La presse, 30 avril 1995, B. Livres
[" CAHIER La Presse Montréal, dimanche, 30 avril 1995* Opinions Arts et spectacles Personnalité de la semaine LE GROS BRODEUR La revanche de la «Béèssitude» page B3 ce siècle >>>>>&< j& * Ti ai Michel Lessard montre une Tirée de « Montréal au XXe siècle», une photo de Conrad Poirier, «Au Jardin botanique», prise vers 1940.LUC-SIMON PERRAULT A L'auteur est photographe à La Presse u début du XXe siècle, Montréal est la métropole incontestée du Canada.C'est une ville en plein essor, qui connaît une croissance exponentielle.Coeur économique et industriel du pays, l'île de Montréal voit sa population tripler en une trentaine d'années pour atteindre le million d'habitants en I93l.La crise de 1929 viendra freiner ces années de prospérité.La deuxième guerre mondiale ouvrira ia ville sur le monde.La prospérité retrouvée après la guerre donnera à Montréal des ambitions de ville internationale, incarnées dans un homme, |ean Drapeau.Les années 1970 verront les Montréalais revendiquer leur ville meurtrie et éventrée par les rêves d'un maire.La dernière décennie sera celle d'une ville en déclin, se complexifiant du fait d'une immigration plus diversifiée.Témoins de toutes ces mutations, les * photographes.C'est leur regard que nous propose l'historien Michel Lessard et son équipe dans un livre qu'on peut qualifier d'événement dans notre histoire photographique.Montréal au XXe siècle.Regards de photographes, en plus de nous réserver d'agréables surprises \u2014notamment la découverte d'un photographe remarquable, Conrad Poirier \u2014 est une traversée pénétrante et évocatrice d'un siècle et d'une ville.La photographie y retrouve tout son sens et toute sa force en nous obligeant à une réflexion sur l'évolution de notre ville.Un ajout précieux à la compréhension de ce que nous sommes.Et c'est bien là le but recherché par Michel Lessard ; son treizième livre est dans la lignée de toute son oeuvre, faire prendre conscience aux Québécois de ce qu'ils sont par une lecture de leur passé.«Le fait de mieux nous connaître nous permet de mieux fonctionner et de mieux avancer», affirme-t-il.L'idée de ce livre a pris naissance lors des préparatifs des célébrations du 350e anniversaire de Montréal en 1992.Le recteur de l'Université du Québec à Montréal, Claude Corbo, avait invité ses professeurs à lui soumetttre des projets pour souligner cet anniversaire.Il est alors apparu intéressant pour Michel Lessard d'examiner le regard des photographes sur notre ville.Mais la matière était à ce point abondante qu'un seul livre ne fût pas suffisant pour rendre compte de toute cette richesse.Ce Montréal au XXe siècle est en quelque sorte la suite d'un premier ouvrage paru en 1992, Montréal, métropole du Québec.Images oubliées de la vie quotidienne 1852-1910.SUITE A LA PAGE B 4 VI animée, internationale, revendiquée, plurielle L i s i i \\ \\ i ni.I i i i \\ i u i t \u2014| i > i s A \\\\ i u i < > i i k nj du 24 mai au 6 juin 1995 INFO-FESTIVAL (514) m-]222 i™ 1 B2: Opinions LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 30 AVRIL 1995 Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef À votre tour m Un mythe à détruire : celui de l'entraide au sein des caisses pop BENOIT FRADETTE L auteur est artisan boulanger.écharge émotive d'abord : j'ai honte d'être membre de ma caisse pop.Ma naïveté en a pris un bon coup, un de trop.Et il me semble ne plus pouvoir taire le leurre du discours médiatique de notre si merveilleux levier économique québécois.Il me semble faire ce que dois en délaissant mes fours pour évoquer la fierté factice et le naïf sentiment d'appartenance au mythe Desjardins.Il ne s'agira pas ici de faire une charge à l'emporte-pièce titrée J'ACCUSE.Il ne m'apparaît pas moins nécessaire de ne pas laisser le gargarisme-fleuve du discours « pour nos gens » se poursuivre ad nauseam.La réalité est tout autre.À preuve le lieu commun du dicton populaire « Quand vient le temps de parler d'argent, il faut aller voir les banques, pas le Mouvement Desjardins.» Et pourtant, pourquoi ne serait-ce pas précisément chez Desjardins plus que partout ailleurs ?Pourquoi a-t-il fallu que je me tourne vers la Scotia Bank et la Toronto Dominion ?N'avais-je pas le privilège d'être une histoire à succès dans le quartier, béni d'états financiers à rendre jaloux les plus assoiffés des businessmen ?Mieux connu et reconnu à l'interne pour avoir réussi avec un gros rien à la case départ, n*avais-je pas fait montre de débrouillardise et de sens pratique ?Sans pécher par fausse modes-tic, la rapide notoriété du Fromentier rpbligeant à déménager pour espérer repondre à la demande \u2014 joyeux problème ! \u2014 n'étais-je pas en droit de m'attendre à une ouverture d'esprit maximale doublée d'un intérêt à coopérer sans risque aucun, l'offrais à ma caisse le privilège de faire de l'argent avec moi sous couvert de partenariat ! 'Etait-elle frustrée de constater que, sans elle, j'avais réussi à créer treize emplois au point de ne pas vouloir s'associer au treize prochains ?|e ne veux pas faire ici de mon cas urje histoire, ni monter en épingle une frustration personnelle, le suis Claude Béland trop pacifique pour partir en guerre contre les moulins à vent de nos quartiers.Et puis, j'ai trop à faire.Mais se pose la question des dizaines et des centaines de fois dans l'esprit de ma clientèle.«c Mais si ta caisse ne te prête pas, à qui va-t-elle prêter ?» Et je repose la question, troublante, à M.Béland, puisque vos saints technocrates du livre restent sourds au peuple : « Faudra-t-il que je vote OUI au référendum sur la base de la confiance que nous pouvons, entre Québécois, nous entraider, collaborer et acheter ici ce que nous produisons grâce au capital de risque venu d'ailleurs, gardant notre bas de laine dans les boules à mites ?Pourquoi m'a-t-on répon-du que les garanties gouvernementales du programme P.P.E.ne sont pas suffisantes ?Est-ce à dire que notre gouvernement pas encore souverain n'est pas crédible à nos propres yeux ?Je n'avais pas espéré votre aide au départ de mon entreprise ; j'étais un petit tout-nu, et je savais qu'il n'y a que ceux qui ont déjà de l'argent qui s'en font prêter, comble du ridicule.Mais, comme le ridicule ne m'a pas tué, j'ai foncé et réussi grâce à l'aide directe «c de nos gens ».Et je dis ici que nos gens sont merveilleux, soucieux de donner un coup de main, par delà mes espérances.Heureusement ! Les institutions financières comme la vôtre, qui se targuent d'un discours éthique, nationaliste et généreux, peuvent se rhabiller.Une bonne partie de l'agrandissement de mon atelier est financé grâce à la clientèle.Et pas un sou noir par vous.)'ai honte d'être toujours membre de «c ma » caisse populaire et, dut-elle être avare et peureuse, je ne lui tourne quand même pas le dos.Il y a, dites-vous, un pays à construire, et il ne se fera pas sans les institutions d'ici, la vôtre-nôtre par exemple.Je suis prêt à avancer plus d'un pour cent du pécule de la vente de mes pains, sans garantie, pour vous donner un peu plus de courage à financer l'entreprise naissante de mon frère, mon voisin, mon ami, qu'importe sa culture et sa couleur.Un pays se bâtit d'abord avec la foi dans l'autre par delà les ratios d'endettement, le pourcentage d'équité, ou quoi encore.S'il y a perte, on recommence, on se réajuste.Les caisses pop devraient être déficitaires financièrement, mais riches de l'énergie qu'elles permettent à leurs gens de déployer.Mais je sais, les circonstances de la réalité sont atténuantes, cela est impossible, le monde financier se moquerait, Moody's nous décoterait ! Faut-il bâtir notre pays si et tant spécifique avec les conventions des autres ?Je retourne à mes fours.Oubliez ce que vous venez de lire, cela requiert trop de courage d'en convenir.Continuez d'entretenir votre mythe coopératif, cela est sûrement plus rentable ! Et pardonnez mon cynisme, je suis aussi un petit Québécois, tout petit, qui avait besoin de manger un peu de la laine de votre dos.Et pour ne pas nommer la vilaine, il s'agit de la caisse Saint-Stanislas, de Montréal, où je suis toujours très bien servi, malgré la couillardise et 1 eloignement de ses dirigeants grisonnants et son pseudo-représentatif conseil d'administration ! La boîte aux lettres Études supérieures : les gains doivent se poursuivre Serait-ce catastrophique si les filles guidaient maintenant les garçons ?Les auteurs du texte gui suit sont Rente CLOUTIER.Antoine BABY, Pierrette BOUCHARD.Thérèse HA-M EL.professeures et professeur ou département d'administration et politique scolaires de l'Université Laval.Marie-Josée LAROCQUE.responsable de formation pratique au même département, et Roberta MURA, pro-fesseure au département de didattique.La lettre de la professeure Annette Paquot.parue dans La Presse du 16 février dernier, a suscité plusieurs débats.Nos propos ne visent pas à y repondre directement.Les discussions entourant la parution de cette lettre nous incitent à rappeler certaines données historiques et contemporaines concernant l'accessibilité des femmes à l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle de celles-ci.Le droit d'accès des femmes à renseignement supérieur est très récent sur le plan historique.Le rappel des événements suivants nous fait voir que les femmes auraient pu profiter bien avant de la formation postsecondaire n'eût été de pratiques institutionnelles s'appuyant sur des idéologies justifiant la division sociale sexuelle.L'Université Laval, fondée en 1852, est la seule université de langue française au Québec jusqu'en 1919.Celle-ci contrôle les enseignements postsecondaires, dont l'enseignement supérieur dispensé aux filles.J L'affiliation du premier collège classique féminin à l'Université Laval a ete autorisée en 1908 ( collège Marguerite-Bourgeois, à Montréal ).J II faut attendre 1925 pour l'autorisation de l'affiliation du deuxième collège féminin au Québec ( collège Jesus-Marie, à Sillery ).J Malgré les nombreuses pressions îles communautés religieuses féminines et des groupes de femmes, il faut attendre 1922 (collège féminin à Montréal ) et 1938 ( collège masculin à Québec ) pour l'autorisation, par l'Université Laval, d'un programme scolaire similaire à celui dispensé aux garçons.J Les collèges classiques féminins .n'ont pu profiter des subventions de l'État qu'à partir de 1961, alors que les collèges masculins recevaient cette aide depuis 1922.Pourtant, dans les apnées 50, un réseau d'enseignement ménager pour les filles est subventionne à coûts de millions de dollars.\u2022 ?L'Université Laval refuse d'admettre des femmes en médecine jusqu'en 1956.Et pourtant des femmes .avaient fait des demandes d'admission bien avant cette date.J Du côté des corporations profes- sionnelles, la pratique du droit est interdite aux femmes par l'État et par le Barreau du Québec, jusqu'en 1941.Il en est de même pour la Chambre des notaires, jusqu'en 1956.Depuis ce temps, les femmes ont augmenté leur présence au premier cycle universitaire et s'y trouvent actuellement majoritaires.L'observation de la répartition des baccalauréats délivrés en 1991-92 dans les universités québécoises selon le sexe des titulaires fait voir que les femmes sont majoritaires à 56,1 %.L'analyse de cette répartition par domaine d'études indique cependant que les femmes sont minoritaires parmi les titulaires de grade de baccalauréat en Génie et sciences appliquées ( 18%, en 1991-92) et en Mathématiques et sciences physiques ( 32.2 % ).Dans ce dernier domaine d'études, elles ne représentaient que 23 % des personnes diplômées en informatique.Mentionnons en outre une plus faible représentation des femmes dans certains programmes du domaine des Sciences sociales ou de l'Éducation ( 32,9 % en économique, 33,2 % en éducation physique ).La sous-représentation des femmes dans ces programmes universitaires est préoccupante pour l'insertion professionnelle de ces dernières et pour l'avenir du Québec.Cette sous-représentation des femmes, notamment dans certains programmes en sciences, en génie et en sciences appliquées ne sauraient s'expliquer par de plus grandes difficultés scolaires des filles en sciences au secondaire ou au collégial.Les femmes, d'autre part, ne sont pas à parité avec les hommes à la maîtrise et encore moins au doctorat.Cette sous-représentation aux études de deuxième et troisième cycles a des conséquences par rapport à l'insertion des femmes dans les fonctions de production du savoir et d'orientation de nos sociétés.Qu'en est-il maintenant de l'insertion professionnelle des femmes diplômées de premier cycle à l'Université Laval ?L'équipe de Relance-Laval a rejoint, en 1989, les personnes ( femmes et hommes ) qui avaient obtenu un baccalauréat en 1986.Une des conclusions qui se dégagent de la recherche est à l'effet que les hommes ont plus de chances que les femmes de «s'insérer» sur le marché du travail deux ans après l'obtention de leur baccalauréat tandis que les femmes sont plus susceptibles d'être encore « en voie d'insertion professionnelle ».Si ces tendances varient selon les divers champs d'étude, elles vont toujours dans le même sens soit de favoriser les hommes.Les champs d'étude ne sauraient donc, à eux seuls, expliquer ces résultats différenciés selon le sexe.Malgré les gains des femmes en enseignement supérieur et sur le marché de l'emploi depuis les années 60, en comparaison de la situation de leurs mères et grand-mères, les jeunes femmes ont encore besoin d'être mieux outillées que leurs confrères sur le plan scolaire pour se positionner sur le marché du travail rémunéré.Les diplômes ne constituent pas une assurance tous risques contre le sexisme et la discrimination, systémique ou autre, sur le marché de l'emploi.Les employées de soutien des universités du Québec connaissent bien cette réalité inégalitaire.