La presse, 27 septembre 1997, B. Plus
[" t \u2022 \u2022 B Montréal, samedi 27 septembre 1997 es s» ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / POLITIQUE Mines antipersonnel La mobilisation de la honte pages B 4 et B 5 et la vie Drive e \u2022t.La grande difficulté sera le contrôle du réseau mondial, Internet Yves Boisvert A lors, la vie privée s'en va-t-elle chez le diable ?Big Brother cogne-t-il à la porte ?L'État et la grande entreprise vont-ils clouer au sol le citoyen pour le fouiller dans son intimité et le dépouiller à jamais de son « anonymat » ?Restons calme.Les deux grands inspirateurs des lois de protection de la vie privée qui ont vu le jour depuis 25 ans dans le monde, présents cette semaine à la Conférence internationale sur la vie privée de Montréal, nous disent essentiellement trois choses : d'abord, les initiatives de protection des renseignements personnels, un peu partout dans le monde, ont porté fruit ; ensuite, le public est de plus en plus sensible à l'invasion de sa vie privée ; et finalement, la défense de la vie privée est comme celle de la liberté: toujours à refaire.Alan F.Westin, qui a rédigé à lui seul une vingtaine de lois américaines sur le sujet, et Spiros Simitis, l'inspirateur de la première législation européenne, se montrent donc d'un optimisme modéré.« Quand le débat a commencé, dans les années 1960, la grande crainte était de voir l'État créer un grand centre de compilation de tous les renseignements personnels sur les citoyens ; 30 ans plus tard, ça n'existe toujours pas, dit M.Westin.On pourrait arguer que ce fichier existe de façon vir- «Recevoir un coup de fil de plus par semaine pour me vendre un voyage n'est pas nécessairement une des grandes injustices du genre humain.» tuelle ( par la connexion de toutes les banques de données ) ; mais les lois ont établi des paramètres pour protéger les gens.Les gens ne veulent pas que cela arrive et l'expérience montre que les différentes branches du gouvernement sont jalouses de leurs informations et peu promptes à les partager.» Pour ce qui est du secteur privé, il faut distinguer les vraies menaces des fausses.On sait que les grandes sociétés, qui oeuvrent maintenant dans plusieurs domaines en même temps ( banque, assurance, produits financiers, etc.), compilent sur les individus des portraits très précis.Elles savent que tel homme blanc de 26 ans de tel centre urbain américain a acheté une petite voiture à deux portes, mais qu'à 35 ans, avec deux enfants en banlieue il est susceptible d'acheter une voiture familiale.Son comportement de consommateur variera selon son revenu, sa scolarité, ses habitudes personnelles, son lieu géographique.Alors, fort de ces informations ( une lecture des cartes de crédit et bancaires les fournit précisément ), les marchands de tous poils peuvent cibler leur clientèle et faire du « marketing direct ».Certains y voient un viol de l'intimité.« Recevoir deux enveloppes et un coup de fil de plus par semaine pour me vendre un voyage dans le sud de la France n'est pas nécessairement une des grandes injustices du genre humain », ironise M.Westin.Quand il a commencé sa carrière de spécialiste dans le domaine, les bureaux de crédit travaillaient parfaitement secrètement.Les banques n'avaient même pas le droit de dire qu'elles faisaient affaire avec de tels bureaux.Et les consommateurs se faisaient parfois refuser une assurance, un prêt ou un emploi à cause d'erreurs dans leur dossier ou de normes discriminatoires inacceptables ( sur les habitudes sexuelles, la race, etc.).Ça, c'était sérieux, dit M.Westin.Uno facture ctes cvtes do crédit ©t bancaires fournit précisément les marchands de tous pois peuvent cibler leur clientèle et faire du voient un viol do rkttknité.PHOTO ROBERT SXVMEA.UPmse inffot mations grâce auxquels! marketing direct ».Certains y Trente ans plus tard, les consommateurs ont accès gratuitement à leur dossier de crédit et peuvent exiger de le modifier en cas d'erreur.C'est un progrès.Les nouvelles menaces Les nouvelles menaces n'en sont pas moins nombreuses.Les informations génétiques, par exemple, sont explosives à plus d'un titre.Si, par analyse du code génétique d'une personne, on découvre qu'elle souffre de tel syndrome qui la fera mourir entre 50 et 55 ans ( ça existe ), un employeur peut refuser d'embaucher cette personne, un assureur de lui vendre de l'assurance.En ce moment, aucune réglementation n'interdit le dépistage génétique, de dire M.Westin.Les sociétés d'assurance ont convenu volontairement de ne pas en faire pour le moment.« Mais qu'arrive-t-il si moi je me fais tester et que j'apprends avec certitude que telle défaillance génétique va me faire mourir dans 10 ans ?Si je contracte une assurance de 5 millions avec cette information, je viens de pervertir la relation commerciale; c'est pourquoi les assureurs peuvent au moins demander si le client a obtenu un tel dépistage, pour équilibrer l'information.» La grande difficulté sera le con- Des nouvelles du front.trôle du réseau informatique mendiai, Internet.Contrôler des sociétés sur un territoire, cela se fait avec des moyens classiques.Mais contrôler la diffusion de l'information dans le cyberespace, c'est un défi auquel on n'a pas encore répondu.Maintenant que tout un chacun possède son ordinateur portatif, de grandes banques de données privées ne sont plus « qu'à quelques touches de clavier » des utilisateurs habiles, dit-on.On développe des techniques de blocage informatique en parallèle, et « tout cela force la recherche de nouvelles idées originales ; c'est une lutte incessante », de conclure M.Westin.Dans le but d'identifier les agresseurs sexuels et de prévenir ce type de crime, on a mis sur pied dans plusieurs États américains des fichiers des agresseurs sexuels.On a compilé les informations contenues dans les banques de données de la police depuis 30 à 40 ans.Une fois les m agresseurs » identifiés, l'information devient accessible à la communauté, dans le but de l'aider à se protéger contre ces gens.En plus des autres problèmes que pose ce genre d'initiative, ces banques de données sont pleines d'erreurs, d'imprécisions ou de renseignements dépassés.C'est ainsi qu'un ancien marin qui avait été pris en flagrant délit d'homosexualité avait été condamné en Californie il y a 35 ans pour immoralité sexuelle.II a été fiché publiquement cette année au même titre que des pédophiles dangereux.sonnel ; cela permet à l'employeur de vérifier s'ils se lavent les mains et s'ils le font assez longtemps.Des camionneurs d'une grande société américaine ont découvert par hasard cet été que leur employeur avait caché des caméras derrière le miroir de la salle de bains d'un relais routier les filmant dans leur intimité, supposément pour vérifier s'il y avait du trafic de stupéfiants.Les États-Unis mettront sur pied ces jours prochains un fichier national des salariés qui comportera le nom, le salaire et le numéro d'assurance sociale de tous les nouveaux employés aux États-Unis ; le but de la mesure est de retracer où qu'ils soient les parents \u2014 des pères surtout \u2014 qui ne paient pas leur pension alimentaire.Les employés d'un casino aux États-Unis doivent obligatoirement porter un bracelet électronique qui est relié aux lavabos du per- Pour l'ensemble du territoire américain, tous corps policiers confondus, il y chaque année un total variant de 900 à 1 200 deman- des d'écoute électronique accordées par les autorités judiciaires, selon le procureur spécial du FBI, Alan R.McDonald.Chaque demande, faite selon un processus lourd et rigoureux, peut comporter plusieurs branchements.Une ou deux sont refusées par année, dit M.McDonald.En Europe, certaines sociétés de telephone offrent un rabais substantiel \u2014 allant jusqu'à la quasi-gratuitié \u2014 aux abonnés qui acceptent de voir leurs communications interrompues par des réclames publicitaires ; la réponse d'une bonne partie du public est favorable, note avec inquiétude le professeur Spiros Simitis, de Francfort.La surveillance des employés ne se fait plus uniquement par vidéo et par les cartes d'accès aux locaux de l'entreprise ( permettant de connaître avec précision les allées et venues de tous ) ; les camions dUPS, par exemple, sont équipés d'émetteurs qui permettent de les suivre par satellite.La surveillance photo-satellite, par ailleurs, est techniquement assez précise, dans certains cas.pour surveiller de l'espace un individu en particulier \u2014 ce qui n'est évidemment pas à la portée du premier dépanneur venu.En Grande-Bretagne, on a considéré très sérieusement l'idée de stocker dans un fichier policier le code génétique de toute la population masculine, afin de détecter les agresseurs sexuels qui auraient laissé des traces sur les lieux de leur crime.Les entreprises où l'employeur gère les contrats d'assurance-médicaments peuvent savoir de quelle maladie souffrent les employés \u2014 et prendre des décisions sur cette base.\u2022¦¦ Vous ne le saviez peut-être pas, mats les systèmes informatiques centralisés des entreprises permettent de savoir quel salarié \u2014 ou quel cadre 1 \u2014 a utilisé le jeu de golf électronique, quand et pendant combien de temps.Votre handicap est connu des informaticiens \u2014 voyez les sourire quand ils vous croisent.Accent sur Vélégance Centrer dans le Château d'Ivoire, c'est entrer dans un monde d'élégance raffinée.Notre personnel expérimenté se fera un plaisir de vous aider à choisir la montre Rolex qu'il vous faut.ROLEX OYSTER PERPETUAL DATEJUST AVEC CADRAN DIAMANT OYSTER PERPETUAL LADY DATEJUST AVEC CADRAN DIAMANT Château d'Ivoire estfier d'être le bijoutier agréé Rolex A A CHÂTEAU D'IVOIRE IV71 2020 rm de la Montagne 845-4651 51 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 La Presse André Desm arais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Un moratoire > En l'espace de deux semaines, quatre sondages, dans quatre médias, sur quatre thèmes distincts, ont été autant de coups durs pour le gouvernement Bouchard et son option.Il faut interpréter ces sondages avec prudence.L'expérience nous a montrés à quel point l'opinion publique québécoise pouvait être changeante et contradictoire.Les fédéralistes trop prompts devraient donc résister à la tentation du triomphalisme, tout comme les leaders souverainistes auraient tort de rejeter ces résultats du revers de la main.laHMBinBBHHn Rappelons rapidement ce que les Québécois ont confié aux spécialistes de l'opinion publique.?55 % veulent que Lucien Bouchard engage des discussions constitutionnelles avec les autres provinces.27 % sont contre.( SOM-La Presse ).?54,5 % estiment qu'il faut l'assentiment du gouvernement fédéral pour faire la souveraineté après une victoire du OUI.32,8 disent que non.( Sondagem-Le Devoir ).?60 % estiment que les régions du Québec auraient le droit de rester canadiennes après un OUI.26 % croient que non.Le même sondage donne un faible score à la souveraineté : 34 % pour, 43 % contre.( SOfA-Vactualité).?Mis devant un choix, 47 % préfèrent l'accord de Calgary et 36 % la souveraineté.61 % sont prêts à donner une autre chance au fédéralisme.( SOM-Ie Soleil ).Le résultat le plus spectaculaire de ces enquêtes est également le plus fragile.L'appui à la souveraineté a littéralement fondu, aux alentours d'un tiers des répondants.Alain Dubuc Pris isolément, cela ne veut pas dire grand chose, parce qu'il n'y a rien de plus fluctuant.Ce score très faible s'explique en partie par l'impopularité du gouvernement Bouchard, quelque chose qui pourrait changer très rapidement.Par exemple, dans une campagne électorale contre le mal aimé Daniel Johnson.De la même façon, il suffirait d'un échec, fort possible, du processus de Calgary, pour renverser la tendance.C'est ailleurs qu'il faut voir les résultats les plus accablants pour l'option souverainiste.Le fait que les Québécois acceptent le principe de la partition, ou qu'ils admettent qu'Ottawa ait un mot à dire dans la sécession indique qu'ils n'adhèrent pas à des éléments fondamentaux de la stratégie péquiste.Cela annonce qu'une éventuelle campagne référendaire serait très difficile, parce que les forces souverainistes seraient forcées d'y aborder les thèmes qu'elles avaient jusqu'ici réussi à esquiver.Ajoutons à cela, le désir persistant des Québécois de trouver une solution canadienne.C'est surtout cela qui permet de croire que les perspectives d'une victoire d'un OUI dans un éventuel référendum sont extrêmement minces.Une victoire de justesse est toujours possible, si toutes les conditions favorables sont réunies.Mais on n'arrive pas à voir comment le courant souverainiste pourrait recueillir l'adhésion d'une majorité assez confortable et assez stable pour réaliser l'indépendance.On ne créera pas un pays en comptant sur des souverainistes à temps partiel qui basculent vers l'option fédéraliste un mois ou deux tous les deux ans.Il faut également noter le caractère contradictoire de plusieurs réponses recueillies par ces sondages : on dit oui à Calgary sans croire à la sincérité des premiers ministres provinciaux, on croit que le Canada a un mot à dire tout en doutant de l'impartialité de la Cour suprême.Dans ces réponses qui vont dans tous les sens, on sent de l'ignorance, de l'indifférence, mais aussi le désarroi de respirer gens qui sont dans un cul-de-sac, et qui ne croient plus vraiment aux deux options qu'on leur propose.Les Québécois sont plus que « tannés », ils sont écoeurés.Le premier ministre Bouchard, en commentant ces sondages accablants, a accusé Ottawa de faire du « shadow-boxing », notant que la question constitutionnelle « n'est pas dans le calendrier des Québécois actuellement ».Son éclair de lucidité a, hélas, été de courte durée.Tout en enjoignant ses adversaires de ne pas parler de questions constitutionnelles, M.Bouchard, lui, a été incapable de maîtriser son propre flot verbal.Sa critique du discours du Trône a culminé par un appel à la souveraineté.La stratégie de son gouvernement consiste manifestement à parler de plus en plus de souveraineté, pour que les Québécois « comprennent ».Cette stratégie relève du harcèlement idéologique.Les Québécois ont besoin d'un répit, d'un vrai.Il est évident qu'ils préfèrent consacrer leurs énergies aux questions de l'emploi, de l'économie, de la qualité des services publics.Mais ils n'y parviendront pas tant que la stratégie du gouvernement Bouchard ne change pas.Ce qui nous pend au bout du nez, selon le scénario officiel du gouvernement Bouchard, c'est une élection d'ici six à douze mois, où les péquistes solliciteront le mandat de tenir un référendum dans les années qui suivent.Cela signifie que, dans l'hypothèse probable d'une victoire des péquistes, les Québécois seront conviés, dans les trois prochaines années, d'abord à une élection dominée par la question de la souveraineté, et ensuite à un référendum.Autrement dit, d'ici trois ans, nous traverserons deux grands moments de crises existentielles et de déchirements qui rendront le Québec exsangue.Il y a une seule façon d'éviter ce scénario suicidaire, dans l'intérêt de tous, peu importe les convictions de chacun, et c'est un moratoire sur un futur référendum, pour que les Québécois puissent enfin respirer.Pierre Gravel Entre capitale et métropole \u2022 * Les gens de Québec devront pour l'instant en faire leur deuil : ce n'est pas demain que le premier ministre y aménagera dans une résidence officielle.Ce sera peut-être pour plus tard, a laissé entendre Lucien Bouchard, .quand une opinion publique traumatisée par les restrictions budgétaires en vigueur sera plus réceptive à cette hypothèse qui est, en soi, loin d'être farfelue.mnBnBu II n'y a en effet rien d'extravagant dans le fait pour un État d'assurer le logement du chef du gouvernement et même souvent du chef de l'opposition officielle.Il faut espérer qu'on pourra, le moment venu, envisager sereinement cette possibilité sans tomber dans la démagogie et les querelles mesquines que provoquent trop fréquemment tous les débats relatifs aux conditions de travail de ceux qui nous représentent.Ce dossier, qu'on a cru à tort définitivement fermé depuis que le successeur de Jacques Parizeau a refusé de s'installer rue des Braves, a refait surface, récemment, à l'occasion de la divulgation des recommandations d'un groupe d'étude, présidé par le ministre Roger Bertrand, sur l'avenir de la région de Québec.Pour des raisons évidentes, c'est surtout cette question qui a retenu l'attention, même s'il ne s'agit que d'un élément d'un plan d'ensemble débouchant sur des suggestions dont quelques-unes sont bien plus discutables parce qu'elles ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité.Comme, par exemple, l'obligation qui serait faite au gouvernement de concentrer dorénavant dans la région de Québec tout nouveau projet d'implantation de ministères de façon à y favoriser un maximum de retombées économiques.Sans égard au fait, peut-on comprendre, qu'une semblable approche équivaudrait à accroître la distance, à tout point de vue, qu'on déplore trop souvent entre des fonctionnaires cachés dans leur tour d'ivoire et ceux qui doiyent vivre ensuite avec leurs décisions.Même chose en ce qui a trait à la concentration obligatoire de la direction des tribunaux de juridiction provinciale, de toutes les instances de négociations impliquant le gouvernement et de toutes les manifestations à caractère international.Histoire de montrer que Québec est vraiment la « capitale nationale * et que son poids économique par rapport à Montréal n'a pas d'importance.Pas plus que celui d'Ottawa face à Toronto, Calgary ou Vancouver.C'est pour le moins une comparaison boiteuse parce qu'elle ne tient pas compte de la nature même des attributions d'un pouvoir provincial qui est en prise beaucoup plus directe sur la vie des citoyens et des entreprises que ne l'est \u2014 ou ne devrait l'être\u2014 le gouvernement fédéral.Vouloir faire, à tout prix, comme si le Québec était déjà un État souverain, c'est sacrifier l'efficacité sur l'autel d'un projet politique.L'administration publique étant avec le tourisme la principale « industrie » de la région de Québec, il est normal et souhaitable qu'on s'y préoccupe de son développement.Mais Montréal et toute l'économie québécoise ont déjà trop souffert de ce qui ressemble à une frileuse guerre de clochers entre ceux qui voudraient bien tout rapatrier dans la Vieille capitale et ceux qui ont compris que la santé de l'ensemble dépend de la vitalité de la métropole.On a vu, dans d'autres domaines, les conséquences désastreuses de décisions prises uniquement dans le but de démontrer que c'est à Québec que les choses doivent se faire.On n'a qu'à penser à la pitoyable aventure du déplacement du centre des transplantations pulmonaires pour avoir froid dans le dos en constatant que c'est le ministre Jean Rochon, le responsable politique de la région de Québec, qui a été chargé par le premier ministre de donner suite à ce rapport.LA PRESSE ET VOUS Information, oui, mais aussi divertissement Un quotidien comme La Presse a pour mission \u2022d'informer sur ce qui se passe, chaque jour, dans tous les domaines qui font l'actualité ; d'expliquer, d'analyser, de commenter les faits, les gestes et les événements de la société afin d'apporter un éclairage aux lectrices et aux lecteurs.Mais un journal comme le nôtre doit aussi divertir et offrir des services communautaires et d'intérêt public à ses habitués.Les lecteurs connaissent sûrement le cahier « Sortir » qui paraît tous les jeudis.