La presse, 13 mars 1998, B. Politique
[" B Montréal, vendredi 13 mars ?1998 Politique La Presse \"Tous les avantages d'une sportive utmire, les défauts en mokts» $\u2022 / mois 24 mOiS 2603460 \"24 mots.v*rs*nents inrfai de 3450 S ou ôcnange êqurvaJent Taxes transoorî 01 préparation en sus.?0 000 krr par année.4305, bout! MÉTROPOLITAIN Est / (514) 725-9394 EDITORIAL / OPINIONS / MONDE / PETITES ANNONCES Un saut périlleux ANALYSE CHANTAI HÉBERT Si Jean Charest avait été prêt à annoncer dès aujourd'hui à la faveur de sa visite à Sherbrooke sa décision quant à son avenir, il aurait fallu conclure qu'il reste dans l'arène fédérale ou qu'il est bien téméraire.L'autre scénario, celui qui le verrait quitter Ottawa pour Québec, nécessite des préparatifs dignes d'un saut périlleux.Par exemple, si Jean Charest fait le saut, il n'y aura pas de course réelle à la succession de Daniel Johnson.Sa victoire sera acquise d'avance.Mais il faudra quand même choisir entre le scénario d'un couronnement comme celui qu'a notamment connu Lucien Bouchard ou celui d'un tbur de piste pour la galerie.Pour l'heure, c'est la première option qui a le plus de chances d'être retenue.D'abord parce que les courses bidon réservent souvent de cruelles surprises aux meneurs de peloton.En refusant de se contenter de servir de faire-valoir à Kim Campbell en 1993, Jean Charest avait considérablement égratigné sa rivale.Et puis, à la veille d'élections, les coffres du PLQ ne sont pas remplis au point de rendre les dépenses d'une course factice faciles à supporter.Cela dit, si on peut concevoir que Jean Charest puisse en venir à une entente susceptible de décourager Pierre Paradis ou Lucienne Robillard de lui faire la lutte, il en va autrement d'une autre catégorie de candidats, ceux qui se cherchent une tribune plutôt qu'un bon rôle à Québec.Déjà, il s'en trouve pour encourager l'avocat Guy Bertrand à profiter de la succession de Daniel Johnson pour faire la promotion de ses vues.Ensuite, parlant d'équipe, à Ottawa, Jean Charest est entouré de conseillers anglophones, plus nombreux d'ailleurs au Canada anglais qu'au Québec.D'emblée, l'entourage actuel du chef conservateur convient qu'il n'a pas sa place à Québec.Dans un tout premier temps, M.Charest peut s'approvisionner dans les rangs des anciens de l'entourage de Robert Bourassa, à commencer par son ancien bras droit, Jean-Claude Rivest, devenu sénateur conservateur.Mais le chef conservateur n'a pour autant que quelques éléments d'une équipe digne de ce nom.Enfin, si le jour finit par venir où Jean Charest annonce qu'il est partant pour Québec, il ne lui suffira plus de raconter qu'il se plie à la volonté collective pour justifier sa démarche, surtout qu'une bonne partie des pressions viennent d'ailleurs que du Québec.M.Charest devra expliquer aux Québécois pourquoi il pense qu'il devrait être leur premier ministre.Contrairement à la triste mine qu'il affichait mardi, il devra manifester un minimum d'enthousiasme pour le poste.Après tout, au Québec, être désiré comme aspirant premier ministre n'est pas perçu comme une perte de galon, mais plutôt comme une marque de grande confiance.Par la même occasion, M.Charest devra être en mesure de discourir sur les grands dossiers de l'heure au Québec, notamment la santé, un cheval de bataille tout désigné pour la prochaine campagne libérale, mais que le chef conservateur devra enfourcher avec précaution puisqu'il a déjà défendu la performance du gouvernement Bouchard en la matière.Trouver son chemin dans les méandres du PLQ, dénicher des conseillers qui ont le physique de l'emploi d'un entourage de chef québécois, maîtriser des dossiers minés : tout cela ressemble à une bien grosse commande pour un homme qui, il y a dix jours, voyait son avenir tout tracé à Ottawa.Et pourtant, il n'y a là que l'essentiel pour survivre.Car du moment OÙ Jean Charest devient candidat au poste de Daniel Johnson, tout le monde va cesser de le comparer à Chrétien, Manning ou Du-ceppe pour le mesurer à une autre échelle : celle de Lucien Bouchard.9 Roger Paquin Gérard Asselîn Gilles Baril Michel Bellehumeur Des députés bloquistes cherchent à pirater des comtés péquistes DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Devant les sondages favorables au Parti québécois, avant la démission du chef libéral Daniel Johnson,, une guerre fratricide s'est engagée dans certains comtés entre les députés péquistes et leurs collègues du Bloc québécois,, attirés par la perspective d'une élection facile sur la scène provinciale.Confirmant les frictions, le président du caucus du PQ, François Gendron, a souligne hier que dans plusieurs comtes péquistes, les élus bloquistes avaient des velléités de faire le saut à l'Assemblée nationale, contestant s'il le fallait les élus péquistes dans les assemblées de mise en nomination.Il n'est pas question toutefois d'identifier les cas.