La presse, 21 mai 1998, B. Politique
[" T2 Montréal, jeudi 21 mai 1998 Politique La Presse EDITORIAL / OPINIONS Une volée de bois vert pour la curatrice Les députés exigent des comptes; Mme Bailly réclame 100 employés de plus K ATI A GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Stupéfaits par les conclusions du vérificateur général, les parlementaires chargés d'examiner la gestion du Curateur public ont servi toute une volée de bois vert à la curatrice Juliette Bailly, hier, l'accusant de chercher à éviter de faire le ménage dans son personnel qui a clairement failli à sa tâche et qui a même volé certains bénéficiaires, soutient un député.Les députés réunis en commission parlementaire, tant péquistes que libéraux, ont en effet fermement exigé des comptes de la part de Mme Bailly.« Après avoir pris connaissance de cette sordide histoire, de cette incroyable perte de m m Mme Juliette Bailly contrôle, comment pouvez-vous vous fier aux cadres qui vous entourent ?» a lancé le président de la commission parlementaire, Jacques Chagnon, sous les applaudis- sement d'un public visiblement hostile à la curatrice.« Il faut vider la curatelle », a même lancé un membre de l'auditoire.« Faire le ménage, ça veut dire quoi ?Y aura-t-il des mises à pied ?Qui est responsable, si le principe de l'imputabilité veut encore dire quelque chose ?En fait, je veux savoir si vous êtes capable de faire la job », a renchéri le député de Lévis, Jean Garon, alors que son collègue libéral de Verdun, Henri-François Gautrin, affirmait de son côté que certains employés de la curatelle avaient carrément volé les bénéficiaires inaptes.« Ma conviction profonde, c'est qu'il y a dans vos employés des gens qui ont volé des bénéficiaires.Je ne peux pas concevoir qu'on accumule autant de gestes d'incompétence sans qu'il y ait malversation.Si vous n'êtes pas capable de clarifier l'ensemble de vos employés pour garantir que ce sont des personnes d'une totale intégrité, tout le redressement administratif ne mènera nulle part », a-t-il tonné.Accusant le choc, Juliette Bailly a bien tenté de plaider qu'il y avait effectivement eu quelques congédiements dans son organisme, sans toutefois en préciser le nombre.Elle envisage également, dit-elle, la possibilité de porter plaintes à des ordres professionnels concernant les agissements de certains employés.« Il n'est pas dit qu'on n'en fera pas.» Mais, selon elle, le problème se situe surtout au niveau de l'effectif: Mme Bailly réclame d'ailleurs une centaine de nouveaux employés, soit une augmentation de près de 50% de son personnel.« Ce n'est pas un chiffre lancé en l'air.C'est le résultat de travaux systématiques », assure le vérificateur général Guy Breton, présent lui aussi à la commission parlementaire.Mme Bailly veut également recruter des employés qui affichent davantage un profil social plutôt qu'administratif, comme c'est le cas de la majorité du personnel actuellement.À titre d'exemple, seulement six travailleurs sociaux sont employés par la Curatelle à l'échel- le du Québec.« On n'est pas en affaires avec ça », constate-t-elle.Sur la question des présumés vols, la curatrice a affirmé avoir demandé à la Sûreté du Québec d'enquêter, mais, immédiatement, elle a été contredite par le vérificateur général, présent à la commission, qui a indiqué que la demande de Mme Bailly né portait que sur un cas particulier.« On doit retenir la possibilité d'une enquête plus large », a fini par admettre la curatrice, qui a reconnu avoir dû mettre fin au contrat d'un encanteur dont les pratiques étaient douteuses.Les parlementaires présents à la commission produiront sous peu un rapport où ils feront une série de recommandations à la curatrice, mais, d'ores et déjà, le président Jacques Chagnon se disait hier en faveur de modifications légales majeures, de la tenue d'une enquête policière ainsi que d'une enquête de l'escouade des crimes économiques.Quant à lui, le vérificateur général a indiqué qu'il ferait, dès l'automne prochain, un suivi des mesures recommandées dans son dernier rapport.Le Canada et l'Italie s'engagent à doubler leur commerce Prodi se réjouit de la présence des parlementaires canadiens d'origine italienne GILLES TOUPIN envoyé spécial.ROM h Le Canada et l'Italie ont signé une déclaration de partenariat renforcé hier et les premiers ministres Jean Chrétien et Romano Prodi se sont engagés à doubler les relations commerciales entre les deux pays le plus rapidement possible.Pour leur part, les quinze parlementaires qui accompagnent le premier ministre dans sa visite officielle en Italie jouaient les touristes à Saint-Pierre de Rome où ils se sont rendus voir le pape bénir la foule.Par la suite, ils se sont photographiés les uns les autres devant le palais présidentiel du Quirinal.« Lorsque vous ave/ seulement deux minutes de lemps libre, a lancé le député montréalais Nick Disce-pola, vous faites ce que vous pouvez ! » Le premier ministre a commencé la journée d'hier en s'adressant à des gens d'alfaires italiens et à la délégation commerciale canadienne composée de 73 entreprises, dont des poids lourds tels Bombardier et Bell Canada.« Le premier ministre Prodi et moi-même, a dit M.Chrétien après sa rencontre avec son homologue italien, avons décidé de travailler fort pour doubler nos échanges commerciaux.» MM.Prodi et Chrétien ont non seulement promis d'accroître ces échanges entre les deux pays, qui sont de l'ordre de cinq milliards de dollars par année, mais également de faire en sorte que le déficit canadien dans ces échanges soit comblé rapidement.En ce sens, le Canada a tout à gagner de ce nouveau partenariat avec une Italie qui est en pleine modernisation de son économie et qui a besoin de l'expertise canadienne dans les domaines de l'informatique et des télécommunications.L'Italie exporte pour 2,8 milliards par année au Canada alors que les exportations canadiennes vers l'Italie sont actuellement de 1,3 milliard.Le premier ministre Prodi a dit qu'il avait déjà identifié les secteurs où il sera facile d'augmenter les achats de produits canadiens par les Italiens.« Pour être plus spécifique, a dit M.Prodi, j'ai été surpris de constater qu'il y avait autant de matières brutes ou de biens connexes qui pourraient être importés du Canada en plus grande quantité par l'Italie.Nous allons donc commencer par travailler ensemble sur cet aspect.» Devant les critiques qui se sont fait entendre au pays contre la présence des quatorze députés et d'un sénateur libéraux aux côtés de Jean Chrétien en Italie, le premier ministre Prodi est accouru au secours du premier ministre Canada.Il a dit qu'il fallait non pas se demander pourquoi ces parlementaires canadiens d'origine italienne faisaient partie du voyage, mais pourquoi il n'y en avait pas davantage.« Si on veut accroître nos relations commerciales, a-t-il dit, je crois que c'est un bon message que nous envoient les Canadiens.» Les gens d'affaires canadiens qui sont de la tournée croient également que la présence des parlementaires canadiens à leurs côtés est des plus utiles.M.Chrétien a fait remarquer hier que c'était la première fois qu'une Équipe Canada se rendait dans un seul pays et, de surcroît, dans un pays développé.« Tous ceux que j'ai rencontrés, a renchéri M.Chrétien, sont très impressionnés que l'on soit venus ici avec deux ministre et 14 ou 15 parlementaires d'origine italienne.» Le premier ministre a reconnu que les députés et le sénateur étaient tous membres de son parti mais il a du coup affirmé qu'il était convaincu que les autres partis politiques refuseraient toujours de participer à ce genre de mission.Le premier ministre estime que si l'expérience italienne donne des fruits intéressants, il envisagera l'organisation d'autres missions semblables dans les pays européens.