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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-04-16, Collections de BAnQ.

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[" La Presse Montréal, dimanche, 16 avril 1995 ivres Opinions Arts et spectacles Personnalité de la semaine PETER MAYLE La Provence vue par .son chien! page B3 Tit Rôusille et les autres Dans le premier tome de sa biographie de Gratien Gélinas, Anne-Marie Sicotte dépeint l'homme tel qu'il était à l'époque, à la fois talentueux et égocentrique Anne-Marie Sicotte.À gauche : Gratien Gélinas croqué par Gaby en 1956.DOMINIQUE PAUPAKDIff collaboration spéciale ratien Gélinas est notre premier grand auteur de théâtre.Durant les années quarante et cinquante, il a eu ridée géniale de mettre en scène des personnages typiquement canadiens-français en qui les spectateurs pouvaient reconnaître leur langue et leurs humeurs.Pendant plus de dix ans, les foules ont occupé le Monument National pour applaudir les monologues de Fridolin, un petit bum frondeur issu d'un quartier populaire.Beaucoup de Québécois ont par la suite été touchés par l'histoire de Tit-Coq, l'enfant illégitime à la recherche d'une identité sociale.Après avoir créé sa propre compagnie de cinéma, Gratien Gélinas va fonder en 1957 la Comédie Canadienne qu'il dirigera jusqu'en 1972.On lui doit, entre autres choses, les pièces Bousille et les justes.Hier les enfants dansaient et La passion de Narcisse Mondoux.Mais, selon Anne-Marie Sicotte, la petite-fille de l'auteur, «Gratien sera toujours et avant tout Tit-Coq, le grand frère spirituel de Fridolin».Sicotte lancera, mardi, le premier tome d'une biographie de son grand-père, Gratien Gélinas, la Ferveur et le Doute; ce premier tome s'arrête en 1956, au moment où Gélinas sort d'une longue période de doute et d'angoisse et qu'il se prépare à jouer deux personnages de Shakespeare à Stratford, en Ontario.Le deuxième tome devrait suivre dans quelques mois.Pour l'éditeur, Québec/Amérique, il s'agit d'une publication majeure dans le genre biographique, après Memory Babe, un ouvrage assez pointu de Gérald Nicosia sur |ack Kerouac, et Félix Leclerc.l'homme derrière la légende de Marcel Brouillard, qui a reçu un acceui! critique pour le moins mitigé.Gratien Gélinas a donné sa vie à l'écriture et à la scène.Il n'a jamais eu le temps, ni peut-être le goût, d'écrire ses mémoires.Aujourd'hui âgé de 85 ans, il n'a plus aucune conscience du monde environnant.«Sa maladie est difficile à expliquer aux gens», confie Anne-Marie Sicotte.«Il a tranquillement perdu la mémoire et ne fait vraiment rien de ces journées.Il dort, il mange et il regarde l'extérieur avec un regard vide.Il n'est plus du tout intéressé par les gens.» \u2014\u2014- i___i \u2014 SUITE A LA PAGE B4 .4 SP\u20acCTRUm 318.STE-CAimNE 0.6 Fl-dto-A/h Ont Ml 5*5!) M* ou Spicium.dm AdmMon « au TW-IHS SB $ 9 SWIB B2** LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1995 Opinions Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de linformation Alain Dubuc éditorialiste en chef A votre tour Ixt boîte aux lettres Jésus a été le prophète de la Souveraineté de Dieu DENIS BLONDIN L'auteur enseigne à la Faculté des sciences de Véducation de l'Université de Montréal.econstituer l'histoire de Jésus est l'un des défis les plus fascinants de la science moderne.Il est amusant de constater que le jeu questionnaire Tous pour un , que vient tout juste de diffuser la Société Radio-Canada, portait sur ce sujet.L'annonce du thème de cette émission télévisée a éveillé ma curiosité pour cette question, même si je ne suis pas un spécialiste de ce domaine particulier de la science historique.le me suis procuré une édition récente du Nouveau Testament dans la é Traduction Oecuménique de la Bible [ ( TOB ) et j'ai lu le texte des quatre Évangiles ainsi que les notes explicatives fort bien conçues, en essayant de me faire une idée personnelle du personnage que fut Jésus en son temps.Les Évangiles, on le sait, présentent les croyances des premiers chrétiens sur leur fondateur.Mais, au-delà de i celles-ci, il y a un certain nombre de faits qu'on peut dégager avec plus ou moins de probabilité.Du point de vue de l'histoire, comment Jésus est-il devenu le prophète de la Souveraineté ( en grec : basileia, qu'on peut traduire aussi par règne, royauté, royaume ) de Dieu ?Quelle est son originalité .par rapport à ses contemporains ?La tradition onde et la pensée apocalyptique Une première remarque s'impose.Les textes évangéliques sont la mise par écrit en des temps et des lieux différents d'une tradition orale qui s'est transmise à partir des premiers témoins oculaires des événements.Cette tradition orale s'est enrichie par la suite de diverses variantes et de créations nouvelles pour les besoins variés de la jeune communauté croyante.Et cela d'autant plus que le génie de la culture orientale de ces gens les amenait souvent à tirer de leur imagination vive divers détails qu'on ajoutait pour expliquer le sens d'un événement.L'important n'était pas tant le fait en lui-même que sa signification , religieuse.On reproche de nos jours aux médias de donner beaucoup d'informations sans les placer en perspective et sans nous les faire comprendre vraiment.À l'époque de Jésus, c'était le contraire.Les rares faits dont on était certain, on les expliquait longuement, comme les êvangélistes le font avec une variété d'images et de références tirées notamment des Écritures saintes.Par exemple, quand Jésus meurt sur la croix, les Synoptiques ( Matthieu, Marc et Luc ) précisent que le voile du Temple se déchira en deux du haut en bas.On voit bien l'allusion à la fin de l'ancienne Alliance.Matthieu en rajoute : «c La terre trembla, les rochers se fendirent, les corps de nombreux saints défunts ressuscitèrent.Ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à un grand nombre de gens» (Matthieu 27,51-53 ).Il ne s'agit pas de faits divers rapportés par un journaliste consciencieux mais d'une explication de la mort de Jésus avec des images prophétiques et apocalyptiques traditionnelles évoquant le jour du jugement dernier, inspirées de l'Ancien Testament.Un deuxième élément est capital pour saisir le sens des textes évangéliques : c'est la référence à l'apocalyptique juive.Comme certains de ses contemporains.Jésus adhérait à ce courant de pensée issu de l'expérience historique malheureuse du peuple d'Israël sous la domination étrangère et destine à soutenir l'espérance des croyants.Pour les auteurs des apocalypses, l'empire du Mal est partout triomphant.La terre entière est au pouvoir des esprits malins : leur chef est Satan dont le règne ici-bas s'oppose à la Souveraineté de Dieu.Elle est le lieu de la détresse et de la misère, de la maladie et de la mort, du pèche et de la violence.Mais le Dieu d'Israël reste le maître de l'histoire.Il détient un grand secret que tous ignorent, sauf celui à qui il la révélé ( le mot grec apocalupsis dont on a fait celui d'apocalypse, par transposition, signifie révélation ).La teneur du secret divin est claire : malgré leur puissance apparente, les forces du Mal seront vaincues au jour fixe.Ce sera la fin de ce monde et le début d'une ère nouvelle.Alors le Règne eschatologique ( final ) de Dieu arrivera « sur la terre comme au ciel » et durera éternellement.On retrouve encore l'expression de ce courant de pensée dans le Nouveau Testament : « Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle.Et la cite sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, comme une épouse qui s'est parée pour son époux.Et j'entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes.Il demeurera avec eux.Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux.Il essuiera toute larme de leurs yeux.La mort ne sera plus.Il n'y aura ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu.Et celui qui siège sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles »( Apocalypse, 21, 1-5 ).Jésus enclenche la Souveraineté de Dieu Jésus, donc, adhérait à ce courant de pensée.Il croyait que seule une in- tervention spectaculaire et miraculeuse de Dieu allait changer le cours de l'histoire.Il entra vraisemblablement au contact de la perspective apocalyptique en quittant sa patrie, la Galilée, pour retrouver son cousin Jean qui baptisait le peuple dans le Jourdain ( d'où son surnom de Baptiste ) et qui s'exprimait avec véhémence en proclamant la «Colère» prochaine de Dieu ( Matthieu, 3,8 ; Luc 3,7 ).Le scénario apocalyptique prévoyait en effet que la proclamation de la Souveraineté de Dieu serait accompagnée du jugement, conçu comme un acte judiciaire grandiose.Comme c'était imminent, il y avait urgence de se convertir et de purifier ses péchés dans le eaux du Jourdain, avant qu'il ne soit trop tard.Jésus se fait baptiser par Jean et pendant un certain temps baptise à son tour.Mais il change d'orientation.Il cesse d'imiter son cousin et se met à parcourir tout le pays annonçant la « bonne nouvelle » ( dont on a fait le mot évangile à partir du grec ) non plus simplement de l'imminence mais de l'inauguration de l'ère nouvelle : « Le temps est accompli et le Règne de Dieu s'est approché » ( Marc 1,15).Le temps est accompli, autrement dit le temps de ce monde et du règne de Satan est terminé et l'étape finale est enclenchée.Toute une différence ! En lisant les Évangiles, je me suis demandé comment avait pu surgir à l'esprit de Jésus l'idée que le processus final menant à la Souveraineté divine sur la terre était ainsi amorcé, enclenché et non plus simplement attendu.Et plus encore, que c'était par lui, Jésus, le fils d'un charpentier, d'humble origine et sans études particulières, par sa personne, ses paroles et ses actes.J'écarte ici d'emblée l'hypothèse que Jésus était un illuminé, un fou qui pouvait s'imaginer n'importe quoi, même si c'est bien l'impression des siens, lors de son retour en Galilée : « Les gens de sa parenté vinrent pour s'emparer de lui.Car ils disaient : Il a perdu la tête' » ( Marc 3,21 ).Jésus était loin d'avoir perdu le sens, au contraire.Comment, alors, a-t-il pu croire que c'était par lui que Il'ère nouvelle commençait de se réaliser?Mon idée est que, dans les milieux de tendance apocalyptique que Jésus fréquentait, on lisait chez le prophète Ésaie, en particulier, comment cela devait se passer au moment de l'intervention finale de Dieu.Quand Jean le Baptiste, de sa prison, lui fait demander s'il est celui qui inaugure le Règne de Dieu ou si on doit en attendre un autre, Jésus répond en citant un cen-ton de ces textes d'Ésaie : « Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » ( Matthieu 11,5-6).Comment ne pas voir ici dans la bouche de Jésus l'expression d'un cri d'enthousiame eschatologique ?Le Baptiste connaît la signification prophétique de ces textes, mais il ne fait ni guérisons, ni exorcismes, ni miracles ( Jean 10,41 ).11 reste dans l'attente.Jésus, au contraire, se rend compte qu'il a un don pour guérir, pour chasser les démons, pour faire des miracles.On n'a qu'a relire les premiers chapitres de Marc pour en avoir une bonne idée.Jésus devint rapidement célèbre pour ses dons de guérisseur, d'exorciste et de thaumaturge.Ce qui attirait les foules : « La ville entière était rassemblée à la porte » ( Marc 1,33 ).Cette constatation est déterminante.Puisgu'cn lui les pouvoirs de Dieu se manifestent ainsi, c'est que le temps de la fin est commencé./ Quand ses adversaires l'accusent de chasser les démons par Beelzéboul, le Prince des démons, ( accusation de pratiques magiques ), Jésus dit : « Si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le Règne de Dieu vient de vous atteindre » ( Matthieu 12,28 ).Lorsqu'il envoie ses disciples en mission avec pourvoir de chasser les démons et qu'ils reviennent annonçant que les esprits malins se sont éloignés à leur commandement, Jésus s'exclame, dans une exaltation visionnaire : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair» (Luc 10,18).Si les démons sont matés, si Satan, leur chef, est vaincu, c'est le signe que le temps du salut est arrivé et commence déjà de se manifester.Jésus est prophète, il a la conviction que l'Esprit de Dieu est sur lui pour enclencher l'étape finale de la Souveraineté de Dieu.Luc raconte que Jésus, après avoir lu, dans la synagogue de Nazareth, un texte d'Esale sur le messager eschatologique se l'applique à lui-même : « L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres.Il m'a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d'accueil par le Seigneur.Il roula le livre, le rendit au servant et s'assit ; tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.Alors il commença à leur dire : 'Aujourd'hui cette écriture est accomplie Îour vous qui l'entendez' » ( Luc 4,18-1).Face à l'échec Mais tous ne devaient pas l'entendre.Aux foules qui viennent vers lui, Jésus leur demande de croire en sa parole, d'avoir la foi en lui et, surtout à ses disciples, d'accepter que la Souveraineté de Dieu passe par le chemin imprévu et déroutant de la souffrance.Sa mission, après avoir connu un certain succès, fait face à l'échec.II prêche un certain temps en Galilée et dans les environs, puis il monte à Jérusalem pour y faire une entrée triomphale.Annonçant la fin de l'ère présente et la venue prochaine du Royaume de Dieu, Jésus est acclamé comme un roi lors de la fête de la Pà-que, précisément au moment où l'on surveille de plus près les foules qui s'assemblent nombreuses, à cette occasion.11 ne passe pas inaperçu, car il menace l'ordre établi.La goutte d'eau qui fait déborder le vase survient quand Jésus fait un geste symbolique, à la manière des prophètes.Il chasse les vendeurs du Temple de Jérusalem.Puisque la pleine Souveraineté de Dieu est sur le point de se produire, il faudra aussi repenser ce lieu, trop lié à l'ancien ordre des choses.Mais tout l'establishment de Jérusalem vivait des revenus générés par les activités du Temple.C'était bien fâcheux.On va réussir à convaincre le gouverneur romain que cet individu, qui menace le Sanctuaire, qui se réclame d'un autre royaume ( glissement du sens religieux au sens politique ) et se prend pour une espèce de roi, est une menace pour Rome, car il n'en reconnaît pas l'autorité.Ainsi Ponce Pilate fera crucifier Jésus le jour précédant la Pàque juive, probablement en avril de l'an 30.On connaît la suite des événements.Le grand miracle eschatologique n'a pas eu lieu, mais la conviction de Jésus que la Souveraineté de Dieu est enclenchée ne s'éteindra pas.Elle donnera naissance, à travers la foi en la Résurrection du Christ, aux premières communautés chrétiennes et à une espérance renouvelée dont des millions de gens vivent encore.Jésus fait aussi partie du patrimoine de l'humanité.Il en est l'une des plus grandes figures.Chaque Évangile demeure très cohérent CLAUDE GIASSON Les êvangélistes n'ont-ils pas initié, avec le genre littéraire qu'ils ont créé, une entrée en profondeur dans le personnage de Jésus qui va bien au-dela des reconstructions que tentent nos historiens à visée objective, qui va bien au-delà des reconstructions et des critiques de la psychologie du personnage.Le plus fondamental, c'est d'expliquer comment des disciples lâches et peureux, qui abandonnent leur maître et se cachent terrorisés, ont pu devenir les apôtres fervents qui bravent les autorités juives et romaines, qui endurent supplices et prisons, et qui propagent en quelques années le message de Jésus à la grandeur de l'empire romain.Le plus fondamental, c'est de comprendre qu'un pharisien fervent, disciple du grand rabbin Gamaliel, comme Paul de Tarse, persécuteur de chrétiens au nom du monothéisme juif purement spirituel, ait pu se transformer en adorateur de Jésus-Christ, homme fils de Dieu C'est l'impensable réalisé.Et il ne faudrait pas recourir à n'importe quel expédient de bas étage pour expliquer que ce fidèle de la tradition juive soit devenu le porte-parole passionné et le théologien génial du message de Jésus dans l'Asie mineure, en Grèce, et jusqu'à Rome.Porte-parole et théologien soucieux de confronter sa prédication à celle des grands apôtres et témoins de l'Église de Jérusalem ( Galates 1 et 2 ).Je ne crois pas qu'on puisse comprendre ces transformations radicales en dehors de l'événement résurrection, de l'événement pentecôte, de la présence de l'Esprit dans les premières communautés chrétiennes.Et justement les évangiles sont la relecture de la vie de Jésus, actes et paroles, à la lumière de la foi pascale.On se redit en assemblée dominicale les actes et paroles de celui qu'on croit toujours vivant, on se les redit pour voir ces actes et paroles éclairer les situations nouvelles que rencontre la communauté.Le souci biographique n'est pas premier.Les motivations psychologiques complètes.L'évolution de la conscience psychologique ou morale ne sont pas du tout la préoccupation des auteurs.Us sont convaincus que Jésus, d'abord et avant tout, est venu révéler et continue de révéler le projet de Dieu sur le monde.Us sont convaincus que ce projet de Dieu était le principe unificateur de toute sa vie et qu'il s'est dévoilé jusque dans sa mort.