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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1994-01-16, Collections de BAnQ.

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[" e ivre de Rose-Anna \\ 'action ou F histoire romancee d'une réussite économique page B6 dimanche 16 janvier 1994 J dans un dialogue, que j imaginais serein, avec le vendeur de Micro-Boutique ; les puces percutaient les bits et autres méga-octets, la mémoire vive rivalisait avec la mémoire morte et le câble axial.l'ai fini par comprendre l'essentiel: il m'en \u2022 coûtera, ayant déjà l'ordinateur ad hoc, quelque six cents dollars pour pouvoir vivre, comme une sage-femme électronique, la naissance d'un nouveau médium, le CD-ROM.Le CD-ROM est un petit disque en plastique, une galette de 19 cm, l'exacte réplique du très populaire disque compact audio \u2014 excepté que les signes sur sa surface brillante sont codés pour être lus et reproduits par un ordinateur.On les appelle CD-ROM ( Compact Disc-Read Only Memory ) parce qu'on ne peut que lire l'information ; on ne peut ni effacer, ni enregistrer.Introduits il y a une dizaine d'années, les CD-ROM ont surtout été utilisés comme entrepôt électronique d'informations; chaque disque pouvant emmagasiner jusqu'à 350000 pages de texte, soit l'équivalent de.vingt classeurs à quatre tiroirs! Mais il n'y a pas que du texte dans les CD-ROM.Ils peuvent en effet emmagasiner aussi bien du son, des photos, de l'animation ou des extraits de film.Ainsi, grâce à ces livres électroniques, la lecture ne se fait plus seulement à l'oeil ou à l'oreille.Elle devient multimédia (sons, textes, photos etc.) et interactive (le lecteur manipule le tout à sa guise ).Chacun peut entrer, se promener, rassembler, lister, commander, faire et défaire ces nouveaux livres à sa convenance.¦ l'ai cliqué sur le balai de la petite Cendrillon qui travaillait très fort sur mon écran.J'entendis d'abord un «swoosh, swoosh» puis une voix à la Marlene Dietrich susurra -Sroom».J'ai continué à lire le texte puis j'ai cliqué sur un petit haut-parleur, la même voix lut le texte à ma place.J'ai ensuite cliqué sur une autre icône de l'écran et j'entendis le reste de l'histoire en espagnol.|e venais de découvrir la beauté des livres du troisième type qui permettent de feuilleter du son et de l'image autant que du texte.Quelques heures et plusieurs complications > techniques plus tôt, mon copain Michel \u2014 qui parle ordinateur sans accent \u2014 était engagé SUITE A LA PAGE B4 Desjardins RENSEIGNEMENTS: 872-6093 socteto do i ii« Notm-Ome Ville de Montréal \\ I A votre tour À quand des cahiers et des pupitres vendus « en option » dans nos écoles ?CLAUDE GIRARD Photo d'archives montrant un centre de répartition des urgences.Constatation de décès : reproches à Urgences-Santé MARYSE CHARBONNEAU Monsieur Bertrand St-Amour, \u2022 Je veux vous faire part de mon opinion sur l'inefficacité de vos services, à Urgences-santé, à la suite du décès de ma mère, Mme Françoise Thouin Charbonneau, survenu l'automne dernier, à son domicile.Quelques instants après que ma mère soit décédée, à la suite des recommandations de l'infirmière d'Entraide Ville-Marie, nous avons immédiatement téléphoné au 911 (soit à 14h45) pour demander à un médecin de venir constater le décès.Nous avons bien spécifié au répartiteur que c'était une mort attendue et que nous avions en main un papier d'un médecin qui déclarait que cette patiente pouvait décéder incessamment.C'est alors que !e répartiteur nous a mis en communication avec le médecin d'Urgences-Santé.Ce dernier m'a affirmé qu'étant déjà sur la route, il arriverait à la maison 20 à 50 minutes plus tard pour constater le décès.Quel choc terrible quand, à 15h00, soit 15 minutes après notre appel, mon père et moi avons vu arriver deux policiers armés, sur leur garde, nous demandant en quoi ils pouvaient nous être utiles.Nous les avons donc informés de nos démarches auprès du 911, puis nous leur avons fait lire le document du médecin disant que cette mort était prévue.Ils se sont vite aperçus de la futilité de leur présence.Mais ils ne pouvaient repartir qu'une fois la constatation de décès signée par le médecin.En attendant l'arrivée de ce dernier, ils ont contacté à nouveau Urgences-Santé et ce, à plusieurs reprises, pour confirmer notre appel.Toujours dans l'attente, nous apprenons lors de l'une de ces communications que notre appel avait été perdu.C'est alors que les policiers ont repris les mêmes démarches pour avoir un médecin.Entre temps, à lôhOO, soit au changement du quart de travail des policiers, nous nous sommes retrouvés avec trois autos-patrouille à l'entrée de notre demeure et six policiers dans la maison.Je veux vous rappeler ici que j'ai 21 ans et que ma mère est décédée des suites d'une longue et terrible maladie (le cancer).Comment vous seriez-vous senti à ma place devant une telle confusion?Je m'attends à voir arriver un médecin compatissant et réconfortant ; plutôt, ce sont de véritables justiciers, armés de revolvers et de matraques qui s'immiscent dans notre intimité et notre recueillement.Nous n'avions pas besoin de cela pour alourdir notre douleur.Nous nous interrogeons encore quant à la pertinence d'avoir envoyé les policiers.Notre plainte ne consiste pas à reprocher quoi que ce soit aux policiers, mais bien au répartiteur qui a mal acheminé l'appel pour ensuite le perdre totalement.Devant cette confusion et cette lenteur, nous avons entrepris de trouver un médecin ailleurs .Ce n'est que vers 18hl5 que l'infirmière d'Entraide Ville-Marie (qui se trouvait alors chez-nous) a réussi à trouver un médecin as- * sez humain pour accepter, après sa journée de travail, de repondre à notre requête.Bien entendu, le médecin n'ayant pas le formulaire requis en sa possession, ce sont les policiers qui eu-, rent à nous le procurer au CLSC du-Marigot.Donc, ce n'est que vers 18h30 que le décès fut constaté, sans aucune manifestation d'Urgences-Santé et du-dit médecin qui nous avait pourtant affirmé, autour de 14h45, qu'il serait là 20-30 minutes plus tard.Est-il donc vrai qu'il n'y a que trois médecins pour desservir les régions de-Montréal, Laval et de la Rive Nord,' soit l'équivalent de près de la moitié de la population du Québec?En sommes-, nous vraiment rendus là, dans notre système de santé au Ouébec?Après avoir vécu une telle situation, croyez-vous que nous puissions accorder à Urgences-Santé quelque crédibi-.lité que ce soit et être en mesure de témoigner que votre service ait la moindre notion de ce qu'est, d'une part, la dignité humaine et le respect et, d'autre part, un quelconque professionnalisme?Cette lettre a fait remonter beaucoup d'amertume en moi en raison des souvenirs qu'elle évoque.C'est pourquoi nous osons espérer retrouver réconfort et explication dans votre réponse.LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 1994 Sainte Claire d'Assise Patronne de la télévision ne lectrice, soeur Marie-Immaculée, des Clarisses de Lennoxville, nous a fait parvenir cette illustration de sainte Claire d'Assise, accompagnée du message suivant : « En ce 8e anniversaire de sa naissance (1193-1993), hommage à sainte Claire d'Assise, patronne de la télévision.«C'était à Noél, en l'an 1252.À l'heure où naquit l'Enfant-Dieu, Claire, très malade, se plaint doucement au Seigneur de ne pouvoir se lever pour participer à l'office avec ses soeurs.«Soudain, elle entend les orgues et voit toute la célébration des frères qui se déroule à l'autre extrémité de la ville.Elle contemple même la crèche du Seigneur.«Cet événement a donné au pape Pie XII l'Inspiration de nommer sainte Claire patronne de la télévision, en 1958.Et à Rome, la première télévision du monde catholique se nomme Télè-Clara.» Opinions Aide internationale: au-delà des bons voeux.¦ Dans les articles de La Presse sur le - rapport « La situation des enfants dans le monde», on souligne avec justesse les progrès considérables réalisés en vue d'assurer la satisfaction des besoins de base: l'eau propre, une bonne alimentation, l'éducation primaire et la vaccination.On a aussi rappelé avec .raison que la satisfaction des besoins de base contribue à la réduction de la croissance démographique et à la stabilité environnementale et politique.L'UNICEF affirme que si la proportion de l'aide internationale consacrée aux besoins de base passait de 10 à 20%, presque tous les enfants seraient protégés contre les pires aspects de la pauvreté.11 est donc important que notre nouveau gouvernement concrétise son -, intention de rediriger une plus grande part de notre budget d'aide de 2,5 milliards vers la satisfaction des besoins de base.« * , # Une bonne façon de commencer serait de contribuer au Fonds Grameen.Cette organisation internationale vise à fournir du crédit aux personnes les plus démunies pour qu'elles puissent se sortir de la pauvreté en travaillant à leur propre compte.Le taux de rem- boursement est phénoménal : 98%.L'impact bénéfique sur la santé, la nutrition et l'éducation des enfants est très bien documenté.Le modèle Grameen a connu un tel succès au Bangladesh et dans plusieurs autres pays, que la Banque mondiale (qui est loin d'être un organisme de charité) vient d'octroyer 2 millions au Fonds Grameen.Les gouvernements allemand et américain ont donné un et deux millions respectivement.Les cercles d'emprunts qui existent à Montréal sont aussi basés sur le modèle Grameen.Au niveau provincial, il est encourageant que l'idée du prélèvement à la source des pensions alimentaires fait son chemin.Si cela se concrétise, un grand nombre d'enfants de chez nous sortiraient de la pauvreté.Bref, les moyens existent pour que les voeux de paix et de prospérité que nous adressent nos leaders se concrétisent par des politiques nationales et internationales visant la satisfaction des besoins de base.Souhaitons-nous-les pour 1994.Pamela Walden LANDRY Montréal Enseignement supérieur: hausse inévitable des frais de scolarité [Monsieur Dubuc, \u2022\tB Deux événements récents remettent là l'ordre du jour la question du financement de l'enseignement supérieur '.en Amérique du Nord: le don de 500 ; millions de dollars qu'a fait un citoyen \u2022\taméricain, Walter Annenberg, à l'instruction publique, et la décision récente du gouvernement québécois de n'autoriser qu'une faible hausse des frais de scolarité à l'université, soit 1,9 p.cent.Bien qu'au Québec nous puissions tirer fierté d'avoir partagé entre nous les responsabilités liées à l'établissement d'un système d'éducation compétitif par le biais des taxes, des subventions de recherche et des dons émanant du secteur privé, il reste que l'on comprend mal pourquoi les étu- -\tdiants qui profitent de cet appui géné- \u2022\treux \u2014 et qui en bénéficieront du reste tout au long de leur vie \u2014 continuent de contribuer si peu au coût de -\tleur formation universitaire (de 12 à 15 p.cent).C'est de la qualité de la formation universitaire dont il s'agit ici et non de l'accès aux établissements d'enseigne- ,- - ment supérieur.En effet, les frais de scolarité régis par le gouvernement ainsi que »e programme provincial de bourses et de prêts, sans compter l'appui du secteur privé sous forme de bourses de toutes sortes (bourses attribuées au mérite ou selon le besoin, bourses de recherche, prêts étudiants) \u2022\tcontribuent pour une large part à faciliter l'accès à l'université.Nos leaders politiques, sensibles à l'opinion de leurs électeurs, dirigent un gouverne- ment qui éprouve de plus en plus de difficultés à financer les universités.C'est justement pour cette raison que le Québec ne peut se permettre de continuer de brader son enseignement universitaire en maintenant les droit de scolarité à un niveau inférieur de quelque 700$ à la moyenne canadienne.Dans un environnement marqué par des taxe?élevées et par les exhortations tous azimuts à «vivre selon ses moyens», les Québécois devront peut-être bientôt faire face à la déliquescence de leurs universités, à la mort lente de certains établissements d'enseignement de très haut niveau.Offrir l'accès, à des universités qui dépérissent n'apparaît pas une option très raisonnable, mais force nous est de constater que nous sommes déjà engagés dans cette voie.Les Canadiens, tout comme les Québécois, aiment à évoquer le «calibre international» de leurs institutions; ils le font aussi souvent que d'autres peuples, sinon davantage.Notre refus d'exiger des étudiants qu'ils contribuent leur quote-part au raientien d'une qualité à laquelle nous souscrivons frise le ridicule dans ce vaste monde auquel nous prétendons appartenir.Notre attitude traduit notre refus de reconnaître la réalité du marché au sein duquel nous évoluons et elle constitue une injustice flagrante à l'égard de la génération présente et des générations futures.Michael C.KIEFER Westmount Je commence à en avoir marre des levées de fonds pour des activités scolaires.11 y en a plein.Tellement, qu'il y a même des entreprises qui en vivent; quelques-unes sont répertoriées sous la rubrique «Campagne de financement», dans les Pages jaunes.Malgré eux, les élèves sont, impliqués dans ces levées de fonds.À Noél, mes quatre enfants avaient quelque chose à vendre (du chocolat, des billets pour un tirage, des trucs à gratter, des T-shirts).En fait, depuis quelques années, à chaque fois que je visite des membres de ma famille, mes enfants ont quelque chose à vendre.|e ne peux rien faire contre ce phénomène qui arrive par l'école.Il y a eu un vote démocratique quelque part qui 1.Bi en a décidé ainsi.Bref.les enfants doivent vendre telle ou telle choae.Dans un sens, je ne peux pas interdire à mes enfants de participer aux projets scolaires quels qu'ils soient.Ils veulent, avec raison, faire comme les autres.Par exemple, un projet de voyage ou d'échange d'élèves: il est normal que mes enfants veuillent participer à un tel projet scolaire et on ne doit pas les exclure pour une question d'argent.Les écarter du projet pour leurs piètres résultats scolaires serait plus acceptable! Donc, en principe, il ne doit pas y avoir de discrimination basée sur l'argent pour un projet scolaire.Il me semble y avoir une question fondamentale qui est omise aans ces projets: quels sont leurs objectifs?Si un projet est intégré à un programme d'études (par exemple, un voyage à Toronto ou à New York ou à Boston pour les élèves d'un programme d'anglais accru), pourquoi faut-il que les élèves et les parents soient responsables du financement d'une telle activité?En d'autres termes, pourquoi les autorités scolaires responsables de ces programmes n'incluent pas le fi* nancement nécessaire pour la réalisation de ce projet dans leur budget?Si ce sont des activités complémentaires à la formation de l'élève, la question se pose tout autant.Par exemple, dans un projet d'échange avec des élèves européens, il me semble qu'on ne doit pas envoyer des enfants en France uniquement pour leur plaisir! Puis- Bien drôle d'enseignement «gratuit» dans les écoles.qu'il s'agit d'activités reliées à l'école, ceci présuppose une préparation au niveau des connaissances et une implication des autorités scolaires.En termes de financement, il est évident que la participation des autorités scolaires ne doit pas se limiter à permettre aux parents d'organiser des activités de financement et aux enseignants de déborder leur tâche décrite dans leur convention collective! D'autres projets d'école laissent perplexes.Par exemple, avant Noéi, ma plus jeune est arrivée avec une carte à gratter : une campagne de financement pour acheter des installations dans la cour d ecole.L'objectif de l'ensemble des activités de financement : 50 000 $.Rien de moins.Ce type de financement nécessaire pour «habiller» la cour d'école me fait penser à l'achat ! d'une voiture, lorsque les «options»-deviennent plus importantes que la voiture toute nue.