La presse, 22 décembre 1993, C. Vivre
[" C 2 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 22 DECEMBRE 1993 Elle: chemise, gilet et foulard Rugby, 160 $, 120$ et 50 S, tous en vente à la boutique 2949 co.Tuque, 45 S, chez Azimut.Bottes Pegabo.Lui : chemise signée Rugby, 160 $, offert à la boutique 2949 co.Veste, 240 $, chez Juan & Juanita.ftVv\" ¦»! Elle: veste et pantalon, 220 $ et 125 $, en vente chez 2949 co.Tuque, 45 $, chez Azimut.Pull à col roulé, 65 $, chez Holt Renfrew.Bottes Pegabo.Lui : chemise, gilet et tuque, 160$, 120 Set 45 $, chez Azimut.Bottes Pegabo.SUITE DE LA PAGE C1 La compagnie québécoise Rugby, qui fait, un malheur au Canada et aux États-Unis, a d'ailleurs bâti son image de marque là-dessus.«Nous ne sommes pas une entreprise de mode, estime Robert Karambizi, responsable des ventes de la compagnie, qui dessert pourtant les meilleures boutiques de New York, dont Sak's et Charivari.Nous voulons d'abord offrir aux consommateurs un produit polyvalent, qui pourra aussi bien se porter au bureau qu'à la campagne.Nous ne produisons pas de nouvelles collections à chaque saison parce que nos produits sont basiques et durables.Nous avons des modèles qui n'ont pas été modifiés depuis sept ans!» L'infuence du sport dans le prêt-à-porter et l'engouement pour l'écologie sont deux facteurs qui ont transformé la mode.Ils l'ont rendue douillette, confortable mais aussi plus réaliste.Le co-cooning et la récession ont eu aussi leur mot à dire.«On constate depuis deux ans que les consommateurs préfèrent les tenues décontractées aux tenues guindées pour le réveillon, indique Georgine Coutu, directrice des relations publiques chez Eaton.Et cela, aussi bien du côté masculin que féminin.Par exemple, le traditionnel complet/cravate pour homme est remplacé de plus en plus souvent par un pull de cachemire ou de laine et un pantalon tout confort le soir de Noël.» Même phénomène observé dans les rayons féminins des grands magasins.«Dans la catégorie moyen et haut de gamme, nous vendons beaucoup d'ensembles sports-wear pour le réveillon, poursuit madame Coutu.Aussi bien îles leggings agencés avec des tuniques que des tenues de jogging en panne de velours.» s N Sploia(de, /fe'Z ! Table d'hôte 4 cho\\< 16,95 $ incluant table de salades, tbé ou café e* dessert Certificats-cadeaux disponibles 1459, rue Mctçalfe Rés.: 842-4638 II Togc et neuf.Avec garantie.Vente et achat.727-3777 - COMPTOIRS de magasir.$rvlt?rf et en melamine; balance d'In^çn-taire, stvle cadeaux, horlocws, téléphonés, jouets, onimau :-en peluche.Peuvent-étre vus oo Kiosque de Lovai ou 1545, bou».lé Corbus'er, Laval, kioske lLOTS et tablettes en mèfaVcro-chets, paniers, e'c.pour magasin, deoanneur ou auincaiilerie, excellente condition, faut voir! Super aubaine! 953-5107, 949-5313.' 235 MATERIAUX DE CONSTRUCTION PORTES DE GARAGfc- produit exclusif recouvert On tibr« de verre, 966-1205 H.C.Em \u2022 \u2022 255 MARCHANDISES DIVERSES ABRIS d'autos de aualitc o vendra toute grandeurs.355-3303.256 ON DEMANDE A ACHETER ACHAT meubles usaces, antiques, sofa o recouvrir.V.G.Ç., 735-428» ACHETONS LIVRES, et tabieou«T 524-2610 Service a domicile M d d de i n e 0 u c ! I e 11 c - M i c h a h ta /'île de R: fiÇM/i< \"iiSÉiïl^ :|li wmm ïwTWSB?¦ ïméÊ .: - J 40 \u2014 Se sentant devenir cynique, il ramena ses yeux sur les petits papillons de tulle blancs que ia supérieure feignait de ne pas voir.En réalité, il était si las de ruminer les malheurs du monde qu'il préférait se taire et observer cette femme dont tout, dans le langage et le maintien, trahissait la grande bourgeoise née pour commander et rayonner.Il se demandait quel motif l'avait poussée à venir s'enfermer dans ce couvent, pourquoi tant de religieuses qui pouvaient prétendre aux honneurs, à l'aisance et à l'amour par leurs dons ou leur condition d'origine, sacrifiaient tout à un tel idéal.Elle parlait, ses longues mains calmement posées sur la table, et lui tentait d'imaginer son âge, la couleur des cheveux masqués par la coiffe, les formes du corps masquées par la lourde robe qui en dissimulait les attraits.Il crut racheter son impudeur en se disant que si la société avait compté des femmes de sa trempe aux postes de commande, la politique eût été sûrement moins béte et le drame de la station de quarantaine moins odieux.Mais il n'en dit rien parce qu'il ne trouvait pas de mots pour le dire.Ou simplement, parce que cela ne se disait pas.