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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Référendum 95
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-02-16, Collections de BAnQ.

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[" m:mm> PO n UE iTEMENT DE FAVEUR CACHÉ Pour une fois que le Québec bénéficie vraiment d'un traitement de faveur jd'Ottawa, voilà que le gouvernement jfédéral s'en cache ! Hier, à la Chambre fdes communes, le ministre du \\Patrimoine, Michel Dupuy, a 'catégoriquement nié que le Québec fasse l'objet d'une attention particulière dans le cadre d'une campagne publicitaire visant à faire la promotion de l'unifolié à l'occasion de son trentième anniversaire.Il est faux, a-t-il juré, de croire que le Québec a eu davantage que sa part de panneaux publicitaires mettant en vedette le drapeau canadien.À au moins deux reprises, le ministre a affirmé que 30 p.cent des panneaux achetés en vue de cette campagne l'avaient été au Québec.Vérification faite, tout indique que M.Dupuy a dû égarer quelques drapeaux en chemin pour la Chambre.Selon un porte-parole de son ministère, il y a bien 296 panneaux au Québec, contre 294 dans tout le reste du Canada, pour un total d'un peu plus de 50 p.cent.Il y aurait notamment eu, explique-t-on, davantage d'espace publicitaire disponible à Montréal qu'à Toronto.Chantai Hébert ROCK TIENT A SON PROJET DE LOI 9 Le ministre de la lustice Allan Rock est persuadé que son projet de loi sur le contrôle des armes à feu est constitutionnel et tiendra le coup en cas de contestation.Prenant la défense de la législation, le ministre s'est efforcé hier de protéger le gouvernement de la controverse alors que plusieurs provinces et députés de l'opposition ont continué de critiquer le projet de loi déposé mardi.Le ministre de la Justice de Saskatchewan.Bob Mitchell, envisage de contester la constitutionnalité des mesures proposées.Le projet de loi prévoit interdire divers types d'armes de poing, et imposer des peines plus sévères dans les cas où des armes à feu sont utilisées pour commettre un crime.La proposition la plus controversée prévoit l'enregistrement obligatoire des armes à feu.Les trois millions de propriétaires d'armes'à feu au pays qui ne les feraient pas enregistrer s'exposeraient à des poursuites au criminel.D'après PC LES DROITS DES AUTOCHTONES ¦ Un rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones soutient que le gouvernement fédéral viole l'esprit de la constitution en demandant aux autochtones d'abandonner leurs droits ancestraux en échange de leurs revendications territoriales.La constitution reconnaît les droits ancestraux des peuples autochtones et requiert des gouvernements qu'ils traitent les premières nations « en adoptant une attitude de confiance dénuée de confrontation », peut-on lire dans une version préliminaire du rapport.Or, la commission juge que le fait de forcer les bandes autochtones à abandonner ces droits en échange de territoires et d'argent \u2014 ce qu'on appelle une politique d'extinction des droits \u2014 est contraire à la constitution.Obtenu par la Presse Canadienne, le rapport est daté du 22 septembre 1994 et la commission doit le rendre public sous peu.Une telle politique d'extinction des droits, soutiennent les auteurs du rapport, a un effet désastreux sur les droits des autochtones parce qu'elle empêche la reconnaissance constitutionnelle de leurs intérêts territoriaux.D'après PC FRANÇOIS BEAULNE SE DÉFEND 5 Le député péquiste de M arguer ite-d'Youville, François Beaulne, jure qu'il n'a jamais usé d'ingérence auprès d'organismes du gouvernement du Québec pour que ceux-ci accordent des contrats à une entreprise de sa circonscription.M.Beaulne, qui est aussi délégué régional de la Montérégie, n'en revenait pas lorsque Le Soleil lui a appris mardi qu'une lettre signée de sa main circulait dans une trentaine d'organismes gouvernementaux de la région de Montréal, dans laquelle il fait la promotion d'une petite entreprise de Sainte-Julie, sur la rive sud de Montréal.La lettre, dont un informateur a envoyé une copie au Soleil, est annexée à une offre de services que Franchie Caussignac, présidente de Micropro, a expédiée le 12 janvier dernier à plus d'une trentaine d'organismes du gouvernement du Québec.Son entreprise est d'ailleurs inscrite au fichier des fournisseurs de l'Etat.