La presse, 9 janvier 1994, Cahier A
[" 1 4 22 23 S4 35 \u2022 MONTRÉAL, DIMANCHE 9 JANVIER 1994\t110e ANNEE N° 78\t54 PAGES, 4 CAHIERS\tAbitibi-Témiscamingue: 55 cents îles de La Madeleine: 1 00 Extérieur de la ville de Québec (Région est): 65 cents À domicile par porteurs: 60 cents Routes motorisées: 70 cents\t50e Taxes en sus illl W WlRlIlMlfflWITIITB^\t\t\t\t Bonjour! La personnalité de la semaine Germain Harvey page B12 Météo Venteux et froid wax -21 /min -25 page S 20 Actualités La famille type existe-t-elle?page A7 Girerd as seëy, l'iHHi VeTîfrBf ûtf .\" Ï&SÏB VJiBafTifN JOFF2ti< B 11; i boni lion spccia I e es timbres a l'effigie de loglia?Possible.Lt même très probable.A compter du 28 janvier sur votre courrier.Lt encore, si vous préféré/, vous pourrez affranchir votre courrier avec la tête de Patrick Ro> ou de Denis Boucher ou tic tout autre de vos athlètes préférés.Plus de reine, plus de parlement î Comment expliquer cette petite fantaisie?Tout simple.La Société canadienne annonce pour le 28 janvier de nouveaux timbres dits personnaliseque vous pourrez créer a votre guise, puisque l'espace vierge au centre du «timbre» vous appartient.Bien sur, la poste ne met pas ces timbres au concept révolutionnaire sur le marché exprès pour vos créations fantaisistes.De fait, l'Administration postale propose une serie de disques autocollants en couleur qui doivent se prêter a différentes circonstances heureuses de la vie: faire-part de mariage, naissance, courrier amoureux de la Saint-Valentin, invitation a une surboum, voeux Il s agit d apposer sur les « timbres - un des disques de couleur qui conviennent a la correspondance que I on veut adresser.voir premiere en a 2 Jean Chrétien au pays des «petites phrases» LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale l'A RIS La vie publique française est la terre d élection de ce qu'on appelle les «petites phrases»: une expression de deux ou cinq mots prononcée tel jour par telle personnalité politique, et qui confiait soudain dans les médias une popularité qui peut durer de longues années.Ces petites phrases, le plus souvent preparees a l'avance, mais parfois involontaires, ont toujours en commun de deroger aux réglés de la correction, non pas linguistique, mais sociale.Ce sont de petites incorrections, des impolitesses très legeres.Et qui, dans d'autres langues que le français, passeraient souvent inaperçues.Mais le français \u2014officiel.c'est-a-dire de la bonne bourgeoisie parisienne\u2014 est une langue effroyablement rigide et précise, ou le moindre écart retentit comme une sirène d'alarme déclen-chée dans une eglise pendant l'élévation.De Gaulle, qui écrivait (superbement ) comme un chroniqueur de Louis XIV ou Louis XIV lui-même, et parlait de lui à la troisième personne, s'amusait ainsi a lâcher dans ses discours les plus officiels des familiarités qui réjouissaient le monde politique pour des semaines, et parfob» des annees.Apres avoir claque la porte de la CEE au nez de la Grande-Bretagne en 1963, il avait lance son «Ne pleurez pas, milord» a 1500 journalistes rassembles sous les lambris dorés de l'Elysec.Les mêmes journalistes en avaient un jour pris pour leur grade lorsque De Gaulle avait parlé de «tout ce qui grouille, et grenouille et scri-bouille».Plus tard, le plus proche lieutenant de Giscard d'Estaing, (le prince) Poniatowski avait lancé, à propos des scandales de la fin du régime de Pompidou, des «copains et des coquins» (du régime ).Ailleurs \u2014 à commencer par le Quebec\u2014 l'expression paraîtrait assez anodine.À Paris, où l'on a éminemment le sens des strictes convenances, les deux mots mis côte a côte étaient apparus comme le comble de l'audace et sont restés célèbres, le serais prêt a parier qu'on les retrouvera un jour dans tous les articles qui seront consacrés a la disparition du susdit Michel Poniatowski.De meme que Giscard avait signifié aux yeux de tous qu'il passait a l'opposition a De Gaulle en 1969 en prononçant ces terribles mots: «Oui, mais.» (La France est un pays ou, en public, personne ne dit jamais: Vous mentez, mais: Vous venez de proférer une con-tre-vérite.Ce qui change tout ).Les Français \u2014ou du moins leurs commentateurs\u2014 surveillent donc de près et a la loupe la façon dont parlent les personnages publics.Et traquent les erreurs et \u2014disons\u2014 les «fautes de goût».Ainsi un tutoiement manie a contresens dans des circonstances officielles est-il aussitôt noté (et plutôt mal noté).Le dictateur centrafricain Bokassa est encore célébré, non seulement pour ses diamants offerts à Giscard, mais aussi parce qu'il ne pouvait s'empêcher d'appeler De Gaulle «Papa!».Mais il s'agissait d'un cas extrême et considéré comme fantaisiste.Plus grave: le roi Hassan 11 du Maroc.D'abord c'est loin d'être un souverain d'opérette et, même s'il est loin de détenir la palme de la tyrannie sanguinaire, ce n'est pas vraiment un brave gars débonnaire.Ensuite, il fréquente (et invite volontiers à la Mamou-nia) le tiers du Tout-Paris politi-co-médiatique et connaît donc bien les codes.Le toast qu'il porta a Giscard lors d'une visite officielle reste célébré, puisqu'il qualifiait le président de véritable «copain».C'était bref et passager, mais d'un effroyable mauvais goût.Et tout Paris se demanda si Hassan II n'était pas un peu vulgaire \u2014 ce qui est plus grave que d'avoir les mains (un peu) ta-chees de sang.\"Voir chretïen~ena~2 Poss.Di'te & gagner un* croisse 3ufctamr5$uf enaoue voi er direction oe la Floride w/ffi 4V / ¦ DORVAL» __ _ MUUH âr ?8119*10 f MEBEC » FORT IAIB0MLE FORT LAUDERDALE i d m m r ?SH9+1 o \u2022 ?SI0 MOUVFUi TAXE USA Cc^rro^n 3 xc -j* or\t, \u2022\tVi -V DCW \" '.'xr*.» : r'^vyyyo.arjt: rv* + X jn\t** 'hor jocxc* \u2022 oo\\tt ir \u2022 f H *r* *t 1- j v.rptctr».'.tuh t*m » î1 nvi -r * ** mn «i> \u2022\t'9* MK\t^ Hforti pour î* MrftPtfl * 1 Ou :\tf» r- v*r \u2022\tr-\u201e»««,i.-' - -i nasomo» (nwt\tdlôartvOTte ' rvifl( qiiebec R É S U LTAT S I t o q u Tirage du 94-01-08 1 4 22 23 34 35 GAGNANTS 6 6 5 6+ 5 6 4/6 3/6 LOTS 0* Numéro complémentaire 37 Ventes totales Prochain gros lot (approx ).Prochain tirage 94-01-12 EBtra & Tirage du 94-01-08 NUMEROS 735251 35251 5251 251 51 1 LOTS 100 000 S 1 000 S 250 S 50$ 10S 2 $ 15 44 61 2_ 2a 45 62 Tirage du = ' 94-01-08\t\t 5\t6\u201e\t14 JLQ\t38\t45 46\t47\t55 66\t67\t68 Prochain tirage 94-01-09 sum 003 Tirage du 94-01-08 GAGNANTS 3 5 28 32 34 36 Numéro complémentaire 33 6 5 5 4 3 6 6< 6 6 6 0 1 33 1 488 23 236 LOTS 000 000.00 s 22 614,40 $ 456,80$ 47,30$ 5$ MISE TOT 13 19 35 42 GAGNANTS 99 LOTS 505,00 S ventes totales 869 690,00 S Gros lot a chaque tirage: 1 000 000.00 $ 1\" StLienON 080 Tirage du 94-01-08 2 CATEGORIE DE LOTS (Pour chaque sélection) 5 cartes + atout Atout 5 cartes ^ A cartes * atout 4\tcartes 5\tcartes ¦> atout Atout j cartes Jft 2 cartes * atout 2 $ LOTS 1 000 000 s 50 000 S 1 000 s 200 S 20 S 10$ mise gratuite NUMEROS 902704 02704 2704 704 04 902701 Tirage du 94-01-07 LOTS 50 000 $ 5 000 $ 250 $ 25 $ 5$ 1 9027\t'0 9021\t 000$ 100 $ 10 $ Tirage du 94-01-07 NUMEROS 530311 30311 0311 311 11 LOTS 250 000 $ 2 500 $ 250 $ 25 $ 10 $ DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI -T\u2014 3 217 009 465 953 384 514 308 Tirages du 94-01-02 au 94-01-08 4 4643 6972 3061 3233 6077 3784 7700 Tirage du 94-01-07 J_\t_2_\tJL\t17\t15 50\tU\t37\t43\t46 49\t50\t51\t52\t53 55\t56\t60\t§1\t64 T V A.LE RESEAU DES TIRAGES DE LOTO QUEBEC Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cetteyste et la liste officielle cette dernicre a priorité Tirage du 94-01-08 T V A.LE RESEAU DES TIRAGES les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso de billets En cas de dispante entre cette liste et la liste officielle, cettefamière a priorité LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 JANVIER 1994 \u2022 A 5 Des millions pour un cégep anglophone, rien pour les francophones du West Island CILIES FAQUIN ¦ Même s'il dépense 12 millions de dollars pour donner un nouveau cégep aux 800 étudiants anglophones de l'Outaouais, Québec refuse d'agir pour répondre aux besoins d'une population francophone trois fois plus importante dans l'ouest de l'ile de Montréal.C'est la conclusion à laquelle en arrivent de nombreux représentants des 65 000 habitants francophones des 12 municipalités de l'ouest de l'Ile face au silence persistant de la ministre de l'Éducation Lucienne Robillard.