À ce point de vue, chaque évangile est très cohérent.Je ne crois pas quon puisse distinguer une phase initiale douce et active, et une phase ultime sombre et passive, comme le fait Pierre Desjardins, dans La Presse du 26 mars.Dès le début, le drame est présent et s'exprime à travers une symbolique qui n'est plus la nôtre et qui emprunte son épaisseur prophétique aux thèmes bibliques alors connus de tous : l'affrontement des forces du mal au désert, où Jésus éprouve « toute tentation » possible ( Luc 4,13 ) et triomphe.Le fait historique, la parole historique sont là, à la source, .:iais peut-on les séparer de leur devenir dans l'histoire des communautés chrétiennes qui les illuminent de toute la compréhension qu'ajoute la foi en la résurrection, qui les adapte, avec l'air de n'y pas toucher, aux événements que vit la communauté.C'est un procédé que l'Ancien Testament appliquait déjà ( voir le deutéro et même le trito Isaie ).Les exégètes, les historiens ont développé des critères pour reconnaître les paroles et les gestes mêmes de Jésus.Il vaudrait la peine de les confronter, de les évaluer.Retenir comme authentiques les seules paroles et les seuls gestes mentionnés par au moins trois êvangélistes est un critère d'emploi facile, mais beaucoup trop extérieur aux textes.Pour le croyant donc, l'action de l'Esprit ne s'est pas arrêté à la mort de Jésus.Au contraire, et la lecture que font de sa vie et de sa mort les premières communautés chrétiennes demeurent source d'inspiration vivante à partir et au-delà de l'Histoire.Jésus était-il Sadducéen, Pharisien ou Essénien ?YVON TU RM EL ans sa lettre du 26 mars 1995, monsieur Pierre Desjardins affirme catégoriquement que Jésus n'était pas Essénien ni Nazir.J'aimerais bien savoir sur quelles références il s'appuie.Dans ma lettre du 26 février, j'avais écrit que Jésus « aurait été » et non « était » Essénien.Je tiens à souligner, monsieur Desjardins, que l'Eglise dans sa grande sagesse ne s'est jamais prononcée sur le sujet.Il ne faut donc pas l'accuser injustement.Jésus, en tant que Dieu, était au-dessus des querelles religieuses juives de la Palestine.Il est venu sur Terre pour racheter la faute de nos premiers parents et aussi pour apporter son message d'amour aux Nations.Jésus avait aussi la nature humaine et, en tant qu'homme, il est né, a grandi, a vécu et est mort parmi les habitants de la Palestine qui étaient soit a ) Sadducéens, soit b ) Pharisiens, s /it c ) Esséniens.Ses parents Joseph et Marie devaient sûrement faire partie de l'une ou l'autre de ces sectes.a ) Est-ce que cette famille pouvait faire partie de la secte des Sadducéens/ Les sadducéens faisaient partie de la classe dirigeante et collaboraient avec l'occupant romain ; ils croyaient seulement en la Loi écrite ( i.e.la Thora ) et rejetaient la Loi orale ( i.e.la Deutérose ).C'est pourquoi, ils ne croyaient pas à l'immortalité de l'âme et à la résurrection.Ces deux croyances n'étaient pas inscrites dans la Loi écrite, mais seulement transmises par la Loi orale.L'on sait que Jésus enseignait l'immortalité de l'âme et la résurrection.Il est donc évident que Jésus et ses parents ne pouvaient faire partie de la secte des Sadducéens.b ) Est-ce que cette famille pouvait faire partie de la secte des Pharisiens ?Les Pharisiens croyaient en la Loi écrite, en la Loi orale, en l'immortalité de l'âme et en la résurrection.De plus, ils attendaient un Messie exclusif, ( i.e.pour eux seuls ), qui leur apporterait le contrôle matériel du monde.Les Pharisiens avaient tellement compliqué la pratique de la religion qu'ils la rendaient impraticable.En effet, à la Loi de Dieu, ils avaient ajouté 613 préceptes ( i.e.248 préceptes positifs et 3o5 préceptes négatifs ).Pour être sauvé, un bon juif devait observer ces 613 préceptes.À plusieurs reprises, Jésus se moque de ces pratiques et traite les Pharisiens de fourbes, d'hypocrites et de menteurs, car eux-mêmes ne mettaient pas ces préceptes en pratique ( Mt 23.11-39).De plus, les Pharisiens, abusant de leur autorité et de leur influence sur le peuple, se déclarèrent, dès le commencement de la vie publique de lé-sus, contre l'enseignement de son Évangile.L'on sait que ce sont eux qui le condamnèrent à mort.Donc, Jésus et ses parents ne pouvaient non plus faire partie de la secte des Pharisiens.; Jésus avait beaucoup plus d'affinités avec les Esséniens qu'avec les Pharisiens et les Sadducéens.c ) Est-ce que Jésus, Marie et Joseph pouvaient faire partie de la secte des Esséniens ?Dans les Évangiles, il n'est nullement question des Esséniens.Par contre nous savons par Flavius Josèphe, Philon d'Alexandrie, Pline l'Ancien et aussi par les documents de Qumràn que cette secte existait au temps de Jésus.Les Esséniens apparurent vers le milieu du lie siècle avant Jésus-Christ à la suite de la division des Assi-déens ou Hassidim ( les pieux ) en deux groupes antagonistes : les Pharisiens ( les séparés ) et les Esséniens ( les pieux ).La raison de cette rupture fut la nomination de Jonathan (Macchabées 10, 15-21 ) comme Grand-Prêtre au détriment du Grand-Prêtre légitime de la famille des Oniades.Celui-ci, appelé Maître de Justice, s'exila au désert avec un grand nombre de fidèles.Nous savons que les Esséniens croyaient, tout comme les Pharisiens, à la Loi écrite, à la Loi orale, à l'immortalité de l'âme, a la résurrection et à la venue d'un Messie.Dans les règles de la communauté, il est dit que Tes Esséniens formaient un groupe dont les membres cherchaient à atteindre la perfection ; ils favorisaient la chasteté, le célibat, la justice, la vérité, le droit, l'humilité et la charité.( .) Il est évident que Jésus en tant qu'homme avait beaucoup plus d'affinité envers les Esséniens qu'envers les Pharisiens et les Sadducéens.Cependant, son enseignement différait en plusieurs points de celui des Esséniens.La secte des Esséniens a disparu à la suite du tremblement de terre de 68 et de la destruction de lérusalem et du Temple par les armées romaines en 70.Certains croient que la secte des Esséniens a été absorbée par la secte des disciples du Nazaréen ou mieux du Nazireen. LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1995 B3 LIVRES Noël Audet, promeneur sans bagages « C'est peut-être ça, après tout, vivre en Amérique, se dit Marie Agnelle : un rêve plus fort que la bête réalité, un refus d'accepter les conditions ordinaires de l'existence, comme si ce continent-là devait rendre à l'être humain des pans entiers de Paradis.» Illustration « LES PHASES DE LA LUNE 1 ».détail.Paul De-vaux, repris par Québec/Amérique ?» I Peter Mayle et Boy.sa bonne bête.Petites et grandes aventu res RÉCINALD MARTEL ¦ Peut-on tomber amoureux d'un personnage ?Son créateur, certes.Ce fut le cas, plus troublant que de coutume, de M.Noël Audet, investi littéralement par l'héroine de l'Ombre de l'épervier ( 1988, 1995).Sur les battures de la Gaspésie, il y avait Pauline, femme de feu, maîtresse du temps et de la mémoire, fragile pourtant, et qui courait vers son destin, poussée par un vent de folie et de mort.Ce personnage, un des plus grands de notre littérature, le ro-mancier n'avait pas trop bien réussi à le quitter.La fin du roman n'en était donc pas une, conventionnelle s'entend, mais l'expression d'une sorte de tristesse post partent.Comme le sculpteur désirant jusqu'au délire/égaré par la fusion idéale du modèle et de l'oeuvre, l'écrivain ne savait plus où donner de la lùtc et de l'aile, foudroyé par la puissance de sa propre fiction.Il n'était pas le seul.J'avais vécu, simple lecteur pourtant, étranger donc à la gestation de l'oeuvre, un deuil peut-être comparable.Comment expliquer une si violente connivence ?L'amitié n'y suffit pas.Je crois plutôt que l'écriture, quand elle est le produit d'une nécessité plutôt qu'une fabrication anodine (je me répète, je sais ), est la forme la plus aiguë du désir, ou du désir de désir ; on conçoit ainsi facilement qu'elle soit le lieu où convergent aussi bien le fantasme brutal que des pulsions plus troubles et aussi