La presse, 9 juillet 1995, B. Livres
[" \u2022 ?¦ I «1 »»» MOllucdl, dimanche 9 JuBtet 1995 Opinions Arts et spectacles Personnalité de la semaine PASTEUR De la peur ancestrale des épidémies page B3 La lecture, le jeu, l'image.Michaëlle Jean, animatrice à RDI, a besoin de «lire des auteurs qui tentent de comprendre la nature humaine» LU Photo : Michel Gravel.La Presse ichaelle Jean a découvert le plaisir de lire sur les genoux de sa mère.« Apprendre à déchiffrer les mots était à la fois un contact étroit avec l'écriture et avec ma mère.le me rappelle de la façon dont son visage s'illuminait lorsque je parvenais à décrypter un mot difficile.» Loin d'être une corvée, l'apprentissage de la lecture était presque un jeu.Sa mère lui faisait réciter par coeur les fables de LaFontaine.« Aujourd'hui encore, il m'arrive de faire référence à ces fables.Même si les mots se sont parfois envolés de ma mémoire, les images demeurent en moi comme un souvenir impérissable », dit l'animatrice de RD1.Sa passion pour la littérature a continué de grandir au fil des ans.Elle s'est inscrite à l'Université de Montréal en littérature comparée.Au terme de son baccalauréat, elle a décroché une bourse pour poursuivre ses études de maîtrise en Italie.À cette époque, elle envisageait une carrière universitaire dans le domaine littéraire.Aussi heureuse soit-elle dans son métier d'animatrice-présentatrice, cela demeure un accident de parcours.La littérature était son premier choix.Michaëlle Jean et son mari, le cinéaste lean-Daniel Lafond, possèdent une riche bibliothèque.« le pense que nous n'aurons pas le plaisir de tout lire au cours de notre existence.» Elle dit ne plus courir après « LA » dernière trouvaille qui fait jaser le gratin des cercles littéraires.Quel est son auteur favori ?Elle réfléchit, lance un regard circonspect vers une des nombreuses bibliothèques qui ornent son appartement, incapable de se décider.« Je n'aime pas parler en terme de préférence parce qu'il y a quelque chose de bon à retirer dans chaque oeuvre, et lire est un moment privilégié que je passe avec l'auteur.» Elle est heureuse de pouvoir s'attarder sur un auteur durant une saison pour mieux en saisir toute la richesse et la complexité.Elle a lu tour à tour les oeuvres de la Canadienne Nancy Houston ( La Virevolte, Cantique des plaines.Le tombeau de Romain Gary, etc ), Marguerite Duras, Kafka, Dostoïevski, Camus.Une oeuvre magistrale Présentement elle découvre La presqu'île de Julien Gracq.Son oncle, l'écrivain René Depestre, le lui a.recommandé.« Ce qui est particulier chez Gracq, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'action, tout est dans l'attente.C'est une sorte d'exploration d'un espace, du regard.Mon mari est réalisateur de film, et dans une certaine mesure, Gracq me renvoie à sa vision de cinéaste.» Elle veut également s'offrir une relecture de la « magistrale oeuvre » de 500 pages de l'auteur français du 19ième siècle Isidore Ducasse ( compte de Lautréamont ), Les chants de Maldoror, publiée pour la première fois en 1869.Ses yeux se mettent à briller dès qu'elle en parle.SUITE A LA PAGE B 5 US ÉVÉNEMENTS du Maurier liée A LA SALLE WILFRID PELLfcTIER DE BILLETS EN VENTE AU SPECTRUM, À LA PLACE DES ARTS ET AU 790-1245
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