La presse, 25 janvier 1998, B. Livres
[" Montréal, dimanche 25 janvier 1998 mAÀAXXAAAlAV UTUls cRoA^y dàX/ CAIAÂàXAAVQ^ (J HàÂ/ CUULQy falàs eu unes QAÂAïAàÀi/ eÂxitYnxtnteA.JEAN-PAUL LA POINTE collaboration spéciale /|J our ceux qui ont fréquenté régulièrement \\s grandes librairies au cours des dix ou r/ quinze dernières années, une constatation ~\" s'est imposée : l'espace accordé au genre communément appelle « Nouvel Âge » ( ou « New Age » comme disent les Français.) a augmenté de façon constante.Même phénomène dans tous les salons du livre.Ajoutez à cela les librairies spécialisées dans le genre qui ont essaimé un peu partout et l'ampleur de ce marché devient alors évidente.Mais pour les libraires et lecteurs qui connaissent bien la pensée et la culture Nouvel Âge, une autre constatation encore plus significative s'impose : c'est que, mine de rien, la sectioa Nouvel Âge s'est étendue aux autres sections qui l'entourent, sans même que lés gérants-libraires ne modifient les inscriptions de rayons.Le « nouveau paradigme de l'Ère du Verseau » que décrivait la journaliste américaine Marilyn Ferguson en 1980 dans son best-seller Les Enfant^ du Verseau ( Calmann-Lévy ) s'est en effet infiltré' dans la plupart des secteurs de la pensée et de l'activité humaines : psychologie, philosophie, \u2022médecine, physique, management, etc.Ferguson parlait à l'époque d'un « puissant réseau, pourtant dépourvu de dirigeants », qui était « en train de produire un changement radical aux États-Unis ».Elle fut vraisemblablement la première journaliste à prévoir l'ampleur du phénomène : « Plus étendue qu'une réforme, plus profonde qu'une révolution, cette douce conspiration pour un nouveau programme de l'homme a déclenché le réalignement culturel le plus rapide de l'histoire.» Ce « nouveau paradigme », ou nouvelle façon de voir et d'analyser le monde, résulterait d'une diffusion accélérée des enseignements et techniques visant l'expansion de la conscience individuelle.Car le postulat fondamental de M pensée Nouvel Âge est le suivant : la transformation sociale sera le fruit d'une transformation personnelle.D'où l'accent sur lès méthodes de croissance personnelle, là spiritualité, la psychologie transpersonnelle, la méditation, etc.Voir NOUVEL ÂGE m B 2 PAS.La Presse à domicile en cempesant le 6911 Extérieur de Montréal (sans frais) Indicatif (514) : 1 800 361-8202 Indicatifs (418), (613) et (819) : 1 800 361-7039 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 25 JANVIER 1998 Livres ROMAN La longue plainte de l'amour RÉGINALD MARTEL m amour est une hypo-* thèse intéressante et, pour certains, peut-être invérifiable.Ainsi Jean Charlebois n'en finit-il pas d'explorer, depuis vingt-cinq ans, ce bel et troublant domaine.De sa quête est résultée une oeuvre devenue considérable, moins en quantité qu'en densité, et appréciée par qui aime la poésie lisible.Des circonstances décisives \u2014 la lecture d'un livre de Christian Bob in, La Plus que vive \u2014 ont amené le poète à s'aventurer dans la prose, avec un résultat extrêmement décevant.\u2022 ¦ v.L'Oiselière est le récit d'un amour contrarié.Non pas par une rupture voulue, unilatérale, mais par la mort de l'amante.La deuxième occurrence est-elle plus difficile à vivre que la première ?L'écrivain ne pose pas cette question, pourtant utile dans le contexte de l'oeuvre, mais on songe tout de même que la mort appartient à l'inéluctable et qu'on peut, le temps aidant, mieux accepter que l'amante soit dans le néant que dans la vie et dans le lit d'un autre : la jalousie alors ne vient pas torturer l'amant déserté.Quoi qu'il en soit, le narrateur de L'Oiselière se dit inconsolable.On veut bien le croire, mais on le croirait davantage s'il avait pris la peine de construire un vrai roman, plutôt que de juxtaposer des tableaux divers \u2014souvenirs, scènes de la vie quotidienne, pages de journal ou élans lyriques \u2014 sans le moindre souci d'organisation dramatique, laissant au seul fil de l'inspiration le soin de composer un paysage du coeur et du corps souffrants qui ait la cohérence interne de l'oeuvre d'art.Ce laisser-aller multiplie des répétitions qui deviennent lassantes, car elles ne précisent pas le flou inhérent à un langage trop exclusivement élégiaque.Le discours amoureux, objectera-t-on, ne s'embarrasse d'aucune contrainte, surtout formelle.Dans la réalité de la vie, sans doute, mais .nous sommes ici dans (a réalité de la littérature.Il faudra donc, dans le jardin de souffrance du narrateur Louis-Marie Simard, cueillir où ils se trouvent les fruits et les fleurs qu'il cultive douloureusement.Par-ï mi tes plus émouvants, ceux qui évoquent une amante dispensatrice de lumière, peut-être lumière elle-même, qui donc a donné à l'amant les conditions minimales de l'état aimé, éclairage et chaleur.M.Charlebois est poète.Il ne l'a pas assez oublié, ne l'oublions pas nous non plus.La métaphore est son out;l privilégié, qu'il manie tantôt avec bonheur, tantôt non.Si « ton amour toujours coulant comme un coeur de brie » n'est pas pour tous les appétits, n'importe qui appréciera cet aveu tout simple et tout tendre : « Ce que j'aime le plus dans ton visage, ce sont les mots que tu écris avec tes yeux.» Il arrive aussi .que des évidences oubliées soient redécouvertes et affirmées selon leur mérite : « Ce sont les mains sur notre corps qui nous ensemencent, nous donnent une texture, nous sculptent, nous mènent à la vie et nous tiennent lieu de feuillage.» Coeur et corps \u2014un recueil de M.Charlebois s'intitule Coeurps\u2014>, indissociables, forment le canevas sur lequel l'écrivain tisse sa longue plainte.