La presse, 28 décembre 1997, B. Livres
[" Montréal, dimanche 28 décembre 1997 La Presse «-3 Une aventure de Jacques Daniels, détective privé BENOIT DUTR1ZAC i olh i bo nxttoi i s ; têdale Pouilleux, nerveux, morveux, mon informateur marche sur les talons, bondissant légèrement à chaque pas.Rien qu'à lui voir les pellicules sur les épaules, il a de quoi a se reprocher.Il est en manque, ei la journée ne fait que commencer.Ça parait dans le lu m b lot em eut de sis mains, clans le jaune de ses \\ eux.dans le jaune de ses dents, dans le jaune sur sa manche.puisqu'il se mouche avec.Faut dire que l'hiver s'annonce mauditemenl humide, la neige sale et collante en fa il foi.\u2014 Celle que tu cherches est au deuxième étage, fait-il en pointant, avec sa cigarette, l'immeuble au coin de la rue.\u2014 OK.disparais et garde ta bouche fermée, dis-je en lui refilant le billet de vingt que je lui avais promis.11 fourre la reine dans ses poches sans me regarde! puis en me tournant le dos, il ajoute le numéro de l'appartement en prime.À voir toutes ces lumières de Noël qui percent la pénombre, c'est les pédégés d'Hydro-Québec qui doivent se frotter les mains, au coin du feu.Je remonte dans ma bagnole, prêt à faire le guet.Ça prendra le temps que ça prendra.¦ ¦¦ Je lais un métier de malheur.Et je m'en suis fait une raison depuis un petit bout de temps.Nicotine et arrogance m'ont sauvé la peau jusqu'à maintenant.La justice cynique m'a ramené en plein centre de ma conscience.C'est un endroit sombre qui vous glace le dos si on n'y entre pas avec un rictus.Ces blocs d'appartements se ressemblent tous.Je cherche le 214.J'ai une pensée pour O.J.Simpson en enlilant mes joints en cuir noir, tout en maîtrisant une montée de nausée.Cette fois, je ne raterai pas mon coup.Je vais ramener cette petite garce à la maison par les cheveux, si je dois le faire.Parce que sa mère me l'a demandé.Je suis même prêt à briser un membre ou deux à l'ordure qui l'a enlevée.La motivation à nourrir ma méchanceté est entière et solide.Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.Le poing final, je cogne deux fois à la porte.J'ai vu le salaud avec sa tête de disco sortir tantôt.Je ne m'attends pas à ce qu'elle ouvre.Pas de temps à perdre, et je le sais.Alors, j'y vais avec le plan b.pour botte.La porte cède du premier coup, bien placé, à la hauteur de la serrure.J'adore ces bottes yougoslaves à semelle de fasciste.L'appartement est des plus ordinaire.si ce n'est que des affiches pro-vie, îles photos de foetus avortes, des images du Christ dépressif.En plein délire pro-vie.Je ne perds pas mon temps à taire le tour du propriétaire.\u2014 Michclle ?\u2014 Par ici, dit-elle faiblement.Je suis la voix, jetant un coup d'oeil à la cuisine, dans les toilettes.\u2014 Non ici ! Dans la chambre à coucher, je trouve celle que je cherchais depuis une semaine.Un oeil au beurre noir.Les cheveux en broussaille.Le regard hagard.Michelle Plante, dix-sept ans.est meuottee aux poteaux d'un lit en chêne massif.Je soupçonne le rat de ne pas a\\ oir choisi ce mobilier pour sa Voir BONNE en B2 L'auteur a publié en octobre Le Karma de Kafka Kalntar chez Libre Expression.Il a également signé La Conciergerie des monstres, roman noir adapté au cinéma sous le titre de La Conciergerie par Michel Poulette.a .a mm vous vouiez vendre.N.B.Vu les conditions particulière\\ de cette offre, aucun changement ne peut être apjHfrtr m tfitt original en tours de publication.On peut, d autre piirl, w prévaloir du prtvilèxe d'annulation en tout temps à partir de la pn \"'u-te parution, mail une ttik annulation n'altère en tien la facturation uni s'rtaMua obHiatui/*- Autos, fourgonnettes, camions, 4 X 4, motocyclettes, véhicules tout terrain et même le covoiturage U)3 P« titan '85-711 Jfi.lignes d'annonces 7 jours consécutifs pour 24, 99 S (8.33 $ par ligne additionnelle) i 1 \u2022 1\t\t\t\tAppels Interurbains sans frais : ¦\t \t\t\t\t1 800 361-5013 ¦\t \t\t\t\t\t\u2022 i-A PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 1997 Livres Les dernières volontés du boucher Un superbe roman de « pub », d'amis et d'Angleterre TOUT EN LISANT Jacques Folch-Ribas collaboration spéciale Ah, si nous avions pu rencontrer Jack Dodd ! Il était boucher dans le quartier de Bermondsey, à London, Angleterre.Un sacré beau morceau de boucher, bien gras et dodu, et pas bégueule, et fort en gueule.Si nous avions pu le rencontrer, il nous aurait sûrement régalés d'une bonne pinte de bière, puis une de ces sentences comiques dont il avait le secret, et l'usage fréquent.À propos de secrets, quels étaient donc les siens ?Il est mort, Jack Dodd, alors comment savoir ?Il est mort, et il a laissé des instructions précises pour la suite, à ses amis.Ses dernières volontés, ce qui en anglais se dit : last orders.Cela ferait un bon titre pour ce roman de Graham Swift, qu'on traduira par : La Dernière Tournée.Bien trouvé aussi, on verra pourquoi.Les dernières volontés de Jack Dodd sont aussi simples que précises.Il suffira de jeter ses cendres dans la mer, à la station balnéaire de Margate.On dit station balnéaire, ça fait riche, mais en réalité Margate est aussi « cheap » que vous pouvez l'imaginer si vous connaissez l'Angleterre populaire, voire populacière.Mais voilà : Jack savait très bien ce qu'il faisait.C'est Margate qu'il voulait, nous saurons pourquoi tout en lisant, et ses copains de taverne ne vont sûrement pas lui désobéir.La dernière tournée, elle a lieu chez Bernie.Le pub du coin de la rue.Un matin frisquet.Ray est arrivé le premier, Ray le bookmaker qui se tape sa première bière.Lenny apparaît ensuite, Len-ny est marchand de légumes, aujourd'hui il a laissé tomber sa boutique car c'est un grand jour : ne va-t-on pas transporter les cendres de ce bon vieux Jack Dodd ?Voici Vie.Vie est entrepreneur de pompes funèbres.Coïncidence, n'est-// pas ?Mais ce matin, il n'est pas en uniforme, bien qu'il apporte à ses copains la petite boîte qui.\u2014 Qu'est-ce qu'il y a dedans?demande Lenny.\u2014 À ton avis ?dit Vie.Et enfin, voici Vince, le fils adoptif du boucher.Il vend des voitures d'occasion.Alors, aujourd'hui, il a emprunté la plus belle de toutes, une Mercedes bleu roi, sièges couleur crème, rutilante.Rien de trop beau pour les copains.La dernière tournée, c'est également le voyage que vont faire nos quatre amis dans la superbe voiture et dans le Kent, depuis Bermondsey ( London ) jusqu'à la mer ( Margate ).Au cours de laquelle chacun racontera ( et se racontera ) ce qu'il sait de Jack, de ses secrets, de ses bonheurs, avec une.verve superbe et dans une langue qui n'est argotique qu'en surface et ne parvient jamais, jamais, à rabaisser la qualité de la pensée.Les histoires de chacun de ces amis ( y compris celle du défunt ) nous apparaissent par bribes, par scènes, par chapitres dans lesquels tour à tour les quatre mousquetaires prennent la parole.C'est un procédé qui en vaut un autre, mais ici il semble indispensable, les cinq histoires se croisant et se superposant à l'infini.Graham Swift est un romancier exceptionnel, que la critique anglaise a mis du temps à remarquer.Il lui a fallu un troisième roman, Waterland ( Le Pays des eaux ) pour commencer à être lu.Celui-ci, Last Orders, lui a valu le Booker Price qui est la grande distinction anglaise attribuée par un jury qui change chaque année ( ! ).C'est un grand morceau de bonne idée, n'est-// pas, que Messieurs les Français devraient adopter, s'ils veulent faire la vraie Révolution.Je dis.Alors donc, en lisant La Dernière Tournée, je m'amusais follement en visitant ce que l'Angleterre a fait de mieux cette année.Mieux encore que la rénovation du château de Windsor.Annus magnifiais.Alléluia.LA DERNIERE TOURNEE, Graham Swift.