La presse, 11 avril 1998, samedi 11 avril 1998
[" B Montréal, samedi 11 avril 1998 Plus La Presse SUBARU \u2022 Tous ies avantages d'une sportive utilitaire, les défauts en moins» 329Las 24 mois \u202234 mos.versements »n*oi de 3450 S ou échange equrvalent Taxes, trareoo'i ei préparai on en sus.20 000 km par arnéa 4305.tx>ui.METROPOLITAIN Est / (514) 725-9394 ÉDITORIAL / OPINIONS / PETITES ANNONCES LES PAROISSES S'EN VONT-ELLES CHEZ LE DIABLE?« Je ne suis pas pessimiste » Jules Béliveau Ie cardinal Jean-Claude Turcotte est bien placé pour savoir que les paroisses ne vivent pas à préersément dans un mmm janJin de roses et que des changements s'imposent.Mais il le proclame d'emblée : « Moi, je ne suis pas pessimiste.» Bien sûr, le « noyau dur » des fidèles fréquentant régulièrement leur église paroissiale a rapetissé et a pris de l'âge au fil des ans.Bien sûr, cela fait moins de donateurs à la quête de la messe du dimanche et à la dîme.Bien sûr, les adolescents, les jeunes adultes et maintenant les adultes un peu plus avancés en âge sont devenus des spécimens rares aux rassemblements liturgiques.Bien sûr, la conservation de nombreuses églises est devenue un poids difficile à supporter.Bien sûr, les prêtres sont moins nombreux, ont vieilli et sont fatigués.La pratique Mais l'archevêque de Montréal demeure convaincu que la foi chrétienne est toujours vivante au Québec, que de nombreux Québécois tiennent encore â l'éducation religieuse de leurs enfants et que les églises paroissiales ont encore leur raison d'être au Québec.«< Le taux de la pratique religieuse, c'est partiel, pour ne pas dire partial », souligne d'une voix ferme le cardinal Turcotte, laissant entendre par là une fois de plus que la ferveur religieuse d'un peuple ne peut se mesurer sur la base de ce seul critère.« Au tout début du diocèse de Montréal ( dans les années 1830 ), il y avait à peine le tiers des gens qui faisaient leurs Pâques.» Selon le cardinal Turcotte, le fait que de nombreux « baptisés distants » tiennent toujours à se rendre à l'église pour les premiers sacrements de leurs enfants, pour les mariages, pour les funérailles et pour les grandes célébrations de leur vie comme un 25e anniversaire de naissance n'est pas sans signification.Le fait également que des jeunes que l'on ne voit que rarement ou jamais à l'église s'adressent au prêtre de leur paroisse lorsqu'ils ont un projet d'amour sérieux dénote également quelque chose de particulier : « Ils sentent que l'Église prend ça au sérieux.Moi, je vois ça comme une chance pour l'Église.» Le chef de l'Église catholique de Montréal se dit toujours frappé par le lien existant dans son diocèse et ailleurs au Québec entre le religieux et le communautaire.Il mentionne au passage la Société Saint-Vincent-de-Paul, les cuisines populaires, les restos-pop, l'Abri des jeunes.« Les sous-sols des églises, les presbytères, c'est souvent loué à des organismes populaires, et à bon compte.» « On a à Montréal des concentrations de types de pauvreté, enchaîne le cardinal Turcotte.On a ici cette particularité qu'on doit soutenir financièrement des paroisses, ce que nous pouvons faire grâce à notre Fonds d'entraide paroissiale.Si on avait fermé les paroisses qui n'arrivent pas, je pense, moi, qu'on aurait dans notre diocèse des quartiers qui n'auraient plus de paroisses.» La vie des prêtres Ce n'est pas toutefois, surtout.PHOTO cOS£3T MAiLLOUX CjAWM Le cardinal Jean-Claude Turcotte est convaincu que les églises paroissiales ont toujours leur raison d'être au Québec.l'avenir des paroisses qui semble préoccuper l'archevêque de Montréal, mais le genre de vie dans lequel sont plongés les prêtres de son diocèse : « 11 y a moins de prêtres, c'est un fait.Il en meurt environ 20 par année et j'en ordonne six ou sept.Pas difficile de voir qu'on est en déficit et de deviner que des prêtres sont souvent seuls dans leur presbytère.Moi, je ne vous cache pas que je suis inquiet des conditions dans lesquelles beaucoup de mes prêtres vivent.Ce n'est pas une vie de vivre face à face avec un micro-ondes.» Le cardinal Turcotte Le diocèse de Montréal peut encore compter sur 625 prêtres diocésains ou religieux ayant reçu un mandat de leur archevêque tandis que de 400 à 425 laïcs se sont vu confier une tâche pastorale.Le cardinal Turcotte souligne qu'un plus grand nombre de laïcs devront prochainement être mis à contribution, ce qui permettra aux prêtres de faire vraiment ce pour quoi ils ont été préparés.« Les paroisses ne pourront plus attendre que l'évêque leur donn«* un curé, indique l'archevêque.C'est clair qu'il va falloir un changement de ce côté-là.Ce sera la même chose pour les bâtisses.» Le cardinal Turcotte affirme que le patrimoine lui tient à coeur.Mais il dit du même souffle qu'un moyen devra être trouvé afin que des édifices religieux servent à d'autres fins qu'à des fins religieuses.« Pourquoi une église patrimoniale ne deviendrait-elle pas une bibliothèque, et même une bibliothèque nationale ?Nous avons toujours besoin de 125 à 150 églises dans le diocèse de Montréal ( qui compte actuellement plus de 280 paroisses ) ; nous avons assez de monde pour ça.Mais les autres églises, pourquoi ne pas en faire des salles de concert, des lieux d'exercice pour les orchestres sym-phoniques, des musées, ou leur donner des fonctions scolaires ou d'autres fonctions sociales ?>» « J'ai l'impression qu'on va trouver un nouvel équilibre, conclut le cardinal Turcotte.En France, je crois que c'est 2 % du PIB qui est consacré au patrimoine religieux.Quant au reste, l'Église n'est plus la puissance qu'elle a déjà ete au Québec, mais elle demeure un organisme dont la crédibilité est très valable.C'est d'être signifiant qui est important.Et je pense que l'Église est aujourd'hui beaucoup plus signifiante qu'autrefois.» DEMAIN : Il y a urgence Un changement n'est pas toujours une catastrop^1 « Les paroisses s'en vont-elles chez le diable ?» La question a déclenché un long rire chez le curé Yvon La-voie.Un rire qu'il est parvenu à interrompre un moment pour glisser : « Elles ne s'en vont pas chez le diable, mais.on ne sait pas où ça s'en va ! » Quelques jours plus tard, le responsable de l'unité pastorale groupant les paroisses de Saint-Zotique, Sainte-Elisabeth-de-Portugal et Sainte-Clotilde, dans le quartier montréalais de Saint-Henri, a tenu à nuancer ses propos : « Ce que j'ai voulu dire, a-t-il souligné au cours d'une conversation téléphonique, c'est que nous sommes engagés dans une profonde démarche de réflexion et de recherche sur l'avenir des paroisses.Il est évident qu'il y a des changements à faire.Mais cela n'est pas nécessairement négatif.Un changement, vous savez, ce n'est pas toujours une catastrophe.» Au fait, les paroisses de l'archi-diocèse de Montréal, comme d'ailleurs celles de partout ailleurs au Québec, connaissent des changements depuis au moins quelques années.Des curés de paroisse, qu'assistaient autrefois dans certains cas plusieurs vicaires, se sont un jour retrouvés seuls dans leur presbytère.Des presbytères ont cessé d'être des presbytères.Des paroisses n'ont plus un prêtre pour elles seules.«< À Montréal, indique le curé Lavoie, nous avons commencé à faire des regroupements : les paroisses continuent d'exister et demeurent autonomes en conservant leur conseil de fabrique, mais sur le plan de la pastorale, nous essayons d'unir nos forces.C'est ce que nous faisons ici à Saint-Zotique, Sainte-Elisabeth-de-Portugal et Sainte- Le curé Yvon Lavoie : « Un changement ce n'est pas toujours une catastrophe.» Dans la paroisse Saint-Zotique du quartier Saint-Henri, les aïeux ont légué à leurs descendants une superbe église.Clotilde, où je travaille avec un autre prêtre et des laïcs venant des trois paroisses.» Signe des temps, et témoignage éloquent du regroupement des paroisses dans cette portion du quartier Saint-Henri : l'unique Feuillet paroissial de l'unité pastorale de Saint-Zotique, Sainte-Elisabeth-de-Portugal et Sainte-Clotilde affiche en page frontispice la photo des églises de chacune des trois paroisses.M.Lavoie, qui est âgé de 56 ans, reconnaît que ses servants de messe aux célébrations eucharistiques dominicales sont souvent plus âgés que lui et que les autres personnes présentes ne sont guère plus jeunes.« Dans 10 ans, entrevoit-il, il n'y aura plus grand monde.* Curé de trois paroisses à la fois dont les lieux de culte parviennent à peine à attirer au total de 300 à 350 personnes ( sur une population d'environ 10 000 personnes), M.Lavoie sait quels prodiges et quels maux de tête peut coûter la conservation d'une église.À la paroisse Saint-Zotique, où les aïeux ont légué à leurs descendants une superbe église ressemblant à une cathédrale et un presbytère à l'avenant, le conseil de fabrique doit jongler avec un budget annuel de 140 000 $.Pour joindre les deux bouts ( ce qui inclut le paiement de 25 000 $ par année pour le chauffage des deux « bâtiments » et 12 000 $ pour l'electru i té ), il ne s'en tire qu'en organisant un bingo hebdomadaire, un des ra- res bingos à subsister dans les sous-sols d'église du diocèse de Montréal.M.Lavoie avoue qu'il se passerait volontiers des rôles de concierge en chef et de conservateur du patrimoine que sa fonction l'amène à jouer.« Tout ça nous pèse en préoccupations, en temps, en énergie, dit-il.On voudrait s'occuper de la vie paroissiale sans toujours avoir à s'occuper du gaz, de l'entretien, etc.» Se souvenant de ses premières années de prêtrise, du temps où la pratique religieuse était le fait d une proportion Importante des baptisés» le curé Lavoie refuse toutefois de s'apitoyer sur ce que vit aujourd'hui l'Eglise.« C'est sûr qu'on pourrait faire des comparai- sons, fait-il remarquer.Mais je me dis que tant que des gens viennent à l'église et participent à nos ras semblements, il y a un message chrétien à transmettre.Je me dis aussi que si nos églises continuent d'être pour notre milieu un signe de quelque chose, du message évangélique et des valeurs chrétiennes, il faut les conserver, » Le sondage SOM-La Presse sur les valeurs chrétiennes des Québécois en page B 4 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 1 AVRIL 1998 Editorial La Presse André Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry président i:t editeur Claude Masson Editeur adjoint Marcel Des jardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pierre Gravel Les grandes manoeuvres eut-être pas la panique mais au moins un profond désarroi.C'est en tout cas l'image que projettent les leaders péquistes depuis l'irruption de Jean Charest sur la scène québécoise.Donnant raison à leur rival qui l'avait prédit en annonçant sa conversion au Parti libéral, ces derniers multiplient, depuis une semaine, les déclarations qu'ils nuancent le lendemain avec comme résultat qu'on y perd son latin quant à la tenue d'un référendum advenant le maintien au pouvoir du PQ.¦naoBnHKinBHi Vendredi dernier, à TVA, Lucien Bouchard le promettait toujours mais au conditionnel : « Si les conditions sont réunies pour qu'on le gagne.» Mardi, Bernard Landry affirmait au Soleil, qu'un gouvernement pé-quiste réélu devrait avoir la latitude de ne le tenir « qu'au moment opportun ».D'où la nécessité de modifier le programme pour revenir à l'engagement de le faire « dans les meilleurs délais » et pas forcément pendant le prochain mandat.Jeudi, Lucien Bouchard tentait de rajuster le tir en précisant qu'après les élections, les garanties de succès étant réunies, la question d'un report ne saurait se poser.Même chose pour les élucubrations de Guy Chevrette sur l'accord de Calgary.Il est clair que l'arrivée de Jean Charest a bousculé bien des certitudes au PQ.Mais il est aussi évident que, même sans cette menace, ces tiraillements étaient prévisibles.Du moins sur le plan stratégique à cause des sondages unanimes à démontrer, même avant l'avènement du messie libéral, que l'idée de souveraineté stagne depuis 1995.Et que, si bien des électeurs sont encore tentés de voter pour M* Bouchard, la majorité ne veut pas d'un autre référendum.Face à Daniel Johnson, le PQ pouvait toujours espérer que la popularité de son chef suffirait pour vaincre cette réticence.Devant Jean Charest, aujourd'hui, ce serait une catastrophe.Et même plus tard, quand l'euphorie due à son arrivée sera retombée, ça restera encore un risque énorme.Les leaders péquistes en sont conscients et c'est ce qui explique les velléités révisionnistes des derniers jours.C'est de bonne guerre en politique.Sauf que, autant chez les partisans de la souveraineté que dans le camp adverse, ce genre de discussion est futile voire méprisant pour les électeurs qu'on prend pour des naïfs à qui on peut faire croire n'importe quoi.Il faut en effet une bonne dose de cynisme aux péquistes pour penser qu'en .mettant provisoirement une sourdine à ce qui demeure leur première raison d'être, les Québécois oublieront qu'en votant pour eux ils confient leur destin à des gens qui vont tout faire pour leur prouver que le fédéralisme ne fonctionne pas.Et qu'un jour ou l'autre, il faudra bien en venir à un divorce définitif.Il importe assez peu, sur ce plan, qu'on leur promette un référendum demain, après-demain ou plus tard quand la conjoncture sera plus favorable.