La presse, 13 octobre 1996, B. Livres
[" B Montréal, dimanche 1 i octobre 1996 Livres Arsène Bessette: la petite histoire d'un journaliste débutant page B3 » T.: Truismes, le premier roman de Marie Darrieussecq, constitue l'événement littéraire de l'année en France LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale, PARIS : \\ Graphisme : Jocetyne Potelle / illustration: André Rrvest / Pnoto : John Foéey/Opale Cm est davantage qu'un * sujet de scandale : un triomphe littéraire.Le roman d'une parfaite inconnue de 27 ans, Truismes, est devenu non seulement l'événement de la rentrée parisienne, mais, selon le critique Jérôme Garcin, « le phénomène littéraire le plus incroyable depuis Bonjour tristesse de François Sagan en 1954 ».Déjà à Paris, il faut un miracle pour qu'un nouvel arrivant se détache de l'impressionnante masse d'oeuvres publiées chaque année ( 250 romans pour cette rentrée, dont plus de 70 premières oeuvres ).Le miracle ne se produit guère plus d'une fois tous les deux ou trois ans \u2014 hors prix littéraires \u2014 et il est d'ailleurs généralement le fait de jeunes romancières.Il y eut Alina Reyes avec son scandaleux Boucher, la talentueuse et jolie beur Nina Bouraoui parlant de l'Algérie, la surdouée belge Amélie Nothomb qui avait déjà une quinzaine de romans dans ses tiroirs a 21 ans et, au printemps dernier, Agnès Desarthe avec une oeuvre plutôt intimiste.Un Secret sans importance.Mais cette fois le phénomène a pris une autre dimension, avec cette fable provocante, grinçante et ciselée, écrite en un mois et demi par une jeune normalienne originaire du pays basque et répondant au nom de Marie Darrieussecq \u2014« Cela signifie ruisseau sec en occitan, vous vous rendez compte pour un écrivain ! » plaisante-i-elle.C'est l'histoire, pas banale, d'un manuscrit qui devient célèbre avant même d'être publié.Marie Darrieussecq l'avait envoyé par la poste à cinq éditeurs parisiens, quatre « majeurs » et un « petit », P.O.L., spécialisé dans les oeuvres difficiles et confidentielles.Voir TRUIE en B 2 r : Jules Verne 3 ROMANS POSTHUMES PUBLIÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LEUR VERSION D'ORIGINE 4T>r i A KKbbbb, MONTREAL, DIMANCHE 1 * t>< fOBRE 1996 BIOGRAPHIE Le pape comme dans un film d'Oliver Stone ! STÉPHANE POTVIN collaboration spéciale a controverse suscitée lors de la visite en France de Jean-Paul II, qui venait commémorer le baptême de Clo-vis, ne fait que confirmer ce qui se dessine depuis la nomination de Karol Wojtyla au Vatican en 1978: rarement un pape a-l-il autant monopolisé l'attention.\u2022Celle tendance devrait se poursuivre encore alors que sortent ac-tuellemenl sur le marché quelques biographies relatant la vie du $aint-Pèrc.La toute dernière.Sa Sainteté : Jean-Paul II et l'histoire cachée de notre époque, est la traduction de l'ouvrage de Cari Bernstein et de Mann Politi.La brique de 474 pages est forte-ment marquée par les préoccupations politiques de son auteur le .fxlus connu.Cari Bernstein \u2014 devenu célèbre à la suite de son travail d'investigation dans l'affaire du VVatergate.Ainsi, une large partie du livre est consacrée à l'implication politique du pape un peu partout dans le monde, mais surtout dans son pays d'origine, la Pologne.Cherchant a expliquer l'effondrement du communisme dans ce pays à l'imposant héritage catholique, les auteurs y vont d'une hypothèse digne des films d'Oliver Stone : il y aurait eu complot entre l'équipe de Ronald Reagan et le pape.ici, les auteurs négligent le lait que l'ex-président américain et le pape onl souvent divergé d'opinion dans ce dossier, notamment quant a la nécessité du blocus économique imposé à la Pologne au cours des années 1980.Autre nuance: Jean-Paul II a toujours abhorré ccr- PMOTOTVEQ'JE IAPRÎ .Jean-Paul II au parc Jarry, en 1984.taines valeurs occidentales, et tout particulièrement celles des Américains.Certes, il y a eu collaboration en- tre le président et le pape ( ce que corrobore les dires des diplomates américains interviewés par les auteurs ).Mais cela n'autorise aucu- nement a confondre une relation de connivence avec un complot.La rupture historique Cela dit, analyser l'influence politique de Jean-Paul II sur le sort de la Pologne ne manque définitivement pas d'intérêt.Dès l'introduction, nous sommes happés par l'évocation de la première visite du pape en Pologne, en 1979.Ce moment vibrant marque une rupture dans l'Histoire.La Pologne, écrasée sous le poids du totalitarisme, dévoyée de ses croyances les plus chères, reprend espoir sous le- couvert de l'autorité morale de Jean-Paul II.Sans attiser aucune haine, le Saint-Père en appelle à la reconnaissance des droits les plus fondamentaux de sa patrie, comme la liberté de religion.Par la suite, l'Europe de l'Est ne sera plus la même.Les communistes avaient jadis imposé leur dogme en le substituant a celui de l'Église catholique.Apres la visite du pape, c'est l'inverse qui se produit.Fait peu banal : ayant eu accès aux archives du Politburo de Moscou, les auteurs nous font partager les réactions des Brejnev et AndropOV qui assistent impuissants a la chute de l'Empire soviétique.La psychanalyse fumeuse Évidemment, il est aussi question dans cette biographie de Karol Wojtyla, de l'homme.Là encore, les auteurs succombent a des analyses tendancieuses.Ils expliquent les oppositions du pape a l'avortement et a l'ordination des femmes par le décès prématuré de sa mère alors qu'il n'avait que 8 ans.Ce faisant, il échappe aux auteurs que le pape-actuel est plus a l'aise avec les femmes que ses prédécesseurs.De plus, il faut rappeler que le* pape est tout simplement fidèle a la position officielle de l'Eglise depuis des milliers d'années.Cela demeure vrai, qu'on approuve ces positions ou non.Les choses s'enveniment encore lorsque les auteurs soumettent une autre hypothèse sans fondement.Lors de la rédaction du livre The tins Person, le pape a longuement échange avec une intellectuelle ( Anna-Teresa Tymieniecka ).qui partage avec le Saint-Père un intérêt pour la phénoménologie.Les auteurs, sans preuves aucunes, suggèrent que cette relation a pour fondement une attirance sexuelle réciproque.Sa Sainteté procède en somme d'une lecture sensationnaliste de la vie de Karol Wojtyla.Les auteurs v véhiculent des idées qui pèchent par un même occidentalisme : dans ce cas, une simple collaboration diplomatique devient un complot, un échange intellectuel camoufle nécessairement des désirs sexuels irrépressibles et enfin, un pape fidèle au dogme île l'Église est présente comme un tvran.m Heureusement, ce sont la des éléments secondaires.Au coeur de la biographie de Bernstein et de Politi.c'est l'étrange parente entre la Foi et le Politique qui se dévoile.Qu'il s'agisse de la croyance en l'Histoire, en la Nation, en la Main Invisible ou encore en la Main de Dieu, tout semble indiquer que la foi ne déplace pas des montagnes, mais des régimes.SA s \\INTl II II WI'M I II l i i HlSTOlRl i u m i m NOTRl i ro-Ql i ( art BentsU m ei Marco Politi.traduit par Frank Strascttitz.Ania < 'iecha-nowska, Fabienne Vimeren et Martine Leroy-Battistelli.Éditions Pion, i ronce, 1996, 174 pages Infirmière sans frontières DANIELLE BONNEAU Peu de gens choisissent de vivre comme Éliza-belh Carrier en pays de guerre ci dans des camps de réfugiés.Et peu pourraient supporter longtemps les privations, les nuits d'insomnie sous les bombardements et le manque de confort inhérents a sa condition il'inf irmierc dépêchée a travers le monde par des organismes humanitaires.Il s'agit d'une véritable \\ ocation.Et pourtant, Éllzabeth Carrier chérit sa vie de nomade et apprécie de se trouver au coeur des pires tragédies qui secouent notre époque.Pour la Croix-Rouge surtout, elle s est notamment retrouvée à la frontière du Cambodge et de la Thaïlande où se sont réfugiés les Kmeis, en 1980, à Kousséri au Cameroun où plus de 100 000 Tcha-diens ont fui la guerre, en 1980*1981, en Ouganda pour participer à un programme d'aide alimentaire, en 1984-1985, et au Liban déchiré par la guerre, en 1986.Nourrie par sa soit de connaître d'autres peuples et d'autres moeurs, elle n'est revenue au Québec qu'épisodiquement, entre deux missions, depuis l'obtention de son diplôme d'infirmière en 1973.Déjà, pendant ses études et au tout début de sa carrière, elle a choisi de travailler auprès des Amérindiens et des Inuits.Mais elle a vraiment attrape la piqûre pendant les trois années ou elle a effectué des travaux d'aide au développement au Sénégal, de 1976 à 1979.« Je ne tiens pas en place et trouver un travail qui me convienne dans le milieu hospitalier me semble impossible, écrit-elle peu après son retour.J'ai attrapé la bougeotte, maladie inconfortable s'il en est, et pourtant combien passionnante.» Née à Lévis, elle a toujours été fascinée par l'Afrique traditionnelle, aidée en cela par les histoires de son oncle Maurice, missionnaire en Afrique.Elle a d'ailleurs choisi de devenir infirmière pour soulager la misère, mais aussi pour élargir ses horizons.Dans son livre Entre le rire et les limites, elle partage ses diverses expériences.Elle parle des gens avec qui elle a tissé des liens solides et des multiples tâches qu'elle a été appelée a accomplir au fil des ans.Elle révèle les terribles conditions dans lesquelles elle a vécu et les drames quotidiens dont elle a été témoin.Mais elle raconte aussi les beaux côtés de sa vie mouvementée, qui lui permettent de soutier un peu et de ne pas vivre continuellement en état de crise.Et lorsque cela se prête, elle jette un regard critique sur l'aide internationale, qui ne cherche pas toujours à encourager les gens à se prendre en main, et sur les différents organismes humanitaires, qui ne collaborent pas toujours sur le terrain.Elisabeth Carrier, qui a été décorée de la médaille Florence Nigh-tingale par le comitié international de la Croix-Rouge, en 1991, se rend encore là où elle a le sentiment d'être utile.Son livre, fort intéressant, permet d'apprécier son courage et de suivre ses péripéties.dans le confort de notre salon.Ce qui est beaucoup plus douillet et sécuritaire ! ENTRE LE RIRE ET LES LARMES.Elisabeth Carrier, avec la collaboration de Fifeli Perrin.Les Éditions de l'Homme, Mon* tréal.1996.368 pages.PHOTO ROBERT NAD0N .Élizabeth Carrier a conascré son temps à l'aide humanitaire dans le Grand Nordv en Afrique et en Asie.LES BEST SELLERS Fiction [romans)\t\t\t 1 C'est pour mieux t'aimer mon enfant\tChrystine Brouillet\tLa Courte Echelle\t(4) 2 Instruments des ténèbres\tNancy Huston\tLemeac / Actes-Sud\t(5) 3 Annabelle\tMarie Laberge\tBoréal\t(D Essais\t\t\t 1 Histoire populaire du Québec, Tome 3 Jacques Lacoursière\t\tSeptentrion\t(6) 2 L'amour en guerre\tGuy Comeau\tL'Homme\t(D 3 Les grands esprits de notre temps\tEn collaboration\tQuébec / Amérique\t(D Éditions étrangères\t\t\t Fiction (romans)\t\t\t 1 Le Monde perdu\tMichael Crichton\tLaffont\t(2) 2 Les Échelles du Levant\tAmin Maalouf\tGrasset\t(D 3 La Ligne verte\tStephen King\tFlammarion\t13) Essais\t\t\t 1 Initiales B.B.\tBrigitte Bardot\tGrasset\t(D 2 Léo Ferré, une vie d artiste\tRobert Beiieret\tActes-Sud\t(6) 3 La dixième révélation de la Prophétie des Andes\tJames Redfiekj\tLatfont\t(6) Livres pratiques\t\t\t 1 Le Petit Larousse illustre 97\tEn collaboration\tLarousse\t(6) 2 Guide de l'auto 1997\tJ.Duval.D.Duquet\tL'Homme\t(D 3 Horoscope 1997\tAnne-Marie Chalifoux\t7 Jours\t(D Les listes nous sont fournies par les librairies survantes: Archambault, Bertrand, Champigny.Le Fureteur (St-Lambert).Garneau, Guérin, Hermès, René Martin (Jotiette).Monet.Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi).Maison de la Presse Internationale, Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trois-Rivières), Rarfin.Renaud-Bray, Sons et Lettres, Librairie Smith promenades de la Cathédrale).Défense et illustration de la truie t TRUIE / Ssuite Je la page B /_ Moins d'une semaine plus tard, quatre éditeurs \u2014dont Le Seuil, Grasset et Fayard\u2014 la rappellent pour lui proposer la publication ! Estomaquée mais pas impressionnée, elle pousse la coquetterie jusqu'à opter pour le plus petit.L'histoire fait le tour du quartier de l'édition : un premier roman que se sont arrachés quatre éditeurs ! Avant même la fin du mois d'août, les pages littéraires des grands journaux se répandent en éloges.Débtit septembre, Tmisntes est déjà installé sur les listes du Goncourt et du Fémina.À la mi-septembre, il occupe la deuxième place dans la liste de L'Express, malgré la concurrence des poids lourds de la rentrée.Quand je rencontre la jeune personne en question, on est en train d'en vendre 5000 par jour ! « Quand j'ai reçu les quatre réponses favorables, je me suis dit qu'il se passerait un petit quelque chose, mais je ne m'attendais vraiment pas à ça ! » dit-elle, avec l'air de s'en amuser plutôt qu'autre chose.En fait, Mlle Darrieussecq est une fausse débutante : « J'écris depuis l'âge de six ans.Et j'ai dans mes tiroirs cinq romans terminés, que je n'ai d'ailleurs pas l'intention de publier.» Ça ne devait pas être trop mauvais, car le pape du roman d'avant-garde », le redoutable Jéro- f nie Lindon des Editions de Minuit, s'était intéresse à ce qu'elle écrivait et l'avait encouragée a continuer.On est donc loin du roman de gare ou du simple succès de scandale.La précision est nécessaire car le sujet de Tmisntes \u2014 audacieux jeu de mots i lui avait d'abord effraye son propre éditeur\u2014 est plutôt scabreux : c'est le récit d'une jeune femme.qui se métamorphose en truie ! Rien de moins.La narratrice, vendeuse simplette dans une parfumerie où elle a trouvé « un mi-temps payé un tiers de salaire » et où elle rend volontiers de petits services au patron et aux clients, découvre dès la première page du livre que ses cuisses et son derrière ont grossi, que sa peau a rosi.Puis il lui poussera une, deux, quatre mamelles supplémentaires, ses oreilles se développent, son nez se transforme en groin, elle ne parvient plus à marcher sur ses deux pattes.Une métamorphose progressive qui a d'abord beaucoup de succès auprès des hommes, puis finit par les dégoûter ( ! ).Qu'à cela ne tienne : elle trouvera l'amour absolu avec un loup-garou parisien.Les soirs de pleine lune, ils se font livrer des pizzas : « Moi je dévorais les pizzas, lui dévorait le livreur.» La fable est souvent très drôle dans la forme et, malgré la crudité scabreuse et extravagante du récit, on reste toujours dans l'allusion et l'ambiguïté : tout est suggère, rien n'est décrit.«< C'est un croisement de La Métamorphose de Kafka et d'Histoired'O ».dit le même Jérôme Garcin, dith\\ -ramhique comme la quasi-totalité de la critique.« Jamais je n'ai ose penser a Kafka, dit modestement notre romancière, ça m'aurait empêché d'écrire la première ligne.Mais il est vrai que je considère Histoire d'O comme un chef-d'oeuvre.» Autant dire que Marie Darrieussecq n'est pas vraiment une féministe : en fait, elle se verrait plutôt comme une post-féministe.« C'est justement le féminisme de la génération précédente qui m'a donné une liberté totale vis-à-vis de mon corps.Et à partir du moment où j'ai cette liberté, je peux me permettre d'écrire des choses vraiment horribles sur l'image féminine.Une chose est certaine : si c'était un homme qui avait écrit le livre, il se serait fait assassiner ! » Dans les milieux littéraires, vous rencontrez ici et là ces jours-ci des dames révulsées par « ce livre dégueulasse ».Mais elles se trouvent bien minoritaires face à la louange quasiment unanime des médias \u2014 et au brevet de qualité décerne par « les dames du Fémina », pourtant peu portées sur ce genre de provocation, encore moins sur la pornographie.Il faut croire qu'un nouvel écri- vain est ne. LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE ! * OCTOBRE 1W6 Livres ROMAN scribe floué d'Arsène Bessette Réginald Marte! Ne sachant rien faire et ne sachant que faire, quelques diplômés du cours classique tâterent du journalisme.C'était au début du siècle.Arsène Bessette fut de ceux-là, qui fit carrière au Canada français de Saint-Jean et qui travailla un temps à La Presse.Nous ne savons rien de ce Bessette.qui mourut bien jeune et fut l'homme d'un seul livre.Le Débutant.C'est le silence de la critique, plus que les condamnations de l'Eglise, qui tua ce remarquable roman.Les responsables de la Bibliothèque québécoise, dont le jugement est généralement sûr, ne s'y sont guère trompés.Il y a dans Le Débutant une forme et un fond qui tran- chent absolument sur les bondieuseries ou l'agriculturisme auxquels furent ou se voulurent contraints tant d'écrivains canadiens-français dont le talent latent jamais ne s'exprima vraiment.Roman d'idées, surtout.Des idées qui étaient celles des libéraux du temps, de leur aile radicale je veux dire, et qui visaient a l'émancipation du peuple, engoncé dans une ignorance cultivée par qui elle servait si bien, la hiérarchie catholique et les politiciens.Instruire, informer et moderniser les esprits, instiller dans les consciences endormies un brin d'esprit critique, tel était leur ambitieux projet.Le héros du Débutant.Paul Mirot, ne pense pas autrement.Aussi se lance-t-il dans le journalisme, croyant en toute innocence que la vérité qu'il défend mérite d'être écrite, qu'il se trouvera bien quelqu'un pour l'imprimer et pour la lire et qu'elle finira par triompher.Arsène Bessette lui-même n'avait pas cette naïveté.À propos du livre d'un collègue.l'Envers du journalisme, il écrit dans le journal de Saint-Jean : « Le jeune homme /./ que la né-cessiti de gagner sa vie pousse vers le journalisme, tel qu'on l'entend dans nos grands journaux /./.est une intelligence perdue.»* Le métier de journaliste, de toute évidence, était pour Bessette rien de moins qu'une mission \u2014et un suicide.Le Débutant, qui allait paraître en 1914.un an après la publication de l'article cité, ne reflète pas exclusivement le desenchantement de son auteur.Le journaliste débutant Paul Mirot, c'est vrai, courra de désillusion en desillusion, mais Bessette.plutôt que d'en faire un martyr, a la bonne idée de se moquer de lui, non sans quelque tendresse.En dédouanant ainsi son héros, il peut s'en donner à coeur joie pour dénoncer « le fanatisme politique et le préjugé religieux »».Il ne le fait pas sur le ton de l'imprécation, bien au contraire.Plus subtil, il donne la parole a ceux qui, ayant cessé de lutter, se sont glissés dans une morosité qui n'est pas sans cynisme.Le premier patron de Mirot, qui est de ceux-là, aura la franchise de lui dire : « Le journal ne critique que ce qui peut être nuisible au parti qu'il défend ou aux recettes qu il encaisse.» Décidément, le temps ne passe pas ! Bessette : l'exil Intérieur Dans sa présentation du Débutant, M\"* Madeleine Ducrocq-Poirier décrit avec beaucoup de compétence la tension variable qui unit la vie d'Arsène Bessette et celle de son héros, Paul Mirot.On aura remarque de toute manière que l'oeuvre ne ressemble en rien aux premiers romans de nature autobiographique, souvent tout pleins de componction et de distanciation feinte.Il n'empêche que les passions et les intérêts de Mirot sont en partie ceux de l'écrivain, ce qui crée dans l'espace romanesque une certaine distorsion.Je songe aux pages sur le théâtre \u2014 du burlesque au classique \u2014.qui n'auraient qu'un intérêt anecdotique si Bessette, très habilement, ne se servait des représentations qu'il évoque pour mettre en contact, et en représentation justement, quelques-uns de ses principaux personnages.Beaucoup d'hommes parmi ceux-là, journalistes, politiciens, commerçants et religieux, mais aussi une femme exceptionnelle, ce qui est rare dans nos romans de l'époque, ni soumise ni confinée au foyer, dont Mirot tombe amoureux.C'est une jeune veuve, qui a connu l'humiliation et l'esclavage et qui n'entend pas s'y jeter de nouveau.Elle fait de Mirot son amant, presque malgré lui, mais refuse de l'épouser, pour que chacun puisse conserver sa liberté.Personnage magnifique sur le plan intellectuel ( et sur le plan physique ), très fort aussi, jusqu'au moment où, inspirée plus par une jalousie d'ailleurs non fondée que par un improbable remords, elle se laisse prendre aux filets d'un confesseur qui la transformera en sinistre bigote.Double échec pour Mirot, amoureux et professionnel.Cette histoire triste n'est pas une mièvrerie, une concession a la littérature sentimentale.Bessette.au contraire, lui donne une place centrale dans l'économie du Débutant : si l'homme doit justifier son existence en se battant pour ses idées, il ne peut accéder à sa complétude sans se livrer tout autant à une femme qu'il aime, qui l'aime.Perdant à tous points de vue.Mirot choisira finalement de s'exiler aux États-Unis.Son départ le condamne moins qu'il ne condamne la société qui l'a poussé à cette extrémité.Le journaliste Bessette n'aura pas pris la même décision.Traîné dans la boue par tous les Tardivel de son temps, il aura choisi plutôt l'exil intérieur, quittant La Presse pour un emploi d'inspecteur à la Compagnie des tramways de Montréal.Il meurt l'année suivante et on l'oubliera avec autant d'empressement qu'on aura occulté son roman.Ll:.DEBl'TANT.Arsètie Bessette Collection Littérature.Bibliothèque québécoise, Montréal.1996.314 pages.PmCT0»06c«T NAÛO* LàPrev* Sophie Chérer Revivre avec les loups LUCIE CÔTÉ C 'est une vraie conversation avec sa petite fille, d'ailleurs reproduite dans son roman, qui a donné à Sophie Chérer l'idée d'écrire Les Loups du paradis.« C'est la seule chose autobiographique et c'est le point de départ du livre.Pour moi, c'est un roman sur ce que sont capables de faire faire les enfants à leurs parents.On a beaucoup tendance a dire de nos jours que les enfants nous briment, nous empêchent de vivre comme on voudrait et moi je pense que c'est le contraire.Il nous font vivre des choses qu'on n'aurait jamais vécues sans eux », explique la jeune femme de 35 ans qui a déjà écrit une dizaine de livres, dont deux romans pour adultes, après avoir été dix ans journaliste a Paris, notamment à 7 à Paris et L'Autre Journal.Lorsque ce mensuel ferme, Sophie Chérer retourne dans sa Moselle natale pour donner a sa fille l'enfance qu'elle-même a eue.« Comme ma grand-mère venait de mourir, j'ai récupéré sa maison où j'ai grandi.Ça inspire beaucoup, il y a tout un passé dans cette maison.Il y a des couches de livres de plusieurs générations au grenier.» La romancière a commencé a aimer les livres en regardant sa mère lire alors qu'elle était encore toute petite.« Elle a un tic à la main, elle bat la mesure avec son index quand elle lit.Je faisais la même chose, je croyais que c'était ça, lire.» Le plaisir du contact avec le papier est resté jusque dans les habitudes d'écriture de celle qui se voit comme romancière plutôt que comme écrivain, parce qu'elle écrit de vraies histoires.« J'écris à la main.Je recopie a l'ordinateur, mais le plaisir n'est pas la.C'est comme la différence entre marcher a pied et aller en voiture.Ce que j'aime bien, c'est tripoter des stylos, des papiers, des encres.J'aime relire des brouillons, des feuilles de papier dans le désordre.»» Au départ, Sophie Chérer se destinait a la magistrature.