La presse, 10 mai 1998, B. Livres
[" B Montréal, dimanche 10 mai 1998 Maître Bédard à la rencontre de maître Eckhart Jean Bédard aurait pu enseigner la philosophie.Il est devenu travailleur social et écrivain.Son itinéraire n'est pas étranger à celui de maître Eckhart, le grand philosophe et mystique du Moyen Âge, dont il vient d'écrire la biographie romancée.page B3 L 1 «vil ¦ \u2022 \u2022 \u2022 Un expert en sécurité.V- \"* À M S elles pounaient uous sauver la vie! Photo: Bernard Braul t, La Prose, graphisme André Rivest m V \u2022 - SB MARIO ROY a peur.Celle de fytomo ur-berts dans les rues, les parkings souterrains, les couloirs du métro, parfois même à l'école, au travail ou au foyer.Peur perfide et tenace, même si elle est la plupart du temps irrationnelle.La criminalité, chez nous, diminue ( 39 % moins de dossiers criminels, à Montréal, depuis 1991) et c'est en Amérique du Sud que la vie urbaine est de loin la plus dangereuse ( 1 400 assassinats par 100 000 habitants au Salvador contre 12 à New York ).Mais frayeur néanmoins omniprésente, susceptible de se transformer à tout moment en peur panique.Chez la femme, surtout, qui se souvient de Polytechnique, qui a appris dès l'en* fance à se méfier des rues sombres et des endroits retirés, qui sera peut-être finalement assaillie chez elle par un conjoint Voir VIOLENCE enB2 - » \u2022 - * msm j mu.f mm.¦î LOUISE BOURBONNAIS /hatie-SoUd / 9 Biographie autorisée Une partie des profits reliés à la vente de ce livre est versée à la FONDATION MARIE-SOLEIL-TOUGAS 248 pages 48 pages de photos Stenké EN LIBRAIRIE DÈS LE 6 MAI Les Editions internationales Alain Stanké 615, boul.René-Lévesque Ouest, bureau 1100, Montréal H3B 1P5 (514) 396-5151 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 10 MAI 1998 Livres Titanic : des livres refont surface SONIA SARFATI Titanic, le film de James Cameron, a fait couler beaucoup d'encre.Pendant son tournage \u2014 plus long et ô combien plus cher que prévu.Au moment de sa sortie \u2014 le film n'étant pas le flop que la critique.espérait.Et pour ses succès titanesques \u2014 une marée d'Oscars et de records s'est abattu sur lui.\u2022 Mais il y a plus.Dans le sillage de cette méga-production ont émergé plusieurs livres.Certains s'attardent sur le long métrage en tant que tel, avec moult anecdotes et photographies < focus sur Kate Winsley et Leonardo Di Caprio ! ).D'autres sont des rééditions de documentaires relatant ce qui nous est présenté comme la « vraie » histoire du naufrage.Dans les rangs des best-sellers depuis plusieurs semaines.Le Drame du Titanic de Philippe Masson ( un spécialiste de l'histoire maritime qui a signé une vingtaine d'ouvrages sur le sujet ) avait été publié une première fois en 1987, sous le titre Titanic, le dossier du naufrage.La présente version, remaniée et mise à jour, se retrouve, très résumée mais abondamment illustrée, dans Le Titanic.Ce grand album présente quelque 150 photographies et illustrations qui ont vraiment un caractère historique : l'équipage, les cabines, les unes des quotidiens qui ont relaté la tragédie, les survivants sur le pont du Carpathia, l'épave, ou encore le grand escalier des premières classes, avec sa rampe de fer forgé et ses panneaux de bois sculptés ( on ne peut ici que constater la précision de la reconstitution réalisée par James Cameron ).Pour ce qui est du texte, Philippe Masson a opté pour la forme documentaire.Il a visiblement consulté une somme d'archives, grâce auxquelles il élabore diverses théories et tire des conclusions concernant la responsabilité d'un tel, les erreurs d'un autre, etc.Rien pour révolutionner l'histoire telle qu'écrite jusqu'à présent, mais un survol intéressant et détaillé ( trop, peut-être ) des événements.En fait, à cause de quelques longueurs \u2014 les interminables extraits du Naufrage du Titanic, la saga en 33 chants écrite par Hans Magnus En-zensberger ; ou ceux de l'insupportable texte pseudo-lyrique que s \" .\u2022\u2022> Le Titanic.du film.l'académicien Paul Lavedan publia dans L'Illustration\u2014, plusieurs préféreront sûrement se procurer l'album Le Titanic.Après tout, les images valent mille mots.Dans ce cas, c'est particulièrement vrai.Le livre de Walter Lord, La Nuit du Titanic (celle du 14 avril 1912, donc ), a pour sa part été publié une première fois en 1958 sous le titre A Night to Remember.Traduit en 10 langues, ce document s'est alors vendu à deux millions d'exemplaires et a été porté au grand écran par Roy Baker.L'avantage de Walter Lord sur Philippe Masson, c'est qu'il a plongé dans l'aventure du Titanic au moment où les survivants ne se comptaient pas sur les doigts de la main.Son livre se base bien sûr sur différents documents, mais aussi sur des témoignages obtenus de vive voix.Le résultat est plus vivant, moins théorique.Mais également plus subjectif et anecdotique.Et, .surtout, il n'y est pour ainsi dire pas fait mention des découvertes des dernières années, entre autres depuis que l'épave du géant des mers a été retrouvée.Par contre, en entretenant le doute concernant le mystérieux bateau qui se serait trouvé à quelques milles du Titanic au moment du naufrage, La Nuit du Titanic laisse le lecteur avec l'impression que la tra-gégie aurait pu être évitée.Au moins en partie.Bref, de quoi alimenter des conversations.Ou donner envie de retourner voir Titanic.LE DRAME DU TITANIC, Philippe Masson.Tallandier, Paris, 1998,311 pages.LE TITANIC, Philippe Masson.Historia-Tallandier, Paris, 1998,142 pages.LA NUIT DU TITANIC, Walter Lord.L'Archipel, Paris, 1998,239 pages.D'un homme engagé sodalement RÉGINALO MARTEL vec Henri Lamou-reux et depuis longtemps, pas de surprises.L'homme est profondément engagé socialement, l'auteur ne l'est pas moins.Et s'il se trouve des lecteurs pour lui reprocher les bons sentiments que charrient ses romans, on peut leur dire que les bons sentiments sont l'envers des mauvais et qu'une fois encore, dans Le Psssé intérieur, M.Lamoureux ne va pas laisser triompher ces derniers.Il laisse aux imbéciles et aux salauds.qui sont parfois les mêmes, les plaisirs stériles du cynisme.Au coeur de son dernier roman \u2014 il y a beaucoup de choses, beaucoup trop de choses à la périphérie\u2014, l'auteur a inscrit l'histoire d'une adolescente de dix-sept ans.D'une fugue à l'autre, elle finit par se faire harponner par un beau Jamaïcain de Montréal qui la droguera, la baisera, la battra et la terrorisera, en attendant de l'exporter vers Toronto pour qu'elle y exerce le plus vieux métier du monde.C'est une histoire dure, d'un réalisme presque insupportable, et on respire un peu quand la petite, arra- chée aux griffes du monstre par des gens pleins de bonne volonté ( et pleins de bons sentiments ), spécialistes des paumés de la rue, est ramenée