«Nous réclamons l'implantation d'un cégep francophone depuis des années mais nous ne parvenons pas à obtenir un engagement clair de la part de Québec» affirme la présidente de l'Association des francophones de l'ouest de Pile Marie Far-ley.L'organisme a entrepris une campagne à ce sujet en 1983, réclamant pour le moins l'ouverture d'un campus du Collège Saint-Laurent sur son Les plaintes non fondées des citoyens revanchards coûtent cher Presse Canadienne HALIFAX ¦ La Commission canadienne des droits de la personne devrait protéger le système contre les plaintes abusives de certains citoyens revanchards, estime l'ancien directeur du bureau atlantique de la commission.« l'ai remarqué au cours des dernières années une augmentation croissante du nombre de plaintes de gens toujours mécontents, renfrognés, qui cultivent de vieilles rancunes», expliqué Hugh McKer-vill, qui a quitté la commission le 31 décembre dernier pour se consacrer à l'écriture.«Us adoptent une attitude de confrontation constante avec leur employeur, puis se présentent chez nous et déposent une plainte pour discrimination basée sur le sexe, la race ou le handicap.«Selon moi, ils essaient d'utiliser un système très lourd et coûteux pour régler des conflits personnels.Et ils ne veulent pas seulement faire éclater au grand jour un cas de discrimination \u2014 si discrimination il y a \u2014, mais ils veulent du sang.» M.McKervill estime que la commission a dépensé des milliers de dollars pour enquêter sur des plaintes non fondées.L'agence joue de prudence avec certaines plaintes de discrimination qui semblent plutôt alimentées par la vengeance, dit-il.Mais les plaintes sont de plus en plus nombreuses et les cordons de la bourse gouvernementale se resserrent.« le pense que la commission devra user de plus de flair et répondre à certains plaignants: Non, désolé.» Trop de largesses L'ancien directeur rappelle cependant qu'un jugement récent de la Cour suprême rendra les choses plus difficiles pour les fonctionnaires de la commission.Le tribunal a ordonné qu'une plainte logée par un citoyen concernant des faits ayant eu lieu avant même l'adoption de la Charte des droits soit quand même étudiée par la commission.«Notre agence a eu tendance à faire preuve de trop de largesses dans le passé», dit-il.«Les plaintes se rapportant à des événements vieux de deux ou trois ans ont été souvent étudiées quand même par la commission.«La loi prévoit une limite d'un an, mais les commissaires disposent d'un pouvoir discrétionnaire pour entendre des plaintes plus anciennes.Et la plupart en ont usé, ce qui constitue une erreur de jugement, selon moi.» M.McKervill, un ministre de l'Église unie, estime qu'il est important que la commission se tienne debout dans les cas de discrimination réelle.Mais le nombre de cas de plaintes frivoles augmente sans cesse.Et plusieurs différends mineurs entre un employeur et un employé pourraient être réglés par un simple processus de médiation.«Il existe des litiges qu'une personne sensée peut régler en s'as-soyant simplement avec son patron», explique-t-il.«Au lieu de cela, c'est la déclaration de guerre immédiate.Ils mettent sur le coup le syndicat, la Commission des droits de la personne, et les coûts sociaux sont énormes.» M.McKervill rappelle que le bureau de la commission à Halifax étudiait chaque année environ 6000 plaintes.Là-dessus, 500 dossiers étaient retenus pour étude plus poussée, mais seuls 150 cas étaient déférés aux autorités compétentes.territoire.Lin comité consultatif, composé de représentants du milieu de l'éducation, des affaires et de parents a ensuite été créé, en octobre 1990, pour piloter le dossier.«Plusieurs études ont été effectuées au cours des années et la dernière a été remise à la ministre de l'Éducation Lucienne Robillard en août 1993.Celle-ci nous a promis une réponse en décembre mais nous n'avons toujours rien reçu» a déclaré hier le président du comité Yvan Desrochers.Ce nouveau retard aura sans doute pour conséquence de reporter encore d'un an l'ouverture du cégep francophone de l'ouest de l'ile croit Guy Allard, membre du comité et commissaire de la commission scolaire Baldwin-Cartier.La réponse de la ministre devait être connue au plus tard en décembre parce que les élèves du secondaire s'inscrivent au cégep en février et mars explique M.Allard.Il est donc inutile de lancer une campagne de recrutement plus tard dans l'espoir d'offrir des cours à l'automne dit-il.Selon lui, l'attitude des autorités gouvernementales est tout à fait in- compréhensible puisque les démographes du ministère estiment que cette nouvelle institution pourrait éventuellement recevoir 2500 étudiants, dont 500 à 700 la première année.Ce projet est évalué à 1,3 millions de dollars.Le comité s'explique mal que la ministre de l'Éducation ne puisse trouver une telle somme pour répondre aux besoins des 65 000 francophones de l'ouest de l'île alors que son ministère a accepté de créer un nouveau cégep pour les quelques 20 000 anglophones de l'Outaouais.Dans un premier temps Québec a restauré une ancienne école secondaire pour loger les étudiants anglophones du cégep Héritage de Hull en 1986.puis l'an dernier, il a débloqué 12 millions pour construire un nouvel immeuble.Selon les données du ministère, le nombre d'étudiants à plein temps inscrits au cégep Héritage augmente très lentement puisqu'il est passé de 746 en 1986 à 835 l'année dernière.11 ne devrait pas dépasser 1000 avant la fin du siècle.Par contre, la population francophone de l'ouest de l'île de Montréal connaît une croissance régulière depuis une quinzaine d'années.Elle comptait 43 000 personnes en 1976 contre 65 700 âmes lors du dernier recensement en 1991.Le député libéral de Nelligan, Rus-sell Williams, participe aux travaux du comité depuis deux ans, mais il a refusé de répondre aux questions de La Presse vendredi.Selon d'autres membres du groupe, il a conseillé aux participants de faire preuve de patience et de compréhension à l'égard de la ministre puisqu'elle a d'autres chats à fouetter avec la passation des pouvoirs à Québec.Mais les étudiants francophones de l'ouest de l'île, qui doivent étudier en anglais au cégep John-Abbott de Ste-Anne-de-Bellevue ou se payer deux heures de transport en commun par jour pour aller au cégep Saint-Laurent, commencent à perdre patience.On se demandera ensuite pourquoi plusieurs de ces jeunes abandonnent !e collège prématurément ou adoptent l'anglais au cégep même si leurs études en souffrent de conclure M.Allard.Le ministre canadien de l'Agriculture, Ralph Goodale (à droite) tenait un langage prudent et réservé à la sortie de sa rencontre avec son homologue américain.« La discussion a certainement été très franche et sincère, des deux côtés», a-t-il indiqué.«Je dirais qu'il y a eu un certain progrès mais tout cela est relatif, je suppose.».PHOTO CP Nathalie Pétrowski Discussions «franches» pour tenter de régler les différends entre Ottawa et Washington en agriculture PC TORONTO ¦ Le ministre canadien de l'Agricul ture, Ralph Goodale, a rencontre hier à Toronto son homologue américain dans l'espoir de régler plusieurs différends commerciaux entre les deux pays, mais ils n'ont pu s'entendre que sur un point: il leur faudra encore se revoir.«Nous avons eu des discussions franches, ça, c'est sur, mais aussi sérieuses, profondes et ouvertes concernant l'état des relations bilatérales entre le Canada et les États-Unis », a indiqué le secrétaire américain à l'Agriculture, Mike Espy, alors qu'il sortait en coup de vent de la rencontre de trois heures, tenue dans un hôtel prés de l'aéroport de Toronto.«Nous n'avons conclu aucune entente mais les discussions ont été très franches, et en gardant toujours à l'esprit la nécessité d'un commerce libre entre les deux pays.» Le ministre canadien tenait à peu prés le même langage prudent et réservé.« La discussion a certainement été très franche et sincère, des deux côtés», a-t-il indiqué, «le dirais qu'il y a eu un certain progrès mais toul cela est relatif, je suppose.» Les deux hommes ont refusé de rencontrer conjointement les journalistes et n'ont fixé aucune date pour une prochaine réunion.Cette rencontre prenait l'allure d'une tentative de rapprochement de dernière minute, les Américains ayant déjà indiqué qu'ils amorceraient une enquête commerciale si le différend le plus pressant, celui du blé dur, n'est pas réglé avant le 16 janvier prochain.Les fermiers américains digèrent mal que les agriculteurs canadiens occupent une part de plus en plus importante du marché américain du blé dur, utilisé dans la fabrication des pâtes.Plusieurs agriculteurs américains estiment que le blé canadien est injustement subventionné, et pestent contre l'Office canadien du blé, qui rend rarement publics ses prix de vente.Le secrétaire Espy n'a pas voulu indique s'il s'apprêtait à recommander a son gouvernement d'aller de l'avant avec l'enquête commerciale.Le ministre Goodale, pressé par les agriculteurs canadiens de demeurer ferme, s'est dit peu inquiété par la menace américaine.