À l'inverse, dans le camp fédéraliste, c'est rêver en couleurs que de penser qu'il suffirait que le PQ renonce à son option pour qu'on n'en parle plus.Il faut vraiment ne rien comprendre aux convictions d'un bloc imposant de souverainistes irréductibles pour croire qu'ils obéiraient à un chef suggérant de mettre leur rêve au rancart.Si le PQ cessait d'être le véhicule adéquat pour promouvoir leur cause, ils finiraient par en créer un autre.Et le duel reprendrait avec un même adversaire portant un autre nom.Il faudra se rendre à l'évidence.Ce ne sont pas des tactiques électorales qui régleront le problème.Ce sont des changements en profondeur.Dans un sens ou dans l'autre.Il est clair que l'arrivée de Jean Charest a bousculé bien des certitudes au PQ.DROITS RÉSERVÉS Des livres ou du béton?Créer une nouvelle bibliothèque est un acte important ( .) En France, l'erreur a été de choisir un lieu et une architecture avant que le contenu du projet ne soit précisé.Aujourd'hui, on - paie pour cette imprévoyance.» C'est ce que disait récemment un historien français au sujet de la monumentale Bibliothèque Nationale de France que feu François Mitterrand a voulu à tout prix léguer à ses compatriotes.Et c'est précisément ce que l'on risque de dire, dans quelques années, au sujet de la Grande Bibliothèque que le gouvernement Bouchard rêve de léguer à la métropole, ¦¦lin ¦¦¦¦iiiipiBan¦¦ Réunir dans un bel édifice la collection de la Bibliothèque Nationale, qui étouffe dans ses locaux éparpillés, et celle de la Bibliothèque centrale, elle aussi à l'étroit dans son bâtiment de la rue Sherbrooke, c'est, en soi, une bien belle idée.Que l'État investisse dans un haut lieu culturel, que l'on en profite pour redonner un peu de gueule à un coin de ville déglingué, bravo ! pourquoi pas.Pourtant, cet ambitieux projet laisse sceptique.Et ce ne sont pas les audiences sur l'emplacement où l'on érigera le « vaisseau amiral » de la nouvelle politique québécoise du livre qui auront permis de dissiper nos doutes.Tout le débat sur la Grande Bibliothèque a été monopolisé, dès le début, par une obsessive quête spatiale.Cette fois, la consultation portait précisément sur ce point.Jusqu'à la démesure.Ce qui ressort de ces trois journées, c'est que les rues Berri et Saint-Urbain se trouvent sur deux planètes différentes.La première appartient à la « cité du savoir », avec l'UQAM et le cégep du Vieux-Montréal.La seconde, collée sur la Place des Arts, appartient plutôt à la « cité de Agnès Gruda l'expression ».Selon l'analyse retenue par la majorité des participants, la Grande Bibliothèque ne peut s'épanouir que dans un contexte savant.1 à 0 pour le Palais du Commerce contre l'îlot Balmoral.Bienvenue au royaume des arguments spécieux.1a consultation nous aura appris de plus que le Quartier latin ayant abrité de nombreux poètes, la Grande Bibliothèque lui revient de droit, pour services rendus à la littérature nationale.Et puis, on y trouve un enchevêtrement de lignes de métro et de pistes cyclables : un point pour l'accessibilité.La Place des Arts n'est qu'à deux stations de métro, douze minutes à pied maximum ?Trop loin pour les usagers de la Bibliothèque Nationale, qui y seraient confrontés à un univers hostile et commercial.Et la meilleure: l'îlot Balmoral offre moins de possibilités d'intégration des immigrants que le Palais du Commerce.Ce dernier, croit-on, convertirait la faune néo-québécoise à Félix Le-clerc et Yves Beauchemin par simple osmose territoriale.Un petit chausson avec ça ?Calmons-nous.Du point de vue de l'accessibilité et de l'environnement, les deux endroits s'équivalent.Et pendant que l'on invente des raisons justifiant l'un ou l'autre, on oublie que le véritable enjeu de ce projet est ailleurs.Que l'on en juge.La ministre Louise Beaudoin a promis d'injecter 25 millions sur trois ans pour permettre aux bibliothèques municipales de renouveler leurs collections.Supposons même que Montréal s'accapare la moitié de ce montant.Eh bien, on y achèterait encore pour une quinzaine de dollars de moins de livres percapita qu'à Vancouver ! Et encore faudrait-il que la Ville ait les moyens de traiter ses acquisitions.En ce moment, un million de dollars de bouquins sont entreposes, faute d'argent pour les cataloguer.Une Grande Bibliothèque de 75 millions, sans doute plus?C'est un beau rêve.Mais si l'on veut faire lire les gens, comme le prétend la ministre, ce n'est pas de béton dont nous avons besoin, mais de livres._LA PRESSE ET VOUS_ Pâques d'hier! Pâques d'aujourd'hui! C'est Pâques ! C'est le printemps ! C'est la Résurrection ! C'est la joie 1 Alléluia ! Oublions l'hiver, le verglas, les inondations, les tempêtes, les malheurs, les maladies, les tristesses, les peines, les mauvaises nouvelles.Pensons beauté, fleurs, chocolat, amitié, détente, soleil, repos, concerts, réceptions, rencontres.Tentons, l'espace d'un week-end prolongé et radieux, d'être bien dans notre peau, bien dans notre apparence, bien avec nous-mêmes et avec les autres qui seront sur notre chemin à l'occasion du congé pascal.Pâques n'est pas que nostalgie d'un temps passé.Pâques émerveille le temps présent.Pâques se veut une sorte de retour à la vie, à la nature, à la beauté florale après une longue période d'hibernation, de noirceur, de froid et de glace.Pâques n'est pas qu'une fête du souvenir.Pâques est une fête qui humanise chaque individu qui vit aujourd'hui.Pâques est une fête calme, sereine, moins art ifi-eiellc et superficielle que Noël.Une fête plus prolonde parce qu'elle fait vibrer en nous des valeurs qui nous font vivre.La culture québécoise a été profondément marquée par l'Église catholique* par l'enseignement religieux, par la fréquentation des églises et des paroisses, par l'influence des parents.Quel adulte ne se rappelle pas de son enfance, du carême, des jours saints, du jeûne, de l'abstinence, des pénitences, des offices interminables à l'aube du samedi saint, des visites d'églises, des reposoirs, des cloches supposé-ment transportées à Rome durant trois jours et de leur retour triomphal le matin de Pâques, de l'eau de Pâques, etc.Si vous racontez ces souvenirs à vos petits-enfants, ils vous identifieront à la préhistoire.Cette culture québécoise s'est profondément modifiée depuis 25-30 ans.À preuve, les résultats du sondage SOM-La Presse que nous publions aujourd'hui.Les zones d'influence ont beaucoup changé.La télévision est devenue le premier facteur d'influence des enfants à 90,8 %, devançant les amis à 88,4 %, les parents à 69,4 %, l'école à 67,5 % et, très loin, la religion à.18,3 %.De toute évidence, l'Église ne jouit plus du même impact auprès des jeunes d'aujourd'hui qu'auprès des générations passées.Même les adultes, tout en demeurant croyants et de foi catholique pour un grand nombre, ont abandonné la pratique religieuse et rejeté les préceptes de l'Église.Dans le sondage SOM, il est bien indi- qué que 53,7 % des 1 005 personnes qui ont été interrogées se définissent comme des croyants non pratiquants contre 36,1 % qui se déclarent encore aujourd'hui pratiquants.Le dossier présenté aujourd'hui et demain par notre journaliste Jules Béliveau, sous le titre à la fois évocateur et provocateur « Les paroisses s'en vont-elles chez le diable ?» confirme très bien cet abandon de la pratique religieuse.Il n'y a maintenant qu'une minorité de croyants qui fréquente les églises, même si plus de 60 % de ces pratiquants minoritaires affirment avoir assisté à un office religieux entre trois et plus de 50 fois depuis un an.Au-delà des chiffres qui peuvent être déprimants pour les autorités religieuses, pour les agents de pastorale, pour ceux et celles qui pratiquent encore ; au-delà des bouleversements profonds qu'a connus la société québécoise à l'endroit de la pratique religieuse, au cours du dernier quart de siècle, il y a un signe essentiel positif et encourageant : les Québécois conservent des valeurs fondamentales de vie.Elles ne s'appellent plus valeurs chrétiennes ou catholiques» elles ne s'appellent plus vertus, elles ne s'appellent plus convictions religieuses ou morales.Mais elles sont là, bien présentes, bien vivantes, bien vécues.À preuve, le même sondage SOM établit clairement que l'honnêteté, l'intégrité, la franchise, le respect, la droiture, le civisme, la volonté, la ténacité, la persévérance, l'amitié, la fraternité, la bonne entente, la charité, le partage, l'entraide, la compréhension, l'écoute, la foi, la spiritualité, la religion sont parmi les valeurs reçues qui continuent d'imprégner les citoyens que nous sommes.Et 51 % des adultes croient que les valeurs actuelles des enfants sont semblables aux leurs.Voilà l'espoir ! Si tout est chambardé, transforme, remué, secoué dans notre société qui continue de vivre encore l'après-Révolution tranquille, si les conditions de vie personnelle et collective ont radicalement changé ici et partout dans le monde, si les valeurs ne s'identifient plus comme autrefois et que les zones d'influence ne sont plus les mêmes, la culture québécoise est à ce point enracinée et marquée par son histoire religieuse qu'elle maintient aujourd'hui des valeurs fondamentales de vie.N'est-ce pas l'essentiel pour une société ?À chacune et à chacun de vous, fidèles abonnés, lectrices et lecteurs occasionnels, membres du personnel de La Presse à quelque titre et à quelque (onction que ce soit, de très Joyeuses Pâques.Et une vie heureuse au quotidien.Claude MASSON Éditeur adjoint i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 11 AVRIL 1998 La double allégeance Comment expliquer que tant de Québécois ne veulent pas entendre parler de référendum ?Selon un récent sondage SOM, c'était le cas de 62 % de l'électoral.Qui plus est, 39 % des partisans péquistes n'en voulaient pas, eux dont on pourrait tout de même présumer qu'ils sont souverainistes.Or, si l'on est souverainiste, ne serait-il pas logique qu'on souhaite un référendum ?Le référendum n'est-il pas le passage obligé pour arriver à la souveraineté ?Cette réticence s'expliquerait-elle par la peur de perdre le référendum ?L'explication ne suffit pas, car l'idée d'un référendum sur la souveraineté a toujours été impopulaire, même à l'époque où l'appui à la souveraineté était plus élevé dans les sondages.L'an dernier, alors que le gouvernement Bouchard était au sommet de sa popularité, près des deux tiers des Québécois voulaient reporter le référendum aux calendes grecques.Quelques semaines avant le référendum de 1995, la population, dans son immense majorité, n'en voulait toujours pas, en dépit du fait que le premier ministre Parizeau avait clairement annoncé son intention d'en tenir un durant les mois suivant les élections.Une proportion appréciable de gens qui ne voulaient pas de référendum ont donc voté OUI.Il reste qu'à quelques semaines du vote, ils préféraient encore ne pas avoir à voter.Il faut en déduire qu'ils se sont ralliés au camp du OUI sans trop d'enthousiasme, parce qu'ils ont suivi le courant, parce qu'ils se sont trouvés acculés au pied du mur.Mais ce n'est pas sur ce genre de votes obtenus à