La presse, 30 décembre 1995, B. Plus
[" CAHIER 1.i l»rtî*i*»\u20ac > Montréal.samedi 50 décembre 1995 Éditorial Opinion Le gouvernement Parizeau a, malgré tout rempli ses engagements électoraux Seule la réforme de l'aide juridique est restée sur la table 7 CILUS NORMAND du bureau de I Presse QUÉBEC La première session de la 35c législature n'aura pas été de tout repos.Si le premier ministre Jacques Parizeau a réussi un coup d'éclat avec son voyage à Paris, en début de mandat, obtenant ni plus ni moins l'assurance d'une reconnaissance d'un Québec souverain, advenant un référendum gagnant, son règne aura été profondément assombri par la situation dans laquelle l'aura placé la pitoyable affaire Le Hir.N'empêche qu'au total, le gouvernement Parizeau a généralement rempli les engagements électoraux qu'il a pris durant la campagne de 1994.De la réforme de la Santé et des Services sociaux, véritable fer de lance du programme péquiste, à l'imposition aux employeurs d'une taxe de 1 % pour soutenir la formation professionnelle, en passant par la réfection de la Loi électorale, tout est là à peu de choses près, même si l'opposition libérale n'a eu de cesse stratégique d'accuser le nouveau gouvernement de n'avoir eu pour seule véritable préoccupation que le référendum et.la séparation du Québec.Même si Richard Le Hir a accaparé beaucoup de temps et d'attention depuis sa nomination au Conseil des ministres, même si Jacques Parizeau a dû faire son deuil d'un des meilleurs éléments qu'il voyait en Marie Mala-voy, même si son administration a pu paraître embarrassée par les têtes qui roulaient des postes de direction ou de sociétés d'Etat, le gouvernement souverainiste a, somme toute, fait ses devoirs.L'aide juridique Des projets de loi majeurs annoncés, seule la réforme de l'aide juridique est restée sur la table, le ministre de la Justice, Paul Bégin, s'étant buté aux puissants lobbies des avocats.Le gouvernement n'a toutefois pas renoncé à aller de l'avant avec ce projet controversé, y voyant la possibilité de récupérer d'importantes sommes d'argent tout en adaptant le régime à des temps plus actuels.Le ministre Bégin doit donc reve- Accusé par les libéraux de ne travailler qu'à la séparation du Québec, le gouvernement Parizeau n'en a pas moins réussi à faire ses devoirs.nir à la charge.Ce sera d'autant plus difficile que le comité Chabaz, du nom du doyen du module d'études juridiques de l'UQAM.n'arrivera pas à trancher le problème, selon les informations que nous avons obtenues.Le ministre rendra bientôt public le rapport Chabaz ; il lui restera à réfléchir sur la façon d'imposer une certaine forme de compressions budgétaires dans un secteur où tout le monde convient qu'il y a abus.Il devra cette fois éviter de heurter de front nos gens de toge.Entre-temps, des projets de loi ou avant-projets présentés en fin de session, qui n'ont pu faute de temps se rendre à l'adoption, demeurent au feuilleton.C'est notamment le cas du projet du premier ministre Parizeau sur l'éthique que doivent observer les administrateurs publics, de l'avant-projet sur l'équité salariale et du projet de loi sur les tribunaux administratifs, documents qui ont été déposes la veille ou l'avant-veille de l'ajournement.Ce commentaire de Stéphane Dol-bec, chef de cabinet de Guy Chevrette, leader parlementaire du gouvernement, en dit long sur la satisfaction des ministériels : « C'a bien été.Nous avons passé ce que nous voulions, sauf la réforme de l'aide juridique.Tu prends le discours inaugural, tu mets ça back à back, il ne manque pas beaucoup de projets de loi.» Pensons en effet au projet de loi sur la perception des pensions alimentaires à la source ; la réforme électorale qui se traduit par la constitution d'une liste permanente d'électeurs ; l'adoption de la Loi 46, qui abolissait la Loi 142 en ramenant le statu quo ante en matière de construction domiciliaire ; l'abolition de la Loi 198, très décriée, qui imposait une réduction de l'ordre de 20 % du personnel cadre de la fonction publique et de 121.de l'ensemble des employés de l'État ; la création d'Ino-vatek dans le sud du Québec ; l'élimination de cette mesure du gouvernement précédent permettant une ponction de 1 % sur les revenus des fonctionnaires ; la création d'un fonds d'aide communautaire, qui sera financé à même les profits des casinos, dans une proportion de 5 %.Constat électronique Si la réforme de la santé, que le ministre Jean Rochon semble avoir finalement réussi à faire accepter aux Québécois, a été le fer de lance des réformes du gouvernement Parizeau, il est une nouvelle loi qui, une fois sanctionnée, affectera chacun dans la vie de tous les jours.Il s'agit de la législation 92.modifiant le code de procédure pénale, a laquelle les libéraux ont réussi à faire apporter plusieurs amendements ayant pour but de dissiper les irritants.La procédure pénale s'en trouve élevée à l'ère de l'an 2000, par l'introduction du constat électronique, qui sera admissible en preuve.Un projet qui permettra de fortes économies administratives, du seul fait qu'un policier qui établit une contravention à partir de l'ordinateur qu'il trimballe dans sa voiture de patrouille, se trouve du même geste à dresser un avis de comparaître, advenant que le « contrevenant » réfute les faits qui lui sont reprochés.Des étapes disparaissent, dont la nécessité jusque-là que ce document soit remis en main propre par un huissier.Ce projet de loi permet aussi l'utilisation du fameux sabot de Denver à toute municipalité qui s'y intéresse, privilège autrefois réservé à Montréal.Transport en commun Une autre pièce législative qui.il y a fort à parler que la fin de la session aurait été moins hâtive, n'eut été de l'affaire Le Hir, un os que les libéraux n'ont jamais lâché.bien que ne faisant pas partie des engagements électoraux, aura un impact majeur, est le projet de loi sur l'Agence métropolitaine de transport.Celle-ci est appelée à gérer le transport en commun à Montréal, dont les fameux trains de banlieue.Cet organisme sera financé par les trente dollars verbes par chaque automobiliste pour le transport en commun.De plus, une surtaxe de un cent et demi du litre d'essence contribuera à ce financement.Il s'agit d'une première, dans les annales fiscales du Québec : un montant de taxe de vente sur l'essence qui sera affecté seulement à une région.Divers autres projets ou politiques ont été mis de l'avant, dont la création d'un fonds spécial pour l'industrie des courses, qui sera alimenté à même la taxe sur les paris mutuels, et le projet 131 abolissant l'article 137 de la Charte des lois et libertés, lequel permet une discrimination sur la base de la grossesse, l'orientation sexuelle ou des handicaps en matière de régime des rentes et de retraites.Il convient de rappeler