La presse, 12 août 1995, B. Plus
[" CAHIER I .> Pn»HHe Montréal, samedi 12 août 1995 Éditorial Opinion Monde \u2014 m * * « PHOTO PIERRE McCANN, La Presse Le pasteur Samuel Lecompte de l'Église évangéllque de la Rtve-Nord.dans la salle aménagée pour les célébrations, le long de l'autoroute 13.tout près du boulevard Dagenais : « On ne force personne à venir.Mais quand les gens nous voient heureux et transformés, ils ont envie de se Joindre à nous.\u2022 Les nouveaux temples poussent comme des champignons MARIE-CLAUDE GIRARD Alors qu'au centre-ville de Montréal, de grandes églises catholiques et protestantes se dégradent faute de fonds et de fidèles, des groupes religieux autrefois minoritaires, comme les pentecôtistes et les témoins de Jehovah, sont aujourd'hui en pleine expansion.À Laval, Longueuil, Saint-Hubert et ailleurs dans la région métropolitaine, ils construisent de nouveaux temples, achètent des édifices ou les agrandissent.Parmi les différents mouvements issus du protestantisme, l'Église pen-tecôtiste est celle qui connaît la croissance la plus spectaculaire depuis une quinzaine d'années.Le nombre de membres s'est accru de plus de 70% au Québec, passant de 17 420 en 1981 à environ 30 000 cette année.La majorité des nouveaux venus sont des francophones déçus de la religion catholique romaine, mais le mouvement a également bénéficié de l'arrivée d'immigrants haïtiens affiliés à l'Eglise de Dieu d'Haïti.La doctrine pentecôtiste se caractérise par le « baptême de l'esprit », une expérience spirituelle par laquelle les croyants reçoivent la grâce de Dieu ; par les dons de guérison et de prophétie ; et par « l'imminence de la fin des temps».Depuis 1994, l'Assemblée de Pentecôte du Canada permet le mariage des membres divorcés.À Longueuil, un de ces groupes pentecôtistes, l'Église Nouvelle-Vie, vient d'acquérir un centre commercial sur le boulevard Roland-Ther-rien, se jugeant à l'étroit dans son temple du boulevard Curé-Poirier, lequel avait pourtant été agrandi à trois reprises.Lorsque la communauté dirigée par le révérend Claude Houle a débuté en 1993, elle comptait une centaine de membres.Deux ans plus tard, entre 500 et 600 personnes fréquentent l'Église Nouvelle-Vie de Longueuil.« C'est un besoin au Québec.Les gens ont tellement délaissé la religion.Nous sommes une équipe jeune et très vivante.Les gens se retrouvent là-dedans », explique un collaborateur du révérend Houle.Depuis quelques années, deux différentes Églises pentecôtistes se sont développées dans la région de Laval.De plus petite taille, le Centre évan-gclique de Laval compte environ 300 membres et est situé depuis 1989 sur le boulevard des Laurentides, à Vi-mont.Après quelques déménagements dans des locaux toujours plus grands, la communauté s'est fait construire un centre pouvant accueillir 600 personnes.< ^1 m lïn i.-.i .PHOTO MICHEL GRAVEL, la Presse Le nouveau centre des mormons anglophones, à LaSalle.sera Inauguré au mois d'octobre.Il pourra accueillir jusqu'à 1200 fidèles.Il s'agit du premier centre anglophone en sol québécois.Plus importante, l'Église évangéllque de la Rive-Nord loge depuis 1990 dans un bâtiment d'une valeur de trois millions de dollars le long de l'autoroute 13, tout près du boulevard Dagenais.L'édifice comprend des bureaux, des salles de classe, une cuisi-nette, un ouvroir ainsi qu'une salle polyvalente pouvant accueillir 1100 personnes et qui, pour l'instant, sert à la fois de sanctuaire, de gymnase et de salle de banquet.Le pasteur-fondateur Samuel Lecompte est fier de sa communauté, « la plus grosse Église protestante francophone créée sans aide extérieure ».Les 800 000 S de mise de fonds nécessaire à la construction et à l'achat du terrain de 250 000 pieds carrés ont été assumés volontairement par les seuls membres de la communauté, dit-il.Les assemblées dominicales comptent en moyenne 900 personnes.Celles-ci proviennent de Laval et des Laurentides mais aussi de Longueuil et de Vaudreuil.Séparés par groupes d'âge, les enfants assistent à l'école du dimanche dans des classes-garderies spécialement aménagées.Les parents disposent même d'une pouponnière pour prendre soin des tout-petits.L'Église évangélique de la Rive-Nord est née â Saint-Eustache â la fin des années 70 lorsque six francophones se sont joints à un groupe pentecôtiste anglophone.Rapidement, la section française a pris de l'expansion au point où les deux groupes ont dû se séparer.« On a déménagé cinq ou six fois, de Saint-Eustache à Deux-Montagnes, en passant par Chomedey et môme par une cabane à sucre », raconte Mark Lecompte, le fils de Samuel et lui-même copasteur.La croissance n'est pas terminée puisque l'Église espère pouvoir réaliser en 1997 les deux dernières phases du projet, évaluées à environ trois millions.Deux étages de classes, une cafétéria et un véritable sanctuaire de 2500 places « avec de vrais bancs d'église et des accents gothiques » devraient s'ajouter au bâtiment existant.Pourquoi avoir construit un centre neuf ?