l'arraché que le PQ aurait pu compter pour traverser la difficile période de transition qui aurait suivi une victoire du OUI.De toute évidence, il se passe quelque chose et ce quelque chose est du domaine du non-dit.Mon hypothèse est qu'un assez grand nombre de gens, parmi les électeurs francophones, ne veulent pas vraiment de la souveraineté, mais qu'ils sont incapables de se l'avouer à eux-mêmes, et encore moins de l'admettre à voix haute, à cause de la pression sociale.Lysiane Le nationalisme est de loin l'idéologie dominante au Québec, et dans plusieurs milieux, il est fort mal vu de se dire non-souverainiste, et encore plus mal vu de se dire carrément fédéraliste.On risque de se faire accuser d'être « du côté des multinationales », « du côté des Anglais » \u2014 ou, pire encore, d'être « contre le Québec ».Peu de gens peuvent résister à de telles pressions, surtout quand elles viennent de leur propre milieu.Il est beaucoup plus facile de se dire opposé à la tenue d'un référendum qu'opposé à la souveraineté.Il est plus « politiquement correct » de soutenir qu'il y a d'autres priorités que le référendum \u2014 l'économie, les inégalités sociales, l'éducation, que sais-je \u2014 et qu'il sera toujours temps d'y voir plus tard.beaucoup plus tard.Ce serait non pas « à la prochaine ! », mais « à la semaine des quatre jeudis ! » En ce sens, le concept de référendum pourrait être un instrument de diversion, par lequel un sujet explosif se trouve déplacé en terrain neutre.Plutôt que de se demander si l'on veut vraiment aller à Québec, on préfère se chamailler sur l'horaire des autobus qui y mènent ou sur le trajet à suivre.Il faut en tout cas se demander pourquoi la population se refuse depuis si longtemps, et de manière si constante, aux référendums qu'on n'en finit plus de lui « promettre ».GAGNON Un récent sondage de CROP, publié samedi dernier dans The Gazette, jette un éclairage intéressant sur les raisons de cette profonde réticence.C'est que pour la plupart des Québécois, les francophones autant que les anglophones, l'identité passe par la double allégeance.On est attaché et au Québec et au Canada.D'où le refus de choisir.Cette question d'identité a souvent été étudiée parce qu'elle constitue la clé de l'adhésion à la souveraineté.Peu avant le référendum de 1980, le ministre Claude Morin, qui était l'architecte de l'opération, avait publié des sondages qui montraient que les Québécois francophones étaient plus attachés au Québec que les citoyens du reste du Canada à leurs provinces respectives.L'espoir du PQ était qu'avec le temps, cette préférence allait devenir un sentiment d'allégeance exclusif.Ce n'est pas ce qui s'est passé.Le dernier sondage CROP, tout comme une autre enquête que publiait L'actualité il y a quelque temps, montre que 18 ans après le premier référendum, la composante canadienne fait toujours intimement partie du sens de l'identité des Québécois.Pas plus de 14 % de francophones ( 8 % d'anglophones et aucun allophone ) disent se sentir « seulement Québécois ».À l'autre pôle, 3 % des francophones ( 9 % d'anglophones et 15 % d'allophones ) se disent « seulement Canadiens ».( On remarquera ici la différence de perception entre les anglophones de souche et les immigrants.) L'immense majorité se réclame de la double allégeance, dans des proportions variables selon qu'on est anglophone ou francophone.Treize pour cent des francophones ( 38 % des anglophones ) se disent « d'abord Canadiens mais aussi Québécois»; 3Î% des francophones ( 40 % des anglophones ) se disent « également Canadiens et Québécois » ; 37 % des francophones ( 2 % des anglophones ) se disent « d'abord Québécois, mais aussi Canadiens ».En somme, 81% des francophones.! ei 80 % des anglophones ( 75 % des allopho-nes ) s'identifient et au Québec et au Canada.Un autre volet du sondage montre que 63 % des francophones ( 86 % des anglophones et 77 % des allophones ) se disent « fiers d'être à la fois Québécois et Canadiens » et n'aiment pas « que les politiciens les obligent à choisir entre ces deux identités » ; 73 % des répondants ( y compris le tiers de ceux qui voteraient OUI ! ) estiment que le fait d'être Canadiens ne les empêche aucunement d'être Québécois à part entière.Les Québécois forment-ils un peuple ?Oui, disent 59 % des anglophones et 75 % des francophones.Les Canadiens forment-ils un peuple ?Oui, disent 85 % des anglophones et 88 % des francophones.Les trois quarts des anglophones se considèrent membres du peuple québécois.et 77 % des francophones ( y compris 61 % de ceux qui voteraient OUI ! ) se considèrent membres du peuple canadien.Le discours de Jean Charest correspond.! cet état d'esprit, affirme Claude Gauthîer,jdc CROP.« C'est comme si les Québécois en avaient assez de toujours parler de ce qui nous divise.» D'où le refus du référendum, exercice divi-sif s'il en est un, et qui force les gens à choisir entre les deux composantes de leur identité.La bourse de l'actualité Chantai Hébert Si les hommes et les femmes politiques qui dominent l'actualité au Canada étaient cotés en bourse, les citoyens qui investissent en eux leur confiance en auraient-ils toujours pour leur argent ?Pas nécessairement s'il faut en croire une expérience en cours à la radio de Radio-Canada, depuis le début de 1998, qui révèle qu'en politique comme en bourse, les risques de perdre sa chemise sont aussi imprévisibles qu'élevés.En lieu et place d'une revue de la semaine plus traditionnelle, l'équipe de Joël LeBigot a mis à l'essai, depuis la mi-janvier, le concept d'une « Bourse de l'actualité ».Six journalistes, tirés de la presse écrite francophone, se sont laissés ( facilement ) recruter pour participer à l'exercice.À raison de deux par semaine, nous défilons au micro d'un samedi matin à l'autre depuis maintenant trois mois.Pour éviter qu'une certaine routine ne s'installe, les paires sont modifiées régulièrement et, à moins d'un cas de force majeure, personne ne participe à la bourse deux semaines d'affilée.D'emblée, le format nous a tous forcés à des ajustements.Par définition, le concept d'une bourse avec scores à l'appui en fait un exercice ciblé sur des personnalités.L'analyse politique normale, au contraire, a généralement tendance à chercher ailleurs que dans le rôle d'un acteur en particulier la cause profonde des événements.Par exemple, combien de blâmes peut-on vraiment faire porter au ministre de la Santé de l'heure quand le système d'urgence est victime de pannes à répétition et que les soins laissent à désirer ?Dans le cas du ministre Jean Rochon, l'équipe de commentateurs n'a finalement pas eu la main très lourde.Malgré des mois de manchettes désastreuses, le ministre québécois n'a pas dégringolé au sous-sol de la bourse hebdomadaire.À la place, c'est son patron, le premier ministre Lucien Bouchard, qui a vu sa cote souffrir progressivement des problèmes criants qui affligent le système de santé dans la foulée des réformes de son gouvernement.Quoi faire encore de ministres des finances dont les budgets, en cette fin de siècle, sont devenus la pièce maîtresse de l'ensemble de l'oeuvre de leurs gouvernements ?Au cours des dernières semaines, Paul Martin et Bernard Landry ont tous deux déposé leurs budgets de 1998.Déficit zéro aidant, celui de M.Martin était nettement plus rejouissant que celui de M.Landry.Pourtant, en fin de compte, le ministre fédéral a obtenu un moins bon score que son collègue pro-\\ inctal, principalement parce qu'il aurait DU réduire de façon significative le far- deau fiscal de la classe moyenne et qu'il ne l'a pas fait, tandis que M.Landry, qui aurait pu augmenter les impôts ( encore ), a évité de le faire.Et puis, même si Paul Martin a assez habilement réussi à faire porter au premier ministre Jean Chrétien le chapeau de responsable du projet controversé des bourses du millénaire, il n'est que justice que le ministre des Finances accepte lui-même une part des responsabilités pour le plus gros morceau de son propre énoncé budgétaire.Avec une belle ironie, les événements des dernières semaines ont semblé conspirer pour démontrer que la bourse de l'actualité était un concept foncièrement avant-gardiste.La réalité a, en effet, fini par dépasser l'imagination radio-canadienne.Depuis que l'émission a pris l'antenne, la politique québécoise s'est transformée comme jamais auparavant en concours de popularité.Comme partout ailleurs, la lutte Charest-Bouchard prend de plus en plus sa place dans l'exercice hebdomadaire.Parce que l'émission a démarré en janvier, au moment où une bonne partie du Québec était ensevelie sous le verglas, le premier ministre Bouchard est parti en lion, récoltant bouquet après bouquet pour sa bonne performance pendant la crise.Mais les pots n'étaient pas loin derrière.La courbe de la cote en bourse de M.Bouchard suit assez fidèlement celle de l'indice de satisfaction populaire à l'égard de son gouvernement et les plus récentes pirouettes référendaires du premier ministre n'ont rien pour la faire dévier à la hausse.Personne ne se surprendra de savoir que Jean Charest a, tout au long de sa réflexion sur son avenir politique, dominé le palmarès.Mais il est encore plus intéressant de noter qu'il n'y figurait pas tellement avant que Daniel Johnson ne tire sa révérence.Comme quoi le marché politique, à l'instar des bourses financières, subit parfois des secousses que personne n'a vu venir.Maintenant que M.Charest est dans l'arène provinciale, son score a commencé à se stabiliser à la baisse, notamment à cause de son discours, encore très désincarné par rapport au quotidien politique québécois.Enfin, un peu comme dans la vraie vie au Québec, le premier ministre Jean Chrétien récolte un score moindre que la plupart de ses ministres.Mais malgré tout, M.Chrétien peut trouver matière à consolation dans les cotes de cette bourse.Il se classe en effet bien loin devant son ministre aux Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion.Au fil des semaines, ce dernier a chuté à un piètre demi-point.Parmi les politiciens en lice, seul Daniel Johnson est tombé plus bas, mais seulement parce que, pour retirer un nom de la bourse \u2014ce qui s'imposait lorsque le chef libéral a démissionné \u2014 la coutume s'est établie de fixer la cote de l'individu en cause à zéro.Quand on pense que M.Dion a souvent dit qu'il rêve de retourner à l'enseignement aussitôt que les perspectives Québec-Canada auront pris du mieux, on peut se demander s'il n'y a pas dans le score qu'il obtient un encouragement collectif à transformer son rêve en realité.Non à l'AMI ! On devrait plutôt tenter d'en arriver à une réglementation supranationale des entreprises multinationales PIERRE PAQUETTE / 'auteur est secrétaire général de la CSN et économiste.De déclaration en déclaration, le ministre fédéral du Commerce extérieur, Sergio Marchi, s'efforce de prendre ses distances par rapport à l'Accord multilatéral sur l'investissement ( AMI ) en exprimant des réserves à son égard, même si le gouvernement canadien participe à son élaboration depuis le tout début.Il est à se demander si le ministre a pris connaissance du projet d'accord en même temps que la plupart des Canadiens, à savoir plus de deux ans après le début des négociations réalisées dans le plus grand secret parmi les 29 pays membres de l'OCDE.En fait, les propos critiques du ministre, comme ses assurances selon lesquelles l'AMI ne sera pas signé comme prévu à la fin d'avril, ressemblent plus à une opération de « damage control » face à une opposition publique grandissante qu'à un changement de politique de la part du gouvernement canadien.Celui-ci ne s'est pas encore dissocié des principales dispositions qui font de l'AMI ni plus ni moins qu'une charte des droits et libertés des entreprises et investisseurs internationaux : ?l'interdiction de tous types de prescription de résultats appliqués sur des investissements étrangers ; ?l'obligation faite aux sociétés d'État d'obéir strictement aux « critères commerciaux » ; ?la possibilité pour les entreprises multinationales de poursuivre le gouvernement d'un pays qui adopterait une mesure ayant pour effet de restreindre l'accès potentiel