peu avouables.La lecture, qui est aussi une écriture, emprunte parfois le même itinéraire, par procuration si on veut, et le parcours peut être tout aussi dévastateur.Une vision de l'existence absolument tragique l'avais oublié le nom de Pauline, je n'avais oublié que cela.Faite de mots seulement \u2014 ô miracle de l'art ! \u2014 cette femme conserve dans ma mémoire son exacte réalité charnelle, l'oublierai peut-être aussi le patronyme des sept Marie que M.Noël PIERRE VENNAT ¦ Un « v'limeux », nous dit le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui publié par Le Petit Robert, c'est quelque chose «qui est dangereux sans le paraître, sans qu'on s'en doute ».Dans le cas présent, La Vlimeuse, c'est un voilier, une embarcation sur laquelle Cari Mail-hot, sa femme Dominique Manny et leurs enfants ont navigué, voyagé à travers le monde pendant six ans.Mais les « v'limeux », ce sont aussi Cari et Dominique, qui ont décidé de partir et de réaliser leur rêve envers et contre tous les préjugés.Et puis finalement, La V7/-meuse autour du monde, c'est un bouquin de 350 pages qu'ils ont lancé récemment à la Bibliothèque nationale et dans lequel toute la famille raconte comment, en cette fin de siècle où tant de rêves et de valeurs font naufrage, ils ont réussi, eux, à naviguer au sens propre et figuré, contre vents et marées.Comment Dominique et Cari, les deux « v'limeux », ont défié les écueils de la société de consommation et le déclin de l'éducation occidentale en sortant les enfants de l'école traditionnelle et les amenant avec eux autour du monde tout en voyant eux-mêmes à leur éducation.Comme l'écrit Yves Gélinas dans la préface, s'il est facile d'avoir des rêves, aussi démesurés soient-ils, réaliser ces derniers est une autre chose, surtout quand, comme Dominique et Cari, on décide de.construire un bateau tout en élevant une famille de quatre enfants, et de l'emmener en croisière autour du monde.Vivre en marge La Vlimeuse n'est pas qu'un récit de voyage ou de navigation, bien qu'il y ait, bien sûr, beaucoup de cela dans ce livre.C'est aussi le récit, très personnalisé, de gens qui ne craignent pas de vivre en marge et de l'écrire.Un livre formé du journal ou des impressions de Cari, puis de celles de Dominique et du journal d'Évangéline, l'aînée des filles, le tout entremêlé, assorti de remarques des autres enfants et de belles photos.Un livre pas facile à lire toutefois, justement à cause de ce « mixage ».Et peut-être un peu long pour qui n'est pas amateur de voilier ou de navigation.\u2022 >'autant plus qu'on nous annonce un deuxième tome L'intérêt pourchasse, atteint et étreint à travers les Amériques, depuis le Grand Nord jusqu'à Rio de Janeiro, dans Frontières ou Tableaux d'Amérique.Il me restera et pour longtemps, prégnante, la vision douloureuse d'une Amérique, plus mythique que réelle, qui aurait inventé le Paradis sans donner à tous les moyens de l'approcher.À beaucoup de femmes encore moins, car une fatalité pèse sur la condition de certaines, pas seulement dans la fiction, et les voici réduites, par quelque malheur inscrit dirait-on dans leur chair, soit à mal rêver le salut imaginé, soit à ne pouvoir même le rêver.Ces frontières et tableaux d'Amérique sont traversés par une vision de l'existence absolument tragique.Fillettes et femmes violées ou vendues par leur père, là où la misère est telle qu'elle ne laisse aucun espace à la morale convenue ; fillettes et femmes moins mal nées, habitées par des désirs, pourtant mo- aurait peut-être été plus soutenu si on avait combiné les deux livres et renforci l'écriture.Mais Cari Mailhot et Dominuqe Manny ne font jamais rien comme les autres.Le livre raconte donc la genèse de leur projet depuis leur première rencontre, leur décision de vivre ensemble ( lui a 19 ans de plus qu'elle ), d'élever une famille, de construire un bateau, de partir autour du monde sur cette coque et d'en revenir.Et sans doute un jour de repartir.Et comment élève-t-on les enfants dans un tel contexte ?Cari ne s'en faisait pas.Il estimait, écrit-il, que malgré toutes ses années d'école, de collège et d'université, il était passé à côté des vraies réalités.«c Avoir terminé un cours classique en apprenant le grec, le latin et la philosophie, mais rien des aspects pratiques du monde qui nous entoure, est quasiment criminel.Comme dirait l'autre : à quoi sert à l'homme de gagner l'univers s'il n'a pas de culotte pour passer l'hiver ?» Quant à Dominique, qui avait tâté l'école alternative deux ans comme élève en plus d'y avoir envoyé ses aînés, considérant les écoles traditionnelles « d'un sérieux à mourir d'ennui », elle résume sa propre expérience scolaire de la façon suivante : « Quel beau gaspillage, si je fais le total.Sur treize années d'enfance et d'adolescence confiées aux institutions scolaires, j'ai l'impression de n'avoir vécu intensément que pendant deux brèves années d'école alternative.Tout le reste est sans saveur, balayé dans l'oubli.Sur la Vlimeuse, à l'heure des écoles-usines, nous avons offert aux enfants un atelier navigant et la souplesse de nos humeurs.Les spécialistes de l'enseignement nous avaient dit : Ne vous en faites pas, vos enfants en apprendront plus en voyageant.Si l'école tant détestée n'était pas à la hauteur, à nous de prouver qu'on peut faire mieux.Impossible de faire pire.Mon expérience d'élève, puis de parent dans les écoles alternatives, m'a déjà indiqué des voies plus imaginatives, plus stimulantes.Et comme il semble que le rôle de professeur s'inscrive dans le prolongement naturel de celui de mère, j'accepte le défi ».LA VLIMEUSE AUTOUR DU MONDE, tome I.Cari Mailhot et Dominique Manny.Groupe Nautique Grand Nord et Bas Saint-Laurent, Montréal.1995.146 pages.destes, qui éclateront l'un après l'autre comme des bulles de savon, et ce sera la résignation.Désir d'amour et de bonheur, improbable rencontre, désir de réussite matérielle, désir de consommer jusqu'à plus faim et plus soif, désir de tromper le vieillissement et la mort, désir encore, plus humble, d'au moins survivre aux violences d'une Amérique qui tue.M.Noél Audet, promeneur sans bagages et pour l'occasion sans mémoire, aborde aux réalités du mythe américain pour mieux en inventorier le vide sidéral.Pour nous consoler de ruptures qui nous ont laissés longtemps sans racines maternelles, certains parmi les nôtres, chantres d'une Amérique plus fictive que réelle, ont célébré son espace infini, c'est-à-dire son vide, qui vous aspire et qui vous perd.La démarche de M.Noël Audet est différente.Il ne s'agit pas de renier l'espace américain, mais plutôt de l'habiter, sans y perdre sa mesure humaine.Sans complaisance, et c'est là encore le signe de l'amour qui le porte vers ses personnages féminins, l'écrivain décrit, désolé peut-être de le faire, moins la vanité de leurs désirs que leur irrecevabilité.A-t-il le droit de tuer ainsi les pauvres espoirs que chacune entretient ?Oui, bien sûr, mais il s'y résigne mal.Quand il a brossé chacun de ses tableaux, il s'offre ensuite à travers eux une promenade, pour retoucher ceci ou cela, imaginer des issues moins dramatiques, refaire en quelque sorte un univers moins coincé sous la botte du mal.Il se promène donc dans sa propre fiction.Il n'en est pas peu fier, il a raison, mais il est très lucide aussi : « Revenons à Mary, fe crois que j'ai exagéré un brin pour boucler mon histoire et lui donner le sens tragique sans lequel il n'y a pas d'histoire.» Revenu sur les lieux de son crime, il a donc envie d'infléchir le destin de telle ou telle héroïne et il le fait, à petites touches, et ainsi leur existence devient autre un peu, ou beaucoup, elle devient ce qu'elle aurait pu ou dû être, mais l'insatisfaction demeurera, et même la cuisante déception, chez ces femmes, de n'avoir pas pu franchir l'étape qui allait changer leurs vies, changer la vie.l'accepte évidemment ce retour amoureux du romancier vers ses femmes de fiction, je sens même que cela me regarde un peu, parce qu'une fois encore, comme à la rencontre de Pauline, j'en suis devenu moi aussi amoureux.Ce n'est pas si grave.Ce qui l'est, c'est que je suis jaloux de l'écrivain.Non pas que j'eusse voulu écrire son livre à sa place, ce qui n'est pas de ma compétence.le jalouse plutôt une proximité, une familiarité intenses dont je me sens exclu.L'aveu est difficile, il signale un abandon total à l'oeuvre.l'y