« Mais cette situation est contraire à l'éthique et contraire aux engagements pris.C'est un manquement à la parole donnée, entre des frères de cause », a lancé M.Gendron.Les cas sont si nombreux qu'il sent le besoin de soulever la question au prochain caucus pé-quiste, mardi.Victime d'une de ces tentatives venues d'Ottawa, le député péquis-te de Saguenay, Gabriel-Yvan Ga-gnon, abonde dans le même sens.« C'est la première fois que ça sort publiquement, mais je ne l'enverrai pas sous le tapis.Le comportement ( des bloquistes ) est profondément divisif et M.Duceppe doit dissiper toute ambiguïté, cela n'a pas de bon sens.» En dépit de l'appel du député Gagnon, M.Duceppe n'assistera pas à son lancement de campagne.Les employés politiques du Bloc qui décident de faire la lutte à des élus péquistes à une investiture devront prendre un congé sans solde, explique-t-on au Bloc québécois à Ottawa.« Cela fait quatre ans qu'on est au bâton, qu'on défend des compressions, des décisions difficiles, ce n'est pas vrai qu'on va se faire tirer le tapis sous les pieds par les bloquistes juste avant les élections », a confié un députe pcquis-te.Devant les caucus péquiste et bloquiste réunis, à la fin janvier à Québec, les deux chefs, Lucien Bouchard et Gilles Duceppe, avaient clairement indiqué qu'il ne saurait être question pour les bloquistes de pirater les comtés où se trouve déjà un élu péquiste.On ravivait de bien vieilles cicatrices.À son arrivée à Québec, c'était un secret de Polichinelle, Lucien Bouchard voulait amener quelques lieutenant à Québec.Il voulait ainsi donner le comté d'André Bouie- rice, Sainte-Marie\u2014Saint-Jacques, à son ami Gilles Duceppe, qui était simple député à l'époque.M.Bou-lerice était quant à lui en lice pour un poste à l'étranger.Les noms de l'Abitibien Pierre Brien et de Michel Bellehumeur de Berthier, aussi proches de M.Bouchard, circulaient déjà pour de futures candidatures péquistes.Mais ces visées avaient été mises de côté après que M.Bouchard eut tâté le pouls de son nouveau caucus.Avec la réapparition de la tension, la mise au point de la fin janvier s'imposait.Certains députés péquistes, Gilles Baril dans Berthier et Roger Paquin dans Saint-Jean, avaient des échos dans leur région que leurs vis-à-vis bloquistes Michel Bellehumeur et Claude Bachand auraient bien aimé faire le saut à Québec.Interrogés par La Presse à l'époque, les deux bloquistes avaient nié lorgner du côté du PQ.Pour un député souverainiste qui veut faire une longue carrière politique, la scène provinciale est bien plus alléchante.Le Bloc devra se saborder un jour.Seul fil à la patte, un élu fédéral doit avoir.été élu au moins deux fois et avoir siégé au moins six atis aux Communes pour avoir droit à une pension, qu'il pourra toucher seulement à l'âge de la retraite.Pour tous les élus bloquistes des élections de 1996, cette échéance n'arrive qu'à l'automne 1999.Mais avec la pile de sondages qui, jusqu'à tout récemment, prédisaient un balayage péquiste, la len- 3- tation de quitter Ottawa pour Québec a décuplé depuis quelques mois.Duceppe pris à partie La situation est devenue publique dans le comte de Saguenay, où un employé du député bloquiste Gérard Asselin, Michel Bérubé, a annoncé qu'il comptait contester le député péquiste élu en 1994, Gabriel-Yvan Gagnon.Cette tentative a soulevé un courant de solidari léchez les élus péquistes.Ils devraient être plus d'une dizaine à se rentre à son lancement de campagne, en signe d'appui.Dans une lettre vitriolique au chef bloquiste Gilles Duceppe, dont La Presse a obtenu copie, M.Gagnon a souligné le 9 mars que le député Asselin ne respecte pas les engagements pris quand il cautionne la candidature de son employé.« Si vous n'autorisez pas ce comportement, vous devez vous en dissocier formellement publiquement », affirmait le péquiste.M.Gagnon.dans sa missive, exhortait le chef bloquiste à « dissiper toute ambiguïté de façon correcte et remédiatrice » en venant personnellement au lancement de sa campagne dans le comté de Saguenay.« Je lui ai exprime vertement mon désaccord », précisait hier M.Gagnon pour qui il s'agit clairement d'un « bris, d'une rupture » du lien de confiance qui doit exister entre les deux partis souverainistes.Le ministre du Revenu a accès aux dossiers fiscaux de tous les députés «délinquants» KATIA GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Sur simple demande, le ministre du Revenu du Québec peut en tout temps obtenir l'identité de tous les parlementaires, a Ottawa comme a Québec, qui connaissent des démêlés avec le fisc et avoir accès aux détails de leur dossier.Cette pratique, qui comporte un potentiel explosif de conflit d'intérêts, a cours depuis pas moins de 30 ans au Revenu.