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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1994-10-01, Collections de BAnQ.

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[" > samedi 1er octobre 1994 lus Éditorial Opinions mmmm Les enfants de l'immigration Lei/r présence massive va changer le Québec PRANCOIS lus encore que les immigrants, leurs en-fants nés ici sont en train r de changer le visage de la V\tsociété québécoise, dans la m région de Montréal en par-\\ H ticulier où ils sont concen-¦ très.Les entants de 1 immigration.ce sont ceux que les spécialistes appellent la « deuxième génération » \u2014 * .« * « « _\u2022__\u2022 § « \u2022 » me me s'il s'agit parfois de la troisième âge.P( l'histoire du Québec, ils dépassent en ou davantage.Pour la première fois dans nombre, et de beaucoup, leurs ancêtres immigrants, parents et grands-parents.Leur présence massive, notamment à l'école.Douscule les habitudes de la population canadienne-francaise qui vient tout juste de se mettre à l'heure des relations interethniques et interculturelles.La controverse actuelle entourant le port du foulard islamique à l'école n'est qu'un exemple parmi les nombreux conflits interculturels qui commencent à émerger.Le tournant historique dans la composition ethnique de la population québécoise a été pris à la fin des années 1980, quand les enfants issus de l'immigration sont devenus plus nombreux que les immigrants eux-mêmes.Le dernier recensement mené par Statistique Canada, en 1991, a dénombré près de 800 000 non-immigrants p/s au Québec d'origines autres que française, britannique ou autochtone, et près de 600 000 immigrants.Cinq ans auparavant, la mesure de la population dénombrait autant d'immigrants que de descendants d'immigrants.Pendant que le Québec a tendance a perdre une grande partie de.ses immigrants ( presque la moitié émigrent à nouveau ailleurs au Caiieda ou dans le monde ), ceux qui s'installent à demeure y fondent des familles.Selon les données de l'agence îcderale.de statistique, les enfants de rimmifiratiqft représentent environ la nhni!i> JeiauNfe ies naissances au Québec, soit quelque '5?, lan-¦fcM»feMe en précisant qu'elle est juive.Malgré cette tolérance, là société québécoise te voit confrontée i'Fémefgence de tensions et conflits interculturels, ou conflits de valeurs, souvent porteurs de racisme, rie Centre d'études ethniques de Montréal.C'est là-dessus qu'il faut travailler, croit-elle.pTf H) fc\" \"mnu w Taibuia, 31/UTWIII pvuvmo uv acisme, souligne pour sa paît Mme.Ma- ie McAndrew, directrice adjointe du rentre d'études ethniques de VUniversité Et le Québec s'y est mis depuis peu Dans une analyse remise l'an dernier au ministère québécois de l'Immigration et des Communautés culturelles, Mme McAndrew note que les programmes, interventions et ateliers divers de perfectionnement interculturel « foisonnent ».v Des commissions scolaires aux organismes publics et privés, en passant par les cotps policiers et ievs groupes communautaires.les projets de formation interculturelle sont innombrables.Depuis la tin (les années 1980, le Québec connaît une « explosion d'intérêt »> pour les questions ethniques et interculturelles, notamment dans le secteur scolaire et celui de îa santé et des services sociaux, indique M.Réal Bathelon.de l'Institut intercultu rel de Montréal.Cette poussée des études ethniques correspond à l'arrivée massive des enfants de l'immigration dans les écoles francophones, comme l'a voulu la Loi 101 sur la langue, souligne M.Bathelon L'éveil à la réalité interethnique commence même à la maternelle, où sont diffusés des documents de sensibilisation interculturelle, comme ce vidéo intitulé Plus pareil que pas pareil qui vient d'être produit par la maison Alain Stanké à l'intention des élèves du primaire.Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.Une étude sur les étudiantes haïtiennes en soins in firmiers, dans les cégeps, a montré que la formation interculturelle, des enseignants en particulier, laisse à désirer.Cette lacune provoque des tensions chez les étudiantes haïtiennes qui réussissent moins bien que les autres.Le Centre d'études ethniques de l'Université de Montréal qualifie d*« inachevée » la transformation pluraliste de la communauté francophone et de ses institutions.Il relève « 1 absence d'une politique d'ensemble en matière d'éducation interculturelle ».Cela contribue, selon le Centre, à « maintenir l'isolement intercommunautaire et à ralentir le processus d'adoption du français comme patn moine commun par les élèves de toutes origines >?, dans les écoles de Montréal en particulier La Centrale de renseignement du Québec ( CEQ ) a d'ailleurs réclamé, il > a deux semaines, l'adoption par le gouvernement d une politique d'éducation interculturelle.Les chiffres parlent par eux-mêmes, selon le syndicat : dans 1 île de Montréal, une école sur cinq a une majorité d'élèves allophones ( parlant une langue autre que le français ou l'anglais ).« On prend conscience des problèmes toujours en retard », souligne la psychosociologue Margalit hmérique.Selon elle, le Québec « n'a pas encore pris conscience de la deuxième génération ( issue de l'immigration ).En France, on s'en est préoccupé trente ans après l'immigration, massive des années 1950 ».Mme Émérique propose la création d'une toute nouvelle profession, celle de « médiateur interculturel », un professionnel issu autant que possible de l'immigration, qui soit formé de manière à favoriser la voie de l'intégration par le moyen de la négociation et de la médiation dans les situations de contlit.Dans la région de Montréal, le bassin potentiel des nouveaux « médiateurs interculturels » est assez large : plus de 44 000 professionnels de la santé, de l'éducation, de la justice, des affaires sociales et des services gouvernementaux sont appelés à traiter quotidiennement divers problèmes en contexte multiethnique, précisent les responsables du Certificat d'intervention en milieu multiethnique de la faculté de l'éducation permanente de l'Université de Montréal.Ce programme a admis 470 étudiants depuis 1W1.Des écoles ethniques ou des écoles-ghettos ?Les minorités invisibles dans les milieux de travail r, e sont les enfants des immigrants qui fréquentent le plus l'école privée au Québec, et plus particulièrement les écoles dites ethniques.Parfois qualifiées d'« écoles-ghettos », le nombre d'écoles ethniques est en augmentation constante depuis l'adoption, en 1977, de la Loi 101 obligeant la fréquentation de l'école française pour la plupan des allophones.Selon les données les plus récentes du ministère de l'Education du Québec ( 1993-94 ), l'école privée accueille, aux niVeaux primaire et secondaire, 13 p.cent de tous les élèves allophones.Il s'agit de plus de 12 500 élèves allophones, concentrés à 80 p.cent dans les 41 écoles ethniques de Montréal.Chez les élèves de langue maternelle anglaise, 11 .cent ( 11 116) fréquentent l'école privée.Ce sont es élèves francophones qui fréquentent le moins l'école privée, avec une proportion de 8,3 p.cent ( 80 000 élèves ).La Commission consultative de l'enseignement privé constate que les écoles ethniques sont en « nette croissance ».La région montréalaise en compte 25 parmi la communauté juive, six chez les Grecs, quatre chez les musulmans, trois chez les Arméniens, deux chez les Allemands et une dans la communauté noire anglophone.Depuis 1980, le nombre d'élèves inscrits dans ces écoles primaires et secondaires a progressé de 37 p.cent, dépassant les 10 000 Chez les juifs, la plupart des écoles secondaires dispensent leur enseignement en anglais, tandis que la majorité des écoles primaires dispensent le minimum prévu d'enseignement en français ( 840 minutes par semaine ).Dans la plupart des autres écoles, l'ensemble des matières sont enseignées en français.mais l'anglais et la langue d'origine sont également enseignées, dit la Commission dans un avis remis l'an dernier au ministère de l'Éducation.Selon cet organisme, « le nombre de communautés qui souhaitent développer leur propre réseau d'écoles tend à croître.La Direction générale de renseignement privé a reçu au cours des dernières années des demandes d'information indiquant que certains projets seraient en préparation dans diverses communautés ».La Commission a recommandé au gouvernement de « cesser progressivement de subventionner les écoles ethniques » de niveau primaire, dont une partie du financement est déjà assurée par des fondations qui compensent pour des frais minimes de scolarité payés directement par les parents.Les écoles ethniques sont subventionnées par l'État jusqu'à 60 p.cent de leurs coûts totaux.Malgré la progress.on des écoles ethniques, vue dans certains milieux comme « preuve » d'une nouvelle ségrégation des élèves des minorités ethniques, une étude menée l'an dernier pour le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles conclut que la Loi 101 « a effectivement rempli son objectif explicite qui visait à renverser la tendance traditionnelle des minorités à fréquenter l'école de langue anglaise au Québec ».En effet, les écoles françaises publiques de l'île de Montréal accueillent maintenant 70 p.cent des élèves allophones, et plus de 90 p.cent des nouveaux arrivants.Au début des années 1970, il s'agissait de seulement 11 p.cent.L'étude note cependant que la concentration d'élèves allophones dans certaines écoles publiques, parfois à plus de 80 p.cent, crée des tensions « raciales » d'émergence récente.- J|e ne SU1S Pas sortl d'une boîte de pop corn ».\"i® lance avec agacement Martial Jean-Baptiste, un journaliste d'origine haïtienne âgé de 34 ans.Ce qui l'agace, c'est cette idée, partagée par beaucoup de monde, qu'il a été embauché à la télévision de Radio-Canada seulement parce qu'il a la peau foncée.« J'ai dix ans d'expérience dans le métier de journaliste, j'ai fait les régions, je suis passé par le même circuit que les autres, en commençant par la radio privée.Je n'ai pas de passe-droit », dit-il.De toute façon, il est actuellement au chômage, son employeur ne retenant ses services que pour des remplacements.La « boîte de pop corn », c'est cette fausse idée voulant que l'apparition, en apparence soudaine, d'une tête noire ou asiatique ne soit due qu'à un traitement de faveur dans une entreprise dotée d'un programme d'accès à l'égalité en emploi.En dépit de la prolifération des programmes d'accès à l'égalité, surtout depuis que les gouvernements les exigent pour faire affaire avec les entreprises de plus de 100 employés, la présence des minorités ethniques reste faible dans les entreprises publiques et privées.Bien qu'elles forment le tiers de la population de Montréal, où sont concentrés les immigrants et leurs descendants, les minorités ne constituent encore que 8 p.cent de !a fonction publique de la métropole, et que 6 p.cent de la force de police de la Communauté urbaine ( les agents de police nouvellement embiuchés sont cependant « ethniques » à 13 p.cent j.Chez le plus gros employeur du monde syndical, la Confédération des syndicats nationaux ( syndical.CSN ), le personnel n'est « ethnique » qu à 3 p.cent.Dans la fonction publique québécoise, il s'agit de 4 p.cent, malgré un objectif d'embauche de lz p.cent fixé en 19X9 mais jamais atteint.Dans l'administration publique, « ça ne marche pas très bien », dit M.Fo Niemi.du Centre de recherche-action sur les relations raciales ( CRARR ) Dans le secteur privé, cela dépend du domaine d'activités.Ainsi.dan& les banques, les lois du marché font que les institutions doivent embaucher du personnel « ethnique » pour répondre aux besoins d'une clientèle de plus en plus diversifiée.Mais dans les transports, « ça ne va pas bien », signale M.Niemi.Dans la fonction publique \tr.» .» 1 /c i'.