(.) Les jeunes hommes connaissent des difficultés scolaires.Certes.Et le besoin d'aide basée sur des explications scientifiques existe.Les explications biologiques sont cependant peu utiles à qui veut aider les jeunes hommes dans leur processus d'orientation scolaire et d'insertion sociale.Elles servent plutôt à légitimer une « nature masculine » indomptable, violente et qui ne saurait supporter de nouveaux rapports sociaux avec les femmes.L'analyse sociale est plus éclairante.Par exemple, une équipe du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire ( CRIRES ), de la Fa-culte des sciences de l'éducation, aborde ces questions sous l'angle de la socialisation des filles et des garçons.La construction sociale de l'identité psycho-sexuelle des jeunes serait liée, notamment chez un certain groupe de garçons, à des pratiques qui défavorisent un processus d'apprentissage scolaire.La comparaison entre les garçons et les filles est en outre très instructive.Elle permet d'avancer que les garçons puissent apprendre des filles et de leurs soeurs.Serait-ce catastrophique si des filles guidaient maintenant des garçons ?Nous reconnaissons que les garçons sont minoritaires dans certains programmes de baccalauréat et nous nous en inquiétons.Tout comme nous avons soutenu et soutenons encore les projets visant à inciter les filles à poursuivre des études en sciences, nous appuyons toute initiative visant à encourager les garçons à choisir les carrières où ils sont présentement minoritaires, notamment celles d'infirmier et d'enseignant au préscolaire et au primaire.Nous avons tenu à rappeler dans cet article ces diverses données oui montrent principalement que les gains des femmes en enseignement supérieur sont réels depuis les années 60 mais que le portrait comporte aussi des zones d'ombre qu'il faut expliquer et tenter de faire disparaître.(.) Pour être efficaces, les panneaux de signalisation doivent être répétitifs, bien placés et précis.La signalisation sur nos routes est souvent inadéquate ¦ On a beaucoup parlé de l'absence de signalisation adéquate un peu partout au Québec.On nous apprend que Québec et Montréal vont bientôt faire des efforts positifs pour améliorer la situation.Mais quand ?Les médias devraient faire pression, car une meilleure signalisation réduirait les accidents, améliorerait la circulation et satisfairait les automobilistes.Par exemple, si les approches du pont Victoria étaient mieux indiquées, on allégerait le trafic sur les ponts Champlain et Jacques-Cartier ( qui sont presque toujours en réparation ).Par ailleurs, sur l'autoroute des Laurentides, il n'y a qu'une enseigne pour indiquer Val-Morin et Val-David; si vous la manquez, vous devez « zigonner » dans Ste-Agathe pour reprendre votre chemin.( Ça m'est arrivé à quelques reprises.) Sur Papineau et Pie-IX, près d'Henri-Bourassa, plusieurs se retrouvent à Laval et doivent revenir sur leurs pas pour emprunter Henri-Bou-rassa.Lorsque la circulation est in- tense, on ne peut pas changer de voie facilement sans risque de causer un accident.Les concepteurs de routes semblent oublier que l'automobiliste n'a que quelques secondes pour lire les indications routières et que, à 100 km / h, il parcourt à peu près 90 pieds à la seconde ( ou 30 mètres à la seconde ).C'est pour cette raison que les affiches doivent être répétitives, bien placées et précises.En Europe et aux Etats-Unis, on répète les indications importantes, sachant que le conducteur distrait peut ignorer la première enseigne.La deuxième, voire la troisième enseigne, visent à attirer l'attention du conducteur inattentif.Les concepteurs des guichets bancaires automatiques nous font repéter la touche OK trois fois pour éviter les erreurs d'inattention.Incitons les gens à voyager au Québec sur de bonnes routes avec une signalisation aussi efficace qu'aux Etats-Unis et en Europe.Jean-Louis GOUIN Montréal Stationnement : on nous impose des règlements absurdes ¦ À 13h, le lundi 10 avril dernier, j'ai stationné ma voiture sur la rue Souart, près de l'hôpital Sainte-Justine, après que le véhicule de la Ville eût effectué l'entretien de cette rue.Je croyais que l'interdiction de stationner entre I2h30 et 13h était prescrite pour permettre l'entretien et qu'en toute logique, lorsque celui-ci était fait, rien n'empêchait d'y garer sa voiture.Or, dès mon arrivée à l'hôpital, une réceptionniste m'informait qu'une contravention pouvait quand même m'étre donnée en raison du zèle extrême des employés de la Ville.Je suis repartie aussitôt, et une belle surprise m'attendait déjà.En effet, un essuie-glace de ma voiture arborait un drapeau blanc et rouge.Or, ne vous méprenez pas, ce n'était pas le drapeau du Canada.Voilà qu'en moins de 10 minutes, je venais de m'offrir un stationnement de luxe à 35 $ que même les juges ne peuvent pas se payer.À raison de un, deux ou trois fois par semaine, quand ce n'est pas pour des semaines complètes, je dois, comme bien d'autres parents, me rendre à l'hôpital Sainte-Justine avec mon adolescent pour des traitements qui dureront au moins deux ans.Chaque fois, c'est un véritable cauchemar.Le personnel de l'hôpital éprouve d'ailleurs les mêmes difficultés pour stationner.Or, vous n'êtes pas sans savoir combien il est difficile de stationner dans ce secteur, qu'il en coûte 8,20 $ pour utiliser le stationnement à proximité de l'hôpital et que si, par malheur, il nous faut quitter pour revenir quelques heures plus tard, nous devons à nouveau débourser 8.20 $.J'ai toujours cru que les lois et les règles étaient établies pour protéger les citoyens contre les abus.Mais, dans ce cas-ci, c'est un moyen abusif d'exploiter les contribuables et de les surtaxer indûment.Dans le cas qui nous importe, en quoi le citoyen est-il fautif puisqu'il a respecté la règle de laisser libre l'espace de stationnement jusqu'à ce que le travail d'entretien ait été fait ?Mais au fait, peut-être qu'après le brossage de la rue, la Ville effectue le récurage et le polissage du pavé ! Andrée ROY Repentigny Généalogie : des années de recherche perdues ?Madame Jacqueline Faucher-Asselin, présidente.Fédération québécoise des Sociétés de généalogie ¦ Dans quelques mois, les généalogistes vivront un triste anniversaire en se souvenant que, le 4 juin 1993, suite aux ordres de Me Guy Lavigne, à Québec, le directeur des registres de l'état civil au Palais de Justice de Montréal nous prévenait, « qu'à compter d'aujourd'hui, seize heure, nous devions définitivement quitter les lieux pour ne plus y revenir ».Comme d'habitude, cette journée-là, j'étais présent avec d'autres chercheurs qui venaient d'encaisser ce coup dur, eux aussi, puisqu'il n'y avait plus moyen de continuer nos recherches et de compléter nos fiches généalogiques.Depuis ce temps, le directeur de l'état civil du Québec n'a offert aucune solution de rechange pour nous permettre de compléter nos travaux.Les présidents de sociétés généalogiques n'en disent pas tellement plus à ce sujet, eux non plus, de sorte que les historiens de familles de mon âge ( 76 ans ) subissent un stress énorme quant au sort c:u'on réserve à leurs patientes années de recherche, inutiles peut-être.Je pense que toutes les sociétés de généalogie auraient eu intérêt à se concerter pour trouver dans leurs listes de membres des avocats compétents en mesure de former un contentieux pour contester les décisions administratives de Me Lavigne et par le fait même assumer la défense de nos droits.Il aurait été ensuite plus facile, au besoin, de loger un recours collectif conforme à la loi qui aurait pu englober tous les membres de toutes les sociétés de généalogie.Je soumets qu'il ne sera jamais trop tard pour prendre une décision dans ce sens.Beaucoup de personnes confondent les impératis de la loi contenue dans le nouveau Code civil du Québec et la Réforme administrative de l'état civil qui fait l'objet de règlements administratifs.Il ne faut pas perdre de vue que l'article 150 du Code civil donne au directeur de l'état civil le pouvoir d'interdire la consultation des registres de l'état civil.Mais rien dans la loi n'interdit à un citoyen de consulter les registres de l'état civil ou de publier des biographies, sauf si c'est dans le but prémédité de nuire à la réputation et a la vie privée des citoyens, ce qui n'est pas notre cas.Paul-André LANGFLIFR historien de famille ~ LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 AVRIL 1995 Livres Yves Boisvert : « J'aime pas ça.écrire ce genre de choses-là, mais II faut bien le faire.» PHOTO ROBERT SKINNER.u Presse D'Yves Boisvert, un « western » brutal, authentique MARIO ROY ¦ C'est la revanche.La vengeance des humbles qui doivent tout à l'État, leur faiblesse d'abord, leur survie ensuite.La vengeance de l'assisté social \u2014 le Bées, écrit l'auteur, donnant une bonne fois une graphie à l'expression populaire \u2014, qui va par justicier interposé harceler, insulter, crucifier ceux par qui le malheur arrive : les boubous macoutes.Ceux-là sont trois ; ils sont hideux, pervers, stupides.Et ils vont payer pour les autres.Au moment où Ton confie à la pub télévisuelle le soin de revamper l'image des assistés sociaux, on s'amène en leur nom en vociférant, on est retors, violent, assassin.À l'heure d'Oklahoma City, la macoute \u2014 puisque parmi les trois dégueulasses, il y a une femme \u2014 trouvera la mort dans un immeuble gouvernemental, victime d'un attentat à la voiture piégée ! « Voici la solution finale aux problèmes des Macoutes », lit-on dans Le gros Brodeur, le roman d'Yves Boisvert lancé cette semaine.Coup de poing Boisvert, 44 ans, est un poète et écrivain prolifique.Depuis 1974, il a publié une vingtaine d'ouvrages, l'un des plus remarqués étant un roman \u2014 son premier travail en prose \u2014 en forme de coup de poing, La Copine ( XYZ, 1992 ), dont on a dit qu'il embellissait la laideur, ce qui est certainement une façon de voir les choses.La même Copine ( c'est bien la même, avec juste quelques années de plus ) fait une brève apparition dans Le gros Brodeur, un court roman construit selon les mêmes canons.La belle monoparentale apparaît en effet le temps de disparaître, le temps de se suicider \u2014 avec son enfant, détail horrible \u2014 en se jetant au bas du pont Jacques-Cartier après avoir subi les avances sexuelles des trois macoutes, y compris de la macoute, les avoir repoussées et s'être fait retirer ses allocations de subsistance.C'est le copain de la copine, Alfred, dit Alfred le justicier, sorte de Charles Bronson du pauvre, qui la vengera.En menant une campagne d'intimidation épistolaire particulièrement vicieuse d'abord, en passant aux actes ensuite avec son compagnon de terreur, Jack la Mule, dit Ti-Mulo.« C'est un western, mon roman, c'est // était une fois dans l'ouest, c'est caricatural, c'est du carton-pâte, c'est violent.Et c'est manichéen, il y a des bons et des méchants.et les bons gagnent à la fin !.le comprends qu'on puisse le juger irrecevable », concède Boisvert d'entrée de jeu.Il est souriant, satisfait, m'a l'air passablement serein, comme s'il avait joué un bon tour au système.Sa Copine du gros Brodeur, constate-t-il, ce pourrait bien être cette femme de la pub télé \u2014 la pub Blackburn \u2014 plutôt jolie, articulée, présentée dans un espace clair, propre.Mais vide.Alfred, par contre, ne pourrait pas être un milicien d'extrême-droite et se fondre dans un groupe qui sévirait à Oklahoma City.Boisvert dit : « le n'avais évidemment pas prévu cet événement-là.Ça prend une dimension aveuglante.Mais Alfred est un loner, un étranger, un survenant qui, une fois dans sa vie et pour faire quelque chose de sa vie, sera transformé en homme d'action par les circonstances.Un gars qui a une certaine idée de la justice et qui va aller au bout de son idée au nom de ceux qui ne le peuvent pas ».Yves Boisvert se place dans une position inattaquable en se portant ainsi à la défense des humbles.Forcément, il ne peut pas ne pas sacrifier à quelques navrants automatismes : « L'argent règne.L'épicier dénonce l'artiste.Le gestionnaire brime le philosophe.» et autres « Bell, Hydro, Lavalin, Power corp, Poors, Standard, Moody's, Toronto, Canada, USA, ONU ».Cela pourrait être supérieurement agaçant venant d'un autre.Mais de lui, de sa plume à lui, ça passe, on joue le jeu.Parce que, d'abord, l'auteur est comme ça pour de bon : Boisvert vit du mauvais côté de la barrière du fric et ne garroche pas l'anathème du haut d'une tour en béton armé plaquée or, comme ces cohortes de belles âmes que nous connaissons bien, vous et moi.Parce que, ensuite, il possède une écriture diabolique, authentiquement bum, pas du tout correcte, pas erotique mais cochonne, brute, brutale, tranchante et rugueuse comme un premier jet, totalement nette de deuxième degré \u2014 en dépit de quoi on en cherchera et on en trouvera, comme de juste, puisqu'il y a des gens dont c'est le métier et qu'il faut bien vivre, après tout.Une écriture coup de poing, littéralement.Pas banale, en tous les cas.Il dit : « l'essaie de ne pas trop penser au lecteur quand j'écris, ça me paralyserait, je finirais avec une ligne ! le peux quand même pas me dire continuellement : ma mère va me lire ! Non, je lui donne autre chose, à ma mère : mes poèmes, c'est beau, ça, mes poèmes.» Accoucher du gros Brodeur, ça Ta un peu épuisé.« J'aime pas ça, écrire ce genre de choses-là, mais il faut bien le faire.» Une sorte de nécessité, donc.Faire quelque chose de sa vie, peut-être ?« On dit que le fédéralisme va bien pour nous ?Mais le Québec est la province la plus pauvre du Canada.On vit en démocratie ?Combien ils étaient \u2014 sept ?huit ?\u2014 les flics qui ont battu le gars, là.On vit dans une société juste ?Les bureaucrates ont le pouvoir d'échanger des chèques contre du sexe.Il faut l'écrire, parfois.» Maintenant, Yves Boisvert, avec ses idéaux et ses lubies, ses coups de coeur et ses violences, va se retirer dans ses terres \u2014 un rang des Cantons de l'est \u2014 pour écrire ce qu'il appelle de la « poésie pastorale ».En écoutant la Sixième, bien entendu.LE GROS BRODEUR, Yves Boisvert.Collection Les Vilains, XYZ éditeur.Montréal, 1995.159 pages, 16.95$.Pierre Turgeon : « Si je veux présenter à mes lecteurs le Montréal du Xixe siècle, je ne trouve cette ville-là nulle part dans la littérature romanesque québécoise ou canadienne-française ! PHOTO ROBERT NADON.La Presse De Pierre Turgeon, la saga des « pouvoirs d'eau » DOMINIQUE PAU PARDI N collaboration spéciale ¦ « Les Canadiens-Français forment un peuple sans histoire », affirmait haut et fort Lord Durham, gouverneur du Canada en 1838.Quelque 150 ans plus tard, le journaliste et romancier Pierre Turgeon a encore sur le coeur cette « fameuse maudite phrase » émise par l'homme politique anglais.