|e me demande si nous ne sommes.pas en train de tomber dans le piège de ; l'enseignement gratuit où les cahiers d'exercices, obligatoires pour tout le monde, coûtent presque aussi cher que * les manuels?Un exemple parmi d'autres (j'ai quatre enfants à l'école): ! j'ai acheté, en septembre dernier, un cahier d'exercices en mathématiques, imprimé en quatre couleurs, au coût de 18,95$! Faudra-t-il bientôt vendre du choco-' lat et des T-shirts pour financer les ca-; hiers d'exercices et les pupitres «en option » dans les écoles? LA PKcSifc, MONTREAL, OIMANCrtfc 1«> JANVIfcR 1994 BS .VI-HH'J-M < ik> lllit K>V{I H* DANS MA Kl Jtë Le gynécide de M.Avard Une maison, un bout de rue suffisent à créer un univers dans les oeuvres de MM.Piazza et Abel, comme dans celle de Mme Champagne Alain Abti Les vacances de M.Morlante Roman \u2022 ïHïJiA OC** RÉCINALD MARTEL ¦ Depuis quelques années, les humoristes ont la cote.Parmi ceux-là, je dirais de quelques-uns qu'ils sévissent, je pense à ceux qui ont choisi, par vénalité ou paresse maquillées peut-être en nationalisme, de ravaler notre langue à son niveau le plus désolant, ce que la majorité des Québécois ne font pas; à ceux aussi, parfois les mêmes, qui cultivent la grossièreté.La littérature a échappé à peu près à la vague humoristique.L'humour s'y trouve, mais il est assez dilué, un peu comme l'éro-tisme.Cela permet de mieux remarquer celui de M.François Avard, qui en fait son propos principal et le pratique avec beaucoup de bonheur.M.Avard a fait paraître il y a quelques mois chez l'éditeur Gué-rin un recueil de six nouvelles, les Uniques.Les cinq premières appartiennent à l'humour noir, puisque les protagonistes \u2014 la svelte, la clowne (sic), la parfaite, la moureuse, la ffreuse et la dé* vouée \u2014 meurent tous à la fin.Un vrai gynécide, mené à un Best-sellers de Editions québécoises Fiction (romans) 1 Le grand bianc Francine Ouellette Libre Expression (8) 2 L'avaleur de sable\tStephane Bourguignon\tQuébeCAmènque\t(7) ! 3 La renarde\tChrystine Brouillet\tDenoël\t(2) ; 1 René Lévesque\tEssais Claude Foumier\tL'Homme\t(8) | 2 Mémoires politiques\tPierre Elliot Trudeau\tL'Homme\t(6) | 3 Genèse de la société i québécoise\tFernand Dumont\tBoréal\t(2) Editions étrangères Fiction (romans) i 1 L'affaire Pélican John Grisham Robert Laffont\t\t\t(3) I 2 Le maître des illusions\tDonna Tartt\tPion\t(17) | 3 Dolores Clairbone\tStephen King\tAlbin Michel\t(3) I 1 Les bâtards de Vottaire\tEssais John Saul\tPayot\t(6) | 2 Les testaments trahis\tMilan Kundera\tGallimard\t(4) i 3 Cette mâle assurance\tBenoîte Groult\tAlbin Michel\t(D Livres pratiques ! 1 Guide du vin '94 Michel Phaneuf\t\tL'Homme\t(4) 2 État du monde '94\tEn collaboration\tLe Découverte\t(6) i 3 Le petit Larousse illustré\tEn collaboration\tLarousse\t(15) ! Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Duchar-me, Le Fureteur (St-Lambert).Gallimard, Gameau, Guèrin, Hermès, René Martin (Joliet-te).Monet.Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi).Maison de la Presse Internationale, Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trots-Rivières).Raffin, Renaud-Bray, Sons tt Lettres, LibrairieSmith.\t\t\t train d'enfer! j'ai préféré la première nouvelle, «La svelte», où on voit une jeune femme, (eanne Bourbillon, qui ne pèse que vingt-deux kilos, les perdre un à un jusqu'au dernier.Du comique en concentré Dans la sixième nouvelle, «La pula», qui fait plus que la moitié du recueil, M.Avard a tout l'espace nécessaire pour se déchaîner.Il ne s'en prive pas.La pula, comme son nom le suggère, c'est celle qui est partie, laissant son amant dans le plus noir désespoir.Pour la reconquérir, ce dernier fera toutes les sottises imaginables.Il essaiera même de préparer, lui qui manifestement ne sait rien faire, une sauce à spaghetti qu'il espère partager avec La pula.C'est drôle souvent, c'est même drôle tout le temps, au point qu'on risque d'oublier que cette histoire est une histoire d'amour déçu et que M.Avard, pour cela aussi, sait trouver les mots justes, quitte à mêler rire et souffrance: m rai besoin de son regard effilé comme un sabre qui me signale que j ai dit une bêtise et que je ne ' devrais surtout pas songer à l'écrire, celle-là aussi.» Quelque chose dans les Uniques ne relève pas de l'humour, mais d'une incompétence éditoriale qui se fait pourtant de plus en plus rare au Québec.Des fautes de tous genres \u2014 le répertoire semble à peu près complet \u2014 viennent gêner une lecture qui serait sans elles un bonheur presque parfait.Si seulement on avait accordé correctement Ces verbes et leurs sujets, l'ensemble parai-trait moins.triste.Vlà le pénis encore! M.François Piazza n'est pas, lui, d'abord un humoriste; il l'est quand ça lui chante.C'est l'érotis-me plutôt qui est au coeur de son premier roman, So/io.Tout se passe dans une vieille maison de rapport \u2014 et de rapports \u2014 peuplée de personnages en apparence conventionnels, mais qui savent devenir farfelus au besoin.Pour réunir les uns et les autres dans un projet commun, il fallait que le romancier inventât un personnage vraiment exceptionnel.11 s'appelle Bamboula, c'est un jeune Noir né à Pointe-aux-Trem- bles.Il n'apparaîtra qu'au neuvième chapitre (il y en a dix-sept en tout), et il introduira dans le roman une dimension fantastico-érotique qui ne m'a guère séduit.Le bonhomme a un pénis d'une longueur telle, mais filiforme, que l'érection est est impossible.Il faudra la science d'un étrange médecin allemand, et surtout la collaboration très intime des commères de l'immeuble, pour régler ce grave problème.«H : si LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE / \u2022.V.V.V.'.¦ nw AUJOURD'HUI 13H30 lire LES CHOIX DE LA SEMAINE L'auteure : CAROLE CORBEIL \u2022\t« Voixojj», Boréal; « Carole Corbeil est née à Montréal mais elle vit à Toronto depuis une vingtaine d'années.Son premier roman « Voice over - a été salué par la presse anglophone et a même obtenu le prix de la ville de Toronto.Boréal vient de publier !a traduction française de ce roman.» Les lectures de : DANIEL PINARD \u2022\tAlbert Camus.«Lapeste», «L'étranger», etc., Folio; - Camus est pour moi l'auteur « essentiel - : quand il est mort le 4 janvier i960 j'ai éprouvé le sens de l'absurde dont il avait toujours parlé.Il est mort bêtement, de façon totalement banale en frappant un arbre! À ce moment, on ne savait pas qu'il avait déjà tout dit Après 20, 30 et 40 ans on relit Camus et on a l'impression qu'il nous parle d'aujourd'hui ! Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Camus, je leur suggère d'acheter son œuvre complète dans la collection La Pléiade (2 tomes) et de la lire dans l'ordre.» Le coup de cœur de Danièle Bombardier : \u2022\tNina Bouraoui, « La payeuse interdite », Folk) ; \u2022\tMalika Mokkedem, «L'interdite», Grasset; « Mon coup de cœur cette semaine est double : deux très beaux romans qui nous expliquent le regard posé sur les femmes dans la société musulmane, à la lueur de l'intégrisme ou de ses ferments les plus sûrs : la pauvreté, l'ignorance, la haine et la peur.» À souligner : \u2022\tRachid Mimouni, «La malédiction », Stock; \u2022\t«Le tour de France des écrivains », L'Archipel ; \u2022\t« Une enfance d'ailleurs », Belfond ; \u2022\tHenri Miller, « Molocb », Belfond.À PI AlSHt DE LIRE lm Samedi 22 h ou dimanche 13 h 30 \u2022 Dany Laferrièrc et les lectures de Pierre Bourgaah.L'autre télé.L'autre vision.À vrai dire, Soho dans son ensemble n'offre rien de vraiment titillant.On dirait que M.Piazza s'est laissé entraîner dans une histoire à laquelle il ne croyait pas vraiment, faute d'en trouver une meilleure.Il n'empêche que j'ai (u ce roman jusqu'à la fin, moins pour me tenir au courant des progrès de la santé sexuelle de Bamboula que pour goûter le plaisir d'une écriture qui a l'air tout à fait naturelle et spontanée \u2014 il faut donc soupçonner un travail rigoureux \u2014, mais qui est d'une remarquable précision.Long aussi, le temps Pour la précision et le détail, le premier roman de M.Alain Abel, les Vacances de M.Morlante, est certainement exemplaire.L'au* teur suit à la trace un personnage pourtant bien sédentaire, Gustave Morlante, employé de la voirie municipale, bientôt retraité et qui vit, sans savoir qu'en faire, ses dernières vacances d'homme actif.On n'a pas lu ici, depuis longtemps, un inventaire psychologique aussi fouillé.L'ennui, c'est.l'ennui, justement.Malgré une écriture au présent, temps du verbe qui le plus souvent donne au roman vie et rythme, celui de M.Abei r.e décolle jamais, parce que l'éc;ivain n'en finit plus de multiplier les descriptions des états d'âme de son protagoniste, auxquelles il a-joute d'ailleurs des descriptions de lieux et d'objets tellement minutieuses qu'on les croirait presque balzaciennes.Être à la mode n'est rien, j'en conviens, mais encore faut-il trouver le moyen de séduire les lecteurs.|e m'étonnerais qu'ils fussent nombreux ceux qui voudraient passer de longues heures dans une histoire où il ne se passe à peu près rien, cù seulement passe le temps qui éloigne de plus en plus l'un de l'autre M.Morlante et sa femme, au point qu'elle ne lui révélera même pas, par indifférence à son égard plutôt que par sollicitude, qu'elle est atteinte d'un cancer.La lente et décisive usure du couple est je suppose le thème principal de ce roman.Pour bien rendre ce désastre, peut-être au-rait-il fallu découper autrement les rares événements de la vie quotidienne de M.Morlante et de sa femme ; qu'il y eût par exemple dans le tissu narratif des hiatus, pour que les lecteurs sentent que d'un chapitre à l'autre, du temps a passé dont l'auteur n'a pas rendu compte.M.Abel s est plutôt enfermé dans une unité temporelle et spatiale extrêmement contraignante.Voilà un exercice d'austérité peut-être méritoire.Celles qui attendent Une maison, un bout de rue suffisent à créer un univers.On l'a vu dans les oeuvres de MM.Piazza et Abel, on le verra aussi dans le petit roman de Mme Monique Champagne, Dans ma rue.Pour ce livre, l'auteur a remporté le prix Angélina-Berthiaume-Du Tremblay du concours La Plume d'argent, destiné a des auteurs dç soixante ans et plus.Ceux qui s'attendent à une évocation nostalgique du temps passé seront vite détrompés.Le temps de cette fiction, c'est bien l'époque actuelle, et la verve et le rythme des courts chapitres du roman en rendent bien compte.Dans la rue que décrit la narratrice (qui se déguise probablement en petit oiseau invisible pour saisir les personnages dans leur vérité parfois la plus intime), il y a foule.Hommes ou femmes, ces personnages sont à peine esquissés: on n'a pas le temps de les connaître vraiment, encore moins de s'y attacher.Qu'à cela ne tienne.Il y a Dans ma rue autre chose, qui se situe au-dela des personnages.C'est la solitude des femmes âgées.Les hommes sont partis, elles attendent plus ou moins consciemment que quelqu'un ou quelque chose vienne mettre un peu de nouveauté dans leur vie.Cette attente aux contours imprécis, Mme Champagne a su la rendre avec beaucoup de délicatesse.Quant aux hommes en-allés, ou bien ils sont morts ou bien ils ont quitté leur femme, « veuve d'hommes vivants».Sans en faire un drame, la romancière a tout de même tenu à rappeler la persistance du désir d'aimer et d'être aimé, et que la folie menace les gens seuls.Elle l'a fait en toute simplicité, colorant le reste de l'oeuvre d'un impressionisme parfois poétique mais parfois maniéré, avec alors les conséquences attendues, chutes de ton et manque de clarté.LES UNIOUES.François Avard.Guenn littérature.Montréal.1993, 224 pages.16.95 S.SOHO.François Piazza VLB editeur.Montréal 1993.19.95 $ LES VACANCES DE M.MORLANTE.Alain Abel L Hexagone.Montréal.1993.19.95 S DANS MA RUE.Monique Champagne Les Quinze, Montréal.1993.14.95 S.\"Un roman passionnant\" - Minou Pétrowski, Radio-Canada MARC-ANDRE POISSANT «SE m m m M m SSE MARC-ANDRE POISSANT MARIAGE HOLLYWOOD >\u2022 iMf 'Un suspense extraordinaire\" Hrwrt IrjnqntL'r 3T « dr EDITIONS MERLIN \"Marc-André Poissant connaît les secrets de la réussite' \u2022Pierre Vennat, La Presse - : s : '-''mm&s uk lire absolument\" -Jean-Pierre Bélanger, Télé-Métropole \"Humour cynique, érotisme, revirements de situation et romantisme\" ¦Jean-François Bélisle, l'Express d'Outremont Disponible dans toutes ta bonnes librairie* 513 pagesprfc: 29,95$ LI S KMTIOYS UI KI l\\ B 4 ¦ LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 1994 La révolution des livres sur CD-ROM En quelques lignes SUITE DE LA PAGE B1 Les avantages sont considérables: le grand Robert existe aujourd'hui sous deux formes: le papier et le CD-ROM.Les deux supports contiennent les mêmes informations.Mais le second permet une utilisation impossible à l'autre.Supposons en effet* que l'on cherche une citation de Corneille contenant le mot «amour».Une telle recherche serait évidemment fastidieuse avec le dictionnaire traditionnel.Elle prend quelques secondes sur le CD-ROM qui est en train de devenir le support idéal pour les encyclopédies, les dictionnaires, les annuaires téléphoniques, les guides, les manuels d'apprentissage, bref, les ouvrages de référence qui nécessitent de continuelles mises à jour.C'est la différence entre voyager à cheval et en auto (du moins en dehors des heures de pointe!).Déjà, il existe 2500 banques de données \u2014certaines québécoises\u2014 sur CD-ROM.L'an dernier, il s'est vendu 2,3 millions de lecteurs CD-ROM sur le marché mondial ; trois fois plus qu'il y a trois ans, deux fois moins que l'an prochain, selon les prévisions.Des analystes estiment qu'en l'an 2000, les produits électroniques représenteront près de la moitié du marché de l'édition.