à sa mère.Une mère avec qui elle entretient un vieux contentieux, que ni l'une ni l'autre n'a voulu résoudre.Quand le père de Julie est parti, alors qu'elle était encore une fillette, qui au juste fuyait-il ?Lui-même ou sa femme ?La môme a décidé que la mère était coupable de cet abandon et elle a voulu le lui faire payer.Henri Lamoureux se serait contenté de mettre en garde les parents contre les dangers qui menacent leurs adolescents, il aurait fait oeuvre utile.Il a choisi de tirer en même temps plusieurs ficelles romanesques, pas toujours avec succès.Le personnage de la mère, présentatrice vedette à la télévision, n'a pas beaucoup d'épaisseur intellectuelle et morale: petit coup de griffe aux faux grands de ce monde ?Le père lui-même, pas si noyé qu'on le croyait et qui est devenu vagabond, artiste de la rue, s'inscrit mal dans la mythologie que l'auteur lui a inventée.On comprend de ce roman que les rêves de jeunesse ne survivent pas à leur abandon et que, dans des contextes apparemment très différents, les parents et les enfants ont tour à tour le même goût de la liberté, la même fureur de vivre.On comprend aussi qu'il est difficile d'aimer ceux qui s'y refusent, parce qu'ils craignent justement que cet amour soit une prison, ou peut-être parce qu'on s'aime trop soi-même, ou pas assez.On comprend enfin que le roman populaire, quand il manque de sobriété, dilue d'autant son intérêt proprement littéraire.LE PASSÉ INTÉRIEUR, Henri Lamou- * reux.VLB Éditeur, Montréal, 1998,240 pages.- » _ 4 La violence.destin de l'homme ?STÉPHANE PO TV IN collaboration spéciale l'antique question de l'origi- Ane du mal et de la violence, notre siècle a donné une réponse univoque.Si l'homme fait lé mal, c'est qu'il est mal socialisé.Finie la croyance au péché originel, le mal n'est pas dans la nature humaine, il est dans la société.Mais voilà, ce raisonnement ne tient pas.Car enfin, la société est composée de quoi sinon de l'homme ?Comme le constate François Furet dans Le Passe d'une illusion, « il existe un mystère du mal dans la dynamique des idées politiques au XXe siècle.» C'est cette question irrésolue qu'aborde le sociologue allemand Wolfgang Sofsky, dans Traité de la violence ( traduit par Bernard Lor-tholary ).Sa réponse, fataliste, prend appui sur le rejet de la traditionnelle dualité entre nature et culture.Contrairement à Rousseau, l'auteur ne croit pas que l'homme est bon par nature et que la culture le corrompt.Il ne croit guère plus, comme Freud, que l'homme, mu par des pulsions agressives, peut être sauvé par la culture, en réprimant ses pulsions.Non.La violence est le destin de l'homme, peu importe son champ culturel d'appartenance.A l'opposé de Freud toujours, Sofsky ne pense pas que la violence soit régression vers la nature primitive, préculturelle, de l'âme humaine.Car parler de régression, c'est croire au progrès, c'est croire qu'avec le développement de la civilisation, l'homme s'assagit.Or, la violence est de toutes les époques.Notre nature nous y prédispose.Notre culture ne fait que donner forme à cette potentialité.Comme la culture, le politique n'a pas le pouvoir d'éradiquer la violence du coeur de l'homme.Sofsky s'inspire ici du mythe de fondation sociale de Hobbes, similaire, selon t T lui, au récit freudien de la horde archaïque.Alors que chez Hobbes le contrat politique règle le renoncement à la violence par la délégation du pouvoir, ce renoncement se fait, dans le récit freudien, par l'instauration, par conversion intérieure, du tabou de l'inceste.Le récit de Hobbes est toutefois plus pessimiste.L'homme, à l'état de nature, est un loup pour l'homme.Par crainte, il passe un contrat avec ses pairs, et délègue le pouvoir à un tiers, le Souverain absolu.Mais cette délégation ne le libère pas de la crainte.Suite au contrat, il ne redoute plus ses pairs, mais le Souverain.Traduction française (!) : si l'homme se dote d'un État pour se protéger de la violence de ses pairs, il doit se protéger de la violence de l'État aussi.Surtout lorsque cet État, en plus de disposer des moyens techniques de notre époque, est totalitaire.Les habitants de la Corée du Nord en savent quelque chose-Partant de là, Sofsky explore ensuite les diverses facettes de la violence ( le massacre, la destruction des choses, l'exécution, etc.).Problème : d'un chapitre à l'autre, ses analyses s'avèrent d'un intérêt très inégal.Si le chapitre sur la torture est terrifiant, ( Sofsky a déjà étudié le phénomène des camps de concentration ), le chapitre sur la peur est d'une banalité excessive.L'auteur nous y apprend, entre autres, que « le corps n'est pas une partie de l'être humain, mais son centre constitutif.» Au total, ce Traité de la violence, en plus de nous mener loin du réel, a quelque chose de vieillot.Certes, les récits mythiques de Hobbes et Freud nous éclairent encore sur la violence.Mais pourquoi négliger les apports contemporains ?TRAITÉ DE LA VIOLENCE, Wolfgang Sofsky, traduction de Bernard Lortholaty.Ut Editions Gallimard, France.1998,214pages.1 Violence urbaine, mode d'emploi VIOLENCE / Suite de la page B 1 ou un ex-conjoint violent ( 100 décès au Canada en 1997 ), par un intrus, par un prétendant éconduit se muant soudainement en harceleur criminel ( 7462 cas en 1995 ).« La plus grande peur des hommes, c'est que les femmes rient d'eux.La plus grande peur des femmes, c'est que les hommes les tuent », écrit froidement Gavin de Becker, auteur d'une sorte de mode d'emploi \u2014ou de prévention\u2014 de la violence urbaine, La Peur qui vous sauve.De Becker est l'un des plus grands experts en sécurité aux États-Unis.Il a été appelé à protéger un nombre astronomique de gens riches et célèbres et administre une firme de consultants spécialisée dans la prédiction et la prévention de la violence ; il a en outre créé un logiciel spécialisé dans ce type de prospective et a témoigné dans nombre de procès, dont celui d'O.J.Simpson.The Gift of Fear s'est écoulé aux États-Unis à plus de 310 000 exemplaires et a séjourné au haut des listes de best-sellers des grands quoti-x diens ; il est maintenant disponible en français.' La thèse développée dans La Peur qui vous sauve tient en peu de mots.La violence, môme lorsqu'elle paraît insensée et soudaine, est toujours prévisible.Et la part animale de l'être humain possède un mécanisme capable de décoder très tôt les signaux qu'envoie cette violence potentielle : c'est la peur, message le plus pressant et le plus puissant émis par l'intuition.Il faut l'écouter.L'auteur écrit : « La sécurité est la priorité absolue de toute créature vivante.En cas de danger, l'intuition a toujours raison sur deux points : 1 ) elle réagit toujours à bon escient ; 2 ) elle n'agit qu'en votre intérêt.J'ai récemment été enchanté d'apprendre que la racine du mot intuition était le latin tuere, qui signifie veiller sur, protéger.» Notant que le « code de la violence » est universel, de Becker recourt aux travaux du zoologue Desmond Morris qui, dans maints ouvrages, a décrit les gestes et attitudes de l'homme sous l'angle des signaux ainsi envoyés.