Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La presse, 1994-07-17, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 1 Cf~ -> \" \u2022 « If -\tv rr'fljE CAHIER L.« Presse Montréal, dimanche 17 juillet 1994 Opinions Arts et spectacles Personnalité de la semaine boîtes MICHEL CHAftlftAND Le militant des mots page B3 Livres anciens ou invendus des maisons d'édition.De tout sous le soleil.PHOTO LA PRESSE.BERNARD BRAULT amarre es au LUCIE collaboration spéciale ¦ Comme à Paris, sur les quais de la Seine, les boîtes de bois peintes en vert des bouquinistes du Saint-Laurent sont alignées le long de l'eau, sur le parapet, au Vieux-Port de Montréal.Là s'arrête la comparaison.L'été venu, ils sont là depuis trois ans pendant deux ou trois semaines, avec leurs coffres ouverts, remplis de livres qui s'offrent à la curiosité du passant, à la convoitise du collectionneur.Depuis le temps, on devrait sans doute avoir déjà cessé de vouloir que cette librairie linéaire à ciel ouvert, formée d'une quarantaine de boîtes de bois et imaginée par Hélène Tirole, présidente de Parlée Communications, restitue à la perfection l'atmosphère si particulière des bords de la Seine, autour de l'Ile de la Cité, où les bouquinistes perpétuent une tradition vieille de quatre siècles.En longeant le quai du Vieux-Port, au milieu des touristes, des cyclistes et des patineurs, on peut, pendant encore une semaine \u2014 ensuite, les bouquinistes se transbahutent à Québec, sur la terrasse Dufferin, du 29 juillet au 14 août\u2014 s'arrêter pour fouiner dans les boîtes à livres.Trois canards et un héron.Par beau temps, l'endroit est magnifique.De loin, la toile blanche qui recouvre le couvercle ouvert de la boîte et flotte comme un étendard attire l'attention.Des passants s'attroupent, pour lire les titres des ouvrages ou bavarder avec le libraire qui, installé le matin (à Uh) près de sa boîte, restera sur place jusque tard dans la soirée io 47J***' y ptémnàé en JJ®-, PAMOUSPUYERS36978W5|CINEMADUPÀRC 844-9470|DORVAL 631-8586ICENTRELAVAL 68S-777I 1 US Boul Hymus * \u2022 ' JjiJSA.e Du Parc\tI ?00 Ave.Dorv.il * llbOO Lr Corbu*ief * V O ASTRE 327.SC01 ICOTE-DES-NEIGESBR0SSARD w^lSTE-ADELE M™ REOUVERTURE mm Juste pour m% Vos coniques prélérés voit accaulllaront I k compter du 20 Juillet, c'est 5 S C3=> SRC * Télévision f KOI\tC]\\j) &&JÇ In événement extraordinaire : l'humour est libéré 2111.boul.St-Laurent Le tournoi de ^^^^^^^^ golf de la Fondation de l'hôpital du Sa-^ cré-Coeur de Montréal, sous la présidence d'honneur d'Wes Archambault, président et chef de l'exploitation du Groupe Val Royal, a permis de recueillir la somme de 100 000$.Cet argent iervira à l'achat d'équipements jnédicaux spcialisés, à la recherche et à l'enseignement.Rouge.Un protocole d'entente a en effet été récemment conclu entre les autorités municipales de ville d'Anjou et la Croix-Rou-ge.Cette dernière verra particulièrement à fournir hébergement, nourriture, vêtements et support moral aux sinistrés.depuis une dizaine d'années, ayant ainsi donné 4116 heures de son temps, Mireille Legault, a été consacrée cette année «bénévole de l'année» parmi les 378 bénévoles que compte cet hôpital pédiatrique.de Laval est formé de: /ean-Claude Grave!, président ; Kathleen Gagnon, secrétaire; Réjane Goyer, trésorière; Solange Gendron; Paulette Do-rion; et Manon Caron, directrice du Centre de bénévolat.333 comités des usagers d'établissements de santé, représente 60 000 personnes malades, âgées et handicapées, hébergées en établissements de santé.vice-présidents; Pierre Lantei-gney de Montréal, trésorier; Robert Lefrançois, de Montréal, trésorier adjoint et Lisane Dos-rie, de Verdun, secrétaire.Bénéficiai Canada inc.vient d'annoncer son engagement à contribuer pour 5000$ à la campagne de financement de la Fondation de l'hôpital Charles Le-Moyne.C'est le vice-président de Bénéficiai, Raymond Guyot, qui a remis le don.La Fondation du collège Ahuns-tic attribuait récemment 90 000$ pour la réalisation de huit projets touchant le fonds de la bibliothèque, le programme de bourses d'études, et l'acquisition