\u2022 La semaine dernière, le procureur de la Commission d'accès à l'information, qui tient des audiences sur le présumé coulage d'information au bureau du premier ministre, a déposé un petit tableau manuscrit, où les fonctionnaires du Revenu avaient synthétisé, à l'intention du ministre, le nombre de députés considérés « délinquants » par le fisc québécois.Or hier, les audiences de la commission ont permis d'apprendre que le ministre, s'il le désire, peut être tenu informé de l'identité de tous les parlementaires fautifs.Résultat : un ministre péquiste, par exemple, peut connaître sur le bout de ses doigts la situation de ses vis-à-vis de l'opposition libérale.Des informations qui peuvent se révéler pour le moins précieuses, dans l'arène politique, lorsqu'arrive par exemple le moment d'une campagne électorale.C'est un fonctionnaire du Revenu à la retraite depuis 1996, Alain Dompierre, qui est venu révéler l'existence de cette pratique, qui dure depuis son entrée au ministère, au début des années 70.L'étal de situation fourni au ministre sons forme de tableau, a-t-il explique, Contenait si le ministre le voulait, d'autres informations bien précises.« On savait que tel député était délinquant depuis tant de temps », a-t-il explique.M.Dompierre, qui a travaillé mense majorité des cas litigieux impliquant des parlementaires peuvent se régler au r.iveau des fonctionnaires.PHOTOPC L'ex-ministre du Revenu, Roger Bertrand, qui témoignait hier devant la Commission d'accès à l'information, a affirmé qu'au moment où il était détenteur du portefeuille, aucun nom de député aux prises avec le fisc ne lui a été communiqué.sous 17 ministres du Revenu différents, précise que certains d'entre eux étaient plus curieux que d'autres.« Ils avaient tous leurs us et coutumes.Certains voulaient sa voir et c'est leur droit », résume-1-il.Mais pourquoi certains ministres tenaient-ils à être informes de ce genre de détails?Difficile à dire, puitque, selon M.Dompierre.l'im- « Je dirais que 99,9 % des cas se règlent par contact direct avec les fonctionnaires, comme le reste des contribuables ».À moins que le ministre ne le demande, M.Dompierre tendait donc à régler lui-même les dossiers.« Pour le ministre, ça peut être très délicat.C'est l'embarquer dans l'eau chaude », commente-t-il.L'ex-ministre du Revenu, Roger Bertrand, qui témoignait en après-midi, a affirmé qu'au moment où il était détenteur du portefeuille, aucun nom de député aux prises avec le fisc ne lui a été communiqué.« J'aurais refusé qu'on me donne cette information.C'est inadéquat, inacceptable », juge-t-il.Mais, du même souffle, il défend la procédure.« II pouvait effectivement arriver qu'un dossier de député, comme d'autres personnalités, soit porté à l'attention du ministre étant donné l'impact public que peuvent avoir certaines procédures.D'une certaine façon, ça peut se justifier », dit-il.« Il y a des symbioses entre une administration et un ministère qu'on fine peut pas couper.» Et le dossier fiscal complet du député bloquiste Ghislain Lebej, à l'origine de l'enquête de la GAI, s'est bel et bien retrouvé, lui, au bureau de M.Bertrand.Pierre-Sar-to Blanchard, qui était employé du bureau du sous-ministre à l'époque de M.Bertrand, a d'ailleurs mentionne, dans son témoignage de mercredi, que le petit t.ihleau-synthèse des parlementaires laulifs lui avait été remis avec une liste raturée, d'où on pouvait facilement déduire l'identité des parlementaires considères «délinquants» par le fisc.Une liste qu'il aurait détruite, affirmc-t-il, parce qu'elle contenait « fVop d'informations ».r B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 13 MARS 1998 Editorial La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'inforimation Alain Dubuc éditorialiste en chef Prix du livre élitisme et pensée magique A Alain Dubuc quelques jours de la publication de sa politique de la lecture, la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, fait l'objet d'intenses pressions du milieu pour instaurer un contrôle des prix du livre.Le monde du livre, déjà fragile, n'échappe pas aux grands courants de mondialisation.Il subit maintenant la concurrence des grandes surfaces, comme les Club Price qui, grâce à leur pouvoir d'achat et à leur politique de rabais, réduisent les prix sur les ouvrages à succès.Les libraires, menacés, ont réclamé une protection accrue en se mobilisant, dans un accès de pensée magique, derrière l'étendard du prix unique, qui équivaut à interdire les rabais, ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦i Au premier abord, voilà un dossier où la ministre devra trancher, ce qui n'est pas facile, entre les intérêts des libraires et ceux des lecteurs.Mais ce débat soulève une question beaucoup plus fondamentale.Quel doit être le rôle de la ministre de la Culture : favoriser les artisans du milieu, ou servir l'ensemble de la population ?L'inquiétude des libraires est