Ça va peut-être prendre encore moins de temps.Depuis 1990, on a vendu environ 100 000 encyclopédies traditionnelles en un volume; dans le même laps de temps, les consommateurs ont acheté 400 000 encyclopédies électroniques.lusqu'à récemment, on s'est contenté de mettre du texte sans graphisme.Les oeuvres complètes de Shakespeare prenaient moins de place sur un CD-ROM et permettaient de trouver des mots précis rapidement.Mais ce n'était rien de plus que le texte du grand dramaturge.Ce n'est plus le cas.Les imprimeurs électroniques mettent maintenant sur le marché de nouveaux livres sur CD-ROM qui vont révolutionner l'industrie du livre.Ainsi, on vient de publier un CD-ROM de Macbeth avec des sélections de trois différents films sur cette pièce de Shakespeare \u2014 plus des commentaires.Avant longtemps il y aura autant de sortes de livres électroniques qu'il y a de livres conventionnels.Le lecteur ne se retrouve pas toujours devant le déroulement de textes familiers à l'utilisateur d'ordinateur.Or, certains livres se présentent sous la même forme qu'un livre conventionnel.On clique sur le bas de la page et elle tourne.Si le lecteur a les yeux fatigués, il clique sur la souris et les caractères deviennent quatre fois plus gros.11 peut aussi chan- ger les caractères ou demander à l'ordinateur ue lire le texte.Ce-lui-ci est illustré de photos, de graphismes, d'images.Dans les livres pour enfants, comme Cen-drillon, une voix peut nous expliquer chaque mot, le traduire en espagnol, etc.L'imprimerie traditionnelle a pris 500 ans pour arriver à ce que nous connaissons.Nous avons pris l'habitude de consulter des livres, tous d'un format comparable, tous construits avec une structure aisément repérable.On peut dire que le livre n'a connu aucune modification notable entre le quinzième siècle et aujourd'hui.Avec le CD-ROM, qui n'existe que depuis quelques années, c'est une révolution qui s'annonce.Déjà, les pleureuses professionnelles sont en larmes.En 1900, des bibliothécaires écrivaient le plus sérieusement du monde que «l'automobile allait tuer le livre» parce que «les gens partiront lors de leur moment de liberté au lieu de lire un livre».Plus tard les mêmes obsédés du mouchoir accusèrent la bande dessinée «d'éloigner les enfants de la lecture de vrais textes» et récitèrent un De Profundis lors de l'arrivée des livres sur cassettes, un véritable crime de lèse-majesté envers Gutenberg.Le livre traditionnel a bien sûr perdu quelques pages mais sans plus.11 va survi- vre indépendamment de la nouvelle sorcellerie technologique.En effet, même si les livres sur CD-ROM se multiplient, il n'y a aucune commune mesure avec les livres traditionnels.Ainsi, alors qu'il y a des milliers de livres sur les Impressionnistes, il n'y a qu'un seul CD sur le sujet.Et si les images sont de bonne qualité, le texte est profondément neutre.Rien ne peut choquer, toutes les aspérités ont été gommées.D'autre part, seul un maniaque allergique au papier va insérer un disque et lire un livre au complet sur l'écran.Enfin, utiliser des textes éducatifs interactifs est une chose, aller se coucher avec le dernier Michel Tremblay ou prendre son bain avec Michael Crichton \u2014et son ordinateur\u2014 en est une autre.Ça ne changera que lorsqu'un |apo-nais subtil inventera un ordinateur à piles (non comprises) qu'on va adorer prendre dans nos mains.Plusieurs compagnies publient des livres sur CD-ROM; mais il faut faire très attention.Il faut d abord vérifier avec le vendeur si votre ordinateur est assez puissant.Ensuite les livres ne sont pas nécessairement compatibles avec votre ordinateur.Certains ne peuvent être lus que sur un IBM-PC, d'autres sur Macintosh seulement.Les propriétaires d'IBM devront en plus acheter une carte de son et tous doivent se procurer un cible axial pour relier leur CD-ROM avec leur ordinateur.Bref, il faut prévoir une bonne discussion avec le vendeur ou se faire accompagner par un connaisseur.Livres du troisième type ¦ » CLAUDE MARCIL collaboration spéciale ¦ La compagnie Discis vient de publier plusieurs livres pour enfant, Cinderella, Scary Poems, Peter Rabbit, Movingf Paper bag, etc.Ces livres font vivre les contes de fée.On peut demander à l'ordinateur de lire nos passages favoris, d'expliquer ou de prononcer des mots qui ne nous sont pas familiers, et même d'identifier les objets dans les illustrations.Il n'est nullement nécessaire d'être un crack de l'ordinateur; le lecteur ne se sert que de la souris.11 peut agrandir le lettrage, espacer les phrases au besoin, changer les caractères graphiques, etc.Tous les livres sont accompagnés de musique et peuvent être entendus en espagnol et même dans le cas de Moving et de Peter Rabbit (de Beatrice Pot ter ) en japonais.Du moins c'est ce qu'il me semblait.Édition Discis (39$).L'espagnol en 30 leçons Learn to Speak Spanish m'a impressionné.C'est un cours complet en 30 leçons couvrant une variété de situations quotidiennes qu'un voyageur doit s'attendre à vivre dans un pays hispa-nique: l'arrivée à l'aéroport, prendre un taxi, réserver une chambre d'hôtel, commander au restaurant, visiter un marché, demander des directions, etc.Ces exercices nous préparent à visiter \u2014où à vivre\u2014 dans des pays hispanophones.Ce livre CD-ROM est à des milliers de kilomètres des encombrantes cassettes.Il y a d'abord une table de matière qui indique les 30 leçons du programme; on clique sur la leçon qui nous intéresse.% A la gauche de chaque leçon, des boutons permettent de lire le texte en anglais, de l'entendre en espagnol et même de l'imprimer.Chaque mot, chaque phrase, peut être entendu séparément pour bien assimiler l'accent.Un autre bouton nous donne la liste de mots nécessaires pour comprendre le dialogue et un autre les règles de grammaire: le pluriel des noms, les participes passés, mu-cho, muy, poco, etc.Des tests sur l'écran permettent de vérifier nos connaissances: le texte apparaît avec des mots cachés; il faut compléter des phrases, etc.On peut même enregistrer sa voix ( moyennant quelques ajouts à votre ordinateur).Pour le prix raisonnable de 99$ la compagnie Hyperglot offre ce qu'il y a de plus sophistiqué sur le marché pour les lecteurs qui, bien sûr, sont déjà à l'aise en anglais.Les voyages de Jacques Cartier Ce logiciel permet de suivre l'explorateur lacques Cartier au cours de ses voyages qui l'ont mené à la découverte du Canada.Le menu est divisé en quatre grands thèmes.«Avant Cartier» donne la carte \u2014 et quelques détails\u2014 des explorations antérieures à lacques Cartier: les Vikings, les Bretons etc.«Le voyage de 1534», traite du premier voyage de lacques Cartier.On nous raconte les préparatifs et le départ de Saint-Malo, le voyage et l'exploration du golfe, la prise de possession de Gaspé et le premier contact connu d'un Européen avec les Amérindiens.«Le voyage de 1535-36», deuxième voyage, où Cartier se rend jusqu'à Stadaconé et Hochelaga et passe son premier hiver dans le nouveau pays.On relate les difficultés et les maladies dues aux rigueurs de l'hiver et à une pauvre alimentation.«Le voyage de 1541-42», troisième et dernier voyage, traite de la tentative d'établissement d'une première colonie française en Amérique du Nord, le voyage se termine à Limoilou, près de Saint-Malo, où lacques Cartier se retire dans son manoir.Les pho- tos sont belles, mais les textes, très brefs, ne donnennt nullement une impression d'ensemble de la période.Il n'y a pratiquement rien sur les Amérindiens.Editions Crapo: 514-528-8791 Cout : 55$ Equipement requis: Macintosh IC (avec VRAM); memoire vive de 4 Mo; moniteur 13 pouces couleur; version de système 7.0 ou plus; lecteur de CD-ROM.L herbier Marie-Victorin l'ai été estomaqué par ce CD-ROM.C'est à la fois un cours de botanique, une biographie du frère Marie-Victorin et une méthode précise pour faire un herbier.Ce CD-ROM commence par un exposé oral avec photos qui nous explique le rôle de l'herbier dans la recherche scientifique, avec malheureusement quelques mots qui ne diront rien au profane ( taxinomie, phylogénie) mais qui seront expliqués par la suite ?rice à une section vocabulaire.Ensuite, le lecteur se retrouve devant un menu: A- Qu'est-ce qu'un herbier; B- Comment faire un herbier; C- La vie de Marie-Victorin qui met l'accent sur les étapes importantes qui ont marqué sa carrière scientifique et sur la botanique telle qu'elle se pratique aujourd'hui; D- Un mini-jardin botanique qui nous permet de découvrir 20 familles de plantes au Québec.Les informations sont présentées sous forme de textes, de graphiques, d'images, d'animations, de sons, de photographies et de séquences vidéo.Ainsi, lorsqu'on nous explique comment fabriquer un herbier, il est possible de visionner un mini-vidéo sur chaque étape de la fabrication et une voix nous explique la procédure à suivre.De même, dans notre promenade dans le mini-jardin, on peut voir la plante, puis, avec un simple clic, la feuille en détail, puis son fruit.Chaque mot le moindrement scientifique est illustré en vert.Un clic et l'explication du terme apparaît.Le lecteur navigue à sa guise, selon ses intérêts, dans ce CD-ROM.Les photos et les vidéos sont de bonne qualité, les voix claires, les dessins impressionnants.Editions Crapo: 514-528-8791 Coût:95 S Equipement requis.Macintosh LC (avec VRAM); mémoire vive de 4 Mo ; moniteur 13 pouces couleur; version de systeme 7.0 ou plus; lecteur de CD-ROM.Le «Vanîty Fair» des têtes chercheuses CLAUDE MARCIL collaboration spéciale ¦ Les amateurs qui furètent dans la section électronique des revues de Montréal finissent par découvrir Wired.Ils sont sidérés par son graphisme style MTV, créé à \t _ PÉRIODIQUES\t 1 ^-T\t .¦¦ÀVAV * la palette électronique, unique en son genre.Ils sont ensuite surpris par la mise en pages aussi travaillée que dans les magazines les nllK çrtnhicfimiAc Moic nirtniif sa table des matières donne l'impression que Wired a été publié en l'an 2000.Il y a eu Mainmise et Rolling Stone dans les années 70 pour la contreculture, Omni dans les années 80 pour les amateurs des grands espaces et des biotechnologies; il y a maintenant Wired pour la génération digitale.Wi-rçd qui signifie branché, câblé.connecté, est surnommé par plusieurs le Vanity Fair des têtes chercheuses.Cette revue de San Francisco est devenue en quelques mois et six numéros seulement l'organe non officiel de tout ce qui se passe à la jonction des télécommunications, de l'informatique et des médias.Wired ne fait pas de critiques de logiciels, ne dévoile pas d'astuces pour se servir plus efficacement de tel ou tel ordinateur.On laisse cela à des revues spécialisées comme PC World ou MacU-sers.Wired a attiré l'attention internationale pour sa couverture exceptionnelle de toute la culture qui sous-tend l'usage de la haute technologie: ordinateur, téléphone, télévision haute définition, courrier électronique, simulations informatiques et les personnes qui sont\tles enjeux qui sont devant.En 1990, Louis Rossetto, âgé alors de 41 ans, fermait la revue Electric World qu'il avait créée à Amsterdam et émigrait aux Etats-Unis.Le pays est alors en pleine guerre du Golfe et la publicité en chute libre.Pour les spécialistes des médias, l'Amérique a autant besoin d'un nouveau magazine que d'un trou dqjis la tête.Après avoir été éconduit par tous les promoteurs estomaqués par sa naïveté, Rossetto avec une toute petite équipe, crée un prototype du futur Wired, un numéro zéro de grand luxe, entièrement conçu sur ordinateur, dont les exemplaires sont sortis sur des imprimantes laser couleur.Rossetto présente son prototype lors d'un salon consacré à l'informatique et aux médias.C'est la bousculade parmi les promoteurs.Quelques mois après son lancement, les résultats dépassent les meilleures hypothèses.Wired, devenu mensuel, t|re maintenant à 175 000 exemplaires et attire un public riche et jeune (88 p.cent ont moins de 45 ans ).Ses revenus publicitaires, provenant essentiellement des boites informatiques, semblent assurés.Les contributeurs sont choisis parmi la crème des spécialistes de la high tech au sens large, ce qui a permis aux lecteurs de lire des articles fascinants sur la bataille entre l'administration américaine et les spécialistes de l'encryptage de données \u2014 avec en toile de fond, la confidentialité des échanges digitaux; un reportage en unie sur l'énorme marché des antennes paraboliques dont la prolifération est un défi à l'autorité de l'État; les hackers du téléphone cellulaire, qui volent les codes, espionnent, violent les communications privées; le Pentagone qui recourt à «la guerre virtuelle» pour ciilinilier ses soidats à moindre frais.La revue signale aussi les livres, les films, les événements qui peuvent intéresser ses lecteurs, comme, récemment, l'exposition «Imaginary: tools of Science» du musée de la science et de la teen-nologie de Chicago.WIRED Bimestriel.5.95$.>0PS I )ans la W montre bien ce processus de récupération du geste délinquant par l'institution».Bref, un numéro qui pose bien des questions mais apporte bien peu de réponses.Si ce n'est de démontrer que les artistes eux-mêmes ne s'entendent pas sur les définitions.Pierre Vennat L'ARTISTE, numéro thématique de POSSIBLES.Hiver 1994.Montréal.164 pages.L fibtJ Pops et sa roulotte e père Emmett lohns, vous connaissez?Si vous fréquentez le centre-ville de Montréal, tard le soir, vous l'avez sûrement vu, lui et sa roulotte du Bon Dieu dans la rue.Emmett lohns, c'est «Pops», et Pops, c'est l'aumônier des itinérants et des fugueurs de Montréal.Un prêtre pas comme les autres, qui au lieu de juger et de condamner, a décidé en 1989 d'aider.Aider les fugueurs, les travestis, les gais, les prostitués, les drogués, bref toute cette faune du red light montréalais qui, bien souvent, n'est pas méchante mais lutte pour sa survie.Pops ne fait pas de sermon.Même que, pour un «curé», il distribue les condoms.Parce que, entre risquer de laisser courir le sida au nom de la morale, ou d'aider à enrayer ce fléau d'abord, en glissant quelques principes de morale, si possible ensuite, il a préféré être pratique.Pas bête le père! Et ça marche.Et il en a renvoyé des fugueurs chez lui.Pops, désintoxiqué des drogués, aidé des prostituées à se débarasser de leurs pimps! Pops, c'est un missionnaire de la rue.En se racontant à Michel Rudel-Tessier, il ne fait pas de moralisme.Il se contente de se servir de son expérience de la vie pour faire réfléchir.Et ce témoignage vécu vaut bien des thèses d'intellectuel! Pierre Vennat POPS DANS LA RUE.Emmett Johns.Fi-des.Montréal.1995.103 pages Qu'est-ce qu'un artiste?arement a-t-on autant parlé du statut de l'intellectuel et de l'artiste québécois que ces derniers temps.Pourtant, au Québec, les artistes eux-mêmes prennent rarement la parole dans les débats de société.On l'a dit l'autre soir, quand Armand Vaillancourt a été primé: même lui est devenu sage.On est bien loin de l'époque des Refus global et de Paul-Émile Borduas obligé de s'exiler à Paris.Cela dit, nos artistes sont-ils des marginaux?Et puis qu'est-ce qu'un artiste?L'écrivain, le poète en est-il?Doit-on croire comme le romancier Emmanuel Aquin qu'un cordonnier qui fait bien son travail est un artiste au même titre qu'un écri-vain?Ou comme Gilbert Boyer, qui se présente comme «artiste», qu'être artiste au Canada, c'est le plus souvent vivre dans la marginalité du marché et de l'histoire de l'art?Ou encore comme le poète et artiste |ean-Sébastien Huot que «l'artiste: rien à dire, puisque sans couilles, ni causes à défendre».Possibles, la revue-livres fondée par Marcel Rioux a tâché de répondre à la question en publiant un numéro thématique sur l'artiste.Alexandra (arque, en éditorial, écrit que la plupart des artistes se sentent incapables de iouer un rôle actuel dans le contexte socio-politique actuel.