« Il me fait plaisir de recommander les services de Micropro pour tous vos besoins en matière de bureautique », écrit François Beaulne.« je connais madame Francine Caussignac depuis plusieurs années et puis vous assurer que son entreprise pourra vous offrir un service fiable et d'excellente qualité ».D'après PC Autres informations, page B4 La Chambre de commerce réclame un « plan d'affaires » devant la Commission de Montréal MARIO FONTAINE ¦ a Chambre de commerce du Mon-Hatréal métropolitain doute sérieusement de la pertinence pour le Québec de devenir souverain, et exige du gouvernement péquiste un « plan d'affaires complet » pour que la population se prononce en toute connaissance de cause au moment du référendum.L'organisme, pourtant très nationaliste il y a cinq ans, évite cette année de prendre officiellement position.Mais tous les doutes, toutes les questions qu'il soulève vont dans le sens d'un maintien du lien fédéral.Une frontière entre le Québec et le reste du Canada privera nos entreprises de leurs avantages comparatifs, soutient par exemple son mémoire.Et même une association économique entre les deux partenaires entraînerait un recul pour Montréal et pour le Québec.Son président, Marco Genoni, était le tout premier à intervenir à la Commission de Montréal sur l'avenir du Québec, qui entamait ses travaux au Musée d'art contemporain.Non seulement il ne semble trouver aucun mérite à la démarche du gouvernement Pa-rizeau, mais il lui demande même de déposer un « plan d'affaires » comme les entreprises le font lorsqu'elles proposent des changements majeurs.Un plan qui ferait état des risques et des problèmes appréhendés advenant la souveraineté.La Chambre de commerce était beaucoup plus critique à l'endroit du régime fédéral lors de sa comparution devant la Commission Bélanger-Cam-peau, à l'automne 1990.«Le Canada ne fonctionne plus », lisait-on dans son mémoire de l'époque.Celui-ci faisait aussi état des « tensions de toutes natures qui déchirent le pays », de la question autochtone qui s'est enfoncée dans un cul-de-sac, de l'aliénation des régions, du fait « qu'aucune possibilité ne doit être rejetée ».La ministre Louise Harel n'a pas PHOTO REUTER Marcel Masse, président de la Commission de Montréal sur l'avenir du Québec manqué de le rappeler, de la même façon que le député bloquiste Benoit Tremblay a demandé à M.Genoni quel plan d'affaires le Canada avait à proposer advenant un rejet de l'option souverainiste.« En 1980 on nous a dit : si vous votez OUI, on aura une dette et un chômage énormes.On a voté NON, et on a eu tout ça », de commenter le député de Rosemont.Et la langue ?\u2022 A l'instar de celle de la Vieille capitale, la Commission de Montréal sur l'avenir du Québec a entrepris ses tra- Wîf'Sft*- .\\ y, \\m 1 PHOTO PC dû rester à la il y avait foule, hier, à la Commission de Québec sur le projet de souveraineté.Environ 300 personnes ont porte, faute de place.La Commission de Montréal a aussi refusé des gens pour la même raison.« Qu'on arrête ça avant qu'il ne soit trop tard ! », lance Guy Bertrand À Québec, 300 personnes restent à l'extérieur faute de place GILLES NORMAND du bureau de La Presse QUÉBEC lomme il fallait s'y attendre, l'avo-icat Guy Bertrand a volé le show à la première séance de la Commission de la capitale sur l'avenir du Québec, hier soir, avec un réquisitoire contre le projet souverainiste du gouvernement Parizeau, mais l'auditoire de 900 personnes qu'il a par moment soulevé n'a pas toujours réagi comme il l'aurait voulu : si on l'a applaudi, on Ta aussi hué, démonstrations qui ont forcé le maire et président Jean-Paul L'Allier à lancer un appel au calme et au respect.« Qu'on arrête ça avant qu'il ne soit trop tard ! Qu'on arrête ça avant qu'on ne soit tous perdants ! » a imploré le réputé criminaliste, bien connu aussi pour ses positions indépendantistes assez radicales dans le passé, mais qui a étonné tout le monde, il y a quelque temps en se disant opposé à l'avant-projet de loi sur la souveraineté, qu'il a qualifié, hier encore, d'« aventure suicidaire ».