La presse, 14 septembre 1997, Cahier A
[" AILES i i .fi i i i \\ i) i i a M 0 û I / eplus iiniuii àùbtidién ïfariçàis tf*Àméï:icjite Sciences Un nid de dinosaures en Alberta page C12 It ÉDITION DU j DIMANCHE Montréal, ?dimanche 14 septembre 1997 113c année No 320 \" jjjj 48 pages, 4 cahiers TAXES EN SUS RÉGION EST DE QUÉBEC 65 < / ! LES - DE \u2022 LA - MADELEINE 1 $ Champiain Cemfour UveJ Wact StavFoy, OC La personnalité de la semaine Pierre Émond page A10 Livres Lise Payette: vie privée, vie politique page Bl Hockey page S3 m « J'ai acheté la Lune ! » montage photo U Prose Peter Bevan, de Jonquière, est le fier « propriétaire » depuis quelques mois d'un lot de 1777 acres, situé sur la face éclairée de la Lune.Peter Bevan a fait un placement à.long ternie pour sa progéniture 4* * MARC ThïBODEÀU I>epuis quelques mois, Peter Bevan dissimule mal sa fierté lorsqu'il aperçoit, en tournant son regard vers les deux, la Lune.« C'est normal, maintenant qu'elle m'appartient en partie », commente ce technicien etc 43 ans, qui présente à l'appui de ses dires lui document « officiel » indiquant qu'il possède un lot lunaire ayant la superficie de l'île 6wi 1605 bout LcCortxjStar Crwmedey.Laval Tel 688-1414 Aocjfl cessment, aucun mmi stptimftffi 19*6.teytoi le» taxe» d» y*** son) peyasn i rrras.sujet a lapprM^rps à la surface dans la matinee, a constaté l'AFP sur place.Un nouveau navire américain devant servir de base opérationnelle aux plongeurs est arrivé hier dans le port de Port-au-Prince et devrait rejoindre le lieu du drame dans la journée, a indiqué à l'AFP le lieutenant Stewart Upton, porte-parole du « groupe de soutien américain à Haïti» (US Support Group, t barge de travaux à caractère humanitaire et de développement ).Les militaires américains ont I \\e un câble métallique a terre, sur le porl de Montrouis ( 75 km au nord de la capitale ) devant lequel s'est produit le naufrage, a constaté l'AFP.Ce câble est destine a empêcher cette dernière de glisser vers les profondeurs.Violent incendie dans le « Vieux Un entrepôt brûle, plongeant The Gazette dans le noir » RAYMOND GERVAIS Un incendie d'une rare violence a complètement détruit hier soir l'entrepôt de la galerie d'art Quartier Ephémère, situé au 261, rue Queen, dans le Vieux-Montréal et privé tout un quartier d'électricité durant plusieurs heures.Le quotidien The Gazette \u2014qui abrite le service français de la Presse Canadienne \u2014 a, lui, été plongé dans l'obscurité et a dû retarder l'impression de son édition dominicale.Son voisin, l'hôtel Intercontinental, a pu poursuivre ses activités en recourant à un groupe électrogène.Plusieurs autres hôtels du centre-ville cependant ont été privés de courant.L'incendie qui a débuté vers 19 h a rapidement pris de l'ampleur.Les flammes se sont propagées avec la vitesse de l'éclair à travers les quatre étages du vieil édifice de bois et de brique datant du siècle dernier.Lorsque les premiers pompiers sont arrivés sur les lieux, guidés par un immense nuage de fumée qui s'échappait du brasier visible de la Rive-Sud de Montréal, ils ont vite réalisé qu'ils ne pourraient PHOTO ROBERT SKINNER.La Presse Un incendie a détruit l'entrepôt d'une galerie d'art du Vieux-Montréal hier soir, plongeant tout un quartier dans l'obscurité, dont de grands hôtels.sauver l'immeuble situé à l'ombre de l'autoroute Bonaventure.Une alerte générale a été déclenchée et quelque 125 pompiers provenant de nombreux postes, ont lutté durant près de quatre heures afin de maîtriser l'élément destructeur.Compte tenu de l'étroitesse des rues du quartier et de la proximité d'un poste de contrôle d'Hydro-Québec, à côté de l'édifice en flammes, les pompiers ont eu beaucoup de difficulté à installer leur équipement.Une heure après le début de l'incendie, les flammes enveloppaient déjà tout l'édifice et toute la partie arrière s'est effondrée comme un château de cartes dans un bruit d'enfer.Personne n'a été blessé et aucune évacuation n'a été rendue nécessaire, mais les dégâts matériels paraissent importants.Reste à savoir exactement ce que contenait l'entrepôt de la galerie d'art, ce qui restait énigmatique au moment d'aller sous presse.La police de la CUM a dû dépêcher des agents aux intersections importantes afin de diriger la