tiens pourtant, par honnêteté ou manque de pudeur.FRONTIÈRES OU TABLEAUX D'AMERIQUE.Noël Audet.Collection Littérature d'Amcrioue, Québec/Amérique.Montréal.1995 210 pages.d'un chien MARIO ROY ¦ Peter Mayle, cela est de plus en plus évident, est l'homme d'une idée.Ceci dit sans connotation péjorative, puisque l'idée est bonne, que l'auteur l'exploite avec une habileté absolument extraordinaire, que le lecteur s'en régale et en redemande.L'idée, c'est évidemment la-Provence-vue-par-les-yeux-d'un-British.Et elle a à ce jour donné Une année en Provence, best-seller à l'échelle de la planète, qui a été distribué à des millions d'exemplaires en plusieurs langues, a servi de base à une série télévisée de la BBC et.a amené des cars entiers de Japonais lourdement kodakisés dans un village où on n'était guère habitué de voir plus de trois touristes à la fois.Mayle a ensuite récidivé avec Toujours Provence \u2014 moins réussi, ou alors, c'est qu'on était devenu trop exigeant.Il livre aujourd'hui A Dog's Life, qui est au fond la même histoire, mais vue par le chien de la famille ! Le meilleur ami de l'homme Boy, c'est son nom, est un roquet errant que madame Mayle a recueilli et présenté au reste de la maisonnée : les deux chiens déjà installés ( de bonnes vieilles bêtes, juste un peu ennuyeuses, estime Boy ) ; et l'auteur, évidemment ( « 11 n'est pas très habile de ses mains, sauf dans le maniement du tire-bouchon.Il pourrait exploiter ce savoir-faire minimal \u2014 on a toujours besoin de bar-men, après tout \u2014 mais il n'a aucune ambition et préfère s'enfermer dans son bureau pendant des heures pour aiguiser des crayons et rêvasser en contemplant les murs.Un homme étrange, si vous voulez mon avis.» ).Boy réfère au couple Mayle en parlant du management ( ! ) et ne désigne jamais l'auteur en employant d'autres mots que the otlier lialf.On aura compris que le pi-tou est égoïste, manipulateur et lucide au point d'en être parfois cynique.Il prévient dans une note liminaire : « Cette histoire est basée sur des faits réels.Cependant, m inspirant en cela de la technique déve- de maison loppée par les politiciens dans la rédaction de leurs mémoires, j'ai arrangé la vérité lorsqu'elle m'était défavorable ».Boy est en outre assez paresseux, gourmand, légèrement couard et porté sur les choses du sexe.Il n'a rien contre les humains, c'est entendu, mais il voit leurs relations d'une façon, disons, pratico-pratique ; le chien est le meilleur ami de l'homme, soit, mais soyons clairs, « l'entente entre l'homme et le chien est en partie d'ordre pratique.L'amitié est une chose très belle \u2014 si ce n'était de mes amis, je ne serais pas ici, après tout \u2014 mais on ne doit pas sous-estimer l'importance d'un lit douillet, de repas copieux, d'une maison confortable ».Ainsi équipé pour affronter la vie.Boy raconte ses petites et grandes aventures de chien de maison dans le cadre que nous connaissons déjà, décrit ses relations avec les bêtes \u2014 il déteste évidemment les chats mais ne crache pas sur une bonne chasse au lapin \u2014 et; avec les hommes : le livre se termine d'ailleurs sur un chapitre intitulé « Notes on the H limon Species », qui est une sorte de mode d'emploi de l'homme à l'intention du chien.\u2022 La fable anthropomorphique est un genre consacré qui, au départ, joue sur du velours : la plupart des gens aiment bien leur compagnon à quatre pattes et ne peuvent s'empêcher de fantasmer sur son moi profond \u2014 en particulier sur l'idée que la bête se fait de son management.A Dog's Life, c'est comme la tarte aux pommes, on ne peut être contre.Mayle manie toujours ce type d'écriture légère, fluide, vive, qui l'a rendu célèbre.On lit sa Vie de chien sans effort, un sourire accroché aux lèvres, avec la délicieuse impression de se livrer à une activité d'une parfaite inutilité et d'une valeur didactique nulle \u2014 un pur plaisir.Mayle se répète ?Oui, bien sûr.Mais, bon, il y a des os qu'on ne se lasse pas de lécher.A DOG'S LIFE.Peter Mayle.illustr.t tions d'Edward Koren.Alfred A.Knopf.New York.1995.192 pages.28 $ Une famille de v'limeux autour du monde 1 Un récit exceptionnel : six années de navigation en famille, autour du monde.LA VEDETTE d'Un tramway nommé désir, du Parrain et du Dernier Tango à Paris a récemment livré sa vérité.PKI IK KÏÀNSO' BRANDO La biographie non autorisée r La vérité, toute la vérité, la voici.Le pavillon des miroirs Brésilien d'origine.SEROO KOMS arrive au Québec par hasard Comment faire fe pont entre cet deux Amenque\\ ' On dirait un icete'g posé comme un faux drapeau sur un Brésil en fia*nn(' f > ¦H PRESSES DE LA CITE m 850 pages / 39,95 $ Avec STEPHANE BRULOTTE.DOMINIQUE LAMV Ct JACQUES L'HEUREUX dans une adaptation tt une mise en lecture de CLAUDE POISSANT du roman de Sergto Kokis le pavillon des miroirs Grand Prix du livre de Montréal 1Ç04 Prix Molson de l'Académie des lettres du Québec 1994 Prix Québec-Paris i99\\ Animation Monique Richard En présence de l'auteur Production: Théâtre Petit à Petit/PàPj CALENDRIER DE TOURNEE Mardi 16 avril a if.h Maison de la culture ¦ oicmont'Petite-Par\".'\u2022Tor.avenue de tcrim »\u2022 Montréal 672-173: Mercredi 19 avril a if h Bibliothèque t'Cctogcn* icéo.avenue Dollard laSalle 367-6364 leudi ao avril a io \" Maison de la culture Plateau Mont«fio>ai .|, avenue du Mont-Royal ts* Montréal l72**M4 lundi a* avril é \u2022 * h 30 Centre Harpe M 60.rue Samt-Picrrr S*»3» lundi i*\" mai a 10 h vu-un je la culture Ma«»onn*jve Collège de Meisonn«>u«< /700.rue Bourbonneie Montréal irj-ztz?Mardi a mai a 19 h 30 y 1 %:n de la culture Mer, |fi -os rue HocHeï*9A Montréal é7J-87' s leudi 4 mai a ao h ialie Marie-S te p nantit it musique Vinçcnt- ¦ Peut-on imaginer plus fructueuse association ?\u2022 Le premier, père du viril corsaire espagnol Corto Malte-se dont les aventures ( et les favoris ) interminables en ont fait rêver plus d'un, signe ici le scénario de celle épopée historique.Le deuxième, grand spécialiste de la bédé cochonne « euro-chic » et certainement l'un des plus grands dessinateurs de tous les temps, s'est chargé de nettrc le récit en images.Le résultat est évidemment impeccable, d'un côté comme de l'autre.L'histoire d'f/ Gaucho se déroule au XlXe siècle, alors qu'une flotte de l'armée britannique s'apprête à envahir Buenos Aires.Un jeune « tambour » anglais et quelques compagnons déserteurs tentent de fuir la guerre pour s'installer quelque part en Amérique du Sud.Manara oblige, le récit est souvent prétexte à des scènes erotiques ( mettant en vedette tes filles de joie de la marine anglaise).Mais comme ces images sont totalement gratuites et n'apportent rien à l'histoire, aussi bien en profiter pour se rincer l'oeil.Comme tout ce que produisent Manara et Pratt ( ensemble ou séparément ) El Gaucho est d'une grande qualité et saura plaire aux amateurs d'histoire, d'aventures et de pitounes.Aleksi K.Lepage Lt GAUCHO.ManaraPraU.Editions r.istennan.Paris, 199^.« Pour moi, la télé n'a rien à voir avec le côté violent de l'être humain » Presse CanoàUnne SHERBROOKE ¦ Réalisateur, romancier qui a été récompensé de nombreux prix au cours de sa carrière.Roger Fournier est l'auteur de l'ouvrage Gilles VigneouK mon ami que viennent de rééditer, en version actualisée \u2014 la première édition remonte à 1972 \u2014, les éditions Stanké.Mais Roger Fournier l'avoue sans faux orgueil : c'est une demande spéciale de l'éditeur Alain Stanké.«Parce que moi, je n'aurais jamais osé faire ça, dit-il.Mais j'ai relu ce qui avait été publié en 1972 et j'ai trouvé ça pas pire.Certains passages m'ont étonné, j'y ai lu des choses avec lesquelles je n'étais pas d'accord parce qu'aujourd'hui, je suis plus prudent que je ne l'étais à cette époque où je disais les choses avec force.Mais j'ai ajouté, sous forme d'une longue lettre, mes commentaires de chacun des chapitres avec le regard d'aujourd'hui.» Il y raconte également le tournage d'un film qu'il a réalisé sur Vigneault au début des années 70 et une longue entrevue qu'il a menée avec lui intitulée Vigneault, de l'ado ù Vhomme nouveau ».On y retrouve donc Gilles Vigneault au cours de trois grandes étapes de sa vie, celle de son adolescence au Petit Séminaire de Rimouski et à l'université Laval, du début de sa carrière et d'aujourd'hui, présentant sa façon de voir le monde.Les moments partagés avec son ami d'adolescence ont mar- qué Roger Fournier et ont, vraisemblablement, eu une influence sur sa carrière d'écrivain, mais à retardement.