« Le produit (le blé dur) est mis en marché de façon loyale, selon moi et selon tous les Canadiens à qui j'en ai parlé, le n'accepte pas les insinuations selon lesquelles la mise en marché est déloyale.» Les deux responsables de l'agriculture devaient aussi débattre samedi de la préséance l'un sur l'autre des deux grands accords commerciaux multilatéraux: l'Accord de libre-échange nord-américain ou le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).Le versement de subventions aux producteurs américains de céréales pour contrer les exportations canadiennes vers le Mexique et une éventuelle restriction américaine sur les importations de sucre canadien devaient aussi figurer à l'ordre du jour de la rencontre.«Nous avons abordé les dossiers du sucre, du blé, des arachides, des pommes de terre, de l'inspection des viandes, et cinq ou six autres sujets», a indiqué M.F.spy, refusant de donner plus de détails.Jean Chrétien s'entretient aujourd'hui avec Boutros-Ghali MICHKL DOIBIC de la Presse Canadienne PARIS ¦ Le premier ministre Jean Chrétien devait rencontrer le secrétaire général de l'ONU, M.Boutros Boutros-Ghali, aujourd'hui à Paris.Cette rencontre clôturait sa première visite officielle en France, un séjour auquel il n'a guère cherché à donner d'éclat.L'entretien, qui ne figurait pas au programme de M.Chrétien, devait essentiellement porter sur la situation dans l'ex-Yougoslavie à quelques heures de l'ouverture du sommet de l'Otan à Bruxelles, où le premier ministre était attendu ce soir.Ce tête-à-tête avec le numéro un de l'ONU aura été la seule activité officielle de M.Chrétien pendant le week-end.Hier, le premier ministre et son épouse se sont transformés pour quelques heures en singes touristes et ont visité la nouvelle aile du Musée du Louvre.Le chef du gouvernement a passé le reste du temps a préparer la conférence de Bruxelles avec son ministre des Affaires étrangères, M.André Ouellet, et ses conseillers.M.Chrétien n'a pas voulu qu'on fasse trop de battage autour de son premier séjour à Paris en tant que premier ministre.Sa visite s'est résumée à la seule journée de vendredi, pendant laquelle il a successivement rencontré le président François Mitterrand et le premier ministre Edouard Balladur.À chaque occasion, les points de presse ont été réduits au minimum.À sa sortie de l'Elysée et de Matignon, M.Chrétien n'a que que brièvement répondu aux questions des journalistes sur le conflit yougoslave.Il n'a par ailleurs accordé aucune interview aux médias français, son cabinet ayant refusé toutes les demandes d'entrevues, même celle du prestigieux quotidien Le Monde.De façon générale, sa visite est d'ailleurs passé complètement inaperçue dans la presse française, qui a fait le point de long en large sur toutes les consultations autour du drame bosniaque sans mentionner le passage du chef du gouvernement canadien.Pour le reste, les entretiens de ce dernier avec le président et le premier ministre français Balladur ont été cordiaux, laisse t-on entendre.Le passage de |ean Chrétien à l'Èlysee aurait même été l'occasion d'un contact presque amical, assez amical en tout cas pour que M.Chrétien se permette d'inviter le président à l'accompagner le soir-méme à la 100e représentation de Starmania.Les deux hommes et leurs épouses ont donc assisté ensemble à cet anniversaire.Leur arrivée a semé une joyeuse pagaille dans le théâtre Mogador et sur la scène, où ils ont rencontré la troupe avant le spectacle.Pour rendre hommage aux visiteurs impromptus, Patsy Galland \u2014qui tient le rôle de Stella Spotlight \u2014 a modifié quelque peu son texte.Ce n'était plus avec un «roi du pétrole» qu'il fallait qu'elle «convole», mais bien avec « Mitterrand et Chrétien ».Le séjour de M.Chrétien aura toutefois permis, semble-t-il, de faire progresser un peu les choses dans le conflit des pêches, seul véritable sujet de contentieux entre la France et le Canada.Le ministre français des Dom-Tom, Dominique Perben, a indiqué hier que le premier ministre canadien avait confirmé son intention de nommer un interlocuteur au sein de son gouvernement pour engager une reprise des négociations.Ces pourparlers, a précisé le ministre français, porteraient non seulement sur les quotas de pèche au large de Saint-Pierre-et-Miquelon mais aussi sur des accords de coopération avec les provinces maritimes en matière touristique, culturelle et éducative.Selon lui, les discussions pourraient déboucher sur un accord avant l'été prochain.) s ' Les enfants du Code epuis l'entrée en vigueur du nouveau Code civil, je tremble dès que Junior me regarde de travers.A deux ans et demi mon fils ne sait pas encore qu'il a désormais presque plein pouvoir sur ses parents, mais nous ne payons rien pour attendre.Ce qui me réconforte c'est que Junior ne soit pas né cette année sans quoi, j'aurais seulement trente jours pour le déclarer, soit quatre-vingt dix jours de moins qu'avec l'ancien système et une baisse substantielle de ma marge de crédit.À l'époque de la naissance de Junior, nous avions le temps de nous habituer à l'idée que le petit paquet dans la chambre à côté n'était pas piégé, le temps de faire connaissance et de décider à quel moment nous voulions présenter notre nouveau locataire à la société.Je me souviens d'avoir attendu jusqu'à la dernière heure pour inscrire Junior dans la vie civile.Ce n'était pas de la nonchalance.J'aimais bien l'idée que mon bébé puisse goûter ne fut-ce que quelques mois, à la vraie liberté, celle où l'on n'est pas encore fiché dans les registres et où on existe sans être une statistique ou un numéro de dossier.Quand je me suis finalement pointée dans un local d'Accès Montréal qui à l'époque enregistrait les naissances, Gilles Carie et Chloé Sainte-Marie attendaient en file devant moi.\u2014\tFélicitations! me suis-je écrié en cherchant du regard leur nouveau bébé.\u2014\tPourquoi?s'étonna Gilles Carie.Nous sommes ici pour nos vignettes de stationnement.Il va sans dire que j'étais déçue.Non pas de l'absence d'un héritier chez les Carie mais du fait que la Ville de Montréal mêle les problèmes de stationnement aux grandes questions existentielles.\u2014\tC'est pour une vignette?fit le greffier.\u2014\tNon c'est pour un bébé, répondis-je sans sourciller.le me souviens encore de la belle plume fontaine qu'il sortit d'un tiroir et des deux grands livres d'archives qu'il posa sur son bureau.Je me souviens de la larme que j'ai réprimée quand d'une main appliquée il se mit à écrire le nom de Junior.11 y avait quelque chose de solennel au moment comme si Junior venait au monde pour la deuxième fois et qu'il savait déjà écrire son nom.En sortant, j'étais aussi euphorique qu'après mon accouchement.Mais c'est fini tout cela.Finie la plume fontaine et le grand livre des naissances.Fini le rituel sacré de l'enregistrement du début de l'existence.Grâce au nouveau Code civil, votre enfant passe du ventre de sa mère au monde civil comme une lettre à la poste.Après cela ils se demanderont pourquoi les rituels ont disparu des civilisations modernes.Mais ce n'est que normal.À quoi bien peuvent servir les rites quand remplir un formulaire est l'unique rempart des célébrations?* * * S'il n'y avait que la déclaration des naissances, je ne m'en ferais pas trop.Ce n'est malheureusement que la pointe de l'iceberg.Non seulement le nouveau Code civil rend-il les parents responsables des conne-ries de leurs enfants mais il accorde aux enfants des instruments inusités pour faire chanter leurs parents.Un peu comme si on leur donnait les clés de la voiture en les encourageant à faire des accidents.Dès l'âge de 14 ans, un enfant a le droit de signer un bail de location au nom de son emploi, de sa profession ou de l'exercice de son art.Si son art consiste à vous emmerder royalement, vous aurez bientôt sur le dos les propriétaires grincheux du quartier avec qui votre artiste a signé des baux de location.En plus d'être le parent de votre enfant, vous êtes maintenant son tuteur légal.Vous avez le droit de poursuivre qui vous voulez en son nom.Mais attention, au-delà de 25 000$, freinez vos transports car un conseil de tutelle sera nommé pour surveiller vos penchants prononcés pour les poursuites à un million.