La presse, 3 juin 1997, B. Montréal métro
[" B Montréal, mardi 3 juin 1997 ?Montréal métro La Presse Résultat net accru ! Comment ?Composez le (514) 954-1999 www.istar.ca EDITORIAL / OPINIONS L'EXPRESS DU MATIN Les corps de noyés repêchés ¦ Le corps de Serge Mailloux, qui était disparu dans la rivière Ouareau, à Crabtree, près de Jo-liette, a été repêché hier après-midi.Sa fille Gabrielle, âgée de six ans, et le frère de la victime, Patrick, avaient été rescapés après que leur petite chaloupe eut chavirée le 10 mai.Par ailleurs, la Sûreté du Québec a fait savoir que le corps repêché le 25 mai du lac Saint-Louis, près de la Pointc-aux-Cascades, tout près de Vaudreuil-Dorion, était celui de la femme qui venait d'arriver du Zaïre avec son conjoint et sa fille.Elle avait été projetée du pont de l'île Aux Tourtes après avoir été éjectée d'un véhicule, tard le 15 avril dernier lors d'un accident.Sa petite fille a été grièvement blessée dans cette tragédie.Témoins recherchés ¦ La police de Laval demande aux personnes qui sont passées sur le pont David, reliant Bois-des-Filion à l'île Jésus par le boulevard des Laurent ides, vers 22 h dimanche, de bien vouloir communiquer avec l'agent Yvon Giroux, de la section enquête accidents, au 978-6752.Le policier pense qu'elles auraient pu voir un véhicule happer un cycliste de 32 ans, André Tanguay, qui se dirigeait vers Laval.Des automobilistes lui ont porté secours et quelques-uns ont déclaré avoir vu un deuxième véhicule le heurter.La première voiture qui a fauché M.Tanguay a elle aussi continué sa route.Ce cycliste demeurant à Sainte-Anne-des-Plaines est mort peu après.Informations du BAPE ¦ Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement ( BAPE ) a rendu accessible hier l'étude d'impact sur le projet d'une nouvelle route 336 entre l'autoroute 640 et le chemin Saint-Roch, dans les localités de Bois-des-Filion et de Terrebon-ne, par le ministère des Transports.Jusqu'au 17 juillet, l'étude d'impact décrivant le projet et ses répercussions sur l'environnement est disponible à l'UQAM et à la bibliothèque municipale de Lorraine.Le BAPE animera d'ailleurs une séance d'information publique, le 26 juin au Chalet municipal de Bois-des-Filion.Le ministère des Transports du Québec projette la construction en deux étapes d'une nouvelle roule pourvue d'une chaussée comportant une voie dans chaque direction, entre l'autoroute 640 et le chemin Saint-Roch.La première étape comprend la construction d'un tronçon entre l'autoroute 640 et le boulevard Vignory.La deuxième étape comprend le prolongement de la nouvelle route 335 suivant l'axe de l'autoroute 19 jusqu'au chemin Saint-Roch.Des lavements qui sont des voies de fait ¦ Un Montréalais de 39 ans et sa femme de 43 ans ont été reconnus coupables hier de voies de fait graves sur leurs deux fillettes, âgées de deux et six ans.Pendant six mois, les parents ont soumis leurs deux enfants à des lavements intestinaux excessifs alors qu'ils les voyaient le samedi en venu d'un droit de sortie.En outre, le tribunal a trouvé le pere coupable d'agressions sexuelles.En 1995, le pere avait été condamne .1 18 mois de prison pour négligente criminelle ayant causé la mort de son fils âgé de cinq ans, victime d'un lavement intestinal de 20 litres d'eau.Les représentations sur sentence auront lieu le 18 juin prochain.Chirurgie cardiaque : pas un sou de plus pour diminuer les listes d'attente MARIE-CLAUDE MALBOEUF Québec ne dépensera pas un sou de plus pour diminuer les longues listes d'attente en chirurgie cardiaque.Convaincu que la situation n'a rien de critique, le ministre de la Santé Jean Rochon invite plutôt les hôpitaux à mieux se répartir les patients entre eux.Les médecins pourront s'adresser à la régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, qui dressera d'ici 15 jours une liste hebdomadaire des délais \u2014 fort variés \u2014 sévissant dans chacun des huit services de chirurgie cardiaque de la métropole.« Avant d'ajouter des lits et des ressources, il faut utiliser correctement celles qu'on a », a lancé M.Rochon en conférence de presse hier.« Ça a été présenté comme si le système était en défaillance totale partout au Québec, mais ce n'est pas vrai, a-t-il soutenu en invoquant le rapport de son Groupe tactique d'intervention.La situation ne se détériore pas, bien au contraire, elle s'améliore depuis un an.Le problème est très localisé au pavillon Notre-Dame du CHUM ( Centre hospitalier de l'Université de Montréal ).» Le ministre indique notamment qu'à Montréal, le délai d'attente moyen est passé de 5,7 mois à 3,4 mois depuis juin 1996, tandis que le nombre de patients chutait de 514 à 451.Au niveau provincial, le délai passait alors de 5,9 à 3,7 mois, et le nombre de cas, de 986 à 745.Une situation jugée tout à fait acceptable par le ministère.Par contre, la liste de Notre- Dame s'est allongée de 28 noms en quatre mois ( passant de 41 à 69 depuis février dernier ).Une situation d'autant plus alarmante que le temps d'attente de ses patients venait de grimper de 3,1 mois (en juin 1996) à 5,2 mois(en février 1997).M.Rochon affirme toutefois que le problème n'a rien d'insoluble.Selon lui, le CHUM n'a qu'à mieux coordonner les ressources de ses trois pavillons.Une tâche d'autant plus aisée que leurs trois départements d'anesthésie doivent fusionner d'ici un mois.Et que le CHUM recevra de l'aide pour recruter des anesthésistes.Il s'agit d'un gros défi puisque Montréal en compte 20 ou 25 de moins que prévu.Quant aux cas « semi-urgents », tenus en otage à l'hôpital durant des semaines parce qu'on ne peut les opérer dans les 72 heures, M.Rochon estime que la liste de la régie permettra de les épargner.« Les médecins responsables des patients en périphérie sauront tout de suite quoi est disponible et où, et sauront où les diriger », avance-t-il.« Cette solution me semble très théorique.Les patients sont suivis par un médecin précis, ils pourraient refuser d'aller ailleurs », affirme pourtant le docteur Stephen Morgan, chef des services professionnels à l'hôpital du Haut-Richelieu.Le chef de la chirurgie cardiaque à Notre-Dame, le docteur Normand Poirier, est tout aussi sceptique.