- i / v REPRIS DROITS RESERVES Parizeau renie son mandat en s'occupant d'abord du référendum La mission prioritairement référendaire que s'est fixée le gouvernement constitue en fait un détournement de mandat f, Le Parti québécois a sollicité la confiance populaire en promettant de consacrer le meilleur de ses efforts au redressement économique et surtout à la lutte lj chômage.Il a été porté au pouvoir avec une confortable majorité de siè-es qui lui donne les moyens po-îtiques et le temps de s'acquitter de ses engagements.Lundi dernier, le nouveau premier ministre prenait les commandes et faisait connaître son équipe de collaborateurs, ministériels et apparentés À la même occasion, Jacques Parizeau nous apprenait que la priorité de son gouvernement est dorénavant le référendum, non celle que ses électeurs avaient perçue dans son discours électoral Il donne ainsi raison à ceux qui n'avaient pas été dupes de ses restrictions mentales et engagements à double sens, durant la campagne, au suiet de son option.Et dit en quelque sorte à ses électeurs fédéralistes qu'ils ont eu tort de ne pas croire son adversaire et les observateurs qui les mettaient en garde contre ses intentions réelles D'ici au référendum, le nouveau gouvernement sera donc au servicc de l'option indépendan- t tiste pour assurer sa victoire au référendum.En témoignent les propos du remier ministre, aussi bien que a composition et la structure de son gouvernement.Sans oublier ce geste choquant pour la moitié de T'électorat qui lui a fait défaut et qui met à jour son arrière-pensée: l'enlèvement du drapeau canadien du Salon rouge de l'Assemblée nationale.Il est significatif, par exemple, que les postes clés du cabinet soient occupés par des séparatistes irréductibles.Et que le comité des priorités du Conseil des ministres, outre d'être dominé par des sécessionnistes « purs et durs », ne compte en son sein ni le mipistre de la Santé, ni celui de l'Education, deux secteurs nécessitant des réformes urgentes et où passent les deux tiers du budget provincial.Et que dire de ce nouveau poste confié à Richard Le Hir: ministre délégué à la Restructuration?Sa mission est de préparer la sécession du Québec en faisant des plans relativement à la récupération éventuelle des compétences exercées en partie ou en totalité par Ottawa, l'intégration des milliers de fonctionnaires fédéraux et la préparation d'études sur les coûts des prétendus chevauchements et dédoublements entre les deux ordres ce gouvernement.Enfin, notons l'élévation de quatorze députés au rang de Délégués des régions, une nouveauté structurelle qui ne survivra pas au référendum.3 1 Elle démontre peut-être plus ue tout le reste que l'attention u gouvernement sera focalisée sur la promotion de l'idée souverainiste.qu'en attendant le grand jour toutes ses actions seront déterminées en fonction de la victoire du Oui.Jacques Parizeau a dit de ces délégués qu'ils sont ses « adjoints directs », chargés de « repayer les préoccupations des citoyens et des décideurs des régions ».Avec eux, dit-il, « les régions sont arrivées au Québec ».Cette innovation circonstancielle n'a pas pour but, et ne peut donc avoir pour effet, de décentraliser partiellement le pouvoir de décision.Elle procède de ce manège que Ton appel lie en France « le marché politiaue », lequel consiste, dit Jean-François Revel, « à échanger contre des votes des promesses d'interventions politiques ».Ces délégués se feront dans les régions les oreilles du premier ministre.Mais ils seront moins à l'écoute du commun que de tous ces notables dont on espère qu'une fois exaucés dans leurs prières, ils manifesteront au centuple leur reconnaissance en usant à bon escient de leur influence lors du référendum.U ne faut donc pas s'attendre que d'ici là ce gouvernement s'attaquera aux problèmes urgents qui appellent des solutions impopulaires, qu'il prendra des décisions susceptibles de lui mettre à dos des groupes d'électeurs.Parce qu'il sait bien que, dans notre société, bien rares soni ceux qui considèrent la souveraineté vitale au point d'y subordonner leurs intérêts personnels ou corporatistes, le gouvernement péquiste aura pour consigne: plaire à tout prix au plus grand nombre possible Pourquoi reprocher aux souverainistes de tenter de gagner de la sorte l'adhésion des Québécois à la souveraineté, alors qu'Ottawa, pendant des années, a généreusement distribué la manne fédérale pour faire échec au projet séparatiste?L'objection serait valable s'il s'agissait de situations identiques.Le gouvernement fédéral a un mandat implicite de préserver l'union fédérale.Le gouvernement péquiste ayant celui de gouverner dans la continuité fédérale en attendant la tenue du référendum, il ne peut légitimement assujettir l'appareil gouvernemental et les fonds publics à son entreprise de rupture du lien fédéral.Le Parti québécois a obtenu une majorité de sièges qui l'autorise à gouverner.Mais étant minoritaire en termes de votes, et pratiquement à égalité à cet égard avec son adversaire fédéraliste, ce gouvernement ne peut entreprendre aucune réforme largement controversée.Et encore moins utiliser les ressources et les institutions étatiques pour tenter de réorienter radicalement le destin du Québec dans une direction oui n'agrée pas à plus de la moitié de la population.La mission prioritairement référendaire que s'est fixée le gouvernement constitue en fait un détournement de mandat Bref, un abus de pouvoir. LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMED1OCTOBRE 1994 OPINIONS TESTAMENT SPIRITUEL D'UN SÉROPOSITIF « J'ai peur; j'ai honte et j'ai mal.» scandales partout dans le monde, ne sera jamais oublié et portera ses acteurs à en tirer des conclusions et des améliorations.Il faudrait que les gens apprennent à ne plus faire de l'argent la valeur principale de leur vie; mais je suis maussade en pensant que je ne verrai pas cela.Je suis encore plus triste en pensant à tous les enfants que j'aurais pu avoir et que je ne pourrai jamais élever à cause de circonstances tout à fait hors de mon contrôle.Je suis amer en pensant è la vie familiale que je n'aurai jamais vraiment connu.Je bouillonne en pensant aux femmes qui ont pleuré de peur simplement pour m'avoir embrassé ! Je désespère pour tous les imbéciles incapables de s'informer, qui trop longtemps associaient SIDA avec peste ou cancer gai.Je chagrine en pensant à mon père qui aurait dû pouvoir compter sur moi dans ses vieux jours, mais qui sera peut-être obligé de me torcher à cause des erreurs d'autres personnes.Je suis offusqué que le sort normal de la vie leur soit inverse : la progéniture est là pour succéder aux parents, pas pour mourir avant.Je n'ai pas peur de mourir, mais j'ai peur d'avoir mal et de ne plus pouvoir rien faire, ni pour m'ai-der ni pour être utile à la société à laquelle je devais contribuer.J'ai peur de souffrir inutilement.Je suis impuissant en constatant mes humeurs variables causées par des visions atroces de la mort.Je suis aussi impuissant en constatant que je perds tranquillement mes capacités physiques et mon endurance.J'ai honte de mon pays qui a préféré épargner de l'argent et éviter un scandale, apeurani toute la population pour fomenter un désastre, au détriment de ma vie et de celle de 219 autres hémophiles québécois.Sans compter les autres transfusés.Je crains que ces médecins qui ont sous-estimé les risques, informés lentement, soigneront peut-être mes parents et mes ami-e-s.J'ai peur de penser qu'après la vie il n'y a peut-être rien d'autre.Je me demande tout ce que j'aurais pu accomplir si je n'avais pas été séropositif par erreur.J'ai beaucoup de peine en pensant à toutes les personnes à qui je ne pourrai jamais plus parler.Je suis furieux en pensant qu'on m'a enlevé le droit de rendre heureuse, pour longtemps, une personne du sexe opposé.La capacité de rêver est bonne et importante, mais c'est angoissant de constater que c'est tout ce qui nous reste ! Je sympathise avec tous les autres séropositifs, quelles que soient leurs orientations.J'ai peur, j'ai honte et j'ai mal.Mais je ne souhaiterai jamais un pareil holocauste médical, même à mes bourreaux.ADIEU î Deux à zéro *** Dans le savant jeu de ballet qui s'annonce, le tno Pa-rizeau-Beaudoin-Bouchard a un avantage presque gênant sur le duo Chrétien-Masse.Ce sera le combat de l'âne contre le fauve.Au simplisme pathétique de M.Chrétien répondra la sophistication intellectuelle de M.Parizeau.À la maladresse empesée de M.Massé répondra la finesse un tantinet perfide de Mme Beaudoin et les grands éclats dramatiques de M.Bouchard.Ce trio sait jouer sur la raison tout autant que sur les sentiments, et développera très vite l'art de faire enrager l'adversaire sans en avoir l air, tant il est important pour, le gouvernement Parizeau de ne jamais donner l'impression d'avoir lui-même déclenché la bataille.Le savoir-faire féminin traditionnel peut ici être d'une inestimable utilité.Les femmes sont bien plus douces que les hommes, quand il s'agit de piquer l'autre, de le provoquer, voire de le rendre fou de rage \u2014 mais tout cela mine de rien, en jouant par ailleurs les innocentes ou les victimes.C'est ce qu'on appelle la manipulation, la plus éprouvée des stratégies d'affirmation féminines.Or, c'est erv partie de cela que sera faite la bataille référendaire : tf s'agira, d'un côté comme de l'autre, de manipuler l'opinion publique, de jouer sur les sentiments, les désirs et les frayeurs et la culpabilité, tout en exploitant sans merci les failles de caractère de l'adversaire.Ce sera un jeu tout en subtilité, où l on aura intérêt a ne pas avoir de trop gros sabots L affectation de Mme Beaudoin à ce poste stratégique pourrait se révéler l'un des très bons coups de M.Parizeau.A ses talents indéniables, à sa connaissance du ministère et son expérience diplomatique, à ses solides convictions souverainistes, s'ajoutent le fait qu'elle est în bons termes avec M.Bouchard ( élément qui compte, puisqu'elle sera le relais principal entre le Bloc et le gouvernement québécois ) et qu'elle a la capacité de jouer sur plusieurs registres : elle manie la ruse ou le charme autant que l'argumentation cartésienne.Cela ne sera pas un mince avantage, dans cette bataille où Ottawa s'amène avec ses gros sabots.GUY-HENRI CODIN Pourquoi Bouchard aurait-il davantage le droit de parler que Chrétien ou Charest ?Le peuple québécois a le droit de recevoir autant d'information que possible eux semaines après l'élection, c'est deux à zéro en faveur du gouvernement Parizeau.grâce à la gaucherie chronique du ministre fédéral Marcel Massé et de Jean Chrétien î Premier incident : MM.Massé et Chrétien tentent d'exploiter la contradiction qui se manifeste par ailleurs clairement entre MM.Bouchard et Parizeau sur le ti-min% du référendum.Mais l'un après l'autre, ils s'empêtrent bêtement dans un dossier dont ils ne connaissent pas les détails, refont contre eux l'unité des leaders souverainistes, et l'attention publique, plutôt que de se diriger sur la contradiction Bouchard-Parizeau, dévie sur la bourde Massé-Chrétien.Deuxième incident : le même duo s'entête sottement a refuser au Québec le remboursement des coûts de l'organisation du référendum de 1992 sur l'accord de Charlot-tetown.La demande était si parfaitement légitime à sa face même qu'elle ne pouvait pas ne pas éventuellement faire l'objet d'un compromis.Aucune raison au monde ne pouvait justifier que les contribuables québécois paient ?eux fois pour ce référendum, la première comme contribuables canadiens, la seconde due au fait que le Québec a organisé le référendum en fonction de la loi provinciale.Au lieu de régler tout de suite ce problème franchement secondaire, le tandem Massé-Chrétien s'obstine ; Joe Smith, à Kelowna ou à Thunder Bay, l'applaudit sans doute, mais au Québec, la mauvaise foi devient évidente.Quand le tandem Massé-Chrétien finit \u2014 grâce à Brian Mulroney \u2014 par se trouver une porte de sortie, cela permet au Bloc et au gouvernement Parizeau, qui s'étaient goûlument saisis de l'affaire, de crier victoire.Comme stratégie préréférendaire, on ne peut faire pire, à moins évidemment que l'on ne travaille en sous-main pour le camp souverainiste ! Si les libéraux québécois, mystérieusement muets par les temps qui courent, ne reprennent pas prestement le leadership du camp fédéraliste, les souverainistes n'auront qu'à laisser faire leur campagne par Jean Chrétien.Ce dernier, qui fut toujours leur meilleur allié, s'améliore avec le temps.Ce que le PQ sera incapable de faire à lui tout seul \u2014 faire passer 15 p.cent de Québécois indécis dans le camp du Oui \u2014, Jean Chrétien le fera à leur place.En tout cas, si l'on doutait de la détermination du gouvernement Parizeau à faire pourrir au maximum les relations entre le Québec et le reste du Canada, cette première escarmouche aura été révélatrice.Dans ce cas-ci, MM.Massé et Chrétien sont bêtement tombés dans le piège qu'ils s'étaient eux-mêmes fabriqué, mais s'ii s'était agi d'un autre sujet, pius déiicat et plus complexe, le ton de la lettre de la nouvelle ministre des Affaires intergouvernementales, Louise Beaudoin, aurait suffi à mettre le feu aux poudres.Mme Beaudoin, femme normalement fort civilisée qui connaît les usages et a fait carrière dans la diplomatie.n'aurait pas parlé sur ce ton au dernier des maJotrus.Sa lettre \u2014 son premier geste public, donc un geste à valeur symbolique \u2014 s'ouvrait par une sommation de huissier.Un remboursement « immédiat et sans délai ».