« Soixante-six de ces signaux sont universels : ils ont exactement le même sens pour toutes les cultures de la planète.Partout au monde, la projection du menton vers l'avant est un signe d'agression, la tête légèrement rentrée dans les épaules est un signe de peur.Souvent, il importe plus de savoir interpréter le langage affectif d'une personne, que le contenu de son discours.» Quand faut-il craindre les autres ?Cependant, le danger avec la peur, c'est.d'en avoir peur ! De Becker écrit : « Nous avons bien raison de craindre les autres \u2014de temps à autre.Oui, mais quand ?C'est là toute la question ».Un état de crainte et de vigilance perpétuelles peut s'avérer contre-productif, esti-me-t-il, puisqu'il émousse l'intuition et fausse le jugement sur les dangers encourus.De sorte que, peut-il illustrer, « la curieuse façon dont les gens évaluent les risques qu'ils courent au quotidien permet de comprendre pourquoi ils ne fuient pas lorsqu'ils se sentent réellement en danger ».On peut être sûr que le lait de fumer à la chaîne, de mal manger et de conduire en état d'ébriété conduira à une mort certaine et pourtant ne renoncer à rien de cela.pour, l'instant d'après, annuler un voyage en Egypte par crainte d'un attentat terroriste qui n'a pratiquement aucune chance de nous toucher ! « Notre esprit est programmé pour voir uniquement ce qu'il veut voir », conclut l'auteur à ce sujet.À partir de là, Gavin de Becker multiplie les « études de cas », décortique et analyse des événements sur lesquels il a été appelé à travailler et qui, mis ensemble, forment un magnifique tableau des horreurs, à partir du harcèlement bénin jusqu'au meurtre le plus sordide, que l'Homme peut infliger à l'Homme \u2014 il commente d'ailleurs : « Tout ce qui peut être fait à un être humain par un autre l'a été ».Criminalité des rues, viols à domicile, agressions par un employé congédié, vengeances d'écrivains déboutés par un éditeur ( ! ), tueries de masse, attentats de désaxés contre des personnalités publiques ( la première victime connue fut un joueur de baseball, Eddie Waitkus, en 1949, et il survécut ), assassinats d'enfants, crimes d'adolescents.Et, évidemment, violence conjugale.De l'affaire O.J.Simpson, de Becker dit : on aura assisté « à la naissance d'un nouveau mythe américain : quand papa tue maman, il peut s'en tirer ».Mais il ajoute aussi : « De tous les types de violence dont il est question dans cet ouvrage, le meurtre d'un conjoint est le plus facile à prédire » puisqu'il s'agit d'un « crime au long cours » dont le premier jalon est en général posé des années avant l'issue fatale.Ce qui amène la question : pourquoi les femmes \u2014puisque ce sont elles, en général, les victimes\u2014 ne prennent-elles pas la fuite ?De Becker voit deux Licteurs.Premièrement, « plusieurs d'entre elles ont été tellement martyrisées que leur mécanisme de peur est émoussé, ( .) qu'elles ne font plus le lien entre la vio-i lence et la mort ».Deuxièmement, elles sont: déchirées entre deux instincts, celui « de de-; meurer dans un environnement où l'on est en sécurité ( la famille ) et l'instinct de fuir un environnement périlleux ».En somme, « la violence est indissociable \u2022 de l'espèce humaine.Parvenus au sommet de la chaîne alimentaire, sans prédateur ni ennemi capable de nous poser un réel danger, nous nous sommes rabattus sur la seule proie qui nous reste : nous-mêmes », écrit l'auteur.Il rejoint ici la réflexion développée par le philosophe allemand Wolfgang Sofsky dans Traité de la violence, celle-ci y étant décrite comme constituant, littéralement, le destin de l'homme ( voir, ci-contre, la recension de Stéphane Potvin ).Malgré tout cela, Gavin de Becker conclut sur un ton optimiste : « Le fait que la plupart des êtres humains vivent sans être violents est la preuve qu'il existe ( aussi ) quelque chose en nous qui fait échec à la violence.» ______\u2022 LA PEUR QUI VOUS SA UVEI COMMENT RECON- \u2022 NA ÎTRE ET PRÉVENIR LA VIOLENCE, Gavin de ! Becker, traduit par Dettyse Beaulieu.JCLattes, Paris.1998, 360 pages.On paît joindre l'auteur de cet article à l'adresse électronique : marioroy 1 Qvideotron.ca LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 10 MAI 1998 B3 Livres %» ^ ROMAN Maître Eckhart par maître Bédard Une réflexion sur Vaventure spirituelle de l'homme contemporain .- * Réginald Martel Maître qui ?Le temps corrige parfois certaines injustices.Un grand philosophe et mys-tique du Moyen Âge, le dominicain Johan-nes Eckhart, nous apparaît aujourd'hui, grâce à Jean Bédard, dans son éclatante actualité.Maître Eckhart, une biographie romancée, vient de paraître chez Stock à Paris.À Paris qui est bien loin de Saint-Fabien-sur-mer, ce coin de paradis où Jean Bédard, philosophe, psychologue et travailleur social, vit des jours heureux et inquiets.Heureux parce qu'il a trouvé, en passant par les philosophies orientales, la voie qui l'a mené à Maître Eckhart, ce fils spirituel des Albert Le Grand et Thomas d'Aquin qui s'est attiré les foudres de l'Église : il croyait l'intelligence humaine capable de tendre vers ce qui la dé-passse.Inquiet, parce qu'il ne se résigne pas à la souffrance humaine, à la pensée unique, à la médiocrité intellectuelle, à l'absence d'avenir.On peut pour moins que cela quitter l'enseignement de la philosophie.Jean Bédard n'a pas eu le choix.Tout a basculé, dit-il, quand il est « devenu famille d'accueil ».Selon lui, on ne fait pas de philosophie quand les gens se noient autour de soi : on plonge.Ici ou là au Québec, il a vu la détresse des jeunes, les suicides, le délabrement du tissu social.« Et j'ai voulu comprendre ce qui ne fonctionnait pas.» Action urgente, au coeur des drames humains, et réflexion sur l'aventure spirituelle de l'homme contemporain.La noblesse de « l'état de femme » La découverte de Maître Eckhart allait enrichir et l'action, et la réflexion.Familier des philosophies orientales qu'il avait étudiées pendant deux ans, Jean Bédard est tombé par hasard sur sur des citations du dominicain.« J'ai découvert que le XlVe siècle est extraordinaire pour comprendre notre siècle.» On sera d'accord avec lui, si par exemple on s'intéresse un peu au christianisme \u2014 qui fut tout de même jusqu'à récemment l'idée-force de l'Occident \u2014, dans la version étriquée qu'en donne l'Église catholique actuelle.Autoritarisme, dogmatisme et mépris des femmes, tout y était, tout y est.Féministe, Maître Eckhart?Le romancier exagère.