à son marché, même si l'entreprise n'est pas présente dans le pays ; ?l'obligation pour un gouvernement de se soumettre a l'arbitrage international si une entreprise n'est pas satisfaite des recours nationaux ; par contre, l'AMI n'accorderait pas aux États la possibilité de poursuivre à l'échelle internationale une entreprise multinationale qui violerait des règlements nationaux ou internationaux ; ?une fois ratifié par un gouvernement, l'AMI s'appliquerait obligatoirement pour un minimum de 20 ans avant que le pays ne puisse s'en dégager.S'il se développe actuellement au Canada un fort courant d'opinion publique contre des dis positions de l'AMI, opposition à laquelle se sont joints récemment les gouvernements de quatre provinces ( dont celui du Québec ).c*l 51 que la population n'accepte pas la prémisse île base de l'AMI selon laquelle les entreprises et les investisseurs internationaux sont à un tel point vulnérables et abuses que leurs droits et intérêts doivent être placés au-dessus de ceux Pierre Paquette des États nationaux et de leurs citoyens.Lorsqu'on sait que le chiffre d'affaires de General Motors est plus important que le PNB de 153 pays et lorsqu'on sait avec quelle facilité les spéculateurs internationaux ont pu mettre à genoux des économies nationales en retirant massivement des capitaux ( Mexique, en 1994-95.Sud-Est asiatique, en 1997-98 ), force est de constater que ce sont fles investisseurs internationaux plutôt que les gouvernements qui doivent être réglementés à l'échelle internationale.L'idée de conclure un traité pour encadrer les investissements étrangers n'est pas en soi un projet néolibéral.Depuis de nombreuses années, ce sont les gouvernements progressistes qui, au sein de forums comme l'ONU, prônent l'adoption d'un code de conduite pour les entreprises multinationales.Un tel code imposerait à l'ensemble des entreprises établies dans des pays étrangers l'obligation de respecter certaines exigences au chapitre notamment de l'embauche de la main-d'oeuvre locale, du respect de l'environnement naturel et du versement des impôts et des redevances pour l'utilisation des ressources naturelles.D'ailleurs, la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE, dont fait partie la CSN, plaide depuis plusieurs années pour que les entreprises multinationales soient obligées d'appliquer certaines normes fondamentales en matière de santé et sécurité, de protection environnementale et de conditions de travail.Sur ce dernier volet, les organisations syndicales de l'OCDE réclament, depuis 1994, l'inclusion dans tous les accords commerciaux internationaux d'une disposition engageant les pays à respecter sept conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail.Ces conventions garantiraient le respect de la liberté d'association, le droit a la négociation collective, l'interdiction du travail forcé, l'interdiction du travail des enfants et l'interdiction de la discrimination en matière d'emploi.En cas de non-respect, les procédures de dépôt de plaintes et de sanctions prévues dans l'accord commercial s'appliqueraient.La CSN, de concert avec les autres organisations syndicales de l'OCDE, réclame aussi l'instauration de la « taxe Tobin » sur les transactions finan-cières internationales afin de décourager les mouvements de capitaux à caractère purement spéculatif.Comme le gouvernement du Québec l'a souligné avec justesse, l'OCDE, ce club privé des 29 économies les plus riches de la planète, n'est pas l'endroit approprie pour négocier une réglementation internationale des investissements, en raison cl ci lait que les pays représentant plus des trois quarts de la population mondiale en sont exclus.Dans une éventuelle négociation de ce genre de traité, il faut que tons les pays, sans exclusion, puissent \\ participer, il est à souhaiter que le débat entourant l'AMI stimule un intérêt renouvelé pour une réglementation supranationale des entreprises multinationales et qu'Ottawa en tue comme leçon que la population n'accepte plus que des accords internationaux .ivani des impacts majeurs sur son avenir soient nego-v ies en ».atimini et sans débat public. B4* LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 11 AVRIL 1998 Plus Pas facile de transmettre des valeurs a ses enfants Jules Béliveau Relativement peu de parents trouvent facile aujourd'hui de transmettre des valeurs durables à leurs enfants.En fait, les trois quarts des parents québécois estiment que cela ne va pas de soi.Selon un sondage réalisé par la maison SOM pour le compte de La Presse, seulement 2,8 % \u2014 ce qui revient à dire presque personne ! \u2014 des parents interrogés dans l'ensemble du Québec trouvent « très facile » de transmettre des valeurs durables à leurs enfants et 20,5 % jugent cela « assez facile ».À l'opposé, 51,4% des parents trouvent une telle transmission « assez difficile » et 25,1% des parents la croient « très difficile ».Il se dégage de ce sondage que, de tous les facteurs suggérés, la télévision est perçue par les personnes interrogées comme le facteur ayant le plus d'influence sur les enfants d'aujourd'hui relativement à leurs valeurs : la télévision remporte ici la palme avec un impressionnant 90,8 %, ce qui apparaît presque comme un consensus ; elle est toutefois suivie de près par « un ou des amis » ( 88,4 % ) ; viennent ensuite, passablement plus loin, les parents ( 69,4 % ) et l'école ( 67,5 % ) ; et, tout à fait à l'autre bout du tableau, la religion ( 18,3 % ).Invités à indiquer dans quelles mesures ils avaient personnellement été influencés par divers facteurs relativement aux valeurs les plus importantes de leur vie, les répondants ont dit l'avoir été « beaucoup » ou « assez » par leurs parents ( 89,2 % ), par l'école ( 79 % ), par leur milieu de travail ( 69,5 % ), par leurs amis ( 62,7 % ) et par la religion ( 52,6 % ).Les résultats beaucoup plus élevés chez les 18-24 ans que dans toutes les autres catégories d'âge concernant l'influence \u2014 affirmée ou perçue \u2014 des amis relativement aux valeurs ont suscité cette réaction spontanée de Guy Larocque, adjoint au président et responsable des médias à la maison SOM : « Ça devient pas mal important de savoir qui sont les amis de ses jeunes ! » Au sujet de la religion, son influence sur les valeurs fluctue considérablement suivant les âges des répondants : elle est de 31,5 % chez les plus jeunes, ce qui pourrait malgré tout étonner plusieurs personnes ; et elle passe de 41,6% chez les 25-34 ans à 46,9 % chez les 35-44 ans, 56,8 % chez les 45-54 ans, 68,4 % chez les 55-64 ans et 74^1 % chez les 65 ans et plus.Autre donnée étonnante révélée par ce sondage : les personnes s'étant présentées comme non croyantes, athées ou agnostiques indiquent dans une proportion de près de 12 % que la religion les a beaucoup ou assez influencées par rapport aux valeurs les plus importantes de leur vie.Un nouveau sujet tabou ?La religion est-elle en voie de devenir, comme l'était autrefois la sexualité, un sujet tabou ?Le sondage SOM-Ld Presse sur les valeurs indique clairement que les personnes âgées de 18 à 24 ans ont entendu le sujet de la religion abordé dans leur famille passablement et même beaucoup moins souvent que les adultes de toutes les autres catégories d'âges.Ainsi, chez les plus jeunes, seulement 36 % disent que ce sujet a été souvent abordé dans leur famille pendant leur jeunesse alors que la proportion chez les 55 ans et plus dépasse les 74 %.Chez les plus jeunes, souligne même le sondage, un sur cinq ( 22 % ) n'a jamais entendu le sujet de la religion abordé dans sa famille.Par comparaison, on peut dire que la sexualité est aujourd'hui un sujet pratiquement aussi souvent abordé que la religion dans les familles des plus jeunes.On constate même chez les 18-24 ans qu'un plus grand nombre de familles n'ont jamais abordé le sujet de la religion que celui de la sexualité ( 15,3 % ).Chez l'ensemble des répondants et dans toutes les catégories d'âges, sous le mot « souvent » parmi les réponses fournies relativement aux sujets abordés dans leur famille pendant leur jeunesse, c'est toutefois la religion ( 59,7 % ), plutôt que l'argent ( 51,7 % ), la politique ( 31,4 % ) et la sexualité ( 15 % ), qui bat la marche.La religion à l'école Les personnes interrogées estiment « très important » ou « assez important » dans une proportion de plus de 93 % le rôle de l'école dans l'éducation des enfants relativement aux valeurs sociales ou à la vie en société.Le rôle de l'école dans l'éducation aux valeurs morales ( les valeurs reliées à ce qui est bien ) est jugé important ( « assez » ou « très important » ) par 87 % des répondants.En comparaison, le rôle de l'école dans l'éducation des enfants par rapport aux valeurs religieuses ( reliées à une religion ) est qualifié de « très important » par seulement 17,1 % des répondants et d'« assez important » par 30,7 %, pour un total de 47,8 %, ce qui est un résultat beaucoup plus faible que ceux obtenus dans les deux cas précédents.L'éducation religieuse à l'école est vue comme importante par 70 % des croyants pratiquants alors que 38 % des croyants non pratiquants sont de cet avis.Mais ici comme dans toutes les autres questions concernant la religion, on constate un écart considérable entre les opinions exprimées par les plus jeunes et celles de leurs aînés : seulement 17,6 % des 18-24 ans jugent importante l'éducation aux valeurs religieuses à l'école alors que 45 % des 25-34 ans partagent cette opinion et que la proportion des personnes de 65 ans et plus faisant de même atteint pratiquement les 70 %.Méthodologie Ce sondage sur la transmission des valeurs a été réalisé au moyen d'appels téléphoniques par SOM du 1er au 7 avril.Au total, 1009 entrevues ont été complétées auprès d'un échantillon représentatif de la population du Québec.On estime le taux de réponse obtenu à 61 %, alors que le taux de personnes qui n'ont pu être jointes au cours de la période d'enquête se situe à 10 % et la proportion de refus à 29 %.La marge d'erreur échantiMonnaie sur une proportion estimée est d'au plus 3,4 % au niveau de confiance de 95 %.SONDAGE La Presse SOM Q_ Rôle de l'école dans l'éducation aux valeurs religieuses Très important Assez Important Peu importent Pas du tout important Total\t\t\t17,1 %\t\t30,7%\t\t34,4%\t\t17,8% Région de Montréal\t\t\t16,5\t\t26,9\t\t35.4\t\t21,2 Région de Québec\t\t\t17,3\t\t30.8\t\t31.2\t\t20,7 Autres régions\t\t\t17.6\t\t34.9\t\t34.0\t\t13,5 Francophones\t\t\t17.1\t\t29,4\t\t36.4\t\t17,2 Anglophones\t\t\t17.0\t\t36,4\t\t26.1\t\t20.6 Hommes\t\t\t16.7\t\t27.3\t\t35,5\t\t20.5 Femmes\t\t\t17,4\t\t33.8\t\t33.4\t\t15.4 ¦ Influence des parents par rapport aux valeurs les plus importantes\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\tBeaucoup\t\tAssez\t\tPeu\t\tPas du tout Total\t\t\t70,1 %\t\t19,1%\t\t7,5%\t\t3,3% Région de Montréal\t\t\t71.1\t\t18.8\t\t7.4\t\t2,8 Région de Québec\t\t\t73.2\t\t21,2\t\t4.9\t\t0.8 Autres régions\t\t\t68,4\t\t18.9\t\t8.2\t\t4,5 Catholiques\t\t\t70,0\t\t19.3\t\t7.5\t\t3.2 Protestants\t\t\t80.6\t\t11,3\t\t6.7\t\t1.5 Athées/agnostiques\t\t\t61.9\t\t21.3\t\t8.6\t\t8.2 Autres\t\t\t68.8\t\t24.4\t\t3.8\t\t3.0 Langue maternelle\t\t\t\t\t\t\t\t\t Français\t\u2022 \u2022\t\t68.6\t\t19.9\t\t8.0\t\t3.5 Anglais\t\t\t76,6\t\t15,3\t\t5.5\t\t2,6 ¦ Depuis un an, combien de fois avez-vous assisté à un office religieux?