La presse, 10 juin 1997, B. Politique
[" B Montréal, mardi 10 juin 1997 Politique Ln Presse ÉDITORIAL / OPINIONS / ARTS ET SPECTACLES Résultat net accru ! Comment ?Composez te (514) 954-1999 iinnn m www.istar.ca ! Lucien Bouchard 1300 cadres de l'État prendront une retraite volontaire GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC La mise à la retraite prématurée de quelque 1300 membres du personnel cadre, ajoutée au départ de 15 000 à 18 000 fonctionnaires, permettra au gouvernement d'atteindre son objectif de réaliser des économies de 1,1 milliard de dollars, en 1997-1998, sûr les coûts de main-d'oeuvre.L'objectif du gouvernement est de réduire les coûts des salaires de 1,4 milliard annuellement.Les compressions salariales s'appliquant sur huit mois de l'année en cours expliquent qu'on s'en tienne à une réduction de 1,1 milliard pour cette année.Une entente récente entre les représentants .du Conseil du trésor et ceux du personnel cadre dont la caisse de retraite est gérée par le Régime de retraite des employés du gouvernement et organismes publics (RRE-GOP) laisse croire en effet que 1300 des 24 000 cadres de l'État sont intéressés à prendre une retraite volontaire.Récemment, ceux-ci ont protesté contre le fait que l'offre de retraite du gouvernement ne s'appliquait qu'aux employés syndiqués et aux omnipraticiens de 50 ans, pour peu qu'ils comptent 30 années de service.Le départ volontaire de 15 000 fonctionnaires permettra des économies de 831 millions en 1997-1998, tandis que l'on compte tirer 100 millions de la mise à la retraite de 1300 cadres supérieurs.La différence de 169 millions de dollars proviendra de la réduction de 6 % des salaires des députés, du personnel politique, des cadres supérieurs et du retrait de 22 juges de la Cour du Québec.Le président de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurance ( CARRA ), Michel Sanschagrin, a confirmé à La Presse le départ probable de 1300 cadres supérieurs, tandis qu'il assure que l'État est sur le point d'atteindre son objectif de 15 000 départs volontaires chez les fonctionnaires.« À compter du 2 juillet, il faut que les mises à la retraite soient effectives », précise M.Sanschagrin, pour qui ces dossiers seront donc fermés le 1« juillet.Tant au Conseil du Trésor qu'à la CARRA, on confirme avoir traité jusqu'à la semaine dernière 33 000 demandes d'estimation de rente, alors qu'on en a reçu jusqu'à 1500 par jour.On met les bouchées doubles cette semaine pour passer à travers quelque 10 000 demandes qu'on n'a pas eu le temps de traiter.Comme quoi, l'offre du gouvernement en a intéressé un grand nombre.Le 27 mai, à l'Assemblée nationale, le premier ministre Lucien Bouchard a affirmé que selon l'évaluation de la CARRA, l'objectif de 15 000 départs serait dépassé de 3000, ce qui permettrait d'embaucher autant de jeunes en quête d'emplois, pour rajeunir la fonction publique.Le premier ministre s'était engagé .intérieurement à combler les postes laissés vacants, au-delà des 15 000 que l'on veut supprimer.Un germe de division au PLC Chrétien devra trancher le débat entre les partisans de la ligne dure et ceux qui préconisent un virage à gauche > GILLES T0UPIN du bureau de La Presse, OTTAWA C'est un caucus libéral qui a laissé entrevoir des signes de division sur la manière de diriger le pays qui a émergé hier d'une longue rencontre post-électorale de plus de deux heures.Après les années d'austérité consacrées à la réduction du déficit, les partisans d'un virage plus à gauche ont sonné la charge, à la sortie de la réunion, en faveur de politiques qui favoriseront davantage la création d'emplois et des programmes sociaux plus généreux.En revanche, en dépit du résultat du dernier scrutin où le PLC a obtenu de justesse la majorité, les partisans libéraux de la ligne dure ont pour leur part affirmé qu'il fallait maintenir le cap des dernières quatre années jusqu'à ce que les déficits soient complètement éliminés.Le premier ministre Jean Chrétien, qui a remercié les députés défaits et qui a souhaité la bienvenue aux victorieux, a plutôt parlé en boutade d'un Parti libéral de « centre radical ».« Être un libéral, a-t-il dit à son caucus, c'est se faire dire par les gens de la droite que nous sommes à gauche et par les gens de la gauche que nous sommes à droite.Alors, vous êtes tout au milieu, au centre radical.» Évitant de dévoiler dès maintenant ses couleurs, M.Chrétien a quand même indiqué, sans plus de précisions, que les sacrifices que les Canadiens ont consentis ces dernières années apporteraient leur lot de dividendes.Le ministre de l'Environnement, Sergio Mardii, a été le plus énergique défenseur d'un renouveau idéologique au sein du gouvernement.Pas question, selon lui, de reprendre les affaires là où elles ont été laissées.Pas question non plus d'abandonner le cap.« Il faut quelque chose entre les deux, a-t-il dit.De toute évidence, il y a une partie du Canada qui n'a pas aimé la direction qu'on a prise.Et c'est pour cela que l'on fait des élections, a-t-il ajouté, pour faire entériner les orientations prises mais aussi pour nous permettre de nous ajuster en cours de route.» Le principal message qu'a retiré M.Marchi de la campagne électorale, surtout lorsqu'il faisait du porte-à-porte, c'est celui de l'emploi.« Les gens croient, a-t-il déclaré, que le gouvernement et le secteur privé peuvent et doivent faire plus pour créer des emplois.Le chômage chez les jeunes, notamment, est le grand problème de la génération actuelle.Nous devons réellement déclarer la guerre au chômage chez les jeunes.» M.Marchi est d'avis que les libéraux vont être davantage mis à l'épreuve aux Communes avec la venue de quatre partis officiels d'opposition.