« Nous voulions demeurer près de nos membres et il n'y avait aucun bâtiment disponible dans ce coin-ci », explique le pasteur Lecompte.« D'un autre côté, les vieux bâtiments sont souvent difficiles à entretenir et ne sont pas aussi polyvalents.Malgré tout, si l'Oratoire se libère, faites-nous signe ! » lance-t-il à la blague.Les témoins de Jéhovah Les témoins de Jehovah connaissent eux aussi une forte croissance depuis le début des années 80.Des 19 850 qu'ils étaient en 1981.ils sont maintenant plus de 34 000.Les témoins de Jehovah croient que le monde est dominé par Satan et que seul un petit nombre de justes aura droit à la vie éternelle, une fois le Mal vaincu.La congrégation de Saint-Hubert est en train d'agrandir ses locaux.Celle de Laval-Vimont le fera prochainement.À Montréal, la congrégation Parc est à la recherche de ter-rains tout comme celles de L'Annonciation, de Mont-Laurier, de Saint-Jérôme et d'East-Angus.En tout, 18 projets de construction ou de rénovation sont prévus cette année dans la grande région de Montréal.Même s'il arrive qu'une congrégation loue des locaux à ses débuts, les témoins de Jehovah préfèrent construire leurs propres temples.D'ailleurs, ils sont un peu devenus des experts dans le domaine.Chaque année depuis dix ans, huit nouvelles « salles du Royaume » sont construites au Québec, une trentaine dans tout le Canada.D'après François Côté, du Service de construction des salles du Royaume, le coût moyen est d'environ 250 000 S : « Le prix des terrains varie beaucoup selon qu'on soit â la ville ou â la campagne.Ça peut jouer entre 10 000 $ et 100 000$.» Dans la région de Montréal, les deux salles les plus récentes sont celles de Saint-Laurent et de Ro-semont.Le centre du boulevard Métropolitain, où les différentes congrégations se reunissent à l'occasion, aurait coûté quatre millions, main-d'œuvre non comprise.Des groupes de bénévoles, classés par corps de métier, viennent en aide à la communauté qui construit son église.Au siège social des témoins de Jehovah à Georgetown en Ontario, on tente d'uniformiser la construction des salles afin de réduire les coûts.Bientôt, toutes les salles du Royaume seront bâties sur le même modèle.Les mormons Les mormons ne sont pas très nombreux au Québec : environ 6200 membres.Mais depuis quatre ans, leur nombre a augmenté de près de 80 %.( Us étaient 3495 au recensement de 1991.) Us ont des locaux à Laval, Mascouche, Mont-Saint-Hilai-re, Saint-Jean-sur-Richelieu, Valley-field, Greenfield Park.« C'est le nombre de membres dans une communauté qui détermine la construction d'une chapelle », explique Danielle Carter, porte-parole de 1 Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le nom officiel du mormonisme.La doctrine mormone rejette la notion de péché originel.Dès huit ans, l'enfant choisit lui-même entre le péché et la voie de l'Église.Les mormons se préparent pour le retour prochain du Christ, qui sera précédé d'une période de grandes désolations.En 1993, les paroisses francophones ont fait construire, avenue De Lo-rimier, un édifice évalué à sept millions appelé « centre de pieu » et qui correspond au diocèse de l'Église catholique.Une douzaine de paroisses y sont reliées, trois d'entre elles y tiennent leurs activités hebdomadaires.Lors d'événements spéciaux, on y accueille jusqu'à 1200 personnes.Un premier centre de pieu anglophone en sol québécois est en construction à LaSalle et devrait être inauguré le 14 octobre.Comme celui de Montréal, il pourra recevoir jusqu'à 1200 personnes.D'après un missionnaire de la mission canadienne, le centre de pieu de LaSalle sera plus gros que celui de Montréal.Toutefois, il n'a pas été possible d'en connaître le coût.Comment les mormons arrivent-ils à construire et à entretenir de si vastes centres ?En devenant membres de l'Église, ils s'engagent à verser chaque année une contribution fort substantielle: 10% de leurs revenus bruts.« Au début, on trouve que c'est beaucoup, mais quand on voit les bénéfices spirituels que ça nous rapporte, on trouve que c'est peu », affirme Mme Carter.D'après elle, les fonds recueillis par les dîmes demeurent au Canada en vertu des règles établies Ear les lois fiscales canadiennes, 'édifice de l'avenue De Lorimier ainsi que celui en construction à LaSalle auraient donc été entièrement financés au Canada.