La presse, 1 février 1997, C. Cinéma
[" Montréal, samedi 1er février 1997 Cinéma La Presse PETITES ANNONCES \u2022 Ce n'est pas le nom jle Dans /.es Voleurs, qui est difhcile.à porter, mais par rapport au d'André Téchiné, elle joue le rôle d'une homosexuelle: «Être amoureux d'un homme ou d'une femme, c'est la même chose» LUC PERREAULT envoyé spécial, PARIS On a l'habitude de la qualifier de hautaine, froide et d'une beauté inusable.Mais, en entrevue, elle a tôt fait de quitter sa réserve naturelle pour s'animer, n'écartant aucune question sauf celles qui touchent de trop près à sa vie privée.On comprend alors qu'au-delà de l'étiquette bon chic bon genre qui lui colle à la peau, la vraie Catherine Deneuve est avant tout fragile, inquiète et d'une sincérité à toute épreuve.Son dernier défi, après plus de 70 films et en quelque 30 années de carrière, coïncidait avec le rôle de Marie dans Les Voleurs.Dans ce film d'André Téchiné qui vient de prendre l'affiche sur nos écrans, le réalisateur français lui demandait d'incarner une prof de philo qui vit une expérience homosexuelle avec une de ses étudiantes.Son image d'une féminité à tout crin risquait d'être compromise entre autres par cette scène où elle apparaît nue au bain avec son amante.« Au départ, reconnaît la comédienne, j'avais pas mal d'appréhension pour ce rôle.J'ai déjà joué des personnages d'homosexuelles dans des films, mais ils étaient donnés au départ et ne comportaient pas Mr CATHERINE t'//C 2 Le fait de tourner sans maquillage a procuré à l'actrice un moyen de rompre avec l'image d'une Deneuve toujours tirée à quatre épingles.Catherine Deneuve incarne un professeur de philosophie qui vit une liaison avec une de ses étudiantes.M ' MANQUEZ LE GRAND L'ÉDITION LA RADIO LE DIMANCHE DE 9 H A MIDI .y LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 1\" FÉVRIER 1997 Catherine Deneuve ?% 1 ! I ii CATHERINE / Suite de la paae C l de m eues lices à cette relation féminine, à l'exception peut-être des Prédateurs mais ii s'agissait d'un film américain et de vampires.» Pour contourner la difficulté, la blonde comédienne s'est souvenue que le sentiment amoureux se situait au-delà du sexe.« Je me suis rendu compte finalement qu'être amoureux d'un homme ou d'une femme, c'est la même chose, à partir du moment où on est vraiment amoureux.>» Elle décrit son personnage comme le plus vulnérable de tous.« Il lui manque une chose très importante dans la vie, un peu comme le système immunitaire : une agressivité naturelle qui lui permettrait de résister à la pression extérieure, à la violence des autres.» Elle soutient avoir sauté à pieds joints dans le film de Téchiné pour toutes sortes de raisons parmi lesquelles l'amitié, la complicité et la fidélité figuraient en bonne place.« Ça fait quinze ans, dit-elle, qu'on se connaît.» Rompre avec l'image Ils en sont à leur quatrième film et partageaient le même désir de se retrouver avec Daniel Auteuil, leur complice de Ma saison préférée.Au moment de la signature du contrat, il n'y avait pas encore de scénario.Elle avoue avoir été sensible à ce polar où, même plongés dans une intrigue policière, on reconnaît maigre tout les personnages habituels de Téchiné.L'idée aussi au depart de tourner sans maquillage lui offrait un moyen de rompre avec l'image d'une Deneuve toujours tirée a quatre épingles.