« Même si on règle le problème des anesthésistes demain matin, il y aura d'autres problèmes qui surgiront à très court terme : celui des lits, du budget, des ressources.» Trois autres automobilistes victimes d'une pierre sur la chaussée du tunnel Ville-Marie GEORGES LAM0N Coïncidence ou nouvel acte délibéré ?Toujours est-il qu'un mois après l'accident qui a causé la mort de Cynthia Crichlovv, trois autres automobilistes ont été victimes d'accidents, vendredi, dans le tunnel de l'autoroute Vil le-Marie, à la hauteur du Palais des congrès.Ils n'ont toutefois causé que des dégâts matériels à leurs véhicules.Tout cela à cause d'une pierre « de la grosseur d'un ballon de football » et pesant plus de cinq kilos, qui se trouvait sur la chaussée.Si Eric Sardano, dont la Sunfire 96 a subi des dommages de près de 1500$, est persuadé qu'il s'agit d'une pierre lancée du passage pié-tonnier surplombant l'autoroute, Denis Lefebvre, lui, admet ne pas avoir vu tomber la pierre devant sa Tercel 1996.« Quand je me suis engagé dans le tunnel, une dizaine d'autos y circulaient et je n'en ai vu aucune éviter la pierre », a-t-il expliqué.M.Lefebvre a ramassé la pierre pour la remettre au ministère des Transports.« Je n'ai pas vu non plus de camions en avant.Je n'ai pu l'éviter et je l'ai frappée avec ma roue.J'ai été obligé de m'arrêter et de changer de roue.Ça me coûte 295 $.J'ai été vraiment chanceux car si la pierre est tombé d'en haut.c'était une question de secondes.» Eric Sardano, qui suivait Lefebvre d'environ 75 mètres, est passé sur la pierre et a entendu immédiatement après un grand bruit sous sa voiture.Il s'est arrêté sur l'accotement et a constaté les dégâts à sa roue, son pneu et sa direction.Il lui a fallu faire remorquer son véhicule jusque chez son concessionnaire à Laval.« Ça ressemblait à une grosse pierre de carrière, dit-il.Elle était comme alignée sur la voie de droite.» Un premier automobiliste ne se PH0TORC8ÉflTKADON.LaPresH Denis Lefebvre exhibe la pierre qui a été la cause de dégâts à trois automobiles, dont la sienne, vendredi dans le tunnel Ville-Marie, à la hauteur du Palais des congrès.Il a remis cette « preuve » aux représentants du ministère des Transports du Québec.serait aperçu qu'un peu plus tard que son réservoir d'essence avait été perce en accrochant la pierre.Du côté du ministère des Transports, responsable de l'autoroute Ville-Marie, on reste dans l'expectative.« Nous n'avons aucun indice qui nous permette de conclure que cette pierre a été lancée de la passerelle, même si elle se trouvait à peu près au même endroit que celle qui a tué Mme Crichlovv il y a un mois, a indiqué à La Presse Yvan Paquette, de la direction des communications.Peut-être est-elle tombée d'un camion en mouvement.» À son avis, même si cette période de l'année est propice à ce genre de débris sur la chaussée, il est assez rare qu'on y retrouve des pierres de cette grosseur, surtout sur l'autoroute Ville-Marie.Chaque fois qu'un incident du genre est signalé, une équipe d'urgence du ministère se rend immédiatement sur place pour y remédier.11 note que de tels incidents surviennent bien plus souvent sur la Métropolitaine.Il reste que, selon lui, ta situation demeure avant tout une question d'éducation du public.Deux rencontres ont eu lieu entre les corps policiers, la Ville de Montréal et le ministère pour arrêter les mesures à prendre pour éviter d'autres incidents dans le tunnel Ville-Marie.Selon M.Paquette, on attend le rapport du SPCUM sur les incidents survenus du haut des viaducs surplombant l'autoroute, entre les rues Panel et Université.On décidera alors en partenariat quel genre de mesures prendre.Les représentants de Mirabel sont sceptiques Une première rencontre entre la Ville et le nouveau directeur de Vaéroport MARTIN PELCHAT Le nouveau directeur de l'aéroport de Mirabel, Raymond R.Monette, à qui Aéroports de Montréal < ADM ) a confie la tâche de développer de nouveaux marchés en vue du transfert des vols internationaux réguliers à Dorval, a rencontré des représentants de la Ville de Mirabel plutôt sceptiques hier après-midi.«< Je lui ai dit qu'il avait tout un défi devant lui », a indiqué après cette première prise de contact le directeur général de la municipalité, Yves Lacroix.Ce dernier est aussi trésorier de la CESAMM, la Coalition élargie au soutien de l'aéroport de Montréal-Mirabel.qui s'apprête à porter devant la ( OUr suprême sa lutte contre le transfert des vols, prévu pour le 15 septembre! et la transformation de Mirabel en aéroport voué au cargo et aux vols nolises.« Avant d'atteindre l'activité économique d'avant le 15 septembre.vous avez tout un défi, a ajoute M.Lacroix.Je lui ai souhaité bonne chance.C'est un gars bien intentionné pour développer Mirabel, mais on va le juger aux réalisa-lions.» «< J'en ai vu des rapports depuis 20 ans.J'ai assisté à trois conférences de presse pour le prolongement de la 13.Le problème de Mirabel a toujours été une chicane fédérale-provinciale, peu importent les par-lis au pouvoir.» Même si la Ville de Mirabel est le principal bailleur de fonds de la lutte de la CESAMM, M.Lacroix indique qu'elle collaborera avec le nouveau patron de l'aéroport. La Ville attend en outre qu'ADM rende publiques deux études commandées par ses administrateurs : une première, réalisée par Muni consult, qui porte sur les impacts du transfert des vols sur l'aéroport de Mirabel et la région, et une seconde, faite par Secor, sur la relance de l'aéroport de Mirabel.La CESAMM doit déposer son mémoire en Cour suprême d'ici le 7 juin.Elle a déjà dépensé 1,6 million dans sa lutte contre la décision d'ADM.11 lui en coûtera 150 000$ de plus si la Cour suprême accepte d'entendre son appel.Le 11 juin, la coalition lient d'ailleurs un souper bénéfice à 100 $ le couvert pour financer cette dernière étape.Âgé de 46 ans, le nouveau iiirecteur de l'aéroport de Mirabel n'a aucune expérience dans le domaine du transport aérien, maison insiste chez ADM sur le lait qu'on cherchai! avant tout un développeur de marches, et que M.Mouette a lait ses preuves dans ce domaine, notamment pétulant ses 1 i ans chez Coca-Cola, où il a entre autres travaille au développement de la compagnie en Afrique du Nord-Ouest.Avant son embauche a ADM.sur recommandation d'une firme de chasseurs de têtes, ce spécialiste des ventes et du marketing était di-recteur général au Québec de la brasserie américaine Stroh ( Old Milwaukee ).M.Monette, qui s'est aussi présenté hier aux gens de Mirabel comme un redresseur d'entreprises en difficultés, succède a Yves Provencher, qui a quitté son poste après deux ans, pour des raisons de saute selon ADM.