La presse, 5 octobre 1996, C. Cinéma
[" Montréal, samedi 5 octobre 1996 C inéma La Presse I ,i nouwlli' mMi' a son ciyiiu) pièuv Cronenbers Il n'y a rien de porno là-dedans LUC PERREAULT Cannes, le prin-a lemps dernier, un JfL ».i iiique italien naît / ^ sorti de la projection ^^^a du film de David r Cronenberg en pro- ' * » \u2022 ¦ ¦ clamant : - Crash est un porno absolu.» Ce point de vue, on s'en doute bien, le metteur en scène torontois ne le partage pas du tout.« Je me suis dit que c'était sans doute parce que, la seule fois où il a vu trois scènes de sexe à la suite, ce devait être dans un film porno », me confiait récemment le réalisateur lors d'un entretien téléphonique.« Crash débute par trois scènes de sexe.Avez-vous déjà vu un film hollywoodien qui débute comme ça ?Dans ma chambre d'hôtel, à Cannes, je pouvais voir des films porno jour et nuit.Je peux vous assurer que Crash n'a rien à voir avec ça.» Son film, on le devine, est de ceux qui ne se laissent pas facile- ment approcher, même pour son auteur.« Il m'aura fallu faire le film, explique-t-il, pour savoir pourquoi je voulais le faire, * Il connaissait depuis dix ans le roman du Britannique James Gra-ham Bal lard mais, de son propre aveu, ne l'aimait pas tellement.Le livre lui était, dans un premier temps, tombé des mains avant qu'il se décide, six mois plus tard, a en reprendre la lecture.Parvenu a la dernière page, il s'était rendu à l'évidence qu'il n'adapterait jamais ce roman.Une biographie intérieure Il fut donc le premier surpris il y a trois ans quand, interrogé par son producteur Jeremy Thomas sur ce que serait son prochain film, il lui avait répondu : Crash, Je roman de Ballard.Thomas lui avait alors révélé qu'il avait pris une option sur les droits de ce livre dès sa parution en 1973.« Ballard a reconnu que Crash était son roman le plus autobiographique.Par là, il ne voulait pas dire qu'il y racontait sa vie.Il vou- 0 0 lait parler en quelque sorte d'une biographie intérieure au même titre qu'Empire of the Sun ( que Spielberg a adapté au cinéma ) en constituait le pendant extérieur.» Cronenberg, on le sait, adore les automobiles.11 a déjà piloté une Ducati 350 dont il possède encore trois exemplaires.Il a également fait des courses de moto.Les accidents de voiture, il connait.En maitre de l'horreur, il a de ces formules qui auraient plu au maitre du suspense ( pour ne pas nommer Hitchcock ) : «< Je peux vous dire, pour en avoir déjà eu un, qu'il n'y a rien d'excitant dans un accident de voiture.Mais Vidée d'un accident de voiture, voilà ce qui peut être excitant.» II avoue que ce qui le fascine vraiment c'est la nature humaine, l'existence, la condition humaine.* Ce film, précise-t-il, est un voyage initiatique et existentiel à travers l'esprit humain.Ce qui m'a intéressé dans le roman c'est de découvrir des personnages qui sont engagés dans une recherche sur les nouvelles formes, les nouvelles i 73 / David Cronenberg avoue que ce qui le fascine vraiment c'est la nature humaine, l'existence, la condition humaine.« Ce film est un voyage initiatique et existentiel à travers l'esprit humain.Ce qui m'a intéressé dans le roman c'est de découvrir des personnages qui sont engagés dans une recherche sur les nouvelles formes, les nouvelles structures de la vie.» structures de la vie.Par le biais d'un accident d'automobile, le héros, Ballard ( James Spader ), prend soudainement conscience de ce qu'il faut faire pour donner un sens à sa vie.Car, pour lui, n'importe quel sens vaut mieux que pas de sens du tout.» Un film religieux La façon dont les sujets s'imposent a lui, explique-t-il, ne correspond pas à un cheminement linéaire mais obéit plutôt à un cercle, ou, mieux encore, à une ellipse.