« Ça va demander plus de discipline, étant donné que notre majorité a été réduite.Nous avons des questions délicates à régler bientôt et je ne crois pas que cela nous permette de nous lever le matin et de faire comme bon nous semble.» Offrant l'un des rares bilans libéraux depuis les élections, le ministre pense que le gouvernement devra trouver un nouvel équilibre ; il a reconnu que son parti n'avait « pas tant de sièges que cela » et il « pense que tout le monde devra faire preuve de plus de responsabilité ».7 QCCEMftfH Depuis sa retraite de la vie publique, table du greffier de la Chambre.PHOTO REUTERS 1984, Stanley Knowles avait sa place aux Communes, à la Stanley Knowles : quatre décennies à la défense des sans-voix Celui qu 'on surnommait « la conscience du Parlement canadien » s'éteint à l'âge de 88 ans MARIO FONTAINE Il était tout frêle, courbé, ne faisait pas plus de bruit qu'une souris et hantait les corridors des Communes depuis un demi-siècle.Mais sous ces dehors effacés, Stanley Knowles, qui est mort hier à l'âge de 88 ans, méritait bien le surnom de « conscience du Parlement canadien » qu'on lui donnait.L'ex-député de Winnipeg s'est fait l'ardent défenseur des sans-voix durant les quatre décennies où il a siégé à Ottawa.Les retraités, les anciens combattants, les personnes âgées, les plus démunis pouvaient toujours compter sur lui pour sensibiliser les gouvernements successifs à leurs besoins.Il n'a toutefois pu appliquer directement ses théories, faute d'avoir jamais fait partie du gouvernement.Élu pour la première fois en 1942 sous la bannière du CCF, l'ancêtre du Nouveau Parti démocratique, puis réélu à 12 reprises par la suite, M.Knowles a donc dû se contenter de siéger dans l'opposition.Toutes ces années aux Communes en firent néanmoins un redoutable procédurier qui, tout en respectant le décorum parlementaire, savait arriver à ses fins.« J'ai eu l'honneur et le privilège de servir à la Chambre des communes avec lui.J'ai gardé le souvenir d'un homme d'une grande intégrité », a commenté hier le premier ministre Chrétien.Fait exceptionnel, on avait réservé une place à la table du greffier de la Chambre pour M.Knowles après sa retraite de la vie publique, en 1984.Une place qu'il occupait assidûment, une main autour du pavillon de l'oreille pour mieux entendre les délibérations.Le Parlement n'était pas devenu sa seconde maison.C'était plutôt sa résidence principale ! La leader du NPD, Alexa McDo-nough, s'est attristée, hier, de ce que ce socialiste de la première hem e n'ait pu assister au retour en force de la formation aux Communes.Le NPD a fait élire 21 députés à travers le Canada la semaine der- nière, retrouvant ainsi son statut officiel.En 1993, la récolte n'avait été que de neuf députés.D'expliquer Mme McDonough, Stanley Knowles était très déçu de voir le parti relégué aux oubliettes durant la dernière législature, et il se réjouissait que des jours meilleurs soient enfin arrives.Curiosité historique, cette personnalité du parlementarisme canadien était née aux États-Unis, à Los Angeles plus précisément, en 1908.11 déménagea au Canada en 1924, et devint pasteur protestant.Mais la misère provoquée par la grande dépression des années 30 lui fit quitter son ministère pour la politique, où il croyait pouvoir davantage améliorer le sort des gagne-petit.Il dut toutefois déchanter avtC le temps.Une fois qu'une législation est présentée aux Communes, les chances pour qu'un simple parlementaire puisse contribuer à la modifier sont « absolument nulles », a-t-il déjà déclaré en entrevue.( Autre son de cloche chez John Manley, le ministre de l'Industrie, perçu, en compagnie des Massé et Young, comme un chaud représentant de l'aile droite du parti, personnifiée par le ministre des Finances, Paul Martin.Devant cette perspective d'un virage plus à gauche du prochain gouvernement, M.Manley a simplement demande : « Où est l'argent » pour les emplois et les programmes sociaux ?Pour lui, l'arithmétique n'a rien à voir avec la.gauche ou la droite.« On doit payer nos factures », a-t-il conclu, démontrant ainsi que deux écoles de pensée s'affrontent.M.Chrétien sera appelé à trancher ou à trouver un juste milieu, mais à la condition expresse qu'il puisse maintenir la discipline au sein de ses troupes qui continuent à réfléchir sur le sens à donner au dernier scrutin.À cet égard, le leadership du premier ministre sera de toute évidence mis à l'épreuve par les mécontents au sein du caucus.Le premier ministre doit annoncer demain matin la composition de son nouveau cabinet ministériel.Ensuite, il réunira le même jour ses ministres pour une session de deux jours dans le but de mettre au point le prochain programme législatif Young croit _ avoir été victime de manifestations organisées par le NPD VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA \u2014.Encore ébranlé par la déconfiture des libéraux dans les Maritimes, et plus particulièrement la sienne dans son comté d'Acadie-Bathurst, Doug Young accuse à mots couverts le NPD d'avoir organisé des manifestations avec des agitateurs professionnels venus d'ailleurs au pays.« Laissez-moi vous dire qu'il y a pas mal de gens autour ( dans les Maritimes ) qui avaient un grand intérêt à ce qu'il y ait beaucoup de manifestations et beaucoup de mécontentement », a déclaré dimanche l'ex-ministre de la Défense, sur les ondes de la chaîne de télévision BBS.Sans accuser formellement ; 4è NPD d'avoir commandité ces manifestations, M.Young soutient que les actions contre la réforme-de l'assurance-emploi ont beaucoup aidé le parti qui l'a battu dans, son comté.Cette analyse a semblé amuser je chef néo-démocrate, Alexa McDonough, celle qui a réussi à battre deux ministres de Jean Chrétien dans les Maritimes ( David Ding-wall a été défait en Nouvelle-Ecosse ).« Il ( M.Young ) a dit la mêfQc chose quand des gens de son comté ont lutté contre les grandes coupes de l'assurance-chômage, il a parlé d'agitateurs professionnels et a utilisé d'autres mots pas très gentils, a commenté hier Mme McDonough.C'est amusant, mais ça veut aussi dire qu'il n'a pas compris pourquoi les gens de son comté ont choisi quelqu'un d'autre comme député.» Doug Young, qui a piloté la grande réforme de l'assurance-em-ploi avant de devenir ministre de la Défense, admet par ailleurs que les nouvelles règles édictées par son gouvernement ont certainement créé beaucoup de ressentiment dans les Maritimes.« Mais nous avons vu beaucoup de gens d'autres régions participer à ces manifestations dites spontanées ; nous avons vu l'influence de gens venus en mission et payés pour ça », renchérit le ministre défait.Cela dit, M.Young dit connaître les règles du jeu politique et il s'incline donc devant le choix de ses concitoyens d'Acadie-Bathurst.