« Je poursuivais des études par acquit de conscience parce que je voulais être fidèle a une vocation, mais je savais que je ne serais pas heureuse là-dedans.Donc, j'esayais de reculer le moment de passer le concours de la magistrature en faisant une année d'études de plus.» Par hasard, elle participe à un concours de critique de cinéma qu'elle remporte \u2014 « On m'a dit ce n'est pas que votre papier était bon, c'est que les autres étaient très nuls ! >» \u2014 et abandonne ses études de doctorat pour se lancer dans le journalisme, sans l'annoncer à sa famille.Par hasard encore, en rédigeant une galerie de portraits d'éditeurs pour le Salon du livre de Paris, elle rencontre l'écrivain Geneviève Bri-sac, qui lui demandera plus tard d'écrire des livres pour enfants pour la maison qu'elle dirige, L'École des Loisirs.La même semaine, elle fait également la connaissance d'Olivier Cohen, fondateur des Éditions de l'Olivier qui a publie ses deux romans pour adultes.Le plus récent.Les Loups du paradis, est dédié à Mathilde.celle qui l'a inspire et qui est aujourd'hui âgée de sept ans.Oenologue, Jeanne est revenue dans son village natal, après plusieurs années d'absence, avec un mari anglais et une petite fille, pour y tenir un hôtel.Un jour, pour respecter la «< première volonté » de sa fille, elle ramené de Paris un clochard a qui elle donne la chance de refaire sa vie dans ce village de montagne que les jeunes ont déserté et où les loups commencent a revenir.« C'est ça le noeud du roman, c'est le moteur de tout.Jeanne, qui a déjà perdu un enfant, a compris tout le prix qu'il faut accorder a la vie et aux paroles d'un enfant.»> w Si on veut redonner le goût de se réinsérer a quelqu'un, il faut lui rendre désirable le monde dans lequel on veut l'insérer.Il faut commencer à réfléchir à une solution qui passerait par le bonheur.Je rêve que les gens, en lisant mon histoire, se disent : tiens, j'ai de la place chez moi.Est-ce que c'est pas bien de sauver la vie de quelqu'un ?Il ne faut pas avoir de grandes théories sur le bonheur et ne pas pouvoir les appliquer », croit Sophie Chérer.Invitée du Salon du livre de Québec, la romancière sera au stand des Éditions de l'Olivier, aujourd'hui à 15 h.LES LOUPS DU PARADIS.Sophie Chérer.Éditions de l'Olivier.Paris.1996.191 pa- v\\os Jeunes / patrnupaenon Le mouvement pour la santé active r\u2014:-\" Le manchot Toutes les enquêtes du Manchot présentées par le maître du «thriller» québécois, Pierre saurel Six romans en un volume.DES HEURES DE SUSPENSE.Le manchot TOME I \u2022 608 pages (jf^) Lou-Dion «Utear inc.La chaîne de la souffrance RÉGINALD MARTEL Décalage vers le bleu.c'est l'histoire d'une femme qui aime trop.Histoire d'une infinie tristesse, car jamais Maria, séduite à dix-neuf ans par Fa, un psychiatre qui a deux fois son âge, ne renoncera à l'homme qui pourtant ne l'a jamais aimée, qui ne cessera jamais de la mépriser.Elle épousera malgré cela un h rave type et elle lui fera un enfant, sans jamais cesser de pleurer, sans jamais cesser d'espérer.Un monstre, ce Fa, mais comme la romancière nous entraîne avec lui dans la glu psychanalytique, il faudra bien le considérer plutôt comme une victime.Une oeuvre difficile, qui se situe en marge des productions romanesques ordinaires, la où la littérature a lieu.Refus de tout maniérisme, de toute joliesse.Une narration fine et dure, très proche de ce mouvement incoercible des sentiments qui charrie tout aussi bien l'excès que le manque.Des personnages qui sont faibles ou forts, mais intenses également, et dont la souf- LOUISE BOUCHARD DÉCALAGE VERS LE BLEU L£fc HERMCâ ROUOeS.ROMAN france est rendue présente jusqu'à l'intolérable.Souffrance de Maria, de sa mère, de sa fille, enchaînement inéluctable ?La mort seule, peut-être, peut guérir du mal de vivre.Le pessimisme de la narratrice le donne «i entendre.D'une voix riche de ses mille nuances.DECALAGE VERS LE BLEU.Louise Bouchard.Hérites rouges.Montréal.1906, 2S6 pages.Aujourd'hui, je vous écris de Québec.au beau milieu de l'effervescence qui anime le nouveau Centre des congrès de la ville.Depuis jeudi, vous le savez sans doute, le Salon du livre de Québec est «la» destination pour ceux et celles que le livre passionne.Vraiment un événement majeur cet automne que je tiens à partager avec vous en présentant un double Plaisir de lire ce soir à 20 h: pendant une heure, je vous emmène avec mot rencontrer des écrivains bien sur, mais aussi assister à des lancements littéraires, parler à des adolescents (eh! oui les jeunes lisent.et ils se débrouillent même très bien aux jeux questionnaires organisés spécialement pour eux); nous ferons ensemble le tour de quelques stands (et même d'un Musée dédié à un de nos plus grands poètes.), je vous présenterai un éditeur qui pratique son métier comme une religion., nous accueillerons des visiteurs de l'étranger.nous prendrons le pouls des promeneurs curieux.et je ne vous dévoile pas tout!.Pour une fois, tous ces solitaires quittent leur manuscrit, leur plume, leur ordinateur, leur page parfois blanche et acceptent un bain de foule; c'est pour nous les lecteurs une occasion unique de leur témoigner notre immense reconnaissance.Après avoir écouté Plaisir de lire ce soir vous aurez peut-être envie de venir faire un tour à Québec (le Salon est encore ouvert demain.les organisateurs ont pensé à vous en ce long congé de i Action de Grâce.).Quant à moi, je vais retourner tranquillement dans mon coin de campagne, les bras chargés de livres à découvrir, mais surtout le coeur rassuré sur l'importance de mon métier I Alors à ce soir, 20 heures, à Télé-Québec.i Télé-Québec S B4 LA PKLSSb, MONT KhAL.DIMANCHE I 3 OC IOBKL 1 9Vb Livres La jeunesse d'après-guerre I ( 'UT EN LISANT 4 i Jacques Folch-Ribas collaboration spéciale Is étaient très nombreux, à la fin de la dernière guerre, en France.Ils s'appelaient tous Arthur Morgan \u2014ce qui est fort commode pour aller en Amérique et passer inaperçu malgré son accent ^français, mais l'on sait que les «\u2022\u2014Américains se fichent de l'accent, S^tûisqu'ils en ont tous un, différent.*» T*î>remicr avantage de l'Amérique.Ils avient tous une maman qui leur voulait du bien* Par exemple, les envoyer en Amérique faire des études dans d'immenses universités célèbres, où l'on ne trébuchait pas sur les fleurs du tapis mais visait directement la réussite en affaires.Les petits Arthur Morgan français allaient jouer « dans la cour des grands »».Deuxième point en faveur de l'Amérique.Ils avaient beaucoup souffert, ces petits jeunes hommes.La France des années quarante, c'était l'humidité, la tristesse, le froid à couper au couteau, la bouffe a couper a la loupe.Michel Déon y était, cela se sent.Alors» il invente un personnage nommé Arthur Morgan, jeune homme de France des années cinquante, qui ressemble à tous les Arthur Morgan de l'époque.Et il l'envoie en Amérique, jouer dans la cour des grands.Naïf, mais faisant le malin pour ne pas le faire voir.Prêt à tout, pour profiter de l'époque.Découvrant l'Amérique de la prospérité, du fric, du confort ( oh oui, surtout du confort ! Les Européens, nous n'en revenions pas ) et de la liberté.Le choc entre l'Europe « pauvresse » et les USA « fastueux » fut terrible.Alors voilà : c'est tout le sujet de ce roman de Michel Déon, La Cour des grands : la découverte ( qui est évidemment une initiation au monde moderne ) par un jeune homme de France, de la vie ample, libre, et par ailleurs très discutable, en Amérique du Nord, aux années cinquante.Il suffit à Arthur Morgan de prendre le bateau, le plus gros transatlantique qui à l'époque était le Queen Mary, avec un billet de première classe offert par sa maman.Tout de suite, le choc des deux mondes.Michel Déon est très fort pour nous attirer, nous intéresser, nous mettre bien dans la peau du petit Français, et nous faire voyager durant six jours, classe de luxe, avec des personnages luxueux.Le professeur Seamus Concan-non, par exemple.Irlandais, alcoolique, sympathique, truculent.et qui comme par hasard sera l'un des professeurs du jeune homme : professeur d'histoire, qu'il enseignera à sa façon, c'est-à-dire avec une mauvaise foi et une drôlerie très irlandaises.Concannon va guider Arthur, tout de suite, en lui présentant le beau monde qui se trouve a bord.\u2014 Ils ne sont pas comme les autres, dit Arthur.\u2014 Mon cher, il faudra vous y faire.C'est la nouvelle génération fabriquée par notre continent.Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont riches.On ne leur demande plus d'où ils viennent, si leurs ancêtres étaient a bord du Mayflower.Cette blonde, Eli/abeth Murphy, appartient à la quatrième génération d'Irlandais (.) Elle a beau s'habiller comme un docker, se coiffer a la garçonne, personne ne s'y trompe : c'est une princesse.« Getulio est dans la même année que vous.C'est un Brésilien né à Rio, éduqué en Europe et ici.Américain a New York, Français à Paris (.) Sa chance, comme celle I * êi a m m c ; Michel Déon de sa soeur Augusta, prétend-il paradoxalement, les destine l'un et l'autre à tout rater dans la vie.Augusta a un métier en vue : épouse d'un richissime.Le jour où elle réusssira, je me jetterai à l'eau.» Vous pensez bien que le jeune-Arthur, lui aussi, va crouler d'amour pour Augusta la femme fatale.Voilà les personnages présentes, les principaux.II ne restera plus au lecteur qu'à suivre le guide, Michel Déon, celui qui va les taire vivre a travers une Amérique profonde et vraie, vue par les yeux émerveillés de l'amoureux de tout ce qu'il dé- couvre.Une superbe université \u2014 les paysages du Sud, du côté des Keys\u2014, la blonde Elizabeth, la brune ténébreuse et brésilienne, Augusta, les hommes brillants et inutiles comme Getulio.Tout cela va nous faire beaucoup souffrir : c'est intouchable.Mais on ne perdra rien pour attendre : plus tarcî, de retour a Paris, cela nous fera de magnifiques souvenirs du nouveau inonde : de la cour des grands.LA COUR DES GRANDS.Michel Déon.( olleaion blanche, Gallimard, Pans.1996.S42 pages.Les codes d'une mère et de son fils .% \u2022, SONIA SARFATI collaboration spét \\ak ous connaissez l'histoire de la reine qui mourut de froid sur un banc de pierre ?Que voulez-vous, elle avait cassé l'élastique de sa culotte et elle ne pouvait se relever sans que sa réputation ne soit irrémédiablement compromise ! Ça, c'est le comble de la dignité.Du moins, selon Nouk.Eugenio, son fils, voit les choses autrement.La reine, plus en colère qu'embarrassée, hurla et tempêta jusqu'à ce que dix hommes parmi les plus forts ciu royaume viennent a son secours : ils arrachèrent le banc et, suant et peinant, ils transportèrent la reine à l'intérieur du château.