« Non ! Être « en état de femme », pour Eckhart, c'est être en l'état le plus noble, parce que quand on on est dans un trou noir, c'est alors qu'apparaît le pouvoir créateur.« Au Moyen Âge, la femme est perçue comme celle qui a volé à Dieu une parcelle de créativité et qui, donc, peut tout faire déraper.Pour les hommes, ce pouvoir est angoissant.» Ainsi, plutôt que d'essayer de comprendre les femmes, ce qui serait le commencement de l'amour, on endort sa peur en les brûlant.« Parce qu'on les jugeait indéterminées, les femmes devaient être soumises à des êtres déterminés, c'est-à-dire les hommes.Leur père, leurs frères, puis leurs maris.Les .religieuses aussi, dont les couvents étaient sous l'autorité des abbayes d'hommes.» Non seulement Maître Eckhart a-t-il bravé l'Inquisition ( qui le lui a bien rendu, mais lâchement, en condamnant certaines de ses oeuvres seulement après sa mort ), il s'est aussi occupé activement des béguines, ces femmes qui vivaient en communauté, mais ne prononçaient pas de voeux perpétuels.Les béguinages où elles vivaient, dit Jean Bédard, furent les premiers refuges pour femmes.L'invention du probable On sait peu de chose, en réalité, de la vie de Maître Eckhart.À travers lui, le romancier a voulu rendre l'esprit des débats du temps.Au risque de trahir les mille nuances et subtilités de l'oeuvre de Jean Bédard, on peut dire que Eckhart et les dominicains croyaient aux convergences possibles de la philosophie et de la théologie, de la raison et de la foi.Leurs ennemis, dont les franciscains, ne l'entendaient pas ainsi.On imagine à tort que les conflits idéologiques étaient au Moyen Âge policés \u2014 ou aseptisés \u2014 comme ils le sont aujourd'hui.Maître Bédard nous assure au contraire que le pluralisme d'alors, qui n'existe même plus aujourd'hui, se manifestait parfois violemment.« Dans les universités, à la Sor-bonne par exemple, les débats sont extrêmement vifs.Les philosophes, étudiants et professeurs, se transforment en gladiateurs.Il y a souvent des blessés et des morts ! » PHOTO ARMAND TROHIER.La Presse Jean Bédard L'Inquisition, pourtant, veille : « Elle est toujours là, en arrière-plan, pour allumer ses bûchers.Elle est sourde, comme la Gestapo, et on ne sait jamais où elle est.» Et bien plus que les intérêts de l'orthodoxie, elle défendait les intérêts financiers et politiques de l'Église.Avec de l'argent, on pouvait même échapper au bûcher.En triomphant de Maître Eckhart, l'Église-institution a abandonné le versant le plus riche du christianisme, celui qui le rapprochait des pauvres, des paysans, des malades.Jean Bédard donne à son héros cette repartie magnifique : « Comment une maison peut-elle tenir si elle ne réchauffe plus personne ?» Sauf celles qui sont tirées des Traités et Sermons de Johannes Eckhart, toutes les citations sont évidemment apocryphes.Faute de connaître la vérité de son personnage, Jean Bédard a misé sur sa véracité.Ainsi juge-t-il son livre plus près du roman, « qui est fidèle à la vie de quelqu'un », que de la biographie, « qui est fidèle aux faits ».« Comme romancier, je cherche à prendre au lasso les quelques histoires qui se promènent dans la grande histoire de l'humanité.L'histoire d'Eckhart est de celles-là.« Un roman, je trouve que c'est plus important qu'un essai historique.Si j'écris un essai sur le Moyen Âge, je reste dans le XXe siècle et je regarde en arrière ; grâce au roman, je suis dans le temps d'origine et le temps d'aujourd'hui n'est qu'un lointain futur.» La rigueur fait voyager Jean Bédard écrit avec une élégante liberté, mais il n'écrit pas n'importe quoi.Lui qui n'était jamais allé en Europe et qui décrit le Moyen Âge comme s'il en arrivait tout droit, il y a fait son premier voyage à la suite d'un acte de pen- sée exigeant et rigoureux.Il arécrit à Ilya Prigogine, prix Nobel de' chimie, pour répondre à une question qu'il posait : « Comment le temps peut-il être à la fois irréversible et éternel ?» Ce ne fut pas une bouteille à la mer.Séduit par la réponse, le chao-logue l'est aussi par le Maître Eckhart de notre philosophe romancier.Il l'invite à se faire entendre à un colloque qui réunit à Bruxelles une soixantaine de sommités du monde entier.« L'histoire des sciences classiques, leur dit-il, se confond avec l'histoire de la certitude.Mais il semble qu'il y ait aussi, qui la précède,-une histoire de l'incertitude.Maître Eckhart aurait présenté l'idée que le temps a quelque chose de créateur.Le professeur Bédard connaît bien cette histoire et l'aborde d'un point de vue fondamental » Si la pensée médiévale, dans son étonnante diversité, est le noyau dur de la biographie romancée qu'a écrite Jean Bédard, le lecteur qui n'a pas de formation ou de prévention philosophiques ne s'y cassera pas les dents pour autant.Les personnages ne manquent pas d'esprit, pour la plupart, mais ils sont aussi des êtres de chair et de sang, de passion tantôt refoulée et tantôt non, capables d'aimer et de détester.Entre les béguines et le haut clergé, entre Eckhart et son quotidien, le père Conrad, secrétaire du Maitre et narrateur, est l'habile complice de l'écrivain.Très conservateur et très timoré, et donc peu porté à remettre en question les diktats de l'Église, il ne parvient pas à épouser les thèses du Maître.Il fait mieux : il en vient à l'aimer.L'amour est une valeur bien chrétienne, c'est d'ailleurs la première, qui mérite sans doute de survivre aux Églises, auxquelles Jean Bédard semble ne pas croire beaucoup.« Les gens recherchent les fondements d'une spiritualité.Il ne la trouveront pas dans telle, ou telle religion, mais dans quelque chose qui les transcende toutes.» Et si l'Esprit ne souffle pas sur nous?L'écrivain a au moins une réponse, lumineuse, qu'il a mise dans la bouche de son ami Eckhart : de tri.CnS.) :\t(Ixir.l : Complétez ce coupon de participation et\tRèglement du concours : retournez-le â l'adresse suivante :\tAfin d'ootenir une copie du règlement, envoyez École Hôtelière des Laurentides\tune enveioppe affranchie â l'adresse suivante: 1S0.rue Lcsage, Sainte-Adèle (Québec) J0R 110\tCasier postal 11433.suce.Centre-ville.