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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-03-05, Collections de BAnQ.

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[" 5 mars ivres Opinions Arts et spectacles Personnalité de la semaine RETOUR EN URSS François Furet et la grande illusion page B4 Une centaine de romans, 550 rééditions depuis 1 983.Dans cet univers où régnent la flatterie, la jalousie et les complots, Aélys se sent perdue.Mais, courageuse et fière, elle ose tenir tête à cet époux tyrannique.Et dans les yeux du prince, elle surprend parfois une lueur indéfinissable, une étrange douceur.Inconsciente du terrible danger qui la menace, Aélys va partir à la recherche de la vérité: Lothaire est-il vraiment cet être sans pitié, incapable d'aimer?Quelle est cette mystérieuse silhouette entrevue dans le château des Tristes Dames?Imprudente, innocente Aélys, qui croit faire triompher la justice, tandis que dans l'ombre le piège se resserre.< L'orgueil dompté», DELLY l'histoire d ILLUSTRATION : NUIT BLANCHE ÉDITEUR DOMINIQUE PAUPARDIN collaboration spéciale ¦ Bien sûr, il y a Shakespeare, Stendhal, Musset, Fromentin.Ces grands maîtres de la littérature ont merveilleusement bien décrit les amours impossibles, blessés, trahis, la passion qui élève l'âme vers Dieu, le désir obsessionnel ou les joies d'une union parfaite.Mais il y a aussi Delly.Sans faire de bruit dans les cénacles intellectuels, cette auteure de romans d'amour du début du siècle a fait rêver des générations de lectrices avides d'émotions fortes et de romantisme.Elle reste pourtant une des figures les plus énigmatiques de la littérature.Son identité est incertaine et son oeuvre fort imposante a toujours été ignorée, voire méprisée par l'intelligentsia.Dans son mémoire de maîtrise consacré à Delly, Madeleine Sensique fait judicieusement remarquer: « L'autcure la plus lue en France au XXe siècle n'a pas encore d'histoire: une centaine de romans, des chiffres de vente à faire rêver tout éditeur, un succès qui ne se dément pas depuis 1903.tout cela n'a pas réussi à briser le silence dont la critique entoure Delly.» Si vous croyez que ces romans écrits au début du siècle sont «vieux jeu», anciens» et que plus personne ne s'y intéresse, détrompez-vous: en 1992, on recensait 549 rééditions des oeuvres de Delly! Dans un article paru dans le quotidien parisien France-Soir en 1973 et intitulé Delly, best-seller du rêve à bon marché depuis cinquante ans, le journaliste (ean-CIaude Lamy mentionne que 500000 exemplaires de chacun de ses romans se auteure sans histoire vendent à travers le monde.Selon lui, ils continuent à «faire le délice de la midinette qui ne manquera pas de verser une larme sur la dernière page tournée du Violon tzigane et de hfitsi».D'après Julia Bettinotti, la spécialiste tous azimuts du roman sentimental, «la lectrice veut s'identifier à une héroïne forte, intelligente et indépendante.Malgré les limites imposées par l'époque, elle retrouve cela dans les romans de Delly.Ces livres ont traversé les époques et ils circulent toujours».Des livres que l'on conserve En effet, les romans de Delly \u2014 introuvables en librairie\u2014 sont encore en demande dans certaines librairies d'occasion ou dans les bibliothèques.Au Colisée du livre, par exemple, une vendeuse affirme: «C'est assez populaire.Quand il y en a un en magasin, il ne reste pas longtemps sur les tablettes.» Même son de cloche au Paradis du livre de Verdun*: «f'en ai vendu deux la semaine passée», raconte le préposé.«Souvent» nous les vendons à une dame qui les cherche depuis longtemps.Quand elle les trouve, elle les achète tous!» Avis aux intéressés et aux coureurs d'aubaines: les best-sellers de Delly sont très difficiles à trouver sur le marché car, selon (ulia Bettinotti, «les gens qui possèdent son oeuvre ne s'en départissent pas.» À la bibliothèque d'Ahuntsic (où la clientèle est en général cultivée et aisée), la bibliothécaire confirme cette popularité: «Le terminal indique que nous possédons dix titres de Delly mais tue neuf d'entre eux sont empruntés».Ile ajoute: «Celui qui reste sur les rayons, La villa des serpents, était si usé qu'on a dû le rafistoler.11 a été tellement emprunté qu'on n'arrive plus à distinguer l'image du couple sur la couverture!» Chez Gallimard, un libraire raconte qu'il a déjà commandé des livres de Delly «pour une cliente qui voulait faire un cadeau à sa fille.» Et chez le distributeur, Québec-Livres, «on reçoit à l'occasion des commandes pour les livres de Delly.Elles viennent surtout des régions».Fleur du foyer, fleur du cloître.« Littérature de gare, lectures de midinettes, romans pour illettrés, feuilletons pour dactylos.sont accusés de ne contenir que sottises et guimauve», remarque Nicole Robinc, une des collaboratrices d'un très sérieux ouvrage collectif consacré à l'étude de l'oeuvre et de la vie de Delly, Guimauve et fleurs d'oranger, Delly.Dirigé par |ulia Bettinnotti et Pascale Noizet, ce recueil propose six textes écrits par des chercheurs du Québec et de la France qui ont participé au premier colloque international sur la littérature sentimentale tenu à Limoges en 1989.11 offre également une bibliographie étalée sur une quarantaine de pages qui tient compte des diverses rééditions des oeuvres de Delly, de 1903 à 1986.Cette infatigable auteure a écrit 90 romans et la simple lecture de ses titres est déjà tout un programme: Une femme supérieure; Fleur du foyer, fleur du cloître; Saintc-Ni touche; La jeune fille emmurée; Esc lave.ou reine?.L'ouvrage collectif donne à lire: \u2022 «La lecture de Delly suscite l'accoutumance», souligne Denis Saint-Jacques dans son amusant avant-propos.Même si l'histoire ne dit pas si ce chercheur au CREL1Q est lui-même un amateur de ces livres, il démontre par A plus B comment il est facile de le devenir; \u2022 pour sa part, Nicole Robine se demande pourquoi un thème et une forme romanesques qui touchent des millions de lecteurs ont-ils été boudés par les institutions littéraires.Elle trace aussi le portrait d'un type de lectrices privilégié de Delly: les travailleuses; \u2022 Madeleine Chambaud s'interroge, quant a elle, sur la véritable identité de Delly.Ce pseudonyme est-il vraiment celui de Marie Petitlean de la Rosière, une dame bien sous tous les aspects qui aurait consacré sa vie à l'édification d'une oeuvre hautement morale?En effet, ses romans, probablement publiés en collaboration avec son frère Frédéric, se rapprochent des guides de bonne conduite à l'usage des jeunes filles pures et chastes ; \u2022 Pascale Noizet propose un texte plus aride.Elle y fait l'analyse de l'organisation structurelle de l'intrigue et de ses déterminants idéologiques.Respirez un grand coup: «Hormis les variables discursives, les récits dellyens visent à configurer une taxionomie motifémique qui correspond, au moins, à trois types narratifs».Ce qu'on entend ici par «types narratifs» représente en quelque sorte les scénarios, les différentes étapes de l'histoire.On retrouve cinq types narratifs dans le roman d'amour populaire, à savoir: la rencontre, la confrontation polémique, la séduction, la révélation de l'amour, le mariage; mais c'est beaucoup plus compliqué que cela, lisez la communication de Madame Noizet pour vous en convaincre.SUITE À LA PAGE B 4 BANQUE NATIONALE présente V ¦ Mil ii «__ , 30 et 31 mars à 20h Cl: WTVB SPKlâ Billets en vente au Forum de Montréal, au Spectrum.aux comptoirs Admission et au 790-1245 1+frais) B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 1995 \u2022 r OPINIONS Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef A votre tour Jm boîte aux lettres Les Évangiles, entre \\ \\ Pour mourir dignement science et foi.JEAN-PAUL MICHAUD L'auteur, attaché à l'Université Saint-Paul, réagit ici à l'opinion du professeur de philosophie Pierre Desjardins, publiée dans La Presse du 12 février.A trangement, en ce temps où les H églises ne sont plus tout à fait pleines, le personnage de Jésus, Lui, continue de passionner l'opinion publique.En témoignent aussi bien les nombreuses publications récentes que l'écho et l'amplification journalistiques qu'elles reçoivent.Certains s'inquiètent des prétendues révélations qu'on claironne et qui bouleverseraient les fondements de la foi chrétienne ; d'autres, au contraire, sembleraient s'en réjouir et répercutent les rumeurs, en y ajoutant leurs propres insinuations.C'est le cas de Pierre Desjardins, qui serait professeur de philosophie au Collège Montmorency et qui semble penser que «,1a vie de Jésus, telle que racontée encore par l'Eglise » tiendrait davantage « du conte de fées que de la réalité scientifique ».\u2022 .On peut être professeur de philosophie et ne pas être spécialiste des Évangiles ni des problèmes que soulèvent ces textes qui ont plus de 1900 ans d'existence.Mais si on se permet d'écrire à leur propos \u2014 et dans \u2022quelle intention ?\u2014 il serait normal, surtout quand on est professeur, de s'informer quelque peu et d'essayer de voir ce que pensent, non pas seulement les Eglises qu'on soupçonnerait ici de manquer d'objectivité, mais surtout la communauté scientifique qui s'occupe de ces choses En fréquentant quelque peu les bibliothèques spécialisées, même un non-spécialiste pourrait apprendre que les évangiles ne sont pas des livres d'histoire au sens moderne du mot et ne se sont jamais présentés comme tels.Ce sont des textes interprétés, des textes partisans, des témoignages de foi, écrits par des gens qui avaient vécu avec Jésus jusqu'à sa mort et qui affirmaient maintenant que ce Jésus, qui avait été mort, était a nouveau vivant.Et vivant, non pas d'une vie qui pourrait retourner à la mort, comme celle d'un Lazare en sursis, mais d'une vie désormais sans mort, de la vie éternelle.Quand * l'historien se penche sur ces textes en historien, c'est-à-dire en scientifique faisant abstraction aussi bien de sa foi que de sa non-foi, il découvre dans les documents à sa disposition ( l'histoire se fait uniquement à partir de documents.) deux « faits his-.toriques » que personne ne conteste plus.Premièrement que Jésus est bien mort, crucifié par les Romains.Deuxièmement, que certains de ceux et celles qui avaient été avec lui ont prétendu par la suite qu'il n'était plus mort.Quant à préciser ce qui s'est passé entre la mort de Jésus ( fait historique vérifiable ) et la prédication des premiers disciples ( autre fait historique vérifiable d'où est née l'Église ), le lien entre les deux, ce n'est plus à l'historien de le faire.Cela échappe à ses prises.L'expérience que les premiers disciples ont exprimée en termes de résurrection ou d'exaltation dans la gloire de Dieu relève, en effet, de la foi.Et c'est sous l'éclairage de cette foi en la Résurrection que les évangiles ont été écrits, qu'ils sont nés et ont été transmis dans l'Église, qu'ils sont encore aujourd'hui proclamés dans les églises chrétiennes.11 suffit de les lire \u2014 mais encore faut-il le faire ! \u2014 pour s'apercevoir qu'ils s'évertuent à nous dire que le Jésus qu'ils