La presse, 17 janvier 1995, B. Politique
[" CAHIER Montréal, mardM7 janvier 1995 Éditorial Opinions Monde Annonces classées L'EXPRESS POLITIQUE RACISME OU BRAVADE ?¦ Les allégations de racisme ont fusé à nouveau après la diffusion d'une bande vidéo révélatrice montrant des soldats canadiens en Somalie.Mais là où plusieurs ont vu du racisme, il faut surtout voir de la bravade et de la fanfaronnade, soutiennent des psychologues.La vidéo, dont des extraits ont été diffusés le week-end dernier, a été tournée à et près de Belet Uen, en février et mars 1993, alors que le Canadian Airborne Régiment était en mission humanitaire en Somalie sous l'égide de l'ONU.Elle a été filmée juste avant qu'un adolescent somalien soit battu à mort par deux membres du régiment canadien.Dans les extraits diffusés, on entend des soldats traiter les Somaliens de « niggers » ( nègres ) et d'autres qualificatifs peu flatteurs.« La vidéo met en lumière les nombreuses questions qui sont encore sans réponse sur le rôle que le racisme a joué dans les événements survenus en Somalie et dans le développement des membres du régiment eux-mêmes, à tous les paliers de commandement », a déclaré Lyle Smordin, président national de la Ligue des droits B'nai Brith.John Partington, un psychologue de l'Université Carleton.se demande si c'est bien du racisme que montre la vidéo.Pour lui, il s'agit plutôt de jeunes hommes qui ont recours à l'humour et font les crâneurs pour étouffer leur peur.PAS DE DRAPEAU, PAS DE G7 B Le drapeau du Canada remisé depuis juillet 1990 dans un tiroir à l'hôtel de ville de Québec aura été l'un des facteurs qui a fait perdre à la capitale la tenue, dans ses murs, de la prochaine réunion du Groupe des sept pays les plus industrialises du inonde \u2014 le fameux G-7 \u2014, a soutenu hier Jean Pelletier.Le chef de cabinet du premier ministre |ean Chrétien et ex-maire de la vieille capitale s'adressait à des militants libéraux fédéraux réunis à Québec pour un brunch.« Comment voulez-vous que le premier ministre fédéral amène une conférence internationale dans une ville dont le maire ( Jean-Paul L'Allier) refuse de hisser le drapeau canadien sinon un jour par an, le premier juillet, au mât réservé pour les pays visiteurs ?», a-t-il demandé.RÉTABLIR LES TAXES SUR LE TABAC ¦ Une coalition de groupes pro-santé et anti-tabac souhaite que le gouvernement fédéral adopte un calendrier précis pour rétablir les taxes sur le tabac, réduite l'année dernière dans le but de lutter contre la contrebande de cigarettes.« Alors que nous assistons à l'ampleur de la tragédie qui affecte la santé publique à la suite de la disponibilité du tabac bon marché, nous voulons nous assurer que cette disponibilité de tabac bon marché soit écourtée le plus possible », soulignent les groupes dans un mémoire pré-budgétaire adressé au ministre des Finances, Paul Martin.Le ministère des Finances examine un exemplaire du mémoire, qui sera officiellement remis à M.Martin au cours des deux prochaines semaines par la coalition qui comprend la Société canadienne du cancer, la Fondation du coeur, l'Association pulmonaire canadienne, l'Association des droits des non-fumeurs et le Conseil canadien sur le tabac et la santé.HOLÀ LES RÉFUGIÉES ! ¦ Le Parti réformiste pense que le Canada devrait cesser d'accorder le droit d'asile aux femmes qui demandent le statut de réfugiées par peur des persécuiions sexuelles.« La discrimination contre les femmes est clairement inacceptable dans la société canadienne, mais elle ne l'est pas dans plusieurs autres », fait valoir le critique réformiste pour l'immigration, Art Hanger, dans un document de travail sur le système de détermination du statut de réfugié, publié hier.Dans ce document, qui contient 13 recommandations en vue de réorganiser et de réduire les coûts du système, M.Hanger avance que le Canada ne peut imposer ses normes aux autres pays.La définition actuelle du réfugié de l'ONU suffit à couvrir les femmes victimes de persécution systématique, a soutenu M.Hanger.Si les femmes ne correspondent pas à la définition d'un réfugié, elles devraient être déportées, a-t-il dit.LES COMMISSIONS S'ORGANISENT ¦ Les commissions de consultation du gouvernement péquiste s'organisent.Tous les foyers du Québec devraient recevoir sous peu un guide de participation et l'itinéraire des commissions \u2014 qui commencent leurs travaux le 6 février \u2014 sera publié incessamment dans les médias nationaux et locaux.Il ne reste au gouvernement qu'une nomination à la présidence a effectuer, à la commission de Lanaudière, ainsi que six à la vice-présidence.Tout devrait se faire au début de cette semaine, assure-t-on au bureau du premier ministre.d'après la PC Garon invite Guy Bertrand à se rallier « Un retour en arrière », estime le constitutionnaliste Henri Brun GILLES NORMAND du bureau de La Presse QUÉBEC Tandis que le ministre de l'Éducation, Jean Garon, s'efforçait au nom du gouvernement de minimiser l'importance des déclarations faites par le criminaliste québécois Guy Bertrand qui juge « suicidaire » la démarche référendaire initiée par le premier ministre Jacques Parizeau, le constitutionnaliste Henri Brun se disait très surpris de cette intervention qui lui donnait l'impression de faire « un retour en arrière de dix ans ».« Il me semble que c'était déjà entendu, tout cela », a commenté le professeur Brun, de l'Université Laval, après avoir pris connaissance des déclarations de Me Bertrand, auxquelles le quotidien Le Soleil a accordé une rare importance, hier, et qui ont valu à leur auteur d'être interviewé par tous les médias, de six heures du matin jusqu'au soir.En gros, l'avocat québécois, un indépendantiste de la première heure, a fait publier de larges extraits d'un mémoire qu'il veut présenter à la Commission régionale de Québec sur la souveraineté, en avril, et dont il faut retenir qu'il croit que la démarche du gouvernement péquiste est « suicidaire » et que la Cour suprême jugerait illégale une déclaration d'accession à la souveraineté du Québec même si le OUI l'emportait au référendum.Me Bertrand propose une autre dernière chance au Canada anglais et là, advenant un nouveau refus d'amender la constitution, le Québec pourrait proclamer sa souveraineté au 40CK* jour après le référendum.Et il soumet une vingtaine de questions et autant de sous-questions qui, estime-t-il, devraient apparaître au bulletin de vote, lors du référendum.Interviewé par La Presse, le constitutionnaliste Henri Brun, une autorité consultée et par la Commission Bélan- Me Guy Bertrand ger-Campeau et par les commissions constitutionnelles créées par la suite, y voit au mieux « une contribution intéressante au débat, en théorie en tout cas ».« Cela pourrait séduire le Québec paradoxalement, mais pour le Canada, je ne voix pas », croit-il.Quant à l'aspect légal de la proclamation de la souveraineté, le professeur Brun y voit un vieux débat, mené en long et en large devant la Commission Bélanger-Campeau, et qui figure au registre « des arguments qu'on commence à entendre depuis quelque temps et dont même Jean Chrétien s'est servi ».Selon lui, Me Bertrand fait erreur lorsqu'il dit qu'on pourra faire prononcer l'illégalité de la souveraineté par la Cour suprême.« On n'avance à rien du tout.Nous savons tous que si nous braquons les yeux sur le droit constitutionnel interne canadien, c'est sûr que c'est illégal parce que ce geste se situe en marge.Le droit constitutionnel canadien ne prévoit pas la sécession d'une province.La Cour suprême du Canada n'aurait pas le choix.La question de la légalité ou de l'illégalité, il faut regarder cela du point de vue d'un autre ordre, d'un ordre juridique supérieur qui est l'ordre juridique international et non pas le droit fédéral canadien.« L'argumentation d'illégalité de la part de Me Bertrand m'étonne.Il me semble que c'est carrément non pertinent.Au lendemain d'un référendum, advenant la victoire du OUI, c'est essentiellement l'effectivité des choses qui va jouer, du point de vue du droit international.Des éléments vont aussi jouer très fort, comme la reconnaissance internationale, ce qu'en diront les grandes puissances, l'ONU.Ce que pourrait dire la Cour suprême du Canada est très peu pertinent », soutient le constitutionnaliste Brun.« Quant à l'idée de ressusciter la théorie de la dernière chance, ça finit par être ridicule », ajoute-t-il.Quant au caracatère « suicidaire » de la démarche Parizeau, comme le juge Me Bertrand, le professeur Brun estime qu'il « faut être démocrate ».« Il faut arrêter les contorsions, arrêter d'enrober.Il faut poser la question et accepter la réponse, quelle qu'elle soit.» Au cabinet du premier ministre Parizeau, à Montréal, on a d'abord été renversé par la sortie de Guy Bertrand.Par la suite, on a confié au ministre Jean Garon le soin de rencontrer la presse parlementaire.M.Garon, a alors parlé de « Guy, ce vieil ami que je connais depuis 30 ans ».