La presse, 8 novembre 1997, B. Plus
[" B Montréal, samedi 8 novembre 1997 Plus la Presse \"Tous les avantages d'une sportive utilitaire, les défauts en moins» z- 349* 24 mois /rr.ois \u202224 mois, versement intiia* de 2 496 % ou értançe éotiivaiem Taxes, transport et preparaiior.en sus.20 000 wn par année.4305.boul.METROPOLITAIN Est / (514) 725 9394 ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / POLITIQUE DANIEL JAC0BY Une foi inébranlable dans le pouvoir du citoyen Éric Clément Il a beau vivre depuis dix ans avec les malheurs et les récriminations des Québécois en conflit avec la machine administrative, entendre les sirènes d'une prétendue désillusion de la population pour la politique et ses institutions et craindre la prééminence de l'Économique sur le Social, Daniel Jacoby conserve une foi inébranlable dans le pouvoir du citoyen.Alors qu'on prédit à l'actuel protecteur du citoyen une retraite à la fois imminente et forcée, celui-ci n'exprime aucune amertume en autant qu'on agisse dans la transparence.Que ce soit pour son cas personnel ou qu'il s'agisse d'autopsier les relations entre l'État et ses citoyens, Daniel Jacoby n'a de cesse de rappeler la nécessité de construire une société dont l'un des piliers serait le sens de l'éthique.«< L'État est en perpétuelle reddition des comptes, dit-il à La Presse, lors d'une entrevue à son bureau montréalais.Il doit rendre des comptes constamment.Aujourd'hui, le culte du secret doit cesser et être remplacé par l'ère de la transparence.Cela prendra des générations pour modifier cette dynamique du secret mais je suis optimiste.» Daniel Jacoby croit qu'à moyen et à long terme, l'exercice de la démocratie va changer : « Il y a des ressacs qui se produisent, avec les coupes budgétaires, le néolibéralisme à vérité unique, le fait que les gens se sentent un peu' i exclus et qu'on soit en train de reculer par rapport au progrès de\\ société qu'était l'État-providence.Les gens sont de plus en plus informés ou veulent de plus en plus s'informer.Inévitablement, on va se retrouver dans des formes de démocratie où les décideurs auront des comptes à rendre et être de plus en plus transparents.» Comme protecteur du citoyen, Daniel Jacoby ressent une sorte de renaissance du rôle du citoyen : Inévitablement, on va se retrouver dans des formes de démocratie où les décideurs auront des comptes à rendre et être de plus en plus transparents.« On le sent par la nature des plaintes ou des commentaires qui nous sont adressés.Les gens sont de plus en plus vigilants alors que de l'extérieur, on a l'impression que les citoyens renoncent un peu à tout.Non, il y a des embryons, des groupes de pression, des organismes communautaires, etc.» Selon lui, il y a même actuellement une prise de conscience de la part, des décideurs politiques qu'on ne peut pas aller plus loin dans la déréglementation et la désocialisation : « En Europe, l'été dernier, les ministres des Finances se sont rendus compte que depuis 1990, le nombre de leurs chômeurs est passé de 27 millions à 35 millions.Ça les effraie un peu.Ils commencent à comprendre qu'un cenain niveau d'exclusion ne pourrait être réduit.Et l'exclusion sociale crée le désordre social.» Mais si Daniel Jacoby devait réécrire aujourd'hui la Charte des droits et libertés de la personne dont il était le rédacteur en 1975, il ajouterait un chapitre sur les responsabilités des citoyens.« Tous sont pour la réduction du déficit mais si ça ne les affecte pas! Il est vrai que pour certains citoyens, on ne peut demander un effort supplémentaire car ils sont déjà exclus.» « L'accès aux services Quand on lui demande de dresser un bilan de son action en tant qu'ombudsman depuis dix ans, l'ex-sous-ministre de la Justice de René Lévesque répond simplement qu'il a voulu favoriser un meilleur accès des citoyens aux services publics et une meilleure communication entre l'État et la population.Au lieu de régler toutes les plaintes de façon individuelle, il a souvent procédé en les regroupant pour faire des enquêtes globales sur des sujets bien précis.Ainsi, son enquête sur la perception des pensions alimentaires a donné « d'excellents résultats », comme 70 % des enquêtes sys-témiques qu'il a coordonnées.11 estime que 95 % des plaintes individuelles ont connu une issue heureuse.« Nous avons un rôle de contrepoids qui consiste à empêcher que le pire ne se produise.En même temps, nous réglons une foule de plaintes individuelles qui ne remettent pas en cause des politiques ou des programmes gouvernementaux.Le bilan est positif.Il faut être modeste.On n'est pas là pour changer le monde.Il y a des dossiers qui accrochent et d'autres photo RÛBEfiT ma1ll0ux.La Presse «L'État est en perpétuelle reddition des comptes.Il doit rendre des comptes constamment.Aujourd'hui, le culte du secret doit cesser et être remplacé par l'ère de la transparence.Cela prendra des générations pour modifier cette dynamique du secret mais je suis optimiste »y croit le Protecteur du citoyen, Daniel Jacoby.qui se règlent.» Une de ses réalisations est d'avoir imposé la présence du protecteur du citoyen aux débats des commissions parlementaires, une disposition prévue dans la loi mais qui n'était pas entrée dans les moeurs.Le protecteur du citoyen peut en effet proposer des réformes législatives.Aujourd'hui, la tradition est établie.« Cela a donné des résultats mais c'est très délicat car le protecteur se situe à l'intérieur de l'État.Il est ainsi amené à faire des commentaires sur des projets de loi.Nos interventions ne remettent pas en cause des principes de la loi mais le plus souvent des modalités, des façons de faire pour éviter le pire.» 11 est fier de constater que l'actuelle réforme de la justice administrative tient compte de ses recommandations.« Les premiers articles sont inspirés du pacte so- cial du protecteur du citoyen, dit-il.C'est unique au monde et ça aura un impact général sur le comportement de l'admministration.Avant de dire non à un citoyen qui réclame une indemnisation à la suite d'un accident du travail et qui a oublié de transmettre une information, le fonctionnaire devra lui téléphoner plutôt que de rendre une décision négative.Cela évitera des frictions.C'est de la justice naturelle.» Pas d'homogénéité M.Jacoby considère que la fonction publique québécoise est dans l'ensemble très professionnelle, « ce qui ne veut pas dire qu'elle est à l'abri d'erreurs et de négligent ces ».Selon lui, il y a au Québec autant d'organismes publics et de cabinets ministériels que de façons de penser les relations entre l'État et le citoyen.« L'État n'est pas homogène.Par exemple, la Régie des rentes est un des organismes publics dont l'approche client est la plus respectueuse des droits.D'autres organismes sont à l'opposé.Parfois, il suffit que la direction d'un organisme change pour que l'approche change.Et puis, au sein d'un même organisme, il peut y avoir des approches différentes selon les sujets.Prenons le ministère du Revenu.Sur les pensions alimentaires, i l'est ouvert.Tenant compte de nos recommandations, il va réduire les délais.Mais pour le dossier des investisseurs en recherche et développement, ce sont pourtant les mêmes fonctionnaires mais ils s'accrochent à des arguments qui ne tiennent pas.>» M.Jacoby resterait bien pour un autre mandat.« J'ai beaucoup d'idées et il y a beaucoup de choses que je n'ai pas encore réalisées », notamment poursuivre la formation en éthique des administrateurs publics.« Je réussis à faire un peu de pédagogie auprès des fonctionnaires mais pas assez à mon goût, dit-\u2022 il.Par contre, des ministres me disent que nos interventions sur-la place publique les font réfléchir.» II croit que les gouvernements devraient éviter autant que possible d'imposer la ligne de parti et permettre le vote libre des députés sur des questions fondamentales.« Il faut aussi qu'on donne l'heure juste aux citoyens, dit-il.On a souvent l'impression qu'on consulte la population mais que les dés sont pipés.On consulte pour la forme.Les décisions ont déjà été prises.Les gens ne sont pas dupes.Ils le réalisent.» Méconnue, la fondation Léo-Cormier éveille les gens aux valeurs démocratiques \u2022 La fondation Léo-Cormier pour l'éducation aux droits et libertés fêtera l'an prochain son dixième anniversaire d'existence alors que la Déclaration des droits de l'Homme aura en même temps 50 ans.Si cette fondation a peu fait l'objet d'une couverture médiatique depuis 1988, ce n'est pas par manque d'activités.Avec la Ligue des droits et libertés, dont elle est une sorte d'éma-nation \u2014 Léo Cormier | 1924-1984 ) en a été le président clans les années 70 alors que l'organisme s'appelait la Ligue des droits de l'Homme\u2014, elle a réalisé de nombreux projets éducatifs pour sensibiliser la population aux droits sociaux et économiques, au droit au travail, à la discrimination et au racisme, à la protection de la vie.privée et des renseignements personnels, etc.Tout autant de sujets qui fondent notre vie démocratique mais aussi le quotidien de Daniel Jacoby.C'est d'ailleurs parce qu'il croit fermement en la nécessité d'informer le citoyen sur ses droits «< mais aussi s|ir ses responsabilités » que Me Jacoby a accepté d'être cette année le président d'honneur de la campagne de financement de la fondation, aux côtés des Gérald La rose.Clément Godbout, Françoise David Serge Turgeon.Léo Cormier, comme Daniel Jacoby, a toujours embrassé des aspirations de Justice et honni les passifs et les négativistes.M.Cormier disait qu'il avait choisi d'être président de la Ligue parce que c'était un moyen de réaliser ce qu'il aurait dù « faire autrement avec une carabine h 1 Précisant qu'il parlait au figuré, il ajoutait avoir toujours vécu « à travers les ceoeuranicries ».Récemment, la fondation a organisé à Québec un débat sur la vie démocratique et la citoyenneté auquel Daniel Jacoby a participé.Léo Cormier, photographié en février 1975.photo archives U «< Avec la rupture de confiance qu'on connaît envers les institutions, il y a de plus en plus de gens concernés par ces questions-là, dit-il.Je ne peux qu'appuyer une telle fondation qui ne vise pas des initiés ou des experts mais les citoyens intéressés par la démocratie et les droits.» Daniel Jacoby croit beaucoup aux groupes de pression indépendants « des partis politiques ou du pouvoir de l'argent ».« Toutes sortes d'organismes non reliés à des formations politiques se développent et viennent influencer des prises de décisions politiques, dit-il.Ce n'est que par ça que les politiciens finissent par écouter.Cela donne des résultats.» (1 vilipende le « langage ésotéri-que des experts » de notre société « qui voient de plus en plus grand dans un monde de plus en plus peut « On pense que les citoyens qui se plaignent ne sont pas raisonnais s mais ce n est pas le cas.Us expriment le gros bon sens* le sens commun de la population et c'est toujours celui-ci qu provoque des changements dans l'histoire du monjle.» B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Maficsl Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef une Pierre Gravel justice respectable es deux nouvelles sont tombées le même jour.Par hasard.Mais bien qu'elles n'aient rien d'autre en commun, leur juxtaposition -met en lumière ce genre d'incongruité qui, à force de se répéter, nourrit le scepticisme de bien des citoyens face à ce qu'on leur présente comme l'application de la Justice.bhh On apprenait en effet, jeudi dernier, que Jean-Pierre Leblanc, impliqué dans le trafic de drogue, déjà condamné à deux reprises dans le passé, n'aura finalement purgé que deux des huit ans de prison qui lui avaient été imposées, en 1995, après une longue et coûteuse enquête de la GRC.L'annonce de cette remise en liberté, conforme aux normes de la Commission nationale des libérations conditionnelles, n'a, en soi, rien de scandaleux.À la limite, elle devrait tout au plus alimenter un débat plus global sur la sévérité des sanctions pour ce type de crimes.Ce qui frappe l'imagination, c'est qu'elle a été communiquée au moment même où on apprenait le sort qui attend Robert Latimer.Ce dernier, jugé coupable du meurtre non prémédité de sa fille handicapée, devrait normalement se voir imposer une sentence d'au moins vingt-cinq animées sans possibilité d'être libéré avant dix ans.À lui seul, le contraste entré les deux situations suffirait pour conforter dans leur cynisme ceux qui pensent que la justice obéit à des règles difficiles à saisir.Mais ce n'est pas sur la base de cette comparaison qui risque de mener à la démagogie, que le procès Latimer propose un défi à la société.C'est sur le plan de sa capacité de faire respecter les mêmes lois par tout le monde tout en modulant les sentences pour qu'elles correspondent mieux au double objectif qu'elles visent : châtier les coupables et protéger la société.Ainsi il est acquis \u2014 lui-même Ta avoué \u2014 que Latimer a commis un crime en décidant d'abréger la vie de sa fille sous prétexte de mettre un terme à sa souffrance.Et que le jury n'avait pas d'autre choix que de le déclarer coupable forçant ainsi le juge à lui imposer la peine prévue dans ce cas.Un acquittement fondé sur la sympathie pour l'auteur de ce qui reste un meurtre, même s'il a été \u2022 inspiré par la compassion, aurait équivalu à approuver dans les faits un acte d'euthanasie interdit par la loi.On peut débattre de la pertinence de cette interdiction et se dire qu'il faudrait la nuancer pour tenir compte de situations exceptionnelles.C'est d'ailleurs le sens d'une réflexion collective à laquelle la ministre fédérale de la Justice vient de convier les Canadiens.Mais il est sûr qu'il ne revenait pas à un jury de précéder le législateur en ce domaine.Il est non moins évident, cependant, que Robert Latimer a déjà payé très cher pour son crime, qu'il n'est pas une menace pour la société et que personne n'a intérêt à ce qu'il reste dix ans en prison.Ce qui est loin d'être aussi évident dans le cas de vrais criminels \u2014 comme les trafiquants de drogue \u2014 qui se retrouvent en liberté après avoir purgé uniquement le quart de leur sentence à condition d'avoir eu un « comportement généralement respectueux » envers les gardiens ou leurs compagnons de cel-iule! On verra d'ici peu de quelle marge de manoeuvre le juge chargé du dossier Latimer estime disposer pour tenir compte de l'appel à la clémence lancé par les membres du jury après avoir prononcé le verdict de culpabilité.S'il de-.vait se sentir obligé d'appliquer sans discernement une loi prévoyant une sanction disproportionnée dans les circonstances, ce sera au cabinet fédéral de prendre ses responsabilités pour éviter que l'opinion publique en vienne à la la conclusion que la justice n'est vraiment pas assez respectable pour être respectée./ OE\\K)V)& P|C*DÔUUE TOUR l£ K*tfc:Ué \\ / VOS A£-rtf=S.A£14ETE2- DES D^BEJKiTOReS \\ C0MfflERîtBlefi ET fctettETfcBtE£ AU G&é T>0 ¦ < MOTS RÉSERVÉS C'est la faute aux médias Agnès Gruda Le juge Louis