La presse, 12 mars 1994, B. Plus
[" IHiMiKlBjiBlilBwB! 3 La chasse aux juges est ouverte Éditorial Opinions fmmmKfmM%A\t.-mir^^^A\tI j.JITj.JH11I II 11 L'invasion du marketing direct Le marketing direct est une véritable industrie qui ne cesse de prospérer et de se raf finer.Son objectif: établir un contact le plus direct possible avec le consommateur.Pages B 4 et B 5 L'affaire Verreault soulève plusieurs interrogations pour ses collègues ans, 11 réprimandes deux démissions matiquement envoyée devant un comité d'enquête.Si le comité conclut qu'il y a eu faute déontologique, deux possibilités s'offrent à lui: formuler une réprimande ou recommander au ministre de la |us-tice d'entreprendre la procédure de destitution devant la Cour d'appel du Québec.La très grande majorité des plaintes déposées originent en fait de gens qui voudraient faire renverser un jugement rendu contre eux.Ces plaintes, où la conduite du juge n'est pas en cause, sont irrecevables: le Conseil n'est pas une cour d'appel.50 plaintes par année Le Conseil existe depuis 15 ans, et.depuis cinq ans, reçoit environ 50 plaintes du public par année.En tout, le Conseil a reçu 467 plaintes depuis sa fondation, en 1979.Elles ont donne lieu a 30 comités d'enquête, qui siègent désormais en public.Dans 11 cas.le comité d'enquête a réprimandé le juge.Dans deux cas.le juge a démissionne de ses fonctions avant que le comité n'entende la plainte.Aucune recommandation de destitution n'a été formulée.Depuis cinq ans.le juge Denys Dion-ne a été réprimandé pour avoir fait une mauvaise blague («Les lois, comme les femmes, sont faites pour être violées»), le juge Céline Pelletier l'a été pour après avoir été déclaree coupable d'ivresse au volant et le juge Andrée Ruffo pour avoir commenté une affaire qu'elle jugeait.Le juge Claude Léveillé avait été déclaré coupable de s'être trouvé dans une maison de débauche.Avant que le comité ne se penche sur son cas, une autre plainte pour avoir siégé en état d'ébriété fut déposée contre lui, et il avait aussitôt démissionne.Un juge d'une cour municipale a lui aussi démissionné, il y a deux ans, après avoir été dénoncé pour avoir siégé en état d'ébriété.YVES BOISVERT Presse, on pouvait lire que: un ingénieur a été radié pour avoir reçu un pot-de-vin, un avocat a aussi été radié pour avoir détourné l'argent d'une cliente afin de payer.son club de golf, un dentiste a été condamné par le tribunal civil à payer a 164000$ à deux patients pour fautes professionnelles, et un medecin subissait son procès criminel pour une affaire de moeurs avec un adolescent.Et malgré tout, le système déontologique professionnel est l'objet de remises en question constantes, parce que trop sympathique aux professionnels, dit-on.Les juges, eux non plus, ne sont plus dans un univers protégé, mais ils en sont sortis plus tard que les autres.Le passage n'est pas facile.Il est à la mode, dans certains cercles de juges, de prétendre que la pression du public et des médias est a ce point forte que les juges ont «peur de parler».«Ce que tout cela va faire, c'est d'inciter les juges a cacher les motifs de leurs jugements, de peur d'être impopulaires.dit un juge.Plusieurs collègues me disent qu'ils ont peur de parler en cour.On ne sait jamais quand une phrase malheureuse peut se retrouver dans le journal le lendemain.» Le 24 novembre 1993, le ministre de la Justice annonçait la nomination de Raymonde Verreault comme juge en chef de la cour municipale de Montréal.nographiques et en écoutant les cassettes audio.La troisième affaire s'est terminée par l'acquittement des trois coaccusés, des joueurs de hockey amateur accusés d'avoir violé une étudiante, à Rimous-ki.La victime ne veut pas recommencer son témoignage, et la défense refusait que l'on verse la preuve devant un nouveau juge.L'acquittement était forcé.La décision d'abandonner les dossiers a créé un nouveau tumulte.Le Barreau, traditionnellement prudent et circonspect, convoquait deux jours plus tard une conférence de presse (le 19 janvier) et demandait au Conseil de la magistrature d'enquêter sur la capacité du juge Verreault de «remplir utilement et avec diligence ses devoirs judiciaires», comme l'y oblige le Code de déontologie des juges provinciaux.Lundi et mardi, le comité d'enquête du conseil, formé de quatre juges et d'une citoyenne non juriste, entendra l'affaire.C'est l'abandon des dossiers, et non la sentence controversee (qui est en appel) qui est l'objet de la plainte du Barreau.Prétendre que cette plainte du Barreau a créé une secousse dans le milieu judiciaire serait peu dire.Le Barreau est un allié traditionnel de la magistrature.Les juges comptent sur lui pour prendre la défense du système, car les juges, a cause de leur obligation de réserve.se tiennent hors de la mêlée publique.Le Barreau leur envoyait le message de ne compter que sur eux.Le juge André Brossard, de la Cour d'appel, dans un discours controverse devant le Barreau canadien, il y a deux semaines, a exprimé le sentiment de nombreux juges face à cette affaire.Il reprochait au Barreau de n'être pas intervenu en public après la sentence controversée du juge Verreault, afin de l'expliquer.Même si bien de ses collègues magistrats interroges par La Presse ont trouvé inapproprié qu'il parle en public de cette affaire avant qu'elle ne soit jugée, s'ils ont trouvé son intervention à mi-chemin entre le corporatisme et le réflexe syndical, ils reconnaissent en général qu'il a soulevé deux questions fondamentales.D'abord, si le juge Bonin était d'accord avec le juge Verreault pour quelle abandonne ses causes, comment peut-on lui en faire grief, à elle, sans mettre en cause son supérieur administratif?D'autre part, si sa condition psychique ne lui permettait pas de rendre jugement en toute sérénité, fal-lait-il tout de même l'y forcer à la pointe de la baïonnette?A cette deuxième question, le bâtonnier Denis Paradis a déjà répondu que le métier de juge ne mettait pas à l'abri de la critique, et donc de la pression, et que si l'on n'est pas capable de supporter cette «chaleur», on n'a qu'à «sortir de la cuisine», comme disait le président Harry Truman.Indépendance et opinion publique Car après les médecins, les avocats et tous les groupes professionnels, les juges sentent à leur tour le souffle chaud de l'opinion publique, et certains s'en alarment.Les professionnels, qui ont vu leurs comités de discipline ouverts au public en 1988, se sont faits une raison.Dans le seul numéro de mercredi de La Les juges sont pourtant bien inamovibles et, depuis 1867, aucun juge canadien n'a été destitué (certains ont démissionné avant de se retrouver dans le pétrin).Aucun juge québécois n'a fait l'objet d'une requête en destitution devant la Cour d'appel.Et on est loin d'une épidémie de plaintes contre eux (voir texte ci-dessous).Mais les critiques incisives à leur égard sont un phénomène relativement nouveau dans les médias.Le juge Brossard y voit un autre exemple du-mouvement politiquement correct, une menace à l'indépendance judiciaire.«L'indépendance judicaire signifie qu'un juge devrait pouvoir decider une affaire sur la base de la seule règle de droit, en accord avec sa conscience et sans interférence ou pression extérieure, non seulement de la branche législative ou exécutive de l'Etat, mais aussi, sinon surtout ces jours-ci, des groupes de pression, des concepts de rectitude politique, des lobbys ou des médias.L'indépendance judiciaire signifie qu'un juge devrait pouvoir rendre jugement sans peur ou sans espoir de faveur, si nécessaire en contradiction avec l'opinion publique, ou même l'opinion de la majorité de ses collègues.» Le juge Brossard est allé jusqu'à dire que la saison de la chasse au juge était ouverte, et qu'on en a fait un sport national.Le bâtonnier Paradis, lui, non seulement ne craint pas le triomphe de la démagogie judiciaire, mais souhaite même que les magistrats de premier niveau soient élus! Quoi qu'il en soit, la tendance lourde du système est a la transparence, avec les excès critiques qu'elle suppose.Brian Dickson, ex-juge en chef de la Cour suprême, insistait surtout sur ses avantages: «La publicité est le souffle même de la justice, disait-il en 1982.Elle est l'aiguillon acéré de l'effort et la meilleure sauvegarde contre la malhonnêteté.Elle fait en sorte que celui qui juge est lui-même en jugement.» Raymonde Verreault connaît bien cet «aiguillon acéré».Lundi et mardi, le comité du Conseil de la magistrature qui la jugera, entendra les témoins qui viendront l'aider a decider si, en ne concluant pas trois dossiers, elle a commis une faute déontologique ou si, comme le croient certains, elle a simplement pris une décision (critiquable) qui a donne lieu à une plainte pour satisfaire la pression populaire.Le Conseil de la magistrature du Québec a pour mandat de veiller à la formation et la déontologie des juges de nomination provinciale: 290 juges de la Cour du Québec (chambres civile, criminelle, de la jeunesse, de l'expropriation, tribunal du travail, tribunal des professions ), une centaine de juges municipaux à temps partiel, 21 juges municipaux permanents de Montréal, Québec et Laval, et cinq juges de paix de Montréal.Le conseil est composé de 10 juges, deux avocats et deux représentants du public.L'organisme reçoit les plaintes du public.Après un premier tri, si elles sont jugées admissibles, elles sont envoyées devant le Conseil.Compte tenu de la gravité de l'accusation, le Conseil décide s'il y a lieu de former un «comité d'enquête» de cinq membres pour entendre l'affaire.C'est ce qui fut décidé dans le cas du juge Verreault.Quand c'est le ministre de la lustice qui déposé une plainte, elle est auto- Les faits Récapitulons.Raymonde Verreault, 55 ans, juge à la cour municipale de Montréal depuis 1986, a été nommée à la chambre criminelle de la Cour du Québec en janvier 1993.Le 24 novembre 1993, le ministre de la Justice annonce sa nomination comme juge en chef de la cour municipale de Montréal.Mme Verreault doit entrer en fonction le 19 janvier 1994.Avant de partir, elle doit régler un certain nombre d'affaires qu'elle a entendues.Parmi celles-ci, celle d'un homme de Saint-Lambert accusé d'avoir agressé sexuellement sa belle-fille, de l'âge de neuf à dix ans.Mme Verreault déclare l'accuse coupable, et, le 13 janvier dernier, lui impose une peine d'emprisonnement de 23 mois, ce qui est dans la moyenne basse pour ce genre d'infraction.Dans les motifs qu'elle expose pour justifier sa décision, elle note que l'accusé, un musulman, s'il a sodomisé la victime des dizaines de fois, a «préservé sa virginité» (une valeur importante dans sa religion, dit-elle) et «d'une certaine façon » l'a «ménagée».Elle en tient compte comme «circonstance atténuante» parmi un ensemble de facteurs pour évaluer la peine appropriée.Cette décision, rendue le jeudi 13 janvier, provoque dès le lendemain un déchaînement de critiques, au mieux sévères, au pire vitrioliques à l'endroit du juge.Le mercredi suivant, les deux décrets la nommant juge de la cour municipale de Montréal et juge en chef de ce tribunal entrent en vigueur.Mais d'ici là, elle doit rendre un verdict dans trois procès d'agression sexuelle qu'elle a présidés.Le juge Verreault est fortement ébranlée par la controverse.Le dimanche 16 janvier, elle appelle son supérieur, le juge lean-Pierre Bonin, responsable de la chambre criminelle à Montréal.Elle lui dit qu'elle n'a plus la sérénité requise pour continuer ces causes et qu'elle préfère ne plus siéger en Cour du Québec.Il semble que le juge Bonin ait considéré qu'elle n'était plus en état de siéger.Toujours est-il que le juge Verreault a largué les trois dossiers d'agression sexuelle qu elle avait à trancher.Elle avait entendu toute la preuve dans les trois affaires et n'avait plus qu'à rendre un verdict \u2014 coupable ou non coupable.De ces trois affaires d'agression sexuelle, deux ont été transférées à d'autres juges, car la défense a accepté que soit «versée» la preuve entendue au procès par le juge Verreault.Ils jugeront l'affaire en lisant les notes sté- CAHIER Montréal, samedi 12 mars 1994 Ce n'est pas sans embarras que le Conseil de la magistrature considérera le cas du juge Raymonde Verreault, à compter de lundi.Cette affaire, la première impliquant un juge «en autorité» (juge en chef en l'occurence), marque comme un point de rupture entre le Barreau et la magistrature, le signe le plus certain qu'entre le public et les juges, rien ne sera plus comme avant.Les juges savaient déjà que le Barreau ne monterait plus systématiquement aux barricades pour les défendre.Mais ils ne s'attendaient pas à ce que la puissante corporation des 15000 avocats prenne les devants pour en attaquer un.PHOTO JEAN GOUPIL i» Preste Le juge Albert Cobell préside le Conseil de la magistrature B 2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMED112 MARS 1994 Éditorial Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry président et editeur Claude Masson Marcel Desjardins ed'teur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef Hypothèques: les financiers réagissent comme un troupeau Les propriétaires de maison, a qui l'on promet d'autres baisses des taux hypothécaires, ont eu la mauvaise surprise de voir ceux-ci