\t\t\t\t\t\t\t\t\t \tAucune\tUm\tDeux\tEntre 3\tEntra 5\t\tEntra 10\tEntra 20\t50 lois \tfols\tlois\tfols\tet 5 (ois\tettOfois\t\tet 20 lois\tet 50 lois\tet plus Total\t19,6%\t10,4%\t9,7%\t20,3% 10,5%\t\t\t6,6%\t10,0%\t12,8% Région de Montréal\t18.6\t10.2\t12,0\t18.5\t10.5\t\t7.0\t4.3\t18.9 Région de Québec\t23.0\t10,6\t9.5\t20.4\t9.2\t\t6.9\t10,9\t9.6 Autres régions\t16,3\t10,3\t9.5\t20,5\t12.1\t\t6.2\t10.3\t14.9 Catholiques\t17,4\t10,4\t9.7\t21.1\t11.4\t\t6.5\t102\t13.4 Protestants\t14,2\t3,1\t7.5\t16,1\t14.3\t\t4.3\t17.0\t23.6 Athées/agnostiques\t55,7\t13,3\t11.9\t15,3\t2.5\t\t1.3\t\t Autres\t13,2\t7.8\t10,8\t23,4\t1.2\t\t22,4\t14,1\t7.0 18-24 ans\t28.9\t16,6\t13.7\t23,9\t4,3\t\t6.1\t3.7\t2.7 25-34 ans\t22,9\t12.4\t13.1\t23.6\t13.3\t\t3,5\t6.4\t4.9 35-44 ans\t24,5\t8.9\t10.8\t26,4\t11.1\t\t6.8\t7.1\t4.5 45-54 ans\t18,8\t14.3\t9.6\t15,4\t14,2\t\t8.3\t11.1\t8,3 55-64 ans\t10,3\t5,0\t7.3\t14,9\t6.6\t\t9.3\t15.3\t31.1 65 ans et plus\t9.1\t4.9\t2,8\t13,9\t9,8\t\t7.1\t18,4\t33,9 Langue maternelle\t\t\t\t\t\t\t\t\t Français\t20.4\t10,7\t10,6\t20.7\t9.2\t\t6.2\t9,4\t12.9 Anglais\t16.2\t9.2\t6,3\t18,7\t16.4\t\t8.6\t12,5\t12.1 Hommes\t21,6\t11.2\t11.3\t22,3\t9.3\t\t6.1\t8.6\t9.6 Femmes\t12.8\t9.6\t8.2\t18.4\t11,7\t\t7,2\t11.3\t15.8 ¦ Influence de la religion par rapport aux valeurs les plus importantes\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\tBeaucoup\t\tAssez\t\tPou\t\tPas du tout Total\t\t\t27,3%\t\t25,3%\t\t27,2%\t\t20,2% Région de Montréal\ta\t\t29.9\t\t23,9\t\t25.0\t\t20,3 Région de Québec\tP \u2022\t\t28,6\t\t24.9\t\t30.4\t\t16,1 Autres régions\t\t\t24.1\t\t27,0\t\t27.8\t\t21.1 Catholiques\t\t\t26.0\t\t26.9\t\t29,2\t\t18,0 Protestants\t\t\t57.6\t\t22.9\t\t5,9\t\t13,6 Athées/agnostiques\t\t\t7.1\t\t4.5\t\t27,2\t\t61,2 Autres\t\t\t45.2\t\t30.4\t\t13.7\t\t10.7 Pratiquants\t\t\t48,5\t\t32.1\t\t12,3\t\t7.1 Non-pratiquants\t\t\t17,3\t\t24,2\t\t36.8\t\t21.7 Non-croyants\t\t\t3.6\t\t8.3\t\t29,6\t\t58,5 Hommes\t\t\t20,9\t\t25.0\t\t31,2\t\t22.9 Femmes\t\t\t33.2\t\t25.6\t\t23,4\t\t17.8 ¦ Parlait-on de religion dans votre famille?\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\tSouvent\t\tRarement\t\t\t\tJamais Total\t\t\t59,7%\t\t\t32,8%\t\t\t7,5% Région de Montréal\t\t\t56.9\t\t\t35,5\t\t\t8,2 Région de Québec\t\t\t64,9\t\t\t29.7\t\t\t5.4 Autres régions\t\u2022\t\t62,2\t\t\t30,5\t\t\t7.3 Catholiques\t\t\t63,3\t\t\t30.5\t\t\t6.1 Protestants\t\t\t41.9\t\t\t51,8\t\t\t6.4 Athées/agnostiques\t\t\t25,5\t\t\t52,1\t\t\t22.3 Autres\t\t\t67.8\t\t\t27.4\t\t\t4.8 Pratiquants\t\t\t77.3\t\t\t20,4\t\t\t2.4 Non-pratiquants\t\t\t54,7\t\t\t36.7\t\t\t8,5 Non-croyants\t\t\t25.7\t\t\t54,5\t\t\t19,8 Langue maternelle\t\t\t\t\t\t\t\t\t Français\t\t\t61,5\t\t\t31,3\t\t\t7.2 Anglais\t\t\t52.1\t\t\t39,2\t\t\t8.7 Hommes\t\t\t55,9\t\t\t36.2\t\t\t7.9 Femmes\t\t\t63.2\t\t\t29.7\t\t\t7.2 Les jeunes veulent du solide Infographie U Pnsse Hélène Beaupré n'est pas indifférente au fait que les paroisses aient tant de mal à attirer et à retenir les jeunes.Loin de là.La jeune femme de 34 ans, mère d'un lils de deux ans et dont le COnJoinl travaille en pastoralc-jeu-nessCi es.croyante eu tomme ou du, «« pratiquante ».Depuis la fin dfe son adolescence, elle s'est toujours intéressée à l'action en relation avec la loi.Bachelière en études bibliques, elle a elle-même été ngagee sur le terrain pendant plusieurs années et est aujourd'hui responsable d'un groupe d'une quinzaine de jeunes adultes cherchant à approfondir leur foi à travers l'enseignement de l'Église, le Buisson ardent.« Moi, ce que j'ai remarqué, dit Mme Beaupré, c'est que les jeunes veulent du solide, pas de l'edulco-re.Ils sont radicaux, ils veulent du radical.On a en Occident une culture spirituelle extrêmement solide mais elle est cachée, on n'en parle pas.C'est la première chose.» Et les autres choses ?.Ici, la jeune femme, qui n'est manifestement pas du genre à tourner longtemps autour du pot, est plus que directe : « J'ai déjà fréquenté ma paroisse mais je n'y vais plus.Je vais plutôt au sanctuaire Marie-Reine-des-Coeurs, qui n'est pas très loin de chez moi.Je ne vais plus dans ma paroisse parce que les liturgies sont plates.J'y ai été cate-chète pour la préparation au Pardon.Parce que j'étais jeune, à cause de ma façon de travailler, je n'étais pas crédible.Donc, j'ai laissé.(.) Oui, c'est un peu dramatique.Comme c'est dramatique de se faire appeler « les petits jeunes » jusqu'à passé 30 ans.Moi, je pense que les jeunes sont présents dans les paroisses quand il y a des activités spécifiques pour eux, des activités pour les apprivoiser.Les paroisses en veulent, des jeunes, mais des fois les tentatives sont malhabiles.Des paroisses veulent des jeunes, mais seulement pour qu'ils servent de décorations : elles ne veulent pas qu'ils parlent, qu'ils s'expriment.On infantilise le jeune.On ne le prend pas au sérieux.Il faut l'écouter, se laisser déranger par lui.» Mme Beaupré concède que, mal- gré tout, dans certaines paroisses, «il y a des initiatives qui sont réussies ».Selon elle, il se peut que « quelque chose d'autre que la paroisse » émerge : « Des lieux où on réfléchira sur l'enseignement de l'Église, où on pourra s'engager socialement, où la liturgie sera signifiante.Les jeunes vont aller où on offrira ça.» Et les paroisses actuelles ?«« Les curés sont devenus des administrateurs de bâtisses vides.Ils n'ont plus le temps de s'occuper du monde.Us s'occupent des bâtisses.)* LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 1 I AVRIL 1998 Plus Thérèse Daviau : i PHOTOS ARMAND TROTTiER.La Presse I charmante, chaleureuse, Nathalie Petrowski Je ne connaissais pas Thérèse Daviau.Je ne savais pratiquement rien sur la nouvelle candidate à la mairie.Je n'avais jamais vu en personne celle qui fut, il y a 20 ans, un des membres fondateurs du RCM.Jamais croisé cette fille unique d'un petit commerçant de Saint-Michel et du Plateau.Jamais entendu un de ses discours.Et pourtant, dès que j'ai mis le pied dans son bas de triplex, avenue Laurier, j'ai eu l'impression que je connaissais Thérèse Daviau depuis toujours.Celte impression d'intimité n'avait rien à voir avec le décor, un mélange de granole rafraîchi et de « early » contemporain débranché, où rien ne traîne, où tout est à sa place sauf la chambre à coucher installée de manière incongrue dans le salon qui donne sur la rue et qu'elle partage depuis 12 ans avec René Giroux, un promoteur immobilier qu'elle a connu à l'adolescence, perdu de vue et retrouvé 20 ans plus tard, alors qu'ils venaient tous les deux de divorcer.Cette impression d'intimité venait d'une foule de détails insignifiants : la pinte de lait qu'elle a déposée sur la table sans cérémonie, le paquet de Du Maurier qu'elle a sorti sans s'excuser, sa manie de tutoyer tout le monde et son pull canari qui battait de l'aile dans la cuisine bleu et blanc rénovée bien avant l'invention de l'halogène et des frigos Sub Zéro.Et puis il y avait Thérèse elle-même, une femme de 53 ans, une sorte de grande soeur ou de matante délurée et charmante qui adore le golf et les disques de Nathalie Cole et qui, peu importe où elle se pointe, a le don de mettre les gens a l'aise et de réveiller le plus plate des partys.Elle est de ces femmes devant lesquelles on se sent immédiatement en confiance, pour aucune raison précise, sinon cette humanité enjouée qu'elle dégage dés qu'elle entre en relation avec les autres.peut-on lire à la fin du document de quatre pages.Chaleureuse, charmante, humaine, enjouée, em-pathique, voilà la Thér.èse Daviau que j'ai rencontrée.Voilà celle aussi dont m'ont parlé ses détracteurs.Assez curieusement, ces derniers n'avaient rien à redire sur elle, au plan personnel.Thérèse Daviau, la femme, semble faire l'unanimité autour d'elle.Tout le monde veut l'inviter à son party.En revanche, Thérèse Daviau, chef du RCM ou futur maire de Montréal, c'est une autre paire de manches.Le leadership Beaucoup de gens estiment en effet qu'elle manque de cet ingrédient essentiel pour faire de la politique : le leadership.À l'absence de leadership s'ajoute la liste habituelle de reproches : influençable, manipula-ble, trop conservatrice, fait trop de compromis, compte trop sur l'opinion des autres, n'agit pas assez vite et, parfois, n'agit pas du tout, ne domine pas les situations, ne sait jamais ce qui se passe dans ses rangs, dit trop souvent que ce n'est pas de sa faute, etc.Bref, la femme formidable dans la vie ne récolte pas des scores politiques fracassants.La conseillère Hélène Fotopulos, qui a quitté le RCM en grande partie à cause de Daviau, dit que Thérèse est la femme la plus gentille du monde.Ma mère aussi est très gentille, ajoute-t-elle, mais je ne la verrais pas maire de Montréal pour autant.D'un chef de parti, poursuit-elle, je demande qu'il me pousse, qu'il me stimule, qu'il m'interpelle.Avec Thérèse j'avais l'impression d'être.comment dire ?Abandonnée.humaine, mais.Thérèse Daviau ne pourrait peut-être pas vendre un frigo Sub Zéro a un Esquimau, mais elle saurait convaincre un paranoïaque qu'il n'est pas en danger ou un déprimé anonyme que la vie vaut la peine d'être vécue.Elle est de us femmes devant lesquelles on se sent immédiatement en confiance, pour aucune raison précise, sinon cette humanité enjouée qu'elle dégage dès qu'elle entre en relation IVCt les autres.Cette qualité a d'ailleurs ete retenue clans son C.V.Grande ouverture d'esprit et respect de la dignité humaine André Laval-lée, qui a claque la porte du RCM cet automne après avoir néanmoins encouragé Thérèse Da-v i a u à le remplacer comme chef de l'opposition, se contente d'affirmer que Thérèse Daviau n'a pas lait le bon choix en se présentant i la tête du RCM.Mais encore ?Flic ne fait pas le bon choix en se pu sentant à la mairie de Montréal non plus.Sam Bosky.aiu iennement dtl rcm et aujourd'hui de la Coalition démocratique, observe Thérèse Da-irlau députe 20 ans.Au conseil mu-nuipaL il est assis directement iler riere elle.Il est celui qui résume le mieux son évolution.Il y a 20 ans, dit-il, Thérèse représentait les forces vives de la gauche populiste et féministe.À l'époque, elle prenait des positions qui juraient parfois avec les lignes du parti.Elle le faisait parce ci u'elle était très à l'écoute de ses électeurs, ires proche de sa base.Aujourd'hui, on ne sait plus qui elle écoule, sinon les éditorialistes.De la première heure Côté leadership, Sam Boskv trouve que la feuille de route de Thérèse à titre de chel de l'opposition n'est pas reluisante.« Avec un maire minoritaire, et Dieu sait si ce n'est pas arrive souvent à Montréal, elle avait l'occasion de prendre le dessus sur les choses.Elle ne l'a pas fait.El le a laissé les choses aller.Elle a perdu la moitié de son caUCUS.Elle n'a pas su apaiser les chicanes dans ses rangs* Ce n'est pas ce qu'on appelle une performance exceptionnelle* S.un Rosk\\ ajoute lotit de même que Daviau est pour l'Instant le seul chel de parti élu démocratiquement.Son parti a un prOgram* me.une plate-tonne et des membres dûment enregistrés, ci OCS choses-là* bien qu'Imparfaites* onl ai moins le mérite d'exister.Dans la cuisine bleu et blanc du Plateau, Thérèse Daviau cherche à se justifier.Ce n'est pas de ma faute dit-elle, si je me suis retrouvée avec un parti diminué, désorganisé et défait aux dernières élections.Pas de sa faute non plus, si Jean Doré a sacré son camp au lieu de l'aider à faire une analyse de la situation et à rebâtir le parti.Pas de sa faute si elle s'est retrouvée chef de l'opposition.Fallait bien que quelqu'un y aille.Pas de sa faute si tout le monde a décidé d'en faire à sa tête et ainsi de suite.Quand Thérèse Daviau parle de politique municipale, elle n'est pas nécessairement très passionnante.Mais comme le sujet n'est pas passionnant en soi, ça se comprend.Sa vision de Montréal, bien que moins embrouillée que celle du maire Bourque, manque néanmoins de lumière et de clarté.En revanche, quand Daviau raconte comment-elle a travaillé d'arrache-pied à la création du RCM, comment elle a visité tous les fonds de cour et les cuisines du Plateau, comment elle s'est démenée pour son ami Jean Doré tout en élevant deux filles et en faisant ses HEC puis ses études en droit, comment elle en a arraché et comment, juste au moment, où elle allait enfin gagner sa vie comme avocate, la tentation de la politique l'a fait craquer, on trouve que si elle manque de leadership, elle ne manque ni de courage ni de détermination.Et puis immanquablement, au détour de la conversation, les événements de Poly refont surface avec leur lot incontournable de cauchemars.Thérèse Daviau, on le sait* a perdu Geneviève, sa fille aînée, dans la tuerie de Poly.Elle en parle volontiers, même si ses ennemis lui reprochent en douce de faire de la récupération politique avec la mort de sa fille.La conseillère Hélène Fotopulos.qui a quitté le RCM.dit que Thérèse Daviau est la femme la plus gentille du monde.