«« Au début, je trouvais ça bien : ah ! quel soulagement de ne pas être maquillée, de ne pas être coiffée et d'être habillée très à l'aise.Mais ça finit par peser.Non pas le fait de ne pas être maquillée ou coiffée mais cette espèce de dénuement.» Pour certains acteurs comme Philippe Noirci, trouver le costume qui convient à son personnage équivaut a trouver le personnage.Pour Deneuve, cette relation avec le vêtement est moins directe mais peut-être plus subtile.« Je ne suis pas aussi maniaque que d'autres acteurs sur ce point, mais c'était important pour mon personnage qu'il ait la silhouette », soutient la vedette vêtue ce jour-là d'un impeccable tailleur lilas assorti du parfum correspondant et portant, par contraste, une amusante paire de lunettes en écailles rouge.Quand on lui demande si le nom de Catherine Deneuve est lourd à porter, « c'est pas le nom qui est lourd à porter, répond-elle, mais l'image par rapport aux films : tous les films que l'on traîne avec soi dans une première scène d'un nou-\\t au film et qu'il faut ensuite faire (uihhei, toutes les images qui se promènent a travers vous dans le premier quart d'heure.» Elle reconnaît que trop de métier peut devenir un handicap, un « bagage a double tranchant », pour employer ses propres ternies.« Quand tout est trop en place, ca manque d'accident, ça manque de vie, ça manque de chair, ça manque de (ragilite.>» L'état d'innocence Son père était comédien.Seconde d'une famille de quatre filles, elle ne croyait pas avoir la vocation.L'élue, c'était plutôt son ai-njée.Françoise Dorléac, disparue tragiquement dans un accident d'auto a seulement 25 ans et dont la mémoire est évoquée dans un ouvrage récent dans lequel Deneu-VC livre une interview.Elles avaient eu le temps de tourner ensemble Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demv.Ce dernier avait dEéjà propulse Deneuve vedette avec Les Parapluies de Cherbourg qu'on vient opportunément de remettre a l'affiche.« Ce film fut une véritable révélation.J'étais assez timide.Je n'étais pas du tout sûre de continuer à faire du cinéma.Je n'avais pas le feu sacré.Ce fut pour moi une grande découverte.J'ai eu l'impression que c'était ma naissance au cinéma.» On reste subjugué par la liste des grands metteurs en scène avec lesquels elle a tourné et par les ^ oeuvres-clés auxquelles elle a par- $ ticipe.Une sorte de tragédie ordinaire : \u2022>.¦a 0 - m 5 ipe « J'essaie d'être le plus possible dans un état proche de l'innocence, indique-t-elle pour expliquer sa méthode.J'essaie de ne pas me mettre dans tous mes états trop longtemps avant de tourner des choses difficiles parce que le piège, c'est traître.» La récente biographie de François Truffant Ta, de son propre aveu, profondément blessée.On y évoque sa liaison avec le cinéaste et leur rupture, motivée par le désir de l'actrice d'avoir un enfant.« Pour moi, dit-elle, c'est le viol d'une intimité.Ce que j'ai trouvé très triste c'est que tous les journaux n'ont traité du livre que pour parler du don Juan du cinéma français.Je ne peux pas m'imaginer, connaissant le goût de François pour le secret qu'il aurait été d'accord avec ça.» LUC PERREAULT envoyé special, Paris « Je crois que Catherine a eu peur quand je lui ai parlé du personnage de Marie », admet André Téchiné interrogé sur ses rapports avec sa vedette préférée.Attablé devant un café, le réalisateur des Voleurs parle de leur collaboration qui n'est pas récente et qui repose avant tout sur une relation de confiance.