\tMont'cal (Quetec) H3C 5H6 I Aucun achat rcqui In fac-Simiin fai',5 a la moin sen; orceefes La vo/eur roro'e aes pn* ottern eu de 4 825 S ^ Rteerv6aiuxJ8^anse! plus Datelimrte pour participer : 17 mai 1998 n SocWé da» «icooi» du Quét>*c JJe ban tfn'tt de chez nous Al a m mic Cl i iwihc S i 8 LAROUSSE Dana International remporte l'Eurovision Associated Press paris La chanteuse transsexuel le israélienne Dana International a remporté le 43e concours Eurovision de la chanson, disputé hier soir à Birmingham, en Grande-Bretagne.Avec sa chanson Diva, Dana International a obtenu 174 points.Elle devance de sept points Imaani ( Grande-Bretagne ), qui interprétait Where are you ?, et de huit points Chiara ( Malte ), avec The One I Love.Dana, qui se nommait Yaron Cohen avant de changer de sexe lors d'une opération en 1993, et qui fut vivement critiquée dans son pays par les juifs orthodoxes, avait demandé au public d'ignorer sa sexualité et de ne se concentrer que sur sa chanson.Défendant les couleurs de la France, Marie Line, une Martiniquaise de 31 ans, n'a recueilli que trois points, se classant avant-dernière, avec Où aller, une chanson sur des rythmes reggae, dont elle est auteur-compositeur, avec trois autres membres de son groupe.Les candidats de 25 pays s'affrontaient devant environ 600 millions de téléspectateurs.EN BREF Mort du comédien Jacques Dumesnil ¦ Le comédien Jacques Dumesnil, 94 ans, est mort vendredi à Lyon.Son rôle dans la série télévisée Au plaisir de Dieu, dont le premier épisode avait été diffusé en 1978, lui avait valu une nouvelle renommée.Eddie Rabbitt succombe à un cancer ¦ Le chanteur et auteur-compositeur country Eddie Rabbitt, à qui Elvis Presley avait donné sa première chance, en 1970, avant qu'il n'obtienne 26 numéros un, dont / Love A Rainy Night, est mort jeudi à l'âge de 56 ans, victime d'un cancer du poumon.Tombez en amour.FILLE 01X CEN) i ^& (et partez pour Hong Kong: LE PRIX DU PUBLIC-LA PRESSE Le participant de la Course qui en fin de saison aura reçu le plus grand nombre de votes du public remportera une bourse de 3 000 S offerte par le journal La Presse.Suivez tous les samedis à 17 h les aventures des huit participants de la Course destination monde, série présentée avec la collaboration de l'Agence canadienne de développement international (ACDI).Participez au concours en complétant le coupon et postez à l'adresse indiquée ci-dessous, (un seul coupon par enveloppe).Chaque semaine, un participant au concours gagnera un livre de la Course 1996-1997 et un gaminet de la Course.En fin de saison, vous pourrez aussi gagner un voyage pour deux personnes à Hong Kong sur les ailes d'Air Canada incluant un séjour de sept nuits dans un hôtel de catégorie supérieure, gracieuseté de Club Voyages.Date de l'émission:.(titre du reportage) .(participant) .Mon reportage «coup de coeur» est \u2022.Ce reportage a été tourné par :.-.Nom:.~.Adresse:.¦ Code postal:.Téléphone:.Retourner à: SOCIÉTÉ RADIO-CANADA La Course destination monde \u2022 CP.9080 Succursale Centre-ville \u2022 Montréal QC H3C 3P3 AIR CANADA ® M VOYAGES.ACDI 1 .¦.\u2022.\u2022.\u2022\u2022\u2022>\u2022¦.\u2022\u2022\u2022¦\u2022\u2022¦\u2022\u2022.VISA OR Odyssée Desjardins VOTRE SOIREE DE TELEVISION par La Presse 7:30 GES LE GRAND PRIX D'ESPAGNE Jacquot peste après sa voiture pendant que McLaren et Ferrari se font la lutte loin devant.Suite d'une saison de F1 pénible pour le champion et ses fans.La course sera présentée en drfféré sur Radio-Canada à 23 h.19:00 O THE LION KING Congé de hockey ce soir.La CBC en profite pour programmer le film que vos jeunes enfants ont vu une dizaine de fois.Une soirée de télé en famille?19:30 O LES BEAUX DIMAN- CHES/REN0 Au moment où Ginette Reno annonce son retour sur scène, l'automne prochain, voici un portrait de la femme et de l'artiste.Cette émission est diffusée simultanément sur Cité RockDétente.20:30 ETE BOUILLON DE CULTURE À un mois de la Coupe du monde qui aura lieu en France.Bernard Pivot reçoit des écrivains qui ont la piqûre du soccer.pardon, du foot.Et qui ont écrit des choses comme La vie est un ballon rond, Le Dico du foot et autres Larousse du football.21:00 CD L'ODEUR DE LA PAPAYE VERTE Un petit film au rythme lent qui vous fera ressentir le Vietnam plus qu'il ne vous le montrera.Un bijou.[ \\ Ginette Rteno CANAUX CE) 18 h 00 .e Téléjournal 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 21 h 00 21 h 30 i 15117 CBC ABC ES CBS (3D NBCdD A & E BRAVO CÂBLE 9 V.CANALD CNN OiSC.FAMILY CH.FOX GLOBAL HISTORY LIFE MM MP MMAX NW RDI RDS SHOWCASE TÉLÉTOON TLC TSN TV5 VIE YTV CANAUX Le TVA pignon sur ue Découverte (sous réserves) La vie est un sport dangereux Les Beaux Dimanches / Reno Planète en folie Les Beaux Dimanches / Charles Dutoit 22 h 00 Le Téléjoumal Cméma/TOPGUN (5) avec Tom Cruise, Kelly McGtflis En pleine nature Hors-circuit / Sanctum L'Afrique Cinéma / L'ODEUR DE LA PAPAYE VERTE (3) avec Tran Nu Yên-Khë.Lu Man San 22 h 30 Nouvelles du Sport (22:28) 23 h 00 23 h 30 Le TVA Les Grands Prix de Formule 1 Sports (22.55) / Loteries (2314) Québec plein écran (22:48) Hercule 'ulse Travel Travel News Cinéma / THE 6REY FOX (17:00) World News.Sunday News M*A*S-H Seinfeid Accès interdit Due South Cinéma / LE SECRET EST DANS LA SAUCE (4) avec Kathy Bate$.Jessica Tandy Le Grand Journal (22:48) Touched by an Angel Story of Mothers and Daughters Cinéma/THE LION KING (3) Dessins animés 60 Minutes Basketball / Bulls - Homets (17:30) Eyewitness Worid Focus Lost Animais.Religion.Erhics Treasure!/Wreck ot the Concepcion The Achievers Up for Debate M'A-S'H WorldView Birdwatch Naturescene Ballykissangel Ancien! Mystenes / Machu Picchu Lumière and Compagny Se.municipale .juste pour rire Moneyweek Wings Muppets.Spellbinder Beverly Hills.90210 Sportsline Historylands Talking Heads Witness to.Design Ask the Interior Designer Entourage Les Châteaux / Les Astor World Today CNN / Sports III.Sunday ©discovery.ca Touched by an Angel Dateline NBC Nature Cinéma / PHILADELPHIA (4) avec Tom Hanks, Denzel Washington National Géographie Sunday Report Undercurrents Cinéma/BROKER ARROW (4) avec JohnTravolta, Christian Stator Minisérie / Only Love avec Rob Morrow, Marisa Tomei (1/2) Cinéma / WITNESS T0 THE MOB avec NickTurturro (1/2) Masterpiece Théâtre / Far from the Madding Crowd (1/2) 1998 Championship Ballroom Dancing Cincinnati Pops Big Band Parade Sunday Report vins et.(2351) /Pub (23 51) Lectures de fin de soirée (23.48) Pub (23:18) CTV News Auto Racing The Entertainers Mad AboutYou Pensacola Viper Mystery! / An Unsuitable Job (3/3) Cinéma / JESUS CHRIST SUPERSTAR (4) Biography / Charlie Chaplin: A Tramps Life Arts & Minds Testament Vies de travail Le Goût du monde / Vietnam CNN Perspectives Biography / John Wayne: American Legend Cinéma / MAME (5) avec Luciife 8a8( Kirby FurtOJKT Événements spéciaux Biographies / Michèle Morgan Spécial Report or The World Today Discovery's Sunday Showcase Cinéma / THE GREAT MUPPET CAPER (4) avec C.Grodin, D.Rlgo The Worids Funniest 60 Minutes War Stones Real Life with Erica Ehm The Simpsons King of the Hill Monde et Mystères Impact Untamed Amazonia Cinéma / BROTHER FUTURE avec Phll Lewis.Moses Gunn The X-Files The X-Files The Outer Limits Baseball: 9th Inning Renovator L.Jennings Homes.Oesign Cdn Gardening Martha Stewart Real Families C'est comme ça Qméma (23:15) Municipal Art.CfnémafAU CLAIR DE LA LUNE CNN / Sports lit.Week in trie NBA Sunday Odiscovery.ca CWma/8ACHEU)RM0T«ft(5) NYPD