Carrier, qui a causé une tourmente médiatique avec sa sentence dans une affaire de viol, est persuadé qu'il a été victime d'une presse malveillante.Il s'est expliqué à ce sujet au Point et dans une entrevue au Soleil, où il propose que l'on crée de nouveaux mécanismes pour défendre les magistrats contre la colère des gazettes.MBMnnHMBBMi Le juge Carrier a été ébranlé par les critiques et c'est compréhensible.Mais en se laissant emporter par ses émotions, il aura raté une belle occasion de tirer quelques utiles conclusions de toute cette histoire.Pour ceux qui l'auraient oublié, le juge Carrier a condamné trois violeurs à des peines de 56 mois et 19 jours de prison.Un jugement de 67 pages étaye leur participation à un crime sordide.C'est en examinant les circonstances qui pouvaient atténuer leur sentence que le juge a prononcé sa fameuse phrase affirmant que la jeune femme n'a pas subi de violence, puisque son corps ne portait « aucun bleu.» La phrase a été tirée hors de son nid et propulsée à travers les salles de rédaction, qui y ont lu une négation du caractère forcément violent de toute agression sexuelle.En fait, ce que le magistrat voulait dire, c'est qu'en plus de la part de violence que comporte le viol par sa nature même, la jeune femme n'a pas subi d'autres sévices physiques.C'est ce qu'il voulait dire.Mais ce n'est pas ce qu'il a dit.Or, n'est-il pas du devoir d'un juge d'expliquer clairement ses décisions ?En utilisant des mots quotidiens, difficilement conciliables avec l'horreur qu'a vécue la victime, en se fiant à ses capacités oratoires insuffisantes, le juge a pris le risque d'être mal compris.Il en a subi les conséquences.Les juges s'exposent de plus en plus à la critique.Parce que la société est plus exigeante.Parce que leurs décisions débordent de plus en plus du stria champ juridique.Et parce qu'un passé récent nous a apporté un chapelet de monstruosités.Il y avait eu Denys Dionne et son célèbre « les règles, c'est comme les femmes.» Jean Bienvenue et ses commentaires sur la répartition des qualités morales entre les deux sexes.René Crochetière et son « Si Monsieur assassine Madame, ça ne m'empêchera pas de dormir.i>~ Et quelques autres.Que leurs verdicts aient été justes ou pas, ces juges ont choqué l'opinion publique par leurs propos irrespectueux, bêtes et contraires aux valeurs dominantes.Aux yeux des médias, le cas Carrier semblait relever de cette même catégorie.La machine médiatique s'est-elle trop emballée ?Même pas.Dès le premier jour de « l'affaire Carrier », des voix se sont élevées pour tempérer la clameur publique.Pour rappeler que si le juge Carrier a dit une bêtise, que s'il fallait s'interroger sur l'échelle de gravité déterminant les peines imposées aux violeurs, le magistrat nis de faute grave.Les juges s'exposent de plus en plus à la critique.Parce que la société est plus exigeante.lui-même n'a pas con Des groupes d'avocats ont manifesté en sa faveur.Le ministre, Serge Ménard, alors même qu'il se laissait emporter par la vague médiatique ( ce qui n'est quand même pas la faute des journaux, mais la sienne ) a dit que le juge Carrier n'a pas péché sur le plan déontologique.Et le Conseil de la magistrature, qui a reçu quelque 160 plaintes à son sujet, les a rejetées en bloc.Le juge Carrier a dit une phrase controversée et il a fait l'objet d'une controverse.Cela arrive à toutes sortes de gens bien et les juges ne sont pas plus démunis que les autres devant ces situations.Ils devront s'y habituer : il n'y a aucune raison de leur offrir un paratonnerre supplémentaire contre les orages médiatiques qu'il leur arrive de déclencher.LA PRESSE ET VOUS Les soldats de l'ombre t \u2022 Un journal est avant tout connu et reconnu pour son contenu, qu'il soit d'ordre rédactionnel ou publicitaire.C'est prioritairement un produit d'information.Les gens se procurent un quotidien parce qu'ils y trouvent les principaux ingrédients qui leur permettent de s'informer et de se divertir.Il est donc normal et depuis longtemps accepté que les journalistes soient les « vedettes » du quotidien comme le sont les animateurs et les reporters des bulletins de nouvelles et des émissions d'affaires publiques à la radio et à la télévision.De là, la signature des textes dans les journaux et même la publication de la photo du journaliste, du chroniqueur, de l'éditorialiste.' Mais derrière cette faune journalistique existent et travaillent des centaines de personnes, aux métiers différents et aux tâches variées, qui contribuent tout aussi étroitement à la conception, à la fabrication, à la réalisation et à la distribution, jour après jour, dé notre quotidien.On oublie trop souvent l'apport essentiel de ces individus qui sont les « soldats de l'ombre ».Ce sont les décès de quelques-uns des nôtres, au cours de la dernière année, qui nous rappellent le travail discret mais com- bien efficace de ces « héros de l'ombre ».Que l'on pense aux Jean-Pierre Champagne, gérant des ventes au Service des ventes du journal ; Robert Aubin, gérant des ventes à la Publicité nationale ; Normand Brunette, documentaliste au Centre de documentation du Service de la Rédaction, sympathique collègue décédé il y a dix jours.Des personnes dédiées au journal et à l'entreprise qu'est La Presse.Il y a ces 1000 employés et plus, réguliers comme occasionnels, partiels, surnuméraires qui, chacun ( e ) à leur façon et selon leur sphère d'activités respectives, font ce qu'est La Presse.Le plus important service, en nombre, est celui des Ventes du journal qui compte 242 employés réguliers ( entrepreneurs distributeurs, préposés aux ventes et au service à la clientèle ), suivi de la Production qui compte 229 employés ( typographes, pressiers, expéditeurs, manutenteurs, mécaniciens, contremaîtres ), de l'Information avec un personnel régulier de 187 personnes (journalistes, éditorialistes, photographes, préposés au pupitre, chefs de division, adjoints, auxiliaires de rédaction ), de la Publicité avec 112 employés ( représentants et assistants-représentants publicitaires, gérants des ventes, concepteurs graphiques ).Les autres services, qui ont un rôle tout aussi important d'appui et de soutien aux opérations quotidiennes de fabrication de La Presse, sont les Finances et Administration qui comptent 101 personnes réparties dans les sous-services Approvisionnements et Immeubles ( 36 ), Finances ( 34 ), Informatique ( 24 ) et Contrôle ( 7 ) et les Ressources humaines avec huit, sans compter en tout premier lieu le président et éditeur et son adjoint et conseiller juridique.Au travers de ces services, 74 fonctions différentes composent le travail de l'ensemble du personnel de La Presse.En plus des fonctions énumérées pour chacun des services, que l'on pense aux vice-présidents, directeurs, adjoints aux directeurs et adjoints administratifs, contremaîtres, gérants, conseillers, gestionnaires, analystes financiers et de systèmes, vérificateurs, comDtables, préposés, secrétaires, commis, qui travaillent dans l'un ou l'autre des services.Tout ce beau monde occupe une fonction, joue un rôle important dans ce journal que nous offrons, chaque jour, à nos centaines de milliers de lectrices et de lecteurs qui sont juges du produit d'information qu'ils reçoivent et qu'ils lisent avec tant de fidélité.Ces « soldats de l'ombre » méritent que leur travail soit souligné même si leurs noms n'apparaissent pas dans le quotidien.Depuis 114 ans, des milliers de personnes ont contribué à bâtir La Presse, à la faire grandir, à la faire progresser.Si sa notoriété est ce qu'elle est aujourd'hui \u2014 malgré tous les assauts et toutes les attaques dont elle a été l'objet au fil de son histoire \u2014, nous en devons une fière chandelle à chacun( e ) de ses artisans d'hier et d'aujourd'hui.Aux disparus, aux retraités, au personnel actif, à leurs familles qui ont soutenu leurs efforts, un grand merci.Un quotidien n'est pas une entreprise comme une autre.Il faut y travailler le jour, le soir, la nuit, sept jours par semaine, 52 semaines par année.Sauf quelques congés fériés, il n'y a pas de temps d'arrêt.De quoi sera faite l'édition de demain ?Que nous apportera l'actualité des prochaines heures pour préparer le journal de dimanche ?Les imprévus sont partie de la vie quotidienne d'un journal.Le journal le mieux planifié le matin sera complètement transformé, modifié, chambardé en fin de journée si l'actualité nous y oblige.Il faut être constamment aux aguets.C'est un éternel recommencement.A chaque jour, un nouveau journal est un nouveau livre.Combien d'éditeurs dans le monde peuvent publier un volume par jour ?Imaginez ce que représente la réalisatiop de cette volumineuse édition que vous ayez entre les mains.Amusez-vous à compter Je nombre de cahiers, le nombre de pages, le nombre de textes et de photos, le nombre d'annonces publicitaires dans cette seule édition.C'est un véritable miracle quotidien.Merci à chacun des artisans de ce miracle.Claude MASSON Éditeur adjoint _ LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997_ B 3 La tour d'ivoire Chantai Hébert Sue Rodriguez, Robert Latimer, Nancy Morrison ; les cas de conscience que pose la question épineuse de situer la ligne qui sépare le droit individuel de disposer d'une vie par rapport au devoir collectif de la protéger s'accumulent sans que le Canada soit plus près de trouver une réponse.Pour mémoire.Sue Rodriguez est devenue une cause célèbre quand elle a choisi de faire de sa maladie débilitante un tremplin pour confronter l'opinion publique par le truchement des tribunaux à la question du droit au suicide assisté.Robert Latimer, un fermier de la Saskatchewan, a mis fin aux jours de sa fille de 12 ans, Tracy, lourdement handicapée, parce qu'il ne pouvait plus supporter de la voir souffrir.Nancy Morrison est médecin en Nouvelle-Ecosse.Elle est accusée d'avoir délibérément causé la mort d'un de ses patients en phase terminale.Leurs trois tragiques histoires ont toutes mis le système de justice canadien sur la sel- lette.Les tribunaux ont refusé à Sue Rodriguez le droit de se faire aider pour se suicider, ce qu'elle a fait quand même par la suite.Robert Latimer vient d'être reconnu coupable de meurtre pour la seconde fois, mais le jury qui s'est prononcé sur sa cause concédant qu'il a agi par compassion réclame une peine minimale, une latitude que la loi ne donne pas au juge puisqu'elle prescrit une sentence obligatoire de dix années de prison.En Nouvelle-Ecosse, la justice tente d'ajuster les accusations qui pèsent contre le docteur Morrison à la dimension de son crime présumé.Il y a quelques jours, la Couronne les a diminuées d'un cran.Pendant que le système de justice se démène et que la société s'interroge sur les insuffisances criantes des lois actuelles, le Parlement fédéral regarde ailleurs et se tait.Jusqu'à preuve du contraire, le gouvernement Chrétien refuse catégoriquement de lancer un débat parlementaire, même exploratoire, sur cette question.Invoquant le caractère évidemment déchirant du dossier, la ministre fédérale de la Justice, Anne McLellan, a convié cette semaine l'ensemble de la société canadienne à en débattre mais a exclu d'office qu'Ottawa prenne la direction de la discussion ou même l'éclairé d'une contribution du Parlement.Du vote libre aux Communes promis par son prédécesseur, A11 an Rock, sur le sujet, il n'est plus question.Mme McLellan entend même voter contre une motion du député néo-démocrate S vend Robinson qui voudrait qu'un comité parlementaire passe au moins en revue les lois régissant l'euthanasie.Cette inertie fédérale a déjà eu une conséquence tangible.Le cas Latimer ne se poserait pas de façon aussi aiguë si le législateur avait donné suite aux conseils qui lui ont été prodigués depuis le début de l'affaire.L'an dernier, le Sénat et la Commission de réforme du droit avaient tous les deux préconisé la création d'une troisième catégorie de meurtres comportant des peines plus légères pour ce type de cas.Ce sont des recommandations qui étaient restées lettre morte.Il aura fallu qu'un jury saskatchewanais pose de nouveau la question pour que la ministre annonce qu'elle va les examiner.Si le passé est garant de l'avenir, le Parlement canadien n'a pas fini de se faire tirer l'oreille.En matière de droit à l'avortement, il avait fallu que la Cour suprême crée un vide juridique béant pour qu'Ottawa se préoccupe de réexaminer une loi rendue inopérante par des jurys depuis 20 ans au Québec et appliquée inégalement un peu partout ailleurs au Canada.Cet attentisme politique n'est pas étranger au malaise croissant qui s'empare des institutions démocratiques au pays.Ces temps-ci, les tribunaux n'en finissent plus d'interpeller les élus.Des droits du foetus aux lois électorales du Québec en passant par la place an-cestrale des autochtones au Nouveau-Brunswick, il se tranche davantage de débats de société en cour que dans l'arène parlementaire, pour le meilleur et souvent pour le pire.Il serait faux de croire que les tribunaux vont systématiquement au devant des coups.Au contraire, les cours font de plus en plus souvent office de réceptacles pour les questions délicates dont cherchent à se débarrasser le plus longtemps possible les gouvernements.En la matière, le dossier de la sécession du Québec est un cas d'espèce.En référant la question à la Cour suprême, Ottawa a choisi d'évacuer jusqu'à nouvel ordre de l'arène politique toute discussion sur une éventuelle réaction canadienne à un vote en faveur de la souveraineté.Entre-temps, les carrières politiques écourtées devant la réalité de la pertinence limitée du rôle de député se multiplient.Le recrutement de valeurs sûres en politique se fait de plus en plus difficile.La qualité des élus s'appauvrit.Ces temps-ci à Ottawa, députés et sénateurs vivotent autour d'un menu ultra-léger largement constitué des restes de la législature précédente, celle-là même qu'on avait dissoute pour tenir des élections générales avant le temps, histoire de s'attaquer au plus vite aux défis du siècle prochain.Jeudi, pendant que le Canada tout entier se torturait la conscience à la suite de la condamnation de Robert Latimer et devant la perspective de le voir passer les dix prochaines années de sa vie derrière les barreaux, les partis fédéraux aux Communes se chamaillaient sur les termes à employer pour rendre hommage à Jacques Villeneuve ; et au Sénat, on se disputait sur l'importance de maintenir le vocable de « gentilhomme à la verge noire » maintenant que ce poste a été attribué à une femme.