fondée.La concurrence exercée par les grandes surfaces, sans être déloyale, est inégale.Ces temples de la consommation, en offrant à rabais les titres les plus populaires écrément le marché.Les vrais libraires ne peuvent pas suivre, parce que leur raison d'être les oblige à garder en stock un grand nombre de titres, moins populaires, qui augmentent leurs coûts et limitent leur marge de manoeuvre.Ils doivent aussi faire appel à un personnel spécialisé.Cette concurrence appauvrit les libraires et, à la limite, peut pousser certains d'entre eux à la fermeture, ce qui constituera une perte, surtout en région, où les librairies jouent un rôle essentiel de pôle de diffusion de la culture.Pour se sortir de l'impasse, ce monde, déjà très protégé, a exigé encore plus de protection.Au printemps dernier, lors du Forum sur l'industrie du livre, on crut trouver la formule magique avec le concept de prix unique.Inspirée du modèle français, cette mesure interdit de s'écarter de façon sensible du prix fixé par les éditeurs.Une mission en Europe organisée par le ministère a cependant tempéré les ardeurs en découvrant que le prix unique ne réussit pas à réduire la progression des grandes surfaces en France, parce que celles-ci disposent d'un autre avantage sur les petites librairies.Leur pouvoir d'achat considérable leur permet d'obtenir des éditeurs de meilleurs prix de gros.C'est ce qui amène maintenant le milieu à préférer un bouquet de mesures de contrôle, notamment une limitation des remises que les éditeurs peuvent consentir aux détaillants.Peu importe la solution retenue, le principe sera le même : on aidera les libraires en interdisant les rabais dans les grandes surfaces.Et même si l'on ne peut rester insensible au sort des libraires, leur approche est foncièrement inacceptable parce qu'elle bafoue des principes fondamentaux.Le premier principe est économique.Même si les livres ne sont pas des conserves de petit pois, ils n'échapperont pas aux réalités économiques : plus ils seront chers, moins les gens en achèteront.Dans une société où les gens lisent peu, et ou la survie linguistique est un enjeu central, toute mesure qui peut avoir comme effet de rendre le livre moins attrayant et moins accessible est un non-sens.Le deuxième principe est politique.Si le milieu du livre est à ce point corporatiste qu'il a pu, sans sourciller, réclamer une mesure qui pénalise les citoyens, c'est qu'il baigne dans un monde politique pourri par le clientélisme.C'est curieusement dans deux ministères, celui de la Culture et de l'Agriculture, que s'exprime de façon la plus crue cette tradition selon laquelle le mandat implicite du ministre n'est pas de servir les citoyens, mais de servir le petit monde sur lequel il règne.À la Culture, cela a donné naissance à des pratiques incestueuses où le succès du ministre se mesure à sa popularité dans le milieu culturel et donc aux faveurs qui lui ont été distribuées.Dans cette logique, il est parfaitement normal que Mme Beaudoin cède au lobby du livre.Mais il est temps de briser cette tradition et de se rappeler qu'un ministre, membre d'un gouvernement, est élu par le peuple et doit défendre les intérêts de l'ensemble de la population.Le troisième principe est de nature éthique.En favorisant les librairies au détriment des grandes surfaces, on favorise aussi les clientèles des librairies, qui jouiront de la diversité et de la qualité qu'ils y cherchent, au détriment de la horde de consommateurs qui achètent leur Goncourt en même temps que leurs céréales.Fondamentalement, on demande à M.ou Mme Tout-le-monde de payer plus cher pour que les élites culturelles soient mieux servies.Sans sombrer dans le populisme primaire, il y a là un transfert de ressources tout à fait inacceptable.Non seulement la chose est-elle immorale, elle est incohérente, car elle défavorise ceux qui ont le plus besoin d'être encouragés à la lecture.L'arrivée des livres dans les Club Price ou les pharmacies est aussi une forme de démocratisation de la culture qu'il faut saluer et encourager, pas seulement pour les prix, mais aussi pour l'accessibilité : pour un grand nombre de gens que l'on veut amener à la lecture, le monde clos des librairies constitue une barrière infranchissable.Voilà pourquoi Mme Beaudoin doit être extrêmement prudente dans sa façon»d'aider les libraires.Elle peut subventionner leur fonction sociale, elle peut les aider à se regrouper, à gérer d'une façon moderne et à se préparer à un monde qui sera bousculé par les changements technologiques.Mais favoriser les libraires en augmentant le prix des livres, ce qui aurait pour effet de rendre le livre encore plus inaccessible poui les citoyens, serait un crime contre la culture.astéroïde pourrait entrer en collision avec la Terre f toywarp, cékM f ,m, m à mcim de 40 mka(mètysJe ^ plmèie m2o2g ^7 '' ^ ¦ « K v, < 7.; DRons RÉSOKVÉS LA BOITE AUX LETTRES À qui donc la SCHL veut-elle faire plaisir ?