La presse, 3 février 1994, B. Politique
[" Un projet de loi limitant l'emploi de la force par la police Presse Canadienne OTTAWA Le gouvernement fédéral projette de déposer d'ici une semaine un projet de loi visant à limiter l'emploi de la force par la police, a déclaré hier le ministre de la lustice, Allan Rock.M.Rock a précisé que le gouvernement désire remplacer la soi-disant clause du délinquant en fuite du code pénal.La clause donne à la police une grande latitude pour utiliser la force pour arrêter des suspects qui s'enfuient, permettant même aux agents de les abattre si nécessaire.«Depuis plusieurs années la clause a été critiquée pour manque de proportion et le projet de loi que nous déposerons vise à éliminer ces défauts», a souligné M.Rock.Les mesures proposées exigeraient.que la force soit proportionnelle à la menace posée par un suspect en fuite.Le projet de loi refléterait les démarches déjà entreprises par beaucoup de corps policiers pour imposer des contraintes sur le recours à la force, a ajouté M.Rock.«l'espère aussi que cela rassurera un peu le public de savoir que l'on ne recourra à la force que lorsque ce sera raisonnablement justifié.» La loi actuelle permet à des policiers procédant à une arrestation d'employer autant de force que nécessaire pour empêcher un suspect de s'échapper, à moins que cela puisse être évité par des moyens raisonnables et d'une manière moins violente.En théorie, la police pourrait tirer sur un voleur à l'étalage qui tenterait de s'enfuir.Les communautés minoritaires établies à Montréal et à Toronto ont demandé que la loi soit changée après que la police eut abattu des Noirs et des membres des minorités visibles.Et, l'été dernier, un juge ontarien a statué que la clause du délinquant en fuite est inconstitutionnelle parce qu'elle est trop large et que ce genre de disposition n'a plus cours dans les sociétés civilisées.Des cours supérieures ne se sont pas prononcées sur la clause, mais le ministère fédéral de la lustice envisageait depuis quelque temps déjà de la remplacer.Chrétien exclut toute diminution des pensions de retraite Presse Canadienne OTTAWA Le gouvernement libéral a exclu, hier, toute diminution des pensions de retraite ou encore l'adoption d'une taxe sur les carburants fossiles, dans son budget, mais est demeuré coi sur les mesures prévues par ce dernier.Le premier ministre Jean Chrétien a rejeté l'idée de réduire les pensions fédérales destinées aux personnes âgées dans le but d'économiser de l'argent.Pour sa part, le ministre des Finances.Paul Martin, a jeté une douche d'eau froide sur le Reform Party, qui soutient que le gouvernement envisage une soi-disant « taxe sur le carbone », destinée à réduire la consommation des carburants produisant îe plus de polluants.La question des pensions a été soulevée aux Communes lorsque le leader du Reform, Pres-ton Manning.a indiqué que les gens s'inquiétaient de la possibilité que le gouvernement réduise ses contributions maximales au régime de pensions de retraite.M.Chrétien a alors répliqué à son adversaire que pour en savoir plus, il lui faudrait attendre le budget, prévu à la fin du mois.Il a toutefois laissé entendre qu'il s'opposait à la proposition du Reform, soit que le gouvernement cesse d'accorder leurs pensions aux Canadiens à revenu élevé.Lors de la campagne électorale, le Reform s'est prononcé en faveur de réductions de dépenses de l'ordre de 20 milliards en trois ans, incluant 3,5 milliards en pensions payées par le gouvernement aux familles dont le revenu annuel dépasse 54 000$.