circulation, les feux de circulation ne fonctionnant plus.J PHOTO ROBERT SKINNER.La Press* Shirley DeWittv qui a accueilli les dignitaires lors de la cérémonie d'inauguration de Mirabel en 1975, avait peine à retenir ses larmes au pupitre d'accueil du salon VIP d'Air Canada.PHOTO ROBERT SKINNER.JM r'* V fit * (8,33 S par ligne «UMomli) Le Marché owx puces ne «'an parfcwlerj et exdut les annonces concernant hawnobtfier.les services, les motorisés et les animaux.Va les conditions particulières de celte offre, oucun chanoemeot ne peut être apode ou texte origmoJ en cours de publication.On peut d'outre part se prévaloir du prrWlège d'annulation en tout temps à partir de le première parution, mois une telle annotation n'obère en rien II facturation qui s'établira (Movement sur 7 fours de publication.Ces annonces sont payables avant porvhon par carte de aedit ou a nos bureaux.Us petites annonces 285-7111 \u2022 /^rtvurba* torch*.1 800 361-5013 S A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 Les obsèques de mère Teresa Dans la foule, des cris : « Tu es immortelle ! » Xssociated Press v-ALCUTTA L'Inde a rendu un dernier hommage hier à mère Teresa, à l'occasion ie funérailles nationales, auxquel-cs ont assisté des dizaines de miliars de personnes et de nombreux iignitaires étrangers dans une atmosphère de ferveur populaire et Je recueillement.Dans une remarquable unanimité, des représentants de différentes confessions ont enu à saluer l'oeuvre d'une femme qui avait consacré sa vie aux pauvres et aux déshérités.À l'issue d'une cérémonie religieuse de près de trois heures au stade Netaji de Calcutta, le cercueil de la religieuse a été conduit sous escorte militaire au siège des Missionnaires de la charité, où l'inhumation a eu lieu dans l'intimité.Le cercueil ouvert, où reposait le corps de mère Teresa, vêtue de son légendaire sari blanc à liseré bleu, les mains jointes sur un chapelet, avait quitté peu avant l'église Saint-Thomas, où la dépouille était exposée depuis dimanche dernier.Tiré par un camion militaire, où se tenaient face à face religieuses et soldats, le cercueil recouvert du drapeau indien, avait été placé sur le même affût de canon'\u2014décoré de couronnes de fleurs \u2014 qui avait transporté les corps de Gandhi, père de l'indépendance indienne, et de Nehru, premier chef de gouvernement indien.Un fait symbolique illustrant la volonté des autorités d'organiser des funérailles nationales pour la religieuse, décédée le 5 septembre à l'âge de 87 ans.Des milliers de personnes, dont certaines lançaient des pétales de Hours, s'étaient rassemblées le long Un texte inédit de mère Teresa NDLR: Mère Teresa a écrit ce texte pour le recueil « De la vie et de la mort », cédant ses droits d'auteur au Tibetan Children's Village qui vient en aide à quelque 4500 enfants tibétains réfugiés en Inde.« De la vie et de la mort » sera lancé à Montréal par Bxx éditeur le 24 septembre.MÈRE TERESA La vie est le plus grand présent de Dieu aux êtres humains.Puisque la vie humaine est créée à l'image de Dieu, elle Lui appartient ; nous n'avons pas le droit de la détruire.Nous sommes beaucoup plus importants pour le Père que l'herbe, les oiseaux, les fleurs de la Terre ; ainsi, s'il prend un tel soin de ces choses, combien plus prendrait-Il soin de Sa vie en nous \u2014car II nous a créés pour de plus grandes choses, pour aimer et être aimés.Nous sommes des tabernacles du Dieu vivant.Il m'a créée.Il m'a choisie.Il est venu résider en moi, parce qu'il me voulait.Si nous savons combien Dieu nous aime, il n'est que naturel que nous passions le reste de notre vie à irradier cet amour.Nous devons être saints, non pas parce que nous voulons nous sentir saints, mais parce que Jésus doit pouvoir vivre Sa vie pleinement en nous.Nous devons être tout amour, toute foi, toute pureté, à l'égard des pauvres.Nous pouvons faire ceci à travers la prière, car la prière donne un coeur pur, et un coeur pur peut voir Dieu.Si nous vjvons l'amour de Dieu ici sur terre, alors nous pourrons mourir magnifiquement.Notre mort sera simplement un retour à Dieu, pour aimer et être aimés pour toujours.du trajet qui avait été rallongé pour permettre à un plus grand nombre d'Indiens de s'incliner sur le passage du cortège.Un dispositif