le lancement du programme de démarrage d'entreprises, qu'on a appelé le plan Paillé ; le retrait du plafond impose au Fonds de solidarité de la FTQ ; l'instauration d'un fonds de solidarité pour la CSN ; le rétablissement d'une présence policière à Oka et à Kanesa-take ; l'implantation d'un casino dans l'Outaouais.Des ministres sont sortis irréprochables et grandis de cette première session.On pense surtout à Louise Harel, à l'Emploi et, depuis récemment, aux Communautés culturelles, qui a obtenu les meilleurs résultats pour le OUI au référendum, en emportant plus de 65 % des voix, et qui s'est généralement acquittée de ses tâches avec efficacité.Puis à Serge Me-nard, le ministre de la Sécurité publique, qui a résisté aux pressions voulant la mise sur pied d'une enquête publique sur les gangs de motards, et qui a plutôt lancé l'opération Car-cajou, dont les faits d'arme font la manchette régulièrement Mil Davie et Radio-Québec Par ailleurs, les efforts pour sauver MIL Davie n'ont pas donné les résultats espérés, de telle sorte qu'on a mis le chantier en vente.Deux intéressés se le disputent : le chantier Verreault, aux Méchins, et la Dominion Bridge.Un dossier qui rappelle aussi les funestes aventures du traversier des îles-de-la-Madeleine.On ne peut cacher que le ministre de l'Éducation s'en est mis plusieurs à dos et que sa politique est difficile à suivre.Radio-Québec, malgré une commission parlementaire qui a indiqué une voie a suivre, demeure un dossier chaud, pour ne pas dire noir.Le gouvernement n'a pas dit son dernier mot.Une menace sombre pèse toujours sur la maison devant le refus du syndicat des techniciens d'accepter les licenciements proposées contre deux années de salaire.On craint même un lock out en janvier.Les ministériels ont dû compter avec ces attaques continues de l'opposition et parfois de certains médias contre le 1080 des Braves.Un dossier maintenant clos puisque le successeurs de M.Parizeau.Lucien Bouchard, n'y vivra pas.Enfin, il y a fort à parier que la fin de la session aurait été moins hâtive, n'eût été l'affaire Le Hir, un os que les libéraux n'ont jamais lâché.En effet, bien que plusieurs facteurs aient contribue a mettre fin aux travaux législatifs si tôt \u2014 le contexte politique, le départ du premier ministre Parizeau, la pneumonie du chef de l'opposition Daniel Johnson \u2014, on attribue surtout à Le Hir la tournure des événements.Une année référendaire en dents de scie PHILIPPE C A NT IN du bureau de La Presse QUÉBEC Le lundi 30 octobre, 18 h.Au Palais des congrès de Montréal, des centaines de partisans du OUI attendent avec fébrilité la soirée référendaire.Les sondages du dernier week-end ont excité leur enthousiasme.Le pays du Québec, dont l'éclosion semblait si lointaine le mois dernier, paraît désormais à portée de main.« C'est fait ! » lance un organisateur souverainiste, d'un ton ne souffrant pas la contradiction, même si les bureaux de scrutin demeureront ouverts encore deux heures.« Notre pointage nous accorde 52 % des voix.On a gagné.» Les premiers résultats, ceux des Îles-de-la-Madeleine, font croire à la justesse de cette analyse.Devant la tribune où lacques Parizeau et Lucien Bouchard prendront la parole en fin de soirée, des partenaires du OUI, comme le syndicaliste Gérald Larose, observent cette tendance initiale avec une assurance tranquille.Et évoquent sereinement l'éventuelle réaction des Canadiens des neuf autres provinces à une victoire souverainiste.Mais peu à peu, l'air commence à s'échapper du ballon.La région de Québec, entre autres, n'accorde pas au OUI la majorité espérée.Et à 22 h 20, la courte victoire du NON est confirmée, mettant ainsi fin à un chapitre remarquable de l'histoire politique du Québec.L'effet Bouchard En déposant en décembre 1994 lavant-projet de loi sur la souveraineté, le gouvernement de lacques Parizeau souhaitait tenir le référendum en juin 1995.Les commissions régionales sur l'avenir du Québec devaient préparer le terrain et créer un contex- te propice au triomphe du OUI.L'exercice n'a cependant pas permis au premier ministre Parizeau et à son équipe de rencontrer leurs objectifs, même si leur option occupait toute la surface de jeu en raison du boycott des libéraux de Daniel Johnson.Au fil de cette large consultation, les citoyens ont posé une question simple, mais qui a manifestement surpris le gouvernement : la souveraineté, d'accord, mais pour faire quoi au juste ?La nécessité de définir un « projet de société », expression fourre-tout que chacun dessinait à sa façon, est alors apparue.Flairant ces hésitations, M.Parizeau a dû s'incliner une première fois.Le 27 mars, au moment où la Commission nationale sur l'avenir du Québec, superstructure chargée d'entendre les groupes dits « nationaux » et de rédiger un rapport final, achevait ses auditions, le premier ministre déclarait, lors d'un congrès des jeunes péquistes, que «c les Québécois n'étaient pas prêts à voter en faveur de la souveraineté ».Le lendemain, Bernard Landry enfonçait à toute volée la porte entrouverte par son patron.Pas question d'envoyer les troupes souverainistes à l'abattoir, expliquait le vice-premier ministre, puisant dans l'histoire militaire pour illustrer sa conviction.« le ne veux pas être le commandant en second de la brigade légère qui fut exterminée en 20 minutes, en Crimée, à cause de l'irresponsabilité de ses dirigeants ».Ce massacre, survenu le 25 octobre 1854, coûta à la cavalerie anglaise et à son chef Lord Cardigan 113 morts, 134 blessés et 475 chevaux exterminés.L'image utilisée par M.Landry remisa pour de bon l'idée de consulter le peuple avant l'été.M.Parizeau n'était cependant pas au bout de ses peines.Quelques jours plus tard, au congrès du Bloc québécois, le chef Lucien Bouchard lançait le mot « virage » dans la mêlée en évoquant d'éventuelles structures politiques entre un Québec souverain et le Canada.Ses propos firent l'effet d'une bombe dont les fragments atteignirent durement M.Parizeau.Deux jours plus tard, celui-ci fut obligé de rappeler que le premier ministre du Québec, c'était lui.Et qu'à ce titre, il revenait à lui et à son gouvernement de déterminer la question posée aux Québécois.Cette mise au point, articulée vivement, ne modifia en rien l'essentiel : « l'effet Bouchard », comme on le surnommerait plus tard, se faisait sentir une première fois et l'autorité morale de M.Parizeau s'effilochait.Désormais, les balises tracées par M.Bouchard, le politicien le plus populaire du Québec, détermineraient largement l'agenda des forces souverainistes.