«l'espère que le ministre des Finances n'adoptera pas l'idée avancée par le leader du Reform, qui veut que nous coupions les pensions des personnes âgées», a lancé M.Chrétien.Immigration : Ottawa maintient le cap Le Canada accueillera 250 000 immigrants, dont 28 000 réfugiés, cette année MA1IK-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Sergio Marchi, a annoncé hier que le Canada accepterait 250 000 immigrants cette année, soit 20 000 de moins que ce qui avait été promis dans le programme électoral du parti.Les prévisions concernant le nombre de réfugiés acceptés au Canada ont aussi été revisées à la baisse.Les conservateurs avaient prévu en accepter 53 000 en 1994, les libéraux en prévoient 28 300.Ces chiffres, qui ont légèrement déçu le Bloc québécois \u2014 l'opposition officielle trouve les prévisions pour les réfugiés trop basses \u2014- ont fait bondir le Parti de la réforme qui a profité de l'annonce du ministre hier pour rappeler haut et fort qu'il était en faveur d'une réduction massive des niveaux d'immigration.«On a une mauvaise économie et tout ce que ça fait c'est aggraver la situation», a déclaré le critique réformiste.Art Hanger, un ancien policier de Calgary, quand il a appris que le gouvernement maintenait les niveaux d'immigration.M.Hanger a aussi déclaré que beaucoup d'immigrants ne savaient pas lire, qu'ils augmentaient les niveaux de chômage et qu'ils coûtaient cher en sécurité sociale.Niveaux d'immigration 1979-1994 300000 200 000 t Total prévu pour 1994: 250 000 personnes.100 000 Le ministre de l'Immigration, Sergio Marchi[ a annoncé mercredi que le Canada acceptera 250 000 immigrants et réfugiés, en 1994.¦ TT\" RKW vWj II Xvv.w m 7?: ,;.v.v \u2022X-.'X; T ,/a;.\", y.y.v \u2022\u2022y.yfl y-:': on M MM Total estimé po 1993: 245 800 personnes.ur .v.v.\u2022 m .j ¦ *v.X\\ .y i y i y i y.y i .m\tT ' T T.T ' T\t*T ¦*\" 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 Source: Statistique Canada, Gouvernement du Canada (PC) Les réformistes estiment que le Canada devrait admettre un maximum de 150 000 immigrants par année, après avoir mis en place un programme de sélection permettant de choisir les immigrants en fonction des besoins économiques du Canada.M.Hanger a dit hier que le gouvernement devait repenser toute sa politique et soumettre une proposition à la population par référendum, une idée que le ministre a rejetée.D'après M.Marchi, le chiffre de 250 000 répond aux promesses Sergio Marchi faites par le Parti libéral, parce que cela correspond «approximativement» à un p.cent de la population canadienne.La population canadienne est d'environ 27 millions de personnes.Un p.cent de la population est donc 270 000 personnes.Le plan, dit-il, repond aussi aux promesses faites concernant le choix des immigrants.Le minis- La France et le Québec veulent emprunter ensemble l'«autoroute de l'information» CILLES NORMAND envoyé spécial la Presse À PARIS Le premier ministre de la-France, Edouard Balladur, et le premier ministre du Québec, Daniel lohnson, ont convenu hier au cours d'un entretien d'une quarantaine de minutes, à Matignon, de l'urgence pour le monde francophone d'emprunter ce qu'ils ont appelé «l'autoroute de l'information».Ils se sont entendus sur un projet pour mettre en commun les banques de données informatisées dans divers domaines, plus spécifiquement les informations provenant des milieux scientifiques et universitaires, des centres de recherche et des bibliothèques, afin de faire face à la con-1 currence des État-Unis dans divers domaines.Nos voisins du sud.a souligné Daniel Johnson, sont en effet «en voie de réaliser cette augmentation de leur capacité de transmettre les données, qui va devenir une clé de compétitivité accrue».«Autrement, on va être laissé pour compte», a indiqué le premier ministre du Québec à sa sortie de Matignon.Bien qu'il fasse valoir que le français s'est établi plus solidement au Québec depuis les 25 dernières années, le premier ministre (ohnson a parlé fréquemment de «survivance du français» durant ces deux journées passées en France, assurant que cette survivance passait par la maîtrise de l'économie, dans le cadre de quoi il place les associations entre sociétés commerciales.MM.