« l'ai commencé à écrire lorsque j'ai été prêt, au début des années 60, et avec dix ans de retard, puisque j'avais 30 ans.Avant, j'étais incapable d'écrire », précise-t-il.Écrivain, scénariste et réalisateur Mais après avoir commencé, Roger Fournier n'a jamais cessé.Gilles Vigneault mon ami est le 18e ouvrage qu'il ait publié.Au même moment, il gagnait sa vie comme réalisateur à la télévision où il a appris le métier en même temps que tout le monde, tout en écrivant un roman par année et en collaborant à des publications comme Perspective, On lui doit également le scénario du film Au revoir, à lundi, mettant en vedette Miou Miou.tiré de son roman Moi mon corps mon âme Montréal etc., et de Une journée en taxi, avec lean Yanne.Mais depuis 1982.Roger Fournier n'a rien vendu comme scénariste.Il a quitté Radio-Canada en 1986 pour travailler comme réalisateur pigiste et se consacre essentiellement à l'écriture, en plus de tenter de mener à terme plusieurs projets dont certaines coproductions avec la France.« )e ne veux pas rester à rien faire et s'il y a une chose que j'aimerais par-dessus tout, c'est d'enseigner la réalisation aux jeunes, admet Roger Fournier.Pas la réalisation théorique mais la pratique, celle qui me mettrait \u2014 Roger Fournier en contact avec les jeunes d'aujourd'hui.Car ce sont eux qui préparent le monde et ils sont tellement différents de ce que j'ai été.au point de vue culturel.» Roger Fournier sait fort pertinemment qu'il n'est pas reconnu comme un réalisateur de film.Les deux seuls longs métrages qu'il ait faits sont Pile ou face, \u2014 «un film de cul tellement mauvais que j'ai mis cinq ans à m'en sortir » \u2014, et Les aventures d'une Jeune veuve avec Dominique Michel, dans lequel on trouvait une seule «équcnce drôle en plein milieu.11 nourrit donc peu d'espoirs de ce côté.Mais l'écriture constitue sa principale occupation, lui que l'on a qualifié d'écrivain erotique et même pornographique, ce qu'il reconnaît sans honte aucune mais plutôt avec une joyeuse bonne humeur.« L'écriture, pour moi, c'est une thérapie.Je considère qu'un gars qui écrit des romans doit avoir l'inconscient bourré de monstruosités et qu'il se libère en les jetant sur papier.le le reconnais, j'adore parler de violence.Mais ma théorie est à contre-courant de ce qui se dit actuellement.Pour moi, la télé n'a rien à voir avec le côté violent de l'être humain.» Pour Roger Fournier, il n'y a d'ailleurs pas de meilleurs remèdes pour contrer la violence que d'écrire, d'abord, mais aussi de s'affairer à fendre du bois avec une tronçonneuse, une activité à lac^uelle il trouve une immense satisfaction.« |e ne crois pas que l'on puisse trouver des bûcherons qui soient des violeurs ! » Pour Roger Foumler.il n'y a pas de meilleurs remèdes pour contrer la violence que d'écrire, ou de.fendre du bols à la tronçonneuse l Le Québec devrait accentuer son action dans les régions de France Des écrivains et éditeurs québécois, ainsi que le représentant de La Presse, ont été reçus récemment à Lyon, Cfiambéry, Annecy et Grenoble, invités par VAgence Rhàne-Alpes pour le livre et la documentation ( ARALD), La Presse publie le deuxième et dernier reportage sur cette rencontre.RÉClillILD MUUrTEL envoyé spécial La Prfsse EN RHÔNE-ALPES ¦ le serais bien embête de dire ce qui constitue l'appartenance d'un écrivain à la région Rhône-Alpes, ou à toute autre région d'ailleurs.Il peut y être né ou non, y vivre ou simplement s'y sentir chez soi, le temps des vacances ; il peut se faire éditer à Lyon ou ailleurs, mais aussi à Paris.En cela il ressemble aux écrivains québécois qui, d'où qu'ils viennent et où qu'ils aillent, comme la Saguenayenne Mme Lise Tremblay ou le Gaspésien M.Real-Gabriel Bujold, consentent et cultivent en eux la mémoire vivante des origines, sans se demander s'ils inventent une littérature du fjord ou de la mer.Une rare gratuité Nos hôtes de l'ARALD, s'ils répondaient à toute question sur les écrivains et éditeurs rhônalpins, leurs livres ou leur marché, n'étaient pas du genre à vendre sous pression.Le produit vedette qu'ils ont fait circuler dans les librairies et dans les bibliothèques, ce fut l'écrivain québécois, point.A celui-ci de parler métier ou de parler art, de présenter son oeuvre et sa genèse, de lire des extraits qu'il jugeait significatifs.Chacun l'a fait avec ce qu'il faut de simplicité, mais en manifestant \u2014 ce que j'observe depuis des années \u2014 une confiance en soi plus grande : nos écrivains n'ont plus de complexes.Après chaque rencontre, quelques personnes achetaient des livres et réclamaient une dédicace ; d'autres poursuivaient la conversation.Un séjour de quatre jours dans autant de villes ne peut suffire à se faire une idée vraiment informée de la situation du livre et de la littérature dans une région.Chose certaine, on trouve en Rhône-Alpes des bibliothécaires dont les stocks pourraient nous faire pleurer d'envie ; de vrais libraires aussi, compétents et efficaces ; curieux les uns et les autres de savoir comment se porte l'édition chez nous, qui sont nos auteurs mcontournables et, question douloureuse, ce que sera le résultat du prochain référendum ! Curieux aussi de notre propre situation par rapport à Paris, et sachant très bien que nos livres ne se trouvent à peu près nulle part en France, quelques interlocuteurs ont posé à notre petite délégation des questions sur la coédition franco-québécoise.Ce n'est pas le lieu d'y répondre ici, sinon pour dire qu'elle a tendance à ne fonctionner que dans le sens qu'on devine.Ces questions m'ont inspiré une su^estion.presque sérieuse.S'il est vrai que les éditeurs en région ont peu de chances de se faire connaître sur le marché de Paris \u2014 et donc de la France tout entière \u2014, ne pourraient-ils pousser l'affaire jusqu'à l'absurde et tenter eux aussi de signer des ententes de coédition avec Paris ?En guise de bilan Quel bilan oserai-je faire du séjour rhônalpin des Québécois ?Il ne saurait être de nature stricteti>ent quantitative.Nos relations sont jeunes encore, elle gagneront à se raffermir.Déjà, les débuts sont prometteurs.Champ Vallon a coédité avec L'Hexagone une oeuvre de M.Femand Ouellette, les Heures ; le recueil Coeurps, de M.Jean Charlebois, a été repris par Paroles d'Aube.Il y a, il y aura d'autres exemples.La distance est à la fois un désavantage, à cause du coût des déplacements, et un atout, puisque nous sommes assez différents les uns des autres JPpur nous trouver intéressants.Le Québec, si jamais il voulait accentuer sa présence à l'étranger dans le domaine de la culture \u2014 qui est le lieu central de sa différence américaine \u2014 serait bien inspiré de faire naître ou d'accentuer son action dans des régions d'importance comparable.Pas question de négliger Paris pour autant, qui n'est pas fait que d'éditeurs jaloux de leur empire et qui auraient le nez collé au nombril.Paris où pour la première fois peut-être \u2014 je veux dire sérieusement \u2014, grâce à la prochaine création par Thomas Déri d'une librairie québécoise, dans le voisinage de l'Odéon m'a-t-on dit.les écrivains du Québec, en tous genres confondus, auront la chance, dès octobre prochain, de rejoindre un nouveau public et peut-être même d'obtenir des échos médiatiques, denrée rare.Hn quelques mots DtACNO%rt\u20ac tilt alite de la lanqite , iiii 'I ^ ' JT fini pimpit * n.| 1600 le Cnrbusier + O à>.\"EXTRAORDINAIRE!\" -Jjim MjJio.1111 MW îORk WWW \"SOIGNE Peu de films offrent autant de plaisirs,\" H ¦ Bob Camptell, NEWH0USE NEWSPAPER \"FANTASTIQUE § \u2022 J i : M que Un film ma et sérieux, enrichissant et passionné que THE REMAINS OF THE DAY ou HOWARDS END\" ¦GinsSiskel.SISKElêEBEfiT NDCNOLTE GRETA SCACCHI i MBOttST MHf HOOiniON mu \"SOMPTUEUX Un très beau spectacle.\" WTr^T^ ¦ DâYld/Utun.NEWSWEEK -âarTASCINANT Les détails sont surprenants dans : leur abondance i / ter \u20220winGl9ibwm*n, ENTER TAIN MENT WEEKL Y VERSION o.anglaise |\" momi ncïiiB m mwiva&riooicno»^ .jwbmiu.snvom atmscoi ¦rasOKiiw JEANJEME tlMONT SUÛSOliOl ÎTHGUKM JWBLU1J0SB HHttaiOSWf MCI HUQttSD TH\\NT»NTTTON (TÏMTttNTlW (MOmKRKttfflM HMHTWJON ^RKMDIOttN t;|EV\\YKitl\\ JOftUQiï \"^d'UKUFUM.Ob _mJQH mS WBfl LûREMl ^rHREUmME ^HttflRIWAS ^DONWWSINÏÏID Kl MA 4Mwt«fr -IRLTOMEjRWU\"nBUlMEKHA.VT ^HHIVOB sssz ^ jfo- LOEWS 861 7437 9S4 Ste Catherine 0 * O Liam NEESON Jcssica LANGE Lorsqu ils ont menacé Je détruire une nation/ un nomme a eu le courage Je se Battre.Son nom était.PARISIEN 8*3856 480Ste Catherine 0 * CARREFOUR 565-03*6 dr I fttrif SMtHHItnUHf * PLA2AREPENTIGNY 657*52 l -iHol-r 3jwr ll*ltenu»: 1hê\\ DRUMMONDVILLE \"tau Capitol * STJEAN Capitol VERSION FRANÇAISE CAR.ANGRIGNON 366-24631 VERSAILLES 3S3-7880I CENTRE LAVAL 688-7776 /!)