« à défaut de quoi le gouvernement du Québec prendra tous les recours à sa disposition pour récupérer son dû ».Un peu plus et elle disait « butin », comme Duplessis î Le même soir, on pouvait voir à la télé, en provenance des Communes à Ottawa, un Lucien Bouchard déchaîné qui hurlait : « Payez ! » Bref, le scandale, réel mais tout de même mineur dans l'échelle des catastrophes qui affectent l'humanité, était en train de prendre des proportions bosniaques.Le gouvernement Parizeau, de concert avec le Bloc \u2014 c'est la stratégie d^ l'encerclement, de l'attaque sur les deux fronts \u2014 fera tout pour faire sortir le reste du Canada de ses gonds.La provocation sera systématique et bien ciblée.L'espoir : que d'escarmouche en escarmouche, le fédéral, vivante illustration du fédéralisme, projette l'image d'un négociateur inflexible et arrogant, et que le Canada anglais soit traversé par une vague anti-Québec, laquelle pourrait en retour provoquer une remontée du sentiment souverainiste.L auteur est avocat et membre de la Commission Krever sur le système sanguin au Canada, qui tient présentement ses audiences à Montréal.Je préférerais mourir tout seul, loin de tous et de toutes, pour que personne ne soit témoin de mes douleurs et de mon désarroi, que personne ne se sente impuissant ni inutile face à ma mort.Je crois fermement que les autres hémophiles ne devraient pas me voir dépérir pour constater ce vers quoi ils vont aussi se diriger, tôt ou tard, s'ils sont aussi contaminés par le Vl.H.Je ne crois pas du tout que la mort annoncée d'avance ( comme dans le cas de tous les hémophiles sidéens et des condamnés à mort ) soit aussi acceptable et appnvoisable que la mort naturelle qui, normalement, est imprévisible.Je déteste tout ceux et celles qui, par leur négligence, leurs mauvaises décisions et leur peur d'informer et de communiquer ont contribué à me tuer à retardement.J'espère que jamais un pareil sort ne leur sera imposé.J'espère que le scandale du sang au Canada, qui est aussi dégueulasse que les autres semblables Le président et éditeur du Toronto Star.John Honderich, et l'éditorialiste en chef de La Presse.Alain Duhuc, poursuivent ici leur correspondance sur leur vision respective du Canada et du Québec.Lucien Bouchard et Jacques Parizeau on cher Alain.Pour l'instant, ça va.Le PQ a gagné, plus ou moins.Le dollar est remonté, les taux hypothécaires ont baisse, les premiers ministres provinciaux ont gardé leur calme et personne au Canada anglais ne s'est emporte.Du moins, pas encore.Si j'en crois voue dernière ieiire.nous devrions nous comporter de la sorte jusqu'à ce que le référendum ait lieu.« Ne vous en mêlez pas î », selon vos propres mots.D'après vous, ce comportement accroîtrait, en effet, les chances d'une victoire fédéraliste.Vu sous un certain angle, cela a du sens.Nous avons certes appris, au cours des derniers mois, qu'il ne sert à rien de réagir aux prov ocations de Jacques Parizeau ou de Lucien Bouchard.Ici, on s'attend à ce qu'ils mettent encore notre patience à l'épreuve, tant depuis Québec que depuis Ottawa.Je crois toutefois que la plupart des Canadiennes et des Canadiens ailleurs au pays feront tout en leur possible pour garder leur calme.Je crois aussi que les banquiers de Toronto feront beaucoup moins de \\agues.cette fois-ci, que lors du dernier référendum avec leurs sombres scénarios sur les avantages et les inconvénients de la Confédération.En fait, je suis persuadé que les Québécois et les Québécoises croiront davantage leurs propres analystes.Ainsi, le débat sur les quotas de lait, qui a eu lieu durant la campagne électorale, m'a beaucoup intéressé.Il semble qu'en Vertu du système actuel de quotas, les fermes laitières du Québec produisent presque la moitié du lait au pays.Or, la population québécoise représente à peine le quart de la population canadienne.Il y a fort à parier que certains groupes culturels québécois tiendront des propos analogues.Jusque là, je suis d'accord avec vous.Après, je ne vous suis plus.En effet, votre consigne de non-ingérence englobe également tous les politiciens « fédéralistes », même s'ils viennent du Québec.Feraient sans doute partie de cette catégorie Jean Charest, Paul Martin, André Ouellet.sans oublier le premier ministre et ses deux prédécesseurs.tous originaires du Québec.Pourtant, je sais qu'au Québec non seulement on s'attend à ce que M.Bouchard joue un rôle important dans ce débat, mais aussi qu'on trouve cela naturel.D ailleurs, il a amorcé la campagne référendaire dès le début de la session parlementaire.Si on pousse cet argument jusqu'à sa conclusion logique, un député fédéral d'allégeance souverainiste serait le bienvenu, mais non un député fédéraliste.Je comprends que vous parliez surtout de stratégies, mais pourquoi est-ce légitime, voire raisonnable, que les tenants de la souveraineté puissent vanter leur marchandise à tous vents, alors que les fédéralistes doivent patienter tranquillement dans leur coin ?Et pourquoi la participation à ce débat de Lucien Bouchard, le député fédéral du Lac-Saint-Jean, serait-elle plus légitime que, disons, celle du député fédéral de Sherbrooke ( Charest ) ou de Sha-winigan ( Chrétien ) ?Jean Charest Québec.En fait, le dernier sondage Gallup révèle une tout autre réalité : 50 p.100 des Québécois le préfèrent à Lucien Bouchard Un dernier point : plusieurs analystes, lorsqu'ils parlent de la séparation du Québec, la comparent à un mariage brisé.Cette métaphore est juste à bien des égards Si les Québécois et les Québécoises optent pour la séparation, ils doivent le faire en connaissance de cause.Et il n'y î aucun doute que ce processus serait plus facile s'ils connaissaient l'opinion de l'autre partie.On propose diverses formules de souveraineté et d'indépendance ; la plupart supposent une forme quelconque d'association avec le Canada.Mais, comme on l a vu il y a quel- ques mois, l'attitude des Canadiens anglais à l'égard du Québec s'est considérablement durcie.Il n'y a plus grand espace pour les compromis.Mon intuition me porte à croire, d'ailleurs, que ce facteur aurait légèrement influencé le vote des Québécois.Et je suis persuadé qu'il aura bien plus a effet aurant la campagne référendaire.Il va sans dire qu on ne peut divorcer sans discuter avec l'autre partiç.Dans ce cas-ci, il s'agit d'un pays.A lui seul, ce?argument justifie notre passion.Je vais donc tenter de suivre votre conseil, mais seulement jusqu'à un certain point.Sans rancune, j'espère À la prochaine.John Jean Chrétien Vous conviendrez que le peuple québécois, à qui appartient cette déci-son.a le droit de recevoir autant d'information que possible, et ce, des deux parties.De même, je ne comprends pas pourquoi le premier ministre du Canada, peu importe son passé, ne pourrait s'en mêler.Après tout, il représente tout le pays, y compris le Québec, dor» il est originaire Nous nous attendons à ce qu il s'implique, puisqu'il est notre porte-Ne rien faire équivaudrait sans doute à signaler aux Québécois que nous nous en fichons ou que nous n'avons rien à y gagner.Je ne crois pas non plus que la crédibilité de M.Chrétien soit moribonde au LA PRESSE.Good-bye Le retour Québec\tdes nations Avec la nation québécoise, ce sont maintenant les nations autochtones qui prennent Y avant-scène d'un pays, où seuls les Canadiens anglais refusent de s'identifier comme nation, sous peine de perdre leur prétention nationale sur tout le pays.C'est ce refus d'identité propre, différente des Québécois et des autochtones, aue remet en question Philip Resnick dans le dernier de ses nombreux livres sur la question canadienne.« Nous devons cesser d'être une nation qui n'ose prononcer son nom », lance le politicologue de l'Université de la Colombie-Britannique, qui voit le Canada comme une fédération multinationale.Resnick, élevé dans la communauté iuive de Montréal et ayant étudié à Paris, fait appel aux dictionnaires pour clarifier le terme « nation » : l'anglais relie nation à gouvernement, tandis que le français met l'accent sur l'unité sociologique de la nation.Partisan d'États généraux, Resnick veut circonscrire l'identité de sa propre nation, qu'il nomme, faute d'un meilleur terme, English Canada, une référence à l'usage de l'anglais comme langue commune plutôt qu'à l'origine ethnique des membres.Il est passionnant de suivre Resnick dans sa recherche d'identité.Tout y passe : la langue, les grands traits du système canadie -j ( tory, libéral et social-démocrate ) et les relations avec les autres ( francophones hors Québec, autochtones, Etats-Unis et autres pays de langue anglaise ).Son grand mérite réside cependant dans l'audace d enfreindre le « tabou » des deux nations dans un Eays où il ne doit y en avoir qu'une, depuis hefenbaker et Elliott Trudeau.Thinking English Canada Philip Resnick Stoddart, 1994, 129 pages.Au lendemain Reflet du OUI\tanglo-québécois McGill ouvre sa fenêtre sur le Canada Politique oblige ! Il ne faut jamais céder un pouce de terrain.Alors qu'il était haut fonctionnaire à Ottawa ou leader des libéraux en Colombie-Britannique, Gordon Gibson refusait d'envisager l'avenir d'un Canada sans le Québec, Après l'éclatante percée du Bloc québécois en octobre 93, Gibson, devenu homme d'affaires et consultant, a accepté de préparer un Plan B, advenant l'échec de son Plan A, qui est de maintenir le Québec dans le Canada.« Première version de la future histoire canadienne » est le titre de la préface de Michael A.Walker, le directeur du Fraser Institute qui a donné trois mois à Gibson pour sortir son Plan B.La date-limite a été respectée et le livre est sorti le 21 juin 94.Ce n'est pas vraiment un livre, mais plutôt le rapport d'un consultant à qui on aurait demandé de prévoir le déroulement des événements et les options disponibles au ROC ( rest of Canada ).La préoccupation de Gibson se porte surtout sur les intérêts du ROC, qui devra alors prendre les choses en main, constatant l'impuissance du gouvernement fédéral.Les amateurs de politique-fiction adoreront le Plan B.Comment garder le contact territorial entre l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ?Que faire si le référendum sur la souveraineté ne l'emporte que par une faible marge ?Comment convaincre la Colombie-Britannique et l'Alberta de rester dans le nouveau Canada ?Où tracer les nouvelles fiOtïûèicfe ?Tout en le disant non souhaitable et improbable, on parle donc maintenant au Canada d'un possible avenir sans le Québec.Deconfederation - Canada wffhout Quebec David J Bercuson & Barry Cooper Key Porter Books, 1991, 180 pages Jeremy Weber appartient à la race des universitaires de McGill qui, comme Charles Taylor, veulent conserver leur double allégeance, anglo-québécoise et anglo-canadienne.Ecrit dans la foulée de la défense de l'accord du lac Meech, son livre cherche à démontrer que l'expérience canadienne, la conversation entre les diverses composantes du pays, contient les germes d'une possible entente Québec-Canada.Un peu naïvement sans doute, le jeune juriste lance un appel à l'imagination, pour redire l'expérience canadienne en termes qui permettent de sortir du cul-de-sac constitutionnel, de se libérer du carcan dogmatique de la saga constitutionnelle.Une première partie rappelle, un peu longuement, les hauts et les bas du combat constitutionnel des 30 dernières années.C'est