(ohnson et Balladur ont émis un communiqué conjoint exprimant leur volonté de favoriser des partenariats franco-québécois dans les domaines clés de l'économie, de la science et de la technologie, de la cuture, de la langue et des communications.L'un et l'autre, a rapporté le premier ministre du Québec, ont convenu de donner instruction à leur administration respective et leurs ministres «de dresser un programme extrêmement précis qui ferait en sorte que les banques de données qui existent, en France et au Québec, ainsi que dans le reste de la Francophonie, Le premier ministre du Ouébec, Daniel Johnson (à droite), a rencontré hier, * Paris, son homologue français, Édouard Balladur.\tpnoro ap éventuellement, puissent être mises en rapport, grâce à l'autoroute de l'information».M.lohnson a précisé que le programme devra appuyer sur la vitesse de transmission des données.C'est l'union européenne et la conclusion du traité nord-sud en Amérique, l'ALENA, qui amènent la France et le Québec à vouloir cette coopération.Les nouvelles unions économiques ouvrent en effet des marchés que M.lohnson a qualifiés à maintes reprises de «très complexes».Et la coopération dont il se fait le promoteur n'implique pas uniquement les gouvernements, mais les entreprises.Au cours de ces deux journées, le premier mi- nistre lohnson a rencontré un groupe d'hommes d'affaires du Québec qui dirigent des entreprises en France, ou des Français qui font la réciproque au Québec.«|e leur ai rappelé que les marchés que nous pouvons exploiter de part et d'autre de l'Atlantique sont passablement plus-complexes qu'il n'y paraît et qu'on a intérêt à s'associer pour acquérir de façon immédiate, la connaissance du marché dans lequel l'autre opère déjà.Et il y a un intérêt de part et d'autre de s'associer pour bénéficier des grands marchés qui viennent d'être mis sur pied grâce à l'ALENA et à l'Union européenne notamment», a-t-il expliqué.Le premier ministre a précisé qu'il voyait le Québec comme une porte d'entrée pour les exportations françaises en Amérique du Nord, et vice-versa.De plus en plus, il parle du Québec comme d'une plaque tournante.Daniel lohnson a quitté Paris en catastrophe, en fin d'après-midi, sous escorte policière, pour se rendre à l'aéroport Charles-de-Gaulle.d'où il s'est envolé pour Londres, où son programme prévoit de nombreuses rencontres dans les milieux d'affaires.Il déjeûnera à midi au Canada-UK Chamber of Commerce où il prononcera une allocution.Demain, il aura un entretien privé avec le premier ministre john Major, au 10 Downing StreeL \u2022 tre a augmenté à 45 p.cent la proportion des immigrants qui seront accueillis dans le cadre du programme de réunification familiale, comme on le disait dans le Livre rouge.D'après M.Marchi, la famille est probablement la meilleure structure sociale pour leur accueil et leur intégration.Les réformistes, eux, trouvent que le gouvernement «montre une préférence pour les immigrants qui ont tendance à vivre au crochet de l'assistance sociale et qui vont faire baisser la qualité moyenne des travailleurs», a déclaré M.Hanger.Le ministre augmente aussi de 10 000 le nombre d'immigrants choisis en fonction de leurs compétences professionnelles, pour faire passer le chiffre à environ 86 700, soit 44 p.cent du chiffre total.Le ministre a en outre annonce hier qu'il commençait dès maintenant une vaste consultation publique qui servira de base à l'élaboration de plans quinquennaux.Hier, M.Marchi a déclaré qu'a son avis, les critiques exprimées par les réformistes naissaient de leur «ignorance» et qu'il était tout à fait prêt a débattre publiquement des interrogations qu'ils soulèvent au sujet de l'apport économique des immigrants.Mais pour M.Marchi, lui-même fils d'immigrant, il ne fait pas de doute que l'immigration contribue plus à l'essort économique du pays qu'elle ne lui en coûte.Pauline Marois Mme Marois s'étonne des propos de Johnson à Paris MARIO FONTAINE n désavouant le Vive le.Québec libre du gênerai de Gaulle, Daniel lohnson ré-interprète l'histoire à sa façon afin d'élargir sa clientèle fédéraliste, estime l'ex-ministre et-député péquiste de Taillon.Pauline Marois.Mme Marois qualifie les propos tenus par M.