augmenter de façon substantielle, cette semaine.C'est une aberration qui est due au fait qu'une grande partie du public, y compris des banquiers, continue a craindre l'inflation.Dans quelques mois, lorsqu'il sera de nouveau clair que la menace de l'inflation est exagéree, les taux hypothécaires devraient normalement recommencer a baisser et a encourager la croissance de toute l'industrie.S'il y a un mal économique que nous savons combattre avec des résultats assurés, c'est bien l'inflation.Si bien que le Canada et la plupart des autres pays industrialises connaissent aujourd'hui la stabilité des prix.Mais, lorsque les marchés financiers ont appris que la croissance économique des Etats-Unis a atteint 7,5 pour cent, au dernier trimestre de 1993, ils ont réagi comme un troupeau, en s'inspirant davantage de réflexes désuets que d'une analyse serieuse de la situation.Pendant plus d'une trentaine d'annees, c'était une vérité bien etablie qu'une croissance forte était forcément accompagnée de hausses des prix et des salaires, donc d'une accélération de l'inflation.Et, des que l'inflation devenait gênante, la Banque du Canada et les autres banques centrales faisaient monter les taux d'intérêt pour la freiner, tout en touchant du bois pour que cela ne provoque pas une récession.Presque tout le monde a bénéficié de cette politique anticyclique aussi longtemps que les avantages de la croissance étaient supérieurs aux inconvénients de l'inflation.Mais les banques centrales, qui géraient ainsi le cycle économique, ont perdu de vue leur obligation principale de garantir la stabilité de la monnaie.Il y a une quinzaine d'annees, alors que l'inflation était devenue très enracinée et qu'elle n'était même plus accompagnee par une croissance soutenue, les banques centrales avaient mis en vigueur des politiques monétaires draconiennes pour la casser.Les banquiers et tous les autres investisseurs chargés de placer des milliards de dollars dans les marchés financiers a travers le monde se souviennent encore de cette époque où chaque manifestation d'une croissance économique tant soit peu vigoureuse était un signe avant-coureur certain d'une hausse des taux d'intérêt.En fin de compte, tels des chiens de Pavlov, ils n'attendaient même pas la réaction de la banque centrale pour faire monter les taux.Or, les banques centrales, en tout cas ta Réserve féderale des Etats-Unis, ont abandonné cette politique monétaire anticyclique depuis longtemps.Elles semblent même avoir abandonne la politique monétariste, cette massue qui a servi a aplatir l'inflation sur l'enclume du chômage.Tout cela pour expliquer pourquoi une bonne nouvelle sur l'economie américaine a seme un vent de panique injustifié sur les marchés financiers mondiaux et fait grimper les taux.Le marché hypothécaire a été obligé de suivre parce qu'il est en concurrence directe avec le marché monétaire à court terme, qui est fortement influencé par la politique officielle de crédit, et avec le marché obligataire, qui est extrêmement sensible aux craintes de l'inflation future.Il n'y a aucune raison particulière de craindre l'inflation, aujourd'hui.La pression sur les salaires est très faible et les Canadiens ont accepté la nécessité de remettre de l'ordre dans les finances publiques.Aux Etats-Unis, la stabilité des prix est moins évidente, mais on a le grand avantage d'etre plus avance dans la lutte au déficit budgétaire.Enfin, l'inflation n'est pas un danger parce que la Réserve fédérale et la Banque du Canada semblent y veiller constamment.Certains prix, notamment celui de l'or, ont commencé a augmenter excessivement, depuis quelques mois, et les banques centrales ont augmenté très légèrement leurs taux de base.Pour coiffer le tout, les hausses des taux institutionnels, comme le taux d'escompte, sont bien trop faibles pour justifier des bonds des taux hypothécaires d'un demi ou de trois quarts de point.Frédéric WAGNIERE Un sondage gênant Les résultats du sondage SOM sur les perceptions que les Québécois se font des Amérindiens sont gênants.Selon cette enquête, publiee vendredi dans La Presse, 52 p.cent des francophones pensent que la qualité de vie des autochtones sur les réserves est meilleure que celle de l'ensemble des Québécois, 14 p.cent qu'elle est comparable.Bref, deux Québécois sur trois croient que les Amérindiens vivent aussi bien ou mieux que nous.Ils se trompent.mÊtÊÊÊÊÊimÊÊÊÊm Malgré leurs privilèges fiscaux, que l'on monte trop souvent en épingle, les autochtones sont pauvres.La meilleure façon de s'en convaincre, c'est d'utiliser les outils qui servent a distinguer l'Occident du Tiers-Monde.Chez les Québécois, l'espérance de vie à la naissance est de 77 ans.Chez les autochtones, elle est de 67 ans, comme en Thaïlande.Le taux de mortalité infantile est de 7 pour 1 000 chez les Blancs et de 16 pour 1 000 chez les autochtones, comme au Chili.Comme qualité de vie.Ces fausses perceptions, que l'on ne retrouve pas chez les anglophones du Quebec, alliés naturels des autochtones, s'expliquent largement par la crise mohavvk et par le fait que la contrebande et les Warriors ont façonne la nouvelle image que les Québécois francophones se font des autochtones.Par leur matraquage incessant, les médias ont une part de responsabilité, et encore plus les médias radiophoniques et leurs campagnes hysteriques.Mais on voit aussi le tort que les leaders mohawks se sont infligés en ne faisant pas leur ménage et â quel point les autres Amérindiens, par leur silence complice, ont nui à leur propre cause.Mais les tensions et les excès médiatiques ne suffisent pas a expliquer ces préjugés impardonnables.Les Québécois ont vu des centaines d'images sur la misere et la vie infernale en réserve.Ils ont choisi de les oublier.Leur connaissance du Québec leur permet de savoir que la majorité des Indiens vivent loin dans le Nord, la où les bingos et la contrebande sont impossibles.Ils auraient pu y penser.Ce genre d'ignorance n'est pas acceptable\tAlaln DUBuc Requiem pour l'ADQ Une semaine avant la fondation de l'Action démocratique du Quebec, l'idée d'une troisième voie avait atteint des records de popularité: un sondage lui a accordé jusqu'à 27% d'appuis dans la population.Trois mois plus tard, les allai-ristes ne récoltent plus que 2 à 4% d'intentions de vote.Ce n'est sûrement pas faute d'intérêt public.Au contraire, son récent congrès de fondation a donné à ce parti accès à tous les micros.Le problème, il est justement là: plus on en sait sur les allairistes, plus ils piquent du nez.Et pour cause.De tout le projet de Jean Allaire, seule l'idée d'un contrat liant les immigrants à la société québécoise a su retenir l'attention du public.Laissant dans l'ombre tous les autres aspects du programme.qui ont tout intérêt â y rester.Une lecture attentive de ce document démontré surtout une chose: la troisième voie, quelle que soit la direction qu'elle vise, n'aboutit nulle part.Le programme de l'ADQ fait une cinquantaine de pages - rivalisant entre elles pour les accords fautifs et les horreurs syntaxiques trop nombreux pour être attribues â la distraction.Il s'agit plutôt du signe le plus visible de l'indigence intellectuelle dans laquelle pataugent M.Allaire et ses amis.Côté contenu, c'est à l'avenant.Le projet politique présenté sous le titre Un Québec responsable est une créature batarde, assise entre deux chaises constitutionnelles, empruntant à gauche, à droite et au milieu pour le reste, un concentré de toutes les idees à la mode que l'on aurait passees au mélangeur en espérant que la mayonnaise prenne.Le résultat tient plutôt d'une salade réformiste dans une vinaigrette tendance gauche du RCM.Au chapitre portant sur la démocratie, par exemple, on suggéré d'étudier la privatisation de tous les services publics, y compris la santé et l'éducation.Plus loin, on suggère de créer des «tables de concertation» régionales avec de vrais pouvoirs en matiere de santé, dont celui de consulter le peuple sur les restrictions d'accès à certains services.Ce mélangé de démocratie directe, de retrait de l'État et de décentralisation est tout a fait typique de la «pensée» allairis-te.Qui dit aussi que I on doit permettre aux élèves qui ont le sentiment de perdre leur temps en classe de passer des examens anticipés (pourquoi payer des enseignants à surveiller des jeunes qui savent tout?).Simple.Et ce n est pas leur charisme qui leur permettra de remonter la côte.Moncef Cuitouni, le principal artisan du programme, est un individu peu inspirant, au passé controversé.Mario Du-mont commence à perdre sa fraîcheur de jeune «komsomol».Quant a Jean Allaire, il est égal a lui même: terne et insipide.\u2022 L'Etat et les ministres sont comme des ecureuils qui s'essoufflent dans une roue grillagée», écrivent poétiquement les allairistes.Ceux-ci ressemblent plutôt a des ptérodactyles à la veille d une pluie de meteores: une espece en voie d'extinction.Agnès CRUSA &QDUëœDe-sAiW-3em\tSON STATUT (JNiVeesiT7hs&F DROITS RESERVES Ces victimes du sang contaminé et de la mesquinerie gouvernementale MARCEL ADAM omme s'ils faisaient exprès pour ajouter aux misères des victimes du sang contaminé, les gouvernements des provinces et des territoires font des pieds et des mains pour empêcher que la lumière soit faite sur le scandale du sang contaminé par le virus du sida.Cette tragédie a déjà coûté la vie de quatre cents personnes, cependant que plus d'un millier d'hémophiles et de patients transfusés sont porteurs de ce virus et vivent en sursis.On sait que les hémophiles doivent recevoir périodiquement du plasma sanguin contenant l'élément coagulant (le facteur 8) qui leur fait défaut, pour ne pas risquer de mourir d'une hémorragie à la moindre blessure.Or, plus de la moitié de tous les hémophiles, de même que plusieurs patients ayant été transfusés, ont été infectés du virus du sida avant que les autorités n'adoptent les mesures d'épuration du sang alors disponibles ailleurs.Si la mauvaise volonté de ces gouvernements n'est pas due à la crainte que certaines personnes se retrouvent dans de mauvais draps, il faut y voir la volonté de s'en tirer à bon compte en déboursant le moins d'argent possible aux victimes et à leurs héritiers légaux.Cette semaine, le juge Horace Krever, qui préside la commission fédérale chargée d'enquêter sur ce scandale, s'en est pris aux bureaucrates qui n'ont pas encore remis les documents réclamés, il y a cinq mois, par le procureur de la commission.Ce manque de coopération, de la part de ces gouvernements est insensé et demande explication, de remarquer le magistrat avant de menacer de recourir aux pouvoirs contraignants dont il dispose pour avoir rapidement accès à tous ces documents.Réunis en association, les hémophiles porteurs du virus réclament réparation de ceux qu'ils tiennent responsables de leur malheur, par négligence ou autrement.Les gouvernements des provinces et des territoires ont offert aux 858 Canadiens éligibles un dédommagement financier totalisant 150 millions de dollars ainsi repartis: 22 000$ au moment de la signature de l'entente et 30 000 I annuellement pour le reste de leur vie; 20 000 $ aux conjoints survivants et 4 000 $ aux enfants dépendants pendant un maximum de cinq ans.Rien n'est offert, toutefois, aux contaminés secondaires, tels les conjoints et les enfants infectés par les porteurs qui ignoraient ieur état.Ils ont fixé au 15 mars la date d'échéance de cette offre.Cette proposition est cependant conditionnelle: renoncer par écrit à poursuivre en justice les gouvernements en question, le Comité canadien du sang (maintenant aboli), la Société canadienne de la Croix-Rouge, les manufacturiers pharmaceutiques de produits sanguins et 19 compagnies d'assurance.Près de six cents victimes l'ont acceptée.Les autres ne sont pas prêts à renoncer prématurément à leur droit.Ces gouvernements se montrent mesquins et inhumains en fixant arbitrairement une date d'échéance pour forcer ces innocentes victimes à accepter leur offre.Cela au beau milieu des travaux de la commission chargée d'enquêter sur cette tragédie, et à la toute veille d'un jugement de la Cour suprême de l'Ontario portant sur une cause d'imdemnisation reliée à cette affaire.C'est mettre dans un cruel dilemme ces personnes dans le besoin et dont le temps est compté, que de les acculer à faire un choix lourd de conséquences avant qu'elles aient pu obtenir les informations qui permettraient de prendre une décision éclairée.Ces gouvernements sont d'autant moins justifiés de fixer de telles conditions qu'ils admettent une certaine responsabilité en offrant de dédommager financièrement les victimes du sang contaminé.