« Et c'est cela, vois-tu, le comble de la dignité », explique ( ô combien loyalement ) Eugenio à sa mère.Voila qui donne une idée du ca- ractère pour le moins différent des deux personnages principaux du nouveau roman de Geneviève Bri-sac.Week-end de chasse à la mère \u2014 en nomination pour le prix Médicis français, qui sera attibué le 4 novembre.Un roman sans lien direct avec Petite, livre-témoignage très fort dans lequel Geneviève Brisac ( qui est également éditrice à L'Ecole des Loisirs ) avait raconté l'anorexie qui a marqué son adolescence.Un texte très réaliste.Week-end de chasse à la mère, de par son sujet \u2014 la romancière y raconte les fêtes de fin d'année telles que vécues par une femme divorcée et son fils\u2014, aurait pu l'être aussi.H ne l'est pas.Sur ce roman plane un parfum d'irréalité véhiculé par l'état d'esprit des deux protagonistes et par ceux qui croisent leur chemin : un vétérinaire nomme Anton Tchékhov, des oiseaux appelé Adam et Eve.Les deux romans ont tout de même un certain lien de parente, ne serait-ce que par l'identité de la narratrice, prénommée Nouk.Une Nouk qui semble si solide dans la maladie, en ce qui concerne Petite.Une Nouk qui semble s'être bâtie une personnalité sur une faille, dans Week-end de chasse à la mère.Faille dont on devine rapidement la présence, mais dont on ne saisit vraiment toute la profondeur que vers la fin du texte.Au moment d'une conclusion tout sauf banale, totalement inattendue.Il faut dire que Nouk est parvenue à colmater cette brèche grâce à Eugenio.Eugenio, l'enfant.À la fois béquille et complice.Complice, surtout.Cette connivence qui s'est établie entre la mère et le fils devient d'ailleurs flagrante dans leur mode de communication.Ils donnent l'impression d'avoir des codes.Ils se comprennent à mi-mot.Ne disent pas tout au lecteur.Sans, toutefois, que ce dernier ne se sente exclu de leur relation.Ceci, parce que Geneviève Brisac parvient à aller chercher et à retenir l'attention sans passer par les senti- ments.Simplement par le magnétisme de son écriture, mis en évidence dans les petites histoires qu'elle égrené dans une plus grande.Celle de la reine.mal culottée.Mais aussi celle de la bibliothécaire qui, pour attirer des lecteurs, annonça qu'un billet de 100 S était perdu dans un des livres île l'institution.Celle du petit garçon qui, en mettant son doigt dans le trou qu'il venait d'apercevoir dans une digue, empêcha l'inondation de son village.Celle du chaton qui est mort après avoir fait de l'escalade dans un sapin de Noël, etc.Chacun de ces récits ramène toutefois a Nouk et à Eugenio, comme autant de cailloux semés par un Petit Poucet bien déterminé à ne pas se perdre.Le magnétisme, toujours.Celui de Geneviève Brisac est puissant.WEEK-END DE CHASSE À LA MERE.Geneviève Hri^ic.Editions de l'Olivier, Paru.1996, 205 pages.Une foire internationale à Québec VIE DES LIVRES Pierre Vennat Le Salon du livre de Québec qui se de-roule jusqu'à demain soir au tout nouveau et magnifique Centre municipal des congres de la Vieille Capitale, n'est même pas terminé que son directeur général, Denis Lebrun, s'active déjà à un tout nouveau projet encore plus grandiose \u2014que ses collaborateurs qualifient du « projet de sa vie »».Il s'agit d'une Foire internationale du livre en sciences humaines et sociales, qui se tiendrait chaque automne dans la Vieille Capitale et qui, d'après son président d'honneur, Michel Gervais, recteur de l'Université Laval, se veut un événement annuel unique en son genre.Un lieu privilégie de rencontre et d'échanges pour les éditeurs, les auteurs et les chercheurs rattaches aux disciplines des sciences humaines et sociales.Un endroit ou, comme a Francfort, les éditeurs de volumes en sciences humaines pourraient non seulement montrer leurs livres mais également transiger les droits et conclure des ententes de traduction, de coédition, etc.Toutes les disciplines des sciences humaines et sociales intéressent la Foire, parrainée a la fois par le Salon du livre de Québec ( «< C'est notre bebé », dira Denis Lebrun ) et l'Université Laval.Bref, on s'intéresse a l'anthropologie, à l'architecture, aux arts, à l'économie, à la géographie, à l'histoire, à la linguistique, a la littérature, à la philosophie, à la politique et a la sociologie.Et on y convie les éditeurs du Québec et du Canada, des États-Unis, d'Amérique latine et d'Europe qui publient des ouvrages se rattachant à ces domaines, la Foire se voulant bilingue ( français et anglais ).Elle comprendra deux volets : un imposant marché de l'essai en sciences humaines et sociales ainsi qu'une animation scientifique de qualité où l'Université Laval sera amplement mise a contribution.Il ne s'agit pas d'un projet en l'air.Tout est en effet en place, et la première Foire aura lieu du 17 au 21 septembre 1997.Et l'événement se répétera tous les ans à la même période.Selon Denis Lebrun, une telle Foire ne nuira en rien au Salon de Québec ( qui fera relâche en 1997 pour ne revenir qu'au printemps 1998 ).Selon lui, les universitaires, les essayistes et leurs maisons d'édition n'ont jamais vraiment eu la chance de se faire valoir complètement dans les Salons du livre traditionnels, où les best-sellers, les livres pratiques et leurs auteurs-vedettes les éclipsent.Cela dit, en attendant, le Salon du livre de Québec traditionnel bat son plein, après une éclipse de près de 18 mois et, si la journée d'ouverture de jeudi peut servir d'indice, il attirera plus de bibliophiles que jamais auparavant dans la Vieille Capitale.EN QUELQUES MOTS » Brigitte Bardot Initiales Brigitte Bardot, l'éternelle m Voilà l'objet : la biographie de ce monument du cinéma français, Brigitte Bardot, dont le monde entier a entendu parler depuis deux semaines \u2014même le Time américain a consacre un papier a l'ouvrage.Il s'agit d'une brique de 555 pages dont la comédienne fait la publicité à grands renforts «l'entrevues et de déclarations \u2014 parfois discutables mais qui concourent indubitablement à lui assurer une bonne place dans les médias.r;-SN.Nh-MO.UNE CHANSON l I I D'autres écrits polémiques ¦ Pierre Bourgault livre un collage de textes dont la plupart ont été publiés dans Le Devoir et The Globe and Mail entre février 1993 et octobre 1995.S'ajoutent un échange avec Lysiane Gagnon, ainsi que près d'une douzaine d'inédits.Ce sont ces derniers qui, forcément, retiennent l'attention; Bourgault y traite de culture, d'information, de droit, des affaires, de liberté d'expression.Notons que Lanctôt éditeur met également sur le marché en formai poche les Écrits polémiques, tomes I et 2 (La politique et La culture) de Bourgault.r Les mots de Paris ¦ Une voix et une musique particulières : Geneviève Paris fait son chemin depuis toujours, parfois discrètement, parfois sous les projecteurs, avec sa guitare, avec des chansons graves et mélodieuses.VLB éditeur publie ici un recueil de ses textes préfacé par Michel Rivard et agrémenté de quelques pages de photos \u2014 récentes et moins récentes \u2014 fort touchantes.« Les mots de Geneviève sous les doigts de Paris / Sont mots d'amour pur et tendre d'enfance », écrit Rivard.r Pour protéger les idées de l'oubli ¦ Dans le cadre des vingt ans de L'actualité, on publie un recueil d'entretiens effectués par les journalistes du périodique sous le titre Les grands esprits de notre temps, qui n'est pas sans rappeler le titre d'un essai de Guy Sor-man.D'Isaac Asimov à Fer-nand Seguin en passant par Eugen Drewermann, Umberto Eco et Alain Mine, l'ouvrage vise « à protéger de l'oubli ces conversations passionnantes », écrit Jean Paré en préface.Jacques Guay posthume ¦ Ancien journaliste à La Presse puis à Québec-Presse, Jacques Guay était entré au Jour mais comme plusieurs, il y fut abandonné par des gens qui le trouvaient pas assez péquiste obéissant.Amer, il dut se réfugier dans l'enseignement du journalisme à l'université Laval et fut fortement critiqué lorsqu'il accepta d'aller faire un stage à l'agence Chine nouvelle.11 est mort à l'âge de 58 ans.Lanctôt Éditeur, avec l'aide de son copain Jacques Kea-ble, publie sous sa signature une espèce de livre-testament.Course autour du monde ¦ Pour la deuxième année consécutive, on publie le livre officiel de la Couse Destination Monde.Sept jeunes Québécois et une Ontarienne ont ainsi parcouru la planète pendant 189 jours: on trouvera ici le journal de bord, en quelque sorte, de ces aventuriers de la cuvée 1995-1996 que la plupart d'entre vous connaissez pour avoir vu leurs courts métrages à la télévision de Radio-Canada. LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 1 3 OCTOBRE 1996 Livres IDÉES -r La beauté de l'horreur MARK) ROY Romancière et journaliste au Menai.Viviane Forrester signe L'Horreur économique, un essai d'une haute tenue littéraire que l'on peut définir comme une version lyrique de La Fin du traxail, de Jeremy Rifkin, publié il y a un an aux Etats-Unis.L'ouvrage est célébré en France, notamment dans Le Monde qui prend soin de prévenir : ceux qui ne seront pas d'accord avec l'a ut cure peuvent toujours produire « leurs chiffres contre ses lettres », se vautrer dans « une ribambelle de mots creux, de pensées fausses, de concepts flapis et d'intentions féroces **.Forrester propose ceci.Toutes barrières aujourd'hui levées, le Capital « anime un système impérieux, totalitaire » et de nature conspiratoire se consacrant à la reconfiguration d'une économie mondialisée au sein de laquelle le travail \u2014 et forcément les travailleurs\u2014 ne constitue plus qu'une nuisance a la maximisation des profits.Ceux-ci sont de surcroît engendrés par une spéculation virtuelle devenue sans rapport avec la production réelle.Le courant a emporte les États et les organisations supranationales qui plient devant le modèle imposé par la sphère privée.Dans le même temps, ces establishments tentent de garder intacte l'éthique du travail \u2014d'un travail qui n'existe plus !\u2014, c'est-à- dire sa fonction de porte d'entrée dans la société, d'identification et de valorisation de l'individu.Résultat : non feulement on assiste à une lente tiers-mondisât ion des sociétés développées mais, surtout, des couches de plus en plus consistantes de la société se retrouvent « exclues », en proie à la honte auto-infligée, au naufrage dans l'abyssse des « pas-hommes » précisément relégués dans ces no man 's tonds que sont devenues les banlieues, les « zones ».On se trouve à deux pas de l'esclavage, estime l'essayiste, et déjà dans l'enfermement sans murs ni barreaux, dans la « déportation sur place » sans possibilité d'évasion ni de retour.Le naufrage des destins individuels Cette trame décrit mal, en fait l'oeuvre de Viviane Forrester.Car l'intérêt de L'Horreur économe que ne réside pas dans l'information factuelle transmise, à peu près égale à zéro, reléguée dans des notes en bas de page malingres au point d'être inutiles.Mais dans son écriture, à la fois classique et puissante, qui se prête étonnamment bien aux « mots ».Ces exclus qui s'accusent de ce dont lis sont les victimes, ces jeunes qui n 'ont rien et à qui cm retire tout.cela est admirable et sert fort bien le véritable propos de l'auteure qui est de disséquer sur le mode impressionniste \u2014 en une sorte de longue plainte stridente, ou de version moderne des Misérables sans la trame romanesque\u2014 le naufrage psychologique et social de ceux-là.l'anéantissement de ces destins individuels, la destruction de ces êtres « avec leur âge, leurs poignets, leurs cheveux, leurs veines, la finesse compliquée de leur système nerveux, leur sexe, leur estomac ».Un tel synopsis ne révèle pas non plus l'importance symbolique de L Horreur économique.L'essai de Forrester se pose en effet comme une fleur sur ce qu'il faut bien voir comme une mode d'édition \u2014 car il y a une telle chose que des modes d'édition\u2014, phénomène d'ordre strictement quantitatif faisant aujourd'hui accéder au podium de la production livresque le thème, résurgent il est vrai, de la faillite du libéralisme.