«« L'horreur, confesse Cronenberg, ne me sert pas tant de prétexte que de métaphore.Je suis loin d'avoir définitivement renoncé à l'allégorie que peut m'offrir la science-fia ion.S'il arrivait que mon prochain film appartienne a la S-F, je n'en serais pas du tout surpris.» Il voit l'automobile, de même que la technologie en général, comme une extension du corps humain et des sens.Ce que le cinéma et l'automobile, par exemple, qui ont à peu près le même âge, partagent en commun, c'est d'avoir contribué à une accélération du temps et a un rétrécissement de l'espace.Parallèlement, la sexualité est devenue sans objet.Elle s'est déconnectée de l'idée de reproduction.Conséquence : chacun peut désormais prendre l'initiative d'inventer sa propre sexualité.Dans cette optique, les personnages de Crash explorent une nouvelle avenue érotit que dans laquelle la voiture sert en quelque sorte de moyen privilégié.Bernardo Bertolucci, le metteur en scène italien, a confié à Cronenberg qu'il considérait Crash comme un chef-d'oeuvre religieux.Si religion il y a, celle-ci se manifesterait par l'intermédiaire d'une secte nouvelle.La religion Crash, lance le réalisateur à la blague, n'aura peut-être fixé son rituel que dans 200 ans.Mais ses adeptes savent déjà que la transe surgit par le contact avec le métal froissé des voitures accidentées.Dans des messes qui tiennent du happening, Vaug-han ( Elias Koteas ), l'étrange photographe du film, reconstitue l'accident fatal de James Dean ou de Jayne Mansfield.Cronenberg éprouve un sursaut d'horreur quand on lui demande s'il faut prendre son film au premier degré, « Crash, lance-t-il, a paru à plusieurs sensationnaliste et choquant.Si c'est ainsi qu'il vous apparaît lors d'une première projection, je vous conseille de le revoir.Vous verrez à quel point c'est une oeuvre profonde, complexe, beaucoup plus complexe en fait que ce qu'il vous aura paru une première fois.» Le pool de hockey par excellence! 1 INSC\t!R|VEZ- du 4 au 4 IllilU \u2022 vo ¦\tIIIVLL us! 13 octobre C 2 LA PRISSf .MONTRÉ.AL.SAMEDI 5 OCTOBRE 1996 LONG KISS GOODNIGHT Des cauchemars au parfum de Hong Kong j K5 le bronze MATHIEU PERREAULT LOS ANGELES Chaque nuit, des cauchemars tourmentent Renny Harlin, au point qu'il se réveille presque toujours en plein milieu de son sommeil.La nuit précédant sa rencontre avec les médias, une armée l'avait poursuivi jusque dans une maison.Avec sa femme Geena Davis, il .avait dû abattre les nombreux assaillants qui pénétraient dans leur refuge.La routine habituelle, quoi ! Mais pas question de thérapie pour le réalisateur de Nightmare on Elm Street 4, de CliJJlianger et .', fle Cutthroat Island, qui récidive le 11 octobre ' avec The Long Kiss Goodnight.«« Mes cauchemars forment la source de ma créativité », explique, sérieux, le colosse finlandais aux longs cheveux en cascade.« Je règle tous mes problèmes pendant la nuit, de sorte que je suis en forme pour travailler pendant le jour.