À ce régime, le Parlement canadien se prépare à entrer dans le vingt et unième siècle la tête enterrée dans le sable du vingtième.Guy Bertrand dénonce La Presse La démocratie péquiste ou la liberté » Ce type de dictature autorisée par le peuple fut utilisé par les théoriciens du IIIe Reich Mc Guy Bertrand, avocat constitutionnaliste, est aussi Président des Citoyens de la nation ( CDN ) et intervenant devant la Cour suprême du Canada dans le Renvoi portant sur la sécession.Caricaturistes, chroniqueurs et éditorialistes se sont concertés pour discréditer mon message.Ils utilisent les méthodes que privilégiait l'extrême gauche et les régimes totalitaires pour éliminer la dissidence : on attaque l'homme et non ses idées.On le fait passer pour un malade dont les paroles, dénuées de sens, ne valent pas la peine d'être écoutées et étudiées.Ainsi, on décourage tout citoyen de se mêler au débat et de véhiculer des idées.On a commencé à me décrire comme un être «< clownesque et déraisonnable » ( Alain Dubuc, 14.06.96 ), puis « un clown qu'il faut faire taire » ( Alain Dubuc, 5.09.96 ), une «< nuisance », un « danger public » (Pierre Gravel, 7.10.97), et finalement on me représente en caricature comme un malade mental à interner, sans n'avoir pourtant jamais, analysé le sérieux de mes démarches.(.) Le Premier ministre, son valeureux procureur général et son mandataire à Ottawa, qui ne supportent pas les attaques pseudopsychologiques lorsqu'elles leur sont adressées, ont cautionné le langage de la presse francophone en déclarant que ma dernière procédure visant les impôts n'était que du délire.Aucun mot n'est assez fort pour qualifier mon impiété ! On lance des propos suscitant la haine, le mépris et le ridicule, dans le but d'éliminer le seul citoyen francophone qui n'a pas peur de se déclarer canadien ouvertement et avec fierté.Par la suite, on s'étonne que le « diable » gagne ses causes en Cour et que, comme le montrent les sondages, l'opinion publique partage ses positions, notamment sur la divisibilité du Québec en cas de sécession, sur la nécessité de changer nos mentalités plutôt que la constitution, d'apprendre à vivre ensemble au lieu de se diviser, de bénéficier de règles claires en cas de sécession puisqu'il y a des règles aussi quand on joue au Bingo, et sur l'importance du respect de la primauté du droit pour qu'une indépendance éventuelle ne se réalise pas dans l'anarchie.Évidemment, la surprise est de taille, puisqu'on évite d'expliquer mes arguments ou alors on les travestit grossièrement.Quand j'étais séparatiste, j'étais pourtant le même homme et personne ne mettait en doute mon intégrité, mes convictions, et le coeur et l'énergie avec lesquels je défendais les droits de mes concitoyens.Si aujourd'hui je réalise, et je ne suis pas le seul, que le projet sécessionniste est dépassé, inutile, et même dangereux, et que le Canada est notre meilleur allié dans la protection de notre culture, cela ne brise aucunement la continuité de mon combat pour la justice et le bien-être des habitants de mon pays.Les idées se métamorphosent mais puisent toujours leur vivacité à la même source.Je ne renie en rien mon passé qui fut une étape décisive dans mon développement et l'éclo-sion de mes réflexions actuelles.Ce déchaînement médiatique de paroles virulentes, vulgaires et haineuses n'éclabousse pas seulement le citoyen Bertrand qui remet en question les préceptes religieux du PQ, mais fait vaciller la démocratie elle-même, et s'inscrit singulièrement dans la philosophie de l'État et du pouvoir péquiste qui s'apparente, dans les faits, à une dict.iture populaire.Une véritable démocratie est fondée sur une combinaison institutionnalisée de trois souverainetés : celle du gouvernement, celle des citoyens et celle des tribunaux.Ces trois souverainetés sont liées et se complètent grâce au principe de la primauté du droit, exigeant qu'aucune instance publique n'agisse en dehors du cadre prescrit par la loi.Cet arrangement légal sert de rempart à l'injustice et au pouvoir du plus fort.Le principe d'égalité de tous devant le droit se trouve donc réalisé dans la primau- M^ Guy Bertrand té du droit qui assure que « personne n'est au-dessus du droit, pas plus le gouvernement, ses agents civils ou militaires, que les citoyens ordinaires » ( BRUN, H.et TREMBLAY, G., Droit constitutionnel 2e éd., Yvon Biais Inc.).Par conséquent, la démocratie justifie le recours du citoyen à sa souveraineté et à l'appui de la loi pour s'opposer à l'arbitraire de l'exécutif ou à des décisions gouvernementales non conformes au droit.Interroger la Cour sur la légalité du projet péquiste relève ainsi de l'exercice normal d'une vraie démocratie, qui ne1 se limite pas à se présenter aux urnes lorsque le gouvernement le décide.Par ailleurs, la Charte canadienne des droits et libertés, modèle unique et incomparable dans le monde entier, confère au citoyen non seulement la possibilité d'assurer ses droits, mais d'obtenir une réparation juste et raisonnable lorsqu'il y a violation.Mais alors, pourquoi un tel tapage contre un citoyen désarmé, qui, de façon égale à tout autre, ne dispose que de la loi pour se défendre ?D'une part, le gouvernement péquiste répudie la primauté du droit et refuse de se positionner sur un terrain où l'illégalité de sa stratégie paraîtrait au grand jour.D'autre part, toujours pour des motifs politiques, le PQ revendique une conception de l'Etat dépassée et antidémocratique, malgré les références innombrables que les chefs péquistes font à la « démocratie québécoise ».Pour répandre le mythe, il faut le répéter souvent 1 En effet, une accession démocratique à la souveraineté nécessiterait un amendement à la constitution canadienne de manière à effectuer un transfert normalisé de pouvoirs entre Ottawa et Québec et n'occasionnerait pas de contestation devant les tribunaux.Cependant, étant donné que les péquistes savent qu'ils ne gagneraient pas un référendum sur une question claire, préalable à toute négociation sur un amendement constitutionnel avec Ottawa, ils choisissent de simplement « claquer » la porte de la fédération et de procéder à une sécession unilatérale.En d'autres termes, ils s'apprêtent à s'emparer des pouvoirs d'un pays souverain par un coup d'État et la répudiation des droits démocratiques.Ainsi, je ne conteste pas devant les tribunaux la décision éventuelle de rompre les liens du Québec avec ses autres partenaires de la fédération, mais la procédure d'accession à la souveraineté choisie par les péquistes, qui enfreint les principes de la démocratie et met en péril les droits acquis des citoyens, comme l'a déclaré le juge Lesage.Nous vivons dans un régime parlementai- i î re où l'exécutif est en réalité le maître d'oeuvre de la législation.Nier la souveraineté des tribunaux et des citoyens au nom de la volonté populaire exprimée par l'Assemblée nationale équivaut donc à confier au gouvernement un pouvoir total.Puisqu'il n'est plus tempéré par le droit, il est le droit ! Ce type de dictature autorisée par le peuple fut utilisé par les théoriciens du IIIe Reich pour légitimer la destruction de l'ordre légal allemand par Hitler.Dans cette perspective totalitaire, toutes les lois et les procédures constitutionnelles faisant obstacle au pouvoir constituant fondé sur la « volonté populaire » sont éliminées au profit de l'exécutif tout puissant.On ne peut plus se considérer comme un démocrate si l'on abandonne pour des fins politiques passagères la primauté du droit qui est un principe immuable.Le mot dictature semble excessif, mais il ne signifie pas uniquement répression violente.Il décrit généralement un régime par lequel le gouvernement n'est plus tenu de respecter la justice et le droit, que ce soit au nom d'intérêts personnels ou nationaux, qui bien souvent se confondent.À entendre les péquistes, dont la presse francophone se fait ardemment l'écho, brimer la loi ou les droits des citoyens est sans gravité pour autant que le plan divin se réalise : les hérétiques n'ont qu'à brûler en enfer.Vive la « démocratie » péquiste et vive le règne des chefs qui, de concert avec les médias, acceptent que leur société puisse basculer dans la révolution et la rupture de l'État de droit.Je ne serai même pas étonné qu'au lendemain de la sécession, le gouvernement ne contraigne les citoyens à la conscription, ne mette la main sur les avoirs de la Caisse de dépôt, ne proclame l'indivisibilité du Québec et ne réprime tout mouvement cherchant l'autodétermination ou un retour dans la fédération canadienne, tout cela au nom du plan divin.Une fois la primauté du droit brisée, rien ne l'en empêcherait plus ! Si le gouvernement sécessionniste n'écoute plus les juges et se croit au-dessus du droit, je pense néanmoins qu'il entendra les citoyens lorsqu'ils lui diront qu'ils ne financeront pas sa révolution.C'est l'objectif de ma dernière action en Cour, qui ne cherche pas à empêcher les citoyens de s'exprimer sur leur avenir, mais à garantir que, quel que soit leur choix, ce dernier se réalise dans la légalité, la légitimité et la démocratie.Si l'on veut vraiment éviter les problèmes qu'une grève des taxes soulèverait, il ne sert à rien de dénigrer le citoyen qui défend ses droits et de condamner la liberté que la constitution lui confère, il faut se tourner vers le gouvernement Bouchard et lui interdire de préparer un coup d'État.Le projet péquiste s'appuie sur une conception obtuse de la citoyenneté et de la démocratie, et sur une philosophie dualiste que l'on applique jour après jour, dans un désir insensé de diviser le monde entre bons et mauvais, « nous » et « les autres », majorité et minorité.Français et Anglais, peuple canadien, peuple québécois, Québec et Canada.À la religion péquiste de la division, de l'animosité et du rejet de la primauté du droit, j'opte plutôt pour la création d'une nouvelle philosophie inclusive, moderne, enrichissante, et ouverte à la vie culturelle humaine sous toutes ses formes.Mes actions sont gouvernées non seulement par un simple constat, mais aussi un engagement d'envergure qui me pousse à la redécouverte de mon pays et des « autres » : On ne peut pas passer toute sa vie à vouloir se séparer, il faut finir par apprendre à vivre ensemble.Je vois dans cette démarche exigeante, mais riche, la vraie réponse aux grands défis qui confrontent l'humanité d'aujourd'hui et le Canada moderne.Dépassons l'idée de l'État-nation et les projets de société démodés qui font violence à l'évolution humaine comme aux acquis démocratiques, et plaçons notre pays à l'avant-garde de cette évolution.Commençons enfin à apprendre à vivre ensemble.La réplique l'Alain Dubuc Une démarche que nous réprouvons Vous constatez, cher Mc Bertrand, avec beaucoup de perspicacité, que La Presse ne manifeste aucune sympathie à votre égard.Mais notre sévérité à l'endroit de vos idées et de votre croisade n'est pas le fruit d'un réflexe gratuit de méchanceté.Nous estimons que votre contribution au débat national est nuisible et compromet la possibilité d'en arriver à des solutions harmonieuses dont nous rêvons tous.Faut-il vous rappeler que, dans ce débat politique sans fin qui nous divise, la position éditoriale de La Presse est fédéraliste.Mais nous nous sommes toujours efforcés de la défendre avec modération.Il y a bien sûr des périodes où les clivages sont tels au Québec que les divisions empêchent un dialogue rassembleur.Mais il nous semble clair que toute solution durable à la crise nationale ne peut venir que d'une approche qui rallie-le plus grand nombre d'entre nous.Il nous paraît donc essentiel de chercher des terrains d'entente, de maintenir le dialogue, d'encourager le respect mutuel, et de s'opposer à toute intervention qui contribuerait à enflammer les esprits.Ce choix de la modération nous amène à fuir les croisades, et à nous méfier comme de la peste de ceux qui, par leur démarche, contribuent à accroître les tensions et à susciter l'escalade et l'intolérance.C'est au nom de ce principe que nous dénonçons avec la même vigueur tous les extrémismes et tous les excès, que ce soient ceux des ayatollah de la langue ou ceux des partitionnistes, et que nous sommes extrêmement vigilants face aux débordements patriotiques, quels qu'ils soient.Votre démarche s'inscrit dans ces courants qui nous inquiètent et que nous réprouvons.D'ailleurs, votre lettre, que nous publions dans cette page, fournit des exemples révélateurs du ton enflammé et de l'absence de nuances que nous vous reprochons.Votre façon de qualifier la vie politique québécoise de « dictature * et de l'associer aux tactiques du IIIe Reich est non seulement incohérente, elle est tout à fait indéfendable dans un débat qui se veut civilisé.Nous avons d'ailleurs pu constater que ce genre de débordement a eu un écho favorable au Canada anglais.Si nous pouvons comprendre que votre énergie à combattre le « séparatisme » y suscite un enthousiasme certain, nous nous préoccupons du fait que votre popularité dans les autres provinces s'explique aussi parce que vous servez de catalyseur à toutes les expressions de hargne contre le fait français et la réalité québécoise.Un bilan de votre action nous mène ainsi à constater que vous avivez les tensions entre francophones et anglophones tout en contribuant à accroître, de façon peut-être irréversible, la division des forces fédéralistes québécoises.Enfin, vous n'êtes pas, comme vous vous en plaignez «< un citoyen désarmé » qui ne dispose que de la loi.Si votre action, depuis quelques années, s'était limitée aux tribunaux, c'eût été un moindre mal.Mais vous dirigez une organisation politique, les Citoyens de la nation, vous multipliez vos interventions exaltées dans des réunions militantes, d'une façon qui fait très clairement de vous un personnage politique.Ne vous étonnez pas ensuite que vous soyiez traité comme tel et acceptez-en les conséquences, comme par exemple le fait d'être la cible des caricaturistes.Il est vrai, comme vous le soulignez, que nous nous sommes moqués de vous.Personne n'aime être traité de clown.Mais if y a des cas, comme le vôtre, où il est plus sage de rire que de se fâcher.Alain DUBUC éditorialiste-en-chcf B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 En France et en Belgique, la lutte contre les sectes s'organise YVES CASGRAIN collaboration spéciale Autan et consultant en mouvements sectaires, Vauteur rentre d'une tournée tn Belgique et ai France où il a rencontré les spécialistes qui suivent les sectes.ans la foulée des meurtres et des suicides d'adeptes de l'Ordre du Temple solaire en Suisse, en France et au Canada, les gouverne-n)êçis français et belge se sont mobilises afin de protéger leurs \u2022ns contre les excès des sectes, rentes initiatives ont d'ailleurs vti ïé jour ces dernières années.* >tfous savez, il ne faut pas cas-sif iju sucre sur le dos des sectes, ï^osl * trois journées d'information voltt-surtout servir à décortiquer les mécanismes manipulatoires en vigueur dans ces mouvements.