« M.Monette va constituer une équipe dont le mandat sera de développer une base d'affaires dans les domaines du cargo et du tourisme », dit le porte-parole d'ADM, Michel Fréchetle.Four sa rencontre avec le directeur gênerai de Mirabel.M.Monette était accompagne du vice-presi dent executi» d'ADM.Richard c acchinne, un candidat à la succès sion de laïques Auger à la présidence de l'organisme.M.Auger a déjà annonce qu'il quittait ses fonctions de PDCi a la lin juillet.C'est également a ce moment que le nom de son successeur sera dévoile.t r B 2 ?LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 3 JUIN 1997 Editorial André Desmar aïs président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Un sérieux avertissement pour Chrétien Alain Dubuc épisode le plus significatif de la campagne électorale est survenu dans ses premiers moments, quand le premier ministre Chrétien, après avoir annoncé la dissolution de la Chambre des communes, a été incapable, même avec l'aide de ses notes, d'expliquer pourquoi il déclenchait des élections anti cipées.m\u2014mm Trente-sept jours plus tard, les Canadiens n'étaient pas plus éclairés sur cette question pourtant fondamentale.Ce vide a d'abord pesé sur les cinq semaines de campagne.Il explique largement l'espèce de flottement, fait d'indécision, de fragilité des choix, de tentation de votes stratégiques, d'absence de conviction et de passion qui ont provoqué bien des revirements et rendu les résultats imprévisibles.Et surtout, c'est ce vide qui explique les résultats d'hier soir.Même s'il ne le disait pas ouvertement, le premier ministre avait choisi de se lancer dans des élections anticipées après trois ans et demi de pouvoir pour jouir de l'avantage dont il disposait dans les sondages et profiter de son avance avant qu'elle ne s'effrite.Mais, parce que cet exercice n'avait que des vertus tactiques, l'« effet-ti-ming » s'est transformé en « effet-boomerang ».Le Parti libéral est ainsi passé à deux doigts de diriger un gouvernement minoritaire.Ce recul est un avertissement sérieux envoyé au gouvernement libéral à partir de toutes les régions du Canada, à l'exception de l'Ontario.Il faut également considérer ces résultats comme une défaite personnelle pour le leader libéral Jean Chrétien.Cela étant dit, tant les partisans de Jean Chrétien que ses adversaires doivent se réjouir du fait qu'il formera un gouvernement majoritaire.Dans les circonstances actuel- La victoire amère du Bloc Après un début de campagne catastrophique, le Bloc québécois a finalement sauvé la mise, en dépassant confortablement le seuil des 40 sièges.Mais il s'agit d'une victoire amère, arrachée à la faveur de nombreuses luttes à trois.Et qui ne peut masquer le fait que le Bloc a glissé sous un autre seuil, symboliquement tout aussi important, en recueillant moins de 40 % des suffrages.iinnnHM» C'est une série de facteurs dont plusieurs échappent à son contrôle qui auront permis au Bloc de demeurer une force politique majeure, canalisant le désir de changement d'une portion importante de l'électoral québécois.Les bloquistes partaient avec plusieurs handicaps.Les nombreuses maladresses de Gilles Duceppe ont rendu sa situation encore plus problématique.Si la débandade n'a pas eu lieu, c'est entre autres parce que « l'effet Charest » n'a pas fonctionné.Jean Charest avait misé sur cette partie volatile, mais numériquement importante de l'électorat que l'on appelle les « nationalistes mous ».Ces électeurs auraient pu être séduits par son projet de nouveau « pacte canadien », d'autant plus qu'il était le seul à proposer quelque démarche de réforme du fédéralisme.Mais son message n'a pas pris, probablement parce qu'il n'était pas suffisamment convaincant pour transcender les faiblesses d'un parti qui a tout misé sur le charisme relatif de son chef.Une organisation embryonnaire, des candidats médiocres et un programme auL à plusieurs chapitres, se résumait à quelques slogans, auront freiné la percée conservatrice.Qui plus est, Jean Charest n'a probablement pas su convaincre les Québécois de sa capacité de vendre sa réforme au Rest of Canada.La campagne anti-québécoise des Réformistes ne l'a pas aidé.L'hostilité des réformistes, conjuguée aux déclarations de Jean Chrétien sur la légitimité d'une faible victoire référendaire, auront pesé lourd dans la campagne.Piqués au vif par ce qu'ils perçoivent comme des marques d'intolérance, incapables de se reconnaître dans un autre parti, de nombreux électeurs seront en quelque sorte rentrés au bercail après avoir songé à s'épivarder ailleurs.S'il a perdu le statut d'opposition officielle, le Bloc en sera davantage soulagé que déçu.Cette position inconfortable soulignait quotidiennement sa grande contradiction ontologique : celle d'un parti souverainiste jouant un rôle de premier plan sur la scène fédérale.Débarrassé du fardeau de devoir parler au nom de tous les Canadiens, le Bloc pourra se concentrer sur ce qui l'intéresse vraiment : les affaires du Québec.Il ne sera pas non plus fâché de passer le flambeau de l'opposition aux réformistes, qui forment un parti radical franchement hostile au Québec.Le parti de Preston Man-ning lui donnera maintes occasions de s'indigner, de souligner à gros traits la grande cassure canadienne pour faire avancer la cause de la souveraineté.Avant de se laisser aller sur cette voie, le Bloc devra se rappeler que l'effritement de son électorat correspond au déclin de l'option souverainiste dans de nombreux sondages.De la même manière, les libéraux, qui ont amélioré leur position sur l'échiquier québécois, ne doivent pas interpréter ces résultats comme une victoire de leur conception du fédéralisme : ils ont, eux aussi, profité de la division des votes.