Éros y trouve son compte et inspire à l'auteur des descriptions songées.Qu'on en juge : « La pointe de tes seins s'est dressée, tes sucs ont affleuré et ta porte pliante a déplié ses plis de satin rose.» Quand on a bénéficié d'aussi jolis spectacles, même si on est un personnage de roman, n'est-on pas tenté de se les remémorer éternellement, au lieu de consentir à un suicide qui ne garantit aucune retrou- ILLUSTRATION.Alar-Antar» NoOôhipour LHextçcr.e (toiad) I vaille ?VOISELIÈRE.Jean Charlebois.L'Hexagone I Paroles d'aube.Montréal I Vénissieux ( France ).1998.224 pages.On peut joindre Vauteur de cet article à l'adresse électronique : regina@total.net Nouvelles pas très La révolution intérieure bien soignées RÉGINALD MARTEL «11 a beau cherché.» « .tu préfères les marguerites, mais je n'en ai trouvées nulle part.» De petites choses, et rares, mais il semble que certains éditeurs soignent un peu moins leurs revues littéraires que le reste de leur production.Les exemples cités sont tirés du dernier numéro de XYZ ( 52 ).Si l'éditeur du même nom aime tant la nouvelle, pourquoi ne pas la traiter avec une plus fine attention ?\u2022 La correction et la révision des textes sont importantes et leur choix, plus encore.Dans la plupart des revues, on lit des nouvelles qui ne méritent pas la publication : dépourvues d'originalité, mal construites, d'une écriture convenue.Sans doute veut-on encourager des auteurs chez qui on croit voir poindre des promesses de talent.Il faudrait plus pour attirer à la nouvelle des lecteurs qui ont bon appétit.Ils y viennent peut-être de toute manière, quand un recueil solo vient consacrer un auteur.Il faut lire, au moins en diagonale, toutes nos revues consacrées à la nouvelle.Il est rare qu'on n'y trouve pas en chacune une perle, qu'il s'agisse d'un numéro thématique ou non.L'épithète n'est pas très contraignant et les textes ont souvent un rapport seulement lointain, ou incident, avec le thème proposé.Quand on ne le trouve pas, il n'est pas nécessaire de se trouver idiot : entre l'intention d'un auteur et l'oeuvre réelle, il peut exister une distance qui n'est pas toujours comblée.Les auteurs qui ont particié à « Étreintes » ont profité de leur liberté d'artiste, sans en abuser.D'étreintes il s'agit bien, qui nous rappellent qu'elles ne sont pas qu'amoureuses, qu'elles peuvent tuer aussi.Des humains, évidemment, ou, dans une nouvelle de Laurent Chabin, des statues.Surtout si un certain Maldoror se transforme, Oslo l'inspirant, en kraken.Mélissa Veilleux préférera, dans « Jour mortel », l'étreinte finale qui emportera dans une mort décisive des êtres que la guerre n'a pas réussi à tués tout à fait.Deux nouvelles efficaces, les meilleures, intéressantes autant pour la forme que pour le fond.D'autres manquent de l'une ou de l'autre, ou des deux, dont celle d'un auteur qui vient d'obtenir, allez savoir pourquoi, le prix du gouverneur général.XYZ.« Étreintes », numéro 52, hiver 1997.À Plaisir de lire cette semaine, je reçois deux hommes de passion: Jean-Louis Roux qui vient de publier le premier tome de son autobiographie Nous sommes tous des acteurs et Jean O'Neill qui nous présente un nouvel ouvrage savoureux et très très libertin Chère Chair.« Le monde entier est un théâtre.Et tous, hommes et femmes, de simples acteurs » : voilà la phrase que Jean-Louis Roux, grand homme de théâtre, a placée en exergue de ces mémoires.Elle est de Shakespeare bien sûr, son auteur phare, celui qu'il a traduit et tant de fois joué.On y retrouve le récit de sa carrière peuplée de moments fascinants, touchants, qui ont jalonné ce chemin de la passion qui s'arrête ici en 1963, à son départ du TNM.Des souvenirs d'une autre scène sont aussi relatés, celle de la politique.Fidèle à lui-même, Jean-Louis Roux persiste et signe réitérant son credo fédéraliste.Encore une fois, qu'il s'agisse de sa vie personnelle, de son engagement professionnel ou politique, Jean-Louis Roux se confie presque naïvement à ses lecteurs.Voilà un survol fascinant de l'histoire du théâtre admirablement écrit et un rappel de la difficile cohabitation autour de la question identitaire.Jean O'Neill qui nous avait jusqu'ici gavé de sa touchante et magnifique prose sur les paysages, la géographie et les habitants du Québec, vient cette fois nous parler avec autant de bonheur des plaisirs de la bouche entrecoupés de ses secrets d'alcove : Chère chair.Étonnant, à faire rougir parfois.Je ne le savais pas si coquin.Il faut croire que le plaisir irradie et que la pudeur devrait peut-être loger ailleurs que dans la sexualité et les mots pour la dire.Voici le titre des livres dont nous avons parlé à notre dernière émission : \u2014 Paul Martin est un homme mort de Patrick Nicol chez VLB éditeur \u2014 Les Romantiques québécois 1830-1930 de Claude Beausoleil collection Five o'clock aux Herbes rouges \u2014 L'Oiselière de Jean Charlebois à l'Hexagone Rendez-vous demain soir à 21 h à Télé-Qébec Danièle Bombardier plaisirdelire.sympatico.ca 2 i Télé-Québec NOUVEL ACE / Suite de la page B l Le Nouvel Âge étant une « révolution intérieure », on ne s'étonne pas qu'il ait été relativement peu couvert par les journaux et les caméras.Jusqu'ici, dans ce vaste mouvement de décomposition-recomposition du champ du spirituel, on a plutôt braqué l'attention sur ce qui fait du bruit et satisfait la soif de sensationnalisme.On s'attarde