présentent est un Jésus interprété, compris à la lumière de la Résurrection.Ce qui ne veut pas dire « inventé » ou créé de toutes pièces.Car c'est bien la vie et la mort du Jésus d'avant Pâques qu'ils racontent, mais pour en dire le sens à la lumière de l'expérience pascale.Et en se servant aussi, pour dire ce sens, des textes de l'Ancien Testament, cette Écriture qui était à leur disposition et où tous les croyants d'Israël cherchaient quotidiennement le dessein de Dieu sur eux et sur ce qui leur arrivait.Ce qui n'a rien à voir avec les prétendus « élans littéraires » auxquels, selon M.Desjardins, se seraient abandonnés les écrivains de l'époque ! Les évangiles ne sont donc pas des « vies de Jésus », mais des témoignages de foi.Loin de le cacher, ils l'affirment en toutes lettres, comme on peut le vérifier en lisant, par exemple, la finale de l'évangile de Jean, en 20, 30-31.Malgré tout, il reste légitime \u2014 et c'est même, en un sens, exigé par la foi chrétienne qui est liée au mystère de l'Incarnation, c'est-à-dire au mystère de la venue de Dieu en humanité \u2014 d'essayer, à partir de ces textes de foi, de rejoindre le Jésus qui a réellement vécu, en chair et en os, entre - 6 avant notre ère ( avant Jésus-Christ, donc ! ) et 30 de notre ère.Comme homme, en effet, Jésus appartient à l'histoire humaine, il n'est pas un personnage d'Église ! Il est, à ce niveau, comme aurait dit Péguy, « passible des historiens » ! Mais, quand on sait le petit nombre de documents non chrétiens qui parlent de Jésus ( un passage sans doute de l'historien juif Josèphe, et les témoignages indirects des historiens romains Tacite et Suétone ), | - ainsi que le note justement M.Des- 1 I Jésus est bien mort, crucifié par les Romains.jardins, on devine la difficulté de toute vérification historique des détails de la vie de Jésus.On le fera donc avec la modestie que connaissent les gens du métier, qui ne craignent pas d'affirmer, malgré parfois l'immensité vertigineuse de leur culture, que l'histoire qu'ils écrivent n'est pas autre chose qu'un construit scientifique, une reconstruction hypothétique fragmentaire.« Nous ne saurons jamais de ce passé, disait l'historien H.I.Marron, tout ce qu'il a été ni même tout ce que nous sommes capables de désirer en savoir » ( De la connaissance historique , ch.3 ).Cette modestie est le fruit, paradoxalement, de la vraie connaissance ! C'est pourquoi, quand on lit des textes prétentieux du type : « le premier exposé complet de ce que Jésus était, de ce qu'il a fait, de ce qu'il a dit » \u2014 fussent-ils, comme celui-ci, de John Dominic Crossan \u2014 on est en droit de soupçonner que ce n'est plus la « pure science » qui fait parler, mais que d'autres motivations interviennent secrètement.En tout état de choses, si l'on voulait ( on peut vraiment le souhaiter ! ) se situer à un niveau scientifique, il faudrait, à côté des ouvrages de John Dominic Crossan, lire aussi les auteurs qui le contestent et présentent une autre vue des choses, en particulier les deux volumes de l'ouvrage tout récent de John P.Meier, A.Marginal few.Rethinking tfte Histori-cal Jésus ( Doubleday, 1991, 1994).Il faudrait d'ailleurs commencer, tout bonnement, par lire le texte même de Crossan et non seulement les articles qui en parlent ( comme celui de Stéphane Baillargeon dans LActualité de janvier 1995 ).On verrait alors \u2014 même sans comparer entre eux les textes grecs ! \u2014 que les 522 citations attribuées à Jésus se trouvent bien dans les évangiles, et non seulement les 180 que Crossan croit pouvoir retenir comme authentiques, parce que ces dernières sont attribuées à Jésus plus d'une fois ( voir J.D.Crossan, The Historical Jésus , 1992, p.434 ) ! Quant aux insinuations de Pierre Desjardins touchant le manque d'« objectivité de l'Église », elles relèvent, au-delà des textes, de préoccupations qu'il ne m'appartient pas de commenter.Je note seulement que ce « manque d'objectivité » porterait surtout, selon lui, sur la question de la sexualité de Jésus.Si les évangiles parlent en effet des relations de Jésus avec les hommes et les femmes de son entourage, ils ne disent rien, malgré ce que nous pourrions désirer en savoir ( cf.Marrou ), de son vécu sexuel.Être objectif, c'est s'en tenir ici aux évangiles, autrement on ne peut qu'« imaginer », qu'inventer.Curieusement, après avoir réclamé l'objectivité, M.Desjardins, reproche à l'Eglise de manquer ici « d'imagination sur une question aussi fondamentale.» ! Objectivité ou imagina-.tion ?Il faudrait peut-être choisir.Il reste que les découvertes archéologiques ainsi que les nouvelles recherches historiques, en particulier celles de type sociologique, ouvrent actuellement, sur l'époque de Jésus, des aperçus nouveaux.Il se peut que ces recherches nous obligent à corriger certaines images que les prétendues «c vies de Jésus » avaient rendues populaires et qui flottent toujours dans l'imaginaire chrétien.Mais en être troublé et découvrir tout d'un coup que les évangiles « n'ont en fait jamais eu comme souci de raconter avec précision les gestes et paroles de Jésus », c'est montrer qu'on est fort peu au courant des recherches « scientifiques » qui se poursuivent sur les textes évangéliques depuis plus de 200 ans ! 1.Et il ne suffit pas d'évoquer ou d'avoir lu, peut-être, le livre de « l'allemand Rudolf Augs-tein ».Jésus Fils de l'homme, 1975, qui est une entreprise de destruction systématique pleine d'Agressivité sarcastique, pour le savoir.I Docteur Joseph Ayoub, ¦ Dans votre article La souffrance et l'euthanasie du 26 février 95, vous soulignez avec énergie tout le travail qu'il se fait pour le contrôle de la douleur chez les mourants atteints du cancer.Cela est fort louable.Il est cependant illusoire de croire et de laisser croire que le contrôle de la douleur va éliminer les demandes volontaires d'interruption de l'agonie.En Hollande, c'est la perte de dignité qui est le facteur le plus signifi- catif lors d'une demande volontaire d'euthanasie médicalement assistée : 61 p.cent le mentionnent.Suit le deuxième facteur, celui de mourir de façon indigne ( 47 p.cent ).Et enfin, en troisième lieu, la douleur est désignée par 43 p.cent des gens.Mourir, c'est beaucoup plus qu'une maladie ou une douleur à contrôler.Mourir, c'est un moment de vie d'une personne digne, fière et libre.Accompagner une personne en fin de vie, c'est plus qu'une technique, hautement puissante soit-elle.C'est surtout un agir plein de compassion, \u2022 de solidarité et de respect absolu de la \u2022\u2022 dignité, de la fierté et de la liberté de la personne qui meurt.Développer les soins palliatifs, bien ; sûr ! Mais avec modération.Ce qu'il faut surtout développer, c'est la res-' ponsabilisation de la personne mourante en l'informant de ses droits et de ses libertés et en faisant tout pour * qu'ils soient exercés et respectés.Yvdn BUREAU : Québec > i Ces chiens qui attaquent.Monsieur Foglia, ¦ Décidément, je n'arrive pas à comprendre votre attitude.Quand un chien bouscule votre fiancée, quand un chien vous empêche de jouir de votre jogging sur un chemin public, quand ce chien récidive depuis plusieurs mois et quand ce chien, finalement attaché, vous remplit de remords, alors il s'agit ou bien d'une sensiblerie bébête ou d'un jugement défaillant.Mais comment peut-on être si dur envers les humains et si sensible envers les animaux ?Je fais du vélo à la campagne et je connais bien cette plaie que sont les chiens de ferme qui vous attaquent, non pas sur leur territoire mais sur la route.À défaut de pouvoir éduquer tous les propriétaires de chiens, je préférerais les voir attachés plutôt que de finir à l'hôpital à la suite d'une mauvaise chute.Dans la vie, il faut savoir choisir le moins pire à défaut du mieux.Jacques NORMAND Brossard * i \u2022 * Les chiens de ferme qui attaquent sont une plaie pour les cyclistes.Claude Hébert a bien servi la société ¦ J'apprends tardivement le décès de Claude Hébert qui fut responsable des initiatives scolaires en milieux défavorisés, d'abord à la Commission des écoles catholiques de Montréal, puis au Conseil scolaire de Montréal.Claude Hébert était tout à la fois un honnête homme et un fonctionnaire honnête.L'expression anglaise lui seyait bien : il a servi la société civile en se montrant soucieux de promouvoir la fonction égalisatrice de l'école.Intègre, cet homme avait choisi de servir les pauvres plutôt que de servir sa carrière.Claude Hébert croyait à l'égalité des chances en éducation.Pendant des années, avec constance et détermination, il a cherché à ce que l'école montréalaise soit plus équitable.Lucide, il a admis l'échec relatif des efforts auxquels il avait été associé.Il était personnellement désolé du manque de conscience sociale caractérisant trop d'enseignants, de gestionnaires scolaires et de politiciens.D'une façon plus fondamentale, il constatait que la société québécoise manifestait de plus en plus un manque de solidarité à l'endroit des défavorisés et que l'école publique, tout particulièrement à Montréal, contribuait à accentuer le clivage social entre ceux qui sont instruits et bien nantis et ceux qui, de génération en génération, sont faiblement éduqués et socialement marginalisés ou exploités.Claude Hébert a bien servi la société.Le plus bel hommage qu'on pourrait lui rendre serait de réviser radicalement les politiques éducatives dans les milieux populaires.Serge WAGNER professeur, UQAM // faut rendre accessibles à tous les services à la petite enfance ¦ Il est de la responsabilité de la société d'assurer aux enfants la possibilité de se développer en contact avec leurs pairs dans un cadre stimulant et sécuritaire qui permette aux parents de vaquer à leurs occupations l'esprit tranquille.Le réseau de garderies actuel ne répond qu'à 20 p.cent des besoins, en plus d'être très onéreux pour la classe moyenne.En effet, il faut être pauvre ou relativement riche pour pouvoir se payer la garderie, ce qui réduit sensiblement l'accès aux services.Mon travail en garderie depuis 15 ans m'a permis de constater la nécessité d'une certaine continuité et d'un minimum de cohérence dans l'élaboration et l'encadrement des services à la petite enfance.Les garderies ont besoin de soutien pour se développer, plus que de simples normes de sécurité ou d'espace vital.Elles ont besoin de locaux convenables, d'outils pédagogiques, de services administratifs, de normes minimales pour l'encadrement pédagogique, et ce, afin d'éliminer certains « parking » où les enfants sont laissés à eux-mêmes.Jusqu'à maintenant, ce que certaines garderies ont réussi à faire tient du miracle et repose souvent sur l'exploitation de leur personnel, mais visiblement cela ne suffit pas.La volonté de construire une structure indépendante de ce qui existe déjà constitue un frein important au développement du réseau.Faute de moyens suffisants, les garderies doivent transférer les coûts aux familles.De son côté, le réseau de l'éducation possède toute l'infrastructure nécessaire pour fournir des locaux, un soutien pédagogique et