« Nous avons des déficits commerciaux dans presque tous les pays européens », a dit le premier ministre qui entend bien remédier à cet état de lait.La mission commerciale et le premier ministre se rendent aujourd'hui à Milan.PHOTO A?Le gouverneur de Nllinois, Jim Edgar, à droite, a apporté au premier ministre Lucien Bouchard un appui inespéré dans sa quête d'investissements américains, hier, à Chicago.Le Québec, «un bon endroit pour investir», soutient le gouverneur de l'Illinois Bouchard est forcé de défendre la souveraineté aux États-Unis Autre texte en page B 6 t DENIS LESSARD envoyé spécial, CHICAGO La souveraineté du Québec n'aura aucune conséquence pour les investisseurs américains, a soutenu hier le premier ministre Bouchard, pour la première fois de sa tournée américaine forcé de défendre son option.« Le Québec continuera d'être stable, démocratique, pacifique.On continuera d'appuyer la libre circulation économique, on continuera de soutenir le libre-échange et les États-Unis ne pourront trouver partenaire plus amical », a lancé M.Bouchard en réponse aux questions nombreuses de l'auditoire de 400 personnes invitées par la chambre de commerce de Chicago.Les organisateurs avaient résumé toutes les questions transmises sur des fiches en une seule : « Que veut dire la souveraineté du Québec pour les investisseurs américains ?» Et, appui inespéré pour M.Bouchard, Jim Edgar, gouverneur républicain de l'Illinois, a plus tard abondé dans le même sens que lui.Le Québec « est un bon endroit pour investir », a-t-il dit sur un ton sans appel.« Je ne vois pas de raison pourquoi ces investissements ( américains ) ne seraient pas en sécurité ( au Québec ) à cause du débat interne canadien.On a beaucoup de débats internes ici aux États-Unis », a-t-il rappelé.« Ce qui est la clé, c'est le climat pour la croissance économique, c'est ce que cherchent les entreprises, atitant que la stabilité », a ajouté le gouverneur qui quittera son poste cette année.Venu l'an dernier au Québec, le gouverneur Edgar souligne avoir été impressionné par le dynamisme économique.« Devant les chiffres d'investissements, je comprends ._ BOUCHARD en visite aux ÉTATS-UNIS pourquoi les gens se sentent confiants », a-t-il dit.Pour le discours du midi, la salle somptueuse tranchait avec le garage de la veille, à Atlanta.Devant l'unifolié qui accompagnait le drapeau américain et le fleurdelisé, M.Bouchard a livré le même discours qu'à Boston et Atlanta.Sa défense détaillée de la souveraineté était une première dans le cadre de sa tournée.Il avait jusqu'ici plutôt évité la question, soulignant ne pas avoir envie d'exporter aux Etats-Unis le débat canadien.« Mais c'était la première fois que j'avais une question aussi pointue sur ce que je sais être un sujet sensible », a-t-il expliqué.Les questions des quatre journalistes de Chicago à qui M.Bouchard a accordé une entrevue portaient aussi beaucoup sur la souveraineté et la langue.Libre-échange ; statu quo L'un s'est enquis de l'impact de la souveraineté sur le traité de libre-échange nord-américain.« L'accord est avantageux pour tout le monde.Je ne peux imaginer que quelqu'un essaierait de revenir en arrière, il faut avancer dans cette direction », a dit M.Bouchard.Un Québec souverain ne demandera pas de changement au traité, mais il devra y avoir des ajustements parce que Canada deviendra deux joueurs.Sur les exemptions culturelles qui déplaisent aux États-Unis, on pourrait même s'attendre à ce que le Canada et le Québec fassent front commun pour maintenir les acquis, prédit M.Bouchard.En matinée, les ateliers organisés par Québec sur les technologies de l'in- formation et l'agroalimentaire, essentiellement des présentations de ce qui se fait au Québec, ont attiré quelques Américains, des partenaires potentiels.Proposition controversée Dans un rapide bilan des activités de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont 5 des 64 milliards sont investis aux États-Unis, le président Jean-Claude Scraire a souligné que la société québécoise ne devrait pas rester impassible devant les Québécois qui dénigrent leurs institutions à l'étranger.« On devrait être moins tolérant à l'endroit de ceux qui font du dommage au Québec », croit M.Scraire, qui a souligné que le « problème d'image » du Québec aux États-Unis était souvent provoqué par des dénonciations sans fondement émanant de Québécois.Pour lui, une formule similaire à l'An-ti-Diffamation American League serait concevable pour le Québec.Les verdicts d'une telle instance se limitent à des avis moraux.Il n'a pas voulu cibler le chef d'Égalité, Keith Henderson, qui a soutenu lundi que le gouvernement Bouchard « opprimait » les anglophones.Mais toutes ces allégations fausses touchant le respect des libertés fondamentales au Québec devraient se retrouver devant un « jury », estime M.Scraire.Le premier ministre Bouchard a eu des réserves devant cette proposition.« On ne peut empêcher les gens de parler ; il faut conserver la liberté d'expression chez nous.Je ne complimente pas des gens qui partent de Montréal pour venir mal parler du Québec ici, mais c'est aussi ( une question de ) liberté d'expression.Lorsqu'on utilise un droit, on est juge aussi.Ces gens déprécient leur cause ».affirme M.Bouchard, visiblement peu interesse à « former des ligues pour empêcher les gens.»» LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 21 MAI 1998 Ln Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson liDITHUR ADJOINT Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Toute la Agnès Gruda lumière 996 : une octogénaire se laisse mourir de faim dans son appartement insalubre sans qu'aucun représentant du Curateur public lui ait jamais rendu visite.1997 : le Curateur public apprend la mort d'un de ses protégés.mort 20 ans plus tôt.L'histoire du Curateur public, institution fondée il y a un peu plus d'un demi-siècle pour s'occuper des personnes trop vieilles ou trop malades, mais surtout trop seules, pour gérer leurs propres affaires, est jonchée de ce genre de scénarios d'horreur.¦ .iiiibiii m Dans le rapport accablant qu'il a rendu public, la semaine dernière, le Vérificateur général démontre, point par point, que les défaillances du Curateur public ne sont ni fortuites, ni passagères.Que l'ultime bouée de sauvetage d'une clientèle « captive et silencieuse » est pleine de trous.Que des gens sont financièrement lésés, que leurs droits fondamentaux sont bafoués.Et que le Curateur public n'est qu'une machine aveugle qui se fiche de ses soi-disant protégés comme de l'an 40.À lire ce noir diagnostic on comprend que le Curateur se soit battu corps et âme pour garder ses livres secrets \u2014 il y avait de gros cadavres dans ses placards.Le seul fait que le Vérificateur se soit heurté pendant aussi longtemps à des portes fermées, c'est, en soi, une énorme anomalie.La transparence de cet organisme, qui veille au bien-être de ceux qui n'ont pas de voix, ne peut quand même pas dépendre de la bonne volonté de ses dirigeants.La preuve a été suffisamment faite dans le passé : tant qu'il pourra faire ses petites affaires en secret, le Curateur risquera toujours de retomber dans ses travers et d'abuser \u2014 puisque c'est de cela qu'il s'agit \u2014 des personnes dont il a la « garde ».Ce qui nous amène à un autre problème, qui a été soulevé hier, lors du passage de la curatrice, Juliette P.Bailly, devant la Commission permanente de l'administration publique : celui de la responsabilité.Le Vérificateur démontre hors de tout doute que les graves manquements du Curateur ne peuvent être attribués au seul manque de ressources.Dans l'état de délabrement administratif qu'il a constaté, l'embauche de personnel supplémentaire n'aurait eu qu'une utilité restreinte, affirme le rapport.On peut aller plus loin : sans certains des employés actuellement en poste, certaines anomalies ne se seraient jamais produites.Quand un fonctionnaire tarde à