À preuve, cette déclaration de Bernard Landry : « Lucien Bouchard a mis son formidable potentiel au service de notre cause de façon différente.Il vient de nous donner un sacre coup de main en proposant une nouvelle orientation à la campagne souverainiste.C'est une question d'éclairage.» En juin, la coalition souverainiste accoucha d'une entente signée par MM.Parizeau et Bouchard, ainsi que Mario Dumont, le chef de l'Action démocratique, dont la véritable philosophie constitutionnelle était demeurée nébuleuse jusque-là.Un OUI au référendum signifierait nécessairement la souveraineté du Québec, p^u importe le résultat des négociations avec le reste du Canada quant a rétablissement dune union politique et économique.Si, au bout d'un an.les pourparlers achoppaient, l'Assemblée nationale pourrait proclamer la souveraineté.Cette triple alliance ébauchait avec précision la nature des institutions communes entre les deux États : Conseil du partenariat.Assemblée parlementaire et Tribunal de règlement des différends.Le reste du Canada accueillit avec stupéfaction et incrédulité ce projet.Il avait rcaui de la même façon à plusieurs études parrainées par le Secrétariat à la restructuration du ministre Richard Le Hir, notamment celle fixant a 17.4 i.la part du Québec dans le partage de la dette fé dérale.Sur cet épisode, la classe politique s'offrit ses vacances annuelles.Le splendide été ne fut troublé que par la délicate histoire des homards.Malgré des témoignages contraires, le premier ministre Parizeau nia avoir établi, lors d'une rencontre avec des ambassadeurs de pays de la communauté européenne en poste à Ottawa, une analogie entre le sort des Québécois après un OUI et celui du homard pris au piège.Le départ de Parizeau La rentrée de septembre fut marquée par une série d'initiatives référendaires du gouvernement : dépôt de la question, dévoilement de la Déclaration de souveraineté lors d'un curieux spectacle au Grand Théâtre de Québec et publication, à tirage réduit, d'un petit volume intitulé Le Coeur à l'ouvrage, définition gouvernementale du « projet de société » réclamé par les citoyens.Si le libellé de la question fut largement commenté, les deux autres textes sombrèrent vite dans l'oubli, lumelé à l'échec relatif des commissions régionales plus tôt dans l'année, force fut de constater que la stratégie référendaire de M.Parizeau et de ses conseillers, qui devait reveiller la fierté du peuple et stimuler sa fibre nationaliste, rata la plupart de ses objectifs.Les sondages, qui condamnaient l'option souverainiste à de moroses taux d'appui, confirmèrent à leur façon cette analyse.À l'Assemblée nationale, les libéraux connurent de bons moments durant le débat sur la question.À cha-que jour ou presque, ils embarrassèrent le gouvernement à propos des études présentées par M.Le Hir.Le ï«f octobre, la campagne référendaire commença officiellement.Le camp du NON pris l'initiative et le désarroi se fit sentir chez les souverainistes Mario Dumont dénonça même l'attitude de « perdant » de ses partenaires.M.Parizeau comprit alors le message et s'effaça au profit de Lucien Bouchard.Celui-ci fut pres- tement nommé « négociateur en chef » du Québec après un éventuel OUI.fonction hautement hypothétique, mais qui lui permit d'occuper le premier fauteuil du train souverainiste.De ville en village, M.Bouchard prit le Québec d'assaut, s'adressant a des foules conquises d'avance, qui l'enveloppèrent d'amour.En Beauce.on vit même une femme demander a ce nouveau prédicateur de la souveraineté de bénir le drapeau fleurdelisé.Maniant l'humour et la rhétorique, le chef du Bloc québécois marqua de nombreux points, prenant avantage, à l'image de M.Parizeau.des bourdes du camp adverse.Parmi elles, la plus significative fut sans doute cette déclaration du ministre des Finances du Canada, Paul Martin, selon qui la souveraineté mettrait en péril un million d'emplois au Que-bec.« À ce rythme, faudra importer des chômeurs », rétorqua lacques Parizeau.Le soir du référendum, la victoire du NON confirmée, le premier ministre ne montra cependant pas la même finesse de ton, attribuant la courte défaite de son camp « a l'argent et à des votes ethniques ».Ce commentaire lui valu d'être condamne par tous ses allies.Le lendemain, il annonçait sa démission.Le surlendemain, a leur entrée au Conseil des ministres, plusieurs membres de son cabinet semblaient déjà l'avoir raye de leur mémoire, tellement désireux de démontrer publiquement leur attachement au futur chef et premier ministre, Lucien Bouchard.Serge Mé-nard.ministre de la Sécurité publique, fut l'un des seuls à rappeler les contributions notables de M.Parizeau a l'édification du Québec moderne.Le 22 décembre.M.Bouchard compléta cette année dense en déposant son bulletin de candidature a la présidence du Parti québécois, prélude à son accession au poste de premier mi nistre. B2 LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 30 DÉCEMBRE 1995 ÉDITORIAL Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil orésident d'administration et éaiteur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de Information Alain Dubuc éditorialiste en chef Le pays que nous souhaitons Le Canada doit changer.Au-delà des divisions politiques, tel est le message central que les citoyens du Québec ont lancé le 30 octobre dernier.Le statu quo n'est plus possible et nest pas souhaitable.Cette obligation de changement représentera le principal défi de nos dirigeants au cours de la nouvelle année qui s'amorce pour que nous puissions entrer, tous ensemble, dans le millénaire qui est à nos portes.Ce devoir, cette mission même, risque, nous le savons, de ne pas porter fruit.Le Québec a failli quitter le Canada.Et nombreux sont les obstacles qui empêcheront peut-être le Canada de traverser cette crise avec succès.Dans les efforts que nous devons entreprendre, nous sommes cependant soutenus par la conviction qu'une majorité de Québécois, si on leur offre le choix entre la séparation et l'appartenance à un canada renouvelé, opteront sans hésiter pour le chemin canadien.il en va du devoir de La Presse qui.tout au long des dernières années s'est faite l'apôtre de cette évolution du fédéralisme, de parler au nom des Québécois qui veulent vivre dans un canada repensé et d'expliquer aux autres Canadiens le sens des changements qui convaincraient les Québécois de faire le pari du Canada.De dire le pays que nous souhaitons.