Évidemment, je dors peu.»» En forme, le mot est faible.Pendant deux heures, des rafales de mitraillette, des combats chorégraphiés à la manière de Hong Kong et des explosions touchant toute sorte de véhicules se succèdent, culminant en une pluie d'automobiles soufflées par la boule de feu issue d'une bombe pulvérisant un pont sur la frontière ca-pado-américaine.Cette avalanche de cascades et d'effets spéciaux de 65 millions commence par une métaphore sur la double personnalité d'une maîtresse d'école banlieusarde, devenue amnésique après une carrière de tueuse à la solde du gouvernement américain.Scénariste et réalisateur ne s'entendent d'ailleurs pas sur la portée de l'étude caractérielle.« Les scènes dramatiques du début servent à masquer l'action, qui perce brusquement quand Samantha retrouve la mémoire », soutient Har-' lin.« SI les personnages sont noyés dans le spectacle, nous avons échoué », rétorque Shane Black, dont les studios se sont arrachés le scénario, que New Line a finalement payé quatre millions.Geena Davis joue le rôle de Charly Baltimore dans le thriller « The Long Kiss Goodnight ».Les deux ont finalement trouvé un terrain d'entente tacite, puisque Black estime que son scénario n'a pas été déformé, malgré un évident glissement de la caméra des expressions des visages vers le jaune orange des explosions, à la mi-temps, « Certains flash-backs qui donnaient plus d'informations sur sa vie antérieure ont été coupés, de même qu'une couple de scènes spectaculaires qui auraient coûté trop cher, dit-il.Dans la première version d'un scénario, je génère toujours le maximum d'énergie, pour gonfler les surenchères.» Malgré certaines similitudes avec Nikita, l'auteur des scénarios de l ci lui Weapon et Last Action Hero proteste que l'héroïne française n'a pas constitué un modèle.« Je pensais plutôt à la mé- nagère de banlieue, qui lit son journal une fois son mari au travail et ses enfants a l'école.En parcourant les titres sensationnels, elle se prend à rêver à ceux qui vivent les péripéties de l'actualité.Dans Long Kiss Goodnight, elle devient l'instigatrice de ces événements Incroyables.» Prévoyant passer derrière la caméra l'an prochain, « avec un budget modeste, dix millions, pour ne pas être obligé de sacrifier la psychologie au spectacle », Shane Black se prépare en revoyant inlassablement les films de William Friedkin, French Connection en tète.« J'adore son style, je veux me l'approprier.John Carpenter me conseillait d'imaginer les scènes dans une chambre blanche : si elles étaient épeurantes dans cet environnement, le spectateur embarquerait.» En attendant, le passage à l'écran du dernier bébé de Black a donné lieu à un entraînement intensif pour Geena Davis, qui se reposait des journées éprouvantes de tournage en se faisant dorloter par son réalisateur de mari.« Chaque tueur professionnel qui verra le film sera satisfait de ma femme », affirme Renny Harlin.Les chorégraphies de Steve Davison, qui a travaillé sur Desperado et Front Dusk « Til Dawn, ont complété le travail d'un ancien militaire qui a montré à Geena Davis à se servir de pratiquement tout ce qui tire, en plus de l'initier aux gestes qui tuent.« Davison met un parfum de Hong Kong dans les combats », résume Harlin.Quant aux images de Guillermo Navarro, collaborateur attitré de Roberto Rodriguez et réalisateur à ses heures, elles ont un aspect « beau et chaud, piqué d'un côté moderne et recherché », pontifie le Finlandais.« En plus, il travaille vite.Nous avons pu tourner 3400 installations en 98 jours, un record, je crois.» Renny Harlin, dont la nostalgie de son pays se résume à faire boire de la Finlandia aux personnages et à filmer par moins vingt, est en effet un bourreau de travail.