«En effet, les grandes causes à défendre se font rares comparativement aux années 60 et 70.Et puis la société a tendance à absorber toute production marginale le moindrement subversive.On nous expose le cas des graffiti qui dé- \u2014-i, Louis-Thomas Polîetier Et si les poules avaient des den Les éditions LOGIQUES Pour lecteurs ayant envie de rire Ouand un magazine humoristique comme Croc et une maison d'édition sérieuse comme Logiques s'unissent, le résultat peut être époustou-flant, comme la collection Blague à part.Deux autres titres viennent de s'y joindre: Et si les poules avaient des dents?, petites nouvelles complètement folichonnes de Louis-Thomas Pelletier et Ne riez pas, votre voisin est devenu fou, petit répertoire d'anecdoctes compilé par Claude Daigneault sur des timbrés qui pourraient bien être vos voisins.Ainsi, a Noam Chomsky qui allègue que l'adulte ne fait que stimuler l'enfant: il l'oriente vers une certaine langue, dans le cadre contraignant de la grammaire universelle, Louis-Thomas Pelletier réplique par le Gagazouzi.«Comme vous le savez, le vocabulaire gagazouzien est très limité.Comme il n'existe au total, qu'une vingtaine de mots, il faut exprimer des idées différentes en variant l'intonation.» \u2014\t«Gagazouzi, guili guili gou gou gou?\u2014\tKitchi kitchi koutchou koutchou!» Pierre Vennat ET SI LES POULES AVAIENT DES DENTS?, Louis-Thomas Pelletier.Editions Logiques.Montréal, 1993.220 pages.NE RIEZ PAS, VOTRE VOISIN EST DEVENU FOU.Claude Daigneault Editions Logiques.Montréal, 1993.218 pages Chez les décideurs ix fois par année.Options politiques se retrouve sur le bureau des principaux décideurs du Canada, hauts-fonctionnaires, politiciens etc.Ils y trouvent matière à réflexion et, quelques fois, action.La revue est publiée par l'Institut de recherche en politiques publiques, créé en 1972, un organisme national et indépendant sans but lucratif et qui a «pour mission de favoriser le développement de la pensée politique au Canada par son appui et son apport à un processus élargi, plus éclairé et plus efficace d'élaboration et d'expression des politiques publiques.» Traduction: on y étudie les questions politiques.Chaque numéro est consacré à un thème: l'accord de libre-échange, le débat sur l'équité de l'emploi, les priorités nationales, le Canada dans le monde, le développement durable, la réforme de la santé, etc.La plupart des articles sont en anglais.Parmi les articles en français, signalons dans les derniers numéros celui de Rodrigue Tremblay, «Le défi de la compétivité», qui se demandait si l'accord du libre-échange avait nui au secteur extérieur et à l'emploi au Canada; celui d'André Raynaud sur la Communauté européenne; celui de Gilles Godbout sur «Une réforme nécessaire des transferts fédéraux aux provinces».La revue est un peu indigeste à lire, mais le résultat en vaut la peine.Claude Marcil OPTIONS P0LITI0UES 1470 Rue Peel sui te 200 Montréal.H3A 1T1 ; 514 985 2461 3.25$ LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 1994 B 5 Inutile Encyclopédie.JACQUES POLCN-RIBAS collaboration spéciale Les oubliés de l'année dernière es dames anglaises, vraiment! Lorsqu'elles se mettent à écrire, elles font des malheurs.L'une d'entre elles avait écrit, en 1961, Une Saison d'été, que l'on vient de rééditer en 1993, il y a déjà quelques mois que je voulais vous parler de ce livre, et puis voilà, il y en a d'autres qui s'accumulent, et encore d'autres, et j'oublie mes promesses de lecteur.L'auteur s'appelle Elizabeth Taylor.Ce n'est pas celle que l'on croit.Rien à voir avec l'autre excitée qui se gonfle et se dégonfle à volonté et me pompe l'air, si vous permettez cette expression pas assez vulgaire encore pour être au niveau de cette chose embijoutée, peinturlurée et gazéifiée.Non.Cette Elizabeth Taylor-là est l'une des grandes romancières anglaises.Hélas, elle mourut en 1975.Les meilleurs, dit-on, partent les premiers.Elle nous laissa seulement cinq romans, mais ce sont cinq chefs-d'œuvre du genre.Le genre?Humour de situations, sous-entendus érolîques et parfois plus que sous-entendus, passions secrètes entre membres d'une même famille et leurs proches (par exemple: un vicaire catholique qui trouble les écolières, ou encore une servante acariâtre et pudibonde, mais.) Et puis, autour de ce zoo, la belle et calme campagne anglaise avec ses petites barrières de bois peintes en blanc, ses bouquets d'arbres, ses gazons de trois cents ans sans le moindre pissenlit.Cute.Même la ville anglaise ressemble à la campagne anglaise.Visitez la province d'Elizabeth Taylor, surtout Une saison d'été, vous ne le regretterez pas.Les habitants s'aiment entre eux, les uns les autres, que c'en est une bénédiction.Vous les aimerez aussi, avec cette indulgence horrifiée des romancières anglaises.Plus tard, vous recevrez peut-être des lettres de la tante Ethel, celle qui jouait du violoncelle, oui, elle vous donnera des nouvelles de toute la bande, de Kate, de Tom, d'Araminta (les noms d'aujourd'hui sont désopilants, ne sont-ils pas?) et de son papa Charles, et de Dermot, et de Louise.Un bel été.Un peu chaud, parfois torride.Très drôle.O Il était une fois un nègre, Zanzaro, qui s'appelait Léger Lazare.11 écrivait sous un autre nom: il était nègre littéraire du célèbre Jacob lacobi.Ce dernier fut trouvé, un matin, noyé dans sa piscine.C'est Zanzaro qui le découvrit.Us avaient beaucoup bu la veille, tous les deux.Ainsi commence le roman de (ack-Alain Léger, qui est en .fait le récit de Zanzaro, avec une belle énigme à résoudre, dont le lecteur suivra les méandres ( l'a-t-on tué?Qui?Pourquoi?S'est-il tué?Etc.) en apprenant au passage beaucoup de choses sur ce métier d'écrivain-nègre, qui est après tout le plus vieux du monde (et non pas celui auquel vous êtes censé penser) si l'on admet que la Bible, oeuvre de Dieu, a été rédigée en réalité par des nègres anonymes.Nous apprendrons ce dont nous nous doutions déjà, mais qui est ici montré d'une langue Elizabeth Taylor claire, une langue de romancier qui raconte une histoire, et même plusieurs, avec à la fois l'art du conteur et les ambiguïtés (je n'ai pas dit coquetteries, heureusement) nécessaires au genre.Nous nous doutions de la condition du nègre-écrivain, qu'il est à la fois victime et bourreau, qu'il peut écrire une oeuvre menant au Nobel \u2014 Jacob lacobi est Prix Nobel de la Paix \u2014 mais à condition que cette oeuvre paraisse sous la signature d'un autre.Et ici, le mot paraître prend ses deux sens, d'édition et de faire semblant; qu'il ne peut plus écrire pour lui-même et sous son nom \u2014 les livres de Léger Lazare n'ont eu aucun succès \u2014 Bref, qu'il est émasculé par son maître.Ne serait-ce pas ce Zanzaro châtré, vivant à l'ombre du «Grand Écrivain Humaniste» qu'il a presque fait de ses propres mains, qui l'aurait assassiné?Voilà une piste intéressante.Nous nous doutions aussi de la condition de l'autre, le maître, à la fois dominant et dominé, jaloux de son nègre et, qui sait, amoureux de lui?Mais nous ne pouvions pas imaginer quelie fut la vie d'un petit juif parisien qui échappe à la ragle du Vélodrome d'Hiver parce qu'il a simplement décousu son étoile jaune au bon moment, et auquel sa mère dit : Sauve-toi.ce qui sonne très près de: Sauf toi.(ack-Alain Léger, dans cet épisode comme dans d'autres (et il y en a beaucoup, c'est un vrai roman avec le monde et de l'action ) nous entraine à la découverte du serviteur comme du maître, tous deux fous de littérature \u2014 sans compter léger lui-même.L'analyse faite auprès d'un psychiatre n'est que l'un de ces épisodes, il y en a 35 en tout, mais jamais nous en nous perdrons dans des explications, feudiennes ou non.Nous allons simplement et avec bonheur parcourir deux vies qui se chevauchent, se pénètrent, se séparent et se retrouvent jusqu'à la mort.Et même après la mort.Les écrivains ont aussi des oeuvres posthumes.À la fin, dans une maison de repos de Venise, un vieil auteur qui est Zanzaro, à moins qu'il ne se nomme |ack-Alain Léger, ou bien lacob lacobi, met le point final à un récit que nous n'allons pas oublier de sitôt, ni vous ni moi.C'est un roman à lire, parce qu'on n'en sort pas tout à fait indemne.UNE SAISON D'ÉTÉ, par Elizabeth Taylor.roman traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch, 278 pages, éditions Rivages, Paris, 1993.jaccc JACGoî, p* .Mcx aiatn Leger, roman, 563 pages, Mitions JuUiard, Paris, 1993.Précision concernant un article de Pierre Vennat ¦ La première édition de VEncyclopédie de la musique au Canada, parue en 1983, tenait en un seul très gros volume de 1 142 pages où l'information était bien tassée en petits caractères parfaitement lisibles et la lecture, aérée de petites illustrations.Dix ans plus tard, la nouvelle édition se présente tout autrement: elle est en trois volumes plus petits (A-F, GO, P-Z), les caractères sont plus gros, les interlignes plus prononcés et les illustrations plus grandes, ce qui explique qu'elle fasse 3865 pages.Si la lecture est ainsi rendue plus «agréable», la consultation, elle, n'est pas pour autant facilitée.|e le reconnais, la première édition était un peu lourde à sortir des rayons.Mais une fois la «brique» sur la table, la consultation se* faisait «confortablement» puisqu'on avait tout devant soi, d'un bloc.Comme la recherche d'une information entraîne souvent d'autres recherches, il suffisait de tourner quelques pages pour compléter.Avec la nouvelle édition, il arrive fréquemment qu'un ou des renseignements se trouvent dans les autres volumes.C'est ainsi que je me suis retrouvé plusieurs fois devant les trois volumes ouverts devant moi.L'édition originale était d'autant plus simple à consulter que, grâce à la dimension de ses pages et à ses petits caractères, elle offrait à la vue, d'un seul coup, jusqu'à douze entrées, c'est-à-dire douze articles complets sur deux pages se faisant face.Dans le même contexte de lecture, la nouvelle édition offre rarement plus de quatre ou cinq entrées complètes.Tout cela fait qu'avec la nouvelle édition, une bonne partie du travail de consultation se ramène à tourner des pages et à remuer des volumes.Sur les différences de contenu entre les deux éditions, je reste beaucoup plus impressionné par la masse de renseignements colli-gés dans la première édition, et repris ici tels quels, que par les éléments nouveaux de la deuxième édition.Bien sûr, celle-ci s'augmente de nouvelles entrées.En fait, plusieurs auraient dû s'y trouver déjà il y a dix ans.Par contre, certaines personnalités et certains organismes d'importance n'y figurent pas encore.On a mis à jour certains articles mais on a négligé de le faire pour d'autres.Plusieurs erreurs ont été corrigées, mais il en subsiste beaucoup.Bref, l'impression est celle d'un travail fait paresseusement, au mieux à la hâte.Nombreuses omissions Le Père Fernand Lindsay, Anne Lauber, Alain Lefèvre, Angèle Dubeau, l'ensemble Anonymus, le Livre d'orgue de Montréal, la ville de loliette ont maintenant leur article.Mais Jacques Lacom-be et Jean-François Rivest n'y ont pas encore droit.Ni la Chapelle historique du Bon-Pasteur.Ni la Maison Trestler.Il faut aller à «Choeur Saint-Laurent» pour trouver quelques détails sur le Choeur de l'OSM et son chef Iwan Edwards.Pas d'entrée non plus au Nouvel Ensemble Moderne, pourtant créé en 1989.11 faut chercher au nom de Lorraine Vaillancourt, sa fondatrice, pour dénicher dix lignes sur le sujet.et déplorer une omission (on ne dit pas que le NEM s'est produit en Europe) et une erreur (la salle de New York où il a joué ne porte pas le nom de Kurt Weill).Les entrées sur Louis Lortie et Marc-André Hamelin ne disent pas un mot sur leur activité depuis 1991.Et que sont devenus Richard Verreau?Clarice Car-son?Pierre Duval?Roger Mat-ton?Marek lablonski?L'Encyclopédie ne dit rien sur ce qu'ils ont fait ces dernières années.Le lecteur a aussi l'impression que certains compositeurs n'ont rien produit depuis quelques années.Dans la liste des oeuvres de Gilles Tremblay, rien sur son «wampum symphonique» Avec, créé en octobre 1992 lors d'une radiodiffusion canado-européen-ne en direct.Pas un mot sur Le Prix, l'opéra de (acques Hétu créé en mars 1993.Quant à La Messe sur le monde, de Clermont Pépin, seule est mentionnée la première version, de 1974, jamais exécutée.Rien sur la version «agrandie» de 1993, qui marqua la véritable création de l'oeuvre.Discographies Incomplètes La notice sur Raoul lobin ne dit pas que le ténor créa le rô*e principal de Don Juan de Manara, de Henri Tomasi, en 1952, sous la direction du compositeur, et encore moins qu'il existe un enregistrement de cette création, publié en 1992.Discographie incomplète dans bien d'autres cas encore, (on Vickers a enregistré Messiah deux fois et non une seule.On dispose maintenant d'un enregistrement de 1941 de L'A more dei tre re, de Montemez-zi, dirigé par le compositeur, et dans lequel on peut entendre le ténor Nicholas Massue.Bien que Golgot(h)a, de Walter Boudreau, soit mentionné, on n'indique pas que l'oeuvre est maintenant disponible sur disque.Même chose pour Atlantide, de Michel-Georges Brégent, qui partage d'ailleurs le même CD.Erreurs et inexactitudes Dans l'article sur l'émission L'Heure du concert, on répète encore que Pierre Boulez y fit «en 1963 ses débuts au Canada».Ces débuts, il les avait faits une douzaine d'années plus tôt, alors qu'il était venu comme chef d'orchestre de la Compagnie Bar-rault-Renaud.11 serait grand temps aussi que l'Encyclopédie sache que la directrice de l'ensemble Tafelmusik écrit maintenant son nom «|eanne (et non plus «|ean») Lamon», de façon à éviter toute équivoque.On n'a pas encore corrigé le «Maurico» (pour «Manrico»), de II Trovato-re, dans !a notice sur Ermanno Mauro.Depuis dix ans, personne à VEncyclopédie n'a pris le téléphone pour demander à André Ga-gnon la date exacte de sa naissance.On donne encore « 1er août 1942?», alors qu'il s'agit du 2 août 1939.