¦ À qui la Société d'hypothèque et de logement veut-elle faire plaisir ?C'est la question que nous nous posons devant l'entêtement de la SCHL à vouloir démolir les 64 bâtiments de « Benny Farm ».Tout le monde sait que la Société canadienne d'hypothèque et de logement ( SCHL ) est une société de la Couronne, c'est-à-dire qu'elle administre des fonds qui sont propriété de l'État, i.e.notre argent à tous.C'est elle qui a construit pour les vétérans, après la dernière guerre, deux ensembles de résidences : l'un dans le quartier Villeray et l'autre à Notre-Dame-de-Grâce.Ce dernier est même considéré comme le mieux réussi de ces ensembles au Canada.En 1982, la conjoncture économique étant ce qu'elle est, la SCHL vend le premier ensemble aux personnes qui l'habitaient.C'est aujourd'hui une coopérative connue sous le nom de Terrasses Villeray dont les habitants se disent heureux et contents.Mais à NDG, l'histoire est tout autre.Depuis 1991, la SCHL refuse de louer les logements devenus vacants par le départ des vétérans.Sur les 384 logements répartis en 64 bâtiments, il en reste aujourd'hui 191 qui sont loués à 350 $ par mois -environ.À ce jour, ce « déficit » volontairement fixé par la SCHL s'élève à combien de millions?Des agents d'immeuble l'évaluent à 3 millions ! Sans parler de la privation imposée aux citoyens du quartier en recherche de logement à prix modique.Au recensement de 1991, 1 950 ménages de NDG consacraient plus de la moitié de leur revenu au logement.Mais il y a pire.La SCHL vient d'obtenir de la Ville de Montréal la permission de démolir ces 64 bâtiments dont la valeur sur le marché serait de 8 millions ! La vente du terrain ainsi dégarni à des intérêts privés rapporterait 5 millions.Une perte de 3 millions et combien de dégâts.Ce faisant, la SCHL devra fournir 191 nouveaux appartements aux vétérans actuellement habitant l'ensemble Benny Farm.Mais ses dépenses ( d'après des calculs sérieux basés sur un prix de vente de 10 S du pied carré ) dépasseraient les bénéfices par 3 325 000 $.Près de dix millions de perdus et que dire des tensions accumulées dans la vie des vétérans depuis huit ans que cette menace de reiogement pèse sur leur tête.Lorsqu'on a vécu trente ans dans un décor harmonieux, le bouleversement créé par ces démolitions éventuelles et le dépaysement d'un nouvel habitat où il faut tout apprivoiser constitue un stress difficile à supporter.Les vétérans qu'on a déménagés le disent.Les citoyens du quartier ont présente des pétitions, des experts sont venus confirmer la valeur de ces bâtiments, divers projets d'aménagement de Benny Farm ont été présentés, mais nos administrateurs ne veulent rien entendre.À quoi riment ces millions perdus, ces vies bouleversées, ces énergies dépensées ?Cet immense chantier que veut créer la SCHL, à nos frais, risque de rester sans issue ! On parle de 120 acres de terrains actuellement abandonnés après démolition à Montréal.Mais à qui donc la SCHL veut-elle faire plaisir ?Pierrette BÉLANGER et Axel HARVEY Des félicitations M.Michel Girard, m C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai pris connaissance, au cours du dernier mois, de la série de fascicules sur les finances personnelles que vous avez publié dans La Presse.C'est aussi avec plaisir que j'ai lu en page deux du numéro du 25 février une mention bien en évidence au sujet des cautionnements exigés par l'Office de la protection du consommateur.La situation des finances personnelles constitue un enjeu spécifiquement visé dans le cadre du travail que nous cherchons à accomplir à l'Office.S'il vient rejoindre une préoccupation plus traditionnelle chez nous, celle de l'endettement, l'actuel rythme dans l'évolution des produits et des services financiers ajoute une dimension nouvelle à la problématique plus large des questions d'argent.Or ces questions, vous les abordez avec une maîtrise qui n'a d'égale que la facilité avec laquelle vous réussissez à les vulgariser.Compte tenu du mandat de l'Office de la protection du consommateur et au nom de tous ceux et celles qui y travaillent, je vous félicite tant pour vos chroniques en général que pour cette série de fascicules en particulier* Je profite également de l'occasion pour vous souligner notre ouverture et notre disponibilité si nous pouvons contribuer, de quelque façon que ce soit, à l'atteinte d'objectifs qui réapparaissent 1res similaires.Nicole FONTAINE Office de la protection du consommateur Un aspect qui est demeuré vague ¦ Je me rapporte à l'article très intéressant de madame Marie-Éva de Villers ( La Presse, 3 mars ) au sujet de l'accentuation des majuscules ; la compilation des faits est excellente et instructive.Seul l'aspect mécanique du problème reste un peu vague.Pour ce qui est des