La presse, 19 décembre 1993, B. Livres - Arts et spectacles
[" Arts et spectacles UN OUVRAGE DE REFERENCE INCOMPARABLE ! LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 DÉCEMBRE 1993 Le fameux globe-trotter assis dans un fauteuil, des paperasses devant lui et un stylo à la main.PHOTOTHEQUE LA PRESSE paperasses devant lui et un stylo a la main?Et pourtant, si.L'écriture, même le p.-d.g.des Éditions internationales Alain Stanké doit y passer.Et je me résigne à croire que le journaliste et éditeur ne passe pas tout son temps à promener sur les cinq continents sa verve et son sourire.le le soupçonne quand même de ne pas travailler vraiment, de transformer en plaisir ce qui serait corvée pour quiconque, dans l'inlassable recherche du plaisir d'être vivant et de le dire \u2014de préférence à travers la vie des autres.Les autres qui lui apportent, et à nous lecteurs aussi, ces occasions de bonheur dont il a fait le titre de sa dernière oeuvre, un gros recueil de portraits et de souvenirs.\u2014 L'édition et le journalisme, c'est un peu la même chose ?\u2014.que lacques Hébert venait de quitter.Edgar L'Espérance m'a demande si je voulais le remplacer.Pourquoi pas?le n'avais jamais fait ça, mais ça me tentait.Le premier titre que je suis allé chercher, c'est Agaguk, que Paul Michaud (de l'Institut littéraire de Québec) avait laissé tomber.Je l'ai réédité.\u2014\tUn début littérairec'était pas tellement le genre de la maison.\u2014\tL'Homme publiait beaucoup de livres pratiques, mais on m'a dit que rien n'était interdit, d'apportér mes idées.le croyais qu'Agaguk devait aller beaucoup plus loin qu'il ne l'avait fait.On le diffuserait dans les kiosques à journaux, au prix d'un dollar.Rappelle-toi que les gens, alors, avaient peur d'entrer dans une librairie.Pour faire connaître Yves Thériault, c'était donc formidable.\u2014\tQuand je suis entre au Petit Journal dans les années cinquante, j'ai vu à quel point ce qu'on faisait était périssable.Un article paraît et tout est terminé.C'est un peu décevant d'investir tant d'efforts et de temps \u2014 et en plus d'être assis sur une documentation énorme\u2014, pour ne sortir finalement que la pointe de l'iceberg.le me suis donc lancé dans l'édition.Et toutes les maisons que j'ai dirigées, je les voyais un peu comme des magazines, qui pouvaient s'intéresser à la fois à toutes sortes de choses, qu'il s'agisse de cuisine, de sport ou de politique.Et comme je faisais en même temps du journalisme à la télévision, je rencontrais des tas de gens qui faisaient l'actualité.On sympathisait un peu et je leur disais: pourquoi ne pas publier chez moi?Beaucoup sont venus.\u2014\tAu début, les Éditions de L'Homme.¦ «Tu travailles vraiment?\u2014 Mais oui!» Quand je vois cet homme derrière sa table de travail, je me dis chaque fois qu'il y a quelque chose qui cloche.Lui, le fameux globe-trotter, la curiosité faite homme, assis dans un fauteuil, des SUITE A LA PAGE B4 ¦ Elle a tenu son journal, comme l'autre, couchant sur papier des phrases qui font mal au coeur: «Le sang a de nouveau coulé dans les rues.Un nouveau massacre.» Cette fillette de onze ans, plongée dans l'enfer qu'est devenue l'ex-Yougoslavie, raconte la vie \u2014mélange de soucis ordinaires et de terreur perpétuelle\u2014 qu'elle et sa famille mènent à Sarajevo.Zlata, c'est l'image vivante de la souffrance et du désespoir d'une population entière.la petite Anne Frank de Bosnie ENCYCLOPEDIE icn plus qu un dictionnaire de noms ou de définitions, c est tout le fait .XEncyclopédie de la musique au Canada.Aucun ouvrage ne rend conint du monde musical québécois et canadien et de s ivec autant de lustesse c passionnante histoire.3880 pages, 600 photos \u2014 3965 articles, index de 25 000 entrées 3 volumes reliés présentés dans un coffret \u2014 Prix de lancement: 125$ jusqu'au 31 janvier A votre tour La boîte aux lettres LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 19 DECEMBRE 1993 Ouverture des commerces le dimanc un lamentable échec ! la mort, il y a toujours une j'indianité et de scandale La province de Qucbec a toujours été l'endroit en Amérique du Nord où il y avait la plus forte concentration de petits commerces par rapport aux grandes surfaces.Sans doute l'héritage d'une époque privilégiant l'épicier indépendant comme unique vendeur de bière; les Métro, Provigo et IGA y doivent leur existence.Le petit commerce familial, de type papa-maman, trop petit pour être syndiqué et subventionné, mais où le client s'y sent chez soi, reconnu, pas traité comme un numéro, est maintenant en voie de disparition.% A cause de ce contexte spécifique au Québec, l'application de la loi 59 a l'effet d'un électrochoc dévastateur; des faillites par milliers, des pertes d'emplois par dizaines de milliers, la dégradation des rues principales de nos villes et villages, la banqueroute de petits centres commerciaux de voisinage, ei le pire est à venir! Le M1CT prétendait pourtant créer des emplois avec cette loi favorisant les grandes surfaces.Là où règne la technique du «libre service» ou, en d'autres termes, du «pas de service».Là où il y a un minimum d'employés au pied carré, où le client se débrouille seul tant bien que mal.La loi 59 fut sans doute adoptée dans le but déguisé de maximiser le rendement des placements de grandes institutions.bien branchées sur les technocrates gouvernementaux, telles que la caisse de dépôt, dans de méga centres commerciaux régionaux (anciennement Ivanhoe) et dans de grands magasins (Héritage et Maxi).Après quelques incidents de parcours, cette affreuse loi fut promulguée dans le brouhaha d'une fin de session à l'Assemblée Nationale, après s'être assuré du mutisme de l'establishment syndical, malgré la désapprobation presque totale de leurs membres cotisants au travail le septième jour.Le principal maitre-d'oeuvre et bénéficiaire de ce changement de cap abrupt est sans contredit le mastodonte américain Club Price (Costco), fort de ses nombreux membres dans la haute fonction publique québécoise, qui a eu gain de cause face aux milliers de petits détaillants disparates de chez nous.Éventuellement, ses 3 500 employés verseront une redevance au Big Business syndical.le ne comprends pas cette nouvelle mentalité, qui consiste à parcourir des kilomètres, à emballer soi-même ses achats, pour sauver quelques dollars qui seront par la suite retirés du chèque de paye, puis versés en prestations de chômage ou d'aide sociale à l'employé ou au petit propriétaire du commerce d'à côté, qui a perdu sa dignité avec son emploi.je ne comprends pas, non plus, dans ce nouveau contexte, que les services gouvernementaux continuent de desservir la population, généralement de 9 à 5.jamais les week-ends, alors qu'il y existe des plans d'aménagement du temps de travail, malheureusement faits sur mesure pour les fonctionnaires et non pas pour les contribuables.Des changements s'imposent.Les employés et propriétaires de petits commerces ont eux aussi droit à une qualité de vie comme leurs homologues européens, parce qu'ils ont un taux d'imposition beaucoup plus élevé que leurs semblables américains pour justement assurer un mieux-être des autres citoyens.Nous célébrons, ce mois-ci, l'an I, de l'entrée en vigueur de la loi 59 légalisant l'ouverture des commerces le dimanche.Cette ignoble loi, qui a esclavagé davantage les 450 000 travailleurs des établissements commerciaux face à leurs collègues des autres secteurs de notre économie.Ce premier anniversaire n'incite pas les employés et propriétaires de petits commerces aux réjouissances.Ceux-ci doivent dorénavant être disponibles au travail les sept jours de la semaine.Ils ont perdu un «droit acquis» qu'ils considéraient minimal: le congé dominical.Ce jour de la semaine où, pour la majorité des Québécois, il était possible de se retrouver en famille, entre amis pour les loisirs.Aujourd'hui, pour les détaillants, le dimanche est devenu un jour comme les autres.Les bien-pensants de notre communauté seraient-ils d'accord pour travailler ce jour-là?Expérimentons-nous actuellement une société à deux vitesses?Cette abominable loi de la négoce à outrance, sans journée de repos, sept jours sur sept, est spécialement insoutenable pour les milliers de petits pro-prios de commerce.Comment voulez-vous, dans ces conditions, avoir une vie familiale convenable?Et dire que les experts prédisent que, bientôt, un travailleur sur quatre sera autonome.Est-ce possible que l'école la plus paresseuse des pays du G-7 produise des entrepreneurs «workaholics»?Des vaillants partenaires qui collecteront pour les gouvernements la TPS, la TVQ, la RRQ, l'assurance-chômage, la RAMQ, les primes à la CSST et à la commission des normes du travail, les formules TD1 et MR-19 pour un nouvel employé, et les feuillets T4 supplémentaires et T4 sommaires aux fins du fédéral ainsi que les Relevé 1 et Relevé I sommaire aux fins du Québec.Toute paperasse gouvernementale doit être complétée sans retard, au frais de l'entrepreneur, sans erreur, sinon il y a intérêt et pénalité considérables à payer.Seront-ils nombreux, à l'avenir, les «mères Térèsa» dévouées et.servîtes aux gouvernements?L'EN AP risque d'avoir des difficultés à recruter.Les commerces, il faut l'avouer, sont devenus, depuis l'instauration de la TPS et de la TVQ, de véritables tiroirs-caisses des gouvernements: leur cheap labour.Des fonctionnaires-percep-teurs-bénévoles pour Revenu Canada et Revenu Québec, qui sont obligés de collecter des taxes combinées de 15.6%, lors de la vente de leurs biens, auprès de consommateurs grincheux, sept jours sur sept, en espérant ramasser plus d'argent pour les gouvernements qu'en six jours.Les consommateurs taxés de tous bords n'ont pas suffisamment de revenus disponibles pour assurer la réussite de cet échafaudage bureaucratique théorique.Au cours de la dernière année, l'argent dépensé le dimanche ne l'a pas été en semaine.Le chiffre d'affaires global des établissements commerciaux sera sensiblement le même cette année qu'en 1992 malgré un accroissement des heures d'ouverture des commerces de 20%.Les auteurs sont respectivement médecin et theologien-éthicien.Monsieur Pierre Lussier, Nous avons été beaucoup touchés par votre lettre (13 novembre 93) relative à la mort de votre père, Doris Lussier, comme nous avions été aussi profondément émus par le texte de votre père, publié précédemment dans La Presse (30 octobre 93).C'est un peu comme si nous avions vécu la mort d'un proche.Nous en avons parlé, d'ailleurs, à plusieurs de nos amis, et leurs sentiments ont été identiques.Nous comprenons bien votre cri de souffrance.Le nôtre aurait été analogue.Cependant certaines parties de votre lettre concernant l'aspect médico-éthique nous ont surpris.Les événements étant publics, nous pensons pouvoir y revenir publiquement.Il est difficile de discuter de la légalisation (ou non) de l'euthanasie à partir d'un cas particulier, suscitant de la compassion, comme il est difficile de légiférer sur la peine de mort, les mères-porteuses.les régimes matrimoniaux, etc., à partir d'un cas personnel.La loi est faite pour un ensemble.Elle doit, certes, tenir compte des cas particuliers.mais aussi des enjeux éthiques et sociaux, des solutions alternatives, des effets d'entrainement, des risques d'abus, des conséquences à long terme.Le contraire conduirait à une société anarchique et à une médecine du désir, contraires à la notion de projet social que votre père a contribué à établir.Il y eut certes un temps pas si lointain où notre société valorisait la souffrance.Influence plus ou moins directe de la religion.Nous pensons que les médecins ont aujourd'hui un tout autre point de vue et que la foi chrétienne peut être comprise en dehors de tout masochisme (cf.Durand et Malherbe, Vivre avec la souffrance, Montréal, Fides, 1992).La souffrance est un mal, un obstacle et un scandale; et il est du devoir de tout médecin, comme de tout croyant, d'essayer de la prévenir ou de l'adoucir.Dans la mesure du possible.Car il en restera toujours \u2014 elle fait corps avec la vie.Ce constat n'est pas à prendre comme une fatalité mais comme un défi: comme appel à notre compassion, à notre solidarité.Ce qui exige des professionnels de la santé de parfaire leurs connaissances et leur savoir-faire en soins palliatifs.Qu'est-il