\u2022 Finalement, au-delà des hasards locaux, il ne faut surtout pas oublier que de nombreux Québécois se sont rendus voter la mort dans l'âme, incapables jusqu'au dernier moment de faire un choix qui corresponde entièrement à ce qu'ils recherchaient.les, un gouvernement minoritaire aurait été désastreux sauf pour ceux, comme Jacques Parizeau, qui courtisent la politique du pire et croient que la souveraineté naîtra du chaos.Un gouvernement instable, dans une période de crise, balotté par une imprévisible dynamique à cinq, n'aurait pas pu s'acquitter des tâches irîiportantes qui l'attendent.Même s'il a évité l'humiliation d'être mis en minorité, le futur gouvernement dirigé par Jean Chrétien, à cause de ces résultats, fera face à des problèmes considérables.Le premier de ces problèmes, c'est évidemment la fragmentation régionale.Cette balkanisation est cependant moins prononcée qu'il n'y paraît.Les deux partis résolument régionalistes, le Reform et le Bloc québécois, ont vu leur appui populaire baisser, même si cela ne se reflète pas dans le nombre de sièges.Le Bloc conserve peut-être 45 sièges sur les 54 qu'il détenait, mais avec moins de 40 pour cent du vote populaire, contre 49 pour cent en 1993, il vient de vivre une significative défaite.Les vrais gagnants de ces élections, ceux qui ont affaibli le Parti libéral, ne sont pas des partis régionaux, mais deux partis nationaux, les conservateurs et les néo-démocrates, qui retrouvent ainsi leur statut officiel à la Chambre des communes, un des résultats heureux de ces élections.L'avertissement qu'ont envoyé les Canadiens, de partout, c'est d'abord une sanction envers le gouvernement Chrétien.Il est vrai que le fait que le Reform décroche le statut d'opposition officielle fera monter d'un cran les tensions Québec-Canada.Cette dynamique d'affrontement risque de compromettre les efforts de réconciliation.Seul un gouvernement fort et habile pourrait contrôler ces risques d'explosion.Mais ce rôle d'arbitre, il n'est pas clair que M.Chrétien, partisan des attaques frontales, puisse le jouer de façon convaincante.Le second problème, c'est la capacité du futur gouver- nement libéral de répondre à l'insatisfaction que tant d'électeurs ont exprimé hier.M.Chrétien entre dans son second mandat avec un appui moindre, sans pouvoir jouir d'une lune de miel, et sans mandat particulier puisque les libéraux en campagne n'ont sollicité aucune forme d'appui pour des virages ou de nouvelles politiques.Et c'est ainsi que les Canadiens ne savent pas ce que le prochain gouvernement Chrétien fera de plus, de mieux, de différent que l'ancien.Ils ne savent pas si ce gouvernement peut faire quelque chose pour eux, pour leur donner plus d'espoir qu'ils pouvaient en avoir il y a six mois.C'est ce vide, qui a dominé la campagne, qui risque encore de dominer l'exercice du pouvoir par le prochain gouvernement.Que fera ce gouvernement pour résoudre .la crise de l'emploi, pour réduire la fracture sociale dont les électeurs des Maritimes ont si éloquemment souligné la réalité, pour affronter les débats sur la question nationale?Le seul virage plus ou moins formulé en campagne par M.Chrétien a été l'évocation d'une ligne dure envers les souverainistes, une approche sans issue.Si cette mince victoire sans panache permet quelques espoirs, c'est dans les paradoxes qu'il faut les chercher.Un des grands talents du premier ministre Chrétien, dans son premier mandat, a été de bien s'entourer et de savoir s'effacer, comme il l'a fait en laissant la gestion des finances publiques à Paul Martin.Souhaitons que M.Chrétien, après avoir été omniprésent en campagne, comme le veut la tradition, s'efface à nouveau et confie des dossiers majeurs, notamment la question nationale, à l'un de ses collaborateurs.L'expérience de 1993 nous a par ailleurs montré le peu de continuité entre la campagne électorale de Jean Chrétien et sa gestion de la chose publique.Après avoir conspué les politiques conservatrices, il les a reprises à son compte, avec le succès que l'on sait.Espérons maintenant que les silences de cette campagne nous réserveront des surprises, un sursaut d'imagination et d'innovation que le débat électoral n'a pas permis de soupçonner.Agnès Gruda DROITS RÉSERVE* OPINIONS Un appel à Pauline Marois BRIGITTE 0UELLETTE-FARRÉ L'auteur est professeur de biologie et responsable à la coordination départementale au Collège de Rosemont.Elle s'exprime ici au nom des projesseurss du département de biologie de l institution.Mme Pauline Marois, Nous voulons attirer votre attention sur la situation de la biologie dans les programmes de l'enseignement collégial.Qui donc ignore aujourd'hui, dans le milieu de l'enseignement, que l'individu humain est un tout hautement organisé dont la mécanique de fonctionnement affecte l'activité mentale aussi bien que la survie et la santé physique?Comme professionnels de l'enseignement de la biologie, nous avons le souci constant de démontrer le fonctionnement global de la machine humaine, en plus de notre tâche de démonter la machine et d'en expliquer les rouages.À l'heure où toute notre société est bombardée par des informations témoignant des progrès stupéfiants en biologie et en médecine ( nouvelles médications, détermination du génome humain, clonage, transplantation d'organes, animaux transgéniques et thérapie génique ); à l'heure où se posent des problèmes de santé, de survie et de démographie à l'échelle de la planète ( cancers, toxicomanies, nouvelles techniques de reproduction, sida, malnutrition et maladies infectieuses ); à cette heure, donc, la direction de l'enseignement collégial choisit : J De réduire de 75 h 45 heures le nombre d'heures de formation en bio- logie que reçoivent les futurs universitaires en sciences humaines ( pour ceux qui reçoivent de la formation en biologie ).Il est impensable qu'en 45 heures nous puissions fournir les connaissances suffisantes pour atteindre une bonne compréhension des mécanismes de la transmission des caractères héréditaires et de la coordination neuro-endocrinienne qui est à la base du comportement humain.Nous demandons, au moins, le retour à un cours de 75 heures.?De réduire le nombre d'heures de biologie dans la plupart des techniques biologiques à l'occasion de la revision de ces programmes selon l'approche par compétences.Par une conception utilitaire de la biologie, l'approche par compétences resserre l'éventail quant aux connaissances à acquérir par les élèves sur l'objet de leur activité de travail, le corps humain ; elle referme ainsi les avenues qui permettent d'alimenter les échanges informels entre collègues de travail, avec les intervenants du milieu médical ; elle souffle la flamme qui éclaire les aspects non-essentiels à la pratique d'une technique biologique, aspects qui permettent de saisir l'aspect global du fonctionnement du corps humain comme un organisme dynamique en interaction avec