À 14 ans votre mineur majoritaire a désormais le droit de vous traîner en cour.Pour peu qu'il n'aime pas son nom, vous devrez le changer.Inversement, si vous en avez marre de l'appeler Roger, vous devrez obtenir son consentement pour le rebaptiser Gustave.La solution c'est de l'appeler Machin ou Chose jusqu'à ses 14 ans.Après quoi donnez-lui le choix entre Fleur de Cactus ou Écoulement de larve.À 14 ans aussi votre enfant a désormais le droit de rédiger un testament.J'imagine déjà le pire.Junior va insister pour que son vieux toutou plein de puces et sa suce porteuse de tous les microbes de la terre, soient légués a l'Institut Armand-Frappier.S'il ne donne pas son corps à la Science, ce ne sera pas pour mieux fuir, mais tout simplement parce qu'au temple de la Science, il a préféré le Musée de cire.En tant qu'héritier de votre fortune, votre enfant ne sera plus tenu responsable de vos dettes.Appliquez le principe au déficit du gouvernement et voilà les futures générations vouées à un bel avenir.Elles pourront hériter de nos routes, nos hôpitaux et nos écoles sans jamais en payer le prix.Cet amendement pose toutefois un nouveau problème: qui payera les dettes si les héritiers en sont dispensés?Pour de plus amples renseignements, appelez à la Chambre des notaires.En voilà une bande que le nouveau Code civil remplit d'aise et fait beaucoup travailler.C'est pourquoi si jamais votre héritier ne s'est pas encore branché sur son choix de carrière, encouragez-le à devenir notaire plutôt que pompiste.Et négociez dès aujourd'hui une réduction sur ses frais de service.* * * Tout se joue avant 77 ans ¦ Une copine m'a fait cadeau d'un merveilleux petit livre récemment.L'ouvrage s'intitule Guide pour parents inquiets ou comment aimer sans se culpabiliser.Il est le fruit d'années de recherches du docteur Michel Maziade, un spécialiste en psychiatrie infantile de Québec et en ce qui me concerne, un saint homme.Sidéré par le taux affreusement élevé de culpabilité chez les parents québécois, le docteur Maziade leur conseille de se calmer les nerfs.Les enfants viennent au monde avec un tempérament plaide-t-il et bien avant l'influence parentale, ce tempérament dicte leur conduite.Autre découverte: Tout ne se joue pas avant cinq ans comme on le croyait depuis cent ans.Tout se joue tout le temps et le passé aussi tourmenté fut-il, est moins important que les possibilités illimitées du présent.Désolé chers parents mais la partie de plaisir ne fait que commencer.-1- .\u2014 - - \u2014\u2014 ¦¦ nm~ i ¦ ^ r A 6 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 JANVIER 1994 Le gouvernement néo-zélandais n'a pas eu le choix Lorsque, en 1984, le gouverment néo-zélandais s'est brutalement retrouvé en face de la realite, il n'a pas eu le choix.Puisqu'il n'avait plus accès a des crédits internationaux à taux raisonnables, le pays a ete forcé, veux veux pas, d'entreprendre une severe cure d'amaigrissement.\\ Nous n'avons qu'une faible idée, au Canada, de l'ampleur des refor-«mes économiques et financières entreprises la-bas.Entre I984 et la fin de I992, on releve au moins 97 mesures précisés destinées à assainir les finances publiques et à rétablir la compéti-\u2022tivite de l'économie.Rythme affolant qui a quelque peu diminué en r I993; maigre cela, on y a encore ajouté une bonne dizaine de dispositions au cours des douze mois qui se terminent.Toutes ces mesures, qui ont chambarde la société neo-zelandaise.émanent autant des travaillistes de centre-gauche que des conservateurs de centre-droite.On a touché a tous les secteurs imaginables; cela va de la déréglementation de l'industrie du taxi à la vente des aéroports en passant par la libéralisation du marché des valeurs mobilières et la suppression des offices de commercialisation des produits agricoles.En gros, on pourrait distinguer quatre grandes têtes de série.D'abord, les mesures budgétaires: compressions dans les transferts aux particuliers et aux entreprises, y compris dans les subventions; imposition de tickets modérateurs; meilleur contrôle des dépenses de l'État, ce qui inclut des licenciements massifs dans la fonction publique, le gel de l'embauche, et.surtout, des critères de productivité beaucoup plus exigeants pour les fonctionnaires qui restent en poste.et veulent le rester.Ensuite, une profonde reforme de la fiscalité, comprenant notamment une baisse considérable des taux d'imposition sur le revenu des particuliers, la supression des abris fiscaux, et l'imposition d'une TPS.C'est la voie que le ministre Michael Wilson a essayé de suivre, au Canada, mais sa tentative s'est soldée par un échec sur toute la ligne.Puis, un désengagement de l'État dans tous les domaines où on a ' juge qu'il n'avait pas d'affaire.C'est-à-dire déreglementation massive et privatisations.Une trentaine de sociétés d'État, la plupart défichai- \u2022 res.ont été vendues à des entrepreneurs privés.Sur le front monétai- ! re, le gouvernement a laissé flotté le dollar et a laissé le marché fixer ; le taux d'intérêt, tout en accordant une autonomie complète a la ban- \u2022 que centrale.Enfin, des mesures destinés à accroitre la productivité de l'econo- ; mie, et dont l'aspect le plus spectaculaire concerne le «déréglementa- \u2022 lion du marché du travail», euphémisme qui masque, dans la vraie \u2022 vie, 1'anéaniissement virtuel du pouvoir syndical.\t! C'est, on en conviendra, tout un programme (et encore, esquisse très sommairement).Voyons-en les détails et, surtout, comment les Néo-Zélandais ont appris à vivre avec ces bouleversements.\tI La recette néo-zélandaise CLAUDE RICHE* implement pour énumérer et décrire sommairement la bonne centaine de réformes qui ont été le lot des Néo-«Zélandais depuis huit ans, il -faudrait plus qu'une page de ajournai.Advenant le cas où le Canada, \u2022 coincé par ses créanciers .internationaux comme l'a ete le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, appliquerait la même recette, voici, en vrac, quelques-unes des mesures auxquelles vous devriez vous attendre: Fontion publique: Nombreuses et douloureuses i compressions.Un emploi sur ;;quatre a été supprimé.Les \u2022\tfonctionnaires qui restent se Ivoient attribuer des objectifs de ; performance s'ils veulent rester \u2022en place.Il n'y a pas de pitié pour !ceux qui crèvent leurs budgets ou [prennent de mauvaises décisions.Les ministères doivent rendre compte, en fin d'exercice, du '.rapport qualité-prix qu'ils ont offert à la population, en «'fonction des mêmes critères 'd'évaluation que l'entreprise privee.Les gestionnaires supérieurs sont libres |d'embaucher et de congédier ;selon les besoins de leur service, \u2022\texactement comme dans îl'entreprise privee; eux-mêmes ;sont sujets a une évaluation \u2022\tpériodique basee sur leur Irendement.Les entreprises privées sont ; fortement invitées a présenter des soumissions pour une foule de .travaux, de l'enlèvement des ordures aux relations publiques a *la gestion des systèmes de paie; si Iles services gouvernementaux ne ;sont pas capables de livrer la marchandise à meilleur prix que les soumissionnaires du privé, le contrat va à ces derniers, et les fonctionnaires concernés devront se trouver du travail ailleurs.Si ça marche?Croyez-moi, je n'ai jamais vu une fonction publique aussi efficace.Le jour où j'ai visité les bureaux du gouvernement, à Weellington, j'ai vu plein de fonctionnaires au boulot à huit heures du matin! l'ai demandé à une secrétaire s'il y avait quelque chose de spécial.