arrivé médicalement dans le cas de votre père.Pourquoi n'a-t-on pas contrôlé davantage ses souffrances?Nous ne savons pas exactement, nous ne connaissons pas le dossier (et les gens qui le connaissent sont tenus à la confidentialité).Mais à partir de votre lettre, quelques précisions s'imposent.C'est un fait connu de tous les médecins que l'absorption de morphine Doris Lussier pour adoucir la souffrance provoque souvent la constipation.Il faut donc à ce moment y joindre des laxatifs pour permettre l'évacuation des intestins.Cette mesure permet généralement de contrôler convenablement la situation.Le cas est beaucoup plus compliqué s'il y a occlusion intestinale, par exemple à cause d'un cancer du côlon.Généralement, alors, pour évacuer les selles on introduit par une narine un tube qui va jusqu'à l'estomac.Cette intervention est désagréable, mais efficace et propre, et elle est beaucoup moins inconfortable que de vomir ses selles.Dans certains cas, selon l'état de santé du malade, une autre possibilité consiste dans une intervention chirurgicale qui permet aux selles d'être évacuées de manière propre et convenable.Cette chirurgie ne vise pas toujours la gué-rison (du cancer, par exemple).Elle peut être proposée pour prévenir l'obstruction intestinale ou la contourner.Elle devient ainsi une intervention palliative.Encore faut-il l'accord du sujet ou des ayant-droit.Malgré certaines apparences, ces interventions ne constituent pas de l'acharnement thérapeutique, puisqu'elles sont requises par le confort et le bien-être du malade.Chaque cas ici est particulier: il faut évaluer ce qui est proportionné à la situation.La notion de «moyen proportionné-disproportionné» est un repère éthique souple et la plupart du temps satisfaisant.Quant à la sonde urinaire.elle peut s'imposer lorsqu'il y a rétention urinaire.Il est à noter qu'une vessie surchargée peut être inconfortable et la sonde vise alors le confort de la personne.Ce moyen, désagréable lors de la pose, se laisse généralement oublier par la suite.S'il s'agit d'une incontinence urinaire sans rétention, on peut éviter son emploi par d'autres moyens tel une couche ou un piqué.Le savoir et le savoir-faire actuels font que.dans la très grande majorité des cas.avec la collaboration de tous (professionnels et proches) le malade peut mourir de manière douce et sans souffrance.On parle beaucoup de mort dans la dignité, et on a raison.Mais la dignité ne tient pas seulement au respect de la volonté du malade.Elle dépend aussi des actions posées et de l'attitude de tous ceux qui entourent le mourant, de telle sorte qu'est respecté et protégé le sens de l'humain, le sens de la mort.Et enfin, ne nous leurrons point.Sachons reconnaître qu'il y a toujours une part d'indignité et de scandale dans la mort.La dignité humaine est de l'assumer.Ramassis de lieux communs ?re «avec le ciel et l'enfer comme principal projet spirituel ».L'Église catholique n'est pas parfaite et elle accepte volontiers la critque et le dialogue.Contrairement aux allégations de M.Desjardins, elle n'a rien d'une organisation qui bafoue les droits humains, et le pape n'est pas un chef qui étouffe la Parole de Dieu au profit de son propre Magistère.Et, de plus, faut-il le rappeler, l'Église catholique déborde largement le cadre de ses structures organisation-nclles; elle est composée d'hommes et de femmes qui témoignent, dans la foi, de la présence et de l'action de Dieu dans notre monde.Quant au pape, comme successeur de l'apôtre Piere.il a pour mission première de garantir l'authenticité de la foi de toute l'Église catholique.11 assume cette lourde responsabilité dans un esprit de service et de grande générosité.Il est malheureux que M.Desjardins n'affiche pas ouvertement ses couleurs.Quelle intention se cache derrière son plaidoyer?le m'explique mal ce qui a pu le pousser à décrier l'oeuvre et la vie d'une Église qui s'investit corps et âme dans le mieux-être de l'humanité.Alexandre TACHÉ, OMI secrétaire général.Conférence des évéques catholiques du Canada ¦ le m'interroge sérieusement sur les critères qui sous-tendent la publication de commentaires tels celui de M.Pierre Desjardins, dans votre édition du 12 décembre, intitulé Les «saintes angoisses» de Jean-Paul II.Il est certes louable pour un grand quotidien de privilégier la liberté d'expression, mais il m'apparaît essentiel de vérifier d'abord la justesse et l'honnêteté des opinions émises dans les billets qui vous sont soumis.Les propos de M.Desjardins sont un ramassis de lieux communs et de dénonciations injustifiées.le ne veux pas faire le jeu de l'auteur de cette véritable diatribe contre l'Église.En conséquence, je ne m'attarderai pas à démontrer la fausseté des nombreuses accusations portées par M.Desjardins.Je considère toutefois malhonnête d'associer le nom du cardinal Bernardin au problème des agressions sexuelles au sein de l'Église catholique, alors qu'aucune action judiciaire n'a été intentée contre lui; de prétendre que le célibat des prêtres est la cause «de tendances sexuelles déviantes», que «l'Église associe la femme au mal et au péché», que la Conférence des évéques catholiques du Canada n'a pas assumé sa part de responsabilités dans le dossier des agressions sexuelles, que |ean-Paul II s'oppose à la libération des peuples, que l'Eglise fait de la Vierge Marie «un modèle de femme asservie et asexuée», et que l'encyclique VêritatisSplendor ramène l'Eglise 700 ans en arriè- BnHmm Cancéreux affectifs » ¦ Grâce à des bienfaiteurs généreux, les enfants des Maisons Familiales d'Youville fêteront leur Noël ensemble.Des enfants en mal d'amour, de tendresse, de stabilité et de continuité.Depuis 27 ans, l'oeuvre des orphelins a changé de visage, pour s'adapter aux nouvelles situations, plutôt que de s'effacer en douce.Exactement ce qu'aurait fait notre Sainte Mère Marguerite d'Youville.En 1966, à l'invitation de M.l'abbé Pierre Hurteau, directeur à la Société d'adoption et de Protection de l'Enfance, les soeurs Grises, filles de Marguerite d'Youville, ont décidé de plonger dans une oeuvre nouveau style.Qu'est-ce a dire?S'installer en logement et y vivre comme des «parents» monoparentaux avec 8 enfants.Ce n'était pas peu dire, à cette époque! Deux soeurs Grises, dont j'étais, ont vécu ce défi.Au fil des ans, l'oeuvre des Maisons Familiales d'Youville s'est adaptée pour faire face à la pénurie do religieuses.Puis, on a pensé que des laïques seraient peut-être prêts à «missionner» ici plutôt que de s'exiler en pays sous-développés pour se donner.Parce que, voyez-vous, des âmes en souffrance, il y en a ici aussi.L'occasion de se dévouer est là tout à côté.Et Dieu sait s'il en faut de l'amour aux tripes et de la générosité au coeur, pour aimer et faire cheminer «nos» tout-petits au coeur meurtri.A vous qui cherchez comment vous donner, ou la manière de faire qui comblerait le vide qui vous habite, passez par chez-nous, il y a tout ça.Mais armez-vous de dévouement, de disponibilité de.Ou plutôt, questionnez votre coeur, votre esprit, votre amour pour les plus fragiles de notre société.Les plus dérangeants aussi.Car un enfant, ça bouscule.Et c'est le propre de l'enfant d'être ainsi.Car, sans son besoin de fouiner, de crier, de bouger, il resterait un être inhabile en tout.Nous avons vu ça chez «nos» petits en mal de stimulation, d'affection, de tendresse.Vous pouvez nous aider à les faire «éclore».N'oubliez surtout pas ça.Aux Maisons Familiales d'Youville, c'est «le temps d'une paix» pour eux.Car les chicanes de nuit, les frigos vides, les murs percés et sans peinture, ils connaissent ça «nos» petits.Mais maman, ils l'aiment quand même, malgré tout.Et papa, ils voudraient bien qu'il soit là.mais sans violence.Aujourd'hui, je me limiterai à vous dire: de grâce, ne les oubliez pas.Ce sont nos petits «cancéreux affectifs».Sr Thérèse PARADIS directrice générale.Les Maisons Familiales d'Youville Pour les détaillants, le dimanche est devenu un jour comme les autres LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 19 DECEMBRE 1993 B * TRADUCTION Renseignements: Diffusions Côte à Côte - Tél.et fax: 514 655-4297 Houoël Û Dan Simmons et les peurs de l'enfance 9 Moins prolifique mais certainement aussi doué que les Stephen King et autres Dean Koontz \u2014 ses pairs et rivaux au box-office du fantastique\u2014 Dan Simmons réussit a surprendre, â étonner à chacun de ses livres.Qu'il aborde la science-fiction (le très poétique cycle Hypérion ou The Hollow Man), l'horreur (Le chant de Kali et Tincroyable Lchiquicr du mal), il se distingue par la richesse de son imaginaire, a la fois cultivé et épique, humain et pervers.Dans Nuit d'été (Summcr of Night, 1991 ), on le retrouve chassant sur les terres mêmes de Stephen King.Il s'y livre à une brillante variation sur le thème aussi classique qu'efficace du roman d'horreur: l'affrontement, dans une petite ville de l'Illinois, au début des années 1960.d'un petit groupe d'habitants et d'une puissance maléfique monstrueuse et défiant toute raison.L'originalité, le charme même de ce roman tiennent au parti pris de l'auteur de choisir comme personnages principaux un groupe d'enfants et d'adolescents et de ne raconter l'histoire que de leur point de vue, les adultes demeurant en retrait comme d'impuissants spectateurs.La lente montée de la peur et de la violence jusqu'au cataclysme final se double ainsi de la chronique nostalgique d'un été avec ses jeux, ses langueurs, ses émois et dont on pressent confusément qu'il annonce la fin de l'innocence.Dès les deux premiers chapitres de Nuit d'été, il est clair que le point central du drame se situera dans Old Central School, la vénérable et poussiéreuse école au beffroi menaçant avec sa cloche qui aurait été coulée par les Borgia.Quant au sous-sol labyrinthique, un écolier trop curieux y disparait à jamais au premier jour des vacances.Ses copains inquiets, lancés à sa recherche, découvrent que de là part un lacis de galeries waii rouge sang, comme creusees par des lamproies se déplaçant à la vitesse de l'éclair mais craignant tout jet de pistolet à eau bénite! \u2022 Dans la campagne qu'ils explorent a vélo, les collégiens croisent un peu trop souvent a leur goû) un soldat de la Première Guerre mondiale égaré et vampirique.ainsi qu'un camion d'équarrissa; ge chargé de fétides cadavres.Et leurs nuits sont peuplées d'oni-bres folles, de voix de sirënés et de bruits souterrains oppressants.On le voit.Dan Simmons joufc diaboliquement avec nos nerfs en exploitant tout l'arsenal des peurh primitives de l'enfance et qu£ bien des adultes n'ont pu exôrci^ ser.\u2022 Seul peut-être Robert McCam-mon dans Le mystère du lac ( Af-bin Michel.1992), a su allier ayet: autant de bonheur que Dan Simmons récit d'horreur et roman d'apprentissage de la vie.Et pour de nouvelles frayeurs, souhaiton* la traduction rapide de Childreh ofthe Night ( 1992) où, alors que les Roumains renversent et exécutent Ceaucescu, l'on voit Dracula chercher désespérément une parade nu Sida ! Julia Robert's personnifie l'étudiante en droit Darby Shaw dans The Pelicsn Brief, maintenant sur nos écrans.\tBR0S Après La Firme, un tre thriller avocassier! John Crisham a rejoint Steel, Clancy; King et Sheldon sur la liste permanente des best-sellers Suprême de justice, un juge de gauche, est assassiné par balle dans sa maison de Georgetown.Deux heures plus tard Glenn Jen-sen, le plus jeune magistrat de la cour, et l'un des plus conservateurs, est étranglé.mais il s'appelle Khamel.De plus, il faut laisser son esprit critique au vestiaire pour jouir de l'action.Alors pourquoi ce succès?Peut-être que son absence de style est au fond un genre de mu-zak littéraire.Peut-être que les lecteurs s'identifient avec ses héros et ses héroïnes, honnêtes et décents dans des romans où pullulent les avocats véreux, les politiciens malhonnêtes et les fonctionnaires imcompétents.Chose certaine, les lecteurs ont adoré le héros de La Firme, un jeune avocat à qui on a offert des tonnes de fric et qui préfère affronter à la fois la mafia et le FBI.Dans La Firme, donc, Grisham traitait des avocats corporatifs; dans L'Affaire Pélican, les méchants sont les avocats politiques de Washington: Grisham a écrit ce livre en partie pour convaincre sa femme qu'il pouvait créer une héroïne solide.Il a réussi.Sombre drame Au beau milieu d'une nuit d'octobre, Abc Rosenberg de la Cour CLAUDE MARCBL collaboration spéciale C'est la formule classique de Grisham; imaginer une hideuse conspiration, placer un héros ou une héroïne au beau milieu, mettre sa vie en danger, la sauver par la peau des dents.Le lecteur va tourner compulsivement les pages pour savoir si la menace va se matérialiser.