|e tiens la précision de l'intéressé qui, dans le même souffle, nie avoir été un «chanteur pop» (article sur London Records).La liste des Prix d'Europe s'arrête à 1991.Il y eut pourtant des gagnants en 1992 et 1993.On n'explique pas pourquoi le nom d'Alfred Laliberté est maintenant orthographié «Alfred La Liberté».Renée Maheu n'a pu chanter «sous Kenneth Gilbert, André Turp et Vlado Perlemuter» puisque ces messieurs n'étaient pas chefs d'orchestre.L'Orchestre de Paris (article sur la France) n'a pu se produire ici en 1964 puisqu'il ne fut créé qu'en 1967.1 me semble aussi que la réalisation du premier disque important de l'Orchestre Symphoniaue de Québec et son chef Pascal Verrot \u2014\tun programme Roussel \u2014 fut annoncée assez tôt (février 1993) pour qu'il en soit fait mention.Ici encore, rien.L'article sur le théâtre Saint-Denis rappelle quelques-uns des grands noms qui s'y produisirent autrefois.Mais comment a-t-on pu ignorer la date du 12 octobre 1931 où Rachmaninov y donna la première mondiale de ses Variations sur un thème de Corelli?Un mélange.alphabétique L'Encyclopédie englobe tout: classique, populaire, jazz, rock, folklore, western.Ce sont des genres qui ont peu en commun, intéressent des publics très différents, et auraient dû être isolés les uns des autres.C'eût été la seule justification \u2014 et la seule utilité \u2014\tde l'édition en trois tomes.On a choisi de tout mêler.par ordre alphabétique.Ce mélange ne fait qu'accentuer l'importance exagérée accordée à certains sujets.Robert Char-lebois (presque trois pages, avec photo) compte donc plus que les soeurs Lorraine et Pauline Vaillancourt (un peu plus d'une colonne chacune, sans photo).Et j'ignorais que la performer qui a nom Marjo (deux colonnes, avec photo) avait fait plus pour la musique au Canada que sa voisine de la page 2038, Soeur Marie-Sté-phane, fondatrice de l'école Vin-cent-d'lndy (54 lignes, sans photo).On déplore le même déséquilibre dans le monde du «classique».Et, cette fois, le déséquilibre favorise nettement le Canada anglais et nous rappelle que l'En-cyclopédie est tout simplement la traduction d'un ouvrage d'abord publié in English.Le Ladies' Morning Musical Club, organisme montréalais plus que centenaire \u2014 et parfaitement bilingue, précision à faire \u2014, ne reçoit qu'une colonne et demie,.c'est-à-dire pas une ligne de plus que la Princess Patricia's Cana-dian Light Infantry Band, de Cal-gary.On accorde plus de trois pages et une photo de deux colon- .nés à Robert Aitken, parti il y a cinq ans enseigner la flûte en Al-.lemagne, et quatre pages et demie, avec photo, à un composi- -teur aussi mineur qu'Oskar Mora-.wetz, alors qu'un Raymond Daveluy est limité à un peu plus -d'une page, sans photo.Du reste, pourquoi Daveluy n'a-t-il pas sa photo puisque Bernard Lagacé a la sienne?Et pourquoi pas une scène de Louis Rie!, l'opéra canadien ie plus marquant, puisqu'on nous montre les cinq gueules du groupe rock Loverboy, de Vancouver?Quels sont les critères?Concernant les photos, justement, trop souvent on reprend -simplement des têtes utilisées dans la première édition, et qui dataient déjà.La très ancienne photo de l'Orchestre de chambre McGill confirme presque les dix ans d'existence imaginaires dont il se réclame: on n'y reconnaît que le chef et le violon-solo! |e veux bien que Neal Gripp, alto-solo de l'OSM depuis 1990.ait son entrée car il a aussi fait du récital et crée oeuvres.Mais deux autres premiers-pupitres de l'OSM qui étaient là bien avant lui et ont aussi fait du récital et des créations sont complètement ignorés: Guy Fouquet, violoncelliste, et Timothy Hutchins, flûtiste.Ici encore, quels sont les critères?On note les mêmes irrégularités en «populaire».Ainsi, pas un mot sur Richard Desjardins, qui a fait assez de bruit pour que moi-même je sache qui il est.La longue carrière de Sylvain Leliè-vre ne valait-elle pas une petite niche dans VEncyclopédie ?Il faut croire que non.Et Gerry Boulet, autre phénomène du « populaire» ici?11 existe sur lui un iivre de 524 pages signé Mario Roy et paru en novembre 1991.Le «spécialiste» de Y Encyclopédie devrait le savoir.l'allais terminer en signalant le français généralement soigné de l'Encyclopédie.Oui.tout en m'étonnant qu'un ouvrage aussi sérieux \u2014 ou qui prétend l'être \u2014 perpétue des énormités comme celles-ci : « il mérita le prix » et «il mérita une mention honorable» (au sens de «il remporta»), «elle débuta une carrière», «grâce à des octrois», «les argents nécessaires», «famille de musiciens montréalais vouée au commerce».Et je ne suis pas sûr que l'expression «elle se livra à l'enseignement» soit de la dernière élégance.Une femme se livre à la prostitution, mais se consacre à l'enseignement.Bref, compte tenu de la meilleure lisibilité de la première édition et du peu de nouveauté qu'apporte la nouvelle, il eût mieux valu publier tout simplement un supplément de même format comportant les corrections et ajouts qui s'imposaient.ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIOUE AU CANADA Deuxieme édition, publiée sous la direction de Helmut Kallmann et Cilles Potvin.Éditions Fides.1993.Trois volumes.3865 pages.Les intellectuels ne sont pas silencieux mais ils doutent maintenant d eux-mêmes iWT3l ¦ Un des lecteurs québécois de Quid nous a fait parvenir l'article que nos éditions datées du 21 novembre 1993 publient sous la signature de M.Pierre Vennat et il nous demande d'apporter la précision suivante: ¦ Bien que figure, en illustration de l'article de M.Pierre Vennat, paru dans vos éditions du 21 novembre, une reproduction de la couverture du QUID 94, nous nous demandons si c'est bien ce volume que votre collaborateur a lu afin d'en rendre compte.Nous relevons sous sa plume, entre autres considérations plus ou moins humoristiques, les propos suivants: Un petit tour rapide au mot Canada du Quid 94, permet de constater qu'on n'y trouve rien de plus récent que 1991.Pas un mot sur l'accord avorté de Charlottetown, ni sur le référendum d'octobre 1992.Encore moins le résultat des dernières ; élections fédérales.I Bien entendu toute liberté de ! jugement appartient à votre collaborateur, mais nous nous devons de relever, et vous prions de signaler à vos lecteurs, ses erreurs manifestes.En effet pour la seule section HISTOIRE nous donnons, dans le Quid 94, à l'article Canada non seulement la date mais le contenu de l'accord de Charlottetown, non seulement la date mais les résultats du référendum sur cet accord, province par province.Fidèles à notre volonté d'offrir à nos lecteur?les mises à jour les plus récentes nous signalons également la démission de Brian Mulroney, avec la date, et annonçons la tenue de prochaines élections législatives.Toujours pour ce seul article Canada, nous relevons une vingtaine de mises à jour dans les sections DÉMOGRAPHIE, Amérindiens, Inuits, immigration; ORGANISATION POLITIQUE, CONFEDERATION CANADIENNE, ÉCONOMIE.Vous nous permettrez de signaler à l'attention de vos lecteurs, que de nombreuses mises à jour et informations nouvelles, au total 80000 environ, ont été insérées dans cette édition, et dans toutes les sections.|can-Noei NOUTEAU ¦ « De façon caricaturale, on pourrait dire que si l'Église fut d'abord souffrante, puis militante avant d'être triomphante, les sciences humaines et sociales au Québec furent d'abord militantes, puis triomphantes et sont désormais souffrances».Aujourd'hui, donc, les intellectuels doutent d'eux-mêmes.Mais en cette fin de siècle, les intellectuels qui affirment ne plus posséder de certitudes, en ont au moins une en commun : le changement survient dans le quotidien.Et non dans les projets de société plus ou moins chimériques.Et Andrée Fortin, sociologue de l'Université Laval, qui, sous le titre de Passage de la modernité vient de consacrer un ouvrage complet aux intellectuels québécois et leurs revues, fait remarquer que maintenant, les intellectuels ne croient plus au Grand soir.S'il est des choses à changer dans le quotidien, dans la vie privée, cela ne peut se faire d'un coup.Cela dit, si Andrée Fortin a voulu faire une histoire des revues québécoises, c'est qu'au Québec, c'est d'abord dans la presse et les revues que nos intellectuels se sont exprimés.«Fonder une revue, voilà le mode privilégié d'expression des .an.I m b MODERNITE 11* intellect l£k> ' qrfwSNBÎF't ' rt Jrtirs rrrars V spécificité du cas québécois que l'échec d'un projet intellectuel lié à la nature de l'Etat et à l'intervention de la société sur elle-même, échec de l'expertise qui s'est muée en technocratisme, du projet scientifique qui a conduit à l'académisme, du projet militant qui s'est retourné contre ceux et celles qu l'avaient porté.intellectuels.Pour eux, qui se définissent par la réflexion et la critique, c'est encore un mode d'action, à l'intérieur du monde intellectuel comme de la société».À la fin du XXe siècle, cependant, on revient au même point qu'au début du XIXe: l'identité québécoise est à définir-redéfinir.Si les idées mènent le monde, quand le «Nous» québécois n'est pas bien défini, celui des intellectuels ne l'est pas non plus.Et si l'on a parlé d'un certain «silence» des intellectuels d'ici, au lendemain du référendum de mai 1980, Andrée Fortin affirme plutôt que ce n'est pas tant le référendum perdu de 1980 qui fait la « D'une certaine façon, ce triple échec consacre celui \u2014ou à tout le moins l'épuisement\u2014 du projet de la modernité cjuébéboise au sens d'auto-institution explicite de la société.Face à cet échec, cependant, on ne peut pas parler de démission des intellectuels, mais de mutation de leur rôle.Il serait présomptueux de parler de période transitoire.Constatons pour le moment que les intellectuels ne sont pas silencieux, même si on peut évoquer un silence analytique.Us parlent beaucoup, pour témoigner, pour nommer le monde actuel, pour définir ou redéfinir le Québec d'aujourd'hui».Bref, de conclure Andrée Fortin, les intellectuels doutent d'eux-mêmes, plus ou moins explicitement.Ils sé* remettent en question, sous ie poids des expériences et des erreurs qu'ils ont pu commettre, mais aussi à la faveur d'un élargissement du politique à des questions d'ordre civili-sationnel.Ils se mettent à l'écoute de la parole populaire et si besoin est, ils la suscitent.«Les intellectuels ne sont pas convaincus d'être \u2014comme groupe\u2014 nécessairement plus éclairés que l'ensemble de la population, d'être progressistes.D'ailleurs, ils ne savent plus ce qu'est le progrès.Comment alors éclairer les autres?11 faut commencer par s'éclairer soi-même.Où cherche-t-on les nouvelles lumières?Dans l'expérience, dans les pratiques, dans le quotidien.En ce sens, les intellectuels perdent leur rôle privilégié de moteur de changements.Paradoxe?La redéfinition du changement doit passer par les intellectuels, mais ils vont chercher leur «inspiration théorique» dans des pratiques, donc en dehors d'eux».\u2022 L'ouvrage d'Andrée Fortin permet de mieux comprendre le rôle des revues dans l'histoire du Québec.Et de comprendre la différence entre les revues d'hier qui ont «permis d'orienter» et celles d'aujourd'hui qui «permettent de résister».PASSAGE DE LA MOOERNITf ; LES WTELLEC TUELS OUEBÉCOtS ET LEURS REVUES.Andrée Fortin.Presses de rUniversité Levai, Québec 1993 406 piges B 6 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 16 JANVIER 1994 La vie des livres SSSK) pH l'histoire d'une faiseuse de tartes PIBIIIIi WWMi Littérature d'ici et d'ailleurs os écrivains sont chatouilleux et convaincus qu'ils n'occupent plus la place qu'ils devraient occuper sur l'échiquier littéraire du Québec.Cela est évident à la lecture du dernier bulletin de l'Union des écrivaines et écrivains québécois.Dans un premier texte, signé du président Bruno Roy, suite au Forum Lire pour réussir qui précédait, cette année, le Salon du livre de Montréal, celui-ci fait remarquer à la ministre de la Culture, Liza Frulla, l'indigence qui prévaut à l'endroit de la littérature québécoise dans les bibliothèques scolaires et publiques.«Nous savons que la littérature québécoise n'occupe qu'un espace réduit dans l'ensemble des documents présents dans les bibliothèques québécoises.Cette présence varierait entre 5 et 20 p.cent de l'ensemble que nous avons répertorié».La difficulté, de dire le président de l'Uneq, c'est qu'on ne peut, dans l'état actuel des choses, identifier clairement ce qui est un ouvrage proprement québécois.«À l'Uneq, nous sommes d'avis qu'un livre québécois est l'oeuvre d'un auteur québécois d'origine ou d'adoption.Ainsi, Réjean Ducharme, qui publie chez Gallimard, est un auteur québécois.Par contre, Daniel-le Stelle, dont les traductions déferlent au pays, demeure une écrivaine américaine, traduite et distribuée au Québec.Dans ce même ordre d'idée, Katherine Pancol, qui fut invitée d'honneur au dernier Salon du livre de Montréal, ect de nationalité française et reste une écrivaine française pu-liant aux Éditions du Seuil.» Et les écrivains français demeurent, aux yeux de l'Uneq, des «étrangers».L'écrivain Pierre DesRuis-seaux, dans le même bulletin, pose carrément la question: « Peut-on exposer constamment et systématiquement le public lecteur à une littérature étrangère sans qu'il ne devienne finalement culturellement étranger à son propre pays?Quand on sait, par exemple, que les éditeurs québécois déboursent dans les pages litté-\u2022 raires des journaux 80 p.cent des montants publicitaires pour ne recevoir que 30 p.cent des recensions, alors que l'édition étrangère, elle, qui ne dé- fraie que 20 p.cent de la publicité, bénéficie de 70 p.cent des comptes rendus et critiques, on est en droit de rester songeurs.