« Quand on n'est pas sûr des résultats, on ne tente pas une aventure juste parce qu'on a fait une promesse politique », a-t-il ensuite lancé en réponse à un membre de la commission qui lui demandait des précisions.Me Bertrand, dont le nom figf.rc depuis cinq ans sur une liste de candidats à la magistrature à Ottawa ( pour être juge soit à la Cour fédérale, la Cour supérieure ou la Cour d'appel ), se défend d'être devenu fédéraliste.« Je suis toujours membre du PQ », a-t-il déclaré à La Presse après son témoignage.Il s'est aussi attiré quelques huées en parlant de la dette du Québec qu'il évalue à 250 milliards à la fin de 1995.en prenant en compte sa part de la dette canadienne, mettant en doute la capacité des Québécois de l'assumer.Plusieurs des autres interventions sont ensuite apparues comme des rebuffades à Me Bertrand, quand il n'était pas carrément pris à partie, comme par cet avocat, Gilles Grenier, qui a dit que pendant les sept années où il a été associé au criminialiste québécois, l'a entendu répéter constamment : « Il faut que ce moment arrive.» «c Là, le moment arrive, et vous voyez ce qu'il nous fait ! » L'ex-ministre Pierre O'Neill dans le gouvernement de René Lévesque a présenté un mémoire sur l'éthique, intervention qui a eu beaucoup de succès auprès de l'auditoire.Plusieurs de ses phrases chocs ont paru être captées comme si elles venaient river le clou à Me Bertrand.« L'histoire montre qu'un développement économique sain devient réalité quand les gens se prennent en main.C'est ce qu'ont fait les Américains quand ils ont décidé de se libérer de la tutelle britannique », a-t-il dit, ajoutant que l'argument de l'illégalité relativement au droit à la souveraineté « devient ici hors d'ordre et s'apparente à une mesure de diversion ».Deux thèmes développés par Guy Bertrand.M.O'Neill a finalement obtenu une ovation soutenue en concluant : « Ce n'est pas avec du monde peureux et écrasé qu'on fait un pays.Si vous trouvez imposants ceux que vous appelez les grands de ce monde, c'est parce que vous êtes à genoux.Levez-vous donc ! » Le maire L'Allier est intervenu au bon moment en quelques occasions, évitant que la situation ne dégénère lorqu'il y avait menace.Par exemple quand Pierre Roy, l'organisateur d'une récente manifestation devant la résidence du premier ministre, au 1080, rue des Braves, s'est amené au micro avec un petit unifolié rouge et blanc, pour dire son attachement au Canada.M.L'Allier a invité la salle au respect, en rappelant ce que les Québécois avaient ressenti en voyant à la télévision le fleurdelysé piétiné et brûlé, en Ontario.M.Roy, qui distribuait ses petits drapeaux, à l'entrée de la salle, avait prévu de chanter le O Canada, à l'intérieur.Il a changé ses plans, jugeant que plus de retenu valait mieux.Quelque 300 personnes sont demeurées à l'extérieur de la salle jusqu'à la fin.faute dr nlnct* vaux dix jours après les autres.Elle croule déjà sous les demandes d'interventions et les mémoires.L'intérêt était manifeste hier : il a fallu refuser des gens, faute de place.Un diplomate britannique venu d'Ottawa pour la circonstance a dû rester à la porte pour le début des présentations.Des présentations qui ont abordé divers aspects de l'avant-projet de loi sur la souveraineté.Un « Comité des gens de la Culture » a par exemple proposé d'y ajouter que « Le français est la langue officielle et le gouvernement prend toutes les mesures pour l'affirmation de la culture du Québec ».Jacques Parizeau et Bernard Landry ont privilégié une approche économiste, croit Yves Beauchemin.«Sans sa langue et sa culture, le Québec ressemblerait à l'Ontario et le PQ serait une sorte de NPD.Il fallait allumer un feu rouge pour ne pas aller vers une indépendance sans contenu », soutient l'auteur du Matou, qui prépare un nouveau roman pour la rentrée de septembre.Politologue à l'Université de Montréal, Denis Monière a pour sa part estimé que le moment est venu de conclure le long débat constitutionnel.Il propose une question référendaire en deux volets : Voulez-vous appartenir à un peuple distinct ayant la maîtrise complète du pouvoir politique sur le territoire du Québec ou Voulez-vous que le Québec reste une province dans la fédération canadienne ?Le Syndicat des professionnels de la Ville de