( Celui-ci succède aux reality-books sur l'inceste qui ont connu leur heure de gloire, il y a deux ans, et aux traites sur les anges, débarqués en nombre astronomique une année plus tôt.) On parcourra pour s'en convaincre les pages du périodique Virtualités qui, dans sa seule livraison de septembre/octobre, recense pas moins de onze ouvrages plus ou moins construits autour de cette faillite annoncée.La beauté des choses inutiles Cela \u2014 la quantité \u2014 n'implique pas que Forrester ait tout faux.Il est strictement exact que la crise du travail n'est pas un phénomène ponctuel et que nous nous trouvons en face d'une profonde métamorphose de la civilisation telle que nous la connaissons.Pour se renseigner là-dessus, il faut cependant lire l'ouvrage de Rifkin ( voir La Presse du premier septembre ), fortement documenté et, quelle que soit l'opinion qu'on en ait, d'une rigueur qui force l'admiration.Car de ce fait de société, Forrester ne dit rien, pour la bonne raison que ce n'est pas son propos.Rien de ses causes véritables ( qui ne sont pas de l'ordre du complot, évidemment ).Pas grand-chose de ton inscription dans le sens de l'histoire ( la relation entre l'homme et le travail n'a cessé depuis des siècles d'évoluer dans la même direction ).Peu de ses effets véritables ( la notion passe-partout d'« exclusion » est sociologique-ment d'une signification nulle, ce que d'autres ont déjà noté ).Rien sur ces anomalies que constituent le Japon et les Etats-Unis, plongés plus que quiconque dans l'enfer techno-économique qu'elle décrit et décrie, en même temps étonnamment épargnes par le chômage ( 3,5 et 5,4 % respectivement ).Pas un mot des solutions possibles et envisageables : « Nous n'en chercherons pas ici », fait savoir l'auteure.Ce qui.en effet, simplifie drôlement la vie.Au total, l'essai de Viviane Forrester apparaît comme le résultat d'un impressionnant effort de mise en forme d'un contenu pauvre.Mais \u2014 et on peut estimer que cela rachète l'entreprise\u2014 il est d'une grande beauté.De cette fascinante beauté des choses inutiles.L HORREUR ECONOMIQl 'E.Viviane Forrester.Fayard, Paris, 1996.215 pages Viviane Forrester : une dissection du naufrage psychologique et social des exclus» de Panéentls sentent dee destins individuels.Jacques Sapir m chaos *USSE m i\t j *;ep ~ i ¦ wêêm HM.*.\t\\ t * '' _ \t L'échec du libéralisme La Presse Lm application sans ré-r serve du libéralisme occidental dans la Russie désoviétisée m est un désastre pour I le pays.La crise économique est permanente, le bilan politique est assez sombre, la démocratie fragile et l'État toujours sur le pied de guerre en Tchétchénie.C'est ce que soutient Jacques Sa-pir dans Le Chaos russe.Sapir est professeur, essayiste, spécialiste de la Russie et membre de plusieurs organismes internationaux.Les gouvernants russes, estime-t-il, retrouvent des réflexes hérités de leurs prédécesseurs soviétiques, voire tsaristes, en même temps que la corruption des élites et le développement de puissantes mafias déclenchent déjà des formes de guerre privée et font craindre la guerre civile.« Devant nous se dresse la figure du chaos.Mieux vaut la regarder en face », écrit l'essayiste.LE CHAOS RUSSE, Jacques Sapir.La Dé-couverte, Paris.1996, 328 pages.Les Russes sur la bonne voie d'après Le Figaro littéraire PARIS D epuis L'Empire éclaté qui la révéla au grand public, Hélène Carrer e d'En-causse a fait de la Russie son champ de recherches.Aujourd'hui, dans Nicolas 77, la transition interrompue, elle brosse un portrait inattendu du dernier des tsars.« La vie du tsar Nicolas II a été souvent racontée et ce n'était pas la peine d'en rajouter », dit-elle.« Pourtant, je me suis aperçue que le sens de ce règne disparaissait bien souvent derrière l'homme.Quel sorte de souverain avait-il été et qu'avait-il apporté à son pays ?De plus, je me suis toujours interrogée sur la nécessité de faire cette révolution : ne pouvait-on pas en faire l'économie ?Maintenant qu'elle s'est achevée dans le désastre et le déshonneur, j'ai pensé qu'il était temps de poser la question.\u2014 Vous mettez bien en valeur le tsar réformateur qu'a été Nicolas II et vous démontrez que la révolution a été accidentelle.L'échec semblait-il inéluctable ?\u2014 Non, pas du tout car si on dresse le bilan de *a situation de la Russie à la veille de la guerre, il n'annonce pas la révolution.L'échec est circonstanciel.Il est dû à la guerre et au caractère de Nicolas II qui n'était pas un homme cynique et qui a été d'une fidélité totale à l'alliance française.C'est elle qui lui a coûté son trône.Il n'y aurait pas eu la guerre, jamais l'Allemagne n'aurait manipulé la révolution en Russie.Il aurait pu négocier une paix séparée, mais il ne l'a pas fait par fidélité à la parole donnée à la France.Le système s'est alors effondré dans la guerre ; d'ailleurs Lénine l'a toujours dit : « Il faut une guerre pour faire la révolution.» \u2014 Au fil de votre analyse apparaissent deux Nicolas IL L'un profondément attaché aux valeurs traditionnelles transmises par ses ancêtres.L'autre, conscient de la nécessité de moderniser le pays, qui agit à ('encontre de ses convictions et même de son entourage.Quels ont été ses rapports avec les élites intellectuelles ?\u2014 Il n'y en a pas eu.C'est le plus grand désert intellectuel.JEUNESSE Pourtant, son règne correspond à Tune des époques les plus brillantes de la civilisation russe, « l'Âge d'argent ».Lorsque Nicolas II monte sur le trône en 1894, c'est l'époque de Pierre Struvc, l'un des plus grands penseurs russes, c'est l'année de la naissance de l'école symboliste russe, ce sont les grands prosateurs : Tchékhov, Gorki, Bou-nine ; ce sont aussi la révolution des arts plastiques et le triomphe de Stravinski.Or, pendant ces vingt années prodigieuses, Nicolas II semble singulièrement éloigné de toute ambition intellectuelle.C'est tragique, car on tient là l'explication que son règne ait été méconnu.Il aurait rassemblé des intellectuels autour de lui, il aurait eu un Voltaire, il aurait peut-être pu bénéficier de cet extraordinaire élan qui entoura des souverains comme Frédéric II ou Catherine II.Ce grand vide reste un mystère.Il n'a rien créé d'intellectuel et a vécu pour sa famille.C'était un bourgeois.\u2014 Quels enseignements Boris Eltsine a-t-il tiré du règne de Nicolas II ?\u2014 La première leçon et la plus importante, c'est le rôle capital des institutions ; même si elles sont un peu dévoyées, elles forgent une conscience.La seconde, c'est qu'on ne peut pas laisser la Russie se développer selon un modèle original.Elle doit être rattachée à un modèle de développement politique, social et moral qui correspond à celui du continent européen auquel elle appartient.En faire un pays replié sur lui-même, comme l'ont voulu les bolcheviks, c'est l'enfermer dans un retard certain.\u2014 Comment voyez-vous l'avenir de la Russie ?\u2014 Je suis optimiste.Depuis la chute du soviétisme \u2014 voilà bientôt cinq ans\u2014 il n'y a pas eu de bain de sang.La Tchétchénie étant une autre question.Personne n'est mort de faim, même si la vie est très dure pour les pauvres Vieillards qui vivent difficilement avec leur pension ; de plus, il y a une classe moyenne qui émerge.Et les élections ont eu lieu à la date prévue.S'il n'y a pas de catastrophe, dans dix ans, la Russie sera sur la bonne voie.» NICOLAS II, LA TRANSITION INTERROMPUE, Hélène Carrèred'Encausse.Fayard, Paris, 1996.552 pages.Quarante millions de Martine ! SONIA SARFAT1 collaboration spéciale Cm 'est avec un brin r d'appréhension que Marcel Mar-lier a vu la bande de punks s'avancer vers lui alors qu'il était, la semaine dernière, en pleine séance de signature dans un Club Price ( I ).« Wouah ! Des Martine ! J'Usais ceux de ma soeur quand j'étais petit ! » a alors lancé un géant à crête verte.Marcel Mari 1er a soupiré.De soulagement.Pas d'étonnement : illustrateur des 42 textes écrits par Gilbert Delahaye, il « vit » avec Martine depuis 1954 et il connaît le pouvoir d'attraction que le personnage exerce sur les petites filles.EL semble-t-il, sur les petits garçons ( punks en devenir inclus ).Quarante millions d'albums vendus dans le monde, des traductions en 34 langues, ça ne trompe pas.« Mais c'est vrai, ça n'explique pas pourquoi un tel succès », note Marcel Marlier, de passage à Montréal et à Québec en compagnie de son épouse, afin de faire la promotion de Martine l'accident.Promotion par plaisir plus que par devoir : dans leur version française, les 110 000 exemplaires de cet album se sont écoulés en huit jours et la deuxième édition est déjà en place dans les librairies de la francophonie t Bref, aujourd'hui encore, la plus polyvalente des fillettes \u2014 Martine fait de tout : de la cuisine au ballet en passant par la randonnée en montagne et la montgolfière, entre un déménagement et un séjour à l'hôpital pour soigner sa jambe cassée\u2014 occupe une place de choix dans le quotidien des enfants.Et dans celui de Marcel Marlier.Même si, de livre en livre.Il trouve son travail plus difficile.Pour plusieurs raisons.Très réalistes, ses Illustrations sont basées sur une observation attentive des enfants.« Il faut que Je me nourrisse des attitudes et des expressions que je vois afin de pouvoir les restituer, explique Marcel Marlier.Dan* ce genre de métier, on devient en quelque sorte voyeur.Avant, je m'asseyais dans les parcs et je regardais.Aujourd'hui, avec tout ce qui se passe dans notre société, les gens sont méfiants, » L'illustrateur fait ici référence à l'affaire Dutroux qui secoue encore sa Belgique natale, celle où il a toujours vécu.Ici, surgit aussi l'épisode des sous-vêtements de Martine qui, à une certaine époque, ont été montrés du doigt parce que trop apparents.Qu'est-ce que ça voulait dire, ces petites culottes bordées de dentelle qui dépassait de la jupe de la fillette ?Eh bien, ça voulait simplement dire qu'en ces années 60, les petites filles portaient des robes courtes.Or Martine a toujours suivi \u2014et suit toujours \u2014 la mode.« Que voulez-vous, quand on a du succès, on devient suspect et les gens s'acharnent à nous chercher des poux dans la tête », fait Marcel Marlier avec philosophie.Reste que la principale raison à laquelle il fait référence quand il est question de ses « difficultés » concernant son travail, il faut la trouver.dans Marcel Marlier lui-même.D'accord, il aime la partie recherche sur le terrain qu'il s'oblige à faire à la réception de chaque scénario.Ici, un stage dans une clinique ; là, un voyage en montgolfière, etc.Et il adore tracer les esquisses, extrapoler diverses péripéties à partir du canevas écrit par Gilbert Delahaye.