présenter les déclarations d'impôt des contribuables qu'il représente et qu'il leur facture ensuite les intérêts réclamés par le fisc, ne dépouille-t-il pas son « protégé » par sa propre négligence ?Ne devrait-il pas en être tenu responsable ?Il est clair que si des abus autrement plus graves ont pu être commis, c'est parce que certains parmi les 248 employés du Curateur ont failli, volontairement ou non, à leur tâche.Tant qu'ils resteront confortablement assis derrière leur bureau, comment les choses pourraient-elles changer ?Or, rien n'indique que l'opération redressement annoncée par le ministre André Boisclair ira jusqu'au grand ménage.La curatrice actuelle, Juliette P.Bailly, n'a laissé transparaître aucune intention du genre.Et son engagement flou à « réparer le passé, corriger le présent et rebâtir pour l'avenir », laisse planer un doute sur la profondeur de sa conviction réparatrice.De scandale en scandale, de réforme en réforme et de changement de garde en changement de garde, jamais le Curateur public n'a su redresser son cap.Si l'on ne fait pas toute la lumière sur cet organisme, si l'on ne garantit pas qu'il restera transparent à l'avenir, on risque de se payer une autre réforme pour rien.ivjv \u2022 ' DROITS RÉSERVÉS Le révérend dinosaure emain, tous les Irlandais, tant ceux du Nord que ceux de la République, voteront dans un référendum sur l'avenir politique du Nord.En fait, il s'agit davantage d'approuver une entente complexe sur les moyens de parvenir à un accord définitif, que d'un vote sur le règlement du conflit.besbb II n'est donc pas seulement important d'obtenir un « oui », mais d'obtenir un « oui » massif, capable de résister aux déceptions qui se produiront inévitablement lorsqu'il s'agira de régler les problèmes eux-mêmes, celui du désarmement des milices clandestines par exemple.Presque tout le monde s'est mis de la partie pour obtenir ce résultat, des principaux partis protestants et catholiques d'Irlande du Nord, au groupe de rock U2, en passant par le premier ministre britannique Tony Blair et le président Bill Clinton.Même l'IRA ne s'oppose pas à un accord qui lui offre pourtant beaucoup moins que ce qu'elle cherchait à obtenir par sa campagne de terreur.Presque seul, le pasteur Ian Paisley se bat contre l'accord et fait campagne pour un « non » anachronique.Le brillant orateur pourrait faire en sorte que le « oui » des protestants soit beaucoup moins qu'enthousiaste, ce qui rendrait les progrès futurs vers un règlement définitif ex-trêment malaisé.En effet, le révérend dinosaure mène ses ouailles vers une solution qui n'existe plus.L'idée de l'union de l'Irlande du Nord avec la Grande-Bretagne n'a plus d'avenir.Déjà, le premier ministre conservateur John Major avait vu que la réunification de l'Irlande était la solution qui s'imposait à plus ou moins longue échéance.Tony Blair Frédéric Wagnière abonde dans ce sens et, pour bien souligner à quel point la politique britannique a évolué, il offre le home ville à l'Ecosse et une autonomie très large au pays de Galles.C'est très clair, les Anglais se débarrasseront volontiers de leurs obligations en Irlande du Nord, pour autant que les droits des protestants soient garantis et qu'ils acceptent leur nouveau statut dans un cadre purement irlandais.Mais Ian Paisley peut encore faire beaucoup de mal.Le vote de demain ne ressemble pas du tout aux premières élections libres en Afrique du Sud, qui ont donné le pouvoir à une majorité noire.Les nostalgiques de l'époque de l'apartheid avaient des moyens légaux de s'opposer au gouvernement de la majorité, mais rien ne leur permettait d'espérer qu'ils puissent renverser ce verdict populaire.En Irlande, en revanche, rien de très concret ne changera ' le lendemain du vote.Ce seront les mêmes gouvernements qui resteront au pouvoir et le hume mie ne se développera que lentement.Les protestants qui s'obstinent à ne pas vouloir travailler avec les catholiques pourront facilement mettre du sable dans les rouages pour « démontrer » que le compromis et la perspective d'une réunification de l'île ne marchent pas.Le problème qui se posera au lendemain du référendum sera donc de faire accepter la nouvelle réalité au pasteur Paisley et à ses partisans.Et la nouvelle réalité n'est pas qu'ils ont perdu la partie, mais qu'il s'agit d'une toute nouvelle partie, dans un autre sport, avec de nouveaux uniformes et des règles toutes différentes.Ian Paisley peut encore se rendre utile en négociant, avec ses talents considérables de politicien chevronné, une place de choix pour les loyalistes dans la nouvelle réalité irlandaise.Mais il se leurre et il entraîne les loyalistes vers le désastre s'il croit qu'ils ont encore un avenir dans une Grande-Bretagne qui veut faire de l'Irlande un bon voisin, au sein de l'Union européenne, et rien de plus.LA BOITE AUX LETTRES Affaire Levine : nous sommes tous menacés ¦ Les fédéralistes d'Ottawa aimeraient voir David Levine à genoux, l'entendre s'excuser, pour dire que tout ça n'était au fond qu'un péché de jeunesse.Ainsi, une obligeante et magnanime main fédérale viendrait absoudre d'un geste paternel et l'enfant prodigue pourrait enfin rentrer au bercail.Mais David Levine ne le fera pas, car il en a vu bien d'autres.Il sait qu'un pays ne se bâtit pas en un jour, qu'il y faut de la détermination et \u2014les Québécois le constateront tous les jours un peu plus à l'ère du Plan B \u2014 du courage-La SSJBM salue David Levine, elle salue son courage, sa fidélité à ses idéaux.Elle l'assure de tout son soutien, et du soutien de tout le Québec.La SSJBM est fière de soutenir David Levine, Elle le fait pour lui, par amitié politique.Mais elle le fait aussi pour elle-même, pour les 2,5 millions de souverainistes québécois qui ont voté OUI, et même pour tous les Québécois, toutes tendances confondues.En effet, une fois mise en marche, la machine de l'intolérance ne sait plus s'arrêter.Aujourd'hui, c'est un souverainiste qu'on menace hors de nos frontières.Demain, ce sera un autre souverainiste, mais ici même au Québec.Et puis, pourquoi pas.un jour, des fédéralistes québécois ?Dans cette affaire, nous sommes tous menacés.Dans cette affaire, nous sommes tous des David Levine en puissance.Courage, David.Le Québec tout entier te soutient.car il sait, il voit, il comprend ce qui est en train d'arriver.Guy BOUTHILLIER président.Société Saint-Jean-Baptiste Une gifle à la démocratie Monsieur Jean Chrétien, m Une campagne est présentement en cours dans la région d'Ottawa pour provoquer le congédiement de M.David Levine, qui a récemment obtenu le poste de directeur général du nouvel hôpital d'Ottawa.Ceux qui souhaitent son congédiement sont motivés par le fait que M.Levine a été candidat du Parti québécois, lors d'une élection complémentaire en 1979.Il est souverainiste.Pour ces gens, il est donc un ennemi à abattre.Le plus troublant dans cette affaire réside dans le comportement de certains élus du Parti libéral du Canada.Le ministre Stéphane Dion a affirmé, dans le Globe and Mail du 14 mai, que « aussi longtemps que la menace séparatiste existera, ce type de problème se reproduira ».Pire encore, le député libéral du comté de Carleton-Gloucester, M.Eugène Bellemare, a déclaré M.Levine per-sona nonifrata dans sa région.Ces commentaires, venant de ceux qui se réclament du camp de l'ouverture d'esprit, du respect Stéphane Dion mutuel et de la bonne entente, sont carrément antidémocratiques.Quant à la campagne à rencontre de M.Levine, elle a tout en commun avec l'époque du général américain McCarthy et avec l'Inquisition.Que des députés puissent ouvertement et publiquement agir à l'encontre des grands principes de la Charte canadienne des droits et libertés est dangereux pour la société ! M.Chrétien, qu'attendez-vous pour dénoncer ces commentaires inacceptables de vos députés ?Gonzalo NUNEZ Saint-Laurent Mauvais souvenirs ¦ La déclaration de Stéphane Dion au sujet de l'attaque contre David Levine me fait revivre de mauvais souvenirs d'enfance aux États-Unis.