* « Ils nous faut connaître les causes Judiciaires impliquant les sectes.Cela m'apparaît nécessaire pour contrer la désinformation.» « Moi je considère les familles qui ont des enfants dans des sectes comme des co-adeptes, c'est-à-dire des-Victimes.» propos nous ont été tenus dans les locaux de l'échevine des y^^ires sociales de la ville de Bruxelles, Mme Carme Vyghen, qui avait convoqué une dizaine de spécialistes des sectes à une réunion préparatoire à trois journées d'information sur le phénomène dès \".sectes.Cette campagne de prévention et d'information intitulée « Sectes à visage découvert », a été financée à même les fonds personnels de Mme Vyghen avec l'accord de la ville de Bruxelles.Outre les conférences, un dépliant et une affiche ont été publiés et distribués dans toute la municipalité bruxelloise.Le libellé du dépliant ne laisse pas de doute sur la position adoptée par l'échevine ; « Les sectes promettent le bonheur, le bien-être, la réussite professionnelle, la réussite sociale, la solidarité, les contacts humains.(.) Attention, ce n'est qu'un écran de fumée qui s'estompe et se transforme rapidement en escroquerie ! » Sur la page frontispice, la photo d'un vautour s'apprctant manifestement à sauter sur une proie-Une telle rencontre peut paraître surréaliste à ceux qui n'ont pas l'habitude de voir leur gouvernement s'impliquer dans le dossier des sectes.Pour les participants réunis à l'Hôtel de Ville, cette réunion suivait la publication, en avril dernier, d'un volumineux rapport, fruit de l'enquête parlementaire menée durant plusieurs mois.La Commission parlementaire a commencé ses travaux le 25 avril lèpè* et les a poursuivis jusqu'au 20 mars 1997.Les 11 membres de la Commission ont entendu 136 témoins et consacrés 58 réunions à la réalisation de l'enquête.On doit à M.Antoine Duquesne, un des deux auteurs du rapport de « Les sectes promettent le bonheur, le bien-être, la réussite professionnelle, la réussite sociale, la solidarité, les contacts humains.» peut-on lire dans un dépliant distribué à Bruxelles.Sur la photo, une partie de l'imposante maison de i'OTS à Sairtt-Sauver.la commission, la paternité de cette enquête parlementaire.Dans une entrevue accordée au journal La Presse, M.Duquesne, président de la chambre de Justice, explique qu'il a demandé la création d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur certains événements comme celui affectant l'Ordre du Temple solaire.« Ma proposition a pris un certain temps avant d'être adoptée.Nous voulions avant tout éviter que l'on nous accuse de faire une chasse aux sorcières ou une nouvelle inquisition ».Surveiller les sectes Les principales propositions lancées par les membres de la Commission d'enquête comportent la création d'un observatoire indépendant qui aurait comme but « d'étudier, le phénomène, rassembler toute l'information disponible dans un centre de documentation accessible au grand public et la diffuser, d'assurer l'accueil et l'information du public (.), formuler des propositions au gouvernement (.).» Au niveau légal la Commission a proposé que l'on introduise « une nouvelle disposition dans le Code pénal visant à punir l'abus de la situation de faiblesse d'un individu ».Elle recommande également d'accompagner les parents et l'entourage immédiat des victimes des sectes.Le rapport de l'enquête parlementaire a reçu un accueil chaleureux même si la publication, en annexe, d'une liste de 189 mouvements ayant fait l'objet de témoignages lors de la commission ou qui figuraient sur des fiches d'information de la police a soulevé de vives protestations dans plusieurs milieux.Des organisations comme le YWCA et les Baha'is se sont donc retrouvées au coté de l'Ordre du temple solaire ou de la très controversée Église de Scientologie.Bien que la Commission ait terminé ses travaux, le coauteur du rapport, M.Antoine Duquesne, n'attend pas rester inactif.De tribu- ne en tribune, il défend et explique le rapport.« Un État qui se respecte, lance-t-il, ne se masque pas les yeux.Avant la constitution de la commission on ne se rendait pas compte de l'importance du problème.Maintenant nous donnons du temps au gouvernement pour réagir et pour prendre des mesures concrètes.Nous \u2022 allons d'ailleurs continuer à l'interpeller à ce sujet.» Les sectes françaises De son côté le gouvernement français multiplie les interventions dans le délicat dossier des sectes.C'est ainsi qu'au mois d'avril dernier, le ministère de la justice décernait la Légion d'Honneur à Mme Jeanine Tavernier, présidente de l'Association de défense de la famille et de l'individu ( ADFI ), organisme d'aide aux victimes des sectes.Par ce geste, hautement symbolique, le gouvernement français tenait à souligner les services rendus dans la lutte contre les sectes par Mme Tavernier et l'ADFI.Le 9 mai 1996, le président Jacques Chirac signait un décret portant sur la création d'un observatoire interministériel sur les sectes.Au mois de novembre 1996, l'ancien premier ministre, Alain Juppé, l'a officiellement lancé.Cet observatoire est la concrétisation d'une recommandation formulée dans le rapport parlementaire sur les sectes publié en 1996.Dans une entrevue accordée au journal La Presse, Mme Marie-Jeanne Vieillard explique que « l'Observatoire a comme mission d'analyser le phénomène des sectes, donc de faire un diagnostic, d'informer le premier ministre sur le résultat de ses travaux et de lui faire des propositions afin d'améliorer les moyens de contrôle sur les associations à caractère sectaire.» L'Observatoire est composé d'une trentaine de membres dont la plupart représentent les grandes administrations de l'État.Ainsi les ministères de la Justice, de l'Intérieur, de l'Éducation, de la Défense, des Affaires sociales, le ministè- re de la Jeunesse et des sports, du Budget et des Affaires étrangères ont nommé des représentants qui siègent au sein de l'Observatoire interministériel sur les sectes.Outre les fonctionnaires, des parlementaires de toutes tendances participent aux travaux de l'Observatoire.Selon la conseillère technique de l'Observatoire, « il existe en France un consensus politique sur les sectes sur l'attitude à adopter vis-à-vis des dérives sectaires.» Des experts du domaine sectaire sont également présents au sein de cette structure interministérielle.Aucun représentant de sectes ni de religions officielles ne siège à l'Observatoire.Le personnel de l'Observatoire se réunit deux fois par mois.« À l'occasion de ces rencontres, souligne Mme Vieillard, l'information circule.Nous avons tous les aspects du problèrhe des sectes.Cela est une plus-value considérable.Si avant les administrations travaillaient de manière indépendante, maintenant il y a cette instance de concertation.» Les travaux de l'Observatoire sont secrets et seul le premier ministre en est informé.En fin d'année, un rapport des activités et des réflexions de l'Observatoire lui sera rendu.Dans son approche du phénomène, l'Observatoire privilégie le développement de l'esprit critique de la population, et particulièrement des jeunes.« Pas question de créer une législation anti-sectes », affirme Mme Vieillard qui est également magistrat.De son côté le ministère de la Jeunesse et des sports a lancé une vaste campagne d'information touchant 5 millions de jeunes au travers les Centres d'information jeunesse de toute la France.Un dépliant, une vidéo, et une brochure, destinée aux fonctionnaires, ont été élaborés pour soutenir cette initiative.Depuis un an, chacune des 22 directions régionales compte un membre du personnel qui est formé afin d'accueillir et d'aider les victimes des sectes, les parents et les proches d'adeptes.Denise Bariolade, chef du département Initiative et Insertion au sein du ministère de la Jeunesse et des sports, a reçu le mandat de coordonner ce programme d'information et de prévention.«Dans mon département nous avons en charge la prévention des risques qui sont rattachés à l'adolescence, soit la délinquance, la toxicomanie.Ici, le sectarisme est aussi considéré comme un risque », explique Mme Bariolade « Les correspondants du ministère chargé du dossier sectes ont été choisis par les directeurs de chaque-direction générale.Certains d'én-tre:eux s'intéressaient déjà à ta question, tandis que d'autres avaient de l'expérience dans des domaine tels la toxicomanie ou la délinquance.» Les 22 fonctionnaires ont été convoqués à des renceti-tres d'information.L'intérêt du public « En mars 1998, souligne Mine Denise Bariolade, un stage d'une semaine est prévu.Il y aura des intervenants aussi bien en psychiatrie ou du domaine juridique pour faire le tour de la question pour progressivement mettre les stagiaires à \"l'aise avec le dossier.Ce qui n'est pas évident ! Nous ne sommes pas des spécialistes.» Depuis l'annonce officielle de^ l'implication du ministère de la jeunesse et des sports dans le dossier des sectes, de nombreux français ont écrit soit pour raconter leur témoignage, encourager les fonctionnaires ou, au contraire, dénoncer cette initiative gouvernementale.« Il est vrai que cela a redonné de l'espoir à beaucoup de gens qui ont trouvé un nouvel interlocuteur.Du coup, ils sont venus dans nos directions générales pour raconter leur histoire.Nos fonctionnaires ont été complètement envahis de demandes de la part du public.Nous les écoutons et nous les référons aux services gouvernementaux ou aux organismes spécialisés concernés.» « Face à ces initiatives, confie Mme Bariolade, les grosses sectes ont répliqué par une offensive.Elles essaient de se défendre très vigoureusement.Par contre, les petites sectes ont l'air d'avoir pris des coups depuis l'engagement du gouvernement.Mais il en renaît constamment.Cela suppose une vigilance constante.» Pour sa part, le ministère dç» l'Éducation nationale a créé une petite cellule chargée des relations avec l'Observatoire interministé-' riel.Elle a vu le jour en mai 1996.Un des premiers constats de cette cellule est que les fonctionaires du ministère se sentent impuissants devant la présence de sectes en milieu éducationnel.Pour faire face à cette situation, l'inspecteur général de l'Éducation nationale a Commencé la formation d'environ 500 fonctionnaires.Les directeurs d'école qui le désirent peuvent également recevoir cette formation.DEMAIN : Le docteur Charles BerUner Les Allemands se passionnent pour l'étrange et le spirituel JOM ?Vf RALF ANDREAS Ralf Andréas est journaliste indépendant ii Munich et collaborateur de la Siiddeutsche Zeitung.// a rédigé ce texte pour le Réseau World Media qui regroupe une trentaine de grands quotidiens dont La Presse.En 1995, les Allemands ont dépensé environ vingt millions de DM pour apprendre à interpréter la Lune : ils ont été plus de 600 000 à acheter un exemplaire de Vom richtigen Zeit-punkt ( Connaître le bon moment ), publié par un EDIS, petit éditeur mu-ntchois.L'ésotérisme, ou science du secret, de l'étrange et du spirituel, a le vent en poupe dans cette partie de l'Allemagne.Munich, pourtant connue pour être le centre des sciences et des techniques, s'est transformée depuis quelques années en une forteresse de cette philosophie alternative, avec ses salons, ses maisons d'édition, ses cabinets de consultation, ses lieux de culte et de formation.Au sud de Munich, dans la petite ville de Sauerlach, la société EDï!S s'est spécialisée dans le commerce de livres touchant à l'ésotérisme.EDIS, qui propose 13 000 titres publiés par 300 maisons d'édition différentes, ainsi que des CD et des cassettes vidéos, se considère comme « l'entreprise la plus importante en son genre dans les pays de langue allemande ».L'un de leurs ouvrages à succès, le Guide de Vésotérisme, paru en 1993, ne cite pas moins de quarante méthodes pour accéder au « nouveau soi » dans la seule ville de Munich.Autant de méthodes que l'on peut découvrir au Lôwenbràukel-ler, un espace culturel au centre de la capitale bavaroise, où s'est ouverte la foire de l'ésotérisme.Moyennant un prix d'entrée de 15 DM, on peut y consulter cartomanciennes, voyants, magnétiseurs, chiromanciens et autres photographes d'aura.La théorie lunaire Les calendriers lunaires en font partie.Apparu en Europe centrale, où les étoiles sont souvent dissimulées par un ciel nuageux, le calendrier lunaire nous indique ce que nous devons faire et ne pas faire en font tion des positions de la lune.Hedwig Grobmeier qui vit à Landshut, en Basse-Bavière, a lu le livre publié par EDIS avec enthousiasme.Cet ancien professeur d'économie s'est surtout intéressée aux passages consacrés à la cosmétique.« Aujourd'hui, la lune est en Capricorne explique-t-elle, c'est le meilleur moment pour s'occuper de ses ongles, ils durcissent et sont moins cassants ».Si la lune traverse le Lion ou la Vierge, il faut aller chez le coiffeur ; mais se faire couper les cheveux sous le signe du Poisson entraîne \u2014 cela n'étonnera personne\u2014 la formation de pellicules.Mais la théorie lunaire s'attache surtout à la médecine, au jardinage, à l'agriculture et à la sylviculture.Elle est le pendant écolo de l'astrologie classique.C'est sans doute parce qu'elle est « plus facile à comprendre et à utiliser » qu'elle rencontre un tel succès, reconnaît Hedwig Grobmeier.Il suffit de se procurer une liste indiquant pour chaque jour la phase de la lune, et le signe astrologique que traverse le satellite terrestre.Le reste consiste en une série de règles simples, qui ont, selon Hedwig Grobmeier, permis à des « fermes d'être épargnées par la vermine depuis des siècles parce que le bois a été coupé aux bonnes périodes ».Jusqu'à présent, les charmes qui se dégagent indéniablement de ce calendrier ont empêché toute réflexion critique et plus d'un fidèle de la lune se contente de citer le cas d'une grand-mère ou d'une grand-tante qui « elle aussi y croyait ».Apparemment, la famille est un gage de réussite suffisant.Fleurs de Bach et OVNI Autre valeur sûre de l'ésotérisme à l'allemande, « les fleurs de Bach ».« Mon but est la découverte du bien-être » affirme Madame Hell, qui a ouvert en 1994 dans le centre de Munich une boutique prospère appelée « Parfum et beauté ».Elle y propose des petits flacons remplis d'essences de plantes qui, selon une théorie formulée par un médecin anglais des années 1930, présentent un « champ énergétique k bénéfique pour le corps humain ».Les plantes à partir desquelles sont extraites ces essences fleurissent sur le sol bavarois, mais de nombreuses entreprises traitant d'ésoté-risme importent néanmoins des teintures d'Amérique du Sud, d'Australie, de Hollande, d'Ecosse, de Californie, du Texas ou d'Alaska.» Comment agissent les gouttes?Et peut-on même dire qu'elles agissent ou, à l'instar des placebos, l'essentiel est-il d'y croire ?Madame Hell se contente de préciser que le traitement à l'aide d'essence de fleurs « ne remplace pas une visite chez le guérisseur ou le médecin ».Enfin, les objets volants non identifiés, ou OVNI, remportent un succès considérable.L'un de leurs adeptes est Andréas von Rétyi, un jeune écrivain qui vit dans le nord de la Bavière.Avant de s'intéresser aux OVNI, il a publié un livre sur l'astronomie.« Mon étude des météores et des météorites me ramenait constamment à des récits concernant des phénomènes optiques, confie von Rétyi.Au cours de mes travaux, j'ai rencontré, non seulement dans les observations actuelles mais aussi dans des chroniques vieilles de plusieurs siècles, des cas réfractaires aux explications conventionnelles ».L'auteur s'est lancé dans des recherches, a interrogé des témoins, a étudié minutieusement des documents.Entre-temps, il a publié deux livres sur ce phénomène : Wir sind nicht allein ( Nous ne sommes pas.seuls ) et Dos Alien-lmperium ( L'empire étranger).