« Je ne me plains pas : je suis plus qu'heureux de passer à autre chose dans ma vie », conclut-il. B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 10 JUIN 1997 Editorial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Frôler inutilement des précipices m ê ble de BL 1 m ^Ë^r ^^^^^^ Pierre Gravel i les ministres de la Santé et de l'Éducation se retrouvent présentement sur la sellette à cause de réformes qui dérangent bien du monde, on n'a encore rien vu.Ce sera bientôt au tour de ceux des Affaires municipales et de la Sécurité publique, dont les projets risquent d'affecter un nombre encore plus considéra-citoyens.Quand on n'est pas malade ou qu'on n'a pas d'enfant à l'école, on peut, à la limite, ne pas se sentir directement concerné par des fermetures d'hôpitaux, la maternelle à plein temps plus ou moins obligatoire et, plus encore, par la fusion forcée de commissions scolaires.Mais personne ne pourra rester longtemps indifférent quand éclatera la colère des employés municipaux à qui on tentera d'imposer les mêmes « sacrifices » qu'aux autres fonctionnaires.Et plus spécialement celle des policiers qui estiment avoir, en plus de cette menace généralisée, plusieurs autres motifs de se sentir frustrés.Ce dernier dossier est d'autant plus préoccupant qu'il met en présence des adversaires dont on a souvent vu, dans le passé, que ce sont finalement toujours les mêmes \u2014 les policiers \u2014 qui ont le gros bout du bâton.Ce n'est pas nécessairement une catastrophe mais ce n'est pas normal que, dans une société démocratique, ce soit systématiquement le pouvoir politique qui doive s'incliner devant L'État insensible éjean Hinse, cet homme injustement condamné pour un vol qu'il n'avait pas commis, a passé toute sa vie adulte à clamer son innocence.En janvier, la Cour suprême lui a enfin donné raison.Mais il n'a pas fini de se colleter avec la : Justice.Même si son histoire mériterait de figurer dans une anthologie d'erreurs judiciaires, même s'il a été traité de façon ignoble à toutes les étapes des procédures qui ont entraîné son voyage de cinq ans der-' rière les barreaux, il a dû retourner devant les tribunaux pour obtenir réparation.mi ¦iimiMin.¦ Selon les mots de son avocat, si M.Hinse a dû se battre pendant 36 ans pour son acquittement, c'est parce qu'il s'est heurté à « l'indifférence institutionnelle » d'un appareil totalement insensible à sa situation.Cette même indifférence prévaut, aujourd'hui, et l'oblige à poursuivre sa bataille.L'histoire canadienne récente compte d'autres victimes d'erreurs judiciaires.Il y a eu Guy Paul Morin ( injustement condamné pour meurtre ) et Donald Marshall ( qui a passé 11 ans en prison pour un homicide qu'il n'a pas commis ).Mais, dans les deux cas, les gouvernements concernés se sont empressés d'offrir une compensation dès que l'erreur a été mise au jour.Le dossier de Réjean Hinse est suffisamment clair, les fautes dont il a été victime suffisamment graves et les torts qu'il a subis assez douloureux pour que Québec et Ottawa, tous deux mêlés à son histoire, consentent à lui accorder le même traitement.Les gouvernements peuvent encore faire l'économie d'un procès et lui présenter leurs excuses, dédommagement à l'appui.a:' Agnès Gruda celui de la police.Le maintien de l'ordre dans le respect des libertés repose sur un équilibre entre les divers pouvoirs et on doit se poser des questions quand il est régulièrement faussé.Or, c'est cette tendance qui menace de s'accentuer au moment où l'intérêt des policiers municipaux coïncide avec le dépit de plus en plus clair de leurs patrons locaux face aux choix du ministre de la Sécurité publique qui ne jure que par la SQ.Un parti-pris qui, selon eux, s'est confirmé avec sa décision de s'opposer aux projets de corps policiers régionaux, préconisés par les MRC, et d'imposer, avec facture à la clé, les services de la SQ.Un choix qui a amené l'ancien président de l'Union des municipalités, le maire Vaillancourt, de Laval, à décrire le ministre Perrault comme « la grande déception de 1996 » pour avoir tant « bafoué l'autonomie municipale ».On imagine facilement que, se sentant appuyés tacitement par les autorités locales, les policiers ne seront guère enclins à faire des concessions.Pas plus sur le plan des salaires que sur celui des structures.On peut donc prévoir des batailles rangées à ce propos.Mais aussi des remises en question plus globales sur le pouvoir d'intervention et de surveillance du gouvernement en matière policière.Et ça, c'est encore plus inquiétant.On a entendu les premiers coups de semonce, mercredi dernier à Sherbrooke, au congrès de la Fédération des policiers du Québec, où, sans égard à la rivalité traditionnelle entre la SQ et les autres groupes, on a collectivement prévenu le gouvernement de se mêler de ses affaires.C'est-à-dire, pas de la police.Prônant la convocation d'états généraux, on a même été jusqu'à prétendre : « Il faut que les décisions concernant la façon de travailler des policiers soient prises par des policiers.Québec devrait s'enlever du chemin et répondre à notre demande.Toutes les instances policières du Québec (.) pourront ensemble établir de véritables normes de travail pour assurer la sécurité publique adéquatement.» À la lumière de ce qu'on a déjà commencé à découvrir sur la SQ grâce à la commission Poitras et à tout le mal que la SQ, elle, a déjà dit sur les corps policiers municipaux, on comprend que tout ce beau monde veuille régler ses problèmes à huis clos.Mais ce n'est pas une raison pour que le gouvernement dégage la piste et remette le volant à des gens qui ne sont pas élus, comme on vient de lui en faire la demande.Au contraire.Il est possible et même probable que le moment soit venu d'une réflexion en profondeur sur tous les problèmes liés au fonctionnement des services policiers au Québec.Et qu'on aborde la question limitée des salaires dans une perspective plus globale tenant compte du rôle de chacun dans un plan d'ensemble.Pour y arriver en préservant la primauté et la crédibilité du pouvoir politique, il faut cependant un pilote qui soit capable de maintenir la pression quand c'est nécessaire sans risquer de tout faire exploser.Mais qui connaisse également assez bien son métier pour ne pas inutilement frôler les précipices comme le fait trop souvent l'actuel ministre de la Sécurité publique.y- -ZL.~>- nn .