(ohnson à Paris avant-hier de «très étonnants», compte tenu qu'ils vont à l'encontre des tendances lourdes observées depuis plusieurs années au Québec.Selon cette ex-candidate au leadership du Parti québécois, le nouveau premier ministre libéral veut grapiller quelques votes dans des secteurs perméables de l'électorat.après que le PLQ ait effrité la base électorale du Parti égalité.De passage à Paris mardi.M.lohnson a condamné les propos tenus par le général Charles de Gaulle lors de sa visite au Québec en 1967.Alors président de la République française.le général avait utilisé le slogan des forces indépendantistes, Vive le Québec libre.dans un discours prononcé du balcon de l'hôtel de ville de Montréal.Cela avait créé un incident diplomatique grave qui avait écourté son séjour au Canada.Alors premier ministre du Québec, Daniel lohnson père s'était bien gardé de commenter les propos de son illustre hôte.Johnson reconnaît « l'effet positif» du Vive le Ouébec libre CILLES envoyé spécial La Presse À PARIS aniel lohnson a reconnu, hier, à Paris, que le fameux «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle, en 1967, avait été bénéfique au Québec.La veille, il avait en quelque sorte condamné ces propos, en disant que si quelqu'un d'autre venait prononcer de tels propos au Québec, aujourd'hui, il ne serait pas le bienvenu au plan politique.Il avait ajouté que la situation avait changé depuis le temps où son père était premier ministre, sauf en ce qui a trait à la liberté, le Québec ayant «toujours été libre de sa destinée».Se défendant hier d'avoir «désavoué» les célèbres paroles lancées par le général du balcon de l'hôtel de ville de Montréal.M.lohnson a déclaré qu'il n'y avait «pas de doute» que ces propos aient eu un effet positif.«À lepoque, oui.À l'époque, il n'y a pas de doute.À l'époque, ç'a fait prendre conscience; ç'a mis le Québec sur une carte internationale; ç'a fait savoir au monde entier qu'il y avait des francophones là-aussi, il y a 25 ans, qui tentaient de se développer, de survivre.» « Et on a réussi à le faire.Avec nos propres moyens.Mais aujourd'hui, de tels propos risquent d'être sans objet parce que notre liberté, on l'a exprimée», a-t-il affirmé.M.lohnson a aussi été appelé à préciser s'il avait voulu la veille reprocher à la France un manque d'intérêt pour la francophonie, en disant, à côté du ministre gaulliste Alain luppé, que la France tenait «encore moins au raynonnement de la francophonie que le Québec».M.lohnson s'est d'abord montré étonné d'avoir dit cela, ajoutant qu'il n'avait «rien à reprocher à la France».Ce qu'il a voulu dire, a-t-il expliqué, c'est que les Québécois sont au nombre de sept millions dans un ensemble d'un quart de milliard d'anglophones.«C'est une situation potentiellement plus fragile que celle de la France, qui compte 50 millions de Français, avec leur poids, leur influence, leur culture.» Il a ajouté qu'en Amérique, les Québécois avaient besoin de ce réseau de 50 pays qui s'affichent à l'intérieur de la francophonie.Et il insiste depuis deux jours sur «le rayonnement de la francophonie».Hier, M.lohnson a adressé à son homo- logue français Edouard Balladur la même invitation qu'il avait faite au président de la République, François Mitterand, de venir pu Québec.S'il ne sait pas quelle sera la décision de M.Mitterand, il assure que M.Balladur nous rendra visite «à sa plus proche convenance».M.lohnson attribue à «des raisons politiques et de crises de toute nature, depuis trois ans, et de toutes sortes d'événements que l'on connaît chez nous et certains événements dont on a parlé et qui se sont développés ici (France) depuis trois ans», l'absence de fréquentation entre les chefs des deux gouvernements.Dans un communiqué conjoint émis par MM.Balladur et lohnson, on affime l'importance du renforcement des relations directes et privilégiées entre la France et le Québec. Editorial Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry président et editeur Claude Masson Marcel Desjardins editeur adjoint diri .i : \u2022 « \u2022 « .