« On ne s'endette jamais pour construire », dit-elle. Editorial Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Motards : une bombe et ses retombées «L a guerre des motards n'a fait aucune victime parmi les citoyens ordinaires », disait à La Presse, en février dernier, le responsable de l'Opération Alliance, cette brigade mise sur pied par la police de la CUM pour limiter les dégâts de l'affrontement entre les Hell's Angels et les Rock Machine.C'était il y a moins de six mois.Et ce n'est plus vrai.Mercredi, un garçon de 11 ans a été grièvement blessé par l'explosion d'une bombe qui a pulvérisé une jeep stationnée dans une rue résidentielle de l'est de la métropole.SI l'enfant survit à ses blessures, Il risque de rester handicapé à vie.Cet absurde attentat illustre comment les turbulences qui agitent le monde Interlope peuvent affecter la société entière, on n'est pas au cinéma devant des bandits qui s'entre-tuent pour le plaisir des spectateurs.Les rivalités entre deux bandes de motards qui se disputent le contrôle du trafic de stupéfiants ne sont pas une abstraction.Le sang qui coule n'est pas du ketchup.La tragédie de la rue Adam nous jette à la figure la cruelle réalité du crime organisé, il n'en demeure pas moins qu'elle nest qu'un symptôme \u2014 douloureux\u2014 d'un mal beaucoup plus profond, que le Canada ne parvient pas à combattre, faute d'outils adéquats.ce n'est pas pour rien que cet attentat a remis à lavant de la scène le débat sur une loi anti-mafia, réclamée à cor et à cri par les organisations policières du pays.Le conflit entre les Hells et les Rock ne constitue pas un phénomène isolé.Selon un document préparé par des experts de la police, dont La Presse faisait état, au printemps, les gangs de motards ont des liens étroits avec la mafia sicilienne qui règne sur le crime organisé au Canada.Celle-ci « oeuvre » dans le trafic de drogues, les prêts usural-res, les vidéopokers et d'autres formes de Jeu.Les revenus du crime organisé, estimés à quelque vingt milliards de dollars par an.sont réinvestis dans des activités légales, avec toutes les occasions de corruption que cela Implique.Les ramifications mafieuses auxquelles les motards prêtent aimablement leur collaboration sont en train de miner les fondements démocratiques de la société, concluait le document policier.La violence qui déborde dans les rues n'est que l'aspect le plus visible de cette activité souterraine.Essayer de la combattre sans combattre sa source, c'est un peu comme tenter de soigner une migraine sans éliminer la tumeur qui en est la cause : on a toutes les chances que le mal de tête réapparaisse.D'autres pays aux prises avec le même cancer se sont dotés de lois leur donnant infiniment plus de prise sur le crime organisé.Aux États-Unis, on peut poursuivre quelqu'un pour simple appartenance à un réseau interlope.Des commissions d'enquête sont mises sur pied quand des problèmes ponctuels surgissent \u2014 quand on soupçonne la mafia d'avoir étendu son contrôle sur un aéroport, par exemple.En Italie, tout contact avec un membre de la mafia tombe sous le coup de l'interdit.Les lois contre le blanchiment d'argent y ont également beaucoup plus de poigne.Le laxisme canadien explique probablement l'attraction que ce pays exerce sur la mafia internationale.Déjà en 93, un rapport soumis au Congrès américain constatait que le Canada en général, et Montréal en particulier, sont en train de devenir des plaques tournantes de l'économie mondiale du crime.Le ministre de la Justice, Allan Rock, a Jusqu'à maintenant fait la sourde oreille aux revendications des corps policiers, et a rejeté l'Idée d'une loi antl-mafla sous prétexte notamment qu'elle risquerait de se heurter aux dispositions de la charte des droits et libertés.( incidemment, c'est pour la même raison que le gouvernement québécois a dû mettre des gants blancs pour définir le mandat de la commission d'enquête sur les centrales électriques privées : on craignait que les personnes appelées à témoigner sur les allégations d'activités criminelles dans ce dossier puissent se défiler en invoquant la Charte.) Qu'une Charte destinée à protéger les libertés individuelles puisse être détournée de manière à protéger le crime, c'est en sol assez troublant.Qu'un ministre ignore un SOS unanime des corps policiers du pays, se contente de soigner des petits bobos politiquement rentables ( le contrôle des armes, par exemple ) et se montre indifférent à un problème aussi fondamental que le crime organisé, cela l'est tout autant.Agnès GRUDA \t _\t Lettre de Montréal Le petit Robert L'éditorialiste en chef de La Presse.Alain Dubuc.et le président et éditeur du Toronto Star.John HondericK poursuivent ici lent-correspondance sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.La présente lettre d'Alain Dubuc parait en anglais dans le Star.ear John, Mario Dumont, le chef de l'Alliance démocratique, est un parfait inconnu dans le reste du Canada.Et pourtant, au Québec, ce politicien qui, en toute logique, devrait être un « nobody », joue un rôle central.Mario Dumont, chef d'un parti marginal, dont il est l'unique député, traite d'égal à égal avec les deux grands ténors de la souveraineté, lacques Parizeau et Lucien Bouchard.Jacques Parizeau a même renié ses convictions les plus profondes au profit d'un projet de partenariat brinquebalant, seulement pour arracher la signature de ce jeune politicien.