* * * La semaine dernière, la conférence des évèques catholiques du Canada invitait le gouvernement fédéral à faire preuve de patience et de prudence dans la question de l'euthanasie, de résister à la tentation d'agir avec précipitation, suite au décès de Sue Rodriguez, le mois dernier.Deux jours après cet événement, le député néo-démocrate Svend Robinson, qui avait été témoin de ce suicide perpétré avec le concours d'un médecin, avait déposé aux Communes un projet de loi sur l'euthanasie.Au Parlement aussi bien que dans le public, beaucoup réclamèrent que le gouvernement profite de l'occasion pour modifier la loi dans le sens voulu par la grande majorité des Canadiens (plus de 70%) souhaitant la décriminalisation de l'aide au suicide.Le premier ministre Chrétien s'est engagé à tenir un débat suivi d'un vote libre sur l'euthanasie, mais il s'est montré moins pressé que son ministre de la justice de s'aventurer sur ce terrain, se demandant s'il était «urgent» de s'attaquer à ce « problème très délicat ».Cette réticence n'a pas échappé à l'épiscopat qui, dans sa lettre, se dit persuadé qu'il ne cédera pas aux pressions médiatiques créées par la mort de Mme Rodriguez.Les évèques ont raison de demander un délai, pour que ne soit pas débattue dans une atmosphère chargée d'émotion, une question qui doit être discutée avec la sérénité nécessaire à un débat de principe aussi important.Peut-être qu'une période de refroidissement permettrait-elle aussi aux politiciens de prendre conscience que voter librement ce n'est pas remplacer la servitude partisane par la servilité populiste, mais exercer un leadership moral en se mettant à l'écoute et aux ordres de sa conscience dûment éclairée. LA PRESSE.MONTRÉAL SAMED112 MARS 1994 Opinions A I i- Lysiane Gagnon On devrait créer un « Tribunal d'honneur » pour régler les différends entre créateurs ALAIN STANKÉ L auteur est écrivain et éditeur.La nouvelle a été annoncée dans La Presse du samedi 5 mars: «Lise Payeite a gain de cause contre VLB».l'ai suivi, comme beaucoup, le pénible débat.Maintenant qu'il est terminé, en plus du goût amer qu'il me laisse, j'en viens à la conclusion que notre «justice» (par respect du terme approprié, je préfère nommer «le judiciaire») coûte beaucoup trop cher et ne satisfait réellement jamais pleinement.En effet, dans ce retentissant litige (si VLB ne porte pas sa cause en appel), Mme Payette, «l'offensée», recevra 25 000$ de Victor-Lévy Beaulieu, «l'offenseur».Le juge Bernard Gratton en a ainsi décidé.Mme Payette a gagné.Soit.Mais sa victoire, sans compter ses heures de tourment, lui aura tout de même coûté 30 000$ en frais d'avocats.Elle reste donc débitrice de 5 000 $.La justice n'est jamais gratuite.Mais l'honneur est sauf.Et l'honneur n'a pas de prix! Il est permis de se demander si le même but n'aurait pas pu être atteint par un moyen plus simple et moins coûteux.le suis convaincu que si.Chaque fois qu'il m'a été donné de vivre d'assez prés la marche de notre système judiciaire, d'en observer la mécanique et les hasards, j'ai été davantage frappé par son ridicule que par son équité.Cette fois encore (alors que j'ai été appelé à y témoigner), j'ai ressenti l'inexplicable certitude que le litige reposait sur un malentendu et que celui-ci conspirait à masquer l'essentiel.|e connais Victor-Lévy Beaulieu de longue date.C'est un homme de rare talent.Un volcan de verbe, d'insolence, d'audace.Un combatif à la plume ferrailleuse.Il a, on le sait, la pensée leste et le mot un peu gras.Mais ce n'est que couverture d'une âme on ne peut plus sensible qui veut aller vers l'autre, mais s'y prend souvent avec maladresse.Seuls ses intimes, dont je suis, peuvent saisir aujourd'hui à quel point ces (coûteux) événements ont dû l'ulcérer.La réputation de Mme Payette n'est plus à faire.C'est une personne admirable et, elle aussi, d'une grande sensibilité.Elle a beaucoup appris et nous apprend toujours beaucoup.À l'époque pas très éloignée des Yvette, elle a appris, à ses dépens, les conséquences de l'allu-sif et de l'explicite.Dans sa lutte Alain Stanké d'aujourd'hui, elle nous apprend que, qui que l'on soit, on ne peut pas toujours écrire ou faire écrire n'importe quoi dans nos gazettes.Le papier imprimé n'a pas bon dos.Dans une interview du défunt magazine QUI, on lui a demandé ce qui suit: -\tQuelle qualité admirez-vous le plus chez la personne que vous aimez?-\tLa tolérance! a-t-elle répondu.Et à la question : -\tQuel est le comble de la déchéance, selon vous?* Mme Payette a dit: -\tNe pas tendre la main.En conséquence, je ne pense pas qu'elle soit en désaccord avec ma réflexion, car Mme Payette est une femme qui dit généralement ce qu'elle croit et fait ce qu'elle dit.À bien y penser, je préfère croire que, dans cet affrontement, chacun des deux belligérants a mis plus d'amour pour ce qu'il défendait que de hargne envers ce qu'il attaquait.Il arrive que, dans les moments de pénible effervescence intellectuelle, les événements observés de trop près nous privent du sens de la perspective et que notre vision soit enténébrée.On perd la mesure et la nuance n'intervient que dans la distillation du venin qui, si on n'y prend garde, finit par être brutal ou mortel.Et, à défaut de dialogue, on finit par se crier: «On se reverra devant le juge!» Or, les juges ne font que leur devoir.Ils ne sont pas des dieux.On a eu l'occasion de le constater dernièrement.Ce sont des hommes et des femmes, bons ou mauvais, fermes ou faibles, sujets à l'erreur comme nous.On en trouve qui sont plus médiocres que d'autres et peut-être pires.Il ne peut pas y avoir que de grands juges.Il y en a forcément des petits.Ils sont à l'image de notre société.Il arrive même que certains d'entre eux se permettent de juger en équité et non en droit ce qui - même si c'est plus humain - est parfaitement contraire à la loi et aux moeurs.L'idéal serait que ces mêmes juges soient nos pairs.Des confrères bien rompus au métier de ceux qu'ils sont appelés à juger.On aurait au moins l'impression d'être mieux compris- Un tribunal d'honneur Le métier de créateur est plus dangereux que celui de toréro.Dans le tumulte universel du talent, chacun veut se faire entendre à sa façon.Certains élèvent sans cesse la cote de la provocation.D'autres commettent des plagiats ou d'autres injustices.Les exemples ne manquent pas.Il suffit de se souvenir de la cause des éditeurs |CL vs Mortagane ou de celle de Stanké vs La Fondation Gabrielle Roy.L'honneur est blessé.On exige réparation.On se retrouve au tribunal.Et dès lors que le processus est enclenché, plus moyen d'arrêter la machine.Le compteur des procureurs se met en route.Au bout du compte, comme on le répète de plus en plus souvent: «Tout le monde se ruine.Il n'y a que les avocats qui y gagnent quelque chose.» Où serait alors la solution, si toutefois il y en a une?Le remède miracle, il y a 20 ans qu'il a été trouvé.C'est le Conseil de presse.Fondé en 1974, ce tribunal admi- nistré par des pairs juge avec respect et efficacité des plaintes relatives aux gens de la presse: abus de la discrétion rédactionnelle, partialités et inexactitudes de l'information, discriminations, atteintes à la vie privée, utilisation de méthodes incorrectes; manque de rigueur professionnelle, censures, entraves à l'exercice du journalisme, informations incomplètes, etc.Le Conseil de presse a réglé ainsi, l'an dernier, en douceur et dans le plus grand respect des droits de chacun, 54 dossiersl En termes crus ça s'appelle laver le linge sale en famille.La méthode n'engorge pas les rôles des tribunaux, elle n'enrichit pas les avocats et n'éclabousse pas inutilement les réputations.Lorsque la culpabilité est démontrée, le délinquant est prié tout simplement de réparer par la rétractation.Pas d'amendes exemplaires, pas de frais.Presque trop beau pour être vrai.Accessible à tous, le Conseil de presse est bien connu dans le milieu journalistique.Il est un tribunal d'honneur et assure un leadership en matière d'éthique à l'égard de tous les médias distribués ou diffusés au Québec.le ne vois pas ce qu'il y aurait d'utopique ou de dérisoire à accepter cette même base de départ pour la fondation d'un Tribunal d'honneur au service des créateurs: écrivains, auteurs, scénaristes, créateurs, paroliers, dialoguistes, documentalistes, rccherchis-tes, réalisateurs et éditeurs?Un tribunal nouveau genre, le Conseil des créateurs, calqué sur celui du Conseil de presse, où seraient à l'honneur le respect d'autrui, la tolérance, la solidarité, la générosité.L'honneur au quotidien ça existe! Il devrait faire partie de notre souci de tous les jours.Autrefois, quand il n'y avait pas d'argent à gagner, on appelait ça justement «pour l'honneur».La solidarité des créateurs québécois pourrait être l'occasion de manifester avec éclat une telle existence professionnelle.«On est 6 000 000, faut se parler!», disait le slogan du brasseur.Ce n'est pas parce qu'on approche les 7 000 000 qu'on va se taire! Lise, Victor-Lévy, voici une bonne occasion pour vous.Enterrez votre hache de guerre et étonnez-nous comme vous avez toujours su si bien le faire avec votre merveilleux talent.Devenez tous deux les fondateurs de ce nouveau Conseil.Pour quoi?Pour rien.POUR L'HONNEUR! BRUNO ROY L'auteur est président de l'Union des écrivaines et écrivains québécois.l'occasion de la campagne de sensibilisation de l'Union des écrivaines et écrivains québécois (Uneq) pour l'obtention d'un véritable statut, c'est-à-dire pour la reconnaissance sociale, politique et économique de la profession d'écrivain, La Presse a publié deux textes qui y faisaient écho: l'un, de l'éditorialiste Agnès Gruda, le 1er mars, l'autre, de la chroniqueure Nathalie Petrowski, le 3 mars.Les deux signataires ont toutefois coloré les revendications de l'Uneq d'une attitude corporatiste qui n'a jamais été la sienne.Les membres de l'Uneq ne revendiquent ni carte de compétence ni ne souhaitent devenir des fonctionnaires de la littérature, que ce soit à temps plein ou à temps partiel.Us veulent simplement que les lois provinciale et fédérale sur le statut de l'artiste et la loi sur le droit d'auteur reconnaissent, par des mesures concrètes, les conditions professionnelles de l'exercice de leur métier.Contrairement à ce qu'affirme Agnès Gruda, l'Uneq n'a jamais dit ou même voulu laisser croire que la pratique du métier d'auteur serait incompatible avec la pratique d'une autre profession.Penser le contraire équivaudrait à nier l'existence d'écrivains tels Jacques Ferron, Jacques Godbout, André Major, Gaston Miron, Lise Bisson-nette, Denise Bombardier, Franci-ne Noël, Nathalie Petrowski, Monique Proulx, Élise Turcotte, etc., ce qui serait proprement absurde.Que dit l'Uneq?Que la profession d'écrivain est méconnue, voire niée.Face aux institutions publiques et privées, l'écrivain est souvent dans l'impossibilité de faire valoir son travail et les conditions qui s'y rattachent.«Écrivain, dites-vous?Mais enfin, que faites-vous d'autre?le veux dire: avez-vous un travail sérieux?» L'écri- vain exerce une profession; il travaille.S'il y a travail, il doit y avoir rémunération.Pourquoi l'écrivain ne peut-il bénéficier des avantages sociaux et fiscaux qui sont accordés à d'autres catégories de citoyens?Ne paie-t-il pas.comme eux, des impôts?Pourquoi coupe-t-on les prestations d'assurance-chômage d'un écrivain qui reçoit 75 $ en droits de reprographie pour une année?Pourquoi l'écrivain qui est invité à une émission radiophoni-que en compagnie d'un membre de l'Union des artistes ne reçoit-il aucun cachet, alors que le comédien en reçoit un?(Serait-ce parce que la Loi 90, contrairement à la Loi 78, oblige le producteur à négocier avec le comédien?) Pourquoi le plan de rationalisation du Conseil des Arts du Canada a-t-il retranché, pour 1993-1994, plus de 1 828 000 $ au budget des lettres et de l'édition?Pourquoi le montant des compensations versées par la Commission du droit de prêt public a-t-il été coupé de 17%?Pourquoi le revenu moyen annuel des auteurs pour leurs oeuvres n'est-il que de 7 500$, comme le confirment les enquêtes réalisées par l'Institut québécois de recherche sur la culture, en 1978, par le ministère des Affaires culturelles, en 1984, et par lean-Guy Lacroix, en 1987?Que veut l'Uneq?Que ses membres soient payés pour leur travail, comme les travailleurs, les journalistes, les animateurs d'émissions littéraires.L'écrivain veut sa «juste part».Il demande une meilleure protection de ses oeuvres, le respect de ses droits.Il ne suffit pas de dire que l'écrivain est un travailleur autonome pour que son statut fiscal existe.La «Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs» (Loi 78) n'est d'aucun secours à l'écrivain qui veut obtenir «la juste part» dont parlent tant nos gouvernements.En effet, la loi n'oblige d'aucune façon l'éditeur à négocier avec l'écrivain, ne serait-ce qu'un contrat minimal.Sait-on que de jeunes écrivains, parce qu'ils craignent de ne pas être publiés, cèdent tous leurs droits pour plusieurs années, et ceux de leurs autres écrits à venir?L'écrivain fournit non seulement la matière première de l'oeuvre commercialement exploitée, mais aussi le contenu des émissions de radio et de télévision auxquelles il est invité.Si l'écrivain est à la source de l'industrie du livre, par contre, il retire très peu des revenus qu'il contribue à générer.Lorsque Agnès Gruda écrit que «l'écriture ne requiert pas de connaissances techniques particulières - mise à part la maîtrise de la langue», ou qu'il s'agit d'«un débouché naturel et occasionnel pour à peu près toutes les activités humaines», c'est méconnaître profondément le métier d'écrivain.Bien sûr, tout le monde peut écrire, danser, peindre.Cependant, n'est pas écrivain, danseur, peintre qui veut.Si l'écriture n'est pas le terrain exclusif de l'écrivain, la littérature, elle, l'est.L'écrivain est celui ou celle qui consacre une part importante de son temps et de son énergie à construire une oeuvre personnelle, dont les textes sont publiés et diffusés, qui participe à l'édification d'une littérature nationale.Le respect de l'écrivain commence par sa reconnaissance.Cette exigence n'est d'ailleurs pas sans conséquence sur l'évolution même de la profession d'écrivain.