«Oh, mais c'est maintenant comme ça tous les jours», m'a-t-elle repondu.Il va de soi que de nombreux travaux faits auparavant par des employés d'hôpitaux et d'écoles sont maintenant confiés à l'entreprise privée: cuisine, buanderie, entretien, nettoyage.Seulement à ce chapitre, le gouvernement (et les contribuables) paient 25 p.cent de moins qu'avant, et le travail est de qualité parfaitement comparable, sinon supérieure.Santé: Imposition d'un ticket modérateur, dont le tarif varie en fonction des revenus du patient.Pour les visites chez le médecin, la gratuité ne subsiste que pour les enfants de cinq ans et moins, venant de familles a revenus faibles ou moyens.Tous les autres paient entre quatre et vingt dollars la visite ( tous les montants ont été convertis en dollars canadiens).Un adulte dont le revenu est de 23000 $, et qui a moins de 65 ans, paiera le maximum, soit 20 dollars.Tous les médicaments prescrits font l'objet de frais, qui varient de quatre à quinze dollars par médicament.L'hospitalisation, enfin, fait l'objet d'un ticket modérateur qui peut atteindre 40 $ par jour (si votre revenu dépasse les 23,000 S ), avec un maximum annuel de 10 jours par famille.Programmes sociaux: Les pensions de vieillesse étaient parmi les plus généreuses au monde.L'État offrait aux retraités, à compter de 60 ans, une pension équivalent a 80 p.cent du salaire moyen brut.Le gouvernement a relevé l'âge à partir duquel les retraités sont admissibles ( le seuil est haussé graduellement, jusqu'à ce qu'il atteigne 65 ans, en 2001 ).En outre, le nouveau calcul de la pension est basé sur 65 p.cent du salaire brut, et les retraités qui ont un revenu supérieur à 23000 $ doivent payer une surtaxe pouvant atteindre 58 p.cent du montant reçu.Pour certains, ces mesures ont fait fondre les pensions de moitié.Malgré ces coups de hache, le retraité néo-zélandais a faible revenu reçoit toujours 780 $ par mois.Quant aux regimes d'assurance-chômage et d'aide sociale, ils demeurent en place, mais avec des critères d'accès fortement resserrés.Le robinet du logement social est virtuellement fermé; les habitations à loyers modiques ont été transférées à une société d'État qui a le mandat d'atteindre la rentabilité, et qui devrait être privatisée au cours des prochaines années.Entreprises: Supression de toutes les subventions aux entreprises, subventions a l'exportation, subventions a la recherche et au développement.Abolition des incitatifs fiscaux.Elimination des barrières commerciales.Aucune exception n'a été permise.Les entreprises néo-zélandaises, même les plus vulnérables, se sont retrouvées dans l'obligation d'affronter la concurrence étrangère sur leur propre marché.Marché du travail: Libre choix.pour le travailleur.Au premier plan, le Parlement néo-zélandais, à Wellington.Derrière : le «Beehive», la «ruche», où se situent les principaux bureaux administratifs du gouvernement.L'édifice porte bien son nom, et pas seulement pour des considérations architecturales: les fonctionnaires y besognent dès huit heures du matin.\u2022 1 - W I* JàËF&ïi.'iia^Mjr! if* 's x >~v.\t\u2022\u2022 \"v^m^cv v> «i tts; d'appartenir ou non à un syndicat.Possibilité, pour tout travailleur et tout employeur, de négocier salaires, horaires et conditions de travail sans intermédiaire.Cette mesure signifie pratiquement l'extinction du pouvoir syndical.Cela ne veut pas dire que les employeurs peuvent faire tout ce qu'ils veulent.Des balises ont été introduites pour empêcher les abus en matiere de conditions minimales de travail, vacances annuelles garanties d'au moins trois semaines, congés fériés, congés de maladie, congés de maternité, droits de la personne, etc.Sociétés d'État : Privatisation de presque toutes les sociétés d'Etat.Entre 1988 et 1992.une trentaine de sociétés d'Etat ont été vendues au secteur privé, ce qui a rapporté quelque 11 milliards au gouvernement.L'Etat a vendu des aciéries, des banques, des compagnies de transport (dont Air New Zealand.la compagnie aérienne nationale), la compagnie de téléphone, des sociétés pétrolières, minières, forestières.Le gouvernement considère vendre à l'entreprise privée, au cours des prochaines années, les services postaux, la radio, la télévision, les loteries, les compagnies d'électricité, les logements sociaux.Éducation: Introduction de frais de scolarité pour les études post-secondaires (avant, c'était gratuit a tous les niveaux, y compris à l'université).Les écoles primaires et secondaires se voient assigner des objectifs de rendement et doivent être administrées comme des entreprises privées; elles sont en compétition entre elles (et avec les écoles privées) pour obtenir du financement gouvernemental.L école qui obtient les meilleurs résultats au meilleur coût reçoit son financement sans problème.Fiscalité: Réduction massive des impôts sur le revenu des particuliers.Abolition des abris fiscaux.Introduction d'une TPS de 12.5 p.cent s'appliquant à tous les achats de biens et services, y compris l'alimentation de base.En bout de ligne, le gouvernement s'en tire avec les mêmes revenus, mais pour le travailleur, l'amputation sur le chèque de paie est bien moins douloureuse.Avant la réforme, si vous aviez une augmentation salariale de 3000 î, vous deviez en remettre 2000 S au gouvernement; maintenant, c'est 1000 $.Le ministre canadien des Finances.Michael Wilson, s'est amplement inspiré de l'approche néo-zélandaise pour introduire sa réforme fiscale, mais la tentative s'est soldée par un échec: non seulement les impôts sur le revenu n'ont-ils pas diminué, mais ils ont augmenté, tandis que beaucoup d'abris fiscaux demeurent en place et que la TPS canadienne est devenue un véritable monstre administratif.Apprendre à vivre avec un virage économique à 180 degrés En un temps exceptionnellement rapide, les Neo-Zélan-dais ont du apprendre a vivre avec un virage économique à I80 degres.comme les Canadiens devront sans doute subir dans les années a venir.Douillettement maternes du berceau a la retraite par un État-providence généreux qui a multiplie les programmes sociaux (a crédit ).ils se sont réveillés, en moins de dix ans.dans un univers dominé par la concurrence, la productivité, la compétivitè.Comment ont-ils vécu ce passage?La première chose qui frappe l'imagination, c'est le taux de chômage.En dix ans, les Néo-Zélandais ont vu leur taux de chômage passer de 2 à 11.5 p.cent.H se situe aujourd'hui juste sous la barre des 10 p.cent (ce qui.pour Je Québec, serait un objectif fort intéressant; mais pour cela, il àous faudrait creer 106000 emplois).\u2022 Le bond est prodigieux, mais en irealite.le taux de chômage neo-Jrelandais demeure étonnamment bas quand on considère l'ampleur des réformes.Comment?!?Voila !Un pays qui licencie un fonctionnaire sur quatre?Qui livre ses entreprises les plus fragiles, pieds et Jxnngs liés, à la concurrence internationale?Qui prive brutalement les producteurs agricoles du tiers de leurs revenus?Qui vend toutes ses sociétés d'État à des entrepreneurs pour qui les profits ^passent bien avant les jobs?Qui torpille les syndicats?Mais bon *ang.avec toutes ces mesures, le itaux de chômage aurait bien dû se situer a 25 ou 30 p.cent, pas dix! Oui, c'est vrai, si on examine froidement la situation.sur papier.Dans la vraie vie.c'est une toute autre affaire.La maniéré dont les Néo-Zelandais ont réagi à la masse de réformes qui leur sont tombées sur la tète constitue un véritable hommage à l'inépuisable faculté d'adaptation du genre humain ! * * * Commençons par la fonction publique.Voici une «vérité* que vous avez sans doute déjà entendue, et que tout le monde semble tenir pour acquise: si le gouvernement veut reduire ses dépensés en coupant des postes dans la fonction publique, il ne réglera rien puisqu'il créera autant de chômeurs.\t.Eh bien, non, ça ne marche pas comme ça, pas dans la vraie vie en tout cas.«Prenons un employé de l'Etat typique», me dit un haut fonctionnaire des Finances.«Il a 40 ans.il a reçu une bonne formation, il est sur le marché du travail depuis une quinzaine d'an-nees; il a donc eu le temps d'acquérir une solide experience, d'établir des contacts, de nouer des relations, de se familiariser avec l'appareil de l'État.Grâce à ses bons revenus, il s'est habitué a un certain train de vie, et il a pu se mettre un peu d'argent de côté.Puis voila qu'il apprend que son poste est aboli.Pensez-vous une seule minute qu'il va se contenter de l'assurance-chômage et de l'aide sociale?» Places au pied du mur, les exfonctionnaires ont réagi en démarrant leurs propres entreprises.Plusieurs sont devenus experts-conseils; les sociétés d'État privatisées ont récupéré les éléments les plus brillants.Un groupe d'ancien hauts fonctionnaires des Postes dirige une société privée de messageries qui livre une concurrence terrible à la pesante société des Postes.Beaucoup d'ex-fonctionnaires ont trouvé l'adaptation difficile, mais ils font aujourd'hui deux fois plus d'argent qu'avant tout en étant leurs propres patrons.Le cas le plus éloquent est probablement celui de la New Zealand Telecom, la société nationale des télécommunications.Société d'État, Telecom employait 2b000 personnes, offrait un service pourri (le délai d'attente pour une nouvelle ligne téléphonique pouvait dépasser les six semaines).et parvenait tout juste, bien qu'en situation de monopole, a dégager un maigre profit qu