-\u2022 -| Il ¦ s MA 1 \u2014 -» MORS RÉSERVÉS LA BOÎTE AUX LETTRES Bouchard et Manning : te même combat ! m La détestable remarque de Jacques Parizeau au sujet « de l'argent et du vote ethnique » a soulevé un tollé quasi général chez les Québécois.Elle a embarrassé même d'ardents souverainistes, qui se sont empressés de s'en dissocier.Beaucoup de Canadiens anglais éprouvent le même embarras face au discours anti-Québec de Preston Manning.La différence, c'est que le programme de M.Manning est plus voilé que celui de M.Parizeau.M.Manning est habile et voit loin.Il ne fait même plus semblant de chercher des appuis au Québec.Son grand objectif est de devenir \u2022premier ministre.Alors, que vise-t-il ?Un Canada sans le Québec.Et il en veut aux autres partis de l'avoir fait échouer.Dans cette optique, ses remarques doivent être vues non pas comme les propos d'un homme mal informé et insensible, mais comme des remarques réfléchies, destinées à mobiliser les séparatistes et à promouvoir l'Intolérance chez les Canadiens anglais à l'égard de toute proposition constructive.Les propos de M.Manning font le jeu des séparatistes, puisque ceux-ci s'empresseront de les monter en épingle et d'en faire la voix du Canada anglais.Malgré ses protestations actuelles, M.Bouchard sait fort bien quand et comment il pourra utiliser les remarques de M.Manning à son avantage.Praston Manning Il n'en demeure pas moins que M.Manning n'exprime pas l'opinion du Canada anglais.Les trois quarts des Canadiens des provinces anglophones ont voté pour un parti autre que le Parti réformiste.En outre, la majorité des réformistes souhaitent que le Canada reste uni ; ils ont tout simplement adopté la tactique de M.Manning sans discerner son véritable objectif.M.Manning et M.Bouchard sont deux des meilleurs stratèges politiques canadiens, et leur alliance non sainte et non déclarée représente une menace formidable pour notre pays.Il ne nous reste plus qu'à espérer que les médias et les politiciens exposeront le jeu de M.Manning et que la majorité des Québécois refuseront de se laisser manipuler.Si les Québécois doivent se prononcer, lors d'un autre référendum, ils auront besoin de bien comprendre le Canada anglais.Et ce n'est pas en écoutant M.Manning qu'ils y arriveront.William A.BLACK Nostalgie des Rhinocéros ¦ Le 2 juin, j'ai fait comme un peu tout le monde au Canada : j'ai voté.La mort dans l'âme, comme ont écrit certains éditorialistes, après une campagne d'une insignifiance absolument désolante.Ça vole plus haut que ça pour l'élection d'un président de classe.Voter pour l'héritier spirituel de Trudeau ?À la limite, s'il avait pu prétendre à l'héritage intellectuel, j'aurais pu m'y arrêter une fraction de seconde supplémentaire.Mais la partie était déjà perdue et il n'y a pas eu de supplémentaire.J'ai revu trop de promesses brisées sans la moindre parcelle de respect V Jean Charest pour le cochon de contribuable, de comportements franchement suspects ( et Cest pour ne pas parler de trahisons ) dans d'autres circonstances connues.Non pour les libéraux.Le fils spirituel de Mulro-ney m'a intéressé pendant quelques minutes.Il parle couramment les deux langues officielles ( ce qui en fait deux de plus que vous savez qui ), il est très bon en débat, il est peut-être honnête et, malgré son jeune âge, il a déjà pas mal de kilométrage derrière lui.Mais, comme le disent les Anglais, il parle des deux côtés de la bouche en même temps.Un discours pour le Québec et un autre pour le ROC.La campagne a duré une semaine de trop et son jupon a dépassé.Non pour les conservateurs.Le fils de mon oncle Antoine ?Il a manqué de plats pour s'y mettre les pieds.Quand on regarde la toute petite marge des libéraux, le PLC devrait le faire membre honoraire à vie pour avoir échappé les quelques sièges qui leur donnent la majorité.Un petit garçon dans une bagarre de taverne.Non pour le Bloc.La dépositaire du rêve de Tom-my Douglas ?Elle mérite le respect pour avoir tenu un discours cohérent et véhiculé le même message à travers tout le pays.Malgré son intelligence et sa sincérité, le passé de son parti est un lourd handicap à porter quand on s'adresse aux Québécois.Non au NPD.Le bloquiste version western ?Si j'étais de l'Ouest, j'aurais sans doute voté pour lui.Surprenant que le pauvre type ait eu l'air déçu de ne pas avoir pu franchir la frontière de la Saskatchewan.Bête ou naïf?Sais pas.Non pour le Re-form.C'est dans ces moments-là qu'on s'ennuie vraiment des Rhinocéros.Si je dois voter pour un bouffon, donnez-m'en un vrai ! Mais il y a peut-être une solution : une case supplémentaire sur le bulletin qui dirait : « Aucun des choix ci-haut.» Ça donnerait un sens au bulletin annulé.Et si « aucun » devait l'emporter dans une circonscription, on y reprendrait l'élection avec du sang nouveau.Et.si « aucun » formait le gouvernement ?On verrait bien une fois rendu là.Luc FRENETTE Québec Le PQ vient de perdre son 3e référendum ¦ Dans un souci de logique louable et d'honnêteté politique, le Bloc avait affiché, dès le départ, son intention de ne pas mêler la souveraineté à la campagne fédérale.Mais très vite, on s'est rendu compte que, quand le Bloc ne parle pas de souveraineté, il n'a plus rien à dire.Et la campagne commença à couler à pic.Les sauveteurs volèrent au secours.On mobilisa l'artillerie lourde du PQ : organisateur en chef, ténors, médias, enfin toute la gamme.À partir de ce moment-là, on a eu droit non plus à une compagne de politique fédérale, mais bien à une campagne référendaire.On l'a répété à satiété, le Bloc n'a qu'un but : aller prêcher le sépari-tisme à Ottawa, prétendant y être au service du tous les Québécois, même si cela est démenti par la plus élémentaire comptabilité.Toujours est-il que, malgré l'artillerie lourde amenée aux barricades, les Parizeau, Bouchard, Landry et consorts, les séparatistes s'en sont tirés avec un piètre 38 % de partisans dont on fait mine, évidemment, d'être fier.Mais je suis sûr que, dans le fond de leur coeur, les séparatistes intelligents constatent comme moi et tant d'autres qu'ils viennent de perdre leur troisième référendum.Cela dit, il y a une autre bonne nouvelle pour les fédéralistes : Gilles Duceppe entend rester le chef du Bloc ! Pierre-Luc RIVET Dolbeau Les oubliées.¦ La campagne électorale étant terminée, je me permets de prendre un tout petit espace pour m'adres-ser à ces oubliées de la scène politique : je parle des épouses de messieurs les politiciens.Ces dames ne font pas la campagne politique de la même manière que leurs époux mais elles en subissent quand même une effroyable pression dans leur vie.Pour vos sourires généreux, pour vos fatigues si bien dissimulées, pour votre courage et votre ténacité à ne pas céder à l'épuisement et à rentrer doucement à la maison, vous avez toute mon admiration, mesdames.