dans la deuxième partie que le jeune juriste fait oeuvre originale, en tentant de relier culture et institutions, surtout en défendant, avec conviction et talent, le concept d'un fédéralisme asymétrique.La candeur et l'innocence, autant du propos que du style, étonnent en ces temps de scepticisme et de cynisme sur une question où tout semnle avoir été dit et redit ad nauseam.C'est comme si l'auteur était sorti intact des interminables combats des dernières décennies.Il faut peut-^tre rappeler que Weber venait d'avoir trente ans lorsqu'il s'est porté à la défense de Meech.Rdmagining Canada : Lan^uage, Culture, Community and the Canadian Constitution.Jeremy Wrhrr McGifl-Queen's University Press, 364 pages, 1994 6ÉRJULD LEBLANC PHOTO LUC-SIMON PERRAULT, L» Presse Jeremy Weber.de l'université McGill sant certes, mais rien pour déloger, dans les manchettes, les menaces de « guerre civile » ou de redéfinition des frontières d'un Québec indépendant.Le professeur Desmond Morton, venu de Toronto pour prendre la direction de l'Institut des études canadiennes, a annoncé la tenue d'autres débats sur les autochtones, l'industrie de la traduction, le rôle du Canada à l'ONU, le multiculturalisme et l'autoroute électronique.Un bon miroir McGill constitue en ce sens un bon miroir de ce qui se fait au Canada anglais, au-delà des cris guerriers dont l'écho re- tentit jusqu'ici, pour redéfinir et sauver si possible le pays balloté dans la tempête constitutionnelle.En dehors du Québec, on parle aussi beaucoup de l'avenir du pays, parfois pour dire son ras-le-bol et parfois pour essayer de recoller les parties, comme en témoignent les quatre livres présentés ci-dessous.Voyez-y une introduction aux reportages des prochains mois sur ce que pensent et disent les Canadiens, non pas tant sur nous que sur eux-mêmes.Ils nous ont assez dit « What does Quebec want ?» qu'on peut bien leur demander « Que veulent les Canadiens ?» Sur les cendres encore cl.audes de Meech, deux professeurs de l'Université de Calgary ont publié en 1991 un livre-choc pour dire que le temps était venu d'en finir avec le Québec Il s'agit d'un cri du coeur de deux universitaires déçus du débat constitutionnel qui occupe l'avant-scène canadienne depuis 30 ans.Un livre chevauchant les genres de la démonstration universitaire et du manifeste politique ! Cooper a déjà enseigné au Québec et Bercuson a grandi à Montréal ; ils ont tous deux éprouvé de l'admiration pour Lévesque et Trudeau, mais ont déchanté devant leur incapacité de régler le problème Québec-Canada.Le but de l'ouvrage est de démontrer que le Canada, en voie d'autodestruction, serait en bien meilleure posture sans le Québec : fini le bilinguisme, moins d'assurance chômage, récupération du Grand Nord québécois.( Leur Québec souverain n'aurait que le territoire de la Nouvelle France, c'est-à-dire sans la rive sud du Saint-Laurent et sans le Grand Nord.) Adeptes d'une démocratie libérale pure et dure, les architectes du Canada sans le Québec sont opposés à tout droit collectif, sauf pour les Amérindiens Un regard américain digne de Calgary ! Facile à lire, paternaliste et impérialiste à l'endroit du Québec, un peu court dans les démonstrations, le livre de Bercuson et Cooper a le mérite de donner la parole aux Canadiens c|ui en ont ras le bol et ont en vie de ci ici « bon uci»tuia> ! » *ua souverainiste* du Québec Lffuniversité McGill a toujours eu un pied au Québec et l'autre dans le grand circuit anglo- Fhone du Canada et de 'Amérique du Nord, avant-poste de l'ennemi ou fenêtre sur le continent selon les temps et les acteurs.C'était encore évident mercredi au pavillon Leacock, où le nouvel Institut d'études canadiennes tenait son tout premier événement public : un débat sur « A Canada of communities or individuals ».Au coeur donc du combat entre les tenants d'un pays fondé sur les droits individuels et les partisans d'un pays reliant des communautés.Deux distingués universitaires, Ram-say Cook de l'université York et Jeremy Weber de McGill, y défendaient l'un et l'autre courant du grand partage canadien.Un combat inégal entre un monument de 62 ans et un jeune aspirant de 36 ans, qui ont effleuré leurs divergences profondes sans jamais s'affronter vraiment.Cook n'a pas redit à Weber qu'il était naïf de penser que la « société distincte » ne conduisait pas à la séparation du Québec.Weber n'a pas inclus Clark parmi ceux dont la rigidité et l'entêtement ont empêché l'acceptation de l'accord du lac Meech, qui aurait permis de repartir sur un autre pied.L'historien Ramsay Cook est un pilier de l'intelligentsia politique du Canada.Son message est simple et limpide : toute tentative de diluer l'unité canadienne ( deux nations, statut particulier, société distincte, fédéralisme asymétrique.) conduit nécessairement au séparatisme.Pour lui, Trudeau et Lévesque ont dressé, il y a 25 ans, les paramètres du seul choix possible : ou bien on pousse le nationalisme à bout et le Québec se sépare, ou bien on accepte le Canada tel qu'il est, un système fédéral avec deux langues officielles, une société multicul-turçlle et une charte des droits.A l'aise en français et parfaitement au fait de tout ce qui s'est publié sur le Canada depuis 30 ans, sûr de lui et aimant les comnats d'idées, le petit professeur est intraitable sur le fond : il ne peut y avoir deux pays dans un seul Canada.A prendre ou a laisser, dans la logique im- photo luc simon perrault, U Presse Ramsay Cook.de l'université yorfc placable de Pierre Elliot Trudeau.Le juriste Jeremy Weber était à peine né quand Diefenbaker parlait d'un même Canada pour tous ; et il commençait tout juste à lire quand Trudeau et Lévesque élaboraient leurs projets inconciliables.Il est entré dans le jeu en 89, en créant avec son collègue Wade MacLauchlan, Les Amis de Meech, pour défendre l'inclusion du Québec « société distincte » dans la Constitution.De cette croisade infructueuse, est sorti un livre, dont nous parlons ci-dessous.Un débat entre Cook et Weber, c'est un peu comme un match Trudeau-Bou-rassa, l'un décrivant magistralement ce qui existe et l'autre tentant maladroite- ment d'imaginer ce qui pourrait exister.Weber a dû justifier les lois du Québec sur l'école française et la prépondérance du français dans l'affichage, devant la bande de Don Donderi, le psychologue de McGill qui a fait poser, au Vermont, une affiche disant : « Bienvenue au Québec où l'on abolit les libertés individuelles ».Quand un des quelque 200 auditeurs de l'amphithéâtre du pavillon Leacock a reproché à Ramsay Cook de mépriser les efforts de son jeune collègue pour jeter des ponts, le vétéran s'est indigné de cette atteinte à sa fibre morale.Ce furent les rares étincelles de ce débat civilisé entre gens cultivés.Intéres- I \u2022\t4*\" LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI OCTOBRE 1994\tBSt; PLUS Un automne chaud Québec DKNIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Lfautomne politique sera chaud à Québec.D entrée de jeu, le premier ministre Jacques Parizeau, dans son discours de prestation de serment, cette semaine, ne laissait aucun doute quant à sa détermination à passer rapidement aux actes pour réaliser dans les meilleurs délais la plupart de ses engagements électoraux.Déjà dans ce discours, qui avait des allures de Discours inaugural, une longue liste de « commandes » était adressée à chacun des nouveaux ministres.< Tous les dossiers de campagne électorale seront activés ; c'est l'ouverture de tous les fronts », prédisent déjà les collaborateurs de M.Parizeau.Au cours des derniers jours, Jacques Parizeau a demandé qu'on rassemble la totalité des engagements électoraux semés par le PQ en campagne.On évalue présentement lesquels nécessiteront l'adoption de projets de loi \u2014 ce qui suppose un long processus, puisque l'Assemblée nationale ne siégera pas avant la fin novembre \u2014 et ceux qui peuvent être mis en place par un simple décret du conseil des ministres.Par exemple, ce n'est plus qu'une question de jours avant que l'on procède à l'annonce d'un casino à Hull.La mise en place du programme d'aide au démarrage des PME ne traînera pas non plus puisqu'elle ne tient qu'à une décision du cabinet.Son financement n'est pas même un problème à court terme ; si on lit entre les lignes, il ne s'agit que d'une garantie de prêts, bien moins coûteuse que le montant de 300 millions de dollars accroché au projet.Au surplus, ce déboursé ne sera fait que progressivement, à mesure que les projets arriveront.La consultation Pour des engagements plus importants, la route sera plus longue.On a promis de « scrapper » la Loi 142, mais le gouvernement entend dans un premier temps, cet automne, demander ses propositions à l'industrie de la construction \u2014 un forum qui aura lieu avant la fin de l'année, as-s ure-t-on.On peut penser que quelques mois s'écouleront avant la mise en place d'un régime universel d'assurance-médica-ments, une réforme à la fois importante et délicate à mettre en place.En dépit de la désapprobation unanime du iïtùfiuc uc Id tante, une lé^èic OUVci-ture du quota des médecins immigrants acceptés au Québec ne saurait tarder.En revanche, la diminution de moitié des listes d'attente pour les cas électifs en chirurgie est un objectif autrement plus compliqué a atteindre.Jean Garon, titulaire de l'Éducation, promet de procéder rapidement avec les Etats généraux de l'Éducation au'on lui demande, mais il n'a cependant pas voulu s'engager à une échéance précise.Dès cette semaine, M.Garon assurait toutefois la population de Batiscan qu'elle garderait son école.Les engagements qui nécessitent des changements législatifs, sauf exception, ne verront pas le jour cette année.L'Assemblée nationale sera convoquée très tard cet automne, et pour quelques jours seulement puisqu'elle doit ajourner avant les Fêtes.Les stratèges péquistes ne sont guère enclins à faire siéger le Parlement, y voyant surtout une occasion en or pour l'opposition de bombarder une nouvelle équipe ministérielle, encore peu familière avec les coins et recoins de leurs ministères.Et surtout y voyant une rare occasion de gouverner sans avoir à répondre quotidiennement de ses faits et Dans son discours de prestation de serment, cette semaine, le premier ministre Parizeau n'a laissé aucun doute quant à sa volonté de passer rapidement aux actes pour réaliser dans les meilleurs délais la plupart de ses engagements électoraux.gestes.Tous les engagements feront l'objet d'une décision, qui tiendra compte aussi de la capacité de payer du gouvernement \u2014 M.Parizeau l'a maintes fois répété en campagne.Ce qui est nouveau toutefois, c'est qu'il paraît de plus en plus évident au ministre des Finances, Jean Campeau, qu'il n'y aura pas lieu, cet automne, de procéder à un mini-budget pour finir l'année financière.Il paraît douteux aussi 3u'on revienne sur la vente controversée u Mont-Sainte-Anne.Avant de quitter le fauteuil des Finances, le libéral André Bourbeau indiquait même que les recettes étaient légèrement supérieures aux prévisions.Nominations Les péauistes de 1976, se souviennent encore d'avoir travaillé pendant plusieurs mois aux côtés de sous-ministres étroitement associés aux libéraux, notamment Guy Coulombe et Claude Rouleau.L'inexpérience des péquistes en 1976 les avait condamnés a s'en remettre à plusieurs mandarins qui ont joué en faveur du statu quo dans les dossiers de l'épooue.En revenant aux affaires, Jacques Parizeau se promettait bien que cette fois ce serait différent.Déjà la semaine dernière, le gouvernement Parizeau ramenait à des postes stratégiques quelques anciens collaborateurs du régime Lévesaue : Michel Carpentier, un bras droit de René Lévesque, et Michel Leguerner, ancien chef de cabinet de Jacques Parizeau, pour ne citer que deux cas.M.Carpentier, qui revient d'un purga- toire comme simple directeur au Tourisme, devient subitement le sous-mims-tre responsable du développement régional \u2014 une carte maîtresse de « l agenda » péquiste.M.Leguerrier deviendra sous-ministre à l'Industrie et au Commerce, poste dont on évince Renaud Caron, étroitement associé au Parti libéral.Clairement, on veut chez Jacques Parizeau éviter d'être accusé de taire une purge, une chasse au sorcières \u2014 les nauts fonctionnaires teintés de rouge seront aiguillés vers des voies de garage \u2014, mais bien peu seront carrément immolés.Il est évident toutefois que ces coups de balai dans les postes stratégi- aues, où les remplaçants péquistes sont éjà choisis, se poursuivront pendant plusieurs semaines, et qu'on les a sciemment étalés pour ne pas trop attirer l'attention.Il faudra voir quel budget le nouveau ouvernement est prêt à consacrer en in-emnités de départ et de relocation pour installer sa propre équipe Front fédéral Avec Ottawa, le gouvernement québécois participera « activement à toute la dynamique fédérale-provinciale » dans la mesure où on estimera que les intérêt;» des Québécois sont en jeu.