec pour relancer les pourparlers constitutionnels, estimant qu'un fort contingent de députés du Bloc à Ottawa et la tenue d'élections au Québec l'an prochain mèneraient à de nouveaux pourparlers.Une séquence que le chef du BQ écarte d'emblee: on a perdu 10 HPc tronvor nnp iccuo ô 1 '« m.' ^ U élu W® k \u2022 V, \u2022 ta \u2022\t\u2022 \u2022\tv* w M \u2022 I ICI passe constitutionelle, la cause est entendue, la solution passe par la souveraineté du Québec, soutient M.Bouchard.Celui-ci fait sienne la politique adoptee par le gouvernement Lévesque en 1985: il reconnait le principe d'un gouvernement autochtone, leur droit de se développer comme peuple, le maintien d'une culture autochtone, leur droit de se développer économiquement.On veut Saint-Maurice f aisant campagne hier à Mont- Lucien Bouchard réal, M.Bouchard a mis en sourdine le contentieux qui l'oppose à The Gazette depuis que le quotidien anglophone a écrit, samedi, que son père avait des problèmes d'alcoolisme.Interrogé par Gilles Proulx sur les ondes de C|MS, le chef du BQ a de nouveau nié que son père, mort depuis 18 ans, ait jamais consommé abusivement.Comme tout le monde il pouvait prendre un verre dans les veillees, dit-il, mais il affirme ne jamais l'avoir vu déplacé.The Gazette basait son information sur une source anonyme.M.Bouchard attend la décision de l'om-budsman du journal pour décider s'il entame ou non une poursuite.L'ombudsman, Bob Walker, explique qu'il est difficile d'enquêter a fond, puisque l'auteur de l'article litigieux.Sarah Scott, couvre M.Bouchard et est de ce fait en continuel déplacement.Nouvelle plus réjouissante pour le chef du Bloc, le sondage qui donne sa formation gagnante dans Saint-Maurice l'a amené a renouveler ses appels à la prudence.Il reste encore une semaine avant l'élection, répète-t-il sur toutes les tribunes pour inviter ses troupes à poursuivre le travail.Mais on sent qu il ne déplairait pas à Lucien Bouchard de voir |ean Chretien battu dans son propre comté, «le souhaite qu'on prenne un maximum de sièges, ci le comté de Saint-Maurice est un siège qu'on veut prendre aussi», énonce-t-il diplomatiquement.Il s'est par ailleurs dit étonne d'entendre Kim Campbell parler d'alliance possible avec les libéraux au nom de l'unité nationale.«Il faut être mai pris pour lancer un SOS à |ean Chretien», de railler Lucien Bouchard.Celui-ci s'est prêté, en après-midi, à un exercice plus décontracté alors qu'il a participé pendant une heure à l'émission «Politiquement direct», à Musique Plus.Plusieurs questions posées par des animateurs («l'ai une question pour toé, Lucien» et par le grand public, notamment sur l'emploi pour les jeunes et la pertinence d'envoyer des députés souverainistes à Ottawa.On a aussi su quels principaux défauts M.Bouchard s'attribuait à lui-même: l'impatience, l'orgueuil et le pessimisme, a-t-il confié au public jeune de cette station qu'il admet ne pas écouter souvent.En soirce, c'est devant une fou le enthousiaste composée de membres et de dirigeants de la FTQ que le chef du BQ a pris la parole.La principale centrale syndicale au Québec a accordé son appui officiel au Bloc le mois dernier.« Le Bloc, c'est le parti de tout le monde», a déclaré M.Bouchard.Il a rappelé que sa formation avait tenté de faire en sorte que la loi anti-briseurs de grève s'applique également aux travailleurs québécois dont l'entreprise fonctionne sous charte fédérale.Sans succès.Politique d'égalité: Audrey McLaughlin brandit le spectre de l'Afrique du Sud Un avantage d'être femme Sheila Copps Presse Canadienne Pres.se Canadienne L'avance de Charest s'effrite Presse Canadienne MlUlHHOOKt: ¦ Meme si elle demeure toujours palpable aux yeux des sondeurs, l'avance de |ean Charest dans le comté de Sherbrooke s'effrite, révèle un sondage Strafagem-La Tribune-CKSH.Les plus récents résultats obtenus auprès de 450 répondants du coriité de Sherbrooke laissent en effet voir l'obtention d'un taux d'appui de 30,7 pour cent pour !c Parti conservateur, contre 29,b pour cent pour le Bloc québécois.Le Parti libéral, lui, n'obtient que 7,1 pour cent de la faveur populaire, une chute de 3,4 points de pourcentage par rapport au sondage effectué le 30 septembre dernier.La marge d'erreur est égale à 4,6 pour cent, pour un niveau de confiance de 9$ pour cent, 19 fois sur 20.77/fc PAS.Manitoba ¦ La leader du Nouveau Parti démocratique Audrey McLaughlin a fait hier un plaidoyer en faveur d'une plus grande égalité des sexes et des cultures, en affirmant que le Canada pourrait se retrouver aux prises avec le même genre de conflits que l'Afrique du Sud s'il ne s'occupe pas de cette question.