À tous les vainqueurs, bravo! À vos épouses ou à vos compagnes, chapeau.Denise LAMARRE f LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 10 JUIN 1997 B 3 Opinions Pensions alimentaires : le travail n'est pas terminé RICHARD BOURGAULT L'auteur est l'avocat qui a plaidé la cause de Susan Thibaudeau jusqu 'en Cour suprême du Canada.La réforme des pensions alimentaires était nécessaire.Le cas de Susan Thibaudeau a été la preuve flagrante des lacunes de l'ancien régime.Cette réforme constitue donc un pas dans la bonne direction.Cependant, elle comporte encore des imperfections inacceptables et inquiétantes.Il est important que l'on réfléchisse aux applications pratiques de cette réforme et que Ton y apporte de sérieux correctifs.Examinons de plus près cette réforme.Précisons d'abord que la défiscalisation ne touche que les pensions alimentaires pour enfants et non celles accordées entre conjoints.Cette défiscalisation, en vigueur depuis le 1er mai 1997, s'applique tant au niveau fédéral que provincial.Les deux ordres de gouvernement ont reconnu que les ordonnances et les ententes alimentaires pour enfants ne seraient plus imposables pour la personne qui reçoit la pension alimentaire pour enfants, ni déductible pour le payeur de cette pension.Ils ont instauré également des lignes directrices et des tables de fixation des pensions alimentaires pour enfants.À partir de ce principe de défiscalisation, le gouvernement du Québec a créé ses propres lignes directrices, ses propres tables de calcul, ainsi que son propre formulaire.(.) En plus de la défiscalisation des pensions alimentaires pour enfants, la réforme entraîne un autre changement important : la façon de calculer ces nouvelles pensions alimentaires change complètement.C'est la loi québécoise et plus particulièrement les tables directrices du Québec qui s'appliquent lorsque les deux parents résident au Québec.C'est pourquoi, pour fins d'analyse, nous examinerons le cas de la majorité ici, soit les parents qui résident tous deux au Québec et qui sont donc soumis à la loi québécoise.Dispositions de la Loi 68 Contrairement au modèle fédéral, le modèle de fixation mis en place par le gouvernement québécois incorpore une nouvelle notion en droit qui affectera directement le calcul de la pension alimentaire pour enfants : le droit de visite et de sortie prolongé.Selon cette nouvelle disposition, les droits d'accès influenceront directement la somme des pensions alimentaires pour enfants lorsque le temps de garde assumé par un parent se situera entre 20 % et 40 % du temps de garde total des enfants.Par conséquent, lorsque le payeur de pension alimentaire, qui n'a pas la garde des enfants, exercera un droit de visite et de sortie qui représentera entre 20 % et 40 % du temps total de la garde consacrée aux enfants, on assimilera ce droit d'accès à un droit de visite et de sortie prolongé, ce qui entraînera presque automatiquement une diminution de la pension à verser.Autre différence du nouveau système : les ex-conjoints devront désormais remplir, ensemble ou séparément, un formulaire pour permettre l'examen de leur situation financière respective.Les exconjoints ont désormais l'obligation, sous le régime québécois, d'effectuer tous ces calculs et de les inscrire dans un formulaire que l'on retrouve en annexe 1 du règlement.L'article 825.9 du Code de procédure civile oblige les parents à remplir conjointement ou séparément ce formulaire.L'article 825.14 du Code de procédure civile et la partie 7 du formulaire, qui est au même effet, prévoient quant à eux que les ex-conjoints peuvent déterminer un montant de pension alimentaire différent de celui que les lignes directrices prévoient, à la condition expresse cependant qu'elles énoncent, dans leur entente, les motifs de cette différence.Ce formulaire devrait permet!re d'établir le revenu disponible total afin que les tribunaux fixent ensuite la contribution alimentaire de base selon le nombre d'enfants, et ce, d'après les tables édictées par le gouvernement québécois.(.) Ces nouvelles tables directrices sur les pensions alimentaires pour enfants cherchent à garantir l'uniformité et l'équité en ce domaine.Là où régnait la discrétion judiciaire, régneront désormais des tables structurées et répondant mieux aux besoins réels des enfants.On risque donc d'éliminer les disparités nombreuses qui existaient entre les jugements des pensions alimentaires accordées aux enfants.Par ailleurs, la réforme vise à minimiser les écarts de revenus entre les parents gardiens et les parents non gardiens, à égaliser le niveau de vie des familles éclatées après la séparation, ce qui est un objectif fort louable.De la théorie à la pratique En théorie, tout semble cohérent.En pratique, les preuves sont pourtant encore à faire.Voilà pourquoi nous devons, actuellement, nous poser de sérieuses questions.Certains points, et non les moindres, risquent de soulever la controverse.Alors que, sous l'ancien régime, les montants de base des pensions alimentaires étaient fixés au « cas par cas », maintenant les tables directrices dictent les règles pour tous.À l'exception des dépenses de garderie, d'école privée et certaines dépenses extraordinaires, le nouveau régime de défiscalisation n'est Susan Thibaudeau plus basé sur une étude des besoins réels des enfants, mais plutôt sur des tables directrices.Bien qu'elle semble plus équitable, cette nouvelle façon est-elle plus valable ?Seul l'avenir nous le dira, mais le seul fait, par exemple, de ne pas tenir compte de l'âge des enfants dans la fixation des montants permet dépenser que cette façon peut se révéler pernicieuse à certaines occasions.Il faut ensuite s'interroger sur l'efficacité du formulaire de fixation des pensions alimentaires pour enfants, qui rappelle un peu la déclaration annuelle des revenus.Rappelons que tout processus judiciaire ne pourra débuter sans le dépôt de ce formulaire.Si l'on considère que les parents, ensemble ou séparément, devront remplir neuf parties, dont l'état des revenus des parents, on peut présumer que ce ne sont pas tous les parents qui disposeront des renseignements adéquats.Il sera donc souvent difficile de remplir le formulaire comme la loi le prévoit et, par conséquent, de fournir aux tribunaux un montant de pension alimentaire.Certes, l'article 825.9 du Code de procédure civile oblige par ailleurs les ex-conjoints à compléter ce formulaire et à y joindre tous les documents prescrits.Mais combien de temps auront-ils pour fournir ces choses ?Est-ce que le parent receveur devra intenter des procédures pour obliger l'autre à le faire ?Le processus judiciaire pourra donc être retardé jusqu'au moment où tous les renseignements prescrits par la loi seront effectivement fournis.