d'équipements et logiciels.De ce montant, une somme de 42 000$ servira à l'implantation d'un laboratoire en sciences humaines.Attribuée à l'occasion du cinquantenaire du Débarquement Âllié en Normandie, la médaille de la Normandie a été remise officiellement, le jour anniversaire (lu 6 juin, à d'anciens combattants canadiens lors de leur passage à Caen en France.Ont alors été décorés: le lieutenant-colo-nel Val Leduc; le major Gilbert forest; Gérard Chartrand; lames Pringle, Bernard Choinit-re\\ Gilles Lussier; Harold Mo-reau, Romuald Pépin, Nova Gagné,- Haye Ruptash et lean faquin.q Mireille Lemelin, rédactrice en chef des magazines First Choice (distribués dans 179 pays), vient d'être élue présidente de l'Association professionelle internationale des femmes journalistes, t'est- lors du congrès de l'Association, à Milan, que la journaliste canadienne a été élue.Le prochain congrès aura lieu en 1996 à Québec.L'activité bénéfice annuelle de la Philharmonie des vents du Québec, qui prenait la forme d'un concert champêtre au (ardin botanique de Montréal, a permis de recueillir plus de 40 000$ pour soutenir les activités de l'ensemble.Le Centre de bénévolat de Laval vient de présenter son bilan 1993-1994, relatant que 18 975 demandes d'aide ont été reçues et 14 709 services d'entraide rendus à 5615 personnes démunies.On note par ailleurs une forte augmentation des services d'accompagnement et de transport.Le nouveau conseil d'administration du Centre de bénévolat loignant l'utile à l'agréable, une quarantaine d'employés de Bell Helicopter Textron Canada, formant un club de soccer, ont recueilli 4000$ pour la Fondation québécoise de fibrose kystique, lors d'un match bénéfice.On a ainsi voulu commémorer le décès d'un ingénieur de l'entreprise, Andrew lannes, membre du club de soccer et ayant oeuvré pour la Fondation québécoise de la fibrose kystique.Les Angevins qui auraient le malheur d'être victimes d'un sinistre pourront au moins compter sur les secours de la Croix- La Société pour les enfants handicapés.le YMCA Hochelaga-Maisonneuve et l'Association des jeunes de la Petite Bourgogne sont les premiers organismes québécois à bénéficier d'un programme de dons «Accès jeunesse» de Microsoft Canada, pour favoriser l'apprentissage par la technologie.Priorité est accordée aux organismes qui offriraient un service d'accès à l'ordinateur à des jeunes qui n'ont d'autres moyens d'accès.Renseignements: Programme Accès jeunesse de Microsoft, 1155, boulevard René-Lévesque Ouest, Bureau 2500, Montréal (Québec) H3B 2K4.MONTREAL GROUtX 931- UONEL Un tout nouveau camion pour nourrir les démunis Grâce aux dons des fondations Marcelle et Jean Coutu, Charles Cusson, J.A.De Sève, et John Baker Fellowes, le Carde manger pour tous inc.a pu présenter sont tout nouveau camion de livraison de nourriture, lors d'une activité bénéfice que l'organisme de secours alimentaire tenait récemment.Bénévole auprès des petits pa-iients de l'hôpital Sainte-)ustine Constance Middleton-Hope vient d'être élue présidente de l'Association des femmes de carrière commerciale et professionnelle de Montréal.Directrice du dossier social et aux services à la communauté du Synode du diocèse anglican de Montréal, elle fut récipiendaire de quelques prix et a été présidente de la Fédération de la citoyenneté canadienne ainsi que vice-présidente du Conseil supérieur de l'éducation.Quelques uns des «Bleuets » ayant fait leur marque à Montréal se rencontraient au club Saint-Denis, a Montréal, pour souligner leur soutien a la campagne de financement de la Fondation regionale et l'Hôpital de Chicoutimi.Dans l'ordre habituel: Bernard Lamarre, du Croupe SNC-Laval in; Réjean Tremblay, de La Presse; Serge Cuay, président du conseil de l'Hôpital de Chicoutimi; Yvon Pedneault, de Telé-Métropole; Claude Ouenneville de Radio-Canada.Angela Chirinian, Marie-Pierre Lalande et Nicole Matta, toute trois étudiantes en administration des affaires de l'École des hautes études commerciales viennent de remporter la première place du premier Concours d'excellence interuniversitaire de l'Association des professionnels en ressources humaines du Québec.