Blue Sportsline Historylands Craftscapes Newsweek Witness to.L.Jennings Six Degrees of Much / Se poursuit jusqu à lundi.11h30 (12:00) YUL / Bruxelles Cimetière Fax Mettons fin au racisme - Édition 98 Musique vidéo Maximax / Beethoven Triple Concerto - Divas Live World News .Pacifique Sports Journal Entrée.artistes Hockey / Portland \u2022 Guelph (16 00) Cinéma / WAIUNG (4) (17:00) Le Diable- Yogi l'ours Trauma/Wrong Place.Wrong Time Hockey / Portland - Guelph (1600) L Ecole des fans / Tourisme (1645) Croque la vie Beatnx Porter 18 h 00 My Hometown 18 h 30 On the Line Monde ce soir Sports 30 Mag La Facture .le plus fort The Passionate Eye Le Siècle: miracle à l'Européenne Le Journal RDI Schlesinger Scully RDI Mettons fin au racisme - Édition 98 Musimax Collection Sunday Report Point de presse Antiques Roadshow Big Life.Second Regard Hockey / Canada - Suède Cinéma / MERCY avec Marina Orsini.Nathalie Mallette Fifi Brindacier Bêtes à craquer Machines / Smart Weapons Sport sdesk Journal FR2 Méd.d enquête Lassie 19 h 00.Soccer Drucker & Co Santé.vedette Travels.Mom 19 h 30 Capitaine Star Neu el son triton The Mystery of Twins Due South Les Simpson Thief Takers Image par image Highlander Supertwins - Triplets, Quads.and More Baseball / Indians - Rangers Stars & Co Bouillon de culture L'Hôpital Chicago Hope Flipper 20 h 00 Victoire 20 h 30 Small Talk 21 h 00 Bons Baisers d'Amérique (2135) Histoires / Maternité chez les ados Jake & the Kid 21 h 30 22 h 00 Journal belge Guérir.Super Dave's.22 h 30 Enjeux Plus Sports 30 Mag Génération.Cinéma / EUREKA (5) Les Simpson Ned et son triton The Mystery of Twins Hockey / Coupe Banque Royale Alice Viva Ailleurs /16 ans.Brésil, Thaïlande Dunk Street 23 h 00 'Must Be Mad* 23 h 30 CANAUX (24) (45) CBC ABC CBSQD NBC GO A & E BRAVO CABLE 9 V.CANAL O CNN DISC.FAMILY CH.FOX GLOBAL HISTORY LIFE MM MP MF*4AX NW RDI RDS SHOWCASE TÉLÉTOON TLC TSN TV5 VIE YTV CANAUX CÂBLE: A & E = ARTS AND ENTEFTTAJNMENT - CÂBLE 9 V.= CÂBLE 9 VIDEOTRON - CNN = NOUVELLES - DISC.= DtSCOVERY - MM = MUCH MUSIC - MP = MUSWUE PLUS - MMAX = MUSIMAX flW = NEWSWORLD \u2022 RDI ¦ RÉSEAU DE L'INFORMATION RDS a RÉSEAU DES SPORTS - TLC = THE LEARJ}UNG CHANNEL - TSN ¦ THE SPORT NETWORK *j TV5 « TÉLÉVISION INTE R NATK) N A Um mar 1 15 4 15 7 15 10 00 10 15 lun mer jeu 7 15 10 00 10 15 ?L'IMPACT (SAC) Otm mar 1001304004 30 700730 9 50 10 15 lun mer /eu 7 00 7 30 9 50 10 15 CENTRE LAVAL 1600 boui LeCorouster 688- 3K3238 7776 GOOO WILL HUNTING (13*) 9 35 HE GOT GAME (13*) 120405645930 PAULIE (G) am.mer 1 35 3 35 7 20 jeu 1 35 3 35 lES RANDONNEURS fG) 1 50 4 20 7 10 9 30 ?TITANIC V.F.(G) 200 8 00 ?DEEP IMPACT (SAC) 1 10 1 20 4 10 4 20 7 10 7 20 10 00 10 05 ?L'IMPACT (SAC) 100 1 30 4 00 4 30 7 00 7 30 9 50 10 15 ?L'HOMME AU MASQUE DE FER (G' 140 4 15 6 55 9 35 ?CITY OF ANGELS (G) 1053X7059 40 ¦ ANGRIGNON 7077 coul New m an 366-2463 HE GOT GAME (13*) Otm mar 12 50 3 40 6 45 9 30 lun mer jeu 6 45 9 30 PAULIE (G) RFANMtl«KS ifTw i«KrruKi;s .i.IU i CTPTWai IH93 WRAUOWIPKTUMS k tout », explique la chanteuse-bassiste Kim Gordon, de son domicile à New York.D'une voix à peine audible, elle poursuit : « On enregistrait tout en apprenant les chansons.La plupart du temps, on préfère les premiers jets, les maquettes.» Évidemment, les membres de Sonic Youth ne détestent pas l'improvisation.Chez eux, improvisation rime avec habitude.C'est un réflexe.Un goût immodéré pour les accidents de studio et les chocs musicaux, comme en témoigne élo-quemment A Thousand Leaves.« On aime improviser ; on écrit nos chansons de cette façon, avoue Gordon.On improvise et on ajoute ensuite des fioritures et des structures.Ça vient peut-être de notre goût pour la musique actuelle.Comme Thurston ( Moore, chanteur-guitariste du groupe), j'aime bien jouer avec des musiciens du genre.Thurston joue régulièrement au club Cooler de Manhattan avec des DJ, des jazzmen.C'est important.» En effet.Car c'est un peu cette liberté musicale qui a mené le groupe aux frontières de l'irréel depuis 1981.Avec Sonic Youth, pas question de retenue, pas question de poser des barrières pour empêcher le flux électrique d'aller droit au but.Voilà pourquoi le groupe a créé son propre label, SYR.« Avec notre studio, ajoute Gordon, on peut facilement enregistrer quand on veut.Tout ce qu'on veut, en fait, c'est faire plus de disques.Quand on lance un album sur SYR, c'est qu'il s'agit d'un album très expérimental et donc pas idéal pour une multinationale comme Geffen.Mais il y a sur A Thousand Leaves quelques chansons qu'on retrouvait déjà sur les minialbums de SYR.Je pense à The Ineffable Me, à Snarg Girl.» A Thousand Leaves comprend aussi Les membres de Sonic Youth aiment bien l'improvisation.un titre français.Contre le sexisme.À quand Sonic Youth aux FrancoFo-lies ?« J'écoute souvent France Gall, Françoise Hardy, Birkin.Contre le sexisme est un peu une copie de l'oeuvre de Brigitte Fontaine avec les textes improvisés.Mais on ne va pas enregistrer un album en français.» Si Kim Gordon se montre plutôt sympa au cours de la conversation, elle change bien vite de ton lorsqu'il est question du rock alterno.Sans trop le vouloir, Sonic Youth a été parachuté dans l'arène alterno il y a quatre ou cinq ans, une « consécration » qui a mené le groupe au festival Lollapalooza en 1995.Indépendants jusqu'au bout des ongles, les membres du groupe n'ont pas vraiment aimé l'aventure Lollapalooza.« Il y a eu Nirvana, lance Gordon.Ce fut un coup de chance, il y a eu tous ces groupes par la suite.Et Lollapalooza a généré de gros profits.Je crois que cette génération est morte, et je ne veux plus en parler.C'était trop gros.On a contribué à la mort du Lollapalooza, Dieu merci.» Oui, ce festival est mort.Mais pas Sonic Youth.Gordon et sa bande poursuivent leur étonnante chevauchée sur les routes d'Amérique.Ce soir au Métropolis, le groupe jouera à guichets fermés.Selon Kim Gordon, ce n'est rien de neuf.