Montréal, le Conseil central du Montréal Métropolitain et la section Jacques-Viger de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal invitent les Québécois à se donner un pays, tandis que B'nai Brith Canada estime au contraire qu'il n'y a pas de raison valable justifiant la souveraineté.SOS Racisme, pour sa part, souhaite que si le Québec opte pour la souveraineté, celle-ci ne profite pas qu'aux « pure-laine » mais à tous les Québécois, quelque soit leur origine.Parizeau imploré de reporter le référendum PAUL ROY n citoyen de Vaudreuil a imploré hier le premier ministre Jacques Parizeau de « remettre le référendum à plus tard ».Témoignant devant la Commission de la Montérégie sur l'avenir du Québec, qui siégeait hier à Dorion, François Lessard a lancé : « Monsieur Parizeau, vous avez déjà dit : 44La patrie avant le parti.\" Il vous faut maintenant dire : \"La patrie avant l'ardeur de Parizeau.Et à plus tard le référendum, aussi tard que nécessaire pour être sûr de le gagner haut la main\" ».M.Lessard, qui qualifie de « moralement illégitime » le pacte confédératif canadien, estime que, pour remporter le référendum, 60 p.cent des francophones devraient voter OUI.« On est loin du compte, constate-t-il.Et ce n'est pas en quelques mois seulement que l'objectif pourra être atteint.» André Pépin, un autre citoyen qui témoignait hier devant la Commission de la Montérégie, arrive à la même conclusion.« Pourquoi un référendum hâtif monsieur Parizeau ?demande-t-il.Pourquoi ne pas donner à votre équipe le temps de faire un peu ses preuves ?« Nous avons confiance en vous, à vos ministres, à vos députés.Vous travaillez d'ores et déjà à toutes les réformes et améliorations possibles.La confiance et l'appui de tous les secteurs de la population ne peut qu'aller en augmentant au cours de votre mandat actuel.Que la prochaine élection soit référendaire et que les adversaires du Québec soient confondus par une écrasante majorité.» M.Pépin, qui ne semble pas douter du résultat, propose déjà de désigner « citoyens d'honneur » du Québec tous les francophones d'Amérique.Sur la question de la monnaie, M.Pépin propose de « faire le grand saut » : « Pourquoi ne pas opter pour le vrai billet vert qui a cours dans le monde entier ?Je veux dire le dollar américain ».En début de séance, le président du Bloc québécois de Vaudreuil, Mario Turbide.citant différents sondages réalisés depuis l'échec de Meech, avait déploré que « plus on se rapproche de l'échéance finale, plus les Québécois deviennent incohérents ».Ainsi, disait-il, 67 p.cent des Québécois étaient favorables à la souveraineté au moment de la Commission Bé-langer-Campeau ; à l'approche du référendum, ils ne sont plus que 45 p.cent.Charles-André Sauvé, étudiant en droit, a dit croire en la possibilité d'un renouvellement du fédéralisme canadien.Selon lui, c'est la dette fédérale qui aura raison du fédéralisme centralisateur.N'ayant plus d'argent, le gouvernement central ne pourra plus intervenir dans les matières de compétence provinciale.Dès lors, M.Sauvé suggère « que les années de discussions qui grefferaient l'après-souveraineté servent plutôt à régler les problèmes que sont la dégradation de notre environnement, la pauvreté et la restructi ration de l'appareil B2 LA PRESSE.MONTRÉAL, JEUD116 FÉVRIER 1995 ÉDITORIAL Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pluralisme religieux : au-delà du voile Avec sa réflexion sur le pluralisme religieux, la Commission des droits de la personne vient jeter une bouffée de pondération et de rationalité dans un débat hautement volatile.Son document d'une cinquantaine de pages a le mérite de trancher clairement le dilemme du foulard islamique et de sa présence à l'école.Mais ça va plus loin : du coup, la Commission dresse une série de repères pour cheminer à travers la Jungle des conflits culturels à mesure que ceux-ci se multiplieront dans nos institutions publiques en général, et à l'école en particulier.Il s'agit d'un précédent.Jusqu'à ce jour, il n'existait au Québec aucun « guide de l'usager » dans ce domaine.Les enseignants, soldats de première ligne sur le front des collisions culturelles, étaient réduits à improviser dans le noir.Empêtrés dans des principes contradictoires, ils