Éditions Gallimard, Paris, 1997, 382 pages.Livres rares et Bonne année, monsieur Daniels.manuscrits français offerts aux enchères à New York Agence France-Presse NEW YORK Livres rares, manuscrits d'auteurs français des XIXe et XXe siècles, mobilier et argenterie du XVIIIe faisant partie de la collection Jaime Ortiz-Patino seront dispersés en avril à New York.C'est ce qu'a annoncé la maison de vente Sotheby's.Le contenu de l'appartement londonien du collectionneur d'origine bolivienne Jaime Ortiz-Patino sera mis en vente les 21, 22 et 25 avril.Sa valeur est estimée à 17 millions de dollars, a précisé Sotheby's.Outre des manuscrits enluminés des XVe et XVIe siècles, une édition originale des Fleurs du Mal de Baudelaire dédicacée à Delacroix, estimée à 200 000-300 000 dollars, sera proposée aux enchères.Il en sera de même pour une édition du Bestiaire d'Apollinaire dont la reliure a été décorée par Sonia Delaunay ( 100 000 à 150 000 dollars ) seront proposés aux enchères.À côté de nombreux autographes d'auteurs français ( Flaubert, Hugo, Verlaine Mallarmé.) figurera également le manuscrit d'Une Vie.de Maupassant ( estimé entre 80 et 120 000 dollars ).Une collection d'argenterie du XVIIIe, attribuée à Paul de Lame-rie, et du mobilier français de styles Louis XV, Régence et Louis XVI figurent également au catalogue de la vente.BONNE / Suite de la page B 1_ beauté rustique mais bien pour son utilité à y attacher des filles.Au moins, elle est toute habillée ; une culotte et un pull.C'est épouvantable de faire autant de cellulite à un si jeune âge.\u2014 Michel le Plante ?\u2014 Enfin.bredouille-t-elle, tentant de retenir ses larmes.Cette pauvre fille semble avoir vieilli de dix ans si je me fie à la photo que sa mère m'a donnée.\u2014 Faites vite.\u2014 Ta mère a passé toute la nuit de Noël à pleurer.dis-je en m'en remettant encore une fois à mes bottes européennes pour la libérer.C'est génétique chez les filles de faire toutes ces sottises ?Elle ne m'écoute pas.Ces petites provocations servent simplement à voir si les neurones sont abîmées.Apparemment que non.\u2014 Il est parti chercher des cigarettes au coin.Il va revenir ! \u2014 Il a pas intérêt, dis-je tout bas, en grinçant des dents.La tête du lit est déjà en morceaux.Franchement, le métier de privé n'est pas pour les culs-de-jatte.Elle n'hésite pas un instant.Se tenant les côtes, elle s'accroche à moi.Les coups de poing au corps plutôt qu'au visage, ça abîme moins la marchandise.Elle enfile rapidement un pantalon, des bottes et un anorak.Un revolver.Mon revolver.J'aimerais bien avoir mon revolver au poing.Ça fait toujours une bonne première impression.Le temps de me tourner la tête pour voir si Michelle est prête, je me mets à voir des étoiles comme un astronaute en pleine voie lactée.Son punch a mis ma mâchoire en feu.Triple rage de dent.Du genre extraction à froid.Je m'affale sur une carpette humide, les bras en croix et je suis bon pour le compte.Des cloches résonnent dans ma tête.et c'est pas des grelots.J'entends une gifle retentir ( tu m'as dit que tu allais m'obéir ), des pleurs ( je ne le connais même pas ), une promesse < tu vas en manger une maudite ), des excuses ( désolée, je suis désolée ! ) puis on m'offre un coup de soulier en pleine oreille.Comme ça.Gratuitement.Un concert haut en douleur réverbère dans mon crâne.J'ai le côté gauche du visage en viande hachée mi-maigre.\u2014 Les chicanes de ménage, c'est pas de tes affaires, dit-il au milieu d'une fanfare de cloches.Si je ne me relève pas, il va la tuer.C'est sûr.S'il ne la tue pas, ce déchet va s'assurer qu'elle porte des marques de son affection toute sa vie.Je dois me remettre sur pied.Curieusement, j'ai les idées tout à fait claires.L'alarme qui beugle dans mon oreille explique autant mon manque d'équilibre que l'urgence de la situation.J'ouvre la porte patio qui donne sur un petit balcon extérieur.Le vent froid ferait rougir n'importe quel Esquimau.À l'étage au-dessous, donnant sur la ruelle, cette merde bouscule brutalement Michelle.Une claque.Un coup de pied.Complètement brisée, elle le précède sans montrer la moindre résistance.Elle sait ce qui l'attend.Résignée.Vidée.Terrifiée.J'ai déjà enjambé la balustrade en fer forgé.J'attends de voir dans quelle voiture ils montent.Ah.le trou du cul se balade en Mustang cabriolet.Comment est-ce qu'un demeuré dans son genre peut honnêtement se payer une bagnole pareille, je n'en sais rien.Eh ben, mon vieux, je me dis, ta capote fera pas long feu.Comme il la fait démarrer, je me laisse tomber sur sa bagnole.Un genou frappe le coffre et l'autre défonce la lunette arrière en vinyle.Sur les rotules, je dois tenir le coup.Mes os vieillissant me supplient de tout oublier au profit d'un bon bain chaud.Il est déjà trop tard.La Mustang détale et je m'agrippe au toit, aux essuie-glace, à l'antenne, à n'importe quoi.Le salaud lâche une série de jurons typiques d'un crétin sans éducation.Je donne des coups de poing pour finalement défoncer le toit en tissu.En aveugle, je tiens bon à la capote tout en foutant des baffes au conducteur.La jeune femme émet des cris de stupeur.Soudain, j'encaisse un coup de poing dans le ventre, mais je ne lâche pas prise.\u2014 Couteau ! crie Michelle.Au même moment, je parviens à enfiler un doigt dans le trousseau et j'arrache les clés du contact.La voiture s'immobilise net en pleine rue, dérapant sur la neige.Je culbute sur le capot de la voiture pour m'affaler sur l'asphalte salée.Mon corps est engourdi à la grandeur.Une voiture, venant en sens contraire, qui s'apprêtait à entrer dans un stationnement, bifurque au dernier moment.Je dégage le chemin du mieux que je peux.Je me relève difficilement avec l'aide de Michelle Plante qui tremble.Le gars au couteau est toujours derrière le volant, sans bouger.C'est de bon augure.Je vais voir ce qui se passe en marmonnant que les batteurs de femmes devraient vivre d'amour et d'eau fraîche.sur une île déserte.Je lui promets une droite dont il se souviendra.Peut-être lui faire éclater l'arcade sourci-lière pour qu'il garde de moi le souvenir d'une belle cicatrice.Le saisissant par les cheveux, je constate que la lame est enfoncée jusqu'à la garde au centre du sternum.Sa belle chemise disco est foutue.Le sang, ça tache.J'espère qu'il ne prie pas pour que je lui administre les premiers soins parce qu'il rêve, cet abruti.Il peut bien crever, et la gueule ouverte.Avant de rendre son dernier souffle fétide, il râle : \u2014 Les anges auront leur vengeance.\u2014 C'est ça, et l'enfer est peuplé de mange-merde.Je compose le numéro de la section des homicides, où j'ai travaillé à une époque plus brillante de ma vie.Michelle monte dans ma voiture pendant que je respire un peu de fumée cancéreuse.Je range cellulaire et Zippo.Je ne touche pas à une ordure pareille.C'est pour ça que le bon Dieu a inventé les éboueurs.Et ils arrivent, gyrophares et sirènes à fond.Je prends un peu de neige propre et l'applique sur mon oreille.Dire qu'il y a à peine trois jours, j'étais à la messe de minuit avec ma femme et ma fille.J'aurais peut-être dû faire une prière pour qu'on n'ait plus besoin de mes services.Aussi bien demander un miracle.Je ne voulais pas connaître son histoire.Pas les détails en tout cas.Ce Langevin avait déjà été le petit ami de Michelle et elle ne voulait pas de son enfant.À chacun sa conscience.Deux sergents-détectives de la section des homicides du SPCUM ont pris nos dépositions puis nous ont laissés partir.Michelle a été plutôt courageuse, si ce n'est les hoquets qui suivirent une vague de larmes.Les filles parfois, c'est des vraies champlures.Deux heures dans un poste de police, assis entre deux guirlandes, c'était une première pour Michelle.Pendant un long moment, elle a regardé ses mains.Peut-être y cherchait-elle son avenir.Sa mère, ma cliente, entre chercher sa fille au poste.Elle me remercie en m'agrippant l'avant-bras et m'assure qu'elle m'enverra un chèque d'ici quelques jours.\u2014 Ouais ouais.dis-je simplement en avalant deux Tylenol, avec le plus de compassion dont je suis capable.Comme mère et fille s'apprêtent à partir, Michelle se tourne en ma direction, m'accroche par le cou et me plante un baiser juteux en pleine bouche.Langue, grelots et guirlandes.Je ne suis pas emballé par le cadeau.J'ai à peine le temps de réagir, les sourcils en accents circonflexes d'étonnement.Puis, elle me dit tout bas : \u2014 Bonne année, monsieur Daniels.Je ne peux m'empêcher de penser, en essuyant mes lèvres du revers de la main : « Ça va être à recommencer l'an prochain.» EN QUELQUES MOTS par Pierre Vennat PETER BERUNG ni* es Rois K \u2022I MAISONS de POUPÉES m * Tétralogie historique Maisons de poupées Contes ¦ Le roman historique est à la mode.Peter Berling en sait quelque chose, lui qui publie une tétralogie sur le Moyen Âge.Des grosses briques de 1000 pages chacune éditées par Libre Expression.Un roman sur fond de palais de sultans et de châteaux de cro»sés, de harems et de pyramides, tournant autour d'une des plus cruelles croisades menées par un roi de France.Un roman, mais appuyé sur de minutieuses recherches historiques.