elle remettait a son unique actionnaire, le gouvernement.La compagnie a été privatisée en I990, pour plus de trois milliards.Depuis ce temps, les profits ont quadruplé: aujourd'hui, uniquement en taxes, Telecom remet deux fois plus d'argent au gouvernement que lorsqu'elle était monopole d'Etat.Depuis un an.ses actions ont grimpe de 71 p.cent.Le service est exceptionnel, et coûte de 15 à 25 p.cent moins cher qu'avant la privatisation.La productivité a double, mais cela s'explique par des licenciements d'une ampleur inouie: Telecom a remercié la moitié de son personnel.et n'emploie plus que I3000 personnes.Tout cela est bien beau, mais en bout de ligne, le pays se retrouve quand même avec I3000 chômeurs de plus, non?lustement, non.La privatisation a aussi introduit la concurrence, y compris dans le service local.Clear, une compagnie rivale ou on retrouve des milliers d'anciens cadres et employés de Telecom, fait des ravages; les deux se battent pour offrir le meilleur service au meilleur prix au consommateur neo-zelandais.De nombreux travaux effectués a grands frais, a l'interne, sont maintenant distribues à des entreprises privées (appartenant souvent a d'ex-employés de Telecom, qui sont beeaucoup plus efficaces a la tète de leur PME que comme fonctionnaires).Clear et les autres compagnies font la même chose.Les PME nees dans cette mouvance engendrent a leur tour des retombées en développant de nouveaux secteurs de recherche.En trois ans, quelque 500 nouvelles PME sont apparues dans le paysage, uniquement dans le secteur des télécommunications; ensemble, elles emploient 30000 personnes, ce qui compense largement pour les mises à pied de Telecom.Ce n'est pas le seul cas.Le cas d'Air New Zealand est un véritable «success story ».Depuis sa privatisation, le compagnie aérienne est devenue une veritable machine a piastres.Cette année, la valeur de ses actions a doublé et.même après cette poussée, elle se vendent à 10 fois le rapport prix-bénefice ( c'est-à-dire pas cher ).Non seulement beaucoup de fonctionnaires se sont recyclés ailleurs, mais ceux qui restent sont plus productifs.C'est le con-tribuable-conmsommateur qui gagne sur toute la ligne.* * * Dans le secteur agricole, la suppression des subventions a de-clenche une véritable révolution.Au début, le choc a été terrible: les propriétés ont perdu la moitié de leur valeur, des centaines de fermiers ont déclaré faillite.Chose qui peut sembler curieuse.la Federated Farmers of New Zealand.de loin le plus important porte-parole des producteurs agricoles avec plus de 45000 membres, a été d'accord dès le de-but avec la supression des subventions.«Cela a été bien difficile, mais nous ne pouvions plus continuer comme cela ».explique le directeur général de l'organisme, Théo Simeonidis.«Le principal effet des subventions.c'était d'empêcher notre agriculture d'etre compétitive.Or, les exportations agricoles sont vitales pour la Nouvelle-Ze-lande; avec le GATT, tôt ou tard, nous aurions du affronter la réalité en face.Plus on retardait l'echéance, plus le prix aurait été elevè ».Aujourd'hui, l'agriculture neo-zelandaise est un modelé de productivité universellement applaudi.et pas un seul producteur, affirme M.Simeonidis, ne voudrait revenir au régime des subventions.Pendant des années, protégés par leurs subventions, les agriculteurs néo-zélandais ont élevé leurs moutons, tondu leurs moulons, abattu leurs moutons, exporte leurs moutons.Elève, tond, abat, exporte.Recommence.La perte des subventions les a force a faire preuve d'imagination, a réduire leurs coûts, a améliorer leurs produits, a diversifier leur production.Certes, on a beaucoup travaille sur la qualité de l'agneau d'exportation, tout en maintenant les prix a des niveaux fort raisonnables, comme vous vous en êtes probablement déjà rendu compte si vous êtes un habitue.Mais ce n'est pas tout.La Nouvelle-Zélande s'est lan-cee dans l'élevage du chevreuil sur une vaste echelle.Ce n'est pas.comme en Europe, du chevreuil confiné dans de petits enclos et nourri de fourrage.Avec l'espace dont ils disposent, les ele-veurs néo-zélandais peuvent se permettre de laisser leur cheptel s'epivarder dans d'immenses propriétés.se nourrissant à même la végétation.Le goût ressemble bien plus a celui du vrai gibier.Les Allemands adorent.D'ici trois ou quatre ans.attendez-vous.Québécois, a retrouver du chevreuil neo-zelandais dans vos assiettes.Quant aux laponais et aux Sud-Coreens.ils adorent le boeuf, mais leurs producteurs agricoles sont incapables d'en fournir de bonne qualité à bon compte.C'est justement la spécialité des Néo-Zelandais.qui font depuis quelques années de ravages sur les marchés asiatiques.Les Néo-Zélandais aimeraient aussi exporter plus de boeuf au Canada (qui est déjà un important client).Mais le Canada, qui subventionne encore lourdement son agriculture, impose en plus un droit de 25 p.cent sur le boeuf importé, lorsque les importations depassent un seuil qui pourrait nuire aux producteurs canadiens.I M.Simeonidis est un homme poli.Lorsque nous avons parlé de ce dossier, il n'a visiblement pas livré le fond de sa pensée.Mais son regard en disait long sur ce qu'il pensait d'un pays qui subventionne grassement ses producteurs et qui, en plus, a le culot d'imposer un droit sur les exportations d'un pays qui a supprimé ses propres subventions agricoles! Chose certaine, la Nouvelle-Zelande pourrait facilement porter ce dossier au GATT; le Canada est certain d'avoir l'air pas mal fou.Quant aux entreprises, elles ont dû apprendre à vivre sans subventions et sans abris fiscaux.Les moins bien préparées n'ont pas survécu; oui, des emplois ont été perdus.« Par contre», me souligne Michael Barnett, directeur général de la Chambre de commerce d'Auckland, «les entreprises les plus dymaniques ont largement profité de l'abolition des barrieres tarifaires; elles ont pu ainsi acquérir du matériel de production, de l'equipement, de l'outillage, à bien meilleur prix; leur productivité a augmenté, elles exportent plus que jamais et aujourd'hui, elle créent des emplois bien plus attrayants que ceux que nous avons perdus dans des secteurs moins performants».* * * Quant à l'affaiblissement du pouvoir syndical, il n'a en rien contribué à augmenter le chômage.Le taux de chômage est même plus bas aujourd'hui que lors de l'adoption de l'Employement Conract Act, qui libère le travailleur de l'obligation d'adhérer à un syndicat.Sur papier, on aurait pu penser que les employeurs néo-zélandais auraient profite de l'occasion pour bissonnettiser leurs entreprises.Dans la vraie vie.a quelques exceptions près, ce n'est pas ce qui s'est passé.Les entreprises ont enregistré des gains de productivité, les exportations sont à la hausse, l'emploi aussi.les salai-' res aussi.Sauf qu'ils ne sont plus répartis de la même façon.Les entreprises investissent maintenant dans leur productivité.Les services et les employés les plus performants en profitent; et comme tout le monde veut en profiter, tout le monde performe.Quant aux chefs syndicaux, qui ont tenté de mobiliser les troupes pour faire échec a cette loi, ils n'ont tout simplement pas été suivis par leur base.Que les écoles, collèges et uni- versités fonctionnent comme des entreprises privees n'est pas une' si mauvaise idée que cela.Oh, certes, tout n'est pas rose.Lorsque je suis passe dans la région du Taranaki, au sud-ouest d'Auckland, un débat local faisait rage.Une école primaire, après avoir recueilli le maximum d'inscriptions que lui permettait son budget.a fermé la porte; deux aspirants sont restés sur le carreau.Le directeur de l'ecole est demeure inflexible: ces deux inscriptions additionnelles risquent de compromettre le rendement de l'école (et donc, le financement gouvernemental pour la prochaine session), pas question de revenir là-dessus.Les deux élèves ont dû se trouver une autre école, là où il y avait encore de la place.Par contre, la Loi permet aux collèges et universités de conserver pour elles 90 p.cent des frais de scolarité (jusqu'à 5000 S par année) exigés des étudiants étrangers.Avant la réforme, la totalité de ces frais allait dans les coffres du gouvernement.Cela a motive les maisons d'enseignement néo-zélandaises à faire des pieds et des mains pour attirer chez elles des étudiants malais, indonésiens, thaïlandais, polynésiens.Ce qui fait bien l'affaire des familles riches de ces pays, où les standards des maisons d'enseignement ne sont pas toujours aussi élevés qu'en Nouvelle-Zélande.En deux ans, le nombre d'inscriptions étrangères dans les institutions néo-zélandaises est ainsi passé de 1900 à 5800.Comme les» étudiants, en plus de leurs frais de scolarité, doivent apporter avec eux un minimum de 5000 S pour assurer leurs frais de subsistance pendant la session (la plupart en apportent deux à trois fois plus), l'economie néo-zélandaise a ainsi recueilli 80 millions, dont plus de 20 millions pour les collèges et universités (c'est autant d'argent que le gouvernement n'aura pas a leur verser, et donc il pourra se .servir pour permettre d'inscrire davantage d'élèves aux écoles du Taranaki ).Dans la vraie vie, les Néo-Zé-landais n'ont visiblement pas apprécié les coups de matraque dans les programmes sociaux, mais semblent les avoir acceptés comme inévitables.Quant aux énormes bouleversements qui ont secoué la fonction publique, l'agriculture.le pouvoir syndical, les subventions aux entreprises, ma foi, il appert que la société néo-zélandaise s'en est tirée sans que le Ciel ne lui tombe sur la tête, au contraire. LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 JANVIER 1994 ANNEE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE La famille québécoise type existe-t-elle?1ILIANNE LACROIX ¦ La famille québécoise type existe-t-elle?