exceptionnel avait été mis en place.Des policiers coiffés de turbans rouge étaient déployés sur les cinq kilomètres de l'itinéraire emprunté par la procession.Mais l'affluence était moins forte qu'on pouvait s'y attendre et .nombre des 12 millions d'habitants de la ville avaient décidé de suivre les obsèques à la radio ou à la télévision.Parmi les personnes présentes, des petits groupes ont cependant débordé les barrières de sécurité en bambou pour courir à côté du cercueil.D'autres, qui souhaitaient suivre l'avancée de la procession le plus longtemps possible, ont coupé à travers un parc, après avoir quitté leur premier emplacement pour un endroit situé plus loin.« Mère Teresa, tu es immortelle », criaient parfois certaines personnes en pleurs.Plus d'une heure plus tard, le cortège est arrivé dans le stade Netaji, d'une capacité de 12 000 places, où étaient rassemblés dignitaires étrangers, missionnaires de la Charité et les plus pauvres d'entre les pauvres.Au pied d'un Christ, le cercueil fut placé sur une estrade inclinée, devant un autel où flottait une banderole avec ces mots : « Une oeuvre d'amour est une oeuvre de paix ».Au cours de la messe, le cardinal Angelo Sodano, chef de la diplomatie du Vatican et envoyé person- PH0T0AP Mère Teresa, telle qu'on pouvait la voir pendant la cérémonie.nel du pape, a lu un message de Jean-Paul II saluant l'amour et la compassion de mère Teresa envers les pauvres et appelant à poursuivre son oeuvre.La fondatrice de l'Ordre des Missionnaires de la charité « continue de nous parler et semble répéter les mots du Seigneur : // est plus saint de donner que de recevoir » a déclaré le cardinal Sodano.Dans son message, le pape s'est également élevé contre certains qui estimaient que mère Teresa ne s'attaquait pas aux causes profondes des inégalités sociales.« Le mendiant le lépreux, la victime du sida n'ont pas besoin de discussions et de théories », dit le message.« Ils ont besoin d'amour.» En début de cérémonie, un hommage avait été rendu à mère Teresa par l'archevêque de Calcutta, Henry D'Souza.« Aux mourants et aux gens qui souffrent, elle apportait sa tendre compassion, lavant leurs blessures, soulageant leur douleur », avait souligné l'archevêque dans son éloge.« Sa bonté était contagieuse.Elle invitait les autres à partager ».« Le plus grand message qu'elle a peut-être laissé est la valeur et la dignité de la vie humaine.Toute vie humaine est précieuse ».L'un des moments forts illustrant l'unaminité qui s'était faite autour de mère Teresa a été la série d'éloges successivement prononcés par des représentants de six religions ( anglicane, hindoue, musulmane, sikh, bouddhiste,-et parsie ), avant que des responsables étrangers PHOTO REUTERS Mme Aline Chrétien, épouse du premier ministre du Canada, touche le cercueil de mere Teresa pendant les funérailles d'État de la Les pauvres se sont sentis exclus Agence France-Presse CALCUTTA Mère Teresa avait consacré sa vie au service des « pauvres d'entre les pauvres », mais pour ses obsèques solennelles samedi à Calcutta, ces laissés pour compte se sont sentis exclus.« Les gens dont elle était le plus proche ne sont pas autorisés à participer », disait un mendiant aveugle de 42 ans, Anugrah Tiwari, venu de 200 km, et qui se désolait de ne pouvoir entrer au stade couvert où une cérémonie funèbre se déroulait en présence de dignitaires indiens et étrangers.« Je ne sais pas qui est cette Hillary Clinton.Nous sommes venus de très loin et nous devrions pouvoir l'approcher, nous et non pas le gratin », ajoutait-il.Jitendra Kumar Trivedi, 26 ans, enseignante, renchérissait : « Mère appartient à tout le monde, pas seulement aux VIP.Nous sommes tous venus de loin pour la voir ».On avait annoncé que lépreux, mendiants, handicapés et autres habitants des bidonvilles de Calcutta seraient associés à la cérémonie d'adieu à la « sainte des pau- vres ».Même ceux qui y ont participé ont affirmé avoir été tenu à l'écart.La congrégation des Missionnaires de la charité fondé par la religieuse en 1950 à Calcutta, avait demandé à ce que la moitié des 15 000 places du stade Netaji soient réservées aux gens pour laquelle elle avait oeuvré.Des volontaires ont affirmé qu'il y en avait beaucoup moins.