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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Baie James 25 ans
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1997-05-31, Collections de BAnQ.

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[" .\u2022 -* « ! \t \t ¦ I #¦ «Min 1 ^\t ii Robert-Bourassa .w>.3 I Daniel Larouche L'énergie, c'est un métier québéco ï&e C énergie, mais ptus que Àe C énergie.Ji,e veritaiïte héritage de ta ^fùe {James, c'est aussi un savoir-faire et un mùÀète Àe Àéveto ppetuent que Us tÇ^Hefrecois ne pourront faire fructifier çh!'en t'emportant aux, quatre coins An monÀe.Entrevue avec André Caillé, président-directeur général d'Hydro-Québec Vingt-cinq ans de démesure.Vingt-cinq ans que la Baie James est le lieu de tous les superlatifs : la distance, la taille, la puissance, l'énergie ; les emplois, les machines, les coûts, les emprunts ; les enjeux, les conflits, les négociations, les procès ; les rumeurs, les mythes ; les routes, la nourriture.Tout y a été plus grand que nature.Le vrai royaume du biggest, du largest, du most et du best, ce n'est pas le Texas, c'est la Baie James ! Ces vingt-cinq ans ont quelque chose de démesuré, quand il s'agit de la durée d'un projet.Un quart de siècle, c'est une génération.celle d'André Caillé.ne sertit pas C entreprise A'enverfinre qu'elle est AHtùHrÂ'AHÏ, £ ht nommé à jnste titre père Ae la \"J^Aie fjntues, U A renAn possible, aie famés.0'est nn titre çni restera attaché à son nom.» Lucien Bouchard, discours à l'Assemblée Nationale, le 3 octobre 1996 Dans un tel contexte, André Caillé conçoit parfaitement que dans une décennie ou deux, HydroQuébec soit devenue un actionnaire-exploitant de réseaux d'électricité dans diverses régions du monde ; une multinationale de l'électricité comme d'autres sont des multinationales du pétrole.Bien sûr, Hydro-Québec ne procédera pas seule.Elle s'adjoindra des partenaires d'ici et du pays hôte.Parfois, ce seront nos collègues québécois du gaz avec qui on pourra s'associer pour vendre des solutions énergétiques intégrées ; on peut même envisager des coentreprises entre Hydro-Québec et des papetières d'ici, pour reproduire à l'étranger le modèle de développement qui a fait ses preuves chez nous.« Bien sûr, tout cela se fera dans un milieu extrêmement compétitif, précise André Caillé.On devra soigner nos coûts ; apprendre à ne pas prolonger inutilement nos projets, ni à les dorer plus que nécessaire.Mais on a ce qu'il faut pour réussir cette percée.» Puis il ajoute : « Je crois que c'est inévitable.On est les plus grands experts au monde dans cette industrie.Les gens ne se rendent pas compte à quel point Hydro-Québec est réputée et respectée dans le monde, en bonne partie pour l'aménagement du complexe La Grande.Il y a quelques mois, quand j'ai voulu offrir un livre sur l'histoire de l'électricité au Québec au président de la Turquie, un ingénieur, il m'a répondu en souriant qu'il l'avait déjà lu ! » Comme pour mettre en perspective son exercice d'anticipation, André Caillé conclut : « Il y a vingt-cinq ans, quand il fallait partir pour la Baie James, on appelait ça une expédition.Aujourd'hui, c'est un court vol de routine, et des employés font la navette régulièrement.Alors, si la Chine, la Colombie ou le Pérou semblent exotiques maintenant, il ne faut pas penser qu'il en sera toujours ainsi.Dans vingt ans, on y trouvera peut-être la culture de la Baie James.» Jean-Louis Fleury Après la Baie James : Entrevue avec Jean-Guy René, président-directeur général de la SEBJ monde Ce fut la phase 2 de construction du complexe La Grande.Elle s'achève à cette heure même où la SEBJ fête son vingt-cinquième anniversaire.Jean-Guy René analyse pour nous les différences entre les deux grandes phases de construction composant les vingt-cinq années de l'histoire de la Société d'énergie de la Baie James.Jean-Guy René : Ce que nous appelons la phase 2, c'est essentiellement cinq projets de centrales : LG-2-A, le « suréquipement » de Robert-Bourassa, LG-1, Laforge-1, Laforge-2 et Brisay.À cela, il faut ajouter divers travaux coordonnés par la SEBJ sur le territoire : le système d'égout du village cri de Chisasibi, l'étude préliminaire des projets de Grande-Baleine et d'Eastmain-1, l'extension des structures d'accès aux villages d'Eastmain et de Wemindji, le transfert de matériel à Sainte-Marguerite, certains travaux d'entretien d'ouvrages de la phase l.etc.Des coûts réduits de 16 p.cent Les cinq projets de base étaient estimés à 8,3 milliards de dollars.C'était là le budget autorisé par le futur propriétaire des ouvrages, HydroQuébec.Mine de rien, alors qu'un peu partout dans le monde on admet que de ^AS Ae manchettes* AAns tes journAnk,, pas Ae mentions spéciAles AHlc Unttetins Ae nouvelles rAAio on télévision.