administratif.Il faut absolument s'en servir, ren- Les services à la petite enfance exigent un minimum de continuité.tabiliser ce qui est déjà en place et déjà payé.Bien sûr, les garderies doivent conserver leurs acquis ( ratio, autonomie, etc.).Il n'est pas question non plus de scolariser les enfants plus tôt.L'apprentissage durant la petite enfance se fait par le jeu, nous le savons tous.Les services éducatifs à la petite enfance sont des services essentiels, tous en conviennent.Il faut nous donner les moyens de les rendre accessibles à tous.Serge BLAIS coordonnateur, Garderie Rosemonde Quand les immigrants insistent pour vivre selon les coutumes du pays qu'ils ont quitté ¦ J'ai hésité longtemps avant de vous écrire : le sujet est délicat.Mais étant donné que j'aime beaucoup le Canada, mon pays d'adoption, je n'ai pas pu résister à la tentation.Je suis femme, immigrante et citoyenne canadienne.Je suis employée d'une compagnie canadienne qui travaille dans les pays du tiers monde.Mon emploi m'amène à visiter plusieurs pays et je dois, avant de partir à l'étranger m'engager à respecter les lois et coutumes de chaque pays.Ainsi pour participer aux réunions aux Iles Maldives, j'ai dû porter une blouse attachée au cou, avec manches longues, et une jupe en bas des genoux *j j'ai également dû m'asseoir avec les femmes, à l'écart des hommes.Au Sénégal, dans la ville de Touba, il est interdit de fumer ou de consommer de l'alcool ; je m'en suis abstenu ; pour entrer dans la mosquée, j'ai dû enlever mes souliers, malgré la propreté douteuse des planchers.Chaque fois, j'ai dû respecter ces coutumes, faute de quoi, j'aurais subi les foudres des autorités locales.Je suis toujours surprise de voir certains immigrants vouloir bénéficier de tous les avantages que leur offre le Canada, tout en Insistant pour vivre selon les lois et coutumes du pays qu'ils ont quitte.Ils favorisent eux-mêmes la discrimination en exigeant un statut spécial.(| Comme on le met dans mes contrats, le gouvernement canadien devrait mettre comme condition à ton-.t(e) immigrant(e), avant de* l'accepter, qu'il s'engage à respecter les lois et coutumes du Canada.Ainsi, celui qui refuse de modifier\"\"** ses façons de vivre, demeure dans;^ son pays d'origine.f y i Celui qui veut changer de pays et?* venir vivre au Canada, quel que soitT*; son motif, garderait toujours un pé- ; * tit coin de son coeur pour son pays ï | d'origine, mais ne dérangerait per- ¦ sonne.Beatriz-Ceiina MFJIA Montréal LA PRESSE.MONTREAL, DIMANCHE 5 MARS 1995 B 3 LIVRES Michel Brûlé, l'«Intouchable» d'Hélène Jutras se veut le porte-voix de la Génération X MARTINE TURINNE collaboration spéciale ¦ Connaissez-vous Alain Monta m bault?Son éditeur dit de lui qu'il est le plus grand écrivain québécois.Son éditeur?Il s'appelle Michel Brûlé, se dit amnésique, sous écoute électronique, poursuivi par la CIA et la GRC.Et il est très content de son premier grand coup dans le monde littéraire: la publication du Québec me tue d'Hélène Jutras, best-seller catégorie essai québécois.Michel Brûlé a 30 ans.Il a fondé Les Éditions des Intouchables il y a un an et demi pour publier ses propres livres, d'abord, et puis ceux des «jeunes» qui se butent aux portes des grosses maisons d'Éditions.H se veut en quelque sorte le porte-parole de cette génération dite «X», «endettée-sans grand avenir-désabusée».Il en est lui-même le digne réprésentant, dit-il: plusieurs diplômes, dont une maitrise et une scolarité de doctorat, et peu d'emplois, sinon quelques charges de cours qui ne résolvent guère les problèmes fondamentaux que sont manger et se loger.| Il se dit d'abord écrivain, un écrivain longtemps sans lecteurs.j C'est donc pour remédier à cet- \\ ni te insoutenable situation qu'il a édité ses oeuvres.Ainsi sont nées les Éditions des Intouchables.Dont lé catalogue comprend pas moins de sept livres (dont trois collectifs) de son fondateur, publiés en moins de deux ans! N'est-pas un peu trop?Michel Brûlé l'avoue candidement : il voulait se rendre au chiffre magique de seize publications, ce qui va lui permettre d'être éligible aux subventions du Conseil des arts.Qualité inégale Parmi ses oeuvres publiées, Michel Brûlé a connu une certaine notoriété avec Le Manifeste des Intouchables, qu'il a écoulé à 3500 exemplaires.Il a fait le tour des bars de Montréal, a rencontré «100000 personnes» et a commencé à se bâtir une réputation.Ses critiques virulentes et haineuses de notre système lui ont même valu quelques invitations médiatiques \u2014 forcément \u2014, dont une à la table de Télé-Service, émission dont les chroniqueurs, avait-il écrit, étaient «bourgeois, conformistes et ennuyeux».Mais dans sa deuxième édition, en cour de réimpression.Brûlé a éliminé ce passage! Le succès ramolit-il?«Quand on devient une personnalité publique, dit-il.on doit faire attention à ce qu'on dit.On est dépendant des médias, le veux que mon message passe dans la société.» Contestataire, Michel Brûlé respecte toutefois les normes de la société.Mais respecte-t-il celles de l'édition?Les livres publiés par Les Éditions des Intouchables sont de qualité, disons, inégale.Il y a dans les pages et sur les couvertures de livres quelques délires paranoïaques (avec de l'an tiain cri -canisme primaire et une contestation crypto-adolescente), ainsi que quelques fabulations qui seraient pittoresques si elles n'étaient si ridicules: ainsi, sa présentation d'Alain Montambault (stade littéraire: pipi, caca, zizi), lequel devient sous sa plume, outre le meilleur écrivain québécois, un Bukowski et un Bur-roughs.Ou cet Amant de brume, de Lynda Fredette, qui «nous entraîne dans le couloir tortueux menant aux miroirs sales de notre propre solitude.» Erreur de «jeunesse»?Peut-être.Mais Michel Brûlé ne veut surtout pas n'être qu'un feu de paille.11 a fait quelques bons coups: Hélène lut ras et un extrait du dernier Mistral.Mais maintenant que le chiffre 16 a été atteint, peut-être devrait-il s'asseoir pour lire les manuscrits qu'on lui présente.f » » » » î i \\ » » 4 % Parmi ses oeuvres publiées, Michel Brûlé a connu une certaine notoriété avec « Le Manifeste des Intouchables», qu'il a écoulé à 3500 exemplaires.L'enfer comme si vous y étiez KÉCINALP MAWTEt_ i » ¦ Ce n'est peut-être pas le roman de l'année, ni même du mois ou de la semaine, mais il y a dans l'Enfer comme mode de vie quelque chose de bien sympathique: la dénonciation, par un nouvel écrivain, de l'enfer climatisé que sont devenues les grandes villes.M.François Patenaude est probablement très jeune, ce qui n'est pas un défaut, et en lisant sa charge contre les bourgeois de banlieue je songeais, souriant dans ma barbe, qu'un jour peut-être, comme ses personnages, il sera coincé dans un énorme bouchon sur l'un ou l'autre des ponts qui mènent à la rive sud du Saint-Laurent.L'enfer, ce n'est pas que les autres.C'est l'esclavage professionnel auquel on consent, c'est la miniaturisation du désir, c'est le refus de changer la vie.Enfer qu'on croit quitter quand il est cinq heures et qu'on va retrouver bo-bonne dans le bungalow, ou sa maîtresse au motel, ou ses amis au bar, en attendant que tout recommence jusqu'à la fin des temps.En imaginant une situation où tous les ponts sont fermés, pour des raisons diverses \u2014occupation amérindienne, explosion d'un camion-citerne, tentative de suicide\u2014, M.Patenaude a réussi à créer un authentique climat de cauchemar, du genre à faire éclater le mince vernis de civilisation qui accompagne complet et cravate.Les victimes du bouchon se déchaînent, révélant brutalement ce que la vie en enfer leur a bien appris à cacher : grossièreté, vénalité et, surtout, insondable bêtise.Tout se déroule à un train.d'enfer.On aurait peine à suivre, si on n'était souvent ralenti dans sa lecture par de bien grosses naïvetés, une ponctuation fantaisiste et plusieurs fautes d'orthographe.Les Éditions des Intouchables seraient bien inspirées de s'attarder la prochaine fois à ces petites contingences bien bourgeoises.L'enfer COMME MODE OE VIE.François Patenaude.Edition des Intouchables.Montréal.1995.132 pages.Une première : un Salon du livre américain s'ouvre à Cuba Des « pots-de-vin » pour inciter les jeunes à la lecture! Reuter Agence France Presse LA HAVANE ¦ Les éditeurs américains ont ouvert cette semaine un salon du livre à La Havane, une première sur les terres de Fidel Castro.Cette manifestation extraordinaire, qui a été inaugurée en début de semaine enprésence du ministre cubain de la Culture, Armando Hart, est organisée à l'initiative de l'Association des éditeurs américains, de l'Institut cubain du livre et de la Chambre cubaine du livre.Au total, 38 éditeurs américains présentent plus de 6000 ouvrages, allant du manuel de gestion au roman à l'eau de rose en passant par toute la gamme des types de publications.Les ventes de biens culturels tels que les livres sont exclues de l'embargo économique imposé par les États-Unis à Cuba, embargo devenu fortement contesté au moment où Cuba vit de très grandes difficultés économiques après l'écroulement de son principal partenaire économique, l'URSS.WASHINGTON ¦ Le «Speaker» républicain de la Chambre des Représentants Newt Gingrich a encouragé, cette semaine, les enfants d'une école d'un quartier défavorisé de Washington à lire en leur offrant deux dollars par livre terminé.Cette proposition a été accueillie avec enthousiasme par les élèves de l'école primaire Lucy El-len Moten, proche du Capitole, située dans un quartier ravagé par la criminalité et le trafic de drogue.M.Gingrich a remis à cette école des centaines de livres, donnés par une organisation caritative, qui compléteront les quelques ouvrages de la bibliothèque endommagés par des fuites dans la toiture.Il a encouragé les enfants à lire «pour grandir et vivre bien ».Les enseignants se sont montrés favorables à cette idée, soulignant que le «problème était de motiver les enfants».MARCEL PAGNOL et LE CINEMA célèbrent leur 100e anniversaire! soleil imaginaire.réalité.Découvrez l'un des plus grands de ci nom a! DISPONIBLES À LA B0ÏTE NOIRE am IjJJ-fg*; fggffg^Qc H2J.2L1 M et dans les librairies spécialisées noiri 1514)287-1249 vtfon film .Pauline Harvey et Danielle Roger Elles pensent, elles chantent et elles rêvent bien éveillées REGINALD MARTEL ¦ On s'attendrait que la réunion de deux écritures magiques, celles de Mmes Pauline Harvey et Danielle Roger, produisent une magie tierce.Le résultat est tout autre et on cherchera en vain, dans le livre qu'elles signent, le merveilleux dans lequel baignent les romans de la première ou la poésie du quotidien qui imprègne les récits de la seconde.Les Lettres de deux chanteuses exotiques (qui sera disponible en librairie mardi) font oeuvre sui generis, encore que le procédé, un simple échange de lettres, soit assez conventionnel.La fiction espérée, qui serait faite de légèreté grave, semble déroutée, soumise presque à une contrainte dialectique.Voilà en conséquence une correspondance qui tient beaucoup de Fessai et où se lisent, plus que les idiosyncrasies des personnages, leurs