Ça fait déjà cinq ans qu'il est publié.Ce 5* anniversaire sera souligné dans la prochaine édition de « Sortir », le jeudi 2 octobre.Né d'une demande de plusieurs lecteurs qui voulaient savoir chaque semaine ce qui se passe « en ville » ou en banlieue, mais aussi quels grands événements se déroulent dans les diverses régions du Québec, « Sortir » a été axé sur les découvertes de toutes sortes à faire.Découvertes de nouveaux talents artistiques, découvertes de nouveaux lieux et endroits « in », découvertes d'activités peu publicisées.Après cinq ans, sous la direction initiale de Marc Doré et maintenant de Alain de Repentigny, sous la responsabilité directe du journaliste Yves de Repentigny qui y consacre depuis le début toutes ses énergies, le bilan du cahier « Sortir » est cloquent.En 260 numéros, le cahier « Sortir » a fait le portrait de 203 artistes dans divers secteurs de la culture comme la musique, la chanson, le théâtre, la danse, le cinéma, l'humour, la littérature, les ans visuels, ies clips.« Sortir » a permis de faire connaître et découvrir des artistes qui, à l'époque, n'étaient pas très connus et qui sont devenus aujourd'hui des vedettes.Que l'on pense à Benoît Brière, Natalie Cho-quette, Lynda Lemay, Céline Bonnier, Marc Dupré, Anthony Kavanagh, Zébu-Ion, Térez Montcalm, Michel Faubert, Denis Villeneuve, Lhasa de Sela et plusieurs autres.Il y a à peine cinq ans, plusieurs de ces noms ne faisaient pas les grandes scènes ni la une.Aujourd'hui, ces artistes sont courus, recherchés.De même, « Sortir » a permis aux journalistes de la relève de s'exprimer.Au total, 146 jeunes ont signé des articles, reportages, entrevues ou opinions.Certains n'ont fait que passer.D'autres ont été des piliers de « Sortir » comme Julie Vaillancourt, Mylène Roy, Mario Cloutier, Marc Cassivi et Nora Ben Saâ-doune, pour ne nommer que ceux-là.La plus ancienne collaboratrice : Sonia Sarfati.Elle avait signé un premier article dans le tout premier numéro.Elle signera un texte dans l'édition du 2 octobre et dans les numéros à venir.Elle est maintenant journaliste régulière à La Presse.Afin de donner un air de jeunesse au contenu et à la présentation du cahier l'équipe de « Sortir » est jeune.Les collaborateurs, recrutés dans la salle de rédaction, dans les journaux étudiants, dans les radios communautaires, ont une moyenne d'âge aux environs de 25 ans.L'expérience professionnelle vécue à « Sortir » aura enrichi plusieurs collaborateurs qui travaillent aujourd'hui dans d'autres médias.Que l'on pense Julie Vaiilancourt, Marc Coiteux et Marie-Christine Biais, à Radio-Canada ; à Pascale Wilhelmy, autrefois à TQS et maintenant à TVA ; à Marie Plourde , au Journal de Montréal ; à Mario Cloutier, au Devoir; à Mylène Roy, à TQS et à Radio-Canada ; à André Duchesne, à La Voix de l'Est; à Nora Ben Saâdoune et Diane Jean au nouvel hebdo Ici.Au cours de ces cinq années, des centaines de sujets ont été abordés touchant les loisirs, le plein air, les jeux, les festivals, les bars et restos, les trouvailles, les découvertes, les cultures marginales, les autres cultures, les tendances, les courants musicaux, les nouvelles technologies, la relève, les suggestions de sorties, etc.en plus de nombreux cahiers spéciaux portant sur l'Haïloween, comme ce sera le cas dans notre édition du 30 octobre, sur la Saint-Valentin, la relâche scolaire, Noël, Pâques, etc.À compter du numéro-anniversaire du 2 octobre, le cahier « Sortir » sera renouvelé et amélioré afin de correspondre toujours davantage aux intérêts et aux attentes des lecteurs.Il sera encore plus collé sur l'actualité, sur les événements et activités du week-end et de la semaine à venir.Il sera encore plus accessible à toutes les catégories de lecteurs, à tous les âges, à tous les goûts.C'est un instrument de référence pour vos sorties.Consultez-le et faites-nous connaître vos commentaires, vos suggestions d'améliorations, vos idées même les plus fûfolles.Il est fait pour vous.Nous voulons que le cahier « Sortir » corresponde à ce que vous voulez qu'il soit.Claude MASSON éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 Le frein rongé des baby-boomers Chantai Hébert Partira, partira pas ?La question pourrait bien se retrouver sur les cartes de voeux qu'adressent actuellement les Néo-Brunswic-kois au premier ministre Frank McKenna, alors qu'il se prépare à fêter d'un jour à l'autre son dixième anniversaire aux commandes de leur province.À première vue, pourtant, l'échéance ne justifierait que des célébrations.Après dix ans, McKenna est encore le leader incontesté du Nouveau-Brunswick.Aucun prétendant menaçant ne se profile à l'horizon.Mais le premier ministre a rendez-vous avec son propre calendrier.Lorsqu'il a pris le pouvoir, à l'automne de 1987, il s'était publiquement fixé une échéance de dix ans.Et, après trois victoires décisives, les défis se font plus difficiles à imaginer.Au terme d'une brève visite à Fredericton, hier, il m'a semblé que le pendule oscillait vers la sortie.Frank McKenna aura seulement 50 ans en janvier.À son âge, au Canada, peu de gens disposent d'un tel bagage politique.Pourtant, s'il finit par quitter son poste, c'est le secteur privé qui va le récupérer.La vie publique au Canada n'a pas vraiment de débouchés intéressants à offrir au jeune doyen des premiers ministres provinciaux.Avec ses horizons bloqués, son parcours politique s'inscrit dans un tracé qui est actuellement en voie de devenir la règle pour sa génération.Annoncée, étudiée, auscultée depuis plus de 40 ans, la vague soi-disant montante des baby-boomers est en effet loin de faire des ravages en politique.Par rapport à son importance numérique, le groupe des 35 à 50 ans est sous-représenté aux commandes.Ceux qui, comme Frank McKenna, ont réussi à se hisser à un certain niveau, sont presque toujours piégés entre l'option de s'user à ronger leur frein ou celle de tourner la page.Mais, en majorité, à la place d'attendre leur tour, les baby-boomers sont tout simplement en train de le passer.Exception faite de Frank McKenna qui réfléchit à sa sortie, c'est ainsi qu'entre Brian Tobin ( 43 ans ), à un bout du Canada, et Glen Clark (40 ans), à l'autre, on ne trouve pas de baby-boomer à la tête des multiples gouvernements de ce vaste pays.Les Klein ( 55 ans ), Fil-mon ( 55 ans ), Harris ( 52 ans ) sont tous des produits de la Deuxième Guerre mondiale.À Québec comme à Ottawa, c'est une génération encore plus âgée qui a les deux mains agrippées au volant.Si Jean Chrétien ( 63 ans ) et Lucien Bouchard ( 59 ) décidaient demain matin de passer soudainement la main, Paul Martin ( 59 ans ) et Bernard Landry ( 60 ) sont tous deux à côté de leur téléphone à attendre l'appel du devoir ! Dans le même esprit, il n'y a pas si longtemps, on faisait encore circuler au Québec les noms de Guy St-Pierre ou de Michel Bé- %1 Frank McKenna langer, deux hommes qui ont bien réussi dans la vie, mais dont l'avenir est quand même pour l'essentiel derrière eux, comme éventuels successeurs de Daniel Johnson ( 53 ans ).Et les fédéralistes n'ont pas le monopole du recyclage.Le printemps dernier, la moitié de la liste des candidats à la direction du Bloc québécois était composée de membres du club de l'âge d'or des anciens ministres de René Lévesque.Pettigrew Depuis toujours, réussir en politique a, entre autres, voulu dire durer.Or, cette règle d'or ne correspond en rien au mode de vie des baby-boomers, ni à l'usure accélérée qui résulte de l'exercice du pouvoir en cette fin de siècle.Avec des ménages qui mènent généralement deux carrières de front, les baby-boomers n'ont pas, contrairement à leurs aînés, le luxe de trimbaler à leur guise conjoint et enfants.De plus, parce qu'ils ont souvent attendu pour fonder une famille, ils ont fréquemment des bébés aux couches à un âge où d'autres générations voyaient leur progéniture quitter une fois pour toutes la maison familiale.Et puis, le vieux moule qui a tendance à réduire la majorité des élus en bouillie parlementaire n'a rien pour attirer une génération axée sur l'individualisme et sur les résultats.Ainsi, pour rajeunir son équipe québécoise, Jean Chrétien a dû aller chercher Stéphane Dion et Pierre Pettigrew dans leurs salons et les propulser aux premiers rangs de son gouvernement.Il n'aurait jamais pu les recruter autrement.Car le prix à payer pour interrompre une carrière dynamique n'a jamais été aussi élevé.La valeur comptable d'un député a rarement été aussi basse.Les chances de se replacer convenablement après un saut en politique sont loin d'être évidentes.Ces réalités qui contribuent à rendre la politique peu attirante pour qui a de l'énergie, dfcs idées neuves mais pas d'indépendance, de fortune a un autre effet pervers.Elle rend la retraite de la politique tout aussi répugnante aux plus âgés et aux plus médiocres.Quand rien de très excitant n'attend à la sortie, dîi a tendance à prolonger le tour de piste.À ce dossier, il faut finalement versé* 4e débat inachevé qui consume le Canada depuis 30 ans.Les matchs de reprise continuels du débat sur l'unité canadienne semblent contribuer à transformer une génération en spectateurs plutôt qu'à la mobiliser.- À l'échelle canadienne, les politiciens qui montent ont tendance à fuir ce dossier comnaeJUi peste.C'est tout autant le cas des Harris, Klein et Clark que de recrues fédérales récentes comme Allan Rock.Entretemps, au Québec, ; les visages qui font l'affiche ne se renouvellent pas souvent.Résultat, les principaux; acteurs de cette saga,- qui ont souvent commencé par s'accrocher pour être de l'épisode décisif qui se profile perpétuellement au tournant, finissent aujourd'hui par rester parce que la relève leur fait faux bond ou qu'elle est encore bien trop jeune (25-34 ans ) pour prendre leur place.De toute façon, ils seraient malvenus de se presser maintenant de tirer leur révérence.Partout autour d'eux, la politique devient le hobby d'un nombre croissant de retraités en quête de deuxième carrière.« La province de Québec n'a pas d'opinions, elle n'a que des sentiments » \u2014 wu&id La uner CHRISTIAN DUF0UR Avocat, l'auteur enseigne à l'École nationale d'administration publique.On dit souvent qu'il n'existe plus aucun tabou en politique.Toutes les critiques et tous les coups sont désormais permis à l'égard d'hommes ou de femmes implacablement scrutés dans leur vie privée comme dans leur vie publique.Qu'elle semble loin l'époque où le pouvoir était exercé par de tout-puissants souverains que l'on n'avait d'autre choix que de flatter, en obéissant servilement à leurs plus absurdes caprices.Pourtant, quand on y regarde de près, il s'agit essentiellement d'une illusion d'optique.Le vieux tabou existe toujours, il s'est juste déplacé, protégeant maintenant le nouveau monarque, les citoyens.Quand avez-vous entendu pour la dernière fois dans les médias la plus petite critique de l'opinion de ce peuple d'où émane maintenant toute souveraineté ?Or, ce n'est pas parce que le peuple est souverain qu'il ne peut pas se tromper.Au contraire, comme tous les souverains, il peut mal gérer son pouvoir, provoquer des catastrophes.Son pouvoir souverain, il peut même le perdre au profit de d'autres peuples, à l'instar des rois découronnés d'an tan.Ce qui nous amène bien sûr aux Québécois, probablement la collectivité la plus sondée de la planète, et à cette série d'enquêtes d'opinion qui ont révélé nos étonnants sentiments, entre autres sur la partition et la légalité de la souveraineté.Le fait que ces sondages aient montré une baisse d'appui à la souveraineté n'est pas ce qui fait problème.Ce n'est pas non plus notre légendaire ambivalence à l'égard du Canada, maintes fois démontrée, ni même notre aptitude à nous contredire parfois, comme le font tous les êtres et toutes les collectivités qui préfèrent la vie aux théories.Non, ce qui dérange, c'est quand le minimum vital n'est plus là, que le sens commun apparaît Joyeusement balancé par dessus bord et que l'incohérence devient totale.Ce qui désole, c'est la perte de crédibilité de plus en plus évidente du peuple québécois sur le plan politique.Que la majorité des Québécois qui appuient la souveraineté admettent, non pas la possibilité, non fias le danger oi^même la probabi- Christian Dufour lité de la partition du Québec, mais y voient un droit, disons-le crûment, cela dépasse l'entendement : un certain instinct de vie n'est plus là.C'est comme ces Québécois qui approuvent la décision de Québec de ne pas se présenter devant une Cour suprême en laquelle ils n'ont pas confiance, ce qui ne les empêchera pas d'accorder beaucoup d'importance à son jugement et de considérer obligatoire le consentement d'Ottawa à la déclaration de souveraineté.