£)n n A pas AéplAcé Ia presse québécoise AAns te *Y\\orA.t .lt .\u201e./\u2022 tels projets multimillionnaires connais- PiCHn premier ministre sent fréquemment des dépassements * ' de coûts, nous allons terminer à moins n A Actionne, au COHrS ÀeS de 7 milliards, une économie de près de 16 p.cent par rapport aux estima- Àik, dernières Années, te tions.mécAnisme Àe AémArrAge Àe quelque turbine.£t fjOHrtAnt, Aeptiis Ia fin, en irf87, Aes trAvAnhc Ae Ia pfiAse i Ae Ia ~£>Aie ]A*u,eS/ cinA nouvelles centrAtes A^ontAnt près Ae S OOO l/h\\rO A* réseAH jrtyÀro-tÇ^Hébec ont été Est-ce à dire que les estimations avaient été mal faites, surévaluées Vous ne m'en voudrez pas de penser plutôt que nous avons bien géré ces projets.C'est ma conviction profonde.J'admets, bien sûr, que la baisse des taux d'intérêt nous a considérablement aidés, mais il y a plus, à l'évidence.flAtMS, cina nouvelles La SEBJ a conçu un modè,e original et v unique de gérance de grands travaux qui a parfaitement « performé» ces dix dernières années.Vous vous souvenez peut-être des débuts du projet de la Baie James, alors que le partage des rôles n'était pas encore clair entre Hydro-Québec et la jeune SEBJ.construites SOUS lA houlette Plusieurs s'étonnaient de l'aide sol-j y /* - * i' ' % licitée par Québec auprès d'une grande Ae LA £yOCiete À énergie multinationale, Bechtel, pour gérer les j i -r7 «.y% travaux.Tout cela a considérablement M IA £?Aie IJAnteS.évolué au fil des vingt-cinq années d'histoire du projet.Nous avons beaucoup appris, je dirais que l'ensemble de l'industrie de la gestion de la construction lourde au Québec a beaucoup appris.Les rôles ont été clairement campés, les responsabilités de chacun bien établies et les façons les plus performantes de faire se sont peu à peu imposées.La SEBJ, au cours de la phase 2, a été composée de 10 p.cent d'éléments d'Hydro-Québec, le reste de son effectif, qui a largement dépassé les mille personnes aux périodes de réalisations les plus actives, étant constitué d'employés prêtés par des compagnies partenaires : SNC Lavalin, Mallette Maheu, SM, RCMP, BBR, Plaveco, etc.Nous avons appris à travailler en mettant sur pied des équipes ad hoc autant en gérance qu'en appui administratif, équipes que l'on défait une fois le travail réalisé.C'est une formule d'une grande souplesse, qui permet l'adaptation constante des effectifs aux besoins et qui conduit à une remarquable efficacité de gestion interne puisqu'on ne met jamais des gens de même provenance en situation de se contrôler entre eux : qui fait de l'ingénierie à la SEBJ ne fait pas de gérance de travaux, et qui fait de la gérance de travaux doit admettre qu'une autre partie puisse valider ses coûts.Bétonner en hiver La formule n 'est-elle pas « insécurisante » pour le personnel conscient de la précarité de son emploi chez vous ?Ne s'applique-t-elle pas au détriment d'un sain esprit de corps et d'appartenance à la SEBJ ?On aurait pu le craindre, effectivement, mais ce ne fut pas le cas.Je pourrais vous dire que l'on a dû travailler fort pour garder l'harmonie entre partenaires disparates, mais ce ne fut pas le cas non plus.Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un environnement de projet est fort différent d'un environnement d'exploitation.Les gens n'y bâtissent pas de carrière à long terme.L'identification se fait autour du produit à livrer, et elle est très forte.La personne arrive, reçoit une commande, s'intègre en un rien de temps à l'équipe, produit ce qu'on attend d'elle et accepte très facilement, parce que c'est la logique de la chose, de disparaître une fois le produit livré.L'esprit de corps dont vous parlez se crée autour du projet et non par rapport à l'entreprise.Il dure le temps du projet.Plus personne dans ce cadre ne parle de son appartenance d'origine. m, Scènes familières d'un chantier de la Baie James : entrée d'une conduite forcée ; mise en place d'un coffrage en béton, et examen d'une roue de turbine Kaplan chez le fournisseur.Y a-t-il d'autres raisons, baisse des taux d'intérêt et efficacité de gestion considérées, qui expliquent votre réussite en ce qui concerne la réduction des coûts de construction ?