« 11 faut démontrer que nous avons une histoire et qu'elle est passionnante, aussi pleine de bruits et de fureur que n'importe quelle autre », assure-t-il avec un enthousiasme communicatif qui aurait fait de lui un excellent professeur.Depuis bientôt trente ans.l'oeuvre littéraire de ce passionné d'histoire converge autour de notre relation au passé, de cette « identité qui est nommée par la mémoire, les souvenirs, la transmission des traditions ».Lauréat en 1981 du prix du Gouverneur Général pour son roman La première personne, puis en 1992 pour un essai intitulé La Radissonie, Pierre Turgeon a été journaliste à Perspectives et à L'Actualité, critique littéraire à Radio-Canada, président fondateur des éditions Quinze, directeur et éditeur du groupe Sogides en plus d'être scénariste pour de nombreux films ( La Gammick, La crise d'octobre, etc.).Rédacteur en chef de la revue Liberté depuis 1987, il a également écrit le commentaire du film de Frederick Back, Le fleuve aux Grandes Eaux.Le pouvoir tout court Mais de cela, il n'a pas été question durant notre entrevue.C'est que depuis trois ans.Pierre Turgeon consacre l'essentiel de son temps et de ses énergies à la rédaction d'une grande fresque historique.Il s'est fixé le but de raconter en trois volumes les luttes et les espoirs de gens qui, au siècle dernier, étaient prêts à tout pour obtenir une part des « pouvoirs d'eau ».« C'est l'expression qu'on utilisait à l'époque dans les vieux documents pour indiquer le droit d'exploiter un cours d'eau », explique l'auteur, en digne petit-fils de Joseph-Napoléon Sicard, ancien président de la Québec Power, une des principales compagnies d'électricité étatisées en 1962.« La possession des pouvoirs d'eau dans une ville comme Québec signifiait la possession du pouvoir tout court.C'est à travers les luttes que se livrent entre elles les familles Parker, Blake et Talbot pour accaparer les pouvoirs d'eau que j'essaie de raconter cent ans de notre histoire.» Le premier tome de cette trilogie vient de paraître aux éditions Libre Expression.Les torrents de l'espoir débute en 1837 pour se terminer cinquante ans plus tard.À travers les amours de l'officier britannique d'origine irlandaise, Mervynn Parker, pour l'Amérindienne Catherine Talbot.Pierre Turgeon décrit la vie à Montréal au XIXe siècle ainsi que les événements ayant marqué l'histoire de l'empire britannique.Pour ce faire, il entraîne le lecteur des bords du Saint-Laurent jusqu'au Nil en passant par la Chine, la Crimée et l'Irlande.Mais il est aussi question d'un affreux personnage faisant la pluie et le beau temps à Montréal, un certain Henry Blake, président de la Montréal Gaz and Light.Pour mener ce livre à bon port, le romancier s'est imposé un minutieux travail de recherche qui l'a fait renoncer « pour le moment du moins » au journalisme.Pour la première étape de sa recherche, il est allé à HydroQuébec, où sont regroupées les archives de l'ancienne compagnie de son grand-père : « l'ai passé à travers tout ce qu'il y avait, les photos, les journaux de la compagnie, etc.Cela m'a donné une bonne masse d'informations, même si c'est une partie infime de ma recherche.Le reste est venu au fil de mon imagination.Au départ, je ne devais faire qu'un seul livre, mais il y a eu des éléments nouveaux qui sont venus s'ajouter au récit un peu par hasard, (e ne sais pas pourquoi, par exemple, je me suis attaché à Parker.l'Irlandais.Peut-être parce que je voulais éviter d'avoir dans un clan les bons Canadiens-Français et dans un autre clari, les méchants Anglais.» 11 raconte avoir fait face à un épineux problème durant la rédaction de son récit : « Si vous êtes Français et que vous écrivez un roman sur la ville de Paris au XIXe siècle, vous pouvez vous inspirer des récits de Balzac, Stendhal, Zola et compagnie.Mais si je veux présenter à mes lecteurs le Montréal du XIXe siècle, je ne trouve cette ville-là nulle part-dans la littérature romanesque québécoise ou canadienne-française ! Cela m'a obligé â faire une recherche sur le terrain », poursuit-il.«c )'ai pris beaucoup de plaisir à essayer de ressusciter cette époque, la faire revivre, l'imaginer pour moi et pour mon lecteur.On a peu d'idées sur ce qu'était vraiment cette époque avec ses épidémies, le fleuve Saint-Laurent qui sortait de son lit à tous les printemps et venait inonder la ville de Montréal presque au complet.Un roman historique apporte des données sensorielles sur ce qu'on aurait pu voir, sentir, éprouver si l'on avait été dans telle ville à un moment donné.» « Je n'ai jamais été aussi pris par une histoire », conclut-il.« Normalement, lorsque je termine un roman, je fais une espèce de dépression, un deuil.Cette fois, il me reste encore trois années de travail pour .terminer les deux prochains tomes.Cela me donne une impression de très grand bonheur car j'aime vivre avec ces personnages.» LES TORRENTS DE L'ESPOIR - LES PARADIS PERDUS, Pierre Turgeon.Libre Expression.Montréal.1995.391 p.«-ges.La douloureuse naissance du roman canadien-français Aubert de Caspé : « J'offre à mon pays le premier roman de moeurs canadien.» L'INFLUENCE D'UN LIVRE BQ RÉCINALD MARTEL ¦ La littérature québécoise se passerait sans trop de mal de son premier roman.L'influence d'un livre, que Philippe Aubert de Gaspé fils écrivit, du moins en partie, au tout début de sa vingtaine, est un échec.Mais un premier roman, il en faut bien un ; ce sera donc celui-là, qui a évidemment sa place dans l'histoire littéraire, moins grande et de loin que celle que méritent Les anciens Canadiens, oeuvre de Philippe Aubert de Gaspé père, parue en 1863, un quart de siècle plus tard.La Bibliothèque québécoise, qui réédite au format de poche les classiques de la littérature québécoise ( et bien des oeuvres récentes du second rayon ).nous rend intacte l'oeuvre du jeune fils de seigneur, enrichie d'un certain apparat éditorial.On y trouve ainsi, outre une chronologie et une bibliographie, une Eresentation de M.Claude amy.Sa mise en situation de L'influence d'un livre est un peu décevante, puisqu'on y apprend moins de choses que dans un article du Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec ( tome I, des origines à 1900), paru en 1978 sous la signature de M.Maurice Lemire.Même s'il éprouve beaucoup de difficulté à faire tenir ensemble les éléments disparates de son oeuvrette, le jeune Aubert de Gaspé ne manque pas, à l'occasion, de verve et d'humour.Ce sont qualités qu'il avait su manifester dans la vraie vie, puisqu'il avait dû s'enfuir un jour au manoir de son père, après avoir déposé sur le poêle du vestibule de la salle où siégeaient à Québec les députés, de l'assa-foetida, une gomme nauséabonde.Des hors-d 'oeuvre au milieu du festin C'est donc à Saint-Jean-Port-Joli qu'il aurait rédigé, avec l'aide de son père, L'influence d'un livre.Il semble difficile aujourd'hui d'attribuer au fils ou au père.sauf exceptions, les divers chapitres du roman.Ce qui est certain, c'est que la multiplicité des intrigues et des protagonistes, les unes et les autres fort mal reliés, en rend la lecture assez pénible.On y trouve même des hors-d'oeuvre en plein milieu du festin, légendes, chansons et poèmes qui témoignent peut-être de l'inexpérience ou de la courte inspiration de l'écrivain apprenti.Il avait pourtant de l'ambition.Il écrit dans sa préface : «r l'offre à mon pays le premier roman de moeurs canadien /./» De moeurs il est question, certes, mais on pourrait parler tout autant de roman d'aventures, où un protagoniste, alchimiste de son état, traverse mille difficultés pour atteindre enfin son but.et où un autre protagoniste finit par obtenir la main d'une jeune femme, que le même alchimiste lui refusait.Si le fils Aubert de Gaspé n'avait pas les moyens de son ambition, on doit reconnaître qu'il n'était pas trop mal préparé au métier d'écrivain.Il avait lu, beaucoup lu, dans les domaines anglais et français.Il cite volontiers Voltaire, Shakespeare, By-ron, La Mennais ou Delavigne, sans compter les auteurs dont le nom me dit moins que rien.Trop jeune pour être déjà cultivé, le bonhomme était tout de même instruit.Voltaire?La Mennais?Des auteurs à l'Index?Vous avez bien lu.Quand le gendarme des lettres canadiennes-françaises du xixe siècle, l'abbé Henri-Raymond Casgrain, aura l'occasion de mettre la main sur le sort éditorial de L'influence d'un livre, il caviardera ces citations impies, et avec elles les passages du roman oui pouvaient lui paraître oses.En comparant les rééditions tronquées et celle de la BQ, qui reprend le texte intégral, on voit que le brave abbé avait l'humeur austère.Cette nouvelle édition reprend, du journal Le Populaire, une « critique » de 1837 signée Pierre-André C'est le pseudony- me, nous dit-on, d'un certain André-Romuald Cherrier, contemporain d'Aubert de Gaspé fils mais plus jeune encore, puisque l'écrivain, dans sa réponse, lui donne « là années révolues ».Critique, non.Éreintement plutôt, rien de moins, et ma foi assez fondé.Mais cet exercice a un côté amusant : Pierre-André reproche au romancier ses citations en anglais, estimant que le domaine français est trop riche pour qu'on doive chercher ailleurs.Il oubliait peut-être que nos seigneurs \u2014 ceux qui n'ont pas filé en France après la Conquête \u2014 ont eu un penchant très fort pour les filles de commerçants et de militaires d'origine britannique.La mère de l'écrivain s'appelait Susannc Al-lison.ce qui explique et justifie certainement l'intérêt du fils pour la langue et la littérature anglaises.L'INFLUENCE D'UN LIVRE, roman historique, Philippe Auhcrt de (Jaspe fils Présentation, chronologie et bibliographie de Claude Lamy BO.Montréal.|Ç£Y 162 pages i LES BELLES PHRASES On n'échappe ni à la mort, ni aux Impôts l Aujourd'hui, date limite.« La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et II y pousse des impôts.» GEORGES CLEMENCEAU, rapporté par Guy Breton dans Tout l'humour de Clemenceau ( Jacques Grancher, Paris, 1995 ).Tout sur le futur La Presse ¦ L'homme de sciences français Joël de Rosnay sera à Montréal, à compter de demain, afin de prendre la parole au colloque annuel de l'Alliance des professeurs de Montréal et, en même temps, de faire la promotion de son plus récent ouvrage, L*Homme symbiotique?Regards sur le troisième millénaire.Auteur d'une dizaine d'ouvrages publiés depuis 1965, de Rosnay fait oeuvre de futurologue dans cet essai sur l'avenir de la vie et des sociétés humaines, suite logique de ses publications précédentes, des Origines de la vie au Cerveau planétaire en passant par Le Macroscope.Cette fois, en jetant un regard sur le prochain millénaire, l'auteur se propose de dépasser la science et la technologie pour éclairer de nouvelles approches politiques, économiques, écologiques et culturelles.Et que sera l'homme du futur?Ni créature bionique, ni surhomme, ni robot, il sera l'homme symbiotique, un être de chair et de sentiment associé à un macro-organisme planétaire constitué par l'ensemble des hommes et de leurs machines, des nations et des grands réseaux de communication.L'HOMME SYMBIOTIQUE.ïoel de Rosnay.Seuil, Paris, 1995.349 pages.* * t Tout sur Bob Marley MA RIE-CHRISTINE BLAIS collaboration spéciale ¦ Dernièrement, plusieurs ouvrages sur le mythique chanteur reggae jamaïquain Bob Marley ont paru dans la langue de Shakespeare, que ce soit le bel album photo noir et blanc Spirit Dancer ou Bob and Me, des mémoires un chouia vitrio-liques rédigés par Danny Sims, ancien gérant de Marley.Un autre ouvrage colossal vient s'y ajouter et qui, lui, a le mérite d'être publié simultanément en anglais et en français : Bob Marley, légende rasta compte 288 pages consacrées aussi bien à la vie de Marley qu'à la Jamaïque ou à la religion rasta.le tout présenté dans une mise en page exubérante, qui fourmille de capsu- les, d'exergues et de centaines de superbes photos couleur.Précisons toutefois que ce livre a été conçu sous la direction de Rita Marley, épouse de Bob : elle a eu soin de gommer les aspects moins divins de son génial de mari.Néanmoins, Bob Marley, légende rasta explique parfaitement l'importance du chanteur décédé en mai 1981 et sa divinisation en Jamaïque, incompréhensible à prime abord pour un Nord-Américain.En passant, le groupe de Marley, les fameux Wailers, seront en spectacle au Métropolis mardi soir.BOB MARLEY.LÉGENDE RASTA, Adrian Boot et Chris Salewicz.Seuil, Paris.1994.LA COMPLAINTE DES CHASSEURS DE PHOQUES Tout sur les phoques la Presse ¦ Après les interventions de qui l'on sait, le président de l'Association des chasseurs de phoques des Iles-de-la-Madelei-nc, Antoine Poirier, livre son point de vue dans un opuscule frappé du sigle des Éditions des Intouchables \u2014 qui, décidément, sont de plus en plus visibles depuis quelques mois.Grosso modo, Poirier répond aux arguments \u2014 de la désinformation, soutient-il \u2014 des groupes de défense des animaux en général, et des phoques in particulier, en abor- dant une quinzaine de thèmes en autant de chapitres ; cela va des méthodes de chasse au problème de la surpopulation des phoques, en passant par des considérations historiques et des jugenuiub sur l'attitude des gouvernements et des médias : Brigitte Bardot et Paul Watson ont évidemment droit à des espaces respectables.« Notre mal-lieur est peut-être celui de chasser l'animal le plus attendrissant de la planète », écrit quelque part M.Poirier.LA COMPLAINTE DES CHASSEURS DE PHOQUES.Antoine Poirier.Les Intouchables.Montréal.1995 pages.Mon dîner au Ritz avec John Irving.« C'est vrai que le corps est très présent dans mon oeuvre.C'est vrai aussi que mes personnages en sont souvent victimes », dit rauteur CAROLE-ANDRÉE LA NI EL collaboration spéciale ¦ John Irving, le populaire romancier américain, tient en horreur les entrevues, elles lui font perdre du temps.Du temps qu'il consacrerait à l'écriture, à l'entraînement physique ou à jouer avec son jeune fils de trois ans et demi.Il faut dire que lorsqu'on écrit un roman de 717 pages, Un enfant de la balle ( A Son of The Circus, voir La Presse du 16 octobre 1994 ) en l'occurence, on a besoin de toutes ses journées pour passer à travers une masse de documentation sur le nanisme, la transexualité, le sida et la médecine en général.