Ça doit vous paraître bien étrange.Mais ce phénomène s'explique par le fait que Mario Dumont incarne ceux dont le coeur balance entre le OUI et le NON.Parce que les voix qu'il amène pourraient faire la différence dans un référendum serré, les dirigeants souverainistes sont prêts à ramper pour obtenir ces deux, trois ou quatre points de pourcentage.Voilà pour la théorie.Est-ce que ça va marcher ?le ne crois pa>.l'ai même l'impression que le flirt du PQ avec ce jeune politicien risque de nuire au camp du OUI.Mario, comme on l'appelle ici, commence à tomber sur les nerfs de pas mal de monde.Mario Dumont, c'était le président de l'aile jeunesse des libéraux du Québec.Après Meech, il s'est rallié au rapport Allaire, a tenu tête à Bourassa, a milité contre Charlottetown tout err restant libéral, pour finalement quitter ce parti et fonder l'ADQ avec son maître à penser, |ean Allaire.Indépendamment de ses idées, il a plu aux Québécois.Très jeune, 26 ans, il représente un vent de fraîcheur dans un monde politique vieillissant.Ajoutez à cela le fait qu'il est beau garçon, intelligent et articulé.Sauf que les Québécois, au fil des mois, ont découvert que, malgré son jeune âge, c'est un vieux politicien, conformiste et opportuniste.Et que, fondamentalement, c'est la réincarnation de Robert Bourassa.Comme son ex-chef, c'est un nationaliste assis entre deux chaises, pas vraiment souverainiste mais pas fédéraliste, qui tente de jouer sur les deux tableaux à la fois.La vision constitutionnelle de son parti, inspirée du rapport Allaire, l'union Canada-Québec, est une formule d'États associés avec parlement commun qui ressemble étrangement à la superstructure de Robert Bourassa.Mais les ressemblances n'arrêtent pas là.En entrevue, il montre les mêmes hésitations, la même incapacité viscérale de repondre par oui ou par non, la quasi-panique quand on lui pose une question simple, comme « Ètes-vous souverainiste ?», à laquelle il répondra par d'interminables méandres.Le parallèle est saisissant.Si les Québécois l'appellent parfois Super Mario, ou plus simplement Mario, on devrait dans le fond l'appeler le petit Robert.Mario Dumont est un habile politicien, qui a maîtrisé l'art d'avoir une influence politique disproportionnée par rapport à son poids réel.C'est le roi du « leverage» politique, jeune libéral, il profitait des règles absurdes de son parti, qui donnaient le tiers des voix aux jeunes, pour faire la prima donna.Il joue maintenant le même jeu avec les souverainistes, en monnayant les cinq ou dix pour cent de l'électorat qui se reconnaît en lui.Son problème, c'est son ambition dévorante.Parce qu'il n'a pas le pouvoir, la seule façon de briller, c'est de faire parler de lui.Et il ne peut y parvenir que s'il se distingue de ses allies.D'où une succession d'interventions où il tente à la fois de se démarquer tout en jouant sur les deux tableaux pour assurer sa survie politique.En l'espace d'un mois, il a remis en cause l'entente tripartite qu'il a signée, contesté la nature de la question, promis de faire campagne seul.Les péquistes commencent d'ailleurs à en avoir jusque là, car l'impact de ces chicanes n'est pas neutre.Il annule l'effet positif que pouvait avoir l'entente tripartite, qui suggérait l'existence d'une coalition large et d'une démarche nouvelle.À force de se démarquer.Mario Dumont souligne la fragilité de l'entente et force le PQ à montrer qu'il n'a pas change.À cela s'ajoute le fait qu'on ne sait pas quel est le pouvoir d'attraction réel de Mario.Ses alliés espèrent que sa présence dans le camp du OUI rassurera les indécis et les ralliera a leur cause.le crois plutôt que la remontée du OUI.qui a suivi la signature de l'entente tripartite.s'explique moins par l'arrivée de Dumont que par l'impression confuse dans l'opinion publique que le PQ avait changé d'option et proposait dorénavant quelque chose qui n'était pas la souveraineté.D'ailleurs, les sondages montrent aue les deux tiers de ceux qui ont appuyé l'ADQ aux élections s apprêtent à voter NON.Mais surtout, je crois aue si plusieurs Québécois partagent le rêve et l'ambivalence de Mario Dumont, ils ne l'ont jamais suivi dans sa démarche constitutionnelle, celle du rapport Allaire, qui consiste à croire dur comme fer que le reste du Canada acceptera de négocier une transformation radicale du Canada.Les Ouébécois ne trouvent pas Mario crédible, ils le trouvent sympathique.Dans les semaines qui viennent, Mario Dumont risque donc de se retrouver dans une impasse.S'il continue à jouer au « loose cannon ».il sabote le camp du OUI.Lt s il se range sagement, il sera tout simplement le premier des homards a pénétrer dans la cage référendaire À la prochaine Alain DROITS RÉSERVES La SQ abandonne à leur sort les Mohawks terrorisés par des groupes Interlopes IP^i manche ¦^dernier, un honnête citoyen ne pouvait entendre a la radio de Radio-Canada le récit des tribulations de Maryjane Hannaburg sans éprouver un profond sentiment de révolte.Il s'agit de cette mère de famille mohawk de Kanesatake, qui a été laissée sans protection après avoir été vandalisée et menacée de