\u2022 Désolé, souverains compatriotes québécois, coupez-moi la tête si vous voulez, mais cela ne marche pas, c'est perdant : vous négligez vraiment trop le principe de réalité.Vous ne savez pas ce que vous voulez ; vous voulez tout ; vous n'aurez rien.Le peuple souverain devant être flatté, les fédéralistes se réjouiront bien sûr de votre fair play de bons diables qui ne refusent pas aux autres ce qu'ils se permettent à eux-mêmes, la partition du Québec, c'est bien connu à Ottawa, constituant l'exact équivalent juridique et politique de la « partition » du Canada.Le peuple souverain ne pouvant être critiqué, les souverainistes feront quant à eux leur mea culpa pour avoir eu une confiance exagérée dans votre instinct de survie comme Québécois.Mais il faut aussi que vous sachiez ce que plusieurs pensent tout bas.Vous gérez mal un pouvoir souverain qui est fondamentalement contesté par le reste du Canada ; vous êtes en train de perdre.En tant que Québécois, nous manifestons une telle incohérence, une telle impuissance et, surtout, une telle complaisance que cela bloque tous les avenirs possibles : de la souveraineté au bon fonctionnement du Canada, en passant par ces autres possibles auxquels nous ne sommes même plus capables de penser.Pendant ce temps-là, les deux options en présence deviennent encore plus rigides et an- tagonistes, en même temps que décrochées du réel et irréalisables ; l'affaire dégénère en une destructrice lutte fratricide entre francophones.Après s'être amèrement plaints de l'esprit de confrontation qui a dominé le débat politique canadien, depuis le dernier référendum, les souverainistes n'ont pas eu un mot pour saluer le risque pris par les premiers ministres canadiens-anglais, il y a quinze jours à Calgary, ce qui était en dépit de tout une main tendue dans un contexte de marge de manoeuvre nulle.Rien n'étant réglé, un gouvernement québécois ne saurait renoncer à la possibilité de tenir, et surtout de gagner un référendum qui briserait l'infernal cercle vicieux.Cela dit, il est proprement stupéfiant que les souverainistes prennent pour acquis la tenue d'un autre référendum sur la souveraineté, lors d'un prochain mandat du Parti québécois, alors qu'ils ont toutes les chances de le perdre.L'Histoire ne revient pas en arrière : le 49,5 % de 1995 ne fut pas une quasi-victoire que l'on peut rattraper en un coup rapide, mais une vraie défaite où l'on a inutilement alarmé le partenaire canadien-anglais, tout en se condamnant soi-même à l'impuissance.Le drame est que le caractère serré du résultat a démontré que le succès aurait pu être possible si l'on avait été capable de contrôler ses émotions et d'attendre un peu.Les autres qualités de Jacques Pari-zeau ne sauraient faire oublier sa responsabilité à l'égard de cet échec monumental-là.C'est le passé.La réalité d'aujourd'hui est que la coalition qui a rendu possible le 49,5 % n'existe plus, alors que les Québécois sont en perte de crédibilité sur le plan politique.Que l'on ne nous farcisse plus la tête avec ce peuple québécois libéré et adulte, qui vogue se-reinement et à son rythme vers son irréversible destinée.La vérité est que nous sommes toujours en retard d'une bataille, citoyens-souverains qui ne font pas leur travail, éternels adolescents incapables de choisir vraiment quoi que ce soit.Nous courons à notre perte si nous ne changeons, si nous ne mûrissons pas.De toute urgence, il nous faut devenir moins complaisants sur le plan politique, plus anglo-saxons à ce niveau ; il nous faut nous endurcir.Il y a un siècle, Wilfrid Laurier interpellait ainsi Henri Bourassa au sujet de la guerre des Boers : « La province de Québec n'a pas d'opinions, elle n'a que des sentiments.» Selon son biographe, Réal Bélanger, Laurier trouvait que nos ancêtres avaient l'émotion facile, mais peu d'idées politiques auxquelles ils tenaient vraiment.Nous en sommes manifestement encore un peu là.Arrêtons donc de nous conter des histoires et admettons qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au pays du Québec.Seuls les sots s'en réjouiront, car cela n'augure rien de bon pour nous, mais aussi pour tout le Canada.Vers l'école à deux vitesses DIANE GUILBAULT Un système public d'éducation ne devrait-il pas avoir comme première mission de permettre à tous les élèves de développer leur plein potentiel ?U semble bien qu'au Québec, la réponse sera non.Du moins pour les élèves un peu plus forts et qui désirent s'investir davantage dans leurs études.Car, selon l'idéologie qui semble à la base de la réforme, les plus forts finiront bien par s'en sortir ! Mais à quel prix ! C'est de l'angélisme de croire que la motivation peut à elle seule permettre à tous les élèves de suivre un programme enrichi.Actuellement pour être admis dans plusieurs de ces projets spé- Pauline Mmuîi ciaux, on regarde les notes et on fait passer un examen d'admission.C'est le cas pour sports-études, douance-musique et pour le programme d'éducation internationale.( Au fait, ce programme a un contenu précis, et il ne s'agit pas simplement de mettre des petits drapeaux dans la classe.) Tous les élèves vous le diront : dans ces programmes, il y a plus de travail qu'ailleurs.Or, selon Madame Marois, il faut que tous les élèves soient admis.Mais s'ils ne réussissent pas.Madame Marois, que faisons-nous?Ou on les garde, et on ajuste les notes \u2014 méthode surutilisée au cours des dernières années \u2014 ou on baisse les exigences du program-ne et on revient à la case départ : la loi du plus faible.Ce que l'un ne peut pas apprendre, nul ne doit l'apprendre.Sauf s'il a les moyens d'aller à l'école privée.N'est-ce pas plutôt cela l'école à deux vitesses : l'école des riches et l'école des autres ?Un système public d'éducation ne devrait-il pas avoir comme première mission de permettre à tous les élèves de développer leur plein potentiel ?La CEQ, qui s'oppose avec véhémence à tout projet spécial qui suppose une sélection, confond pauvreté et difficultés intellectuelles.S'il est vrai qu'en quartier défavorisé on observe de moins bons résultats scolaires, ce n'est pas que tous les élèves soient faibles.U y a tout un ensemble de facteurs qui concourent à cet état de choses qu'une loi ne peut à elle seu]e corriger.En attendant d'avoir changé le monde, pourquoi ne pas offrir à des élèves de milieu défavorisé qui ont du potentiel la chance de le développer dans une école où le succès scolaire est valorisé, surtout au Secondaire.Les enseignants ne pourraient-ils pas faire ce dépistage?Au lieu de laisser à chaque école de quartier le soin de se définir une vocation particulière, pourquoi ne pas donner aux commissions scolaires la responsabilité d'offrir sur leur territoire tous les services, y compris ceux destinés aux élèves doués ?Ceux-ci pourraient se partager une école régionale, qui desservirait un plus vaste territoire.« Les projets spéciaux viejent l'école de quartier.» Voilà l'argument « massu », le seul argument en fait pour interdire la sélection basée sur les notes.Or, c'est faux.Au Québec il y a 350 écoles avec des projets spéiaux sur 3 400, soit 10 %.En Montérégie, l'école d'éducation internationale de Saint-Hubert accueille à peine 11 % des élèves du territoire de la Commission scolaire de l'Eau» Vive.Par contre, l'école privée en draine plus de 35 %.Doit-on .interdire les écoles privées pour au-, tant ?Aujourd'hui, on reconnaît que d'avoir mis la hache dans les -écoles professionnelles constituait une erreur majeure.Avant d'abolir les projets spéciaux, peut-être vaudrait-il mieux y penser à deux fois.Car, dans 20 ans, d'autres diront : « C'était une erreur ».Et nos enfants en auront fait les frais.D'autre part, depuis 30 ans, on veut nous faire croire que les'èlè^ ves les plus forts tirent vers le haut les élèves les plus faibles.Ah ! bon.Ça doit être pour ça.que, depuis 30 ans, on observe un nivellement par le bas, qu'on a fait des états généraux et qu'on a' demandé une révision du curriculum.Quand ça fait 30 ans qu'une théorie ne fait pas ses preuves, il me semble que c'est le temps dé la réévaluer.Je crois plutôt que ces beaux discours servent surtout à masquer le déficit de reflexion sur les façons d'amener les élèves moins performants à réussir.Voilà le véritable défi.Et d'ici à ce que des tt-ponses soient trouvées, le Québec devrait diriger les ressources appropriées vers les écoles en difficulté ( par exemple, diminuer le ratio maître-élèves ) et donner aux élèves doués le droit aussi de se développer au maxi- mum.Si la ministre donne suite à son intention d'interdire la sélection sur les notes, au nom de l'équité, je lui demande également qu'il soit interdit à tout enseignant, a tout parlementaire, à tout fano \u2022 tionnaire du MEQ et à tout perm/ na nent syndical d'envoyer ses cjv' fants à l'école privée.Car ce qui est bon pour le peuple devrait être bon pour tout le monde. * ¦ B 4__LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997_ Plus Comment se débarrasser des mines antipersonnel ?Des mines qui s'autodétruisent à tout coup.ou presque L'adjudant Serge Carrier, un ingénieur qui vient de prendre sa retraite des Forces armées canadiennes, a passé 20 ans à manipuler des mines.Il a fait du déminage à Chypre et sur le plateau du Golan.Bref, Carrier n'est pas un peureux.Et pourtant.« Je vous dis qu'avec certains types de mines qu'on trouve aujourd'hui, j'aimerais pas ça être là.Je me coucherais par terre et je ne bougerais pas pendant deux, trois semaines ! » Les moyens de détection des mines et leurs limi Les techniques de déminage Les facteurs aggravants ¦ Détecteurs de métal Détection la plus rapide, mais l'utilisation grandissante de mines en plastique rend difficile la détection.Pour chaque mine détectée, on dénombre jusqu'à 200 fausses alertes ¦ À la main Les mines sont localisées en fouillant la terre à laide d'un couteau ou d'une baïonnette.La plus ancienne des méthodes de détection s'avère efficace pour la détection de mines en plastique.¦ Chiens L'odorat d'un chien est de 100 à 1000 fois plus sensible que le meilleur des détecteurs mécaniques.Les labradors et les bergers allemands ont été utilisés en Afrique australe et en Bosnie.¦ Fléaux Pour traiter les zones à végétation épaisse, des engins dotés de fléaux martèlent le sol et détruisent les mines au fur et à mesure de leur avance.¦ Infrarouges, radars et impédances acoustiques Alors que les techniques de relevage des mines ne progressent guère, les chercheurs développent des méthodes de détection utilisant des infrarouges (embarqués sur aéronefs lents), des radars de pénétration (comme en archéologie) ou la réflexion des ondes acoustiques si le terrain est homogène.Pluies La saison des pluies modifie les zones minées et les pistes (Cambodge.Mozambique} @) Marées Flux et reflux retirent et ramènent les mines des plages (Koweit) Montagnes Les moyens mécaniques sont inadaptés à ces régions (Kurdistan.Maiouines) Déserts Les vents de sable couvrent et découvrent les projectiles fi Infographie La Presse/ Figaro PHOTO AP Opération de déminage conduite par des soldats sud-coréens à la frontière avec la Corée du Nord.d'utilisation : « Nous participerons aussi à une véritable opération de déminage, au Cambodge, en novembre cette année, pour acquérir de nouvelles données et peaufiner notre programme d'algorithmes.» Image radar sur disquette Au Cambodge, l'équipe suisse suivra le travail classique des détecteurs de métaux.À chaque alerte, elle couvrira la zone suspecte avec son GPR, qui enregistrera les images radar sur disquette.Une fois l'objet déterré, il ne restera plus à Jean-Daniel Nicoud qu'à collecter, sur un portable, les données du débris métallique ou de la mine et de les comparer avec les images de son radar.Pour les mines en plastique, le professeur Nicoud estime que son GPR pourrait être combiné à des biocapteurs capables de détecter l'odeur des gaz nitriques qui se dégagent des explosifs.De nombreux chercheurs travaillent sur ces biocapteurs en Suède, en Afrique du Sud, en France ( Thomson-CSF ) et aux États-Unis, où le chimiste R.Andrew McGill, du Naval Research Laboratory, considère que la recherche en matière de signature chimique des mines antipersonnel est prometteuse.Le Joint Research Centre européen a aussi travaillé sur le GPR, mais associé à un autre radar de couverture plus large, VUltrowide Penetrating Radar ( UWB ).Ces deux techniques permettront la mise au point d'un instrument de haute fiabilité, le Surface Penetrating Radar ( SPR ), capable de détecter, verticalement et horizontalement, tous les types de mines, métalliques ou non, même au travers d'une végétation dense.L'utilisation de caméras équipées de capteurs à infrarouges polarimé-triques capables de visualiser des mines non métalliques est également étudiée par les scientifiques européens.Ces trois grands axes de recherche ( détecteur de métal avancé, radar subsurface et capteur à infrarouges ) ont été jugés prioritaires par la Commission européenne, qui, le 30 juillet 1996, a lancé un premier appel d'offres pour l'étude de faisabilité de ces trois techniques de détection qui devraient être testées en Bosnie dans les prochains mois.Pour Christian Pichot, directeur de recherche au CNRS, qui mène, au sein du Laboratoire d'électronique antennes et télécommunications de l'université de Nice, des travaux sur cette détection d'objets enterrés, il est essentiel de mener une étude sur la fusion des données incluant la classification des différents types de mines par les trois capteurs et les configurations de terrain existant en Bosnie afin d'améliorer la détection, de réduire les fausses alarmes et de se servir de catalogues de « signatures » des mines.Cet appel d'offres prévoyait également l'étude du type de véhicule robotisé sur lequel ces trois capteurs seraient montés et la manière dont ils le seraient, sur un bras articulé robotisé.Le consortium vainqueur de cet appel d'offres, premier du genre, est constitué du groupe allemand Dornier GmbH-Daimler-Benz Aerospace, du groupe français Thomson CSF et d'un des partenaires de ce dernier, le groupe néerlandais Signaal USFA.Signé le 20 janvier dernier, le contrat, financé par la Communauté européenne, s'est terminé fin juin avec la remise des rapports.La solution proposée consiste en la mise au point d'un « coeur » multisenseurs associant l'optroni-que, le radar GPR, la radiometric et l'électromagnétique qui sera intégré dans un véhicule spécialisé mis au point par Daimler-Benz Aerospace.Une grande partie des technologies conçues par le consortium a été testée avec succès, en avril dernier, au Joint Research Center d'Ispra sur des mines identiques à celles utilisées en ex-Yougoslavie.Un budget de 10 millions Dans le prolongement du premier, la Communauté européenne a procédé, le 15 mars dernier, à un deuxième appel d'offres.Financé cette fois à hauteur de 50 % seulement, ce contrat concerne les études devant aboutir, d'ici à trois ans, à la construct ion du support mobile des multicapteurs.Même si aux États-Unis tout ce qui touche aux mines antipersonnel ( fabrication comme eradication ) est contrôlé par le Pentagone, les Américains ne sont pas absents de cette bataille scientifique.L'an dernier, le Congrès a voté un budget de 10 millions de dollars sur trois ans, pour la recherche et le développement de nouvelles technologies antimines.Les solutions proposées par les chercheurs américains seront présentées les S et 9 décembre prochains, lors d'une conférence internationale consacrée au déminage.Grâce à cette mobilisation internationale.Cambodgiens, Afghans ou Bosniaques ont de bonnes raisons d'espérer que dans trois ou cinq ans des technologies efficaces de détection seront opérationnelles afin que leur pays soit enfin débarrassé des mines antipersonnel qui tuent ou mutilent tous les jours.JEAN-MICHEL LE CORFEC Le Figaro La détection et la localisation de ces armes redoutables que sont les mines antipersonnel font l'objet de véritables programmes de recherche.C'est en Bosnie et au Cambodge que sont testées les nouvelles techniques de déminage.l'Europe et les États-Unis ont lancé des programmes ambitieux dans ce sens.Spectromètres, radars, caméras à infrarouges ou biocapteurs offrent de nouvelles perspectives d'efficacité à condition toutefois d'être testés sur le terrain.La Bosnie et le Cambodge ont le triste privilège d'accueillir ces missions d'expérimentation.Dès 1994, la Communauté européenne avait lancé un programme de recherche sur les techniques de détection des mines antipersonnel.Un programme ambitieux, baptisé « Cimic » ( pour Civil Mines Clearance ) et mené en partie par le Centre commun de recherche basé à Ispra, en Italie.C'est dans ce cadre que l'ensemble des performances des capteurs modernes ont été recensées.Radiographier le sol Parmi eux, les gradio-mètres comportent deux capteurs d'ondes magnétiques quatre fois plus sensibles que les magnétomètres.Le gradient des deux champs magnétiques permet de définir, au centimètre près, la position exacte de la mine, sa taille et l'importance de sa masse métallique.Il existe également un radar capable de « radiographier » l'intérieur du sol.Ce type de radar, le Ground Penetrating Radar ( GPR ), a été conçu, dans les années 80, par la société britannique ERA Technology, qui le testa avec succès à l'occasion de la guerre des Maiouines.Ce radar fut récemment utilisé par la police belge dans le cadre de l'affaire Dutroux.Depuis 1995, le professeur Jean-Daniel Nicoud, directeur du laboratoire de micro-informatique de l'École polytechnique de Lausanne ( EPFL ), travaille sur ce radar subsurface dans le cadre d'un projet financé par l'association humanitaire Rovictims, le département fédéral des Affaires étrangères et l'EPFL.Le GPR fait appel à une impulsion très courte, inférieure à une nanoseconde, à laquelle correspond un écho ou une résonance mesurée en retour.Il est donc possible, en déplaçant la sonde du radar, un disque de 20 centimètres de diamètre, et en représentant l'intensité reçue par des couleurs, de reconnaître .un objet par une famille 4,'hyperboles.En balayant le sol avec son GPR, Jean-Daniel Nicoud a pu obtenir une restructuration en trois dimensions des vingt premiers centimètres de la couche supérieure du bac expérimental dans lequel il avait enfoui mines et objets divers et ainsi acquérir des données caractéristiques, sorte de signatures informatiques, dans le but de dévelop-per des algorithmes de reconnaissance de toutes les mines existantes.Afin d'expérimenter les nouvelles technologies sur le terrain, Jean-Daniel Nicoud organise, du 29 septembre au 1er octobre, à Zagreb, un atelier baptisé « SusDem 97 » et placé sous le patronnage du ministère de l'Intérieur croate.Pour le professeur Nicoud, il est primordial d'affiner la recherche sur le terrain, dans les conditions réelles ANDRÉ PRATTE Jusqu'ici, les mines antipersonnel étaient des engins aussi simples que cruels.Selon leur conception, elles sautaient si quelqu'un marchait dessus ou si on s'accrochait les pieds dans un fil déclencheur.Les engins les plus récents sont autrement plus complexes, étant munis de détecteurs séismiqoes.acoustiques et / ou infrarouges.Il suffit de s'en approcher.Certaines mines sont même programmées pour laisser passer plusieurs soldats, de façon à sauter au milieu d'un peloton.Les mines modernes sont faites de plastique, et sont donc très difficiles à détecter.En outre, elles peuvent être déployées en grandes quantités par des canons ou du haut d'un avion, sur des surfaces considérables.