«Cela ne pourra être l'indifférence avec Ottawa.Dès qu'on sentira que cela ne va pas dans les intérêts du Québec, il y aura une vive réaction à Québec », prédit-on.Le premier accrochage n'a pas tardé, et le Québec a clairement fait mouche.Au bout de deux jours d'un chassé-croisé de déclarations où le gouvernement fédéral s'est mis dans l'embarras.Ottawa accédait à une demande québécoise vieille de deux ans \u2014 une compensation pour les coûts du référendum de 1992.Deux jours d'attaques péquistes et blo-quistes auront fait dans ce dossier davantage que deux ans d'échanges de lettres entre le gouvernement Bourassa et ses différents interlocuteurs fédéraux.Québec entend choisir littéralement « à la pièce » les conférences fé^rales où il se rendra.C'est ainsi qu'on participera à la conférence touchant l'avenir du réseau ferroviaire au Québec, mais qu'on boudera, politiquement, un exercice similaire sur les Forêts, un secteur où, du point de vue de Québec, Ottawa n'a pas droit de cité.Trois secteurs surtout contiennent le germe de discordes profondes entre Qué-Bec et Ottawa.La santé d'abord, où selon Québec.Ottawa s'est immiscé, sans justification constitutionnelle, sur la seule base de son pouvoir de dépenser.« Us sont carrément dans un champ qui n'est pas fédéral ».souligne-t-on.Même discours en éducation ainsi que dans le secteur de la formation professionnelle, où le Québec s'opposera avec vigueur à tout projet de « normes nationales ».Selon le Livre rouge \u2014 le programme du PLC \u2014, Ottawa a clairement des velléités dans ce secteur, prévient-on dans l'entourage de M.Parizeau.Avec Ottawa, le principal point chaud cet automne devait être le projet de réforme des programmes sociaux, qui devrait être rendu public mercredi, aux Communes, par le ministre Lloyd Ax-worthy.La foule de mauvaises nouvelles attendues semblait se résumer la semaine dernière à un simple livre blanc, où le gouvernement suggérerait une longue liste de questions quant aux changements à apporter aux programme d'assurance chômage notamment, sans prendre formellement position.ure tournée exploratoire dans le comté en début de semaine.Le Bloc québécois, de son côté, a repris en main le bureau de comté de M.Péloquin et invité Jean Chrétien à déclencher le scrutin au plus tôt.Techniquement, le premier ministre pourrait attendre jusqu'en 1998 pour tenir cette élection.Le plus probable est toutefois qu'il s'exécute un peu avant ou un peu après le référendum.Mme Bertrand en attente Avant son passage inattendu dans le camp souverainiste, Brome-Missisquoi avait derrière lui une longue tradition conservatrice.Heward Grafftey avait transformé le comté en place forte, Ga-brielle Bertrand a repris le flambeau pendant les neuf années du règne Mulroney.Les libéraux ont réussi une brève percée entre les deux Mme Bertrand n'écarte pas un retour aux affaires.« Je n'en réponds pour l'instant qu'à M.Jean Charest.C'est lui le mieux placé pour connaître ses propres intentions, ses propres choix », explique la veuve de l'ancien premier ministre du Québec, Jean-Jacques Bertrand.M.Charest lui-même garde toutes ses options ouvertes.« Il n'esi pas exclu que Mme Bertrand se présente, dit-il, mais il y a au moins deux autres personnes intéressées.» Parmi les candidatures possibles, on retrouve celle de la mairesse de Farnham, Lyse Lafrance-Charlebois.Mme Lafrance-Charlebois avait été défaite à l'investiture conservatrice du comté l'an dernier, puis s'est présentée comme libérale provinciale aux dernières élections dans Iberville.Là aussi elle a été battue, mais non sans avoir fait une chaude lutte à la vedette péquiste Richard Le Hir.La présidente de l'association de comté.Francine Vincelette, pourrait également être sur les rangs.Mme Vincelette faire de vieux os à Ottawa.Aucun nom n'a encore filtré du côté du Bloc québécois, qui rêve de profiter une deuxième fois de la division du vote entre libéraux et conservateurs pour faire élire un indépendantiste dans un comté où plus du quart de la population est anglophone.Des anglophones qui n'ont rien à voir avec la clientèle que recrute le Reform Party dans l'Ouest, dit-on par ailleurs de toute part dans le comté.« Le Reform n'aura pas plus de 400 votes », prédit même le président de l'association libérale, Eugène Bachand.Une future ministre ?Son cousin.André Bachand.a représenté le comté aux Communes de 80 à 84.U a tenté d'obtenir de nouveau l'investiture du PLC l'an dernier, sans succès.La probabilité qu'il tente une fois de plus sa chance est faible, dit-on.Et elle est pour ainsi dire inexistante pour celle qui l'avait battu, Joan Kouri Jean Chrétien vient en effet de remercier Mme Koun de ses services en la nommant commissaire à l'immigration.Les libéraux affirment qu'ils vont remporter la victoire cette fois-ci, confiants de combler l'écart de 1796 voix du dernier scrutin.Déjà on parle de candidats vedettes, susceptibles de siéger au cabinet.Un quotidien a lancé le nom de l'ancien ministre québécois Gil Rémillard, ce uui a été vu comme une bonne blague dans L comté.En revanche, la candidature d'André Gourd ressemble moins à un canular.Le mandat r|?français \u2014 c'est-à-dire la presse parisienne.Le petit Quotidien de Paris a fini par sombrer il y a deux mois, après avoir traîné depuis vingt ans les déficits annuels.Aucun des titres parisiens ne fait de profits, certains ( dont France-Soir ) perdent beaucoup d'argent.Le vénérable Monde, qui a déjà atteint les 420 000 exemplaires au début des années 80.oscille aujourd'hui autour de 350 000, et voit se poursuivre depuis deux ou trois ans une inexorable érosion de son lectorai.La publicité et les petites annonces, quant à elles, ont dégringolé de 30 à 40 p.cent selon les journaux.Libération était le journal en progression triomphante dans les années 80 : July.déjà, avait fait le pan complètement fou de saborder le journal des soixante-huitards, autogéré, égalitariste, bordel li-que.le tout quelques semaines avant la présidentielle de mai 81.Le journal s était recentré politiquement et modernisé : des 40 000 exemplaires vendus par le journal plutôt militant, le titre était passé allègrement à 170 000 en 1988.Une vraie marche triomphale.Mais qui s'est arrêtée brusquement vers 1988.peut-être à une époque où le public n'avait plus envie d'entendre parler de politique, en tout cas sur le vieux mode traditionnel.Depuis, Libé II a stagné autour de 160 000 exemplaires.Un beau succès pour une ancienne feuille gauchiste.mais un bien petit résultat pour un * *v \u2022 m.\tWi ,«* % ^\t-M 4\t_ le nouveau Libération vise une progression de la diffusion de 160 000 à 240 000 exemplaires et un doublement des recettes publicitaires.pays de 58 millions d'habitants, dont une douzaine de millions en région parisienne ( le double de la population totale du Québec ).L'équivalent d'un tirage national québécois de 20 000 exemplaires.Et surtout : avec les échecs successifs de ses projets de développement ( radio, production audiovisuelle, super-quotidien du samedi, etc.), Libération, malgré l'apport financier de groupes industriels ( amis et minoritaires ), ne faisait plus ses frais et se retrouvait totalement à découvert, dépourvu de réserves.À cette situation, réponse en mai I993 de July, lui-même miraculé d'un grave accident de voiture le 1er janvier précédent : il faut faire une révolution totale dans ce journal.Liquider ce oui restait de la vieille « cuiture-Libé », à la fois auto-gestionnaire et politico-élitiste ; penser un journal tout a fai; nouveau, axé non pas sur les états d'âme de la rédaction mais sur les aspirations réelles du public.Avec 177 exemplaires de journaux pour 1000 habitants, la France est au 30e rang mondial pour la lecture de quotidiens.Et surtout, la presse dite « nationale » est en chute libre ( de 4,6 millions en 1945 à moins de deux millions d'exemplaires aujourd'hui, dont une perte de 700 000 exemplaires en dix ans ).En comparaison, la presse de province s'est pratiquement maintenue à son niveau de 1945, avec 6,8 millions d'exemplaires : peut-être, se disaient certains, parce au'elle est moins bavarde, plus proche des gens, moins « idéologique », plus « de service ».Telle devait être \u2014 principalement \u2014 l'orientation du Libé III.Avec notamment beaucoup plus de « rédactionnel » concernant la vie quotidienne, les informations de « proximité » ( banlieue, régions ), la vie moderne de tous les jours ( consommation, techniques, environnement, mode de vie, etc.).L'offre « La crise des quotidiens nationaux français, dit July, n est pas une crise de la demande, mais de l'offre.» Tout bêtement, les journaux français ont un volume rédactionnel très inférieur à leurs équivalents européens.Ils traitent moins de sujets et moins en détail.« Il faut répondre à la vraie demande, dit-il, et faire un journal à la fois global et très clair, où tous les lecteurs peuvent trouver leur intérêt, et le trouver rapidement.» Une sorte de supermarché de l'information, où les acheteurs se servent là où ils veulent, en laissant de côté ce qui ne les intéresse pas.Une philosophie qui rompt avec la tradition française et se rapproche de l'Amérique du Nord.Même après l'introduction de capitaux privés en 1981, Libération restait majoritairement la propriété de ses salariés : leur part est tombée à environ 28 p.cent, soit une modeste minorité de blocage sur les grandes orientations.Mais il a fallu racheter leurs parts : l'équivalent de 15 millions de dollars y ont été engloutis.Il fallait augmenter « l'offre de lecture » : depuis lundi, le journal est passé de 45-50 pages à environ 80 pages quoti- diennes.Sans augmentation du prix de vente.Dans un journal en déficit léger mais chronique, on a donc engagé 40 personnes nouvelles à la rédaction.Le tout sur une équation financière aussi simple que périlleuse : en additionnant le rachat des parts des salariés, les frais supplémentaires en salaires, en matériel.papier, etc., le nouveau Libération avait besoin de 75 millions de dollars de capitaux, perdrait entre 10 et 20 millions sur deux ou trois ans, et retrouverait son équilibre au bout de cinq ans.En supposant.bien sûr.une progression de la diffusion de 160 000 à 240 000 exemplaires.et un doublement des recettes publicitaires.Six jours après le lancement de la nouvelle formule, le pari de July \u2014 certains disent : la fuite en avant \u2014 paraît toujours aussi risqué.Sur les 75 millions de dollars attendus de recapitalisation, les financiers amis du journal \u2014 et à qui on n'offre qu'une participation minoritaire \u2014 n'ont pour l'instant apporté que 20 millions de vrai argent.Et même si July répète à qui veut l'entendre que les 55 millions manquants ne vont pas tarder, le reste de la profession parisienne suit l'affaire avec le plus erand intérêt, pas toujours bienveillant.Notamment le Monde, dont le nouveau directeur Jean-Marie Co-lombani prépare lui aussi une nouvelle formule ( pas révolutionnaire, dit-on ) pour janvier prochain et a déclaré à ses troupes : « La guerre avec Libération a déjà commencé.» Car pour ces deux quotidiens de qualité en difficulté, les lectorats se chevauchent dangereusement : Libé III peut-il vraiment réussir sans « voler » des lecteurs au Monde et l'affaiblir ( et inversement ) 9 Des retards Ce grand bond en avant, en tout cas.a commencé dans une relative contusion.Graves problèmes techniques d'impression : pour le premier jour, les kiosques parisiens ont été approvisionnés avec sept heures de retard, en début d'après-midi.Idem le mardi.Quatre jours plus tard, les réglages n'étaient toujours pas au point : alors que I hnpression des journaux parisiens a toujours été de fort bonne qualité.Libé III restait assez gris, et la nouvelle mise en page, plus détaillée et sophistiquée, en souffrait beaucoup.Cela n'a pas empêché les kiosques d'être Kris d'assaut, et le tirage d'exploser.lais il faudra voir ce qui reste dans un mois ou deux après ce premier succès de curiosité.N'étant adossé à aucun groupe de presse, le nouveau Libération est condamné à réussir son Grand Bond en avant \u2014 dans une période stagnation générale de la presse.3 Fox a l'intention de continuer à miser sur le sport pour polir son image de mar ue.Récemment, le réseau a obtenu le roit de retransmettre des matchs de la nationale de hockey, un sport po-auprès de sa clientèle naturelle.Et .ne cache pas son intérêt pour les droits de télévision des Jeux olympiaues de l'an qui se dérouleront à Sydney.Mais le succès de la stratégie de Fox TV demeure incertain.Après avoir mis au monde Bart Simpson, le réseau restera en effet un peu suspect aux yeux de plusieurs.Le pari audacieux de Fox TV Le jeune réseau a déjà transformé le paysage audiovisuel américain RICHARD HÉTU collaboration spéciale SEW YORK sance a une nouvelle sene.Models Inc., qui raconte la vie très compliquée d'un groupe de mannequins.Fox présente d'autres émissions, mais il n'est pas long de faire le tour de sa grille horaire.Comparativement aux autres chaînes, le réseau fournit beaucoup moins de matériel à ses stations filiales.Non seulement ne présente-t-il pas de journaux télévisés le soir ou d émission d'information le matin, mais il n'a pas de talk-show de fin de soirée.