¦ Le modèle a peut-être changé mais beaucoup de fillettes d'aujourd'hui ont encore des maisons de poupées.De tout temps, certaines ont été considérées de véritables bijoux.On les retrouvent dans un magnifique album que publie Libre Expression, avec des tas de photos inédites qui nous font voyager du XVIle siècle à aujourd'hui.De véritables petites maisons miniatures meublées avec goût, de véritables petits chefs-d'oeuvre ! ¦ Suzanne Lebeau est l'une des auteures les plus marquantes de l'histoire du théâtre québécois pour l'enfance et la jeunesse.Au point qu'elle est devenue une référence pour ceux qui s'intéressent à l'écriture pour jeune public.Il n'est donc pas étonnant que Lanctôt Éditeur publie ses contes sur l'enfance, écrits pour le théâtre.Certains feront rire, d'autres sourire.Certains serrent le u>eur, mais, selon la critique, tous émeuvent.Charlie de retour ¦ Trente millions de lecteurs dans une trentaine de pays ont trouvé « Charlie ».Pour le dixième anniversaire de sa création, on publie un nouvel album, diffusé au Que-bec par Prologue.Dans chaque aventure, le dessinateur Martin Handford nous force à trouver Charlie.El c'est pas toujours facile.Charlie est un phénomène, la formule a été imitée, mais jamais avec autant de succès que Harford avec son «< cherche et trouve ».4 s 10 I*i caricature et mitres sujets sérieux 5 PETER BERUNG Le prince LaPalme Auteur prolifique ¦ La Presse a toujours eu de grands caricaturistes.Serge Chapleau aujourd'hui, hier, Jean-Pierre Girerd.Avant, il y en eut de tout aussi célèbres, dont Robert LaPalme, baptisé le « prince des caricaturistes canadiens ».Il s'est raconté à Jean-François Nadeau, directeur littéraire des Éditions Typo du groupe Sogides, qui publie à L'Hexagone, dans sa collection « entretiens ».LaPalme y donne sa vision de la caricature et de la peinture.¦ Le psychologue Bruno Fortin, qui oeuvre au Centre hospitalier Pierre-Boucher de Longueuil, est un auteur prolifique.Il a publié trois ouvrages de psychologie médicale aux éditions du Méridien, et il en est à son cinquième chez Fides avec un ouvrage sur l'intervention en santé mentale, s'adressant surtout à ceux qui oeuvrent dans ce secteur.Il y aborde des stratégies d'adaptation et de communication qui devraient s'avérer utiles.^ LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 1997 _ B 3 Livres La redécouverte des racines par laquelle Ferron connut son destin Réginald Martel SB il s'est intéressé un * temps à un genre qui n'allait pas être le sien, la poésie, et à des écrivains dont les sources n'étaient pas a priori populaires, Mallarmé et Valéry, Jacques Ferron, libéré juste assez de l'éducation élitiste distillée par les jésuites de Brébeuf, a retrouvé, dès qu'il dut gagner sa vie auprès des plus humbles parmi nous, le fil d'Ariane qui l'a orienté vers l'invention d'une cosmogonie québécoise, à ce jour inégalée, qui allait aussi soutenir celle de Victor-Lévy Beaulieu, dont on ne sait si les leurres du petit écran lui permettront de la mener, selon l'expression de Ferron, « à sa grosseur ».Quelques ouvrages récents viennent rappeler, parmi d'autres avatars d'une personnalité extrêmement complexe, cette redécouverte des racines par laquelle Ferron allait reconnaître son appartenance essentielle et son destin.Après Le Fils du notaire de Marcel Olscamp, une biographie littéraire recensée ici il y a quelques semaines, voici Par la porte d'en arrière, une interview soutenue de Jacques Ferron par Pierre L'Hérault, et Papiers intimes, premier volume de la collection Cahiers Jacques-Fenon, préparé par Ginette Michaud et Patrick Poirier.Le premier titre est paru chez Fides, les deux autres chez Jacques Lanctôt.Les écrivains, même les plus grands, parfois sont condamnés, à peine refroidis, à un purgatoire dont ils ne sortent jamais.S'ils croyaient en Dieu, au diable ou en eux-mêmes, les voilà bien punis.Mécréant avéré, encore qu'avec modération, Ferron ne fut menacé vraiment d'aucun de ces lieux où des mémoires lacunaires vous renvoient, comme à un néant sans appel ; s'il a cru en lui-même, comme écrivain, ce ne fut pas sans la longue traversée, jamais achevée, souvent douloureuse, d'un territoire miné par le doute.Ceux qui lisent Ferron aujourd'hui, et surtout ceux qui le donnent à lire, savent que l'écrivain, qui n'avait sans doute pas de projet si ambitieux, presque à lui seul a soudé les pièces hétéroclites d'un corpus littéraire dont son oeuvre devient ainsi indissociable.À la limite, tout examen de la littérature québécoise, depuis les contes folk-lorisants jusqu'aux genres exploses des dernières décennies, pourrait profiter d'une sorte de grille Ferron qui, passant les oeuvres à son crible, attesterait ou nierait leur pertinence esthétique, historique et éthique.La vie et les autres Tout se passe comme si, dans sa quête et invention du pays québécois, Ferron avait fondu tout ensemble, dans le creuset de son écriture, à la fois ce qui fait ce pays et ce qui l'empêche ; non pas de façon statique, mais en étant sensible à l'extrême aux mutations, pas si faciles à mesurer, qui l'ont mené de son moyen âge aux temps modernes.Il n'a pas joué les observateurs neutres, distants, il s'en faut de beaucoup.Les travaux récents des universitaires signalent à juste titre la place qu'ont prise les événements de sa propre vie dans l'exploration souterraine, par Ferron, de la psyché collective.L'intérêt premier de Papiers intimes tient à la publication de textes divers de Ferron, dont certains étaient encore inédits.Sans contester l'utilité des commentaires de Ginette Michaud et de Patrick Poirier, on peut penser que ces derniers sont un peu bavards et que, par le recours à de nombreuses et parfois longues citations, ils désamorcent un peu le plaisir de découvrir vierges les textes qui fondent leurs découvertes et hypothèse.Mieux vaut |ACQUI S H RRON Papiers intimes >>.j,kv»- '.*i:.m' aller d'abord à Ferron, à ses exégè-tes ensuite.On trouvera dans ce volume des « lettres, historiettes et autres textes », matériaux de ce que les auteurs présentent comme des « fragments d'un roman familial ».Tout en effet y est lié à la famille, ce qui inclut le père et la mère évidemment, qui ont nourri des volets de l'oeuvre qui se complètent et peuvent se contredire.La correspondance entre le notaire Ferron et son fils est très révélatrice de la double allégeance de l'écrivain à ses origines paternelles, les Ferron nouvellement promus à la société bourgeoise, et maternelles, les Caron appartenant depuis longtemps au monde des notables.La mort prématurée de la mère de l'écrivain a permis cette correspondance entre le père et le fils, puisqu'il fut mis pensionnaire hors de Louiseville.Il est touchant pourtant de voir à quel point cette mère perdue était présente dans le coeur et l'esprit et du père, et du fils, et des frère et soeurs de celui-ci.La jeune morte, nous donne-t-on à penser, est en partie l'instigratice de ce qui allait devenir, non pas seulement le clan Ferron, mais la religion Ferron.On assiste d'autre part, lisant les échanges entre le père et le fils, à l'émancipation soutenue d'un Ferron qui bientôt, malgré sa dépendance matérielle, parlera à son père d'égal à égal.Le legs des anciens Les autres textes, des historiettes surtout, sont regroupés selon leur source dominante, du « côté du père » et du « côté de la mère ».Ils s'offrent ainsi à une lecture pour ainsi dire enrichie, puisqu'elle permet de débusquer, à travers des astuces d'écriture qui veulent dire en taisant, ce qui dans l'origine immédiate, biologique, de Ferron, renvoie aux ancêtres et à leurs legs singuliers.Tout n'est pas inédit, dans cette partie du livre, mais il faut bien ménager sa faim.Et il est intéressant de comparer en quelques occasions des