À MERCREDI Toujours on amour Edouard Henault retraité de La Presse, où il fut gérant de district, célébrait le mois dernier son cinquantième anniversaire de mariage avec Certrude Nadeau Parents et amis ont offert temoignagnes et voeux de bonheur au couple cinquantenaire établi à Laval .C'est le vendredi 9 septembre que se deroulera au bassin olympique de l'île Notre-Dame a Montréal le troisième Relais des entreprises au profit des hôpitaux Maisonneuve-Ropsemont et St.Mary.Dans l'ordre habituel: Marguerite Zucconi, directrice generale de la Fondation hospitalière Maisonneuve-Rosemont; Pierre Carriere, de Télé-Direct; Claude Chevalier président de HebdoMag; Helene-L.Brault, de Montréal Trust; Peter Blaikie, président d honneur; Harold P.Thurlnger, Centre hospitalier St.Mary; Patrick W.Rourke.Devant: Daniel Plante, de HebdoMag et Fred Semerjian du Centre hospitalier St.Mary.Inscriptions: 631-4266.B 10 LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 17 JUILLET 1994 LA PRESSE.MONTREAL, DIMANCHE 17 JUILLET 1994 B 11 Pleins feux sur la mafia Jimmy « Rent-a-gun» De santls n'a rien à dire aux commissaires de la CECO.Il écope 12 mois de prison.Le séjour chez nous de jos Bonnano.en 1964.met au jour les liens qui unissent les mafias newyorkaise et montréalaise.Armand Courville.ami de longue date de vie Cotroni.comparait devant la CECO en mal 1975.« La mafia ?Connais pas.».afflrme-t-ll.A en croire les commissaires, les revenus de notre mafia provenaient du ieu, des paris illégaux, du prêt usuraire, du trafic de stupéfiants à grande échelle, et d'autres rackets moins lucratifs, tels les faillites frauduleuses, le financement de hold-up d'envergure et le recel.Fait inusité, la prostitution ne figurait pas au tableau.Le sommet dWcapulco La Mafia, comme toute grande organisation qui se respecte, se doit de tenir de ces contérences au sommet où Ton fait le point et décide des grandes orientations.La première eut lieu à Cleveland en 1928, suivirent celles, plus connues, d*Atlantic City en 29, de La Havane en 46, d'Appalachin en 57 et de New York en 66.En 1970, on se réunit à Acapulco.Mais il y a un os : la maréchaussée mexicaine surgit, il faudra reprendre la discussion sous d'autres latitudes.L'affaire est cependant venue aux oreilles d'un reporter de La Presse qui retient que « la moitié des individus interrogés par la police étaient Montréalais ».Voilà les noms des frères Cotroni et de Paolo Violi accolés à ceux de caïds américains archiconnus tel Meyer Lansky, tous reliés au racket du jeu.Le scoop fait du bruit, le ministre de la Justice, pressé de questions, déclare à V Assemblée nationale: « J'ai reçu un rapport détaillé de l'affaire.Peut-être les membres de la Cosa Nostra présents discutaient-ils de la nouvelle loterie québécoise et de l'éventuelle implantation de casinos au Québec?Nul ne sut jamais ce dont il fut question à ce sommet mais il était dorénavant ac-cjuis que nos maffiosi ne manquaient pas d'envergure.Quand on apprend que leurs leaders comparaîtront devant la CECO, personne ne veut manquer cet affrontement.Le rendez-vous de la CECO Le 7 février 1973, l'avocat Jean-Paul Sainte-Marie s'étonne devant les commissaires Brunet, Cordeau et Courtemanche: « Quelle peut bien être la relation entre une compagnie de saucisses et le crime or-isé ?» L< reurs de la CECO, de lui répondre: « Vous le découvrirez.Ça fait partie du suspense.Cette « compagnie de saucisses », qui allait faire couler beaucoup d'encre, c'est la Reggio Food, qui fournit des charcuteries aux pizzerias montréalaises.Les enquêteurs ta disent propriété de Vie Cotroni et la soupçonnent de pratiques frauduleuses.Quant au suspense, il va durer des mois, le temps que Ton entende pas moins' , de 62 témoins.L'avenir allait démontrer que les révélations qui y seront faites auront des effets dévastateurs sur le « milieu ».Le coup d'envoi est donné par les poli- \u2022 ciers Couture et Pharand, de la Sûreté du Québec.Leurs témoignages démontrent combien les forces de l'ordre semblent au fait de la structure et du