( Sa dernière tentative, mettant en vedette Chev> Chase, a échoue lamentablement.) Eî aux heures de grande écoute.Fox ne diffuse des émissions que de 20 h à 22 h.laissant aux stations filiales la liberté de disposer de la troisième heure de la soirée comme bon leur semble.Il s'agit d'un arrangement qui contribue cependant à la popularité de Fox TV auprt: des stations filiales, qui apprécient de pouvoir vendre elles-mêmes aux annonceurs du temps d'antenne à une heure de grande écoute Une oeuvre pioanière Mais si le réseau Fox ne présente pas de journaux télévisés, laissant également aux stations filiales le choix de produire »les bulletins locaux, cela ne signifie pas uue la chaîne de Murdoch n'a pas influencé le traitement de l'information à la télévision américaine Le réseau Fox est en effet responsable de la création du premiei magazine d'information à emprunter carrément la formule jaune de certains tabloïds de la presse écrite : sexe, sang, »candale.L'émission de la chaîne de Rupert Murdoch.A Current Affair, a fait plusieurs dont Hard Copy et Inside Edition __ quand le supposément sérieux Date line NBC a fait sauter une voiture pour animer un de ses reportages l'an dernier, plusieurs y ont vu une des mamfestanons de l'impact de l'oeuvre pionnière du réseau Fox.L'importance grandissante que les journaux télévisés des grands réseaux accordent à des histoires sensationnelles en est une autre.Mais Murdoch devient impatient quand les journalistes lui rappellent que son réseau ne présente pas de journaux télévisés en dénut de soirée, « C'est dépassé », dit-il au sujet de la formule.Le principal actionnaire de News Corp., un empire médiatique qui comprend la Twentieth Century Fox, songe plutôt à la création d'une chaîne de nouvelles indépendante qui fournirait des reportages spéciaux et des magazines d'information au réseau Fox.Mais tout demeure un peu incertain De la part du réseau Fox.il serait peut être moins étonnant de retrouver un jour Bart Simpson comme lecteur de nouvelles.Le pan ne serait pas moins grand que les autres La carte du sport Depuis sa naissance.Fox TV a toujours occupé le quatrième et dernier rang des chaînes de télévision commerciale au chapitre des côtes d'écoute.Au cours d'une saison typique.CBS a un taux d'audience de 12 pendant les heures de grande écoute, suivi de près par ABC et NBC.Fox ferme la marche à 7 ( chaque point d'audience équivaut à 942 000 foyers ) Dans l'espoir d'atteindre la panté avec les trois premières chaînes.Murdoch.un Australien de naissance naturalisé américain.a frappé deux grands coups l'hiver Une scène ctos Simpsons une bande dessinée du réseau Fox que tes téléspectateurs québécois peuvent suivre au réseau Quatre Saisons art Simpson n'est pas seulement le personnage principal des Simpsons, la bande dessinée que les téléspectateurs québécois ont la chance ( ou le malheur, c'est selon ) de pouvoir suivre au réseau Quatre Saisons.Le petit monstre aux yeux globuleux et aux répartis cyujuuc* est aussi la plus grande vedette de Fox TV.la quatrième et plus jeune chaîne de télévision commerciale aux États-Unis.La stature de Bart Simpson illustre à la lois la personnalité du réseau qui l'a engendré et l'évolution de la télévision américaine.Aux premières heures du média.les héros étaient desjournalistes : Edward Murrow.à CBS, Chet Huntley et David Bnnkley, à NBC.Leur notoriété a été favorisée par le hasard, les ________ des conventions présidentielles de 1948 étant parmi les premières à être retransmises dans les foyers américains.Mais il reste que l'information a longtemps défini la qualité des réseaux.La chaîne ABC, par exemple, n'a pas été prise au séneux avant de se doter, au milieu des années 70.d'un service de nouvelles de première classe.C'était hier.Aujourd'hui, sept ans après son lancement.Fox n'a toujours pas de journaux télévisés.Mais ses concurrents sont désormais obligés de prendre le réseau au sérieux.Grâce à des émissions comme Les Simpsons.Melrose Pince et Beverly Hills 90?10 ( également présentée à la télévision québécoise ), la chaîne de Rupert Murdoch, le magnat des communications, fait des ravages chez les 18-34 ans, le public préféré des annonceurs publicitaires.Un auditoire uue Fox TV veut mainte nant élargir, parlant même de devenir le numéro un des chaînes de télévision américaine dans quelques années.Le défi est énorme.Mais qu'il parvienne ou non à le relever, le réseau a déià transformé le paysage audiovisuel américain.Pour le meilleur ou pour le pire.dernier.D'abord.en payant la somme astronomique de 1.6 milliard pour arracher à CBS le droit de présenter des matches de la NFL sur son réseau, au cours des quatre prochaines années.L'investissement est colossal.Mais Murdoch a calculé que le football attirera à son réseau non seulement des nouveaux téléspectateurs mais également des nouvelles stations filiales.De fait.12 nouvelles stations ont rallié Fox quand Murdoch a frappé son deuxième grand coup en investissant 500 millions dans New World Communications.La transaction a permis à Fox de passer à des stations à très hautes fréquences ( VHF ) dans des marchés aussi importants que Détroit, Dallas et Atlanta Fait à souligner, huit des nouvelles stations étaient autrefois affiliées à CBS qui a déjà vanté le dessin anime pour son audace.Mais plusieurs n'y voient qu'un appel aux instincts les plus bas de l'auditoire.Pour les mêmes raisons, ils critiquent une autre des émissions les plus populaires du réseau Fox.Married.with Children, qui raconte également les péripéties d'une famille très quétaine et très peu sympathique.Le rire gras est de mise.L'attrait des autres séries populaires du réseau Fox est plus épidermique.Beverly Hills 90210 et Melrose Place mettent en vedette des comédiens et des comédiennes qui se distinguent davantage par leur physique que par la justesse de leur jeu Les scénario qu'on leur sert sont de toute façon assez pauvres Mais la recette fonctionne auprès des jeunes Elle vient même de donner nais- Moins d'heures Les Simpsons.qui en sont à leur cinquième saison aux États-Unis, ont certes leurs défenseurs chez les adultes, dont le critique de télévision du New York Times ¦¦III LA PRESSE, MONTREAL, SAMED11» OCTOBRE 1994 ¦¦¦¦¦¦¦MllEXr^HMMHaaHnMMMM Libération joue quitte ou double Le quotidien parisien tente un grand bond en pleine stagnation LOUIS- collaboration xpécimit PARIS ans une lointaine jeunesse qui remonte aux années 68, Serge July était l'un des dirigeants de la Gauche prolétarienne, groupe mao un peu éche-velé.En 1973, le premier Libération dont il était cofondateur, se situait quelque part dans la mouvance mao.revue et corrigée par beaucoup d'anar-chisme et de fantaisie à la française.Est-ce une survivance des années folles ?Cette semaine en lançant Libération III ( la deuxième formule date de mai 81 ), July, Grand Timonier de Libé depuis le début, a déclenché en quelque sorte son propre Grand Bond en avant, avec cependant l'espoir solide de réussir en deux ans là où Mai Zedong n'avait abouti qu'à la catastrophe nationale.C'est la crise larvée pour tous les quotidiens « nationaux » français \u2014 c'est-à-dire la presse parisienne.Le petit Quotidien de Paris a fini par sombrer il y a deux mois, après avoir traîné depuis vingt ans les déficits annuels.Aucun des titres parisiens ne fait de profits, certains ( dont France-Soir ) perdent beaucoup d'argent.Le vénérable Monde, qui a déjà atteint les 420 000 exemplaires au début des années 80, oscille aujourd'hui autour de 350 000, et voit se poursuivre depuis deux ou trois ans une inexorable érosion de son lectorat.La publicité et les petites annonces, quant à elles, ont dégringolé de 30 à 40 p.cent selon les journaux.Libération était le journal en progression triomphante dans les années 80 : July, déjà, avait fait le pan complètement lou de saborder le journal des soixante-huitards, autogéré, égalitanste, bordelli-que, le tout quelques semaines avant la présidentielle de mai 81.Le journal s était recentré politiquement et modernisé : des 40 000 exemplaires vendus par le journal plutôt militant, le titre était passé allègrement à 170 000 en 1988.Une vraie marche triomphale.Mais qui s'est arrêtée brusquement vers 1988, peut-être à une époque où le public n'avait plus envie d'entendre parler de politique, en tout cas sur le vieux mode traditionnel.Depuis, Libé II a stagné autour de 160 000 exemplaires.Un beau succès pour une ancienne feuille gauchiste, mais un bien petit résultat pour un Le nouveau Libération vise une progression de la diffusion de 160 000 à 240 000 exemplaires.et un doublement des recettes publicitaires pays de 58 millions d'habitants, dont une douzaine de millions en région parisienne ( le double de la population totale du Québec ).L'équivalent d'un tirage national québécois de 20 000 exemplaires.Et surtout : avec les échecs successifs de ses projets de développement ( radio, production audiovisuelle, super-quotidien du samedi, etc.), Libération, malgré l'apport financier de groupes industriels ( amis et minoritaires ), ne faisait plus ses frais et se retrouvait totalement à découvert, dépourvu de réserves.À cette situation, réponse en mai 1993 de July, lui-même miraculé d'un grave accident de voiture le 1er janvier précédent : il faut faire une révolution totale dans ce journal.Liquider ce oui restait de la vieille « culture-Libé », à la fois auto-gestionnaire et politico-élitiste ; penser 1 * a \\ C ' *\tX.iïiï jOUniâi iOut à tait iïGuYCâu, âXw H G H pas sur les états d'âme de la rédaction mais sur les aspirations réelles du public.Avec 177 exemplaires de journaux pour 1000 habitants, la France est au 30e rang mondial pour la lecture de quotidiens, Et surtout, la presse dite « nationale » est en chute libre ( de 4,6 millions en 1945 à moins de deux millions d'exemplaires aujourd'hui, dont une perte de 700 000 exemplaires en dix ans ).En comparaison, la presse de province s'est pratiquement maintenue à son niveau de 1945, avec 6,8 millions d'exemplaires : peut-être, se disaient certains, parce gu'elle est moins bavarde, plus proche des gens, moins « idéologique », plus « de service ».Telle devait être \u2014 principalement \u2014 l'orientation du Libé III.Avec notamment beaucoup plus de « rédactionnel » concernant la vie quotidienne, les informations de « proximité » ( banlieue, régions ), la vie moderne de tous les jours ( consommation, techniques, environnement waHa rl*> v««k t»tn \\ ittvt*»f * « iv>\\év w%> \u2022 i%>|\t./ \u2022 L'offre « La crise des quotidiens nationaux français, dit July, n est pas une crise de la demande, mais de l'offre.» Tout bêtement, les journaux français ont un volume rédactionnel très inférieur à leurs équivalents européens.Ils traitent moins de sujets et moins en détail.