son entourage avant de devenir un sujet que nos infirmières, inhalothérapeutes et autres techniciens de la santé auront à soigner.Quand l'objet sur lequel le technicien travaille est un corps humain, que les proches du malade et tous les intervenants de son milieu social et profes- sionnel sont susceptibles de s'interroger ou de réfléchir sur les processus vitaux, on s'attend à ce que ce technicien ait une bonne connaissance des processus entourant la naissance, la vie en bonne santé et la maladie.Faute de temps pour le faire, avec le nombre d'heures qui nous est maintenant imparti, tout aspect non-relié à la situation de travail doit être ignoré.L'approche par compétences ne permet pas de fournir aux élèves des connaissances et de développer chez eux des habiletés pouvant être liées à la profession hors de ce que l'analyse de la situation de travail décrit.Nous croyons que la direction de l'enseignement collégial n'a pas suffisamment évalué les impacts de l'approche par compétences qui réduit le temps accordé à l'enseignement de la biologie.(.) Nous croyons que cette tendance à fournir une formation uniquement dévouée à la réalisation de compétences en négligeant la logique de la discipline risque de former des techniciens à vision limitée, avec un manque d'envergure certain quant à leur intérêt pour la chose scientifique.(.) L'absence d'un comité de coordination provincial où une étude commune entre biologistes nous permettrait d'analyser la situation présente de l'enseignement de la biologie au collégial nous oblige à vous aviser directement de cette situation que nous trouvons préoccupante et tragique pour l'avenir de notre discipline et celui de nos étudiants en formation préuniversitaire et en formation technique. LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 JUIN 1997 B 3 Opinions « Du pain et des roses » un rappel et un appel FRANÇOISE DAVID et LORRAINE GUAY Les auteures s'expriment au nom de la Fédération des femmes du Québec.Deux ans demain que nous arrivions par milliers sur la colline parlementaire.Nous étions portées par une vague de mobilisation sans précédent de citoyennes et de citoyens issu-es de tous les secteurs de la société québécoise qui avaient trouvé dans la Marche des femmes « Du pain et des roses » le moyen de dire « non » à l'appauvrissement et à l'exclusion de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes qui forment le quart de la population québécoise.C'était peu après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement.C'était peu avant le rendez-vous référendaire.C'était au printemps d'une nouvelle volonté d'en finir avec la passivité, la morosité et le cynisme du climat politique ambiant.C'était à la fois la poursuite et le renouvellement du combat des femmes pour changer l'ordre des choses.Nous portions neuf revendications, simples et fortes : ?Un vaste programme d'infrastructures sociales avec des emplois accessibles aux femmes dès maintenant.J L'augmentation du salaire minimum au-dessus du seuil de la pauvreté ( au moment où nous écrivons ces lignes, cela signifie au moins $8.30/heure ) ?L'application de la loi des normes minimales du travail à toutes les personnes participant à des mesures d'« employabilité ».?Une loi proactive sur l'équité salariale.?L'application rétroactive de la réduction du parrainage de dix ans à trois ans pour les femmes immigrantes parrainées par leur mari avant le 31 octobre 1994, ainsi que la mise sur pied d'un mécanisme d'accès aux droits sociaux pour les femmes parrainées et en attente de parrainage victimes de violence conjugale et familiale.?Un système de perception automatique des pensions alimentaires avec retenue à la source.?La création d'au moins 1 500 unités de logement social par année.?L'accès aux services et programmes de formation générale et professionnelle, avec soutien financier adéquat, pour toutes les personnes, y compris celles qui sont prestataires de l'assu-rance-chômage ou de la sécurité du revenu, en vue de leur insertion ou réinsertion au travail.?Le gel des frais de scolarité et l'augmentation des bourses pour les étudiantes et étudiants ( particulièrement celles et ceux qui'ont des responsabilités parentales ) On se souviendra que les marcheuses ont réservé un accueil mitigé à la plupart des réponses gouvernementales à ces revendications et hué en particulier le refus d'une hausse du salaire minimum au-dessus du seuil de la pauvreté.On se souviendra que les femmes avaient promis de poursuivre la lutte et de redoubler de vigilance.Le temps est venu de rappeler le projet initial, de faire le point et d'indiquer les orientations à venir.Le projet La Marche des femmes contre la pauvreté voulait gagner des revendications susceptibles d'améliorer immédiatement les conditions de vie de milliers de femmes pauvres au Québec.Pour ce faire, il fallait d'abord penser autrement la pauvreté et questionner les évidences, puis mettre en place des revendications et des stratégies plurielles.La Marche proposait une analyse féministe et donc politique de l'appauvrissement et de l'exclusion, rivant leur clou une fois en- À la mondialisation de la pauvreté, au maintien du sexisme, à l'augmentation du racisme, à la montée des intégrismes de tout acabit, à la multiplication des guerres, aux idéologies et aux systèmes de domination qui sont toujours à l'oeuvre en cette fin de siècle, il faut répondre par la mondialisation de la solidarité, par l'ouverture au pluralisme, par la démocratie participative, par l'égalité absolue entre les hommes et les femmes, par la citoyenneté de droit et de fait.mes minimales du travail les bénéficiaires de la sécurité du revenu impliqué-es dans des mesures d'« employabilité » ?Et au profit de qui ?Pourquoi les femmes « sans chèque » ( i.e.qui ne sont ni bénéficiaires de la sécurité du revenu, ni de l'assurance-emploi ) sont-elles exclues des programmes de formation ?Pourquoi des femmes immigrantes seraient-elles maintenues dans la dépendance et l'isolement par le parrainage et tout particulièrement lorsqu'il y a violence conjugale et familiale ?Comment résoudre le problème du non-paiement des pensions alimentaires ?Comment se fait-il qu'en 1991, le logement social ne représente encore que 10 % du stock de logements locatifs au Québec et que les deux tiers des ménages dirigés par des femmes doivent consacrer plus de la