mode d'action de -la Mafia montréalaise.Et ce, à un niveau jusqu'alors inconcevable.Selon ces témoins.Vie Cotroni est le chef incontesté de cette organisation dopt ; les quatre branches seraient dirigées par Paolo Violi, Nick Di Iorio, Frank Cotroniv et Luigi Greco.Chacune d'elles a des do^ mai ne s d'action précis tels le jeu, la cor*.ruption ou le trafic de stupéfiants et bénéficie des lumières d'hommes de confiance tels les Frank Dasti ou Joe Horvath.Le patron a tous ces décideurs à l'oeil: selon les policiers, de 1971 à 1973, Vie Cotroni àr convoqué pas moins de deux cents réunions avec eux.Forts de ces données inédites, les commissaires comptent bien faire causer ces messieurs qu'ils citent à comparaître.11$ vont réaliser qu'il y a loin de la coupe aùx ' lèvres.\t\u2022 La ronde des lieutenants Certains des témoins convoqués par la CECO sont pour le moins attendus.Ainsi en est-il d'Armand Courville qui a connu Vie Cotroni au début des années 30.Champion de lutte professionnelle, puis professeur et organisateur de combats, il dirige les premiers pas de Vie, qui fera une brève carrière sous le nom de Vie Vincent, et se lie d'amitié avec lui.Il va sans dire que Courville n'a pas grand-chose à raconter aux commissaires en ce mois de mai 1975.« La Mafia ?Connais pas.À part ce que j'ai vu dans Le Parrain, le film de Coppola », affirme* t-il.Sur son ami Vie, il se fait un peu plus disert: « Ça fait quarante ans que je son associé et ie le respecte beauc suis ie ie respecte beaucoup.C'est un excellent homme d'affaires.Monsieur Cotroni est aussi un fin gourmet §ue tout le monde respecte.» Le genre e respect dû au Parrain?», demande un commissaire en l'interrompant.« Non, de rétorquer le témoin.Le même respect.qu'ont les membres de la Saint-Jean-bap-tiste pour leur président ou les Chevaliers de Colomb pour leur Grand Chevalier- Nicolas Di lorio ne l'ouvrira pas davantage.On a eu du mal à lui mettre le grappin dessus: il faudra émettre un mandat d'amener et le débusquer au Nouveau-Brunswick pour qu'il fasse son tour de piste.Il refuse de répondre aux commissaires, ce qui lui vaut une accusation d'outrage à magistrat et un an de prison.Jimmy Soccio l'imite et en prend pôur six mois.On n'a pas apprécié que lors des comparutions des 30 et 31 mai 1975, il a répété 31 fois les mots « Pas à ma connaissance », 33 fois « Je ne sais pas » et 113 fois « Je ne me souviens pas ».La palme du mutisme revient cependant à Jimmy « Rent-a-gun De Santis.Il déclare simplement n'avoir rien à dire, il écope à son tour un an de réclusion.Le même sort attend Paolo Violi, « le seigneur de Saint-Léonard » et dauphin de Vie, qui ne se fait pas plus loquace.À l'heure des bilans A en croire les observateurs, les travaux de la CECO auront considérablement nui à notre Mafia.Ils ont d'abord permis d'exposer au grand jour les multiples implications de celle-ci dans des rackets aussi divers que l'immigration clandestine, les ventes pyramidales, l'extorsion ou le trafic de stupéfiants.Mais aussi, ils ont relié l'organisation montréalaise non seulement à sa grande soeur américaine mais également à ses équivalents italiens ou sud-américains.» Enfin, on apprendra en quoi les Montréalais ont fait les choses différemment.^ En décembre 1973, l'expert italien Alberto Sabattino explique aux commissaires que la fusion des clans calabrais et siciliens est particulière à notre ville.De 1970 à 1985, notre « honorable so-' ciété » vit la période la plus sombre de son .histoire.Elle doit subir les assauts de la CECO et voir ses agissements exposés au » grand jour quand surviennent les emptl* sonnements de certaines de ses grandes figures.En 1973, Frank D'Asti ethrank Cotroni écopent 15 ans de réclusion aukz Etats-Unis pour complot et trafic de cocaïne.Le même sort attend Guido Orsini ;\u2022 que le FBI fait coffrer pour sa participa^ tion à un réseau que l'on dit responsable^ du trafic de 200 millions d'héroïne sur.leS : territoires canadiens, américains, français, mexicains, argentins et uruguayens.Parallèlement à ces revers, surviennent des décès qui privent notre Mafia de