À l'époque, plusieurs leaders respectables disaient en effet qu'ils trouvaient les déclarations et les gestes du sénateur Joseph McCarthy « déplorables mais compréhensibles », et refusaient de le condamner.Un professeur de science politique ne peut pas ignorer cette triste histoire.Frances D.BOYLSTON Quand le silence s'exprime ¦ La première page de La Presse du 12 mai 1998 qualifiait les négociations entre Québec et les omnipra-tidens de « Dialogue de sourds ».Voilà une gentille entourloupe de la langue française pourtant fort réductible quand on connaît la ri- chesse de la communication entre personnes sourdes.La langue des sourds, d'une étrangeté remarquable, relève de l'univers des sens, elle trace dans l'air, avec les mains, sa vision du monde.Et si la langue française prenait un virage « écologique » en recyclant ses vieilles tournures de phrases discriminatoires, on verrait poindre des mots nouveaux, constructeurs de liens sociaux, des ouvertures au dialogue, là où les mots ne font jamais écran à la parole.Michèle CHARLAND La Maison des femmes sourdes de Montréal C'est le cigare .qui manque.¦ Quelle belle journée ce devait être, le Canada et le Québec rendant hommage à deux grands chefs d'État de la Deuxième Guerre mondiale, le premier ministre de Grande-Bretagne, Winston Spencer Churchill, et le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt.Pour cette occasion, un mémorial a été construit pour commémorer des entretiens qui ont eu lieu en 1943 et en 1944 à Québec.Rue Saint-Louis, on voit dons les sculptures de Churchill et Roosevelt qui se font face, se regardant avec un intérêt certain et une détermination sans borne.Au cours de ces discussions, les deux hommes se sont entendus sur l'effort de guerre, les différents plans d'intervention et les nouveaux développements qui devaient influencer le cours de l'histoire.Jean Chrétien Mais cette belle journée a été assombrie par notre mascotte nationale, Howard le clown, et ses disciples.De plus, notre premier ministre, Jean Chrétien, a délibérément gâché cet événement en lui donnant une affiliation politique qu'il n'aurait jamais dû avoir.En 1943 et 1944, le premier ministre Mac-kenzie King était l'hôte de ces réunions comme un président Clinton qui voyait au bon déroulement des conférences sur la paix au Moyen Orient entre Rabin et Arafat.Clinton n'a pas eu sa photo à la une du Times avec Rabin et Arafat et n'a pas obtenu de prix Nobel pour sa contribution.Pourtant, les gens n'ont pas été offensés pour ça.Pour l'amour de Dieu, pourquoi devrait-on l'être maintenant ?Une plaque ou une statue pourrait être érigée au premier ministre Mackenzie King pour la contribution du Canada à l'effort de guerre, mais ça n'a pas rapport avec les discussions de Québec entre Churchill et Roosevelt.S'il manque quelque chose à ce mémorial, c'est le cigare de Churchill.Il adorait les cigares et il était tout, sauf politiquement correct.Benoit GAREAU Outrenymt LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 21 MAI 1998 B 3 Un discours ici, un autre là-bas Un discours pour les anglophones, un discours pour les pé-quistes.et un discours pour les Américains ! La politique linguistique du gouvernement Bouchard est décidément fluctuante.Cette semaine, M.Bouchard se promène aux États-Unis avec un discours visant à rassurer les investisseurs américains.À l'entendre, la politique linguistique de son gouvernement est appliquée de manière bon enfant, dans le respect scrupuleux de ce merveilleux bilinguisme qui est l'un des atouts du Québec.Ce n'est pas la première fois que M.Bouchard change de discours quand il change d'auditoire.On se souvient de la visite à Washington qu'il effectuait il y a quelques années, à titre de chef de l'opposition fédérale.Aux Américains, il disait vouloir faire la « séparation » du Québec.Pas la souveraineté, ni un nouveau partenariat, mais la « séparation ».Aux reporters canadiens médusés, qui n'avaient jamais entendu ce mot dans sa bouche, il avait expliqué qu'il voulait être clair avec ses hôtes américains, pour qu'il n'y ait pas de malentendu.« Séparation », mot exclusivement destiné à l'exportation, n'a évidemment jamais franchi les lèvres de M.Bouchard durant la campagne référendaire qui suivit cette visite à Washington.Il faut croire que les Québécois n'étaient pas dignes de recevoir un message clair.Il y a deux ans, quelques mois après avoir tendu en grande pompe un rameau d'olivier aux leaders de la communauté anglophone réunis au Centaur, M.Bouchard faisait demi-tour et remettait sur pied la Commission de protection de la langue, cette « police de la langue » qui constitue l'un des irritants majeurs pour la minorité anglo-québécoise.Il s'agissait, cette fois, de calmer l'aile radicale du PQ.Certes, il est difficile pour tout leader politique de se frayer un chemin sur la mer d'oeufs que représente la situation linguistique québécoise.On ne reprochera pas, non plus, au premier ministre de vouloir contrer les accusations délirantes colportées par la bande de zélo-tes qui font campagne contre les souverainistes en faisant passer le Québec pour une chambre de torture pour minorités.Mais ce faisant, M.Bouchard énonce à l'intention du marché américain quelques demi-vérités qui mettent en relief une situation qui devient de plus en plus absurde.Car enfin, que valent des règlements que l'on s'empresse de pousser sous le tapis dès qu'un étranger se pointe à l'horizon ?Qu'on ose à peine décrire outre-frontières par peur d'être ridiculisés ou accusés d'intolérance ?Ainsi, M.Bouchard fait, aux États-Unis, la promotion du « bilinguisme » de Montréal.Bilinguisme : un mot que jamais ni lui, ni ses ministres, n'utiliseront en soi québécois.Pour la consommation domestique, Montréal n'est qu'une ville française \u2014à la rigueur, « multiculturelle » ou « multiethnique ».comme si la diversité ethnique n'allait pas de soi dans toute grande ville nord-américaine ! On n'entendra jamais un dirigeant péquis-te parler, au Québec, de ce qui fait la véritable originalité de Montréal, soit le fait d'être le carrefour de deux grandes langues internationales et le foyer d'une main-d'oeuvre largement bilingue.C'est un secret que l'on ne révèle qu'aux investisseurs que l'on désire attirer, un secret qu'il ne faut surtout pas ébruiter, au cas où les militants du PQ en prendraient ombrage.Mieux vaut leur laisser Lysiane GAGNON croire que Montréal est polluée par l'anglais, mais qu'on fait le nécessaire pour la purifier.À ses auditeurs américains, le premier ministre promet qu'eux-mêmes ou leurs employés pourront facilement envoyer leurs enfants à l'école anglaise.Il insiste sur un trou de la loi ( un trou qu'on se garde bien de boucher ), lequel permet aux résidents temporaires à l'emploi de firmes étrangères d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise.Une fois rendus aux États-Unis, en train de mendier des investissements et de faire la belle aux bonzes de la haute finance, les fiers péquistes sont prêts à toutes les concessions.La loi 101 qu'ils révèrent, au Québec, aussi pieusement que les reliques de la Sainte Croix l'étaient au Moyen Age, devient, sitôt passée la frontière, un bagage qu'on préfère cacher dans le fond de sa valise.Les dépliants gouvernementaux conçus pour les Américains annoncent triomphalement que si un résident décide de s'installer définitivement au Québec, il pourra quand même envoyer ses enfants dans des écoles anglaises ( privées ) ! On se garde bien de dire qu'il existe très peu d'écoles privées anglaises et qu'elles coûtent les yeux de la tête.Et l'on se garde bien de mentionner les autres volets, drôlement plus importants, de la loi 101.La querelle des logiciels ?