(.) Ensuite, la défiscalisation est susceptible d'entraîner dans certains cas une diminution de la pension alimentaire pour enfants, puisque les tribunaux n'auront plus l'obligation de calculer l'incidence fiscale découlant des pensions pour enfants.Même si ce réajustement à la baisse est une bonne chose dans la mesure où il exclut tout intermédiaire fiscal et où les ex-conjoints savent davantage à quoi s'en tenir par rapport aux besoins réels des enfants, ils devront être prudents et bien calculer avant de s'engager dans cette voie de la défiscalisation.Il ne faudrait pas, par imprudence, recréer des écarts dans les montants de pension alimentaire, écarts que la réforme vise à faire disparaître.Autre point crucial qui risque de poser problème : la garde des enfants est désormais considérée comme un critère d'appréciation de la pension alimentaire.Dans le nouveau régime, le parent qui exerce un droit de visite et de sortie se situant entre 20 % et 40 % du temps total de la garde est considéré comme un parent non gardien exerçant un droit de visite prolongé.À partir de 40 %, il s'agira d'une garde partagée.Les montants de pension alimentaire fluctueront en conséquence.Nous imaginons facilement les problèmes qui pourront découler de ce critère d'appréciation, puisque la garde et les droits de visite et de sortie deviennent dès lors un enjeu primordial.Un autre problème relié à cette question est que le nouveau régime prévoit une diminution de la pension correspondant au temps consacré au droit de visite et de sortie.Un parent non gardien qui aurait ses enfants avec lui pendant une période équivalant à 30 % du temps total pourrait faire diminuer proportionnellement le montant de la pension alimentaire.Cependant, nous savons tous malgré ce droit de visite et de sortie « prolongé », que la majorité des frais d'entretien sont toujours assumés par le parent gardien qui continue de payer ces frais malgré l'absence temporaire de ses enfants.Un exemple parmi tant d'autres : le coût du logement du parent gardien n'est pas diminué lorsque l'enfant s'absente de son domicile ! Il n'y a peut-être que le coût de la nourriture qui, lui, diminue.À l'opposé, les frais du parent non gardien, lorsqu'il a ses enfants, ne sont souvent pas suffisants pour justifier une diminution équivalente au temps de visite et de sortie.Il faudrait peut-être penser à interdire cette réduction automatique reliée à l'exercice d'un droit de .visite et de sortie prolongé.Ce nouveau concept est à craindre parce qu'il risque fort de provoquer une judiciarisation accrue.Des enfants pourraient littéralement être des otages puisqu'ils influenceront directement les montants de pension alimentaire.De plus, comme le formulaire précite exige que soient également indiquées les modalités de la garde et des droits d'accès, il risque de se poser un sérieux problème au moment de remplir ce formulaire ; en effet, la question de la garde et des droits d'accès demeure très souvent litigieuse lors d'une première de- mande de pension alimentaire** La procédure de médiation obligatoire aussi nouvellement établie sera peut-être un frein à cette judiciarisation, mais l'expression * médiation obligatoire » comporte en elle-même une contradiction -cfui nous permet d'être pessimistes; \u2022 ' \u2022 \u2022 Un autre désavantage de la réforme, c'est qu'elle n'est pas rétroactive.En effet, elle ne s'applique pas aux ententes ou ordonnances intervenues avant le 1CT mai 1997,- sauf dans certains cas d'exceptions*rQT, des milliers de femmes ne bénefi-cieront pas de ces nouvelles pWttj-ques.\u2022 **\u2022\u2022 Et finalement, la nouvelle politique du gouvernement québécois prévoit la diminution de la prestation de Sécurité du revenu d'un dollar pour chaque dollar reçu en pension alimentaire par le parent gardien prestataire d'aide sociale.Cette politique semble quelque peu incompatible avec l'amélioration du sort des enfants.Conclusion La réforme des pensions alimentaires, même si elle est avantageuse dans l'ensemble, comporte certaines imprécisions et erreurs de parcours.La preuve : le gouvernement fédéral a dû amender son projet initial de loi sur les pensions alimentaires qui divisait un comiiéddu Sénat.Il a donc décidé.de teni£une commission parlementaire corQpin-te afin d'étudier à nouveatr les questions de garde et d'accessibili-te.Z En résumé, même si la réforme était nécessaire et que les objectifs sont louables en théorie, le travail n'est pas terminé pour autant.Il faut maintenant éviter recueil qui consiste à vouloir régler tous lés problèmes à l'aide de formulaire^, de calculs préétablis, de barcTnTs soi-disants objectifs.L'implantation d'un régime fixant à l'avanœ le montant des pensions alimentaires est certainement un avancement pour des milliers de parents puisque ce régime élimine la disparité entre les jugements, qu'il exclut, yn intermédiaire fiscal et qu'il perçict la récupération d'une économie d'impôt qui servira désormais à d'autres fins.Les critiques et les interrogations soulevées dans le présent article démontrent cependant que la réforme n'est pas parfaite et qu'elle pourrait même avoir des effets pernicieux imponants.Un ajustement plus adéquat des montants de base, des calculs simplifiés, une procédure allégée et la disparition de la réduction automatique de la pension alimentaire reliée à l'exercice des droits d'accès .et de visite sont des correctifs urgents que les gouvernements devraient apporter à cette réforme.Il en va de son succès.