« Je réalise des centaines et des centaines d'ébauches pour un seul album, note-t-il.Ensuite, il faut faire un choix et réaliser le dessin définitif.» Et là s'installe la peur de décevoir.Une peur telle que Marcel Marlier aurait même tendance à fuir : « Je fais mes esquisses au bord d'un étang, à la campagne.Tranquille.Mes dessins définitifs, je les fais chez moi.Je m'enferme pendant trois ou quatre jours.et mon épouse m'apporte ma nourriture matin et soir.Comme à un prisonnier.» À voir son sourire, on se dit toutefois qu'il existe des peines plus pénibles I i B6 LA PKLSbL, MONIKLAL, DIMANCHE 1 3 OCTOBRE 19V6 Arts et spectacles Un i festival raison SONIA SARFATI collaboration spéciale En accueillant le Congres mondial des producteurs de programmes de télévision scientifiques, en ouvrant un volet télévisuel, en jumelant ses activités à celles du Festival International de l'Audiovisuel d'Entreprise de Biarritz et en changeant son nom pour Téléscience, le Festival international du film scientifique du Québec amorce sa 7° édition en prenant quelques virages bien sentis.Mais son but demeure le même : « Donner à la science la place qui lui revient au Québec.C'est notre objectif, le seul », indique André Bout in, président de l'événement qui se tiendra du 17 au 27 octobre au Cinéma du Café Électronique de Montréal et au Musée de la Civilisation de Québec.Dans son volet cinématographique.Téléscience 96 présentera cette année plus de 65 films scientifiques provenant d'une vingtaine de pays.Parmi ces filins, quatre productions québécoises seront projetées en première mondiale : La Première Fin du monde d'André Larochellc, Exploration Pèle Nord de Vie Pelletier, Sida \u2014 Vie de Louis-Philippe Viau et Toutans de Catherine Fol.125 candidatures, 65 films retenus h Les 65 documentaires qui font partie de notre sélection officielle ont été choisis parmi les 125 productions que nous avons reçues au cours de l'année.Le jury présidé par Michel Page ( ancien pdg de Radio-Québec ) en visionnera une trentaine et décernera ses prix le 22 octobre », explique Hervé Fisher, directeur général de Télescicnce 96.Le volet professionnel de l'événement consistera pour sa part en la tenue, à Montréal, du 4* Congrès mondial des producteurs de programmes de télévision scientifiques, qui réunit quelque 80 représentants des grandes chaînes de télévision et des producteurs indépendants d'une trentaine de pays.Quant aux télévisions d'ici, cinq d'entre elles (Télé-Québec, Canal D, RDI, SRC, TV5 ), de même que PBS-WCFB de Mountain Lake, diffuseront une dizaine des films présentés en compétition.Ainsi, La Première Fin du monde ( dans le- -s* -¦m.f ~1f f * * 7 ^^^^ La Festival international du film scientifique du Québec prend du poil de la bête pour sa 7« édition.quel on expose une nouvelle théorie expliquant la disparition, il y a 65 millions d'années, de 70 % des espèces vivant sur terre ) sera diffusé le 17 octobre à 19 h 30, sur Canal D.Et Expédition Pôle Sud, qtii retrace le périple de Bernard Voyer et de Thierry Pétry en Antartique, sera présenté à la SRC, le 27 octobre à 14 h.Certaines chaînes diffuseront de plus des émissions spéciales rattachées à Téléscience 96.L'événement sera entre autres couvert par Québec plein écran ( Télé-Québec).Entreprises et jeunesse En ce qui concerne le volet « Téléscience Entreprises », il consiste en un jumelage entre Téléscience 96 et le Festival International de l'Audiovisuel d'Entreprise de Biarritz, en France.«< Les productions projetées dans ce contexte ne sont pas des films publicitaires ou corporatifs, mais bien des documentaires à contenu », souligne Hervé Fisher.Les documentaires en question vont ensuite circuler dans la province, afin d'être présentés auprès des entreprises intéressées.Le volet « Téléscience Jeunesse », qui se déroulera au 11 au 15 novembre au Jardin botanique de Montréal, se poursuivra aussi sur la route.Les institutions scolaires qui le désirent peuvent en effet sélectionner certaines productions et les projeter à leurs élèves.Histoire de freiner «< le désintéressement des jeunes pour la science », a noté Claude Roy, qui représentait le ministère de la Culture et des Communications lors du lancement de la programmation de Téléscience 96.Une étrange remarque, en cette époque où les Expo-Sciences fonctionnent bien, où la revue Les Débrouillards occupe une place de choix dans les bibliothèques de milliers d'enfants, où l'informatique fait partie du quotidien, où Découverte est un must dominical dans bien des familles comptant des préados.Bref, plutôt que d'encore et toujours pointer du doigt cette masse appelée «< jeunes » et de mettre l'accent sur un autre de ses.travers ( « désintéressement » signifiant qu'il y a déjà eu intérêt \u2014 quand donc ?), pourquoi ne pas simplement parler d'alimenter un feu qui brûle chez certains.Et qui couve chez d'autres.Pop pulpeuse PHILIPPE RE220HIC0 de la Presse Canadienne Qui a n'a pas bondi lors des premières minutes de Pulp Fiction ?Dès que Pumpkin et Honey Bunny mettent en joue les clients du resto, le pic rageur de Dick Dale frappe comme un coup de tonnerre et colle au générique comme une seconde peau.Pour des millions d'adolescents dans les salles de cinéma, Misirlcu n'invoquait absolument rien, sinon une dynamique instrumentale où la rêverbération de la guitare était la marque de commerce.Pour les plus âgés, il s'agissait d'un beau coup de chapeau du réalisateur Quentin Taren-tino à un genre musical oublié par bon nombre de générations : la « Surf Music ».Misirlou, Bustin Surfboards, Bullwinkle Part 11, Comanche et Surf Rider ont contribué à remettre à l'agenda cette musique vibrante qui a atteint son sommet de popularité au début des années soixante.Mais la véritable réhabilitation, c'est le tout nouveau coffret Ccwabutya ! The Surf Box ( Warner Import ) qui vient de la concrétiser.Façonné comme un immense château de sable par les inestimables spécialistes de Rhino, The Surf Box retrace en quatre compacts le parcours saisissant d'un style principalement instrumental, fortement lié au rythme de vie insouciant et pétant de joie de vivre du sud de la Californie.Le coffret est un petit chef-d'oeuvre en soi.Outre les annotations et commentaires liées a l'historique et aux enregistrements des 82 titres retenus, qui tiennent en pas moins d'une soixantaine de pages, on retrouve un petit glossaire de terminologie du surf, des reproductions d'affiches de films portant sur les maniaques des planches, un poster, et une foule de photos.On a poussé le détail jusqu'à faire ruisseler d'eau la planche qui tient lieu de photo sur le coffret, alors que les textes du livret sont découpés comme des crêtes de vagues ou des profils de surfs.Pour couronner le tout, la dernière pièce de chaque compact est suivie par le bruit ambiant du ressac des vagues.Du grand art ! Mais le clou demeure cette préface de Dick Dale, le « King Of The Surf Guitar Le patriarche explique qu'il a créé la vibration inhérente au son surf, non pas avec sa Fender, mais bien avec un micro relié à un orgue Hammond.Par la suite, Dale a branché sa Stratocaster sur son petit système pour mettre au monde le « Fender Reverb ».Et, bien sur, il y a la musique : les classiques, les premiers titres \u2014directement influencés par Duane Eddy, Link Wray ou les Champs durant les années 50 dont on souligne tout de même l'absence, ne fut-ce qu'à titre de référence \u2014les pièces cultes, les morceaux méconnus, le retour du genre à la fin des années 70 jusqu'à nos jours.À noter, parmi tant d'autres, la version complète de Wipe Oui des Surfaris ; la reprise, plus surf, de Walk Don't Run des Ventures.par les Ventures ; un dangereux « live » de Misirlou, gracieuseté de Bobby Fuller ; la Jazabel des Illusions, où l'on voit que la musique de Wayne Shan-klin n'a pas servi qu'à Charles Aznavour ; la solide Disintegration des Ready Men qui a dû fortement inspirer Neal Heftti pour son thème de Batman en 1966 ; et Sltoot TJte Curl, des Honeys, première facette de l'émancipation féminine sur les plages, 30 ans avant Pamela Anderson.Bref, près de quatre heures de pur plaisir musical d'un genre qui semble avoir survécu.Livres Trompette d'outre-tombe STANLEY PtAH collaboration spéciale « M îles est un sorcier, disait Herbie Hancock de celui qui fut son employeur et mentor.Tout de son attitude, de sa façon d'être est un peu mystérieux.Je le connais bien et pourtant une sorte de mystique musicale le nimbe.Sa musique a des airs de sorcellerie.Parfois j'ignore d'où elle sort.On dirait que ce n'est pas lui qui la joue, qu'elle vient d'ailleurs.» À constater l'influence surnaturelle que continue d'exercer ledit Prince des Ténèbres sur la musique afro-américaine cinq ans après avoir poussé son dentier souffle le 28 septembre 1991.on ne peut qu'abonder dans le même sens.Mort, Miles Davis ?So what ?Ça ne l'empêche pas ce mois-ci de faire la manchette des magazines de jazz et d'occuper deux places au Top 25 Jazz de Billhoard, avec Live Around the World, montage d'extraits de ses derniers concerts, et Tlte Complète Miles Davis & Gil Evans Studio Ifc corditys, anthologie des suites orchestrales réalisées avec la complicité de son arrangeur-fétiche.Ce coffret n'est d'ailleurs que le deuxième jalon de la vaste entreprise de rcpackatjing de son intégrale chez Columbia.Sans doute le Sorcier usait-il de dons divinatoires ( E.S.P.) lorsqu'il prédit qu'au lendemain de ses obsèques le coffre-fort des archives Columbia sauterait par magie, inondant le marché d'un déluge de rééditions et d'inédits.Mort et entenré.Miles demeure omniprésent ; en témoignent deux récents ajouts à l'imposante bibliographie le concernant.AU Blues .Du bebop au hip-hop en passant par le cool, le rock, le funk.Miles s'est maintenu à la fine pointe de la Black Music.Ce n'est pas le moindre mérite de Franck Bergerot dans Miles Davis ; Introduction a l'écoute du jazz moderne que de démontrer comment en 46 ans ce caméléon sut lancer ou récupérer toutes les modes, sans jamais renoncer à son style teinté de blues.À l'hagiographie, Bergerot préfère l'étude approfondie de l'oeuvre, trop sou- vent occultée par le mythe.Renvoyant à l'écoute de passages choisis < minutage précis et transcription à l'appui ), il procède à une analyse rigoureuse du langage de Miles \u2014 ce timbre et%ce phrasé, parmi les plus imités et les plus aisément identifiables du jazz \u2014 et vérifie ce qui change ou pas d'une version à l'autre d'un même morceau, d'une phase à l'autre de la longue carrière.Dans une langue érudite mais pas hermétique, Bergerot met en relief les rapports vampiriques qui liaient le trompettiste à ses collaborateurs ou modèles et souligne le caractère théâtral, l'importance de la mise en scène et du culte de la personnalité dans l'aventure musicale davisienne.Moins spécialisé mais aussi captivant, le Miles Da\\is de Frédéric Goaty, paru dans la collection CD-Livre dirigée par Frank Ténot ( Jazz Magazine ), fait suite au Bil-lie Holiday de Christian Gauffre.Abondamment illustrés, accompagnes de sélections discographiques aussi représentatives que le permet la disponibilité d'enregistrements libres de droits, ces volumes de format compact brossent les portraits objectifs de légendes du jazz.Des premiers aux derniers miles, Goaty retrace l'itinéraire du Sombre Mage au fil de ses rencontres avec les musiciens-phares de quatre décennies, Bird, Monk, Coltrane, Hen-drix, Sly Stone, Prince, etc.En annexe, une discographie fait l'inventaire quasi exhaustif de l'oeuvre protéiforme.Malgré quelques erreurs factuelles et incohérences, l'ouvrage constitue une initiation idéale pour le profane.Le CD boni propose le concert de Miles et cie à l'Olympia en mars 1960, moins Bye Bye Black-bird omis faute d'espace.Ce soir-là, les soli orageux de John Coltrane avaient déclenché une véritable bataille d'Hemani dans l'assistance.Cette dernière tournée européenne avec Trane marqua la fin d'une époque.S'ensuivit pour Miles une retraite stratégique qui dura jusqu'à l'avènement en 1964 du quintet qui ramènerait le Sorcier à l'avant-scè-ne du jazz puis aux portes du jazz-fusion.MILES DAVIS ; INTRODUCTION À L ÉCOUTE DU JAZZ MODERNE.Franck Bergerot.Le Seuil.Paris.1996.I92pa$es.MILES DA VIS ( CD-Livre ).Frédéric Goaty.Vade Rétro c* Jazz Magazine, Paris.1995.112 pattes. LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 1 3 OCTOBRE 1996 Les uns et les autres Il y a l'acteur qui demandait Tannée dernière 140 000 S à Ta-rantino pour Pulp Fiction, et qui demande aujourd'hui 21 mil* lions à Nora Ephron pour tourner Michael.11 y a surtout l'homme.Ni drogue ni alcoolique mais serein et adepte de l'Église de Scientologie.John Travolta, que le maga/ine LUI a interviewé.