«On reste songeurs aussi non seulement devant l'indigence chronique de nos biblio-.thèques publiques et scolaires, mais surtout devant l'espace congru, voire dans certains cas dérisoire, qu'y occupe l'édition québécoise».Gaz moutarde, éditeur La revue poétique Caz mou tarde, qui a publié seize numéros périodiques en quatre ans, a décidé, sous le nom des Éditions Gaz Moutarde, de réorienter ses activités vers celles de l'édition de livres.Elle fera connaître son programme de publication sous peu.Les promoteurs désirent publier des manuscrits poétiques inédits, bien que le récit et l'essai soient les bienvenus.Gaz Moutarde, qui n'a jamais eu peur aux yeux encourage également les artistes visuels à soumettre des projets axés sur l'imprimé, ou des travaux débordants sur plusieurs médiums à la fois, tels le livre-objet, les textes de performances, montages photographiques, etc.Enfin, d'ici 1995, Gaz Moutarde compte de plus débuter la publication de traductions ou d'ouvrages bilingues et invite donc les écrivains allopho-nes à présenter des oeuvres inédites dans leur langue d'origine.Bref, dit-on, la volonté de Gaz Moutarde n'est pas de rassembler sous une idéologie, mais bien de marquer le pas, les rythmes de l'ère actuelle, leurs modulations et leurs différences.La création à Laval Vous habitez Laval et la création littéraire vous intéresse?La Société littéraire de Laval en colalboration avec la ville offre au grand public intéressé des ateliers de création littéraire.La première session débute mardi et se poursuivra les 1er et 15 février ainsi que les 1er, 15 et 29 mars.La deuxième session se tiendra les 12 et 26 avril ainsi que les 10 et 24 mai.On s'informe au 682-2708, auprès de (acqueline Déry-Mo-chon.Prix France-Acadie Peu avant Noél, Jean-Marie Nadeau, président de la Société des Acadiens et des Aca-diennes du Nouveau-Bruns-wick et Maurice Beaudin se sont rendus en France recevoir le Prix France-Acaaie 1993 pour leurs oeuvres.Le premier est l'auteur d'un essai intitulé Que le tintamarre comence/; le second coauteur, avec Donald Savoie, d'un livre scientifique intitulé Les défis de l'industrie des pèches au Nou-veau-Brunswick.Les deux sont publiés aux Éditions d'Acadie.Un prix pour Marco Micone Et puisque l'on parle de prix, c'est jeudi après-midi, au consulat général d'Italie, qu'on fêtera Marco Micone, à l'occasion de la remise du Prix des Arcades de Bologne 1993, dont il est le récipiendaire.PIERRE VENNAT ¦ « Tu trouves que c'est une bonne idée, toi, ce musée de la fa-mi le Vachon ?demande Paul.\u2014 Si ça crée une attraction, tant mieux pour Sainte-Marie.» Ni l'un ni l'autre n'a cru possible la création de ce petit musée dans la maison autrefois habitée par la famille, près de la boulangerie aujourd'hui disparue.La \tW/jÊL BIOGRAPHIE\t .«tmm P® maison où est mort leur père et que leur mère a eu peine à quitter.On ne peut pas recréer ce qui n'est plus./.A.Vachon et Fils n'existe plus pour eux qu'à l'état de souvenir A l'autre bout du village, l'usine de Culinar leur rappelle que d'autres aujourd'hui portent leurs rêves.Et c'est bien ainsi.» On ne peut peut-être pas recréer ce qui n'est plus, mais on ne peut certes pas accuser le journaliste Roger Laçasse, qui a roulé sa bosse dans quelques quotidiens du Québec dont La Presse avant de se mettre à rédiger quelques ouvrages à saveur d'histoire économique, de ne pas avoir essayé.Laçasse, à qui on doit une histoire complète du projet de la Baie lames, a ressuscité Rose-Anna Vachon, la fondatrice de f.A.Vachon et Fils.Sous le titre dp Le Rêve de Rose-Anna Va- chon, c'est toute l'épopée de ce qui est devenu aujourd'hui Culinar qui défile sous nos yeux.Les biographies romancées sont décidément à la mode par les temps qui courent.Les Québécois auraient sans doute lu une biographie de René Lévesque sans que Claude Fournier n'ait besoin d'utiliser cette méthode, tant le personnage est encore populaire et l'attrait pour l'histoire politique plus grand, au Québec, que pour l'histoire économique.Mais les gens auraient-ils lu l'histoire de Culinar et des « petits gâteaux Vachon» avec le même intérêt si, à partir de personnages réels et de faits vécus, Roger La-casse n'avait pas bâti une trame romanesque et imaginé des dialogues?C'est douteux et de ce côté, Le Rêve de Rose-Anna Vachon se lit un peu comme le texte d'un téléroman.On pourrait presque en faire un d'ailleurs, tant Laçasse a réussi à rendre intéressante une histoire qui aurait pu être banale: celle d'une «faiseuse de tartes et de gâteaux» comme il s'en trouvait tant autrefois qui, pour assurer la subsistance de ses enfants de la.Beauce obligés de s'exiler aux États-Unis pour trouver de l'emploi, décide d'acheter la boulangerie d'une veuve du voisinage et d'en faire, avec l'aide de ses enfants, le succès que Culinar est devenu.Car, il faut bien le dire, même si Culinar, pendant longtemps, porta le nom de J.A.Vachon, Joseph-Arcade n'en fut le fondateur qu'en titre.L'entreprise, dans les faits, aurait dû s'appeler Rose-Anna Vachon et fils.Car c'est Rose-Anna, la mère, qui accepta la suggestion de son père, Ferdinand Giroux, d'acheter la boulangerie de la veuve de Cléophas Leblond.Puis il y eut les fils, surtout ceux qui jouèrent un grand rôle dans l'entreprise, Paul et Benoît, à qui l'on prête le dialogue coiffant ce texte, au printemps 1993, frisant tous deux les 80 ans, leurs frères Joseph et Amédée.Mais aussi Rédempteur, exilé dans l'Ouest canadien par sa mère pour fuir les dettes de jeu et l'alcoolisme, et décédé à 47 ans de façon mystérieuse; Louis, qui pour s'être querellé avec Joseph pour la direction de l'entreprise fut forcé de choisir une autre voie et qui réussit fort bien en affaires, surtout comme concessionnaire automobile.Et bien sûr les filles de la famile, Béatrice, Simone, etc.Voilà pour le bon côté du récit romancé.Cela dit, la méthode a ses lacunes.Car présentée comme une épopée familiale et un succès économique, l'histoire de Culinar en finit par oublier l'aspect humain ou social.Ainsi, Laçasse raconte avec des trémolos dans la voix comment les membres de la famille Vachon sacrifièrent souvent vie familiale, heures de loisirs et même salaires pour le succès de l'entreprise.Que certains, Paul par exemple, couchaient presque à la boulangerie tant ils faisaient de longues heures.Qu'en était-il, dans un tel contexte, des conditions de travail de leurs employés?Lorsqu'en 1969 les employés de Vachon déclenchèrent leur première grève, les f ères, nous raconte Laçasse, considérèrent la chose comme un KCHiKR KU ASSi; Le Rêve de RoseAnna ludion ; affront personnel et une trahison de la part de vieux employés, une «maudite gang d'ingrats».On apprend qu'après 26 jours de grève, en 1969, bien après le début de la Révolution tranquille, les grévistes obtinrent la semaine de 45 heures.Qu'en était-il auparavant?On ne peut demander ù tout le monde d'être missionnaire.Bref on aurait aimé en savoir plus sur les conditions de travail des gens qui, par leur labeur, on eux aussi contribué au succès de Culinar.On en sait fort peu de choses, mais on devine que les Vachon devaient être des patrons pas toujours commodes.Bref, Le Rêve de Rose-Anna Vachon est une tentative réussie de romancer l'histoire économique.Mais on ne peut s'empêcher de penser que la pauvre Rose-Anna n'était pas très romantique.LE RÊVE OE ROSE-ANNA VACHON.Roger La casse Libre Expression, 1993.311 pages Sextant : polar, horreur et science-fiction PIERRE VENNAT ¦ Québec-Amérique a décidé de se lancer dans un nouveau marché où les maisons d'édition québécoises ont eu de la difficulté à percer auprès des adultes: le polar, la science-fiction et les livres dits d'horreur.mm?ROMAN POLICIER «ïïM^ Ce n'est pas que les adultes ne lisent pas ces genres.C'est plutôt parce que ces livres étant édités sur une base industrielle en France et aux États-Unis notamment et disponibles ici à prix réduits en livre de poche à peu près partout, bref non seulement en librairie mais à la pharmacie, à la tabagie, au métro et j'en passe, il est très difficile pour un éditeur québécois de concurrencer un Stephen King, un Tom Clancy, un Lud-lum, un San Antonio, un vieux Simenon ou la collection Série noire.Pourtant, dans la littérature jeunesse, les livres du genre abondent.Plusieurs auteurs de science-fiction d'ici sont surtout lus par les jeunes.Par ailleurs, la vogue des vidéo-clubs a permis de développer un public de jeunes, surtout, pour ce genre.Ainsi, bon nombre de jeunes n'ont jamais lu, par exemple, Stephen King, mais le connaissent parce qu'ils ont vu Misery ou d'autres classiques du genre portés à l'écran.Quoi qu'il en soit, donc, Qué-bec-Amérique a décidé de tenter l'expérience en lançant dès ce mois-ci une nouvelle collection, format poche, Sextant, qui publie ses trois premiers titres: Les voyageurs malgré eux, d'Elisabeth Vo-narburg, dans la catégorie «scien-ce-fiction»; La mémoire du lac, de |oel Champetier, dans la catégorie «horreur» et L'art discret de la filature, d'Alain Ca^enne, dans la catégorie polar.D'après ses promoteurs, la collection Sextant veut s'intéresser aux genres dits populaires, c'est-à-dire, en plus du polar, de la science-fiction et de l'horreur, l'espionnage, le thriller et ie fantastique, «bref cette littérature qui, à tort, est souvent désignée comme la paralittérature».Sextant, dit-on, se veut une aire de découvertes où la publication d'oeuvres modernes s'inscrira dans le courant mondial de ces genres populaires et, assure-t-on, «elle deviendra ainsi ce lieu de rassemblement nécessaire aux auteurs québécois qui ne savent où proposer ces romans qui sont dans la foulée des Stephen King, |.R.R.Tolkien, Daniel Pennac ou Arthur C.Clark, et un critère de qualité pour les lecteurs qui ad- mirent ces grands noms de la littérature populaire».Pour lancer la,collection, Sextant compte sur Elisabeth Vonar-burg, une valeur sûre en matière de science-fiction.Québécoise depuis 1973, vivant maintenant à Chicoutimi, Elisabeth Vonarburg a publié notamment à Paris chez Denoél, au Canada anglais et aux États-Unis en plus du Québec.Elle a remporté entre autres le Grand Prix de la science-fiction française, catégorie roman; le Grand Prix Logidec de la science-fiction et du fantastique québécois et pas moins de huit autres prix dignes de mention, dont le prix spécial du jury du Philip K.Dick Award, l'équivalent américain du grand prix français.On lui connaît au moins huit ouvrages en plus de nombreuses nouvelles publiées ici et là.|oel Champetier, qui partage son temps entre l'écriture et la direction de la revue Solaris, justement spécialisée en science-fic-tion, a publié plusieurs romans pour jeunes aux Éditions Paulines et un roman chez Québec-Améri-que en 1991.11 a déjà remporté un prix Boréal.Alain Cavenne, traducteur de formation, publie un premier roman mais, dit-on, «il est possible de dire que ce roman, son tout premier, ne sers sûrement pas son dernier».La nouvelle collection réussira-t-elle, là où d'autres ont connu des succès plus que mitigés?Dans une entrevue récente, Jacques Lanctôt, de VLB, qui publie Cahiers noirs, parlait de mission-nariat, mais veut continuer la collection.Chez Québec-Amérique, le directeur littéraire de la nouvelle collection, Jean Pettigrew, a récemment déclaré à un magazine que «la méconnaissance, parfois le snobisme ou la peur du brassage des normes sociales, propre à ces récits, déploient leurs fantômes.Mais ce dont souffre le plus la paralittérature au Québec, c'est la rareté de spécialistes de ces genres et, surtout, de l'absence de critiques spécialisées dans les grands médias».LA MEMOIRE DU LAC, Joël Champetier.Sex-tant.Montréal.1994.11.95 S LES VOYAGEURS MALCRE EUX, Elisabeth Vonarburg.Sextant.Montréal.1994.14,95 S.L ART DISCRET DE LA FILATURE.Alain Caven ne Sextant.Montréal 1994.11,95 $ Les martyrs de l'amiantose Le Québec a connu lui aussi son Germinal PIERRE VENNAT ' .¦ «On a tort de penser que les gens d'ici ne sont pas conscients des conditions pénibles de leur vie.Ils les connaissent.Comme ils savent que leur sort dépend de plus forts et de plus puissants qu'eux.Ce n'est pas parce qu'on .plie devant la force brute d'un pouvoir qui s'impose qu'on accepte et qu'on se soumet à ce pouvoir», écrivait David Thomas dans ses carnets.Y .:: ¦mt i \u2022â LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Les Québécois, du moins ceux qui s'intéressent à l'histcire sociale du Québec, se souviennent de la grève d'Asbestos de 1949, «la grève de l'amiante» comme on l'a appelée, un des fleurons de l'histoire syndicale du Québec, qui coûta son poste à Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, et joua un rôle important dans le réveil social qui devait suivre avec la Révolution tranquille, ne serait-ce qu'à cause de l'engagement dans la lutte contre l'obscurantisme de citoyens qui devaient devenir plus tard aussi connus que les Pierre Elliot Trudeau, Jean Marchand et Gérard Pelletier.On oublie trop souvent que l'instigateur de cette lutte pour faire connaître l'étendue des ravages causés par les maladies industrielles au Québec, dénoncer la négligence «criminelle» dts pouvoirs du temps \u2014 le gouvernement duplessiste entre autres, qui permettait à ces «abattoirs humains» de se perpétuer\u2014 et qui voulait forcer les grandes sociétés et les gouvernements qui les appuyaient à reconnaître «les crimes commis» et à prendre les mesures nécessaires, n'était pas Trudeau ou |ean Marchand ou qui que ce soit, mais bien Burton LeDoux, un Franco-Américain, journaliste à ses heures et essayiste.Andrée Dandurand, elle, diplômée en littérature de l'Université de Montréal et de la Sorbonne, scénariste de cinéma surtout «social», n'a pas oublié.Et dans un premier roman qu'elle vient de publier chez Québec-Amérique, Les carnets de David Thomas, elle nous raconte le combat de de Burtoux qui de 1940 à 1953, décrira, dans Relations puis dans Le Devoir les conditions de vie d'une population soumise aux diktats économiques des grandes sociétés minières et industrielles proches de celles du XIXe siècle.Et surtout le combat des gens qui voulaient changer la situation, comme ce groupe de femmes de Saint-Rémi-d'Amherst qui, suite au décès suspects de leur maris à la mine, intentèrent un procès à la compagnie.David Thon*as, c'est évidem- * M.'Mm.jfI \" Andrée Dandurand ment Burton LeDoux.Mais un Burton LeDoux romancé, parce que Andrée Dandurand, qui a réalisé notamment des scénarios de films documentaires sur les maladies industrielles, a décidé, enfin, de réaliser le rêve de sa vie : écrire un roman, bien que son premier ouvrage, en fait, aurait bien pu être, si le projet non complètement abandonné s'était réalisé, un scénario de film.Mais même là, l'oeuvre aurait été romancée.Bref, à partir de faits vrais, Andrée Dandurand s'est livrée à sa fantaisie, à du recoupement, etc.Un peu comme Émile Zola avec son Germinal.Bien sûr, Andrée Dandurand n'est pas Zola et Saint-Rémi-d'Amherst, Asbestos ou Rouyn-Noranda ne sont pas non plus, les villes minières que décrit Zola.Pas plus d'ailleurs que le Vimy lonction fictif que décrit Andrée Dandurand n'a vraiment existé.Mais les situations que décrit Andrée Dandurand, si! Tout comme les pressions pour amener Burtoux, pourtant décédé seulement en 1979, aux États-Unis, à 86 ans, à se taire.A î'époque, d'ailleurs, il y avait déjà 25 ans que l'essayiste-journaliste de combat s'était tu.Ou plutôt qu'on l'avait forcé à se taire.Dans les années 50, il n'était pas bon de s'en prendre, au Québec, aux géants de l'industrie comme la Noranda Mines, l'Asbestos Corporation et bien d'autres.De s'en prendre au silence coupable du clergé et du gouvernement duplessiste.Ni, quand on était américain, de faire face aux McCarthysme qui voyait des «communistes» derrière quiconque voulait s'opposer au capitalisme sauvage.Les carnets de David Thomas aurait constitué un excellent scénario de film ou de téléroman.Andrée Dandurand ne dit pas non d'ailleurs et il se peut que cela devienne éventuellement le cas.Mais surtout, ce livre ressuscitent une page trop souvent méconnue de notre histoire sociale: l'asservissement de populations entières à des compagnies dans ce qu'on appelait les «villes de compagnies».Des conditions inhumaines de travail, des gens qui mouraient prématurément, usés, situations que les gens résignés devaient tolérer, £ar tant que la mort n'était pas arrivée, on avait au moins l'impression de survivre.