« Au cours des 30 ans que nous avons vécus ensemble comme militants de la souveraineté du Québec, on a PHOTO PC Le ministre André Ouellet a fait du porte à porte hier après-midi, dans le comté de Brome-Mlssisquoi, avec le candidat libéral Denis Paradis ( au centre ).Sur la photo, les deux hommes s'entretiennent avec un militant, M.Pierre Cabot.Les libéraux fédéraux pourraient tenir leur congrès en pleine campagne référendaire MARIO FONTAINE BROMONT Le premier ministre Chrétien, ses députés et ministres du Québec de même que 1500 militants feront une importante démonstration de force le printemps prochain, en tenant leur congrès bisannuel à une date qui pourrait survenir en pleine campagne référendaire.Outre son impact médiatique, l'exercice détournerait aussi au moins quelques jours l'attention des électeurs des ténors péquistes, accusés hier par le ministre André Ouellet d'être de mauvaise foi.Le comité exécutif du Parti libéral du Canada, section Québec, a décidé de tenir ce rassemblement après Pâques ( le 16 avril ), vraisemblablement en mai ou en juin.Les forces vives du parti afflueront des 75 comtés du Québec pour faire une profession de foi au fédéralisme sous la houlette de leur chef en pleine bataille référendaire, si la consultation a lieu ce printemps.La date et le lieu du congrès n'ont pas été précisés.La décision de tenir ce congrès a un moment peut-être crucial a été annoncée hier au caucus des députés libéraux fédéraux du Québec, réuni à Bromont.Le choix des délégués au congrès débutera le mois prochain, et si le thème de la rencontre n'a pas encore été choisi, il est clair que la question constitutionnelle y sera abordée.Le dernier grand rassemblement du PLC-Q avait eu lieu en 1993 à Montréal.Le ministre politique du Québec, André Ouellet, n'a écarté aucun sujet de discussion.C'est lorsqu'il a été interrogé sur la stratégie référendaire du gouvernement central, à l'issue du caucus, qu'il a de lui-même annoncé la tenue du congrès.En 1980, c'est lors d'une autre importante assemblée partisane que le premier ministre canadien de l'époque, Pierre Elliott Trudeau, avait promis qu'un non au référendum serait un oui à la réforme constitutionnelle.Ce qui, aux yeux de plusieurs, avait constitué un point tournant dans la campagne référendaire.Le fait est que le camp fédéraliste se prépare fébrilement à la consultation.La douzaine de députés qui ont participé à la réunion d'hier en ont discuté, en plus de se préparer à la rentrée parlementaire.Des ministres québécois, seul M.Ouellet a assisté au caucus.Les Paul Martin, Michel Dupuy et Marcel Massé brillaient par leur absence.Les deux derniers, il est vrai, étaient dans la région il y a quelques semaines, puisqu'ils avaient participé à l'assemblée de mise en candidature de Denis Paradis, le candidat du Parti libéral à l'élection complémentaire de Brome; Missisquoi.M.Martin est quant à lui tout à la préparation de son budget, attendu pour la fin février.Commentaires « intempestifs » L'hypothèse voulant qu'Ottawa se retire des principaux programmes sociaux pour en confier la responsabilité aux provinces n'a pas été abordée lors de la rencontre, et le ministre André Ouellet a refusé de la commenter de quelque façon que ce soit.Il trouve cependant intéressant de constater qu'une simple hypothèse ait suscité les commentaires «virulents et intempestifs » de trois ministres péquistes.Le leader parlementaire du Parti québécois, Guy Chevrette, l'a qualifiée d*« imbécile ».Ottawa cherche à imputer aux provinces la responsabilité de la baisse de qualité des programmes sociaux, craint M.Chevrette.Ses collègues Jean Garon et Louise Harel se sont également montrés très sceptiques.André Ouellet affirme de son côté que le fédéralisme canadien est en constante évolution : « D'une part, dit-il, ils critiquent et prétendent que le fédéralisme est inflexible, que nous c'est le statu quo.Une simple hypothèse amène un rejet catégorique et une dénonciation.Ça prouve qu'il n'y a pas beaucoup de bonne foi de ce côté-là.» Ce n'est pas l'intérêt du public qui intéresse les ténors péquistes, c'est exclusivement leur objectif souverainiste et tout ce qui pourrait leur nuire est automatiquement dénoncé, accuse le ministre des Affaires extérieures.Celui-ci a appliqué hier son message fédéraliste à l'élection partielle de Brome-Missisquoi, le 13 février.Un scrutin qui, dit-il, donnera l'occasion aux électeurs de cette circonscription es-trienne de démontrer clairement qu'ils ne veulent pas se séparer du reste du Canada.M.Ouellet a fait du porte à porte en après-midi avec le candidat Paradis.Il n'est pas exclu que le premier ministre Chrétien vienne lui aussi lui donner un coup de main au début du mois prochain, afin de ravir ce comté au Bloc québécois.toujours été dans la même rivière, parfois plus proche d'une rive que de l'autre, mais toujours dans la même rivière », a-t-il déclaré pour insister sur sa conviction que « Guy est sincère et qu'il va se rallier ».Selon lui, Guy Bertrand a toujours abordé la question d'un point de vue constitutionnel, mais «cette approche a été essayée par les Maurice Duplessis, Jean Lesage, Daniel Johnson père, René Lévesque et Robert Bourassa.C'a été essayé avec le Lac Meech et avec les propositions de Charlottetown, dans un référendum à travers le Canada, pour se solder par un échec ».« Comment pourrait-on penser demander plus et l'obtenir, alors qu'en ne demandant à peu près rien, c'a été non », se demande le ministre de l'Éducation, pour qui l'avant-projet de loi que le gouvernement Parizeau veut soumettre aux commissions régionales est un chef-d'oeuvre de démocratie.Il soutient aussi que la plupart des questions que veut poser Me Bertrand dans un référendum sont contenues dans l'avant-projet de loi sur la souveraineté.« Je pense simplement que tout le monde veut aller vers un but.C'est comme si on avait tous décidé de s'y rendre en autobus mais que Guy, lui, veut y aller sur le pouce.Ce que je souhaite, c'est que Guy décide de prendre l'autobus avec nous (.) Je ne voudrais pas qu'il reste sur le bord du chemin à faire du pouce (.) C'est un indépendantiste sincère et convaincu », a résumé M.Garon.Pour sa part, le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, estime que par certains points, la proposition Bertrand est assez proche de la position de sa formation politique.« On est content de voir qu'il y a des gens à l'intérieur du PQ qui partagent nos inquiétudes et nos préoccupations et qui sont prêts à le dire haut et fort », se réjouit le député de Rivière-du-Loup.Les francophones hors Québec feront campagne pour un pays uni GILLES GAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA ¦ es francophones hors Québec collais» boreront avec le gouvernement Chrétien pour « garder le Canada uni » lors du référendum québécois parce qu'ils ont besoin de l'appui du fédéral, « qui tient la bourse » et « protège nos acquis ».Ils craignent, advenant une victoire du OUI, d'être laissés à eux-même dans un environnement hostile.C'est ce qu'à déclaré hier à Ottawa, après une rencontre avec le premier ministre Jean Chrétien, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes ( FCFA ), Claire Lenteigne.Mme Lenteigne affirme du même souffle que la FCFA n'entend pas s'immiscer dans les affaires du Québec et n'adhérera ni au camp du OUI ni au camp du NON.La FCFA veut lancer le plus tôt possible en 1995 une campagne pan-canadienne de « promotion des communautés francophones » hors Québec dont le budget, qui pourrait atteindre 1 million, proviendrait en majeure partie du gouvernement fédéral.Mme Lanteigne a expliqué que les gouvernements des autres provinces n'ont pas toujours été les meilleurs alliés des francophones et que la participation financière d'Ottawa ( pour la création de conseils scolaires francophones par exemple ) a fait en sorte que ces gouvernements sont devenus « un peu plus tolérants et généreux ».Elle souhaite « un Canada uni qui va continuer à protéger nos acquis », ce qui nécessite également « une présence fédérale forte ».Et l'éventualité d'un OUI?«Ça nous inquiète et on préfère travailler à un Canada renouvelé dans lequel le Québec aurait la place qu'il veut avoir ».« Un Québec fort dans le Canada, c'est certainement un atout pour nos communautés.Nous sommes un million à l'extérieur du Québec.Plus la majorité au Québec sera forte, plus nous pourrons bénéficier de cette vitalité francophone au Canada ».Mme Lanteigne a qualifié d'« historique » la rencontre d'hier avec M.Chrétien étant donné que l'organisme qu'elle représente n'avait pas réussi a obtenir un rendez-vous avec Brian Mulroney au cours de ses neuf ans de pouvoir.Elle a tracé un bilan très positif de la première année du gouvernement libéral, signalant que M.Chrétien avait fait une bonne place aux francophones des autres provinces dans son cabinet et dans divers comités, que le comité parlementaire sur les langues officielles avait été remis sur pied et que le programme de contestation judiciaire avait été réinstauré.Si la Fédération obtient les fonds nécessaires, sa campagne de promotion utilisera journaux, radio et télévision.Elle coûtera entre 800 000 $ et un million, dont 50 p.cent proviendront d'Ottawa et l'autre moitié du secteur privé et d'un fonds de réserve de l'organisme, constitué en bonne partie grâce aux subventions fédérales.i B2 EDITORIAL Paul Desmarais président du consei d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chet La tentation de l'anathème La perspective que l'ancien coprésident de la commission Bélanger-campeau, Michel Bélanger et l'ex-minlstre provinciale Lucienne Robillard jouent les ténors du « Non », au cours du match référendaire qui s'amorce, a suscité dans le camp souverainiste une indignation un peu étonnante.Dès l'annonce du recrutement de M.Bélanger, d'anciens « collègues » de la commission bicéphale l'ont vilipendé, lui reprochant d'aller à contre-sens de l'histoire et de renier ses propres convictions.Le v\\/eek-end dernier, en entrevue au Devoir.Bernard Landry, numéro deux du gouvernement Parizeau, en a rajouté, s'interro-geant à haute voix sur les Insondables