« Pendant un tournage, je suis au centre du monde, car moi seul sait ce que le film doit avoir l'air.Après, je me sens inutile, alors je tente de replonger dans un autre projet le plus rapidement possible.» Inutile de se demander pourquoi ses films ont la bougeotte.Pour un Finlandais exilé hanté par des cauchemars, la fuite en avant est la seule option.AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS Un Gérard Depardieu en bronze plus grand que nature et dans le| plus simple appareil, sera dévoi lé en présence du comédienl français, aujourd'hui à Paris, pa le sculpteur Bernard de Souzy, a l'occasion de l'exposition de ses bronzes animaliers.La statue monumentale del Depardieu, intitulée « La force' aveugle », ne cache rien de! l'anatomie de Cyrano de Bergerac, Haute de deux mètres et pesant 300 kg, elle est posée sur un socle en forme d'énorme bobine, symbole des films historiques! dans lesquels a Joué l'acteur, Christophe Colomb, Le Colonel Hubert, ou Camille Claudel.Cette sculpture est née de la rencontre entre Depardieu et Bernard de Souzy, un Franco-Américain de 50 ans qui partage son temps entre Paris et la Californie et s'est spécialisé dans les bronzes animaliers après avoir été longtemps un chasseur passionné de grands fauves africains.Inspiré par ce «fauve parmi les fauves », le sculpteur a proposé à la star de la statufier et l'acteur qui fut Rodin dans Camille Claudel s'est prêté à la pose.À partir d'un Depardieu en glaise rouge, un moule en élastomè-re silicone a été fabriqué .pour reproduire le modèle au centième de millimètre.Le cinéma Deux documents IMAX à voir sans lunettes I !™nçais au Mexique MARC-ANDRÉ LUSSIER collaboration spéciale Le cinéma IMAX du Vieux-Port de Montréal a mis cette semaine à l'affiche un nou-yeau programme composé de deux films documentaires qui s'inscrivent dans la plus pure tradition du style.Tournes en format IMAX 2D (c'est dire que vous n'aurez pas à porter les laineuses lunettes ), Mer sans frontières de Greg MacGillivray et Effets spéciaux de Ben Burtt sont en elfe! deux films aux images spectaculaires qui relèvent bien souvent de l'exploit, mais qui comportent aussi une approche didactique qui, dans le cas de Mer sans frontières, vient parfois contrecarrer les élans de lyrisme que le sujet aurait pu inspirer.Mer sans frontières a pour but de nous faire découvrir les beautés du monde sous-marin.Sur une trame sonore composée par Sting ( constituée parfois de motifs musicaux extraits de chansons connues ), la caméra volumineuse propre à la technologie IMAX (on imagine aisément les problèmes logistiques ) explore ainsi les profondeurs ocea-nes au gré d'une narration abondante à teneur écologique expli- quant toutes les interactions d'un monde qui nous apparaît encore, à bien des égards, mystérieux.Bizarrement, les scènes les plus spectaculaires ont lieu à la surface de l'eau.Ainsi, le spectateur sera \u2022 impressionné par la séance de surf sur les vagues d'Hawaii, et surtout par le périple d'une petite vedette de la garde côtiere américaine a Cape Disappointment, un endroit reconnu pour son ressac particulièrement violent.On a pour l'occasion d'ailleurs dû construire sur l'embarcation des supports d'une solidité à toute épreuve afin de fixer adéquatement la caméra.Au delà de ces scènes impressionnantes, il reste que Mer sans Aqence France-Presse PARIS Le Mexique est la nouvelle vitrine du cinéma français sur Icxon-tinent américain où le premier festival du film français présentera du 27 novembre au 1*1 décembre neuf films aux publics de Mexico et