¥ r \t\t \t\t \t\t \t\t Sa\t\t L'une des raisons fondamentales est le raccourcissement des processus de construction.En 1989, les planificateurs d'Hydro, craignant une pénurie d'énergie au début de la décennie suivante, nous ont demandé d'accélérer au maximum les mises en service.Il fallait imaginer quelque chose.Nous avons réfléchi aux moyens d'allonger la saison propice aux travaux qu'en phase 1 on évaluait à cent jours, les fameux « cent jours de la Baie James », la petite quinzaine de semaines estivales sans gel.Il y aura toujours des travaux de construction de digues et de barrages que l'on ne pourra jamais faire à ces latitudes en hiver à cause du gel.Dans ces cas-la, on assure un couvert de neige sur les sites pour protéger le sol et éviter que le gel n'aille trop en profondeur.Ainsi le travail reprend plus vite à la fonte des neiges.Mais, en ce qui concerne en particulier les centrales, nous avons pensé qu'il serait possible de bétonner en plein hiver en construisant sous abri chauffé.C'est ce que nous avons fait avec beaucoup de succès en phase 2.Nous avons ainsi réduit considérablement les temps de construction en travaillant des années complètes en continu plutôt que par bourrées saisonnières.Les abris - des structures métalliques isolées - ont certes été coûteux à construire, à chauffer et à démanteler, mais le tout s'est révélé tout à fait rentable.Cette façon de procéder a également favorisé une meilleure planification de la main-d'œuvre et permis la réduction de la taille des campements et du volume des services à fournir aux travailleurs : recevoir moins d'ouvriers en continuité sur un chantier nordique est à bien des égards logistiques beaucoup plus économique que d'en accueillir beaucoup pendant la seule période estivale.Autochtones : un nouveau partenariat d'affaires D'autres différences ?Oui, sur deux plans : la sécurité et nos relations avec les populations locales.Et ces différences nous tiennent à cœur.En phase 1, nous avons déploré vingt accidents par million d'heures travaillées.Nous n'en comptons en moyenne que douze par million d'heures pour l'ensemble de la phase 2, trois seulement pour l'année qui vient de s'écouler.C'est une progression très impressionnante.Il La Baie James La démesure apprivoisée, la puissance harnachée, l'énergie partagée.par le génie d'un peuple.Groupement SNC-LAVALIN-SM Quant à nos relations avec les autochtones, la réussite est encore plus spectaculaire et nous en tirons beaucoup de satisfaction.Nous sommes en voie d'avoir avec eux des relations tout à fait normalisées, fondées sur des intérêts d'affaires au bénéfice des deux parties.Au début du projet, il était dans l'intention des bâtisseurs de la Convention de la Baie James et du Nord québécois de faire en sorte qu'Indiens cris et Inuits affectés par le projet en bénéficient à moyen terme.Cela, on le sait tous, n'a pas été facile.Durant la phase 1, on n'avait pu leur confier que pour 18 millions de dollars de contrats divers.En phase 2, nous en sommes à plus de 300 millions.Au début, nous leur avons accordé des contrats de faveur de manière à ce qu'ils aient ensuite les reins assez solides pour entrer en concurrence avec les entrepreneurs non autochtones.Aujourd'hui, que ce soit dans les domaines de l'entretien des accès aux divers sites sur le territoire, des travaux aux campements, du transport, de la fourniture de carburant, etc., ils sont tout à fait compétitifs et leurs soumissions à nos appels d'offres arrivent fréquemment en tête de liste et selon les critères les plus neutres et objectifs qui soient.Cela ne fait peut-être pas les manchettes, mais, sur cette base d'affaires, la Société d'énergie de la Baie James, les Indiens cris et les Inuits sont aujourd'hui beaucoup plus fréquemment associés qu'aux débuts des travaux du complexe.Et c'est beaucoup plus agréable et efficace pour tous d'oeuvrer ainsi dans le même sens au développement harmonieux du territoire.La phase 2 venant à sa fin et aucun autre grand chantier n'étant prévu à court terme à la Baie James, quel est l'avenir de la SEBJ ?Il y aura sans doute d'autres travaux d'envergure à la Baie James, mais pas dans un proche avenir.La SEBJ entame en conséquence une période de réflexion sur son propre avenir, en relation constante et étroite avec l'unité Projets d'équipements d'Hydro-Québec.Nous allons garder un noyau dur d'experts, restreint au minimum, et tenter de trouver d'autres mandats qui nous permettent d'appliquer cette formule originale de gestion de grands travaux que nous avons mise au point et que nous savons gagnante.Nous regardons beaucoup hors du Québec, forts de notre proximité et complémentarité avec Hydro-Québec International.Nous pourrions dans cette optique devenir les gestionnaires des projets internationaux où HQI serait l'investisseur.Notre réputation internationale est très solide.On sait, ailleurs, que ce qui fait notre force et nous caractérise, c'est le respect de nos engagements en ce qui concerne les coûts et les échéances.Nos interventions sont toujours très remarquées dans le cercle restreint des grands bâtisseurs d'ouvrages hydroélectriques.Il y a, j'en suis persuadé, de l'avenir pour les équipes que la SEBJ mettra sur pied. Michel Crépault La fierté d'un peuple Le 2 décembre dernier, après 22 ans de compétence et de loyaux services, Hydro-Québec