*i « ii «ti t * Médecin, Vauteure écrit ici au nom de différentes Tables de concertation en matière d'agressions à caractère sexuel.ous jugeons nécessaire de dénoncer la diffusion de théories non prouvées qui invalident les souvenirs d'abus sexuel dans l'enfance.Ces idées ont été diffusées dans des articles de journaux et lors d'un «symposium» présenté par le Dr Harold Lief, psychia-rJDte et membre d'un groupe de _prçssion appelé: «La fondation du syndrome des faux souvenirs» («False Memory Syndrome Foundation » FMSF).Nous représentons à la «La Ta-\u2014ble de concertation en matière \"'d'agressions à caractère sexuel» \"îefc organismes des secteurs com- \u2022\tmunautaire, judiciaire et de la san-lè et des service, sociaux, qui oeu- \" vrent auprès de ces victimes.Nous \"travaillons depuis 15 ans a promouvoir l'existence et le maintien de Services de qualité pour ces vic-' times.Nous avons assisté au «symposium» du Dr Lief pour mieux \"tiôftnaître l'information véhiculée.\u2022\tNous sommes indignés du manque de rigueur scientifique de tout le matériel présenté par le Dr Lief et la*FMSF.De plus, nous sommes inquiets du tort causé aux victimes .d'abus sexuel et aux intervenan-~t(eb.Auparavant, c'étaient surtout \"le»'viols récents qui étaient dénoncés.Maintenant, des adultes com-\"ttièncent à dénoncer les abus sexuels dont ils ont été victimes dans leur enfance.Certains adultes 4 avaient oublié ces abus qui remontent à leur mémoire plusieurs années plus tard.Les abuseurs se croyaient en sécurité après tant d'années de silence de leurs victimes; maintenant, ils font face à une possibilité de poursuite.Des mythes qui discréditent les victimes d'abus sexuel et protègent les abuseurs émergent à mesure que différents aspects de cette problématique deviennent connus.C'est dans ce contexte qu'apparaît la théorie des «faux souvenirs».La théorie du FMS (False Memory Syndrome) a été inventée par une enseignante, Pamela Freyd, pour expliquer les souvenirs d'inceste de sa propre fille, Jennifer.Selon sa théorie, ce sont les thérapeutes qui suggèrent ces «faux souvenirs» à leurs clients.Cette théorie a été véhiculée dans tous les médias d'Amérique du nord.Les gens qui lisent des articles mal documentés ou qui entendent parler du FMS restent avec l'impression qu'il existe vraiment un tel syndrome en psychiatrie.Cette idée du FMS n'est étayée par aucune recherche scientifique préalable.Les recherches récentes démontrent plutôt le contraire.Ainsi une recherche a démontré que sur 53 femmes qui ont retrouvé des souvenirs d'abus dans l'enfance, 39 (74%) en ont trouvé des preuves, 5 ont trouvé des évidences suggestives, 6 n'ont pas essayé et 3 seulement n'ont pu trouver d'évidence suggestive.La «False Memory Syndrome Foundation», fondée et dirigée par Parnela Freyd, regroupe des personnes qui se disent faussement accusées d'inceste.Le Dr Lief, (qui a été le psychiatre de Mme Freyd pendant plusieurs années), et plusieurs autres psychiatres membres du comité aviseur de la FMSF, font la promotion de l'information distribuée par la FMSF.L'utilisation inappropriée des termes «False Memory Syndrome Foundation» est pour le moins surprenante de la part de psychiatres.Une théorie n'est pas un «syndrome»: ce terme médical est ici tout à fait inapproprié.Cette terminologie contribue à donner une allure faussement scientifique et humanitaire à ce groupe de pression.Ce «syndrome» n'est pas une entité clinique reconnue et n'est le fruit d'aucune recherche scientifique.Il s'agit tout au plus d'une opinion non prouvée.À cause de son allure scientifique, le FMSF sème le doute dans l'esprit des gens sur les dires des victimes et sur le processus thérapeutique.Les centres reçoivent de nombreux appels de victimes au sujet de ce «syndrome».L'entourage des victimes et leur abuseur s'appuient sur cette théorie pour nier l'abus.Plusieurs victimes préféreront de nouveau se taire de crainte de ne pas être crues.La FMSF fournit à ses membres en cas de poursuite légale des psy-chiatres-témoins experts largement rémunérés qui mettent en doute les témoignages des victimes en s'appuyant sur ce «syndrome» fictif.Les «experts» du FMSF s'appuient sur ce «syndrome» pour