«Un écrivain payé équitablement, affirmait Yves Beauchemin en conférence de presse, se trouve par le fait même sur la voie de l'autonomie financière.Et c'est sur cette autonomie que se fonde sa liberté d'expression.» Si, en France, « les écrivains sont rois», des rois maudits, comme le souligne Nathalie Petrowski, certains pays, par contre, ont magistralement reconnu le rôle de l'écrivain et son statut.En Irlande, par exemple, les revenus des écrivains sont, depuis 1968, exempts d'impôt.En Suède, selon un article de Tahar Ben lelloun, publié dans Le Monde du 22 septembre 1989, huit millions d'habitants disposent de plus de trois mille bibliothèques.(.) Danseurs, comédiens, peintres, sculpteurs, compositeurs, écrivains, nous vivons tous dans une société qui s'appauvrit.Il est temps que cesse «l'exil économique» de l'écrivain dans sa propre société (l'expression est de Robert Giroux).La richesse ou la pauvreté ne sont ni une raison pour arrêter d'écrire ni une raison pour se sentir coupable d'écrire.Écrire est une profession.Profession: «Occupation déterminée dont on peut tirer ses moyens d'existence.» (Le Petit Robert) Réplique ¦ |e soutiens de tout coeur les auteurs dans leur bataille visant à améliorer leurs conditions économiques.Mais les démarches de l'Union des écrivains vont beaucoup plus loin : celle-ci réclame - et je cite - que le statut d'écrivain soit «juridiquement défini».l'avais tenté de joindre M.Roy afin qu'il m'explique ce qu'il entend par là; il n'a jamais retourné mes appels.le m'en suis donc tenue à la documentation de l'Uneq, qui mélange des frustrations et des revendications de tout ordre, y compris l'idée d'un statut juridique dont les tenants et aboutissants sont laissés à l'imagination du lecteur, et qui assaisonne le tout d'une sorte de cocorico lyrico-patriotique.Dans sa réplique, M.Roy poursuit dans la même veine, et ne jette aucun rayon de lumière sur le fameux statut, qui m'apparait tout aussi fumeux.)e crois que la noblesse d'une cause ne dispense pas ses défenseurs de s'expliquer avec un minimum de limpidité.Et franchement, je me demande si cette incapacité à dire les choses clairement, de la part des gens qui affirment représenter nos artisans du mot et de la plume, ne constitue pas une menace grave pour notre littérature.A.C.4 m Le même scénario Il faut que cesse «l'exil économique» de l'écrivain dans sa propre société La même histoire recommence: après le tabac, l'alcool.Premier acte: le marché est inondé de produits de contrebande.Deuxième acte: les vendeurs légaux font pression sur le gouvernement pour que les prix de vente du marché légal soient ajustés a ceux du marché noir.Le reste du scénario est facile à prévoir.Troisième acte: le gouvernement s'exécutera.Quatrième acte; les mêmes causes engendrant les mêmes effets, l'État perdra, en ces temps de pénurie, une précieuse source de revenu parfaitement légitime.Comme notre collègue Jacques Benoit le révélait cette semaine, la SAQ et les distilleries sont déterminées à réduire les taxes spéciales et la marge de profit sur les spiritueux et ont déjà présenté au ministre des Finances un plan en ce sens.( Le ministre Bourbeau le nie mais des sources sérieuses indiquent que l'affaire est très avancée).Leurs arguments sont du même ordre que ceux des fabricants de tabac: la moitié environ des spiritueux vendus au Québec viendrait du marché noir.Le gouvernement perd déjà des millions en manque à gagner.La solution?Laisser le marché noir dicter à l'État ses politiques fiscales et sociales! Quelques différences quand même: d'abord, l'alcool de contrebande provient de distilleries américaines, contrairement aux cigarettes qui étaient faussement «exportées» par les usines canadiennes.Le lobby de l'alcool n'a donc pas l'aspect répugnant de celui du tabac.Autre différence: contrairement au tabac, l'alcool n'est nocif que lorsqu'on en abuse.le ne suis pas sure toutefois que la SAQ et les distilleries ne noircissent pas le tableau, histoire de mieux toucher l'opinion publique.Une bouteille sur deux?Cela m'apparait franchement beaucoup.Selon le porte-parole de l'Association des distillateurs, l'alcool de contrebande serait de marque inconnue ici et proviendrait surtout de petites distilleries.Comment croire que tant d'amateurs achèteraient des produits inconnus, sans garantie de qualité minimales?L'alcool est-il réembouteillé, avant la vente aux particuliers, sous des étiquettes «respectables»?Auquel cas il suffirait que la population en soit avertie pour que la consommation d'alcool de contrebande baisse singulièrement.Qui voudrait ingurgiter des produits possiblement frelatés réembouteillés sans contrôle?On sait en tout cas que, au Québec, la consommation d'alcool «fort» a beaucoup baissé ces derniè; res années.Qui achète ces litres de contrebande en si grande quantité?Probablement pas Monsieur-tout-le-Monde.On dit que nombreux seraient les bars et les restaurants qui s'approvisionneraient au marché noir.Si c'est là l'une des principales sources de la montée de la contrebande, alors elle devrait être relativement facile à cibler.Il suffirait que deux ou trois établissements soient poursuivis et perdent dans l'aventure leur réputation et quelques milliers de dollars, pour que les autres reviennent dare-dare à la SAQ.* * * Autrement dit, est-il vraiment nécessaire de baisser les prix?Remarquez, je suis bien la première à pester contre les prix quand je vais à la SAQ.Mais, d'une certaine façon, je trouve plus acceptable d'être surtaxée là-dessus que sur autre chose.le me dis que cela s'en va \u2014 du moins j'espère \u2014 dans les écoles et les hôpitaux, et que finalement.Où les gouvernements trouveront-ils des sources de revenus supplémentaires pour maintenir les programmes sociaux, si ce n'est en surtaxant ce genre de produit?En haussant l'impôt sur le revenu?La classe moyenne ne peut plus payer davantage.En «faisant payer les riches»?Il n'y a pas assez de riches pour que ça fasse une grosse différence.En étendant les taxes à la consommation?En taxant le lait et les fruits quand on vient de détaxer le tabac?Une école de pensée \u2014 de toute évidence dominante au Québec \u2014 veut que la contrebande soit causée par le haut niveau de la taxation canadienne et le ras-le-bol des citoyens.Baissons les taxes, la contrebande disparaîtra.Bref, la contrebande ne serait qu'un reflexe normal du «marché», qui se règle au niveau du «marché».le crois au contraire que si la taxation élevée constitue un bon bouillon de culture pour la contrebande, elle trouve sa source ailleurs.La preuve que tout ne tient pas qu'au prix, c'est que toutes sortes de choses sont devenues objets de contrebande, même les jeans, qu'on peut acheter dans d'innombrables magasins «légaux» pour une poignée de dollars, même les poulets, qui échappent à la taxe de vente sur le marché légal.Qu'on règle, par le biais du marché, le problème de l'alcool, soit.Et après?Les réseaux du crime organisé n'en seront pas pour autant demantelés, ils se recycleront dans autre chose, tout comme ils ont délaissé le tabac pour l'alcool.Après l'alcool, ce sera quoi?Les armes?Le crack?Et alors, faudra-t-il légaliser le crack et permettre la vente libre des AK-47 et des Uzi pour faire échec à la contrebande?* * * L'une des sources du problème est le laissez-faire des gouvernements, du fédéral au premier chef, devant la filière mohawk.Non pas que ce soit la seule filière de la contrebande, au contraire.Si la plus grande partie du marché noir des cigarettes passait par Akwesasne, ce n'est pas, semble-t-il, le cas pour celui de l'alcool, qui exige une «infrastructure» plus solide.Mais indépendamment de sa dimension actuelle, il reste que la filière indienne est la seule, parmi les filières de la contrebande, qui n'ait jamais fait l'objet d'une perquisition ni d'une saisie, depuis que la contrebande a atteint un niveau endémique.Cela constitue un germe de poison social, une bombe à retardement qu'on ne pourra plus désamorcer.Mon impression, c'est que le laxisme politique et policier, à l'égard de ceux qui bravent impunément la loi, est l'une des sources majeures de l'extension du marché de la contrebande.Les citoyens ordinaires se font ainsi justice eux-mêmes.L'achat d'un produit au marché noir est un geste de défi aux autorites qui refusent de faire appliquer la loi sur l'ensemble du territoire.Il n'est pas nécessaire de recourir a la solution forte.Il suffirait que le gouvernement fédéral suspende les pourparlers relativement aux droits territoriaux tant que les leaders autochtones ne se seront pas engagés a faire cesser les activités illégales sur leurs réserves.Mais quand donc le gouvernement Chrétien cessera-t-il de jouer à l'autruche? \u2022\u2022 ««ii «r.la presse, MONTREAL.SAMED112 mars 1994 b a Plus B 5 Une réputation rebâtir Lie marketing direct n'est pas ;une industrie qui jouit d'un prestige extraordinaire ou qui a la vheilleure réputation, reconnaît Yves Blain, directeur du développement stratégique à l'agence -FCB Direct, une agence de pu-bHciié montréalaise qui se spécialise en marketing direct et compte, parmi ses clients.Air Canada, la Banque canadienne impériale de commerce (C1BC), la chaîne d'hôtels Holiday Inn, Time-Life et le Parti libéral du Canada.« If y a des compagnies qui vendent des couteaux par téléphone, mais'il y a aussi des experts qui Sont sérieux.» Dans le domaine depuis 12 ans, il adore ce qu'il fait.Mais cela n'a pas toujours été facile.Au début, des confrères oeuvrant en publicité le snobaient et lors de conférences, il se retrouvait souvent assis à la table la plus éloignée, près des toilettes, raconte-t-il en riant.iMais cela a bien changé.« Les mêmes agences de publicité qui levaient le nez, il y a cinq ans, nous appellent maintenant et essaient de nous engager.» 11 y a 10 ans, Grolier et Readers Digest figuraient parmi les leaders et faisaient de la vente par correspondance traditionnelle.Mais aujourd'hui, le marketing direct est une discipline qui a ouvert ses portes, indique-t-il.«Les institutions financières ont ouvert le bal.Les lignes aériennes, pour ne nommer que cel-les-là, font maintenant du marketing direct à profusion.Pour Air Canada, par exemple, nous déve- loppons et faisons la gestion de plusieurs programmes spéciaux, dont le programme Aeroplan.» Depuis deux ans, le marketing direct a acquis certaines lettres de noblesse, estime Micheline Sou-cy, présidente de la Société québécoise de marketing direct.L'organisme, qui a sa propre charte et son propre conseil d'administration, et des sections à Montréal et à Québec, compte 250 membres à titre individuel.Il organise principalement des activités qui permettent à ses membres de se perfectionner et de tirer profit de l'expérience des autres.«Depuis quelques années, les budgets sont réduits et quand les compagnies font des campagnes, elles veulent des effets mesurables.Or c'est cela, le marketing direct.Contrairement à la publicité, dont le rôle est de séduire et d'influencer, le marketing direct a pour objectif de vendre et de mesurer les résultats obtenus.» En effet, si un envoi de 100000 enveloppes est effectué et que la compagnie reçoit 5000 coupons-réponse, elle sait exactement combien de gens ont répondu et quelle est la valeur pécuniaire des ventes effectuées.«Des gens ont fait des choses, dans le passé, qui ont nui à l'évolution du marketing direct, déplore Mme Soucy.C'est dommage.Mais il y en a d'autres qui travaillent très bien.» «11 existe encore des concours de style sweepstake, poursuit-elle.Mais ceux qui en font leur spécialité ont modifié leur façon de faire pour rassurer les gens.» L'industrie se raffine, a-t-elle observé.La technologie est de plus en plus utilisée pour établir des bases de données.La clientèle, par ailleurs, est de mieux en mieux ciblée, pour faire «la bonne offre, à la bonne personne, au bon moment».Selon John Gustavson, président de l'Association canadienne de marketing direct (ACMD), le secteur qui croit le plus rapidement est celui des services financiers (RÉER, fonds mutuels, etc.) La Banque Royale, par exemple, a commencé à faire du marketing direct il y a 8 ans.Au cours des cinq dernières années, le nombre de campagnes a triplé, révèle Marie-Josée Vinet, directrice de la publicité directe au Canada.L'an dernier, le siège social de l'institution bancaire a réalisé 25 campagnes.C'est sans compter celles effectuées par les différentes succursales.«Nous sommes l'institution bancaire qui fait le plus de marketing direct, précise Mme Vinet.Nous avons huit millions de clients! Lorsque nous faisons des envois postaux, nous ciblons bien notre clientèle.Nous analysons notre banque de données, ce qui nous indique le profil de nos clients.Nous regardons les produits qu'ils ont déjà et nous leur faisons connaître l'existence de produits qu'ils ne connaissent pas.