d'Acapulco.Unifrance Film International, qui remet à plat sa politique de promotion en Amérique' du Nord après la disparition du festival de Sarasota, en Floride, souhaite créer à Acapulco une grande manifestation annuelle ci un marché panaméricain où seront présentés une trentaine de films français à des journalistes, des exploitants et des distributeurs du Nord et du Sud du con-!inent.Unifrance souligne -que l'Amérique Lu nie représente un marché de plus de 200 millions de spectateurs avec un potentiel de développement important tant pour l'exploitation en salles que dans l'audiovisuel.EN BREF Au-dessus de San Francisco, King Kong livre sa dernière bataille dans une des scènes spectaculaires de « Effets spéciaux », un film créé par Imax.frontières, malgré des images d'une très grande beauté, souffre d'un didactisme aigu qui empêche toute magie.Peut-être la narration de Meryl Streep dans la version originale sauve-t-elle la mise.Effets spéciaux Il y a aussi une narration dans Effets spéciaux.Elle est ici par contre nécessaire dans la mesure où ce document nous tait visiter les coulisses de quatre grandes productions américaines récentes.Le cinéaste Ben Burtt a pu filmer à sa guise les plateaux de tournage de grands films à succès, de même que les techniques utilisées.Le clou de ce film en forme de reportage est sans contredit la reconstitution en grand format par la firme légendaire Industrial Light & Magic des effets spéciaux originaux de Star Wars.Ceux-ci ont été recréés à la faveur de scènes que George Lucas a tourné de nouveau en vue de la sortie l'an prochain de Star Wars Trilogy Spécial Edition.Pour célébrer le vingtième anniversaire de la sortie du film, Lucas a en effet décidé de gratifier Star Wars de nouveaux effets spéciaux numériques.L'effet en IMAX est saisissant.De même, Burtt a eu accès au plateau d'Independence Day; où l'utilisation de maquettes de célèbres édifices ont rendu leur destruction si réelle à l'écran, de Jumanji et de Ka-zaam.On a aussi eu l'intelligence, dans ce document, de relier ces effets de pointe à ceux, plus artisanaux, utilisés tout au cours de l'histoire du cinéma.Spectaculaire et instructif.MER SANS FRONTIÈRES de Greg MacGillivray et EFFETS SPÉCIA UX de Ben Burtt au cinéma IMAX du Vieux-Port de Montréal.Crash : une oeuvre forte qui fonctionne * LUC PERREAULT Ton connaît la place à la fois banale et vitale ?qu'occupe dans nos vies quotidiennes l'automo-l bile.Mis à part la vogue de la Formule 1, la voiture est devenue le symbole d'un siècle qui a 1 fait de la vitesse une valeur de référence.Avec T Crash, David Cronenberg élargit, si besoin était, nos horizons.Dans cette Amérique fin de siècle dominée par les gratte-ciel, les autoroutes, le béton et l'asphalte, il nous apprend que la voiture s'est métamorphosée en un temple d'où sortira -.bientôt une nouvelle religion.L'accident de voiture constitue l'élément déclencheur, la salutaire catharsis menant à la conversion.C'est ce qui se produit pour Bal lard ( James Spader ).le personnage central de Crash.Celui-ci découvre l'étrange érotisme lié à l'acier froissé de sa voiture accidentée.Il lente avec sa femme Catherine ( Deborah Unger ) de renouveler cette forme d'extase.Au contact de Gabrielle ( Rosanna Arquette ), mutilée et infirme suite à un accident, il va pouvoir donner libre cours à ses penchants fétichistes.Mais c'est avec Vaug-han ( Elias Koteas ), un photographe qui aime prendre des photos d'acciefents, et le Dr Re- mington ( Holly Hunter ) que cette quête erotique va prendre les proportions d'un véritable culte.