idées.Rien n'est perdu pour autant, puisque les auteurs poursuivent dans cette oeuvre commune une réflexion, déjà amorcée, qui ne doit rien aux orientations et usages de féminismes parfois plus réducteurs.Réflexion sur la condition féminine, conçue non pas selon un rapport de domination subie et à combattre, mais selon une complémentarité dont personne ne doit être la dupe obligée.Les deux chanteu- ses ne disent pas les choses de façon aussi synthétique.Elles témoignent seulement de leurs expériences personnelles, et il est clair qu'elles ont chacune préalablement conquis une liberté qui ne leur pèse pas du tout.Situation exotique en effet, à laquelle ont peu accès les femmes dont l'existence est principalement définie par les contraintes du travail ou du mariage.L'échange de lettres entre les chanteuses exotiques naît de la découverte de leur amitié.Il durera de septembre à novembre 1994.Les lettres s'ajoutent aux rencontres, puisque les deux femmes habitent la même ville et se voient souvent.Les lecteurs n'apprendront pas grand-chose sur l'art qu'elles pratiquent, sinon qu'on peut chanter en allemand, en russe ou en espagnol sans connaître ces langues.Petite liberté que celle-là.du genre de celles qu'on prend, mais il en est d'autres, déjà prises et bien assimilées, contre lesquelles la pauvreté elle-même ne pourra rien, car la richesse n'est pas ce qu'on pense, mais ce qui la dépasse: «.même là où règne la surabondance, il manque toujours le superflu.C'est l'art.» Sous les apparences anodines d'un bavardage amical, où il est question de maquillage, de vêtements et de bijoux, les chanteuses exotiques ne perdent pas de vue ce qui pour elles est essentiel tout autant: savoir qui elles sont \u2014 mais elles ont leur petite idée; penser la condition objective de leur présence au monde: «.on est visibles, nous femmes, quand on dérange, non pas parce qu'on signifie quelque chose.»; ou tenter de débusquer ce que les hommes refusent de voir en elles: «Je crois que c'est la couleur que prend notre âme quand, toute passion consumée, nous reprenons conscience de notre extraordinaire liberté.» Voilà des femmes qui aiment les hommes sans les craindre, qui en usent sans tricher, pour des plaisirs paritaires, et qui s'en défont sans mentir.On ne s'étonnera pas.ou alors il n'y a pas de quoi, qu'une des chanteuses exotiques ait confié à son amie ce projet qui l'occupera pendant quelques années, «élaborer une théorie du bonheur».Sourira qui voudra, mais il me semble que Mmes Harvey et Roger ont entrepris de fonder dans les Lettres de deux chanteuses exotiques, autour d'une affabulation assez ténue, un discours féministe qui fait l'économie d'une guerre épuisante, en faveur d'une réconciliation sans soumission réciproque.C'est une utopie qui a peut-être de l'avenir.LETTRES OE OEUX CHANTEUSES EXOTI-0UES.Pauline Harvey et Danielle Roger.Les Herbes rouges.Montréal.1995.132 pages Eqpirssim UNDOCUl CHOC! £>uff JE SANG QUI TUE ljde la journaliste J0HANNE McDUFF, est raconté à la façon d'une enquête.On ; rencontre des victimes, on y rapporte des laits déconcertants.L'auteur y suit les agissements du ministère fédéral de la Santé, de la Société canadienne de la Croix-Rouge et du Comité canadien du sang.Aurait-on pu éviter la contamination et le décès de milliers de personnes?66.Johanne McDuff nous offre un super livre de journaliste.Une enquête béton, qui donne à la profession toutes ses lettres de noblesse.\" Richard Martineau.Voir Mm SANG ENqvê TE Un livre remarquable tant par sa rigueur que par son humanité.\" Gilles Gougeon Dimanche-Magazine.Radio-Canada Le sang qui tue 283 pages.24.% S Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L 3Z5 B4 y.Livres LA PRESSE, MONTRÉAL.EMMANCHE 5 MARS 1995 s A** Les belles phrases \u2022 i.4 I t Svend Robinson 4 Dictionnaire demandé « Est-ce que Fidel Castro est un dictateur ?-Non.- Est-ce que Cuba est un pays démocratique ?- comment définir la démocratie ?.» SVEND ROBINSON, député néo-démocrate, interrogé par Carlos Soldevila, correspondant à La Havane du \" Quartier Libre, 17 janvier 1995.%f -« ¦4 : a\" - \u2022 \u2022 4 m \u2022 « 4 Delly : l'atmosphère gothique SUITE DE LA PAGE B 1_ L'ouvrage collectif publié chez Nuit Blanche Éditeur donne aussi à lire : \u2022 \u2022 \u2022 sur un registre plus léger, Ellen Constans nous fait découvrir la part du bon chic-bon genre, de sensualité, voire même d'érotisme dans les histoires pourtant si « catholiques » de Delly ; ¦ # et pour couronner le tut, Madame Bettinotti décrit l'atmosphère gothique qui imprègne les romans les plus populaires de Delly.Au-delà de la gentille histoire d'amour entre deux tourtereaux, on découvre un climat sentimental terrifiant.Car le monde imaginaire de Delly est peuplé de personnages lugubres et assassins qui n'hésitent pas à tuer leur mère et où les enfermements, les enlèvements, les crimes et les châtiments sont monnaie courante.Après cela, oserez-vous encore dire que les romans à l'eau de rose sont superficiels et insignifiants ?GUIMAUVE ET FLEURS D'ORANGER.DELLY, sous la direction de Ju-lia Bettinotti et Pascale Noizet.Nuit Blanche Éditeur, Montréal, 1995.210 pages, 20,95 $.Moscou, 1993 : dans un club de nuit, un sosie de Lénine face à son destin.François Furet écrit : « Rien ne subsiste des régimes nés d'Octobre que ce dont ils étaient la négation.En ce sens, l'échec est absolu, puisqu'il efface l'ambition d'origine ».PHOTO F.COUBAIEV dans \u2022 Les Russes ».aux Éditions Albin Michel La grande illusion De la dynamique du mal dans les Idées politiques au XXe siècle MARIO ROY ¦ Un « tête à tête avec l'essentiel », a écrit Pierre Daix.L'essentiel : c'est en effet la frappante impression qui se dégage du monument de François Furet, Le Passé d'une illusion, dans lequel il pratique l'autopsie de ce dérapage monstrueux et inédit qu'aura été le totalitarisme marxiste-léniniste.L'historien pratique la dissection à sa façon, laquelle est sans doute, à ce stade-ci de la connaissance des faits du communisme, la seule qui restait encore à être employée : il décrit celle des deux réalités de ce système qui \u2014 pourrait-on dire s'il n'y avait pas eu comme résultat de l'autre autant de cadavres \u2014 aura été la plus importante.En tous les cas, la plus irrationnelle, la plus pernicieuse et la plus durable.Celle de Villusion du communisme.La plus durable, surtout, puisque la réalité factuelle du communisme fut à la fois rationnelle et limitée dans le temps et dans l'espace ; de celle-là d'ailleurs, il ne reste que des lambeaux épars, exsangues et un peu pathétiques.Cependant, le mirage idéologique du communisme, qui acquit une existence propre dans tous les coins de la planète \u2014 ceux où, bien entendu, le système réel n'avait pas force de loi \u2014, n'est pas, lui, totalement disparu.Subsiste et reprend même de la vigueur ce fondement ultime des grands totalitarismes du XXe siècle ( car le fascisme reposa exactement sur la même base ) : la haine de la démocratie libérale.À propos de cette étrange et pérenne attitude de « bourgeois qui détestent les bourgeois au nom de principes bourgeois », Furet parle encore de « ce trait sans doute unique de la démocratie moderne dans l'histoire universelle : cette capacité infinie à produire des enfants et des hommes qui détestent le régime social et politique dans lequel ils sont nés, haïssant l'air qu'ils respirent, alors qu'ils en vivent et qu'ils n'en ont pas connu d'autre ».C'est un plat constat : cette détestation de la démocratie libérale est encore dans tout l'Occident un mets très goûté, qui a comme effet pervers de faire sombrer dans l'insignifiance toute critique du système \u2014 fondée ou non \u2014 qui en est inspirée.Un observatoire privilégié Furet, ex-communiste, connu pour ses ouvrages sur la Révolution française, estime que la France fut tout au long de ces années l'observatoire privilégié de la grande illusion.À cause de 1789, qui y rendit indissociables les notions de révolution et de démocratie, ouvrant la porte à une vision tronquée mais durable de l'Octobre russe \u2014 par opposition à la vision anglo-saxonne, plus saine et plus rigoureuse, de ce qu'est la démocratie.À cause de l'influence exceptionnelle sur le débat politique de ses intellectuels, éternellement sensibles à tout système d'explication globale.À cause d'une base ouvrière sympathisante qui y fut par moments de taille respectable, judicieusement encadrée par les grands syndicats.À cause du Parti communiste français ( PCF ), enfin, dans lequel le Kominterm puis le Kominform, après avoir échoué en Allemagne et avant d'attaquer le Tiers-monde, investit ses plus grands efforts de propagande et de subordination.C'est dans ce « cas français » et dans la persistance de l'illusion révolutionnaire qu'il faut chercher les raisons du succès ( à la fois en librairie et dans les médias ) de la brique de Furet en France.À peine sorti au Québec, le livre apparaît déjà, ici aussi, sur certaines listes de best-sellers.Or, cela pourrait être surprenant.Car Le passé d'une illusion, d'une part, n'est pas précisément de lecture facile et ne constitue pas ce qu'on pourrait appeler un «c best-seller naturel ».Ensuite et surtout, la thèse de Furet n'est pas inédite : dans une demi-douzaine d'ouvrages majeurs publiés François Furet depuis trente ans, Jean-François Revel, par exemple, a inlassablement et magistralement développé la même \u2014 sans parler de Raymond Aron et de quelques autres ( trop rares ) penseurs démocrates ; plus récemment, le Britannique Allan Bullock s'est de façon tout aussi percutante livré au démontage comparatif des dictatures hitlérienne et stalinienne ( Hitler et Staline, Vies parallèles ; voir La Presse du 17 avril 1994 ), un rapprochement que Furet reprend en l'étayant de ses bases philosophiques et du détail de ses calculs politiques.«c Il existe un mystère du mal dans la dynamique des idées politiques au XXe siècle », constate l'historien.La fin de l'illusion C'est cependant tout le talent de Furet que de mettre les faits de cette illusion \u2014 si l'expression est permise \u2014 en perspective : \u2022 comment, dès 1918, la nature du nouveau gouvernement russe fut impossible à ignorer mais le fut néanmoins au nom, précisément, de l'idéal révolutionnaire français ; \u2022 comment, pour une première fois au milieu des années 30, Hitler sauva la mise de l'idéologie communiste en poussant la terreur stalinienne sous le tapis de l'antifascisme ; \u2022 comment la guerre d'Espagne participa à la même opération et bâillonna en les rejetant dans le camp des « fascistes » \u2014 l'expression sociaux-fascistes employée pour * désigner les sociaux-démocrates est une trouvaille de génie \u2014 les véritables forces progressistes européennes ; \u2022comment, pour une deuxième fois en déclenchant la Deuxième guerre mondiale et en retournant le 22 juin 1941 ses armes contre l'URSS, le Fuhrer parvint à faire revivre en Europe de l'ouest ( l'Est fut immunisé par l'occupation russe ) l'idéal communiste, auquel l'entente Moscou-Berlin de 1939 et le dépeçage commun de la Pologne avait porté un dur coup ; \u2022 comment, enfin, Moscou parvint à manoeuvrer pour que, dès le début de la guerre froide et jusqu'à ce jour, les États ' totalitaires soient vus comme les portc-étandards de la démocratie et de la liberté' ; dans la lutte les opposant aux démocraties J libérales présumées d'essence fasciste.En réalité, Furet s'arrête au moment du rapport secret de Khrouchtchev au XXe congrès, lequel marque selon lui le début de la fin de l'illusion communiste.1 .Par la suite, des groupuscules tenteront sur les modes maoïste, castriste, guévariste, khmer ou sandiniste \u2014 de lui redonner vie.Mais ils se buteront à l'impossibilité pour cause de technologie de recourir au mensonge absolu, ainsi qu'à l'écroulement ' de ce spectaculaire support constitué par un ; monolithique système de terreur.Ne subsistera après cela qu'« une bohème intellectuelle partagée entre la haine de soi et le culte de soi, que réunit l'inculpation, de la société présente, plus que l'invocation d'une société modèle ».