variantes d'un même texte, présentées sans appareil critique trop lourd.Le travail de Pierre L'Hérault est tout aussi important, même si l'oeuvre écrit de Ferron en est absent.Façon de parler, puisque celui qui pendant de nombreuses heures a interviewé l'écrivain, au début des années quatre-vingts, connaissait bien cette oeuvre et a su la mettre au centre de son enquête.Voici donc un FerTon qui parle de tout et de tous et surtout de lui-même, sans pour autant prétendre ériger son automonument et sans aller plus loin, dans la confidence, que ce que le bon goût et les bonnes manières autorisent.Il n'empêche que là encore, les propos de Ferron peuvent aider à comprendre son oeuvre, ses combats et sa vie, sans en évacuer les contradictions et les ambiguïtés.Entre la transcrition brute des entrevues et le résultat final, L'Hérault et ses collaborateurs ont fait un travail minutieux, efficace et convaincant.En interview, Ferron était plutôt gentil et, m'a-t-il semblé, timide.S'il n'imposait rien à l'interlocuteur, il ne se pliait pas pour autant au cadre un peu étroit des interviews préparées ; les digressions, pour ce que je me rappelle, pouvaient mener ailleurs que prévu et empêcher d'en revenir.Tous les matériaux recueillis pour Par la porte d'en arrière ont été analysés, saucissonnés et regroupés de manière à recentrer la conversation sur des thèmes précis, qui recouvrent autant d'aspects de la vie de l'écrivain et de celle de son oeuvre.La connaissance plus étendue de Ferron, vie et oeuvre, dont on pouvait s'inquiéter, sans doute prématurément, il y a cinq ans, progresse maintenant à bon rythme.Il y a beaucoup encore à répertorier, éditer et commenter.Des générations futures liront probablement la grande biographie que le passage du temps et la disparition des contemporains auront rendue possible.Pour l'instant, ce qui était d'abord petite rumeur autour des seuls Contes est devenu une vaste entreprise d'élucidation qui nous ramène, comme il se doit, à l'oeuvre.Là commence le plaisant devoir des simples lecteurs.PAPIERS INTIMES.Jacques Ferron.Fragments d'un roman familial : lettres, historiettes et autres textes.Édition préparée et commentée par Ginette Michaud et Patrick Poirier.Collection Cahiers Jacques-Ferron, Lanctôt Éditeur, Outremont, 1997.448 pages.PAR LA PORTE D'EN ARRIÉRE.ENTRETIENS, Jacques Ferron et Pierre L'Hérault.Lanctôt Éditeur, Outremont, 1991, 320 pages.On peut joindre l'auteur de cet article à l adresse suivante : regina@total.net IDÉES La transcendance et le tragique STÉPHANE POTVIN collaborai ion spêi iale Du fils de tisserand au statut d'intellectuel le plus complet de sa génération ( avec Charles Tay-lor ), Fernand Du-mont a vécu ce cheminement comme un exil.D'où le titre de ses mémoires.Récit d'une émigration, terminées avant de mourir, le 3 mai dernier, et maintenant disponibles.À la fois pudiques et poétiques, ces mémoires retracent la genèse intellectuelle d'un penseur complexe, mais ce, avec la plus belle des simplicités : celle de l'être.Tout débute à Montmorency, le petit village de son enfance.Issu d'une famille ouvrière, catholique et franco-québécoise, il lui est attache au point de lui rester fidèle toute sa vie.En témoignent ses engagements ultérieurs pour la justice sociale, la foi chrétienne et le pays français du Québec.Malgré tout.Montmorency est un lieu clos, et Dumont s'en évade par une passion, celle des mots, qui l'engage dans une démarche sinueuse.Du déracinement au réenracinement, il vit en marge, seul avec le « Dieu sensible au coeur » de Pascal.Autodidacte, il ressent un éparpillement intellectuel, qu'oriente des rencontres de l'esprit : Bachelard, Blondel et Mou-nier.Homme de foi, il apprend d'eux la valeur absolue du doute.Après la publication de son premier recueil de poésie, L'Ange du matin ( 1952 ), et son mariage avec Céline Lafontaine ( avec qui il aura un fils et quatre filles ), il termine des études en psychologie sociale, puis un doctorat en sociologie à la Sorbonne.De ce parcours, il hérite de concepts antinomiques ( la structure de Durkheim et le comportement des behavioristes ), dont la résolution est décisive : « J'en retenais l'indication d'une nécessaire mise en retrait par rapport à cette antinomie, d'une indispensable quête d'un antérieur qui ne soit pas un refuge dans une philosophie séparée des sciences humaines.Cet antérieur, ' mon itinéraire passé m'inclinait à le chercher du côté de la culture.» À son retour, il se consacre à l'enseignement à l'université Laval.Il a en tète un idéal, celui de la démocratisation du savoir, qu'il fait progresser lors de la rédaction du rapport Parent.« Sous la figure d'un idéal socialiste qui accorde la primauté au partage du savoir, aurai-je seulement entretenu le rêve impos- Fernand Dumont sible d'une réconciliation avec mon enfance ?» Parallèlement, Dumont se consacre à la recherche, selon trois orientations : l'épistémologie des sciences humaines, la théologie et les études québécoises.Elles tissent les maillons de son oeuvre, qui lui vaut une pléiade de prix.Au premier titre, il y a sa monumentale Genèse de la société québécoise ( 1993 ), qui est le fruit d'une réflexion entamée des dizaines d'années auparavant ! Mais il y a aussi Le Lieu de l'homme ( 1968 ).qui est, aux yeux de Dumont, une oeuvre charnière au sous-titre révélateur : La culture comme distance et mémoire.Dumont écrit: « Distance : mise à l'écart de soi sans laquelle nous serions encastrés dans le monde comme des objets.Mémoire : récapitulation du passé qui rend solidaire de l'humanité d'avant nous.» Distance et mémoire ?N'est-ce pas le destin de Dumont ?Distance : l'émigration de la culture populaire à la culture savante.Mémoire : la nostalgie de ses origines.L'oeuvre de Dumont a ses réson-nances politiques : pour lui, la souveraineté est insuffisante.Elle n'a de sens que si elle permet l'épanouissement d'une culture.La Révolution tranquille s'illusionne dans son désir de faire table rase du passé.Notre culture est à redéfinir, mais dans la continuité, dans le renouvellement du christianisme et de son éthique de la compassion.Parmi les réalisations concrètes de Dumont, on compte la préparation, avec son ami Guy Rocher, du Livre blanc dans les années 70, qui donne naissance par la suite à la loi 101, ainsi que la collaboration à la rédaction du préambule de la Loi sur la souveraineté du Québec.Avec le temps, l'homme de foi émerge davantage.Perplexe à l'égard de la modernité et de son refus de la transcendance, il s'interroge : « Est-il possible de s'immerger entièrement dans l'immanence ?Pour le prétendre, ne faut-il pas admettre au moins la transcendance de la raison ?De quelle raison s'agit-il alors ?Purement opératoire, écartant tout accès à un sens de l'histoire, de l'existence ?» En 1983, il retourne aux études et à l'âge de 60 ans ( ! ), il termine un doctorat en théologie.Il y poursuit les réflexions épistémologi-ques de L'Anthropologie en l'absence de I homme ( 1981 ).Tout comme les pratiques sociales, les sciences humaines ont pour moteur des idéologies.En 1996, il publie son testament spirituel, qui réaffirme la nécessité d'une foi partagée.Au total, le cheminement de Fernand Dumont est une émigration de la culture populaire à la culture savante.Non pas garante de réconciliation, cette émigration est abîme.Entre la distance et la mémoire, il y a le tragique.Dumont en a fait l'objet de son étude.RECIT D'UNE ÉMIGRATION.Fernand Dumont.Boréal.Montréal.1997.J65 r».JEUNESSE SONIA SARFATI Le prénom Juliette revient-il à la mode?Dans les pouponnières et garderies, peut-être.Dans les livres pour enfants, sûrement : au moins trois albums sortis au cours des derniers mois mettent en vedette des petites Juliette \u2014 aux cotes desquelles s'agitent de drôles de Roméo.oups, de numéros î Ce qui frappe tout d'abord dans / ourson qui voulait une Juliette, ce sont les illustrations tendres et douillettes de Leanne Franson < lesquelles ont valu a l'artiste une nomination aux derniers prix du gouverneur général ).L'oeil s'y arme, donc.Puis, sfattarde sur le texte de Jasmine Dubé, tout en rythme et en douceur.Pour y rester, le Au pays des Juliette temps que dure cette adorable histoire.Une histoire qui raconte les déboires d'un petit ours qui rêve de se faire offrir une Juliette.Une petite fille, quoi ! Comme celle qu'il a croisée, l'autre jour, dans la forêt.Les enfants et leurs parents s'amuseront de cet irrésistible inversement des rôles ( c'est le nou-nours qui, ici, espère recevoir un enfant ! ) et de tous les quiproquos entourant les démarches effectuées par l'ourson afin de la trouver, sa Juliette.De ce monde feutrée du tandem Dubé-Franson, on passe à l'univers délirant que privilégie ce duo de choc compose de l'autcurc Carole Tremblay et de l'illustratrice Dominique Jolin.De choc, parce que rien Me résiste à leur folie, surtout pas les entants ( ne viennent-ils pas de leur décerner la Palme livroma- IUUSTRATION Ltanne Fwson peur Lê Courir £fW gle pour leur travail dans Cruelle Cruellina ?).leur nouvelle oeuvre commune s'Intitule Romeo le rai romantique et met en scène un rongeur timide, amoureux fou de la belle Juliette.Incapable de lui déclarer sa passion, il part à la recherche du cadeau idéal : des cacahuètes.De cel- le que les enfants offrent généralement aux rats.