\u2022 Grand-prêtre de cette religion nouvelle, Vaug han en a déjà canonisé les nouveaux saints ( ou dieux ?).Ils ont pour noms James Dean, Jayne Mansfield, Elizabeth Taylor ou John Kennedy.Quand il rejoue, sous forme de happening, la mort de James Dean ou ensuite, plus tragiquement, celle de Jayne Mansfield, Vaug-han met au point les rites très étranges d'un culte qui ne paraît qu'à peine décalé de la réalité.\u2022 S'inspirent du roman de J.G.Ballard tout en le transformant, Cronenberg propose une métaphore très riche du monde moderne dans laquelle érotisme et automobile tiennent la place de révélateurs.Pris au pied de la lettre, ces personnages frisent le ridicule.Mais pour Cronenberg, l'érotisme ( dont on connaît depuis Freud les liens avec la mort ) peut revêtir toutes les formes possibles, y compris celles, en apparence tordues, de l'attirance pour la tôle froissée.De là toutefois à tomber dans la pornographie, il y a une marge que Cronenberg se refuse de franchir.OW chercherait en vain dans Crash une seule image cherchant à éveiller chez le spectateur ce cochon qui sommeille.Ce film témoigne au contraire dans son écriture d'une rigueur tout à fait remarquable.Crash atterrit sur nos écrans avec le mystère troublant d'un météore venu d'ailleurs et le côté rassurant d'un phénomène familier.Tel est le paradoxe du film de David Cronenberg qui Joue de l'horreur sans se servir des frissons faciles que le genre autorise.On croyait Toronto trop englué au coeur de l'empire américain pour que s'y exerce un tel^ regard critique.Cronenberg a su puiser à même les mythes nord-américains sans pour autant céder à la tentation hollywoodienne.Son film paraît dans cette optique irrécupérable par la grosse machine.Ça ne l'a pas empêché, malgré tout, d'accéder à la tête du box-office en France où ce film a connu cet été un véritable triomphe.Depuis le Déclin d'Armand, rares sont les films canadiens qui sont parvenus à provoquer cette sensation d'avoir affaire à une oeuvre forte et qui fonctionne.CRASH, de David Cronenberg, aux Loews 1, Carrefour Anffrignon l.Pointe-Claire 5 et Laval 3.' Pacino, un fan de Burton m Difficile de s'imaginer At Pacino en admirateur éperdu d'une vedette.Mais c'est exactemem ce qui s'est produit quand il a rencontré son idole, Richard Burton, en coulisses à l'occasion d'une reprise de Camelot,- ' en 1980.Quand Burton a suggère qu'ils se rencontrent pour dîner et a demandé à Pacino son; numéro de téléphone, Pacino en a été si énervé qu'il lui a remis, à la place, une autographe.Au tour de Faye ¦ Faye Dunaway a à son tour son nom gravé dans la fameuse allée des célébrités, à Hollywood.L'actrice a affirmé fvoir été émue par cette consécration.Mme Dunaway, surtout connue pour sa performance dans! des films comme Bannie and Clyde, Les trois jours du condor et Chinatàwn, a remporté un Oscar pour Network.Elle travaille présentement au film Albino Alligator, réalisé: par Kevin Spacey.Divine sollicitation S ¦ La prostituée rendue célèbre par Hugh Grant, Divine Brown, | subira un procès en décembre sous l'accusation d'avoir pratiqué des activités reliées à la prostitution.Elle a comparu devant un tribunal de Las Vegas pour plaider non coupable* Selon la police.Divine BrownCfaisait de la sollicitation à l'hôtel où s'était déroulé, la veille»;un combat avec Mike Tyson.Divine Brown dit avoir été faussçrjiieni accusée.On se rappelle que la Jeune femme et Hugh cirant avaient été arrêtés en juin t*95 après avoir été surpris en tram de se livrer à des actes sexuels dans la voiture du comédien britannique.?