À entendre M.Bouchard, Québec n'exige rien ou presque.« Des logiciels français, quand ils existent, devraient être disponibles pour les employés francophones.» En réalité, l'Office de la langue française menace de retirer leur certificat de francisation aux entreprises qui utilisent des logiciels anglais, même là où les employés fran- cophones disent qu'ils préfèrent travailler sur des logiciels anglais.Comme le dit sa présidente : « Lorsqu'un logiciel est offert en français et est d'un même niveau de performance, c'est la version française que l'entreprise a l'obligation d'installer sur tous les postes de travail.» C'est surtout sur la réglementation concernant l'affichage que M.Bouchard a voulu montrer patte blanche, puisque c'est cela qui attire les sarcasmes.Et le premier ministre de déclarer que jamais les commerçants chinois n'ont eu à descendre leurs affiches chinoises.C'est vrai, mais c'est parce que les médias s'en sont mêlés ! Et que l'affaire risquait de couvrir le gouvernement de ridicule ! Le gouvernement a reculé, et ordonné à ses fonctionnaires de cesser de harceler les commerçants du Chinatown ( que la Commission de protection harcelait depuis des mois sur des points de détail \u2014 menus, grosseur de caractères, etc.).Les fonctionnaires, notons-le bien, ne faisaient qu'appliquer la loi.L'hiver dernier, quand la fameuse « police » de la langue a voulu forcer un petit commerce juif établi rue Saint-Laurent depuis 50 ans à descendre son panneau ( les caractères français étaient légèrement moins gros que les caractères hébreux ! ), un autre scandale pointait qui allait évidemment rebondir aux États-Unis.La ministre Louise Beaudoin s'est voilé la face et a mis la faute sur le « manque de jugement » de ses fonctionnaires.Qu'en conclure?Que les fonctionnaires devraient sélectionner les cas en fonction des retombées politiques ?Que l'on peut harceler les petits commerçants pour des vétilles, mais seulement quand cela ne risque pas de se savoir à l'étranger ?Ou qu'il y a quelque chose de croche dans une réglementation qui nuit à l'image du Québec dès qu'on l'ébruité en dehors de la « famille ?» Opinions Le « saut de l'ange », un an plus tard.JEAN LeBON ïl y a un an aujourd'hui, notre fils aine, Richard ( 36 ans ), effectuait ce qu'il appelait, le « saut de l'ange » à partir des hautes structures du pont Jacques-Cartier, le conduisant irrémédiablement à sa mort.Son corps fut retrouvé dans les îles de Boucherville, trois semaines plus tard.Il va sans dire que comme parents, nous avons été terrassés, moralement démolis et totalement désemparés par cette épouvantable et incroyable épreuve, qui n'arrive habituellement.qu'aux autres.Y a-t-il pire à subir pour un père ou, pire encore pour une mère, que de perdre un de ses enfants.Surtout dans des circonstances qui, croit-on a priori, auraient possiblement pu être évitées avec notre concours ?Et La Presse publiait, le lendemain 22 mai, à la une, quatre photos de notre fils ; une sur la structure du pont alors qu'il est prêt à plonger, une au début de son plongeon, une en chute libre et une dernière, lorsqu'il a frappé l'eau.La visualisation de ces détails morbides de la fin tragique d'un des nôtres nous a tous doublement meurtris.Elle enfonçait davantage, fort inutilement et publiquement, le couteau dans la plaie.Ces photos, pour le moins choquantes, ont d'ailleurs été perçues par plusieurs lecteurs du journal comme étant de nature déplacée pour « Le plus grand quotidien d'Amérique » ; ceux-ci l'ont spontanément signifié à La Presse.Devant une telle réaction, l'éditeur-adjoint du journal, monsieur Claude Masson, donnait le samedi suivant son opinion sur les raisons qui justifiaient, à son avis, sa décision de laisser publier de telles photos.La Presse m'accorda par la suite le privilège d'y répondre dans un article intitulé: «C'était mon fils », une semaine plus tard.Toutefois, à ma demande, mon nom n'apparaissait pas au bas du texte.Avec un an de recul, je réalise que tant de choses ont changé de dimension sans pour autant effacer ma peine ou encore être arrivé à croire qu'il était d'intérêt public de publier, et encore moins à la une, les photos en question.Mais, il y a autre chose.Tout d'abord, il me semble aujourd'hui évident que je suis personnellement tombé dans le piège du vieux cliché qui veut que les parents soient responsables pour ne pas dire coupables du comportement déviant de leurs enfants, même à l'âge adulte.J'ai l'impress-sion, aujourd'hui, que c'est ce qui m'a motivé à ne pas signer mon texte.S'agissait-il d'un manque de courage ?Peut-être.De même, nous avons cru bon de ne faire que des funérailles sommaires, presque dans le secret, et de ne pas publier d'avis de décès.Vues d'un angle différent, et un an après l'incident, ces décisions et bien d'autres nous portent à croire que nos réactions étaient fondamentalement et fortement influencées par ce déplorable complexe de culpabilité et par une crainte démesurée de ternir la mémoire de notre fils bien-aimé vis-à-vis tous ceux et celles qui l'aimaient, dont sa petite fille de 10 ans.Notre comportement d'aloi's a manifestement provoqué une gêne certaine dans notre entourage, ce qui nous a, jusqu'à un certain point, malencontreusement isolés de plusieurs proches qui auraient voulu nous supporter dans notre épreuve, mais qui s'en sont privés par respect pour nous.Ma mère disait qu'il ne fallait pas parler de corde dans la maison d'un pendu.C'est à peu près ce qui se passait tout autour de nous ! Dans ce contexte, j'ai trouvé ironique d'apprendre que notre fils qui, de toute évidence, n'était quand même pas bien dans sa peau, ne s'est pas strictement suicidé.Ses écrits et ses conversations précédents son « saut de l'ange », ( planifié et minutieusement « scé-narisé » depuis un bon bout de temps, a-t-on appris ) ont clairement démontré que, fidèle à son comportement antérieur, il n'a que persisté à défier.Cette fois-ci, il voulait défier toutes les lois élémentaires et immuables de la physique d'un corps en chute libre et croyait possiblement s'en sortir.Ses derniers mots écrits étaient éloquents : « J'aime la vie », « On verra si Dieu m'aime », « Tant que mon corps ne sera pas retrouvé, dites-vous que je suis encore vivant », « Je reviendrai pour un par-ty », etc.Notre fils Richard avait été, à notre grande déception, un décro-cheur et avait à peine terminé son secondaire.Il voulait prouver que son propre cheminement, rejetant toutes méthodes conventionnelles, pouvait quand même lui amener la célébrité.Depuis plusieurs années, il travaillait à une impossible thèse sur l'origine de l'univers, thèse qui a été rejetée unanimement par son entourage et par tous les universitaires qu'il avait consultés, même en France.Devant cet échec, il ne lui restait plus qu'à dénoncer ces derniers en les traitant publiquement de minables et en accompagnant cette dénonciation d'un grand coup d'éclat médiatique.Et c'est avec son plongeon dans le fleuve.à l'heure de pointe, en comptant sur la complaisance des médias, qu'il a choisi de mettre son projet à exécution.Richard a perdu un pari mais en a^gagné un autre.Il n'a évidemment pas survécu à son saut, mais a gagné sa gageure d'obtenir une couverture médiatique qui, espérait-il naïvement et futilement, lui donnerait l'occasion de donner une leçon publique à ces universitaires « bornés ».Les hommes-araignées, alors qu'ils étaient à quelques pieds de lui, vous diront d'ailleurs, qu'après avoir attendu les caméras, il attendait encore l'éclairage du so- leil avant de faire le saut fatal.Il avait aussi fait parvenir un communiqué de presse à tous les médias de Montréal annonçant son projet.