se heurtaient à des problèmes très concrets.Par exemple : comment Justifier l'Interdiction de la casquette si l'on permet aux musulmanes de s'affubler d'un foulard ?C'est à ce type d'interrogations que vient répondre la Commission.Une démarche d'autant plus utile que des cas d'expulsion scolaire pour port du voile ont fait l'objet de plaintes.Sans se prononcer sur ces causes, la Commission vient de tracer les principes à l'Intérieur desquels les Jugements seront prononcés.Ce n'est pas tous les jours que la réflexion sociale précède l'action Judiciaire - et cela mérite d'être souligné.Sur le fond, le document a le mérite de faire voler en éclats une série de clichés sur lesquels le débat du hljab a eu tendance à déraper.Ainsi, la Commission note que la question du foulard islamique se poserait dans des termes à peu près semblables au Québec même si nous parvenions à jeter la confessionnalité scolaire aux orties.Et tant pis pour ceux qui pensent que le « défi de la diversité » serait plus facile à résoudre dans une école laïque.La Commission écarte une autre illusion : celle de l'exégèse.Cela ne donne rien de tenter de fouiller le Coran pour y dénicher des arguments pour ou contre le fichu bout de fichu.Quelle que soit l'interprétation que l'on fait des textes sacrés, cela ne change rien au fait qu'en interdisant spécifiquement le foulard, on se trouve à stigmatiser les musulmans.Enfin, la Commission règle son compte à un troisième cliché : le code vestimentaire, cet argument a été invoqué dans le cas de l'école Louls-RIel, où l'on interdit tout vêtement susceptible de marginaliser les élèves.Or, affirme en gros la Commission, si un attribut religieux constitue un facteur de marginalisation, l'école a le devoir de combattre la réaction de rejet.On ne lutte pas contre l'ostracisme en gommant les différences qui le provoquent.mais en plaidant pour la tolérance.C'est en faisant ainsi le ménage dans le fouillis des argu- ments que la Commission débouche sur un principe fondamental : celui du respect de la volonté individuelle.C'est, finalement, ce principe-clé qui donne toute la cohérence à son analyse.C'est par respect pour la volonté Individuelle des étudiantes qu'il faut les laisser porter le foulard, dit-elle.Mais c'est pour cette même raison que le document recommande la plus stricte vigilance contre les récupérations politiques du hljab.Suggérant que le cas échéant, l'interdiction peut se justifier.La Commission juge enfin que l'école musulmane qui oblige ses professeurs non musulmans à s'habiller selon un code religieux outrepasse ses droits.Là encore, la question de la volonté individuelle se trouve au coeur du problème.Quel sera l'impact de ce chapitre-là du document, c'est une autre histoire, il n'est pas évident que les enseignantes concernées auront le courage de mener une bataille contre leur employeur.Mais au moins, le cas échéant, elles disposeront d'un texte de référence pour fonder leur résistance.Le document de la Commission laisse ouverte la question de fond : jusqu'où une société doit-elle aller pour accommoder les différences ?Et on peut se demander si elle-même ne trace pas la limite trop loin en suggérant d'adapter le calendrier scolaire aux divers rites religieux.Mais sa réflexion n'en démontre pas moins qu'il est possible d'analyser les confrontations culturelles cas par cas, sans partir en peur, sans dogmatisme mais avec cohérence.C'est déjà énorme.Agnès GR'JDA Le ministre Martin et la tentation fiscale Le conseil que le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a entendu le plus souvent, dans la préparation du budget qu'il présentera à la fin du mois, c'est: attaquez-vous énergiquement au déficit, mais ne touchez pas aux impôts.Même les ministres provinciaux des Finances, qui se réunissaient cette semaine à Ottawa, lui ont dit la même chose, parce qu'ils savent qu'on est arrivé à la capacité limite du régime fiscal, et que la seule façon d'empêcher l'explosion du déficit, c'est de contrôler, de façon durable, l'explosion des dépenses.S'il y a un consensus assez large sur la nécessité de ne pas hausser les impôts, il y a désaccord sur le sens réel de ce précepte.Qu'est-ce au juste qu'un budget sans hausses de taxes ?Si Ottawa