« Nous n'avons vu que peu de pauvres gens.Il y aurait dû en avoir plus », affirmaient Deepa Gupta et Neha Jain, deux lycéens venus aider à l'organisation.viennent s'incliner devant la dépouille de la religieuse et déposer des gerbes de fleurs, sous les applaudissements.Un autre moment émouvant a été celui de l'offertoire, cérémonial des offrandes pendant laquelle des fleurs, un crayon et du vin ont notamment été offerts par un orphelin, une religieuse et un patient de la léproserie.La cérémonie en quatre langues \u2014 anglais, latin, bengali et hindi \u2014 a été ponctuée de chants interprétés par un choeur des Missionnaires de la charité.Après la messe, soeur Nirmala, qui succède à mère Teresa à la tête de l'Ordre, a souligné combien la religieuse avait répondu « à l'appel de Jésus au meilleur de sa capacité ».Dans le stade Netaji étaient rassemblés dignitaires étrangers.Missionnaires de la charité et les plus pauvres d'entre les pauvres.Le premier ministre indien I.K.Gujral assistait à la cérémonie, en compagnie des représentants de 23 pays.Hillary Clinton menait la délégation américaine, la France était représentée par l'épouse du président de la République Bernadette Chirac, accompagnée du secrétaire d'État à la Santé Bernard Kouch-ner.Parmi les autres invités étrangers figuraient également le président italien Oscar Luigi Scalfaro, la reine Noor de Jordanie, la reine des Belges Fabiola, la reine Sophie d'Espagne et Aline Chrétien, l'épouse du premier ministre canadien.Des mourants lui disent adieu devant la télé Agence France-Presse CALCUTTA À Nirmal Hriday, le « Coeur miséricordieux » fondé par mère Teresa pour les mourants à Calcutta, la plupart des malades se sont levés hier pour lui dire adieu, devant la télévision que beaucoup regardaient pour la première fois.Nombre des 96 pensionnaires de cette maison voyaient le Prix Nobel de la paix, dont les religieuses des Missionnaires de la charité les avaient recueillis, pour la première fois, dans son cercueil.Le poste de télévision avait été apporté deux jours auparavant, spécialement pour les obsèques.Nilkanta Kar ne savait pas trop quoi penser en regardant les images venant du stade Calcutta où se déroulait la cérémonie funèbre.Mère Teresa « était malade depuis trois ans et nous ne l'avons jamais vue.Pour nous elle était ici en esprit, plutôt qu'une personne.Maintenant que je la vois pour la première fois à la télévision, je ne peux pas vraiment avoir un sentiment de perte », expliquait-il.Cet homme de 30 ans, qui vit du transport de colis sur une charrette à bras, avait été recueilli par les soeurs après avoir passé un mois sur le trottoir grièvement blessé et abandonné, le pied écrasé par sa marchandise.Il est aujourd'hui en bonne voie de guérison.Trois religieuses des Missionnaires travaillent habituellement au « Coeur miséricordieux », mais elles avaient été appelées aux obsèques de leur mère.Maya Gomes, l'une des 20 volontaires, affirmait que Teresa lui manquerait.« J'ai un sentiment de solitude, comme si ma mère venait de mourir.Mais je dois travailler maintenant.Chaque fois que mère venait nous rendre visite elle nous demandait de traiter les patients comme s'ils étaient nos propres parents.» J.-Robert Ouimet, témoin privilégié de la vie de mère Teresa JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Du 21e étage d'une tour du centre-ville aux mouroirs de Calcutta, la route est longue et surtout, peu fréquentée.Et pourtant, J.-Robert Ouimet Ta empruntée, plus d'une fois, à la recherche, auprès de mère Teresa, de réponses au dilemme spirituel qui l'habitait.Président-directeur général et actionnaire unique de Ouimet Cordon Bleu inc., entreprise montréalaise fondée par son père en 1933 et célèbre, entre autres choses, pour SCS petits pales, J.-Robeit ouimet jouit de toute évidence (l'une grande aisance matérielle.Pourtant, quand il a rencontré la fondatrice des Missionnaires de la charité pour la première fois à Cal- cutta le 14 avril 1983, il avait en tête une question bien précise \u2014 et pour le moins surprenante.