«Cela nous permet aussi de les fidéliser.Le dialogue entre nos clients et nous se trouve ainsi augmenté.C'est très important.» Joëlle Namer, Yves Blain et Guy Tassé, de l'agence FCB direct, vérifient les épreuves couleur de la campagne de marketing direct effectuée conjointement par la Banque canadienne impériale de commerce et Air Canada.PHOTO LUC SIMON PERRAULT.La Presse Quelques arpents pièges à éviter John Gustavson, président de l'Association canadienne de marketing direct (ACDM), suggère à ceux qui prévoient effectuer un achat auprès d'une entreprise de marketing direct, de faire affaire avec des compagnies fiables qui ont une bonne réputation.Les entreprises membres de l'association doivent respecter un code de protection de la vie privée, fait-il remarquer.«Il n'y a rien de tel que le gros bon sens, précise-t-il.Si une offre semble trop belle pour être vraie, c'est probablement le cas!» Georges-André Levac, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur (OPC) souligne que la Loi de la protection du consommateur assimile la notion de marketing direct à celle de contrat à distance.Or, précise-t-il, l'enquête sur les habitudes de consommation au Québec effectuée par l'organisme en 1988, et rendue publique en 1990, a révélé que 30 p.cent des ménages ont connu un problème après avoir effectué des achats à distance.Dans certains cas, par exemple, le non-respect de la garantie était déploré, et dans d'autres, la marchandise n'était pas exactement telle qu'espérée.« Mais le plus grand nombre de plaintes concerne surtout les concours, tirages et cadeaux de toutes sortes qui accompagnent les offres, indique-t-il.Ils choquent les consommateurs et leur donnent l'impression que ce type de courrier ne sert qu'à embouteiller leurs boîtes à lettres.» Le plus important est d'éviter tout risque économique, conseil-le-t-il.Pour ce faire, il recommande de ne jamais envoyer d'argent avant d avoir veritié auprès de l'OPC si l'entreprise est en règle (si elle a déposé un cautionnement ou une garantie financière).Évidemment, beaucoup de problèmes seraient évités si les consommateurs ne versaient pas d'argent avant d'avoir reçu l'article commandé.Les bons de commande ou les coupons remplis constituent un contrat au sens de la loi, rappelle M.Levac.Il suggère, par ailleurs, de ne pas faire affaire avec un marchand qui ne fournit qu'une case postale.Sans adresse complète, en effet, il est difficile de faire valoir un recours.Enfin, il recommande d'y penser deux fois avant d'acheter de la marchandise d'un commerçan; établi à l'extérieur de la province, car la Cour des petites créances n'accepte que les réclamations contre les entreprises ayant une place d'af faire au Québec.r DANIELLE BONNEAU ni n ouvrant votre courrier, vous ¦5 découvrez qu'une banque avec laquelle vous n'avez jamais fait affaire vous envoie une carte de crédit, sans aucune condition.Une autre compagnie, de qui vous n'avez jamais rien acheté, m vous présente un nouveau produit non encore offert sur le marché.Comment ces deux entreprises ont-elles bien pu avoir vos coordonnées?Et pourquoi croient-elles que vous serez intéressé par leur offre?Le marketing direct est une véritable industrie qui s'est raffinée au cours des dernières années.Que ce soit par la poste, par téléphone ou par l'intermédiaire de la télévision, le but est le même: entrer directement en contact avec les consommateurs les plus susceptibles d'être intéressés par les produits vendus, et les leur offrir.«Le marketing direct permet aux consomma' teurs de magasiner chez eux, indique John Gus' tavson, président de l'Association canadienne de marketing direct (ACMD).Si les offres so font par la poste, les enveloppes sont presqud toujours adressées.Si elles ne le sont pas, comme c'est le cas avec les circulaires, on ne peut parler de marketing direct.11 s'agit plutôt de commerce de détail.» Les entreprises ont recours au marketing direct pour vendre des produits ou des services, ou encore pour faire des campagnes de souscription.Celles qui font des envois postaux incluent toujours des coupons-réponse pour inciter les consommateurs à les leur retourner.Un nombre grandissant de compagnies, par ailleurs, fournit un numéro 1-800, car de plus en plus de consommateurs préfèrent les contacter par téléphone.Cette technique de vente répond indubitablement à un besoin.Selon l'ACMD, qui regroupe 80 p.cent des entreprises faisant du marketing direct, l'industrie emploie plus de 200000 Ca- nadiens et a généré des ventes de 8,5 milliards à travers le pays, en 1992.Les entreprises ayant répondu positivement lorsque sollicitées ont dépensé 2,3 milliards et les consommateurs, plus de 6 milliards.Ceux-ci, par exemple, ont dépensé environ 1,99 milliard en achetant par catalogue.Les organisations sans but lucratif et les organismes de charité, par ailleurs, ont recueilli plus de 1,2 milliard en faisant appel directement aux Canadiens.«Le marketing direct permet aux consommateurs et aux gens d'affaires d'obtenir des produits qu'ils ne pourraient pas facilement se procurer au niveau du détail, explique Yves Blain, directeur du développement stratégique à l'agence FCB Direct, une agence de publicité montréalaise qui se spécialise en marketing direct et compte, parmi ses clients, Air Canada, la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC), la chaîne d'hôtels Holiday Inn, Time-Life, l'entreprise pharmaceutique Pharmas-cience, la Monnaie royale canadienne et le Parti libéral du Canada.«Aux Etats-Unis, le marketing direct est très populaire, poursuit-il.Les Américains achètent des pamplemousses et même des steaks par correspondance! Ils magasinent beaucoup par catalogue et ils profitent de services de livraison à toute heure du jour et de la nuit.Ce réflexe de consommation n'est pas encore développé au Québec, mais il prend de l'importance.» Selon lui, le marketing direct s'inscrit dans la tendance maîtresse des années 90, le cocoo-ning.Certaines saisons, a-t-il remarqué, sont d'ailleurs plus propices que d'autres.Dans le cas des livres de la collection Time-Life et des disques compacts et cassettes de Columbia, la fin d'août et le début de septembre, tout comme le début de janvier, sont des périodes très actives.«C'est très tranquille juste avant le temps des Fêtes, sauf en ce qui concerne les campagnes de souscription.Puis, au début de janvier, cela fonctionne très bien.Il fait -40°, les gens ont moins le goût de sortir et ils ont plus le temps de lire.Ils ne vont pas autant dans les magasins qu'en décembre.» commerce des listes noms Le commerce des listes de noms, d'adresses et de numéros de téléphone est une industrie en elle-même.«Les listes ont une très grande valeur, explique Me Peter Martin, avocat du cabinet McCarthy Tétrault, qui représente de nombreux clients faisant du marketing direct.«Si une compagnie envoyait des lettres à tous ceux qui figurent sur une page du bottin téléphonique, par exemple, ce ne serait pas très efficace.Car elle ne saurait absolument rien sur les gens qui recevraient son offre.Ses chances de réussir seraient minimales.C'est donc dans son intérêt de cibler le plus possible la clientèle la plus susceptible de répondre de façon positive.» Les entreprises cherchent donc à louer les listes des clients de compagnies vendant des produits ou des services similaires aux leurs.Ou encore, les listes des membres d 'associations ou de corporations professionnelles oeuvrant dans un domaine connexe.«Quelqu'un, par exemple, qui désire vendre un gadget pour la cuisine, a intérêt à rejoindre des gens qui aiment cuisiner, précise john Gustavson, président de l'Association canadienne de marketing direct (ACMD), qui regroupe 80 p.cent des entreprises effectuant du marketing direct.« Il louera donc les listes des abonnés de revues spécialisées en cuisine, les listes des membres de clubs de gourmets et les listes de noms de gens qui ont récemment acheté une cassette vidéo de chefs cuisiniers.» Sur les listes, rassure-t-il, on ne trouve que des noms, des adresses et parfois des numéros de téléphone.Les codes postaux sont particulièrement révélateurs, car ils indiquent dans quel quartier les gens habi-tent et quel devrait être leur revenu moyen.Des courtiers se spécialisent dans la location de listes.Ils ont accès à toutes les listes disponibles sur le marché, indique Alex Coles, vice-président de Québécor List Services.Cette filiale de Québécor loue des listes à des courtiers et à des clients, au nom des propriétaires des listes.Une idée de ce qui peut être loué : les listes des abonnés des magazines Les idées de ma maison.Châtelaine et Actualité, des membres d'associations de médecins, d'avocats et de professeurs, etc.Le rôle du courtier est de suggérer les listes les plus avantageuses pour ses clients, explique M.Coles.Il doit aussi s'assurer que chaque offre devant être envoyée aux gens figurant sur les listes, est préalablement approuvée par les propriétaires de ces listes.«Les listes sont habituellement louées pour une seule utilisation.Pour s'assurer que le contrat est respecté, des noms fictifs, accompagnés d'adresses connues des propriétaires de listes sont généralement inclus.Ce qui permet à ces derniers de vérifier si le matériel envoyé est conforme aux ententes conclues.Plus les listes de noms sont révélatrices sur les habitudes ou les intérêts de ceux qui y figurent, plus elles ont de la valeur.Une liste de 1000 noms d'abonnés à la revue Clin d'Oeil, par exemple, coûte 105$, révèle Alex Coles.Une liste de 1000 noms d'abonnés a la revue Rénovation Bricolage, par ailleurs, coûte 105$.Par contre, une liste de 1000 noms d'abonnés à la publication très spécialisée Canadian Human Resource Reporter coûte 275$.«Le but est de faire la bonne offre à la bonne personne, au bon moment, (e sais que mes clients préfèrent envoyer moins de lettres à des gens d'affaires ou à des consommateurs mieux ciblés.Ils vont faire deux ou trois envois par année, plutôt qu'un, ils vont dépenser autant d'argent, mais ils auront de meilleurs résultats.» Toutes les compagnies, toutefois, ne louent pas leurs listes.Sears, Readers Digest et les institutions bancaires, par exemple, ne le font pas.La Banque Amex du Canada, qui émet la carte American Express et loue beaucoup de listes pour gagner de nouveaux clients, refuse elle aussi de louer sa propre liste de membres.« Nous ne bénéficions pas d'un réseau de banques, explique Brenda Blake, directrice des acquisitions et du marketing direct à la Banque Amex du Canada.Le marketing direct est donc très important pour nous, autant pour acquérir de nouveaux clients que pour offrir à nos membres divers produits et services avantageux.« La grande majorité de nos membres se joignent à nous après avoir reçu une offre postale à la maison ou au bureau, poursuit-elle.Il n'est pas question, par contre, que nous vendions la liste de leurs noms.Ils sont devenus membres pour profiter de nos services.C'est un principe auquel tient la compagnie pour protéger leur vie privée.» > r.T Les courtiers qui se spécialisent dans la location de listes ont accès à toutes les listes disponibles sur le marché.On peut notamment lire sur l'écran (et sur la copie d'imprimante) qu'une liste de 1000 noms d'abonnés à la revue Clin d'Oeil coûte 105$.PHOTO LUC SIMON PERRAULT.Lê Prwa» Andrée Dallaire et Me Peter Martin discutent de la nouvelle Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé.PHOTO JEAN GOUPIL, La Presse consommateur sera mieux protégé ntrée en vigueur le 1er janvier, la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé donne plus d'emprise aux citoyens sur les renseignements que détiennent les entreprises privées à leur sujet.Les dispositions plus spécifiques au marketing direct n'entreront toutefois en vigueur qu'à compter du 1er juillet prochain.En ce qui concerne les listes de noms, d'adresses et de numéros de téléphone, la loi 68 prévoit qu'une entreprise ne pourra communiquer à un tiers une liste de ses clients, de ses membres ou de ses employés, sans avoir préalablement donné aux personnes concernées la chance de refuser que ces renseignements soient utilisés par quelqu'un d'autre à des fins commerciales ou philanthropiques.« Avant de communiquer sa liste de noms à un tiers, une compagnie devra offrir aux personnes concernées la possibilité d'être retranchées de la liste, explique Me Peter Martin, avocat du cabinet McCarthy Tétrault, qui représente de nombreux clients spécialisés dans le marketing direct et a été consulté abondamment au sujet de la nouvelle loi.Les entreprises qui ont leur propre liste et désireront l'utiliser à des fins commerciales ou philanthropiques, devront agir de la même façon.Elles devront elles aussi donner l'occasion à tous ceux qui y figurent, de s'en retirer.Ceux qui font de la sollicitation par la poste et par téléphone devront se conformer à cette règle.Ceux qui utilisent le téléphone, par exemple, devront clairement s'identifier et informer leur interlocuteur de son droit de se faire retrancher de leur liste.Ceux qui voudront que les renseignements personnels les concernant soient retirés pourront le faire, en tout temps, en le demandant par écrit ou verbalement à l'entreprise utilisant la liste.Et la compagnie sera obligée de respecter cette requête.