ses chefs historiques.En décembre 1972, Luigi Greco périt dans l'incendie de son restaurant.En mai 1974, Angelo Lanzo,! reconnu comme le plus redoutsble des hommes de main, succombe à une crise cardiaque.En septembre 1979, Giuseppe Cotroni meurt des suites d'une longue maladie.Enfin, en septembre 1984, Vie Cotroni meurt de sa belle mort à l'âge de 73 ans.La Mafia avait perdu quelques dures batailles mais pas la guerre.ganisi 0 ouis Carrier, l'un des procu- DIMANCHE PROCHAIN Le procès de l'argent sale i Exposée aux invasions, l'Italie méridionale voit naître au fil des siècles des « familles » souvent organisées en milices.Seules capables de maintenir Vordre et, bien sûr, d'en profiter, elles constituent la première Mafia.De 1820 à 1930, quelque cinq millions d'immigrants italiens traversent l'Atlantique et recréent de « petites Italies » dans les grandes villes nord-américaines.Des maffiosi sont du voyage.Toronto ou Montréal n'échappent pas à l'emprise de clans siciliens ou calabrais.Dans les années 1960, une série d'incidents viennent confirmer que « l'honorable société» est en pleine prospérité chez nous.DANIEL PROULX collaboration spéciale L pi ru F- e 10 mai 1974, dans une conversation téléphonique interceptée par la jolice, Paolo Violi, maf-fioso notoire, lance à son interlocuteur: « Nous avons des contacts avçc toutes les familles des Etats-Unis.Nous sommes tous des amis.» Pas un agent à l'écoute, dont le fameux Bob Ménard qui logeait au-dessus du bonhomme pour mieux l'avoir à l'oeil, n'est ému par ce bel esprit de famille.Tous savent pertinemment que c'est de clans maf-fieux dont il s'agit et que oui, des liens étroits unissent les Montréalais aux Américains.Une affaire survenue dix ans plus tôt l'avait démontré hors de tout doute.Elle éclate en mai 1964 et concerne un certain Joseph Bonanno dit « Les bananes ».Le surnom prête à rire, le personnage un peu moins.Impliqué depuis des décennies dans de multiples rackets dans ses fiefs newyorkais du Bronx et de Brooklyn, obéi aveuglément par ses deux cents hommes de main, Bonanno appartient à la grande histoire de la Mafia.C'est en effet l'un des derniers survivants du croupe des six caïds qui, sous la férule de Lucky Luciano, avait jeté les bases de la Cosa Nostra en 1931.La Mafia entrait ainsi dans le vingtième siècle: des spectaculaires bootleggers d'Al Capone on passait aux technocrates du commerce mondial des stupéfiants, sans sacrifier pour autant les combines traditionnelles.Bonanno est aussi réputé avoir inventé le cercueil à double fond: on pouvait ainsi glisser le cadavre d'un gêneur sous celui d'un respectable citoyen.De la grande visite Ce monsieur ne s'embarrasse pas de nuances, il lui arrive de commettre ces im-airs.L'envie lui prend de jouer la fille de 'air quand de grosses pointures newyor-kaises comme Carlo Gambino et Thomas Lucchese apprennent qu'il ambitionne de les éliminer.Dejplus, les membres de la Commission McClellan insistent pour lui poser quelques questions.Il décidé donc de passer la frontière et de s'établir pour quelque temps à Montréal où, prétendra-t-il, il compte investir dans l'industrie du fromage.Mais il a fait de fausses déclarations à un agent de l'Immigration, on se hâte de le renvoyer chez lui.Le point capital de l'affaire, c'est que les policiers ont été à même de constater que durant tout son séjour montréalais, il était resté en rapports étroits avec nos Greco et Cotroni.Jamais n'avait-on auparavant soupçonné que nos caïds locaux étaient branchés sur des maffiosi d'un aussi haut niveau.Les contacts montréalais de Bonanno sont bien connus de la police.Luigi Greco, sicilien d'origine, taisait déjà les manchettes en 1933.il n'a que 19 ans, on lui reproche, à en croire La Presse, « Le plus effronté hold-up commis à Montréal ».Au fil des ans.son nom est mêlé aux grandes affaires qui défraient la chronique: îa disparition du caïd Pretula, l'affaire Da-rabaner, l'exécution de Rocky Pearson ou la cavale de Lucien Rivard.Mais il se fait rare devant les tribunaux, on le dit d'ailleurs effacé et plutôt taciturne.Le chef des opérations canadiennes ?