dactylographes, seule la demande en a empêché la disponibilité.J'oublie où et quand mais je me souviens d'en avoir déjà touché un qui permettait l'accentuation des majuscules.C'est évidemment l'acceptation par les puristes des difficultés pratiques des imprimeurs d'y accéder qui a amené cetie supposée règle.Vu le fait que les caractères de basses cases ( minuscules ) utilisent fréquemment l'interligne et que les systèmes mécaniques du passé n'en permettaient pas le double accès pratiquement, l'usage fut donc d'en exclure les majuscules.Seule une intervention manuelle aurait permis cet accès, ce qui se faisait quelquefois dans des ouvrages de luxe.Présentement, la typographie électronique fait fi de ce problème et permet le double accès.L'accentuation des majuscules devient donc une possibilité pratique et désirable, comme madame de Villers l'argue si bien.Fernand A.LECLAIRE Montréal Concours éditorial La Presse-Journée mondiale du livre La Presse s'associe à la Journée mondiale du livre pour inviter les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire de la région de Montréal à participer à un concours éditorial.Il suffit de répondre, dans un texte d'opinion, à la question suivante : « Selon vous, publlera-t-on encore des livres dans cent ans?Oui ou non ?» Les gagnants des deux catégories, ( oui et non ), verront leur texte publié dans la page Opinions de La Près-w, le jeudi 23 avril.Journée mondiale du livre.Les auteurs des textes primés recevront en outre un certificat cadeau de 250 $ des mains d'Alain Dubuc, éditorialiste en chef de La Presse, lors de la grande soirée de clôture de la Journée mondiale du livre, en présence de son porte-parole officiel, Daniel Lemire.Voici les règlements du concours.?Durée du concours : Le concours se termine le 31 mars 1998.?Conditions de participation : Tous les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire des écoles des régions administratives de Montréal, Montérégie, Laval, Laurcn-tides et Lanaudière sont admissibles, en autant que leurs lextes aient été sélectionnés et acheminés par leur école.?Méthode d'attribution des prix : Les élèves sont invités par leur professeur à produire un texte d'opinion de 500 à 700 mots en réponse à la question suivante : Selon vous, pu-bliera-t-on encore des livres dans 100 ans ?Les écoles sélectionnent six textes, les font parvenir à l'Association des éditeurs de livres au plus tard le 31 mars.L'ANEL retient dix textes ( cinq oui et cinq non ).Ces textes sont remis à l'équipe éditoriale de La #Yv.w«\\ \u2014\u20ac\u2014- le 16 avril.Celle-ci choisit les deux textes gagnants.Les deux textes sont publiés dans la page B3 de La Presse du 23 avril.De plus, un certificat-cadeau d'une valeur de 250 $ est remis à chacun des gagnants par Alain Dubuc, lors de la soirée de clôture de la Journée mondiale du livre, à la Bibliothèque nationale, le 23 avril.La page éditoriale laminée est également remise aux gagnants.Les textes doivent avoir entre 500 et 700 mots.Ils doivent être rédigés en français et être dactylographiés à double interligne.Le nom de l'élève et de son école, ainsi que son niveau scolaire, doivent être indiqués.Les textes doivent parvenir au plus tard le 31 mars 1998 à l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) au 2514 boulevard Rose-mont, Montréal, Québec, H1Y IK4 ou télécopies au ( 514 ) 273-9657.Pour informations: Nathalie Pa- LA PRESSE, MONTRÉAL.VENDREDI 13 MARS 1998 B 3 Opinions effet Charest Le scénario des élections de 1985 guette maintenant le Parti québécois PIERRE DROUILLY * L'auteur enseigne au département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal.Le sondage SOM-La Presse rendu public le 7 mars est instructif à plus d'un égard.En tout premier lieu, ce sondage mené du 2 au 5 mars, soit immédiatement après l'annonce du départ de Daniel Johnson, confirme les résultats d'un sondage Angus Reid-Radio-Cana-da, mené du 23 février au 1er mars, et dont les résultats sont reproduits dans La Presse du 4 mars : avec Jean Charest à sa tête, le Parti libéral devancerait le Parti % québécois par une marge égale ou supérieure à 10 %, ce qui lui assurerait la victoire.Par ailleurs, le sondage SOM-La Presse révèle que 41,6 % des répondants voteraient OUI à la question référendaire de 1995, 52,6 % voteraient NON et 5,8 % sont discrets ( indécis, refus de répondre, etc.) : avec une pondération réaliste de ces répondants discrets ( un quart au OUI et trois quarts au NON ), cela pourrait annoncer une victoire du NON par 57 % contre 43 % au OUI dans un référendum avec la même question qu'en 1995.En second lieu, le sondage SOM-La Presse a testé les intentions de vote des électeurs sous l'hypothèse que le Parti libéral soit dirigé par Lisa Frulla, par Pierre Petti-grew ou par Pierre Paradis ( les résultats bruts sont reproduits au tableau 1 ).Comme