« Elle a essayé de prendre le risque de jouer, dit-il.Je crois que ce n'était pas une partie de plaisir pour elle.Je crois même que c'était douloureux.Mais je pense que c'était au prix de cette douleur qu'elle pouvait donner à la caméra et au film des choses, je pense, profondes et intimes, même par rapport à son image habituelle et au vieillissement.C'est sûrement un rôle qui lui a beaucoup coûté.>» Téchiné aime visiblement diriger ses act eu rs et les mettre au défi de se dépasser.« Si un acteur ou une actrice ne prend pas de risque, estime-t-il.André Téchiné c'est le confort.Ça veut dire qu'il se contente simplement de faire mousser son image et de montrer son savoir-faire.Moi, c'est autre chose que le savoir-faire et le métier qui m'intéressent chez un ac- teur.C'est une espèce de potentiel intérieur que j'essaie de dégager et mon but, avec Catherine, n'était pas de la rendre moins grande mais le plus humaine possible.» Il a trimé dur pour traiter avec cohérence d'un milieu qu'il ne connaissait pas, une petite entreprise familiale de province.En décrivant par le menu détail un vol de voitures raté, par exemple, il s'est rappelé la leçon de Bresson dans Pickpocket.« Que cette entreprise fonctionne ou pas dans la légalité, dit-il, n'est pas vraiment mon problème.Je ne veux pas avoir sur eux un regard de flic.J'essaie le plus possible d'aimer mes personnages, malgré leurs faiblesses et leurs défauts.» Il n'est pas seulement question de vol de voitures dans son film mais aussi du vol des sentiments.Pour Téchiné, la présence de De-neuve fait éclater le cadre tradi-.tionnel.Sans elle, l'histoire qu'il raconte serait plus classique.« La vraie marginalité dans ce film, il ne faut pas la chercher dans le monde du banditisme ni dans la police, mais dans le personnage de Deneuve.Avec le caractère de fem- me de raison et de bourgeoise qu'elle représente, elle devient la marginale du film.Par son innocence même, elle va devenir la victime parce qu'elle est extérieure a celte caste.Le personnage extérieur à une caste est hélas souvent désigné comme la victime.Les Voleurs, en ce sens, est une sorte de tragédie tout à fait ordinaire.» Suivant l'exemple de Renoir à la fin de sa vie, Téchiné a tourné avec deux caméras.« Mon rêve c'est que la camera, dans une scène, puisse être partout à la fois mais sans que ce soit découpé de façon traditionnelle, que ce soit la même énergie qui circule.>» L'énergie qu'il déploie lui-même à raconter son histoire, en multipliant les points de vue.en maintenant jusqu'à la fin un suspense sur ses personnages, n'a ti-nalement qu'un but : accrocher le spectateur.« Pour moi, le public c'est le destinataire.J'aime que mes films voyagent, qu'ils ne soient pas seulement restreints au public parisien.» Ce report a qc a été realised l'invitation de CFP Distribution.Daniel Auteuil est fascinant en policier hors série.Laurence Côte interprète remarquablement le rôle de sa maîtresse, LES VOLEURS Naissance d'une mafia de province LUC PERREAU LT Les Voleurs pourraient s'intituler Naissance d'une mafia.André Téchiné met en scène l'embryon d'une famille mafieuse, petite pègre de province à mi-chemin entre le commerce légal ayant pignon sur rue et l'entreprise pirate oeuvrant dans l'illégalité.Au sommet de la hiérarchie, un parrain, lequel n'a rien à voir avec celui de Coppola.Cet homme a deux fils, le « bon » et le « mauvais ».Le premier qui suit les traces du père est