mort pour avoir dénoncé publiquement la culture du cannabis sur les terres fédérales d'Oka et prié les pouvoirs publics de mettre fin a cette activité criminelle.C'est au risque de sa vie que cette femme a décidé de briser le mur du silence et de dénoncer à la télévision les menées de la pègre locale qui s'enrichit illicitement et corromp la jeunesse locale en plus d'imposer sa loi par la terreur à la majorité autochtone.Mais la Sûreté du Québec n'a pas répondu à ses appels au secours.Mme Hannaburg a fait appel à la force publique pour rétablir l'ordre démocratique à Oka.Elle a été laissée à elle-même, à la merci des hors-la-loi qui lui rendent la vie impossible, par ceux qui ont la responsabilité d'assurer la sécurité publique et de protéger la vie des gens au risque même de perdre la leur.le sais bien, le ministère de la Sécurité publique affirme que les Mohawks jouissent comme tout le monde de la protection policière et la Sûreté du Québec soutient qu'effectivement elle répond à leurs appels de détresse.Qui croire, les Mohawks qui se plaignent que la SQ ne vient jamais à leur rescousse, ou les autorites politiques et policières qui prétendent le contraire?Il faut croire les personnes qui se plaignent de ne pas être secourues.Parce que celles qui se sentent bien protégées n'ont pas de raison de dire qu'elles ne le sont pas, alors que les responsables de la sécurité publique peuvent avoir intérêt à mentir pour masquer leur négligence ou leur lâcheté.Il est déjà scandaleux que dans une société de droit comme la nôtre la loi s'applique ou non selon que l'infraction est commise à I extérieur ou a l'intérieur des territoires mohawks.Mais il est proprement dégoûtant que tous les habitants du Québec n'aient pas droit partout à la même protection de la police.C'est la honte de notre société que la police provinciale ne soit pas accourue à la défense de cette modeste personne qui a osé défier seule les tyranneaux du lieu.C'est au surplus gênant qu'un sens civique qui témoigne d'un courage d'autant plus admirable qu'il est rarissime, n'ait pas agité quelque peu les citoyens dont la conscience sociale est encore capable d'indignation.Récemment, le columniM William lohnson disait avec raison qu'à Kahnawake et Kanesatake sont implantées des Sociétés de Warriors qui sont essentiellement des confréries fascistes, lesquelles posent un problème social autrement plus grave que celui de la marijuana.Les belles âmes en mal de causes humanitaires ou vouées à la défense des droits de l'homme et de tous les êtres animés, qui s'émeuvent et protestent chaque fois qu'une bête est maltraitée ou en détresse, paraissent accepter avec une étonnante placidité que, dans ces collectivités autochtones, les honnêtes gens vivent sous le joug d'une minorité qui impose sa loi par la terreur, privés de la protection policière accordée à tous les autres habitants du Québec.?* * Il y a longtemps qu'au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal les faits démontrent que le véritable chef est le président de la Fraternité des policiers.Officiellement, c'est le directeur qui exerce le pouvoir, mais en pratique sa marge de manoeuvre dépend du bon vouloir de son vis-à-vis syndical.Les choses ne sont pas différentes a la Sûreté du Québec ou.depuis plusieurs lustres, c'est le directeur qui propose mais le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec ( APPQ ) qui dispose.La SQ vient tout juste de connaître un changement de I directeur.Le choix de Serge Barbeau a fait l'unanimité chez ceux qui connaissent la stature morale et les remarquables états de service de ce policier modèle.Déterminé comme le directeur Duchesneau, a Montréal, à réformer un service a plusieurs égards plus mal en point que celui de la métropole, il s'est ingénié depuis son arrivée à la SQ à prendre les choses en main avec le maximum de discrétion et de tact pour ne pas risquer de se mettre le syndicat à dos en prenant à rebrousse-poils son président.Mais cette semaine, lors d'une assemblée survoltée des policiers provinciaux.le président locelyn Turcotte a promis que ceux-ci réagiraient avec des mesures de pression inusitées et d'une vigueur sans précédent si Serge Barbeau ne retirait pas sa directive modifiant unilatéralement les règles de replacement des policiers.II a de plus exigé, en prime, que ne soient pas punis les policiers qui ont déserté leur travail pour assis ter à cette réunion.La direction de la SQ a immédiatement obtempéré.Non seulement a-t-elle suspendu sa directive et décidé de discuter la nouvelle mesure avec l'APPQ.elle ne sévira pas contre les policiers en faute : leur salaire sera simplement ampute des heures non travaillées.le ne me prononce pas sur le fond de ce litige, le constate seulement que l'état de grâce du directeur Serge Barbeau a pris fin cette semaine à l'occasion d'un affrontement avec le syndicat qui l'a oblige a battre piteusement en retraite. Lysiane Gagnon SAMED112 AOÛT 1995 OPINIONS