« Ma mère aussi est très gentille, mais je ne la verrais pas maire de Montréal pour autant.» Min.je crois plutôt qu'elle parle des événements de Poly parce que i fut* a coup sur.le moment le plus difficile de sa vie et qu'elle i réussi, malgré les larmes et les Craintes de dépression, a ne pas sombrer.Le triumvirat Daviau i orsqu'ellc raconte sut un ion presque détaché la chronologie du 6 écembre, on en .ï des frissons II y a d'abord l'insouciance avec laquelle cette journée a commencé.Et puis cet appel fait à sa fille Catherine à la fin de l'aprés-midi.Il y a aussi le fait qu'en plus d'être membre du comité exécutif et vice-présidente de la Société de transport de la CUM, Daviau était à l'époque la mère de deux belles grandes filles qu'elle avait pratiquement élevées seule au deuxième d'un petit logement du Plateau.Pendant des années, et cela avant que René Giroux ne revienne dans sa vie, Thérèse ne vivait que pour ses filles.À trois, elles formaient un triumvirai plus qu'uni : tricote serré.Aussi le 6 décembre 1989, en écoutant sa fille Catherine s'inquiéter du sort de sa soeur qui étudiait a Poly, a-t-elle eu un pressentiment terrible.Une heure plus tard, au retour du quartier général de la police, où personne n'était en mesure de lui dire ce qui se passait, le pressentiment s'est mué en certitude.« Je pense que j'ai commencé à faire mon deuil à ce moment-là.dit-elle.Geneviève était une fille trop responsable pour ne pas penser à nous appeler et à nous rassurer.» Commença alors le plus long siège de l'histoire du bas de triplex du Plateau.À la télé, les nouvelles étaient de plus en plus catastrophiques.Et toujours ce téléphone qui ne sonnait pas.Finalement, vers 22 h, René a appelé de Poly.« Ils viennent de nommer Geneviève, a-t-il murmuré.Elle fait partie de la liste des victimes.Je dois aller identifier son corps.» Vivre Poly de l'intérieur À ce moment-ci du récit, Thérèse Daviau abandonne son ton presque anecdotique pour éclater en larmes Le temps est suspendu dans la cuisine bleu et blanc et je sens l'émotion me gagner.C'est la première fois qu'on me raconte comme ça ce drame que je connais pourtant par coeur.La première fois que je vis Poly de l'intérieur.Au lieu de sécher ses larmes, Thérèse continue de pleurer tout en m'encourageant à en faire autant.Et puis doucement, nous revenons sur terre.Elle me raconte alors comment l'amour et la confiance reçus île ses parents lui ont donné la force et l'équilibre nécessaires pour ne pas capoter.Comment elle a vécu les deux semaines après Poly dans la brume et l'irréalité les plus { o m p I e t e s .Comment elle I tente de fuir sa peitte en s'occti-pant des autres.Comment sà peine la rattrapait de manière mat tendue au détour d'une rue OU se 11 le dans son auto.Lt puis, la \\ ie ; continué envers et contre tout.La vie .i continué parce que ie suis quelqu'un de foncièrement1 «m> liinisie.quelqu'un qui croit en la vie et qui refuse de se laisser abat* tre ».dit-elle.Et, pour une lois elle n'ajoute pas que ce n'est pas de sa faute* Pour une lois, elle asSUM i atierement. B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 I AVRIL 1998 Plus Le Liban, le plus grand chantier du monde EVE-MARIE ZIZZA Le Figaro e pays du cèdre se reconstruit.En 1996, les visiteurs ont rapporté 715 millions de dollars.Les émirs reviennent.Les touristes redécouvrent à leur tour cette terre d'histoire.Dans les restaurants, les musiciens traditionnels s'arrêtent de chanter quand leur portable sonne.Dehors, le muezzin disparaît derrière les beuglements des sirènes américaines.La chaîne de pâtisseries libanaises la plus réputée s'appelle Sea Sweet.L'anglais grignote les affiches.Beyrouth-Manhattan fondue dans le ciel opaque, Beyrouth-Las Vegas, étrange attelage de buildings et de néons acides.Beyrouth chaotique, bouche ouverte aux dents creuses, enchaînement de maisons défaites et d'échafaudages en suspens.Le Liban se reconstruit, comme on se fait refaire le nez.Avec plus ou moins de grâce, la sensation d'un corps étranger à absorber et le sentiment pour certains d'un excès de silicone.La greffe prendra-t-elle ?Les agences de tourisme croisent les doigts.En 1996, les visiteurs ont rapporté 715 millions de dollars.Les Libanais de la diaspora s'interrogent sur un éventuel retour.Les émirs collectionnent les suites à 1000 dollars et poussent leur piles de jetons sur les tapis bien lisses du casino refait à neuf.Les Européens commencent à revenir, passionnés d'archéologie, curieux ou voyeurs, ceux qui ont vécu la guerre par écran interposé et qui veulent attraper l'histoire au vol, voir les petits trous en bloc, accomplir un certain devoir de mémoire.On n'en finit pas de s'interroger et les Libanais n'en finissent pas de répondre, comme pour se libérer d'un passé trop proche.Aujourd'hui, Beyrouth, c'est d'abord le « plus grand chantier du monde », des camions qui circulent jour et nuit, des rues qui s'endorment éventrées et se réveillent sous l'asphalte, des centaines d'immeubles abattus, des milliers de tonnes de gravats transportés, amassés sur le littoral pour former un remblai où pousseront bientôt d'autres immeubles.Autour de la place des Martyrs subsistent tout de même quelques spécimens du style néoclassique ottoman, piqués par les balles et couverts d'une résille de bâches d'où ils surgiront bientôt, ressuscites.Plus fatigués encore, les édifices re- QiTy a-t-Il de commun entre les ouvriers de chantier payés 15 dollars par jour et les beautés pigeonnantes qui exhibent leur dernier maillot Eres ?Sans doute une histoire partagée, peut-être la volonté de restaurer l'unité d'un pays.ligieux s'observent, à une centaine de mètres les uns des autres : une mosquée, une église grecque catholique, une église grecque orthodoxe et une autre maronite, symbo-les de cette fraternité modèle qui a dégénéré en luttes intercommunaux taires un certain 13 avril 1975.À 50 kilomètres de là, à Byblos, on pourrait croire que la guerre n'a pas eu lieu : le port miniature déposé sur une mer de satin, une lumière qui bat des cils sur la pierre blonde, l'assurance millénaire du site archéologique et Pépé.Pépé?C'est l'âme de Byblos, un morceau du Liban d'hier.Quand on grimpe sur la terrasse de son restaurant, le Fishing Club, on croit retrouver les vibrations du Saint-Tropez des années 50.Le « capitaine », enchaînant les souvenirs en apnée, fait visiter son musée personnel à tous ses hôtes, incroyable somme de vestiges sauvés des eaux et de bijoux réalisés avec tous ses trésors, lui le «joaillier des mers phéniciennes ».L'ensemble composera bientôt la fondation Pépé Abed, reconnue par l'Unesco.Derrière l'archéologie, il y a aussi le musée de la mémoire festive, les photos délavées, les coupures de presse, l'éclat d'un passé qui gronde sur les murs comme un ciel chargé d'orage.Bungalows, bananiers, sable fin et bateaux de pêche ont disparu avec l'âge d'or, reconstruits ailleurs par d'autres, sur la corniche et la colline de Jounieh où les jeunes rejouent crânement la fureur de vivre.Le pays n'en finit pas de superposer ses mondes dans le temps et dans l'espace.Il suffit de visiter les grands sites archéologiques pour s'en convaincre.Baalbek, Byblos, Saïda, Tyr, Anjar.Des Cananéens à la conquête arabe, la pierre porte les traces des guerres, des remodelages et des talents de chaque civilisation.Choisis pour leur situation exceptionnelle \u2014 cercle magique de montagnes roses, horizons conquérants \u2014, ces sites écrasants dé beauté surprennent le voyageur le mieux préparé.Ils mettent en perspective les époques et invitent à la lecture du Liban d'aujourd'hui.Qu'y a-t-il de commun entre les joggeuses en jupette, les fillettes, les femmes voilées qui se baignent le soir tout habillées dans la mer?Entre les ruelles grouillantes où l'on tue les poules à même l'étal et l'avenue métallique des banques, entre les ouvriers de chantier payés 15 dollars par jour et les beautés pigeonnantes qui exhibent leur dernier maillot Eres en picorant des mezze ?Sans doute une histoire partagée, peut-être la volonté de restaurer l'unité d'un pays.Il y a 15 ans, la guerre au Liban frappait l'opinion publique américaine UNE PAGE D'HISTOIRE Pierre Vennat Le 18 avril 1983, il y a donc 15 ans, la guerre civile du Liban, qui faisait rage depuis déjà quelques années, frappait de plein fouet l'opinion américaine : l'explosion d'une camionnette truffée de 150 kilos de dynamite venait dévaster l'édifice moderne de sept étages abritant l'ambassade des États-Unis à Beyrouth, tuant au moins 39 personnes, dont six Américains, et en blessant 120 autres.La puissante déflagration avait souffle tous les étages de la façade du bâtiment, pourtant gardé par un double cordon de sécurité améri-^ ain et libanais.11 était 13 h a Beyrouth et l'ambassadeur Robert Dillon, en T-shirt et survêtement de sport, 5'apprêtail i sortir de son bureau du dernier «ge pour faire son jogging, lorsque l'explosion s'était produite.On ignorait toutefois si la camionnette GMC, munie d'une fausse plaque diplomatique, avait saute avec son conducteur en forçant le ; rt.nl de l'ambassade ou si la déflagration étail télécommandée.Le président libanais Aminé Ge- mayel s'était rendu sur les lieux peu après l'attentat, «ni l'attendait un spécial !< d'horreur et de désolation: membres humains |onchani I» trottoir* voitures calcinées OU en- core en feu projetées à des dizaines de mètres, fumée blanche s'élevant du bâtiment ou de multiples incendies s'étaient déclarés.L'attentat avait été revendiqué par l'Organisation du djihad islamique dans un appel téléphonique à l'Agence France-Presse.Le président Ronald Reagan avait aussitôt affirmé que cet « acte haineux et lâche » n'empêcherait pas les États-Unis de poursuivre leurs efforts en vue de la paix dans la région.Dans un autre appel, cette fois-ci au journal Al-Liwa, un individu disant parler au nom de cette même organisation, avait déclaré que l'attentat faisait partie de « la campagne delà révolution iranienne contre les cibles impérialistes à travers le monde ».Mais la télévision iranienne condamnait peu après les « mass média impérialistes » qui essayaient de lier à l'Iran l'attentat de Beyrouth.Quant à l'Organisation du djihad islamique, elle restait largement inconnue.Elle s'était manifestée la première fois le mois précédent seulement, revendiquant la responsabilité d'une série d'attentats contre des soldats américains, italiens et français de la Force multinationale au Liban.Le commandant des marines américains au Liban, le colonel James Maad, avait toutefois déclaré qu'il travaillait sur une thèse liant cette organisation au groupement chiite libanais Amal, plus précisément à une faction farouchement pro-iranienne d'Amal, mouvement dirigé par un enseignant, Hussein Musawi.L'immeuble de l'ambassade des États-Unis avait, jusque-là, survécu aux bombardements intensifs de Beyrouth-Ouest par l'aviation is raelienne.Mais c'était la première fois que l'ambassade des États-Unis était la cible d'un attentat aussi meurtrier depuis le déclenchement de la guerre civile libanaise, en 1975.Les attentats anti-américains au Liban n'avaient pas manqué toutefois.En juin 1976, l'ambassadeur Francis Meloy avait même été enlevé et assassiné par un commando, en même temps que l'attaché économique Robert Waring et un chauffeur de l'ambassade.Puis, en avril 1979, l'ambassade était endommagée par des tirs de grenades et une bombe éclatait devant le Centre culturel américain, sans toutefois faire de victime.En août 1980, c'était au tour de l'ambassadeur John Gunther Dean, accompagné de sa femme et de sa fille, d'essuyer le feu de mitraillettes sur sa voiture.Ils n'avaient pas étés blessés.Nouvel attentat avorté contre l'ambassadeur en mars 1981.Enfin, en avril 1982, des inconnus avaient blessé le colonel Frédéric Hof en lui tirant dessus alors qu'il traversait la ligne séparant Beyrouth-Ouest de Beyrouth-Est, et en juillet de la même année, le président de l'Université américaine, David Doge, avait été enlevé par des éléments qui se disaient « pro-iraniens ».Le Liban, maintenu à l'écart du processus de paix israélo-arabe, continue de subir les effets de la guerre opposant l'armée israélienne au Hezbollah