retrouvé mort au début du film.Le second, mouton noir de sa famille à cause de son métier de flic, va entreprendre une enquête sur cette mort suspecte.Si on accepte comme postulat l'enquête sur sa propre famille menée par un policier, le film de Téchiné tient le pari du polar, un genre en perte de vitesse dans le cinéma français qu'il parvient ici à renouveler.Le film s'ouvre par le mystère de cette mort et adopte tout d'abord le point de vue d'un gamin, fils du disparu, personnage innocent égaré au milieu de ce nid de vipères dont on ignore encore toutes les tares et les secrets trop jalousement gardés.Dans un second temps, le point de vue change en celui d'Alix, le flic.Fascinant Daniel Auteuil en policier hors-série.Doublement isolé, de sa famille d'abord puis de ses collègues, il entre e^n contact avec Marie ( Catherine Deneuve ), prof d'université, par le biais de Juliette, à la fois sa maîtresse et celle du prof, personnage trouble dont le rôle est remarquablement tenu par une inconnue, Laurence Côte.À l'autre extrémité de ce cercle, le personnage de Marie sert de révélateur en ce qu'il permet de dénouer toutes les ficelles d'une intrigue menant insensiblement de l'opaque au limpide.Deneuve y est troublante à souhait en femme à la dérive dont la barque chavire moins sous le choc de toutes ces révélations qu'a la suite d'une relation dont elle sortira victime.Suspense ou film d'auteur ?Le cinéaste jongle avec élégance avec les deux approches, imposant sa vision éclatée d'une famille, d'un milieu et d'une société rongée par un cancer.Vision de moraliste ?Disons plutôt celle d'un fin observateur qui prendrait en compte le bien et le mal pour les renvoyer dos à dos.Entre-temps» il sera parvenu a donner vie a d'inquiétants personnages.LES VOLEURS, d'André Téchiné Scenario : Téchiné et Gilles Tant and avec la col' laboration de Michel Alexandre et Pascal Bonitzer.Imate : Jeanne Lapoirie.Son : Jean-Paul Miwcl.Montage : Martine Gioryadno.Musique : Philippe Sarde.Avec Catherine Deneuve.Daniel Auteuil.Laurence Côte.Benoit Mayiniel.Fabienne Babe.Didier Bezaw.LE PREMIER EMPEREUR DE CHINE Une fabuleuse remontée dans le temps HUGUETTE ROBCRGE Rassurez-vous ! Pas besoin d'être sinologue pour apprécier le dépaysement complet et la fabuleuse remontée dans le temps que vous propose, d'Ici la fin de mars.Le Premier Empereur de Chine coréalisé par le Canadien Tony Ianzelo et le Chinois Liu Hao Xue, nouveau film d'IMAX-LES AILES du Mail Champlain à Brossard.Premier film tourné par une équipe étrangère ( 1100 personnes) sur le site des fouilles archéologiques du palais funéraire de Qin Shi-huang, dans la province chinoise de Shaanxi, cette fiction très documenter, coproduite par l'Office national du film et le Studio de cinéma Xi'an de Chine, raconte, sur fond de batailles superbement chorégraphiées, de corruption, d'intrigue et de folie des grandeurs, l'histoire de Ying Zheng, qui fut le souverain le plus puissant de tous les temps.Rien de moins.En 221 avant J.