Le Monde de Sophie ou la philo sur la place publique MARIO ROY L'auteur est responsable du cahier Livres de La Presse.Il y a quelque chose de surprenant à cette surprise qui se manifeste devant le succès du Monde de Sophie, de Jostein Gaarder.Dans cette brique de 560 pages» Gaarder, un prof de philo et auteur-jeunesse norvégien de 43 ans, utilise une trame romanesque pour initier les jeunes lecteurs \u2014 l'ouvrage a aussi bien été adopté par les adultes \u2014 à l'histoire de la philosophie et des idées.Le livre s'est écoulé à près de 25 000 exemplaires ( selon le distributeur local ) depuis sa sortie au Québec, en avril dernier.Le Monde de Sophie est ainsi devenu chez nous un des grands succès de l'été, après avoir connu une carrière tout aussi spectaculaire dans plus d'une demi-douzaine de pays.Donc, si le monde se divise désormais en pro et anti-Sophie, le sentiment commun aux deux groupes en est un d'étonnement, a constaté la journaliste Martine Turenne ( dont le reportage sera publié, demain, dans notre cahier Livres ).Et ce haussement incrédule de sourcils, au fond, ne veut-il pas dire : incroyable, est-ce que les lecteurs seraient intelligents?Encore : à l'habitude, et Sophie mise à part, les livres ne sont-ils pas que des ramassis de stupidités ?.Or, ce qui frappe au contraire à long terme, c'est la quantité d'ouvrages ardus, ou que l'on peut présumer tels, réussissant malgré cela à se tailler une place sur les listes de best-sellers.Des scientifiques comme Ste-phen Hawking ( Une brève histoire du temps ), Trinh Xuan Thuan ( La mélodie secrète ) ou George Smoot ( Les rides du temps ) ne sont-ils pas devenus des auteurs-vedettes en traitant.d'astrophysique, de relativité restreinte et de mécanique quantique ?L'un des livres les plus vendus \u2014 le plus vendu, selon une compilation non scientifique, il est vrai \u2014 au Québec au cours des vingt dernières années n'a-t-il pas été Le Choc du futur.d'Alvin Toffler, qui ne manquait certainement pas de substance ?Fernando Savater ne fait-il pas un malheur avec .deux petits bouquins solides.Éthique à l'usage de mon fils et Politique à l'usage de mon fils, des ouvrages évoluant d'ailleurs dans le même monde que Sophie et ne relevant pas précisément de l'insignifiance ?Umberto Eco annonce pour cet automne L'île du four d'avant : le roman sera-t-il à la fois aussi dense et aussi populaire que Le Nom de la rose et Le Pendule de Foucault?.Chacun pose son regard où il le veut bien.m* m m >_ ¦ Jostein Gaarder, l'auteur du Monde de Sophie.On peut décider de regarder le monde sous l'angle du tout fout le camp.C'est de loin la posture la plus populaire, la plus gratifiante, la plus rentable et ce, depuis l'Antiquité.On décrétera alors que l'espèce \u2014 sa culture, sa morale \u2014 court à sa perte.Ou bien on peut observer exactement l'inverse.Remarquer que la culture n'a jamais été aussi présente dans la vie du plus grand nombre et est devenue l'un des principaux moteurs économiques des sociétés avancées \u2014 la question de savoir s'il s'agit de la bonne culture, dûment approuvée par les autorités compétentes, relève d'un autre débat.Constater que la recherche d'un nouvel ordre moral est aujourd'hui une quête qui fait la une des publications à grand tirage et au sujet de laquelle on se bat presque dans les autobus \u2014 moins au Québec qu'ailleurs, faut-il malheureusement noter aussi, obnubilés que nous sommes par notre psychodrame identitaire et constitutionnel.Les deux positions se défendent, sans doute.Séduction, audace et intelligence Pour ramener la question au champ strict du livre, on peut simplement constater que, pour être lu, peut-être faut-il d'abord cultiver le désir de l'être \u2014 et ce, indépendamment du niveau de complexité de la matière à expo- ser.Il n'y a d'ailleurs pas que la philo : parlant de certains romans français, Jacques Julliard remarqua un jour que, « pendant des années, chaque fois que j'ai ouvert un roman français, j'ai eu l'impression désagréable de violer le secret d'une correspondance privée entre l'auteur et Roland Bar-thes ».Peut-être faut-il ensuite avoir véritablement quelque chose à transmettre \u2014 cela vaut pour un traité de philo comme pour un manuel de jardinage.Sans doute, enfin, est-il nécessaire de marcher dans le système \u2014 quelle horreur ! \u2014, de tenter de séduire, d'appâter la mouche avec du miel et non avec du vinaigre, de vendre sa salade.Il faut une solide foi en l'être humain pour s'offrir ainsi à lui et compter qu'il ne nous jettera pas.Le degré zéro du risque, pour un auteur, peut consister à se débrouiller pour ne pas être lu.L'entreprise de Gaarder était séduisante, audacieuse et intelligente.Souvent, ce mélange fonctionne.Et il y a quelque chose de formidablement suffisant à ne voir dans Le Monde de Sophie qu'une assiette de « fast-food intellectuel » \u2014 comme on verra des anti-Sophie le soutenir.