motifs qui ont pu conduire la recrue vedette des fédéralistes à une telle «volte-face».Mais M.Landry a réservé son indignation la plus véhémente à Lucienne Robillard, qui n'aurait pu selon lui déménager chez les libéraux fédéraux sans faire violence à ses convictions les plus profondes et sans sombrer dans la malhonnêteté intellectuelle.Ces attaques n'auraient qu'une valeur anecdotique si elles ne venaient pas d'aussi haut.Mais en distribuant ainsi ses ana-thèmes, M.Landry a donné un avant-goùt un peu amer à nos préambules référendaires.Premièrement ses accusations sont tirées par les cheveux.Deuxièmement, pour condamner les conversions, les souverai- nistes devraient être bien certains qu'ils ne mangent pas de ce pain-là.Ce qui, comme on le sait, n'est pas le cas : au contraire, ils s'en délectent Rappelons-nous que si la commission Bélar.ger-Campeau avait deux têtes, c'est qu'il en fallait une souverainiste et une fédéraliste.La distribution des rôles était claire et M.Bélanger n'avait jamais été pris pour un indépendantiste.La commission avait abouti à un rejet du statu quo ?Oui, mais en acceptant de monter sur la scène référendaire, M.Bélanger n'est pas pour autant devenu un fervent défenseur du statu quo constitutionnel.Rien ne l'empêche de combattre le projet de divorce national tout en espérant contribuer, ultérieurement à une réforme du contrat de mariage.Qu'en cinq ans, deux tentatives de réformes aient échoué jusqu'à maintenant c'est une autre histoire - et cela fait partie de la donne référendaire.Mais M.Bélanger peut bien en toute fidélité envers lui-même croire que la troisième fois sera la bonne.Qu'on l'accuse de naïveté, soit Mais pas de trahison.Quant à Mme Robillard, a-t-elle déjà été cette nationaliste que l'on nous décrit?Comme ministre de l'Education, elle s'était élevée contre le projet du gouvernement fédéral qui caressait l'Idée d'imposer des normes nationales dans ce domaine pour lutter contre le décrochage.Mais Mme Robillard n'était pas seule : elle avait derrière elle ses collègues des autres provinces.De la même manière, sa bataille contre le Forum national de la santé s'inscrivait dans une dynamique très classique d'affrontements entre Ottawa et les provinces.Ce qui étonne le plus chez Mme Robillard, ce sont les grandes qualités politiques qu'on prête à cette politicienne dont la feuille de route est loin d'être brillante : pensons à la réforme ratée de l'enseignement collégial.Mais qu'après sa défaite électorale elle ait décidé de reprendre du service chez M.Chrétien, il n'y a là ni grande surprise, ni trahison.Tout au plus un léger réalignement idéologique alimenté par une ambition politique de bonaloi.Les hauts cris de M.Landry sont d'autant plus curieux que le PQ ne se prive pas lui-même de puiser dans la corbeille aux convertis quand cela fait son affaire.Par un curieux glissement sémantique, la profession de foi souverainiste de l'ancien solliciteur général, Gérard Latuiippe, n'est pas une trahison, mais l'aboutissement d'une longue et fructueuse évolution.Idem pour l'ex-ministre fédéral Marcel Masse, qui a voté « non », en 80.et milité pour le « oui «.en 92 : ce n'est pas un traître, c'est un homme qui a compris.Compte tenu de l'ambivalence dans laquelle flottent la majorité des Québécois, s'il fallait appliquer la ligne de pureté Idéologique de M.Landry, il n'y aurait pas grand monde pour tenir la barre du « non » sans se faire accuser de traîtrise.En se comportant comme si le manteau national n'était réversible que d'un bord et en niant d'avance toute légitimité aux poids lourds du fédéralisme, le PQ part la bataille sur un ton d'excommunication qui ne nous avance à rien qui vaille.Agnès CRUDA L'évêque congédié Le succès spectaculaire du voyage du pape aux Philippines est assombri par la décision du Vatican de limoger l'évêque d'Évreux, en France, Mgr Jacques Caillot 59 ans, un des ténors les plus avant-gardistes et les plus provocateurs de l'Église actuelle, surnommé « l'évêque rouge ».Cette démission forcée de Mgr Caillot et son envoi dans un diocèse inexistant de la Mauritanie rappellera cruellement aux catholiques d'ici le départ du même ordre de Mgr Joseph Charbonneau, alors archevêque de Montréal.Les évêques de France ont réussi, en 1995, à avoir la tête de l'évêque récalcitrant comme les évêques du Québec et le pouvoir politique de Duples-sis avaient eu celle de Mgr Charbonneau, il Y a 45 ans.L'évolution de la hiérarchie catholique est plutôt lente.Cette décision inhabituelle de Rome de « congédier» un évêque met en relief la distance, l'éloignement le mur qui séparent l'Église, porte-parole du message d'Amour contenu dans l'Évangile et adapté au monde d'aujourd'hui, protectrice des démunis de tous genres, et l'Église-institution, conservatrice, dominatrice, qui n'accepte pas facilement ta .contestation publique de l'un des siens.Mgr Caillot est par exemple, en faveur de l'ordination d'hommes mariés et favorable à i'usage de préservatifs lors de rapports sexuels pour éviter de terribles maladies comme le sida.SI le style provocant agaçant irritant même de Mgr Caillot peut déplaire à ses collègues plus conservateurs, on ne peut mettre en doute ni sa sincérité, ni ses attitudes pastorales.L'ex-évèque d'Évreux, à l'exemple d'un abbé Pierre ou d'une mère Thérésa mais avec un langage encore plus déconcertant s'Identifie carrément aux exclus, aux démunis, aux minoritaires de la société.En cela, il reflète en paroles l'action moins tapageuse mais tout aussi volontaire et efficace d'un grand nombre de prêtres, de religieux, de laïcs consacrés qui, ici comme ailleurs dans le monde, font ce que prêche Mgr Caillot Son silence en déconcertera plusieurs, qui voyaient en lui leur guide, leur lumière, leur approbateur.Mince consolation : un jour, un pape reconnaîtra peut-être l'erreur commise par le Vatican à l'égard de Mgr caillot et relèvera au rang de cardinal comme Jean-Paul il vient de le faire lui-même à l'endroit d'un contestataire des années 60.un dominicain réputé, le père Yves Congar.CJaudS MASSON CAILions Im boîte aux lettres Keith Spicer Injustice envers les enfants et le Canal Famille Monsieur Spicer, ¦ l'apprends que Télédiffusion Ste-Adèle/Cogéco n'offrira plus le Canal Famille dans le service de base.Il faudra donc payer un supplément pour recevoir les programmes de ce diffuseur.le ne peux toujours pas concevoir que vous acceptiez le retrait de Canal Famille.Pourquoi vous attaquer aux ^plus faibles qui adorent cette station et qui en profitent au maximum.le suis mal placé pour vous vanter les mérites et la qualité des émissions qu'on y diffuse, ayant moi-même déjà collaboré à la production de certaines des séries, mais je ne peux m'empcchcr de me rappeler vos commentaires, alors que Madame Louise Dansereau se présentait devant vous afin de renouveler la licence de cette filiale d'Astral Films.Si vous ne vous souvenez pas de vos louanges, je vous conseille fortement de revisionner la cassette.Radio-Canada produit très peu d'émissions-jeunesse de qualité.TVA, on n'en parle même pas.Pas plus que Radio-Québec.En retirant le Canal Famille du service de base, vous prenez en otage des centaines de milliers d'enfants qui n'auront d'autre choix que de regarder les Ninja Turtles et autres «cochonneries» diffusées à CBS.ABC ou NBC.Votre geste face à l'évolution de cette génération si fragile ne peut que révolter n'importe quel être sensé.La musique country, c'est une question de goût.L'éducation et l'évolution de la jeunesse, c'est une question de priorité.S'il faut faire payer la société pour des choses que vous considérez si peu importantes, pourquoi ne faites vous pas payer pour la diffusion des débats à la Chambre des communes, des bulletins de Météo-Média ou, à la rigueur, d'une des chaînes américaines.En refusant la gratuité de Canal Famille, c'est aussi, pour cette station, une éventuelle perte de revenus qui engendrera une diminution des budgets de production déjà maigres mais combien suffisants pour faire vivre une partie des créateurs canadiens qui ont déjà bien de la difficulté à survivre.le ne connais pas votre « bon ami le ministre du Patrimoine».Qui sait, peut-être aurait-il pu intervenir.Mais, comme nous ne sommes pas en campagne électorale, j'imagine que son seul intérêt n'est plus que d'aller remettre des prix lors des nombreux galas auxquels il participe.Mais je peux vous assurer d'une chose.Monsieur Spicer : c'est que j'attends rapidement un changement à cette décision stupide et que, si ce n'est fait, je remettrai mon armure de défenseur des émissions pour enfants et m'assurerai que, si vous ne revenez pas de plein gré sur votre décision, je saurai réunir MES amis et vous accuser des pires maux sur la place publique.Mon chantage vous parait draconien ?Il n'arrivera jamais à la cheville du vôtre.À bon commissaire, salut.Robert BÉLISLE concepteur-réalisateur Exploitation pure et simple ¦ l'aimerais protester vigoureusement contre l'augmentation unilatérale de la prime mensuelle du service de câblovi-sion de la compagnie Vidéotron, depuis le 1er janvier 1995.En tant qu'abonné, j'estime que ce nouveau service « imposé » est discriminatoire et qu'il s'agit d'exploitation pure et simple puisque l'augmentation du tarif est de 77% avant ta.\\es.Cette décision unilatérale me prive systématiquement de ma « liberté » de choisir.D'ailleurs, en ce qui me concerne, je suis abonne au câble dans le seul but de me procurer une meilleure réception des postes réguliers dans un immeuble de dix étages.