chiite, soutenu par la Syrie et l'Iran.Mais en 1958, des nationalistes arabes, favorables au président égyptien du temps, Gamal Abdel Nasser, qui se faisait le champion de l'unité arabe et rêvait d'une « république arabe unie », déclenchaient une première guerre civile qui ne prit fin qu'après une première intervention américaine.En 1967, toutefois, les Palestiniens, réfugiés au Liban depuis 1948, s'organisèrent de façon autonome et, de 1970 à 1976, de nombreux affrontements entre les autorités libanaises et eux se produisirent, dégénérant en 1975 en guerre civile, la Syrie, pays voisin, prenant le parti des Palestiniens.S'affrontèrent alors une coalition de « gauche », favorable aux Palestiniens, en en majorité sunnite, druze puis chiite et dont les principales forces armées étaient les feddayin, les milices dru/es et celles du mouvement Amal, lesquels se querellaient souvent entre elles ; et une coalition de « droite », en majorité maronite et favorable à Israël, dont les principales forces étaient Une situation complexe depuis longtemps La situation politique au Liban a toujours été complexe.En 1943, lorsque le pays obtint son indépendance après avoir eu un protectorat français depuis 1920, on institua un « pacte national », système politique confessionnel répartissent les pouvons entre les maronites, les sunnites, les chiites, les grecs-orthodoxes, les dru/es et les grei s-catholiques.les Phalanges et l'armée du Liban-Sud.En 1978, dans le but d'essayer de mettre fin à cette guerre civile, l'ONU cTéa une Force Intérimaire lies Nations unies au Liban ( Fl-NUL ), à laquelle participèrent no tammenl les Américains, les Français et les Italiens* Comme pour ne pas être en reste, l#armée israélienne envahit le pays et fit le blocus de Beyrouth, en chassant les tories années palestiniennes pour ne se retirer une première fois qu'en 1985.deux ans après I attentat con- tre l'ambassade américaine.Mais la guerre civile continua.Cette fois-ci, ce furent les troupes syriennes qui envahirent le pays et en 1988.le président Aminé Ge-mayel, qui avait remplacé son frère Bachir, assassiné, comme président de la république, termina son mandat dans la confusion.Deux gouvernements, l'un civil et musulman à Beyrouth-Ouest, dirigé par Selim Hoss, et l'autre militaire et chrétien, à Beyrouth-Est, présidé par le général Michel Aoun et hostile aux Syriens, se faisaient la lutte.La guerre civile était compliquée par des affrontements à l'intérieur de chaque camp, notamment entre diverses tendances musulmanes : sunnites, chiites modérés du mouvement Amal, chiites partisans de l'Iran ( Hezbollah ).Ces derniers, à partir de 1985, recoururent aux prises d'otages occidentaux, surtout Français et Américains.En 1989, Remi Mowad était élu président de la république.On l'assassina.Des accords prévoyant un rééquilibre de pouvoir en faveur des musulmans intervinrent toutefois, mais le général Aoun s'y opposa.Celui-ci fut finalement neutralisé par l'armée libanaise officielle, aidée par les Syriens et, à compter de 1991, après le désarmement des milices et le déploiement de l'armée libanaise officielle dans le grand Beyrouth, s'amorce la restauration de l'autorité de l'État libanais, mais sous tutelle syrienne.I e pays, maintenu à l'écart du processus de paix israélo-arabe, continue de subir les effets de la guerre opposant l'armée israélienne au Hezbollah chiite, soutenu par la Syrie et l'Iran.Et son économie est toujours mal en point, même si Beyrouth se reconstruit a un train d'enfer. .«.- LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 11 AVRIL 1998 B7 Plus La Grande-Bretagne pourrait adhérer à l'euro bien plus tôt que prévu ANDREW ADONIS The Observer.LONDRES La Grande-Bretagne pourrait adhérer à l'euro bien plus tôt que ne le croient la plupart des observateurs.C'est la conclusion à tirer de deux développements politiques récents.Tout d'abord, le chancelier de l'Échiquier, Gordon Brown, a dévoilé un budget remarqué pour sa rigueur en matière fiscale.Il a ensuite présidé une réunion des ministres des Finances des Quinze, à York, où ses déclarations au sujet du « soutien croissant de l'opinion en faveur de l'euro » ont été abondamment commentées.Le second \u2014 passé presque inaperçu, mais tout aussi significatif \u2014 concerne le leader de l'opposition, William Hague.D'après des sources bien placées, il souhaiterait adopter une position « plus flexible » sur l'adhésion de Londres à la monnaie unique que celle défendue par son parti jusqu'à présent.Le leader tory n'a pas encore expliqué le fond de sa pensée, mais il semble vouloir apaiser les forces pro-européennes dans son parti, et éviter ainsi de se retrouver piégé au cas où le gouvernement profiterait d'un climat politique propice pour adhérer rapidement à l'euro.Cependant, il semble peu probable que Londres adhère à l'euro avant les prochaines législatives, prévues en 2001 ou en 2002.Mais, si d'ici à l'année prochaine l'accouchement de l'euro s'est fait sans douleur et que l'enfant ait l'air de bien grandir, le débat aura peut-être déjà changé de terrain pour se focaliser sur les « pour et contre » d'une adhésion dans un avenir plus proche.Aucune des déclarations du gouvernement censées tempérer l'ardeur des pro-européens \u2014 que ce soit les « cinq conditions » énoncées par M.Brown au sujet de l'impact économique de l'euro, ou sa déclaration l'année dernière selon laquelle Londres n'avait pas l'intention d'adhérer avant les prochaines élections \u2014 n'interdit au gouvernement de rejoindre la monnaie unique dans l'immédiat.Des appuis à l'Euro Tony Blair pourrait facilement plaider un changement de circonstances.Et puisque quelques-uns de ses alliés les plus importants militent en faveur d'une telle décision, un revirement sur l'euro serait accueilli par autant de louan- Onze pays en route pour l'euro Déficit public 1997 en % du PIB__ Luxembourg/ ¦ Irlande' Dette publique 1997 en % du PIB_ Critère 60% Irlande* Finlande Pays-Bas « 2.7 2,7 3.0 Belgique Portugal Autriche Espagne Allemagne Inflation 1997 en % de variation Critère 2,7% rg .va f \\\\ -.- I France mm 1.4 n 1,2 1,9 1,5 1,9 U 1,9 1,5 1,9 1,3 « e \u2022s 40 l fi Grande-Bretagne, Danemark et Suède ne veulent pas participer au premier train de l'euro.La Grèce ne peut pas y participer.ges que de critiques.Parmi les forces qui soutiennent l'euro, on compte les principaux pdg du pays, la Confédération syndicale ( TUC ) et les libéraux-démocrates, dont M.Blair souhaite se rapprocher dans le contexte d'une possible réforme du mode de scrutin.Quoi qu'il en soit, la décision sera avant tout politique.Le gouvernement se demandera tout d'abord si l'euro va durer.Si la réponse est oui, peu de travaillistes \u2014 et aucun des quatre éléphants, Blair, Brown, le ministre des Affaires étrangères Robin Cook, ou le vice-premier ministre John Prescott \u2014 ne pensent que la Grande-Bretagne pourrait \u2014 ou devrait \u2014 rester longtemps à l'écart.Seul Robin Cook entretient des doutes sur l'intérêt économique de la monnaie européenne.Beaucoup de conservateurs partagent cette vision pragmatique.Certains, comme Kenneth Clarke et Michael Heseltine, le disent ouvertement.Mais certains membres du gouvernement fantôme \u2014 dont William Hague, si l'on en croit les rumeurs \u2014 partagent ce point de sion du pays obtenue au bout de vue en privé, tout en restant plus quinze années de débat ).sceptiques sur les chances de suc- La question du référendum con- cès de l'UEM que ceux qui soutiennent l'euro presque instinctivement.La deuxième question sera de savoir si le gouvernement peut gagner dans l'immédiat un référendum sur l'adhésion à l'UEM.On dit souvent que les Britanniques voteront sans enthousiasme en faveur de l'intégration européenne, à cpndition qu'il n'y ait pas d'autre choix, et de préférence une fois la décision prise ( comme en 1975, où deux personnes sur trois ont voté en faveur de l'Europe deux années après l'adhé- La décision sera avant tout politique.Le gouvernement se demandera tout d'abord si l'euro va durer.Si la réponse est oui, peu de travaillistes penseront que la Grande-Bretagne pourrait \u2014 ou devrait \u2014 rester longtemps à l'écart.tinue à jouer en faveur d'une adhésion retardée.Et puisque Tony Blair ne veut pas entendre parler d'un référendum sur la monnaie unique avant les prochaines législatives \u2014 pour empêcher que le sentiment anti-européen ne réduise ses chances de remporter un deuxième mandat \u2014, il reste peu probable qu'un vote sur l'UEM ait lieu avant l'an 2002 au plus tôt.Mais des signes d'une évolution importante dans l'opinion publique après le lancement de l'euro pourraient changer la donne.L'euro se p par CUL ns 1 calme et la sérénité La position du gouvernement est empreinte de sagesse.Il ne faut pas fermer la porte à la possibilité d'une adhésion rapide, mais il est urgent d'attendre avant de lancer le processus référendaire.Il serait en effet catastrophique de perdre un référendum.La Grande-Bretagne n'aurait pas l'option de demander des concessions, comme le Danemark en 1992, avant d'organiser un nouveau scrutin.Le pays serait exclu de la monnaie européenne au moins pendant un mandat législatif, et l'assentiment du peuple ne serait pas acquis dans un second référendum.Toutefois, s'il est vrai que l'opinion britannique commence à évoluer en faveur de l'adhésion \u2014 pour les mêmes raisons de prudence et de défense qui ont amené la Grande-Bretagne à rejoindre l'Europe en 1973 \u2014, alors les arguments en faveur d'une adhésion rapide sont convaincants.Si l'euro est un succès, la question de l'adhésion empoisonnera la vie politique en Grande-Bretagne jusqu'à ce que nous le rejoignions.Les arguments en faveur d'une adhésion au « bloc euro » sont presque irréfutables, étant donné que la zone euro va devenir, à l'intérieur de l'Europe, un bloc commercial et une force politique unie à part.La question, de plus en plus, est de savoir non pas si Londres va adhérer, mais quand.Une chose reste pourtant claire.Même si la Grande-Bretagne rejoint l'euro, le pays a peu de chances de devenir l'un des moteurs de l'Europe.Même sous Tony Blair, l'axe américano-britannique reste puissant.Il ne s'agit pas uniquement de l'Otan et de la « relation spéciale ».La quête du New Labour d'une troisième voie entre la vieille gauche et la nouvelle droite \u2014 pour citer ce désormais vieux refrain de Tony Blair \u2014 est d'une certaine manière une force qui l'éloigné de l'Europe en le rapprochant de cette Amérique clintonesque que de nombreux partisans de Blair considèrent comme un autre croisé de la « troisième voie ».La tradition et l'histoire ne se réécrivent pas en une année.Journaliste au quotidien londonien « The Observer », l'auteur a rédigé ce texte pour le réseau « World Media » qui regroupe une trentaine de grands quotidiens dont « La Presse ».Ce texte a été traduit par Dan Throsby.PASCAL RICHE World Media.PARIS Le 2 mai, c'est dans le marbre que la monnaie unique sera inscrite.Les chefs d'État et de gouvernement des Quinze dresseront la liste des pays élus, traceront les frontières de ce qu'on appelle déjà « Euroland », décideront à quel niveau seront figées, à jamais, les parités entre les monnaies, à partir du 1er janvier prochain, poseront la première pierre de la banque centrale européenne.Tout semble réglé comme du papier à musique.Les marchés sont calmes.Les hommes politiques sont calmes.Les opinions sont calmes.En France, les polémiques se sont évanouies.À gauche, le parti communiste, anti-euro, se garde de réveiller le débat.Il soutient en effet un gouvernement favorable à la monnaie unique.