moitié de leur revenu pour se loger ?Pourquoi taxer l'éducation en augmentant sans cesse les frais de scolarité, directement ou indirectement ?Pourquoi enfin les infrastructures sociales ont-elles moins de valeur que les infrastructures routières ?D'où vient cette logique illogique ?Qui a décidé que produire des logiciels est plus important et plus valable qu'alphabétiser ?Qui a décidé que jouer à la bourse est plus important et plus valable que défendre les droits des citoyens et citoyennes ?Qui a décidé que construire des autos, des routes, des ponts, des stades, etc.est plus important et plus valable que la mise sur pied d'un centre de femmes, l'organisation d'activités culturelles, la construction de logements sociaux et de coopératives d'habitation ?Qui a décidé que la production de con-dominiums de luxe « personnalisés », de fours micro-ondes, de ' télévisions à écran géant, etc.est plus importante, plus valable et plus indispensable à la vie commune que l'accompagnement de personnes âgées, la garde d'enfants, l'accueil de refugié-es, la solidarité avec les pays « sous-développés » ?(.) Deux ans après la Marche des femmes « Du pain et des roses », sa principale instigatrice, Françoise David, estime qu'il y a des raisons d'êtres fîères, mais aussi des raisons d'être inquiètes et fâchées des résultats de l'événement.Le bilan.Deux ans après la Marche des femmes, nous pouvons être à la fois passablement fiè-res, éminemment inquiètes et franchement fâchées du sort de nos neuf revendications.core et \u2014nous l'espérions\u2014 une fois pour toutes aux explications simplistes et abusives de ce véritable drame humain.(.) Nous avons donc posé des questions simples et directes : -I Qui choisit que le salaire minimum ne permette plus, depuis déjà quinze ans, de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté ?Qui décide de sous-payer les femmes et pourquoi ?J Qui crée artificiellement une sous-classe de travailleurs et de travailleuses en soustrayant »uix nor Raisons d'être fières Deux lois importantes pour les femmes régissent maintenant la société québécoise : celle sur les pensions alimentaires et celle sur l'équité salariale.Certes nous n'avons pas obtenu pleine et entière satisfaction, en particulier sur l'équité salariale, mais nous considérons avoir fait des pas de géantes dans la bonne direction et ce dans un contexte politique où le patronat avait déployé tout son arsenal de combat pour combattre pareille législation.Preuve qu'ils ne gagnent pas toujours lorsque nous sommes mobilisées ! Nous avons également gagné la rétroactivité de la réduction du temps de parrainage de dix ans à trois ans pour toutes le?> femmes immigrantes parrainées par leur mari avant le 31 ocotbre 1994.Preuve de solidarité entre femmes d'ici et iVmmcs d'ailleurs ! Quant au gel des frais de scolarité, reconnaissons que la mobilisation exceptionnelle des étudiants et étudiantes, en novembre 1996, est venue à bout de la résistance gouvernementale.Nous avons obtenu 1 200 unités de logement social, dont 60 avec support communautaire pour personnes en difficulté.C'était peu mais le budget 1997 est porteur d'une heureuse nouvelle ! La construction de 1 820 nouveaux logements sociaux par année durant trois ans.Nous avons enfin obtenu des places en formation professionnelle pour les femmes « sans chèque ».Raisons d'être inquiètes et fâchées Mais il n'en va pas de même pour d'autres revendications : ?Nous n'avons obtenu qu'une faible augmentation du salaire minimum et rien n'indique que le gouvernement entend s'attaquer à cette situation dans les mois qui viennent.?Nous avons obtenu l'application de la loi des normes minimales du travail aux personnes parti-cipant à des mesures d'« employabilité », mais c'est une goutte d'eau dans la mer des compressions répétées que le gouvernement a assénées aux prestataires de l'aide sociale, depuis un an.Par dessus le marché, les groupes communautaires n'ont gagné que des miettes en rapport avec la clause d'appauvrissement zéro réclamée au Sommet d'octobre 1996.Et la réforme appréhendée de la sécurité du revenu réprime et appauvrit encore les personnes assistées sociales.Et tes infrastructures sociales ?La complexité de cette revendication et le sort qui lui fut fait exigent ici quelques développements.Prenant à rebours le programme fédéral d'infrastructures routières, la Marche proposait la mise en place d'un vaste programme d'infrastructures sociales avec des emplois disponibles pour les femmes immédiatement^ .) La revendication identifiait clairement les caractéristiques d'un programme d'infrastructures sociales : consolidation des ressources communautaires existantes par un financement de soutien suffisant et récurrent, développement de nouvelles ressources selon les besoins exprimés par les personnes et les collectivités, consolidation et soutien de services parapublics comme les garderies et accessibilité de ces services à toute la population, permanence des emplois avec application de la Loi des normes minimales du travail, de la future loi sur l'équité salariale, salaire décent et mesures de conciliation travail/ famille, accès des femmes à ces emplois et reconnaissance de leurs acquis expérentiels, embauche de femmes doublement discriminées.C'est donc en ces termes très précis que la Marche des femmes a parlé d'économie sociale et contribué à mettre à l'ordre du jour publiquement et politiquement cette problématique de remise en cause de l'économie dominante.En juin 1995, et en réponse à cette revendication, le gouvernement Parizeau mettait sur la table une proposition à deux volets : mise en place d'un comité d'orientation et de concertation sur l'économie sociale et injection de 225 millions provenant de budgets existants sur une période de cinq ans dans cette économie sociale.Qu'est-il advenu de cette proposition ?Le comité a remis son rapport il y a un an.Intitulé « L'Économieso-ciale : entre l'espoir et le doute », il réaffirme les balises posées par la Marche des femmes et recommande au gouvernement de donner suite sans retard à ses engagements.Pourtant, force nous est de constater, aujourd'hui, que les montants réellement accordés à des projets d'économie sociale proposés par les milieux communautaires ont peu à voir avec les promesses initiales.En fait, le gouvernement a encore une fois investi beaucoup plus largement