« Écrire ce livre m'a pris quatre ans, dit-il.Il y a là-dedans une somme de travail assez importante.Lecture, relecture et relecture.Alors, vous comprenez, mom temps, je préfère le passer avec mes livres plutôt qu'avec la presse.» Monsieur Garp, comme on l'a un temps surnommé, ne se sent pas à l'aise avec les questions sur sa vie privée, les sempiternelles allusions aux coïncidences entre sa vie et ses oeuvres de fiction.Il craint toujours que l'on s'attende à rencontrer à travers lui un de ses personnages flamboyants avec des histoires pas possibles.Il se décrit plutôt comme le contraire de ses personnages et sa vie en est une de travail.Il préfère recevoir les journalistes dans sa maison du Vermont, située précisément entre Montréal et New York, son appartement de Toronto, ou sa maison dans la baie Géorgienne, en Ontario, juste pour économiser les déplacements et les jours d'entrevues en enfilade.Accrocher le lecteur lustement, on en est là.En plein marathon médiatique de deux jours.Au moins, dîne-t-on dans un lieu qu'il affectionne.Alors appelons cette entrevue : « Mon diner au Ritz », en faisant allusion à sa superbe nouvelle, « Mon diner à la Maison-Blanche », parue il y a deux ans dans Les rêves des autres.On y apprenait que sa femme, la Canadienne Janet Turnbull, est agente littéraire.Parmi ses clients canadiens, il y a notre plus grand écrivain, Robertson Davies, un ami du couple dont l'oeuvre s'apparente à celle d'Irving : « C'est vrai, répond-il modestement, nous aimons taquiner, accrocher nos lecteurs.Nous misons sur des éléments drôles pour amuser et nous éprouvons un réel plaisir quand nous écrivons.» Cette détermination à faire rire et pleurer motive au plus haut point John Irving.Il sent même là une certaine responsabilité envers ses lecteurs qu'il cherche à amuser, mais aussi à surprendre, en compliquant et multipliant les intrigues.Et elles sont nombreuses dans ce dernier roman qui se déroule en bonne partie en Inde, pour simplifier le tout ! Il l'admet, l'histoire ne commence pas à la première page du livre.Ce qui peut nous sembler chaotique tient pour lui dans un bon nombre de ficelles qu'il tire malicieusement à des moments précis.« Tout est soigneusement agencé dans ma tête pour que les conclusions se rejoignent à un moment précis », dit-il en joignant les mains.« Et ce moment arrive tard dans le roman, c'est vrai, mais je voulais qu'on sente ce qui arrivait au Dr Daruwalla, en même temps que lui.J'aurais pu commencer mon histoire de façon linéaire mais j'ai préférer créer une tension en faisant délibérément patienter le lecteur.» Les parties forment un tout dans une orgie de personnages, d'intrigues, de souvenirs et de dévoilements.Le Dr Daruwalla lohn Irving met en scène un vieux médecin, sommité dans son domaine, qui oeuvre auprès des enfants malformés ou infirmes à Toronto, ville où il a émigré.Il sait qu'il ne sera jamais qu'un emigrant.Même dans ce royaume de l'intégration raciale et de tolérance qu'était le Canada.Etait, car nous avons perdu de cette réputation, a constaté l'auteur qui passe le tiers de ses années à Toronto.Et à Bombay, sa ville natale, où le médecin retourne périodiquement, il n'est déjà plus chez lui.« Où qu'il soit, il perd ce sentiment d'appartenance.Il ne peut plus intervenir politiquement, par exemple, il sait qu'il n'est plus Indien.Avec le Dr Daruwalla, j'ai voulu montrer ce que c'était de ne jamais être chez soi, ce sentiment de ne pas pouvoir participer, faire partie d'un groupe.\u2022 \u2022 \u2022 Non seulement les personnages ne se sentent pas bien où ils sont, mais ils ne sont pas mieux dans leur corps, lieu hanté par le sexe ( et il y en a dans Un enfant de la balle ! ) ou représenté par le Christ souffrant sur la croix : « C'est vrai que le corps est très présent dans mon oeuvre.C'est vrai aussi que mes personnages en sont souvent victimes.Dans ce cas-ci, par exemple, il y a des enfants infirmes ou abandonnés, des transexuels et des nains, beaucoup de nains.Us intéressent le docteur Daruwalla comme ils m'intéressent moi, en tant qu'auteur.« Quelle image garderons-nous des événements d'Oklahoma City ?Celle du petit enfant blessé dans les bras de ce sauveteur visiblement troublé.On aurait tous voulu le prendre dans nos bras et faire quelque chose pour lui.C'est ce que fait le docteur Daruwalla avec les enfants de Bombay, il veut faire quelque chose pour eux, quelque chose de bien ».Le docteur Daruwalla résume ainsi sa propre histoire, et par le fait même, celle du roman : « ( Ce n'est ) guère le genre d'histoire à confier lors d'une première rencontre : un changement de sexe, une série de meurtres ; une conversion par morsure amoureuse ; des enfants perdus que le cirque n'avait pas sauvés ; un père qui sautait sur une bombe.et puis comment parler des jumeaux à un parfait étranger ?» Irving a trimé dur avant de rencontrer la gloire.Le succès de ses livres ne l'a pas pris par surprise.Disons plutôt que c'est le peu de succès des romans parus avant Le monde selon Garp qui l'étonnaît.Les choses rétablies depuis la fameuse année garpienne, il peut enfin passer son temps comme il l'entend, prendre soin de son corps et de son esprit.UN ENFANT DE LA BALLE.John Irving.traduit de l'américain par Josée Kamoun.Seuil.Paris, 1995.717 pages.39,95$.PHOTO MICHEL CRAVEL.La Presse John irving.de passage à Montréal.lance « Un enfant de la balle ».Montréal : une fin de siècle morose SUITE DE LA PAGE B 1 Pour préparer ce deuxième album, Michel Lessard s'est donc adjoint le concours de quatre collaborateurs.Et pour ce groupe d'auteurs, Montréal a connu au XXe siècle quatre temps.La ville animée du début du siècle, la ville internationale des années 1950 et 1960, la ville revendiquée des années 1970 et la ville plurielle de la décennie 1980.Selon Michel Lessard, la photographie est un grand médium d'expression et les photographes montréalais ont toujours été bien inscrits dans leur temps.Us sont le miroir de la société et la lecture de leurs photos est pleine d'enseignements.Par exemple, Conrad Poirier, photographe de la ville animée et pionnier du photojournalisme au Québec, mériterait qu'on lui consacre un livre à lui seul.Pendant trente ans, il a tout photographié à Montréal.Travaillant à son compte, il a vendu ses photos à tous les grands journaux de l'époque.Comme l'écrit Martin Brault, coauteur.Poirier a inscrit sans cesse le rythme de la ville sur papier argenté.Avec un talent manifeste.Dans les années 1950, Mont- réal voit grand.Sous la gouverne de Jean Drapeau, la ville entreprend d'énormes travaux de modernisation.Autoroutes, métro, gratte-ciels, rien ne semble vouloir freiner cette course au progrès.Cette période atteindra son point culminant avec l'Exposition universelle de 1967.Les photographes d'alors nous montrent une ville en chantier, Hère de ce qu'elle est et tournée vers l'avenir.Mais la modernité va entraîner aussi un changement des valeurs, annonciateur de temps plus agités qui culmineront dans les années 1970 alors que la ville sera revendicatrice.Les photographes seront alors engagés.Il n'est plus question d'un regard neutre.Les photographes prennent position.Tout comme le reste de la société, ils veulent un monde plus égalitaire.Us posent un regard critique et dérangeant sur leur ville.Leur engagement favorise une prise de conscience élargie.C'est l'âge d'or de la photo documentaire.Cependant, le mouvement s'essouffle et la dernière décennie produit des photographes plus individualistes et plus préoccupés d'esthétisme.Pour Michel Lessard, il est clair que les pouvoirs en place, conscients de la puissance sou- vent dérangeante des images, ont favorisé cet individualisme des photographes en les privant de moyens de diffusion.Pour preuves, il dépose entre autres les subventions coupées du périodique OVO, la disparition de revues telles Perspectives et l'ineptie des photos publiées dans les quotidiens.Montréal connaît une fin de siècle morose, la ville est en déclin et on le sent bien par le regard que portent les photographes sur leur ville dans les années 1980.On y voit une ville triste, délabrée, inquiète.Les photographes l'ont bien senti, plaide Lessard : « Nous vivons une période de désarroi, mais à travers ces images, les photographes nous proposent des pistes de réflexion ».Bref, cet album est un vibrant plaidoyer en faveur de Montréal, mais surtout en faveur de la Cholographie.Par cet ouvrage, essard veut redonner la parole ( ou l'image.) aux photographes.Il est vital, selon lui, que la photo documentaire soit diffusée, car elle est un outil indispensable au cheminement de notre société.MONTRÉAL AU XXe SIÈCLE \u2022 REGARDS DE PHOTOGRAPHES, collectif sous la direction de Michel Lessard.Les Editions de l'homme.Montréal.1995.Montréal nu Wàhle i Livres LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 30 AVRIL 1995 B5 Ce sont les Américains qui diffusent la littérature française « numérisée » La nouvelle Bibliothèque nationale de France éprouve des problèmes avec la circulation électronique de ses ouvrages ANDRÉ BÉLANGER collaboration spéciale ¦ Le 30 mars dernier, le président François Mitterrand inaugurait le plus monumental \u2014 et le plus cher : 2 milliards $ \u2014 des projets de son septennat : le nouvel édifice de la Bibliothèque nationale de France.Doublé d'un virage informatique, ce méga-projet devrait permettre à la France d'entrer de pluin-pied dans le XXIe siècle.À son ouverture, dans deux ans, la Très Grande Bibliothèque disposera en effet de la plus importante collection d'oeuvres numérisées au monde : 100 000 ouvrages totalisant 30 millions de pages, 5000 heures d'image vidéo et 7000 heures de son tirés des archives télévisées et audiovisuelles du pays.De plus, un immense catalogue informatisé permettra de retracer efficacement les 12 millions de volumes en magasin, 850 000 en accès libre, 350 000 titres de périodiques et le million de microfiches et de microfilms entreposés dans ses caves.Les chercheurs et les universitaires salivent déjà devant les possibilités qui s'ouvrent à eux.Ils auront enfin accès à l'ensemble de la collection de la bibliothèque, dont les incunables, des ouvrages imprimés avant l'an 1500, jusque-là réservés à quelques chercheurs privilégiés.Mais il y a un hic : le haut lieu de la littérature française ne sera disponible.qu'aux Français seulement.« N'importe qui sur la voie publique.» « Les ouvrages ne seront pas diffusés sur l'Internet », confirme Mme Claude Helleu, porte-parole de la Bibliothèque nationale de France.« Nous avons certains problèmes à régler en ce qui a trait aux droits d'auteur.De plus, il n'est pas question de laisser les ouvrages à la portée de n'importe qui sur la voie publique.» La déception est grande chez les chercheurs québécois.Déjà, la technologie désuète du Minitel maintenait les Français à l'écart des grands réseaux internationaux.Avec cette dernière décision, le divorce semble être consommé.« On s'explique mal cette décision, alors que ce projet majeur aurait pu accorder une place importante à la francophonie sur l'Internet », estime lean-Claude Guédon, un professeur de littérature comparée et spécialiste d'Internet.« De plus, on peut s'interroger sur la réserve relative aux droits d'auteur.Après tout, 40 p.cent des livres qui sont numérisés sont protégés par des droits d'auteur.Il en reste encore 60 000 qui peuvent circuler librement sur l'Internet.» Paradoxalement, pendant que la France boude l'Internet, de plus en plus de Français deviennent des mordus.Le nombre de serveurs ( des gros ordinateurs ) a en effet grimpé à près de 72 000 l'an dernier, en hausse de 117 p.cent depuis un an.Et l'expansion ne fait que débuter.La France ne représente toujours que 2 p.cent du nombre d'usagers à l'échelle mondiale, soit moitié moins qu'au Canada ( 127 516 ) et 30 fois moins qu'aux États-Unis ( plus de 2 millions ).Abandonnés par la mère patrie, les amants de la littérature française peuvent heureusement compter sur de fidèles allies les Américains.Les Américains, dépositaires de la culture française Avec ses 2000 titres en français.l'American & French Research of the Treasury of the French Language ( ARTFL ) de Chicago constitue en effet la plus grande bibliothèque virtuelle d'oeuvres littéraires françaises au monde.Réalisée conjointement avec.le gouvernement français, la collection offre une sélection pleinement indexée d'incunables, dont la Divine Comédie du grand poète italien Alighieri Dante.« C'est de la mémoire de la langue française dont il est question », s'inquiète Michel Pierssens, professeur d'études françaises à l'Université de Montréal.« Ultimement.les Américains seront les propriétaires de la mémoire de ce qui s'écrit en français, de celle qu'on consultera et dont on se servira.En choisissant les ouvres qui doivent être numérisées, ils se trouvent à décider de ce que nous lirons et de ce que la culture française aura à offrir sur les autoroutes électroniques.» Mais encore faut-il que les oeuvres puissent être véhiculées sur les futures autoroutes ! « Les très riches heures du duc de Berry » ( mois de mal ).une oeuvre sur bois des frères Limbourg < XV* siècle ) qui circule sur internet par le biais de l'American & French Research of the Treasury of the French Language.Alors que la plupart des bibliothèques, dont la Librairie du Congrès, ont entrepris de numériser leurs documents en mode texte, celle de France a choisi de passer les pages des livres au scanner et de les conserver en mode image.Au contraire du simple texte, les images ont l'avantage de rendre justice à la forme et au détail du manuscrit original.Mais la beauté a son prix : l'image est lourde, très lourde.Un livre de 100 pages numérise en mode image, par exemple, occupe à lui seul jusqu'à 2 meg de mémoire.On doit compter plus de 30 minutes pour le télécharger par le biais des lignes téléphoniques actuelles.Le même livre de 100 pages en mode texte « pèsera » huit fois moins lourd, soit à peine 300 K.Par ailleurs, le mode image présente un autre inconvénient : on ne peut rien en faire, sinon l'admirer.Puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'une image, il est impossible d'y faire des recherches par mots-clés ou des recherches plein texte.Les avantages du texte sont indéniables Pas étonnant, donc, qu'il ait reçu les bonnes grâces de la plupart des autres projets de numérisation, dont ceux de l'American Memory Project de la Librairie du Congrès et l'ARTFL de Chicago.Une question de gros sous Mais pourquoi la Bibliothèque de France persiste-t-elle à faire cavalier seul ?Pour une question de gros sous Faire une image d'un livre est tout ce qu'il y a de plus simple : on prend une photo de la page, on la numérise et le tour est joué.