« Avec la nouvelle technologie, estime M.Carrier, ça a dépassé ce qu'un homme peut faire pour contrer des mines, » M.Robert Bell, conseiller spécial du président Clinton dans ce dossier, décrivait la semaine dernière avec une certaine fierté un engin baptisé « Gator » : « Un avion F-16 lance un baril.Quand ce baril touche le sol, vous avez 72 mines anti- tank qui se déploient sur environ 100 verges, parmi lesquelles sont éparpillées 22 mines antipersonnel, reliées aux mines antitank par des fils piégés.» On le voit, on est loin des mines à trois dollars qu'installent encore, une à une, les groupes de rebelles en Afrique ou en Asie.Les pays qui peuvent se payer de tels engins aiment souligner que ceux-ci sont programmés pour s'autodétruire après une période prédéterminée.« Ainsi, lorsque les combats sont terminés, expliquait le représentant américain, il ne reste plus rien qui puisse menacer les enfants, ou les fermiers, ou les civils innocents.» « Quatre-vingt-dix jours après leur déploiement, 99,99 % de ces mines ont sauté ou sont devenues inertes », renchérit un document distribué à la presse américaine.V Trop cher Le major Colin King, expert britannique du déminage, est sceptique : « Si cela est exact, comment se fait-il que lorsque j'ai participé au déminage dans le golfe Persi-que, j'ai personnellement trouvé deux de ces mines Intactes?Ces choses-là sont jetées d'avions et rebondissent au sol, comment les Américains peuvent-ils prétendre à un tel taux de fiabilité 7 » De toutes façons, les mines dernier cri coûtent si cher ( 260 $ US pièce ) que les États du tiers-monde et les groupes de guerilla ne peuvent se les payer.Tout ce monde continue donc de déployer des mines qui, des décennies après le départ des soldats, tueront et mutileront.{ ) LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 Plus \u2014\u2014 La mobilisation de la honte Comment le Canada, les ONG et Diana ont convaincu le monde d'interdire les mines antipersonnel 4'V André Pratte 0~ fficier dans Tannée du Vietnam du Sud, Vu Phi Hung a passé 21 ans dans les champs de mines.« Il y en avait partout, sur les routes, le long des sentiers, dans les champs et les rizières, raconte-t-il aujourd'hui.Parfois, quand nous n'avions pas de démineurs avec nous, nous envoyions les prisonniers de guerre devant.La plupart des blessures pendant la guerre du Vietnam ont été causées par les mines.» La guerre du Vietnam est terminée, et Vu Phi Hung est aujourd'hui installé dans un logement rue Lionel-Groulx, à Montréal.Mais les mines, elles, continuent leur sale besogne.Chaque année, quelques dizaines de Vietnamiens meurent ou sont grièvement blessés par ces engins installés là il y a 20 ou 30 ans.Et puis des milliers de paysans se morfondent dans la pauvreté, incapables de cultiver des terres infestées par ces engins.La situation est encore plus grave dans des pays où les armes se sont tues plus récemment, tels le Cambodge, l'Irak et le Mozambique.Le médecin canadien Keith Martin s'est porté volontaire à la frontière du Mozambique, en 1986, puis en 1991.« Généralement, expliquer-il, les personnes blessées par des mines nous arrivent avec les muscles des jambes déchirés.Les os sont en miettes.Parfois le membre est complètement coupé du corps, parfois il ne tient que par un bout de muscle et de peau.Des fragments de métal, de plastique et de terre ont été propulsés jusque dans le ventre, ce qui cause de graves problèmes d'infection.» Un prix Nobel au Canada?En 1993, le docteur Martin a été élu député réformiste à la Chambre des communes.L'an dernier, il déposait un projet de loi privé proposant une interdiction de la production de mines antipersonnel au Canada.À sa grande surprise, le gouvernement libéral a non seulement appuyé le principe du projet de loi, mais s'est lancé dans une campagne internationale qui aboutira, en décembre prochain, à la signature par une centaine de pays d'un traité mondial sur l'interdiction des mines antipersonnel.« C'est une grande réussite canadienne », affirme M.Martin, faisant fi pour l'occasion de toute par-tisanerie.Une grande réussite canadienne ?Ne sommes-nous pas un peu chauvins en s'attribuant le mérite d'un traité qui, cela ne fait aucun doute, sauvera des milliers de vies humaines ?Non.Cette fois-ci, notre fierté est bien placée.Qu'il suffise de dire que le sénateur américain Patrick Leahy, champion de cette cause au Congrès, a soumis la candidature du ministre canadien des Affaires étrangères Lloyd Axworthy pour l'obtention du prix Nobel de la paix.a M.Axworthy a vraiment fait preuve de courage politique », affirme le docteur Philippe Chabas, co-directeur de Handicap International, une organisation franco-belge oeuvrant auprès des victimes des mines.L'utilisation des mines antipersonnel ( mais pas leur production ou leur commerce ) est régie \u2014 mais pas interdite \u2014 par un accord international signé en 1980.Les négociations visant à renforcer PHOTO REMtLEMAY.U Presse Offider dans Tannée sud-vietnamienne, Vu Phi Lung a vécu parmi les mines 21 ans durant: «Il y en avait partout, partout!» M.Phi Lung, qui vit à Montréal depuis six ans, regarde ici un de ses seuls souvenirs de la guerre, une photographie de lui, en uniforme, datée de 1968.Un traité efficace ?À l'opposé de bien d'autres documents concoctés par les diplomates, le traité sur l'interdiction des mines antipersonnel qui sera signé en décembre à Ottawa est limpide.Il suffît de lire les deux premiers articles : Article 1 Chaque État partie s'engage à ne jamais, en aucune circonstance : a ) employer de mines antipersonnel ; b ) mettre au point, produire, acquérir de quelque autre manière, stocker, conserver ou transférer à quiconque, directement ou indirectement, de mines antipersonnel ; c ) assister, encourager ou inciter, de quelque manière, quiconque à s'engager dans toute activité interdite à un État partie en vertu de la présente Convention.Article 2 Chaque État partie s'engage à détruire toutes les mines antipersonnel, ou à veiller à leur destruction, conformément aux dispositions de la présente Convention.Mais qu'est-ce qui nous dit que ce traité sera respecté ?Les pays signataires ne s'empresseront-ils pas de le ranger au fond d'un tiroir dès qu'ils seront mêlés à un conflit armé ?Le traité comme tel n'a pas beaucoup de dents.Les pays signataires s'engagent à rendre illégales, par des lois internes, la production et l'exportation de mines.Pour sa part, le Canada s'est déjà imposé un moratoire sur la production et la vente de mines.Une seule entreprise, filiale de SNC, manufacturait de telles mines.Elle a cessé de le faire en 1992, « pour des raisons commerciales », explique la porte-parole de SNC, Suzanne La lande.Les signataires s'engagent à détruire leurs stocks de mines d'ici quatre ans.Les Forces armées canadiennes détruiront leurs dernières 30 000 mines antipersonnel au cours de l'automne.Un État signataire pourra se plaindre d'une violation du iraité par un autre État, celui-ci s'exposant à la visite d'une mission d'experts.Et alors ?Alors, soutient le docteur Philippe Chabas, co-directeur d'Handicap International, une organisation franco-belge, les guerres comptent de nos jours un important volet relations publiques : « Prenons l'exemple des armes chimiques.S'il n'y avait pas eu tout ce bruit autour des armes chimiques, Saddam Hussein les aurait sans doute utilisées.Le rôle de l'opinion publique est devenu fondamental dans la façon de mener les conflits, et ça vaut aussi pour les groupes de guérilla, qui ont besoin d'une légitimité politique.» M.Steve Goose, de l'organisation internationale Human Rights Watch, note que la stigmatisation des mines antipersonnel a déjà eu un effet : « À toutes fins pratiques, il existe depuis trois ans un moratoire mondial sur les exportations de ces armes.» Certes, plusieurs pays producteurs ne signeront pas l'accord.Mais M.Goose souligne que parmi la centaine de signataires « on retrouve la plupart des pays qui ont employé ou produit ces mines.» C'est le cas de l'Italie \u2014considéré par Human Rights Watch comme « l'exportateur le plus agressif du monde ».C'est le cas aussi de la Suède, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et de l'Afrique du Sud.Bref, une chose est sûre : il y aura désormais beaucoup moins de mines sur le marché.cet accord ayant échoué au printemps 1996, une cinquantaine de pays favorables à leur interdiction pure et simple se sont réunis à Ottawa l'automne dernier pour faire le point.C'est alors que le Canada, et M.Axworthy en particulier, sentant que l'opinion mondiale était désormais extraordinairement sympathique à cette cause, a pris le risque d'inviter la communauté internationale à négocier un traité d'interdiction totale qui serait signé un an plus tard, en décembre 1997, à Ottawa.D'où l'expression « processus d'Ottawa ».« C'était très radical, du point de vue diplomatique, explique un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.Plusieurs de nos alliés étaient très mécontents, tandis que d'autres \u2014les Êtats-Uj>is principalement \u2014 ne nous ont tout simplement pas pris sérieusement.» .2.Mais l'idée a gagné du terrain.Bien plus, en fait, que le Canada» ne l'espérait.« Il est arrivé que la princesse Diana adopte cette cause », a résumé un fonctionnaire américain.Il est arrivé aussi que les campagnes acharnées de plusieurs organisations non-gouvernementales ( ONG ) ont touché le public Que l'Afrique du Sud, désireuse de se faire une beauté sur la scène mondiale, s'est rangée du côté du Canada.Puis les Français ont élu un gouvernement socialiste.Et tout à coup, à Oslo ce mois-ci, les États partisans de l'interdiction se sont retrouvés majoritaires ! « Nous avons pu mobiliser la honte », affirme le fonctionnaire canadien.Désormais, et c'était le but de l'exercice, les pays non-signataires seront étiquetés comme favorables aux mines antipersonnel, favorables aux faucheuses d'enfants.La honte de Clinton Les États-Unis, qui jusqu'ici s'étaient tenus à l'écart, sourire en coin, se sont soudainement montrés intéressés à signer le nouveau traité.Mais ils posaient leurs conditions.Par exemple, une exception pour la Corée, où des milliers de mines séparent l'armée nord-co* réenne des soldats américains.«En tant que commandant en chef, je n'enverrai pas nos soldats défendre la liberté sans faire tout ce qu'il est possible de faire pour les protéger », a soutenu le président Clinton.Le Canada et ses alliés n'ont pas cédé.« Nous tentons de stigmatiser une arme, a expliqué le porte-parole canadien.Vous ne stigmatisez pas une arme si vous dites : 'Cet engin est interdit partout, sauf là.' » Les États-Unis exigeaient aussi que les mines antipersonnel déployées autour des mines antitank soient exemptées, sous le prétexte que les premières ne servent qu'à protéger les secondes.« C'est un argument plutôt ridicule », laisse tomber un expert britannique.Les Américains ne signeront donc pas le nouveau traité.Les Russes et les Chinois non plus.Plusieurs autres pays s'abstiendront.Par exemple, le Vietnam natal de Vu Phi Hung.« De toutes façons, même s'ils signaient, les communistes ne respecteraient pas le traité », affirme l'ancien militaire.Pourquoi le Vietnam ne veut-il pas signer, lui dont tant de citoyens ont été déchiquetés par les mines ?Peut-être parce qu'il craint toujours une invastion de son encombrant voisin chinois.Peut-être parce qu'il est devenu un important exportateur de mines.A l'ambassade du Vietnam à Ottawa, personne n'était disponible pour nous expliquer, le point de vue du gouvernement.À l'ambassade du Koweit pas davantage.La honte gagnerait-elle déjà les non-signataires ?L'Inde non plus ne ratifiera pas le nouveau traité.« Nous partageons l'objectif du traité, mais nous croyons que les mines antipersonnel constituent un moyen légitime de défendre nos frontières », a expliqué un porte-parole du Haut commissariat de l'Inde au Canada.Marcher sans crainte Début décembre à Ottawa, une centaine de pays signeront la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.Ce sera un triomphe personnel pour Lloyd Axworthy.Nul doute que le gouvernement Chrétien s'en pétera bruyamment les bretelles.Et pourquoi pas ?Grâce à cette entente, des milliers de gens pourront enfin marcher sans crainte.Marcher pour aller au champ, marcher pour regagner leur village.Ou marcher.juste pour le plaisir de marcher.« Je ne comprends pas comment le corps humain peut tolérer tant de souffrance ! » - L'émouvant témoignage d'un chirurgien canadien e n'avais jamais rien vu de tel ! confie le docteur Andrew Piers.Je ne comprends pas comment le corps humain peut tolérer tant de souffrance.Des gens sont arrivés, les deux jambes mutilées, les os sortant douze pouces sous les genoux.Parfois, ils étaient dans cet état depuis quatre ou cinq jours ! » Le docteur Piers, qui pratique à Vancouver, a passé trois mois dans un hôpital du Comité international de la Croix-Rouge au Kenya, à la frontière du Soudan.Là, il a traité plusieurs victimes de mines antipersonnel.Le médecin a beau nous parler d'une cabine téléphonique sur l'île de Vancouver, on sent l'émotion dans sa voix : « Quand j'étais là-bas, c'était un travail vous savez.Mais aujourd'hui, quand je raconte ce qu^ j'ai vu.» Selon le docteur Piers, la moitié des victimes meurent dans les minutes suivant l'explosion.Parmi les survivants, plusieurs restent étendus sur les lieux de la tragédie, gémissant pendant des heures, m Ils sont finalement transportés par camion, sur des routes cahoteuses, sans aucun traitement ou anesthé-sie, rapporte-t-il.Ils nous arrivent souffrant de graves infections.Et ils ont perdu une quantité de sang considérable.» Or le sang, en Afrique, est une denrée rare.« La résistance du corps humain est absolument renversante 1 » répète le chirurgien.Complètement dépassés Andrew Piers mentionne un problème dont on entend rarement parler : « Les médecins qui soignent ces gens ont peu d'expérience jjans le traitement de telles bles- sures.Vous ne voyez jamais ça en-pratique civile.Au début, quand une victime arrive, vous êtes complètement dépassé ! Et je suis Certain que vous ne pouvez pas soigner ces gens aussi bien qu'il le faudrait.» Chose certaine, le docteur Piers a fait de son mieux.Et il continuera de le faire, puisqu'il prévoit retourner dans un hôpital de la Croix* Rouge d'ici quelques mois. B64 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 Plus Référendum au pays de Galles Les Gallois ont décidé le 18 septembre, par référendum, qu'ils voulaient se doter d'une Assemblée autonome tout en continuant à faire partie du Royaume-Uni.20 % de ta population parle le gallois.Les Britanniques et les Gallois ont un statut égal au pays de Galles.Territoire 2,9 millions d'habitants 20 800 kilomètres carrés Histoire 1289 - La principauté de Galles est sous domination anglaise 1301 - Le fils aîné du roi Edouard 1* devient le prince de Galles.Le titre, qui appartient aujourd hui au prince Charles, continue d être détenu par le fils aîné du souverain régnant.Années 1300 - La principauté de Galles est sous domination anglaise.1536-1542 - Des actes d'Union incorporent le pays de Galles à l'Angleterre politiquement, légalement et administrativement.1979 - L'Ecosse et le pays de Galles rejettent par référendum un projet de création d Assemblées distinctes.Quatre mois après son élection, les référendums au nationalisme de Tony Biair, photographié fin avril PHOTO REUTERS et du pays de Galles ont sanctionné la stratégie face Ce qui change Une Assemblée de 60 membres siégeant à Cardiff aura le pouvoir de gérer les fonds publics alloués par le gouvernement pour ia santé, réducation, Jes transports et les arts, soit l'équivalent de 15,7 milliards S.A la différence du futur Parlement d'Edimbourg, elle n'aurait pas le pouvoir de lever des impôts ou de légiférer.Ce qui ne change pas Le pays de Galles continuera à élire 40 des 659 législateurs à la Chambre des communes, à Londres.L Angleterre.l'Ecosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord forment le hoyaume-Uni.Là Presse/AP-(PC) Le pari de la décentralisation Tony Blair pourra-t-il contrôler la dynamique indépendantiste .