« Je lui ai demandé : mère, est-ce que je dois donner tous mes biens ?» « Elle m'a répondu : Ce que vous avez n'est pas à vous, mais vous a été prêté par Dim.Mais vous pouvez gérer à sa façon les biens qui vous ont été prêtés.De là est venue la devise de l'entreprise : Prier pour gérer en Dieu, w Transformé, dit-il, par ce premier contact, M.Ouimet est retourné en Inde en 1985.Puis il a invité mère Teresa à Montréal en 1986.Mère Teresa avait alors prononcé une allocution lors d'un déjeuner en présence de quelque 2000 gens d'affaires et chefs de file à l'hôtel Reine-Elizabeth, dans lequel elle leur avait demandé de s'occuper des pauvres de leur ville.La religieuse avait aussi accepté de visiter les travailleurs d'une usine de Cordon Bleu à Anjou en 1988, alors qu'elle était de passage au pays.M.Ouimet l'a aussi côtoyée à New York et à Washington, en plus d'échanger une correspondance régulière avec elle.Dans la salle de conférence de ses bureaux du centre-ville, la dernière lettre de mère Teresa est d'ailleurs encadrée, souvenir impérissable du lien improbable qui l'a unie à un homme d'affaires d'ici.Aujourd'hui, l'aura de mère Teresa est aussi brillante qu'au premier jour pour J.-Robert Ouimet.« Ce qu'elle transpire, c'est l'amour.C'est aussi une force invincible de courage et de détermination.Et la troisième et dernière chose, c'est la priorité qu'elle accorde à chaque être humain qu'elle rencontre.Chaque être humain vaut le cosmos pour elle, c'est pour ça que chaque personne qui la rencontre a l'impression qu'elle l'écoute pour vrai.Elle dit que ça vient par le silence intérieur et la prière.» Tout le long de l'entrevue, M.Ouimet parle de mère Teresa au présent, comme si elle était encore parmi nous.Pourquoi ?« Parce qu'elle est présente, elle n'est pas partie pantoute.Je la sens plus présente.ne serait-ce que parce qu'elle n'a plus le problème de prendre l'avion pour aller d'une place à l'autre », lance-t-il en riant.Mère Teresa, peut-être à cause de son physique ingrat, donnait parfois l'impression d'être sévère, ce qui n'était pas entièrement faux.« Quand elle donnait un ordre aux gens de son ordre, ça ne passait pas par les Lan rent ides pour arriver rue Sainte-Catherine, illustre M.Ouimet.Elle était habitée par la contradiction entre l'amour et la faiblesse humaine de vouloir aller trop vite.» Au moment de conclure l'entretien, M.Ouimet a insisté pour rappeler les liens entre Gandhi et mère Teresa.« Gandhi était hindou et mère Teresa, catholique.Mais ce qui unit ces deux personnes de façon indéfectible et reflète l'amour de Dteu, c'est que les deux ont cru au pouvoir du silence et de la prière.» PHOTO ROBERT SKINNER.Lm Prt*# J.-Robert Ouimet parie encore au présent de mère Teresa. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 A 9 L'ONU loge à Montreal de Voici le deuxième texte d'une série sur la vie internationale à Montréal Le premier a été publié dans notre édition de samedi.Miville Tremblay_ New York abrite le siège des Nations unies avec son Assemblée générale et son Conseil de sécurité ; Montréal héberge depuis 1945 l'Organisation de l'aviation civile internationale ( OACI ).Dans le nouvel immeuble au coin des rues Université et Viger, on découvre une salle solennelle de 900 sièges, équipée d'appareils avancés pour l'interprétation simultanée en six langues.Elle fait partie avec d'autres salles plus petites d'un élégant centre de conférences lié par un bel atrium à une tour de 15 étages, où travaillent plus de 800 personnes, d'une centaine de nationalités différentes.L'OACI est une institution spécialisée des Nations unies au même titre que l'UNESCO, qui s'occupe de culture à Paris, ou que la FAO, responsable de l'agriculture et de l'aide alimentaire mondiale à Rome.L'OACI établit des normes internationales pour assurer la sécurité, la sûreté, l'efficace et l'économie du transport aérien.La naissance de l'OACI remonte au sommet qui a réuni Staline, Churchill et Roosevelt à Téhéran, en 1943.L'année suivante, 52 pays ont rédigé la Convention de Chicago, la charte de l'aviation civile et le certificat de naissance de l'OACI, explique son président du conseil, le docteur Assad Kotaite.Ce juriste d'origine libanaise travaille à l'OACI depuis 1956 et préside son conseil depuis 1976 ; l'homme de 73 ans est diplomate jusqu'au bout des ongles.Malgré la privatisation des sociétés aériennes, des aéroports et des services de navigation, « les États demeurent responsables de la sécurité ; ils doivent s'assurer que