À 11 cents la page, l'opération demeure encore rentable.C'est lorsqu'on entreprend de déchiffrer la page pour en numériser le texte que les problèmes se posent.L'appareil qui fait le travail, la reconnaissance optique des caractères, a le fâcheux défaut de commettre des erreurs.Ainsi, le meilleur outil de reconnaissance optique entraine plus de cinq erreurs par page.Le même travail réalisé avec un engin de moins bonne qualité ira chercher dans les dix erreurs par page.II faut donc vérifier soigneusement chacune des pages, un travail long et.très cher.« On a calculé que la numérisation d'un livre de 300 pages nous coûterait 32 $ sous format image, contre 604 $ sous format texte », explique Rolande Blair, directrice de la Bibliothèque du Canada, qui doit bientôt prendre une décision pour sa propre collection.En fait, à peu près aucun bibliotheconome qui se respecte ne se fie aux machines.« Nous faisons tout à la main », confie Mark Olsen, coordonnatcur du projet ARTFL de Chicago.L'Université de Chicago doit d'ailleurs compter sur des centaines de bénévoles s'il veut mener à bien son travail.Tout compte fait, l'option économique préconisée par la Bibliothèque de France a tout de même fait quelques heureux, surtout en cette époque où l'État sabre dans ses budgets.Après tout, disent-ils, rien n'empêchera de passer à la seconde étape dans quelques années lorsque la technologie sera plus au point.Les mêmes contraintes budgétaires ont rendu le projet méconnaissable, soutiennent les autres L'objectif du départ de 300 000 livres numérises en mode texte a été réduit à 100 000 en mode image.Les crayons fluorescents électroniques à trois couleurs qui devaient permettre d'annoter sur écran ces mêmes images ont été remplacés par des crayons noir et blanc.Quant aux 300 postes de travail que la Bibliothèque devait mettre à la disposition des chercheurs, il n'y en a plus que 90.Entre temps, l'indexation des livres sur un support informatique va bon train et c'est ileja une avancée remarquable.Il ne nous reste plus qu'à espérer que le Minitel nous soit accessible, histoire de pouvoir consulter les ouvrages du Québec.Les iidrev.es suivantes offrent un bon choix d'ouvrés littéraires de langue française American & French Research of the Treasury of the \\ rench Language ( AKTFL ) : http ://tuna.uchicago.edu The I rench Collection: http : ?/etext.Iib.virginia.edu/ french.browsc.html Oxford text archive sentier FTP ota.ox.ac.uk Association des Bibliophiles Universels http // www.cnam.fr.Online books : http ://www.uci.agh.edu.pl/e-books.html On peut joindre André Bélanger à : andreb(5)eure-ka.qc.ca 4 v L'Université Laval : histoire d'une idée PIEI Jean Hamelin ¦ « L'Université Laval, fondée au moment où se précisaient de nouveaux modèles de l'université, est entrée tardivement dans la modernité : elle a d'abord été l'agent de conservation d'une société et d'une chrétienneté rurales, puis elle s'est efforcée de répondre aux besoins d'une société industrielle, urbaine et libérale, enfin a ceux d'un État-providence et d'une société séculière et entrepreneuriale.« Jadis productrice d'une élite, l'Université Laval est devenue une grande productrice de connaissances et de main-d'oeuvre, un incubateur d'entreprises, un élément clé dans le maillage des équipes de recherche et des entreprises, le point d'appui d'une région qui s'ouvre sur le monde.» Les cordonniers, & if ut) m La gestion ne voit pas tout Les manuels de gestion pieu- .vent.Surtout pour ensei-, gner de nouvelles façons de diriger, comme si tout, dans la.vie, y compris la culture, devait être vu sous l'angle du gestionnaire et de la rentabilité.Le ' journaliste Laurent Laplante, lui, prétend que la gestion ne voit pas tout et trop souvent néglige l'aspect «qualitatif » qui, bien souvent, n'a pas de prix.Il en traite dans un petit essai, L'angle mort de la gestion.Jeunes et pauvreté Les jeunes d'aujourd'hui vivent dans un contexte de.précarité économique et de fragilité sociale.Le constat n'est peut-être pas nouveau, mais un bilan factuel n'est pas si fréquent.Madeleine Gauthier, chercheure à l'Institut québécois de recherche sur la culture, et Lucie Mercier, sociologue de l'université Laval, s'y sont attelées dans un livre que pu-' blie l'Institut québécois de recherche sur la culture sous le titre de La pauvreté chez les jeunes.LE GRAND GUIDE DU ÏMSDE Comment Hberur votre personnalité *t vivre on harmonie^ avec l«* autre» IMUI « Star Trek » dans votre bibliothèque La télésérie Star Trek continue de tenir son bout dans les cotes d'écoutes.Voici donc que Star Trek, en plus de trôner dans les vidéoclubs, pourra se retrouver dans les bibliothèques puisque les Presses de la cité publient un autre roman de Michael |an Friedman.son dixième, consacré aux intrigues de la tclcsérie.sous le titre Ombres sur le soleil. LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE SO AVRIL 1995 La vie des livres PIIRRI VINNAT H5 » La pensée s'invente ¦ Le périodique Arcade vient de publier un numéro thématique sur « la pensée ( qui ) s'invente ».Pas facile de décrire ce qu'il peut y avoir de typiquement « féminin » dans l'écriture ou encore dans la pensée.Mais Louise Dupré, professeure de littérature à l'Université du Québec à Montréal et lauréate de grands prix de poésie actuellement en année sabatique pour rédiger son premier roman, a tenté, en tant que codirectrice de ce numéro thématique, de le faire.Selon Louise Dupré, il y a sûrement actuellement un désir chez les femmes de se constituer une histoire.Les hommes, dit-elle, ont une immense mémoire de leur genre et travaillent à partir de là, à partir de l'image symbolique des pères.Les femmes en ce moment établissent leur mémoire à partir de leurs contradictions.Selon Louise Dupré, l'écriture n'est pas une illustration de la pensée, mais il y a une part de pensée dans l'écriture.«c L'écriture pense, elle essaie de se plonger dans le vif d'une îeflexion qui n'est pas encore codifiée, arrêtée.On parle souvent de langue de bois, mais il existe également une pensée de bois.Le travail des écrivains consiste à déconstruire cette pensée-là, à la nuancer, à la faire avancer.Quant aux écrivaines, elles revoient actuellement tout le savoir sur les femmes.La fiction est souvent en avance sur les écrits théoriques.On en sait encore très peu sur la féminité.» Louise Dupré se plaint qu'elle et les femmes de sa génération n'aient pas eu de mères symboliques.« Beaucoup de femmes de ma génération ont eu des mères qui ont reproduit le discours social ambiant, il ne s'est jamais créé de réel dialogue avec elles.Nous avons été des orphelines de mères.(.) Pour ma part, je n'ai jamais eu d'enfance et c'est peut-être un fait que je partage avec beaucoup d'autres femmes.Les petites filles ont été obligées de devenir adultes très tôt.Elles ont dû faire le sacrifice de l'enfance et du jeu : ce n'est pas sans rapport avec l'imaginaire.Peut-être qu'ayant dû nous mouler très tôt dans des rôles d'adultes, nous nous sommes attachées à une mélancolie de l'enfance jamais vécue.Il faudrait revenir à l'enfance, la repenser, la revivre pour faire grandir l'enfant en soi.» Cela dit, comme bien d'autres, Louise Dupré confie qu'elle est devenue plus humble : elle travaille sur le minuscule plutôt que sur des révolutions qu'elle aurait voulues universelles.« La question du féminisme est prise en charge différemment aujourd'hui.le la perçois de façon plus individuelle.Il faut repenser les notions des années 1970 et 1980.Je suis pour une réflexion du doute, le crois que la pensée s'invente dans une certaine solitude et dans une remise en question constante.Si le féminisme reste d'actualité, c'est qu'il permet de penser la subjectivité en mouvement et l'acceptation de l'autre ».« Virtualités » rompt le silence ! Faux que l'on ne réfléchit plus au Québec, qu'il n'y a plus de revues de réflexions ou que les intellectuels se taisent.Vrai sans doute que les revues actuelles, Relations, L'Action nationale, Possibles, etc., n'ont pas le prestige qui auréolait les Cité Libre ou les Partis pris de naguère ( encore qu'il faudrait s'interroger pour savoir si, après coup, on en aurait pas fait un mythe ).Mais vrai également que se créent ici et là d'autres tribunes et que l'on ne discute pas que de constitution et nationalisme au Québec.C'est ainsi que la revue bimestrielle Virtualités, dont le directeur est Daniel Lagacé et le rédacteur en chef Daniel Laprès, prend un nouvel essor.Virtualités vise, selon ses promoteurs, dans une optique de progrès social et culturel, de débloquer de nouvelles perspectives de transformation sociale.Se défendant d'être l'organe d'aucune organisation spécifique, la revue veut devenir un forum de débats et de dialogues et souhaite contribuer à l'émergence dans notre société d'un pôle critique.Avec son neuvième numéro, la revue se transforme.Elle porte son tirage à 1500 exemplaires, améliore sa mise en page, se dote d'un conseil de rédaction sur lequel on retrouve des noms connus comme Fernand Dumont, Henri Lamoureux, Pierre Graveline, etc.Son plus récent numéro porte sur les « Défis au mouvement social ».«c Des transformations profondes doivent être mises en oeuvre dans les cultures et pratiques des organisation qui se réclament de perspectives de changement social.On ne peut plus se permettre de fonctionner en vase clos au sein de nos organisations, car les mutations de la société contemporaine appellent à faire de la solidarité non pas qu'un discours, mais une pratique pour laquelle l'interaction, l'échange d'informations et l'ouverture sur autrui sont devenus des dimensions incontournables.» On peut joindre Virtualités au 853 est, rue Sherbrooke, Suite 3, Montréal H2L 1K6 ou au 529-9453.Dimanche je lis, et lundi, j'écris ! Tout le monde peut écrire pour soi, pour ses enfants, pour ses amis.Il n'y a pas d'âge ni de condition spéciale pour écrire.C'est la raison pour laquelle le Service de la bibliothèque de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, organise des ateliers d'écriture sous le thème « lundi j'écris », tous les lundis de mai et les deux premiers de juin, de 19 h 30 à 22 h.On peut s'inscrire en téléphonant au 625-3949.Ces ateliers sont animés par Danielle Lafrance, qui se définit comme « écrivain public et animatrice ».arts et Spectacles 1 Les best-sellers ^^^H\t\t Editions québécoises Fiction (romans) 1 Chosss crut* Lise Bissonnette Boréal\t\t(« 2 Le Collectionneur Chrystme Brouillet\tCourte Échelle\t(9) 3 La vie provisoire André Major\tBoréal\t(2) Essais 1 Nos hommes Denise Bombardier\tSeuil\t(8) 2 Andrée Lachapelle Marcel Dubé\tMnémosyne\t(5) 3 La v'iimeuse autour du Cari Mailhot et monde (Tome 1) Dominique Manny\tGroupe nautique Grand-Nord et Bas St-Laurent\t(D Éditions étrangères Fiction (romans) 1 L'Ile des gauchers Alexandre Jardin Gallimard\t\t(D 2 Plein ciel Danielle Steel\tP.de la Cité\t(D 3 Provence toujours Peter M a vie\tÉditions Nil\t(D Essais .1 Prophéties des Andes James RedfieW\tLaffont\t(10) J'accuse l'économie Albert Jacquard triomphante\tCaJmann-Lévy\t(5) 3 L'Évangile de la vie Jean-Paul 11\tCertflammahon\t(D Livres pratiques 1 Qu»de des oiseaux saison par André Dion saison\tL'Homme\t(3) 2 Guide du potager Benoît Prieur\tL'Homme\t(3) 3 Gitos du passant du Québec En collaboration\tUlysse\t(4) Les listes nous sont fourmes par les librairies suivantes : Archambeutt Bertrand, Champ*-gny, Le Fureteur (St-Lambert).Oeftimard.Oameeu Guénn, Hermès, René Martin (Josette).Monet.Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi).Maison de la Presse Internationale Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trots-Rivières).Ratfln.Reneud-Bray, Sons et Lettres, Librairie Smith.t\t\t photo bernard brault.la Presse Harold Faustin photo bernard brault.L3 Presse Dinah Véro Un jazz aux accents d'Haïti pour clore la saison du Gesù Avec Harold Faustin, guitariste et compositeur d'abord soucieux de faire triompher un langage qui lui est propre ALAIN BRU NET ¦ Fondamentalement, le guitariste et compositeur Harold Faustin est un être libre.Libre quant à sa direction artistique, libre quant à ses origines, quant à l'héritage culturel qui l'anime, quant aux préjugés de sa société d'adoption.D'abord soucieux de faire triompher un langage qui lui est propre.Mercredi prochain au Gesù, à l'occasion du concert de clôture de la saison Jazz Montréal, Faustin livre un concert important dans sa trajectoire d'artiste.Pour notre plus éminent jazzman d'origine haïtienne, cette première grande salle payante à Montréal représente une étape clé.Faustin n'est pas de ceux ayant passé par la maîtrise parfaite de la guitare jazz pour arriver à ce qu'il a accompli ; doublée d'un riche bagage antillais, sa connaissance exhaustive du jazz s'ajoute à une capacité exceptionnelle à transgresser les normes.Ainsi, le patrimoine sonore haïtien, un des mieux préservés parmi les descendants d'Africains amenés de force par les colonisateurs du Nouveau Monde, déteint magnifiquement sur le jazz de Faustin.La singularité de ses thèmes mélodiques, la pertinence de ses choix harmoniques et rythmiques, contribuent à transcender le jazz d'ici, et plus encore.Est-il besoin d'ajouter que plusieurs de nos improvisateurs ont été séduits par son art.Si les plus conservateurs d'entre eux s'attardent à lui débusquer quelques légères carences techniques ( l'« athlétisme » instrumental n'étant pas directement proportionnel à l'ouverture d'esprit.) d'autres découvrent chez lui un langage unique, hautement inspiré.L'adhésion de ses pairs Le pianiste Jean Beaudet et le saxophoniste Yannick Rieu, pour ne nommer que les meilleurs, ont joué régulièrement avec Faustin.D'autres s'adonnent désormais à sa musique, d'autres s'y adonneront.