dans des programmes d'« employabilité » que dans des emplois réels.Par ailleurs, un comité de travail sur l'économie sociale, présidé par Nancy Neamtan, a remis un rapport contenant des perspectives prometteuses au Sommet d'octobre 1996.Car, en élargissant la définition de l'économie sociale à la production de biens dans Une perspective de rentabilité économique et sociale, le Chantier remet en question l'en-treprenariat axé strictement sur le profit.Le mouvement des femmes doit toutefois s'assurer que les infrastructures sociales continuent d'être largement financées par l'État puisqu'elles ne pourront jamais s'autofinancer, s'adressant principalement à des clientèles démunies.Depuis le Sommet, des projets commencent à prendre forme et des partenariats s'organisent même si la bureaucratie étatique vient souvent contrecarrer la création d'emplois de qualité.Car, voyez-vous, il y a les normes, les règles et surtout le désir de domestiquer les initiatives du milieu.Les conversions de plusieurs ministères à l'économie sociale sont par trop nombreuses pour ne pas sembler douteuses ! Quoi retenir donc de ce long en» fantement ?Que les débats demeurent indispensables sur le terrain de l'économie sociale.Par exemple, comment éviter la substitution d'emplois dans le contexte de compressions de postes que nous connaissons dans les services publics ?Comment éviter le détournement de mandat des organismes communautaires que l'État voudrait assigner seulement à la dispensation de services et qui plus est, tarifés ?Que la vigilance s'impose afin que les emplois créés ou consolidés dans le secteur de l'économie sociale ne soient pas imposés aux personnes assistées sociales comme unique « plan de carrière » ; que ces emplois soient rémunérés de façon à permettre une réelle sortie de la pauvreté ; qu'ils soient durables, syndicables et assujettis à la Loi sur les normes du travail ; ?Mais que, malgré tout, l'économie sociale peut constituer un rempart contre la privatisation marchande des services ; elle permet de rendre visible le travail accompli traditionnellement par les femmes ; elle vient affirmer que l'activité économique légitime ne se résume pas à la seule production de biens de consommation ; enfin elle valorise les initiatives issues des communautés.Le mouvement des femmes entend donc collaborer avec le Chantier sur l'économie sociale, faire en sorte que les infrastructures sociales, c'est-à-dire les services aux personnes et aux communautés, y occupent un espace important.Nous entendons débattre de la restructuration annoncée par le ministre Chevrette.C'est au niveau local et régional que les politiques de développement économiques prendront assises.Nous ferons en sorte qu'il ne soit plus possible de concevoir, de planifier et de soutenir le développement économique du-Québec sans une forte composante d'économie sociale.(.) Pour changer Tordre des choses La Marche n'aura été que le début de la poursuite du combat des femmes « pour changer l'ordre des choses ».Quand l'horizon qu'on nous impose se réduit à un déficit zéro, quand les chefs d'État en sont réduits à faire les commis-voyageur de tous les patronats, grands argentiers, chefs d'entreprises pour « prospecter » les marchés ( comme ils disent.), quand l'avenir se referme sur des milliers de jeunes et de moins jeunes exclus de la cité, il faut s'acharner à maintenir grandes ouvertes les portes de l'espoir et donc se mobiliser collectivement.C'est pourquoi dans les mois qui viennent nous entendons : Investir massivement le champ du politique et interpeller l'État.De façon concrète, nous poursuivrons a ) la lutte pour obtenir le respect intégral de chaque revendication ; b ) le débat sur la réforme de la fiscalité : tout n'a pas été dit quant au partage de la richesse collective ; c ) les pressions pour obtenir une réforme de la sécurité du revenu équitable et respectueuse des personnes assistées sociales qui sont d'abord et avant tout des citoyennes et des citoyens de droit ; d ) les représentations pour modifier la politique familiale annoncée de façon à éviter d'appauvrir les familles à revenu faible et moyen.Nous travaillerons au coude à coude sans relâche avec le mouvement syndical et avec toutes les forces progressistes au maintien et au développement d'un secteur public fort, dynamique et novateur tout comme nous continuerons d'appuyer le mouvement communautaire dans sa lutte pour la reconnaissance de son autonomie et des missions centrales portées par l'ensemble de ses composantes.(.) Nous occuper de plus en plus d'économie.C'est parce que nous ne nous sommes pas assez occupées d'économie que l'économie s'est occupée de nous.Et mal ! Entre le refus global et l'innocence béate, il y a l'alternative critique.Il nous appartient de faire en sorte que l'économie sociale se réapproprie son pouvoir subversif et conteste dans sa totalité le néolibéralisme qui conduit l'humanité et la planète à leur perte.(.) À la mondialisation de la pauvreté, au maintien du sexisme, à l'augmentation du racisme, à la montée des intégrismes de tout acabit, à la multiplication des guerres, aux idéologies et aux systèmes de domination qui sont toujours à l'oeuvre en cette fin de siècle, il faut répondre par la mondialisation de la solidarité, par l'ouverture au pluralisme, par la démocratie participative, par l'égalité absolue entre les hommes et les femmes, par la citoyenneté de droit et de fait.11 nous faut donc éduquer pour transformer et transformer pour éduquer : l'un ne va pas sans l'autre, l'un ne vient pas avant l'autre, l'un n'a pas plus de valeur que l'autre.Ces deux actions fondamentales du combat militant sont fondamentalement liées.Ce ne sont ni les personnes ni les expériences ici et ailleurs dans le monde qui manquent.La Marche des femmes de l'an 2000 en sera une autre preuve éclatante.Réaffirmer que les femmes comptent dans la valeur et la richesse du monde et que rien ne se fera sans elles.Nous y \\cillerons. fKfcbàfc, MON i KfcAL, MAKD1 3 JUIN 1997 Affaire Barnabe : six policiers accusent le Comité de déontologie de déni de justice HOLLANDE PARENT de la Presse Canadienne Six policiers de la Communauté urbaine de Montréal reliés à l'arrestation et à la détention du chauffeur de taxi Richard Barnabe demandent à la Cour supérieure d'annuler les 17 jours d'auditions tenus dans ce dossier depuis