\u2014 Vous êtes connu comme antistar.Vous n'êtes pas une bête de cocktails, de réceptions.\u2014 Je ne l'ai jamais été.Quand j'étais forcé d'aller dans les boites, à l'époque de La fièvre du samedi soir, j'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre.Ma vraie nature, c'est le calme.D'ailleurs, je vis dans le Maine.On ne peut pas habiter plus loin de Hollywood.\u2014 Votre maison, dit-on, est géniale.\u2014 Pas mal, oui.On peut y loger une cinquantaine d'invités sans problème.C'est une propriété du début du siècle, non loin de la mer.Il y a vingt chambres a coucher.C'est à Penobscot Bav.\u2014 Comment avez-vous survécu, financièrement, pendant vos années maigres ?\u2014 En faisant attention.Un ami m'a dit.en 1978, que la grande U\\n.c'était de ne jamais toucher à son capital et de vivre des intérêts.C'est une leçon que j'ai bien enregistrée.Ainsi, j'ai pu vivre très confortablement en plaçant intelligemment mon argent.\u2014 Trois avions, c'est assez confortable, en effet.\u2014 J'ai un Vampire britannique, un Lear Jet et un Gulfstrearn 11.J'adore piloter, c'est nui passion.J'ai John Travolta pris mes premières leçons de pilotage quand j'avais 18 ans.lors du tournage de Carrie.Je n'ai jamais abandonné.\u2014 D'où vous venait tout cet argent ?\u2014 Evidemment, quand j'ai fait Grease et La fièvre du samedi soir, je n'avais pas la moindre idée des aspects financiers de mon métier.Dans ma famille, on était plutôt simples.L'argent, c'est ce qu'on avait dans la poche.\u2014 Vous êtes quand même passé d'un salaire de misère à un cachet mirobolant en peu de temps.\u2014 Le plus drôle, c'est que mon rôle dans Pulp Fiction m'a coûté de l'argent ! J'avais fait venir ma femme dans un hôtel proche du tournage que je payais de ma poche.Mon salaire, alors, était de 140 000 dollars.\u2014 On vous a proposé beaucoup de scénarios, au cours des années, que vous avez laissé passer.Lesquels regrettez-vous ?\u2014 Spla\\h.parce que ce fut un succès immense, et Le prince de la cité, parce que c'était vraiment un rôle intéressant.\u2014 Vous travaillez dur vos rôles ?\u2014 Oui, mais sur une période courte.D'abord, parce qu'en ce moment je n'ai pas le temps de les voir entre deux tournages.Si bien que la solution, c'est de préparer le prochain personnage alors même que l'on tourne le film précédent.Ainsi, lors du tournage de Cet Shorty, je pensais déjà au pilote de Broken Arrow.J'ai passé une journée sur une base militaire, un samedi, et j'ai regardé comment ces hommes se tenaient, comment ils marchaient.C'est l'une de mes qualités d'acteur : j'absorbe très vite.POP-CORN Gros nez, force de caractère Mesdames, si vous ne pouvez supporter les hommes d'humeur changeante, évitez ceux qui ont les lèvres minces, comme Keanu Reeves.Si vous rêvez d'une idylle, recherchez un homme dont le nez est court mais légèrement bosselé, comme celui d'Antonio Sabato Junior.Ces conseils sont tirés du magazine* VM.qui affirme qu'une femme peut tout savoir d'un homme en obser- vant simplement son visage.Par exemple, un gros nez signifie force de caractère et vivacité d'esprit, tandis que des narines larges, comme celles de Brad Pin, sont la marque d'un homme indépendant qui supportera mal une femme trop possessive.Enfin, un front bosselé est un signe de timidité et dénote un caractère réfléchi, alors qu'un homme au front large est intelligent et spontané.ZOOM Tina Turner j j Le bouddhisme m'aide à Mm être heureuse et à prendre A A les bonnes décisions.Quand j'ai quitté Ike, en 1976, je me suis entièrement remise en question.J'étais consciente de mon talent, mais je n'avais pas les moyens de le montrer.Pourtant, je ne me suis jamais découragée.Le bouddhisme m'a appris à réfléchir de façon positive et à me fixer des buts.Maintenant, je me réveille avec le sentiment d'être responsable de tout ce qui m'arrive ! De 12 h à 12 h 30, donc, je pratique ma méditation.Je commence par un niantra, sorte de psalmodie pour atteindre une parfaite concentration et j'essaie de mettre mon esprit et mon âme à nu.ELLE e » LES MOTS La semaine des trois jeudis ¦ Jamais.Se dit en paniculier en parlant d'une satisfaction attendue, d'un remboursement d'argent, de ce que l'on désire sans espoir.Pourquoi jeudi ?L'explication par une origine scolaire, le jeudi étant le jour de repos des écoliers en France et une semaine des trois jeudis de congé ne pouvant jamais arriver, n'est pas convaincante.Le sens le plus constant est associé à l'idée d'un paiement, d'un règlement d'argent, qui se feront attendre indéfiniment.Le dictionnaire Ça mange pas de pain note qu'on peut donc penser à une plaisanterie sur les trois «< je dis », c'est-à-dire la répétition d'une promesse vaine : « Je dis que je vous paierai bientôt.» FLASH Manque a gagner Le règlement du divorce de l'ex-Bat-man Val Kilmer et de Joanne Whalley se heurte à une diffi-culté imprévue.Joanne a en effet décidé de réclamer un pourcentage de l'argent que Val aurait gagné s'il avait incarné le dernier Bat- m a n, qui, comme on sait, est Interprété par George Cloo-ney.Joanne explique que c'est en raison de son attitude hautaine que Val n'a pas obtenu ce rôle et affirme qu'elle a droit à la moitié de ce qu'il aurait touche s'il s'était montré un peu plus conciliant.Dans le blanc des oeufs ¦ Demi Moore a fait irruption en combinaison de travail dans un restaurant de Los Angeles, où elle a commande une omelette faite de blancs d'oeuf seulement, garnie d'épinards et de champignons.Elle a renvoyé la première parce qu'elle n'était pas a son goût, puis la deuxième et finalement, elle s'est précipitée dans la cuisine, s'est présentée au chef et s'est prépare elle-même son omelette sous les yeux ébahis des marmitons.Ménager ses effets ¦ Après l'avant-première d'Eve* ning Star ( la suite de Terms of En-d% arment ), les spectateurs se sont dits déçus de ce que Jack Ni-cholson n'apparaisse sur l'écran que pendant huit minutes environ.Si bien que les producteurs ont offert à l'acteur deux millions pour les trois journées de travail additionnelles que nécessiterait une prolongation de son rôle.Mais Jack a refusé, en expliquant qu'il préférait laisser les spectateurs sur leur faim.L'amour n'a pas de prix ¦ Jerry Seinfeld a amené sa dulcinée, Shoshanna Lonstein, chez un bijoutier de Beverly Hills où il lui a demandé de choisir une bague de fiançailles à son goût.Shoshanna a immédiatement jeté son dévolu sur une magnifique émeraude ornée de deux diamants roses extrêmement rares.Le comédien n'a pas .\u2022 , même sourcillé devant le pri^ du bijou : 200 000 dollars ! ; J.R.perd encore ses cheveux ¦ Larry Hagman recommence à perdre ses cheveux, pour.l«i deuxième fois, et il est au déjc4-ï poir ! Après sa greffe de foie de, l'an dernier, les médecins *lu£ avaient administré des médicaments antirejet et ses cheveux s'étaient mis à repousser.AJais des tests sanguins effectués*récemment ont révélé l'apparition d'effets secondaires dangereux et le médicament a dû être remplaV ce par un autre, et les cheveux de l'cx-vedctte de Dallas recommencent a tomber.À la carte Robert De Niro 9% m Alors qu'il était en visite h Miami, Robert De Niro appelât une agence de mannequins, en quête d'une jeune beauté qui pourrait lui tenir compagnie durant son séjour.Il faut croire qu'il n'a eu que l'embarras du choix, puisqu'il a été aperçu dînant avec trois jeunes femmes différentes trois soirs de suite à l'hôtel Raleigh.Bonne fête Mac ! ¦ Pour célébrer dignement son seizième anniversaire de naissance, Macaulay Culkin, et la douzaine d'amis qu'il avait invites chez lui, s'est teint les cheveux en vert et s'est confié aux soins d'un artiste qui lui a imprimé des tatouages temporaires sur la plus grande partie dtf corps.Puis, il a soufflé une bougie fichée dans une énorme pizza et a ouvert son cadeau : une paire de vieux jeans tout déchires qu'il porte maintenant tout le temps.Trente dollars l'heure ¦ À Los Angeles, toutes les bonnes d'enfants disponibles font la queue pour être interviewées par Ma- , donna.La chanteuse est en effet a la < recherche ! de* » plusieurs nounous capables de parler aussi bien l'espagnol que l'anglais et sachant apprêter de la nourriture biologique pour bébés.Elle offrira aux heureuses élues 30 dollars l'heure.SOURCES : AP.Globe.Enquirer.Star Madonna L'été des Indiens de Mme le Consul EN VADROUILLE Francine Grimaldi collaboration spéciale L, été des Indiens corn-r mence dans deux jours, au Québec, pour Madame le Con-i sul, Véronique Jan-¦ not, et elle va plonger En eaux troubles, sous la direction cette fois de Jean-Claude Sussfeld, réalisateur qui l'avait déjà dirigée à la télé française dans Charlotte et Léa en 1994.Véronique est à Montréal depuis plus d'un mois ; elle tourne ici pour la première fois.depuis 12 ans.Depuis Le Crime d'Ovide Plouffe de Denys Arcand où elle joue la secrétaire d'Ovide ( Gabriel Arcand ).Son rôle de consul de France dans la télésérie Madame le Consul Tamène à voyager un peu partout dans le monde avec différents réalisateurs.Le mriis dernier, elle tour- nait l'épisode Le Bûcher des innocentes sous la direction de Joyce Bunuel à Montréal.L'enquête sur l'industriel français Maillant, installé au Québec depuis 15 ans, porté disparu depuis qu'on a retrouvé son bateau abandonné En eaux troubles ( ça sera le lac Saint-Pierre ) conduira madame le consul et toute l'équipe de tournage à So-rel et jusqu'à Georgeville dans les Cantons de l'Est pendant quelques jours ce mois-ci.Nicole Jamet joue l'ex-épouse de Maillant ; Colette Jannot, la vraie mère de Véro, joue la mère de madame le consul, entourée d'Éric Métayer, Pierre Forest, Dominique Briand et Chantale Desroches.C'est Ginette D'Amico qui est en charge de la distribution des rôles québécoise.Le rôle du disparu sera tenu par nul autre que Pierre Vaneck ! Il semble qu'à 65 ans aujourd'hui, cet acteur qui a 40 ans de métier n'ait rien perdu ( ou presque ) du charme ravageur du jeune premier qu'il était en 1955 dans Marianne de ma jeunesse.On verra.D'ailleurs, on verra sûrement ça car le producteur québécois est Roger Héroux.À suivre.Un abonné de Montréal ¦ Je ne sais pas si le très athlétique acteur suédois Dolph Lundgren a un contrat à vie avec Filmline International.Il est venu tourner ici Hollow Point, Silent Trigger, Algon-quSu Good Bye et je ne sais quel au- tre film encore pour Filmline, et j'ai appris que Nicolas Clermont l'a engagé pour être, à nouveau, la vedette de sa prochaine production : Hellbent, un film d'action avec plein d'effets spéciaux et de cascades, qui sera tourné par Frédéric Forestier à Montréal du 21 octobre au 6 décembre.Bravo à Carole Mondello, qui vient de monter en grade ( enfin ! ) et agit pour la première fois en tant que directrice de production.Le mot de Cambronne.Vous avez dit en Corée?¦ Un autre tournage commence cette semaine à Montréal ! Il s'agit de Provocateur, un premier long métrage pour Jim Donovan, qui a fait ses classes en publicité.L'agent provocateur sera joué par Lillo Brancato ( Bronx Taie ).C'est un film d'espionnage contemporain, dont l'action se situe en Corée.Brancato aura à faire avec la vedette asiatique Cory Tagawa et la merveilleuse petite Jane March ( qui personnifiait Marguerite Duras adolescente bouillante dans L'amant ! ) Les caméras iront chercher des prises de vue en Corée, mais les producteurs, Eris Salvato-ri et Claudio Castravelli, ont choisi Montréal, de préférence à Toronto, pour tourner avec les acteurs.Les scènes de la base militaire américaine seront tournées à l'aéroport de Saint-Hubert et les scènes de nature tropicale seront tournées au Uniin botanique ! La distribution n'est pas encore complétée, j'y reviendrai.Casting sur Internet ¦ Parlant de distribution des rôles, voici une première révolutionnaire à laquelle on devait s'attendre : la création du premier logiciel de casting, mis en vente dès janvier prochain, sur Internet, avec mise à jour quotidienne ! Bientôt, on pourra dire adieu aux gros répertoires imprimés.La directrice de Logiciel Casting sur Internet, Élizabeth Ménard, possède une importante banque de données depuis qu'elle a créé un logiciel informatique de casting il y a deux ans : 5300 dossiers individuels de comédiens professionnels, 250 dossiers d'agents d'artistes, 200 mannequins, et plusieurs animaux.