invalider le témoignage de la victime sans avoir l'air de l'attaquer puisque c'est le thérapeute qui devient le bouc émissaire.Cette théorie permet de ne pas croire la victime, sans la traiter directement de menteuse, en la faisant passer pour une personne crédule et influençable.Ces témoins experts s'appuient sur 13 critères, tous hautement discutables, pour juger de la validité des témoignages d'adultes qui disent avoir été victimes d'abus sexuel dans l'enfance.Ainsi, selon un de ces critères, lorsqu'un adulte dit avoir vécu des abus sexuels, alors qu'il était enfant, sur une longue période de temps et dans différentes situations, l'abus a moins de chances d'être vrai que lorsqu'il s'agit d'un incident unique.Tout au contraire, nous savons que l'abus sexuel d'enfants a habituellement lieu sur une longue période de temps, souvent plusieurs années.Les autres critères sont aussi peu fondés.Malheureusement la plupart des magistrats, sans formation dans le domaine des abus sexuels, ne peuvent évaluer ces expertises.L'inceste est encore un sujet tabou et qui sort à peine d'un silence de plusieurs millénaires.La FMSF et le Dr Lief claironnent, eux, l'existence d'une puissante et lucrative « industrie de l'abus sexuel»: des propos bouleversants quand on connaît la précarité de la situation des centres d'aide aux victimes d'abus sexuel.Ils discréditent les livres sur l'inceste et les thérapeutes des victimes d'abus sexuel.Le Dr Lief a même qualifié de «crap» (merde) les thérapies de groupe.Les cas qu'il a présentés étaient souvent des cas extrêmes ou des exceptions.Son discours sensationnaliste n'est pas scientifique.Nous ne nions pas qu'il puisse y avoir des fausses accusations d'agression sexuelle.Nous savons qu'il existe aussi des cas de pratique incorrecte de certains thérapeutes.Mais, à partir d'exceptions, on ne peut pas généraliser et invalider les souvenirs d'abus qui surviennent à l'âge adulte.(.) L'incrédulité de l'entourage et de la société face aux abus sexuels n'est pas nouvelle.Les enfants victimes d'abus sexuels ont été réduits au silence trop longtemps et nous défendons ici leur droit à la parole.A la source de la contrebande en juger par le concert de protestations que l'idée suscite au Canada anglais, on peut se demander si le gouvernement lohnson pourra donner suite a son projet de réduction draconienne des taxes spéciales sur le tabac.Ce projet requiert la collaboration du gouvernement fédéral, qui assumerait la moitié de l'énorme manque à gagner.Mais il est douteux que le gouver- i nement Chrétien ose braver d'aussi forts segments de l'opinion publique, d'autant plus que la grogne commence à se manifester jusqu'au sein du caucus i libéral à Ottawa.Le MATRAC, jamais en reste de démagogie, verra là, évidemment, une attaque contre «le Québec».Il aura bien tort.Primo, le gouvernement Johnson, comme du reste tous les gouvernements, n'est pas «le Québec»; ce ; n'est pas une incarnation du peuple, c'est une administration \u2014 dont les décisions peuvent être contestées et contestables.Secundo, la population québécoise n'est pas unanime.Beaucoup de gens, en particulier dans les milieux de la santé, partagent intégralement les objections qui s'expriment au Canada anglais.* * * Ceux qui n'ont pas gobé tout cru le discours du MATRAC et de ses puissants supporteurs du lobby du tabac seraient en fait fort heureux de voir le gouvernement fédéral faire échec à ce projet moralement pervers et socialement injuste.Pourquoi pervers?Parce que ce serait céder aux pressions du marché noir et au chantage des compagnies de tabac.Aujourd'hui c'est le tabac, demain ce sera autre chose.Le jour où l'alcool à bon marché déferlera sur le marché noir, la SAQ devra-t-elle couper ses prix?Le jour où les contrebandiers feront entrer des armes prohibées par la loi canadienne, faudra-t-il amender la loi?