//boul.Nevman * (K1 Place Versatile* ?Q &| 1b00leCofbu\\ier CREMAZIE 84>film|L0NGUEUIL mmiimI JULIETTE '5*377 \u2022IMOrueSt-Orn^ * © I H/s Si l .uneni O * (S I Jnliellr _* STB ASILE m 7952 1 TERREBONNE ISTEJHERESE «7M444 /(\"«nul l.>ur»er | 10/1 Cbpm.w du Cote\u2014 ?1 ri»i»Stt-Thtrp) DOLB Ottrvlun-mar-fou 0 30 dim-lurwnar-mor-jou 1 40-3 30 DISCLOSURE (13*) DOLBY drrv*urvm»f-^j 7 05 MURDER IN THE FIRST (13*) DOLBY 1 45-0 35 BOYS ON THF SIOE (13*) DOlBY Tout »Pt jour» 4 15-7 10 LEOENOS OF THE F AU.(O) OOLBY 2 0O-4 35-7 15-0 46 HIGHER LEARNINO (13*) DOLBY Tout »t fOurt 4 30-0 20 NELL (O) DCxBY Tout l« to.rt 7 00 DROP ZONE (13*) DOLBY Tout tot jour» 210 MOUSEOUEST (O) dolby iur>-nw-mar-jou 725 dirn-tun^nsr-rrwr-ftu 1 55 HK3HLANDER IN (13*) DOLBY lun-rmf-mtf-jtu 9 40 Kirvmtf-mtr-fbu 4 20 L ITT LE WOMCN (O) DOLBY Tout m totf» 7 30 THE OAirCK AND TME OEAO (13*) DOLBY 215 INTERVIEW WTTH THE VAMPIRE 119*1 DOLBY 4 25-9 50 CENTRE EATON 705 Ste Catherine O 985-5730 GOOf Y MOVIE (O) DOcBY oViviurwTW 7 00-9 20 mor-fou 9 20 ûtm-tun-rrw-rrmt-pu 12 15-2 40-4 40 SOLEH.TROMPEUR (O) DOLBY 3 0O«0O000 BORN TO BE W1LD (O) DOlBY Tout «t jourt 1245 DON JUAN OE MARCO (Q) DOLBY 12 30-1 30-2 45-4 0O5 0O615-7 2O9 30-940 TOMMY BOY (O) DOLBY 1205-2 30-4 45-7 104)25 TANK OJRL (13*) DOLBY Tout >tt «Otft 9 30 PEBBLE & THE PENGUIN (G) DOLBY 12 40-2 25-4 25-7 15 LOEWS 954 Ste Catherine O 861-7437 ROB ROY (O) dolby 12 30-3 306 45-9 45 OUTBREAK (O) OOlBY 12 45-3 45-7 15-9 55 JEFFERSON IN PARIS (G) dolby 12 20-3 10* 15-910 FORREST GUMP (O) dcxby 1210-3 15-6 30-9 15 SECRET OF ROAN INWH (G) DOlBY dinvmsr-rmr-ftu 7 25-9 30 K;n 9 30 VERSAILLES Place Versailles 353-7880 ROB ROY VF (G) DOlBY Tout lot Mtft 7 00-9 50 dim-turv-mor-4nof 1 40-4 20 GAZON MAUOIT (13*) DOLBY Tout MA ton 710-9 35 dvTvJuA-mor-rnor i 45-4 30 UN INDIEN DANS LA VILLE (O) DOLBY dtrrv*uft-nw-mor 1 30 FORREST OUMP VF (O) DOLBY Tout lot ton 6 509 40 difrviuiwnor-mof 4 30 BAO BOYS (13.) DOLBY Tout MO ton 715*45 C ~v(ur>-mtr-rr»f 1 50-4 40 LE COURAGE 0 UN CON (G) DOLBY Tout lot ton 915 LE CAILLOU t LE PINOOUJN (O) DOLBY Tout kot ton 7 05 dirrviuiwmr^Tior 1 05-3 05-5 05 DON JUAN DE MARCO (G) DOLBY Tout Mt ton 7 30-0 30 difTviuo-nw-mttf 1 15-3 30-5 30 _ RU1 LE MIRAGE 9480 boul.l.acordaire -K 324-CINE LAVAL 1600 I e Corbusier 688-7776 OOOFY MOVIE (O) DOLBY 1 0O3 00-5 006 506 45 ROB ROY VF (O) OOLBY 1 15-4 00* 50-9 35 OUTC^lAK (O) DOLBY Tout lot ton 6 459 20 BORN TO BE WN.D (O) DOLBY Tout lot |Ouri 2 30-4 40 FORREST OUMP V.F fO| DOlBY 2 30-7 00-9 35 GAZON MAUDIT (13*) DOlBY 2 00-4 30-7 05-940 LE COURAGE D UN CON (G) DOLBY Tout m ton 9 15 LE CARJ.OU S LE PINOOUM (Gl DOLBY 1 '5-3 15-515-7 1*1 PULP FICTION (19.) DOLBY Tout Itt ton 9 10 PEBBLE t THE PENOUIN (O) DOLBY 1 30-3 30-5 30-7 » UN INDIEN DANS LA VILLE (G) DOLBY 12 45-2 45 SOLEIL TROMPEUR (G) DOlBv 4 *0-7 30-10 20 MAS OF THE HOUSE (O) DOLBY Tout lot |Oun> 12 3O230 FORREST OUMP (O) DOLBY Tout lot jourt 4 30-7 10-9 50 TOMMY BOY (O) DOLBY Tout lot jourt 2 30-4 45-7 0O9 15 DON JUAN DE MARCO (G) DOLBY Tout lot jourt 2 30-4 55-7 15-925 ROB ROY (O) dolby Tout Itt fourt 1 15-4 00-0 50-0 35 CAR.ANGRIGNON 7077 boul.Newman 366-CINt FORREST OUMP VF (O) DOlBY Tout lot ton 7 05-9 50 BORN TO BE INILD (O) DOlBY d*rv4u*>-mor-mt» 2 20-4B5 IM TOMMY BOY (O) DOlBy Tout Mo ton 7 20-920 d^rwiurwnor-mor 2 05-4 15 ROB ROY Vf.(O) DOlBy Tout lot ton 700-945 d«m-*«xwn»r./nor 1 154 10 OUTBREAK (O) DOLBY Tout *t ton 7 00-9 40 III d*rv!un-fflOMnof 1 454 30 le COURAGE D'UN CON (Q) DOLBY Tout lot ton 9 15.PEBBLE 4 THE PENOUIN (G) DOlBY Tout Mt ton 1JO dtfTviurvrrar-fnor 12 30-2 304 X PULP FICTION (19*) DOLBY Tout Mt ton 910 \u2022 t.LE C AILLOLI a LE PINGOUIN (O) DOlBY Tout lot ton 71 d*nJun-mof-«nor 1 00-3 00-5 00 ROB ROY (Q) DOLBv Tout M ton 6 55-9 55 dvTvJun-rnor-fnor 1 50-4 20 GOOFY MOVIE (O) DOlBY 0»rvH/WTW-mof-fOU 7 30-9 20 s Grandes Prairies C~\\ ROB ROY (v.o.anglaise) (G) r Ven au Lun.: 1 00 \u2022 3 40 - 6:45 \u2022 9 25 Mar au Jeu: 6:45-9:25 Couche tard Ven., Sam et Dim 11 50 A GOOFY MOVIE (v.o.anglaise) (G) * Ven.au Lun.: 1 00 - 2:35 - 405 \u2022 5:35 - 7:10 Mar au Jeu.7 10 - 9 00__ 9 00 DON JUAN DEMARCO (v.o.anglaise) ?Ven au Lun ; 1 15 - 3 15 - 5 15 \u2022 7:20 \u2022 9:25 Mar au Jeu 7 20-9.25 Couche tard: Ven., Sam et Dim.11 20 BORN TO BE W1LD (v o anglaise) (G) * Ven.au Lun : 1:00-7:15 Mar.au Jeu.: 7:15 Couche tard: Ven.Sam et Dim 11.20 MAJOR PAYNE (v o anglaise) ?Ven au Lun.: 3:05 \u2022 5:05 \u2022 9:20 Mar au Jeu 9 20 _ OUTBREAK (v.o anglaise) e Ven.au Lun : 1 05 - 3 30 - 7:00 - 9:30 Mar au Jeu : 7:00 - 9 30 Couche tard: Ven., Sam, et Dim : 11 45_ CAILLOU ET LE PINGOUIN (LE) (v française) (G) ?Ven.au Lun.1 00 - 2:40 - 4:15 \u2022 5:50 \u2022 7 30 Mar.au Jeu.: 7:30_ 9:10 PULP FICTION (v.o.anglaise) (16 ans) * BAD BOYS (v.o.anglaise) (13 ans) * Ven au Lun 1-00 - 3 20 - 7 00 - 9 20 Mar.au Jeu 7 00 - 9 20 Couche lard: Ven.Sam.et Dtm : 11 40 LANGELIER 255-5551 Carrelour Langelier MAJOR PAYNE (v.française) (G) * Ven.au Lun.: 1.05 - 3 05 - 5:05 - 7:05 \u2022 9:05 Mar.au Jeu 7:05 - 9:05 Couche tard: Ven., Sam, et Dtm.: 11 05 NEE POUR ETRE LIBRE (v française) (G) * Ven.au Lun 1 00 - 3:05 - 5:05 - 7:10 Mar au Jeu: 7:10__ NOUS ETIONS GUERRIERS (v.française) (13 ans)* 9:15 Couche lard: Ven., Sam, et Oim.: 11:20_ DON JUAN DEMARCO (v.française) (G) * Ven.au Lun.1:15- 3:15 - 5:15 \u2022 7:20 - 9:25 Mar.au Jeu : 7:20 \u2022 9:25 Couche tard: Ven., Sam, et Dim 11 20_ DOLORES CLAIBORNE (v française) (16 ans) e Ven au Lun.1 15 - 3 45 - 7-00 - 9 30 Mar.au Jeu.: 7-00-9.30 Couche tard: Ven.Sam et Dtm.11 50 L EPIDEMIE (v.française) * Ven.au Lun.1 05 \u20223:30- 705-935 Mar au Jeu : 7:05 \u2022 9 35 Couche tard: Ven , Sam, et Dtm.: 11 50_ MAUVAIS GARÇONS (v française) e Ven au Lun 1 00 - 3:20 - 7:00 - 9:20 Mar au Jeu : 7 00 - 9 20 Couche tard: Ven .Sam et Dtm.: 11 40 LAVAL 2000 849-film Centre 2000.3195 ouest, boul Sl-Marlin h.DOLORES CLAIBORNE (v française) (16 ans) * Ven.au Lun 1 30 \u2022 4:00 - 7:00 - 9 30 Mar au Jeu 7 00 - 9 30 __ L EPIDEMIE (v française) Ven au Lun : 1 45 4:15-7 10-9 35 Mar au Jeu 7 10 \u2022 9 35 LONGUEUIL 849-film PLace Longutmi \u2022 825 ouest nje St-Laurent DOLORES CLAIBORNE (v française) \\ 16 ans) Ven.au Lun 1 30 - 4 15 - 7 00 - 9:45 Mar.au Jeu 7 00 \u2022 9 35 _ L EPIDEMIE iv française) Ven au Lun 1 30 4 00 - 7 00 - 9 30 Mar au Jeu 7 00 \u2022 9 30 PLACE ALEXIS NIHON Métro Atwater 849-FILM JURY DUTY (v.o.analaise) * 1:30 - 3:25 - 5 20 \u2022 7 20-920 DOLORES CLAIBORNE (v.o anglaise) (16 ans)» 1 35-4 15-7:00-935 SHALLOW GRAVE (v o anglaise) (16 ans) 7 30 - 9 30 Exc le 17 avril: 9:30_ MAJOR PAYNE (v.o.anglaise) \u2022 1:30-3 30-530 SONOtGlÎAi \u2022Ml halo bleuté prolonge l'oeuviic sur le mur même.Sa quête de luminosité se poursuit et atteint avec cette oeuvre un autre niveau de subtilité.Marcel Saint-Pierre en est là, tentant de se réconcilier lui-même avec cette Histoire de Part dont il est féru, cherchant a déterminer la place qui est la sienne dans la chaîne chromosomique de la création.Cherchant ;t déterminer aussi s'il y a une place pour lui, dans cette ville de New York qui le fascine tant, dans cette ville qui réussit si bien à l'artiste qui parvient à la séduire.Urs Tableaux composés de Marcel Saini-Pierre sont exposes jusqu'au 29 avril a la Galerie Trois-Points, située au 372 ouest rue Sainte-Catherine Ouest, suite 520.Cette galerie est ouverte gratuitement au public du mercredi au vendredi, de midi a 18 h.et le samedi de midi a 17 h.NOUVEL ELYSEE 288-1857 3S fur MHton ,«oq» Ci** une ruf au norô ie S*»fbroofce> PRET-A-PORTER (v françaraa) (G) \u2022 Sam etOim 1 00 - 3 45 - 7 00 - 9 40 Sem 7 00-9:40 CERCLE 0 AMIS (UN) (v.française» (G) \u2022 Sam et 0»m 2 00 - 4 15 - 7:15 \u2022 9 25 Sem : 7 15-9 25 PLACE LASALLE 12 aou CmrçBrf 3\"WXtv* 849-FILM CERCLE D AMIS (UN) (v.française) (G) \u2022 7 00 \u2022 900 _ NEE POUR ETRE LIBRE (v.française) (G) \u2022 Ven.au Mer 1 15-3 45_ JURY OUTY (v.o.anglaise) * Ven.au Mer : 12:50 ?3:00 \u2022 5:15 - 7 35 - 9:45 Jeu.7 35 - 9:45 _ - COLORES CLAJ80RNE (v.françane)(i6 ans; * Ven au Mer : 110 - 4D5 - 6:50 - 9:35 Jeu: 6:50 - 9:35_ CIRCLE OF FRIENDS (v.o.anglaise) (G) * Ven au Mer : 12:50 \u2022 3:00 - 5 15 -715- 9:25 Jeu: 7 15-9:25__H_ BAO BOYS (v.o.anglaise) (13 ans) * Ven au Mer.: 1 30 \u2022 400 \u2022 7:00 \u2022 9:30 Jeu : 7:00-900_ MAUVAIS GARÇONS (v.française) (13 ans) s Ven.au Mer.: 12:50 \u2022 3:45 \u2022 7-05 \u2022 9:40 Jeu.: 7:05-9:40_ NOUS ETIONS GUERRIERS (v.française) (13 ans)* Ven.au Mer.: 1:10 - 3.20 - 5.25 - 7 30 -9:40 Jeu: 7:30-9:40_ COLORES CLAIBORNE (v.o.anglaise) (16 ans) * Ven au Mer 1 10 -4 20 -6 45-9 30 Jeu : 6:45\u2022 930_ L EPIDEMIE (v française) * Ven au Mer: 1:10- 3:45 - 6:50 - 9:25 Jeu 6:50-9:25_ DON JUAN DEMARCO (v.française) (G) a Ven.au Mer.: 1:05 - 3 00 - 5:00 - 7 00 - 9 05 Jeu.: 7:00-905_ MAJOR PAYNE Emmanuelle Béart\\ \\1£ 1% ^ Daniel Autcuil e(Ue\\ «\u2022*io».m D \" S I 11 tu » ION vvak ¦iernme CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRE CINEPLEX ODÉON ET FAMOUS PLAYERS LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 16 AVRIL 1995 M !»