aux sectes qui dérapent ou aux « Jo-jos » médiatiques et médiumniques qui cherchent à profiter de la manne.Mais il faut ici faire preuve de discernement car, comme l'écrivait Marilyn Ferguson, « toutes les révolutions attirent les mercenaires, les amateurs de sensationnel et les instables qui viennent se mêler à ceux qui sont vraiment engagés ».On peut facilement comprendre que le livre soit devenu le médium tout indiqué pour véhiculer les idées de cette « douce conspiration ».Le livre ne s'impose pas : vous devez vous-même aller le cueillir chez le libraire ( sauf si on vous l'offre en cadeau ).Il est discret, même si sa couverture affiche parfois des couleurs vives.Et sa juste conquête suppose un état d'esprit particulier qui allie éveil actif et réceptivité passive, état très prisé chez les nouvelâgistes.Cette transformation de nos sociétés par l'intérieur a pourtant été prédite par plusieurs « visionnaires », parmi lesquels Pierre Teil-hard de Chardin et H.G.Wells.En 1935, l'historien Arnold Toynbee entrevoyait la naissance d'une nouvelle civilisation en Occident à la suite de l'influence des philoso-phies et religions orientales.Dans son ouvrage Ni Marx ni Jésus ( 1969 ), Jean-François Revel prédisait que les États-Unis seraient le lieu privilégié de « la seconde grande révolution mondiale » ( la première étant l'établissement de la démocratie en Occident ).Cette révolution serait issue entre autres de la remontée des préoccupations spirituelles et de l'intérêt pour la pensée orientale.Les Américains sont effectivement le moteur de ce phénomène dont l'influence s'étend peu à peu à la planète.La majorité des auteurs qui dépassent le million d'exemplaires sont américains.Les noms de Deepak Chopra, Thomas Moore ou James Redfïeld sont connus de la plupart des newagers de l'Occident, et les ouvrages des grands bonzes du genre figurent en bonne place dans la liste des best-sellers des journaux nationaux.Le nombre de revues spécialisées sur les thèmes Nouvel Âge s'est grandement accru depuis une dizaine d'années, et de plus en plus de magazines féminins incluent maintenant des articles dont le caractère Nouvel Âge est sans équivoque.Même les magazines à grand tirage comme Time , Life et Newsweek multiplient les reportages sur des thèmes Nouvel Âge tels que la relation corps-esprit et les médecines alternatives, les effets de la méditation sur le processus de guérison, la « vie après la vie », le pouvoir symbolique et transformateur des rêves, etc.Récemment, les médias électroniques se sont aussi mis de la partie.Des stations radiophoniques qui diffusent exclusivement des reportages et de la musique Nouvel Âge ont fait leur apparition.La firme Movicorp Holdings de Californie a récemment inauguré Oasis TV, le nouveau canal de télévision qui offrira une variété d'émissions \u2022sur les sujets favoris des mutants.Leur devise : « Celebrate human po-tential » ! Les dirigeants de Movicorp estiment que l'on peut inclure plus de 44 millions d'Américains dans la catégorie Nouvel Âge.Et beaucoup d'observateurs pensent que leur nombre et leur influence continueront de s'accroître.Dans son dernier ouvrage intitulé Clicking ( Éditions de l'Homme ), la renommée Faith Popcorn maintient que l'impact socio-économique de cette nouvelle culture ira en s'accentuant : les chaînes de restaurants introduiront de plus en plus de plats végétariens et de menus santé, les médecines alternatives et holistes continueront leur expansion déjà impressionnante aux États-Unis, les chaînes de pharmacies feront de plus en plus d'espace aux produits naturopathiques et homéopatiques, etc.Du côté de la psychologie, plusieurs libraires estiment que dans la majorité des ouvrages récents, la distinction entre psychologie et spiritualité est de plus en plus floue.Le temps semble donner raison à Cari Jung qui, à l'opposé de Freud, considérait la dimension spirituelle comme fondamentale dans le processus de la croissance psychique.Les auteurs tendent davantage à inclure certains thèmes que l'on regroupe maintenant dans le cadre de cette nouvelle discipline nommée « psychologie transpersonnelle ».Une majorité de psychologues admettrait que nous avions mis de côté des secteurs majeurs d'investigation de l'esprit humain simplement parce que le paradigme dominant n'incluait pas la possibilité d'états de conscience supérieurs.Mais, comme l'a exprimé Hubert Reeves, « le métier de chercheur consiste à étendre le plus loin possible le domaine de la cohérence ».D'autres rayons de la librairie ont aussi été inséminés des germes de la nouvelle culture. mesure qu'un nombre croissant de penseurs influents présentent, à partir de leurs disciplines respectives, des arguments en fa- veur du nouveau paradigme, celui-ci grandit en crédibilité dans l'ensemble des approches du savoir humain.Je pense notamment à l'ouvrage de l'éminent neurologue britannique John C.Eccles, prix Nobel de médecine, intitulé Comment la conscience contrôle le cerveau ( Fayard ).