« On a un public », dit-elle en terminant.SONIC YOUTH au Métropolis, ce soir, avec GODSPEED Y OU BLACK EMPER0R.Gabrielle Roy, première femme à la Société royale du Canada SOUVENIRS, SOUVENIRS Pierre Vennat abrielle Roy, JJ première fem- \\\\ fm me à entrer à la S \"^Bf** Société roya- H le » pouvait-on ^k^tMn8f lire avec la photo de l'intéressée dans La Presse du 12 mai 1947.C'est à Québec que la Société royale du Canada lors de sa réunion annuelle devait accueillir la première femme de lettres du Canada français et auteure de Bonheur d'occasion.La rencontre dura trois jours, du 26 au 28 mai et environ 300 sommités canadiennes du monde de la science, de la littérature et des arts y participèrent.Les délégués eurent droit à la bienvenue du recteur de l'université Laval, Mgr Ferdinand Vandry, à une fête champêtre dans les jardins de la résidence du lieutenant-gouverneur et à un grand dîner d'apparat au Château Frontenac donné par le gouvernement du Québec.Il y a 30 ans, l'opéra-bouffe pas- sait en coup de vent à Montréal.Il s'agissait du Picolo Teatro Musicale de Rome que tous les amateurs d'opéra ne devaient, sous aucun prétexte, manquer d'aller entendre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, avait écrit le critique Gilles Potvin avant le spectacle.La troupe présentait des oeuvres marquantes de l'opéra-bouffe italien, mais qui sont assez rarement chantées de nos jours.La compagnie était constituée de chanteurs italiens et l'accompagnement orchestral était confié aux célèbres Virtuo-si di Roma, dirigés par Renato Fasano.Au lendemain de la tournée de trois représentations, Potvin écrivait le 13 mai 1968 que, tout comme la Scala de Milan, qui elle mettait l'accent du côté « séria » du répertoire italien et qui s'était produite à Montréal six mois plus tôt, le Teatro Musicale de Rome manifestait un même souci artistique et les résultats obtenus se situaient sur un même plan de qualité.« Le Piccolo Teatro Musicale a offert à la population montréalaise, que l'on dit friande d'art lyrique, un menu d'une richesse exceptionnelle, conçu pour les épicuriens et les vrais dilettantes.Personne ne voudra avoir manqué ces spectacles exceptionnels.» être que les violonistes de l'Orchestre de Philadelphie doivent recevoir un salaire bien plus élevé que, par exemple, les flûtistes ou les cornistes.La vérité est pourtant tout autre.Les bons violonistes sont très nombreux, en comparaison avec les musiciens jouant d'un instrument à vent.Certains instruments comme le cor sont tellement difficiles à jouer qu'un corniste renommé peut presque exiger d'un grand ensemble symphonique le prix qu'il veut.» Cela dit, au lendemain du concert, le chroniqueur Marcel Valois affirmait que Eugène Ormandy était un chef de première valeur et que « dès la fin de la deuxième ronde, la victoire était accordée par l'assistance au chef d'orchestre ».Il y a 60 ans, Montréal n'avait pas de salle de concert et c'est au Forum de Montréal que l'Orchestre symphonique de Philadelphie, alors dirigé par Eugène Ormandy, se produisit.La Presse écrivait, le 7 mai 1938 : « Tout en les écoutant, les auditeurs charmés par la richesse incomparable des cordes de cet unique ensemble se diront peut- Ceux qui croient que le désintéressement du grand public pour le théâtre est un phénomène nouveau n'ont certes pas lu La Presse d'il y a 75 ans ! Ernest Tremblay, le chroniqueur de théâtre du temps, écrivait dans nos pages, le 12 mai 1923 : « Que conclure de ce qui se passe actuellement dans les théâtres à Montréal ?Un homme fort avisé des choses artistiques dit qu'il y a une perversion générale du goût.La raison est bonne et sur- * tout elle est vraie.Il y en a une autre également juste : c'est que le ¦ public a perdu le goût d'aller au théâtre.Comment est arrivée cette perversion du goût ?Nous n'avons pas à chercher bien loin : le cinéma et le vaudeville ont fait presque tout le mal.La situation est grave et il faut que ceux qui ont gardé de l'attachement à l'art dramatique y songent sérieusement.» GRATUITE mi TOUS LES CINÉ-PARCS U MERCREDI 13 MAI \u20acINÉ-f>ARCS CIHÉPLEX 6DÉ6N * REMIS AU LENDEMAIN K PLOIE 199g CINÉ-PARC CHATEAUGUAY ICINÉ-PARC 0RF0RD 6 km du pont Mercier * 849-FILM I Roules 10 el SS (sortie 123) 843-95/5 BRILLANTINE (v7françats«) (G) 2* film : ALERTE MÉTÉO (v.yrmc»M)(13ant)_ L'HOMME AU MASQUE Di FER (v.française) (G) 2* fHm : DEMAJN ME MEURT JAMAIS fr.fnncatti)(13ini)_ jrro*jv.frwK*»)(G) 2t ftim : ALERTE MÉTÉO (v.fTBnç«f )(13an»)_ rs (v.o.franc am) LESVtSTTEURS CINE-PARC LAVAL Route 15 (Sortie 14) v)(G) 849-FILM LE DESTIN DE WILL HlPmNG 2t Wm : PERDUS DANS THE MAN IN TVC WON MASK feaangta*»HG) 2.fUm : T0MO&R0Y (vo.anqhise)(13ins) ma (v.fnraMt) 2e fMm : ALERTE MÉTÉO rvfnocUUN(*o.anqariM)(13ma) 2e film : HARO L'HOMME AU MASQUE DE FER Kfranç«M)(13aft3) La Presse L'HOMME AU MASQUE DE FER (v.françj«WG] 2e film : DCMAJM NE MEURT JAMAIS frfrinç«te)(13aoi» _ POUR LE PWE ET POUR LE MCJLLEUR (v.franc*») ( 13 ans) CINE-PARC .Sf-HiÇAIRE.Route-70 (Sortie ïl 5)' '^4^-0402 (v.friMi»») (13 ini)_ LES BOYS ( v oJrtnçjiM) (13 an 2e film : LES VISITEURS (v o CINE-PARC TROIS-RIVIERES Rwte 40 (Sortie 192) 377-2109 POUR LE PUE ET POUR LE MEUfiUW (t U^f&OLkVm H trtKém) (13 am) BRILLANTîNE (y française) (G) 2e film : ALERTE MÉTÉO (*.franç**e)(13ani) nier.r^n»(V»f#ni CLAVIER RfNt MIIH CHAIEl LES COULOIRS DU TEMPS LES VISITEURS!! jasSÊk LEQNARD01)1 CAPKK ) y $ Ç3 V.r iH) MAN IN THF IRON MAliK « MLIOUN.Ht Oamon Robin Williams LE DESTIN DE WILL HUNÏ1XG et - \u2022 Bes Affjw Mi*«ii Pmvh Stilus StarscAi v«M«fnHum4iGOOUW1IX HUNTINti MHCAHCl-VOUH A t thc l'IlOl'OLBIS DAN» L.Cni-ACS \u2022 \u2022OUI» UN VOVAOC INOUIH.IAIILC \u2022 \u2022 t ' ' \\ *Ull»H M U H T //^\\ V 1ATT .¦ < ¦ % ¦¦ .WATT ll»l*Nt \" jr** ' ^C^T^A PERDUS DANS UESPr\\ÇB^W^ ?.- Lt&iHSPAcar'' i.\u2022m ^ À mm m 2 mmm Mf.ll.11 un ArTf.uk MCiii f Ulf AHUIff /.««a Ni, /if /.»»\u2022/» //«\u2022/\u2022¦»! Huni, racoleuses y.i.tfe WIWTHINGS rswi J^f*/» TRAVOLTA K£WT0N-J0HN IlELEN IHNT X\\CK NKIIIOLSON i-oi'U CE nui.i:r potfR le MBLLBUB MB v i rtr Vsr^HHî \\SfTi.HS MORGAN CHRISTIAN I ^ '«\"MAN SIATIH '^^^JÈPQ- ^311 ftv]*^HlP^^*^ t.rr^nçeue tfi MAK0 RAIN ^ version français»: BRILLANTINE Al * fr^nctitc dt NrtRti RAIN ^ LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 10 MAI 1998 B 11 Sciences La production hydroélectrique i L'eau lourde complique la vie affecte l'environnement RECHERCHE UNIVERSITAIRE ANDRÉPRATTE \u2022 L'endiguement des rivières à l'échelle mondiale, entre autres pour des fins de production électrique, aurait fait baisser le niveau des mers de trois centimètres et provoqué une augmentation de la vitesse de rotation de la Terre.C'est du moins la conclusion d'une des études citées par des chercheurs canadiens qui viennent de publier une vaste recension des recherches récentes sur les impacts environnementaux de la production hydroélectrique.Outre cet effet présumé sur la rotation de la terre, les impacts relevés vont des changements considérables apportés au débit des cours d'eau jusqu'à l'émission de gaz à effet de serre, en passant par l'érosion de la diversité de la faune aquatique.Le groupe de chercheurs, composé de biologistes et de microbiologistes du Freshwater Institute de l'Université du Manitoba, a réalisé une revue exhaustive de la documentation scientifique mondiale sur cette question.( i ) Les auteurs fondent leurs observations sur plus de 200 études publiées au cours des dernières années, de même que sur leurs propres travaux, menés dans plusieurs provinces canadiennes.L'article, publié par le Conseil national de recherches du Canada, a soulevé l'indignation des responsables du dossier environnemental à Hydro-Québec.Luc Gagnon, conseiller en environnement de la société d'État, parle de « mauvaise foi », d'« erreurs méthodologiques », et accuse les chercheurs de « dramatiser la situation ».