¦ En moins de deux ans, |ohn Grisham, le roi des thrillers légaux, a rejoint Danielle Steel, Tom Clancy, Stephen King et Sid-ney Sheldon sur la liste permanente des best-sellers où se retrouvent quatre de ses livres.Pour ses 19 millions de lecteurs, cet avocat est la meilleure nouvelle en provenance des sciences juridiques depuis l'arrivée du divorce par consentement mutuel! Le pays est bouleversé.Le FBI n'a aucun indice.Darby Shaw.brillante et charmante étudiante en droit, établit un lien fragile entre les deux magistrats et procède à divers regroupements: un suspect se dessine, une personnalité qui vit dans l'ombre et dont les amis sont puissants.NUIT D'ETE.Dan Simmons, traduit de I amen cain par Evelyne Gauthier Albin Michel.Pari* 1993.604 pages.29.95 V L'AFFAIRE PELICAN.John Grisham.traduit de l'anglais par Patrick Berthon.Robert Laffont, Paris.1993.19.95$.Dès lors, la vie de Darby est en danger.Elle échappe de justesse à un premier attentat.Elle contacte alors un journaliste du Washington Post, qui s'intéresse à ce double assassinat, et le persuade que le gouvernement veut étouffer l'affaire.le lien qu'elles ont tissé au III des années des ressources précieuses qui les aideront à relever les délls qui les attendent.Apres La Firme, best-seller nunméro un des ventes de l'année 1991 aux États-Unis, le nouveau roman de |ohn Grisham.L'affaire Pélican est restée 42 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times.Deux films, La Firme, réalisé par Sydney Pollack, avec Tom Cruise dans le rôle principal, et L'affaire Pélican, de Alan ).Pa-kula, avec lulia Roberts (â l'affiche depuis vendredi à Montréal) mî sont inspirés de ses romans.Des histoires d'avocat Né en 1955 dans l'État du Mississippi.Grisham a été fiscaliste, avocat spécialisé dans le droit civil.puis criminaliste.Il a mis trois ans pour écrire A Time to KHI.qui a été refusé par 15 agents littéraires.Une fois accepté par une obscure maison d'édition, il en a vendu à peine 5000 exemplaires.Il a persévéré, écrit La Firme et ce fut le délire.Pourtant, Grisham évite les méthodes sûres des auteurs à succès.Ce chrétien convaincu parsème bien l'action de quelques cadavres.mais il y a peu de scènes de violence.Grisham avoue lui-même qu'il ne veut rien écrire qui puisse embarasser sa femme ou ses deux enfants.Le succès de ses livres lui permet le luxe de ne pas inclure de scènes érotiques et ses personnages sont d'une pudeur à faire rager un lecteur d'Harlequin.Grisham ne s'adresse pas particulière-ment aux hommes (comme Clancy) ou aux femmes (comme Danielle Steel) et ses romans s'adressent aux jeunes comme aux vieux, aux riches comme aux pauvres, aux urbains comme aux ruraux.Bref, tout le monde peut lire ses livres \u2014et tout le monde le fait.Les critiques américains, surpris voire indignés, font la moue.D'un point de vue purement littéraire, ils ont raison.Grisham n'est pas un bon écrivain; les caractères sont souvent de parfaites caricatures, les paragraphes débalancés avancent dangereusement sur le fil de l'histoire, les métaphores geignent sous le stress et les stéréotypes sont irritants.Dans L'affaire Pélican, le terroriste est non seulement arabe Tous deux décident de poursuivre l'en que te.Coûte que coûte.Traqués, ils doivent rester assez longtemps en vie pour faire éclater la vérité.Roman aussi chaleureux que passionnant.Ne pleurez pus tant.Lysandre fera la joie des nombreux lecteurs et lectrices de la romancière à qui l'on doit, entre autres.I n jour la jument va parler.OITerl ii un ou à une amife).il saura aussi traduire la valeur et l'impor-rtance d'une relation / \\ chère! Aussi en traduction française \"Les gourous\": Graham, Lynch, Zweig, Weinstein, bientôt J.Train Livres d'analyse technique & fondamentale, dictionnaire.guides*Éditions: Séfi, Valor.Pcyrat & Courtens, Sofîcom C'est 1 capital: 1 ouvrage] clair,; précis et pratique Demande/, à votre libraire 165 pages 21.75 S 20342B8-c19 Dans son tout dernier roman intitulé Ne pleurez pas tant, j Lysandre, Marœlyne j Claudais met en scène / la très belle amitié qui j unit deux femmes / depuis leur adoles- j cence.\t/ Mireille et Anne, arrivées/ chacune à un / point tournant de/ leur existence, j trouvent dans / La conclusion des aventures de Marie LaFlamnic lrynit*B: Lysandre.de Mahcelyne Claudais 289 pages, 19,95 S Editions libre Expression 2016, rue Saint-Hubrri Montréal 1121 398 PAGES, 26,50$ B a : LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 19 DÉCEMBRE 1993 En quelques lignes X X, A Zlata crie le désespoir d'un pays t'y Pour les mordus uel sport est plus specta-l^P culairc que la lutte professionnelle?Ou plutôt, quel Spectacle est plus sportif?Pour des milliers d'amateurs \u2014 ils étaient près de 14 000 il y a quelques semaines au Forum\u2014 la lutte professionnelle est un vrai sport, spectaculaire certes, mais très sérieux; pour les autres, elle n'est qu'un spectacle, a mi-chemin entre le Sport et le cirque.C'est aux premiers que s'adresse Fais-le saigner, la lutte professionnelle au Québec.de lean-Paul Sarault.L'auteur, un vétéran du journalisme Sportif montréalais, a connu toutes les vedettes qui se sont illustrées sur la scène de la lutte au Québec et il propose une série de 25 portraits, souvent pittoresques, toujours pleins d'anecdotes et la plupart du temps très sérieux.Les Vachon, Rougeau.Robert, Leduc, Carpentier et tous les autres \u2014des personnages hauts en couleurs dont la carrière, le «destin» même a souvent été tragique\u2014 trouvent ici un fervent biographe qui ne se laisse pas démonter par la réputation parfois peu flatteuse de ses héros.3 Au contraire d'une prise fameuse de lacques Rougeau père, ce livre ne risque donc pas d'endormir ses lecteurs.Michel Marois FAIS-LE SAIGNER.LA LUTTE PROFESSIONNELLE AU OUEBEC.Jean-Paul Sarault.Editions Logiques.Montréal.1993.178 pages.14.95$.pi I [encyclopédie ! , pl HERBES [I u ÉP1CES ! xw U 1 ~ :JT- c'est-à-dire que nous ne savons pas exactement à quelle époque nous sommes, peut-être bien dans une sorte de futur tel qu'on l'aurait imaginé il y a 100 ans.Cet album est donc une corde de plus à l'arc assez spécial des deux auteurs, dont ce n'est d'ailleurs pas la première réalisation hors de la bande dessinée traditionnelle.L'Archiviste était déjà mi-portfolio, mi-album.On leur doit aussi un musée imaginaire, «Le Musée des ombres» dont l'exposition, avec faux catalogue, pourrait bien venir à Montréal.11 en est question depuis quelque temps.Jocelyne Lepage L'ECHO DES CITÉS, Schuiten et Peeters.Casterman.1993.60 pages.39.95 $.KATIA GAGNON collaboration spéciale I MBE R I X ) ECO l)l.SI Pl.HMAN Al Si RHOMMl.Le bout du nez.Sous prétexte d'épices et d'herbes aromatiques, ce livre fait le tour du monde en nous menant.par le bout du nez.L'encyclopédie des herbes et des épices déborde largement le manuel d'identification et d'application pour entrer de plain-pied dans la cuisine, la pâtisserie, la chocolaterie.On y parle de fleurs et de feuilles, de légumes et de fruits parfumés, de sauces et de sirops, de cafés, de vins, de chocolats et de miel, de boissons tropicales ou glaciales, de vinaigre, de sel et de sucre et, bien sûr de vanille, de ginm-gembre et de sassafras.sans oublier l'estragon, le cerfeuil, la livèche, la monarde.- On y présente, aussi, les «cuisines de tous les pays» dans un chapitre où, de l'histoire aux plats typiques, on apprend tout en deux pages captivantes.Tout est en couleurs dans ce livre de 750 images, de multiples conseils et de 185 recettes.Françoise Kayler ENCYCLOPEDIE DES HERBES ET DES ÉPICES.sélection du Reader's Digest.Une autre corde à leur arc e n'est pas une bande des-H si née et ça ressemble à un conte luxueux pour enfants, mais ça n'est pas cela non plus.L'Écho des Cités, un album grand format signé Schuiten et Peeters, raconte l'histoire ( fausse) d'un journal qui a toutes les apparences de journaux du début du siècle, une histoire racontée par les pages méfiés du journal et illustrée de Splçndide façon par Schuiten, le dessinateur le plus aimé et Adp>iré d'architectures imaginées.- 'Ce journal est tout à fait conforme a la série Les Cités obs-curies des mêmes auteurs, ^univers de ces cités fait un pîeiv;penser au film Brazil, aussi: I Les héros co ne fait jamais dans la légèreté et l'évanescence: l'homme fabrique en dur des trucs faits pour demeurer un certain temps dans le paysage.Ainsi en est-il de De super-man au surhomme, un essai fouillé \u2014 et assez ardu par moments\u2014 dont le thème est celui du héros, on le devine, le héros vu comme catalyseur social et moteur de la littérature populaire.lames Bond passe sous le scalpel, tout comme Monte-Cristo, Rocambole, Arsène Lupin et.Tarzan, ce der-nier étant décrit comme «l'avant-garde des gendarmes du monde: toutes les cinq minutes il franchit son Mékong pour aller séparer deux groupes en conflit ».Le chapitre peut-être le plus intéressant est celui consacré à un chirurgien militaire reconverti dans l'écriture, Eugène Sue, qui publia dans Le tournai des débats un feuilleton, Les Mystères de Paris, lequel obtint un succès monstre, inspira jusqu'à un certain point Victor Hugo, joua même un rôle non négligeable dans les soulèvements de février 1848 à Paris.Type même de l'écrivain populaire, socialiste «de terrain», Sue, explique Umberto Eco, imposa le modèle du héros à la fois consolateur, humain et surhumain, pourfendeur du mal et redresseur de torts.Mario Roy DE SUPERMAN AU SURHOMME, Umberto Eco Grasset.Paris, 1993.245 pages Un «Sélection» très particulier Somme toujours, j'ai acheté les derniers numéros d'Utne Reader, le «sélection du Reader's Digest» de la presse alternative, sans daigner jeter un oeil sur la table des matières.Comme toujours, je n'ai pas été déçu.Dans le numéro de novembre-décembre, le dossier porte sur la nourriture.Il comprend sept articles repris de revues aussi diverses que Antaeus.Frisko, Yoga tournai, Christian Century, etc.On y analyse une relation (compliquée) avec la nourriture, la cuisine comme joyeux lieu de travail, la maladie spirituelle de ceux qui sont obsédés par la nourriture, la faim aux États-Unis ( 10 p.cent des Américains reçoivent des coupons de nourriture), la corruption de notre relation à la nourriture à cause de notre obsession de la minceur, les revues qui se spécialisent dans la cuisine, etc.D'autres articles portent sur le «snobisme gay » le cancer (pourquoi l'establishment médical blâme les victimes plutôt que les carcinogènes!), comment rendre sa maison libre de toxiques, pourquoi le rock'n'roll a perdu son âme.Utne Reader résume aussi des articles traitant d'un seul thème: les déchets, la guerre des hebdos.la thérapie par l'urine, la médecine alternative, les ventes de garage, la renaissance de la religion yoruba et les loteries gouvernementa-les.Claude Marcil UTNE READER, bimestriel.5 00$.-^- ¦ Imaginez un instant ce que serait un Noél à Sarajevo.Terré dans une cave sombre, sans eau, sans électricité.Avec pour toute musique le sifflement des obus qui risquent à tout moment de détruire le toit qui vous abrite encore.Zlata Filipovic, une petite fille de onze ans, a vécu son premier Noél de guerre, l'an dernier, dans les locaux de la FORPRONU.Témoin privilégié des combats fratricides qui ont détruit sa ville, qui ont fait fuir ses amis à l'étranger, tué certains de ses proches, elle nous raconte, comme une autre petite Anne Frank, cette guerre qui lui a volé son enfance.Le fournal de Zlata, publié tout récemment en France, s'ouvre au début d'une année scolaire.Avec ses mots d'enfant, Zlata nous raconte ses amis, ses vidéoclips favoris, ses parents, ses week-ends à la montagne, Murphy Brown à la télé.Insidieusement, l'odeur de la guerre commence à imprégner les pages de son journal : les combats commencent à Dubrovnik, où vit son parrain.Progressivement, l'étau se resserre.Les bombes qu'elle voyait d'abord éclater à la télé la menacent maintenant, elle et ses parents.Et commence une vie qu'elle n'aurait jamais pu imaginer, ponctuée par le manque de nourriture, les coupures d'eau, l'absence de chauffage.Plus d'école, plus d'amis, plus de vie.