À partir d'observations accumulées au cours de sa longue carrière de chercheur, il défend, avec rigueur et élégance, le modèle selon lequel la conscience ne serait pas un épiphénomène du cerveau ( ce que croient la majorité des scientifiques de notre siècle ), mais plutôt l'inverse.Un appui de poids pour la cause des newagers.Des points de vue similaires concernant la relation conscience-monde phénoménal ont été exprimés par plusieurs physiciens éminents, tels Max Planck, Erwin Schroedin-ger, Eugène Wigner, Brian Joseph-son, tous récipiendaires d'un prix Nobel.Et dire que ce même modèle de la primauté de la conscience a été soutenu par les sages de l'Inde depuis au moins 4000 ans ! Les ouvrages écrits par des physiciens sur ce sujet ne manquent pas, surtout du côté anglophone.Et en général, vous les trouverez davantage dans la section Sciences que dans la section Nouvel Âge.Le roman aussi Le roman a lui aussi été pris d'assaut.Malgré le fait que cette catégorie connaisse depuis quelque temps une certaine déprime, les ventes de romans style Nouvel Âge atteignent des sommets records.Au Québec, les deux plus vendus au cours des trois dernières années ont été La Prophétie des Andes de James Redfield, et L'Alchimiste, de Paul Coelho, deux romans Nouvel Âge.Lorsque je manifeste mon étonne-ment devant la persistance actuelle de la vague engendrée par ces deux titres il y a quelques années, Luc Boisvert, de chez Renaud-Bray, me répond spontanément : « Ce n'est pas une vague, c'est un raz-de-marée ! » Malgré certains aspects dissonnants, le phénomène Nouvel Âge semble porteur d'une promesse édifiante pour l'humanité.« Il n'y a d'ombre dans le New Age que parce qu'il y a quelque part une lumière », écrivait Jean Vernette, délégué de l'épiscopat français pour les questions concernant les sectes et les nouveaux phénomènes religieux, auteur du livre Le New Age ( Que sais-je ?, P.U.F.).Et tout comme Jung, Vernette maintient que lorsqu'on ne tient pas compte de la dimension spirituelle de l'être humain, on le mutile.« Et alors elle revient au galop, ajoute-t-il, parfois en jaillissements authentiques, parfois en regrettables parodies.C'est là que se situe la responsabilité de chacun.Pour que l'âge du Verseau ne soit pas piège, mais promesse.» Association Canadienne de l'AtaxIe de Friedreich fo\\Duio\\ (i w ni sT-ii\\\\ C.P.3725 SUCCURSALE B MONTRÉAL, QUEBEC H3B 3L7 Concours de journalier.Bourse Fernand-Seguin scientifique Bourse de 12 000 $ et stage de six mois en journalisme scientifique Dot» de olOtlU» I vendredi 17 OTTO 19M, à 16 h.Peur obtenir le déplient reuiilex voue edrester à : Bourse Femend-Scguln Association dee couimunlceteura edentlflcrues 3996, rus Sslnte-Cathorlno Est Montrée! (Québec) H1W 2Q7 Tél.: (614) 6221304 ou à le station de Redio-Cenede de votre région Avec le colleboretion de : Gouvofnomont du Quûbec Ministère de le Culture et des Communications Q MERCK FEOSST Rsdio-Canade Téloviiion et Radio La Presse LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 25 JANVIER 1998 B3 Livres Le romantisme au Québec : une redécouverte Les 20 ans de Lurelu La Presse ¦ t GILLES TOUPIN Saviez-vous que nous avions ici même un mouvement littéraire romantique ?À ce jour, du bout des lèvres, nos exégètes ont parlé de notre poésie du XIXe siècle et du début du XXe siècle en employant des termes tels que « préromantique » ou « romantisme patriotique ».Mais le romantisme tout court, l'existence d'un mouvement comparable à ceux qui ont déferlé sur l'Occident ?Nenni.Même le poète et critique Claude Beausoleil, pétri par l'enseignement qu'il a reçu dans le Québec des années soixante, ne le soupçonnait pas lorsqu'il a entrepris une recherche qui a duré trois ans et demi sur les textes poétiques de cette époque.Il voulait tout au plus faire une anthologie des anciens poèmes de chez nous lorsqu'il s'est rendu à l'évidence que le mot « romantique » pouvait parfaitement s'imposer, qu'on assistait au Québec à une véritable « poussée romantique », qu'il y avait eu un véritable courant littéraire qu'on ne s'était pas permis de reconnaître, de nommer.De là est née l'anthologie intitulée « Les Romantiques québécois ».« C'est notre première affirmation dans un mouvement d'esthétique international et c'est la preuve d'une naissance d'une littérature », affirme Claude Beausoleil.« Ces poèmes, écrit-il en préface, s'écrivent sur un fond de révolte et de répression, d'épidémie de choléra, de prise de conscience patriotique et de tractations pour assumer la survie d'une culture et d'une langue françaises en Amérique.» Le résultat de cette redécouverte donne le coup d'envoi à une nouvelle collection des éditions Les Herbes rouges qui s'intitule « Five o'clock », en hommage au titre d'un poème d'Emile Nelligan.La collection a déjà, pour commencer, plus de vingt projets d'éditions ou de rééditions de poètes du XIXe et du début du XXe siècle.Le deuxième titre de la collection, « Intimité et autres poèmes », est consacré à Albert Lozeau.Quant à l'anthologie « Les Romantiques québécois », elle donne à lire cinquante et un poètes romantiques de chez nous, des gens que bien peu avaient pris la peine de lire au complet, des François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Pamphile LeMay, Louis Fréchette, Jovette Bernier, Éva Sénécal ou Alfred Desrochers.Claude Beausoleil De la petite poésie peut-être ?Oh que non ! affirme catégoriquement Beausoleil.« C'est aussi bon que les Français, lance-t-il.Et surtout la période romantique des années 1830 et 1840.Ça se passe en même temps que le romantisme français et ça résiste à la comparaison.» C'est une écriture, explique Beausoleil, qui a notamment entretenu un fort rapport avec 1837.