les normes de l'OACI soient appliquées », insiste-t-il.L'OACI a commencé l'an dernier l'audit des pratiques de 67 pays.Ces inspections sont volontaires, mais M.Kotaite souhaite que son organisme puisse en prendre l'initiative.Les pays qui manquent de ressources pour respecter les normes internationales peuvent obtenir une aide technique .et financière de l'OACI.Au jour le jour, c'est le Conseil qui établit ces normes.Cependant, les grandes orientations sont données par l'Assemblée générale des 185 pays membres, qui se réunit aux trois ans, la prochaine fois en septembre 1998.C'est peu pour occuper la grande salle de délibération.Aussi, le centre de conférences est-il loué pour des événements internationaux.Ces jours derniers, il accueillait une conférence de chercheurs et délégués ministériels de 162 pays à l'occasion du 10e anniversaire du Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone.Le Fonds multilatéral aux fins d'application du Protocole de Montréal est logé dans la ville et sa présence a favorisé la tenue de la réunion ici.« L'environnement biculturel de Montréal est très propice ( à la présence de l'OACI ).Montréal est aussi une ville humaine.Je voyage énormément dans le monde et je constate que Montréal est une des rares villes où l'humain n'est pas écrasé », témoigne M.Kotaite.Jusqu'à 4000 délégués viennent ici chaque année pour des séjours .d'une à trois semaines et ils se sentent en sûreté dans les rues ; ils ne sont pas dépaysés.On n'a « jamais senti de discrimination ».En revanche, M.Kotaite regrette que Montréal ait perdu des liaisons aériennes et il espère que la situation s'améliorera avec le déménagement des vols intercontinentaux ¦ à Dorval.On raconte qu'un délégué arrivant à l'aéroport a demandé au chauffeur de taxi de le conduire à I ICAO ( le sigle anglais de l'OACI ), persuadé que tous les Montréalais, à plus forte raison un chauffeur de taxi, connaissaient cet organisme réputé, établi à Montréal depuis 50 ans.Quelle ne fut pas sa surprise se voir plutôt conduire chez IKE/^ ! PHOTO PIERRE McCANN, La Le Dr Assad Kotaite, préside le conseil de l'OACI, seul organisme des Nations unies dont le conseil de 33 pays membres siège en permanence.« L'environnement biculturel de Montréal est très propice ( à la présence de l'OACI ).Montréal est aussi une ville humaine.Je voyage énormément dans le monde et je constate que Montréal est une des rares villes où l'humain n'est pas écrasé.» Néanmoins, estime M.Kotaite, « Montréal a tous les éléments pour être une cité internationale.J'espère que la présence de l'OACI peut aider à développer cette partie de la ville ».En effet, le nouvel immeuble se situe à l'entrée de la Cité internationale, un secteur défiguré par l'autoroute Ville-Marie et que la communauté d'affaires aimerait revitaliser.La décision d'agrandir le Palais des congrès vers l'ouest est un pas dans cette direction.L'OACI est sans conteste la plus ancienne et la prestigieuse des quelque 50 or-ganisations internationales de Montréal.La deuxième est une institution miroir du secteur privé : l'Association du transport aérien international, mieux connue sous son acronyme anglais IATA.Les deux organismes collaborent de manière étroite, mais « l'OACI représente les gouvernements et nous représentons les compagnies aériennes, dont les objectifs ne sont pas nécessairement les mêmes », explique son chef de la direction financière, M.Ron Blake, « un Canadienfran-çais de Montréal ».Par exemple, les gouvernements veulent exercer un contrôle vigilant aux douanes, tandis que les transporteurs souhaitent des formalités rapides.L'IATA lutte contre la hausse des frais de service et des taxes d'aéroport.Elle pousse sur l'adoption d'un système de navigation par satellite permettant de réduire la distance entre les avions, et donc de doubler le trafic dans les couloirs achalandés, tout en augmentant la sécurité.Certains gouvernements résistent, car ce système menace leur souveraineté sur l'espace aérien.Le siège de l'IATA est à Montréal, coin Peel et Maisonneuve, mais la haute direction ( hormis deux personnes dont M.Blake ) et les services de première ligne sont à Genève.