« Dans les conversations privées, ajoute-t-il, j'ai constaté l'intérêt tfe$ astronomes pour le problème des OVrvfl.Toutefois, personne ne tient à faire de déclarations positives dans ce sens \u2014 une réputation est très vite perdue.» Pourquoi les sciences ésotériques connaissent-elles un tel succès ?On oppose souvent l'environnement technologique et sans âme dans lequel nous vivons à nos besoins de spiritualité.Chercheurs et ingénieurs ne seraient pas en mesure de nous expliquer le sens de notre existence; c'est pourquoi nous nous réfugions dans l'ésotérisme qui nous propose une conception de l'homme et .du monde intégrale.Pourtant les « croyants » ne dofi* nent pas l'impression d'être des fanatiques aux comportements irrationnels.Au contraire, ils font preuve de sens logique, d'intelhV gence et de soif de savoir.Alors ?Depuis- le début des années 1970, on constate en Allemagne un phénomène de critique de la sciences uis à 3 % à partir de 1990, suite à 'effondrement de l'illusion qu'était le succès économique nippon.On s'attend à voir ce taux poursuivre sa progression, puisque beaucoup d'entreprises ont prévu de remettre à plat leur organisation et délocaliser leur production à l'étranger.Les employeurs japonais hésitent toutefois toujours à recourir aux licenciements massifs.Ils préfèrent diminuer les embauches et inciter les salariés en place à anticiper leur départ à la retraite.Le personnel excédentaire n'est pas systématiquement mis à la porte ; il est plutôt muté à des postes moins quali-I lies.La rénumération Le constructeur automobile photo reuter Le taux de chômage au Japon a triplé au cours de ces trente dernières années, passant de 1 % pendant la période de croissance des années 1960 à 3 % à partir de 1990, suite à l'effondrement de l'illusion qu'était le succès économique nippon.On s'attend à voir ce taux poursuivre sa progression.Toyota, par exemple, exige que les employés qui, à cinquante ans, ne sont toujours pas promus responsables de secteur ou qui, à 53 ans, ne sont pas adjoints au chef de service soient affectés à des postes de « spécialistes ».Le mot « spécialiste » ne veut pas dire ici que l'employé concerné exploitera une compétence particulière; il s'agit ni plus ni moins d'un retour en arrière.Les conditions imposées par le constructeur étaient autrefois moins m r i cics : Toyota attendait en effet l'âge de 55 ans avant de transférer ses salariés ordinaires vers des postes de « spécialistes ».Deuxième caractéristique du système japonais : la progression annuelle des rémunérations.Elle connaît aujourd'hui un ralentissement.Les salaires ont augmenté en 1993 de 0,7 % à peine par rapport à l'an- née précédente, alors que l'accroissement était de 1,4 % en 1992 et de 4,7 % en 1990.Les entreprises cherchent aujourd'hui à ralentir la progression des salaires, car le salarié japonais moyen est devenu, grâce à un yen fort, l'employé le mieux payé du monde.Plusieurs entreprises vont même jusqu'à réserver les augmentations de salaires aux employés qui ont reçu une promotion.D'autres compagnies, quant à elles, réduisent leurs coûts de personnel en diminuant le nombre de directeurs de département et de chefs de service.L'entreprise d'exploitation minière et sidérurgique Mitsui a mis en place un système de rémunération pour ses directeurs de filiales.Leurs rémunérations sont désormais fonction des performances de leur unité.Après un entretien avec leurs di- recteurs de filiale, les dirigeants de Mitsui établissent des objectifs annuels.Les résultats atteints sont alors comparés aux objectifs et notés de 1 à 5.Ce système peut générer une différence de salaire de quatre millions de yens par an ( environ 40 000 dollars ).De plus en plus d'entreprises adoptent cette grille de rémunération pour leurs patrons de département et de service.Jusqu'ici, les salaires * des employés japonais progressaient avec l'âge.Mais un nombre croissant de compagnies préfèrent aujourd'hui calculer les rémunérations en fonction des performances et des compétences de chaque individu.Recrutement Dernière spécificité de l'emploi au Japon : le système de recrutement.Cela fait des années que les grandes entreprises embauchent uniquement des étudiants provenant des meilleures universités, parce qu'elles sont persuadées que les étudiants exceptionnels produisent des salariés exceptionnels.Les lauréats issus d'universités de deuxième ou troisième catégorie ne sont, eux, accepté que par des entreprises petites ou moyennes.Certains arrivent parfois à entrer dans des grandes entreprises, mais seulement si celles-ci ont connu des difficultés économiques.Cette politique pouvait fonctionner en période d'expansion, lorsque le chiffre d'affaires des entreprises augmentait et où elles se faisaient concurrence en vendant les mêmes produits.Mais cette époque est révolue.Les entreprises ont aujourd'hui besoin d'individus originaux et créatifs.Elles ne peuvent plus se contenter de prendre en compte le seul niveau d'études de tel ou tel employé potentiel.Sony, par exemple, recrute aujourd'hui chacun de ses salariés sur ses qualités propres davantage que sur ses références.Pendant les entretiens d'embauché, l'entreprise ne demande même pas aux candidats où ils ont fait leurs études.Toyota devrait adopter prochainement les mêmes critères de recrutement.La disparition du système d'emploi à vie, qui favorisait la fidélité du personnel vis-à-vis de l'employeur, pourrait avoir un effet bénéfique : beaucoup d'employés pourraient en effet se retourner vers leur famille et leur entourage.Cela dit, cette évolution est tout de même à double tranchant : malgré ses nombreux atouts, la disparition de l'emploi à vie pourrait devenir un élément déstabilisateur de la société à mesure que le nombre de chômeurs croît.Autre conséquence possible : l'apparition de conflits entre les générations.Avec le système de progression des salaires à l'ancienneté, les jeunes salariés acceptaient des rémunérations basses parce qu'ils savaient qu'elles augmenteraient régulièrement.En fait, les salariés ne profitaient pas des avantages du système s'ils ne restaient pas fide-les foute leur vie au même em-ployeur. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 B7 Plus Le retour tranquille de 1 X «4.I l'Ecosse vers l'indépendance v Edimbourg tourne désormais les yeux du côté de l'Union européenne m Gilles Toupin envoyé spécial EDIMBOURG D \"m ans le rugueux et majestueux château médiéval qui domine les hauteurs de la vieille ville d'Edimbourg, les Honneurs du royaume d'Ecosse, c'est-à-dire les anciens joyaux de la couronne, sont exposés au public en compagnie de la Pierre de la destinée sur laquelle les premiers rois d'Ecosse étaient investis.Dérobée par le roi anglais Edouard 1CT en 1296, coupant ainsi court à quelque 400 ans de tradition, cette pierre fut jalousement conservée à Londres par les Anglais durant 700 ans jusqu'à son incroyable retour historique en Écossse l'année dernière.Quant aux Honneurs du royaume, ils avaient été mis dans un coffre lors de l'union volontaire de l'Ecosse et de l'Angleterre en 1707, coffre lui-même déposé dans une chambre scellée du château que l'écrivain Walter Scott fut autorisé à rouvrir en 1818.Ces symboles sont encore aujourd'hui le témoignage fier de l'identité écossaise.Et il en sera sans doute ainsi de ce nouveau parlement que les Écossais se sont voté lors du référendum du 11 septembre dernier, un parlement qui leur redonnera le libre exercice démocratique du pouvoir sur leurs affaires intérieures.Pour Grâce, secrétaire universitaire dans la quarantaine qui est une nationaliste convaincue, la naissance à l'orée du millénaire d'un Parlement écossais est tout à fait exceptionnelle.« Je sens, con-fie-t-elle à La Presse, qu'enfin quelque chose va se passer en Ecosse.Le référendum, ce n'est que la pierre angulaire de notre indépendance totale.Et j'espère qu'au cours de ma vie j'aurai le bonheur de voir ce jour arriver.» Nous aurions pu croire, comme le Jeune premier ministre britannique Tony Blair, que la décentralisation qu'il a proposée à l'Ecosse aurait pu mettre un terme aux velléités indépendantistes de la nation écossaise.Pourtant, les voyageurs attentifs ne peuvent faire autrement que de constater la montée du Parti national écossais ( PNE ), Économie : la partie, le set et le match aux indépendantistes * .r \u2022 I, Le secrétaire d'État pour l'Ecosse dans le cabinet de Tony Blair, M.Donald Dewar, est si convaincu du bien-fondé de la décentralisation qu'il en a défendu le principe pendant la campagne référendaire en affirmant qu'elle allait rehausser le profil international de la Grande-Bretagne et relancer les exportations, les investissements et le tourisme.C'était, disent les gens du Parti national écossais ( PNE ), reconnaître implicitement le dynamisme du pays et, par le fait même, la viabilité économique du projet indépendantiste.Car au-delà du fait que l'Ecosse fut pendant mille ans un pays autonome, qu'elle possède sa propre culture et son propre système de lois inspiré du droit romain, l'indépendance se calcule aussi pour l'Écossais pragmatique en livres sterling, en shillings et en pence.L'Ecosse, affirme les autonomistes, est devenue une force économique de premier plan en Europe* Ainsi, le PNE et ses partisans font grand cas, dans leur campagne pour une Ecosse entièrement indépendante, de l'argument économique.Comme l'explique à La Presse David McCrone, professeur de sociologie à l'université d'Edimbourg, « le projet indépendantiste est viable.Si l'Ecosse devenait indépendante demain, peu de choses changeraient.Nous sommes économiquement extrêmement orientés vers l'extérieur.Nous exportons, par habitant, plus que n'importe quel autre pays au monde.Nous avons hérité, grâce à l'Empire, d'une économie internationale.» En termes de création de richesses ( mesurées selon le PIB par habitant ), et en tenant compte du pétrole et du gaz de la mer du Nord, dont 90 % des réserves seraient la propriété de l'Ecosse après l'indépendance, le pays se classerait juste après le Canada, c'est-à-dire au huitième rang des pays industrialisés de l'OCDE, avant même l'Allemagne (11e) et le Royaume-Uni Il est vrai que le gaz et le pétrole font la force de l'Ecosse.Le pays possède près de 70 % des réserves de pétrole de l'Europe.Et ces réserves, au rythme d'exploitation actuelle, assureront plus de trente années de production, soit suffisamment pour élargir la base industrielle du pays au cours du premier quart du prochain siècle.Les revenus annuels de la mer du Nord recommencent à augmenter après quelques années de déclin ; ils sont de l'ordre de quelque 9,2 milliards de dollars par année, ce qui est considérable pour une économie de la taille de celle de l'Ecosse.Tourisme et industrie manufacturière Avec ses châteaux, son histoire, ses décors enchanteurs et une nature idyllique, il est bien évident que le tourisme en Ecosse est l'une des ressources potentielles les plus prometteuses du pays.Déjà, à l'heure actuelle, l'industrie touristique rapporte plus de cinq milliards de dollars par année et emploie quelque 175 000 personnes.L'indépendance, affirme le PNE, mettra davantage en valeur l'image de l'Ecosse dans le monde et entraînera des retombées importantes pour cette industrie.Quant à l'industrie manufacturière, il n'y a pas que le whisky qui fasse la gloire du pays.Avec 1,5 % seulement de la population de l'Europe, l'Ecosse produit 13 % des semi-conducteurs du continent, 30 % des ordinateurs, 45 % des postes de travail et la moitié des guichets automatiques.Les exportations de l'Ecosse en Europe sont ainsi de 55 % supérieures à celles de la Grande-Bretagne.Elles sont aussi supérieures à celles du Japon et de l'Allemagne combinées.Ce n'est donc pas pour rien que beaucoup d'Écossais préfèrent quitter le bateau en perdition de ce qui n'a plus rien d'un empire.Ils constatent que le Royaume-Uni est en chute libre au sein des pays industrialisés.Depuis 1979, la moyenne de croissance économique de la Grande-Bretagne a été de 1,9 % par année.Sa devise s'est considérablement détériorée.Alors qu'en 1980 elle valait 2,30$ U.S, aujourd'hui elle tourne autour des 1,60 $ US, soit 30 % de moins.Le déficit de la Grande-Bretagne est également le plus élevé de l'Europe après l'Italie et la Grèce et la dette nationale a plus que doublé depuis cinq ans.Est-ce dans l'intérêt de l'Ecosse, demandent les indépendantistes, l'Ecosse riche de tant de ressources, de rester coller à une économie aussi défaillante que celle de la Grande-Bretagne?Ne vaut-il pas mieux se tourner vers l'Union européenne et les pleins bénéfices d'un membership à part entière ?Plusieurs politiciens de Londres ont longtemps prétendu que l'Ecosse survivait grâce aux apports financiers du reste du royaume.Le 13 janvier dernier, le secrétaire en chef du Trésor, William Waldegra-ve, mettait un terme à ce mythe en dévoilant aux Communes que depuis 1979 l'Ecosse avait donné 62 milliards de dollars de plus qu'elle n'avait reçu de Londres.Le gouvernement de Westminster, en dévoilant ces chiffres, ne pouvait faire plus belle contribution à la cause des indépendantistes écossais.« Partie, set et match pour l'Ecosse I », avait alors conclu le leader du PNE, Alex Salmond.désormais deuxième parti d'Ecosse devant les conservateurs, et la popularité de plus en plus croissante de l'option indépendantiste qui a reçu l'appui, dans des sondages récents, de près de 40 % de la population, ce qui représente une augmentation d'au moins 15 % depuis les années 70.Un produit de Westminster C'est que les Écossais savent bien que cette décentralisation à la Blair sous-entend que la souveraineté réside encore à Westminster.« La décentralisation, affirme Davic McCrone, sociologue à l'université d'Edimbourg, est un produit de Westminster.Si les gens ici ont voté en sa faveur, c'est que lorsque l'on vous donne l'occasion de faire un pas en avant, vous la saisissez.» Et pour donner force d'exemple à ce qu'il avance, il rappelle que voici deux semaines le premier ministre britannique trouvait le moyen d'inaugurer le sommet du Commonwealth ici même à Edimbourg en interdisant les cornemuses et en ne mentionnant pas une seule fois l'Ecosse dans son discours d'ouverture.« Les Anglais, commente Ged Martin, lui-même Anglais et professeur d'histoire au Centre d'études canadiennes de l'université d'Edimbourg, sont particulièrement insensibles à la diffé- rence culturelle et nationale écossaise.En ce sens, la relation anglo-écossaise est très semblable à la relation américano-canadienne.» «< Ce que les Écossais reprochent aux Anglais, d'ajouter Grâce, c'est de les avoir toujours traités comme des sous-fifres et d'avoir considéré leur pays comme une simple région de l'Angleterre.» Pour Craig Milroy, porte-parole du PNE, après la Deuxième Guerre mondiale les Écossais étaient fiers d'être Britanniques parce qu'ils avaient combattu l'ennemi commun.