* * * Voyons maintenant ce qui pourrait constituer la base d'un renouveau du Canada dans lequel les Québécois pourraient se reconnaître et se retrouver.Dans un premier temps, il est souhaitable de minimiser le plus possible les changements constitutionnels, en raison de la lourdeur du processus de revision, de son Impact « divlslf » et de la nature largement symbolique des modifications qui en résultent, il ne faut certes pas banaliser le désir de reconnaissance constitutionnelle des Québécois, marqués par le rapatriement de 1981 et les échecs de Meech et de Charlottetown.Le Canada doit reconnaître de façon formelle le Québec pour ce qu'il est, ne serait-ce que pour réparer ces oublis du passé.Le premier ministre du Canada a d'ailleurs amorcé ce processus en adoptant à la Chambre des communes des résolutions qui reconnaissent le caractère distinct du Québec et articulent un droit de veto.Il faudra, pour que ces symboles prennent leur pleine valeur, qu'ils trouvent, au moment opportun, leur place dans la constitution.Ces ouvertures, bien que significatives, seront à la fols difficiles à accepter dans certaines régions du canada tout en paraissant décevantes à bien des Québécois qui voyaient l'entente du lac Meech comme un minimum en deçà duquel il n'était pas possible d'aller.Ce que nous pouvons dire à ces Québécois, c'est que les énergies créatrices doivent être concentrées ailleurs.Le désir de changement qu'ils expriment pourrait s'articuler de façon beaucoup plus fructueuse dans un processus de redéfinition des pouvoirs, peut-être moins riche en symboles mais combien plus concret.Nous savons aussi à quel point ce désir est partagé par de nombreux Canadiens de toutes les régions, en Colombie-Britannique, en l'Alberta.en Ontario et même au Nouveau-Brunswlck.Ce consensus Important permet de croire qu'un processus de redéfinition des pouvoirs n'opposera pas de façon déchirante les provinces les unes aux autres comme ce fut le cas de nos débats constitutionnels, mais pourra devenir un projet commun, un lieu de rencontre, qui réunit les Canadiens au lieu de les diviser.* * * Mais jusqu'où doit aller cette redéfinition des pouvoirs, cette reconfiguration de la façon dont les Canadiens sont gouvernés ?il faut d'abord se demander quel type d'arrangement servira le mieux les citoyens, procurera la plus grande souplesse et, surtout, permettra de réduire les coûts.Ces considérations jouent en faveur de la décentralisation.Mais il faut entreprendre cette démarche de façon pragmatique, au cas par cas, en tenant compte des besoins de chaque région et en évitant les dogmatismes qui nous ont coûté si cher, ou les luttes de pouvoir stériles des politiciens et des bureaucrates.Il est clair que s'il est un domaine où les Québécois de tous côtés s'entendent, c'est celui de la main-d'oeuvre, qui reste pour l'instant un modèle de duplication inefficace et de fouillis bureaucratique.Dans ce dossier, crucial, les rapprochements entre Québec et Ottawa dans le sillage de la réforme de l'assu-rance-chômage sont prometteurs.Par ailleurs, un chevauchement des activités des deux ordres de gouvernements a été identifié dans plusieurs domaines.L'accord de Charlottetown citait les mines, la forêt, le tourisme, les affaires municipales, les loisirs et le logement, des activités dont Ottawa devrait se retirer sans grands débats.On pourrait allonger cette liste à d'autres domaines, comme la gestion de l'environnement ou l'énergie.Une réflexion plus poussée doit être faite sur le développement économique, que ce soit l'aide aux entreprises ou les stratégies sectorielles.L'expérience nous a montré que l'intervention du gouvernement central, qui répond souvent à des impératifs politiques, nous a plus d'une fois menés à des aventures coûteuses et parfois carrément désastreuses.L'État doit le plus possible se retirer de l'intervention économique directe et, quand il doit le faire, le gouvernement le plus proche des acteurs est le mieux placé pour le faire.Cette décentralisation de l'Intervention économique pose un autre problème, celui de l'égalité factice des provinces, dont certaines n'ont ni la taille ni les ressources pour assumer leurs responsabilités, un processus de changement doit donc nous amener à souhaiter que la décentralisation s'accompagne, dans l'Ouest et dans les Maritimes, de la création de structures régionales plus à même de bien servir les citoyens à meilleur coût.Un autre domaine où des changements doivent être envisagés sans dogmatisme, c'est celui des programmes sociaux et des activités de compétence provinciale où le gouvernement fédéral, grâce â son pouvoir de dépenser, s'est progressivement Immiscé, comme la santé, l'éducation supérieure, laide sociale et même les pensions.Ces services à la population, en toute logique, devraient être gérés par les provinces.Leur légitimité tient cependant plus aux valeurs canadiennes que le gouvernement tente de préserver et parfois d'Imposer par le biais de normes qui pourraient sans doute être remplacées avantageusement par des mécanismes de concertation provinciale, plus souples et moins arrogants.Tous ces changements peuvent se réaliser, rappelons-le, sans passer par les pénibles discussions constitutionnelles, parce que ces nouveaux partages des pouvoirs respectent la division originelle des pouvoirs de 1867.Certains diront qu'après une remise en cause si profonde, le gouvernement central deviendrait une coquille vide.À bien des égards, le gouvernement fédéral sortirait renforcé d'un tel délestage.D'abord, en conservant les outils stratégiques qui permettront au Canada de se préparer à l'an 2000 : le commerce, la recherche, la politique monétaire, les communications, les activités Internationales, la défense, la justice.Mais aussi en permettant aux leaders canadiens de cesser de se disperser et de concentrer leur leadership sur les choses essentielles.D'autres diront que la décentralisation mènera à l'affaiblissement du Canada et à la négation de son essence et de sa raison d'être.Il est vrai que de tels changements consacreraient la fin d'une vision du Canada comme pays à la générosité sans limite.Mais ce Canada a cessé d'exister et n'existera plus tant qu'il n'aura pas résolu de façon concluante le problème de son endettement Ces craintes reposent sur une confusion, trop fréquente, que font les Canadiens entre le Canada et le gouvernement canadien, un pays ne se définit pas par la taille de son appareil d'État, mais par son histoire, ses institutions et ses citoyens.Mais surtout, une autre façon de gouverner, qui allège le gouvernement central et assure la souplesse par la décentralisation, non seulement réussira à faire une place au Québec au sein du Canada, mais fera du Canada un pays où la vie sera meilleure pour tous et pour toutes.Voilà le pays que nous souhaitons.Roger D.Landry Président et éditeur Où trouver le bonheur en 1996 ?S aviez-vous que nous terminerons, demain, l'Année internationale de la tolérance ?Mais aura-t-elle vraiment eu lieu en 1995?Avec tout ce qui s'est passé à Sarajevo et en Bosnie, en Russie et en Tchétchénie, en Israël et en Palestine, au Mexique et au Chiapas, en d'autres lieux moins connus mais tout aussi guerriers du monde, la tolérance existe-elle vraiment sur cette terre?Même chez nous, pays heureusement épargné par les guerres modernes, la tolérance est en perte de vitesse.La violence verbale est devenue telle qu'elle pourrait mener, un jour, à la violence physique.Les toutes dernières menaces de mort proférées par l'Anglophone Assault Group ( AAG ) contre Lucien Bouchard s'il « pose un geste conduisant à l'Indépendance du Québec » sont le reflet d'un état d'esprit malsain, d'un courant d'inflexibilité inquiétant.Courant heureusement minoritaire mais existant quand même, il faut peu de têtes chaudes dans une société pour entraîner les pires excès, pour provoquer le chaos.Les souvenirs évoqués en 1995 à l'occasion du 25* anniversaire de la naissance du Front de libération du Québec ( FLQ ) rappellent qu'un tout petit groupe peut ébranler à lui seul le socle dune nation.Regardons ce qui s'est passé en 1995 avec la multiplication des crimes, des assassinats, des meurtres tout à fait gratuits d'enfants, de femmes, de personnes âgées, de couples.Le tout dernier meurtre crapuleux de Lyanne Breau.