< i Jooneed Khan Les récents référendums sur la décentralisation en Ecosse et au pays de Galles ont été un triomphe pour Tony Blair dans la mesure où ils ont appuyé sa volonté de prendre au sérieux le nationalisme de ces deux peuples vaincus par les Anglais et intégrés depuis des siècles au Royaume-Uni.Volonté radine cependant puisque la folle course du souriant chef du New Labour pour donner l'impression de défaire en coup de vent l'échafaudage de 18 années de that-chérisme cède sans céder grand-chose : un Parlement de 129 élus aux Écossais, avec pouvoir de jouer dans une marge de 3 % sur le taux d'imposition du reste du royaume, et une Assemblée de 60 sièges aux Gallois, sans même la très symbolique prérogative fiscale des Écossais.Alliant en un seul geste « démocratie de base » et « pelletage », deux nécessités croissantes des sociétés post-industrielles en proie, depuis la fin de la Guerre froide, à l'émasculation de l'Etat et du politique aux mains du néo-libéralisme économique, Blair a pu dire, avec sérieux, après le scrutin du 18 septembre au pays de Galles : « Il s'agit ni plus ni moins de transférer vers des corps directement élus par le peuple des pouvoirs qui sont présentement exercés d'une façon tout à fait bureaucratique depuis Whitehall et Westminster par le biais de secrétaires d'État pour l'Ecosse et le pays de Galles ».Accusé par les conservateurs, Mme Thatcher en tête, de mettre en péril l'union du royaume, Blair ne courait en fait aucun danger d'être « lâché » par les Écossais et les Gallois : les premiers ont participé à 60 % ( 70 %, dit le mouvement Free Scotland, car les listes électorales étaient vieilles de 11 mois ), et voté à 74 % pour un Parlement et 64 % pour qu'il ait des pouvoirs fiscaux, même limités ; et si les seconds n'ont participé qu'à 51 % et voté OUI à une majorité de seulement 0,6 % ( 6721 voix sur un total de 1 112 117 suffrages exprimés), c'est parce que leur Assemblée aura encore moins de pouvoirs que celle des Écossais.Et l'Irlande Autre calcul du jeune premier ministre travailliste, devenu le chouchou des médias de droite liés à la City qui claironnent ce couronnement des 120 premiers jours de la « Révolution Blair » : la décentrali-sation en Ecosse et au pays de Galles peut s'avérer un banc d'essai pour l'épineux problème de l'Irlande du Nord, dont la majorité protestante ( 60 % ) commence à brandir le slogan du « Ulster Nation » et à articuler une demande d'indépendance comme troisième voie entre l'union au sein du royaume et l'unification de l'Irlande.Libéré, grâce à sa majorité de 178 sièges aux Communes, de l'emprise qu'exerçait la poignée de députés unionistes d'Ulster sur son prédécesseur tory John Major, Blair a lancé en trombe un processus de négociations à Belfast entre loyalistes protestants et républicains irlandais.Mais, ménageant l'avenir, il a promis pour l'Irlande du Nord un référendum sur la décentralisation en 1998, pour mieux garder l'Ulster dans le giron britannique, pas pour lâcher la province découpée de l'Irlande en 1921.De plus, ayant renoué avec l'Europe le dialogue interrompu par un John Major devenu l'otage des «< eurosceptiques », Blair ne pourra négocier avantageusement avec Bruxelles qu'en s'appuyant sur les « légitimités locales » Issues de la décentralisation, car la dynamique néo-libérale au niveau européen et mondial ne fera qu'accroître le « déficit démocratique » qui afflige déjà l'État britannique, compte tenu du seul ordre du jour de la monnaie unique, par exemple.À ce sujet, il pourra même exploiter à son profit la montée du chauvinisme anglais, qui a pris le relais des eurosceptiques de service.En effet, une dizaine de mouvements du type Free Britain sont à l'oeuvre, et l'un d'eux a réagi aux référendums en plaçant une annonce dans un journal invitant les Anglais « qui n'ont pas été consultés sur l'autonomie pour l'Ecosse et le pays de Galles » à appuyer une réduction du nombre de députés écossais et gallois à Westminster « où ils vont continuer à jouer un grand rôle dans les affaires anglaises ».Un autre, qui fait campagne sur le Web, décèle même une grave menace dans le fait que l'Union eu- ropéenne ait choisi l'anglais comme langue de préférence : « la langue de Shakespeare est menacée d'espérantisme, aifirme-t-il, et l'on va devoir écrire, par exemple, publik akseptanse au lieu de public acceptance! » Blair a déjà cédé du terrain sur la question puisqu'il a promis durant l'été d'instituer une commission électorale pour étudier la modification éventuelle de la représentation galloise et écossaise au Parlement de Westminster, en particulier celle de l'Ecosse qui y est sur-représen-tée par rapport à son poids démographique réel au sein de la population du royaume.Un antidote Mais si, pour Blair, comme pour The Economist, grand pourfendeur du Big Government, la décentralisation est l'antidote à la sécession et à l'indépendance, et se présente même comme « le salut » de tous les pays européens menacés par des séparatismes, depuis le Pays basque jusqu'à l'Abkhazie, pour bien des Écossais et des Gallois les récents référendums ne sont qu'un pas de plus sur la voie de l'indépendance pure et simple.Prenant exemple sur l'Europe, Blair y voit en effet l'une des applications du principe de subsidiarité, voulant que les pouvoirs au plus haut niveau aient intérêt à laisser aux pouvoirs locaux les affaires qui sont mieux gérées à ce niveau.Mais moins d'une semaine après leur référendum du 11 septembre, des durs du nationalisme écossais en réclamaient déjà un autre, sur l'avenir de la monarchie cette fois.Saluant les résultats du référendum, le Parti national écossais, qui prône l'indépendance, félicite les Écossais d'avoir « vaincu la peur propagée par le camp du NON » afin de « prendre en mains leur propre avenir ».Le premier Parlement écossais en 290 ans, qui fiera élu à la proportionnelle en 1999, gérera les affaires intérieures sous le contrôle de Westminster, dit-il, « mais il recherchera sans cesse de nouveaux pouvoirs et un jour, bientôt, le peuple écossais atteindra la confiance et la maturité pour accéder à la pleine indépendance de l'Ecosse ».Ce n'est pas le scénario de Blair, mais c'est lui qui a déclenché la dynamique.Avec 5,1 millions d'habitants et 80 000 kilomètres carrés de territoire riche en hydrocarbures, en charbon, en eau et en forêts, l'Ecosse abrite les descendants des redoutables Pietés contre lesquels les Romains érigèrent le mur d'Hadrien.Les 2,8 millions de Gallois, soumis aux Anglais depuis la création du titre de prince de Galles par le roi d'Angleterre en 1301, ont moins de ressources sur leurs 21 000 kilomètres carrés, mais leur Assemblée va elle aussi, à coup sûr, revendiquer plus de pouvoirs.La mort subite de Diana, exprincesse de Galles par alliance, a poussé au début du mois l'Angleterre au bord d'une révolution républicaine, a écrit la presse de gauche ; les référendums qui ont suivi ont montré qu'Écossais et Gallois ont conservé leurs priorités en dépit de l'hystérie collective de ses funérailles.Il n'est pas sûr que la promesse de Blair de démocratiser la Chambre des Lords, ni même la réforme de la monarchie que lui soufflent plusieurs secteurs, freine durablement la poussée souverainiste d'Edimbourg et de Cardiff; même la petite île de Wight a désormais son mouvement indépendantiste.Manning, comme Diefenbaker?L'histoire se répète-t-elle ?Après avoir refusé de reconnaître au Québec un statut de « société distincte » qui, en pratique, ne lui aurait conféré aucun nouveau pouvoir, voici que l'Ouest canadien est on ne peut plus froid à admettre le « caractère unique » du Québec dans un texte constitutionnel.¦ Pierre Vennat Même Jean Chrétien hésite à enchâsser une telle notion dans la Constitution, comme on a pu le voir cette «semaine en prenant connaissance du discours du Trône.Or, il y a 40 ans cet automne, c'est un tout nouveau premier ministre élu, John Diefenbaker, qui faisait son entrée au Parlement en tant que chef du gouvernement.Marcel Gingras était correspondant parlementaire de La Presse à Ottawa durant les années 50 et 60, a l'époque des Jean-Marc Poliquin, Gérard Morin, Clément Brown, Amédée Gaudreault et Jean Char-ptnrtff, entre autres.L'ancien rédacteur en chef du Droit, qui a suivi toutes les tractations politiques de cette époque, écrit que « cet me ( Diefenbaker ), à l'instar de nombre de nos compatriotes de langue anglaise, n'a jamais pu comprendre le Canada français dont le coeur, soit le Québec lui avait pourtant fait confiance le 31 mars 1958, en lui donnant 50 députés.» Dans un ouvrage intitulé Diefenbaker et le Canada français, qu'il vient de lancer aux éditions L'Interligne, une maison franco-ontarienne, Marcel Gingras n'a pu s'empêcher de faire une comparaison avec la situation actuelle : « Comme Preston Manning 30 ans plus tard, l'ancien chef conservateur voulait faire de tous les citoyens des Canadiens identiques, sans trait d'union indiquant leur origine ethnique.» Or, à la lecture de cet ouvrage, compte tenu de la fragmentation des partis politiques au pays, l'hypothèse qu'un jour Preston Manning puisse devenir, sans l'appui du Québec, premier ministre du Canada n'est pas si farfelue.L'avenir du Reform Jusqu'aux élections de 1993, son parti n'existait que sur papier.Aujourd'hui, il forme l'opposition officielle.Or, lors des élections de juin 1957, John Diefenbaker avait réussi à prendre le pouvoir ( bien qu'étant minoritaire aux Conimu- nés ) sans l'appui des Québécois ( Joe Clark devait réaliser le même exploit en 1979 ), donnant ainsi raison à un « vieux bleu » de l'Ouest, Gordon Churchill, qui avait démontré, chiffres en main, qu'il était possible d'obtenir une pluralité ( mais non nécessairement une majorité ) électorale sans le Québec Bien sûr, alléguera-t-on, contre toute attente, « la belle province » avait donné 50 députés à Diefenbaker en 1958.Mais, comme l'explique dans sa préface l'ancien rédacteur en chef de La Presse puis du Nouveau Journal, Jean-Louis Gagnon, qui, lui aussi, a bien connu cette époque, « on pouvait croire revenu le temps de Macdonald et de Cartier, des lendemains qui chantent, quand les Canadiens français étaient à tu et à toi avec le Pouvoir ! Mais c'était un cadeau empoisonné : que faire de 50 députés et de leurs clients, sans utilité connue, quand il aurait pu être vraiment lui-même avec 158 tories anglophones face à 107 libéraux, dont 65 Québécois à utiliser comme têtes de Turc ?» L'omniprésence libérale Dienfenbaker avait en effet fait élire 208 députés sur un total de 265, décrochant ainsi 78,5 % du total des sièges aux Communes, ce qui est plus, toutes proportions gardées, que Brian Mulroney 26 ans plus tard.Ce dernier a bien fait élire 211 députés en septembre 1984, mais sur un total de 282, ce qui ne lui donnait que 74,8 % des sièges à la Chambre.Selon Jean-Louis Gagnon, Diefenbaker était devenu premier ministre pour la seule raison que le corps électoral entendait mettre fin à l'omniprésence du Parti libéral dans les deux Chambres et dans la fonction publique.Or, rien ne dit que le même sort ne menace pas les libéraux de Jean Chrétien, dont plusieurs députés sont réélus depuis l'ère de Pierre Trudeau.La thèse de Marcel Gingras, c'est que Diefenbaker, « à l'instar de nombre de nos compatriotes de langue anglaise, n'a jamais pu comprendre le Canada français (.).» Diefenbaker, soutient Gingras, se méfiait du Québec, tout en souhaitant l'appui de son premier ministre, Maurice Duplessis, chef de l'Union nationale.m Toutes les « faiblesses » dont ses adversaires chargeaient l'Union nationale \u2014 pas toujours à tort \u2014 lui étaient connues : népotisme, chantage, achat de consciences, trafic d'influence, abus de pouvoir contre les libertés civiques, etc II feignait d'ignorer que semblables crimes existaient ailleurs qu'au Québec bien que plus discrètement.» Malgré son intelligence remarquable et les succès politiques de son vieil âge \u2014 il avait 61 ans lors de son élection à la tête du Parti conservateur, en 1956 \u2014, Diefenbaker fut toujours un homme tourmenté, inquiet de ne pas porter un nom anglais et inquiet de ne pas être accepté comme britannique par les Canadiens de langue anglaise.« Malgré des protestations d'amitié et de sympathie envers le Canada français, particulièrement envers le Québec Diefenbaker n'a jamais été en communion d'esprit avec le Québec où même les conservateurs ne le comprenaient pas.Lui qui disait aimer passionnément le Canada ne semblait pas se rendre compte que ce qui distinguait le mieux le Canada de son voisin du sud et ce qui pouvait en sauvegarder l'indépendance, c'était le fait français.» Certes, comme le rappelle Marcel Gingras, il fut l'homme de l'égalité.« On s'en féliciterait si cela l'avait amené à comprendre que le Canada sans le Québec perd du coup son passé et son avenir, c'est-à-dire sa raison d'être », dit Jean-Louis Gagnon.Même si l'on ne peut établir de parallèle parfait entre Preston Manning et John Diefenbaker, près de 20 ans après la mort de celui-ci, on a l'impression qu'avec la montée de Preston Manning et le peu d'enthousiasme des premiers ministres de l'Ouest à reconnaître la spécificité du Québec, l'histoire risque de se répéter ! ^ ^ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 ?B7 TURQUIE i \u2022 ¦ - LL-U- ! >Î3 : ¦'-1 » « PHOTOS FRANCK P\u20acTTT.Chaque samedi, depuis deux ans, les mères de «disparus» organisent un sit-in silencieux avec leurs familles, place Galatasaray, à Istanbul.Les mères Courage de Galatasaray * tf>« FRANCK PETIT collaboration spéciale, ISTANBUL ourquoi tuez-vous // I ^ nos enfants ?» W H J9 Depuis la « disparition » de son fils Dùzgûn il y a un an et demi, Elif Tekin interpelle sans relâche les autorités turques.Dùzgûn, né à Tunceli, une ville kurde du sud-est de la Turquie, était monté travailler à Istanbul.Les derniers temps, chaque matin, une voiture de police banalisée le prenait en filature.« Le 21 octobre 1995, se souvient sa mère, il a téléphoné pour la dernière fois à Tunceli.Un matin, il est sorti de chez sa tante à 7 h 30.Le soir il n'est pas rentré.» Depuis, sans quitter ce regard lourd d'avoir dévisagé trop de cadavres anonymes dans les morgues, triste et digne, Elif Tekin manifeste chaque samedi à Istanbul.Devant le lycée français de Galatasaray.Le portrait noir et blanc de son Dùzgûn serré contre son sein, elle porte un foulard traditionnel kurde.Comme beaucoup parmi la centaine d'autres femmes au milieu desquelles elle a pris place.Toutes frappées de la même douleur.« Les mères du samedi », comme on les nomme ici, écrasées par la chaleur de Tété, oeillets rouges à la main, imposent par leur silence.Un silence d'une demi-heure.Intrigant pour les nombreux touristes venus lécher les vitrines d'Istiklak Cade-si, la grande rue commerçante à la mode.Accusateur pour les cordons de policiers qui encerclent la place.À l'image des « folles de la place de Mai », à Buenos Aires en Argentine, elles demandent aux autorités de leur rendre leur enfants, leurs frères et soeurs, leurs maris.« La disparition d'un enfant est la chose la plus terrible qui puisse arriver à une mère, car il lui reste toujours l'espoir de le retrouver.Son deuil n'en finit Jamais.C'est une stratégie de la peur très efficace », assure Mercan Polat.À 28 ans, petit bout de charme aux die veux longs de jais, elle exerce son métier d'avocate depuis quatre années.Dont trois passées à batailler devant les tribunaux, «i pour créer un espace de légitimité autour des \"disparitions\" ».En vain, pulsqu'aucun responsable n'a été mis en cause.« Aujourd'hui, dit-elle, le plus important est d'être présent ici, pour soutenir les familles.» Elif Tekin: «Mon seul réconfort, Je le tire de cette photo, pas des autorités.» Merci Polat, avocate des disparus: «J'ai été arrêtée six ou sept fois.» Des familles de diparus, plongées dans le silence.Arrêtée six ou sept fois Leur tragédie continue de réveiller l'avocate la nuit, « J'ai été arrêtée six ou sept fois, raconte telle.Les policiers m'injuriaient et me menaçaient pendant les garde-à-vue.Quand mon téléphone sonnait, c'était encore pour des injures.Mon appartement a été incendié, j'étais suivie, écoutée.Le soir en rentrant chez moi, il m'arrivait de trouver la télévision allumée, mes affaires éparpillées ostensiblement.Mais tout cela était devenu normal pour moi.Le plus dur, c'était bien d'affronter les histoires des familles.Il n'y en a pas une qui ne m'ait touchée personnellement.À chaque fois que je voyais leur peine, c'était une crise de larmes, puis des cauchemars qui me tourmentent encore.» La mère de Hùseyin Mursûmbul, « disparu » durant la semaine qui a suivi le coup d'État militaire du 12 septembre 1980, témoigne des tout premiers cas signalés.« C'était durant la semaine qui a suivi le putsch, relate-t-elle.Mon fils avait dix-huit ans.Les militaires sont entrés dans notre maison à Bingol ( sud-est ).Us ont pris Hùseyin, en disant qu'il serait de retour dans cinq minutes.Il n'est pas rentre fk puis.» Les « exécutions extra-judiciaires » \u2014 oeuvres de la « contre-guérilla » infiltrée dans les forces de l'ordre\u2014 ensanglantent déjà les dix provinces kurdes du sud-est.Après 1984, date de la déclaration du conflit armé entre les rebelles du PKK ( le parti interdit des « Travailleurs du Kurdistan » ) et l'État turc ces assassinats se multiplient.Tandis qu'ils se raréfient au début des années 1990, de nombreuses « disparitions » sont alors signalées.Toutes surviennent après une interpellation plus ou moins réglementaire.Amnesty International en compte jusqu'à cinquante en 1994.Cent trente-cinq personnes ayant à coup sûr « disparu » entre les mains des forces de l'ordre depuis 1993 selon cette organisation.Sur le terrain, l'Association des droits de l'homme de Turquie en recense 500 depuis 1980, dont quatre sur cinq dans le sud-est.Cinq « disparus » sur six seraient d'origine kurde, ou membres d'une minorité.Et aujourd'hui, ces « disparitions », qui déciment également les groupes d'extrême-gauche, ont gagné les grandes métropoles.Suivant ainsi le flot des réfugiés kurdes chassés par la guerre.