« Ce sont des gens compétents, mais qui ne regardent chacun que leur domaine très étroit.Or, la somme des recherches étroites ne donnent pas une vision large », a déclaré M.Gagnon à La Presse.Un autre porte-parole d'Hydro en la matière, le biologiste Martin Pérussc, souligne que les auteurs de l'article se sont contentés d'énu-mérer les effets possibles des barrages et réservoirs, sans comparer ces impacts à ceux des autres filières de production d'électricité.« C'est un biais énorme ! selon M.Pérusse.C'est bien beau de dire que quelque chose n'est pas bon, mais si on ne fait pas ça, il faut faire autre cho- se.Or, cette autre chose est-elle préférable ?» « Nous ne prétendons pas que les projets hydroélectriques sont aussi nocifs pour l'environnement que les centrales nucléaires ou thermiques, a précisé un des auteurs de l'article en question, le biologiste Drew Bodaly, au cours d'une interview.Mais nous soulignons le fait que ces projets ne sont pas inoffensifs.Il faut donc tenter de comprendre leurs effets, de sorte que si un producteur d'électricité veut aménager une rivière, il pourra chercher des moyens de limiter les conséquences sur l'environnement.» Les effets de l'inondation de vastes territoires sur l'environnement immédiat des réservoirs ont été étudiés dans les moindres détails.Les chercheurs du Freshwater Institute veulent maintenant attirer l'attention sur les impacts écologiques à plus grande échelle, qui eux sont beaucoup moins bien connus.On sait depuis quelques années seulement que ces réservoirs contribuent à l'effet de serre par l'émission de bioxyde de carbone ( C02 ) et de méthane ( CH4 ).Ces gaz proviennent de la décomposition de la végétation qui a été recouverte d'eau.Selon une estimation, les réservoirs artificiels \u2014 dont ceux servant à la production hydroélectrique ne sont qu'une partie \u2014 seraient responsables de 7 % des émissions de bioxyde de carbone provoquées par l'activité humaine.On sait aussi que les barrages perturbent le débit des rivières, augmentant celui-ci en hiver \u2014 alors que les besoins en électricité sont les plus grands \u2014 et le diminuant au printemps et en été.Un chercheur a estimé qu'au Canada, 400 kilomètres cubes d'eau sont ainsi retenus pendant l'été, puis libérés l'hiver.Les scientifiques croient que ces changements pourraient provoquer l'assèchement des marais et l'intrusion d'eau salée dans les rivières, en plus d'avoir divers effets sur la chaîne alimentaire aquatique.À Hydro-Québec, on admet la nécessité d'étudier les effets à grande échelle de la production hydraulique et on fait remarquer que la société est un « leader mondial » dans le domaine.( 1 )Rosenbcrg, DM.et al.« Larqe-scale impacts ofhydroelectric dex'ebpmettt.>» Dossiers Environnement.Conseil national de recherches du Canada, vol.5.1997.MATHIEU PERREAULT SUDBURY L'eau lourde, qui distingue l'ONS parmi les observatoires du monde entier, oblige les physiciens à des acrobaties pour gérer leur trésor.Les 1000 tonnes d'eau lourde prêtées par Énergie atomique du Canada, dont le marché des CANDU a ralenti, valent quatre fois le coût total de l'ONS, dont la construction a nécessité deux fois plus d'argent que prévu.Ces 300 millions de dollars sont protégés en surface par un réservoir de 70 tonnes muni d'un système d'alarme et vidé à chaque remplissage par six wagonnets-citernes de trois tonnes.Au fond de la mine, ni la sphère, ni la cavité qui l'entoure ne subiront de vidanges d'eau, à part les quantités nécessaires pour détecter la contamination radioactive.L'alarme se déclenche à chaque variation trop importante de la pression sur le réservoir de surface : des variations de 0,1 à 0,2 pour mille peuvent être enregistrées.« On voit les ondes d'air du chauffage et de la climatisation, dit Jacques Farine, responsable de la gestion et de la décontamination de l'eau lourde.Les tuyaux de transvidage sont situés au plafond, inaccessibles.On ne pense pas qu'il y a risque de vol, mais comme l'eau lourde, c'est rigolo, quelqu'un pourrait en verser un verre pour une blague.Celui qui en boirait ne s'en rendrait peut-être pas compte : la densité est de 10 % plus élevée et la viscosité, de 25 %.» Pour Jacques Farine, la maîtrise des paramètres n'est pas que l'un des plaisirs du travail.Toute sa vie est imbibée de ce souci.Les mesures sont aussi compliquées.Les neutri-nos susciteront entre autres deux réactions qui intéressent particulièrement les chercheurs : les interactions à courant neutre et chargé ; la première sépare le deutéron en proton et neutron, alors que la seconde, aussi appelée électroproduction, voit le neutron du deutéron changé en proton et en électron ; ce dernier ira plus vite que la vitesse de la lumière dans l'eau lourde, ce qui générera un éclair, sur le même principe que le mur du son.Les trois familles de neutrinos ( électroniques, muoniques et taoniques ) sont impliquées dans la première interaction, mais seuls les neutrinos électroniques le sont dans la seconde ; la comparaison du nombre de photons enregistrés permettra aux physiciens de déterminer la différence de masse entre les familles, et donc d'affirmer que ces particules élémentaires, trois des 12 briques qui forment l'univers, ont une masse.Si les photosenseurs de l'ONS mesureront directement les photons émis après l'électroproduc-tion, il n'en est pas de même avec les neutrons de la désintégration du deutéron.Deux tours de pas-, se-passe s'ouvrent aux physiciens pour compte* les neutrons.* Un détecteur de courant neutre a été mis au point par l'Université de l'État de Washington^ Elle consiste en une barre de nickel très pur em^T prisonriant de l'hélium 3, et flottant dans la sphère, qui est accrochée à la plate-forme par 14 câbles.La sphère de photosenseurs, elle, flotte et doit êtrë accrochée au sol.« L'hélium 3 avale les neutroftsT il en est friand, dit le professeur américain Hamish^ Robertson.Les ions découlant de la réaction in-duisent un courant électrique que nous pouvoris-détecter.» Si cette méthode ne fonctionne pas, çDjf.sel sera ajouté à l'eau lourde.« La réaction entre le neutron et l'ion chlorine émettra un éclair, indique M.Robertson.Le problème, c'est de.distinguer ces éclairs de ceux de l'électroproduction.» \"^T Si son eau lourde lui donne accès aux neutrinos; muoniques et taoniques, l'ONS s'enorgueillit au5-: si d'une couverture de la sphère d'acrylique par les photocapteurs sensiblement plus élevée qu'aie Heurs : 60 % de la superficie, plutôt que 40 °/
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