« C'était, dit-il, une grande chose que d'appartenir à l'empire britannique.Aujourd'hui, une nouvelle génération est née sans lien avec cette identité britannique.L'empire n'est plus.Les gens se sentent davantage Européens que Britanniques.» Rien de nouveau sous le soleil en somme, puisqu'en 1707, commente David McCrone, les Écossais disaient : « O.K.nous sommes un petit pays et nous cherchons un partenariat avec un plus grand pays.Aujourd'hui, ils disent encore qu'ils sont un petit pays et qu'ils cherchent un partenariat avec une plus grande union.Mais il ne s'agit plus cette fois de l'Angleterre, il s'agit de l'Union européenne, * La «poil taxH Les Écossais n'ont pas oublié, lorsque Mme Thatcher a tenté de leur imposer une année avant tout le monde sa fameuse « poil tax », que le traité d'union de 1707 précisait bien que les impôts seraient les mêmes pour les deux pays.Cette violation des termes de ce traité historique, aussi ancien était-il, fut un tournant capital pour le mouvement indépendantiste écossais.De plus, la révolution Thatcher n'avait aucune chance de prendre dans une Ecosse où la mentalité était davantage collectiviste.Aujourd'hui, si l'on se fie aux déclarations des dirigeants du PNE, Tony Blair arrive trop tard en proposant aux Écossais la reconstruction d'une Grande-Bretagne qui, à leurs yeux, est en pleine déliquescence.L'Ecosse voguera doucement vers son indépendance sans même que l'Angleterre s'en aperçoive.«< Ils ne se sont même pas encore rendu compte, lance David McCrone, que l'Empire n'était plus.Le Parlement écossais décentralisé, ajoute-t-il, fonctionnera une vingtaine d'années et vers les années 2020 ou 2025, imperceptiblement, il gagnera de plus en plus de pouvoirs alors que Westminster en perdra.Pendant le premier quart du XXIe siècle, si elle ne le devient pas légalement, l'Ecosse deviendra de facto un État indépendant.* Une Jeune femme en train d'installer des drapeaux écossais durant la campagne référendaire.PHOTO REUTER PHOTO AFP La décentralisation que le premier ministre britannique Tony Blair a proposée à l'Ecosse est loin d'avoir mis un terme aux velléités indépendantistes écossaises.De larges pouvoirs.pour les affaires intérieures Le 11 septembre dernier, les Écossais approuvaient par référendum avec une majorité impressionnante ( 74,3 % ) le plan de décentralisation du gouvernement de Londres et la création d'un Parlement national à Edimbourg.Après 290 ans d'un mariage de raison avec l'Angleterre, l'Ecosse, cette « nation invisible » comme l'ont appelée bien souvent les nationalistes écossais, retrouvait une certaine visibilité et gagnait en autonomie tout en demeurant dans le giron de la Grande-Bretagne.Mais là où les tenants de la décentralisation furent le plus surpris cette journée-là, ce fut lorsque les électeurs répondirent OUI ( 63,5 % ) à la question portant sur l'octroi au futur Parlement d'Edimbourg du pouvoir d'augmenter ou de diminuer de 3 % le taux d'imposition établi par le Royaume-Uni.U est rare dans le monde qu'une population vote en faveur de l'augmentation de ses impôts, même lorsqu'il s'agit d'une augmentation hypothétique.Ce succès fracassant pour le jeune gouvernement de Tony Blair, ardent avocat d'un renouveau démocratique pour tout le Royaume-Uni, consacrait la fin de l'ère des lourds gouvernements centralisateurs.Il confondait de plus les sceptiques qui jusque-là avaient affirmé qu'il n'y avait pas de volonté de changement en Ecosse.Le résultat du référendum clamait tout haut que l'Ecosse, avec son caractère distinct, sa culture et son histoire, n'avait pas cessé d'exister en 1707 lorsque les rois d'Ecosse devinrent roi d'Angleterre et que le contrat d'union fît des deux entités un seul et même pays.Le monde avait changé, les circonstances qui avaient entraîné l'union avaient disparu et les cinq millions d'Écossais étaient mûrs pour des changements.Mais quels changements ?Quels pouvoirs ce nouveau Parlement de 129 membres, qui sera élu à la proportionnelle, allait-il rée'lemcnt donner aux Écossais ?Les affaires intérieures Une chose est certaine, cette nouvelle assemblée nationale ne fera pas de l'Ecosse un État indépendant.Elle n'est même pas le prélude à la construction d'un État fédéraliste au Royaume-Uni.Elle aura pour tâche \u2014ce qui en soi est un gain démocratique considérable \u2014 de gérer les affaires intérieures de la nation.L'Ecosse récupérera le pouvoir d'élaborer ses propres politiques dans des champs de compétence aussi importants que ceux de la santé, de l'éducation, du système de lois et de la gestion des terres.Le Parlement écossais, qui de* vrait être à l'oeuvre dès l'an 2000 si tout va bien, pourra légiférer également sur la formation de la main-d'œuvre, les gouvernements locaux, certains aspects du transport, le travail social, le logement, le développement économique, l'environnement, le sport et les arts.De plus, l'exécutif écossais, qui sera dirigé par un premier ministre ( First minister et non Prime Minis-ter ), prendra le relais des tâches qui sont actuellement la responsabilité de l'Office écossais et d'autres ministères écossais.Il faut souligner cependant que l'actuelle fonction à Westminster du secrétaire d'État pour l'Ecosse sera maintenue.L'Ecosse continuera donc de jouer son rôle à l'intérieur du Royaume-Uni, n'affectant d'aucune façon la souveraineté du Parlement de Westminster, et la reine demeurera le chef d'État de l'union.De plus, le rôle de l'Ecosse au sein de l'Union européenne sera toujours tributaire de celui de l'État membre, c'est-à-dire de la Grande-Bretagne.Évidemment, ce Parlement n'a pas tous les pouvoirs.C'est Westminster qui continuera de veiller sur la Constitution du royaume, sur la politique étrangère, sur la défense et les questions de sécurité.Le gouvernement britannnique gardera également le contrôle sur le système monétaire et les grandes politiques économiques.U s'assurera du bon fonctionnement du marché commun intérieur, il légiférera sur les lois du travail et il conservera la mainmise sur un aspect capital de la politique nationale : la sécuriu sociale. B8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL CUBA Américain condamné ¦ L'ombre du peloton d'exécution s'est éloignée de l'Américain- Waltcr Van der Veer, accusé de « promotion d'action armée contre Cuba », mais les critiques des États-Unis sur les procès à Cuba ne désarment pas.Il aura fallu moins de cinq heures à la justice cubaine pour juger jeudi à huis-clos Walter Van der Veer, un électricien au chômage de Miami âgé de 46 ans contre qui l'accusation a finalement renoncé à demander la « peine de mort par fusillade ».Le tribunal provincial de La Havane doit se prononcer sur la réquisition de 20 années d'emprisonnement, la peine de prison maximale prévue par le Code pénal cubain.Pour la première fois, les autorités de La Havane ont autorisé la présence d'un avocat américain en qualité d'« observateur ».d'après AFP LIBYE Sanctions maintenues ¦ Le Conseil de.sécurité de l'ONU a maintenu hier l'embargo aérien et sur les armes imposé à la Libye depuis 1992 pour son refus de coopérer dans l'attentat de Lockerbie.Le Conseil passe en revue tous les quatre mois les sanctions qui frappent la Libye.Un embargo aérien et sur les armes a été décrété par l'ONU contre Tripoli pour son refus de livrer aux justices américaine et britannique deux Libyens accusés d'avoir organisé l'attentat contre un Boeing 747 de la compagnie Pan Am au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, en décembre 1988.L'attentat avait fait 270 morts.La France a ' aussi demandé à juger quatre ressortissants libyens impliqués dans un attentat contre un DC-10 de la compagnie UT A, en septembre 1989, au-dessus du Niger, et qui avait fait 170 morts.d'après AFP ALGÉRIE Chroniqueur disparu ¦ La rédaction du quotidien privé El Watan était toujours sans nouvelles hier de son chroniqueur Yassir Benmiloud, porté disparu depuis mercredi après-midi.Les services du porte-parole du gouvernement ont démenti « fermement » toute relation des services de sécurité avec cette disparition.Benmiloud devait être entendu, au même titre que le directeur d'E/ Watan, Omar Belhouchet, au sujet d'un billet* au ton caustique mettant en cause le président Liamine Zéroual et deux hauts responsables algériens.Selon son avocat, Belhouchet a été condamné mer» credi à un an de prison ferme pour dés déclarations dans lesquelles il mettait en cause la responsabilité du pouvoir dans l'assassinat de certains journalistes.Le département d'Etat américain s'est dit « troublé par cette restriction supplémentaire à la liberté de la presse en Algérie ».d'après AFP MOSSAD Netanyahu interrogé ¦ Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été entendu hier, pour la deuxième fois, par la commission d'enquête sur la tentative d'assassinat de Khaleh Mechaal, un responsable du Hamas à Amman.M.Netanyahu, dont dépendent les services secrets ( Mossad ), avait déjà déposé devant la commission le 24 octobre et lui avait présenté les renseignements dont il disposait avant de donner son feu vert à cette opération.Il avait précisé qu'il assumait la « responsabilité globale » des actions des services secrets, mais il avait exclu de démissionner après le désastre d'Amman, comme l'a réclamé son prédécesseur travailliste Shimon Pères.Le chef du Mossad Danny Yatom a imputé, il y a quelques jours, à M.Netanyahu la responsabilité de l'attentat manqué.d'après AFP Benjamin Netanyahu Octobre 1917 fut une « erreur fatale » m Boris Eltsine, lors du 80e anniversaire delà Révolution d'après AFP MOSCOU Plusieurs dizaines de milliers de communistes russes ont célébré hier les 80 ans de la Révolution d'octobre 1917, un événement que le président Boris Eltsine a qualifié « d'erreur historique fatale ».M.Eltsine, dans une allocution télédiffusée, a dénoncé le bain de sang qui a suivi la prise du pouvoir par les bolcheviks.Il a tout juste reconnu qu'il s'agissait d'une date «< mémorable ».« H faut comprendre et pardonner aux auteurs de cette erreur historique fatale : placer une idée uto-pique au-dessus de la vie des gens », a ajouté M.Eltsine.« C'est la Révolution qui a déclenché le conflit au sein de la société.Qui a poussé les Russes dans une guerre civile fratricide.(.) Qui nous a coupés pendant longtemps de la communauté mondiale », a-t-il souligné.« Nous étions les chevaliers du cosmos, alors que nous roulions sur des routes défoncées », a résumé le président russe, ironisant sur les priorités économiques et scientifiques de l'ère soviétique, qui recherchait les résultats éclatants au détriment du bien-être de l'individu.Boris Eltsine lui-même a reconnu être allé « autrefois aux défilés », s'être « tenu dans les tribunes ».Mais aujourd'hui, « je vois ( en cette date ) une leçon d'Histoire.Une leçon qui vaut la peine d'être toujours conservée comme une date historique dans le calendrier », a estimé Boris Eltsine.Transformant le 7 novembre en jour du souvenir des victimes de la Révolution, il a annoncé l'érection prochaine d'un monument aux morts de la guerre civile.« Un monument généra], et pour les Blancs, et pour les Rouges.Un monument dédié à la foi et aux erreurs.Au courage et aux souffrances d'un peuple.Le premier monument russe dédié à des gens que le destin a placés à des côtés opposés des barricades.» Comme chaque année, les militants de Saint-Pétersbourg, berceau de la révolution, se sont plus massivement mobilisés que les Moscovites : ils étaient 35 000 devant le mer al êw /m/ p + £ photo afp Accordéon au poing, cette militante communiste a tenu hier à faire savoir de quel côté penche son coeur dans la Russie actuelle, lors d'une manifestation de son parti à Saint-Pétersbourg.palais d'Hiver contre 10 000 dans la capitale.À Moscou, brandissant d'innombrables drapeaux rouges avec la faucille et le marteau et des portraits de Lénine, les manifestants ont défilé dans la matinée, au son des traditionnels chants révolutionnaires et patriotiques ou de la Marseillaise, bloquant complètement le centre-ville.Les partisans du Parti communiste de la Fédération de Russie de Guennadi Ziouganov, ceux de la « Russie du travail » de l'extrémiste Viktor Anpilov ou d'autres groupuscules de gauche ont marché en ordre dispersé de la Place Kaloujs-kaïa, ex-place d'Octobre où se dresse toujours une gigantesque statue de Lénine, jusqu'à la place de la Loubianka, siège de l'ex-KGB.Là, ils ont entendu les leaders des différents mouvements communistes dont M.Ziouganov qui a appelé « à la renaissance de la Russie socialiste et des idées de la grande Révolution d'octobre ».Il faut «< chasser la clique au pouvoir » en Russie mais « unique-' ment par des moyens pacifiques », a clamé M.Ziouganov.« Les révolutions surviennent lorsqu'il y a un désaccord profond entre le peuple et le pouvoir comme c'était le cas il y a 80 ans », a-t-il poursuivi laissant entendre que la situation actuelle était également critique.Par une matinée sombre et froide, la foule en majorité composée de personnes âgées a conspué le pouvoir actuel en criant « À bas Eltsine », « Eltsine, ennemi du peuple ».Ce jour sacro-saint en exURSS, pour la dernière fois fêté par une parade militaire en 1990, a été l'occasion de manifestations plus discrètes dans le reste du pays, comme à Sébastopol et Ka/au où ils étaient 2000 à chaque fois.Washington appelle à la riposte contre l'Irak d'après AFP et AP NEW YORK Les États-Unis, prenant acte de l'échec de la diplomatie pour faire céder l'Irak, accentuent leurs pressions pour que l'ONU adopte des sanctions supplémentaires ou des représailles militaires contre Bagdad.Le Conseil de sécurité devra examiner lundi sa riposte après que l'Irak eut renouvelé hier son refus de revenir sur l'expulsion des experts américains de la Commission spéciale sur le désarmement, qui est à l'origine de la crise.Washington a par ailleurs prévenu Bagdad que toute tentative d'abattre l'avion espion U-2 prêté à l'ONU et qui reprendra ses vols lundi, serait un « acte d'hostilité » et pourrait donc entraîner une re-présaille immédiate.Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan avait dépêché trois émissaires à Bagdad pour tenter de résoudre pacifiquement cette confrontation, mais ils ont quitté hier Bagdad les mains vides.Washington, qui n'avait donné qu'à contre-coeur son feu vert à l'inititative de Kofi Annan, s'est senti libre hier d'appeler ses partenaires plus réticents, comme la Russie et la France, à la fermeté.Depuis le début de la crise, les États-Unis cherchent toutefois à ne pas agir unilatéralement et à obtenir une position unanime du Conseil de sécurité, ce qui implique le ralliement de la Chine, de la Russie et de la France à leurs vues.Le président Jacques Chirac, en visite à Londres, a semblé prendre ses distances en soulignant que « la France n'est pas, en principe, favorable aux méthodes brutales, en particulier le recours à la force ou les sanctions ».Il a toutefois souli- gné la nécessité pour l'Irak de respecter les résolutions des Nations unies qui impliquent un libre accès des inspecteurs de l'ONU sur tous les sites suspects en Irak.Le président Clinton a convenu que, avant toute action, il devait consulter ses alliés.