« Il faut répondre à la vraie demande, dit-il, et faire un journal à la fois global et très clair, où tous les lecteurs peuvent trouver leur intérêt, et le trouver rapidement.» Une sorte de supermarché de l'information, où les acheteurs se servent là où ils veulent, en laissant de côté ce qui ne les intéresse pas.Une philosophie qui rompt avec la tradition française et se rapproche de l'Amérique du Nord.Même après l'introduction de capitaux privés en 1981, Libération restait majoritairement la propriété de ses salariés : leur part est tombée à environ 28 p.cent, soit une modeste minorité de blocage sur les grandes orientations.Mais il a fallu racheter leurs parts : l'équivalent de 15 lia augi ture » : depuis lundi, le journal est passé de 45-50 pages à environ 80 pages quoti- diennes.Sans augmentation du prix de vente.Dans un journal en déficit léger mais chronique, on a donc engagé 40 personnes nouvelles à la rédaction.Le tout sur une équation financière aussi simple que périlleuse : en additionnant le rachat des parts des salariés, les frais supplémentaires en salaires, en matériel, papier, etc., le nouveau Libération avait besoin de 75 millions de dollars de capitaux, perdrait entre 10 et 20 millions sur deux ou trois ans, et retrouverait son équilibre au bout de cinq ans.En supposant, bien sûr, une progression de la diffusion de 160 000 à 240 000 exemplaires.et un doublement des recettes publicitaires.Six jours après le lancement de la nouvelle formule, le pari de July \u2014 certains disent : la fuite en avant \u2014 paraît toujours aussi risqué.Sur les 75 millions de dollars attendus de recapitalisation, les financiers amis du journal \u2014 et à qui on n'offre qu'une participation minoritaire \u2014 n'ont pour l'instant apporté que 20 millions de vrai argent.Et même si July répète à qui veut l'entendre que les 55 millions de dollars y ont été engloutis.Il fallait augmenter « l'offre de lec- millions manquants ne vont pas tarder, le reste de la profession parisienne suit l'affaire avec le plus grand intérêt, pas toujours bienveillant.Notamment le Monde.dont le nouveau directeur Jean-Marie Co-lombani prépare lui aussi une nouvelle formule ( pas révolutionnaire, dit-on ) pour janvier prochain et a déclaré à ses troupes : « La guerre avec Libération a déjà commencé.» Car pour ces deux quotidiens de qualité en difficulté, les lectorats se chevauchent dangereusement : Libé III peut-il vraiment réussir sans « voler » des lecteurs au Monde et l'affaiblir ( et inversement ) 9 Des retards Ce grand bond en avant, en tout cas, a commencé dans une relative confusion.Graves problèmes techniques d'impression : pour le premier jour, les kiosques parisiens ont été approvisionnés avec sept heures de retard, en début d'après-midi, Idem le mardi.Quatre jours plus tard, les réglages n étaient toujours pas au point : alors que l'impression des journaux parisiens a toujours été de fort bonne qualité, Libé III restait assez gris, et la nouvelle mise en page, plus détaillée et sophistiquée, en soutfrait beaucoup.Cela n'a pas empêché les kiosques d'être pris d'assaut, et le tirage d exploser.Mais il faudra voir ce qui reste dans un mois ou deux après ce premier succès de curiosité.N'étant adossé à aucun groupe de presse, le nouveau Libération est condamné à réussir son Grand Bond en avant \u2014 dans une période stagnation générale de la presse.Le pari audacieux de Fox TV Le jeune réseau a déjà transformé le paysage audiovisuel américain RICHARD HÉTU collaboration spéciale \\EW YORK sance à une nouvelle serie, Models Inc., qui raconte la vie très compliquée d'un groupe de mannequins.Fox présente d'autres émissions, mais il n'est pas long de faire le tour de sa grille horaire.Comparativement aux autres chaînes, le réseau fournit beaucoup moins de matériel à ses stations filiales.Non seulement ne présente-t-il pas de journaux télévisés le soir ou d'émission d'information le matin, mais il n'a pas de talk-show de fin de soirée.( Sa dernière tentative, mettant en vedette Chevy Chase, a échoué lamentablement.) Et aux heures de grande écoute, box ne diffuse des émissions que de 20 h à 22 h, laissant aux stations filiales la liberté de disposer de la troisième heure de la soirée comme bon leur semble.Il s'agit d'un arrangement qui contribue cependant à la popularité de Fox TV auprt:.des stations filiales, qui apprécient de pouvoir vendre elles-mêmes aux annonceurs du temps d'antenne à une heure de grande écoute.X Une oeuvre pionnière Mais si le réseau Fox ne présente pas de journaux télévisés, laissant également aux stations filiales le choix de produire des bulletins locaux, cela ne signifie pas ue la chaîne de Murdoch n'a pas in-uencé le traitement de 1 information à la télévision américaine Le réseau Fox est en effet responsable de la création du premier magazine d'information à emprunter carrément la formule jaune de certains tabloïds de la presse écrite : sexe, sang, »candale.L'émission de la chaîne de Rupert Murdoch, A Current Affair, a fait plusieurs dont Hard Copy et Inside Edition __quand le supposément sérieux Date line NBC a fait sauter une voiture pour animer un de ses reportages l'an dernier, plusieurs y ont vu une des manifestations de l'impact de l'oeuvre pionnière du ré seau Fox.L'importance grandissante que les journaux télévisés des grands réseaux accordent à des histoires sensationnelles en est une autre.Mais Murdoch devient impatient quand les journalistes lui rappellent que son réseau ne présente pas de journaux télévisés en début de soirée.« C'est dépassé », dit-il au sujet de la formule.Le principal actionnaire de News Corp., un empire médiatique qui comprend la Twentieth Century Fox, songe plutôt à la création d'une chaîne de nouvelles indépendante qui fournirait des reportages spéciaux et des magazine» d'information au réseau Fox.Mais tout demeure un peu incertain De la part du réseau Fox.il serait peut être moins étonnant de retrouver un jour Bart Simpson comme lecteur de nouvelles.Le pan ne serait pas moins grand que les autres La carte du sport Depuis sa naissance.Fox TV a toujours occupé le quatrième et dernier rang des chaînes de télévision commerciale au chapitre des côtes d'écoute.Au cours d'une saison typique.CBS a un taux d'audience de 12 pendant les heures de grande écoute, suivi de près par ABC et NBC.Fox ferme la marche à 7 ( chaque point d'audience équivaut à ^42 000 foyers ) Dans l'espoir d'atteindre la parité avec les trois premières chaînes, Murdoch.un Australien de naissance naturalisé américain, a frappé deux grands coups l'hiver une scène êtes Simpson* une bande dessinée du réseau Fox que les téléspectateurs Québécois peuvent suivre au réseau Quatre Saisons art Simpson n'est pas seulement le personnage principal des Simpsons.la bande dessinée que les téléspectateurs québécois ont la chance ( ou le malheur, c'est selon ) de pouvoir suivre au réseau Quatre Saisons.Le petit monstre aux yeux globuleux et aux répartis cyuiuuca est aussi la plus grande vedette de Fox TV.la quatrième et plus jeune chaîne de télévision commerciale aux États-Unis.La stature de Bart Simpson illustre à la fois la personnalité du réseau qui l'a engendré et l'évolution de la télévision américaine.Aux premières heures du média.les héros étaient des journalistes : Edward Murrow, à CBS, Chet Huntley et David Bnnkley, à NBC.Leur notoriété a peut-être été favorisée par le hasard, les ~.i~zz des conventions présidentielles de 1948 étant parmi les premières à être re-transmises dans les foyers américains.Mais il reste que l'information a longtemps défini la qualité des réseaux.La chaîne ABC, par exemple, n'a pas été prise au séneux avant de se doter, au milieu des années 70, d'un service de nouvelles de première classe.C'était hier.Aujourd'hui, sept ans après son lancement.Fox n'a toujours pas de journaux télévisés.Mais ses concurrents sont désormais obligés de prendre le réseau au sérieux.Grâce à des omissions comme Les Simpsons, Melrose Place et Beverly Hills 90710 ( également présentée à la télévision québécoise ), la chaîne de Rupert Murdoch, le magnat des communications, fait des ravages chez les 18-34 ans, le public préféré des annonceurs publicitaires.Un auditoire aue Fox TV veut mainte nant élargir, parlant même de devenir le numéro un des chaînes de télévision américaine dans quelques années.Le défi est énorme Mais qu'il parvienne ou non à le relever, le réseau a déià transformé le paysage audiovisuel américain.Pour le meilleur ou pour le pire.dernier.D'abord, en payant la somme astronomique de 1,6 milliard pour arracher à CBS le droit de présenter des matches de la NFL sur son réseau, au cours des quatre prochaines années.L*investissement est colossal.Mais Murdoch a calculé que le football attirera à son réseau non seulement des nouveaux téléspectateurs mais également des nouvelles stations filiales.De fait, 12 nouvelles stations ont rallié Fox quand Murdoch a frappé son deuxième grand coup en investissant 500 millions dans New World Communications.La transaction a permis à Fox de passer à des stations à très hautes fréquences ( VHF ) dans des marchés aussi importants que Détroit.Dallas et Atlanta Fait à souligner, huit des nouvelles stations étaient autrefois affiliées à CBS.qui a déjà vanté le dessin anime pour son audace.Mais plusieurs n'y voient qu'un appel aux instincts les plus bas de l'auditoire.Pour le» mêmes raisons, ils critiquent une autre des émissions les plus populaires du réseau Fox, Married.with Children, qui raconte également les péripéties d'une famille très quétaine et très peu sympathique.Le rire gras est de mise.L'attrait des autres séries populaires du réseau Fox est plus épidermique.Beverly Hills 90210 et Melrose Place mettent en vedette des comédiens et des comédiennes qui se distinguent davantage par leur physique que par la justesse de leur jeu Les scénario qu'on leur sert soni de toute façon assez pauvres Mais la recette fonctionne auprès des jeunes.Elle vient même de donner nais- Fox a l'intention de continuer à miser sur le sport pour polir son image de marque.Récemment, le réseau a obtenu le droit de retransmettre des matchs de la nationale de hockey, un sport po-auprès de sa clientèle naturelle Et ne cache pas son intérêt pour les droits de télévision des Jeux olympiques de l'an 2000, qui se dérouleront a Sydney.Mais le succès de la stratégie de Fox TV demeure incertain.Après avoir mis au monde Bart Simpson, le réseau restera er.effet un peu suspect aux yeux de plusieurs.Moins d'heures Les Simpsons.qui en sont à leur cinquième saison aux États-Unis, ont certes leurs défenseurs chez les adultes, dont le critique de télévision du Ateu York Times ?8-910 octobre Place Bonaventure Samedi et dimanche de 10 h à 22 h.Pk ne \\e vweeV Action ONSTRUCTION PRECELE NCE INC Produits vedettes et nouveaux Mini-conférences Conseils pratiques, nouveautés, tendances Concepts d'aménagement de cuisine et salle de bains, signés par quatre designers québécois Le seul salon de la rénovation d'intérieur NEW DtlH! GUJARAT Bombay jutqu'à rarrét loto/ EUROPE \u2022\tM OYEN-OF.'ENT Egypt» Kowart.Oman, Qatar, Arabm aaoudtta, Errjrét» aràbaa unia, Yéman.Syriê, laraai, Liban.\u2022\tASIE B*f>glada*h, Paktttan.Sri Lanka.Népal.Maiamiê Philippin\u2014, Taiwan.Japon.Coraa du Sud.Singapour, Thatlanda, Hong Kong \u2022\tAMERIQUE Etala Un/a OHyàarabad LA PRESSE.MONTREAL, SAMEH! 1\" OCTOBRE 1994 La peste fait deux morts à Delhi et Londres s'inquiète de la contagion en C.-B.Le culte du rat en Inde complique la lutte à la peste Associated Press NEW DELHI ¦ Le culte du rat.rongeur sacre dans la religion hindoue, au même titre que la vache, complique la lutte contre l'epidemie de peste qui frappe l'Inde pour la première fois depuis 28 ans.Malgré les deux morts vendredi a New Delhi, les 54 autres à Surat d'où est partie l'épidémie et au moins sept autres cas recensés à Calcutta, des dizaines de milliers de rats courent toujours dans les rues, dévorant fruits et bonbons puisque les gens refusent de les tuer, tradition oblige.