à queue touffue.Voilà donc Roméo se déguisant en écureuil, pour le meilleur et surtout le pire.Il fera ainsi la preuve que le ridicule ne tue pas.Dernier arrivé sur le marché de la Juliette, le premier volet de ce qui s'annonce comme une série, Juliette et Mi mi \u2014 A chat perché.Graphiquement, la patte de Daniel Sylvestre se reconnaît ici îles le premlei coup d'oeil : ses personnages ont des liens de parenté indéniables avec Zunik ou avec Alexis ( les séries qu'il illustre a la Courte Échelle cl aux éditions Pierre Tis-seyre ).C'est par contre au niveau du momie dans lequel évoluent les personnages île cet album que se lait la différence.Et.elle est marquante.Avec Juliette et Mimi.on est en ef- fet très loin du réalisme des deux séries évoquées plus tôt.Les deux fillettes baignent dans leur imaginaire, fabriquant des recettes impossibles et naviguant « à bord n d'un chat devenu géant.Du vent, de la pluie et de l'impossible à pleines pages.À s'en lécher les babines.L'Ol RSON QUI VOl 'LATT l'NE JULIETTE, un texte de Jasmine Dubé illustre par / canne Franson.(olU\\tion II était une /.'/% .ta Courte libelle.Montréal.1991.14 pages.ROUI OLE RA T ROM A \\TJQL T.un texte i/c ( jfWr Tremblay illustré par Dominique folin, Dominique et compagnie, Montréal.Î997t fopagt*.JULIETTE 1 / \\f/Af/ \u2014 ÀCHATPER-( 1 f! texte et illustration de IWùel Svlves- tre Dominique et compagnie, Montréal.I»7 JN/NWCV B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 1997 Ar là Cl ctacl La Réunion, l'île métisse La musique réunionnaise est résolument créole AURimuNcr LA RÉUNION L'océan Indien a ses Antilles.Sa crédité, ses saveurs, ses sonorités propres.Son métissage de races, de cultures et de religions y est considéré comme un échantillon du futur planétaire.Futur optimiste, dans le cas qui nous occupe, d'où l'intérêt de tendre l'oreille à l'est de l'Afrique australe.Encore faut-il s'y rendre.Dix-huit heures de vol, sans compter une longue escale parisienne.Une nuit sur l'Atlantique, une autre sur la côte orientale du continent noir.Bonsoir le décalage \u2014 huit ou neuf heures selon les périodes de l'an-! Toute cette trotte pour aboutir dans une Ile.Une seule.Dans un monde idéal, il aurait fallu ratissser Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles.Il faudra un jour parcourir ces univers encore peu connus des francophones d'Amérique,- pourtant fréquentés assidûment par les Européens.Pour l'instant, tenons-nous en à la Réunion.C'est déjà pas si mal ! Octobre à la Réunion.L'hiver tire à sa fin dans l'hémisphère sud.Une température fraîche qui rappelle la fin d'août, on appelle ça l'hiver.Nous voilà dans cette île fabuleuse, remarquable pour ses municipalités mi-françaises mi-tropicales, pour son relief tourmenté, ses pics, ses canyons, ses ravines, ses falaises qui s'échouent dans la mer, ses cratères insolites.La Fournaise, dont le Piton chauffe le ciel à 2630 mètres, est un volcan encore en activité ; plus de 150 éruptions y ont été recensées depuis 1649.En 19S6, ses vomissements ont permis à la Réunion de gagner 30 hectares de terrain ! Comme la Guadeloupe, la Martinique ou Saint-Pierre 6- Miquelon, la* Réunion est un département français outre-mer ( DOM-TOM ), ou résident 650 000 créoles.Les sangs mêlés circulent à travers mélodies et rythmes, à travers maloya et sega.Francophone ou créole, la musique réunionnaise ?Résolument créole, même si baguettes, fromages et bons vins français s'immiscent dans la vanille, le cari, le masalé, les spécialités créoles.« J'ai la peau blanche, mais dans mon sang, c'est mélangé.Culture I-lement je suis mélangé, je suis bâtard au sens métis.Je chante le ma- La rencontre du jazzman réunionnais René Lacaille et du salsero colombien Yuri Buenaventura.lova, je vais à la chapelle indienne pour écouter les musiques sacrées de mes concitoyens malabars.Ça fait partie de ma culture », explique Daniel Waro, artiste multidis-ciplinaire, fabricant d'instruments, auteur, compositeur, chantre national.À la Réunion, ce personnage est incontournable.Ses cheveux bouclés révèlent la négritude de son patrimoine génétique, son accent confirme son allégeance créole.L'autonomie ?La belle affaire.Si les peuples des îles voisines ont acquis leur indépendance au cours des dernières décennies, les Réu-nionais ont choisi le confort hexagonal.Cela dit, la population réunionnaise semble déchirée entre le soutien économique métropolitain ( 40 % de chômeurs, mais pas vrai- ment de misère ) et l'assomption de son autonomie.« Nous sommes bien installés à la Réunion, dit Daniel Waro.Nous sommes assistés, nous jouissons d'un certain confort.Mais la structure sociale, d'une certaine façon, est très artificielle ; elle ne correspond pas à notre vie, à notre culture.Nous restons dans le système, nous encourageons ce système, mais nous y perdons un peu de notre dignité.Nous ne revendiquons pas notre personnalité, nos normes à nous, notre vitesse de croisière.Moi je dis qu'il nous faut choisir notre propre vitesse.» Daniel Waro, de toute évidence, exprime ici le grand paradoxe réunionnais.Que choisir entre le confort apathique et le courage tiers-mondiste, au fait ?Chômer au paradis, c'est quand même beaucoup mieux que de bûcher au salaire minimum dans un pays riche.Et si vous avez l'esprit le moindrement créateur, vous risquez de faire de la super bonne zizique.Zizique métisse, vous vous en doutez bien.Majoritaires dans l'île ( 36 % de la population ), les cafres ( blacks et mulâtres, descendants des esclaves ) dominent la culture réunionnaise; ils ont, d'ailleurs, inventé le sega et le maloya, musiques aux rythmes ternaires ( mesures à trois, six, neuf, douze temps, etc.), inspirées essentiellement de l'Afrique.Les descendants des Indiens ( 24 % sont tamouls, 5 % sont musulmans ) ont aussi développé leur propre folklore ; les tambours sacrés malabars, par exemple, font état d'une hybridation de souches indiennes, malgaches et africaines.L'autre tiers de la population ( 30 % ) est de race blanche : s'y distinguent les créoles non métissés, descendant des colons français esclavagistes, ainsi que les « Zo-reils », métropolitains venus récemment s'installer à la Réunion.Les Zoreils de deuxième génération se nomment les Zoréoles ; leurs descendants seront Réunionnais à part entière.Certes, les Zoreils sensibles (.) à la musique amènent avec eux une portion de leur culture, mais doivent forcément se fondre dans le patrimoine musical réunionais.Vous imaginez déjà la tension entre Réunionais de souche et Zoreils venus de France.« On décide encore pour nous.Lorsqu'une jeune chanteuse de maloya veut faire évoluer son art, on lui impose un prof de chant lyrique ! Ça ne colle pas du tout », maugrée François Baptisto, profes» seur au conservatoire de musique de l'île.Le pédagogue ne se géne pas pour dénoncer l'ingérence française en matière de culture.Plusieurs Réunionnais de souche partagent ses frustrations, et déplorent le contrôle métropolitain sur la scène culturelle.Alain Courbis, directeur du Pôle régional des musiques actuelles, une association qui remplit une mission de formation professionnelle, de mise en marché et d'exportation des musiques réunionai-ses, ne voit pas les choses de la même façon.