«Les propriétaires de listes devront offrir à leurs clients la possibilité de retirer leurs noms, avant le 1er juillet, afin de constituer des listes ne contenant que les coordonnées de personnes n'ayant pas refusé, précise Me Martin.S'ils ne le font pas avant cette date, ils ne pourront pas louer leurs listes.» Pour le consommateur, ces dispositions de la loi sont intéressantes, croit-il.«Personnellement, je suis intéressé à recevoir des offres, indique-t-il.Mais si des compagnies m'envoient des offres que je ne veux pas, j'aime pouvoir leur dire de me retrancher de leur liste.Cela me donne la possibilité de ne recevoir que les sollicitations que je désire.Cela permet aussi aux personnes qui veulent bien être sollicitées par la poste, mais pas par téléphone, de le faire savoir et de ne plus se faire importuner.«C'est bon aussi pour les compagnies faisant du marketing direct.Car elles ne gagnent rien à solliciter des gens qui ne sont pas intéressés.Pour elles, c'est un gaspillage d'argent.» Ces dispositions de la loi reprennent en gros les principes du Code de protection de la vie privée à l'intention du marketing direct canadien, adopté par l'Association canadienne de marketing direct et en vigueur depuis le 1er janvier, souligne Pierrot Péla-deau, vice-président de la recherche et du développement à la Société Progestaccès, une firme conseil en gestion de l'information personnelle.11 donne notamment des sessions de formation sur l'application des dispositions de la loi à des entreprises faisant du marketing direct.«La loi 68 ajoute cependant une obligation légale, poursuit-il.Les grandes entreprises, qui sont toutes membres de l'Association canadienne de marketing direct, se dirigeaient vers cela de toute façon.Pour elles, cela va changer peu de choses.Mais la loi va s'appliquer à tout le monde.Et les chiens galeux, qui donnent une mauvaise réputation au marketing direct, vont disparaître.Cela va épurer le marché.» Tout allait dans cette direction, précise-t-il.Deux sondages effectués en 1992 ont révélé que les consommateurs veulent plus de contrôle sur les informations circulant à leur sujet.Et les compagnies, désirant être plus efficaces, raffinent leurs méthodes.«Plusieurs entreprises ont réalisé qu'il y a une saturation du public face à la sollicitation, et elles ont commencé à aller un peu plus loin que ce que prévoit la loi.C'est particulièrement évident en ce qui concerne les gens d'affaires.Dans des revues spécialisées s'adressant à des professionnels, des entreprises demandent à ceux qui sont intéressés par leur produit et veulent plus d'information, de leur retourner un cou-pon-réponse avec leurs coordonnées.C'est plus que de Vopting out, c'est de Vopting in% de l'auto-inscription.Les compagnies ont vraiment tendance à mieux cibler leur clientèle.Elles s'efforcent de mieux faire rencontrer l'offre et la demande.C'est plus rentable.» Plusieurs compagnies, comme la Banque Royale et la Banque Amex du Canada, qui émet la carte American Express, ont déjà commencé à offrir à leurs clients la possibilité de refuser de rece- voir de l'information sur des produits, par la poste ou par téléphone.«C'était dans notre intérêt de ne pas attendre, indique Marie-losée Vinet, directrice de la publicité directe au Canada, à la Banque Royale.Car si on fait des envois à des clients qui ne sont pas intéressés, tout se retrouve dans la poubelle.» Au bas de lettres envoyées à leurs clients, l'automne dernier, l'institution bancaire a donc commencé a ajouter un petit paragraphe indiquant que ceux qui préfèrent ne pas recevoir d'information sur des produits et services, peuvent lui téléphoner.Ceux qui appellent pour demander que leur nom soit retiré de la liste peuvent alors préciser s'ils désirent ne pas recevoir d'information du tout, s'ils veulent bien être sollicités par la poste mais pas par téléphone, ou encore s'ils désirent de l'information sur.cet-tains types de produits bien particuliers (prêts hypothécaires, cartes de crédit, REER, etc.).L'institution bancaire a commencé à offrir ce service en septembre, et en décembre, moins d'un p.cent des clients avait appelé le numéro 1-800 pour s'en prévaloir, révèle Mme Vinet.En janvier, la Banque Amex du Canada a de son côté envoyé à tous les titulaires de la carte American Express demeurant au Québec, un avis détaillé de deux pages.Elle y expliquait en quoi consiste la loi 68, à quelles fins elle se sert des renseignements personnels qu'elle détient et quels sont les droits de ses clients à cet égard.«Nous avons toujours été des pionniers dans ce domaine, indique Susan Carter, directrice des communications et des affaires publiques à la Banque Amex du Canada.Depuis 1978, nous avons notre propre code de conduite en ce qui concerne la protection de la vie privée.Nous pensons que c'est important d'informer nos clients.Nous avons ainsi de meilleures relations avec eux.» En 1992, la compagnie a commencé, et ce une fois par année, à demander aux titulaires de la carte s'ils préfèrent recevoir de l'information sur des types bien particuliers de produits.Madeleine Plamondon, directrice du Service d'aide aux consommateurs, une association de consommateurs très active à Sha-winigan, préfère attendre avant de se prononcer sur la loi 68.«On s'est battus pour avoir cette loi-là.Il faut attendre de voir comment elle sera appliquée.En ce qui concerne spécifiquement les entreprises de marketing direct, elles ont six mois pour s'ajuster.Il faudra être vigilant.» Pour échapper à l'envahisseur * ' » ¦ L'Association canadienne de marketing direct, dont l'un des principaux objectifs est d'accroître la confiance des consommateurs envers le marketing direct, offre toujours le service de retrait de numéros de téléphone (SRNT) et le service de retrait d'adresses (SRA).Les consommateurs peuvent écrire à l'association et demander que leurs noms soient inscrits sur ces listes qui sont remises aux entreprises membres de l'organisme quatre fois par année.Celles-ci sont obligées de supprimer les noms de leurs listes.Il faut compter environ trois mois avant de remarquer une réduction des sollicitations.tes consommateurs désirant ne plus recevoir d'envois postaux devraient indiquer toutes les variantes orthographiques de leur nom et leur adresse complète, incluant leur code postal.Ceux qui préfèrent ne plus rece^ voir d'offres par l'intermédiaire du téléphone, doivent inscrire correctement leur nom de famille et prendre soin de fournir leur numéro de téléphone et leur code régional: Les personnes intéressées peuvent écrire à: SR/V5RNT ft^ Association canadienne de marketing direct I, Concorde Gâte, bureau 607 Don Mills, Ontario M3C5N6 6 Plus LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 12 MARS 1994 A L'ÉCOUTE DES PENSEURS * « « * « i 4 4 4 « t m * M « ¦1 CÉRALD LEBLANC » ' ' \u2022 n père éleveur de renards, un oncle trappeur et un autre entomologiste: Benjamin Simard a grandi avec les animaux, qu'il n'a jamais abandonnes par la suite.Vétérinaire, il a d'abord poursuivi des études en Colombie-Britannique sur la gestion de la faune avant de revenir au Québec observer les ours et les orignaux, et surtout ramener les caribous que ses ancêtres avaient chassés du parc des Laurentides.De retour sur le campus universitaire.il a géré les animaux de laboratoire de l'Université de Montréal et enseigne maintenant la médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe.Chemin faisant, il a fait quelques détours pour défendre les chasseurs de phoques et dresser de petits singes de compagnie pour les malades.En essayant de convertir les braco\u2022 niers de Charlevoixt Ben Caribou, comme on l'appelle dans le milieu, s'est découvert un don de prédicateur qu'il exerce comme diacre permanent depuis une quinzaine d'années.Dans les hôpitaux et les collèges, il prône ie retour à la planification naturelle des naissances et met en garde contre les dangers des manipulations génétiques.C'est dans sa demeure dé Bel oeil que le docteur Simard a répondu à nos questions sur les perdrix de Colombie et les lapins de laboratoire, les caribous des Grands Jardins et les phoques du Golfe, la parenté de l'homme avec l'animal, les manipulations génétiques et la foi chrétienne, l'avenir de ses enfants et petits-enfants.Il s'agit de la douzième de nos interviews avec les penseurs du Québec.* * * La Presse \u2014 Que vous a appris la perdrix bleue de la Colombie-Britanni- que?Benjamin Simard \u2014 Il s'agit d'une variété des perdrix de savanes, plus grosses que les nôtres, un gibier de fière allure fort recherché en Colombie.Ma thèse proprement dite portait sur l'analyse microscopique des testicules de perdrix mâles, dont l'université possédait une impressionnante collection.En plus de découvrir que le mâle atteignait son maximum de virilité à l'âge de quatre ans, je me suis surtout éveillé à la dynamique des populations animales.En vieillissant, le mâle devient plus agressif et empêche les jeunes rivaux de s'établir sur le territoire, réduisant du même coup la présence de jeunes femelles et entraînant un plafonnement de la population.l'ai par la suite découvert la même dynamique chez les orignaux, qui s'installent aussi dans les forêts en reprise, riches en biomasse et en matière nutritive.La forêt vieillissante offre moins d'avantages et attire moins d'immigrants, d'où un plafonnement de la population.Revenu au Québec, vous avez retrouvé vos amis les fourmis.Que vou-sont-elles enseigné ?Tout petit, j'était fasciné par les fourmis, à qui j'offrais des ailes de mouches et dont je testais les capacités en mettant des obstacles sur leurs sen-liers.Mon oncle Georges Gauthier, en-* toniologiste de son métier, répondait à me$ questions sur ces merveilleux insectes.Travaillant au projet de restauration du caribou dans le parc des Laurentides (entre Québec et Chicoutimi), j'ai cotoyé André Béique, qui y a découvert de nouvelles espèces de fourmis et leur a donné des noms.Ce fut pour moi une révélation de savoir que l'homme n'avait pas fini de nommer la création, une de ses plus nobles fonctions.\u2022 C'était surtout le caribou qui vous ramenait au pays de votre enfance, le parc des Laurentides! le suis né à Baie-Saint-Paul et le premier Simard est arrivé dans Charle-voix en 1643.C'est donc le pays de mes ancêtres et aussi le pays des caribous, le me souviens des histoires de mes grands-pères, qui allaient se tuer un caribou presque comme un animal domestique.Ce faisant, les humains ont progressivement éliminé, ou fait fuir, le caribou, alors qu'il y en avait plus de 10000 à un certain moment donné.Quand fut créé le grand parc des Laurentides, en 1897, c'était entre autres pour y ramener le caribou.À mon arrivée dans le Parc, comme fonctionnaire du Québec, j'ai vu la possibilité d'enfin corriger l'erreur de mes grands-parents.On a commencé par ramener des caribous du Grand Nord, un par un.à bord de petits Cesna.Avec des DC3 sur skis, on a ensuite pu revenir avec une vingtaine de caribous.Ma connaissance de la dynamique des populations animales m'a permis d'éviter l'erreur commise dans le Maine et au cap Breton, où les tentatives de ramener le caribou ont échoué.Contrairement à l'orignal, très individualiste et très antisocial, le caribou vit en hardes sous la gouverne des vieilles femelles qui guident la marche du troupeau.Afin de briser le patron de retour vers le Grand Nord, on n'a implanté dans la zone des Grands lardins (dans le it parc entre Saint-Urbain et Bagot-\\illc) que les jeunes nés en captivité.Ben Caribou ¦¦¦ PHOTO JEAN GOUPIL Lê Presse « C'est à travers mes travaux de recherche et d observation des animaux que f arrive à la conclusion qu'il doit y avoir autre chose chez l'homme, une autre dimension chez celui qui représente le sommet de la création.>.