«Nous voulons nos fils!» Mars 1993.Hasan Ocak, 30 ans, militant d'extrême-gauche, joue un rôle actif dans les manifestations qui soulèvent le quartier populaire de ^azi, à Istanbul.La police tire sur la foule, tuant dix-sept personnes.Quelques jours plus tard, Hasan Ocak est arrêté en pleine rue devant plusieurs témoins.D'autres témoignages confirmeront qu'il a été détenu par la section antiterroriste de la police d'Istanbul.La police nie.Mais sa « disparition » trouvera un écho exceptionnel en Turquie et jusqu'en Europe.Le mouvement des «< mères du samedi » est lancé.II ne s'arrêtera plus.Le 10 avril 1995, sa famille et des proches d'autres « disparus.» organisent une première manifesta* tion, qui rassemble 400 personnes à Istanbul.« Nous voulons nos fils ! » scande une petite femme en noir le lendemain dans la salle d'audience de la Cour de sûreté de l'État d'Ankara.Il s'agit d'Emine Ocak, la mère de Hasan.À ses côtés, Gùlsen Gùlùnay, épouse d'un autre Hasan, disparu le 20 juillet 1992.Les deux femmes passent douze jours en prison.Le 14 mai suivant, jour de la fête des mères en Turquie, Emine Ocak est au centre du meeting tenu sur la place de Taksim ( Istanbul ) par l'Appel des femmes », le mouvement nouvellement créé.Une pétition, qui appelle les autorités à mettre fin aux « disparitions », recueille 10 000 signatures.Tous les jours durant cette période, la photo d'Hasan Ocak passe à la télévision, dans les journaux.Alerté par une connaissance, Hùseyin Ocak, frère de Hasan, reconnaît son cadavre sur une photo de l'Institut de médecine légale d'Istanbul.Autour du cou, des traces de strangulation.À la tête, des marques de coups et de brûlures.Des entailles au visage.Le corps a été trouvé cinq jours après sa « disparition » par un paysan, dans le village de Buzhane, près d'Istanbul.Il a été enterré anonymement deux semaines plus tard, alors que la morgue l'avait pourtant identifié par ses empreintes digitales.« Dans tous les autres cas, précise Mercan Polat, les familles n'ont tout simplement aucune nouvelle.» Ainsi, sur la place de Galatasaray, la famille Karakoç est considérée comme « privilégiéejr, puisque l'on a retrouvé le corps de leur fils Rid van en mars 1995.«Dans le camion-poubelle.»» La banderole \u2014accrochée aux grilles du lycée français\u2014 flotte au-dessus des têtes de ces « folles d'Istanbul ».Elle annonce une exposition de peinture au titre inspiré : « L'amour des êtres humains ».À quoi peuvent-elles croire d'autre, ces mères, pour venir raviver ainsi leur douleur chaque samedi ?Pas aux pouvoirs publics en tout cas.« Ismail S ah in, c'était mon fils (la mère désigne son portrait ).Il était employé de la ville d'Istanbul depuis neuf ans lorsqu'il a « disparu » en sortant les poubelles de l'Université de Beyoglu, le 18 Janvier 1996.Il avait une femme et deux enfants.À la municipalité, on nous a dit qu'il était peut-être tombe dans le camion-poubelle.C'est totf.» * B 8 ?LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 Monde ¦ ¦* L'EXPRESS INTERNATIONAL PANAMA Fin d'une époque ¦ Le Commandement sud de Tannée américaine, responsable des opérations militaires des États-Unis en Amérique latine et dans les Caraïbes, a quitté hier son quartier général de Panama pour rejoindre son nouveau siège, à Miami.Le départ du Commandement sud se fait dans le cadre des accords signés en 1977 entre les présidents américain Jimmy Carter et panaméen Craar Torrijos stipulant que les États-Unis devront avoir quitté les installations du canal au 31 décembre 1999.Dans les années 70 et 80 le commandement sud fut le maître d'oeuvre de la lutte \"\"Vlnti-insurrectionnelle » en Amérique Centrale.d'après AFP TURQUIE Chasse aux Kurdes p Quarante-quatre maquisards du Parti des travailleurs du Kurdistan ( PKK, séparatistes kur- .des de Turquie ) ont été tués de- 30Uis le début mardi, d'une nouvelle opération militaire d'Ankara contre le PKK dans le nord de l'Irak, a rapporté hier l'agence Anatolie.Cinq autres rebelles du PKK se sont rendus aux forces turques dans les ré- * gions de Zap et de Metina.Z, ' d'après AFP 130SNIE \"Criminels de guerre a Le procureur du Tribunal pénal international (TPI) pour ï>x- Yougoslavie, Louise Arbour, a jugé hier « scandaleux que ceux qui ont la responsabilité d'arrêter » Radovan Karadzic m Continuent à faillir à leurs obligations ».Tout en souli-Jjggmt que « la responsabilité première » dans l'arrestation de l'ancien chef serbe bosniaque revenait aux autorités gouvernementales concernées », M0* Arbour a de nouveau appelé les pays étrangers à « agir plus rapidement que par le passé » pour que les criminels de guerre présumés soient traduits en justice.d'après AFP ISRAËL Coup de fitet B Les forces de sécurité palestiniennes ont procédé à l'arrestation de dizaines de militants du Hamas tôt hier matin en Cisjor-danie et dans la bande de Gaza, a-t-on appris de source officielle palestinienne.Selon ces renseignements, le nombre des arrestations est inférieur à une centaine alors que 20 militants islamistes ont été interpellés dans la seule bande de Gaza.Le chef du Hamas Abdel Aziz Ran-tisi a affirmé n'avoir été informé que de l'arrestation de trois membres de son mouvement.\u2022 d'après AP AUSTRALIE Démissions en cascade ¦ Un troisième ministre du gouvernement australien a démissionné hier à la suite de son implication dans un scandale de dépenses frauduleuses, a annoncé le premier ministre John Howard.Le ministre des Sciences, Peter McGauran, un fermier millionnaire de l'État du Victoria ( est ), a admis avoir utilisé à des lins frauduleuses des primes de frais de voyage.Deux autres ministres australiens avaient démissionné mercredi, en raison de leur implication dans le même scandale.Quatre parlementaires de la coalition libérale font également face à des accusa-dons de fraudes.d'après AFP THAÏLANDE Manif anticorruption a Des milliers de Thaïlandais ont manifesté hier à Bangkok >ppur demander l'adoption d'une nouvelle constitution anticorruption, à la veille du vote au parlement sur une motion de censure à laquelle le gouvernement du général Chavalit Yong-chaiyudh devrait toutefois survivre.Entre 3000 et 5000 personnes favorables à l'adoption d'une nouvelle constitution se «ont regroupées dans un parc ' du centre de Bangkok, au début (fane manifestation qui devait se prolonger toute la nuit.d'après APP t0 Le GIA menace Paris et l'ONU I !ondres de nouveaux massacres d'après AFP et AP ALGER Menacé de scission, le Groupe islamique armé ( GIA ) a revendiqué les massacres de civils en Algérie et promis leur poursuite, en menaçant la France de nouveaux attentats, dans un communiqué diffusé hier à Londres mais daté de dimanche.Le GIA, sous la signature de son « émir » ( chef ), Antar Zouabri, avertit aussi les Nations unies de ne pas suivre la voie de la France, sous peine d'être « frappées » à leur tour.U dénonce l'appel à l'arrêt des combats pour le 1« octobre lancé mercredi par l'aile militaire du Front islamique du Salut ( FIS-dissous )\u2022 Cette trêve est en fait déjà entrée en vigueur et une partie du GIA est prête à s'y joindre, a-t-on appris de source islamiste à Alger.La diffusion du texte du GIA intervient après une série de massacres accompagnés d'actes de barbarie qui ont fait plus d'un millier de morts cet été en Algérie, mais est antérieur à la dernière des tueries, celle de Bentalha, près d'Alger.Titré « Repousser les ennemis de l'Islam », il figure dans le dernier numéro du bulletin clandestin Al Ansar, diffusé le vendredi à Londres.Le ministère français de 1 Intérieur a estimé que ce communiqué, qui « a fait l'objet d'une étude approfondie des services spécialisés semble authentique ».Le texte renouvelle ses menaces contre la France, déjà frappée par une meurtrière vague d'attentats en 1995, en promettant de prochaines « destructions et défaites ».Paris est régulièrement dénoncé dans des bulletins islamistes clandestins, comme Al Djamaa, en tant que « principale cible » du GIA en rai- son du « soutien politique, économique et militaire » de Paris à la « junte » algérienne.« Le monde doit savoir que toutes les tueries, les massacres, les incendies, les déplacements de populations, les enlèvements de femmes, sont une offrande à Dieu », indique le texte.Le GIA « considère comme impies les tyrans ( référence par laquelle il désigne le régime ) et considère aussi comme tel leurs parents, leurs partisans.C'est pour cela qu'il traque les partisans des apostats dans les villes, les villages et déserts, les éradique, détruit leurs champs, capture leurs femmes et confisque leurs biens ».« Les massacres répétés et le sang qui coule » sont perpétrés dans cet esprit, écrit le communiqué.En juin, un des chefs du GIA, se présentant comme « l'officier législateur » du mouvement, Abou el Moundhir, avait déjà justifié les tueries de civils dans un numéro d'Al Djamaa.Antar Zouabri, donné pour mort à plusieurs reprises ces derniers mois par la presse d'Alger, rend aussi hommage aux anciens chefs du GIA, et notamment à Djamel Zi-touni, tué en juillet 1996 par des dissidents, et considéré comme l'instigateur de « l'exportation » de la violence en France.Le GIA adresse aussi un avertissement aux Nations Unies dirigées par les « juifs maudits, l'Amérique et ses alliés impuissants » en leur demandant de ne pas suivre la voie de la France « faute de quoi vous serez frappés comme elle l'a été.Nous n'aurons ni merci ni pitié ».Selon des sources islamistes, d'autre part, les 20 émirs régionaux du GIA se sont réunis hier « quelque part au sud d'Alger » pour examiner l'appel de TAIS.La réunion était supervisée par « Abou Dja-mil », chef autoproclamé du GIA et organisateur présumé des derniers massacres de dvils.Connu comme un partisan du djihad ( guerre sainte ) à la fois contre le pouvoir et contre l'aile armée du FIS qu'il accuse de « déviations, il va probablement opter néanmoins pour la trêve.La proposition d'arrêter « momentanément » les actions armées n'a pas permis de réunir une majorité nette lors de cette réunion, selon les mêmes sources.Les opposants à la trêve exigent une réunion du « Madjlis Choura », la plus haute instance de l'organisation, avant d'entériner toute décision.Les partisans de l'alignement sur FAIS ont décidé d'observer la trêve à compter du 1er octobre avant même la tenue du Madjlis Choura.La plupart des chefs régionaux semblent prêts à opter pour la trêve, à l'exception de ceux opérant dans la région sud d'Alger.Médéa et Blida, les deux autres zones principales de guérilla pourraient décider de se joindre à la trêve de FAIS.Le GIA dispose d'environ 6000 hommes, dont 4000 sont susceptibles de respecter le cessez-le-feu de FAIS.Cette dernière dispose de 2000 hommes bien encadrés et bien entraînés, présents dans l'est et l'ouest du pays, selon des experts des questions subversives.PHOTO REUTER Prier dans la rue à Dura De nombreux Palestiniens ont fait leur prière du vendredi dans la rue hier en raison de la fermeture de la mosquée de Dura, près de Hébron, plus tôt cette semaine.La police palestinienne a fermé cette mosquée en alléguant que ses fidèles entretenaient des liens étroits avec le mouvement intégriste Hamas.teste sa « diplomatie éthique » en Indonésie CHRISTINE BUHÀGÎAR et DENIS HIAULT Agence France-Presse, LONDRES La Grande-Bretagne a gelé hier deux contrats d'armes avec l'Indonésie, geste symbolique qui constitue la première illustration de la « diplomatie éthique », plus respectueuse des droits de l'homme, affichée par le gouvernement Blair.Londres a choisi pour l'exemple un contrat limité, de 1,7 million de dollars, ponant sur la fourniture de véhicules blindés et de fusils de précision.Il ne représente qu'une fraction des ventes d'armes britanniques au régime de Jakarta, critiqué pour la brutale repression des indépendantistes du Timor oriental, annexé en 1976.Le geste est de nature à apaiser les détracteurs du gouvernement qui avaient protesté contre la décision de Tony Blair d'entériner la décision des conservateurs de livrer 16 avions de combat Hawk et des chars Scorpion à l'Indonésie.Le tout pour un montant autrement plus important de 500 millions de dollars.Si petit soit-il, le contrat annulé n'est pas sans risque pour le gouvernement Blair.Londres est l'un des principaux fournisseurs d'armes de l'Indonésie, 1^importateur mondial d'armes.Le ministre indonésien des Affaires étrangères Ali Alatas a fait comprendre au secrétaire au Foreign Office Robin Cook, fin août, qu'il trouverait facilement de nouveaux fournisseurs si la Grande-Bretagne faisait défaut.Blair prend aussi le risque d'indisposer une région qui est désormais le principal marché des vendeurs d'armement.L'Asie, avec en tête Taïwan et la Chine, absorbe 48 % du commerce des armes, qui a été divisé par deux en dix ans.La Grande-Bretagne a su en tirer profit : elle a triplé depuis 1992 ses ventes d'armes en Asie, ce qui lui a notamment permis de maintenir ses exportations autour de huit milliards de $.Blair s'expose aussi aux critiques des syndicats et du patronat d'un secteur dont les exportations font travailler 145 000 personnes.Les conservateurs ont à ce titre immédiatement exigé hier une clarification d'une politique « contraire aux intérêts économiques du pays ».Cook a répliqué en rappelant que les travaillistes mettaient en application leurs engagements électoraux : stopper les ventes d'armes à des pays ne respectant pas les droits de l'homme.Les travaillistes entendent oeuvrer à l'adoption d'un code de bonne conduite européen.Toutefois, la « diplomatie éthique » rencontre encore une bonne dose de scepticisme.L'opposition attend de voir comment Blair va se dépêtrer de l'épineuse affaire des deux infirmières britanniques accusées de meurtre en Arabie Saoudite, un client de la Grande-Bretagne autrement plus important que l'Indonésie.i i \u2022v y Le Sénat des E.-U.entame, sur fond de scandales, un débat sur la réforme du financement électoral FRANCIS CURT A Agence France-Presse, WASHINGTON Le Sénat américain a entamé hier un débat sur la réforme du système de financement des campagnes électorales dans un climat politique agité par les révélations quasi-quotidiennes de scandales touchant aux deux dernières campagnes.Dernière révélation en date, celle du quotidien Los Angeles Times affirmant hier que le président démocrate Bill Clinton avait téléphoné depuis la Maison-Blanche pour solliciter des fonds en 1994, un mois avant des élections législatives, en possible violation des lois américaines.Clinton et le vice-président Al Gorc font l'objet d'enquêtes préliminaires du département de la Justice pour déterminer s'ils ont ou non enfreint la loi en 1995 et J996 lors du processus de collecte de fonds de campagne.Au Sénat, le leader de la minorité démocrate Tom Daschle a estimé hier que « le problème principal est qu'il y a trop d'argent » dans le système électoral américain.Comment s'étonner que le public soupçonne les hommes politiques d'être à la solde de puissants intérêts lorsque le coût moyen d'une campagne pour remporter un siège est de 4,5 millions de dollars au Sénat et de 660 000 dollars à la Chambre des représentants, a-t-ll affirmé.Pour eue réélu, un sénateur doit recueillir 14 000 dollars par semaine pendant les six ans de son mandat et un représentant 6000 dollars par semaine pour les deux ans de son mandat, selon le sénateur.Les élections législatives et présidentielle de l'an dernier ont coûté plus d'un milliard de dollars, a affirmé pour sa part le sénateur républicain John McCain, un des co-au-teurs du projet de réforme débattu au Sénat.Une réforme doit également permettre de rééquilibrer les chances électorales de candidats rivaux face aux législateurs sortants, a affirmé McCain pour qui « les législateurs sortants recueillent presque toujours plus d'argent ( pour leur campagne ) que leurs challengers et, en règle générale, le candidat avec le plus d'argent l'emporte ».Les contributions directes aux fonds de campagne de candidats aux élections fédérales, baptisées « argent dur », sont limitées depuis 1974 lorsque le Congrès a mis en place une série de réformes à la suite de l'affaire du Watergate qui a coûté la présidence à Richard Nixon.Le projet de réforme actuel, présenté par McCain et par son collègue démocrate Russell Feingold, appelle à l'élimination de « l'argent mou », ces contributions illimitées pour promouvoir l'activité des partis mais que certains candidats mélangent illégalement à leur a argent dur ».McCain et Feingold souhaitent également limiter le rôle de groupes de pression qui soutiennent des candidats, indirectement, en finançant des campagnes publicitaires, soit-dlsant Indépendantes.Ils proposent aussi d'interdire aux syndicats de verser des contributions.Pour les critiques du projet, des limites aux contributions ou aux dépenses de campagne constitueraient une atteinte à la liberté d'expression inscrite dans la constitution.4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 B9 L'EXPRESS POLITIQUE Carney en remet ¦ Bien qu'elle ait provoqué une tempête à Ottawa avec ses propos sur l'éventualité d'une séparation de la Colombie-Britannique, Pat Carney a maintenu hier qu'elle était plus près des électeurs de cette province que son chef de parti, Jean Charest.Lors d'une entrevue accordée depuis son domicile des Gulf Islands, la sénatrice conservatrice a maintenu que même si elle ne privilégiait pas cette solution, la séparation ne pouvait être exclue comme moyen de négociation lors des discussions sur la place de la Colombie-Britannique au sein de la Confédération.M.Charest, qui avait mené une campagne énergique contre la souveraineté du Québec lors de la campagne référendaire de 1995, a également fait connaître de façon claire son point de vue sur la Colombie-Britannique : « Je ne crois pas que la séparation soit une solution pour quiconque ».