\u2022 Vincenzo « vie » Cotroni, lui, est calabrais de naissance.Déjà, à l'époque du « Red Lieht », il est propriétaire de restaurants et cïe boîtes de nuit.Plus tard, il fait figure de pionnier en ouvrant son Faisan Doré, de la rue Saint-Laurent, à la chanson française et québécoise.Charles Azna-vour, Pierre Roche, Raymond Lévesque, Jacques Normand, Fernand Gignac et bien d'autres lui doivent beaucoup.Condamné à quelques reprises pour des infractions mineures ( chèque sans provision en 1931, contrefaçon de monnaie en 1934, assaut en 1938 ), on ne compte plus les fois où il comparaît en justice dans des causes concernant la gestion de ses boîtes.Jusqu'à ce qu'il parvienne à faire entendre l'une d'elles par la Cour suprême qui lui donnera raison.En septembre 1963, il fait les manchettes quand il intente une action en diffamation contre le magazine MacLean's qui, dans un article sur La Mafia au Canada, le désigne comme le chef des opérations canadiennes.11 réclame un million en doin-mages-intérêts, se dit « homme d'affai-res» et qualifie de «fausses, difFamatoires et libelleuses » les allégations du journaliste Alan Phillips qui le relie au trafic de stupéfiants et au racket du jeu.Il faudra près de dix ans pour que la cause soit entendue.Le plaignant est appelé à témoigner, on fouille son passé, on l'interroge sur ses rapports avec Bonanno mais malgré tout, le juge Saint-Germain lui donne raison en condamnant le MacLean's aux frais et au versement de la somme de.un dollar pour atteinte à la réputation ! Cette demi-victoire ne saurait le consoler de l'affront oui lui a été fait en novembre 1969 quand la Commission Prévost avançait dans un de ses rapports que lui-même et Greco étaient « les dirigeants de la Cosa Nostra à Montréal ».C'était la première fois qu'un document officiel contenait de telles affirmations, la presse québécoise les avait reprises à la Une, citant même ce passage: « Le crime organisé existe au Québec sur une base permanente et est directement relié aux empires criminels plus considérables qui dominent les États-Unis.» La guerre la pègre ( 4 ) SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 17 JUILLET 1994 La personnalité de la semaine % # Il n'est pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence II a assuré d'une main de maître la logistique complexe du Festival international de jazz de Montréal ANNE RICHE* Ia logistique, la sécurité publique, l'entretien, les transports et communications internes, l'accueil des artistes, l'aménagement, l'approvisionnement des arrière-scènes, la décoration, le pavoisement, la négociation avec les fournisseurs; bref la main de maître, c'est lui.Charles F.Joron est celui qui, dans les coulisses, s'occupe de tous les détails qui facilitent la vie de tout le monde.Son unique objectif: vous faire passer du bon temps.Ces coulisses-là sont celles du Festival international de jazz de Montréal, qui a connu cette année encore un immense succès.Depuis ses débuts il y a 15 ans, l'événement est l'occasion d'un grand rassemblement pacifiste, convivial.C'est une halte dans la trame des jours gris.Une échappée dans le rêve.Cette réalisation est le travail d'une équipe (l'Équipe Spectra) et plus particulièrement de celui qui veille au grain pour que tout baigne dans l'huile, Charles F.Joron.La Presse tient à souligner le travail considérable et les années de dévouement à cet événement majeur pour Montréal, en nommant Charles F.Joron, vice-pré-sident à la production du Festival, Personnalité de la semaine.Une belle grande fête En 15 ans, l'enthousiasme n'est pas tombé.«On connaît un regain de vie chaque fois», dit Charles F.Joron.Deux caractéristiques animent ceux qui y travaillent : l'esprit de corps en premier lieu: «Le désir de réussir est présent chez tout le monde.On s'y donne corps et âme.On ne s'embarque pas là-dedans sans vouloir y aller à fond».Et l'autre élément fondamental est «que chacun participe à quelque chose d'unique.On crée une oasis de paix et on améliore, pour un temps, la qualité de vie des gens.» Ce que veut réussir Charles F.Joron c'est de mettre en place un événement qui soit comme un «grand moment».Comme ceux qu'il a lui-même vécus et l'ont influencé.Il a chercher à réussir la synthèse de ce qu'il porte en lui: l'artiste et le gestionnaire.