« Le timbre d'Harold se meut entre la pureté et la rigueur, son phrasé articulé et bouillonnant demeure imprévisible et son sens de l'harmonie est juste et spatial.Tout se tient, tout est là, le talent d'Harold, le dialogue avec les musiciens.Un écrit musical exceptionnellement raffiné », plaide Oliver Jones dans les notes de pochettes de Parallélisme, premier album de Faustin sur étiquette Amplitude.Des jazzmen amerloques se montrent aussi captivés, à tout le moins intrigués par l'approche du Montréalais ; le pianiste Kenny Barron, le percussionniste Mino Cinelu, le saxophoniste Oliver Lake, le batteur Marvin « Smitty » Smith, quelques Mar-salis, etc.PHOTO RfUTER Spielherg ù l'honneur Steven Splelberg, accompagné de sa femme Kate caps-haw, a reçu vendredi soir à Los Angeles le Prix John H us-ton pour les droits des artistes, en reconnaissance de son action pour la sauvegarde du patrimoine cinématographique.Pour mener à bien son entreprise créatrice, Faustin dispose d'un puissant véhicule orchestral.D'excellents musiciens participent à sa propulsion : la pianiste Dinah Véro, le saxophoniste Mike Allen, le batteur Martin Auguste, le contrebassiste George Mitchell, le percussionniste Danglas Grégoire.Le poids de la tradition S'identifiant à la tradition et aux pratiques du jazz international, Je guitariste a aussi l'intention de bientôt endisquer une douzaine de standards tels Take the A Train ( Ellington ) et Foot Prints ( Shorter ), pièces qu'il prévoit greffer à son répertoire original, ce mercredi.On imagine déjà une relecture qui ne ressemble à personne.« La tradition doit être respectée comme base initiale.Mais la tradition pèse trop lourd sur nous, ça rend lunatique et coincé », blague le guitariste.« Je suis Haïtien d'origine, mais je ne reste pas collé à cette identité.Tant de musiciens antillais ne s'en tiennent qu'à une grille harmonique qui est la leur, mais qui devient restrictive à force de la réitérer.J'essaie de rompre avec cette attitude, sortir de ça.l'aime Parker, Monk et Coltrane, j'aime aussi les chants folkloriques haïtiens.Il me semble tout à fait normal d'adhérer à ces deux univers.» Ce concert d'Harold Faustin au Gesù s'inscrit dans les activités de l'Année internationale de la tolérance, décrétée par l'Organisation des Nations Unies.Le guitariste se trouve ainsi porte-parole de l'ouverture, liant sa démarche aux organismes québécois préoccupés par la problématique des pratiques interculturel- les.Dans cette optique, Faustin donnera à ces organismes une partie des profits réalises lors* du concert de mercredi.« Pour moi, la tolérance demeure le dialogue.Il faut faire en sorte que les gens arrivent vraiment à se parler », dit-il simplement.Et de quel oeil Faustin voit-il le rapport entre ceux qui possèdent l'espace culturel et ceux qui désirent y accéder ?La laine de Normand «c Normand Brathwaite est un Québécois pure laine.Mais certains pensent encore que sa laine n'est pas si pure », ironise-t-il.« Une nouvelle mentalité plus ouverte sera longue à venir.le sais que le changement est lent ; avant que le problème ne soit résolu, on devra attendre encore plusieurs générations.Mais cela ne nous empêche pas de poser les bases d'un véritable changement de mentalités.« Dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs ( en février dernier ), raconte encore le musicien, on m'a invité dans quelques écoles secondaires afin que je témoigne de mon expérience.J'ai pu constater à quel point nombre de jeunes Noirs d'ici né voyaient pas d'ouverture possî1-ble.Leur découragement m'a vraiment étonné.Enregistrer un disque, être diffusé à la radio d'État, c'était pour eux un genre de miracle ! » Comment notre homme envi-sage-t-il alors le partage de l'espace culturel montréalais.?«le refuse l'identité du perdant, qui demande toujours sa chance, le refuse aussi l'identité du gagnant, qui ne négocie jamais avec le perdant.Je crée ma chance, je ne la demande pas.Et je négocie toujours.» En bref QUINZE ANS, CASE FÊTE! ¦ Le 3e gala bénéfice de la Guilde de l'Opéra de Montréal, placé sous la présidence d'honneur de M.et Mme Paul Desmarais, soulignera le quinzième anniversaire de l'Opéra de Montréal, dimanche prochain à 18 h 30, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.Le spectacle sera rehaussé de la présence de la grande tragédienne lyrique Diana So-viero, qui interprétera ses personnages préférés.La Guilde offre des billets-gala au coût de 250 $ chacun, comprenant le spectacle et un cocktail-buffet.Ces billets sont disponibles à la Guilde au 985-2259.Pour les billets pour le spectacle seulement (66,50$ et 39,50 $ ), il faut téléphoner au 842-2112.LES PRIX DE L'OFFICE DES COMMUNICATIONS SOCIALES ¦ L'Office des communications sociales a remis ses prix pour 1995 vendredi dernier et c'est le film Windigo, réalisé par Robert Morin et produit par Nicole Robert, qui a été récompensé dans la catégorie cinéma.Le jury a attribué le prix pour le livre à Immigration : Phénomène souhaitable et inévitable de Pierre Vincent, publié aux Éditions Québec/Amérique.Le prix pour la télévision a été adjugé à l'émission Second Regard pour le reportage du journaliste Gilles-Claude Thériault sur Le Journal L'Itinérant .Dans la catégorie radio, te prix a été attribué au reportage de la journaliste Sylvie Aû-but sur l'intégration des autochtones diffusé à l'émission CBKF Bonjour.Le document d'animation La Part des aînés, réalisé par Jacques Duchesne, a obtenu le prix OCS Vidéo.Deux mentions spéciales ont été décernées au roman Le Silence des maux de Marie-Andrée Clermont, et au reportage de la journaliste Lise Lapalme intitulé Atelier de recyclage , réalisé par Michael Kelly.Enfin, une médaille de TOCS a été décernée à Léo Bonneville qui fait figure de pionnier dans le domaine des ciné-clubs étudiants et qui fut directeur pendant 40 ans de la revue Séquences , dont il fut le fondateur. LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 30 AVRIL 1995 Francine Grimaldi collaboration spéciale Quelle soirée ! olce Aprile ! Quelle merveilleuse célébration du printemps ce fut au 9e bal annuel du musée d'Art contemporain jeudi soir, sous la présidence d'honneur de M.André Bérard, président de la Banque Nationale.Une réussite totale.« On donne 250 $ par personne au musée mais ce n'est pas cher vraiment.Chaque invité repartira avec un beau souvenir : une gravure d' Evelyne Dufour, c'est incroyable ! Et regardez, il y a des tables où l'on sert des entrées italiennes dans tous les coins, le mousseux coule à flots, un dîner fin ( préparé par Jean Cordeaux du Reine- Éliza-beth ) dans un décor de réve, précède le bal.Et gardez-vous un peu d'appétit pour faire le tour des tables de desserts après.C'est orgiaque.De plus, on fait des rencontres intéressantes, il n'y a que du beau monde, des amateurs d'art, des gens de goût et de finances !.» Bon, c'est bien vrai, je ne vous nommerai pas mon interlocuteur mais je crois que son opinion sur cet événement reflète celle de tous les invites.Qu'elles étaient belles a voir les Manon Blanchette, Fernanda Ivanier, toutes ces dames en robe de bal, il y en avait du beau linge ! 'Et le décor : la grande salle du musée a été entièrement transformée par trois jeunes designers : Daniel Lalande, Louise St-Laurent et Francine Martineau.D'immenses miroirs ornaient les murs à la place des tableaux, il y avait des lustres de cristal au plafond, des masques du carnaval de Venise, des arrangement floraux spectaculaires d'Yves Chénier, enfin un décor follement romantique ! Pour l'ambiance : le Montréal Jazz Big Band et, dans une salle plus intime : Michel Donato à la contrebasse avec le pianiste famés Gelfand.Bravo à toute l'équipe du comité organisateur, présidé par deux femmes dynamiques, Mmes Mi-rella Saputo et Ann Markham-Birks.Elles ont réalisé un événement digne du 30e anniversaire du M.A.C., anniversaire souligné au musée par la présentation d'oeuvres choisies parmi les tout premiers dons offerts au M.A.C.en 1964-65 et les récents dons de 1989 à 1994.Le mécène qui a offert une gravure d'Evelyn Dufour à chaque invité en souvenir du bal du musée est bien connu dans le milieu des arts : Charles S.N.Parent, il est collectionneur, membre du conseil d'administration du musée et récipiendaire cette année du prix Arts-Affaires, catégorie individu.À sa demande, l'artiste a conçu 12 gravures originales sur plaque de cuivre, chacune reproduite à 50 exemplaires sur papier Arches velin expressément pour l'occasion ! Qui dit mieux ?.4 QUEL ENCANTEUR ! ¦ La Fondation Jeunesses Musicales du Canada célébrera le 10c anniversaire de son déjeuner-encan dimanche prochain, toujours au chic Ritz Carlton et toujours avec un maitre de cérémonie et en-canteur pas banal : la basse Joseph Rouleau, qui est aussi le président des Jeunesses Musicales.Il n'y a pas mieux que lui pour faire monter les enchères car il connaît tout le monde du milieu et quand ça traîne un peu, il lance des défis irrésistibles.Journée de golf, partie de chasse au Lou-nan, oeuvres d'art, il y a le choix, on s'amuse toujours beaucoup pendant ce brunch (150$ p.p.) Un récital privé du pianiste Richard Raymond sera aussi mis aux enchères, d'ailleurs ce dernier recevra officiellement le prix Cécite Mesnard-Pomerleau 95 des^J.M.C.d'une valeur de 3000$ QUEL DÉCOR ! ¦ Ça y est me voici enrôlée par Le Sergent Recruteur ! Louis-André loyal et Louis Kégimbald n'ont même pas eu à m'enivrer pour cela.Je bois très peu de bière mais mon homme, lui, est un connaisseur alors je goûte : la bruhe corsée et la rousse cos-taude rivalisent avec la blonde gaillarde.Brassées naturellement sur place 100 pour cent grain malte.le patron dit que ce sont Ses seules bières mûries en fut au Québec.Puis il y a le décor : ahurissant ! Sympathique et chaleureux.tout est peint, ça fait un peu décor de cinéma.J'adore les tables ( peintes ) et, vive la récupération : des jantes servent de pied de table, des boîtes de tomates d'abat-jour, et dans les toilettes, toutes fleuries pour les femmes, faut voir : un réservoir ( de voiture ) installé à l'envers forme un lavabo tordu comme ça ne se peut pas, encastré dans une mosaïque de vitre.Très baroque.On mange aussi très bien chez le Sergent Recruteur, notamment une tarte à la bière incomparable, au 4650, boulevard Saint-Laurent.PATRICE L'ÉCUYER EN PSY TRÈS SONGÉ ¦ La Présence des ombres se fera sentir dans la ville de Montréal jusqu'à la fin mai.Marc Voizard a commencé vendredi le tournage de ce film écrit par Pierre Billon ( L'Enfant du 5e Nord ), d'après le roman de Boileau-Narcejac Sueurs froides, paru en 1958.Il s'agit d'une coproduction d'Allégro Films avec la France.L'action se passe en milieu hospitalier.En vedettes : l'actrice française Isabelle Renaud, qui interprète deux personnages très opposés : Soledad, une bohème, écorchée vive, qui campe dans son atelier de peinture, et l'épouse, toujours belle et élégante mais très introvertie, du directeur de l'hôpital ! Ce rôle du Dr Gagnon est joué par Denis Mercier ( Le Sexe des étoiles ), un homme solide, terre à terre, énergique et cordial, aussi passionnément amoureux de sa femme.Très important aussi : Patrice L'Écuyer le ,psy joué par Patrice L'Écuyer ! Eh oui, vous le verrez calme, posé, très intense, réputé pour ses recherches sur les phénomènes de la réincarnation.Il est secrètement traumatisé par la mort d'une ado qu'il n'a pas réussi à sauver à 14 ans à cause de son vertige.Patricia Tulasne joue sa meilleure amie, une fonceuse très sympathique qui n'a pas froid aux yeux et dont le sens de l'humour est apprécié.Sans dévoiler l'intrigue, je peux vous dire que Claude Préfontaine jouera le rôle de l'inspecteur.A suivre.PIERRE RICHARD EN PASTEUR DÉSABUSÉ ¦ C'est le 12 mai que La Partie d'échecs prendra l'affiche au Parisien et au Dauphin.J'ai bien hâte de voir Pierre Richard en pasteur désabusé, son premier rôle très dramatique.Un « père Ambroise » qui fait de Max, un petit vagabond aux tendances suicidaires, un champion aux échecs.Max, à 26 ans, est joué par Denis Lavant, l'acteur fétiche de Léo Carax ( Boy Meets CM, Mauvais sang, et Les Amants du Pont-Neuf ).Le réalisateur belge Yves Hanchar n'est pas connu ici, c'est son premier long métrage mais son acteur principal Denis Lavant arrivera le lundi 8 pour nous en parler.La belle Catherine Deneuve joue un rôle machiavélique : une marquise férue de jeux et d'ésotérisme qui organise une confrontation entre le jeune champion et le champion du monde.Et à l'occasion de la première au Parisien le 8 mai.tous les joueurs d'échecs sont invités au Café Cherrier à se mesurer au champion canadien Alexandre Lesiège à partir de 14 h.Les participants recevront une invitation pour la première, en présence de Lavant, a 19 h 30.LE FERRAT NOUVEAU ARRIVE ¦ |ean Ferrât viendra passer quelques jours à Montréal, à la mi-mai, pour lancer son nouvel album ( enfin ! ), un disque qui tourne deja depuis septembre en France : Ferrât 95 , sur lequel il chante des poèmes d'Aragon.Sur ce, bon dimanche.Les uns et les autres Seule oui, mais pas de panique ! arianne Faithfull, 47 ans, a survécu à tout : à sa passion tumultueuse pour Mick Jagger, aux drogues dures, aux années de galère, aux tentatives de suicide.L'ex-égérie des Rolling Stones a raconté son chemin de croix au magazine Elle.\u2014 Vous avez choisi d'habiter l'Irlande, la campagne.Loin de Londres et de New York.Vous n'avez pas le sentiment de vivre en recluse ?\u2014 Souvent, pour plaisanter, je dis à mes amis que je suis la plus seule de la planète.Disons que je ne plaisante qu'à moitié.Mais je n'ai aucune raison de m'apitoyer sur moi-même, j'ai des amis formidables, j'ai mon chat, j'ai Barbara qui s'occupe de moi et de la maison.Je ne vis pas isolée.Ma vie amoureuse, certes, pourrait aller mieux.\u2014 Vous cherchez le nouvel homme de votre vie ?