Ça ne coûte que 15 S d'inscription pour faire partie du répertoire et on peut même ajouter le son de sa voix à sa photo et son C.V.On n'arrête pas le progrès ! Pour informations : 278-3456 ( =FILM ) ou 1-800-754-4940.et casting sur papier ¦ Juste pour satisfaire ma curiosité, j'ai comparé Logiciel Casting avec le répertoire Photos Gros Plan dont la publication imprimée fait une belle grosse brique de 947 pages, que l'on peut aussi consulter sur Internet \u2014 mais il n'y a pas de mise à jour quotidienne et les frais d'inscription sont de 125$! La ?\u2022 i - date limite pour s'y inscrire est le l« novembre.Une conférence qui promet ¦ « Société en devenir : transformation et évolution » sera le thème de la conférence que donnera le professeur André Jacob fie rUQAM avec le généticien et mer veilleux humaniste Albert Jacquard à l'occasion du cinquième anniversaire du Carrefour oYfruer-cultures de Laval, mercredi sÉoir au Châtau Royal ( et le prix d'entrée n'est que de 15 S ).\u2022 » Une marche pas comme les autres ¦ Quel temps fera-t-il jeudi ?Le 17 octobre est la Journée mondiale pour l'élimination de la panVtete et, à 17 h, on pourra participer a une marche en silence à travers le quanier Hochclaga-Maisonneuvc.La vaillante Maryvonne Kenderfci sera en tête du peloton pour encourager ceux qui ne cessent de marcher pour survivre et que l'on té-tend jamais ! Exclus et démunis pourront se faire entendre lors du rassemblement final au Pavillon d'éducation communautaire, angle Pie IX, à 19 h 30.Il y aura de la musique mais aussi de nombreux témoignages, m'a dit Maryvonne.1 Sur ce, bon dimanche.Moi je vous quitte pour une petite semai -tilt\u2014 La 58e saison radiophonique du Metropolitan Les radiodiffusions du samedi après-midi en direct du Metropolitan de New York, véritable institution pour plusieurs générations d'amateurs d'opéra, reviendront à l'antenne de Radio-Canada pour une 58* saison consécutive le 14 décembre, et ce grâce encore une fois à la commandite de Texaco.De nouveau, 20 radiodiffusions au programme.En voici les détails ( oeuvre, chanteurs et chef ) tels qu'ils sont connus à ce Jour.14 décembre: L'Elisir d'amore ( Donizetti ).Andrea Rosi.Richard Leech, Gino Quilico, Leo Nucci ; Carlo Rizzi ; 21 décembre: A Midsummer Night's Dream ( Britten ).Sylvia McNair, Nancy Gust a vson, Jane Bunnell, Joe hen Kowalski, Kurt Streit ; David Atherton ; 28 décembre: Hansel und Gretel ( Humperdinck ).Jennifer Larmore, Dawn U pshaw, Marilyn Zschau ; Andrew Davis ; 4 Janvier : Tosca ( Puccini ).Maria Guleghina, Serguei Larin, James Morris ; Christian Badea : 11 Janvier : La Bohême ( Puccini ).Patricia Racette, Gwynne Geyer, Marcello Giordani ; Nello Santi ; 18 Janvier : La Traviata ( Verdi ).Veronica Villar-roel, Vincenzo La Scola, Roberto Frontali ; Maurizio Barbaeini ; 25 Janvier : Cavalleria rusticana ( Mascagni ) et / Pa-gliacci ( Leoncavallo ).Dolora Zajick, Diana Soviero, Fabio Armiliato, Bruno Pola, Leo Nucci ; Simone Yong; 1« février : / Puritani ( Bellini ).Ruth Ann Swen-son, Stuart Neill, Thomas Hampson, Alastair Miles; Edoardo Muller ; 8 février : Le Nozze di Figaro ( Mozan ).Kiri Te Ka-nawa, James Morris, Barbara Bonney, Dawn Upshaw ; Leopold Hager ; 15 février: La Forza del destino < Verdi ).Deborah Voigt, Luciano Pavarotti, Vladimir Chernov ; James Levine ; 22 février : Wazzeck ( Berg ).Maria Ewing, Graham Clark, Mark Baker ; James Levine ; Ier mars : Aida ( Verdi ).Sharon Sweet, Michael Sylvester, Stefania Toczyska, Juan Pons; Sir Charles Mackerras ; 8 mars : Btlly Budd < Britten ).Philip Langridge, Dwayne Croft, James Morris ; Sir Charles Mackerras ; 15 mars : Cosifan tutte ( Mozart ).Carol Vaness, Susan Graham, Cecilia Bartoli, Stanford Olsen, Mark Oswald, William Shimell ; James Levine ; 22 mars : Carmen ( Bizet ).Waltraud Meier, Placido Domingo, Angela Gheorghiu, Serguei Leiferkus ; James Levine ; 29 mars : Das Rheingold ( Wagner ).Hanna Schwarz, James Morris, Hei-Kyung Hong, Philip Langridge ; James Levine ; 5 avril : Faust ( Gounod ).Richard Leech, Renée Fleming, Samuel Ramey ; Julius Rudel ; 12 avril : Die Walkure ( Wagner ).Hildegard Ben rens, Deborah Voigt, Placido Domingo, James Morris ; James Levine ; , 19 avril : Evguetty Onieguine ( Tchaikovsky ).Vladimir Ognovenko, Galina Gorchakova, Vladimir Chernov ; Antonio Pappano ; 26 avril : Fedora 20( Giordano ).Mirella Freni, Placido Domingo, Dwayne Croft ; Roberto Abbado.Toutes les émissions débutent à 13 h 30, sauf les trois dernières ( 12, 19 et 26 avril ), à 12 h 30. LA fKiibM.Mu.MKtAL DlMAMCills I I OL-lUbKi; ivvt> B 9 GAGNEZ UN DES 150 LAISSEZ-PASSER DOUBLE Site de léptrtiin ANTONIAS UNC Cfwna du Parc i i ) 14 h 30 DLL OTltO LA DO MX CRISTAL .TMC CU-BAN EXCLUDABLES Ctwrrm ONF 1564 St-0#rw) 16 h EDUCATION OC VER A CmemaONF i9h cr acc or m y nduit 0*ma du Parc (2) 14 h 45.17 h.19 h 30 21 h 45 IMAX - EFFETS SPECIAUX \u2022 V+uji-Port de Montmal 10 h 15.13 h 35.15 h 35 21 h.19 n ve'son anglaise) IMAX - NCW YORK AU FIL DU TEMPS V*uK-Poft de Montréal 17 h 35 12 h 15 (venwon IMAX - L5.CITE DC LTSPACC Les A4et \u2022 Mai Cnampton.Brassard m*3«.14 h.16 n IMAX - PINGOUINS A CIC L«s Aies \u2022 Mail Cnar^ptam Brossard 13 h.15 h Rensetgnements 672-IMAX.MILLE BOULLE BLU GrumaduP»'- «31 i5h 15.I7h 15.I9h 15.21 hi5 NUIT DU dcluge (LA) Ciwmft ParaBeie i4r»30 19 h ORANGE on PATWCX GOOEAU AUCFLF0 ft LlTMTfRE prrscnttnt MATHIEU KASS0V1TZ ANOl'K GR1NBERG SANDRINE K1BERLAIN UN F71M P\u20ac 6 Kevin Parent 7 Paul P»che 8 Julie Masse 9 Merceries Band & Jean-Marc Parent 10 jonanne Biouin LneureJMP De Fe»ixaauounjfv ANGLO 1 Céline Dion 2 Nirvana 3 Elton John 4 Trac y Chapman 5 Alanis Morissette 6 Moist 7 Sheryl Crow 8 REM.9 Fuoees (Refugae Camp) 10 Artistes varies Fatao kito vou Frorr The Muoay Banks Love Sonos \\ph Beg-nmg Jâooed Lrttte P»W Créature Sheryl Crow New Àdventures In HhFi The Score Danse Mix 96 JACQUES AUDIARD GAGNANT MEILLEUR SCÉNARIO - CANNES 96 m TRE Les vies les plus belles sont ailes qu'on iritiénté Source LE Paimares (PC) éouévorar CHANCE Pff CAGfffft BOOBU Ni 1 EcDotci ou 2 Retournai ce coupon rtponst i : \u2022 UN MÛtOS \u2022 avant le 71 octobre t«S as Alksstt VfvafUai C P 282 SUCC B.MontréalQC HJ8JJ?Aj'ciie V e Ce or ^oiîil le tirage aura heuke 21 octére.19% Cent innonct sera publiée Sans la Prttt» ou 10 M IS octae/e 1§96 la nia* eas pm e«tbCs»9nantsdt la Presse recevront un Lasser* Petsar pour ?pononms par la pas!.* fKsmÉasrtprodoeaé r*u*n acetpses Wf^\u2014aiéj concours asporttfca cTk; Aaanct VVvM'n En exclusivité chez S\u2014 use VSr Les magasins SEARS sont fiers de se joindre à Céline dans sa lutte contre la fibrose kystique.Les magasins SEARS participants remettront 2.S pai article vendu de la collection «Falliiig Info Y on.Around The World-à l'Association québécoise de In fibrose kystique.La ligne de vêtements officiels de la Tournée «Falling Into You.Around The World» de Céline Dion est maintenant disponible dans tous les magasins SEARS participants.Disponibles Mulement dans les magasins SEARS suivants.Anjou.Brossard.Côte-Vertu.Deux-Montagnes, Granby.Laiaile.Laval.Repentigny.fointe-Claire.St-Bruno.St-iean.St-Jerôme.et SofH .A z-mus a [)lus Participez au concours et courez la chance de gagner l'un des forfaits VIP pour assister au concert de Céline Dion au Théâtre du Centre Molson le 17 décembre prochain.(Forfait comprend une paire de billets VIP.une rencontre avec Céline et deux T-shirts officiels de la tournée).Remplir lisiblement S.V.P.: Nom:_ Adresse V»IIe Province: Code postal CERT oison 119 décembre Tél.(Rés ): Tél.(Bur.): Question d'habileté: (45 x 2) ?10 \u2022 75 * Déposer \\e\\ buNtKU o> participation dam n'importe quel magasin SEARS part.cip.int Rr-^cments du concours disponible*, dans les magasins StAkS participants.Un coupon par personne seulement.Aucun achat requis.Les fac-similés faits a la main sont acceptes.théâtre DEUXIEME EPISODE 20 h Un souvenir très touchant.Le jeune Michel Tremblay est irrésistiblement attiré par le théâtre.musique 20 h 30 Un voyage éblouissant dans l'univers du célèbre compositeur de l'Opéra de quat'sous, Kurt Weill.Un grand film d'art.Radio-Canada Télévision DE TOUT POUR FAIRE UN MONDE ¦ - B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL DIMANCHE 1 3 OCTOBRE 1996 FAMOUS PLAYERS = 1 QV/ILITLDVSONl yl^99 EN MATINÉE REPRESENTATIONS AVANT 18h00 Le tour du monde de Paul Houde Ifa nouveau record Guinness de 41 heures et 25 minutes HORAIRES DU 13 au 17 OCTOBRE ?info-hlm: b66-o111 CENTRE EATON 705 rue BlOComOrtno O 985-5730 ?FIRST WIVES CLUB (Gr 1 20-4 10-7 1f>» 30 ?T*E OHOST 4 THE OARKNESS (SAC) * 1 30-4 20-7 20- 0 40 D3 LES MK3MTY DOCKS (Or 1 00 3 50-« 50-0 10 ?THE GUMMER MAN fit»)* 1 404 50-7 30-9 50 03 THE MIGMTY OUCKS (Or * 10-4 00-7 OO-O 20 ?2 OAYS IN THE VALLEY (13*r 1 50-* 00-7 40-1000 Jeu 5 00-7 40-10 00 LOEWS 954 rut SU C.four B X SHAWINIGAN Crwrir l»i «.w X CARREFOUR dvritlri* smumw! * terrebonne471**4 itn QMNliUlia \u2022 4k YALLEYFIELD 37\"0O3 De r»iit X TCOlS-KIVIEflES Impniul X 7% STETHERESE w*« DRUMM0NDY1LLE r.iuM(ii X 70iSlt C*lfc.riBc 0 y é>| TDllho»! X.K CENTRE LAVAL mm IFAAIOUS FUYEW B Wg» ICOTE-OES-MEKÎES M^1^ ILACOROAIRE1133*30001GATINEAU ieOOl«Cortio-.,« XO \u2022 I mi»IJ 1*1 W>m ¦ )Cj£>limi0M * OI MC ta» tntnr*»*»r» \u2022 *\\l Ctnemi 9 X VBRBIQN QRiQINALE ANGLAISE \t 1 DORVAL M**» |2bOA*e Dorval *\t \"2 DAYS IN THE VALLEY est un captivant mélange de meurtre, de mystère et de rebondissements.\" \u2022 Louis B Hocton, CALGARY SUN club^ex iièummsTVfwtsauu www.paramount.com 2 RYSHI R days « - \u2022 dtt angrignon 7077 1 .ma mm»o X &\tDHUIl \u2022A-rjLTtOetfW centre laval «-777$ l600UCortaiil«r XO S\tFAMOUS PLAYERS 8 6.2-2223 mmj hu mc XD -S versailles 353-780) Place Versailles * O 6\tchateauguay »i^4i3 MdSI )-\u2022 inb.»pti\\1r X puza REPENTKtNT Wjg miteeBaBtfaakania^i X ex\tst-basile mm m bnui Laariei X (S terrebonne \u2022rl-eSM 1071 QaMnaiaCitw \u2022 «S\tstetherese Î7W444 PUijSte THa»e*a #0 jouette T5eiooj LrCarrrfourB X\tDRUyNOHOVIUE i oi DNGNOnrVtOTMOaMM » ?C dts | LOEWS H1-7UÎI ANGRIGNON I CENTRE LAVAL «eTTTi r.4ilr CjtartinrO * O I 707 / kM< Mrwtnjn \u2022 ^1 IMOLr Cirkrin X O >V.i a ¦ \u2022\u2022\u2022liai ne ivrn \u2022 i \u2022 11 â i VERSAILLES 3SJ-:ilO| FAJÉOUSPUYERSBn 22»I CARREFOUR *\"**| LACOROAIRE 11 \"*-xw I TERREBONNE «\u2022 «^ f1ac»Wer\\j.Mrv e J U\\\\V T.IH0 m W*b &~)^\\* ' I lr\" WlfMHOOBI » | *K tmé J *.| tan 0.a».«BC.l«« «/ioot K'kwl iMirtr X | Capitol X | Or Cjm X f G«Ur»«\\ Qiaabi X |lmprfi.ii X* VIRBIQN QRIQINALB ANQLAIBI CENTRE EATON *»?»| ANGRIGNON »ê2*«| fiHOUSPlATlPSôMT-Kml VERSAILLES »>7H0 'mSlr Cjlkrt.nr 0 X 'J fu.'lk^l trraOM X V I K'« Tl ^LA M 11 \u2022,.«/ >v I M»Cf Vrr j.Hex \u2022 ¦; !¦ CENTRE LAVAL W-^l FAiOOSPUYEWSn 22»l MAIL CAYENWSM eieAilUACOROAIRE 11 ISTEADELE »7W iMOLf C«Tft«tirt X O
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