\u2022 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI S OCTOBRE 1996 \"Il y a 2 mots pour 2 JOURS DANS LA VALLÉE: Avoir!\" \u2022JudyGertel TORONTO STAR 2 JOURS DANS LA VALLÉE est un captivant mélange de meurtre, de mystère et de rebondissements.\" \u2022LojsS Hoàsoa, CALCARYSUN 1 Louise Carré : un coeur Sud LUC POOrCAULT L'honneur de lancer hier soir le 9* festival « Silence elles tournent » était confié au documentaire de Louise Carré, Mon coeur est témoin.Ce film offre le témoignage attachant de la réalisatrice québécoise qui a consacré cinq ans de sa vie à la réalite de ces femmes vivant en pays musulmans.Elle attribue son intérêt à leur cause au choc subi le 23 juillet 1990 par une photo montrant une Palestinienne penchée sur le corps de son mari assassiné.On est frappé dans ce documentaire de 88 minutes par l'importance accordée a des femmes, nord-africaines, koweïtienne ou malienne, en apparence beaucoup plus émancipées que l'image traditionnelle qu'on a l'habitude de s'en faire en Occident.Louise Carré s'est passionnée pour des femmes dont le handicap paraît parfois accablant mais qui luttent avec courage.Une lutte qui n'est d'ailleurs pas sans dangers, comme le témoigne cet assassinat d'une journaliste algérienne signalée à la fin du film.Des femmes qui se sont illustrées Les intervenantes retenues par la réalisatrice sont pour la plupart des femmes occupant de hautes fonctions dans leur société ou qui se sont illustrées par une oeuvre littéraire ou par l'exercice d'une carrière exceptionnelle.Mon coeur est témoin qui marque une rupture dans une oeuvre surtout illustrée jusqu'ici par la fiction pourrait devenir un utile instrument de référence pour sensibiliser ceux du Nord a la dure réalité du Sud, surtout lorsque celle-ci se conjugue au féminin.Ce film, qui s'inscrit au sein d'une programmation riche et touffue, devrait inciter les cinéphiles à tenter une incursion cette année du côté de Silence elles tournent.Cent cinquante films provenant de 30 pays composent le programme de cette manifestation, y compris les huit longs métrages de fiction et les huit documentaires inscrits en compétition.Outre un volet sur les cent ans du cinéma des femmes pionnières ( dont La fée aux choux d'Alice Guy datant de 1896 ), des rétrospectives figurent au programme ( notamment celle consacrée a Christine Pascal ), sans oublier un volet jeune public.À signaler dans la nuit de samedi à dimanche, a compter de minuit et demi, la Nuit haute tension.On y présentera des oeuvres de femmes s'illustrant dans le domaine de l'horreur, du suspense et du polar.TENDRE ET IRO NIQl RAFRAÎCHISSANT \u2022.(FAIT) SAUTER.STÉRÉOTYPES ET CLICHÉS\" X L'ESCORTE UN FILM DE / A FILM BY DENIS LANCLOIS tr*£ PAUL-ANTOINE T AILLE FER R0B»N AU6ERT ER»C CABANA UaPjE lEf\u20acBv«\u20ac PATRtCE COQUEA6AU -AS** «Cy 10USE LAPRAK mxwer* w [mnnmmm m P»ttD //www virlualfili **t( KHA fil MU «MOUU.CwtlU onfv-wi CfHTIUVtLU * com/H!ml/Scr©«ninQ/F«alurt»/E*coii< CONSULTEZ LES C.UIDES HORAIRES DES CINEMAS \"DEUX FOIS BRAVO\" SJSKfl ANO B8IT Jtrr Imtu FLY AWAY H0ME« CONSULTEZ LES GUIDES HOUAItU S Ot St.lfJfMAS 1 CA>Nt> 1\t\t«6 ' 1 P r\\T\\ | u i\tMTiim M V1 V««\t Daniel Autcuil Pascal Duqucnnc LE HU/TIEME \t-xdom \t v clanny aiello jeff daniels eri hateber ¦ ¦ marsha mason paul mcmirsky \u2022 \\ jour S îlns vallée llMIlKlliHHHI^- 