«La guerre ne plaisante pas, écrit-elle.Mon présent, ma réalité, c'est la cave, la peur, les obus, les flammes».Un journal de guerre À partir du 2 mai 1992, le journal de Zlata devient donc un journal de guerre.Elle brosse un portrait poignant de la vie à Sara- L'eau est coupée.Il faut aller la chercher loin sous la menace des tirs isolés.Zlata accompagne son père.jevo, des anniversaires qu'on fête tant bien que mal, du pain cuit dans la cocotte-minute pendant les rares heures où il y a de l'électricité, des chambres qu'il faut abandonner parce que «trop dangereuses», des oeufs à 5 deutsche mark pièce.Et de l'hiver, surtout, terrible à Sarajevo.Ce journal qu'elle appelle affectueusement Mimmy devient son confident, où elle pleure sa vie brisée en mille miettes.«le regarde papa et maman.En deux ans, ils ont vieilli autant qu'en dix ans de paix.Moi?le n'ai pas vieilli, j'ai grandi, même si je ne sais pas de combien.le ne mange pas de fruits, pas de légumes, je ne bois pas de jus, je ne mange pas de viande.le suis une enfant du riz.des haricots secs et des spaghettis.» Elle a lu le tournai d'Anne Frank, une jeune juive déportée par les nazis en 1945, dont elle craint d'ailleurs la fin tragique.Mais elle est consciente que sa si-tuation est bien différente: «Dans sa guerre, il y avait des bons et des méchants.Des armées qui se battaient contre celles d'Hitler.Des soldats du monde entier qui, un jour, auraient pu la délivrer de l'horreur.Ici, à Sarajevo, il n'y a d'espoir pour personne.Il n'y a personne de sensé, ici.Seulement des méchants», confiait-elle récemment à une journaliste du Figaro.De longs paragraphes de son journal sont d'ailleurs consacrés à cette situation politique qu'elle ne comprend pas, orchestrée par ceux qu'elle appelle «ces chers bambins».Pour Zlata, les dirigeants politiques sont des enfants qui s'apostrophent capricieuse- ment a coup de vies humaines.«En politique, rien de neuf.On vote des résolutions, ces «chers bambins» discutent, et pendant ce temps, nous mourons, nous gelons, nous mourons de faim, nous disons adieu à nos amis, nous laissons ceux qui nous sont le plus chers.» Dans la tourmente nationaliste, Zlata ne prend aucun parti que celui de la paix.«Dans mes camarades, dans nos amis, dans notre famille, il y a des Serbes, des Croates, des Musulmans.Ça forme un groupe de gens très mélangé, et je n'ai jamais su qui était serbe, qui était croate, qui était musulman.Aujourd'hui, la politique a mis son nez là-dedans.Elle inscrit un S sur les Serbes, un M sur les Musulmans, un C sur les Croates.Elle veut les séparer.Et pour écrire ces lettres, elle a pris le pire, le plus noir des crayons.Le crayon de la guerre, qui ne sait écrire que malheur et mort.» C'est son professeur qui s'est, la première, intéressée à ce que Zlata écrivait dans son journal.Elle a proposé à un organisme d'aide humanitaire d'en publier des extraits, car par les mots de Zlata, le lecteur pénètre vraiment dans l'univers intime de la guerre qu'on ne perçoit que superficiellement dans les journaux et à la télé.La voix de Zlata nous crie le désespoir d'une population entière.Avec elle, on pleure ces quinze mille morts à Sarajevo, ces enfants sans parents, ces infirmes à vie.«Il n'y a plus de place dans les cimetières et dans les parcs pour de nouvelles victimes», écrit-elle.Devant la dinde et les cadeaux, Zlata vous demande une petite pensée pour ces assiégés de la guerre.Elle est toujours à Sarajevo, bien qu'on tente par tous les moyens de l'en faire sortir.Et Zlata se préparc à affronter un autre Noël sous les bombes.« Les grands sont peut-être plus fragiles » SUITE DE LA PAGE B1 Il fallait aussi, à la demande de L'Espérance que le départ d'Hébert avait blessé, mener un combat farouche contre les Éditions du Jour ; d'autant plus qu'Hébert avait préparé son départ : au bout de deux semaines, il publiait déjà.Un livre chaque semaine, avec lancement s'il-vous-plait, même chose de notre côté.C'était une belle concurrence, je m'entendais très bien avec lacques et nous avons tenu ce rythme pendant des années.\u2014\tMais lui.il était le vrai patron de sa boite.\u2014\tEt moi, je n'étais que directeur.Mais je prenais ça tellement à coeur que des gens ont pensé que la maison était à moi.Quand La Presse a voulu lancer ses éditions, son vice-président André Bureau a engagé une maison d'experts pour savoir combien ça coûterait pour que j'aille fonder cette nouvelle maison.On lui a répondu que jamais Stanké ne vendrait sa maison d'édition pour aller en fonder une à La Presse.\u2014\tl'aime mieux pas commenter.\u2014\tl'ai détrompé Bureau, il n'en revenait pas.Le lendemain, il m'a fait une proposition que j'ai acceptée.Mais encore là, il a fallu que je me fasse concurrence à moi-même, que je combatte ce que j'avais fait aux Éditions de L'Homme, après leur avoir donné tout ce que je savais et tout ce que je pouvais.Après, je suis retourné au journalisme, mais quand j'ai ouvert ma propre maison d'édition, il a fallu encore une fois que je sois meilleur que je ne l'avais été! \u2014\tLe métier d'éditeur s'apprend sur le tas.Pour le journalisme, le Petit journal de jean-Char-les Harvey a été une bonne école, qui a marqué plus tard tes choix éditoriaux: je pense à ton intérêt pour les faits divers.\u2014\tJean-Charles Harvey a certainement été mon père spirituel.Il m'a dit, je m'en souviendrai toujours: « le vois que tu as du potentiel, le jeune.Si tu veux, je vais te dire comment on commence.Première des choses, lire tout Guy de Maupassant et Voltaire.Là, tu sauras comment on écrit en langue française.» Alors, je te jure, je les ai lus.Et c'était vrai.Quand tu regardes la phrase de Maupassant, c'est la concision et la clarté, sans fioritures.C'est très dynamique.Il me disait aussi: «Bon, tu es allé interviewer M.Untel.Il faut que tu mettes dans ton papier la couleur de ses yeux, de sa cravate.Il faut du liuman interest.parce c'est ce a quoi les gens s'identifient, c'est ce qui les accroche.» Ça m'est toujours resté ei je crois que ça m'a beaucoup servi.\u2014\tMaupassant, c'était quand même risqué: tu pouvais devenir bon écrivain, mais mauvais journaliste.\u2014\tQuand même pas, parce que j'ai toujours eu l'impression de n'avoir aucune imagination.Il y a tellement de choses extraordinaires chez les êtres humains et dans les expériences qu'ils ont vécues que je ne pourrais inventer rien de comparable.\u2014\tTu appréciais tout de même l'imagination des autres puisque tu as édité Gabriel le Royf Yves Thériault et Victor-Lévy Beau-lieu, entre autres.Des grands.Il y a dans les rapports avec les grands une dimension stratégique?\u2014\tLes grands sont peut-être plus fragiles que les autres.Plus ils sont grands, plus ils souffrent d'insécurité et plus ils sont ouverts aux suggestions de l'éditeur.Tandis qu'un nouveau, tu lui fais une remarque et il proteste.II arrive tout juste et déjà il croit que son front est ceint de lauriers.\u2014\tEt comme il a du front tout le tour de la tête.\u2014.C'est ça! Gabrielle Roy, c'est extraordinaire ce qu'elle était peureuse.Ces enfants de ma vie, elle m'en a d'abord parlé, puis elle l'a écrit chapitre après chapitre.l'allais la voir à la Petite-Rivière et elle me lisait des passages entiers.le repartais, je lisais ces bouts de manuscrits, je lui faisais des suggestions.Elle m'éeoutait et elle buvait mes conseils.ce qui ne veut pas dire qu'elle était toujours d'accord.C'est fou, la fragilité de ces gens-là.Ils ont une telle sensibilité qu'un rien peut les blesser.Il faut faire très attention et quand ils sont au plus bas, il faut être tout pour eux.\u2014\tTout?\u2014\tEh oui ! Faire leur marché, et même les vêtir.Mais c'est beau quelque part, parce qu'il y a chez eux une telle loyauté.On se demande parfois jusqu'où on est responsable de la tournure d'une carrière.Beau-lieu, par exemple, c'est à moi qu'il a apporté son premier manuscrit.Il avait dix-sept ans.le l'ai accepté et ça lui a donné confiance.Il a continué à écrire, il a ensuite travaillé avec lacques Hébert et il a fini par fonder sa propre maison.Quand tout ça a été terminé, il est venu me voir et il m'a dit: «Voilà, je n'ai plus de maison, je cherche un éditeur et il est normal que je revienne vers celui qui fut le premier.» C'est très touchant, ça.\u2014\tUn beau cas de loyauté.\u2014\tMoi, je n'ai jamais mis de clauses d'exclusivité dans mes contrats, parce que je trouve que ce n'est pas normal.Quelqu'un veut publier un roman chez moi, je lui dis que je vais me forcer, parce que j'aime ce qu'il fait et que je veux continuer à lui donner le meilleur de moi-même.\u2014\tS'il n'y a pas satisfaction réciproque, ce n'est pas la peine de continuer.\u2014\tÇa sert à rien! On À beau Il y a chez chacun quelque chose à découvrir, assure Alain Stanké.\tPHOTO JEAN GOUPIL.La Presse dire qu'un éditeur prend des risques en investissant sur un jeune, il reste que s'il décide d'aller publier ailleurs, c'est qu'il n'était pas heureux là où il était.\u2014\tNous avons parlé un peu de Gabrielle Roy et de Beaulieu.Et Yves Thériault?/e l'ai connu très aigri.\u2014\tQuand j'ai démarré ma boite il était, oui, très triste et très aigri.Il n'avait pas publié depuis trois ou quatre ans.Je suis allé le chercher et ça lui a donné un regain de vie.Nous avons eu certaines frictions, mais ça s'arrangeait toujours, il m'aimait beaucoup.le vais te raconter une anecdote.Un jour, Thériault divorce.C'est un drame, mais c'est leur drame à eux, à sa femme et à lui.Sauf que le drame de l'éditeur, c'est que c'est la femme de Thériault qui peaufine et corrige ses manuscrits; je me dis que ce sera un peu moins bon.le vais donc voir sa femme et elle a fait quand même les corrections, mais de la main gauche.Et puis je vois Yves, je lui dis que j'ai trouvé quelqu'un et je lui demande d'examiner le travail de correction.Yves m'a dit alors: «Ta-barnac! C'est bien mieux que ma femme!» Il n'a jamais su.C'est mieux ainsi.Ce cher Thériault, je trouve désolant qu'il ait toujours tiré le diable par la queue.\u2014\tEt mol donc! C'était un gouffre, et pour l'aider \u2014c'était au temps des Éditions de L'Homme\u2014, nous l'avions mis un temps à salaire.Ça allait bien, il produisait.Mais il s'est mis à faire des « investissements» à sa ferme de Saint-Marc-sur-Richelieu.Un tracteur, des outils, des semences.11 y a eu finalement une saisie et au lieu de lui envoyer ses chèques, il a fallu les adresser à W.H.Perron ! \u2014\tAvant de nous quitter, parlons un peu de ton livro Occasions de bonheur, un livre qui laisse entendre que le bonheur n'est pas ton état permanent et qu'il vient surtout de la rencontre des autres.\u2014\tQuelqu'un a dit que le bonheur, ce n'est pas le but du voyage, mais le moyen de voyager.Moi, j'ai eu beaucoup de bonheur à rencontrer des gens.le dis assez fièrement qu'il y a plus d'avantages à aller au-devant des gens qu'à les éviter.J'ai aimé entendre leur histoire.l'ai été fasciné par de grands noms, c'est évident, et je voyais parfois qu'il y avait sous ces noms de bien petits hommes.11 y a aussi ceux qu'on appelle « le monde ordinaire», une expression que je n'aime pas parce que pour moi il n'y a pas de monde ordinaire.Dès que tu te donnes la peine d'écouter quelqu'un, il est rare que tu ne découvres pas quelque chose d'exceptionnel.le te le dis en toute sincérité, il y a chez chacun quelque chose à découvrir; c'est une joie fantastique, dont je retire un bonheur véritable.Mon bonheur ne s'arrête pas là, car j'ai absolument besoin de le partager avec d'autres.Un article de journal ou un livre ou une émission de radio ou de télévision, c'est un moyen de partage extraordinaire.\u2014\tDans une carrière de journaliste et d'éditeur, on rencontre beaucoup de gens, parfois sympathiques et auxquels on s'attache, mais on n'a vraiment le temps que de connivences circonstancielles.