À l'exception du Canal-Famille ( utilisé occasionnellement durant l'année, lors de la visite de mes petits-enfants ) et du réseau TV-5, qui diffuse des émissions parfois plus intéressantes que les productions d'ici, je ne regarde jamais les autres postes en provenance de l'Ontario et des U.S.A.( des stupidités plus souvent qu'autrement ).Autrement dit, je paie pour un service que j'utilise à 30% seulement.Donc, en tant que citoyen lésé dans mes droits, je désire porter plainte à la Commission des droits de la personne pour un service qui m'a été imposé et pour lequel on ne m'a pas consulté, un service qui, finalement, consiste à faire augmenter une facture mensuelle déjà trop élevée pour les services que j'en retire : 7 postes au total.4- P.S.: Cette augmentation de la facture mensuelle est de plus de deux fois supérieure au « coût de la vie » ajouté sur mes rentes de pension du gouver-vement.Denis BIRON Montréal otages d'un monopole n Dans sa chronique du 3 janvier dernier, Louise Cousineau nous montre les distorsions importantes qui existent dans les tarifs des principaux câblodis-tributeurs.La compagnie Vidéotron en particulier ne se gène pas pour augmenter ses tarifs année après année, et ce depuis plusieurs années.Lorsque je me suis abonné au câble, en 1986, je payais 13.94$ par mois pour le service de base.On m'annonce qu'à compter de 1995, je devrai payer 24.48$ par mois.Entre temps, on a ajouté des canaux spécialisés que je ne regarde pas, comme RDS, Musique plus et Canal famille.Toutefois, on m'oblige quand même à les payer.Pendant que CF Cable et Cogéco baissent leur tarif de base, en 1995.tout en enlevant des canaux spécialisés.Vidéotron augmente le sien, sous prétexte que le canal sportif RDS ne veut pas devenir facultatif, alors que ce même canal l'est devenu, le 1er janvier dernier, chez CF Cable.C'est un non sens.Depuis quand un canal comme RDS peut-il dicter à un càblodistri-buteur comme Vidéotron sa façon de faire pour répondre aux besoins des clients ?Comme on peut le constater dans l'article de Louise Cousineau, il y a deux catégories de clients selon que l'on demeure dans l'est ou dans l'ouest de l'Ile de Montréal.Dans l'ouest, les abonnes de CF Cable paient 19,87$ pour le service de base, alors que Vidéotron m'oblige à payer 24,48 $ parce que j'ai le malheur de demeurer dans l'est.Si j'avais le choix du cablodistri-buteur je n'aurais rien à redire, mais ce n'est pas le cas puisque nous sommes les otages d'un monopole.En novembre dernier, j'ai fait connaître mon désaccord au CRTC qui est chargé d'approuver les tarifs des cablo-distributeurs.Même si j'ai parfois l'impression que cet organisme gouvernemental prend plus l'intérêt des cablodistributeurs que des abonnés, je lui ai demandé : - d'obliger Vidéotron à diminuer le coût de son service de base en enlevant des canaux spécialisés qui devraient faire partie du service enrichi ; - de considérer la càblodistribution comme un service public, car ce n'est pas seulement un outil divertissement, mais également un puissant moyen d'information et d'éducation ; - d'abolir au plus tôt le monopole des cablodistributeurs afin de permettre la libre concurrence, car il est évident que Vidéotron abuse des usagers en ajoutant à sa guise des canaux et en augmentant les tarifs à chaque année, avec la bénédiction du CRTC.L'article de Louise Cousineau m'informe que ma demande n'a pas été prise en considération, puisque Vidéotron a obtenu le tarif qu'il demandait.Si plusieurs abonnés faisaient connaître leur désaccord à Vidéotron, soit par lettre ou par un appel téléphonique, cette entreprise pourrait être amenée à faire comme le càblodistributeur de Toronto, Rogers communications, qui vient tout juste de reculer devant les protestations de plusieurs de ses abonnes.C.MARINEAU Montréal N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La botte aux lettres, La Presse, 7.rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1- LM HKt::>5b.MUiMiktAL, MARU117 JANVIER 1995 OPINIONS Saint-Charles-Borromée : une sorte d'« entrepôt » où on attend la mort FRANÇOISE ROBERT U\\ Presse publie ici le texte intégral d'une lettre que lui a fait parvenir Mme Françoise Robert, veuve d'un patient qui a séjourné trois ans.à l'hôpital Saint-Char-les-Borromce avant de mourir, Ayant observé plusieurs incidents et en tant qu'aidante auprès d'une personne aimée qui était complètement dépendante pour tous ses soins de base, je vous écris pour vous dire les choses dont j'ai été témoin, durant une période de trois années, en essayant de prendre soin de mon mari Lester, âgé de 59 ans, qui était hébergé à Thô-pital Saint-Charles-Borromée.Avant son accident céré-bro-vasculaire sévère, mon _ mari était un homme fort et en santé ; après son accident, il est devenu totalement dépendant, comme un petit bébé.L'histoire que je vais vous raconter démontre que mon mari a été définitivement victime de négligence.Il était laissé durant de longues périodes dans ses culottes souillées d'urine et d'excréments et dans son lit tout mouillé.Un jour, ma fille et moi avons calculé le temps que le personnel a pris pour le changer.Malgré le fait que nous soyons allées au poste trois fois pour leur demander qu'il soit changé, il a du attendre dans ses culottes souillées de 2h jusqu'à 4h30 avant que quelqu'un vienne finalement le changer.Il y avait une absence totale de communications avec le personnel parce que mon mari n'était plus capable de parler.le lui avais fait un tableau avec les lettres de l'alphabet et c'est avec ce tableau que nous réussissions à communiquer.Malheureusement, ceci prenait beaucoup trop de temps pour le personnel.Donc, on ne lui parlait pas.On lui a enlevé sa dignité.À plusieurs reprises, ses orthèses pour les pieds étaient installées sur les mauvais pieds et ceci lui blessait les orteils.Puis un jour, un ongle d'orteil s'est infecté et cela a pris un bon six semaines de plaintes avant que le personnel décide de s'occuper de son orteil.On lui mettait des compresses d'eau chaude sur l'orteil, mais nous leur disions qu'il avait besoin de quelque chose d'autre puisque son ongle était infecté.Finalement, il a fallu qu'on lui enlève une partie de son ongle parce que cela était infecté et parce que «J'espère que ce témoignage pourra faire une différence pour les personnes qui sont toujours à Saint-Charles-Borromée.» cela avait été trop longtemps négligé.Ses yeux ont aussi été infectés.Puisque ce que l'hôpital utilisait ne procurait pas de soulagement efficace à mon mari, j'ai emmené mon propre antibiotique ( du Po-lysporin ) et ses yeux ont finalement pris du mieux.Par ailleurs, j'ai mentionné aux infirmières qu'il avait une rougeur au siège.L'infirmière m'a dit : « Ce n'est rien madame, c'est juste une petite irritation ».Et on lui a mis de la poudre.Cette belle petite irritation s'est développée en une méchante plaie de lit qui ne s'est jamais guérie par la suite.À plusieurs reprises, lorsque j'arrivais à l'hôpital, mon mari était à moitié sorti de son lit ou de son fauteuil roulant.Naturellement, nous le placions adé-quatement et lui demandions si cela faisait longtemps qu'il était dans cette position inconfortable.Il nous répondait que oui.Vous savez, mon mari avait toute sa tête : l'accident a affecté son corps et non son intelligence ! Par ailleurs, il n'est pas arrivé une seule fois que nous ayons constaté que sa cloche d'urgence soit accrochée à sa main ( il était encore capable d'actionner le bouton ) pour qu'il puisse appeler quelqu'un si quelque chose n'allait pas ou s'il voulait quelque chose.À chaque fois, avant de partir, je lui installais sa cloche dans la main ( quoique nous ne nous attendions pas à ce qu'on lui réponde très vite ), mais j'imagine que le personnel n'a jamais compris ce que nous essayions de dire.le ne sais pas combien de fois nous avons essayé de faire comprendre au personnel que, même si mon mari n'était qu'un patient pour l'hôpital, pour nous il était une personne très aimée et très appréciée de tous.Donc, tout ce que nous attendions d'eux, c'était qu'ils prodiguent à mon mari les soins de base.Même si on ne lui parlait pas, il me semble que de lui donner des soins de base aurait dû être évident pour eux ! Par exemple, je ne peux compter toutes les fois où j'ai dû le laver parce qu'il avait plein de sécrétions qui coulaient de son cou jusqu'à son nombril et sous ses bras.Un autre exemple concerne sa trachée.Au début, c'était l'infirmière qui changeait ses pansements.Mais, par la suite, nous avons réalisé que les pansements étaient sales et mouillés par les sécrétions.Nous avions peur qu'il Françoise Robert développe des infections.l'ai donc demandé à une infirmière de me montrer comment faire les changements de pansements et c'est moi ou quelqu'un de notre famille qui changeait ses pansements lorsque nous le visitions.Nous avons fait cela parce que c'est ce qui devait être fait et non parce que nous voulions être critiques ou faire du trouble.Par ailleurs, puisqu'il ne pouvait pas bouger et qu'il était complètement dépendant, il ne pouvait pas participer aux activités de loisirs de l'hôpital.Nous lui avons donc acheté un téléviseur et nous allions le visiter très souvent ; durant l'été, nous le sortions dehors pour qu'il puisse prendre l'air.Mon mari est décédé, il y a six mois maintenant, après qu'il eut commencé à faire de la fièvre à un niveau très élevé.Le personnel de Saint-Charles-Borromée nous a alors demandé si nous voulions qu'il reçoive des traitements agressifs dans un autre hôpital