« Elle a contribué, dit-il, à ouvrir le rapport à l'exil, à dire que notre pays perdu était doublement perdu.Un poème comme « Le Canadien errant » ça émane des exilés politiques.C'est complètement relié à notre rapport au politique.II y avait alors une immense nostalgie de notre paradis perdu, la Nouvelle-France et la France.Nos ancêtres avaient déjà perdu et ils ont perdu encore dans la révolte.Le romantisme américain, dans cette perspective, est beaucoup plus triomphaliste que le nôtre.» Claude Beausoleil, qui jure qu'il ne rééditera jamais un seul poème qu'il ne trouve pas bon, qui est contre toute poésie documentaire, n'en revient encore tout simplement pas de ce qu'on lui a « chop-pé » de sa propre mémoire.« Mais Oainpigny POURSUIT SON t \u2022 \u2022 V F ruuittun juin \u2022 > \u2022 \u2022 t jf.* - Ufi&+*ziK -¦>«* 'a?t-.*- 'i - s .*¦ BAL DES AUBAINES 0 JUSQU'AU 8 FEVRIER 1998 TOUT A 20* ord.14,95 1195$ LES REER !.\u2022' v** 1 » DANS LES SECTIONS SUIVANTES: LIVRES* , DISQUES* ord.16.95 13,95$ COAAMENT RÉDUIRE VOS IMPÔTS .Pierre Pékideau ANIMAUX/NATURE CLASSIQUE DICTIONNAIRES NOUVEL ÂGE .ARTS ™QUÉS PARTITIONS VUIMUC AU 4380 ST-OENIS SEULEMENT ûftCCIC VOYAGE POESIE THÉÂTRE PIERRE PfLAOEAU ni mm O'APRÈS NOS CODES DE SECTION CUISINE ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ¦ ord.19.95 15,95! îïi î \u2022':':-«';.\".-r-'\" DE PLUS, JUSQU'À 50% SUR UNE FOULE D'ARTICLES SÉLECTIONNÉS RÉ0UBE2 VOS IMPÔTS ord.21.95 17,95$ : n LES fONOS VEDETTES 1998 DI 9M À 22* ».' l.n - t .» ,< 019HA21M HORAIRE DIS CENTRES COMMERCIAUX ST DENIS | COTE DES NEIGES LAURIER BROSSARD VILU LASALLE LAVAL A ^80 Sl-t>nh ; b?} 5 G*0>s-Neigos 371 t.nir.cr o Mail Ch«mpMin f.irrrfour Ançjriqnon , ! Ce»\"» lavtf HtontTMl KjontfPal .Montrtai Brosl-ird V.ll^ laSallc j .Lan) .844-7587 W.4.258?276-2587 364-2587 1*82.2587 ces poèmes-là, ils se lisent, dit-il.Il n'y a que nous qui avons parlé de l'hiver comme ça.Alors, pourquoi ne pas s'approprier la texture de notre propre beauté ?Autour de la vingtaine, personne ne m'avait donné le goût de lire cette poésie qui est pourtant nôtre.Je trouve qu'on a été beaucoup trop sévère envers ces poètes.» Ainsi, en lisant autre chose que ce que les anthologies déjà parues nous donnent à lire des poètes anciens, Claude Beausoleil est allé de surprises en surprises.« Comment ça se fait, s'exclame-t-il, qu'un poète comme François-Xavier Garn-neau, qui a écrit 200 pages de poèmes en onze ans, n'a jamais été édité sous forme de livre ?Les Français n'auraient jamais laissé passer cela.C'est complètement mélodique, c'est mélancolique.Nous pourrions faire des chants avec cette poésie.Le poème « Le Dernier Huron », par exemple, c'est comtemplatif, c'est tout à fait beau, ça annonce « Ashini » de Thériault, c'est un regard sur l'avenir des minorités avec en plus une réflexion théorique.» « Pourquoi, enchaîne Beausoleil, faudrait-il que les poèmes européens sur les Amérindiens soient crédibles et que les nôtres soient considérés comme des sous-produits ?» Claude Beausoleil s'est ainsi rendu compte que notre romantisme participait d'un caractère éminemment continental.« Fennimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, c'est 1830, c'est la naissance de l'affirmation de l'imaginaire de la territorialité nord-américaine, explique-t-il.J'ai regardé Longfellow, Fréchette et le Mexicain Acuna.Les romantismes poétiques du Mexique, des États-Unis et du Québec sont des romantismes plus débordants, plus flamboyants que le romantisme européen.« Et cela parce que les deux principales impulsions du romantisme sont le rapport à l'histoire et le rapport à la nature.Or, en Amérique, nous n'avions pas le même rapport à l'histoire et à la nature que les Européens.Notre histoire était à reconquérir et notre nature était vaguement plus fraîche.Qu'est-ce que vous voulez, notre fleuve c'est pas la Seine ou la Loire ! Ainsi, nous avons participé d'une façon tout à fait nord-américaine à une variante du romantisme universel que je qualifierais de romantisme flamboyant.» LES ROMANTIQUES QUÉBÉCOIS.Claude Beausoleil.Éditions Les Herbes Rouges, collection Five o 'dock.Montréal.1997.310 pages.Lurelu, c'est « la seule revue exclusivement consacrée à la littérature québécoise pourvja jeunesse » \u2014 comme on peut le lire trôis'fois par an sur la couverture de ce magazine qui célèbre ce mois-ci son 20e anniversaire.Un numéro spécial, donc, que celui de l'hiver 1998.En plus des chroniques habituelles ( on y retrouve par exemple quelque 80 critiques de livres destinés aux enfants et aux adolescents, signées par quelque 25 collaborateurs ), on peut y lire des témoignages des fondateurs dé la revue, un dossier sur l'illustratrice Michèle Lemieux, des entrevues, des nouvelles concernant le milieu de la littérature jeunesse, alouette ! Bisbille avec \u2022 \u2022 \u2022 Québec La Presse L.Association nationale r des éditeurs de livres demande à ses membres de boycotter, j pour l'instant, le Sa-4 Ion du livre de Québec, dont le prochain est prévu pour octobre.*?Selon l'ANEL, la tenue de ce salon à l'automne plutôt qu'au printemps ( et cela, depuis 1996 ) posé des problèmes inextricables aux éditeurs qui doivent littéralement, en quelques semaines, courir d'un salon à l'autre, jusques et y compris', à Francfort, en Allemagne, où se tient la plus importante foire inter: nationale.