janvier devant le Comité de déontologie policière.Les policiers Manon Cadotte, Karl An-derson, Anna Palotta, Jean-Paul Dallaire, le lieutenant Michel Pohu et le directeur du poste 44 Jean-Pierre Auger estiment que les membres du Comité de déontologie policière ont outrepassé leur juridiction et ont commis à leur égard un déni de justice.Dans leur requête en évocation déposée au cours des derniers jours en Cour supérieure, les six policiers expliquent qu'ils ont été tenus à l'écart de l'audition du 27 janvier au cours de laquelle les policiers Louis Samson, André Lapointe, Pierre Bergeron et Michel Vadeboncoeur ont admis avoir commis les fautes reprochées relativement à Richard Barnabe.Après un long procès, ces quatre derniers policiers avaient été reconnus coupables d'avoir posé des gestes de nature criminelle à l'endroit de M.Barnabe.Dans leur requête, les six policiers indiquent avoir appris au début du mois d'avril que la preuve recueillie au cours des 17 jours de travaux du Comité de déontologie serait considérée autant pour le premier groupe de policiers que pour le deuxième groupe.« Il n'existe plus d'apparence de justice dans cette audition malgré les assurances données.Les requérants apprennent que la preuve recueillie en leur absence fait partie de leur dossier », écrit Mc Mario Létourneau, avocat de Manon Cadotte.D'où sa demande d'annuler la totalité des travaux du Comité de déontologie policière.Le commissaire à la déontologie, Denis Racicot, reproche aux policiers qui ont participé à la fouille de Richard Barnabe d'avoir commis un abus de pouvoir et d'avoir eu recours à une force plus grande que nécessaire.GRANDE OUVERTURE Piarivenue | la iwuvfejte adresse Décarie Satum Saab Isuzu W maintenant à 8'angle de 5 Dsgttfe etvpn Nbnse.,ë DECAR1E Venez y, découvrir la Saab «t ion prix abordable.Aujourd'hui-même, vous pouvez partir au volant d'une Saab 900 S pour aussi peu que 399 $ par mois * A un tel prix, les autres importées ne seront plus qu'un souvenir lointain.! Decorie SATUKf SAAB ISUZU 610C Décala - aagfe Van Home 4 ok/80 000 bi A ifB^Atf aa^a>^e^HP A^aflL^VêB MAaal ¦ l Win QnrsrOfwHTQ OrOI \u2022hÉMi êmm wa 9 Sièges dwvfnBts I \u2022 RitrivliMrs mVMmvj \u2022 Aitivilmc \u2022 AsdstoM iwtfht SAAB Transport taxuf tt iwmitrkfaliticw m tm, \u2022Pmton*rts* bail oe location de 36 mois salon le PÛSf dé ta SAAB 90l Versement initia! de 3 927$ pu échange de 3*9 $ et dépôt en Garantie remboursable de 475 Frais de Bt par kilomètre apf)teabl«s après \u20ac0 000 km.du crédit Voyez Décade Satvm Saab terni pour i du versement initial bt des mensualité» c il Une lettre énigmatique dans l'affaire du meurtre d'une étudiante à Québec Presse Canadienne QUÉBEC L'enquête sur le meurtre d'une étudiante de 22 ans de l'université Laval découvert dimanche à Sainte-Foy s'est déplacée hier vers la région montréalaise.Outre le fait que la victime, Caroline Laniel, en est originaire, les policiers ont suivi une piste ouverte par la découverte d'une lettre non signée, qui contiendrait des éléments de nature à éclairer ce drame.Le porte-parole de la police de Sainte-Foy, Martin-Guy Trépanier, a confirmé une partie de l'information sur la découverte de cette lettre dans l'appartement où a été commis le crime.Celle-ci n'a pas été écrite par la victime, a-t-il précisé, en refusant d'en donner la nature.Les enquêteurs cherchaient aussi activement hier le, ou les colocataires de la jeune femme, tout en refusant de préciser de qui il s'agit.Mais encore là, la piste montréalaise semble être privilégiée.Le corps de l'étudiante, inscrite au baccalauréat en droit depuis 1995, a été trouvé dans sa chambre par les policiers de Sainte-Foy en début de soirée dimanche, mais la mort pouvait remonter à plusieurs heures.L'autopsie qui sera pratiquée aujourd'hui ou demain à Montréal en établira le ijioment, et -confirmera si la barre de fer trouvée dans le logement est bien l'objet contondant avec lequel plusieurs coups lui ont été assénés à la tête.« Elle a été battue sauvagement », précisait hier le porte-parole policier.Les coups ont été si brutaux qu'ils ont occasionné une déchirure à la gorge.Cette plaie et l'abondance de sang qui en a résulté ont laissé croire un certain temps que l'étudiante avait été égorgée.Malgré les signes évidents de bataille qui régnaient dans l'appartement, aucun voisin n'a entendu de bruit anormal.Accident mortel en Beauce ¦ Un automobiliste est mort écrasé lors d'un accident impliquant un camion chargé de planches de bois et deux véhicules, survenu hier matin, à Saint-Georges-de-Beauce.Le camion a d'abord embouti l'arrière d'une automobile qui venait de tourner à droite.Sous le choc, le conducteur du fardier a perdu la maîtrise de son poids lourd et son chargement de bois, déstabilisé, a basculé sur une Mazda noire et son occupant, qui attendait en sens inverse, aux feux de signalisation.Coincé sous l'amas de bois, Mario Baillargeon, âgé de 47 ans, a été extirpé par les secouristes.Son décès a été constaté à l'hôpital.© IL il IN I) U- contour» est ouvert aux IH ans et phi-La ver-ion complète des règlement*, vie ce concours peut être obtenue chez les concessionnaire*.Acura du Québec participants.À ne pas manquer\t\t\t \u2022\tL'Integra 1997\t\t Pour le plaisir DE CONDUIRE \tPour un temps limité l Integra I997 t dition spéciale 1\t \t287* \tPAR MOIS / 48 MOIS ppApciraftlon Inclus La initia effets fBÊKÊ djfotr 3s0usmdu& \u2022 T.uil .le location-bail de 48 meus (total des paiements I3 776 Si.pour le modèle DC4J W.Un acompte de 2 440 S.un dépôt de sécurité et un premier vertement sont requis.Allocation de 24 000 Vm par année (frais de 0.10 S par Km su [Clément a ire» Taxes, liais J imin.iiiuui.uion cl assuiaixcs en sus.A la lin du bail, vous pouvez retourner le véhicule au cotHi-ssionnaire ou lachvui |hhu la valeur résiduelle prédéterminée.Garantie Acura limitée de 5 ans / 100000 km Assistance routière Acura //r.Jhfmélt \\culcmcni /sir t'entremne Je HonJj C-jtjJj finance Inc Su Kl à l jppr,Jsttn»i J* cn\\iit ® ACURA Une vision qui inspire un élan de passion.9100, boul.Taschereau, I.669-1616 ACURA IMS CONCESSIONNAIRES FIABLES LUCIAfMI ACURA 4040, rue Jean Talon O., Montréal.340-1344 7100, boul.Métropolitain E*t Anjou.354-8811 , boul.de la Seigneurie, Blainvilte.435-4455 -W 4648, boul.St-Jaan.Dol!arri
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