- Même le révisionnisme historique des universitaires amnéricains, derniers thuriféraires de l'illusion communiste, n'y pourra rien.\u2022 \\ Autrement, après tant d'illusions, cette fin de siècle se révèle une ère de désarroi.« L'histoire redevient ce tunnel où l'homme s'engage dans l'obscurité, ( condamné ) à \" \u2022 vivre dans le monde où nous vivons », écrit\" Furet.* ; ' Celui-ci explique ultimement : « La démocratie fabrique par sa seule existence-le besoin d'un monde postérieur à la bourgeoisie et au Capital.La fin du monde soviétique ne change rien à la demande démocratique d'une autre société, et pour, cette raison même il y a fort à parier que cette vaste faillite continuera à jouir dans l'opinion du monde de circonstances atténuantes, et connaîtra peut-être un renouveau d'admiration ».LE PASSÉ D'UNE ILLUSION, ESSAI SUR L'IDÉE COMMUNISTE AU XXe SIECLE.François Furet.Robert Laffont/Calmann-Lévy.Paris, 1995.580 pages.; \u2022 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014-s , f Un long voyage aux confins d'un empire disparu ACNÉS GRUDA ¦ Le reporter polonais Ryszard Kapuscinski avait sept ans en 39, quand l'URSS annexa la ville biélorusse de Pinsk où il est né.Il a dû apprendre l'alphabet cyrillique dans un traité de léninisme signé par nul autre que Staline.À mesure qu'il avançait dans la maîtrise du russe, il a vu son école se vider, les élèves prenant l'un après l'autre le chemin de la déportation.C'est dans ce souvenir que Kapuscinski ancre sa première rencontre avec l'empire soviétique.Il y en aura d'autres.Une traversée en trans-sibérien en 58.Des pérégrinations en 67.Et, en 89, le quadrillage systématique d'un pays parvenu au point de rupture.Le livre qu'il tire de ces voyages, Imperium, qui vient de sortir chez Pion, forme une formidable fresque alliant l'anecdote à la réflexion philosophique, l'entrevue à l'histoire, l'analyse politique à la gastronomie.On y apprend, par exemple, les secrets de la fabrication du cognac géorgien.Il y est aussi question du rite du partage de l'oeil du mouton pratiqué en Kirghizie.Et d'expériences alimentaires bien plus morbides dans les camps de Magadan, où l'antropophagie constituait un moyen de survie.Imperium aligne une série de portraits qui, parfois très brièvement, touchent à l'essentiel de la condition de l Homo soviett-cus: \u2022 il y a cette vendeuse de cartes postales qui pleure en montrant ses mains : « Regardez, ce sont des mains d'homme » ; \u2022 il y a Mikhail, un mineur de Vorkouta, qui lit Vauvenar-gues et y puise des citations comme : « La servitude abaisse l'homme jusqu'à s'en faire aimer ».À Vorkouta, apprend-on au passage, 80 p.cent des hommes meurent avant d'avoir atteint 50 ans ; \u2022 à Iakoutsk, il y a Tania, 13 ans, qui explique comment les passants creusent des couloirs dans la brume lumineuse du froid sibérien ( on reconnaît ce^ lui d'un ivrogne à ses zigzags qui s'arrêtent subitement à l'endroit où il s'est effondré ) ; \u2022 et l'écrivain azéri qui ne sait plus dans quel alphabet écrire depuis que l'Azerbaldjan a abandonné les caractères cyrilliques ; \u2022 et puis Revaz, le chauffeur d'autobus coloré qui sélectionne ses passagers vers Bakou en fonction de leurs moyens \u2014 mais qui n'hésite pas à fourrer une liasse de roubles dans la poche d'un mendiant cui-de-jatte.Un petit flash, qui dit tout du curieux alliage de cruauté et de générosité propre au Caucase.Liberté de tuer.Dans les années 80, les yeux de l'Occident étaient fixés sur Moscou où se jouait le sort du communisme sur fond de perestroïka.Les Ingouches, les Azéris et les Tchétchènes n'intéressaient personne.À vrai dire, le monde les avait oubliés, ayant cru à l'illusion de l'amalgame soviétique.Erreur.Kapuscinski nous promène parmi ces peuples, peint d'un trait de plume leur caractère unique, fait ressortir la richesse d'une mosaïque qui n'a pu tenir que par le ciment de la terreur.Du coup, on comprend que toutes les guerres nationales qui font rage aux quatre coins de l'empire éclaté étaient hautement prévisibles.Comment espérer la démocratisation tranquille en Azerbaïdjan, par exemple, où selon les mots d un universitaire cité par l'auteur, la liberté de pensée a été confondue avec la liberté d'action ?« Chez nous, dit ce professeur, liberté d'action signifie liberté de tuer.» Qu'il raconte la tragédie des Arméniens ou l'agonie de la ri- vière Ouzbol, Kapuscinski ponctue son récit de ces phrases-choc qui disent tout.Attendant son avion dans un aéroport, il observe l'apathie des passagers, et constate que 70 ans de dictature ont conduit à l'anéantissement.des questions.Au lieu d'interroger, les Russes ( Arméniens, Bouriates etc.) disent en hochant la tête : « Que voulez-vous, c'est la vie.» Certaines de ces observations sont très exportables.« Si l'on regarde l'histoire de l'humanité, note-t-il, on s'aperçoit qu'à un moment ou à un autre, tous les peuples ont connu une période d'extension, d'élargissement, ou au moins de défoulement patriotique, ce qui leur permet de préserver un équilibre psychique; si relatif soit-il.» Tiens, tiens.Cela ne vous rappelle pas quelque chose 7 « IMPERIUM, Ryszard Kapuscinski, traduit du polonais par Véronique Patte.Collection Feux Croises, Pion, Paris, 1994.540 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 1995 B5 IVRES Lénine assassiné, que serait devenue la Russie ?JACQUELINE DAUXOIS VOADIMIR VOLKOFF Une tsarine vertueuse, pure, fière de sa mission et bien décidée à s'attaquer au vice et à la corruption.DOMINIOUE PAU PARU IN collaboration spéciale ¦ Faites un instant abstraction de la réalité.Essayez d'imaginer ce que serait devenue la Russie si, en 1917, Lénine avait été assassiné à Zurich par un jeune idéaliste.et qu'un mois plus tard, le tsar Nicolas II avait mis fin à la Grande Guerre en fondant une « Alliance pour la civilisation ».D'après ce scénario, la Révolution d'Octobre a bien sûr avorté et l'instauration d'un régime socialiste est devenue une élucu-bration de marginal, une simple chimère.Mais vous pouvez aller encore plus loin dans cette vision utopique des événements : si les anti-bolcheviques n'ont aucune raison d'exister, le nazisme devient sans doute un phénomène secondaire.La Deuxième Guerre mondiale est ainsi épargnée à l'Europe.Dans un étonnant roman de politique-fiction, Jacqueline Dauxois et Vladimir Volkoff, « le plus russse » des grands romanciers français, ont mis en scène d'une manière professionnelle, si j'ose dire, les conséquences que pareil meurtre \u2014 celui de Lénine \u2014 aurait eues sur les destinées de la Russie.Leur réécriture de l'histoire du XXe siècle ne manquera pas de passionner les lecteurs.L'ange envoyé par le Seigneur Dans la première partie de ce roman-fleuve, ils font défiler sous nos yeux (ahuris, perplexes ou complètement hypnotisés!) les dernières années de l'Empire marquées par le règne de Nicolaï et la mort sanglante de Raspou-tine et de Lénine.Après avoir rayé de la carte la Révolution d'Octobre, la guerre de 1914 et la Deuxième Guerre mondiale, les deux auteurs nous emmènent soixante ans plus tard, au moment où la Russie est devenue le pays le plus puissant et le plus corrompu du monde.Sous le règne du tsar Alexis, un homme faible grandement influencé par un groupe de politiciens retors, le pays n'est plus qu'un lieu de perdition et de capitalisme éhonté.Des ministres s'adonnent au trafic des enfants et de la drogue.La télévision diffuse des films pornographiques aux heures de grande écoute, les princesses de la famille impériale vont montrer leur charmant petit derrière dans les émissions de variété, le sida fait des ravages, etc.Les belles traditions sont choses du passé et les Russes, presque tous athées, ne jurent plus que par le clinquant et l'argent.Car bien sûr, le rouble l'a emporté sur le dollar.L'ascension au pouvoir de la tsarine Alexandra va brouiller les cartes diaboliques des dirigeants de cette Russie moderne et décadente.Car cet ange de dix-sept ans « envoyé par le Seigneur pour sauver la Sainte Russie » est bel et bien décidé à remettre son pays dans le droit chemin.Alors qu'un terrible accident décime tous les membres de la famille impériale, Alexandra, pourtant vingt-septième dans l'ordre de succession au trône, va assumer avec courage le poids de la couronne.On découvre une jolie jeune femme vertueuse, pure, fière de sa mission et bien décidée à s'attaquer au vice et à la corruption.Elle n'hésite pas une seconde à sacrifier son fiancé et ses études en Suisse pour prendre en charge ses 250 millions de sujets.