> - Benjamin Simard D une trentaine en 1972, ils sont maintenant autour de 300 dans les Grands lardins.Une vraie merveille à moins de 100 kilomètres de la Vieille Capitale!.Les fourmis, les perdrix, les caribous et les orignaux: quel est votre favori dans la gent animale?Vous oubliez l'ours noir que j'ai aussi observé dans le parc des Laurentides, où j'en ai marqué plusieurs dizaines, leur coupant parfois un doigt de pied pour reconnaître les traces.Je dis parfois que si je devais me réincarner, j'aimerais que ce soit en ours noir, un animal fort discret qui fait trois choses dans sa vie, toujours très intensément: manger, faire l'amour et dormir.Finalement, n'étes-vous pas impérialiste en changeant le rythme naturel des animaux pour satisfaire les désirs de l'homme.N'est-ce pas ce que vous avez tait dans les Grands» jardins?La nature, il faut parfois lui aider.comme lorsque nous avons chasse la meute de loups des Grands lardins pour la phase de réimplantation du caribou.L'animal subit son environnement tandis que l'environnement subit l'homme.Ils me font rire les gens qui jouent du violon sur la nature, sans en connaître les lois implacables.La nature ne pardonne pas et la première erreur de l'animal est sa dernière.Dans le Grand Nord, le caribou qui se couche du mauvais côté du vent n'entend pas venir le loup, celui qui traverse la rivière au mauvais endroit se noie.toute erreur est fatale.C'est la grande différence avec l'homme.Ghandi disait pourtant qu'on juge une société à la manière dont elle traite ses animaux ! Oui et le dalai-lama vient de reprendre le même refrain, qui repose sur un mauvais point de départ, l'aimerais mieux les entendre dire qu'on peut juger une société à la manière dont elle traite ses embryons humains et ses enfants.On pleure et on crie pour des chiens de laboratoire, mais on ne dit rien sur les embryons utilisés pour fins de recherche.Il suffit d'examiner les dents de l'homme pour se rendre compte qu'il est Carnivore et non ruminant.Pas surprenant que les femmes végétariennes voient l'interruption de leurs menstruations, faute d'un acide qu'on ne retrouve pas dans le règne végétal, sauf dans le lait de soya.Qu'on mange l'animal ou qu'on s'en serve en laboratoire, en évitant la cruauté, c'est dans l'ordre de la nature.L'homme est le roi de la création, le seul capable d'aménager la nature.C'était évident dans l'affaire de la chasse aux phoques alors qu'on péchait la ressource mais refusait de chasser le prédateur, au nom d'une sensiblerie à la Brigitte Bardot, détruisant ainsi l'équilibre naturel.Mais l'homme, un animal pensant, ne fait-il pas aussi partie du règne animal ?Cette démarche mène au cul-de-sac.C'est vrai que l'on n'est pas très diffé- rent biologiquement.Pour l'intelligence, c'est une question de degré comme j'ai pu le constater avec les petits singes dressés pour aider les malades.Même dans le bagage génétique, il n'y a pas plus de différence entre l'homme et le gorille, qu'entre le gorille et le chimpanzé.La différence est ailleurs, dans le domaine spirituel.L'homme est libre de choisir sa destinée tandis que la fourmi ouvrière ou le caribou migrateur n'a pas de choix.L'homme peut choisir de se tourner vers son createur ou d'en rester a son fonctionnement biologique animal.Ne venez-vous pas de quitter le champ de l'observation et de la science pour entrer dans le domaine de la foi ?Pascal disait qu'un peu de science éloigne de Dieu.Il faut aller au-delà des choses, réfléchir sur le sens de la technologie.C'est à travers mes travaux de recherche et d'observation des animaux que j'arrive a la conclusion qu'il doit y avoir autre chose chez l'homme, une autre dimension chez celui qui représente le sommet de la création.Vous avez été ordonné diacre, il y a une quinzaine d'années.Ça veut dire quoi pour vous ?Un diacre n'est pas un vicaire à rabais.C'est un peu l'inverse du prêtre ouvrier.qui revient dans le monde ordinaire tandis que le diacre reste dans son monde.C'est à partir de mes connaissances scientifiques que je suis en mesure de parler de la vision chrétienne de la planification des naissances et des dangers des manipulations génétiques.autant dans les collèges et universités que dans les hôpitaux et devant les prêtres.Pourquoi prôner la limitation naturelle quand on dispose de moyens plus efficaces de limiter les naissances?Tout d'abord, je préfère le terme planification des naissances, en accord avec la liberté humaine de choisir que n'ont pas les chevreuils ou les caribous.La pilule représente une des plus grandes faillites pharmacologiques de l'histoire.On nous disait, il y 25 ans, que les pilules ne comportaient aucun danger et on nous dit aujourd'hui que nos nouvelles pilules sont 25 fois moins dangereuses que les anciennes.Que nous dira-t-on dans 25 ans?On nous disait aussi que les moyens artificiels de contraception allaient tout régler: fini, les couples en difficulté, les grossesses non désirées et les avortements! Est-ce vraiment ce qui est arrivé?On a plutôt détruit la femme, en la rendant disponible pour l'homme et disponible pour le marché du travail.On a voulu robotiser la femme et dissocier la copulation de l'amour.|e n'ai aucunement la conviction d'être archaïque et vieux jeu en prêchant le retour au respect du cycle de la nature et des communications humaines.L'outil de la communication n'est pas le pénis mais le cerveau.Votre crainte des manipulations génétiques vient aussi de votre connaissance de ce qu'on fait aux animaux ?On crée de nouveaux animaux, grâce a une lente sélection, lorsqu'on arrive à produire du poulet barbecue en six semaines au lien de neuf, ou lorsqu'on fait passer la production laitière d'une vache de 5000 à 35000 livres par année.Ces nouvelles espèces n'ont plus la capacité de vivre vieux.On est allé plus loin avec les manipulations génétiques: de l'insémination artificielle au clonage des embryons de bovins ou de moutons.Pendant qu'on fait cela, je ne vois nulle part de mise en garde contre le glissement vers l'application des mêmes techniques aux humains.|e fais ma part pour éveiller l'opinion publique.car c'est la seule force capable de freiner l'ardeur des puissants intérêts économiques qui poussent ces expériences comme les compagnies pharmaceutiques l'ont fait pour les moyens de contraception.K inalement vous endossez les objectifs du mouvement Pro-Vie?Les valeurs peut-être, mais pas la stratégie.|e suis contre les contestations violentes.|e préfère éveiller à l'émerveillement.à la beauté de l'union sacrée de l'homme et de la femme, au respect et aux soins des enfants issus de leur rencontre.Vos sept petits-enfants entrent-ils dans une monde plus accueillant et plus stimulant que celui dans lequel vous avez fait irruption en 1954 à Baie-Saint-Paul ?Quand j'étais petit, j'ai reçu comme cadeau un livre dans lequel il y avait quatre images de papillon.C'était vraiment extraordinaire! Maintenant je pourrai offrir a mon septième petit-en-fant, qui viendra bientôt, un album avec 2000 photos couleurs de papillon.Imaginez, comment il est chanceux! Tellement de ressources, mais aussi tellement de leurres et de fausses pistes.Tellement d'enfants sans parents, sans vrai figure de pere! LA PRESSE, MONTREAL.SAMED112 MARS 1994 Plus B 7 Les thermopompes Turcotte se vendent comme.des petits pains chauds! NIGER BURKINA FASO Cameroun COTE D'IVOIRE GUMEE EQUATORIAIE ND Congo Comores Institution cf émission des Comores ZONE FRANC : un déséquilibre aggravé par la dévaluation ENSEMBLE DE LA ZONE (évolution en % à prix constants 1967) EXPORTATIONS IMPORTATIONS 4% - Sénégal 1970/75 75/80 80/85 36/92 CROISSANCE (bp % du PNB par habitant) 86/92 - 1970/75 75/BO 80/85 8% - S\t S\t rM\tS Mali\t Ml.2 531 | i\t \tA g o i \" Bfl\t\t Bénin\t\t1-uof Niger i 1 300 | I\t\t||1 653 | ¦fchad Zzoe (fem&scn i de ta Banque centrale des Etats 6e Mnoue de TOuest (BCEAO/ 11 Zone (fémission \u2022 de la Banque centrale 1 des Etats de l'Afrique centrale !BEAC) IN VES TISSEMENTS 15% - \t\t \t\t \u2014\t\tEps ____ \t\t 1970/75 75/80 80/85 86/92 SENEGAL (en militons de dollars, en 1991) importations exportations 1 356 dette extérieure ND: non disponible \" I\t >\t \t \t \t \tr\u2014 \t \t i_\t Côte d'Ivoire 18 847 Burkina 1 356 AFP infographie \u2022 francs Nallter \u2014 CO\t CD\t O l\tGabon l j\t3 842 ]\t1 S \tCD \t9 \t \tCN« \tir> \til La dévaluation du franc devrait donner un coup de fouet aux exportations, qui avaient perdu toute compétivite sur le marché mondial.Troisième producteur de café au monde, la Côte d'Ivoire pourrait en bénéficier.n'est pratiquement pas le cas, à l'exception de pays «privilégiés» comme la Côte d'Ivoire et le Cameroun, qui pourraient voir à court terme leurs rentrées de devises augmenter.En Côte d'Ivoire, par exemple, le cacao, importante source de devises, ne pouvait plus du tout concurrencer le cacao malais.Et le caoutchouc des usines ivoriennes était invendable.Pour Abdijan, les effets bénéfiques peuvent être très visibles à court terme.À l'opposé, un pays comme le Mali (9 millions d'habitants) n'a pour ainsi dire rien à exporter, ni matières premières ni produits manufacturés, et va encaisser un choc terrible, dont seule le sauvera en partie l'aide internationale.Autre effet bénéfique escompté, mais seulement à court terme et dans certains pays: l'investissement.La surévaluation du CFA avait amené à un quasi-boycott la Banque mondiale et le FMI, qui jugeaient la situation malsaine et anachronique.Mais aussi et surtout, les investissements étrangers s'étaient pratiquement taris.On peut donc prudemment espérer une relance de ce côté, du moins dans les pays qui sont le moins sinistrés: c'est ce qu'on appelle au FMI la «réintégration dans l'économie mondiale de marché».Le problème, c'est que cette réintégration se fera sur plusieurs années, dans le meilleur des cas.Tandis que les effets négatifs seront immédiats et brutaux.Avec le risque majeur d'explosions sociales, principalement dans de grandes villes, comme Abidjan ou Dakar, où s'entasse déjà une population misérable qui a fui les campagnes et la famine.Les régimes en place, dont la plupart n'ont plus aucune légitimité politique, réussiront-ils à imposer une telle cure d'austérité sans aggravation des troubles et de la violence?Pour-ront-ils éviter, auprès de leurs fonctionnaires et, surtout, de leurs militaires, de compenser aussitôt la baisse du niveau de vie par des augmentations immédiates des traitements?Ce qui annulerait aussitôt les effets positifs de la dévaluation, et déclencherait une inflation galopante.Le moins qu'on puisse dire, c'est que les experts de tout bord et de tous pays sont extrêmement pessimistes sur les réussites de l'opération qui, selon eux, est intervenue avec plusieurs années de retard, a été décidée en catastrophe, sans prévoir le plus souvent les mesures d'« accompagnement» indispensables.«C'est un saut dans le vide, sans parachute», déclare le directeur général du FMI, Michel Camdessus.lusqu'a la derniere minute, des pays très proches de l'État français, comme le Gabon et le Sénégal, ont refusé de croire a la dévaluation, et ont essayé de faire jouer leurs vieux appuis politiques a Paris pour l'empêcher notamment auprès de la vieille garde gaulliste et chiraquienne, très attachée à l'Afrique, par nostalgie ou par intérêt, parfois les deux.À peu près aucun de ces gouvernements \u2014 souvent corrompus a l'os \u2014 n'ont pris de mesure dans les mois précédents pour empêcher les sorties massives de francs CFA, stimulées par les rumeurs de dévaluation imminente.La thérapie de choc «Cette dévaluation était inscrite dans les faits, nous dit Jean-Pierre Bayart.universitaire et directeur de la collection «Les Afriques» aux éditions Karthala.Elle était inévitable.Mais elle aurait dû intervenir au milieu des années 80, au moment où la France choisissait l'Europe et la politique du «franc fort».Aujourd'hui, elle arrive à un moment catastrophique, alors que les économies africaines exsangues n'ont même pas les moyens de profiter de cette thérapie de choc.Cela risque d'être non seulement l'explosion dans les villes, mais aussi dans les campagnes, où I on pourrait assister à une véritable disparition des structures étatiques dans certaines régions.» Si la France a autant tardé à pratiquer cette opération chirurgicale, ce n'est pas tellement par générosité.La perpétuation du vieux système CFA ne constituait pas vraiment une charge insupportable pour l'économie et l'État français: elle faisait tourner en Afrique des centaines et des centaines d'entreprises françaises, avec un chiffre d'affaires évalué à quelque 50 milliards de dollars par année.Malgré sa misère, le continent africain était encore hier le troisième client de la France.après l'Allemagne et les États-Unis.Une partie importante de ces devises et tous les profits finissaient rapatriés en France.Et par-dessus le marché, le système convenait parfaitement aux dirigeants les plus corrompus et discrédités qui grâce à un CFA fort pouvaient continuer d'importer limousines et produits de luxe.Seul inconvénient ce système néo-.colonial contribuait, de maniéré aiguë depuis près de dix ans, a enfoncer toujours un peu plus les économies africaines dans le désastre.Si bien que l'aide officielle et directe française, qui avoisine maintenant les 2 milliards de dollars, ne suffisait même plus à assurer les fins de mois de tel gouvernement, ou le service de la dette pour tel autre.Il était devenu non seulement urgent mais vital, à la fois de casser cette spirale et de réintroduire les organismes internationaux dans le jeu africain.La France restera encore longtemps le «protecteur» et «l'ami» des pays africains francophones.Mais il ne sera plus que le premier parmi d'autres.Que la dévaluation tourne à la catastrophe ou \u2014 par un miracle auquel personne ne croit \u2014 donne le signal d'un modeste redressement.De toute manière, une page est tournée.PUBLIREPORTAGE Serait-ce l'effet des prévisions des météorologues d'Environnement Canada qui nous annoncent un printemps chaud, ou tout simplement le bouche à oreille des nombreux clients satisfaits de leur thermopompe Turcotte?Toujours est-il que les Québécois s'arrachent actuellement ce produit si bien conçu pour leurs besoins et pour leur climat.En créant une nouvelle édition comprenant trois modèles différents, la maison Turcotte avait prévu laisser partir l'ancienne édition aux États-Unis pour le développement du marché américain.Ce produit comportant le même coefficient d'efficacité que le nouveau modèle s'est valu une renommée internationale.Cependant.devant la vitesse imprévue avec laquelle ces appareils de qualité se vendent, les dirigeants de Turcotte, se sont ravisés, ils ont décidé de faire profiter les Québécois en premier lieu d'un avantage exceptionnel.Près de 50% de rabais sur la thermopompe qui affiche un des plus hauts rendements d'efficacité.La situation d'urgence provoquée par l'arrivage prochain de la nouvelle édition implique un besoin d'espace.Plutôt que d'expédier la petite quantité de thermopompes encore en stock aux États-Unis.Turcotte décide de les offrir avec un rabais de près de 50%.ce qui représente pour l'acheteur québécois une chance inouïe de profiter du confort de la thermopompe réinventée pour le climat du Québec et entièrement fabriquée au Québec.Cette thermopompe au rendement maximal a déjà fait ses preuves.Comme la quantité est limitée, cette occasion unique ne durera que jusqu'à ce que l'on ait épuisé les stocks.Vérification des performances de la thermopompe Turcotte par une firme indépendante.Un laboratoire indépendant ayant été mandaté pour procéder à la vérification des performances de la thermopompe Turcotte, selon les normes 210/240 de l'A.R.I.