\u2014\tTu ne peux certainement pas cultiver tout le monde de la même manière.Mais parmi ceux que j'ai connus, il y en a quel ques-uns qui sont vraiment deve nus de grands amis.Et ceux-là y n'ai pas besoin de les voir s ' , ColL Rom^n + Ed.Courte Echelle Ord, 7,95 $ ch.5,95 $ch.CIBL -101,5 FM en direct du 4380 S-Denis Les petits bonheurs d'occasion tous les samedis, de 12h30 à lh30.En entrevue cette semaine: NEIL BISSOONDATH pour son roman L'innocence de l'Âge Prix en vigueur du 16 au 24 décembre 1993 Le Rocher de Tanios Éd.Grasset I Ord.29,95$ 23,95$ »» :c* ¦ V. ; .t\t¦ 4ju''i - 7\t\" \"t Pour Noël, *\t\u2022\t'\tm«VljCji^r - *4 ' * ' le Cenlreid'art Moicncy vous propose une mullitude d'idces de cadeaux qui sortent de l'Ordinaire.La vie d'un vrai patriote Un fervent croyant Un boum* do son temps Un grand mu»lclon vWtoCl V^irqc Venez découvrir les trésors du grenier de cette galerie londee en 1906 : vouSjtrouverez de magniTiques petites peintures et gravures à des prix plus .» i i qu'abordables.Venez aussi admirer la collection de la galerie avec les peintres et les sculpteurs suivants : .: 1 .'\u2022W V- .'T.\t' Léo Ayotte Antoine Bassani Gérard 'Bélanger.C**- \u2022 -.i.r J * .# I éon Bellelleur '\u2022l ; ; t ; ; * Anne-Marie Bost \u2022 \u2022 .Pauline Bressan Roger Cantin Helène Corriveau Stanley Cosgroove \u2022 ¦1 Benoit Côté \u2022 \u2022 Jean Dâigle ¦ \u2022 Ray mo ndc Y V : '/ : \u2022\t' Marcel havreau Macelle Ferron Marc-Àurcle Fortin LITTERATURE QUEBECOISE Arjs Gagnon ¦ \u2022 ' René Gagrion Francesco Iacurto A.Y.Jackson M\t¦ t \u2022 } Cornélius Kriegoif Guaitan Lacroix Jean-Pierre Laitance y\t\u2022 Michel Leroux \\ Se?- -fr ¦ ' *>«¦-.,.\u2022 \u2022 \u2022 : John 1 iule Jean'Miro ; C a t h e r i n e Pc r d r e a u René Richard IFT^HI\t.4.\t\u2022 < ;\u2022¦«( 4- .i 'fi\t.\u2014 Jean-Paul RiopelhC Albert Rousseau Samir Sammoun Richard Savoie Pour ceux qui aiment lire îcouter chanter tout à la Tout CléiTw**M twtmrl: I M* i » miii«wli'ii\\ rhkiNtu Mais la chanteuse Julien a aussi écrit dès 1970.Non seulement pour rédiger des chansons mais aussi des articles, des textes d'enchaînement pour la scène, et plus récemment un récit de voyage.Une production peu connue du grand public \u2014 on s'étonne souvent d'apprendre qu'elle écrit \u2014 mais pourtant fort significative, ne serait-ce que d'iun strict point de vue quantitatif.Cet ouvrage contient également des photos inédites et des chansons.¦ On l'oublie, mais plusieurs de nos grands chansonniers sont également, au moins à temps perdu, des écrivains.Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Raymond Lé-vesque, Clémence Desrochers, Pauline (ulien, etc.Par ailleurs, l'historiographie de nos chanteurs et chansonniers grossit depuis des années.Et voilà que Manuel Maître, vétéran du journalisme québécois, vient de ressusciter l'abbé Charles-Émile Gadbois, le fondateur de la Belle Chanson que tous les plus de 50 ans connaissent alors qu'on chantait en famille à la maison, avant l'ère de la télé et, disons-le, du hit-parade américain.Manuel Maître publie d'ailleurs 28 chansons tirées des fameux albums de la Bonne Chanson qu'on retrouvait autrefois dans les bancs de piano de tout salon québécois qui se respectait.La Bonne Chanson, bien sûr, c'était une «oeuvre».Comme l'écrit Manuel Maître, le clergé tout puissant de l'époque ( 1937) n'aimait guère voir la jeunesse québécoise se trémousser sur des rythmes étrangers, «lascifs ou langoureux et fredonner des chansonnettes jugées trop légères ou grivoises.Les danses modernes étaient mal venues et même condamnées en chaire».Les chansonniers québécois n'existaient pas non plus à l'époque où l'abbé Gadbois lança son fameux slogan qu'«un foyer où l'on chante est un foyer heureux».Et de s'écrier alors: «Venez garçons et filles, chanter la Bonne Chanson, ça se chante en famille, le soir à la maison».\u2014 peut-être l'a-t-on oublié, mais c'est l'abbé Gadbois qui a fondé la station radiophonique CJMS (Canada Je Me Souviens).La biographie de l'abbé Gadbois intéressera tous ceux qui se souviennent de l'oeuvre de la Bonne Chanson.Cela dit, toute- fois.est-ce dû au fait que l'ouvrage est publié par la Fondation Abbé Charles-Émile Gadbois?Toujours est-il que le fait d'affirmer en gros caractères qu'il s'agit de «la vie d'un vrai patriote» et que l'abbé Gadbois était «un fervent croyant», «un homme de son temps» et «un grand musicien», donne évidemment un ouvrage apologitique.Clémence et Pauline Tout autre est le premier volume ( 1957-1974) de Tout Clémence.On y retrouve ses quatre premiers ouvrages, Le monde sont drôles, Sur un radeau d'enfant, La grosse tête et l'ai des p'tites nouvelles pour vous autres, le tout accompagné de certaines photos «historiques».Mais si Clémence est toujours là, déjà présente dans notre mémoire collective mais en même temps toujours active sur scène, cet ouvrage intitulé Tout Clémen- ce et qui en annonce au moins un autre a le défaut contraire de celui de Manuel Maître sur l'abbé Gadbois.Non seulement n'est-il pas apologitique, mais il n'a même pas de présentation.Une préface, un avant-propos, une sorte de bilan aurait pu être intéressant.Cela sera peut-être pour le prochain tome.L'essai que consacre Michel Rheault, prof de littérature au cégep de Hosemont et chargé de cours en littérature à l'UQAM, à Pauline Julien, sous le titre de Les voies parallèles de Pauline Julien, est plus analytique.Exilée à Paris dans les années 50 pour y exercer son métier de comédienne, c'est presque par hasard que Pauline Julien est devenue chanteuse.Vers 1960.elle est revenue au Québec et s'est installée à Montréal alors que la chanson canadienne d'expression française était en pleine effervescence.Cette jonction entre la chanson québécoise et le livre se fera sans doute de façon plus fréquente encore dans le futur.Pour la plus grande joie de ceux qui, à la fois, «écoutent» et «lisent».LA VIE D'UN VRAI PATRIOTE; ABBt CHARLES-ÉMILE GADBOIS.Manuel Maître.Fondation Abbé Charles-Êmile Gadbois, Montréal.1995.151 pages.TOUT CLEMENCE.Clémence Des Rochers.VLB Editeur.Montréal.1993.380 pages.LES VOIES PARALLÈLES DE PAUUNE JULIEN.Michel Rheault.VLB Éditeur.Montréal.1993.164 pages.s'enrichissent car la romanciere a su respecter son matériau, la langue française, et son public.Elle n'a pas à rougir de sa saga, qui en vaut bien d'autres et qui en dépasse certainement plusieurs.Mme Brouillet, révélée il y a une dizaine d'année par le prix Robert-Cliche, est une amie depuis ce temps.J'aime tout d'elle et de ce qu'elle fait, depuis les champignons à la grecque jusqu'aux thrillers et aux romans pour les enfants.J'admire, bien sûr, son enthousiasme et sa discipline.Quand même, pour ce qui concerne ses livres, j'aimerais qu'elle fût parfois moins technicienne et plus artiste, que sa fantaisie naturelle se mêlât un peu plus souvent de transgresser les usages un peu figés de la littérature populaire.On sait que celle-ci est bavarde et qu'elle ne laisse rien au hasard.Toutes les ficelles d'un roman doivent être soigneusement attachées, ce qui ne rend possible qu'une seule lecture.L'action, qui est le moteur même de l'oeuvre, ne laisse guère le loisir de rêver.Marie dans l'action Et c'est l'action, justement, et naient pas large, humiliées qu'elles étaient dans leur corps et dans leur âme par les bourreaux de l'Église ou par ceux du foyer.Ce contexte donne à Marie LaFlam-me une dimension extraordinaire, car elle est celle qui, par-des-sus tout, refuse soumission et esclavage.Pour habiter l'histoire et la fiction avec une si belle intensité, il faut que Marie LaFlamme soit un personnage hors du commun.Fille de sorcière (selon ses juges), c'est déjà un bon départ: cela signe un destin.Le portrait plus complet se dessinera d'un tome à l'autre et révélera comme il se doit ces contradictions qui rendent plausibles toutes les audaces de l'invention romanesque.voici un menu élaboré mais partiel encore: «Elle (Marie) distinguait aisément l'euphorbe cyprès de l'aconit, l'oenanthe safranée de la parisette, elle pouvait désigner les feuilles dentelées et les longs calices du datura stramoi-ne, les taches violacées des tiges de la ciguè vireuse et interdire aux enfants les fruits de la morel-le, mais comment reconnaîtrait-elle l'arsenic sublimé qui rendait le gosier âpre, le réagal qui échauffe les sangs, la litharge qui gonfle le coiys et empêche d'uriner ou l'orpiment qui ronge l'estomac et vous étouffe?» LA RENARDE ¦ Mme Chrystine Brouillet est enfin parvenue au bout de son long voyage dans les mots et dans le temps.Elle a travaillé consciencieusement, méthodiquement, comme les artisans d'autrefois, qui étaient soucieux de faire de la belle ouvrage.Il y a des menus plus réjouissants : « Il entraîna Elizabeth ( une Anglaise!) par la main et lui désigna les plats un à un : ragoût de soles frites, fricassée de perdreaux, tartes aux oeufs, potée de racines, pets-de-putain et ramequins de rognons, langue de porc parfumée et abattis d'agneau.» Assez pour faire saliver n'importe qui.son rythme et sa densité, qui accrochent les lecteurs pour ne plus les laisser aller.À la limite, on ne peut nier pourtant que Marie La-Flamme a aussi une dimension idéologique.Le protagoniste après tout est une femme, ce qui n'est pas indifférent.La romancière a bien pris soin cependant de ne brandir aucune bannière, se contentant de laisser parler les faits réels et les faits imaginés, selon leur logique naturelle.Des faits qui disent que les femmes du XVIIe siècle n'en me- Sa trilogie est une belle fresque historique et romanesque: elle nous offre une lecture de notre histoire respectueuse des faits, mais enrichie d'une fiction qui lui donne une grande profondeur humaine.Il ne s'agit pas pour autant de grande littérature, si on entend par là l'invention de formes et de procédés nouveaux; mais de bonne littérature, oui, Marie est sensible à la misère humaine, génénéreuse de son talent de guérisseuse et de son temps, capable parfois d'abnégation; mais elle est têtue comme une mule, elle peut manquer de jugement et elle est terriblement vindicative! C'est un être de feu et de passion qui peut oser, à une époque où de tels comportements peuvent entraîner une femme à la potence, et la bigamie et l'adultère.Mme Brouillet a construit ce personnage extrêmement complexe et elle l'a jeté dans l'action \u2014 et quelle action! \u2014 sans tomber dans la moindre incohérence.Ces citations pour dire que la science et l'art ne sont pas absents de la trilogie de Marie LaFlamme, et qu'on peut y apprendre beaucoup de choses agréables ou dangereuses.On peut y apprendre aussi quelques astuces du roman d'action.Par exemple, quand un chapitre se termine sur une scène qui vous rassure enfin, tel personnage attachant étant désormais hors de danger et heureux en plus, soyez assuré que le prochain chapitre sera terrible.C'est ainsi que Mme Brouillet tient ses lecteurs et c'est ainsi qu'on tient à son oeuvre.Le menu du jour Je ne dirai pas ici ce qu'est l'action du troisième tome de Marie LaFlamme.Si même j'y parvenais, on ne me le pardonnerait jamais.Je dirai seulement qu'on y meurt beaucoup et que les instruments ne manquent pas: le feu, la dague, la noyade, la peste, le froid et, évidemment, les poisons, dont 'HUI13H30 LA RENARDE (Marie Laflamme III), Chrystine Brouillet.Éditions Denoél, Paris.1993.400 pages, 26,50$.Editions québécoises Fiction (romans) Francine Ouellette Libre Expression (6) 1 Le grand blanc 2 L'avaleur de sable Stéphane Bourguignon QuébeoAmérique (6) 3 La tournée d'automne Jacques Poulin Leméac 1 René Lèvesque Claude Fournier L'Homme 2\tMémoires politiques_Pierre EWot Trudeau L'Homme 3\tJournal d'un homme farouche Jean-Paul Desbiens Boréal Editions étrangères Fiction (romans) John Grisham\tRobert Latfont 1 L'affaire Pélican 2 Oolores Cloirtoom© Stephen King Albin Michel 3 Naissances Danielle Steel P.CitéLaurôdit 1 Vivre debout Robert Laffont Martin Gray 2 Les testaments trahis Milan Kundera Gallimard 3 Cette mile assurance Benoit Groult Albin Michel Livres pratiques Michel Phaneuf 1 Guide du vin '94 L'Homme PLAISIR DE LIRE reprend l'antenne le samedi 1Ç janvier à 22 h et le dimanche 16 janvier à 13 h 30.\u2022 Carole Corbeil et « Voix nff, et les lectures de Daniel Pinard 2 Etat du monde En collaboration La Découverte 3 Carnet de route Daniel Héraud Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: B«ftr»ndt Champtflny, Duchar-me, Le Fureteur (St-Lambert).Gallimard.Garneau.Guérin, Hermès, René Martin (Joliet-te).Monet.Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutrmi), Maison de la Prêtât Internationale.Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trois-Riviéres).Raffin, Renaud-Bray, Sont et Lettres, UbrairieSmith.| ^ 494 Radio vision.Quebec L'autre télé DEPUIS 1,9.0 6 fif?'rSf¦v.'ff-J^j'a ' - v Heures d ouviTtutv ' â \"¦ >\"&\u2022'Ja*'\"\" v \" * I*, l.Diinanchc, de I 1 1» a 17 h Mardi cl meiuctli.de 10 h a 18 li Jtudi çl vendredi, de 10 h i 20 li Samedi.de U) I>a .l7li 2180, me de la Mémàgrïc Montréal II3G 1Z7 (514) 84 >64-42 4HM-V -i : të'li'A^ «;\u2022 ^ * .-mLM> I ^ .\t* LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 19 DECEMBRE 1993 TTutuv c ^ Carrefour Angrignon: 365-4432 Mail Champlain: 465-2242 __ _Galeries d'Anjou; 351-876^,1 Centre Laval: 688-5422 371 Laurier Ouest: 277-9912 Le Mémo Larousse Ed.Larousse Ord.79,95 S 59,95$ Coll.Cpntes Classiques Ed.Mango Ord.5,95$ ch.4,95 S ch Agendas d'art Utilis (5 titres) Ed.Utilis Ord.19,95 $ Ch.14,95$ Il Etait une Fois la Vie Éd.Deux Coqs d'Or Ord.29,95 S 21,95$ m* Çénération X Ed.R.Laffont Ord.29,95$ 23,95$ Le Livre Guinness des Records 94 TF1 Editions Ord.34,95 $ 27,95$ Noël avec Lyne Fortin, soprano (d.c.) Analekta 17,99 $ Etes-vous Né{e) sous unç Bonne Etoile?Ed.Québécor Ord.19,95$ 15,95$ Venez rencontrer l'auteur du 19 au 22 déc.de 14h à 21 h et obtenez gratuitement votre carte du ciel à l'achat du livre Carnet de Route 1994 Ed.DLM Ord.21,95$ 16,95$ Coffret Impressionnisme (2 vol.) Ed.Taschen Ord.99,95$ 69,95$ ttuUm Le Bel Age pour Bien Manger Publ.du Québec Ord.9,95$ 7,95$ » Les Oiseaux de Chez Nous Ord.34,95$ 27,95$ Les Animaux du Grand Nord Ed.Héritage Ord.39,95$ 31,95$ À la découverte de l'anglais Harrap's Ord.14,95 $ 11,95$ Conrad Black Éd.Québec/Amérique Ord.24,95$ 19,95$ The Tchaikovsky Box (5 c.d.) A Bouquet of Gassics (5 d.c.) Treasured Çlassics (5 d.c.) EMI 24,99 $ ch.Le Petit Larousse couleurs Ed.Larousse Ord.54,95$ 39,95$ LES CHIFFRES Le Petit Robert 1 JSJK Ed.Le Robert I ¦ Ord.69,95 $ 54,95 $ tr , Livres-Jçux Ed.Courte Echelle Ord.19,95$ ch.14,95 $ eh l/Hoipme Rapaillé Ed.Typo Ord.12,95$ 9,95$ Charles Trenet \u2014 Tombé du ciel Éd.Pion Ord.39,95$ 29,95$ PK.< »n.A LA MO* ClïE wwtmu fi.Pêche à la mouche Éd.St-Jean Ord.59,95$ 47,95$ CIBL -101,5 FM en direct du 4380 S-Denis Les petits bonheurs d'occasion tous les samedis, de 12h30 à lh30.En entrevue cette semaine: NEIL BISSOONDATH pour son roman L'innocence de l'Âge Le Visuel (anglais-français) Éd.Québec/Amérique Ord.54,95$ 39,95$ Coll.Barbie (4 titres) itions mno r:- v-» f\t- j\t¦ i\tA ?», v, \u2022 '\t: *7 ; J \u2022\t'¦ r r S/C.-s\u2014:\u2014-«\u2022.4.Ç._ « .i¦ \u2014«s-\u2014?\u2014**!T.rvi \u2022 ., V .' ' V.' «fan**.'- u 4380 St-Denis, Montréal (514)'£4* Stationnement et entrée à l'arrière rue Drolet Le grand Charles est arrivé JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale ¦ Le soir où il fit la connaissance de Max Jacob, ce dernier décrocha le téléphone pour appeler Cocteau.Il lui dit en substance: «l'ai dans mon bureau un poète, qui s'appelle Charles Trenet.C'est moi qui l'ai découvert et pas toi».Et il raccrocha, visiblement satisfait.Que voulez-vous ! (dirait notre premier ministre), les poètes ont de pareilles coquetteries.Et puis.Trenet.ils se le sont disputé.Ils ont tous voulu être le premier à voler au secours du succès.Quant aux autres artistes, de Chevalier à Misstinguett, de Tino Rossi à Gilbert Becaud, pas un qui ne l'ait admiré (Chevalier, pourtant, l'a détesté, ce gros jaloux, avant de s'incliner).C'est que Charles Trenet, fils de sa maman, de Narbonne et de Perpi-ghan, a une telle naïveté, gentillesse, joie de vivre, goût d'aimer, que vraiment il serait impossible de ne pas lui rendre la pareille.Un livre de Jacques Pessis nous raconte la vie et les centaines d'anecdotes de Charles Trenet.On ne s'ennuie pas un instant, car pas une fois cela ne pontifie.Ce doux poète ignore la satisfaction de soi.le genre m'as-tu-vu des «thartistes de variétés» \u2014 que l'on interroge sur tout, et qui ont des réponses à tout, quand ce ne sont pas des états d'âme \u2014 il s'est toujours tenu loin du cabotinage, il a toujours été dans son monde à lui, plein d'oiseaux et de nuages.Ce livre s'en ressent : c'est un joli vent de mer.Il dissiperait la pire déprime.Quant a la poésie du grand Charles (pas De Gaulle.Trenet ) on pourra la trouver tout entière dans une intégrale réunie par le même éditeur.« On l'appelait Chante le vent.Il venait nous voir souvent À Saint-Jérôme.» Eh oui, c'est de lui.TRENET, L AME D UN POÈTE, par Jacques Pessis, 263 pages, éditions Pion, Paris.CHARLES TRENET.TOMBE DU CIEL, intégrale de 584 pages, même éditeur. LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 19 DECEMBRE 1993 Tout en lisant «t JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Fichtre ! Que la province est belle ! m Un écrivain, c'est d'abord une sensibilité particulière.Ce que l'on saisit de lui, lorsqu'on le fréquente un peu, c'est une vibration que lui ont donnée un lieu, un pays, un paysage.Il faut ctre du Chenail du Moine, ou y avoir vécu, pour écrire du Guèvremont.Des Laurentides pour écrire comme Grignon.Ainsi de suite.Les écrivains sans lieu existent, il y en a, mais ce sont des exceptions.(e me faisais ce genre de commentaire en lisant le tour de France des écrivains.C'est une anthologie des plus beaux textes de la littérature française, dans lesquels les écrivains de France parlent d'une province, d'une ville, d'un village, bref: d'un lieu qu'ils ont aimé ou qui les a marqués.Alors on voit vraiment cette sensibilité, d'où elle vient, sur quelles images elle s'appuie, de quel paysage elle est née.On en revient toujours au visuel, à la peinture des lieux, à la sculpture, et naturellement à la musique, celle de la langue entendue en ces endroits particuliers où l'on a vécu.Voila Gustave Flaubert, le Normand qui parle de Saint-Malo, et Maupassant d'Étretat, qui lui donne la réplique.Voila Rimbaud, né à Charleville qu'il détesta mais lorsqu'il dit: «Ma ville natale est supérieurement idiote entre les petites villes de province», il nous donne encore un beau texte de Rimbaud, fuligineux, explosif, deux lettres écrites à un ami durant la guerre de 1870, à Charleville.Iules Renard n'était pas du Midi.Mais il «tombe en amour» avec la Côte d'Azur.C'est rare, chez ce bougonneur malheureux.Il raconte Marseille, Cannes, Nice.Menton, comme un vrai Méditerranéen.Aussi bien que le fait Madame de Sévigné lorsqu'elle raconte son voyage à Montpellier, Aix et Marseille.Il est vrai qu'en ce temps-là, il n'y avait pas de touristes (genre Atilla en plus vulgaire) et que l'herbe ainsi avait une chance de repousser.D'autres, par contre, décrivent leur pays d'enfance, et c'est toujours fort, plus que tendre: passionné, et pourtant avec la retenue indispensable à faire passer la meilleure émotion.Balzac dans la campagne tourangelle, Zola aux bords de la Seine, Diderot revenant séjourner à Langres, sa bonne ville.c'est excellent.On parcourt ainsi une France du coeur, la douce France que chantait Trenet.Ce livre est une sacrée bonne idée.C'est toujours ainsi lorsqu'on mêle littérature et géographie.de ces provinces françaises jointe à son barde le plus célèbre: Alexandre Vialatte nous écrit L'Auvergne absolue.Voilà sûrement le grand livre sur l'Auvergne.H sera diffiicle de faire mieux.Vialatte n'est pas tout à fait Auvergnat.Mais il l'est devenu avec tant de force qu'il a toujours représenté pour ses lecteurs, fanatiques et j'en suis un, le type même de l'écrivain retiré dans ses montagnes du Puy-de-Dôme, couleur de volcan, climat indomptable et Gaulois à l'affût derrière chaque sanglier.Un pays étonnant, où j'ai pu contempler il n'y a pas si longtemps une salle d'auberge de quinze tables et cent couverts éclairée par une ampoule de 60 watts, je dis bien une.Un pays où Vialatte reconnaît «les nabots, les bossus, les hommes-troncs et, d'une façon générale, les phénomènes de fête foraine».C'est lui qui le dit.C'est que Vialatte fut un redoutable, un criticailleur, une gande gueule qui, dans chacun des textes qu'il envoyait à son journal local (ou parisien, même) ne manquait jamais le plaisir d epingler quelqu'un, voire le monde entier, en se payant une bonne tranche de rigolade par-dessus le marché.Comme par hazard, dans la même inspiration, voici l'une Gustave Flaubert Les textes de Vialatte ( les fanatiques dont je parlais tout à l'heure le savent bien) sont toujours superbes, drôles, piquants, avec des associations d'idées et des métaphores incroyables, avec une langue très travaillée et que l'on dirait, pourtant, née spontanément.Ici, dans ce livre magnifiquement illustré, on a réuni en huit chapitres ce que Vialatte a écrit de mieux sur l'Auvergne.Titre du dernier chapitre: Célébration de l'Auvergne, de l'Auvergnate et de l'Auvergnat.Mais alors: célébrés par Vialatte! fichtre (comme on dit là-bas).LE TOUR DE FRANCE DES ÉCRIVAINS, une anthologie des plus beaux textes de la littérature française, présentée par Louis Nucera.Editions l'Archioel, Paris, 1993.237 pages.L'AUVERGNE ABSOLUE.Alexandre Vialatte.Éditions Julliard.Paris.1993.223 pages, grand format, amplement illustrées de photos sepia.Rétrospective 1993 Des écrivains qui croient en leur talent et en leur bonne étoile RËGINALD MARTEL ¦ Pendant que les esprits chagrins se désespèrent de ne pas voir venir le Grand Livre de la littérature québécoise, ils se comptent encore par centaines les écrivains qui croient en leur talent et leur bonne étoile.C'est tout de même un signe de santé, non?Et quand on y regarde d'un peu près, on voit bien que 1993 a été une belle et bonne année.Ce qui serait bien, quand on jette un regard rétrospectif, ce serait de revoir tout ce qu'on a dû passer sous silence.Tant pis, la tâche est impossible.le me contenterai, après avoir relu tous mes textes, de leur emprunter les quelques mots qui pourraient apporter aux écrivains, peut-être pas de nouveaux lecteurs, mais au moins un petit plaisir.^¦mlÉM^, Jw dk xX \tÊÈb\t LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE\t\t ' v.v-x En commençant \u2014 pourquoi pas?\u2014 par les nouveaux ou presque nouveaux auteurs.Ils ont fait leur part, elle n'est pas négligeable, et ils n'ont pas abusé des listes de best-sellers.Ceux qui arrivent ou qui reviennent Pour se faire un cadeau d'anniversaire, un cinglé séquestre une fille.Entre ces deux personnages, réunis par la démence d'un seul, se crée tout un réseau de relations dont l'affectivité n'est pas totalement absente.Normand Boisvert, dans Kidnapping-pong (Stanké), a réussi à entrer dans ce fait divers morbide et sordide et à s'en sortir indemne.Un roman de professeur, mais il faut le savoir.Il n'y pas de théorie dans Nous irons tous à Mé-tis-sur-Mer (XYZ), de Vincent Nadeau.Des maladresses de débutant, certes, mais une histoire bien menée sur un bon vieux thème de notre littérature, la soumission des Québécois francophones \u2014 ici, c'est plutôt le refus de soumission \u2014 face à l'arrogance des autres.Autre roman de professeur, qui 11 wn> mm Louis Caron a valu deux prix littéraires à son auteur lacques Desautels, helléniste: le Quatrième Roi mage -une enquête a Venise (Quinze).Et quelle enquête! Le Titien en est le prétexte, mais le romancier nous entraîne bien au-delà de Venise et de la Renaissance, dans une Antiquité qui n'a peut-être pas révélé tous ses secrets.Un Jacques Poulin thriller intellectuel enveloppé dans une aimable bluette.Beau soir pour mourir (Québec/Amérique), de Désirée Szuc-sany, est un récit d'atmosphère, assez impressionniste, traversé par une réflexion sur la mort et la marginalité et tout plein de bonheurs d'expression qui compensent assez bien le manque de repères spatio-temporels.Sans tricher, mais avec les astuces d'un art déjà très sûr, Louise Desjardins nous a raconté dans la Love (Leméac) une éducation sentimentale dans l'Ontario francophone des années 1950.Un livre émouvant sur une époque opaque dont l'héroïne, dans un prochain tome peut-être, sortira pour de bon guérie et aguerrie.Le premier roman de Stéphane Bourguignon, l'Avaleur de sable (Québec/Amérique), a fait grand bruit.Le décor en est la ville; le sujet, l'amour.S'il est difficile d'inventer quelque chose en littérature, on peut toujours essayer de faire mieux que les autres.Bourguignon a l'étoffe et la ferveur nécessaires.Entre Shangai