« Elle savait que prendre la couronne c'était affronter, seule dans la cuirasse d'Alexandre Nevsky, la lèpre du XXe siècle.» Mais Alexandra n'a peur de rien, ni de personne.Le sang de la Russie coule impétueusement dans ses veines et lui donne la force de s'attaquer au mal.La cérémonie de son sacre, où elle retrouve la foi de ses ancêtres, est une des scènes les plus belles ( et édifiantes ) de ce roman : « le sens gronder en moi une impératrice que je ne connais pas.Tous les tsars couronnés avant moi viennent me chercher du fond de la nuit, ils grandissent dans mes entrailles, ma poitrine craque, ma tête se fend, ils entrent en moi.» Son règne sera extraordinaire, dans tous les sens du terme.Je vous laisse le soin de découvrir ses méthodes et ses idéaux.Malgré une révolution, un coup d'État, la menace permanente de la mafia ( et j'en passe ), la tsarine Alexandra va réussir à relever les torts de sa nation.Même si elle doit, pour ce faire, payer le prix de son amour et de sa liberté.ALEXANDRA, Jacqueline Dauxois et Vladimir Volkoff.Albin Michel.Paris.1994.522 pages.Mine, Guillebaud, Baudrillard et les maux du siècle De la chute des Idéologies et des vices de la démocratie d'après Le Figaro littéraire PARIS ¦ Depuis la chute du mur de Berlin, on a pu se rendre compte de la fragilité des démocraties, des menaces d'un retour du nationalisme, des dangers de l'économie de marché.C'est l'ère de la décomposition, du doute de soi.Trois penseurs, dans des ouvrages qui viennent de paraître, hument l'air du temps.Alain Mine : le triomphe de l'opinion Alain Mine met le doigt sur le commun dénominateur de nos déceptions démocratiques : la tyrannie de l'opinion, substituée de façon de plus en plus évidente au politique, via les médias et les juges.Le danger est d'autant plus grand qu'on ne peut plus compter sur les forces régulatrices que les sociologues avaient cru voir naître de la modernité.Les classes moyennes, loin d'être le ciment espéré, sont dissoutes par l'individualisme et divisées par l'opposition croissante entre simples salariés et détenteurs de patrimoines.L'extension du chômage, le poids écrasant des retraites, ont également brisé la fonction intégratrice de la démocratie sociale.Bref, on ne peut que faire un triste bilan : surenchère des revendications catégorielles et résistance des individus aux sacrifices exigés par la solidarité.Il n'est pas jusqu'aux intellectuels qui ont déçu les i Alain Mine attentes et manqué à leur mission, en tombant dans le panneau médiatique et en cédant à la tentation déstabilisatrice de la politique émotionnelle.D'autre part, Mine observe qu'une opinion nouvelle est en train de naître.Plus mûre, plus responsable, et surtout plus efficace pour contrôler les pouvoirs, dans la mesure où sa communication planétaire oriente les marchés et fonctionne, elle-même, comme un marché.Dès lors, la sagesse ne serait-clle pas de maîtriser les dérives de l'opinion par un bon usage de celle-ci \u2014 qui consisterait à lui donner les moyens de se réguler ?Puisque la politique est, selon lui, définitivement éclatée, il faut, suggère le conseiller du prince, jouer le jeu de la « souveraineté partagée ».Loin de tempérer l'opinion, la concentration des pouvoirs en déchaîne les caprices.Faute d'acteurs organisés et de mise en jeu d'intérêts rationnels évidents, le compromis social n'est plus possible.C'est donc par l'indépendance accrue de la magistrature, des organes d'expertise et de juridiction sociale, par l'extension de la pratique du référendum que passe la solution.C'est ainsi, selon Alain Mine, que l'opinion sera remise sur les rails de la morale et de la justice, qui sont à ses yeux les seuls ressorts encore capables d'inspirer un réformisme social.La thèse est claire.Elle est cousine germaine de ce que Pierre Rasanvallon développe au même moment dans son dernier livre, La nouvelle question sociale ( au Seuil ) avec des moyens théoriques plus puissants.Que cette rencontre soit, ou non, le fait du hasard, elle n'est pas faite pour atténuer notre inquiétude devant la montée des experts, des contrôleurs et des juges, dans le champ de décombres laissé vacant par la démission du politique.Jean-Claude Guillebaud : les nouveaux défis Jean-Claude Guillebaud, lui, observe qu'au lieu d'être obnubilé par un éventuel retour du fascisme, vaincu il y a un demi-siècle, on ferait mieux de se préoccuper des nouveaux défis que doit relever l'humanité.Son livre, fortement documenté et solidement argumenté, se garde de proposer des solutions.Il étudie les dérives de la modernité.Guillebaud remarque notamment que nos intellectuels engagés sont plus préoccupés par la misère du monde, du lointain, que de celle de nos pauvres.L'humanitaire est un bon exemple de cette fuite en avant.L'auteur ne nie pas ses mérites, mais la rhétorique victimaire est devenue une alchimie qui permet « d'isoler dans la complexité du réel une seule molécule chimiquement pure : la détresse ».Ainsi les États ont appris h utiliser l'angélisme mystificateur, à s'en servir pour leurs desseins, à l'occasion pour se dérober.La capitulation européenne dans l'affaire bosniaque sera cachée derrière un « courageux engagement humanitaire ».D'autre part, l'État lui-même, la politique ne sont-ils pas avalés par l'hégémonie médiatique qui s'étend à tous les domaines de la société ?La thèse fondamentale de ce livre, c'est le détournement des valeurs des Lumières.Mais ne serait-ce pas parce qu'elles engendrent des effets contraditoires ?Ainsi évaluons-nous lamentablement l'affirmation de l'universel et ¦ celle du droit à la différence.C'est l'objet de débats sans fin, comme l'affaire des foulards en témoigne.Semblables à l'âne de Buridan, nous sommes incapables de choisir entre les deux.Bref, on ne défend pas une culture en abandonnant ses valeurs.Selon l'auteur, il faudrait revenir à l'esprit des Lumières, mais est-ce possible ?Et la crise actuelle n'est-elle pas une conséquence inéluctable des apories qu'il recelait ?Jean Baudrillard : le crime parfait De ce monde déréalisé, Jean Baudrillard est peut-être l'imprécateur le plus brillant et le plus véhément.Paraphrasant Heidegger, il pose d'emblée une question : « Pourquoi y a-t-il rien plutôt que quelque chose ?» Nous sommes à l'ère du vide.Baudrillard fait état d'un crime parfait parce qu'on n'en connaît ni les auteurs ni les mobiles : celui du meurtre de la réalité.C'est le temps de la grande braderie.Dans le même élan, nous avons perdu l'illusion, sans laquelle il n'y a pas de passion, d'altérité sexuelle.L'autre, le mal n'existe plus.C'est pourquoi nous les cherchons si désespérément chez ceux qui souffrent, qui vivent ailleurs, à Sarajevo, au Rwanda, etc.Nous sommes dans un monde où règne la confusion des identités et des autres, que nous croyons maîtriser et dont nous ne sommes que les opérateurs, où il n'y a plus ni meurtrier ni victime, dont la singularité a été anéantie, où la ressemblance s'est substituée à l'altérité.Il y a dans la description de cette apocalypse un ton jubilatoire.Comme si le nihilisme achevé ouvrait une fenêtre sur la révolte et la résurgence du réel et de la vie.L'IVRESSE DÉMOCRATIQUE.Alain Mine.Gallimard, Paris, 1995.266 pages.LA TRAHISON DES LUMIÈRES.|ean-Claude Guillebaud.Le Seuil, Paris.1995.247 pages.LE CRIME PARFAIT, fean Baudrillard.Galilée, Paris, 1995.204 pages.illustration : « Les Époux », Giorgio de Chirico, 1926.Musée de Grenoble, repris par le Seuil.Tout en lisant.JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Sud profond ¦ Il y a le Sud, il y a le Nord, et ils ne se rencontreront jamais.le parodie Kipling, pour lui, de retour des Indes, c'était l'Est et l'Ouest.Chaque fois que je lis Julien Green, je ne peux rn'empécher de lui trouver les trais désabusés et un peu moqueurs du Sudiste qui sait de quoi le monde est fait, qui connaît l'éternelle guerre entre le Sud et le Nord, et que les deux ne se rencontreront jamais.Toujours, depuis les temps les plus anciens, les deux parties du monde se sont battues l'une contre l'autre.En Chine, en Inde, au Moyen Orient, en Europe, en Amérique.Et presque toujours, c'est le Sud qui a perdu.Tout cela pour vous parler du troisième volet de cette immense fresque du sud des États-Unis, entreprise par Julien Green avec les deux romans, Les Pays lointains et Les Étoiles du Sud, dont je vous ai vanté les mérites.peut-être avec le désabus d'un sudiste ?J'aurais dû être plus enthousiaste, alors, car il s'agit d'une fresque exceptionnelle.Le troisième volet est intitulé Dixie.chair étouffante.Extraordinaire de sentir ce désir en lisant la prose toute simple, ce qui veut évidemment dire très travaillée, de Julien Green.Et, tout en lisant, voir apparaître ce fameux Sud.Ce Sud qui n'est plus mythique, mais tout simplement vrai.Les Nordiques ont cru avoir gagné la guerre, tandis que les autres le croyaient aussi.Il semble qu'on ne gagne jamais lorsqu'on fait une guerre civile.Celle de Sécession était une fausse querelle, sur de faux motifs, mais perdue des deux côtés, par de braves gens.Une fois la guerre terminée, on a trouvé des raisons.L'esclavagisme en est une, dont Julien Green prétend que le Sud était sur le point de se débarrasser.et il ajoute que les pauvres Noirs, quittant les champs de coton, s'en allèrent crever misérables dans les villes du Nord.La richesse et le commerce en sont d'autres, de raisons.Mais la raison la plus forte semble bien avoir été le goût du panache, l'amour de la guerre, la séduction de belles femmes en dentelles.bref, les seules occupations dignes d'un jeune Américain, vers 1862.Julien Green * * * On peut lire Dixie sans avoir lu les deux autres.Pourtant, nous y retrouverons Elizabeth qui a déjà perdu trois hommes : un amant, Jonathan, tué en duel, un mari épousé un peu bizarrement, et maintenant Billy \u2014 tué au combat.On mourut énormément, à la Guerre de Sécession.La guerre fondatrice des États-Unis, celle qu'il est impossible d'oublier, parce que ce fut une guerre civile.Le personnage d'Elizabeth est tout à fait attachant.On fera le rapprochement avec la belle Vivian Leigh d'Autant en emporte le vent.Tout le monde a fait le rapprochement.Green lui-même, qui prétend que le livre, puis le film, lui coupèrent l'herbe sous le pied, si bien qu'il dut attendre, et attendre encore, pour raconter son héroïne à lui.Elizabeth, donc, jeune veuve, au début de ce roman, rêve.Elle voit et elle entend sa vie passée, ses hommes, son Sud.C'est une femme possédée par ce pays qui n'est pourtant pas le sien, puisqu'elle est venue d'Angleterre, et c'est aussi une femme possédée aussi par les sens.La Et puis, Elizabeth est si belle.Telle Pénélope, elle est assiégée par les soupirants.Elle les laissera ronronner et s'agiter autour d'elle, pour finalement aimer un soldat, et ce sera comme si elle s'aimait elle même.Pour le reste, d'autres personnages entourent Elizabeth, le plus fort d'entre eux étant une autre femme.Miss Llewe-lyn, la Galloise, une sorte de gouvernante qui veille à tout, élève les enfants et fait rondement marcher la famille.Surtout, un pays surgit de ce roman, un extraordinaire pays, vaste comme l'Amérique qu'il est, avec une nature et une âme palpables à chaque page.Le pays que Julien Green a aimé, sans aucun doute, et qu'il ressuscite avec un superbe talent : plantations, « spanish moss » pendue aux arbres, magnolias, chevaux de race, forêts sous la lune, rivières et mer.La Virginie, les Carolines, la Géorgie, Richmond, Savannah, Charleston.Et quelque part dans ce Sud profond, près du Comté de Dixie, est en train de naître rien de moins que le jazz.DIXIE.Julien Green.Editions Fayard, Paris.1995.379 pages.Bob Dylan Bob Dylan sur CD-ROM ¦ Les fans \u2014 nombreux \u2014 de Bob Dylan vont se réjouir : le musicien et poète new-yorkais apparaît maintenant sur CD-ROM dans une sorte de collage multimédia sorti aux États-Unis sous le titre de Bob Dylan: Highway 61 Interactive.Le CD-ROM comprend entre autres les paroles de la totalité des chansons de Dylan qui ont été enregistrées, des photographies de l'époque de sa jeunes- se et des souvenirs de la plupart de ses tournées.On a recréé en trois dimensions les lieux de quelques-uns de ses concerts dans des cafés de Greenwich Village, on a ajouté des clips de quelques-unes de ses apparitions publiques et également une version inédite de House of The Rising Sun \u2014 que l'on peut d'ailleurs écouter sur un lecteur ( audio ) de disques compacts. B6 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 1995 Livres » En quelques lignes La belle histoire Il y a mille trois fois très longtemps, le Roi des rois .régnait sur toutes les terres connues.Comme il commen-.