*.Les éditeurs comptent sur de.nouvelles négociations avec le Sa*.Ion du livre de Québec pour dénouer cette impasse.Voici les gagnants qui ont mérité le Dictionnaire Orthographe et expressions écrites, de la série Les Usuels du Robert et le fameux t-shirt « J'ai réussi » pour la Supergrille du 28 décembre dernier.du mois Ne manquez pas notre prochaine Supergrille aujourd'hui même dans le cahier des sports.g Oï'ttrjCUirHr: I 3 HCMTI m Mme Paufette Allard Montréal M.Champagne Lanoraie Mme Louisette Beauchesne Mme Fabienne Chicoine Laval Verchères Mme Ray monde Beaudoin Mme Yolande Crepean Repentigny Outremont Mme Jacqueline Beaulieu Mme Monique Dandurand Montréal Montréal Mme Adrienne Beauvais Saint-Eustache Mme Madeleine Beauvats Saint-Eustache Mme Denyse Bélrsle Québec Mme Mance Blarn Saint-Laurent M.Robert Blain Montréal Mme Monique Biais Laval Mme Thérèse Borvin Laval M.Luc Bouchard Longueuil Mme Marie Bouchard Longueutl Mme Hélène Boulet Anjou Mme lise Boutin Montréal Mme Mane Brault Lachine M.André Brosseju Montréal Mme Denise Brunelle Montréal Mme Michèle Chainey Gatineau M.Luc Chalifoux Sainte-Julienne M.Daniel Champagne Montréal Mme Carole Daoust Laval Mme Yolande Daoust Anjou Mme Yolande De mers Outremont M.André Denis Brossard Mme Martine Deschênes Montréal M.Serge Desjardins Saint-Luc Mme Rébecca Desmarars Fabreville M.Alain Desroches Trois-Rtvièf m Ouest Mme Lucie Drainville Sainte-Foy Mme Elisabeth Dubois Victor iaville M.Charles fichet Montréal Mme Lucie Fontaine Saint-Bruno Mme Lyette Fortief Mont Royal Mme Denise Frigon Montréal Mme Francine Gamâche Donon Mme Colette Guavin Montréal Mme Andrée Guy Laval M.Jacques Héroux Shawinigan Sud M.Roger Labrèche Boucherville Mme Nicole Lafortune Jolie tte Mme Louise Lamarre Montréal Mme Monique Lampron Victonaville Mme Mireille Langlois Montréal Mme Françoise Lapointe ionquière Mme Michèle Lapointe Saint-Jérôme Mme Caroline Larose Montréal Mme Georgette Larose Outremont M.Xavier Larose Vimont M.Daniel Larouche Laval Mme Denise Larouche Longueuil M.François taurin Saint-Laurent M.Paul Leduc Montréal M.Raymond lémaner Kirkland Mme Jacqueline Lemieux Saint-Laurent Mme Simone Lermeux Montréal Mme Myr uni lemonde Béloeil Mme Claudette Lessard lévis Mme Louise Lippe Sainte-thérèse M.Pierre Longtin Montréal Mme Ginette Mainville Rosemont Mme Odette Martineau Montréal M.Guy Migneron Rosemère Mme Patricia Morin Saint-Roch-de l'Achigan M.Yves Monier Montréal Mme Nadine 0'Hara Chomedey M.Philippe O'Reiliy Montréal M.Gaétan Paquet Montréal M.Yvan Paradis Montréal Mme Rita Plante Montréal Mme Linda Poisson Montréal Mme Hélène Potvin Montréal Mme Léandre Prévost Saint-Thomas d'Aquin Mme Jeannine Proubt Montréal-Nord R.Riendeau Saint-Laurent Mme Juliette Rioux Montréal Mme Suzanne R< Lasalle Mme Thérèse Ro Montréal Mme Manuetta Rousseau Sherbrooke M.René Rousseau Pointe-Claire Mme Carmen Russon Val d*0r M.Gilles Suamure Outremont Mme Ghislaine Sauro Saint-Léonard Mme Pauline Séguin , Valleyfield M.Aimée St-Pierre Montréal Mme Jane Syrotvik Montréal Mme Danielle Teasdale Auteuil Mme Manette Thériault Québec Mme Marielle Valiquette Laval M.Roland Vary Varennes M.Denis Veillette La Tuque M.Jean Vedleux Anjou Mme Terry Vena Varennes M.Emile Wns Cowansville Mme Suzanne Villeneuve Laval Mme Madeleine Vincent Verdun t Merci à tous ceux et celles qui ont participé.» Prévoyez un délai de 4 a 6 semaines pour la réception de votre prix.Ce concours est une collaboration de : DICTIONNAIRES LE ROBERT La Presse * « r \u2022 \u2022 * \u2022 B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 25 JANVIER 1998 Livres Un poète de la solitude et de la TOUT EN LISANT Jacques Folch-Ri bas *33 ^ collaboration spéciale atastrophe nationale.Allons bon.D'abord, on offre l'hospitalité à ceux qui sont dans le noir et dans le froid.On se pense bon.Puis, oo s'en va vivre chez ceux qui ont epcore de l'électricité, parce que Pop\" est soi-même dans le noir et le fifeid.C'e§l ce qui m'est arrivé, comme à tout le monde.J'avais emporté les deux derniers livres de Christian Bobin.On peut lire Bobin à la chandelle, de toute façon.C'est même hautement recommandable.J'ai laissé une belle fleur dans l'entrée.Offerte par une amie.Lorsque je suis revenu chez moi, elle était morte, fichue, gelée.Bobin écrit : « Les roses de la cuisine font peine à voir.Fripées, noircies, elles ont la tête que j'avais, enfant, lorsqu'il me fallait vivre ne serait-ce qu'un jour loin de chez moi.« Chez moi, c'est là où il y a assez de solitude pour qu'une rose y vive.» Ainsi Bobin raconte, dans Autoportrait au radiateur, les cent petits plaisirs de celui qu'il faut bien appeler le poète, malgré le galvaudage de ce mot.Celui qui achète, à peu près une fois par semaine, un bouquet de fleurs coupées, tulipes ou roses, et les regarde vivre, et les entend.Car elles parlent, ces fleurs, autant que des oiseaux : « À l'agitation de la lumière, les roses répondent par une seule phrase indéfiniment répétée : « C'est pas grave, c'est pas grave ».« Les oiseaux qui chantent tous les soirs à la même heure, dans les arbres en face de l'immeuble: on dirait des voyous qui fêtent un cambriolage.Grand chahut, fous rires et, d'un seul coup, plus rien.Le silence.Chacun est rentré dans son Christian Bobin nid.Il ne faut pas se coucher trop tard, demain on a du travail, on attaque une forêt.» Ensuite ( ou en même temps ) Christian Bobin converse avec ses souvenirs.Le souvenir d'une femme qu'il a aimée et qui est morte.Et celui de la petite fille que cette femme lui a léguée, dont il s'occupe, qu'il emmène parfois en promenade : « Les morts sont comme des gens un peu sévères, derrière les volets clos d'une maison provinciale.Le rire d'une petite fille, dans le jardin ensoleillé, les sort de leur torpeur.» Et moi, dans ma torpeur, je lisais ces petites phrases, une à une.J'en venais.très vite à envier la vie de ce monsieur que je ne connais pas, qui semble tirer son plaisir de la solitude, de la contemplation, du