À droite, les voix antimaastrichtiennes se sont tues.On les entendait jadis dans les rangs du RPR, le parti dont est issu le président de la République.Mais Jacques Chirac ayant fait de l'euro le cap de son septennat, le RPR n'a d'autre choix que de taire ses divisions.Pas de débat public, pas de vagues.Les partisans de l'Euro doivent-ils s'en féliciter ?Ce serait une erreur.Plus l'arrivée de l'euro à la date prévue semble acquise, plus il devient urgent de discuter, se disputer, réfléchir, s'alarmer, bref, préparer l'avenir.Car l'euro n'aura pas que des conséquences agréables pour les populations, et des crises sont à prévoir.L'Euro est sans doute un projet politique formidable : il s'agit d'en finir avec les guerres européennes en soudant à jamais les pays européens par un même « lien social », la monnaie.Mais telle qu'elle a été conçue, l'UEM est un projet économique plein de dangers.Certes, elle présente, pour les entreprises.P-LU5 VITE il.) quelques avantages: la fin des commissions de changes, la fin des crises monétaires, et des taux d'intérêts plus bas dans la plupart des pays.Mais son coût macroéconomique risque d'être lourd.Le choc asymétrique La politique monétaire sera en effet la même pour les onze pays d'« Euroland ».Si tous les pays marchent d'un même pas, connaissent la même conjoncture économique, tout ira bien.Mais que se pas-sera-t-il lorsqu'un pays connaîtra une difficulté particulière \u2014 les économistes parlent de «< choc assy-métrique » ?Ce pays ne pourra pas dévaluer sa monnaie.Il ne pourra pas relancer sa machine en creusant son déficit budgétaire au delà de 3 % du PIB ( le « pacte de stabilité » européen le lui interdit ).Rien n'est prévu pour l'aider.La crise est programmée, mais les Quinze semblent pourtant refuser de l'envisager.Aux États-Unis, lorsqu'un État traverse une crise économique, ses habitants peuvent émigrer vers d'autres États plus prospères.La mobilité des Américains permet au système de tenir.En Europe, les barrières de langue et de culture sont telles que ce type d'amortisseur n'existera pas.La seule façon d'éviter les chocs asymétriques, c'est la solidarité, par l'organisation de transferts financiers visibles ou invisibles.Ce système a un nom : le fédéralisme.Aujourd'hui, les hommes politiques français ou allemands font mine de n'avoir jamais songé à une configuration fédérale.Ils ont la mémoire courte : la monnaie unique a été imaginée comme un ciment au fédéralisme.Au début des années 1990, en effet, la France ne parlait que d'instaurer un « gouvernement économique », l'Allemagne exigeait « l'union politique », et les Douze s'apprêtaient à affirmer dans le préambule du traité de Maastricht la « vocation fédérale de l'Europe » ( les Anglais ont réussi à torpiller l'expression ).La monnaie unique apparaissait alors à ses fondateurs, donc, comme une application typique de la « méthode Jean Monnet » : on crée des contraintes économiques auxquelles les pays ne peuvent échapper qu'en se rapprochant un peu plus.Ce temps semble loin.Entre-temps, les Allemands se sont un peu plus tournés vers le centre de l'Europe et face à l'accélération de la mondialisation, les Français sont devenus très rétifs à tout ce qui n'est pas hexagonal.Résultat, les hommes politiques des Quinze ont renoncé à faire avancer l'Europe, se bornant à sacraliser les trop fameux critères de convergence.Par leur absence d'ambition politique, ils ont presque fini par donner raison aux anti-mastrichtiens.Car, face à leur démission, ce sont les banques centrales \u2014 désormais indépendantes \u2014 et les administrations financières qui se sont approprié le processus.La monnaie unique a servi d'alibi pour imposer rigueur monétaire, budgétaire et salariale.Rien de mieux pour alimenter l'euroscepti-cisme.Il est encore temps de réagir, de retrouver le souffle fédéral initial qui, seul, peut éviter à la monnaie unique de mal tourner.De réfléchir à l'étape suivante : quelles seront les règles de solidarité entre les pays, quel sera le budget européen, quelle sera la fiscalité européenne ?En d'autres termes : de relancer, une fois encore, l'Europe.L'auteur est chef du senice \u2022< économie \u2022 du quotidien parisien « libération »\u2022.lia rédige son texte pour le réseau « World Media» qui regroupe une trentaine de grands quotidiens dont « La Presse »». b 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 11 AVRIL 1998 8 HEURES HEURES DE TOMBÉE Les petites annonces régulière» Mardi au samedi : 17 h la veilla de la parution Dimanche et lundi : 17 h le vendredi précédent Annonces encadrées 48 h avant la parution HEURES D'OUVERTURE Lundi au vendredi : 8 h à 17 h 30 INTERURBAIN SANS FRAIS 1 800 361-5013 TÉLÉCOPIE : 848-6287 100 Immobilier Maisons de repos.centres d'accueil______ Garages.- On demande à louer .On demande â partager Sous-»ocat»on \u2014,\u2014\u2014 Appartements meublés\u2014 150 152 .153 .154 155 156 Trouvé- Piscines.-.Bois de foyer.Péo ntères .Santé, produits naturels.Équipements de Dure Imprimerie Achat \u2022 Vaota \u2022 Écaseee Visites ton\u2014 Ile de Montréal.Centrc-¥ilie\u201e._.Vieur Montréal LssJ.niilUsJ Rive-Sud.Banlieue ouest .Banlieue est- lajrentides.Este.Cantons de l'Est .100 101 .MB \u2014103 -105 .106 .-107 -.108 .109 .110 MYESnSSEMBfT COMMERCIAL MOUSTIsB.Acsat - Vtirtt \u2022 Écftsage FVopnétés à nevenus-160 Propriétés comm /indusineTéS.-162 Prftsrtyp / comm./industries.-.165 Fermes, terres.-168 Commerces._170 Copropnétés.espaces comm /irojstners.___172 Macninene.outils._ Érjuipements cemmercaux.Matinaux de constnjcrm Mî'Cfo'XflMI imM Ono^mandeaacnetef.-Encans- Extérieur de Montréal-111 Bord de reau -.112 États-Unis, hors frontières.-.113 Conftjmrniums, copropn£?s 115 Maisons de campagne, doma-nes.- DbWs.terrai rs Maisons mobiles.Propriétés à éenanger Prccnétfcctemandées- Fermes.ferTes.\u2014 Terrains résidentiels.Prêts hyp / rts»dent«l-Repnsesdeinance.Divers.- \u2014116 .117 .-118 .119 120 .121 .122 .123 .124 -129 Tenainscomm /industriels-173 Gestion immobilière-175 180 182 184 186 188 102 Espaces comm./ industriels à louer_______ Commerces à louer.\u2014 Entrepôts à louer.Bureaux à louer__ Magasins â louer Drvers _____ 222 .224 225 226 227 228 229 231 232 233 235 236 237 238 239 .240 .250 _251 _____252 .-254 Pwnftjre.ckîcoranon________________255 Paysagistes, déneigement-256 257 259 260 261 262 263 Vente de garage___ ver.fedecnamé.______ Ma/cné aux puces.- Services Entretien, rénovation__ fcectririlé.\u2014.Entrepreneurs.Plancners Transport, déménagement Garderies, gardiennage.' Protesionnefs.\u2014 Musiciens, artistes___ île de Montréal.Centre-ville- Vieux-Montréal.lavai.Rrve-Nord.Rrve-Sud.Banlieue ouest.Location Banlieue est.laurentides.Estne.Cantons de l'Est-.Exfcneur de Montréal_ Éûts-u^rs.horstrixïbèfes-Conàrinuns.copropnétés à louer.\u2014 Maisons de campagne\u2014 Cfaietsàiouer_____ Chambres, pensions- __131 132 _133 __135 .136 \u2014137 138 139 140 .141 _143 200 Marchandises et services Esttétiojje.coitlure Rédaction, traduction.Traitement de textes.travail de bureau_ Préparation de CV_« Aide aux personnes non^tonomes.Santé, services corriTtunaut3ires.306 Éducation, enseignement.307 > Garderies____________308 M * Bureaux.-.310 .Informatique.313 Assurance______316 Secteur automobile.______317 p^^^t | ! j Vente.commerce .319 c L\" ' 5 Mobilier.-320 ., .Oiibs.rv^.restaurants_322 irailSpOrt et Htommm-323 VeiilCUieS Imonmeriernlographii-.324 aUtamOuï BS TecfKkQue.métiers.sous-trartanœ325 OU WIIIUUIIW Coitlure.estnétigue___327 Industrie du vêtement_____328 Machinerie diverse-501 Industriel, manufacturier.________ 329 Camions.4 x 4.feugonnettes\u2014 511 Entretien, sécurité, conoergene.331 Mos à vendre-.,.-550 Servicesdcmesûgues.j_____334 Autos.carruonsamoues Musicxîns.artistes______337 et œ collection-555 Mannequins, modèles________339 Financement véhicules-558 Emplois divers._____340 Services divers.\u201e.560 Emplois hors Québec.341 Achat, vente, location.érJange.~.565 Emplois drvers à temps partiel.-.342 Entretien et réparations.-567 EmplOfS demandes.343 Pièces et accessoires-568 Memodes de reenertne demptois.348 Bénévolat__________349 tan Cours.- .350 A \\ AJ700 ^ Affaires* Propositions d'adirés (encadrées seuternenf).-700 Finarcemeni.______705 Occasions d'affaires____710 Associés demandés________712 Franchises.-714 Services financiers.-715 Services spécialisés.-717 Argent a prêter ou demandé_________718 Tenue de livres, impôt______725 Informatique, bureautique.726 Immobilier._________________.735 Divers.~.750 WÊÊk *.mm* n n u n u u u u u n n n n n n u / AUTOMOBILES LIGNES D'ANNONCES 264 .265 ÉOAjirjernerrBteépnonic^-202 Audiovisuel- Instruments de musique-.Appareils éJecttomeraoers.Mobiliers, articles maison.Machines à coudre.- Vêtements, fourrure- CoBecbons.- 203 .205 206 .207 208 .210 _211 Services divers Sorns tnerapeufiques et massctherapie.Consultations, soins prctessjonnels JOURS CONSECUTIFS 270 Services personnels Compagnes, compagnons Agences de rencontres Loisirs et véhicules récréatifs Avis légaux, appels crottes.Avis divers______ Comrrxjr çjéi.- Avis de dissolution, tftarvgementsdenom.801 806 810 850 ¦ Propnétés à touet 145 146 14?148 149 Anoojuités.artisanat oeuvres (fart.Bijoux, objets préoeux Livres- Lecom de rorifeaVL.8j maux Pérou.212 213 214 217 220 221 300 Clubs de rencontres.___ Lignes de rencontres.Correspondance.Astrologie, occultisme Consultations 404 .405 406 407 .410 415 Billets de sport / spectacles.-.419 Activités sccaies __ Emploi Offres Remploi (encadrées seulement) 300 Programmes cte formation 303 Postes cadres et rjroiessiorneis 304 Escortes, rencontres, etc Studios de massage Divers Souhaits Naissances, graduations, rjnçanies.manages.Articles/ équipernents de sport.605 Camping, chasse et pèche.606 Vélo.ski.golf.608 Séjours, excursions.610 ÉQUIPEJUEMTS RÉCRÉATIFS Achat - Vente \u2022 Échaogt Motocyclettes_____.655 8Meaui.rrxjteurs.yactts.voiiers 658 Planches à voiles.659 Motoneiges.véhicules tout terrart 661 Remorques-665 Véhicules récréatifs___667 Divers._____670 -.465 EmTerjosagedevéhicuies___675 'Us mbrioBw « Affaires » (700)et « Avis» (800) «wt pcbllées dans le cailler nEconomie » diliodiai 420 MO 445 450 «0 Décès, prières, remerciements Remeroements\u2014 Pnères__ Décès______ ?.4^ FIN DE PROJET PRIX SPÉCIAUX Quelques unités Maisonnettes LE CLOS MOKT-ROYAL 4466 Hotei de Ville angle Mi-Royal est Votre condo 4% Maisonnette .Sur 3 étages Toit-terrasse.Coté cour.Coté vie.trépidante.A PC MO, crédit taie Bureau des ventes: 141 Mt-Royal ost Tous les jours 9na 17h SAM 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Crtr.923-4289_ LONQUEUIL reprise de finance Bunq plusieurs reno.Secteur païsibie.71 500 S Tristan Olivier.651-1079.Sutton Actuel Crtr LA GRILLE DES MORDUS i: > .de Michel Hannepuart 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 878 N.B.Les définition» en italique se rapportent a la personnalité que vous reconnaîtrez dans ta grille.HORIZONTALEMENT 1 Son vrai nom \u2014 Beaucoup plus connu sous ce nom \u2014 Il y est mort.2 En fleurs, elle en connaît un rayon! \u2014 Reçoivent souvent des fleurs.3 Terminaison \u2014 Démonstratif \u2014 Pas fou \u2014 N'a qu'un pied.4 Devenue vraiment visible \u2014 Sent bon \u2014 Romains.5 II nous plonge dans le noir \u2014 Démolie.6 Faire comme tous ceux qui ne se ferment pas les yeux \u2014 Préposition \u2014 Grecque.7 Un peu plus haut que la baguette \u2014 On les voit bien la nuit.8 Se fait pratiquement toujours avant le repas.9 Mot tendre \u2014 Ne se parle pas en Asie.10 Vient d'une décomposition.11 Envoie des images \u2014 Seul.12 N'a élu personne \u2014 Annonce \u2014 Une voiture qui se faisait tirer.13 Région de Roumanie \u2014 Pas dans le ventre, mais a peu près partout ailleurs \u2014 Interjection.14 Conjonction \u2014 Presque 10 000 nuits ensemble.15 On mange ses graines \u2014 Flasque \u2014 Dieux.VERTICALEMENT 1 // en est devenu un \u2014 Travaillent avant.le menuisier 2 Fait laper le chien \u2014 Ecrasé.3 Note \u2014 Bien plus qu'une miette.4 Geste inutile \u2014 N'approuve pas \u2014 Fait lever l'étalon \u2014 École.5 Jeune Londonien \u2014 Le petit est le plus courant.6 Personnel \u2014 Un clou, par exemple.7 Circule au sud \u2014 Engrais.8 Boisson \u2014 île \u2014 Symbole.9 On peut y voir flûtes et ballons \u2014 Après une belle histoire.10 Ville de Grèce \u2014 On en fait des sacs.11 Plus petit que sa compagne.12 II compte sur nous! \u2014 Officier turc.13 Risque \u2014 Gros rongeurs.14 Touche au cerveau \u2014 Dieu \u2014 Aire de vent.15 Prend soin des petits \u2014 Ils sont souvent laborieux.SOLUTION SAMEDI PROCHAIN 10 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