« On ne peut importer systématiquement des schémas d'organisation qui existent ailleurs, mais on ne peut également tout réinventer à la Réunion.Chanter faux n'est pas une notion française ! : « Il y à un malaise, reconnaît Courbis, il y a un poids psychologique de l'Histoire, un problème d'identité, une gène face à l'inves-tissment des Réunionnais de souche dans les structures en place.Reste que des métropolitains actifs sur la scène culturelle deviennent souvent la cible de critiques, mai-gré leur sincérité et leur honnêteté.» Que faire alors ?« On ne peut pas mettre des gens en opposition et revendiquer que la Réunion soit un idéal de cohabitation pacifique des races et des cultures.C'est vrai qu'il existe un courant revendicateur formé d'une minorité de gens ayant accumulé des frustrations ; il faut respecter ce courant, le prendre en compte et essayer de faire en sorte que la Réunion continue à être ce modèle de cohabitation multiculturelle.>» DEMAIN : Un spectre musical impressionnant Race : la rencontre des cultures collaboration spéciale h Notre style de musique n'a pas de limites.On écoute du punk, du métal, du reggae, du dancehall et du rap.On nous demande souvent de décrire notre genre de musique.Eh bien ! on appelle ça du buzz be.We make the buzz be, man.» Au téléphone, la voix de Ronee, chanteur-philosophe du groupe Race, nous berce d'entrée.Avec son assurance, son énergie et son timbre résolument désinvolte, Ronee peut vraiment envoûter via le fil.Un peu comme lorsqu'il a un micro sous la gueule.Autrement dit : cool, le mec.Et drôle en plus.Race, disions-nous.Dans nos contrées, ce quintette de Hamilton a, de plus en plus, la cote dans les sphères de l'underground.Avec un premier album.Race, sous le bras, lancé par le label montréalais Indi-ca dernièrement, le groupe ontarien laisse déjà entrevoir de bien belles choses.Dans le cas de Race, les variantes sont multiples.On pourrait parler de la rencontre des genres.De l'unification des sujets rap, reggae, métal, ska et quoi encore.On pourrait aussi parler d'une réunion des cultures, puisque le groupe comprend des gens aux origines bien différentes.Mais Ronce n'en a i ure.Pour lui, une seule consigne : ne pas se mettre de barrières.« Race, c'est juste une bande de gars, des gars qui s'amusent ensemble, tance Ronee bien en verve.On fait ce qu'on veut.Dans ce groupe, il y a de tout : des gars qui vendaient de la drogue, des gars de la banlieue avec beaucoup d'argent, des gars qui ont déjà été en prison.La seule chose qui nr&is rassemble, c'est la musique.Mais nous célébrons la différence.RACE « Nous symbolisons la race humaine, en plus.Dans ce band, il y a deux rasta, et des gars qui ne croient même pas en Dieu ! Mais on ne pense pas à ça.Tous les éléments finissent par former un tout.*» Évidemment, Race n'est pas le résultat d'un long meeting entre les têtes dirigeantes d'une importante maison de disques.Race, c'est avant tout l'histoire de cinq pôles.Cinq gars un peu fous qui, malgré les différences et la divergence d'opinions, ont bien vite réalisé que, oui, l'union fait la force.« Nous sommes des amis avant tout, tient à préciser Ronee.On jouait dans des groupes a gauche et à droite, et puis un soir, a Noéfeil y a deux ans, ou buvall et on plaisantait.On voulait former un I .nul par simple plaisir.Mais les gens ont aimé, et ça a évolué bien plus rapidement qu'on le pensait.» En effet.Après une récente tournée canadienne, et seulement quelques semaines après le gros show du Café Campus, les membres de Race reviennent déjà en ville, au bar Bleu est noir, avec leur fougue et leur énergie contagieuse.Une petite prédiction : le feu va être dans la place.«< C'est toujours spécial quand on joue au Québec, conclut Ronee.Le spectacle du Café Campus était probablement le meilleur show de notre carrière.Et Montréal, c'est notre ville.On devrait peut-être déménager là-bas.» -K\u2014 RAŒ offrira un spectacle au Hlcu est noir (812 Hat lui Est ) ce soir, Les incontournables de Warner jazz Associated Press PARIS Les compilations constituent un bon moyen de découvrir un musicien.La collection Warner jazz, les incontournables ajoute à son catalogue 20 nouveaux volumes.Parmi eux, en voici quatre à apprécier sans modération.Le pianiste Herbie Hancock a bien failli devenir un virtuose de Bach et Mozart.Après onze années de travail assidu en classique, il ne prend le virage du jazz qu'à l'âge de 18 ans, en 1958.La compilation qui lui est consacrée puise dans le catalogue Warner et Rhino/ Atlantic de 1963 à 1969.À l'époque, Hancock porte au paroxysme le style funky inculqué par les maîtres du hard-bop qu'il a côtoyés : Lee Morgan et Hank Mo-bley.Il est à l'aube de s'engouffrer dans la musique électronique dont il sera l'un des pionniers.On le retrouve ici avec le saxophoniste Joe Henderson, avec le trompettiste Donald Byrd ou encore le bassiste Miroslav Vitous.Ici se mélangent au jazz, la pop, les atmosphères africaines ou orientales.Une musique inventive pleine de chaleur qui culmine avec l'enivrant Fat Albert Rotunda.Le bassiste Jaco Pastorius a révolutionné la basse électrique.Mais la dépression qui le rongeait, la drogue et l'alcool ont précipité sa disparition en 1987 à l'âge de 36 ans.Les titres de cette compilation traduisent bien le sentiment d'urgence qui animait ce musicien hors du commun.Travailleur acharné, celui qui intégra Weather Report en 1978 n'avait pas hésité à s'affirmer comme « le meilleur joueur de basse électrique tlu mondf » lors de sa rencontre avec le leader du groupe Zawinul.En décidant de supprimer les barrettes de sa basse électrique, Jaco Pastorius a créé une sonorité unique, un véritable jeu polyphonique.Les bassistes des années 80 ont largement emprunté à son style.La musique d'Antonio Carlos Jobim a fait le tour du monde.Le créateur de la fameuse Garota de Ipanema ( La Fille d'ïpanema ), écrite pour la chanteuse Astrud Gil-berto, a, on s'en souvient, inspiré Stan Getz.Selon Jobim, la bossa-nova ( littéralement « nouvelle vague » ), apparue au Brésil à la fin des années 50, est née d'une « rencontre entre la samba et le jazz moderne ».Le pianiste et compositeur a été le fer de lance du mouvement.Mais la bossa-nova a pris toute sa dimension après sa rencontre avec le poète Vinidus de Moraes pour la bande-son du film Orfeo Negro ( de Marcel Camus ), Palme d'or à Cannes en 1959.L'allégresse se teinte parfois chez Jobim d'une mélancolie charmante.Sacré comme l'un des plus grands compositeurs de ce siècle, Antonio Carlos Jobim est mort le 8 décembre 1994 à l'âge de 67 ans.Fasciné dans sa jeunesse par le percussionniste Chano Pozo, qui avec Dizzie Gillespie scella la rencontre du bop et de la musique afro-cubaine, Ray Barretto fait littéralement « chanter le rythme ».Né en 1929 à Brooklyn, le plus new-yorkais des percussionnistes cubains monte son propre groupe en 1962.Ray Barretto a un talent sans pareil pour donner furieusement envie de bouger.Les titres rassemblés ici courent de 1958 à 1964, en pleine mambomania.Parmi les autres nouveautés dans la même collection : Can-nonball Adderley, Ray Charles.GilbertO Gil, Charles Mingus, Roland Kirk et Dexter Gordon. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 1997 Les uns et les autres Robert Il vaut, en millions de dollars, trois fois moins que Jim Carey, Tom Cruise ou Harrison Ford et il a toujours refusé de s'installer à Hollywood.Pourtant, Robert De Niro est une légende : 51 films dont une vingtaine de chefs-d'oeuvre.Portrait par petites touches du magazine Max.m Son premier film : Trois chambres à Manhattan de-Marcel Camé.¦ Il reçut l'Oscar du meilleur second rôle pour Le Parrain 2 ( dans lequel il incarne Don Corleone, le personnage de Marlon Brando, jeune ) et celui du meilleur acteur pour Raging Bull.m Sa société de production a pour nom TriBeCa ( du nom d'un quartier de New York ).Dans les mêmes locaux, il possède aussi un restaurant baptisé TriBeCa Grill.¦ Dans Voyage au bout de l'enfer, il a refusé d'être doublé pour certaines cascades.Ce qui a failli lui coûter la vie.