« a Un atout majeur pour l'avenir du Nous disposons de forces majeures dans les industries des inforoutes et du multimédia et nous devrons en faire une spécialité 1 ,j \u2022 K \u2022 -, HERVÉ FISCHER L'auteur est président du Marché international des inforoutes et du multimédia.La volonté politique du gouvernement et les mesures concrètes qu'il a prises pour promouvoir les inforoutes et le multimédia, la toute récente Conférence de Montréal des 49 ministres de la Francophonie chargés des inforoutes, la qualité des industries et des infrastructures de communication au pays, l'expertise et la dynamique de plusieurs entreprises québécoises, la venue d'Ubisoft et d'autres qu'on espère, la rapide croissance, l'effervescence et le succès du MIM, qui a pris sa place de leader au Canada : voilà de quoi confirmer le potentiel considérable du Québec dans le domaine des nouvelles technologies de communication pour concrétiser le fameux « virage technologique ».Mais ce n'est encore qu'une première eta-pe.Et, compte tenu de la rapidité de la révolution technologique et de la vigueur de la compétition internationale, il faut mettre eu place les moyens d'un nouveau bond en avant.Cette nouvelle étape doit se construire selon une vision spécifique pour le Québec en tenant compte de sa tradition d'expertise dans ces technologies, de sa différence culturelle et linguistique et de son positionnement international au confluent des Amériques et de l'Europe.Le MIM 97 a attiré de nombreuses participations étrangères, brassé beaucoup d'affaires, stimulé de multiples partenariats et donné le coup d'envoi stratégique sur plusieurs dispositions qui vont dans ce sens : ?La Déclaration de Montréal, signée par des représentants de nombreuses compagnies de « localisation » venant d'Europe, de Russie, des États-Unis, du Canada, du Japon, etc.Cette Déclaration vise à promouvoir la qualité de la traduction et de l'adaptation des contenus multimédias dans le respect des autres langues et des autres cultures des pays d'exportation.Elle souligne aussi l'importance des contenus multimédias et prend en considération l'émergence de la diversité internationale dans la mondialisation des communications.Il y va d'un principe politique universel et d'un levier économique et commercial concret.Le Québec doit y prendre sa place.?Le Forum international des associations de multimédia* OU INFOMA.Les nombreuses associations du multimédia qui ont participe au MIM, et notamment à la Rencontre du F1M, le Forum québécois des inforoutes et du multimédia, ont élu un comité de direction et de fondation que j'ai l'honneur de présider, avec trois yice-presidents représentant l'Australie, les I tais-Unis et le Mexique.L'INFOMA sera incessamment incorporé à Montréal.Elle a pour vocation de icgroupcr mutes les associations de multimédia a tr.i vers le monde et de développer un réseau international d'échanges d'affaires» une plateforme stratégique en laveur des entreprises de taille moyenne et petite* qui doivent trou- ver leur dynamique propre à côté des multinationales.La déclaration signée par les fondateurs mérite d'être citée ici : « Promouvoir le développement de contenus multimédias de qualité dans plusieurs langues ; promouvoir l'échange de technologies, de savoir-faire, de connaissances et d'expériences entre les associations de multimédia de divers pays ; faire des représentations auprès des autorités gouvernementales de chaque pays, des institutions internationales et autres organismes afin de favoriser le développement de l'industrie du multimédia et des inforoutes ; établir des mécanismes afin de favoriser les contacts d'affaires.»> Les signataires représentant presque autant d'associations et d'entreprises étaient au nombre de 44 membres fondateurs.Ce Forum initie ici, à Montie.il, donnera donc une voix Internationale aux entreprises de multimédia et il est appelé a regrouper sous peu toutes les associations dans tous les pays, avec un site web actif, des projets et des objectifs communs.Q Le positionnement résolument international dû MIM peut donc devenir un levier important pour contribuer à renforcer le Hervé Fischer Québec sur le marché ja-ternational.Cette année, il a accueilli en vedette les pays de la Francophonie.11 va désormais constituer une équipe professionnelle élargie pour répondre aux défis de son développement rapide et accueillir aussi en 1998 les cjv \u2022 treprises des autres pa.y> des autres continents.;t ; Plusieurs entreprises québécoises de multrmé> dia très dynamiques Mj déjà implantées inteSS* tionalement, avec grands succès.Nos et prises sont créatrices d'emplois, comme le 4JS montre une étude récËffl préparée par Science TQJ} à la demande du gou^CfJ nement.Nous sommes de eeo* qui croient que le Québec dispose d'atouts majeurs dans les industries des inforoutes et du multimédia et doit s'en faire une spécialité.Cette vocation doit être analysée siructurellement avec une vision stratégique globale, pour être consolidée par de nouvelles mesures d'une politique volontariste, établie en partenariai entre les industries et un gouvernement qui a déjà démontré sa volonté d'aller de l'avant.Les acteurs sont indus triels.financiers» culturels et politiques.If s'agit d'un rende/vous décisif pour le Que bec avec la nouvelle économie. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 10 JUIN 1997 et spectacles ne fait frais ¦¦¦¦ Déficit de 40 000 $ pour le Festival de théâtre des Amériques RAYMOND BERNATCHEZ Elus de 23 000 personnes ont assisté, dans le cours des 18 derniers jours, à l'une des 97 représentations données dans le cadre du septième Festival de théâtre des Amériques de Montréal.Même si le taux de participation du public a été plus important qu'il y a deux ans, ce septième festival connaît un déficit de l'ordre de 40 000 $.Cela signifie donc que le déficit accumulé du Festival est de l'ordre de 100 000$, le précédent déficit étant effectivement de 54 000$.Pour que le septième Festival fasse ses frais, il aurait fallu, explique la directrice générale et artistique, Marie-Hélène Falcon, que le public montréalais participe plus massivement encore aux événements.Si la moitié des 20 spectacles présentés ont été joués à guichets fermés, d'autres n'ont pas fait le plein de spectateurs.Comment expliquer cela ?À son avis toujours, cette situation est at-tribuable au fait que dans ce festival, l'insistance est mise sur la création et l'expérimentation théâtrale.Or, les grands créateurs d'avant-garde qui sont venus proposer leur vision du théâtre aux Montréalais ne sont connus que des habitués.