les résultats complets, comprenant les répondants discrets, sont disponibles dans ce sondage, on peut leur appliquer des répartitions plus fines des répondants discrets aux divers partis que la simple répartition proportionnelle.Nous proposons d'appliquer une pondération réaliste de ces répondants discrets, soit le tiers au Parti québécois, la moitié au Parti libéral et le sixième à l'Action démocratique.On obtient alors les résultats présentés dans le tableau 2.Ce tableau nous montre que, quel que soit son chef, de Lisa Frulla, Pierre Pettigrew ou Pierre Paradis, le Parti libéral se retrouve pratiquement à égalité avec le Parti québécois à 42 % environ, l'Action démocratique récoltant environ 14 % des intentions de vote et les autres partis 2 % seulement.Or trois sondages avaient été rendus publics en janvier et février derniers : un sondage Léger &¦ Léger, mené du 20 au 22 janvier ( Le Journal de Montréal, 24 février ), une autre sondage Léger Léger mené du 12 au 17 février ( Le Journal de Montréal, 21 février ) et un sondage CROP mené du 12 au 19 février ( La Presse, 22 février ) : ces trois sondages, qui toutefois ne fournissaient pas le nombre de répondants discrets, créditaient le Parti québécois de 49 % ou plus des intentions de vote et le Parti libéral de 42 % ou moins, et annonçaient donc un véritable balayage péquiste advenant des élections tôt ce printemps.C'est d'ailleurs sur la base de ce type d'information que le gouvernement Bouchard semblait fortement tenté, depuis quelques semaines, par des élections printanières.Évidemment, cette remontée spectaculaire des intentions de vote au Parti québécois était vraisemblablement la conséquence directe de la tempête de pluie verglaçante et de la bonne gestion de crise faite par Lucien Bouchard.Le dernier sondage SOM-La Presse nous montre toutefois que le surplus d'intentions de vote au Parti québécois a maintenant fondu comme verglas au soleil, et que Daniel Johnson parti, on se retrouve dans la même situation qu'à la fin de l'année 1997 concernant les intentions de vote, sauf, bien entendu, si Jean Charest devient chef du Parti libéral.Car, dans cette dernière hypothèse, on note une baisse d'environ 4 % pour le Parti québécois ainsi que pour l'Action démocratique, et une hausse corrélative d'environ 8 % pour le Parti libéral, qui se retrouve alors plus de 10 % en avant du Parti québécois.Avec un telle avance, le Parti libéral s'assurerait 80 députés, comme le montre la projection de ce sondage sur la carte électorale présentée dans le tableau 3.Par contre, comme le révèlent aussi les autres projections, avec tout autre chef à sa tête, le Parti libéral, même à égalité avec le Parti québécois, se retrouverait avec 50 députés ou moins, ceci étant la conséquence de la polarisation linguistique du vote et de notre mode de scrutin.La situation est donc claire : avec Jean Charest, la victoire semble acquise au Parti libéral, sans Jean Charest la victoire semble acquise au Parti québécois.Mais comment expliquer cette remontée spectaculaire que connaîtrait le Parti libéral dirigé par Jean Charest ?La plupart des commentateurs y voient l'aura magique d'un homme politique dont on vante, ou craint, le « charisme ».Or le « charisme » nous semble un concept politique assez nébuleux qui fournit une explication un peu courte : en effet, un homme politique est-il populaire parce qu'il a du charisme, ou dit-on de lui qu'il a du charisme parce qu'il est populaire ?Nous voici ramenés au dilemme de la poule et de l'oeuf ! Nous préférerons, pour notre part, tenter d'expliquer le politique par le politique.L'électorat québécois, comme tout électorat dans une société démocratique, n'est pas constitué d'une masse homogène d'électeurs choisissant en toute rationalité entre divers hommes politiques, entre divers partis, entre diverses options.Il est structuré, et stratifié.Par leurs caractéristiques sociales d'abord, telles que le sexe, l'âge, le niveau d'éducation, la langue maternelle, les professions, les reve- Pîerre Drouilty nus, etc., les individus se situent dans divers contextes de vie qui déterminent en partie leur perception des enjeux politiques, et donc leurs choix.L'expérience montre cependant que ces caractéristiques socio-démographiques permettent de moins en moins d'expliquer les attitudes politiques.Mais les électeurs se répartissent aussi dans différentes cultures politiques, qui se traduisent par l'existence de blocs électoraux cohérents, ce qu'on appelle parfois le « vote partisan ».On peut ainsi constater qu'au Québec il existe un bloc fédéraliste ( environ 35-40 % de l'électorat ) qui comprend notamment l'électorat non-francophone et le quart de l'électorat francophone, face à un bloc souverainiste ( environ 30-35 % de l'électorat ), presque exclusivement francophone, mais représentant environ 40 % de ceux-ci.Les électeurs appartenant à ces deux blocs sont déterminés, leurs choix sont stables et en pratique fixés quels que soient les chefs politiques, les conjonctures, les enjeux électoraux.Ils constituent actuellement en quelque sorte le plancher du vote des partis libéral et québécois.Entre ces deux blocs, on retrouve les électeurs centristes ( entre 20 % et 30 % de l'électoral ) : ce sont eux qui sont l'enjeu des campagnes électorales et qui font et défont les gouvernements.Or ces électeurs centristes se caractérisent, entre autres, par un plus faible intérêt pour les questions politiques, par un plus faible niveau d'information, par la plus grande importance qu'ils accordent aux éléments non politiques de la vie politique ( plus grand attrait pour la personnalité des hommes politiques par exemple, quand ce n'est pas une plus grande vulnérabilité au discours démagogique ), par une perception plus pragmatique et plus fonctionnelle de la vie sociale, qui les amène à avoir des comportements politiques plus erratiques et plus changeants.Certains analystes disent de ces électeurs centristes qu'ils sont incohérents, imprévisibles, « indécis », « mous », etc.Mais ils ont en fait leurs logiques propres, même si celles-ci peuvent superficiellement apparaître incohérentes et inconsistantes par rapport à la froide logique des électeurs les plus structurés et les plus idéologiques.Ce sont ces électeurs centristes qui basculent d'un pôle à l'autre de l'échiquier politique au gré des conjonctures, et qui d'un sondage à l'autre peuvent donner l'impression que l'électorat est incohérent.C'est ainsi qu'en l'espace de deux mois, s'était dégagée une majorité pour le Parti québécois en janvier ( effet verglas ) et maintenant en mars une majorité pour le Parti libéral ( effet Charest ).Ou encore qu'une majorité des deux tiers des répondants dans une enquête, en octobre 1997, se disaient prêts à voter OUI dans un référendum québécois sur le droit à l'autodétermination du Québec, mais qu'une autre majorité des deux tiers des répondants, dans une autre enquête faite en décembre 1997, se disaient prêts à voter OUI dans un référendum fédéral sur la déclaration de Calgary.Toutes les enquêtes réalisées, de- ÇflNDAGF\t\t\t\t \t\t\u2014te\t\t dUllUHIIL\tm.i.um\t\t\t SOM\t\t\t\t 1) Intentions de vote (chiffres bruts)\t\t\t\t Parti libéral dirigé par.\t\t\t\t \tPQ\tPIQ A0Q\tAUTRES\tDISCRETS Jean Charest\t33.7\t44.6 8,1\t1,8\t11.7 Lisa Frulla\t36.5\t34,0 11.5\t2.5\t15,5 Pierre Pettigrew\t37.5\t31.2 12.1\t2,1\t\u202217,1 Pierre Paradis\t37.2\t33.6 11,0\t1,7\t16,5 2) Intentions de vote (pondération réaliste)\t\t\t\t Parti libéral dirigé par.\t\t\t\t \tPQ\tPLQ\tAOQ\tAUTRES Jean Charest\t37.6\t50,5\t10,1 \u2022\t1.8 Lisa Frulla\t41,6\t41,8\t14,1\t2,5 Pierre Pettigrew\t43,2\t39,8\t14,9 *\t2,1 Pierre Paradis\t42,7\t41,9\t13.7\t1,7 3) Nombre de députés élus (projection)\t\t\t\t Parti libéral dirigé par.\t\t\t\t \tPQ\tPIQ\tAOQ\tAUTRES Jean Charest\t44\t80\t1\t\u2014 Lisa Frulla\t76\t48\t1\t\u2014 Pierre Pettigrew\t83\t41\t1\t Pierre Paradis\t74\t50\t1\t\u2014 puis quelques années, ont montré que l'option qui recueille le plus facilement l'assentiment très majoritaire des Québécois est un renouveau du fédéralisme canadien qui donnerait un statut particulier au Québec.Après plus de trente ans d'échecs de réforme du fédéralisme, cette option peut paraître irréaliste tout autant aux fédéralistes durs qu'aux souverainistes conséquents, et qu'aux observateurs de la scène politique : néanmoins, elle traduit encore le désir profond d'une grande majorité de nos concitoyens.Or Jean Charest nous a prouvé, au cours de la campagne électorale fédérale de 1997 en particulier, à quel point il peut être le messager de cette utopie, et le porteur efficace de ce discours sur un Québec fort dans un Canada uni ! Cela ne se concrétisa pas au cours des dernières élections fédérales par un vote majoritaire au Québec, car il faisait alors face simultanément à deux partis qui incarnaient les deux pôles extrêmes, le fédéralisme rigide avec le Parti libéral du Canada et le souverainisme cohérent avec le Bloc québécois.Mais si Jean Charest investit le Parti libéral du Québec, et en devient le chef, toute la dynamique politique change alors.Bien entendu, s'il devenait en même temps l'otage des ayatollahs fédéralistes d'Ottawa, les sondages lui réserveraient alors le même sort qu'à Daniel Johnson.Par contre, s'il se présentait comme le réformateur du Parti libéral, renouant avec son aile plus nationîliste, il bénéficierait quand même, pour des raisons partisanes» de son aile la plus fédéra- Infographie La Presse liste, mais pourrait ratisser large dans le centre de l'électorat, s'attaquant ainsi aux couches les plus friables de l'électorat péquiste.C'est ce
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