¦ Avec Géorgie Auld, saxophoniste de Count Basic et Archie Shepp, il a appris à jouer du saxo pour New York.New York.m II n'a que rarement fait de promotion pour ses films.¦ Son cachet actuel avoisine six millions de dollars.En comparaison, Jim Carrey, Tom Cruise et Harrison Ford émargent à 20.¦ Après The Mission, Ange! Heart et Les Incorruptibles, il se repose au théâtre en 1987 pour jouer Cuba et son ours en peluche avec Ralph Macchio.ZOOM Pedro Almodovar j j En ce moment, on en est quasiment à la « C troisième génération de cinéastes espagnols A a qui se disent influencés par mon travail.On a écrit beaucoup de choses sur mon cinéma, et l'adjectif « almodovarien » est quasiment entré dans le dictionnaire, un terme qui signifie le contraire de ce que je suis, et sûrement pas « sulfureux » ni « amoral ».Je ne veux pas me poser en martyr, mais je ne me sens pas en accord avec cette image, même si j'ai sûrement participé à la façonner.J'ai appris sur le tas et je continue.Dans mon prochain film \u2014 et pour la première fois \u2014, je vais évoquer mes souvenirs d'enfance.Pour jouer mon propre rôle, il me faut quelqu'un de plus beau, de plus jeune, mais avec la même énergie.Je cherche.Première » Niro ¦ Le premier film qu'il a produit ( Nous ne sommes pas des anges de Neil Jordan avec Sean Penn ) est adapté d'une pièce de boulevard française ( La Cuisine des anges d'Albert Husson ).¦ Pour incarner Al Capone dans Les Incorruptibles, il prend 12 kilos ( en mangeant des pâtes ).¦ Son seul film en tant que réalisateur, // était une fois le Bronx, est dédié à son père, mort pendant le montage.¦ La réplique « Are you talkin'to me ?» dans Taxi Driver aurait été improvisée.¦ Il a été l'élève de Lee Strasberg et Stella Adler, les mentors de l'Actors Studio.¦ Il est né le 17 août 1943 à Little Italy, à quelques blocs de chez Scorsese.¦ Il a tourné Backdraft et Blessures secrètes uniquement pour l'argent.¦ Il a tourné quatre films avec Brian De Palma et huit avec Martin Scorsese.¦ Pour incarner le monstre de Frankenstein de Kenneth Branagh, il passait sept heures et demie au maquillage- ¦ Il a quitté l'école à 18 ans pour suivre des cours de théâtre.¦ Ses origines : un grand-père italien, un père moitié italien-moitié irlandais et une mère 100 % Middle West.¦ La première fois qu'il a mis les pieds sur un plateau de cinéma, c'est pour The Wedding Party, un film semi-improvisé signé.Brian De Palma.POP-CORN Love qui É Connaissez-vous Love Michelle Harrison ?Mais si, il s'agit de Courtney Love.Changer de nom est pratique plus courante que jamais dans le monde du spectacle.En voici quelques exemples : Demetria Guynes ( Demi Moore ), Caryn Johnson ( Whoopi Goldberg ), Eleanor Gow ( Elle Macpherson ), Susan Abigail To-malin ( Susan Sarandon ), Allen Stewart Konigsberg ( Woody Allen ), Shelton Lee ( Spike Lee ), Cornélius Crâne Chase ( Chevy Chase ), Margaret Hyra ( Meg Ryan ), Alicia Christian Foster ( Jodie Foster ), Cheri-lyn Sarkisian ( Cher ), Maurice Joseph Micklewhite ( Michael Caine ), Joyce Frankenberg ( Jane Sey-mour ) Carlos Irwin Estevez ( Charlie Sheen ).LES MOTS Ma puce ¦ Surnom idéal pour un bichon maltais mais pas pour un être humain, sauf s'il pèse plus de 150 kilos ( décalage amusant ).Attention à bien prononcer la fin du mot si l'on ne veut pas être accusé de proxénétisme.Frédéric Beigbeder, Cosmopolitan Avoir la science infuse ¦ Savoir de façon innée, sans avoir appris et par extension prétendre tout savoir.En théologie, la science infuse ( c'est-à-dire répandue dans l'âme ) est la connaissance qu'Adam reçut de Dieu.Le Robert souligne que la référence religieuse n'est plus perçue aujourd'hui et l'expression s'emploie souvent ironiquement pour nier la possibilité de l'existence d'un savoir qui ne serait pas le résultat d'un travail, d'une expérience.FL Le monde de Cindy Cindy Crawford l'histoire d'un Cindy Crawford poursuit la rédaction d'un roman qui promet de faire sensation dans le monde de la mode.Ses personnages à peine déguisés sont fondés sur des gens que nous connaissons tous et il ne sera pas difficile, semble-t-il, de déterminer de qui elle parle.Cindy a déjà terminé plusieurs chapitres qui traitent des écarts sexuels, des désordres alimentaires et de l'abus des drogues qui caractérisent ce milieu.Elle va jusqu'à conter mannequin \u2014 soi-disant fictif \u2014 qui est né hermaphrodite et a subi une opération pour se débarrasser de ses attributs masculins.De Lady Diana à Tom Cruise ¦ L'ex-valet de Lady Diana,.Paul Burrell, qui a été congédié par la famille royale britannique après la mort de la princesse de Galles, a reçu une offre d'emploi de la part de Tom Cruise.L'acteur avait fait la connaissance de Burrell lorsque celui-ci avait accompagné Lady Di sur le plateau de Mission : Impossible, il y a deux ans.Il avait apprécié le maintien impeccable du serviteur de la princesse, et Tom et sa femme, Nicole Kidman, viennent de lui offrir le poste de maître d'hôtel dans la demeure que le couple loue en Angleterre.Pin up de taule ¦ Kirstie Alley a reçu une nouvelle demande en mariage d'un meurtrier incarcéré et elle est prise de panique, car c'est la deuxième du genre.« Il paraît que les détenus ont tous des photos de moi dans leurs cellules, dit-elle, et j'ai des cauchemars à la pensée qu'ils tenteront d'entrer en contact avec moi à leur sortie de prison.» Un marché d'acheteurs ¦ Paul Hogan n'a pas fait une bonne affaire lorsqu'il a vendu sa splendide demeure de Los Angeles.L'acteur australien n'a pu en obtenir plus de 3,7 millions, alors qu'il l'avait payée 6,5 millions il y a sept ans ! La gloire de Gloria ¦ Sharon Stone a fait don aux machinistes de son nouveau film, Gloria, de très jolis cadres à photos pour les remercier de leur collaboration.Toutefois, chacun des cadres contenait une photo d'elle ! Il paraît que presque tout le monde a jeté la photo et conservé le cadre.Kirstie Alley Ce n'est qu'un début.¦ L'amie de Ryan O'Neal, Leslie Stefanson, a réalisé ce que l'ex-épouse de Ryan, Farrah Fawcett, avait été incapable de faire durant toutes les années que le couple avait passées ensemble : faire perdre du poids à Ryan.En insistant sans cesse pour qu'il se tienne à l'écart du réfrigérateur et qu'il passe plus de temps au gymnase, elle a presque réussi à lui faire retrouver sa ligne d'aman.L'homme de Cybill.¦ Cybill Shepherd a un nouvel homme dans sa vie, qui l'accompagne partout lorsqu'elle se déplace dans sa voiture.Il s'agit en fait d'une poupée gonflable qui ressemble en tout point à un garde du corps, qu'elle assied sur le siège du passager afin de décourager les voleurs.Marlon Brando promoteur du calmar ¦ Marlon Brando a décidé de se faire le porte-parole de l'industrie du calmar ! Diane Pleshner, du Conseil des fruits de mer de Californie, à Santa Barbara, souligne que ce mollusque est excellent pour les personnes qui doivent surveiller leur taux de cholestérol (c'est le cas pour Marlon Brando ) .« Nous sommes flattés de l'offre de l'acteur, dit-elle, mais nous ne pouvons payer d'énormes sommes d'argent à des célébrités telles M.Brando pour faire la publicité de ce produit.» Des amants pour l'éternité ¦ Shirley Mac Lai ne estime qu'elle a eu assez d'amants pour toute l'éternité.Mais l'actrice de 63 ans ne regrette rien.« Je me suis amusée, je voulais vivre une vie libérée de toute Marlon Brando Shirley Mac Laine contrainte et le sexe faisait partie de cette philosophie », dit-elle.Mais aujourd'hui, son étude de la métaphysique et du spiritualisme lui fait voir les choses différemment.« Manger à tous les râteliers n'est certainement pas une bonne chose, admet-elle maintenant, pas plus pour moi que pour n'importe qui.» Shirley a divorcé d'avec son mari, Steve Parker, en 1982 et vit seule depuis, ce qui ne semble pas la satisfaire pleinement i « Je ne me remarierai jamais, diK elle, mais avoir un ami sérieux ne me déplairait pas.» SOURCES : Première, Star, Moxicline Fini de s'amuser comme des petits fous EN VADROUILLE Francine Grimaldi collaboration spéciale Je parie que vous avez oublié qu'aujourd'hui, c'est la fête des Fous : la fête des Saints Innocents.Depuis 1444, l'Église interdit de jouer aux fous dans les églises en ce jour.Après la messe solennelle, les enfants de choeur s'amusaient comme des petits fous, mais c'était trop paillard comme divertissement : on élisait un « pape des fous » ou « l'abbé de la Déraison » qui prononçait une messe et un sermon satiriques et donnait des bénédictions burlesques.