et Montréal, de jeunes amants correspondent.Elle est restée là-bas, il est venu chercher pour eux un espace de liberté.La distance détruira-t-elle leur amour?Les Lettres chinoises (Leméac) de Ying Chen forment une sorte de commentaire, magnifiquement écrit, sur la fragilité des cultures \u2014 et de l'amour.Voici un récit en forme de journal, où un auteur qui se cache peu \u2014 la jeunesse est imprudente! \u2014 raconte sa quête de l'écriture et des femmes.Points de suture (PAJE), de Vincent Poirier, révèle une des voix prometteuses de notre littérature.Textes et proses en tous genres L'année commençait bien, avec les nouvelles de Lisa Carducci, Affaire classée (Humanitas/Nouvelle Optique).Un inventaire fouillé, mais sans un mot de trop, des sentiments qui habitent les amoureux: lâcheté, hypocrisie, mensonge, trahison, calcul, jalousie et cynisme.Pour les bons sentiments, faudra repasser.Maurice Henrie l'humoriste qui a fustigé si joyeusement les fonctionnaires, coupables ou victimes de la bétise qui affecte parfois l'Administration, s'est recyclé en moraliste.Appelons textes plutôt que nouvelles son recueil, le Pont sur le temps (Prise de parole).Parmi de beaux tableaux vivants, deux protagonistes, ennemis naturels, le Désir et le Temps.Au plus dur de l'hiver, une fleur nous est venue d'Amqui, dans la province de Matapédia: II fait dimanche (Machin Chouet- te).Une fleur cultivée par Nicole Filion et qui résume sans mièvrerie les belles couleurs et les bonnes odeurs du quotidien.On trouve cela un peu aussi dans les Inquiets de Charles Guilbert (Herbes rouges), qui est une sorte de dictionnaire, amusant ou ironique, de la vie quotidienne.L'inspiration du Dictionnaire de cristal (Hexagone) d'Emile Martel est plus intellectuelle peut-être, mais elle a le rare mérite de ne servir à rien d'utile, sinon de raconter la traversée de la conscience par un langage.Des proses sans pose qui, mine de rien, refont le monde \u2014 mais il ne s'en rendra pas compte.Le propos de Jean O'Neil est peut-être plus modeste.Le chroniqueur des lieux de notre culture jette sur eux un regard d'une telle acuité qu'on ne les reconnaît presque pas.Sa Géographie d'amours (Libre Expression), et ses Promenades et Tombeaux, sont des oeuvres qu'on ne se lasse pas de relire.Enfin, Parfois môme la beauté (Écrits des Forges/le Dé bleu), de Donald Alarie, réunit des textes très courts sur la chaleur de l'intime» sur la guerre d'usure contre Monique Proulx la mort.Un livre qui donne a réfléchir, mais pas trop, et à rêver, beaucoup.Et puis les poids lourds du roman Robert Lalonde, qui est devenu très vite un de nos grands romanciers, poursuit la recherche de l'enfance vécue et perdue dans la lumière de la trinité originelle: l'Améridien, le père et la mère.Dans Sept lacs plus au nord (Seuil) le héros, guidé par un chien aveugle, tente de dérouter la mort.Un roman hallucinant, dont l'action est soutenue par une très haute exigence poétique.Peu de temps après la mort de sa mère, Gilles Archambault se tourne vers l'être disparu, déjà lointain et figé, comme vers un phare qui lui signalerait encore la fragilité de son ancrage dans l'espace et le temps.Dans Un après-midi de septembre (Boréal), le récit naît de la plus intime et de la plus urgente nécessité, car l'écrivain ne cède à aucune complaisance de propos ou de style.Entre un grand frère et les puînés, une histoire d'amour total, sans conditions.À quinze ans, Ti-Lou s'est enfui du collège, a pris la route qui mène au nord du nord, s'est enfermé dans le silence et la légende.Dessins et cartes du territoire (Hexagone), de Pierre Gobeil, est le récit, magnifique, de cette fuite et de cet abandon.L 'Été de nie de Grâce (Québe-cAmérique), c'est l'été 1847, qui a vu arriver d'une Irlande affamée, plus morts que vifs, des milliers d'immigrants.Les mythes de l'Amérique et de l'amour sont au coeur de ce grand roman de Madeleine Ouellette-Michalska, qui réunit harmonieusement les aspects historiques et héroïques de l'immigration irlandaise.À la fin de Salut Galarneau! François, trompé par Marise, devient plus ou moins schizophrène et s'enferme entre des murs de béton ; à la fin du Temps des Galarneau (Seuil), vingt-cinq ans plus tard, l'anti-héros de Jacques Godbout s'évade dans le vaste monde et s'offre même les plaisirs de la délinquance.Une construction attentive, toute l'ironie attendue, une histoire qu'on souhaiterait prophétique.Hanté par le désespoir de viei-lir, un chauffeur de bibliobus entreprend sur la Côte Nord la Tournée d'automne (Leméac), qui pourrait bien être la dernière.Mais lacques Poulin mettra sur son chemin celle qui lui apportera au moins un sursis.Un roman sur ce que l'écrivain aime et connaît bien, l'émotion, les livres, la simplicité.Madeleine Ferron, qui parfois se fait rare, avait une bonne excuse.Avec Adrienne, une saga /a-miliale (Boréal), elle nous préparait une grande visite dans le passé de ses ancêtres, visite dont les Québécois de vieille souche \u2014 et les autres aussi \u2014 peuvent tirer des enseignements précieux.Pour une fois, une histoire où des femmes jouent un rôle décisif.Le deuxième tome de la trilogie des Chemins du Nord, le Bouleau et l'Epinettc (Archipel/Édipres-se), illustre le choc des cultures française et québécoise juste ayant la Deuxième Guerre mondiale.La jeune Mathilde épouse le vieux peintre Henri Ramier, avec qui elle ira vivre en France.Le presque dernier regard \u2014- tendre mais vif \u2014 de Louis Caron sur un passé dont il veut désormais se détacher.Le Coeur éclaté (Leméac), c'est la suite du Coeur découvert.L'histoire d'amour entre un professeur de cégep et un comédien, père d'un garçon, est terminée.Une question centrale: comment vivre quand même?Plus directement qu'auparavant, le dramaturge et romancier intègre à son oeuvre, en les transfigurant, des éléments autobiographiques.On sait depuis le Sexe des étoiles que Monique Proulx ne craint pas les sujets difficiles.Homme invisible ù la fenêtre Jacques Godbout (Boréal/Seuil), c'est l'histoire d'un peintre paraplégique qui finit par devenir, pour plusieurs autres personnages, le centre du monde.Une fois passé un certain malaise, les lecteurs les rejoignent volontiers, pour ne jamais en revenir! Bonnes lectures, bonnes relectures! Fin des lamentations : le monde du livre affiche ses succès PIERRE VENNAT ¦ Dans une société où l'on passe trop de temps à se dire que tout va mal, le monde québécois du livre a changé de langage.Fini le temps des larmoiements, des dénonciations de la TPS ou des coupures de subventions.^ Fini le temps où l'on se plaignait que les gens ne lisent plus et de l'incompréhension de la société envers les créateurs.Finies les dissensions internes, du moins en public.En cette fin de 1993, après un Salon du livre de Montréal que tout le monde ou presque a qualifié du plus réussi des 16 présentés au cours des ans \u2014et où pas moins de 110 000 personnes se sont pointées\u2014 le langage à la mode est l'optimisme, la fierté et la confiance en soi.C'est d'ailleurs ce qu'avait affirmé l'éditeur Pierre Lespérance, le pdg du groupe Sogides et des Messageries ADP, interrogé par le confrère Jacques Benoît, à l'occasion du Salon du livre.«|e dirais que le milieu partout est en augmentation, avait alors dit Lespenince», dont le chiffre d'affaires frise les 70 millions.«Quand je parle à un libraire, il est en augmentation.C'est mon feeling.Chez tous les clients, on sent ça.C'est très encourageant.» Il y a d'autres signes qui ne mentent pas.Ainsi Renault-Bray a fait l'acquisition de l'ancien cinéma Bea-ver, magnifique immeuble de l'avenue du Parc, angle Laurier et y a aménagé, il y a quelques semaines, une mégalibrairie venant s'ajouter à celles déjà existantes.Plus récemment, Champigny, son concurrent, qui déjà exploitait une mégalibrairie rue Saint-Denis, vient de faire l'acquisition des librairies Flammarion du Québec.On se retrouve donc avec deux géants de la librairie au Québec et surtout dans la région métropolitaine de Montréal, les.Provigo et Métro du monde de la librairie.Une telle concentration, bien sûr, effraie les libraires de plus petites surfaces, tout comme les chaînes d'alimentation ont effrayé et fait disparaître plusieurs épiciers du coin.11 n'en demeure pas moins qu'elle signifie l'accession du monde du livre aux «grandes ligues» de l'économie.C'est sans doute ce que se sont dit l'Association des ljbraires du Rétrospective 1993 Le livre se porte de vpieux en mieux.PHOTO LUC\u2014SIMON PERUAUIT.Ll Prêts* Québec et l'Association nationale des éditeurs de livres ( qui, soit dit en passant, a mis de côté cette année les querelles stériles entre éditeurs de manuels scolaires et de littérature générale et embauché un directeur général, Michel Gay, respecté à la fois des éditeurs et des écrivains puisqu'il a été secrétaire-général «fondateur», si l'on peut dire, de l'Union des écrivaines et écrivains québécois).Les deux organismes, en effet, viennent de s'associer dans une campagne de promotion du «livre d'ici» à la veille des Fêtes.Et le discours du porte-parole de cette campagne, l'éditeur Antoine Del Busso, de Fides, est tout positif.Del Busso rappelle l'importance de l'édition québécoise qui publie plus de 8000 titres, vend pour près de 150 millions de dollars et fournit des emplois à plein temps à plus de 1200 employés réunis autour de quelque 120 maisons de grosse et petite importance.Comme l'a déclaré Antoine Del Busso en lançant cette campagne, «outre la vitalité de l'industrie du livre, l'enseignement de la littérature québécoise, l'acquisition d'habitudes de lecture dès le tout jeune âge, la diffusion de qos au- teurs à travers les médias, la visibilité des livres d'ici dans les librairies et, tout particulièrement, la tenue de salons du livre sont quelques-uns des facteurs qui contribuent de façon considérable au rayonnement du livre québécois.Il se pourrait même que l'industrie québécoise du livre ait profité du marasme dans d'autres domaines.11 y a un mois.Pierre Lespérance ne le cachait d'ailleurs pas.Se confiant à La Presse, le plus important éditeur du Québec avait alors déclaré: « A cause de la récession, le gars a gardé son auto un an de plus, il n'a pas déménagé, et tout ça fait que le budget pour la lecture est là, et même plus élevé qu'avant.« Y a-t-il un plus beau loisir que ça, poursuivait-il.Le gars tourne en rond dans la maison, il n'a pas d'argent pour aller au restaurant, après avoir vu deux vidéos, il a encore du temps.11 lit!» Comme quoi le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres.Reste plus qu'à espérer, bien sûr, qu'une fois la prospérité revenue pour le plus grand bien d'une majorité de Québécois, cette reprise ne se fasse pas aux dépens de l'industrie du livre! JjM fcdt.'îm L0GI0UF3 \u2022 \u2022 Ne riez p ça pourr votï^eiiâ v\u20acMsin$e dèperu* '\u2022iœli Comme disait Confudus.BIOGRAPHIE l l^b&QUI » OCrtùtlf SOLEIL LEVAS! LAROUSSE IJÙS CU1SLNÈS 1)1 NK-fe; lr% f iM>o»t LOGIQUES LES ANNONCES CLASSEES D autres prix ¦ La fin de l'année 1993 a vu d'autres auteurs québécois primés en plus de tous ceux dont on a parlé jusqu'ici, notamment à l'occasion du Salon du livre de Montréal, du Grand prix du livre de Montréal et des prix du gouverneur général.C'est ainsi que Serge Cantin, chargé de cours à l'Université du Québec à Trois-Rivières, a mérité le prix Raymond-Klibansky pour son livre Le philosophe et le déni du politique: Marx, Henry, Platon (publié aux Presses de l'Université Laval).Ce prix est accordé à l'auteur du meileur ouvrage savant en études humaines au Canada.Par ailleurs, Esther Pelletier, professeure de cinéma à l'Université Laval a obtenu le Prix AQEC-Olivieri, décerné chaque année à l'auteur du meilleur livre de cinéma au Québec, pour son livre Écrire pour le cinéma Le scénario et l'industrie du cinéma Ïuébécois, publié chez Nuit lanche.Pierre Hébert, cinéaste à l'Office national du film a obtenu, quant à lui, le prix des meilleurs articles portant sur le cinéma pour deux articles de réflexion sur la création, publiés dans Esquisses psychanalatyques et Cinémas.Enfin, signalons que Livrofolie, l'émission littéraire québécoise de Canal Famille, animée par Vincent Bilodeau et Fanny Lauzier, produite par Marcel Sabourin et réalisée par André Guérard pour la maison de production ACPAV, vient de remporter le Grand Prix de la Communauté de la Télévision francophone 1993, à Paris, dans la catégorie des émissions jeunesse.