«Ici, écrit à sa femme un des personnages de ce roman, exilé dans le grand nord par son employeur, on travaille douze, des fois quatorze heures par jour, et le soir je suis tellement fatigué que je peux à peine manger.C'est pas que la nourriture n'est pas bonne.En fait, c'est ce qu'il y a mieux ici, avec le paysage que le monde n'aime pas.«Des fois, je me dis que j'aurais dû accepter les manigances des gens de la compagnie.Mais ça dure pas longtemps.Quand je vois ce qui se passe, comment les hommes sont traités comme des chiens juste bons à se faire jeter un os, je ne peux pas faire autrement que penser que j'avais raison.Je ne pouvais pas accepter ça.Tu comprends.Ça ne m'empêche pas de penser à toi ».C'était au Québec, il y a à peine 50 ans.Notre Germinal à nous, en somme! Et n'eût été de romanciers comme Andrée Dandurand, et peut- i être quelques autres, on n'en saurait rien, car on n'enseigne pas cela dans nos écoles.Ce sont les martyrs de notre histoire sociale, une histoire qu'on n'enseigne pas assez.Les carnets de David Ihomas sont un roman.Ainsi l'a voulu l'auteure, Andrée Dandurand.Mais c'est un roman basé sur les carnets, depuis longtemps oubliés, de Burton LeDoux et portant sur les conditions de travail horribles de milliers de travai-leurs québécois des années 40 et 50.Pour les avoir déterrés, Andrée Dandurand mérite un gros merci.LES CARNETS DE DAVIO THOMAS Andree Dandurand Ouebec Amenque.Montréal 1993 232 pages LA PRESSÉ, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 1994 B 7 Spectacles LES JEUNES ROCKEURS QUEBECOIS FRAPPENT A LA PORTE Alain Brunet poursuit son tour d'horizon des nouveaux rockeurs québécois.Au menu du jour: 3/4 Putains, Henri Band, Riopel, Jessie, B.A.R.F.et, en page B9, Eons et Noir Silence, de la région de Québec.ALAIN BRUNET B.A.R.F./ On ne rigole pas avec des titres comme Wo Wo tabarnac, Mémoires d'un tueur fou, Diable.Mlke Patzlg, Cary McKenzto, Christian Riopel et Jean-Marc PusteMk Riopel /Les Colocs, c'est du folklore.Le rock, c'est Van Halen, Bon Jovi.nous u'on ne vienne pas me dire que les Colocs font du rock», gron- de Jean-Marc Pustelnik.Et paf.Pour le batteur de Riopel, le rock québécois francophone n9existe pas vraiment, sauf exception.« Les Colocs, ils sont ben corrects, mais ce qu'ils font» c'est.du folklore.Le rock, ce n'est pas non plus Zébulon.Le rock, c'est Van Halen, Bon Jovi.», tranche le musicien, péremptoire.Vieux débat: les hard rockeurs n'admettent pas les fagoteurs de chansons costaudes dans leurs rangs, c'est connu.«Ce qu'on a fait, c'est à peu près ce au'il y a de plus heavy au Québec», allègue Christian Riopel, chanteur du groupe, évidemment.L'homme cause, on suppose, de rock commercial.car du côté alterno, B.A.R.F.ferait passer les boys de Riopel pour des bardes de variétés! Longtemps soliste de groupe «top 40» (The Pi us, notamment), Christian Riopel propose enfin ce qu'il a dans la tête et dans les tripes.Bon )ovi, L.A.Cuns, Van Halen, lucratif et non moins efficace hard rock des années 80, voilà ce qu'évoque sur disque (étiquette Mégawatt ) ce band fondé il y a 4 ans.«On est fiers de notre album.On ne voulait pas innover.tout a été fait dans le rock ! Et on a déjà assez de misère à faire du rock au Québec.S'il y avait au moins dix bands de hard rock au Québec, ça irait beaucoup mieux.C'est déjà beau qu'on puisse faire un rock qui vienne d'ici», lance le batteur.«Notre public n'est pas foncièrement amateur de musique francophone.Il aime le rock», stipule Jean-Marc.Mais, au fait, comment un jeune amateur de hard rock, gavé de productions américaines à 150 000 dollars US et plus, peut-il endosser une production modeste.et francophone?« Parce qu'au Québec, on travaille dix fois plus fort, à des taux beaucoup plus bas», de répliquer Christian.En cela, le chanteur croit que le montant d'une production américaine est un peu illusoire si on le compare à celui d'une bonne réalisation québécoise, nettement inférieure en nombre de dollars mais peut-être équivalente sur le plan qualitatif.«On va chercher nos fans directement dans les écoles, ajoute Jean-Marc.Riopel est associé, par exemple, à des initiatives contre le décrochage scolaire.On essaie de personnaliser notre approche, on sait bien qu'il faut aller chercher notre monde à la cuillère.» Nos rockeurs affirment, par ailleurs, que l'impact de leur groupe est nettement plus fort en province qu'à Montréal.Trop corrosifs pour la modulation de fréquence, les boys de Riopel savent bien qu'ils ne peuvent vraiment compter sur la FM commerciale.«On ne fait pas de rock pour faire plaisir à la radio, lance Christian.On ne ne veut pas faire notre musique dans notre local et jouer autre chose sur scène ou sur disque.Trop de groupes font ainsi.» Autre question de l'avocat du diable : Pearl Jam, Nirvana, Stone Temple Pilots, Blind Melon ou Smashing Pumpkins dominent les palmarès américains.Vraisemblablement, nous ne sommes plus à l'ère de Bon |ovi.Or, il semble que Riopel l'est toujours.« Le Québec est un peu en retard, il faut faire de l'éducation avant d'en arriver là, laisse tomber Jean-Marc.Mais on se tient au fait de tous les nouveaux courants.On compte bien suivre l'évolution du rock et en rendre compte dans notre travail.» «La carte de l'originalité, on la joue en faisant du hard en français.Une musique qui vient du coeur», ajoute Christian en pointant le côté gauche de son thorax.Au Bedrock Café de SaintrLuc, Riopel se produit tous les jeudis.À Montréal, Riopel montera bientôt sur les planches du St-Louis Blues, les 21 et 22 janvier prochains.341 Putains / Marginaux, marginalisés, toujours déterminés, autoproduits.f es sûr que c'est toi qui écrit les chansons des 34 Putains?Me semble que t'es insignifiant, alors que les textes sont si bons, lançait suspicieuse-ment une fan au principal intéressé.\u2014 J'suis pas en train de t'écrire une toune.Entre deux pointes de génie, je peux être niaiseuxt a répondu Marc Bi-saillon, ironiquement.et baveusement.Ah t ces pointes de vie.Disons-le d'entrée, Marc Bisaillon ne gagnera jamais de prix en art lyrique.«Gainbourg chantait mal, on ne s'en est jamais plaint, réplique ce grand efflanqué.« Lorsqu'on est allés en France cet automne, personne ne m'a passé la remarque.Ici, par contre, on m'adresse régulièrement cette critique.Au Québec, je le sais, il y a des host.de bonne voix.«Mais quand on n'est pas assez bon, on s'ajuste.|e ne suis pas pressé, j'ai tout le temps pour devenir bon chanteur.Faut pas se rusher.» Si Bisaillon n'a rien d'un Pavarotti de la chanson rock, il écrit par contre, très bien.Certes l'une des meilleures recrues de cette vague de groupes, côté rimes.Lettré, subtil, vitriolique, un tantinet porté sur la foufoune./e suis l'exception qui confirme la règle le suis l'érection qui infirme tes règles, chante le compère Bisaillon dans L'Espoir matozoide.Ouille alors! Boudé par le «milieu», rien n'arrêtera Marc Bisaillon et ses 34 Putains, qui lan- çaient récemment Amorem Cantant, premier album, modeste production.Autodidacte qui se défend bien d'être un décrocheur recyclé dans la chose populaire et chansonnière, le leader des 34 Putains a fait l'université: un an de russe, un an de philo, un an de cinéma, un an d'arts plastiques.Formation idéale pour un chanteur rock! «Des études pour le fun.» Le jeune homme de 27 ans s'estime d'ailleurs chanceux d'esquiver tous les chapitres plates de la vie, ayant opté pou.la vie d'artiste.La culture pop et les grands textes, références multiples, éclatées.|oe Dassin, Léo Ferré en passant par |oy Division, U 2 ou Violent Femmes.Bisaillon et ses comparses absorbent tout et le régurgitent allègrement à l'occasion de folles farandoles.Bisaillon est aussi un fieffé lecteur, féru de Philip Roth et autres maîtres de l'écriture.De la Rive-Sud, frora Saint-Bruno, Marc Bisaillon et son ami le guitariste Éric Ratté faisaient partie d'un groupe lorsque Ses puiis se sont mis à pousser sur les mentons.Marc écrivait des textes, tâ-tait la basse électrique pendant que l'autre triturait les cordes de sa guitare.Comme un démon, dit-on.«U faisait tout Van Halen et Al Dimeola dans le sous-sol », se rappelle Marc, encore admi-ratif à l'endroit de son fidèle complice.Bisaillon proposait quelques textes au chanteur de son groupe, qui a refusé.Malheur! Première manifestation d'entêtement, sortie côté cour avec le guitariste.1988, les 34 Putains commencent à s'ébaudir, participent à Rock Envol.On les ramasse, on ne les prend pas vraiment au sérieux.Ce qui n'empêchera pas le groupe de créer de spectaculaires événements.En 90, une crèche vivante ornait la scène de leur show de Noèl ! Marginaux, marginalisés, toujours déterminés, autoproduits.«L'establishment du spectacle et du disque au Québec, c'est rien, éructe Bisaillon.Une couple de dizaines de personnes.L'industrie ne veut rien savoir, mais on remplit nos salles quand on joue.Et c'est toujours le gros party.» Les 34 Putains agissent dans l'underground, tiennent le coup depuis près de six ans.L'été dernier, les boys louaient un chalet dans les Cantons de l'Est, transformaient la bâtisse en studio et enregistraient Amorem cantant.Les instruments en dedans, le chanteur sur la véranda! Voilà ce qu'on appelle une production plein air! «Nous ne sommes pas un band de chansons à texte, tient à préciser Bisaillon.Un drummer peut changer toute ia perception qu'a le public d'une chanson.» Attitude rock, références tango, reggae, country, polka, rigodon.Des projets?«On n a jamais prévu où on voulait se rendre.|e ne m'imagine pas à 45 ans, je ne m'imaginais pas à 27 ans lorsque j'en avais 20.Une chose est sûre, c'est qu'on va continuer.» Les 34 Putains seront au au Woods-tock le 14 février prochain.Ça va s'aimer mes amis! Henri Band / Du rock de campagne ock de campagne», qu'il dit.Robert Simard, fier Sague-néen transplanté dans le coin de Lachute (Saint-André-Est, plus précisément) est un moineau pas ordinaire.Après avoir terminé des études de maîtrise en histoire, notre zig devient courtier en oeuvres d'art, gère parallèlement une entreprise de construction spécialisée dans la maison haut de gamme.Et, question de rendre plus gai le curri-culum vitae, il devient chanteur rock et parolier émérite.«L'histoire, ça mène à toutte, pourvu que t'en sorte», lance ce futé personnage, dont la business a financé le premier album du Henri Band \u2014 Henri f.Jeune homme d'affaires prospère, joyeux fêtard, fortiche déconneur, «objecteur de sa propre conscience », Simard et ses chums organisaient des galas de lutte dans son patelin.«Un prétexte pour boire», se rappelle-t-il en laissant retentir un rire communicatif.Pour divertir les spectateurs entre cha- que combat, ils embauchent quelques gratteux du coin qui s'appliquent à reproduire les riffs de Slayer et Metallica.Pas de chanteur?On va arranger ça.Robert se propose, s'impose, dispose.Le Henri Band est né: Francis Lépine aux guitares, Christian Légaré aux claviers et à l'accordéon, Stéphane Araeneau à la basse, Daniel Gagné à la batterie se joindront progressivement à la formation.Maniaque des Pogues et de ces groupes anglos aux saveurs celtiques, Simard et ses collègues font dans le rigodon corrosif.Rock de campagne, rock de souche.Plumesque dans la rime, country-rock-celte'a*billy dans la note.Les amateurs de catégorie-à-tout-prix confineront le Henri Band à la case Colocs-Zébulon.facile à prévoir.«C'est sûr qu'on arrive avec la vague Colocs.Et puis après?Notre musique n'est pas prétentieuse, ça reste toujours simple.On boit, on fête, c'est le party et il y a quand même du contenu dans les textes.» Car, pour Simard, la musique du Henri Band sert d'abord les textes.«J'ironise beaucoup, je fais de l'imposture en incarnant les personnages de mes chansons.C'est ma façon de contester.» Patriote déchu, bum de campagne, fou du roi, critique penaud de la condition masculine, noctambule, rêveur et excessif, telles sont les personnalités évoquées par le Henri Band.Au fait, pourquoi Henri Band?Henri serait le personnage central d'un autre conte épique signé Robert Simard.Henri et son ami Georges auraient remonté la rivière du Nord afin de pécher le coré-gon glacé.Nos compères aboutissent à l'auberge des Caps sauvages, où l'on s'amuse ferme.Le jeu favori de la clientèle?Un poulet marche sur un fil de fer, lâche une crotte sur des numéros préalablement choisis par les convives.Ayoye.Qu'adviendra-t-il d'Htari?Laissons le soin à Simard de terminer ce conte suave, jeudi prochain au Club Soda.Une autr e pi il itebw utft» « covers » métamorphosée en recrue pop-rock omme Laurence Jalbert, France D'Amour ou Claire Vézina, Marie Jessie a longtemps ratissé le réseau des club* avant de faire valoir la musique originale de son groupe.Une autre princesse des «covers» métamorphosée en recrue pop-rock.Est-il besoin d'ajouter que cette chanteuse touffe du rock depuis l'aube de la tuberté.Que Pat Benatar fut le modèle de cette petite bombe.Qu'AlannahMyles et Melissa Etherid-ge sont aussi des références pour cette chanteuse at coffre pour le moins impressionnai U y a trois ans, Marie lessie et ses collègues (le guitariste Jean-Pierre Blond in, le bassiste Daniel Mastro-matto, le daviériste Bruno Lavoie et le batteur Pierre Dufour, tous issus de la région aétropolitaine) brisaient le cercle vicieux du top 40.La récession aurait accéiôrô le processus: les chèques de pa je diminuaient à vue d'oeil, les clubs tombaient comme des mouches.Ces bornes gens allaient mettre tout en oeuvre pour que leur rêve devienne r&lité: vivre de leurs propres compositions.Et pas question de s'exposer aux compétitions amateures pour arrter à leurs fins.