¦ m i ¦I|IIMWI|«HHMI|MI(«>NI*I llip|.I.IVP«M^Wf^ypH.'{¦pi SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 16 AVRIL 1995 La personnalité de la semaine // n'est pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence Elle vient de remporter le prestigieux Prix francophonie jeunesse 1994 pour sa pièce Salvador ANNE RICHER I.enfance est un lieu fa-J milier qui Ta enchantée et l'enchante encore.Pour lui rendre hommage elle a en quelque sorte choisi de la~ raconter en mots, de l'offrir aux enfants de tous âges, sous forme de pièces de théâtre.Elle a participé à la fondation du Carrousel, compagnie de théâtre pour enfants qui fête ses 20 ans d'existence et de créations.Suzanne Lebeau, depuis 20 ans, occupe une place unique dans la dramaturgie québécoise pour enfants.Elle vient de remporter, pour sa pièce Salvador, un prix international prestigieux: le Prix francophonie jeunesse 1994, ouvert aux auteurs de jeunes publics de l'ensemble des pays francophones.Cette récompense couronne pour ainsi dire des années de ténacité, mais aussi d'originalité et de création pure.La Presse reconnaît le talent merveilleux de cette auteure.en la nommant Personnalité de la semaine.Présidé par l'auteur dramatique algérien Slimane Bénaissa, le jury qui lui a décerné ce prix a dû juger pas moins de 130 textes provenant de 27 pays.Le prix que Suzanne Lebeau reçoit s'accompagne d'une aide financière qui lui permettra de réaliser les projets suivants: lecture du texte au Théâtre du Mantois à Man-tes-la-Jolie (nord de Paris), durant la Semaine des auteurs francophones de 16 au 20 mai 1995 et accueil du spectacle que le Carrousel a créé en décembre dernier lors de la prochaine édition des Francophonies théâtrales pour la jeunesse, en mai 1996.Le Carrousel présente régulièrement des oeuvres à son jeune public d'ici, mais depuis 1983 la compagnie a présenté sept créations à l'extérieur du pays, donnant près de 500 représentations lors de 16 tournées internationales.Le prix que Suzanne Lebeau vient de recevoir est en quelque sorte une reconnaissance officielle sur le plan international; ses pièces sont publiées et traduites en plusieurs langues.Les réponses viennent des enfants Depuis qu'elle l'a connue, cette enfance, elle ne cesse de la traquer chez les autres, de la sublimer.«Le théâtre, dit-elle, doit laisser des images impérissables.» Comme la vie.Et cette enfance qui, dans son cas, à coulé comme un temps doux.Son théâtre à elle, ramène l'enfant à sa vie, et î'adulte à l'enfant, «l'essaie d'adopter le point de vue des enfants, de voir comment ils comprennent la réalité, et dans quels mots ils l'expriment».Elle parle de leur douleur, de leurs joies, de leurs rêves, sans hypocrisie.Elle n'entretient pas de mythes et ne tient pas absolument à donner une fin heureuse à chacune de ses pièces.Son imaginaire est au service «de morceaux de vie».Réels, bien réels, même si des adultes refusent de voir et d'entendre.Car il est parfois des réactions d'adultes qui la surprennent par leur violence.Ils sont mal â l'aise face â ce qu'elle évoque: l'inceste par exemple.Ou la sexualité.Elle peut donner le jour à une révolte silencieuse, mais bien présente .qui gronde parfois dans le coeur de l'enfant.Car elle est subversive â sa manière, «l'ai rencontré quelques adultes intelligents et sensibles qui comprennent.Mais il n'y a jamais de problème avec les enfants.» Son approche théâ- SUZANNE LEBEAU V «J'essaie d'adopter le point de vue des enfants, de voir comment ils comprennent la réalité, et dans quels mots ils l'expriment».traie n'est jamais complaisante et ne s'exprime pas en style gnangnan.Elle a beaucoup à leur faire dire par son écriture dramatique.En 1975, elle a créé: Ti-fean voudrait ben s'marier mais.; en 1976 : Le Jardin qui s'anime et La chanson improvisée; en 1977: Chut! Chut! Pas si fort!;\\ En 1978 et 1979, Petite ville deviendra grande et Une lune entre deux maisons.Plus tard: Les petits pouvoirs, La Marelle, Comment vivre avec les hommes quand on est un géant.Conte du jour et de la nuit.Contes d'enfants réels et Salvador la dernière-née qui lui a fait remporter le prix actuel.L'enfance de près et de loin Elle est née â Montréal le 28 avril 1948, deuxième d'une famille de six enfants: « l'ai née des filles», tient-elle à préciser.Son père, homme à tout faire: «que tout passionnait, enthousiaste et engagé»; sa mère: «critique sociale et lectrice boulimique», lui ont permis d'être une enfant dans toute sa splendeur, dans une grande liberté de pensée.Certes la discipline, une certaine rigueur, un panache certain, de la classe; mais l'enfant découvre le monde à sa manière.Suzanne Lebeau se souvient des quatre règles parentales, comme autant de clefs du bonheur : «de bons livres, de bonnes et belles dents, des souliers confortables, de bons lits.» Elle grandit à Greenfield Park.Sa mère, originaire de Saint-Alphonse-de-Rodriguez.lui fait voir la campagne.«Les bois, le plaisir, le rêve.» Elle ressent encore aujourd'hui ce besoin de solitude; il lui faut des plages de rêve.Cependant la vie active, de groupe, de complicité, de la vie du théâtre et de ses coulisses la comble de bonheur.Son enfance est pleine et heureuse: «l'école Saint-Edmond, les batailles avec les Anglais, les halles de neige»; les cours de piano, de ballet, etc.Encouragée, stimulée par ses parents, toutes ces années d'éveil sont vécues passionnément.À la fin de son cours classique, elle complète un baccalauréat en pédagogie.La carrière de comédienne qui l'attire depuis l'adolescence s'ouvre à elle par toutes sortes de voies.De 1966 à 1970, elle joue Molière, Ionesco.Stop-pard.De 1970 à 1973, elle travaille avec Jacques Crète et Gilles Maheu, puis avec Etienne De-croux à Paris; elle fait également un stage au Théâtre de pantomime de Wroclaw, en Pologne, une expérience qui la marque profondément.Elle prend conscience du besoin de théâtre pour enfants, et surtout de son envie d'en écrire.«Il n'y avait rien à l'époque», rappel le-t-el le.« Les enfants n'ont pas eu d'âme avant les années 60 quand ils sont devenus un marché, un peu comme les femmes du reste».Mariée, elle a deux enfants, un fils de 19 ans, une fille de neuf ans qui ont chacun â leur manière influencé cette femme unique qui arrive â créer â travers la vie de famille.Ta compagnie de théâtre et l'enseignement â l'École nationale de théâtre, sans compter les conférences et tout le reste.«Sans mon mari, je n'y serais pas arrivé», témoigne-t-elle.La fragilité du milieu théâtral, les batailles toujours recommencées, la maintiennent dans un grand esprit de prudence.Et la gloire même qui l'atteint aujourd'hui: «ne doit servir qu'au théâtre».Qu'aux enfants, pourrait-elle ajouter.Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes BANQUE NATIONALE banque nationale tout yeux tout oreilles L A S R C ^ Nous recevons la personnalité de la semaine L ?Demain matin à la radio Un air de famille Avec Lise, Sylvie et Dominique Payette Du lundi au vendredi à 9 h 30 Réalisation : Louise Carrière ?Mercredi après-midi à la télévision Les Temps modernes Avec Isabelle Craig et Françoise Guénette Du lundi au vendredi à 14 h 30 Réalisation : Nicole Messier SRC
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