nommait Joanne Lalumière directrice principale, Communications et environnement.Elle répond à nos questions.Au début de votre association au projet de la Baie James, en avez-vous mesuré l'ampleur ?Joanne Lalumière : Oui.Pour qui sortait à peine de l'université comme moi, c'était excitant.J'ai eu la chance de me promener dans un univers peu connu, dans des paysages extraordinaires.J'étais contente d'être l'un des acteurs de travaux d'une telle envergure.Comment diriez-vous que la Baie James a influencé votre carrière ?Avec le temps, plusieurs personnes en sont venues à maîtriser l'art d'interpréter les photos aériennes.J'ai bifurqué vers l'aménagement du territoire.C'était à l'époque des premières études environnementales sur les projets de ligne.En fait, la sensibilité environnementale manifestée à la Baie James a eu des répercussions sur l'ensemble des projets d'Hydro-Québec.Graduellement, on en est venu à se préoccuper davantage de l'aménagement du territoire.La Baie James a été un catalyseur.Les spécialistes en environnement des années 1970 nous ont tous motivés.Est-ce que tous les employés d'Hydro-Québec se sont sentis touchés par les travaux de la Baie James ?Directement ou indirectement, je pense que la majorité des employés ont été appelés à jouer un rôle dans les dossiers de la Baie James.Même des comptables qui n'y ont jamais mis les pieds ! La durée des travaux a-t-elle fini par user cet enthousiasme ?Avec les années, la fascination s'estompe.Par contre, en raison même du grand nombre de personnes engagées dans le projet et du nombre de projets à l'étude, il y avait une sorte d'effervescence constante.Ça n'arrêtait pas.il y avait toujours quelque chose à faire.On peut remercier la Baie James d'avoir fait à ce point fonctionner l'économie : il y avait des emplois.À peu près chacun de nous connaît quelqu'un qui est « monté » à la Baie James.La Baie James a aidé plusieurs familles à acheter leur première maison.Les gens ne dépensaient pas là-bas et revenaient avec un joli petit pécule.Probablement que plusieurs de nos banlieues jouissent encore des retombées de la Baie James.fraîche émontne Àe t(/université À/^?ttat^va/ Roanne jL,atnmière £nt ta première à s'attaquer à t'interprétation Àes photos aériennes prises an-AesSHS Àh territoire Àe ta fë>4it Carnes en vne Àe reconnaître tes types Àe sot SHSceptiûtes Àe renfermer Àes matériaux propices à t' éÀification Àes pytôhes pour tes toutes premières tifines Àe transport.£tte a été ta première fiemme à Àormir an campement Àe X^\"f- Les grands ouvrages se sont-ils faits d'une seule coulée ?Il y a eu un creux entre les phases 1 et 2.La mise en service d'une grosse centrale comme LG-2 crée un surplus d'énergie sur le réseau.Il a fallu quelques années avant que la demande n'efface ce surplus.On a alors lancé la phase 2.Avez-vous déjà perçu un mouvement d'opposition à la Baie James de la part du public ?Alors que j'étais encore étudiante, à Ottawa, il y a eu une certaine effervescence chez des gens soucieux de l'aspect environnemental du projet.Mais je n'ai jamais senti une opposition comme telle.La signature de la Convention de la Baie James et du Nord québécois en 1975.notamment avec les Cris, a fourni un excellent cadre de travail.Ya-t-il une leçon de vie à tirer de l'épopée de la Baie James ?Jusqu'à un certain point, oui.Même si.à la fin, j'ai suivi les travaux de loin, j'étais consciente de leur impact sur tous ceux qui ont participé à l'entreprise.Je le percevais dans les conversations.De plus, le savoir-faire de nos gens a grandi.Beaucoup ont dû approfondir de nouveaux sujets.Nous avons acquis une expérience reconnue dans le monde entier.On perçoit Hydro-Québec comme une entreprise avant-gardiste.Est-ce que Hydro-Québec s'intéresse à l'aspect touristique de la Baie James ?Nous avons une infrastructure d'accueil pour les visiteurs à la centrale LG-2 et il existe un hôtel à Radisson.C'est loin mais, malgré tout, nous enregistrons une moyenne de 10 000 visiteurs par année.Le spectacle est impressionnant.Plusieurs délégations de l'étranger, de passage chez nous, nous demandent d'aller visiter la Baie James.Récemment, une princesse thaïlandaise, qui a toujours rêvé de voir le Québec, nous a priés de lui organiser une visite officielle.Elle veut voir LG-2 ! Mon équipe négocie les questions de protocole.La Baie James exerce sa fascination dans le monde entier.La fin des travaux a-t-elle amené un certain bouleversement chez les gens d'Hydro ?Il se produit un déplacement des activités.Le savoir-faire exigé par un gros projet de l'ampleur de la Baie James est maintenant en demande ailleurs dans le monde.En Amérique du Sud ou en Asie, la croissance de la demande en électricité se compare à ce qu'elle était chez nous dans les années 1970.sinon plus forte ! M y a là des occasions fantastiques à saisir pour nos entreprises.