« Nous devons leur donner une chance de se faire entendre et voir ce que nous allons faire », a dit M.Clinton.Parmi la panoplie de sanctions, le porte-parole du département d'État, James Rubin, a évoqué la mise en place de restrictions de voyage pour des responsables irakiens, prévues par la résolution 1134 votée le 23 octobre par le Conseil de sécurité.C'est à la suite de ce vote que Bagdad a décidé de cesser sa coopération avec les experts américains de la Commission spéciale sur le désarmement de l'Irak ( UNSCOM ).De AàZ J0N B0YLE de l'Aqence France-Presse OULIANOVSK, Russie Petit abécédaire de la Révolution russe, dont le 80e anniversaire fut célébré hier : A, comme l'arrestation de Lénine en 1895 pour agitation révolutionnaire.Après deux ans de prison sans jugement il est envoyé en Sibérie.B, comme bolchevik, la fraction majoritaire du Parti social démocrate de Lénine.C, comme Parti communiste, le nom adopté par les bolcheviks en 1918.D, comme dette russe héritée du régime tsariste, que les bolcheviks ont refusé de payer aux pays occidentaux.E, comme Ekaterinbourg, où furent exécutés le tsar Nicolas II et sa famille en juillet 1918.Selon Trotski, Lénine donna lui-même l'ordre d'exécution pour éviter que les opposants au régime ne se regroupent derrière le tsar.F, comme Finlande, où se réfugia Lénine entre la révolution de février et celle d'octobre.G, comme Genève, où Lénine resta de nombreuses années en exil.H, comme hommage, rendu par Brejnev, qui transforma le centre de la ville natale de Lénine, Oulianovsk, en mémorial dédié au Père de la révolution.L comme Iskra, « L'Étincelle », le journal fondé par Lénine à Genève en 1890.J, comme le 21 janvier 1924, date de la mort de Lénine d'une hémorragie cérébrale.K, comme Koulak, les paysans enrichis par la Nouvelle politique économique de Lénine de 1921 à 1928, sévèrement réprimés ensuite.L, comme Lénine dont le corps embaumé repose toujours dans un mausolée sur la Place rouge à Moscou.M, comme menchéviks, les opposants aux bolcheviks à l'intérieur du Parti social démocrate.N, comme Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa, fille d'un bourgeois ruiné, qui rencontra Lénine en 1894 dans un meeting marxiste et l'épousa durant son exil sibérien.O, comme Oulianovsk ( 720 km à l'est de Moscou ), ville natale de Lénine.Simbirsk à l'époque tsariste, elle fut repabtisée du nom de Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine.P, comme Pravda, le journal des bolcheviks fondé sous le régime tsariste à Saint-Pétersbourg.Q, comme « Que faire ?», le cri de ralliement des révolutionnaires russes dès la fin du 19e siècle.R, comme Armée rouge, fondée par Trotski pour défendre la Révolution.Les « rouges » défirent les armées « blanches » dans une guerre civile de trois ans, malgré l'intervention des Occidentaux, dont la France, la Grande-Bretagne, le Japon et les États-Unis.S, comme Sacha, le frère aîné de Lénine exécuté en mai 1887 pour avoir comploté contre la vie du tsar Alexandre III.T, comme terre.Au lendemain de la prise du pouvoir, l'une des premières mesures des bolcheviks fut d'en interdire la propriété privée.U, comme Utopie, celle que Lénine a voulu transformer en réalité, en adaptant à la Russie et à son époque la pensée de Marx et Engels.V, comme Volga, la rivière qui baigne la ville natale d'Oulianovsk.W, comme wagon, dans leque' arriva Lénine, venu de Finlande, à Saint-Pétersbourg le 3 avril 1917, après le succès de la Révolution de février.X, comme exil intérieur, en Sibérie de 1897 à 1900.Y, comme yourte, la tente des nomades de l'Asie centrale, qui allaient devenir des citoyens soviétiques, au même titre que des dizaines d'autres peuples caucasiens, asiatiques ou sibériens.Z, comme zibeline, que les belles aristocrates petersbourgeoises dépossédées par les bolcheviks sont obligées de vendre dans les rues pour acheter à manger.Déroute syndicale chez les routiers de France d'après AP et AFP PARIS Le mouvement de grève des routiers français a commencé à s'effriter hier sur fond de divisions syndicales, après la signature d'un protocole d'accord entre le patronat et la CFDT, principal syndicat de la profession.Malgré l'appel des syndicats CGT et Force ouvrière ( FO ) à la poursuite des barrages, la tendance était partout à la reprise du travail.En effet, même si les autres syndicats ont accusé la CFDT d'avoir trahi les intérêts des chauffeurs routiers, les barrages ont commen- cé à être levés dès la matinée.En fin de journée, seuls 17 barrages routiers, étaient encore en place sur les routes de France.Dans les pires moments du conflit engagé dimanche dernier par les routiers grévistes, le nombre de barrages avait dépassé .les 180.La majorité des barrages encore en place hier se situe en Provence-Côte d'Azur et dans le Languedoc-Roussi lion ( sud ).« Globalement les routiers peuvent sortir très fiers de la situation », a estimé hier le négociateur CFDT Joël le Coq, se félicitant de la réorganisation du système de rémunération et des « augmentations substantielles » de salaire.Le secrétaire général du syndicat FO-Transports ( indépendant ), Roger Poletti, a par contre dénoncé la signature de cet accord qui « livre pieds et poings liés des chauffeurs routiers à leurs patrons ».Le texte prévoit notamment une revalorisation des salaires de 6 % à titre rétroactif à partir du 1CT octobre 1997, pour parvenir au 1er juillet 2000 à une rénumération mensuelle de 1700 dollars pour 200 heures de travail, soit une augmentation de 21 %.Il instaure également une réforme profonde du système salarial en vigueur dans la profession.Malgré l'incertitude que la désu- nion syndicale peut faire peser sur le maintien de barrages, l'effritement visible du mouvement devrait rassurer les partenaires européens de la France, qui ne cachaient pas leur inquiétude croissante.À Londres, où il se trouvait pour un sommet franco-britannique, le Premier ministre français Lionel Jospin a promis que les demandes d'indemnisation des transporteurs étrangers bloqués seraient traitées « le plus rapidemment possible ».Il s'est aussi engagé à traiter dans les trois mois celles déposées après la dernière grève des routiers français en 1996.i I LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 H B 9 Politique L'EXPRESS POLITIQUE __I5* Lë Vietnam et le français ¦ Québec ne devrait pas financer le Sommet francophone de Hanoï si le Vietnam continue de boycotter la langue française, estime la députée libérale de La Pinière, Fatima Houda-Pepin.La députée vient d'écrire au premier ministre Lucien Bouchard, qui est en voyage en Chine, afin de lui demander d'intervenir pour que le français « retrouve son statut de langue d'usage » avant l'ouverture du Sommet de la.francophonie qui doit se tenir à Hanoï du 14 au 16 novembre prochain.En cas de refus, Mme Houda-Pepin estime qu'il n'y a qu'une alternative : retirer le financement que le Québec verse pour la tenue du Sommet.« L'argent des contribuables québécois doit servir à la promotion du français dans les pays membres de la Francophonie, non à son bannissement comme fait le Vietnam », écrit la députée de La Pinière.Presse Canadienne 1063 plaintes contre des policiers ¦ La conduite de 1100 policiers québécois a donné lieu à 1063 plaintes auprès du commissaire à la déontologie policière au cours de la dernière année.Le rapport annuel 1996-97 du commissaire révèle que 65 pour cent des plaintes concernent des abus d'autorité et 20 pour cent des fautes de comportement.Le commissaire a eu recours à la conciliation dans 103 cas et ouvert une enquête sur 623 plaintes, soit dans 55 pour cent des cas.Après examen, 330 policiers ont été cités à comparaître devant le commissaire, dont 181 de la Sûreté du Québec.Presse Canadienne Le BIC se cherche ¦ Après un an d'existence et un budget de près de 20 millions, le Bureau d'information Canada ( BIC ), ne sait toujours pas sur quel pied danser.Selon un profil de l'organisme rendu public hier par le président du Conseil du Trésor Marcel Massé, « on ne possède pas encore d'évaluation globale des activités du BIC.» Le mandat de cette agence qui relevé de la ministre du Patrimoine Sheila Copps, reste pour le moins flou.Le résultat le plus important au cours de sa première année d'activité, indique-t-on, « est peut-être la définition des orientations futures à la lumière des résultats de ses recherches et de ses projets pilotes.» « S'inspirant de sa première année d'activité, le BIC a défini deux orientations stratégiques qui guideront ses* activités à venir : communiquer efficacement et mobiliser les Canadiens.» Presse Canadienne Un accord tacite ?¦ En se tournant vers Ottawa pour exiger une modification constitutionnelle en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982, le gouvernement du Québec a donné tacitement son accord à cette Constitution, estiment les libéraux.Le président du comité parlementaire chargé d'étudier la résolution constitutionnelle soumise par l'Assemblée nationale, Denis Paradis estime que les libéraux ont marqué des points dans ce débat autour de la cré.ition de commissions scolaires linguistiques.« Il y a un pas qui*a été fait en avant lorsque Québec nous a demandé d'utiliser l'article 43 de la Loi constitutionnelle de 1982.C'est un point important parce qu'on le veuille ou non, il s'agit d'un pas franchi vers la reconnaissance de la Loi constitutionelle de 1982.* Le comité mixte de la Chambre des communes et du Sénat a recommandé l'adoption sans changements de la résolution de l'Assemblée nationale.Les réformistes de même que la m natrlce libérale Dalla Wood de Montarville au Québec, ont exprime une opinion dissidente.Presse Canadienne Sprint de négociations aux Postes Les postiers menacent tout de même de déclencher la grève \\ m j VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA Engagés dans un sprint de négociations qu'ils qualifient de sérieuses et d'encourageantes, les 45 000 postiers maintiennent tout de même la pression en menaçant de déclencher la grève dès jeudi.Mandat de grève en poche, le syndicat des travailleuses et des travailleurs des postes ( STTP ) se dit prêt à sortir jeudi matin, mais, de toute évidence, on fonde de grands espoirs sur les séances intensives de négociations qui se dérouleront tout le week-end à Ottawa.« Nous sommes dans une phase critique, dit le négociateur en chef du STTP, Philippe Arbour, mais les discussions sont sérieuses.C'est la première fois depuis avril que l'on a des discussions sérieuses.» Qualifiant les pourparlers de « pénibles », la vice-présidente du syndicat, Huguette Leblanc, ajoute que la grève ne sera utilisée qu'en tout dernier recours.« S'il y a possibilité que l'on s'entende, on n'ira pas en grève, dit-elle.Et si on est proche mercredi soir, on peut repousser l'échéance de jeudi.» Parallèlement aux négociations, le STTP portera dès lundi sa bataille devant la cour fédérale.Les syndiqués contestent en effet l'interprétation que fait le ministre du Travail, Lawrence McAulay, d'un article du Code du travail.La mésentente entre les postiers et le ministre du Travail tourne autour de l'interprétation à donner à l'expression « sans délai ».Selon le syndicat des travailleurs des postes, « sans délai » signifie que le minis- tre doit rendre public le rapport du commissaire-conciliateur dans les sept jours suivant sa réception.Le droit de grève entre en vigueur après la publication du rapport.Jugeant qu'il ne pouvait dénouer l'impasse, le commissaire conciliateur Marc Gravel s'est retiré et a remis son rapport le 4 novembre.Le STTP accorde une journée pour la livraison du courrier au ministre, ce qui nous mène au 5 novembre et, sept jours plus tard, au 13 novembre pour déclencher la grève.Le ministre du Travail, de son côté, prétend que « sans délai » signifie « aussitôt que possible » et que cela ne peut se faire avant de neuf à dix jours.De deux choses l'une, accuse le syndicat : ou bien le ministre McAulay est incompétent ou bien il manipule le Code du travail à sa guise pour priver les postiers de leur droit de grève.« Le ministre dit que ça prend entre 7 et 10 jours pour faire traduire et lire un rapport de deux à quatre pages.Il serait mieux ^'accrocher ses patins et retourner cultiver ses patates à l'île-du-Prin-ce-Édouard », lance Philippe Arbour.« Le gouvernement joue avec le Code du travail, avec notre droit de négocier et notre droit de grève >»\u201e renchérit Huguette Leblanc.Les postiers sont d'amant plus sensibles à l'interprétation de î'éx- * pression « sans délai », que, disent-ils, leur ancien président s'est retrouvé en prison pendant trois mois justement à cause de cette expression.En 1978, une loi d'exception for çait le retour au travail des employés* des postes et, conséquent ment, ordonnait au président du syndicat, Jean-Claude Pareau, de passer le message « sans délai » à ses membres.Il a été clairement établi à l'époque que « sans délai » .signifiait sept jours, délai que n'a pas respecté M.Pareau, ce qui lui a valu d'être emprisonné.iv?c; a Parizeau plus convaincu que jamais que La France reconnaîtra un Québec PHOTO AP L'ex-premier minisire du Québec, Jacques Parizeau, prenait, hier, la parole devant des étudiants de sciences politiques à souverain MICHEL D0LBEC Presse Canadienne, PARIS Jacques Parizeau trouve « épatante » la nouvelle trouvaille de la France qui promet « d'accompagner les Québécois dans la voie qu'ils choisiront ».« C'est très bien jusqu'au prochain référendum », a dit l'ex-premier ministre, plus convaincu que jamais que Paris reconnaîtra un Québec souverain.« La table est mise.Le troisième référendum sera le bon », a-t-il prédit devant une centaine d'étudiants du prestigieux Institut d'études politiques de Paris.Cette conférence de M.Parizeau était une des dernières étapes figurant au programme de la tournée qu'il a effectuée en France pour promouvoir son livre Pour un Québec souverain.Cette tournée, organisée par son éditeur et l'Association France-Québec, l'a menée en huit jours dans huit villes, dont Bordeaux, Lyon et Strasbourg.Fort occupé, M.Parizeau a multiplié pendant son séjour les conférences et accordé plusieurs interviews aux hl m * médias régionaux.Ici, pas de controverses.L'ex-premier ministre s'est surtout exprimé, indique-t-on, devant des auditoires plutôt sympathiques à la cause souverainiste.Hier, deux ou trois étudiants de « Sciences Po » lui ont bien demandé de s'expliquer sur le « vote ethnique », l'avenir des anglophones ou l'incertitude économique générée par le projet indépendantiste, mais les choses ne sont pas allées plus loin.L'ex-chef péquiste est évidemment revenu sur la fameuse déclaration unilatérale d'indépendance que l'Assemblée nationale aurait été appelée à adopter rapidement après un Oui au référendum, pour que la France puisse y « réagir ».M.Parizeau a fait mine de s'eton-ner encore une fois de la tempête que cette perspective a soulevée.