«|e n'ai jamais voulu faire de concours.|e n'aime pas me faire évaluer.Pourquoi faut-il nous retrouver avcc des amateurs?On est professionnels, se retrouver là aurait été une régression », tranche Marie lessie.André Di Cesare, qui a pris un virage rock depuis quelques temps, a repéré le quintette.Un certain soir de dé-cembte, dans un club de Coaticook, il fut décidé que le groupe lessie endis-querait sur étiquette Star.«Il nous fallait une carte de visite», dix:; Bruno Lavoie, conscient qu'un premier album de compositions originales ne témoigne pas exactement de ce que cinq jeunes rockeurs ont imaginé d'entrée.Car lessie n'offre rien, absolument rien qui puisse déroger du plus prévisible corporate rock.«Nos maquettes étaient plus rock.Mais tout ce qu'on aime en musique est là.Nous, on l grandi avec cette musique, c'est ça qu'on aime», nuance Marie lessie, dont le regard déterminé traduit le leadership.«En spectacle, on est plus agressifs», annonce la chanteuse d'autre part.L'histoire est connue: rock plus orthodoxe en ondes, livraison plus corrosive sur scène.On imagine lessie déménager d'aplomb sur les planche*.l'une de ces curieuses excroissances de la culture rock, flanquée à l'extrémité gauche du spectre.D'entrée, B.A.R.F.émettait des fréquences anglo-saxonnes.Or, lorsque La Presse rencontrait des membres du groupe pour la première fois ( il y a deux ans ), Vaillancourt et ses collègues (Denis Le-page aux guitares, Vincent Laplaca à la basse et Sag à la batterie) étaient à aménager un répertoire bilingue.Il semble que le français l'emporte désormais, si l'on s'ent tient au contenu du nouvel album de B.A.R.F.: Ignorance, Chaos, Suicide, sur étiquette Tir Groupé.On ne rigole pas avec des titres comme Wo Wo tabarnac, Diable, Mémoires d'un tueur fou.Désespéré, Vaillancourt et Lepage, auteurs de ces chansons?Pas autant que vous l'auriez convenu.Depuis une semaine à peine, Marc est devenu père de famille.Ça risque d'adoucir son homme.mmWÊj^ A.R.F.qui, en ^Be fait, signifie « Blasting AU Rotten Fuckers», est le premier groupe hardeore à avoir fait presque entièrement rimer ses borborygmes en français.Tenace, le quatuor: sept années plus tôt, Marc Vaillancourt et ses potes rongeaient leur frein dans les bungalows familiaux (Laval et Sainte-Thérèse), laissaient fermenter leur rébellion.Fallait que le méchant sorte! Ça sort toujours.Aurez-vous compris que nos sbires rockent beaucoup plus durement que la moyenne.Dès la naissance de B.A.R.F., le chanteur charriait des rimes inaudibles sur scène, ensevelies sous un magma de distorsion, fusillées par des rythmes ultra-rapides.Gueule contre les force policières, gueule sur les conditions économiques d'une génération laissée pour compte, dégueule de terrifiants fantasmes suicidaires, trouve parfois refuge dans un cocon de science-fiction.Témoignant d'une tendance tributaire du hardeore international, un style hy-bridant speed-métal et post-punk, rebaptisé speed-core ou grind-core dans certains cas ( incluant entre autres les groupes Dirty Rotten Imbecile, Storm Troopers Of Death, etc.), B.A.R.F.est LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 16 JANVIER 1994 B 9 LES JEUNES ROCKEURS QUÉBÉCOIS FRAPPENT A LA PORTE story ¦ Il y a profusion de rock en aval de Montréal.Les gisements sont repérabîec à Québec et en Beauce, notamment.Eons, l.D.F.X.(prononcer Idéfix), Shininfc, Méchant Boris, Showbises, R.P.M., Nox, Les (Cabochons, Noir Silence et plusieurs autres écument les bars de la région de Québec, étoffent leurs langages respectifs, témoignent tous de cette effervescence rock à l'échelle nationale.Certains bands ont d'ores et déjà endisqué leur mini-album, allant jusqu'à rafler des premières positions à CHOl FM, cette station de Québec ayant opté pour le rock.Avec succès, d'ailleurs.L'émergence d'Eons, genre de success story à Québec, illustre bien le phénomène.CHOl FM a rapidement admis cette formation autoproduite, hissant deux chansons d'Eons au sommet de son palmarès \u2014 Caméléon de fantaisie, pièce-titre de l'album, et Phobie ont été accueillies d'emblée par Marc Lan-driault, directeur musical de la station.Ce dernier a su combler le manque de nouveau rock francophone par la diffusion de matériel autoproduit sur son territoire d'intervention.Qui plus est, les chansons d'Eons tournent en province.Quant à Montréal.quelques animateurs de radio universitaire daignent faire tourner cet album autoproduit qui n'a absolument rien d'alternatif, soit dit en passant.Mélodies pop, un soupçon de progressif, quelques emprunts funky, quelques accords hard, une petite séquence rap, une ballade à la Santana.un style à circonscrire, quoi.Et «une bonne base de québécois», si l'on s'en tient aux dires de Steeve Lapoin-te, claviériste d'Eons.«Il est important qu'une chanson évoque des choses vécues, proches de nous, proches des gens qui nous touchent», stipule-t-il.«Trois sets par soir, trois com-pos par set», suggère Lapointe.Dans les bars, la livraison de trois chansons originales par «set» permettrait à Eons de développer son langage et surtout, d'acheminer une modeste production discographique en modulation de fréquence.Unique formule de survie permettant l'immixtion de compositions originales dans le réseau des clubs en province qui, ont le sait, ont longtemps exclu ce qui n'était pas issu du top 40 anglo-saxon ou du répertoire québécois des valeurs sures.Plusieurs groupes ont, de fait, suivi l'exemple d'Eons en préparant des maquettes souvent admises sur les ondes de CHOl FM.«On n'a pas peur de foncer, lance Steeve, triomphalement.On es- \"Faites-Vous Plaisir, Allez Voir 'Les Vestiges Du Jour'.\" - LYSIANE GAGNON.LA PRESSE Vestiges DU TOUR \"THE REMAINS OF THE DAV COLUMBI/ f PICIURISI version française\t\t\t1\tG \tDESJARDINS sww HASU.AIPI J * $\t\t\t KipjO ¦»\u2022\u2022 *\t\tTROlS-RlVpES rte \u2022\t\t35-3277 * A | ¦ F C 3\tJUfe et dimanche et des Jours ferlés.\tm T w \" ¦ ¦ ^ ™ ^ Pour informations, appelez 849- î?t5*î de 1 lhOO à 22H00 MAINIENANÎ OUVEKF iM»o: 449'/*404 CINLMA 6 tiOUl.Ht kVII I I DU 14 AU 20 JANVIER 1994 COMPLEXE DESJARDINS Basiliaire 1 849-FILM ASTRE 327-5001 9480.boul.Lacordairfr\t MRS.DOUBTFIRE (v.o.ftnglalM) (G) Sam.et Dim.: 1:15 - 3:40-6:45 \u2022 9:10 Sem : 6:45-9:10 Couche lard : Ven.et Sam.: 11:30\t PELICAN BRIEF (v.o.anglaise) * Sam.et Dim.: 1:00 \u2022 3:50 \u2022 6:50 - 9:30 Sem.: 6:50 - 9:30\t BEETHOVEN 2 (v.o.anglaise) (G) Dig Sam.et Dèm.: 1:00 - 3:00 - 5:00 - 7:00 Sem.: 7.00 - 9:00 Couche tard : Ven.et Sam.: 11:00\trtal - 9:00 SISTER ACT 2 (v.o.anglaiae) (G) Sam.et Dim.: 1:10-3:15-5:15-7:15 Sem : 7:15-9:20 Couche tard : Ven.et Sam.: 11:20\t\u20229:20 BERRI 849-FILM 1280.rue St-Denis\t PHILADELPHIE (v.française) (G) * 1:45 - 4:15 - 6:50 - 9:30 Laissez-passer refuses\tè MATUSALEM (v.o.française) (G) * 1 30-4:00-7:00-9:25\t6 L AFFAIRE PELICAN (v.française) + 1:30-4:10-7:00-9:30\t MADAME DOUBTFIRE (v.française) (G) * 1:30 - 4:15 - 6:50 - 9:30\t PLACE ALEXIS NIHON Métro Atwater M9-FILM MARMOTTES (LES) (v.o.françaétt) * 1:20 - 4:00 » 7:00 « 9:30_ L'UNIVERS DES OMBRES (v.françttae) (G) * 1:00 \u2022 3:45 - 6:50 - 9:30 / La*\u2014«z-pif\u2014e rtfugég VESTIGES DU JOUR (LES) (v.fr»nçat*e) (G) * 1:10-3:50 «6:45 «9:25_ CIEL ET LA TERRE (LE) (v.français») (13 ans) 1:50-5:00-8:00 CREMAZIE' 849-FILM 8610.rue St-Denis L'AFFAIRE PELICAN (v.française) * Dim.: 2:00 \u2022 5:00 - 8:00 / Sam.at Sam.: 8:00 LE DAUPHIN 849-FILM (Tv 2396 est.rue Beaubien\t\\jy LEÇON DE PIANO (LA) (v.française) (13 ans) * Dim.: 2:00 - 4:30 - 7:00 \u2022 9:30 Sam.et Sam.: 7.-00 \u2022 9:30 MRS.DOUBTFIRE (v.o.anglatee) (G) * 1:30 \u2022 4:15 - 7:00 - 9:30_ HOUSE PARTY 3 (v.o.anglaisa) * 1:30 \u2022 3:30 \u2022 5:30 - 7:30 \u2022 9:30_ BEETHOVEN 2 (v.o.anfltaiaa) (G) * 1:30-3:30» 5:36 - 7:30_ GERONIMO (v.o.angtaéae) (G) * 9:30 LE FAUBOURG 649-FlLMm t 1616 ouest, rue Ste-Cathenne \\ Vt/ PHM.ADELPHA (v.o.sngisiss) (G) « SR 12:50 \u2022 3:35 \u2022 6:45 - 9:25 M THE NAME OF THE FATHER (vx>.>-7:00-9 13 ans) * THX /1:10 - 3:55 \u2022 SCHUNDER'S UST (v.o aralaisa) (13 ai 12:30 \u2022 4:00 \u2022 7:30 / Exe.la 20 Janv.: 12 TROtS COULEURS BLEU (v.Dim.: 2:10 -4:15 -7:15 -9:15 Ssm.et Sam.: 7:15 \u2022 9:15 DECARIE 849-FILM Décarie, sud de Jean-Talon IRON WILL (v.o anglaise) (G Sem.et Dim.: 1:40-4:10-Sem.: 7.00 - 9:30 ) (0) * 9:30 BEETHOVEN 2 (v.française) (G) 1:30 - 3:20 - 5:15 - 7:10 - 9:00 BROSSARD 849-FILM 1\tH ÉGYPTIEN 849-FILM Mail Champlain \u2022 6600.boul.Taschereau O .1455; rue pee| PIANO (THE) (v.a Sam.et Dim.: 1:30 Sam.: 7:00 - 9:25 03 ans) '£0-9:25 L AFFAIRE PELICAN (v.française) ?6:45-9:45_ MATUSALEM (v.o.française) (G) * Sam.et Dim.: 11:30 \u2022 2:00 - 4:30 Mar.et Mer.: 4:30_ MRS.DOUBTFIRE (v.o.anglaise) (G) Sam.et Dim.: 1:15 \u2022 4:10-7:00 - 9:30 Ven., Lun.et Jeu.: 7:00 - 9:30 Mar.et Mer.: 4:10 - 7:00 - 9:30_ PHILADELPHIA (v.o.anglaise) (G) * Sam.et Dim.: 1:00 - 4:00 \u2022 6:55 - 9:40 Ven., Lun.et Jeu.: 6:55 \u2022 9:40 Mar.et Mer.: 4.00 \u2022 6:55 \u2022 9:40 Laitsez-passer refusés CARREFOUR LAVAL .' 2330.boul.Le Carrefour 849-FILM O L UNIVERS DES OMBRES (v.française) (G) Sam., Dim.Mar.et Mer.: 6:30 - 9:10 Ven.Lun.et Jeu.: 6:45 \u2022 9:20 Laisse^-passer refusés_ MATUSALEM (v.o.française) (G) Sam., Dim.Mar.et Mer.: 12:50 - 2:50 - 4:50 Ven.Lun.et Jeu.: 6:50 SHADOWLANDS (v.o.1:15 - 3:50 - 6:30 - 9:15/ KG)* REMAINS OF THE DAV (v.O.1:30-4:05-6:45-9:25 ) (G) * MRS.DOUBTFIRE (v.o.1:45 - 4:15 -7:00- 9:30 ) (G) * SCHUNDER'S US f (v.o.sngtaiae)(13 ans) Digital 1:00 - 4:30 \u2022 9:00 / Laissez-passer refusés COTE-DES^NEIGES ^ L 6700.Côte des-Neiqes 849-FILM #/ O PELICAN BRIEF (v.o.snglaise) * Sam.Dim., Mar.et Mer.: 1:30 - 4:10 \u2022 6:50 \u2022 9:30 Ven., Lun.et Jeu.: 6:50 \u2022 9:30_ 32 SHORT FILMS ABOUT GLENN GOULD (v.o.anglaise) (G) * / Sam., Dim., Mar.at Mer.: 1:20 - 3-20 - 5:20 - 7:20 - 9:20 Ven., Lun.et Jeu.: 7:20 - 9:20_ MRS.DOUBTFIRE (v.o.anglaise) (G) * Sem-, Dim., Mar.et Msr.: 1:45-445 - 7:05 - 9:35 Ven., Lun.et Jeu.: 7:05 - 9:35_ GRUMPY OLD MEN (v.o.sngisiss) (G) * Sam., Dim., Mar.et Mar.: 3:15 - 7:15 - 9:25 Van., Lun.et Jeu.: 7:15 « 9:25_ BEETHOVEN 2 (v.o.anglaise) (G) * Sam., Dim., Mar.at Mer.: 130_ SOÎINOLERS UST (vxy angisise) (13 ans) Digital Sam., Dim., Mar.at Mer.: f:00 - 4:30 - 8:00 Ven., Lun au Jeu.: 8:00 /1 LANGELIER Carrefour Langelier 255-5551 L UNIVERS DES OMBRES (v.française) (G) * Sam.et Dim.: 8:00 / Sem.: 8:00 Couche tard : Ven.et Sam.: 11:30_ BEETHOVEN 2 (v.française) (G) * \u20222:45- \"\" Sam.et Dim.Sem.: 6:15 1:00 4:30-6:15 MATUSALEM (v.o.française) (G) * - 2:50 - 5:00 - 7:05 Sam.et Dim.: 12:45 Sem.: 7:05 A LA MANIERE DE CARLITO (v.française) (13 ana) ?/ 9:20 L'AFFAIRE PELICAN (v.Sam.et Dim.: 1:00 - 3:50 Sem.: 6:50 - 9:30 >* 9:30 MRS.DOUBTFIRE (v.o.anglaise) (G) * Sam.Dim.Mar.et Mer.: 2:00 - 4:35 \u2022 7:01 Ven.Lun.et Jeu.: 7:00 - 9:30 PHILADELPHIE (v.française) jmà allée a Marie-Hélène Hofbcck et la\tfatfé K^t^Sfi bourse Gresi a Jean-François Olianv wJf jaflH\tCBn Pharmaprix a décidé d'endosser la cause du Centre d'écoute le Phare, la propriétaire de l'un des commerces Pharmaprix, Dorothée Minville, ayant remis un don de 500 $ au président du Havre, Bernard Rivet.A MERCREDI La mort nous attend tous et en cette époque où l'on compte tant de victimes du cancer Ïida, plusieurs savent ;nt des soins pallia- ie-Claire Séguin.; Serge Deslières, Grande-Ile; Anne-Marie Primeau, présidente du Centre Terre d'émeraude; André Moo-ney, président de la Fondation ; Judith Larin, fondatrice du Centre.La Fondation, compte sur vos dons.Renseignements: Terre d'émeraude, 177, boulevard du Havre, Valleyfield (Québec), J6S1A6.Il y aura bientôt soixante ans Fa- m biola Savoie et I Jean Roy (en mortaise) ont uni leurs destinées.Fidèles en toutes choses, I après s'être mariés I à Saint-Barthélé- 1 my: comté de Ber- M thier9 le 17 juin M 1954, ils se sopnt é- V tublis dans cette W municipalité où ils W! demeurent toujours.^Ê Agriculteurs, ils ont eu six enfants qui leur ont donné dix petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants, qui les ont célébré en début de cette année anniversaire.Les étudiants du programme de baccalauréat en administratioan des affaires de l'École des hautes études commerciales ont remporté les Jeux du commerce 1994, devant 12 autres universités participantes.il s'agit d'une troisième victoire en six ans.Les S0 étudiants des HEC ont remporté des premières places en: comptabilité, entrepreneurship, débat oratoire, volleyball et frisbee ultime.Auteur et co-auteur de deux importantes découvertes médicales, soit le gène responsable de certaines formes familiales de sclérose latérale amyotrophi-que, et le gène d'une autre maladie neurologique, la neurofibromatose type 2, le docteur Guy Rouleau, du Centre de recherche en neurosciences de l'Hôpital Général de Montréal et de l'université McGill vient de recevoir le titre de «scientifique de l'année de Radio-Canada en 1993», attribué par l'équipe de l'émission Aujourd'hui la science, diffusée le dimanche à 11 h 06, à la radio AM de Radio-Canada.Le docteur Rouleau, et son équipe d'une vingtaine de personnes, bénéficient de subventions de recherche de 700 000$ par année, la moitié provenant des États-Unis.Ils se spécialisent dans le domaine des maladies dégénératives du système nerveux central.Le docteur Guy Rouleau sera donc l'invité spéciale de l'animateur Yanick Villedien, à l'émission de ce matin, à compter de 11 h 06.Prolongation, jusqu'au 28 janvier, des inscriptions au Concours du Prix d'excellence pour la publicité et la diversité ethnique du Centre de recherche-action sur les relations raciales.Sont éligibles, toutes les pièces publicitaires diffusées entre septembre 1992 et décembre 1993, et qui ont été créées en français par une agence ayant une place d'affaires au Québec.Les publicités doivent réfléter le caractère multiethnique de la société québécoise.Renseignements : CRARR, 3465, Côte-des-Neiges, Bureau 801, Monrtréal (Québec), H3H 1T7.Tél.939-9763.Participant au - mouvement de * % générosité du ; temps des Fëteç, Shell Canada a % livré 685 caisses -d'aliments non périssables à l'entrepôt de Jeunesse au Soleil.C'est le directeur des services d 'urgence de Jeunesse au Soleil, Tommy Kulczyk (en bas) qui a reçu la cargaison amenée par Sonia Larin, directrice des affaires publiques chez Shell.Le bal de la Fondation de l'hôpital Charles LeMoyne, qui a eu lieu à l'hôtel Ritî-Carlton Kempinski, sous la présidence d'honneur du ministre André Bourbeau, a permis de recueillir 40 000$, somme qui servira à l'achat d'équipement médical pour l'hôpital Charles LeMoyne.L
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