«< C'est bien, c'est son point de vue », a réagi hier Mme Carney.« Le mien est tout aussi clair.C'est-à-dire qu'il est temps que les gens de la Colombie-Britannique pensent à renégocier nos intérêts, et que lorsqu'on entreprend des négociations, on ne laisse rien hors de la table.Et je ne vais pas modifier ma façon de penser », a-t-elle ajouté.En dépit de la différence d'opinions qui la sépare de son chef, Mme Carney ne voit pas pourquoi elle ne pourrait demeurer au sein du caucus conservateur à Ottawa.Les propos tenus par Mme Carney sur la séparation de la Colombie-Britannique ont semé la controverse non seulement au sein du Parti conservateur, mais aussi chez les réformistes qui se sont emparés de la plupart des sièges de cette province aux Communes, le 2 juin.Néanmoins, Mme Carney a été catégorique, hier : elle ne se fait pas la championne de la séparation.d'après PC M3i: mise en demeure des employés ¦ Le Syndicat des employés professionnels et de bureau, qui représente les techniciens en di-gitalisation de la compagnie M3i de Longueuil, vient de faire parvenir à la direction de l'entreprise une mise en demeure portant sur la mise à pied de presque tous les employés sans aucun avis de licenciement collectif.Le syndicat n'a été accrédité qu'au mois de juin dernier pour représenter les 70 techniciens du département de digitalisation de M3i, une société spécialisée dans le systèmes de gestion informatisés et dont Hydro-Québec est un actionnaire minoritaire.Le 18 août dernier, un avis de mise à pied a été envoyé aux employés, sans aucun avis collectif, ni préavis individuel, sous prétexte d'un manque de travail.La Presse Parizeau.par hasard ¦ Comme par hasard, l'ancien premier ministre Jacques Parizeau se trouvera en France en même temps que son successeur, Lucien Bouchard.M.Bouchard entreprend demain matin une visite officielle d'une semaine.M.Parizeau, dont la visite officielle à Paris en 1995 avait eu beaucoup d'éclat, devrait se retrouver lui aussi dans la Ville lumière, au même moment.M.Parizeau passera un mois en France, une visite au cours de laquelle il fera la promotion de son livre en France et en Belgique, à compter du 15 octobre, a-t-on fait savoir à sa maison d'édition, VLB éditeur.Rappelons que la préface de son ouvrage avait causé une commotion politique durant la campagne électorale fédérale.Elle révélait les confidences faites par l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing à M.Parizeau, lors de sa visite de 1995.Pas question de vendanges avant sept automnes, toutefois, pour le vigneron de Collioure, ce village de Provence où M.Parizeau a sa résidence secondaire et où il doit aussi se rendre.Les vignes n'y sont pas encore plantées.Mirabel : dit non à la ai commission Tardif et à Bouchard JULES RICHER Presse Canadienne, OTTAWA Le gouvernement Chrétien avait une double réponse négative à livrer, hier, au gouvernement québécois relativement au débat sur l'avenir de Mirabel.D'abord, le fédéral ne prendra pas part à la commission Tardif sur le destin économique de l'aéroport, comme l'exigeait Québec.Puis, le premier ministre Jean Chrétien refuse d'acquiescer à une demande de rencontre de la part de son homologue Lucien Bouchard pour discuter du dossier.M.Chrétien a expliqué à la Chambre des communes que la responsabilité de la gestion des aéroports Dorval et Mirabel n'appartient plus à Ottawa depuis belle lurette.« La décision a été prise il y a très longtemps par le gouvernement conservateur de transférer la responsabilité des aéroports de Montréal à une commission en dehors du gouvernement », a-t-il soutenu.Le fédéral est bien prêt à étudier les questions touchant spécifiquement le transport aérien, mais il n'a pas l'intention de se mêler de gestion d'aéroport, a indiqué M.Chrétien.Depuis le 15 septembre, Mirabel est privé de la plupart de ses vols internationaux au profit de Dorval.Collenette De son côté, le ministre fédéral des Transports, David Collenette, a expliqué aux Communes que le mandat de la commission Tardif est axé sur le développement écononi-que et non sur le transport : c'est pour cette raison qu'Ottawa n'y participera pas.En raison des élections fédérales du printemps et de la pause parlementaire de l'été, le gouvernement Chrétien n'a pas réagi publique- ment jusqu'à maintenant aux demandes de Québec.Il y a deux semaines, le premier ministre Lucien Bouchard ne s'était pas gêné pour blâmer le rôle du fédéral dans le « chaos » et « l'erreur dramatique » qui ont conduit au déclin de Mirabel.L'aménagement de cet aéroport fut une « erreur historique » qui a nui à l'économie du Québec.Et M.Bouchard exigeait donc de pouvoir en discuter face à face avec M.Chrétien.Le Bloc Hier, le Bloc québécois n'a pas hésité pour réagir au double refus du gouvernement libéral.Le député d'Argenteuil-Papineau, Maurice Dumas, soutient que le fédéral s'en « lave les mains ».« C'est une attitude tout à fait inacceptable de la part d'un gouvernement qui a tout fait pour entraver le développement de Mont- réal comme plaque tournante du transport aérien », a affirmé le député.M.Dumas soutient que le ministre Collenette fait fausse route au sujet de la commission Tardif.« Si ce n'est pas une question de transport, nous nous demandons bien de quoi il sera question dans tirfte commission », s'est-il demandé, ^.En fait, la commission, créée en avril dernier, a pour but de troiiver des mesures concrètes pour revitaliser Mirabel.Elle étudiera différentes avenues pour l'aéroport, dont celles d'y établir un centre de formation pour les métiers Adè l'avionique, d'y créer des enclaves internationales exemptes de drôtts de douane ou d'en faire un centré pour l'entretien des aéronefs.Dotée d'un budget de 1 million, elle doit tenir des audiences publiques en novembre.À l'origine,* énè devait être « mixte » en raison deîa participation prévue d'Ottawa.1 « Yen h., v .txro gjjjjons $ d\" iL Notre ville it NON Outremont prêt à aller jusqu'au bout PHOTO RERRE McCANN.LâPms* La Ville d'Outremont semble bien décidée à lutter jusqu'au bout contre la facture de 500 millions que le gouvernement du Québec compte imposer aux municipalités de la province.À coups de grandes affiches publicitaires, comme celle-ci, bien en vue à l'angle de la rue Pagnuelo et du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, elle invite ses habitants à manifester leur désaccord demain, à l'Auditorium de Verdun.- » Bien des groupes sociaux se disent déçus du gouvernement de Lucien Bouchard Le PQ tient en fin de semaine un colloque sur Vavenir de la social-démocratie dans le contexte de la mondialisation \u2014 -1 DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Les vieux, les jeunes, les assistés sociaux et les femmes ; trois ans exactement après la formation du gouvernement péquiste, bien des groupes sociaux se disent déçus du sort réservé par Québec aux personnes les plus fragiles de la société.En fin de semaine, à Québec, le Parti québécois sera confronté à bien des doléances des groupes sociaux qui misaient sur sa sensibilité social-démocrate.Le thème du premier d'une série de colloques organisés par le PQ, L'avenir de la social-démocratie dans le contexte de la mondialisation « vient sûrement du fait que bien des péquistes s'interrogent sur les gestes du gouvernement », estime Françoise David, présidente de la Fédération des femmes* Elle se dit « bien déçue du gouvernement depuis l'arrivée de M.Bouchard.On sent une soumission absolue aux règles du marché, à l'obsession du déficit zéro ».Tout n'est pas à rejeter ; la nouvelle allocation familiale quintuple carrément les allocations des familles à faibles revenus, « mais les assistés sociaux restent exactement au même point », relève Mme David qui désapprouve le discours voulant qu'on incite ainsi les bénéficiaires^ réintégrer le marché du tra- vail.« Le déficit se trouve dans l'emploi », tranche-t-elle.Les premières annonces de coupes à l'aide sociale sont survenues dès le lendemain du référendum, rappeile-t-elle.Comme Josée Belleau de l'R des Femmes, elle juge que la loi sur l'équité salariale est un progrès, mais qui ne touche qu'une faible partie des travailleuses, les syndiquées.«< De plus en plus de groupes sociaux sont désenchantés des décisions du gouvernement », note Mme Belleau, pour qui rien n'est fait pour les plus pauvres de la société.Diane Barbeau, députée péquiste de Vanier, un secteur ouvrier de Québec, s'insurge contre la situation.« Être social-démocrate, c'est précisément prendre les décisions difficiles qui nous permettront de préserver notre filet de sécurité sociale », lance-t-elle.Membre de bien des comités d'élus sur l'aide sociale, elle souligne que des ajustements ont été apportés dans de nombreux cas où des politiques établies dans les ministères avaient des effets pervers pour les citoyens.Le gouvernement Bouchard a aussi irrité les aînés.« On n'a pas digéré que le ministre Rochon nous présente comme des privilégiés qui passent leur temps en Floride », lance Martine Lang lois, de la Fédération de l'âge d'or.Pour justifier son programme d'assurance- médi- caments qui a fait mal à bien des retraités, le même ministre avait parlé de la surconsommation de médicaments, relève Mme Langlois.En outre, l'élimination de crédits d'impôts destinés aux aînés, du dernier budget Landry, a rendu plus précaire la situation d'une population qu'à tort, on croit privilégiée, souli-gne-t-elle.Pire que les libéraux Pour Jean-Yves Desgagné, coordonnâtes de la Coalition nationale contre la réforme de l'aide sociale \u2014 une quarantaine d'orgarvsmes à travers le Québec\u2014 les decisions du gouvernement péquiste face aux assistés sociaux sont plus odieuses encore que ce qu'avait fait le gouvernement libéral.« Sous le régime libéral, le discours était très méprisant à l'endroit des assistés sociaux, mais la gestion était plutôt sensée.Avec le PQ, le discours public est très social-démocrate, mais dans la pratique, on est dur avec les bénéficiaires », analyse M.Desgagné, adjoint de Louise Harel lorsque le PQ était dans l'opposition.Pour M.Desgagné, on peut évaluer à 412 millions les compressions qu'ont dû encaisser les bénéficiaires de l'aide sociale depuis deux ans.Ces ponctions représentent annuellement 865 $ de moins pour chaque ménage qui reçoit l'aide de dernier recours, souligne-t-il.«Que le PQ fasse un colloque sur la social-démocratie est compréhensible.Us sentent le mécontentement des groupes sociaux qui ont toujours été leurs alliés natu: rcls », résume-t-il.Des ministres comme Louise Harel, « sont hontes dans leurs discours, mais ils restent isolés tant domine la ligne néo-libérale des Jacques Léonard, Bernard Landry et Lucien Bouchard », observe M.Desgagné.« On est bien loin de 1976: m même de 1994 », souligne Sylvie Jochem, de l'Association pou», la défense des droits sociaux, poor qui l'arrivée de Lucien Bouchard, il y a 18 mois, « marque la victoirrde l'obsession du déficit zéro ».Larose Ténor habituel des préoccupations sociales, Gérald Larose, çje Ja CSN, est plus nuancé ; l'objectif du déficit zéro se trouvait déjà dank le budget de Jean Campeau, sous Jacques Parizeau.Le premier sommet économique aura en fait permis de repousser la cible.Il souligne toutefois que le discours néo-libéral domine clairement à Québec et préside à une baisse de la qualité des services sociaux.La situation des plus démunis s'est détériorée depuis trois ans, à cause de l'environnement économique, mais aussi à cause des décisions de Québec, dit-il, notant aussi des avancées dans le dossier de l'équité salariale et des politiques à la pctlQe enfance. > B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1997 ENCANS ?BROSSEAU 5?ENCAN PUBLIC .Dans l'affaire de la faillite de KOSCHER CHAI DISTRIBUTION DE VIANDES ÉQUIPEMENTS DE SUPER MARCHÉ ENCAN PUBLIC VÉHICULE D'ENTRETIEN MADVAC CAMION-REMORQUE, REMORQUES ET AUTRES VÉHICULES Seront vendus sous contrôle de justice tes biens de Environnement Plus enr.et de Transport S.Thériault enr.et autres Jeudi 2 octobre 1997.10 h 30 au 944-B, chemin Trudeau, Beloeil (Autoroute 20, sortie 109, côté sud, près du viaduc) \u2022\u2022'¦Tû seront vendus en lots détaillés DATE DE L'ENCAN LE MARDI 30 SEPTEMBRE 1997 À10 H 30 AU 2140, Place Thimmens, Ville St-Laurent VISITE DES ACTIFS : Le lundi 29 septembre entre 11 h et 16 heures sur les Heux au 2140, Place Thimmens, Ville St-Laurent Liste partielle : (1) Réfrigérateur à lait ouvert 8' (aucune marque) \u2022 (1) Caisse enregistreuse Sharp ERV565 \u2022 (1) Trancheur Berkel \u2022 (1) Réfrigérateur Déli Général TDL8SC \u2022 (1) Balance Tec SL31 (défectueuse) \u2022 (1) Congélateur 2 portes Général GGF50 \u2022 (1) Réfrigérateur à lait Général 4\\ GSL4 \u2022 (1) Réfrigérateur à pâtisserie Cotdmatic PD6 \u2022 (1) Comptoir ouvert 8' Tyler \u2022 (1) Comptoir fermé 8' Hussman \u2022 (1) Congélateur ouvert 8', modèle tombeau \u2022 (1) Emballeuse Fran-Esse 625A \u2022 (1) Chambre froide combinée Curtis 1V x T \u2022 (12) Paniers d'épicerie \u2022 (1) Machine à glace Crystal Tips BRS260 \u2022 (1) Trancheur Shillington 300 \u2022 (3) Tables en acier inoxydable, assorties \u2022 (1) Réfrigérateur 4 portes vitrées Peerless \u2022 (2) Compresseurs et évaporâteurs pour chambre froide \u2022 (1) Four 3 ponts et étuve (genre Brute) \u2022 (1) Ensemble de pièces pour étagères à epicene * (1) Système téléphone Tie.CONDITIONS : Dépôt 25 % comptant ou chèque certifié \u2022 Balance comptant ou chèque certifié \u2022 Frais d'encan, 10 % \u2022 Autres termes et conditions affichés sur les lieux.Vehteut© d'entretien MADVAC 101 -O ave- Bute d'aspiration 30\"' \u2022 Extension 5\" x 15' \u2022 Embout pour succion des feuilles, boyau 5\" x 25' \u2022 Boyau d'aspiration extra-robuste \u2022 Ensemble de roues doubles \u2022 Système antivol \u2022 Laveuse a pression CHORE MASTER \u2022 Boyau \u2022 pression \u2022 Télécopieur TOSHIBA TFP-60 \u2022 Chanot élévateur CLARK, mod.NS40 B.type -Reach-.3 sections.77\" / 171 \".av chargeur 24 v.Etc.Superbe remorque 6* x 20' DOMES ARTtS 1994, pour MADVAC Camion FORD 1968, modèle LTL 9000 (mise à prix 9 000 S) Remorque TEMISKO 1987, modèle « Flat Bed - (mise a prix 3 000 $) FORD Aerostar 1991 CHRYSLER LeBaron Coupé, 2 portes, 1987, blanc, 106 000 km Boite pour camion 6 roues « dompeur -Gratte à neige pour camionnette (- pick-up \u2022) Inspection: Mercredi 1er octobre 1997, de 9 h à 17 h Conditions: Frais d'encan : 10 % Dépôt : 25 % argent comptant ou chèque visé Balance : argent comptant ou chèque visé GESTION BARIL INC.Cornmissaire-priseur Tél.: (514) 397-0114, fax : (514) 766-1863 R fil * BROSSEAU < MONTRÉAL QUÉBEC 7077.rue BeaurxenesL suxe 215 Anjou him 2Y2 I 231.rue rie Bordeaux.Si-Augustin Québec G3A1V9 Tél.: (514) 355-1909-fax (514) 355-7785 Ta : (418) 878-4881-fax (418) 878-1460 ENCAUTEUR, LIQUIDATEUR, ÉVALUATEUR Ico AVIS PUBLI DANS L'AFFAIRE : URTIER EN SERVICE AUTOMOBILE __SERONT VENDUS PAR : i l EISI INI O ENCAN PUBLIC ENCAN PUBLIC ENCAN PUBLIC m SAMEDI 4 OCTOBRE 9 H 5010, rue PARÉ, MONTRÉAL Nous avons été mandaté par le GOUVERNEMENT DU QUÉBEC à vendre leurs biens meubles en surplus : AMEUBLEMENT / ÉQUIPEMENT DE BUREAU : Micro-ordinateurs, imprimantes, app.de traitement de texte, chaises de secrétaire, empilables et autres, fauteuils, classeurs latéraux, verticaux, divers equip, informatiques, bureaux étudiants, pliant, bibliothèques, étagères, dactylos, tables de travail, à dessin, armoires, bureaux, etc.ARTICLES DIVERS : Plusieurs armes de chasse, dont : carabines Ruger, Winchester, Martin, Remington, Cooey et télescope, caissons, tableaux, coffre-fort, fourniture de bureau, paterre.téléphone cellulaire, poêle, frigidaire, pantalons antichoc.Remorque, matériel hydroponique pour serre, lot de ventilateurs, lot de pompes à eau.appareil à succion, béquilles, etc.VISITE : Le vendredi 3 octobre de 13 h à 18 h et le matin de l'encan.CONDITIONS : 25 % de dépôt à l'adjudication, balance argent comptant, Visa, Master, Interac.LE: MERCREDI 1er OCTOBRE 1997 À 10 H 30 AU : 1152, CHEMIN DU GOLF, JLE DES SOEURS.VERDUN (QC) INSPECTION: LE MARDI 30 SEPTEMBRE 1997 DE 9 H 30 A 16 H 30 ÉQUIPEMENTS : SOUDEUSE WELDER ARD \u2022 RÉCUPÉRA-TEUR DE FREON SNAP-ON \u2022 RÉSERVOIRS DE CHANGEMENT D'HUILE TÉLESCOPIQUES \u2022 PULVÉRISATEUR DE SOLVANT \u2022 CRIC DE PLANCHER \u2022 NETTOYEUR DE TAPIS BURNSIDE \u2022 TESTER SNAP-ON \u2022 CHARGEUR DE BATTERIES CANADIAN \u2022 V- BELT SÉLECTEUR GATES \u2022 RESERVOIR À AIR MOTO-MASTER \u2022 ENSEMBLE POUR O-RING LOCKRITE \u2022 HUB PULLER ET ACC.\u2022 HELICOIL BAD* MEULE \u2022 ÉTAUX \u2022 ÉTABLIES \u2022 MACHINE AMORTISSEUR MOOB \u2022 PRESSE HYDRAULIQUE WINNER \u2022 PALAN À MOTEUR EVANSCO \u2022 CRIC À TRANSMISSION ZEUSTRANS \u2022 COMPRESSEUR DEVILBISS 5 H.P.