À un moment, l'image de Persévérance traversa son esprit.Cette intrusion le contraria.Pourquoi pensait-il à celle dont toute l'intelligence et le savoir avaient été acquis par le travail, alors qu'il avait devant lui une femme du monde à qui tout avait été donné dés la naissance?Mettre ces deux femmes sur le même pied lui parut disgracieux, ou même offensant pour l'une et autre.Il fit donc l'effort de se replonger dans la conversation.Selon ce qu'elle lui racontait, la situation de la ville était mauvaise.Des familles entières fuyaient à la campagne, laissant derrière elles leur confort et leur sécurité.D'autres, a qui ce luxe était interdit, s'enfermaient dans leur maison et n'en sortaient que pour aller a l'église et aux provisions.Le grand séminaire et les théâtres étaient fermés, les commerces vivotaient et les marchés publics étaient à peine approvisionnés.Alarmées par les fausses nouvelles, certaines personnes faisaient brûler des lampions et multipliaient les neuvaines, alors que d'autres se précipitaient chez les guérisseurs et les diseuses de bonne aventure pour s'assurer une protection contre la maladie.L'evêque avait aboli d'obligation de jeûne et d'abstinence quelques jours plus tôt, afin de supprimer des carences alimentaires nuisibles à la santé.Mais des désordres de toutes sortes étaient signalés un peu partout.Des gens brûlaient leurs énergies ou risquaient leur forture dans des réjouissances grossières et des spéculations hasardeuses.On racontait même que certains marchands incitaient le Bureau de santé à faire brûler les meubles et les vêtements des victimes du typhus pour obliger les familles à renouveler leurs achats.Une voix profane dirait plus tard au docteur Milroy que les maisons closes faisaient des affaires d'or, et que les débits de boisson violaient la loi d'exception prohibant la vente d'alcool.Ouoi qu'il en soit, les propos de la supérieure contredisaient la version officielle qui laissait croire a un déséquilibre mineur.Or, il semblait bien que la population n'avait pas oublié la grande épidémie de choléra de 1832 \u2014 c'était seulement quinze ans plus tôt \u2014, où une personne sur dix avait été emportée par la maladie.La supérieure s'était tue, ou peut-être priait-elle.Son regard s'était détache des choses, fixé sur un point qui échappait à la clarté de la lampe au bord de laquelle frémissaient les petits papillons de tulle blancs.Le docteur Milroy aurait pour sa part vendu son âme pour être chez lui.Mais cette femme n'était pas acheteuse: elle voulait le salut de son âme et celui de l'humanité entière, rien d'autre.L'horloge placée non loin d'eux découpait un temps calme comme il n'en avait pas eu depuis longtemps.À l'instant où sonnaient dix-neuf heures, la soeur portière fit brusquement son entrée.Elle alla chuchoter à l'oreille de la supérieure un message qui paraissait mériter une attention particulière.Celle- ci regarda le docteur Milroy et dit, radieuse: \u2014 Votre ami Bernard de Lanaudière vous a préparé une surprise qui vous plaira, je crois.Agnès Frémont entrait, vêtue d'une longue cape noire.Elle dégagea sa chevelure du capu- chon qui lui donnait l'allure d'une moniale, et pouffa de rire en voyant lames Milroy déguisé en abbé.C'était une ancienne élève des Ursuli-nes.Elle savait que les religieuses tricotaient â longueur d'année des bas de laine pour les pauvres.dont elles cédaient toujours quelques douzaines au régiment des Highlainicrs qui portaient le kilt même en hiver, mais elle ignorait que leur mansuétude pût les pousser à offrir une soutane à son mari.Une fois seule avec lui, elle lui dirait que cet accoutrement effaçait les trois quarts de ses attributs virils, laissant aux mains, au visage et aux pieds le soin de compenser la perte de séduction.Mais alors, elle se taisait.Il avait beaucoup maigri, et elle se demandait si ce teint de cire lui venait de l'affreuse robe ou de sa maladie.Le docteur Milroy était ému de la voir la.si proche, le regardant de ses yeux verts, des yeux remplis d'une ardeur à laquelle il avait liàte de s'abandonner.Contraints par les bienséances, ils se tenaient l'un a côté de l'autre sans même se toucher le petit doigt.Comprenant leur besoin d'intimité, la supérieure leur proposa une pièce ou se retirer.Elle gravit le large escalier du hall d'entrée, traversa l'antichambre, située face â l'aumônerie, où attendaient les visiteurs qui sollicitaient le privilège d'être reçus là-haut.Elle leur ouvrit son