çait à vieillir, il voulut s'offrir \u2022un dernier plaisir : posséder le livre qui raconterait toutes les .-histoires.Ainsi commence cet inoubliable album ( tant pour son texte que pour ses illustrations ) qu'est L'Histoire de toutes les histoires, de Kerloc'h et Bruno Piiorget.Un conte écrit à la manière.d'une poupée russe : le premier livre réalisé par les serviteurs du Roi est trop volumineux pour qu'il puisse le lire avant de mourir.Il demande donc un résumé ; trop long encore ; un résumé du résumé, alors.Et ainsi de suite.Jusqu'à ce* qu'il ne reste qu'une toute petite phrase.La dernière «poupée».L'essentiel.Murmurée au creux de l'oreille du monarque mourant.Il était une fois.Une phrase qui ressemble à celle par laquelle Reynald Can-tin amorce son nouveau roman, La Lecture du Diable.À une nuance près : l'auteur a plutôt écrit « Il est une fois ».Ce n'est pas une erreur.jSon histoire se déroule et se \u2022'-concrétise au moment même «~jou un «certain» lecteur en > éprend connaissance.Rompant C-^vec la tradition réaliste de la -.\"trilogie « Eve » qui l'a fait con-*; naître auprès des adolescents, iReynald Cantin plonge ici 'dans Yheroïc fantasy.Un plon-\u2022geon auquel les jeunes amateurs de ce genre de littérature devraient accorder une bonne note.Bien méritée, d'ailleurs.Sonia Sarfati L'HISTOIRE DE TOUTES LES HISTOIRES, texte de Kerloc'h et illustrations de Bruno Piiorget.Milan, 1994.\"52 pages, 23.95 $ ( à partir de 4 ans ).LA LECTURE DU DIABLE Reynald Cantin.Titan, Québec/Amérique, 1994.I23 pages.7,95 $ ( à partir de 12 ans ).MARITA LOREN2 ni» marita !)«' Qttlft].» Krimetfy, vtàtè aimxjf et Paradis : 13 h.14 h 50.16 h 45.PROFESSIONNEL (LE) Paradis: 19 h.RICHARD ET LE SECRET Paradis : 12 h 45.14 h 30.16 h 45.TOUT LE MONDE N'A PAS EU LA CHANCE D'AVOIR DES PARENTS COMMUNISTES - CM.LE RETRATTE Parisien : dès midi.TRUE ROMANCE Cinéma de Paris : 16 h 45.\u2022MOCS* MIa Farrow outrée par un portrait flatteur de Woody Allen sur la Fox Reuter r^EW YORK ¦ ^ia Farrow a fait part de sa colère, vendredi, après la diffusion par la chaîne de télévision Fok d'un portrait qui minimise à ses yeux les accusations qu'elle s.portées contre son ancien compagnon Woody Allen.^E HOUSE (O) DOLBY Tous les tours 2 25-4 35-7 25-9 40 GREENFIELDPARK 519 bout.Taschereau 671-6129 ROOMMATES (G) DOLBY Tous les jours 1 20-7 15-9 X PULP FICTION (1S.) Tous les jours 1 104 00 JUST CAUSE (1>.) Tous les jours 1 30-7 009 20 LE MIRAGE 9480boul.Lacordaira ENTRtPRIStl s: 324-CINE ROOMATES (G) DOLBY Tous les soirt 7 300 30 dm 1 30-3 30* 30 BILLY MADtSON (G) DOLBY Tous les son 7 15-015 dm 1 15-3 15-5 15 FORREST OUMP (G) DOLBY Tous les som 0 35-0 25 HEAVY WEK3HTS (G) DOLBY lurwna7-mer-}eu 7 30 dm 200-7 00 INSTINCT DE VENGEANCE (15.) DOLBY Tous let ton 0 30| dm4X DU MEME REALISATEUR QUE ùiST SEDUCTION ^ VERSION 0.anglaise kSTR\\l CENTRE EATON 985-57301 CAR.ANGRIGNON MWNE | FAM0USPUYERS8 6\"-«095 1 CENTRE LAVAL 700SIrC.)Ihctinf 0 tS I '07/ hiiut Nr*m.in * (S | 185 Boul.Hymus * O (S | ILtllUr Cn^bll^rcf * O ^ SHERBROOKE 565^366 Cirrelaui del'f stne -A- \"Drâle et malicieux.Une comédie en or.\" \u20220.OlBibermn, BfmMHMBHTWemY ib soit de retour poyrsaomrAiRériqBe EN NOMINATION POUR 13 OSCARS Forrest Gump TOM HANES I version FRANÇAISE | Rendez visite à la famille Brody ou: htfpy/nidc-of-nife.vîocom.com IvtKSiOHO.AMGÏÂisn ?[Xl90wyTCTK)| ¦ ycf^ioN ORIGINALE ANGLAISE PARISIEN bg&3aS6l CAR.ANGRIGNON 36M:ine 4B0SIC CithrMncO.-Ar I 7077 boul Nrwmjn -h (K CENTRE LAVAL \"0-7776 ¦ VERSAILLES 3537880 IMinirrmhuMr» *-7 Slt-TK4féM' ^Qi ST-BASILE «1T852ISOREL 7r>7boul l^turirr * «La /ait /on Nid dcifcif Notre pay/dde huMori/tique.Mu/iquepLu/ ctépLuMe pour vou/ Le pLu/ /AordaNt de No/ huMori/tef quéoécoi/.¦ » MUSSQUEPLUS , T LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 5 MARS 1905 B 13 DENIS LAVOIE Têtes d'affiche Adressez \\vs communiqués fa-Têtes d'affiche 1m Presse 7, rue Saint-Jacques Montréal H2Y1K9 13 Gino Lambert atrel, par le biais de ses produits laitiers de marque Laval ( plus spécifiquement les contenants de lait 3,25 p.cent ) fera campagne en mars pour l'organisme ( catholique ) de coopération internationale Développement et paix, « Pour que le monde tourne plus juste », tel sera le message livré sur les contenants de lait Laval, en appuie à la campagne de financement de Développement et paix, qui souhaite ainsi récolter 8,75 millions.L'an dernier.Développement et paix a soutenu plus de 340 projets communautaires dans une soixantaine de pays.L'organisme a également apporté des secours importants aux victimes d'événements majeurs, dont tout particulièrement celles touchées par les massacres survenus au Rwanda.Renseignements : Développement et paix, 5633, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H IN 1A3.Tél.257-8711.£>\u2022\u2022:' ° ¦ L'Ordre des comptables en management accrédités du Québec vient de décerner sa bourse d'excellence ( 5000 $ ) à Gino Lambert, inscrit au programme de maîtrise en comptabilité de gestion, des sciences comptables de l'Université du Québec à Montréal.C'est le président-directeur général de l'Ordre, François Renaud, qui lui a remis sa bourse en compagnie du recteur de l'UQAM, Claude Corbo.Le boursier consacre ses recherches à l'étude des budgets comme outils d'évaluation des cadres dans l'entreprise privée.O ¦ Dans la cadre de la présente « semaine nationale de la vision », l'École d'Optométrie de l'Université de Montréal offre une série d'activités, en mettant l'accent sur le dépistage des problè-mes de vision afin de favoriser l'alphabétisation.Une conférence publique; sur ce thème, organisée en collaboration avec la Fondation québécoise pour l'alphabétisation sera présentée le mercredi 8 mars, à 18 h, salle 280 de iTÉcole d'optométrie, 3744, rue Jean-Brillant.Durant toute cette semaine, un ba3> de récupération de lunettes avec prescription sera installé devant la clinique d'optométrie.Elles seront utilisés par-les étudiants qui effectueront des stages dans des pays en voie de développement.Des activités d'information et de dépistage se dérouleront également sur -le campus de l'Université de Montréal les lundi et mardi et au Centre hospitalier Côte-des-Neiges le jeudi 6 mars.Renseignements : 343-7982.O ¦ La Jeune Chambre de commerce du Québec métro ( région de la Vieille capitale ) tenait récemment son Gala Banque Nationale, au cours duquel on a couronné «jeune personnalité d'affaires du Québec métro » David Weiser, président de Megatoon Entertainment Group.Ce gala, qui vise à mettre en évidence les jeunes gens d'affaires qui forment la relève québécoise, en était cette année à sa troisième édition.La jeune personnalité d'affaires du Québec métro 1994, David Weiser, s'est distingué par son dynamisme, sa maturité et son savoir-faire.L'entreprise de dessins animés interactifs qu'il préside distribue ses productions partout dans le monde, ces dessins animés étant traduits en cinq langues.O ¦ Le Parrainage civique Montréal célèbre son quinzième anniversaire et en profite pour inviter les Montréalais à découvrir de quoi sont capables les personnes qui ont une déficience intellectuelle.Des activités seront ainsi offertes au public à compter du mardi 7 mars, jusqu'à dimanche prochain.Gilles Biais participera ainsi à la présentation du film dont il est le réalisateur, Les fiancés de la tour Eifel, dans lequel des handicapés mentaux, comédiens de la troupe Pourquoi pas nous ! disent ce qu'ils sont, ce qu'ils ressentent, ce qu'ils désirent.C'est pour le mardi 7 mars, à 19 h 30, à la Maison de la culture Rose-mont-Petite-Patrie, 6707, avenue de Lo-rimier, où se dérouleront d'ailleurs tou-tes les activités entourant cet anniversaire.Le jeudi 9 mars, à 20 h, soirée-théâtre avec la troupe Pourquoi pas nous ! Comme le nombre de places est limité, il faut réserver en téléphonant au : 843-8813.Une exposition sera présentée tout au cours de la semaine dans cette Maison de la culture, pour exposer les réalisation des personnes qui ont une déficience intellectuelle.¦ C'est sous la présidence d'honneur de la comédienne Monique Miller et de l'homme d'affaires Laurent ternaire, président-directeur général de Cascades inc.que se tiendra la soirée bénéfice 1995 du Théâtre du Nouveau Monde.Les donateurs pourront alors assister à la présentation de La Mégère approvoisée, de William Shakespeare, dans une adaptation signée Marco Micone et une mise en scène de Martine Beaulne.C'est pour le lundi 27 mars, à 19 h ( une réception suivra, dans l'ambiance d'une noce villageoise en compagnie de troubadours ci ménestrels ).Coût : 200$.Renseignements : 281-6217.Il Lès entreprises sont présentement sollicitées pour participer, au cours des cinq prochaines années, à la création d'une chaire en hépatologie à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.Cette campagne corporative, menée par la Fondation canadienne du \u2022 oie, est sous la présidence d'un homme David Weiser Laurent Lèmalre d'affaires qui sait reconnaître le travail de recherche en hépatologie, car il a bénéficié d'une greffe du foie, Claude Le-gault, président-directeur général de la Régie des rentes du Québec.Appuyé par de nombreux chefs d'entreprises bien en vue, il compte recueillir en cinq ans les 2 millions requis pour instaurer une chaire de recherche sur les maladies du foie.Rappelons que le foie est le plus gros organe du corps humain, un organe complexe et indispensable ( fabricant et détruisant des matières ) et qui peut être affecté par une centaine de maladies, dont le cancer.Depuis une dizaine d'années, on a injecté 7 millions dans la recherche sur ces maladies et réussi ainsi à améliorer considérablement les soins aux patients.« Les gens veulent donner, il faut seulement leur rendre ça plus facile », de dire Claude Legault, lors du lancement de cette campagne de financement ( au cours de laquelle des représentants de la Faculté de médecine et de l'hôpital Saint-Luc nous ont amplement bien in- formé sur les maladies du foie ) qui sera assortie de tirages de voyages et séjours hôteliers.Renseignements : Fondation canadienne du foie, section de Montréal, 264, boulevard René-Lévesque Est, bureau R-12, Montréal ( Québec ) H2X 1P1.O ¦ Pierre Marc Johnson et Daniel La-touche participeront à un débat public à l'occasion du lancement du livre Limites à la compétitivité, fruit de la réflexion du Groupe de Lisbonne, qui s'est efforcé d'analyser les bouleversements économiques, l'expansion des sociétés multinationales et le rôle des États.C'est à l'invitation du Conseil des relations internationales de Montréal et des éditions du Boréal, que ces deux personnalités québécoises ont accepté de participer à ce débat qui sera précédé d'une allocution du vice-premier ministre du Québec et ministre des Affaires internationales, Bernard Landry.C'est pour demain, ce lundi 6 mars, à 18 h, à l'Institut d'hôtellerie et de tou- risme ( salle Léonard-Gagnon ), 3535, rue Saint-Denis.Renseignements : 336-3941.O \u2022 ¦ Un des plus anciens et des plus célèbres lieux de diffusion des arts de la scène à Montréal, le Gesù, bénéficie de l'appuie de la Banque Nationale.Johanne Rémillard% vice-présidente aux affaires juridiques et aux relations publique de cette banque, a en effet remis un don de 15 000$ au directeur général du Gesù, Jacques Levac et au président général de la campagne de financement, Alain Cou-sineau.O ¦ Première activité de financemenbt d'Inter-loge Centre-Sud, organisme qui i Johanne Rémillard offre aux personnes défavorisées la possibilité d'habiter un logement adéquat.» prix modique.Un méchoui sera servi le 11 mars, le tout accompagné d'un encan chinois où pourront être acquis d£f> tableaux de : Normand Hudon% Tex Le cor, Henri Masson, Miyuki Tanobé et Jean-Paul Ladouceur.En 17 ans.Interloge Centre-Sud a créé 261 logements dans le quartier Centre-Sud.Coût : 20 S.Renseignements: 522-2108.O ¦ Première activité marquant la bration de la Journée internationalise la femme, aujourd'hui, a 14 h, a l'éjJUst' Unie Erskine & American, 3407.