puisqu'il était rouge et qu'il transpirait beaucoup.Nous avons répondu « non » et ma famille et moi-même avons décidé de le laisser aller.La nuit de sa mort, une infirmière m'a appelé, vers 2h du matin, pour nous dire que mon mari ne passerait probablement pas la nuit ( cela faisait environ une semaine qu'il faisait de la fièvre ).C'est drôle, cette infirmière a été très gentille avec nous.Je ne crois pas que nous lui avions déjà parlé auparavant.Toute ma famille \u2014 mes filles, mon gars, son neveu et sa soeur \u2014 se sont donc rendus à son chevet et mon mari a attendu que tout le monde soit là.Autre fait troublant : environ 20 minutes avant que mon mari décède, le personnel est venu pour le changer de culottes d'inconti- nence.Il a fallu que ma fille insiste pour qu'on le laisse en paix au moment où il était en train de faire le passage de vie à trépas.En terminant, j'aimerais dire que notre système est pauvre et qu'il lui manque quelque chose.Vous ne pouvez croire ce qui se passe dans ces places à moins d'en être témoin directement.Il faut vivre l'expérience pour le croire.C'est comme une sorte d'entrepôt où les gens sont là pour attendre leur mort.Le meilleur soulagement que ces gens pourraient recevoir est de mourir puisque les conditions de vie ou l'absence de qualité dans les soins est trop souvent insupportable.Pour le personnel, c'est un travail comme un autre; on fait son travail puis c'est tout.Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de personnel dévoué à Saint-Charles-Borromée.Mais plusieurs personnes n'ont pas les qualités nécessaires pour travailler auprès de personnes qui sont complètement dépendantes pour tous leurs besoins.Malheureusement, il semble qu'il y ait plus de personnel incompétent que de personnel compétent.La seule raison pour laquelle je n'ai pas raconté mon histoire avant de lire des histoires semblables dans les journaux, la raison #1 est que mon mari était vivant, qu'il était sous leurs soins, et qu'il était complètement dépendant d'eux et à leur merci.Je ne pouvais donc absolument pas prendre de chance.De plus, mon mari m'avait mentionné comment il trouvait le personnel de nuit très peu soucieux ; il nous a indique de ne pas répéter ce qu'il nous disait et de ne faire aucune plainte parce qu'il avait peur.l'espère que ce témoignage pourra faire une différence pour les personnes qui sont toujours à Saint-Charles-Borromée.Ce n'est pas parce que le corps d'une personne est tout croche et qu'il ne fonctionne pas que sa tête et son coeur ne sont pas intacts.le pourrais vous raconter d'autres incidents dont j'ai été témoin (des patients qui sont surmédicamen-tés, des patients qui sont laissés si longtemps dans leurs couches souillées qu'ils développent des plaies de lit.des patients à qui on parle rudement.), mais il me faudrait une autre lettre.l'aimerais remercier La Fondation Lise T.de m'avoir donné le courage de briser le silence.le sais maintenant que nous ne sommes plus seuls et que nous avons du support pour dire que les personnes qui sont très handicapées sévèrement ont le droit de ne pas être abusées.Et ce n'est pas nécessaire d'être un professionnel pour constater ce qui doit être fait.|e suis âgée de 60 ans et j'espère de tout mon coeur ne pas avoir à revivre une situation similaire.Mais si cela devait arriver, je livrerai toute une bataille.La Fondation Lise T.a toujours accompli un travail sans reproche TIMOTHY ALAN STAINTON Uauteur est assistant-professeur à l'UniversitéMcGill.onsîeur Masson, Les récents articles de La Presse sur l'hôpital Saint-Charles-Borromée illustrent très bien la situation alarmante dans laquelle vivent les personnes ayant des limitations très sévères, non seulement à l'hôpital Saint-Charles-Borromée mais aussi ailleurs à travers le Québec, D'autre part, je suis profondément troublé par les propos de monsieur Serge Pépin, le préposé aux bénéficiaires dont vous avez publié la lettre ( mercredi 11 janvier ), ainsi que par les déclarations publiques de la directrice générale de l'hôpital, madame Marie-Iosèphe Farizy-Chaussé concernant le travail de La Fondation Lise T.En tant que dîrecteur'd'un projet de formation sur « l'advocacy » { L'appropriation de l'exercice des droits des personnes lourdement handicapées par la promotion active d'un programme d'tK advocacy » ) par l'entremise du Regroupement de Montréal pour la formation à la défense des droits de la personne ( Montréal Consortium for Hu-mon Rights Advocacy Training ), j'ai eu l'occasion de travailler étroitement en collaboration avec La Fondation Lise T.le suis au courant des multiples énergies déployées par cet organisme afin d'améliorer le sort de ces personnes vulnérables et j'ai maintes fois été impressionné par l'excellence de son travail à l'hôpital Saint-Charles-Borromée.Ce sont des « advocaies » \u2014 « défendeurs de droits » \u2014 consciencieuses, engagées et averties pour cette population extrêmement vulnérable.// est malheureux que l'hôpital Saint-CharleS'Borromée ait eu le réflexe de tenter de cacher « ses propres failles » / Qui plus est, l'accumulation du fardeau de la preuve concernant cette institution \u2014 i.e.le rapport du Conseil canadien d'agrément des établissements de santé ( CCAES, 1993 ) et le rapport de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec ( OIIQ.1993 ) \u2014 confirme les observations de La Fondation Lise T.En tant que société, nous devrions lui être reconnaissants d'avoir eu le courage d'exposer ces situations sur la place publique.Par son travail auprès des personnes handicapées, des jeunes sans-abri, des pauvres et des aînés, le Regroupement de Montréal pour la formation à la défense des droits de la personne est venu à la conclusion que la promotion active de « l'advocacy » est l'une des meilleures façons de s'assurer que soient protégés les droits des populations vulnérables.D'ailleurs, les « advocates » sont reconnus à travers le Canada non seulement comme utiles mais aussi comme des partenaires indispensables de nos systèmes de service sociaux et de santé.Il est triste de constater que la réaction de l'institution face à cette situation a été d'essayer de discréditer la réputation de La Fondation Lise T.et de cacher ses propres failles en retenant de l'information publique et en limitant les droits de ses usagers et usagè-res à un système « d'advocacy » efficace.Une situation qui n'est lias unique MICHELINE LYNCH onsîeur André Noël, À titre d'ex-ombudsman du centre hospitalier régional de La-naudière de Joliette, je vous félicite du contenu des articles que vous avez publiés traitant de différentes situations vécues par des personnes vivant au centre hospitalier Saint-Charles-Borromée.Dans le cadre du travail d'om-budsman il m'a été donné, tout comme à vous, d'avoir à effectuer différentes enquêtes de fond quant à la conduite inacceptable d'employés et de cadres à l'endroit des usagers.Je suis à même de saisir certaines des difficultés que vous avez dû rencontrer, lors de votre démarche d'enquête.En effet, l'expérience que j'ai acquise sur le terrain d'un centre hospitalier offrant également des services d'hébergement me permet de réaliser ù quel point il est difficile d'effectuer des recherches pour permettre à « la vérité » de s'exprimer.De nombreuses embûches se dressent constamment.le sais également qu'il est difficile de faire accepter à des personnes en autorité que la parole de personnes vulnérables, démunies, handicapées, mérite d'être entendue.La protection du statu quo, le désir d'éviter toutes formes de vagues, l'ampleur des faits mis au grand jour et le peu de moyens pour apporter des correctifs, sont souvent ce qui fait préférer le silence.La détresse de ces personnes est alors laissée pour compte.Ces dernières ayant peu de moyens pour dénoncer et ayant une peur légitime des représailles, préfèrent se taire au risque de laisser l'inacceptable prendre le dessus.Je ne puis que souhaiter qu'un dossier de qualité comme le vôtre ait des effets sur la qualité de vie de l'ensemble des milieux d'hébergement du Québec.Nous sommes nombreux à savoir que les situations que vous avez décrites sont réelles et présentes dans plusieurs de ces milieux.Nous savons également que peu, très peu d'actions visant l'implantation de correctifs adéquats et durables sont tentées.La nomination d'un enquêteur ad hoc et la présentation de recommandations également ad hoc sont depuis de nombreuses années les seuls effets produits par des dénonciations aussi importantes que celles que vous faites.Rien dans l'amélioration de recours indépendants et exécutoires n'a encore vu le jour.Rien quant à la protection de représailles envers les personnes qui osent dénoncer de telles situations n'est également présent.Au nom de l'ensemble des personnes vulnérables que je connais et en mon nom.soit celle d'une personne qui a travaillé avec et pour ces personnes en vue d'obtenir des correctifs aux différentes situations inadmissibles qu'elles vivent en institution, je vous remercie de votre démarche, le soii-haite que vous nous livriez la suite qui sera apportée à vos articles.Rue de t'encre n second mariage, c'est le triomphe de l'espoir sur l'expérience.Dixit Samuel fohnson, l'un des plus fins esprits d'Angleterre, qui fut aussi l'auteur du premier dictionnaire de la langue anglaise.Comme en toute chose, on y perd à la traduction.