Ça devait ressembler à un Bye Bye de l'année.Prévisions ¦ Le dicton dit : « Noél neigeux fait bon hiver et un été merveilleux.>» On devrait connaître un mois de janvier normal quant à la température si on en juge d'après les Ajets, selon lesquels « tels les 12 jours après Noél, tels les 12 mois le temps réel ».Les jours entre Noël et les Rois indiquent le temps des 12 mois.Donc le temps gris et neigeux du 26 décembre prévaut pour le temps du mois de janvier, le temps du 27 pour février et celui d'aujourd'hui pour mars, etc.Lothaire Bluteau est de passage ¦ Trêve de plaisanteries du temps des Fêtes, comme tout le monde est à «< off >» ces jours-ci ; et je ne parle pas de Pierre Péladeau, qu'il repose enfin en paix, maintenant que ses affaires sont arrangées.Le sacripant a quand même réussi à nourrir la presse un jour creux, habituellement maigre au point de vue nouvelles.Je n'ai eu qu'une seule conversation sérieuse depuis quelques jours.J'ai rencontré Lothaire Bluteau, notre « Jésus de Montréal », qui est à Montréal pour le temps des Fêtes.H n'a pas un esprit de clocher, mais il a l'esprit de famille et ses parents l'attendent toujours avec impatience pour Noël.Le petit Lothaire est toujours aussi antistar.Pourtant, mine de rien, il mène une carrière internationale et tourne des films, surtout des productions indépendantes, qui l'ont amené à travailler en Russie, en Pologne, en Italie, en Amérique du Sud, en Australie, à Budapest, Londres et New York ! Qui dit mieux ?Lui dit : « C'est normal.Ma vie, c'est de jouer.Je ne voudrais rien faire d'autre ; c'est un métier à risques et il faut assumer bien des déceptions pour peu de réconfort.Les bons scénarios se font rares.Je viens d'en lire deux, niaiseux comme ce n'est pas permis.Je ne sais pas comment c'est possible, mais ils ont de gros budgets ! Les meilleurs scénarios me viennent d'Angleterre.Il y a vraiment une remontée du cinéma britannique actuellement.J'ai quand même tourné un nouveau film canadien cette année encore : Conquest avec Tarah Fitzgerald, dans un village perdu de la Saskatchewan.Une belle expérience.Puis j'ai vécu une drôle d'expérience en Italie pendant le tournage du film Setiso unico ( Sens unique ), un film italien coproduit avec Bombay.Sur le plateau, en Sicile, il y avait un fascinant mélange de cultures.Les techniciens de Bombay ne comprenaient pas les Italiens, et viee-versa, le réalisateur est un Indien qui a épousé une Italienne et l'Italie, et moi je joue un Italien, avec l'accent sicilien s'il vous plaît car les techniciens me surveillaient de près, et je jouais avec une actrice de Bombay ! Il n'y a qu'au cinéma qu'on voit ça.C'était magique.Le producteur a mis cinq ans avant de pouvoir réaliser son projet.Ce ne lut pas simple non plus pour produire lictit, l'adaptation de la pièce de Martin Shcnnan sur la déportation des ho- mosexuels dans des camps de concentration.Fassbinder devait le réaliser en 1979 I Finalement, c'est Sean Matthias qui l'a fait.Un bon tournage, mais difficile évidemment.Heureusement, Bent a été bien reçu au Festival de Cannes, au Japon, en Espagne, et il vient de sortir aux Etats-Unis.Je suis allé à New York pour en faire la promo il y a quelques semaines.J'avais peur de la critique, toujours difficile envers les adaptations, mais il y a eu plus de pour que de contre.Au prochain Sundance Festival, on va présenter un film indépendant américain auquel j'ai aussi participé : Animais, avec Tim Rot h et Mic-key Rooney.Je joue le rôle d'un documentariste.Les projets ne manquent pas pour 1998, mais rien d'officiel.» Nul doute que Lothaire Bluteau sera invité à parler de Bent ( avec Clive Owen ) lors de sa sortie sur nos écrans, en février.Prochains tournages ¦ Projets : Le septuagénaire Bryan Forbes commencera la nouvelle année en tournant un nouveau film au Québec ! Un film intitulé Interview with a Dead Man, sur lequel je vous donnerai plus de détails dans Ici* semaines à venir.Un autre vétéran.Sir Richard At-tenborough ( 73 ans ) doit revenir tourner à Montréal î In Love t* War, tourné en partie a Montréal, n'a pas connu un succès boeuf mais il aime travailler ici.Son prochain film.Grcy Oxvl.est un film d'époque, début 19e siècle.À suivre.Dans l'air ¦ Il est fortement question que le réalisateur australien Stephan El-liott ( The Adventures of Priscilla.Queen of the Désert ) tourne son prochain film au Québec.Il a visité des endroits aux États-Unis, à Toronto et à Montréal et c'est ici qu'il veut tourner son thriller, intitulé Eye ofthe Beholder.À suivre.Avis d'auditions ¦ Le chorégraphe Brian Macdo-nald, principal conseiller artistique du Centre national des arts à Ottawa* va diriger deux productions musicales cette année.Avant Mikdt do de Gilbert &\u2022 Sullivan, il y aura en mai 1998 une première présentation d'Autoportrait, de Frayne McCarthy 6- Daniel Boulerice.Des auditions se tiendront à Montréal le 5 janvier et à Ottawa le 12 janvier pour recruter des comédiens chanteurs et danseurs pour ces deux productions.Les artistes doivent être bilingues.Il y a neuf rôles d'hommes et 10 de femmes.Le rôle principal, celui de la célèbre peintre Tamara Lempicki, est joué à l'âge de dix ans, de 15 à 21 ans, de 25 à 40 ans et à près de 70 ans.Avis à toutes les mezzos l Pour participer aux auditions, il faut envoyer photo et C.V.au CNA, aux soins de Robert Saint-Denis.Tél.: ( 613 ) 947-7000, poste 313.Spur ce, bon dimanche. I B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 1997 ¦ I I * mi : ^événement familial de Noël du 6 au 31 décembre 97 ?Q^aUsôz-vous émouvoir par l'histoire dô la Nativité avec lot personnages de fa Crèche et let animaux vivants.m Venei découvrir le sentier des caries de Noël géantes, faite une promenade en traîneau, vous amuser avec les moutons ou assister à un spectacle de chorales.Profite* de l'occasion pour venir en aide aux plus démunis en apportant de fa nourriture non périssable, des vêtements ou encore en achetant un bouillon du partage et votre sapin de Noël, De 13h.à I7h.chaque fin de semaine et tous les jours à partir du 20 décembre.» Tou» ivt profit) setonf v*tsé» à l'Accueil lonndou Renseignements: 496-PORT Vieux-Port de Montréal \u2022 Quai Jacques-Cartier Gratuit LEVIEUX.PORT DE MONTREAL -V-» MONTREAL c'est toi W/l ville RVM FM 91.3 Mclro Clï.mip-Jy 11 VERSAILLES6,.^ 1 I-'AMOUS PUkTIRS-7i r~CA«M*OUA OU NOUO ~.iF.F.S6HgintUPAUlJ\\ \u2022 ' - * ¦ \u2022«UROUS RVATERS-7) I-FAMOUS RLATCRS-71 I-LES CINEMAS ouzzo-71 DORVAL J\\ 1 CEITRE LAVALm£ \\ LACORDAIRE 11 \\ yj En version française et anglaise.i CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS g nettoyageàsec m MàW un iiim de ANNE FONTAINE MIOU-MIOU CHARLES BERLING Ib'halviod 13 ans .EN EXCLUSIVITE Tous les |Oura: 12:15 - 2:45 - 5:00 - 7:20 - 9-50 CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN + X.' ¦./¦ff.¦ ' '.4, m o_ mm mw L E S L I E N I E L S E N ROBIN WILLIAMS DISNEY version française de: FLUBBER mm mw www.mrmogoo.com O05UPfWîtil?BMVIIiC CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS rToËws^TTi rANGRiG^N\",'^] ES^sa BS3 ./son Mmi 4.- CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS rFAMOUS PLAYERS-1 |-FAMOUS PLAYERS-71 / «ftii PARISIENS 11 AHCRIGNONéWl %/SUN DIGITAL G\u2014FAKOUS PlAYERS-71 |-FAMOUS PLAYERS\"-~\"1 |-TAMOUQ PLAYERS-71 f FAMOUS PLAYIRS.SfwtMOok»\"! | CINEPLEX 00EOM~~a CENTRElAVAL^t/11 VERSAILLESF.P.86REEMFIEL0PMK^J1 CARR.deLESTRIE || DAUPHIN^ jf| G-LES CINEMAS OU^O~T LACORDAIRE 11 ^ v \u2014 CINEMA CARNAVAL-Tl |-CINEPLEX OOEON-\"2 I-LES CINCMAS OU2ZO~7) [\"\"LES CINEMAS OUZ20\"~JI CHATEAUGUAY6 J\\ CARR.DORION kv STE-THERESE^ TERREBONNE1 \\j\\ CINEPLEX OOEON' DELSON CINEMA' (7 ST-EUSTACHE Vv' -C ItfefOm (onoda.fondi dt iclr viiion tt île câblodttlributtM pour la produuion d'ènrniMnt 12 00 ?FLUBBER (Gi 12202304407 10 AMERICAN WEREWOLF IN PARIS (13*) IH-I I-'«MOU* ,»»*»¦»»\u2014\u2014] i_PARISIEN11 AN6«I6IIQII^
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