âgée de 25 ans.a ému toute la population.Ça se passe chez nous.Au Québec.Au Canada, il existe un climat latent d'Intransigeance, de dureté, d'entêtement, de raideur, de vengeance gratuite et spontanée qui fait craindre le pire.il y a aussi cet accroissement surprenant du nombre de suicides, personnels ou collectifs, nés du désespoir en la vie.de l'abandon, du découragement, de la fatalité.Terribles effets pour les familles endeuillées.Culpabilité profonde pour les proches des suicidés.Que faire de sa vie quand tout va mal à l'intérieur de soi et autour de soi ?Dans sa vie personnelle, familiale ou collective, économique, sociale ?Comment vivre d'espoir, d'espérance à la vue d'injustices flagrantes dans notre propre société, de conflits larvés ou ouverts au sein même des familles ?D'incompréhensions parfois volontairement entretenues sinon amplifiées entre citoyens d'un même peuple?Oui croire ?A qui faire confiance ?A qui se confier ?La multiplication des tribunes téléphoniques avec des Interlocuteurs de plus en plus agressifs par rapport à toutes les formes d'autorité et de pouvoir, l'accroissement des émissions télévisées propices au défoulement collectif et à la dénonciation, la création de mouvements et de sectes à la défense ou au soutien de toutes les causes Imaginables sont autant d'illustrations du désabusement trop généralisé que ressentent et vivent un grand nombre de citoyens de toutes catégories, qui se considèrent comme des exclus.Que faire pour s'en sortir, pour avoir fol en la vie.pour retrouver la jolé et la paix que nous nous promettrons les uns les autres au début de 1996 ?Il y a bien les espoirs remis entre les mains des Jojo Savard et autres prophètes de bonheur, les thérapies de groupe de toutes sortes, les croyances religieuses, les Idéologies politiques, les recherches d'évasion par tous les moyens envisageables.il y a au moins une unanimité : tout le monde est à la recherche du bonheur, d'un bonheur durable.Mais ce bonheur se trouve dans ce qui est pour chacun de nous l'Essentiel de notre propre vie.de ce qui fait la vie.C est en chacun de nous que nous le trouverons et c'est en partageant vraiment avec les autres ce que nous sommes comme êtres humains que nous découvrirons et développerons notre propre valeur de vie.Et notre propre bonheur réel.C'est ce que Je vous souhaite de vivre en 1996.Claude masson 1996.DROITS RÉSERVÉS Fêtes pour les enfants de FERNAND BÉLISLE L'unnur était le grand-père de Mêlante Cabay.19 ans.retrouvée assassinée en juillet 1994.oute la journée, je me suis rappelé que la terre tourne mais pas toujours comme nous le désirons.On ne bâtit pas l'avenir dans un MONDE NOUVEAU sans qu'il nous en coûte.En ce temps des Fêtes, il me revient à la mémoire des événements tristes, comme la disparition de jeunes gars et de jeunes filles remplis d'ambition, que le destin a entraînés dans la mort prématurément.Ce sont d'innocentes victimes que des criminels, inconscients du mal qu'ils font à nos familles et à la société, ont assassinées sans remords.Une longue liste défile dans ma tête.Des noms qui ont provoqué beaucoup d'inquiétudes et de souffrances, chez nous : Mélanie Cabay et beaucoup d'autres, encore et encore, et plus encore.La souffrance humaine n'a plus de bornes.Peut-être est-ce le signe d'un temps nouveau ?Mais Noél et le Nouvel An, c'est la Fête.C'est la naissance du Sauveur du Monde, Lui qui nous est arrivé dans une étable.Lui qui a guidé l'Étoile de Bethléem depuis le lointain, les Mages venus lui apporter des Rrésents jusqu'à sa crèche, 'est-ce pas là un signe des temps?Nos jeunes disparus tragiquement, du haut du Ciel, au-dessus des nuages de neige blanche, de concert avec leurs proches ancêtres disparus, grands-parents, parents et amis s'unissent dans un concert mélodieux, apportant un grand message de foi, d'espérance et d'amour.|e les entends, ils nous disent à l'unisson : « Aimez-vous tous, c'est Noél, c'est le Nouvel An, priez pour que les grands malades soient soignés.Aidez les pauvres, priez pour les riches afin qu'ils comprennent.» Et le Ciel viendra Mélanie Cabay vous apporter de grandes consolations.Peut-être comprendrons-nous qu'il vaut mieux arriver un jour devant notre Créateur, les mains vides, parce que ces mains auront beaucoup donné.11 neige toujours.Ma prière va vers ceux que j'ai toujours aimés et que j'aimerai toujours, le me sens réconforté, c'est Noël et le Nouvel An, fêtes de l'Espoir, cet espoir que nous bâtirons ensemble, avec l'aide de tous, un monde meilleur.Les cloches carillonnent.Partout, les gens échangent des voeux de sécurité, de cohérence, de serviabilité, pour continuer de vivre intensément le bout de chemin de la Vie qui nous reste à faire malgré les tempêtes de la Vie.Mélanie Cabay avait 19 ans lorsqu'elle fut rappelée tragiquement par son destin.Une phrase revenait souvent dans ses paroles : « le ne comprends pas que les gens continuent de répondre à la violence par la violence; ils n'ont pas compris.» Elle désirait la paix plus que tout et elle accordait à l'amitié une valeur inestimable ; elle s'efforçait par son exemple de faire passer son message autour d'elle, le vous le transmets.