«Si les gens ne tiennent pas compte de questions comme l'égalité \u2014 entre les hommes et les femmes, entre les différentes cultures au sein de notre société \u2014 nous risquons de miner notre société», a-t-elle déclaré devant un auditoire d'étudiants du secondaire.«Vous n'avez qu'à regarder l'Afrique du Sud.Ils ont un grand potentiel économique, mais ils sont obligés de s'occuper des questions d'égalité parce qu'ils ne l'ont pas fait auparavant.» Priée de dire, plus tard, si elle comparait le Canada à l'Afrique du Sud.elle a répond qu'elle avait «simplement fait la comparaison, si nous ne nous occupons pas d'égalité, ce sera le résultat ».Mme McLaughlin^ a déjà affirme qu'il y avait eu un ressac anti- femmes aux élections, et que le phénomène pourrait lui avoir nui ainsi qu'a la première ministre Kim Campbell.Devant les étudiants, elle a soutenu qu'il fallait se pencher sur des questions comme le racisme et le règlement des revendications territoriales des autochtones.«Certaines personnes disent pendant cette campagne électorale que nous n'avons pas les moyens de régler ces problèmes, que ce n'est pas si important.» S'abstenant de nommer qui que ce soit dans son discours, elle a par la suite affirmé que des commentaires de certains candidats du Reform Party \u2014 contre l'immigration, et des plaisanteries sur la violence contre les femmes \u2014 ont contribué à créer de l'intolérance.Rlle a aussi dit que les politiques du Reform Party si.r les questions qui concernent les autochtones affaibliraient la responsabilité du gouvernement fédéral envers les autochtones.Le candidat libéral et ex-député néo-démocrate Elijah Harper, un autochtone, mène une dure lutte contre le candidat néo-démocrate et actuel député du comté de Churchill, où se trouve» The Pas, Rod Murphy.I La leader-adjointe du Parti libéral canadien, Sheila Copps.affirmait hier diverger d'opinion avec la leader néo-démocrate Audrey McLaughlin, qui prétend percevoir un certain «antiféminisme» dans la présente campagne électorale.«En realité, être femme a présenté un avantage dans cette campagne», a affirmé Mme Copps en interview, après avoir rencontre les représentantes d'une coalition représentant plus de 20 organismes féminins du Québec.«Il est heureux qu'il y ait deux femmes occupant des postes de leaders auprès de deux partis politiques différents», de dire Mme Copps, faisant référence à la première ministre Kim Campbell et à Mme McLaughlin.Au cours du dernier week-end, Mme McLaughlin avait soutenu que les manchettes des journaux, après les élections, pourraient se lire ainsi: «Deux femmes leaders abattues en flammes».Mme Copps prévoit que le prochain parlement comptera de 60 à 70 femmes au sein de la députa-tion et qu'elles seraient encore plus nombreuses si le Bloc québécois et le Reform Party avaient présenté plus de candidates en vue du prochain scrutin.«Les deux partis qu) n'ont pas livré la marchandise, au chapitre de la représentation féminine dans leurs rangs, sont le Bloc et le Reform», a-t-elle soutenu.- Mme Copps a ensuite rappelé un commentaire fait par le leader du Bloc, Lucien Bouchard, l'an dernier, alors qu'il affirmait qu'il serait heureux de travailler auprès du chef du Reform, Preston Manning, «parce qu'il pensait partager beaucoup avec lui ».«Cela me rend craintive lorsque je songe que M.Manning songe a couper dans des programmes comme les congés de maternité.» M.Bouchard s'est toutefois, depuis lors, distancé des politiques du Reform, affirmant que cette formation politique est de droite et pourrait démanteler des programmes sociaux.Mme Copps a par ailleurs écarté les résultats d'un récent sondage permettant de croire que le leader libéral |can Chrétien traînerait derrière le candidat du Bloc dans le comnté de Saint-Maurice.