ï i ^^^^^^^ ^^^|J^^^^ \"^j^^ PHOTO ROBERT MAILL0UX.L* Presse Une scène û'Oresiea f la pièce la plus controversée du festival.Comment expliquer que le septième Festival de théâtre des Amériques n'ait pas eu le succès escompté ?La directrice générale et artistique de l'événement, Marie-Hélène Falcon, estime que cette situation est attribuable au fait que le festival a mis l'accent sur la création et l'expérimentation théâtrale.Or, les grands créateurs d'avant-garde qui sont venus proposer leur vision du théâtre aux Montréalais ne sont connus que des habitués.Pour familiariser plus de gens à leurs approches, il aurait fallu, dans les semaines précédentes, diffuser plus d'informations les concernant.Malheureusement, une campagne de sensibilisation bien orchestrée implique de gros budgets de publicité, ce dont ne dispose toujours pas le Festival de théâtre des Amériques.Puisque nous parlons d'argent, profitons-en pour spécifier que le budget global était de l'ordre de 1,8 million de dollars.Soixante-six pour cent de ce budget était constitué de subventions, le reste venant de la billetterie.Plus de 50 % du budget était exclusivement consacré à la rémunération des artistes.Le Festival a également permis la création de 120 emplois et fourni à 50 stagiaires la possibilité d'acquérir une ex- périence dans un secteur d'activité relié à un événement culturel majeur.Ce qu'il aura favorisé surtout, c'est la venue à Montréal de créateurs de première ligne, tels Chris-toph Marthaler, du Deutsches Schauspielhaus Hamburg ; Eimun-tas Nekrosius, du Lithuanian International Théâtre Festival Life ; ou encore de Romeo Castellucci, de la Societas Raffaello Sanzio, d'Italie.Du choc des idées naît la lumière, dit-on ?Du choc de la prise de contact avec ces formes théâtrales fort audacieuses venues d'ailleurs, et des échanges entre les festivaliers et ces gens de théâtre, surgira sûrement quelque chose qui influencera notre propre pratique théâtrale dans les mois et les années à venir.Le clou du Festival de jazz : Cubanismo ALAIN BRU NET L£ mardi 1« juillet, 21 h 30, le Grand Événement du Maurier 1997 sera latino.Le groupe Cubanismo s'appliquera à remuer les festivaliers.» ; Le plus considérable spectacle grdt-uit offert par le Festival international de jazz de Montréal succède Jinsi à l'hommage rendu à Louis Arinstrong en juillet 1996.Des projections imaginées par Erick Villeneuve étofferont cette importante manifestation d'animation urbaine.# irCe spectacle s'adressera autant à* ta tête qu'aux pieds.et même à un; troisième étage situé quelque pair au milieu », plaisante André Ménard, directeur artistique du 18* Festival international de jazz de Montréal.1 Dirigé par le trompettiste Jésus Alemany, Cubanismo est formé entre autres du pianiste Ignacio « Na-chito » Herrera, du chanteur Moi-ses Valle Yumuri, du contrebassiste Carlos del Puerto père ( le papa de Carlitos ), du contrebassiste Tata Quines.Lancé sur étiquette Hanni-bal / Rykodisc, le premier album épDnyme de la formation cubaine avait été l'un des disques latinos \u2022 # i m I rag| S: .% «5 * me*.par le trompettiste Jésus Alemany, Cubanismo est formé entre autres du pianiste Ignacio « Nachito » Herrera, du chanteur Moises Valle Yumuri, du contrebassiste Carlos del Puerto pére ( le papa de Carlitos ), du contrebassiste Tata Gùines.les plus acclamés en 1996 : quatre étoiles et demie dans le mensuel Down Beat, rien de moins.Malembe, second disque de la formation.vient tout juste d'être mis en marché.« Cubanismo est l'un des rares groupes cubains à avoir été mis sous contrat par un label améri- cain », souligne André Ménard avant d'ajouter que le fameux groupe ne fait pas strictement dans sal-sa, ni dans latin jazz mais essentiel- lement dans l'afro-cubain.L'architecte de la programmation au FIJM confiera avoir choisi ce projet de façon à réitérer sa fascination pour la musique, la culture et le peuple cubains.« Elle ne date pas d'hier », fait-il observer.Et, puisque les Gonzalo Rubal-caba, Hilario Duran, Chucho Val-dez, Irakere, Los Van Van et autres pontifes de la musique cubaine seront dans les parages durant cette même période, il est aisé d'imaginer des apparitions spéciales sur la grande scène du Festival, le 1er juillet.De la façon suivante, Ménard concluera l'annonce du Grand Événement du Maurier 1997 : « Cuba est peut-être isolé du monde, mais pas du nôtre.» Par ailleurs, lors des deux concerts qu'il livrera avec Pat Metheny ( salle Pierre-Mercure, 27 juin ), le contrebassiste Charlie Haden ouvrira une parenthèse en livrant un concerto composé pour lui par le Britannique Gavin Bryars ( qui a entres autres écrit pour La La La Human Steps ).Intitulé By the Vaar ( on peut l'entendre sur l'album Fairwell to Philosophy ), ce concerto dure une vingtaine de minutes et implique une section de cordes.Quatre heures d'Orient jeudi à la SMCQ MUSIQUE Claude Gingras a Société de Musique contemporaine du Québec termine sa 31e saison par un événement assez spécial de plus de quatre heures de durée sur le thème des influences exercées par l'Orient sur la musique occidentale du XXe siècle.Le programme comprend un grand concert en deux parties, trois créations, une remise de prix et une étte gastronomique en plein air.Le tout se déroulera salle Pierre-Mercure et débutera à 17 h 30 par un buffet oriental servi dans les jardins.Une première partie de concert.«1 19 h, comportera cinq oeuvres : Sex-tet, de Philip Glass, Pulau Dewata, de Claude Vivier ( pièce non instru- mentée, orchestrée dans Ce cas par John Rea ), Shin Kàn Sert, de Vincent Collard, et Nuages précieux, du Chinois Ka Nin Chan, jouées par l'Ensemble de la SMCQ dirigé par Walter Boudreau, et Fragments, pour piano seul, de Serge Arcuri, que jouera Louise-Andrée Baril.Les pièces de Collard et d'Arcuri sont des créations.M.Collard est « compositeur en résidence » à la SMCQ pour la saison qui se termine.À 20 h aura lieu la remise du Prix Flandres-Québec au compositeur flamand Peter Swinnen pour sa pièce Quar'l, pour quatre clarinettes, qui sera ensuite exécutée en première.Un entracte de 40 minutes suivra à 20 h 20, au cours duquel on retournera dans les jardins pour le thé et les desserts orientaux.Le concert reprendra à 21 h, cette deuxième partie étant consacrée à l'oeuvre minimaliste In C, de Terry Riley.Facultative, la durée de la pièce a été fixée à environ 40 minutes et sera assortie de la participation du poète Raoul Duguay, qui chantera un texte de lui avec l'Ensemble vocal de Montréal et.l'auditoire.On prévoit pour 22 h la fin de l'événement.Une répétition de In C destinée au public aura lieu demain matin à 10 h à l
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