souvenir.J'en étais au point de me dire: J'ai rencontré un homme heureux.Je crois bien que j'en suis encore, le petit livre lu, à me le dire.L'autre livre, c'est Mozart et la pluie, suivi par Un désordre de pétales rouges.Ce n'est rien, là encore, 57 pages, cela ne semble rien.Et puis, me disais-je, Mozart, hum, hum, et la pluie, non merci, regardez dehors.Mais non, j'avais tort, c'est la même musique, et le même détachement : « Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne \u2014 la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart.» D'autres détachements ?Une; amie de Montréal, après un voyage, écrit à Christian Bobin qu'elle sou-* haiterait trouver dans les livres « autant de miracles que dans ces voyages où il ne se passe rien ».Ah ' bravo.Je trouve, moi, dans les livres de Bobin ce genre de miracle.Il ne se passe rien.Des choses défilent.Des musiques s'entendent.Une pensée parfois se pose sur la page, mais ténue, légère, détachée **' \u2014 comme certains petits pianos de Mozart, très courts, les seuls que je -supporte.On entend la pluie, aussi,.dirait-on, dans ces bâtons mexicains qu'on vend aux touristes \u2014 une pluie sèche, nette, propre.Bref, on m'aura compris, je suis tombé en amour avec les livres de Bobin.Allez savoir pourquoi, si \".c'est la faute de la nuit et du froid, de notre catastrophe nationale.Je vous signale qu'ils sont tous de la même musique, de la même beauté et pleins de pétales de rose.A UTOPORTRAIT A U RADIATEUR, Christian Bobin.Éditions Gallimard, Paris, 1997,168 pages.MOZART ET LA PLUIE, suivi par UN DÉSORDRE DE PÉTALES ROUGES.Éditions Lettres Vives, Paris, 1997,57 pages.ROMAN ?* ».- « ^ - « GILBERT GRAND e coeur à la fête et l'oeil rivé sur les beaux livres de Noël, vous avez sans doute, comme moi, un peu négligé polars, thrillers et romans noirs.Il n'est jamais trop tard pour vous rattraper,- d'autant qu'au dernier trimestre 1997 les éditeurs avaient sorti la grosse artillerie.En voici quelques pièces de choix.« LE MEURTRE DE LA FALAISE, Elizabeth George, Presses de la Cité, 541 pages.\u2014Débarrassée pour une fois de son supérieur, l'inspecteur Lynley, parti en voyage de noces, le sergent Barbara Ha-vers pensait se reposer dans une station balnéaire de la côte est de l'Angleterre.Elle se trouve plutôt mêlée au meurtre d'un jeune Pakistanais qui exacerbe les tensions raciales dans la petite ville confrontée à l'intégration d'une importante communauté pakistanaise.Jamais comrpe dans ce roman hyperréalis-te, foisonnant d'intrigues secondaires éclairantes, radioscopie d'une Angleterre désorientée, Elizabeth George n'a abordé avec autant d'urgence et d'âpreté les problèmes sociaux de l'heure ( immigration, montée du racisme, désagrégation de la famille traditionnelle, etc).Un must.BROUILLARD SUR MANN-HEIM, Bernhard Schlink et Walter Popp, Série Noire / Gallimard, 339 pages.\u2014 Avant d'écrire l'inoubliable Le Liseur ( sans conteste l'un des livres les plus forts de 1997 ), Bernhard « Schlink s'était fait la main avec quatre polars dont la Série Noire entame la publication et qui doivent beaucoup à la personnalité complexe du héros, Gerhard Selb.Ce détective privé sexagénaire en- Polars 1997, suite et fin i core vert et à l'humour grinçant accepte d'aider un vieil ami dont l'usine chimique est victime de piratage informatique.L'intrigue s'accélère avec la mort suspecte du coupable, la découverte d'une pollution industrielle de longue date, puis celle du travail forcé de savants juifs dans l'usine sous le Ille Reich.Et voici Selb rattrapé par son passé de procureur au sein de la « justice » nazie avec ses lâchetés, ses trahisons qu'il croyait oubliées, à défaut d'avoir été expiées.SANS FEU NI LIEU, Fred Var-gas, Viviane Hamy, 252 pages.\u2014 Inventivité et tendresse à la Pen-nac, dialogues à la Audiard, ambiance h la Malet, Fred Vargas étonne et ravit de polar en polar.Cette archéologue a un faible pour les doux dingues que le hasard, un esprit de déduction totalement absurde ou un poème de Nerval aident à résoudre des enquêtes criminelles.Cette fois-ci, par amitié pour une vieille pute, l'Allemand, expolicier trimbalant un crapaud dans sa poche, et trois copains historiens du dimanche sauvent de la police un simplet, bouc émissaire idéal, soupçonné de deux meur-tres.MÊME LES SCÉLÉRATS., Lawrence Block, Seuil / Policiers, 335 pages.\u2014 Comment refuser une autre tranche de vie urbaine, même saignante, en compagnie de Matt Scudder, l'ex-flic qui a fait plus pour les AAA que Betty Ford et toutes les campagnes de tempérance réunies.Loin de se ranger des voitures depuis qu'il a enfin épousé Elaine, Matt accepte de traquer un justicier qui exécute ses victimes au nom de la « Volonté du Peuple » après avoir annoncé la sentence dans un tabloïd new-yorkais.DERNIÈRE STATION AVANT L'AUTOROUTE, Hugues Pagan, Rivages / Thriller, 302 pages.\u2014 Un flic au bout du rouleau, usé par trop de morts, d'horreur, de violence, de magouilles, d'échecs, a choisi le quart de nuit pour se faire oublier.Mais l'enquête qu'il doit mener sur le « suicide » d'un sénateur mouillé dans plusieurs scandales vient précipiter sa chute.Un polar crépusculaire superbement écrit.PHOTO MAGNUM.Eugor.c Rchâ/ds.repose par les éditons de lObvter qui vous déchire le coeur comme un blues.YARDIE, Victor Headley, L'Oli-^vier, 235 pages.