\u2014 Oh non, je ne le cherche pas ! Il faudrait qu'il tombe devant ma porte.Et encore, je ne suis pas sûre que je m'apercevrais qu'il est là.Je ne sors pas beaucoup.Je ne suis pas très douée pour la vie mondaine.\u2014 Vous dites dans votre livre que votre fils Nicholas est la lumière de votre vie.Vous avez été une bonne mère ?\u2014 Non.J'aurais pu l'être.Mais j'avais moi-même une mère au caractère très fort, très dur.Et je me sentais dépassée par elle.Quand on est une très jeune mère (18 ans ), il faut être sûre de soi et bien faire savoir que personne d'autre que soi ne doit compter auprès de son enfant.Je n'étais pas sûre de moi.Ma grande préoccupation, jusqu'à ce que ma mère meure, en 1990, c'était d'être une fille.ZOOM Victoria Abril aM 1 y a des gens qui aiment la ¦ viande, d'autres le poisson.Et il y en a qui mangent un jour de la viande, le lendemain du poisson, et ça, je suis avec eux.Et puis, le dimanche : végétarien ! On se repose.Moi, je pense qu'on peut être amoureux de deux personnes sans être fou.Ça fait devenir fou les autres, mais toi, t'es pas fou.\" Première LES MOTS PAIRE LE MATAMORE \u2014 Un matamore est un personnage de la comédie espagnole qui se vante à tout propos de ses exploits contre les Mores ( qu'on écrit aussi Maures ).Son nom signifie : qui tue les Mores.Le personnage est particulièrement bien représente par Corneille dans L'illusion comique.POP-CORN \u2022 Pour moi, dans un monde idéal on s'apprécierait pour nos différences.Nous sommes tous égaux, mais nous ne sommes pas tous semblables.Sortira Stralsand \u2022 Si vous croyez que personne ne s'intéresse à vous, essayez, pour voir, de ne pas payer votre compte de carte de crédit pour un mois ou deux.\u2022 Mes chansons sont une incitation à l'amour.Lorsque je vois dans l'assistance un couple marié depuis vingt ans et que je sens qu'ils feront l'amour en rentrant à la maison, j'ai un sentiment merveilleux.Julto Iglesias \u2022 Il y a un tupe de célébrité que je fuis comme la peste.Celle qu'ont connue les Beatles.Celle de Marlon Brando.Celle qui fait qu'on ne peut aller au restaurant ni marcher tranquille dans la rue.\u2022 J'ai occupe le siège du passer sur par mal de routes cahoteuses et j'ai tenu bon mais je n'ai jamais été le conducteur qui décide où on va et par quels chemins.Petit portrait chinois du magazine feune et folie.\u2022 S'il était un animal sauvage, ce serait un loup.\u2022 S'il était une arme, ce serait un arc.\u2022 S'il était une profession, ce serait un garde du corps.\u2022 S'il était un panneau de signalisation, ce serait un sens unique REPONSE: Kevin Costner Marianne Faithfull \u2014 Durant les trois années que vous avez passées ensemble, vous avez trompé Mick Jagger.il vous a trompée.Vous vous aimiez quand même très fort?\u2014 J'étais toujours amoureuse de plein de gens en même temps.J'aimais Mick, mais j'aimais aussi d'autres personnes.Jamais je n'ai dit : « Nous deux pour la vie ».\u2014 Pendant les années que vous avez passées avec Mick Jagger, vous aviez tout : vous étiez jeune, belle, célèbre, riche.\u2014 Non pas riche ! Je vivais avec un homme riche, c'est tout.Je savais bien que ce n'était pas mon argent.Il m'en donnait, certes, assez pour que je m'achète des tonnes de fringues.Mais les ' limousines dans lesquelles nous montions n'étaient pas mes limousines.N'empêche que cette vie était facile, amusante, luxueuse.\u2014 Vous revoyez Mick Jagger ?\u2014 Très rarement.Nous n'avons plus grand-chose à nous dire.Le contraire serait tout de même étonnant : il y a vingt-cinq ans que nous avons rompu ! La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes dit « Hello » très poliment.C'est tout et c'est normal.\u2014 Vous êtes maintenant en paix avec vous-même ?\u2014 Je suis contente de mon travail.Mon album est sorti.Je vais remonter sur scène pour le festival de jazz de Montreux et ensuite pour une tournée.En septembre, je tourne un film.Ce que j'aimerais maintenant, c'est vivre encore une belle histoire d'amour.Tout pour Pitt ¦ Une maison de publicité a offert un million à Brad Pitt pour ne faire absolument rien.et il a demandé un peu de temps pour réfléchir ! La compagnie aimerait publier un calendrier où paraîtraient des photos de l'acteur tirées de son dernier film, Legends of the Fait.Faut dire que le brave Pitt fait la couverture d'à peu près tous les magazines américains au titre d'homme le plus sexy au monde ( comme chacun sait, le monde c'est les États-Unis ).Interrogé sur ce le phénomène, l'acteur a répondu dans un large sourire : « Ça ne me fait rien, je me considère simplement comme le cave de la semaine, c'est tout ! » Pendant ce temps, deux maisons de production, New Regency et Imagine, se battent pour l'avoir comme vedette de leur prochain film ; le magazine Studio précise que les deux projets en question, A Time to Kill et The Camber, sont adaptés de deux best-sellers de John Gris-ham.Les enchères en sont rendues à six millions de dollars.¦ À 70 ans, Paul Newman a encore ce qu'il faut pour déboussoler les femmes.Une admiratrice de l'acteur l'ayant aperçu dans un bar laitier où elle s'était arrêtée pour se rafraîchir le gosier, elle paya sa glace à la vanille mais, de retour à sa voiture, elle constata qu'elle l'avait oubliée.Elle rebroussa chemin et entreprit de se plaindre auprès du vendeur de n'avoir pas reçu sa glace.C'est alors que Newman s'approcha et lui dit en souriant : « Madame, il vous a donné votre glace, vous l'avez mise dans votre sac à main.» ¦ Le commentateur de nouvelles de CBS Dan Rather, qui est âgé de 63 ans, utilise depuis peu des vidéocaméras de haute technologie qui effacent ses rides comme par enchantement et le font paraître des années plus jeunes.On affirme que David Letterman a lui aussi recours à ce stratagème.¦ Tom Cruise et Nicole Kidman n'ont reculé devant aucune dépense pour trouver un logis à leur goût pour le temps que l'acteur travaillera à son nouveau film.Mission Impossible, dont le tournage débute ce mois-ci à Londres.Us viennent de louer une somptueuse demeure à 30 000 dollars par mois, dont les dix chambres à coucher ne seront pas de trop, semble-t-il.En effet, outre leur fille Isabella et le nouveau-venu, Connor, ils sont accompagnés de deux gouver- nantes, d'une cuisinière et de plusieurs gardes du corps.¦ Kiefer Sutherland déjeunait dans un restaurant avec sa mère, Shirley Douglas, lorsqu'une jeune chasseuse d'autographes s'approcha de leur table et demanda à l'acteur de signer la couverture d'une vieille revue le montrant en compagnie de son ancienne amie, Julia Ro-berts.Kiefer prit son couteau, coupa la page en deux, chiffonna le côté de Julia et le jeta ; puis il autographia son propre côté et le remit avec un large sourire à la jeune fille médusée.¦ Martin Scorsese projette de tourner une biographie du dalai-lama.Melissa Mathison, la femme d'Harrison Ford, travaille au scénario.Elle a déjà signé celui de « E.T.» pour Steven Spiel-berg.¦ Mickey Rourke ne sait plus quoi faire pour tromper l'ennui.Apres la boxe, il a pensé à une autre reconversion : la restauration.Avec le groupe House of Pain, il a ouvert à Los Angeles un House of Pizza.¦ La Harley-Davidson de John Goodman étant tombée en panne sèche sur une autoroute de Hollywood, il poussait sa moto sur une voie de sortie lorsqu'une voiture s'arrêta à côté de lui.Ses deux occupantes lui ayant demandé s'il avait besoin d'aide, il répondit : « Non merci, il y a une station-service pas loin d'ici ».L'une des deux jeunes femmes l'ayant observé de plus près, elle lui dit soudain : « Vous savez, si vous perdiez quelques kilos, vous pourriez vous faire passer pour John Goodman ! » « )e suis flatté, répondit Goodman, c'est mon acteur favori.» ¦ Drew Barrymore et son ami, le guitariste Eric Erlandson, du groupe Hole, s'étaient arrêtés dans un restaurant ouvert toute la nuit, où Drew commanda un sandwich au fromage sur le gril.Mais de toute évidence, elle n'aima pas la façon dont son sandwich avait été apprêté et elle se mit à crier au préposé : « Ne savez-vous même pas comment cuire un grilled cheese ?» Puis elle prit son sandwich et le lança sur le mur, où il resta collé.Eric le décolla calmement, avant de dire à Drew : «c Peut-être préférerais-tu commander quelque chose d'autre ?» Sources : AP.AFP, Star.Examiner.Globe B 3 I Brad Pitt mur à mur.Où est le mystère Brando ?eter Manso a consacrée à Marlon Brando, une biographie somme toute assez peu complaisante aux Presses de la Cite.Le magazine Elle lui a demandé « Où est le mystère Brando ?» \u2014 Ce n'est pas un intellectuel, a-t-il repondu, et encore moins un artiste engagé \u2014 même quand il milite en faveur des Indiens \u2014, mais un violent, un instinctif, sans doute marqué à jamais par une mère alcoolique adorée.Sa force, c'est la manière dont il parvient à subjuger son entourage et à ramasser le jackpot ?Son originalité \u2014 unique \u2014 c'est d'avoir, le premier, exprimé une sexualité perverse, déchaînée, mais aussi, les doutes qui le rongent.Ce qui est assez séduisant chez lui, c'est le mépris qu'il témoigne aux puissants, aux nantis et l'attention qu'il porte aux malheureux.Malheureux, il lest vraiment aujourd'hui.Les folies tahitiennes d'antan sont bien loin.Aujourd'hui, il vit la plupart du temps replié sur lui-même, dans une pièce sans lumière.Cinématographi-quement parlant, il est mort. LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 30 AVRIL 1995 B9 Rock Matthew Sweet : sweet and sour ! PHILIPPE REZZONICO de la Presse Canadienne ¦ Avec ses grosses lunettes, ses longs cheveux et son sourire éclatant, Matthew Sweet a tout de l'éternel adolescent.Doit-on conclure que cet état de fait est l'une des raisons qui explique le titre de son dernier album, 100pour cent Fun?« Ce n'est pas un titre sar-castique, jure-t-il en se bidonnant, lui dont l'écriture ambivalente est une marque de commerce.Pour une fois, j'ai un titre qui respecte à la lettre l'esprit de l'album.* Une des plus intéressantes qualités de cet auteur-compositeur qui figure parmi les meilleurs de sa génération se veut sa diabolique habileté à marier des propos tantôt acerbes ou désespérés à une structure musicale ultra-pop.«c Tu n'es pas le premier à souligner ce détail et j'ajouterais que c'est encore plus vrai sur cet album.Auparavant, j'écrivais une chanson mélancolique puis une composition plus joyeuse.Aujourd'hui, je réalise que je fonds de plus en plus des états d'âmes sombres à une musique agréable à écouter, une réalité parfois rude à un message rédempteur.» En 1992, Girlfriend faisait découvrir les mérites de Sweet : ses mélodies, ses guitares bien senties et les constants déchirements de ses relations personnelles ou amoureuses.Altered Beast , un peu plus noir, a renforcé cette image de gars dépressif.Le principal intéressé nuance.« Je tiens à préciser que Girlfriend n'était pas autobiographique, même s'il était évidemment très personnel, l'écris souvent sur des relations tortueuses, mais je ne les ai pas toutes vécues.En ce sens, il est vrai de dire que 100 pour cent Fun est une bonne symbiose de mes deux derniers disques.Remarque que j'étais dans un bien meilleur état d'esprit.» Plus réaliste La plume de Sweet demeure cynique, moqueuse ou troublée, mais elle est beaucoup plus terre-à-terre que par le passé.L'adolescent gagnerait-il en maturité ?« Au lieu de me contenter de poser des problèmes sans évoquer de solutions, je suis un peu plus proche des considérations du quotidien.Des pièces telles We're The Same et Cet Older sont révélatrices à ce sujet.» Les fans du musicien n'ont toutefois pas à s'inquiéter, Sweet n'a pas encore perdu ce brin de folie qui le caractérise.Un de ses musiciens, Richard Lloyd, a été sérieusement blessé lors d'un accident de la route vers la fin de l'enregistrement.Durant la convalescence de son copain, Sweet s'est présenté à l'hôpital avec une équipe de tournage pour filmer une bonne partie du vidéo Sick Of Myself, premier extrait de l'album.Original n'est-ce pas ?JIM M0RRIS0N TOUJOURS VIVANT ¦ Les membres survivants des Doors viennent de compléter l'enregistrement d'une pièce intitulée The Ghost Song , dont l'élément principal sera la voix de Jim Morrison immortalisée sur des pistes sonores encore jamais publiées.Ce titre sera l'un des trois nouveaux inédits qui se retrouveront sur la réédition de An Américain Prayer \u2014 un album des Doors paru à la fin des années 70 \u2014 qui sera disponible le 23 mai prochain.Par ailleurs, ont doit s'attendre à un coffret de quatre compacts du groupe pour 1995.Des pistes inédites de studio et de spectacle composeront le gros de ce coffret.L'esprit de Morrison \u2014 et sa musique \u2014 sont toujours bien présents aujourd'hui.BLOC-NOTES ?Hole, Beck, Sinéad O'Connor, Sonic Youth, Pavement, les Mighty Mighty Boss-tones et Jésus Lizard seront au nombre des têtes d'affiches de la Lollapalooza 1995.Aucune date n'a encore été confirmée.La tournée alternative s'était arrêtée à Montréal pour une première fois l'été dernier au parc des lies.?Les Stone Roses viennent de virer leur batteur Alan Wren sans expliquer leur geste.Son remplaçant a pour nom Robbie Maddix.?Courtney Love a finalement décidé d'enfouir les cendres de Kurt Cobain sous la pierre tombale qui porte son nom au cimetière, principalement afin de décourager les fans du célèbre musicien de venir frapper à sa porte.?Jimmy Page a failli être victime d'un attentat lors du spectacle qu'il donnait en banlieue de Détroit ave Robert Plant.Un homme armé d'un couteau a tenté de s'en prendre a lui mais il a été rapidement maîtrisé.Matthew Sweet, l'éternel adolescent fait preuve de plus de maturité sur 100 pour cent Fun.Parlant de son dernier roman Scriboule, Plume Latraverse dira : « Je n'écris pas pour asseoir ma petite opinion, j'écris pour provoquer un brassage Intérieur » -* Fin d'une trilogie pour Plume « Striboule, c'est une enveloppe.J'ai vidé mes tripes, ma tête et mon coeur dedans.» Presse Canadienne SHERBROOKE ¦ Il n'a pas fait de ramdam autour de la sortie de son récent album Chansons nouvelles parce quil trouve que le jeu du battage médiatique n'en vaut pas la chandelle.Des poèmes dans la foulée de Chansons pour toutes sortes de monde ( 1991 ), et de Chants ly-bres ( 1994 ), des portraits, des chroniques, des pamphlets, des paysages.S'il accepte davantage de s'ouvrir à propos de Striboule, ouvrage qui boucle, après Contes gouttes, paru en 1987, et Pas d'admission sans histoire, édité en 1993, ce qu'il a appelé sa trilogie caméléonne.Plume Latraverse ne le fait pas non plus pour la galerie.