(A toujours s'ajuster aux prix de la contrebande, d'ailleurs, on s'engage dans un cycle sans fin: depuis que le MATRAC vend des cartouches à 20$, les contrebandiers d'Oka ont baissé leur prix à 17$!).Pourquoi injuste?Parce qu'à l'heure où les ressources manquent, ce projet imposera à l'ensemble des contribuables un fardeau supplémentaire tout en favorisant la consommation d'un produit qui est le facteur le plus direct de l'augmentation des dépenses de la santé (30 p.cent des cancers sont dûs au tabac).C'est l'ensemble des citoyens qui comblera les milliards de dollars perdus en revenus étatiques, par des hausses générales de taxes ou par l'imposition de frais modérateurs dans la santé.C'est sans compter le ridicule.Le gouvernement lohnson, tout en se privant d'une source de revenu légitime, compte engager d'autres sommes dans de coûteuses campagnes de prévention anti-tabagistes.que la diminution radicale du prix des cigarettes rendront ipso facto absolument inutiles! Les jeunes savent déjà que le tabac est dangereux pour la santé.Le désir de fumer obéit à d'autres pulsions.Or, l'expérience récente prouve hors de tout doute que le facteur le plus efficace, dans la lutte au tabagisme, surtout chez les jeunes, c'est l'augmentation des prix.Ce n'est pas par hasard que ce soit aux taxes spéciales que s'en prend le lobby du tabac.Impérial Tobacco et compagnie ne s'élèvent pas contre les campagnes de prévention \u2014 tout simplement parce que ces campagnes sont cent fois moins efficaces que le facteur prix.* * * Il y a une autre solution.Une solution qui serait plus efficace contre la contrebande, qui ne ferait pas perdre un sou à l'Etat, et qui en même temps protégerait la santé publique.C'est de taxer, à la sortie des usines, les produits destinés à l'exportation vers les Etats-Unis (lesquels, comme on le sait, reviennent presque tous au Québec via la filière amérindienne.avec des inscriptions en français, ce qui prouve assez qu'elles n'étaient pas destinées au marché américain !).La chose a été essayée pendant trois mois, en 1992, -mais le gouvernement Mulroney a reculé devant le chantage des multinationales du tabac.Le gouverne- Z ment Chrétien, qui se pique d'être plus progressiste^ que son prédécesseur, sera-t-il aussi pusillanime?Pourquoi fermerait-il les yeux sur la scandaleuse complicité de l'industrie du tabac avec le marché noir?Le fait que l'actuel ministre des Finances, Paul Martin, ait été membre du conseil d'administration d'imasco, la maison-mère d'Impérial Tobacco, de 1985 à 1988, ne devrait tout de même pas constituer une objection rédhibitoire, non?On pourrait même adoucir la pilule en prévoyant un système par lequel les compagnies seraient remboursées pour leurs exportations réelles (les stocks vraiment destinés au marché américain).Mais il y a gros à parier que tout comme de février à avril 1992, le volume des exportations baisserait par enchantement.Evidemment, les compagnies vont recommencer à se livrer à leur chantage habituel, recommencer à soulever le spectre de la fermeture de leurs quatre usines canadiennes (dont trois sont au Québec).Qu'on les prenne donc au mot! Goodbye! Des emplois perdus, bien sur, c'est toujours épouvantable, mais les coûts sociaux et humains ne seront pas pires \u2014 en fait ils seront beaucoup moins graves \u2014 que ce que coûtera à la société (et aux jeunes qui sont à la veille de tomber dans le tabagisme) la capitulation des gouvernements devant les opérations conjuguées du marché noir et de l'industrie du tabac.D'ailleurs, qui dit que ce chantage n'est pas un bluff?Le Québec, malheureusement, est un excellent port d'attache pour les fabricants de cigarettes, parce que c'est encore la province qui a le record du tabagisme et que le lobby anti-tabac est moins virulent ici qu'ailleurs en Amérique du nord.Ces compagnies-là ont trouvé des avantages à s'établir ici.Ou ces avantages existent encore, et elles resteront.Ou ils n'existent plus, auquel cas elles auront éventuellement intérêt à déménager, indépendamment des politiques fiscales, taxe à l'exportation ou pas.De toute façon, c'est vers le tiers-monde que semble s'orienter cette vieille industrie en voie d'extinction.R)R-Mcdonald a relocalisé une