À telle enseigne que l'on peut soupçonner une telle attitude de couvrir en fait une défense malhabile, non avouée et non avouable d'un privilège de classe ( en effet menacé ) : le droit exclusif de manier les idées, assez semblable au monopole exercé par le plombier sur l'assemblage des tuyaux, un corporatisme protégé \u2014 entre autres chartes, bulles et conventions diverses \u2014 par l'hermétisme d'un langage dont la nature et la fonction se comparent à celles du latin pour le clergé d'une autre époque.Au Québec, avec son Histoire d'idées ( publiée il y a un an chez Liber ), le philosophe Laurent-Michel Vacher avait, tout comme Gaarder, tenté de sortir sa spécialité de son carcan académique.Ce faisant, il avait peint un tableau extrêmement troublant pour les penseurs classiques : la philosophie est en train d'échapper aux philosophes, les points de départ et d'arrivée de la réflexion contemporaine accusant une forte tendance à se situer à l'extérieur des circuits institutionnels monopolisés par les élites traditionnelles.« Dans un monde idéal, je supprimerais les cours de philo », disait carrément le professeur à La Presse.En même temps qu'il biffait des pages de son manuscrit les noms de tous les philosophes du XXe siècle ( rhétorique vaine, enlisement désolant dans la logomachie.), Vacher professait l'importance de l'interaction entre la philosophie, d'une part, la science, la technologie et les arts, d'autre, part.À cette trilogie, il faut aujourd'hui ajouter l'information \u2014 au sens large \u2014 devenue un acteur déterminant dans le processus d'appréhension de la réalité ; l'information fait continuellement rouler son propre train de questions fondamentales, précipitant aussi le flux des réponses disponibles.Tout cela s'illustre de façon assez remarquable dans le fait qu'un des récents ouvrages majeurs en provenance d'un penseur français, La Tentation de l'innocence de Pascal Bruckner, n'a fait que formaliser, au début de 1995, un débat de société qui avait démarré de façon assez spectaculaire, à l'automne 1991, en page frontispice du Time ( sous les titres, je traduis à peu près, de Une nation d'infantiles accusateurs et Bébés braillards : les éternelles victimes ).Bref, aux interrogations liées à la condition humaine dans ce qu'elle a de plus trivial comme dans ses sphères éthérées, chacun cherche des réponses auprès de ceux qui en offrent \u2014 vite, bien et clairement.D'un étal à l'autre, on trouve du meilleur et du pire, c'est entendu.Mais il est notoire que, dans ce souk, il y a peu de philosophes.« La philosophie pâtit de n'être plus suffisamment sur la place publique.Il est bon de faire toutes sortes de petits trous dans ses tours d'ivoire », écrivait en février Le Monde des livres.Référendum : non a un délai d'un d'an ! CUV BOUTHILLIER.MAURICE CHAMPAGNE.GASTON MIRON Ct DENIS MONIÈRE Les auteurs écrivent au nom du Cercle Gérald Godin.Le Cercle Gérald Godin est un groupe de réflexion, d'expression politique et d'intervention publique.Il regroupe des personnes préoccupées par l'agir de la pensée dans le Québec souverain.Nous publierons à l'automne notre manifeste de fondation.Nous faisons cette intervention maintenant, à cause de l'urgence référendaire et parce qu'à l'instar de nombreux et nombreuses souverainistes, nous sommes inquiets du contenu de l'entente entre les trois chefs de partis responsables de l'orientation du débat référendaire.Nous craignons qu'une fois de plus et peut-être irrémédiablement la souveraineté du peuple québécois soit mise à la remorque d'un étapisme de négociation et d'association des plus confus et des plus risqués et que la souveraineté y soit finalement sacrifiée.Nous intervenons en espérant qu'il est encore temps de rectifier le tir pour que soit respecté le droit du peuple à un choix clair et décisif.Depuis trente ans, trois courants politiques s'affrontent sur la scène politique ________ québécoise, chaque groupe ayant son projet politique propre : un Etat central fort pour les nationalistes canadiens, un État canadien décentralisé pour les nationalistes canadiens-français et un Etat québécois indépendant pour les nationalistes québécois.La dynamique du débat sur la place du Québec au sein du Canada depuis 1960 a eu pour effet de renforcer les positions à la fois des nationalistes canadiens et des nationalistes québécois au détriment des nationalistes canadiens-français qui ont échoué dans leur tentative de faire institutionnaliser la thèse des deux peuples fondateurs.Mais ces nostalgiques des deux nations dans un même pays, tout en étant en minoritc sur l'échiquier politique conservent un pouvoir d'arbitrage et sont devenus une clientèle stratégique pour les deux autres options qui se partagent à peu près également l'electorat.