augmente ses revenus en nettoyant son régime fiscal, en mettant fin aux échappatoires et aux abus, s'agira-t-il de hausses de taxes qu'il faut dénoncer ?Certainement pas.Ce sont ces choix qu'il faut regarder, sans se laisser entraîner dans des débats idéologiques stériles où tentent de nous amener ceux pour qui la guerre aux impôts est en fait une croisade contre les programmes qu'ils permettent de financer, et ceux, encore trop nombreux, dans le monde syndical et néo-démocrate canadien, avec l'appui populiste du Bloc québécois, qui rêvent encore de « faire payer les riches ».Le Canada n'est pas un pays surtaxé.A 37,3 p.cent du PIB, le fardeau fiscal canadien est dans la moyenne des pays du C-7 : plus élevé que celui des USA ou du Japon, mais moins élevé que celui de la France ou de l'Allemagne.C'est normal.Notre rang pour le fardeau fiscal correspond à notre rang pour l'importance des programmes sociaux.Mais si le fardeau fiscal canadien est moyen, le Canada n'a presque plus de Jeu, en raison de son intégration économique aux USA.où le fardeau fiscal n'est que de 30 p.cent.Toute hausse sensible des impôts serait non seulement mal acceptée, mais inefficace, car elle pourrait engendrer des contournements et des pertes de revenus.Si le poids du fardeau fiscal ne pose pas problème, pourquoi ce ras-le-bol ?Parce que ce fardeau a beaucoup augmenté en dix ans, pour passer de 31 à 37 p.cent du PIB.Les contribuables ne trouvent pas qu'ils en ont eu pour leur argent, lis constatent que l'argent qu'on leur enlève est gaspillé, lis ont aussi l'impression de se faire avoir parce que, pendant qu'ils paient, d'autres réussissent à échapper au fisc.Cette colère engendre une crise sociale grave, où l'on remet en cause la pertinence des dépenses de l'État et la légitimité du système fiscal.D'où la tentation de vouloir faire payer les riches.C'est là un faux problème.Les contribuables dont les revenus sont supérieurs à 50 000$ par année comptent pour 10,5 pour cent de l'ensemble ; ils gagnent 33 p.cent des revenus : et ils paient la moitié de tout l'impôt sur le revenu.Il n'y a ni injustice à corriger de ce côté, ni argent à aller chercher.L'image d'injustice que projette notre régime fiscal ne tient pas à son absence de progressivité, mais à son inégalité.A revenu égal, les citoyens ne sont pas traités également.Par exemple en raison des avantages dont jouissent les travailleurs autonomes ; ou encore grâce à des abris fiscaux dont l'utilité économique n'a Jamais été démontrée.Parce que des secteurs industriels profitent d'avantages difficilement explicables, comme les banques qui ont profité de crédits d'impôt à la recherche.Un tel nettoyage permettrait au fédéral d'augmenter ses recettes.Mais plus important encore, Ottawa enverrait ainsi des messages nécessaires pour rétablir confiance et redonner à sa démarche financière la légitimité dont elle a besoin.Sur le simple plan de la justice sociale, il est assez évident que les compressions frapperont davantage les citoyens plus démunis.La limitation des avantages fiscaux, qui frappe les plus riches, permet de rééquilibrer cette distorsion et de mieux répartir les efforts exigés de chacun.Le problème du déficit, nous l'avons souvent écrit, est essentiellement politique, si les finances publiques sont en crise, c'est parce que les gouvernements n'ont pas réussi à faire accepter à leurs électeurs des mesures pourtant nécessaires.La seule façon d'y arriver, c'est que la lutte au déficit soit perçue comme Juste et équilibrée.Sans cette légitimité, la réduction du déficit n'est pas possible.Ceux que la crise financière Inquiète le plus, surtout présents dans le monde des affaires, doivent être logiques avec eux-mêmes et accepter ce coût social et politique de la lutte au déficit.Les Canadiens ne sont pas trop taxés, mais ils sont mal taxés.Si le ministre Martin met fin aux inégalités et aux incohérences d'un régime fiscal plein de trous, il aura derrière lui une grande partie de la population.Mais s'il profite de la crise pour augmenter les impôts, il courra à l'échec budgétaire et il entraînera son gouvernement vers un échec politique.Alain DUBUC .y m ,,.t.¦¦->> «i**:îft«œ*> I m
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