-C, après avoir formé une in- vindble armée d'archers, le jeune héritier de la dynastie Qin ( prononcez : Tchine ), parvient, de tuerie en tuerie, à unifier l'immense territoire chinois.Puis, pour consolider son empire, il procède à de profondes réformes, construit la Grande Muraille ( avec 700 000 ouvriers durant 36 ans ), fonde la Chine impériale, et consé-quemment, se sacre lui-même Qin Shihuang ( premier empereur ).Riche de 270 palais, de 3000 concubines et de milliers de sujets-esclaves.Il en vient à se prendre pour le Tout-Puissant en personne.Seule lui manque l'immortalité.Il décide alors de devenir immortel.Et il y parvient, en quelque sorte-Tout dans cette production de 6,5 millions ( pour 40 minutes ) baigne dans le gigantisme : 2000 figurants en costumes somptueux, plus de 1300 musiciens, des milliers d'objets émerges de l'époque dont il est question ( si, si ! ), un écran surdimensionné ( la hauteur d'un édifice de huit étages ).Vous aurez vraiment la sensation de vous trouver vous-même au coeur de l'action, dans des panoramas et des déploiements époustouflants.Également à ce programme, pour vous offrir un décalage temporel encore accru, L5.Cite de l'espace, qui fut le film d'ouverture du cinéma IMAX-LES AILES en octobre dernier, poursuit sa carrière.Également d'une durée de 40 minutes, ce film à effets très spéciaux, à visionner a l'aide de lunettes 1MAX-3D/PSE ( confortables et performantes ), vous projette en elfel un siècle en avant, en 2096, sur la première station orbitale jamais créée ( recréée selon des études scientifiques de la NASA ), et vue par une fillette de cinq ans, qui l'habite.Les enfants adorent ï LE PREMIER EMPERLUR.de Tony Ianzelo ( ONF > et liu Hue Xuc ( Studio Xi'an de Chine ).et L5.CTTÉ DE L'ESPACE.\\ « i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1« FÉVRIER 1997 C3 Les rêves risqués d'Eric Rochant LUC PERREAULT envoyé spécial, PARIS Après Un Monde sans pitié, le film qui l'avait révélé en 1989, Éric Rochant a décidé d'explorer d'autres avenues.«< Je n'avais pas envie d'être le porte-parole de la jeunesse.» Anna Oz, son quatrième film, est une entreprise qu'il juge lui-même à risque.Il y est question d'un rêve inversé, de deux lieux, Venise et Paris, l'un dans lequel l'héroïne rêve et l'autre dans lequel elle est endormie.Il avait envie de tourner avec Charlotte Gainsbourg, une actrice qui, selon lui, est incapable de jouer faux.Son scénario, écrit avec le concours de Gérard Brach, s'inspire d'une nouvelle de Julio Cortazar.Le titre fait référence à l'étude de Freud basée sur le rêve, Anna O.Le « z » accolé à la fin évoque par ailleurs Le Magicien d'Oz dans lequel une héroïne aussi rêve.« C'est le principe de l'écriture automatique », indique Rochant pour rendre compte de l'origine du titre tout en faisant allusion à un jeu populaire chez les surréalistes.« Le problème de cette fille, c'est qu'elle croit à ses rêves.Elle a le sentiment d'être manipulée.Elle ressent la réalité de l'inconscient.» La littérature, notamment la philosophie et la psychologie, ont souvent traité de cas semblables.Quelle est la vraie personne, celle qui rêve ou celle qui veille ?Lequel est le plus authentique et domine l'autre : le rêve ou le conscient ?« Si vous voulez, tranche Rochant, ce sont les deux faces de la même pièce.On ne peut pas manipuler une pièce de monnaie sans une de ses deux faces.Évidemment, elles sont opposées l'une à l'autre.Un individu et donc ce personnage ne tient que s'il a ces deux faces.Le film suggère quelle est la teneur de cette deuxième face cachée inconsciente puisque je crois qu'il montre à quel point cette seconde réalité enfouie est liée à une pulsion d'autodestruction.» Anna Oz rend compte, selon lui, de l'origine de la violence ( mais atissi de sa version canalisée, la créativité ), une violence qui prend sa source dans l'inconscient.Malheureusement, constate ce pince-sans-rire, les psychanalystes vont rarement au cinéma.Quant au public français, par suite sans doute d'un relent de cartésianisme, il semble avoir boudé sa démonstration.