partie de sa production de cigarettes «canadiennes» à Porto-Rico.Tel est l'avenir de l'industrie du tabac: le tiers-mon-de, là où l'on accepte toutes les usines polluantes, celles où des enfants de dix ans fabriquent des tapis aussi bien que celles en quête de cheap labor.Et ma foi, à supposer que les multinationales s'en aillent, et à supposer qu'il continue à y avoir une forte demande du marché, qu'est-ce qui empêcherait des Québécois de se lancer dans la fabrication de cigarettes?N'y a-t-il pas du tabac à loliette?Cette in-dustrie-là n'est pas hautement technologique, elle repose sur des techniques mécaniques \u2014 bref, le contraire d'une industrie de l'avenir, mais qui hélas restera rentable pour un bout de temps encore. B 4 LA PRESSE.MONTRÉAL.JEUDI 3 FEVRIER 1994 La réforme des programmes sociaux sera adaptée à chaque province du bureau de La Presse OTTAWA Si La réforme fédérale des programmes sociaux fera place à des situations distinctes dans les provinces, affirme le ministre aux Ressources humaines, Lloyd Ax-worthy, alors qu'il s'engage dans une opération de 24 mois pour retisser le filet de sécurité sociale canadienne.«Nous ne produirons pas de système uniforme d'un bout à l'autre du pays, a-t-il expliqué au cours d'une entrevue avec La Presse.Les différences entre les besoins de la main-d'œuvre et de la population d'une province à l'autre sont trop importantes.» Lundi, le ministre Axworthy a confirmé l'intention du gouver- Lloyd Axworthy nement fédéral de passer en revue l'ensemble des programmes de formation, d'assurance-chô-mage et de sécurité sociale de l'État canadien.Il entend légiférer en la matière dès l'automne prochain.En bout de piste, a-t-il indiqué hier, le gouvernement fédéral et les provinces devraient pouvoir faire davantage avec moins d'argent en rendant ces programmes plus efficaces.Mais il affirme que sa réforme ne saurait accoucher d'un régime identique d'une province à l'autre.Au contraire, avance-t-il, il compte faire, au cours des prochaines semaines, des aménagements législatifs pour permettre à son gouvernement de répondre avec davantage de flexibilité aux provinces qui veulent mettre à l'essai des projets-pilotes en ma- tière d'assurance-chômage et de formation.Le ministre Axworthy ne croit pas pour autant que la collaboration de l'ensemble des provinces soit indispensable à la réalisation de ses principaux objectifs de réforme.«Une province ne pourrait pas vraiment nous bloquer.Tout au plus faudrait-il peut-être ajuster nos objectifs», estime-t-il.Cela dit, le gouvernement fédéral entend jusqu'à nouvel ordre diriger d'Ottawa le régime de sécurité sociale canadien, à commencer par la formation de la main-d'oeuvre dont Québec réclame la maîtrise-d'oeuvre.Ainsi, le ministre a rajouté hier encore quelques bémols aux affirmations de son homologue québécois Serge Marcil quant à l'imminence d'un déblocage de ce dossier.Affirmant que la mise sur pied d'un guichet unique pour fournir des programmes de formation constitue «un objectif valable», M.Axworthy a réitéré que son gouvernement n'était pas intéressé à s'engager très loin avant d'avoir terminé ses consultations sur une refonte en profondeur des programmes sociaux canadiens.«Ce que nous ne voulons pas, c'est nous emmurer dans un vieux système alors que nous sommes à en créer un nouveau», a-t-il précisé.Dans son esprit, ces discussions actuelles avec Québec ne touchent que la livraison des services et non leur conception comme l'a déjà réclamé le gouvernement québécois.«Nous partons du principe de ce que nous sommes un nouveau gouvernement», a-t-il dit pour expliquer qu'il n'entendait pas donner suite aux multiples engagements pris par le gouvernement fédéral précédent.Déjà abordée à plusieurs reprises à la table fédérale-provinciale sous les conservateurs de Brian Mulroney, la notion de guichet unique en matière de programmes de formation sera donc de nouveau soumise à l'ensemble des provinces lors d'une rencontre le 14 février.Signer sa
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