« Une chanson, un livre, c'est ça.Tu ouvres un écran avec des reflets, et les autres y regardent ce qu'ils veulent voir.Striboule, c'est une enveloppe.l'ai vidé mes tripes, ma tête et mon coeur dedans, je me suis risqué de l'intérieur.A partir de là, mon boulot à moi est fait.« l'ai voulu que le coeur se noie, qu'il se laisse entraîner dans des remous pour mieux re- trouver l'air.Contrairement à une chanson, où il faut bétonner quelque chose qui passe, le roman respire.le pense qu'on peut tenter d'y faire éprouver l'inexprimable.Je n'écris pas pour asseoir ma petite opinion, j'écris pour provoquer un brassage intérieur.«c J'ai voulu que ce soit du pé-tage de broue, mais du pétage de broue basé sur des arguments solides.» Un jour \u2014 s'appelait-il Plume ou Michel \u2014, un jour donc, il a bien failli se noyer.«< C'était flou, et en même temps cristallin.J'étais dans un tourbillon d'images et tout à coup, mon univers devenait d'un clair apeu-rant.Tout fuyait, et en même temps, j'avais tout en pleine face.» «c À partir de là, je me suis mis à aimer les fragments, j'ai accepté de vivre avec le fugitif.» Ainsi va l'écriture romanesque de Latraverse.Scriboule dit : «c À force de vouloir trop embaumer le macchabée, on risque de ne plus le reconnaître.Il faut que l'écriture reste prisonnière de ses doutes pour être vivante.» Plume dit : « Notre fonction icitte, c'est peut-être d'accumuler des mémoires et des rêves.L'écritu- re, c'est une question de doute, on joue avec l'infini.» Pour l'heure, cela a donné un roman.Et il est question jrtus avant des mémoires inserftes dans le coeur de Plume, dés réminiscences qu'il a accumulées.Il en parle comme d'un marais d'abord, puis comme d'un fleuve, puis d'un océan.« La littérature nous influence depuis Ésope, souvent indépendamment de notre personnalité; de notre volonté, même.C'est une belle folie qui se promène à travers les siècles en nous sortant du joyeux néant qui nous réunit tous.» « Avec Striboule, je me suis moqué de ce qui entoure le livre, jamais des auteurs.Le but ultime, c'est d'avoir sa propre vision du monde.» Le prochain roman signé Latraverse devrait s'appeler Le Lac multicolore.Il y sera question du pays de l'enfance.« Je pensais que la trilogie mettrait un terme à l'éclatement acide de mes propos, mais quand on pense à ce pays de l'enfance, à l'« angénitu-de », c'est mêlé.On dirait qu'il y a là tout le sens de la vie, de la vérité.Or la vérité ne va jamais en ligne droite, le me retrouve avec mes fragments.» Votre soirée de télévision CHOIX D'EMISSIONS par Suzanne Colpron 19:00 O \u2014 MERCI BEAUCOUP Les meilleurs moments du spectacle des humoristes Bernard Fortin et Patrice L'Ecuyer.19:30 Œ \u2014 HOCKEY Présentation d'un match de la Ligue Nationale opposant les Nordiques aux Devils.20:00 Esa_ viva Une visite dans l'univers professionnel des tops models masculins les plus riches et les plus «beaux» du monde.CD \u2014 VIVEMENT DIMANCHE ! Portrait du cinéaste Martin Scorsese qui a entre autres réalisé Raging Bull, Taxi Driver et Good Pellas GD \u2014 NATURE: NOMADS OF THE WIND Le sort des mutins du Bounty sur l'île de Pitcairn et celui des habitants de l'île de Pâques qui ne pouvaient plus se construire de bateaux.20:30 O \u2014 Tl JEANNE! Un des meilleurs téléfilms québécois.La ren-con t re de deux handicapés interprétés par Marie Tifo et Michel Côté.GD \u2014 UNFORGIVEN Western réalisé et interprété par Clint Eastwood avec Gene Hackman.Un vieux hors-la-Ioi repenti et son ancien compagnon décident de reprendre les armes pour retrouver deux voyous dont les tètes ont été mises à prix.21:00 CD \u2014 THE HUM AN QUEST Une série sur l'origine de l'homme, sa place dans l'univers et ce que l'avenir lui réserve (1er de 2).22:55 O \u2014 SCULLY RENCONTRE Son invité est Christie Heffner, qui a succédé à son père à la tète de Play-boy.23:00 ® \u2014 WITNESS Drame policier avec Har-rison Ford.Un policier doit protéger un jeune garçon, membre d'une secte, qui a été témoin d'un meurtre.CANAUX 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 CANAUX \"5 m CE) a&e BRAVO CANALD DISC.FOX FQX(Gnt) m NW RDI RDS se TMN TSN TV5 ytv Le Téléjournal Le TVA Découverte (18:10) Merci beaucoup! J.E./ L'Inventeur déjoué; commerçants dupés Cinéma / T'ES BELLE, JEANNE (4) avec Marie Tifo.Michel Côté Cinéma / LE MOMENT 0E VÉRITÉ 2 (4) avec Ralph Macchlo, Norlyukl Monta Hollywood Follies RoboCop Magical World of Disney Puise Newsline News ABC News News Travel, Travel L.LaPierre ABC News Simpsons ABC News Emergency Call News Regard sur la nature Avant-match de hockey Le Téléjournal (22:10) Le Point L'Événement Vivement dimanche! / Martin Scorsese tourne Cinéma / LA HONTE (3) avec Uv Uilmann, Max Von Sydow Hockey / Nordiques - Devils Road to Avonlea Funniest Home Videos 60 Minutes Basketball NBA/ Matches de première ronde (12 30) Ail Créatures Great and Small Poldark The Ghostwriter Hour Newsweek Fourth Reading Bisou / Léa Journeys Volt n Search of Documentary / Joaquin Rodrigo La Pub.c'est la pub (2/7) Discovery's Outer Limits Baywatch Legend Fax World News Wild America Naturescene The Music of Richard Nanes AH Créatures/ Mailbag (1951) 60 Minutes Battlefield / Stalingrad 2 Dimanche classique Ancient Mysteries FlOW (19:10) Visual Arts Kilomètre-heure Sunday @ discovery Ail-Star Challenge Cinéma / H0USESITTER (4) avec Steve Martin.Goldie Kawn Friends Murphy Brown Before They Were Stars Sunday Report Le Grand Journal Venture (2225)/ Nation's Business (22:55) Cinéma / UNFORGiVEN (3) avec Clint Eastwood, Gene Hackman Murder, She Wrote seaûuest DSV Nature: Nomads of the Wind Pôle to Pôle Murder, She Wrote By the Roadside / Van Gogh Dimanche classique / Brahms Mini-série / Buffalo Girls (1/2) Cinéma / THE RETURN 0F HUNTER avec Fred Dryer, Barry Bostwick Masterpiece Théâtre / Charles Dickens' Hard Times Human Quest: Human Nature / Social Brain Mini-série ' Buffalo Girls (1/2) Human Edge Scully / C.Heffner (2255) Le TVA & le TVA Sports Sport (23:25) / Cinéma (23:55) Loteries / Marteau (23:39) Points de vue / Les Caraïbes après Christophe Colomb (2255) Pas si bête! que ça CBC News Sunday Night CTV News (23:15) CBS News News Cinéma / PARACHUTISTE.Autosport Provincial Affairs (23:37) Puise Nightline Sunday Sports S.Trek (2315) News/(23:15) Space.(2315) Can Am Clips Time to.Sightings News N.Y.(23:35) Mystery! / Rumpole Eastenders Cinéma / WITNESS (4) Global News The Warsaw Ghetto Cinéma / LES AVENTURES DE RABBI JACOB (4) avecL.de Funèft The Winds ofWar(1/7) Visual Arts FlOW (20:40) Viva: au tour des garçons Cinéma / HANS CHRISTIAN ANDERSEN (4) avec Danny Kaye Jazz en deux temps / Stéphane Grappelli I Discovery's Sunday Showcase The Simpsons The Cntic Married.with Children Musique Vidéo Schlesinger Le Point de presse Golf de la PGA (17:30) On the Une with Patrick Conlon Monde ce soir Sports 30 Griffe Contact with Hana Gartner Grands Reportages The Nature of Canada Pub Roseanne Cheers QuébecPlus The National Le Téléjoumal The Passionate Eye / A Valley Rises Scully RDI Mémoire vivante Hockey Midget / La Coupe Air Canada M.Jones (1805) Hot ShOts! (17:45) Golf/Senior PGAO7 30) L'École des fans / Visions Rupert Destructoe Sportsdesk Journal FR2 Are You Afraid Shows RigOLO So I Married an Axe Murderer (1915) Monde du.Sports Born Talking Panorama Caroline's Comedy Hour Visual Arts Cinéma / MES DEUX HOMMES Sunday @ discovery Platypus Man M*A*S*H Pig Sty Pub Musique Vidéo Antiques RoadShow Accent franco.Sports 30 Une Femme dangereuse (2135) Radio Inside Air Canada Cup 7 sur 7 Sweet Valley Weird Science Bouillon de culture YTV News The Hit List Paris lumières Hockey Week Journal belge Rough Guide Bulletin santé Football.Tireur.(2315) In Pursuit of Honor (22 45) Sportsdesk Visions Missing Cercle.(2315) Max Ghck CANAUX 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 I 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 (X) 13] 8 3 7 e% MUfl i 50-4 20- 698 Ste-Cathenne 0.866-6991 1.50$,MA?NÉBi.2,50$|SIRÉE 0UMB & OUMBER (G) DOLBY Tous «t jours 4 10-9 40 DISCLOSURE (13+) DOLBY Tou* la* jour» 140-7 05 LEGENDS OF THE FALL (G) DOLB* Tou* l#* jour* 2 00-4 35-7 10-9 45 MURDER IN THE FIRST |1J»»DOlB> 4 1M BOYS ON THt SIOE (13*) DOLB* *ou* «s fiu-s ' *b * * 5 HIGHER LEARNING (13») DOlBY ^Ou* i*1 K>jr\\ 4 00 9 30 PRISCILLA QUE EN OF THE DESERT 113.» ' 55 * 20 READV TO WEAR (O) DOLBY lun-rrw m*-jeu 9 15 lu n-rarj#u 4 30 BILLY MADISON (G) DOLBY lurv-m*»-^^ 7 00 d'avisoTiar-m*f j«u 2 10 JUST CAUSE 113»» DOLBY 1 50-4 20-7 30-950 TOPDOG(0)DOlBv 105-3 10-5 15-7 20 JEFFERSON A PARIS (G» 0OlB* 1 00-3 50-6 40-9 30 FORREST GUMP V F (G)DOLBV 4 104SO-* PEBBLE & THE PENGUIN (G) DOLBV 12 4 GAZON MAUDIT (13«)DOLB* 200-4 30-7 05-940 CHUTE LIBRE (13*1 DOlB» 1 45-4 15-7 05-920 BASKETBALLDIARlES(1>)DOLBv 2 40-5 00-7 35-9 50 ROB ROY V F (G) OOLB* Tou* »* |Ou*» 4 00-6 45-9 30 LE CAILLOU A LE PINGOUIN (G) DOlBy 12 40 2 20 CHIEN O'ELITE (G) DOlB\" 1 05-3 10-5 15-' 20-9 25 GOOf Y MOVIE (G) CXXBV 1 00-3 00-5 00-' 00 FORREST GUMP (G) DOLfl* T0y% \u2022» fccv* 900 DON JUAN OE MARCO (O) DOlBv Tou* *?* *c* 1 25 9 45 d*n 4 55 »un-mif m»r j»u 2 30-4 55 ROB ROY (Q) DOLBv Tou» «s jOw'* * '5-4 004 50 9 35 LA PRINCESSE OES SYGNES (G) (SPECIAL) 3-* 2 M CAR.ANGRIGNON 7077 bout.Newman LOEWS 954 Ste-Cathenne 0.861-7437 ROB ROY (G) DOLBY 12 30-3 304 4s9 45 OU T BREAK (G) CXXBV â*n-Jun-m*r-m«« 7 00-9 35 pu 9 35 3 \"Hur.n»r-n«r-j*u 1 0O-3 50 BASKETBALL DiARIES (13*) DOLB* 12 25-2 40-4 55 7 15-9 40 FORREST GUMP (G) DOLBY 3 50-6 35-915 PEBBLE & TME PENGUIN (G) DOLBv 12 15-2 15 JEFFERSON IN PARIS (OJCKXB» 12 20 3 10-6 15-9 10 366-CINE GAZON MAUOIT (13») DOlBv Tou* .«* *0\"* * 30-9 55 3,~v -njf .m#r 4 00 LE CAILLOU A LE PINGOUIN (G) DCH.Bv d irvmtMlttf 2 10 ROB ROY (G) OOLflv Tou* *% soi 6 55-9 55 ann.imi.nn 4 20 PEBBLE & THE PENGUIN (O) DCH.P* t rtwntf-mt* 2 05 BASKETBALL 0UXRIES (13*) LXXBv Ou* \"e* *o*S 7 10-9 15 dim-mif-mf 2 15-4 30 CHIEN O'ELITE (G) CXXBv *ou* >n %o>*% 7 40-9 45 2 30-4 40 SWAN PRINCESS (SPECIAL) (O)DXP- 3im2 00 WHILE YOU WERE SLEEPlNO (G) DOlB* 'OU* i4* *0«* 7 45-10 00 dM*Mlltl mai 4 30 GOOF Y MOVIE (G) DOlB V Tou* »0** Pli 15-4 15 1 4c CENTRE EATON 705 Ste Catherine O.985-5730 WHILE YOU WERE SLEEPlNO (G) DOLBV 12 05 2 25-4 45-7 05-9 25 OON JUAN OE MARCO (O) OOlBY 12 10-2 30-4 50-7 1c-9 30 GOOf Y MOVIE (G) DOLB Y 12 20-2 10-4 0O6 00 GAZON MAUDIT (13«) CXXBV Tou* '\u2022* «o** 7 35-9 50 TOP DOG (G) CXXBV 12 25-2 35-4 40-7 00-9 10 SWAN PRINCESS (SPECIAL) (O) DOlB * *~ 1 2 30 0ESTINV TURNS ON THE RADIO (SAC) DOLBv Tou* im *o** 7 20-9 40 d»m 2 50-5 00 lun-mar-mt» ,«u 12 35-2 50-5 00 CHIEN D ELITE (O) CXXBv T0u»M»*o-f 7 25 9 15 kif> m*r m*f ,tu 12 40-2 45-4 55 d*n 2 45-4 55 LA PRINCESSE DES SYONES (O) (SPECIAL) 3- 12 30 OUTBREAK (G) CXXBv ?0uS ** *o*» 9 '0 WHILE YOU WERE SLEEPlNO (G) DOtB* j* '\u2022* *0'f* ?05-9 25 d^rvmêf.m^f 1 30-4 00 FORREST GUMP (G) Tou* ** *o«f* 7 00 3~-rvi'' ROB ROY V F (G) CXXBV Tou* «* *o'* 9 4c (3-fTvmjr.~^f 4 15 DON JUAN DE MARCO (O) DOLB* T0u* «* *0** 7 10-9 20 «Jim-mif\"»' 4 05 TOP DOG (O) Tou* ** *0\"* 7 20-9 25 flrfrvmji 2 20-4 25 LA PRINCESSE DES SYGNES (G) (SPECIAL) : ~ ¦ GREENFIELD PARK 519 bout Taschereau 671-6129 WHILE YOU WERE SLEEPlNO (O) DOLBY >u* 't* *o-f* 7 «5-9 40 d*\" 2 15-4 30 ROB ROY (O) Tou* «* *o** 6 30-9 15 LE CAILLOU t LE PINGOUIN (O) cî: 00-3 45 GAZON MAUDIT (M*) To-% \u2022** *\u2022* *o** 1 05-9 50 d*rv mjr.mr' « 344 15 LA PRINCESSE OES SYGNES (G) (SPECIAL) fl-n» 2 0C 185boul Mymus(Pointe Claire) 697-8095 BASKETBALL DIARIES (13« ) DCK.B\" Tou* *ok* 7 00-9 25 2 10^ 30 SWAN PRINCESS (SPECIAL) (O) DOLflv d»f*2 00 DESTINY TURNS ON THE RADKO (SAC) CXXP* Tou* W* *0*r« 6 4S9 15 om 4 20 m«r 2 00-4 20 ROB ROY (G) Tou* ?* W'* 6 50 9 4f î m \"V»' * 05-4 00 TOP DOO (O) DOxfl* 9% %0>f% 7 25 9 3C dtmnw 1 10-3 15-5 20 OON JUAN DE MARCO (O) DOLfl\" *3w* \u2022\u2022* *0*» 7 Of «rvmjf 1 40-4 00 GOOF Y MOVIE (O) CXXBV 3~vn*- \u2022 15-3 '5-5 15 JEFFERSON IN PARtS (O) DOLflv 'ou* >»* *c* 8 30 WHILE YOU WERE SLEEP'NG (G) CX\"lB» Tou» '«* *0«f* 7 10-9 30 o 4 mai: 2H0 \u2022 400 - 9 15 4-00 PULP FICTION (v o anglaise) (10 ans) Dolby THX 3:00 6 10-9 10 _ BAD BOYS (v o 1 »-4j»-700-8 )(l3ans) \u2022> PR1EST (v o 1 50 - 4-00 -7 900 103 ans) SO* OtOlTAi GALERIES LAVAL 8 849-film f 1545 boul Corbusier NOUS ETIONS GUERRIERS (v.française) (13 ans) * Sam .Dim .Mar et Mer 2 00 - 4 25 - 7:10 - 9:25 Ven., Lun.et Jeu.: 7 10 - 9 25_ FEMME FRANÇAISE (UNE) (v.o.française) (G) a Sam.Dim .Mar.et Mer.: 105 - 3:10 \u2022 5:15 - 7 20 -9:30 Ven.Lun.et Jeu: 7:20-9:30_ MAUVAIS GARÇONS (v.française) (13 ans) * Sam.Dim .Mar et Mer: 2:10 \u2022 4:30 \u2022 705 - 9:30 Ven , Lun.et Jeu.: 7:05 \u2022 9:30_ DON JUAN DEMARCO (v.française) (G) * Sam .Oim .Mar et Mer: 1:05 - 3:00 - 5:00 - 7:05 - 9:10 Ven., Lun.et Jeu: 7:05-9:10_ VILLAGE OF THE DAMNED (v.o anglaise) * Sam .Dim.Mar.et Mer.: 1:05 - 300 \u2022 5:00 - 7:00 -9:00 Ven.Lun.et Jeu : 7:00-9:00 Laisseg-passer refuses_ DESTINY TURNS ON THE RADIO (v.o.anglaise! * Sam.Dim.Mar.et Mer : 1:30 -4:00 -7:00 -9 25 Ven., Lun et Jeu: 7:00-9:25_ C EST UN TOUR DE DESTINY (v.française) * Sam.Dim.Mar et Mer.: 1:45 \u2022 4:15 \u2022 7:10 \u2022 935 Ven., Lun.et Jeu.: 7:10 - 9 35_ KISS OF DEATH (v.o.anglaise) (13 ans) * Sam .Oim .Mar et Mer.: 1:00 - 3:05 \u2022 5:10 \u2022 715 - 9 20 Ven.Lun.et Jeu.7:15-9:20 LACORDAIRE 7 327 3000 Coin Lacordaire et Des Grandes Prairies VILLAGE OF THE DAMNED (v.o.anglaise) ?Sam et Oim : 1:15 - 3:15 \u2022 515 \u2022 7:15 \u2022 9:15 Sem 7 15-915 Couche tard: Ven et Sam 11 00 Laissez-passer refuses_ DESTINY TURNS ON THE RADIO (v.o.anglaise) * Sam et Dim.1 00 - 4 40 \u2022 7.00 \u2022 9:10 Sem : 7 00 - 9:10 Couche tard: Ven.et Sam.: 11:20_ DON JUAN DEMARCO (v.o.anglaise) (G) ?Sam et Dim : 1:00 - 6:00 - 7:45 - 9:30 Sem 7:45-9 30 Couche tard: Ven.et Sam.: 11:20_ PLACE LASALLE 12 'Z*Xj C-*-o*f«»^vxcî:
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