[Il ont contribue dans un premier temps a faire échouer l'entente de Charlottetown et s'apprê- tent maintenant à édulcorer le projet souverainiste en marchandant leur appui aux forces du OUI.Ces déçus de l'échec de Meech tentent de renflouer la thèse d'un nouveau partenariat avec le Canada et veulent conduire le Québec à une nouvelle ronde de négociation constitutionnelle.Depuis trente ans leur refus de choisir entre le Québec et le Canada, leur concep-tion étriquée de nouvelles institutions fédérales toujours rejetées par la majorité « ca-nadian » empêchent le Québec de choisir son avenir politique.Par ce refus de choisir, ils affaiblissent la société québécoise.Plus on tergiverse, plus on retarde les échéances, plus on entretient la confusion et les illusions sur l'avenir politique du Québec, plus le statu quo constitutionnel s'imposera.Le jeu de la non-décision favorise objectivement le non-changement de statut politique.Nous voulons un référendum décisif qui implique la rupture du lien fédéral et dont la conséquence sera l'accession immédiate du Québec à la souveraineté.Les Québécois sont prêts à faire un choix qui engage l'avenir.Le référendum doit être l'occasion de sortir de l'ambiguité politique qui anémie le Québec de- « Nous voulons un référendum décisif qui implique la rupture du lien fédéral et dont la conséquence sera l'accession immédiate du Québec à la souveraineté.» puis des générations et non pas de nous enfoncer dans le cul-de-sac d'une interminable négociation constitutionnelle sur un hypothétique partenariat.Allons-nous encore une fois convier tout un peuple à un débat et à un choix qui ne règle rien ?Si nous croyons à la souveraineté du peuple québécois, il faut accepter que la décision qu'il prendra aura des effets irréversibles et immédiats.La démarche référendaire annoncée dans l'entente tripartite ne répond pas à cette exigence et risque d'engager le Québec dans un processus où le peuple sera dépouillé de sa souveraineté au profit d'experts en tout genre qui discuteront a huis clos des nouveaux arrangements constitutionnels avec le Canada.En votant sur la base de cette entente, nous amoindrirons la portée du pouvoir souverain du peuple car l'exercice de la volonté populaire sera suspendu jusqu'à la conclusion d'un processus de négociation.Par ailleurs, quelle sera la signification d'un OUI à un référendum qui porte sur deux objectifs ?Saurons-nous si les Québécois ont dit OUI à l'exercice de la souveraineté ou s'ils ont dit OUI pour retarder l'échéance et donner une autre chance au Canada de reprendre les discussions constitutionnelles?Pour respecter la lettre et l'esprit des engagements du Parti québécois, nous demandons au gouvernement du Québec d'indiquer clairement par l'article 1 de l'avant-projet de loi qu'un OUI au référendum signifiera l'accession immédiate du Québec à la pleine et entière souveraineté.Cet ajout est primordial sur le plan international car une décision suspendue à un accord avec le Canada créera une situation d'attente qui nous désavantagera dans le rapport de forces.Il faut hiérarchiser les enjeux et ne pas accorder autant d'importance aux modalités de la transition et aux futurs accords avec le Canada qu'à l'objectif fondamental.S'il est nécessaire d'inclure ces mécanismes de transition à titre d'informations, ceux-ci ne doivent pas accaparer l'essentiel du débat.La question doit conférer à l'Assemblée nationale le mandat clair de déclarer la souveraineté non pas dans les meilleurs délais, non pas après un échec d'éventuelles négociations constitutionnelles, mais le lendemain du référendum.S'il doit y avoir des négociations avec le Canada pour établir un nouveau partenariat ce ne peut être ________ qu'après la proclamation de l'indépendance du Québec.Si le Québec n'est pas déjà souverain, comment pourrons-nous signer un traité entre États souverains ?Comment un État encore provincial pourra-t-il négocier d'égal à égal avec un État souverain ?Ce faisant, le Québec sera dans un position de faiblesse car il sera à la merci de toutes les manoeuvres du Canada et des pressions de toutes sortes de la communauté internationale.Et pendant le temps que dureront ces négociations, aucun autre Etat souverain ne pourra nous reconnaître et nous appuyer.Ce délai prévu entre le choix du peuple et la déclaration de souveraineté accroît notre vulnérabilité et laisse le champ libre aux adversaires de la souveraineté pour torpiller l'accession à la souveraineté.Nous invitons le gouvernement à supprimer tout délai dans l'accession à la souveraineté.Ce n'est pas le partenariat qui est la condition de l'indépendance mais l'indépendance qui est la condition d'un nouveau partenariat avec le Canada.I Le syndrome de Tourette Question : combien de fois avez-vous parlé de souveraineté, du référendum et du dossier constitutionnel durant vos vacances d'été ?Une ou deux fois ?De temps à autre ?Jamais ?C'est dans une atmosphère d'extraordinaire apathie \u2014 extraordinaire si l'on pense que nous sommes à quelques semaines d'un choix fondamental \u2014 que le train du camp souverainiste s'apprête à se mettre en marche.
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