\u2022 TORCHE À SOUDER AVEC CHARIOT \u2022 MACHINE À PNEUS CORQHI \u2022 SCANNER SNAP-ON \u2022 15 SECTIONS DE REDi RACK (8* DE HAUT) \u2022 TRANSPALETTE ÉLECTRIQUE AVEC CHARGEUR \u2022 ETC.3 LIFT ROTARY AVEC RAMPE AJUSTABLE _A L'ÉTAT PRESQUE NEUF JU ENCAN PUBLIC ENCAN dirigé par ENCAN NATIONAL 731-93 2551380 BUREAUX : BUREAUX DE RÉCEPTION \u2022 CHAISES \u2022 CAUSEU-SES NOIRES \u2022 FAUTEUILS \u2022 FAX \u2022 PHOTOCOPIEUR \u2022 BUREAUX \u2022 FIUÉRES \u2022 ORDINATEURS PENTIUM 166 ET 100 TOUT ÉQUIPÉS \u2022 IMPRIMANTES \u2022 ETC.CONDITIONS : 25% COMPTANT À L'ADJUDICATION SOLDE PAYABLE COMPTANT OU PAR CHÈQUE VISÉ FRAIS D'ACHETEUR 10% cria ENCAN PUBLIC o ENCAN PUBLIC DANS LA FAILLITE DE: LA VERDURA PASTA CAFÉ _RESTAURANT_ | BEAU MOBILIER, À NE PAS MANQUER*] a lti m«m, tas «am \u2022 rm mm cam n mai mm aiamm ; LE : MARDI 30 SEPTEMBRE 1997 A 10 H 30 ENDROIT : 500.boul.ST-MARTIN Ouest.LAVAL (QUEBEC) INSPECTION LUNDI 29 SEPTEMBRE 1997 DE 9 H 30 A 16 H 30 110 CHAISES BOiS CUIRETTE \u2022 9 TABOURETS BOIS CUI-RETTE \u2022 45 TABLES MÉLAMINE / BOIS \u2022 8 ARMOIRES / MEUBLES \u2022 RÉFRIGÉRATEUR 3 PORTES TRUE COMP.INT \u2022 RÉFRIG.BIERE EN FUT BEVERAGE AIR \u2022 TABLE À SALADE REFRIGEREE TRUE \u2022 COMPTOIR REFRIG.3 PORTES.DESSUS BOIS TOUVIC \u2022 (2) REFRIG.2 PORTES COMP.ING.A / INOX \u2022 COMPTOIR SALADE RÉFRIG.AVEC TABLETTE RÉCHAUD A /INOX.\u2022 (2) CONGÉLATEURS VERTICAUX \u2022 CONGÉLATEUR CREME GLACÉE \u2022 MACHINE À GLACE MANITOWOC 200 \u2022 CHAMBRE FROIDE CURTIS 8' X 6' \u2022 CHAMBRE CONGELATEUR COLDSTREAM 6' X 4' \u2022 (2) FOURS ROTATIFS UNCOLN IMP1NGER \u2022 (2) POÊLES A GAZ GARLAND 4 RONDS / SALAMANDRE \u2022 PLAQUE A FRIRE GAZ 24\" MKE \u2022 POÊLE À PÂTE GAZ P1CTO FRIALATOR \u2022 RÉSERVOIR EAU CHAUDE GAZ RHEEM RUUO RF76-200C \u2022 COMPTOIR RÉCHAUD 48\" AS-TOR \u2022 RÉCHAUD SOUPE \u2022 RÉCHAUD CHOCOLAT \u2022 MICROONDES PANASONIC COMMERCIAL \u2022 (3) GRILLES PAIN HO-BART / TOASTMASTER \u2022 HOTTE 14* A / INOX.SYST.EXT.SAFETY FIRST \u2022 MÉLANGEUR 20 PINTES HOBART \u2022 LAVE-VAISELLE HOBART AM-14 TABLE A / INOX SYSTEME ECONO-LAB \u2022 (2) EVIERS A /INOX \u2022 (8) TABLES / TABLETTES A / INOX.\u2022 (9J ETAGERES METRO A/INOX.\u2022 MACHINE CAPPUCCINO 2 TETES ELEKTRA \u2022 MÉLEUSE / MESURE CAFÉ ELEKTRA \u2022 (3) MACHINES A CAFÉ BUNN-0-MAT1C \u2022 LOT DE VAISSELLES.USTENSILES.MARMITES.VERRES.PICHETS.THERMOS.CABARETS.ETC.# BALANCES.(3) PATERES.CHARIOTS.TOILES.HORLOGE POINÇON.EXTINCTEURS.SCEAUX.SHOP-VAC, CASIERS.ETC.\u2022 LOT DE DÉCORATIONS.VASES.PANIERS.BOUTEILLES.CADRES, ETC.\u2022 COFFRE-FORT.CLASSEURS.CHAISES.ETC.SYSTÈME DE FACTURATION ÉLECTRONIQUE l CONDITIONS: 25% COMPTANT A L'ADJUDICATION - SOLDE PAYABLE COMPTANT OU PAR CHÈQUE CERTIFIE.FRAIS D'ACHETEUR 10%.g ENCAN VOX: (514) 594-1160 ENCANTEURS * EVALUATEURS ' LIQUIDATEURS AVIS D'ENCAN Dana i affaire rte la faifria ôa: HIVERNA INC.____ USINE DE COUTURE ULTRA-MOOERNE eyaÉanw rta * Equip, da coupe dele \u2022 Chariot ENCAN\tENCAN %B AUCTION\tENCAN \t\t ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC ENCAN PUBLIC Prindpatemant pour notre compte et /ou autres parties intéressées.IHflgSBgggi 1ER OCTOBRE À 11 H PRÉCISES (inspection le mardi de 10 h à 17 h) au: 2111 -D, ST-RÉGIS, Dollard-des-Ormeaux (Direction: Transcanadienne sortie Des Sources nord, drorte Brunswick.droite Deacon et gauche St-Régis) _ MOBILIER DE BUREAU ACAJOU MOBILIER DE BUREAU NEUF \"»>: \u2022 >aOr*) TABLES DE CONFERENCE jou (bureaux e avec huches \u2022 (6) stations en seurs latéraux S (5) suites présidentielles aca-superbes ensembles exécutifs 10*.aussi 8' et 6' \u2022 (50) chaises cuir bourgogne, noir \u2022 clas-2, 3.4 et 5 tir.e (3) stations ordinateur \u2022 plusieurs chaises d'opérateur et sténo pneumatiques \u2022 Armoires reproduction en pin.NEUFS ORDINATEURS, PHOTOCOPIEURS, (2) MMX PENTIUM 166.1.2 g»g.32 meg ram.14\" SVGA, multimédia \u2022 (2) AMD PENTIUM P166.1.2 oig.16 meg ram.écran 14\" ~1UM PI33.1.0 gig.16 meg ram.SVGA, multi-média \u2022 AMD PENTi _ écran 14\" \u2022 B-JIU\\MMïWkl&Ê CANON NP 4050 \u2022 MITA DC 1755.1256.7085.2255 \u2022 TOSHIBA 2310 ?MINOLTA EP 4300 avec trieuse \u2022 Système tél.MERLIN2 avec 30 tels! LES ENCANS AUCTIONS INC \u2022 A ÉTR£ VENDU rTEM PAR fTEM atton la \u2022 DÉPÔT 25S COMPTAXT OU CHÈQUE VISE raque «vac mu \u2022 SOLDE AU COMPTANT OU CHEQUE VISE \u2022 PfflME D'ACHETEUR 10%_Tél.: 683-0861 ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC \u2022 ENCAN PUBLIC - Lacfra* ajtachtoea à coudra Equip, d'entrepôt at aquip.da bureau \u2022 Seront vendua par ENCAN PUBLIC En »ota oeteataa.sen.LE MERCREDI 1er OCTOBRE 1997 À11 H tur huileux 40, RUE ST-LOUIS, A G RAN BY (Québec).OrecHon (Pont Champion, autorouta 10 Eat.sortie 68 a droite * rua Principale t Oarby.tourna?a droite >uaqu â St- Loua» DEPARTEMENT DE COUTURE *,t!r 2 842\"6 *» 0*Lofct.il «nduVlrtel ed» V n- it«>/» >yr u\"n \\*ti.tu< aTO pSfdb c^'tr» «?w»lu«iton montr.iprti^ OOOS %mia Vendu a m*H | 12 h> EQUIPEMENTS DE MAGASIN ET ENTREPOT Supports a mtgaan chroma \u2022 Gnaaoee muraux \u2022 Comptors \u2022 Ceesa anrscastmuae 8amsungmod^ER-4715 \u2022 PrSaejntoas \u2022 2Kioaauaadasposibon e Lumiereàeurtrack \u2022 I k»oi1asair Amano \u2022 Etaoeraa da métal \u2022 RedoVReck \u2022 Eacebeeux \u2022 Extincteurs \u2022 2 Adreaaogrspbaa Famnaton st Muftioraph \u2022 Supports mobeee \u2022 Stock rack e Escs-ker mobaa \u2022 DaMyeusa Kenmora \u2022 Rsmgarateur Vaung \u2022 nakimaaaaui d eau \u2022 irv i de produes fine (vêtements) \u2022 Chanot Hé l'SHur Mejeubejr» 40001> a Etc.ENCAN PUBLIC ÉQUIPEMENT DE RESTAURANT PIZZERIA, RÔTISSERIE Mercredi 1er octobre 1997,10 h 30 au 944-B, chemin Trudeau.Beloeil (ouOrouto 20.sortie 109.côtô sud.près du vtaduc) Four convoyeur a pizza DOYON FG-26 au gaz \u2022 Mélangeur 60 ptitaj BLA-KESLEE \u2022 Table t pizza 6f dessus en bots \u2022 Tmne-viVKfe eylomatique QLOBE \u2022 Friteuse a poutet pané, électrique.BARBECUE KING ALF-F46 \u2022 Rotssehe à poulet BK 5RV» \u2022 Scie à poulet 0MEQA \u2022 3 tnteuses MKE 100 000 BTU \u2022 Four a convection GARLAND TTE2A \u2022 Four a convection au gaz BAKER'S PRIDE TTE2H \u2022 Mactane à glace (- ftakers -) SCOTSMAN MF700 avec réserve \u2022 Lave-vaisselle HOBART WM5H \u2022 Urve-verr* MOON-VED \u2022 Lave-vasaeae de comptoir HOBART \u2022 Plaqua à cuisson 36** au gaz VULCAN \u2022 Plaque a fnre 26\" au gaz KEATING \u2022 Cuamere au propana MKE, 2 fourneaux.10 ronde \u2022 2 cusakeres 4 feux au gaz GARLAND \u2022 Cursmtere 2 feux au gaz \u2022 Charcoal 16\" GAR-LANO \u2022 2 plaques à pain MKE \u2022 Chambre réfngérée complete 8' x 16' x 6'4\" haut \u2022 Com-preaaaur al évaporateur pour ebarnbre réfrigérée \u2022 Congélateur 2 portes CCF50,115-230 volts \u2022 Refngérateur 2 portes COLDSTREAM \u2022 Retngeraieur 24\" x 30\" x 79\" COCA-COLA \u2022 Présentoir à pètrssene MKE \u2022 Table réfrigérée 4' \u2022 Table à vapeur 8' \u2022 Tablette tnple 8* x 12\" avec «îfra^rouge \u2022 infra- rouge MERCO 36\" \u2022 Tab* à sarirjwich dmp \u2022 Hotte en a /1 avec retour d'as, système protection incenrJa AOUA BLUE \u2022 Hone de ventilation 11 * x 6\" \u2022 Évwr une cuve a /1 \u2022 5 evwrs 1 cuve, plastique \u2022 Péteuse a patates HOBART 15 Ib \u2022 Distributeur à lart doubla \u2022 Gnae-parn HOBART ET27 \u2022 Réchaud 4 pots au gaz MKE \u2022 Réchaud 2 trors MKE WD224E \u2022 Rechaud double APW W3V \u2022 2 rechauds 7 pies IDEA* Réchaud de comptoir pour r>zza \u2022 Congélateur horizontal \u2022 Congétaleur domestique \u2022 Mi-CTO-ondes SHARP \u2022 Mouhn a cale BUNN-O-MATIC \u2022 Machine à café BUNN POUR-O-MATtC \u2022 Taïae fnteo fnse \u2022 Chaudrons et ace essores de cursne \u2022 Lot de vaaseae blanche \u2022 Échefla é petïssene \u2022 8 sections detageres METRO \u2022 Sectjon étagères METR018\" x 48\" \u2022 Casse enregistreuse TEC MA1600 \u2022 2 caisses enregistreuses \u2022 2 horloges- potv çon \u2022 Machine é monnaie STANDARD \u2022 Système téléphonique MERIDIEN 4 appareil \u2022 Système télepnoraque TRILLIUM 3 apparels \u2022 Étagères \u2022 Bureau \u2022 Téléphones \u2022 Chasseurs \u2022 3 poubetes sur roues \u2022 Exhncteur \u2022 Lot aquanurns.hjrrwiares.arbres décoratifs, orgues \u2022 Lot d'accessoees et décorations d'Amérique centrale, têtes que : sombreros, masques, vases, idoles, marionnettes, cornes.ceramKjues.fleurs de papier, etc.AMEUBLEMENT : 96 chases en boe style Carlo's & Papa's - Peru - 90 \u2022 60 chaises de bots, terniees vert \u2022 82 tables 24\" x 32\".hm stratifié, vert \u2022 28 erases d'écoser enbo* \u2022 4 oenquettes de rrataurant 60'' style rétro \u2022 8 bancs de bar prvotants en txxs.styte retro \u2022 32 chases brstro noaes \u2022 20 tables, stratifié vert \u2022 20 tables 24\" x 24\" dessus granite \u2022 Etc.Inspection : Mardi 30 septembre 1997, de 9 h à 17 h Conditions : Frais d'encan : 10 % Depot : 25 % argent comptant ou chèque visé Balance : argent comptant ou chèque vise GESTION BARIL INC.Cornmissaire-priseur Tél.: (514) 397-0114, fax : (514) 766-1883 ENCAN PUBLIC DANS LA FAILLITE DE: PLACE FERRIER (115208 CDA INC.) RESTAURANT a lois KTMjis.MM neseiw \u2022 pour nothe comte et ; ou wœ purtbs ktbbsœs LE JEUDI 2 OCTOBRE 1997 A 10 H 30 ENDROIT: 5743, rue FERRIER.\u2022 Y.MR.MONTREAL (QUEBEC) INSPECTION: MERCREDI 1er OCTOBRE 1997 DE 9 H 30 A 16 H 30 (2) COMPTOIRS RÉFRIGÉRÉS A./ INOX.\u2022 RÉFRIGÉRATEUR DE BAR 4 PORTES \u2022 (4) ÉVIERS A./ INOX.\u2022 CONG.CRÈME GLACÉE \u2022 FRIG.À DESSERTS A./ INOX.\u2022 FRIG.À LAIT A./ INOX.\u2022 FONTAINE À LIQUEUR 4 TÊTES \u2022 MACHINE -LAIT FOUETTÉ- \u2022 POÊLE GAZ SOUTHBEND \u2022 (2) FRITEUSES GAZ MKE \u2022 PLAQUE GAZ MKE \u2022 TABLE VAPEUR GAZ \u2022 TABLE VAPEUR MKE \u2022 RÉCHAUD INFRAROUGE \u2022 (2) GRILLE-PAINS TOASTMASTER \u2022 TRAN-CHEUSE OMAS \u2022 HOTTE A./ INOX.16\" \u2022 ÉVAPORATEUR BOHN \u2022 (64) CHAISES EN BOIS \u2022 (15) TABOURETS /CHAISES BOIS /VINYLE \u2022 (27) TABLES \u2022 (16) CABINES \u2022 (6) COMPTOIRS \u2022 LOT D'ACCESSOIRES DE CUISINE \u2022 LOT DE VAISSELLE, VERRES, ETC.\u2022 CAISSES ENR.PATÈRES.TABLES.ETC.IEUKEII HOBART 28 MITES - FOUR k PIZZA UZ BUER'S PRISE CONDITIONS 25% COMPTANT A L'ADJUDICATION \u2022 SOLDE PAYABLE COMPTANT OU PAR CHEQUE CERTIFIE FRAIS D'ACHETEUR 10%.ENCAN VOX: (514) 594-1160 ENCANTEURS * EVALUATEURS * LIQUIDATEURS Selei Its Betëits d'iittrtftiett fimciéfit tt wrtrei equip, \\m\\m\\i i mai / liras / rouait \u2022eree) wm4m Hm per itta U mercredi Itr octobre 1997 à 10 h 30 Au: 2380, Montée Massoc, Bot troy, Laval (let Uval Es* (44t) m 4«t.25 m fn IX, terea 11 à peafee) esses; Offset Hams mod.LGXFR Murtilite 2 cou) mod 1850 c/a acc.\u2022 Bruteor Nuarc mod FT40V3UP \u2022 Mcrt.Blue Prmt Print Vac 90 \u2022 Duplicateur Rieograpn GR 370 \u2022 Couteau 32\" Diamond \u2022 Metanoeur Domes pour PVC \u2022 Granulateur \u2022 Bam Fisher \u2022 Dechtqueteuse Schleicher \u2022 Convoyeur 48\" x 25' \u2022 Etc.\u2022 BUREAU Od Mac 8500 - 6100 \u2022 Pentium 100 MfS i g>g ¦ 7b Mhz \u2022 Portatif Tandy \u2022 436 \u2022 386 \u2022 Concentrateur Ethernet NUe \u2022 Imonmantes H.P.Epson.Roland, Panasonic.Fujitsu.Okidata \u2022 Télécopieur Panasonic \u2022 Mohiher Pupitres \u2022 Credence \u2022 Postes de travail \u2022 Classeurs \u2022 Balances \u2022 Telephones \u2022 Armoires \u2022 Dactylo Canon \u2022 Cell.Nokia.Motorola \u2022 Etc \u2022 DIVERS: 6 TV.27\" Sanyo \u2022 7 Playstation Sony \u2022 Syst son et lecteur CD Pioneer \u2022 Banc de scie 10\" King \u2022 Perceuse colonne \u2022 Scie a ruban 10\" Durex \u2022 Compresseur 5 H.P.Devtlbrss \u2022 Etagères métal \u2022 Etc.\u2022 ROULANT; CMC 3500 1986.CTV 14.6.2 diesel, auto INSPECTION: Mardi 30 sept 1997 de 9 h à 17 h CONDITIONS: 25% a ladiudication.balance comptant ou cheque certifie, sutet aux conditions affichées.10% pnme d'acheteur.2560878 FQURNIEn CM 514-666-1251 ENCANTEURS ItttO Maaa Meaaon.Levât.OcH7\u20acoumissionner les fournisseurs possédant les qualifications requises et avant un établissement au Canada et qui auront réquisitionné les documents de soumission à leur nom.Un paiement non remboursable de 20 $ (toutes taxes incluses» soun forme d'ar» gi-nt comptant, de chèque vist- ou de mandat pjvafrk- a la Régie des installations ;»lv mpiqucs.est requis pour l'obtention de» documents.Iat* documents sont disponibles à l'adresse suivante : Régie des installations olympiques Ressources matérielles 4141.as.Pierre-de-CoubeniP (coin rue de LaSalle) Montréal (Québec) HIV3N7 Téléphone : (5!4> 252-4073 (Lundi m vendredi, 9 h à 12 h et 13 II 30 à 17 h) La RÉCEPTION des soumissions se fera à la même adresse et les enveloppes dûment scellées seront déposées aux soins du secrétaire.Pour de plus amples informations technique*, veuille/ communiquer avec monsieur Olivar Belley au numéro (514) 232-4141.poste 5252.La CLÔTURE de la réception des soumissions est fixée au mardi 14 octobre 1997 è 14 h 39.L'ouverture des soumissions se tiendra immédiatement après l'heure de clôture.La Régie des installations ohmpique» ne s'engage 4 accepter aucune des soumissions reçues même la plus basse soumission conforme.Le Mtrnrfoi re \\!c André Lafrenkre i \\ LA COMMISSION SCOLAIRE DAVIGNON APPEL D'OFFRIS PROJET : Agrandissement et réaménagement du.Centre de formation professionnelle de » Cowamville.PROPRIÉTAIRE : La Commission scolaire Davignon La Commission scolaire District de Bedford ARCHITECTES : Le Consortium Tétreauh.Boudrias.Légaré.architectes 234.rue Rivière.Cowansville (Québec) J2K 1M8 Tél.: (514) 266-5999 Fax:(514)263-6696 A / S de : Monsieur Alain Tctrcault INGÉNIEURS EN STRUCTURE ET GÉNIE CIVIL : SNC Lav aim inc.455.boulevard René-Lévesque Ouest Montréal (Québec) H2A IZ3 Tél.: (514) 393-1000 Fax:(514)393-0156 A / S de : Madame Annie Lefebvre ( structure) A / S de : Monsieur Jean-Pierre Robert (génie civil) INGÉNIEURS EN MÉCANIQUE ET ÉLECTRICITÉ : Consortium Consultants G.C./ Groupe HBA 179.rue Principale, Granby (Québec) Tél.: (514) 378-9878 Fax:(514)378-4434 A / S de : Monsieur Guy Castonguay INGÉNIEURS EN MÉCANIQUE DES SOLS : Laboratoire Richelieu-Estne Liée 101.rue du Cile, bureau I07A Bromont (Québec) JOE IL0 Tél.: (514) 534-0622 Fax:(514)534-0042 - A / S de : Monsieur Robert Compagnaf La Commission scolaire Davignon et la Commission scolaire District de Bedf'oraV *\\ demandent des soumissions pour l'agrandissement et le réaménagement du ; Centre de formation professionnelle de Cowansville sis au 200.rue Adélard-Godbout.Cowansville (Québec).Les plans, devis et documents contractuels-et autres renseignements seron£ disponibles à partir du 30 septembre I997-au centre administratif de la CommissiorC scolaire Davignon au 112.rue John à«* Cov% ans ville contre un montant de deux' - cents dollars (200 S) non remboursable en mandat ou chèque visé au nom de ia; Commission scolaire Davignon.Les soumissions, dans des enveloppes cachetées et préadressees seront reçues à;* la Commission scolaire Davignon.au 112.rue John.Cowansville (Québec), au bureau des ressources financières (Madame Normande Chapman), jusqu'à/ quatorze heures (14 h) heure en vigueur-localement.le 28* jour du mois d'octobre 1997 pour être ouvertes publiquement au même endroit, le même jour et à la même heure.Une visite de chantier pour tous les soumissionnaires est prévue le mardi 14 octobre 1997 à 9 heures.Pour les entrepreneurs généraux Les soumissions devront être accompagnées d'un chèque visé au montant de trois cent vingt mille dollars (320 000 S) à l'ordre de la Commission scolaire Davignon.ou d'un cautionnement de soumission émis par une compagnie d'assurance, établi au même montant, valide pour une période de quatre-vingt dix (90) jours de la date d'ouverture de» soumissions.Cette garantie de soumission devra être échangée à la signature du contrat pour une garantie d'exécution et une garantie des obligations pour gages, matériaux et services.Lorsque ces garanties sont sous forme de cautionnement, le montant de chacune délies correspond à cinquante pour cent (50fé) du prix du contrat et lorsqu'elles sont sous forme de chèque visé, le montant de chacune d'elles correspond à dix pour cent < I(Ké i du prix du contrat.Seules seront considérées, aux fins d'octroi du contrat, les soumissions des entrepreneurs ayant un établissement au Québec ou.lorsqu'un accord intergouvernemental est applicable, au Québec ou dans une province ou un territoire visé par cet accord et détenant, le cas échéant, la licence requise en vertu de la Loi sur le bâtiment (L.R.Q.c B-1.1).Les entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leurs soumissions.Toutes les soumissions devront être faites conformément aux dispositions du Règlement sur les contrats de construction des immeubles des Commissions scolaires en vigueur depuis le lo août 1990.Le propriétaire ne s'engage à accepter aucune des soumissions reçues.Ghislaine Delisie.présidente Donald Proteau.directeur çenerul La Commission scolaire Davignon James BftsscftL directeur tiens ml La Commission scolaire District de Bedford ®onnez-n°^ des Société pour les enfants handicapés du Québec 2300 boul.René-Lévesque Ouest, Montréal (Québec) H3H 2R5 Téléphone: (514) 937-6171 Télécopieur: (514) 937-0082 | Inscrivez- octobre Plug de 30 000 en prix à gagner C'est gratui! ! 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