À l'interne, il y a d'autres défis nord-américains reliés à la déréglementation dans le secteur de l'électricité.L'occasion de nouveaux marchés, la nécessité de développer de nouveaux produits et services, et la fidélisation de notre clientèle comptent parmi ces beaux défis.Nos gens du marketing sont enthousiastes.Pour eux.le « fun » commence ! Croyez-vous que la Baie James ait fait vibrer la fibre patriotique des Québécois ?Oui.je crois qu'ils sont fiers de leur Baie James. 10 Gilles Deschênes Le plus grand chantier du monde t/f^n territoire immense, couvrant 3SO OOO km2 soit 20 p.cent Àe ta Superficie totale An tÇ^nefrec on, si vons prêterez, Ces Aenbc tiers Ae cette Ae ta France.£t c'est Aans cette taïga peu aceneittante, située en ptein ^onctier canadien, %ne Alûn-tent an printemps 1*972, à ta centrate fèoûert-'feonrassa [JL* éj?ranAe-2), tes travaux, A'aménagement An ptns granA compteice AyAroétec- Un démarrage difficile Fruit d'une vingtaine d'années d'études menées notamment par une équipe de la Shawinigan Water and Power Company, compagnie acquise en 1963 par Hydro-Québec lors de l'achat des principaux distributeurs privés d'électricité, le projet de la Baie James démarre dans la controverse.Qualifié dès le départ de plus grand chantier du monde, le complexe La Grande rencontre sur tous les plans des obstacles majeurs.En plus d'être difficile d'accès et situé en pleine taïga, où l'hiver extrêmement rigoureux confronte l'homme,à des froids pouvant descendre jusqu'à moins 50° C, le territoire de la Baie James est aussi le pays des Cris qui en revendiquent l'entière possession aux fins de perpétuer leur mode de vie traditionnel.triçne An mùnAe.On arrête tout Aussi dès l'automne de 1973, alors que l'on donne les premiers coups de pelle mécanique sur le site de la future centrale La Grande-2, les autochtones obtiennent une injonction qui conduit momentanément à l'arrêt des travaux.Hydro-Québec, la Société d'énergie de la Baie James et la Société de développement de la Baie James portent leur cause en appel.Elles obtiennent la suspension de l'injonction et reprennent les travaux après sept jours d'interruption.Le jugement ordonnant cette injonction interlocutoire ne sera cassé par la Cour d'appel du Québec qu'un an plus tard, l'année même où un affrontement intersyndical mène au saccage du chantier de La Grande-2.La mise à sac du chantier touche à tous les services essentiels : des groupes électrogènes sont renversés, le système d'alimentation en eau potable est mis hors de service, des réservoirs d'huile sont éventrés et cinq dortoirs sont incendiés.À nouveau, les travaux sont arrêtés, cette fois pour une période de 51 jours, soit le temps de remettre le campement en état de fonctionnement.phase Les premiers campements sont érigés (1972) le long de La Grande Rivière.Le ravitaillement et le transport sont assurés par hélicoptère .et par avion.Enfin ! les premiers éléments de confort arrivent à La Grande-2.Les travaux reprennent Mais aux déboires du début succède enfin la bonne entente sur les chantiers du Moyen Nord québécois, grâce notamment à la signature, en 1975, de la Convention de la Baie James et du Nord québécois.Ce document historique permet la réalisation du projet dans un climat de paix sociale tout à fait remarquable.L'incident de 1974, quant à lui, entraîne dans son sillage un contrôle plus strict des conditions de vie et d'accès aux chantiers.Il favorise aussi l'établissement de relations de travail plus harmonieuses.Les difficultés aplanies, la SEBJ peut donc consacrer toutes ses énergies à poursuivre son mandat, c'est-à-dire procéder à la mise en valeur de l'énorme potentiel hydroélectrique du versant québécois de la baie James.Entreprise de gestion de projet unique en son genre, la SEBJ agit sur tous les fronts à la fois, créant un vaste chantier qui s'étale sur plus de 900 kilomètres d'ouest en est : création du réservoir Opinaca et détournement au sud des rivières Eastmain et Opinaca vers La Grande Rivière pour en majorer le débit et créer le réservoir La Grande 2 ; détournement dans l'est du territoire, vers l'ouest, via la rivière Laforge, de la rivière Caniapiscau pour créer le réservoir Caniapiscau, et mises en chantier successives des centrales La Grande-2, La Grande-3 et La Grande-4.Tous ces ouvrages sont réalisés sur une période de 12 ans, de 1973 à 1985.Avec la mise en service du dernier groupe turbines-alternateurs de La Grande-4, en 1985, les 10 282 MW produits par les trois premières centrales du complexe La Grande représentent plus de la moitié de la capacité totale installée d'Hydro-Québec.Des premières mondiales Parmi les grandes premières auxquelles