« Pas de problème! On va vous trouver cela»» ont assuré les responsables du Bureau québécois de Tannée internationale de la famille.Avant même qu'elle voit le jour, cette nouvelle année 1994 avait été proclamée «Année internationale de la famille» par l'Assemble générale des Nations unies.Créé par le Secrétariat à la famille, le Bureau a pour mission, pendant cette année, de faire connaître aux Québécois les réalités et les problèmes des familles et de contribuer à améliorer leurs conditions de vie.Qui donc, mieux que le Bureau, pouvait parvenir à dénicher ce que je n'avais pu trouver?Oh, des familles, j'en avais bien trouvées, mais celle-ci avait un revenu un peu trop élevé, l'autre pas assez.Ceux-ci lorgnaient le marché des maisons mais n'étaient pas encore propriétaires.Quant à ceux-là, ils avaient eu leur premier enfant hors-mariage ou à un âge un peu trop avancé.Mais où était-elle donc cette fameuse famille-type dont parlaient les statistiques?Selon les chiffres, la famille-type, la voici : \u2014\tLe père occupe l'emploi le plus rémunérateur mais la mère travaille à l'extérieur ( c'est le cas de 62 p.cent des mères ayant des enfants d'âge préscolaire et des deux tiers des mères d'enfants de moins de 18 ans).\u2014\tBi-parentale (78,3 p.cent des cas), la famille-type est aussi chapeautée par un couple marié (8b,2 p.cent) dont les enfants sont nés au sein du mariage (59,2 p.cent).\u2014\tSept familles sur dix sont propriétaires de leur maison.jusque-là, ça va.Vous êtes sans doute des milliers à vous dire que c'est exactement vous, la fa-mille-type.Mais attendez-vous un peu.Ça se corse.\u2014\tLe revenu moyen des familles bi-parentales: 49 818 $.\u2014\tL'homme moyen s'est marié à 27,8 ans et la femme à 25,9 ans.La femme est devenue mère pour la première fois à 26,05 ans et aura son deuxième bébé à 28,54 ans.\u2014\tPour eux, la famille est extrêmement importante mais ils considèrent que la société, elle.n'y attache pas assez d'importance.Pour la famille-type, les besoins économiques du foyer et le rythme de la vie moderne constituent les facteurs les plus susceptibles de leur créer des difficultés.Enfin, la famille type a 1,66 enfant mais aurait souhaité en avoir 2,4.Qui a 1,66 enfant?Une femme enceinte qui en a déjà un.Oui, ça pourrait aller.Mais qu'il s'avance donc le couple qui veut 2,4 enfants! D'accord ! On va être beaux joueurs et oublier ce dernier élément, une de ces aberrations que seuls peuvent produire les ordinateurs qui, eux, n'ont jamais souhaité avoir de progéniture.Si vous croyez répondre à tous autres critères décrivant la famille-type, appelez-nous.11 nous fera plaisir de savoir que vous existez vraiment ! À défaut de la famille-type, c'est finalement une famille qui s'en approche un peu et qui a le mérite d'être plutôt intéressante que le Bureau a dénichée.Vivant en banlieue de Montréal, Vincent et Vivianne La-pointe ont deux garçons, Arnaud (2 ans et demi) et Nicho-las, 5 mois.(Tiens, ça tombe bien! 42,8 p.cent des familles ont deux enfants contre 39,5 p.cent qui en ont un seul et 14,1 p.cent qui en ont trois).Mieux encore, ils souhaiteraient en avoir un troisième.Mariés depuis trois ans, ils vivent grâce à un revenu régulier et un revenu d'appoint qui totalisent dans les 60 000 $.Ooops, un peu trop, nous diraient les stats! Vivianne est violoniste pour l'Orchestre symphonique de Montréal tandis que Vincent, un spécialiste de l'alto, étudie la direction d'orchestre.Depuis deux ans.sa participation comme instrumentiste aux représentations du Fantôme de l'Opéra, notamment, lui ont heureusement permis de venir grossir quelque peu les quelque 50 000 $ touchés par sa femme.«Évidemment, avec ma femme qui gagne le plus haut revenu, on ne peut vraiment pas prétendre être la famille-type, avoue Vincent.Mais chose certaine, on a l'impression de se débattre avec les mêmes problèmes que toutes les autres familles».Le manque d'argent, le manque de temps, les casse-tête de gardiennage empires par leurs emplois à horaires irréguliers, souvent de week-end, ressemblent bien aux problèmes habituels aux parents de jeunes en- fants.Seulement pour arriver à suivre trois petits cours pré-na-taux, ce fut l'enfer.11 y a d'autres problèmes inhérents au metier.C'est souvent au bord de la nausée que Vivianne a donné ses concerts au début de ses grossesses.Heureusement pour elle, elle n'a pas dû, comme ce fut déjà le cas d'une autre musicienne, quitter l'orchestre pour aller accoucher.Comme elle allaite le petit dernier, ses pauses habituelles, elle les passe, comme bien des nouvelles mères de l'orchestre l'ont fait avant elle, à tirer son lait.Ça, ce sont les aléas du métier, et Vivianne qui doit parfois partir en tournée pour plusieurs semaines, est bien prête à les accepter.Mais ce qui les déconcerte surtout, ce qui les désespère un peu aussi, c'est cet espoir qu'ils ne peuvent pas vraiment mettre en notre avenir social à cause de ce Vincent et Vivianne Lapointe vivent en banlieue et ils ont deux enfant: Arnaud, 2 ans et demi, et Nicholas, 5 mois.Le couple souhaiterait bien en avoir un troisième.\tphoto dénis courvule upres* qu'ils appelle le «manque de vision de nos gouvernants».«On ne semble pas accorder beaucoup d'importance à la famille.Ce manque d'opportunité, de facilité d'avoir des enfants, c'est le problème principal de notre société.À deux, on touche d'assez bons revenus et pourtant, on se sent étouffés.Avec les années, les besoins sociaux et de travail ont changé.Mais les structures, elles ont du retard.On se sent impuissants.Comment faire bouger tout cela si la vision sociale que devraient avoir nos dirigeants n'est pas là?».Quand on leur parle des allocations à la naissance, ils éclatent.«Parlons-en des allocations et du fameux 8000$ pour le troisième enfant.C'est une aberration.Cette mesure n'atteint pas vraiment son but, la classe moyenne, par exemple, n'y trouve guère d'encouragement.» Des suggestions pour encourager les familles à avoir ce troisième enfant, les Lapointe en ont tout plein : \u2014\tQu'on offre la garderie gratuitement pendant un an pour le troisième enfant.Ou encore mieux, qu'on coupe les frais de garderie pendant 10 ans dans ce cas; \u2014\tQu'on crée certaines exemptions d'impôt pour ces familles; \u2014\tQu'on vous donne le comptant sur l'achat de votre maison à concurrence de 10 000 $.Cette impression d'être sur un bateau où le capitaine et les officiers ne sont pas à la hauteur les empèchera-t-elle d'avoir ce troisième enfant qu'ils souhaitent?\u2014\tSans doute pas! rèpliquent- ils en souriant.* * * Les problèmes des familles moyennes, leur vie de tous les jours, mais aussi la réalité des familles éclatees, des familles de cultures différentes, des familles monoparentales, l'adoption, les abus, les difficultés économiques ei sociales vécues dans les différents milieux, la famille d'aujourd'hui mais aussi celle de demain.c'est en abordant tous les types de famille et tous les groupes d âge, que La Presse tentera, au cours de cette année 1994, de donner un portrait un peu plus clair de ce qu'est vraiment la famille au Québec.En plus de la couverture quotidienne, un article hebdomadaire et un dossier mensuel viendront alimenter notre réflexion sociale en cette année de la famille.d l'rctse Canadienne QUEBEC ¦ Après les repas copieux et riches en calories que l'on a avalés durant le temps des Fêtes, on sent que notre système digestif a été rudement mis à l'épreuve.Comme à chaque année, pour plusieurs, c'est le temps des régimes alimentaires et des séances d'exercice afin de soigner son estomac et retrouver sa taille de guêpe perdue en cours de route.Pour remettre en place le système digestif après les Fêtes, rien de tel que d'augmenter sa consommation de fruits et de légumes.