\u2014Un jeune yardie ( voyou ) jamaïcain décide de détourner à son compte la cocaïne qu'il convoyait à son arrivée à Londres, et de monter son propre réseau de distribution, déclenchant une sanglante guerre de clans.Ce premier volume d'une trilogie s'impose par la vigueur de la narration et sa description contrastée, mais remarquablement documentée puisque vécue de l'intérieur, du ghetto jamaïcain de Brixton, dans la banlieue de Londres.LES HOMMES DE PROIE, Edward Bunker, Rivages / Thriller, 332 pages.À peine sortie de prison, trois hommes liés par le vol depuis l'adolescence décident de se refaire en dévalisant dealers et truands qui n'oseront pas mêler la police à leurs affaires.Pour décrire ' la dérive sanglante de ces fauves nés en cage, privés de tout dès l'enfance et condamnés à vivre en mar-.ge d'une société qui ne permet pas le rachat de la faute, nul n'était plus qualifié que Bunker, l'ancien taulard qui doit sa rédemption à l'écriture.NOCES DE FEU, Ruth Rendell, Éditions Québécor, 345 pages/ \u2014 Qu'est-ce qui peut bien lier une vieille dame respectable et sa garde-malade dans une maison de retraite de la campagne anglaise ?Le fait que, toutes deux mal mariées, elles se soient accomplies dans une passion clandestine ?Que le même destin tragique pourrait se répéter, à quarante ans d'intervalle par l'élimination de l'épouse gênante ?Comme toujours quand elle écrit sous le pseudonyme de Barbara Vine, Ruth Rendell enferme le lec-C teur dérouté dans un jeu de miroir?dont il ne ressort pas indemne.À ne pas rater également Le bal des capons de Jean-Jacques Busino.( Rivages Noir ), un insoutenable parricide dans la campagne fri-bourgeoise.Ou Harjunpàà et le fils du policier de Matti Yrjàna Joensuu ( Série Noire ), plongée dans l'Helsinki des bandes d'adolescents.Et enfin L'Anarchiste de Chicago de Jùr-gen Alberts ( Série Noire ), polar historique centré sur l'attentat à la bombe qui ravagea le marché de Chicago en mai 1886.LES BEST SELLERS Éditions québécoises_ Fiction (romans] 1 Un Objet de beauté Michel Tremblay Leméac (9) 2 Le Petit Prince retrouvé Jean-Pierre Davidts Les Intouchables (7) i 3 L« Charme des après-midi sans fin_ Dany Laferriére Lanctôt (5) Essais 1 Céline Georges-Hébert Germain Libre Expression (9) 2 Céline Dion, une femme exceptionnelle Jean Beaunoyer Québec Amérique (7) 3 Des Femmes d'honneur Lise Payette Libre Expression (10) Éditions étrangères Fiction (romans) 1 Le Ranch Damelle Steel Les Presses de la Crté (9) 2 LeZubial Alexandre Jardin Gallimard (13) 3 Rose Madder Stephen King Albin Michel (4) Essais 1 Mille Soleils Dominique Lapierre Laffont (6) 2 Le Dieu de Jésus Jacques Duquesne Desclée de Brouwer (5) 3 La Civilisation inconsciente John R.Saul Payot (10) Livres pratiques 1 Guide de la ut o 98 J.Duv.il.D.Duquet L'Homme (14) 2 Guide du vin 98 M«chel Phaneut L'Homme (9) 3 101 Restos de Montréal Josée Blanchette Goréal (11) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Archambault, Bertrand, Champlgny, Le Fureteur (St-Lambert), Gameau, Guérin, Hermès, René Martin (Joltette).Monet, Le Parchemin, Les Bouquinistes (Chicoutimi).Payette (Sherbrooke), Guy Poirier (Trois-Riviéres), Raffin, Sons et Lettres, Librairie Smith (Promenades de la Cathédrale).EN QUELQUES MOTS par Pierre Vennat JURE \u2022 n Petit guide pour juré ¦ On mène une vie tran-quile et puis voici qu'on est conscrit, c'est le cas de le dire, pour servir de « juge populaire » dans une cause à laquelle on ne connaît rien.Impossible d'en réchapper.Or, si les jurés reçoivent l'information dont ils ont besoin pour accomplir leur tâche, ils n'ont, pour la plupart, aucune donnée sur la façon dont se déroule un procès avant d'arriver au tribunal.C'est cette lacune que Denise Laganière, qui a vécu cette expérience, a voulu combler.Chez Guérin.Goûtez le Québec ¦ Ulysse publie depuis des années toute une gamme de guides de voyage.Sur le Québec et l'étranger.Appréciés des connaisseurs et bien faits.Voici qu'on vient d'en lancer un sur la gastronomie québécoise.Plus de 200 bonnes tables et producteurs, aux quatre coins du Québec.Depuis le canard du lac Brome en passant par les produits de l'érable de la Bcauce, la tourtière du lac Saint-Jean jusqu'à la soupe aux gourganes de Charlevoix ou les crevettes de Mata-ne.De quoi donner l'eau à labouche ! Jecm- Un dieu chasseur Un autre classique réédité ¦ Les Éditions Typo s'emploient à publier les grands livres de la littérature québécoise en format de poche.Cette fois-ci, c'est au tour de Un dieu chasseur, de Jean-Yves Soucy, publié pour la première fois en 1976, récipiendaire du prix de la revue Études françaises, qui raconte les amours d'un trappeur des « pays d'en haut » avec l'institutrice de Mont-Laurier au début de la colonisation dos Laurent ides.Un autre classique île notre littérature.Vt*k-V>t:x'|.4t«\"oble ««jet?> f det'Arizona, Cé.hTcst paf riefâj^iïi compare Vaut jbété'à là largeur dA É.-U.Mais c'est Europe qui a le plus retenu* l'attention des médias.Les gros plans CJÇsa surface ontpemMs^fc opter des structures semblables à des icebergs détachés de la banquise.Voir QU'EST-CE QUI si CACHE ai BU m Galileo obtient la note de passage, page B 11 Distance moyenne à Jupiter Diamètre Volume Masse 10 422000km 3640km 2,5x10\" km» 8,9x1 (F kg Europe 671000km 3130 km 1.6X1010 km3 5,1x10\" kg Ganymède Callisto Europe _J| 2*0**- Terre 1071000 km 5280km 7,0x1010 km8 1,6x10» ko 1844000km ï 4840km 5,8x1010 km» 1,1x10» kg h.¦* Gànv nedi Lune Lune à titre comparatif 383 000 km de la Terre 3476 km 2,2xl010 km* 7,35 x11F kg B Source: Astronomie et Astroprrysiqu^.I f .\u2022 Su) ^ Infographie UiPr^se "]
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