« En fait, c'est le film le plus réaliste que j'aie fait.Il est réaliste parce qu'il essaie de rendre compte de la réalité du rêve et du point de vue de la dormeuse.» En adoptant ce point de vue, il soutient que les illogismes apparents du scénario disparaissent.Comme ce fameux coup de téléphone du psy de Venise au psy parisien au moment où Anna se trouve dans le bureau de chacun des deux.« Si on cherche à tout expliquer, on en arrive à une impasse, ce qui fait que les cartésiens que nous sommes ont de la difficulté avec ce film.Mais il y a une lecture poétique à faire, à mon avis plus simple et plus intéressante.» Dans cette optique, ce que d'aucuns auraient tendance à interpreter comme des symboles plutôt lourds, par exemple la répétition de l'oeil dans le film, relèverait plutôt de la rime.« Ce qui m'intéresse dans le film c'est la correspondance d'un point à l'autre du film du même oeil.Au fond, c'est la rime.» Il admet, mi-amer, mi-lucide : « J'ai eu la chance de faire un succès avec mon premier film, ce qui me donnait du crédit pour les autres.Je vis encore avec le crédit du premier.Mais, plus ça va et plus ce crédit s'amenuise.Ce qui fait qu'après Anna Oz, je ne pense pas me lancer dans des affaires trop risquées.» Cette interview a été réalisée à l'invitation de la société France Film.ANNA OZ ?Charlotte Gainsbourg Une joute psychologique déroutante MARC-ANDRÉ LUSSIER collaboration spéciale Une jeune femme raconte à un ami que toutes les nuits, elle fait des rêves bizarres qui ont la particularité de se suivre en une continuité.« C'est très dangereux, réplique son interlocuteur.« Il ne faut jamais laisser les rêves se suivre comme ça.Imagine la puissance que ça peut leur donner si on les laisse s'unir, s'organiser?Us s'étendent sur ton existence comme une lèpre.» Tel est le ton, pour le moins étrange, du nouveau film d'Éric Rochant, un cinéaste qui, bien qu'il n'ait jamais pu répéter le succès de son premier film Un Monde sans pitié, montre une vive propension a explorer des univers différents.Charlotte Gainsbourg interprète ici le double rôle d'Anna Oz, une jeune femme fragile et tourmentée qui, dans un rêve récurrent virant au cauchemar, se retrouve impliquée dans une histoire sordide de trafic d'organes dans une Venise morbide et inquiétante.Sorte de princesse vénéneuse complice d'un mystérieux trafiquant ( Gérard Lanvin ), Anna la Vénitienne aura tôt fait d'intimer l'ordre de supprimer Anna la Parisienne.Dès lors s'engage un combat entre les deux identités qui, très franchement, est difficile a suivre par moments, le spectateur ne sachant plus trop où il en est, ni à qui il a affaire, non plus à quel repère s'accrocher ( quand il existe ).En fait, on ne cesse d'ouvrir des pistes pour ensuite mieux les brouiller.Certains trouveront le jeu amusant, d'autres, plus irritant qu'autre chose.Un charme troublant se dégage pourtant de l'ensemble ou, à tout le moins, une fascination.Les splen-dides images de Pierre Lhomme contribuent d'ailleurs à donner au film cette atmosphère surréaliste et ténébreuse que suggère un scénario écrit en collaboration avec Cérard Brach.L'apport du célèbre scénariste de Polanski se révèle à ce titre indéniable.Et puis, H y