À Calcutta, les hindous continuent de se rassembler dans l'un des parcs de la ville pour nourrir les dizaines de milliers de rats qui y ont élu domicile.«Il y a en assez de ces histoires».s'exclame Kolomesh Chan-dra Dev, un ancien responsable gouvernemental, qui a lancé une campagne pour tuer les rats à New Delhi.«Il faudrait que les gens réalisent qu'il faut choisir entre les rats et nous.» Mais les vieux principes ont îa vie dure: «Si je vois un rat dans ma cuisine, je l'attrape, mais je ne le tue jamais», affirme Amita Roy.une habitante de New Delhi.«c'est un péché que de tuer le compagnon de notre dieu».Au lever du jour, dans beaucoup de villes indiennes, les gens ramassent les pièges à rats qui se sont remplis dans la nuit et vont relâcher les bestioles loin de chez eux.Il est exceptionnel que l'un de ces rongeurs soit tué.On estime que les rats dévorent environ un quart de la production agricole du pays, assez pour nourrir la population indienne pendant trois mois.Le temple de Karni Mata, situe dans l'État désertique de Rajas-than, est entièrement voué au culte du rat.Avec son sol en marbre.ce temple est l'un des plus célébrés lieux de pèlerinage en Inde et l'un des nombreux sites indiens où les rats sont vénérés et se nourrissent abondamment, se reproduisant tout aussi abondamment.Leur nourriture y est pla- Depuis que la ville de Bombay offre 17 cents par rat tué, ce travailleur en compte 400 à son tableau de chasse.photo ap cée sous un parasol en or.et les rongeurs mangent au son des prières et des cymbales.Les centaines de milliers de personnes qui ont fui Surat ont propage la maladie beaucoup plus rapidement que lors de la grande epidémie de peste qui avait tue I00 personnes dans un État du sud de l'Inde en 1962.En dix jours, des cas de peste ont été signalés a New Delhi, dans les États du Bengale, de Madhya Pradesh, du Maharashtra et du Penjab.Au moins 250 cas sont confirmés.leudi, le Sri-Lanka a interrompu le rapatriement de ses ressortissants en provenance du sud de l'Inde.L'Arabie Saoudite, le Koweït, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, les émirats d'Oman et de bahrein ont suspendu leurs liaisons aériennes avec le sous-continent.Et même dans les avions et les aéroports, les rats sont rois.L'an dernier.Air India avait dû retarder trois vols vers Tokyo.New York et Londres car des rats avaient été découverts dans le cockpit.Un vol reliant Oman a Bombay a du faire demi-tour après le décollage pour la même raison.Agença France-Presse NEW DELHI Le gouvernement indien en appelle en particulier aux compagnies aériennes au nom des 'centaines de passagers et de touristes bloqués par la suspension des vols*.Selon des témoins, les agences de voyage et les bureaux des compagnies aeriennes dans la capitale ont ete pris d'assaut par des touristes qui souhaitent écourter leur séjour en Inde ou des voyageurs désireux de changer leurs billets pour quitter le pays, maigre l'annulation de nombreux vols.Les États du Golfe ainsi que l'Egypte, le Yemen et la Malaisie ont interrompu leurs liaisons aériennes avec l'Inde.D'autres pays, comme la Chine.Taiwan, le Bangladesh, les Philippines, le Népal ou le Pakistan ont impose certaines restrictions aux voyages vers l'Inde et de nombreuses autres nations ont instauré des contrôles.A New Delhi, les autorités sanitaires ont confirmé vendredi la mort dans un hôpital de la ville d^un jeune homme de 18 ans et d'un garçon de cinq ans.qui ont tous deux succombe à la peste pulmonaire.Les deux victimes habitaient la capitale et les médecins n'ont pas encore déterminé comment ils ont contracte la maladie.Une vingtaine de cas de peste ont été confirmes à New Delhi, ou les écoles et les cinémas ont été fermes pour au moins deux semaines afin de limiter la propagation de la maladie.Dans les rues de la capitale, on commençait a voir vendredi des gens le visage protégé par un mouchoir, une echarpe ou même des masques chirurgicaux.L'Inde, .rappée par un fléau qu elle estime etre en train de maitriser, s'inquiète également des conséquences économiques de la situation aCielle.en particulier de la perte uc recettes dues a la suspension des liaisons aériennes et maritimes avec les pays du Golfe, qui constituent un de ses importants débouchés.P*SÎ9 pntumonquê - Faste bubomque AFP mhçrtphm \u2022 Frad Qér* ¦ La peste a fait deux morts a New Delhi, les premiers décès dans la capitule indienne, tandis que la découverte, hier, de possibles cas de peste en Grande-Bretagne faisait craindre que la maladie n'ait franchi les frontières.Les autorités sanitaires britanniques ont annoncé que huit personnes, qui s'étaient rendues en Inde récemment, présentaient des symptômes pouvant être ceux de la peste.Les tests ont été négatifs pour trois d'entre elles et on attendait les résultats des cinq autres.Une confirmation que la peste aurait suivi des voyageurs en provenance d'Inde risque de renforcer encore le cordon sanitaire qui s'est mis en place autour de l'Inde à la suite de la flambée de peste, qui a fait 52 morts et envoyé près de I 500 personnes dans les hôpitaux de six états indiens.Huit pays ont rejoint vendredi la liste déjà longue des nations qui ont pris des mesures pour contrôler l'arrivée des voyageurs en provenance d'Inde et le président togolais Gnassingbe Eyade-ma, en visite en Inde, a préféré écourter son séjour.Plusieurs milliers de personnes se trouvaient bloquées en Inde par l'annulation des vols de plusieurs compagnies aeriennes, en particulier à destination des pays du Golfe, où travaillent près d'un million d'Indiens.Le gouvernement indien, inquiet de cet isolement croissant, a lancé un appel au rétablissement immédiat des liaisons aériennes et a invité les touristes étrangers à ne pas annuler leurs voyages, les assurant qu'ils ne risquaient rien.Dans une longue déclaration, le ministere du tourisme a affirmé que la peste n'a rien d'exceptionnel, que c'est une maladie qui se soigne et qu'en tout état de cause l'Inde en serait débarrassée d'ici dix jours.500 km i I LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 1\" OCTOBRE 1994 \u2022B 9 Deux jeunes désenchantés veulent un débat non partisan JIAN-PAUl SOULlI ¦ Ils sont une poignée de jeunes de 15 à ans, issus en partie de I ancien Forum Option-leunesse du Québec.Le début de leur aventure politique remonte à juillet \\99\\ avec Mario Dumont.Ces jeunes, déçus des partis politiques traditionnels, mais désireux, disent-ils, de débattre d'un projet de société pour leur avenir, se retrouvent orphelins depuis que leur principal animateur est devenu chef de parti et même, comble de l'intégration, député.Plus moyen de discuter d'avenir avec un député étiqueté.Le fossé s'est creusé définitivement en novembre dernier, quand, au cours d'une assemblée de la toute nouvelle organisation non partisane et indépendante des partis politiques, le Forum Option-leunesse du Québec s'est retrouvé face à une proposition encourageant «la création d'une troisième voie politique au Québec tout en sauvegardant son indépendance politique».A suivi un «transfert massif» vert les rangs de l'Action démocratique du Québec.Plus d'indépendance politique, le schisme était inévitable.Benoit Perrin, 21 ans, et Daniel Mon-tambault, 24 ans, deux jeunes Québécois assoiffés d'un débat politique totalement indépendant de toute parti pris politique, entendent relancer un nouveau Forum Option-leunesse.«Les jeunes d'aujourd'hui sont ceux qui mettront sur pied la société de demain», n'hésitent pas à affirmer ces jeunes gens dynamiques.Comme on ne peut plus «tout savoir», il est important de savoir où et comment trouver de irinformation.«Ce dont la jeunesse québécoise a besoin, c'est d'un relais entre les organismes qui la représentent déjà.Benoit Perrin et Daniel Montambault, les deux promoteurs de l'idée de projet Concertation-leunesse, sont des fervents défenseurs de la discussion entre jeunes.Ils ont cependant voyagé, en Belgique, particulièrement, et ils ont trouvé là-bas des modèles d'organisation très souples, ainsi qu'une collégialité et une transparence qui n'existait pas dans l'organisation qui a permis à Mario Dumont de se hisser jusqu'à ta députation.Le débat référendaire semble obnubiler les deux jeunes leaders.« Parizeau est un vieux de la vieille, (ohnson n'est pas beaucoup plus jeune.» Le nouveau projet Concertation-leunesse et ses promoteurs, même jeunes, entendent d'abord discuter des coûts de la souveraineté.Ils sont une demi-douzaine de jeunes étudiants à mousser le projet Concertation-leunesse.Et ils se sont dotés d'une « boîte ^ocale » : 287-6636.Daniel Montambault et Benoit Perrin, deux étudiants, le premier ancien de I équipé conservatrice de Mulroney.et tous deux compagnons de route de Mario Dumont, lancent Projet-Concer-tation Jeunesse, un regroupement sans attache politique où II n'est question que de discuter de l avenir des jeunes.\tphoto P^RK MCCANN U Prvuf Acquitté de viol faute d'une preuve génétique consentie Press* C anadienne ¦ Lorsque la police demande des échantillons de sang pour solutionner un crime, elle doit clairement indiquer si ces prélèvements serviront a résoudre d'autres crimes.Si elle omet de le dire, elle risque de perdre certaines causes, comme celle concernant le viol d'une Néo-Écossaise de 69 ans survenu en 1989, alors qu'elle revenait d'une réunion de prière.Un banc de sept juges de la Cour suprême du Canada a été unanime hier pour acquitter le suspect dans cette affaire, M.|osh Randall Borden, et ce, même si des preuves génétiques l'associaient au crime en question.La raison de cet acquittement est simple: les droits fondamentaux de M.Borden ont été violés à trois reprises.Les policiers ne l'avaient pas informé que les prélèvements de sang demandés seraient utilisés pour résoudre ce crime.M.Borden était en état d'arrestation en relation avec un autre viol, celui d'une jeune strip-teaseuse.Pour les fins de cette enquête, on l'a averti de son droit de garder le silence, d'être assisté d'un avocat et du fait que le don d'échantillons corporels était entière- ment volontaire.M.Borden a refusé l'assistance d'un avocat et a accepté de donner les cheveux, les poils pubiens et le sang nécessaires a l'identification génétique.Mais les policiers ne lui ont pas dit qu'il était suspect pour le viol de la dame âgee et que les tests genetiques serviraient dans cette cause.M.Borden a été reconnu coupable du viol de la stip-teaseuse a la suite d'une séance d'identification et a purgé une peine de quatre ans qui s'est terminée en juin.Dans le cas de la dame âgée, les tests génétiques ont confirmé que le sperme recueilli sur les lieux du crime était bien celui de M.Borden.Le juge a quo a statué que les tests génétiques, à son avis, étaient trop révélateurs pour être rejetés.Il a déclaré M.Borden coupable et lui a imposé une peine de six ans de prison.La Cour d'appel de la Nouvelle-Ecos-se a reconnu aussi le poids de la preuve genétique, mais a rejeté le verdict, estimant que les échantillons avaient été obtenus de façon inappropriée.La Cour suprême a confirmé ce jugement, estimant que M.Borden n'avait pas donné un consentement éclairé lorsqu'il a accepté de donner du sang.LONGUEUIL SI C'EST UN PROBLFMF DANS TA VIE, JE SUIS PRET A T'AIDER PAUL AQUIN N^fc _ ^mmmmmm ft son pkrsonnel (514) 229-3426 TELKCOPIFUR GRAND ELAN TOUT DEPUIS 1978 PAVILLON 626 CRONOS LX 1994 4171, RUE ROLLAND, C.P.119 MONT-ROLLAND (QUÉBEC) JOR 160 IL Y A UN SFUi ET UNIQUE PAVILLON GRAND £LAN A MONT ROLLAND \u2022 \u2022 ¦ ¦ \u2022 \u2022 \u2022 [\u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 .w w.\" A Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente JVW.RENDEZ VOS COMMUN IC A I IONS EFFICACES r::¦:\u2022' sssS S* CERTIFICAT DE RÉDACTION Avec ce certificat, développez la maîtrise de l'expression écrite par un style clair, personnel et varié qui donne à vos divers types de textes toute la portée voulue.Trois certificats vous conduisent à un baccalauréat.DATI UMIT1 D'ADMISSION i Il 1\" NOVIMStl 1994 Demandez la brochure sur les 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