« L'Europe est beaucoup plus centrale pour la majorité de nos 253 membres que n'importe quelle ville d'Amérique du Nord.Ces gens n'ont pas de temps à perdre dans les avions.» Genève demeure avantagée, même si elle a perdu récemment au profit de Zurich la plupart de ses vols internationaux.L'IATA compte également 79 bureaux à travers le monde.Sous la pression du président de British Airways, « il y a cinq ou six ans, on est venu à un cheveu de partir, en raison du climat politique et du problème des aéroports », révèle M.Blake.Grâce à M.Pierre Jeanniot, directeur général de l'IATA et ancien patron d'Air Canada, l'organisme est non seulement demeuré à Montréal, mais a annoncé en décembre dernier le transfert d'activités de soutien de Genève à Montréal, soit la chambre de com* pensation, qui gère le règlement des dettes et des créances entre les sociétés de façon à minimiser les transferts de fonds, et les services de commercialisation du carburant et du fret aérien.Ce transfert de 45 emplois porte à 300 l'effectif montréalais, incluant 25 non-Canadiens.À la mi-décembre, l'IATA décidera du lieu où elle déménagera pour s'agrandir.Elle a exclu une construction neuve attenante à l'OACI, car trop chère ; son choix se limite maintenant entre la Tour de la Bourse, qui présente l'avantage d'être dans la Cité internationale et d'être reliée à deux hôtels, et l'ancienne tour du Royal Trust, coin Université et René-Lé-vesque.Pour l'IATA, nos atouts sont dans l'ordre : des v bas coûts, du personnel compétent et bilingue et une ville attrayante et sûre.Montréal ajouterait à ses avantages en mettant fin aux lenteurs bureaucratique, dit M.Blake.« J'espère ça va aller plus vite avec Montréal International », le nouvel organisme chargé de promouvoir la ville à l'étranger.La Société internationale de télécommunications aéronautiques, dont l'acronyme SITA s'est imposé à l'anglais, complète le triumvirat de l'aviation internationale.En 1988, l'organisme a installé à Montréal ce qu'il désignait comme son siège régional pour l'Amérique du Nord et les ,.Caraïbes.Malheureusement ce titre a été discrètement ravi il y a un an par le bureau d'Atlanta, « plus proche des grands clients américains », explique le directeur montréalais Andrew Dawe, un Australien francophile.Montréal a été ravalé au rang de bureau national ; il a toutefois maintenu son effectif de 185 employés.Canadiens aux deux tiers, et demeure l'un des cinq plus grands de la société.Les organismes internationaux établis à Montréal ¦ Agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche ¦ Association du transport aérien international ¦ Association francophone internationale des directeurs d'établissements scolaires ¦ Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales ¦ Association internationale des loteries d'État ¦ Association internationale des professions de la santé ¦ Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires ¦ Bureau international des droits des enfants ¦ Bureau international du tourisme social \u2014 Secrétariat pour les Amériques ¦ Bureaux régionaux des Amériques de TV5 ¦ Centre international de développement de l'audit et contrôle ¦ Centre international des Festivals de films enfance-jeunesse ¦ Centre international pour la prévention de la criminalité ¦ Commission nord-américaine de coopération environnementale ¦ Confédération mondiale sur la science de la productivité ¦ Conseil des festivals jumelés ¦ Conseil francophone de la chanson ¦ Conseil international de l'action sociale ¦ Conseil international de coopération et de développement de l'hydrogène ¦ Conseil québécois pour l'Amérique latine - Centre Bolivar ¦ Fédération internationale des culturistes ¦ Fédération mondiale des associations de sociétés de commerce ¦ Fédération internationale du vieillissement ¦ Fédération mondiale des grands concours internationaux de vins et de spiritueux ¦ Fédération mondiale de l'hémophilie ¦ Fonds multilatéral aux fins d'application du Protocole de Montréal ¦ Forum francophone des affaires ¦ Forum international des politiques familiales ¦ Groupe international de recherche sur l'emploi ¦ Institut international pour la paix par le tourisme ¦ Institut international de gestion des grandes métropoles ¦ Institut international des sciences humaines intégrales ¦ Institut international de formation en gestion aéronautique ¦ Institut mondial du