La presse, 28 novembre 1996, C. Monde
[" Montréal, jeudi 28 novembre 1996 Monde ANNONCES CLASSÉES / DÉCÈS L'EXPRESS INTERNATIONAL BOSNIE Mladic évincé ¦ Les divisions semblent toujours vives entre les Serbes de Bosnie : le Parti démocratique serbe ( SDS, Ratko Mladic majoritaire ) a demandé hier que soient traduits en justice le général Ratko Mladic et les officiers supérieurs de l'armée bos-no-serbe, qui refusent leur éviction.Et le Parlement de la Republika Srpska, réuni sur le Mont Jahorina, à l'est de Sarajevo, a confirmé la décision d'éviction du général Mladic.Il était réuni pour discuter de la crise ouverte entre la présidente Biljana Plavsic et les généraux, évincés de l'état-major.Le général Mladic est inculpé de crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international de La Haye.d'après AP PAKISTAN Zardari aux arrêts ¦ Malgré l'annulation d'un mandat d'arrêt à son encontre hier, le mari de l'ex-premier ministre Benazir Bhutto a été maintenu en état d'arrestation, les autorités ayant simplement émis un nouveau mandat à cette fin, a annoncé un porte-parole de son parti.Asif Ali Zardari, qui était ministre des Investissements dans le cabinet de Bhutto, a quitté la résidence surveillée de Lahore ( Punjab ) où il se trouvait depuis trois semaines pour être transféré dans la province du Sind, d'où il est originaire, a dit le porte-parole du Parti populaire du Pakistan ( PPP ).Un peu plus tôt, la Haute Cour de Lahore avait annulé une requête de Bhutto contre l'arrestation de son mari après qu'un avocat du gouvernement eut annoncé le retrait du mandat d'arrêt initial.d'après AP ISRAËL Colonisation ¦ Une projet de résolution sur la colonisation juive dans les territoires palestiniens et dans le Golan sera officiellement discuté ces prochains jours à l'Assemblée générale de l'ONU, a annoncé hier le chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa.« Des consultations sont en cours à l'Assemblée générale de l'ONU concernant une résolution sur la colonisation et qui sera discutée au cours des prochains jours », a déclaré à la presse M.Moussa.« La question de la colonisation est grave », a dit M.Moussa.L'Egypte avait menacé implicitement dimanche de bloquer le processus de normalisation israélo-arabe en raison de la relance de la colonisation.d'après AFP CUBA Aide réduite ¦ L'Union européenne a réduit de près d'un tiers son aide financière à Cuba en 1996, a-t-on indiqué hier de source proche de la Commission européenne.En 1995, l'aide humanitaire et économique de l'UE à Cuba atteignait 30 millions d'écus ( 38,4 millions US ), se répartissant en 26 millions d'écus d'aide humanitaire et 4 millions d'écus d'aide économique.En 1996, cette aide n'atteint plus que 18,7 millions d'écus (24 millions US) dont 15 millions pour l'aide humanitaire et 3,7 millions pour la coopération économique.d'après AFP Autres informations page C 8 PHOTO AP Cette Rwandaise de 14 ans se voile timidement le visage avec sa couverture, à son lever au camp de réfugiés de Benaco, près de Ngara, en Tanzanie.Washington appuie la proposition canadienne sur l'Afrique centrale d'après AFP et AP WASHINGTON Les États-Unis « soutiennent la proposition canadienne d'établir un quartier général multinational pour une opération humanitaire » à Entebbe ( Ouganda ) « ou au Rwanda » mais posent des conditions à leur participation à un parachutage de vivres aux réfugiés, a indiqué hier le département d'État.Washington espère pouvoir prendre bientôt « une décision finale sur le rôle exact que les États-Unis joueraient dans cette mission », a ajouté le porte-parole du département d'État Nicholas Burns.Celte décision devrait prendre « deux ou trois jours » après des consultations avec le gouvernement canadien, a-t-il précisé.Le gouvernement américain veut notamment s'assurer que le parachutage peut se faire sans danger pour les réfugiés et qu'il « les encouragera à rentrer au Rwanda ».Il faudra aussi obtenir « le consentement nécessaire » du Zaïre et du Rwanda et mettre sur pied un « comité de contrôle politique » de l'opération, a précisé M.Burns.Les États-Unis espèrent aussi que des pays africains contribueront à cette opération, a-t-il ajouté.Dans ces conditions, les États-Unis « sont prêts à participer » à cette mission multinationale sous commandement canadien, y compris avec du personnel américain qui serait chargé du « transport aérien et du contrôle aérien ».Us sont également disposés à « fournir du personnel pour le quartier général ».Une bonne partie de ce personnel est déjà sur place, a souligné M.Burns en rappelant que 399 soldats américains sont déjà au Kenya, au Rwanda et en Ouganda.Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, avait suggéré mardi d'organiser un parachutage de vivres aux réfugiés qui se trouvent encore au Zaïre.La proposition canadienne serait d'établir le quartier général d'une force internationale sur la base d'Entebbe, en Ouganda, d'où pourraient partir des vols de reconnaissance susceptibles de parachuter des vivres pour les réfugiés.Plus d'une centaine de soldats canadiens envoyés en reconnaissance sont déjà depuis plus d'une semaine sur l'aéroport d'Entebbe, attendant une décision de la communauté internationale.De son côté, M.Axworthy devrait avoir reçu les réponses des autres membres de la coalition .internationale ce jeudi matin à la suite de ses propositions sur une force réduite visant à parachuter de l'aide aux réfugiés du Zaïre.L'Algérie vote aujourd'hui sur la Constitution d'après AP et AFP ALGER Le référendum constitutionnel d'aujourd'hui en Algérie devrait être adopté sans difficulté même si le scrutin apparaît, aux yeux de électeurs, très éloigné de leurs problèmes immédiats : violence, chômage et logement.Les électeurs doivent se prononcer sur l'interdiction des formations politiques basées sur la religion, la langue, le régionalisme ou le sexe., L'arabe verrait confirmée sa place de langue officielle, ignorant le ta-mazight ( berbère ) qui n'est mentionné que dans le préambule du nouveau texte.Le Parlement serait doté d'une seconde chambre, dont le tiers des membres serait nommé par le président de la République dont le mandat serait limité à cinq ans, renouvelable une fois.Le Front de libération nationale ( FLN, l'ancien parti unique ) à l'idéologie nationaliste, l'Alliance nationale républicaine ( ANR ) proche des démocrates et le Hamas ( islamistes modérés ) ont exprimé à des degrés divers leur soutien au projet.Les 735 034 électeurs résidant à l'étranger \u2014dont ceux du Canada\u2014 ont commencé à voter vendredi dernier.Au total, près de 16,5 millions d'électeurs \u2014dont 1 160 000 à Alger\u2014 sont appelés à se prononcer par un bulletin blanc ( oui ) ou bleu ( non ).Outre le rejet des islamistes radicaux, le projet fait face à l'opposi- tion résolue des partis de gauche, très influents en Kabylie et dans l'Algérois, qui estiment que cette éventuelle révision constitutionnelle mettra hors-la-loi le fait même de revendiquer sa citoyenneté.Ils prônent donc le « non » ou le boycott.En dépit des menaces du Groupe islamiste armé ( GIA ) de « briser la nuque » des participants au scrutin, le projet devrait recueillir une majorité de « oui ».Pendant plusieurs semaines, une « campagne d'explication », animée par le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia et ses ministres, a martelé que la crise algérienne avait sa source dans la Constitution de février 1989.La chaîne de télévision publique ENTV, la radio et les journaux proches du gouverne- ment ont fait valoir avec insistance que la nouvelle Constitution allait « stabiliser les institutions et la démocratie » et mettre « l'identité algérienne ( arabe, berbère et musulmane ) à l'abri des manipulations politiciennes ».Absents des médias lourds, les opposants démocrates et de gauche dénoncent « la dérive autoritaire » du pouvoir.Leurs consignes de vote négatif ou de boycottage ont un écho en Kabylie ( 550 000 électeurs ).L'opposition proteste depuis plusieurs jours contre l'attitude des médias publics, notamment la télévision d'État, qui ont passé quasiment sous silence ses activités durant la campagne.REPÈRES / Rwanda-Burundi Tribus ou castes ?J0ONEED KHAN Parmi les repères utiles pour apprécier le pourquoi de la crise des Grands Lacs africains, il y a la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave évoquée par l'écrivain hutu burundais Mel-chior Mbonimpa lors d'une causerie à l'UQAM.Il est l'auteur notamment de Hutu, Tutsi, Twa, et de Démocratie et Ethnicité.Plus que des « tribus », dit-il, on devrait parler de classes, et même de castes comme en Inde.Tutsis et Hutus parlent la