« Il faut se bourrer de fruits et de legumes.En fait, ils nourrissent mieux.En outre, ils nettoient le système», soutient Mme France Boyte, diététiste à Sainte-Foy.Vous mangez ordinairement une ou deux portions de légumes et de fruits quotidiennement?Et bien il est recommandé de doubler, voire de tripler votre ration.Le Guide alimentaire canadien va même plus loin et suggère la consommation de 10 a 12 portions par jour.Parallèlement, il faut boire beaucoup, soit de deux à trois litres de liquides chaque jour: tisanes.jus de fruits et de légumes, bouillons de légumes, potages.De l'eau surtout, afin d'évacuer les toxines.On doit de plus faire provision de proteines en mangeant trois a quatre onces de volaille, de poisson ou de légumineuses par repas, et mettre de côté les viandes rouges, le thé, le café et l'alcool.«Maintenir ce régime pendant quelques semaines, afin d'activer le métabolisme basai, ajouter quelques exercices physiques.Mais, sans violence», recommande Mme Boyte qui, pendant plusieurs années, a été conseillère en alimentation auprès des joueurs du club de hockey Les Nordiques de Québec.Un peu plus d'une heure d'acti-\\iies physiques (marche rapide, *ki de randonnée, exercices sur appareils, etc.) trois fois par semaine suffit, en principe.Mme Boyte se plaît a défendre la théorie du «beau cercle vicieux» que constituent la saine alimentation et l'activité physi- que.Les effets, l'un sur l'autre, sont benéfiques.Quand on fait de l'exercice, explique-t-elle, on se sent mieux et on est naturellement porté à manger mieux.Et lorsqu'on mange bien, on est mieux disposé à faire de l'exercice.Mais il ne faut jamais se donner des objectifs «spectaculaires», car on risque de ne pas persister dans notre démarche.«En matière de changement de comportement alimentaire, c'est l'approche du petit pas a la fois qui est la plus efficace», soutient-elle.Il y en a qui croit bien faire en s'imposant des régimes draconiens auxquels il manque souvent des éléments essentiels.«Ne prenez pas de risque car il pourrait en résulter une chute d'énergie aussi bien qu'une baisse du moral attribuables à de mauvais choix alimentaires et à une répartition incorrecte des aliments pendant la journée», recommande Mme Boyte.On peut, si on le désire, consulter une diététiste afin de suivre un régime alimentaire précis, agréable et équilibré.Une consultation assortie d'un programme nutritionnel adapté peut coûter jusqu'à 150$.On peut aussi adhérer à un club de mise en forme.La note de frais d'une session personnalisée d'amaigrissement de 10 semaines est d'environ 340 S.selon les tarifs en vigeur dans un studio de gym de la rive-sud de Québec.En revanche, il faut payer 200$ au meme endroit pour un plan collectif d'amaigrissement par work-out.Autrement, là comme ailleurs, on doit verser 180$ en moyenne par semestre pour utiliser «à volonté» les appareils d'exercice, piscine, sauna, etc.Dépcndam-ment du degré de spécialisation de l'établissement, de l'étendue des services offerts ou tout simplement de la politique de tarification.la cotisation semestrielle peut se chiffre par 330$.Bref, la marche et le ski de randonnée sont de loin les activités les plus économiques.Lt il faut surtout se souvenir que la pratique d'activités physi ques et les régimes alimentaires ne règlent rien sur le champ.Il faut du temps.orange serait originaire du Sud-Est asiatique .\tm\tj\t\u2014\u2014 | \u2022\t^ ^ ^ ^\tJ\tJ\t« On en retrouve la trace en Chine, 2000 ans avant notre ère Associated Prèss PARIS I 11 est probable que l'orange soit originaire du Sud-Est asiatique.A l'état sauvage, elle se présentait comme un fruit amer à peau epaisse, bien différent de celui que nous connaissons aujourd'hui.On en retrouve la trace en Chine 2200 ans avant notre ere.puis chez les Sumeriens et dans l'ancienne Egypte.En Afrique du Nord, elle était cultivée depuis le 11e ou le IIIe siècle.bien avant d'être introduite dans le sud de l'Europe par les Arabes aux environs de l'an 1000.Ce n'est qu'au XVIe siècle que l'orange «douce» telle que nous la consommons maintenant (Cï-trus sinensis) fit son apparition dans nos contrées après que les Portugais en eurent rapporté des plants de leurs escales à Ceylan et dans les comptoirs chinois.Longtemps l'orange restera un fruit réserve aux plus riches et c'était souvent le seul cadeau que les enfants des familles pauvres recevaient à Noël jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale.Ce n'est en effet que depuis quelques dizaines d'années que l'orange est devenue le fruit fétiche de l'hiver.A l'achat, choisissez des oranges à peau souple, sans taches ni griffures, formees de vésicules bien pleines de leur huile essentielle.Si le stockage a été trop long, l'epiderme est dur et terne parce que les vésicules se sont vidées.Contrairement à ce que l'on pourrait croire, une belle couleur orange vif n'est pas nécessairement un critère de maturité.Lorsqu'il s'agit d'oranges cultivées sous les Tropiques, la peau peut fort bien être jaune ou même verte.En effet, la disparition de la chlorophylle et le dépôt intense des pigments rouges se font lorsque les écarts de température entre le jour et la nuit deviennent importants, ce qui n'est pas le cas dans les pays tropicaux.La maturité d'une orange s'ap-precie a son jus et non à son épi-derme./Oràce a cet épiderme épais.oranges se conservent sans difficulté pendant plusieurs semaines mais une fois que vous en avez pressé le jus il faut le consommer rapidement car il perd une bonne partie de ses qualités gustatives et de ses vertus nutri-tionnelles par oxydation au contact de l'air.On trouve deux principaux types d'oranges sur les marchés: les Blondes et les Sanguines.Parmi les Blondes on distingue les qualités «Navel» possédant un ombilic.Fruits typiques de table, ce sont les variétés les plus vendues.Les autres Blondes sont des fruits à jus.Les Sanguines sont des oranges à bouche dont la peau et la pulpe sont plus ou moins rouges.Elles étaient très à la mode il y a une vingtaine d'années.À noter, enfin, l'existence des demi-sanguines.dont la plus célèbre est la Maltaise, au goût exceptionnel et qu'on appelle la « Reine des oranges».Comme tout agrume, l'orange se caractérise par une chair juteuse, faiblement énergétique (45 calories aux 100 grammes) et riche en vitamine C, stimulante, antifatigue.Elle en recèle 50 mg aux 100 grammes, soit de quoi couvrir plus de la moitié du besoin quotidien.Elle fournit aussi des quantités intéressantes de calcium (d'autant mieux assimilé par l'organisme qu'il est accompagné d'une bonne quantité de vitamine C et d'acides organiques), du potassium en abondan- ce et un large éventail de vitamines du groupe B dont les rôles sont divers: elles jouent sur l'équillibre nerveux et l'utlisation des sucres par l'organisme.Ses fibres, efficaces sur le transit intestinal, sont bien tolérées.TOUT POUR LA SALLE DE BAIN ET L'ECLAIRAGE 3 000 000 $ DE STOCK FAILLITE FAILLITE FAILLITE 65 a 75 % DE RÉDUCTION SUR LE PRIX COURANT I - 1 ?S DE - TOUT POUR L'ÉCLAIRAGE: LUSTRES.PLAFONNIERS, APPLIQUES MURALES.SUSPENSIONS HALOGÈNES (MURANO, ALBÂTRE, SCALINI), SPOTS SUR RAIL, APPAREILS D'ÉCLAIRAGE POUR SALLE DE BAIN ET AMÉNAGEMENT PAYSAGER.- PLUS DE 10 000 APPAREILS D'ÉCLAIRAGE - ÉCLAIRAGISTE SUR PLACE - BAINS RÉGULIERS, BAINS TOURBILLON ET BAINS THÉRAPEUTIQUE.LAVABOS, TOILETTES À MÉCANISME SILENCIEUX, BIDETS.- PLUS DE 400 ROBINETS __MARQUES DE PRESTIGE_ l SEULEMENT LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JANVIER l 576, BOUL.GUIMOND, LONGUEUIL - TÉL.: 928-1616 TRANSIT HERA - LIQUIDATEUR ___ T ! C artes de souhaits Remerciements Invitations I aire-pan Tableaux Photos illustrant les plantes décrites dans La Flore Laurentienne du frère Mar il-:-Victor in Aussi: aquarelles, encres de Chine, collages, textes de poésie et autres.EXCLUSIF\u2014PERSONNALISÉ\u2014SIGNÉ Pour le plaisir de s'exprimer en BEAUTÉ O'U'LLC'L'JTL\th/uni,- VyjC'MOÙL Alclicr li.i^iKcllc mi I l
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