(American Réfrigération Institute).les dirigeants de la compagnie Turcotte ont le plaisir d'annoncer avec la plus grande fierté le résultat de cette analyse.En effet, les performances de celte nouvelle thermopompe, non seulement atteignent mais dépassent de façon impressionnante les prévisions établies par les ingénieurs de Turcotte.Ces données mettront fin.nous le souhaitons, aux prétentions de certains concurrents qui se permettaient de semer un doute dans l'esprit des consommateurs en alléguant qu'il était impossible que ce produit atteigne un coefficient d'efficacité aussi élevé.Monsieur Y von Turcotte est heureux aujourd'hui de déclarer avec fierté qu'au Québec on ne fabrique pas uniquement les thermopompes les plus belles et les plus fiables mais en plus, elles se re- trouvent parmi les thermopompes les plus performantes AU MONDE.Si vous désirez de l'information concernant les thermopompes Turcotte, vous pouvez communiquer au 527-4531 et demander, tout à fait gratuitement, une brochure couleur de 26 pages avec plus de 30 photos.Cette brochure vous fera voir un comparatif des avantages de la thermopompe Turcotte vis-à-vis ses concurrents.Ce même document raconte le cheminement suivi par Yvon Turcotte pour en arriver à réinventer une thermo-pompe pour le climat du Québec.Turcotte recherche un distributeur pour la Floride.Une percée importante pourrait avoir lieu en Floride car les ther- mopompes Turcotte et les chauffe-piscines Turcotte sont particulièrement bien adaptés aux contraintes du climat floridien.A titre d'exemple, son boîtier en polypropylène est garanti 20 ans contre les rayons UV et le sel marin.ce dernier faisant rouiller rapidement des thermopompes concurrentes.Au dire de Monsieur Robert Léonard.directeur général chez Turcotte.il ne reste qu'une étape à franchir pour que la thermopompe Turcotte connaisse un succès tloridien aussi important que celui qu'elle connait au Que-bec.Nous devons trouver un bon distributeur qui connait bien le marché floridien.À qui la chance! « MKvf Chute brutale du franc en Afrique La France impose une thérapie monétaire de choc à ses anciennes colonies louis m.ROBITAILLE collaboration spéciale l'A RIS Un coup de fouet La dévaluation, en revanche, devrait donner un coup de fouet aux exportations, qui avaient perdu toute compéti-vité sur le marché mondial, et dont le coût tombe aussi de moitié.Encore faudrait-il qu'il y ait des produits à exporter de façon significative, ce qui Ce n'est pas encore le désengagement français en Afrique francophone, mais c'est certainement la fin d'une époque.C'est-à-dire celle de la chasse gardée que la France maintenait dans quatorze anciennes colonies africaines \u2014 dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Cameroun \u2014 représentant environ 80 millions d'habitants.Le 11 janvier dernier, à Dakar, la france \u2014 avec l'appui de quelques pays partisans de la modernisation ou misant sur leurs exportations \u2014 a imposé à tous les pays de la zone franc une brutale dévaluation de moitié du franc CFA (CFA pour Communauté financière africaine).La zone franc continue d'exister, et le Trésor français de garantir sa valeur et sa convertibilité.Mais un gigantesque tabou a été transgressé : institué en 1948 sous le régime colonial, le franc CFA avait connu une stabilité parfaite depuis cette époque.C'est-à-dire suivi le franc français dans ses innombrables fluctuations depuis plus de 45 ans.À partir du moment où la France a pour la première fois cédé aux pressions des organisations financières internationales \u2014 Banque Mondiale et Fonds monétaire international \u2014 et accepté le principe du « réalisme)» monétaire, la porte est ouverte à de nouvelles dévaluations, dans le cas où tel ou tel pays sombrerait dans l'hyperinflation.La France ne défendra plus dans l'avenir des parités artificielles.Un franc CFA valait très exactement 0.02 francs français: il en vaut maintenant 0,01.C'est-à-dire que pour les industries locales et pour les consommateurs, le prix de toutes les importations a doublé d'un seul coup dans la nuit du 11 au 12 janvier.À commencer par les importations de produits français.Un véritable «traitement de choc» administré à des économies dont la plupart sont au bord de la débâcle: malgré des aides d'urgence prévues par la F rance, la Banque Mondiale et le fonds monétaire international, les conséquences à court terme risquent d'être terribles.Dans les grandes villes africaines, le prix de certaines denrées alimentaires risque d'exploser, ce qui aggravera la misère.Parmi les quelques 2000 filiales ou PME françaises qui prospéraient sans trop se fatiguer grâce à ce taux de change artificiel, beaucoup vont fermer ou réduire leurs activités, en raison du doublement du prix des fournitures françaises venues de «métropole»: une vieille rente de situation vient de disparaître pour des entrepreneurs néo-colonialistes qui opéraient en situation de quasi-monopole et encaissaient des profits faciles.Mais en même temps cela risque d'aggraver encore le marasme économique et de mettre au chômage une partie des 450000 salariés africains employés par des sociétés en tout genre. B 8 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED112 MARS 1994 MARTIN BEAUPRE ROSEMÈRE Académie Ste-Thérèse v.-^w», JACINTHE PARADIS ARTHABASKA École Le Tandem RÉMI CLOUTIER LONGUEUIL Secondaire Jacques-Rousseau MARTIN BUCHANAN MONTRÉAL École Édouard-Montpetit Le Canada n'attend pas de miracles du Sommet sur le chômage Presse Canadienne OTTAWA ¦ À quelques jours du Sommet des pays les plus industrialisés sur le chômage, de hauts fonctionnaires et un ministre ont prévenu qu'il ne fallait pas en attendre de résultats concrets.Toutefois, même si la rencontre ne produit pas de solution instantanée.c'est un début, disent-ils.Le sommet des pays membres du Groupe des Sept, à Détroit, la semaine prochaine, constituera un forum où les participants pourront échanger des idées sur la façon d'enrayer le chômage qui afflige tous les pays industrialisés.Le Canada y enverra quatre de ses ministres discuter avec leurs homologues des États-unis, de France, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie et du lapon.MM.Lloyd Axworthy, ministre du Perfectionnement des ressources humaines, Paul Martin, des Finances, lohn Manley, de l'Industrie et Roy MacLaren, du Commerce international, dirigeront la délégation canadienne.«Ce sera l'occasion de discuter, de voir s'il peut y avoir de la coopération, soit par des actions communes, mais aussi pour voir ce que chacun fait», a déclaré M.Axworthy, alors qu'il se prépare en vue du sommet.Le ministre des Finances Paul Martin estime que les retombées pourraient être intangibles.«Ce que nous voulons voir, d'un point de vue pratique, ce sont d'autres pays qui viennent se joindre à nous, pour mettre l'accent sur les emplois.» Le taux de chômage du Canada était de l l,l pour cent en février, soit un peu moins que le taux de 11.4 pour cent en janvier.C'est un niveau plus élevé que la plupart des pays du Groupe des Sept, à l'exception de la France et de l'Italie, ou le taux de chômage atteint 12,2 et 11,3 pour cent respectivement.La conférence sur l'emploi fait suite au dernier sommet des leaders du G-7 à Tokyo, l'an dernier.Le travailleur qui suit son conjoint ne sera pas pénalisé Presse Canadienne\tprécisé que «ce prestataire doit 07T4wA\tau même titre que les autres résidants de sa nouvelle communauté».^/rV ateiCCeuKi L'équipe des porteurs de La Presse, c'est le lien direct avec nos abonnés.Nous tenons à rendre hommage à ces partenaires de premier ordre et à souligner leurs efforts constants pour bien servir nos abonnés.Cette semaine encore, nous vous présentons cinq jeunes dont le travail remarquable mérite une mention particulière.iï ft ft ft ft tît TÎT # ft ft ¦ Le travailleur qui suit un conjoint dans une région où le chômage est elevé possède les mêmes droits aux prestations d'assurance-chômage que les autres résidants de cette région.Tel est le jugement rendu hier par la Cour fédérale d'appel qui a Ce jugement signifie que le travailleur sans emploi dont le conjoint est transféré ou trouve un emploi dans une autre ville pourra obtenir plus facilement des prestations de chômage dans son nouveau milieu.Les jeunes choisis comme porteurs d'élite de la semaine recevront un document souvenir de leur nomination, un dictionnaire LE ROBERT D'AUJOURD'HUI, quatre invitations gratuites à visiter la TOUR OLYMPIQUE et un coton ouaté avec le dessin du Stade et de la Tour.M DICOROBERT PARC OLYMPIQUE MONTRÉAL Revenu Canada débouté Presse Canadienne OTTAWA ¦ La Banque de Montréal vient d'obtenir gain de cause contre Revenu Canada, en cour.La juge Donna McGillis de la Cour fédérale a statué que le ministère fédéral avait, à tort, obligé la banque à payer l'impôt sur le revenu applicable à une somme dont un ex-employé avait fraudé la banque.«Le ministère a tenté d'obliger la victime d'une fraude à payer l'impôt sur le revenu dû par 1 auteur du crime, a déclaré la juge McGillis dans un jugement rendu public cette semaine.Manifestement, cela est injuste.» La juge a ordonné a Revenu Canada de rendre à la banque 294000$, plus les intérêts accumulés sur une période de sept ans.Les frais d'intérêt pourraient presque faire doubler ce montant, a indique l'avocat Colin lrving, qui s'est occupé de la cause pour la Banque de Montréal.Revenu Canada a déjà signalé son intention d'en appeler de la décision.Cette affaire plutôt compliquée a commencé en 1984 quand la banque a congédié Philippe Leong, son principal cambiste à Montréal, après avoir découvert qu'il avait accumulé d'énormes profits personnels \u2014 environ 1 million \u2014 en se livrant à la spéculation en devises étrangères à même les fonds de la banque.Revenu Canada a d'abord réclamé à Leong un impôt d'environ 340000$ sur ses gains.Le ministère a saisi les biens de Leong et ses dépôts bancaires.Leong a alors prétendu que les profits qu'il avait faits lui appartenaient en toute légitimité.Une instance inférieure et la Cour d'appel du Québec lui ont donné raison.La banque s'est rendue devant la Cour suprême, laquelle devait statuer que l'argent avait été obtenu par des moyens frauduleux et appartenait à la banque.La cour a statué que Leong devait 660000$ à la Banque de Montréal.Mais Revenu Canada devait recevoir les impôts avant que la cause n'aille en Cour suprême.À contrecoeur, la banque avait payé les impôts dus par Leong en 1987, après avoir été déboutée par les instances inférieures.Environ 294000$ de l'argent provenait des profits réalisés par Leong par ses spéculations, mais qui étaient toujours en possession de la banque.Après avoir eu gain de cause en Cour suprême en 1989, la banque a alors tenté de récupérer l'argent auprès de Revenu Canada.Revenu Canada a refusé.La juge McGillis a ordonné à Revenu Canada de rendre l'argent et a tancé le ministère pour n'avoir pas obéi à un ordre du plus haut tribunal du pays.Après avoir obtenu l'argent de la banque en 1987, Revenu Canada avait cessé de réclamer à Leong les impôts qu'il lui devait, et lui avait rendu les biens et l'argent initialement saisis.Leong a déclaré faillite en 1988, alors qu'il devait près de 900000$ à la banque.Il devait être réhabilité un an plus tard.LA BAIE dompaqnic fcc Ial3aîc tfBufc son L'AVANTAGE DES EILLEURS PRIX! mages d'Estée Lauder.Cette collection vous offre une provision de dix jours de Complexe Réactivant Triple Action Fruition et six autres produits fabuleux d'Estée Lauder.Proposée gratuitement à l'achat de produits Estée Lauder d'une valeur de 19,50 $ ou plus.Venez chercher votre prime sublime au comptoir Estée Lauder entre le 3 et le 19 mars 1994.Une prime par personne, Offre en vigueur jusqu'à épuisement des stocks.connaissent déjà Les femmes observent à l'unanimité des résultats spectaculaires: Fruition, le complexe enrichi d'acidulants alpha-hydroxy triples, contribue à raviver l'apparence de leur peau.Elles constatent que leur teint semble visiblement plus clair, plus tonifié, plus doux et plus unifié.Fruition et votre prime gratuite vous attendent au comptoir Estée Lauder.C'est un rendez-vous! 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