même langue, partagent les mêmes traditions et les mêmes tabous.Mais tutsi signifie « riche » et hutu veut dire « serviteur ».Rwanda et Burundi étaient des monarchies bien avant l'arrivée des Européens, en l'occurence les Allemands, à la fin du 19e siècle.Des Allemands, férus d'ethnologie, aux Belges biculturels qui en assument la tutelle après la Première Guerre mondiale, ces deux « castes » se « tribalisent » : la symbiose entre le Tutsi, éleveur, et le Hutu, cultivateur, se fracture sous l'impact de « mythes fondateurs » d'un «< peuple conquérant » tutsi, Niloti-que d'Egypte, face au « peuple hutu soumis ), d'origine bantoue \u2014 équation qui occulte le Twa, peuple de la forêt ( 1 % ).Pas étonnant que le pouvoir colonial ait privilégié les Tutsis, minoritaires à 14 % contre 85 % de Hutus, mais qu'il exaltait comme plus intelligents, plus beaux, plus guerriers \u2014 ses partenaires naturels.Le salut des Hutus, c'était l'école chrétienne.Jusqu'en 1959, où les paysans ( hutus ) renversent l'aristocratie féodale ( tutsie ), sur fond de luttes d'indépendance en Afrique.Des sources parlent de 100 000 morts.L'ONU tient un référendum : la république et l'indépendance reçoivent 85 % des voix.Refusant « le règne des esclaves », les Tutsis fuient massivement le Rwanda, pour le Burundi et l'Ouganda voisins, notamment.Le Rwanda et le Burundi, indépendants depuis 1962, sont deux pays différents, mais jumeaux.même si certains les appellent de « faux siamois ».La différence : le Burundi n'a pas connu de « révolution paysanne » ; le pouvoir est resté aux mains des Tutsis, qui gèrent à leur façon l'exigence de démocratie des Hutus majoritaires.Pire : les Tutsis réfugiés du Rwanda ont exacerbé le supréma-cisme des Tutsis burundais en les mettant en garde contre une « révolte des esclaves » à la rwandai-se ; ils ont contribué aux pogromes anti-hutus dès 1965, les législatives ayant donné une majorité.hutue, sans lendemain ; et ils ont mené, comme ceux réfugiés en Ouganda, des raids incessants contre le Rwanda.D'un régime militaire à l'autre ( Micombero, Bagaza, Buyoya ), et d'un génocide hutu à l'autre ( 300 000 en 1972, 50 000 en 1988, 100 000 en 1993 ) les Tutsis ont monopolisé l'armée, la fonction publique, le gouvernement et le commerce au Burundi.Sous les pressions internes et externes, ils s'ouvrent au pluralisme en 1989 : les élections de 1993 vont au FRO-DEBU à dominante hutue, mais des putschistes tuent le président Mel- chior Ndadaye la même année, son successeur Cyprien Ntaryamira est tué en avril 1994 ( avec le Rwandais Juvénal Habyarimana ), et l'actuel président.Sylvestre Nta-bantunganya, est renversé en juillet 1996.Ce qui rendait les Hutus du Rwanda encore plus méfiants face aux Tutsis qui, armés au sein du « Front patriotique rwandais », ont envahi le Rwanda depuis l'Ouganda en 1990.Le pays est en proie à la guerre civile et aux massacres ; et les amis puissants du FPR imposent des concessions à Habyarimana \u2014 jusqu'à l'assassinat de celui-ci, le génocide tutsi, la prise du pouvoir par le FPR et la fuite de deux millions de Hutus, qui rentrent maintenant.Ce qui n'est guère propre, autre part, à inspirer l'accomodement aux Tutsis du Burundi.Les Hutus, eux, sont en guerre désormais contre les deux régimes « guerriers » tutsis soutenus par les USA, mais qui dérangent leurs voisins, sauf l'Ouganda.Les « castes » se sont mues en « peuples » ; mais à l'aube du 21e siècle, la guerre tribale cache toujours une « lutte de classes ».~ Il Ne manquez pas ce cahier spécial samedi dans O O O .I .I II .1 \u2022 . LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 28 NOVEMBRE 1996 TRANSPORT ET VÉHICULES AUTOMOBILES AUTOBAINES EN BREF LE BRIDGE André Trudelle Un sacrifice avantageux Dans un match par équipe de quatre, le bridgeur qui sait faire un sacrifice au bon moment a parfois droit à un bénéfice de quelques IMPs, qui joueront un important rôle dans l'issue de la rencontre.En match international, un concurrent avisé, en Ouest, .n/a pas craint de demander 7 Tr alors que l'adversaire se dirigeait vers un petit chelem à Pi.Voici d'abord comment celui qui a gagé 6 Pi a réalisé son contrat.Sad ViÉMriMrt& Nord* Sud * AD63 7H1074 0 R V10 7 EST * 1087 0 98652 ?V7S3 * VV9S3 O AD43 ?A D10 8 4 «IV9542
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