-«Il faut de la technique et de l'organisation.Eliminer les tracasseries pour que les artistes et le public en profitent au maximum.» Il a compris la prédisposition des Montréalais à la féte.«On est enfermés durant sept mois.Le public est exigeant, on doit donc mettre en place les meilleures conditions pour que la fête soit un succès.Pourquoi réussit-on si bien à chaque année?On peut parler de magie, d'alchimie.J'en suis venu à la conclusion qu'on doit faire quelque chose de correct», déclare-t-il en riant.Faire face aux défis Même s'il est parfois bougon (c'est lui qui le dit), malgré «un côté austère, britannique», il « On crée une oasis de paix et on améliore, pour un temps, la qualité de vie des gens.» s'amuse.«Il faut prendre plaisir à ce que l'on fait, me disait mon père quand j'étais petit.Et donner quelque chose aux gens.» Ainsi armé et motivé, il a accepté ou s'est créé des défis, laissant le hasard bien faire les choses.«Je ne savais qu'une chose il y a 20 ans: je travaillerais dans les arts et la culture.» Un père médecin qui visitait ses vieux patients, une mère intellectuelle qui a privilégié la vie des arts, et une vie à Outremont l'ont profondément façonné.Né le 3 février 1953, il est le troisième de cinq enfants.«Pas gâté, mais une enfance dorée», recon-naît-il.Il a donc fait de la musique, du piano, suffisamment pour se retrouver entre 1973 et 1975, à la Faculté de musique de l'Université de Montréal.Et il est devenu en 1975 éclairagiste pour le groupe Offenbach.Il aurait pu devenir un musicien, un compositeur même: «avec un peu de talent et beaucoup d'efforts», précise-t-il.«Exigeant face à moi-même, je n'arrivais pas à atteindre les objectifs que je m'étais fixés».Aujourd'hui, plus une seule note.Il a renoncé.«Ça ne me manque pas».Mais Dieu sait s'il est bien placé pour en entendre! Il avoue même sa passion secrète pour les musicals qu'il va voir à New York.Après un cours d'administration de l'entreprise, il a complété cette année un MBA pour cadres en exercice.Ce retour aux études, même si c'était un projet de famille «a demandé beaucoup d'abnégation de la part de ma femme», témoigne ce père de deux garçons de trois et cinq ans.«Aujourd'hui j'ai envie de redonner du temps quitte à ne pas avoir une carrière aussi brillante.Ma famille j'y tiens beaucoup!» Après quelques années comme concepteur des éclairages, régisseur, sonorisateur, il a été producteur délégué chez Spectel Vidéo.Pour Spectra en 1989 il a travaillé à la réalisation à titre de producteur délégué de deux mandats importants dans le cadre des Fêtes du 350e anniversaire de Montréal: le fameux défilé carnavalesque, La nuit de Montréal, et Montréal ville francophone, spectacle d'inauguration du Parc des îles à l'été 92.Les FrancoFolies seront là dans trois semaines, Charles F.Joron est déjà à pied d'oeuvre.Il n'aura pas eu grand temps pour reprendre son souffle.Mais l'action l'inspire.Et s'il est exigeant pour lui-même et pour les autres, «ma qualité et mon défaut», as-sure-t-il, il espère atteindre une certaine sérénité un jour, qui va l'amener à plus d'indulgence, «à accepter les gens comme ils sont.» 11 a conservé fortes les valeurs de son enfance et trouve important d'y être fidèle.Notamment celle de la famille.L'homme qui est présent sur tous les fronts à la fois et dépense une énergie considérable dans les missions qui lui sont confiées avoue simplement: «Au fond je suis un gars plate qui aime rien de moins que de s'asseoir par terre et jouer aux legos avec les enfants.» £ flexion.**Nous avons beaucoup de connaissances.mais la création reste un miracle.\" ;\t(Albert Schweitzer) ' Je pense donc je lis Sources: Office des Communications Sociales Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de l'effort.a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes ALCAN < * \\ i "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.