4r.i»ir-'Hlffl!lliP«tllK*:wAlllfflil : mmbkiihmii ir 1 30-4 00-7 10-9 30 HOMMES.FEMMES: MODE D'EMPLOI (Or 1 10-3 50-7 00-950 L'HOMME IDEAL (Or 12 50-3 204 50-9 20 LA NUIT DU DELUGE (Or 3 30-0 05 j«u 3 X 2 JOURS 0ANS LA VALLEE (13>r 1 OO-S 00-1000 JMJ1 00-1000 CRASH VF (19*r 1 45-4 15-7 25-940 PALACE 6 698 rue Ste-C4tneor« O 866-6991 X ?TOUS LES JOURS \u2022 TOUS LES FILMS 2.50$ NUTTY PROf ESSOR (Cr 12 20-2 25-5 00-7 10-9 10 \u2022 COUCHE -TARD um 11 X THE FRKjMTEMERS (13>r 12 152 40-5 10-7 35-9 55 -COUCHE-TARD um 12 15 ?MISSIOR IMPOSSIBLE (Or 1205-2 204 40-7 00-920 -COUCHE-TARD um 11 40 THE CROW.CITY OF ANGELS (1f4f 12 30-2 455 05-7 20-9 40 COUCHE-TARD um 12 00 THE FAN (13*r 12 40-3 00-5 20-7 40-1000 COUCHE-TARD um 12 20 COURAGE UNOER RRE (OT 12 10-2 35-4 557 30-9 50 -COUCHE TARD um 12 10 DORVAL 260 mv Dorvai 631-8586 ?L entree generale 6.00$ - matinees 4.25$ mardi S mercredi 4.25$ enfants 4 age o or 4.25$ 03 THE MIGHT\t1 DUCKS (Or 7 00-9 30 um.dMn 1 00-\t 7 00-9 M\t\t EXTREME MEA\tSURES (13*r 7 25-0 50 um,\tmm 1 20- 7 25-9 50\t\t LASTMAMST4\tIN0M0 (13>f 7 3S-1000 ui»\ti.dkw 7 35- 1000\t\t FLY AWAY HOI\tME (OT um.am 1 15\t THE QUMMER\tMAN (SAC)'7 l5-*45um.\tMm 1 35-7 1S 9 45\t\t 1 GREENFIELD PARK\t\t 3620 bou* Jm\ticfwMu 671-6129\t TOUS LES JOURS - TOUS LES FILMS 2.50$ CHAIN reaction (o) 7 20-9 30 um.Am 1 50-7 20-9 30 the fan (13+) 7 00-9 20 MmÛÊm 1 45-700-920 the crow: city of angels (19>) 730-915 2 00-7 30-9 15 F P 8-POINTE CLAIRE (Po^e-Ciar») ^85txxjl Hymu» 697-6095 1:10.1204 45- the olm4mer man (sac) * 7 30-10 05 nm.*m 1 00- 3 15-7 30-1005 ?d3:the mk3hty ducks (Or um u$*«f\t688-7776 ?03 THE MIGHTY OUCKS (Or 7 0O9 15 um.Am 1 20- 4 00-7 00-9 15 L HOMME IDEAL (Or 7 10-9 30 uni.** 1 404 10-7 10-930 CRASH (19*r 7 30-9 55 um.Om 1 50-4 40-7 30-9 55 ?2 DAYS IN THE VALLEY ( 13T 7 15-9 40 um.dwn 2 00- 4 30-7 15-9 40 ?03 LES MtGHTY OUCKS (Or 7 20-9 35 im.Mii 1 30 4 20-7 20-9 35 PINOCCHIO V F (Or t*m m.-ii X de riches veufs et les détrousseurs de vieilles dames.Angoissés* chacun a sa manière.Blanc et Lini se sont fabrique un petit ulcère qui les a conduits dans la même salle d'attente delà même clinique de gastro-entérologlc.Du hasard de leur rencontre, naît une amitié aussi mal assortie qu'on puisse l'imaginer et pourtant crédible.Et un quiproquo ( un peu gros, lui.mais passons, nous sommes dans une comédie ! ).Car.par l'action d'une doctoresse en mal de vengeance ( Alessandra Martines-Lelouch ).leurs diagnostics respectifs ont été inverses.Les spectateurs, même ceux qui ne sont pas tous de la manière Lelouch ( les destins croises, les grands mouvements île caméras, et.pour la vingt \u2022cinquième lois, la musique de Francis Lai ) apprécieront ses dialogues pétillants, truffés de mots a consigner ( signes Lelouch el René Bonnell ).le jeu des acteurs ( outre les quatre cites, plusieurs valeurs sures, comme Pierre Arditi, Caroline Cellier, Ticky Holgado, Ophelie Wintcr.Agnes Soral.et les jeunes Salome Lelouch et Christophe Hemon ).tous impeccablement dirigés ( le grand atout (Je Lelouch ).Us y feront aussi la découverte d'une voix phénoménale, celle de l'ex-jardinier Patrick Hus-son.certifiée.soprano ! HOMMES, Il M Ml s WODI D'i MPLOI de Claude Lelouch, Loews J.Laval 11 et Carrefour Angrignon 2 «Un feu roulant de gags drôl Hugette Koberge la Mre-.\\e icaces.» « » Jorin Griffln lue Ga/ette J'ai vraiment rigolé.Vraiment très, très marrant!» Rf»* Hormrr Hoy.C'e-\\t bien meilleur le rnatif».Hatlio
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