* 1 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 DÉCEMBRE 1995 OPINIONS B3 - \u2022 % - t A O ¦ » é p I tffr M} m'jjf tn 4v Jf « I ; tpmM (À QéfêQHe on ,v a e«ccëe twérâ/r*' Ves Pou hou s m 11.J 1 - J BOSNiE* LA PRESSE.MONTRÉAL, 5 Rtus Revue de l Juillet ?Monde ?Politique ?Le président Bill Clinton annonce le rétablissement des relations diplomatiques avec le Vietnam.La nouvelle est bien acceptée, sauf par le Congrès à majorité républicaine.Q Le gouvernement du Myanmar ( ex-Birmanie ) cause une surprise en libérant Ang San Suu Kyi, qui vivait en résidence surveillée depuis sa victoire aux élections démocratiques de 1989.Sa lutte lui avait valu le prix Nobel de la paix, en 1991.a Russes et Tchétchènes concluent un accord visant à mettre fin aux combats, mais la question du statut politique de la Tchétchénie reste entière.Mais cet accord est violé par les deux parties dès le lendemain de sa signature.?Après avoir gagné son pari en se faisant réélire à la direction du Parti conservateur, le premier ministre britannique John Major récompense les rivaux qui ne s'étaient pas présentés en les faisant ministres ! ?Un commando militaire français passe à l'abordage du Rain-bow Warrior II, le navire-amiral du groupe Greenpeace, parce que ce dernier se trouvait dans une zone interdite.Greenpeace voulait protester contre la reprise des essais nucléaires par la France, décrétée par le président Chirac.?Le premier ministre japonais Tomichi Morayama présente ses excuses aux « femmes de confort » des pays conquis lors de la Deuxième Guerre mondiale.Q La Presse révèle en primeur que lors d'une rencontre avec les ambassadeurs des 15 pays de l'Union européenne, à Ottawa, le premier ministre Jacques Pari-zeau a eu recours à l'analogie du homard Jacques Partzeau pour expliquer qu'avec un OUI au référendum, les Québécois marcheraient irrémédiablement vers l'indépendance.L'affaire soulève évidemment de nombreux commentaires, surtout à cause de la manière dont le compte rendu de la rencontre a été transmis aux médias.?Un conflit commercial se dessine entre le Canada et les États-Unis au sujet de la volaille, des oeufs et du lait.Q Tel que promis en campagne électorale, le gouvernement conservateur de Mike Harris démantèle plusieurs programmes mis en place par son prédécesseur, en Ontario.?Daniel Paillé, ministre de l'Industrie et du Commerce, annonce la décision du gouvernement de ne pas faire construire un traver-sier neuf par le chantier maritime MIL Davie, malgré les promesses répétées du Parti québécois pendant la campagne électorale.Août ?Monde ?Politique Q Dans une lettre adressée au Îtremier ministre britannique ohn Major, le premier ministre japonais Tomiichi Murayama exprime ses remords pour le comportement des troupes japonaises pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais refuse d'adresser des excuses aux militaires.Q Après le Sénat, c'est au tour du Congrès américain de voter la fin de l'embargo de la livraison des armes en Bosnie.Mais le président Bill Clinton promet d'y opposer son droit de veto.?L'expulsion par la Chine de deux militaires américains accusés d'espionnage et la condamnation à 15 ans d'emprisonnement du militant américain d'origine chinoise Harry Wu, avant qu'il soit expulsé de ce pays, creusent encore plus le fossé qui sépare les deux pays.Q Un accord de pèche signé par 100 pays ( dont le Canada ) permet d'arraisonner, sans exception, les contrevenants.?Deux des filles de Saddam Hussein et leurs familles fuient l'Irak et se réfugient en Jordanie.On rapporte qu'un nombre important d'officiers militaires irakiens se sont également réfugiés en Jordanie.?Béant Singh, premier ministre du Pendjab, et 12 autres personnes sont tués dans l'explosion d'une bombe à Chandigarh ( photo ), capitale de cet État du nord de l'Inde.Q Les trois chefs souverainistes lancent la campagne du OUI à Aima en tirant à boulets rouges sur Daniel Johnson.Q Le gouvernement fédéral accorde un contrat de deux milliards de dollars à General Motors pour la construction de 651 véhicules blindés pour l'Armée canadienne.a Dans son rapport sur les événements d'Oka ( photo ), le coroner Guy Gilbert accuse la Sûreté du Québec d'avoir fait preuve de négligence envers la démocratie et envers le respect de la vie humaine, en omettant d'avertir le ministre responsable de l'opération policière en vue.Il accuse aussi les gouvernements d'inaction dans le dossier.Septembre ?Monde ?Après une accalmie de trois jours, l'OTAN reprend ses bombardements des positions serbes de Bosnie et promet de les maintenir tant que les Serbes ne se seront pas soumis aux demandes de l'ONU.Puis, l'OTAN tire pour la première fois des missiles de croisière contre les positions serbes.Ces raids sont vigoureusement dénoncés par la Russie, alliée des Serbes.Ces derniers acceptent finalement de retirer leurs armes lourdes.Q Les commandos français prennent d'assaut les navires de Greenpeace.Puis malgré les protestations qui fusent de tous les coins de la planète, la France procède au premier d'une série d'essais nucléaires, à Mururoa.?Des mercenaires dirigés par le français Bob Denard prennent jlc pouvoir aux lies Comores.?La 4« Conférence sur les femmes s'ouvre Bob Denard à Pékin dans un contexte d'affrontement continu avec les forces de l'ordre du pays hôte.?Le Sénat américain met officiellement fin à l'aide financière systématique aux plus démunis.Q Israél et l'OLP signent un accord qui assure aux Palestiniens le contrôle de la vie de tous les jours en Cisjordanie.?Politique Q Le gouvernement du Québec décide de pas contester la démarche de Me Guy Bertrand, qui veut stopper le processus référendaire.Le premier ministre Jacques Pari-zeau souligne que « le droit de vote des Québécois est sacré ».Puis Parizeau court-circuite la cour en devançant la rentrée parlementaire afin de divulguer le contenu de la question référendaire, qui tient compte des différentes composantes du camp du OUI.Et il annonce que le réfé- Cuy Bertrand rendum aura lieu le 30 octobre.Le juge Robert Lesage, de la Cour supérieure, reconnaît que la démarche référendaire est « manifestement illégale », mais il refuse d'accorder à M.Bertrand l'injonction demandée.?Le premier ministre terre-neu-vien Clyde Wells gagne son référendum, 56 % des citoyens ayant répondu oui à la proposition du gouvernement de réformer le système confessionnel d'éducation.?La Presse annonce en primeur qu'un règlement est intervenu entre le gouvernement du Québec et sa fonction publique.?Le premier ministre Frank McKenna est élu pour un troisième mandat avec une majorité accrue à l'Assemblée législative.Octobre ?Monde ?Accablée par une crise financière profonde, l'Organisation des Nations unies célèbre son 50* anniversaire de fondation.Des manifestations hostiles, auxquelles participait sa propre fille exilée ( photo ), marquent la visite de Castro à New York.?Le président Bill Clinton oppose son veto au projet de loi prévoyant une réforme draconienne du plan Medicare.?Impliqué dans un scandale dans sa Belgique natale, le secrétaire général de l'OTAN, Willy Claes, doit démissionner.?La Commission européenne annonce qu'elle ne traduirait pas la France devant la Cour européenne de justice, à la suite de sa campagne d'essais nucléaires.Q La Knesset approuve l'accord qui laisse le contrôle sur la Palestine à l'OLP, avec une majorité de 61 à 59.Puis l'État juif évacue un premier village de Cisjordanie