a donné lieu le complexe La Grande, retenons la transformation de tensions en une seule étape de 13,8 kV à 735 kV, à la sortie des centrales, et le raccordement de celles-ci au réseau haute tension de transport de l'électricité.Résultat ?Une meilleure stabilité du réseau de transport, moins d'équipement de manœuvre et une diminution importante des pertes.CIMENT ST-LAUREIUT A force de recherches, d'essais et de normes rigoureuses, nous avons fait du ciment un produit de haute technologie, un matériau supérieur aux multiples usages.Notre participation au développement du complexe hydroélectrique de la Baie James témoigne de notre apport constant aux projets d'envergure des quatre dernières décennies.Un temps d'arrêt avant d'entreprendre la phase II Au milieu des années 80, Hydro-Québec dispose de suffisamment de réserves pour affronter toutes ses obligations.Elle met donc en veilleuse l'aménagement de la phase II des rivières de la Baie James.Pendant cette période d'accalmie, la SEBJ en profite pour peaufiner les mesures de protection, de correction environnementale et de mise en valeur sur les différents sites affectés par les travaux.Au fil des années et au même titre que les ouvrages, les efforts déployés par la SEBJ pour préserver le milieu continuent d'attirer les spécialistes du monde entier. Le complexe hydroélectrique de La Grande Rivière Chronologie d'un grand projet - phase 1 Avril 1971 Juillet 1971 Automne 1971 Décembre 1971 Printemps 1972 Hiver 1973 Novembre 1973 Mars 1974 Novembre 1975 Octobre 1978 Octobre 1979 Juillet 1980 Octobre 1981 Juta 1982 Mai 1984 Le premier ministre Robert Bourassa annonce le projet d'aménagement des rivières de la Baie James.L'Assemblée nationale adopte la loi du développement de la région de la Baie James et crée la Société de développement de la Baie James (SOBJ).Mise en chantier de la route qui reliera Matagami au site de la future centrale La Grande-2.Ingénierie-conseil : Desjardins & Sauriol, maintenant Dessau.La Société d'énergie de la Baie James (SEBJ) est constituée.Début des travaux aux fins de localisation du site de La Grande-2.Début des travaux au site de La Grande-2, premier chantier de la phase I du complexe La Grande.Le juge Albert Malouf accorde aux Cris et aux Inuits une injonction interlocutoire qui arrête les travaux.La Cour d'appel du Québec renverse cette décision quelques jours plus tard et les travaux reprennent.Le saccage du chantier, suite à un conflit intersyndical, force l'arrêt des travaux pendant 51 jours.Signature de la Convention de la Baie James et du Nord québécois.La SEBJ devient une filiale en propriété exclusive d'Hydro-Québec.Inauguration du complexe La Grande-2 par le premier ministre René Lévesque, en présence de Robert Bourassa.Détournement des rivières Eastmain et Opinaca dans La Grande Rivière et création du réservoir Opinaca.Mise en eau du réservoir Caniapiscau.Inauguration de la centrale La Grande-3.Inauguration de la centrale La Grande-4 et fin des chantiers de le phase I du complexe La Grande.Robert-Bourassa Centrale Robert-Bourassa La Grande-3 Type de centrale Nombre de groupes turbines-alternateurs Type de turbine Puissance installée Durée du projet Mise en service Effectif de pointe Firmes participantes à la gérance SEBJ Ingénierie des installations permanentes souterraine 16 Francis 5 328 M* 1973-1981 1979-1981 6 500 BechteS Québec, Hydro-Québec, Laval in Rousseau, Sauvé, Warren ABBDL, ing.Shawinigan en surface 12 Francis 2 304MW 1976-1984 1982-1984 4100 Bechtel Québec, Hydro-Québec, Lavalm SNC-Cartieir en surface 9 Francis 2 650MW 1979-1985 1984-1985 3000 Bechtel Québec, Hydro-Québec, Lavalm Rousseau, Sauvé, Warren m- 12 £e 27 octobre i^7^.te jour choisi pour t'Inauguration Ae ta centrate JL* £j?ranAe-2, à ta ^>ale {Jantes.Jnvlte sur te tarA, fèoiïert onrassa s'amène, sent, à pas Centres, Aans t'immense cafétéria Ah chantier.peine a-t-lt franchi te sen.lt Ae ta cantine que Aèja tes premières mains se tenAent vers ttl.JL*> mot se repanA comme une traînée Ae pottAre : « fèoiïert est ta ! » André Bolduc D'un mouvement spontané, les centaines de travailleurs et de travailleuses se lèvent et font à Robert Bourassa une longue et chaleureuse ovation.Un moment de pure émotion pour l'ex-premier ministre.Un moment magique dans la carrière de celui que l'on a surnommé « Le père de la Baie James » Des débuts mouvementés Le projet démarre dans la controverse.Conseillé et appuyé par Paul Desrochers, Robert Bourassa décide de lancer officiellement le projet d'aménagement des rivières de la Baie James lors d'une assemblée de partisans, réunis au Petit Colisée de Québec, le 30 avril 1971, pour célébrer le premier anniversaire de l'accession au pouvoir du Parti libéral.