«Ce sont là des rêves du Bloc qui ne se réaliseront pas.» Mme Copps a souligné que ce sondage n'avait été réalisé qu'auprès de 259 personnes et avait été fait avant même que le ministre des Transports |ean Corbeil ne dénonce le premier ministre Kim Campbell, le week-end dernier, pour sa façon jde diriger la campagne électorale. LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD119 OCTOBRE 1993 Bourassa sert une autre mise en garde contre l'ampleur du vote bloquiste GILLES NORMAND tt MARIO FONTAINE ¦ Se défendant de vouloir intervenir dans la présente campagne fédérale, et insistant pour dire qu'il tenait au respect de la tradition de neutralité, le premier ministre Robert Bourassa n'en a pas moins livré hier une deuxième mise en garde aux Québécois contre l'ampleur du vote pour le parti de Lucien Bouchard, dont il a dit qu'il pouvait en bout de ligne avoir «des conséquences négatives pour l'avenir du Québec».«le peux comprendre un vote de protestation, mais un vote de protestation qui pourrait compromettre la stabilité institutionnelle du Canada peut devenir contre-productif», a en effet déclaré le premier ministre en insistant sur le fait qu'il n'était intervenu que très exceptionnellement dans une campagne fédérale, par exemple en 1988 pour se porter à la défense de l'Accord de libre-échange nord-américain.«On doit tenir compte qu'il \u2014 îe vote de protestation \u2014 met en cause l'instabilité institutionnelle; ça peut avoir des conséquences négatives pour l'avenir du Québec», a-t-il indiqué dans une conférence de presse donnée dans le cadre d'une réunion de ses députés et ministres pour préparer la reprise de la session parlementaire, aujourd'hui.M.Bourassa avait servi la même mise en garde le 1er octobre, à Montréal, en déclarant que les Québécois prendraient «des risques non calculés» en élisant un trop grand nombre de députés Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, croit qu'un appui trop important au Bloc pourrait avoir « des conséquences négatives pour l'avenir du Québec».PHOTO PC du Bloc québécois à Ottawa.Dans le chassé-croisé des questions et réponses, le spectre d'un Canada fractionné en trois parties est apparu, entraînant le premier ministre à qualifier de «très risqué» un vote massif pour le Bloc.Il a insisté pour donner un caractère de protestation à ce vote, en soutenant que «dans les sondages d'opinion il est clairement mentionné que ceux qui ont l'intention de voter pour le Bloc québécois, il y en a plus des deux tiers qui ne relient pas le vote à la souveraineté».¦ Fais quelque chose, Robert» Le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, estime que M.Bourassa n'est pas très logique en tenant de tels propos : il s'est battu toute sa vie pour qu'on sorte du statu quo et maintenant qu'il a échoué, il voudrait que les gens votent pour le statu quo, a déclaré le leader souverainiste qui faisait campagne à Montréal.«M.Bourassa devrait laisser les Québécois et les Québécoises voter comme ils l'entendent à Ottawa.commente M.Bouchard.Lui il a eu son mot à dire quand il a essayé de changer le fédéralisme.Maintenant qu'il n'a pas réussi, tout ce qu'il offre c'est le statu quo.» M.Bouchard pense que cette déclaration du premier ministre, à une semaine tout juste du vote, n'aura aucun impact sur l'issue du scrutin.Pourquoi jouer aux Cassandre quand s'amorce le dernier droit de la campagne?«Il a peut-être (reçu) un appel de |ean Chrétien qui lui dit : \"le suis désespéré, fais quelque chose au Ouébec Robert, fait quelque chose pour moi, Robert\".Alors Robert, M.Bourassa, vient de laisser entendre ce cri désespéré.» PORTRAIT DE LAURENTIDES Monique Guoy Jacques VI en Mlchelle Tlsseyre Des centres de ski et.de la misère cachée v.'v , PONTIAC-GATlNEAU- lAbfcufc BERTHIEB-M0N7CALW /V &ERTH1ER-TCALM \u2022I JOUtTTE POPULATION (%) FRANCOPHONE\tANGLOPHONE\tALLOPHONE 94,7\t3,9\t1,4 ELECTIONS 1988 (%) PIC\tPC\tmm\tAUTRES 28,0\t55,2\t13,8\t3,0 RÉFÉRENDUM 1&\t\t
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