« The triumph of hope over expérience » sonne plus élégant.Mais l'aphorisme, 250 ans après sa création, reste d'actualité ! En visitant, lors d'un récent séjour à Londres, la maison du célèbre Dr lohnson, transformée en un charmant petit musée, j'y ai trouvé d'autres maximes tout aussi impérissables.En voici quelques-uns, avec mes excuses pour la traduction-maison.Tout homme devrait garder ses amitiés en état de réparation perpétuelle.« A man should keep his friendships in constant repair ».Il importe de savoir non pas comment l'on meurt, mais comment l'on vit.L'acte de mourir n'a pas d'importance, cela dure si peu de temps.« It matters not how a man dies but how he lives.The act of dying is not of importance, it lasts so short a time.» Quiconque est lassé de Londres est lassé de la vie.«When a man is tired of London, he is tired of life ».On a pu observer que ceux qui parlent le plus fort en faveur de la liberté ne sont pas ceux qui l'accordent le plus libéralement.« It has been ob-served that they who most loudiy clamour for H-berty do not most liberally grant it.» Tout chagrin inutile est futile et par conséquent ne sera pas longtemps nourri par un esprit équilibré.« Ail unnecessary grief is unwise and therefore will not be long retained by a sound mind.» La critique est une opération par laquelle on peut devenir important et redouté à très peu de frais.« Criticism is a study by which men grow important and formidable at very small expense.» le préfère être attaqué qu'oublié.« I would ra-ther be attacked than unnoticed.» Le vin est une boisson de garçons; le porto est la boisson des hommes.Mais quiconque veut être un héros doit boire du brandy.« Claret is liquor for boys, port is liquor for men.But anyone who aspires to be a hero must drink brandy.» (Les Anglais appellent «claret» les vins de Bordeaux dont ils sont particulièrment amateurs.) Il y a des gens que l'on aimerait fort bien laisser tomber, mais dont on ne supporterait pas qu'ils nous laissassent tomber.« There are people whom one should like very well to drop but would not v/iib to be dropped by.» (Le lecteur aura noté au passage que j'ai sorti des boules à mites un assez joli imparfait du subjonctif en l'honneur du Dr lohnson).* * * La maison du Dr Johnson est tout près de Fleet Street, la fameuse rue dite « de l'encre » \u2014 Jnk Street \u2014 qui fut pendant cinq cents ans le centre de la prodigieuse tradition du journalisme britannique.(Encore aujourd'hui, Londres a onze quotidiens !) L'étroite maison de briques rouges, où Samuel lohnson habita de 1748 à 1759, donne sur Gough Square (prononcer GofO, une ravissante petite place rectangulaire, discrète oasis dans un quartier affairé.L'on y entre sous le regard attentif d'une petite dame-souris à cheveux gris qui en est la curatrice et l'ange gardien.Au rez-de-chaussée, il y a la première édition du premier dictionnaire de cette langue qui allait devenir, deux cents ans plus tard, la langue de communication de la communauté internationale, lohnson l'a fait tout seul, avec l'aide épisodique de six assistants.Les entrées y sont remarquablement détaillées, avec moult exemples et la description soignée des divers sens et nuances du mot.Ce dictionnaire, ses pages jaunies à peine protégées par un mince papier de soie, est un imposant volume.Déjà, la langue était formée à peu près telle qu'on la parle aujourd'hui, et possédait un vocabulaire d'une étendue exceptionnelle.En fait, l'anglais reste la langue qui possède le vocabulaire le plus considérable.Quatre étages plus haut, on peut voir, dans la pièce aménagée au grenier, la salle de travail où Samuel lohnson et ses assistants colligeaient les données, debout autour d'une table de bois rectangulaire.La pièce est étonnamment petite, compte tenu de l'ampleur surhumaine de l'ouvrage; les murs passés à la chaux sont dépouillés, les meubles austères.On s'arrête, on rêve.Tout ce travail, toute cette patience.Ce qu'il faut aimer une langue pour la recenser de la sorte ! Et quelle différence avec les séances paresseuses des Immortels à l'Académie française, jaloux gardiens de la langue soutenus par une armada d'assistants î C'est, au contraire, tout naturellement que la langue anglaise s'est développée, sans règles fixes, en multipliant les emprunts et en les intégrant aussitôt, sans discussion, simplement par l'usage, dans la vaste matrice formée par le saxon et le normand (c'est-à-dire le français, qui fut un temps la langue de la Cour d'Angleterre).* * * Le Dr Johnson était un bourreau du travail mais un joyeux drille aussi.Lui et son copain James Bos-well \u2014 qui tint fidèlement un journal relatant leurs voyages et leurs frasques, de même que les bons mots de son inénarrable ami \u2014 avaient coutume d'aller prendre un pot au Old Cheschire Cheese Pub, sis à quelques pas de là, dans la mince ruelle du Wine Office Court.Le pub actuel date de 1667; il fut reconstruit l'année suivant le terrible incendie qui en quatre jours ravagea le centre historique de Londres.Certaines salles du pub sont installées dans la crypte d'un ancien monastère du 14« siècle.Le Old Cheschire, comme le Procope à Paris, était un rendez-vous d'écrivains où se pointaient parfois des confrères étrangers \u2014 ainsi un certain François Marie Arouet.dit Voltaire.En sortant du Old Cheschire.on tourne à gauche et c'est Fleet street.La désolation.Les immenses vaisseaux qui naguère portaient les grands journaux londoniens sont vides, ou recyclés en succursales bancaires.Les journaux ont tous déménagé, sauf l'agence Reuters, dans un « no man's land » au bord de la Tamise, à des lieues de l'activité urbaine.«Tous partis, l'un après l'autre!», chuchote l'ange gardien de la maison du Dr lohnson.« Même le Times ! Qui aurait cru que le Times s'en irait ?» Comme on est tout près du Palais de justice et des Inns of Court qui régissent l'accès au Barreau, les avocats ont remplacé les journalistes au El Vi-no's Wine bar.un «wine bar» qui a plutôt l'allure d'un pub \u2014 bois foncé et bancs de cuir s'estom-pant dans la pénombre enfumée, là où flotte toujours l'ombre de Samuel lohnson et des milliers d'artisans qui pendant cinq cents ans écrivirent et imprimèrent, en lettres de plomb, les innombrables mots de son magnifique dictionnaire. Montréal, mardi 17 janvier 1995 B4 L'EXPRESS INTERNATIONAL CANADA-RUSSIE Chrétien critique la Russie ¦ Le premier ministre Jean Chrétien a déclaré hier qu'il était mécontent de la façon dont la Russie réagissait à la crise tchétchène.M.Chrétien a même laissé entendre que le président russe Boris Eltsine pourrait ne pas effectuer une visite au Canada prévue en mars.« Il doit-venir en mars, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.Mais cela peut changer.» À propos de la guerre en Tchétchénie, le premier ministre a ajouté : « Nous sommes très mécontents de ce qui se passe dans son pays ( la Russie ) actuellement.Il a indiqué que le Canada avait fait part à Moscou de « sa préoccupation » sur la façon dont la guerre est conduite.Le conflit nuit aux relations entre le Canada et la Russie, a déclaré M.Chrétien.Mais, a-t-il répété, la solution est du ressort de la Russie.diaprés PC et AFP BOSNIE Reprise des combats M Après trois semaines de calme relatif en Bosnie, TONU a signalé hier une reprise des combats autour de Bihac et la présence de soldats de l'armée gouvernementale dans une zone démilitarisée près de Sarajevo.Ce qui fragilise le cessez-le-feu entré en vigueur le 24 décembre, une semaine avant l'accord de cessation des hostilités pour quatre mois.Selon le commandant Hervé Gourmelon, porte-parole des Nations unies à Sarajevo, les forces gouvernementales ont lancé dans la journée d'hier une nouvelle offensive au sud-est de la ville de Bihac ( nord-ouest de la Bosnie ).Les observateurs de l'ONU ont compté 20 explosions d'obus et signalé des tirs d'armes légères.Dans la matinée un autre porte-parole de la FORPRONU, le commandant Koos Sol, avajt par ailleurs annoncé une reprise des pilonnages autour de la ville assiégée de Velika Kladusa, au nord de Bihac \u2014 en dépit d'un cessez-le-feu local conclu dimanche soir.d'après Reuter et AP ISRAËL Meurtre d'un Palestinien M Un vigile israélien, travaillant pour le compte d'une société privée, a ouvert le feu sur deux livreurs palestiniens qui déchargeaient des pommes de terre, tuant le premier et blessant le second, hier à Jérusalem.La fusillade a eu lieu devant l'école religieuse Or-Barouch, dans l'ouest de Jérusalem.Le meurtrier, un juif d'origine russe disposant d'un permis de port d'arme, a été interpellé et interrogé par la police.Selon la radio israélienne, il aurait ouvert le feu dans un accès de panique après avoir vu entrer les deux jeunes Arabes dans ce quartier essentiellement juif.Les autorités israéliennes ont mis en garde la population contre les risques d'attentat destiné à faire échouer les accords de paix israélo-palestinien.d'après AFP SOMMET Eltsine Invite Clinton ¦ Le président russe Boris Eltsine a invité son homologue américain Bill Clinton à un sommet en mai à Moscou, a annoncé hier le ministère russe des Affaires étrangères, cité par l'agence ITAR-TASS.Le chef de la diplomatie russe Andrel Kozyrev avait annoncé hier, à son départ de Moscou pour des entretiens aujourd'hui et detnain à Genève avec le secrétaire d'État américain Warren Christopher.l'existence d'un message adressé par M.Eltsine à M.Clinton, mais sans en préciser le contenu.Une discussion sur le sommet russo-américain aura lieu au cours des entretiens Kozyrev-Christopher, qui interviennent en pleine guerre entre les forces russes et indépendantistes de la république caucasienne russe de Tchétchénie, a précisé un haut responsable du ministère, cité par l'agence.