( À titre d'information, il oeuvrait dans le domaine du décor cinématographique et avait aussi été cascadeur.) Fort de cette expérience pénible, permettez-moi de partager avec vos lecteurs quelques conclusions auxquelles je suis arrivé un an après ce drame.1 ) Si nous, les parents, aimons souvent prendre crédit de la réussite de nos enfants, il faut nous attendre, en contrepartie, à nous sentir pointés du doigt dans l'insuccès.Il serait plus sain, cependant, d'accepter que, pour le meilleur et pour le pire, notre progéniture ne nous appartient pas et qu'elle est, à l'âge adulte, parfaitement maîtresse de sa propre destinée, indépendamment des valeurs que nous avons réussi, ou pas, à lui transmettre.Avec une telle philosophie et la conviction d'avoir fait notre possible dans l'éducation de nos enfants, on éviterait dans le cas d'un raté ( selon nos valeurs ) le terrible piège de l'autodestructrice culpabilisation.2 ) Le seul véritable baume dont on a besoin dans de telles circonstances est l'affection, l'amour, le réconfort et la compréhension que peuvent nous démontrer parents et ami( e )s.À ce titre, il nous faut les y inviter et non pas nous refermer dans un lourd silence sur nous-mêmes et sur nos blessures.Dans le cas contraire, on risque d'avoir l'impression que notre entourage nous fuit comme si notre malheur lui était contagieux.Con-séquemment, il faut trouver le courage de partager notre désarroi et de parler du drame avec nos proches sans pour autant tomber dans l'indécence ou encore dans le radotage inutile de nature à entretenir et perpétuer l'ouverture des plaies, empêchant ainsi leur cicatrisation avec le temps.3 ) Les médias en général auraient avantage à être plus sélectifs dans la publication d'éléments de drames humains, même s'ils semblent « d'intérêt public » en raison de leur nature publique.N'est-il pas vrai qu'il y a eu diminution de suicides dans le métro lorsqu'on a cessé d'en faire la médiatisation ?De même, n'est-il pas aussi du devoir des médias de résister à la tentation d'exploiter un voyeurisme morbide tristement rentable aux dépens des innocentes victimes et de leur entourage ?Voilà très brièvement mon état d'âme en ce triste premier anniversaire du plus grand drame de ma vie.P.S.: Pour ceux et celles qui ont été près de lui ou de nous et qui ignoreraient encore le fait que notre fils Richard soit mort, nous publions aujourd'hui même l'avis de son décès.un an après le fait.Indonésie : la transition sera difficile Suharto JACQUES BERTRAND L'auteur est chercheur principal à l'Institut Nord-Sud à Ottawa.Voici venue la fin du régime de Suharto.Depuis plus d'une semaine, l'Indonésie vit sa,pire période d'instabilité et de violence depuis trente ans.Le bilan : au moins cinq cent morts, des centaines de commerces pillés et brûlés, et des millions d'Indonésiens inquiets de la suite des événements.Le président Suharto a vu son pouvoir et ce qui reste de sa légitimité s'éroder en quelques heures.Les étudiants réclament toujours sa démission.Suharto répond qu'il restera au pouvoir et les forces armées l'appuient, pour le moment, le temps d'entamer des réformes.L'élite commence à se diviser et on peut s'attendre à d'autres manifestations et confrontations avec les forces de l'ordre.Si l'on peut espérer que Suharto se retirera gracieusement, évitant ainsi une nouvelle flambée de violence, il ne faut pourtant pas y voir la solution finale à l'instabilité politique que connaît l'Indonésie.Peu importe le scénario qu'on puisse imaginer pour la succession prochaine de Suharto, la transition sera difficile.Il est probable que s'il se retire volontairement, Suharto essaiera de maintenir son autorité.Il a déjà mentionné qu'il pourrait quitter tout en demeurant dans les coulisses pour conseiller le prochain président.Ce scénario, « à la Lee Kuan Yew », de Singapour, pourrait être implanté suivant un processus constitutionnel, sur lequel il a insisté ces derniers jours.Si le Parlement acceptait sa démission, par exemple, et le remplaçait par son vice-président, B.J.Habibie, Suharto réussirait à retenir son pouvoir puisque Habibie est un très proche collaborateur et un ami de longue date.Des problèmes surgiraient rapidement, cependant, à cau&c de ces rapports entre les deux hommes et du manque de popularité de Habibie auprès des forces armées.La fille ainée de Suharto, Tutut, pourrait aussi être candidate à la présidence en vertu de son poste de ministre, de son influence au sein du parti gouvernemental Golkar, et de ses liens de parenté avec Suharto.Mais, les Indonésiens y verraient sans doute l'établissement d'une dynastie, ce qui pourrait envenimer la situation.La remise du pouvoir à un militaire, volontairement ou par la force, est aussi un scénario vraisemblable.Depuis quelques jours, le commandant des forces armées, Wiranto, a vu sa popularité s'accroître après s'être déclaré en faveur de réformes politiques.Son rival principal, Prabowo Su-bianto, commandant de la réserve stratégique de l'armée ( Kostrad ) et gendLre de Suharto, pourrait aussi aspirer au pouvoir.Prabowo détient actuellement le poste qu'occupait Suharto au moment de sa prise du pouvoir, en 1965.On pourrait imaginer que Suharto remette le pouvoir à l'un de ces deux hommes si la crise s'empire.Toutefois, ni l'un ni l'autre ne semble détenir un pouvoir solide au sein des forces armées.(.) L'hypothèse d'un départ précipité, suivi d'une ouverture politique soudaine, pose plusieurs problèmes.On pourrait assister à un mouvement populaire à grande échelle, semblable à celui qui mit fin au régime du président Mar-cos aux Philippines.Il faudrait, cependant, que les forces armées soient incapables ( ou ne veulent pas ) de reprendre le contrôle de la nie.Il faut se rappeler que l'opposition est très faible et peu organisée, alors que le rôle premier et la formation principale des forces armées indonésiennes est de maintenir l'ordre.D'autre part, le mariage de circonstances entre Amien Rais, leader musulman, et Megawati Su-karnoputri, la fille du premier président indonésien, masque les fortes divisions dans leurs visions respectives du changement politique.Enfin, les forces armées n'ont aucunement l'intention de quitter la scène politique.Une alliance avec le mouvement pro-démocra-tie créerait un changement politique trop brusque et trop risqué pour les militaires.Les réformes politiques annoncées par Suharto, et son départ éventuel, doivent être vues avec un certain scepticisme puisqu'il les a annoncées tout en indiquant qu'il devait rester au pouvoir jusqu'à ce que la situation se stabilise.Il étudie les choix qui se présentent à lui pour les prochaines semaines et les prochains mois.Quand et comment la succession se fera donne toujours lieu à bien des conjectures.Lorsqu'elle se fera, la communauté internationale devra appuyer un processus de transition graduelle, de façon à éviter que le changement politique ne s'accompagne d'un climat d'incertitude aussi dangereux que celui qui règne aujourd'hui.Il y a de sérieux risques qu'une réforme politique trop rapide ne crée un sentiment d'euphorie temporaire, suivie d'une nouvelle instabilité.Suharto doit partir, mais le vrai défi pour l'Indonésfe ne fera que commencer après son départ. B4* LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 21 MAI 1998 Politique EDITION SPECIALE Le canapé composable 7995$ jusqu'au 24 mai - \"\"v\"1\",\"\"\"' ', Édition Spécial*: Des marchés programmés, nous permevert de vous fa«re bénéficier, du 9 au 24 rr.o>, d'un prix préférentiel sur ce canapé qui en fait un produit exceptionnel dans sa catégorie Après, il sera vendu 9 995 $ BOBOIS PARIS Nouvelle adresse CANAPÉ COVPCSABIE INTRACT! iCttATrON H HOttEt) coussns cî oostts t*>\\ fiume et dac»on» ma^is D\u20ac TtSSO j0d1 NUITS VUWJS EtfMINTS COVFUSAbES « VASOJS DÉPOSÉE ÎA&fAU* ET FENTUttSJEANjACQUE s BEAUMt Cette Édition Spéciale est limitée à 1000 exemplaires.PARIS Montréal, 505, avenue du Président Kennedy.H3A 3H2.Tel.