« Les mots ont une terrible im?^ portance, a-t-il rappelé.Il était dit dans le projet de loi que l'Assemblée nationale déclare la souveraineté du Québec au bout d'un au ou n'importe quand avant si les négociations vont nulle part.Et là* des mois plus tard, deux ans plus tard, il y a des gens qui s'étonnent et qui disent « Comment ?Ils sont en train d'inventer, ces séparatistes, une déclaration unilatérale de souveraineté ?».Elle n'est pas inventée du tout, elle est dans les textes de loi depuis deux ans et demi ».Mission Québec : Bouchard lorgne «-a technologie maintenant le côté américain 4 DENIS LESSARD envoyé spécial, DALIAN Mission Québec aura une suite, et ce sera probablement aux États-Unis, a indiqué le premier ministre Bouchard, qui n'entend pas toutefois faire de ces tournées un événement aussi institutionnel que Team Canada.« Il faut répéter ( cette expérience ), je ne pense pas qu'il soit opportun d'annoncer des dates, de le faire chaque année à tel mois, mais on doit prévoir d'autres missions », a soutenu hier M.Bouchard après une visite à Dalian, une ville moderne située au bord de la mer Jaune.M.Bouchard a souligné que des discussions ont déjà cours chez ses conseillers pour que Mission Québec sillonne un autre pays.« Les gens d'affaires souhaitent qu'on en refasse », dit-il.Ce sont les entrepreneurs qui doivent fixer les objectifs au gouvernement pour ces missions, ce sont eux qui voulaient aller en Chine.Maintenant, les milieu d'affaires québécois « nous parlent beaucoup des États-Unis », observe-t-il.Ce serait « une autre sorte de visite, il faut adapter notre intervention à chaque pays ou on va », ajoute-t-il.1 M.Bouchard connaît plusieurs gouverneurs américains, et peut compter sur bon nombre d'invitations auxquelles il n'a pas pu répondre.Pour le moment, M.Bouchard sera de la mission de Team Canada qui partira pour l'Amérique du Sud en janvier.Avec ses immeubles rutilants, ses villas aux toits de tuiles évoquant la Méditerranée, Dalian offrait un contraste saisissant avec Shenyang, une autre ville de la province du Liaoning, que venait de quitter M.Bouchard.Dalian est survenue comme un bol d'air frais après l'expérience éprouvante d'une des villes les plus polluées du monde.La vieille capitale de la Mand-chourie, taxée d'une industrie lourde en désuétude, est en train d'étouffer.Les 200 000 ouvriers mis au chômage doivent vivre d'expédients ; beaucoup vont vendre des objets de consommation à l'immense marché public qui, chaque semaine, attire deux Tupolevs bondés de Russes.Dalian, au contraire, respire la croissance.Pas de bicyclettes dans cette Hong Kong du Nord.L'immigration dans cette presqu'île est rigoureusement contrôlée pour que l«s gens «les zones rurales ne viennent pas grossir la population.«« Ces contrastes montrent les efforts que les Chinois doivent faire pour uniformiser un minimum de richesse dans leur pays.Le développement a été fait en saut de puces », observe M.Bouchard.Il n'y a pas eu d'annonces de contrats au cours de cette visite ; il s'agissait « d'une prise de contact ».C'est essentiellement Pékin qui avait insisté pour que Dalian fasse partie de l'itinéraire.« Nous sommes des retardataires », a constaté M.Bouchard sur un promontoire d'où on pouvait voir les usines de plusieurs multinationales.Avant de mettre fin à sa tournée chinoise, mardi prochain, M.Bouchard confirmera que la représentation du Québec en Chine sera « modestement » renforcée, a-t-on appris.Le gouvernement n'y avait jusqu'ici qu'une attachée commerciale contractuelle.Un voyage dans le temps C'est un véritable voyage dans le temps qu'a fait Mission Québec En soirée vendredi, dans un gigantesque centre de congrès de marbre, le maire de Dalian, Bo Xilai, a fait pour Mission Québec une présentation des avantages de sa ville pour les investisseurs.Point de chute d'une longue série de multinationales, venues y profiter d'avantages fiscaux, Dalian est la vitrine de ce que souhaite devenir la Chine depuis le 15* Congrès du Parti communiste, un pays plus ouvert a l'économie de marche.Invite au Québec par Lucien Bouchard, le maire Bo a souligne que Mission Québec était le plus important groupe d'entrepreneurs à être passé par sa ville.est là, mais.DENIS LESSARD envoyé spécial, SHENYANG Les technologies de pointe sont arrivées en Chine, mais le problème est que l'infrastructure n'est pas toujours prèle pour ces développements.C'est ce qu'observe Ion McGilîi-vray, directeur de Nortel Communication à Shenyang.« Quand vous venez en Chine, vous devez régler, des détails inattendus; vous pou»-, vez trouver la technologie la plus avancée, mais les infrastructures nç suivent pas», observait il après une présentation aux entrepreneuis membres de Mission Québec « On travaille sur des projets de fibre optique en se demandant toujours si on aura de l'électricité ou si la prise va tenir dans le mur.» Établie en Chine depuis 25 ans.Nortel est le troisième acteur Occidental dans les reseaux téléphoni ques en Chine, après la compagnie américaine AT&T et l'européenrie Siemens.Nortel, filiale de B( l emploie 2800 personnes en Chiru dont 400 à Pékin.La firme canadienne exploite une usine de libre optique à Shenyang, le reste du pays étant déjà couvert par Içs autres multinationales.Nortel y im-porte des pièces électroniques pour assembler un produit fini.I lie n'exporte toujours pas d'équip< ment manufacture en Chine.Pour M.McGillivray, l'élément clé pour faire des affaires en Chhié reste la relation personnelle avec les vis-à-vis chinois.h B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 Politique Santé : des listes d'attente plus longues pour les cas non urgents Bsondage révèle encore que la prévention et la promotion de la santé ont écopé z^L\\\\\\\\w^L\\\\\\ RCMLLANDE PARENT hospitaliers, CLSC, centres d'hé- noncée devant les membres de l'as- réseau, le ministre Rochon ROLLAHDE PARENT ^rgj^f Canadienne Les établissements du réseau québécois de la santé et des services sociaux qui i orit dû diminuer leurs services direas à la population l'ont fait principalement en allongeant les listes d'attente* pour des services non ur-gçnts et en réduisant les activités liées à la prévention ei la promotion de la santé.¦ ^ « Tel est le constat qu'a fait hier le rafcidem de l'Association des di-MJfcDnis généraux des services de âmté et des services sociaux du Québec ( ADGSSSQ ), Pierre La-wtfrrche, en se basant sur un sonda-g£!aûquel ont répondu 139 des 400 directeurs généraux des centres hospitaliers, CLSC centres d'hébergement et de soins de longue durée, centres de réadaptation et centres jeunesse.Tandis que le tiers des répondants indiquent avoir réduit les services directs à la population, cette proportion passe aux deux tiers pour ce qui est des réductions de services indirects ( alimentation, entretien ménager et des installations et accueil ).M.Lamarche estime que les directeurs généraux vont devoir continuer à assurer une gestion serrée dans leur établissement pour les deux ou trois prochaines années.« On a l'impression de travailler dans un chantier depuis trois ans et même si on a eu le plus gros coup cette année, la queue de la tornade va continuer à faire sentir ses effets pendant deux ou trois ans », a dit M.Lamarche, hier en conférence de presse.À l'issue d'une conférence pro- LES PORTES DU SAVOIR PRETS POUR UN NOUVEAU DÉPART ! Des études peuvent vraiment modifier le cours de votre existence.Faites le premier pas dès aujourd'hui! ; Le Centre d'éducation permanente de McGill ne vous offre pas seulement des programmes et des cours parmi les meilleurs, mais également la confiance et le respect qu'inspirent des études dans un établissement de renommée mondiale.Cinq façons d'en savoir plus long : ¦ Venez nous voir Nous sommes situés au 760, rue Sherbrooke ouest, juste en face du portail ¦é j Roddick de McGill.Autobus 24 ou station de métro McGill.¦ Appelei-nous n'importe quand au 398*5042 \u2022Noxis sommes ouverts de 9 h à 17 h pour répondre à vos questions, ou vous pouvez I nous laisser un message.¦ Envoyez-nous un courrier électronique à info@conted.lan.rncgill.ca ¦ Consultez notre site Web à www.mcgill.ca/conted ¦ Renvoyez ce bulletin par la poste ou par télécopieur (398-4448) Cochez les secteurs qui vous intéressent.Nous nous ferons un plaisir de vous envoyer les renseignements demandés.Voilà ce que nous offrons ! 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Programmes sanctionnés par un grade ou un certificat \"* lJ Analyse fonctionnelle et organique G Technologie des logiciels Q Marketing \u2022 G Comptabilité G Management G Gestion des risques G Transports j Gestion des services de santé et services sociaux G Gestion des relations publiques ! ?* G Gestion des ressources humâmes G Vérification interne I Certificats d'études supérieures en services sociaux* «fj Toxicomanies G Santé et maladie mentale G Domaine du vieillissement \u2022 G Perte et deuil * Il faut être titulaire d'un grade de 1\" cycle pour être admis.I COURS, SÉMINAIRES ET ATELIERS DE COURTE DURÉE ' G Appareillages industriels G Parler en public i ! Gestion des projets \" G Vente professionnelle G Ateliers en informatique J G Formation sur les agences de voyages ! [ ÉDUCATION j ?P Divers programmes de certificat et de diplôme conçus tout spécialement pour les titulaires d'un brevet d'enseignement reconnu.Certains cours sont offerts par l'entremise de renseignement à distance.\u2022 l LANGUES \\ Cours dispensés à divers niveaux.I Certificat de traduction (français et anglais).; G Anglais* G Arabe G Français* G Allemand* ?Italien* * T Russe* G Espagnol* G Chinois G Japonais G Portugais EU Arménien l \u2022Cours menant à un certificat de compétence J I Les cours d'anglais et de français ont lieu le matin (anglais), l'après-midi, le soir et le \u2022 samedi.Les étudiants sont tenus de subir une épreuve de classement.; G Certificat en traduction (Certificat avec options version et thème) \u2022 G Diplôme en français des professions \u2022 * î Diplôme d'études supérieures en traduction (Options : anglais / français / espagnol ) ; ENRICHISSEMENT CULTUREL \\ Le Centre offre un choix diversifé de cours sans unité qui vous aideront à élargir vos \u2022 horizons.Voici certains des domaines dans lesquels nous offrons des cours : \u2022 D Archéologie G Musique G Arts G Histoire GLinérature ?0 JÈ0 Adresse\t\t Ville\tProvince\tCode portai Tel\tTéléc.\t j9 Renvoyer au : Centre d'éducation permanente de McGill 770, nie Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A 1G1 McGill Centre D'EDUCATION PERMANENTE noncée devant les membres de l'association, le ministre de la Santé, Jean Rochon, a tenu à souligner qu'il n'y a pas de gens qui n'ont pas eu de services et dont l'état de santé a été mis en péril ».Le ministre a choisi de mettre l'accent sur le fait que sur près de 70 pour cent des directeurs généraux ayant répondu au sondage et qui ont dit avoir maintenu le niveau de services direas, près du tiers les ont même accrus.Il a d'ailleurs suggéré aux journalistes d'en faire leur manchette.Sur la question des déficits budgétaires dans les établissements du réseau, le ministre Rochon considère qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer du fait que 44 pour cent des sondés aient signalé avoir un déficit budgétaire pour l'année en cours.« Il peut arriver que des établissements doivent emprunter pour combler le déficit occasionné par des changements rapides et des dépenses non prévues afin d'assurer la continuité de services.Ce sera résorbé dans quelques années », a commenté le ministre.Pour sa part, M.Lamarche a reconnu que l'ampleur des déficits prévus cette année par 44 pour cent des sondés étaient inconnus, l'an- née financière n'étant pas terminée.Le président a insisté sur la fragilité de la situation dans les établissements.« Ce n'est pas la panique mais c'est la fragilité après avoir réussi à maintenir les services comme oû le fait.On a l'impression de marcher sur des oeufs.C'est anxiogène jusqu'à un certain point.Les gens sont à bout de souffle », a-t-il dit.Bon joueur, M.Lamarche se réjouit du climat des relations avec le ministère de la Santé.« On est capable de se faire entendre par les autorités », a-t-il souligné.Veuillez m'envoyer des renseignements sur les cours ou les programmes indiqués ci-dessus \u2022 SONY VOUS PROPOSE UNE IMAGE BIEN MIEUX DÉFINIE PROCUREZ-VOUS UN TÉLÉVISEUR TRINITRON DE 35 PO OU UN TÉLÉPROJECTEUR SONY ET VOUS OBTIENDREZ GRATUITEMENT UN FAUTEUIL D'EXERCICE Offre valable jusqu'à épuisement des stocks.Primes fournies sans frais supplémentaires au* tfetatllants.Sony et Trinitron sont des marques déposées dé Sony Corporation.EN VIGUEUR CHEZ LES DÉTAILLANTS PARTICIPANTS, DONT : Aventure Electronique \u2022 Centre Hifî Electronique \u2022 Maison Sony \u2022 Dumoulin Electronique i Abonnés regardez c est peut-être vous! La Presse vous offre la chance de gagner le livre de Michel Arseneault, Un rêve pour la vie, publié aux éditions illt'\\f)l\\l A^M Une valeur de 27,95 $.Lucille Teasdale et Plero Cortl : deux destinées exceptionnelles racontées dans une biographie qui est aussi récit d'aventures et épopée médicale.Jusqu'au 8 novembre, nous publierons quotidiennement les noms de 15 gagnants abonnés à La Presse, Ces personnes recevront automatiquement leur prix par la poste dans un délai de 4 semaines.j Un rêve pour la vie est l'occasion de rappeler que La Fondation Lucille Teasdale Se Piero Corti contribue à assurer le maintien de l'hôpital St .Mary s Lacor à Gulu.Tous les dons peuvent être faits à l'ordre de : Fondation Lucille Teasdale et Piero Corti 3200, de la Pépinière, app.313 Montréal (Québec) H1N 3R3 La valeur totale des prix offerts est de 2 096,25 $.Les règlements du concours sont disponibles à La Preue.Les gagnants devront répondre à une question d'habileté mathématique pour mériter leur prix.Voici les chanceux d'aujourd'hui : M.Bénibé de Repentigny M.Delisle de Saint-Lambert M Desaulnicrs de Trois-Rivière» Mme Du bue de Montréal-Nord M.Fielden de Saint-Lambert M.Gularneau de Chateauguay M.Lacroix de Saint-Léonard M.Langlois de Lorraine Mme Larochelle de Joliette Mme Laquerrc de Côte S te-Catherine M.Lemieux de Saint-Hyacinthe M.Lemieux de Longueuil M.Nonat de Pierre fonds Mme Trudeau de PierTefond* Mme Turjeon de Montréal La Pr Abonnez-vous et vous pourriez être aussi parmi les chanceux du Jour.I 285.6911 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 NOVEMBRE 1997 B 11 4 paires de billets dans la loge V.I.P, pour le spectacle d'Elton John le 12 novembre au Centre Molson SAMED 10 h à MID NATHALIE ST-PIE*RE ROGRAMME DE G STAR DIMANCHE 10 h à MIDI À r°p< cet été pour le Seuleine le meilleur de|a musique \\ G nocKôétente i-¦-! 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