« Il y a une invitation et il existe une intention de la part de M.Clinton de se rendre à Moscou à cette période-là ( en mai ) a précisé le responsable, qui a requis l'anonymat.d'après AFP LIBERIA Retour au calme à Monrovia ¦ La situation dans la capitale libérienne Monrovia est redevenue calme hier après-midi après que la Force africaine déployée dans le pays ( ECOMOG ) eut dans la matinée tiré sur des manifestants faisant au moins un blessé.Comme d'habitude, le couvre-feu est entré en vigueur à 19 h locales mais la plupart des boutiques avaient déjà fermé leurs portes dans le courant de la journée.En milieu de matinée, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues pour exiger des chefs de factions qu'ils mettent fin à la guerre civile qui, en cinq ans.a fait plus de 150 000 morts, en majorité des civils.Des barrages de pneus enflammés avaient été installés sur un pont de la ville.Des soldats de l'ECOMOG ont alors interrompu la circulation et dispersé les manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes.d'après AFP Le premier ministre Tchernomvrdlne propose une négociation Moscou-Grozny d*après Reuter et AFP MOSCOU ~~~ Le premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine a proposé hier aux indépendantistes tchétchènes d'entamer immédiatement des négociations assorties d'un cessez-le-feu, sans faire de concession sur l'appartenance de la Tchétchénie à la Fédération de Russie, mais en des termes qui marquent un assouplissement de la position de Moscou.Cette offre est faite alors que la capitale tchétchène Grozny, sous le feu incessant de l'artillerie russe depuis cinq jours, est en ruines.Or Moscou a besoin d'une victoire militaire et il est très peu probable que les combats s'arrêtent avant que les forces russes ne se soient emparées du palais présidentiel.Les négociations, a noté M.Tchernomyrdine dans une allocution télévisée, devront porter sur un moratoire sur l'utilisation des armes lourdes et sur la création de zones « à Tintérieur desquelles, sous la garantie des anciens, des personnes jouissant d'une autorité morale, il sera nécessaire de commencer le processus du dépôt et du rachat des armes à feu ».M.Tchernomyrdine a promis que le début des négociations « avec toutes les parties et forces intéressées » s'accompagnerait d'un cessez-le-feu.11 a affirmé : « Notre objectif principal aujourd'hui, c'est de stopper l'effusion de sang.» Une délégation du gouvernement tchétchène, qui se dit mandatée par le président tchétchène Djokhar Doudaiev, était hier à Moscou pour discuter avec le premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine.« Nous sommes mandatés par M.Doudaiev pour discuter d'un cessez-le-feu ( en Tchétchénie ).L'obtention d'un cessez-le-feu est une condition essentielle préalable à tout accord politique, avant de discuter d'un accord plus général et à long terme », a déclaré peu avant le discours de M.Tchernomyrdine, le ministre tchétchène de l'Économie Teimouraz Aboubakarov.L'offre lancée hier par le chef du gouvernement, chargé au début du mois de négocier avec le pouvoir indépendantiste par Boris Eltsine, est la première vé-ritaWe offre de pourparlers.M.Tchernomyrdine continue toutefois à utiliser le terme de «dirigeants des groupes armés illégaux», reprenant ainsi la phraséologie utilisée à Moscou depuis le début de la crise tchétchène.Par delà les négociations immédiates, M.Tchernomyrdine a évoqué également, l'avenir que voit Moscou pour la Tchétchénie : il s'est prononcé ainsi pour des consultations très larges en Tchétchénie afin de mettre en place un gouvernement de transition.Une fois élu ce nouveau gouvernement, a-t-il ajouté, « on pourra discuter le statut de la république au sein de la fédération et le partage des pouvoirs entre la république et le centre ».Dès que ce sera possible, des élections libres permettraient aux Tchétchènes de choisir directement leurs dirigeants, a poursuivi M.Tchernomyrdine.Le chef du « gouvernement de renaissance nationale » mis en place par Moscou, Saiambek Khadjiev, s'est PHOTO Reuter Un combattant tchétchène, équipé d'un puissant fusil mitrailleur, s'amène au front dans la zone centrale des combats à Grozny, la capitale.prononcé hier pour un référendum.Mais la constitution russe ne prévoit pas la possibilité pour un des « sujets » ( territoires ) de la fédération de faire sécession et Moscou refuse donc toute idée de référendum sur l'indépendance.Lors de sa dernière intervention en public, la semaine dernière, le général Doudaiev avait déclaré qu'il était prêt à discuter de tout, y compris du statut de la Tchétchénie.Sur le terrain, les indépendantistes tchétchènes résistaient toujours hier tant à Grozny qu'en d'autres points de Tchétchénie, où des combats ont été signalés à Bamout.Signe de l'inquiétude que suscite le conflit tchétchène au plus haut niveau, Boris Eltsine, a renoncé à se rendre à Davos où doit avoir lieu la réunion annuelle du Forum économique mondial du 26 au 31 janvier.Des tirs nourris ont retenti dans le secteur de la gare de Grozny.Dans l'ouest de la ville, une épaisse fumée noire s'élevait d'une raffinerie de pétrole.Mais dans l'ensemble, à la mi-journée, les tirs ont diminué d'intensité.De manière générale, les tirs russes s'orientent peu à peu vers le sud de la ville.Les Russes attendent, semble-t-il, des renforts.Dès la nuit de dimanche à hier, une colonne forte de 88 véhicules militaires, de 12 véhicules blindés et de 13 véhicules blindés de transport de troupes, partie de la région d'Ingouchie ( ouest de la Tchétchénie ), était signalée faisant route vers Grozny.Une flambée de violence secoue l'Algérie malgré « l'offre de paix » venue de Rome d'après AFP ALGER La'assassinat d'un membre du Conseil national de transition ( CNT, à caractère législatif ), dimanche à Alger, illustre la recrudescence des attentats et des accrochages au moment où une partie de l'opposition et les islamistes tentent de forcer le pouvoir au dialogue.Falah Nour, 65 ans, a été tué par un groupe armé à Kouba ( banlieue d'Alger ), selon les services de sécurité, au moment où le Groupe islamique armé ( GIA ) annonçait être prêt, sous conditions, à « arrêter la guerre » dans un communiqué dont l'authenticité reste à confirmer.Cet assassinat intervient après la présentation vendredi à Rome, après cinq jours de négociations, d'une offre de négociations au pouvoir par le Front islamique du salut ( FIS \u2014 dissous ) et une large partie de l'opposition.La veille, six militants du Front de libération national ( FLN, ex-parti uni-c^ue ) avaient été assassinés près de Re-lizane (ouest), une tuerie attribuée par les services de sécurité aux islamistes armés.Le FLN a signé la plateforme de Rome avec notamment le FIS et le Front des forces socialistes ( FFS ).Menace de « chaos total » Hier, le chef de l'instance executive du FIS à l'étranger, Rabah Kébir, a affirmé au quotidien El Pais que l'Algérie ctijre.965-9965._ ACHETE \u2022 remets ô neuf - vends.\u2022Blod, collection, etc.341-7738.DISCO MOBILE 2 JBL 4530, 21 LENDS JBL 7395, 1 consote Yomoho PM700, 1 ompli Phose 700, 4 Spinner R.4 - R.1, SPécloI 3000 S.621-6398 ADOUasSEUR d'eau ètectronl-que, comme r>euf.275S.583*5170\tMEUBLE en ct>êne pour TV et système de son, 668-0947\tROUES (4) nwos, VOLVO, 14 pO le tout 1505.583-5176 AMEUBLEMENT 3 pcs.complet 995 $.252.7030.254-3639\tMEUBLES de stvle et outres, selon, ctwnbre.cuisine.324-9596.\tSOUFFLEUSE Colombla 1028, excel'enr étot, 750 $, 765-0748.COMMODE 0 chopeoux-armoire 0 coroblnes etc.621-3043\tMMl lov/sécti., set cuisine; table/ 6 ctwlses, 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59SS Incluant notaire et ovocote, 729-4331 264 TRAITEMENT/TEXTES TRAVAIL BUREAU ANJOU, WoTïfertect 5.1.rapports, C.V., corrections.351-7505 265 PREPARATION DE C.V.\u2022 A-1 \u2022 ConselIPro / 49t-f414 ' Réduction professionnelle de c.v.CURRICULUM exp.-css et outres redoctlons.448-764) 7 lourWm.268 SERVICES DIVERS COMPTABILITE \"Clé en moin\", impôts, bos prix ossuré.934-0455 $ $ $ $ $ $ $ $ LOTERIE Liste de toutes les combinaisons gagnantes de ta 49.1 141 depuis le début 12-06-82 et le 31-12-94.Pour information complète, faites parvenir vos noms, l adresse à : $ $ ROCOM C.P.280 -S Longueuil (Québec) $ J4K4X3 \u2022 MietBeoi-H268 '¦ $ $ $ $ $ OFFRES D'EMPLOI i (Tous les postes annoncés sont ouverts également aux femmes et aux hommes), CHIOTS Lobrodor ioune enr.oor., oussi schrt-tru non enr 479-3486 CHIOTS Lhoso-Apso, pure roce, enr., totoucs, vermifuges ct voc-cines, 1-514.825-2862 .CHIOTS Sctinauicrs notns, Shtt-Tzu, Spit: nolns, Yorkshlrc, Pin-ctiers noms.Privé, (514) 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SANTÉ, SERVICES 3UD COMMUNAUTAIRES CONTRÔLEURfSE) senior bllin-oue, avec veste expérience en systenrtes comptohies intormotl-ses, auprès de monufocturlers.Autonome et fioble.Aptitudes de gestronnoire.Soloire entre 25 000$ et 30 OOOS nég.3S4-3335.\tMASSOTHERAPEUTE ovec ou sans expérience, belle opporenct, bon soloire, 984-9017.\tTETREAULTVILLE, secretolrç-rccepttonnlste ovec exp., 30 tv-senn., cllnloue dentolre.354-2002.ZAC SANTE.SERVICES 9U0 COMMUNAUTAIRES\t308 ^'^\"\"\"'^ A CHOMEDEY, techniclen(ne) en phormocie, tenîps plein, (jour' soir lins de sex.), salaire selon ccmpetcnce, expérience plus on-glois exiges.Modome Mortineou ou 638-6100.\tEDUCATRICE(EUR1 Ovec DEC en service de oorde seulement, soloire + Que lo moyenne.Gordene Opus Incertum, 528-8456.526-4658.