qu'il occupait depuis 1967.?Le dirigeant noir américain Louis Farrakhan réussit à demi sa « Marche d'un million d'hommes noirs », à Washington.?Les grands syndicats français déclenchent une grève de 24 heures contre le gouvernement Chirac-Juppé, et réussissent à paralyser complètement le pays.?Le mercenaire Bob Denard se rend aux troupes françaises, aux îles Comores, et les civils reprennent le pouvoir.Mais le président Mohamed Sald Djohar ne rentrera pas dans son pays.?Politique ?Le NON l'emporte de justesse lors du référendum 1995, avec 50,6 % des voix.Une déclaration qualifiée de raciste du premier ministre Jacques Parizeau, au soir du référendum, l'amène à annoncer dès le lendemain soir qu'il quittera ses fonctions à la fin de la session parlementaire d'automne.Préalablement, le premier ministre Jean Chrétien avait prononcé un discours à la nation, devant la poussée du OUI dans les différents sondages.Et une foule de plusieurs dizaines de milliers de Canadiens ( les évaluations varient de 40 000 à 100 000) avait envahi Montréal pour tenter de convaincre les Québécois de demeurer dans le Canada.Novembre ?Monde ?Politique Décembre ?Le premier ministre Yitzhak Rabin, d'Israël, est assassiné par un forcené juif du nom de Yigal Amir, membre d'Eyal, une organisation d'extrême droite.Des représentants de plus de 90 pays, y compris d'anciens ennemis d'Israël, assistent aux funérailles, qui sont empreintes d'une grande émotion.Shimon Pérès lui succède par intérim.Avishai Raviv, chef d'Eyal, et cinq autres personnes sont soupçonnés d'avoir participé à un complot.a Sous la férule des États-Unis» les trois belligérants bosniaques signent un accord de paix global à Dayton, en Ohio.La Bosnie-Herzégovine demeurera un État unitaire, la présidence de la République et le Parlement seront élus sous surveillance internationale, les réfugiés pourront rentrer chez eux, et les criminels de guerre seront exclus de la vie politique.Puis, le Conseil de sécurité de l'ONU lève l'embargo économique imposé à la Serbie et au Monténégro.Q Le président Jacques Chirac forme un nouveau gouvernement en France, mais toujours avec Alain Juppé comme premier ministre.Une série de grèves paralyse la France entière.Q L'ex-général Colin Powell annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de novembre 1996, rejetant du même coup la possibilité de devenir le premier président noir de l'histoire des États-Unis.?Au lendemain du référendum, le Bloc québécois décide de poursuivre sa lutte à Ottawa.Son chef, Lucien Bouchard, accepte de se porter candidat à la succession de Jacques Parizeau comme premier ministre du Québec.?Le Sénat adopte sans amendements le projet de loi sur les armes à feu.?Le gouvernement fédéral demande à la Chambre des communes de faire siens les engagements du premier ministre en reconnaissant le Québec comme société distincte et en lui octroyant un droit de veto eu égard à tout changement constitutionnel.?Jean Rochon, ministre de la Santé, annonce comme prévu la fermeture de sept hôpitaux dans la région de Montréal.?Le ministre Richard Le Hir, de la Restructuration, remet sa démission au premier ministre Jacques Parizeau.?Un intrus pénètre en pleine nuit dans la maison du premier ministre Jean Chrétien et menace sa femme avec un couteau avant d'être arrêté.Les quatre membres de la GRC qui étaient en service sont suspendus, tandis que trois de leurs supérieurs sont mutés.Puis la GRC annonce un train de mesures pour renforcer la sécurité au 24, rue Sussex, à Ottawa.?Pauline Marois devient ministre des Finances, succédant à Jean Campeau, qui hérite des Transports.?Monde ?Politique ?Le Parti communiste russe gagne les élections législatives en Russie, mais n'aura pas la majorité des sièges au Parlement.?La France met fin à sa guerre froide avec l'OTAN en réintégrant partiellement ses institutions.?Le président Chirac et le premier ministre Chrétien profitent du Sommet de la francophonie de Cotonou, au Bénin, pour souhaiter que le français occupe plus de place sur l'inforoute.Q Les transports collectifs recommencent à rouler en France après une grève générale de 21 jours.Le subséquent sommet social gouvernement français-patronat-syndicats est qualifié de « très positif » par le premier ministre Alain Juppé, et d'« inutile » par les syndicats.Q L'Espagnol Javier Solana succède à Willy Claes comme secrétaire général de l'OTAN.Q Les Haïtiens boudent l'élection présidentielle, remportée très facilement par René Préval, candidat du parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide, avec 87,9% des voix ( photo ).Q Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes bosniaques, rejette l'Accord de paix de Dayton, ce qui augure mal pour l'avenir des troupes de l'OTAN, qui succèdent à celles de l'ONU sur le terrain.Mais toutes les parties a l'entente signent l'Accord à Paris, à la mi-décembre.Les Serbes de Bosnie libèrent cependant les deux pilotes français qu'ils détenaient depuis le 30.Q Le gouvernement Chrétien fait adopter la motion sur la société distincte du Québec.Blo-quistes et réformistes votent contre.?Ottawa ac- llklMfl corde a la Co- Ui°a lombie-Britan- Axworthy nique le droit de veto qu'elle réclamait dans le cadre de la réforme constitutionnelle.Q Jacques Parizeau siège pour ïa dernière fois à l'Assemblée nationale et quitte la vie publique après lui avoir consacré près de 30 ans de sa vie.Q Le gouvernement fédéral est désormais doté d'une loi qui per- met de mieux contrôler les armes à feu.Q Le ministre Lloyd Axworthy annonce une réforme de l'assu-rance-chômage.Il faudra désormais travailler plus longtemps pour toucher moins d'argent avec la nouvelle « assurance-emploi ».Q Dans son rapport annuel, le vérificateur général du Québec évalue à 2 milliards de dollars les Bettes gouvernementales imputâtes au marché noir, ce qu'il qualifie de « vol collectif ».Q Le ministre Lloyd Axworthy débloque 630 millions de dollars pour des garderies, mais à la condition que les provinces dépensent 1 $ pour chaque dollar perçu du gouvernement fédéral, et sans garantie que le programme sera maintenu indéfiniment. AMED« 30 DÉCEMBRE 1995 ANNÉE 1995 Textes et recherche : Guy PINARD Plus ?Montréal ?