a Charlotte Gainsbourg.Gagnant en maturité, fragile ou souveraine, elle fait harmonieusement cohabiter ses deux personnages.Elle s'y révèle magnifique.Pourtant, cette joute psychologique dans laquelle la réalité ne cesse de glisser sous les pieds du spectateur risque d'en laisser plus d'un sur les lignes de côté.D'autant plus que le ton exploré ici n'a rien à voir avec les précédents films, plutôt réalistes, du réalisateur d'Alix Yeux du monde et des Patriotes.On pourra par contre se laisser séduire par la rigueur stylistique et formelle d'un cinéaste qui, en prenant des risques, ne craint pas de proposer au spectateur une aventure différente.ANNA OZ d'Éric Rochant.Scénario : Gérard Brach, Éric Rochant.Images : Pierre Lhomme.Musique : Steve Turre.Avec Charlotte Gainsbourg, Gérard Lanvin, Sami Bouajila, Gregori Derangèrt.I h 38.m G A G M A M T « y.J meilleur film de l'annee S j I aux golden globe L - \"Un véritable envoûtement! un film passionné où surnage une juliette binoche brûlante au coeur d'une interprétaton très forte.traitement fascinant! \" \u2022OOCi TKtM&A\\ U DRTWt \"3V \u2022' IENNES THE L jnint ENGLISH PATIENT v f >\u2022\u2022> CIQÇ EN EXCLUSIVITÉ 6 '!>' CJNËPLEX OOÉON FAUBOURG * © s.12h45 - - 7h00 \u2022 9hs5 - le REFUGE MIRAMAX VÈRSfOtJ JKANÇAISt Hl jg ' MARVIN'S ROOMi^.CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES PES CINÉMAS | 1-1 VERSION FRANÇAISE OC JACKIE CHAN'S FIRST STRIKE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS \"LE MEILLEUR FILM DE WOODY ALLEN! C'EST ABSOLUMENT MERVEILLEUX!\" Si*kcj& KbiTt \"ÉTINCELANT, DÉLICIEUX, BRILLANT ET REMPLI DE SURPRISES!\" Jam* Marin* THE NEW YORK TIMKS \"DRÔLE ET ORIGINAL JUSQITAU DÉLIRE! Richml Schickel.TIMË CINÉPLEX OOEON FAUBOURG * © CtNÉPlEX OOÉÔN CaVBttSH (Mal) * \\ y FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE* r CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES OES CINÉMAS AUX GOLDEN GLOBE meilleur film de l'année!\" National Board of Review \u2022 Ottawa Citi/cn rodige (nf. si - \\ I I BaGUERRE.: pDES ETOILES\" , tt-*^- vw r STAR WARS PtHUI s \u2022 ¦wit»» oornrT Rib CMlt^Aa ôëOB ! ?r in/ nu OQtOH ipi\u2014ymrTir MSCJUVtil s \u2022\u2022iiixrt» il cM# J ( IMHM (hMt f ^ ITT iHlAtSt CMâTIAiAOAT ' »Wm.f KAOMf II CAIIIi ST SAS1.L_fcJl_tT-JtMII -«t*MMIM«lW - ¦ catfVtbôëlbH nKzu lOUCHlUVlUi «4f%«Th.«Y , | Il vCRtbli .n-HYâcimi» kumcHki [ >M \" CINEMA Cf PAAlS- VALLEY FI ELO FAMOUS PlATIK» >««¦»'»»» CARR.dp L'ESTRIE i-lcs CINEMAS gu720-71 STE THERESE v ¦tes cincma% ou«o~7 TERREBONNE- 1 \"CAFJWF.FOUP OU NOA071 ST-JEROME i\\ -IF.PARIS- STHYACINTHE -CAPlTOl- ST-JEAN c'Nf m a CAP\" SHAWINI6AN v/ CAP-OE-LA-MAOELEINE ^ \"ta CAPUCFOUA juliette ¦fhuh or LVT 6RANBY 'r-.ton or i»s-7 TRÛIS-RIVIÉRES v7 version o.anglaise -PAMOUS PLATCMS-7 CENTRE laval \u2022 r\u2014FAMOUS plavias-7 CENTRE EATON W\tI-FAMOUS PlATIPI*-J 1 ANGRIGNON I FAMOUS FtAVWn-7) F.P.8P0I«T£-CUIRE'.V\t1-FAMOUS PLAVCRS-71 r\u2014-MAISON OU ClHtMA-If\u2014ClNtMA PUINCCSS-71 SHERBROOKE | COWANS VILLE v/\t -CMIf PtIX OOCOM\u20147| COTE-KS-MEIBES/® ?\u2022\"CIWCMA PfWF\" SIE-AO\u20acL£ Consultez les GUIDES-HORAIRES des cinémas.c h a r l i e ?s h e e n Donald* Sutherland Linda*Hamilton r\\ * p Vie.Liberté.Et la poursuite du pouvoir absolu; ttti A v jniBiwc vii Mill kik^ tint (ihiioi ANS + MAINTENANT A L AFFICHE! \u2014.vihsion o anglaise ?SON DIG!Ul -FAMOUS F>tA»t
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