Écrite et scénarisée par Pierre Olivier, cette émission d'une demi-heure a pour but d'initier les jeunes aux grands classiques de la littératuore Québec ou à sa petite histoire, il s'agit là d'une documentation considérable et même le catalogue est tout un document et il est d'ailleurs préfacé par l'historien Marcel Trudel et comporte des centaines de reproduction de premières pages de périodiques d'autrefois.La Société canadienne du Microfilm, fondée en 1948 constitue un instrument indispensable aux archivistes, bibliothécaires, chercheurs et généalogistes.À l'an prochain Cette chronique profite du temps des Fêtes pour faire relâche pendant deux semaines, tout comme le cahier Livres au grand complet, puisque La Presse n'est pas publiée les dimanches, 26 décembre et 2 janvier.Nous vous revenons le 9 janvier 1994.mondiale ainsi qu'à leurs auteurs.D'autres volets s'ajoutent à l'émission: une vedette connue vient communiquer son goût de lire, des jeunes lecteurs jouent aux critiques littéraires et des blocs reportages entraînent les jeunes téléspectateurs dans la vie des livres, à la rencontre d'auteurs, d'éditeurs, etc.2500 périodiques sur microfilm La Société canadienne du Microfilm, présidée par Jean-Raymond Deneault, vient de publier un catalogue résumant les 45 années de travail de cette firme spécialisé dans la microdocumentation et qui a microfilmé plus de 2500 périodiques du Québec depuis les débuts de l'imprimerie dans notre province jusqu'à aujourd'hui.Pour les chercheurs, pour ceux qui s'intéressent à la pensée intellectuelle du Laurent, l'inventeur du smoking, j tailleur pantalon, du caban, la marinière et du iumosuit.LA SANTE INTIME DES FEMMES Dr Danielle Perreault, md LX-169 - ISBN 2-8938M52-3 224 pages - 16,95 $ Des réponses sans enfantillages aux problèmes intimes des femmes.LE DECROCHAGE Serge Mich a / et Louise Paradis LX-144 - ISBN 2-89381-15 l-f> 226 pages - 16,95 $ Combattre le fléau de l'heure et raccrocher! JÉRÔME 8K&RA NE RIEZ PAS, ÇA POURRAIT ETRE VOTRE VOISIN! Cl au de Da ign ea u /1 LX-157 - ISBN 2-89381-146-9 224 pages - 9,35 $ NE RIEZ PAS, VOTRE VOISIN EST DEVENU FOU! LX-211 - ISBN 2-893S1-166-3 224 pages - 9,35 $ De bonnes raisons de désespérer de la nature humaine! PRIX ONÉSIME BUNGALOPOLIS Jean-Paul Eid LX-147 - ISBN 2-89381-113-2 48 pages - bande dessinée - 12,95 $ Les aventures banlieusardes de notre héros national! dictoires\u2014 de Saint Laurent: le dépressif, le Roi de la mode, le cocaïnomane, l'homosexuel, le dandy, l'enfant reclus et secret.VIVIANE ROY collaboration spéciale ¦ De la femme contemporaine, il ose dire: «f'ai inventé son passé, je lui ai offert son avenir et cela durera bien après ma mort.» Tels sont les propos d'Yves Saint Laurent, relatés dans Pou-vrage de Laurence Benaïm, une passionnée de mode de 31 ans, collaboratrice au Monde et à Vogue, qui vient de publier la première biographie du plus célèbre des couturiers parisiens.Retraçant minutieusement l'itinéraire de cet enfant prodige né en 1936 à Oran, en Algérie, Fauteur parle avec respect et poésie de ce couturier en herbe qui, à l'âge de 13 ans disait: «Un jour, j'aurai mon nom gravé en lettres de feu sur les Champs-Elysées».Au fil des ans, il faut dire que le comportement dépressif de Saint Laurent est devenu presque aussi célèbre que sa griffe elle-même.Si bien qu'en 1977, certains journalistes l'avaient déclaré mort! Et si les poul&s ^ avaient £ des dents Selon Benaïm, Saint Laurent dévoile ses contradictions et sa Kg sensibilité à fleur de peau dans\tIWêÈÈÊÊt son travail.«Ses vêtements sont jMHpkfffiffijMBLu très Docteur lekyll et Mister ^ Hyde, indique-t-elle.Très stricts le jour, très dévergondés le soir.» ^Plillii LOGIQUES lllIllllÉ Bien fouillée et truffée d'anecdotes, la biographie de Benaïm L'AGENDA CROC décrit avec bonheur la vie de ce- LX-196 - ISBN 2-89381-159-0 lui qu'on pressent entre les lignes 256 pages - bande dessinée -14,95 $ être son héros.Avec pudeur et lu- Comment ne pas travailler, cidité, elle tente de recoller les 365 jours par année! pièces de la vie tumultueuse de trois milliards de francs (750 mil- Lagerfeld, Paloma Picasso, Fran- l'inventeur du style Rive Gauche.Ions de dollars canadiens).\tçoise Sagan et Andy Walhol, l'au-__j^^^HRl^W^^^^^ Dans ce livre où figurent une teur nous livre tour à tour les di- YVES saint-laurent.Laurence Benaïm.MSEliïÊIHBBÊR galerie de personnages dont Karl verses facettes \u2014 souvent contra- Grasset, Paris, 1993.475 pages.\tMl\tI^MMIB tu Le couturier Yves Saint Laurent, un homme aux mille facettes, une griffe célèbre.COMME DISAIT CONFUCIUS.Yves Taschereau LX-156 - ISBN 2-89381-127-2 224 pages - 9,35 $ ET SI LES POULES AVAIENT DES DENTS?Louis- Th om a s Pelletier LX-180 - ISBN 2-89381-165-5 224 pages - 9,35 S Deux livres CULTES! Mode (remploi 25% DE RABAIS SUR CES 12 TITRES Le premier à s'inspirer de la rue Plus que la simple biographie d'un homme angoissé, ce livre s'avère un cours sur la petite et la grande histoire de la mode.Non seulement Benalm nous entraine-t-elle dans les coulisses d'un monde de luxe et de volupté, où les baronnes De Machin côtoient les rédactrices de mode et les pop stars, mais elle s'évertue à tisser des liens entre le style et le mode de vie traduit par l'artiste.À Saint Laurent, ce couturier affirmant que la véritable avant-garde est classique, nous devons le smoking, le tailleur pantalon, le caban, la marinière et le jump-suit.Premier designer à s'inspirer de la rue.Saint Laurent n'a qu'un seul regret, nous apprend l'auteur: celui de n'avoir pas inventé le jeans.«)'ai compris que nous devions cesser de considérer le vêtement comme une sculpture et nous devions regarder au contraire comme un mobile», disait Saint-Laurent en 1965 après avoir fait la célèbre robe Mondrian, qui s'est retrouvée 18 ans plus tard au Musée d'Art de New York.«J'ai compris que jusqu'alors la mode était raide et qu'il fallait désormais la faire bouger.» Cet ouvrage ne serait pas complet sans parler de Pierre Bergé, son amant pendant plus de 30 ans et l'homme d'affaires associé à la «Gauche Caviar» de Mitterrand, Berger a su bâtir l'empire Saint Laurent chiffré aujourd'hui à LIBRAIRIE VOUS PROPOSE lOO Press* B 16 LA PRESSE.MONTREAL, DIMANCHE 19 DECEMBRE 1993 ; ^ \u2022>.\u2022> ; ; ?.\u2022 ¦ ; ¦¦.- v \u2022.: VjVôf-Vw \u2022 -rf SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 19 DÉCEMBRE 1993 La personnalité de la semaine Il n'est pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence \\ \\ \\ \\ H \\ ANNE RICHER lie parle de la chenille de velours comme s'il s'agissait d'une matière vivante, chaleureuse, sensuelle, à porter sur la peau, à s'y « noyer dans ses couleurs».Rosie Godbout, tisscran-de, passe sa vie les doigts rivés à la laine, les yeux remplis de ses tons chatoyants: vingt fois sur le métier remettant son ouvrage pour en tirer des vêtements de fête.À force de faire de la belle ouvrage, la tisserande a vu son talent reconnu par un jury prestigieux qui lui a remis le Grand Prix des métiers d'art 1993.Doté d'une bourse 10 000 $ offerte par le Mouvement des caisses populaires Desjardins, ce grand prix, qui est une exposition-concours itinérante à caractère international, a pour but de promouvoir l'excellence et la recherche en métiers d'art.Bien que ce prix lui ait été accordé le mois dernier, La Presse tient à souligner la créativité et l'innovation dans l'ensemble du travail de Rosie Godbout, en la nommant Personnalité de la semaine.Le public a pu admirer son travail dans le cadre du Salon des métiers d'art qui se termine aujourd'hui.La tisserande participe au Salon des métiers d'art depuis 18 ans.Sa collection Art-à-porter a obtenu deux men- Tisserande, elle vient de remporter le Grand Prix des métiers d9art 1993 tions au prix Jean-Marie-Gau-vreau-Molson en 1982 et 1986.Pour ce qui est du Grand Prix des métiers d'art du Qyébec, elle fut deux fois Première mention d'excellence en 1987 et 1991, et mention d'excellence en 1984.Le thème officiel qui devait inspirer les artisans était: «Les Amériques.» Rosie Godbout a créé un vêtement formé de deux pièces illustrant la contradiction historique et culturelle de ce continent.Deux Amériques où se confrontent deux cultures polarisées, l'une sur les valeurs cartésiennes, l'autre sur celles du sacré.La fête et le sacré «Un objet fait à la main où l'artisan a mis son âme» a une plus longue durée de vie, selon Rosie Godbout, qui croit fermement qu'il va même mourir de vieillesse sans qu'on ait eu la tentation de le jeter comme c'est le cas d'un objet fabriqué en série.Elle travaille sur un métier traditionnel, sans ordinateur, par la méthode elle-même traditionnelle d'essais et d'erreurs, «plus que par la raison», préci-se-t-elle.Et se laisse séduire et entraîner par des courants de couleurs qui témoignent de sa vie, de son cheminement, de sa recherche constante.Actuellement c'est le rouge.«Pour la passion.» Période vive et remplie d'espoir.Le tissage existe depuis très longtemps.Rosie Godbout poursuit donc la tradition, reprenant « Un objet fait à la main, où l'artisan a mis son âme, a une plus longue durée de vie qu'un autre.» avec les mêmes gestes la démarche utile des tisserands d'avant Jésus-Christ.L'objet unique s'est mis au goût des temps modernes.Dans son cas, son Art-à-porter est un vêtement, une parure, tout à la fois tableau et sculpture.Elle ne fait pas de tissu au mètre, mais crée une oeuvre portée.«Un vêtement de fête», in-siste-t-elle, à la fois concret et sacré.Elle fait ses teintures elle-même.Tout le processus, depuis la matière jusqu'au produit final, lui appartient.\u2022 Evidemment elle ne suit pas la mode mais crée une mode aux lignes simples: «Ce n'est pas extravagant, c'est original.Un tel vêtement nous fait sortir de la masse.» « Au lieu de se cacher, les gens doivent se montrer, se faire beau.» De l'éducation physique au tissage Elle est née le 25 septembre 1940 à Toulon.Son père était maçon, sa mère très douée pour le dessin.«Durant la guerre, elle fabriquait des poupées et des animaux en peluche.» Après avoir réussi l'examen de l'École normale supérieure d'Éducation physique à Paris, elle enseigne cette matière durant deux ans, à Lille.Mais elle a envie de partir dans le vaste monde.Un jour, en Grèce, elle rencontre un Québécois qui deviendra son mari.Elle s'installe donc à Montréal, a deux enfants qui ont aujourd'hui 24 et 21 ans, et enseigne durant onze ans l'éducation physique au Collège Marie-de-France.En 1978, une page importante de sa vie se tourne; une certaine fatigue de l'enseignement se fait jour, petit bouleversement qui entraîne une réflexion sur ses choix et un changement d'orientation.Elle s'est installée à la campagne et on lui a appris à tisser.C'est la découverte du plaisir de la matière et du jeu des couleurs dans lequel elle se découvre des aptitudes et des forces.C'est un univers qu'elle peaufine, visant rien de moins «que taper sur son clou sans arrêt» pour acquérir une réputation, dépasser ses propres limites.Depuis 1989 elle conçoit et donne les deux niveaux d'un cours.inti-tulé Couleur et tissage à l'École de construction textile de Montréal.Aujourd'hui, l'artisan ne doit plus être seul, la solidarité s'impose pour survivre.Il doit aussi, selon Rosie Godbout, atteindre de hauts niveaux de compétence afin de rivaliser avec de beaux objets manufacturés.«11 faut donc proposer quelque chose de différent, quelque chose qui n'existe pas.» Revenir donc à la création pure, à l'invention.Va-t-ellc faire toujours ce métier?Rosie Godbout, de nature inquiète mais femme heureuse, à l'instinct de vie terrible, pense qu'en dépit de jours plus difficiles que d'autres, «je vais continuer tant que je vais me séduire, m'éton-ner.» Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, 9excellence naît de l'effort.Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes ALCAN 'V Pour le rir LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE à CBF 690, l'émission EN DIRECT r V -fr * >.I {jH .i >\u2022 ¦ ï m Christiane Charette Demain matin dès 9h30 Réalisation: Louise Carrière ¦ SRC CBF 690 Montréal "]
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