(514) 350-9070.LONDRES \u2022 BRUXELLES \u2022 BARCELONE \u2022 GENÈVE \u2022 NEW YOR< \u2022 MiLAN t , CM S TOKYO À COU PER LE SOUFFLE -.V-k-.\" EDITION SPECIALE T1BURON Ht I m À PARTIR DE 288 PAR MOIS \u2022Climatiseur ?Toit ouvrant électrique ?Radio stéréo AM/FM de luxe avec lecteur de DC et 6 haut-parieurs ?Aileron arrière ?Roues en alliage ?Phares antibrouillards à l'avant ?Vitres \u2022 Verrouillage électrique centralisé des \u2022 Rétroviseurs extérieurs à comman \u2022 Volant inclinable gainé de cuir \u2022 Régulateur de vitesse ¦ L'UNE OES MEILLEURES GARANTIES DE L'INDUSTRIE : 5 ANS /100 000 km {éléments Importente) ASSISTANCE ROUTIERE 24 HEURES (3 ene / 60 000 km etanderd) Incluent : livraison d'essence \u2022 changement de roue en ces de crevaison \u2022 œverrouillage \u2022 remorquage \u2022 Photo à titre indicatif seulement Selon le programme de location de Hyundai Crédit Canada.Paiements de location basés sur un contrat de 48 mois pour la TIBUR0N EDITION SPÉCIALE 98 a partir de 288 S/mois L'obligation totale du consommateur pour 48 mois est de 13 824 S Versement initial de 1 500 S et dépôt de sécurité requis Transport et préparation inclus, taxes et immatriculation en sus Kilométrage annuel de 20 000 km.8 e par kilomètre additionnel Option d achat au terme de la location.Ne peut être iumelée à aucune autre offre Sujet a l'approbation du crédit Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails Véhicules en inventaire seulement.Offre d'une durée limitée avec livraison d'ici au 31 mai 1998 HYUnDRI Une ère nouvelle \t\t\tHYUNDAI\tDU GRAND\tM O N T R É A \u2022\tL NORD\t\tEST\tCENTRE\tOUEST\tSUD\t C-OMEDEY HYUNDAI\tHOULE ET FRERES\tHYUNDAI GABRIEL\tCOITEUX HYUNDAI\tAUTOMOBILES\tHYUNDAI CASAVANT\tLES AUTOMOBILES 682-6000\tHYUNDAI\tAnjou\tMontréal\tULSAN LTÉE\tSt-Hyacinthe\tCL0GIN0R INC DESMEULES HYUNDAI\tTerrcbonne\t329-7777\t521-3201\tDorval\t774-6344 / 861-5028\tSt-Jean-sur-Richelieu Laval\t471-4647\tHYUNDAI REPENTIGNY\tMETRO HYUNDAI\t683-5702\tHYUNDAI DE\t348-6817 668-6393\tHYUNDAI AUTO\t856-7794\tMontréal\tHYUNDAI VAUDREUIL\tCHÀTEAUGUAY\tL0NGUEUIL HYUNDAI MAMEL HYUNDAI\tST-JERÔME\t\t485-0001\t455-3677\t699-8555\t670-2080 St-Eu$?ict»e\tSt-Antoine\t\t\tVALLEYFIELD HYUNDAI\tHYUNDAI LA PRAIRIE\tSERAY AUTO INC.974 0440\t432-4252\t\t\t370-3330\t659-2500\tChambry \u2022\tHYUNDAI BLAINVILLE\t\t\t\tHYUNDAI VARENNES\t875-1959 243710VM\t434-5484\tet\t\t\t652-4979/875-1978\t PHOTOPC La ministre fédérale Jane Stewart a commenté hier la réunion des ministres des Affaires indiennes et des autochtones.À l'arrière-plan, le chef de l'Assemblée des premières nations.Phil Fontaine.Ministres et autochtones conviennent de l'urgence d'engager des discussions GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC La réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres des Affaires autochtones et les chefs des cinq organismes autochtones nationaux s'est terminée, hier, à Québec, sur la nécessité et même l'urgence d'entamer des discussions.Ce résultat, qui est apparu maigre après deux jours de discussions, il aura fallu presque toute la journée pour le mettre sur papier, si bien que la conférence de presse convoquée pour 15h30 a été retardée de trois heures et demie.On n'arrivait pas à s'entendre sur le communiqué définitif.Deux sources, l'une autochtone, l'autre provenant du cabinet du ministre hôte, Guy Chevrette, ont signalé que l'une des principales difficultés rencontrées venait du fait que la ministre fédérale des Affaires indiennes et du Nord canadien, Jane «Stewart, insistait pour que les provinces soient déclarées fiduciaires avec le gouvernement fédéral pour partager les coûts de la santé, de l'éducation, de l'habitation, du transport et du logement des autochtones vivant hors réserves.Il s'est ensuivi une vive opposition du Québec, de l'Ontario et de l'Assemblée des Premières nations.Dans le communiqué final, on écrivait simplement que « le gou- vernement fédéral a réitéré la position qu'il maintient depuis longtemps, à savoir qu'il assume la responsabilité principale, mais non exclusive, envers les autochtones vivant dans les réserves et au nord du 60e parallèle, et que les provinces assument la responsabilité principale des autochtones vivant hors des réserves ».Quoi qu'il en soit, on a convenu de confier le mandat à des fonctionnaires de se réunir pour discuter de la nature et de la structure d'un processus permanent de discussions.Ces fonctionnaires devront soumettre des recommandations aux ministres et aux dirigeants autochtones nationaux d'ici trois mois.Ils sont également convenus de se réunir d'ici un an pour mesurer les progrès réalisés.Cette réunion des ministres des Affaires autochtones du Canada et des provinces avec les représentants autochtones était la première depuis quatre ans.Les personnalités interrogées à l'issue de la réunion, de Mme Stewart à Phil Fontaine, en passant par quelques ministres des provinces, ont de toute manière qualifié la rencontre de réussite.M.Chevrette, lui, a réitéré son invitation aux nations autochtones du Québec d'entreprendre des discussions au plus tôt pour établir une véritable politique autochtone.Il a suggéré que son document d'orientations rendu public le 2 avril et rejeté par les chefs du Québec mardi, soit vu comme « un forum, un lieu pour entreprendre des discussions ».La Colombie-Britannique entérine la déclaration de Calgary Presse Canadienne VICTORIA La législature de la Colombie-Britannique a entériné la déclaration de Calgary sur l'unité nationale, hier, en adoptant à l'unanimité une résolution ajoutant trois principes au texte de celle-ci.Les trois principes visent à assurer aux provinces davantage de contrôle sur les questions d'ordre régional ainsi que l'établissement de normes nationales en matière de soins de santé, tout en mettant un terme à la discrimination dont se disent victimes la Colombie-Britannique, l'Alberta et l'Ontario en ce qui a trait aux transferts fédéraux relatifs à la santé, l'éducation et les programmes sociaux.La Colombie-Britannique se joint donc à la majorité de provinces ayant endossé la déclaration en sept points de Calgary, qui prévoit la reconnaissance du caractère unique du Québec tout en établissant l'égalité des provinces.0 Fusion des banques : le NPD exige l'intervention du Parlement HUGUETTE YOUNG de la Presse Canadienne, OTTAWA Le Parlement devrait avoir le dernier mot au sujet des deux projets de fusion des banques.Selon le député néo-démocrate Lomé Nystrom, cette décision est beaucoup trop lourde de conséquences pour qu'elle repose entre les mains d'un groupe de travail et du ministre des Finances, Paul Martin.Aussi, M.Nystrom a-t-il l'intention de déposer un projet de loi privé la semaine prochaine, à la reprise des travaux parlementaires, pour exiger que le Parlement soit consulté sur les projets de fusion des banques.Il n'avait pas encore sondé le pouls des autres partis politiques mais selon lui, bon nombre de députés libéraux d'arrière-ban, hostiles à la fusion des banques, seraient aptes à l'appuyer dans ses démarches.Pour que son projet de loi ail la chance d'être débattu, il doit être pigé au sort.Ce projet de loi vise à modifier la Loi sur les banques pour exiger que toutes les fusions, à quelques exceptions près, soient autorisées par le Parlement.M.Nystrom, critique du NPD en matière d'institutions financières, estime que les banques et leurs pdg aux salaires faramineux, doivent rendre compte de leurs actions.Le ministre des Finances, Paul Martin, a maintes fois répété: qu'aucune décision finale quant aux projets de fusion ne serait prise avant le dépôt du rapport d'un groupe de travail sur les services financiers.Ce rapport est prévu pour l'automne.