parloir personnel, fit apporter deux lits de religieuse qu'elle plaça côte à côte et recouvrit d'un édredon pour adoucir la dureté de la couche.Elle déroula elle-même les draps, leur remit des serviettes, un broc d'eau et une cuvette, deux verres et du savon.Improvisant les fastes, elle parvint même à leur dénicher un miroir de taille convenable, et un magnifique peigne d'écaillé provenant sans doute d'un trousseau de jeune fille de bonne famille venue ensevelir ses charmes derrière ces murs.N'oubliant rien, elle demanda au docteur Milroy s'il souhaitait être éveillé à cinq heures, en même temps que la communauté, afin de de-jeuner avant de recevoir le coiffeur et le tailleur.Il inclina la tête à contrecoeur.Elle leur souhaita bonne nuit et disparut dans un bruissement de jupes qui laissa sa présence rôder dans la piece quelques minutes de plus.Agnes Ere-mont avait beaucoup fréquenté les couvents.Elle pouvait déceler, dans certaines intonations de la voix ou certaines attitudes, toute une gamme de sous-entendus saisissables seulement par qui en avait reçu la lente initiation.Elle comprit non seulement qu'elle devrait être debout à la même heure que son époux, mais encore que celui-ci ne laissait pas la supérieure indifférente.Aussitôt la porte fermée, elle se jeta dans les bras de lames Milroy et dit d'un ton enjoué, comme elle l'eût fait quinze ans plus tôt: «Nous sommes deux femmes à adorer le même homme.» Cette finesse d'esprit lui avait manqué autant que su présence.Les yeux fermés, il l'etreignit * doucement.Il embrassait ses cheveux, son front-, 1 ses épaules, retrouvant la mémoire des gestes d'autrefois.Comme un aveugle, il s'imprégnait de son parfum, de sa chaleur, tandis que montait en lui par vagues paisibles ei puissantes un désir trop longtemps contenu.Cette proximité effaçait les souvenirs de douleur et de corruption rapportés de là-bas.Après tant de solitude, il avait presque mal de tant de bonheur.Il la pressait contre lui.répétant: «Darling, tu es folle.Tu sais les risques que tu cours en venant ici?».Et elle s'alourdissait dans les bras de celui qui allait la déposer sur le plus proche des deux petits lits, s'ouvrant à l'homme qui la recouvrait et la dévorait comme s'il eut voulu l'aspirer tout entière.Il relâchait son étreinte, et elle l'observait, effrayée par sa maigreur.Même s'il disait être bien portant, elle s'inquiétait de ses joues creuses, des cernes qui marquaient ses yeux.Mais lui l'assurait que les femmes avaient toujours adore prendre soin de lui, et que Persevérance ne faisait pas exception à la règle.Malgré les apparences, il était resté le même.Elle lui avait toujours été reconnaissante de savoir lever ces atmosphères tragiques qui empoisonnent la vie de certains couples, et lui-même trouvait en elle ce mélange d'exubérance et d'humour qui leur avait épargne bien des crises inutiles.Dans l'atmosphère feutrée de la pièce que n'atteignait aucun bruit, ils se dévisageaient, l'un et l'autre évitant de poser des questions trop précisés sur leurs vies, maintenant si différentes, qu'ils n'arrivaient plus a représenter autrement que par le cadre physique leur servant de décor, certains, détails précisant la couleur d'un mur ou les con- : tours du paysage, le jardin ombrage de la grande maison, ou encore le ronflement du fleuve, son odeur, les chemins pierreux traversant l'ile nue où soufflait le vent.Ils se rapprochaient ensuite, faisant grincer les petits lits étroits ou commençait leur nuit.Une nuit bien a eux, arrachée a la solitude, qui les poussait a l'abandon absolu.La force de l'amour les jetait l'un contre l'autre, livrés à la passion généreuse qui leur donnait le courage ; d'accepter la distance que l'épidémie mettrait de nouveau entre eux.a suivre w Editions Québec/Amérique 425, rue Saint-Jean-Baptiste Montréal, Québec H2Y 2Z7 ANNONCES CLASSEES 285 1 Pour commanderreorriger ou annuler votre annonce: 285-7111 Appels interurbains sans frais: Annonces commerciales: Télécopie: Du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h 30 »'> ' ¦ fl'V'l*\t\\ f ¦ * .«V , \" r \u2014 \u2022\u2022< \u2022 \u2022 «VI' \u2022«,\tr.*\"*» ,t\\ r1 ^V \u2022 ^ J/ 1 800 361-5013* 285-7000* 848-6287 C 8 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 22 DECEMBRE 1993 ^MARCHANDISES ET SERVICES mRrCHE flux PUCES 2857111 AMIGA 2000 avec accolerateurl 68040 ?corte Firecrocker.16 M Rom, HP ?
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