commerce électronique ¦ Institut des services financiers internationaux ¦ Imer-Society for the Electronics Arts ¦ Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française ¦ Mondial de la publicité francophone ¦ Orbicom ¦ Organisation de l'aviation civile internationale ¦ Organisation internationale des commissions de valeurs ¦ Regroupement des organisations syndicales de la francophonie ¦ Réseau d'expertise E7 pour l'environnement global ¦ Réseau mondial d'échanges pour le transfert de connaissances dans le domaine routier ¦ Secrétariat de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique ¦ Secrétariat francophone de l'Association internationale pour l'évaluation d'impact ¦ Secrétariat international de l'eau ¦ Secrétariat international des villes souterraines ¦ Société internationale d'évaluation de la technologie en soins de santé ¦ Société internationale de chimiothérapie ¦ Société internationale de télécommunications aéronautiques ¦ Union mondiale pour la nature ¦ Union internationale de psychologie scientifique Infograph* Lê Presse La SITA exploite le plus grand réseau de télécommunication au monde, desservant des clients dans 285 pays et territoires.« Nous allons où les sociétés aériennes vont, et elles vont partout, y compris dans les endroits difficiles », explique M.Dawe.L'organisation est « extrêmement décentralisée ».Le bureau de Montréal dessert les clients canadiens, mais ses ingénieurs et informaticiens ont également le mandat de développer un système de communication permettant aux avions de communiquer avec le sol via des satellites.La SITA assure également les communications de l'OACI et de l'IATA et vend des services à de grandes entreprises comme Pratt & Whitney et la Banque Royale.M.Dawe vante la réputation de Montréal comme centre international de l'aérospatiale et des télécommunications.« La ville n'est pas chère et les infrastructures sont excellentes.» Quel est son principal inconvénient ?Après quelques secondes, il répond : « Le statut politique incertain du Québec.C'est une réalité de la vie ; mais sans elle, il serait plus facile de convaincre nos dirigeants de réaliser des investissements majeurs à Montréal.» Installée dans l'édifice Mercantile, la SITA a été pressentie pour déménager ses pénates dans la Cité internationale, mais elle ne déplacera ses gros ordinateurs que si la proposition abaisse ses coûts.Ces trois grands organismes internationaux ont longtemps vécu dans un certain isolement par rapport à la communauté locale, mais ils ont établi des liens avec le milieu universitaire.L'OACI collabore avec l'Institut de droit aérien et spatial de McGill et la SITA discute avec sa faculté de gestion pour lancer un programme de MBA en télécommunications.Pour sa part, l'IATA s'est associée à Concordia pour offrir un programme de MBA en aviation internationale.Montréal accueille aussi une cinquantaine de petits organismes internationaux, la plupart avec moins de cinq employés ; moins d'une dizaine comptent entre dix et 50 personnes.Le maire de Montréal, Pierre Bourque, cherche à obtenir un troisième Secrétariat des Nationsunies, cette fois pour la lutte contre la desertification dans le monde ; la décision est attendue début octobre.Montréal proposera également d'accueillir un nouveau Secretariat international de la vie privée, à l'occasion d'une conférence qui débutera ici le 23 septembre.Certes, Montréal ne compte pas autant de grandes organisations internationales que Genève, une ville qui lui sert de modèle.De plus, la concurrence est rude pour attirer les nouveaux organismes, qui typiquement démarrent petits.L'Allemagne courtise les mêmes groupes pour Bonn, une ville à louer avec le déménagement de la capitale a Berlin.Ces activités internationales sont prestigieuses, mais lourdement subventionnées.Le gouvernement canadien paie les trois-quarts du loyer de l'OACI dans cet immeuble de 100 millions.Par contre l'OACI achète ici pour 15 millions de biens et services et ses employés injectent 40 millions dans l'économie locale, sans compter les visiteurs.Les Montréalais, sensibles au mour.peuvent être fiers de voir flotter le drapeau bleu des Nations unies dans leur ciel.DgiimNi : Vet% hitofucUbtos
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