« Avec le recul du temps, observe Pierre Bibeau, proche collaborateur de Robert Bourassa pendant de longues années, ce n'était sans doute pas la tribune idéale pour lancer un projet qui, en raison de son envergure, devait mobiliser toutes les forces vives de la société québécoise.» Mais l'année 1970, marquée notamment par la Crise d'octobre, a été longue et éprouvante pour le jeune premier ministre.Il lui tarde de secouer le climat de morosité qui caractérise le Québec d'alors.« Robert Bourassa voulait proposer un grand projet mobilisateur, se rappelle Jean-Claude Rivest, lui aussi proche collaborateur du premier ministre pendant de longues années.Un projet qui frapperait les imaginations par son audace.Un projet qui, à l'instar d'Expo 67, dont le succès était encore bien présent dans toutes les mémoires, exercerait la même fascination sur la population.» « Il souhaitait, ajoute Pierre Bibeau, donner une suite concrète à sa promesse de créer 100 000 emplois.Pour lui, l'aménagement des rivières du Grand Nord québécois répondait parfaitement à son objectif de relance économique et de création d'emplois, tout en s'avérant le choix énergétique le plus logique pour le Québec.L'hydroélectricité constituait à ses yeux la forme d'énergie la plus propre, la moins dommageable pour l'environnement.Son développement doterait le Québec d'un avantage comparatif incontestable et d'une expertise unique qu'il pourrait ensuite exporter à travers le monde.Ce projet, Robert Bourassa le voyait avant tout comme un signe d'espoir, comme la promesse d'un meilleur avenir pour toute la jeunesse québécoise.» Une route parsemée d'embûches Dès le lendemain de la réunion du Petit Colisée, ce que Robert Bourassa avait présenté comme le « projet du siècle » devient la cible d'acerbes critiques.On lui reproche surtout d'avoir récupéré à des fins partisanes un projet qui n'aurait pas du l'être.Mais ce n'est là que la pointe de l'iceberg.projet du Au fil des ans, le projet, sous tous les angles, est soumis à d'incessantes embûches.Tout est prétexte à la remise en cause du complexe La Grande : escalade des coûts, mode de gestion du projet, hausse de tarifs, etc.Les adeptes de l'énergie nucléaire clament que le Québec, à l'instar de l'Ontario et de nombreux pays, devrait plutôt opter pour cette forme d'énergie de l'avenir.Des conflits intersyndicaux éclatent et conduisent au saccage et à la fermeture du chantier de La Grande-2 pour plusieurs semaines.Les écologistes d'ici et d'ailleurs à travers le monde s'interrogent sur les impacts du projet sur l'environnement.Enfin, ce n'est qu'après de longues négociations que les populations autochtones acceptent de donner leur accord à la mise en valeur des rivières de la Baie James en signant, en 1975, la Convention de la Baie James et du Nord québécois.« Sur le plan personnel, M.Bourassa semble avoir été passablement ébranlé par son obligation de comparaître devant le juge Albert Malouf afin de répondre à une accusation d'outrage au tribunal, à la suite de la publication de son livre (1973) La Baie James, au moment même où le juge Malouf avait à se prononcer sur la requête d'injonction interlocutoire demandée par les Indiens et les Inuits afin d'arrêter les travaux.En dehors de cet événement qui l'a attristé, se rappelle Jean-Claude Rivest, M.Bourassa est demeuré remarquablement serein devant tous les assauts.Dans les moments les plus difficiles, se souvient-il, il lui arrivait même de nous rassurer en nous disant : « Ne vous inquiétez pas trop ! Vous verrez ! On finira par reconnaître le bien-fondé de ce projet.» « Tout au long de sa carrière, souligne Jean-Claude Rivest, Robert Bourassa a conservé la conviction profonde d'avoir fait le bon choix énergétique pour le Québec et de lui avoir ainsi donné un outil incomparable de développement économique, assise de tout progrès, selon lui, pour toutes les sociétés.» La reconnaissance La reconnaissance de la pertinence du projet du siècle, ce sont les travailleurs de la Baie James \u2014 « provenant de toutes les régions du Québec, comme Robert Bourassa l'avait souhaité dès le départ », observe Jean-Claude Rivest \u2014 qui la donnent à Robert Bourassa lors de l'inauguration de la centrale La Grande-2.De l'avis de Pierre Bibeau et de Jean-Claude Rivest, il ne fait aucun doute que ce geste spontané des travailleurs a fortement contribué au retour de Robert Bourassa à la vie politique et à sa réélection comme premier ministre du Québec.C'est donc à ce titre qu'il a pu lancer, en 1987, dans un climat de plus grande acceptation sociale, la deuxième phase du complexe La Grande.Le 4 octobre 1996, deux jours après le décès de Robert Bourassa, le gouvernement du Québec annonçait, dans un geste unanime de reconnaissance, que l'ensemble de l'aménagement hydroélectrique de La