Économie ?Divers ?Le ministre Jean Rochon entérine en entier le plan de redressement proposé par la régie régionale des services de santé du Montréal métropolitain.?Le 16« Festival de jazz de Montréal se termine par un énorme succès.L'hommage consacré à René Dupéré, auteur de la musique du Cirque du soleil» attire plus de 180 000 personnes, rue Sainte-Catherine.Q Parking Montréal inc., filiale de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a réalisé au cours des six premiers mois de l'année des revenus de 500 000 S supérieurs à ceux qu'avait réalisés l'administration municipale pendant la période correspondante de 1994.?Le Groupe Walt Disney fait l'acquisition du réseau de télévision ABC ( propriétaire à 80 % de ESPN ) pour un montant de 19 milliards de dollars.?Les deux géants américains Kimberley-Clark et Scott Paper fusionnent par l'entremise d un échange d'actions de 6,8 milliards de dollars américains.?Un consortium comprenant la Caisse de dépôt et placement, les Bronfman de Montréal, le Groupe Reitmans et le réseau ESPN font l'acquisition de Labatt Communications, au coût de 600 millions de dollars.Q Le groupe McDonnell Douglas obtient un contrat de 5,4 milliards de dollars du gouvernement britannique.Q Gianni De Michelis, ex-ministre des Affaires étrangères d'Italie, est condamné a quatre ans de prison pour corruption et financements illégaux.Un mandat d'arrêt est émis à l'endroit de l'ex-premier ministre Bettino Craxi, condamné in absentia en 1994 et réfugié en Tunisie.?Un attentat \u2014 le premier depuis 1989 \u2014 fait sept morts et 84 blessés dans une station de métro de Paris, en pleine heure de pointe.Q La Couronne décide d'en appeler de la décision du juge Cor-beîl-Laramée de mettre fin au procès du clan Matticks, sous prétexte que la SQ avait participé à une « fabrication de preuves ».?Les quatre policiers reconnus coupables dans l'affaire Barnabe sont condamnés a de courtes peines de prison à être purgées en week-ends.La Fraternité annonce qu'elle en appellera de la sentence et exige la réintégration des quatre policiers.Mais lacques Duchesneau, directeur du SPCUM, décide de maintenir la suspension des policiers tant que les tribunaux n'en auront pas terminé avec leur cause.?La découverte de dizaines de milliers de plants de cannabis sur les terres de Kanesatake provoquent bien des remous politiques.Commencé par certains membres de la communauté mohawk, l'arrachage est complété par la SQ, à la suite d'une entente négociée avec les dirigeants mohawks.?Montréal ?Économie ?Divers ?La Cour d'appel du Québec déclare valide la surtaxe sur les immeubles non résidentielles, cassant ainsi une décision de la Cour supérieure.Q La Presse annonce en primeur que le musée des sciences sera logé au Stade olympique plutôt que dans le Vieux-Port.?L'administration Bourque-Eloyan crée un Service de relations avec les citoyens.?Après 45 jours de lock-out, Me Denis Tremblay ordonne au syndicat du Casino de Montréal de rentrer au travail et déclare qu'il imposera la première convention collective de travail.Et peu après, un réseau de fraudeurs impliquant quatre croupiers et un surveillant est mis au jour.?La concentration des grandes banques américaines est amorcée par la fusion de la Chase Manhattan Bank avec la Chemical Banking Corp., ce qui en fait la plus grande banque américaine avec un actif de 297 milliards de dollars US.?La société Westinghouse acquiert la chaîne de télévision CBS pour une somme de 5,4 milliards de dollars.?Le prince Alwaleed bin Tala al-Saud, d'Arabie Saoudite, se joint au promoteur canadien Paul Reichman pour faire une soumission en vue de reprendre le projet Canary Wharf, à Londres.Ce projet avait été commencé par le Groupe Olympia & York, des frères Reichman.mm ffotÎGHi ?Dans une transaction évaluée à 580 millions de dollars, la chaîne américaine de fast food Wendy's avale sa concurrente canadienne Tim Horton's.?Le titre de Netscape Communications passe de 28 $ à 72,75 S en 45 minutes, à la Bourse de New York.?Deux assureurs américains, Metropolitan Mutual Life Insurance et New England Mutual Life Insurance, décident de fusionner.?Un accident ferroviaire fait 350 morts et plus de 400 blessés, près de la ville d'Agra, en Inde, où se trouve le Taj Mahal.?Timothy McVeigh ( photo ) et Terry Nichols sont formellement accusés d'être les responsables de l'attentat d'Oklahoma City.?Le Canadien Donovan Bailey gagne le championnat du monde du 100 m, à Gôteborg, en Suède, terminant devant Bruny Surin, un doublé historique pour le Canada.Puis le Canada remporte l'or au relais 4 x 100 m, en bonne partie grâce à la disqualification en préliminaires de l'équipe américaine.C'est néanmoins une première dans l'histoire du Canada.?Le Britannique lonathan Edwards devient le premier humain à franchir la distance de 18 m au triple saut, en athlétisme.Mieux encore, il améliore son record du monde dès le saut suivant avec un saut de 18 m 29.?La Cour suprême refuse d'entendre la demande d'appel de Valéry Fabrikant.Il devra donc purger sa sentence sans possibilité d'appel avant 25 ans.Q La Sûreté du Québec doit retourner à Kanesatake pour détruire discrètement 3 500 plants de cannabis oubliés lors de la première descente.?Un incendie de forêt force la sécurité civile de procéder a l'évacuation de tous les résidants de Parent, dans le nord-ouest du Québec.?Montréal ?La CUM réduit son budget de 10,9 millions de dollars, l'équivalent de 1 %.La police et le transport en commun écopent.?Le maire Pierre Bourque annonce qu'il n'abolira pas !a surtaxe sur les immeubles locatifs au cours des deux premières années tel que promis.?La société Loto-Québec verse 50,2 millions de dollars à la Ville de Montréal pour les anciens pavillons de la France et du Québec.?La grève du Casino de Montréal prend fin.Elle aura privé le gouvernement du Québec de revenus de l'ordre de 40 millions Jean-Claude Turcotte ?Le maire Bourque annonce son intention de faire souffler la neige sur les parterres au lieu de la ramasser, un retour en arrière de quatre décennies.?Les changements aux règlements d'urbanisme provoquent bien des remous dans plusieurs secteurs de Montréal.?Le conseiller Marvin Rotrand, de Snowdon, demande une enquête sur le financement de Vision-Montréal, à cause du nombre élevé des « contributions irrégulières ».?Le cardinal lean-Claude Turcotte lance le synode de Montréal avec un message d'espoir.?Économie ?Les sociétés Time Warner et Turner Broadcasting System forment une entreprise dont le chiffre d'affaires frôlera les 19 milliards de dollars américains.?Le géant américain MCI déboursera un milliard de dollars américains pour acquérir le société SHL, d'Ottawa.?L'Américain Amdahl acquiert le spécialiste de l'informatique québécois DMR pour 120 millions de dollars.?La société Eurotunnel décide de stopper le paiement des intérêts sur sa dette.Q Trois sociétés d'État décident de se retirer du CPQ, dans le sillage de la campagne référendaire.?Divers ?La Gendarmerie royale du Canada effectue à Chambly la plus importante saisie de fausse monnaie de l'histoire dans le monde : 120 millions US.?Un rapport d'enquête sur l'établissement de détention Leclerc démontre que l'institution est sous le contrôle de la mafia.?Cari Ripken.l'arrét-court des Orioles de Baltimore, participe à un 213l
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