«venue du Musée.Il s'agit d'une activité bénéfice du Centre d'action sida Montréal ( femmes ).Coût : 10 $.M A MERCREDI Centraide *#» m p Bell et Bell Sygma donnent plus ne SOO ooo $ Les employés de Bell et ceux de Bell Sygma, par le biais du Fonds des oeuvres communautaires, ont remis 353 000 $ à Centraide, tandis que Be/ryj: allait d'un don corporatif de 170 000 $.Dans l'ordre habituel: Pierre-Marie Cotte, directeur de campagne à Centraide; Louis A.Tanguay, de ee//;-c Ginette Durocher, représentante syndicale du Fonds des oeuvres communautaires des employés de Bell; Louise Guay-O'Meara, représentante syndicale des téléphonistes; Renée Lacourslère, présidente du Fonds; et Claude Cagnon, représentant syndical des techniciens.«a Prévisions La campagne de financement de l'Université de Sherbrooke s'est soldée par un excédent sur les prévisions, atteignant 1450 000 $.Le recteur Pierre Reid et André Bombardier, président de la campagne, posent en compagnie d'étudiants préposés à la sollicitation: Geneviève Patry, Mylène Ouellet, Marie-Bénédicte D'Haese et Daniel Dubè.i iNîVBRSitE Dl BOMBARDIER Et% I s ¦ ne* \u2022t 41 i è m \u2022 * ^4 ta m* _* V V\"* M La fondation Sldazl secours du Québec a y* récolté 93 325 $ lorsZ de sa campagne dej?financement menée sous la présidence d'honneur de Janine^ Sutto (à gauche) /cC en compagnie de?.: Serge Tremblay^ président de lzh'> fondation, et Céline Saint-Pierre, vice-* présidente:* B 14 LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 5 MARS 1995 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 5 MARS 1995 La personnalité de la semaine J7 n'est pas de succès qui se mérite s'il West construit sur l'excellence JLa iVational Aeademu of Recording Arts and Sciences (NARAS) lui a remis le Trustées Atvard pour le remercier du travail qu'il a accompli pour elle au cours des 25 dernières années \u2022 q1 t 4> « DANIELLE BONNEAU Pierre Cossette, surnommé « Lucky Pierre», aime prendre des risques.Doté d'un flair hors du commun, il n'hésite pas à jouer le tout pour le tout s'il croit en un nouveau projet.Ses coups de dés ont été nombreux au cours de sa longue et fructueuse carrière à Los Angeles.Grâce à son intuition, il s'est rarement trompé.Il a plutôt connu d'énormes succès et s'est bâti une solide réputation.La production de la cérémonie de remise des Grammys diffusée en direct à la télé, qu'il assure depuis 25 ans et pour laquelle il vient d'être honoré, illustre bien sa façon de voir les choses.Lorsqu'il a réalisé la toute première émission, en 1971, il l'a fait à ses risques et périls.Mais il a visé juste.La cérémonie de remise des Grammys est maintenant diffusée en direct dans 166 pays et regardée par 1,6 milliard de téléspectateurs.Pour remercier Pierre Cossette de l'énorme travail effectué pour elle au cours des 25 dernières années, la National Academy of Recording Arts and Sciences (NARAS) lui a remis mercredi soir dernier le Trustées Award, un prix remis par le passé à des personnalités légendaires comme Walt Disney, Quincy Jones et Cole Porter.La Presse saisit cette occasion pour le féliciter et le nommer Personnalité de la semaine.Rien ne destinait vraiment Pierre Cossette à faire carrière dans le show business.Né à Valleyfield, il a quitté le Québec à l'âge de six ans avec ses parents sur les conseils de son oncle Léo, qui avait déménagé à Pasadena, en Californie, et réussissait bien dans l'immobilier tout en ne parlant pas l'anglais.Le père de Pierre, Oswald, n'a pas connu le même succès dans ce domaine.Mais comme il connaissait très bien le bois, il s'est trouvé du travail dans ce secteur.« Mon grand-père possédait une entreprise d'exploitation forestière à Valleyfield, explique M.Cossette, qui est maintenant au début de la soixantaine.Il y a d'ailleurs une rue nommée en son honneur.» Après avoir grandi à Pasadena, Pierre Cossette a étudié à l'University of Southern Califor-nia ( USC ).en journalisme.« Une fois mes études terminées, je pensais travailler pour les grands magazines comme Time et Newsweek.» C'est là que le destin est intervenu pour la première fois.Pour financer la publication de la revue Campus Magazine, qui était distribuée dans 70 campus à travers les États-Unis et dont il était l'éditeur, il a organisé un super spectacle auquel a participé un très grand nombre de stars.Le show, intitulé «Ail Collège lamboree,» a fracassé tous les records.Ce faisant, il a attiré l'attention de la mégacompagnie MCA (Music Corporation of America), qui l'a approché après sa graduation pour organiser des concerts.Il s'est par la suite lancé à son compte en tant qu'agent, représentant de nombreuses vedettes de la fin des années 50 au début des années 60.Ce qui l'a amené progressivement à fonder sa propre compagnie de disques, Dun-hill Records.Pour vous donner une idée de son flair: sa maison a enregistré les disques de super-groupes comme The Marnas and the Papas, Stcppenwolf, The Grass Roots et Three Dog Night.Plutôt que de s'asseoir sur ses lauriers, il a décidé de vendre la compagnie de disques à ABC (American Broadcasting Company) pour investir dans un domaine à très haut risque.la production d'émissions de télévision.«La vente de Dunhill Records m'a rapporté beaucoup d'argent, indique M.Cossette, dont la jovialité transparaît tout au long de l'entrevue téléphonique.Je connaissais très bien l'industrie de la musique et j'ai pensé que ce serait une bonne idée de présen- «J'ai pensé que ce serait une bonne idée de présenter à la télévision la cérémonie de remise des Grammys.La première année, j'ai eu beaucoup de difficulté à convaincre les gens à venir voir le spectacle.Cela a commencé tout petit.Cela a vraiment grandi depuis ! » ter à la télévision la cérémonie de remise des Grammys.La première année, j'ai eu beaucoup de difficulté à convaincre les gens à venir voir le spectacle.Cela a commencé tout petit.Cela a vraiment grandi depuis!» Dès le début, il a décidé de rendre le spectacle accessible à tous, qu'ils aiment la musique classique, le rock, le jazz, le gospel ou la musique country.«Lorsque j'ai vendu le premier spectacle, j'avais une vision.Le show devait d'abord être divertissant.Dans certaines catégories, il ne se vend pas beaucoup de disques, mais les performances des artistes sont superbes.C'est pour cela que les différents styles sont représentés.C'est d'ailleurs ce qui nous distingue.» Parallèlement, Pierre Cossette s'est mis à produire des séries d'émissions de télévision comme The Andy Williams Show, Sam-my and Company, avec Sammy Davis lunior, Salutc, mettant en vedette Dick Clark, et Sha Na Na.Il a depuis produit une centaine d'émissions spéciales et un grand nombre de films faits spécialement pour la télé.Ce n'est pas tout.Toujours prêt à miser le tout pour le tout, il s'est aventuré dans un autre domaine risqué.et coûteux: la production d'une comédie musicale sur Broadway.Bien lui en pris: The Will Rogers Follics a remporte un énorme succès et gagné de nombreux Tony.11 travaille présentement sur une autre comédie musicale, Hank, inspirée de la vie de Hank Williams.Elle devrait être présentée sur Broadway dans environ sept mois.L'amour de la musique La musique occupe évidemment une place centrale dans sa vie.Mais il n'en joue pas.et chante apparemment fort mal.«Tous mes cousins jouent au moins un instrument de musique, précise-t-il.Mais moi, au grand dam de ma mère, je n'ai jamais réussi à apprendre le piano.«Ma mère était une excellente pianiste, poursuit-il.Elle a donné de nombreux concerts.Elle me disait que j'étais le seul dans la famille à ne pas avoir de talent.Peut-être, mais je suis doué pour le reconnaître chez les autres!» Il s'empresse alors de dire à quel point il croit en Céline Dion.Selon lui.elle est de la trempe de Marbra Streisand et de Whitney Houston et est appelée à devenir une mégastar.«|e pense que les gens vont le reconnaître.Elle n'a pas encore commencé à développer son potentiel.» Pierre Cossette est demeuré très attaché à Valleyfield et aux autres membres de sa famille qui y demeurent.Tout au long de l'entrevue, il prend plaisir à parler d'eux et à raconter de petites anecdotes.Il rit, par exemple, en contant combien son cousin Gilles Amiot et sa femme Patsy ont apprécié souper avec Michael Douglas lors de leur dernière visite, il y a trois mois.Se sentant réellement chez lui à Valleyfield, il a d'ailleurs acheté une maison de campagne non loin, à Sainl-Anicet, il y a environ huit ans.Lui qui demeure à Malibu, avec vue sur l'océan et le sable à quelques pas de sa porte, en est entiché.Il y passe environ trois mois par année, ne se sentant jamais bien loin grâce au téléphone et au télécopieur.Cela lui a aussi permis de réapprendre le français.«Quand je suis allé vivre aux États-Unis, je connaissais deux mots en anglais, hcllo et hot-dog, conte-t-il avec son humour caractéristique.Quand j'ai acheté ma maison à Saint-Anicet, je connaissais deux mots en français, hello et hot-dog! «Les gens, là-bas, sont formidables, poursuit-il.Il y a beaucoup d'agriculteurs et ils ont les deux pieds sur terre.Cela fait du bien de s'éloigner de Hollywood.» Il aime tellement cet endroit qu'il s'y installera lorsqu'il prendra sa retraite, affirme-t-il.Ce projet est toutefois loin de se réaliser.Car la retraite n'est pas pour demain ! Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de Veffort.4.Gl\" Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes BANQUE NATIONALE Notre banque nationale s ALCAN tout yeux 11 t oreilles Nous recevons la personnalité de la semaine ?Demain matin à la radio Un air de famille Avec Lise, Sylvie et Dominique Payette Du lundi au vendredi à 9 h 30 Réalisation : Louise Carrière SRC il»» ¦ ^H|p^ ^^^^^ \u2022 CBF 690 Montréal I ?Mercredi après-midi à la télévision Les Temps modernes Avec Isabelle Craig et Françoise Guénette Du lundi au vendredi à 14 h 30 Réalisation : Nicole Mcssier SRC > Télévision "]
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