\tGARDERIE Sdell du Ouortier recherche éducotrice(teur) rem-p!açant(e).Formotioo reconnue POT roSGE.Foltes parvenir votre C.V.ovont te vendredi 20 ionvler, midi, de Fronce Contin, 5090 Brebeut.Mtl Qc H2J 3L7 ASSISTAHT(C)-dentQire, ovec expérience, ciiniaue située o Levai, horoire tncl.les samedis.668-9220.\t HYGIENISTE dento'fe diplôfne(e), heures de trovoll: lundi 14 h à 20 h, ven.8 h 0 U h.389-1359.\t \tRIVE-SUD, pour oorderie, persorw ne dynamique po'jr travoil gène* roi, temps plein.678-4990 221 PERDU PERDU Chiot (emelle, Setter An-qtois.blonc et beloe, 2 ' j mois, tctouooe dans oreille gauche OR 9 2C, cicotrice sur front, queue brisée, r>om Miele, le 6 lanv.midi Ile des Soeurs.Recompense gorontie.767-5478 Ou 767-3723.\u2014 OFFRES D'EMPLOIS \u2014 MERCI À TOUS LES ANNONCEURS DE BIEN VOULOIR RETOURNER UN ACCUSÉ DE RÉCEPTION AUX POSTULANTS.\t¦ 1\t\t\t \t\t\t1\t¦ t \t\t\t\t1 \t\t\tr\t u 20 Les tourments de Tadolescence La réputation ct 1c comportement de leur adolescente à rextéricur du lycée demeurent un sujet d'inquiétude pour les jasmin.Leur libéralisme exemplaire en matière religieuse ct intellectuelle se rétrécit quand il s*agit de conduite morale.Bien peu de parents de Icpoque auraient permis à leur fille de quatorze ans de passer deux ans à l'étranger, loin d'eux.Leur seul recours est de multiplier les conseils préventifs.11 faut dire que le trésor virginal féminin était patrimoine familial et affaire d'honneur.Le comportement sexuel alors prescrit aux jeunes filles et jusqu'à la fin des années cinquante au Québec les obligeait à vivre avec une épéc de Oamoclès suspendue au- dessus de leur tête: leur réputation et l'honneur de leur famille qu'un manque de retenue dans leurs rapports avec l'autre sexe risquait à tout moment de ternir à tout jamais.La psychologie judéo-chrétienne du temps attribuait aux hommes une libido forte, naturellement agressive, et des instincts sexuels incontrôlables, mais c'est aux jeunes filles qu'incombait la première responsabilité de résister aux avances masculines, de maîtriser leurs propres impulsions sexuelles ct de protéger farouchement leur virginité jusqu'au matin du mariage.Par contre, elles se devaient d'être attirantes, séduisantes.il le fallait bien pour trouver mari; la beauté et le charme étaient des vertus célébrées.Et les parents, les Judith Jasmin mères surtout, avaient la tâche de protéger leurs filles d'elles-mêmes et de les livrer intactes à leur futur mari.Les jeunes gens étaient eux aussi élevés dans le rigorisme moral: ils étaient tenus de refréner toute expression sensuelle ou sexuelle susceptible d'offenser la respectabilité de la future mère de leurs enfants et de s'en tenir à l'abstinence pré-conjugale.Mais ils n'encouraient pas le déshonneur à vie s'ils jetaient leur gourme en fréquentant des jeunes femmes aux moeurs plus légères et des prostituées, à leur tour pénalisées puisque jugées indignes du mariage.En homme de son temps, Amédéc jasmin dépeint à sa fille les femmes comme des êtres vulnérables, sans défense et sans recours tout en leur accordant autant de capacité intellectuelle qu'aux hommes.Rosaria propose à ludith une image plus positive des femmes, qu'elle croit capables de maîtriser leurs pulsions sexuelles et plus généralement leurs rapports avec l'autre sexe.Le ton, l'attitude diffèrent.Cependant, tous deux, en bons parents soucieux de l'avenir de leur fille, lui rappellent ses devoirs.Son père lui enjoint fortement de ne pas être expansive avec les messieurs, de se méfier des faiseurs de cour et des vieux galants qui cherchent aventure, et il lui interdit, à plusieurs reprises, de sortir seule avec le docteur Desjardins, quand il est de passage en France.S'il est généreux, c'est un coureur qui risque d'exercer son pouvoir de séduction sur elle.Sans lui communiquer crûment ses raisons, il lui explique habilement que cet ami méprise le moindre laisser-aller chez une femme, fondé ou non, et peut en répandre facilement la nouvelle: Les plus petits événements sont amplifiés ct quelquefois dommageables aux réputations././ La vie demande à chacun la possession de tous ses atouts.La bonne réputation, chez une jeune fille, est un des meilleurs atouts Vatout indispensable même, ludith trouve plus ennuyeux que dangereux cet ami de la famille qui lui raconte ses histoires de coeur au lieu de lui donner des nouvelles des siens, mais il lui offre l'occasion de sortir du lycée; elle se rendra finalement aux raisons de son père.A rapproche des vacances estivales, l'inquiétude des jasmin monte d'un cran.Leur fille, qui ne veut pas rester à l'internat pendant les mois d'été ni s'imposer aux parents de ses amies pour une aussi longue période, sera complètement livrée à elle-même.Ils lui proposent des vacances en partie chez madame Gasnet, leur ancienne gouvernante, à Guéret, et en partie à l'institution catholique Notre-Dame-dc-Bruneval à Saint-Join-sur-Mer où elle devra consacrer trois r heures par jour à l'étude.Judith refuse carrément la pension et réserve l'autre suggestion comme dernier recours.La mère d'Éthéra propose de son côté des vacances dans une pension anglaise qu'elle connaît, à Calais.L'idée ne plaît aucunement aux |asmîn, leur voix se fait impé-rative: Tu es bien jeune pour Ven aller sur une plage, sans une conseillère à tes côtés.Toutes les plages reçoivent un nombre d'individus tarés, vicieux, qui dépensent des quantités de ntses pour satisfaire des instincts vulgaires et qui s'acharnent autour de jeunes filles qu'ils voient seules.Il n'est pas question d'étroitesse d'esprit, de préjugés d'anciens sur la morale: c'est une question vitale, une question de préservation spirituelle et physique, une question de santé individuelle et sociale.N'accepte d'aller à Calais qu'avec la certitude d'y trouver une surveillance maternelle et un milieu d'une moralité tout à fait sûre.A regret, ludith n'ira pas à Calais.Elle passe le début de ses vacances à Paris chez les Macka-rachvili.Ce sont des semaines gaies et insouciantes.Elle passe la première à dévorer des bouquins.Quelle aubaine! S'offrir autre chose à lire que les classiques que l'on connaît par coeur ou la Semaine de Suzctte.Les deux amies consacrent ensuite leur temps à voir quelques films, à visiter musées, galeries d'art et sites historiques, à flâner dans les rues, dans les parcs ou sur les quais.Curieuses de tout, elles assistent à leur premier procès aux Assises.En août, on retrouve la jeune lycéenne canadienne en Angleterre.Elle passe un mois et demi dans une pension protestante pour jeunes filles, le YWCA (Young Women's Christian Association) à Londres et, à proximité de la mer, à Bexhill, dans la région de Newhaven.Bien chaperonnée par des Miss anglaises, elle goûte pendant quinze jours les plaisirs de la plage, des bains de soleil, des excursions dans la campagne verdoyante.A son arrivée dans la capitale britannique, dépaysée par une langue qu'elle ne connaît pas et par la nourriture peu appétissante de la pension, elle forme un trio de réconfort avec deux jeunes Françaises d'Algérie.Les nouvelles expériences alimentent constamment sa réflexion.Après avoir assisté à une messe protestante, elle confie à ses parents que cette célébration lui a paru plus sincère et plus vraie que les messes catholiques, trop emprisonnées dans les signes extérieurs de dévotion.A d'autres moments, ce sont les rites de toutes les religions qu'elle juge superficiels.Les jasmin ont consenti aisément à ce qu'elle passe une partie de ses vacances estivales dans cette pension protestante, en lui recommandant toutefois de ne pas lementionner â ses connaissances catholiques afin d'éviter d'attirer inutilement le discrédit sur elle ou sur eux.Ils se sentent moins rassurés de sa conduite morale.Ils s'en remettent à des auteurcs bien connues pour la rigueur de leur enseignement moral aux jeunes filles et leurs descriptions convaincantes du sort sordide réservé à celles qui font bon marché de leur vertu: abandon, vie malheureuse, suicide.Mme jasmin recommande à Judith de relire attentivement un roman de madame Germaine de Staél, Corinne ou Delphine, et le guide de Mary Wood-Allen, Ce que toute jeune fille devrait savoir.Dans ses lettres à sa fille aînée, Mme jasmin s'inquiète des sensations charnelles et des émotions nouvelles que connaissent les adolescentes.Avant le départ de Judith pour l'Angleterre, elle lui éciit: Pendant tes vacances sois sage et gaie.Conduis-toi comme tu l'as toujours fait et sois orgueilleuse de ta bonne conduite.Petit à petit, tu entres dans une vie remplie d'émotions.Sois assez forte et prudente pour faire face à tous ces genres d'émotions qui font souvent tomber bien des coeurs de jeunes filles sans énergie et sans préparation.En un mot relis madame de Staél /./ ses conseils sont plus clairs que les miens.A l'image des mères des années trente, elle surveille les fréquentations aussi bien féminines que masculines de sa fille, craignant qu'en Angleterre, notamment, elle ne se laisse entraîner par des compagnes aux principes moraux différents des siens; elle l'incite à se défendre férocement si un homme l'accoste et lui rappelle que sa réputation est «le plus beau trésor à emporter à son fiancé».Par contre, la menstruation n'est pas un sujet tabou dans la famille.Entre mère et filles, on en parle ouvertement et avec un certain détachement, comme d'un fait naturel de la vie et non d'un handicap ou d'une souillure.a suivre Judith Jasmin de feu et de flamme une grande biographie de Colette Beouchomp * les Éditions du Soréal, 19
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