Grande-2 (le barrage principal, l'évacuateur de crues, la centrale La Grande-2, le réservoir La Grande 2 et l'ensemble des digues qui forment le pourtour du réservoir) porterait le nom de l'ancien premier ministre.Désormais, du promontoire Robert-Bourassa, les visiteurs de la Baie James pourront contempler à loisir, dans toute la sérénité des paysages de la taïga, le réservoir Robert-Bourassa, le barrage du même nom et, légèrement en retrait, les « marches de géant » de l'évacuateur de crues, symbole taillé dans le roc de l'immense quantité d'efforts qu'il a fallu déployer pour tirer l'énergie de La Grande Rivière.13 Spectacle grandiose à La Grande-2 : l'ouverture des portes de l'évacuateur de crues amène les eaux de La Grande Rivière à dévaler les marches de géant.Témoignage Boyd » % c'est jcnyicssc Ah ame y\\ntnre.^Çont an tong des travaux*/ des hommes et des femmes ont en te mandat de réarranger ce çne des cottègnes n'avaient en d'antre cAùïiC $ne de déranger.Réjean Gagnon, à l'emploi de la Société d'énergie de la Baie James depuis 1973, est un des spécialistes de l'équipe pluridisciplinaire d'environnement qui était composée d'une dizaine de personnes, mais qui à l'époque des grands inventaires des années 70, en a compté plus d'une quarantaine.Les principaux impacts Les grands travaux menés à terme sur le territoire de la Baie James ont produit cinq types d'impacts environnementaux.1.L'inondation : les réservoirs, de grands plans d'eau, ont forcément noyé une faune, pas nécessairement riche mais variée.Ces inondations recouvrent 8 p.cent du bassin versant du complexe La Grande et 4 p.cent du territoire de la Baie James.2.Le détournement : le transfert des eaux d'un bassin vers un autre.Les effets sont différents selon qu'on les examine en aval ou en amont du cours d'eau détourné.a) en aval : la rivière dont le débit a été coupé subit une exondation (le contraire de l'inondation).Le milieu ne devient pas pour autant stérile.Par exemple, la partie exondée de la rivière Vincelotte est devenue un point de rendez-vous des bernaches du Canada qui raffolent des nouvelles pousses.b) en amont : le cours d'eau détourné subit une augmentation de débit qui cause un peu d'inondation mais surtout de l'érosion dans les zones étroites.C'est ainsi qu'on a détourné les rivières Eastmain et Opinaca vers le réservoir La Grande 2 (pour en augmenter le potentiel énergétique).Sur le parcours, les lacs Boyd et Sakami ont absorbé une partie de l'impact ; dans les zones de rétrécissement, il y a eu érosion (qu'on a minimisée, on le verra plus loin).3.Les routes : des infrastructures routières ont été aménagées pour relier les chantiers.Ce sont néanmoins des surfaces marginales.De plus, avant les travaux, le territoire était très difficile d'accès, même pour l'autochtone.C'était l'hydravion (très cher) ou le canot (très lent).Le nouveau réseau routier permet d'accéder en voiture à des territoires de chasse et de pêche inexploités.4.Les bancs d'emprunt : digues et barrages ont été construits avec des matériaux pris sur place.Dans la mesure du possible, on a prélevé moraine, sable et gravier dans des sites qui allaient de toute façon être inondés.5.Les déchets : les matériaux secs ont été enfouis mais les rebuts de métal ont été évacués, de même que les déchets dangereux (batteries d'auto, huiles usées, etc.) qui furent acheminés vers des centres de traitement autorisés également hors du territoire.Des défis surmontables Ces principaux problèmes détectés à l'avance n'ont jamais découragé l'équipe d'environnement.« Les problèmes étaient gros, mais on a toujours voulu minimiser leurs impacts et maximiser ce qui pouvait être positif.Seule notre imagination limitait nos mesures de correction », rappelle Réjean Gagnon.Et un peu les budgets.Chose certaine, l'équipe d'environnement de la SEBJ n'a pas attendu que les bulldozers s'ébranlent pour agir.Maintes fois elle a suggéré aux ingénieurs des modifications à leurs plans.Ainsi, au moment du détournement de la Caniapiscau vers La Grande Rivière, l'équipe a prédit des débordements plus importants à hauteur de Laforge si on s'en tenait au plan original.Sur les conseils des environnementalis-tes de la SEBJ, les ingénieurs ont installé une série de digues provisoires de façon à discipliner l'écoulement.Un barrage a évité une érosion inutile à la rivière Vincelotte.Dans le cas du réservoir de LG 2, l'équipe s'est assuré qu'il y aurait toujours en hiver un débit d'eau douce suffisant pour que les poissons puissent s'y maintenir en aval.Autre exemple d'intervention : autour des lacs Boyd et Sakami, l'eau aurait pu suivre son nouveau tracé sans causer trop de dégât.L'équipe a tout de même (^ffatimoû 2?anniwMaite à la (^
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