« Il s'agit de la restructuration la plus fondamentale du secteur financier dans l'histoire du Canada.En ce qui me concerne, le feu n'est pas pris pour se hâter à prendre une décision », déclarait le ministre à la Chambre en avril.La Banque CIBC et la Toronto-: Dominion ont envoyé de véritables ondes de choc dans les milieux d'affaires en annonçant qu'elles prévoyaient regrouper leurs activités pour créer une mégabanque avec des actifs de 460 milliards.La Banque royale et la Banque de Montréal avaient annoncé leur fusion en janvier. LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 21 MAI 1998 Planche en bois traité vert Qualité +.1\"x6\"x5' (0977141) ¦Wiiiiil::!::.: ch.Treillis en bois traité 3/16\" x 4' x 8' (0977127) > -4- S .-.V «.\\ \\ V » ¦s.« Y ¦y \u2022 * > ?Givenchy lance Extravagance Nouveau à la Baie! L'autre côté d'Amarige.Eau de toilette en atomiseur, 100 ml.88 $ Aussi offerte : eau de toilette en atomiseur, 50 ml.65 $ Fragrances, rayon 242.^V™ Morquo déposée/de commerce d'AIR MIES^ International Holding MV, employées en vertu d'une licence par loyorty Management Group Canada Inc.et la Baie.Employé seul, AIR MILES™* signifie milles de voyage AIR MILES™* à moins que le contexte n'implique arfm chose.f LA BEAUTE DESTINATION t B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 21 MAI 1998 Politique Les médias ont exagéré, selon des femmes militaires Elles nient que le harcèlement sexuel soit plus répandu dans l'armée Presse Canadienne Des femmes qui font partie des Forces armées canadiennes affirment que les médias ont exagéré la question du harcèlement sexuel et que leur situation ne diffère pas de celle des femmes impliquées dans d'autres bastions masculins.Ces femmes, qui ont travaillé à bord de navires, d'avions et dans l'armée de terre, ont tenu à réfuter les accusations voulant que le harcèlement et les agressions à caractère sexuel soient monnaie courante chez les militaires.Elles réagissaient à un article paru récemment dans le magazine Madean'S, qui décrit les Forces armées comme un endroit où les femmes sont traitées de manière abusi- Le Bloc repart à la charge contre l'assurance-emploi JULES RICHER de la Presse Canadienne, OTTAWA Au moyen de forums, de débats à la Chambre des communes, le Bloc québécois relance son offensive contre la réforme de l'assurance-emploi.Au cours de la semaine prochaine, le Bloc fera tout en son pouvoir pour rappeler au gouvernement que les chômeurs vivent actuellement des heures sombres et exiger des changements à l'assurance-emploi.Le chef bloquiste, Gilles Ducep-pe, a rappelé que la proportion des chômeurs qui ont droit à des prestations s'est émoussée au fil du temps : elle est passée de 83 pour cent en 1989 à 42 pour cent aujourd'hui.« Il n'y a plus de déficit ( fédéral ) mais il n'y a pas non plus d'assurance-chômage », a-t-il déclaré, hier.Avec l'appui des trois grandes centrales syndicales du Québec, le Bloc tiendra deux forums la semaine prochaine : un qui réunira des experts et l'autre qui présentera des témoignages de chômeurs privés de leurs prestations.Ces manifestations seront conjuguées à des interventions à la Chambre des communes.Pour sa part, le député bloquiste Paul Crête, critique en matière d'emploi, a soutenu qu'Ottawa se devait d'agir maintenant.« Quand on sait qu'il y a 1,5 million d'enfants pauvres au Canada, quand on sait que, de 1990 à 1995, il y a eu une baisse du revenu familial moyen, a-t-il dit, il doit bien y avoir des causes et, surtout, des solutions.» À son avis, le gouvernement fédéral dispose de la clé d'une des solutions et devrait donc redonner à l'assurance-emploi « sa vocation de répartition de la richesse ».Le Bloc propose plusieurs changements, à commencer par une réduction des cotisations qui sont trop élevées.Selon les calculs des économistes, Ottawa garde dans ses coffres 84 cents sur les 2,70 $ qu'il prélève sur chaque tranche de 100$ de salaire imposable.À l'heure actuelle, les surplus de l'assurance-emploi dépassent les 15 milliards.Cet argent sert à réduire le déficit, une situation que le Bloc juge inacceptable, parce qu'elle se produit sur le dos des chômeurs.Aussi propose-t-on toute une série de changements qui auraient pour but de faciliter l'accès aux prestations.Les régions où le chômage saisonnier sévit pourraient bénéficier particulièrement de ces mesures.Le gouvernement Chrétien aime ve, haineuse, et où les comportements sexistes sont non seulement tolérés mais encouragés.L'article relatait les témoignages de 27 femmes qui disaient avoir subi des viols, des sévices sexuels et du harcèlement sexuel lors de leur passage au sein des Forces armées.L'article a incité le général Maurice Baril, chef d'état-major, à dire mardi que certains soldats ont effectivement une mauvaise attitude à l'égard des femmes, mais que le problème n'était pas généralisé et qu'on prenait les mesures pour le régler.Le caporal Karen Westcott a soutenu hier que les rapports faisant état de sexisme sont exagérés.Ce qui lui a particulièrement déplu, a-t-elle dit, c'est la notion que cela était répandu chez les militaires, « et ce n'est pas le cas.Je me suis enrôlée en 1983 et j'ai toujours été traitée correctement.Sinon, je ne serais pas restée 15 ans.« Je crois que c'est typique de ce qui se passe dans le reste du Canada.Malheureusement, quand cela se produit dans l'armée, on dirait que ça prend des proportions exagérées.» Danielle Robichaud, caporal dans l'aviation, soutient n'avoir jamais connu de harcèlement, même si elle a partagé les mêmes quartiers que des hommes.« Je n'y ai jamais été exposée.Neuf ans dans l'armée, j'étais à bord d'un navire avec 200 hommes.20 femmes, je n'ai jamais été harcelée.» Elle est convaincue de la capacité de l'armée d'entendre les plaintes des femmes et de prendre les mesures nécessaires, s'il y a lieu.Des femmes servant comme marins à bord du NCSM Huron \u2014 elles sont 32 sur un équipage d'environ 260 \u2014 ont affirmé qu'on les traitait en égales.Interrogées par le premier ministre de Colombie-Britannique, Glen Clark, dont le cabinet se réunissait sur le contre-torpilleur hier, Gill Herlinger et Nicole Maclnnes ont affirmé qu'elles n'avaient pas connu de harcèlement sexuel en trois ans dans la marine.Pour Dennis Cronk, un membre du personnel de l'amiral chargé d'entendre les plaintes pour harcèlement sexuel, bien que le sexisme existe dans l'armée, il n'est pas répandu.L'article de Maclean's lui a paru injuste.Beaucoup de changements se sont produits ces dernières années, qui ont rendu l'armée plus tolérante à l'égard de la place grandissante des femmes dans les forces armées.Certains des problèmes qui se sont posés il y a cinq, six ou sept ans ne se présenteraient pas maintenant, parce que nous sommes beaucoup plus sensibilisés à la question, a-t-il fait valoir.Il a ajouté que l'armée est déterminée à enrayer le harcèlement sexuel et prévoit implanter des programmes en vue de sensibiliser les officiers à la question.les sondages Pres.se Canadienne OTTAWA Le gouvernement a dépensé 29 000 $ pour tester auprès de groupes témoin un nouveau logo de la fête du Canada.Un autre montant de 25 000 $ a servi à jauger le lectorat d'un encart dans les journaux, lequel plaidait l'utilité des missions commerciales du premier ministre Jean Chrétien.Le Parti réformiste a obtenu ces détails et plusieurs autres après avoir eu recours à la loi d'accès à l'information.Durant les deux années précédant les élections générales de juin 1997, le gouvernement libéral a accru ses dépenses de sondages de 64 pour cent.Ainsi, durant l'exercice 1996-97, le gouvernement a dépensé 11,8 millions en recherche sur l'opinion publique, contre 7,2 millions en 1994-95.Selon le député albertain Grant Hill, ces chiffres contredisent l'assertion des libéraux voulant qu'ils ne gouvernent pas par coups de sonde.-.,«,.- .».\\.: t.-j.I .i .- - .e meilleur s'améliore! .\u2022 .\u2022 *,.< - V\"- ; \" ' \u2022\u2022; ¦\u2022 -'j'ï-wj: ¦ -, V :-:\\:::\\ II ¦ mines de \u2022 .\u2022 \"* ¦%
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